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31 mai 2004

Forza aujourd’hui, forçat demain ?

Peu d’hommes politiques européens font l’objet de jugements aussi extrêmes que Silvio Berlusconi. Pour les uns, il incarne le "self-made man" à qui la jalousie des médiocres, dès qu’il s’est mêlé de politique, lui vaut d’être la cible des fonctionnaires et des juges de l’Etat italien. Pour les autres Silvio Berlusconi est l’homme le plus corrompu d’Europe. Son empire ne serait qu’une construction maffieuse.
C’est le premier Président du Conseil italien depuis Mussolini à valoir 6 milliards d’euros, à posséder 3 chaînes de télévision (Mediaset) sur 7 en Italie, à grignoter peu à peu des influences dans des journaux concurrents quand il en possède déjà 3. A ce seul titre, ce personnage trouble peut inquiéter non seulement l’Italie, mais aussi l’Europe, même si l’ultralibéralisme dont nos MR font partie applaudit à cette réussite financière et politique.

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Berlusconi a commencé sa carrière modestement. Il ne vendait pas des cigarettes de contrebande comme l’autre self-made-man, Aristote Onassis à ses débuts, mais était modeste garçon de cabine sur des paquebots en croisière d’agrément, pour devenir animateur de soirée sur ces mêmes bateaux.
Dans un pays où le crime organisé était le plus puissant d’Europe dans les années septante, il a sans doute côtoyé le demi-monde à l’argent facile et s’est établi d’excellentes relations. Quoique ses débuts, par la force des choses, soient plutôt obscurs.
Aujourd’hui, il gère l’Italie comme une société anonyme, emploie 800 avocats dans ses différentes affaires et il vient de faire voter une loi par sa majorité mettant fin à des poursuites judiciaires dans le cadre de sa gestion de ses société, un peu comme Chirac a eu la sienne pour arrêter les poursuites sur sa gestion lorsqu’il était maire de Paris.
Son parcours est truffé d’anomalies, d’actions inexplicables. On cite la constitution de son holding la Finvest. Des crises à propos d’Ariosto, Mondadori, All Iberian, plus tout ce que les journalistes d’investigations ont pu découvrir, malgré la chape de plomb qui s’est abattue sur l’Italie depuis son règne…
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Avec ses sitcoms achetés aux USA, ses films porno la nuit, ses jeux aussi débiles que ceux que nous regardons sur nos chaînes françaises, le Citizen Kane de la péninsule a su envelopper l’information et les plaisirs dans le superficiel et le sensationnel. Ainsi rendus passifs par tant de sollicitudes, les citoyens italiens sont, à une majorité relative, pour lui.
Résultat : un kilomètre de métro à Hambourg coûte 45 milliards et en Italie 180 !
Le discours politique du « cavaliere » est simple, pour ne pas dire simpliste, il colle l’étiquette de communiste à tous ses détracteurs, selon la technique éprouvée de Mussolini. Ça marche, même si les communistes n’agitent plus que les fantômes du passé. Il faut croire qu’à l’ombre du dôme de Saint-Pierre cela soit encore grandement suffisant.
Il a compris qu’il fallait être souriant et décontracté, comme la dernière des figurantes dans ses films pornos. Au sommet de la communication médiatisée avec ses intervieweurs à sa botte, il licencie des journalistes de la RAI en jouant de son influence, tandis que sa police ferme les portes des studios à ses opposants.
Par bien des aspects, cet homme est inquiétant. Davantage que notre extrême droite flamingante, il est capable de faire des ravages en Europe en y faisant des petits. On connaît la logique des gens de cette sorte. C’est une fuite en avant perpétuelle, une boulimie de tous les instants. C’est que souvent, comme Icare, leurs ailes fondent au soleil, entraînant dans leur chute des désastres financiers en cascade. A côté des catastrophes qui pendent sous le nez des trop crédules Italiens, les déboires de nos Ducarme et Fournaux réunis ne sont que d’aimables plaisanteries de petits fraudeurs.
Sa passion des médias révèle son besoin d’universalité : s’intéresser à tout ou à défaut périr. Le choix qu’il a fait du pouvoir politique correspond à sa personnalité ultralibérale. Standardisation et conservatisme sont ses maîtres mots.
La saga de Silvio le Superbe prouve que les démocraties sont bien fragiles et que leur sort est tout aussi aléatoire dans les mains de pareils capitalistes qu’elles le sont dans celles des nationalistes d’extrême droite. A ce sujet, les discours du MR paraissent bien fades pour dénoncer ce danger, bien moins en tout cas que sur les « dangers » de la gauche où là le tandem Duquesne-Michel retrouve brusquement du souffle. On a encore en mémoire « l’embarras » du gouvernement à propos d’une appréciation peu flatteuse de Louis Michel à l’égard du nouveau César, les pantalonnades qui ont suivi et la marche arrière de notre Ministre des Affaires étrangères qui n’est pas à une contradiction près.

30 mai 2004

Europe : le civil toujours en première ligne.

On a morflé pendant la guerre 40-45. Les Anciens se souviennent. Les jeunes se sont pas mal renseignés.
Les films où les shrapnells pleuvent du ciel, les Américains en ont plein les caves à Hollywood. Quand Mitchum débarque à Arromanches-les-Bains au milieu des morts, si c’est en décors, on doit bien se dire que c’est copier de quelque chose.
Comment se fait-il ayant vécu et assumé toutes ces horreurs que la droite soit encore si chaude, plus chaude que la gauche en tous cas, pour en découdre ?
Car enfin, on n’a pas la berlue, quand Louis Michel serre la main de Colin Powell, même si ce Conseiller de Bush est réputé pour être une colombe, c’est quand même lui qui a présenté les tubes de virus bidons aux Nations Unies pour entraîner des pays derrière son président et guerroyer en Irak sous un faux prétexte ! Michel le sait. Il devrait trouver répugnant de serrer la main d’un tel homme et que fait-il ? Il plastronne au nom de l’amitié indéfectible entre les deux pays et propose notre aide pour la rédaction de la future Constitution irakienne !
Si ce n’est pas ridicule, ça ? Notre Constitution, un modèle pour les Irakiens, on croit rêver ! Comment ça se dit « Mouvement réformateur » en arabe !...
Pour revenir sur le Pentagone fictif de la Metro Goldwyn Mayer, c’est vrai que tous les films à l’exception de quelques-uns sur le Vietnam, ont marqué les esprits insidieusement. Nous n’avons vu les guerres de ces cinquante dernières années que sous la loupe déformante américaine. Si bien que nous nous sommes imbibés de cette culture tape à l’œil de la bravoure du GI et de son immense désir de sauver la démocratie.
En Belgique, les traces de cette propagande massive à travers les échos, les films, les magazines et aujourd’hui encore tous ces jeux importés d’Outre-atlantique sont si prégnants qu’on peut suivre leurs effets jusque dans les vêtements et la nourriture de la jeunesse.
Quoique nous nous en défendions, même si nous sommes contre l’intervention américaine en Irak, une majorité de la population adhère à la vision de la guerre totale contre le terrorisme.

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Sous le prétexte de cette lutte sans merci, nous voyons fondre nos libertés. Les mesures de sécurité nous assimilent aux suspects dans les endroits stratégiques. On invente des pièges à la délinquance intégriste comme l’installation de caméras, de fichages et d’écoutes téléphoniques qui sont aussi bien opérationnels pour les criminels que pour les citoyens ordinaires.
L’armée, surtout l’armée, et les polices font de moins en moins la distinction entre civils désarmés et dangereux malfaiteurs.
On s’exclame que 800 Américains morts en Irak, c’est beaucoup. On oublie que le plus lourd tribut payé cash à la guerre a de tous temps été les civils. Combien d’innocents tués en Irak à côté des 800 soldats ? Personne n’en a fait le compte. Peut-être faudrait-il multiplier par dix les pertes américaines pour avoir un chiffre approximatif des civils tués.
Si la comptabilité des pertes en vies humaines parmi les populations occupées n’existe nulle part, c’est que tout le monde s’en fout en haut lieu et dans les médias.
Quand Sharon parle de civils tués dans le camp d’en face, à peine présente-t-il ses excuses. Excuses qui, aussitôt dites, sont oubliées par ses hommes sur le terrain.
Nous nous sommes accoutumés à trouver « regrettable » ce que l’armée israélienne fait subir aux Palestiniens. Les Résolutions des Nations Unies qui condamnent les agressions se suivent et se ressemblent dans l’indifférence.
Si nous restons modérés dans nos propos, c’est parce que nous subissons la propagande quotidienne de Sharon en personne, à la tête de ce système meurtrier et parfaitement inique d’un Etat qui ose encore s’appeler une démocratie.
Si je suis le raisonnement actuel, ce seraient bel et bien quelques intégristes musulmans insaisissables qui, au nom d’un mythique Al Qaida, menaceraient la liberté dans le monde ?

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Mais alors, pourquoi ce formidable armement, ces masses de militaires en mouvement, ces crimes perpétrés contre des innocents, pour une poignée de dangereux criminels ?
N’y aurait-il pas mieux à faire plutôt que d’employer des tanks et des hélicoptères, mettre sur pied une police bien spécialisée ?
Ces crimes d’Etat au grand jour, ne sont-ils pas le meilleur atout de recrutement du terrorisme mondial ?
N’est-ce pas à cause de l’escalade de la violence qu’organisent des Etats pseudo-démocratiques, qu’Al Qaïda n’a aucune peine à se fondre dans les populations ?
Voilà la messe est dite. Nous sommes victimes non seulement des terroristes, mais encore des forces chargées de les éliminer.
Le comble, c’est que ces forces si meurtrières, si incapables de couper le terrorisme à sa racine, agissent en notre nom !
Ce débat-là, ni la gauche, ni la droite n’a envie de le mener à l’occasion des élections européennes du 13 juin.
Que l’essentiel ainsi escamoté laisse les électeurs indifférents aux élections européennes, le contraire aurait été étonnant.

29 mai 2004

La mouche en pension chez une tarentule


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Je viens de relire Andromaque de Jean Racine. Comment ai-je pu passer à côté d’un chef-d’œuvre pareil sans le comprendre ? Mes professeurs y ont mis du leur. Je les rends responsables de mon endormissement pendant de longues années. Je me suis réveillé sans eux.

J’étais un abruti, un veau, je m’en explique
Quand âgé de seize ans, j’étais en rhétorique
Et qu’un cuistre assassin, Racine, pervertit,
Jetant sur Andromaque un grave discrédit.

M’ayant gâché la perception de la beauté classique, ces rustauds règnent encore et font de la même manière autant de tort aujourd’hui.

Leur académisme désigne l’art à la consécration bourgeoise. Reste à la partie officielle le soin d’achever leur ouvrage.
Ce qu’elle fait sans vergogne avec l’argent public.
Ainsi abandonné, le créateur qui n’a pas eu la perception de la beauté classique, s’en détourne et vit sa création dans la clandestinité
L’art instinctif, qu’il produit, inquiète parce qu’il ne répond pas à l’orthodoxie, qu’il récuse l’art officiel et qu’il remet en cause l’appréciation bourgeoise.
Car si le bourgeois aime Andromaque aussi, ce ne sont pas pour les mêmes raisons que les nôtres.
« L’intérêt de la classe dominante est de gérer l’image qu’elle se fait de soi. » (Pierre Bourdieu)
On dénie aux marginaux le droit de produire.
Vous n’êtes pas sans avoir remarqué le coût élevé du matériel, de la moindre brosse de martre à la feuille d’aquarelle ; comme est inaccessible l’éditeur-mécène et hors de question un orchestre à la disposition d’un compositeur.
L’appropriation de la mémoire populaire des Universités, par la modification et la codification du langage, rend leur propre savoir inaccessible aux créateurs,..
« Le discours dominant se ramifie en se faisant confirmer par les voix d’en bas et en faisant dire la même chose par d’autres personnes » (J. Rancière)
Inconsciemment le langage consacré vise le conditionnement de l’art dans sa vision bourgeoise. Seuls les artistes qui adhèrent aux valeurs dominantes auront une chance d’être reconnus.

