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30 juin 2008

C’est en France… Quand en Belgique ?

« - Appel de la coordination nationale des comités d’initiatives pour un Nouveau Parti Anticapitaliste. Le Nouveau parti anticapitaliste est en marche ! »
C’est ainsi que commence le communiqué publié dimanche soir à l’issue de l’importante réunion de rassemblement d’une gauche de combat. La suite, si vous le souhaitez sur :

http://www.lcr-rouge.org/spip.php?article1978

Beaucoup de délégués des comités pour un "Nouveau parti anticapitaliste" ont tenu, samedi 28 juin, leur première réunion nationale, à la Plaine-Saint-Denis
Olivier Besancenot c’est dit très satisfait devant les délégués : "Cette première réunion n'est pas un mini-congrès, mais c'est un acte fondateur fort".
En France, ce n’est pas sans inquiétude que le PS voit un mouvement fédérateur regrouper enfin la gauche de la gauche. Si ce mouvement qui se veut européen pouvait gagner la Belgique ça mettrait le feu aux miches de nos placides Socialistes d’Etat.
Car enfin, est-il concevable devant les dérives du système capitaliste, qu’il n’y ait pas un courant contestataire capable de remettre en cause le « socialisme mou » des collaborateurs du libéralisme ?
La situation est encore plus floue en Belgique qu’en France, puisque nos voisins pratiquent l’alternance de sorte que la gauche ne se mélange pas avec la droite, alors qu’en Belgique le Parti socialiste collabore franchement dans le gouvernement avec la droite la plus libérale et le flamingantisme nationaliste le plus affirmé avec le NV-A, par CD&V interposé !
Le nouveau parti de gauche portera le nom de « Parti ouvrier indépendant » jusqu’en janvier 2009 où ce nom sera confirmé ou changé selon le choix des participants à une nouvelle réunion de masse. Que Di Rupo fasse gaffe, ce parti a des ambitions européennes.
La révolte exprimée par ce nouveau parti est celle que, confusément, des centaines de milliers d’Européens éprouvent devant la construction d’une Europe libérale qui ne leur convient pas. C’est le « non » français à la Constitution européenne qui a déclenché une réflexion sur l’indolence des PS européens à défendre vraiment l’opinion des exploités. En France, à l’exception du courant Fabius, c’est l’ensemble du PS qui au moment du vote pour le « oui » avait découvert son vrai visage : celui de la collaboration absolue au capitalisme !
Fonder une autre société basée sur la critique et la solidarité me paraît être une ambition légitime et qui vient à son heure devant les dérives actuelles.
Dans la dynamique du lancement, les comités regrouperaient 10 000 militants environ et se donneraient pour objectif de fonder en janvier 2009 le nouveau parti, dont le nom reste à déterminer. Alain Krivine, fondateur de la LCR en 1968, est satisfait : "C'est un gros succès, on est au début du processus et on est déjà 10 000", trois fois plus que les effectifs de la LCR. L’engouement actuel, c’est le PS qui en est contre son gré responsable. En effet, chaque reniement, chaque coup de barre à droite, ce sont des centaines de socialistes « conventionnels », parfois des militants de toujours, qui ouvrent les yeux et comprennent que le temps de la collaboration avec un système pourri jusqu’à la moelle ne conduira les citoyens qu’à des déconvenues de plus en plus grandes.

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Dimanche, une nouvelle réunion devait décider d’une structure.
"Le plus grand défi est d'associer les non membres de la LCR à tous les chantiers", alors que "la moitié d'entre eux n'ont aucune expérience politique", a jugé Pierre-François Grond, membre de la direction de la Ligue. Clémentine Autain, ex-candidate à la candidature antilibérale en 2007, a admis que "la LCR est la seule à faire une proposition politique" alors que "le PCF, la gauche du PS ou des Verts n'ont rien fait". Pour que ça marche, le nouveau parti, dit-elle, doit notamment s'adresser aux autres sensibilités" pour ne pas devenir une LCR un peu plus grande".
C’est là, dans cet amalgame des concerts parfois discordants de la gauche de la gauche que se fondra réellement les espoirs de changement. La difficulté tient dans la dialectique. Ceux qui sont rompus à cet exercice savent comme parfois les ténors de la LCR prenaient la tête des non-initiés, pourtant sincèrement d’accords, dans des discours à la Guevara, dont le but étaient d’amener l’auditoire à un consensus sur des théories plutôt que sur du concret.
La prise de parole est l’exercice le plus difficile qui soit, quand on le veut ouvert à tous.
J’ai une amie, habitante de Bayonne, qui est montée à Paris et on l’a écoutée. Elle a eu droit à ses 5 minutes de tribune comme tout le monde. Elle a plaidé pour qu’on entende les voix de partout pour la défense des spécificités locales, souvent niées à Paris. C’est encourageant.
Donner la parole à tout le monde et respecter les avis contradictoires n’ont pas toujours été de saison à gauche, le PS et le PC y sont experts.
Espérons que la suite ne détrompera pas les nouveaux enthousiasmes.
En Belgique, c’est peu dire que tout est à faire pour reconstruire la gauche !
Tiens bon Bobol. Nanar t’embrasse !

29 juin 2008

Une catastrophe programmée.

Dexia et Fortis deux banques belges moyennes (si on les compare aux géantes américaines) ont quelques soucis à se faire et nous avec elles.
Le problème est le suivant : que vous soyez en déficit dans votre budget ménage à cause du salaire qui ne suit pas, l’inflation et l’augmentation des impôts indirects avec le coût des carburants, Dexia et Fortis comme les autres banques belges s’en fichent éperdument. Des huissiers vous saisissent et vous finissez dans la rue si vous êtes en compte avec l’une ou l’autre banque. Par contre, si le clash est à l’échelle bancaire, les banquiers ne finiront pas sur le trottoir. Ces entreprises seront rachetées par plus gros. Dans ce cas, il y aura des restructurations, les petits actionnaires seront refaits et parfois les Administrations communales, dans le cas de Dexia – ancien Crédit communal – perdront des dividendes, voire leur portefeuille, enfin des employés se trouveront sur le carreau, et nous serons tous, indirectement, appauvris, tandis que le PDG fichera le camp avec des indemnités à faire baver un roi du pétrole.
Le devenir bancaire concerne chacun d’entre nous, en tant qu’artisan, consommateur, petit industriel, voire détenteur d’une bête carte de crédit.
La crise des subprime, la crise tout court n’est pas terminée. Elle est en pleine accélération. Son baromètre actuel est le prix du brut, face à un dollar faible. Les banques européennes ne sont pas à l’abri de la situation américaine. Mieux, elles vont se trouver en première ligne et certaines le sont déjà.
Or, aucune entreprise bancaire en Europe, hors HSBG, ne représente une capitalisation boursière supérieure à 80/90 milliards d’euros. C’est-à-dire qu’elles sont à la merci des grands groupes américains qui peuvent très bien par des rachats, faire payer à l’Europe sa quote-part dans la crise qui n’était au départ que le produit d’un emballement typiquement américain. (1)
C’est alors que nos ennuis commencent.
Les critères de définition de la nationalité sont – depuis la tournure mondiale des marchés – de plus en plus difficile à déterminer.
Si nous prenons comme critère le seul volume d’affaires, toutes les entreprises européennes seront chinoises dans vingt ans.
Le fait que Mittal produise son acier en-dehors de l’Inde, ne signifie pas que cette entreprise n’a pas ses racines et ses intérêts en Inde.
Les chiffres actuels de la capitalisation montrent clairement une accélération de la mondialisation.

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En cas de crise majeure, il est certain que les groupes mondiaux se replieront dans les pays d’où le Conseil dirigeant est issu, par réflexe et par le besoin d’une sécurité qu’ils n’auraient pas ailleurs.
Cela signifie une chose : l’Europe et particulièrement la Belgique sont en train de s’appauvrir, c’est-à-dire à rattraper par nos bas salaires, les hauts salaires chinois qui sont à environ 15 à 20 % en-dessous. Quand la jonction sera faite, si la descente n’est pas freinée, nous pourrions d’ici un ou deux lustres produire des chemises à 5 euros… pour le marché chinois, avec toutes les conséquences que cela suppose !
Le secteur bancaire n’est pas le seul concerné. Ce qui est représenté comme une simple adaptation à la modernité économique est le résultat d’un ralentissement généralisé des profits. Ce qui est proprement inacceptable pour les décideurs. De telle façon que nos industries et nos banques risquent de se faire siphonner par plus fort qu’elles, avec évidemment toutes les conséquences possibles que l’on imagine, des départs vers l’étranger des sièges sociaux..
Evidemment nos dirigeants politiques tiennent le même langage que les dirigeants de Dexia et Fortis. N’attendez pas d’eux autre chose que le couplet de « Tout va très bien, madame la Marquise… ».
C’est un langage dangereux et pourtant recommandé pour le moral des ménages. Dangereux parce que les mesures à prendre afin de se prémunir à la fois contre la mondialisation et le goût des Américains de faire payer les pots cassés de leur imprévoyance par les autres, pourraient encore être prises par l’ensemble des pays européens, s’ils n’étaient tous en train de suivre le chemin de la politique anglaise de la vente quasi générale des entreprises aux plus offrants étrangers, dans l’espoir, qui vient de se révéler faux, que l’industrie et les banques resteront en Grande-Bretagne et que le potentiel industriel de celle-ci sera sauvé !
Au contraire de tous les libéraux qui sont pour l’ouverture et la mondialisation à outrance, il faudrait renationaliser, donc communautariser par des lois, les entreprises et les banques qui sont sur la sellette. Pour cela, il faudrait admettre la participation de la collectivité à ces sauvetages, ce en quoi des gens comme Reynders sont farouchement opposés.
Les gens qui voient disparaître les quelques avantages obtenus dans les années 80/90, ne sont pas dupes. Ils sentent bien que le libéralisme actuel les pousse vers des abîmes. Il sera difficile de mettre encore longtemps sur le seul compte du renchérissement des matières premières, les erreurs et les manquements de nos capitalistes locaux.
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1. Sans ignorer que de petites banques et des organismes d’assurance américains ont été rachetés juste avant la crise par des banques belges !

28 juin 2008

Vivent les cons !

-L’insoutenable angoisse du penalty !
-Absolument.
-Il faut en finir avec le championnat d’Europe de foot
-Comment faire ?
-Il y aura un avant et un après juin 2008.
-Je me doute, mai, par exemple, c’était avant…
-Je vois ce que vous voulez dire, après Pelé, il y eut Maradonna, puis ce fut Zidane.
-Après juin, on ne sait pas.
-Avant ces géants, on poussait une balle sur un gazon rectangulaire.
-Les grands du foot nous ont ouvert les grands espaces, les chevauchées…
-Ceux qui n’aiment pas le foot sont des prétentieux.
-Je suis bien d’accord avec vous.
-On se souvient de Duras interrogeant en 87 Michel Platini ?
-Il était de quelle équipe ?
-Qui ? Platini ?
-Non, Duras ?
-D’aucune. Je parle de Marguerite Duras qui dans son interview de Platini à propos de son livre « Ma vie est un match », avait demandé à Michel « C’est un livre sur le football ? ».
-Vous en savez des choses !
-Nous ne nous laisserons pas récupérer par les intellectuels.
-Oui, le football est un jeu typiquement manuel.
-Qu’est-ce que vous dites-là ? Tous les sports sont manuels. Mais, c’est quand même ceux qui réfléchissent dans les sports manuels qui sont des maîtres.
-D’accord. Réfléchir, mais pas trop quand même, surtout en football.
-Un gardien de but, c’est évident, ne doit pas réfléchir.

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-Un attaquant seul devant le gardien adverse, n’a pas le temps de réfléchir, non plus.
-Pour tout autant qu’il ait le ballon dans les pieds ou sur la tête.
-Surtout sur la tête, réfléchir lui serait fatal.
-… donc, même les maîtres ne doivent pas réfléchir !
-Surtout pas eux.
-Ça tombe bien. Ils n’ont pas l’air de trop comprendre ce qu’on leur dit.
-En-dehors des pelouses, interviewés par exemple, ils pourraient réfléchir quand même un peu ! --Mais, non. Ils gardent leur concentration. Ils ne réfléchissent pas pour rester en forme.
-Alors qui réfléchit dans le football ?
-Le président du club ? Pour vendre et acheter des joueurs, il faut réfléchir.
-Il compte pas, c’est souvent le seul intellectuel. Faut bien pour son commerce.
-Parfois le supporter, mais pas longtemps ?
-Pourquoi pas longtemps ?
-S’il réfléchissait trop, il décrocherait du jeu.
-Un supporter qui décroche peut faire des dégâts. Vous vous rappelez le Heysel ?
-Arsène Vaillant qui ne réfléchissait pas beaucoup, en est sorti idiot !
- Voilà pourquoi le football ne doit pas tomber dans les mains d’intellectuels.
-Vous avez des exemples ?
-Reynders, Le terme, Di Rupo, supporters du Standard.
-Ce sont des intellectuels ?
-On ne sait plus. On hésite. Puisqu’ils sont supporters et que, par déduction, un supporter ne réfléchit pas trop.
-Sans les intellectuels, tout devient limpide !
-On est entre nous, klaxons, drapeaux, embrassades quand on gagne ; jurons, injures, castagnes, quand on perd. C’est plus sympa.
-Il y a un inconvénient.
-Lequel ?
-Comme il y a deux équipes sur le terrain, forcément il y en une qui gagne et l’autre qui perd. Si bien que tout le monde se bat, même les gens heureux !.
-Et s’il n’y avait pas de perdant ?.
-Il ne doit y avoir qu’un seul champion d’Europe, donc un seul gagnant.
-C’est vrai.
-Comment faire ?
-Voilà l’impasse dans laquelle il ne faut pas tomber.
-Comment ça ?
-C’est le piège des intellectuels, le deuxième ! Supprimons-le ! Sans deuxième, le premier est seul. C’est le même principe qu’au tennis. Supprimons un joueur sur les deux dans un match et Justine Hennin serait toujours première mondiale !
-Vous avez raison. Vivent les cons !
-Vivent les cons !

27 juin 2008

Les casse-roubignolles.

Avec le FDF de Vilvorde indigné de l’attitude des autorités communales qui exigent la réussite d’un test de néerlandais aux candidats acheteurs de maisons rénovées, on peut se poser la question : comment est-ce possible que les Flamands en soient arrivés là ?
Quand chapeautant l’une ou l’autre attitude flamingante d’excités, le ministre-président flamand la reprend à son compte, au lieu de remettre les choses en place et dire le droit, il y a un problème.
Les responsables flamands, le plus souvent solidaires des initiatives des excités linguistiques s’associent ainsi à des attitudes qui se généralisent montrant à l’opinion européenne un nationalisme exacerbé que l’on croyait révolu.
Le pauvre type a fait souche. C’est à une collection de pauvres types avec laquelle les partis francophones de la majorité gouvernementale vont devoir trouver des accords de fédération.
Dans ces conditions, cela paraît impossible de conclure un nouveau pacte sans déchoir.
A moins d’un revirement des Flamands, les dernières péripéties communautaires avalisées par le gouvernement flamand sonnent pratiquement la fin d’une Belgique fédérale.
La collection des « écarts » promet un feu d’artifice final.
Quel en sera le bouquet ?
Déjà quelques fusantes multicolores sont montées dans le ciel bleu de BHV, avec le refus de la nomination de trois bourgmestres légitimement élus.
Quelques moulinets comme le Bureau de délation d’Overijse, modernisent celui de la Venise des Doges et de Casanova. Une sifflante marque le racisme militant de Vilvorde et Londerzeel pour la connaissance du néerlandais aux candidats acheteurs de maisons et terrains, comme désigné au début de l’article, ne faisant pas l’effort nécessaire à la maîtrise de la langue de Vondel. Enfin le bouquet est cette imbécile décision - quand même reportée - d’interdire le parc d’enfants à ceux qui ne balbutieraient pas quelques mots de flamand entre deux « ague-ague » !

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Il faut donc tenir compte des foucades du seul peuple au monde à avoir établi sa capitale en-dehors de ses frontières sur un territoire qui ne parle pas sa langue à concurrence de 95 % et qui non content de son exploit se permet d’interdire la langue des 95 % sur son territoire, alors qu’on se plie en quatre ailleurs pour qu’il ne s’aperçoive pas qu’il est minoritaire !
Est-ce qu’on n’en a pas un peu marre d’être traités d’énergumènes intransigeants par des énergumènes pathétiquement paranoïaques ?
D’accord, les Flamands se sentent toujours sur le qui-vive dès qu’on leur propose des recensements linguistiques, pourtant eux ne s’en privent pas. Par exemple, comment Hans Bonte (SP.A), échevin des affaires sociales et président du CPAS de Vilvorde, a-t-il trouvé que plus de 50 % des chômeurs de la commune sont des gens qui ne connaissent pas le flamand ?
Quel est le document administratif qui stipule cet inconvénient-là aux autorités à l’aide sociale et au chômage ?
Se pourrait-il qu’il y ait à Vilvorde un nouveau « savant » Faurisson chargé de discriminer une nouvelle race de sous-hommes : les a-néerlandophones ?
La semaine dernière, les francophones de ce pays ont été partagés entre le rire et la colère avec cette nouvelle lubie d’interdire toute affiche commerciale, enseigne et autre manifestation de la langue française sur le saint territoire d’Overijse.
Nul doute, ces gens sont devenus fous.
L’autre jour, j’étais en proie au doute quant au rattachement avec la France, devant les difficultés propre à ce grand pays. Tout bien réfléchi, un lecteur m’ayant ouvert les yeux, c’est il me semble la seule solution pour en finir avec ces dingues.
A nous de négocier un statut qui nous serait favorable avec la France, comme celui qui semble faire merveille à Monaco ou comme les territoires d’Outre-mer. De toute façon, tout est préférable à la poursuite d’une fédération avec des gens qui ont perdu la raison.
Que va faire de ses drapeaux, la pauvre madame Marie-Claire Houard qui a dicté ses mémoires de patriote à un journaliste, titrées « Le cœur des Belges » ?
Elle ne pourra bientôt plus que s’en draper quand après « Le cœur des Belges », avec son journaliste-écrivain elle publiera le tome 2 : « Le cœur des Wallons était français ».

