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31 mai 2006

Remords et pardon.

- C’est quoi Bébé, ce que tu lis ?
-Où tu vois que je lis, chouquet ?
-Mais, le livre, là…
-C’est rien, un truc sur le réarmement moral.
-Ah ! bon… je me demandais aussi…
-Quoi ? Que veux-tu dire ?
-Pas grand-chose. Simplement que j’étais surpris que tu lises.
-C’est ça, dis que je ne lis jamais !
-Enfin, c’est rare.
-Et toi ? Quand est-ce qu’on te voit lire autre chose que 'hard rock magazine’
-Et de quoi ça traite, ton truc ?
-Du réarmement moral, tiens !
-Quoi, on était désarmés ?
-Faut croire.
-Au moment où on fait une Loi qui interdit les armes !
-C’est pas de celle-là qu’on parle.
-Je me doute. Tu avais besoin d’être réarmée ?
-Réarmée !
-Moralement ?
-Tu sais, j’ai retrouvé la foi.
-Et alors ?
-En retrouvant la foi, j’ai vu où était ma place.
-Où elle est, ta place ?… parce qu’avant, elle était où, ta place ?
-Je ne devrais pas te le dire, quoique je pense que tu savais, mais je te dois la vérité…
-On ne va plus reparler du gardian des vacances 2002…
-Non. Bien sûr… pas lui.
-Ni du câbleur SNCF du camping « La Beauceronne » des vacances de 2000.
-On n’en parle plus depuis longtemps.
-De qui alors ?
-Mais comme ça…
-Ah ! je vois. Tu fais allusion au barman de « Chez Josette » du Rosier, aux vacances sur le Tarn en 1998.
-Là non ! Je t’ai dit qu’il ne s’était rien passé… juste des regards.
-Mais je vous ai surpris…
-Il avait une poussière dans l‘œil.
-On n’en parle plus. Alors, c’est de qui on parle ?
-Bien…
-Je t’écoute.
-J’ai eu d’autres faiblesses.
-En vacances ? Décidément, tu ne fantasmes qu’en vacances.
-Pas seulement.
-Tu veux dire, ici, en ce moment ?
-Non ! Non ! pas en ce moment.
-Tu veux dire avant ce moment ?
-Si on veut.
-Loin avant ce moment ?
-Quand même.
-Trois mois ?
-Moins.
-Un mois ?
-La semaine dernière !
-Ah ! c’est fort… Et tu as retrouvé la foi entre la semaine dernière et aujourd’hui !
-C’est à peu près ça. C’est de ta faute aussi.
-C’est de ma faute, par-dessus le marché !
-Oui, si tu ne m’avais pas délaissée… Si tu avais eu plus d’attention pour moi…
-C’est ce qu’on dit. Et je connais ce type ?

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-Au moins un !
-Comment un ! Il y a encore un autre !
-Si tu savais comme j’étais malheureuse !
-C’est le réarmement moral qui t’a décidé !
-Oui !
-De quoi, il se mêle. Est-ce que je lui ai demandé, moi, au réarmement moral de savoir ça ?
- Tu es fâché de savoir ?
- Comment je vais m’arranger pour que Ponette ne le sache pas ?
-C’est qui Ponette ?
-Celle qui t’a remplacée, tiens, depuis qu’on ne fait plus l’amour.
-Qu’est-ce que ça change si elle sait ?
-Mais, malheureuse, je n’aurais plus d’excuse. Il faudrait que je divorce pour l’épouser.
-Et tu ne le veux pas ?
-Je t’aime toujours, moi, grosse bête…
-Mon chouquet !
-Mon Bébé…

30 mai 2006

Liège est plus belle que Charleroi.

Quand nos gazettes locales vantent Liège et que les journaliss n’en peuvent plus…

Vous désirez vanter les mérites de la Cité Ardente ? Vous trouvez que la diffusion de Liège n’est pas assez dynamique ?

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L'Office du Tourisme vient d'éditer un DVD consacré à la ville de Liège.

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Vous pouvez y découvrir ou redécouvrir Liège sous un regard différent, touristique ou encore original…

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Un must indispensable aussi bien pour les touristes que pour le liégeois en quête de redécouverte de sa ville…

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N’hésitez plus, son bas prix et sa qualité vous permettront de mieux parler de Liège…

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29 mai 2006

Charleroi… mes amours !

Voilà bien un des désastres annoncés, car il y en aura d’autres, la découverte du système socialiste de gestion de la Ville de Charleroi et de ses sociétés annexes.
Par qui sommes-nous gouvernés ? L’opposition est-elle apte à changer la banqueroute en chemin du Droit ?
A la première question, il est facile de répondre que, depuis longtemps, les directions homogènes et le parti unique conduisent inévitablement à des exactions dont les personnages sur la scène actuelle sont à la fois les protagonistes bénéficiaires et les victimes.
Protagonistes, par les attitudes convenues et l’absence de moralité, quand on sait les mœurs politiques fort différentes des mœurs citoyennes. Cela ne date pas d’hier. Ceux qui sont tombés à Charleroi sont les derniers maillons d’une chaîne forgée dès la majorité absolue du PS. Ils sont coupables d’avoir suivi la pente.
Quant à la seconde question, si aptitude il y a, gouverner avec un parti majoritaire blessé dont les survivants sont en délicatesse avec le pouvoir judiciaire, voilà qui pourrait dégrader le désir de partager la responsabilité avec la minorité carolorégienne.
On sait comme les emplois lucratifs changent vite de titulaire dans les partis dès qu’il s’agit d’arrondir les fins de mois. Il y a tapies dans les bureaux des partis, de ces murènes affamées dont on ne soupçonne pas l’influence et qui bondissent sur tout ce qui rapporte.
Sur le plateau de « Controverse » de ce dimanche, une proie facile pour les spécialistes du placement qui rapporte : cette petite déléguée du CDh de Charleroi qui nous sort « du poil de la graine » au lieu du « poil de la bête », il faut s’attendre à ce qu’elle nous exhorte un jour à « être bilingue dans une langue et en parler une autre ». Bien entendu le bien dire n’est pas un brevet d’intelligence et à ce compte-là tous les avocats qui encombrent les allées du pouvoir PS le seraient. Néanmoins, cela rend perplexe. Est-ce à dire que les plus malins sont aussi les plus finauds, les plus retors et donc les plus malhonnêtes, pour les préférer aux personnes moins avisées, mais plus honnêtes ?
Tout le monde peut se tromper. Mais le député permanent PS Jean-Pierre De Clercq, inculpé et apparemment fier de l’être, se serait aussitôt ressaisi au poil de la graine qu’il eût lâché tout pareillement, comme le font parfois les petits marioles dans l’abondance de leurs lapsus révélateurs. Il eût probablement dit « poil de la graine… à gratter ». Ce qui eût fait rire tout le monde, alors que ce « cuir » de la malheureuse ne fit rire que lui sur le plateau et intéresser les « murènes » du CDh.
Faut-il se réjouir ou s’affliger qu’aujourd’hui les avocats pratiquent un jargon double face, aux termes familiers à nos oreilles électives, mais aux ambiguïtés équivoques ?
Les affaires à Charleroi sont exemplaires. Les vérités triviales y sont prescrites. Les cris du cœur réservés aux soirées entre amis. Les nécessités de l’heure et la présomption d’innocence interdisent d’appeler un chat, un chat.

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Est-ce si difficile à dire à un voyou qu’il en est un ?
Quand une de nos pointures se présente dans un costume sur mesure pour clamer son innocence, la présomption d’innocence est de mise ; alors qu’un voleur de pommes est traité sans qu’apparemment la présomption n’agisse, sinon dans le sens opposé ?
C’est déjà tout le cynisme électoral en prévision d’octobre qui joue à plein.
Aussi les affaires à Charleroi n’ont pas six mois pour être conclues par des non-lieux ou postposées à l’année prochaine, si cela n’est pas possible.
C’est demain que le bureau du PS doit se réunir pour les sanctions éventuelles.
Si Elio considère qu’en se débarrassant de quelques margoulins on pourra aller très vite à la réhabilitation du socialisme carolorégien et passer à l’élaboration des listes électorales, l’affaire sera réglée, mais encore faudra-t-il que Van Cau le veuille et contresigne.
Ou alors, autre hypothèse, la chasse au gros est ouverte et Van Cau sera tiré au harpon.
Quand on connaît le Mazarin de Mons, on se demande s’il osera aller jusque là ?
Quant aux « vrais » enjeux des élections d’octobre, les 35 % du Front prophétisés par Chastel, le MR de service à l’émission de dimanche de la RTBf, aucun candidat ou élu n’a jamais fait mention de « faux » enjeu. Car, faux enjeu il y aurait !...
Le blitz de 35 % de voix pour le Front à Charleroi rejoindrait le quota admis en Flandre pour le Vlaams belang. Sauf qu’en Wallonie, ce serait « sur le terrain » c’est-à-dire en-dehors des bureaux et sinécures, une formidable galéjade si l’on veut bien écouter trente secondes les porte-parole du Front, tous des rigolos, cent fois pires que la graine à gratter de la malheureuse CDh.
Charleroi dirigé un jour par des peigne-culs illettrés, voilà qui ferait regretter les « voyous » du PS, et qui donnerait l’occasion d’une formidable peinte de bon sang aux Wallons.
Toute occasion de rire est bonne à prendre.

28 mai 2006

Un nouveau Da Vinci Code !

-T’as lu le nouveau Da Vinci code, spécial Charleroi ?
-Non. il se vend où ?
-A Charleroi seulement.
-Pourquoi ?
-Parce qu’il n’y a qu’eux qui comprennent.
-C’est aussi bien que l’autre ?
-Mieux.
-C’est toujours Jésus qu’est marié à Marie-Madeleine et qui a eu un fils ?
-C’est la suite. Marie-madeleine a accouché de jumeaux. Ce qu’on n’avait pas vu dans le livre de Dan Brown.
-Et alors ?
-Ils prétendent tous les deux prendre la suite de Jésus et devenir dieu.
-A Charleroi ?
-Oui. Léonardo da Vinci aurait peint deux tableaux de la Cène. Et sur le deuxième, ce n’est pas Marie-Madeleine qui appuierait amoureusement la tête sur l’épaule de Jésus, mais les jumeaux qui se battent pour être l’un devant l’autre. Derrière, on voit nettement l’hôtel de ville de Charleroi.
-Et alors ?
-Tu n’as pas remarqué les deux premières lettres de psaume ?
-Oui, c’est P et S…
-PS, voilà l’énigme. Qui est P et qui est S ?
-Je ne vois pas.
-P, c’est évidemment Pater Noster. Sur le tableau, P est représenté avec la couronne « Imperator ». Tu vois à qui il ressemble ?
-On dirait Elio.
-L’autre, à l’air furieux, il a une cravate à système, comme en 1900. c’est S !
-van Cau !
-L’enquête démarre au premier étage de l’hôtel de ville. Au-dessus de l’escalier à droite, c’est le portrait de Jules Destrée ; Il te fait penser à qui ?
-La Joconde !
-Et qu’indique-t-elle du regard ?
-Le bureau du bourgmestre Van Gompel !
-Oui. C’est lui le Jocond.

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-Le livre démarre. Le lecteur visitera d’abord une usine à déchets. De gros bras musclés gardent l’entrée. Si tu en crois l’auteur, des documents authentiques de l’existence des jumeaux auraient été enterrés sous les containers. Dan Brown en a acheté quelques-uns à prix d’or. Et il renvoie le lecteur, devine où ?
-A Gilly ?
-Non. A la prison de Bouffioulx.
-Une prison ?
-Oui. C’est là que sous le pseudonyme d’Edmond Dantès, un des apôtres : Lucien Cariat, tente de s’évader afin de porter secours à l’un des jumeaux.
-Lequel ?
-C’est le suspens du livre.
-Sur la porte de sa cellule, une inscription en araméen : Jésus aimait les profiterolles, Lucien n’aime que les profits.
-Encore une énigme ?
-Il y en a d’autres.
-Comment cela finit ?
-Mal. Un des jumeaux tue l’autre.
-Lequel ?
-On ne sait pas. Tant ils se ressemblaient.
-Le survivant ceint la couronne et chante le psaume sacré au dernier chapitre.
-C’est quoi ?
-On ne sait pas. Cela ressemble à l’Internationale.
-Tu crois que les Carolos vont aimer le livre ?
-On le suppose. Un gros effort de publicité est fait. C’est quand même quelque chose que le successeur de Dieu est deux, comme déjà le père était trois en un, tu vois la complication ?
-Il paraît que les droits ont été achetés par les frères Dardenne.
-Ils cherchent des figurants pour faire les templiers qui se retrouvent secrètement dans les caves de l’hôtel de ville et qui seront au cœur des Assemblées du saint Graal pour voter des blâmes.
-Ce sera superbe.
-La future palme d’or à Cannes.

27 mai 2006

Que ma joie demeure.

-Lindsay, où as-tu mis mon gode ?
-Je ne te l’ai pas rendu, Patricia ?
-Non. Il n’est pas dans la boîte à chaussures sous le lit.
-C’est peut-être le chat qui a joué avec ?
-Tu me prends pour qui, Lindsay ?
-Je l’ai pris hier pour aller au cinéma avec Kevin.
-Tu prends mon gode sans me le demander et pour aller au ciné !
-Après on est allés en discothèque…
-Ce n’est pas une raison pour ne pas me rendre mes affaires.
-Pourquoi, tu en as besoin ?
-Ça ne te regarde pas.
-Mohammed n’est pas à la Mecque ?
-Et alors, je ne suis pas musulmane, moi. Je vis ma vie.
-Je l’aurais laissé sur la cheminée ?
-Oui. Je le vois.
-Eh bien voilà !

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-Non. Ça ne va pas Lindsay. Si Pamela l’avait vu ?
-Quoi, Pamela , Tu crois qu’avant d’être mariée, elle n’en avait pas un ? Elle l’avait même acheté à Maastricht 75 euros. Je le sais, je lui avais prêté 30 euros.
-Tu ne laisses pas traîner mes affaires. Surtout que ce ne sont pas les tiennes. Et puis les enfants de Pamela, s’ils étaient tombés dessus ?
-Tu parles. L’autre jour, ils jouaient à Zorro dans la cour avec le string en latex d’Alester.
-Voilà. Les piles sont foutues. Dis, tu l’as fait marcher longtemps, mon gode ?
-Attends. C’est le bruit bizarre que j’entendais dans la voiture, pendant que Sonny conduisait !
Même que je l’avais jamais vu ainsi. Il doit aller dimanche au concours des plus forts baffles… il me disait tous les kilomètres, t’entends Lindsay, y a comme un souffle…
-Qu’est-ce que je vais faire, maintenant ?
-Va chercher de nouvelles piles !
-Un dimanche soir ?
-T’attends quelqu’un ?
-Oui. Johnny.
-Le petit Polack ! Et Mohammed, tu l’as largué ?
-Non. Puisqu’il ne tient qu’à moi qu’on se marie…
- Pourquoi tu veux pas ?
-Il n’a pas de papier et puis il l’est déjà. Alors porter le voile, merci. Comment veux-tu qu’on m’apprécie si on ne me voit pas ?
-Pourquoi t’as besoin d’un gode ? Le Polack peut pas assurer ?
-Dis, ça va pas la tête ? On le ferait la première fois qu’on sort ensemble? J’attends toujours à la deuxième. Pour qui tu me prends ?
-Pour une pouffe !
-Pouffe toi-même ! Tu t’es pas regardée. Quand tu te penches, on voit ton berlingot…
-Et toi ton pull qui couvre pas la moitié de tes nibards !...
-Ton vernis noir sur tes ongles, on dirait Dracula.
-Et ton tatouage sur le ventre, c’est quoi ? Le souvenir de la bite de ton marin portugais que tu t’étais fait l’année dernière que t’avais pas quinze ans ?.
-Et puis t’es une voleuse. Tu fauches mes cigarettes et l’autre jour tu t’épilais les jambes sur mon magazine…
-C’était un porno du mois passé…
-Et alors je découpe les photos… J’ai un album.
-Attention voilà papa.
-Salut les filles. Vous savez où est maman ?
-Elle est au temple, comme elle m’a dit.
-Pourquoi n’y êtes-vous pas avec elle ?
-On y est allées la semaine dernière.
-On a fumé ici ?
-Non. C’est de la rue que ça sent.
-Tiens. Je n’avais pas remarqué.
-Et comme va la Sœur Supérieure du Collège ? J’espère qu’elle ne vous fait plus des misères depuis que je lui ai écrit un mot ?
-Non. Elle trouve qu’entre un pasteur protestant et l’aumônier des scoutes, il n’y a pas grande différence.
-Et ça, qu’est-ce que c’est ?
-Ça ? C’est rien. C’est un gode.
-A quoi ça sert ?
-C’est un jeu électronique. Mais il manque des piles.
-C’est un jeu de réflexion ?
-Oui, mais, il n’y a pas de pile…
-Prends celles de la boîte à musique « que ma joie demeure » qui est sur mon bureau.
-Merci pa’.