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Les techniques d’inculcation du pouvoir sont suffisamment au point pour masquer la manipulation dont les artistes sont les premières victimes, les secondes étant le public.
Ainsi les gens finissent par se convaincre qu’ils ont pensé ce qu’ils défendent !
L. V. Thomas parle à ce propos des « appareils idéologiques d’Etat. »
La mise en actes de l’idéologie selon Althusser, c’est celui du système institutionnel : famille, patrie, école. Ces institutions relais sont là pour transmettre dans les moules sociaux les grandes évidences, à commencer par les buts à atteindre : l’industrialisation = l’amélioration du niveau de vie.
Pour la bourgeoisie l’idéal absolu, n’est rien d’autre que le sien. Elle nous convie à le partager, en feignant d’ignorer que cela nous est impossible.
L’illusionnisme bourgeois s’étend évidemment à d’autres catégories que celle de l’artiste-créateur. L’artiste-interprète en est victime aussi.
La technique d’appropriation est la même. La presse et les syndicats s’y sont laissé prendre. La sélection des informations, les priorités des titres jouent sur les regards d’un engagement au quotidien.
Par ses artifices de langage, ses partis pris hautement manipulateur, le pouvoir légitime ses choix en matière d’art, comme en tout autre domaine de la vie sociale.
Le paradoxe de l’artiste est qu’il ne crée pas seulement pour lui seul. Il a besoin de communiquer son art aux autres, d’où cet amour-répulsion de la consécration que l’atonie de la pauvreté rend si cruel.
Il serait temps de réhabiliter le mépris de la classe dominante, de s’en parer comme une qualité essentielle de l’art populaire.
Et, de ce point de vue, les artistes d’en bas ont encore tant de gens à décevoir !

28 mai 2004

Une situation délicate...

- On te voit plus. Louise me le disait au lit hier soir en revenant de Belle-Ile « Qu’est-ce qu’on lui a fait ? »
- J’ai fait la connaissance d’Anna dans un « chat ». Tu sais ce que c’est, ta femme pourrait la trouver mauvaise.
- Je ne vois pas pourquoi ? T’es libre, non ?
- J’étais chez vous deux ou trois jours de la semaine, même quand tu n’étais pas là. J’ai pensé que ça n’était pas convenable d’arriver à l’improviste en vous disant « Je vous présente Anna Nysse, je l’ai rencontrée dans un « chat ».
- Tu ne t’es pas disputé avec Louise au moins ?
- Non. Penses-tu. Ça aurait pu continuer avec vous deux. Louise est parfaite, vraiment, et toi très sympa…
- Je sais qu’à la maison, tu n’avais pas ton nécessaire…
- Mais si, j’avais tout…Que veux-tu dire par là ?
- Il y a autre chose que l’amitié. Il te manquait l’amour. Tu l’as cherché ailleurs, sans te soucier de Louise et de moi… Je te comprends.
- Que vas-tu chercher ? J’étais bien chez toi. On n’est jamais content de son sort, voilà tout. C’est pour ne rien gâcher que j’ai préféré ne pas présenter Anna Nysse.
- Tu l’as connue dans un « chat », tu m’as dit… Puis après ?
- On s’est filé un rancard dans un cybercafé. Elle m’a raconté pourquoi ça ne marchait plus avec Roland.
- Roland ?
- Oui. Roland, c’est l’ami de son mari qui s’était incrusté chez eux. Au début, il n’y avait rien entre eux. Puis, comme son mari était souvent absent, elle s’est laissée séduire, par désoeuvrement.
- Ça arrive, ces choses là.

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- Un jour qu’ils étaient seuls, il a avoué qu’il avait fait connaissance d’une certaine Louise à Belle-Ile. Anna n’a pas aimé sa façon. Ils se sont disputés. Pour ne pas éveiller les soupçons du mari, Roland a préféré ne plus venir. Anna demande parfois des nouvelles de Roland à son mari, en jouant l’étonnée.
- C’est un drôle de mic mac que tu racontes-là.
- Anna m’a présenté son mari, comme si j’étais un petit cousin. On a sympathisé. J’ai pris la place de Roland, en quelque sorte.
- Je comprends que tu sois occupé.
- La semaine dernière, comme Anna me faisait quelques downloads avec mon memory stick et que j’étais prêt de l’uploader, on sonne en bas. Elle regarde par la fenêtre. C’était Roland avec Louise.
- Il voulait quoi ?
- Une explication !
- Ils ont parlementé. Roland a dit qu’il repasserait avec Louise.
- Et alors ?
- Elle a accepté.
- Quel mal y a-t-il ?
- Je crois qu’elle ne l’a pas oublié.
- Tu n’as qu’à être là avec le mari. Si Louise est de la partie, ce sera encore mieux…
- Justement, je la connais.
- Cette fameuse Louise ?
- Ouais. Et il ne faut absolument pas qu’elle me voie avec Anna Nysse.
- Et pourquoi, s’il te plaît ?
- Eh bien ! Louise…
- Je t’arrête. Depuis le début de ton histoire, il y a quelque chose qui me gêne. A propos de Louise…
- Ah ! tu commences à comprendre !
- Oui. Cela est équivoque…
- A qui le dis-tu !...
- Que tu parles d’Anna Nysse et de son ancien amant Roland, c’est pas grave ; mais que Roland ait une nouvelle maîtresse qui porte le même nom que ma femme prête à confusion… Pour qu’on soit plus à l’aise, appelons la autrement que Louise ? Qu’est-ce que tu penses de Lucienne ?
- …… !!!

27 mai 2004

Servitude et grandeur militaire.

- Qui va là ?
- Jemappes.
- Non.
- Quoi, non ?
- C’est pas Jemappes, le mot.
- C’est pas le nom d’une bataille célèbre ?
- Je vais pas quand même te dire oui…
- Pourquoi ?
- Mais parce que si tu n’as pas le mot, tu peux pas passer.
- C’est pour te relever, même que c’est le juteux qui m’a dit le mot.
- Je veux pas savoir…
- Enfin, Gaston, tu me reconnais pas, Première classe Edouard ?
- Est-ce qu’on est militaire ou merde ? Celui qu’à pas le mot peut pas passer.
- Comment je vais faire pour te remplacer, alors ?
- J’ai une consigne, non ?
- Bon. Et alors ?
- Même que je devrais tirer si t’as pas le mot !
- Attends… Fleurus ?
- Avance pas où je tire !
- T’es sûr que c’est pas Fleurus ?
- Tiens, si je suis sûr.
- Je t’assure que c’est le juteux qui m’a dit Fleurus.
- Retourne-z-y et redemande…
- I’ va me foutre au trou.
- Oui, si c’est pas Fleurus…
- Si c’est Fleurus, c’est le bidasse Gaston qu’est mûr pour le gnouf !
- I’ a pas de danger. Je l’ai inscrit à l’aniline sur la paume de ma main !
- Tu me connais. On va au manège ensemble. On boit des bières à la cantine. On a…

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- C’est encore une jonglerie du maréchal des logis pour m’emmerder…
- Qu’est-ce que tu racontes ?
- Il est caché dans les buissons et si je te laisse passer avec Fleurus, alors que c’est pas Fleurus, j’y coupe pas…
- Je t’assure. I’ a personne dans les troènes…
- J’ai vu les feuilles frémir…
- J’ai été à la feuillée. C’est les branches qui se redressent. Tu peux y voir ma sentinelle, même que t’as pas besoin du mot pour la sentir… J’y suis : Milmort !
- Quoi Milmort ? C’est une bataille ?
- Ans ? Remouchamps ? Seraing-haut ?
- T’as pas bientôt fini ? Et qui te dit que c’est une bataille ?
- Aha ! c’est un nom de fleur ?
- Oui et non. C’est un nom comme ça en deux mots avec une couleur de fleur, si tu veux.
- Y a pas de bataille en deux mots.
- Je suis bien d’accord avec toi.
- Rose !
- C’est pas en deux mots, Rose !
- Lilas blanc ?
- T’as pas bientôt fini ? C’est un ustensile avec une couleur, si tu veux savoir.
- Boîte à merde ?
- C’est une couleur, la merde ?… quoique dans un certain sens…
- J’te donne ma paire d’éperons d’ordinaire, si tu me le dis.
- Tu vois que tu l’savais !
- Moi ?
- T’as dit « éperons d’or ». T’as dit le mot…
- C’est pas une bataille « les éperons d’or » ! C’est pas de jeu !
- Je t’avais prévenu. Lui dit que si !...
- Le juteux, c’est un vicieux, quand même…
- Ouais. S’i’ va chercher dans les dictionnaires !

26 mai 2004

Au trocsbar

- T’as l’air complètement schlasse !
- A partir de trente ans, ça vaut plus la peine…
- De quoi ?
- De vivre tiens !
- Quel âge t’as ?
- Vingt-huit !
- T’as encore deux ans devant toi…
- Vu comme ça... Toi qu’en as quarante-trois…
- C’est une tare ?
- Tu dois savoir…qu’on tourne en rond… qu’on refait les mêmes conneries !
- Y a des conneries qu’on refait et qu’on ne regrette pas d’avoir faites !
- Parce que toi, t’es pédé et qu’un pédé ça vieillit mieux.
- Qu’est-ce que t’attends pour bien vieillir ?
- Quand tu dragues un gars, tu fais pas tes quarante-trois ans… Tu plais, quoi !...
- T’as qu’à devenir pédé !
- Enlever sa capote en pétant ? Merci bien. Moi, mon truc, c’est les gonzesses…
- Personne n’est parfait…
- Pourtant j’ai du mérite… avec ce qu’elle m’a fait, Angelina !...

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- Quoi ? Qu’est-ce qu’elle t’a fait ?
- Elle broute la pelouse d’une copine !
- Non !
- Si !
- Toutes des tapettasses…
- J’te le fais pas dire. Toi qu’es d’la maison…
- Qu’est-ce que tu veux, la jaquette c’est l’avenir…
- La tourista sans poser le cul aux Baléares… se ravaler la gueule comme Boy Georges… gazouiller de la chorale à Obispo quand on est né baryton… c’est l’avenir ?
- On mélange plus les sexes.
- Et pour cause, y a plus de sexe !