26 juin 2008

L’Homme qui valait 3 milliards.

Léon Lewalle, l’homme qui valait trois milliards, et ex-patron de la SMAP vit en Suisse avec 890 euros de pension par mois – dit-il. A ce propos, on peut lui faire confiance, il a bien quelque part un compte numéroté, puisque c’est là qu’il planquait l’argent qu’il mettait illégalement de côté de l’entreprise qui l’employait.
Il n’y a pas plus ardent qu’un bourgeois pris la main dans le sac à proclamer son innocence. Léon y met tant d’acharnement qu’il a économisé sou par sou sur sa maigre pension pour faire éditer aux Editions de l’arbre, le récit de ses souffrances morales.
Evidemment, Lewalle ne déroge pas à la règle : plus ils ont atteint une position sociale élevée, plus ils sont innocents. Les erreurs judiciaires à ce niveau ne se comptent plus. La sienne lui a valu 4 ans de prison avec sursis. Par rapport à un pauvre type qui a volé beaucoup moins et qui lui, va les faire ses 4 ans, on peut dire qu’il a bénéficié d’un ticket qu’on pourrait croire de faveur. Qu’importe, à 72 ans Lewalle veut qu’on lui rende son honneur. Oui, mais lequel ? Celui qui confère à l’impunité d’une société, le seul titre d’en être le parrain, ou celui de lui rendre les 11 millions 6 que l’Etat lui a confisqué avant qu’il n’ait eu le bon réflexe de les mettre à l’abri à Zurich ou à Bâle ?
Evidemment, comme tout « homme du monde » qui se respecte, Dewalle en même temps que son honneur, nous dit dans son livre qu’à son niveau, tous ou à peu près tous, faisaient comme lui. Ce qui est implicitement reconnaître que déjà au moment où il l’avait encore, il ne valait plus grand chose, son honneur, comme tous les marchands de bonheur qu’ils citent et qui faisaient commerce de leurs partis et de leurs politiques.
Les souvenirs personnels sur les bourgeois arrosés par la SMAP, cités par « Le Soir » constituent la partie la plus intéressante de l’ouvrage. Evidemment ces quidams 5 étoiles ne se pressaient pas aux guichets de l’entreprise managée par le nouveau résident suisse. Ils collectaient les enveloppes sous les tables des meilleurs hôtels, dans des bars à filles et éventuellement dans des bordels où ils avaient leurs entrées au même titre que les proxénètes.
Ils comptaient les biftons devant Lewalle qui se disait outragé que l’on pût douter de son « honnêteté » !
Les plus assidus Guy Spitaels, André Cools, Edouard Close, tous du PS, mais les autres partis en ont croqué aussi, avaient le doigté du caissier qui sait à l’épaisseur de l’enveloppe à un billet près, si la récolte est bonne. Pendant ce temps, les gogos assurés par la SMAP voyaient leurs primes d’assurance majorées pour cause de vie chère.
Lewalle se souvient des soirées du « Gotha » un bar à putes des hauteurs de Liège, où tout le monde était à poil (mais où mettait-il ses enveloppes, Lewalle ?). Guy Mathot y était l’enfant de la maison. Il était, paraît-il, irrésistible, vêtu d’un seul mirliton en bouche, pourchassant la faunesse. Entre deux galops, on parlait affaires, on discutait des marchés, des commissions, etc. dans la joie et la bonne humeur. De temps à autre, un notable quittait l’honorable assemblée pour une urgence. Il allait s’injecter à l’étage sur les sofas entre les bras d’une inoubliable qui redescendait après une séance de bidet avec son petit pourboire (Mais, elle aussi, où était son porte-monnaie ? On n’ose y penser !)

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L’homme qui valait trois milliards met également en scène un « secrétaire général de la Communauté française » et Anne-Marie Lizin. Lewalle reste discret sur la tenue de cette dernière. On ne saura pas dans quelle présentation, elle exposait sa forte personnalité pour parler gros sous. Car, tout ne se passait pas dans les bars, bien entendu. On aurait pu difficilement parler affaire au café du commerce, dans la tenue des soirées du « Gotha ».
Il y a des « innocents » qui font moins de bruit que Léon.
Il a tort de remuer les vieilles combines et les vieilles affaires. Il n’a pas compris que le temps réhabilite le bourgeois bien plus vite que l’homme de la rue. La Justice et la Société ont toujours eu en haute estime ceux qui suscitent et commandent aux événements. Par contre, elles détestent ceux qui contestent la manière de les contrarier.
S’il n’avait pas eu la manie de l’écriture, Dewalle redevenait honorable.
En ce moment, par des prises de corps promptes pour des faits insignifiants et qui restent à prouver, l’extrême gauche en sait quelque chose.
Léon Lewalle n’est pas un terroriste. Ce n’est qu’un homme qui a presque réussi. Dans le fond, il pourrait revendiquer pour son honneur, d’être presque un honnête homme, comme ils le sont tous. C’est ce qu’ils appellent au MR les aléas de la libre entreprise.

25 juin 2008

Casser la voix et les burnes ?

On s’arrache les magazines sur lesquels quelques pitres se gargarisent d’avoir la cote. Ces papiers-cul de l’info bidon font écran à la grande misère des Arts et des lettres. Ils soumettent à l’attention des foules quelques énergumènes qui vendraient leurs pipis au millilitre et qui font de leurs hémorroïdes des Saints Sacrements.
Le chanteur Georges Michael a facturé 2 millions de dollars à un milliardaire russe, un concert privé. Il espère répéter ce genre d'expérience, arrêter les tournées et distribuer gratuitement ses nouvelles chansons. Il n’est pas le seul. Si ça se trouve, les vedettes du foot n’auront plus le temps de jouer au ballon, sinon vite fait entre deux séances de « privé ». Jusqu’à hier, l’homme en vue vendait quelque chose avec sa gueule, demain, il lui suffira de la gueule…
Merde ! quand on voit comme grattent des petites et talentueuses formations entre jazz et musique classique, et avec quel cœur les gens qui travaillent en semaine rencontrent le village voisin pour des parties de foot qui n’ont rien à envier aux loustics du Paris Saint-Germain, on se demande qui est le plus cinglé, du journaliste et du lecteur ?
Car, enfin, il n’y aurait qu’à bouder les conneries qu’on débite à l’attention des fans et des « sportifs » et à sauter les émissions qui ne sont plus qu’un support des officines où se fait et se défait le pognon à grande échelle. Les jeux olympiques, on se doute, ça va être quelque chose !...
Faut croire que la connerie est militante et qu’elle a ces moments-ci de plus en plus d’adeptes.
Les vieilles gloires remontent sur le ring. L’argent, ça se renifle. Malgré les gants usés, Patrick Bruel, fait un combat par mois, pour l’industrie automobile ou le bâtiment. La minette a passé les 40 ans bien faits. Finie la petite culotte qui trempe dans l’émotion intime. Qu’importe, l’artiste se doit à son public. Il fait comme si la rombière le faisait encore bander, un réflexe qu’il a gardé depuis qu’il se cassait la voix. Seulement, elles ne sont qu’une petite cinquantaine au lieu des dix mille de jadis. L’artiste passe entre la poire et le fromage. A minuit, il est rentré, les poches pleines.
Les grands exemples foisonnent. Les concerts privés, comme son nom l’indique, ne sont pas pour Dugland qui se lève à six heures du mat en visant le premier rang du concert de 23 heures. Les nouveaux fans ne se font pas des oreilles de Mickey à deux pas des baffles. Ils règlent eux-mêmes la sono.
La fleur est au parterre comme l’armateur grec est aux partouzes : dans la discrétion. Les invités, c’est tout mystère et soie, des mélanges de grande couture et des joyaux de la couronne. Les agences fournissent le majordome. L’artiste pousse sa beuglante clé sur porte.
Johnny Hallyday, Florent Pagny, Eddy Mitchell, Laurent Voulzy ou Julien Clerc cachetonnent aussi sans le crier sur les toits, des fois que ceux qui sont de gauche dans la joyeuse bande seraient tapés à la sortie par la camarade Buffet toute à ses œuvres.

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On a cru longtemps que le privé n’était accessible qu’aux magnats du pétrole. Ce fut une vogue qui a fait son temps. Le cheik blanc, ça fait vulgaire. L’Argentin, ça remonte au « corned-beef » ! Mohammed quand il a réussi préfère se faire appeler Gontran. Et comme il n’en a rien à foutre de la religion des barbus, il chasse que le barbu… nuance ! Puis, il pisse ce qu’il boit dans les seaux à champagne.
Les rupins datent du premier Empire. Mieux, on pense que c’était déjà la java sous Ramsès. Ils sont comme ça nos grandes figures. Du Régent à Félix Faure, la petite mort a parfois précédé la grande…
La baronne aime avoir les nichons à l’air en présentoir gazes et rubans. Dans le fond, elle a pas changé, la garce. Sous le Second empire des sens, l’Offenbach la perdait pas de vue dans les farandoles. Femme d’œuvres un peu pute, genre qui est resté dans les « parties » sur le pont des yachts à écouter nos modernes rossignols, surtout Pagny qui a la voix qui porte, efficace seulement en pleine mer...
Attention, c’est pas du vice, tout pour l’œuvre, l’Afrique, le Téléthon, Follereau, la bonne cause justifie l’écart…
Côté coulisses, les Céline Dion, Mariah Carey ou Diana Ross ont vocalisé pareil pour des paquets de thune.
Des pays comme l'Inde, la Chine ou la Russie ont rejoint le top avec une génération de milliardaires qui jette la fraîche par les fenêtres.
L’Européen est porté blême à côté. A comparer les portefeuilles, Bolloré est janséniste.
On chuchote que les rois du foot font parfois des apparitions moyennant de la pèpète en black. D’ailleurs, tout est presque de la main à la main dans le self. On travaille en confiance.
Quelques dribbles entre deux tables, le ballon sur le nez comme un phoque chez Médrano, et hop, l’artiste est admis à dégueuler dans le parc avec les dames du monde, si le cœur lui dit, quand la soirée se prolonge et que c’est bête de laisser ce qui reste.
Les étrangers font merveille depuis la montée des prix du pétrole et pas que de l’émir, le Russe Roman Abramovitch est ropriétaire du club anglais de football de Chelsea, il s'est offert, le 12 juin, pour plus de 1,5 million d'euros, un concert de la chanteuse soul Amy Winehouse, à l'occasion de l'inauguration, à Moscou, de sa galerie d'art, devant deux cents invités. Quelques mois avant, il avait organisé, pour les 16 ans de sa fille, une soirée dans un club de Londres avec cocktails sans alcool avec le concours de deux groupes branchés du moment, les Anglais de Klaxons et les Brésiliens de CSS.
Shakira et de Christina Aguilera, contre 2,5 millions d'euros, ont fait des vocalises et levé la jambe pour le mariage du banquier Andreï Melnichenko, sans oublier les 5,2 millions d'euros que devrait toucher Elton John, en 2009, pour les noces d'une autre fortune locale. Le président russe lui-même, Dmitri Medvedev, fan déclaré de hard rock, a convié, en février, le groupe Deep Purple et la chanteuse Tina Turner à se produire au Kremlin pour les 15 ans du géant de l'énergie Gazprom. Les artistes auraient touché près de 1,5 million d'euros chacun. Le record revient aux Rolling Stones, qui auraient perçu en 2007 près de 6 millions d'euros pour un concert privé aux Etats-Unis. Les icônes du rock avaient déjà joué - pour 5 millions d'euros - à l'occasion des 60 ans d'un milliardaire texan.
J’arrête. J’aime pas faire de la peine dans les chaumières, même chez les X déficitaires qui ne s’excitent que lorsque leur champion va marquer un goal.
C’était juste pour marquer le coup à l’Europe de football qui fait chier après le match, quand les supporters font des rodéos qui m’empêchent de lire, d’écrire, d’être tranquille.

24 juin 2008

Retour à la France ?

Si on a les dirigeants qu’on mérite, le constat est simple : l’électeur n’est pas sérieux.
Pour ne pas finir en roquet qui tient toujours le même facteur par la jambe du pantalon, allons voir là-bas, si j’y suis, comme on dit à France Inter.
Il faut se souvenir de l’enthousiasme en 2007 qui saisit le corps électoral afin de départager madame Royal et Monsieur Sarkozy.
Cela se passait il y a mille ans ? Non, l’année dernière, comme qui dirait avant-hier.
Dans le débat très vif qui opposait les deux candidats, Sarkozy, par son enthousiasme, l’impatience qu’il manifestait d’agir, la volonté qu’il avait de « rendre service » à ceux qui travaillent, à redresser le pouvoir d’achat des plus pauvres, parut aux électeurs français le plus apte à satisfaire leurs désirs.
On allait travailler plus pour gagner encore plus et avec vous, tout est possible, vaticinait et éructait l’animal politique en campagne. Sans oublier l’instant d’émotion : « Je ne vous trahirai pas. Je ne vous décevrai pas ».
C’est deux secondes après le big bang qu’on s’est réveillé. Depuis on cherche la clé de douze. Même ça, il nous l’aurait piquée, le sagouin ?
Doublant Ségolène proprement laissée sur place, un traité «simplifié» et l'Union Européenne glissait sur un rail tout neuf ; un paquet-cadeau fiscal promettait un nouveau bond du pouvoir d'achat ; enfin, question sécurité, une loi karcher hachait menu les velléités des récidivistes pour des rallonges à biribi ; l’ancienne glandeuse convertie au sarkozysme, Fadela Amara, lançait son plan « banlieue chicose » pour tous.
Soixante semaines plus tard et quelques bouchons de champagne, l'électeur peut se plaindre de son manque de sérieux. Son président est-il vraiment l’élixir de jouvence dont la France a besoin ?
Son crack n’a pas franchi la première haie du grand prix d’Europe.
La France avait renâclé en 2005 sur l’ancien traité, qu’importe, à quelques virgules près on fait voter le recueil simplifié (de 250 pages quand même) en loucedé par les mameluks.
Patatras ! Voilà les Irlandais qui prennent le relais !
Question largesses : seuls les riches ont eu leur enveloppe au début du quinquennat. On en a assez parlé pour ne pas revenir sur le cadeau pour services rendus. En 2008, les défiscalisations à tort et à travers en tous genres plombent les comptes sociaux , 8,9 milliards d'euros de déficit à la Sécu. Les réformes des retraites n'ont fait qu’aggraver les écarts. Les exonérations de cotisations sociales des heures supplémentaires font monter à 5 milliards d'euros le manque à gagner des comptes publics. L’Europe montre du doigt le déficit français ; On se demande ce qu’un si mauvais élève va faire à sa présidence. C’est comme si le dernier de la classe devenait proviseur.
Christine Lagarde se dévoue pour contester les chiffres publiés par des économistes sur la croissance française. L'INSEE prédit une croissance de 1,6% pour 2008, alors que Lagarde tient mordicus à ses 2 %. De toute façon, 2 % par rapport à l’Allemagne, ce n’est déjà pas bon. La confusion est extrême et la Bourse va mal.
Le pouvoir d’achat est en chute libre, les prix s’envolent, la concurrence ne fonctionne pas, le choc pétrolier, l’inflation qui galope, et l’immobilier qui s’effondre, on va vers un clash que l’équipe au pouvoir a senti. Elle espère encore que le clash sera européen, ce qui ferait que la France passerait inaperçue dans le concert des lamentations. En attendant le carnage, le mot d’ordre de Sarko « garder le sourire pour rassurer les gens » ressemble de plus en plus à une grimace.
Le milliard promis à Fadela Amara pour son action sur la banlieue n’est, en partie, qu’un redéploiement de fonds pour la moitié, et un effet oratoire pour l'autre. C’est l’histoire d’un chevalier d’industrie qui fait un trou pour en boucher un autre, et ainsi de suite. Jusqu’à ce qu’il ne soit plus possible d’en faire un.
Sur la lancée, Rachida Dati faisait rejeter un amendement socialiste au Sénat prévoyant le droit de vote aux élections locales des immigrés, plaçant ainsi la France dans le camp des nationalistes qui sont encore quelques-uns en Europe. Tandis que l’ami de toujours de Sarko, Brice Hortefeux faisait sa spécialité de la tournée des poignées de main aux personnels chargés d’organiser les expulsions des illégaux. +80% d'expulsions à fin mai par rapport à la même période de 2007.
C’est peut-être de tous les ministères, celui qui marche le mieux, même si c’est dans le mauvais sens !
On ne sait pas si le ministre du développement durable, Jean-Louis Borloo durera encore longtemps, depuis sa vignette écologique, il a touché le fond. Son bidule coûte déjà 200 millions. Il planche sur les moyens de refroidir le moteur qui pollue ses relations avec le président.
Sarko est comme un homme qui se noie sans savoir nager. Il jette les bras à droite à gauche, il se débat et il flotte tant bien que mal. Mais il est condamné pour survivre à ne pas arrêter ses mouvements. C’est ainsi qu’il a promis de faire le ménage dans l’armée. En supprimant des postes, comme dans toute réforme qu’il entreprend. Il rafle au passage les services secrets qui seront désormais de la compétence de l’Elysée. Il est vrai que Mitterrand avait bien son service d’écoutes téléphoniques.

