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17 juillet 2018

Vive le foot, nom de Dieu !

« A Annecy, un homme s'est tué en plongeant dans un canal, dans une trop faible profondeur d'eau. Selon le quotidien Le Dauphiné Libéré, la victime, âgée de 50 ans, est tombée sur la nuque en sautant dans l'eau au coup de sifflet final. L'homme est décédé des suites de ses blessures malgré l'intervention des secours. »
Ah ! on n’en peut plus !
Fallait-il bien que nos voisins gagnassent la coupe du monde de football et que nous finissions troisième du tournoi !
C’est trop.
Quand je pense à la pauvre Anne-Sophie Lapix qui s’était permise bien avant l’apothéose quelques petites remarques sur les millionnaires du football et dont on ravive les paroles imprudentes, au risque qu’un illuminé lui fasse la peau de l’avoir osé, oui, vraiment les foules n’ont pas changé depuis qu’en 416 avant Jésus-Christ, Alcibiade jeune Athénien beau comme un dieu, se voyait offrir une tente avec séjour gratuit, tandis qu’Athènes l’autorisait à utiliser les vases d’or de la Cité pour célébrer sa victoire aux Olympiades.
C’est sidérant de visionner les bouts d’image d’un Macron déchaîné se faire taper sur l’épaule et tutoyer, tutoyant lui-même comme un charretier ses chevaux, alors qu’il y a quelques jours à peine, il reprenait un collégien qui l’interpellait trop familièrement dans la foule !
Et ce militaire français trimballé dans sa chaise roulante dans le vestiaire des bleus, loin de moi la pensée de le ridiculiser et encore moins d’amoindrir ses souffrances et son mérite, mais que diable faisait-il là, sinon servir involontairement la passion désormais dévorante du président pour le football « qui gagne ».
Cette séquence me fait souvenir du personnage de Céline dans le « Voyage au bout de la nuit », le sergent Branledore !
Branledore apparaît comme un modèle. Il a su retenir « la sympathie active des infirmières », grâce à une posture d’engagement en faveur de la victoire française, de patriote, mis en valeur par la répétition du nom « victoire » et le discours direct : « Victoire ! Victoire ! Nous aurons la victoire ! » Ce n’est pas en raison des ses blessures physiques, qu’il parvient à obtenir « les bonnes grâces toutes spéciales du personnel traitant.
Il y a dans cette foule massée aux Champs Élysées quelque chose d’effrayant, c’est la démission générale de toute preuve d’intelligence, y compris des intellectuels présents, au nom d’une foi et d’une ferveur irrépressible !
Ces foules-là sont bonnes à tout, le pire comme le meilleur. Il n’y entre ni calcul, ni aucune forme de raisonnement, c’est une ferveur moyenâgeuse qui puise sa force dans les instincts les plus primitifs.

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Ceux qui sont l’objet de cette vénération de masse ne peuvent jouer d’autre rôle que celui de se laisser admirer comme les reliques d’un saint. Si l’un d’entre eux venait à tenir un discours modéré du genre d’Anne-Sophie Lapix, par exemple la superstar des bleus, sa majesté Mbappe, « Attendez, ce n’est qu’une partie de football. La Belgique aurait pu nous battre 3-0 le tour avant, la Croatie pareil. Nous avons gagné, c’est bien, mais n’allez pas y voir autre chose qu’un bon match de foot, au cours duquel nous avons eu beaucoup de chance ». Mbappé se ferait écharper sur le champ !
Comment des élus politiques peuvent-ils subsister dans ces tempêtes humaines ? En faisant comme Macron pour les plus aguerris, proches des foules sportives ou en se faisant oublier le temps nécessaire à la dispersion des agités et la revenue de toutes les formes d’intelligence à tous les niveaux.
L’homme politique est un candidat éternel, soit à sa succession, soit aux emplois différents qu’offre la démocratie. Devoir s’imposer sans discussion est capital. La foule ne sait plus grand-chose dans son bouillonnement, sauf qui a marqué un but ou quand le portier de l’équipe s’est fait prendre le ballon comme un débutant. L’homme politique qui ne veut pas raccrocher les gants et qui descend dans la rue pour fêter ça doit impérativement ne pas se tromper sur les événements du match et du nom des joueurs.
C’est un exercice où plus d’un aurait mieux fait de s’abstenir.
Il est impensable que l’un ou l’autre batteur d’estrade fasse comme Anne-Sophie Lapix, ce serait proprement suicidaire. Vous n’en entendrez jamais aucun se dresser contre ce genre de connerie collective. Tous de grands sportifs, comme Macron, comme Poutine, à cent lieues de ma démarche positivement mauvaise, ils sont supporters dans le sang, comme Mathot père et fils raclant des voix jusque dans les dortoirs des maisons de retraite de Seraing, tout sucre, tout miel, à l’embrassade des prothèses, comme le cuir des ballons.
Dans ces moments-là on perçoit comme la démocratie, le sens de la critique et l’intelligence, ne signifient pas grand-chose à la multitude.
C’est là malheureusement où la droite marque des points.
Après l’explosion populaire, la nuit de folie, ce sont les gens de droite qui se ressaisissent le plus vite. Ils ont d’autres bonheurs en vue, d’autres préoccupations, des projets de vacances, etc.
Les gens du peuple n’ont d’autres perspectives que le travail et la morosité des jours. Un enthousiasme collectif les a momentanément dispensés de souffrir la routine des jours. Aussi entendent-ils prolonger le délire le plus longtemps possible. Certains iront jusqu’à le garder toute leur vie de travail, pour résister à la tentation de se foutre à l’eau.
Voit-on un Conseil d’administration, dans la semaine suivant le délire collectif, se livrer à deux heures d’exclamations dithyrambiques à propos de l’équipe de France ?
Mais on voit très bien une équipe d’atelier tuer le temps tout le mois suivant en fines analyses des temps forts du match, boostée par la monotonie et la débilité des tâches répétitives.
Voilà pourquoi le tribun de gauche, l’homme du peuple, le ténor des partis ouvriers, perdent un temps précieux à faire revenir l’homme du peuple à la réalité du temps de travail et des bas salaires.
Et encore, ne peuvent-ils, sans risque, placer la contemplation des athlètes de leur sport favori dans la catégorie des opiums du peuple, qu’eût désavouée Karl Marx lui-même, à la fois philosophe et porteur d’eau de son propre système.

16 juillet 2018

Donald et l’Europe.

La semaine qui se termine fera date chez nos américanolâtres ! Encore heureux que la machine à happer l’attention se soit focalisée sur le foot offrant en continu nos impérissables gladiateurs du ballon, sans quoi nos journaux auraient montré, faute de mieux, la morosité de nos élites libérales.
La conduite de Trump à l’égard des « alliés » européens est une grande première. On n’a jamais vu un président houspiller à ce point des gens qui le reçoivent la gueule fendue du grand sourire des grands valets. Que ce soit l’OTAN, l’Europe et la Grande-Bretagne, chacun a reçu son petit paquet de reproches.
On aurait tort de croire qu’après Trump, la politique d’amour-toujours entre l’Europe et les USA reprendra de plus belle. Le chantre MR de la relation amoureuse, Charles-l’Américain, jouera-t-il à nouveau des paupières dans ses sketches avec le successeur de Donald ?
Trump n’est pas fou. Il courtise son électorat, nationaliste, anti-immigration et anti-européen, en étant tout cela à la fois.
C’est fâcheux, mais nos américanolâtres en prennent plein la gueule.
De mémoire d'historien, après la visite triomphale de Woodrow Wilson en 1919, c’est la première fois qu’un président américain se présente à nous de manière hostile.
Trump apprécie l’extrême droite en Europe, justement parce que celle-ci entend se débarrasser des alliances, de l’UE et des émigrés. Cette politique lui plaît, parce qu’elle dissocie des concurrents commerciaux. Il a moins à redouter des pays en les prenant un par un, plutôt que de les avoir en syndicat à la table de négociation.
Ce n’est pas une politique de fou qu’il mène, c’est celle d’un commerçant avisé !
Que trouve-t-il à son arrivée à Bruxelles ? Une Union européenne frappée par une profonde crise de régime, à la tête de laquelle il voit un vieillard usé et saoul un jour sur deux !
En Angleterre, pareil. Rien ne va plus dans le gouvernement May, depuis qu’elle a dévoilé ses plans pour un Brexit mou, alors que la moitié de son parti réclame un Brexit dur. Trump a choisi le camp des durs. Trump louange Boris Johnson, adversaire de Mme May chez les Tories et acharné Brexiter intriguant. Il serait ravi que l’Angleterre perde ses clients et ses fournisseurs du vieux continent. Ainsi le pays ne pourrait plus compter que sur les USA. Les industriels américains adoreraient.
Quitte à faire beaucoup souffrir Charles Michel dans sa foi en Wall Street (1), Trump affiche publiquement sa détermination d'affaiblir l'UE. Peu importe s’il le fait avec l’ignorance du financier inculte. Ses tweets sont à lire et à méditer. Il s’adresse à l'opinion américaine et à son électorat. L'UE a été créée pour se mesurer aux États-Unis et prendre sa place dans l’économie mondiale...

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Il y a moins d’un mois, Trump jetait son grain de sel dans la bataille entre Angela Merkel et le CSU, Seehofer, sur l'immigration. Inutile de dire qu’Angela n’était pas sa favorite.
C’est quand même une première de voir un président américain s’immiscer dans les affaires intérieures des pays « amis » qu’il visite ! Quand il s'agit de donner un coup de main à l’extrême droite européenne, Trump ne ménage pas sa peine.
Les anciens présidents même républicains n’étaient jamais allés aussi loin dans la montre de leur choix.
S’il faut en croire ce nouveau courant de pensée, Charles Michel, pour se faire aimer, aurait intérêt à pousser son parti encore un peu plus à droite, en pendant francophone à la N-VA ! Reynders l’a bien compris lui qui ne jure plus que par la N-VA bruxelloise !
Les alliances futures de Trump ne tiendront plus compte de ce qu’en Europe on appelle les Régimes forts ou dictatures molles, même carrément les dictatures, quand on voit de quelle manière il a apprécié l’entrevue avec Kim Jong-Un, la démocratie libérale n’a aucun intérêt de son point de vue.
On savait depuis longtemps à quoi s’en tenir sur le social et la redistribution pour plus d’équité aux USA, seuls les libéraux purs et les libéraux sociaux (PS) ne voulaient rien voir de cette politique ultralibérale. Avec Trump, ce n’est plus possible de la dissimuler aux yeux des électeurs belges.
Notre chance, nous ne sommes pas les seuls à être détestés, il y a la Chine et son gros paquet d’avoir en dollars américains. Trump a tranché : l'Amérique n'est plus ce qu’elle était, c'est la faute à Obama qui a permis à la Chine de monter en puissance. Il s’offre des sorties de secours. « Ce n’est pas moi, c’est l’autre ». En Belgique, on connaît. Les partis ont toujours gouverné de cette manière.
Les États-Unis réviseraient leurs alliances et le multilatéralisme. Le style plan Marshall date de 1945.
Ce qui fait peur, ce n’est pas Trump, c’est l’Europe qui à chaque décision de Washington attend pour réagir, dans l’espoir que l’autre reviendra à de meilleurs sentiments. On ne fait pas de politique avec de bons sentiments. L’américanolâtrie n’est pas une politique !
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1. Wall Street veut dire en réalité « Rue des Wallons », puisque les premiers occupants des lieux, qui vont devenir le centre nerveux de la finance mondiale, étaient des Wallons !

