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31 décembre 2006

Saut à la corde dans le néant.

Chacun y va de son petit couplet après la pendaison de Saddam.
La violence de cet homme du parti Baas a fini par se retourner contre lui.
Ce qui est déroutant, c’est qu’on le pende au moment où il n’est plus en mesure de perpétrer de nouveaux crimes.
Il paie pour ce qu’il a fait, c’est entendu.
Mais, lorsqu’il était « l’homme providentiel » des Américains dans la guerre contre l’Iran, il était déjà coupable de nombreux crimes. Les scrupules de Bush père n’étaient-ils pas à la hauteur de ceux de Dobeliou ?
Bien entendu les démocraties occidentales complices courent toujours, selon le vieil enseignement que la politique n’est pas la morale.
Saddam, réputé intelligent, aura été submergé par la haute opinion qu’il avait de lui-même et son absolue foi en sa bonne étoile. Avec le simple bon sens d’un Hafez el-Assad, aussi criminel que lui, la retenue pleine de ruse de Khadafi, il aurait poursuivi sa carrière de dictateur sans encombre, comme ceux, un peu partout dans le monde, qui sont toujours à la tête des pays qu’ils dirigent d’une poigne de fer.
Reste l’image d’un homme de 69 ans que l’on pend.
Ames sensibles s’abstenir.
Les abolitionnistes s’enflamment. Il n’aurait pas fallu pendre Saddam, ni les autres responsables des brutalités collectives, des massacres et des génocides. A ce raisonnement se greffe l’idée d’un tribunal international qui exposerait à vie les artistes du crime à l’attention des foules dans une prison modèle.
S’il y a bien une espèce qui n’a pas trop mal réussi dans le crime, c’est bien celle des criminels d’Etat qui, à part quelques exceptions, meurent dans leur lit à un âge respectable, entourés de l’affection des leurs, avec des obsèques filmées pour l’actualité.
On pense au tout dernier, Pinochet, émule du Caudillo. Même si quelques malchanceux : Mussolini pendu à un crochet de boucherie, Ceausescu et sa femme passés à la mitraillette, n’ont pu rallier l’éternel dans de bonnes conditions.
A quelque chose malheur est bon. Il est naturel que parfois les grands aient des cous qui connaissent le poids de leurs culs. Autrement, le déséquilibre de la justice serait davantage aggravé de l’impunité des tyrans. Les croyances anciennes pourraient faire croire au peuple, que les puissants sont des substituts de Dieu, quoique la fin de Louis XVI les ait démenti sur ce point.
Cela démythifie les dictateurs qu’on les sorte de leurs palais en brisant quelques vases, pour montrer aux peuples qu’ils sont comme tout le monde, et de les pendre ensuite, afin de montrer qu’ils sont mortels.
On a bien décapité et brûlé le Chevalier de la Barre à l’âge de 19 ans pour ne pas voir enlevé son couvre-chef au passage d’une procession, et cela ne date pas du moyen-âge. Il y eut, depuis, tellement d’innocents qui payèrent de leur vie des changements de régime, des prises de pouvoir que de cette époque à nos jours, la liste en serait fastidieuse.
Pourquoi faut-il que se soient toujours les lingères qui montent sur l’échafaud pour la disparition d’un mouchoir dans la garde-robe de leur maîtresse ?

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L’ennui, c’est que le plus souvent les despotes déchus sont remplacés par d’autres aussi cruels, si bien que les justiciers ne valent à leur tour que le prix d’une corde.
Mais, pendant quelques jours, ils auront incarné la Justice. Ils auront été le symbole d’une action réparatrice des deuils et des sévices du dictateur déchu.
Saddam a fait trembler son entourage. Il a brillé de suffisance à l’étranger. On se rappelle l’interview de Patrick Poivre d’Arvor, plié en deux, arpentant à la suite du raïs les couloirs du palais de Bagdad. On l’aurait cru à une demande d’augmentation chez Etienne Mougeotte.
Alors, Saddam était un chef d’Etat respecté par toutes les démocraties.
L’ami de l’Europe, quelques années plus tard, se fera prendre dans un trou à rats près de son village natal, où, suite à une dénonciation, les Américains iront le cueillir.
Il ne sera pas mort au milieu des ruines de son palais, les armes à la main. C’est dommage pour sa légende ; mais, finir pendu, c’est plus dans la manière des criminels à son image.
Cette exécution est-elle opportune ? Ne va-t-on pas taxer les autorités irakiennes sous contrôle américain d’avoir obéi à l’occupant ? Bien sûr, une partie de l’opinion musulmane en fera un martyr. Les attentats en Irak se poursuivent. Les Américains, avec ou sans l’ombre de Saddam, ne sont pas prêts de sitôt à voir le bout du tunnel.
Une seule chose est sûre, depuis l’assassinat de Jules César, aucun tyran ne meurt de façon anonyme, même ceux qui finissent dans leur lit. On dirait qu’ils ont besoin de prendre l’humanité entière à témoin de l’injustice qui leur est faite de ne pouvoir survivre en augmentant leur vie de celles qu’ils ont ôtées aux malheureux.

30 décembre 2006

La fin ?

N’en déplaise à « cher Elio », cohabiter avec les Flamands va devenir un exploit ; car, tout nous sépare.
On n’a jamais tant mesuré les différences du monde latin et du monde germain, aujourd’hui en Belgique.
Il arrive un moment où ces différences deviennent si pesantes que loin de nous enrichir, elles nous appauvrissent. On ne voit plus qu’elles !
Question niveau de vie, nous subissons de plein fouet le capitalisme qui se mondialise et auquel ne peuvent s’opposer que les démocraties fortes avec une chance de succès.
Plus personne ne croit vraiment au fédéralisme, qui n’a jamais réellement bien fonctionné puisqu’il n’est pas conçu pour « fédérer » mais pour empêcher de « dissocier ».
La Belgique avec son système bidécisionnel que chapeaute le gouvernement fédéral ne peut engendrer que des décisions d’atermoiements. C’est-à-dire de compromis dont le principe est l’immobilisme. La règle des deux tiers dans certains cas est le propre des sociétés qui se font peur à elles-mêmes et qui ont inventé un système de blocage qui remet la querelle à plus tard, tellement, qu’elle finit par se changer en ressentiment.
La Belgique est ingouvernable ou, si l’on veut chipoter sur les nuances, n’est plus gouvernées.
Chaque « solution » imaginée par le Fédéral est partiellement, voire entièrement, une mise au placard. Il arrivera un moment où le placard débordera. Nous n’en sommes pas loin.
En termes d’efficacité, il est temps que nous nous séparions des Flamands et que nous apprenions à vivre seuls, si nous voulons demain, avoir une opinion publique wallonne qui soit respectée par son exécutif, comme la Flandre puisse l’être du sien.
Le constat est clair : nous avons autant de points communs avec les Flamands qu’un Fox-terrier avec un Chow-chow. L’opinion publique belge est encore à trouver, si ce n’est dans les chansons de Salvatore Adamo. La différence est perceptible rien qu’en prenant le train pour Gand ou Bruges en venant de Liège ou de Charleroi. La démarcation existe bel et bien, quand le contrôleur du train oublie l’une ou l’autre langue en franchissant une frontière linguistique pas si imaginaire que cela. Pour un Wallon, voyager en Flandre, c’est voyager à l’étranger.
Nos programmes télé sont différents, nos goûts, nos tendances politiques, nos émotions sont tellement autres que ce n’est plus la peine d’essayer de trouver ce qui pourrait « coller » tant tout est inassociable.
Les Wallons passent pour des profiteurs fainéants, les Flamands pour des racistes égoïstes. Nous banalisons nos différences par des clichés que le moindre raisonnement balaierait si nous ne renforcions pas nos disparités avec des stéréotypes faciles.
Evidemment, en Flandre, le Vlaams belang fait ses choux gras de ces profondes différences. Il est parvenu à faire croire aux Flamands qu’ils sont une race à part, supérieure aux Wallons.
L’arrondissement Bruxelles Halle Vilvoorde est le clou dans la chaussure du Fédéral qui va faire mal après les élections pour la constitution d’un gouvernement. A moins d’un miracle, celui-ci ne résoudra la crise qui s’annonce qu’en remettant la chose au placard. Et si cet obstacle est surmonté, gageons, qu’une fois de plus, ce seront les francophones qui en feront les frais, suivant le principe que la force et le nombre triomphent toujours du droit en Belgique. On croira avoir tout résolu, alors que ce sera un pas de plus vers la séparation.
Cette séparation tant appréhendée par les partis francophones va finir par s’imposer à tous comme étant le moindre mal dans un couple où les parties ne se respectent plus.

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Un autre défi après BHV est la qualité des soins de santé. Pendant que dans la Communauté européenne les soins de santé rencontrent de grandes difficultés, on entend dire en Belgique que tout baigne. Cette analyse ne tient pas la route. Elle n’est accréditée dans les milieux de la santé que parce que l’on craint une scission des Communautés. C’est ainsi que nous avons été incapables de mettre en place un système « universel » des soins de santé, à cause des différences de régime d’une région linguistique à l’autre.
Et de quelque côté que l’on regarde, chômage, armée, justice, diplomatie, on se heurte à des concepts si différents d’organisation de l’Etat que ce n’est plus du tout raisonnable de s’entêter à vivre ensemble.
Enfin, en voulant multiplier les pouvoirs de décision en-dehors du fédéral, les solutions fédératives ne sont arrivées qu’à augmenter formidablement le système PS de clientélisme et à faire de ce parti, on l’a vu à Charleroi, un véritable frein à la liberté et au progrès de tous.
Les hommes politiques de Wallonie sont attachés à l’Etat belge et n’en veulent démordre. Francis Delperée, belgicain convaincu, résume à lui seul le syndrome d’une scission comme cataclysme dans l’intellect de l’Haut-lieu francophone : « Le confédéralisme, c’est le fédéralisme des cons. ». C’est presque du Richard III, tout au moins dans la forme. Ce n’est pas, évidemment, en tenant de pareils propos, que le schmilblick avancera d’un pouce.

29 décembre 2006

Meilleurs voeux pour… 2008 !

