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31 août 2005

Où l’on revoit les Petits Gris.

-Je te dérange ?
-Oui, tu me déranges.
-Tu veux que je m’en aille ?
-C’est ce que tu devrais faire.
-Qu’est-ce que tu fais avec la dame ?
-Je suis en plein transfert, comme tu vois.
-Tu transfères quoi ?
-Mon carma.
-Ton carma ?
-Oui, mon carma dans son carma.
-Pourquoi ?
-Parle pas si fort, tu vas la sortir de son endormissement.
-Pourquoi tu l’as hypnotisée ?
-Oui.
-Elle souhaitait quoi ?
-En finir avec les agressions sexuelles de son chef de bureau. D’abord elle a commencé par résister aux avances de ce sale bonhomme ; maintenant, elle l’empêche d’arrêter !
-Ah ! Elle est bien tombée. Dis plutôt que tu la dragues.
-Comment je la drague ? Tu vois bien que non.
-Tu es carrément dessus. Si je n’étais pas venu… son chef de bureau était cocu.
-Il faut bien que mes effluves pénètrent son cerveau.
-Pour pénétrer, t’as toujours été très fort. Je te signale que son cerveau n’est pas là… Pour ça, t’as besoin de te déguiser.
-Comment me déguiser ?
-T’as vu comme tu es fringué ? T’es en sumo qui n’aurait gardé que le haut !
-La couleur safran de mon turban, c’est celle du premier cercle.
-T’as combien de cercles, à part le vicieux ?
-Chut. J’incante… Ô vous éternels Petit Gris qui êtes venus de F567b4 pour nous aimer, que cette âme s’élève à vous dans la force de nos deux carmas… Rosette éveille-toi, je le veux ; Je compte jusqu’à trois.
Voix de Rosette
-Qu’est-ce que c’est ? Qui est cet homme avec vous grand prêtre ?
-C’est un envoyé intemporel que nous avons entraîné dans notre grand voyage. Mais il va partir !... Vas-y barre toi…
-Non. Qu’il reste, si c’est la volonté des Petits Gris.
-Mais vous êtes nue Rosette !
-N’est-ce pas ainsi que me veulent les Petits Gris ?
-Pas jusqu’au restaurant quand même !
-Sa présence peut perturber nos carmas. Les Petits Gris souhaitent une prise de contact directe qui vous débarrassera de la faiblesse que vous aviez à l’égard de votre harceleur.
-Vous m’avez déharcelée ?
-Oui.
-Hector, déharcèle-moi encore !...
-Là tout de suite ! (à l’intrus) Cré bougre, tu vois bien que tu gênes !
-Que disiez-vous à l’ange intemporel ?
-Rien Rosette, simplement que notre ami intemporel est attendu dans le premier cercle.
-Mais alors, s’il est attendu, c’est un élu !... Qu’il reste et que nos trois carmas se fondent dans une tierce partie !
-Pas du tout. Il n’en est pas question. Ce n’est pas prévu. Trois, c’est trop. Les Petits Gris ne l’accepteraient pas. Ils n’ont que deux cornes, ces charmantes créatures.
-Initions ce visiteur ! Qu’il entre dans le grand porche des âmes…
-Ne vous dérangez surtout pas pour moi. Le grand porche, ce sera pour une autre fois. Les Petits gris m’attendent dans le vestibule. Madame Rosette, Hector…

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-Tu ne veux pas m’attendre dans le bahut Henri II ?
-Merci.
-On se téléphone ?
-Demain, je sors avec ta sœur.
-Ah ! non alors, pas avec ma soeur, avec toi, on sait comme ça finit.
-Ah ! t’es gonflé mon cochon ! L’intemporel te dit bonne bourre !
-Il a dit quoi l’intemporel ?
-il m’a annoncé une bonne nouvelle, chère Rosette.
-Laquelle ?
-Je vous la dirai dès qu’il sera parti.

30 août 2005

Allô, Elio, c’est pour le schmilblick…

Elio Di Rupo répondait ce lundi matin aux auditeurs de la RTBf, dans une émission copiée de France Inter. La différence ? Chez nous les questions sont enregistrées. On pourrait imaginer que le président du PS les avait sélectionnées lui-même.
Il a osé parler des pensions en affirmant sans rire qu’une pension de mille euros, c’est déjà une bonne pension ! Evidemment si on la compare à une pension de 750 euros… Ce qu’il ne dit pas, c’est que sur une pension de mille euros, son ami Didier Reynders impose 500 euros de taxe par an, dans le cadre légal de la Loi.
Autrement dit, ces messieurs compatissent d’un côté, tandis que de l’autre, ils ratiboisent les « bonnes » pensions ! Il serait pourtant facile de lâcher la grappe aux petites gens et tout de suite, sans effet d’annonce.
Dire qu’on en a encore pour 18 mois à subir ce gouvernement !
Cette coalition socialo-libérale s’est usée si vite qu’une semaine après sa mise en place, on voyait poindre la république bananière habituelle. Sans l’épisode flamandivore de Bruxelles-Hal-Vilvorde, nous allions à des élections anticipées.
Comme en peinture il y a des écoles, en politique il y en a aussi. Voilà un bout de temps que nos grandes gueules sont au Grotesque. Vous connaissez l’Art grotesque ? C’est une peinture en trompe l’œil à coups de brosse à reliure des médias qui exalte les dieux de l’Olympe face à la piétaille. Saint-Simon eût employé le mot « roture ».
Grotesque les 200.000 emplois nouveaux ! Grotesque les manœuvres pour liquider des chômeurs du droit aux indemnités ! Grotesque les fausses raisons pour privatiser la Poste, les Chemin de fer, et brader les avoirs de l’Etat, c’est-à-dire l‘épargne des citoyens !
Dernier bradage : « Cockerill », l’usine qui s’est faite avec le sang et les tripes des ouvriers liégeois et carolorégiens depuis deux siècles et dont le gouvernement mange le dernier avoir en liquidant ses actions d’ARCELOR. Grotesque ce rebond wallon sous forme de nouveau plan Marshall et ces « zones franches » qui favoriseront quelques entreprises et que les naïfs pensent être des « free » zones comme jadis dans les aéroports.
Qu’est-ce que ces gens qui ont tout raté vont bien pouvoir nous raconter pour nous mener en bateau à la rentrée ? C’est qu’il y a urgence.
Se chauffer dès les premiers froids n’ira pas de soi.
L’inflation rampante, comme un non-dit ravage les portefeuilles, à côté de l’irréel index, de plus en plus stable, c’est tout un symbole. Tandis que la population se racrapote et compte ses sous, le premier ministre fait du vélo en Toscane et Elio Di Rupo de la lèche à Mestdagh au Val Saint-Lambert.
Comment voulez-vous qu’on n’en veuille pas aux socialistes embarqués dans cette galère dans laquelle chaque décision s’avère être une catastrophe à plus ou moins long terme ?
On se demande même si ces derniers n’espèrent pas le tumulte flamand à propos de BHV et de Zaventem ? Une reprise des hostilités linguistiques détournerait l’attention sur les vrais problèmes causés par un système libéral monstrueusement prédateur.
La seule réforme admissible serait l’« objectif 1500 » qui redynamiserait les ménages et les pouvoirs d’achat en plaçant la barre des salaires minimums et des pensions à 1500 euros. Voilà Richard qui pète les plombs diront nos maquereaux institutionnalisés qui s’ils devaient vivre avec cette somme se suicideraient !...
Là-dessus, ils nous entubent aux couplets de productivité, de souplesse et d’aménagement des heures de boulot, tandis qu’on déploie les tapis rouges pour les requins avérés des multinationales !
A Liège, une petite promenade du côté de Sainte-Marguerite ou de la rue Saint Léonard, et on est édifié. La misère y éclate au grand jour. Elle se voit aussi dans les quartiers bourgeois du centre. La rénovation de la place Saint-Lambert a déplacé ce qui restait de la clientèle du Carré. Le Pont d’Avroy signale aux classes moyennes que la misère des petites gens annonce la leur.
Les arguments d’Arena pour le travail salvateur et nécessaire ne sont là que pour justifier les exclusions du chômage. Personne n’y croit et surtout pas le personnel du FOREM qui se cramponne à son chauffage central en voyant défiler toutes les détresses du monde.
Tout se passe comme si une fatalité inéluctable nous poussait à défendre quand même une économie libérale dans laquelle plus personne ne croit. On n’essaie même pas de réfléchir à l’amorce d’un plan socialiste pour une autre économie !
Le « tous ensemble » socialiste ne conduit qu’à l’immobilisme et au collaborationnisme, c’est-à-dire au conservatisme pur ! C’est un peu le fiasco du suffrage universel – la tarte à la crème – avec l’irrationnelle délégation de pouvoir de la multitude à quelques histrions qui font la pluie, plutôt que le beau temps.

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On voit le résultat. Le découragement est général. Où sont donc passées les plus-values issues du travail, augmentées des mirobolantes techniques ? C’est ça le progrès du libéralisme ?
Les entreprises qui ne déploient pas encore leurs carpettes de direction en Chine ou au diable vauvert sont proprement déifiées.
C’est tout juste si nous n’entrons pas dans une église, chez ces pontes, vite outragés de notre « mauvaise » volonté.
Nous ne nous étendrons pas sur les conséquences écologiques de cette marche en avant imbécile. Non seulement nous nous appauvrissons, mais encore l’environnement avec nous.
Et c’est partout pareil… L’humanité est victime de l’apologie du profit de l’idéologie dominante qui fait des esclaves du plus clair des hommes.
L’avenir est imprévisible. L’Inde et la Chine pourraient faire basculer le rapport de force économique. Alors, nous deviendrions vraiment ce que nous avons toujours été dans le fond, un pays pauvre, sans ressource minérale et sans inventivité. Nous serions de toute l’Europe le pays qui basculerait le plus aisément dans le sous développement et la misère.
Alors, continuons de la sorte. Poursuivons sur un chemin sans issue, la recherche d’on ne sait quoi, qui serait entre la bêtise et le profit, un plan Marshall de la connerie, en quelque sorte…
Nous avons une population et des dirigeants pour ça.

29 août 2005

Ciel mon ex !

-Salaud !
-Quoi… Qu’est-ce que tu fais là ?
-Fumier !...
-Ça fait au moins cinq ans qu’on ne s’était plus rencontrés…
-J’ai lu ton blog… Mais tu es un monstre…
-C’est par ta voix quand tu cries que je t’ai reconnue… physiquement, je ne te remettais plus…
-Ah ! ça te fait jouir d’écrire des saloperies sur mon compte…
-Ecoute, tu ne t’appelles pas Zézette…
-Et le Gros ? Hein… C’est qui le Gros ?
-Mais enfin, Amadéa, c’est toi-même qui ne supportait pas que je l’appelle ainsi et voilà que cinq ans après tu déboules d’on ne sait où pour m’engueuler en l’appelant le Gros… tu n’es pas logique avec toi-même !
-Tu te prends pour Woody Allen, ma parole !
-J’aime beaucoup ce qu’il fait, mais je ne vois pas le rapport !
-Ah ! tu ne vois pas le rapport ! Mais tu me fais le remake de « Harry dans tous ses états » en déballant tes immondices, espèce d’enculé…que le Gros m’aurait séduite sur le Chemin des Dames, en me farcissant la tête de ses contes de la guerre de 14…
-Mais, voyons, Amadéa, calme-toi… je n’ai pas parlé de « La Belle du Seigneur » qu’il t’avait offert… S’il avait fallu parler d’un livre, j’aurais plutôt pensé à « Ceux de 14 » de Maurice Genevoix...
-Tu ne peux pas aller fouiller dans tes propres poubelles à la con ?
-Tu sais bien qu’inventer a toujours été ma difficulté. Je pars d’une situation qui me vient à la mémoire, je te jure que je ne pensais pas à toi. Si ça avait été le cas, ça aurait été pire…
-C’est que tu veux avoir raison ma parole… T’as toujours eu raison. T‘es raisonneur professionnel…
-Calmons-nous et envisageons tout depuis le début. Ce n’est pas ma faute s’il te chevauchait en t’appelant sa grosse bertha ! C’est toi qui me l’as dit…
-Tu ne cesses de me traîner dans la boue, fils de pute ! Tu reviens avec des histoires vieilles de 8 ans !
-Tu vois bien. Ce sont de vieilles histoires. Au fait t’as combien maintenant ? 54, 55 ?
-Mais le monstre, il ose me parler de mon âge, lui qu’en a le double !
-Autant pour moi. Quand nous nous sommes quittés, souviens-toi, tu m’as jeté à la face que t’avais 16 ans ! Sur 8 ans t’as beaucoup changé. T’en aurais 24 à c’t’heure… Eh ! bien…
-Ordure, tu les découpes dans tes magazines de cul, tes femelles ? Tu oses me comparer à tes putes…
-Est-ce que je t’ai appelée la Pouffe ? Non. Je ne t’ai jamais appelée la Pouffe…
-Ah ! non… comment tu m’appelais ? Espèce de sale menteur…
-La pouffe, d’accord… mais c’était pour l’autre… T’es pas la seule pouffe, non ?
-Mon cul, oui…
-Comment va-t-il ? Toujours autant de visites ?

