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31 juillet 2004

Sainte Rita de Namur

Les temps ont bien changé. Rita est morte et la rue des Brasseurs a perdu sa honteuse utilité. La Ville de garnison n’est plus qu’un souvenir lointain. Celui où les apprentis bidasses faisaient « leurs trois jours » à la caserne Marie-Henriette.
Namur est cette ville moyenne mosane qui n’a pas d’immenses banlieues tristes comme Liège et Charleroi.

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La rue de l’Inquiétude est en sens interdit.

Le fonctionnaire wallon y est moins triomphant que son collègue européen à Bruxelles. Il n’en a pas les moyens. Cela se sent.
Le soleil est une entreprise de peinture gratuite qui remet tout à neuf. Même les murs gris de la Citadelle, sous ses rayons, sont moins sinistres. La Ville serait presque belle si la gare ne la coupait en deux. Des efforts ont été faits pour les voyageurs, mais dès que l’on s’écarte de la station, c’est la gare de formation et les terrains vagues qui reprennent le dessus. Avec la Poste aussi voyante qu’avant, c’est un coup de hache qui sépare la Vieille Ville des quartiers de la rive gauche.
Telle qu’elle est, le Liégeois s’y sent chez lui. C’est toujours ça.


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Au service le troufion
Glandait tout l’été au Grognon

Une ficelle ou aucun grade
On sait de la gare à Belgrade
Que tout Namur hait le soldat
Mais pas l’aguichante Rita

C’était Hayworth encor plus rousse
Fraise comme à Wépion pousse
Des soies noires moulaient des jambes
Que convoitaient les vieux de Jambes
Une robe à volants grenat
En soulignait le bel éclat

Las le malheur était son prix
Legs d’un maréchal-des-logis
Moyennant un taux usuraire
Un galonné aux cheveux gris
Sale et fripé sous son képi
L’juteux avait repris l’affaire
Il la menait à la baguette
Elle taillait la pipe honnête
Aux clients de son proxénète
Rue Marie-Henriette

La gamelle avait quelque bar
Des putains saoules sur le tard
Qui y tiraient des avantages
Du militaire en son bel âge
Le clairon rue des Brasseurs
Buvait sa solde en un quart d’heure

Quand l’adjudant était de garde
Le plouc grimpait dans la mansarde
Où Rita nue l’attendait
Couchée elle lui livrait
Les vices tus du Corps d’armée
Qu’elle avait fait dans la journée

Elle ne soldait en promotion
Ses faveurs qu’à l’heureux clairon
Rita était antimilitariste
Etant de nature altruiste
Elle a poivré plus d’un gradé
Par son soucis d’égalité
Mais elle aima l’instrumentiste
Pour elle c’était un artiste
Lui pistonner dame Rita
Le consolait de la rata
C’était ma foi dans ces années
La revanche du plouc aux armées

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30 juillet 2004

Flânerie au Cinquantenaire...


- Give me a Jean Monnet to orange, it-you-likes itself.
- And me a Pol-Henri Spaak struck with a bottle of soda.
Autour du rond point Schuman, sur les onze heures, les cadors des Communautés s’écoulent des immenses tranches de cake des Commissions européennes, des banques et des services Annexes de l’Europe, reconnaissables à un petit badge qui leur pend au cou, qu’on les croirait sortant d’un magasin de vêtements sans avoir pris le temps d’enlever l’étiquette.

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Les fonctionnaires de l’Europe se dispersent dans les rues parallèles à celle de la Loi pour des déjeuners trois fourchettes, quand ils ne poussent pas jusqu’au parc du Cinquantenaire pour « prendre l’air » sur un banc.
Ils tranchent par leur aspect « soigné » avec les quelques rares piétons : touristes en négligé et femmes d’ouvrage pour les Hilton de circonstance.
L’étiquette en sautoir… c’est le renfort attendu dont notre élite a besoin. Elle, qui manque de repère pour la progression de son revenu, aura de quoi comparer.
Les peuples faméliques n’ont rien de commun avec ces mirliflores brillants et désinvoltes. Peut-être qu’en veine de confidences, certains iraient jusqu’à évoquer - comme d’illustres autochtones - des origines modestes. Ce serait peut-être pour que nous nous esclaffions d’admiration : « Comment est-ce possible, parti de si bas ! », si tant est, qu’il y en ait un qui conserve l’envie de garder l’estime des gens que secrètement il méprise.
Ce Babel-street si peu marollien, qui parle anglais comme je pisse ma bière, est certes commis au bien-être général. Il nous détermine à remplir nos obligations à l’Europe sous forme d’impôts qu’on lui ristourne généreusement. Mais last but… comme nos plus modestes sous-chefs de cabinet de nos si nombreux ministères, ces européens-là sont coupés des foules par le bien-être qui s’échappe de leur réussite, qui sourd de leur transpiration élégante et musquée, et qui transparaît à la façon maîtrisée et sûre de nous parler comme à des enfants… Ils sont, comme nos représentants régionaux en bas de soie, des seigneurs de la réussite parce qu’ils la valent bien.
Voilà, le mot est dit. Cette nouvelle middle class est trop récente pour se rappeler qu’elle procède de nous et non pas nous, d’elle.
- I do not intend to return to the office this afternoon.
- Look at this girl who goes down from Mercedes
- It is black!
- Yes, but what a blow!
Le rond-point Schuman n’est que cela : une nouvelle aristocratie qui pue l‘argent, la réussite, la combine, la facilité, le star system à l’européenne, le clientélisme...
S’en dégage l’aplomb de ceux qui discourent sur l’économie et le travail en ayant oublié le prix du pain et l’effort qu’il faut faire pour obtenir le droit de se mettre à table à midi tous les jours de la semaine.
Cette promotion sur la dépouille des petits ne serait-elle que scandaleuse en est déjà passablement révoltante. Son utilité est ailleurs. Elle est le maillon indispensable qui retricote le lien entre ceux qui n’ont rien et qui n’auront jamais rien et ceux qui les exploitent. Cette génération d’intellectuels branchés bouche les trous de la classe moyenne classique, défaillante, défaite même, par la grande industrie et la banque, rongée par les faillites et le travail inutile des soixante heures semaine qui la conduisent quand même à la faillite.
Ce gratin cosmopolite est l’élément clé de ce nouveau capitalisme, incapable de payer à son prix la peine des hommes ; mais assez intelligent pour comprendre qu’il faut récompenser les serviteurs, comme Saddam récompensait les gardiens de son régime.

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- What do you make this evening?
- Brussels the summer is a rotten hole.
- I have two places for Tangier. If that says to you?
- And the office, tomorrow?
- One returns Monday, the big bos is not there.
Si nous traînons à lever les bras dans la ola de l’admiration à leur égard, c’est qu’il nous reste ce fond de dignité qui empêche un fauve en cage de se reproduire. C’est que cette Europe des riches nous dégoûtent. Ses porte-étendards nous la jouent au mépris en oubliant trop facilement ce qu’ils sont, d’où ils viennent et pourquoi ils sont là.
C’est qu’une fois de plus, nous avons l’impression que les gens d’en haut se foutent de notre gueule.
Ils me méprisent ? Ils me trouvent incapable d’une réflexion, d’une approche de leur dialectique, d’aligner mille euros ou davantage pour un caprice ?
Qu’ils se rassurent. Je me trouve très exactement à leur égard dans le même état d’esprit. Pour une fois, ce sera sans doute la dernière, nous sommes d’accords. Nous sommes tous des merdes.

29 juillet 2004

Gare d’Anvers

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Etrange gare d’Anvers. L’intérieur a des allures de cathédrale, et, s’il n’était question d’une architecture « néo renaissance », on se croirait dans le hall d’un airbus.
Conçue pour les locomotives à vapeur, la hauteur de plafond impressionne. Elle permettait au soufre et à la braise de diluer leurs fumées dans son immensité.
Sous ce pont de navire amiral : Pelikanstraat. Lorsque la gare vit le jour, les fastes ferroviaires contrastaient avec la modestie des étalages qu’elle couvait comme des poussins...
Des artisans joailliers dans des bijouteries miniatures font de la ville avec leurs coreligionnaires tailleurs, un centre diamantaire unique au monde.
Gare terminus, les trains y meurent sur les butoirs pour repartir d’où ils sont venus, dans un va-et-vient animés des conducteurs et des contrôleurs qui s’interpellent dans ce patois anversois aux voyelles traînantes.
Les yeux s’habituent au demi-jour. On ne sait après quelques quarts d’heure d’attente si dehors le soleil persiste ou si c’est déjà la nuit.
Cet éclairage rend les femmes mystérieuses. On les entend parler entre elles sans que les syllabes se détachent, dans un bruit de ruche bourdonnante. On se croit envahi par des millions d’insectes, couverts à intervalles par la troupe claironnante de quelques dizaines de scouts. La musique devient d’une familière monotonie, celle qu’un apiculteur entend devant ses ruches.

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Le mouvement sans cesse renouvelé des dizaines de nouveaux passagers, crée la sensation d’un bord de mer battu par le flux puis dénudé par le reflux.
On pense au Cid de Corneille : Le flux les apporta, le reflux les emporte.
Des haut-parleurs descend une voix surmultipliée qui ressemble aux voix anonymes de toutes les gares. Il faut tendre l’oreille et être au fait de la langue pour saisir entre deux borborygmes l’information qui vous fera monter dans une des trois premières voitures du convoi, les autres allant ailleurs au gré de la fantaisie de curieux horaires, dont Jean Carmet aurait fait ses délices.
Parallèles aux voies court une banquette unique sur laquelle plus de cent voyageurs sont à l’aise. Ma voisine mange un en-cas, les yeux dans le vague. Une mastication lente, seule l’occupe. Elle n’est pas pressée. Sans doute devra-t-elle attendre longtemps son omnibus.

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Une demie heure auparavant, je l’avais photographiée sur le boulevard assise au bord d’une fontaine s’arrangeant les cheveux qu’un aigle faisait mine de picorer… Je trouvais belle l’allégorie.
C’est bête. On reste à ne se rien dire. Peut-être aurait-elle aimé comme moi échanger quelques mots ? Cette intimité-là, toute relative, ne s’acquiert que dans le wagon qui peut se comparer à un salon.
On s’étonne malgré cette pudeur qu’ont les gens d’ignorer les autres, de la formation des couples. Cela reste un mystère.
Mais voilà que son regard inquiet s’arrête au tableau électronique qui annonce les départs. En un instant, les reliefs de son repas disparaissent dans les profondeurs de son sac. Elle se lève et passe devant moi. Juste le temps de saisir au passage l’élégance d’un pantalon fort ajusté, ma foi, et elle se perd dans la foule.
C’est dommage, cette proximité devenait familière. Et sans qu’elle en eût dit le moindre mot, l’homogénéité apparente de notre « couple » rassurait des autres. Un peu comme les timides qui doivent affronter le regard des gens installés aux terrasses des cafés, avant de faire nombre avec les attablés, tant coûte le premier pas.
Nous luttions ensemble sans l’exprimer contre l’anonymat écrasant d’une gare. Nous étions deux partants qui ressentions seulement une angoisse intérieure masquée par l’apparence d’un visage sans expression.

28 juillet 2004

Ce "Je ne sais quoi..."

Qui en somme aura le dernier mot ? la pensée ou la mort ? l’ironie rationnelle qui bagatellise l’incident de la mort, ou la décision mortelle qui prend sa revanche sur l’ironie ?

