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30 juin 2005

Tu cherches quelqu’un ?

Pendant les chaleurs les viandes sont au frigo.
C’est pas toujours la joie d’être sous le soleil « exactement ».
-Tu cherches quelqu’un ?
-Pour chercher, oui, je cherche, mais pas quelqu’un…
-Tu cherches quoi, alors ?
-Un peu de fraîcheur.
-Dis tout de suite que je suis vieille ?
La conversation s’arrête. Un autre type passe.
-Tu cherches quelqu’un ?
L’autre ne répond pas. Il a compris. L’Onze est à dix pas.
Il s’en va, comme moi.
La pauvre cherche toujours…
Vu l’aspect du Onze, la clim, c’est plus cher. Quant à y aller chercher, il faut s’armer des plus beaux souvenirs pour croire qu’on va y faire l’amour.
« Les souvenirs sont cors de chasse
Dont meurt le bruit parmi le vent… »
A dix mètres de là, des Julot attablés sont écrasés de chaleur. Ils attendent que leurs marmites sortent de pression.
Je gamberge, la fille était drôlement bien faite, pas maquillée et l’air pas vulgaire, même discrète dans son « tu cherches quelqu’un »… une occasionnelle… pas la riche nature encagée dans ces foutues rues à deux pas qui sentent la pisse et le manque… plutôt une deuxième année de l’ULg qui doit payer son kot et qui n’a plus un rond… à moins… une tracassée du chtibre qui a besoin de fric pour ses savonnettes et qui, tant qu’à faire… Pour 50 t’as plus rien de nos jours…

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C’est un temps à s’éponger dehors.
Elle rame peut-être pour un des voyous en terrasse ?
D’accord, ils ont chaud, mais eux foutent rien.
« Elle se mettait sur la paille
Pour un maquereau roux et rose
C’était un juif il sentait l’ail
Et l’avait venant de Formose
Tirée d’un bordel de Shanghai »
Et puis qu’est-ce que j’en ai à foutre de la misère qui traîne ?
Depuis les hiérodules, le monde n’a pas changé.
A l’autre bout, les quais… le dimanche matin les plus travailleurs sont presque toujours des femmes. Elles crient pour qu’on leur achète les cerises qui vont tourner. Du public groggy s’échappe un halo de chaleur qui fait trembler l’image du massif pont des arches.
Quelle connerie que ce soient les mêmes qui trinquent !
Et cette malheureuse qui ahane à l’heure qu’il est sous un pachyderme qui résiste à bander : «Vas-y mon gros, j’ai un train à prendre ! ». Plutôt oui… elle doit s’en faire, au moins dix avant l’apéro de 3 heures, pour que fière elle glisse sous la table les X fois 50 au mac.
Alors, étudiante, occasionnelle, à la cravache du cocu volontaire ?
Comme dit Prévert, c’est étrange que « tu cherches quelqu’un ? » Avez-vous déjà rencontré quelqu’un qui ne cherchait personne ? Non.
Moi, j’ai toujours cherché quelqu’un. Et vous ?
C’est ainsi que je me suis rencontré, tout à fait par hasard. Je me suis dit : « Toi, tu cherches quelqu’un ! » C’est bizarre, j’avais cette impression-là. Ce n’était pas la bonne, car, si je cherchais quelqu’un, en me rencontrant, je ne me suis pas apprécié. Je ne me connaissais pas assez pour engager la conversation. Je ne me suis rien dit. Je cherche toujours…
Tu ne peux pas commencer tes phrases par autre chose que « je » ?
"être ange, c’est étrange, dit l’ange.
être âne, c’est étrâne, dit l’âne.
cela ne veut rien dire, dit l’ange,
en haussant les ailes. Pourtant
Si étrange veut dire quelque chose,
étrâne est plus étrange qu’étrange, dit l’âne
etrange est ! dit l’ange en tapant
des pieds. Etranger vous même ! dit l’âne et il s’envole."

28 juin 2005

La vraie vie.

Emblème de la colonisation des consciences, la télévision ?
Il ne faut pas exagérer la capacité de nuisance de notre outil à décerveler.
On peut fermer le poste et passer à des choses sérieuses.
Seulement voilà, d’autres choix demandent parfois plus de curiosité et d’esprit critique. Après une journée de travail, ce n’est pas si facile.
On a réfléchi assez comme ça au bureau ou sur le chantier.
Dans l’état de somnolence du téléspectateur, la prestation de l’un ou l’autre animal de studio est largement suffisante à combler le vide.
Comme au cirque, Monsieur Loyal, l’animateur maison m’attire moins que l’Auguste, son visiteur.
Le premier justifie ses pirouettes par le salaire que la chaîne lui octroie. Ainsi, la satisfaction qu’il retire de son côté « m’as-tu-vu » est occultée par le besoin de gagner sa vie. S’il en remet une couche, il peut dire que c’est par conscience professionnelle. Mais le second ? Si notre Auguste n’entre pas dans la catégorie des artistes venus faire la promo d’un disque ou d’un film, s’il n’a rien à vendre que sa satisfaction d’être Lui, ce n’est pas par esprit de lucre qu’il est là, mais par l’importance qu’il se donne.
C’est lui le VRP du complot ourdi contre nous.
Omnipotent médiatique, il a ses entrées. Il tire son autorité audiovisuelle de son audimat. Il se duplicate sur toutes les chaînes. Son discours est identique : qu’il soit de Collaro ou de Massimo Gargia, qu’il panouille dans la chansonnette comme Carlos ou dans la nymphette comme Paul-loup ou encore qu’il s’emploie dans la polémique comme Jack Lang, sa présence nous encombre de ses petits riens.
Notre mémoire, ce placard à balais des lieux communs, s’emplit d’encombrants divers. Nous tirons notre futilité du jet-setter. Notre désir, c’est de lui ressembler, d’où la fascination étrange qu’il exerce.
Au bout du compte, notre rapport au monde est son œuvre. Il est l’auxiliaire bénévole d’un pouvoir politique qui a besoin de lui pour nous faire patienter.
Une minorité irritée de l’omnipotence du jet-setter se découvre vertueuse et altruiste. Comme elle n’est pas importante, on lui laisse pratiquer la vertu sans dommage pour l’Etat.
Le gros du public – celui qu’on tient en laisse et qu’on surveille - est admirateur du jet-setter, par le mode de vie qu’il suggère et la façon avec laquelle il méprise le travail, qu’il feint d’honorer, mais dont on sait qu’il ne le pratique pas.

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Le jet-setter tire sa vogue de la grâce d’être l’élu, sans effort ni remise en question. Il est visible qu’il n’en a aucun mérite. La partie de plaisir dure aussi longtemps que son compte en banque. Ex garçon de plage comme Massimo, ou secrétaire poids lourd comme Carlos, les débuts modestes à la portée de tout le monde persuadent que toute chance est égale au départ de chacun d’entre nous. Il suffit de ne pas passer à côté de la chance. Maquereau pour femme finissante, journaliste sportif fourré dans les soutiens-gorge des présidentes de chaînes, chanteur populaire, socialiste de salon, écrivain recommandé par le grand rabbin, ami du prince de Monaco, intime de madame Alain Barrière, tous les débuts n’ont qu’un point commun, personne ne travaille réellement et chacun vit d’expédients, à l’affût de ce qui peut changer la vie. Regardez Steevy de la bande à Laurent Ruquier qui fait sa pelote sur la présentation « originale » de sa personne. Ce type est parvenu à se faire du blé sur la forme de ses caleçons ! Sa position est commode. On n’attend pas de lui qu’il raisonne mais qu’il l’ouvre sur tout, qu’il montre son inculture et ce type de raisonnement qui fait l’unanimité des cons.
Un bilan hâtif montre l’influence qu’exerce sur nous le jet-setter façon 2005.
En gros, la télévision, source exposante du phénomène, n’est pas de ce seul fait un miroir de la société ; mais par l’illusion qu’elle crée, c’est la société qui s’y croit projetée. Et comme toujours, quand on vit dans l’illusion de ce que l’on est, très rapidement on croit incarner la modernité même du monde en marche !..
Aujourd’hui, nous sommes des jet-setters virtuels, ne serait-ce que par l’ampleur du phénomène vacances.
Ce qui nous manque indépendamment d’avoir été maquereau, opportuniste, héritier ou petit ami d’une star, c’est la volonté de nous arracher du fauteuil dans lequel nous sommes vautrés pour éteindre le petit écran.
Sitôt l’image disparue, nous nous rendons à l’évidence : la vraie vie, c’est mieux.

Vaudeville à l’ULB.

Vivent les étudiants, ma mère, vivent les étudiants…
Ils ont la capuche à leur vêtement, vivent les étudiants…

Les films américains ont fini par déranger la cervelle de Pierre De Maret, recteur de l’ULB. Il introduira cette année un cérémonial de remise des diplômes, avec toges noires et capuches, sans oublier le chapeau à floche que les diplômés lancent en l’air en criant : « hurrah ».
Au moment où le pays est en récession, voilà que son « élite » s’amuse et tombe dans le kitch !
Il ne manque plus à Laurette que proposer d’appeler les juges « votre honneur ». Ce qui ne saurait tarder.
Si c’est pour nous faire savoir que nos chercheurs ont assez cherché et qu’il serait temps de sacrifier à la plaisanterie, on le savait déjà. Ce n’était pas la peine d’imaginer une Convention à la Stan Laurel et Oliver Hardy.
Mais, si c’est pour se moquer du monde, c’est plutôt réussi. Ce recteur après des colloques sur la mondialisation et le poison des délocalisations… a commandé ses toges et ses chapeaux… au Vietnam ! A croire qu’avant d’être une université, Saigon était une manufacture de chemises.
Evidemment, comme halloween, tout ce qui vient des USA est, pour nos « élites », délicieux et bon à prendre. Ainsi, après avoir terminé leurs études, nos entogés et chapeautés ne se trouveront pas dépaysés quand ils rejoindront les laboratoires de recherche de l’Oncle Sam, non pas que les locaux là-bas soient mieux équipés que les nôtres, mais au décompte fin du mois, le dollar y est plus abondant.
Toutes les facultés ont adoré l’idée.
L’ancienne école de commerce Solvay, la Solvay business School, récemment labellisée Equis, a pris les devants, rapport à la couleur des chapeaux. Elle a retenu la couleur orange.
Marie Black, de ladite, veut cette couleur absolument. Et quand Marie Black veut quelque chose…
Les établissements étant différents, les étiquettes seront modulées selon les facultés.
Les facultés des Lettres pourraient s’inspirer de l’Académie française : habit vert et épée.
Puisqu’on déguise les étudiants, il faudrait aussi songer aux professeurs. Le cérémonial anglais est particulièrement adapté à la haute idée qu’ils ont d’eux-mêmes. On voit bien nos illustres en perruque et masse à la main.
Evidemment, les cérémonies seront télévisées. Les cœurs dans les chaumières seront ravis. Naguère, les Américains doutaient de l’efficacité de nos facultés. Avec la photo à l’appui, ils ne pourront. « Oui, les Européens ont aussi des écoles sérieuses », diront-ils dans leur jargon, sans cesser de mastiquer leur chewing-gum.
« Bien sûr que si j’avais su qu’on me donnerait le costume avec le diplôme, j’aurais au moins essayé de terminer mes primaires », dira l’homme de la rue…
On voit la force de l’exemple

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Marie Black, pour la Solvay Business School est donc toute moite d’impatience – et pas qu’à cause de la chaleur.
Depuis « Le médecin malgré lui », le costume fait le docteur. C’est bien connu.
Pourquoi avoir attendu si longtemps avant d’opter pour le déguisement ?
Déjà on parle de « tradition » alors que le show est toujours à l’étude. On voit d’ici le photographe qui aura à cœur de saisir le moment où tous les chapeaux sont en l’air.
Et si on ne s’arrêtait pas aux universités ? Pourquoi ne pas revenir aux guildes et aux métiers ? Les charcutiers en tablier à une bride, les ministres en haut-de-chausse, les dames en vertugadin, et les chômeurs tout nus ?
Pour l’été déguisons-nous en santon de Provence sur les routes du Midi !
Une inquiétude, cette mascarade sera-t-elle subventionnée par madame Simonet, ministre en charge des universités ? D’autant qu’après avoir interdit aux établissements La Chaussée d’exporter ses machines à douilles, elle doit être à court de munitions.