On arrive à la fin de 2006 et j’en suis toujours à me demander si on n’a pas intérêt à sauter 2007 ?
Ainsi nous passerions sur une année, somme toute détestable si c’est la réplique de 2006.
Je présente donc mes vœux pour 2008.
Un an de sauté vaut mieux qu’un an de gâché.
Qu’aurions-nous vu Noël 2007 ? Des apitoiements tardifs sur les SDF, ces pauvres diables dont on ne parle qu’entre les deux réveillons et qui sont ignorés le restant de l’année.
On éviterait le nouvel an 2007 où il est de bon ton d’embrasser et de congratuler avec un enthousiasme feint, la famille qu’on ne voit que ce jour-là ; couper au bilan de la politique et des sports et gommer les morts célèbres de l’année !
-Chose est mort ! Vous savez, celui qui jouait dans « La Cité glauque »…
Nous nous arracherions ainsi à l’infantilisation générale des mentalités. (Adorno).
On n’évoquerait pas le drame de Charleroi, dévoilant la dispute du PR et du PS de 2007 à la loge maçonnique de la Charité qui, comme son nom l’indique, devait logiquement commencer par elle-même.
Nous glisserions par la même occasion sur les législatives et sur les remerciements de Di Rupo à Van Cau pour l’excellente tenue du PS. Nous ne verrions pas le nouveau succès de Michel Daerden et son discours lorsque, pris de vin, les yeux lui sortent de la tête
Un retour, celui de Guy Coeme. Et cette remarque amère d’un MR « Plus on écope en justice, plus on galope dans les sondages. On se demande s’il n’y a pas là, sociologiquement, un débouché sérieux pour la réinsertion des délinquants ? »
Nous ne nous retrancherions pas derrière la frontière linguistique à guetter l’âme nietzschéenne flamande, grâce au canular de la RTBf. Peut-être même en 2008 serions-nous dans deux Etats distincts avec les Flamands, après avoir sauté les fracas à tout jamais inconnus de notre séparation et les pleurs de l’Haut-lieu wallon !
Les personnels des tramways et autobus ne s’arrêteraient pas à propos de tout et de rien, pendant l’année qui n’existerait pas. Je suis bien d’accord avec eux. On devrait pouvoir piloter les engins de transport public, en pantoufles, du PC de sa cuisine. Le vicomte Davignon l’a bien fait pour plus de passagers, l’année où il s’est mêlé de sauver notre aviation civile, année qui, par ailleurs, aurait bien fait d’être inexistante aussi.
Les nominations à tout va des chevaliers, barons et Comtes (plus rares) de Belgique auraient été neutralisées. Ce qui n’aurait pas terni le clinquant des nouvelles cartes de visite, puisque dans le domaine de l’esbroufe nous n’avons pas besoin du roi pour en jeter.
On aurait à la rigueur fait une exception à Philippot (un nom à consonance louis-philipparde) de la RTBf. Le baron Philippot, ça sonne trop bien comme dans un roman de Balzac, pour s’en priver en 2007.
On ne se serait pas demandé pourquoi il n’y a pas de marquis sur les listes d’attente nobiliaire ? Alors, qu’il y a tant de questions sérieuses auxquelles nous ne pensons même pas !
- Monsieur le marquis Claude de chez Fritex vous invite…

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Non, 2007 n’aurait pas été vulgaire…
Enfin, nous nous réjouirions que nous n’en sommes pas au point où la moitié de l’Irak séquestre l’autre, et où la troisième moitié (oui, c’est ainsi, il y a trois ou quatre moitié en Irak) fait la guerre aux autres (débrouillez-vous avec lesquelles). De même, les américanophiles n’auraient pas assisté au désastre de l’Armée américaine et la découverte que Dobeliou Bush aurait été victime du syndrome de Falta, le jour où il s’est effondré sur le quatre millième marine rapatrié post-mortem.
Un ennui : Saddam n’aurait pas été pendu. Mais on aurait pu le pendre en 2008.
Nous ne saurions pas si c’est la bande de Gaza qui séquestra Israël ou la bande venue d’Israël qui séquestra l’autre.
L’humanité aurait économisé quelques milliers de morts innocents ; mais, quelques crapules seraient encore en vie…
Je n’aurais pas eu à supplier les oies et les canards de pardonner aux amateurs de foie gras et de cholestérol l’hécatombe de laquelle ils auraient échappé en 2007.
Ni à me soigner de l’urticaire des conversations éprouvantes que j’aurais évitées grâce à cette parenthèse, lors des nombreuses fois où j’ai parlé pour ne rien dire.
Le bilan auquel nous aurions échappé mérite que l’on s’y attarde ; cependant parler d’un bilan lors même que l’année dont il se réfère n’existerait pas paraît difficile. Nous eussions laissé ce tour de force à l’aigle de Mons.
Il aurait fait cela très bien en gagnant des cœurs.
Aussi ne célèbreré-je pas 2007 (je sais que le « é-je » est toujours surprenant, mais c’est une des possibilité de la langue française que je salue au passage).
Et puisque, par l’effet de la baguette magique nous abordons 2008, je me souhaite la réussite que je mérite, j’espère que le miroir ne me trahira pas et que je me trouverai de plus en plus beau et désirable. Ce en quoi je rejoins la pensée intime de tout le monde, sauf qu’il n’y a que moi qui ose exprimer ce que les autres pensent, comme il va de soi, depuis fort longtemps.

28 décembre 2006

Fin prêt !

-Qu’est-ce qu’on va encore s’emmerder le jour de l’an !
-Parle pour toi.
-Ha ! parce que toi…
-Oui, môssieu, je sors…
-Tu n’as pas d’ami, tu es incapable de pousser la porte d’une boîte tout seul, tu ne sais pas danser, et tu sors !
-Parfaitement.
-Pour faire quoi ?
-Tu es miro, ou quoi ? Tu n’as pas vu mon look ? Je vais draguer, parole, de la minette à la quadra qui a le feu aux choses. Je les veux toutes…
-Toi draguer ? C’est la meilleure… Comment tu vas t’y prendre ?
-J’ai établi mon programme. Je vais d’abord à une conférence de Comte-Sponville sur la séduction « du milieu bourgeois, au milieu carcéral ».
-Ça débute fort. Note que je ne vois pas le rapport entre les milieux.
-Moi non plus. C’est une coquille sur l’affiche. C’est peut-être en milieu monacal, ou je ne sais quoi… Tu connais le zigue, agnostique avec des bouffées d’enfant de chœur…
-La drague passe par le baratin de Comte-Sponville, philosophe mais mondain ?... Comme tu y vas.
-Je profite d’un billet gratuit numéroté que mon père m’a filé.
-Tu veux dire qu’il t’oblige d’y aller, parce que t’es nul en philo ?
-Dans la salle, il y a peut-être une ou l’autre personne qui est là pour renifler du mâle. Tu vois ce que je veux dire ?
-Et toi, à l’affût, hop, tu interviens ?
-Mon vieux, pour la drague tous les terrains sont bons.
-Et si ta croustillante voisine te demande si tu n’aimes pas mieux Michel Onfray, que l’André Comte machin… qu’est-ce que tu vas répliquer ?
-C’est qui Onfray ?
-Tu vas lui dire ça ?
-Non. C’est juste pour me renseigner.
-Laisse tomber. Et si tu fais chou blanc, où tu vas pour la suite ?

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-En boîte.
-Tu danses pas !
-Je repère un truc bourré. On s’agite, on danse pas. Je sais m’agiter. Tiens, comme ça…
-Fais gaffe, il y a des gens qui nous regardent. Et là t’espères…
-T’entends quand même ce qu’elles pensent de moi, les boudins de l’école ? Séducteur, dragueur, plaisant, tout ce qu’il faut. A l’Athé de Montegnée, je me retiens. Si je voulais, elles seraient toutes en cloque, tu vois le tableau ?
-Le soir du réveillon tu vas foncer…
-J’aime autant de te dire qu’elles vont devoir serrer les fesses.
-A ce point ?
-Ouais. J’hésite encore sur le choix de la boîte. Il y a un bal à Fexhe-le-Haut-Clocher et un Country-Band dans la salle d’Anthisnes.
-En mobylette, Anthisnes, c’est pas trop loin ?
-Surtout si c’est boueux, rapport au bas du pantalon…
-C’est finalement à Fexhe que tu vas faire un malheur, après Comte-Sponville ?
-Probable. A moins que Solange me réclame pour autre chose.
-Justement Solange. Elle m’a dit de te dire que c’était plus la peine de la reconduire le soir en mobylette chez elle, qu’elle a trouvé un autre qui a une voiture.
-Elle t’a dit ça ?
-Même que si elle n’avait trouvé personne qu’elle t’aurait quand même dit que tu ne l’attendes plus. Tu comprends, c’est gênant pour ses copines. Paraît, que tu fais ringard.
-Faut croire que je l’ai drôlement secouée pour qu’elle n’ose plus m’aborder. La séduction, ça transpire. Je fais ringard, moi ? T’as vu la marque de mon jeans ?
-Justement, voilà vingt ans qu’on les fait plus. Elle dit que tu mets ceux de ton père. Puis, t’as les mains moites.
-Elle me désire, la vache. Je le sens quand elle se colle à mon dos et que je fonce à trente à l’heure rue Saint-Nicolas…
-La dernière fois, elle a préféré faire le reste du chemin à pied tellement tu devenais collant… Même que tu as voulu l’embrasser et qu’elle t’a fichu une baffe.
-C’est comme l’amie de ma mère. Toute folle de moi.
-Elle t’a fichu une baffe aussi ?
-Elle trouve que je regarde trop dans ses décolletés et que la dernière fois, comme j’étais en culotte courte, que ça se voyait un peu trop.
-Eh ! t’as tout pour plaire… le look, la pulsion, le charme, te reste plus que l’autorisation de rentrer après minuit, parce que, je te signale, la drague s’assure après le réveillon.


27 décembre 2006

La peur des autres.

La désormais célèbre émission de la RTBf sur la scission de l’Etat belge avait été diffusée pour que les francophones aient un vrai débat sur les relations entre Wallons et Flamands.
De ce point de vue, hormis l’initiative de la rédactrice en chef du Soir et son homologue flamand du Standaard, c’est plutôt raté.
Il n’y eut aucun débat populaire d’ampleur. L’émotion des premiers jours est retombée comme un soufflé dans l’assiette des fins d’année. Les sanctions annoncées à grands renforts de cris effarouchés n’ont heureusement pas emporté les journalistes et la direction de la RTBf. La ministre ne prendra aucune sanction et Philippot touchera en 2007 son traitement de faire-valoir officiel, comme d’habitude.
Malgré tout, certaines petites choses ont cristallisé aux yeux des observateurs. Elles sont susceptibles de nous éclairer sur le comportement des chefs des partis francophones.
La principale est une fureur des premiers jours, qui est à la mesure de la peur permanente des responsables flamands.
Cette peur dans le chef de Di Rupo tient aussi à son attachement maladroit à la monarchie. Un attachement assez surprenant de la part d’un socialiste en général plus républicain qu’on ne l’est dans les autres formations, si l’on tient compte du prolongement secret du PS dans les loges maçonniques où il est de bon ton d’afficher à côté d’une laïcité sans faille, un bel esprit républicain.
Assez fin politique, l’aigle de Mons a perçu que la base populaire du parti a beaucoup changé depuis les années soixante. Aussi n’est-il pas trop déphasé de l’opinion des sections locales impressionnées par la crainte de perdre beaucoup dans une aventure séparatiste.
Enfin, la peur en un mot, si elle n’est pas de la même veine au sommet qu’à la base du parti, a rendu Elio Di Rupo fort circonspect avec les « gens d’en face », y compris avec le SP qui prend parfois des initiatives redoutées chez les francophones bruxellois. Cette frousse ne date pas d’hier. Son origine nous vient de l’échange de Comines contre les Fourons dans les débuts de l’appétit flamand. Devant l’indignation quasi générale en Wallonie, le parti dirigé à l’époque par Léo Collard a cru redresser sa position compromise en distillant des consignes de prudence à l’égard des Flamands (imprévisibles et versatiles) qui avec le temps et sous l’actuel président se sont muées en une politique de la peur de rompre. Rappelons aussi que le PS exclut les socialistes membres du Mouvement Populaire Wallon !