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-Je ne sais même plus pourquoi je suis venue, tellement tu m’écoeures…
-Tu étais venue pour me parler de « ceux de 14 »…
-Méfie-toi que je ne lui dise tout et qu’il ne vienne te casser ta gueule d’enfoiré…
-Qui le Gros ? Mais il est aux vieux !...
-Non pas lui, mais celui avec qui je suis…
-Ah ! t’es avec un autre…
-C’est ça fait l’andouille, comme si tu ne le savais pas…
-J’en ai vaguement entendu parler.
-Tu veux que je te donne des détails ?
-Non. je serais capable sans le faire exprès de l’introduire dans une histoire…
-Menteur. Tu vas finir par me dire son nom que tu vas estropier pour te moquer comme tu le faisais avec le Gros.
-J’ai fait ça avec le Gros ? Non !...
-Encore un mot et tu as affaire à Arturo.
-Arturo Siffredi ?
-Et alors, ça te regarde, il est aussi Belge que toi.
-Tu vois comme tu es ! J’ai rien contre. Je suis étonné… Arturo… C’est tout. Quelqu’un m’avait dit que t’étais avec Alyoun, un Sénégalais. Je suis étonné qu’Alyoum s’appelle Arturo, c’est tout.
-Non. C’est trop. Je ne veux plus t’entendre. Tu passes les bornes. Je te préviens, Richard, c’est la dernière fois que tu me traites de pute dans tes immondes blogs. T’as compris ?
-Pour le prochain, je pensais à l’histoire d’un type qui monte dans un car et qui s’aperçoit que sa femme flirte avec le chauffeur…. Ils s’en vont sans lui dire au revoir. C’est le seul défaut qui m’a toujours gêné chez toi Amadéa, tu pars sans dire au revoir…
Tiens, elle est partie…

28 août 2005

Le plan Marshall in the mood

Tous les cadors du parti socialiste se sont rassemblés vendredi au Val-Saint-Lambert lors d’un te deum de rentrée dédié au prince montois. Placer le premier rang a toujours été l’ouvrage le plus délicat des séances du PS. Le protocole chez les vaniteux, tout parti confondu, est essentiel. La politique de demain des gloires montantes s’y devine. Après ce haut moment, les « petits, les obscurs, les sans grades » n’ont pas été oubliés puisque les strapontins et les derniers rangs leur étaient réservés.
Ce parti a tellement merdouillé avec la droite libérale qu’on se demande ce que le stratège-président allait dire à une population qui se pose des questions sans réponse depuis 20 ans.
D’autant qu’à l’introït, les rosés avaient prévu le patron des patrons des entreprises wallonnes, le sieur Mestdagh, Henri pour les militantes, un peu comme si François Hollande, en France, demandait au baron Antoine Seillière de trancher son différend avec Fabius !
Du jamais vu !
Eh bien ! personne n’a bronché. Pendant 50 minutes, dans un silence religieux, le patron des patrons a donné cours. L’université d’été avait son recteur ! Ce type, il y a seulement 25 ans, on lui bottait le cul… C’est dire comme ces représentants du peuple sont devenus tolérants.
Après ce démarrage en fanfare, le président Elio Di Rupo, ne pouvait faire autre chose que d’engueuler les ouvriers responsables de tout, puisqu’il n’y a qu’eux qui travaillent !
« On n’attendra pas un an de plus, a-t-il modulé de sa voix de baryton léger, il faut doper l’esprit d’initiative. » question rentrée des biftons sans doute craint-il de ne plus être payé fin du mois, au train où ça va ?
Il a quand même déclaré que « des entreprises compétitives avec des travailleurs précarisés ou des familles qui ne peuvent pas se chauffer en hiver : ça ne m’intéresse pas ». Il a servi ce couplet d’une façon tellement amphigourique qu’en écrivant ce blog, je me demande s’il n’a pas voulu dire que les travailleurs précarisés et leurs familles qui ne pourront pas se chauffer cet hiver, ça ne l’intéressait pas ? Il n’aurait pas osé, quand même ? Que quelqu’un qui y était me rassure… Ou alors, c’était un lapsus révélateur… Je l’ai toujours prétendu, Elio est comme l’étudiant Raskolnikov de « Crime et Châtiment » poursuivi par le remord d’avoir assassiné sa logeuse à coups de hache, depuis qu’il est chez Dexia et qu’il se fourre dans les salons de la cour, ce type a la conscience endeuillée. Ça lui vient par bouffée. Le complexe d’Œdipe aidant, il nous en veut de nous avoir trahi !... Un cas…
Quand on voit le parcours du parti socialiste, et pas que le nôtre, c’est pareil dans toute l’Europe, qu’est-ce qu’un honnête homme a encore à y faire ?
Si encore, nous avions comme en France des « courants », Emmanuelli, Montebourg, Fabius, qui ne sont pas d‘accord avec les parrains de la maffia de l’officiel : Hollande, Strauss-Kahn, Lang, Aubry, il y aurait débat. Dans la grande tradition de la gauche, des arguments contradictoires auraient été avancés. On aurait entendu des orateurs du plus modeste aux plus prestigieux. Mais non, le PS version wallonne n’est qu’une compagnie de ruminants placides qui attend l’arrivée du fermier en regardant passer les trains du progrès et de la justice.

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On se rassemble entre gens de même sorte – les juristes pleuvent dans ce parti.
Ils n’ont rien à retrancher de l’économie libérale et ne trouvent aucune faille à la logique imparable du profit. Marcher dans la combine de l’Europe et des amitiés outre-atlantique est leur vœu le plus cher.
Alors si l’esprit d’initiative dont Di Rupo voudrait nous munir, mais qu’il se garde bien de prendre à son compte, consiste à bloquer les loyers qui ont augmenté de 26 % depuis 2004 à Bruxelles et de faire régler au même prix les petites et les grosses livraisons de mazout de chauffage, c’est comme si un chef d’état major en temps de guerre s’inquiétait des pointes des crayons pour que ses subordonnés prennent note de ses bons mots.
Au slogan « doper l‘esprit d’initiative » accolé au « rebond wallon », il manquait la petite touche américaine, les américanolâtres du PS ont trouvé : « un nouveau plan Marshall ».
Les patrons ne sauraient prendre cette allégeance de mauvaise part, puisqu’on va leur vendre nos derniers bijoux de famille au prix bradé d’une réclame Carrefour, sur les airs de Glenn Miller et du plan Marshall. C’est déjà fait avec nos actions ARCELOR. L’argent récolté ira pour une large part dans le développement de grands trucs en tôle des zonings… C’est-à-dire que nous leur restituerons le fric qu’ils nous ont donné ! Autant leur refiler tout de suite, qu’ils aillent l’enfouir aux îles Caïmans. Ainsi on serait complètement à poil et aptes à repartir à zéro.
Le plus hilarant, c’est l’incontournable Internationale de clôture qu’ils chantent poings tendus en se déshonorant devant le souvenir d’Eugène Potier et des Communards qui sont morts sur cet air là.

27 août 2005

Diallèle

A S…

La maladie change la donne. Mais, après tout, adénome pourrait être un joli nom de fleur… L’adénome des bois fleurit au printemps… c’est joli, non ?
Gustave rentre de Deauville en calèche avec son frère Achille. C’est lui qui tient les rênes. A Pont-l’évêque, un roulier les croise dans la nuit. Gustave tombe soudain au pied de son frère Achille, médecin comme leur père Achille-Cléophas Flaubert.
Le diagnostic des deux médecins à propos de « l’apoplexie » de Gustave, alors qu’il souffrait d’une maladie des nerfs à caractère pithiatique ou carrément simulée, dut réjouir intérieurement le cadet.
Ce fut la première manifestation extérieure de « sa maladie », l’image et son symbole que l’écrivain décrivit dans sa correspondance à Louise Colet, quelques années plus tard.
Après le drame de Pont-l’évêque au cours duquel, son aîné le crut mort, Gustave géra ses crises qui s’espacèrent, jusqu’à disparaître presque complètement à la mort du père, le sévère médecin-chef de l’Hôpital de Rouen, Achille-Cléophas.
Le complexe d’Œdipe ? Non. La frousse de passer devant Achille-Cléophas, au cas où Gustave aurait été une seconde fois recalé aux examens de Droit.
La maladie de Gustave lui permit de sécher les cours, puis de les abandonner, sans que la règle familiale et bourgeoise, selon laquelle un Flaubert réussit, fût transgressée. Bien portant, Gustave eût été socialement mort.
Enclos grâce à l’épilepsie entre quatre murs de la maison de Croisset pendant près de deux ans, cela fut, écrivit-il à sa maîtresse Colet, « les plus belles années de ma vie ».
Sans la « maladie » providentielle, nous n’eussions pu lire « L’éducation sentimentale », « madame Bovary », « La tentation de Saint-Antoine », « Bouvard et Pécuchet ». Même les œuvres de jeunesse dont « Mémoires d’un fou » fussent restées dans les papiers du magistrat qu’il serait peut-être devenu. L’admirable « Correspondance », malheureusement amoindrie des feuillets que la nièce héritière, madame Commanville, détruisit sous prétexte qu’ils étaient licencieux, n’eût été que les attendus de prétoire d’un Gustave robin.
D’une terrible épreuve naquit un chef-d’œuvre.
On ne s’accomplit qu’en frôlant les désastres.

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Les victimes ne sont pas désignées d’avance dans le grand lunapark de la vie.
Tel le phénix, le Printemps de Botticelli renaît à chaque regard des visiteurs des Offices… et voilà plusieurs siècles que ça dure. Alors, à la collection de « si » qui nous sépare, toi et moi, si nous y ajoutions : « Et si la réalité à laquelle nous mesurons l’angoisse n’était que le référent d’une illusion collective ? »
Richard d’York, à la réunion de l’autre mardi, te regardait à la dérobée.
Vit-on jamais convalescente plus éblouissante !
Il fut saisi d’un vertige aussi pithiatique que celui de Flaubert.
Les historiens savent comme Shakespeare a dénaturé la vie de ce pauvre Richard III. Les propos diffamatoires de Thomas More à l’encontre du dernier des Lancastre, soixante ans après le désastre de Bosworth de 1485, furent à la base du chef-d’œuvre du grand Wil…
Le pauvre sire s’est déjà expliqué là-dessus.
Richard a toujours été sensible à la grâce…
La beauté a ceci d’inattendu que la personne qui la possède n’en a pas, le plus souvent, la moindre idée. On croit qu’elle en use comme une arme, alors qu’elle en est incapable, puisqu’elle l’ignore. Elle supposa au moment où Richard la regardait que la maladie la rendait laide.
La pire erreur, c’est de croire son fatum tracé.
Le contraste entre le monarque et la jeune femme était tel qu’un découragement saisit celui-ci.
Il se vit le plus abandonné, le plus misérable du monde.
Flaubert interrompant avec soulagement ses études et bénissant son « haut mal » était beaucoup moins atteint que lui.
Un monarque déchu est plus bas que terre. Alors que le grand Wil inventa pour faire brillant, « mon royaume pour un cheval », Richard se fût contenté d’un sourire.
Le seul amour vrai est celui du non-dit ; car, il s’accomplit.
Shakespeare est passé à côté d’un grand drame : celui du roi vaincu qui jette son épée inutile dans le ravin et meurt frappé par l’héroïne d’une autre guerre des Roses.
Elle, comme Achille son frère mort, ne vit qu’un vieil homme foudroyé, étendu sur la plaine de Bosworth.

