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31 décembre 2003

Bressoux-Soir a bu le champagne avec la grande Bridget !


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- Vous avez dansé comme Fanny Thibout, chanté comme Chantal Goya, joué la comédie comme Zita Lèbakipliss de notre regretté Gymnase. Vous écrivez vos mémoires et vous préparez une exposition de peinture « Rough art ». Comment faites-vous ?
- Vous oubliez que je suis de retour à Liège pour la mise en scène d’un spectacle que j’ai joué dix ans à Broadway « A career of genius ». Je n’ai pas encore – hélas ! – trouvé un partenaire à ma hauteur. Le seul qui pourrait faire l’affaire, c’est José Brouwers. Aura-t-il encore le souffle ? Un quart d’heure de claquette avec les girls du Trocadero, ce n’est pas rien !
Pour répondre à votre question, je dirai que j’ai eu beaucoup de chance d’avoir rencontré les gens qui m’ont aidé au bon moment. Everyone always helped me…
- Oui. Le milliardaire grec Frikopoulos pour la danse et qui vous a acheté le Bolchoï de Las Vegas…
- Un homme charmant. Je n’avais que dix-huit ans. Il en avait soixante-dix neuf…
- Quinze jours après l’achat du Bolchoï, il était mort…
- Oui, d’une overdose de pleasure…
- De plaisir, vous voulez dire… au moment de conclure ?…
- No, to be made respect. C’est de me voir danser dans la Revue “Nude” de la regrettée Renée Sance italienne de Milan, qu’il fut pris d’un malaise.
- Après, vous avez eu une traversée du désert !
- Second rôle dans Lawrence d’Arabie. J’ai revendu mes parts du Bolchoï et j’ai gagné New-York comme tout le monde.
- C’est là que vous avez rencontre Sylvère Aidanlefruiz, le propriétaire de quatre music-halls sur Broadway ?
-Nous avons sympathisé. Je l’avais connu lorsqu’il était étudiant à l’ULg. Je faisais alors des passes que je vendais sur la Batte.
- Des passes à combien ?
- I return from the United States. J’ai perdu beaucoup de vocabulaire. Je tricotais des passes montagne…
- Oh ! pardon-me…
- Nous nous sommes revus à NY. Il m’a hébergée. Une nuit, je me suis mise au piano. Le lendemain je débutais dans un tour de chants.
- On vous a comparée à Chantal Goya.
- Inexact. C’est Chantal Goya qu’on a comparée à Bridget Everyonne !...
- Et vous êtes de retour pour une mise en scène où vous avez également le premier rôle.
- Le Théâtre de la Place ressemble à mon garage, tout en tôle, le son y est mauvais, la scène est ridiculement petite, de plus les gens n’y sont pas à l’aise. C’est justement ce qu’il me faut pour l’ambiance. C’est l’histoire d’une jeune battante qui malgré un environnement désastreux monte un spectacle « A carrer of genius » qui fait un triomphe…
- Et l’écriture ? Qu’est-ce qui vous a donné l’envie d’écrire ?
- Sylvère Aidanlefruiz n’a pas supporté mon succès. Il s’est retiré près de sa troisième femme. Il élève des bœufs au Texas. Vous voyez comme le hasard fait bien les choses, en voyage à Paris, j’ai mis les pieds dans une librairie. Un grand patron de presse…
- François Disant…
- Vous êtes bien au courant !
- C’est notre métier à Bressoux-Soir !
- …signait son livre « Saint-Augustin et les femmes ». Que de souvenirs !...
- Bref, vous avez épousé Saint-Augustin… non, Sylvère!
- Oui, c’était mon mari. Nous venons de divorcer. Il me publie pour solde de tout compte.
- Aujourd’hui, vous êtes avec Aloïs Cépludificil…
- …que la couleur à l’eau. C’est par cette plaisanterie que nous nous sommes plus ! Je travaille trois mois la peinture, trois mois la littérature et trois mois, chanson et comédie.
- Et la danse ?
- Si je trouve un gros porteur pour me soulever, je referais bien une revue, mais pas avant 2006… My next spectacle ?
- Avant de nous quitter, un petit mot sur Liège que vous avez quittée il y a déjà 23 ans.
- Je préfère vous répondre en anglais, pour ne pas froisser. The centre it is from there that I took my take-of...
- Vous aimeriez y revenir définitivement ?
- Liege is too small for me.
- Chère Hélène, strong personality, force vive... heu... exported... et the culture in Liege qu’en pensez-vous ?...
- I will propose at Firket a true fountain instead of the stone heap of the Saint-Lambert place.
- Ce sera le mot de la fin. A vous les studios… On n’est plus sur antenne ? Dis coco, réponds dans le casque, t’es sûr qu’elle tricotait ses passes sur la batte ? Non. J’ai mal compris…. Quoi alors ? Elle tricotait entre ses passes !... Ah ! bon… il me semblait aussi…

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30 décembre 2003

Un mauvais moment à passer.

Monsieur Leprince-Alinge, de chez Bonux et Gaspard Radrat, bandagiste, inventeurs des Cardans à six dents de la route au Paris-Dakar pour 2004 ;
Marcelle Toulè-Matin et Célestin Vichie, nutritionnistes, en stage de formation Villa Lebien-Moulé à la mer de Salatable, près de Lunéville ;
Le commandant Ponce Abrat, le Corps des Pompiers et le maire Pîr Oman de
Santa-Krame ;
L’équipe de Bressoux-Soir et son délégué Josse Apènycroir ;
Les micro-onde de la RTBf Mons et Merveille Augrin, flûtiste quand l’occasion se présente ;
Richard Terre, voyagiste à prix coûtant ;
Loulou Loup, répétitrice au concert du Colomb-béchar ;
Ambroise Paré, travesti, usine de la Byrrhe route du Condroz ;
Mademoiselle Jasmin Ledimanche, marcheuse en semaine avenue Louise ;
Madame Hildegarde Avue, Opticienne diplômée, Hôtel de police ;
Miss Pétula Sanpassez, facturière sur les Boulevards ;
Saddam de Chémaximm, fourreur occasionnel ;

Vous souhaitent des joyeusetés avec bien des choses chez vous pour 2004.

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29 décembre 2003

Truanderie et basse-cour.

J’ai pas toujours lutté pour le chic. J’ai même encore quelques amis qui font des efforts pour me ramener à la raison. Certes, qui n’est pas la raison des philosophes, mais ils y croient.
J’ai eu ma période parfaitement « technique ». Je m’étais dit que ce qu’on demande dans ce cirque, c’est de faire semblant. Alors faisons-le. C’est impératif pour manger à l’heure. Je me suis fait aux grosses ficelles, les finesses de hallebardier, les compromissions où pour être bien avec une moitié, il faut être moche avec l’autre.
Au bout du compte, même ça, j’ai pas pu…
J’ai fait longtemps secrétaire. Le type qui est juste au milieu, sans grade défini, craint des uns, suspect des autres. Un type dont on se doute qu’il a des dossiers et qu’on ne flanque pas à la porte pour caser la belle-sœur.
A la gauche du Président, le nez dans mes papiers, je voyais pas l’ambition ronger leurs faces. Je l’entendais. C’est tout.
Les débats se déroulaient comme la partition d’un orgue de barbarie, confus, animés, sans importances, puisque en fin de compte on tourne en rond… et que nous ne créons pas l’événement, mais c’est l’événement qui nous conduit… des déplacements infimes qui n’amenaient aucun changement. Seul baroud, mais alors là féroce, c’était quand un pionnier de l’aventure sociale tapait dans la caisse, histoire de se payer une gonzesse ou plus tristement honorer la facture de gaz de la fin du mois.
Surtout que ça ne s‘apprenne pas à l’extérieur, que ça reste entre nous, c’était la devise de la maison.
Les petits ont toujours peur du scandale. C’est quand on s’appelle Lénine ou Saddam voire, de manière plus modeste, une huile quelque part au National… qu’on peut taper dans la caisse et dormir sur ses deux oreilles.
Si je publiais des noms, vous ne me croiriez pas ! Des gens connus, des Liégeois qui ont déjà leur socle, manque plus que la statue. On cherche juste la fonderie…
On trouvait le mastic à boucher les trous… l’arrangement en 36, 48 mois. Ça permettait au fautif de voir venir. On pouvait plus le flanquer à la porte, rapport à l’ardoise. Ça le rassurait sur sa carrière… On faisait gaffe… que ça s’ébruite jamais. La tombe.
Faut comprendre la fascination du pognon dans une aventure qui a pour mission de faire savoir que l’argent n’intéresse que les pourris, qu’on était bien au-dessus de la petite bourgeoisie jouisseuse et mesquine…
Marqués par la honte et travaillés par le repentir, les indélicats devenaient les meilleurs dénonciateurs de l’imposture capitaliste. Le pétard au SETCA Bruxelles, je suis sûr que si un juge n’y avait pas allumé la mèche, y auraient pas eu plus performants que les intéressés pour défendre la classe ouvrière. Mais voilà, les cadors qui les ont virés en voulaient-ils de la performance ? A voir la position officielle du PS, son amour des Bleus et comme les chefs-zigotos du « zocial » sont tous socialistes… concluez vous-même…
C’est un autre débat… Nous l’aurons, promis… pas ce soir…
Notez qu’il y a deux manières d’arrondir ses fins de mois dans le milieu : la fauche ou les avantages de fonction… des Alfa en leasing et autres capotes en soie pour mieux fourrer l’adhérent… on reste dans la légalité… pas vrai ?
Le Président avait pas son pareil pour découvrir les coups fourrés, les doigts crochus dans la caisse. Aux réceptions des homologues étrangers, i’ travaillait coupe de champ’ à la main. I’ copinait avec les vestiaires du Métropole. I’ reniflait les loques des femmes des ténors. Le 5 de Chanel, l’essence d’aisselle d’Alain Delon, l’esprit de rose Saint-Laurent… Il partait en chasse aux signes extérieurs.
Les manteaux de fourrure pardonnaient pas. J’en ai connu une qui a tenu le coup un an avec une fausse facture à trois balles pour un vison de cent tickets. Jusqu’au bout elle a soutenu son bonhomme en faisant croire au synthétique. C’est quand on l’a menacée d’une expertise du fourreur que son mécène a craqué…
C’était plus fort qu’elle… Fallait qu’elle s’expose dans sa fourrure... Tout à fait le genre Du Barry en 1793 !... Si elle avait conservé sa pelure en-dehors des circuits de camarades, le garder pour faire l’amour avec son guignol, jamais on aurait su…
Toute cette merde nous vient du fric… du bel étage, ça dégouline par les fentes du plancher. Nous respirons l’étron et ça nous excite. Plus ça pue, plus c’est du Belge.
Le comble, c’est quand un de ces maques fait la leçon… moralise aux tribunes, pas que ce soit honteux pour lui, il est dans son rôle, il veut nous la mettre bien profond parce que cela le fait flipper. Ce qui est honteux, c’est que nous lui tirions le chapeau au passage… Merde… Foi de Richard III : restez couverts…

28 décembre 2003

La poésie au parking du Palais

Ce n’est pas qu’une spécialité liégeoise la poésie en cave. C’est quasiment une manie française depuis Saint-Germain-des-Prés, quand Boris trompettait et Juliette truandait le touriste. « Il n’y a plus d’après… » résume mal… Il n’y en a jamais eue tant.
La dernière fois que j’y suis descendu, c’était derrière le Palais avec une autre Juliette qui balançait entre se débarrasser de sa robe au parking des robins et endosser une salopette ou sortir de chez elle fringuée comme sa femme de chambre.
Finalement elle adopta le mouchoir déplié sous les fesses et une robe dégriffée (dégriffée ne signifie nullement dégrafée).
La Ville n’était pour rien dans le décor. D’ailleurs, elle est rarement pour quelque chose. Ce n’est pas qu’elle soit radine, mais la poésie, vous pensez… Ça fait combien d’électeurs ? A part deux ou trois zigues qu’on voit partout… qui ont à l’avance une chance sérieuse dans les concours… des valeurs sûres, des tronches à palmarès… les autres ne comptent pas beaucoup dans les forces vives… Vous pensez si Rimbaud revenait, comment il serait accueilli par l’Echevinat aux Affaire culturelles… de ces ramponneaux sur la gueule !...
Plutôt Karamazov et compagnie dans ce trou à rats infréquentable très fréquenté.
Du hirsute en velours à côte à la Roger Somville pour arrière fond Murger en gala au Royal, à l’ancien « Tubes de la Meuse » converti au haïku par un Chinois démonteur de ladite usine, le snob aime le dépaysement.
Longtemps Roture fut un Greenwich Village, la Cage aux Lions, l’ambiance Cirque d’Hiver… la rue du samedi soir, étroite et suintante de bière et de dégueulis. Le folklore outremeusien y est revenu en force… la bouquette et le pèket au comptoir du Théâtre Impérial, les restos BCBG ont définitivement détrôné le plat du jour à deux cents balles.
Les authentiques ont dégringolé dans la daube et la seringue sale. Les survivants du vers libre ont l’air tellement hagards place Cathédrale qu’on les confond avec les crades et les branques.
Les autres, les insubmersibles… gagnent des prix, par ci par là, Trio, l’Ile des poètes, Biennale, Province, Etat, le Grenier d’Ombret, concours arrangés, voués aux dyslexiques et aux perturbés de l’allitération, vacations d’enseignants, lauriers de notables.... Ces Rimbaudruches sont friqués naturels ou bossent dans des sinécures d’Etat, profs, employés d’administration, groom au PS, retraités à complémentaires et assurance vie, les fonds sous le matelas…
Le « must » s’est déplacé. Pierreuse rivalise en pittoresque. On s’y fait de belles jambes en gravissant le raidillon qui mène au Parnasse.
Dans la cave de la culture, les fesses de Juliette protégées par cette minuscule baptiste dont j’aurais voulu que mes paumes en fussent rivales, je voulais savoir si une nouvelle pléiade traverserait demain le ciel de la poésie liégeoise.