15 juillet 2018

Bart le para sol flamand…

Barbara Debusschere, journaliste à De Morgen, dans un article repris sur « Daardaar » nous rappelle l’existence de la frontière linguistique entre les deux communautés, des fois qu’on l’aurait oubliée. Pas de solde en démarcation du sol. On va encore entendre des vertes et des pas mûres sur le pâturage linguistique et agreste, d’ici le mois d’octobre.
On peut compter sur la N-VA et le Vlaams Belang pour ça !
Eric Van Steenkiste possède deux lopins de terre, emploie deux comptables, utilise deux étables et exploite deux types de vaches : les Flamandes et les Wallonnes.
« L’agriculture a été régionalisée. Elles ne peuvent donc pas se mélanger à l’étable », résume Eric Van Steenkiste, agriculteur établi à la frontière régionale. » (Daardaar magazine)
C’est tout à fait bouffon, mais c’est impossible de faire autrement dans son cas.
Agriculteur à Lessines dans le Hainaut, il a aussi des terres sur la commune flamande de Grammont (Geraardsbergen), ses terres sont traversées par la frontière ( !) entre la Flandre et la Wallonie.
« On a donc du blanc-brun côté flamand et du blanc-bleu côté wallon. Ce qui permet de les séparer facilement. »
Il y a une étable construite du côté wallon, la ferme proprement dite est du côté flamand. L’agriculture étant une compétence régionale, les deux bâtiments doivent désormais faire l’objet d’une séparation stricte, attendu que deux compétences différentes et pour ainsi dire rivales avec des règles contradictoires, sont les gestionnaires administratifs des lieux. La Wallonie et la Flandre appliquent des règles différentes en matière d’hygiène, de primes, de quotas d’engrais et de pollution de l’environnement.
Ça rappelle des souvenirs, non ?
Sauf que depuis la débâcle des Fourons, il n’y a plus de mouvement en Wallonie reprenant les objectifs du MPW (Mouvement Populaire Wallon).
Les autorités wallonnes ont manqué de psychologie en incitant les Francophones à croire les grands arrangeurs que sont les libéraux pour imaginer une Région flamande apaisée.
Les pointus et la N-VA poussent les autres partis à la surenchère. Le Vlaams Belang se marre. Dans trois mois, c’est la kermesse !
Éric le fermier ne rigole pas, les périodes durant lesquelles il est permis d’épandre l’engrais sur les champs, le calcul de la quantité d’engrais par vache, le seuil de compensation due à la pollution et les règles concernant l’épuration des eaux et l’arrosage divergent de part et d’autre de la frontière.
Comble des combles, les vaches ne peuvent pas se trouver sur le même pâturage ou dans la même étable. Il y a trop de place dans l’étable wallonne et il en manque dans l’étable flamande, mais les vaches flamandes ne peuvent pas rentrer dans l’étable wallonne. Si un inspecteur de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) s’en aperçoit, on infligera une amende au fermier !

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Et vous savez pourquoi ?
Les bêtes ne peuvent pas se mélanger pour éviter les contaminations, et pour ce qui est des primes et des quotas d’engrais, le « poids » d’une vache est différent en Wallonie et en Flandre !
La comptabilité est particulière à chaque Région selon la bête, le pauvre Van Steenkiste est obligé d’avoir deux comptables !
Barbara Debusschere est allée se renseigner auprès de la Fédération wallonne de l’agriculture (FWA). Le cas d’Eric Van Steenkiste n’est pas unique. Au moins 200 agriculteurs de la région se trouvent dans cette situation, un autre ponte du Département wallon de l’Agriculture, Bernard Hennuy, estime qu’ils pourraient être environ 1000 fermiers !
Comme l’illustre le cas d’un veau noir et blanc qui vient de naître. Le lendemain de sa naissance, il se trouve dans un box et boit du lait dans un seau. « C’est un culard. La mère est une vache à lait flamande, le père un culard. Comme il a besoin d’aliments et de soins différents, je préfère le mettre avec les Wallonnes », explique Eric Van Steenkiste. « Mais je dois d’abord l’inscrire via la mère flamande. Pour obtenir la naturalisation wallonne, je dois remplir beaucoup de paperasse et réaliser des tests sanguins. C’est un peu ce que voulaient faire les Français avec Eden Hazard. »
À côté du veau flamand qui doit être naturalisé wallon s’en trouve un autre, brun et blanc, né deux jours plus tôt et « purement flamand ». Sur place, un négociant admire les veaux. Un peu plus tard, il repart avec une jeune vache flamande dans sa remorque. « On a vendu une vache flamande à un Wallon », conclut Eric Van Steenkiste. « Si ce n’était plus possible, il faudrait mettre la clé sous la porte. Alors qu’il n’y a pas si longtemps, on se trouvait tout simplement en Belgique. »
Que « Daardaar magazine » me pardonne ainsi que sa chroniqueuse Barbara Debusschere, pour les longs extraits cités de leur travail, mais c’est tellement hallucinant qu’il doit bien se trouver d’autres cas dans d’autres industries que l’alimentaire. Que dire quand on sera en Confédération ! On en tremble à l’avance.
Et dire que les supporters des « Diables rouges » avec la chorale de la presse sportive belge vont dire partout qu’on n’a jamais été si soudés grâce au sport !
Il est vrai qu’ils ont déjà oublié les raisons de la commune flamande de Grimbergen pour qu’un nouveau terrain national de foot ne soit pas construit sur le plateau du Heysel.
On devrait quand même se rendre à l’évidence en Wallonie que le processus de séparation des deux communautés est déjà tellement avancé, que ce n’est pas la peine que Borsus s’attache à Namur aux accords de Michel à Bruxelles qui espère tant rempiler avec la N-VA.
C’est foutu mon pote !...

14 juillet 2018

Match France-Belgique truqué ! (1)

Dans l’excellent roman de Philip Roth « La tache », une anecdote colle parfaitement avec le thème du livre. En Amérique, s’il y a bien des citoyens encore discriminés, ce sont les gens de couleur, alors que plus Américains de longue date que la plupart des citoyens actuels, les origines de leur ancrage remontent de la fin du 18me s. à la mi-19me.
Venons à l’anecdote :
« Le docteur Charles Drew a découvert comment empêcher le sang de coaguler, ce qui a permis de le stocker. Puis, il a été blessé dans un accident de voiture, et comme l’hôpital le plus proche ne prenait pas les gens de couleur, il est mort en se vidant de son sang. » (« La tache », page 444 et 445 Folio).
Cette anecdote est symptomatique de l’ambiance « petit blanc » qui existe encore dans la société américaine. On y adhérerait complètement par élan du cœur et dans la réprobation des discriminations. Cependant, elle est fausse. !
Le docteur ayant été accueilli dans le même hôpital que les autres passagers du véhicule. Son artère fémorale sectionnée dans l’accident, il a été impossible de le ranimer aux Urgences.
L’affaire aurait pu se passer comme l’écrit Roth. Les bouteillons ont la vie dure.
Mais ce n’est pas vrai.
Le livre est paru à NY en 2000. Voilà 18 ans que le bruit se colporte en librairie et bien plus longtemps encore de bouche à oreille.
Depuis la diffusion des tweets de Trump, grand dénonciateur et grand diffuseur de Fake news lui-même, cette pratique de la fausse nouvelle revient sur le devant de la scène politique, cependant elle est très ancienne.
Trump rend presque service au camp de la vérité en incriminant la presse de cette pratique assez répandue. De ce fait, il joue les arroseurs arrosés.
Souvent le fake est à sens unique, la craque de droite impactant l’oreille de l’homme de gauche, attendu que la quasi-totalité de la presse est aujourd’hui dans des mains intéressées de personnages plutôt de droite, sinon d’extrême droite et qu’il est plus facile à un représentant d’un parti de l’espèce de se faire interviewer par des journaux de connivence comme Le Soir, La Dernière Heure, sans parler des presses locales.
Si bien de nos jours, qu’une nouvelle profession est en train de voir le jour : diffuseur de fausses nouvelles.
Fake news et hoax (canulards malveillants) menacent la démocratie, qui n’avait pas besoin de ça pour être menacée( l’illustration de cette chronique est hoax à double titre).
Nous voilà entrés dans la « postvérité », la vérité d’après, c’est-à-dire celle qui aurait pu être, comme la mort supposée du docteur Drew. Une vérité supposée chuchotée entre amis, lorsqu’elle est suffisamment répandue devient « majoritaire » par rapport aux faits réels. C’est une « vérité » à laquelle on veut croire parce qu’elle adhère à nos propres convictions ou qu’elle est « poétique » et que c’est finalement une plus belle histoire, qui a en tous cas plus de sens, que la réalité.

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Dans le genre, le flacon brandi par Colin Powell aux Nations Unies faisant preuve que Saddam Hussein travaillait à l’arme atomique reste fameux parmi tous les fake-News.
Les peuples travaillés par des esprits forts, des prêtres et des escrocs viennent d’hériter d’une catégorie à vrai dire ancienne de propagandistes du faux, en train de revenir en force, les placeurs d’hommes politiques dans l’opinion et les politiques eux-mêmes enthousiasmés à l’idée que les promesses électorales non tenues pourraient se nourrir de fake établissant le contraire.
Jean-Claude Juncker, titubant au sommet de l’OTAN, était-il fin saoul ou victime d’une crise de sciatique ? Cette interrogation n’est pas anecdotique. Elle est politique et d’une grande importance, puisque cet homme joue un rôle considérable dans la construction de notre avenir en Europe. Saoul ou état physique mauvais, la vérité ou fake-new : on a déjà les deux !...
Là aussi, l’idée n’est pas neuve de faire passer le rêve d’une démocratie idéale pour la réalité.
En 1733, Jonathan Swift – l’auteur des Voyages de Gulliver – définit le mensonge en politique comme « l’art de convaincre le peuple par des faussetés nécessaires ». L’historien américain Robert Darnton, bibliothécaire de l’université de Harvard avait constaté que les journaux anglais du XVIIIe s. vivaient de ragots, exploitaient les rumeurs à des fins politiques ou mercantiles. Les journaux français rivalisaient avec eux en publiant des informations invraisemblables à une époque très sensible, au point que Louis XVI y perdit la tête. Cela ne signifie pas que les Révolutionnaires étaient des menteurs patentés, mais on ne saurait dire quelle aurait été la suite de l’Histoire de France si les informations avaient reflété la réalité, l’Ancien Régime, ne vérifiant pas les sources, diffusant les rumeurs dans la jubilation d’avoir trouvé le moyen de faire fortune en vendant du papier !
Marc Fougères mentionnait en 1943 que l’exactitude d’un fait n’est pas un concept absolu qui porte en lui-même sa preuve. À l’époque, le Régime de Vichy était passé maître dans l’art de raconter des craques. Mais la réflexion de Fougères est juste. Il n’existe pas de vérité absolue qui ne puisse être controversée, sinon que nous naissons mortels !
Trump et ses pareils n’ont pas fini de nous étonner. Il est vrai que depuis le temps que la foi se passe de vérité prouvable, on se demande si ce n’est pas Dieu lui-même qui aurait lancé la fausse nouvelle de son existence !
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1. Je compte sur un nombre record de lecteurs rien que par le titre, même si cette chronique le dénonce comme fake-new, par son contenu !