26 août 2005

Catharsis

-Tu montes ?
-Pardon ?
-Tu montes, chéri ?
-Comment ça, je monte chéri ?
-C’est pas possible ! D’où tu sors ?
-Je sors de chez moi et je m’apprêtais à y rentrer.
-Tu plaisantes ?
-On ne plaisante pas quand on rentre chez soi.
-Seul ?
-Seul !
-Tu veux que je t’accompagne ?
-C’est gentil, ça.
-Seulement ce sera un peu plus cher.
-Vous faites taxi ?
-Non, je veux dire la passe.
-Pourquoi on doit passer quelque part avant ?
-Une façon de parler, pour ce que tu sais.
-Je dois savoir quelque chose ?
-Ah ! tu es drôle. C’est pas tous les jours dans le métier qu’on tombe sur un type comme toi.
-Je fais ce que je peux pour ne pas froisser.
-Alors pourquoi tu n’es pas monté quand je te l’ai demandé ?
-Monté où ? On est dans la rue, je ne vois pas d’escalier…
-Ecoute, si tu le fais exprès, je n’ai pas que ça à faire. Je dois prendre le bus à 15 heures pour Boncelles. Oui, dans le quartier Cathédrale, les volantes sont toutes de Boncelles… Comme qui dirait la commune des vocations… les hauteurs solitaires… Et je ne m’en suis fait que deux, à cinquante, c’est pas lourd…
-Ça vous fait quand même cent…
-Et mon Angelo qui m’en prendra quatre-vingts, qu’est-ce que t’en fais ?
-Qu’en ferais-je ? Angelo monte aussi ?
-Mais qu’est-ce qui m’a pris de te demander si tu montais !
-Il est passé de cinq minutes…
-Quoi ?
-Le temps de prendre le bus.

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-T’es tellement… Je t’explique, on dit toutes ça pour presser la manœuvre. Autrement, l’autre chipote et pour cinquante seulement on passerait la journée.
-C’est un métier, si j’ai saisi, où l’on passe son temps à dire des choses que l’on ne fait pas et à faire des choses que l’on ne dit pas.
-Répète… j’ai rien compris… Et puis non, tu me prends la tête. T’es du genre raisonneur. Je préfère ceux que ça travaille et qui y vont au coup de sang. C’est les meilleurs, les plus vite au pétillant. Je ne sais pas pourquoi je te dis ça. Peut-être bien parce que ma journée est de toute façon fichue. Alors, décide on va chez toi, ou bien basta…
-Et les pires, c’est qui ?
-Les évangélistes ! Ceux qui consomment en s’accusant de la faute, puis qui veulent vous convertir, des fois que converties, on leur ferait du plaisir pour rien. Les vicieux, c’est plutôt des rigolos. J’en ai eu un qui a sorti d’une valise un costume de mickey. On se serait cru à Disney land. J’étais pliée en deux de rire. C’est alors qu’il en a profité pour me prendre par derrière. Je te jure… on en voit des loustics !
-On est arrivés ?
-Oui.
- C’est chez toi, là ?
-Oui.
-Mais, c’est chez les flics !
-Plutôt. Racolage sur la voie publique. Tu connais le tarif…
-Fais pas ça, quoi, je suis une pauvre fille…
-Elles disent toutes ça…
-Ecoute, je suis bien roulée, pour toi, ce sera pour rien.
-D’accord.

Après une heure passée au Onze.
-T’as eu du bonheur, poulet ?
-Je veux pas que tu retournes à Boncelles avec la peur d’être tombée sur un des mœurs… Je viens d’être viré de chez SACILOR… un coup de blues… envie de rire… je suis soudeur…
-Salaud !
-J’ai horreur des cafards qui emmerdent les filles…
-Pauvre con ! Tu m’as emmerdée plus que si t’avais été un poulet.
-J’avais pas l’intention de baiser à l’œil. Tiens voilà un billet de cent…
-J’en veux deux comme lui…
-Tu plaisantes ?
-Hein ! C’est toi qui dis que je plaisante à c’t’heure…
-T’auras pas un cent de plus.
-Tu crois ?
-Oui. Je crois !
-Angelo, t’es en bas ? Tu veux bien monter chéri, y a un con qui veut pas payer ses extras !

25 août 2005

Affaire de vitesse.

Admettons que je chronomètre Kubla à Francorchamps. Sachant qu’il roule à deux cents kilomètres à l’heure, je peux mesurer sa taille en multipliant sa vitesse par la durée qu’indique mon chronomètre. Kubla mesurait exactement 1m73, avant qu’il ne dégage du gouvernement wallon, et a toujours la même taille à l’arrêt des tribunes ; mais quand je le chronomètre à deux cent kilomètres heure sa taille diminue, il ne mesure plus que 1m729999999314.
Cet écart à beau être infime, il reflète une anomalie et souligne l’idée fausse que nous nous faisons selon laquelle l’espace et le temps sont immuables et universels.
Avec des vitesses plus importantes, par exemple celle qui serait presque de la vitesse de la lumière, mettons à 83 % de celle-ci, Kubla ne mesurerait plus que 85 cm ! Il pourrait faire une carrière avec Joséphine ange gardien, sauf qu’à cette vitesse-là, il serait invisible sur la pellicule. Quoique bon comédien, comme la plupart des gens du MR, les spectateurs ne s’en plaindraient pas…
Autre Loi intéressante. Vous êtes à l’arrêt assis dans un train, avec un autre train sur une voie parallèle. Lorsque l’un des deux trains démarre, vous ne sauriez dire si c’est vous qui bougez ou si c’est la charmante dame assise dans l’autre train et que vous suivez du coin de l’œil qui vous quitte sans même vous adresser un seul regard.
Le concept du mouvement est relatif. On ne peut qualifier le mouvement d’un objet que par rapport à un autre.
Verhofstadt qui a entendu ce principe l’applique à son gouvernement. Vous le taxez d’immobilisme ? C’est une erreur. Etes-vous sûr que c’est vous qui bougez ? Quand savez-vous ?
Le temps s’accélère lorsque vous devez renflouer les caisses de l’Etat et se ralentit lorsque vous attendez de celui-ci une redistribution des sommes collectées.
Autre effet de la relativité, toute horloge en mouvement par rapport à une autre indique un rythme différent de l’écoulement du temps.
C’est en vertu de ce principe que selon l’état de votre montre, même en mouvement, vous ne serez jamais reçu à l’heure ni par votre médecin, ni par votre délégué syndical. Par contre, si l’effet de la circulation en ville vous bloque dans des embouteillages, soyez sûrs que votre arrivée tardive vous sera reprochée amèrement. Dans la plupart des cas, on aura passé votre tour, et il vous faudra reprendre rendez-vous, alors que c’était simplement la même heure, eux en lecture statique, et vous en lecture mobile. Votre arrivée tardive était bien à l’heure, le tout étant de savoir laquelle.

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Il arrive parfois que vous vous posiez la question de la dérive à droite des partis politiques en mouvement. Albert Einstein explique tout. Une montre à photon selon le principe réfléchissant des deux miroirs verra la trajectoire du photon dériver à droite et ce de façon de plus en plus sensible si les miroirs sont fort ou peu éloignés l’un de l’autre. Encore aujourd’hui ce phénomène est toujours inexpliqué.
Enfin, si l’on considère qu’en mouvement, le temps s’écoule moins vite que quelqu’un qui est à l’arrêt, pour vivre vieux, il suffirait de ne pas dormir et de marcher sans arrêt. Exemple les muons, dans un accélérateur à particules la vie d’un muon est multiplié par 10, alors que paresseux le muon a à peine deux millionièmes de seconde à vivre. Par exemple si on avait mis Jean-Paul II dans un accélérateur à particules, il ne nous filait entre les doigts que dans 7 siècles ! Pour nous cela n’aurait aucune incidence, sauf que ses homélies et ses messes basses nous paraîtraient d’une longueur extrême, à la sauce muon, cela serait proprement insupportable ! Une messe de 3 mois, on ne se rend pas compte… Aussi personne, même pas Dieu a intérêt à le fourrer dans un accélérateur à particules papales.
C’est comme ce blog. Vous croyez qu’il est plus court que d’habitude. Erreur !.... Il est même deux fois plus long. C’est parce que vous le lisez plus rapidement qu’il vous paraît plus bref !

24 août 2005

A la tienne, Etienne !

Pour entendre un peu l’économie, il vaudrait mieux lire Honoré de Balzac – par exemple César Birotteau parfumeur - plutôt que sombrer dans l’univers tourmenté des spécialistes. D’autant que d’un économiste ayant réussi à un modeste professeur vivant sur deux pièces dans un entresol, la grammaire du système capitaliste est différente.
Si je suis tonnelier ou viticulteur, c’est pour faire des tonneaux ou produire du vin. Bien entendu les vins fins ne sont pas produits en millions d’hectolitres, de sorte que tout le monde ne peut pas mettre du Petrus ou du Château-d’yquem dans sa cave. De même tous les conducteurs ne sauraient rouler en Ferrari. Le port de Cannes ne peut recevoir qu’un nombre limité de yachts, etc. Ce raisonnement vaut tout autant pour les bijoutiers, la haute-couture et, en général, tous les corps de métier.
Il faut donc trouver un sage équilibre entre le producteur et le consommateur, limiter les appétits de certains et pousser d’autres à la consommation. En un mot, établir des hiérarchies de consommation sur des critères de rareté et donc de prix, afin de réguler l’offre et la demande et permettre à un nombre limité de personnes de consommer le nombre limité de produits.
Cet ordre apparent duquel dépend l’équilibre social est fort complexe
Alors que faire ? On a bien pensé au mérite. Oui, mais quel genre de mérite ? Je suis pompier, je risque ma vie pour sauver celles des autres. J’ai donc du mérite. J’écris un blog tous les jours qui ferait un livre à la fin de l’année. A la FNAC, il y en a de plus médiocres qui dédicacent leurs oeuvrettes et que des imbéciles appellent « maître » ! Oui, mais si l’on considère l’artiste comme étant une personne de mérite, tout le monde va se dire écrivain ou peintre. Et si d’être valeureux ouvre les portes de l’abondance, tout le monde se voudra pompier.
Alors, il n’y a pas trente six solutions. Etablissons que le mérite n’est admis comme tel qu’en fonction de l’argent qu’un tiers vous en donne, parce que lui-même en dégage du profit.
Du coup, tous les mecs à pognon ont du mérite.