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Cependant, rien ne se passe vraiment dans la rue. Les gens pensent aux vacances. Olivier Besancenot va européaniser son idée de nouvelle gauche. Bayrou réfléchit et le PS mijote dans un jus préparatoire à la succession de Hollande.
La Wallonie : retour à la France ? On se demande…

23 juin 2008

L’été arrive…

…et j’ai rien à me mettre. Si c’est pas malheureux !
C’est pas grave, le gouvernement non plus !
A l’orée de l’été, au jour le plus long, ça y est, la grande négociation est repartie au gouvernement, sur cette fichue idée de 1830, quand on s’était mis en tête que les Flamands pouvaient vivre harmonieusement avec les Wallons !
Et non pas l’inverse, puisque le Soir produit juste à point nommé des statistiques qui présentent le Wallon toujours absolument amoureux du Flamand depuis 178 ans, et pas que de lui, du pays ainsi formé, du roi, des institutions, de l’Escaut, de la Meuse et de la Senne en tuyau.. etc.
Le Flamand est plus réticent, moins dépendant romantique, plus mature... Bref, ça l’emmerde d’avoir à supporter des lavettes, des cœurs de midinettes, des nuls.
C’est l’histoire si répandue d’un couple dont l’un se fait encore des illusions, tandis que l’autre gerbe d’entendre des mots d’amour de la bouche jadis aimée.
Miss Guimauve alias Madame Houard pend et dépend le drapeau, ne sait plus s’il est important de crier tous les jours sa tendresse à la Belgique. Elle a peur de lasser. Si Salvatore Adamo au lieu de prévoir son décès à la télé nous refaisait une bonne chanson belge sur un thème fédérateur ? Ce serait facile, il suffirait de remplacer « Inch'Allah », par « vive le roi » et voilà le tube du siècle reparti pour dix saisons !
Hélas ! le panier de lavettes retournés, les statistiques révèlent certaines couches résistantes aux enzymes amoureux de la majorité des Wallons, des sortes de Gendebien actifs et hautement pathogènes pour les sopranos du statu quo.
Grâce à la génuflexion naturelle des Wallons à l’autel de la patrie, le climat chez Leterme a repris des couleurs. Les experts vont pouvoir travailler la pâte molle et faire la décoration de la vieille maison ostendaise et du nain de jardin pour les parcs gantois, des francophones.
Même Armand De Decker est confiant, c’est dire. C’est à qui, avec Bart de Wever, sera le plus flandrien. La confiance retrouvée, l’avenir est rassurant.
Si avec Carla les choses sont sérieuses en France, ici, avec Joëlle, les choses le sont tout autant.
C’est tant mieux pour l’image de Didier de Liège qui espère en la fatigue générale pour apparaître moins « traître » quand il marquera son accord au bas du parchemin qui consacrera désormais dans le futur, le triomphe des thèses flamandes.
Seul le PS a pris certaines précautions au cas où Leterme retomberait en léthargie en mettant en scène le pessimisme de son vice-président, Philippe Moureaux, ainsi Di Rupo aura à sa disposition deux versions : la version molle qui est celle de presque tous les Wallons, et la version dure au cas où les flamingants pousseraient trop loin la chansonnette du Vlaamse Leeuw. Le maestro de Mons aurait de la sorte un choix possible en prévision des élections communales de l’année prochaine, où il sera de bon ton de jouer des muscles et de faire croire aux électeurs que la tuile, c’est pas lui, mais les autres qui l’ont lancée du toit.
En attendant de ressortir le cas échéant la version pessimiste, vu la situation, tant qu’à se faire baiser, à partir du moment que c’est tout le peuple wallon, c’est beaucoup moins grave d’être optimiste. Surtout que pas plus Joëlle que l’Aigle de Mons n’a une solution au cas où l’eau monterait jusqu’à la salle des vieux machins où sont exposés les griefs et les rancoeurs.

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Ainsi les bords de piscine aux alentours du 15 juillet seront achalandés de l’insouciance de l’été. Les gens vaqueront à leurs petites affaires comme ceux naguère de Nagasaki et de Hiroshima qui ne se doutaient pas qu’une sévère leur pendait sous le nez.
C’est même une bonne date, la date couperet du 15 juillet. Elle ne pouvait pas mieux tomber. Un mardi rouge sur les routes, tandis que la télé en sera au décompte des morts, le gouvernement sera au décompte des minutes que la bombe mettra avant de péter à la figure des statistiquement satisfaits. Peut-être même ne s’en apercevront-ils pas ?
Et si en août ils rentrent dans un pays qui n’est plus la Belgique, du moment qu’ils ne le savent pas, qu’est-ce que cela change ?
Je suppose que même si nous sommes en passe de devenir Français, madame Houard pourra toujours en toute liberté coudre et exposer ses drapeaux belges ?
Du moment que cela ne gêne pas Sarko !
Enfin, comme nul ne sait ce qui se passera, peut-on décemment se plaindre à l’avance ?
Juste un peu de mauvaise humeur, sans doute, pour toutes celles et ceux qui reprendront le boulot, mais BHV ne sera pas en cause…

22 juin 2008

L’opéra buffa de Silvio.

Depuis qu’il est revenu au pouvoir, Silvio Berlusconi n’a pas traîné de couper la ficelle qui retenait ses casseroles au nouveau char de l’Etat.
Peut-être bien que l’électeur l’adore pour de toute autre raison que celle de la télé qui recommande chaudement le commandatore à l’attention des foules, par exemple l’admiration de la rue pour la combinazione – magouille en français – sport national dont il est le maestro incontesté.
Ainsi tout est clair. L’électeur italien n’est plus de droite, ni de gauche, il est du parti débrouillardiste avant tout et son modèle est au pouvoir parce qu’il le mérite.
Il n’y a pas plus ficelle que Silvio. Sa vie durant, il n’a fait que naviguer à vue du licite à l’illicite comme en témoigne toutes ses victimes, ses nombreux procès, ses passages à vide et sa fortune, aujourd’hui considérable.
Il lui manquait la maîtrise du pays, après celle des affaires.
C’est fait.
La justice italienne pourra se brosser. La tentative de 2001 ayant capoter, le texte actuel, baptisé par l'opposition "Sauvetage du premier ministre", prévoit la suspension "immédiate et pour un an" des procès dont les faits remontent avant le 30 juin 2002, sous le prétexte de donner la priorité aux affaires plus récentes et plus graves (passibles de dix ans de prison). L'objectif avoué est de désengorger les tribunaux. L’inavoué c’est la paix pour un an du maestro qui trouvera bien d’ici là quelques nouvelles astuces, des témoins de dernière minute ou des « coupables » qui assurent ainsi leurs vieux jours, contre une ou deux années de prison.
Giuseppe Cascini, secrétaire général de l'Association nationale des magistrats (ANM) qui pourtant en a vu d’autres, proteste au nom des 9.200 juges de la péninsule. Il a peine à croire que l’on puisse suspendre 100.000 procès pour en éviter un seul. Berlusconi qui n’est pas sans humour a répliqué à Cascini que "l'un des nombreux procès fantaisistes que les magistrats d'extrême gauche ont intentés contre moi à des fins politiques" pouvait bien se trouver dans le lot des 100.000 et que ça n’y changerait rien.
Les Italiens se passionnent pour ce genre d’homme, eux qui sont de plus en plus nombreux à mépriser l’Etat et sa justice. Silvio est très représentatif d’une forme d’anarchie de droite, celle d’un individualiste forcené.
Ils ne voient pas encore où ces dérives conduisent l’Italie. Ils s’en apercevront quand il sera trop tard. Heureusement que Silvio est assez âgé pour qu’il ne songe pas à une carrière de dicatateur.
C’est un vieux roublard qui pense qu’ils n’ont qu’à se débrouiller après lui.
C’est toute la problématique de la démocratie européenne qui fait un cas d’école à Rome.
Est-il possible qu’à force de ne plus croire à l’efficacité des politiques sociales, qu’elles soient de droite ou de gauche, les électeurs en arrivent à admirer les gens qui pratiquent celle du pire ?

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Il faut dire que la gauche en Italie et en Europe pose un sacré problème aux gens qui traditionnellement lui font confiance.
Ils ne s’y passe rien de neuf qu’une droite classique puisse faire de la même manière que la gauche. Le vote, petit à petit, perd tout son sens. Le basculement dans l’un ou l’autre camp ne vient même plus de cette franche centriste indécise de 5 % d’électeurs qui faisait la pluie et le beau temps, en penchant pour l’un ou l’autre, à la dernière minute !
Prodi ou Berlusconi ? Ce n’est plus 5 % mais la moitié du corps électoral qui décide d’une défaite ou d’un triomphe.
La puissance d’un Berlusconi dans les médias où il s’est adroitement fourré, est indiscutablement prépondérante.
Pauvre Italie ?
Non : pauvre Europe.
Au fait : où en est le ramassage des poubelles à Naples ? Plus personne n’en parle. Silvio aurait-il conclu des accords avec la maffia ?
Les juges n’ont peut-être pas tous baissé les bras. L’Express parle d’un rebondissement, ce vendredi : « le procès va se poursuivre, a annoncé l'agence Ansa. La juge Nicoletta Gandus qui préside le procès s'est prononcée contre cette suspension dans une ordonnance, selon la même source. »
Il ne reste plus au cavaliere qu’à proposer une mise à la retraite d’office de l’impertinente.

21 juin 2008

Occam rase gratis. (1)

Voilà plus d’un an que l’économie mondiale vacille suite au flop américain. Nos informations sur la crise mondiale sont évidemment teintées d’optimisme à seule fin de ne pas énerver la ménagère de plus de 50 ans et les petits porteurs. On dirait que ce sont nos bonimenteurs de la bonne parole qui ont choisi d’employer l’Occam’s razor pour simplifier à l’extrême ce qu’ils ont à nous bonnir dans les étranges lucarnes et les papiers « bien informés ».
Mieux que tout le monde, la Belgique a besoin de réconfort du côté du portefeuille, afin d’aborder les cuisantes défaites institutionnelles qui s’annoncent avec le regard du boursier qui a fait un coup et qui se fout du reste.
Alors, les spécialistes se déchaînent. Fortis et Dexia ramassent des déculottées ! Ce n’est pas grave, entendez par là que ces banques ont les reins solides et qu’elles ne prendront la pâtée que limitée à leur seule clientèle, clients fervents et enthousiastes, gogos de toujours et fanatiques du système libéral à la vie, à la mort. Enfin, c’est un éminent économiste qui le dit, un certain Edwin De Boeck qui prétend mordicus, même assis dans le canot de sauvetage alors que le beau navire est en passe de sombrer, que les actionnaires qui rament à côté de lui ont tous les atouts pour se faire du blé, plus que ceux qui bossent les mains dans le cambouis afin de tenter un redémarrage.
C’est vous dire le fin « razor » De Boeck !
Alors, partons en vacances gaiement !
N’avons-nous pas tout pour être heureux ?
Les actions européennes ont perdu en moyenne 15 % sur un mois. Dexia a laissé filer 24 % sur la période, chez Fortis, c’est pas mal non plus, la cavalerie de l’inflation sonne la charge, la pomme de terre plafonne à deux euros, l’essence n’en parlons pas, le pays (quel pays ?) se joue au poker menteur et de Boeck est content !
Il faut dire que lui et nous sommes parés avant d’être travestis en clochards. Lui, a sans doute mis ses billes ailleurs que chez nos éclopés de la finance et nous, nous n’en avons pas. Mieux, nos dettes diminuent au prorata du pourcentage d’inflation, c’est dire le soulagement…
Il reste un problème : celui de la mission d’informer honnêtement les gens. Certes, il ne date pas d’hier. Mais cette manie qu’ont les médias de prendre le menu peuple pour un imbécile collectif a quelque chose d’exaspérant.
Ceci constaté, que pouvons-nous y faire ?
Regretter le départ de PPDA ? On y serait presque tant la génération montante a un appétit à basculer les derniers scrupules pour nous gaver de bonheur après avoir fait « razor » comme De Boeck d’une réalité qui nous échappe tant ils mettent de la persévérance à nous la masquer.
Ils ne vont tout de même pas enlever de nos yeux éblouis la vitre teintée par laquelle, grâce à leurs bons offices, nous voyons le bonheur partout !
Par exemple, l’histoire à dormir debout de la concurrence qui selon nos économistes allaient réguler les marchés donc réguler les prix ! Vaste foutaise pour les réunions libérales.
Les supermarchés sont comme les banques. On promet, on promet… au début quand on passe à la caisse, en effet, c’est mieux. Puis le temps passe, et ce qui était gratuit (voir les services à la clientèle des banques, comment on est pigeonné) prend subitement des allures de jeu de massacre.

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Les supermarchés se partagent les zones d’influence, s’arrangent pour devenir propriétaires en sous-main des usines de conditionnement, intermédiaires indispensables entre eux et les producteurs. Vous connaissez la suite, combien coûte un litre de lait à la ferme et à combien ils nous le vendent au supermarché le moins cher d’Europe.
Occam, ce jésuite impénitent, simplifiait à tour de bras une économie naissante qui déjà avait la fâcheuse tendance à faire porter tout le poids du monde sur les épaules les plus misérables. Edwin De Boeck, c’est pire, il assiste au dépeçage de la bête humaine et il trouve des raisons d’espérer !
On voit bien que ce n’est pas lui qui est dans les viandes qu’on met au frigo.
Cher Edwin, il paraît qu’on fait un trip sur les Bermudes cette année. Que n’allez-vous dans le triangle ! Il paraît qu’il y a des méduses de vingt mètres qui vous suce un nageur imprudent comme un caméléon gobe une mouche. C’est amusant comme parfois d’autres monstres, marins cette fois, font « razor » comme personne !
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1. Principe selon lequel les hypothèses devraient être aussi peu nombreuses que possible, du nom de son inventeur William Occam.

20 juin 2008

On se déballonne ?

Juste ajouter un chtouïa à hier.
Pour ce qui appartient au reste, quand on a assez dit sur la langue, c’est bourgeois trou du cul et compagnie. Pas de différence à la manière de vivre, Flamands-Wallons : des enfoirés sur les concepts d’une société productiviste, intéressée, libre-échangiste et veule. Ils sont parfaitement intégrés au « bouge toi de là que je m’y mette ! », champions aux chaises musicales et féroces à la performance !
L’air du temps, ce formidable courant d’air de la connerie, souffle partout pareil dans un Occident obnubilé par son nombril.
Alors, que les Flamands soient un peu plus de droite, fachos tendance Vlaams Belang, dans leur ensemble, qu’est-ce que ça change vraiment par rapport aux Wallons, un peu plus à gauche, mais tout aussi délirants sur la morale de convention du système libéral.
Sur le plan de l’organisation de l’Etat, les deux communautés se ressemblent. Que Reynders soit sarkozien et Leterme merkellien. Nicolas et Angela même combat, c’est dans le même pot que les compères font leur beurre.
Bien sûr, les Flamands viennent d’un temps où une grande partie de la population croyait au devenir de l’Europe revue et corrigée par l’Adolphe. Les adolphins y ont laissé quelques traces et les Wallons quelques rancoeurs. Quand par exemple, après que les chefs de l’Armée belge aient littéralement fait dans leurs bottes en Mai 40, les ploucs flamands sont revenus en masse des camps de prisonniers, tandis que les ploucs wallons y ont moisi 5 ans. On ne peut pas non plus demander à un homme de rester en cage quand il peut en sortir. Quand même, le pioupiou francophone avait une dent à l’encontre de Jan Mijnkloet !
Puis, il y eut l’épuration. Forcément, comme ils avaient été traités en Germains, les Flamands avaient davantage mordu à la propagande de Goebbels. Il y eut des condamnations lourdes au Nord, plus qu’au Sud. Les Nationalistes eurent beau jeu de camoufler en héros de la Nation flamande, bon nombre de petits saligauds qui dénoncèrent leurs voisins aux Allemands. Cela exaspéra les orateurs à la Tour de l’Yser, qui firent une revendication impérative de l’amnistie des « inciviques ».
Enfin, il y eut l’affaire royale.
Assez curieusement, les Flamands étaient plus royalistes à l’époque que les Wallons, sans doute à cause de la personnalité de Léopold III et de l’impression que le pays eut de ce roi qui a louché du côté de l’Allemagne, ne sachant comment se situer, un peu comme les Flamands.
Les grandes grèves de 60-61 sont les révélateurs des différences les plus sensibles des 2 peuples. C’est à partir de ces années-là que les incompatibilités sautèrent aux yeux des plus encroûtés bourgeois du royaume. Vraiment le divorce date des années qui amorcèrent en même temps que la prospérité, les raisons de part et d’autre de la frontière linguistique qu’on a de se sentir différent.
La boucle est bouclée. Comme j’ai tenté de l’expliquer hier, les Flamands victorieux sur toute la ligne ne peuvent plus arrêter la machine nationaliste.
Que vont devenir les 2 communautés si dissemblables ?
Quel type d’association est encore possible ?
C’est le brouillard qu’alimente une génération particulièrement nulle de politiques.
Par le passé, il s’est toujours trouvé des gens qui surent s’élever au-dessus des intérêts particuliers. Comme c’est aujourd’hui l’intérêt particulier qui prime, on n’a pas fini de regretter qu’il n’y ait personne à la barre ayant la vision des intérêts supérieurs de l’ensemble.
C’est que le système économique a sa morale qui n’en est pas une et que la démocratie en est profondément affectée.
Enfin, quand on voit la course effrénée au profit, on reste interdit !
On sait la disparition du pétrole pour dans 20 ou 30 ans ; les problèmes de l’eau potable pour 6 voire 7 milliards d’hommes ; la responsabilité des grandes puissances surarmées ; la famine qui menace et les soubresauts d’une nature qui se rebiffe. On se dit, pourquoi nos dirigeants seraient-ils plus intelligents ?
Et on ouvre la télé pour s’avachir dans un fauteuil à regarder un match de foot ou un film de cul.

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19 juin 2008

Philippe Moureaux a la mouillette.