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La face cachée de notre destin nous est irrémédiablement plus interdite que la face cachée de la lune…

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La reconnaissance du passé compense la méconnaissance du présent. Si le survivant raisonne sur la mort de l’autre, l’autre n’est plus là pour raisonner sur sa propre mort.

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La mort est au futur toute la vie. Ce futur ne sera jamais présent et sauf pour le survivant, il ne sera jamais au passé.

Accompagnant les poèmess, des extraits de l’œuvre de Vladimir Jankélévitch.

27 juillet 2004

2me partie : Une affaire délicate (suite et fin)


Les supports d’information, RTL en tête, mais aussi les journaux écrits, ne touchent pas qu’à l’économie et à la politique. Le sensationnel et l’intérêt à connotation raciste y jouent également un rôle qui n’est pas moindre. Bien entendu personne ne dit : j’ai un faible pour Israël ou je trouve Yasser Arafat et les palestiniens formidables. Le jeu consiste à « dénoncer » l’un, puis l’autre dans leurs exactions, tout en réservant les superlatifs ou « l’horreur des faits » de façon subtile à l’un ou l’autre camp auquel on est secrètement attaché ou détaché.
Ni le temps imparti à l’information, ni le ton adopté ne sont vérifiables. Pourtant, il va de soi qu’un observateur avisé peut, en une semaine d’écoute intelligente, se faire une idée de la manière de conduire l’information subtilement là où les responsables veulent qu’elle aille.
Bien entendu, ces gens parleront de la liberté de l’opinion, de la leur bien entendu. Ils ne tomberont pas sous le coup des nouvelles Lois. Mais, en essayant de faire partager leur opinion par leurs lecteurs ou leurs auditeurs sur une matière qui ne relève pas de la politique intérieure, ils distillent un venin raciste bien trop subtil pour qu’il soit perçu et sanctionné par les lourdauds que l’Etat dépêche sur le coup et dix fois bien plus dangereux que le gros beauf qui se prend pour un SS réincarné.
Après l’affaire Marie L, invoquée hier, une autre affaire plus ancienne me revient à l’esprit. Elle doit dater de plus d’un an. C’est en France qu’elle s’est passée. Tout le monde sait que pour la partie francophone du pays, tout au moins, nous sommes proches de la mentalité française et que cela aurait pu arriver près de chez nous.
En janvier 2003 un rabbin avait été blessé d’un coup de couteau dans une synagogue parisienne. Immédiatement interviewé, il avait déclaré avoir été sujet à des menaces écrites se référant à une guerre sainte au nom de l’Islam.

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Comme dans l’affaire Marie L. Chirac qui n’en rate aucune, s’était immédiatement manifesté. On voit d’ici les manchettes des journaux : « Acte de violence intolérable », « attentat raciste odieux » etc. Le genre d’événements dont nos journaux raffolent… Puis à l’enquête, l’affaire s’est dégonflée. La blessure « mortelle » n’était qu’une égratignure. Le couteau provenait de la synagogue. L’agresseur casqué n’existait pas.
En juin de cette année, un adolescent juif de 17 ans est victime d’une agression en pleine rue. Dominique de Villepin et la smala politique crient au scandale. Les Ligues et les représentants de cette communauté montent aux barricades, le verbe haut, l’indignation prophétique : c’est encore un coup des terroristes arabes ! Ausitôt relayés par les médias, cette information fait même la une de nos télévisions.
Mais voilà que les agressions se multiplient et pas que sur des membres de la Communauté juive. Finalement on arrête un homme avec un couteau dissimulé dans un sac en plastique. L’acte antisémite se dégonfle très vite. On a affaire à un déséquilibré.
Autant « l’attentat » a été annoncé à grands renforts de trompe, lorsqu’on croyait à une attaque terroriste, autant ce banal fait-divers d’un fou à tendance homicide et qui se balade avec un couteau dans sa poche, n’intéresse plus personne. Le rectificatif, quand il y a, passe inaperçu. Oui, mais voilà, le mal est fait. Autant les manchettes des journaux attirent le lecteur, autant le rectificatif n’est presque jamais lu. Quelques mois plus tard, des milliers de personnes sont toujours persuadées qu’Oussama ben Laden est dans nos rues et que le Gouvernement doit nous protéger par des Lois contre cette « vague » de violence.
L’attentat majeur possible existe. C’est incontestable. Mais, il ne pourra être évité qu’au niveau international par une police spécialisée et que des lois de convenance pour faire plaisir aux Ligues et emmerder tout le monde, n’intéressent que médiocrement.

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L’enquête et les conclusions judiciaires ne sont pas compatibles dans le temps avec celui des médias. Le fait-divers raciste déclenche l’empressement électoraliste des partis qui « se font » l’électeur peu regardant. Nos politiques adorent les prises de position qui collent à la connerie générale. Qu’un événement qui à l’origine est difficilement appréciable, devienne considérable et qu’il leur passe sous le nez, est pour eux intolérable. Aussi jouent-ils sur les vieux clichés de la compassion et de la sacralisation de la victime, surtout lorsque celle-ci est un enfant. Tout silence est immédiatement interprété, alors vous pensez, quand il est question d’antisémitisme !...
Les journalistes sont embarqués dans le même souci du scoop, en butte aux concurrences forcenées d’une gazette et d’une télé à l’autre. Un événement annoncé avant les confrères vaut de l’or. Il confère à celui qui l’initie une belle carte de visite.
Voilà où l’on en est.
Dans l’état actuel des choses, la bouillante Marie Arena a enclenché un engrenage dont le gouvernement ne pourra sortir qu’en produisant des lois dans le sens de l’opinion.
Elles ne conduiront pas à arrêter une forme de racisme qui pour certains n’est qu’une manifestation maladroite d’un ras le bol.
Le Belge moyen est modérément raciste, comme tous les autres ressortissants européens, comme les Africains, les Juifs et les Arabes le sont. C’est un fait vieux comme le monde. Des progrès ont été faits. Le racisme ne résiste pas à l’examen scientifique, à une approche philosophique de la morale laïque. Il y a aujourd’hui une population consciente de la bêtise du racisme.
Ce n’est pas par des Lois que l’on changera les mentalités, les attitudes, les jalousies, mais par l’EDUCATION !
Par contre, c’est par des Lois de cet acabit que nous finirons par perdre nos libertés.

Richard III

26 juillet 2004

Belgique : Internet en danger !

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Les Lois déjà en application de prévention et de répression du racisme et celles que l’on prépare à l’initiative de la Ministre de l’Intégration sociale et de l’égalité des chances et en collaboration avec la Ministre de la Justice et le Ministre de l’Intérieur, sont – sous les dehors d’une volonté du Gouvernement d’apaiser les antagonismes entre les Juifs et les Arabes - une atteinte à la liberté d’expression, doublée d’une intrusion dans la vie privée des citoyens qui, loin d’avoir les effets souhaités auront au contraire des effets dévastateurs à brève échéance.
Il n’est pas bien entendu question ici des actes de violence ou de toute menace entrant dans le domaine correctionnel, voire criminel. Les Lois en ces matières sont suffisamment répressives pour qu’il ne soit pas nécessaire d’en inventer d’autres.
Je rappelle que si nous étions Américains, en vertu du premier Amendement, les Lois déjà en vigueur en Belgique seraient illégales ; car cet amendement interdit entre autres que l’on porte atteinte à « la liberté de la parole ou de la presse » ce que l’on transgresse en Belgique allègrement depuis longtemps. Pour une fois, nous pouvons regretter que nous ne soyons pas Américains.
La récente affaire de Marie L. (1) en France a été aussi largement diffusée en Belgique.
Nous avons là l’illustration de ce qui nous attend.
Cette affabulation que tout le monde a crue, n’a été rendue possible que parce que rien d’aussi « explosif » n’aurait pu attirer l’attention sur cette mythomane.
Et pourquoi cela ? Parce qu’il est notoire que les agressions à caractère raciste – qu’il ne faut pas nier et qui existent – sont des informations privilégiées et mises en évidence par rapport à d’autres plus importantes et essentielles que l’on ignore. Le Législateur avec le lecteur-téléspectateur sont tombés dans le panneau, à moins qu’il ne faille considérer que seul ce dernier s’y soit laissé prendre, ce qui serait gravissime pour notre démocratie.
Puisque le conflit initié par Israël en Palestine sous la pression du désespoir des populations arabes alimentant de la sorte le terrorisme, est le principal souci de nos Lois nouvelles (dans la crainte de voir ce conflit s’étendre jusqu’à nous) ne conviendrait-il pas plutôt de placer les dirigeants de ces communautés rivales devant leurs responsabilités ? De même sur le plan diplomatique, n’aurions-nous pas intérêt à ce que l’action de Monsieur Michel aux Nations Unies, pour l’application des Résolutions en faveur d’un règlement pacifique du conflit, se poursuive fermement au sein de l’Europe ?
Au lieu de quoi, le Comité ministériel restreint a adopté ce 14 juillet 2004 les principes d’un plan d’action fédéral contre les violences racistes, antisémites et xénophobes qui sont d’une grande bêtise et qui consacrent la volonté d’infantiliser la population quant à savoir ce qu’elle doit dire ou ne pas dire, ce qui demain deviendra un délit que les nazis connaissaient bien et qui est celui de penser autrement que l’Etat le permet.
De sorte que nous n’aurons plus bientôt le droit de connaître de quoi est faite la propagande du Vlaams Blok, ni même d’entendre aucun de leurs arguments. Nous devrons nous référer à ce que voudra bien nous en dire une information filtrée et dirigée par ceux qui penseront à notre place.

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Un des objectifs de cet enfermement de l’esprit est de corseter le seul moyen d’expression accessible à tous : Internet.
Dans le Plan d’action fédéral, parmi les dix articles, celui consacré à Internet vient en troisième position et n’est pas des moindres. Il s’intitule « Internet comme vecteur de propagation d’idéologies raciste et antisémite ». On est fixé sur l’appréciation qu’ont les Officiels sur ce moyen unique d’expression puisqu’ils considèrent comme de la crotte de bique tous ceux qui s’expriment pour dénoncer la bêtise du racisme et l’antisémitisme et qui doivent être beaucoup plus nombreux que les autres.
Voici ce petit bijou d’hypocrisie qui ouvre la porte à toutes les interprétations que des censeurs doués de la science infuse ne manqueront pas de nous administrer.
« Mise en œuvre et évaluation de la loi du 11 mars 2003 en vue d’une application adéquate et efficace en matière de lutte contre le racisme et l’antisémitisme.
Protocole d’accord entre le Centre pour l’égalité des chances et l’Administration de contrôle et de médiation du SPF Affaires économiques
Organisation d’un séminaire de sensibilisation des acteurs (4e trimestre 2004)
Création d’une cellule spécifique de surveillance des messages racistes sur l’internet dans le cadre d’un partenariat entre l’Observatoire de l’Internet et le Centre pour l’égalité des chances. »
On voit d’ici le rôle que pourrait jouer l’Administration de contrôle et de médiatisation du SPF Affaires économiques. Quant au séminaire de sensibilisation des acteurs, ils trouveront bien assez d’acteurs « sensibilisés » dans les rangs des imbéciles qui partagent avec les racistes et les antisémites le vedettariat de la connerie.
Le plus dangereux article concerne la création d’une cellule spécifique de surveillance. Elle pourrait être de nature mixte, entre notre Anastasie de l’avant-guerre aux coups de ciseau légendaires et la Propaganda Stäffel du docteur Goebbels, mais exorcisée dans sa méthode par les Autorités en raison de « la bonne cause » qu’elle entendrait défendre.
Si tel était le cas, Richard III cesserait immédiatement d’écrire une ligne sous la contrainte ou ce que les journalistes pratiquent avec souplesse : l’autocensure.
Et vous n’entendriez plus jamais parler de moi.
Dans le fond, avec quelques autres au franc parler, c’est peut-être leur objectif ?