13 juillet 2018

Le temps des Cyborgs !

À la différence des siècles au cours desquels l’illettrisme était une conséquence de l’appropriation des connaissances par l’élite nobiliaire, elle est aujourd’hui le résultat d’une forme de loisir, dispensée par toutes sortes de pouvoir.
On n’honorera jamais assez l’instituteur laïc de l’entre-deux guerres qui donna à la jeunesse le sens critique et la théorie de la lutte des classes.
Près d’un siècle plus tard, peu armée pour résister aux chants des sirènes de l’establishment, notre génération affronte les machines à l’intelligence artificielle (IA), programmées pour modifier le psychisme humain !
L’université, en progrès, est à égalité avec la bêtise générale, tout aussi en progrès ! Il n’est même pas certain que la bêtise soit moins bien représentée dans la haute école que dans les niveaux inférieurs.
Autant que l’alimentation ersatz, rehausseur de goût et médecine de confort, lorsque les robots modifieront la psychologie humaine, vers quel désastre courrons-nous ?
Ce régime économique totalitaire détourne nos désirs et réduit nos espérances à de grandes cérémonies collectives, sortes de célébrations politico-religieuses et sportives. Alors que, déjà, les machines intelligentes bouleversent notre manière d’être au monde, en nous déchargeant du fardeau d’être intelligents !
L’accélération voulue par le productivisme économique, essence même du système en quête de profit, dévoile notre impatience du loisir et la satisfaction de nos désirs.
Des robots satisfaisant à nos caprices en toute célérité de communication, nous serons frustrés par l’agressivité de la société humaine, de ses bavardages inutiles et de sa méchanceté naturelle. Seules les autorités patronales et politiques auront le droit de nous piétiner, par l'effet de leurs moyens de rétorsion à notre égard.
Subissant le contact humain comme une contrainte, aurons-nous envie de nouer de nouveaux contacts, après nous être défaits des anciens ?
La société ne se définira plus par la présence d’humains, de parents, d’amis, mais par une machine. Au Japon, des couples se forment d’une machine et d’un humain, au même titre qu’entre deux humains. L’avantage serait incomparable. La machine est aimable et complaisante. Son entretien est limité. Son abandon dans un placard ne suscite aucune controverse. Elle est douée d’une conversation à la carte et d’une intelligence supérieure à la moyenne.
Que deviendra la possibilité de s’adonner à des réflexions intérieures, lorsque nous serons en face d’un appareil prêt à nous écouter d’une oreille complaisante ?

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La mémoire, déjà si complétée et rafraîchie par Internet et le smartphone que nous n’aurons plus en poche, mais en permanence en « puce à l’oreille », qui pourrait envisager un retour brutal à l’état de nature, soit par une punition distribuée par les deux pouvoirs – l’économique et le politique, soit par un cataclysme dont nous pourrions être les auteurs ?
La géolocalisation nous donne le droit d’être géographe sans l’être. La téléportation nous donnera celui d’être dans un lieu sans y être ! Et tout cela sans que nous soyons capables de la moindre explication, sinon d’appuyer sur des boutons indiqués sur la notice.
Déjà que nous sommes amenés à philosopher sans plus savoir quels sont les philosophes, les théories qu’ils ont émises et les besoins que nous avons de les connaître, les robots vont-ils obliger l’homme à repenser l’idée qu’il se fait de lui-même ? En d’autres mots, l’homme va-t-il être contraint d’entrer dans les questions de métaphysiques sans en rien connaître, depuis qu’on l’a rendu idiot et conservateur ?
Aidés et complétés, quand nous serons convaincus que les machines ont des compétences que nous n’aurons jamais, il sera trop tard. Nous ne pourrons plus rentrer dans le monde primitif qui fut notre matrice à l’aube de l’humanité
Comme la réalisation la plus sophistiquée sera l’œuvre d’une poignée d’individus fabricant des machines pour le reste complètement ignare, l’équation reviendra à nous livrer à des forces que nous ne contrôlerons pas, sorte de CAC 40 du niveau supérieur. Les effets pathologiques sont prévisibles, comparables à ceux qui sont privés de jeux vidéo, de réseaux sociaux ou de drogues, nous pourrions très rapidement être en manque !
L’humain drogué du progrès entre plus facilement dans des délires religieux. Le jour où les fabricants nous feront croire que leurs machines sont pourvues d’émotions, on verra des processions animistes aussi redoutables que les sottises actuelles d’esprits croyants.
« C’est ce qu’on appelle un phénomène de dissonance cognitive : on a beau savoir que ce sont des machines, on ne peut pas s’empêcher de développer avec elles la même relation qu’avec des humains, et croire qu’elles ont des émotions. Plus récemment, l’état-major américain a découvert que certains soldats envoyés en Irak et en Afghanistan s’attachaient de manière déraisonnable à leur robot démineur : les dommages que ­subissait celui-ci les affectaient gravement, et ils voulaient absolument qu’on le leur répare plutôt que de recevoir un robot tout neuf sorti de l’usine. Pendant le combat, certains pouvaient même mettre leur vie en danger pour lui éviter des dommages. » (Serge Tisseron - Le Monde).
Bientôt, les seuls acteurs sociaux importants seront les inventeurs des robots. Et encore, le jour où l’intelligence artificielle pourra se reproduire, nous serons tous fichus à la porte, y compris leurs inventeurs.
L’humanité sera obsolète !

12 juillet 2018

Voyou et démocrate.

L’argument favori de ceux qui se positionnent en faveur d’une liberté totale des rémunérations tient dans la foi que les sociétés libérales s’autoréguleraient par la loi de l’offre et de la demande, tenant compte des investissements. Comme s’il n’existait pas des abus de pouvoir et des prises de bénéfices sur salaire, mettant à mal l’avenir même de l’entreprise.
Dans la foulée, les mêmes sont unanimes à considérer que la plupart des critiques sur les rémunérations exorbitantes proviennent d’envieux qui restent en-dehors du cercle restreint de ceux qui le peuvent, attendu que s’ils étaient en mesure de le faire, ils n’y verraient plus aucun inconvénient.
On ergote sur l’origine des rémunérations. Après tout, si elles proviennent d’entreprises privées, c’est une question qui regarde l’employeur et les employés, généralement représentés par un syndicat. Sauf, bien entendu, dans le cas d’une entreprise ayant reçu des subsides de l’État, c’est-à-dire relevant d’une responsabilité devant les citoyens.
Mais quid des organismes publics employant des fonctionnaires, comme tous les traitements et avantages des fonctions de représentation dans la démocratie ?
Un rapport de Transparency International EU s’intéresse aux revenus annexes des eurodéputés. Voilà qui tombe bien dans un moment de tension entre les comptables de l’Europe et le Rassemblement national (RN), l’ancien Front national (FN) de Marine Le Pen. Il serait réclamé à cette dernière une pincée de millions d’euros que la dame aurait employée à rémunérer son personnel en ses locaux de propagande, plutôt qu’à des tâches relevant des députés RN européens.
Comment vivent nos représentants à l’Europe ? Pas mal, merci ! selon ce qui suit :
Les déclarations d’intérêts des eurodéputés, via l’outil Integrity Watch, traitent l’activité rémunérée en parallèle des mandats. Au moins neuf d’entre eux en ont tiré des revenus supérieurs à leurs indemnités d’élu, et dans la liste des trente eurodéputés ayant les revenus annexes les plus élevés, les Belges ne sont pas à la traîne. Ces situations sont le résultat de conflits d’intérêts, principalement d’activités de conseil ou d’avocat-conseil.
Ah ! ces professions libérales qui professent un tel amour de la démocratie qu’il en devient suspect !
Transparency International EU recommande à l’intention des institutions européennes et des parlementaires quelques précautions élémentaires, dont l’Europe se fiche bien. Elle aussi ne serait pas loin de considérer cet organisme comme étant le siège d’envieux et d’aigris, un peu comme le gouvernement Michel voit une manifestation de l’envie des « petites gens » s’exprimer dans une certaine forme du populisme.

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Cependant, il n’y a rien de plus raisonnable dans ce que recommande Transparency International :
– Interdiction pour les eurodéputés d’activités de lobbying en marge d’un mandat et instauration d’une période de carence pour les sortants ;
– Obligation de transmettre plus de détails sur la nature des activités conservées ;
– Amélioration du contrôle effectué par le parlement Européen ;
– Mise en place d’une autorité indépendante pour sanctionner les abus.
Pour Marc-André Feffer, président de Transparency International pour la France, « il est légitime de se demander si un parlementaire qui perçoit d’importants revenus annexes ou qui cumule des dizaines de fonctions, a le temps d’exercer efficacement son mandat parlementaire, en toute indépendance et sans risquer d’éventuels conflits d’intérêt ».
C’est exactement ce que l’on se demande en Belgique.
Le plafonnement des revenus annexes des parlementaires, et l’interdiction des activités de lobbying en marge d’un mandat, est dans le domaine du raisonnable.
Mais un cumulard de première, à l’instar d’un grand patron du CAC 40 est-il raisonnable ?
Je ne citerai pas de noms. Je ne dénoncerai pas de carrières. Il y a un site sur la Toile qui relève les noms des parlementaires cumulards.
Voilà quelques années que ce site existe. Cette situation est connue de tous. Apparemment, tout le monde s’en fout, surtout les intéressés.
Et on s’étonne que l’antiparlementarisme progresse, alors que se sont les parlementaires eux-mêmes qui l’alimentent par leur insatiable gloutonnerie.
Oui, il y a incompatibilités entre un mandat parlementaire et une fonction de consultant ou d’avocat-conseil, une activité de lobbying, etc.
Cependant, une partie des gens de pouvoir s’y emploie comme s’il s’agissait d’un sport ou pour un travail d’une association de bienfaisance.
Parmi nos élites, on dénombre pas mal d’avocats, de médecins qui n’ont pas dételer, possèdent cabinet et clientèle et à l’instar d’Armand De Decker ne sont pas manchettes sur les factures à leur clientèle.
On cite parmi les eurodéputés, Renaud Muselier, élu marseillais, président de la région Paca. Le type aurait mis en poche plus de 800.000 euros d'euros tirés de ces activités dans le milieu médical, à la tête de deux cliniques dans sa région.
Notre inimitable Bacquelaine, il est vrai n’est pas eurodéputé, mais ministre, le p’tit gars d’Chaudfontaine doit s’en fourrer aussi pas mal, de ses multiples casquettes et pas que médicales.
Il paraît qu’il est très aimé, très compétent, très serviable disent les très cons qui l’apprécient.
À ceux qui s’interrogent sur la façon dont ils s’acquittent de leurs nombreuses missions, on peut leur dire qu’ils n’y font rien ou presque, sauf de passer à la caisse tout à fait régulièrement et sans jamais oublier les dates.
Dire si je crève d’envie d’en faire autant serait faux. C’est une question de probité.
Me croire un vilain envieux aux maux de ventre irrépressibles, c’est une erreur. Ces gens me dégoûtent trop pour me vouloir comme eux.
Mais prendre leur place, oui, j’en ai envie ; mais pas pour m’en mettre plein les poches… pour leur botter le cul !...