26 mai 2006

Le F :. de la L :. M :. du D :. H :. reçoit.

-Pourquoi veux-tu venir à la L :. M :. ?
-Parce que c’est mon idéal…
-Mais encore ?
-Parce qu’ainsi j’aurai l’appui de mes F :. d’ici.
-Tu es recommandé par qui ?
-de F :. Van…
-Nom di dju ! pas de nom. Donne le pseudo…
-ll y a Frère Sot Brèyå et Frère Tièsse di Hoye.
-Tu n’étais pas bien à Charleroi ?
-Si si… mais j’ai déménagé.
-Et qui est-ce qui t’a dit de venir ici ?
-Frère Sot Brèyå.
-Pourquoi ?
-Parce que le Frère est président de…
-Clô t’geûye vormint !...
-Je ne peux pas dire ce qu’il fait ?
-Encore moins.
-…est influent au P :. S :. et qu’ainsi j’aurai un coup de pouce...
- Tu es dans quelle branche ?
-Celle qu’on voudra, puisque je suis avocat.
-A la section du (trois petits points), il en manque un, ça te dit ?
-Oui. Mais la L :. Robespierre est de l’autre côté de l’eau.
-Mais ce n’est pas ce que tu dis. Trois petits points est à Visé.
-J’ai dit ça comme ça. C’est un pseudonyme…
-D’accord, mais pas celui-là. Trouve un autre. Puis, faudra que tu fasses un nouveau stage.
-Pourquoi ?
-T’as eu des mots avec F :. à Charleroi.
-Comment vous savez ça ?
-C’est Gros-QI qui nous l’a dit.
-C’est qui Gros-QI
-C’est le genre de question qu’on ne pose pas. Rien ne se pose, du reste. Sauf pour le tablier.
-C’est chiant le règlement ici ?
-Non. Mais il faudra que tu repasses les initiations.
-Parce que je viens de Charleroi ?

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-C’est ça.
-C’est une sanction de Gros QI ?
-On peut dire ça comme ça.
-Parce qu’ils étaient malhonnêtes ?
-Non. Parce qu’ils se sont fait prendre.
-La prochaine réunion du (trois petits points), la semaine qui vient, on parlera de ta candidature, avec D :. Notre G :. F :. Surnom : Je-sais-tout.
-C’est que je suis un peu serré en ce moment.
-Ici, ce n’est pas une synagogue. Ce serait plutôt une sinécure, ha ha !!!
-Comment dois-je vous appeler, Jean-Mar…
-Ni rataque nin ! Moi, c’est Colima :. (trois petits points).
-Pourquoi Colima ?
-Parce que c’est un diminutif de collimateur.
-N’est-ce pas une ville de l’Etat de Colima, au Mexique ?.
-Oui, mais, C :. Au M :., ça ne se dit pas.
-Comprends pas.
-Ce n’est rien. Du moment que les Frères comprennent. Après la méditation, le cabinet noir, le crâne et l’épée, tu devras te servir d’un fil à plomb et d’un compas.
-Comme à la Carolorégienne des trois petits points de la construction ? On m’a fait monter un vrai mur. J’étais avec des autres dans le jardin qu’on a cru être celui d’un échevin…
-A Charleroi, c’était le carnet de chèques et mémoriser des numéros de compte. Chal c’est l’ancienne méthode, l’Egyptienne, la seule… Ici, on retourne aux sources… La tradition. Montesquieu, les Lettres persanes, tout le bazar, quoi…
-Les trois petits points, quoi ?
-On lodgeû a todi les deux brès’ loyîs foû dè treus pikèts.
-C’est quoi ?
-C’est ce que E :. De Seraing et T :. De B :. nous disent chaque fois qu’on les voit.


25 mai 2006

A prinde li grand bleû må d’arèdje.

Les affaires à Charleroi ne sont que les aspérités visibles d’un iceberg. Logiquement, tout le personnel politique ne vole pas, bien sûr ; mais un certain nombre à qui nous avions accordé notre confiance ne la méritait pas. Le pourcentage nous en est inconnu.
Qu’ils se rassurent, le Titanic Belgium ne coulera pas pour si peu.
D’autant que l’électeur ne tient pas compte des indélicatesses de nos indélicats. Non pas que l’électeur adore se faire gruger ; mais, malin - comme il se croit – il admire que l’on pût le rouler. Beaucoup de citoyens se disent qu’ils en feraient autant. Le Belge est-il peu scrupuleux ? Le peuple n’est pas en mesure de se tester. Il faut comprendre comme les petits sont taxés en Belgique, pour savoir qu’on s’y croit au coin d’un bois.
La performance du voyou déguisé en honnête homme fait douter de la morale.
Les Arsène Lupin et les Robin des Bois ont la cote. A mi-chemin entre le délit et la redistribution aux pauvres des biens généralement acquis malhonnêtement par les riches, ils sont la revanche de l’humiliation quotidienne de ceux qui n’ont rien et qui travaillent pour ceux qui ont tout.
Oui, mais ces gens qui se présentent comme tels, ne volent pas aux riches, ils volent aux pauvres, comme en général les ministres des Finances le font impunément. Et c’est sur ce constat que devrait s’arrêter notre belge attitude.
Sortant de taule, l’élu du peuple indélicat le prend de haut et nous en bouche un coin. Sa notoriété ancienne et la puissance des médias qui l’ont mis sous le feu des projecteurs sont des éléments non négligeables de propagande. D’aucun à Charleroi n’attend même pas le verdict et la fin de sa peine pour en appeler à l’opinion publique. On voit même un avocat carolo pris dans la tourmente et qui jure qu’il se présentera aux prochaines élections.
La présomption d’innocence, quand l’argent de la collectivité est en jeu, est une vaste fumisterie ; tant il va de soi de puiser dans les caisses quand on est en position de le faire. On n’a pas d’exemple jusqu’ici d’un homme intègre qui aurait refusé l’assiette au beurre par scrupule et probité.
C’est la course à l’échalote.
Les jalousies et les coups fourrés sont directement inspirés de l’intérêt des ajouts financiers des emplois supplétifs au traitement de base.
Cependant si le public réfléchissait un peu, il ne rigolerait plus.
La Belgique est le troisième pays le plus taxé d’Europe.
A-t-on jamais réfléchi que c’est de notre argent dont se servent nos voyous favoris ?
S’est-on bien imprégné de l’idée que le fric ramassé dans les poches du citoyen aurait pu lui faire moins mal avec une gestion honnête. Et pour tout autant que cette honnêteté se répercute jusqu’au ministre des finances, des réduction d’impôt s’en seraient suivies ! (Là, je rêve.)

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Avis aux mal logés, les mal servis des habitations sociales : si le fric dégagé des loyers allait dans les constructions et les ravalements plutôt que dans les poches des administrateurs ?
Hein ! on rigole moins…
Il manque à ce pays de la rigueur. Il manque à ce pays de bons gestionnaires. Il manque à ce pays des gens qui feraient de la politique pas pour faire carrière, mais pour faire régner la justice sociale. La politique ce n’est pas un job, c’est un sacerdoce. Enfin, ça le devrait…
Du plus bas, jusqu’au plus haut échelon, il y a des économies à faire.
Il est anormal que les députés se votent eux-mêmes des rallonges.
Il est aberrant que la TVA pénalise les économiquement faibles plus que les riches, selon la remarque de Renan qu’il n’y a pire injustice que celle qui consiste à traiter également de choses inégales.
Oui, s’il faut reprendre aux pourris ce qu’ils nous volent, il faut que les gens honnêtes qui nous représentent, aient également moins de prétention à paraître et jouir d’un confort au-dessus de nos moyens.
Il est anormal qu’un type qui roule dans une C2 débourse pour une BMW d’un ministre.
Gros QI cherche-t-il le moyen de se refaire, lui et le PS, aux prochaines élections ?
Qu’il préconise un audit sur les dépenses « de prestige » de l’Etat ; qu’il rabote les pensions et les retraites excessives afin d’augmenter les petites pensions ; qu’il milite pour la suppression d’impôts directs à ceux qui gagnent moins de 1500 euros par mois.
Démagogie ? Populisme ? Impossibilité ?
Non, mais… qu’est-ce que c’est que cette démocratie ?
Pour ce qui est de curer les égouts à Charleroi, gros QI n’est pas au bout du siphon. Deux grosses Fédérations font et aussi peuvent défaire le PS : Liège et Charleroi. Gros QI n’est qu’un chef qui s’est acquis le bureau. Il y règne en ploutocrate. Qu’arriverait-il s’il y régnait en démocrate ?
Que les deux grosses Fédérations s’en souviennent et voilà Gros QI et ses Montois redevenus les surnuméraires d’une solution de pis-aller. Heureusement pour Gros QI, c’est sa faiblesse et les divisions des autres qui font sa force.
Il suffirait qu’une des deux Fédérations s’énervent… Charleroi est en passe de l’être.

24 mai 2006

Un économiste enthousiaste.

-Monsieur Appelbaum, grand politologue et économiste, vous avez écrit en 1939 : « Les puissances de l’Europe cherchent un compromis d’entente et ne se feront pas la guerre. »
-Oui, et 57 ans plus tard, arrivé à l’âge ou Revel vient de tirer sa révérence, je me demande encore si je n’avais pas raison.
-Vous avez eu tort, puisque la guerre fit 35 millions de morts !
-J’aurais pu avoir raison. Toute la question est là. Pourquoi ai-je eu tort ?
-Parce que vous vous êtes trompé.
-Non. Parce que les probabilités de faire la paix étaient plus fortes et que ce sont les probabilités de guerre qui l’ont emporté.
-La paix avait tort de faire la guerre ?
-En quelque sorte.
-Vous avez écrit plus récemment en 1986 « Remettons l’économie à sa place de servante des sociétés ». Vingt ans plus tard, la mondialisation de l’économie est en train d’étrangler la démocratie en Europe.
-Là, je vous arrête. Je pense au contraire que la démocratie est étranglée par la mondialisation de l’économie.
-Mais c’est la même chose !
-Oui, mais formulée autrement. Et c’est fondamental.
-Expliquez-vous ?
-Non. Ce serait trop long.
-Admettons… mais alors que répondra l’économiste à la question : « Pourquoi dans ce monde d’opulence, tant de pauvreté et de misère ?
-Il répondra qu’ayant toujours été du côté de l’opulence, il serait mal venu de parler de la pauvreté. Aussi, n’en parlera-t-il pas.
-C’est facile.
-Non. Devenez pauvre et vous verrez comme c’est difficile.
-Si l’économie vise la satisfaction des besoins, comment les puissantes économies modernes laissent-elles tant de besoins insatisfaits ?
-Parce que malheureusement les ressources de la planète ne sont pas infinies et que pour satisfaire les uns, il faut soustraire aux autres.
-C’est moral cela ?
-Oui, pour ceux qui sont satisfaits. Non, pour les autres.
-Et alors ?
-Que voulez-vous que j’y fasse ?
-N’êtes-vous pas politologue et économiste ?
-Oui, mais je suis du côté des satisfaits. Pas vous ? C’est donc moral pour la partie de l’humanité satisfaite, et immoral pour les 9/10me restant.
-Est-ce la fin du travail ?
-Bien sûr que non. Tout le monde travaille dans les 9/10me, puisque le 1/10 restant ne sait rien faire. Qui nous nourrirait ?
-Il y a un grand écart de rétribution entre la majorité que vous citez et la minorité que vous citez encore..
-Et quand bien même ! Ça vous gêne que je gagne plus que vous, et vous plus qu’eux ?
-Non. Mais ceux qui travaillent et qui ne gagnent rien ? Ma femme d’ouvrage par exemple…
-Voilà. Cela reste un problème individuel. Si vous payiez mieux votre femme d’ouvrage, vous ne me poseriez pas la question.
-…je veux dire par rapport à nous ?
-Bill Gates ne se pose pas la question. Pourquoi voulez-vous que je me la pose ?
-Peut-on attendre de la croissance économique et des découvertes scientifiques et techniques la solution de tous nos problèmes ?
-Non. Bien évidemment. La solution à tous nos problèmes, c’est quand nous ne serons plus.
-Vous voulez dire quand nous serons morts ?
-Bien sûr. L’être est. Le non-être n’est pas. Ne soyons pas et tout est résolu.
-Mais enfin, monsieur Appelbaum, vous êtes politologue économiste, ou pas ?
-Mourez pour voir.
-Après vous !
-Vous me demandez si tout sera résolu un jour, je dis « oui », mais individuellement, au cas par cas, chacun en son temps.

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-Vous n’avez pas une autre solution que la mort ?
-Oui, la vie. Mais elle est brève et mal ébauchée pour une majorité d’entre nous.
-Que faut-il faire, alors ?
-Etre dans la minorité du confort.
-Et la majorité, que devrait-elle faire ?
-La révolution. Mais ce n’est pas une solution non plus ; car si la majorité se met à la place de la minorité de confort, elle sera à l’étroit et vivra dans l’inconfort. La minorité de confort prendra nécessairement la place de la majorité et sera donc encore plus à l’aise et aura davantage de confort. Vous me suivez ?

23 mai 2006

Les partis dans l’embarras.