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- Toutes les histoires viennent de ce qu’on raisonne en hétéro…
- Mais où on va comme ça ? J’suis pour le naturel.
- Explique ?
- Qu’on bande chacun dans son camp, c’est épouvantable !
- Pourquoi ?
- Comment qu’on aurait des enfants ?
- Ah ! Parce que quand tu sors avec une fille c’est pour avoir un enfant ?
- Non, pas vraiment. C’est même pour pas en avoir…
- Tu vois !
- Tout de même, je nous vois mal, toi et moi…
- Ce serait très bien tu sais… Attends que j’te montre…
- Mais arrête… je vais t’en mettre une !
- T’es pas encore mûr. Dans deux ans peut-être, quand t’en auras trente ?
- Avant de me faire friser aux bigoudis, j’vais encore tenter ma chance de l’autre côté…
- T’es casse-cou !
- C’est mieux que casse-cul.
- Nous, on n’écrase pas les tomates, mon p’tit vieux…
- Question fruits et légumes… t’es plutôt l’épicier Côte d’Or. T’as la barre fourrée pralinée !
- J’ai pas le bigarreau sensible, moi ? Dis, j’ai pas le bigarreau…
- Prends pas ça mal. J’fais un compromis… J’vais tâter d’la gouine. P’t être qu’elle connaît Amélie Moresmo ?

25 mai 2004

Mickey contre Michael

Michael Moore, pour Fahrenheit 9/11, a obtenu la Palme d’Or au festival de Cannes 2004 .
Je n’ai pas vu le film. C’est un documentaire.
En principe, les documentaires en 35mm dans une salle obscure grand format m’emmerdent prodigieusement. Le Commandant Cousteau et Francis Perrin n’y ont rien changé.
Bowling for Columbine du même Michael Moore m’a tenu éveillé jusqu’au trois quarts de sa projection. Pourtant, il dénonce l’amour trop intempestif de l’Américain moyen pour les armes à feu et méritait toute mon attention. Mais, c’est ainsi.
Je trouve que le documentaire n’est pas fait pour le grand écran.
La télévision est son domaine et encore, par petites doses ou alors appuyé par des spécialistes dont il souligne le débat.
Le cinéma est fait pour raconter une histoire, pour faire rêver. Certes la vie de la crevette grise en mer du Nord a son intérêt, mais qu’on ne me vienne pas dire que cet intérêt passe par une grosse heure d’images de fonds marins et de commentaires sous-titrés.
A lire les commentaires, Michael Moore s’en prend cette fois à Bush junior.
Bon sujet. Ce président, est sans doute, parmi les plus néfastes qu’aient eu les Etats-Unis.
Là-dessus nous sommes d’accord.
Ce que je reproche au film – sans l’avoir vu, je précise – c’est l’accumulation de bandes anciennes d’actualité que nous avons tous – plus ou moins – regardées quelque part qui, collées bout à bout, font un documentaire-réquisitoire, du genre Columbine.
Je sais : j’irai voir ce film. Je sais que j’en sortirai somnolent tout en applaudissant Michael Moore pour son œuvre courageuse et en félicitant le festival qui a osé le récompenser.
Si ces documentaires ont une utilité, c’est en regardant ce qui se passe autour : les réactions des intéressés, la machine d’Etat, les intérêts financiers et les réactions de l’audio-visuel.

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La société Miramax de distribution de films et filiale de Walt Disney a refusé la distribution Fahrenheit 9/11 parce que les passages dirigés contre la famille Bush risquaient de compromettre les exemptions d’impôts de l’Etat de Floride où cette entreprise à ses bureaux.
Pour la petite histoire, c’est le frère du président, Jeb Bush, qui est le gouverneur de cet Etat.
Les intentions du Jury et de son président Tarantino ne sont pas nettes, non plus.. Personne n’est dupe quant aux intentions purement esthétiques qui auraient prévalu à ce choix. On l’a bien vu comme ce président du Jury – dont je ne critique pas les choix – a propulsé au premier rang des acteurs et des films que l’on n’a pas l’habitude de voir à Cannes.
Mais, encore une fois, c’est très bien ainsi.
Nul ne s’en plaindra.

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D’autant que Moore est un bon gros sympa. Il était avec les intermittents du spectacle qui protestaient sur la Croisette. Il soutenait le personnel du Majestic en grève pour un salaire décent et l’engagement ferme des femmes de chambre temporaires. Il a cassé la graine avec José Bové sur la plage municipale avec les « ignorés » du cinéma.
Il est bien Michael Moore. Il est bien.
Dommage qu’il ne se résolve pas à faire un vrai film du genre « Les temps modernes ». Il a tous les ingrédients qu’il faut. Le scénar, s’il en veut un, il trouvera dix scénaristes prêts à travailler pour rien. Les vedettes, avec un type qui vient d’avoir la Palme d’Or, elles se rueraient au casting. Les décors, l’Amérique profonde lui tend les bras, même s’il y était reçu à coups de revolver.
Je parie qu’avec les recettes escomptées, Mickey lui-même, ferait taire son patriotisme bushien pour plaire à l’Oncle Picsou.
Ah oui ! Evidemment, pour raconter une histoire avec des personnages qui se tiennent, il faut du talent. Peut-être, que Michael Moore en a aussi ?
Ce serait alors la véritable révélation, celle du festival en 2005, peut-être ?

24 mai 2004

La justice en question.

Il est bien révolu le temps où les magistrats condamnaient ou, plus rarement, absolvaient de manière souveraine et sans contestation possible.
Jadis se retrouvaient en cage innocents et coupables, les premiers, même absolument innocentés, restaient leur vie durant suspects par une justice qui ne reconnaissait pas ses erreurs et par le public qui pensait qu’il n’y a pas de fumée sans feu.
Le malheureux mourait dans l’opprobre générale sans que son innocence fût autre chose dans l’effort des Magistrats en sa faveur qu’une remise de peine ou une levée d’écrou à la sauvette.
Aujourd’hui encore, la Justice ne répare jamais, ou très mal, les dégâts accomplis par des mauvais jugements.
Le pourrait-elle, quand elle a détruit une vie ?
On prend conscience que la vérité judiciaire est, loin s’en faut, d’être la vérité tout court.
La justice prompte à condamner, ne l’est pas autant à réparer les préjudices qu’elle crée par ses erreurs. Si parfois elle en a l’apparence, la justice n’est le plus souvent qu’une caricature dans laquelle la confusion, le hasard et la mauvaise foi jouent les grands rôles.
On nous dit que les prisons sont pleines de gens qui sont en attente de leur procès.
Des recommandations du monde politique et des ministres de la Justice soulignent que la prison préventive doit être l’exception, qu’elle ne se justifie qu’en cas de dangerosité du prévenu, de sa possible disparition ou de la nécessité pour les besoins de l’enquête de le mettre à l’écart d’autres prévenus libres, de complices ou de témoins éventuels.
Il suffit de jeter un rapide coup d’œil sur les statistiques pour voir comme les magistrats instructeurs se moquent des recommandations sous le prétexte de l’indépendance de leur fonction. De sorte que de libre arbitre, on en arrive à l’arbitraire.
C’est cet arbitraire qui fait penser à la justice à deux vitesses, l’une pour les riches et les politiques, rarement en tôle et pour les autres, toujours en tôle.
L’affaire de mœurs d’Outreau, en France, où la mère violeuse de ses enfants a accusé de nombreuses personnes de la Commune de complicité de viols et de réseau pédophile, s’est avérée un sac d’embrouilles. Procureur et magistrats instructeurs sont tombés dans le panneau et ont accusés à tort des innocents.
Cela remet en question la fragilité des témoignages et le manichéisme de l’opinion publique
auxquels le juge d’instruction sait difficilement résister. Il y a pourtant des règles comme instruire à charge et à décharge. Ce sont les enquêteurs, entraînés eux-mêmes par leur conviction profonde qui par leurs rapports et les aveux qu’ils arrachent – souvent de manière tout à fait illégale et arbitraire – influencent et orientent le juge d’instruction.

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On a vu en Belgique avec le procès Dutroux ressortir la grande faiblesse de la justice au niveau de la qualité des hommes qu’elle emploie.
La Commission parlementaire qu’a provoqué cette affaire, a souligné ce que le public savait déjà : incompétence quasiment générale des services de police et de gendarmerie à l’époque rivaux, incompétence à force de secrets et d’entêtements imbéciles et incompétence au niveau des hommes. On pourrait presque en dire autant des magistrats, sauf qu’à leur décharge, les procédures en Belgique sont telles qu’ils sont accablés de travail et qu’il conviendrait d’en augmenter le nombre, en même temps qu’alléger les procédures.
Le public n’est pas là pour faire le boulot des politiques. Hélas ! le public n’est là que pour fournir le gibier de potence. Ce qu’il prend de plus en plus mal.
Aujourd’hui, à tous les niveaux, la machine judiciaire est débordée. La religion de l’aveu est battue en brèche. La magistrature redescendue de son piédestal qu’on lui construisait jadis dans des palais imités de l’antique, est vue telle qu’elle est : des fonctionnaires comme les autres avec le pouvoir de nuire ou de bien juger, des fonctionnaires avec leur plan de carrière, les intrigues et les convictions politiques.
Le public en a assez de gravir les marches interminables des hauts repères, non pas comme on gravit les marches à Cannes pour le festival, plein d’espoir et de séduction, mais accablé à l’avance, coupable ou innocent, happé par la machine.
Au lieu d’offrir des promotions aux magistrats et aux policiers qui ont commis de lourdes fautes, on devrait instaurer une Cour spéciale comme il y a une police des polices, afin d’éliminer les incapables et de faire voir ce qu’est la tôle aux corrompus.

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L’Ancien Régime est mort en 1789. Pas pour tout le monde.
Il serait temps de faire le ménage.
Là où l’Autorité n’est pas digne, juste et honnête, conduite par des gens intègres. Elle n’est plus qu’un simulacre.

23 mai 2004

Soir d’eurovision

Après La ferme, les Colocataires, le Chantier, d’une débilité profonde, après être descendus si bas, qu’y a-t-il à l’identique qui nous revienne chaque année avec la régularité d’une crise d’urticaire au moment des fraises ?
Le Concours de l’Eurovision, pardi !
C’était il y a une semaine. On dirait presque un siècle !
Classée en duo avec les Hollandais, la Flamande Xandee, a passé le tour éliminatoire, là où la Suisse, le Portugal et Israël, entre autres, ont été priés de chanter ailleurs… pour finir avant-dernière avec 7 points.

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Outre l’envie qu’on a de se flinguer après un quart d’heure d’insupportables flonflons, de déhanchements suggestifs et de vocalises dignes des premières leçons de l’Académie de Musique de Montegnée, il y a du ragoût au constat du décès de la chanson française.
Depuis 1999, les moutonnantes apparitions se font dans la langue que l’on veut. Si bien que l’anglais est quasiment obligatoire. L’Ukrainienne Ruslana Lyzichko n’y a pas coupé avec sa danse des Carpates en mini-jupe, cuissarde et bustier en cuir, la nouvelle tenue du folklore de là-bas à ce qu’on suppose. Sa danse sauvage « Wild dance » était interprétée dans un anglo-américain tellement bien imité des studios d’enregistrement de Liverpool qu’on se demande s’il y a encore une autre langue que celle de Shakespeare/Chandler en Ukraine ?
Devant l’anglomanie déferlante que peuvent faire les nouveaux Indiens d’Europe que sont les Français, les Allemands, les Italiens, les Espagnols et les Bataves ? A peine de la figuration. Je n’ose employer « intelligente », le qualificatif en serait surfait.
Comment arrêter la connerie militante qui submergera tôt ou tard l’audiovisuel laissant au spectateur d’eurovision un magma de fesses, de nichons et de cris progressivement incompréhensibles, même pour un habitant du Devon ?
Lui tourner le dos ?
Aller voir où souffle l’intelligence ?
Ce serait parfait, si l’intelligence soufflait encore quelque part.
Réformer l’usine à gaz de l’intérieur ?
C’est impossible.

