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31 octobre 2007

Pour une Tour de Babel sociale.

Dans l’article « cause toujours », un prof d’Anvers comparait la situation flamande avec celle du Québec dans la sauvegarde d’un patrimoine linguistique menacé.
La crainte flamande de voir disparaître sa langue prise au piège des séductions de la langue française m’apparaissait schizophrène et les efforts de la classe politique flamande pathétiques.
Dans leur concept d’une Flandre pure et dure, s’inscrit la possibilité d’un affrontement.
Aux responsables wallons revient une possibilité intelligente de débrider l’abcès par des mesures radicalement opposées aux décisions internes flamandes.
Un exemple : à la SNCB on obéit scrupuleusement aux lois linguistiques si bien qu’à chaque Région traversée par un train, les annonces se font dans la langue de la Région, sauf à Bruxelles où grâce aux 15 % de Flamands résidents, la capitale a droit au bilinguisme.
Pour avoir raté de la sorte à Anvers, une correspondance et m’être trompé de convoi, par expérience, je pense que ce ne serait pas du luxe d’annoncer les arrivées et départs dans les deux langues dans toutes les gares du royaume. Il faut être bon linguiste pour démêler le bon renseignement parmi les crachotements et les éructations d’une sono diabolique propre à toutes les gares.
Pourquoi ne pas décider en Région wallonne unilatéralement du bilinguisme dans les chemins de fer, sans attendre la réaction des pointus d’en face ?
Les Flamands poursuivraient-ils leur politique dans les gares ? Ne serait-ce pas un ridicule de plus à ajouter aux autres, s’ils persitaient ?
Chaque initiative de la communauté flamande voit se raidir le camp opposé. La règle est la réciprocité. Qui nous empêcherait de nous en dispenser ? L’indignation nous envahit et par rétorsion nous appliquons ce que l’on fait chez nos voisins. Nous devrions pratiquer le contraire. A chaque mesquinerie, chaque bêtise nouvelle, répliquer dans la générosité et l’ouverture, quelle serait magnifique notre réponse !
Si vous voulez rendre un avare meilleur, soyez généreux avec lui. De même pour tout.
Les fameuses convocations électorales, par exemple, quel mal y aurait-il de les rendre bilingue, voire trilingue partout dans le pays ?
Franchement, y a-t-il là matière à polémiquer ?
Pourquoi ne commencerions-nous pas rendre bilingue les nôtres ?
C’est comme dans les Administrations communales d’Arlon à Anvers, qui gênerait quoi de renseigner les administrés dans une autre langue que celle qui a cours dans la Commune ? Pourquoi ne pas instaurer en Wallonie une prime aux agents de l’administration pouvant parler dans l’autre langue nationale ?
On voit dans tous les exemples cités quel genre d’initiative on pourrait prendre unilatéralement du côté francophone et on verrait bien alors les intentions réelles des partis politiques flamands.
La signalisation des routes est particulièrement visée par les tags et les traits noirs barrant les indications et les noms des villes en français dans des communes à facilités.
Je ne vois nul inconvénient à ce que sur le panneau indiquant Liège sur les hauteurs de Robermont, ou en sortant de Herstal, on y trouve aussi en même caractère « Luik ».
On verrait bien si du côté wallon sévissent autant de barbouilleurs que du côté flamand.
Ce qui est tragique, c’est de passer à côté d’autres revendications bien plus importantes.

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Il s’agit de disputes plus sérieuses et qui portent sur l’avenir des gens. Au travail, chacun gagne-t-il selon ses mérites et ses efforts ? Qui critique encore les lois du marché ? Qui relève les énormités des mythes du système capitaliste comme celui de la concurrence et de l’initiative privée ? Qui oppose aux agissements des banques une résistance raisonnée ? Qui se soucie du pouvoir d’achat des plus pauvres, tandis que s’accroît le pouvoir d’achat des riches ? Qui dénonce les vices d’une justice indulgente pour les uns, féroce pour les autres ?
Oui, là, cela vaut la peine de s’inquiéter de cet avenir là, plus menacé que la langue flamande.
Je ne vois pas ce qui différencie un travailleur wallon d’un travailleur flamand.
Il y a derrière la diabolisation des relations communautaires le relent fasciste des suborneurs de ce pays.
N’en soyons plus les dupes.

30 octobre 2007

Sarko renoue avec le sexe.

-Ravi de vous connaître.
-Moi de même.
-Vous prendrez bien un verre.
-Mettez-moi un Kir.
-Comment avez-vous eu mon adresse ?
-C’est la dame de l’agence.
-Vous ne me remettez pas ?
-Pourquoi dois-je vous remettre ?
-On m’a vu dans les journaux.
-Pas en mal j’espère ?
-C’était à propos de mon divorce.
-Voilà, je me disais aussi. Où ai-je pu rencontrer ce Monsieur.
-C’est moi.
-Ce n’est pas possible.
-Si. Je vous assure.
-…avoir répondu à une annonce en Belgique !
-J’étais pourchassé par les médias en France.
-Et vous avez choisi de tenter votre chance en Belgique !
-Comme vous le voyez.
-Je suis toute intimidée. Que pensez-vous de moi, du premier contact ?
-Il est favorable.
-Croyez-vous que je serai à la hauteur ?
-Je ne suis pas grand.
-Il est vrai. Mais je parlais de la position que l’épouse d’un homme comme vous prend par la nécessité des choses.
-Il est encore trop tôt pour le savoir.
-Et ce serait pour le bon motif ?
-Dans ma position, j’épouse toujours.
-Cela ne vous a pas réussi !
-Vous comprendrez que nous devons être discrets, vous et moi, au début. Rien ne doit filtrer de ce qui sera au départ une liaison.
-Et quand elle sera officielle…
-J’officialiserai…
-Une messe à Notre-Dame ?
-Tout ce que vous voulez.
-Une réception à l’Elysée…
-Avec les Corps constitués… A propos de corps, il conviendrait que nous aillions dans un hôtel pour, vous comprenez, si des fois sur le plan physique cela ne marchait pas bien entre nous…
-Je vous comprends Nicolas. Il y en a un très bon en face, l’Excelsior…
-Vous connaissez ?…
-Des amies me l’ont recommandé …
-Quand vous voulez…
-Le temps de me remettre un peu de poudre aux toilettes…
(Elle se lève et disparaît dans les lavabos)
Le client et le garçon se font des signes de connivence.
Le garçon – tu tiens la formule Gaston. C’est la quantième ce mois-ci ?
Le client – La septième. On peut dire que celle-ci elle est canon…
Le garçon – Attention la revoilà.
(Elle s’assied)
-On y va ?
-Encore un mot, Président… je peux vous appeler Président ?
-Entre nous si vous le souhaitez…
-J’adhère à vos conditions. Il est normal que vous acceptiez les miennes.
-Cela va de soi.
-Bien entendu, à l’Elysée et la bague au doigt, ce sera différent, vous comprenez ? Mais ici, tout de suite, c’est 50 euros pour une heure, 200 pour la soirée et 50 de plus si c’est sans préservatif.