Gros QI et nos professionnels de la politique devraient se méfier. A force de sourire en parlant de leur carrière, comme si la politique n’était qu’un métier lucratif comme les autres, ils donnent l’image parfaite de gens heureux, survolant un pays dont la situation ne l’est guère, enfin pour les citoyens qui ne sont pas de l’establishment.
Ils vont finir par nous excéder.
Ils n’ont aucun doute, alors que nous en avons tant.
Ils sont, comme le déclarait Gros QI pour la situation à Charleroi, hyper sereins !
L’homme de la rue, plus censé qu’il ne paraît, se demande quand on l’interroge, bien qu’il réfléchisse avant de répondre, s’il ne risque pas de dire une sottise.
L’homme politique, hélas ! ne doute jamais. Il ne prend une mine catastrophée que lorsqu’on l’interroge sur des événements tragiques. En jargon du métier, cela s’appelle prendre une gueule de circonstance. Le remet-on sur le programme de son parti, sur l’actualité de ses « troupes » ?... et voilà que son visage s’illumine.
Le sérieux de la vie sociale à laquelle il participe plus que nous, puisqu’il est un acteur et nous des spectateurs, n’entame pas son optimisme.
Il ne touche jamais le fond.
Les meilleures idées du monde associées aux plus noires lui font supposer que l’on peut tout dire. Puisque le doute ne l’effleure jamais, il lui suffit d’affirmer.
-Où en est-on du plan Marshall ?
Il répond que cela suit son cours de la même manière que les 200.000 emplois de Verhofstadt le suivaient.
Pour Charleroi, on a la réponse, Gros QI est hyper serein. Juste quelques petites choses à voir, quand le bourgmestre aura le temps.
Les sottises deviennent-elles accablantes ? Le voilà qui fait profession de savoir. Il a fait des études pour cela. Il prend la chose de haut. Aurions-nous le front de contester sa capacité ? C’est comme si nous le croyions sans diplôme, à égalité avec les gens de la rue !...
Il veut bien être populaire, se pencher sur les voiturettes d’infirme, tapoter les joues des vieillards et des enfants, à condition d’être apprécié, toujours au centre du champ de la caméra. Les visages des malheureux qu’il soulage de sa présence doivent refléter une extase amoureuse.
La vie deviendrait impossible s’il fallait déchanter et affirmer que les millions d’euros que le système pompe généreusement sur ceux qui gagnent le moins en Belgique n’étaient pas utilisés à bon escient.
Gros QI et les autres n’éprouvent pas le besoin de se remettre en question.
Et cette bienveillance bonasse avec laquelle ils se considèrent, ils la reportent sur leurs partisans.
C’est fort commode.

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Les subalternes se chargeront de faire payer le scepticisme de ceux qui ne sont pas de l’avis de l’homme supérieur. Pas lui, qui jouera à la limite le rôle de conciliateur dans les situations que sa propre incurie, sa lâcheté et le désordre dans lesquels vogue son esprit, ont créées.
Ce qui est admirable, c’est la manière princière avec laquelle il écarte tout jugement aléatoire, comme si « le doute supérieur ne planait jamais sur toute spéculation » (Malebranche).
Loin de s’inquiéter comme va le monde et, dans la dérive, de ce que devient le sort des belges, il gère au jour le jour un pays comme on gère une entreprise, c’est-à-dire qu’il s’octroie d’abord un bon salaire, avant de penser à organiser le travail.
Sa bonté apparente qui n’est qu’un égoïsme à peine dissimulé, Nietzsche la trouvait fort proche de la bêtise.
Car, enfin, comment douter que le pot aux roses ne soit un jour découvert et que les mauvaise gestions ou pire les détournements et les largesses réservées à sa famille ne soient jamais dévoilées ?
On a vu à la veille de passer la nuit au poste comme les importants attendent encore de la part de ceux qu’ils administrent des louanges, voire des éloges !
Et plus leurs affaires sentent la Correctionnelle, plus il est nécessaire pour leur ego d’entendre la foule les acclamer, leur bureau les plébisciter et leur conseil d’administration leur réitérer sa confiance !
La difficulté, de l’homme politique qui tombe, tient dans l’affirmation qu’il a toujours excipée, de sa bonne foi en tout. Qu’on l’ait abusé, c’est évident. Mais, ce faisant, il accrédite chez les sceptiques l’opinion qu’il n’est pas des plus intelligents, que c’est un naïf, etc. Aussi, doit-il rassurer ceux qui lui sont reconnaissants d’avoir magouillé et tourné les lois pour eux, en même temps qu’il doit crier son innocence sur tous les toits.
Comme a écrit Flaubert dans une lettre à son ami Louis Bouillet : « La bêtise consiste à vouloir conclure ». Et c’est en cela que nos brillantissimes sont des sots.
Ils veulent finalement garder ce qu’ils ont volé à la collectivité, recevoir un quitus faute de preuves des juges et triompher aux élections suivantes.
C’est beaucoup !

22 mai 2006

La légende de Trou de balle.

-Cher plus grand champion cycliste de tous les temps, vous avez écrit un livre sur vous-même ?
-Cher plus grand journaliste de tous les temps, j’ai demandé à Fan Tirons, de reprendre mes notes de parcours et d’en faire un bête sailer.
-L’histoire d’un marin peu intelligent ?
-Qu’est-ce que vous racontez ?
-Bon ! Autant pour moi. Vous voulez dire un Best seller ?
-C’est ce que j’ai dit, non ?
-Revenons aux notes que vous avez confiées à Fan Tirons.
-Il a repris mes brouillons avec un brio que je qualifierai…
-D’exceptionnel.
-Puisque c’est vous qui le dites.
-C’est mon avis personnel que je partage. Je feuillette… je feuillette et on voit à peine Fan Tirons une douzaine de fois. D’habitude, c’est le nègre qui se met en vedette. Rien que du bonheur à vous voir dressé sur les pédales.
Combien de livres où l’auteur oublie celui qu’il doit glorifier pour ne consacrer l’œuvre qu’à lui-même !
-Oui, c’est vrai. Cela aurait été dommage de rater les photos de mon dernier tour de France, pour mettre à la place Fan Tirons à l’âge de six mois sur la dernière peau d’ours des Pyrénées…
-Tour de France que vous avez perdu…
-C’est une de mes plus belles victoires sur les furoncles mal placés !
-C’est vrai vous en avez eu beaucoup. Mais tellement bien photographiés. Tandis que Fan Tirons, vautrés dans des voitures couvertes sous la pluie, malgré tout impeccable, habillé par Lagerfeld… Je me souviens d’avoir écrit un livre sur Staline…
-Je croyais qu’on parlerait de mon livre du plus grand champion cycliste de tous les temps ?
-Juste une anecdote que je dédie à mon confrère Fan. Tout le monde connaît mon livre sur Staline, 690 pages, aux Editions « Rien que du Belge », 22 euros et il y en a encore… Je n’ai pas écrit un seul mot sur le dictateur communiste ! Tout le livre est centré sur moi, d’où son intérêt. Pour revenir à votre collaboration avec Fan Tirons, on peut dire que vous avez fait des progrès in vitro en littérature depuis que vous m’aviez dédicacé le livre précédent « La jeunesse d’un jeune prodige de la bicyclette » où vous aviez fait deux fautes dans votre nom.
-Celui qui ne progresse pas recule…
-Vous faites allusion à votre descente du Galibier en marche arrière en 1967 ?

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-Oui. C’est exact. Mais qu’entendez-vous par in vitro ? Vous ne faites pas allusion à mon pipi trop chargé dans l’éprouvette de mon dernier Giro ?
-Juste une expression journalistique qui ne veut rien dire… Nous avons tous des expressions qui sont comme des signatures, afin que les lecteurs ne soient pas dupes des rédacteurs en chef qui signent tous les articles à notre place. Nous avons « In Fine » du Soir, « Temper Fugit » de La Libre Belgique et « Mon Con ! », d’un journal local « le Petit Patriote socialiste » de Liège. Mais pourquoi ce surnom de « trou de balle » qui vous est resté, mon plus grand champion cycliste de tous les temps ?
-Rapport à mon adresse à m’insérer entre deux coureurs par des passages aussi petits qu’un trou de balle.
-On voit que vous êtes de la pédale.
-Je revendique mon pédalier.
-C’est toujours le même ?
-Oui, depuis vingt ans. Nous ne nous sommes jamais quittés.
-Une indiscrétion : vous dormez ensemble ?
-Evidemment.
-Je relève un chapitre intéressant, c’est quand Fan Tirons nous apprend qu’il en est aussi.
-Oui, c’est en apprenant le français à l’école d’Etterbeek. Le maître mettait des cassettes de Luc Varenne. Il a aimé la pédale et voulu connaître le plus grand cycliste de tous les temps, c’est-à-dire moi.
-Ah oui, Luc Varenne, Fausto Coppi, Michel Audiard, tous ces grands noms du cyclisme qui nous ont quittés ! Et il n’y a plus que vous… vous… vous…
-Qu’est-ce qui vous prend ?
-J’ai une attaque… syndrome de Munchausen (1)
-Vous devriez consulter. Je connais un bon docteur.
-Mabuse ? Oui, je connais. On entre léger et on sort chargé.
-Oui, mais c’est si bon !... J’ai fait deux étapes de montagne en une fois, grâce à Mabuse. Ainsi, je suis le seul à avoir eu deux jours de congé de suite dans la plus grande course du monde ! Mais je vous quitte… l’habitude de pisser in vitro à l’arrivée.
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1. Syndrome psychique, protéiforme, avec fabulation journalistique, propre au métier. Pathonimie conduisant à des articles multiples, inutiles avec écriture anarchique.

21 mai 2006

Ernest Renan : une pensée moderne.

Il y a presque 115 ans qu’Ernest Renan est mort, et dans nos Sociétés sans mémoire, c’est comme s’il n’avait jamais existé.
A peine quelques érudits se souviennent-ils de l’une ou l’autre métaphore du grand homme.
Dans sa réponse à Anne-Marie Le Pourhiet (1), professeur de droit public à l'Université Rennes-I, Eric Keslassy (2), sociologue, mis en cause sur le site de l'Observatoire du communautarisme, profère à la fois une vérité et une bêtise à propos d’Ernest Renan, lorsqu’il lui attribue la paternité de la citation suivante : « Il n’y a pas pire injustice que celle qui consiste à traiter également de choses inégales », alors qu’Aristote avait écrit bien avant « Il n’y a pire injustice que de traiter également les gens inégaux ». Certes, c’est une variante. Et on pourrait ergoter. Mais Renan n’a jamais revendiqué la paternité de cette réflexion.
On voit bien comme l’œuvre de Renan, comme celle d’Aristote, est passée dans la filière qui l’a réduite à quelques aphorismes.
C’est dommage.
Gros QI et les hommes de la pseudo gauche devraient le relire, plutôt que de faire semblant d’en avoir fait leur chou gras avec la seule « Vie de Jésus » au temps de la Belgique Joyeuse et de l’anticléricalisme militant.
Dans l’ouvrage « L’avenir de la science » Renan écrit : « J’appelle ploutocratie un état de société où la richesse est le nerf principal des choses, où l’on ne peut rien faire sans être riche, où la capacité et la moralité s’évaluent généralement par la fortune ».
N’y est-on pas camarades ?
C’est bien à vous de le vouloir devenir, mais individuellement ce n’est pas bien !
Toujours dans le même ouvrage, il met en pièce de quelques traits de plume l’assemblage laborieux de nos modernes réformateurs : « Les révolutions savent détruire les institutions depuis longtemps condamnées. En temps de calme, on ne peut se résoudre à frapper, lors même que ce qu’on frappe n’a plus de raison d’être. Ceux qui croient que la rénovation qui avait été nécessitée par tout le travail intellectuel du XVIIIme siècle eût pu se faire pacifiquement se trompent. On eût cherché à pactiser, on se fût arrêté à mille considérations personnelles, qui en temps de calme sont fort prisées ; on eût osé détruire franchement ni les privilèges, ni les ordres religieux, ni tant d’autres abus. La tempête s’en charge… Rien ne se fait par le calme : on n’ose qu’en révolution ».

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La liberté d’expression de Renan, encore que certaines de ces réflexions se soient révélées pernicieuses, ne lui eût pas permis aujourd’hui de tenir les propos qu’il tînt il y a plus de cent ans, sans avoir des ennuis avec l’orthodoxie incolore et insipide de nos lois. Relevons la conférence à la Sorbonne en 1883 à propos de l’Islam, de la part d’un homme qui y avait séjourné et qui parlait arabe : « L’islam est contraire à l’esprit scientifique, hostile au progrès ; il a fait des pays qu’il a conquis, un champ fermé à la culture rationnelle de l’esprit. » propos assez durs qu’il tempéra dans un Livre : « Les musulmans sont les premières victimes de l’islam. Combien de fois n’ai-je pas observé au cours de mes voyages en Orient, que le fanatisme est le fait d’une minorité d’hommes dangereux qui, par la terreur, maintiennent les autres dans la pratique d’une religion. Affranchir le musulman de sa religion est le plus grand service qu’on puisse lui rendre ».
A voir l’évolution du microcosme de la politique belge, les avocats en surnombre, le fonctionnariat érigé en institution des élus, les affaires des avides pillards de l’argent public, le culte en général de l’argent et des positions sociales élevées qui s’en réfèrent, alors qu’à côté de cela la passivité de la société civile m’étonne et étonne tous les observateurs impartiaux, puisons une ultime fois dans les trésors que nous a légués Renan, pour en citer une petite dernière pour la route : "La bêtise humaine est la seule chose qui donne une idée de l'infini. ».
A croire que notre homme du passé n’eût pas désavoué ce que j’écrivis en exergue de ce blog :
« Petite chronique d'ambition, d'argent, de sexe et de religion dans une société que - faute d'autres mots - on appelle démocratie et dans laquelle 10% de salauds font la leçon à 90% d'imbéciles. »
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1. Droit de réponse à l'article A propos de l'essai « De la discrimination positive » d'Eric Keslassy, par Anne-Marie Le Pourhiet, Observatoire du communautarisme, 19/11/2004
2. De la discrimination positive, Eric Keslassy, Bréal, 2004

20 mai 2006

Charleroi : la pêche aux gros.

