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31 octobre 2005

Façon Musset et Chopin.

Il n’y pas de surprise. On le savait déjà. Sous des tonnes de prévenances et de gentillesses, l’homme-à-femmes enfouit son cynisme au plus profond de lui.
Dans le roman de Flaubert madame Bovary, Rodolphe Boulanger est le séducteur type. Si l’on excepte la séduction de dégustation rapide par pauvreté de moyens d’expressions, tous les Casanova, qui tiennent des discours amoureux, ne vident pas autrement leurs gonades.
Beau garçon et coureur de filles, Rodolphe devient l’amant d’Emma. Celle-ci s’exalte et veut entraîner Rodolphe à fuir la vie de province. Il organise un contre-feu en lui faisant parvenir une lettre lui expliquant qu’il ne veut pas la compromettre et qu’il ne partira pas avec elle. Ils ne se reverront que quelques années plus tard lors d’une démarche humiliante d’Emma auprès de son ancien amant pour lui réclamer une certaine somme afin d’éviter une saisie. Rodolphe déclare qu’il n’a pas la somme nécessaire et c’est après ce refus qu’Emma s’empoisonnera.
Dès la première rencontre, l’auteur nous entraîne dans la réflexion qu’à Rodolphe à la vue de la jeune femme.
D’abord celle du maquignon : « De belles dents, les yeux noirs, le pied coquet, et de la tournure comme une parisienne. »
Rodolphe était un gros garçon de trente-quatre ans, de tempérament brutal et d’intelligence perspicace de sa connaissance des femmes. Quant au mari :
-Je le crois très bête. Il porte des ongles sales et une barbe de trois jours. (Bovary est médecin de campagne). Tandis qu’il trottine à ses malades, elle reste à ravauder ses chaussettes… Ça baille après l’amour comme une carpe hors de l’eau. Avec trois mots de galanterie, cela vous adorerait. Ce serait tendre, charmant !... Oui, mais comment s’en débarrasser ensuite ?...
Les séducteurs ne sont pas écologistes, ils ne trient pas leurs déchets et jettent indistinctement à la fosse commune, celles pour qui ce sera la première fois et d’autres pour qui faire l’amour est une habitude.
La pauvreté des échanges sur Internet en témoigne, même Rodolphe passerait pour un séducteur trop formaliste et qui s’embarrasserait de précautions inutiles pour arriver à ses fins. Si tenir des discours amoureux relève de plus en plus de l’exploit, une phrase bien dite relève de la psychologie et l’on sait encore déceler dans les échanges l’art épistolaire et la belle manière de s’en servir.
C’est pourquoi en comparaison d’une démarche sans sentiment à cause de la triste inculture dans laquelle nous sommes, celle de Rodolphe apparaît comme une sorte de véritable déclaration d’amour pour de vraies jeunes filles…
Les temps sont arrivés des amours qui ne sont qu’ardeurs. La rougeur maculopapulaire remplace la confusion ingénue. La myotonie et le spasme carpopédal des mains et des pieds deviennent les étirements du sportif qui s’accouple. Les contractions du sphincter anal, comme en télévision, sont en plateau du cycle de réponse sexuelle, avant les contractions expulsives de l’urètre. A la Hollandaise qui accoucha en public, répliquera bientôt des concours des « trous du cul à zéro » président au cassage de noix depuis ce moyen original. La tachycardie n’est plus que l’excès de cholestérol et la pression sanguine une prédisposition à l’infarctus du myocarde, enfin la réaction de sudation, un effet du chauffage central.
Emma Bovary a été le jouet d’un séducteur qui passerait aujourd’hui pour un grand timide.
On se demande quelle place tiendra demain l’éjaculation, dans le show contemporain ?

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Liberté des mœurs ? Egalité des sexes ? Plaisirs devenus normaux et sortis de la clandestinité honteuse ?
Plutôt pauvreté de vocabulaire, absence d’intelligence sentimentale, médiocrité des rapports homme/femme.
Le monde économico libéral de consommation rapide aurait-il vaincu aussi l’homme sur le terrain de la sexualité ?
Il paraît que les mâles bandent moins qu’avant, que le sperme se fait rare. Quand les amateurs de délires collectifs se regroupent en club et que les échangistes se jouent aux dés, le séducteur titube de fatigue et finit par s’adapter à l’oreille de cochon matelassée !
Alors, Rodolphe, roi de la vulgarité, du sans-gêne et de la rage animale des sens… ou esthète 2005, délicat et romantique ?

30 octobre 2005

Le temps des égarements

Il est des pensées clandestines que le Pouvoir se garde de citer. Ainsi celle de Blaise Pascal, si pénétrante que l’on se demande à l’aube de chaque Révolution, pourquoi les nouveaux maîtres ne méditent pas sur elle.
« Il ne faut pas que le peuple sente la vérité de l’usurpation : elle a été introduite autrefois sans raison, elle est devenue raisonnable ; il faut la faire regarder comme authentique, et en cacher le commencement si on ne veut pas qu’elle prenne bientôt fin. »
L’horreur de ce nouveau siècle est tout entière dans l’usurpation d’un Régime qui se veut démocratique et qui n’en est qu’une caricature..
Les usurpateurs ont hérité de la foi inébranlable de leurs prédécesseurs qui en avaient une mauvaise.
Nous sommes les victimes d’un leurre magistral.
Le monde nous échappe et nous effrayerait si des constats artificiels ne nous laissaient croire que nous sommes toujours dans l’ancien.
Cependant des millions de destins basculent dans la tourmente victimes de cet anachronisme prémédité.
Pas plus tard que la semaine écoulée, des dizaines d’interventions dans les médias à la suite des propositions du gouvernement concernaient les prépensions, les pensions et l’emploi des jeunes. Toutes traitaient d’une notion complètement manipulée : celle du travail devenue l’emploi. Cette transformation est le fruit d’une métamorphose linguistique dont nous sommes les uniques victimes.
Jadis, qu’entendait-on par travail, même si originellement cela découlait d’un dur labeur, mal payé souvent et fort peu considéré ?
C’était surtout de l’artisanat créatif, sans règles précises, avec un préliminaire, un apprentissage dont le plus bel exemple fut l’odyssée des Compagnons du Tour de France qui était une sorte de confrérie de qualification avec comme but final la création d’un chef-d’œuvre, l’ébéniste une armoire, le menuisier, un escalier, le pâtissier une nouveauté gastronomique, etc.
Le travail était choisi. Son parcours était émaillé de recherches. Une originalité présidait à chaque entreprise humaine. Chaque profession avait ses degrés de qualification, ses triomphateurs et ses laissés pour compte avec des drames d’incompréhension et d’erreurs vocatives. Cela n’empêchait pas la misère et l’enrichissement. Mais, professionnellement parlant, mourait idiot qui le voulait bien. Il y avait aussi des métiers qui tiraient ses acteurs vers plus de justice sociale : les métiers du Livre souvent, relieurs, typographes, pressiers ouvriers-intellectuels à la casse et à l’écriture, comme Restif de la Bretonne.
Passéiste ce discours ?
Si l’on veut.
A partir du XIXme siècle, le travail s’est peu à peu transformé. Une machine de guerre productiviste s’est emparée des industriels pour aboutir à ce qu’on appelle aujourd’hui un emploi.
L’escroquerie, est dans la signification du mot travail qui n’a plus le même sens depuis environ cent ans.
Le travailleur est devenu le complément coûteux et transitoire de la machine. L’appendice superfétatoire qu’il est devenu, plus aucun patron ne désire le conserver que le temps nécessaire à une délocalisation ou a un « progrès » technique. C’est-à-dire réfléchir à une procédure d’annulation de cet appendice.
On peut dire que le travail en 2005, dont ce gouvernement met tant d’acharnement à nous vanter les bienfaits, n’est plus que la réduction à un esclavage involontaire de toute la population demandeuse d’emploi.
La politique autour de l’emploi est illusoire et peu crédible face à la réalité du temps qui préside au désastre des vies. Ce gouvernement s’obstine à ne pas voir que chaque destin d’homme est important.

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Ce qui transparaît, c’est l’incapacité de la gauche à dénoncer les contradictions décrites ici. Hier, ces questions essentielles pouvaient se poser. Avec l’orientation centriste et collaborationniste de la gauche actuelle, c’est devenu impossible.
Et pourtant, le « progrès » surestimé ne peut nous masquer la terrible réalité : la pauvreté s’accroît et le nombre d’exclus augmentent. N’est-ce pas suffisant sur ce seul critère pour en terminer avec un système qui bousille tant de vies et en déçoit tant d’autres ?
Un monde disparaît. Nous nous en réclamons encore comme s’il était le nôtre. Nous en avons conservé tous les réflexes et toutes les inclinaisons, que nous en ayons profités ou pâtis.
Alors que nous ne savons pas décrypter le sens d’un nouveau monde hostile à l’humain, l’affairement de se gouvernement à colmater les brèches, à nous rendre « aptes » à l’emploi, a quelque chose de pathétique.
Il nous fait croire qu’il maîtrise la situation, en bricolant des ersatz autour de ce qui n’est plus, sur le temps que son inaptitude est manifeste et que lui-même court après un ordre nouveau où il a beaucoup de chance d’être remercié des industriels, comme nous l’avons été au profit des machines.
L’hypocrisie éclate. Les gens ne veulent plus d’elle. Le gouvernement n’a que cela à nous offrir ! De bien pauvres types à la tête d’un Etat croupion… c’est lamentable.

29 octobre 2005

Nous voilà beaux !

Nous avions déjà un intégriste installé à la Maison Blanche qui a voulu rayer Saddam Hussein de la présidence de l’Irak et qui y est parvenu en envahissant le pays, voilà Mahmoud Ahmadinejad, président Iranien, second intégriste qui veut rayer Israël de la carte !
Tous ces rayés de la carte ne sont-ils pas rayés de la cafetière ?
C’est qu’à la suite de ses propos Mahmoud Ahmadinejad est bien capable de préparer un petit quelque chose, et l’autre, de Washington, capable aussi d’envoyer ses missiles sur Téhéran.
Comme si le Monde n’avait pas d’autres soucis plus importants !
Et si la sagesse – puisqu’il faut rayer – nous commandait de rayer ces intégristes dangereux de la carte ? Ce serait quand même moins grave que de rayer des millions d’innocents ?
Ce qui est désastreux dans la « vague d’indignation et de condamnation au sein de la communauté internationale des propos de l’ultra-conservateur de Téhéran, c’est qu’on n’y surf jamais que dans un sens. Tout se passe comme si l’honorabilité aussi bien bafouée à Washington qu’à Téhéran n’était en somme pas tellement grave du côté occidental !
Le bon droit étant exclusivement du ressort des Américains, c‘est presque inutile d’insister.
D’autant que depuis 1947, l’Occident a bien été mal inspiré de faire de la place dans une Palestine déjà fort peuplée afin d’y fixer le nomadisme des populations juives disséminées de par le monde. La première erreur n’est-elle pas là ? Bien sûr puisque le mal est fait, il est hors de question de « rayer de la carte » l’Etat d’Israël, mais c’est tout de même un peu fort que ceux qui ont allumé la mèche de cette bombe à retardement donnent encore aujourd’hui des leçons de sagesse aux autres !
Evidemment l’autre toqué de Téhéran fait l‘unanimité contre lui, c’est là le danger qu’entre gaffeurs, il y ait une sorte de surenchère, d’autant qu’Israël attise le feu sous la marmite des ardents défenseurs de sa diaspora, communicant au monde Occidental une sorte de tournis.
Les arguments ad hominem pleuvent chaque fois dans des tensions élevées. Il suffit de feuilleter Internet après les journaux pour comprendre que l’argument paralogique n’est propre qu’à attiser les haines.
Si cela soulage de traiter son adversaire de « pauvre con », ce n’est pas cela qui fera avancer d’un pouce une solution raisonnable.
Mais, y a-t-il encore une solution raisonnable avec deux intégrismes que sont Washington et Téhéran ?
Car, si cette solution existe elle donnerait plutôt partiellement raison au sieur Mahmoud Ahmadinejad.