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Chez Reynders, la prudence a pour fondement le dynamisme et l’impulsion du patronat flamand à la FEB et dans les milieux financiers. Ce parti joue sur l’ambiguïté de l’appartenance à une bourgeoisie traditionnellement apatride et un vernis social voulu par Louis Michel. L’actuel président pense que les remous nationalistes et tous les séparatismes en général aboutissent à un climat qui n’est pas favorable aux affaires. Marchand dans l’âme, ce parti confond l’Etat avec un souk et ne désespère pas du mercantilisme gisant quelque part sous les strates des nationalismes les plus enracinés. D’une certaine manière, Reynders est tout aussi attaché à la monarchie que Di Rupo ; mais ses raisons se fondent davantage sur les intérêts de classe que sur le mouvement compulsif du PS. Il est de cette manière bien plus près des réalités du personnel d’Etat, parlementaires et fonctionnaires, que sont rival. L’apparatchik libéral est convaincu que la seule manière de préserver son statut est dans un fédéralisme de salon qui ne touche pas aux privilèges, mais prodigue, au contraire, la multiplication des emplois politico-administratifs de haute capacité salariale, dont il est friand. Tout cela est fort éloigné des propos du vieux de la veille, François Perrin et même de Jean Gol, qui,sur le tard, avait des bouffées estudiantines de sa jeunesse gauchiste.
Le CDh n’a pas conservé du PSC le goût du séparatisme que certains Chrétiens, influencés par Gendebien, avaient, malgré le chauvinisme royaliste d’un Nothomb et le mercantilisme tendance PRL d’un Deprez. Ce ne sont pas les constitutionnalistes attardés, universitaires accrochés aux wagons par une Milquet opportuniste, qui referont de ce parti un mouvement basculant dans la politique d’une Wallonie indépendante.
Que vont-ils bien imaginer pour nous « punir » geignent les électeurs qu’un récent sondage accuse de méfiance et de pessimisme à l’égard des politiques.
Les Flamands sentent qu’ils ont devant eux des gens bon à tout pour qu’on ne prononce pas le mot « séparatisme » et sonne la fin de la Belgique. Ils jubilent et ils ont raison. Ils sont secrètement content qu’une Belgique où ils sont les maîtres possède encore tant d’attraits pour les Wallons et les Bruxellois et, finalement, pour eux aussi, dans de telles conditions.
Nos profils bas francophones devraient lire les déclarations de Steven Vansteenkiste au journaliste Philippe Dutilleul « Si demain, dans une Flandre indépendante, les citoyens ont le sentiment d’être moins bien traités que dans le cadre de l’Etat belge, ils risquent de se retourner contre les dirigeants qui auront négocié cette autonomie », pour savoir qu’il n’y a pas un seul Flamand, en-dehors du Vlaams belang qui prendrait aujourd’hui une telle initiative.
Il est vrai que lorsqu’on ne maîtrise plus ses sphincters devant un adversaire, on n’a plus qu’une idée, se pourvoir en papiers toilette !


26 décembre 2006

Où on va ?

-C’était bien ?
-C’était pas mal chiant.
-Qu’est-ce que t’as foutu ?
-Pas grand-chose. C’est vers minuit que ça n’a plus marché.
-T’as fait ?
-Je voyais tout qui tournait, puis je me suis mis à dégueuler derrière le sapin.
-Dans un dernier réflexe pour pas qu’on voie ?
-Sauf qu’entre les glaviots, j’avais des sourds gémissements, bref l’horreur.
-T’as pas vu Julio Iglesias ?
-Il est superbe. Ma femme l’adore. C’est le seul avec qui elle aurait une liaison sans que je sois jaloux. Son père a tout gâché. Il braillait « Chevalier de la table ronde » pendant le concert. C’était ignoble. Mais, c’est à André Rieu que ça a mal tourné. Le violon sirupeux…
-J’ai vu. En live depuis City Hall. Grappelli à côté...
-Ça fait trop chier les réveillons. Toute la soirée à table. On ne l’ouvre que pour bâfrer et picoler. Quand on devrait se taire devant les grands chanteurs, on gueule… Tu peux être sûr que c’est ça qui m’a fait vomir…
-…les autres jours, c’est pareil. On s’emmerde en famille.
-Oui. Les vieux ne comprennent plus les jeunes. Les jeunes n’ont jamais compris les vieux.
-On n’a rien à se dire depuis longtemps.
-On ne sait pas. C’est pour ça qu’on se réunit, pour savoir…
-De ce côté-là, on peut dire qu’on n’est pas déçu.
-Oui, 2006 est pire que les autres années.
-A quoi c’est dû ?
-Déjà en temps normal, on fait la gueule. A Noël, on se passe rien. Tout qui sort. Puis, c'est trop long. On tient pas le coup. Les vieux, c'est pareil. Ils débloquent au bout de dix minutes. Ils ont plus l'entraînement.
-On en arrive à la Grande Vadrouille à souhaiter la victoire des Allemands….
-Noël sans neige, comment veux-tu qu’à la télé on fasse du live ?
- A Charleroi, ils auraient bien fait d’attendre le 24 décembre, pour les scandales…
-…qu’on ait au moins un sujet de conversation.
-Ma mère, pire que jamais, m’a demandé si je n’avais pas mis le petit Jésus dans la crèche à Mathilde. Elle s’est mise en tête d’être grand-mère avant cinquante ans…
-Tiens, elle s’appelle Mathilde comme l’autre ?
-L’autre quoi ?
-La princesse !
-La comparaison s’arrête là.

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-Avant, sans la télé, on pétait des marrons sur la plaque du poêle, en crevant de peur que le père Noël vienne nous mettre le carnet scolaire sous le nez. A douze ans, j’y croyais toujours. On sentait que ç’aurait été plus emmerdant encore, en n’y croyant plus.
-Avant, ça se faisait chez ma tante. Elle est morte l’année dernière. On se mettait à table à six heures et on en sortait à minuit, pour dégueuler dans la cour.
-Evidemment, c’est moins pratique derrière le sapin.
-Mais, ça fera de la conversation pour l’année prochaine. On dira « Tu te souviens d’Albin qui a dégueulé derrière le sapin ? » Au moins tu tiens un souvenir.
-Il aurait mieux valu venir au monde orphelin.
-T’as vu l’ambiance des foyers d’accueil ? La cafeteria avec les guirlandes qui pendent des lampes, la gueule des surveillants qui râlent d’être de corvée et la vieille fille du secours catholique pour tirer au sort la console de jeux.
-Il faudrait les tuer tous.
-Une crèche vivante. Celui qui fait Jésus montrerait sa bite aux fidèles.
-Ou plutôt qu’aurait une mitraillette… qu’il y ait des morts.
-Avec le foie gras des super, c’est déjà fait.
-Au moins le jour de l’an, c’est plus vivant.
-Parle pour toi. Moi, le jour de l’an, je pars en boîte.
-C’est mieux, non ?
-L’année dernière, j’ai perdu l’oreille gauche.
-Comment ?
-Trop près des baffles. Y avait plus que cette table-là. J’entends plus de l’oreille gauche.
-Moi, je suis rentré bourré. Ce n’est que le lendemain que je me suis rendu compte que j’avais écrasé quelqu’un !
-C’était qui ?
-J’ai jamais su. En rentrant, on s’est compté. Il manquait personne.
-Et dans les journaux ?
-Aucune trace. Enfin pas sur la Nationale… C’était sans doute un lapin de garenne. Tu te rends compte qu’il aurait pu abîmer ma caisse ?
-Rien que pour ça, on devrait plus sortir ces jours-là.

25 décembre 2006

Un conte de Noël.

C’est pas humain, les piaules de ces gens-là.
De ces énormes chantiers, ouverts d’un côté ou d’un autre, tant et si bien que l’Hermann (Traitement de base et suppléments +/-15.000 € par mois) ne savait où déposer sa pelisse, encombré, qu’il était, de la bûche qui risquait la fonte complète près d’un élément du chauffage central dont le troupeau sortait des caves pour s’arrondir en panses de fonte brûlante, de-ci, de-là.
Les gens pressés croisaient l’Hermann façon sourires et glissades sur la moquette aux Armes.
-Président, mon cher, belle journée. Que fais-tu avec une bûche ?
L’Hermann ne répondait pas tout embarrassé de sa pelisse et de son paquet « Pâtisserie Appelboom et fils » chaussée de Ninove, Bruxelles.
Enfin, un huissier à chaîne (2.370 € brut par mois + ancienneté) fend la presse et s’aplatit en excuses.
-Je ne vous avais pas vu. Pardonnez-moi.
Le tout dit en parfait flamand de Hasselt.
L’Hermann est plein de mansuétude, on le reconnaît, dans des interviews ou à la tribune. C’est lui le rassembleur, l’écouteur, le père sensible, le prêtre du culte, le démiurge de la Société 2006/2007 ; mais, avec le petit personnel : jamais, par principe libéral et distance nécessaire. Sans cela, qu’en serait-il de l’autorité ?
Il grogne quelques mots inaudibles, méconnaissable quand on ne le connaît qu’à travers les fastes « …pas trop tôt. On se demande… Enfin, pour cette fois… ».
Et le voilà qui enfile des couloirs, descend des escaliers, passe sous des échafaudages, évite des bâches qui tremblent au moindre souffle et se délestent de la poussière de plâtre, que des ouvriers (1100 euros net par mois) transportent entre les moulures profondes des chaussures de travail et déposent partout dans l’insouciance de leurs maigres salaires.
Enfin, il accède à un petit local où madame Armande (pension 650 € net par mois + 500 € de libéralités) tricote face à une petite table sur laquelle ses pareils déposent ailleurs que dans ce lieu prestigieux, un plateau avec d’habitude un chiffre allant de 30 à 50 écrit au gros feutre d’écolier.
-Armande, une petite bûche de Noël.
-Oh ! comme c’est gentil, dit madame Armande en jaugeant d’après le volume que l’habile Hermann ne s’est pas fendu de 10 €.
Et comme il s’apprête à pivoter sur ses talonnettes qui le grandissent de 3 centimètres, ce qui pour le prestige est toujours mieux que rien, madame Armande enchaîne : « Il est à nouveau disponible, savez-vous. »
-Ils auraient pu le dire plutôt.
Dans des moments où son rôle de chef mécontent affleure à ses lèvres, Hermann à le même accent de Schaerbeek que madame Armande, pour se retourner dire ce qui précède, avant de rentrer dans le monstre musclé de dorure et paré de glaces biseautées qui fait l’ascenseur quand on le lui demande en poussant sur l’unique bouton doré.
A nouveau dans les salons, loin des affolantes réparations, dans la métaphysique de la moquette, de la suffocante chaleur et de l’intime camaraderie des grandes soirées philanthropiques, Hermann se retrouve et se repaît des prévenances, même goguenardes des oppositions repues.