(La suite demain)
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1. Marie L. est cette jeune femme qui a inventé une agression sur sa personne par six jeunes Arabes parce qu’ils croyaient qu’elle était Juive.

25 juillet 2004

Ubu-Barroso, 3me porte à droite, frappez fort !

PÈRE UBU : Merdre!

MÈRE UBU : Oh ! voilà du joli, Père Ubu. Comment… Votre Bassesse en palotinage portugais, hissée au sommet de l’Europe sous le faux nez de Barroso-l’Américain par la grâce de l’Anglais Blair, grand muphti de Bush, et vous n’êtes pas satisfait !.

PÈRE UBU : Que ne pends-je le dernier des sots de mon parlement avec vos boyaux !

MÈRE UBU : Ce n’est pas moi, Père Ubu Barroso-l’Irakien, c’est un autre qu’il faudrait déboyauter pour remplir ce saint office.

PÈRE UBU : De par ma chandelle verte, je ne comprends pas.

MÈRE UBU : Comment, Père Ubu, vous estes content de votre sort ?

PÈRE UBU : De par ma chandelle verte, merdre, madame, certes oui, je suis content. On le serait à moins : ancien maoïste, je me retrouve capitaine des centres droits et dragons de confiance du roi Blair, décoré de l’Ordre de la Jarretière Rouge du Pentagone et grand amiral d’Irakie, grâce aux meurtres d’une armée victorieuse, que voulez-vous de mieux ?

MÈRE UBU : Médiocrité suprême ! après avoir été marchand d’oeillets et pourfendeur de Sarrasins, vous vous contentez d’une petite place à Bruxelles où vous régnez sur des estafiers, qui n’attendent que vous vous pétiez les coronaires, pour vous remplacer ! Alors que vous pourriez prétendre à la couronne impériale d’une nouvelle Europe ubuesque, grâce à vos grognards du Vlaams Blok de Ménapie, de vos sicaires italiens du Nord, et de votre féal Stanislas de Pologne?

PÈRE UBU : Ah ! Femelle déraillante !... Mère Ubu, je ne comprends rien de ce que tu dis.

MÈRE UBU : Tu es bête ! Cent fois tu aurais été cocu, si je l’avais voulu, tant tes Américains rentrant d’égorgements dégorgent facilement leur essentielle et séminale matière.

PÈRE UBU : De par ma chandelle verte, le roi d’Europe, Chirac-aux-emplois-fictifs, et Berlusconnerie son grand Chambellan sont encore bien vivants ; et même en admettant qu’ils meurent, n’on-t-il pas des légions de successeurs, d’Helmut le Goth, aux deux bouffons belgo belges du ridicule royaume ?

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MÈRE UBU : Qui t’empêche de massacrer toute la famille et te mettre à sa place ?

PÈRE UBU : Ah ! Mère Ubu, vous me faites injure et vous allez passer tout à l’heure par la casserole.

MÈRE UBU : Eh ! pauvre malheureux, si je passais par la casserole, qui te raccommoderait tes fonds de culotte ?

PÈRE UBU : Eh vraiment ! et puis après ? Ne savez-vous pas que je suis lâche ? Et la peur des coups, qu’en fais-tu, carogne ?

MÈRE UBU : Installé sur le trône, tes palotins seraient lâches pour toi. Tu pourrais augmenter indéfiniment tes richesses, manger fort souvent de l’andouille et rouler carrosse par les rues. Quoique tu fasses, tu serais le plus beau, malgré ta laideur, le plus brave, malgré ta poltronnerie, et le plus malin, malgré ton imbécillité…

PÈRE UBU : Si j’étais empereur, je me ferais construire une grande piscine comme celle que j’avais en Estrémadure et dans laquelle je précipiterais tous ceux qui ne savent pas nager, sauf moi qui ne le sais pas non plus. Je mettrais sur le trône ma charmante fiancée… la reine de Coria… que les Anglois brûlèrent à Rouen et que je perdis faute d’argent sale.

MÈRE UBU : Si tu n’avais pas toi-même bouter le feu, je te prendrais au sérieux. Regarde autour de toi, et vois ce que l’argent peut faire… Tu pourrais te procurer un parapluie et un grand caban que tu abandonnerais aux pauvres le soleil revenu…

PÈRE UBU : Ah ! je cède à la tentation. Sauf que je ne donnerais rien aux pauvres. Bougre de merdre, merdre de bougre, pourquoi voudrais-tu que je donne aux pauvres le fruit de mes rapines ?

MÈRE UBU : Ah ! bien, Père Ubu, te voilà devenu un homme raisonnable.

PÈRE UBU : Oh non ! le meurtre est un exercice trop dangereux. Moi, massacrer le roi de la Franconnerie… plutôt mourir pauvre et honteux !

MÈRE UBU, à part. : Oh ! merdre ! (Haut.) Ainsi tu seras debout pendant que l’être suprême à Washington, restera assis ! Et tes pauvres varices ? Y as-tu seulement pensé ?

PÈRE UBU : Ventrebleu, de par ma chandelle verte, j’aime mieux être gueux comme un maigre et lâche rat que riche comme un méchant et gras rat et finalement tué.

MÈRE UBU : Et la montre en or ? Le chapeau à plumet ? Le grand sabre et son brillant fourreau ? Et ta bedaine barrée des grosses médailles qui pendent aux rubans cramoisis ?

PÈRE UBU : Eh bien, après toi, Mère Ubu. Quand tu auras perpétré mes crimes et si l’affaire tourne bien. Sinon, il ne resterait plus qu’à te dénoncer pour qu’on te pende et sauver ma gidouille...

MÈRE UBU (seule). : Vrout, merdre, il a été dur à la détente. Grâce à Dieu et surtout à moi-même, serai-je impératrice d’Europe ? Je mettrai sur mon corps de garde-barrière tous les oripeaux que je promotionnerai de nos stylistes en tapisserie, je me torcherai le cul avec la main droite que je prendrai grand soin à ne jamais laver en vue de favoriser les phéromones au baisemain. J’adopterai un demi-sourire, le corps et la tête légèrement penchés vers l’avant des princesses qui font tant chier par leur air distant et supérieur dans les magazines. Ce sera le panard…

24 juillet 2004

La fesse n’est plus ce qu’elle était.

- Tu peux pas faire deux pas dans la galanterie sans tomber sur une artiste !
- Plains-toi. Au moins tu vocalises les quinze premiers jours…
- Non. Je parle pas des artistes du bidet transparent, de l’épaulé jeté de nains, de la pseudo amoureuse indienne de la rue Porte-aux-oies, de l’enthousiaste en quatuor, de l’avocate qui met sa robe pour te limer le barreau… non… non… cette engeance-là, tu attends pas un mois pour t’apercevoir que le 98 c, c’était du flan, que la trapéziste en chambre est anémique ou que ta pisseuse à jets discontinus a un début de leucorrhée que tu sens à l’index qui remonte pas à Kupperman. Je te parle de l’artiste artiste. Celle qui te pond des vers qui sont pas des entérobius vermicularis, mais qui frisent chez Alexandre en pieds d’iule. Je te parle de la dessinatrice, de l’artiste graphique, de la boulimique du Caran d’Ache… celles qui peignent à l’huile. J’ai connu une acrylique qui s’envoyait l’acheteur rombier par toile vendue. Elle vendait bien, parole. Elle avait pas la vulve étroite… Ça s’était répandu la nouvelle de son talent. Ça s’est gâté quand elle a fait des dons aux malheureux… Un prof de l’aca lui a refilé une blenno… La clientèle faisait antichambre… Mais la pire… c’est celle qui faisait collage !...
- Elle vivait à la colle ?
- Elle découpait des tronches et des sapins de Noël des magazines qu’elle volait dans les salles d’attente…
- Glaude était une sculpteuse. Elle stylisait à mort. T’étais tellement stylisé que t’avais la forme d’un étron quand tu sortais de son four… faut dire que la terre cuite, ça aide à la ressemblance…
- Elle aurait vendu ses pièces en fausses merdes aux farces et attrapes rue Saint-Gilles, qu’elle se serait fait du blé. .
- Qu’est ce qui t’arrive ces temps-ci, pour verser dans une honteuse misogynie ?
- Je suis sur le coup d’une artiste-collectionneuse.
- C’est la terrible engeance !
- Elle collectionne les emballages de fromage. Quand elle en a un tas, elle les décolle. Tu penses, une crotte du diable sur un Munster, faut la patience pour pas déchirer. Puis, elle découpe pour que ça ressemble à une allée de la Vecquée, ou à la cour du Val. Oui. Elle est de Seraing…
- Je vois pas l’art, là-dedans.
- Moi non plus. Par contre, je te dis pas ce que tu sens quand t’as devant toi l’emballage d’un Herve qu’à mis quinze jours à sécher.
- T’as l’avantage qu’il colle facile sur le support.
- Elle fait des histoires pour rien… que je peux pas la voir… qu’elle est dans son laboratoire… qu’elle fait sécher ses œuvres… que je suis pas le mec à comprendre l’artiste… que je bouffe pas de fromages… que je sabote son travail…
- A ce que je vois, t’es en phase de décrochage ?
- Aussi bien, c’est de ma faute aussi. Est-ce que j’avais besoin de me fourrer au CHREAM !
- C’est là que vous vous êtes rencontrés ?
- Comme tu vois.

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- T’es quand même dur avec ceux qui se démerdent pour aider leurs semblables.
- Pas du tout. Ils n’en peuvent. C’est la faute à qui les fréquente. Elle a exposé là.
- Et alors ?
- Toutes les mouches du boulevard avaient pris rendez-vous ! L’horreur…
- C’est vrai que dans le bon cœur tu vois de tout…
- J’ai remarqué.
- J’ai connu un type qui se dévouait pour la cause animale. C’était un zoophile, dis donc !
- C’est dit. Je m’inscris au Golf Club du Sart-Tilman.
- Là tu changes de registre. C’est pas de l’artiste dont tu vas tâter, mais de l’emmerdeuse snob.
- Comment tu le sais ?
- J’y ai rencontré ma femme.
- T’étais golfeur, toi ?
- Non, caddie…
- Tu me déconseilles ?…
- La gonzesse sous la barre de la quarantaine y est rare. Les quatre ou cinq qui entreraient dans les possibles, c’est tout en chichis et mouche à deux culs. Elles parlent que fringues et croisières. Comme j’étais caddie et qu’à l’occasion je nettoyais les chiottes, par contre, pas plus dégueulasses sur le vase. C’était Verdun tout l’après midi. Au début, je me demandais ce qu’elle foutait l’escabelle dans un coin. Ce qu’elle m’a servi pour éponger les éclaboussures jusqu’au plafond, tu peux pas savoir ! Et toujours impec à la sortie, elles étaient. C’est ça leur force, d’un certains sens, hautaines de prime abord, mais salopes, pire qu’on imagine…

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- Qu’est-ce qu’on va devenir ? Qu’est-ce qu’il faudra faire pour en tirer une ?
- Faut plus y penser…
- Je vais tout de même lancer un appel et laisser mon adresse chez Richard III.
- Surtout pas malheureux. Tu le connais. Il a toujours préféré être tout seul sur une bonne affaire, qu’à deux sur une mauvaise. Y a pas plus égoïste !