27 juin 2005

Beaucoup de bruit pour rien.

Passons les « clubbers » et les 36 chars massés au parc d’Avroy. Je ne dis que dalle de la « City parade » en « ouverture ». Je me tâtais afin d’y jeter un œil, que les chars étaient à Coronmeuse.
J’y suis allé plus tard, en pleine effervescence techno.
Ce n’est pas mon genre d’applaudir quand un truc me débecte afin de passer pour un type cool. Je n’en ai rien à foutre des autorités, ni du grand public, ni des ahuris enthousiastes… Après tout, bande de caves, c’est ma ville aussi. Suis-je seul à ne pas être d’accord avec 200.000 personnes, ou ceux qui sont de mon avis craignent de passer pour de vieux cons ?
Cette question ne résoudra pas le problème, puisqu’on attend déjà 250.000 personnes pour l’année prochaine.
Résultat, j’en suis revenu consterné, complètement abruti aux décibels et des cris de ceux qui se saoulaient pour faire comme tout le monde… Savoir si les survivants se taperaient un cornet de frites avant de se saouler une seconde fois n’a aucun intérêt.
De musique : point ! Des sons, des sons et encore des sons, comme un immature qui trimballe l’enceinte d’une salle de concert dans sa 1000cc.
L’after-parade - on dit pareil pour un after-shave - promettait deux mégas concerts. J’en ai supporté un, quelques minutes, ce qui m’a déterminé à fuir l’autre.
Il a fallu que je fasse un sacré crochet pour ne pas revenir par les rues du flux migratoire, 200.000 selon la police, deux lascars, selon moi, particulièrement éméchés qui tripotaient les mamelles d’une gracieuse aussi beurrée, enfin ce trio repartait vers l’amont, alors que la foule charriait ses détritus vers l’aval.
« N’hésitez pas à poster tous vos commentaires sur ce super événement ! » glapissent les blogueurs sourds, ce dimanche sur la toile.
Quand ils seront hors de leur hébétement, ils pourront lire celui-ci.
Le dimanche matin aux alentours de la Batte, Liège ressemblait à un champ d’épandage des immondices. Parmi les tessons, les raclures innommables, traînaient des tee-shirts, des slips, des préservatifs et jusqu’à une laisse de chien auprès d’une canette droite dans laquelle était fiché un étron ! L’inventaire de Prévert plus que complet…
Ah ! les responsables de la propreté qui exigent un comportement citoyen sur les trottoirs ont dû prendre un sale coup !
Allez verbaliser après ça pour un chewing-gum craché ou une mémère qui ne ramasse pas la crotte de Bobby ?

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Le Tout-Liège à la techno, c’est le tam-tam des origines qui remonte au cerveau. D’abord on tape sur des bidons en balançant la tête d’avant en arrière ; puis (on a tous un ancêtre qui a eu le palu quelque part, il y a de ça mille ans), la fièvre part des tripes et comme c’est pas assez bruyant, on souffle avec la bouche « tchouk-tchouk-vrang. ». La transe saisit la rue. On n’est plus à Liège, mais au Bénin, quand c’était encore le Dahomey. On est vôdum ou candomblé, l’adrénaline monte à la gueule, on est pesant comme si on avait un fer à repasser à la place des couilles. On s’agite comme une bouteille d’orangina. Un jus noir sort des orifices, glissent sur les poitrails découverts. On voit sur le nombril des filles la fausse pierre précieuse qui sert de vêtement se ternir par l’effet d’une liqueur generis qui monte du cul par les fibres du slip. Elles sont « to feel fuckish » pour parler le langage after-parade. Les mecs sont dans un état… comme ils ne savent plus où ils sont, loin de les affoler, ils ne marchent plus à l’odeur. Les phéromones ne font plus d’effet sous les bâches des tréteaux, trempés de bière.
Sur les trottoirs, à bonne distance, d’anciens pédophiles rasent les murs devant cette jeunesse en caleçon qui effrayerait jusqu’aux avocats de Michael Jackson !
Les filles des salons de la Batte ont l’air de revenir d’un prêche de Mahmoud Ahmadinejad, le nouveau bourreau de la femme iranienne, avec leurs strings larges comme des tchadors à côté de la foule techno, tout en muscles et ficelles.

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Ça sent le cul passé à la graisse de frite !
D’habitude suivis du doigt vengeur « classe moyenne », les clodos se sont réfugiés sur la passerelle. Leur débraillé fait figure de tenue de soirée !
- Tiens, en voilà des jetés, gargouille un barbu qui négocie le portrait que je lui tire.
Les autres se concertent. Un d’entre eux vient d’être « agressé » par une Hollandaise à moitié à poil, qui voulait à tout prix photographier sa queue !
-C’est pas des mœurs, hoquette-t-il en buvant sa bière.
Place Cockerill contre les murs de la faculté, les forces de l’ordre secouées par l’onde de choc des baffles géants pourtant à 50 mètres, ont les pantalons qui ondulent. Personne sait résister à la tempête acoustique. Seuls ceux qui sont victimes d’acouphènes trouvent ça intéressant.
Les habitants de Bierset qui ne se sont pas dérangés n’entendent même plus les avions ! C’est dire si le son porte...
Parmi les fuyards de ce tsunami auditif, on reconnaît les anciens artilleurs, parce qu’ils gardent la bouche ouverte.
Pour sortir du sortilège vaudou l’effort est nécessaire. On remonte les bouteilles vides et les papiers gras jusqu’à ce qu’on puisse à nouveau entendre le tic-tac d’une montre.
A « statistiquer » les 200.000 agités, on conclurait que la soirée a permis le recrutement de 17.542 nouveaux fumeurs, 1400 prises de shit, 369 cirrhoses dans les 12 mois, 875 vocations alcooliques, 12 séropositifs nouveaux et 128 maladies vénériennes. Quant aux dealers, ils sont surmenés mais confiants pour l’avenir. Le Commissaire-en-chef, bon enfant, n’a rien à signaler.
Demain, on recommence les campagnes de prévention. On espère sauver deux vies.
Je me rentre chez moi groggy.
Pardon Mozart, vous ne méritiez pas cela.

26 juin 2005

Une affaire confidentielle.

- Pourquoi ne veux-tu plus que je t’appelle Puputte ?
- Mais enfin, Corneille, tu ne te rends pas compte de ce que les gens pourraient penser ?
- Voilà dix ans que je t’appelle Puputte.
- Maintenant, je ne veux plus.
-Tu me vois t’appeler Pulchérie ?
-Mon père était un idiot. Quand bien même, je préfère Pulchérie à Puputte.
-Pourquoi, bon sang, aujourd’hui ?
-Après ce qui s’est passé, mets-toi à ma place.
-Tu es bizarre. Quand tu ne me trompais pas, tu ne disais rien quand je t’appelais Puputte. Maintenant que tu m’as trompé, cela te gêne !
- …si encore nous n’étions que deux à savoir…
- De février à juillet, nous étions au moins trois : toi Puputte, moi Corneille et Pierrot-le-Gros, ton amant !
-Je voulais dire que si nous n’avions été que deux au moment où tu ne le savais pas…
-Attends. Tu es en train de me dire que lorsque je ne le savais pas, d’autres que toi et le gros étaient au courant ?
-Comment aurais-tu voulu ? Ginette est ma meilleure amie. Quand elle a trompé son mari, je l’ai su tout de suite ! Je ne pouvais pas faire moins… Puis, elle servait de boîte à lettre, forcément son mari et son lad était au courant.
-Son lad ?
- Tu sais qu’elle a toujours aimé les chevaux.
-Et alors ?
-Elle vit entre sa maison et son écurie.
-Ça ne me dit pas…
-Merde ! Ouvre les yeux, son amant, c’est son lad ! Tu la vois dire la nouvelle à son mari et pas à son amant ? C’est une question d’équité…
-Equité et équitation, ça va ensemble, non ?
-Fais pas de l’esprit, je te prie, quand je te parle sérieusement.
-…Trois, plus le Gros et toi, ça fait cinq… et je n’étais toujours pas au courant.
-Six, si on ajoute Zoulida.
-Zoulida ?
-Oui, la femme d’ouvrage de Pierrot, qui était devenue sa maîtresse pour des raisons de commodité. Dès qu’il m’a eue, il a tout dit à Zoulida. Question d’honnêteté. Elle est partie en claquant la porte, et dieu sait, bavarde comme elle est…
-Six ! Et je ne savais toujours rien…
-Et puis, il y a Gogosse et son mari, Kiloulou !
-Mes meilleurs amis ! Tu as raconté que tu couchais avec le Gros à mes meilleurs amis ?
-Ecoute, Gogose est une fine mouche. A la tête que je faisais avec toi, elle avait deviné. Tu étais le seul à ne rien voir. Elle-même l’année dernière avait fait ça avec le laitier. Kiloulou a pardonné. Elle ne m’en a parlé que parce qu’elle voyait bien que j’étais mal…
-Vous voilà six, non, sept…
-Non, dix !
-Quoi ? Elle a eu deux amants à qui elle leur a dit ?
-Non. Un, le dernier, celui sur lequel Kiloulou a passé l’éponge, le laitier… qu’elle a juré de ne plus revoir, mais qu’elle voit toujours de temps en temps, parce qu’il est trop malheureux… Il l’aurait mal pris s’il n’avait pas su…
- Sept plus deux ça fait neuf et tu as dis dix ! C’est qui le dixième ?
-Leur fille Caline !
-Suis-je bête, je l’avais oubliée celle-là
-Elle a beaucoup souffert, tu sais !
-Qui, leur fille Caline ?
-Non, Gogosse.
-Quand elle trompait Kiloulou ?
-On voit bien que tu n’as pas notre sensibilité...
-Pourquoi Gogosse n’est-elle pas partie avec le laitier, quand tu vois la tronche de Kiloulou ?
-Tu l’imagines en tournée avec ses bouteilles ?… son vernis à ongles tout écaillé, les cheveux baguettes sous la pluie… Et puis, c’était un coup de foudre passager !
-Je le connais, son laitier. Il est marié et à quatre enfants !... en plus il a une jambe artificielle…
-Oui, mais pas la plus importante. Alors comme elle me racontait que Kiloulou avait pardonné, j’ai fondu en larmes et j’ai dit que je voulais te quitter aussi !