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-Comment tu vas ?
Dit-il d’un ton pressé qui n’attend pas de réponse.
-Tu as ton discours, ironise un collègue (17.300 brut + bonus par mois.)
-Pas sur la pauvreté, dit finement une dame (8.193 € 94 + frais de bureau) étiquetée comme la fleur (une rose rouge du type qui a servi à tant de quiproquos) qu’elle tient à la main.
Remue-ménage, brouhaha, Hermann fend la foule, avise, se ravise, serre quelques mains. En cette veille de Noël, c’est le style bon enfant.
Dehors les voitures tournent autour du parc, pétaradent. Les magasins sont pris d’assaut. Dans les cafés, les garçons ne rendent plus la monnaie sur les billets : c’est Noël !...
Quelqu’un (16.000,05 brut par mois) dit en regardant par la fenêtre, entre les lourdes tentures en soie de Lyon, toute la ville illuminées en contrebas et qui s’étale dans la grasse opulence des débuts de fête et de foies gras aux vitrines des traiteurs :
-Où sont les pauvres ?
La longue table, derrière laquelle s’évertue les laquais (1100 € net par mois) en chamarrure et les maîtres d’hôtel(1150 € net par mois) en pingouin, brille des mille éclats des baccarats dans lesquels pétillent en esprit blond la cuvée spéciale de la Nation offerte à ses brillants enfants.
Les verres s’entrechoquent. Les voix forment un tapis de son comme un écho de la mer à Ostende. La cloche de toutes les marées de l’ivresse retentit…
De son stylo Pélican en or blanc, Hermann fait cliqueter le cristal.
Les derniers bruissements des irréductibles de la corde vocale s’éteignent malgré les réticences.
Hermann n’est jamais si à l’aise que regardé. Sa barbe, son allure, son torse redressé, la tête légèrement en arrière, il est au-dessus de la cohue. Le regard portant sur la légère ligne de poussière de la corniche en stuc du plafond, sans voir personne, mais en regardant tout le monde, il prononce enfin quelques mots.
-Avant toute chose, avant même d’offrir les cadeaux aux enfants du personnel et saluer (il fait un geste large) mes confrères ici présent, je voudrais adresser à nos compatriotes qui ont froid et qui ont faim en cette veillée de Noël, des paroles de réconfort et d’espérance et leur dire combien nous pensons à eux…

24 décembre 2006

RELATIVISME ET PHILOSOPHIE

Les rapports de l'universel et du relatif, c'est toute l’histoire de la philosophie.
Les Grecs, en inventant les voyelles (voir phonèmes), ont démocratisé l’écriture. La lecture devient "transparente" et ouverte à tous du moment que le scribe n’en détermine plus le sens.
Cet accès à l’écriture confronte les discours (discursifs contre intuitifs).
Parménide (l’être est immuable) et Héraclite (l’être change) affirment des vérités contradictoires.
Les Sophistes fondent la Rhétorique (l’art de l’argumentation) et témoignent du scepticisme qui entache toute théorie.
Socrate, Platon, Descartes, Kant, refondent la philosophie sur la critique d’un scepticisme intuitif, et sur l’échec du sens dont pourtant ils témoignent.
La philosophie démontre l’insuffisance de tout savoir, en même temps, elle témoigne que la seule manière d’atteindre à l’universel, c’est par le dialogue critique.
Hegel, dans son œuvre, a abordé la fonction du scepticisme dans la dialectique.
Les trois Discours exclusifs : théologique, scientifique et moral, se développent en stades successifs : thétique (axiomatique – vérité non discutable), après s’être opposés à l’antithétique (scepticisme) pour s’imposer dans le stade parathétique (dogmatique).
La philosophie ne se réduit pas au relativisme. Elle doit en produire la preuve.
Le doute de Descartes aboutit à une certitude absolue dès qu’il est poussé à ses conséquences extrêmes.
L’homme peut, selon les manières dont il se comprend lui-même et se veut comme tel, déterminer et accomplir l’essence de la subjectivité. L’homme de l’époque des lumières n’est pas moins sujet que l’homme-nation. Comme lui, il se veut le peuple et se donne tous les pouvoirs pour devenir le maître du monde.
La liberté moderne de la subjectivité se fond dans l'objectivité lui correspondant.
Rien de plus universel qu’un relativisme ou un historicisme bien assumé (Le scepticisme s'accomplissant est l'historicité de l'histoire. Heidegger). Hegel montre que le plus singulier rapporté à ses conditions devient la loi universelle.
Sartre qualifiera la phénoménologie de relatif absolu.
On touche au relativisme fondamental d’interprétation quand la signification d’un texte ne se comprend pas d'emblée. Une interprétation est alors nécessaire Une réflexion explicite est nécessaire sur les conditions qui font qu’un texte a telle ou telle signification. Le premier présupposé du concept d'interprétation est le caractère étranger de ce qui est à comprendre.
Le relativisme, comme tout scepticisme, ne se maintient que sur un mode partiel. Il s'appuie en fait sur une certitude universelle et ne s'applique qu’à un savoir second, mineur par rapport au savoir premier.

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La Dispute est remplacée par la Lutte, qui "ignore" le Scepticisme.
En se dogmatisant, la théorie échappe à l'intellectuel et passe à l’homme d'action, en cessant d’être une notion théorique proprement dite.
Le présupposé du relativisme est que tout point de vue partiel tend à s'imposer à l’universel, c’est-à-dire, en fait, à s'opposer au relativisme. La défense du relativisme est donc, d’abord, une position politique de tolérance laïque et d'insoumission à la vérité dominante. C’est la nécessité de la critique des positions dogmatiques. Il n’est pas vrai, pourtant, que cette critique soit réduite à la pure équivalence de tous les discours. Au contraire, c’est le discours dogmatique qui s’en trouve réfuté.
L’universel de la vérité ne disparaît pas pour autant mais se dissout comme objet pour devenir sujet, processus (Hegel) où le relativisme est un moment de l’universel. Il n’y a de vérité que par et dans le discours effectif. La vérité se déploie dans le discours comme surmontant l’erreur (le faux est un moment du vrai), d’une errance (Heidegger L’essence de la vérité) ou dans la confrontation avec une contradiction. Il n’y a pas d'autre vérité que celle qui nous concerne concrètement, pratiquement ("Ce qui limite le vrai ce n’est pas le faux c’est l'insignifiant" René Thom). La dialectique historique rassemble les positions opposées qui ne sont pas purement et simplement là depuis toujours et indifférentes. Le relativisme des positions, revendiquée par Marx comme lutte des classes, est toujours provisoire, lutte pour l’universel et déterminé par la totalité du système économique où elle s'engage. Il n’y a de liberté, d’existence, de sens et d'universel que pour nous, dans la finitude de notre être mortel ; mais la conscience de notre propre disparition est la présence de l’universel au cœur de notre intimité. Le discours qui nous constitue nous précède et porte au-delà. Notre singularité ne prend sens qu’en s'inscrivant dans cet universel, comme cet universel ne prend corps qu’en s'incarnant dans une finitude singulière.
Dans de nombreux domaines (langue, morale ou politique) « il y a vérité de ce côté des Pyrénées, erreur au-delà ». L'arbitraire des codes est une dimension essentielle de nos habitudes langagières, même si un examen minutieux montre que cet arbitraire apparent est entièrement déterminé par des contraintes locales (Aristote ramène l'arbitraire des constitutions politiques à des contraintes militaires). Le relativisme est donc la nécessité de s'adapter à des environnements différents, des positions, des histoires différentes. L'opposé du relativisme est la prétention d'imposer le même modèle à tous sans discrimination (totalitarisme). Cet aveuglement fanatique, qui est négation de l’autre et idéalisme simplificateur, a montré toutes les dévastations dont il est humainement capable. Le relativisme qu’on lui oppose est pourtant, ici, le parti de l’universel contre le particularisme, car il se veut point de vue qui s'élève au-dessus de sa propre particularité, de ses propres croyances. Le problème du relativisme devient donc celui de la rencontre de l’Autre et non la conservation d’une tradition, d’une identité ou d’un patrimoine.
Pour Lévinas, c’est la présence de l’Autre qui s'adresse à nous par son visage. Cette objectivité est ce qui fonde le relativisme essentiel de la rencontre de l’Autre et la nécessité de l'intervention d’un tiers comme arbitre impartial (Kojève) pour rétablir une juste égalité. Le relativisme est ici incontournable, mais pour s’abstraire dans le jugement d’un tiers où se fonde l'objectivité intersubjective de la science même. Le relativisme peut devenir le refus de cet arbitrage, rejetant toute communauté avec l’autre, fermeture au discours et à l’argumentation. Habermas insiste à juste titre sur l’universel de la raison produit par l’argumentation discursive, où se construit mon unité avec la collectivité. Comme la liberté, l’universel n’existe qu’en acte, c’est-à-dire dans le discours effectif.
Selon qu’on interprète le relativisme comme évidence simple d’une diversité irréductible ou qu’on en dialectise le contenu, c’est une dangereuse réfutation de l’universel ou ce qui le constitue au contraire comme exigence.
La prétention des cultures à se protéger est un refus du dialogue, de la parole de l’Autre. Il faut, bien sûr, protéger les peuples menacés et leur industrie ; mais, on ne peut se refuser au discours, à la rencontre ; on ne peut réfuter l’universel qui nous rassemble. C’est à cette prétention que nous devons le nazisme et qui ne s'explique, dans sa barbarie, qu’en réaction à l'universalisme français qui avait été détourné par l’Empire en instrument de domination et de négation de l’autre.
Êtres de parole, nous appartenons à la langue commune de tous les discours qui nous sont adressés et auxquels nous devons répondre. Aucune position ne suffira à rendre compte de notre liberté de mouvement, mais notre différence, notre position singulière, ont bien un sens pour tous ; nos oppositions sont structurelles (Lévi-Strauss), comme "Les parfums, les couleurs et les sons se répondent". Car l’universel n’est pas la négation de la finitude et de la singularité mais ce qui en est le fondement nécessaire pour qu’une existence puisse s’en détacher.