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29 octobre 2007

Cause toujours…

Le débat habituel ce dimanche sur RTL. En question l’affaire BHV, sempiternel débat pour une solution qui risque de faire rire toute l’Europe.
Sur le plateau de Vrebos, les durs du mouvement flamand étaient bien représentés. Côté francophone, les bourgmestres des communes à facilité, élus mais non nommés par la tutelle flamande, avec José Happart en sentinelle avancée, les attendaient de pieds fermes.
Le dialogue de sourds pouvait commencer.
Si j’en écris un mot ce soir, c’est sur la réflexion d’un membre de l’Université d’Anvers présent également.
« Il faut considérer la position de défense flamande devant le français, comme les Québécois le sont au Canada devant l’anglais ».
Cette réflexion n’est pas fausse.
Elle devrait inspirer les leaders Flamands qui ridiculisent la Flandre par leur étroitesse d’esprit et le manque d’ouverture.
Oui, la langue flamande est sur la défensive. Chaque jour des petits Flamands naissent qui abandonneront tôt ou tard leur langue pour le français, si l’on en juge par les cartes linguistiques. En un peu moins d’un siècle, pas loin d’un million de personnes sont passées du flamand au français rien que dans le Brabant et à Bruxelles.
C’est évident que les francophones ne sont demandeurs de rien dans les tractations sur les pouvoirs des Régions, puisque le français fait tache d’huile.
Nous savons bien, nous Wallons, comment ont disparu les parlers wallons qui, si nous n’avions pas été subjugués par la plus belle des langues issues du latin (Je vais me mettre à dos les Espagnols et les Italiens) seraient aujourd’hui comme le flamand dans un état de résistance.
Où serions-nous allés avec le wallon, à la dérive dans un triangle coincés comme nous le sommes avec l’allemand dont nous avons bon nombre de mots dans nos dialectes et le flamand qui se parlait encore aux portes de Liège, il y a tout juste deux cents ans ? Nulle part.
Bien sûr la manière dont nos aïeux ont été traités quand ils ne parlaient que le wallon dans nos campagnes et dans nos villes a été parfaitement scandaleuse. Les élites auraient pu agir d’une autre manière avec les petites gens. Ils ne l’ont pas fait pour des raisons historiques de classe. Nous avons eu nos « fransquillons » aussi ! Ce n’est pas le cas en Flandre. Mais prendre le chemin inverse, à savoir protéger le parler des gens du peuple et volontairement priver la Région de la culture française au point d’avoir coupé l’Université de Louvain en deux, est tout autant préjudiciable.
Les Flamands ont derrière eux les Pays-Bas qui comptaient au 1er janvier 2007, 16 357 992 habitants. Certes, ce n’est pas négligeable. Mais, les Néerlandais comptent à peine 23 000 habitants de plus que l’année avant. On touche à un plafond linguistique qui n’embarrasse que les Flamands. Les Pays-Bas ont conscience des limites et des particularités de leur langue et se tournent résolument vers l’anglais, l’allemand et le français, sans aucun complexe.
Croit-on réellement en Flandre que les lois linguistiques et l’autonomie accrue des Régions finiront par arrêter la progression du français ?

Une réglementation tatillonne, arbitraire, n’a jamais été une arme efficace. Et à vrai dire, il n’y en a pas, sinon ne pas avoir peur de s’afficher Flamand et ne pas sombrer dans la paranoïa des flamingants qui finiront par discréditer toute la Flandre aux yeux de l’Europe.
Les Canadiens francophones ont été « infiltrés » par la langue anglaise. Ottawa a voulu leur peau. Des mélanges par des mariages mixtes ont vu des transferts de l’une à l’autre des communautés. Est-ce que pour autant le français soit moribond au Québec ?
Aucun Canadien ne peut se prévaloir aujourd’hui d’une prestation intellectuelle sérieuse sans la connaissance du français. Les milieux les plus réticents à la langue de la « Belle province » sont en train de faire machine arrière. Depuis quelques années l’anglais ne progresse plus. Il y a une stabilité naturelle qui rassure les francophones, si l’on excepte les cris et les menaces de certains. (Ils ont aussi leurs « flamingants »)
Si au lieu d’ériger des barrières, on les supprimait en Flandre ?
Si les majorités dans les Conseils communaux des Communes majoritairement francophones débattaient tour à tour en flamand et en français selon les circonstances, serait-ce la fin du monde pour la Flandre ?
La Flandre se révélerait plutôt une grande nation, active et forte, enfin débarrassée de ses peurs.
Elle en serait d’autant respectée.
Alors que le spectacle qu’elle donne à voir aujourd’hui ressemble à un mauvais vaudeville.

28 octobre 2007

Un plan planétaire.

On peut se demander, comme Platon se le demandait déjà, si la démographie galopante n’est pas aussi un facteur dégradant le système économique mondial au point de le rendre plus pervers qu’utile.
On se voile les yeux devant ce qui nous attend. Mais une seule certitude, le marché actuel est incapable d’apporter le confort et le bien-être à tous.
Que sera-ce lorsque dans un demi siècle, la Terre pourrait compter entre 12 et 15 milliards d’habitants ?
Ce sont des fous ou des charlatans qui prétendent que la planète pourra nourrir et abriter tant d’humains. Et quand bien même cela serait, dans quelles effroyables conditions ?
Sans aller voir sur les trottoirs de Bangkok ou de Calcutta, sans faire un détour par l’Amérique du Sud ou l’Afrique Centrale, avec la relative pauvreté de l’Occident comparée au reste du monde, en Belgique, une personne sur sept peut être considérée comme pauvre, selon une étude entreprise à l'occasion de la Journée Internationale pour l'élimination de la pauvreté.
Si un pays parmi les plus riches de la planète – un pays qui marche à plein dans le système capitaliste - a 15 % de la moyenne de sa population dans le dénuement (Bruxelles en a 28 % !), comment peut-on prétendre à l’élimination de la pauvreté partout dans le monde, alors qu’on est tout à fait incapable de le faire chez nous, malgré les moyens dont nous disposons !
Le drame bruxellois est sans appel :
« Notre Région présente le paradoxe d'être économiquement la plus prospère du pays et également la plus touchée par la pauvreté" a commenté un ministre bruxellois.
Voilà qui est clair et qui met le doigt sur le défaut majeur du système économique libéral qui est celui de ne pas pouvoir offrir une vie décente à tous.
Les récentes augmentations des denrées alimentaires, du gaz et de l’électricité et des autres moyens de chauffage en Belgique coïncident avec la privatisation des dernières entreprises qui fonctionnaient de façon mixte, mais où l’Etat avait encore la haute main.
Le constat est douloureux, l’Europe se fiche des gens dans son credo des diminutions de prix grâce à la libre concurrence. C’est même le contraire qui nous tombe dessus. On en avait déjà un avant-goût avec le prix du pain. Le constat est identique pour le reste.
Et encore, l’euro vaut dans le dollar trente-cinq, plus ou moins. Que se passera-t-il quand les changeurs fatigués de la bonne tenue de notre monnaie joueront contre elle dans un but spéculatif ?

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Le libéralisme a une forte analogie avec les Evangiles. Il y aura beaucoup d’appelés et peu d’élus.
Le néo-libéralisme global est donc un échec à l’échelle mondiale. Il ne correspond pas aux réalités du monde. Si aujourd’hui il a échoué, il ne réussira pas plus dans dix ou vingt ans, quand la situation sera pire. C’est en cela que le message d’un Al Gore est une tromperie. Le prix Nobel de la paix dans son bilan de la planète n’intègre pas la carence du système capitaliste, comme il ignore l’indispensable contrôle mondial des naissances.
Il est prévisible que l’ostracisme économique accroîtra d’année en année les comportements destructifs y compris criminels dans la dialectique impossible des élus et des exclus et que les migrations de masse favoriseront le terrorisme sous la forme d’un intégrisme religieux faussement rédempteur.
On voit croître en Belgique les moyens de défense individuels en réponse à la délinquance en augmentation. N’est-ce pas déjà une conséquence directe de l’échec du capitalisme ?
On a pu disjoindre des sommes considérables des profits, afin de calmer les esprits de centaines de milliers de chômeurs ; comme on a donné aux vieux travailleurs les moyens de ne pas trop crever de faim. Jusqu’où peut-on tendre l’élastique ?
Il suffirait qu’un insensé – Leterme peut l’être – faisant des coupes sombres parmi les éclopés de la vie, pour que tout s’embrase.
Chômeur involontaire ou paresseux congénital, un homme a la nécessité de manger au moins une fois par jour. Que nos activistes en mal de gouvernement ne l’oublient pas !
Ce qui est inquiétant c’est l’absence d’une réaction de la gauche.
Au contraire, celle-ci persiste dans l’accompagnement d’un libéralisme inadapté aux besoins des hommes.
Que faudra-t-il comme catastrophe pour qu’enfin la gauche fasse le procès du système libéral ?

27 octobre 2007

Enfin, un premier ministre !