Moureaux voit la faillite de l’Etat approcher à grands pas. Il suggère une nouvelle forme d’association avec les Flamands, celle qu’ils préconisaient et que pour des raisons séparatistes et définitives, ils ne veulent plus.
L’Etat changerait sa défroque fédérale contre des oripeaux confédéraux.
Ce serait l’ultime tentative avant l’abandon d’une Belgique à bout de souffle.
Qu’elle s’appelle patois, dialecte, les Wallons ont perdu dès 1850 l’occasion d’avoir leur propre langue en fédérant les parlers des régions des confins du monde latin. Que cela soit un bien ou un mal importe peu aujourd’hui. Il n’en demeure pas moins que c’est une perte d’identité, l’anéantissement d’une culture par ces élites.
Les Flamands, sans doute à cause de leur germanité, ont mieux résisté que nous au français. Ils ont été à deux doigts de succomber de la même manière que les Wallons. Les élites étaient francisées, les Lois et les administrations principales s’exprimaient dans une seule langue dominante. De Gand à Anvers, on ne pouvait diriger une entreprise qu’en français. En Flandre, il y avait une presse active dans la langue de Molière. La langue flamande n’existait pas. Les dialectes fleurissaient du Limbourg à Anvers. Les gens se comprenaient à peine. Il fallait recourir à la langue française pour les fines discussions à caractère scientifique ou philosophique.
Au contraire des élites wallonnes converties au français, certains intellectuels flamands s’indignèrent.
Une résistance farouche prit corps dans l’entre deux guerres pour s’affirmer à partir de 1945, jusqu’à former un noyau dur chargé de faire reconnaître la spécificité flamande. Ce n’était pas simple. Quand l’élite de Flandre rejoignit entièrement la cause flamande, il fallut fabriquer une langue de bric et de broc afin qu’elle soit comprise partout. Cet effort n’est pas terminé. Des incompréhensions perdurent. Qu’à cela ne tienne, on incorpora dans la langue des mots français un peu trafiqués. Ils y travaillent encore !
Les Flamands accomplirent une révolution silencieuse qui mérite le respect. Ils se sont défendus et ont fini par triompher d’un ennemi insidieux.
Peut-on les en blâmer, nous qui avons laissé filer nos dialectes qui remontaient au Haut Moyen-âge.
Seulement voilà, on ne peut pas du jour au lendemain tendre la main à qui voulaient les annexer. La Flandre n’est pas le Congo, ce vaste pays où existe tant d’ethnies et de langues que le français est nécessaire et fédérateur.
C’était une gageure de mêler deux peuples aux origines et aux sensibilités aussi différentes.
On pourrait croire que les Flamands vainqueurs se feraient bons princes et magnanimes et qu’ils cesseraient d’avoir peur de perdre une identité recouvrée à cause de quelques îlots de francophones dans un océan flamandisé.
Mais la peur ne se commande pas. En y cédant, les Flamands sont en train de commettre l’absurde péché intégriste. Les voilà sur le chemin du nationalisme le plus pointu, montrés du doigt et ridicules. Ils sont chez eux et déterminés à rester les maîtres, jusqu’à sombrer dans la folie du propriétaire qui tirerait à vue sur ce qu’il croit être des maraudeurs, des voleurs de sol !
Ils ne sont pas cartésiens. Ils n’ont pas lu les pages que Jean-Jacques Rousseau consacre à la propriété . La chanson de Brassens des « imbéciles heureux qui sont nés quelque part » n’atteint ni leurs clochers, ni leurs beffrois.
Quand les journaux titrent que le Bruxellois Philippe Moureaux semble s'être fait une raison, on se demande laquelle ? Si c’est celle qui consiste à reprendre ce qu’on avait repoussé naguère, ce confédéralisme dont on ne voulait à aucun prix, c’est trop tard.
Tout est beaucoup trop tard.
Les partis flamands sont peut-être encore en-dessous de la volonté de la population flamande à rompre tous les liens avec la francophonie.
Le processus fou qui s’est engagé ne peut pas s’interrompre d’un claquement de doigt. Ce qui est démentiel met un temps infini à guérir, quand ça guérit…
Le complexe de la tache d’huile francophone qui s’étend, pensent-ils encore, n’est pas un simple trouble passager. Il est profond. Il est obsessionnel.

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De raisonnables, ils sont devenus délirants.
Moureaux sonne le tocsin pour les francophones. C’est inutile. La maison s’effondre. Reste aux francophones à tirer les conclusions qui s’imposent. Peut-être même trouvera-t-on du bois de rallonge le 15 juillet ? Pour combien de temps et en laissant sur le carreau les valeurs auxquelles on ne se peut défaire sans faillir gravement.
Pour une fois l’Europe n’est pas inutile.
Elle nous aura évité la guerre civile.

18 juin 2008

On a tranché le lard à la Villette !

Si ça ne s’arrange pas au parti socialiste belge (on ronfle trop dans la chambrée), le grand frère français ne va pas mieux, mais dans le sens contraire. Trop de gamins turbulents ont réveillé le père (Hollande) et la mère (Royal) dans une bataille de polochons.
C’est que dans le rituel familial, tous les 14 juin, depuis 1905, on festoie en honneur aux mutins du cuirassé Potemkine. Comme le cuirassier rebelle, le PS s’est rendu depuis longtemps faute de combustible, mais dans la joie et la bonne humeur.
C’est l’occasion sur l’esplanade du Centre des Congrès de la Villette de retrouver les cousins de province, qui – comme à chaque fois – viennent à peu près tous de Paris où ils louent qui des chambres de bonne, qui habite l’hôtel de ville, ou se prélasse place des Vosges. C’est dire l’éclectisme et la variété.
Les enfants de la gauche vont au Conseil national du parti comme on va au théâtre. Le tournoi d’éloquence y est fort célébré. Puis après qu’aucun des secrets de famille n’y soit révélé, comme il est de tradition, on déroule le tapis symbolique aux nouveaux statuts et aux déclarations de principe dans un décorum qu’adorent les enfants.
Les enfants s’ébattent en toute liberté et courent de gauche à droite, ce qui est plus fréquent dans cette famille-là, que de courir de droite à gauche.
C’est encore une autre tradition, on vient de gauche avec la ferme intention de n’y retourner jamais. D’où le triomphe fait par l’enfant de l’hôtel de ville au libéralisme.
Revers de la médaille, le droit de s’asseoir n’est pas donné à tout le monde, surtout dans les premiers rangs. On chuchote que certaines places ont été payées fort cher. Les places sont réservées et marquées d’une croix à la craie à même le sol. Les enfants sont sages et bien élevés. Ils se savent épiés par leurs parents. C’est tout juste s’ils lèvent les yeux au ciel, quand, par exemple Lang entend parler Ségolène. Martine s’assied à côté de Delanoë, tandis que leur ancienne copine Royal est loin derrière, parmi les journalistes, à une tribune quand même, prestige oblige.
Parfois, on joue aux gendarmes et aux voleurs. Les hollandais contre les ségolistes. Les delanoïens s’entendent avec les jospiniens pour un chat perché. C’est pour faire savoir que Vincent Peillon « en est ».
Les emmanuellistes sont les moins nombreux, mais ils font tant de bruit qu’on les imagine plus nombreux qu’ils ne le sont en réalité.
Il y aurait bien moyen à trouver un consensus sur une politique, puisque c’est celle que pratique tout parti confondu dans une économie de marché, mais à cause du nombre important de caractériels, les psychologues hésitent.
C’est l’avenir de la famille qui en dépend.
On a vu d’autres fratries voler en éclats pour moins que ça.
L’aporie vient de là. Les hollandais sont pour l’ordalie. Mais dans le jugement de dieu, il y a dieu et il est incompatible avec le culte d’une personnalité laïque et si possible franc-maçonne.
Ségolène l’orphique joue distraitement de la prunelle à la tribune. Il lui semble que depuis que l’on s’amuse à chat perché, sa position paraît inexpugnable.
Elle s’intéresse à Martine qui a beaucoup grossi et qui peine à se jucher sur un strapontin pour qu’elle ne soit pas prise.
Quelqu’un a donné des cubes aux enfants du premier rang. Un fabiusien a renversé une pyramide. Martine et Bertrand s’efforcent à sa reconstruction.
Quelqu’un parle de l’Irlande et de l’affront à l’Europe.
Les enfants sont incrédules. Il est impossible que les Irlandais perturbent les cours d’école.
Jack refuse une pareille alternative. Il dit de toute sa peau tannée par les embruns de son institut de beauté, qu’il est persuadé que l’Europe passera outre la volonté d’un petit peuple au non du grand peuple européen qui, tout en n’ayant pas été consulté, approuve l’initiative prise par ses mandataires. Il espère beaucoup de la présidence française.
Tous les enfants sont de cet avis.

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Les insuffisances scolaires apparaissent le mieux dans les cours d’école. C’est là que l’on observe les cancres retrouver l’allant qu’ils n’ont pas devant l’opinion de leurs professeurs.
Dans une course éperdue vers un Élysée de préau, Jack laisse échapper de sa mallette une note d’un professeur : « peut mieux faire ». On ne saurait mieux dire.

17 juin 2008

Le fado d’Amalia Torres…

Pendant que nos gugusses argumentent sur les vertus coagulantes, et que les gugusses d’en face vantent les qualités de leur dissolvant, le convoi s’achemine vers le cimetière des Etats cliniquement morts.
Ce dont profitent les différents parasites qui vivent en suçant le corps social.
A défaut d’être parmi les « bons » des membres de l’Union européenne au taux d’inflation moyen de 3,7 %, nos gugusses établissent un record belge à 5,1 %, ce qui nous place en queue de peloton juste avant la Slovénie qui est à 6,2 %.
En Belgique, pas besoin de parabellum pour faire les poches des petites gens. Alors, pourquoi ces grands industriels qui s’honorent d’une amitié profonde avec le MR de Reynders, risqueraient la correctionnelle ?
Franchement, il n’y a plus que les demeurés de la crapulerie contemporaine pour imaginer gagner leur vie en se faisant une banque, quand c’est si facile de détrousser la population d’un coup !
D’autant qu’une crapule qui a de la classe, qui présente bien et se paie les beaux costards, fait toujours une plus belle carrière que son homologue à deux sous et qui moisit en tôle pour une abjecte affaire de vol.
C’est ainsi que les syndicats dialoguent avec les artistes autorisés du grand banditisme, que les télés raffolent des pronostics de nos esthètes sur l’évolution des prix et que nous-mêmes nous lisons dans les gazettes leurs fabuleux exploits.
Le malheur, c’est que l’Office européen de statistiques ne publient pas les noms des parasites destructeurs avec les recettes possibles de leur éradication, comme le ferait un éthologue à la poursuite des criquets.
Moralité, c’est vraiment con d’économiser sou par sou, fruit d’un honnête travail qui ne rapporte gros que pour d’autres. C’est comme si on tentait de moraliser une banque qui offre 3 % d’intérêt au petit capital placé et réclame plus de 15 % d’intérêt en cas de dépassement, ne serait-ce que d’1 euro d’un compte courant bancaire, au même gogo qui aurait un compte d’épargne chez ces vampires.
Que voulez-vous nos industriels, comme nos banquiers n’ont aucune empathie pour leurs victimes. Ils méprisent les poires dont ils vivent. Ce sont des ingrats.
Dérisoire est donc de faire de la politique en s’enthousiasmant du système économique, en prétendant défendre les intérêts de ceux qui se font journellement baiser par ledit système.
A tout prendre, les seuls résistants de cette foutrerie sont les chômeurs et les « inadaptés » aux petits boulots, eux, résistent. On ne peut pas dire qu’ils sont victimes du parasitisme triomphant. Ils vivent mal, bien entendu, mais parasitent nos parasites. Dommage qu’ils ne soient pas assez nombreux pour que la bête en crève !
Il faut voir comme de minuscules fourmis s’introduisent par le trou du cul de la Mante-religieuse et finissent par la bouffer de l’intérieur. On la voit qui s’agite encore, puis, bingo pour les insectes sociaux, la voilà qui tombe en poussière !
Aussi, je suis convaincu que le chômage de longue durée assorti du refus de s’encanailler dans ces grands cercueils de tôle que sont les usines modernes d’aujourd’hui, relèvent de la fierté d’être et mérite un coup de chapeau.
C’est une forme de résistance que j’admire.
Pour en revenir à nos modernes doryphores qui font monter le prix de la pomme de terre sans donner un seul coup de bêche dans les champs, Amelia Torres, splendide portugaise de 47 ans et porte-parole du commissaire européen (le veinard) des Affaires économiques et financières, a dit en nous désignant d’un doigt manucuré « ce n’est pas bon ».
Voilà où nous a conduit la politique sociale du MR et la politique de droite des socialistes : nous ne sommes pas bons !
Cette terrible association entre travailleurs et modernes malfaiteurs est sans appel. A cause de ces derniers, nous ne sommes pas bons tout court, car Amelia Torres ne nous dissocie pas dans le fado du malheur qu’elle chante sur un air d’une autre Amalia… Rodrigues, à ces fripouilles qui nous exploitent hardiment à l’ombre des lois du libéralisme.

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Et peut-être cette charmante n’a-t-elle pas tort ?
Car, qui nous empêche à l’exemple de la fourni, de nous repaître des mirliflores de la finance même si nous devons passer par leurs infâmes déduits ?
Si nous ne le faisons pas, n’est-ce pas à cause d’une féroce ambition qui nous vaudrait un jour la place de chef ou d’une frousse égale à celle que nos gugusses éprouvent sur le plan communautaire ?
Une ultime raison, j’ose à peine la dire tant j’en suis honteux : nous serions toujours convaincus que le système libéral est la huitième merveille du monde !
S’il apparaissait qu’il en sera toujours ainsi, nanti d’un étui pénien, je me réfugierais chez les Papous, attentif à l’économie de marché… de la voûte plantaire dans les ronciers des dernières libertés.

16 juin 2008

Robin des Bois de Soignes.

On vient de dépasser le saugrenu d’un poisson d’avril, il est vrai qu’on est en juin..
Pendant quelques jours, il y a eu du flottement, une incrédulité grandissante. Mais non, c’est bien réel., la perspective d’un lien territorial reliant l'espace francophone s’est discuté entre partis francophones et les présidents de la Chambre et du Sénat. Il s'agirait d'un bout de forêt de 2,5 kilomètres entre Uccle et Waterloo.
On croyait être dans une impasse, non, ce n’était qu’un couloir !
Aucun des pointus de Flandre n’en veut, bien entendu. Et si c’est un Wallon qui a émis l’idée, ce doit être un sacré farfelu !
En d’autres temps, ce serait une franche rigolade, comme Allais qui voulait bâtir les villes à la campagne pour un meilleur air, ici, c’est Bruxelles à la forêt de Soignes.
Indépendamment du comique, on voit bien dans quel désarroi sont les raccommodeurs de porcelaine.
Outre ce nouveau couloir de Dantzig, on implorerait des garanties pour le droit de vote des francophones en Flandrie, quelques déclarations la main sur le cœur au sujet des renouvellements des facilités, quitte à ce qu’ils déchirent ce qui ne serait que des chiffons de papier la semaine suivante. Resterait une supplique à l’administration flamande pour faire cesser les tracasseries administratives.
Et les hordes linguistiques pourraient fondre sur BHV.
On voit bien que la suspicion des citoyens inquiets d’une francophonie molle ne sont pas des mots en l’air.
Il y a bien dans les partis wallons et bruxellois une déculottée programmée. Rien qu’à voir leurs pauvres gueules aux interviews, on les devine trop raisonnables et polis pour faire le poids vis-à-vis des gens d’en face.
En cas de blocus – façon Berlin - des faucons flamands, on imagine la transformation du couloir boisé en autostrade alimentant la capitale. Sinon, au cas où le site serait classé, il ne resterait plus qu’à transporter à dos d’âne tout ce dont auraient besoin les habitants de la capitale, les sentiers n’étant pas larges.
Dans une partie qui se joue entre partenaires de forces inégales, le plus faible n’a pas d’atout à faire valoir. Il ne peut que supporter les décisions de l’autre. Sauf, s’il jette les cartes sur la table en démontrant que le jeu est truqué.
Il n’y a pas parmi nos négociateurs un seul qui serait capable de quitter la partie dans la fierté de l’honneur retrouvé. Ce sont des valets qui iront jusqu’au bout de la bassesse. Dans compromission, il y a compromettre, et ils le sont jusqu’au cou !
Les Flamands le savent.
Ils n’ont pas besoin d’avoir raison en droit pour agir. Justement, plus c’est injuste, plus ils marquent de la détermination.

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C’est le passé de lâcheté des Francophones qui leur colle à la peau.
Aussi bizarrement, les Flamands sont bien plus à droite, plus nationalistes et pour certains, disons le mot, plus fascistes que les Wallons, pourtant ce sont ces derniers qui ont le bourgeoisisme rivé au corps. Ils sont les pires conservateurs dans une aventure qui se termine avec des partenaires plus volontaristes. Rien dans ce qui meut les wallons n’est innovant. Raccommodeurs des drapeaux loyalistes, ils n’en peuvent plus de sauver l’Etat, le roi, la loi et tout le saint tremblement. L’attirail passéiste de l’Etat repose désormais sur leurs épaules. En Wallonie, il pleut des madames Houard. Jusqu’au dernier couplet de la brabançonne nous aurons à nous farcir ces sommets assujettissant une population à des concepts dépassés.
Peut-être même, qu’à ce titre, Bruxelles-Hal-Vilvorde est un passage nécessaire à l’âme wallonne dérangée.
Il faut des épreuves aux gens, un Golgotha à gravir, des bout de gras de connerie qui remontent des agapes anciennes et qui laissent un méchant arrière-goût des choses ratées dans la bouche. C’est seulement quand on aura dégueulé tout ça, à commencer par les Fourons, qu’on y verra plus clair..
Alors, nous laisserons nos chefs de parti enroulés dans les trois couleurs signer autant d’accords qu’ils veulent avec les gens d’en face, pour nous aussi, ce ne seront que chiffons de papier.

15 juin 2008

Vivent les Irlandais.