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Car enfin, au lieu de se la jouer discrète le retour à la terre promise d’Israël s’est fait en fanfare. A la place d’intégrer les populations palestiniennes sur son territoire, les Juifs les ont expulsées plutôt durement, si bien que ces centaines de milliers de personnes errantes autour d’Israël constituent le principal réservoir des activistes terroristes dont Sharon joue à merveille pour agrandir ses territoires, ériger un nouveau mur de la honte, comme celui de Berlin et faire pression sur son inconditionnel allié, les USA, pour s’armer jusqu’aux dents.
Profitant de la réunion à Hampton Court, près de Londres, les dirigeants européens auraient dû assortir la condamnation « de la manière la plus ferme les commentaires attribués au président iranien Ahmadinejad sur l’Etat d’Israël » d’un appel à la modération des petits protégés de Georges W. Bush. Parce que si l’on suivait Israël dans ce conflit, il est clair qu’on emballerait la machine deux fois plus vite, en expulsant l’Iran de l’ONU puis en préparant une expédition punitive, comme celle de l’Irak, dont on ne sait déjà comment sortir…
"Les appels à la violence et à la destruction de n’importe quel Etat sont manifestement incompatibles avec la prétention d’être un membre mûr et responsable de la communauté internationale", ont-ils ajouté, en oubliant que ces appels à la violence ne viennent pas toujours des mêmes et que dans ce chassé-croisé d’insultes et de provocations, les méthodistes de Washington valent bien les muftis-massacreurs de l’autre bord.
Ce serait ridicule de suivre ses penchants et de compter les coups en espérant que le camp pour lequel on a des affinités gagne.
Gagne quoi ?
Le bain de sang ? La perte d’énergie vitale à des fins de guerre alors que tant d’enfants meurent de faim de par le monde ?
Gagne le droit de faire des conneries aux noms d’idéaux dépassés et meurtriers plutôt.
Car les conneries, elles pointent le bout de leurs sales oreilles.
Si l’Iran la pète haut, c’est qu’il a la bombe comme l’autre intégriste.
Et l’Iran est pressé d’en découdre au vu de la grogne intérieure, toujours dans le sacro saint principe d’intéresser les populations à d’autres affaires que la leur.
Ce n’est peut-être pas encore pour cette fois, mais on sait que depuis la première bombe atomique, un jour ou l’autre, deux intégristes s’affrontant, il y aura des deux, un plus fou que l’autre qui appuiera sur le bouton rouge.
Comme il fait soleil et que le temps est magnifique aujourd’hui, je sors prendre l’air, quelque fois que ce serait la dernière goulée d’air respirable…

28 octobre 2005

Presque des aveux

La crise finale du capitalisme annoncée à grand renfort par Moscou depuis les tribunes du marxisme-léninisme n’a pas eu lieu.
C’est le contraire qui est arrivé et le Communisme est tombé à la suite de la sécession de la Pologne du bloc Rouge. Le point final a été la chute du Mur de Berlin.
Est-on sûr que cette victoire du capitalisme n’a pas été celle de Pyrrhus ?
Sans ennemis extérieurs, il y eut bien une période d’euphorie, mais elle dura peu. La démocratie-libérale triomphante n’eut plus qu’un seul ennemi : l’ennemi intérieur, ce qu’on avait oublié dans le combat contre Moscou. L’expansion continue semblait avoir raison de tous les arguments pessimistes. Quand les dirigeants des démocraties affirmaient et affirment encore que les difficultés seront surmontées en libéralisant et en livrant à la concurrence tous les moyens de production en ce compris les services de l’Etat, ils sont toujours convaincus que c’est la voie responsable.
Dans les Nations les plus prospères, la crise finale du capitalisme effraie de plus en plus de gens. Or ce scénario catastrophe a été peaufiné par les acteurs du drame qui se joue et par les philosophes du pire qui ont entraîné derrière eux le courant altermondialiste.
La vision d’un système tournant sur lui-même sans but humaniste et n’ayant que pour seul objectif le profit par l’exploitation des ressources mondiales jusqu’à épuisement de la planète, est bien la vision la plus réaliste et la plus certaine qui se vérifie très simplement par l’état des lieux sur plusieurs décennies qui font apparaître l’irréversibilité des dégâts.
La perspective de perdre des menus avantages auxquels on tient tant a donné le goût de défendre sans retenue le système libéral, par une population disparate, mais jusqu’ici majoritaire dans les pays européens.
Les convaincus courent après une prospérité qu’ils n’atteindront jamais, mais la seule illusion leur suffit. L’utopie d’une société démocratique qui va sortir le Monde de ses crises est ce à quoi s’agrippent encore, comme les naufragés à une bouée, ceux qui se croient toujours du bon côté de la barrière.

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Après avoir mis le marxisme à son tableau de chasse, la société libérale est aux abois, parce qu’il n’y a déjà plus de frontière entre l’acceptable et l’inacceptable.
Après avoir « gagné », le système est perdant !
En Europe, des libéraux aux socialistes, ils en sont à récupérer les Ecolos sur le rôle futur de la croissance par l’écologie !
Cette projection d’avenir est proprement étonnante, car ce n’est pas demain que des solutions seront nécessaires, c’est aujourd’hui. Comment va-t-on résoudre le problème du pétrole après le pic de croissance qui est annoncé pour bientôt ?
Quelles sont les mesures efficaces que l’on a prises pour diminuer le chômage toujours aussi massif depuis 20 ans ?
Que fait-on de concret pour rapprocher les économies les plus défaillantes des économies les plus performantes, de sorte que se stabilisent les société du Sud par rapport à celles du Nord ?
Comment prêcher la vertu du renoncement aux pays comme la Chine et l’Inde qui montent en puissance et réclament leur content de gadgets et de voitures automobiles comme les autres membres du Club des riches ?
Comment va-t-on concilier la logique du profit avec la nécessité du partage ?
Aucune de ces graves et importantes questions n’a trouvé un semblant de solution.
Chaque année avance vers l’échéance qu’aucune prévision ne mentionne sauf dans le camp des adversaires du capitalisme libéral.
Jusqu’à aujourd’hui, le Monde n’a jamais eu d’autres solutions à ses problèmes que la guerre.
Mais, cette hypothèse n’aura même plus la vertu d’une saignée, comme les autres guerres et ne servira, par conséquent, qu’à hâter l’apocalypse, non pas du monde, mais du système libéral.
Nos dirigeants sont bien légers à l’heure actuelle de ne même pas oser en débattre et crier à la catastrophe.
Ce n’est pas en restreignant les petites gens, en supprimant des acquis sociaux, en rejetant la responsabilité du marasme et la stagnation du système capitaliste sur le dos des plus faibles, qu’on va vers la sortie d’une crise majeure.
C’est en cassant l’entraînement des plus riches à l’être plus, que l’on pourrait déstabiliser la logique du profit et arrêter la machine infernale.
Hélas ! Il n’y a plus de gauche pour cela en Europe.
Alors, n’est-ce pas à l’effondrement de l’URSS que les générations futures dateront le début de la fin des démocraties libérales ?
Capitalisme et Communisme, bien que de stratégies différentes, avaient dans leur même destin probable, un air de parenté qu’attestent leurs origines communes.
Quand, dans cent ou cent cinquante ans, on parlera d’eux, on ne saura peut-être déjà plus, lequel des deux procédaient de l’autre.
Il y a des amalgames de l’Histoire qui sont presque des aveux.

27 octobre 2005

La nuit est à nous.

Nat King Cole en pleine “serenade”, le sudio bien ventilé, un léger parfum flotte, j’attends ce soir…
J’ai rassemblé mes débris sous la légèreté d’une chemise à 40 euros, dûment aspergé d’un brut quelconque d’un grand couturier converti parfumeur.
Elle viendra avec un peu de retard, posera son sac imitation croco sur le meuble de l’entrée, comme si elle ne faisait que passer dire bonjour et s’en aller pratiquement sur ses talons aiguilles par un effet pivotant très réussi. Alors qu’elle aura passé deux heures à choisir sa petite culotte…
J’inspecte la galerie des livres, tout ce désordre étudié que les impétrantes prennent pour un effet d’un intellectualisme follement romantique et qui n’est que l’accumulation des lectures inutiles et des philosophies dépassées.
L’attente est le moment le plus délicieux de l’amour.
On attend, on ne sait quoi, mais de toute manière, beaucoup, de ce rendez-vous.
La curiosité de surprendre le loup dans sa tanière est le premier réflexe de la femme même non-amoureuse. Elles viennent toutes au moins une fois. Malheur si ce moment suspendu est raté.
Avant le coup de sonnette qui fait battre le cœur, un regard circulaire critique se pose sur ma collection paléontologique. Des fossiles, voilà qui ne donne pas l’illusion de la jeunesse !
C’est trop tard pour tout remballer dans une caisse. De toute façon il y a trop de choses partout. Dans la profusion on finit par être attiré par un objet kitsch irrémédiablement de mauvais goût. Tandis que la nudité d’un mur d’une couleur unie… tous les architectes d’intérieurs vous le diront… c’est le grand must. C’est comme la conversation, c’est celui qui se tait qui est le plus écouté… loi funeste aux bavards, mais aussi aux érudits.
Elle est en retard. D’où ces dernières réflexions intérieures un peu amères.
Combien de minutes de retard faut-il à une femme pour faire comprendre à l’homme, qu’elle eut avant de céder un long débat intérieur ?
Elle entre chez un célibataire, avec l’intention louable d’écouter du Brahms, mais plus si affinité, quand même ?
Je ne l’attends plus. La demie heure passée, il y a de l’abus. Et puis il y a le portable…
Tout ce que j’avais imaginé de cette soirée s’effondre. Nat King Cole, l’ambiance, le tamisé de l‘éclairage, tout.
Au pire de la désolation, alors que je somnolais sur le discours de la méthode, le fracas de la sonnerie !... voilà longtemps que j’aurais dû en moduler la stridence.
Le parlophone gargouille. C’est incompréhensible. Je dis, « Oui c’est ici » à tout hasard et je déclenche le verrou électrique de la porte d’entrée.
J’entrouvre la porte palière, l’ascenseur ronronne. C’est fait. Dans cinq secondes elle sera là « pour cinq minutes », bien sûr… Elles disent toutes ça.
Elle ne s’est pas changée du tout. On voit que des soucis extérieurs la submergent, du reste elle me demande de couper Nat King Cole, le sirop l’écoeure.
Elle s’effondre sur un canapé en disant qu’elle s’est trompée sur notre compte et qu’elle ne sait pas ce qui lui a pris d’accepter ce rendez-vous que d’ailleurs elle regrette.
Mais elle est là. Je pense que c’est une façon comme une autre de me dire que c’est la première fois qu’elle trompe son mari et que ce sera bien la dernière.
Toute ma stratégie tombe à l’eau et je regrette d’avoir chaussé mes Marlboro qui me font mal à la pointe des gros orteils.
Dans le fond qu’est-ce qu’elles attendent de nous ? Des vagues serments d’amour et un peu de vaseline pour le reste. Elles sont toutes un peu à court par l’émotion d’une première fois, c’est bien connu. Je ne vais pas pourtant lui parler du muscle ischiocaverneux et la rassurer sur la chose en lui disant « tu verras, tout se passera bien » sans savoir si cela se passera, en lui servant une coupette de Moët & Chandon, moi qui n’aime par le vin qui pétille.
Voilà, elle était venue pour me dire cela, juste en trempant ses lèvres dans le brut, alors qu’elle n’aime que le moelleux.