-Vous revenez aware et en pleine forme en Belgique pour faire quoi ?
- Il y a des gens qui font leur travail, qui font leurs études, ils ont un diplôme, ils sont au contact tout ça. Tu as un rhume, faut que tu te mouches. Leterme n’est pas aware. Ils tirent son mouchoir et quand il éternue, tu entends bien que ce n’est pas en français. Tu comprends ça ?
-Vous êtes chargé d’une mission… Une nouvelle exploration ?
-Je suis fasciné par l'air. Si on enlevait l'air du ciel, tous les oiseaux tomberaient par terre....Et les avions aussi.... Tu vois à côté de Linkebeek, Wezembeek-Oppem et Crainhem, le désastre que ça ferait ? On pourrait plus voler à Zaventem ! Isabelle Durand se remarierait sans doute à Schaerbeek, dans un quartier que je connais bien. Le roi m’a demandé à Malibu de voir ce que je pouvais faire pour empêcher le désastre. J’ai pris un Jet avant que le feu monte la colline de Hollywood, après, il est toujours trop tard…
-Vous travaillez pour Leterme, le CD&V ?
- Une noisette, j'la casse entre mes fesses tu vois... Alors, me fais pas chier. Quand je travaille la presse est au courant. C’est elle qui doit me dire pour qui je travaille, tu comprends ? Tu bois une bière et tu en as marre du goût. Surtout si t’en prends pas une deuxième, parce qu’à la deuxième ça va toujours mieux, et alors t’en prends une troisième et ainsi de suite. Tu recules toujours, t’es comme la frontière linguistique, tu sais plus t’arrêter. Tu crois que t’es en Californie et tu vois au bout la ville de Mexico ! Quand t’es dans le doute, tu manges des cacahuètes. Les cacahuètes, c'est doux et salé, fort et tendre, comme une femme. Manger des cacahuètes, it's a really strong feeling. Et après tu as de nouveau envie de boire de la bière. Les cacahuètes c'est le mouvement perpétuel à la portée de l'homme. Je dirai demain à la femme, là, qui pourparle avec Leterme, pour son teint, elle doit manger des cacahuètes.
-Vous participerez aux réunions ?
- Non, si y a de la coke. Je l’ai dit au roi. Albert, ces gens se font une ligne. Ça explique tout. Les explications embrouillées, Jean-Marie Dedecker et les autres zinneke… La coke ça arrête la tête, ça te fout tout en l'air, hein, on sait pas ce qu'on dit, on sait pas ce qu'on fait. T’as droit à un chapeau à la tête du pouvoir quand même ? Après cent quarante jours, à peu près, t’as droit… Avec la coke, t’as plus de tête sous ton chapeau… Moi j'ai touché, j'ai perdu le touch, j'avais plus le feeling de la vie... Ma brain était à l'envers dans ma tête. La drogue, c'est comme quand tu close your eyes et que tu traverses la rue...
-Si vous étiez premier ministre que feriez-vous ?
- Tu sais que mes autres prénoms sont Camille et François. J'aime bien Camille, non ? Ca fait "old fashion", tu trouves pas ? Ça respire le meuble de Provence ! Je préférerais qu’on dise, c’est Camille premier. Jean-Claude, c’est double comme Jean-Paul deux et tu vois, Jean-Paul est resté toute sa vie deuxième !
-C’est quand votre prochaine réunion ?
-Albert me téléphone dans la semaine. Il faudra que le public attende pour les autographes. J’en donne toujours même quand le film n’est pas réussi.Le monde est composé de flèches et de molécules, et d'électricité,comme le Big-Bang tu vois, et tout ça ensemble, ça forme la Belgique.
-Et le choix des langues ?
-On a créé une réalité dans notre réalité, on a inventé deux langues. Moi, je suis aware, j’en connais 3, le bruxellois, l’américain et le mexicain, parce que chez nous, on a des frontières aussi, mieux on les a électrifiées. Pourquoi on mettrait pas du courant aussi en Belgique ? Si c’est pas suffisant, on met les fils après et tout le monde reste chez soi.
-Quelle serait votre première mesure ?
- Je demanderais qu’on respecte la vie. La vie appartient a tous les vivants. It's both a dream and a feeling. C'est entre ce que nous ne sommes pas sans le rester. La vie c'est mourir aussi....Et mourir c'est vraiment strong...c'est rester en vie au delà de la mort...Tous ceux qui sont morts n'ignorent pas de le savoir. Un Flamand mérite de mourir aussi dans ses frontières reconnues. Il doit pouvoir déconner dans sa langue sans être emmerdé dans une autre langue ! Si les francophones n’habitaient que Bruxelles, on parlerai le flamand en Wallonie aussi, alors où serait le problème ?

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-Il n’y aurait plus de Région ?
- Quand je vois un enfant qui est moitié Belge, moitié Viêt-cong, et qui est mon enfant, tu vois..., c'est..., c'est..., c'est mon Dieu quoi ? C’est peut-être un Flamand ? Si tu respectes pas les enfants, tu te respectes même pas à partir de trois bières… alors, tu vois où je veux en venir ?
-Vous accepteriez d’épouser une Flamande, si vous étiez Camille premier ?
-Au début pour faire l'amour avec une Flamande, faut savoir parler en flamand. Après, t ‘as plus besoin. Elle comprend par geste... et je ne parle pas que de sexe..., il faut être physical, mais t’as pas besoin de montrer ton sexe tout le temps. Tu peux t’en servir sans le montrer. Dans mes films, on ne voit mon sexe que de dos.
-Quand formez-vous le gouvernement ?
-C’est Albert qui me fera signe…

26 octobre 2007

Un aveu.

-Des Esseintes ! Toi… Si je m’attendais. Encore en vie ?
-J’ai changé de nom. C’est simple, plus personne ne lit « A rebours »…
-Comment cela ?
-L’inculture d’aujourd’hui, mon cher, doit avoir un rapport avec l’instruction obligatoire…
-Et comment t’appelles-tu, beau merle ?
-Des Merdeuses.
-Oui, évidemment, c’est plus près de la réalité.
-C’est cela. Des Esseintes gardait son naturel derrière sa superficialité et son spleen. Des Merdeuses peut rugir parmi la troupe des excités des bars et des stades, tout en restant l’esthète névrotique à la personnalité un peu floue. Mais, ils ont un point commun : ils sont tous deux les témoins de la décadence et les prophètes aussi.
-Parle pour Des Merdeuses, mais des Esseintes ? C’est bien son époque qui a accouché de la nôtre, en pire ?
-Non. Des Esseintes est le papillon de nuit qui ne put accomplir sa dernière métamorphose. La guerre de 14-18 mit un terme à son époque.
-Toutes les civilisations son périssables, certes, mais la nôtre est bien l’héritière de la société dont Des Esseintes prédit la perte.
-En réalité, il n’y a pas encore eu la grande faille. La guerre de 14-18 n’a été que la fin du premier acte. Mais nous ne perdrons rien. Le spectacle sera grandiose. Il a fallu près de mille ans pour voir la fin de l’Ancien Régime en 1789. Il ne faudra pas trois cents ans pour enterrer notre civilisation. Ce sera le combat entre le profit personnalisé et la misère ambiante accélérée.
-Qu’auras-tu fait, toi Des Merdeuses, pour casser la mécanique de mort, ou au moins, ralentir l’agonie des temps présents ?
-J’ai commis bien des erreurs. J’ai cru manger moins, limiter mes achats de viande, de blé, afin que les pays du Sud aient une vie meilleure.
-Et alors ?
-Comme ils ne pouvaient pas payer les cultivateurs, ceux-ci ont réduit les champs de blé, diminué les cheptels. Bref, ils se sont adaptés à ma consommation.
-Evidemment.
-Ensuite, j’ai milité pour l’atome. Cela me paraissait faire œuvre utile pour la terre. L’électricité produite de la sorte dégagerait moins, ce me semblait, de CO².
-C’était bien raisonner.
-C’est faux. La production de l’atome passe par l’extraction de l’uranium à ciel ouvert en dévastant tout, son transport, son traitement, comme la houille. Après usage, il faut le stocker ou le recycler. En fin de compte, l’électricité d’une centrale dont l’énergie est l’atome d’uranium pollue une fois et demie plus qu’une centrale classique !
-C’est affreux, ce que tu me dis-là !
-Aussi, je ne milite plus pour rien. Je fais comme Des Esseintes. J’attends la fin dans mon coin.
Comme lui, je suis l'archétype du jeune homme européen atteint du "mal du siècle".
-Que fais-tu de ceux qui ne peuvent pas, comme toi, attendre la fin dans leur coin… qui doivent ou tendre la main ou se battre pour manger ?
-J’ai appris à mes dépens qu’ils ne veulent pas comprendre où l’on en est et que le seul moyen de faire bouger les choses, c’est de renverser les idoles, de jeter au feu les anciens dogmes pour bâtir un monde nouveau.
-Peut-être ne le veulent-ils pas parce qu’ils pensent que le remède sera plus douloureux que la maladie.
-Quand on est atteint d’une maladie qui peut être mortelle, on n’a pas le choix. On doit prendre le remède ou périr.
-Ceux qui ne le veulent pas, c’est parce qu’ils usent de leur influence sur les autres afin de conserver la chaise sur laquelle ils sont assis ?
-Nous sommes arrivés à un point de déliquescence telle, que même un cataclysme ne les sortirait pas de leurs convictions. Les esclaves se jetteraient au feu pour les maîtres !