Ah ! le bourre-pif à l’Europe… groggy la clientèle.
Quoi, quoi, objecte les grands vassaux, ces manants d’Irlandais qui font de la résistance à notre si inoubliable carrefour des esprits ! Même Cohn-Bendit l’extralucide de mai 68 est en pleine déconnade. Les Irlandais se seraient tellement sucrés grâce aux subventions de l’Europe, qu’ils n’auraient plus le réflexe d’en laisser une pincée pour les autres !
Sait-il au moins que le « décollage » de l’Irlande n’est pas pour tout le monde et que la population pauvre n’a pas profité du boum réservé à l’élite ?
Est-ce suffisant de lécher les vitrines en s’émerveillant de ce que l’on ne peut pas acheter ?
Voilà ce que c’est de passer à Bruxelles dans des voiture aux vitres teintées afin d’aller plastronner Rond-point Schuman. Il était inutile de prendre l’avion pour Dublin. Il suffisait de marcher sur les trottoirs de la capitale de l’Europe pour être parfaitement au courant des raisons du vote négatif des Irlandais.
Parce que l’Europe s’est déconnectée des citoyens. Elle ne prend pas en considération leur déconvenue d’un capitalisme délirant. Elle n’est plus « le rêve » comme on disait naguère.
Les gens pensent que l’Europe ne sert qu’à entretenir une kyrielle de fonctionnaires dans des Institutions qui de toute manière ne sont pas là pour diminuer le prix du mazout et de corréler les salaires à l’inflation.
Soyons clairs, l’Europe politique d’un côté, le commerce de l’autre, et tout baigne disent nos éminents. Ils sont pour une liberté qui les arrange : celle du commerce. Ils n’ont rien à voir avec la conjoncture. La vie sociale, selon ces docteurs de l’économie, est une affaire entre le patronat et le syndicat.
Vite dit et pas mal pensé pour se tirer des voitures, la conscience en paix et le portefeuille garni.
Pour le reste, quand on se demande comment on va terminer le mois le porte-monnaie vide, qu’est-ce que vous voulez que ça nous foute qu’elle soit en panne, l’Europe ?
Tout était à prévoir.
Et rien n’a été prévu.
Alors à quoi servent les gros salaires ?
Ah ! si l’Irlande avait manœuvré pour enlever la parole aux gens comme nos experts en dirupoltronnerie et reyndersalade, si les yeux dans le beurre de Milquet avaient séduit les Dublinois ? Peut-être aurait-on jonglé avec le référendum et l’aurait-on escamoté de la Constitution irlandaise ?
C’est dur-dur pour les déconnectés d’ambiance qui nous dirigent…
Mais ils n’ont pas dit leur dernier mot. Ils le veulent leur président du consortium, ils aspirent à leur ministre des affaires étrangères et aussi à celui de la guerre.
Ces braves du salaire surmultiplié parleraient d’une seule voix au nom de l’Europe entière. C’est ce qui les travaille le plus : parler d’une seule voix. Dire à la face du monde entier ce que nous ne sommes pas, afin que leur vision de l’Europe archi minoritaire soit celle qui compte : un peu pétainiste, un peu tatchérienne… et hurrah pour Charlemagne !
Aussi, le simulacre se poursuivra : nous « votons » ou nous avons « voté » OUI, un oui massif comme Louis Michel, un oui, inoubliable, par porte-plume interposé ; car, les bougres, ils n’ont pas confiance en nous, ils bourrent les urnes à notre place ! Voyez si un référendum en Belgique ou ailleurs rejoignait l’Irlande, comme ce serait une tache !
Et sur le plan Institutionnel, Barroso a bien ouvert ses portugaises. Il a compris ce qu’on lui demandait. Le processus continue, comme si les Irlandais ne s’étaient pas butés, comme s’ils avaient voté oui. Ainsi, quand l’unanimité, moins une voix, sera déclarée solennellement, on va entreprendre en douce des négociations avec les récalcitrants. Déjà qu’ils pompent des subsides en belle proportion, Barroso va leur faire un pont d’or, comme à Madonna.
On se demande comment la Wallonie est dirigée ? Qui ne voit dès lors l’intérêt à voter non, pour ensuite négocier la cerise sur le gâteau ? Rudy Demotte ne serait-il qu’un sot ?
Mais qu’est-ce qu’ils veulent tonnent les parlementaires européens : « Ne sommes-nous pas heureux ? Certes, au prix des carburants, la voiture est devenue un sacré luxe ; mais il n’y a pas de guerre, enfin pas encore, puisque l’Europe n’a pas d’armée. Le système capitaliste est épouvantable, mais ne faisons-nous pas tout pour le supporter ? Ainsi, prenez-nous en exemple, n’avons-nous pas de bons salaires et un avenir assuré ? ».

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C’est ce dernier point qui coince. Eux, certainement n’ont pas à s’en rancir l’oignon, mais les pauvres hères dans la rue ? Ils ne reçoivent pas « la juste »rétribution de leur mérite. Comme disait naguère Figaro, il leur faut bien plus d’industrie pour vivre une heure, qu’eux une année entière.
Alors, si l’Europe était dirigée par des parlementaires vraiment représentatifs, elle dirait d’une seule voix son inquiétude quant à la dérive actuelle du système économique mondial, chercherait des solutions intermédiaires entre laisser-faire et dirigisme. Elle serait attentive aux populations qui s’interrogent sur leur sort.
Elle se poserait la question de savoir sa vraie utilité, plutôt que rêver à des stratégies planétaires en se taillant des costards chez les tailleurs chics de Londres.
Elle se rapprocherait des gens, plutôt que de s’en éloigner.
Mais les élites sont stupides, bien dans l’air du temps : « tout pour moi et rien pour les autres », telle est la nouvelle devise internationale. L’Europe y adhère. De vrais libéraux, ces petits monstres !
Alors, qu’ils aillent se faire foutre et vivent les Irlandais.

14 juin 2008

Quaden et Thierpont, progressistes !

C’est quand même grandiose de la part des médias ce qu’ils écrivent à propos de Guy Quaden, le gouverneur de la Banque nationale. L’homme pose une question vieille comme le Première Internationale, et tout le monde s’interroge. On s’extasie, on se congratule comme si c’était les premiers pas d’un économiste sur la lune !
La question, la voici :
« Faut-il indexer de la même manière un salaire de 1.000 euros et un salaire de 10.000 ? ».
Que Guy Quaden découvre le sens de l’équité et du social, c’est bien. Mais cela arrive un peu tard, tandis qu’on le voit venir dans ses escarpins chics.
Il n’y a pas un congrès, une assemblée, une réunion de village des cercles de gauche qu’ils soient philosophiques ou politiques qui s’achèvent sans avoir au moins une fois abordé le problème de l’égalité dans une démocratie, et pas que sur l’index, sur la perception équitable de l’impôt et sur cette fameuse rosserie de la TVA.
Alors, que Pierre-Yves Thierpont s’ébaubisse de la pertinence de la réflexion personnelle de Guy Quaden, il y a de quoi surprendre. A moins, une fois de plus, que les médias n’attribuent plus d’importance aux déclarations d’un personnage, parce qu’il est en vue, que les centaines de milliers de gens qui crient la même chose depuis fort longtemps..
Il est vrai que « Le Soir » a une excuse de taille. Le grand parti qui est censé représenter les travailleurs et les petites gens en général n’a plus soulevé les questions de justice sociale et de justice tout court depuis 1945 (1) ! Il s’est endormi dans les bras du libéralisme, étouffé par les dépendants affectifs et financiers que sont les bobos de la gauche caviar.
Cet endormissement sur l’édredon mœlleux de la représentativité du pauvre n’est hélas que le privilège d’une élite universitaire qui s’est emparée des bonnes places d’un PS phagocyté sur ses planques à fric.
Ce que veut une majorité dans ce pays, ce n’est pas un index bidouillé, une pension dérisoire, une taxation impitoyable sur l’infortune plutôt que sur la fortune. Ce ne sont pas des représentants de la nation propriétaires en Toscane, trusteurs de mandats, qui nous donneront des leçons d’austérité.
C’est une pension minimale à 1500 euros et maximale à 2000 euros; un plafonnement à fixer du haut de l’échelle des salaires, comprenant tous les avantages en nature, les royalties et les primes ; des représentants du peuple au revenu mensuel ne dépassant pas 3.000 euros, sans à-côtés scandaleux, et des frais vérifiables sur pièces comptables n’excédant pas la même somme ; une TVA petit à petit réduite à 6 % sur tous les produits, les sommes perdues étant compensées par les taxes nouvelles sur l’actionnariat, la spéculation sur les monnaies, les réévaluations de patrimoine et les bénéfices exceptionnels ; une déclaration des revenus exonérant d’impôt les 1500 premiers euros gagnés du mois.
Quoi, s’écrieront en chœur Pierre-Yves Thierpont et Guy Quaden, c’est du communisme !
Non, messieurs, c’est de la démocratie.
Il suffirait de faire une proposition en ce sens aux citoyens pour savoir qui est majoritaire dans ce pays.

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Mais voilà, pour seulement ébaucher une approche de ce programme idéal, il faut un vrai parti socialiste, il faut que les dirigeants aient des couilles (même les dames, si vous voyez ce que je veux dire) ; que la presse séduite, par le vrai rôle de la démocratie, s’enthousiasme non pas des déclarations d’un Guy Quaden, mais des classiques de la voix du peuple de Jaurès aux philosophes d’aujourd’hui, qu’on ne publie guère dans les gazettes et dont le parti socialiste s’inspire encore moins.
Tous les « progressistes » de la gauche à la droite ont protesté que l’on ne toucherait pas à l’index. Pourquoi ? Cela gênerait madame Onkelinx que l’on reportât sur les petits salaires la part de l’index que l’on défalquerait des gros ? Idem pour le système des pensions ?
Cela ne me gênerait pas du tout. Je n’éprouve un certain état d’âme que lorsque Reynders est du même avis que moi, ce qui ne semble pas gêner mesdames Onkelinx et Milquet.
Utopistes, démagogiques les suggestions proposées ? Aujourd’hui même, la société InBev, grand sabreur d’emplois, vient de lancer une offre d’achat d’une bière américaine Anheuser-Busch pour 46,3 milliards de dollars. A qui est-il ce pognon ? Qui l’a gagné ?
L’intention de Guy Quaden dans sa critique de l’index est d’attirer l’attention des syndicats sur le haut du tableau, afin de mieux rouler le bas dans la farine libérale.
Merci bien. Le jour où Guy Quaden sera bon à quelque chose, c’est quand il retroussera ses manches au lieu de n’être que la mouche du coche.
Mais son idée est à creuser.
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1. Et encore, le PS qui se reconstituait avait les communistes dans le dos et une Résistance qui rechignait à déposer les armes. L’Armée de Piron s’agitait ferme et on sentait comme de l’angoisse dans les partis du fric. Léopold III jouait les jeunes mariés en Suisse et, comme aujourd’hui, les Saxe-Cobourg pensaient à se reconvertir. Il aurait été politiquement incorrect que le PS ne fût plus déjà de gauche !

13 juin 2008

L’autorité de Kris Peeters.

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Lors d’un débat organisé mardi par des gazettes repaissant largement l’opinion, Kris Peeters a enfin dévoilé ce que veulent les Flamands à Bruxelles.
Ce n’est pas triste.
La Région bruxelloise associée à la Région wallonne est une chimère, selon Kris Peeters. Le Ministre président flamand veut poursuivre le financement de Bruxelles, parce que la Flandre en a fait sa capitale.
Dans le temps, qu’est-ce que cela signifie ?
En réalité cette emprise d’une minorité flamande existant dans la capitale devrait prendre plus d’importance et en attendant d’y reprendre 100 % des droits d’une capitale de la Flandre, Peeters lui concède un statut à part !
Voilà, à un mois presque du 15 juillet, une déclaration qui rejoint la quasi impossibilité de conclure un arrangement à l’amiable sur BHV.
Cette déclaration est moins unilatérale qu’il n’y paraît quand des deux côtés de la frontière linguistique on parle de l’avenir de Bruxelles.
Il y a toujours eu le sentiment d’être des « paysans » quand on parle de Bruxelles depuis les autres villes de Belgique, avec une frustration sous-jacente à la fois d’exaspération et de jalousie.
Si les opinions se disjoignent dès qu’on parle frontière linguistique, à tort ou à raison Flamands et Wallons de la province sentent monter en eux quelques griefs quand les Bruxellois – enfin ceux qui les représentent – parlent d’eux, un peu comme le régisseur d’un château parlerait de ses fermiers.
Louis Tobback représente le pointu d’une opinion flamande en ce domaine.
Que veulent en fin de compte les Flamands ? Ils ne pourraient d’un trait de plume supprimer la francophonie largement majoritaire à Bruxelles, siège des institutions européennes. Il serait dans l’immédiat insensé d’annexer Bruxelles à la Flandre et – bon prince – d’y octroyer « des facilités » à près d’un million et demi de francophones si l’on ajoute à la capitale, tout ce qu’il y a autour, y compris « d’annexable » dans le Brabant wallon. Alors ?
Nous sommes à 30 jours des négociations sur un sujet qui n’est pas le fond du problème. Comment trouver un accord sur un non-dit dépassant BHV, alors que la scission de l’Arrondissement n’est déjà pas négociable sans des contreparties sérieuses pour les francophones ?
Plus la question devient brûlante et plus on arrive au jour où il faudra bien discuter de quelque chose, on s’aperçoit que les Flamands ont hâte de passer à l’étape suivante, avec ou sans notre accord.
Quand on est rongé par le ferment nationaliste, on l’a bien vu en Yougoslavie, l’opinion de l’autre ne compte plus. Mieux encore, l’opinion internationale et le discrédit parmi les gens sages des autres pays n’existent plus. On ne lit les opinions contraires que pour mieux s’indigner et s’en défendre. Plus les autres ont raison, plus le nationaliste croit qu’ils ont tort.
Pour un peu, il pense être le propriétaire du sol, des canaux, des moulins folkloriques, des pêcheurs à cheval, de la mer même et en propriétaire jaloux, il s’en voit le seul défenseur légitime.
Je ne sais pas si les Flamands en sont là, mais leurs responsables politiques y sont. Et pas que les extrémistes de Vlaams Belang, non, les Dehaene, les Vandenbrande, les Thyssen, les Tobback et tant d’autres aussi.
Ils croient défendre leur sol en défendant leur langue, mais en la défendant mal car ils en excluent les autres locuteurs, faisant du racisme sans le savoir.
Oui, la langue flamande est menacée, comme le français par rapport à la langue anglaise et comme la langue anglaise un jour par rapport à la langue espagnole ou la langue chinoise.
Cela fait partie de l’évolution des peuples et des cultures.
Il y aurait un meilleur moyen que les frontières, les règlements et toutes les conneries d’une Administration flamande délirante pour régler le problème belge dans l’immédiat.
Ce serait d’instaurer le trilinguisme dans le pays : les formulaires, la signalisation, les rapports entre administrés et personnel administratif, etc. : le français, le flamand et l’allemand partout et en usage pour ceux qui peuvent, quitte à attribuer à tout personnel d’administration une prime à qui parle deux ou trois langues nationales ; afin que les trois Régions poursuivent dans un fédéralisme bien compris une vie de responsabilité autonome.
Mais non, ceux qui nous gouvernent sont fous.
Comment négocier et négocier quoi ? avec des gens aveuglés par le sens qu’ils donnent à la langue, au sol, à la raison d’être ce qu’ils sont ?
Ah ! si les Flamands étaient minoritaires ! On aurait tôt fait d’agiter l’épouvantail de la démocratie et la volonté du plus grand nombre. Mais quand la déraison saisit le plus grand nombre ? Quand le même épouvantail sert pour des causes discutables ?
Faut-il rappeler que le chancelier Hitler fut élu démocratiquement au poste de chancelier du Reich ?
On me pardonnera cette réflexion, mais je ne voudrais pas être à la place des chefs de parti Di Rupo et Milquet qui vont devoir gérer pour les Wallons des négociations qui sont par avance aussi tordues, d’autant - ils l’ont toujours dit – qu’ils n’iront pas palabrer en chemise et la corde au cou. Pourquoi ai-je volontairement dissocier Reynders du précédent duo ? Parce que je le vois très bien avec les grelots et le bonnet de bouffon et, dans cette affaire, se prendre pour le roi.

12 juin 2008

PPDA lourdé.

Pour les amateurs franchouillards des petites nouvelles sur TF1, la surprise a été de taille. PPDA (Patrick Poivre d’Arvor pour les non-initiés) vient d’être lourdé !
Franchement, il n’y a pas de quoi se réveiller la nuit, l’homme n’est pas des plus sympathiques, sûr de lui et champion de la brosse à reliure et, dit-on dans la coulisse, arrogant avec le petit personnel. Pourtant la façon dont ce grand serviteur a été « vidé » de TF1, qu’il a estampillé comme un produit de lessive, est assez inédite.
C’est lui qui avait décidé de partir de la boîte à 65 ans. Il avait ses pantoufles sous son bureau et à la direction. La Maison l’a pris de vitesse cinq ans à l’avance, dans une période où il est de bon ton de garder les vieux au boulot.
L’homme est assez rancunier. Il s’en est expliqué auprès de ses confrères. Selon lui, c’est bien d’un complot politique qu’il s’agit. Lui, le héros de l’interview bidonné de Castro, le laudateur du pouvoir, a déplu à Sarko, grand ami de Francis Bouygues, le patron de TF1.
Il faut dire que TF1 est dans une mauvaise passe.
Si PPDA pouvait être lourdé tous les lundis, la chaîne l’aurait repêché, compte tenu du record d’audience du journal de 20 heures de ce jour là. Oui, les gens sont cruels, on voulait voir la gueule de d’Arvor se sachant saqué « mesdames, messieurs, bonsoir ». Il le savait, le bougre, qu’on l’attendait au tournant. Il est resté très british, avec le flegme et tout, fort élégant dans le désastre.
Les gens ont été déçus, du coup le lendemain, le journal retombait dans une oubliette.
Mais les mauvaises audiences n’expliquent pas tout.
Sarko a une dent contre lui depuis le jour où PPDA se croyant tout permis a comparé le nouveau président à « un petit garçon rentrant dans la cour des grands ».
Tous les ministres, la classe politique, les journalistes savent qu’on ne plaisante pas sur la taille du président. Ce n’est pas ce que PPDA avait voulu dire. Mais, malgré une lettre de plates excuses, l’Elysée l’avait depuis dans le collimateur.
Et puis, c’est dans l’air du temps, Sarko n’aime pas ce qui fait vieux et qui est forcément démodé. Et Patrick l’était. A chaque apparition de l’icône, c’était plus fort qu’eux, les télémaniaques comptaient le nombre de ses cheveux. Les implants nouveaux étaient accueillis avec les moqueries peu amènes que les « vieux beaux » abhorrent. Malgré tout le travail capillaire, quand PPDA courbait sa haute stature, les millions de téléspectateurs pouvaient découvrir la calvitie du sommet du crâne et argumenter sur les ravages du temps.