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Je commence à m’énerver d’avoir tout faux. Elle se lève, se ravise, et se rassied en croisant les jambes afin que je n’ignore rien de la finesse du bas.
Je reprends espoir et me lance dans un « song » qui me rappelle la Louisiane dis-je d’un air détaché, endroit où entre parenthèse je n’ai jamais mis les pieds.
Je crois qu’elle va me parler du Mississipi, non, c’est seulement pour me demander où sont les toilettes.
Elle revient toute changée On jurerait qu’elle vient de jeter son dernier tampon et que satisfaite de sa coloration, elle réapparaît en de meilleures dispositions.
En effet, elle virevolte comme pour sortir, mais c’est pour tomber dans mes bras et s’assurer que j’ai toujours les amygdales, d’une langue de buraliste à coller les enveloppes.
Elle veut bien que je remette « september ». On danse un peu. Elle mollit tellement qu’il faut que je la soutienne. Je devrais avoir quelques gestes qu’on pourrait qualifier de déplacer, qui sont les armes grâce auxquelles elle se rendrait.
A deux heures du matin, on cherche son soutien-gorge. Tant pis, elle partira comme ça. Cette poitrine en liberté m’émeut. L’heure passe. Elle me dit entre deux derniers patins ; je me sauve, mon mari doit commencer à s’inquiéter.
Je m’effondre sur le canapé pour fnir le Moët… l’heureux homme !

26 octobre 2005

Jacquotte, 22 ans, 90a/62/90

…cherche correspondant. Si pas intellectuel s’abstenir.

-Quoi, manipulé ? Tu as été manipulé ! Par qui ?
-Par Jacquotte, tiens…
-Elle qui avait tant d’admiration pour toi… qui t’appelait son poète des cabinets…
-Oui, j’ai écrit mes plus beaux poèmes sur les heures à mon patron dans les WC de la firme.
-Tu n’as pas honte ?
-De quoi ? De changer d’air ? préférant l’odeur « pins sauvages » de Berthe, la technicienne de surface, aux miasmes délétères des bureaux des Assurance Taupin & fils ?
-Non, de trouver l’inspiration dans un lieu où habituellement ce qu’on y produit ne rime pas en alexandrins.
-Justement, il y a concordance entre les césures et le produit dont tu parles. Han !... je pousse… Han ! trois pieds et ainsi d’hémistiche en hémistiche…
-C’est tout Ronsard disant…
-Si l’étron n’a point perdu cette vesprée…sa couleur au vôtre pareil…
-Que disais-tu à propose de Jacquotte, qu’elle te manipulait ?
-Oui. Tu sais l’admiration qu’elle avait pour moi. Sans me vanter, je l’avais d’abord séduite en chattant sur Internet : 1m70 et 90a, ça m’allait quoi… avec les raccourcis de mirliton du chat, on peut pas jauger la cervelle. Tu vois, on s’en foutait un peu. On se voit à une soirée et si ça s’emboîte, on passe la nuit ensemble. Avant qu’elle ouvre la bouche sur autre chose que ta bitte…. Tu sais pas toujours si elle a lu Lamartine..
-J’ai connu ça avec Violaine…
-Quand est-ce qu’elle sort ?
-Elle n’a fait que 5 ans. Quand elle l’a estourbi, elle s’est faite un bleu au visage en tombant sur le bord du lit. Elle a raconté qu’il la battait… Avec les remises, c’est pour dans quinze jours.
-Elle a fait que ça, pas mal… Encore heureux que t’étais pas complice.
-Je pouvais pas savoir quand elle m’a dit qu’elle était veuve d’Amédée, qu’elle ne l’était pas encore et qu’elle allait le refroidir par amour pour moi.
-T’as pas peur qu’en sortant, elle ne te finisse aussi ?
-T’as déjà vu quelqu’un qui vivait pas dangereusement, marié ?...
-Donc Jacquotte était en admiration. Tu sais comme ça va, Taupin me prend pour un raté, mon frère aîné qui est gynéco se tape la moitié de sa clientèle, ma sœur est Enarque et mes parents sont musiciens, moi, j’étais rien et voilà que Jacquotte me dit que j’ai du talent, que Taupin & Fils ont bien de la chance… J’étais près de me dire que le chat finalement n’a pas tout faux. Et voilà que depuis trois semaines qu’on est ensemble, elle me prend pour un imbécile !

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-Comment ça ?
-D’abord, elle fait pas 90a mais 85c… Elle picole et elle dit que c’est pas vrai.
-C’est une maladie, ça l’alcoolisme. On soigne… les alcolos anonymes…
-Je sais. Mais, s’il y avait que ça… Elle affabule à propos de tout. Des mensonges bébêtes, comme par exemple, elle est née à Kinshasa, alors qu’elle est d’Etterbeek…
-C’est pas grave.
-Oui, mais c’est pour expliquer les photos des athlètes noirs qu’elle a dans sa table de nuit.
-Une craque de temps en temps, on passe dessus…
-Elle m’assure que c’est fini avec Raoul.
-C’est qui ?
- Le type du chat avec qui elle sortait avant moi, celui qui garde l’enfant qu’elle a eu à 17 ans avec Félix, son frère, mais qu’on a dit qu’il était de père inconnu pour pas que le Félix qu’est simple d’esprit ne finisse en tôle.
-Et alors ? C’est sympa de sa part…
-Hier, elle mangeait avec lui sur un banc devant le salon.
- Avec Félix ?
-Non avec Raoul.
-Ah oui ! elle est coiffeuse.
-Non. Toiletteuse pour chiens… encore un truc faux, la coiffeuse.
-C’est quasiment la même chose.
-C’est un mensonge de plus.
-Donc tu crois qu’après trois semaines tu es cocu ?
-Non. Parce qu’elle m’a juré qu’elle était très fidèle.
-Alors qu’est-ce qui t’inquiète ?
-C’est le voyage qu’ils avaient retenu pour Venise avec Raoul.
-Et alors ?
-Elle ne veut pas perdre son argent et elle ira, mais séparée de Raoul.
-Alors qu’est-ce qui t’inquiète ?
-C’est que pendant son absence, c’est moi qui garde Félix.
-Et alors ?
-Nous n’avons qu’un lit ; Alors tu vois le tableau, s’il lui vient des idées…

25 octobre 2005

Les Foyers se mobilisent.

Les sociétés de logements s’inquiètent, tous les Foyers sont menacés, même le Foyer de la grippe aviaire n’est pas à l’abri. On voudrait bien envoyer le commissaire du Gouvernement afin de vérifier les comptes, mais on ne sait pas où il est, le Foyer de la grippe aviaire. Peut-être bien n’est-il pas en Belgique ? Les socialistes respirent.
Pensez donc depuis l’affaire de la carolorégienne, c’est l’hécatombe. Aussi Di Rupo a-t-il pris des mesures, plus un seul membre du PS dans les prés. Ordre du patron, tout le monde sous abri. Et qu’est-ce qu’on voit à Schaerbeek ? Laurette Onkelinx qui lorgne la maison communale et qui se promène dans un parc, qu’elle voudrait rénover… Ah ! l’inconsciente.
Tous les jours on découvre des erreurs comptables, oh ! légères pour commencer, puis de plus en plus lourdes. Aussi le PS a décidé une vaccination générale, des fois que le virus muterait et que les poulets qui perquisitionnent régulièrement, flanqueraient la poisse à tout le monde.
Les Foyers sont partis ailleurs. Le Foyer H5N1 a été vu en Turquie. Les volatiles ne peuvent plus survoler les Foyers en Belgique. Les pigeons de la place Sainte-Véronique, siège du PS liégeois ne sont plus les bienvenus. On ne les voit plus sur les balcons. Pourtant colombophiles de père en fils, avec papa Collignon en tête, si l’on en juge par la carrière de certaines grosses pointures qui ont débuté dans le pigeonnier familial pour terminer dans les Conseils d’administration à jetons de présence, les socialistes aiment les pigeons.
Evidemment un Foyer n’est pas l‘autre. Si un train peut en cacher un autre, H5N1 peut cacher H5N2, beaucoup moins violent, mais pire, selon le dernier discours du Président du gouvernement wallon, président du PS et maïeur empêché de Mons.
« Nous voulons que la lumière soit faite sur les Foyers. J’exige la transparence ». Tant pis pour Happart s’il n’est pas transparent. Il sait ce qu’il lui reste à faire depuis les jumeaux au pouvoir en Pologne. Il peut tromper H5N1 en présentant son jumeau José aux poulets. Le temps de s’apercevoir de la confusion et Jean-marie aurait brûlé tous les cartons de H5N1.
C’est dommage qu’Elio est trop personnel. S’il avait un jumeau tout serait plus facile. Un pourrait être Président du gouvernement wallon et l’autre président du PS, resterait la mairie de Mons, comme il est empêché au Conseil communal, Marie Arena en veston et nœud papillon, vue de loin, pourrait faire illusion.
Rudy Demotte avec l’assurance qu’on lui connaît pourra toujours faire semblant de bégayer, il ne passera jamais pour un vrai socialiste, trop sec, trop robespierrisant d’aspect, quoique… s’il y a bien un socialiste qui ne ressemble pas à un socialiste c’est bien Rudy Demotte.
On sent que ce type n’est pas allé chercher sa conviction dans les halls d’ARCELOR. Sans doute, pour le moment, c’est l’extinction des Foyers qui compte et pas les « camarades ».
Je me demande s’il a jamais prononcé ce mot, Rudy Demotte ?

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Je comprends les motivations d’Elio pour les cadors de son staff. Comme les poulets en batterie vivent dans des confinements dangereux pour la propagation de la grippe aviaire, de même les travailleurs qui vivent serrés les uns contre les autres dans les endroits insalubres, les couloirs de l’ONEm, les zonings enfumés, seront davantage menacés des Foyers, Rudy qui a eu pour père un bahut Louis XIII et pour mère une bergère Louis-Philippe aura plus de chance de ne pas respirer les miasmes populaires et ainsi d’éviter le H5M1.
Devant l’hécatombe d’échevins et de conseillers, alors que la pandémie ne nous a pas encore atteints, il serait peut être bon que nos menacés d’extinction changeassent de casquette et passassent d’échevins à envoyés spéciaux du gouvernement chargés de mettre au clair les dossiers embrouillés. C’est une question pratique. Ainsi les nouveaux envoyés spéciaux sauraient où se trouvent les dossiers et mettraient tout de suite le doigt sur les anomalies ! Bien sûr, ils bénéficieraient d’une protection de la justice pour leurs nouvelles fonctions.
Ce n’est pas si pratique que les jumeaux Happart, mais ce serait déjà un grand pas en avant pour les prochaines élections.
Faut-il le rappeler, les troupes du PS devront se présenter la tête haute et le geste auguste du semeur poing tendu. Ce qui n’est pas facile pour jeter les graines.
La démocratie est en danger. Les Foyers et les échéances approchent. On s’attend quand même à ce que tous les habitants des logements sociaux ne votent pas pour leur Conseil d’Administration, mais ça… au PS, on attend les défaitistes au tournant. Les demandes non satisfaites sont importantes et les impétrants contre la promesse d’un logement social jurent tous qu’aux prochaines élections, ils voteront socialiste.
Qu’on se le dise dans les chaumières récalcitrantes…

24 octobre 2005

Des assassinats légaux.