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Qu’avait-on fait de la culture populaire ? Comment Guevara mort depuis un bail avait été remplacé ? Sex pistols, The Clash, Generation X… Cendrars ou Izoard ?
Dans la cave traversée par de forts tuyaux d’égout, les « animateurs » étaient astucieusement répartis, dissimulés derrière des tubulures ou dans les premiers rangs, peignés à la bantoue et aux piercings d’une singularité étudiée. Ces permanents n’étaient pas là pour rigoler. On les sentait en service commandé. Fallait qu’ils se justifient… qu’ils alimentent les ASBL de produits cultes. Leurs troupes en hiérarchies distinctes, selon l’état de la jaquette, les entouraient avec une ferveur échangiste. On sentait que l’intimité n’était pas qu’une émotion aux Fleurs des mâles.
« Avant, ça se passait en plaisanteries de casseurs de pots bons vivants, avais-je dit à Juliette. Aujourd’hui tout est devenu plus con et plus sérieux… plus le moment de rigoler. Les animateurs le prendraient mal. Je les vois tout de suite à l’injure, à l’anathème. Une critique, et ils se sentent incompris… Sans doute les nerfs à fleur de peau, autre spécialité liégeoise. »
« Vraiment, mon cher, avait répliqué Juliette, on voit bien que vous ignorez l’importance qu’ils accordent aux maigres subsides de la Ville et de la Province, sans lesquels la moitié d’entre eux retournerait à l’usine ! »

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Oui. Juliette me vouvoyait en public, pour des raisons qui ne vous regardent pas.
Les spécialistes des Arts et Lettres ne délivrent leurs commentaires que sous la forme fleurie… l’infinie précaution. On voit ce que ça donne dans les rares rubriques liégeoises des Arts… Les tours de force pour dire qu’on n’a pas aimé… qu’on est parti à la deuxième strophe !
Cette afféterie se retrouve dans le commentaire écrit, dès que le chroniqueur aborde Cythère…
Les discours n’y connaissent l’extenso que tamponnés et en sixième page. Normal…
Seule liberté, la fumette. On était saisi d’entrée par une fumée âcre, persistante, j’ai cru qu’on sortait les joints des slips, tellement ça cognait. Juliette, plutôt familière sous des dehors d’exotique bourgeoise, m’avait dit les yeux rougis : « Ce sont des baguettes d’encens. Vous comprenez, j’ai vérifié. Je viens avec mes élèves aux après-midi poétiques, pour l’Alfred et l’Alphonse, les deux rigolos que Flaubert ne pouvait pas blairer »… Pas étonnant, Vigny et Lamartine… que ses filles se shootaient à Noir Désir avant que Bertrand Cantat ne descende un poids mouche à Vilnius.
Je n’avais jamais tant inhalé de la fumée bleue, la plus pénétrante, dans un aussi petit espace. Plaqué contre le mur, j’essuyais la chaux sur la manche de mon veston. Un illuminé d’une Saison en amphétamines était de l’autre côté de Juliette, si près qu’elle avait dû choisir, ou plaquer sa cuisse contre la mienne ou se sentir pénétrée par l’odeur sui generis d’un poète pétomane négligent.
J’aurais juré qu’aucun spectateur ne suivait « la nouvelle poésie d’Izoard à Savitzkaya ». A ma grande surprise, des animateurs posaient des questions tellement longues, qu’ils devaient être trotskistes. Pour le coup, ça plombait davantage.
Un permanent cramé par les fumées, dont la soutane avait déteint sur le visage, dominait le vacarme des questions à propos de Marcel Thiry. Juliette se piqua à cette remise en question du héraut principautaire. Je sentais sa cuisse parcourue d’un tic nerveux. Je mis la main sur le nylon de son bas noir pour la calmer.
Ah ! doux contact… merveilleuse manière d’échapper au contexte !
Nous n’étions pas les seuls.
Nous sommes restés à la fin de la séance un bon quart d’heure avec nos oeuvrettes à la main. Juliette son « Voyageur sans bagage », moi mes « Assauts… quand la pluie » jeux de mots malencontreux et tous les autres, les obscurs, les sans grade, les cordonniers de campagne, les arrivistes à donner des coups dans le marronnier, leurs papiers d’écolier sous le coude, l’air insatisfait et dubitatif, le sphincter découragé !
L’anonymat dans une réunion d’anonymes, c’est humiliant.
Je retirai la main des délices au bas noir, dès que les premières mobylettes remplacèrent les péroraisons et les dithyrambes.
Elle ne voulut pas reprendre son mouchoir de baptiste qui collait à la banquette. Je le mis dans ma poche en me promettant d’en respirer les effluves à mes moments d’égarement.
Nous continuâmes les débats dans la voiture, histoire de croire que nous n’avions pas perdu notre temps..
De biais, elle faisait hôtesse de l’air licenciée de la Sabena.
Je pris sa main.
Elle me lut pour le prix quelques poèmes.
J’hésitai à lui prendre le reste tant je redoutais une autre lecture…
L’air était doux. Le mari absent…
Cet homme, ce voyageur sans bagage, ce ne pouvait être que lui.
Encore aujourd’hui, je me demande si la symbolique du type sans bagage n’avait pas une connotation sexuelle… On peut être marié et sans valoche, n’est-il pas ?
Allez savoir quand on fréquente les poètes ?

27 décembre 2003

Trève des confiseurs

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26 décembre 2003

On en est là !

- I’ pouvait pas gagner !
- Qui ?
- Michal.
- Pourquoi ?
- Après ce que les Polonais nous ont fait !
- Ils nous ont fait quoi, les Polonais ?
- Ils n’ont pas voulu adopter la nouvelle Constitution de Giscard.
- Et alors ?
- Chirac n’aurait pas admis… nous les Belges non plus.
- D’où tu tiens ça ?

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- De source sûre…
- Et Elodie ?
- Elle est bleu blanc rouge garanti.
- Ça sert à quoi ce concours ?
- A faire des stars.
- On n’en a pas assez ainsi ?
- Il paraît que non.
- Et les stars des autres années que sont elles devenues ?
- Hier, on en avait encore une qui chantait à Toulouse.
- Et tout le paquet restant ?
- On ne sait pas. On en repêche de temps en temps une…
- Dans le canal ?
- Non, sur France 2 ou à la RTBf.
- Les autres, elles ont disparu ?
- Si on cherchait un peu dans la France profonde, on en retrouverait bien quelques-unes…
- Non. Parce que ce ne sont plus des stars. Celles de la France profonde, on les connaît plus..
- Les autres, les vraies fausses stars, elles finissent comment ? Jennifer, par exemple ?
- Au pire, au Centre culturel de Seraing ou à la salle des Fêtes de l’école d’Amercoeur. Au mieux, au Forum de Liège.
- On est quoi, nous, dans la variété internationale ?

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- On s’est spécialisé dans la fin de carrière ou dans le début prometteur qui ne l’est plus le lendemain. Aznavour d’un côté et la Leroy de l’autre. On s’apprête à recevoir Lagaf. A sa place, je me méfierais…
- Y a du monde dans le pré anonymat !
- Faut les entendre les stars « èquêts » vanter les qualités du public liégeois.
- Le meilleur du monde, le plus difficile… d’après la critique liégeoise.
- Pourquoi la critique liégeoise ?
- Tu l’as déjà entendue dire du mal d’un spectacle ?
- Jamais. Parce que c’est tout simplement formidable et que le public est connaisseur !
- T’as pas vu la pièce sur Simenon, pour dire ça… et pourtant, i’ se sont régalés, les blaireaux.
- Alors, on peut plus se fier à rien !

25 décembre 2003

Conseils d’un insecte à merde à sa larve.

T’achètes un magazine de rock, t’as intérêt à le lire fissa, le lendemain ça part en couilles, c’est ringard.
Si tu veux être « on », t’as pas intérêt à surfer sur les bords. Tu frimes sur Moonage Daydream : The Lifes And Times Of Ziggy Stardust » pensant que tu en jettes sur les 30 ans de la publication de « The Rise And Foll Of Ziggy Starust And The Spiders From Mars « de David Bowie. Merde ! T’as deux trains de retard et les blaireaux te scient l’effet en ressortant un vieux Ride de 92 revenu au top du festival de Reading. Te voilà « off » !
Alors, basta la compette. On s’essouffle à dénoncer les bourges qu’ont osé remettre à flot Phil Collins, alors que t’étais à l’exploration de l’ultime pointe décembre 2003 !

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T’es Kéké mon Valentin.
J’en ai toujours eu jusque là de ce langage hermétique qui ne signifie qu’une chose que t’es con à jamais, comme tous les fondus qui te persécutent de leurs formules et de leur culture prospectus.
Tandis que le monde se fait sans ta gueule, celui de la frime et de l’absolutely life te renvoie à ta définitive ignorance.
Alors, mec, t’es plus rien que la chose dont tout le monde se fout.
Si tu remontes des fonds, y a des chances que tu tournes mystique.
Et comme t’as raté le virage citoyen, t’es loser définitif. Dieu t’attend mon fils… enfin, ceux qui sont derrière. T’échanges ton blé pour ton salut et tu te retrouves sans aucun des deux, au tamtam devant les Chiroux... comment Krisna, au collectif le mignon, se fait ta gonzesse et pourquoi t’as que des haricots à bouffer. Sous ton pagne, j’aime autant te dire, t’es comme Arcelor, t’as intérêt à mettre les voiles, avant d’imploser.
Après ça, t’as plus qu’à conclure. T’arrêtes tes savonnettes, bon. Tu fous aux chiottes Lars Frederiksen & The Bastards, rien à dire. Qu’est-ce qui reste, vu que t’as loupé l’école ? T’as qu’un intérim de temps en temps dans une PME où le patron bosse avec toi, le comble de la perversion !
A midi, tu saucissonnes sur le tas, l’œil sur l’horloge, avec le singe dans le bureau qui se tient plus à loucher sur sa montre.
C’est le start à pile poil. Là, y a plus ni Moon ni Krisna, rien que le PME à l’obsession que tu tires au flanc et que tu lui manges son bénef chaque fois que tu respires.
Tu glandes dans un monde de vampires rien que parce que tu t’étais pas aperçu que l’écolier d’AC.DC te la jouait sautillante juste le temps d’un concert à cent euros le 20me rang, pour te baiser réglo tout le reste de ta vie.
T’as plus qu’à tout recommencer.
Oui, mais voilà, à 27 ans t’es un vieux, genre génération Charles Trenet amélioré Mitchell.
Alors, fais fissa. Avant de faire la leçon, si t’apprenais la tienne ?

24 décembre 2003

NOËL

La Société d’encouragement hippique « l’Arçon ambigu » ; les Golfeurs socialistes du pont de Wandre ; le Lion’s club, section Thier du Bouhay, présidente Florence des Pieds ; la Société secrète « Les Trois Boules » et son grand maître Théophile Aplomb ; la Marquise de l’Entrée-Dautel, en ville ; Saddam Hussein, descendant non certifié de Mahomet, spéléologue ; Richard III, escroc officiel de Bourg-la-Reine richard3.com ; la coiffeuse X en congé de longue durée, bigoudi à domicile ; la Société de Langues, pâtisserie fine et plus si affinités ; Monsieur Trolon, concurrent (c’est bien la première fois qu’on voit un Monsieur Trolon réussir dans un concours !) ; Béatrice Tementcélèbre, auteure de « Le facteur avait glissé son slip dans ma correspondance » œuvre autobiographique ; le personnel Mailleux et Mademoiselle Mayeuse, candidate bourgmestre ; Bressoux-soir en direct et en privé sur devis ; Charles Atempax, le Web master du site « mature » de Denver en reconnaissance ; le médecin urgentiste Héma Tôme, de la clinique Espérance ; les maîtres-chanteurs et l’orchestre du Tribunal de Première Insistance de Voroux-Goreux ; la Société folklorique « Café liégeois » et son sociétaire perpétuel Sébastien Broutex ; Camille Danlemil, péripatéticienne spécialisée dans le bâtiment, place Saint-Lambert ; Cédubelch, journaliste laïque, compagnon « Del crôsse kliquotte » membre honoraire « des Amis de la pêche au bon thon » ; le personnel licencié du Liégeois optimiste, et madame Darfeuille-Derose, consolatrice et preneuse en charge des victimes jusqu’à 40 ans ; l’ensemble instrumental de percussion des entreprises Béton Cudenlasoupière SA ; Guillemine Derien goûteuse à la banque du sperme de Désiré Fourré et Adam Letube, pharmaciens ; Izolde Abapri, vendeuse en cabine d’effeuillage ; Ricardo Vasculaire, chirurgien ; Audran Pourmoi militaire putschiste réformé…

vous souhaitent tout ce qu’un égoïste se souhaite à lui-même sans le crier sur tous les toits.
Joyeux Noël.

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23 décembre 2003

Déménagement

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Bête ou méchant ?