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La crise de jeunisme élyséenne a contaminé TF1 où là aussi, les jeunes remplacent petit à petit les vieux.
Toute la génération vieillissante a fait ses débuts sous le giscardisme. Ailleurs, Elkabbach en est aussi. Il bascule dans la trappe à Nicolas.
Le président veut de la blondasse, de la pépée, de l’extra. Il veut entendre le crissement des bas quand la présentatrice croise et décroise les jambes. Avec PPDA, c’est plutôt loupé. Dans l’univers présidentiel, il avait fini par faire kitsch comme Raffarin..
Enfin, comme tous les grands chefs, le président n’aime pas ceux qui l’ont connu humble, besogneux, quémandant des places, tour à tour giscardien, chiraquien et même balladurien, ce qui lui avait valu la disgrâce du temps ou Chirac enchantait la droite par son immobilisme et ses promesse non tenues (déjà !).
Que les présidents passent et que PPDA reste, cela devait bien finir par énerver un des passants.
Ceux qui vont regretter « l’homme qui aimait les femmes » de TF1, ce sont les animateurs de Canal Plus. Ils tenaient dans le présentateur, une marionnette vedette des Infos.
D’ici à ce qu’ils le remplacent par la marionnette de Laurence Ferrari, on voit la parti de ce qu’ils pourraient en tirer, du genre cochonne du Muppet Show. Mais la référence n’est-elle pas ainsi encore plus obsolète que d’Arvor, lui-même ?
Reste au retraité futur d’enfin réaliser son rêve : devenir un écrivain et apparaître en veston de velours à la terrasse du Flore. Les petites choses commises jusqu’à présent ne valent pas tripette. L’artiste ne pourra plus dire dès le mois de juillet qu’il n’a pas le temps de peaufiner ses œuvrettes.

11 juin 2008

Dr. Jekyll et Mr. Hyde.

-Monsieur Yves Leterme, que pensez-vous de Leterme Yves ?
-Lorsque j’ai rencontré Leterme Yves, c’était il y a un an. J’ai été frappé par la ressemblance physique. Mais, à part elle, je n’ai rien de commun avec cet individu.
-Ce n’est donc pas votre alter ego ?
-Non seulement, il ne l’est pas, mais encore les thèses de ce monsieur sur un Etat flamand indépendant sont aux antipodes de ce que je pense.
-Dans « Voyage autour de ma chambre », Xavier de Maistre fait se disputer en une véritable scène de ménage intérieure, l’âme et la bête, d’un même personnage. Vous reconnaissez-vous dans ce portrait ?
- Le flamingantisme de Leterme Yves relève du rêve pathologique et hallucinatoire d’un nationaliste du CD&V poussé au somnambulisme par le NV-A. Ces individus sont dangereux. Je ne comprends pas comment ce genre d’hystérie n’est pas soigné à Gand dans la clinique du docteur Guislain.
-N’a-t-il pas été le ministre président de la Région flamande ?
-La pluralité foncière du Moi, va bien plus loin qu’on ne l’imagine. Je crois savoir que celui dont vous parlez, Leterme Yves évolue dans le bon sens. A présent qu’il n’est plus à la Région flamande, il a rompu avec Bart De Wever.
-Il se rapproche donc de vous ?
-Il s’est amélioré, mais il n’a toujours pas grand chose à voir avec Yves Leterme. Moi, je suis pour l’unité de la Belgique. Demandez-lui donc s’il est un bon patriote ?
-Vous êtes d’accord avec la thèse selon laquelle l’un consiste à créer des illusions et l’autre à les rectifier ?
-Vous me demandez de me mettre à la place d’un individu que j’ai croisé il y a un an, comment voulez-vous que je vous réponde ? Lui, c’est lui et moi, c’est moi.
-On dit que le pays avec Leterme Yves était ingouverné, et qu’avec vous, il est ingouvernable ?
-Notre perception extérieure est un rêve du dedans qui se trouve en harmonie avec les choses du dehors. Leterme Yves avait une perception extérieure fausse.
-Tandis que vous ?
-J’ai une hallucination vraie.
-Les semaines à venir vont être cruciales pour l’avenir du pays, pourquoi avez-vous arrêté le 15 juillet comme date butoir ?
-Le 15 juillet 1099, les Croisés prenaient Jérusalem ! C’est ce que voudrait souligner Yves Leterme. Et savez-vous ce que comptait célébrer Leterme Yves ?
-Non.
-A la mi-juillet 1621, la mort de l’Archiduc Albert fait revenir la Belgique à l’Espagne !
Vous voyez nettement par là que Leterme Yves veut toujours faire revenir la Flandre à un pays, qui ne peut être que la Hollande !
-Qu’allez-vous faire ?
-Négocier.
-Avec la Hollande ?
-Non. Avec Leterme Yves.
-Il est urgent de trouver un accord sur la fusion des deux personnalités. Vous avez un budget 2008 à contrôler et le budget 2009 à confectionner.

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-J’ai eu l’intention de demander à Leterme Yves de confectionner le budget de 2009. Mais c’est impossible.
-A cause de son flamingantisme ?
-Non à cause de Félida.
-Qui est Félida ?
-J’ai cru longtemps qu’il y avait une Félida Leterme et une Leterme Félida. Eh bien non ! Il n’y en a qu’une.
-Vous vous partagez la même femme ?
-Non, justement. C’est une personne unique. Hélas ! il n’y en a qu’une et c’est Leterme Félida !
-Elle vous a largué pour un nationaliste ?
-Son âme flamande n’a pas pu l'empêcher de choisir la Flandre seule.
-Qu’allez-vous faire ?
-Je vais demander à madame Houard, parmi ses couturières des couleurs nationales, s’il n’y en a pas une qui serait à la fois biaiseuse du drapeau belge et biaiseuse du belge drapeau.

10 juin 2008

Une grève sous le soleil.

Belle ambiance ce lundi 9 juin à Liège. Des milliers de manifestants ont défilé déçus des bienfaits qu’ils attendaient du capitalisme et qui n’arrivent pas.
Que réclament ces travailleurs ? Des salaires meilleurs et des diminutions de TVA, pardi ! On comprend l’effarement des gens quand, après avoir servi le système et croyant faire partie de ses enfants chéris, ils se trouvent trompés par la liberté d’entreprendre, d’exploiter et de réussir.
Ils se disent : le système est le meilleur, puisqu’il n’est contredit par personne – si l’on excepte des illuminés - mon député, mon délégué syndical, le PS sont d’accord avec mon patron, le gouvernement, la dynastie. Alors, pourquoi cette merde ? Qu’ai-je raté pour qu’il me pénalise ?
Et ils ne comprennent pas.
Ils ne savent pas que ce sont ceux qui sont aux meilleures places et qui sont les mieux nourris, donc les plus forts, qui gagnent toujours quand la roulette est truquée.
Ils ne savent pas qu’ils sont les fils d’une conjoncture qui de favorable devient franchement défavorable, à cause des spéculateurs, des prix vagabonds de la matière première et de la demande des peuples émergeants, mais aussi des grands appétits qui s’aiguisent à voir les travailleurs si doux et si raisonnables.
Une diminution de la TVA ne résoudra rien.
Il faut remonter à André Renard, le premier à s’élever contre cette taxe de la valeur ajoutée, pour comprendre le machiavélisme de l’Europe et des pays affiliés. La TVA est une escroquerie et un déni pour les crève-la-faim - les premiers taxés - qui ristournent le plus d’argent à l’Etat sur ce qu’ils gagnent, en proportion de leur paie. Un véritable bas de laine pour Reynders.

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Il faut réclamer la suppression pure et simple de cette taxe et la remplacer par une taxe de la valeur ajoutée en proportion des revenus. Impossible, ridicule, s’emportera Didier les bas bleus. Voire. Un système qui ferait payer 20 cents un kilo de pommes de terre à un pensionné et deux euros à un riche, serait bien plus juste. Les finances du pauvre diable en seraient soulagées. Le riche sentirait à peine la différence.
Mais, que voulez-vous, les gens qui défilent ont d’autres soucis en tête. Ils ne manquent pas d’intelligence, au contraire, le fait de descendre dans la rue est une démarche utile. C’est un pas vers une prise de conscience. Le malheur vient de ce que les gens ne croient pas du tout qu’une autre façon de gérer la démocratie soit possible. Ils n’y croient pas parce que voilà cinquante ans qu’on leur dit le contraire, preuve à l’appui avec l’effondrement du système communiste. Ils n’y croient pas parce que la gauche participationniste est liée au capitalisme libéral et que leurs dirigeants ont intérêt à ne jamais en sortir, d’où leur salade de propagande.
C’est d’un cheminement personnel que viendra le changement.
A force de constater combien le système les ignore, les exploite et se fiche d’eux, ils réfléchiront.
La mondialisation fait la démonstration de la vilaine tournure que prennent les sociétés libérales.
De la perte du pouvoir d’achat, à celle de la liberté, il n’y a qu’un pas.
Quand un travailleur n’a plus assez de sous pour nourrir sa famille, que le premier à le rançonner est le modeste du coin de la rue qui a bricolé en black avec ses amis maçons une piaule et qui profite de la conjoncture pour rafler les derniers sous du locataire, il n’y a pas 36 solutions.
Il faut d’abord reconsidérer le capitalisme de proximité comme une infection qui a grandi depuis le pu central et se défier parmi les gens du peuple de ceux qui n’ont pas encore compris que se payer sur la bête à des limites et qu’elles sont franchies.
La solution qui consiste à mendier un saut d’index, n’empêche pas la pauvreté de s’installer. La solution radicale : celle de chasser les valets du capital et le capital lui-même en confisquant ses moyens de production, est la seule bonne.
Dans ce cas, c’est la guerre entre, non pas le bourgeois et le pauvre, mais entre la mentalité bourgeoise et la mentalité collective. Le capitalisme a la vie dure, parce qu’il est défendu par ceux qu’il exploite. Sans oublier les bourgeois – ces capitalistes douteux - qui gangrènent les rapports entre les gens simples.
Tout ça, c’est de la théorie, du flan pour les picadors du troupeau de gnous.
Mais, il y a une chose qui doit rester présente à l’esprit : on ne peut pas réduire à la misère cette génération et celle qui précède, alors qu’elles viennent des Trente glorieuses du capitalisme à son zénith, sans leur raconter des craques.
Les brusques flambées spéculatives des prix, la désinvolture des industriels apatrides sont des facteurs bien plus de désagrégations que BHV.
Jusqu’à présent, il n’était question que de pousser au cul un parti socialiste dolent et une nomenklatura syndicale poussive. Autre chose serait de chasser le joli monde des délices de Capoue.
Ça commence partout de la même manière, il fait beau, les chefs sont là. Puis, ils s’en vont et on se retrouve seul avec les autres et on se demande à quoi ça sert ? Alors, si on ne fait rien que défiler, demain le patron fera la gueule et le proprio sera derrière la porte à vous attendre. Et tout sera à recommencer. Mais si les maîtres attrapaient la chiasse à votre colère, vous verriez comme ils mangeraient dans vos mains !

9 juin 2008

Conseil des sinistres.

Yves -Mesdames, messieurs, nous avons abordé le chapitre de la méthode. Il s’agirait maintenant d’aborder le chapitre de la réalisation.
Laurette –Qu’avons-nous décidé pour la méthode ?
Yves – D’agir avec ordre et discipline.
Karel -Ecoutez, on a suffisamment abordé les principes d’une bonne méthode. Si nous abordions la réalisation ?
Joëlle -C’est assez flou. J’étais d’accord avec le principe d’une méthode. On en a parlé toute une nuit. Et qu’est-ce qu’on a décidé ?
Didier - Apparemment rien. Et c’est ça qui est encourageant.
Yves - Enfin un vice-premier positif. Tu peux nous expliquer ?
Didier - Si nous avions présenté une méthode, est-ce que Bernard aurait été d’accord avec Annemie ? Alors, à fortiori Jo et Paul se seraient affrontés. Avons-nous besoin de montrer nos dissensions au pays ? C’est donc dans la logique des choses que nous n’ayons rien décidé quant à la méthode.
Laurette - Marie et moi avions des essayages, pourtant nous sommes restées jusqu’au bout. Tournons la page et puisque nous avons décidé de ne rien faire pour la méthode, ne faisons rien et passons à la réalisation.
Inge - J’ai raté un rendez-vous chez le coiffeur…
Marie – Vous voyez bien…
Charles - Une minute. Si nous avons voté la méthode, reste à trouver la sanction à qui la transgresserait ?
Julie - Comment sanctionner sur rien ?
Vincent - En ma qualité de ministre de la simplification, je propose de qualifier le rien en quelque chose et par conséquent d’infliger une amende symbolique à qui contredirait la méthode.
Sabine - Oui, une tournée générale.
Yves - Je retiens la proposition de Sabine.
Etienne - Une petite minute. Je dois rendre des comptes à mon parti. Si un CD&V est sanctionné, c’est de sa poche ou c’est sur une note de frais ?
Melchior -On peut la rentrer au ministre des finances.
Yves -Tout le monde est d’accord sur la proposition de Melchior ?
Patrick -Je crois me faire l’interprète de l’ensemble des…
Yves – L’unanimité alors ? Vous voyez quand vous voulez ?
Didier -Je propose d’en faire un communiqué pour la presse.
Olivier – C’est bien vu ! Quand Didier prend la parole, ce n’est pas parler pour ne rien dire.
Marie - Qui va le rédiger ?
Sabine -Nommons une commission mixte et que la traduction se fasse dans l’autre langue nationale tout de suite après.
Inge -Je propose Annemie rapporteur.

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Frédéric -C’est ça Le texte sera élaboré en flamand et les francophones devront se débrouiller comme toujours pour que cela paraisse vouloir dire la même chose.
Marie - Tu sais bien, Frédéric, que nous avons des sensibilités différentes et que c’est impossible !
Yves -Eh bien ! que Charles traduise. Nous n’allons pas passer une nouvelle nuit sur la rédaction du communiqué ?
Didier - Je propose le second point à l’ordre du jour.
Yves -Oui, le second point.
Joëlle -C’est quoi ?
Yves -Etienne, tu as le papier que je t’ai donné à lire au CD&V ?
Etienne -Le voilà.
Yves -Il n’a pas été modifié. Donc le second point à l’ordre du jour est l’important chapitre de la réalisation.
Carl - Une minute, il reste encore un point à définir dans la traduction…
Le Conseil -Non, c’est adopté. Trop tard. On n’avance pas, etc…
Yves - Ne parlez pas tous à la fois. On aurait bien mis ça, dans le chapitre de la méthode, au moins il y aurait eu quelque chose.
Didier - Alors, la réalisation, tu as une idée ?
Yves -Non. Je n’ai rien.
Didier -Alors, si tu n’as rien à proposer, je suggère de nommer une commission pour disposer avec la méthode que nous avons déterminée, les chapitres à réaliser.
Paul -Comment réaliser quelque chose puisque nous ne nous sommes pas mis d’accord sur les moyens de parvenir à le réaliser ?
Laurette - Et puis la question fondamentale : réaliser quoi ?
Yves -Tiens, je n’y avais pas pensé !
Pieter -Je crois qu’on a assez bien avancé aujourd’hui. Il est trois heures du matin.
Joëlle -Je dois conduire ma fille à l’école dans cinq heures…
Yves -Je propose de scinder le poste des réalisations en deux. Premièrement, on détermine ce qu’on veut réaliser et deuxièmement, on cherche un accord…
Didier -Et trois on se donne le temps de réfléchir aux moyens que nous avons pour réaliser les projets sur lesquels nous sommes d’accord.
Olivier Chastel -Lumineux !
Yves -Je ne comprends plus rien.
Etienne -C’est une fatigue linguistique. Tu ne vas pas nous faire un malaise ?
Yves -Je ne sais pas. En attendant, je lève la séance.
Sabine -Qu’est-ce que je vais dire au MR ?
Didier -depuis quand est-ce que c’est toi qui dis ?
Olivier -Didier a raison.
Yves -Mesdames, messieurs, rendez-vous la semaine prochaine avec le texte bilingue de l’accord que nous avons dégagé à l’unanimité pour la méthode. Quant aux autres projets et qui concerne l’action et les moyens, je vais demander conseil à mon coiffeur à Ypres qui est un homme sage.

8 juin 2008

Le Traité bidouillé.

Jeudi prochain, l’Irlande, le seul pays à se prononcer par référendum sur le traité européen dit de Lisbonne, appellera les électeurs aux urnes.
Tous les autres ont préféré ne pas demander l’avis des gens pour cause de trouille à la suite de l’échec précédent d’à peu près la même mouture.
Alors nous avions à la plume Giscard, de l’Académie française, et Dehaene, pour sa réputation de fourrer son nez dans tout, à condition que ça rapporte en gloire ou en argent, et si possible les deux.
C’est dire l’état de la démocratie en Europe et comment les pouvoirs la détournent en la bidouillant, revoilà le même morceau, avec les mêmes défauts, mais avec quelques virgules en plus et certains mots biffés.
J’ai essayé de lire ce morceau de bravoure. Les feuillets me sont tombés des mains. C’est pratiquement illisible, une sorte de condensé des pensées de Wittgenstein dans ses moments où ce philosophe se croyait écrivain et de Nietzsche lors de ses troubles mentaux.
Ah ! elle est belle l’Académie française…
Pourtant l’arbre du style ne cache pas la forêt des bonnes intentions économiques à la gloire du capitalisme militant et que dalle sur le social.
Alors, comme se questionne « La Libre » « Le processus de ratification du Traité de Lisbonne va-t-il chuter sur le seul véritable obstacle qui se dresse encore sur sa route ? »
Déjà l’Haut-lieu se lamente, l’Irlande ne devrait-elle pas changer sa constitution qui l’oblige à faire un référendum sur les questions importantes ? C’est bien ce qu’on pense en Belgique, puisque les partis se frottent les mains d’avoir entre responsables adultes arrangé le coup !
Trop cons pour réfléchir, les Irlandais vont-ils faire chavirer le beau navire de Barroso ?
Ce serait assez piquant qu’une population de 4 millions « de cons » fasse la leçon à 470 millions de supercons, puisqu’on les prive de consultation pour cause d’idiotie !
Les sondages qui au début bêlaient de bonheur dans le sens du poil, on ne sait pas pourquoi, paraissent s’infléchir en faveur du non ! Les « nonistes » sont à 35 % et les « oh ! oui - oh ! oui » à 30. Le reste, comme partout ailleurs n’en ont rien à foutre, sinon qu’on les dérange.
Si l’on y incorpore ceux qui n’iront pas voter, ça fait quand même du monde qui voue l’Europe à la cata..
Il faut croire que l’Europe n’enthousiasme plus les foules. Même dans les écoles où les enseignants avaient le devoir de patriotisme élargi au continent, il y a de l’essoufflement. C’est que l’Europe vue sous l’aspect d’une immense chambre de commerce n’intéresse plus que les délégués des pays qui la composent pour le fric et le statut qu’elle leur procure. Il n’y a qu’eux seuls pour ressentir le bonheur de presser le pis bienfaisant de la génisse de la politique agricole qui a remplacé la Louve de Romulus et Remus.
Evidemment, comme les coiffeurs qui vantent les qualités de leur lotion, les députés européens ont des prospectus plein la mallette : sans l’Europe nous serions en guerre et couverts de boutons, c’est dire notre ingratitude !