La démocratie confisquée par le système libéral, c’est la société qui se conjugue au passé. L’économie s’est arrêtée sur des notions de profit du temps de Locke et Tocqueville.
Dans son essai « Bruits » Jacques Attali avait démontré comment la politique du XXme siècle se pensait à travers la science du XIXme siècle. On pourrait dire que l’économie, c’est pire. Elle se traite toujours comme au XVIIIme siècle.
Alors que le plein emploi n’existe plus depuis les années 70, les chômeurs sont administrés dans cette perspective. Le pouvoir libéral les culpabilise comme s’ils en pouvaient. Endormis par des promesses jamais tenues (les 200.000 emplois), dans une position d’attente, ils subissent les conjonctures successives, toutes négatives, sans bien comprendre ce qui leur arrive.
Un nouveau lumpenprolétariat naît de cette marginalisation impitoyable d’un nombre toujours plus grand de sans travail.
Parle-t-on de plans sociaux d’entreprise ? C’est une stratégie patronale qui se met en place pour chasser le travailleur de son travail à moindres frais. Change-t-on la réglementation ? C’est pour enlever des indemnités aux chômeurs de longue durée. Parle-t-on de modifier les prépensions ? C’est pour en reculer de deux années l’accès.
Ironie du sort, les demandeurs d’emploi sont les premiers à être en porte-à-faux devant l’opinion publique, alors qu’ils sont les produits les plus authentiques du système. Une adroite propagande arrive même à les culpabiliser.
C’est fréquent d’entendre des chômeurs se déprécier et se trouver indignes de la société, et se dire responsables de leur statut d’assistés.
Ils se jugent avec le regard de ceux qui les jugent ! Ils s’inquiètent des erreurs qu’ils auraient pu commettre et d’une attitude négative acquise dans l’inactivité. Ils ne sont pas loin de se traiter de fainéants.
L’absurdité de cette autocritique est soutenue par les propos des entrepreneurs libéraux, et jusque dans les usines parmi ceux qui seront peut-être un jour dans les mêmes conditions de sans-emploi. Bref, le désaveu est général.
S’ils sont sans travail, c’est parce qu’ils le veulent bien, dit-on dans certains milieux de gauche et de droite..
D’après les vieux critères décalés de la conjoncture, ils vivent en parasite, même si leur vie est de misère.
La machine libérale de Verhofstadt les conduit à la honte, au sentiment d’indignité. C’est le topo idéal de toutes les soumissions pour en faire définitivement des sous-hommes.
Rien n’affaiblit davantage que la honte, puisqu’elle est le signe d’une culpabilité vécue.

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Valeur solide, la honte est un atout précieux dont se sont servis jusqu’à présent tous les ministres du travail, jusqu’au moindre employé de l’ONEm.
Le pouvoir et les syndicats le savent bien, des chômeurs motivés et unis pourraient changer la donne et faire trembler le régime.
Nous sommes au cœur du problème : ce système ancien et qui a démontré son incurie au point qu’il est en faillite, est prolongé artificiellement par l’économie libérale parce qu’il permet de maintenir les chômeurs dans un sentiment de responsabilité de leur échec, ce qui, évidemment, est le ciment d’une cohésion sociale artificielle, surtout alimentée par ceux qui sauvent leurs billes dans le libéralisme. Sans cela, le château de cartes s’effondrerait.
Une question de ce qui précède : faut-il mériter de vivre pour en avoir le droit ? C’est-à-dire faut-il faire du zèle et bosser à mort pour qu’en vous acceptant, vous vous acceptiez aussi ?
Qu’entend-on par être utile à la société ?
Un bon vieux libéral pense : un homme utile est un homme « rentable ».
Un type qui ne s’est donné que la peine de naître, en coupant ses bons de caisse dans les sous-sols des banques est-il utile à la société ?
Sauf pour les « utiles » des classes supérieures, le droit à la vie passe donc par le boulot. Sans boulot, on n’y a pas droit ! Mais alors, ce droit devrait être imprescriptible et naturel ! Et puisqu’il n’y a plus de travail pour tout le monde, cet état de fait constaté, le système qui pousse à travailler, alors qu’il n’y a pas de travail, n’est qu’une vaste affaire d’assassinat.
Cette société libérale avec les partis politiques complices, n’est qu’une association de malfaiteurs, tant que chaque demandeur d’emploi n’aura pas la possibilité de travailler décemment, dans des occupations qui ne soient pas intérimaires, mais à longue durée et avec des salaires confortables.
Tout le reste n’est que bavardage passéiste et nos ministres, des enculeurs de mouche minables.

23 octobre 2005

Le Tartuffe réconcilié

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Alphonse Danlemur
Laurent, serrez ma verge avec ma discipline
Et priez que toujours le sexe m’illumine
Si l’on vient pour me voir, je vais chez l’hôtelier
De tout l’argent que j’ai aux filles le donner.

Dorine
Que d’affectations et de forfanterie !

Alphonse Danlemur
Que voulez-vous ?

Dorine
…Vous dire

Alphonse Danlemur
Ah ! mon Dieu ! je vous prie
Avant que de sucer, votre chatte au boudoir
Découvrez-moi ce sein que je voudrais tant voir
Par de pareils objets ma bite s’est dressée
Cela me fait venir de coupables pensées

Dorine
Vous êtes donc bien tendre à la tentation
Et la chair sur vos sens fait tendre impression
Certes, je ne sais par quelle chaleur vous monte
Mais à convoiter, moi, je ne suis point si prompte.
Et je vous verrais nu, du haut jusques en bas,
Que toute votre peau ne me tenterait pas.

Alphonse Danlemur
Mettez dans vos discours un peu de fantaisie
Et je vais sur le champ vous baiser ma jolie.

Dorine
Non, non, c’est moi qui vais vous laisser en repos
Et je n’ai seulement qu’à vous dire deux mots
Une dame vient dans cette salle basse
De votre vieillerie éponger l’humeur lasse

Alphonse Danlemur
Enfin ! il était temps.

Dorine
Comme il se radoucit !
Ce n’est pas moi qu’il veut n’importe qui lui suffit.

Alphonse Danlemur
Viendra-t-elle bientôt ?

Dorine
Je l’entends qui s’attelle
Assortis les bas noirs au porte-jarretelles.

Alphonse Danlemur
Qu’à cet objet charmant de substitution
J’occulte en ma folie à regret un doux nom.
Je tairai à jamais les transports de mon âme
Préservant jusqu’au bout l’honneur de cette dame
Qu’un jour d’après-midi mon fatum édita
Et qui, depuis ce temps, je nommai Perdita.

Josy Delabatte (entrant)
Je me couche aussitôt ou bien un peu l’on cause ?
Quant à moi, du moment qu’avec l’or, j’aie ma dose...

22 octobre 2005

Attendez les profiteroles.

-Irma, ma chère épouse, Léopold et Sandrine, mes enfants, Boulette, ma belle fille, grand’man Paula, nous sommes réunis ce soir…
-Arrête Dieudonné, tu ne vas pas faire le coup du discours. Vous savez quoi, les enfants, votre père est un monstre, depuis trente ans, je le suis à la trace. On ne peut pas entrer après lui dans les cabinets… Il troue les tapis avec ses mégots enflammés…
-Tu me laisses finir, Irma ? …pour enfin faire la paix entre nous et pour cela, une seule façon : faire des concessions !…
-T’en as fait des concessions ? C’est ta fille qui te le dit. Tu m’as empoisonné l’existence avec tes observations frappées du coin de ton bon sens, différent du nôtre… bon sens à sens unique. Tu vois la paille au cul des autres et toi, tu vois pas l’autobus qui te rentre dans le fion… Merde, je suis pas venue non plus pour des discours, je suis venue pour reprendre mes affaires et pour plus jamais remettre les pieds dans cette piaule.
-Tu permets Sandrine que je continue ? Tu n’écoutes pas ce qu’on te dit… Où j’en étais ? J’en étais aux concessions… Nous sommes tous coupables de la mésentente qui règne dans cette maison. Irma et moi, nous vous avons toujours aimés…
-Ma sœur est une garce, ma mère une conne et mon père un salaud, et on voudrait que Boulette et moi mangions vos immondes sauces grasses à la viande de porc avec en prime le discours d’un type qui m’a fait observer la semaine dernière que Boulette non seulement décausait tout le monde, mais qu’en plus elle bavait aussi sur moi, c’est même elle qui se vantait que je suis cocu, d’après Dieudonné ! L’a été voir à la sortie du bureau ?
-Vous allez me laisser finir, oui, ou merde ? C’est quand même fort qu’on peut pas dire un mot sans être interrompu. Personne n’écoute ce que je dis… Je ne sais pas où vous avez appris la politesse…
-C’est chez toi, hé…
-Tais-toi Léopold, si ton père t’avait pas poussé aux études, tu serais au chômedu…
-C’est vrais, man, par contre sur le temps qu’il poussait mon frère…
-Toi, la pétasse n’attaque pas Léopold…
-Comment elle m’appelle celle-là… Tu t’es pas regardée, la grosse…
-Je te défends d’appeler Boulette la grosse…
-C’est fini le cirque ? Ça va durer longtemps les règlements de compte ? Si vous voulez vous battre allez sur le trottoir… Voilà Irma qui pleure… Vous faites pleurer votre mère, petits cons…
-C’est qrand’man Paula la plus sage. Elle dit rien…
-J’ai plus rien à dire. Je suis plus d’ici. Laissez parler votre père.
-Enfin quelqu’un de raisonnable, je te remercie mère. Enfin, je peux parler… oui… non ? personne n’a plus rien à dire ?…
-Balance-la, ta nouvelle, qu’on se barre tout de suite après.
-Laisse-le parler…
- Merci. Donc, j’espérais qu’à cette occasion, on se réconcilierait tous et qu’on ferait la fête à ma mère, Paula, une dernière fois.
-Comment ça une dernière fois ?

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-Enfin, écoutez-moi. Grand’man Paula nous quitte.
-Comment elle nous quitte, où veux-tu qu’elle aille ?
-A l’hospice, mon fils Dieudonné veut me mettre à l’hospice !
-Mais c’est dégueulasse !
-Et toi, man tu laisses faire une chose pareille ?
-Mais c’est elle qui l’a demandé, nom de dieu !...
-T’as demandé d’y aller, grand’man ?
-Non, c’est votre mère Irma !...
-Bien, c’est-à-dire.
-Et toi, son fils, t’as été d’accord !
-Vous êtes encore plus dégueulasses que je pensais.
-Ta gueule Boulette, t’es pas de la famille justement.
-Nom, de dieu qu’est-ce que tu dis ? Je vais t’en retourner une.
-Touche-moi pour voir, je téléphone à N’Bonga qui se fera un plaisir de venir te casser la gueule.
-M’emmerde pas avec ton nègre !
-Raciste…
-Pétasse…
-Vous allez-vous taire… Vous n’écoutez pas ce que je suis en train de vous dire…
-On t’a trop bien entendu, au contraire…
-Mais quelle merde cette maison…
-C’est ça, c’est moi la charogne, mais demandez à Paula ce qu’elle m’en a fait voir depuis dix ans qu’elle est avec nous ? Même que j’ai dit à Dieudonné : c’est elle ou moi…
-Chiez, je peux plus bouffer leur sauce.
-Moi aussi, je vais gerber…
-Ta gueule, va gerber où tu veux, mais me parle pas. Viens Boulette on s’en va…
-Partez pas comme ça, attendez les profiteroles…

21 octobre 2005

Dieu nous aime !