C’est confondant de bêtise à la fin ! La plus grande démocratie du monde découvre au fur et à mesure de ses déconvenues en Irak, ce que n’importe quel petit journaliste, n’importe quel lecteur du dimanche savait et avait dénoncé dès le débarquement des premiers GI en terre hostile.
A croire que tout le fourbi du Pentagone, les FBI et CIA confondus ne pensent qu’à jouer au golf et parier sur le base-ball !
Ou alors, il s’agit d’une perversion de la démocratie qui rappellerait de fâcheuse mémoire la Propaganda Abteilung de Herr Doktor Goebbels.
Abandonnons pour l’instant cette hypothèse, quoique tentante, pour privilégier la bêtise et l’impréparation.
Les Américains, sont-ils à ce point ignorant de la haine qu’ils suscitent chez tous les parias et particulièrement arabes, depuis qu’ils se sont dépensés sans compter pour maintenir l’Etat d’Israël la tête hors de l’eau ?
La plupart des problèmes du monde arabe découlent en réalité d’un seul : celui de la Palestine. Et tant qu’on n’aura pas trouvé un accord équitable entre des rivaux qui occupent la même terre, les Américains perdront un ou deux hommes par jour en Irak, se verront menacer chez eux par des commandos suicides et n’éradiqueront pas de sitôt le terrorisme.
Les résistants à l’occupation américaine de l’Irak sont les mêmes qui ont défendu Bagdad et laissé plus de morts sur le terrain que l’armée régulière : une phalange internationale essentiellement faite d’arabes qui se repeuple au fur et à mesure qu’elle s’auto détruit dans des attentats suicides.
Ces activistes terroristes s’infiltrent depuis les frontières poreuses de la Syrie et de l’Iran par flux continus. Quand un village leur signale le départ d’une patrouille américaine qui y stationnait, ils s’y installent et tout est à recommencer.
Les Américains ont à l’heure actuelle arrêté près de 500 Arabes étrangers. Qu’en faire ?
Ils en sont à se demander quel serait le lien qui existe entre ces étrangers et les derniers partisans de l’ancien régime dont on sait qu’ils sont surtout en nombre à Tikrit et dans la banlieue de Bagdad.
La leçon d’Afghanistan devrait être pourtant profitable aux troupes d’occupation.
Là-bas, le régime mis en place par la coalition ne contrôle vraiment que Kaboul et encore. Pour aller d’un village à l’autre, il faut une escorte blindée. On sait maintenant que les réseaux d’Oussama Ben Laden se sont très rapidement réorganisés lorsqu’il n’y a plus eu de front à proprement parler.
La logique des terroristes islamistes est simple et efficace. Ils s’attaquent à tout qui s’allie aux Américains aux Proche et Moyen-Orient. Aujourd’hui les USA sont toujours sous la menace d’un « gros coup » mais aussi la Turquie, le Maroc et l’Arabie Saoudite et en général les régimes musulmans modérés.
Les Américains n’avaient rien à gagner en se lançant à travers un pays déboussolé à la poursuite de Saddam Hussein. A présent qu’ils l’ont trouvé, ils ne savent plus qu’en faire !
Ceux qui en Irak avaient été les adversaires du vieux dictateur se disent outragés des humiliations que lui ont fait subir ses gardiens. Le « mort ou vif » de Bush signifiait « plutôt mort que vif ». Encore un ordre qui a été mal transmis !
Bref tout fait nombre pour accuser les USA de tous les maux de la terre.
Devant ce cafouillage complet, ce fiasco total, on songe à Pyrrhus, roi d’Epire, qui trois siècles avant JC paya sa victoire au prix fort et replia bagage aussi vite.
Reste à sonder l’insondable, la capacité de réflexion de Bush.
S’il s’obstine, la suite logique est son entrée en guerre avec l’Iran.
Ce ne serait plus alors une victoire à la Pyrrhus, mais plutôt Trafalgar. Le pire, c’est que cet homme à la tête de la plus formidable armée de tous les temps, en est bien capable !
Vivement les élections américaines de l’année prochaine !
Il m’a toujours paru que les Démocrates étaient moins cons que les Républicains. Pourvu que cela ne soit pas une illusion !
Et pendant le temps que le public compte les coups, une autre formidable bombe s’arme en coulisse. Celle-là est financière. La chute du dollar, l’immense déficit US, la volonté américaine d’entraîner l’Euro dans sa banqueroute, ce sont des perspectives crédibles. On a demandé à des économistes sérieux quelles seraient les conséquences d’un euro pour un dollar cinquante. Personne n’a osé répondre, tant ce cas de figure probable est explosif !
On en est là.
Ce qui n’empêche pas nos forces vives de la politique d’aller Ho gué ! Ho gué ! afficher leur contentement d’être né sous une bonne étoile.

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22 décembre 2003

VIPO

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21 décembre 2003

T’as pas l’esprit "Café liégeois" ma poule ?

Quand vous êtes pas enthousiaste, en panne d’ardeur pour des aventures avec des gens « comme vous et moi », que ça vous dit rien des « Scènes de la vie quotidienne », faites gaffe, vous devenez suspect, un genre peu fréquentable.
L’important gougnafe, hilare et bon vivant qu’est inscrit dans les comités « caritas », lui, est franchement pour des « Scènes de la vie quotidienne » … pour le rire « Café liégeois »...
Vous avez la crampe ? Plus envie de résister ?
Pas de problème ! Suffit d’être inscrit, c’est tout.
Faut ensuite figurer… Si vous figurez pas, si vous pensez pas à demain, que vous êtes franchement pas moderne, alors le progrès, c’est pas pour vous. Ce serait même injuste que l’on vous en attribuât une parcelle.
L’avenir est aux enthousiastes, à ceux qui croient que c’est le soleil qui tourne autour de la ville, à la foi en Liège, à l’avenir. Si c’est pas pour donner aux foules le frisson au Valeureux Liégeois des Bandas du 15 août, c’est pas la peine de sortir un stylo.
Le reste s’apprend vite. Vous repérez le gars le plus autoritaire, à l’armée on dirait le plus haut gradé, puis vous faites comme lui.

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Quand vous avez le ton juste, « Café liégeois », même les trucs de cul, qui passeraient pas à un banquet de première communion où pourtant on en entend des raides, l’autorité condescend… y compris des imitations de Montagné, c’est dire... A la norme « vous et moi » y a pas de vice, c’est qu’amusements de bon aloi.
« Vous connaissez celle du colonel russe qui se fait enculer contre un réverbère devant la statue de Joseph Staline ? »
A Liège, on est bien plus fort que chez Bouvard.
Certes, elle est vieille et elle vaut pas un clou, la blague, mais c’est l’Autorité qui la sort…. La plus fervente à la messe tous les dimanches glousse « Oh vous ! quel homme... » Sous entendu qu’à la paroisse, le curé, voilà dix ans qu’i’ bande plus.
Les gazettes reprennent l’événement. « Enculer » comme c’est fin ! Dans la bouche de l’Autorité, c’est autre chose…
Vous, pas enthousiaste, vous comprenez tout de travers. Vous cirerez jamais bien les pompes. Vous versez pas dans l’espoir, le grand espoir qui transforme tout. Par exemple, le mec qui s’est tellement mis sur le ventre devant l’Autorité et qui peu plus se redresser tout à fait, faut le voir à la fin de sa carrière, à l’exemple aux jeunes, s’il y croit à la promotion du mérite personnel ! Tous les Caractères par cœur ! …Se faire valoir par des choses qui ne dépendent point des autres, mais de soi seul… sacré La Bruyère, pur « Café liégeois » !...
Vous… vous accrocherez jamais les drapelets dans la salle des fêtes avant que l’Autorité jacte roboratif, au moment du Pernod de l’amitié, des célébrations aux cirrhoses précoces.
On se récrie aux alentours : mais si… mais si… admirable, maître, inégalable vous êtes… le style Saint-Simon !... Et l’autre qui sait même pas qui c’est, a juste le temps de s’envoyer une bière avant de dégueuler à cause du mélange bière-Pernod.
Au commentaire de la soirée, le malheureux Gus qui rend compte est aussi peu doué que l’Autorité, ça finit dans le Larousse du débutant à se les gratter en tournant les pages. Après vingt ans d’écriture, i’ arrive plus à se comprendre …a paumé les règles ! « Je mets quoi à machine à laver, l’accent ou le « r » ?
Heureusement que les réflexes sont intacts… réflexes de gagneuse des rues derrière le Grand Bazar. Tous les intérimaires à la chaude-pisse, sainte solidarité des passes à 50 €.
« Scène de la vie quotidienne :
L’Autorité s’est promenée dans les rues de notre riante cité ardente ce charmant week-end. Elle s’est arrêtée à chaque boutique, a dégusté les vins et a même bouffé par mégarde un savon qu’elle a rendu contre le mur de la FNAC. Aussitôt, nous sommes intervenus. Nous emportons toujours notre serpillière ».
Le social au cœur des foules… dix Jean Racine au train, thuriféraires au grandiose, les hagiographes à la pipe auguste… bouton de rose, le charnu à la découverte. L’Autorité s’envoie tout ce qui bouge… gloire au chef !
L’invendable pathétique des fonds de commerce des très vieilles merceries de village, c’est pour votre gueule de réfractaire.
Eux, c’est pareil, mais vu sous l’angle enthousiaste, la pauvre ordure sort ses dorures. L’immondice devient bandante. On se l’arrache. Les demoiselles de magasin soupèsent la belle pointure, déballe la camelote comme si elle dépiautait un super coup d’Hollywood. Question commerce à Liège, on est fadé. Rien que de la fripe de première main… ça et les « kots », vous trouvez plus rien d’autres, à part la connerie qu’est galopante du Carré aux Guillemins…
Faudrait voir à reprendre les cours à rattraper le temps perdu… en vains râles et hoquets envieux pour reprétendre… Merde ! C’est beau comme un camion la nuit, l’Autorité !...

20 décembre 2003

Bras long et achondroplase.

En Belgique, il y a des personnes qui ont le bras long.
Il y a même une société secrète des bras longs.
Là, on se concerte. On se dit : « Qu’est-ce qu’on ferait bien pour utiliser nos bras longs ? ».
On trouve toujours un passe-droit, un PV à faire sauter, une entreprise à la limite de la légalité, une affaire que l’on a d’autant plus de mérite à réussir qu’elle exige le bras très long.
Au-dessus de ce dimorphisme caractéristique de l’homme d’influence, il y a l’hyper bras long.
Catégorie réservée aux chefs d’Etat, aux multimilliardaires et aux putes de haut vol.
Ce n’est même pas la peine à une force vive d’essayer d’entrer dans ce club très fermé. Parfois, un grand criminel, pour des raisons obscures, est un hyper bras long. On a parlé de Dutroux sans bien trop savoir.
S’y trouvent en bonne compagnie les barons de la Finance. C’est très justement que l’on parle d’Albert Frère comme ayant le bras très long.
De toute manière les hyper bras longs vivent dans des sphères encore plus secrètes que les francs-maçons.
On croyait que Saddam Hussein avait le bras long. Ce n’était qu’une prothèse dans la manche de ses costumes d’apparat. Eh oui ! le dictateur de Bagdad, loin d’être un descendant de Mahomet, était en réalité un achondroplase cavernicole.
Nous, les intouchables, nous ne pouvons pas comprendre. Nous avons le bras juste assez long pour nous curer le nez. Et encore, pas profond. Nus, nous avons l’air d’avoir trois bites. Ce qui, par les temps qui courent, est loin d’être inutile.
Nos moulinets sont ridicules. Il nous est impossible de donner du poing sur un bras long. Ils nous tiennent à distance en se jouant. Par contre, quand Glorieuse a des défaillances, nous en avons encore deux à disposition.

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Nos petits bras ne s’accompagnent d’aucun dessous de table, d’aucune facilité, d’aucun avantage. Nous avons beau dire qu’ainsi fait nous sommes de vrais démocrates, personne ne nous croit et nous passons partout pour des cons.
Il va sans dire que les bras longs sont adulés, fêtés, choyés et considérés comme de beaux esprits même s’ils sont bêtes comme la lune. Leurs mots sont cités, leurs proses encadrées et leur aura auprès du public achondroplase est considérable.
Alain Delon est un bras long exilé en Suisse. Bras tendus, il peut à l’aise téléphoner de son domicile parisien sans être à Paris. Arthur, le comique parisien, est un exilé des méninges. Il a le cortex très développé au bout des doigts. Il voit quasiment son Estelle par l’intérieur.
Les bras longs du star-system ont une vie exempte de souci, des moyens illimités et une vie sentimentale qui leur permet de coucher avec les belles de la Jet-set à la mouillette. Une chose leur est cependant interdite : ils ne doivent révéler à personne et surtout pas à leurs maîtresses, qu’ils ont le bras longs.

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Certains criminels doivent renoncer sous peine d’exclusion à parler de leurs bras longs.
Nihoul, par exemple, on le dit complice du pédophile Dutroux, on le traîne aux Assises. Il se contente de sourire, de dire qu’il est victime d’une erreur judiciaire. Il s’est vanté un peu vite d’avoir le bras long ; mais, heureusement, il n’a jamais dit qui l’avait pourvu de ce membre si développé. Cela se saura à l’issue du procès. Acquitté ou coupable avec sursis, on mesurera alors la vraie capacité de son pouvoir braslonguiste. C’est un des rares exemples d’un bras long révélé. Les autres, comme il est dit plus haut, quand vous vous apercevez qu’ils ont le bras long, c’est trop tard pour vous.

19 décembre 2003

Qui a dit ?

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Centre de production et Bureaux, Thier du Bouhay – Studio, rue du Moulin. Affilié à l’Association de bienfaisance du rire à domicile. Label de 7 à 77 ans – Trois cierges.

18 décembre 2003

Comme un vol de corbeaux...

Ce n’est pas qu’un sport national. Il est mondial.
Certains Belges y sont doués : c’est la délation.
La lettre anonyme encombrait les couloirs de la Gestapo entre 40 et 45. Aujourd’hui le sac postal déversé au Ministère des Finances, n’est pas triste non plus.
Mille raisons concourent à ce vice, parmi les plus souvent évoquées c’est le civisme. A croire que dénoncer une femme d’ouvrage au noir ou un voisin qui construit sans autorisation un wc au fond de sa cour sauvera la Belgique d’un désastre financier.
Bien sûr, sous les raisons officielles, ce qui ronge le dénonciateur, c’est qu’un autre que lui s’en tire mieux, que la voisine est une pute qui, soit disant, élève mal ses enfants, mais c’est parce qu’il n’est pas parvenu à la sauter, que le braconnier du dimanche ne peut pas gratuitement manger du lièvre, quand lui le paie son prix chez le boucher. Bref, le corbeau est surtout un envieux.
Les patrons sont dans le collimateur des comptables renvoyés, des secrétaires délaissées et des concurrents directs. De l’envie, on passe à la vengeance.
Parfois de gros intérêts sont dans la ligne de mire des délateurs. On se rappelle le listing des fraudeurs de la banque X. La prise importante excuse-t-elle le geste ?
Du coup de fil à la police dans une cabine, à la lettre anonyme à l’écriture contrefaite, jusqu’à la subtilité du manipulateur qui dénonce par personne interposée, il y a de tout pour faire l’immonde.
Les vieux ont une mauvaise presse dans le domaine. Ce serait l’arme des faibles. Rien ne prouve que derrière leurs rideaux tous les retraités scrutent dans l’espoir de noter sur un calepin à portée la personne à dénoncer : celle qui fait du bruit dans l’escalier, celui qui bourre l’ascenseur des objets de son déménagement, le voisin qui dépose un sac non réglementaire sur le trottoir pour le ramassage des déchets, l’automobiliste qui gare sa voiture où c’est interdit, etc.