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On va donc vers le vote historique de la foutue Irlande avec des semelles de plomb.
C’est que cette mouture, aussi biscornue soit-elle, est la seule dans les tiroirs. Si elle venait à être rejetée, c’est quasiment 10 ans de tortillements du verbe « vivre » ensemble qui seraient fichus par terre, d’Ormesson et Giscard, de l’Académie, définitivement en maison de retraite.
Le traité de Nice était pas mal bistorte aussi. Mais il faudrait bien y revenir. Heureusement pour les opportunistes du système Europe, leurs salaires ne seraient pas remis en cause et l’apologie de l’économie mondialisée, non plus, mais ils auraient perdu la face et il faudrait bien revenir devant leurs électeurs afin d’expliquer le fiasco. Ce qui n’est jamais agréable, dans une conjoncture aussi défavorable.
C’est aussi la présidence française qui va débuter dans le pétrin. Sarkozy a l’habitude des mauvais sondages, mais tout de même, la politique ambitieuse qu’il comptait mener à Bruxelles aurait dès le départ un coup d’en l’aile.
Et nous les petits, les obscurs, les sans grade, comme dirait Edmond, que deviendrions-nous sans le traité ? Nous vaquerions pareils à nos petites et médiocres affaires, mais nos Foudres de guerre, nos Périclès en devenir, nous en voudraient sûrement de leurs échecs, en tout cas nous en gratifieraient de la faute, un peu comme Weygand et Pétain en Quarante qui imputaient la responsabilité de la débâcle de l’Armée française aux Citoyens, à la semaine des quarante heures et aux Congés payés et surtout pas à l’État-major !
Nos illustres n’ont pas changé par rapport à autrefois.
Je l’ai toujours pensé aussi, nous ne les méritons pas. Mais qu’attendent-ils donc pour prendre leur retraite ? L’île d’Yeu comme Pétain ?

7 juin 2008

Di Rupo : mes gages !

C'est quoi la gauche ? On se demande…
Dans les faits, ce sont des groupements de citoyens dans des partis ou indépendants des partis, des syndicats, des associations caritatives ou philosophiques, etc, et qui sont très différents, selon que les partis ou organisations adhèrent ou non au système libéral, c’est-à-dire participent ou non dans la gestion des démocraties dont le caractère économique est le capitalisme.
Le vieux problème de la définition de la gauche se brouille davantage avec son rôle dans la société. Il était plus clairement défini au début du XXme siècle quand la gauche était dans l’opposition sans possibilité qu’elle devînt coopérante et au pouvoir
L’idéologie est aussi peu discernable, puisque à l’intérieur du PS français il y a Delanoë qui se réclame du libéralisme, Royal qui s’en démarque et Emmanuelli qui s’en offusque.
Plus soudé paraît être le PS belge, mais est-ce un bien ?
Depuis que Di Rupo exige que le parti parle d’une seule voix (la sienne) et que ce parti est au pouvoir, au PS belge, l’idéologie à complètement disparu comme le chant de Potier (L’Internationale), qu’on ressort des placards le 1er mai.
Ceux qui ne sont pas d’accord avec l’analyse qui précède, accusent les gens qui la font de penser aujourd'hui en fonction du passé, et donc de raisonner de manière anachronique.
Le constat est là : la droite a tellement évolué depuis dix ou quinze ans, qu’elle a un visage bien différent du précédent, alors que l’on continue à la jauger en fonction de ce qu’elle fut. Les réalités économiques nous ont embarqués dans la globalisation de Reagan et Thatcher, puis dans la mondialisation, dans une sorte de logique vers le pire.
La conviction que la gauche s’est retrouvée piégée par ses contradictions a été longtemps partagée par la Fondation André Renard dont Maryse Ockers fut longtemps la tête pensante. Bien que les voies autogestionnaires eussent été abandonnées, cette Fondation aurait pu poursuivre sa réflexion à d’autres formes d’organisation de la société. Mais, des Magnette de l’époque y furent dépêchés. Et il ne fut plus question de rien dans le tournant des années 90, quand Maryse Ockers prit sa retraite.
Et il en fut de même un peu partout dans les sections du PS en Wallonie, la FGTB et les organisations et fondations parallèles, jusqu’au contre exemple de Charleroi qui permit à Di Rupo de rassembler sous son aile, les derniers esprits indépendants.
Les accords passés entre droite et gauche sont caducs ; cependant la gauche ne remet pas en jeu sa participation à une aventure socio-économique dans un cadre où elle pourrait le faire aisément puisque les termes du contrat de collaboration qui la liaient au libéralisme n’existent plus.
Et que fait-elle ? Que dit-elle ? Rien ou presque.
Elle applaudit à ses maigres résultats. Dans des efforts pitoyables, elle tente désespérément de faire croire aux autres, ce à quoi elle ne croit plus : une société moins injuste !
Pourtant les occasions ne manquent pas de conduire des actions appropriées à l’état des lieux.
En Belgique, par exemple, la situation est morose et pas seulement sur le plan communautaire, bien évidemment aussi sur le plan social. Le PS a l’occasion d’être dans l’opposition avec son homologue flamand. La gauche pourrait jouer un autre rôle plus musclé dans les dernières péripéties de la Belgique à bout de souffle, dehors que dedans.

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On dirait que le PS est devenu le dernier rempart d’un Etat et d’une dynastie qui n’ont jamais servi que les intérêts capitalistes. Il faut croire que ce sont ceux-là que Di Rupo défend aussi !
Jadis, le but était de promouvoir le collectif en réduisant les prétentions égoïstes du capital. Aujourd’hui, le but est de placer aux rouages administratifs et politiques de l’Etat des hommes et des femmes de gauche, en vue, d’en accroître le nombre. Ceux-ci n’ont qu’une idée en tête : durer dans les places et dans les revenus.
Est-ce du socialisme, ça ?
Si, par aventure, l’Etat venait à s’effondrer sous la poussée des Nationalistes flamands, Di Rupo ne récolterait rien de la politique qu’il mène. Mieux, dans l’affolement d’une situation de crise, le président du PS pourrait se faire plus libéral que le parti du même nom, plus royaliste que le roi et plus chrétien que l’Eglise, mû par un conservatisme viscéral, et une peur du changement.
On croirait entendre Di Rupo et son bureau tout entier dans le rôle du valet de Dom Juan, dans le final de la pièce de Molière :
« A ! mes gages ! mes gages ! Voilà, par sa mort, un chacun satisfait. Ciel offensé, lois violées, filles séduites, familles déshonorées, parents outragés femmes mises à mal, maris poussés à bout, tout le monde est content ; il n’y a que moi seul de malheureux. Mes gages, mes gages, mes gages.

6 juin 2008

Une fleur de nave en résumé…

-J’ai eu beaucoup de chance, n’est-ce pas. Mais la chance va avec le talent, quand même. J’ai toujours eu un peu de chance et beaucoup de talent. J’ai rencontré Alice aux Alyscamps.
Elle était là pour célébrer saint Genest. Elle a toujours aimé les martyrs. Nous avons devisé. Nous deviserions toujours, si elle ne s’était pas mise en tête de changer des devises. C’est ainsi que j’ai appris devant un distributeur de billets à Arles qu’elle était éditrice de musique. Tu me connais, j’ai bondi ! « Pourquoi vous bondissez, ? dit-elle surprise ». Elle était toute mignonne. On ne lui donnait pas 25, tu vois ? Moi, à 27, c’est parfois comme si j’en avais 80 ! Mais, est-ce que ça compte, quand on échange. Alors on a échangé. D’abord timidement, devant le distributeur de billets, puis franchement, mieux sur le trottoir. Mais on devait retourner aux Alyscamps, rapport à son mari qui l’attendait. Oh ! pas terrible, un Marius sans la marine à voile, si tu vois ce que je veux dire ? Non, tu ne vois pas ? C’est sans importance, ce n’est pas là… « Moi aussi, je lui fais énigmatique. » Je voulais la faire réfléchir. « Moi aussi quoi ? », dit-elle enfin surprise. Par l’entrebâillement de sa robe genre tablier rose de grand’mère, je voyais le rembourré du bonnet gauche. Pourtant, elle n’avait pas à faire des complexes. Marius avait l’air d’en être satisfait. Aux petits soins, des Alice par-ci, des mamours par-là… La façon dont elle le regardait, ça se voyait que s’il était en plein charme, elle avait plutôt l’air d’en avoir assez fait par sa seule présence. Il faut dire avec la chaleur qu’il faisait, il ne sentait pas bon. Il y a comme ça des types qui dégagent un fumet sui generis… Alors, on n’a plus fait attention à lui. Pour tout dire on lui a tourné carrément le dos. Il sentait trop mauvais. « Moi aussi quoi ? » répéta-t-elle d’un air, qui signifiait qu’il ne fallait pas la faire languir plus longtemps. Son N° 5 couvrait fort heureusement le nauséabond de l’autre. « Moi aussi, dis-je, je fais de la musique. » là j’étais un peu vexé, qu’elle n’ait pas reconnu celui du groupe qui avait le plus de talent, passe encore, mais qu’elle n’ait pas senti pour une éditrice de musique qu’elle avait devant elle le compositeur musicien danseur interprète des « Happening star », voilà qui était singulier. « Quel genre ? » s’inquiéta-t-elle, curieuse. Et puis, comme pour s’excuser de sa formidable absence de culture musicale, elle ajouta - ah ! je la vois encore : des yeux… enfin des yeux et la bouche gourmande – « Moi, n’est-ce pas, je suis éditrice de musique religieuse ! ». Tout s’expliquait ! Elle ne connaissait pas Charlie, la délicatesse du style, le fleuri de la pensée, le superlatif du rock de garage ! A ce moment, le camembert humain se retourna pour railler « C’est de la musique, ça, du rock de garage ? » Nous nous sommes regardés, Alice et moi, une complicité déjà, là aux Alyscamps, assis sur les tombes romaines et on est parti d’un fou rire. On avait eu la même idée, jeter Marius dans un sarcophage et l’oublier tout de suite, vingt siècles de mépris. On ne l’a pas fait. Cela n’aurait servi à rien, les sarcos étaient sans couvercle, comme l’autre Sarko avant Messaline quand il pétait les plombs. Et puis c’est quand même lui qui nous a payé à dîner, dans le vieux Arles, un peu plus tard. Elle était là pour l’art. Une messe à la flûte en ut (j’avais cru comprendre rut), une rareté, qu’on avait vue pour la dernière fois chez un notaire de par ici, du moine Jehan Bontemps. Moi, j’était aux Alyscamps parce que je m’étais trompé de car et que je devais retourner en principe sur Clermont, des histoires compliquées, celle d’un groupe qui s’est brouillé avec son batteur, une longue suite de malentendus, mais qui n’a pas fait de mort. On était juste devenu tous un peu sourds avec le bruit qu’il faisait… Or, une histoire qui n’a pas fait de mort n’intéresse personne. Je le lui dis. Elle insista.

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Enfin, pour tout te dire, le soir, Marius après avoir payé, fut pris d’un malaise au restaurant. Il paraît qu’il était toujours ainsi. C’est recta, à chaque fois qu’il paie, il a un malaise. « Si j’avais su, ai-je dit à Alice, je prenais l’addition à mon compte ! ». « Ils disent tous ça, dit-elle résignée, quand c’est trop tard ». Enfin, on a traversé la rue et on est allé à l’hôtel pendant que Marius récupérait dans la voiture. J’avais une couture à mon pantalon, tu sais celui que je mets en scène, le faux cachemire, patte d’eph, qui s’était laissée aller, et on voyait mon Saint-Laurent en-dessous, enfin paix à son âme, alors comme elle avait son petit nécessaire, moi aussi, nous nous sommes rendus aux Trois lys réparer ça. Tu sais comme sont les éditrices et les rockeurs, de fil en aiguille, quand la couture fut faite, je ne sais pas pourquoi, elle voulut voir si le Saint-Laurent était décousu aussi. On a tellement ri, qu’un moment j’ai cru que je n’y arriverais pas ! On s’était compris, et comme on le voulait tous les deux, on est redevenus sérieux, le temps qu’il faut. Par la fenêtre, on voyait Marius, tout blanc, qui s’éventait dans l’Opel. On a eu tellement pitié qu’on a laissé la fenêtre ouverte avec le ventilateur dans sa direction. Ce n’était pas pour l’efficacité, seulement pour le geste. Alice, nue, était tout ce qu’on veut, sauf une éditrice du moine Jehan Bontemps. On est redescendus une heure plus tard. Marius allait beaucoup mieux. Peut-être avait-il remis, car il sentait moins qu’avant. Mais, ça, il ne nous l’a pas dit, tout à ses « mamours, où étais-tu ? Et ce jeune homme ne t’a pas ennuyée ? », même qu’elle a dit – et elle a eu parfaitement raison – « Dis tout de suite que nous avons couché ensemble ? ». Devant une telle supposition, Marius est resté tout con à méditer. Suspecter Alice, il ne pouvait avoir eu cette vilaine pensée, l’effronté ! Et c’est comme ça que les Happening star vont être édités par la Maison Bertill, spécialiste depuis 1940 de musique religieuse (le fondateur n’était autre que le père d’Alice, fasciste et catholique à l’époque, ce qui ne l’empêchait pas d’être esthète en musique religieuse. Qu’est-ce que tu en dis ? Ah ! il dort le cochon… décidément, c’est un sale con, faudra que j’en parle à Stivie et Nicolo. C’est bien la peine d’avoir un partenaire à qui on raconte tout et qui s’en fout !...

5 juin 2008

La boîte de Pandore.

Plus passionnant que la politique, ce sont les hommes et les femmes qui la font.
On ne peut les juger sur les actions qu’ils/elles entreprennent dans l’immédiat, un recul de plusieurs années est à peine suffisant. Mais l’heure du bilan arrive tôt ou tard. Et il est parfois éclairant.
Bien entendu, c’est dans la tourmente que se dessinent les caractères et c’est dans ce qu’il reste des récits et des faits, que l’historien puise ses convictions.
La plupart des personnages politiques sont des ombres falotes dont il ne reste rien. Certains inconnus, par contre, se révèlent dans les grands moments. Ceux-là resteront inscrits sur les tablettes de l’histoire. Quitte, parfois, à ce que l’un d’entre eux change de statut au gré des découvertes de documents, un peu comme l’affaire de l’armoire de fer de Louis XVI.
Chateaubriand tire quelques belles pages de l’arrivée du tsar Alexandre à Paris au moment où le premier Empire s’effondre et Napoléon passe d’empereur à proscrit.
On y voit Marie-Louise qui défend ses mousselines contre les anciens révolutionnaires ralliés à l’Empire et les bonapartistes qui veulent en faire des drapeaux blancs !
« Ne dirait-on pas que trente millions d’hommes étaient consternés tandis qu’une poignée de légitimistes, accomplissaient contre la volonté du peuple, une restauration détestable… » (Mémoires d’outre-tombe).
C’est, plus près de nous, les événements de 40, la débâcle des armées belges et françaises et les gesticulations des hommes au pouvoir, Reynaud pour la France et Spaak pour la Belgique. Enfin, le coup de dé de la chance qui est du côté de de Gaulle quand celui-ci, alors secrétaire d’Etat, est désigné par Reynaud, début juin, pour une mission en Grande-Bretagne auprès de Churchill. Si Reynaud y eût été lui-même, son destin et celui de la France eussent été différents !
C’est ensuite, peu avant l’appel du 18 juin, le coup de fil de de Gaulle au même Reynaud afin de lui faire part de l’étonnante proposition de Churchill qui voulait fusionner les deux pays et faire ainsi de la France et de la Grande-Bretagne une entité qui eût empêché Pétain, à la démission de Reynaud, de parler au nom de ce qu’il ne maîtrisait pas.
C’était jeter les bases prémonitoires d’une Europe qui mit ensuite près de vingt ans à trouver ses marques, à travers des situations intermédiaires comme la CECA, le Benelux, etc.
Qu’est-ce que l’Histoire retiendra de nos hommes et femmes d’Etat en 2008 ?
La Belgique est à un tournant. Les discours se veulent prudents et rassurants, ils ne sont qu’inquiétants et troublants. L’action fait terriblement défaut. Le seul grand politique aujourd’hui est une femme ! C’est Joëlle Milquet. Elle est incapable de dissimuler son effarement devant le drame qui se joue. Elle est la seule lucide !...