-Je viens te parler au nom de Jésus !
-Ah bon ! Qu’est-ce qu’i’ dit ?
-Prépare-toi à écouter son message de paix et d’amour…
-Je vous connais, vous ! Vous étiez au garage Lussis hier soir ! C’est à vous la Corola ?
-Oui. Mais je ne vois pas le rapport avec le message de Jésus ?
-Jésus vous parle chez Toyota, à présent ?
- Jésus est partout et le message de paix et d’amour est aussi une vérité des saints des Derniers Jours.
-Vous en êtes content ?
-De quoi, de Dieu ?
-Non, de la Corola ?
-Heu ! oui… Pourquoi me demandes-tu cela ? Ne sais-tu pas que le message de Jésus est plus important qu’une Corola ?
-Ça dépend, quand il pleut et qu’on doit aller chez MAKRO, le fait d’avoir une Corola…
-Arrête, tu fais saigner le cœur de Jésus !
-C’est pourtant vrai ce que je dis !
-Oui, mais c’est une pensée impure par rapport au message divin.
-D’accord. Allez-y. J’écoute, mais pas longtemps. J’ai mon feuilleton des Rois maudits dans 10 minutes.
-Jésus a dit mon royaume est ton royaume si tu fais tout ce que je te dis…
-Comment ça se fait que Jésus se soit confié à vous chez un concessionnaire de bagnoles ?
-Il pourrait confier à n’importe qui, n’importe où, son message de paix et d’amour. Je continue, oui ou merde ?
-Il a dit ça Jésus ?
- Tu vois ce que tu me fais dire, à force de m’interrompre.
-Allez, dites la vérité, vous faites une PUB pour un commerçant du quartier ?
-Le commerçant, c’est Dieu et il veut te vendre ta part de paradis.
-On y vient. C’est combien ?

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-Malheureux qu’ai-je dit. Pardonnez-moi Seigneur, de vous avoir comparé à un commerçant.
-Si c’est pas lui, c’est qui, qui fait commerce ?
-Voilà, les tables de la Loi, broché simili-cuir, la création du monde il y a 3000 ans en fascicule et la bible avec un CD gratuit… C’est offert par une pauvre créature qui fait don de son temps pour te proposer à prix coûtant la parole de jésus, 30 euros.
-Ça ne m’intéresse pas.
-Comment ça ne t’intéresse pas ? La parole de Jésus !...
-Qu’il ait choisi un type qui vient de faire ses entretiens chez Toyota pour m’entretenir de sa parole et de son prix coûtant à 30 euros, sous la forme d’un kit avec fascicule, brochure et CD, que ça vaut pas 5 euros… non franchement !...
-Alors qu’est-ce qui t’intéresse ?
-Je cherche des gentes alu pour un break Volvo de 1999…
-J’ai aussi… mais pas quand je démarche la parole de Jésus.
-Et puis non. J’ai pas confiance, même pour les gentes en alu.
-T’as pas confiance en Dieu, malheureux !
-C’est plutôt du démarcheur…
-En n’ayant pas confiance en son serviteur, tu n’as pas confiance dans le maître.
-Et puis, faire mon salut, tout ça… C’est pas concret. Vous avez à la concurrence le docteur N’Bolo N’Bolo, un Sénégalais, qui soigne les peines de cœur, donne de la chance à ceux qui en manquent, maux de tête et maux de pied, et il vous fait même avoir un boulot. C’est du concret tout de même ? En plus, avec N’Bolo N’Bolo vous payez au résultat.
-Nous aussi.
-Oui, mais vous, le résultat, c’est pour plus tard, quand on est mort. Alors, comment on est remboursé, quand on est mort ?
-Et N’Bolo N’Bolo, on sait le résultat tout de suite, mais ce qu’il prédit n’arrive jamais.
-Dans les deux cas, alors on est baisé ?
-Malheureux ! mêler l’amour charnel à la parole de Dieu…
-Le feuilleton commence, je vous laisse.
-C’est ça. Va donc hé ! Antéchrist…
-Autant pour toi, tchouk-tchouk de béguinage…
-Enculé sans Dieu…
-Encensoir de couilles molles…
-Petite bite du diable…
-Comment tu m’as appelé là ?
-Petite bite du diable.
-Ecoute moi bien bonhomme, si tu l’avais par la gueule, tu pourrais plus t’asseoir…
(Une voix off)
-Avec qui tu parles mon canard ?
-Rien, c’est une merde qui m’empêche de voir le feuilleton…

20 octobre 2005

Le pénis a encore pris 2 points en bourse.

Dans le catalogue simplifié à l’extrême de la séduction « moderne », les mots et les idées derrière les mots comptent pour très peu. Cette séduction-là, pour tout autant qu’elle puisse encore y figurer, est tout à fait anecdotique.
Autrement dit, en 2005, Jean-Paul Sartre n’aurait pratiquement aucune chance de séduire Simone de Beauvoir.
C’est que l’apparence a définitivement pris le pas sur le reste.
Dans la société libérale, le modèle sexuel proposé est l’anatomie subjective de l’espèce dans sa perfection décryptée sur les magazines et les vecteurs de l’image.
Un tel système ne prend en compte que la nouveauté par la passion irraisonnée et immédiate de deux corps « superbes » pensant par leurs organes sexuels, le système nerveux faisant office de cerveau.
La réduction des moyens de séduction s’est donc produite au profit exclusif des critères physiques. Ce qui passaient pour des avantages intellectuels et moraux jadis sont des handicaps aujourd’hui.
Le désir et le plaisir recouvrant les valeurs de l’intelligence, tout en n’expliquant rien de la sexualité, font de l’acte sexuel une entéléchie exclusivement réservée aux seuls jeunes de réalité ou d’apparence.
« T’es un sale con Richie, mais ce que t’es bien quand tu me prends !» chez Richard III vaut mieux que « J’ai 25 ans mon vieux Corneille et je t’emmerde en attendant… » de Tristan Bernard.
Le culte de la jeunesse n’existe pas en-dehors du sexe, évidemment. Dans des termes différents et pour des exploitations autres que sexuelles, les atouts essentiels redeviennent les critères de savoir faire. On ne besogne plus, on travaille.
Le chômage des jeunes est une triste réalité, un grave échec de société… mais basta :
De tous les biens terrestres, le seul auquel nous tenons tant est la jeunesse, d’où les recours aux produits de beauté et à la chirurgie esthétique.
- Moi Tarzan, toi Jane.

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C’est le style attique par excellence, plat et brutal, non pour caractériser dans la simplicité de l’abord une forme de jeunesse définitive, mais parce qu’il n’existe aucun autre moyen des parties d’énoncer autrement l’envie de tarzan de coucher avec Jane et Jane de jouir de Tarzan.
Ainsi les rapports entre les sexes, s’ils se réduisent, en sont d’autant plus directs et d’effets immédiats.
Les échanges se sont beaucoup simplifiés en s’accélérant depuis les Chat et Internet. Cette bourse d’échange fait d’une certaine manière office des grands marchés de la viande comme celui d’Anderlecht, pour notre moderne tendance.
On verra bientôt des annonces du genre : J’ai déjà 32 ans, mais j’en ai une de 19 cm qui ne demande qu’à s’allonger et qui bande à la demande. Et toi comment es-tu foutue ? Ton cul est comment ? etc…
Il paraît que des ménages nouveaux se forment et résistent même au temps sur ces seuls critères rassembleurs.
La difficulté n’est donc plus dans les relations actuelles des jeunes et des pseudo-jeunes, dont le sort est réglé mécaniquement, mais porte essentiellement sur les anciens couples dans les tranches d’âge allant ou dépassant la cinquantaine. Ils sont les marchandises à vente rapide soulignées par marqueur dont la « jeunesse » se détourne, tandis que la société les place sous le cellophane des denrées en pré-décomposition.
Certains résistent et disent non sans pertinence « Voyez, nous sommes bourgeois et cons comme vous, les jeunes, pourquoi nous rejetez-vous sur les seuls critères d’une peau moins souple que nous ne pourrions exhiber sans encourir vos quolibets ?
Bien qu’il s’en défende, le gouvernement lui-même est aspiré par la logique du jeunisme. La nouvelle vice-première Freya Van den Bossche est plus célébrée pour sa juvénilité apparente que pour ses compétences. Les journaux ne résistent pas à nous la montrer le nichon sautillant et la croupe légère, très au top « Femme d’aujourd’hui », bouillonnante et mère de famille à la fois, un symbole pour une Nation insérée dans la brocante capitaliste... Si bien que Laurette Onkelinx sombrant dans l’âge difficile, dernier lustre avant la cinquantaine, n’a plus qu’à se jeter dans la Meuse du pont de Seraing.
N’est-il pas logique que la jeunesse ait la fringale de vivre et l’âge mûr le désir de la retraite ? Aussi, ce ne sont pas les jeunes qui feront grève pour moins travailler, mais les vieux qui voient avec inquiétude la prépension leur passer sous le nez. De toute manière, les jeunes avec le départ qu’ils ont ne travailleront jamais globalement autant que les autres.
Alors, l’irréelle solution consisterait à inventer l’éternelle jeunesse, celle d’Oscar Wilde dans « Le portrait de Dorian Gray » quitte à reporter sur des vieux fictifs les séquelles de l’usure impitoyable du temps. Ce qui aurait pour avantage de conserver l’apparence de la jeunesse en ayant « la ride intérieure ».
« Mourir vos beaux yeux belle marquise me font » pourrait dire sans bafouiller l’éphèbe éternel. Le tout est de savoir si cette connaissance des textes dans la bouche d’un beau jeune homme serait de nature à enflammer davantage la petite copine du samedi soir.
Il y a gros à parier que non.
Séparé de l’âme, le corps exulte et triomphe dans une société de l’immédiateté. La jouissance n’outrage plus la nature désormais érigée en étalon.
Un moment confisquée, la sexualité – et qui mieux que la jeunesse peut la représenter ? - prend une revanche qui dépasse ce qu’on pouvait imaginer.
Aujourd’hui le pénis est à l’aise dans l’imprimé, dans les magazines et les cinémas.
Il devient une source de profit. Le jeune bourgeois n’ayant jamais senti autre chose qu’une morale qui le protégeait du peuple, affiche désormais sa sexualité, avec la bénédiction de papa qui y découvre une nouvelle source de profit.
Le colonel La Biroute, du 36me Léger, reprend du service.

19 octobre 2005

Démocratie ou dictature libérale ?