23 décembre 2006

Au train où ça va…

On ne savait pas que les chemins de fer allaient jouer un si grand rôle à Liège.
Liège, cité ferroviaire ? Voire.
Les gares des Guillemins et du Palais entrent dans les annales du rail et de la justice…
Ça travaille trop les Autorités pour que la chose ne reste pas trop longtemps pendue sous notre nez. La gare monstrueuse et étonnante, conçue comme un parapluie pour abriter la moitié d’un quartier, pourrait ne plus s’appeler bientôt les Guillemins, mais Charlemagne !
Tant qu’à faire, puisqu’on en est aux rêves de grandeur…
Je vous demande un peu, Charlemagne, dont on ne sait rien de précis du point de vue des origines et de ses attaches avec Liège et les environs. Le bruit est trop persistant pour qu’il soit gratuit.
Mais, ce serait faire fi, une fois de plus, de l’habitude des Liégeois de parler « des Guillemins » comme allant de soi en tant que gare, le quartier et tout le reste...
C’est ainsi que saisit par la mégalomanie et le grandiose, les Autorités s’acharnent à faire disparaître les traces du « Vieux Liège », alors qu’en réunion de prestige, ils nous l’affirment, Liège est une vieille ville historique à laquelle il ne faut pas toucher.
Depuis Destenay, non seulement on ne fait que ça, mais encore cela s’accélère, avec la folie bétonnante d’un Reynders, en cela appuyé par la Schaerbeekoise Onkelinx, ministre pour quelques mois encore de la Justice, qui se sont mis en tête de construire un autre monstre au-dessus de la gare du Palais afin d’y abriter une justice à l’étroit dans notre palais des Princes, avec la complicité, il faut le dire, du Collège et Echevins de la Ville.
Voilà pérennisée cette implantation inopportune d’une justice dans le plus bel édifice de la Ville dont le destin aurait dû être muséal ; car, avec l’annexe « au bout de la rue », il serait difficile de les prier d’aller se faire voir ailleurs.
Cette fatalité de nos tyranneaux de quartier d’inaugurer des sites en-dehors de toute décence est étonnante. C’est peut-être la dernière licence que leur octroie une société dans laquelle le pouvoir économique est au-dessus d’eux. Ils sont travaillés par la perte d’une partie de leur pouvoir. Et ils se rattraperaient sur le reste ?
Qu’on soit ou non d’accord pour la construction de cette fichue annexe au-dessus de la gare du Palais, ce n’est tout de même pas pour rien qu’on interrompt sans arrêt les travaux. Il faut bien qu’il y ait de solides raisons de droit.
Aux dernières nouvelles et l’arrêt des travaux, le bâtiment projeté ne serait pas aux normes de construction en vigueur à la Ville de Liège. Ce ne sont quand même pas les pétitionnaires qui ont inventé cet ultime vice de forme ?
Qu’à cela ne tienne, a-t-on entendu des milieux autorisés, nous allons changer les règlements et les mettre en conformité à nos constructions. Ils s’adapteront au sur mesure de la chose à construire.
C’est très grave cette façon de changer la règle du jeu quand ça arrange.

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L’Haut-lieu montre ainsi son mépris du public, quand celui-ci doit passer par toutes les règles et convention sans aucune possibilité d’y déroger. Tout le monde connaît l’intransigeance, le jusqu’auboutisme de l’urbanisme à Liège. Cela montre aussi comme ces Autorités tiennent à ce projet mirobolant, dénaturant le centre ville.
Qu’y aurait-il à s’incliner devant les plaintes des habitants et les règlements communaux ?
Il est vrai que ce projet qui a démarré sans vraiment de permis de bâtir a déjà coûté à la Ville et au Ministère de la justice quelques millions d’euros.
Enfin, ces frais à charge des contribuables, ce ne serait pas la première fois qu’une gabegie de cet ordre perturbe les plans et projets, mais à ce point ? Cet entêtement en devient suspect.
Il doit y avoir autre chose ? L’attitude des responsables pourrait faire penser à des accords secrets, des complicités avec des entrepreneurs, prêter le flanc à des ragots ! Depuis les affaires à Charleroi, le public est sur ses gardes partout en Wallonie.
Brefs, c’est en agissant de la sorte, que l’on ouvre la porte à toutes sortes de spéculations.
Tout cela est profondément regrettable.
Mais enfin, on est à Liège, ville où se confondent entêtement et bon sens et où, comme ailleurs, seuls ont toujours raison ceux qui détiennent le pouvoir.

22 décembre 2006

Une aberration.

-Si je fais trop sérieux, dis-le tout de suite !
-Je n’ai pas dit ça. Je crois que tu n’es pas mon type.
-C’est quoi ton type ?
-Tu le sais bien.
-Si je le savais, je ne te poserais pas la question.
-Tu le sais. Mais tu ne veux pas ouvrir les yeux.
-Non ! Si c’est à celui que je pense…
-Voilà tu y es.
-Cette ordure ! Me faire ça après sept ans…
-Voilà que tu recommences. Tu ne comprendras jamais rien.
-Comprendre quoi ?
-Qu’une fois on n’aime plus, n’importe quel type est cent fois mieux.
-Je ne devrais pas insister ?
-Ce serait mieux ainsi.
-Quand même, d’où il sort ? Et d’abord comment l’as-tu connu ?
-Qu’est-ce que ça peut te faire ?
-Vous allez vivre ensemble ?
-Non. Enfin de temps en temps. On veut réfléchir.
-Il est marié ?
-Il l’a été. Pourquoi veux-tu qu’il le soit ?
-Avec sa gueule, il a dû s’agripper à la première et ne plus la lâcher !...
-Non. Pas du tout. C’est un beau, pourquoi dis-tu qu’il est laid ?…
-C’est toi qui l’as dragué ?
-Oui.
-C’est pas vrai. Dis que je rêve ?

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-C’est un type beau et intelligent. Il a trouvé mon travail à son goût. On se connaît un peu avant qu’il ne remise ses crampons…
-Ah ! j’y suis. Il a flatté ton amour propre, tes grandes qualités. Peut-être n’a-t-il pas hésité à parler de chef-d’œuvre à propos de ta production ?
-Ça ne te regarde pas, ce qu’il m’a dit. C’est un érudit.
-De quoi ?
-Des guerres napoléoniennes. Et puis il a beaucoup voyagé.
-Je rêve. Un vétéran de laquelle ? Austerlitz ?
-C’est celle qu’il préfère. Il n’était pas né. Mais il connaît tout de A à Z.
-Et toi qui n’as jamais rien lu, qui est nulle en histoire ! Qui ne sait pas qui était Adolphe Hitler !... C’est nouveau…
-C’est un sportif.
-A propos des crampons ! Ne me dis pas, que c’est un ancien footballeur ?
-Justement.
-Tu as toujours eu horreur des sportifs !
-Et puis comme passe-temps, il collectionne les timbres postes, peint des figurines du premier Empire.
-Non ! C’est Pignon, ce type-là !
-C’est un génie que je te dis !... Il a été marié et sais-tu comment il s’est séparé de sa femme ?
-Dis toujours ?
-Il a porté plainte pour brutalité…
-… de sa femme ?
-Comme je te le dis.
-Un délateur qui a besoin des flics pour larguer son épouse, ça ne te gêne pas ?
-Il a eu la loi pour lui.
-Il est militaire ?
-Pas du tout.
-Il fait quoi ?
-Il est dans les Assurances.
-A part dénoncer, jouer au football, faire des assurances, collectionner des timbres postes et des petits soldats, il passe ses loisirs à quoi ?
-C’est déjà pas mal. Il bricole et ne s’occupe pas de politique, quoique il vote à gauche…
-Tu lui as dit que tu avais lu Zola ?
-Comment tu le sais ?
-C’est pour ça…
-Je ne sais pas pourquoi je te parle encore ?
-Je croyais que ton départ allait me ficher un cafard monstre, qu’après toi la vie ne serait plus comme avant, que, désespéré, j’étais prêt à tout, y compris faire des conneries. Tu m’as tout dit. Les bras m’en tombent et pourtant Adeline, je suis soulagé.
-Je m’en fous. Tu ne m’es plus rien.
-Moi pareil. Je m’en fous, je te dis. Juste encore un mot, l’année prochaine, vous partez en vacances ?
-A Benidorm, ou chez sa sœur dans les Pouilles, ou il va retaper sa maison avec des amis. On ne sait pas encore. Tu vois, c’est un homme qui a de l’idée, toujours en mouvement… Avec lui, je ne m’ennuie jamais. Le soir on regarde les séries à la télé, on fait un jeu fléché avant d’aller au lit, on s’intéresse, quoi….
-Parfait. Il te convient parfaitement. A tel point, que je me demande par quelle aberration tu as pu me convenir aussi si longtemps ?

21 décembre 2006

Un sioniste d'un nouveau genre.

Mahmoud Ahmadinejad, président de l’Iran, s’il n’était un sinistre individu, aurait été un farceur de génie.
Il a réuni quelques disciples internationaux de sa mégalomanie antisioniste les 12 et 13 décembre pour nous faire part d’un doute, mais un doute profond, universel, sur quelques sujets dont à l’énumération on aura compris que ce type est ou cinglé ou un parfait salaud : «Nazisme et sionisme : collaboration ou coopération», «Les chambres à gaz, négation ou confirmation», «Les médias danois et l'holocauste», ou encore «Le vocabulaire irrationnel de la classe professorale américaine par rapport à l'holocauste»...
Quelques-uns manipulent l’histoire à droite ou à gauche, par ci, par là, sur quelques détails controversables, mal établis, cela se fait de manière démagogique et un peu partout dans le monde ; mais le président de l’Iran, parfait raciste, n’y va pas avec le dos de la cuillère. Le voilà grand manipulateur et affabulateur, refaisant l’histoire, redistribuant les cartes, le tout avec un manque de scrupule renversant, un cynisme à la Goebbels, un modèle du genre !.
Les faits sont tels que revenir sur l’holocauste est le fait de l’ignorance ou d’une grande duplicité.
Mahmoud Ahmadine n’est pas con. Cette réunion aberrante lui a été dictée par une politique qui ne recule devant aucune falsification de l’histoire pour asseoir son autorité par sa « vérité » auprès des peuples incultes.
C’est là qu’il est particulièrement nuisible à commencer pour ses concitoyens.
Déjà abêti par une religion d’Etat prégnante, insoutenable d’ukases et de manque de liberté d’expression, le peuple iranien de la base, peu ou pas scolarisé, naïf et partant crédule, est fanatisé par cet histrion au sommet de l’Etat.
Tout en se satisfaisant des ignorants pour asseoir sa légitimité, Mahmoud Ahmadinejad doit bien savoir que les intellectuels et les populations en contact avec l’extérieur ne pensent rien de ses pitoyables élucubrations.
Mais il s’en fiche. Si bien qu’à l’avenir les intellectuels sérieux d’Iran devront aussi se méfier de ce nouveau condottiere de Mahomet.
Ce qui est tout de même fâcheux, c’est que Mahmoud a malgré tout converti à son « deal » des gens aussi dépravés que lui et qui complètent son staff de l’Institut pour les études politiques de Téhéran, comme les soixante-sept « chercheurs » et universitaires de trente pays, négationnistes invétérés, tel l’ex-universitaire français Robert Faurisson, condamné en octobre dernier à Paris à trois mois de prison avec sursis pour «complicité de contestation de l’existence de crime contre l’humanité». Il avait nié la réalité du génocide et l’existence des chambres à gaz sur la chaîne satellitaire iranienne. Frederick Töben, négationniste allemand naturalisé australien, fut emprisonné en Allemagne pour incitation à la haine raciale. Il a amené un modèle miniature du camp de concentration de Treblinka pour démontrer, selon lui, que les chambres à gaz n’ont jamais existé. David Duke est un ex-parlementaire américain et ancien membre du Ku Klux Klan. Quelques membres d’organisations juives anti-sionistes, pour le folklore, qui rejettent l’existence d’Israël. Le rabbin britannique Ahron Cohen est venu donner «le point de vue des ultra-orthodoxes».