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Les décideurs des communautés, même s’ils n’avaient pas l’intention d’aller trop loin dans leurs désaccords, en sont arrivés à des positions extrêmes. Ils ont ouvert la boîte de Pandore. Il ne s’agit plus d’attendre du mois de juillet des échéances arrivant à terme avec des solutions. Leterme et Reynders réunissent les ministres afin de parler de méthode ! Il n’y a pas de solution !
Nos hommes et nos femmes de pouvoir se disputeront le drapeau de madame Houard en Wallonie, comme jadis les bonapartistes se ruèrent sur les jupons blancs de l’Impératrice, pour s’en draper !
Mais qui sortira du lot pour sauver un reste de Belgique ou pour fonder l’Etat wallon ?
Qui osera ?
Depuis qu’ils débattent entre eux, sans se soucier de nous, on voit bien que nulle âme trempée que nulle intelligence audacieuse ne transcende les partis de pouvoir, plutôt effrayés de perdre de leur importance dans l’aventure. Tout compte fait, ils usurpent le pouvoir qu’ils ont sur nous, puisque d’eux ne sourdent que des défaites et des reniements.
D’une population zombie, Reynders pourra tirer une légitimité de sauveur.
Reste que l’Histoire, quand elle aura suffisamment de recul, pourrait en juger autrement.
Que ceux qui osent lèvent le doigt !

4 juin 2008

Nouvelle génération.

-J’ai lu dans un livre…
-J’ai jamais lu. Est-ce que ça m’empêche à quelque chose ?
-Comment t’as jamais lu ?
-Non. J’aime pas. C’est tout. T’as lu quoi dans ton livre ?
-Rien… de toute façon.
-C’est ce que je disais. Tu lis et tu trouves rien dans ce que tu lis !
-…enfin tu comprendrais pas.
-Dis que je suis idiot parce que je ne lis pas !
-J’ai pas dit ça…
-T’as plus besoin de lire avec Internet !
-C’est un fait. Tu l’as, toi, Internet ?
-Non.
-Alors, pourquoi tu dis que tu n’as plus besoin de lire puisque t’as Internet ?
-J’ai jamais dit que j’avais Internet. J’ai dit que ceux qui l’ont non plus besoin de lire. De toute façon, moi, je lis pas, alors Internet…
-T’as toujours ta collection ?
-Tout juste, Auguste.
-Comment tu fais, si tu lis pas ?
-L’homme du néant d’Herstal, tu crois qu’avait des gazettes ? Même pas pour se torcher, qu’il en avait. Jules prétend que leur chef, c’était celui qui faisait le plus gros caca… C’est dire qu’il en aurait fallu des gazettes, heureusement qui en avait pas.
-Oui, on aurait commencé la déforestation plus tôt…
-En 2000, on était déjà sans tronc !
-Tu ramasses des silex taillés ?
-J’en ai deux dans un tiroir, mais je sais pas s’ils son taillés, vu que c’est pas moi qui les ai (1.) ramassés. Faudra que je demande à Marilyn de passer au rayon bijouterie de l’Inno voir la spécialiste. Moi, je fais surtout dans les vieux casques, les vieux fusils.
-De quelle époque ?
-Comment de quelle époque ? Tu te repères aux époques de Monique, maintenant ?
-De quelle guerre, les casques et tout le bazar qui va autour ?
-T’en as de bonnes ! Tu sais pas que c’était en 40 ?
-T’es sûr qu’il y en a jamais eu d’autres ?
- Ouais, je sais ce qu’on dit. Le bruit court qu’en 14, y en a eu une autre. T’y étais, toi, pour vérifier ?
-Non.
-En 40, t’avais qu’un chef qui dominait les autres !
-Qui ?
-Adolphe, tient. Pour être un guerrier, c’était un guerrier.

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-T’as lu Mein Kampf ?
-Je te dis que je lis pas. Du reste, c’est écrit en allemand. Il paraît qu’en français, c’est pas pareil !
-Non ! Pourquoi ?
-On dit que c’est plus léger, que ça sent plus le chef. C’est la langue qui fait tout. A la rigueur, peut-être si ça avait été écrit en flamand. Je l’aurais peut-être lu, si je connaissais le flamand.
-Tu vois que tu peux lire !
-Entre pouvoir et le faire, c’est une question de goût. Prends l’école, par exemple. J’y ai jamais cru à l’école pour apprendre quelque chose.
-Parce que tu y as rien appris ?
-Non. C’est parce qu’ils ont démissionné de leur mission. C’est plus comme en 40, qu’avait le chef pour les pousser. On n’apprend même plus le calcul mental, à l’école. Je le sais puisque Charlotte est en sixième et qu’elle sait pas encore compter !
-A ce point là ?
-Puisque je te dis. Ils calculent quand même, sans quoi André Antoine aurait pas pu être ministre ; ils font semblant de faire des calculs mais sans le mental !... Tu vois ce que je veux dire ?
-Non.
-Tu ferais bien de t’arrêter de lire, toi, je crois que tu es plus bête qu’avant !
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1. « …vu que c’est pas moi qui les ai (1.) ramassés. ». Pour respecter le personnage, j’aurais dû écrire « …vu que c’est moi qui les as ramassés ».

3 juin 2008

Aux fous !

Avec l’absurdité des temps, les progrès de la médecine ne réduisent pas le nombre de dépressifs et de malades mentaux.
Il faut voir à cela non pas une faiblesse accrue du genre humain, mais au contraire une « protection » naturelle contre un monde de plus en plus étranger à notre nature.
Quand les conditions de vie évoluent dans un sens qui ne nous est pas propre, le corps a naturellement une réaction de défense et si ce n’est pas suffisant, de rejet.
Il n’est pas sûr qu’on ait vécu des tensions et des contraintes aussi fortes que celles d’aujourd’hui dans le travail quotidien aux temps les plus reculés de l’histoire, même dans le monde antique où l’esclavage suppléait à tout dans l’organisation du travail de la Cité.
Ce qui est tout à fait nouveau dans l’ère industrielle que nous traversons, par rapport au travail forcé de jadis, c’est que les gestes avec le temps que l’on met à les accomplir sont ergonomiquement contrôlés et minutés.
Même ceux qui disposent de la faculté d’aménager leur temps de travail sont obligatoirement astreints d’accomplir des tâches déterminées. Peu importe s’ils les accomplissent quotidiennement en 8 ou 12 heures, puisque dans la plupart des cas, ils seront rétribués en fonction du travail accompli, et non pas au prorata des heures passées à la tâche.
Les dépressions et les maladies mentales ne sont pas nécessairement nos ennemies, mais nos « amies » là où elles s’attaquent à des personnes au travail ou s’apprêtant à satisfaire à l’obligation de s’y atteler.
Sartre, dans « l’Idiot de la famille » expose à la critique le cas de Flaubert, tombant du « haut mal » le jour où son frère aîné le conduit en carriole à l’embarcadère du coche d’eau afin que Gustave retourne à Paris poursuivre des études de droit qu’ils détestent, mais que son père, Achille-Cléophas, veut qu’il termine, à défaut de faire médecine.
Là où il y a conflit entre les êtres, eh bon sang ! ce qu’il peut y en avoir dans l’organisation taylorisée du travail, des forces de vie luttent en nous pour l’harmonisation et le bonheur.
La part de non rationnel que nous avons affronte le rationnel. Les résignés d’aujourd’hui sont des gens où le rationnel prend à chaque fois le dessus en accumulant les stress avec les apprentissages des barrières aux libertés individuelles. Les victimes désespérées du travail et du mode de vie que cette obligation génère se trouvent parmi les gens qui paraissent les plus normaux et qui font montre du plus grand zèle dans cette société.
La plupart affichent un large consensus affrontés au système Ils sont bien adaptés au mode d’existence actuel, parce que l’inné a été réduit au silence de telle manière qu’ils n’en ont plus conscience, de sorte qu’ils ne se rebellent pas contre le sort qui au lieu de les accabler, finit par les satisfaire.
Ils sont normaux non pas au sens de l’homme « préservé », mais seulement par rapport à une société profondément anormale qui les a remodelés.
C’est la perfection de leur adaptation à cette anormalité qui en fait des êtres adaptés dans une société qu’ils fuiraient, s’ils étaient pleinement humains.
Autrement dit, les fous ne sont pas ceux qu’on pense.

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La preuve réside dans le fait des lois tendant à l’uniformité des êtres. Le pire ennemi de notre société aujourd’hui est celui qui pense autrement. On le voit bien depuis que ces lois excursionnent dans l’inconscient des gens, limitent le droit à l’expression, abolissent l’accès aux plaisirs que la normalité estime dangereux ou contraires à son éthique.
Jusqu'où peut-on pousser cette uniformité ?
Sans doute jusqu'à ce qui procure au bout de toutes les contraintes actuelles une possession maximale d'objets dits de civilisation et des conforts supposés qui y sont inhérents.
Comme les niveaux atteints ne peuvent plus être dépassés et que le système va dans sa régression produire de plus en plus de déchets humains, gare au retour de manivelle quand les derniers « conscients » verront leur existence sociale comme un drame absolu.
C’est une lutte de vitesse entre les derniers conscients et le décervellement qui se poursuit. Le jour où sans rechigner les populations au travail accepteront des coupes sombres dans leur niveau de vie et l’augmentation de leur contrainte physique pour des productions accrues, le système aura gagné sur l’individu.
Il n’y aura plus alors que des gens anormalement normaux mûrs pour une nouvelle société pire que l’ancienne société esclavagiste, mais comme personne n’en aura plus conscience…

2 juin 2008

Obama, pétroleur !

Une seule question, après les Conventions démocrates qui viennent pratiquement de conclure à la victoire de Barak Obama sur Hillary Clinton : où le sénateur de l’Illinois va-t-il chercher son trésor de guerre pour avoir submergé d’une publicité jamais vue par son ampleur, tous les Etats de l’Union ?
Cette question est importante pour l’avenir du monde. Elle est restée jusqu’à présent sans réponse.
On sait que madame Clinton s’est endettée pour répondre de loin au déferlement de dollars de son rival. Les sponsors de la dame ont rechigné dès le milieu de la campagne quant à la poursuite de leurs dons, tant il était évident que le camp d’en face avait des sources financières inépuisables, et qu’à ce petit jeu, l’argent était du côté de Barak.
Aux USA ce sont les puissances d’argent qui font les présidents. On sait quels sont les lobbies qui ont soutenu Georges Bush et ce que le camp Bush représente dans l’industrie aux Etats-Unis.
A côté de ce pool de concentration tournant autour des industries pétrolières, les Clinton font figure de petits bourgeois, leur fortune n’étant pas comparable. Elle s’est principalement construite dans les milieux de cabinets d’avocats d’affaire. C’est-à-dire dans une espèce de sous-traitance et au service du grand capital. Ce qui ne veut pas dire que les Clinton soient de pauvres égarés parmi les riches.
Mais Barak Obama ?
Si sa victoire sur Clinton est officialisée, le sénateur de l’Illinois devra se mesurer à John McCain, prétendant républicain à la Maison blanche. Or, sur McCain, loin d’avoir épuisé son pactole dans son combat contre Clinton, Obama détient un net avantage financier. Au 30 avril, M. Obama avait collecté au total 265,4 millions de dollars contre 90,5 millions de dollars pour M. McCain. Et il semblerait que ce ne soit qu’une partie de ce qu’il peut récolter encore.
Cherchons bien, dans l’Amérique qui vit une crise majeure, quel est le groupe financier ou le sponsor richissime qui peut puiser dans ses coffres des sommes aussi colossales dans le seul but de soutenir un candidat aux chances aléatoires? D’autant qu’au départ, c’était presque à fonds perdus, tant Hillary Clinton avait selon les médias et les sondages des intentions de vote, une avance qui laissait prévoir une victoire facile.
Et Obama trouve les sponsors, a les tickets qu’il veut et entame une campagne dont la gesticulation rappelle celle de Sarkozy !
Cela tiendrait du miracle, sauf qu’aux USA, comme partout ailleurs, la politique ne relève pas du miracle, mais du pognon et de son influence sur la crédulité des masses.
Et qu’on ne vienne pas dire que ce sont les économies des petits Blacks pour leur favori qui ont fait la différence ! Afin de passer du parfaitement inconnu à la qualité de parfaitement connu, Barak Obama n’a pas utilisé que sa seule présence « magique », n’a pas additionné que les cents des paumés de couleur, avec sa femme et ses filles derrière le comptoir au tiroir-caisse.
On a bien quelques petites idées sur l’appui nécessaire à la magie du verbe de ce nouveau sorcier exorciste du Nouveau Monde.

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Les fonds du pétrole, moitié d’origine criminelle et moitié d’origine arabe, ne sont peut-être pas loin des portefeuilles ouverts en faveur de Monsieur Obama.
Les Arabes apprécient les positions du sénateur sur la guerre d’Irak, mais encore sur les conflits du Moyen-Orient, les origines obscures mais musulmanes de l’intéressé, sont également des atouts pour certaines causes religieuses. Et même si le candidat affiche des convictions presbytériennes, les prêcheurs fanatiques dont il ne s’est que tout dernièrement séparé, sont des indications précieuses sur un fanatisme sous-jacent qu’il tente de dissimuler, mais qui reste inquiétant.
Il serait amusant de voir entre les moyens d’Obama et ceux des Bush, une sorte de pipeline qui partant du brut, déboucherait sur le raffiné ?
Bien sûr, qu’une femme soit élue ou qu’un Noir le soit, est maintenant dans le domaine du possible, ce qui ne l’est pas et ne le sera pas encore pour un bout de temps en Amérique, c’est l’élection d’un président athée !
Les Américains seront donc rassurés sur la foi en Dieu indéniable du candidat démocrate.
Mais, pas trop n’en faut.
A leur place, et pour l’argent qui coule à flot et le zèle du sénateur, je me méfierais !

1 juin 2008

Lettre aux trouillards.

Depuis que la résistance aux exigences du capitalisme triomphant se limite le plus souvent aux actions en justice des travailleurs, les syndicats sont devenus les acteurs principaux de la juridiction du travail. Dans la cotisation syndicale des adhérents, les arrhes des avocats sont désormais prévus.
C’est ainsi que peu à peu s’est insinué dans nos veines le poison libéral.
Nous voilà quasiment d’accord – à la française - de l’allongement du travail pour gagner plus, le recul d’un ou deux ans de l’âge de la retraite, et enfin la notion de flexibilité dans les professions.
Il manquait à cela la flétrissure d’indignité civique. C’est fait avec la campagne contre les chômeurs qui refusent un travail ou l’illusion d’un travail. Les sanctions aggravées et les suppressions d’allocations de chômage complètent désormais cette indignité verbale par une indignité tarifée touchant le porte-monnaie.
Cependant, il serait trop facile d’accabler de tous les torts les seules organisations syndicales.
Celles-ci sont le reflet d’une conviction partagée par le plus grand nombre sur l’état de la Société. Si ce dernier est jugé satisfaisant, alors que manifestement il ne l’est pas, il est très difficile non seulement d’en faire prendre conscience aux affiliés, mais aussi de les faire descendre dans la rue pour manifester un mécontentement qu’ils ne ressentent pas vraiment.
La cause principale de cette régression du jugement provient du glissement des raisons de vivre ensemble vers l’individualisation des buts de vie.
Cette perte du sens est liée à la méconnaissance grandissante des raisons de l’effritement de la morale classique dont est né un ersatz bien adapté à l’exploitation actuelle de l’homme par l’homme.
C’est ainsi que les travailleurs acceptent dorénavant ce qui naguère était inacceptable. Pire, ils reprennent à leur compte ce qui n’était au préalable qu’une propagande des milieux libéraux pour banaliser cet inacceptable.
On parle donc de flexibilité, d’intérim prolongé, d’heures supplémentaires, de décentralisation de manière tout à fait naturelle. Tout au plus le travailleur remplace-t-il l’indignation qui n’est plus de mise, par une résignation discrète, dans la fatalité du bœuf qu’on attelle à la charrue.
Etre malmené dans la répétitivité des tâches, déplacé comme un pion sans autre explication que celle des gestes à répéter, c’est perdre son identité alors que se détricote l’esprit d’équipe et l’appui du collectif. Tandis que les propagandistes de cette déshumanisation progressive font ressortir la « chance » de celui qui travaille, par rapport à celui qui en est privé, le bénéficiaire des nouveaux « progrès » oscille entre le désir de fuite et la nécessité de payer ses traites.
Et pendant ce temps l’entreprise décervelle et rend idiot.
Quand la mer se retire, on voit sur les pieux fichés dans le sable pour le retenir, quelques algues et quelques moules qui survivent en espérant la marée montante. L’appareil syndical est un peu pareil à cette vie résistante.

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Les délégués syndicaux ne sont jamais que le reflet des syndiqués.
Le syndicat est passif, parce que les syndicalistes le sont. Il suffit d’une assemblée déterminée pour faire changer d’avis ou se démettre le délégué le plus farouchement contre.
Si le syndicat se résume à quelques guichets et des employés derrière qui travaillent à peu près dans les mêmes conditions que la « clientèle », c’est parce que les affiliés ont perdu la conscience de la force qu’ils représentent, si tant est qu’ils l’aient jamais ressentie pleinement !
Le processus de dégradation des conditions de travail ne date pas d’hier. Voilà longtemps qu’il est devenu impossible d’envisager des luttes pour le principe. La plupart de celles qui auraient encore une chance de trouver des travailleurs disposés à se battre tournent autour des augmentations salariales par secteur, donc assez éloignées d’une grève générale.
A l’exception de quelques grèves spontanées et notamment celle, récente, des grévistes chauffeurs de bus dont André Antoine s’est fait l’anti-héros, il faut remonter aux années 60-61 du siècle précédent pour retrouver la flamme qui manque aujourd’hui. Et encore, l’histoire ouvrière si elle est étudiée impartialement livre un cruel constat, celui de la rareté du consensus.
S’il y a bien un sentiment universel c’est bien celui de l’égoïsme qui fait le lit de la lâcheté. Celle-ci s’appuie sur « la démocratie » et la loi du nombre pour refuser tout engagement.
C’est un peu de cette façon-là qu’ont accepté de travailler en Allemagne des millions de travailleurs européens au temps des nazis.
L’autorité établie peut aller loin dans l’exaction avant de trouver une opposition réelle en face d’elle. Dans les occasions extrêmes, la résistance est toujours celle des minorités.
Cela revient à remettre en mémoire la seule efficacité qui vaille, celle des minorités agissantes dirait Staline. Et voilà le drame, comment distinguer la bonne minorité, de la mauvaise ?
Que les pantouflards se rassurent, quelle qu’elle soit, la minorité dans le cas d’espèce reste encore à trouver.
Ah ! si la majorité des « damnés de la terre » était moins trouillarde !