La loi permettant de priver de financement public les partis qui porteraient atteinte à la Déclaration des droits de l’Homme est entrée en vigueur ce lundi. Il aura fallu six ans de palabres.
Après la compétence universelle et le ridicule international, voilà nos grands hommes d’Etat en quête d’un autre terrain. Ils l’ont trouvé avec cette suppression possible des dotations aux partis politiques.
En vertu de cette loi, un tiers des parlementaires qui siègent dans la Commission de contrôle des dépenses électorales peut demander au Conseil d’Etat la suppression, pour une période allant de 3 mois à un an, de la dotation publique des partis.
Voici la liste des parlementaires compétents :
Vanlerberghe Myriam (SP.A-SPIRIT), Hermans Margriet (VLD), Wille Paul (VLD),
Istasse Jean-François (PS), Mahoux Philippe (PS), Defraigne Christine (MR), Beke Wouters (CD&V), Schouppe Etienne (CD&V), Van Hauthem Joris (Vl. Belang), Delpérée Francis (CDH).
Soit 10 personnes. Le tiers se situerait donc à 3,33. Autrement dit il faudrait au moins 4 membres soit 40 % des contrôleurs pour agir.
Les coalitions sont donc obligatoires pour déposer plainte, ce qui tempérerait les ardeurs d’exclusion d’un seul parti.
Mais ce qui sidère c’est l’irrationnel d’une plainte fondée sur « La déclaration des Droits de l’homme ».
Quand on lit attentivement ce texte pétri de bonnes intentions, mais qui échappe par sa haute tenue morale à l’éthique plutôt grossière des Etats, on s’aperçoit que la Belgique, par exemple a déjà été plus d’une fois dans la ligne de mire des observateurs veillant au respect de cette déclaration et que pratiquement tous les partis politiques en Belgique s’en sont écartés au moins une fois. Que dire des parlementaires, quand on suit leurs discours politiques et leurs interventions à chaud dans des interviews de terrain !
Personne n’est dupe. Cette loi est une machine de guerre contre le parti d‘extrême droite le Vlaams belang et comme la règle linguistique est d’application dans tout, pour faire bonne mesure on y a adjoint les comiques troupiers francophones, nos nazillons par bêtise et cupidité dont la dangerosité est égale aux rollmops prédateurs… dans le vinaigre.
Maintenant faut-il cesser de verser des fonds au Vlaams belang parce que son discours d’extrême droite ne plaît pas à nos partis politiques, tous plus ou moins centristes ? C’est un autre débat qui, dans un pays hypocrite comme le nôtre, ne pourrait avoir lieu.
Je me considère de gauche, pas socialiste réformateur certes, mais de gauche et souvent en contradiction avec les positions d’Elio Di Rupo. J’estime scandaleux que l’on réduise le droit à l’expression qui est aussi inscrit dans la Déclaration des droits de l’Homme à quel que parti que ce soit, dans un pays qui ignore les 250.000 francophones de la périphérie bruxelloise privés du droit élémentaire d’avoir des écoles et de s’exprimer dans leur langue.

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C’est contradictoire direz-vous d’être pour la poursuite des dotations à un parti qui applaudit des deux mains à cette situation des francophones de la périphérie. Je trouve que le débat sur l’égalité de tous les citoyens belges ne doit pas déborder sur une nouvelle inégalité.
Pourquoi les Flamands dans leur ensemble auraient-ils le droit du sol qui est contraire à l’esprit de la Déclaration, à l’exception du Vlaams belang qui ne l’aurait pas ?
Enfin, du point de vue de l’intelligence interprétative cette loi est on ne peut plus mauvaise. Elle va permettre au Vlaams belang de jouer les martyrs, ce qu’il fait déjà, et comme il bénéficie du flamingantisme des autres partis, sans débourser un centime, cette loi, c’est du pain béni pour lui. En outre, vont se développer sous le boisseau une politique pire encore que si elle devait être débattue au grand jour devant l’opinion publique.
C’est enfin prendre le citoyen pour un niais que le priver de la connaissance des débordements verbaux de l’extrême droite.
C’est un très mauvais jour pour les libertés que cette nouvelle loi. Elle va, avec les mesures antiterroristes donner des moyens accrus aux Autorités. Si c’est en sortant des règles démocratiques que l’on croit pouvoir lutter contre les ennemis de la démocratie, on se trompe lourdement.
La soi-disant faiblesse de la démocratie ne tient pas la route. A-t-elle oui, ou non, fait toucher le tapis des épaules à sa concurrente marxiste ? Elle gère dans le calme ses millions de chômeurs. Complice du libéralisme économique elle est en train de dépouiller les travailleurs des bénéfices sociaux des luttes syndicales du passé.
C’est donc un régime fort que nous avons, et qui a toutes les caractéristiques d’une dictature, puisqu’il tire prétexte d’une menace extérieure pour s’armer de lois davantage répressives.
Contre l’extrême droite ? Contre les intégristes ?
Non. Contre nous tout simplement.
Parce que comme tous les régimes forts, ce qu’il craint le plus, c’est son ennemi intérieur : quand viendra le jour où nos écailles tomberont des yeux.

18 octobre 2005

Un job marrant…

-Tu fais quoi, toi Léon ?
-Des spectacles.
-Théâtre, cirque, cinéma ?
-De la scène.
-Je t’ai jamais vu à l’affiche.
-Ça se passe dans les familles.
-Ah bon ! Première communion, mariage, tout ça ?
-Non. D’abord, Léon c’est pas mon nom d’artiste.
-Comment tu t’appelles ?
-Caron le bouffon.
-C’est un truc comique ?
-On pourrait dire comme ça. On m’appelle pas pour de la rigolade. En réalité, j’assassine à la carte.
-Léon ! Ne viens pas me dire que t’es tueur à gages ?
-Parfaitement.
-T’as jamais été arrêté ? Comment tu fais ? D’abord t’as des armes ?
-C’est tout fait légal et hors d’atteinte des lois.
-Tu euthanasies sur commande ?
-Oui. Des malades, des personnes âgées et même des jeunes gens en bonne santé. On m’appelle, on signe un contrat, on organise un guet-apens et cuic…
-Tu étrangles !
-Non, que je te dis. Je ne touche pas ma victime. Je ne verse pas du poison dans son verre… Je l’exécute autrement.
-Ah ! tu m’intrigues.
-Caron le bouffon est un spectacle. L’affaire est d’un bon rapport. Je vis à l’aise.
-Tu veux me dire comment tu fais pour faire mourir des gens à ton spectacle ?
-C’est impossible.
-Pourquoi ?... Je comprends. Tu as peur que je te pique de la clientèle en me mettant assassin à mon compte ?
-Non. Tu n’y es pas. Si je te racontais mon procédé, tu mourrais aussi, j’en suis sûr. Ce n’est pas que je tienne particulièrement à ton amitié. Voilà deux ans qu’on ne s’était vu ; mais je n’assassine pas gratuitement.
-Tu peux m’en dire quand même un peu, juste pour satisfaire à ma curiosité ?
-Je raconte une blague à mourir de rire.
-C’est tout.
-C’est tout, sauf que la blague terminée, je n’arrête pas de rire. Tu sais comme j’ai le rire communicatif ? Personne sait résister à une heure de rire.

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-Toi non plus !
-C‘est pas pareil. Moi je ne ris pas. Je fais semblant.
-Je ne te crois pas.
-Tu veux essayer ?
-Je t’écoute.
-Un dégueulasse rentre chez l’épicier et demande : Je voudrais du papier toilettes. - Quelle couleur ? répond l’épicier. - Donnez-moi du blanc. Je mettrai la couleur moi-même.
-Elle est à peine drôle.
-Ha ha !
-Bon, admettons, elle est un peu comique…
-Ha ha ha ha !
-Tu peux tuer personne avec ça…
-Ha ha ha ha ha !...
-Mais enfin les gens nous regardent…
-Ha ha ha ha ha ha ha !
-D’accord. Je vais rire un peu, puis tu t’arrêtes, hein ? H hi hi …
-Ha ha ha ha ha ha ha ha ha !
-Hi hi hi ! merde… je sais plus m’arrêter !...
-Ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha !
-Hi hi hi hi !
-Ha ha ha ha… hola… ha ha ha !
-Hi hi hi hi… arrête, j’en peux plus. Je vais avoir un malaise…
-Tu vois ? 100 % de succès que je te dis.
-Ouf ! t’as pas un mouchoir ?
-Voilà.
-J‘en avais encore pour combien de temps ?
-T’avais plus qu’un quart d‘heure à vivre.
-Tu as fait breveter ton truc ?
-Bien non ! Bergson l’avait fait avant moi.

17 octobre 2005

Loukoums

Ce soir-là, j’attendais sur une placette ornée d’un monument.
L’ombre des bas tilleuls de l’avenue
Nous parvient bleue et mourante à dessein…

Par faveur complice des ombres profondes, les lampadaires étaient éteints.
D’un café, avec des couples à la terrasse, une obscure clarté mourait sur la grille verte du monument.
Soudain, le temps scélérat s’accéléra. Il fond parfois sur vous au point de précéder vos battements de cœur.
Elle était là qui souriait, comme surgie de l’intérieur du monument.
Embarrassé de moi-même, je ne savais que dire.
Comme il ne convenait que de parler, la prendre par la main et marcher en silence ne se fit pas. Les mots sortaient de ma bouche sans que je les reconnusse. Ils étaient pourtant à moi, ces pauvres mots ; mais de semaine, alors qu’on était dimanche… ce vendredi-là.
Hier, on parlait de choses et d’autres
Et mes yeux allaient recherchant les vôtres…

Le programme était archi établi. Les autres étaient là pour respecter l’archi d’établi. Je ne les voyais pas. Charmants et aimables, ils ne me gênaient pas, non, au contraire. Mais, ils apparaissaient dans un brouillard, comme les mots qu’ils disaient.
Je souriais quand ils souriaient.
Au restaurant, les chaises disposées à être investies m’offraient plusieurs combinaisons. De face je la contemplerais mieux, me disais-je. Qu’elle tournât la tête à gauche ou à droite ou qu’elle me regardât, rien de son visage ne m’échapperait. Mais, l’autre côté de la table était si éloigné, que je n’eus pas le cœur à cet exil. Je me résignai à ne voir qu’un demi visage, et je me mis à côté d’elle. Elle se tournait souvent. C’était à chaque fois comme si elle resurgissait du monument.
Ponctuant ses phrases d’un oui de la tête en me regardant, je me demandais à quoi elle disait oui : à mes paroles ou à mes sentiments ?
La vie n’est faite que de compromis. Les gens font semblant de ne pas savoir ce qu’ils savent très bien, comme dit le philosophe Parménide.
J’améliorai ma vision d’elle de façon instinctive en réduisant l’angle droit que ma chaise faisait avec mon assiette. Si bien que tourné vers elle, je posai la main gauche sur le dossier de sa chaise, d’un geste familier, frôlant des doigts le sweet-shirt bleu turquoise, à l’insu des autres.
Une seule fois, je voulus lui saisir la main sous la table, qu’elle ne m’abandonna pas. Je restai indécis une seconde la main à plat sur sa cuisse, n’appréciant pas à son juste prix ce fugace contact, tant les doigts qui s’échappèrent, ressemblaient à un vol d’oiseaux débusqué par le chasseur. Ce refus fut comme si le ciel me tombait sur la tête, alors que s’il y avait eu abandon, cela n’aurait pas manqué d’être perçu par les autres comme un signe d’appartenance.
Convenances… convenances…
La boîte de jazz termina la soirée.
Je fus tout ému de l’entendre chanter au karaoké. Elle est plus volontaire que moi qui restai lâchement sur la banquette. J’admirai son audace. Tendue, le regard rivé sur le prompteur, pleine de la concentration d’un chanteur à l’Olympia, elle était si belle que je restais interdit, plein de l’admiration qui rend bête les gens heureux.
Pendant le chant, je ne la quittai pas du regard, prêt à la soutenir en cas de défaillance, quitte à bondir sur l’estrade et reprendre, la vague histoire d’une plongeuse d’arrière salle de café avec elle..
A ce feu d’artifice, il fallait un bouquet.
Qui dit que les slows sont interminables, ne sait pas ce que c’est d’aimer la femme que vous avez entre les bras.

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Dans le confus des sentiments, bercés par les rythmes lents, c’était comme si je m’enfonçais dans un univers marin, pour revenir en surface au milieu du bassin du Taj mahal.
Son corps était collé au mien. J’en percevais les courbes. J’en sentais l’abandon…
Bien plus tard, à sa voiture, elle tendit le coup et j’y appliquai les lèvres.
Ce qui, vous en conviendrez, pour une apparition issue d’un monument public n’est pas lapidaire, mais plutôt sensuel. Les courts cheveux de la nuque n’empêchèrent rien.
Partie, je restai étourdi sur le trottoir. Ce fut seulement quand les feux rouges de la voiture disparurent au coin de la rue, que je réalisai que j’étais seul, définitivement.