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La dénonciation tout azimut atterrit aussi bien au Commissariat de quartier, chez le gérant d’immeuble ou chez le cocu. Le corbeau veut des résultats. Même s’il n’apparaît que rarement aux premières loges, il veut être là à l’arrivée des huissiers ou des policiers.
Le malheur des autres sur son initiative, c’est sa récompense.
Il n’y a pas que les Dalton pour être veules et cons.
On cite le cas d’un certain De Baecker, un liégeois d’Outremeuse, SS durant la guerre 40 et qui aurait quelques années avant attiré à Visé son père réfugié en Hollande et recherché pour meurtre (l’extradition n’existait pas) afin de toucher une prime offerte par la justice.
Le corbeau le plus célèbre, c’est celui de l’affaire Gregory, cet enfant qui avait été jeté vivant dans la Vologne perpétré probablement par l’auteur de la lettre anonyme qu’on n’a jamais découvert.
On le voit il y a des délateurs de toute sorte. Tous procèdent d’une certaine manière de l’infamie qu’ils portent en eux et qui les caractérise.
Il n’y a pas de classe sociale, ni de portrait type. Celui qui a ce vice dans le sang l’a pour la vie.
Les dénonciations « pour le bien du dénoncé » si elles sont moins courantes n’en sont pas pour autant moins dégueulasses.
C’est la mère qui dénonce sa fille pour mauvaise conduite ou le père qui voudrait bien se défaire de charges qu’il assume mal.
Il y a enfin le mauvais plaisant qui ne réfléchit pas que la délation n’est jamais drôle et qu’en procédant à ce qu’il croit être de l’humour, plonge les autres dans le drame.
Outre celle des assassins patentés, la catégorie la plus méprisable- s’il était possible d’établir une hiérarchie dans ce cloaque - c’est celle des mouchards, gagés par les autorités pour dénoncer.
Cet élément de surveillance et de dénonciation a toujours été le principal facteur de réussite dans la police qui s’attaque à la criminalité organisée. Mais cet auxiliaire précieux n’en demeure pas moins un salaud retourné.
Rares sont les « balances » qui sortent de l’ombre. Ce sont des auxiliaires protégés. Parfois, le flic protecteur ne peut plus couvrir son indic. Alors on voit avancer à la barre la déchéance faite homme. Le tout dernier vaut son prix. Il s’agit de Nihoul, malfaiteur et indicateur de la gendarmerie.
La boucle est bouclée.
Sport belge, certes, je veux croire encore la délation réservée à une « élite » de la bassesse.
Tout compte fait, décidé à ne pas dénoncer les autres, j’essaie un pas vers la communauté des délateurs : je vais me dénoncer moi-même aux autorités.
Je ne crois pas à grand-chose. Je vote mal. Je trouve ce gouvernement mauvais ainsi que les autres qui suivront. Je ne crois pas aux vertus des partis, du capitalisme, de l’OMC, de l’Europe et des Nations Unies. Je suis sceptique à ce qu’on raconte dans les journaux. Je n’ai pas la bosse de l’admiration. Je trouve la bourgeoisie belge particulièrement bête. Les passe-temps de ces gens foutre déshonorants, leurs télévisions insupportables, Star Academy casse-couille. Les forces vives me font gerber. Et il y en a un beau paquet en bord de Meuse liégeoise : promptes à la médaille, aux discours, aux conseils. Attendues partout, refusées nulle part, héroïnes des gazettes où elles ont leurs clientèles, la modestie n’est pas leur vertu première.
Bref, je suis un mauvais citoyen, un râleur et un anarchiste du passé.
Je demande mon élimination.
J’ai tout pour déplaire. J’espère que ma demande, non signée bien entendu, parviendra à qui de droit et que des mesures seront prises. Comment me reconnaîtront-ils ?
C’est bien simple. Il paraît que je suis l’inventeur de « Tout c’est con. Tout c’est de la merde. » qui aurait paraît-il fait les délices du « Plat du Jour » un blog sympa que je vous dénonce…

17 décembre 2003

La divine comédie intégriste.

Malraux qui n’en ratait aucune avait prédit que le 21me siècle serait religieux ou ne serait pas !
Comme si religion, ou pas, la terre s’arrêterait de tourner et que les maboules qui sont dessus ne survivraient pas aux prédictions du Nostradamus du Général de Gaulle !
Confrontée depuis des siècles aux intégristes chrétiens, ultras du Sacré-Cœur, Jésuites, Opus Dei, pères prosélytes en mission, jusqu’au schismatique Monseigneur Lefèvre, la laïcité a fait son petit bonhomme de chemin. La mainmise des hommes d’église sur le social et l’économique s’est peu à peu relâchée.
Au point que si la nouvelle donne de l’Islam n’avait pas mélangé les cartes, on en serait à une cohabitation pacifique des croyants et des non-croyants dans un respect mutuel, les premiers n’interférant pas (pas trop !) dans le domaine public, les seconds laissant à chacun le libre choix de conscience.
La laïcité va de l’avant avec l’émancipation des femmes. Les droits à l’avortement et à la contraception ont fait reculer ceux qui menacent les progressistes des foudres du divin. La mixité dans les écoles, les piscines et les lieux publics nous différencie des sociétés archaïques.
Mais voilà, le monde à mille visages. Ce qui se gagne d’un côté en liberté, se perd ailleurs en contestations, aux noms d’autres valeurs.
Cela ne serait au pis aller qu’un progrès par à coups avec des poches de résistance ; si le brassage des populations ne nous amenaient de nouvelles formes d’intégrisme.
Ce contact des intégristes d’ailleurs avec le monde déchristianisé de l’Occident est en soi une bonne chose. Les femmes qui sont en général opprimées ou au mieux inégalement traitées en droits religieux qui nous viennent en hijab ou pire en niqab se voient soudainement en état de vivre plus égalitairement par rapport aux hommes. Beaucoup d’entre elles, surtout dans les jeunes, malgré l’opposition de la famille et les tracasseries des clans, deviennent les meilleures demanderesses du droit à la laïcité.
En vacances ou au retour définitif dans leur pays d’origine, ces femmes seront les meilleures propagandistes pour la séparation entre la religion et l’Etat, comme nous le vivons en Europe.

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Seuls les noyaux durs religieux posent problème.
Notre séparation des pouvoirs est une chance. Notre laïcité est un droit. Il devient un devoir là où la religion n’a que faire.
Il serait inacceptable que nous nous laissions circonvenir par une certaine démission dans ce domaine. On ne sait quelle indulgence nous saisit parfois, quand on sait où mène le laxisme dans ce domaine particulier. L’intégrisme en général poursuit des buts qui ne sont pas de liberté et d’émancipation.
Ne l’oublions pas.
Le pouvoir tel que nous le concevons en Belgique est déjà fort suspect. La démocratie y est souvent une affaire de moyens financiers. Les citoyens ne sont pas très bien représentés dans les institutions. Celles-ci sont lourdes, mal adaptées et profitables à un personnel politique pléthorique et inefficace.
Nous savons cela sans bien souvent pouvoir l’oser dire.
Mais ce système est mille fois supérieur au pouvoir religieux qui dirige un Etat.
Nous voyons ce que fait de l’autorité le pouvoir religieux dans certains pays et les crimes qu’il commet au nom de son utopie.
Luttons contre la pauvreté, l’exclusion, évitons les ghettos, la marginalisation des populations immigrées, souvent en détresse et passablement maltraitée par les pouvoirs publics, incluons les cultures, les arts, les différences des gens venus des quatre coins du monde et qui nous enrichissent de leurs particularités.
Et ne nous laissons pas impressionner par l’obscurantisme religieux qui a la prétention de nous donner des leçons dont nous n’avons que faire.

16 décembre 2003

Habeas Corpus au chewing-gum.

Ainsi le parti Baas n’a même pas eu les moyens d’offrir une mobylette à son Raïs pour qu’il s’en aille pétarader ailleurs, comme le mollah Omar !
C’est à peu près à l’endroit où il a débuté sa carrière comme gardien de moutons qu’il aura terminé son périple : Tikrit !
Pitoyable fin de Saddam Hussein, le si redouté tyran, découvert dans un trou à rat, hébété, hirsute, se laissant manipuler devant les caméras pour une visite comme dans les prisons dont on nous a caché l’essentiel, la fouille à corps avec l’humiliant touché rectal.
On avait oublié qu’avant d’être déifiés de leur vivant, les grands de ce monde sont des hommes, aussi quelconques que nous dans leur intimité. Le pape, Bush, Chirac, Verhofstadt ou qui vous voulez, à la celle une ou deux fois par jour et à la miction plus ou moins laborieuse suivant l’âge, trois ou quatre fois… et vous ne saurez jamais si les sœurs polonaises lui mettent un pampers tous les matins avant la messe, au Jean-Paul, ou s’il arrive à Bush de pisser sur ses santiags.
Loi générale oubliée si facilement devant les dorures, les beaux amis, la superbe, le cadre, marbre et statues grandeur nature qu’à chaque fois l’homme de la rue sent un frisson lui parcourir l’échine.

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Bon. C’est fini. Le tyran de Bagdad est passé sans transition de la grande gueule à qui on baisait le bout des doigts en tremblant, au petit vieux misérable dont on finirait par avoir pitié s’il n’était à la tête d’un million de victimes.
Pour Bush, l’arrestation arrive trop tard ou trop tôt. Trop tard, au tout début on aurait salué l’exploit. Trop tôt, les élections américaines, c’est dans six mois et l’opinion est par nature oublieuse.
Evidemment l’arrestation de l’as de pique ne résout aucun des problèmes des Américains sur place. La guérilla n’était pas menée par le clan Hussein. Al Qaïda s’infiltre par tous les bouts de cet Irak à la dérive. La moyenne d’un tué de l’armée d’occupation par jour se poursuivra, comme si de rien n’était.
Si Bush est logique avec lui-même, il faudra qu’il cure l’abcès après l’avoir débridé, la Syrie, l’Iran et l’Arabie Saoudite sont à portée de ses légionnaires.
Du point de vue des Lois internationales, pour tout autant qu’il en reste, depuis le début de l’affaire irakienne, les Etats-Unis agissent en toute illégalité. C’est le plus fort qui dicte sa loi et qui a raison. C’est vieux comme l’humanité.
Inutile de revenir sur les raisons évoquées au mois de mai pour dégommer Saddam. Rien de ce qui avait été dénoncé comme un danger universel n’existait. C’est sans importance. Bush et ses conseillers inventent au fur et à mesure de nouvelles raisons. Des petits pays comme la Belgique avec des gens du genre de Louis Michel aux manettes savent très bien naviguer à vue et adapter leur logique aux circonstances. Bush à raison tout en continuant d’avoir tort. Vous voyez ce que je veux dire.
En résumé, que l’on appelle cela les forces du mal ou les forces du bien, c’est tout de même la force tout court qui taille à la hache notre destin.
Si nous étions moins admiratifs de la réussite des ambitieux et si nous avions plus de plomb dans la cervelle, nous en aurions moins dans les fesses. Mais voilà, nous suivons les grands lorsqu’il délirent, tandis que nous mettons les petits dans des hôpitaux psychiatriques.
A croire quand l’homme a perdu la foi dans les Dieux du ciel qu’il a créés lui-même, il s’en invente de nouveaux de chair et d’os, parfois sous couvert d’un nouveau livre saint : « Sauvons la démocratie » ou « Ben Ladden » sauvera l’Islam.
Et des millions d’hommes s’extasient, se sacrifient, meurent pour des idées qui n’ont plus cours le lendemain comme l’a chanté le regretté Brassens.

15 décembre 2003

Et la poésie, bordel ?

Les entretiens po-éthiques.
Ajourd’hui Jacques Derrière.

York : Jacques Derrière, c’est votre vrai nom ?
Jacques Derrière : C’est le nom de ma grand’mère Ernestine Legros-Derrière.
Y : Vous êtes liégeois d’origine ?
JD : Je suis né sur un rivage en août
Ma mère Jeanne Lapinaud-Derrière
Agile était couturière
En chambre au quai du Barbou.
Y : Votre bibliographie est longue comme un jour sans pain. Les éditeurs sont tous différents, pourquoi ?
JD : J’ai construit toutes chapelles
Avec l’encre de ce stylo
Mes éditeurs étaient maquerelles
J’étais leur Valentino
Y. : C’est alors que vous rencontrez votre femme Meg Laminhô.
JD : Hélas !...
Y. : Pourquoi hélas ? Vous l’avez bien épousée, non ?
JD : Madame Meg Laminhô-Derrière était un homme !
Y. : Vous avez raconté cette aventure dans votre poème « Le tambour de la porte Saint-Jean ».
JD : Le monstre avait été légionnaire et avait transformé Mec en Meg.
Y. : Vous êtes quand même restés mariés dix ans !
JD. : Son vrai nom était Lèfagot
Cela ne changeait rien à l’affaire
Si ce n’est que Mec Derrière-Lèfagot
Buvait à tomber par terre.
Y. Et la poésie dans tout cela ?
JD : Ce langage, le mien, est celui pour lequel je garde le cœur à mon oreille… Je suis entouré de petits jeunes prometteurs. Liége est une pépinière. Notamment Claudi Kèkèj’tèfè.
Y. : Un étranger ?
JD : Non. C’est un pseudonyme. En réalité, il s’appelle Pourquouâ-Tèkomsa. Alors vous pensez un nom pareil… ça ne s’invente pas !
Y : Parlez-nous de « Plaisir solitaire à deux ».
JD : C’est après ma séparation avec Mec
Mec était fort coquette
Et Jacquot était cocu…
C’est alors que j’ai rencontré Coincédu un chef de cabinet à la retraite. Epatant quand on s’appelle Derrière. Nous revenons d’un voyage en France où nous nous sommes paxés.
Y. Et votre dernier livre « Cécité dans la cité » de quoi parle-t-il ?
JD. Je ne sais pas encore.
Y : Pourtant il est imprimé !
JD. : Oui. Mais je ne sais pas ce qu’il contient !
Y. : Ah oui !... une écriture automatique.
JD. : Non. Un ennui profond. Je me suis endormi et ma main a poursuivi seule la mission du poète.
Y. : L’extrait de la couverture ?
JD : Je le découvre avec vous…
Ourthe sourde
Pois cassés
J’ai la gourde
Sur les pieds.
Y. C’est beau et étrange.
JD. Non. C’est étrange et beau.
Y. : Vous préparez quelque chose pour l’année prochaine ?
JD : Oui. Je dois remporter le prix de la Province. Mais je n’en dirai pas plus.
Y : Oui. Je comprends. C’était Patch York qui recevait Jacques Derrière. A vous Bressoux. A vous rue du Ponçay.