23 juillet 2004

Une carrière qui mène à tout

Les deux grands procès (1) à peine clos, s’en profile un autre dépassant en horreur les deux premiers. Et qui voit-on de plus en plus dans les médias ? …les avocats plaidant après coup les affaires jugées en s’aidant astucieusement du tapage fait autour du serial killer belgo-français.
L’auditeur crédule acquiesce aux thèses contradictoires selon que maître Machin, partie civile, ou maître Chose, défenseur, fait montre d’éloquence. Pour peu, on referait les procès, comme on n’en manquera pas d’en remettre une couche avec l’appel de Dutroux, laissant à plus tard le feuilleton quand il y aura place dans l’emploi du temps de Depardieu..
La Justice ne se veut pas en reste et nous envoie à intervalles une déléguée, souvent des plus charmantes, dont certaine nouvelle baronne, qui, ma foi, malgré l’austérité des lieux où s’exercent ses compétences, ne déparerait pas une bordure de piscine du côté de Saint-Tropez.
La gent de robe, haïe par Saint-Simon pour l’Affaire du Bonnet (2), essaime depuis longtemps dans la politique. Ce qui fait qu’un avocat peut en cacher un autre sur une voie parallèle qui conduit souvent au Parlement (Les Avocats sont surreprésentés partout en politique).
Il s’en fait une grande consommation dans les partis, toujours insatiables d’effets théâtraux et de langue de bois. A tel point qu’ils encombrent les allées du pouvoir au détriment des sous-représentés que nous sommes. La grande bataille des femmes pour la parité homme/femme a réussi. Reste celle des ouvriers et des employés par rapport aux fonctionnaires et aux professions libérales. Là, ce sera plus dur.

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Ces temps-ci une polémique fait rage au sujet d’un condamné qui attend son billet d’écrou pour accomplir sa peine.
Et que voit-on ? Le « convict à devenir» s’insurge, se révolte contre l’idée même de sa détention. Son avocat tempête, crie à l’injustice et menace de poursuivre tout qui jetterait sur l’ignominie prouvée de son client, ce petit supplément de mépris qu’attise une amnistie partielle des crimes commis.
Alors que ce robin pourfendrait qui mettrait en cause la moralité de son client, il n’hésite pas d’exhiber sa compagne « malade et éprouvée qui mourrait sans le secours ultime » des bras restés forts de son refuznik à la belge.
Le cher maître est si éloquent que s’élèvent ci et là dans la foule des murmures de commisération, des remords collectifs et des regards de pitié.
Or, s’il est parmi les chefs d’accusation bien établis et avoués certains suffisamment graves, même si le plus gravissime a été écarté, pour encourir une sentence d’éloignement temporaire de la cité, c’est bien dans cette affaire-là.
Et puisque la mode aidant les plaidoiries ne se terminent pas aux Assises et qu’elles se poursuivent sur les bancs publics, permettez que l’accusation se prolonge aussi jusqu’à ce qu’enfin se rétablisse l’équilibre.
On ne peut pas se faire marchand de drogues si l’on n’est pas pharmacien. A fortiori entreprendre la clientèle à la sortie des lycées, est en soi une démarche criminelle, si l’on en juge de la nocivité des pilules « de bonheur » sur la jeunesse.

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Toute dette payée est close. Et nous ne reprocherons pas des faits prescrits ou payés, y compris cette lourde faute d’une escroquerie à la charité publique au détriment d’une humanité misérable.
Ne serait-ce que par pudeur en référence à ce lourd passé, ne conviendrait-il pas que l’éloquence fût mise en veilleuse et qu’enfin le souhait de s’aventurer jusqu’à la Cour des droits de l’homme pour y faire entendre la complainte de l’innocence bafouée, sombrât dans une décente retenue ?
Car, n’en déplaise à ces Messieurs Dames défenseurs acharnés de la cause entendue, il est bon parfois qu’un ténor, fût-il du barreau, ait une extinction de voix.

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1. L’Affaire Cools et le procès Dutroux.
2. Lire « Les mémoires ».

22 juillet 2004

Quand la barre est à droite et l’effectif à gauche

-Alors, mon salaud, tu n’es plus de droite ? Tu te rappelles nos discussions ?…
- Et toi toujours de gauche ?
- C’est difficile dans ce pays. Tu n’as pas répondu à ma question. Tu as viré ta cuti ?
- Moi ? Pas du tout.

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-Qu’est-ce que tu foutais au PS ?
- Mon vieux, secoue-toi. Le PS, c’est la nouvelle droite !
- Non ?
- Comme je te dis. Les Libéraux sont finis. Ils ont des idées, mais ils sont mous. Tandis qu’au PS !... Enfin, de l’action. Des patrons de la Fédération wallonne des entreprises ont compris. Ils ont pris la carte du parti… J’en connais un de Visé qui s’est affilié à Mons !
- C’est peut-être pour des subsides faciles ? Quand même, au PS, il y a des petites choses sympas dans le programme pour les petites gens…
- Ça ne repose que sur des impressions. Moi, j’ai vu leur stratégie. Je rédige des notes. J’écris des discours… Tu penses, si je suis enthousiaste. On se retrouve au meilleur de Gaston Eyskens de la loi unique et de Jean Luc Dehaene à l’entrée de l’Euro.
- Tu n’as pas changé ! Toujours aussi paradoxal.
- Pas du tout. Je suis resté logique avec moi-même. Libéral 100 %. Eh bien ! mon cher, la liberté d’entreprendre va connaître de grands moments, avec mes nouveaux potes du PS.
- Tu causes… tout ça c’est du vent… T’as des preuves ?
- Tu lis pas les journaux, mon vieux ? Di Rupo, c’est le Tocqueville des temps modernes, notre pape en religion ultralibérale. Tu veux des preuves ? En 95, Di Rupo qui était ministre vend la moitié du capital de Belgacom aux banques. En 2004, Vande Lanotte, socialiste flamand, appuie l’entrée en Bourse de l’affaire.
- Et alors ? C’est dans l’air du temps…
- Sauf que la privatisation aura rapporté quatre milliards et quart d’euros aux souscripteurs privés. Tout ce fric est un cadeau pour nous, la droite. Avec l’état des finances publiques, c’est un drôle de pastis pour la gauche ! C’est-à-dire pour toi, pauvre pomme…
- Il n’a pas été tout seul à décider…
- C’est ça, on l’a poussé dans le dos ! Les Libéraux auraient jamais osé… Michel est trop sensible, un fils de maçon, tu penses... Il empoisonne la droite avec ses idées de gauche. C’est bon qu’il aille se faire reliure à l’Europe.
- Tu es sérieux ?
- On ne peut plus. Tu veux encore un autre exemple que l’homme providentiel c’est Di Rupo ?
- Vas-y.
- Le 9 juin 99, Di Rupo ouvre la poste à la concurrence.
- Pas tout à fait…
- Juste. Rien que pour le courrier au-dessus de 350 grammes. Mais, c’est un début. Tu t’en doutes, pour généraliser la concurrence dans la distribution du courrier.
- Ensuite ?
- En avril 2004, son compère Vande Lanotte suggère de prendre conseil aux banques d’affaires Morgan Stanley et Degroof pour envisager une association avec un partenaire privé. TPG est intéressé. Moralité, on ferme les petits bureaux de campagne, qui n’intéressent que les vieux, les ruraux qui n’ont pas de voiture, bref, des gens qui ne plaisent plus à Di Rupo dans sa vision moderne du socialisme de collaboration. Tu vois l’ambiance ?
- Il est tendance. L’argent… la nouvelle référence. Le moyen de faire autrement ?
- Si faire du socialisme, c’est suivre les tendances, dans moins de cinq ans on est américanisés.
- Plus de sécurité sociale, des transports qui partent comme ils peuvent avec des accidents dus à la vétusté du matériel, une poste privée et des pannes de courant qu’on ne sait pas quelle compagnie est responsable, en effet, c’est un drôle de socialisme...
- Tu veux encore un exemple ?
- Vas-y !...
- Le chemin de fer. Comme tu viens de citer les transports. Vande Lanotte, encore lui, avalise en mars 2004, la scission de la SNCB en trois sociétés distinctes. C’est l’attaque classique en divisant … la privatisation qui se pointe. Même tactique que pour la poste.
- Et la SABENA ?…
- Le personnel a été couillonné par Di Rupo en personne. En 95, le président du PS, signe un accord avec Swissair, en beuglant sur les ondes et à la téloche que c’est une chance pour la Sabena. Tu parles d’un accord (qu’on n’a pas encore vu, attendu qu’il est toujours Top Secret !)
- Résultat, Swissair a bouffé toute la moelle de notre compagnie et quand il n’y a plus rien à se carrer sous la dent, elle déchire le contrat.
- …Six mois plus tard, les banquiers mettaient Swissair en faillite et reprenaient l’actif sous une autre dénomination pour ne pas payer un sou de dédommagement à la Belgique.
- Comment peux-tu être de droite avec ce raisonnement-là ?
- C’est pour toi que je le tiens. Parce que je t’aime bien dans le fond, même si t’es con de croire qu’il y a encore une gauche en Belgique.
- Quand tu entends la nouvelle équipe wallonne, sur les pensions… elle tient un langage rassurant !
- Ce que tu es naïf ! Pourquoi ne s’en prennent-ils pas aux pensions, du moins pas encore ?
- Oui. Pourquoi ?
- Parce que c’est l’ancien ministre socialiste flamand Marcel Colla qui a fait le ménage. Grâce à lui – si l’on peut dire – nous atteignons à l’âge légal de la pension fort tard par rapport aux autres pays. Ce qui nous donne une carrière fort longue et un calcul moins avantageux. Par contre, les prépensionnés – nos chômeurs de luxe – ne doivent rien attendre de bon de Vanden Broucke ou de son successeur… Là-dessus socialistes flamands et wallons sont d’accord. Quant aux chômeurs… la chasse est ouverte.
- Là, je te suis. Le but de la politique socialiste en matière de chômage n’est pas de remettre des gens au travail, mais d’exercer sur eux une pression pour qu’ils soient obligés d’accepter n’importe quoi…
- C’est-à-dire toutes les merdes avec un salaire de famine.
- Là on est d’accord. T’es quand même un drôle d’homme de droite !
- Pas sûr. Je fais leurs discours à l’opposé de ce que je t’ai dit… que la libéralisation est inévitable mais qu’elle sera contrôlée… pour les avantages sociaux, si on veut les conserver, faudra faire des économies… notre taux de chômage est trop élevé alors qu’il y a beaucoup d’employeurs qui ne trouvent pas à embaucher…
- Tu écris le contraire de ce que tu penses.
- Pas du tout. Je t’explique pourquoi tu es baisé par une gauche qui, en fait, n’existe plus, comme le syndicat qui couvrira juste ton licenciement par une consultation d’avocat…
- Peut-être. Mais, j’aime mieux être dans ma peau que dans la tienne. Au moins, même si je dis des conneries, je reste le maître d’une pensée que je ne déguise pas. C’est ma dernière liberté.
- Jusqu’à quand, banane !

21 juillet 2004

Quand t’as Flumox aux tripes...