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-Comment est-ce possible ?
-Chaque fin de civilisation est faite de la sorte. C’est la logique des sots. On entend partout des raisonnements faux des plus éminentes personnalités ; celles qui sont censées réfléchir plus que nous et qui ne se privent pas, d’ailleurs, de préjuger de ce que nous pensons, si tant est que nous pensions encore et elles avec nous… La Révolution française n’a pas été faite par le peuple. Elle est le produit d’une bourgeoisie qui aspirait aux biens de l’aristocratie. Tu ne vois pas les gens d‘aujourd’hui se plaindre de nos notables au point de les jeter par terre ?
-Pourquoi pas ?
-Parce qu’on les a convaincus que les classes sociales n’existent plus et que des passerelles existent entre les différentes « réussites » sociales. Et puis il faut bien qu’il y ait des intérêts différents d’aimer l’Etat, disent-ils, avec la conviction qu’on leur souffle. Ces imbéciles croient que la liberté, c’est le conformisme et la soumission aux règles. Alors que c’est le contraire.
-Des Esseintes pensaient cela ?
-Non. Il se sortait d’un naturalisme à la Zola, pour rêver à d’autres formes littéraires. Alors, tu penses, l’avenir des peuples.
-Son attitude était une pose, alors ?
-Il s’en fichait, tout simplement, sachant qu’il n’y avait plus rien à faire et que la guerre était imminente. Comme je devrais m’en fiche, puisque c’est pire aujourd’hui, qu’en 14 !


25 octobre 2007

Adieu et à bientôt…

-C’est un grand qui s’en va !
-Il n’est pas encore parti…
-Il est en instance… on sent le poids des valises quand les épaules s’arrondissent.
-On peut dire qu’il l’aime, lui, la Belgique !...
-Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
-Le regard qu’il a, quand il s’adresse à nous. Il est humain.
-Ah ! je l’avais jamais vu. Quand on est Premier ministre, c‘est le moins.
-Et puis ce qu’il laisse derrière…
-Les Wallons en larmes sur le quai…
-Il s’est bien démerdé pour nous.
-C’est le moins. Faudrait quand même pas qu’il parte avec le patrimoine, les tableaux, les cendriers…
-Je parle de ce qu’il laisse…
-Moi aussi.
-…du redressement, de la dette, de ce qui fait la fierté du peuple.
-La fierté du peuple, c’est de bouffer à midi et de pas avoir un travail trop chiant. Le redressement, voilà depuis soixante ans qu’on s’essaie. Les Belges ont une bite à la place de la colonne vertébrale, ça tient droit dix minutes, pas plus.
- Quand un Premier comme ça se retire, y a pas de suivant. C’est l’époque qui change.
-L’époque ? Peut-être qu’on aura plus d’époque du tout, qu’elle sera la dernière.
-C’est dommage qu’on parle déjà plus de lui.
-Pourquoi veux-tu qu’on en parle ? A part toucher aux fins de mois et s’envoyer en missions fines dans des hôtels à l’étranger, Leterme sait faire ça aussi.
-Il nous emmerdait pas trop avec Hal - Vilvoorde… tandis que l’autre…
-Il a passé son temps à repousser les échéances. C’est facile faire des commissions pour tout. Moi quand je fais les courses et que j’oublie le sel, Lily m’engueule !...
-Tu l’aimes pas. Est-ce que tu aimes quelqu’un ? Et la Belgique ? Tu l’aimes la Belgique ? Je te demande pas de l’aimer comme Adamo, mais, par exemple comme les frères Taloche ?
-Comment ils aiment la Belgique, les frères Taloches, tu peux me dire ?
-Ils l’aiment moins qu’Adamo.
-D’où tu le sais ?
-Faut voir les yeux d’Adamo qui brillent, comme ceux du Premier, quand il parle de la Belgique, pareil… On croirait qu’il louche…
-Ils ont peut-être le même collyre ?
-Et son sacrifice, qu’est-ce que tu dis de son sacrifice ?
-D’Adamo ?
-Non, du Premier. Qu’il reste aux affaires courantes, alors qu’il pourrait nous dire d’aller nous faire foutre ? Et tous ses ministres, l’équipe au grand complet, au poste ! C’est pas de la ferveur, ça ?
-C’est surtout qu’ils peuvent pas faire autrement. Ils sont comme les Indiens. Ils effacent les traces derrière eux pour pas qu’on les reconnaisse, que l’autre qui va venir leur attribue ses gourances…
-Ça ne se gourre pas un Premier, monsieur, ça exécute.
-Pour être exécutés, on l’a été et pas qu’une fois. Pendant qu’il agite son petit drapelet, le Premier, t’as l’étiquette des prix qu’affiche aussi ses couleurs, celles de la honte. Bientôt ce sera plus du pain dur qu’on bouffera, mais de la merde.
-C’est quand même moins dur, non, la merde ?
-Il part. Bon débarras. Le malheur, c’est que ces gens là partent avec l’idée de revenir. C’est comme l’attagène des tapis, on croit en être quitte, il rapplique la saison suivante, pour bouffer ton persan….

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-T’es pas patriote comme eux !
-Un patriote ne court pas chez le notaire pour faire valoir ses droits. Un patriote n’aime personne, s’il n’aime pas tout le monde. Or, comme l’amour d’un patriote se limite à sa patrie, il n’aime personne, finalement.
-Alors, t’iras pas à la cérémonie des adieux ?
-L’Etat pour eux, c’est un self-service spécial. T’es pas invité, sauf pour passer les plats. Est-ce qu’on invite les larbins ? Non, monsieur. Quand tu vas chez Mittal, est-ce que tu bouffes avec le patron ? Chacun à sa place, et les vaches seront bien gardées, d’autant qu’il n’y a que toi pour les garder. Et puis, tu sais, la cérémonie des adieux, après 136 jours de cris et de chuchotements des suivants probables, on l’aura pas de sitôt, la cérémonie !…

24 octobre 2007

Un divan collectif !

Même si un gouvernement se formait à l’issue des laborieuses discussions ; même si BHV était remis au frigo en attendant une meilleure inspiration des parties ; même si Monsieur 800.000 voix était nommé premier ministre par le roi ; même si la Flandre se satisfaisait aux trois quarts de ses exigences ; que les Wallons et les Bruxellois se disaient à la suite de cet échec « bah ! ils ne nous ont pas tout pris » et se résignaient en invoquant la majorité démocratique du nombre ; et enfin, si certains Wallons du calibre de Reynders persuadaient les partis de Wallonie que la frontière linguistique est une protection : dans cinq ans, dans dix ans ou dans vingt ans, la Flandre mettrait fin à la Belgique.
Elle le fera unilatéralement et sans préalable.
C’est ce qu’elle veut. C’est ce qu’elle dit et c’est ce qu’elle fera.
Pourquoi ?
Parce que ses porte-parole la représentent si bien qu’on peut croire à travers eux qu’elle est malade de son sentiment d’infériorité par rapport à la langue française.
Sa névrose obsessionnelle s’est cristallisée de telle manière que ce serait peine perdue de la raisonner.
Le sentiment d’infériorité est une forme névrotique grave fort élaborée et difficile à réduire, les médecins vous le diront.
Qui ne voit dans les propos tenus par Bart De Wever, Leterme et même van Rompuy le conflit psychique s’exprimer par des symptômes compulsionnels les plaçant dans des formes obsédantes d’idées qui ne peuvent rencontrer l’adhésion de la partie adverse ?
Les manifestations de ce sentiment allient la provocation du discours, au passage à l’acte qui peut aller jusqu’à la violence. Elles ont pour but de diminuer l’angoisse collective et débouchent dans la foulée sur le sentiment d’appartenance à une Nation incomprise.
L’appartenance implique une identification personnelle par référence au groupe (identité sociale), des attaches affectives, l’adoption de ses valeurs, de ses normes, de ses habitudes, le sentiment de solidarité avec ceux qui en font aussi partie et leur considération sympathique. Cela se traduit par plusieurs formes de nationalisme, aiguë à Anvers, moins hargneuse dans le Limbourg.
Appartenir, c’est découvrir que le citoyen flamand s’actualise en lien avec d’autres personnes, qu’il a une part irremplaçable dans les groupes auxquels il appartient; afin qu’avec les siens, il crée et réalise des projets dont "l’ennemi" extérieur lui dénie la nécessité vitale.
Tout le discours des dictatures n’est rien d’autre que cela.
Question de langage ? La langue flamande est en symbiose avec le « germanisme » dont elle est issue, sans avoir le génie de la langue de Goethe et de Schopenhauer, d’où l’infériorité aggravée par l’autre voisin prestigieux : la France.