14 décembre 2003

La dalle de fonte cache l’égout.

L’affaire Cools débute à peine et sombre dans les procédures de récusation (heureusement tempérées par de nouvelles dispositions), qu’on nous annonce que le procès de Dutroux sera encore plus mouvementé.
C’est qu’à la différence du premier, la polémique concernant les responsabilités de Dutroux et ses complices et d’un ou plusieurs réseaux n’a jamais cessé ; tandis qu’il apparaît de plus en plus dans l’affaire Cools que les accusés à l’exception du grand absent Van der Biest sont bel et bien devant leurs Juges.
Ce qui gêne dans le procès du pédophile ce sont les certitudes du juge Langlois relayées par la presse quasi unanime dans la conviction de l’acte isolé de Dutroux et de ses deux ou trois complices, contre l’hypothèse du juge Connerotte et du procureur Bourlet.
Car qu’on le veuille ou non, ces certitudes ont été nourries de quelques témoins que l’on a négligés, de pistes que l’on n’a pas suivies. Il aura fallu toute la force de persuasion du procureur pour adjoindre à la bande de Dutroux l’énigmatique Nihoul.
Peut-être le juge Langlois a-t-il raison ? Mais quelle responsabilité serait la sienne et avec lui toute la presse derrière, s’il s’avérait que l’enquête avait péché par omission et légèreté ?
Que de temps auraient été perdus, que de preuves auraient disparu et surtout comme les coupables auraient eu tout loisir de se fondre dans la nature !
Car, une instruction aussi longue qui ne débouche sur rien que l’on ne savait dès le début n’est pas nécessairement une instruction bien faite.
D’autant qu’elle devrait être d’une grande simplicité et d’une fluidité extrême.
Or, à entendre les parents des petites victimes, tant de questions sont restées sans réponse que l’on se demande ce qu’ont pu valoir les interrogatoires de Dutroux et consort et qu’ont fait les enquêteurs ?
Concernant la presse, l’impression d’une certitude qui ne s’est fondée sur pas plus d’éléments qu’ont pu avoir les sceptiques procure un certain malaise. Le public est quasiment sommé de choisir. Si le lecteur émet des doutes sur l’absence de réseau le voilà soudain raillé et pris pour un débile. Le Comité blanc parle carrément de terrorisme intellectuel des médias.
D’autant qu’à présent le sieur Nihoul est embarqué contre l’avis de Langlois dans la galère. Il conviendrait quand même que le public soit informé des relations de Nihoul avec la gendarmerie et avec Dutroux.
A qui Nihoul remettait-il ses rapports d’indicateur lorsqu’il infiltrait les « réseaux » de la drogue et de la prostitution des filles de l’Est ?
Que faisait-on des informations de Nihoul, surtout celles qui concernaient Dutroux ?
Pourquoi Nihoul a-t-il « oublié » pendant six ans avoir donné mille pilules d’Ecstasy à Lelièvre ?
Pourquoi a-t-on délibérément tourné la page, quand des témoins affirment avoir vu Nihoul en compagnie de Dutroux dans un repérage d’enlèvement dans les Ardennes ?
Et enfin, est-ce digne la façon dont on a traité le témoignage de Virginia Louf, même s’il est extravagant, quand on sait que cette femme a été violée tout au long de sa vie d’enfant avec des complicités dans sa famille, au point que l’on connaît au moins un de ses suborneurs ?
On m’a toujours dit que les informations publiées étaient systématiquement confrontées et recoupées. Je regrette, mais cela n’a pas toujours été le cas dans cette affaire où les thèses accréditées par Langlois sont quasi automatiquement prises en compte, à l’inverse des autres, qui sont suspectes d’office.
Aurait-on voulu semer le trouble dans les esprits que l’on n’aurait pas pu mieux agir !
Il est temps que cela cesse. Que l’on passe aux Assises et que l’on déballe tout ce qu’il y a à déballer.
Cette impression que dès qu’il y a une grosse affaire, cela foire quelque part, existe depuis les tueurs du Brabant wallon et le cafouillage du juge d’instruction avec la filière boraine.
La Commission Dutroux a soulevé un voile. Ce que l’on a découvert n’était pas rien et ne sentait pas bon.
La Justice doit être curée comme un égout. Replacer une dalle de fonte au dessus du cloaque n’est pas une solution. On pourrait dire que le procès Dutroux à ce stade est celui de la dernière chance pour que le Citoyen recommence à croire en ses institutions.
Après cette chance, il n’y en aura plus.
Ne l’oubliez pas.

13 décembre 2003

Un blogueur qui déblog...

Galant comme le roy Henri – au désir express de Petite Fleur, l’ex-meuf de Sydney Bechet - le blog du jour se fera exclusivement en latin, à l’exception des prolégomènes.
Que celles et ceux qui glandent dans leurs modestes chaumières me passent ce caprice. A seule fin de faire chier dans la langue de Molière avant celle de Virgile, permettez cet ultime brouet de vulgaire écriture :
« Non, non, chérie, un portrait de moi dédicacé !... Je n’ai jamais fait de portrait de moi nulle part. C’est faux un portrait. Allez vous fier aux apparences. Comment réduire toute une vie à si peu de chose ? Et en attendant de pousser l’escarpolette dans les prés de Bomal, sous l’œil éteint de votre mari honnête (jeu de mots), ma main égarée sur votre spirituel derrière et un œil sur le mien (pour les pieds au cul qui se perdent), voici pour vous seule. »

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Scire uelis, mea cur ingratus opuscula lector laudet ametque domi, premat extra limen iniquus ; non ego uentosae plebis suffragia uenor inpensis cenarum et tritæ munere uestis ; non ego nobilium scriptorum auditor et ultor grammaticas ambire tribus et pulpita dignor.
Hinc illæ lacrimæ… « Spissis indigna theatris scripta pudet recitare et nugis addere pondus, » si dix : « Rides » ait, « et Iouis auribus ista seruas ; fidis enim manare poetica mella te solum, tibi pulcher. »

Richard III Rex.

12 décembre 2003

Conte de Noël.

Chacun a sa période de déprime. Quand viennent les fêtes de fin d’année, j’ai la mienne.
Nom de Dieu, que décembre est sinistre !…
De ces bilans désastreux, au milieu des paillettes et du champagne !...
Ceux qui ont moins envie encore de se divertir, ne le font que parce qu’on trouve qu’ils sont formidables. Les patrons de chaînes les dorent aux pèpettes faciles pour les récompenser de nous faire devenir cons.
La Belgique regorge de pauvres. Les assistés sont un paquet, avec les besogneux, les gagne-petit, les pensionnés à moins de mille euros le mois… la moitié de la population.
Mais qu’est-ce qu’on en a à foutre des statistiques… des ” qu’on est bien « cheu » nous“ !
Les graillons de la dinde autour de la gueule, sur le pas de porte du ministère de l’Economie et des Finances un porte-parole presque nous convainc : inflation 2 %.
On nous prend pour des imbéciles ! Ça carbure au moins à du 10 !
Le mois passé, des clowns supprimaient en pensée la petite monnaie, question d’avoir la poche plus légère ! Ceux qui bouffent pas tous les jours disaient : « C’est lourd, la mitraille… ». Merde… comment s’en aller jeter un derrière la cravate si la soucoupe n’est plus pleine de pièces de deux, de cinq, de dix ?
Si on les retenait pas, les commerçants arrondiraient à l’euro supérieur…
On nous montre quoi dans les actus ? Les nichons siliconés du Crazy Horse et les « pousse aux crimes » qui s’engouffrent profond sous les guichets des banques couper allègrement dans les emprunts. Du 4 ½, ça vaut plus la peine. On en a encore à 10 ½ du grand-père !…

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Le populo a tellement bon cœur, qu’il voudrait aider les riches…Un Téléthon pour l’avenue Louise !... Un nouveau resto du cœur pour nos paumés de Knock !
En dessous d’un million d’euros, t’es qu’une merde… I’ doit bien s’en trouver quelques-uns dans les allées du Bois de la Cambre, drève des Enfoirés qui font tout juste la brique…
La fiente que c’est décembre. Les égarés d’ailleurs déversent leurs malheurs dans nos ruelles, partagent nos punaises, se farcissent nos poux… même que la droite nous dit que c’est à cause d’eux qu’on est dans la merde, comme si ces fadés n’y étaient pour rien. !
Comment, i’ peuvent nous représenter les pépères élus? Représenter de quoi ? Du prix du pain ? De la facture du gaz ? Mais, ils s’en foutent de nos malheurs. Jamais, i’ se sont intéressés à nous…
Ah ! les fumiers…

Gaston d’Avroy d’Eurocour en était là de ses méditations lorsque la Rolls du cousin Eugène le déposa devant sa résidence sur les hauteurs de Liège.
Le rêve rémanent le prenait chaque année au mois de décembre. C’était son obole annuelle aux pauvres qu’ils visitaient seulement par la pensée ce mois-là.
Avant la messe de minuit, chaque année, il confessait son tourment au Père Fide, son confesseur à Sainte-Véronique.
- Voyez-vous, Monsieur d’Avroy d’Eurocour, répondait le brave prêtre, Dieu, notre bon père, nous a placé à la place que nous méritons. Croyez-vous que si les rôles étaient inversés, les pauvres dans la Rolls de leur cousin Eugène sur le chemin de leur résidence vous accorderaient un regard, car forcément, eux riches, vous seriez devenus pauvre ?
Se pouvait-il que la situation inversée, il ne trouverait personne pour le plaindre le jour de Noël ?
Mais alors les onze mois de l’année qu’il passait dans l’indifférence, le luxe et l’oisiveté étaient non seulement justifiés, mais nécessaires.
Il se promit qu’en 2005, on ne l’y reprendrait plus. Il mettrait le douzième mois en conformité avec les onze autres.

Moralité

Dieu est un père qui fait grand cas de ses pommes et fort peu de ses enfants.
Cela a toujours bien arrangé les propriétaires des vergers.

11 décembre 2003

L’excès des ailes sur Bruxelles.

L’évolution de l’Etat unitaire à un Etat fédéral stable est un songe creux que poursuivent des Belges, sans doute les mêmes qui croyaient en l’Etat unitaire avant le glissement vers le fédéral.
C’est une constatation que nous ne nous sommes pas fédérés pour mieux nous unir, mais pour nous séparer.
Ceux qui prennent la Suisse comme référence n’ont pas compris que ce pays s’est fait sur une base fédérale il y a bien longtemps et dans d’autres conditions d’affrontement. Le référendum y est une constante dans la conduite des affaires.
Tout le monde se rappelle le clivage qui est apparu lors de notre seul référendum à l’affaire royale. Ce fut la première fois que l’on perçut si clairement la différence des mentalités et des concepts entre le Nord et le Sud du pays. Selon la volonté du Gouvernement central d’alors qui l’avait compris, ce sera la dernière. Les suivants ne sont pas prêts de recommencer l’expérience.
En rendant autonome les Communautés et les Régions, en accumulant les difficultés pour diriger le pays au fédéral, cette nouvelle forme d’Etat ne trouvera sa stabilité que dans sa forme la plus accomplie : la séparation.
Contre la volonté du législateur, tout problème national qui porte litige, devient fédéral, même s’il ne concerne qu’une Communauté, surtout s’il ne concerne qu’une Communauté.
Le survol de Bruxelles Capital par les avions qui décollent de Zaventem est un bel exemple d’affrontement.

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Zaventem est en Région flamande, donc la question des atterrissages et des décollages devrait être traitée par la Flandre dans le ciel flamand. Non seulement, il est demandé à Bruxelles capitale de partager les nuisances avec le Nord, mais en plus le ministre Bert Anciaux affiche des plans que Monsieur Maingain ne peut accepter pour les francophones, car ils font supporter plus de nuisances à ces derniers.
Quand on sait qu’à Zaventem, même les parkings qui entourent l’aérodrome ne portent sur les machines à ticket que les seules explications en flamand et… en anglais, que les taxis bruxellois n’y peuvent pas stationner, on comprend à ces minuscules brimades jusqu’où cette guéguerre peut nous mener.
Voilà un des effets pervers du fédéralisme.
Chacun, dans son coin, espère pigeonner l’autre pour revenir devant ses électeurs en leur disant : « Vous voyez, nous, on les a eus ! ».
Dans cette course en avant, les Flamands sont disposés à aller plus vite et plus loin que les Francophones. C’est que les dirigeants du Nord avant de persuader le Sud qu’il est un boulet pour les Flamands, en ont persuadé leurs électeurs.
La frontière linguistique, mieux que ne l’aurait fait la tendance autonomiste des deux Communautés, a consacré avant la lettre une rupture qui ne s’arrêtera qu’à la dislocation de l’Etat belge.
Les Flamands s’y préparent depuis longtemps. Les Wallons en sont encore à se le demander…
Ce qui pourrait retarder la fracture définitive, c’est l’Organisation européenne. Un Etat qui se divise pour en faire deux, c’est toute l’Europe qui s’en trouverait modifiée. Il faudrait revoir les Traités et de nouvelles règles. L’exemple pourrait faire tache d’huile tant les autonomistes qu’ils soient d’Aoste, de Bretagne, de Corse ou de Barcelone sont nombreux et posent autant de questions embarrassantes dans un Etat sur deux de la Communauté.
Peut-être faudrait-il revoir dans ces conditions tout le fédéral, dans la mesure où les problèmes ne se posent pas en termes de valeur au Nord par rapport au Sud.
Sans doute, il faudrait prévoir des lois asymétriques aux fonctionnements spécifiques.
Mais la complexité du système actuel est si grande que bien malin pourrait, en partant de ce qui existe, façonner deux costumes pour deux Communautés qui n’ont ni les mêmes goûts, ni le même gabarit.
Et dans cette quadrature, nous ne comptons pas Bruxelles, bien entendu.
Le Droit communautaire est en Belgique appelé à un grand avenir. Voilà une profession dans laquelle il n’y aura pas de chômeurs de sitôt.
En espérant que les Rattachistes de chez nous ne se frottent pas trop vite les mains et avant que les Fourons envahis par les Hollandais abandonnent tout espoir, nous arborerons encore longtemps notre ridicule inscrit sur le front partout où nous irons en Europe, comme une spécialité bien belge.