- On est comme ça 5 copains tu vois, il y a moi, Lo, Girlette…
- Ginette...
- Non Girlette. C’est un nom qu’elle a trouvé, tu vois… comme Hallyday, c’est Smet. Alors, Rebec, Ahmed et moi.
- Ça fait quatre.
- Comment ça fait quatre ?
- Oui. Tu t’es compté deux fois.
- Attends, je recommence. Lo, Moi, Girlette, Ahmed, moi et Mahmoud.
- Là, t’es à six, mais tu t’es encore compté deux fois !
- Ainsi, on n’est pas six ! Voilà quelque chose.... C’est pas ce que j’avais dit ?
- Non. T’avais pas cité Mahmoud. Par contre t’as oublié Rebec.
- D’accord. Avec Mahmoud, ça fait cinq !
- Non. Puisque t’as donné ton nom deux fois et que t’as oublié Rebec.
- Tu me prends la tête, là
- Compte sur les doigts.
- T’as raison, ça fait cinq.
- Non. Six ! Enfin bon. C’est pas pour ça que t’es là à me casser les couilles..
- Donc avec mes cinq copains et pines…
- Quand tu veux, t’es au poil. Si t’as cinq copains, vous êtes six, forcément…
- Forcément quoi ?
- Les cinq plus toi, vous êtes combien ?
- Ecoute, je ne sais plus si on est cinq ou six avec toi…
- Avec moi, ça fait sept…
- Non. Stop. C’est trop. Je suis pas venu pour faire des mathématiques.
- T’es là pour quoi, alors ?
- Pour le son.
- Je comprends pas.
- Tu vois dans l’alternatif, on hésite. On se demande si c’est Mick Wilson qu’a raison ou Zeus Faber.
- Pourquoi tu me demandes ça, Tu sais que je suis MNI et Flumox. C’est le match London-Belfast, tu vois…
- Merde. Zeus Faber, tout de même ! The album is done, mixed and mastered…
-Je dis pas... mais le band based in the uk guitar de Flumox…
- Enfin quoi, t’as ton son. J’ai mon son, merde…
- Qu’est-ce que tu me veux à la fin, si t’es pas MNI ou Flumox ?
- Je voudrais savoir comment que t’as appris la guitare ?
- A l’aca de Montegnée.
- Et les drums ?
- Dans mon garage.
- T’as fait piano aussi ?
- Oui. Mais pas longtemps. A force de parler de queue et de demi queue, la prof y a tâté la mienne…
- Et alors ?
- Alors rien. J’ai abandonné au bout de huit jours. C’était trop dur.
- Quoi le piano ?
- Non. La prof. Tu connais le morceau ?
- Un peu. Toute la famille a fait piano, sauf moi. Tu vois, on est donc…? Au fait combien t’as dit encore qu’on était ?
- Six.
- C’est ton dernier mot ?
- Pourquoi tu dis ça ?
- Tu serais pas dans les chiffres et les lettres du concours d’Avril à la maison des pensionnés ?
- Chier.
- Donc c’est pour le son. Voilà, tu me conseilles l’aca de Montegnée ou l’aca de la maternité du boulevard de la Constitution ?
- Pourquoi, tu sais pas te servir d’une gratte ?
- Un peu, en amateur, mais pas assez pour un concert.

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- Et les autres ?
- Ils commencent aussi.
-Les filles ?
- Celles qui sont au chant ?
- Ouais.
- Elles sont bonnes, alors. On est bien tous d’accord.
- Elles chantent ensemble ?
- Je sais pas…
- Comment tu sais pas ?
- Non, je les ai pas encore entendues chanter.
- Comment tu sais qu’elles sont bonnes ?
- Bin, c’est sûr qu’elles sont bonnes, sans quoi, on les aurait pas engagées pour chanter, si elles z’avaient pas été bonnes !

20 juillet 2004

Quand le professeur vante la Constitution

C’est le grand chambardement aux Régions, à la Communauté et au Fédéral. Le souk est ouvert. L’échange est roi.
Nous, on a fait « notre devoir ». On n’a plus qu’à compter les coups, exercice délicat vu que nous n’avons pas droit aux coulisses, aux déclarations de couloir, aux confidences à la cafétéria et puis, fols que nous sommes, du Touquet à la Grande Motte notre conversation se limite au qualité filtrante des huiles de bronzage.
Moi qui m’accroche aux journaux, les doigts de pieds en éventail à Coria, charmante cité d’Estrémadure (par la mémoire des sens), j’y perds la boule.
Tant d’accords secrets, de rancunes anciennes, de messes basses et de hautes voltiges prouvent que la mémoire de nos illustres est tenace, pointue et rancunière. Tout cela déclenché depuis notre misérable bulletin de vote que par lassitude nous déposâmes dans l’urne le jour funeste du 13 juin !
De ce bouleversement de personnes, de ce maquignonnage (tu me donnes trois vaches, je te donne cinq veaux !) que reste-t-il de la démocratie, ce pudding à l’anglaise où s’amalgament les restes de la veille ? Quelles sont nos « compétences », nous les futurs taxés de cette politique dont nous n’approchons jamais le décisionnel ?
On pourrait épiloguer jusqu’à demain sur le pouvoir dévolu au peuple…
De la syphilis tertiaire de nos Institutions, qu’il me soit permis d’examiner un seul chancre. Celui qui a prévalu à l’échange de Commissaire européen entre Busquin l’Ancien et Michel le Moderne.
Des étonnements successifs m’assaillent.
D’abord, il n’y a aucun accord écrit que le poste à pourvoir soit de la seule compétence du Mazarino de l’al dente à la montoise.
Il semblerait que les Flamands par l’odeur alléchés se soient mis sur les rangs ; mais qu’ils ont levé le siège assez rapidement. Ce n’est pas leur genre de lâcher aussi facilement la culotte du facteur des bonnes nouvelles.
Comment se passent les marchandages et où ? Qui dispose et qui propose ? Les chefs de parti, soit, mais au nom de quelles instances, bureau, exécutif… mystère. Existe-t-il enfin des accords tacites non écrits entre partis, tous unis pour la circonstance ? Sont-ils issus de l’usage d’un passe-droit qui se perd dans la nuit des temps d’exécrable pratique ?
Il n’y a aucune logique apparente. On reste dans l’informel. Apparemment personne ne pose des questions. Les journalistes font-ils leur boulot dans ces circonstances, comme des concierges ?

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C’est quand même un emploi de prestige, commissaire européen ! La Belgique a un mandat important. Nous serions perçus comme des rigolos, s’il advenait que la chose échoie à l’idiot de la famille !
En échange du « cadeau » à Louis, Elio a obtenu la présidence du Sénat pour Anne-Marie Lizin et le poste de Secrétaire d’Etat aux affaires européennes, détenu jusque là par une gracieuse, ex-pensionnaire de RTL.

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Quant à l’heureux bénéficiaire du Jack Pot, voilà un gaillard qui nous a bassiné depuis la mort de Jean Gol sur le service aux concitoyens et que si le MR est devenu « social » c’est grâce à lui, fils de maçon, petit fils de maçon et maçon « Louis-même ». Et le voilà qui court à l’Europe s’occuper de la vivisection des animaux en laboratoire cosmétique, en attendant son dada : voyager dans le tiers monde (s’il obtient le mandat) ! Et les maçons, alors, il les laisse tomber !
Le bâtiment ne sera pas content.
Il est vrai qu’à son âge, notre ancien régent, n’aura plus à rendre des comptes et remonter le moral des troupes MR, au plus bas ces temps-ci, quand il lâchera la recherche scientifique, lui qui confond un bec de cane avec un bec de cornue. Il coulera des jours heureux entouré de l’affection des siens et salué respectueusement de ses électeurs, dans les rues de son village.
C’est tout de même mieux que finir pion à 1500 euros par mois à l’athénée royal de Jodoigne.
« Belle ascension, belle carrière, et vive la démocratie, nom de Dieu ! » pourra-t-il dire à l’occasion d’une commémo où on le fera baron et où il serrera dans ses bras Didier Reynders, le successeur qu’il aura tant haï, à la tête du parti.
Si c’est pour ce seul tableau champêtre qu’Elio le « cavaliere » a rompu avec la tradition de partager le gâteau entre compères, c’est introduire la poésie dans un lieu de cape et d’épée. C’est bien.
Si c’est pour se défaire d’un emmerdeur et « punir » le MR, il est des punitions moins douces.
Enfin, si c’est pour installer la perruche du parti sur un perchoir doré aux fins d’éloignement de la région hutoise. On le comprend. Madame Anne-Marie Lizin ne doit pas être facile à vivre tous les jours.
De toute manière, nous n’en saurons jamais rien. Comme la plupart des choses sérieuses qui nous passent au-dessus de la tête.
Allons bosser… puisque tel est notre destin.

19 juillet 2004

Le Rouge et le Noir...


On ne peut dire si Stendhal aurait été bouleversé par la version 2004!
A présent que les rôles sont distribués, Elio ne vaut pas Gérard Philippe. Quant à Mademoiselle de la Mole, celles de Zélande sont meilleures…
C’est que l’homme-papillon s’est fendu d’une proclamation qui loin de valoir celle du Consulat est plutôt en pire… Tant pis pour le futur gouvernement wallon.
On attendait Grouchy, ce fut plus cher… à la facture.
Le retour au grandiose attendra.
Ecrit à quatre mains, dont trois gauches, avec Madame Milquet, on ne sait si la nouvelle version de Bosseman et Coppenolle retranscrit en patois du Centre sera au goût de tout le monde. Pour sûr, ce n’est pas du Saint-Simon revu par Bakounine.
Nos duettistes ont rédigé l’éponyme parfait du mémorandum de l’Union wallonne des entreprises (UWE), le frère cadet de la FEB ! Contrairement à la nature, l’œuf a pratiquement été pondu par Elio, Joëlle s’est contentée de le couver du regard. Résultat, c’est un drôle de canard, presque podagre, sinon boiteux qui vient de nous éclore pour la future basse-cour namuroise !
Kubla l’évincé doit bien se marrer.
On se rappelle le Contrat d’Avenir du même Di Rupo, il y a un lustre. « Retenez-moi ou je fais un malheur », disait-il en substance. On ne l’a pas retenu. On attend toujours le malheur.
Il paraît que les socialistes l’adorent. C’est le seul qui, moins il en fait, plus il attire les foules.
A une table de bridge, il fait toujours le mort et pourtant c’est lui qui ramasse la mise. Allez comprendre ?
Ah ! je me suis laissé avoir le 13 juin. A un cheveu de l’affiliation, dis donc ! C’est bien moi, ça, tout de suite en confiance… Comme si je ne savais pas que la condition du plus grand nombre resterait la même, gauche ou droite au pouvoir !
Mais revenons au plan et rataplan des artistes.
La création d’entreprises, la grande affaire centriste bat son plein, patronat et gauche à la montoise. Prenez un tiers de fonds public et de subventions, ajoutez un deuxième tiers : une législation du travail « adaptée », la traque aux carottiers, etc. mélangez avec le tiers restant fait d’une bonne rentabilité pour mieux investir. Servez frais. Attention, il n’y en aura pas pour tout le monde et surtout pas pour les chômeurs.
L’aide aux nouvelles entreprises est en latex renforcé indéformable comme le soutien-gorge de la partenaire du sire à la Rose. Un seul mot d’ordre, le même que celui des patrons wallons : micro-crédits. Qu’est-ce que le micro-crédit ? C’est le crédit à la tête du client, petit, mais distribué de bon cœur, afin que tous s’en souviennent… aux élections suivantes. Ainsi, le pouvoir du fric dilué fera plaisir à tout le monde, mais ne servira à personne.
Si par aventure, un type de génie, avec des bouts de ficelle et des cartons, invente un truc à ramener du pognon, il sera temps avant la faillite, qu’une firme d’envergure reprenne ce qui est rentable.