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Mais le nombre, talisman du suffrage universel, modifie le sentiment d’infériorité du langage et le retourne en affirmation de supériorité, par le sentiment que l’infériorité se transforme en supériorité sur le constat de la force d’une majorité inversant les valeurs.
Chaque névrose est une tentative culturelle non réalisée pour se libérer d'un sentiment d'infériorité et acquérir un sentiment de supériorité.
La compensation du sentiment d'infériorité est aussi à l'origine de réalisations transcendantes stigmatisées par le discours nationaliste comme la résultante d’une majorité bafouée par une minorité.
Dorénavant un sentiment partagé en Flandre voudrait que la minorité francophone dicte ses lois et que, par conséquent, puisque cette minorité s’y oppose, il faut scinder BHV. Il est aussi admis que les Flamands, selon Bart De Wever, entretiennent les Wallons par des transferts de fonds. Etc…
Ce qui est faux devient vrai quand 800.000 voix acclament les sophismes proférés.
Le sujet se sent coupable toutes les fois que l’étranger au groupe ne cède pas à son désir.
Les discours qui disent le contraire sont des amorces tirées pour effrayer les moineaux.
BHV n’est qu’une étape, la vraie question c’est Bruxelles. Les Flamands n’ont pas encore trouvé de solution pour les Francophones de la capitale.
Ils y pensent.

23 octobre 2007

L’élite des cons et les cons d’élite.

-Boverie !... merde mon con, qu’est-ce que tu fous place Cathédrale ?
-Je suis en repérage, mec…
-T’es devenu flic ? Sacré Boverie… t’étais doué pour rien. Tu te rappelles ?...Flic, t’es compétent…
-C’est pas élégant, Charles, de me rappeler les choses... Doué pour rien aujourd’hui, ça veut dire capable de tout.
-Sans savoir ce que tu fais, on sent que t’as fait des progrès…
-Un peu. Je travaille pour le cinéma !
-Tu pousses un peu…
-Pas du tout.
-Du vrai cinoche ?
-…en collaboration, on ne peut plus réglo avec trois télévisions dont je tairai les noms…
-Ah bon ! un téléfilm…
-Même en deuxième rideau, y a de la pèpète pour les artistes.
-T’es artiste ? Avec la gueule que t’as !
-Y a pas que les belles gueules dans le cinéma, t’aurais ta chance avec la tienne… Non, j’écris les dialogues.
-T’avais aucune orthographe !
-Je sais, t’en avais plus que moi. Mais, j’ai l’imagination que t’as pas. C’est ce qui te manquera toujours. T’es salarié, moi, je suis intéressé… Tu saisis la nuance ? Même à poil chez mon médecin, je me sens pas inférieur ; attendu que je bosse deux fois moins que la malheureuse qui prend dans la tronche les microbes de tout le monde.
-…t’as changé !
-Tu dis plus « sacré Boverie », t’as remarqué. Je parie que tu sais même pas mon petit nom ? Tandis que moi, t’es Charles, en revanche je connais pas ton nom.
-C’est à cause de Morniaud, l’instit de sixième…
-T’es sévère… Les cons, plus tu montes dans les statuts, plus la connerie est solide… Alors, tu penses, Morniaud… un con de deuxième classe. Il l’était, mais bêtement…
- Toi, t’as osé, c’est tout. Je t’envie…
-T’es toujours imprimeur chez Schtrouf à Bruxelles ? Je parie que t’as été viré ?
-Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
-Les Calimero bossent l’aprem… puis, ta dégaine… l’imper, la moustache, le parapluie… tu mates plus le cul des filles, j’ai bien vu… t’as le gland aux feuilles mortes… bref, t’es éteint…
-On a fermé. On était resté au vieux système. Le plomb c’est pas comme le genièvre… Plus ça vieillit, plus ça s’oxyde…
-Bref, toi tête de banc de la maternelle au master, dans les vicissitudes et l’obligation de plonger les bras pour bien la mélanger, la merde des autres, Schtrouf a trouvé la mélangeuse automatique, puis t’as été viré… logique !
-C’est vrai t’as connu l’homme, héros du FOREm. Il en a fait rayer, des mecs…
-Moi, il m’a saqué tout de suite Toi, t’en a pris pour vingt piges dans son sous-sol, au parfum des linotypes.…
-J’aurais dû le savoir, un type qui commence par « chez nous, on est une famille et vous devez vivre en famille » pour finir par pincer le cul de la secrétaire, qu’elle en pleurait tous les jours, faut se méfier…
-Tu sais que t’es pas si con que je le croyais, Charles !
-On se découvre. J’étais en train de me dire que je m’étais gouré, t’as jamais été con, non plus, Boverie. Comment, nous autres, on l’a jamais su ?
-Pendant les douze années qu’on s’est connus à s’emmerder aux études – enfin, je parle pour moi – on rendait les copies ensembles, mais on a toujours fait rêve à part !...

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-Tu vis pas que de dialogues, quand même ?
-C’est difficile, le dialogue. Faut que ça intéresse les cons et les élites. Tu me diras, ils sont souvent qu’un.
-Tu tournes quoi, en ce moment ?
-C’est un type qui découvre qu’il bande plus au moment de conclure… C’est un peu les monologues du vagin, mais vu par la quèquette…
-I’ vont passer ça à la RTBf ? Ils ont changé, parole !Toi aussi t’as changé, tu causais pas beaucoup…t’étais poli… t’avais aucune mémoire!
-Quand on s’intéresse trop à l’oxydation des arsphénamines ou à la cirrhose de Mossé-Marchand on tombe dans la maladie de Monge…
- Monge ? C’est un ancien ? J’ai pas connu…
- C’est l’érythrémie des hautes altitudes… classe de deuxième… prof Lemaire…
-T’as revu Bicheroux, les deux Boulanger et ce malade de Tostain ?
-J’en croise. Certains ont réussi, si on peut dire, condamnés au costume trois pièces à vie, d’autres pas, comme toi Charles. Ceux qui ont réussi sont les plus chiants, les loosers sont pleurnichards, aigris ou révolutionnaires…
-Et toi, t’es quoi, Boverie ?
-Je suis un con qui a réussi, mais à la différence des cons modèles, je fais pas la leçon comme Morniaud. J’ai beaucoup plus à apprendre d’eux, qu’eux de moi !
-Comment ça se fait ?
-Parce qu’eux savent pas qu’ils le sont.

22 octobre 2007

Qu’est-ce que je vous sers ?

Il faut bien de temps à autre y revenir : 132 jours sans gouvernement, ce n’est pas rien et surtout pas indolore.
Ce n’est pas que les gens raffolent de ces enfoirés qui sont incapables de conclure un accord de base pour faire face rapidement aux trous qui parsèment la coque du navire afin de colmater les brèches, et pas que sur le budget.
On pourrait penser que c’est même un poste moins urgent que d’autres.
Les prix s’emballent, le mazout s’enflamme avant de rentrer dans les cuves, les gens grattent le fond de leur porte-monnaie, le pays est le champion des taxes et accises d’Europe, les héritiers de la culotte de leur père se sentent voler comme au coin d’un bois, et l’Haut-lieu s’en fout !... Pas tout à fait exact, il progresse dans les petits accords dans les moyens de casser du nègre (entendez par là les immigrés) et la manière de serrer la vis à la jeunesse !...
Les sondages pris sans doute dans les WC d’une grande surface montrent la popularité accrue de Didier Reynders en Wallonie, parce qu’il tourne le dos aux principes de solidarité entre francophones et qu’il est prêt à brader la Wallonie aux flamands pour un poste ministériel ! C’est dire la chiasse collective de tout un peuple qui a la trouille, au point d’aduler ce mec.
Enfin on progresse avec lenteur.
Ah ! elle est belle l’âme flamande…
A moins que les politiciens qui éructent en flamand nous donnent une fausse image des Flamands, en même temps que ces derniers les ont élus et que, d’une certaine manière, ils sont derrière les peigne-culs qui feront de la Belgique, si ça continue, un petit camp de concentration, avec ligne à ne pas franchir et langue unique..
On se fiche que l’Herman Van Rompuy, qui a contribué à déminer le communautaire de l'Orange bleue, ne sera plus associé aux palabres de Leterme et consort, si c’est pour nous tenir la jambe sur la frontière linguistique, le mal être flamand et les frustrations régionales de Vilvoorde.
Après quatre mois et demi de face à face, ils doivent quand même le savoir, les responsables, que trouver un compromis sans que l’une des deux parties ne se fasse baiser par l’autre, est impossible !