La chose va faire sursauter certains professionnels de l’information en phase d’amour du PS : à Charleroi, le socialisme local commence à bien faire.
Certes diront-ils, il y a bien d’autres affaires pendantes, escamotées par le pouvoir, des ignominies libérales, des coups fourrés d’humanistes illusoirement chrétiens, mais ici on touche à une délinquance en col rose rarement atteinte dans les milieux belges de la politique. Après le dernier délayage, que restera-t-il à Charleroi de la section locale du parti socialiste, à part les obscurs qui portent les drapeaux, font la claque et rangent les chaises ? On ne voit pas bien !
C’est à chanter faux l’Internationale dans le prochain meeting.
Quand la Dernière Heure titre « chute d’un baron socialiste », c’est toute la noblesse « ouvrière » locale qui se noie dans le canal, attirée par le fond du poids de ses éperons d’or.
Après les scandales de la Carolorégienne, voilà la voierie qui déverse ses immondices en plein prétoire : le directeur financier inculpé, le président Cariat réduit au pain du roi. Ce n’est plus le ver qui est dans le fruit, mais le fruit qui est dans le ver !
Le parti socialiste est truffé d’anciens pauvres qui se vantent d’avoir réussi. Voilà le drame. On ne milite pas dans un parti pour faire carrière, pour obtenir des places, pour en mettre de côté, mais pour aider les collectivités à mieux vivre !
Comment ne savent-ils plus cela, les rosés ?
L’exercice du pouvoir est un art difficile et comme ce ne sont pas les meilleurs qui arrivent mais les pires, par les lois du sponsoring, des exercices de grande gueule et des maffias locales, voilà ce qui arrive.
Il faut dire aussi qu’étant socialiste on n’en est pas moins homme et qu’à force de savonner la planche à la concurrence, et qu’on se retrouve seul devant le tiroir-caisse, la tentation devient grande de confondre l’argent des autres avec le sien.
Cela devient tellement « normal » qu’une fois pris la main dans le sac, on s’indigne, on jure de sa bonne foi et de son honnêteté : on ne voit plus le vol !
Viennent s’ajouter les anciennes pratiques, les mauvais exemples des caïds passés.
Et la farce est accomplie.
C’est ainsi que pas moins de huit élus socialistes sont dans le collimateur de France Baekeland, aux manettes de l’instruction. Si on compte les rosés déjà précarisés par d’autres tribulations dans les filets de la justice, Charleroi va devenir une frayère pour la reproduction des esturgeons de la gauche caviar !
Pendant ce temps, Gros QI Di Rupo se dit « serein », mieux « hyper serein ! ». Les scandales ne le touchent en rien. Surtout pas d’amalgame avec le reste du banc.
Après la loi sur les armes, une loi réglementant la pêche aux gros en Wallonie ?
Ce n’est pas tout. Le président de l’exécutif wallon traîne le troisième volet d’une trilogie moins lyrique : Wagner aurait omis de reverser 843.000 euros à la Région wallonne et on aurait « oublié » de présenter la facture à l’homme d’affaires ! Ce fric escamoté aurait dû servir à la création d’emplois. D’ici à ce qu’on demande aux chômeurs de rembourser…
Il y a un corrompu quelque part dans un placard. Pourvu que ce ne soit pas encore à la fédération carolorégienne !... Van Cau en sue d’angoisse, lui qui passe ses journées à jouer les surpris de bonne foi avec tellement d’application qu’on finirait par y croire.
On ne devrait plus écrire « Affaire à suivre » au singulier.
Le tableau de chasse est éloquent : 5 échevins ou anciens de la chose, le président du CPAS – normal à force de fréquenter les pauvres il a voulu se prémunir – l’homme d’affaires copain de Van Cau. Celui-ci frôle ainsi, une fois de plus, les embarras du Code en marche. Tout cela devant un Di Rupo « hyper serein ».
Ah ! camarades… n’aurait-il pas mieux valu couler le Potemkine avant que tout se sût ?
Combien Di Rupo portant des oranges à Lucien Cariat à la prison de Jamioulx, vendrait-il la photo à un magazine ? Au moins de quoi payer les frais d’avocat. Il faudrait y penser.
Tout ce monde respire l’innocence et l’est encore jusqu’au procès. C’est ce qui rend de l’espoir aux professionnels chargés, comme l’était Racine de Louis XIV, à faire l’apologie des grands hommes du militantisme ardent et inavoué de l’amour de l’argent.
Métier de plus en plus difficile, journaliste de gauche !
Mais celui qui pense que le système vit ses dernières heures se tromperait lourdement.
Car « coucou » qui est président de la fédération socialiste de Charleroi ? Patrick Moriau, lui-même, en chair et en poils de barbe. Et que dit-il « S'il y a un consensus suffisant entre nous, un trio de jeunes doit prendre en main la fédération. Je suis prêt à remettre tout de suite mon mandat. » Voilà qui signifie en langage décodé « Je suis toujours là pour un bon bout de temps et je vous emmerde ? »

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Ce qui est fâcheux, c’est la proximité des élections communales.
La débâcle de l’Haut-lieu carolo va profiter à l’extrême droite et cela est profondément regrettable.
Si j’étais de Charleroi, comme du temps où, en France, Chirac se présentait à la présidence de la République contre Le Pen et que tous les gens de gauche avaient voté pour lui, je voterais sans hésitation socialiste !
Parce que si les rosés de la gauche caviar ne valent rien, au moins fédèrent-ils des militants honnêtes qui un jour se réveilleront afin de bâtir une vraie gauche. Tandis qu’en face, on ne peut pas défendre un système économique pourri (là j’entends les libéraux du MR), sans être pourri soi-même. On ne peut pas écouter avec complaisance des propos racistes (là je pense au Vlaams belang), sans être un salaud fini.

19 mai 2006

Si vis pacem para bellum.

Il ne faut pas se moquer du monde.
La fin du shopping des armes à la suite d’une loi interdisant la vente libre d’armes à feu ne sonnera pas la fin des violences. On aura pondu une nouvelle loi, c’est-à-dire une nouvelle restriction ou une nouvelle défense de… C’est tout.
Ainsi, les parlementaires en légiférant à tour de bras et le peuple en vociférant à l’ardeur nouvelle des meurtriers se rencontreront dans une communauté où la bêtise moutonnante sera collective et consolante.
Tout le monde sera heureux jusqu’au prochain meurtre et une nouvelle loi, probablement sur les longueurs de lame des couteaux de boucher et la vente désormais interdite des Opinel.
Les armes, celles qui servent aux malfrats sont interdites depuis longtemps. Est-ce pour autant que cette profession manque d’outils pour un travail à plein temps ?
Que non pas.
On va se trouver dans une situation étrange où les citoyens sans moyen de défense seront de plus en plus exposés à la criminalité. La population comptera dès lors sur la seule efficacité de la police qui apparaît dans les grandes villes, comme les carabiniers d’Offenbach.
Est-ce pour autant efficace de jouer soi-même au justicier ? A voir les résultats aux States, cela ne saute pas aux yeux.
En faisant parler les statistiques, les crimes ne sont pas plus en augmentation en 2006 qu’ils l’étaient en 1950. Seuls les vols pourraient avoir progressé et notamment dans le camionnage des métaux et matières premières. Il est vrai que les polices ont été considérablement renforcées, ce qui laisserait supposer que si la situation reste stable, c’est à elles en partie qu’on la doit.
L’impression d’une augmentation de la criminalité fait suite au battage des médias autour des faits-divers et des crimes crapuleux, surtout ceux qui, par leur horreur, frappent l’opinion publique.
Mais, ce n’est pas si simple.
A cause du phénomène de corruption et celui de la cohabitation du policier et du voyou, à cela venant s’ajouter les suicides et les drames de famille, l’usage intempestif le plus fréquent des armes à feu revient à la police. Elle est aussi la seule à posséder légalement et à trimballer à la ceinture l’arme de service ! Si l’on veut faire tomber la statistique sur les situations où les quidams sortent leurs pétoires et tiraillent à tout va, il faudrait commencer par désarmer les policiers.
On voit qu’une mesure pareille n’est pas à l’ordre du jour du ministre de l’Intérieur et de la ministre de Justice, tous deux compères, Laurette ne dégainant qu’en enlevant le soir son porte-jarretelles.
Et pourtant, elle serait efficace.
L’actualité anversoise a précipité les choses. Il faut bien que ce gouvernement qui n’ose légiférer sur le système économique délinquant montre qu’il serve à quelque chose.
A sa décharge, il est vrai que le bourgeoisisme ambiant ne puisse plus intervenir sur rien qui vaille, sauf sur les broutilles, quand tout passe par l’Europe.

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Enfin, comme cette loi n’interdirait pas l’usage du cutter et sauf imprévu celui du lance-pierre, nous sommes en mesure de conclure que son inefficacité apparaît atténuée par son manque d’ambition. Les mauvais garçons, les policiers et les amateurs du tir au clays ont encore de belles perspectives devant eux.
D’autant que l’arme la plus efficace n’est-elle pas le sourire ravageur et meurtrier de la classe politique à six mois des élections ? Et celle-là, qui passe pour avoir tuer la démocratie, n’est pas près d’être déclarée.
« Si vis pacem para bellum » disaient les Latins (Si tu veux la paix prépare la guerre) oui, mais avec quoi demain ? Ce n’est pas à coups de décret Onkelinx qu’on pourra se défendre. D’autant que, comme à chaque guerre perdue, les autorités armées ont toujours eu tendance avec les voyous, à collaborer avec le camp d’en face.

18 mai 2006

Blattosphère.

- Monsieur Grisbek-Goldstein, vous n’êtes nulle part dans les médias, vous n’avez aucun parent à la RTBf, vous n’avez pas de carte de parti, vous n’avez aucun proche à caser, enfin vous n’avez aucun diplôme d’une grande école et comble des combles, vous n’avez pas la vocation d’avocat, ce qui vous aurait permis de briguer un poste au parti socialiste. Alors, une simple question, comment avez-vous pu trouver ça tout seul ?
- Monsieur Tartufino-Jamaer, que nous le voulions ou non, nous sommes là parce qu’il y a trois milliards d’années environ, les conditions de la terre et les propriétés des éléments étaient telles…
-Qu’est-ce que votre réponse a à voir avec la question ?
-Rien. Mais comment voulez-vous que je vous réponde ? Vous me présentez de telle sorte que vos auditeurs me prennent pour un nul. Ensuite, vous appelez « ça » ma réflexion logique sur l’état de la société. Tout en me présentant comme l’anti-Elio - Lise Thiry - Francis Delperée et consort, vous vous étonnez que j’aie pu avoir autant de réflexion, sans aucun motif d’en avoir. A part les 200 familles et leurs 200 supporters, il n’y aurait rien d’autre, selon vous ?
-Si les 200 hommes de partis…
-Qui vont et viennent devant le tube cathodique comme les phalènes sous les réverbères !
-Monsieur Grisbek-Goldstein, êtes-vous un démocrate en démocratie ?
-J’adhère à la moitié de votre question, monsieur Tartufino-Jamaer. J’ai la prétention d’être un démocrate, mais qui ne vit pas en démocratie. Si vous voyez ce que je veux dire.
-Nous avons pour principe à la radio de ne jamais voir ce qu’on veut dire, une question de respect pour l’auditeur. Si je compte bien, les 200 familles, leurs 200 supporters et les 200 influents des partis, cela fait 600. Êtes-vous aussi contre les 600 Franchimontois ?
-Il peut paraître à certains aussi désespérant d’être le fruit de la nécessité, plutôt que celui du hasard. Les religions et les philosophes nient la réalité de la condition humaine. Certes, ils émeuvent, même esthétiquement – voyez les religions multipliant les dieux – mais ils n’entraînent que chaos et guerres misérables…
-C’est cela. Poursuivez, vous serez coupé au montage et moi je ne toucherai pas ma pige.
-Monsieur Tartufino-Jamaer, nous sommes au cœur du sujet. Je range la démocratie libérale dans l’Elysée commun des utopies qui débutent par l’aspiration légitime du peuple et qui finissent dans les scandales des apparatchiks, comme l’utopie communiste. Voyez où nous ont conduit nos prêtres du libéralisme qu’ils soient sociaux avancés ou conservateurs.
-Ecoutez, on ne va pas revenir là-dessus, notre système est un bon système. Il rend les gens heureux et nous a conduit aux formidables avancées dans tous les domaines que nos auditeurs connaissent.
-On dirait que les rôles sont inversés et que c’est Grisbek-Goldstein qui interviewe Tartufino-Jamaer !
-Bon. Je reprends les questions. Quand allez-vous cesser d’emmerder le monde avec vos conneries de société plus juste, monsieur Grisbek-Goldstein ?
-Quand vous vous mettrez à la construction d’autre chose que les merdes que vous vantez à longueur de journée dans vos bastringues radios et visuels. Quand vous vous intéresserez aux autres avis que ceux qui se farcissent nos gueules du matin au soir. Quand enfin, d’autres « phénomènes du siècle » autres que les paumés du libéralisme qui se font enculer avant qu’ils nous enculent, se pencheront sur notre avenir dans un projet humain.
-Vous êtes vulgaire !

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-Nom monsieur, pas vulgaire, grossier ! C’est vous qui êtes vulgaire en laissant aller les choses sans vous soucier des gens qui travaillent ou qui cherchent un emploi, en taxant les pensionnés comme vous le faites et en donnant toutes sortes de prîmes à l’argent qui n’est que le fruit de notre travail et qui ainsi nous passe sous le nez.
-C’est tout ça que vous écrivez dans votre livre ?
-Oui, Monsieur Tartufino-Jamaer. Avez-vous lu mon livre. C’est le moins pour que vous puissiez en rendre compte !
-J’ai reçu des notes du directeur de la rédaction.
-Mais vous n’avez pas lu mon livre ?
- Nous recevons vingt-cinq ouvrages par jour plus importants que le vôtre, monsieur Grisbek-Goldstein, comment voulez-vous que…
-Si je comprends bien, c’est tout à fait par hasard que vous êtes là. Vous aimeriez mieux être ailleurs.
-C’est un fait.
-Où ?
-Nos écrivains admirables dont la Belgique à soif et que nos auditeurs réclament sont autrement importants que « Dernière porte à gauche » votre livre paru aux Editions de la Coucougnette…
-C’est la première fois que vous me citez. C’est bien. Mais quelles sont les œuvres incontournables que le monde entier nous envie ?
-Notre pur génie, futur Nobel, gros cerveau hors concours, Elio en un mot, édite « Première à Gauche » qui est la revue phare de la politique belge. Les Etats de la Question de l’Institut Vandervelde sont largement inspirés par Lui, le WEBdomadaire du PS entièrement écrit de sa main à la plume Ballon, vous en voulez encore ?
-C’est tout ?
-Lise Thiry a écrit « Marcopolette », publié en 1999 ! Des mémoires comparables à ceux de Saint-Simon… et enfin notre avocat jusqu’aux bouts des ongles sénateur et professeur à l'UCL, Francis Delperée, vient de publier chez Racine un livre très intéressant intitulé "La Constitution de 1830 à nos jours et même au-delà". Alors, vous pensez, vos merdes…

17 mai 2006

17 mai bis !!!

(Suite et fin de la corespondance de Sophie // Pour ceux qui ouvrent le Blog Richard III, il conviendrait de lire sous la date du 17 mai le début du texte de l'affaire Clearstream avant de lire ce qui suit. En effet, il m'a été impossible d'éditer l'ensemble en une seule fois. )

Donc le gars, il biche un max, il va lire ses petits poèmes aux quatre coins du monde, tout le monde applaudit poliment et il passe à la télé, on lui propose d’éditer et tout le monde dit « oh, Dominique de Villepin c ‘est un poète ! » et tout ce qu’il veut c’est continuer d’en profiter, d’avoir à gaver de thune et de foie gras et de devenir, « toujours plus » comme disait De Closet, calife à la place du Calife en 2007.
Du fric et du pouvoir