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-Comment tu voulais me quitter, alors que je ne le savais pas encore ?
-Il y avait trop de gens qui le savaient. J’ai pris peur. Tu te rappelles la Mercedes verte du Gros ?
-La caisse pourrie que c’était !
-Ce jour-là elle est tombée en panne.
-Le jour du départ ! Et c’est pour ça que tu n’es pas partie !
-Oui.
-A quoi ça tient quand même ! Une bagnole vous lâche et tout est dépeuplé… Dix personnes dans les confidences, sans que je sois au courant, c’était beaucoup…
-Oui… enfin, onze avec ma mère…

25 juin 2005

Blairisme

Après le discours de Tony Blair à l’Europe, un constat s’impose.
Les arguments de la Grande-Bretagne sont imparables !
Ils sont imparables parce que nos apprentis sorciers de la gauche et même une partie de la droite se sont inscrits dans une démarche libérale pour une mondialisation, mais en traînant les pieds et en espérant la conservation d’une certaine forme de sécurité sociale et d’une tradition respectée des usages syndicalo-patronaux dans le rapports au travail et à l’économie.
Or les faits sont là. Et Tony Blair a raison d’invoquer une attitude passéiste de la France, de l’Allemagne et en général des anciens pays de l’Europe, dont la Belgique, face aux réalités des marchés et de la concurrence.
Quelques exemples : Un budget de l’Europe qui dépense sept fois plus d’argent pour l’agriculture que pour la science, la technologie, la recherche, l’innovation, ce n’est pas un budget qui correspond aux besoins.
Que dire à cela, si ce n’est que c’est le bon sens même.
Autre cas de figure : Le plus gros problème en Europe, ce sont les vingt millions de chômeurs ! Que prévoit le budget en la matière : rien !
Le modèle européen ne fonctionne pas convenablement. L’économie européenne est loin d’être la plus compétitive au monde.
Tony Blair, évidemment, préconise pour l’emploi en Europe le système qui prévaut en Grande-Bretagne et qui a montré son efficacité, dont tout le monde connaît les dégâts sociaux.
Mais, encore une fois, dans la logique libérale, c’est Tony Blair qui a raison.
Et voilà où l’on s’aperçoit que la gauche est prise en tenailles.
Elle croyait, du moins Di Rupo le pensait, pouvoir amender, en étant assis aux bonnes places de décision, un système qui broie ceux qui ne peuvent suivre et être assimilés par la machine capitaliste. On voit la limite du raisonnement du président du PS. Il ne peut plus, embarqué avec tous les autres partis de gauches collaborationnistes dans la tourmente économique mondiale, procéder à quelques réajustements des mesures afin de ne pas jeter à la rue des milliers de nouveaux pauvres. Il doit suivre le troupeau marchand et centriste. Il ne peut pas dans cette logique dire que Tony Blair a tort !
Alors que fait-il ? Jusqu’à présent, il a tenté par l’intermédiaire de ses ministres fédéraux quelques timides « réajustement » visant à « durcir » les réglementations sur les chômeurs de longue durée et freiner un désir de justice sociale des populations qui lui font confiance. Tout cela est insuffisant, bien entendu, voire inutile, car ses mesurettes restent fort en retrait de ce qu’exige la logique économique.
C’est de la poudre aux yeux pour d’évidentes raisons préélectorales. Comme il procède, la Wallonie n’est plus au bord du gouffre. Elle y descend.
Il n’a plus que deux solutions, faire du blairisme et aller jusqu’au bout dans la mue de sa politique centriste et dès lors, partager son électorat avec le MR ou se démettre de ses fonctions de président du PS et céder la place à un vrai homme de gauche qui voudrait gérer la crise en sortant du gouvernement de collaboration.

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A vrai dire, dans un premier temps, ce dernier ne pourra rien faire que montrer dans l’opposition un autre visage de la gauche que celui de l’extrême gauche qui veut une révolution tout de suite, sans troupe, sans logique et même sans plan. Ce qui est ridicule.
Si cette nouvelle gauche est bien conduite, elle peut inquiéter la politique de soumission à la mondialisation à longue échéance. Comme pour le « non » à l’Europe, un nouveau leader pourrait regrouper une majorité sur un projet populaire. Bien entendu, entre-temps, il devra opportunément faire du bruit autour de sa différence et tenter de regrouper les partis socialistes dans l’ensemble de l’Europe, de sorte que naîtrait une force capable de stopper l’évolution actuelle.
Voilà. C’est clair. Ou bien le parti socialiste s’enfonce dans la collaboration et fait du blairisme sa planche de salut, ou il fait son autocritique et se retire avec ses partisans de la scène politique pour délibérer et élaborer un projet à visage humain.
Cette dernière hypothèse est hélas, la plus invraisemblable, tant les décideurs du PS sont imbriqués dans des fonctions et dans des salaires qui ne leur permettent pas de se ressourcer avec seulement mille euros par mois pour vivre, comme la plupart de leurs électeurs.
C’est dommage. Mais c’est ainsi. L’argent corrompt. C’est un fait avéré et qui touche aussi bien à droite qu’à gauche, sauf qu’à droite, souvent, c’est une cerise sur le gâteau, tandis qu’à gauche, sans leurs rémunérations et leurs mandats divers, les politiques deviennent des chômeurs comme 20 % de la population aujourd’hui.
Et ça, ces messieurs dames ne sont pas prêts à ces sacrifices.

23 juin 2005

Emile Cioran

Quelqu’un qui m’est cher m’a reproché de passer sous silence le dixième anniversaire de la mort de Cioran (1911-1995).
Ce sont les scrupules qui me retinrent ce 21 juin d’écrire quelques mots, comme en 1995, l’année de sa mort.
Qu’aurais-je pu écrire d’original sur un homme qui ne manquait pas d’originalité ?
Il est vrai que les médias ont privilégié le centième anniversaire de la naissance de Jean-Paul Sartre et mis « Emil » au purgatoire.
C’est presque un devoir que de l’en retirer.
Sartre, vendeur de journaux d’extrême gauche à la sortie des usines de Billancourt, est plus médiatique. Le destin de la critique centriste et frileuse, n’est-ce pas d’accabler après leur mort ceux qui ne pensent pas comme Aron et Finkielkraut ?
En ce sens, c’est le plus beau cadeau que l’on ait donné à Sartre d’encore irriter les philosophes officialisés d’aujourd’hui.
Pour Cioran, le problème est différent.
Cas unique de l’histoire de la philosophie contemporaine, Cioran, Roumain émigré en France, a écrit son œuvre dans une langue qui n’était pas la sienne. La pertinence et l’acidité de ses propos dans une prose magnifique – l’amphigourisme étant le péché mignon des philosophes auquel il n’a jamais cédé – rappellent Chamfort, pour la forme et l’élégance.
J’ignore l’opinion des culs de chapelle de la place du XX-Août, je considère Cioran comme le continuateur du scepticisme grec de Pyrrhon à Timon de Phlionte, jusqu’aux Ménodote et Sextus Empiricus de la décadence.
Arrachons notre faux-col et poursuivons.
Autre scrupule, Cioran aurait-il apprécié que l’on s’abandonnât à la commémoration de l’anniversaire de sa mort ? Son effacement volontaire exigeait peut-être que l’on respectât sa mémoire par le silence ?
Ces écrits parlent pour lui et sonnent hauts et clairs à une époque de suffisance de soi et d’aberrations ontiques.
Il serait facile d’agrémenter cet hommage de certaines de ses citations. L’homme qui « s’intéressait à n’importe qui, sauf aux autres » avait si bien pénétré l’âme humaine qu’on peut dire au contraire qu’il s’y est intéressé plus que bien d’autres et c’est ce qui le rend si pertinent dans son amertume et sa désillusion. Ce ne sont pas ses humeurs atrabilaires qui ont fait de Cioran le champion d’une forme de désespoir esquissée par Kierkegaard, mais l’observation froide et détachée de ses contemporains, en-dehors d’un savoir qu’il avait pourtant grand. En un mot, c’était un honnête homme qui écrivait avec probité les choses vues et senties.
Ses « Cahiers » (1957-1972) - un bloc-notes sur la couverture duquel il avait écrit « à détruire » et qui fut publié en 1997 chez Gallimard – voient passer Cioran de l’état d’adulte à celui de vieillard. Ce grand observateur ne nous cache rien de sa métamorphose tragique
On pourrait se servir de ce qu’il écrivit à propos de Diogène : « J’ai toujours pensé qu’il avait subi, dans sa jeunesse, quelque déconvenue amoureuse : on ne s’engage pas dans la voie du ricanement sans le concours d’une maladie vénérienne ou d’une boniche intraitable », pour nous souvenir combien fut tumultueuse sa jeunesse et comme le drame ultime de son existence en découla.

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C’est que confronté à son déclin et à sa mort prochaine Cioran n’a pas été exorcisé de toute amertume. La fatalité du dénouement, au contraire de la passivité des Assis, a décuplé sa révolte.
C’est avec un corps perclus qu’il se tournait vers nous, avec par avance le goût amer de l’échec de toute spéculation.
Il a célébré l’infortune d’être vieux comme personne et fort curieusement, loin d’être une œuvre à ne pas lire après 65 ans, son travail nous apparaît fort réjouissant parce que d’une grande lucidité et d’une profonde pénétration d’esprit. La vérité n’est jamais triste. Ce qu’il dit de quelques-uns et de lui-même ne peut qu’être pire de ce nous pensons de nous. Sa noirceur extrême, par un paradoxe fréquent en philosophie, en fait une ode à la vie. L’œuvre de Cioran de ce point de vue est aussi roborative que celle de cet autre sceptique : L.F. Céline.
«Nullement notre dimension fondamentale, l’histoire n’est que l’apothéose des apparences.» Ce qu’il pensait des apparences propres à l’histoire, l’était aussi du genre humain.
Reste, que son souhait de n’écrire des livres que pour y dire des choses qu’on n’oserait confier à personne, a été exaucé.
« Exister serait une entreprise totalement impraticable si on cessait d’accorder de l’importance à ce qui n’en a pas. » cela nous laisse quelques belles années devant nous. Cependant, pour une fois, accordons de l’importance à ce qui en a et n’oublions pas Cioran.

Tous fichés !

L’homo sapiens belgicus n’est pas plus bête qu’un autre. Pris individuellement, il est même plus avisé que d’aucuns avec un arsenal d’idées. C’est en troupeau qu’il devient imbécile. A croire que la multitude ne vaut rien (Chamfort) ou que les chefs comptent parmi les pires demeurés de la planète.
Exemple la carte d’identité électronique, le passeport infalsifiable et probablement demain le « Sésame ouvre-toi » de son propre domicile.
C’est grand, c’est génial, c’est du belge aboient les thuriféraires du fichage généralisé.
Les gazettes et les télés, quand elles ne sont pas en train de lécher le cul des importants, adorent ce genre d’information. Cela permet de varier le menu en évitant les sujets qui fâchent.
Sur le domaine des papiers infalsifiables les Américains nous envient. Mieux, un grossium de Washington a pris un Boeing juste pour nous le dire à Bruxelles.
Nous en sommes arrivés là parce qu’on nous farcit la tête des agressions sauvages, des maudits étrangers qui vivent rentiers chez nous sous de fausses identités, des vicieux intégristes qui bourrent leurs chaussures d’explosif pour nous mettre les viscères à l’air. Bref, on nous fait savoir sans arrêt que notre vie est en danger, qu’outre les doubles serrures, les verrous à 3 lames et les alarmes hurlantes, il faut que nous soyons dotés d’une arme fatale aux contrefacteurs : la carte d’identité indestructible, inimitable à base de notre ADN, de notre iris et de nos empreintes, le tout répertorié en un fichier central, avec nos urines, notre sperme et notre salive, dans un petit sachet en annexe.
Grâce à quoi, les malfaiteurs de nos cauchemars et de nos réalités surmédiatisées s’enfuiront d’eux-mêmes épouvantés !...
Les identités infalsifiables sur papier spécial auraient certainement séduit la gestapo en 44. On se souvient comme la discrimination entre les Juifs et les autres a été possible à cause des signes (l’étoile jaune) visibles sur les personnes.
Admettons que notre système n’en soit pas là, bon. Mais, tout en faisant confiance à l’esprit démocrate qui anime nos dirigeants, compte tenu des coûts, par rapport aux délits des falsificateurs, est-ce une bonne affaire ? Non.
Serait-ce que la criminalité, quoique en disent les communautés et les médias, est une plaie exponentielle ? Non. On connaît même les vrais remèdes : moins de chômage et plus de justice sociale.
Dans l’incapacité d’appliquer les vrais remèdes, l’Autorité se méfie de nos viandes. On ne conserve pas des sociétés à 20 % de chômeurs, sans risque d’explosion. Un fichier central fait en ce moment bander tous les commissaires en chef du pays. Le présupposé de la violence accrue passe les frontières et atterrit sur tous les bureaux d’Interpol. Nous sommes tous potentiellement dangereux, surtout d’après les représentants de l’ordre qui dévoient ainsi sur nous la responsabilité de leur propre incurie.
Et, ils n’ont pas tout à fait tort, les bougres, dans le stress des cadences accélérées et des boulots mal payés, tout homo sapiens peut devenir ce qu’en langage journalistique on appelle un forcené. Encore que les plus dangereux sont les flics eux-mêmes avec le gros flingue qui leur bat les couilles, ils détiennent le record des accidents et des meurtres par arme à feu du Royaume ! J’espère qu’ils seront fichés aussi, comme ils le méritent…