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L’historien David Irving, qui purge une peine de trois ans de prison pour négationnisme en Autriche, n’aura pu faire le déplacement. Mais son livre, La guerre d’Hitler, est en vente sur le lieu de la conférence.
Celle-ci est qualifiée par les autorités iraniennes de forum scientifique, destiné à «étudier sans idées préconçues» la véracité et l’ampleur de la Shoah et à apporter des réponses «aux questions sur l’holocauste» posées par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.
Ce cirque vivement décrié par les gens de bon sens dessert les Palestiniens plus qu’il ne les sert.
Ces outrances répandues sont de nature à occulter les crimes de guerre commis tous les jours dans les territoires palestiniens par l’armée israélienne et les atrocités et les dégâts de la récente campagne de ladite armée au Liban.
Ainsi la Communauté internationale prête moins d’attention aux lâchages de bombes à fragmentation qui tombent en pluie sur plusieurs centaines de mètres carrés, faisant des centaines de mines antipersonnel sur lesquelles des enfants et des civils palestiniens et libanais butent se mutilent ou meurent. De la même manière, le blocus de la bande de Gaza passe comme de justes représailles à l’encontre de terroristes, au lieu de passer pour ce qu’il est, une sorte de mort lente pour des centaines de milliers d’innocents.
Mahmoud Ahmadinejad, sioniste convaincu d’un nouveau genre, on se demande ?

20 décembre 2006

Pouvoir et influence.

-Comment tu définis le pouvoir ? Tu me diras, c’est te promener dans la vie à ta manière et à ton rythme, sans maître exigeant au cul. Ça c’est le pouvoir que les petites gens se représentent. Au rayon du dessus, après avoir hésité longtemps entre « je fais ce qu’il me plaît » et « exercer le pouvoir que me donne mon pognon », le vicomte et Paul de Knock-le-Zout, avec les sociologues les plus distingués, sont tombés d’accord : le pouvoir, c’est la capacité d’influencer autrui.
Plus le pouvoir est grand, plus il est éloigné de l’endroit où il s’exerce. Le vicomte et Paul de Knock-le-Zoute n’ont pas de rapport direct avec les gens qu’ils dirigent. Ce sont les intermédiaires qui reçoivent les doléances et eux les profits.
La sociologie voit le problème en équation algébrique.
En gros, c’est la mainmise de A sur B. Soit la capacité de A d’obtenir que B se magne le cul, ce qu’il n’aurait pas fait sans la décision de A.
Suite à l’intervention de A, si B s’abstient de faire quelque chose qu’il avait projeté de faire, cela entre aussi dans le cadre du pouvoir de A sur B, bien entendu, mais comme au billard par la bande.
C’est simple et d’une compréhension limpide. Cependant, ce n’est qu’une apparence, tant le pouvoir de A sur B décrit de la sorte ne permet pas de distinguer si B accomplit ce que A lui demande de bon cœur ou en traînant les pieds ? Il y a donc finalité intentionnelle dans le concept de pouvoir.
« Si tu ne fais pas ce que je te dis, je te saque ! ». Le pouvoir est avant tout une épée de Damoclès.
Weber décrit le pouvoir comme l’élément indispensable à toute possibilité de faire triompher à l’intérieur d’une relation sociale sa propre volonté, en dépit des résistances.
Comment parler du pouvoir de A sur B si le changement d’attitude et de comportement de B par suite de l’action de A n’est pas conforme au but que poursuit A (Chazel).
C’est l’histoire du référendum sur la Constitution européenne avec le non des Français et des Hollandais. Le pouvoir (Chirac) recommande de voter OUI. Il est persuadé qu’une majorité votera en ce sens. Le résultat est inverse. Le pouvoir s’est donc trompé et ce pouvoir apparaît sur la faculté qu’il avait de faire voter OUI et qui entérine le non, comme son échec.
C’est un cadre ou un patron qui veut se séparer d’un subalterne ; mais, le syndicat mobilise le personnel sur ce qu’il considère comme une injustice, une pression s’exerce sur le décideur qui revient sur sa décision.

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Que dire du pouvoir qui existe malgré l’avis contraire de l’électeur pendant une durée de 4 ou 5 ans, quant à la suite d’une « affaire » qui tourne mal, il persiste à rester en place comme lui en donne la légitimité de la loi, malgré une réprobation majoritaire ? Par contre, l’industriel qui recule devant un licenciement de par la volonté exprimée d’un personnel ne verra pas pour autant son autorité contestée dans la poursuite de ses relations avec lui, puisque sa légitimité est le fait de sa propriété des moyens de production !
Pour en revenir à la définition du pouvoir de A sur B - le plus simple puisqu’il ne met en présence que deux positions, celle de la force et celle de la faiblesse - des éléments extérieurs à ce pouvoir peuvent en perturber le cours. Imaginons un troisième larron, mettons C. Si A obtient de B une action x et que B puisse obtenir à son tour de C une action y, il n’est pas pour autant certain que A puisse exiger de C la même action y, en raison du pouvoir qu’il a sur B. C’est donc que le pouvoir n’est pas transitif par rapport à une logique formelle.
Autrement dit, un acteur social n’a pas nécessairement un pouvoir sur l’acteur que contrôle son homme lige.
Et ainsi de suite dans les combinaisons des parties entre A, B et C.
On peut donc à la fois être maître et serviteur, selon une structure hiérarchique et de nos appartenances socio-professionnelles.

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Il existe bel et bien des pouvoirs qui finissent par se diluer en influence.
Mais pouvoir et influence, est-ce finalement la même chose ?
Si le pouvoir repose sur des obligations contraignantes, l’influence emprunte des voies différentes, que le sens commun appelle manipulation. Influencer, c’est conduire « en douce » à voir les choses à peu près ou sinon comme l’influenceur.
Quelles sont les limites du pouvoir et celles de l’influence ? C’est d’autant plus difficile à situer que parfois pouvoir et influence s’interpénètrent, voire, se complètent.
Peut-être bien, en définitive que le pouvoir pourrait n’être qu’un des aspects du phénomène d’influence et non le contraire, comme le soutiennent nos économistes distingués.
Il est bien difficile, par ce qui précède que celui qui n’a aucun pouvoir et partant aucune influence, puisse se défendre de l’arbitraire de l’un ou l’autre.

19 décembre 2006

Dans l’autre, il y a du chocolat…

…c’est ce qu’on disait à l’école quand un morveux se fouillait les narines.

Cette manière de voir du merveilleux partout, c’est ce que font les publicistes et qu’ils ne réussissent pas toujours.
Coluche avait mis à la mode la critique impertinente de la PUB. Il semble bien que la passivité du téléphage a conduit la PUB à son plus haut niveau d’absurdité.
Au moment où le produit est moins important que l’image qui en est donnée, ce serait bien décapant d’entendre un nouveau Coluche reprendre le flambeau.
Quelques exemples sautent aux yeux.
Les magasins Leclercq ont engagé pour la PUB sur Europe 1, des astucieux qui parviennent en 30 secondes à nous jouer une scénette qu’on assimile à la vie quotidienne et qui pourtant en est loin. Après qu’ait été prononcé le mot magique « Leclercq », un dénommé Philippe entre en conflit, soit avec sa femme, soit avec sa belle-mère sous divers motifs. Le résultat est la course immédiate de Philippe, souvent accompagné de son épouse au magasin Leclercq promouvant un article. La dramaturgie se joue parfois entre Philippe et sa belle-mère, une sorte de pique assiette irresponsable, sur le portrait de laquelle les auteurs accumulent les poncifs du gendre à la belle-mère et de la belle-mère au gendre, la femme de Philippe n’est pas épargnée non plus. Si bien que Philippe cumule toutes les prévoyances, toutes les intuitions, tandis que les deux autres passent pour des gourdes résistant faiblement au mari et au gendre. Cette PUB est très bien faite, mais si on y regarde de près elle est assez sexiste et à la limite antiféministe.
Le « contrat de confiance » Darty est d’une autre nature. Qu’est-ce qu’un contrat ? C’est une convention dans laquelle s’engage les parties à faire ou ne pas faire une chose. Tout contrat passe d’abord par une lecture d’un document afin que les contractants se déterminent. Enfin, les parties emportent l’écrit signé selon lequel toute disposition contraire ou vice de forme, frapperait de nullité le dit contrat.
Le contrat de « Confiance » Darty, c’est un non-sens.
Là où il y a contrat, il n’y a pas confiance. S’il s’agissait d’une confiance réelle, il n’y aurait pas contrat, le contrat étant en lui-même un acte de « méfiance », selon le code civil.

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« Atoll les opticiens » dit Antoine d’une voix tellement lointaine qu’on le croirait sur son trimaran hurlant le slogan depuis ses Iles !
Ici, l’exemple est une publicité portant essentiellement sur le nom de la firme et qui n’a rien à voir avec le produit. Le mot Atoll est synonyme de vacances, d’évasion. En associant le port des lunettes corrigeant la vue avec la perspective d’un Antoine en chemise à fleurs étendu dans un transat sur une plage de sable blanc, fait paraître la vue basse et le léger handicap comme une quasi supériorité, de telle sorte que l’euphorie persiste au-delà de l’achat. Quant aux lunettes solaires, l’atoll est tout indiqué.
Nos hommes politiques, ce n’est pas nouveau, ont depuis longtemps adapté la publicité à leurs campagnes électorales et à la mise en scène de « leurs mérites ».
Les plus fortunés d’entre eux n’hésitent pas à se doter d’un staff de publicistes. Ils se font conseiller par les spécialistes du genre Ségala, trop cher pour Di Rupo aujourd’hui..
On perçoit les bons élèves dès la prise de parole. L’acteur s’étudie. Il nous fait spectateur d’un show. La star nous fait entrer dans son jeu. Nous ne sommes plus des électeurs capables d’un choix, mais ses groupies.
La dernière campagne de Reynders à Liège « Votre bourgmestre » est, à cet égard, caractéristique d’une démagogie de l’orgueil qui finalement s’est retournée contre lui, parce que « Votre bourgmestre », c’est l’autre. Et qu’il était de mauvais genre de s’intituler bourgmestre avant le vote et de forcer la main des gens.
Les publicistes en matière de lancement d’un homme politique à la manière d’un produit sont très près de la définition de Ralph Linton, un anthropologue américain, décédé en 1953.
« Chaque société a une série de personnalités idéales qui correspondent aux différents statuts qu’elle reconnaît. La personnalité statutaire ne correspond pas à la totalité de la personne, mais simplement à certains aspects de son contenu et à son orientation des plus superficielles, c’est-à-dire aux éléments qui concernent immédiatement l’accomplissement réussi des rôles de l’individu ». La « gueule de l’emploi » fait gober des mouches
En Belgique, ce concept concernant les chefs et les ténors de nos partis politiques va jusqu’à la caricature de la personnalité statutaire idéale. Les déclarations ces derniers jours concernant ce malheureux reportage de la RTBF en sont une illustration.