10 décembre 2003

Un gardien des mots aussi nécessaire qu’un gardien de square.

La belle bataille que voilà : étonnante, sans effusion de sang, ni d’argent… une bataille pour intello…la bataille des dictionnaires !
C’est chaque année le flux à la rentrée des classes devant les piles étonnantes : le Larousse ou le Robert ?
- Si on offrait les deux volumes à l’enfant ?
- T’as vu le prix ?
L’enfant : Merde, les vieux, déconnez pas ! Je préfère un jeu pour ma télé ? On en à rien à cirer d’un dictionnaire. L’école à son ordinateur qui corrige tout.
Maître Capello de Liège-Bressoux : Et voilà comme on devient bête.
C’est vrai que l’orthographe fout le camp et que l’on voit tous les jours des universitaires nous sortir tellement de bévues qu’une seule évidence s’impose : certaines de nos futures forces vives savent à peine signer de leur nom les quittances d’honoraires.
Puisque nous sombrons dans l’illettrisme international, que vous soyez Robert ou Larousse ou Logos ou Littré, la langue s’affaiblit. Des mots dits obsolètes disparaissent. Dans la conversation et dans l’écriture s’abolissent les temps du subjonctif.

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Quand on en sera à l’anglais exclusif, je me flingue !
Les références au dico pour certains jeux à la télé font qu’un mot de sept lettres qui vous aurait donné la victoire en 2002, vous vaut un zéro en 2003.
Quant aux fameux apports des cultures étrangères, parlons-en.
Si nous aimons aujourd’hui le couscous ou les pâtes, si enfin nous sautons sur tous les hamburgers, si Window’s nous farcit la tête d’anglais, en échange nous remplissons nos télévisions périphériques de « nique ta mère », sous prétexte que les déhanchements suggestifs et la réduction du langage aux gestes et aux borborygmes aident les éducateurs dans leur noble mission ; nous applaudissons à la confusion de la correspondance des temps dont nos premiers ministres successifs nous donnent le triste exemple ; enfin le vocabulaire s’appauvrit comme l’arbre en automne perd ses feuilles ; nous admirons une gouaille de bar-tabac que nous confondons avec l’esprit de répartie et la saillie pertinente ; nous n’avons plus d’avis faute de mots; nous ne faisons plus la différence entre la grossièreté et la vulgarité. (La distinction est pourtant facile : Rabelais est grossier et faire de « l’esprit » au détriment des handicapés ou des banlieues, c’est vulgaire.)
Balayées les richesses des ancien dictionnaires, il reste Bill Gates qui souligne en rouge « carotte » parce que nous avons oublié un « t » ; mais ne souligne pas « lavé » quand nous l’écrivons avec une « S » dans « Nous nous sommes lavé les mains », par contre il nous suggère d’effacer le deuxième « nous » qui, selon lui, fait doublon.
De tous les dictionnaires anciens, celui que je préfère c’est le « La Châtre »
Drôle de type que ce La Châtre (1814-1900). Riche, il devient menuisier et saint-simonien. Il entreprend la rédaction d’un Dictionnaire universel à la façon de l’Encyclopédie de Diderot, et expose dan l’ouvrage, ses théories sociale et politique.
Mal vu de Napoléon le Petit, il décampe à Barcelone pour éviter le bagne du Second Empire pour outrage à la morale publique et religieuse, comme Flaubert pour sa Bovary qui sut l’éviter grâce à la Princesse Mathilde (rien à voir avec l’actuelle).
Mais, il n’a pas écrit que cela, il est aussi l’auteur d’une remarquable « Histoire des papes, crimes, meurtres, empoisonnements, parricides, adultères, incestes des pontifes romains depuis Saint-Pierre jusqu’à nos jours » introuvable en librairie et qui n’a pas beaucoup de chance d’être réédité.

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Influencé par Blanqui, Fourier, Proudhon et Saint-Simon (ne pas confondre avec le duc et pair), il est anti-royaliste et républicain et un des premiers communistes de conviction.
Voici sa définition (un court extrait) du mot « Pape » : Le pape réside à Rome, et, contrairement à ces paroles du Christ – Mon royaume n’est pas de ce monde - il exerce à la fois un pouvoir temporel et un pouvoir spirituel ; opprime sans scrupule d’autres hommes, en même temps qu’il prétend conduire et diriger les âmes.
Elle a d’un zèle tout divin
Quitté le pape pour Calvin
…pourrait-on écrire.
A la même rubrique Littré écrit :
« …c’est toujours le Saint-Esprit qui fait le pape. Dieu fait tout. Il est le maître de tout. .. » Les dictionnaires d’aujourd’hui se contentent de nous rappeler que l’évêque de Rome s’appelle aussi souverain pontife, très saint-père ou sa sainteté.
Après les La Châtre-Littré, c’est l’hécatombe des mots dans les Robert-Larousse.
Exemple : graticuler, disparu du dictionnaire.
Entre « graticulation » et sa définition : « …graticuler un dessin, le diviser en carré par des traits réguliers, afin de pouvoir le reproduire en plus grand ou plus petit, sur un papier, une toile qu’on divise en carré plus grands, ou plus petits » qui sert à présent d’explication exclusive attendu que le mot a disparu du dictionnaire, je préfère mille fois le mot, quitte à passer pour pédant.
A une époque où le temps c’est de l’argent, c’est fou ce que notre appauvrissement en vocabulaire nous fait perdre des deux.

9 décembre 2003

Une vieille dame qui rajeunit.

Relater comme la pipelette au bas des escaliers, donner à lire et faire croire que l’on sait, montrer enfin son opinion quand personne ne la demande, voilà ce qui a donné au commencement le goût aux émules de Théophraste Renaudot de poursuivre l’œuvre de ce médecin de Louis XIV qui en 1631 sortit la première Gazette.
Il ne savait pas le pauvre, ce qu’il faisait, comme nous l’a confié Balzac dans une de ses œuvres.
Depuis la chose s’est développée. On s’est rendu compte des services qu’elle pouvait rendre à l’ordre établi, aux puissants et aux révolutionnaires, bref à tout le monde.
Aujourd’hui, ne peut plus s’exprimer qui veut. Le lancement et la fabrication d’un journal coûtent si cher que les sources de financement d’une pareille entreprise proviennent exclusivement des milieux financiers.
On voit comme le citoyen qui se veut libre de lire et d’écrire ne l’est pas, limité par son compte en banque.
C’est Bartholo, scène IV, acte I du Barbier de Séville qui frappe les trois coups du premier paradoxe du journaliste et qui est la mauvaise foi.
« Quand une chose est vraie ! Si je ne veux pas qu’elle soit vraie, je prétends bien qu’elle ne soit pas vraie. Il n’y aurait qu’à permettre à tous ces faquins-là d’avoir raison, vous verriez bientôt ce que deviendrait l’autorité. »
C’est 1789 qui inscrivit la liberté de la presse dans la Déclaration des Droits de l’Homme. Le Marquis de Mirabeau commis pour l’occasion un retentissant discours. Ce fut un de ces derniers. Poursuivi par l’échafaud, il eut le bon esprit de décéder juste à temps pour inaugurer le Panthéon, à toutes les Gloires de la France !
L’article XI de la Déclaration est particulièrement éloquent dans ses débuts : « …la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme… » la suite permet en réalité d’agir en sens contraire : « …sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas prévus par la loi. » Or qu’aime un législateur : légiférer ! Si aujourd’hui nous avons toujours cinq lignes à l’article XI, nous avons cinq pages pour désigner les abus dans lesquels le « mauvais » journaliste va tomber, sous-entendant par là que le « bon » va être tellement prudent et précautionneux que ce n’est plus la peine d’acheter son journal, autant en référer immédiatement à l’avis du « Moniteur ».
Sans la liberté de blâmer, il n’y a pas d’éloge flatteur, n’est-ce pas !
C’est encore Beaumarchais qui refermera cette période de rodage.
« …il s’est établi dans Madrid un système de liberté…qui s’étend à celle de la presse ; et que, pourvu que je ne parle dans mes écrits ni de l’autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l’opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l’inspection de deux ou trois censeurs ».
C’est une déclaration de principe qui pourrait s’accrocher aux cimaises de toutes les maisons de la presse, sauf qu’il n’y a plus besoin de censeurs de nos jours – réduction d’emplois oblige – aussi chacun est son propre censeur. J’en connais qui sont franchement sévères avec eux-mêmes !
1835, nous entrons déjà dans une organisation qui tiendra le coup jusqu’à nos jours et qui est l’Agence Havas. Proche de tous les pouvoirs pourvu qu’il fût en place, Havas va traverser toutes les tempêtes le profil bas et l’âme sereine. Subventionnée par l’Etat, ayant le monopole du télégraphe, Havas va pourvoir en nouvelles et événements 5 à 6 générations de journalistes.
C’est Pétain qui mettra fin à ce riche parcours.
En 1944 reprenant des mains infâmes l’agence, ce sera France-Presse, au statut, paraît-il, indépendant.
Depuis 1835, pendant 100 années la technique précéda le texte.
Ce sera l’époque des feuilletonistes et peut être un âge d’or qui ne reviendra plus.

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Emile de Girardin accède à la célébrité au même titre que Renaudot. C’est une première tentative d’une presse populaire, dame… l’instruction publique obligatoire y est pour beaucoup.
C’est Balzac, le feuilletoniste le plus célèbre du temps, qui fermera la marche : « Autrefois, les sophistes parlaient à un petit nombre d’hommes, aujourd’hui, la presse périodique leur permet d’égarer toute une nation ».
1839, le daguerréotype et 1846, la rotative. Avec Niepce le dessin va s’imprimer et Hoe de New York, va passer de la presse à plat à la presse à cylindre, ce qui va augmenter considérablement la vitesse de tirage.
C’est sur le modèle du Petit Journal de 1863 que le Chevalier Dethier va lancer à Liège le journal La Meuse.
Le Petit Journal a découvert et mis au point tous les petits trucs du métier : journal bon marché (1 sou) de fabrication industrielle et produisant les petits potins et faits divers, il sera la référence des quasi illettrés et des immatures de la IIme République qui sentirent le besoin que l’on pensât pour eux ; mais aussi un apprentissage pour la gauche qui commence à s’exprimer. Elle pourra y puiser son indignation. Les composantes n’ont guère changé depuis.
Grâce aux perfectionnements de Marinoni dans les systèmes d’impression en 1890, il sortira des presses en France 1 million de journaux par jour !
Passons sur les mésaventures sous Napoléon le Petit de la presse en butte aux censeurs. La IIIme République rendra les rênes à la liberté, mais toujours avec les restrictions que cette liberté n’entrave pas celle des autres.
Le magazine date de 1923. C‘est « Times » aux USA. L’information est traitée avec l’image. C’est le premier pas vers le tout à l’image, les textes n’étant plus que des légendes dans certains magazines de 2003.
1995 voit enfin le règne d’Internet. Celui-ci prendra un essor inimaginable sur moins de 10 ans.
Les principaux journaux se lisent en ligne, certains gratuitement, d’autres par abonnement comme au bon vieux temps de la feuille de chou. Les vocations journalistiques rentrées s’éclatent et créent un courant diariste qui va du blog à l’information ciblée. Ce sont des tentatives d’information conduites par quelques personnes, parfois une seule, qui démontrent qu’avec ou sans talent, écrire a toujours suscité des vocations irrésistibles.
Force est de constater que dans cette presse parallèle en ligne rares sont ceux qui font autre chose qu’informer. On aurait aimé compte tenu de la légèreté des supports et du moindre coût, qu’il y eût plus de talents parallèles à celui d’informer. Il y a de la place pour des dessinateurs humoristiques, des nouvellistes, des juristes, des critiques, etc. C’est étonnant que ce nouveau support n’ait pas produit encore une vision nouvelle ou en tout cas originale de la communication.
L’émancipation des anciens schémas journalistiques préoccupent les pionniers de cette toute dernière manière de communiquer.
Nous ne sommes qu’au début. Tout reste à faire.
Cet article ne serait pas complet si je n’avais demandé à un journaliste professionnel ce qu’il pense de ce bref tour d’horizon.
Selon lui, cela pourrait donner à penser que la presse est faite par des magouilleurs et des affabulateurs malhonnêtes. Les citations historiques sont en effet de nature à troubler le jugement.
Là n’a pas été le propos.
S’il y a des gens peu honnêtes dans le métier, c’est dans la proportion à l’identique comme dans toutes les autres corporations. Pour le reste, il s’agit d’hommes et de femmes faisant honnêtement un métier utile et passionnant.
Si la presse « papier » a tendance à se tasser aujourd’hui, n’y voyez là qu’un concours de circonstances : l’avancée du NET, les journaux télévisés, l’habitude de la lecture en net recul, tous ces éléments en sont en partie responsables.
Bien sûr tout qui exerce une profession « publique » s’expose à la censure, à la critique et au dénigrement. Ce sont des inconvénients acceptés.
En conclusion, encore à l’heure présente, ce métier difficile est indispensable à une saine démocratie. C’est un baromètre de la liberté d’expression incontournable.
Nous ne pouvons que regretter l’absence d’intérêt actuel.
La rapidité d’exécution et l’impression de la photographie ont précédé de peu des modifications de mise en page et de contenus.
Nous ne savons pas ce que les progrès de l’électronique nous réservent.
Peut-être la presse va-t-elle rebondir grâce à de nouvelles découvertes qui diminueraient les coûts en rotatives, en papier et en encre.
C’est aussi le vœu de ceux qui pensent qu’une démocratie de qualité, c’est une démocratie où les journaux de toutes les tendance et de toutes les techniques prospèrent.