11 juillet 2018

L’attente amoureuse…

On aura beau gommer la partie honteuse de nos sociétés libérales, il n’en demeure pas moins que loin d’être collectivistes, ces sociétés se fondent sur l’immoralité de leur commerce.
Le deal a, de tous temps, associé leurs turpitudes à la morale, sans que ça fasse désordre et se voie trop. Pour un Jean-Jacques Rousseau, il y a un paquet de philosophes qui s’y sont trompés, de Kant, Hegel, Kierkegaard, à Alain et Valéry, tous se sont résignés à l’inexorabilité de leur complicité.
La guerre commerciale qui débute entre les États-Unis et le reste du monde, sauf Israël, fait partie de cette immoralité dans un registre très ancien, celui du fort contre le faible.
L’escalade des tensions entre les Etats-Unis et leurs partenaires rend l’immoralité de cette pratique chaque jour moins théorique.
Les premières conséquences économiques d’une déflagration commerciale mondiale devraient accentuer davantage le rôle joué par la puissance militaire des États-Unis, sans laquelle la puissance commerciale ne saurait être.
On assiste à un des hauts moments du commerce. À l’image des galions de Philippe II chargés d’or des pays conquis d’Amérique du Sud, Trump est un nouveau Cortès pour un chemin inverse.
Le mot exact de cette opération de Trump n’est pas difficile à trouver, sous la menace de ses tanks, de ses avions, de ses bateaux, Trump espère rapatrier un butin de son opération commerciale, rien d’autres.
Le porte-avions remplace l’arquebuse. C’est plus efficace.
On admire au passage avec quel art en Belgique, les tenants de ce gangstérisme d’État parviennent à poursuivre leur « grand rêve du monde libre ». Les MR et les autres nous enchaînent avec enthousiasme à la puissance américaine ! Dommage que la guerre commerciale ne soit pas officiellement ce qu’elle est réellement : une guerre tout court.
Les vaincus commercialement et militairement, c’est-à-dire le peuple, voient avec inquiétude un choc probable comparable à celui de 2008-2009, au cas où les États-Unis l’emporteraient.
Nos extra-lucides parlent à voix basse de « guerre totale » : une hausse de 60 points de pourcentage des tarifs douaniers sur les biens échangés entre les grands pays, alors qu’ils sont de 3 % en moyenne des Etats-Unis à Europe, ferait une baisse du pouvoir d’achat d’environ 1.000 € par citoyen de l’UE.
En effet, elle serait très variablement répercutée selon le type d’économie. La France par exemple perdrait 1.125 € l’an par habitant.
Allant de la crainte à l’espoir depuis le Brexit, le marché unique européen n’a pas trop souffert, sans droits de douane en interne. Avec l’exercice de musculation trumpien, l’UE accuserait une perte « permanente » de 4 % du PIB selon les économistes Jean Sébastien, André Sapir et Martin Philippe.

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Les effets provoqués par une avalanche de surtaxes sont prouvés. A court terme, elles font grimper le prix des produits importés. Les répercussions sont immédiates sur le pouvoir d’achat des ménages. Mais également sur la compétitivité des entreprises, dans un monde où les chaînes de production sont de plus en plus morcelées.
Faut-il rappeler que ce désastre prévisible l’est sciemment et préparé par une surpuissance dans le cadre d’un système économique qui fait ainsi une nouvelle fois preuve d’une réal-politique qui s’appelle du cynisme.
Le multilatéralisme qui passe par des mesures de rétorsion proportionnées est la seule réplique proposée par Juncker, mais elle a l’inconvénient de conduire à l’escalade. À ce jeu, nous sommes perdus d’avance.
Donner une nouvelle dimension aux accords commerciaux, mais comment ? Il n’y a que dans les films que l’on négocie avec la maffia.
On est en juillet, les vacances, le tralala du foot, le vélo en relais, etc. C’est vers octobre que cela pourrait se gâter, quand il sera beaucoup trop tard pour radicaliser une réplique dont, de toute manière, l’Europe vassalisée est incapable. Reste la grande inconnue de la Chine.
On attend… pour Charles Michel ce n’est pas trop douloureux, c’est une attente amoureuse !

10 juillet 2018

La mémoire de l’eau.

Qu’on se le tienne pour dit, la plupart des recherches sur la nocivité de certains produits alimentaires favorisant le cancer sont fausses !
Comme d’ailleurs, la plupart des recherches sur d’autres disciplines médicales.
Il est vrai qu’il y a rarement des vérités datées par la science du temps qui ne soient complètement démolies le siècle suivant.
Cette constatation ne nous délivre pas de la sensation, bien réelle cette fois, que l’industrie alimentaire du productivisme libéral nous empoisonne à petit feu, pour nous filer des saloperies qui accroissent son profit.
Le meilleur moyen, est-ce d’accéder à la « vérité » en passant d’une contrevérité à une autre, une sorte d’application d’algorithme par tâtonnement sur nos produits alimentaires ?
À empiler les idées fausses, on finit par sortir une, qu’il faudra cent ans pour réfuter !
Je vous dis ça en feuilletant un bouquin édité en 1905 « Le médecin des familles ». Heureusement qu’une bonne partie de la population était incapable d’acheter le livre par manque d’argent, sans quoi cela aurait été l’hécatombe. L’estimé auteur, par ailleurs docteur en médecine, a exercé son art jusqu’à un âge avancé. C’est dire les dégâts !
Cent ans plus tard, le bougre a des successeurs.
Au tournant du millénaire, deux chercheurs ont analysé 50 ingrédients d’un livre de recettes. 40 étaient déclarés « douteux », voire franchement « dangereux » !
Ce qui fit dire à ces chercheurs que pratiquement tout ce que nous mangeons pourrait nous filer un cancer !
En réalité, fonder une théorie générale sur trop peu d’échantillons aboutit à des conclusions hasardeuses, pour tout dire, improbables.
On entre de plein pied dans le monde d’aujourd’hui féru de sensationnel donnant lieu à un combat entre revuistes scientifiques. Ébahir le lecteur avant tout le monde, donne à l’éditeur six mois de bons ! Il ne donne aucune autre actualité, se contente d’allonger la sauce de sa petite merveille. Et les nouveaux abonnés ? Très important les nouveaux abonnés, adieu les coupures « …c’est alors qu’il sortit sa b… » (la suite réservé aux abonnés), si bien qu’on ne sait pas si c’est sa bitte ou sa belle-mère !
De ce point de vue Hawkins nous manque beaucoup. Il nous a fascinés dix ans avec ses trous noirs. On adorait la façon dont il nous parlait malgré notre peu de savoir, depuis son fauteuil roulant, par le truchement d’une machine à faire des mots pour lui. On peut même dire, tout en respectant sa mémoire, qu’il nous a servi pas mal de conneries, avec un aplomb dont on aurait cru le seul parti de Charles Michel capable !
Notez qu’à la même époque, il y avait mieux ! Jacques Benveniste affirmait que l’eau du robinet avait de la mémoire ! D’après lui, l’eau, en contact de certaines substances, conserve une empreinte de certaines propriétés de celles-ci.
À ce compte, Kim Kardashian devrait mettre l’eau de son bidet en flacons. Elle vaudrait des fortunes.

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Peut-être affirmera-t-on dans les milieux scientifiques en lisant ces lignes malgré mon insignifiance, que la concurrence est si vive entre les revues et l'appétit insatiable des médias, que les publications ne s’arrêteront pas à cause d’illettrés de mon espèce.
Pourtant un certain John Ioannidis, professeur de médecine à Stanford et quand on dit « Stanford » à nos élites, ils rentrent dans leur trou à rats la tête basse, donc John dégoise que « La majorité des articles publiés, même dans les revues sérieuses, sont mauvais ».
Là, il a dit mauvais. Il n’a pas dit faux !
Qu’entend-il par mauvais ? Mal écrits, mais justes ? Ou bouffonnerie pseudo scientifique qui, plus est, mal écrite ? Il en fit même un article intéressant « Pourquoi la plupart des études publiées sont fausses ».
Pour éviter l’émeute dans les facultés, il a très rapidement ajouté « depuis, quelques progrès ont été faits. ».
Les milieux autorisés ne s’autorisent pas tout, comme dirait Coluche. Ils ont des experts. C’est bizarre tout de même de faire « expert » dans des revues, alors que le métier consiste à dire que certains prix Nobel sont des farceurs et qu’ils vont le prouver. Que n’ont-ils découverts eux-mêmes la chose en produisant les correctifs d’usage pour descendre en flammes l’éminent qui s’est gouré !
Pour revenir au cancer, les sceptiques de l’élite de la science se basent sur des expériences refaites qui aboutissent rarement aux mêmes résultats.
Que les cancérologues ne prennent pas la chose tragiquement, il paraît que la médecine, l'épidémiologie, les essais cliniques de médicaments ne font guère mieux que les études sur la nutrition.
Une conclusion s’impose. Elle est d’ordre pratique. Un chercheur qui se trompe et qui nous sert une découverte à dormir debout est, malgré tout, cent fois plus utile, qu’un ministre qui a notre destin en mains et nous sort aussi des idées fausses. Le chercheur se trompe de bonne foi… enfin la plupart ! Trouver l'erreur, cela s’appelle le progrès.

9 juillet 2018

La démocratie en héritage.

En écrivant la pochade sur Nicolas hier soir, j’ai écrit que les fils de… manquaient d’imagination. En effet, d’habitude la jeunesse a des idées nouvelles, se rebelle contre les anciennes, se cabre même au point qu’on a vu souvent un fils d’un papa ordinaire virer à l’extrême gauche, parce que papa était à l’extrême droite.
Eh bien ! pas au MR.
On sait pourquoi ce parti reste approximativement dans les mêmes eaux. Ils se perpétuent entre eux ! Les chefs engendrent des chefs, comme les cocus perpétuent des cocus.
Ils épousent exactement le point de vue de leurs vieux. Vision à l’identique, au point qu’ils osent à peine l’agrémenter d’une petite nouveauté. Les jeunes reprennent les discours et les anathèmes des vieux. Ils vont jusqu’à copier les tics, les anaphores et les soupirs variés.
Ils ne perdent des voix que lorsqu’une dynastie s’éteint par sang bleu accumulé.
Les futurs visionnaires sont formatés sur la vision des pères remise à neuf.
On le voit bien avec Charles imitant sans qu’il le veuille Louis Michel. C’est le vieux qui parle quand le fils ouvre la bouche ! C’est le discours qui habille le moine, et celui que l’on entend de Charles est à la virgule près, celui de l’illustre ancêtre.
Vous me direz, si Nicolas ne le faisait pas en imitation à son père Didier Reynders, il n’aurait pas droit aux articles extasiés des gazettes locales ! On ne parlerait pas de lui. Il finirait has been à DéFI pour ranger les chaises après le meeting. Il jouerait de la musique en hobby, dans un petit orchestre de quartier, où sa future compagne serait chanteuse, au lieu de l’avoir pêchée dans un ministère ou sur les bancs de l’Alma Mater, lieux bien plus utiles pour y assembler un douillet parcours que risquer un rendez-vous sur Internet. Il conduirait les enfants à l’école, jusqu’à ce qu’ils puissent y aller seuls. On ne se retournerait pas sur son passage en disant d’un air entendu à la cantonade « Vous savez qui c’est ? C’est Nicolas Reynders, vous savez le fils de Didier. », quelqu’un répondrait invariablement « Il n’est pas fier, hein, de conduire son fils à l’école comme tout le monde » !
Donc, le petit Nicolas a son destin tout tracé. Il sera MR, un point c’est tout !
Si la perspective n’offre rien d’aventureux, de bien exaltant, le bien public sans cesse ressassé, Didier a une réserve inépuisable de bons mots (1). Il y a des compensations. Il sera aux yeux de Didier et Bernadette un bon fils obéissant, formé à l’université des parents, comme le veau nourrit aux mamelles de sa mère intellectuelle. Sa vie sera douce et confortable.