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Les adolescents eux au moins ont compris la leçon.
Pendant que la ménagère de moins de cinquante ans plie sa colonne vertébrale aux courbures du canapé et que son « rude » compagnon s’entend ronfler (un bruit infernal dans l’oreille interne qui le réveille toutes les trente secondes), l’adolescent anémié et que l’on a perdu de vue depuis les débuts du désastre, se tape un rassis dans les cabinets en louchant sur Star Magazine qui détaille la frêle silhouette du prodige vocal ukrainien.
Comme quoi, dans l’éventail des plaisirs variés de notre civilisation chrétienne, on peut dire que cet ultime et antique délassement est encore le plus apprécié de la jeunesse.

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Lorsque, passés onze heures, le dernier résultat tombe et que Ruslana triomphe enfin, la ménagère de moins de cinquante ans et son « rude » compagnon se déplient non sans douleur et craquement des membres. Le fils est derrière eux depuis dix secondes, sur la chaise « tête de lion » la moins branlante de la salle à manger.
Croyant qu’il a vu la chose, la mère y va de son petit commentaire.
-… J’ai trouvé ça poignant – Mathurin tu m’écoutes ? – Ruslana est poignante…
C’est exactement ce que le jeune gaillard trouve aussi.

22 mai 2004

Transport en commun.

On n’a jamais vu autant de déséquilibrés qui courent les rues.
C’est la faute à personne ?
Si un peu : grande précarité sociale, déséquilibre et disparité des ressources, modification du mode de vie, emballement du « progrès » ?
Il se pourrait que les villes soient peu propices à stabiliser les bredins ? Quand on sait jadis, qu’il n’en existait pas plus d’un par village ! La ruralité avait du bon.
C’est fou les gens qui parlent sans interlocuteur dans la rue. Les logorrhées touchent une personne sur dix. C’est inquiétant !

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Fin d’après-midi dans le bus 21.
En face sur la banquette, une jeune femme dans les 35 ans. A ses côtés, un jeune homme victime d’un chromosome aléatoire.
Pas de sa faute, le pauvre.
Après deux tours de roue, notre jeune homme s’aperçoit qu’il est assis à côté d’une représentante du sexe.
On a beau être différent, on n’en est pas moins homme…
Envahi d’une soudaine pulsion, notre jeune homme se met à gagner du terrain sur la portion de territoire de sa compagne occasionnelle. C’est tellement gros et naïf que les habiles frôleurs habituels se seront bien marrés.
Une femme aujourd’hui ne s’en laisse plus compter. Oui, mais aller rabrouer un débile léger ?
Dans un premier temps, elle foudroie l’indélicat du regard. Puis, elle prend son parti et se tasse contre la vitre, les jambes repliées, les genoux au menton, dans la position du fœtus.
L’irresponsabilité exonère de la culpabilité. Tous ceux qui ont d’excellents avocats vous le diront.
Est-elle sortie prématurément de ce bus bondé ? Je l’ignore.
Aussitôt descendue, notre jeune homme se pousse à la place libérée. Libérant la sienne pour un homme dans la cinquantaine, barbu, en short et encombré de paquets informes. A première vue, il a basculé aussi de l’autre côté du miroir, tant il paraît inquiet, du genre scrutateur, l’œil mobile, tournant la tête d’un côté puis de l’autre sans rime ni raison, l’air furieux, farouche, disant à voix basse des mots dont nous ne percevons que des bribes.
Le jeune homme s’apaise dans une probable pollution du fondement, qui lui fait pousser des petits soupirs d’aise : « Oh oui ! Oh là là, c’est bon !... ». Soudain, son portable retentit. Il s’en saisit et illustre son incohérence de grands gestes qui contrarient son voisin. Celui-ci lui lance des regards furieux dans lesquels on devine sa pensée. « Qu’est-ce que c’est que ce fou ? » semble-t-il dire.
Le téléphoniste conclut en tirant une langue à son lointain interlocuteur qui n’en peut. Puis, il pousse sur l’arrêt du portable, comme une caissière débutante le ferait de la touche « à rembourser » qu’elle utiliserait pour la première fois..
La langue n’a pas plu et est perçue comme une injure par le type en short qui devient agressif. Il rumine une riposte et on ne sait pas ce qu’il en adviendrait, quand une dispute éclate à l’avant entre deux passagères sur une question de préséance pour une place.
Les deux s’intéressent. Qu’il existât plus insolites qu’eux leur tire des larmes de bonheur.
Celle qui pousse une gueulante est une dame corpulente dans la cinquantaine. L’autre est minuscule et est à l’âge où les bus sont gratuits.
N’étant pas à proximité, je suppose que le feu devait couver depuis la place Cathédrale.
On ne dirait pas comme ça, mais les fous n’arborent pas nécessairement leur différence sur leur chapeau.
La corpulente s’avère être une dépressive, n’ont pas que le diagnostic se fasse à distance, mais parce qu’elle le dit haut et fort.
En quelques arrêts, nul n’ignore ses maladies, ses tourments et ses mérites d’y résister.
On en est au détail de sa ménopause, quand elle descend à la Clinique Saint-Joseph.
Il était temps.
C’est le moment que choisit les Trompettes d’Aïda du téléphone du jeune homme pour retentir.
Le type en short du coup adopte le balancement du grizzli en cage.
Je me vois mal barré pour un arbitrage.
Je descends au premier arrêt au moment où les « Ça va ! Où que t’es ? » de l’un se couvrent progressivement des borborygmes de l’autre.
C’est lâche. Je sais.
Et si les gens sensés n’étaient plus majoritaires ?
Comment le savoir ?
On manque de statistiques.
Peut-être que les politiques attendent l’après élection de juin pour nous dire la mauvaise nouvelle ?
Le parti européen des débiles légers ?
On y arrive… J’adhère.

21 mai 2004

L’arthrite à soixante ans !

- C’est quoi l’attroupement ?
- C’est un congrès.
- Le congrès de quoi ?
- Le congrès des vieux !
- Tiens, i’ font un congrès, eux aussi… Pourquoi ?
- Pour faire avancer leurs idées. Parler entre vieux.
- I’-z-ont attendu 50 ans pour avoir des idées ?
- Non. Mais avant, au boulot, ils faisaient un travail con. Alors, fallait qu’ils soient cons pour réussir.
- C’est un point de vue… J vais y aller voir.
- T’as l’âge !

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- Il ne faut pas être membre ?
- Non. Il faut juste l’âge que tu as.
- Tu participes activement ?
- Je suis dans une commission.
- Quelle commission ?
- La petite.
- Tu vas faire ta petite commission ?
- Oui, plusieurs fois. Comme tout le monde.
- On fait la file aux toilettes ?
- Justement. On voudrait comme la caisse rapide du Delhaize, des WC à un colis par personne.
- Il y a un bureau ? Comment ça marche ?
- L’Assemblée délibère sur le temps que le bureau s’autoproclame.
- Si bien que ceux qui siègent ne sont pas élus…
- Exactement comme au MR et au PS.
- C’est vraiment moderne, dis donc.
- Evidemment pour être autoproclamé, il faut coucher ?
- C’est possible, mais alors sur option et sur rendez-vous.
- L’attente est longue ?
- Oui. Très longue. Parfois on attend pour rien.
- L’autre jour, une présidente de Commission a attendu huit heures à côté de celui qui couchait pour la place de vice-président.
- Et alors ?
- Au bout de huit heures, elle sent quelque chose de raide.
- Ils l’ont fait ? Il a eu la place ?
- Non, il était mort !

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- A part les WC, vous avez des revendications ?
- Oui. Nous voudrions aider les jeunes gens à la pension.
- Les prendre en charge jusqu’à la pension ?
- Non. Les aider à passer le cap quand ils ne travaillent plus…
- C’est pour dans vingt ou trente ans, ce que tu dis là !
- Non. C’est aujourd’hui. Un jeune chômeur, pour nous c’est un pensionné qui s’ignore.
- Préparer la retraite des jeunes…
- Exactement.
- Et vos rapports avec les partis ?
- Ils sont imaginaires comme le reste. Sauf pour deux vieilles qui en pincent pour Di Rupo.

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- Vous êtes jaloux ?
- Au contraire. Nous avons même trouvé un slogan pour leur Commission. C’est la Commission « gonflée à l’Elio » !
- Qu’est-ce qu’elles y font ?
- Ce qu’on fait place Sainte-Véronique. Une qui le tient, l’autre qui le…
- Après le congrès vous retournerez dans vos clubs pour jouer aux dames et à la pétanque ?
- Notre souhait serait de faire le syndicat des vieux.
- Pourquoi ne le faites-vous pas maintenant ?
- Nous avons demandé à la FGTB.
- Qu’ont-ils répondu ?
- Qu’il faudrait augmenter les cotisations.
- C’est tout ?
- Non. Ils ont dit qu’ils structureraient les chômeurs d’abord !
- C’est prévu pour quand ?
- Quand ARSELOR aura tenu ses promesses dans le bassin liégeois.
- Ah ! ils sont forts place Saint-Paul !

20 mai 2004

S’amuser où d’autres s’emmerdent...

On pousse au progrès là où à défaut d’en être un vraiment, ça épate.
Tel le mariage des gays.
Qu’est-ce que « cette avancée des mœurs » aura comme influence bénéfique sur le comportement citoyen ?
Déjà que le mariage entre hétéros était devenu passablement ringard !
Peur de la solitude, d’être sans enfant, de la précarité, de cette absence de cœur d’une société ultralibérale ? Les hommes qui préfèrent les hommes et les femmes qui préfèrent les femmes désirent que cela se sache et qu’on trouve des formules de célébration.
Admettons.
A part les gens des campagnes, plus personne ne fait attention à deux hommes qui se tiennent par le bras, ou deux femmes qui s’embrassent.
Et c’est bien ainsi.
Faut-il pour autant aller crier sur tous les toits qu’on est un peu ou beaucoup tapette ? Qu’on bande pour une copine et que la vue du sexe opposé fait vomir ?
Ne serait-ce pas plutôt qu’on est frustré de la plus grande liberté qui soit, à savoir celle de bien gagner sa vie dans un travail qu’on aime, à cause d’une société qui s’autodétruit par amour du profit. Alors, on s’invente des libertés accessoires de compensation comme le mariage homo.
On a assez ri du travail de gynécologue de l’amant classique, pour voir si du côté pénétration par l’anus, c’est tout aussi poilant ?
Pour ce cas d’homosexualité, c’est l’écrivain-philosophe Alain Soral qui a la parole, parce que, ce qu’il dit est non seulement marrant, mais juste. Et je ne vois pas pourquoi je me priverais du plaisir de vous le faire savoir :

« Ça me rappelle ce petit matin où, avec Vincent Dieutre, nous avions ramené une fille et un garçon dans son petit studio de la rue d’Ormesson… Alors que je prenais ma partenaire à l’ancienne, par les voies génitales mon vieux copain - qui n’était pas encore le Garrel des pousse-crottes – entreprit systématiquement d’enculer le sien.
« Et comme l’autre avait visiblement du mal à se détendre, il saisit, impatient, le premier lubrifiant qui lui tomba sous la main : un flacon de Mixa bébé ! Touillage, taraudage… le shampoing doux fit son office mais bientôt, à force d’aller et venir, une abondante mousse jaune se mit comme à fumer de l’orifice. Une mousse jaune à la merde tandis qu’à chaque sortie, son gland champignonnesque (tu étais bien monté Vincent) extrayait comme une excavatrice, quelques petits grumeaux…
« C’était déjà peu ragoûtant mais quand, après la petite fête, l’enculé se remit sur le dos pour récupérer, un demi-litre de jus d’étron liquéfié par le sperme lui dégorgea du cul pour s’incruster dans le matelas.
« Ça, plus la mousse et les boulettes, ça puait fort dans la chambrette, et je fus bien heureux de pouvoir vite rentrer chez moi pour dormir au sec ».