8 décembre 2003

Amis de la poésie, bonsoir !


York - Monsieur Janos Belle-Carne vous êtes l’inventeur…
Janos Belle-Carne – de génie…
Y - …de génie, d’une machine à créer un malaise. Sur le même couple moteur vous avez branché une machine à faire le vide. Pouvez-vous nous expliquer leur fonctionnement et leur utilité ?
J.B. – J’ai remarqué qu’aucun spectateur ne résistait plus de 10 minutes à ma poésie. J’ai donc distillé celle-ci. J’en ai ensuite déposé l’esprit dans une boite sous laquelle je produits ma chaleur humaine.
York – Et alors ?
J.B. – Les effluves entrent par les oreilles et le malaise vient aussitôt.
York – Le risque n’existe-t-il pas d’altérer le poème, de le fausser, comme l’on se hasarde à traduire de la poésie ? En outre, le malaise n’était-il pas déjà présent dans le vers ?
J.B. – Qu’est-ce que je vous disais ! J’ai déclenché ma machine à votre insu et déjà vous devenez con !
York – Vous êtes sûrement d’accord avec Vladimir Jankélévitch… Qu’est-ce que je dis ?… J’ai un malaise…
J.B. – Je la pousse à dix !
York – Pour toute profession Antoine Blondin indiquait ami… Mais je m’en fous de cette interview. Vous m’emmerdez Janos Belle-Carne. Oh ! pardonnez-moi…
J.B. – Ne vous mettez pas en peine. Le malaise fait toujours le même effet. Je n’aurais qu’à lire ou mieux chanter mon petit dernier pour que vous foutiez le camp.
York – Et pourquoi ne le faites vous pas ?
J.B. – On n’a pas encore parlé de ma machine à faire le vide.
York – Si c’est de la même eau que vos bobines de la porte Saint-Léonard ou votre machine à mesurer le néant, je n’en ai rien à foutre. C’est comme vos mots nouveaux : amouracherie, émerveillance, tristitude, c’est de la merde en boîte et vous nous la vendez en paquet de dix !... Vous ne trouvez pas qu’on a assez de mots incompréhensibles dans le dictionnaire sans encore nous fourguer votre production ?
J.B. – Là votre malaise est total. J’arrête. Je sais ce que vous ressentez.

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York – J’ai envie de vous casser la gueule.
J.B – C’est bien belge, cela. Mais puisque c’est belge, vous ne passerez jamais à l’acte et c’est là que ma machine à faire du vide intervient. Je la déclenche…
York – Après le Front de Libération des arbres fruitiers, vous avez lancé le Front de Libération de l’oreille contre l’uniformité des programmes de radio et télé, à quand le Front de Libération de Janos Belle-Carne ?
J.B. – Je monte le débit d’euphorie à 4 et je descends à 2 le vibro-dispensateur de malaise.
York – Votre ferveur pour le vélo masque mal votre engouement pour la pédale. Est-ce que vous en êtes ?
J.B. – J’inverse le tout dans le synchronytron et…
York – Mais je plane… Je vois mon book et mon emploi du temps. Je me bats les flancs de notre rencontre. Blondie m’a dit de passer chez le teinturier… J’adore draguer les filles en détresse… celles qui n’ont pas de papier, pas de permis… Je sais, je suis un salaud… Et alors, je ne suis pas le seul !... Je ne pense même plus aux conneries que je vais débiter demain. Je m’en tape le coquillard. Ne vous laissez pas rêver par quelqu’un d’autre que vous-même ! Qui a écrit cela ?
J.B. – Mais c’est moi !... Janos Belle-Carne, génie en tous genres.
York – Je le prends à mon compte. Alors, foutez-moi la paix. Allez rêver de votre côté et moi du mien. Tout cela gentiment entre poézeurs à cézeurs. Votre truc, dites donc, c’est comme si j’avais fumé un joint…
J.B. – Stop. Je syntocrise le courant. Puis je coupe net le rébolinol haut débit, avec trois gouttes de Toplexil au paracématol.
York – Où en étais-je cher poète ? … Vous avez besoin de respirer l’air et le vent. Mais vous ne vous sentez pas un Wallon wallonnant ?
J.B. – Non. Non. Je suis comme vous un étron étonnant ou si vous voulez un bedeau bedonnant.
York – C’est sur ces fortes paroles que je rends l’antenne, à vous rue du Ponçay, à vous Radio-Bressoux en live…
York – Dis, mec, tu me refiles un coup de Toplexil au paracématol ?

7 décembre 2003

Le Liégeois optimiste était là...


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…de Colonster, les Frites de chez Gros Bras, les petits élèves de la sixième D de la classe de P. pour leurs dessins, Le souriant « Le Liégeois Optimiste » et sa rédactrice, Florange de Bôsex, enfin toutes celles et tous ceux qui concourent à lustrer les forces vives, au premier rang desquelles je citerai Madame X une femme du monde tirée au hasard, la délégation du Burundi en visite de courtoisie, le nouveau plénipotentiaire du Honduras, les amoureux de la bicyclette en Pays de Liège, avec une mention pour le « Moyeu liégeois » sans lequel le Tour de France ne passerait pas « cheu » nous. Le temps qui m’est imparti s’achève et je n’ai pas cité tout le monde. Que celles et ceux qui n’ont pas été remerciés ne m’en tiennent pas rigueur. Je ne manquerai pas de les nommer dans la rubrique de demain de Bressoux soir. Bisous à nos consoeurs de « Keksekça Auguste » qui dans la tradition reprennent le flambeau des mains défaillantes atteintes par les limites de la bienséance et de l’âge et enfin, remercions la société des Auteurs, l’Académie de Langue et de Littérature pour le choix de la machine à mesurer la pression du néant de Julos Beaucarne, nul doute qu’avec un pareil instrument ses pairs en poésie auront le loisir de mesurer le leur.
A vous la rue Emile Vandervelde, à vous les studios.

6 décembre 2003

Eve, Fatima, Aicha : même combat !


Rien de l’égalité des sexes n’a été définitivement réglé dans notre société occidentale. Quant à la société musulmane, n’en parlons pas. Le poids de la religion et des traditions y est encore bien lourd.
Nous n’avons pas encore bien évalué l’hérédité dans notre comportement que ce soit de l’homme à la femme ou de la femme à l’homme. Depuis l’organisation virile de la Cité dans la Grèce antique, nous trébuchons sur la volonté des grandes religions monothéistes qui mélangent morale et sacré pour nous plier à la représentation de la femme impure.
De ce point de vue, si nous avons progressé, nous ne pouvons pas en dire autant des autres confessions, si l’on considère que chez nous la religion chrétienne est celle de référence.
Pourtant, il y eut de tous temps des femmes en révolte contre les injustices attachées à leur sexe.
L’inégalité aujourd’hui saute aux yeux malgré des Lois et des bonnes volontés. Si les femmes travaillent, elles forment le plus gros bataillon toute proportion gardée en matière de chômage. Elles ont à qualification égale un salaire inférieur en moyenne de 8 points par rapport aux hommes. La précarité est leur sort, lorsqu’elles élèvent seules leurs enfants. Mariées, elles cumulent souvent les tâches ménagères avec leur emploi.
Bien que le 50/50 ait été admis par tous les partis dans la distribution des mandats, les hommes font encore le gros de la troupe. Encore que l’établissement des listes ne devrait être que de la compétence des électeurs, ce qui risquerait de nous éloigner encore plus du 50/50 parfait.
La révolution contraceptive est à l’origine des progrès actuels en donnant à la femme – pour la première fois depuis les débuts de l’humanité - la maîtrise de sa personne, tant au point de vue des enfants que de la sexualité. C’est de ce progrès que naîtront les moyens qui lui permettront d’être vraiment un jour l’égale de l’homme.
Les réticences au progrès de cette égalité nécessaire viennent principalement des hommes, mais aussi des anciennes institutions et des lois qui ne se réforment pas assez vite.
L’égalité parfaite ne se fera pas demain. Peut-être n’aura-t-elle jamais lieu, tant les progrès réalisés doivent être gardés avec une vigilance extrême, sous peine d’être repris. Comment pourrait-elle se réaliser quand le monde musulman est encore de ce point de vue au Moyen-Âge ; quand, des femmes occidentales rechignent à exiger l’application des Lois ; quand, enfin, certaines vivent encore dans la sujétion des schémas anciens de la famille et de l’organisation sociale ?
Vraiment l’égalité, le partage, la solidarité sont-ils compatibles avec un futur de plus en plus axé sur les principes de l’économie, alors qu’on sait que la gestion de cette économie est en grande partie dans des mains masculines ? Comment nous débarrasser de ce concept d’exploitant cherchant le moindre coût chez les enfants et chez les femmes : main d’œuvre abondante et peu ou mal rémunérée ?
Agissant dans l’ombre et exerçant des moyens de pression inqualifiables pour justifier une politique de ségrégation salariale, nos modernes commerçants complètent leur main d’œuvre à bon marché des pays d’Asie et d’Amérique du Sud, par des bataillons de chômeuses dont le système capitaliste s’est fait une spécialité qu’il dilue dans les sociétés intérimaires ou des boulots au noir.
C’est de cette pesanteur des faits dont il faudra se débarrasser. Et ça, compte tenu des obstacles et des complicités, ce n’est pas pour demain.

5 décembre 2003

Marc-Olivier Fogel rit avec tout le monde, sauf avec Dieudonné.

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A propos de l’émission de Marc-Olivier Fogel sur France 3 au cours de laquelle le comique Dieudonné a dénoncé « l’axe americano-sioniste » et esquissé le salut hitlérien en s’écriant « Heil-Israël », France 3, Fogiel et les médias se sont enflammés en criant au scandale raciste. Au-delà de cette gesticulation, la question se pose de la liberté d’expression pour tout ce qui entoure le conflit israélo-palestinien et plus particulièrement l’Etat d’Israël.
Car, ici, il n’est nullement question des plaisanteries de toutes sortes sur les Africains, les catholiques ou les musulmans, monnaies courantes dans le milieu du showbiz, les intéressés ayant assez d’humour pour en rire ; non, il s’agit bel et bien pour les gens de l’audiovisuel de se mettre à couvert d’associations diverses qui n’acceptent pas la moindre critique sur Israël, fût-elle caustique et à caractère divertissant. Ces Associations sont suffisamment puissantes et influentes partout pour que dans les milieux pourtant réputés « libérés » de la variété, on y regarde à deux fois avant de se mesurer à elles.
Que, même sans y être invités, des animateurs bougent leur froc à l’évocation de la possibilité d’être pris en grippe, n’étonnent plus personne.
Ces Associations véhiculent la même interprétation limitative de l’histoire la focalisant sur l’holocauste. Etendant ce martyre à la troisième génération et à l’ensemble de cette communauté, elles en arrivent à troubler l’opinion publique. Aujourd’hui la loi ne se contente pas d’interdire en public des propos racistes, mais encore elle y ajoute antisémites. Comme si tenir des propos racistes ne concernait pas suffisamment les Juifs et qu’il fallait spécifier l’antisémitisme.
Ce doublon n’est pas involontaire, il atteste de la pugnacité de ces Associations, de leur force persuasive et de leur pénétration dans tous les milieux.
Et c’est là le danger.
En exaspérant ceux qui comme Dieudonné sont épris de la liberté d’expression et de la liberté tout court, ces Associations courent le risque de rouvrir la boîte des vieux démons et de revenir aux temps particulièrement haïssables où en France, comme en Belgique, on écoutait les discours de Barrès et les prises de position de l’Action française, avant de sombrer dans la démagogie d’un Pétain ou d’un Léon Degrelle.
On connaît suffisamment ces poisons répandus par les organisations d’extrême droite sur des thèmes chers à Henry Coston et Léon Daudet selon lesquels les Juifs seraient partout, disposeraient de tout à leur seul profit et spolieraient ceux qui ne seraient pas de leur confession.
Je veux croire que personne ne veut revenir en arrière et que quiconque sait un peu l’histoire s’indigne devant les crimes nazis et les abominations contre le Peuple juif.
Pour ce qui concerne cette période particulièrement noire de l’histoire, il est seulement regrettable que les porte-parole des principales victimes aient occulté par un battage médiatique qui n’est pas prêt de s’arrêter, le martyr de Français et de Belges non juifs qui sont morts dans des mêmes conditions à Auschwitz et ailleurs et dont on ne parle jamais. Ne serait-ce pas parce nombre d’entre eux étaient communistes ?
J’estime qu’exhumer à tout propos ce drame majeur au nom de quoi tout devrait passer par les quatre volontés de ces Associations est injurieux pour toutes les victimes et scandaleux pour des gens comme Dieudonné qui ne sont pas du côté de la barbarie et ne risquent pas de l’être.
Pour rattraper le coup, après l’émission « scandaleuse » de Fogiel, Dieudonné a cru « politique » de convoquer la presse afin de mettre les choses au point.
C’était une erreur, tant les presses française et belge – à l’exception de quelques journaux courageux - ont choisi leur camp depuis longtemps. N’allez pas croire que je crie aux loups en écrivant cela ; le camp choisi est évidemment celui de l’opinion « classe moyenne » où le premier principe est de ne jamais faire de vague en allant à contre courant des idées reçues ; le second étant l’usage de la brosse à reliure les pompes des gens en place.
Pour couronner cette conférence de presse ratée, Dieudonné a eu droit à l’envahissement de la salle par des gens qui n’entendaient pas que l’humoriste s’explique.
Il est vrai que le conflit israélo-palestinien n’a duré que trop longtemps et qu’il faut y mettre un terme.
Mais, que la recherche de la paix se fasse dans des conditions honorables pour les deux parties, à l’abri des bellicistes et des faux pacifistes.
A crier sans cesse que l’on porte atteinte aux lois contre le racisme et l’antisémitisme dès qu’il est question de critiquer la façon dont Sharon et son gouvernement traitent les Palestiniens, de la manière dont l’armée israélienne se conduit dans les Territoires, c’est abusé l’opinion et se moquer du droit à l’expression.
Quand on voit la nature des relations entre le monde de la presse et le monde politico-affairiste, faire rire, surtout en France comme en Belgique, devient une entreprise hautement improbable.
Que Dieudonné trouve ici le soutien d’un amateur belge de spectacles d’humour et de dérision.