J‘allais par des chemins perfides,
Douloureusement incertain.
Vos chères mains furent mes guides

16 octobre 2005

Un H5N1 de l’emploi…

Un H5N1 de l’emploi refile la grippe aviaire au gouvernement ! Une grande première mondiale qu’une minuscule créature ose s’attaquer à notre « élite ». La Belgique est renommée pour ses virus à mutations bizarres.
A l’heure où les Etats fonctionnent comme des entreprises, la « rentabilité » est le modèle du prêt-à-porter du bien dire et du tout savoir. En matière d’emploi, la Belgique va vivre de grands soirs !
Le gouvernement va s’aligner, peu à peu, sur la mode d’hiver en Europe qui voit l’allongement de la durée du travail pousser progressivement l’âge de la retraite à 65 ans, et, d’ici 2008, fixer la prépension à 60 ans.
Les libéraux et les socialistes réformateurs ont l’œil admiratif et la bouche gourmande. Ils lorgnent sur des Etats à hautes performances, comme la Norvège et le Danemark.
Le gouvernement poursuit son rêve de privatisation des secteurs publics, malgré une opposition marquée de l’opinion qui ne voit là qu’une dépréciation des services publics au profit d’une engeance assoiffée de fric facile, sans contrepartie pour les usagers. Reste que la culture bourgeoise qui dirige ce pays se moque de l’opinion, tant elle reste persuadée qu’elle continuera de la manipuler, sous couvert des oripeaux d’une fausse démocratie.
Fait nouveau, on dénonce l’exclusion des quadras et des quinquas du travail. C’est une dénonciation hypocrite, puisque c’est une tendance dans les entreprises qui se poursuit depuis vingt ans, favorisée par les gouvernements successifs, qui, jusqu’à ces derniers temps, avaient plutôt une politique de mise au travail des jeunes au détriment du maintien au travail des travailleurs âgés.
On se rappelle la démagogie de Verhofstadt à propos des 200.000 emplois nouveaux. Dans sa déclaration des mesures pour lutter contre le chômage, il remet ça, sans oser revenir sur les 200.000, en nous claironnant qu’il va, à la fois, favoriser la réinsertion des quinquas licenciés et donner « un coup de fouet » à l’emploi des jeunes !
Comment va-t-il remettre au travail les « anciens », reculer leur préretraite et la retraite, en même temps favoriser l’emploi des jeunes ? De deux choses l’une, c’est un fou qui croit encore au père Noël ou il nous prend pour des imbéciles…
Le public en a vraiment assez de cette démagogie permanente face aux chiffres effrayants et en constante augmentation du chômage.
Pourquoi ne pas oser dire (venant des libéraux ce n’est pas dans leur rôle) mais venant des socialistes : « Le système capitaliste ne vaut rien dans sa forme actuelle. Nous allons droit dans le mur. Arrêtons les discours à sa gloire, dans un premier temps (ce ne serait déjà pas mal) et dans un second, envisageons autre chose, calmement et avec nos partenaires de la gauche européenne.
Cessons de gérer les crises après coup. Ne les laissons pas développer leurs effets pervers. Prévenons-les !
Les griefs des patrons aux quadras-quinquas ? Ils ne les trouvent pas assez dynamiques et les estiment trop chers.
Que proposent le gouvernement et les patrons de concret ?
A part les sourires à la presse de Laurette Onkelinx et les rodomontades du premier ministre, on ne voir rien venir. Et ce gouvernement ne le pourrait pas puisqu’il a prévu un budget en équilibre dans lequel aucun poste n’est prévu pour une réelle politique de réinsertion..
On compte sur la bonne volonté patronale. C’est comme si on demandait aux requins d’un aquarium de ne pas dépecer toutes les proies qu’on leur jette !... tout cela est d’un stupide à faire pleurer.

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Les recruteurs des entreprises sont formels, ils n’ont pas reçu d’instruction favorisant la réinsertion des chômeurs âgés et des prépensionnés rebooster au travail. Ils écartent toujours systématiquement les CV des plus de cinquante ans, tant ils savent qu’à l’interview, ils n’auront aucune chance. Ce sera du temps perdu pour l’entreprise que de faire « semblant » de considérer leur demande d’emploi. Leur mission consiste toujours à baisser les coûts salariaux pour une production maximale. L’employé, à la rigueur, pourrait être prolongé dans sa vie professionnelle, mais ce serait au détriment des jeunes. Par contre l’ouvrier d’une chaîne de montage, homme-machine astreint aux trois poses, ou tout autre emploi exigeant des efforts constants, a peu de chance de retrouver un travail.
Les seniors sont devenus des espèces de pestiférés et ce depuis que l’ergonomie a peu à peu grignoté leur expérience, réduisant aux tâches simples les techniques les plus complexes. Ils alimenteraient plutôt un autre marché où ils ne sont que clients avec les appareils dentaires et les prothèses auditives, demandeurs exclusifs de protections urinaires et friands de contrats d’obsèques.
Dans une société qui prône les droits de l’homme à longueur de journée, qui se gonfle d’orgueil au seul prononcé du mot démocratie, on assiste à une falsification volontaire de ces valeurs, si bien qu’elles ont perdu tout sens.
Les petits marioles tirent tant qu’ils peuvent sur les ficelles des marionnettes que nous symbolisons. Dans leur concept de la démocratie par délégation des pouvoirs, ils ne se rendent pas compte qu’ils ont épuisé leurs crédits, comme ils ont abusé de notre patience.
-La démocratie en Belgique, madame ? Mais elle n’existe plus depuis longtemps, pour tout autant qu’elle ait existé un jour… Sinon, tout le monde aurait un travail et aurait droit à une certaine dignité. Tous des velléitaires, ces ministres…

15 octobre 2005

Femmes... je vous aime.

En mettant en scène des personnages que je rencontre dans la rue ou que j’imagine, j’ai bien conscience que c’est presque toujours une réflexion qui part d’un univers masculin. Cela créerait peut-être l’impression que c’est un misogyne qui se défoule derrière le paravent commode de l’ironie et qui unilatéralement se place du côté des hommes pour dénoncer leurs faiblesses mais aussi leur victimisation par l’univers féminin.
Cette vision, m’insupporte.
Ayant toujours été du côté du plus faible, du plus meurtri, du plus exploité, qui ne voit dans cette confrontation des sexes que l’homme a le plus beau rôle ? Dans tous les domaines, il affirme une supériorité d’autant plus imbécile que c’est lui qui l’a décrétée depuis la nuit des temps, et ce du point de vue religieux ou, simplement, du point de vue sociétal.
Et qu’aille directement pourrir dans les culs de basses fosses de la mémoire, le premier prêtre scélérat qui inventa au seul bénéfice des gens de son espèce, l’axiologie de l’impureté de la femme et de son incapacité à être l’égale de l’homme.
Où ce sinistre a-t-il été puisé cette loi soi-disant divine et qui n’est que la catharsis intéressée de tous les détenteurs du savoir et faiseurs des dieux.
De toutes les religions actuelles, quoique aucune ne soit à mettre en-dehors des autres, celle qui les dépasse en bêtise et parfois en horreur, c’est la religion musulmane. C’est qu’en plus d’être fortement inégalitaire entre les sexes, elle s’appuie sur des traditions arabes qui ne sont pas mal non plus dans le genre. Elle rejoint presque l’épouvantable tradition de l’excision chez certains groupes humains dans la phénoménale abjection que peuvent atteindre des lois dictées aux critères des fantasmes masculins, et que parfois, des malheureuses subjuguées reprennent à leur compte dans une criminelle complicité avec les mâles contre leurs enfants.
A cette race incongrue de fauteurs de désordre et d’injustice, qu’ils soient pogonophores, encapuchonnés, enfroqués ou défroqués, en soutane, en djellaba ou abaya, en chapeau noir et tresses rituelles, en col romain, en pacoul, coiffés roualeh ou tonsurés… ithyphalliques sournois, latitudinaires à sens unique, manducateurs des dieux à leur image, messieurs de tous les clergés de la terre, je vous emmerde et vive la laïcité.
Reste à en découdre avec les suiveurs de cette race infâme, les petits cons et les machos, fort empêchés par les courtes vues qu’ils projettent de s’inscrire dans les études des courants religieux, mais fort aises d’en percevoir les avantages pour leurs petits personnes sacralisées par leurs queues.
Je leur dirai que l’inégalité sexuelle reste le scandale dominant de la société mondiale. L’accès à l’école, l’absolu mépris du travail des femmes mal payées (quand elles le sont), premières fermières au monde à s’occuper du bétail, à tirer l’eau de la rivière et à pourvoir le foyer des nourritures nécessaires, tandis que l’homme s’encourt attraper le Sida qu’il rapportera – c’est sa seule fidélité – à son épouse, la voilà la condition de la femme dans les pays d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique et même parfois d’Europe, pour ce tiers monde dont les pays riches disent qu’ils s’en occupent, pour n’y préserver que leurs intérêts sur les terrains d’exploitation.

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Et chez nous, dans ce bourgeoisisme lénifiant fin de règne ?
L’inégalité reste flagrante au niveau politique. Trop peu de femmes accèdent aux tribunes à effets de manchettes Quoique la Belgique ne soit pas à la traîne dans cette marche à l’égalité. Mais la violence sexuelle, par contre, est tout aussi silencieuse et active dans les ménages, dans la vie active et sur les lieux de plaisirs et de délassements que dans les autres pays à économie libérale de l’Europe. C’est la violation des droits humains la plus répandue et la plus tolérée (rapport des Nations Unies).
Une femme sur cinq sera au cours de sa vie, victime d’un viol ou d’une tentative de viol. La violence tue ou rend infirmes autant de femmes entre 15 et 44 ans que le cancer.
Pas que les gays de Philadelphie qui ont péri du Sida avant les trithérapies. Désormais c’est aussi une maladie de la femme avec une égalité produite principalement par les rapports dans le mariage, par transmission de l’homme à la femme, et non l’inverse, sauf de rares exceptions.
Et on passe sur le trafic d’êtres humains, principalement des femmes, avec entre 600.000 et 800.000 êtres humains ainsi achetés, vendus, troqués, battus, violés, exploités, marchandisés par des exploitants, souteneurs, patrons d’industrie, principalement des hommes, et ce chaque année..
Un demi million de mères meurt en grossesse faute de soins et dans des avortements pratiqués de façon dangereuse.
On s’arrête là. La liste est longue.
Lupus est homo homini pourrait de nos jour être remplacé par une formule plus adéquate : l’homme est un loup pour la femme.
J’espère que vous n’en doutiez pas avant de lire ceci.
Cela ne m’empêchera pas dès demain de retrouver l’ambiance vantarde et prétentieuse de nos contemporains dans laquelle je m’inscris et pas toujours en archange vengeur de la femme, je l’avoue, en phénoménologue de quartier, plutôt… prétentieux un jour, humble le lendemain, plus con que méchant… un homme, quoi…