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Le plus beau est encore à venir.
L’accompagnement des chômeurs.
Après avoir donné le « La » à l’ONEm pour, ensuite, vibrionner (plus pour longtemps) sous le dard du racisme des Belges, la passionaria du Bd de l’Empereur, Marie Arena, refait surface au Régional pour la partie croustillante du programme. Les demandeurs d’emplois se souviennent de son accompagnement éclairé, de son œil de braise à l’air du Toréador. Le tir aux clays des pigeons-chômeurs les fera passer du chômage au CPAS. Avantage pour les finances : ça coûte moins cher !
Les titres services consacreront le statut précaire de la femme de ménage, trop souvent employée au noir. Le « Madame est servie » pourra enfin sortir des théâtres la tête haute.

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Le goût d’entreprendre est à la mode. On lui aurait préféré le goût des autres. Les instituteurs du style Front Popu et les marxistes impénitents sont priés de la mettre en sourdine. Ils seront commis d’office pour l’étude en profondeur des vertus du capitalisme militant prodiguées à nos bambins dès l’âge le plus tendre. L’amour du travail passe par là. Les cervelles ont besoin d’être dépoussiérées. Jaurès a failli faire rater la guerre de 14-18. Les Socialistes ont assez soufferts des Congrès et des Internationales du passé. Vive Keynes, Alexis de Tocqueville et la ruponalyse ! Même Galbraith sent le souffre, dis donc !
Reste le volet de réductions fiscales où l’on attend Joëlle et Elio au tiroir-caisse.
On va supprimer les droits de succession… aux héritiers des petites affaires rentâââbles, et on va tenter d’arranger le coup pour une exonération fiscale des aides régionales à l’expansion économique. La taxe provinciale et les taxes locales s’essayeront à la douceur vis-à-vis de ceux qui entreprennent. L’hectare y sera plus doux, l’eau adoucie et le courant sera alternatif et socialiste.
Ceux qui seront bonards, mais c’est ta gueule, mon fils, puisque t’entreprends rien ! Mieux, on te demandera un petit sacrifice supplémentaire, parce que les cadeaux d’un côté, il faut bien les payer de l’autre.
La visite guidée n’est pas close. Mais, cette lecture, soudain, me donne envie de bailler. La lourdeur du texte, l’outrance et le culot des rédacteurs me repoussent à mes vices habituels.
Tant qu’à faire, à être roulé dans la farine, je préfère mes stupres à leur vaseline…
Pour clore définitivement une déception, attendue pourtant, il me reste à trouver un beau cul- de-lampe. Que pensez-vous de celui-ci ?

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18 juillet 2004

Bêtises de Sodome pour séminaristes de Gomorhe

Ririte Van Zeg de l’équipe « Grand Format » du journal « Franchement couillon » bien connu des Liégeois branchés, interviewe à Vienne l’évêque de Sankt-Pölken, monseigneur Kurt Krenn, KK pour les intimes. C’est une enquête sur l’évolution des mœurs ecclésiastiques

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Ririte – Monseigneur, le magazine viennois Profil a publié la photo du directeur du séminaire Otto von Bite touchant la braguette de l’un de ses étudiants, qu’en pensez-vous ?
KK – Nous sommes déjà dans l’après Jean-Paul II, n’est-ce pas. Ce geste familier fait partie d’un exercice charismatique. Une tradition de nos montagnes depuis le XVIme siècle, dans nos chants annonçant la Divine naissance, nos chœurs chantent en se touchant le sexe trois fois à chaque couplet. Personne ne s’en est offusqué jusqu’à présent.
Ririte – Combien y avait-il de couplets dans l’interprétation filmée par Profil ?
KK – Quatorze, je crois.
Ririte – Nul doute qu’à la fin du chant tout le chœur était sur les genoux.
KK – Oui, nos chants nous épuisent généralement.

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Ririte – Pourquoi dans le journal Müncher Merkur, l’évêque de Styrie, Egon Capellari, vice-président de la conférence épiscopale autrichienne a-t-il formé une commission d’enquête interne à la suite de la découverte dans les portables des séminaristes de plus de 10.000 images pornographiques ?
KK – Nous organisons des campagnes de cartes postales à l’occasion des fêtes de nouvel an que nous vendons au profit des petits orphelins de Manille. Notre chef des ventes a découvert que les cartes sur lesquelles nous représentions nos sœurs à l’état de nature se vendaient dix fois plus vite que les images de la collection des fleurs de montagne que nous commercialisons depuis 1905. Les bénéfices sont évidemment reversés intégralement à notre mission des Philippines.

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Ririte – Et l’adjoint du directeur du séminaire surpris à embrasser fougueusement un séminariste sur la bouche ?
KK – C’est un coup du cardinal Schönborn. Ah ! le cardinal Groer était bien plus humain !
Depuis que le cardinal s’est mis en tête de postuler la place de Jean-Paul II, il nous empêche même de fêter la saint Valentin ! vous ne trouverez nulle part dans le droit canon des sanctions contre le baiser entre séminaristes, même avec la langue.

Ririte – Avez-vous dispensé le sacrement du mariage à deux séminaristes homosexuels ?
KK – Nos jeunes gens avaient un peu trop bu et nous répétions les leçons apprises afin d’y procéder lorsque, nommés, nos séminaristes auraient une paroisse. C’est ainsi que von Bite a célébré le mariage de deux de nos séminaristes qui ne se quittent plus depuis six mois. Mais, c’était pour rire. Laissons cela au maire de Bègle. D’ailleurs, je vais vous faire une confidence, nous ne croyons plus aux sacrements depuis longtemps. Celui du mariage est particulièrement débile. Pour éviter le divorce qui est condamné par l’Eglise apostolique et romaine, nous déconseillons fortement cette formalité religieuse.

Ririte – Pour les lecteurs de Franchement couillon, pouvez-vous nous dire, puisque vous ne croyez plus au sacrement, si vous croyez toujours en Dieu ?
KK – Nous laissons à chacun le libre arbitre de sa conscience. Cependant, nous mettons en garde nos étudiants contre une confiance trop aveugle vis-à-vis de Notre Seigneur. Voilà quinze ans que nous prions pour qu’il fasse refaire la toiture de notre séminaire. Et moi , bien davantage – mais à titre personnel – pour cultiver du shit derrière la grotte reconstituée de Lourdes. Maintenant, si vous me demandez si Dieu existe, là nous répondons « oui », car s’il n’existait pas, comment aurait-il eu un Fils ?
C’était Ririte Van Zeg pour le « Franchement couillon » le journal des liégeois branchés.

17 juillet 2004

Une soirée bien tranquille


- Chéri, tu m’as pardonnée ?…
- Pour lequel ?
- Comment ça, lequel ?
- Celui de la communion de la petite ? Le garçon du bar de nos vacances à Rivière ou bien Noix de Coco, pensionnaire à Andrimont depuis ?
- Non. Le transsexuel italien qui est devenue un homme alors qu’elle était une femme.
- Hon ! celle-là compte pour du beurre.
- C’est quoi compter pour du beurre ?
- Ça veut dire qu’on ne remarque pas qu’elle est de la confrérie des pisse-debout…
- Eh bien ! nous nous aimons…
- Non !...
- Si... Je te dis tout de suite qu’il va venir me chercher. Nous allons vivre ensemble !
- Pour aller où et faire quoi ?
- D’abord, il n’est plus garçon coiffeur.
- Elle fait plus coiffeuse ?
- Il est sur la mutuelle. Et il coupe chez lui. Moi, je m’inscris lundi au FOREM et mardi j’ai un emploi.
- Malheureuse, à part le trottoir, tu ne sais rien faire !
- J’attendais autre chose de toi. Tu t’en fous que je parte, dis-le ?
- Tu me prends de court…
- Quand je pense à tes mots d’amour… les lettres que tu m’as envoyées… les petits cœurs que tu dessinais sur le morceau de la feuille qui restait après ta signature…
- Faut dire, Cricri, que ça fait au moins dix ans que je ne t’ai plus rien envoyé…
- Oui, mais c’était resté dans ma tête. Tout était faux !… les « toujours », c’était du pipo !...
- C’était toi la spécialiste des toujours… sur le temps que tu t’envoyais Noix de Coco !
- Dire que j’ai quitté mon premier mari pour toi, un homme si gentil, si doux, si bon…
- Je ne t’avais rien demandé…
- Tu es venu me chercher que je sanglotais sur mon lit de jeune fille, même que ma mère aurait couru chez le médecin, si tu n’étais pas venu !
- Ce jour-là, j’avais bu…
- Je suis déçue ma couille…
- Merde, ne m’appelle plus, ma couille…
.- Tu ne m’as jamais aimée ! Ton amour, c’était du vent. Juste des mots…
- Toujours des mots. Tu te prends pour Dalida ?

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- Alexandre, si tu restes de marbre quand je partirai avec Mario, c’est que tu as quelqu’un !
- Tu pars avec Maria et c’est moi qui ai quelqu’un !
- Fais la bête, comme si je n’avais pas vu ton petit genre…
- Mon petit genre ?
- Oui, ton petit genre avec Georgette. Tu es soulagé de me voir partir. Moi qui ai tant fait pour toi !... Ah ! je suis mal récompensée.
- Tu t’en vas, alors que pas plus tard qu’hier au lit tu mouillais comme le fer à vapeur !… Et c’est moi qui ai quelqu’un… et Georgette en plus !
- Hier au soir, je n’étais pas au courant, comme je le suis en te voyant lamentable et menteur.
- Oui, mais, tu avais déjà combiné que tu te ferais la malle avec Maria.
- Mario, je te dis ! Ça s’est fait si vite…
- … et tu as le culot de me dire que je te trompe !
- Oui parfaitement, avec Georgette, ma meilleure amie.
- Ton fameux instinct, sans doute, qui te dit ça ?
- Et alors ? Est-ce que ça compte l’amitié dans ces affaires-là ?
- Belle mentalité !
- Tu oses me dire ça ? Après avoir trompé mon pauvre mari, ton ami, et ce que tu me fais avec cette pouffiasse ?
- Une pouffiasse à présent ! Alors qu’elle recevait les lettres de Noix de Coco et qu’elle expédiait les tiennes… On sonne en bas. C’est Maria.
- Mario.
- Eh bien, fous le camp. Je descends tes valises. Je ne veux plus te voir.
- Ah ! Tu ne veux plus me voir… Dès que j’aurai le dos tourné, tu téléphoneras à Georgette et vous baiserez comme des bêtes dans le lit conjugal. Mon lit ! Tu me prends pour une conne ?
- Maria sonne une deuxième fois… faudrait descendre…
- Je ne descendrai pas !
- Elle insiste !
- Qu’elle aille se faire mettre dans les bois de Seraing. Je ne pars plus…
- Comment, tu ne pars plus !
- Vas-y casser la gueule à ce sale fion. Défends ta femme, Alex, nom de dieu…
- Ah ! ça… jamais Alexandre n’a frappé une femme, même une qui s’est fait arranger des choses de la vie en plastique…