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On se demande parfois pourquoi il y a si peu d’artistes et d’intellectuels connus parmi le peuple. Cela tient à une raison bien simple : le peuple n’a pas le temps. Il ne peut pas se former, il doit travailler pour justement que se forment les petits Nicolas.
Comment voulez-vous qu’il se cultive, alors que sa mission impérative est des bosser, sinon il se marginalise et crime inexpiable, il se « dérentabilise », un peu comme le mercure, quand la découverte de la pénicilline a rendu la syphilis bénigne !
Le petit Nicolas a évité ce piège mortel. Il n’est pas né pauvre. Il n’en a pas conscience, sauf par les quelques anecdotes de son vieux qui dit souvent « à la maison nous n’étions pas riches », ce qui pour lui est une médaille ajoutée à sa brochette de décorations, entendez par là qu’il s’est fait tout seul et que son mérite est immense.
Les Fils de… n’ont évidemment pas cet argument à faire valoir. Ils doivent avant tout se défendre de la facilité avec laquelle la démocratie les nourrit, en oubliant de décrire le cocon familial aux intervieweurs trop curieux. Ils se trouvent des mérites inexistants. Ce n’est pas trop grave, papa est là derrière qui tient le cap à la barre.
Le petit Nicolas a bien quelques petits dons à faire valoir ? La clarinette et le solfège à l’âge de sept ans ? Le football avec une science innée du ballon ? Il a de qui tenir, papa est un grand supporter du Standard. Encore qu’habitant Uccle, il aurait intérêt à se faire voir dans les tribunes d’Anderlecht. Les trains miniatures que Nicolas construit avec du matériel de chez Märklin ? Papa a été grand chef à la SNCB en début de carrière, ondoyé par un baptême aux affaires par un Jean Gol qui lui tint lieu de père.
Si le rejeton ne se fait pas trop remarquer, s’il ne rue pas dans les brancards et est le premier supporter de son vieux, les gazettes ne tariront pas d’éloges. Il y sera regardé comme le digne fils de son père. S’il ne fait pas de vagues, ne prend aucune initiative hasardeuse, son avenir est assuré. Il n’a plus besoin de penser. On pensera pour lui au bon moment. Les journalistes locaux excellent dans ce qui arrange le patronat.
Allons, ne vous tracassez pas, Didier trouvera bien quelque chose de bon aloi, une juste cause qui veut dire avant tout « cause toujours ». Le thème de l’enfance en détresse jumelée à la construction de l’Europe évite les sujets scabreux comme la dérive du « juste » commerce de Trump et le racisme à fleur de peau de ceux qui veulent construire des barrières pour casser le flux de réfugiés.
Quand on s’élève un peu au-dessus des appétits des hommes, on s’aperçoit que la démocratie en Belgique est un grand champ après moisson livrant à la fringale des oiseaux, des insectes et des hommes, ce qui a échappé à la machine agricole.
Une nouvelle machine agricole est née.
Saluons le petit Nicolas, héritier du glorieux Didier Reynders.
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1. En réalité, comment ose-t-on parler du bien public au MR, alors qu’il y a tant de pauvres, que le travail n’est plus qu’une immonde corvée et qu’ils sont parmi les plus grands responsables de la monstrueuse inégalité entre les hommes ?

8 juillet 2018

Les lois de l'hérédité.

– On avait un Reynders, on va en avoir un deuxième !
– Non ?
– Oui !
– Comment cela se fait-il ?
– Au MR on n’y coupe pas. On ne devient pas célèbre par un bon militantisme. On le devient par droit de succession. À 35 ans, Nicolas, le fils de l’illustre se lance.
– C’est curieux d’avoir exactement la même opinion que son père !
– L’opinion est sans importance. C’est le résultat qui compte. Rien qu’à se lancer, le bougre a déjà droit aux réclames extasiées des journaux locaux !
– Et les autres, les pékins qui glandent pour se farcir un petit mandat rémunéré, les défenseurs de la rente et du commerce qui vendraient père et mère pour passer professionnels, ils ne mouftent pas ?
– Le MR est bien quadrillé. Matamores de père en fils, les chefs ont le poster de la famille Michel dans leur local de réunion. Reynders suit l’exemple de Louis… Les Horace contre les Curiace !
– Je parie que le petit Nicolas est déjà courtisé !
– C’est la génération suivante. C’est important. La génération Nicolas sera chargée de surveiller les arrières des grands anciens, des fois que le système serait pris dans une tornade.
– C’est toute une affaire d’être issu d’un illustre. L’éducation commence très tôt. « Papa, je veux devenir pompier ! – Non mon fils, tu seras député, comme ton père, et peut-être ministre.
– Je vois d’ici les mères de ces futurs pères de la Nation. Par exemple, déjà bébé, le petit Nicolas n’a pas pris son bain comme tout le monde. On l’a lancé dans le bain, dès le plus jeune âge, c’est La Meuse qui l’écrit.
– Il commence petit… les élections provinciales, quand même… il a pris du retard sur Charles. À 35 ans, Charles avait déjà une situation. Il réclamait sa part de démocratie…
– T’en as combien qui attendent vingt ans pour monter sur la liste et qui ne monteront jamais. Lui, tu parles, même si personne ne le connaît dans le coin, c’est tout de suite dans les « presque sûr » qu’on le case. C’est pas de l’avant-dernière place à vie !...

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– C’est un passe-droit !
– Non, c’est un passe-plat !
– Où tu vois la manœuvre et que ça respire l’embrouille, c’est le parrain. Tous les fils de… sont parrainés par les obligés de l’illustre dont le fils se lance. Ici, le chevalier d’adoubement c’est Jeholet Pierre-Yves.
– Plénipotentiaire désigné par le ministre pour accompagner les premiers pas du nouveau chevalier de l’Ordre !
– Voilà qui est quand même bien organisé.
– Ils ont eu le temps de se rôder. Le MR c’est la force tranquille de la démocratie en pantoufles.
– « Pourquoi le niveau provincial ? » s’interroge-t-on à la Meuse avec une pointe d’angoisse. « Il a des projets très concrets » se répond à lui-même le journaleux de service. « Ah ! bon ».
– Je sens qu’il va nous les énumérer.
– Exactement.
– Mais on n’en saura pas plus.
– Ah ! bon…
– Non, le préposé à l’éloge ne va quand même pas écrire que son projet le plus concret est de devenir bien vite un député au minimum syndical. Il ne faut pas décourager le militant de base.
– Nicolas porte un lourd fardeau, nous dit-il. Il a conscience qu’il est le fils d’un illustre. Mais comme tous les gaillards qui ont de lourds fardeaux – et on devine bien là son sens du pratique – quoi de mieux qu’un chauffeur avec voiture de l’État. Et pour cela, il doit « bosser » ferme.
– Et les projets ?
– Quels projets ? Le journal La Meuse aura tout l’été pour lui en trouver quelques-uns d’après les sondages à Huy et en région sur ce que veulent les habitants du coin.
– Reste le coup de foudre pour Burdinne, à proximité du refuge champêtre de papa.
– Mais le grand homme a quitté Liège précipitamment pour conquérir Bruxelles, après avoir exprimé son amour indéfectible pour la Cité Ardente !
– Qu’importe, il est resté très provincial par son côté gentleman-farmer.
– Géographiquement, Burdinne, c’est un trou. Historiquement, c’est l’endroit parfait pour dresser l’échelle MR et partir à l’ascension du mât de cocagne.
– Ces MR quand même !

7 juillet 2018

À qui le tour ?

Trump est tout ce qu’on veut, sauf qu’il est exceptionnellement doué pour s’emplir les poches et comme il s’associe à l’État comme président, il entend faire des USA une sorte de comptoir qui achète et ne revend jamais sans prendre la part la plus élevée de bénéfice.
La loi, le droit international, les règles de bonne conduite économique, il s’en moque, rejoignant ainsi le pur commerce libéral, à savoir celui qui ne connaît qu’une seule règle : « tout pour moi et rien pour les autres ». Celui dont aurait horreur le bien libéral Charles Michel, sauf qu’il le sert, comme le plus plat de ses valets !
Pour qu’une chose pareille fût possible, il ne fallait qu’une seule indépendance : ne plus être à la merci des pays du Golfe en matière énergétique. C’est fait avec le gaz de schiste.
Peu importe que l’extraction de l’huile lourde et les gaz de roche-mère détruisent pratiquement pour toujours les sites exploités, que l’eau injectée massivement ne soit plus récupérable, que les USA dans vingt ou trente ans rendront inhabitables de vastes contrées, l’objectif est atteint.
C’est donc bien clair, les USA non seulement rejette le plan mondial contre le réchauffement climatique, si bien que nous courons vers les trois degrés voire plus de réchauffement, avec ce que cela implique comme catastrophes du climat et de la montées des eaux inondant les littoraux, mais c’est aussi un arrêt de mort du système économique libéral, dont les penseurs et les grands spécialistes de ce domaine particulier se sont ingéniés depuis Adam Smith à nos jours, à appliquer toute sorte de garde-fous, des correctifs subtils dans le but d’approcher la règle économique à la morale classique, sans jamais y parvenir.
Trump bouscule tout cela et, ce faisant, donne raison à ses détracteurs les plus virulents qui ont toujours dénoncé l’appropriation du travail d’autrui comme une sorte de vol à la fois impuni et glorifié par des zombies politiques et les économistes de circonstance.
Les partis libéraux ont donc raison d’être inquiet, tant l’opinion peut très vite les ringardiser, comme le PS en France.
Dans l’immédiat, Trump a donc toutes les cartes en main pour conduire à sa guise le commerce mondial là où il veut. Il est tellement puissant qu’il peut commander à des entreprises européennes de quitter l’Iran où elles étaient en affaires, rien que par la menace que si elles n’obtempéraient pas, elles pourraient se voir interdites de commerce aux USA.
On voit très bien où Trump veut conduire ses « alliés », réduire l’Europe à l’état d’ouvrière auxiliaire à la grande nation américaine. Son allié israélien jubile. Trump pour des raisons qui restent à définir sert aussi les intérêts de Tel-Aviv, ce qui est tout de même un cas particulier à un système « qui ne regarde plus à rien, en-dehors de sa grandeur » et qui réserve ses seules « primes » amicales à une Nation qui a réussi à se mettre à dos tout le Moyen-Orient.
L’Europe devra donc se plier à cet ukase, JC Juncker n’étant pas de taille à s’opposer à qui que ce soit.