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Je prêche dans le vide. Je sais. On va même faire le fièrot à Benidorm dans 15 jours ; nous les infalsifiables, en traitant les Espagnols d’attardés sécuritaires.
On l’entendra siffler bientôt le boulet de l’angoisse, lorsque ce fichier central solennellement décrété inviolable, sera pénétré, souillé, entubé par tous les vicieux qui veulent savoir la manière dont nous vivons, ce que nous foutons de nos dix doigts, ce que nous aimons dans l’éventail des vices en paquets cadeaux de la société de consommation – en levrette ou position du missionnaire ? - si nous sommes tricards, séropositifs ou pédophiles ou si nous avons été serrés à la gorge par un huissier de justice. Et les premiers violeurs de l’inviolable seront les flics eux-mêmes dont la tentation sera forte de savoir tout sur la blonde du coin ou avec qui leur femme s’est envoyée en l’air la semaine dernière…
On a vu ce qu’on est capable de faire du bon côté du comptoir, avec ce haut fonctionnaire des impôts magouilleur de première dans son frichti personnel.
Les flics ont une revanche à prendre sur nous : leur ratage dans l’affaire Julie et Melissa, leur incapacité, même diplômés en criminologie, d’avoir la moindre déduction à la Colombo.
Ces béotiens casquettés ne jurent plus que par biométrie, échange de polices, efficacité redoublée, anthropométrie.
Le comble, c’est que les citoyens qui se trouveront en liquette pour le comptage des prépuces dans le futur méga-interpol sont pour !
Alors, pourquoi tant de police et tant d’empressement, puisqu’on se mettra bientôt les bracelets nous-mêmes, puisqu’on aime ça et qu’on ne regrette qu’une chose : l’inquisition, ce temps béni où ça sentait la viande grillée dans les barbecues de l’Eglise !
Je me demande si le Belge, entre son masochisme et son sadisme innés, n’est pas en train d’acquérir par sens du devoir, la qualité du con suprême, celle que Patrick Sébastien s’était décernée dans une interview célèbre. Notre nouveau challenge (prononcer à l’américaine) : tourner sur soi-même à une telle vitesse qu’on finit par s’enculer de ses propres attributs.
Les cons triomphent ! Oui, mais on ne sait pas lesquels. Nous, les cons, sommes cernés par d’autres cons. La confusion est extrême. On ne sait qui, à l’heure présente, des deux partis, est plus con que l’autre.

22 juin 2005

Eurosceptique

On s’étonne : notre niveau de vie baisse-t-il ?
On se paie de mots.
Notre niveau de vie ne baisse pas. Ce sont nos voisins qui progressent plus vite que nous.
On veut que nous nous ressemblions tous, de Gibraltar à Riga, question consommation, horaire de travail, salaire ! Les mêmes désirs et la même gueule retouchée à la chirurgie. Et si le modèle type était Michael Jackson ? Vous nous voyez en Mickey pousser l’escarpolette à des gamins des rues, dans votre parc d’attraction privé ?
Pour qu’ainsi l’Europe soit comparable aux Etats-Unis, ceux-ci au Japon et le Japon à la Chine, etc. ?
Mais, ce sont des malades, les libéraux, avec leur économie à la con !...
Sous prétexte que cela revient moins cher la grande série, on nous prépare un bel avenir.
C’est cela la mondialisation : la conformité dans un système cher à Bush et Tony Blair.
Heureusement une majorité de Français et de Hollandais ont fichu une belle pagaille dans l’Europe. On était parti pour s’ennuyer ensemble et en même temps, voilà qu’une majorité n’est plus d’accord !
Du coup, ça redonne des couleurs à tout le monde. Même Giscard est sorti de Chamalières pour défendre sa constitution. C’est ainsi qu’on a appris que c’est le chapitre 3 qui créait des problèmes… celui justement que Tony Blair a tenu d’y voir parce qu’il définissait une Europe libérale et mondialiste. Après s’être engagé aux côtés des Américains en Irak, il ne pouvait faire mieux.
De Gaulle nous avait prévenu, les Rosbifs se sont inscrits à l’Europe pour mieux la saboter par l’intérieur. Le comble, c’est qu’on ne peut pas les exclure…
Et on en apprend de belles.
Par exemple l’Euro. L’Haut-lieu nous avait juré qu’il n’y avait pas inflation. Catastrophe, le premier ministre luxembourgeois, président jusqu’à la fin du mois, nous a expliqué la combine. Les électroménagers ont baissé et cette baisse a réussi la stabilisation de l’index, car tous les produits de première nécessité ont augmenté !
Reynders aura beau apprendre par cœur une page par jour de son cher Alexis de Tocqueville, les libéraux nous racontent des craques sur les bienfaits de la libre concurrence. Exemple, le pain. La concurrence n’a rien arrangé du tout. Les prix du pain se sont envolés, jusqu’à 1 € 80 pour un pain blanc ordinaire de 800 gr, 10 € est un prix courant pour une pâtisserie qui ne valait pas 200 francs avant !
Les fruits et les légumes, n’en parlons pas. Les loyers, allez donc du côté de Bruxelles, vous ne trouverez rien de décent en dessous de 6 à 700 € !
Il y a une entente tacite entre ceux qui nous vendent les aliments et les producteurs des produits indispensables. A moins que cette entente soit à un niveau de décision plus élevé ?
Si c’est ça l’ère de prospérité qui s’ouvre à nous, merci bien.

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La guèguerre entre Chirac et Schröder contre Blair prend une méchante tournure. Le Français et l’Allemand sont en fin de course. Chirac n’a jamais été aussi bas dans les sondages. Schröder est en passe de perdre les élections au profit de la CDU Angela Merkel, favorable aux thèses de Blair.
Et si du point de vue strictement économique, c’était le tandem Bush Blair qui aurait raison ?
Peu importe ce que deviendrait nos viandes, bien identiques et stéréotypées, peu importe que les agriculteurs français ne seraient pas d’accord, du moment qu’on aurait du boulot mal payé, certes, instables, de toute évidence, avec un régime de 50 à 60 heures semaine, parce que cette formule déjà pratiquée en Grande-Bretagne qui a elle-même copié les Etats-Unis a fait ses preuves. Elle ferait avancer l’uniformité des gens dans la misère, donc elle serait excellente pour l’économie libérale, même si du point de vue social, ce serait une pure catastrophe !
Le comble c’est que si nous renâclons au projet Blair, une armée de crève-la-faim aux frontières de nos Etats n’attend qu’un signal pour bondir sur l’occasion…
Une réussite, au crédit de l’Europe quand même, alors qu’on n’y croyait pas : la fusion des commissariats de police ! Avec un fichier unique et une collaboration sans frontière, un policier grec pourra dire bientôt à un voleur de bicyclette de Bressoux haut : qu’ils est bien connu des services de police du Pirée.
On se demande si c’est bien une réussite ?

21 juin 2005

Les 88 mesures !

-Elio Di Rupo, président du Parti socialiste, une formation politique dominante en Wallonie…
- Non !...
-Elle draine près de 40 % des électeurs. Di Rupo a lancé l’idée d’un "plan Marshall" destiné à redresser l’économie régionale.
-Marshall était américain. Où Elio, quoique américanolâtre, dénicherait-il un nouveau Marshall aux States ?
- Ne ris pas. Il est très affecté par l’effondrement de l’industrie traditionnelle. Le revenu des ménages en Wallonie est inférieur de quelques 3 000 euros à la moyenne belge, le produit intérieur brut (PIB) par habitant y est de 19 000 euros, pour 25 400 en Flandre, le chômage avoisine 12 %, avec des pointes de 20 % dans les grandes villes et un taux d’emploi parmi les plus faibles d’Europe pour les jeunes.
-Arrête, tu vas me faire pleurer…
-Un slogan court dans les milieux nationalistes de Flandre. Il affirme que, tous les quatre ans, un couple flamand offre l’équivalent d’une nouvelle voiture à un couple wallon...
- Ils ne disent pas la marque ?
-Pourquoi veux-tu qu’ils disent la marque ?
-Ainsi on saurait que parfois une voiture, Mercedes, Toyota, etc. est offerte par la Communauté flamande aux Wallons. Restera plus qu’à savoir si c’est par tombola ou par mérite…
-Va savoir… On le fait bien pour les camionnettes offertes par le Téléthon
-Ça me plairait de rouler dans un bahut que m’aurait offert le Vlaams belang !
-…plutôt, ça les ferait drôlement chier.
-Je mettrais une pancarte : voiture offerte par Frank Vanhecke ou Filip Dewinter.
-Tu ferais pas dix mètres dans les rues de Liège...
-Et le plan Marshall de l’aigle de Mons, c’est quoi ?
- Un groupe d’économistes wallons a jeté un pavé dans la mare. Une séparation d’avec les pointus conduirait à une perte de revenus d’environ 20 % pour les Wallons. Pour limiter cette chute, le gouvernement régional wallon n’aurait qu’une solution : augmenter les cotisations sociales et les charges sur le travail.
-Si c’est ce qu’Elio appelle le plan Marshall, on comprend pourquoi Laurette s’est tirée à Bruxelles. Bilingue comme elle est, elle n’aura pas de mal à se recaser dans le SP.
-Les libéraux ont enfoncé le clou en dénonçant les effets pervers de la prédominance du secteur public, via, notamment, les nombreuses collectivités intercommunales de développement qui quadrillent le territoire wallon.
-Eux sont pour le plombier polonais, la Poste aux mains de l’US Postal et les enseignants engagés par les Editions Larousse au salaire d’un plouc de la FNAC. Ce n’est pas toujours le plan Marshall d’Elio !
-Di Rupo prône "un véritable sursaut" et une "exigence d’efficacité" pour les aides publiques, qui ratent souvent leur cible. La priorité doit être la création de nouvelles entreprises, l’aide au développement de celles qui existent et d’un climat social serein". Allusion à de récents conflits dans les transports publics.
-Est-ce qu’on va encore longtemps se payer de mots ? Elio, on dirait Dalida dans « Parolé-parolé »…
- Il a quand même défini 88 mesures !
-88 mesures ! C’est une sorte de tailleur d’habits de chômeur son Marshall… Si on se souvient de son plan stratégique d’il y a 5 ans, qui n’avait arrangé que la ville de Mons…
-Cette fois, on est au bout du rouleau.
-Oui. On va être la honte de l’Europe.
-Les Flamands vont nous abandonner.