18 décembre 2006

Tant pis, je cafarde...

Liège se constipe. La ville est en partie responsable. Un nouveau classement du potin de la ferraille roulante vient de sortir de chez Daerden. On est édifié.
Si parmi toutes les routes wallonnes, celles de Charleroi sont les plus bruyantes, Liège n’est pas mal placée dans le palmarès des décibels, avec les rues de Salme, du Calvaire et de Château-Massart en 3me position, les rues En Glain et Simon Radoux en 39me position, sans compter les 13me et 17me places, les intermédiaires et pétaradantes rues liégeoises de ce florilège.
La rue du Château-Massart est exemplaire du boucan qu’on pourrait éviter.
Elle est le siège de l’Ecole des Classes moyennes dont la caractéristique est de pratiquer les cours du soir.
Pour élaborer ce classement, le MET utilise l'indicateur UCE (unité comparative d'exposition). Il exprime le niveau d'exposition de chacune des maisons exposées sur un site et est calculé en prenant en compte le nombre de maisons concernées, les niveaux sonores perçus sur le site et la présence ou non de certains bâtiments sensibles tels que des écoles ou des hôpitaux. « Un site avec une maison isolée exposée à un niveau de bruit très élevé pourrait donc se retrouver plus bas dans le classement qu'un site avec dix maisons et une école exposées à un niveau de bruit plus faible », explique Stéphane Guisse, conseiller au cabinet du ministre Daerden.

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Objectif : que l'argent investi pour améliorer l'acoustique serve au plus grand nombre.
C'est ce qui ressort du classement établi par le ministère wallon de l'Equipement et des Transports (MET). Depuis plusieurs années, la cellule acoustique du MET étudie les nuisances sonores et s'intéresse de près à celles que génère le trafic routier. Leurs sonomètres sont rivés sur 366 sites wallons. Dans le top 10 des lieux les moins agréables, pas moins de six sites hennuyers. Après le Hainaut, ce sont les provinces de Liège et du Brabant wallon qui collectionnent les décibels.
Comme il est dit plus haut, parmi les plus bruyantes de nos rues, c’est la rue Château-Massart qui a le pompon. C’est d’autant plus regrettable qu’il y a des solutions. Et notamment, on pourrait à moindre frais établir sous le tablier de l’autoroute des Ardennes, longeant la rue d’Omalius un grand parcage de dissuasion des voitures des étudiants-automobilistes de l’école des Classes moyennes.
Il faut voir comme les rues Saint-Gilles et Château-Massart sont envahies dès les 18 heures pour comprendre le phénomène.
Des centaines de voitures doivent y stationner, bien que les parkings intérieurs de l’école soient de bonne capacité d’accueil.
Ce phénomène est connu de l’Administration communale qui rue Château-Massart et rue Saint-gilles ont réservé des places de parking aux riverains.
Bien entendu le soir, c’est la ruée et ces places sont prises d’assaut par les élèves pressés de rejoindre les classes.
Cette chronique pour une fois traitant d’un cas précis n’aurait pas de sens sans un élargissement de la réflexion à ce phénomène occasionnellement répété d’un surcroît de voitures en stationnement. Car enfin, ces centaines de véhicules n’ont presque tous qu’une seule personne à bord : le conducteur !
On se demande pourquoi il ne serait pas débattu de cet inconvénient dans les classes de cet établissement du vacarme et des embouteillages qui sont en plus des agents d’une pollution aggravée.
Une publicité pour le co-voiturage et la prise en charge de passagers allant aux mêmes heures et au même endroit devrait être faite impérativement au début de l’année scolaire de ce genre d’établissement.

17 décembre 2006

Au boulot, nom de dieu !

La preuve évidente que le travail en continu fait ficher le camp aux travailleurs, dans l’usine-bagne qu’est l’entreprise moderne, c’est l’incroyable succès des propositions de prime au licenciement chez VW Forest !
Sont-ils des veaux stupides ou des économistes aveugles ceux qui pensent encore que le travail ennobli l’homme et que travailler est ce que l’homme fait le mieux, au point que cela serait l’accomplissement de toute une vie ?
Va-t-on enfin dissocier le travail gratifiant de l’effroyable corvée médiévale qu’accomplissent les neuf dixièmes des travailleurs ?
Nos marioles au pouvoir à la banque comme au parlement se foutent de la gueule de qui en ce moment ?
VW demandait 1500 départs volontaires. Le soir même, il y en avait 1600 d’inscrits. En fonction de leur ancienneté, ils toucheront une prime oscillant entre 25 000 et 144 000 euros bruts.
Les salariés ayant le droit de partir en préretraite ne peuvent bénéficier de ce programme de départs volontaires, c’est donc plus de la moitié de l’usine qui veut ficher le camp. C’est dire où en est l’entreprise moderne « performante » dans son behaviorisme forcené. C’est dire aussi comme en ont ras la casquette la majorité des exploités de ce pays.
Et si on ne les entend guère les gens qui travaillent, c’est qu’ils feraient ombre aux discours officiels. C’est que sans hypocrisie les FOREm et autres appareils de mise en condition, comme les agences intérimaires, pourraient fermer boutique dans la honte et la réprobation.
Car, il faudrait bien que la seule question qui vaille soit mise à l’ordre du jour dans ce fichu pays :
« Va-t-on croupir longtemps dans une société absurde qui fait de l’homme une marchandise ? ».
Le plus décapant c’est le souci des syndicats, leur inquiétude, alors que cette découverte devrait être pour eux une bénédiction.
Selon la porte-parole de VW, Evelyne Hélin, la direction qui "avait fixé un seuil de 1500 départs volontaires ne ferme pas la porte à des départs plus nombreux, mais elle n'a pas tous les éléments lui permettant d'évaluer la situation" . Et de rappeler que" En outre, VW "entend conserver, pour assurer l'avenir, les compétences nécessaires à la bonne marche de l'usine et garde à cette fin un droit de veto" sur les départs, a-t-elle souligné, précisant que cela concernerait au plus 5 pc des collaborateurs.
Que les 5 % filtrés ne se laissent pas entubés, qu’ils renégocient leurs salaires et les conditions de travail. Ils tiennent le bon bout.
Le merveilleux, c’est que les candidats au départ viennent de tous les départements de l’usine et pas seulement d’un hall de fabrication de la ferraille allemande où les conditions seraient particulièrement sévères et dures.

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Je l’ai toujours prétendu, si les salaires devaient être calculés en fonction de tout ce que l’homme au travail laisse à l’usine, pratiquement sa peau, le capitalisme libéral tant chanté par le MR deviendrait ce qu’il a toujours été en secret, une formidable machine à décerveler l’homme moderne.
Ce n’est pas pour autant que la fuite des travailleurs de VW soit le début d’une prise de conscience collective. C’est uniquement la perspective de ramasser un bon paquet de fric auquel n’auraient jamais pu prétendre ceux qui s’esquivent sur la pointe des pieds.
Mais en même temps, c’est un formidable éclairage sur la passivité des travailleurs de l’industrie et un camouflet à leurs mandataires politiques qui n’osent pas stimuler le cri rentré d’une nouvelle lutte des classes.
"Si on continue comme ça, bientôt il n'y aura plus que quelques centaines de personnes qui resteront", a pleurniché Pascal Van Cauwenberghe (CSC), qui lui aussi, n’a rien compris au phénomène.
Mais qu’on se rassure dans les banques et l’industrie automobile, les syndicats ne les lâcheront pas. Les préparatifs pour la reprise des activités démarreront mercredi, ont-ils décidé en commun : syndicats et direction au cours d'un conseil d'entreprise extraordinaire.
Ah mais ! pas question de goûter trop longtemps à la liberté s’inquiète-t-on dans les milieux « autorisés », des fois que cela ferait tache d’huile et que les électeurs majoritaires y prendraient goût.
Au boulot, donc, les enfoirés, et bonne année de l’Haut-lieu en instance de départ vers ses lieux habituels de vacances.

16 décembre 2006

Le discours de Filip Dewinter.

-C’est fait. Dans presque pas longtemps, on sera entre nous. Il n’y aura plus que des pauvres.
-C’est quoi des pauvres ?
-Des gens qui travaillent et qui n’arrivent à rien du tout, même pas à la reconnaissance par réciprocité des autres qui bossent comme eux … .
-T’as vu les primes de départ de VW Forrest ?
-Un truc qui vaut pour quelques-uns ne vaut que dalle. Celui qui a 28 ans de galère dans la boîte touchera le max, les autres… et je ne te dis pas le sort des sous-traitants.
-Enfin, c’est mieux que rien.
-…Presque tous n’ont qu’un an devant… Après…
-Qu’est-ce que tu veux dire ?
-Je veux dire qu’on n’est plus sur le seuil de pauvreté, on est en-dessous… Ce n’est pas ce qu’on nous avait dit de la croissance continue et qu’avec le capital productif, on allait en heure de table, de midi à quatorze heures.
-Tu parles des trente glorieuses, des promesses faites ?
-Un peu.
-Fallait s’y attendre.
-Pas du tout. On nous a menti. Mon tonton m’a menti, mon père, mon prof d’économie politique, mon patron, les élus, enfin toute la Belgique triomphante et épanouie.
-Ils ne savaient pas.
-D’accord. Ils ne savaient pas. Mais maintenant qu’ils savent ?
-Ils peuvent rien faire, qu’ils te disent La mondialisation, les responsabilités ailleurs, bref, ils sont impuissants. Di Rupo…
-Ah non !... finis les discours.
-Qu’est-ce que tu veux ?... que Noël, qu’était dans dix jours, ramène sa fraise, ses rennes, son sapin, tout de suite ?
-Je veux baiser les femmes des patrons, manger dans leurs assiettes et péter dans leurs draps de soie. Je veux plus que Di Rupo répète les discours de Reynders. Je veux qu’il reconnaisse qu’on s’est gouré sur l’économie de marché, qu’on ne la ramène plus sur les nécessaires sacrifices…
-On ne peut pas revenir en arrière.
-Non. Mais on n’est pas obligé de suivre les autres sans savoir où ils vont. Je ne veux pas crever idiot.
-T’es un anar, Ferdinand ! Tu raisonnes trop rouge. On va trouver des solutions pour nos petits enfants. On en a toujours trouvés.
-Tu parles comme les journalistes et les mecs qui se sont arrangés pour grappiller quelques primes, et nager au-dessus du lot dans la fiente des riches…
- Quand tu vois comme on vit ailleurs, on ne peut pas prétendre qu’on soit trop mal…
-Je ne suis pas en cause, Arthur.
-Alors, si t’es pas en cause, de quoi tu te plains ? Parole t’es la conscience du quartier ? Quand un métallurgiste, à dix roupies de l’heure, se fait botter le cul aux Indes par Mittal, en quoi ça te concerne ?
-Tu tombes dans le discours qu’ils tiennent.
-T’es pas pauvre que je sache. Il te manque rien.
-Je pense aux autres.
-Tu penses aux autres, toi ? Et depuis quand ? Tu penses aux autres… tu fais que ça, penser !... Ça te rapporte rien, mais ça rapporte rien aux pauvres non plus. Et quand je dis que ça te rapporte rien, j’oublie la bonne conscience que tu te fais…
-Où tu touches pour me parler comme tu le fais ?
-Je suis plus d’accord avec personne, Ferdinand. Je suis plus sensible du tout aux discours. J’en ai ma claque des marlous qui sont derrière. Bien sûr qu’on va tous vers quelque chose qui est une belle merde. Seulement, en attendant, on n’y est pas encore ; tandis que la moitié de la planète y patauge depuis belle… mieux, je me demande s’ils ont fait autre chose qu’y patauger… les autres, autrement, ils ne radineraient pas plein berzingue depuis toujours, champions au partage, en organisant notre pénurie.
-Justement faudrait s’organiser pour recevoir et pas les parquer avant de les fourrer dans des charters…