4 décembre 2003

Mauerstrasse 68


Si je parle de Bertolt Brecht, les béotiens qui ne jurent que par ce qui va se passer demain, tant ils ne savent pas ce qui s’est passé hier, vont sortir de leur patache comme d’une voiture futuriste pour m’accuser de passéisme.
Et pourtant, sur une musique de Kurt Weil, « l’Opéra de quat’sous » n’a pas cessé d’agiter une révolte intérieure qui ne s’explique que parce nous avons le sentiment de passer à côté de ce qui aurait pu être la démocratie que nous attendons toujours.
C’est ce qu’ont compris plusieurs scènes d’Europe qui ont repris ce qu’au Théâtre Am Schiffbauerdamm, on entendit pour la première fois en 1928.
La complainte de Mackie, le surineur, son mariage avec Polly, la fille du roi des mendiants, Peachum, Tiger Brown, chef de la police, la « Chant des canons » concourent à créer une atmosphère étrange, qui n’est pas celle de la « vraie vie », qui en est la caricature, mais pour nous convaincre que l’extravagance, la démesure sont beaucoup plus proches de la réalité qu’il n’y paraît.
Trente ans avant Brecht son confrère et compère inattendu : Alfred Jarry, ouvrait son théâtre de palotins faisant du Père Ubu, un type de lâche universel, dans l’incompréhension générale.
Et c’est bien le paradoxe de cette littérature en marge, la bourgeoisie après s’être moquée au tout début de ces chefs-d’œuvre, s’en empare par snobisme longtemps après. Lorsque les bagnes nazis auront montré, à la stupeur générale, la bestialité qui avait ses racines dans la bourgeoisie chrétienne allemande alliée aux milices hitlériennes « du fou », les Européens se réveilleront épouvantés de l’Histoire !
L’Allemagne de 1923, Adolf Hitler a lamentablement raté son coup d’Etat ; mais, les chemises brunes s’affichent partout à Munich, modèle de Brecht pour Mahagonny, sa ville imaginaire.

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Quelques années plus tard, l’œuvre de Brecht, interdite par Berlin, prendra tout son sens : le bandit Mackie, le policier Tiger Brown et le roi des mendiants Peachum, si dissemblables en apparence, vont se révéler redoutablement solidaires pour le maintien du système en place.
« L’Opéra de quat’sous » a ceci d’actuel que c’est le même principe de cupidité qui régit l’esprit bourgeois dans la négation de l’autre, aujourd’hui comme hier.
Ah ! ils s’étaient bien trompés sur Adolf Hitler et avec quel acharnement ils se trompent aujourd’hui sur la qualité « du progrès » de l’homo occidentalis.
Le critique qui a le mieux percé la dialectique de Brecht est Bernard Dort.
« L’important pour Brecht n’est pas tant de montrer que les bourgeois sont des brigands que d’établir cette évidence : le jeu de brigands et de bourgeois qu’est l’Opéra suppose une société où chacun ne peut se conduire qu’en brigand et en bourgeois, sauf à rompre totalement avec elle ».
L’état des lieux en 2003 n’a changé qu’en apparence. La manière dont la presse conformiste voit la chose contribue à renforcer l’estime que la « middel class » a d’elle-même. Qui peut le mieux jouer le roi des mendiants qu’« une star » du conseil d’administration d’une banque ? Je vous laisse mettre des noms sur les personnages de Mackie et Tiger Brown. Vous n’avez que l’embarras du choix.

3 décembre 2003

Alagón

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C’est un cavalier
Le crâne brillant sous la lune
Dont les bottes battent les flancs
D’une jument panarde

Sans à-coup
Sa culotte de peau
Luisante comme la toile de l’eau
Monte et descend
Soufflet de forge
Sur le cuir d’une selle de Cordoue

Avec des floc
Avec des flac

C’est là tout son discours
Depuis une vingtaine d’années
Et encore
Ne le dit-il bien
Qu’avec le cul

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Vas
Vas
Ne recule pas bravacón
S’il est d’autres combats
Pourquoi pas celui-là

Ne recule pas
Il n’y a pas de refuge
A l’abri de ses yeux

S’il faut mourir
Pourquoi pas là

Toro
Toro
Vois le regard qu’elle a
Je mourrais pour ce regard-là

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2 décembre 2003

L’échauffement par frottements des fesses du cavalier.

S’il y a de moins en moins de sujets qui fâchent dans une société qui s’effondre sur son centre, il n’en demeure pas moins que de la gauche à la droite, il reste des limites infranchissables contre lesquelles la moindre gazette court aux créneaux, à juste titre d’ailleurs. La montée de l’extrême droite et le racisme sont au-delà des murs, pourrait-on dire.
Il y a donc encore des ressorts d’indignation sous le matelas molletonné d’indifférence.
Il est vrai que l’on aurait dû adjoindre d’autres dossiers comme celui de l’inégalité sociale et celui des femmes dont on croit à tort que l’on y a progressé.
Si on laisse les choses en l’état, c’est que l’opinion trompée par les gazettes et les politiques s’imagine que les seuls ennemis actuels sont les extrêmes, gauche et droite en compagnie des extrêmes religieux.
Plus personne n’ose avancer que l’ennemi le plus redoutable et qui ne recule pas, c’est avant tout la misère. Et pourquoi n’en dit-on rien ? Mais tout bêtement parce qu’il faudrait remettre en question jusqu’aux sièges rembourrés sur lesquels nous sommes assis. C’est-à-dire repenser toute la société dans ce qu’elle a de conformiste et de chloroformant.
Certes on parle bien, de temps en temps, de la faim dans le monde, des populations d’Afrique décimées par les guerres et le SIDA. On en parle comme on parlerait de son teckel qui perd l’appétit. De la même manière, on parle d’écologie. On se sent prêt à toutes les compassions pourvu que nous ne nous y impliquions guère.. On collecte les médicaments périmés et les baskets dépareillés, avec la même ferveur que l’on s’insurge contre la disparition de la forêt amazonienne.
On s’indigne encore, parce que les drames sont aux antipodes, si éloignés de nous que nous avons pour nous protéger un no man’s land sanitaire, comme jadis le baron médiéval avait son enceinte fortifiée pour le protéger des manants.
Mais s’il y a bien un sujet complètement tabou, c’est bien celui de la misère à nos portes, sous nos fenêtres. Pourquoi ? Mais parce que directement concernés, il n’est plus question ici de faire un chèque, de se dire : tout cela est tellement loin !
Il est question de nous-mêmes, de la façon dont nous allons réagir devant des drames si proches qu’on pourrait presque toucher de la main, les gens qui souffrent.
Et pour les mêmes raisons que la presse est muette, le politique absent et l’industriel aux Bahamas, nous faisons comme si nous ne voyions rien. Pire les extrêmes que nous rejetons, gauche, droite et religieux, nous leur assimilons ceux qui ne sont ni ci, ni ça, mais qui gênent notre pensée conformiste, « nos » pauvres !
Alors, se réveille toute la haine violente de ce que nous ne voulons pas connaître. Eh oui ! beaucoup de gens ordinaires sont aussi racistes qu’à l’extrême droite. Si bien que la différence entre un militant du Vlaamse Blok et un centriste n’est que dans la manière.
La preuve, c’est que le Centre et l’extrême droite se rassemblent au moins sur un point : la haine de l’autre extrême et par corollaire, celle du pauvre qui lui est assimilée.
Certes, je rabâche… j’hallucine… diront les habitués du non-événement, qui voient des nains partout, mais eux… c’est pour faire rire.
Qu’arriverait-il si l’on établissait la démocratie au suffrage universel dans les asiles d’aliénés ? Les travailleurs minoritaires de ces établissements devraient subir la volonté des fous.
Et si le monde occidental dévoré d’ambition, gonflé de puissance, sorti de ses asiles, en était là ?
Le sujet qui intéresse, qui passionne vraiment, dont parlent vos chroniqueurs, c’est le caleçon double-fond pour éviter l’échauffement par frottement des fesses du cavalier.
Qu’est-ce que je vous disais ?

1 décembre 2003

La presse de demain existait déjà hier !

Les Américains sont des marrants. Ils croient avoir tout inventé ! Les habitants d’Abbeville en pays Cajun sont persuadés d’être les premiers à lire le journal des bonnes nouvelles !
On voit bien que ces ploucs ne sauraient même pas situer la Belgique sur une carte, et encore moins Liège, chiure de mouche sur le Michelin.
Liège est la ville au monde à posséder quelques titres ne publiant que des nouvelles agréables qui ne sauraient heurter la ménagère de plus de 55 ans et les enfants en bas âge, depuis 1830…
Sur le Net et dans les librairies : rien que du bonheur !
Pour consoler les Américains, il y eut dans les années 30 la parution du New York Times en exemplaire unique et parallèle à l’édition ordinaire pour le seul Rockefeller qu’attristait la montée du nazisme.
Soyons beaux joueurs, saluons la performance de notre confrère.
A espérer que le canard « Le Liégeois Optimiste » aura autant de succès que le Cajun appelé « Bonnes nouvelles » en français, en souvenir de la Louisiane de napoléon, mais rédigé de A à Z en anglais.
Que raconte cette presse ? Tiens, la même chose que nous, mais avec ce fond inaltérable de l’optimisme américain, si exaspérant.
Il y aura des événements notoires des paroisses, mais pas d’attentats et d’horribles accidents, des portraits d’habitants, les plus méritants bien sûr, des renseignements sur le maire, le sheriff, les forces vives, l’école et les heures d’ouverture du seul musée de la ville où l’on admire des mocassins de la célèbre tribu Pawnee que décima Buffalo Bill qui ne savait pas que c’était interdit.
Robby Dardeau qui a copié son sourire éclatant sur celui de nos ministres nous prévient qu’il laisse la responsabilité des mauvaises nouvelles aux journaux de Washington qui heureusement ne se vendent pas à Vermillon et à Abbeville.
C’est le père de ce rédacteur en chef, qui lui a donné le goût de faire plaisir à tout le monde et avant Jean Yanne avec « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », qui se dit en cajun : « asteu ja dou plisir ».
Dans le dernier numéro : Angie Touchet raconte sa longue amitié avec une copine de classe : Virginia Tabon ; Fanchon O’Nerrye, nous dit comment elle a vaincu ses règles douloureuses, au point que tous les mois, c’est la fête ! Ces histoires des gens sont très demandées. Certaines sont lues le dimanche matin au sermon du prêtre baptiste, le père Remett Lee Couvair.

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On y lit encore des recettes de cuisine et la météo. Les conseils du Maire commencent toujours par les paroles de l’Hymne national.
Dans ses éditoriaux Robby Dardeau vante la publicité douce, sans image choc, ni photos de femmes dévêtues. On trouve encore des petites annonces réparties selon les rubriques. Par exemple sous la photo de la nouvelle voiture du maire, un particulier souhaiterait des pneus 24 par 36, rares paraît-il. Des assureurs se proposent à faire des contrats sur la prochaine récolte de cannes à sucre, etc. Enfin Mike Gouvillon propose sa candidature comme Sheriff.
Cette presse très proche de la nôtre réchauffe les cœurs.
L’édition d’Abbeville a fait des émules. Plus à l’Est, la Floride a inauguré son journal heureux « Happy Times » qui connaît un beau succès. Il se définit comme le Good-News Newspaper. Brigitte Lang la rédactrice en chef privilégie les petites histoires et leur vision humoristique, dans la stricte décence et la morale presbytérienne bien entendu.
Cette rédactrice ambitieuse pourrait un jour débarquer en Europe.
Elle serait ainsi directement en concurrence avec la presse de la place de Liège.
Messieurs, attention ! Plus de débordement et de la tenue, bon sang…
Je remercie Françoise Lazare de ces petits renseignements et j’invite tous les gazetiers de Liège qui voudraient perfectionner leur art, de prendre contact à Abbeville avec le journal « Bonnes nouvelles, P.O. Box 1913, Abbeville LA 70511.1913.
Quant à ceux, plus nombreux qu’on ne le croit, qui ont acquis naturellement le ton convenable, on pourrait les jumeler avec la Louisiane.
Je dois ajouter en ce domaine que les remaniements de rédaction ont trouvé chez nous des solutions heureuses et qu’actuellement il n’y a aucun chômeur digne de ce nom dans le métier.
Je passe sur les six pages de remerciement qu’à chaque fois j’adresserai dorénavant aux autorités communales, aux chefs d’établissement scolaire, aux services du Gouverneur, à l’Administration des Eaux et Forêts ainsi qu’aux chefs des partis traditionnels bien représentés au Pays de Liège, au préposé à la lecture des compteurs du gaz et d’électricité que je ne vois jamais depuis qu’on affiche la consommation à la fenêtre, ma cousine Jeannine avec laquelle j’ai passé des heures inoubliables lorsque j’avais six ans et enfin les défenseurs de la Société protectrice des Animaux non loin du Boulevard Kleyer. Un grand merci également à Monsieur Firket pour le soin qu’il prend à rendre notre ville propre et à la préposée du bureau G de la population ce mercredi 26, tout à fait charmante. A son Excellence le prince-régent de Fatloavikaoh, Tony, à son équipe du Plat du jour et toute l’équipe de rédacteurs. Il me reste, chers lecteurs à vous souhaiter une bonne journée afin que vous puissiez le soir dormir du sommeil du juste. Et avec mes excuses pour le dérangement que je crée et mon impardonnable étourderie s’il m’arrivait d’oublier l’une ou l’autre personnalité sans laquelle ce Blog n’existerait pas.
A tous merci.
Demain nous parlerons de ce génial inventeur des hauteurs de Liège qui va commercialiser un appareil pour fabriquer de la neige artificielle afin que nos bambins puissent faire des bonshommes de neige au mois d’août. Tandis que ma tante vous livrera ses secrets pour réussir la mayonnaise. J’espère que le nouveau numéro du « Liégeois Optimiste », que l’on peut mettre entre toutes les mains, vous plaira, en regrettant que l’article « Tricotons ensemble» ait été censuré par notre rédactrice en chef, tant les images des aiguilles sont dures et réalistes.