16 juillet 2004

Scène de séduction au cinéma Churchill

- Mais, je vous connais !
- Moi pas ! Voilà vingt ans qu’on n’emploie plus ce truc pour aborder une femme, même au cinéma !
- C’était où encore ?
- Si vous insistez, ce ne peut être qu’où je travaille.
- Et vous travaillez où ?
- Je suis infirmière au service des maladies vénériennes de l’hôpital X…
- Non. Vous plaisantez ! Pourtant je vous ai bien vue quelque part !
- Ce serait une raison suffisante pour que je n’y aille plus.
- C’est extraordinaire que nous allions voir le même film.
- Qu’y a-t-il d’extraordinaire que nous allions au Churchill voir un film ?
- Mais le même ?
- Vous pourriez faire le coup à la dame qui prend un ticket juste devant vous.
- Non. Elle a cinquante ans !
- Là, vous marquez un point.
- Et puis, vous me suivez. Je peux me retourner. Si c’était l’inverse, vous ne vous retourneriez pas.
- Comment savez-vous que nous allons voir le même film ?
- C’est juste. Permettez au moins que je vous cède ma place, pour me faire pardonner mon intrusion ?
- Une place pour « Un film parlé », s’il-vous-plaît ?
- Pareil que la demoiselle.
- Mais que je suis bête ! C’était pour savoir quel film j’allais voir que vous m’avez offert de passer devant vous !
- Absolument pas. On m’a parlé de ce film et c’était celui-là que je voulais voir.
- Il paraît que Tom Hanks est magnifique !
- Oui… Bon comédien !
- Vous êtes un menteur. A moins que vous ne le confondiez avec John Malkovitch ?
- Ils se ressemblent, n’est-ce pas ?
- C’est nul, ce vous dites…
- Ce siège est libre ?
- Vous le voyez bien. Il y a des sièges libres partout. Pourquoi choisir celui qui est juste à côté du mien ?
- Il y a des petits spots dans le plafond qui éclairent certains sièges plus que d’autres.
- Et vous… la lumière vous gêne ?
- Oui. Je préfère la pénombre.
- Si vous vous asseyez à côté de moi, je hurle !
- Derrière vous ?
- J’aurai votre souffle sur la nuque, merci bien.
- Je laisse un siège vide entre vous et moi.
- Cela vous regarde.

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(Après le film)

- Comment avez-vous trouvé Catherine Deneuve ?
- Vous êtes toujours là ? C’est probablement la seule que vous ayez reconnue.
- J’aimerais vous appeler sur votre portable.
- NON !….
- Vous pouvez me donner votre numéro ?
- Il est dans l’annuaire.
- Votre portable ?
- Non, mon fixe.
- Pourquoi pas votre portable ?
- Je ne le donne qu’à des intimes.
- Il ne tient qu’à vous que nous le devenions. Et puis dans l’annuaire, je ne connais pas votre nom !
- Il est dans l’annuaire aussi !
- Puis-je porter vos doigts à mes lèvres ?
- Je les y porterai bien toute seule. Mais pas sur vos lèvres. Ne me touchez pas !

(Elle le gifle.)

- Ho ! tu m’as giflé…
- Tu as été trop entreprenant.
- La prochaine fois, c’est toi qui drague et moi qui te tiens à distance.
- Les filles ne draguent pas. Elles font en sorte qu’on les drague.
- C’est-à-dire ?
- Elles s’arrangent pour être devant au guichet et s’enfuient dans la salle en oubliant leur porte monnaie (vide évidemment) suffisamment à droite sur la tablette pour que la caissière ne le voie pas, mais le beau jeune homme derrière, oui.
- Mais si le beau jeune homme est un voyou qui ramasse le porte monnaie et le fourre dans sa poche ?
- Non. Puisqu’il s’agit de toi, mon chéri !

15 juillet 2004

Un beau flop...

Après l’odyssée de la jeune Marie-Léonie L. « agressée » dans le RER, que n’a-t-on entendu : la faute aux banlieues, aux maghrébins, à la montée de l’antisémitisme ! Les ligues dénoncent les tralala des Lois pas assez sévères, etc. A la grosse caisse avec les chœurs officiels, Raffarin n’en rate aucune. Il demande aux témoins passifs « un courage citoyen ». Les premiers violons des journaux s’en mêlent, ajoutant une couche au traumatisme ambiant des populations médiatisées. D’autant qu’un jour avant ce coup de tonnerre, à Chambon-sur-Lignon, Chirac s’appuyait un discours fait sur mesure pour rassurer les populations qui s’enferment la nuit à double tour et la Licra qui s’évertue à ajouter des serrures.
Quelques jours plus tard, Marie-Léonie L., en garde à vue depuis mardi fin d’après-midi, avoue avoir menti. C’est une mythomane.

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Les témoins passifs, la lâcheté des gens assis tranquillement à lire les nouvelles du Tour de France, tandis qu’on déculotte une jeune femme pour lui dessiner sur le ventre des croix gammée parce qu’on croit qu’elle est juive, c’est du flan, du bidon… pure invention !
Curieuse époque, pas plus raciste qu’une autre, c’est-à-dire assez raciste où l’on croit arrêter « la montée de l’antisémitisme » par des Lois qui jettent de l’huile sur le feu. Alors qu’il suffirait que la puissance mondiale qui a installé Sharon au milieu du chaudron palestinien dise deux mots, pour qu’une paix garantie par les Nations Unies calme cet état d’Israël séance tenante et fasse retomber la « poussée » antisémite loin derrière le racisme ordinaire. (Cette idée aussi d’accoler au racisme, l’antisémitisme, comme si l’antisémitisme était un racisme à part et au-dessus de l’autre !)
Drôle de Pouvoir qui s’empare de la rumeur, l’amplifie, puis s’étonne que les foules versatiles s’enflamment. Drôle de judéité des citoyens de cette confession qui crient plus haut et plus fort que tout le monde avant d’éventuels agresseurs, lors même que souvent les plus agressés sont probablement les gens de couleur qui vivent un racisme quotidien et qu’on n’entend jamais. Drôle de démocratie, championne des Libertés qui les restreint sous prétexte de les défendre. Roublardise des décideurs dont la pérennité au pouvoir n’est possible que parce qu’ils tiennent les populations par la peur.
On n’arrêterait pas de faire ressortir les contradictions de ce fait-divers qui n’en est pas un, sinon pour souligner combien il y a des gens vulnérables prêts à croire le pire parce qu’ils alimentent leur effroi des sornettes qu’on leur profère, dans un monde qu’ils ne comprennent pas,
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Certes, une partie de la population est raciste, mais elle ne l’est pas plus qu’elle ne l’était jadis, certes il ne faut pas que les débordements verbaux conduisent à des brutalités. L’opinion se transforme et voit d’une autre manière des faits aussi répréhensibles qu’avant mais sur lesquels elle focalise. Y aurait-il un resserrement des mœurs vers plus de morale et plus de justice ? Les récentes affaires Dutroux et Fourniret ont, par exemple, éveillé l’attention sur un mal bien plus grave que cette supposée vague d’antisémitisme : la pédophilie. Crime trop longtemps minimisé et si répandu qu’il existe plus d’un enfant sur trois qui devenus adultes ont vécu ou approché, l’une ou l’autre chose à ce sujet. Mais, là aussi, l’affaire d’Outreau, dans le Pas-de-Calais montre ce que peut faire une Justice poussée au derrière par l’opinion.
Il est dommage qu’une bonne analyse sociale et une justice plus équitable soient si peu exigées par le pouvoir et les gens. Pourtant, on ne parle que de cela. Par exemple nos champions du MR n’ont que le "bon sens" à la bouche. Mais ce qu’ils baptisent « bon sens » n’est qu’un agglomérat de préjugés bourgeois. La « raison garder » des autres ne vaut guère mieux.
L’opinion est versatile. Un jour, peut-être on lui demandera de tourner la page des fantasmes auxquels elle réagit. Mais, ce sera pour d’autres illusions. Et ce ne sera guère mieux.
Marie-Léonie a l’habitude de raconter des histoires. On y a cru. Mais, on y a cru parce que cette jeune femme recoupait notre propre mythomanie et ne faisait que l’interpréter. Le monde dans lequel nous exprimons notre désarroi, n’est peut-être acceptable que parce que nous y mentons et jouons des personnages comme Marie-Léonie ?

14 juillet 2004

Déprime à la FEB.

Après vingt années de politique « pousse dehors » les gérontes de la FEB et Frank Vandenbroucke, le ministre, font machine arrière sur les prépensions. Il paraît que le pays ne supportera pas le poids de celles-ci cumulées aux retraites, dès 2030. Si l’on considère que cette année-là Tony Vandeputte aura 84 ans et aura perçu plus de 25 années d’une pension qui n’est pas celle de monsieur tout le monde, on a raison de s’inquiéter !
La FEB s’est fendue d’un « cinglant » rapport selon l’expression d’un gazetier de la Libre Belgique. Evidemment ce cinglant rapport stigmatise les « vieux » (on est vieux à 50 ans dans les entreprises) afin qu’ils résistent à la mauvaise ambiance… à cet air de renoncement qui souffle dans les manches à air conditionné des directions, pour qu’envers et contre l’employeur, ils ne lâchent pas prise et tiennent bon jusqu’à 65 ans, voire davantage.
Frankie Vandenbroucke, l’homme au quotient si élevé que du haut de son crâne on voit ses dents, a déjà fait la leçon à l’ONEm qui va biffer les chômeurs de longue durée qui n’auront pas satisfait à la mode actuelle de chercher du travail là où il n’y en a plus. Ce socialiste flamand nouvelle vague (de licenciement) ne veut pas le savoir. C’est que la FEB a donné de la voix. Il paraît que le coût de ces chômeurs de luxe que sont les prépensionnés est supporté par les entreprises. C’est Pieter Timmermans, directeur de la FEB qui a trouvé cela tout seul après vingt ans de calcul ! C’est dire le poids de la démonstration et l’effarement général.
Selon le même, le Belge moyen s’est installé dans une culture de départ anticipé de sorte que les entreprises ont perdu le contrôle du licenciement. Ce qui veut dire qu’au temps heureux de la liberté de l’industrie, c’était au chef d’entreprise à foutre les gêneurs à la porte. Alors qu’aujourd’hui, c’est l’employé qui décide de partir parce qu’il ne supporter plus la gueule de son employeur. Le monde à l’envers !