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-La Wallonie ne sera plus qu’un terrain vague…
-C’est déjà le cas à Seraing…
-On ne nous veut plus nulle part.
-Mais Di Rupo a 88 mesures…
-Je me suis laissé dire que la première est la meilleure.
-Je croyais que c’était la dernière ?
-Il veut que les Flamands ne s’arrêtent pas aux Fourons. Il préconise qu’ils annexent toute la Wallonie !
-Et les 87 autres ?
- Ce sont toutes des mesures d’aides pour les Wallons : la sécu, les pensions et l’aménagement du territoire....
-Je retire tout ce que j’ai dit à propos d’Elio. C’est pas con, ces 88 mesures !...

20 juin 2005

Soldes d’été

Les amuseurs publics sont sur le départ.
Leur stock de gaudrioles épuisé, ils bouclent les valises et s’enfuient sous des cieux plus cléments avec votre pognon. Comme vous n’en aviez pas d’autre, ça vous oblige à rester bosser, leur fournir un nouveau matelas pour juillet 2006.
C’est pareil pour tout : les patrons, les partis, l’Europe. Eux n’influenceront en rien les statistiques, qu’ils restent ou s’en aillent… mais les chômeurs et les travailleurs, salaire ras les pâquerettes, on verra bien si les consignes ont été respectées : régime, et arête de poisson. Sinon, Kubla vous le dit depuis qu’il ne dirige plus l’économie wallonne : nous vivons comme les Flamands des années 50 !
C’est dire les nouveaux sacrifices à la rentrée, question de rattraper le « retard » ! 55 ans, c’est pas rien…
L’austérité est plus facile à dire qu’à faire ; mais, depuis qu’on fait dans le conjoncturel, le marasme est plus sérieux. On a du retard même à prendre le tram 33, avec la grève des bus et les friches industrielles. Pour ces dernières, on en a pour huit ans à l’avance. Ce n’est pas dit, car dans son décompte le ministre a oublié les nouvelles. Pour aller plus vite, si on construisait en friches industrielles sur les zonings ? On gagnerait du temps.
Pour notre sous-régionalisme, Blair qui va passer à la présidence de l’Europe pour 6 mois a des remèdes. Retour aux 45 heures dans un premier temps, sans augmentation des salaires, mais comme les ouvriers au minimum faisaient la gueule parce qu’ils gagnaient pareil que chômer, Tony à la fine solution : baisser les allocations de remplacement.
C’est pas l’Europe politique, c’est l’Europe des affaires et du réalisme anglo-saxon. Qu’on ait voté oui, ou non, c’est comme ça, puis marre.
Heureusement Bagdad sauve la mise, sans quoi, personne n’aurait rien à dire, surtout sur ce qui précède. Encore 35 morts en périphérie, à deux pas de l’Ambassade des Etats-Unis, un restaurant en heure de pointe… Anne Delvaux profite du restaurant de Bagdad pour nous faire une séquence sur le souci majeur des Belges : nos mangeons trop. Blair peut restreindre, freiner les appétits. Un pauvre obèse n’est pas crédible.
Vous avez déjà vu un gros faire la manche tournant Saint-Paul ?
Il manquait les OVNIS. Ils reviennent juste pour les vacances. Le phénomène surnaturel a toujours fait vendre les journaux sur les plages. Si on explique bien la mauvaise conjoncture et les 55 ans de retard, que les solutions sont à notre portée et, comme a dit Kubla, tenons nous aux trois propositions : augmentation du travail, diminution des salaires et flexibilité, il reste heureusement des mystères. Les OVNIS sont là pour nous rappeler que nous ne savons pas tout. Si ça se trouve, comme nous vivons toujours en 1950, quand nous aurons rattrapé les Flamands dans six mois d’après Van Cau et six ans selon Kubla, nous aurons d’autres explications bien meilleures sur les OVNIS.

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Mais dans les retards sous-régionalistes, épinglons tout de même Waterloo avec ses 190 ans et les incertitudes sur l’issue de la dernière bataille de l’empereur.
Nous avons compris cet après-midi que 55 ans de retard, c’est moins grave que 190 ! La preuve, il n’y avait qu’à Waterloo que l’on ait dû attendre fin de journée pour connaître l’issue du dernier combat du Corse.
On attendait Grouchy, ce fut la canicule sur la célèbre butte.
En espérant notre sursaut, nos grands hommes avant de prendre quelques jours de repos bien mérités, nous créditent d’une discrimination positive en pariant sur notre avenir.
Pour une fois qu’on nous fait confiance, ce n’est pas le moment de flancher.

19 juin 2005

Nous nous sommes tant plus !

Six mois sans nouvelle !
Bien sûr, nous nous sommes quittés sans un mot. Tu ne m’en prodigueras plus de ta voix douce… d’autant douce que tes collègues ont l’oreille fine ! !
Et l’inquiétude dans laquelle je suis, cela compte-t-il pour toi ?
Certes, j’ai reçu de ladite clinique beaucoup de mots qui ne signalaient en rien ta chère présence. On ne peut pas dire que les suppléments d’honoraire, les tubes à peine ouverts mais qu’on paie en entier, la moindre attache, la moindre bande velpo s’ajoutant aux frais de bureau, seraient perçus comme une manifestation d’intérêt de ta part !
Qu’est-ce qui ne s’est rien passé qui aurait pu altérer nos non-relations ?
Nous nous sommes vouvoyés, avec une certaine solennité de ma part. Le phénomène devait te sembler extraterrestre par comparaison à la clientèle habituelle. Si bien que tu prias ta fille de passer par hasard à l’heure d’un de nos rendez-vous. Tu te fiais à son jugement. Peut-être influença-t-elle la suite de nos relations ?
J’avais une façon singulière d’appuyer goulûment sur « am » de Myriam, comme pour « miam-miam ». Nous nous sommes regardés de travers sans animosité. Notre position en quinconce en était la cause. Commencer des amours en biais n’aurait pas été de bon augure. Aussi nous ne nous sommes pas aimés ni de trois quarts, ni de moitié, alors que je serais descendu au dixième !
Ton œil éléate se mouillait parfois à certaines élucubrations, après que nous eussions disparus derrière de grandes voiles jadis blanches. Comme cela a dû changer !
Tu faisais preuve de fidélité par la tranquille assurance avec laquelle tu m’inscrivais dans tes agendas.
Que de choses ai-je perdues !
Pour t’oublier, j’ai voyagé, comme lorsque tu voyageais par les chromos offerts par ton père du temps de ta jeunesse.
Je te vis partout… une fin d’après-midi de mousson au Hawal Mahal, palais du vent, à Jaipur. Tu étais en cotonnade blanche, comme Tara la déesse aux yeux verts (depuis elle ne quitte plus ma table de travail). Lorsque tu m’as vu, tu étais au bras d’un fermier hesbignon. Je vous ai suivis un temps dans le Bazar et lorsque je l’ai vu t’offrir une tour Eiffel dans une boule de verre, je n’ai pas attendu qu’il neige pour mettre entre ce rustre et moi au moins deux mille cinq cents kilomètres.
A peine un mois plus tard, j’étais à Troie, cherchant ton souffle sur la colline. Nous étions, le vent et moi, à huit kilomètres de la mer. Selon la tradition homérique, tu ne pouvais apparaître qu’en Belle Hélène… Hélas ! le golfe d’Adramyttium n’était qu’un wharf pour touristes bruxellois. Je n’étais pas Pâris. Par contre l’homme qui t’accompagnait, était le roi Priam. Je l’ai reconnu à sa démarche chaloupée de paysan de l’Hellespont, vaincu une seconde fois par Ménélas…
Dans le souk, j’étais si près de ta nuque que sous quelques cheveux follets, j’en admirai le grain. Je murmurai « Iyi bayramlar ». Priam t’offrit un coupe-papier au manche en peluche de tigre. C’était si horrible que je vomis derrière des cageots.
Depuis je ne voyage plus, peur de rencontrer tes amants.

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Tu n’as qu’un seul défaut, celui d’accompagner ton goût pour les choses fines de l’art et des textes, de la consternante balourdise des hommes que tu es seule à apprécier.
Ton dernier butor me crucifie, puisque je sais que c’est rédhibitoire à nous.
La peur me vient d’une rencontre avec un de ces sanguins rustiques qui ont l’heur de te plaire, malgré l’air de sortir d’un tracteur sucrier !
L’autre jour, Perspective Newski, j’étais persuadé que nous marchions sur les trottoirs opposés vers le musée Pouchkine…
Ah ! si seulement encore une fois, vous pouviez me toucher le bras…
Depuis, je ne sors plus de mon lit et j’ai renoncé à la revue « Voyages ».

Me voici devant tous un homme plein de sens
Connaissant la vie et de la mort ce qu’un vivant peut connaître
Ayant éprouvé les douleurs et les joies de l’amour
Ayant su quelquefois imposer ses idées
Connaissant plusieurs langages
Ayant pas mal voyagé

Elle a l’aspect charmant
D’une adorable rousse
Ses cheveux sont d’or on dirait
Un bel éclair qui durerait
Ou ces flammes qui se pavanent
Dans les roses-thé qui se fanent
Mais riez de moi
Hommes de partout surtout gens d’ici
Car il y a tant de choses que je n’ose vous dire
Tant de choses que vous ne me laisseriez pas dire
Ayez pitié de moi

18 juin 2005

Ah ! ce qu’on est drôle !

Dans le grandiose d’une harmonie planétaire qui affiche complet, alors qu’on ne s’est jamais tant mordu la gueule, les premiers cocus sont les artistes, parce qu’ils donnent le ton, parce qu’ils sont représentés par la plus belle collection de gougnafes qu’oncques ne vit de mémoire d’homme avec les humoristes tous temps et leurs chefs de file Roland Ruquier le roi du rire forcé, Ardisson l’inventeur de la pause bisous et l’ineffable Patrick Sébastien, surnommé le con suprême, sans compter les autres caïds du chatouille-moi pour me faire rire, dont notre gloire nationale François Pirette, le rien de deux sets à…, mirliflores qui sévissent pour le plus grand bonheur des marques de lessive et quelques téléspectateurs.
Avec eux on n’est pas sorti de la guimauve.
Ils donnent l’impression que tout baigne dans un univers harmonieux, quand les Steevy ont leur chance et que nous aussi, nous aurons la nôtre, car nous le méritons.
Autrement dit, si ceux qui sont en piste le sont c’est parce qu’ils le valent bien ; tous les autres, sauf nous en attente de génie, c’est de la merde.
On est dans le plaisant-grivois. C’est l’avantage de la connerie ambiante : ça occupe le terrain, ça fait vendre les stocks débarqués des containers chinois et la claque pleure en plus aux moutons du Petit Prince… sans rien branler de la situation actuelle.
Alors que la question politique est une question esthétique, et réciproquement.
L’abandon de la pensée politique par le monde de l’art, pour le fric, est un des drames les plus amers de la pensée contemporaine.
Car ces clowns pour matinée enfantine auraient dans leur froc de quoi faire sauter la banque, s’ils avaient des couilles !
Mais voilà, ces rois du rire, malgré leurs trémolos et les Téléthons, n’aiment rien d’autres qu’eux-mêmes, à tel point qu’il faut les voir par le biais de leurs substituts dans la basse-cour de de Chavanne se gonfler d’importance et ramasser du pognon en écrasant une fausse larme sur le sort des orphelins du Rwanda. Ils sont carrément immondes.
Où est leur créativité qui transformera le monde en vue de bâtir une nouvelle sensibilité ?
L’ambition esthétique est morte à cause de ces commerciaux des multinationales, multirécidivistes des « bons mots », comme la mouche bleue sélective des urinoirs publics, préfère à Liège l’édicule de la cathédrale à celui du boulevard. La population rotant et pétant à l’écran large est aujourd’hui privée de toute expérience esthétique, entièrement soumise au marketing mondial. Une minorité de la clientèle, « artésienne » résistante, fait son deuil des morts à la vitrine et résilie ses contrats télévisuels.
Et qu’on ne vienne pas dire qu’heureusement on a les comiques, depuis qu’on ne peut plus piffer les gueules d’enterrement, les dialogues des carmélites et ces massifs d’importants qui foisonnent à la RTB et à RTL comme les rhododendrons autour des serres de Laeken !
Merde, la réalité est plus drôle qu’Arthur, plus pince-sans-rire que Baffie, animateur surdoué de la branlette à Lagardère. C’est que la réalité ne peut plus être dite, même si les décors seraient en carton de l’Hôtel de Bourgogne où Molière joua Tartufe.
C’est la flatterie de l’imbécile. C’est le triomphe de l’ignare. C’est le culte de l’idiot.
Le triomphe de Jean-Marie Le Pen, au deuxième tour pour la présidence de la république, leur pète en pleine tronche. Car, quoique ils s’en défendraient si on le leur rappelait, mais ce sont eux les véritables propagandistes de l’extrême droite, non pas qu’ils en aient les discours, non, ils font pire, ils réduisent leur clientèle à cette seule alternative, parce que leurs rires gras, à la longue, poussent au désespoir.