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Le dollar tenant de garantie et de couverture à tout commerce, il est aussi loisible à Trump d’accumuler des dettes colossales, son arme restant l’impression massive de billets verts. Voilà pourquoi l’euro reste une sous-monnaie très dépendante des cours du dollar, au point que si une hyper-crise survenait et mettait le dollar par terre, bien avant lui et sans pourtant que la monnaie ait démérité, l’euro-papier serait depuis longtemps juste bon pour être fiché à un clou dans les WC.
Bien entendu Junior en Belgique aboie avec les autres et jappe de plaisir à la pensée que Trump visite son chenil à Bruxelles.
Le grand homme nous arrivera avec un autre fleuron accroché à son gonfalon : la Chine.
Les nouvelles taxes douanières américaines sur les importations chinoises sont entrées en vigueur ce vendredi. Voilà un autre « client » des States embarqué avec nous dans ce que d’aucuns appelleront une guerre commerciale mondiale et pour d’autres, dont je partage les points de vue, le coup de gueule d’un patron qui veut plus de rendement et qui menace ses employés.
Que feront-ils pour garder les faveurs du patron ? Il n’est qu’à regarder la tartuferie de Charles Michel quand, au bout du tapis rouge, il s’agenouillera devant sa majesté dollar, pour comprendre notre vassalité et l’hypocrisie des discours de nos grands démocrates au service de l’Europe.
Plus intéressante sera la réplique de Pékin. Certains prétendent qu’avec le pactole en dollar résultant du déficit commercial des États-Unis, la Chine est maîtresse du jeu et que Trump n’a pas intérêt à pousser trop loin la taxe et l’arbitraire. C’est une erreur d’imaginer cela. Pas plus que l’Europe, la Chine est à l’aise, puisque c’est l’autre qui tient les clés du coffre où les milliards s’entassent au point qu’ils ne veulent plus rien dire et que la Chine pourrait se retrouver avec des rames de papier sans valeur au lieu de la monnaie au cours actuel.
La voilà piégée, elle aussi !
Les Etats-Unis ont violé les règles de l'OMC, et alors ?
Pour mettre un terme à l’hégémonie du dollar, une seul solution : que tous les frustrés de la planète s’appliquent à créer une monnaie concurrente, en abjurant le dollar. Et encore, minute, on a oublié qu’avec le mirage du dollar, les USA se sont dotés de l’armée la plus puissante au monde. Autrement dit, on résiste au dollar, on trouve les Marines. L’Iran va bientôt nous en donner la preuve.
À qui le tour ?

6 juillet 2018

Plateforme !

Il y a même des citoyens belges qui ne sont pas de l’avis de junior ! Le fils de Louis s’apprête à dérouler le tapis « special of President » pour accueillir Donald Trump au sommet de l’OTAN les 11 et 12 juillet, c’est-à-dire bientôt. Il y aura le beau monde habituel. Peut-être Reynders risquera-t-il le jabot en dentelles de Bruges ? Depuis qu’il forcit du blair, Reynders ressemble de plus en plus à Frédéric Mitterrand, le neveu de Tonton, vous ne trouvez pas ? Un comble pour un libéral !...
Les mécontents se sont regroupés en plateforme. Une façon de se croiser sans bien se connaître. « – Où tu vas ? – En plateforme. – Laquelle ? – Trump not Welcome ! – Tiens, moi aussi !
Les plateformistes entendent demander aux leaders belges et européens de ne pas s'inspirer de la vision du monde de Trump. Ce que je fais depuis que Trump est l’élu d’une minorité majoritaire dans une Amérique assottée de Lois qui n’avaient déjà plus court du temps de Monica Lewinski, pour l’impeachment !
Pendant que les MR mangeront des petits fours avec Trump, que Chastel veillera à la propreté des lavabos, les militaires, Charles et tous les partis flamands en chorale élogieuse, nous serons avec nos pancartes, histoire d’avoir une chance de passer dix secondes pendant le journal du soir consacré à l’événement. La demi-heure restante sera exclusivement réservée à Trump, la puissance américaine, son leadership, ses Harley Davidson, ses tweets, etc.
Charles Michel aura réfléchi tout le matin auprès d’Amélie Derbaudrenghien lui fasse pour ses grands mérites au cabinet de la ministre du budget Sophie Wilmès, de la couleur du costume qu’il mettra en première mondiale, le bleu pétrole ou le gris souris ?
Comme dirait Junior, il n’y a pas de petit budget, il n’y a que de grandes dépenses !
Mais revenons à la plateforme et à l’OTAN.
Pour le moment, ça va. Trump a bien une idée : Trump aurait envisagé à plusieurs reprises d'intervenir au Venezuela. Maduro a chaud aux fesses, les Marines ne sont pas loin.
Charles et Amélie sont à l’aise. Des fois que Trump ne le saurait pas, le Venezuela n’est pas en Europe, donc l’OTAN n’est pas mobilisable sur le coup.
Tout ce que Junior peut faire, c’est de lui montrer les éditoriaux de Béatrice Delvaux, en chef de ça au Soir, les diatribes de Gerlache Alain, animateur les jours d’enterrement à la RTBF et qui ont la haine de Maduro chevillée au corps.
Sur le Venezuela, la plateforme se divise. C’est curieux, la haine de Trump ne fait pas toujours l’unanimité ! Il est vrai que le coordinateur de la plateforme a repéré trois, quatre abonnés de La Meuse, ainsi qu’une douzaine d’affiliés du PS de Seraing, eux sont là pour tromper leur inquiétude, tous contre Maduro, évidemment.
Trump ne le dit pas, mais ses actions parlent pour lui. Le principal ennemi de l’Amérique jumelée à Israël, c’est l’Iran pour le principe… et l’Europe pour le business. Mais l’OTAN qui n’a plus de raison d’être sera maintenue pour deux raisons : le rapprochement de l’Europe avec son grand voisin Russe est impossible grâce à cette Alliance militaire et enfin, l’Europe n’a pas de défense propre, de sorte qu’elle est à la pogne des Marines et donc de Trump.

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« Ouais », dit un grand brun visiblement responsable de quelque chose "Trump veut pousser notre société plus loin dans l'engagement militaire et imposer une politique qui exclut les gens au lieu de les relier, déstabilisant certains pays au lieu de leur donner un avenir".
Je nous compte, avec les flics sur le trottoir on est bien une bonne centaine en préparation de plateforme, contre onze millions qui sont absolument pour qu’on garde l’OTAN pour faire la guerre, même sans aucun motif, sous le prétexte qu’on s’ennuie et que la guerre ça fait de la distraction !
Heureusement qu’une bonne centaine sur une plateforme, on a l’air que ça fait beaucoup !
Qu’importe, on va soutenir la résistance contre Trump aux Etats-Unis et partout dans le monde. J’ai failli dire que je n’ai pas attendu d’être sur plateforme pour lâcher tout ce que je pense de Trump. Quelqu’un aurait été capable, vu ma dégaine, d’affranchir l’opinion sur ma jalousie maladive depuis que je m’angoisse toutes les nuits à la pensée de Melania en nuisette, tailler une pipe à ce gros porc de milliardaire !
– Tu veux que je l’enlève ? Tu sais ce que ça coûte ces machins-là chez Tiffany ! Oui, je l’enlève, lacérée à la revente, c’est sans valeur.
La plateforme se réunira à 15h00 à la gare du Nord.
Je m’inscris volontaire pour courir rue d’Aerschot voir si, en vitrine ou en salon privé, Stormy Daniels n’a pas fait le déplacement depuis Los Angeles, pour un selfie avec son ex de président, en reine du porno et en osmose avec l’OTAN.
Comme la plateforme "Trump not Welcome" réunit une septantaine d'organisations, dont Amnesty International et le CNCD-11.11.11, à deux représentants par association, cela fera au moins cent septante personnes (avec les enfants), les onze millions restant étant au foot.
À signaler que le cortège passera Quai de Willebroeck, rue Dansaert, Quai à la Houille et le Boulevard d’Anvers. Manque de pot, à part la rue Dansaert, là on sera seuls pour défiler et c’est pas bon pour l’image à la télé.
On dit qu’on fera passer à nos dirigeants un langage clair. C’est une erreur. Les langages clairs n’ont jamais servi à rien, à fortiori avec Trump qui a le sien brouillé depuis l’enfance. Un sale quart d’heure, c’est autre chose. On compte sur les autonomes pour ça !
Peut-être bien, à cause des chaleurs, que Melania Trump sera sans bas. Ce sont ces petits détails qui rapprochent les êtres !

5 juillet 2018

Sabina.

Comme je l’ai écrit avant-hier « c’est l’été » et si, à la fois, il est permis de folâtrer et de sortir des sujets habituellement traités, pourquoi pas se laisser aller aux joies de la lecture ?
Par exemple, celles que procure « La tache », le livre du grand écrivain américain Philip Roth, probablement le plus doué de sa génération ! Au détour d’une page, je me suis arrêté sur une de ses citations extraite de « Soleil Noir » qui traite de la mélancolie, signé Julia Kristeva, écrit fin des années quatre-vingts, ça ne nous rajeunit pas. Et cette femme exceptionnellement douée, professeur à l'université Paris-Diderot, fondatrice du centre Roland Barthes, psychanalyste, membre de la Société psychanalytique de France, etc., est connue, au grand dépit des féministes, par son lien avec Philippe Sollers dont elle est l’épouse !
Et voilà qu’apparaît dans les colonnes du « Monde », un article infamant, extrait des archives de la police bulgare. Elle aurait espionné en France pour le compte de son pays d’origine, cet État bulgare qui a exercé une féroce répression, en exécutant les basses œuvres du KGB (1) !
Une révélation qui « constitue une atteinte à mon honneur et à ma considération » et « porte tout autant préjudice à mon travail », dit-elle en niant avoir espionné la France. En effet, cette révélation, si elle s’avérait exacte, la déshonore gravement et décrédibilise complètement son travail.
Les services secrets bulgares l'auraient recrutée dans les années 1970, sous le pseudonyme de "Sabina", mais elle se serait montrée "peu disciplinée". Arrivée en France en 1966, ce ne serait donc que quelques cinq à six ans plus tard, qu’elle aurait été « approchée » ?
Toujours selon les archives, la sécurité d'Etat l’exclut de l'appareil de collaboration début 1973", "car elle ne désire pas travailler" !
Pour le reste, les archives contiennent plus d'informations sur la biographie de Mme Kristeva et ses positions politiques, que d'informations émanant de sa part. Aucun rapport de sa main n'y apparaît.
Seule motivation possible, le désir d’exfiltrer ses parents, à l’époque en Bulgarie.
Ma première réflexion tient à la force de son œuvre, à son intelligence et son empathie pour les gens. Tout est là. J’admire cette femme pour ce que j’en ai lu et cette admiration est intacte. Peut-être n’aurais-je pas acheté « Soleil Noir » si le « Monde » avait publié plus tôt l’information. C’est stupide, puisque voilà trente ans que j’ai lu le bouquin.
Eh bien ! j’aurais eu tort.
C’est tellement loin, les circonstances dans ces années-là !
Peut-être a-t-elle voulu sauver ses parents par une compromission sans importance ? Cette femme intelligente leur dorait la pilule. Ce qu’ils surent, puisqu’elle fut déclassée très vite.
Et si elle n’avait pas du tout collaboré ? Les services spéciaux avaient besoin de paraître plein d’activités, ne serait-ce que pour alimenter le service des archives. Tout poisson pouvait entrer dans la friture, même à son insu.
Admire-t-on l’œuvre de quelqu’un parce qu’il est irréprochable, encore faut-il savoir ce que l’on entend par là ?