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A côté des lois, de l’égalité des genres et tout le galimatias qui glorifie la reconnaissance des différences, c’est aussi cela que l’on s’apprête à sacraliser. Il faut bien qu’on le sache. Les personnels politiques sont bien embarrassés. La seule perspective de passer pour être sans ouverture et sans largesse d’esprit, mais d’autre part comme trop laxiste et permissif, les condamnent à patauger dans la langue de bois, sauf quand on est pédé pur et qu’on s’assume où qu’on se veut révolutionnaire et qu’à défaut de rejouer la scène du Potemkine, on s’enveloppe dans les plis de la bannière – résolument au vent – de la gay pride… Je savais qu’on était dans une société de merde. Je ne le savais pas à ce point-là ! Ceci dit, cela m’arrange. Scatologiquement, personne ne pourra désormais me faire le reproche du mot vif, du blasphème gratuit, de tous ces petits guignons de la chair, comme disait Rabelais, que les gens vite effarouchés jettent à la figure des autres. Au moins, les mots, braves gens, ne sentent pas !
19 mai 2004

Responsables ou coupables ?

Les temps n’ont jamais été aussi vulgaires et ceux qui ont la parole, jamais tant eu la bouche en cul de poule, avec cet air effaré du type qui se fait entuber par surprise !
Alors qu’au moindre mot de travers, la moindre critique d’Israël, la quatrième génération après l’holocauste vous saute sur le paletot et vous traînerait devant les tribunaux pour antisémitisme.
C’est ce qui est arrivé à trois malheureux qui s’étaient permis la critique de Sharon et les sharonniards qui poursuivent la destruction d’habitations de Palestiniens.
Les ligues, Avocats sans frontières et France-Israël, pour une fois, sont rentrés bredouilles, le tribunal de Nanterre les ayant même condamnés à payer les dépens et les dommages et intérêts à la partie adverse.
Interdire aux gens d’aller au fond de leur pensée, c’est s’arrêter à des convictions « généralement admises », c’est-à-dire conventionnelles. C’est le résultat des « Lois » restreignant le pouvoir de dire, rapetissant aux normes, castrant l’imagination.
Il ne suffit plus de dire à l’antisémite qu’il à tort – là-dessus nous sommes tous d’accord - il faudra encore que le « bon » citoyen soit pro Israël !
C’est une attitude suicidaire. On voit le résultat en Belgique avec les progrès de l’extrême droite.
On en est à la publicité maladroite du genre « Ils ne passeront pas » en pensant au Vlaamse Blok.
Mais si, ils passeront à cause de vous, parce que vous êtes stupides et qu’en croyant bien agir vous empêchez vos adversaires de s’exprimer, comme je ne sais plus quel énergumène qui voulait interdire les partis d’extrême droite !
C’est qu’au nom de la liberté, ces maladroits supprimeraient la liberté !
Mais, il n’y a pas que sur les mots que l’on dérape.
D’une extrême rigueur quand il s’agit de la présomption d’antisémitisme, l’Autorité semble moins à cheval pour sanctionner le racisme, celui de tous les jours, sournois, rampant, celui qui touche les gens de couleurs, venus d’Afrique, du Maghreb ou d’ailleurs, qui vivent ici, dont certains sont citoyens belges et qu’on traite si souvent avec tant de désinvolture et de mépris, qu’il ne s’agit plus de mots, mais de faits au quotidien.
Difficultés à l’embauche, au logement, moqueries sous cape, plaisanteries qu’on n’ose plus faire sur les Juifs, discrimination grossière dans la vie de tous les jours.

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Là, pas de LICRA, d’Avocats sans frontière, de Belgique-Israël, rien que du vrai, sans faux semblant, ni rappel à l’holocauste pour un oui, pour un non.
Il ne s’agit plus ici des horreurs débitées par quelques nostalgiques du IIIme Reich, des rodomontades d’immatures collectionneurs des photos d’Adolphe ou de voyous dégradant des sépultures, mais d’un racisme ancré depuis toujours chez certains vieux « Belges » qui date du temps des Colonies, quand le colonial bottait le cul des « nègres ».
De celui-là, beaucoup plus important que l’autre, personne n’en parle et pour cause, les gens qu’on discrimine ne sont présents en rien, n’ont aucune influence dans la presse et à la télé et n’ont pas cette persuasion influente qu’a depuis toujours la diaspora des autres. La semaine dernière, sur Europe n°1 à l’occasion de la manifestation contre l’antisémitisme à Paris, un organisateur a même été jusqu’à minimiser le racisme par rapport à l’antisémitisme qu’il lui paraissait plus urgent à traiter que l’autre !!!
Alors ?
On voit très bien où veulent en venir les ligues et les organisations qui s’agitent à chaque fois qu’un voyou ou un branque commet un acte répréhensible à l’encontre des Juifs, agitations qui va au-delà de la sanction justement méritée.
Ils voudraient tout simplement que nous accréditions la thèse de Tel-Aviv du bien fondé de la guerre qu’ils mènent contre les Palestiniens.
A défaut de quoi, certains n’hésiteraient pas à nous dire antisémites !
Ils voudraient nous faire croire que cette guerre, c’est celle de l’Occident contre les infidèles.
Bref, ils voudraient que nous prenions fait et cause pour ce massacreur qu’est leur premier ministre Sharon.
Je ne crois pas qu’en travaillant aussi grossièrement sur les consciences libres qu’ils y parviennent. A leur place, je me méfierais des excès. A force d’en remettre, ils vont perdre toute crédibilité. Ils risquent que nous les abandonnions empêtrés dans leurs problèmes, alors qu’ils ont besoin de nous, comme les palestiniens, pour les aider à faire la paix dans l’honneur et la dignité pour tous.
Le demi-succès de Paris est à la mesure de l’exaspération qui gagne les foules aux battages médiatiques de cette cause, pourtant si élémentaire, si juste et à présent si maladroitement défendue. Cela ne sert à rien de culpabiliser les gens. Les Français, comme les Belges - dans leur grande majorité - ne sont pas antisémites. Ils sont simplement irrités de l’insistance et de la suspicion des Associations.
Ils n’ont pas à s’excuser d’une situation dont ils ne sont nullement responsables.

18 mai 2004

Des nus et des morts !


C’est une époque assez leste.
Malgré une chape de plomb sur les mœurs des petites gens (si la vertu fout le camp dans le peuple… où on va ?). Ailleurs, c’est plutôt la java.
Mais tout de même ! Trimballer les prisonniers à poil d’une cellule à l’autre, même à Bagdad, choque encore…
Des geôlières de la Police US les promènent dans les couloirs un collier autour du cou. Kiki fait ses besoins devant les caméras avant de rentrer au chenil. L’album des photos souvenirs de famille s’épaissit.
Ils avaient déjà des problèmes avec Allah, ces enfoirés de sudistes, la nouvelle réputation de la prison d’Abou Ghraïb, où, il y a un peu plus d’un an, Saddam torturait encore, ne va pas arranger les choses entre occupant et occupés… Sharon en sait quelque chose à quelques centaines de kilomètres de là, lui qui s’est mis à démolir les maisons de Gaza pour faire le mur.
Si les stratèges US croient qu’avec des raisonnements du genre : « On leur en foutra des tapis de prière à ces snippers ! » - dit avec cet accent traînant du sud que détestent tant les Juifs new-yorkais dans les revues de Broadway – l’état-major d’Irak va trouver l’ouverture !
Le bruit court à présent, contrairement aux déclarations présidentielles, qu’un repli accéléré d’Irak est possible ?
Franchement, le guignolo de Rome, Berlusconnerie et les autres alliés moralisateurs de l’Europe américaine se trouvent dans de beaux draps, depuis cette politique insensée et incompréhensible !

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Il a fallu que ces passionnés de l’Amérique s’engagent au moment où le plus délabré des Présidents de la Maison Blanche tenait la queue de la poêle à nous frire de la démocratie !
On comprend les socialistes espagnols qui se tirent sur la pointe des pieds.
C’est la poisse pour ceux qui restent.
Ce qui manquait pour faire « complet » en Irak pend sous le nez de Bush junior : le départ précipité des personnels de la reconstruction, les « altruistes » qui ont signé des contrats juteux . Même les triples salaires ont des doutes… On a beau aimer l’argent, si c’est pour que la veuve prenne un amant le jour de l’enterrement avec le cash-flow rapatrié avec le corps… L’Amérique profonde préfère le Bayou et la caravane en unique résidence…
Reste plus que le combat économique interne de Bush pour sauver la mise aux élections prochaines.
Nos ébaubis s’exclament ! Le MR n’en revient pas ! L’Amérique repart au PNB avec une croissance inégalée en Europe depuis dix ans. 5 % de chômeurs seulement aux States, alors qu’en Europe, la moyenne est de 10 % !
Même ça, c’est du pipo.
Les cadres de notre économie ne comprennent rien de rien. Pour le coup, ils ont oublié que ce redémarrage est le produit des dépenses militaires, du formidable effort de guerre… le PNB est gonflé par les rallonges du cow-boy de Washington pour sa guéguerre. (30 milliards de $ encore la semaine dernière), le dernier déficit n’en finit plus d’être le record du précédent, en attendant d’être supplanté par le suivant : 46 milliards de déficit en mars, ce qui porte à 131,5 milliards de $ le déficit depuis le début de l’année.
Cette activité pour la guerre engendre une demande accrue de pétrole. Les spéculateurs en profitent pour faire grimper les prix du brut partout dans le monde.
Si on en arrive chez les économistes de haut vol à confondre économie de guerre et prospérité !
C’est un couplet qu’ils devraient tenir devant les mères et veuves de guerre, pour voir s’ils seraient aussi bien accueillis que dans nos gazettes libérales.
Au moins, puisque on galope vers le trou noir – ce n’est pas moi qui le dis mais Michel Barnier le ministre des Affaires étrangères de Chirac – ce sera dans la prospérité et la bonne humeur.
C’est comment un mort prospère ?

17 mai 2004

Célibataire et pas fier pour autant.