(A noter, lu dans Libé, les frais de l’Elysée ont augmenté de 287 % en deux ans. Déjà qu’ils étaient exorbitants – on se souvient des frais de bouche des époux Chirac… ) ;
Bref, le Galouzeau, en 2003, on vient lui apporter un semblant de preuve contre Sarko, il se dit pas, lui « oh, non, Sarko est un homme intégre ! Il se dit, ça y est, Eurêka ! J’ai enfin trouvé la faille contre lui ! Je vais le faire tomber et être Calife à la place du Calife ! (parce que le vieux Calife, lui, a eu une attaque du cerveau et qu’il est out). Bref, il fait enquêter de toute urgence, et dans le plus grand secret et il est tout déçu quand son espion lui dit qu’il y a bien une affaire Clearstream mais que le petit Nicolas n’y est pas impliqué…
Ils n’y croient même pas eux-mêmes
Ca ne lui semble pas anormal, à lui qui le connaît bien –à moi non plus vous direz – que notre Ministre de « l’Ain Tairieur » trempe dans de grosses magouilles. Ils sont comme ça nos hommes politiques, ils ont conscience de leur propre valeur.
On oublie la vraie affaire Clearstream
Bref, Domi, tout ce qu’il voulait c’était coincer Nico avant les prochaines élections. Il a raté, il a nié, et maintenant tout le monde le traite de menteur et demande sa démission, à gauche comme à droite, l’occasion est assez belle mais quand même, du coup tout le monde a oublié l’affaire Clearstream. .
Dominique, tes cent jours sont finis !
Moi je dis que de toutes façons, il avait annoncé – Domi : « 100 jours pour convaincre la France » et qu’ils sont largement passés, les cent jours, et visiblement la France n’est pas convaincue, avec seulement 20% de satisfaits (Ifop) c’est le taux le plus bas jamais atteint ! Même Edith Cresson elle a pas fait pire !
A mon avis, il suffirait que toute la classe politique lui rappelle ses engagements et clamer en cœur « Dominique, tes cents jours sont fini, maintenant casse toi ! »
Réflexions du matin
Sarko, lui, il a une autre manière de profiter de l’affaire (on peut pas dire que Galouzeau profite un max de cette affaire, à mon avis il est cuit, mais passons) c’est que pour beaucoup de gens, surtout les gens simples, comme certains avec qui je discutais ce matin au café – pardon pour la digression - pour beaucoup de gens, donc le fait qu’on dise et qu’on répète sur tous les tons – et je trouve la presse criminelle d’insister à ce point – que Sarko est innocent de quelque chose suffit à en conclure qu’il est innocent de tout, et pourquoi pas intègre, conclusion à laquelle sautent un certain nombre de gens qui ont besoin de croire en quelque chose.
Priez et vous croirez
En effet, Monsieur Sarkozy, grâce à des dépenses somptuaires envers des cabinets d’audit et de statistique, choisi soigneusement des éléments de son discours. Il entretient quasiment à demeure un panel de gens choisi par ces fameux cabinets, d’auditeurs qui passent leur temps à visionner des bandes où des leaders politiques – ou souvent Nicolas lui même – émettent différentes options et petites phrases.
Par exemple, les gens vont visionner une séance de Villiers en train de débiter ces énormités et trois femmes vont appuyer sur un boîtier pour dire si la phrase leur plaît ou pas. Après ils font voir la même phrase à un autre panel et ils appuient sur des petits boutons et un secrétariat statistique traite les données. Après dépouillement, Nicolas répète « la France, tu l’aimes ou tu la quitte » (ce n’est qu’un simple exemple au hasard) et va gagner le cœur de toutes les ménagères entre 20 et 50 ans (source le Point).
Chapeau bas
Bref, j’abrège ici mon propos : ce type, Sarko, c’est un pro de la communication, et il profite de chaque petit truc pour faire parler de lui. Chapeau bas, monsieur Sarko. Si tout va comme vous le voulez, ce sera vous notre prochain président. Vraiment, vous êtes admirable… A moins que ce ne soit Monsieur le Pen, qui veut s’allier maintenant avec Monsieur De Villiers. Un des deux, certainement, deviendra le Premier Homme de France ! Calife ! Récompense encore plus courue que le concours miss France ! Cinq ans de cadeaux ! Bonne chance messieurs Sarko et Fnaine. Dommage pour la Démocratie !
A nos amis de l'étranger
Chers amis étrangers qui lirez ces lignes, plaignez nous d’avoir notre beau pays livré aux mains de ces vautours féroces, tout ça pour avoir rejeté Le Pen et voté Chirac par obligation ! Ils sont sans pitié et vont mettre notre si Belle France à Feu et à Sang ! Plaignez nous !

Sophie Hautenauve
Pour en savoir plus sur cet article :
http://www.sudouest.com/040506/france.asp?Article=040506a24503.xml
http://challengestempsreel.nouvelobs.com/business/art_37986.html
http://www.tageblatt.lu/edition/article.asp?ArticleId=48867
Et d’autres articles dans le Monde ou Libé mais je ne me rappelle plus lesquels et l'écoute de RMC, RTL et France Culture.

Pour connaître ce qui m'agite : lisez : Le Blog de Sophie
http://musique-et-photos.over-blog.com

16 mai 2006

Colombine-sur-Escaut.

Les « roufe-tot-djus » de l’indignation de diversion sont bien emmerdés après les meurtres odieux commis à Anvers.
C’est que tout le monde est d’accord : le crime raciste est impardonnable et ceux perpétrés dans la deuxième ville du pays en sont d’évidence. Le criminel, Hans Van Themsche a de qui tenir, son grand-père a combattu au front de l’Est du temps des nazis et sa tante est parlementaire de l’extrême droite flamande.
La petite gouape qui a commis pareil forfait devra réfléchir longtemps en prison à la monstruosité de son acte.
Mais, si les indignés professionnels sont emmerdés, c’est dans la différence de ton entre le Nord et le Sud.
Patrick Janssens, le Bourgmestre d’Anvers, fait appel au calme, « Nous n’avons pas besoin de grandes analyses politiques mais bien de calme », tandis que les rebouteux socialistes francophones montent aux créneaux dans une campagne de dératisation de l’extrême droite. Non pas qu’ils soient spécialement remontés contre elle, mais parce qu’il faut quand même que les populations misérables à six mois des élections croient voir dans le socialisme mondain de Di Rupo la seule alternative acceptable. Et comment remuer les sangs et faire battre les cœurs, quand on n’a rien à dire sur le social et l’économique, sinon partir en campagne contre la peste brune et l’extrémisme militant ?
Des thèmes finalement bien appréhendés et toujours porteurs.
Seulement voilà, un wallon sur cinq à des prurits racistes, un Flamand sur trois souffre des mêmes symptômes et il n’est pas certain que le geste d’un abruti par les slogans du Vlaams belang et pas seulement… soit interprété de la même manière au Nord qu’au Sud. Pour autant, Verhofstadt devrait-il mettre sous surveillance ceux qui en Belgique sont issus des milieux nationalistes wallons (fort peu) et flamands (beaucoup) ?
Si bien que la fracture grandit entre Flamands et Francophones, sur la notion même de nationalisme, carrément interprété en Wallonie comme le racisme essentiellement flamingant. Il n’est pas dit que monter ce fait-divers monstrueux, mais isolé, en affaire d’Etat, afin de rogner les subsides du parti Nationaliste flamand, soit une action intelligemment antiraciste.
Pourtant certains se voient déjà en campagne de sauvetage de la démocratie, coupant ainsi à la corvée désagréable d’aller à la pêche aux voix sur le mince dossier des réalisations sociales. On sentait que le battage autour de la sécurité des Belges n’allait pas être suffisant pour retenir l’attention des gauches, coup sur coup le drame de la gare Centrale et la tuerie d’Anvers occupent les esprits « dans le bon sens » comme dirait Elio, belgicains jusqu’à la pointe des souliers.
Il n’est pas douteux que la propagande du Vlaams Belang ait dérangé l’esprit de l’assassin raciste. L’action du Vlaams n’est qu’un élément à quoi il faut ajouter quelques autres glanés ailleurs : à la télévision pour la violence et dans les matchs de foot pour le racisme ambiant et populaire. N’y aurait-il pas lieu de se demander si cet énergumène n’a pas été influencé aussi par les multiples drames raciaux aux Etats-Unis, dont celui de Columbine, qui sans être raciste, n’en constitue pas moins un sommet, sans oublier les crimes racistes des Palestiniens contre les Juifs et les crimes racistes des juifs contre les Palestiniens !
Est-ce pour cela que nous devrions craindre la multiplication des actes crapuleux de cette nature en Belgique, comme les journaux le prévoient ?

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J’ai déjà dénoncé dans ce blog l’erreur de vouloir interdire le parti nationaliste flamand ou, à tout le moins, lui couper les vivres. Interdit et clandestin, ce parti serait davantage nuisible ; sans les subsides de l’Etat, il serait déclaré « le parti martyr qui défend seul la cause flamande ». Il serait subventionné en sous main par les pointus linguistiques et les ultras flamingants.
Enfin, autre inconvénient, nous n’aurions plus à savoir de sa propagande et par conséquent, nous serions sans argument le jour où il paraîtrait en force. Nous ne saurions même plus avec certitude qui en est ? Nous créerions ainsi une nouvelle franc-maçonnerie, en quelque sorte. C’est un des inconvénients, mais aussi un honneur d’une société de liberté que de n’interdire personne et de donner la parole à tout le monde, même à ceux qui ne pensent pas comme la majorité embourgeoisée et conne jusqu’au ridicule.
Les socialistes ont réussi à museler les gens de gauche à l’intérieur de leur parti où il n’y a pas de courant d’opposition interne comme en France, empêchant le débat contradictoire. Quant à l’extrême gauche extérieure au PS, elle est atomisée, depuis qu’un certain André Cools l’a anathématisée. Ne reste plus que l’extrême droite. Si on la liquide aussi, ce serait la vie de château entre compères libéraux, chrétiens et socialistes en attendant de régler le sort des Ecolos, mauvais coucheurs.
Ce n’est pas en interdisant et en faisant des lois sur mesure contre le racisme qu’on convaincra les ennemis de la démocratie à s’amender et faire un meilleur usage de leurs voix. Ils sont le produit d’une société malade et qui a peur. Comme est le produit de la même société malade, les personnels des partis recrutés parmi un fonds de réserve de privilégiés et qui ne sont plus représentatifs de l’opinion.

15 mai 2006

Affaire Clearstream pour les nuls:

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A l’heure où tous les médias ne parlent que de la démission de notre premier ministre, il est temps de faire le point sur cette enquête Clearstream qui est comme l’arlésienne et qu’on ne voit jamais.
Scandale à la Banque des banques
Clearstream est une « Chambre de Compensation » située au Luxembourg avec des agences dans 80 pays, avec quelque 2.500 clients dans le monde.
Une Chambre de Compensation est une sorte de « méga-banque », qui garanti une opacité complète à ses clients avec secret bancaire absolu (ce qui est normalement interdit par la loi européenne) et qui ne prête d’argent qu’à des organismes financiers, pour financer leurs achats de devises (idéalement).
Or, Clearstream fut accusé, en 2001, par le journaliste – écrivain Denis Robert
1/ de blanchir de l’argent sale
2/ d’héberger des comptes anonymes, ce qui est réprimé par la loi.
Cinq chefs d’accusation
Après publication de deux livres et d’un reportage télévisé, la justice luxembourgeoise (où est situé le siège de Clearstream) avait ouvert une enquête, en 2001, sur cinq chefs d'accusation : pour faux et usage de faux, présentation de faux bilan, blanchiment d'argent, escroquerie fiscale et infraction à la loi sur le secteur financier. Cette enquête n’a pas encore abouti. Rappelons que le « chiffre d’affaire » (du moins le CA déclaré) de Clearstream en cette seule année portait sur il avait pour 10.000 milliards (oui, j’ai bien dit des milliards, plus que le budget de la France et d’autres réunis) d'euros de titres en stock et réalisait 50.000 milliards d'euros de transactions par an
L’enquête Française
Parallèlement, en France, une enquête sur les commissions sur la vente des frégates de Taiwan était ouverte par les juges Renaud Van Ruymbeke et Dominique de Talancé, qui sont saisis d'une information judiciaire pour abus de biens sociaux. Les soupçons portent sur d'éventuelles commissions versées à des personnalités françaises.
En 2004 : Les juges Van Ruymbeke et Talancé reçoivent deux lettres anonymes et un cédérom listant des numéros de comptes bancaires chez Clearstream et évoquant des transferts occultes de millions de dollars. De nombreuses personnalités sont citées, dont Alain Gomez, ancien dirigeant de Thomson-CSF (devenu Thales), Andrew Wang, l'intermédiaire taïwanais du contrat des frégates, Philippe Delmas, vice-président d'Airbus, et, entre autre, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie.
Juillet: Enquête préliminaire par le parquet de Paris sur ces courriers.
En septembre: Information judiciaire pour »dénonciation calomnieuse», à la suite d'une plainte de Philippe Delmas, qui était cité sur le listing. Les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons sont chargés de l'instruction.
Conflit larvé Sarko Villepin
Début novembre: l'affaire devient politique lorsque Nicolas Sarkozy reproche à Dominique de Villepin de dissimuler à la justice les conclusions d'une enquête de la DST qui l'innocenteraient. Il affirme que Dominique de Villepin avait déjà reçu les mêmes lettres en 2003 et avait fait faire une enquête pour son compte par les services secrets. L’affaire ne s’ébruite pas trop parce qu’on parle principalement des émeutes urbaines.
En 2005 (en décembre, donc il n’y a pas longtemps) : le juge Van Ruymbeke démontre que les accusations du corbeau relèvent d'une manipulation et que les listings ont été grossièrement falsifiés.
Ces derniers temps :
De nos jours, tout le monde paraît oublier le début de l’affaire Clearstream, c’est à dire une grosse évasion fiscale qui concernait quand même quelques personnages hauts placés (car le listing n’est pas totalement faux) et l’opinion publique se concentre sur Nicolas Sarkozy qui brame – ainsi que quelques autres comme autant d’ânes qui se disputent le même prè – qu’il est innocent, qu’on l’a accusé ignominieusement, que le premier ministre aurait du le tenir au courant qu’il y avait une enquête sur lui, etc, etc. J’ai entendu une suffragette UMP dire sur RTL qu’il n’y avait qu’une victime dans cette affaire c’était le nabot de « l’Ain Térieur ». Elle était persuadée de ce qu’elle disait…
Sophie Premier Ministre !
Franchement, moi, si j’avais été Premier Sinistre (ce qui est assez improbable, vous me direz quand même), et qu’on m’avait apporté un listing troublant sur des malversations financières concernant quelques-uns de mes collègues, j’aurais certainement diligenté une enquête pour savoir ce dont il ressortait. Et puis après j’aurais dit « oui, c’est normal que j’enquête sur l’honnêteté de mes collaborateurs, je suis une personne responsable, et comme je n’ai rien trouvé, j’ai laissé tomber l’affaire ». Il aurait pu quand même en parler à son colloque mais visiblement ils sont à couteau tiré (source RTL) et en sont même déjà venus aux mains lors de réunion entre sinistres.
Le démenti du démenti
Mais notre Galouzeau de service ne l’entend pas de cette oreille ( je veux dire, parler franc) et dément formellement avoir demandé une enquête. Ce qu’à démenti à son tour dans le Figaro l’agent des Services Secrets qui était chargé de la dite enquête. (source le monde). Bref il a bien demandé une enquête mais il s’obstine à nier, ce que tout le monde lui reproche.
Villepin narcissique psychorigide ?
Donc tout le monde – la presse et les députés, surtout la gauche pour qui l’occasion est trop belle - accuse Villepin de mensonge, et lui – dans une démonstration de rigidité mentale semblable à celle que l’on connu lors de la bataille du CPE - s’acharne à nier, malgré plusieurs perquisitions dans différents ministères (du coup Mam est fâchée) où l’on retrouva des témoignages de réunions au sujet de l’avancement de l’enquête. Pourquoi cette étrange attitude ?
Calife à la place du Calife !
Tout d’abord, Villepin, à mon avis, c’est … c’est… Je ne trouve pas mes mots. Entre la privatisation des autoroutes, le CNE, le CPE, et ses gestions irresponsable des crises et des situations officielles…
Y’a qu’à voir le genre de mec que s’est : en Visite Officielle en Russie la semaine dernière, avec tous les problèmes qu’ils connaissent actuellement et que connaissent les Droits de l’Homme Russes, que connaît aussi leur presse, leur opposition politique, sans parler de leur gestion de la pollution sans parler des problèmes avec les pays frontaliers (comme l’Afghanistan), sans parler de l’économie….
Donc je reprends mon propos,
Galouzeau s’en va en voyage officiel au Pays des Soviets… et qu’est-ce qu’il fait Galouzeau, quand il va là bas ? Et bien il lit une série de ses propres poèmes (le ridicule ne tue pas) à la gloire et la beauté du peuple russe. Franchement, de qui se moque-t-on ? C’est ça, les interventions du Chef de Gouvernement du Pays des Droits de l’Homme au Pays des Bouchers des Droits de h’Homme ?
(à suivre)

Tchantchès serait-il carolorégien ?