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Les hommes, les femmes, les jeunes gens de Belgique ou de France ne savent plus ce qui se passe, anesthésiés par l’efficace poison de la pseudo-culture, par l’esthétique bidon des marchands de soupe vedettes, des concours officiels, des discours sur l’art et des universitaires de la fosse d’aisance pour asticots prioritaires. Les gens sont enfermés dans une zone hors circuit des neurones. Les mains désormais sales, ils sont irrécupérables, juste capables de chier juste dans la lunette « Sphinx ».
Cette misère touche tout le monde. « Le désert croît » dirait le prédicateur Nietzsche, chéri des adolphins. Ils sont la "civilisation", elle-même devenue le symbole de leur ghetto. La société vit dans des zones esthétiquement sinistrées. De profundis…
Ce qui s’est passé, c’est tout con et s’explique à l’aise. Au cours des années 50, pour absorber une surproduction de biens dont personne n’a besoin, l’industrie américaine met en œuvre des techniques de marketing (imaginées vers 1930 par Edward Barnay) qui ne cesseront de s’intensifier durant le XXe siècle. La plus-value de l’investissement n’atteint son apogée que sur les économies des marchés de masse toujours plus vastes. Pour gagner ces marchés de masse, l’industrie développe une esthétique où elle utilise les médias audiovisuels qui vont, en fonctionnalisant la dimension esthétique faire adopter des comportements de consommation.
C’est le début d’une misère symbolique et affective. Les « clients » sont privés de leur capacité de l’esprit critique. Ils sont mûrs pour qu’on leur fourgue n’importe quoi.
Le rapport aux objets industriels se standardise.
Les histrions intégrés à la marchandisation généralisée aident aux projets de déshumanisation pour raison commerciale. Ils détricotent l’individu pour mieux nous mettre à plat et nous baiser plus à l’aise.
L’objectif serait une pause bisou généralisée. Vous auriez l’impression que votre langue touche l’appareil dentaire d’Ardisson au plus profond de son palais, lors même que ce n’est qu’un groupe financier qui vous la met bien profond.

17 juin 2005

Athéisme atypique.

Qu’Il ait eu des frères et des sœurs ? Les familles en ce temps-là avaient l’obligation pour survivre d’être nombreuses. Que sa Mère ait été une femme active, tirant l’eau du puits, cousant et ravaudant, préparant les repas avec le mil et les légumes et puis, une fois la maisonnée couchée à même les nattes, rejoignant son mari, ne s’efforçait-Elle pas de le satisfaire malgré sa fatigue et mieux encore ne cherchait-elle pas aussi un plaisir bien mérité ? Mais qu’y a-t-il là de répréhensible, voire de honteux ?
On atteint à l’orgasme comme on peut. Sainte-Thérèse d’Avila n’avait-elle pas des spasmes de plaisir en s’offrant à la langue de feu qui la pénétrait ? Ne touchait-elle pas au sublime par caresse mystique ?
Que l’Enfant grandissant en sagesse se soit abandonné parfois à la fougue de son tempérament, au point d’éprouver les passions humaines et d’en avoir l’exacte et pleine satisfaction, c’est ce que l’ensemble de l’humanité fait depuis toujours !
Que n’en eussé-je usé moi-même avec Myriam !
Qu’ensuite Il réunît dans des lieux publics les gens de son village vers qui allait sa sympathie et que cette sympathie fût payée de retour, n’est-ce pas ce que Socrate, Platon, Epicure et tant d’autres firent quelques siècles auparavant et, de telle façon et avec une telle renommée que même si le grec n’était pas enseigné là où Il vécut, en a-t-il eu l’écho !
Que son fond d’homme juste et bon l’ait fait réfléchir au joug des militaires et des occupants, qu’Il se soit, par raisonnement et analyse, intéressé plus aux pauvres qu’aux riches, n’est-ce pas encore au temps présent si exclusivement attaché aux valeurs de l’argent, une leçon pour nous tous ?
Que Ses discours aient gêné les gens en place, plus que sa vie itinérante de prêcheur sans doute désinvolte et amoureux des femmes, voilà malgré les théodicées emphases, l’occasion pour les pharisiens de réagir contre l’intrus, ce discoureur, ergoteur et philosophe dangereux !
Mais sa valeur n’était-elle pas dans ce que Sartre appelle « un Homme parmi les Hommes et que vaut n’importe qui »?
Pourquoi, bon sang, avoir exclu de l’Image qu’on en a en 2005 tout ce qui vient d’être écrit ? Pourquoi en avoir fait cette présence glacée, lointaine, entourée de gens sans contour depuis qu’ils sont sans humanité, parce que leurs thuriféraires les ont rendus exceptionnels et hors atteinte ?
Quelle erreur des clercs d’avoir forcé le peuple à adorer la projection qu’ils en donnaient ? Et, comble de l’horreur, d’avoir poursuivi et massacré tout qui avait l’impudence de penser qu’au contraire, Il ne pouvait être plus haut qu’en étant Homme ?
Et durant des siècles, ils se sont acharnés à consolider l’image qu’ils s’en faisaient !

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Les textes fantaisistes s’ajoutant aux erreurs historiques grossières, ils tissèrent autour d’une histoire exemplaire par sa lumineuse candeur, une sorte d’hybride fabrique à décerveler pour un simulacre de doctrine et de foi, juste bonne à grossir les rangs des hérésies et des pantalonnades des autres monothéistes, engagés par similitude sur les chemins des à-peu-près et de l’amalgame.
D’une belle image, limpide, d’un homme révolutionnaire par les principes énoncés, ils ont fait une caricature au service d’un pouvoir, le leur, fort bien intégré aux pouvoirs temporels révérés depuis Constantin.
Et voilà l’Homme sacré du début servant de faire valoir à une racaille en soutane, montré aux foules comme Yvette Horner sur un camion du Tour de France !
On Le voit assister aux mômeries d’un personnel ceint d’écarlate, habillé de dentelles, comme les Auguste de la Rome antique, virevoltant autour d’œuvres d’art, élevant des ciboires, magnant des burettes, psalmodiant dans trente-six langues, les cent mille mots des étiquettes de leur naufrage moral.
Faut-il qu’Il soit vraiment mort ou vraiment bon de tolérer cela, si comme certains l’espèrent ils ne Le voient que bon, quand tant d’autres Le croient bien mort !
Et s’il s’agissait d’un meurtre ?
S’il s’avérait que les voyous qui l’enclouèrent n’étaient qu’une infime partie de la bande d’assassins qui, aujourd’hui encore, Le pourfende de sa bêtise et de sa cupidité ?
Et si seul le crime poursuivait depuis la nuit des temps jusqu’à la fin du monde sa trajectoire sanglante ?
Et si, les temps tragiques que nous traversons étaient prévus sur nos montagnes de Meguiddo et que notre folie ait enfanté cinq milliards d’Harmaguédon ?

16 juin 2005

Une carrière au bond.

Ce lundi s’est ouvert la conférence sur les fins de carrière.
Verhofstadt l’a rappelé immédiatement : il n’est pas candidat à la prépension. Encore jeune et dynamique, il peut encore servir l’entreprise de rejointoiement qui unit des matériaux aussi disparates que les riches et les pauvres, les Flamands et les Wallons. Un bon lifting, une meilleure approche des subjonctifs et le voilà reparti pour les 25 prochaines années.
Premier objectif : augmenter le nombre d’emplois, l’un des plus bas d’Europe.
Pour être dans la norme de 10 euros de l’heure (salaire moyen en Belgique) les ministres devraient prester 165 heures semaine ce qui leur laisserait 3 heures pour manger et dormir le septième jour ! Avec des nouveaux bas de rétention, Laurette Onkelinx a assuré que dormir debout à la Chambre sans que cela s’aperçoive, c’est possible.
Plutôt que d’augmenter la TVA, reste à diminuer drastiquement les dépenses de l’Haut-lieu, si l’on veut arriver à un équilibre de la sécu et des pensions.
Didier Reynders, notre charmeur aux finances, pense que si nous employions les WC Sphinx nous ferions des économies d’eau. Grâce à un épurateur nouvelle formule équipant les lunettes des WC Sphinx, on pourrait recycler les chasses d’eau. Il en a fait la démonstration en buvant l’eau de son wc immédiatement après qu’il ait déféqué le repas de la veille, pourtant riche en éléments nutritifs, puisqu’il était payé par la collectivité fêtant la délégation belge revenue à pied de la Chine ! Il s’est dit satisfait du résultat, si l’on excepte la digestion difficile d’un poisson du Mékong farci au gingembre, bloquant l’épurateur.
Ce qui a donné l’idée à son chef de cabinet de proposer à l’Université de Liège une recherche depuis la lunette des WC Sphinx afin de reconstituer la nourriture ingérée et dissoute dans les sels. Il suffirait d’y introduire les calories digérées par le tube digestif et ainsi de recommencer le cycle.
On mange déjà de la merde dans les magasins d’alimentation à grands débits sans qu’il n’y ait jamais eu beaucoup de morts. La manger carrément, grâce à l’Université de Liège serait possible. Une version de l’ULB améliorée, redonne à l’homme son sens du cycle fécal : le premier bol alimentaire est ingéré, on en excrète l’inassimilable qui, compacté, constitue le deuxième bol ; les substances nutritives non assimilées, une seconde digestion permettra de les intégrer !
Du coup l’augmentation de la TVA sur le pain et les pommes de terre n’aurait pas trop d’influence sur l’index des prix, puisque les aliments pourraient servir deux ou trois fois.
Si Verhofstadt se juge bon pour le service, il ne voit pas pourquoi les Belges de 50 ans poursuivraient le rêve de ne plus rien faire. Le gouvernement a déjà approuvé des mesures qui encadreront essentiellement les entreprises en limitant les prépensions.
Toujours à l’Université de Liège, des psychologues cherchent les raisons qui conduisent plus de jeunes au suicide que les vieux. Si par des moyens nouveaux on parvenait à inverser la tendance et que le seuil de 55 ans serait un cap plus difficile à franchir que celui des 15, 16 ans, le problème des prépensions et même des pensions serait en partie résolu.
Vande Lanotte a proposé d’offrir un WC Sphinx en guise de cadeau de départ aux nouveaux prépensionnés, à la suite du malaise que Didier Reynders aurait eu le lendemain de sa démonstration en buvant l’eau de sa cuvette. Des fois qu’un bon empoisonnement collectif résoudrait la question. Evidemment, tous les prépensionnés ne mangent pas des poissons du Mékong au gingembre !