Ce pourrait être un petit catalogue de toutes les vannes qui attendent le dragueur. C’est devenu a contrario un hymne au célibat.
Tous les mâles le savent bien, chez les grands fauves, c’est à l’heure du crépuscule au bord du marigot qu’ils ont des chances de trouver la femelle de leurs rêves.
L’abreuvoir a toujours été le lieu de rassemblement pour les accouplements futurs.
Déjà s’accommoder pour la discothèque, plus crado que d’habitude ou sapé adjoint de direction, la corvée commence.
On n’y est pas encore, que se joue déjà la comédie.
Et ça ne fait que commencer.
Dans le combat sans pitié pour la conquête d’une femme, on va en baver.
On le sait. Ce n’est plus la tête qui commande. Le PC est descendu d’un étage. Elles nous tiennent déjà par les couilles. Elles le savent. Elles ne les lâcheront plus.
Dans le camp d’en face, séduire quand on fait sept ou même six et demi sur l’échelle du désir, il n’y a pas d’investissement, ni préparation, contrairement à ce qu’on raconte.
Pour les malheureuses qui sont en dessous de la moyenne, c’est plus dur. C’est déjà un métier.
La discothèque c’est l’endroit parfait pour les belles gueules sans cervelle. Le bruit couvre tout. On peut dire les pires conneries, tant qu’on a le sourire « cheese », ça passe.
Le physique est donc d’une extrême importance.
De toute manière, il va falloir chloroformer le papillon qu’on a coincé dans ses filets.
Admettons qu’à la discothèque, il ne se soit rien passé.
Pour le premier rendez-vous, on choisit un endroit plus calme, une cafétéria, un bar discret.
Le mec arrive ému, stressé et le cœur battant.
Surtout, il ne doit pas montrer d’angoisse, être à l’aise… trop, cela ferait le fat rompu aux aventures. C’est un rôle de composition.

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Au moment où il serre la main de la jeune personne, c’est la première fois qu’il la voit au grand jour.
Le mec redoute trop un regard moqueur qui veut dire « non », pour ne pas avoir brusquement l’envie de foutre le camp.
Certains le font, pour se traiter de « pauvre con » chez eux, à refaire la soirée.
La fille est sur le velours. Elle n’a rien demandé. Elle n’attend rien apparemment. C’est à elle de décider si elle veut bien qu’il lui touche le bras, l’embrasse ou passe la main sous la table.
Maîtresse du jeu, elle est la souveraine qui reçoit un vassal. Elle peut aussi bien le jeter, que l’amener chez elle, le faire prince ou clochard.
Au premier rancard, la fille montre, en général, qu’elle n’est pas « facile ».
Elle repousse les premières tentatives, regarde sa montre, feint la distraction. Elle ne parle pas trop. Elle craint de passer pour une gourde ou une bavarde. Pourtant, l’entendre parler soulagerait notre homme. Une fille qui vous étourdit de paroles, c’est une bénédiction, quitte après, à trouver cela insupportable.
C’est au gars à meubler.
C’est alors qu’intervient la culture.
Pourquoi les dragueurs imbéciles ne quittent-ils jamais les discothèques ou leurs bagnoles aux baffles supergonflés ? Parce qu’ils savent que pour sortir du silence, il faut avoir autre chose qu’une belle gueule. Ce qu’ils n’ont assurément pas.
Les cloches qui ont cru le contraire, en ont été pour leurs frais.
Idiots, mais pas trop, ils se sentent largués ou alors la fille est conne.
Ceux qui ne veulent pas se « prendre la tête », navigueront dans le vacarme protecteur, moteur ronflant, musique en tête… si possible jusqu’au lit, où il faudra quand même l’ouvrir, ne serait-ce que pour dire « contente ? », si ce sont vraiment des imbéciles.
Bien sûr, le but reste toujours le même, arriver au lit le plus vite possible. Certains doivent investir lourdement : restaurant, spectacles. Ah ! les silences des entre deux plats… Elle vous attend au tournant. La faire rire devient un objectif premier. Pendant qu’elle minaude, c’est de l’esprit qu’elle attend de vous. Est-elle pour la plaisanterie au premier, second degré ? Est-elle charitable ? Féroce ? Se méfier des propos salaces qui même s’ils rencontrent chez elle un écho, ne sera qu’intérieur et restera inexprimé. Vous en serez pour vos frais, et vous vous demanderez si vous n’avez pas été trop loin.
Vous montez enfin pour un dernier verre. C’est dans l’intention de baiser.
Au moment de monter, sans qu’elle le dise, elle en a envie aussi.
Seulement voilà, tout reste à faire. La situation est des plus incertaines. Votre sort ne sera définitivement fixé que s’il y a pénétration. Un rien peut faire capoter l’entreprise.
Qui n’a pas vécu le changement d’avis en dernière minute… remord soudain, alors qu’elle aurait pu l’avoir après… brusque souvenir qu’elle a un slip de trois jours… confession difficile, comme un enfant caché… en instance de divorce… parents qui dorment dans la chambre à côté, celui-là n’a rien vu !
Au bord du lit, on est encore gentleman. Repoussé, l’amant potentiel doit se rhabiller et montrer un air détaché, comme s’il n’était pas venu pour faire l’amour.
Bref, on en connaît qui se sont retrouvés en chaussettes sur le palier avec Popaul en bandoulière !
Pourquoi hésitent-elles tant avant de passer à la casserole ?
C’est que l’acte accompli, elles perdent leur pouvoir.
Le mec tremblant l’instant avant, se transforme en maître. C’est si souvent un désastre, pour la femme, que la plupart d’entre elles ne couche jamais ou le plus tard possible, en se méfiant d’une installation définitive de l’intrus trop conquérant.
Les femmes d’aujourd’hui réussissent très bien leur vie sans nous. Nous avons plus difficile qu’elles à en faire autant. Notre maladresse à faire le ménage et nos besoins sexuels tyranniques, nous handicapent.
Chaque célibataire sait cela.
Les années rendent difficile la chasse aux filles. Si après quarante ans, vous ne savez toujours pas vous en passer, alors mariez-vous.
Ce n’est pas toujours pire que le célibat.

16 mai 2004

On les a assez vus !

Comme l’opinion se lasse !
On est toujours en pleine affaire Dutroux et, cependant, dans la salle d’audience que l’on disait trop petite, chacun à présent y tient à l’aise.
Les journalistes se sont égayés, quitte à revenir pour l’heure des verdicts.
Le festival de Cannes, la récente décapitation d’un Américain en Irak, l’ouverture fin du mois des internationaux de Roland Garros, les Jeux d’Athènes qui se profilent…
Les télés belges, prises au piège, ne peuvent plus se défiler. On sent pourtant la perte de vitesse, ne serait-ce que dans les temps consacrés.
S’il traînaille, ce procès, il faut en attribuer la lenteur à l’hésitation encore perceptible entre deux opinions, si, oui, ou non, Langlois est passé à côté du réseau… si oui, ou non, les journalistes, chauds partisans de l’acte isolé d’un psychopathe, sont tous, ou presque, à côté de la vérité.

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Sans attendre le verdict, on pense que le groupe des trois sera condamné à de lourdes peines. Malgré les témoins de moralité, Lelièvre, le bon petit jeune homme, le condisciple modèle, Martin, la virago repentie et impassible, quoique bonne élève, gentille et douce, friseront le maximum. Quant au triste héros d’une pièce qui commence à être longue, Dutroux écopera de ce que les Lois ont fait de mieux en matière de répression du crime.
Ce ne seront pas les plaidoiries qui changeront grand-chose à son sort.
En se penchant sur le cas Nihoul, la Cour arrive au nœud non tranché de l’affaire.
Est-il complice, ou pire, commanditaire de Dutroux ?
Contrairement à Lelièvre, Nihoul est un noceur répugnant. Son casier atteste de la persévérance de ses vices et de son désir de remplir son compte en banque par tous les moyens.
On a assez dit le jouisseur, le partouzeur, la balance, le collectionneur de femmes, le petit délinquant, puis l’escroc.
Comme je cite beaucoup Musset ces temps-ci, passez-moi la fantaisie de cet épigramme :

Par propreté, laissez à l’aise
Mordre cet animal rampant ;
En croyant frapper un serpent
N’écrasez pas une punaise.

C’est là toute la difficulté à juger cet homme.
« Le bon jeune homme » a aidé Dutroux dans ses entreprises criminelles. Quelle qu’ait été sa jeunesse sans problème, à l’âge d’homme, cette petite tête d’ange a commis d’horribles forfaits. A l’inverse, Nihoul est un dévoyé incorrigible. Sa gueule de face et de profil, mal rasée à la judiciaire est la parfaite caricature du coupable type.
Mais est-il pour autant le dégoûtant violeur que Dutroux prétend qu’il est, ce chef au nom duquel, Dutroux a subjugué les enfants, noyés leur conscience débutante dans ses mensonges pervers ?
Cette dernière affaire dans l’affaire, résolue, il ne restera plus qu’à renvoyer à l’obscurité pour toujours, le trio ou le quatuor si, vraiment, Nihoul s’est mouillé et que Dandoy n’y aurait rien vu.
Qu’on n’en parle jamais plus, sinon dans la nécrologie des prisons.
A moins que, dans dix ou quinze ans, un nouveau Melchior Wathelet à la mémoire courte, ne vienne remettre en selle ces incomparables assassins !
Les hommes politiques sont si faibles… si plein de pardon…

15 mai 2004

Quand popaul pioche guimauve

- Ce type, auquel tu me compares, que t’as rencontré en ville et qui t’a fait d’ l’œil, c’est qui ?
- Je devrais pas le dire, toi qu’es jaloux, qui te crois tellement supérieur, tu tomberais de haut… ton amour-propre.
- Attends, tu me dis qu’il t’avait refilé sa carte de visite… que je me souvienne…
- Oui. C’était pour venir voir ce que je fais…
- Laisse-moi deviner ? Parmi les phénix qui matent ton cul et qu’on connaît… les Montgolfier de la quéquette… ceux qui viennent bouffer à l’œil… ruinent la carpette et oublient de tirer la chasse du WC… enfin nos amis… C’est l’un d’eux ?
- Ne compte pas sur moi pour te renseigner. Je te signale que ceux que tu n’apprécies pas, d’après ce que je viens d’entendre, ne sont pas mes amis, mais les tiens…
- Dis au moins, je le connais ? …après je ne te demanderai plus rien. Parole !
- Oui.
- Je l’ai vu souvent ?
- Tu me dis que tu ne me demanderas plus rien et voilà la deuxième question…
- Donc, je le connais.
- On peut le dire comme ça…
- Je vois qui c’est. L’autre soir, on a croisé devant la banque, le barbouilleur d’académie. Tu te rappelles son vernissage ? Comment tu l’appelles encore… Grolink… Grommelink
- Vlaamink
- Voilà. Vlaamink… Il t’a dit bonjour, pas à moi, un parfait goujat. Je te regardais du coin de l’œil. Tu as rougi jusqu’à la racine des cheveux. C’est lui ? Hein ! c’est lui ?
- Non. Voyons…
- Si c’est lui. D’ailleurs il a le profil. Il joue aux cartes du matin au soir, boit comme un trou et sa femme a l’air d’une clocharde…
- Puisque je te dis…
- Je le savais. Je ne sais pas pourquoi, mais quand j’ai vu que tu piquais un fard…Ça a été le déclic. On peut dire que, comme épave, tu as touché le gros lot… Comment a-t-il fait pour te séduire, accroché du matin au soir au comptoir ? Il doit avoir une de ces dégaines au lit ! Je parie que ses caleçons sont pas propres… qu’il pue des pieds !
- Non, mais, t’as fini ? Puisque je te dis que c’est pas lui.
- T’as quand même eu une aventure, dis, on rougit pas pour rien.
- Puisque tu parles du jour où l’on s’est croisé… oui, avant, j’avais eu un moment de faiblesse…
- Je l’aurais parié ! Une liaison ! Tu as eu une liaison avec ce type… Toi qui me disais que sa femme te faisait pitié !... Ça continue, hein, avoue..
- C’était juste une fois… il avait insisté…
- Toi, on insiste crac, c’est fait. On ne dirait pas à te voir… tu sais pas dire non !... T’es salope rien que pour faire plaisir, en somme ?
- Tu vois comme tu es ? On est sincère avec toi… Tu vois comme tu me traites pour un moment d’égarement !