14 octobre 2005

Off course…

La section régionale de Liège de la Ligue de l’Enseignement et de l’Education Permanente recevait ce mercredi 12 octobre Bernard Lecherbonnier prof à Paris XIII pour une conférence au titre évocateur : pourquoi veulent-ils tuer le français ?
Excellente question à laquelle personne n’a répondu, sinon de travers, comme toujours quand ce ne sont pas les usagers qui répondent mais les supposés gradés des Universités et des Hautes écoles, dont nous avions là une belle brochette à disposition.
Dans son prospectus de présentation la Ligue avait déjà dressé la liste de tous les assassins devant comparaître dans cette salle académique magnifiquement rénovée face à cet épicentre des cerveaux en hyper connexion que sont nos hauts fonctionnaires d’Académie.
En vrac, les prévenus se recrutaient chez les fonctionnaires pour faire carrière, les hommes d’affaires véreux, les chercheurs honteux de leur passeport belge, les politiciens à l’éducation lacunaire. Ajoutés à ce terrorisme linguistique, les pédagogues libertaires qui programment le massacre à la tronçonneuse du français au profit de l’engliche, les libéraux conservateurs sacrificateurs de vingt siècles d’ardente communion de « Il était une fois le français », les régionalistes exacerbés aux langues déliées pour des fellations entre « vrais wallons ».
Les patrons de cette camarilla ?
Le pouvoir politique avec l’exemple qu’il nous donne des Frères Happart mâchouillant les mots comme des chiques de tabac afin de sacrifier lalangue (en un seul mot pour faire plaisir aux exégètes de Lacan) et notre premier ministre s’embrouillant au moindre conditionnel.
Force est de constater que la Ligue avait eu son bon coup de filet et que les délinquants cités à comparaître n’étaient pas clairs.
Bien entendu, aucun des prévenus n’était présent. Comme ils faisaient défaut, ils ont été condamnés lourdement, comme il se doit.
C’est en écoutant les plaidoiries des procureurs réclamant leurs têtes que je me suis demandé si la Ligue n’en avait pas oublié quelques-unes et notamment parmi les membres du jury vis-à-vis desquels une véritable justice aurait souhaité leur arrestation immédiate.
Ce professeur d’université traitant Lecherbonnier de cher collègue et prenant la pose, enlevant, remettant, regardant par-dessus ses lunettes, véritable second rôle dans un film de Jean-Pierre Mocky, pour nous offrir une faute du subjonctif imparfait dans son apologie de l’emploi des verbes ; cet autre directeur d’un Haut-machin stipendiant ses anciens élèves en les traitant de cancres, sans s’imaginer que c’était lui qui les avait formés ; tous enfin victimes et propagateurs de ce bourgeoisisme de la cuistrerie, furieux de l’illettrisme des autres et fort indulgents du leur !

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Je leur dis : « Messieurs, le français se porterait mieux sans vous. Voyez comme ces gens venus d’ailleurs sans parler la langue deviennent sur une génération des utilisateurs à part entière. N’ayez pas peur de la langue anglaise, elle ne nous aura pas tant apporté de nouveautés que nous ne l’ayons bombardée des nôtres.
L’hégémonie d’une langue par rapport aux autres langues n’a qu’un temps. La résistance à l’anglais ne vient pas tant de vous qui parlez comme Shakespeare dans des colloques à l’étranger, mais des petites gens que vous méprisez tant et qui sont les seuls gardiens de la langue et les seuls qui lui apportent le sel de la vie, c’est-à-dire les nouveautés, les mots forgés de toutes pièces et y compris de terminologies anglaises, parce qu’ils n’ont qu’une langue et qu’ils l’enrichissent des mots qu’ils trouvent.
Ne poussez par des clameurs devant la progression de l’illettrisme. Les analphabètes étaient bien plus nombreux sous les rois de l’Ancien régime que sous le nôtre. C’est encore une idée bien bourgeoise de croire que le suffrage universel est la panacée qui consent au monde tel qu’il est aujourd’hui et qu’il est le seul juste du fait de cette unique consécration là ! C’est trop commode de dire puisque tout le monde vote, tout le monde doit savoir lire et écrire. Oui, dans l’absolu sans même le suffrage universel, c’est ainsi que cela devrait être et cela n’est pas ; mais pour d’autres raisons aussi, dont vous n’êtes pas innocents.
Cessez d’abord d’être des croquemitaines avec vos lois fossiles et vous verrez l’analphabétisme décroître. Cessez de répudier ceux que vous avez créés et qui à défaut d’être à votre image, des cuistres prétentieux, se battent dans nos écoles avec leurs moyens qui, tout en n’ayant pas la brillance des vôtres, sont autrement plus efficaces.
Enfin ne soyez pas si exigeants au point de vue de l’orthographe J’ai eu le plaisir amer de vous le dire ce soir-là, mais Renard et Flaubert admiraient beaucoup celui qu’ils considéraient comme leur maître, le duc de Saint-Simon qui n’avait aucune orthographe ; plaisir amer disé-je, tant vous n’avez rien compris à mon intervention, puisque vous avez cru que j’assimilais Renard et Flaubert au défaut orthographique de l’autre, à croire que les bouchés à l’émeri ne sont pas toujours ceux qu’on pense.
Plaise au ciel comme dirait Tartufe que nous ayons de ces enseignants sans orthographe à l’égal de Saint-Simon.
Messieurs des Hautes-Ecoles, universitaires et académiciens vous êtes des trous-du-cul de la pire espèce, fossoyeurs de la langue avec vos méthodes obsolètes, car on vous écoute, on vous admire encore et dans la position que vous occupez, vous faites cent fois plus de tort que le plus mauvais de nos instituteurs.

13 octobre 2005

Variation sur la psychiatrie.…

- Palmyre…
-Les ruines ?
-Non, ma femme… est en analyse.
-Alice aussi. Qu’est-ce qu’elles ont toutes ?
-Elles nous ont. C’est suffisant.
-Je regrette d’avoir été d’accord qu’elle aille soigner son mal être… chez le docteur Veroli.
-C’est le même que Palmyre ! Tu l’as déjà vu Veroli ?
-Vaguement, Alice et moi, on l’a croisé une fin d’après-midi aux galeries Saint-lambert. C’est elle qui me l’a signalé. Il était avec une femme qui avait une de ces dégaines !... Tu te rappelles Jane Russel du cinoche des années soixante ?
-Oh ! la créature..
-Il n’a même pas salué sa patiente. Alice est devenue toute rouge…
-Normal, avec ce qu’elle a dû lui balancer sur votre compte…
-Il ressemble un peu à Di Rupo, l’air faux cul… Tu vois ce que je veux dire ?
-Plus généralement, il n’y a plus rien à tirer des femmes en analyse.
-Tu as raison. Depuis qu’elle est dans les mains de Veroli, elle est définitivement impropre à tout usage.
-C’est pareil pour Palmyre. Ce n’est pas d’un effet secondaire qu’elle est au tapis, mais bel et bien touchée par le but principal de la psychanalyse : détruire l’être humain… balayer pureté, innocence, générosité… Depuis qu’elle est chez Veroli, ce n’est plus la même personne…
-Pareil pour Alice. On paie ce type grassement pour qu’il me la rende inapte à toute aptitude à l’amour, qu’il soit mental ou physique…
-J’ai l’impression qu’ils trahissent tous la déontologie. Veroli le premier. Il les masturbe à mort… Il ne saurait pas les baiser toutes, mais il les masturbe…
-Il se comporte en véritable ennemi de l’humanité.
-Hier, j’attendais Palmyre dans la voiture devant le cabinet de Veroli. Les deux qui sont sorties avant, fallait voir les cernes, les jambes flageolantes… Elles savaient plus où elles étaient.
-Ils ont la partie belle, ils s’attaquent à des braves filles, un peu paumées, un peu simples, et ils les transforment en ignobles pétasses, d’un égocentrisme à faire rougir de désir un député libéral.
-Qu’est-ce qui voudrait de l’expérience d’une vie commune avec quelqu’un en cours d’analyse ?
-Personne. Sauf nous…
-Nous, on ne savait pas. Puis Palmyre était gentille, douce et aimable avant…

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-Qu’est-ce qui l’a poussée chez Veroli ?
-Son gynécologue !
-Non !!!!
-C’est comme je te le dis. Il lui a découvert un « inaccompli quelque part dans sa libido ».
-C’est la première fois que j’entends dire qu’un fouille-merde se mêle du mental…
-Et toi avec Alice ?
-J’avais un ami célibataire qui passait souvent des soirées à la maison. Il s’est marié et sa femme n’a plus voulu qu’il nous fréquente. Ma femme a pris ça très mal… Sa coiffeuse lui a conseillé Veroli.
-Sa coiffeuse ! Dans quel siècle vivons-nous !...
-Ça fait longtemps qu’elle y va ?
-Six mois.
-C’est fou. Il paraît que parfois, ça dure des années.
-C’est sans fin.
-Tu sais quand ce sera terminé ?
-Non.
- C’est quand elles nous reviendrons mesquines, arrogantes, sans aucun sens moral, incapables désormais d’aimer…
-Je vois d’ici la transformation qui va dans ce sens…
-Moi aussi…
-Elles vont finir par ressembler à la pute qu’on a vue au bras de Veroli !...
-Alice était quand même un peu dépressive. Elle aurait dû attendre de faire son deuil de mon ami toute seule. A la limite j’aurais pu essayer d’en faire venir un autre à la maison…
-Elle n’avait sans doute pas les dispositions à l’égoïsme et à l’absence de cœur, d’Alice.
-Palmyre s’est rattrapée. Sais-tu ce qu’elle a écrit ce matin sur le tableau effaçable de la cuisine ? « Plus vous serez mauvaise avec eux, mieux ça ira ».
-C’est un conseil de Veroli ?
-Dès ce midi, elle en a commencé l’application. Elle m’a envoyé deux fois me faire foutre !...
-Moi, c’est pire. J’ai reçu un recommandé ce matin du tribunal m’enjoignant de déguerpir du domicile conjugal.
-Comment ça ?
-Oui. Nous ne sommes pas mariés et j’ai mis la maison à son nom !

12 octobre 2005

Une paire aux valets

Un choix au Nobel n’est que l’arbitraire d’un jury.
Le jour où le Nobel de la Paix a été attribué à Kissinger et Arafat, c’était un symbole et le désir d’ouvrir une voie pour arriver à la paix. Les deux élus n’étaient pas des enfants de chœur.
Autre exemple, le Nobel de la littérature. C’est souvent un écrivain menacé par une dictature, mettant la littérature nobélisée au service des Droits de l’homme. Personnellement, je n’ai rien contre. C’est comme attribuer le prix Goncourt ou le Grand Prix de l’Arc de Triomphe.
Mais où le Nobel vaut une attraction foraine, c’est bien l’attribution du prix de l’économie. On croirait plutôt que les lauréats définiraient les règles d’une nouvelle économie, en tenant compte du chômage massif et du travail peu enrichissant de la réalité. Eh bien ! non… Le prix comme chaque année est destiné à un brontosaure dont l’œuf primé est inutile pour l’avenir et servira à peine à comprendre le présent…
C’est d’autant plus poilant que tous les journaux s’en masturbent les méninges, les universités s’en badigeonnent les amygdales et nos ineffables de l’éthique démocratique – enfin ceux qui ne sont pas en prison – s’en glorifient, comme s’ils étaient les inventeurs.
Cette année, le prix Nobel d’économie 2005 a été attribué lundi à Stockholm à l’Américain Thomas Schelling et à l’Israélo-américain Robert Aumann pour "avoir amélioré notre compréhension des conflits et de la coopération au moyen de la théorie des jeux".
Ce prix récompense une étude sur une économie qui n’existe plus que dans les livres d’histoire, avec des enjeux d’une civilisation dont nous avons tourné la page depuis 1980.
Voilà, vous savez tout. Inutile d’aller plus loin. En effet, c’est toujours fort hasardeux de vouloir à tout prix établir des règles et proposer des lois d’un « dégoûtant empirisme » comme disait Bernanos, d’un capitalisme mondialisé.
Heureusement, Schelling et Aumann sont passés par là.
"Leur travail a transformé les sciences sociales bien au-delà des frontières de l’économie" et leur recherche "continue de modeler le débat sur la formation des institutions socia