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A la suite de cette démonstration du ministre des finances devant un parterre de journalistes dont mes éminents confrères de la presse régionale au premier rang desquels nous avons distingué la présence du rédacteur en chef de Proxi-Liège, j’ai pu me procurer des documents confidentiels découpés en carrés et pendus à un clou du WC de notre grand homme d’Etat. Ils traitaient de la problématique du suicide.
Que les secrétaires de plus de 50 ans n’acceptent sous aucun prétexte un WC Sphinx en cadeau à l’occasion de leur préretraite. Si par aventure, elles en étaient déjà pourvues, qu’elles n’utilisent pas celui de la série avec lunette doublée en peau de vison. A la rigueur, qu’elles demandent à Reynders de le tester. C’est un homme de devoir. Il se fera un plaisir de s’y asseoir en public. Ses fèces étant élégantes et se déroulant en volutes libérales, afin de glisser dans les fines tuyauteries du progrès, comme les bobsleighs sur les pentes de Garmisch-partenkirchen, il pense qu’en étant bien chiant, il a des chances de se faire réélire aux prochaines élections.

15 juin 2005

Marx ou Elio ?

L’histoire du monde n’a été qu’une succession de conflits entre dominants et dominés, conquérants et conquis, maîtres et esclaves, forts et faibles, nobles et serfs, industriels et ceux qui n’ont que leur force de travail, riches et pauvres, et tout dernièrement, les partis politiques qui ont dit « oui » à la constitution Giscard et le petit peuple qui a dit « non ».
Dans cette bipolarisation conflictuelle, ce sont toujours des intérêts contre d’autres intérêts. Et il n’y a pas de raison que cela cesse, l’humanité n’ayant jamais crû en sagesse en même temps qu’en nombre.
Lorsque Raffarin au début de son mandat de premier ministre a parlé de la France d’en bas, n’était-ce pas une façon de confirmer que la France était coupée en deux, la France d’en bas supposant qu’il y ait une France d’en haut ?
Le clivage n’est pas net. La démocratie, c’est un malentendu entre ceux qui ont le pouvoir économico politique, et ceux qui n’ont que leur bon vouloir. Et l’on sait comme cette capacité dernière est malmenée par les temps qui courent.
Il y a plus de 30 ans, le PS avait solennellement rejeté le principe de la lutte des classes. Cette politique était devenue obsolète. Il était nécessaire d’abandonner une attitude hostile vis-à-vis des nantis pour normaliser des relations humaines désormais sans classe.
Cette abolition avait pour but de rapprocher les socialistes des détenteurs de la force économique afin que les producteurs partageassent les fruits de la prospérité. Autrement dit, dès que cette politique fut décidée, pour se faire accepter du camp d’en face, fallait-il que les droites considérassent les socialistes comme des alliés plutôt que comme des ennemis. A cette époque, les puissances d’argent étaient dominées par la frousse du communisme. Elles avaient lâché du lest et auraient été prêtes à en lâcher encore. Ce qu’elles n’ont plus voulu faire dès la chute du mur de Berlin.
Quand la confusion d’intérêts paraît donner raison au rapprochement, le renoncement socialiste semble logique ; mais quand d’évidence elle ne l’est plus, c’est le drame.
Lorsqu’elle fut voulue, cette abolition de la lutte des classes ne reposait que sur des suppositions et des projections dans le futur qui se sont révélées fausses. Cette nouvelle culture exprimait la primauté du rapport à l’argent qu’avouait désormais une société sans alternative réelle, et dans laquelle tout le monde, peu ou prou, s’intégrait dans le marché. Il y avait donc une intériorisation du libéralisme et du marché comme règle de l’échange. Cela concrétisait la montée en puissance d’une culture de la performance. Longtemps, être moderne signifiait rejeter la tradition et être transgressif. Aujourd’hui, ce serait plutôt épouser la cause de José Bové et par un retour en arrière, éprouver de la nostalgie pour ce que valurent de bienfaits les conquêtes des travailleurs du temps de la lutte des classes.
Les socialistes réformistes à l’image de Di Rupo sont en passe de faire figure de collaborateurs godillots par les classes supérieures, et de « vendus » par le monde du travail. Cette situation inquiète la gauche qui devra en tenir compte dans ses choix du futur.
Aujourd’hui, chacun fait l’inventaire de ses acquis et constate qu’ils sont en perte de vitesse chez les petits et exponentiels chez les pourvus.
La droite a depuis longtemps choisi le camp de la mondialisation et de la concurrence sauvage, la gauche ne sait plus quel est le sien.
Au moment d’une emprise sans pareille du capitalisme, la réaction en termes de lutte des classes manque à l’arsenal de la réplique. La lutte des classes avait au moins le mérite d’exposer clairement que la victoire d’un camp fait toujours le malheur de l’autre.

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Tout ce qu’a écrit Karl Marx, sent le soufre, c’est entendu. Pourtant, frappé du coin du bon sens, le marxisme apporte souvent des solutions à la boulimie capitaliste. Le rejet du marxisme est plus qu’une question de mode. Par l’habileté des propagandistes pro-américains de la guerre froide, nous est resté la conviction que Marx a engendré tous les malheurs du communisme. Si cette oeuvre était celle aujourd’hui de Bernard-Henri Lévy, on en serait à tisser des couronnes pour ceindre le vaste front de l’auteur du Capital.
Les socialistes réformateurs ont réfuté le schéma de la lutte des classes pour s’engager dans l’empirisme d’une réconciliation avec le monde libéral. Ils s’y sont enfermés, trop marqués par leur collaboration pour en sortir facilement.
Si très rapidement ils ne parviennent pas à vaincre le chômage, ils vont se trouver en porte-à-faux entre ce qu’ils prétendent être et ce qu’ils sont réellement.
C’est un dilemme, car enfin, ils ne peuvent rien modifier dans le social sans l’aval de l’économique.
A la rigueur, ils se fondront dans le parti libéral comme le FDF et la frange PSC de Deprez. Ils ne tiennent déjà plus la gauche que par leurs réseaux, le clientélisme et l’espèce de réputation qu’ils usurpent en matière de justice sociale.
Oser dire que le système actuel ne leur convient plus et revenir au marxisme, voilà la seule issue. Ce n’est pas pour demain.

14 juin 2005

L’homme de demain sera flexible ou ne sera pas.

Ainsi en auront décidé ceux qui pensent pour nous, agissent pour nous et… vivent de nous !
Le discours officiel nous le chante sur tous les toits : « La société que nous avons forgée pour nous et pour notre bonheur, comme nous le croyions naïvement, nous échappe. Nous sommes les Frankenstein de la modernité. Patiemment, pendant de nombreuses années nous avons forgé au secret de nos laboratoires un homme nouveau qui ne nous ressemble en rien.
Le monstre sitôt sorti de la salle d’opération est appelé à vivre dans le précaire, dans les lendemains qui déchantent. C’est un nomade qui ne possède rien que sa force de travail dont on ne veut pas tous les jours. Il doit se dire « mobilisé » et prêt à répondre à n’importe quelle offre d’emploi. Il a organisé en PC sa caravane dans laquelle il vit (c’est un nomade). Il attend les instructions du FOREM.
Un emploi de boulanger à Termonde, alors qu’il habite Verviers et qu’il est menuisier, ne doit pas le rebuter. Il se déplace, il se remet en cause dans des stages, il apprend le flamand, en un mot il est flexible.
Sa disponibilité est telle qu’il a abandonné depuis longtemps le désir de fonder une famille. Il aurait bien voulu, mais les circonstances sont là. Il est sous-payé en attendant d’être chômeur momentanément pour se lancer dans un stage qui lui évitera une pénalité dans ses allocations.
La jeune fille qu’il avait rencontrée et avec laquelle il avait songé à fonder une famille est sortie du même laboratoire que lui et a les mêmes perspectives d’avenir. Pire encore, parce que c’est une femme.

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Mais programmée pour le travail, elle s’est décentralisée à Anvers où elle est barmaid sur le port, étant entendu que les offres d’emploi non satisfaites dans le métier de pute sont parmi les plus élevées dans la Belgique nouvelle.
Elle est naturellement devenue flexible sur les multispires de son lieu de travail.
Enfin la flexibilité générale a fait baisser le nombre de demandeurs d’emploi, ce qui a permis à la Belgique d’offrir au monde la vitrine d’une prospérité nouvelle, grâce à cela tous les partisans de la flexibilité accrue ont naturellement augmenté leur niveau de vie. Même la population flexible a évolué considérablement. Plus pauvre qu’avant, sa préoccupation majeure qui est de trouver à s’employer l’occupe tellement qu’elle passe son temps entre le travail et les dépressions nerveuses qui commencent à créer un véritable souci pour la Sécurité sociale au point qu’on pense la rendre flexible aussi en n’accordant des indemnités pour les soins et les hospitalisations que pour six mois seulement, après, le patient devrait refaire un stage afin de bénéficier à nouveau d’une protection pour la dépression nerveuse suivante.
Grâce aux modèles danois et britannique, la flexibilité socialo-libérale belge s’est appropriée par mimétisme les qualités physiques nécessaires aux emplois proposés. Les jambes se sont allongées pour les couses rapides d’une offre à l’autre, les diplômes et les curriculum ont trouvé une place dans la vaste poche ventrale qui pousse désormais sur le ventre de la nouvelle génération, comme les marsupiaux, tandis que la bouche des intéressés se rétrécissait en cul de poule. Moralement le flexible s’est endurci au point de se confondre en excuse à la moindre rebuffade des gens qui n’étant pas en position d’être flexibles sont devenus cassants.
Comme l’homme nouveau n’a plus de femme, ni de domicile fixe, on lui a donné le statut d’itinérant permanent, seul le bureau électoral où il va apposer son empreinte digitale sur la feuille « oui » le jour des élections reste fixé à côté de l’hôtel de police de l’endroit de sa naissance.
Malgré cela, la population augmente légèrement chaque année, car la flexibilité ayant gagné le monde entier, il arrive que les flexibles de Nankin ou de Budapest se voient notifier un engagement pour Herstal ou Ville-du-Bois où sous peine d’être rayés des listes, ils doivent impérativement se présenter le lundi suivant la désignation.
La recherche sous cette impulsion souple a fait d’énormes progrès sur l’humain. C’est ainsi que comme le ver de terre dont certaines espèces ont le pouvoir de se régénérer et de se reconstruire quand on les coupe en morceaux, on pourra bientôt envoyer les jambes d’un flexible travailler à la poste, tandis que les bras seront employés à cirer les chaussures des fonctionnaires du Rond-point Schuman.
Des combinaisons sont possibles. Pour éviter des pertes de temps aux parades amoureuses, on est parvenu à donner à certains flexibles volontaires, on en est encore au stade expérimental, le caractère de l’escargot. Equipé des deux sexes, le flexible pourra entre ses trois ou quatre métiers satisfaire ses besoins sexuels en cours de route, sans perte de temps préjudiciable aux statistiques.
Enfin le Belge souple, flexible morcelable et hermaphrodite est devenu la référence en matière de résorption du chômage, non seulement en Europe, mais dans le monde entier, là où les jet-setters et les barons de l’économie avaient peine à recruter du personnel.
On pense qu’en 2095, il n’y aura plus que dix-sept chômeurs invétérés, non flexibles et unisexes, mauvais Belges et fort capables de voter « non » à tout progrès. Les libéraux saisis de la question veulent les parquer dans une réserve naturelle à Saint-Hubert, tandis que l’arrière petite fille de Marie Arena, ministre de la flexibilité au nom de l’efficacité socialiste souhaiterait qu’on les fusille pour haute trahison et défaut de moralité. Le lointain parent de Laurent Fabius, président de la république depuis 2093, rêvant à sa réélection, songerait plutôt à les envoyer en villégiature aux îles Caïmans, quitte à ce que le bateau sombre en cours de route.