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- Comment c’est tout ? Tu m’avoues avoir une liaison avec ce type et t’as eu qu’un moment d’égarement ! Mais pour coucher, rien qu’une fois, t’as eu le temps d’y penser, de te saper bandante avant de répondre que tu serais à l’heure dite à l’hôtel… T’as eu le temps de réfléchir pendant le trajet… Où il est le moment d’égarement ?
- Non, je ne mets pas cela à rien. Je dis que c’était une erreur de ma part. Qu’on s’est vu une fois. C’est tout, point.
- Mais alors, si c’est pas lui, c’est quelqu’un d’autre ? Pourquoi tu ris ?
- Je ris parce que tu me fais rire. C’est presque « si ce n’est toi, c’est donc ton frère ».
- Il a un frère ? Tu couches avec son frère !
- Il ne doit pas avoir de frère…
- Mais alors, c’est quelqu’un d’autre ? T’as une liaison avec un type que je connais et ce n’est pas cet abscon pseudo réaliste…
- Oui.
- Quoi oui ? T’as une liaison ?
- Je dis oui, ce n’est pas ce peintre abscon.
- C’est qui alors ?
- Tu ne vas pas recommencer ?
- Ne viens pas me dire que c’est… Non ! Ce n’est pas lui, ce serait énorme… Serait-ce possible !
- De qui veux-tu parler ?
- Mais, celui qui pue de la gueule… Jean-Pierre, le maquereau des pensionnées de la maison de quartier !
- Tu avais dit une question, une seule !
- Cet enfoiré qui copie les mots du dictionnaire, qui se fait la raie au milieu et qui s’est laissé pousser la barbe ! Ce salaud s’était pas gêné devant moi... i’ t’matait comme si j’étais pas là !
- Ne compte pas sur moi pour dire oui ou non.
- C’est un ancien indicateur, une balance… Ce mec est pourri…
- Et alors ?
- Il a au moins dix ans de plus que toi !
- Parlons-en, toi tu en as vingt !
- …Il rentre plus que dans une bétaillère… les bus le prennent plus…
- T’as pas regardé ton ventre ?
- Quand on vous saura ensemble, quelqu’un pourra dire de ta liaison avec ce pachyderme :
« Comment s’appelle-t-elle encore celle-là… tu vois qui je veux dire, la barbouilleuse ? La Pouffe du patapouf ! »
- Tiens tu me fais pitié. Tu t’es trompé avec Jean-Pierre exactement comme avec Vlaamink. Si tu veux le savoir, voilà six mois que c’est fini.
- Quoi avec Jean-Pierre ?
- Oui, même que ça a fini trois fois et que ça a repris à cause de toi !
- A cause de moi !
- Oui. Avec ta jalousie, tu me suivais partout, pour me venger, ça a repris…
- On peut savoir pourquoi tu rompais ?
- La première fois, c’était à cause de cette ancienne commerçante qui faisait son linge et pas que son linge… la deuxième, je te sentais sur mes talons et je me suis dite que fatalement, tu allais nous surprendre et ça m’angoissait… la troisième, parce qu’il fumait trop, que ça empestait le tabac, même au lit et qu’il revenait sur des histoires comiques que tu avais racontées la veille. J’ai pas résisté. Je l’ai plaqué.
- Sur nos quinze ans de mariage, combien diable as-tu eu de liaisons ?
- Non. Tu vas pas poursuivre sur le sujet !...
- Pourquoi, il est trop vaste ? Il faudrait lui consacrer un cycle ? plusieurs tomes ?...
- Je te signale que c’est au moins la vingtième question que tu poses, alors qu’il ne devait y en avoir qu’une seule.
- Attends. Je ne te pose plus de question. J’ai trouvé ! C’est ce type qui se teint en blond et qui laisse tomber ses cheveux sur les épaules comme une gonzesse ?... qui se promène avec des pantalons de terrassier et les ongles sales ?… qui vit d’expédients et qui touche à la mutuelle et au chômage en même temps ?… qu’on a vu une fois et que tu m’as présenté comme un ami d’enfance, un ancien footballeur d’Ougrée-Attraction ! Est-ce qu’il n’a pas été plaqué tout de suite après son mariage, alors qu’elle avait un polichinelle dans le tiroir ?
- Et alors ? Tu es bien cocu pareil ! T’as un enfant pareil…
- Donc, c’est lui. J’en suis sûr !
- A quoi t’en es sûr ?
- Il a encore une plus sale gueule que les deux autres ! Où tu vas les chercher, parole ? aux alcooliques anonymes ? à l’asile de nuit ? Fais attention aux morpions ! Et puis, c’est un con… oui, drôlement con…
- C’est un comble ! J’hésitais avant de te le dire, mon pauvre Fernand…
- Dis-le, nom de dieu ! dis-le !
- Quand on bande plus, on ferme sa gueule, mon pauvre vieux. C’est la loi du genre. Capito ?

14 mai 2004

Les Tontons tontine

- Les Tontons tontine m’font marrer. …ont bossé comme des sourds jusqu’à quarante balais. …ont mis à gauche tout ce qu’ils ont pu. …ont un appart avenue de Beco, derrière Flagey… et quand sonne l’heure, se tapent un rassis au lieu de baiser !
Ah ! ces poires blettes… ça voudrait signer d’l’onzième doigt et ça sait même plus comment c’est la crampe ! …s’i’ pourront dégainer façon John Wayne. …ça les burine de l’intérieur… les repousse en plateau ciselé marocco... les rétame !
L’autr’ jour, j’en rencontre un. …une de ces gueules estampillée 1962, plein sur le retour. Lui, on est sûr, à 20 mois déjà, faisait fuir sa mère… pouvait sortir qu’le soir sous un grand chapeau… sans quoi les gniards lui balançaient des pierres.
V’là que le démon fatal le prend. Frémissant du grelot, c’est son popaul qu’exige.
J’veux d’l’amour qui dit en duo avec Charlebois ! Son désir le rend moite… I’ pisse ses suints de partout.
V’là Tonton tontine qui tapote ses désirs sur la Toile. Une hors Schengen, instruite, belle, élégante et tout, lui répond… C’est inespéré qu’elle veuille bien du sagouin.
Le mec s’emballe. Comme i’ croit savoir mieux écrire que baiser, il lui envoie de ces lettres enflammées à faire reliure Loanna, pourtant qu’est difficile sur les troubadours qui montrent pas leur chtibre. I’ peut plus dormir… Arrête plus d’se poigner !… L’allure à laquelle la pauvre mère à Tonton change les draps… rapport à l’amidonnage intempestif…
Il délire, s’estomaque, s’essouffle. Sa mère qui l’a toujours connu albinos s’inquiète de sa pâleur ! Les yeux passent à rouge rubis. Sa peau pèle plein décembre. La douleur le rend si laid, qu’au bureau on l’isole, derrière les chiottes…
La hors Schengen qu’est déjà en bout de piste, qui voit plus que le hublot du retour au pays et qui s’accroche aux treillis, voit en cette flaque à pu son bienfaiteur. Elle surmonte son dégoût et accepte de se vendre au bosseur acharné, au grippe-sous de la délivrance.
…du donnant donnant, honnête, non ?
Du coup v’là les valeurs anciennes de l’Etrusque qui r’montent… Le fruit de son travail lui plombent la joie. Comment qu’il a souffert pendant vingt ans pour acheter ces quatre murs, retrousser ses pantalons bord de plage à La panne, et l’hésitation chaque année pour un tour de pédalo quand ses collègue s’envoyaient des nymphettes à Majorque !
Sa vie merdique lui vient dans la gueule comme une merde de pigeon… Ce à quoi il n’attachait plus d’importance quand la quéquette le tiraillait, reprend d’la vigueur !

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Quasimodo court à la confrérie des aspics de la quarantaine, chaussée d’Ixelles, dans un bistrot où les glaces reflètent pas d’image. Un club de baiseurs sur plan mensuel, des phalènes nocturnes qui sortent pas la nuit… ça se comprend, ça s’ausculte… on se demande même pourquoi ça s’encule pas ? Ça ficherait la paix aux dames…
Un dit ceci, un autre cela. Certains ont de l’expérience. Un affreux s’est fait dépuceler par une sœur de sa mère, qu’avait cinquante ans à l’époque où il en avait trente.
C’est un altruiste… I’ fait profiter de l’expérience…. Comme elle l’avait bien profond et charnu… et comme sur son lit de mort, après une dernière passe, comme elle lui a fait promettre en famille « Te marie jamais, bijou… jamais ! ».
Après ce témoignage, vingt fois entendu, pourquoi Tonton pourrait pas baiser gratos ?
Alors, les stratèges évoquent : concubinage, expérience en couple, jusqu’à l’arme suprême : la tontine…
Tonton, tontine qu’i’chantent tous les brèche-dents de la nouba des rances.

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Ce bidule, cette tontine à la con, qu’est plutôt faite pour garantir leurs nougats, mettrait la fille à la merci de ces goules, au point que les fumiers en feraient leur esclave.
Le pied pour les nabots du sexe !

Moi je dis à ces pauvres filles, méfiez-vous des Tontons tontine. I’ se contentent pas de s’être pourri la vie pendant quarante ans, il faut encore qu’ils pourrissent la vie des autres.
Et celles qui, par chance, astuce ou pipes variées, surmontent leur dégoût, acceptent d’enlever leur slip face aux martiens de la drague et arrivent au contrat devant l’Officier de l’Etat-civil… qu’elles se montrent pas reconnaissantes pour un sou.
Qu’elles se transforment pas en servante des Hauts du Hurlevent… qu’elles les saignent ces porcs comme ils le méritent et, après avoir pris un max, ou mieux avoir vidé la caisse, qu’elles se barrent avec le plombier ou le facteur, enfin avec n’importe qui.
Elles auront bien mérité de recevoir les honneurs des vrais voyous. Eux au moins ont de l’honneur et savent plaire aux dames.
Belles étrangères, je vous baise les mains et autre chose, si le cœur vous en dit, dans le regret où je suis, de ne pouvoir vous marier toutes et d’emmerder tous les officiers d’Etat-civil de ce foutu pays.

13 mai 2004

La démocratie à pied d’oeuvre.