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Bien malin qui déciderait si j’ai gagné de l’argent honnêtement ou en le volant. De prime abord la fortune est suspecte, elle suppose une exploitation de l’homme par l’homme. Il serait donc impossible qu’un honnête homme devînt riche. Et pourtant…
Dans notre société d’apparence, le fric est souverain. Il vous donne le temps de voir venir, de prendre les échecs comme autant de leçons. Qui dit qu’un Bernard-Henry Lévi, héritier d’un joli pactole, aurait eu la carrière que l’on sait, s’il n’avait été « couvert » dans ses entreprises par l’argent de papa ? Né « sans un », il aurait peut-être été employé à la Samaritaine et drôlement emmerdé qu’on ferme la boîte. Aurait-il eu la force de caractère de travailler à son « œuvre » le samedi et le dimanche, puis d’aller faire le siège des éditeurs ?
Etienne Davignon pourrait un jour s’il le voulait écrire une merde immédiatement convoitée par des éditeurs et qui passerait illico pour un chef-d’œuvre.
Et quand bien même cet argent, c’est mon père qui l’a gagné, pourrait rétorquer le fils de famille, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas bénéficier de son travail ?
Oui, se sont dit les décideurs. Mais, tout grâce au fric, c’est décourageant pour ceux qui n’en ont pas. On va désespérer définitivement les ploucs. Créons des professions à fortes plus-values, en tirant des nullités du néant, pas beaucoup, quelques sportifs, des politiciens, des gérants de banque. Qu’une andouille au départ, mais qui a un bon coup de patte devienne footballeur bien payé, ça fait rêver dans les chaumières. Ce sera suffisant pour que chacun imagine avoir sa chance.
Ainsi, ceux qui aiment les dorures, verront sans nul déplaisir une villa avec piscine en bord de mer, sans qu’une jalousie féroce leur fasse jeter des pierres. Ils applaudiront au destin transformé d’une future couturière, parce qu’elle avait un bon coup de raquette. On fait croire que chacun a sa chance et que tout le monde peut devenir riche en exploitant son talent. Et ils s’en veulent de n’en pas avoir ou de ne savoir le vendre. De victimes sociales, ils deviennent coupables et le tour est joué ! Rockefeller a débuté sa fortune en ramassant une épingle dans la cour d’une usine, n’est-ce pas. Donc ceux qui ne ramassent pas une aiguille au bon moment sont des crétins.
Evidemment, on ne met pas au pinacle une économie pareille sans sauver les apparences. Il faut l’entourer de considérations morales, d’un justificatif social, d’une sorte de code de bonne conduite, dédouanant pour le coup les fripons.
La démocratie patauge ainsi à l’aise au milieu des magouilles et de l’injustice. Etre démocrate est un exercice de mauvaise foi. Que les gens ne rouspètent pas à la vue de la grille des salaires et l’échelle des mérites, qu’ils s’accommodent de la précarité, sans que personne ne crie au scandale, exigent un fameux culot et de nombreuses complicité, politique et journalistique de la part de nos suborneurs.
A Athènes, 50.000 citoyens entourés de 500.000 esclaves avaient imaginé un ordre social que les 50.000 se réservaient et qu’ils appelèrent démocratie.
Que les 500.000 esclaves n’aient que fort peu fomenté d’émeutes, a fait naître des idées, et comme on était dans le cas : 50.000 qui la pètent et 500.000 qui la caillent.... le temps de nous affubler des oripeaux grecs et vouer un culte à Platon, nous étions démocrates.
Quelle est la différence entre une démocratie et une dictature ?
C’est simple. Dans le premier cas on a le droit de dire ce qu’on veut. Personne n’en tient compte et on prêche dans le désert. On s’égosille. Au bout d’un temps, on se résigne. On finit par aller bosser. En dictature, c’est la même chose, sauf qu’on va en tôle quand on rouspète.
La démocratie par rapport à la dictature, c’est mieux. Mais l‘avantage est mince. Le petit peuple dans les deux cas est cocu.
Ce qui tient le canard boiteux debout ? Uniquement les salaires de nos représentants.
Imaginez un Di Rupo payé mille euros par mois en tout et pour tout, comme la plupart des gens qui votent pour lui ; mais, ce serait un lion, ce type… personne à savoir le retenir. Je ne donne pas cinq ans pour qu’on soit en république populaire.
Aussi, pas folle la guêpe, pour ces gens d’influence, assez quelconques, le système les a classés dans la catégorie utile au conservatisme, donc à choyer.
Voilà pourquoi, nous pouvons toujours courir pour attendre qu’ils se mettent à notre place.
- T’as fini d’écrire tes conneries, Richard, tu sais qu’on doit aller chez Makro ?

23 août 2005

Tout finit en chansons.

- Léon, je t’ai déjà dit que je n’aimais pas « Siffler sur la colline ».
-Ça te rappelle des mauvais souvenirs, hein ! ma Zézette ?
-Qu’est-ce que tu racontes ? Alors si tu veux bien l’enlever…
-D’accord. Tu veux quoi, à la place ?
- Le trio… de Schubert… trala…tralala… Le trio en mi bémol majeur !
-Ah ! non pas Schubert, c’est chou vert et vert chou.
-Mon pauvre ami !... D’accord, mais enlève Dassin…
-Je parie que Dassin, ça te rappelle le Gros !
-Tu ne vas pas recommencer. On avait dit qu’on n’en parlerait plus !
-T’as raison. Je vais mettre Claude François.
-Tu le fais exprès ? C’est pas possible.
-Bon. Je ferme le truc. Ainsi tout le monde est content.
-Je vais lire.
-Je parie que tu vas lire « Belle du Seigneur » d’Albert Cohen !
-Pourquoi, tu m’imposes mes lectures ?
-Tu sais très bien que je n’aime pas ce livre.
-En voilà des histoires pour un livre !
-Celui-là, c’est le Gros qui te l’a offert.
-Et alors, un livre c’est un livre.
-Le Gros n’est pas Solal. Et vous ne vous êtes pas suicidés…
-Tu le regrettes ?
-Pour quelqu’un qui ne lit jamais ! C’est au moins la deuxième fois que tu le lis.
-Et alors, si je le trouve bon, ce livre.
-Ce n’est pas que tu le trouves bon, c’est parce qu’il te rappelle le Gros.
-Tu vois que tu continues à me parler de…
-Non ! Ne dis pas son prénom, malheureuse. Appelle-le le Gros, comme moi.
- Jamais. C’est se moquer de lui.
-Mais non. Au moins quand je dis le Gros, tout le monde sait que c’est lui.
-Le pauvre diable ! Il est si malheureux…
-Comment ça « si malheureux », tu l’as revu ? Il a refait 14-18, rien que pour toi ?
-En plus tu te moques de sa passion de l’histoire !
-Sa passion de faire des histoires, oui… Quand je pense que vous vous écriviez, toi qui n’aimes pas écrire !... Et de ces fadaises… Il en a sauté grâce au Chemin des dames !
-Quand on fouille les papiers des autres, on ne s’en vante pas.
-Je vais mettre un Lavilliers, ça te va un Lavilliers ?
-Tu continues. Tu sais bien que je ne le supporte plus.
-Ah ! oui, j’avais oublié, on s’est rencontré à un de ses concerts. C’est nouveau, ça ?
-Qu’est-ce que tu veux, on n’était pas fait pour se rencontrer.
-Puisque c’est ainsi, tu n’aurais pas dû revenir.
-C’est toi qui m’as suppliée !
-Alors, il fallait résister, me dire non. Déjà au concert Lavilliers, t’aurais dû… Il était pas mal, ton mari de l’époque…
-On ne sent ces choses-là que trop tard.
-Il en aurait été du Gros, comme de ton mari et de moi… Tu te lasses, voilà tout.
-A cause de moi, Pi… pardon, il fait une dépression nerveuse. Il perd la raison.
-Il se prend pour un poilu de Verdun ?
-Non. Il me prenait pour sa dame de Haute Savoie.
-Tu veux que je mette Francis Cabrel ?
-Tu es vraiment sadique. Ce type est par terre et tu veux m’achever avec lui…
-C’est inutile, vous vous achèverez bien vous-mêmes. T’es vraiment comme la Pouffe de Solal dans « Belle du Seigneur », tu ne sais pas ce que tu veux. Avec le Gros dans son meublé, vous deviez vous prendre la tête. Au fait, il aimait Schubert, l’artiste ?
-Non. Lui c’était l’opéra…
-Bouffe alors ?
-Fous-moi la paix.
-Falstaff, voilà le rôle en or, avec sa voix caverneuse et son embonpoint…
-Je ne te parle plus.
-C’est ça. Ainsi, je vais mettre le disque que je veux.
-On peut savoir lequel ?

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-Non. Puisque tu ne me parles plus.
-Je parie que c’est julien Clerc… « Ma préférence »… celui qu’on a entendu dans le café à notre dernière réconciliation !
Ils chantent ensemble :
-Je le sais… Sa façon d’être à moi parfois vous déplaît… Autour d’elle et moi le silence se fait… Mais elle est ma préférence à ...

21 août 2005

David Manning en visite à Liège.

La visite de David Manning à Liège, n’est pas passée inaperçue. La controverse et le flou qui entourent ce personnage ont créé un choc comparable à la première femme en soutien-gorge sur une page de pub de Marie-Claire en 1954.

Juste un retour en arrière.
Nos professionnels à court d’imagination peuvent s’inspirer au vol de l’idée des Studios Sony.
Il n’y a pas grand monde pour tirer le petit bout « insolite » qui dépasse des antichambres du pouvoir. C’est comme l’histoire de la fille du roi, la chose est « délicate » et ne se répand qu’en « stoemeling ».
Les Studios Sony se sont dits, puisque l’information nous est mesurée, créons-là !
C’est simple. Mais il fallait y penser.
Sur la foi d’un certain David Manning, critique de cinéma, des millions d’Américains se sont rués dans les salles obscures pour voir des films distribués par Columbia Tri-Star, filiale de Sony.
La direction de Sony vient de le reconnaître, les services de la publicité avaient créé un journaliste fictif « David Manning » du Ridgefield Press, vrai hebdomadaire du Connecticut.
La mèche fut éventée par Newsweek qui démontra à ses lecteurs que David Manning n’existait pas.
Revers de la médaille, Sony va devoir sortir de ses bénéfices 1 million 500 mille dollars pour dédommager 300.000 spectateurs.

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L’idée du journaliste fictif est tout à fait adaptable à la belge-sauce. Car des journalistes David Manning, il en pleut chez nous. Ils ne le savent pas, ils s’insurgeraient plutôt si on leur disait qu’ils ressemblent au critique de cinéma qui n’existe pas, et pourtant, ils n’auraient pas besoin d’un grand effort d’adaptation pour se glisser parfaitement dans la peau du personnage.
Par exemple, la description dithyrambique de Liège les pieds dans le sable à l’espace Tivoli, c’est sans doute l’œuvre d’un David Manning local. Les couronnes du génie tressées à nos artistes locaux, qu’ils soient lyriques ou écrivassiers par les boys de Magotte, ce sont de purs David Manning. Enfin, les hagiographes de nos grands hommes qui siègent à la Violette ou au Palais provincial, on ne les recrute pas ailleurs que dans le catalogue David Manning.
La platitude de l’événement typiquement belge est une plaie dans la profession. L’angoisse permanente de ceux qui ont à traiter du vide, relève du laboratoire de science fiction. Comment faire huit pages d’infos quand il ne se passe strictement rien, surtout l’été ?
Ce drame serait moins insupportable si nous avions quelques David Manning qui ne se contenteraient plus de trouver admirable ce qui n’est en soi que fort médiocre ; mais plutôt qui en remettraient à seule fin de réjouir la galerie noyée sous la morosité du style et le manque d’imagination.
Ainsi le besogneux de l’écriture rentrerait le soir noircir son petit papier. Sa femme lui dirait « tu as ramené des infos à traiter, mon chéri ? ». Il répondrait « Non ! mais je crois que ça va venir ».
Nos David Manning n’auraient aucune peine à affirmer que Di Rupo va trouver une formule pour rendre la vie plus douce aux petites gens en demandant une augmentation de 500 euros du salaire minimum et des pensions, qu’Anne-Marie Lizin veut faire cent heures d’intérêt général pour s’autopunir de la lettre malencontreuse à un juge, que Verhofstadt prend à charge sur son salaire la création de mille crèches, ou que madame Simonet veut créer sur ses fonds propres, un prix Charlemagne équivalent au Nobel, à l’université de Liège.
Vous voyez d’ici le mauvais effet d’un démenti de Verhofstadt « des crèches ? Mais, il n’en est pas question… », ou de Madame Simonet « Pas un sou pour l’ULg. »
Nos David Manning verraient en foire d’octobre avec les petits orphelins des homes, le bourgmestre distribuer des tours sur les carrousels et Michel de Lamotte défendre le droit au relogement des filles de bar de la rue Varin ; ce qui serait le moins quand on s’appelle Lamotte !
Certes, il y aurait quelques timides démentis, je ne pense pas que sur des bonnes actions fictives, nos glorieux réclameraient une action en justice.
C’est une idée à creuser.
Il est grand temps que les professionnels remplacent leurs plumets et leurs gilets rayés par du matériel neuf.
Il en va de leur survie. Je connais quelques David Manning qui y pensent.
Il paraît que Richard III lui-même ?