Il semble qu’à Charleroi les personnels politiques et particulièrement socialistes soient entrés dans une longue période de turbulence.
C’est la loi des séries ou plutôt lorsqu’il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Danemark (dixit Shakespeare) il n’y a pas que la veuve qui couche avec son beau-frère. C’est tout le landerneau qui va d’affaire en affaire.
C’est la problématique de l’homme intègre qui arrive au pouvoir et qui se corrompt à ce qu’il découvre.
C’est ainsi que l'ICDI, l'Intercommunale de collecte et de destruction des immondices dans la région de Charleroi était dans le collimateur de « Question à la Une », la pertinente émission de la RTBF.
Dans ce nouveau dépotoir où les socialistes sont majoritaires, c’est le chef Lucien Cariat, trente ans de carrière et cinquante ans de militantisme au PS qui se trouve en première ligne.
C’est le même abus de pouvoir que celui de la Carolorégienne : nomination à des postes rémunérateurs de la famille et des amis, voitures à disposition à des gens comme l’avocat (encore un) de l’ICDI et à un conseiller communal, tandis que les récolteurs des vraies poubelles courent derrière les camions de ramassage pour mille euros le mois.
Douteux que le socialisme façon carolorégienne soit à visage humain plus que le stalinisme façon soviet des années cinquante, toute proportion gardée à l’échelle de grandeur, bien entendu.
Dans le système, treize communes affiliées au « Grand Charleroi » banquent l’ICDI pour un incinérateur et un centre de tri, de même les ramassages sélectifs, d’où l’étonnement du reporter de voir cette entreprise publique s’adonner au sponsoring, à l’achat et à la réparation d’immeubles, dont une salle de sport. Toutes activités sans aucun rapport avec la vocation de tenir propre la ville de Charleroi, si ce n’est que Cariat est président d’honneur du club de foot en salle qui s’entraîne dans ladite salle de sport.
Cet homme est du reste partout, dans l’ICDI d’abord, dans les entreprises de travaux publics ensuite, et même dans l’ASBL de locataires des lieux rénovés !
A mentionner au passage l’achat d’une villa de 200 000 € à Loverval à un vice-président du tribunal de Charleroi. Lucien Cariat y aurait bien vu un «Centre d'étude de la nature». La Libre Belgique mentionne que « trois ans plus tard, la villa restée vide était dans un état tel que le bourgmestre de Gerpinnes Roland Marchal, vice-président de l'ICDI, l'a estimée insalubre. On l'a démolie pour 40 000 euros au début de cette semaine. »
Et la liste s’allonge. Le népotisme se distille, se ramifie, en d’autres mains « amies » dans des complicités de famille. C’est ainsi qu’au Foyer marcinellois, on a effectué des travaux dans l’appartement que le fils Cariat occupait.
Aux dernières nouvelles, Lucien Cariat envisagerait de porter plainte contre la RTBf.
On va en rester là pour aujourd’hui.
La «république des camarades» selon l’expression de Van Cau, à propos de la Carolorégienne, a la vie dure.
Et si elle était plus répandue dans les milieux socialistes qu’il n’y paraît, cette république des camarades ?
Que les « sympathisants » qui n’ont pas pris la carte du parti pour caser le fiston dans les moments difficiles de sa jeune vie lèvent la main ! Que tous ceux qui ne se sont jamais demandé comment on s’élevait dans la hiérarchie des mutuelles et de la FGTB – soit disant indépendante - et dans les associations d’obédience socialiste, la lèvent encore !
Est-ce que le socialisme mondain à la Di Rupo a su se débarrasser de la gluante franc-maçonnerie du temps de la bande des Quatre : Parti, Mutuelle, Syndicat, Union Coopérative où tout qui était plus à gauche que le leader voyait sa situation durablement compromise ?
Sans entrer dans le rappel historique, il est certain qu’au début du siècle précédent, l’entraide et la camaraderie étaient indispensables. L’ennemi était de classe et agissait de la même manière. Mais ensuite, que les leaders des quatre formations initiales aient fait main basse sur l’élan de générosité des travailleurs pour le récupérer et le gérer à leur profit - électoral et financier – ce n’était plus de jeu.

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Il y aurait de quoi faire pour un historien honnête de remonter dans le temps. S’il y a encore quelqu’un à l’Université qui a des couilles, c’est le moment
On se demande même à Liège si les trente années de galère de la place Saint-Lambert n’ont pas été directement inspirées par la déconfiture de L’Union Coopérative qui avec l’argent de l’expropriation de son complexe de ladite place – la première des lieux à toucher le pactole – a encore pu végéter quelques années à Droixhe et dans ses quelques supérettes, avant de sombrer définitivement.
C’est curieux comme les Tchantchès « Tièsse di hoye » de la cité fort peu ardente en l’espèce n’ont jamais eu le franc parler adéquat qu’ils revendiquent le XV Août pour contester Roland au défilé de Roncevaux !
Quand il s’agit de faits plus récents et encore vivaces dans les mémoires, on ne voit plus personne.
Tchantchès harlake, serait-il Carolorégien ?

14 mai 2006

Briefing au vestiaire.

-Tu mets la balle au centre et puis tu marques.
-Comment je marque ! Voilà trois semaines que je ne joue plus.
-T’es pas nouveau au club !... Tu connais le football ?
-T’en as onze en face à passer.
-T’occupes…
-Comment t’occupes ?
-Oui, tu mets la balle au centre et tu pars balle au pied et tu marques.
-C’est pour un film ou je rêve ? Avec mon entorse et mon manque d’entraînement !
-Justement, ils ne se méfieront pas d’un éclopé.
-Là, tu ne me dis pas tout. Tu as encore plongé dans l’entourloupe ?
-Mais non.
-Tu les as payés combien ?
-Qu’est-ce que tu vas chercher là ?…
-C’est ça, le programme chinois… les paris truqués… Tu te moques du monde ? Un club de Provinciale !
-C’est du tout cuit, je te dis…
-Tu parles ! On est passé de la première division en Provinciale sur 6 ans, un record… ce n’était pas encore assez. Le match de la saison dernière où on a été battu quatorze zéro… pourquoi quatorze ?
-Pour pas que l’Haut-lieu se méfie. On ne reçoit pas quatorze buts en étant payés pour se coucher au deuxième.
-C’est ton truc qui nous a rendu mauvais. On n’aurait pas reçu comme cadeau un ballon et un équipement neuf, on aurait été battus quand même. On est devenus mauvais de ta faute…
-Ne crois pas ça Roger. Avec ce qu’on va recevoir cette fois-ci, on aura de belles vacances, toi et moi….
-Comment reçu ? Je mets la balle au centre, je marque et c’est nous qui sommes payés ?
-Tu peux pas comprendre. C’est une question de cuisine intérieure des autres. Moins t’en sauras, mieux tu te porteras…
-Non. C’est fini. Je veux jouer honnête…
-A trente-six ans, Roger, tu ne crois pas que c’est un peu tard ?
-A quarante-deux, Kevin, tu ne crois pas que tu en as assez fait ?
-Ça veut dire quoi Roger ?

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-Ce que tu veux, Kevin…Le sport c’est noble, c’est généreux, c’est désintéressé…
-Tu râles parce que t’es plus payé, que c’est plus toi la vedette, que c’est la fin de ta carrière… Après le Mondial, t’arrête aussi, comme Zizou ? Que t’arrêtes ou pas, tout le monde s’en fout. Qui c’est Roger Mènobut ? Personne sait… y a plus que moi ! Et tu me cherches…
-Et la tienne, de carrière ? T’es quoi ? Entraîneur ou marchand de chaussures ? Plutôt bookmaker. Tu nous as pourris, Kevin…
-Tu te rends compte, pauvre cloche, de ce que je te propose ? T’arrives presque sur un brancard. Tu jettes tes cannes en sortant du vestiaire. Tu te pointes centre-avant, brassard du capitaine, le prestige, tout quoi. Tes petits gars derrière qui ont confiance en toi. Le public qui t’admire… On siffle, tu pars la balle au pied, tu les dribbles tous et tu marques !
-Les petits gars ne sont pas au courant ?
-Penses-tu, c’est trop frais pour comprendre.
-Donc, c’est toi et moi ?
-Comme avant, Roger, fifty-fifty…
-L’incertitude du sport… le stress… Je comprends qu’à la fin on ne sait plus si on joue pour le sport ou pour la gloire et l’argent… Et les autres en face, ils touchent tous ?
-T’occupes. Toi, tu vas pas te coucher. Tu pars pour gagner… Le champion revenu et glorieux… Voilà, où on te retrouve mon Roger. Alors, c’est entendu, Balle au pied et hop…
-Balle au pied et hop…
(Kevin resté seul dans son bureau)
-Allô, monsieur Jambois de la Fédération ? Ici Kevin Relégué du FC d’Arfeuille. Il y aurait une magouille en préparation au club. C’est notre centre avant qui….
(Il raccroche puis fait un autre numéro)
-Voilà, Président, j’ai fait ce qu’il fallait. Roger Ménobut va plus pouvoir jouer au foot longtemps. On peut même dire qu’à son âge il est cuit. Votre petit protégé pourra monter sur le terrain pour les entraînements dès ce jeudi.

13 mai 2006

Une vraie gauche à l’Europe ?

La France a une longueur d’avance sur l’Europe pour sanctionner les pèdzouilles qui ont confisqué l’Etat, les balayer et réfléchir à un autre type de Société moins libérale et plus socialiste.
Evidemment, pas un socialisme mou, maqué à la guimauve libérale, comme c’est le cas en Belgique ; un vrai de vrai avec d’autres représentants du peuple que des avocats et des fonctionnaires.
La compromission de Chirac dans des magouilles soufflées à l’oreille de son valet Villepin ne fait aucun doute. Reste à savoir si le couple va démissionner ou s’il faudra que le Peuple français le chasse ?
De toute manière, la politique de la France est à un tournant et nous aussi, par entraînement naturel, si veules pourtant avec nos lourdeurs flamandes et la peur wallonne que le Nord se détourne du Sud.
Les semaines et les mois qui vont suivre seront décisifs pour le sort de millions de personnes en Europe. Vont-elles continuer à gober les mouches, ou vont-elles – elles aussi – remercier les parasites qui vivent sur leurs dos sous prétexte qu’ils sont aux affaires parce qu’ils sont leurs délégués, alors qu’elles subissent leurs lois sous la contrainte ?
De même les relations internationales.
Je ne sais pas si nous avons fait une bonne affaire en intégrant à l’Europe les pays du Nord anciennement communistes ?
Car voilà des Polonais bien américanophiles, sans compter les nouveaux venus des Balkans présents et futurs, qui sortent d’avoir dégusté avec les apparatchiks communistes et qui n’ont pas encore réalisé que si sous Staline ce n’était pas précisément la liberté, sous Bush on en est fort éloigné aussi.
La différence ? C’est la façon d’égorger l’adversaire intérieur. Les Communistes avaient les goulags et les exécutions sommaires. Les Américains ont les lois du marché de la société de consommation qui produisent les millions de chômeurs et les misères que l’on sait.
Quant aux ennemis extérieurs que ce soit à la kalachnikov ou aux mines antipersonnel, ils se valent. Les cocos et les yankees, ont le même CAP de boucher.
Bien entendu, je ne suis pas naïf au point de croire qu’en chassant quelques pourris de droite la France va faire un nouveau 1789. Surtout avec le couple Hollande-Royal, on n’est pas près d’un vrai virage à gauche. Mais derrière l’affaire Clearstream, c’est la structure de la République voulue par le général de Gaulle qui se fissure. Le président Chirac incarne le Père Ubu par l’excès de concentration des pouvoirs dans la main d’un seul homme. Le suivant – quel qu’il soit – devra rendre des forces et de la vigueur au Parlement et aux législateurs. Et enfin prévoir une 6me République, la 5me ayant montré ses insuffisances.
Cela fait beaucoup et tout peut arriver.

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Dixit Chirac qui n’osera plus se représenter quoique il y ait encore cru jusqu’en début 2006, Villepin usé jusqu’à la corde et parfait nullose en timonier adjoint, ce sera entre Sarko et les socialistes que cela se jouera. L’attrait du pouvoir qu’a la gauche caviar, fait qu’on se bouscule au portillon. Et puis cette gauche-là, comme la gauche belge n’est pas véritablement capable de représenter le peuple, sauf quelques-uns, ce qui est mieux que rien, de Fabius à Montebourg, en passant par Manuelli, il y a matière à faire son marché en attendant mieux.
Bref, la France n’est pas le cheval malade de l’Europe.
Ce serait plutôt nous, avec nos insignifiances, notre bourgeoisisme persistant et notre inébranlable croyance dans un système libéral pur, malgré les dégâts visibles, mais loin des préoccupations de l’Haut-lieu et que donc il feint de ne pas voir.
Mais cela nos éditorialistes ne le perçoivent pas. Nos socialistes s’en moquent et nos industriels ne s’en inquiètent qu’à peine, non pas qu’ils croient être mis out un jour, mais parce qu’il est de bon ton de se plaindre pour soulager les prélèvements de l’Etat sur les profits.
En attendant les événements français, admirons pour le plaisir le show Chirac-Villepin. La sincérité avec laquelle ils nous mentent. Comme ils mettent la main sur le cœur en parlant avec enthousiasme de leur bonne foi. A les voir si plein d’honneur, si enflammés pour que la justice fasse son travail, alors qu’on a les preuves écrites du contraire, imprégnons-nous de leur image afin que nous gardions en mémoire comme le goût du pouvoir pervertit l'homme.
N’oublions pas que ces délinquants non démasqués c’est la voyoucratie qui perdure. C’est l’assassin sitôt son crime commis qui se mêle aux badauds horrifiés et qui crie avec eux « A mort l’assassin ! ». C’est enfin l’aspiration à une démocratie plus juste plus humaine qui disparaît dans un régime qui cache sa violence sous des dehors bon-enfant et qui exhibe ses despotes sous le nom de philanthrope.

12 mai 2006

L’otarie et le courant passe.

-Maître Izembar, on vous consacre une journée d’étude à l’Université. Etes-vous : indifférent, satisfait, ou remboursé ?
-Inutile d’insister, mais je suis enthousiaste à l’idée qu’enfin le plus grand poète wallon de tous les temps va être reconnu par notre Alma Mater, après que le plus grand coureur cycliste de tous les temps l’ait été bien avant moi..
-Vous étiez connu, mais reconnu, c’est nouveau pour vous ?
-Non, pas tout a fait. J’ai été reconnu bien avant d’être connu, si vous voyez ce que je veux dire ?
-Par la police ?
-Mais non voyons, mais par une amie qui m’attend au tournant.
-Lequel et laquelle ?
-Entre la page12 et 24 de mon recueil : « Les poissons meurent à l’aube », j’avais glissé un mot gentil, ou un gentil mot, enfin un mot pour une poète que j’adorais à l’époque quand elle les avait encore.
-Quoi ?
-Ses époques.
-Et alors ?
-Depuis qu’elle ne les a plus, sa poésie s‘est considérablement dégradée, et voilà qu’elle me relance pour cette journée d’hommage ! Elle veut absolument dire son poème « Les tumescents » qu’elle avait écrit sur un tamtam berbère aux Alyscamps, alors que nous courrions nus vers les catacombes.
-Qu’est-ce qu’un tamtam berbère vient faire au Sainte-Marie ?
-Vous n’allez pas commencer aussi, vous ?
-Et nus ?
-C’était pour un film de Almodovar.
-Pedro ?
-Non. Alfred. Un Liégeois qui avait des subsides de Monfils…
-Moralité ?
-Moralité, je suis emmerdé. Beatrix de Courbevoie…

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-C’est qui ?
-Ma madone des sleepings. Encore que son vrai nom soit Antoinette Partout, mariée à un ergonome, Monsieur Cétant. Vous voyez le rapport ?
-Non.
-Vous êtes extrêmement bouché à l’Université ! Antoinette Cétant-Partout, c’est pas une carte de visite, c’est un constat.
-Et vous, le vôtre, ce n’est pas mal non plus, Dédé Belmotte…
-Comme je suis un garçon, c’est moins grave. On n’est pas là pour s‘engueuler, je suppose ?
-Vous fêtez aussi par la même occasion votre anniversaire.
-C’est ça.
-Ça vous fait combien ?
-Comment, c’est moi qui paie les consommations ?
-Non. D’âge ?
-Béatrix de Courbevoie l’a écrit dans son poème « Gorgée de lait » qu’elle déclama les seins découverts à l’occasion d’une visite de l’académie de la plus grande peintre liégeoise de tous les temps.
-Comment ça de l’académie ?
-Vous en avez une belle, vous d’académie, pour ne pas comprendre ce que je dis !
-Ah bon ! Lesbianisme ?
-Non, monsieur haute peinture. En effet l’artiste avait dessiné un vêtement sur le corps nu de Béatrix de Courbevoie.
-C’était beau ?
-Oui, mais ça a rétrécit ; à moins que ce ne soit Béatrix qui ait forci !
-Maître Izembar Par-delà l’hermétisme sensible, votre poésie libre de modèle s’avère sensuelle. Elle se nourrit de la vue et du toucher. Et vous que mangez-vous ?
-En général, je vais chez les autres. Sinon, un boulet frites, comme tout le monde. J’ai racheté le guéridon sur lequel Sartre écrivit la Nausée, je mange dessus.
-Homme de revues, vous en êtes où pour la prochaine du Troca ?
-Je suis en pourparler pour animer « Wiss va-t-on ? » avec les frères Happart dans leur propre rôle.
-Un mot sur le programme de la journée ?
-A 9 h 18, accueil. A 25, écueil, si Béatrix de Courbevoie se pointe. Sinon, les habituels rasoirs des pistonnés de la Province et de la Région dans leur tour d’haïkus. Il y aura Super Kaya, Frédéric F. et Madeleine Osez-Joséphine au tympanon électronique.
-Ce sera grandiose !
-Puisque c’est vous qui le dites.