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On se regarde en chien de faïence, pourquoi attendre plus longtemps ?
On va trouver Albert, et Monsieur 800.000 voix dépose son tablier.
Au Belvédère à trouver une autre formule.
Si pas de formule du tout, chacun reprend ses billes et s’en va pleurer dans les jupes de l’Europe.
« On est trop bêtes, maman, on s’en remet à toi ».
On ne va quand même pas diviser l’armée en deux, établir Flahaut général d’Empire et s’arrêter devant Tongres en attendant les Anversois du CD&V/N-VA !
Voilà où l’on en est.
On va finir par regretter Verhofstadt, le frigoriste d’Etat. Au moins lui avait compris que pendant les fortes chaleurs linguistiques, il valait mieux mettre les viandes communautaires au frigo.
Il est vrai qu’il n’y a plus place dans le permafrost relationnel et bilingue.
Bref, c’est la soupe aux canards boiteux.
Et dire qu’on les paie bien pour nous faire ça !
Si au moins on avait quelques petits faits divers pour faire diversion ?
Un petit ménage qui se formerait dans les négociations entre un Flamand et une Bruxelloise, par exemple ? Que ce couple ne pourrait plus cacher son amour… mieux, qu’on aurait vu les deux amants dans les bosquets du Parc en face du Parlement, à se tripoter le derrière… C’est ça qui détendrait l’atmosphère, qui réjouirait les cœurs… La Belgique romantique submergerait les mécontents, les magazines du cul à ceux des tricots pour familles chrétiennes verraient leurs ventes exploser… On oublierait Halle et Vilvoorde.
Eh bien non ! A cause du réchauffement le permafrost brabançon livre ses secrets. Tout remonte à la surface et nous ne saurons jamais si Joëlle Milquet met des strings sous ses jupes et si Leterme est en DIM made in China, dans son privé.
Seule diversion - mais est-elle porteuse ? – certaines villes flamandes se mettent à ressembler à Charleroi.
La voilà bien la grande vertu flamande, rien qu’une hypocrisie de plus !
Pendant ce temps, ma banque a mis son petit drapeau à la fenêtre. Ce n’était pas le drapeau belge, mais le sien, au nom de laquelle elle m’escroque régulièrement. Voilà au moins des Belges qui ont le sens pratique des affaires.
Quant à moi, je découpe un vieux drap de lit pour en faire mon drapeau aussi.
Vous l’avez compris. Il est blanc. Je me rends…

21 octobre 2007

Renoncement !

C’est en essayant de comprendre l’homme que l’on apprend à mieux connaître la société. Celle-ci est faite à son image.
Le paradoxe à résoudre est simple. Si je déteste la société dans laquelle je vis, je dois nécessairement détesté l’homme qui l’a créée.
Or, si je la déteste, c’est parce qu’elle n’est pas en rapport avec une autre société que j’estime possible et qui serait créée d’après l’autre versant de l’homme, celui qui le consacre meilleur que sa réputation.
Comment résoudre le conflit intérieur ?
Sinon, comment rester en vie sans sombrer dans le désespoir ?
Peut-être bien que l’homme n’est pas tout à fait responsable et que la société qu’il s’est imposée, il ne l’a pas voulue vraiment ?
Enfin, s’il s’agit de statistique, tous les hommes ne l’ont pas bâtie depuis leur mauvais fond, et il en existe un certain nombre qui ne méritait pas ça ?
Oui, mais lesquels et combien sont-ils ?
Du point de vue historique, il apparaît que le New Deal activé sous la présidence de Franklin Roosevelt a sauvé le capitalisme d’une ruine certaine et empêché le monde de basculer dans une forme capitalistique inconnue de société.
En 1933, date de la prise de pouvoir de Roosevelt le plan keynésien qui fut mis en place était la seule issue et elle réussit au-delà de toute mesure, relançant le système économique mondial sous l’impulsion duquel nous sommes toujours.
Aujourd’hui, cette politique n’est plus possible. Alors qu’elle le fut en 33, par la taxation des transactions et la constitution d’un fonds de garantie.
Est-ce que les décideurs se sont endurcis ? En devenant plus spéculateurs, plus égoïstes, se sont-ils mutés en monstres froids, ou bien le sont-ils depuis l’aube des temps ?
Cette question est primordiale. S’ils le sont devenus, ils sont amendables et avec eux la société. S’ils ne le sont pas, prêcher pour une société plus juste revient à faire partie du clan des esclaves, les gogos de toujours, les natures moutonnantes.
Dans cette hypothèse, nous sommes dirigés par des voyous, aussi bien parce que nous le sommes sans le savoir, ou alors, le sachant, que c’est ainsi que nous souhaitons être, dans le présomptueux espoir de devenir des voyous influents.
Dans une assemblée composée en majorité de fous, les voyous créent leurs propres règles acceptées par tous comme étant la Morale, alors qu’elles n’en sont qu’une apparence, modifiable à tout instant.
Alors tout s’explique et devient clair : les lois sont faites pour protéger les détenteurs de l’argent, les gouvernements sont des lieux où s’assemblent des voyous qui sans grand talent n’en satisfont pas moins leurs instincts prédateurs. Les peuples trempent dans toutes les combines pour survivre dans la magouille et le vice, d’où une main-d’œuvre mal payée, mais dont il est acquis qu’elle peut, elle aussi, en écrasant des compagnons d’infortune, s’adjoindre quelques petits coupons et quelques profits insoupçonnés.
La liste des conséquences est longue, et elle correspond à un détail près à la description du système en vigueur formant une société de masques et de conventions dont le maître mot est l’imposture.

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Quand on entre dans cette logique, on cherche en vain une bouffée d’air.
Se débat-on dans la connaissance humaine par la connaissance animale, on est atterré par ce que Konrad Lorenz en écrit : « …il n’est pas une seule action généreuse de l’individu se produisant régulièrement et de quelque importance pour le bonheur et le malheur de la société à laquelle l’impératif catégorique soit seul à donner une impulsion et une motivation. Au contraire, dans la plupart des cas, l’impulsion active originelle est produite par la mise en jeu de schémas innés et de pulsions héréditaires. On ne peut que très difficilement construire des situations qui soient réellement neutres du point de vue des détachements des réactions innées et qui, simultanément au cours de l’examen rationnel et approfondi de la situation, nous incitent à une prise de position en faveur d’une action de renoncement à soi. »
Après cet accablant tableau de nos gènes patibulaires, Konrad met de l’eau dans son schnaps : « Il n’est pas un homme qui puisse donner librement cours à ces tendances innées, et c’est précisément là-dessus que repose la vieille aspiration de l’humanité vers le paradis perdu ». (Konrad Lorenz ; essais sur le comportement animal et Humain ; in les Editions du Seuil ; 1970)
Alors, on ne sait plus s’il faut opter pour le camp des agneaux ou le camp des voyous, sinon que notre champ héréditaire a déjà tranché pour nous.
Notre histoire ne serait qu’un long requiem et notre futur, l’apocalypse.

20 octobre 2007

Frou-frou à l’Elysée !