Tu manges où tu te chauffes ?

A 60 dollars le baril, on pourrait se dire que les Etats producteurs de pétrole font la bonne affaire et qu’enfin pour certains d’entre eux, particulièrement des Etats comme le Nigeria dont le niveau de vie est de 1 dollar par habitant, cela va cravacher le social.
C’est sans compter sur la corruption du système capitaliste et sa remarquable adaptation dans ses structures à privilégier les grandes entreprises dont certaines basées aux USA sont propriétaires des puits des pays émergents, si bien que lorsque l’Américain moyen paie un peu plus à la pompe et donc s’appauvrit, ces entreprises s’enrichissent davantage.
Les pays producteurs qui n’ont pas de sangsues étrangères dans leurs jerricans ne sont pas mieux lotis. Comme le fric pourri a horreur du vide, quand l’Américain, l’Anglais et le Français ne sont pas à la recette, l’opacité et la corruption sont la règle des Autorités locales.
Dans certains de ces Etats, l’Eldorado des recettes des hydrocarbures représentent de 30 % à 90 % des ressources budgétaires. Tout ce beau fric vite raflé, parce que sorti des entrailles de la terre sans beaucoup de main-d’œuvre, excite la rapacité du pouvoir. Les surplus, déduction des dépenses courantes (éducation, santé...) et l’investissement dans l’exploration, la production et le raffinage, se diluent entre les potentats, leurs nombreuses familles et les fidéicommis de la nomenklatura. Par exemple, le roi saoudite a certainement une des plus grandes familles au monde. C’est que dans les harems, ça baise dans tous les coins, et pour une femme de sérail la naissance d’un enfant mâle est signe pour elle d’une grande considération et d’un avenir assuré.
Mais, ce pactole est très diversement dépensé. Exemple de bon rapport entre l’argent et la citoyenneté : la Norvège. Les habitants y ont un des niveaux de vie le plus élevé du monde. C’est le Fonds pétrolier qui alimente les retraites.
En Belgique, pays sans pétrole et sans idée, ce serait plutôt le retraité qui alimenterait l’Etat, avec l’automobiliste d’ailleurs, son collègue en contribution. D’une certaine manière le choc pétrolier réussit bien à Didier Reynders, lui aussi voit ses recettes augmenter avec le prix du baril, un peu comme les grandes compagnies pétrolières. Cela ne gêne pas beaucoup l’Etat, le prix du pétrole. Au contraire, tout se passe comme si nous étions deux entités différentes, eux et nous, et que notre malheur ferait leur bonheur.
Si le pétrole enrichit le dirigeant du pays exportateur, son flux n’apporte pas les moyens d’organiser des réformes nécessaires dans toutes les républiques. En interdisant l’émergence d’une économie diversifiée, on n’est pas loin du même schéma catastrophe des pays à monocultures d’Amérique du Sud et d’Afrique.
Les légumes ne rapportent pas tant. Alors, à quoi bon les faire pousser ?
Le ministre russe des finances estimait que l’afflux de devises dans son pays ressemblait à "la dépendance d’une drogue". Cette richesse a aussi exacerbé les tensions internes : en Irak, le conflit sur la répartition des ressources pétrolières entre Kurdes, chiites et sunnites explique en partie le retard sur la Constitution. Les barbus intégristes connaissent mieux les cours du brut que les sourates.
L’empressement de Bush à se servir lui-même à la pompe irakienne n’a trompé personne, même si officiellement, les revenus du pétrole tombent dans l’escarcelle des « démocrates » qui ont remplacé Saddam.
Les dollars du pétrole sont aussi âprement disputés « par les honnêtes commerçants » que des voyous se partageant le butin d’un camion de la Brink’s.

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Que fait-on de l‘argent du pétrole ?
Vaste question. Sa comptabilité est un mystère et les sommes qui s’additionnent sur les grands registres des Iles Caïmans, sont aussi secrètes que les avoirs de nos résidents monégasques, pas vrai Justine ?
C’est dire comme Didier Reynders, écarté de leur connaissance, n’a plus que la ressource de se rabattre sur nos pauvres viandes, pour en prélever sa dîme.
C’est même à se demander comment certains Belges vont se chauffer l’hiver ?
Des grévistes de l’Equateur se sont demandés, eux, en occupant des puits, ce qu’ils allaient manger le lendemain..
Au Niger, on se pose moins de question ; des groupes armés se servent directement sur les oléoducs. Tandis qu’en Bolivie, on vient de vivre une crise de régime.
Sauf les Ecolos, on espère que plus il y aura de la pollution atmosphérique, plus chaud seront nos hivers.
Si un jour faute de mazout, le taux de pollution baissait, on pourrait faire péter les vaches à la lune tout le méthane possible.
Resterait aux autorités à taxer les pets.
C’est étonnant qu’on n’ait pas encore déposé un projet de loi en ce sens.
C’est quand même un con pétant, un ministre en exercice !

20 août 2005

Le fabuleux destin d’Amélie Mauresmo

On ne s’est rendu compte de rien, peut-être un peu à Hollywood… et encore, pour gagner leur vie les comédiens jouent parfois dans dix panades à la fois. Si bien qu’ils ne s’y retrouvent plus. Mais les savants, là pardon… Ils savent que Termitotor n’a pas dit son dernier mot et qu’avec La Force derrière lui, les sabres au laser, ce n’est pas fini.
Dans le passé, sur la planète Pi2x, il y a plus de cent mille ans, Termitotor était coiffeur et s’appelait Raymond. C’est lui qui a inventé la coupe au rasoir laser… C’est dire l’expérience, le maniement, la technique… L’after-shave que c’est Termitotor !
A savoir que mon existence dépende des maîtres de Pi2x, je suis à la fois inquiet et je me fous de tout, puisque je ne puis plus maîtriser mon destin social et sexuel. Les femmes que j’entreprends sentent que je suis possédé par La Force, aussi ne veulent-elles pas que je les possède à mon tour, de peur d’être intégrées dans le Grand Processus et entraînées dans le Fatal Toboggan. Aussi, il n’y a qu’un baisé, c’est moi !
La nouvelle carte d’identité qui numérote les poils pubiens, et publie journellement votre état des mœurs au poste de police le plus proche, ce sont Eux.... Grâce aux sacs poubelles jaunes et bleus, ils repèrent les gros budgets afin d’imposer la taxe prévue par La Force…
Termitotor est partout. Voilà ce que je sais.
L’autre jour, j’ai cru le reconnaître, il s’était fait la tête de Hermann De Croo. On voyait nettement les raccords du masque en caoutchouc aux tempes et au menton. La question du nombre des mandats des personnels politiques… Termitotor s’en fout. C’était juste pour nous sonder avant la nouvelle apocalypse programmée pour nos gueules en 2006 sur Pi2x. On ne sait pas si c’est celle de la démocratie ou celle de la fin du monde. Enfin, qu’est-ce que je raconte ? Comme si la fin du monde n’était pas pour Hermann - le vrai cette fois - la fin de sa démocratie. Sa démocratie, ce n’est pas celle de tout le monde, non, c’est la sienne bien à lui. Il l’a enfermée dans l’armoire à pharmacie du parlement et garde la clé dans une petite poche qu’il a fait coudre dans son slip aux armes de la Belgique. La démocratie de Hermann était jusqu’à présent supérieure à La Force, mais Termitotor avec ses nouveaux sabres !... Le vrai Hermann a voulu dénoncer l’attaque imminente. « Les plus de 20 mandats viennent de Pi2x… Pas op ! » Il n’a pas eu le temps. Hop, il a été remplacé à la télé par décision venue de Pi2x…. ordre à ne pas discuter ! Je suis le seul à avoir vu que la barbe postiche était en soie de porc… les grognements étaient authentiques. On les avait enregistrés la veille dans un élevage à Tongres; une pure merveille de technique du T-X cyborg.

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Afin de savoir pourquoi je suis à la fois inquiet et libéré, il faut revenir aux événements.
Dix ans ont passé depuis que John Connor a sauvé l’humanité de la destruction totale. Aujourd’hui âgé de 22 ans, il vit clandestinement – il n’a ni maison, ni carte de crédit, ni téléphone cellulaire, ni carte du PS, ni travail… Son existence n’est mentionnée nulle part. C’est un homme heureux.
Je le pensais pas plus tard qu’hier en écoutant l’engueulade téléphonique d’un ami parce que j’avais mentionné Jean-Denys Boussart, dans les ministres de la République Libre d’Outremeuse !... alors, qu’il fait partie de la bande rivale de Saint-Pholien… fatale méprise, erreur d’un non-professionnel… qui plus est, j’avais mal orthographié ce nom illustre. Si j’avais été John Connor, jamais je n’aurais reconnu ma méprise et vous ne le sauriez pas. N’ayant pas atteint le dernier dan du parfait, je ne sais pas mentir, je ne suis que non professionnel. Je relate de travers. Je suis de mauvaise foi. Vous voyez ce qui m’est arrivé avec Jean-Denys Boussart ?… C’est à cette seule condition que j’échappe à Skynet, le réseau global ultrasophistiqué de machines qui a déjà tenté de me tuer.
Mais Skynet n’a pas dit son dernier mot. Le T-X, son cyborg le plus évolué, arrive pour achever la mission ratée par le T-1000. Cette machine est aussi belle que redoutable. Et Connor n’est pas sa seule cible : Kate Brewster, une jeune vétérinaire, figure aussi sur sa liste… Tout le monde l’avait oubliée, Brewster machine est de sexe féminin. On dit une machine pour elle et un machin pour Connor. Tout est complexe chez Pi2x car chaque machine est pourvue d’un machin. Et celui de Kate Brewster est violemment convoité par John Connor.
Je ne sais pas si vous me suivez. Mon ami, non, il a raccroché depuis longtemps…
Pour Connor et Kate, le seul espoir de survie repose sur le Termitotor, l’ancien ennemi… Ensemble, ils devront affronter l’exceptionnelle technologie du T-X ou vivre la fin du monde avec Hermann De Croo.
Devant la plastique de Kate Brewster, Richard III n’hésite pas… Il le crie « mon royaume pour une pouffiasse ! » « My kingdom for one charity dame ».
Je suis comme ça… y a que les femmes qui m’intéressent. Pour les sauver, je pars avec John Connor et Kate dans un voyage à travers le temps et l’espace faire un stage de coiffure sur Pi2x, à seule fin de manier le sabre laser aussi bien que Termitotor.
Surbouqué dans le vol Bressoux-bas Hollywood, John Connor fera le voyage dans la logette du train d’atterrissage et mourra surgelé. Kate et moi, nous dégèlerons le sabre laser de notre héros dans une chambre d’hôtel « Glamour hotel ». Au studio de la Paramount, Termitotor déguisé en comédien, sera le seul à jouer juste, sans la voix de fausset si appréciée d’Hector Magotte. Nous le déciderons à se mettre au service du monde. Celui-ci sera sauvé !

Notice : (Pourquoi ce titre ? Que vient faire Amélie Mauresmo dans ce cirque ? Rien ! J’avais toujours rêvé d’en arriver là. C’est fait ? Vous m’en voyez ravi.)