11 mai 2006

Stratégie de la chèvre.

-Ton MP3 mec, où je te mets une bastos dans la tronche !
-Il est dans la mallette.
-Donne ta mallette, connard…
-Elle tient à une chaînette attachée à mon poignet.
-Comment qu’on va faire ?
-J’ai la clé qui l’ouvre…
-Alors ouvre et donne la mallette.
-…la clé ouvre la mallette.
-Et la clé du poignet ?
-…dans la mallette !
-Tu te fous de ma gueule ? T’as vu le pétard ?
-Sers pas comme ça. Y a du monde. Tu vas te faire remarquer.
-C’est toi qui dit ce que je vais faire, Ducon ?
-Alors qu’est-ce qu’on fait ?
-T’ouvres la mallette et tu fermes ta gueule.
-Je peux pas, avec ton pétard sous le menton.
-Si je l’écarte, en profite pas pour foutre le camp.
-Je pourrais pas aller loin, t’as vus le monde pont d’Avroy ? T’aurais vite fait de m’étendre. Si on faisait dix pas, on gêne à la sortie du Palace ?
-Fais pas le mariolle…
-On est mieux devant le changeur... ont l'habitude...
-Tu vas la fermer, tu me prends la tête, toi…
-Voilà, c’est ouvert…
-C’est quoi ce bazar ?
-C’est mon feu.
-Tu sors armé comme moi ? T’es un collègue ?
-Comme tu vois.
-Et alors cette clé du poignet ?
-Sous les menottes, attends que je soulève.
-Tu serais pas un peu flic, par hasard ?
-Ça te gêne ?
-J‘ai jamais braqué un flic.
-Y a un début à tout.
-Et alors, ça vient ?
-Je trouve pas la clé !
-Tu me montes une couille ?
-Vois toi-même.
-Sous le sandwich ? Non. Attends, je soulève la boîte du MP3. C’est un neuf ?

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-Comme tu vois.
-Dis-donc, j’en ai jamais vu un pareil !...
-C’est l’Apple iPod Video…
-Il doit valoir bonbon !
-450 € 55 !
-La semaine dernière, j’en ai arraché un pareil, un 60 noir…
-Pourquoi t’as besoin d’un autre ?
-Dans la bagarre, comme j’arrangeais la gueule du type, je lui ai arraché l’oreille avec l’oreillette... l’engin est tombé au sol et un badaud en foutant le camp a marché dessus !
-Ah ! le con…
-Tu peux dire… je te lui ai dit au badaud en lui en balançant une… non, mais…
-Alors qu’est-ce qu’on fait, je trouve pas la clé ?
-Rien vieux, t’es sympa. Entre collègues ! Je voudrais pas te déranger plus longtemps.
-Allez tchao.
…..
-Alerte à toutes les voitures de police. Tentative de braquage pont d’Avroy. A voulu me piquer l’MP3 que je viens d’acheter. Le type est tellement con qu’il pouvait partir avec et qu’il a attendu que je trouve la clé de poignet de ma mallette dans celle-ci, alors qu’elle est dans ma poche. Ce type est con et armé, donc très dangereux. A vous…

10 mai 2006

Daniel, tu nous manques déjà !

C’est fait, dis donc ! On a un pensionné de plus.
Celui-là a un peu traîné. Si ç’avait été un employé ordinaire, il aurait été fichu à la porte de son groupe à 55 ans, prépensionné-chômeur jusqu’à 65 ans et puis, bon vent à mille euros de pension par mois en attendant la caisse en sapin.
Verhofstadt aurait gémi sur la charge trop lourde pour le pays que les pensions représentent et réclamé 600 euros de rabiots sur la déclaration d’impôt du zombie social, chaque année.
Mais bon, le Belge aime le merveilleux.
Celui-là, quoique n’ayant guère secoué des sacs de soude lors de sa brillante carrière, a quand même été nommé baron pour service rendu !
C’est dire la promotion.
L’arrière arrière grand-père du baron Daniel Janssen, donc, puisqu’il s’agit de lui, a trouvé voilà plus de cent ans un procédé de fabrication de la soude, extraordinaire pour l’époque et tout à fait dépassé aujourd’hui. Ce qui a permis la fameuse constellation Solvay, soit 2.400 personnes d’ayants droits et descendants divers aux guichets à se faire des durillons à couper les coupons. C’est que ça lapine sec dans l’Haut-lieu !
Voilà du coup le baron figure emblématique.
Une figure emblématique, c’est quelqu’un qui peut petit déjeuner à Bruxelles, se farcir à midi une saucisse à Frankfort et manger en face de Julia Roberts aux étages restaurant de l’Empire State Building le soir.
C’est donc sur ses seuls mérites que le baron fut le président du conseil d’administration de l’entreprise du grand-papa inventeur.
On aime les belles carrières en Belgique. De ces réussites où seules comptent la pugnacité et la volonté de vaincre individuelles.
Dire si on aura du mal à le remplacer, voire si ce sera impossible de faire mieux, les grandes Maisons s’inquiètent.
Voyez-vous que le secret de la fabrication de la soude vienne à se perdre comme l’eau miraculeuse de Catherine de Seraing ? Et voilà le monde industriel à l’arrêt !
L’économie belge est donc en deuil à l’avance.
Ni Aloïs Michielsen, ni Christian Jourquin ne sont de la constellation Solvay. Ils seront donc barons aussi, mais plus tard, quand les actionnaires seront rassurés.
«Pour la première fois, ni le président du comité exécutif, ni le président du Conseil ne seront des membres de la famille Solvay », s’est lamenté mardi Daniel Janssen, à l’occasion de l’assemblée générale du groupe à Bruxelles.
Alors, tous incapables dans les 2.399 solvayistes restant ?
On a déjà du mal à ce qu’Arcelor devienne Indien, pour dire « Mais où va-t-on ? Que fait la police ? » pour nous écrier : pas elle, pas la soude Solvay aux Américains…
Heureusement que pour la Belgique et le monde, le baron ne part pas tout à fait.
Mécène de père en fils, né en 1936, le baron Janssen a créé en 1911 les Conseils Solvay, s’il faut en croire le journaliste de la Libre Belgique. Cette création issue d’un effort personnel 25 ans avant sa naissance constitue un exploit en effet, digne de l’ancien patron de la FEB, dont la devise s’inscrit dorénavant sur tous les frontons de l’Haut-lieu : « A l’impossible nul n’est tenu, sauf pour Daniel ».

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Quant aux engagements politiques du baron, n’en parlons pas.
Nous en parlerions tout de même que notre insignifiance ne relèverait en rien la Haute participation de Daniel à la destinée fabuleuse de notre démocratie triomphante.
N’est-ce pas grâce à lui que tout ce qui est sera, comme tout ce qui a été le fut grâce à l’aïeul qui sut de la soude en faire admirer la synthèse à une époque où la ménagère allait encore à la rivière battre son linge. Ce fut donc grâce à la soude Solvay que nous eûmes droit à nos premières pollutions.
La Libre Belgique n’en restera pas là.
Le Belge à soif d’histoires merveilleuses. Il est question de tenir à l’œil baronnes et barons pour les mettre à l’honneur. Pour faire bonne mesure, il sera tiré au sort parmi d’autres pensionnés plus obscurs, un nom par mois, qui sera, lui aussi, chanté par les bardes du journal afin de démontrer qu’on y est juste et qu’on aime le peuple.
Aussi, nous pouvons annoncer que le mois prochain, à côté du baron du jour, nous célébrerons la mise à la retraite symbolique d’Antoine Pouilleux, chaudronnier, licencié à 47 ans et décédé à 62 ans dans un accident du travail comme intérimaire. Pouilleux, même s’il avait vécu n’aurait pas signé la décharge de sa prime et ne l’aurait pas obtenue, car il avait laissé trois doigts lors d’un premier accident.
Il eut le bon goût de décéder avant la retraite. C’est tout à son honneur. Au service de l’Industrie, c’est-à-dire de la Belgique, il a compris où était son devoir.

9 mai 2006

Un vampire végétarien.

La servante : Le matin, quand je me lève, le jour pointe à peine à travers les volets. Les premières lueurs ne sont pas blanches, elles sont grises.
Le Président Max du Pièce : Vous l’entendez-vous autres qui vous levez à peine quand la servante a déjà travaillé quatre heures ? Il y a toutes sortes de soleil, des jaunes, des rouges, des blancs, mais aussi des gris et des noirs !...
La servante - Je descends à la buanderie. Je remplis les tonneaux d’eau et de mousse et sur la planche à lessiver, je bats d’abord le linge, puis je le passe à la pierre ponce. En hiver, j’ai des engelures et pourtant, c’est indispensable de plonger le linge dans l’eau froide.
Le Président Max du Pièce – Que c’est magnifique de sentir sa peau qui se crevasse au service des autres ! Vous lui auriez offert une machine à lessiver qu’elle n’aurait pas pu être plus heureuse ! Et l’eau froide qui tue les acariens !... Vous l’auriez trouvé ? Alors que vous, dans vos BMW climatisées, vous ne sentez pas quand le volant est froid, puisque vous avez un chauffeur !
La servante – Ensuite, je passe à l’imprimerie pour prendre les tracts et les distribuer pour la réélection du Président et des gentils animateurs. Je ne traîne pas, car je dois rentrer pour faire les lits et vider les pots de chambre.
Le Président Max du Pièce – Quelle leçon de civisme ! Quelle leçon de courage ! Nous, que faisons-nous tandis qu’elle veille à notre réélection ? Nous dormons dans les lits qu’elle refera tout à l’heure. Nous pissons dans des pots qu’elle videra en notre nom dans les stations d’épuration que son travail nous procure ! Et avec ça, heureuse… joyeuse même sur les chemins de la belle aventure de la vie. Au moins tu ne traînes pas dans ta besogne, mon enfant ?
La servante – Je vous l’ai dit pour, je cours déposer les tracts dans les boîtes à lettre.
Le Président Max du Pièce – Oui, mais entre les lits et la vidange des pots d’aisance, tu ne nous as rien dit !
La servante – C’est tout pareil, puisque tout de suite après, je frotte les parquets…
Le Président Max du Pièce – La bonne odeur de la cire d’abeille…
La servante – je balaie et je nettoie.
Le président Max du Pièce – La bonne odeur d’Ajax citron…
La servante – Bref, je ne traîne nulle part.
Le président Max du Pièce – Et ça n’en finit pas ! C’est ça le bonheur, je l’ai toujours dit à ces misérables vautrés sur leur pupitre à boire dans des tasses à moka frappées du sceau de l’Etat !
La servante – Mais, j’ai mal au dos…
Le président Max du Pièce – Comme je t’envie ! De belles crampes, on se tient les reins, la saine fatigue du travail. Nous aussi, tu sais, nous avons un dos. Nous ne le savons que trop bien, il ne nous sert à rien. Notre colonne vertébrale qui soutient tout, c’est le bois de la tribune auquel nous nous agrippons.

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La servante – L’après-midi, je fais le jardin. Je bêche. Je bine. Je fleuris les abords des salles de réunion. J’agrémente les tables des banquets, puis je viens crier sous les fenêtres avec les autres membres du personnel, notre fierté d’être dans le parti du Président du Pièce.
Le président Max du Pièce – Tu ne traînes pas trop dans la foule ? Je t’ai déjà fait la remarque à plusieurs occasions, tu pousses trois cris « vive Max du Pièce » et puis tu retournes à ton travail. Le dernier meeting, tu as crié quatre fois « vive Max du Pièce », j’ai eu de la peine à te mettre à l’amende, mais c’est pour le parti…
La servante – Eh bien ! puisque c’est pour le parti, vous auriez pu me le dire, j’aurais crié cinq fois « vive Max du Pièce », ainsi ma contribution aurait été plus grande.
Le président Max du Pièce – Si la distance entre toi et moi qui te représente pourtant, n’était pas si énorme, je t’embrasserais sur la bouche avec ton accord.
La servante – Mais vous le faites dans les coins !
Le président Max du Pièce – Justement, là, c’est sans ton accord. Ce n’est pas la même chose.
La servante – Comme vous connaissez bien les femmes ! Comme vous les défendez bien ! J’aimerais pour vous plaire davantage être autrement habillée. Ma robe est trouée et mes souliers ne valent guère mieux.
Le président Max du Pièce – Mais tu me plais ainsi. Tu me plairais moins avec une jolie robe et des souliers Louis Vuitton, comme nous autres nous habillons nos femmes. Le travail a ceci d’admirable qu’il faut s’y présenter avec des vêtements usagers tant on les y abîme. Et puis quand je te couche sur les sacs poubelles du Parti, tu en aurais vite pour des notes de teinturier que tu ne pourrais pas payer !
La servante – Voyez-vous, ce que vous dites là est un effet du bon sens.
Président Max du Pièce – Bref, tout va bien mon enfant ?
La servante – Oui, sauf que je suis morte de fatigue.
¨Président Max du Pièce – Nous savons ce dont tu parles, nous les immortels provisoires, sans éprouver rien vraiment dans la perception des besoins et des désirs des autres que nous satisfaisons dans la mesure de nos moyens. Je vois que ta fatigue nous jouera tôt ou tard un méchant tour. Aussi, pour ton confort et l’avenir de notre parti, tu iras chômer dès la semaine prochaine.
La servante – Merci, monsieur le Président. Je me mets comment sur les sacs poubelles ?
Président Max du Pièce – Toujours en-dessous, évidemment. Tu ne voudrais pas que je salisse mon costume Pierre Cardin.

8 mai 2006

L’Histoire de Belgique aux débiles mentaux.

(Des comédiens dans les décors du théâtre des Galeries interprètent une page d’histoire.)