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Est-ce qu’un universitaire dérangé du bocal ne fera pas un jour un reproche à Euripide, plus de deux mille quatre cent vingt-quatre ans après sa mort ? Dans sa pièce « Alceste », Euripide montre une âme de lâche. Apollon fait don de la vie éternelle à Admète, à chaque fois que viendra le moment de sa mort, Admète devra trouver un remplaçant qui acceptera de mourir à sa place ! Admète va demander ce sacrifice à ses parents, puis à son épouse Alceste. Seule cette dernière accepte d'offrir sa vie pour lui.
Julia Kristeva aurait sauvé ses parents de la sorte ?
Mais l’intelligentsia parisienne l’entendra-t-elle ainsi, à cause de la suffisance de Sollers, l’époux ? On le jalouse encore de son aventure avec Dominique Rolin, de vingt-trois ans son aînée, enfin un peu moins, depuis qu’Emmanuel Macron se trouve dans le même cas.
D’autres, attablés dans une brasserie concurrente diront qu’il n’y a plus de honte maintenant à cela : l’hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour vertus. Le personnage d’une femme de bien est le meilleur de tous les personnages qu’on puisse jouer aujourd’hui, et la profession d’hypocrite a de merveilleux avantages
Est-ce qu’un menteur pathétique, un vendu notoire, un salaud de nature est incapable d’écrire un chef-d’œuvre ? Certainement ! On a même le sentiment que certains livres saints ont été écrits par de fameux lascars.
Reste qu’on a décoré l’auteure de la légion d’honneur, qu’elle s’affirme pour une grande âme au service de la psychanalyse et qu’elle est un des fleurons littéraires de son pays d’adoption.
Alors là, je me marre. Croire qu’on n’est que l’apparence de ce que les autres voient de nous, c’est comme si on portait aux nues Bart De Wever héros du sauvetage de quelques malheureux perdus sur un gonflable en Méditerranée, alors que nul n’ignore que c’est pour percer le pneumatique qu’il serait à pied d’œuvre et qu’à son retour, on le décorerait grand’croix, sauveteur de première classe.
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1. Des pièces du dossier sur la collaboration de Julia Kristeva avec les services secrets bulgares ont été rendues publiques le 30 mars 2018

4 juillet 2018

Espèce… de quoi au juste ?

Ce n’est pas sérieux, je suis incapable de vous apprendre quoi que ce soit sur l’origine des espèces, vous en savez autant, sinon plus que moi. Les savants sont aussi peu avancés que nous, avec des dehors préoccupés qui signifient qu’ils savent, bien entendu !
L'évolution, selon Darwin, des espèces à partir d'autres espèces généralement éteintes, au moyen de la sélection naturelle, nous en avons un exemple vivant et un fossile. L’homme a pris dix centimètres sur cent ans et l’Argentinosaurus, l'un des plus longs fossiles découverts, avait 30 m de la tête à la queue, le jour où il s’est éteint.
Quant à savoir les origines de la vie, comme on dit, on se perd en conjectures. La science s’est arrêtée aux infusoires.
Par contre, si Darwin s’est avancé jusqu’à très près de l’inanimé pour nous faire savoir d’où nous venons, il reste très prudent sur la fin, puisque pour lui, les espèces ne meurent jamais, elles se transforment.
Ce qui est faux à l’étude des fossiles, science qui a fait beaucoup de progrès ces vingt dernières années. Il y a bel et bien des espèces qui se sont éteintes sans produire de successeurs. Elles ont tout simplement disparu, en-dehors de celles qui ont été absorbées par cousinage comme Neandertal dans Homo-Sapiens, tout simplement éteintes irrémédiablement à la suite de facteurs qui tenaient à l’environnement ou à leur génétique épuisée.
Je m’avance peut-être en prétendant que l’homme n’atteindra pas le gigantisme pour s’éteindre – peut-être eût-il été jusqu’à trois, voire quatre mètres ! – sans des facteurs qui tiennent à l’environnement et à sa submersion par l’effet de la surpopulation.
Des expériences en laboratoire sur des souris confirment qu’elles régulent les naissances quand elles sont confinées dans un espace déterminé.
Cette « sagesse » de l’espèce, nous ne l’avons pas.
Peut-être un facteur de substitution est-il en train de clôturer l’aventure humaine ?
Des études nous informent que des perturbateurs endocriniens seraient à l'origine d'une puberté précoce (accélération due au gigantisme) et d'une infertilité accrue qui signe le commencement de la fin.
La dégradation de la qualité du sperme et les cas de puberté précoce ont probablement des causes environnementales, mais elles sont difficiles à démêler, a indiqué le Service de Santé publique Français.
Entre 1989 et 2005, la concentration en spermatozoïdes a chuté de près d'un tiers ( – 32,2%), soit près de 2% par an, d'après des mesures réalisées sur près de 27.000 hommes.
Il est possible que cette baisse (avec deux "s" évidemment) ait débuté dans les années 1970, selon une étude réalisée de 1973 à 1992.
Ce phénomène n'est pas propre à la France, mais s’étend aux pays occidentaux (Amérique du Nord, Europe, Australie et Nouvelle-Zélande), nous n’avons pas de références qui porteraient sur les autres régions du globe.

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On cite diverses causes évidemment en pareil cas, toujours les mêmes : le tabagisme chez les femmes enceintes, une hausse de cancers des testicules, des facteurs nutritionnels ou métaboliques, la pollution atmosphérique ou des modifications de mode de vie (sédentarité, stress, chaleur, sommeil).
Et si c’était tout simplement la difficulté à définir l’espace nécessaire à la survie de l’espèce que la souris a parfaitement compris et intégré et dont nous sommes incapables d’en appliquer les effets régulateurs, dans les grandes villes notamment ?
Un accident génétique serait seul capable d’interdire la progression du confinement des populations massées sur des espaces de plus en plus réduit ?
Si la souris a un contrôle inné de sa progression démographique, nous sommes comme l’Argentinosaurus qui probablement en était dépourvu, dont la disparition est sans doute due à l’impossibilité de son cerveau de commander à un système nerveux situé à trente mètres de sa source de commandement. Si bien qu’un autre saurien carnivore pouvait commencer la dégustation du corps de l’animal sans que celui-ci s’en aperçût !
Voilà où je voulais en venir, la raison principale de notre disparition possible tient à notre bêtise, à notre incapacité de décrypter les signaux de notre corps, à notre insupportable suffisance. Nous sommes persuadés que nous échapperons aux contingences qui fait de ce monde ce qu’il est, grâce à notre intelligence et à notre système économique, le plus performant que nous ayons jamais imaginé !
Foutaise d’école, élucubration de jobastre, nous nous en apercevrons le jour où l’humanité ne pourra se survivre qu’en consommant les réserves de sperme que nous inoculerons à des ovules conservés dans des maternités spéciales. Ce sera le commencement de la fin et elle sera rapide par manque de transmission à des multitudes désormais infécondes.

3 juillet 2018

Raffut sur les teuf-teuf.

C’est l’été, belle constatation, pourtant la saison des départs en vacances a été choisie par Édouard Philippe pour ramener la vitesse autorisée sur les routes secondaires à 8O km au lieu de 90.
Vous allez me dire, qu’est-ce qu’on en a à foutre de cette nouvelle décélération des voitures sur les routes françaises, sinon que le raisonnement des autorités, mine de rien, est franchement discriminatoire par certains côtés. Et comme de bien entendu, la philosophie qui en découle est on ne peut mieux d’application à la Belgique, on ne va pas se gêner.
D’abord une étude suédoise pour détendre l’atmosphère, afin d’empiler les valises de la famille dans la joie et la bonne humeur, puisqu’un automobiliste sur trois en Wallonie se retrouvera sur le réseau français, en l’espace de quelques heures de route.
Selon cette étude, il existe un moyen pour éviter l’hécatombe sur le réseau et épargner quasi tous les morts, c’est de rouler à la vitesse de 12 km/h !
Blague à part, l’objectif français est moins d’empêcher les accidents mortels que d’augmenter le magot des amendes pour dépassement de la vitesse autorisée, de ne pas reconnaître la faillite du réseau secondaire, ni de reconsidérer les questions d'éducation à la sécurité routière.
L’État – en Belgique c’est pareil – dépense des fortunes en radar qui seraient plus utilement employées à revoir l’état des routes, ainsi que leur tracé.
Les études statistiques pointent le fait que la majorité des accidents mortels se produisent sur le réseau secondaire sans séparateur. La nature du réseau est donc largement en cause dans la survenance d'accidents mortels. « Pour preuve il est un réseau très sûr et sur lequel la vitesse est supérieure de 40 km/h à la limitation actuelle de 90: les autoroutes. Vitesses élevées, flots unidirectionnels, entretien et signalisation suivis garantissent un haut niveau de sécurité à ceux qui ont les moyens d'y accéder. » (Huffington Post).
Et c’est ici que l’on trouve un sens à la critique sociale du système par la comparaison de ces deux réseaux : les catégories sociales les plus fragiles sont aussi les plus touchées par la mortalité routière pour de nombreuses raisons. Sans parler des voitures pourries, malgré l’auto-sécurité obligatoire, le manque de puissance pour une accélération qui, dans certains cas, sauve la vie, l’interdiction probable de certains véhicules diesel pour la qualité de l'air en centre-ville qui, cela va sans dire, appartiennent aux catégories de conducteurs les plus pauvres
Et si encore les transports en commun desservaient régulièrement les banlieues en donnant l’exemple des formules électriques ou mixte, le banlieusard pourrait peut-être envisager de supprimer un véhicule qui grève son budget, rien que pour arriver à l’heure au boulot.
On quitte le réseau français pour celui que Junior nous promet d’être « merveilleux » d’ici sa réélection et qu’on attendra encore longtemps.
À quand une politique de relais des moyens de transport par bus/tram/vélo ou vélo/train en zones rurales, en profitant au passage de la réouverture des lignes « non rentables », en développant le fret ferroviaire pour dégager nos routes des énormes camions qui viennent encore de s’allonger selon la norme américaine.

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Hier encore, les gens se retournaient sur un semi-remorque à Liège, qui a dû s’y prendre à au moins dix manœuvres pour tourner enfin rue de l’Étuve (pour ceux qui connaissent).
Aujourd’hui, quai des Ardennes, six jeunes gens entassés dans une petite voiture sont à l’hôpital en cause un panneau de signalisation sur lequel le véhicule s’est encastré. Je veux bien que c’est d’abord une faute du conducteur, mais ne devrait-on pas au moins essayer de réduire le nombre de ses piquets d’acier au moment où on scie des platanes bordant certaines routes sous prétexte qu’ils constituent un danger.
Pour faire baisser les accidents, il est urgent d’investir massivement sur l’ensemble du réseau routier en Wallonie, de diminuer massivement le trafic routier en privilégiant les mobilités à pédalier et d’autres alternatives d’engins individuels avec moteurs électriques, pouvant emprunter des pistes cyclables.
Refaire la route en face de la maison de Borsus ou s’assurer que les routes « c’est du billard » dans les beaux quartiers, n’est pas une politique convenable.