19 août 2005

T’as le bonjour de Mohammed !

Voilà plusieurs jours que l’on assiste à un battage forcené sur les ondes radio et télé, dans les gazettes et sur tous les supports d’information de l’évacuation de quelques centaines de colons juifs de la bande de Gaza. Il n’y avait pas que les cris et les pleurs hystériques des expulsés, les envoyés spéciaux s’y mettaient aussi, à croire qu’ils avaient été recrutés dans les synagogues, pour la circonstance.
C’est toujours un malheur d’abandonner sa maison, parfois le travail de toute une vie. Mais ceux de Kfar Darom et d’ailleurs le savent mieux que quiconque, voilà trente ans qu’ils font endurer la même chose aux Palestiniens. Des milliers ont été jetés dehors leurs logis. Certains n’ont conservé que la clé de leur porte d’entrée. Parfois un trop rare reportage nous ouvre les yeux sur ce qu’ils endurent depuis, sans que la grande presse s’en émeuve ou qu’un speaker vedette en parle les larmes aux yeux.
Il y a eu sur ARTE l’année dernière un reportage qui aurait mérité une large diffusion, celui où une équipe de la télévision accompagnant un Palestinien spolié à la suite de la guerre des Six Jours se présentait à la porte d’une propriété – celle dont ce malheureux fut chassé par l’armée juive - à seule fin de rencontrer pacifiquement le citoyen Israélien qui occupait depuis son bien. C’est tout juste si l’équipe de télévision ne fut pas reçue à coup de fusil ! On sentait monter l’hystérie derrière les murs. Ces gens ne voulaient absolument pas se rendre à l’évidence qu’ils s’étaient appropriés du bien d’autrui par la force des armes et qu’ils étaient quelque part de vulgaires voleurs !
Des cas comme celui de ce Palestinien, il y en a beaucoup.
Ce retrait spectaculaire de Gaza, proclamé comme la victoire du bon sens, acclamé par le monde Occidental et souligné par les trompettes de Jéricho de l’indécence, cache en réalité la poursuite de la politique de l’occupation de la Palestine par la pieuvre de Tel-Aviv. La construction du mur de la honte se poursuit, coupant des villages palestiniens en deux, séparant le petit cultivateur de son bien, mordant sur les bonnes terres sans vergogne, forçant des centaines d’Arabes à l’exil. L’annexion de tout Jérusalem reste une politique concertée de tous les partis de la Knesset. Enfin, la poursuite des colonies en Cisjordanie est un fait indéniable.

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350 enfants sont détenus dans les prisons israéliennes, dans des conditions dégradantes. Le plus jeune a 12 ans.

Alors de qui se moque-t-on ?
Ce qu’espère avec ce désengagement spectaculaire et médiatisé le Premier ministre israélien Ariel Sharon, c’est de poursuivre le rêve du Grand Israël de façon plus intelligente, sournoise en tout cas, afin de rallier une opinion internationale qui se lasse du sans-gêne et de la mauvaise foi de cet Etat, autant belliciste que ses adversaires. C’est enfin mettre l’Autorité palestinienne dans l’obligation de faire la police à la place d’Israël afin de contrôler les mouvements terroristes issus de ses populations désespérées.
Les Occidentaux et particulièrement les Anglais sont historiquement responsables de ce qui se passe aujourd’hui en Palestine. Mais il est trop tard pour revenir en arrière, sinon ce serait au prix d’une nouvelle guerre mondiale.
Le malheur, c’est qu’il n’y a pas de solution juste. Des gens se sont installés en Palestine sous prétexte qu’il y a très longtemps leurs ancêtres en étaient les occupants. Dans un « bouge-toi de là que je m’y mette » on les a vus user de la plus parfaite mauvaise foi pour faire passer leur barbarie sur le compte du retour à la terre des Elus de Dieu !... Que n’a-t-on entendu de conneries pseudo religieuses sur le sujet pour après coup justifier l’injustifiable. A ce compte-là, les Grecs pourraient revendiquer l’annexion de Constantinople à la Grèce, comme nous, Liégeois, le retour de Maastricht à la Principauté !
Aujourd’hui, il y a une chaise pour deux convives. C’est le plus fort qui mange à table. L’autre a les restes, quand il y en a. C’est aussi simple que cela. Qui a tort et qui a raison ? Les deux à la fois, sans doute.
Jean de La Fontaine avec sa fable « Le chat, la belette et le petit lapin » avait tout compris trois siècles et quelque avant. Sauf que Raminagrobis-Bush n’est pas le juge qui tranche « en croquant l’un et l’autre », mais celui qui n’en croque qu’un parce qu’il a des intérêts évidents avec l’autre.
En attendant on ne sait quoi de la feuille de route concoctée par les USA, le pot-bouille est toujours sur le coin du feu à mijoter. Le Proche et le Moyen Orient risquent à tous moments d’exploser avec la Syrie et l’Iran dans la ligne de tir d’une escadre de guerre américaine et des bombardiers stationnés en Turquie, tandis qu’en Irak, les occupants se demandent comment ils vont pouvoir s’en sortir.
Autrement dit, rien n’est réglé et ce n’est pas Sharon qui le fera.
L’ONU est sous tutelle des Occidentaux et elle-même sans plan de rechange. Et tandis que le pétrole flambe et rend cette partie du monde encore plus sensible, l’économie mondiale poursuit sa logique suicidaire d’une recherche exclusive du profit et n’a cure des détresses qu’elle sème derrière elle, alimentant ainsi la source essentielle du recrutement terroriste mondial.
Pour un pataquès, c’est un beau pataquès.
Et dire que les chefs d’Etat et les diplomates se disent intelligents !

18 août 2005

Un 15 pluviôse.

Je ne voulais pas tirer sur une ambulance, mais quand même « l’événement à ne pas manquer », la fête du 15 août en Outremeuse…
Le Péket était plus à l’eau qu’à l’alcool.
Le folklore déjà dégoulinant de bonnes intentions, le pittoresque « bourgeois » y avait son sommet d’un déjà vu sous la drache grandiose. Ni les cortèges, ni les marches, ni les tirs, ni les bandas ne purent tirer les Tchantchès de leur torpeur mouillée. L’ambiance n’aurait en rien modifié le déjà lourd ennui de 2004, si la pluie ne s’était décidée à faire mieux. On a aux Réveillons parfois deux ou trois pères Noêl qui se font la gueule. Avec leurs sarraus détrempés, les Tchantchès semblaient sortir de la fontaine Del’Cour comme d’un crevettier après naufrage. Merde, il faisait plutôt ostendais le folklore wallon !
On peut dire que puisqu’il y avait moins de monde, qu’on s’est moins emmerdé sur la quantité, mais on s’est rattrapé sur la qualité : l’ennui a été cette année plus performant par personne que d’habitude.
La République Libre d’Outremeuse a été fondée en 1927 pour nous faire comprendre que la liberté, ce n’est que du folklore. Folklorique, cette liberté est respectée, bien entendu. Tout le monde vous le dira, une liberté comme celle-là est méritante. L’esprit frondeur ne mourra qu’avec la Belgique, pas avant, tous les ministres de la République en ont fait le serment. Tant que l’esprit frondeur traînera dans les estaminets, les autorités du pays seront respectées. Et c’est le principal.
La République Libre d’Outremeuse dans les meilleurs délais pourrait s’appeler la « République Libre Royale d’Outremeuse ». Je m’étonne que Denis Boussard n’y ait jamais pensé ! On pourrait proposer à Albert II la présidence d’honneur.
Adamo moudra de la poésie officielle célébrant le vélo d’Eddy, Julos Beaucarne empilera ses bobines sur d’autres places qu’à Liège et le bon géant Charlemagne rejoindra les autres personnages d’un Royaume où la marionnette court les rues, tandis que Simenon poursuivra sa longue carrière et son ombre hugolienne s’étendra sur tous les échevins de la culture au moins jusqu’au siècle suivant, avant que les poules de nos bars chauds aient des dents, ce qui pour la spécialité liégeoise n’est pas du tout conseillé.
C’est-y pas le chant de l’espoir, ce chant du cygne ?
Les spectacles de marionnettes au Musée Tchantchès ont joué « li Naissance » puis « li décès », c’est logique. Parce que si on jouait « Li décès » avant « Li naissance » que saurait-on de la vie de Jésus ? Et sans Jésus, pas de Marie et enfin, pas de potales !
Avec l’aide de la Province de Liège, de la Ville de Liège, des commerçants et forains, les fêtes du 15 Août approchent les 40.000 euros de subside. Je ne comprends pas que le ministre des finances de la République ne propose pas à ceux qui n’en peuvent plus de s’emmerder à ces manifestations de rue de collecter au moins la même somme ce qui permettrait à la République de refuser les subsides, d’annuler les festivités et de se partager le résultat de la collecte. Ainsi, tout le monde serait content et la Ville ferait des économies.
Pour l’Observatoire du Tourisme de la Région wallonne, le 15 Août occuperait la troisième place du " Top 10 " des événements de la saison estivale juste derrière le Tour de France et le Tour des Sites. En supprimant le 15 août, on ferait le « Top 9 ». Il n’y en aurait plus tant à éliminer pour que le Belge devienne moins con.

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Si Monsieur 28 mandats de Mons liquidait le Doudou, on tomberait à 8…
Il paraît qu’à 1,5 euros, le programme complet des réjouissances de la République Libre d’Outremeuse a été en vente dans une vingtaine de bonnes maisons ainsi qu’à la Maison du Tourisme de la Place Saint-Lambert et à l’Office du Tourisme en Féronstrée. Tiré à 25 exemplaires chez Dricot, 12 ont été fournis à la Ville, il y a donc 7 bonnes maisons qui attendent encore d’être fournies ! Depuis que Roberti a pris sa retraite, plus rien ne marche dans l’organigramme place du Marché.
La République Libre attend toujours son grand homme depuis que Grétry a quitté la rue des Récollets. Jean-Marie ou Jean-Maurice Président de la république ? L’année des doubles prénoms, c’est comme celle du singe en Chine, cela n’arrive que tous les 7 ans.
On nous a prévenus, considérant l’immense succès de ce 15 août en Outremeuse, en 2006 il commencera fin juillet pour faire la soudure en septembre avec les Fêtes de Wallonie, autre fête intégriste dont il est prévu qu’il pleuvra autant qu’au 15 pour qu’on s’y emmerde encore plus.
C’est une question de prestige régional.

17 août 2005

Dieu est Américain !

