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Du caché au montré…

Nous dépensons tellement d’énergie à combattre le virus et surtout à en parler, que le reste des événements, comme les affaires politiques nous échappent. À peine a-t-on vu l’odieux Trump déguerpir, que déjà son successeur nous parlait de son objectif numéro un : la chasse à la Covid-19.
Ce dimanche, Deborsu sur RTL-TVi a consacré quelques minutes à l’affaire Nethys et les deux CEO de la bande, en préventive à Lantin, pour revenir dare-dare sur la pandémie. Ce grand flandrin libéral, je ne peux plus le voir sans l’imaginer en virus. C’est le pandémicomique de l’info !
Évidemment, pour un Moreau en tôle, mille Moreau s’activent dans la société sous divers aspects, pendant que le badaud à les yeux sur la parade des Covidiens-réunis.
Dans le fait-divers qui suit, oublié comme il se doit, il s’agit d’une transgression bien particulière. L’exemple est américain, mais tout le monde sait qu’il va se répandre aussi vite dans les prochaines années, même s’il met plus de temps que la Covid à franchir l’Atlantique.
En gros, un petit mariole, mais il n’est pas le seul, a profité des caméras de sécurité à l’intérieur des maisons pour espionner et se rincer l’œil sur l’anatomie des plus charmantes clientes de la firme, en sa qualité de technicien à l’ADT, une firme américaine de sécurité.
Cet ancien employé, spécialisé dans la sécurité des maisons, a piraté les caméras de surveillance de plus de 200 personnes pour espionner des femmes nues ou regarder des couples pendant qu’ils avaient des relations sexuelles.
Voici comment, ce concupiscent s’y prenait : après avoir pris notes des clientes les plus attirantes, il se connectait aux comptes de celles-ci en y ajoutant son adresse e-mail personnelle, ce qui lui permettait d'accéder en temps réel aux flux vidéos depuis leur domicile.
Devant le scandale, la société ADT a tenté de «les rembourser en échange de leur silence» via des accords de confidentialité. Une cliente affirme qu'on lui a initialement offert 2.500 dollars. Lorsqu'elle a refusé, la société aurait augmenté l'offre à 50.000 dollars.
Estimant au plus haut leurs images dérobées, certaines victimes ont porté plaintes.
Ce fait-divers en soi est assez banal. Il y aura toujours quelqu’un, quelque part, poussé par ses démons intérieurs, à vouloir connaître des autres ce qu’ils ne veulent pas montrer.
Depuis « Suzanne et les vieillards » de Rubens, la technique a évolué, mais les mœurs sont restées les mêmes si bien qu’aujourd’hui qui peut prétendre être vraiment seul, entouré d’appareils électroniques branchés et communiquant avec l’extérieur ?
La curiosité de Lesage soulevant les toits de Madrid pour satisfaire la curiosité d’Asmodée a fait des émules.

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Il n’est plus besoin aujourd’hui de soulever les tuiles d’un toit pour violer l’intimité des gens.
C’est cela qui inquiète.
Le virus serait-il un prétexte supplémentaire pour assouvir une telle curiosité, quand on sait qu’il n’est plus nécessaire d’exhiber un mandat de perquisition pour pénétrer dans les domiciles, s’il appert que des bruits ou des lumières suspectes s’y perçoivent de la rue ?
Les caméras intérieures branchées, celles que l’on adapte pour trois fois riens sur un écran, une télé, un ordi, peuvent très bien vous faire croire qu’elles son inactivées, puisque vous ne les avez pas branchées, alors qu’elles sont peut-être manipulées à distance pour vous observer !
Évidemment c’est interdit. Mais tout spécialiste, appelé chez vous pour une réparation quelconque, peut déposer une puce dans votre système dont vous ne connaissez pas la fonction et que celle-ci peut être criminelle.
En somme tout progrès est susceptible d’être détourné.
L’État a, le premier, mis le doigt dans l’engrenage. Les écoutes téléphoniques sont vieilles d’un demi-siècle, les caméras de rue relaient dans les dispatchings l’ensemble des rues d’une ville. Les films d’espionnage nous familiarisent avec des pièges placés dans les maisons par des techniciens de haut-vol. Au fur et à mesure des progrès, nous savons aujourd’hui que ce n’est plus de la science fiction.
Les imbéciles heureux qui se vantent de n’avoir rien à cacher, seraient bien surpris d’apprendre que les Autorités pourraient connaître jusqu’à la marque de leurs papiers-toilette.

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