2 juillet 2018

Oh !... les vilaines dénonciations !

Voilà belle lurette que la chasse aérienne des quatre partis flamands ministrables ne s’était plus livrée à des combats aériens. C’est fait à propos de nos F 16 très coûteux joujoux, que nos élites militaires veulent absolument ne plus voir dans le ciel de nos fêtes nationales.
On en parlait bien dans les travées du Parlement flamand, mais c’était toujours avec le plus de politesse possible, enfin dans ce que permettait le parler rugueux de notre voisine langagière.
Bart De Wever doit sa célébrité en partie à la tendance maritime de son répertoire et non pas à sa licence d’histoire. Sans avoir jamais navigué, c’est un marin cet homme-là, par la rudesse de ses expressions et par son attitude de mouette du Pier qui chie sans vergogne sur la foule des bassins !
Le voilà pilote de guerre sur Stuka, sifflant à la mort sur ses ennemis favorables au fransquillon Dassault, cet avion qui ne vaut rien, comme le Dodo de l’île Maurice, disparu depuis plus d’un siècle, parce que cet oiseau avait oublié qu’il pouvait voler !
Sa force de persuasion est telle sur l’âme candide flamingante, que Bart De Wever est capable de faire croire que c’est lui, sur le D III de la Luftstreitkräfte, qui aurait abattu Georges Guynemer le 11 septembre 1917 à Poelkapelle, dans un combat aérien d’anthologie, le Morane-Saulnier de l’adversaire était une première ébauche du Rafale !
Quand on décrypte les déclarations de Bart De Wever dans son idiome, on est saisi de vertige !
Passons sur le plaisir que l’homme fort d’Anvers a eu de dégommer l’avion, rien que pour « emmerder » Charles Michel avec le Rafale recommandé par Emmanuel Macron sur les bras, d’autant que Junior avait remis à sa place le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), très défavorable à l’offre du constructeur français.
Charles Michel, ébloui par son coup d’autorité, pensait passer pour l’homme qui allait survoler les dossiers difficiles et faire oublier l’image que la Wallonie a de lui, en qualité de second du président de la N-VA.
Sur sa lancée, De Wever n’a pas fait le détail avec un autre partenaire de coalition : le CD&V, parti qu’il siphonne avec ardeur depuis toujours. À peine sorti de sa carlingue, il revient sur le dossier Arco
Arco est une société coopérative, bras financier du Mouvement ouvrier chrétien, arrière garde du CD&V. Arco regroupe près de 800 000 adhérents qui avaient investi de façon massive dans des obligations chez Dexia. Quand la banque s’est effondrée, les coopérateurs se sont retrouvés avec des titres sans valeurs, perdant à peu près toutes leurs économies.
Le dossier reste une épine dans le pied de la suédoise puisque le CD&V ne veut rien lâcher sur ce dossier et en a fait "sa première priorité". Il ne s’agit pas moins que l’État belge indemnise les coopérateurs du CD&V et du MOC !
Dans ce dossier Bart à raison, puisque même la Commission européenne est contre cette indemnisation qui discriminerait tout autre petit porteur victime des banques et ils sont nombreux en Belgique.

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Revenons au choix flamand de l’avion de chasse américain. Il est difficile à comprendre. La perspective d’une association de Dassault avec les constructeurs allemands pour la chasse du futur serait bénéfique au business belge. Peut-on négliger les avantages de centrer l’avion Rafale sur sa construction en Europe avec la perspective de milliers d’emplois possibles en Belgique ?
Ou alors, oh ! quelle horreur, serait de supposer que les dés sont jetés. L’avionneur américain aurait déjà bien « arrosé » les milieux favorables ! Lockheed Martin est un fabricant d’avions associés au Pentagone et bénéficiant des services de la CIA. Comme toutes les industries sensibles aux USA, il est au courant de la démocratie « spéciale » en Belgique, accordant quasiment tous les pouvoirs à la majorité flamande, afin d’éviter qu’elle ne largue les amarres et fasse de la Belgique un état has been. L’état-major de nos armées étant sous la domination des généraux tous à peu près flamands, le raisonnement était simple à faire.
Les mandataires flamands influents auraient été servis !
Et si les Flamands avaient « aidé » Alain Mathot à ne pas comparaître devant un tribunal sur l’affaire des pots-de-vin de l’incinérateur de Herstal, parce qu’ils craignaient des rumeurs déplaisantes sur leur enthousiasme envers l’avion de chasse américain?
On sait que l’affaire Intradel avait démarré sur dénonciation anonyme.
Ah ! que c’est vilain une lettre anonyme, d’autant que des malintentionnés pourraient en écrire une autre en flamand, tout aussi bien documentée !

1 juillet 2018

Les ordures n’étaient pas ménagères

Ce vendredi 29 juin, le tribunal correctionnel de Liège a rendu son jugement des faits de corruption commis dans l’attribution du marché de la construction de l’incinérateur d’Herstal.
Le texte précise que le bourgmestre de Seraing, Alain Mathot, a bien touché au moins 200.000 euros de Philippe Leroy, l’ex-directeur d’Inova (affirmation du substitut Laurent De Smedt).
Alain Mathot n’était pas présent à ce procès, son immunité parlementaire n’ayant pas été levée. Les prévenus poursuivis pour ces faits ont été condamnés à des peines allant de la suspension du prononcé, à trois ans de prison avec sursis.
Ce qui par rapport à un voleur de bicyclette est très clément, puisque pour bien moins que cela, le voleur de bas-étage est bon pour la prison. On oublie trop souvent qu’outre le préjudice plus important, les élus concussionnaires trompent l’électeur.
La première partie de l'intervention du ministère public a été axée sur les faits de corruption et sur Alain Mathot, pourtant absent du procès. Alain Mathot était principalement accusé par Philippe Leroy, ex-patron d'Inova, qui affirmait qu'il avait touché 700.000 euros de pots-de-vin. Selon le parquet, les déclarations de ce prévenu ne doivent pas être écartées. "Je pense que Philippe Leroy ne dit pas la vérité sur l'ensemble du dossier. Mais ce n'est pas pour cela qu'il faut rejeter l'ensemble de ses déclarations. Alain Mathot n'a peut-être pas reçu 700.000 euros. Mais je pense qu'il a reçu 200.000 euros dans le cadre de la corruption", a soutenu le substitut. Le calcul du parquet s'appuie sur des dépenses qui auraient été effectuées en liquide par Alain Mathot.
On a tous les éléments pour poser plusieurs questions, dont la première concerne l’immunité parlementaire
Pourquoi ses collègues parlementaires, et surtout les membres de la N-VA, refusent-ils qu’un socialiste wallon soit traduit devant un tribunal correctionnel ?
Les prochaines élections communales auront lieu le 14 octobre 2018. Alain Mathot fait partie du bureau du PS liégeois. C’est un personnage de premier plan sur lequel pèsent quand même les conclusions d’un procès.

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Les observateurs en sont réduits à des hypothèses sur une protection qui fit du bruit à l’époque. Certains ont même évoqué une connexion immobilière entre le PS liégeois et la N-VA anversoise ! Le lien serait un fonds de pensions, OGEO, qui récolte les cotisations de plusieurs intercommunales liégeoises, et qui investit dans la brique, notamment dans la métropole anversoise.
C’est assez rocambolesque, mais c’est un fait, si Mathot est passé entre les gouttes, il le doit à cette bizarre alliance entre le PS et la N-VA. Ce n’est pas du pipo, c’est la réalité !
Des proches de Mathot ont une autre version. Les parlementaires ont voulu éviter une erreur judiciaire, l’accusation n’étant pas en béton.
Dans Intradel, qui gère les déchets de l’agglomération liégeoise, on tombe à chaque couloir sur l'un ou l'autre ex-collaborateur de Guy Mathot. Et puis, deus ex-machina, l’homme d’affaires Léon Deferm, déjà cité comme intermédiaire douteux dans le scandale des hélicoptères Agusta, parrain d’Alain Mathot, est convaincu d’avoir reçu des fonds, non déclarés, de la part du directeur du groupe français qui a construit l’incinérateur. Ce dont le filleul a largement profité lors de sa tournée princière sur la côte d’Azur, payant tout en cash !
En d’autres pays, il y aurait suffisamment de coïncidences fâcheuses qui rendent les accusations de la Justice crédibles, pour que le parti écarte momentanément le personnage controversé, le temps nécessaire pour mettre cette affaire au clair.
Nous sommes en Belgique, la démocratie ne va pas bien et le PS n’a pas que cette affaire sur les bras. Liège craint de tomber dans le collimateur de Di Rupo qui, jusqu’à présent, n’ose pas grand-chose contre la section la plus importante du PS en Wallonie.
Chez les Mathot, le fils a hérité de la faconde et du sang-froid du père. Comme dans beaucoup de cas, l’art de la politique poussé à l’extrême a toujours privilégié les dissimulations et les mensonges, sous le sourire et l’air confiant de l’homme sûr de son fait et de son bon droit. Des liens de famille existent entre le bourgmestre Demeyer et Alain Mathot, il peut donc être assuré de la bienveillance sinon de la neutralité du bourgmestre qui souhaite rempiler en octobre et qui n’a pas besoin de sortir du placard les tribulations de la famille.
Les autres partis à Liège n’ont garde de trop remuer les dossiers socialistes. Ils savent bien que lorsqu’un d’entre eux est en délicatesse avec la Justice, c’est l’ensemble des électeurs qui ressort le vieux slogan de « tous pourris ».
Dommage. S’il y avait une plus grande sévérité à l’égard de la délinquance en col blanc, comme on disait il y a 25 ans, l’électeur aurait un meilleur moral.
Relevons pour l’anecdote : certains hommes politiques ont souvent leur nom mêlé à des affaires louches. Cette malchance insigne, cet extraordinaire concours de circonstance sont tels que l’on tombe dans le domaine de la suspicion et du probable, tant les coïncidences accumulées pourraient convaincre un jury d’Assise, mieux qu’une Cours correctionnelle.
Mais voilà, l’assassinat d’André Cools n’a pas lieu tous les jours. Et on est bien content ainsi.

DERNIÈRE MINUTE

Ce samedi, le député-bourgmestre Alain Mathot a annoncé sa décision d’abandonner la politique pour se consacrer à sa défense dans le procès Intradel.
Cette information est tombée après que l'article ci-dessus avait été publié. La disparition momentanée d'Alain Mathot sur la scène politique est tout à son honneur. Elle est logique et justifie toujours la question restée sans réponse : pour quelle véritable raison, les parlementaires ont-ils refusé de lui retirer son immunité parlementaire ?
Reste un petit bémol, Alain Mathot restera bourgmestre jusque décembre et député jusque la fin de la législature en 2019. Autrement dit, le grand lavage est différé. Peut-être même n'aura-t-il jamais lieu, puisqu'il faudra attendre que les condamnés fassent appel et qu'un autre procès en cassation soit monté, encore faudrait-il que Monsieur Mathot y soit cité à comparaître, ce qui juridiquement n'est possible que si une nouvelle instruction avait lieu. Si d'aventure, Alain Mathot était cité par une des parties de la cassation, ce serait en qualité de témoin. Je me demandais aussi où était l'astuce.