Fin de l’été, voilà que les Américains doutent de Georges Bush ! Le Président se serait-il trompé dans sa croisade en Irak ? Pourtant, il a écouté la voix de Dieu, à ce qu’il nous a dit.
Dieu éminemment américanophile et absolument d’accord sur le caractère démocratique des troupes US massées en Irak, si l’on en croit ceux qui sont allés L’interviewer à Crawford, au Texas dans le ranch des Bush, où Il a sa chambre à l’année.
-Vous est-il arrivé de douter de dobeliou, Monseigneur ?
-Condoleezza a les plus belles jambes de la diplomatie américaine, vous ne trouvez pas ?
-Vous ne répondez pas à ma question !
-Depuis quand Dieu doit-il répondre aux questions du New York Times ?
-Est-ce que vous êtes pour la mondialisation du commerce ?
-Les profits venant du golf en légère baisse, il serait temps que Je procède à quelques apparitions.
-Vous voulez dire le golfe ?
-Non. Je parle de Tiger Woods, j’avais fait un pari avec d’Aquin que j’ai perdu...
-C’est pourquoi Vous avez souhaité nous voir ?
-Pas du tout. Je souhaitais vous rencontrer afin que vous me donniez des nouvelles de Dobeliou.
-Mais vous êtes dans son ranch invité avec mademoiselle Rice et Donald Rumsfeld.
-Oui, mais le Président a disparu !
-Mais, Monseigneur, il était là il y a cinq minutes !
-Je parle du vrai… vous ne pouvez pas comprendre.
-Comment, celui qu’on a vu ?
-Nous avons dû remplacer Bush en dernière minute. Celui-ci est en réalité une des nombreuses doublures que j’utilise pour les grands de ce monde…
-Et alors, avec Laura Votre doublure ?
-C’est ce qui m’inquiète. Elle m’accueille le matin plus tard que d’habitude, les yeux cernés, la mine défaite mais l’air heureux. Devant Moi, ils se tiennent la main. Comme Je vois tout, dès que je suis le dos tourné, il s’en passe des choses dans ce ranch !...
-Puisque Vous voyez tout, où serait le vrai Bush ?
-A la concurrence, peut-être ?
-A la concurrence ?
-Oui. C’est une explication. Je contrôle tous ceux qui croient en moi et qui M’aiment. Les autres m’échappent.
-Le démon se serait emparé de lui ?
-Non. Le démon nous le contrôlons. Voilà 50 ans que nous l’avons laissé se débrouiller avec la démocratie libérale. Il s’est fait prendre à son propre piège, à Silicon Valley où il est en train de faire faillite.
-Alors qui ?
-Dobeliou est un impulsif. Il s’est voulu intégriste. Je n’ai rien dit. Peut-être aura-t-il été trop exigeant avec lui-même Il est probablement en visite au Pakistan.
-Au Pakistan ?
-Oui. Au ranch de Ben Laden.
-Je ne comprends pas. Ben Laden serait un autre Dieu ?
-Non. Mais un prophète d’en face. Vous voyez ce que je veux dire ?
-Un employé d’Allah ? Et contre Allah, vous ne pouvez rien faire ?
-Nous avons des accords. Nous nous partageons les territoires. Mais, entre collègues la confiance n’existe pas. Il Me chipe des fidèles. J’ai dû rappeler Jean-Paul, il perdait de la clientèle… Le bilan n’est pas fameux. Heureusement que j’ai une vie privée pour me distraire après le bureau.
-En ce moment ?
-Je dois dire, ça marche pas mal Condoleezza et moi. Cette femme fait des miracles…
-Pas étonnant puisque Vous êtes là !
-Je veux dire des miracles de son corps.
-Parce que Vous… et elle ?

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-C’est la seule chose qui me retienne au ranch !... Je me demande si…
-Vous Vous demandez si…
-Une Noire, future présidente des Etats-Unis, ce ne serait pas la meilleure de l’année !
-Je peux donner le scoop à mon journal ?
-Oui. Mais ne dites pas que c’est Moi qui vous l’ai dit.
-Vous pensez que Dobeliou est irrécupérable ?
-Je vais greffer le sens du devoir à son sosie. Après, je m’arrangerai avec Donald Rumsfeld.
-Et si Bush avait infiltré Al-Qaida, pour toucher la prime de la capture de Ben Laden ?
-C’est possible, d’autant qu’il a le droit canon pour lui !

16 août 2005

La vulgarité de la distinction

Où l’on voit Richard abandonner un argument comique et donner dans le sérieux obscur.

-Monsieur Le Pont-Joinville à 18 ans vous étiez apprenti garagiste et quasiment illettré. Quel chemin parcouru entre le garage et la Sorbonne où vous enseignez la philosophie !
-Monsieur Frédéric Mite-Etrange, le garage était rue Saint-Jacques, à une chiée de mon travail d’aujourd’hui…

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-Je veux dire intellectuellement… Vous avez une explication ?
-Certains types d’explication exercent une attraction irrésistible. A un moment donné, l’attraction d’un certain type d’explication est plus grande que tout ce que vous pouvez concevoir. Votre demande d’explication tient dans le merveilleux d’une métamorphose dont vous me demandez la narration à seule fin d’exposer ce merveilleux pour que vos auditeurs vous trouvent bon.
-Il ne s’agit pas de moi, mais de vous, monsieur Le Pont-Joinville. On peut s’étonner que vous ayez quitté le garage et renoncé au métier de réparateur de voiture le jour de la mort de Jean-Paul Sartre en 1980 ?
-Monsieur Frédéric Mite-Etrange, on ne peut pas ignorer que le rêve est en réalité telle ou telle chose. Peut-être est-ce le fait que l’explication que vous donnez de ma brusque vocation, qui coïncide avec la mort de Jean-Paul Sartre, soit extrêmement repoussante.
-En quoi le serait-elle ?
-Parce qu’elle ne serait que le fruit du hasard, et que le hasard est à la fois une explication trop plausible et trop commode pour que vous vous en contentiez.
-Je suis perplexe. Notre émission « toujours la philosophie pour en rire » a pour but de divertir l’auditeur aux dépens de la philosophie. Votre nom, vos débuts contradictoires avec votre statut actuel, tout donnait à penser que nous ferions une bonne émission. La tournure que prend notre conversation me fait douter que cette interview entrât dans le genre. Qu’en pensez-vous, Monsieur Le Pont-Joinville ?
-C’est un phénomène psychologique intéressant que cette explication, monsieur Frédéric Mite-Etrange. Dans votre inquiétude, vous avez réellement eu ces pensées, alors qu’en réalité vous ne les avez pas eues. Vous savez très bien quel est mon parcours, votre problème est lié à la nécessité de faire rire à mes dépens. N’y arrivant pas, vous voudriez que je partageasse votre inquiétude et m’engageasse à vos côtés dans un partenariat où m’incomberait le personnage qui fait rire de lui.
-Non pas de lui, Monsieur Le Pont-Joinville, mais de la profession qu’il exerce, en l’occurrence, la philosophie. L’ironie que vous pratiquez à merveille, nous pensions que vous pourriez l’exercer aux dépens du métier que vous faites, ce qui vous donnerait l’avantage de n’en être pas dupe.
-La contestation par le rire, comme il y a une contestation par le rêve. Le sérieux du comique et le comique du sérieux… je crains que vous n’ennuyassiez vos auditeurs, Monsieur Frédéric Mite-Etrange.
-Rire de soi, c’est rire des hommes, de la création, de Dieu… s’il existe…
-L’ennui, c’est que votre émission « toujours… - aujourd’hui la philosophie - pour en rire » n’inclut jamais que vous riiez de vous-même ; ainsi vous ne dénoncez pas la perpétration de votre vie par l’impossibilité d’en rire…
-Monsieur Le Pont-Joinville, il existe suffisamment d’émissions où le jeu consiste à se moquer du présentateur, pour que nous n’en fassions pas un système.
-Monsieur Frédéric Mite-Etrange, les psychodrames thérapeutiques ont lieu d’ordinaire sans public.
-Je n’ai nul besoin de cette thérapie-là, Monsieur Le Pont-Joinville.
-C’est que vous vous soustrayez de la règle générale, parce qu’il vous semble que ce serait contraire à la distinction bourgeoise dont vous vous croyez investi, Monsieur Frédéric Mite-Etrange.
-Vous me trouvez donc d’une distinction bourgeoise !
-Mais bien sûr que vous l’êtes.
-Comment dois-je prendre cela ?
-Venu d’un monde plus simple – non intellectuel diriez-vous, et vous n’auriez pas tort - je me suis posé beaucoup de questions sur la distinction bourgeoise, Monsieur Frédéric Mite-Etrange, avec la naïveté du petit garagiste. Vulgarité et distinction sont deux aspects d’une réalité. La distinction crée la vulgarité. Le bourgeois cherche un compromis avec son corps, ce qui apparaît alors, c’est la vulgarité de la distinction.

15 août 2005

Les beaux mandats

Il a fallu neuf ans pour qu’une loi votée en 1995 soit d’application en 2004. Cette loi touche les mandataires publics (ministres, parlementaires, bourgmestres, échevins, gouverneurs de province et députés permanents). Elle concerne le nombre de leurs mandats et l’état de leur patrimoine. On comprend que ces altruistes aient traîné les pieds.
La Cour des comptes vérifie si des petits malins ne racontent pas des craques, dans une atmosphère délétère, puisque aussi bien, 7237 quidams ont déclaré leur patrimoine sur 7768, soit 431 distraits ou fraudeurs. Parmi les distraits Happart et Raoul d’Udekem d’Acoz, comme qui dirait Barras et Necker.
La Une de la RTBf a cité quelques recordmen.
Le moniteur a publié la liste des bénéficiaires sur http://www.ejustice.just.fgv.be
C’est édifiant.
Hermann de Croo craint le voyeurisme médiatique.
C’est peut-être pour cela que son nom et celui d’Anne-marie Lizin n’apparaissent nulle part.
Ils rejoignent le club des nini.
Il n’a pas tout à fait tort, Hermann, car beaucoup de mandats ne rapportent pas une clopinette. Ils sont là pour faire reluire celui qui accepte d’y figurer. Il s’y noue d’intéressants copinages pour des perspectives électorales, sans plus… mais pas toujours. Les gens sont si médisants !... Parfois, ça cliquette ferme au tiroir-caisse. Bref, il est fort difficile au nombre des mandats de savoir ceux qui rendent les magots personnels obèses.
La question est de savoir comment on se débrouille pour honorer les mandats acceptés.
Les plus gros collectionneurs sont des libéraux et les socialistes regroupés du côté de Mons, si vous voyez ce que je veux dire.
A Liège, Willy Demeyer passe des nuits blanches avec 19 mandats dont 10 rémunérés, et sa consoeur Maggy Yerna en appétit démocratique n’en a que 16, dont 8 rémunérés.
Parmi les grands interprètes de la voix du peuple, épinglons les avocats et les médecins. Le PS liégeois Jean-Pascal Labille ne se défend pas mal, Christine Defraigne non plus. Soulignons le cas exemplaire de Laurette Onkelinx, ex-liégeoise, avec UN SEUL mandat ! C’est juré, Laurette, je ne dirai plus jamais du mal de vous.
Il faut souligner l’extrême modestie de Michel Daerden qui n’a qu’un seul mandat rémunéré lui aussi, à côté d’un paquet d’autres sans thune. Sa popularité est le résultat d’une grande disponibilité altruiste.
Parmi les gros poissons de « par ici la bonne soupe », Daniel Bacquelaine le sémillant et docte bourgmestre MR de Chaudfontaine, pétille à 27 mandats, dont 9 rémunérés probablement dans les grandes largeurs. Son confrère libéral Labalue Philippe a de quoi faire aussi. Les administrés de ces dévoués peuvent être fiers de leur capacité de récupération, car ils ne doivent pas dormir souvent, pour rester au top. Une autre MR, Nicole Arnoul, simple conseillère communale liégeoise, s’en tire avec 20 mandats dont 5 rémunérés. Le champion du genre à Liège est un cointeux, Hamal olivier, avocat et député permanent MR qui avec 59 mandats dont 6 rémunérés, sue sang et eau pour défendre en plus la veuve et l’orphelin en sa qualité d’avocat.
Dans les pointures, Borsus Willy, de la modeste commune de Somme-Leuze, mine de rien, culmine à 39 mandats, dont 14 rémunérés.
Elio Di Rupo, n’a que 28 mandats dont seulement 5 rémunérés. Cependant, cette modestie n’a aucune signification, quand on sait qu’il est député bourgmestre de Mons, président du PS et fourré chez Dexia comme administrateur.
Qu’on se rassure. Il saura remplir sa cuve de mazout l’hiver prochain sans puiser dans ses réserves.
A Bruxelles l’ancien speaker de radio, Georges Désir, a bien fait de changer de métier, avec 30 mandats dont 12 rémunérés, il peut voir venir.