Mais en voilà une histoire !
On le savait et tout le monde s’en foutait.
Le people plus il prend de l’ampleur, plus il est insignifiant.
On amuse le badaud parisien avec un rien et tout le monde est ravi, même ceux qui sont contre l’infantilisation des lecteurs.
Maintenant que les journaux parlent du divorce, c’est différent. Le monde s’en fout toujours, mais officiellement la presse n’est pas au courant que les gens s’en foutent, et les plus sérieux chroniqueurs y vont de leurs commentaires. La vie privée, n’est-ce pas, c’est la vie privée… avant de dire des horreurs.
Cocu et content, c’était le portrait charge du Français moyen. Dorénavant, c’est le portrait type du gars qui réussit !... nuance. Les maris relèvent la tête. L’exemple vient de haut.
Sarkozy et son ménage. Bon. Quelqu’un qui ne gère pas bien ses relations intimes, peut-il gérer des millions de gens ? C’est une question. Déjà qu’on sait qu’il était cocu et qu’il a pris sur lui-même pendant deux ans. C’est un passif, un caractère rentré. Quelle serait sa réaction si un partenaire européen lui rentrait dedans, puisqu’il n’a pas cassé la gueule à Richard Attias ?
Bref, les natures viriles qui ont voté pour Sarkozy le regrettent déjà.
Il fait honte aux machos d’Ile de France.
Voilà bien la pire des choses qui pouvait lui arriver : une femme fatale ! Comment va-t-il expliquer à ses partisans qu’il fait le bon choix quand il faudra trancher dans les affaires courantes. Vous auriez épousé Marlène Dietrich, vous ?
Du coup voilà Fillon obligé de divorcer aussi, s’il ne veut pas perdre la confiance du président.
La Loi qui ne permet pas à un président d’être traduit devant un tribunal et qui arrangeait bien Chirac, va singulièrement gêné l’actuel pour régler les modalités de son divorce. On ne le voyait pas bien exhiber les photos de Paris Match afin de réclamer le divorce à son avantage ; par consentement mutuel, il risque de payer un max en pension alimentaire.
Les femmes du gouvernement vont devoir protéger leurs arrières, un président célibataire !
Certaines vont avoir plus de travail que d’autres à cette protection-là à cause d’une plus grande surface à surveiller. Si j’étais Rosine Bachelot, j’engagerais un garde du dos.
On va ressortir la vieille blague qui servit d’épitaphe à Félix Faure, président célibataire et qui mourut, dit-on à l’Elysée dans les bras de madame Steinheil, sa maîtresse. Après le coït présidentiel fatal, le curé qui arriva à son chevet aurait demandé : « Le Président a-t-il toujours sa connaissance ? ». Un domestique lui aurait répondu : « Non, Monsieur le curé, on l'a fait sortir par derrière ».
On voit la tournure ambiguë des événements. Le sérieux en prend un coup. Ce n’est pas madame Chirac qui serait partie au Canada avec Juppé, au temps où « le meilleur d’entre nous » payait pour son patron la facture des emplois fictifs.
Heureusement que la France est un pays léger où tout fini par des chansons. Le seul ennui, c’est le manque de chansonniers pour relever le moral de la rue. Il y a toujours autant de cocus, mais c’est un genre qui n’a plus cours.

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On peut faire confiance à l’esprit frondeur. De nouvelles vocations vont naître.
A part les UMP qui n’ont jamais beaucoup rigolé en séance, on se doute bien qu’ailleurs on va se tenir les côtes.
Est-ce que le président porte à gauche ? Débarrassé de l’obligation de réserve, François Hollande va poser la question au tailleur attitré de l’Elysée.
Cécilia, même si elle n’est plus la première dame, reste une star. Les fouille-merde vont la traquer, peut-être se laissera-t-elle gagner par la colère et dévoiler des secrets d’Etat ?
On connaît la valeur des confidences sur l’oreiller, que Attias réussisse un coup de bourse et le voilà au tribunal avec Lagardère.
N’empêche, Cécilia n’a pas beaucoup de cœur. Cela aurait tant fait plaisir à Jacques Martin, si elle avait avancé son divorce de quinze jours !
Que voulez-vous, mon bon monsieur, de mon temps les qualités de cœur primaient sur celles de l’intelligence, chez nos femmes !...
Elles étaient élevée à la campagne, travaux des champs de la journée, travaux de couture le soir !
Ah ! c’était une autre époque.
Il y a quand même un avantage pour ceux à qui le divorce profite et qui sont secrètement amoureux de Raphaëlle Bacqué, journaliste au Monde, on la voit plus souvent sur TV5 et ARTE, depuis qu’elle s’est occupée des affaires de cœur de Ségolène et qu’elle semble remettre le couvert avec les Sarkozy.
Finalement, que « ce pauvre monsieur Sarkozy » s’il renouait avec une égérie de la presse, comme il le fit jadis avec un membre du personnel du Figaro, ne jette pas les yeux sur Raphaëlle pour la simple raison que Sarkozy et moi avons ce seul point commun : elle est trop bien pour nous !
Ce que j’en dis, c’est pour qu’il ne marche pas sur mes brisées.
Raphaëlle, c’est quand tu veux…

19 octobre 2007

La chiourme et l’émigré.


En hommage à Jacques Yerna qui protesta jusqu’à sa mort des conditions
d’assignation de lieu au Centre fermé de Vottem.

Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’on le sait, les conditions de rétention d’étrangers en situation illégale dans les centres fermés en Belgique sont tout à fait scandaleuses.
Si la situation n’y évolue guère, c’est qu’elle est sous la tutelle du Ministre de l’Intérieur, Patrick Dewael, Open VLD, le parti libéral flamand, qui est comme tous les Flamands de droite pour un durcissement des conditions de détention des illégaux.
Le mélange des personnes incarcérées fait cohabiter des adultes et des enfants, des hommes et des femmes dans une promiscuité digne des bagnes d’antan.
On ne peut pas discuter de ces problèmes avec Patrick Dewael qui reste l’œil braqué sur les statistiques de l’opinion en Flandre très remontée contre « les étrangers qui viennent manger le pain des Flamands » comme dans le célèbre sketch de Fernand Reynaud.
Voilà encore un sujet de discorde entre les deux Communautés.
Celle du Nord a tellement peur de la francophonie qu’elle en est à supprimer dans ses prisons tout moyen qu’à l’incarcéré de communiquer dans sa langue pour faire valoir ses droits et éventuellement communiquer avec l’extérieur.
Mais où donc Dewael a-t-il été chercher ses modèles ?
Mais au Danemark, pardi ! dans ce pays secoué par des émeutes de la jeunesse et des étudiants et géré actuellement par un gouvernement de droite allié à... l’extrême-droite !
Martine Roure, socialiste française, chef de la délégation du Parlement européen qui enquêtait sur le sort réservé aux immigrés illégaux, est ressortie de sa récente visite des Centres fermés, avec la conviction que la Belgique n’est ce petit pays où il fait bon vivre qu’à partir d’un certain revenu d’où sont exclus non seulement une grande partie de la population, mais surtout ceux qui ont cru au mirage et qui, comme l’alouette, se sont écrasés non pas dans les champs, mais derrière les barreaux de ces centres de regroupement de sans papier.
Le Soir rapporte qu’au centre 127, les eurodéputés, parmi lesquels figurait la Belge Frieda Brepoels (NVA), ont notamment pu constater la présence d’enfants enfermés. « Pour nous cette situation est inacceptable », a ajouté Mme Roure. L’eurodéputée s’est également déclarée très étonnée de constater la présence dans les centres fermés de citoyens européens, des Polonais et des Bulgares.
On attend le rapport écrit de ces visites. Il ne sera pas à l’honneur de la Belgique.
Au niveau de ce gouvernement qui est censé régler seulement les affaires courantes, comment des ministres socialistes francophones peuvent-ils tremper dans le système d’incarcération que chapeaute Patrick Dewael ?