13 juin 2005

Un littérateur démasqué.

- Y a personne ?
-Tu vois bien qu’il n’est pas là.
-C’est curieux, la porte était ouverte.
- Méfiant comme il est, ce n’est pas dans ses habitudes.
-Si on regardait ce qu’il était en train de faire ?
-C’est indiscret.
-Et lui, il est discret avec toutes les histoires qu’il raconte ?
-Tu crois qu’elles ne sont pas toutes issues de son cerveau malade ?
-Il en aurait de l’imagination … vu tout ce qu’il écrit !
-Je me suis souvent posé la question, comment peut-il écrire un truc tous les jours ?
-Il a ses nègres…
-Certainement. Mais, on n’a jamais vu personne.
-Le téléphone, les courriels et puis il sort.
-En ce moment, tu crois qu’il a quelqu’un ?
-Justement, sur son bureau, au-dessus de la pile de livres, un poème à Myriam.
-Qui c’est, Myriam ?
-Il ne nous l’a jamais dit.
-Avec toutes les putes dont il nous inflige les photos, ce n’est pas difficile…
-Qu’est-ce que tu en sais ?
-Alors, c’est un amour impossible.
-Oui, une bonne femme qui en a fait le tour et qui s’en méfie.
-Comme elle a raison.
-Puisqu’on fouille, tu n’aurais pas trouvé un papelard qu’il signe de son vrai nom ?
-Pourquoi ? Il ne s’appelle pas Richard d’York ?
-T’es con ou tu le fais exprès ?
-Alors, il ne se prend pas pour de la merde.
-Sûr. D’un côté, il joue les affranchis…
-On ne sait pas s’il est de gauche ou de droite..
-S’il est extrémiste…
-En tout cas, il n’est pas socialiste…
-Oui, il bouffe un Di Rupo tous les matins…
-Dis plutôt qu’il fait un Di Rupo tous les matins…
-Il prend son pied en tirant la chasse !
-Et d’un autre il se fait appeler d’York… sans blague !
-Si on lisait le poème qu’il a écrit pour sa Myriam ?
-Non. Elle pourrait se reconnaître.
-Tu as raison. Pour ce con, on s’en fout, mais pour elle – puisqu’on ne la connaît pas…
- Son ordi n’est pas fermé. J’ouvre à Word… C’est un dialogue…
-Encore !
-Oui, un dialogue, la page est plus vite remplie.
-Il est payé à la ligne, alors… quel salaud !
-Il touche. Je te l’avais toujours dit.
-Voyons ce qu’il écrit :

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« Comment décaler les sons
Une fiction de votre cru !
Oui, le tout de mon cru !
Par là aussi, vous êtes passée par Latine, chère Gisèle.
Celles que la Muse habite, cher Antoine, quand les voies crissent et les railles coupent.
A-t-on sut le sujet ?
C’est : « comment décaler les sons ».
Mais la coulure a-t-elle endolori le fond ?
C’est l’histoire d’une cache à houille. La mine et ses piquets, un drame pur.
C’est un marin support anodin qui découvre l’anneau de Titus. Une fosse qui tient la Gisèle. »

-Tu y piges quelque chose ?
-Non. Mais avec lui, on s’attend à tout.
-Quel minable !
-J’entends du bruit. Attention le voilà.
Richard – Salut les mecs. Y a longtemps que vous êtes là ?
-Non. On vient d’arriver. On ne savait pas où tu étais.
Richard. – J’en sors. Je viens de faire un Di Rupo bien moulé…
(Les deux autres se regardent avec un air d’évidente satisfaction et se disent en chœur)
-Hein ! Qu’est-ce que je t’avais dit ?

12 juin 2005

The lost week-end

En discothèque, c’est moins pour faire une rencontre avec un plus si affinité que pour ne plus se sentir seul. Tout le monde sait que « le plus si affinité » ne va jamais bien loin, un peu comme les chiens qui se reniflent les parties génitales, passent à l’acte et vaquent ensuite à leur passe-temps favori qui est d’aiguiser leur odorat sur des senteurs qui ne sont pas précisément des nuits de Chine, à savoir, qu’ils repartent en chasse comme s’il n’avait rien vécu.
Mais à la différence des chiens, l’homme se souvient et souvent son passé le conditionne à répéter à l’infini ce qu’il estime bon pour lui et qui à l’expérience n’est qu’une chimère de plus. Et puis, il y a chez certains cette sorte de remord quand la conscience distingue le bien du mal. Ce qui n’est pas toujours le cas.
La solitude est le mal de la société de consommation.
Selon le philosophe Berdiaeff, c’est la marque de la détresse humaine. On croit pouvoir surmonter ce tragique, tout en sachant que c’est impossible.
Mais les sorteurs n’en ont pas conscience, évidemment. Ils finissent par éprouver ce que le philosophe a prédit mais sans pouvoir analyser ce phénomène de solitude afin de le comprendre et d’essayer de le maîtriser, d’où l’angoisse permanente dans la recherche de l’autre et une insatisfaction pénible au bout de quelques relations.
La solitude est liée à la désillusion. On a raté quelque chose au départ, une motivation suffisante, le sentiment de n’avoir pas la profession qui convient, d’avoir une compagne ou un compagnon dont on a vite fait le tour – enfin le croit-on – et qui, devenant sans mystère, devient sans intérêt.
Parfois, à force de se croire meurtri, le sorteur devient une sorte de monstre cynique et sans sentiment. Quoique entouré de ses victimes passées, présentes et futures, après une acculturation du milieu lénifiant du bruit, du shit et de la fureur, la solitude lui devient nécessaire. Elle n’est plus refoulée, mais sublimée par dégoût de soi et des autres.
Les multiples sorties, les baisades (selon Flaubert), les prises d’alcool, n’ont plus qu’une seule fonction celle de divertir du temps qui passe et de masquer par des artifices une condition morale misérable.

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L’impératif festif n’est plus rien que l’animalité du chien sur la piste des femelles urinantes, qu’une déprimante culture du futile et du vain, même si donner les hit des Led Zeppelin peut momentanément satisfaire une prétention à la connaissance spécialisée au milieu dans lequel on se trémousse.
Ce nihilisme des temps modernes, s’il irrite le travailleur anonyme, au point qu’il stigmatise la jeunesse oisive et dépravée, sans trop savoir lui-même ce que son mépris recouvre de refoulement et d’envie tout aussi grossière, ne saurait être perçu comme un plaisir, mais comme une souffrance, tant avec un peu de psychologie on décèle aisément sous la pose, une détresse profonde et souterraine.
Cet arrachement au défilement des heures, loin d’apaiser l’angoisse, la « glucomatise ». Le sorteur a besoin de poursuivre le plus longtemps possible le rêve de son existence nocturne. Il va donc, naturellement, s’arracher de son quotidien en s’enfonçant dans l’oreille la sono des soirs de discothèque. Il se vêt de tenues qui sont les plus propices à attirer l’attention et les achète quel qu’en soit le prix, afin de se fabriquer un look qu’il veut personnaliser, mais qui n’est que le stéréotype de la multitude.
Pauvre vie en somme d’une humanité qui s’abstrait de l’humain et de la connaissance, pour se singulariser dans la sono, l’alcool, la drogue et le sexe dont elle ne sortira que fort endommagée et qui mettra longtemps avant de se reconstruire.

11 juin 2005

Brothel sprouts of society.

Le jet-setter sert de prétexte à nos politiques pour ne pas désespérer de l’avenir en occupant les étranges lucarnes et les radios de sa grande et futile présence.
La récente perte d’un porte-étendard de la confrérie a été l’occasion de les voir regroupés à Saint-Trop pour une mise en bière festive.
Barclay à quatre-vingts piges et quelques était avec les autres boute-en-train de Ramatuelle et d’ailleurs une des nombreuses icônes de la modernité rigolote.
L’art de vivre cultivé comme perpétuellement à la Ferme-celebrity est une manière d’être qui s’envie dans les « une pièce cuisine » de la misère urbaine. Grâce à eux, la déchéance des classes au seuil de pauvreté est moins perçue par les intéressés eux-mêmes. Ce sont les réclames vivantes d’un Loto qui concourt, les jours de tirage, à faire renaître l’espoir.
Les nouveaux Brummell ont noms Massimo Gargia, Stephane Collaro ou Carlos et chez nous Plastic Bertrand et Radiguez.
Consommateurs insatiables, ils sont à la recherche du plaisir permanent sur le temps que leurs admirateurs suent sang et eau dans les usines.
Ils symbolisent la flemme qui rapporte et la chasse aux jouissances. Sportifs à l’occasion, à la pointe des équipements les plus sophistiqués, ils ne se déplacent que dans les palaces branchés à quelques encablures des ports ou des stades, entourés des femmes aux antipodes d’être celles de ménage.
Sont-ils heureux, ces grands oisifs ?
Ils sautent d’un endroit branché à un autre, sans jamais s’arrêter, comme si de ne pas défrayer la chronique mondaine ou des scandales au moins une fois le mois était une déchéance.

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Comme ils entretiennent un rapport frénétique avec le temps, on ne sait les approcher qu’entre deux avions, leur seul moyen de transport.
Mais, quand ils ne sont pas en représentation chez Patrick Sébastien ou Thierry Ardisson, lorsque, par exemple entre Ibiza et Dubaï, ils sont seuls deux heures durant avec eux-mêmes dans un jet privé, loin des fans, ne doivent-ils pas ressentir ce que Schopenhauer écrivait à propos de l’ennui « le tourment des classes supérieures » ?
Que ressentent-ils à occuper l’espace médiatique pour expliquer les malheurs qui parsèment leur vie, à mettre à nu une intimité si peu riche qu’ils ont besoin de la partager avec des jeunesses qui ont la moitié de leur âge, dont ils finissent par se séparer comme Pol-Loup Sulitzer à 65 ans, tandis qu’une hémiplégie faciale le rend quasiment inaudible.
Et le public marche et s’apitoie. On les aime glorieux, les jet-setters, mais aussi malades, trompés, ridicules, tant qu’ils se donnent en représentation, comme la petite fille de Michèle Morgan et son mari, fils de Richard Anthony. S’ils le pouvaient, ils s’enfileraient sur le plateau devant Fogiel, se passeraient des seringues et tireraient des fumettes en public. Tant ils aiment transgresser pour nous faire comprendre qu’ils sont au-dessus de nos misérables vies de plouc. Et on applaudit à leur gloire et à leur misère qui, on le sait, n’est qu’une misère de théâtre.
Il n’y a qu’une chose que personne ne leur pardonnerait, c’est de vivre comme nous, en pantoufles à boire des bières devant un match de foot. Ce qu’ils font, sans exception, mais dans le plus grand secret comme une honte pire que les photos prises au télé de Ducruet se faisant sucer par une pute anversoise, du temps qu’il était le mari de Steph de Monac.
Barbey d’Aurevilly l’avait découvert avant nos jet-setters, les dandys ne sont que les produits d’une soci