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Finalement Herman de Croo a raison. Le voyeurisme médiatique fait mal à celui qui dans la misère compare ses revenus avec ces gens-là, ni plus malins, ni plus patriotes, ni plus compétents, ni plus convaincus que d’autres citoyens plus modestes. Quand ils nous disent qu’ils rendent service à la population, on peut croire que c’est pour le moins réciproque.
Ce déballage des mandats montre qu’il existe un rapport étroit entre la position dominante dans un parti et l’accumulation des mandats, dont certains très profitables.
Le philosophe Max Stirner (1806-1856) avait déjà prévu dans « L’unique et sa propriété » (1845) la dérive actuelle du système abusivement appelé démocratique : « L’Etat me floue qui me rend esclave de moi-même en me faisant calquer ma volonté particulière sur la volonté générale ». Dans le fond, les seuls vrais anarchistes à la Stirner sont nos multimandatés politiques qui ont compris qu’il fallait « agir de façon immorale pour agir de façon personnelle ».
Herman De Croo est sceptique sur l’avenir de la Loi, déjà amendée pour éviter d’y voir les grands mandataires des entreprises publiques. Nous aussi.
Quant aux réfractaires qui n’ont pas rempli les formulaires, la justice pourrait les poursuivre. On a vu la mascarade avec la Loi de compétence universelle pour n’attendre rien d’une bataille de procédure entre illusionnistes de lapins blancs et chapeaux claques.
Les grands discours qu’ils nous tiennent sur le civisme et la morale publique sont en réalité les petites friandises qu’ils s’offrent entre eux, pour mieux nous roter dans la gueule.
Nous, en fait de mandat, c’est quand on l’a au cul. On gagne le dépôt et ça peut rapporter dix ans pour le vol d’un peigne, et jamais des thunes.

14 août 2005

JMJ : Liège livré aux curés.

Le rassemblement mondial de la jeunesse débute ce mardi 16 août.
Liège est un haut lieu de pèlerinage depuis plusieurs jours. Les drapelets de l’espérance flottent à tous vents. Les ratichons sont parmi nous. Samedi place Cathédrale, c’était l’effervescence. J’ai personnellement assisté à un miracle : il n’a pas plu pendant deux heures !
Ah ! elle est belle la laïcité, les grandes envolées de séparation de l’Etat avec les religions. Ils ont l’air de quoi les laïcs ?
J’ai même vu un curé habillé à l’ancienne monter la rampe du pont Kennedy sur un vélo pour dame ! Ce n’était pas don Camillo roulant pour Panzani, mais un vrai. D’où pouvait-il sortir ?
C’était peut-être Dieu déguisé à l’inspection des troupes et qui ne savait pas qu’on ne porte plus l’uniforme ?
Ratzinger, le cousin germain, lui, le porte toujours. C’est le général frais promu Grand pacificateur des Gaules. Il attend les fidèles à Cologne, replié sur des positions prévues à l’avance, comme on disait du temps où Adolphe ramassait la pâtée.
Les Logeurs rangent leurs petits tabliers et hantent les porches sacrés dans l’espoir de ramasser des voix entre deux patenôtres.
Sale temps pour les Rouches. Ils ne peuvent pas lutter contre l’intemporel. Pourtant voilà bon temps qu’ils ont mis de l’eau bénite dans leur vin.
La religion, c’est plus fort que tout. Les militants se partagent le travail. Ce sont les mêmes qui « font » le premier mai, puis « font » le 15 août à Cologne. La liberté d’opinion, c’est aussi ne pas en avoir, pas vrai ?
C’est œcuménique comme un grand film de Hollywood, quand Richard Geer vainc sa peur du vide pour approcher la belle. Les agnostiques et les athées fondent en larmes avec les chrétiens : « Il serait né le divin enfant ? ».
La volksturm de 800.000 jeunes court à son gauleiter sur les bords du Rhin. God ist mit uns et les vaches seront bien gardées.
3.220 Belges du Nord et du Sud feront le voyage. Parmi eux, il y aura quelques centaines de Liégeois. La section locale du PS réclame les noms, pour l’heure des sanctions. Il ne faut tout de même pas charrier. Entre Di Rupo et Dieu, il n’y a pas photo.
L’abbé Patrick Denis, aumônier fédéral du patro, va bivouaquer à Kerpen, non loin de Cologne avec ses troupes. Il aurait bien voulu passer le Rhin à Remagen sur des rondins pour le folklore, avec la pluie de ces derniers temps, ce n’était pas possible.
Récolter des fonds pour accomplir la volonté de Dieu, c’est dur. Tous les banquiers chrétiens sont à Lourdes, dans l’espoir qu’on les oublie. A l’Echevinat du tourisme, on devrait faire quelque chose. L’auberge de jeunesse de la place de l’Yser ne désemplit pas. On voit des échevins se signer devant les potales en Outremeuse.

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Dans les paroisses, on est quasiment en rupture de stock en vin et hosties.
La projection de diapositives lors d’eucharisties célébrées dans les paroisses n’a récolté qu’une poignée d’euros. Les Chrétiens à la quête sont tous des eurosceptiques.
Des scouts ont vendu des bouteilles d’eau étiquetées «eau de Cologne» qu’ils ont remplies au pont barrage : menteurs avec ça !...
L’abbé Thyse-Moreux de la Basse-Meuse a posé les questions traditionnelles : D’où venez-vous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ?
Le chef de la patrouille des Castors qui se souvenait de ses lectures avant sa conversion a répliqué dans l’hilarité générale : Je viens de chez moi. Je suis moi. Je retourne chez moi.
Chacun a écrit sur un bout de papier ses espérances, ses craintes et ses attentes. Et au terme de ces sept prochains jours, les papiers seront comparés à ce qui ce sera passé à Cologne.
Des brouillons des jeunesses liégeoises retrouvés place cathédrale nous font craindre le pire pour les prochaines élections. Du coup les CDh qui voulaient passer au PS hésitent.
Au programme, avant de rejoindre Cologne: rencontres fraternelles, échanges spirituels, belote bridgée pour les vicaires, actions sociales, conférences et discothèque au-dessus de 18 ans. Un échevin mal intentionné a voulu détourner la route qui passe par Liège sur les coteaux de la citadelle. L’évêché mène une enquête.
Comme je badaudais, des pèlerins ont reconnu Richard III et ont jeté des pierres. C’est ça la célébrité.

13 août 2005

Pas de nouvelle… bonne nouvelle

- Fonz Vandeblad, vous lancez un produit qui va concurrencer la presse gratuite. Pouvez-vous nous dire de quoi il s’agit ?
- La presse gratuite se porte bien. Les toutes-boîtes font leur percée sur le marché. Métro est devenu le troisième journal le plus lu dans le monde après les « deux mastodontes japonais ». La presse gratuite a donc trouvé son lectorat habitué de lire sans qu’il ne lui coûte rien. Elle commence à séduire les annonceurs publicitaires. Mais, cette presse rencontre quelques inconvénients. Nous avons décidé d’y mettre un terme en créant un produit nouveau.
-Avant de nous parler de ce produit nouveau, pouvez-vous nous dire quels sont les inconvénients que vous avez perçus dans les toutes-boîtes ?
-Si cette presse occupe des professionnels de l’impression et des professionnels de la publicité, par contre, elle n’occupe plus des professionnels de l’écriture. Autrement dit, elle n’entretient plus un staff de journalistes.
-C’est normal, puisqu’elle ne publie plus d’articles de fond. Ce qu’on y lit ne sont que des communiqués des pouvoirs publics et des informations de particuliers sur des manifestations sportives ou culturelles.
-Justement. Nous nous sommes émus de ce désert. Aussi, avons-nous l’intention de lancer un toutes-boîtes payant avec de vrais journalistes professionnels et des prises de position tant du point de vue de la politique locale que de la politique internationale.
-Mais, Monsieur Fonz Vandeblad, je ne comprends pas. Vous dites créer un concept nouveau, et vous nous décrivez la presse écrite comme « La dernière Heure », Le Soir » « La Libre Belgique » où est la nouveauté ?
- Ce sera une presse payante. Mais au contraire de celle qui est encore pour un temps en activité, nos toutes-boîtes seront payés par les journalistes qui y écrivent, moyennant quoi, ils recevront une carte de presse.
-Vous êtes en train de me dire que vous allez vendre une carte de presse aux journalistes qui écriront dans vos toutes-boîtes, mais c’est illégal !
-Pas s’ils sont indépendants et intéressés aux profits après le bilan et payement des plus-values à nos actionnaires.

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-Ils ne toucheront pas grand-chose à la fin de l’année et ils en seront pour leur poche.
-C’est certain. Mais, nous allons créer une nouvelle catégorie de professionnels de la presse écrite. Cette nouvelle génération sera une pépinière de véritables électrons libres qui nous apportera des lecteurs.
-Et aussi beaucoup d’ennuis… Vous vous rendez compte ? Si les professionnels se mettent à écrire librement ce qu’ils pensent, la vie politique va s’en trouver gravement perturbée ! Les annonceurs par peur du scandale fuiront vos toutes-boîtes. Vous ne tirerez pas cinq numéros.
-Pas sûr. Le scandale attire le lecteur et l’annonceur s’en fout du contenu du moment que son annonce est lue par des lecteurs aux quatre coins du pays.
-Vous allez vous ruiner en procès !

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-Pas si le conditionnel devienne la règle et que les articles par trop diffamatoires soient publiés dans le courrier des lecteurs sous la mention « Sous la responsabilité du lecteur ». Nous envisageons même de rendre les lecteurs responsables de tous les articles puisque aussi bien, ils peuvent devenir professionnels en écrivant dans nos « toutes-boîtes ». Ainsi nos professionnels seront à la fois nos écrivains et nos lecteurs. Notre journal paraîtra quasiment en circuit fermé. Chaque personne envoyant une lettre au courrier des lecteurs pourra devenir professionnel de la presse écrite moyennant une somme forfaitaire dont nous étudions l’importance. Nous le fidélisons puisque nous en faisons à la fois un journaliste et un lecteur.
-Mais vous êtes fou ! C’est une escroquerie !
-Pas du tout. Nous ne faisons qu’étendre à la presse le système qui prévaut déjà depuis des dizaines d’années dans les maisons d’édition dont certaines ne fonctionnent quasiment qu’à compte d’auteur ! Si vous voulez, je peux vous en citer deux ou trois à Liège…
-Surtout pas. Je ne veux pas me rendre complice, même par oreille complaisante, de ce que je considère comme délictueux et passible des tribunaux.
-A votre aise… Pardonnez-moi,

12 août 2005

Convalescence

-Je m’attendais à plus de compréhension de ta part. Tu vois, Pulchérie, j’ai traversé une mauvaise période…
-Tu parles, ta mauvaise période, comme tu dis, c’est ma maladie… Clodius…
-Justement, tu n’étais plus et tu n’es plus toujours tout à fait la même qu’avant…
-…pour remplir ma double fonction, celle de maîtresse et celle de femme de ménage, si c’est ça que tu veux dire ?
-Tout de suite les grands mots. C’est plus simple que ça. J’ai souffert de te savoir malade et je souffre encore, tu le sais bien, mais après deux années d’apprentissage, je casse toujours des assiettes à chaque vaisselle, mes oeufs brouillés ne le sont pas tout à fait, et sur le carrelage, il y a une croûte de crasse que je ne parviens pas décaper et le lit ne sert plus que pour dormir… si tu vois ce que je veux dire ?
-Et qu’est-ce que tu suggères ?
-… que tu reprennes comme avant toutes tes fonctions, quand nous nous sommes connus.
-Tu veux dire lorsque tu as quitté ta mère et qu’il te fallait trouver une boniche qui ne te coûterait rien et avec laquelle tu pourrais satisfaire tes instincts ancillaires ?
-Qu’est-ce que tu racontes « quitter ma mère » ? Je ne comprends rien…
-Je ne le savais pas non plus, jusqu’à ce que la maladie m’ait ouvert les yeux.
-Tu veux dire qu’elle t’a changé, ta maladie, physiquement, c’est sûr, mais dans ta tête ?
-Complètement.
-Et alors, maintenant que tu as presque recouvré la santé…
-Ce « presque » est admirable…
-…tu vas continuer d’être comme si tu étais encore malade ?
-Bien sûr que non. Mais à l’hôpital j’ai rencontré des femmes formidables et de par leur exp