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-Rien du tout. T’organiseras rien du tout et moi pareil. Et je me demande si on n’est pas coincé entre deux forces contradictoires, la première, la capitaliste, avide et dégueulasse, qui s’organise loin de nos pouilleries pour digérer ce que nous leur mâchons dans les usines, … et l’autre, les vrais damnés de la terre, les crève-la-faim qui se passent les bonnes adresses, et qui bouffent dans nos assiettes, comme toi tu pisses à la raie des riches.
-Ils ont raison, Arthur. C’est un réflexe humain que je comprends.
-Avec quoi tu t’es fait dix kilos de trop, Ferdinand ? Quand t’auras plus que l’arête et que ce seront les autres qui becteront, même si ta conscience te dit qu’ils ont raison, ton cerveau qui commande à ton appétit te dira que t’es un con !... Rien qu’un con…
-Tu te rends pas compte, Arthur ! Tu tiens même plus le discours à Reynders, tu tiens celui de Filip Dewinter !...

15 décembre 2006

Une RTBf qui en a…

…pour combien de temps ?

On a pissé du poivre moulu, hier soir, dans les chaumières bien pensantes, rapport à un petit montage de la RTBF qui a rappelé des bons souvenirs, ceux d’Orson Welles qui avant la guerre de 40 avait eu l’idée d’une émission radio sur l’invasion de la Terre par les Martiens.
Ici, il s’agissait de mettre en scène la fin de la Belgique, les purs Flamingants déclarant leur indépendance et comme Louis XVI à Varennes, le roi s’enfuyant vers des exils plus cléments, des endroits dorés sur tranche.
Voilà longtemps que je ne regarde plus la télévision nationale. Hier soir, je l’ai regretté. J’espère qu’on repassera ce morceau de roi, quoique les engueulades de l’Haut-lieu vont pleuvoir sur les malheureux qui ont osé toucher la main du Commandeur !
Si en Flandre les six millions de francophones honteux que sont les flamands se sont bien marrés au visionnement de nos « hardiesses », par contre, en Wallonie, avec les gueules d’empeigne qui vouent un culte à la grande prêtresse des rois, Anne Quevrin de RTL, il s’est produit un traumatisme collectif dont certains ne sont pas prêts de s’en remettre.
Entendons-nous bien, la RTBf n’est pas devenue soudain le berceau de la liberté d’expression, il s’agit là d’une mauvaise appréciation de la réaction des Belges, surtout qu’ils n’avaient pas assez été prévenus par un petit panneau annonçant la fiction au début de l’émission et qui, apparemment, est passé inaperçu.
Les responsables ont bredouillé, Philippot le premier, qu’il s’agissait de faire réagir les citoyens, tous fervents royalistes et patriotes en diable. Devant l’émotion, la ministre de l’audio-visuel, Fadila Laanan (PS) a convoqué le patron de la chaîne, le malheureux Philippot, qui répercutera le savon à ceux qui ont fait d’une fiction, une bavure.
N’empêche, si on doit l’émission à une connerie des services, alors vive la connerie à la RTBF.
Pourquoi le quarteron de responsables et les millions de béni-oui-oui ont-ils senti passer le vent du boulet ? Parce que ce scénar catastrophe est en 2007 du domaine du possible. Comme chacun sait, les législatives qui viennent sont constituantes. Nos pointures qui iront en négociation avec les Flamands entendent à nouveau tricoter par-ci et détricoter par-là, la frontière linguistique – cette honte raciste en pleine Europe. Avec quelques reprises de nos chaussettes nationales, ils espèrent tenir jusqu’à leur pension. La belgitude, c’est leur fonds de commerce.
Cependant, il n’y a plus le Clochemerle fouronnais, ni le Pinocchio-Happart pour alimenter les gazettes pour pas cher. Reste l’épineux problème de la périphérie bruxelloise, la régionalisation de la sécu, de la défense nationale et quelques babioles. Autrement dit, si nos trembleurs tremblent trop et lâchent du lest afin de maintenir la fiction belge, Laeken, la Loi à la flamande et la Liberté de fermer nos gueules, nous serons virtuellement dans la pensée négative de la RTBF et en réelle scission avec nos écorchés vifs de Bruges à Gand.
C’est de cette perspective et en partant du programme de la RTBF que les téléspectateurs ont pris conscience que, quoi qu’il puisse arriver, nous ne serons plus en Belgique fédérale, mais en Belgique confédérale, ou même pire...

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Alors, qu’au centre ville, il y ait encore un palais avec un seul roi relève de l’anecdote. Et si les Flamands hésitent à nous larguer, c’est qu’ils devront justifier aux yeux de l’Europe leur coup de sang nationaliste et que leurs politiciens ne se voient pas en Milosevic annexant Bruxelles et matant la périphérie à coups de grenades lacrymogènes.
Voilà pourquoi on n’entendra pas encore la phrase qui fait trembler le centriste bourgeois et catholique : « La Belgique a cessé d'exister ». Ce dont rêvent Jean-Marie Dedecker et Jean-Marie Happart pour des raisons contradictoires et beaucoup de monde en Wallonie excédés par les rodomontades nationalistes, la pleutrerie des chefs francophones, sans compter les nostalgiques de la France, mère patrie.
Pour le reste, nous verrons sans doute le personnel de la RTBF contrit, montant les trois couleurs au mât du boulevard Reyers en chantant la Brabançonne, avant de présenter à Anne Quevrin, au roi et à Yves Leterme leur profond regret et en même temps exprimer à la Nation des excuses pour une émission si mal adaptée à l’âme francophone.
Par contre, les Régies du téléphone, les médias pris d’assaut, Internet saturé, remercient du fond du cœur tous les jobastres qui auront cru à la pantalonnade.
En fin de compte, la seule fiction était celle d’un Philippot soutenant son personnel et oubliant le salaire de sa peur de perdre un emploi lucratif.
Par contre, Philippe Dutilleul habitué de reportages dans les magazines "Strip-Tease" et "Tout ça", le réalisateur de cette catastrophe télévisuelle, risque de faire les frais de la trouille philippottienne.
Et ça, ce n’est pas du reportage fiction.

14 décembre 2006

Le bon goût liégeois.

-Qu’est-ce qu’on a fait au Perron ?
-On lui a mis une capote. On est dans le livre des Records, la plus grande capote au monde !
-C’est d’un goût !...
-C’est pour forcer les baiseurs à se protéger.
-C’est bien encore une idée socialiste.
-Au moins, ça se voit.
-On se croirait à l’endroit d’un bordel.
-A Pompéi on faisait ça aussi.
-Sauf que c’était plus discret et qu’ils n’avaient pas de capote.
-Dans les écoles, au lieu du bonnet d’âne, pourquoi pas une capote sur la tête des mauvais élèves ?
-Même le père Noël pourrait changer de bonnet.
-Au tribunal, la calotte du juge ? Ainsi quand il se découvre, on peut dire qu’il est décalotté.
-Et nos artistes de la gazette locale ?
-Ils sont enthousiastes, comme d’habitude.
-Un rien les protège, pourtant ils se découvrent souvent.
-Oui, devant les gloires ardentes de la Cité du même nom.
-Mais, c’est du sexisme. Il n’y en a que pour les hommes dans la présentation géante !.
-J’avais pas pensé à ça.
-La confrérie del Cråsse Clicote, le raffinement liégeois, le goût sûr enfin, où sont les femmes, place du Marché ?
-Après la capote, on peut tirer l’échelle. T’es pas d’accord ?
-Ne serait-ce que pour marquer le coup, non. Il y a beaucoup plus grave que le SIDA.
-Il y a plus grave ?
-Oui, personne n’en parle. C’est de la faim dans le monde qu’il s’agit.
-Tu sais bien qu’on ne fait pas de politique à Liège, qu’on respecte l’opinion de tout le monde.
-854 millions de personnes souffrent de la faim. La faim continue à s'étendre dans le monde.
-On ne peut pas être partout à la fois. On a mis une capote au Perron. C’est déjà ça !...
-Un enfant meurt toutes les 24 secondes…
-Qu’aurais-tu voulu qu’on fasse ? Faire maigrir la colonne du Perron ? La remplacer par un crayon géant, symbole d’une colonne vertébrale avec rien autour ?
-C’est juste pour te dire qu’on a une sorte de talent pour afficher notre mauvais goût. On est nul pour le reste.
-La capote s’imposait. Au sommet, t’as vu le gland ? Le Perron a un gland ! De son bureau le maïeur voyait la chose comme une bite, aussitôt connue l’idée a reçu un triomphe.
-C’est Sodome et Condom… tant pis pour Gomorrhe.
-T’es jamais content. D’autant qu’on fait quelque chose quand même pour ceux qui ont faim.
-Ah bon ! Tu m’étonnes. On va construire un sachet de frites géant pour le 15 août en Outremeuse ?
-T’y es !... A l’occasion du marché de Noël, on va faire un grand barbecue. C’est celui qui pèsera moins après, qu’avant, qui sera intronisé président de la confrérie « di l’Inglitin ». (1)

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-Mais, c’est pire que la capote sur le Perron !...
-Les confréries sont à la mode. On collectera des fonds…
-Le « bon cœur » liégeois, outre le mauvais goût, mais ça, on en a l’habitude, va se heurter à une première difficulté.
-Dis quoi ?
- Comment tu vas trouver des maigres ? T’as vu la collection de gros, place du Marché ?
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1. Hareng saur. Personne décharnée.

13 décembre 2006

Vivent les avocats, ma mère…