Drôle de manière de célébrer la démocratie dans les prisons de Bagdad !
Revenant sur l’affaire des brutalités des Armées de laquelle j’en avais conclu que toutes les Armées se ressemblent en temps de guerre j’avais écrit à propos du IIIme Reich que les crimes l’étaient sur ordre de la Chancellerie et qu’il fallait mettre ce cas à part.
Aux dernières nouvelles, les exactions de l’Armée américaine en Irak relèveraient d’un ordre des Unités de renseignement initié par l’Etat-major, avec la bénédiction du Pentagone et la complicité implicite de la Maison Blanche.
Ça ne vaut pas la guerre totale d’Adolphe, mais c’est quand même plus grave que l’expression sadique de quelques GI.
Une lamentable affaire crapuleuse devient presque un crime d’Etat.
Si c’est cela la vérité, voilà les Etats Unis d’Amérique ravalés au rang peu glorieux d’Etat voyou, en symbiose avec l’ancien régime de Saddam Hussein et l’Israël de Sharon.
Les explications de Bush et ses regrets auraient dû se conforter de la démission de Donald Rumsfeld. C’est le Président lui-même qui n’a pas voulu que saute son fusible en espérant que les conclusions de la Commission blanchissent son Secrétaire à la défense. Si cette Commission indépendante de la Maison Blanche implique Rumsfeld, cela voudra dire que le Président devait être au courant de la manière dont son Armée obtient des renseignements à Bagdad.
Ne jouons pas les hypocrites. Tous les crimes ne sont pas commis sur ordre dans une Armée en guerre, mais le sort réservé aux prisonniers susceptibles d’informer des mouvements de troupe ou, dans ce cas, d’indiquer des caches d’armes et des nids de résistance, est celui que les photos prises dans les prisons de Bagdad nous montre.

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Les techniques d’intimidation, l’humiliation de la nudité, la cagoule, le chaud et le froid, l’entassement, l’isolement ont été pratiqués depuis des temps immémoriaux. Il existe des vade-mecum revus et corrigés par la Waffen SS, augmentés des addendum de l’Armée française en Algérie, des expériences vietnamiennes du Corps des Marines, peaufinés par Tshahal avec l’expert Sharon, sans compter les raffinements de l’autre côté de l’actuel conflit, les régimes de Hussein, de Kadhafi, de Bachar el Assad ne sont pas en reste.
C’est la réalité… une vérité éternelle.
Certains éléments des armées en campagne sont payés pour récolter des renseignements par tous les moyens. Comment peut-on tomber des nues dans les gazettes, comment peut-on dans les milieux politiques rompus au pouvoir, jouer l’indignation ?
Je ne sais pas quelles seront les suites de ce pot-aux-roses qui n’en est pas tout à fait un.
Tel qu’il est, je pense qu’il conviendrait aux gens honnêtes – y en a-t-il encore dans ces milieux de pouvoir ? - de dire à l’envi : « Oui, on savait. Cela a existé de tous temps, partout et dans toutes les armées. »
C’est cela aussi la démocratie : par ses côtés honteux, elle ressemble beaucoup à n’importe quelle dictature.
Si personne n’est tenté par ce langage de vérité, c’est que la gesticulation actuelle n’est donnée aux populations que pour l’exemple d’une démocratie formelle qui « reconnaît ses erreurs » et tente de les corriger. C’est considérer que l’information n’est qu’une sorte de divertissement dont il ne faut pas tenir compte à 100 % et surtout duquel il convient d’enlever ce qui est déprimant, non conforme, voire antipatriotique !
C’est-à-dire faire un mea-culpa qui ne serait suivi d’aucun effet.
Il y a peut-être pire encore que ces menteurs sans vergogne, mais envahis d’une certaine honte. Il y a la phalange des patriotes pour qui la torture et les mauvais traitements de l’ennemi sont des hymnes à la patrie.
Ce sont les plus dangereux, des Eichmann en puissance vivent parmi eux.
C’est souvent le langage des colonies de peuplement en Cisjordanie et des vétérans de toutes les armées du monde.
Ça devrait nous rappeler tellement de mauvais souvenirs qu’il devrait y avoir autant d’amoureux de la vérité pour remettre les choses en place, qu’il y a d’honnêtes gens pour condamner l’antisémitisme.
Ce n’est pas le cas.

12 mai 2004

Les smarts au pince-fesse !

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L’honnête homme – dans la conception du mot de l’Ancien Régime – aurait bien de la peine à se reconnaître dans le monde extraverti des médias d’aujourd’hui.
Sans l’exagération d’une morale à la Monseigneur Lefèvre, étant fort éloignés de la pruderie qui transparaît sous un vernis épicurien, certains de nos contemporains éprouvent toujours le même malaise de l’honnête homme, devant les « vedettes » people.
Non seulement ces stars éphémères montrent leur cul, à tout propos et à tout le monde, mais encore elles s’en prévalent et en font des volumes que s’empressent de publier des éditeurs vidangeurs de bidet. C’est le cas, de Sarah Marshall et Alexandre Anthony qui viennent de sortir un livre, de Benjamin Castaldy, et d’une fille d’Anquetil qui en ont fait autant, sur des registres proches, mais différents, auxquels s’ajoutent quelques perles dans l’œuvre de la fille de Bernard-Henri Lévy en réponse à la sortie en levrette de Carla Bruni avec le beau Raphaël, sans oublier l’hystérie d’une Italienne délurée de dix-huit ans, Melissa P. qui publie « 100 coups de brosse avant d’aller dormir » chez Lattès.
Serait-ce que les gens connus ou inconnus, pour peu qu’ils veuillent se maintenir ou grimper dans la promotion paillettes, ont besoin de compenser leur inutilité sociale par la montre de l’effort qu’ils font à l’exercice quotidien d’une remise en forme par enculage ?
Ah ! qu’on est gâté avec le Serial-Fucker, le journal d’un barbacker, le guide du sexe gay, à tel point qu’on se demande ce qu’on attend sur les blogues pour baisser le pantalon ! Personnellement, j’hésite. Non pas que je ne puisse pas qualifier de « beau » mon derrière, mais je suis de ceux qui estiment encore, qu’à part « mes femmes et mes docteurs », je ne vois pas l’intérêt pour les autres à exhiber la chose.
Ces temps-ci une avalanche de confidences des filles et petites filles de stars, minets descendants de chanteurs, bateleurs à la chaîne télévisuelle, héritière de notre aristotélicien de service (dans Aristote, il y a aristot) nous accablent de l’étalage de leurs hémorroïdes bien sanguinolentes, de leurs dopes diverses et variées, de leurs cavales retentissantes dans les nuits parisiennes, avec cette impudeur incomparable de l’homme d’affaire qui sait que du moment que ça rapporte…
Car, ne peut montrer son sexe qui veut. Seuls sont autorisés ceux dont l’énormité du profit supplante la petitesse de l’organe. Pour les autres, la censure bourgeoise est là qui veille au grain. Et, ce qui est pour les uns une gloire, devient pour les anonymes qui sont au fond du trou - dans la pleine acceptation du terme - une honte.

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C’est ainsi que la génération en pointe du luxe tapageur dilapide allègrement le bas de laine des anciennes gloires familiales, avant de se prostituer sous les clameurs de la bronca des fidèles.
On ne parle de talent qu’à hauteur des tétons et l’art de les montrer ou en fonction d’une braguette dont tout Paris, nourrit dans le sérail, en connaît les détours.
Cette passion de la coucherie publique a, d’une certaine façon, sa justification dans la fascination qu’exerce l’homme de pouvoir sur les graines de star qui peuplent les garçonnières d’Auteuil, de Passy ou du Georges V, aussi bien que du côté du Zinneke, des enculoirs de l’avenue Louise, d’Uccle ou du Zout.
Les riches natures, même à la silicone, ont toujours eu du nez dans notre société marchande, pour débusquer celui qui peut payer leurs faveurs.
Ces machines à foutre ont probablement eu des rapports oedipiens avec leurs géniteurs. De là cette propension étonnante à faire jouir les vieux et les gueules pathétiques. Oh ! pas n’importe lesquels… Il ne viendrait jamais à la pensée d’une star de ce faire enculer par un vieux pauvre.
Aux remises des Oscars, des prix d’interprétation, des César et autres Lions d’or, le marché s’établit, les offres sont faites, les enchères sont ouvertes. Les festivals de la bite cannoise nous ont toujours convaincu que la starlette préfère l’émir fortuné, le nabab des souks, généralement fort défraîchis, au garçon de plage qui, pour baiser, doit s’astreindre à des situations périlleuses où il risque sa situation, pourtant modeste.

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Les bonimenteurs, ces Pygmalion de la cage aux folles, le savent bien que toutes les vedettes qui ont réussi sont belles et qu’une tronche « qui a de la présence » et un compte en banque, ne se compare pas à celle d’un terrassier éponyme dans sa tranchée sur la Croisette.
Les hardeuses vous le diront, les gens de petites conditions sont sales. Les metteurs, producteurs et émirs sont vicieux. Ce n’est pas la même chose.
Il leur revient à ces furies intrépides, l’honneur de sucer le beau monde malgré les embarras des appareillages antifuites..
Ces gens font ce qu’ils veulent apparemment avec la bénédiction du CSA.
Personnellement je m’en fous. Ils réussissent même à foutre le bordel dans leur propre camp. Ce qui me divertit fort.
Le tableau vivant de la réussite qu’ils représentent contrevient à tout ce qu’on raconte à la ligue des familles, aux anciens combattants, dans la bible, chez les Michel (Drucker et Louis), aux bonnes mœurs et même dans les bureaux de la police spécialisée.
Ils n’ont qu’un tort : ils encombrent !
Quand comprendront-ils qu’ils ne battront jamais les Sabata Casch, les Love Amor et les Brigitte Lahaye des belles années du hard, toutes ces professionnelles au mérite, travailleuses honnêtes et qualifiées ?
De « l’homme à la pipe » vendu 100.000.000 de dollars à un mystérieux jouisseurs des profondeurs, combien, un esthète pragmatique s’en serait-il taillé à ce prix-là ?
L’artisanat se perd. On en est à la mondialisation du cul. Tous les mystères sont bradés. Les émotions sont glandulaires. La branlette du lecteur est devenue nationale.
Le goût se dissout dans la pauvreté des sentiments et l’exubérance du geste.
C’est regrettable !

11 mai 2004

Pascal Lamy, utopiste de l’année.

Ce n’est pas moi qui le dis, mais pascal Lamy, Commissaire européen. Je cite : « Le système actuel des relations internationales permet-il de maîtriser la mondialisation ? Clairement non. » S’ensuit évidemment un bémol à cet excès de franchise : « Peut-on envisager d’y changer quelque chose ? heureusement, oui. »
C’est sur ce discours là que depuis pas mal de temps le personnel politique nous promène.
La mondialisation est non seulement immaîtrisable, mais elle ira jusqu’au bout de sa logique. Et ce sera sa perte !
Pourquoi ?
Parce qu’on n’a jamais vu dans le monde une situation produite par les égoïsmes et les différents pouvoirs de l’argent s’infléchir à plus de morale et d’équité.
Il n’y a pas d’exemple dans aucune société qu’un pouvoir se soit effacé de lui-même, par civisme et raisonnement. Or ici, il s’agit du plus influent de tous : le pouvoir de l’argent !
C’est clair, non ?
Cela signifie en gros que ni la démocratie, ni les dictatures d’aucune sorte, ni même l’action d’un despote éclairé ne changeront rien au lent cheminement d’un long processus qui ne se conclura que sur le mot FIN du système capitaliste. Quand il n’y aura plus qu’un maître de tous les moyens de production par continent, ils se disputeront la présidence mondiale dans le dernier Conseil d’Administration de la planète.
Et tandis qu’ils clôtureront la séance, la porte d’entrée de ce Conseil volera en éclat sous la pression de tous les crève-la-faim !
Pour infléchir le système, il faudrait pouvoir travailler en dehors de lui. On ne peut pas à la fois se servir des structures et les dénoncer.
S’il n’avait pas été si irrémédiablement incurable, le communisme aurait pu jouer ce rôle.
Sinon, vous entrez dans le virtuel. Un monde qui n’existe pas et qui dans son immaté