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Mais comme à la FEB ou chez Frankie, on n’aime pas se faire remarquer dans le mauvais sens, c’est à Arnout De Koester du département social de la FEB, que revient la tâche de convertir l’acide gastrique en loukoums. « Il faut aussi que les entreprises puissent maintenir l’expérience et l’expertise en interne au prix normal du marché ». En clair, cela signifie qu’un vieux au boulot n’emmerde pas à 100 %. On regrette qu’il parte avec son expérience sans la transmettre. On aimerait à la limite qu’il reste, à condition de gagner la même chose qu’un débutant. L’idéal serait que les vieux bouchons à six semaines de la pêche à la ligne transmettent leur savoir et leur expérience aux jeunes ahuris qui montent en ligne. Cela voudrait-il dire que les ingénieurs ergonomes, les pointeurs et les découpeurs de tâches ne sont pas parvenus à dérouler le savoir en une série de gestes qu’un chimpanzé appliqué pourrait faire ! C’est tout le système de la décomposition du travail pour sa recomposition à l’usage des débiles mentaux qui s’effondre ! L’homme serait-il encore humain, au point que les héros de la mondiale entreprise aient des doutes sur leur science appliquée ? Vaste débat.
Par malheur, les intéressés ne sont pas enthousiastes du projet. Les craintes libérales sont justifiées. Le succès de la prépension ne se dément pas. Payer à ne rien faire et exercer ce droit sans contrainte de l’ONEm, Frankie Vandenbroucke n’en dort plus ! Si les ouvriers ont les privilèges des patrons, où on va ?
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La FEB ne serait plus ce qu’elle est, à savoir un banc de hotus qui pue son université de Leuven, si elle n’avait pas illustré son rapport. Les facteurs « push » (qui font sortir les travailleurs du marché de l’emploi) et les facteurs « pull » (qui soustraient les travailleurs âgés au marché de l’emploi) sont ses nouveaux gadgets. Côté « push » tension salariale entre les travailleurs âgés, plus chers, et les jeunes loups pas encore écoeurés des mœurs patronales ; côté « pull » le revenu trop élevé du prépensionné est un incitant négatif pour le pousser à remettre les bras dans le cambouis après 55 ans. C’est ce petit côté bouffon de la FEB : push et pull qui me plaît le plus.
La FEB qui pense américain avant de penser moedertaal ne pouvait pas en rester là sans ouvrir son « master plan » sur une considération architecturale moyenâgeuse avec son castel à neuf clés de voûte ! Je croyais, dans ma pauvre cervelle dégénérée, qu’une voûte n’avait qu’une clé, mais bon…
Il s’agit de mesures contraignantes et incitatives visant à maintenir les vieux dans l’entreprise. La politique de la carotte et du bâton, ça les connaît…surtout le bâton. Suit un paragraphe de charabia qui se dit créer une dynamique plus forte du marché. Evidemment, si nous n’avions pas tant de chômeurs, si les entreprises n’allaient pas faire leur cuisine ailleurs et si ma tante en avait, ce serait mon oncle…
D’autres propositions s’ajoutent aux push et pull et à ses 9 clés de voûte. La FEB attend la concertation sur les fins de carrière, annoncée par Frank Vandenbroucke, pour l’automne prochain. Si Frankie est toujours ministre de l’Emploi, bien entendu. La FGTB vient d’annoncer qu’elle ne veut pas entendre parler d’un abandon de la prépension. En cette matière nos parlementaires et ministres sont imbattables. Certes, ils terminent à des âges avancés des carrières imposantes, mais avec tellement d’avantages, qu’il n’y a pas un seul prépensionné qui dirait non à la FEB pour en reprendre pour dix ans. La voilà la solution miracle ! Le salaire de Frankie pour tous après 55 ans ! Vous verriez de ces carrières qui n’en finissent plus à la Jean-Paul II, je ne vous dis que ça !...

13 juillet 2004

Les adieux au peuple !

- Louis s’en va !
- Duquesne aussi…
- Reste plus rien !
- Si… les fils…
- Les secrétaires…
- Même pas l’ancienne speakerine de RTL…
- Non. Elle s’en va aussi.
- Deprez ?
- Pourquoi pas Maingain ?
- Reste quand même les factures.
-Le matériel de bureau.
- Les discours… les manifestes.
- La grande affiche de Van de Putte qui ramasse un papier…
- Que l’assistant avait déposé sur un sentier du Bois…
- Pour faire la pub…
- C’était, il y a deux ans …
- C’est un désastre…
- Qui aurait cru cela le 12 juin ?
- Toute l’Europe est à droite !
- Sauf la Belgique !
- Oui. Mélange de gauche et d’extrême droite !
- On va les regretter.

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- Pourquoi ?
- Avec eux, on trouvait toujours quelque chose à écrire.
- Surtout quand on n’avait rien d’intéressant...
- Qu’on risquait de faire « information conventionnelle ».
-L’horaire des trains aux Guillemins…
- Quand on n’était pas drôles...
- Y avait qu’à montrer leurs gueules…
- Voilà que c’est fini…
- On n’aura plus que des rénovés… du seconde main…
- Adieu les belles formules… les rages taxatoires…
- Le retour du cœur…
- Non, ça, c’est les autres.
- Tu crois ?
- Enfin, c’étaient les deux…
- Comment on va faire ?
- C’est peut-être une fausse sortie ?
- Comme les artistes de music-hall qui font plusieurs fois leurs adieux ?
- Ils me manquent déjà…
- Tu peux être sûr que Louis n’a pas dit son dernier mot.
- Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
- Il aime trop la scène. Les séances de maquillage…
- Les tribunes… les « Monsieur le ministre ».
- Les petites mines… Les « Ne me faites pas dire… »
- Ce qu’il dit la minute après…
- Les va et vient au Palais…
- Les visites à Kinshasa…
- Tu crois qu’il a quelqu’un ?
- Où ?
- A Kinshasa ?
- Non. Ce type sur la question est sérieux.
- Oui. Il ne trompe que ses électeurs !
- Et pas un mot sur Duquesne !
- L’Antoine était premier suppléant à l’Europe.
- Il avait prévu un parachute, le bougre.
- Faut dire qu’il est moins sympa que Louis.
- Tu trouves ?
- Oui. Trop guindé. L’air méprisant…
- Pète sec, quoi ?
-Oui.
- Lui aussi a un fils à caser !
- Ils ont tous des fils à caser !
- Le baby boum du MR…
- C’est depuis la mort de Jean Gol !
- Bien avant. C’était du temps où ils racontaient qu’on faisait fortune en Amérique en ramassant une épingle dans la cour de la Général Motor.
-Quand le PDG était à sa fenêtre ?
- Pas dans la nuit, évidemment.
- Tiens, il est minuit.
- C’est l’heure du blogue.
- Quand je pense que ce sera le dernier « vite fait facile » grâce au MR !
- Sûr. Demains faudra faire autre chose…
- Je me fouille déjà les méninges. On va ramer !...

12 juillet 2004

En cuisine...

Crayon de vacances

- Où t’as mis l’beurre, nom de dieu ! Cyanure ?
- Quèque tu ferais avec du beurre, chiasse à Flaubert ?
- Ho ! la mère. Un autre ton !
- Dis l’autre, t’as vu comment tu me parles, biroute de mouche…
- T’as toujours pas répondu, Ordure ?
- Vas te faire mettre, impuissant.
- Cul pourri !
- Bac à merde !
- T’as le morbac au slip !
- Empapaouté nazi.
- Germe d’asticot !
- Tiens, le voilà ton beurre.
- Mais il est noir !
- Non, il est vert.
- Pourquoi, il est vert ?
- I’ supportait plus ta gueule.
- C’est les mollards de ta pipe à Laffont ?
- Pourquoi j’y aurais craché la purée dans l’beurre, gougnaffe ?
- Pour m’emmerder, diarrhée.
- Cocu !
- Chaude lance !
- Gonocoque !
- Tréponème !
- Tu l’auras voulu, si je décime la clientèle.
- Mais z’ont un petit pot à chaque table.
- C’ui-là, c’est un gros mangeur, comme toi.
- Comment comme moi ?
- A part que toi, t’as la fringale du cul…
- Assassin !
- Zoophile !
- Partouzeur
- Ah ! elle est belle l’hôtellerie. Ça une fourchette ? Mon cul !
- Ta gueule. Surveille ton court bouillon.
- Trou du cul !
- Touille pas avec le doigt…
- Panari !
- Chancre mou !

Il pousse le va et vient et entre en salle.

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- Voilà le beurre frais, S’ieur, dame… de la ferme de ce matin. C’est bien les vacances ?
C’est beau, hein, Salasc ?
Le client – Il est de qui le sketch ?
- Quel sketch ?
- Bin celui qui sort des baffles depuis cinq minutes ?
- De Jean-Marie Bigard.
- Je le connais pas, ce sketch-là !
- C’est nouveau. Ça vient d’sortir…
- Il a une partenaire depuis quand ?
- J’vais voir. C’est ma femme qui met les CD.
- Elle est drôlement forte en gueule, la partenaire !
- A qui le dites-vous !
- C’est pas pour en commander un, vous savez !.
- Pourquoi alors ?
- Il est de plus en plus vulgaire. J’me demande ce qu’on lui trouve.
- Pas vulgaire… grossier, je crois.
- Grossier ou vulgaire, ça incite pas à r’prendre du beurre, même de la ferme de ce matin !
- Vous voulez de l’huile ?

Les baffles :

- Où qu’il est ce p’tit con ? L’huile du bidon s’est renversée. Ton teckel en a bu. J’ai récupéré à la cuillère autour de la chiasse que le clébard vient de me faire sur la table de travail. Faudrait éponger, espèce de salopard ! Feignasse ! Crouillat honteux ! Maquereau contagieux ! Jamais là quand il le faut…

11 juillet 2004

Les grands voyous.


Il y a de ces têtes réussies d’assassins dont on ne peut nier d’évidence leurs funestes pratiques du premier coup d’œil. Mais, les cas sont rares. La plupart du temps, les « faciès éprouvés » sont ceux de braves types malchanceux qui ont hérité « du délit de sale gueule » de géniteurs qui n’en peuvent.
La police, celle que, jusqu’après 1900, on désignait communément avec mépris sous l’appellation de « basse police », mais qu’aujourd’hui on nomme pompeusement « inspecteur », était coutumière d’alpaguer la cloche, l’ivrogne et l’ouvrier, seuls délinquants à sa portée, parce que pour elle, tout qui n’était pas « bourgeois », était louche. Les critères ont évolué. Les toxicomanes, les SDF et les sans papier s’ils ne se rebiffent pas, ne reçoivent plus automatiquement « le coup qui fait mal sans laisser de trace » avec à la clé, l’inculpation de rébellion et d’insulte à la Force publique; subsiste le respect du bourgeois, voire du quidam de plus petites condition, pour tout autant qu’il « donne à paraître ».
C’est dans ce cadre-là que s’insinuent aujourd’hui la plupart des voyous, à la dégaine et au physique passe-partout. Les Fourniret, Dutroux ou autre Nihoul – quoique pour ce dernier il faille remonter d’un cran l’aspect vestimentaire – sont des personnes quelconques dans des situations ordinaires. Lorsqu’ils boivent leur soda à la terrasse d’un café ou se promènent le dimanche, personne ne les remarque. Leur lourd passif reste longtemps sous le boisseau d’une apparence tranquille.
S’il est une autre catégorie de voyous encore largement sous-estimée et qui passe le plus souvent à travers les mailles des Javert modernes, c’est bien celle des délinquants de la finance, des banques et des trusts.
C’est que ces voyous sont issus et fréquentent le « beau monde ». Ils bénéficient du prestige de l’homme d’affaires et sont, le plus souvent, amalgamés à la vie politique et sociale des grandes villes. Ce sont des « figures », à l’inverse des autres voyous de conditions inférieures qui sont des « gueules ». Leur statut les suit même jusqu’en prison où il y a des cellules, comme il en existait à la Bastille, pour hommes de qualité.
Ces temps-ci, les suites de l’affaire Enron ont permis de ferrer quelques gros calibres. Voici ce que les journaux rapportent, pour l’un d’entre eux.
« L’ancien pdg d’Enron, Kenneth Lay a comparu jeudi devant un tribunal de Houston pour plaider non coupable aux accusations qui pèsent contre lui.
« Au total, 11 chefs d’accusation ont été signifiés à M. Lay, concernant son implication dans le scandale financier qui a conduit la firme de courtage en énergie à la faillite, en 2001.
« Selon l’acte d’inculpation de 65 pages établi par un grand jury fédéral et dont le département de la Justice a publié une copie, l’homme de 62 ans est notamment inculpé de complicité d’escroquerie en valeurs mobilières, de fausses déclarations publiques sur les résultats financiers, d’escroquerie bancaire et d’omission de faits, dans le but de tromper les actionnaires, le public et le gouvernement. S’il est reconnu coupable, Kenneth Lay risque une peine maximale de 175