-Accent, fixe !
-Oui, mon général.
- Vous réveillez le Colonel Astruc de la Honteuse. Rassemblement des blindés. Nous marchons sur Bruxelles !
-Non ?
-Si !...
-Ah bon…
-C’est un ordre.
-Vous êtes dans un état normal ?
-Accent, j’ai toute ma tête. Je ne vous permets pas de critiquer mes ordres. Où irait-on si un capitaine me demandait si j’ai toujours ma tête !
-Mais je vous le demande, mon général !
-Ne voyez-vous pas que l’Etat dans la personne royale est en danger !
-A ce point !
-Oui, Accent, à ce point. L’autorité fout le camp, le successeur au trône est contesté. On assassine pour un mp3. Les politiciens, c’est la chienlit, vous dis-je, avec Astruc je vais disposer mes blindés autour du palais royal, dissoudre le Parlement et demander au roi, s’il me prend pour ministre conseiller…
-Mais vous avez juré de respecter la Constitution et les lois du Peuple belge.
-Eux la respectent-ilsl ?
-Qui, eux ?
-Mais tous ceux qui enfreignent la Loi, le peuple belge, hein !...
-Que font-ils ?
-Ils commencent par ne plus l’appliquer, à foutre des assassins au bloc pour les faire sortir 30 mois plus tard, au lieu des trente ans que je leur aurais donné… Et puis en voilà assez. Je vous dispense de réveiller Astruc de la Honteuse, il arrive. Rompez, Accent. Laissez-nous. Rejoignez vos quartiers et considérez-vous comme aux arrêts.
-Astruc…
-Général Rivet des Rivettes ?
-Vos tanks sont prêts ?
-Sont prêts pour quoi ? D’abord, ils sont bâchés et déchenillés.
-Veux pas savoir. Prêts à investir les endroits stratégiques, la grand Place, le Palais, la Bourse, tout Bruxelles. Sans oublier un planton à l’hôtel Métropole où je compte me réserver le premier étage…
-Vous n’utilisez pas la procédure, général Rivet des Rivettes… la procédure qui nous enlève la responsabilité de déclarer la guerre… Nous, nous la faisons.
-Je connais mon métier. Je vous donne l’ordre… Nous ne déclarons pas la guerre. Nous rétablissons l’ordre, nom de Dieu !
-Taratata, il me faut un ordre signé.
-Vous mettez en doute la parole de votre supérieur, Astruc de la Honteuse ?
-Général Rivet des Rivettes, on n’est jamais assez prudent. Vous me faites le papier et je commence la procédure.
-Vous m’emmerdez, Astruc… la procédure, serait-elle au-dessus de mon ordre ?
-Il me faut un bon du ministre, co-signé par le chef du garage du ministère de l’intérieur pour la livraison de mille litres de mazout par tank. J’ai trois blindés en ordre de marche. Un papelard pour les obus de l’armurerie centrale, deux obus par tank, ça fait six… je n’ai que deux pilotes, l’autre est en vacances…

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La voix de la baronne Cordy Annie couvrant les voix des militaires :
Voilà le dialogue qu’on pouvait entendre en janvier 1940, sur le castelet du théâtre de Toone Premier. Mais la réalité est différente. Tout le Peuple était derrière son armée et le sera encore pour montrer au monde entier la volonté de la Nation à défendre la dynastie.
Mais seront-ils prêts à offrir leurs vies pour la grandeur de notre petit pays ?
Surtout arriveront-ils à temps ?
Quelques mois plus tard, en mai 40, ils étaient prêts. A l’aube du 10, le général Astruc de la Honteuse était à Toulouse avec tout son Etat-major pour faire courageusement face à l’assaillant ! Ils résistèrent héroïquement 18 jours, enfin ils cédèrent aux instances du Gouvernement et s’embarquèrent pour l’Angleterre.
Mais, c’est une autre page de gloire.
Ce soir, la suite de l’histoire de Belgique racontée aux grands enfants.
Demain un épisode d’Ambiorix vendant des chaussures aux Romains de Tongres. Et le soir, Elio Di Rupo et Adamo en duo pour entonner une Brabançonne remixée par Gaufre au suc’.

7 mai 2006

Sacré mensonge et mensonge sacré.

Vu de Belgique, c’est intéressant de suivre les derniers développements de l'affaire Clearstream. Non pas que l’effondrement de Dominique de Villepin nous concerne vraiment, mais parce que ce Watergate à la française a quelque chose de pathétique propre à tous les hommes politiques quand, surexposés, leurs mensonges les condamnent implicitement à nier l’évidence.
Personne n’est dupe, quelqu’un a instrumenté des faux documents pour perturber l’irrésistible ascension de Sarkozy au pouvoir suprême. Que le corbeau soit de la mouvance Chirac-Villepin ou non, ce dernier à laisser pourrir le dossier un an, alors que le général Rondot lui avait communiqué ses doutes quant à l’authenticité de la feuille bancaire portant des noms.
Par la suite, il n’a été question que de Sarkozy dans les conversations entre Rondot et Villepin. Ce n’est pas parole contre parole, ce sont les notes de séance du général Rondot saisies par la Justice contre la parole de Villepin.
Villepin a donc menti sur ce dossier.
Cependant, il nie avec vigueur. Il monte à la tribune la main sur le cœur, fait des phrases dans un français magnifique, certes, il n’en demeure pas moins que c’est un menteur.
Eh bien ! en mentant effrontément, il fait ce que tous les hommes politiques ont fait ou feront. Car dans ce milieu ce qui est important n’est pas de dire la vérité, mais qu’une majorité de citoyens le croie.
C’est cette vérité là qui est bonne à dire et surtout à entendre qui rend tellement les gens méfiants aujourd’hui.
Par exemple la vérité judiciaire est, elle-même, à mettre dans le même panier quand par une procédure engagée mal à propos, des délais dépassés, des pièces déclarées nulles par négligence des règles, des faits prouvés et avérés ne le sont plus, cette vérité pourtant évidente est mise à mal, mieux est déclarée inutilisable sous peine de poursuites. C’est ainsi que dans l’histoire parlementaire belge, un personnage important fit condamner l’hebdomadaire satirique Pan qui n’était pas coupable de mentir mais d’avoir écrit la vérité !
On se rappelle le terrible face à face entre la juge Doutrewe et le gendarme Lesage. L’une avait-elle reçu le rapport du gendarme, ou bien celui-ci avait-il « oublié » de communiquer ce qu’il savait ?
Un des deux a menti. Qui ? La question est restée posée. Le menteur a eu tort au point de vue de l’honneur ; mais combien a-t-il eu raison pour sauvegarder sa place et – accessoirement – sauver ses supérieurs.
Aussi que ce soit dans un accident de roulage (celui qui est en tort ment souvent effrontément), dans le cas d’une hiérarchie en quête d’un coupable et enfin dans les milieux politiques, les mœurs actuelles en témoignent, la plupart des gens mentent.
Alors pourquoi voulez-vous que ceux qui ont confisqué la démocratie à leur profit ne mentent pas aussi, quand l’enjeu est aussi considérable pour leur avenir ?
Seulement, en politique, il faut savoir qu’un menteur au pouvoir quand l’opinion bascule et que celle-ci est convaincue que c’est un menteur, il y a peu de chance qu’il conserve sa position sociale. C’est un phénomène curieux. Où le juge ne convainc pas, une preuve écrite dans un journal à fort tirage peut faire basculer l’opinion.

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Cependant en Belgique il existe des menteurs compulsifs bien accrochés au pouvoir quoique dupant ouvertement tout le monde. Ils vont rejoindre inexplicablement les repris de justice qui ont encouru la sévérité de la Loi par « amour » de leur parti, dans la même ferveur populaire.
Mais les mensonges les plus répandus sont encore ceux par omission. Quitte à jouer les innocents surpris quand le pot aux roses est découvert. L’affaire de la Carolorégienne nous en a fait découvrir une belle brochette.
Villepin a commis un mensonge impardonnable puisqu’on pouvait vérifier par des papiers retrouvés chez Rondot et publier dans la presse qu’il ne disait pas la vérité.
Un mensonge impardonnable est un mensonge que chacun peut vérifier être un mensonge. Villepin, quoique diplômé comme ils le sont tous de l’ENA, n’en est pas moins un con. Peut-être que son accointance servile avec Chirac y a été pour quelque chose.
Prenons l’exemple à l’envers, si au lieu de la notoriété d’un général des Services secrets, le tout relayé dans un journal prestigieux comme Le Monde, il s’était agi d’un blogueur insignifiant ayant eu vent de la chose et l’écrivant dans son blog, ce qui est pourtant une vérité constante eût passé pour insignifiante aux yeux des médias et aux yeux de l’opinion, et Villepin échappait à la suspicion de mensonge.
Alors, tous des menteurs ? C’est une question à débattre quand on considère les enjeux politiques.
Plus on monte dans la hiérarchie des partis, plus il y a des menteurs, sans doute…
Quant à la raison d’Etat pour couvrir un mensonge, rien qu’à voir les têtes catastrophées de Chirac et Villepin, on a compris que le mensonge devient sacré, quand on ne sait plus faire autrement.

6 mai 2006

Prolétariat ou précariat ?

C’est fou, un bug s’est collé dans de l’électronique quelque part aux USA et voilà que Richard III a brusquement disparu des blogs.
Une semaine que ça dure.
C’est un beau gâchis avec peut-être trois années d’archives perdues et des centaines de lecteurs détournés et découragés !
Mais, ce qui m’enrage le plus, c’est d’accéder comme jamais aux sites trous du cul qui prétendent servir l’Information et la Démocratie… Un clic et hop on entre facile dans l’infamie d’une Société rotant et consommant. La providence pour ceux qui se beurrent sous prétexte qu’ils nous représentent… cette bonne blague.
Voilà une semaine qu’un papillon de nuit a détruit des circuits dans un Web californien, sans qu’aucun intellectuel obèse de cet Etat exemplaire, en convienne.
C’est enrageant de disparaître de la Toile un 30 avril, veille du premier mai !
D’autant que les thons qui applaudissent à la vague sont si nombreux qu’une petite voix discordante n’aurait pas fait de tort pour un rééquilibrage des fonds marins gazetiers.
On ne saurait dire, finalement, s’il s’agit d’un crash dans les câbles ou d’une malveillance caractérisée. On ne saura jamais… comme on ne sait jamais rien vraiment en ces jours de super information dans ce pays.
Puisque le bateau renavigue (On verra jusqu’à quand ?), ils l’auront quand même leur papier du Premier mai. Ils ne s’en tireront pas comme ça.
Je l’avais intitulé d’abord « Un Premier mai mondain. ». Aujourd’hui, j’aime mieux : « Prolétariat ou précariat ? »
En voici quelques extraits :
« L’Haut-lieu est sur la corde raide. L’alternative est simple : ou les dirigeants de la gauche parviennent à réintégrer le troupeau pour une seule journée, ou c’est le discours de la gauche caviar collaborationniste qui nous inocule la dose létale mondialiste. »
Mon blog ayant sombré dans la confusion électronique, je me suis rendu sur place afin de voir si l’on n’avait pas touché au corps.

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Le kiosque était à la même place que l’année dernière et les hommes dessus aussi.
Le ministre Daerden a énuméré les réalisations du gouvernement wallon, sans dire un seul mot de la réalité sociale. J’avais prévu le coup en écrivant le 30 avril au soir :
« Trop d’emplois de hauts niveaux sont en jeu, trop de ministres, de pourvus qu’il faut flatter. L’influence est à ce prix. Le PS ne peut pas renier ses participations, mettre en péril la carrière de ses collaborateurs, en rompant avec la droite et le système capitaliste. Pour nourrir ses caciques, il est nécessaire qu’il partage le pouvoir avec les libéraux. Il y a beaucoup de chance que les orateurs vanteront les participations socialistes aux différents échelons de pouvoir.
Gros à parier que ce sera la gauche caviar qui sera au kiosque d’Avroy.
Que la clientèle se rassure, elle aura frappé à la bonne porte pour caser le fiston.
Ils seront encore là demain !
Quoi qu’il en soit, le discours ne sera pas facile. »
Sans être un membre du management de la place Sainte Véronique, j’ai la prétention d’avoir vu juste.
Errant d’un groupe à l’autre sous le kiosque, je me suis rendu compte que les fervents avançaient en âge et que la jeunesse faisait défaut.
Peut-être était-elle ailleurs ?
Me fiant à mon odorat, je mis le cap sur le monument à la Résistance. Il émanait des buissons de troènes l’odeur caractéristique de l’urine humaine due à la Jupiler mélangée au Δ²-androstène-one-17. Mais si on a pu dresser des rats femelles à faire la distinction entre une urine produite par un mâle normal et celle produite par un mâle castré, personne ne m’a appris la différence olfactive entre un militant socialiste jeune et un autre de la génération Cools.
Revenu de mon erreur et toujours en quête d’une jeunesse socialiste, je me suis rappelé le passage du blog du 30 avril qu’hélas personne ne verra jamais, à propos des questions d’argent dont les jeunes sont si souvent à court, alors que je ne voyais pas les gens du kiosque à court de monnaie.
« Le métier qui veut ça. Le métier des gens qui ont trouvé le moyen de vivre de l’argent de la politique et qui se mettent durant une journée au service de ceux qui tirent l’argent de leur travail. Deux mondes parallèles et qui ne se rejoignent jamais, par conséquent.
Vous ne verrez pas de la grosse galette à la Tribune, malgré l’envie noire de s’y vautrer, ils en vivent, mais sans excès à quelques exceptions près. Ce sont des modestes…Non, il n’est question que de quelques poignées d’euros qui distinguent celui qui vit dans de bonnes conditions et celui qui ne le peut pas. Essentiel pas en avant, promotion inespérée de la grenouille qui ressemble à un bœuf sans exploser.
Bien sûr, dans la foule qui entourera le kiosque, il n’y aura presque pas de pauvres. Il n’y aura que des demi échecs ou des demi réussites. Ceux qui doivent tout ou presque au « PPPParti »! Employés des Communales en rose et contre tout, affidés de Comité, Mutuellistes, guichetiers de la FGTB, compères qui placent leur famille, ribauds de troquet qui ont deux mots à dire à un échevin, placeurs bénévoles des chaises de meeting, porteurs de serviette, tous à l’admiration de la Fédération liégeoise, braves gens sans doute pour la plupart, mais trop intéressés ou pas assez critiques pour comprendre grand-chose au drame de ce parti dont on ne retiendra dans l’histoire que sa collaboration avec une droite qui demain sera la pire de toutes au dernier acte de la tragédie capitaliste, quand le capital disposera de la richesse produite du travail, sans donner presque aucune contrepartie, quand le monde sera exsangue de tout ce qu’ils auront dilapidé….
Comment les gens de tribune retrouveraient-ils l’angoisse du pain quotidien, pour en restituer l’accent authentique à la face des pauvres, eux qui vivent une réussite qui doit à tout le monde, c’est-à-dire à personne ?
Les médiocres «Un tiermondiste, deux tiers mondains » nous feront la leçon. »
Et je concluais le blog prémonitoire par quelques accents retrouvés du temps jadis qui comptait plus de sincères que d’escrocs :
« Que cela ne nous empêche pas d’honorer les millions de travailleurs qui, de par le monde, ont réalisé et construit de grandes choses.
En ce Premier mai 2006, bien des discours seront prononcés, mais ils le seront de telle manière qu’on les ressent déjà comme des crachats ! »
Là-dessus, ce premier mai, l’orchestre qui joua l’Internationale jouait plus faux que celui de l’année dernière, pourtant c’était le même, les cuivres aussi étaient déçus !