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Voilà quand même 130 jours que l’actuel gouvernement chargé d’expédier les affaires courantes pédale dans le vide. Lors d’une récente interview concernant le budget, on a bien entendu Laurette Onkelinx affirmer qu’il faudra bien que ce gouvernement provisoire prenne quelques mesures financières. Et pourquoi pas traiter en urgence le cas des prisons d’un nouveau genre dont Dewael dote le pays, comme on va le faire pour le pognon ?
8.800 personnes sont passées en 2006 par un des six centres fermés pour étrangers, dont plus de 2.000 rien que pour les centres 127 et 127bis chacun. Ce n’est quand même pas rien !
En mai de cette année, Médecins Sans Frontières avait publié des données intéressantes sur le coût humain de la détention des étrangers en centre fermé. Il y dénonçait la présence inacceptable de personnes gravement malades, de cas psychiatriques et d’enfants.
« Le constat est accablant », expliquait le Dr Diane Abel de MSF. « Pratiquement toutes les personnes que nous avons vues souffraient de troubles psychosomatiques comme des maux de tête, des troubles du sommeil, maux de ventre et manque d’appétit. Ces symptômes sont immanquablement dus au stress. »
C’est quoi, à la fin, l’Office des étrangers ? Un Etat dans l’Etat ? Ou bien un ramassis de fonctionnaires bons à tout et n’y obéissant qu’en flamand à un Flamand dont le nationalisme pourrait n’être qu’un racisme déguisé ? Ou encore de pauvres types chargés d’écouter les doléances et les plaintes à longueur de journée, comme au comptoir des réclamations d’un centre commercial, pour s’en tirer d’un haussement d’épaule et d’un large sourire après le bureau ?
Car si rien ne change, à qui faut-il en imputer la faute ? Qui est responsable ?
Ce ne serait pas étonnant qu’il n’y ait personne, même pas Dewael dans ce fichu pays, derrière les façades du Ministère de l’Intérieur, rien que des fiches d’écoutes téléphoniques, des rapports contradictoires sur l’afflux des étrangers, des comptes-rendus policiers sur l’extrémisme et la liste des futurs kamikazes avec leurs Pygmalion pour des feux d’artifice en Irak, le tout traité par des robots de chez Sony.

18 octobre 2007

Funérailles ou renaissance du patronat ?

Le patronat français n’est ni plus, ni moins stupide que les autres patronats européens. C’est une association d’intérêts comme les autres, qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez.
Sa religion est simple. Elle est celle de la meilleure compétitivité et du profit qui en résulte, sans nul égard pour les dégâts sociaux des « dégraissages » et des « décentralisations ».
Pour la cohorte de chômeurs que le patronat de par sa politique jette sur le pavé, traîner ses grolles dans un centre culturel, glander sur les boulevards ou s’agenouiller dans un lieu de culte sont des activités qui ne coûtent rien ; mais, il faut bénéficier de plus de revenus conséquents pour s’intégrer à la culture marchande, et se dédouaner aux yeux du pouvoir en qualité de progressiste et membre actif du corps social.
Il y a des millions de Français en état de pauvreté, comme partout en Europe, qui ne le peuvent pas et qui sont cependant sollicités par les staffs d’exposition et de publicité des industries que vous dirigez, madame Laurence Parisot, au nom du patronat français.
N’est-ce pas, d’une certaine manière, faire de la provocation quand des gens dénués de tout découvrent sur Paris Match et aux étalages du luxe comment sont supposés vivre les Français, comme si ceux qui ne le peuvent pas, ne le sont pas !
Les centre commerciaux sont les lieux favoris du progrès inaccessibles pour beaucoup d’entre nous. Ce sont des vitrines qui reflètent bien la société qui monte et qui se fait admirer par la société qui descend.
L’incapacité des badauds de participer à une culture « de progrès », du luxe et de la vie facile, se traduit pour les petites gens par des frustrations permanentes.
Mieux, derrière l’admiration béate des réussites médiatiques s’accumulent des mouvements de colère à la fois contre le monde extérieur et l’incapacité personnelle à répondre aux critères conférant un statut de Français intégré.
Lorsque le nombre de mal aimés du système atteindra un niveau élevé, l’étiage dans lequel vous barbotez à l’aise se trouvera submergé et vos petits patrons, chère madame Parisot, pourront toujours essayer de regagner une rive plus clémente à la nage.
Tout sera dévasté et ce ne sera pas drôle, surtout pour les petites gens, car, voyez-vous, leur travail dont vous vous servez à parfaire votre condition de vie au détriment de la leur, sera pour eux aussi tout à fait saccagé et détruit.
Schumpeter voulait la destruction progressiste, on pourrait dire qu’il serait entendu au-delà de toutes les espérances pour la destruction seulement.
Personne de raisonnable ne souhaite une pareille fin d’un système économique qui a tout de même certains succès à son actif.

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Les quelques petits points suivants pourraient refroidir le moteur du bélier et relancer la machine libérale, puisqu’il n’y a plus qu’elle qui fonctionne en cette Europe crépusculaire.
-Garantir des emplois stables et correctement rémunérés à une partie plus importante de la population ; quoique faire des profits paraît être la chose essentielle à l’entreprenariat.
-La politique locale devrait être portée à l’aune européenne afin que l’Europe pour diminuer le risque de conflits intercontinentaux réduise sérieusement les disparités salariales. A travail égal, salaire égal. Il faudrait qu’entre un ouvrier des antipodes et un Européen l’écart salarial soit acceptable et qu’il soit nul en Europe entre les sexes. Seuls les holdings et les multinationales apatrides sont compétents, plutôt que les Etats en ce domaine. Et ils ne sont accessibles que par une pression des entreprises au niveau de l’Europe des Associations patronales réunies.
-L’Etat doit livrer clé sur porte un habitat digne pour chacun. Vous pouvez l’y aider en recherchant des solutions dans le préfabriqué. A charge de la collectivité de créer les infrastructures et les services dignes d’une ville moderne.
-Il faudra mettre un terme au travail en noir, avec lequel le patronat joue un double un jeu, tour à tour victime et bénéficiaire.
Il ne s’agit que de conditions minimales. On voit que le patronat est loin du compte.
Les tendances d’une politique libérale dans les pays d’Europe, ne sont évidemment pas en accord avec ce qui précède.
Une fois de plus, cela relève de l’utopie et prête à la moquerie. Mieux, il vous serait facile d’abattre le tout d’un raisonnement péremptoire de grande école.
Cependant, méfiez-vous. Vous ne pourrez pas revenir en arrière, quand il sera trop tard. D’autres plus compétents que moi en matière géoéconomique vous aurons tenu un meilleur discours et vous aurez été prévenue.
Alors, si vous êtes encore à la tête du patronat français, vous serez le bouc émissaire ; sinon, ce sera votre successeur. Il faudra bien un jour que quelqu’un avoue les erreurs de sa classe sociale et ne finasse plus entre responsabilité et culpabilité.

17 octobre 2007

Madonna et Cantat, l’art à gauche.

Mais en voilà de la bonne information pour cœurs sensibles, de la fraîche et de la vraie enfin.
Madonna et le promoteur de concerts américain Live Nation ont conclu un partenariat portant sur toutes les activités artistiques de la star.
On ne savait pas trop quelles étaient les activités de la « material girl ». Grâce à Live Nation et au journal Le Soir, on le sait, elles sont artistiques !
Se tortiller sur scène en éructant des ritournelles est donc une activité relevant de l’art et qui plus est conduit à un contrat de 120 millions de dollars. Voilà qui ouvrirait des perspectives à n’importe quelle fille mieux roulée, volontaire à agiter le cul en chantant. C’est curieux quand même l’effet que Madonna produit depuis qu’elle s’essaie sur les planches, effet qui persiste depuis plus de vingt ans.
Ses fans doivent se cacher pour acheter ses CD, car je ne connais personne dans mes relations et connaissances qui s’en recommande ?
Il doit y avoir quelque chose qui m’échappe dans l’expression de l’art d’aujourd’hui.
C’est ça : je suis nul en art contemporain.
J’ai dû louper dans ma culture musicale, une façon de comprendre les artistes qui « font » le spectacle qu’apprécient les gens.
Hallyday, Sardou, même Lavilliers…
Non pas Lavilliers me dit Cytise dans un souffle parfumé.
« Pourquoi », répliqué-je, étonné ? « Parce qu’il est de gauche, patate » susurra la ravissante.
« Comme Arlette, alors » ajouté-je ? « T’es con, franchement » conclut-elle.
Je dus me résoudre à être « con, franchement ». Il m’eût été pénible de l’être franchement d’abord.
Je me souviens de l’artiste, sanglé dans un pantalon de cuir qui ne révélait pas de fortes cuisses, au contraire, un menu bassin, à peine des fesses. Lui au moins, ce n’était pas Madonna. Que ses fans se rassurent, il a forci depuis, même un peu trop. C’était, bon sang, il y a tellement longtemps, dans une salle des sports, j’étais avec Nini et son mari, elle et moi en pleine conspiration… Il faisait genre boxeur fatigué mais victorieux pendant les rappels en peignoir rouge. Il cabotinait déjà, mettant du gel brillant sur sa sueur, pour que les spots la reflétassent mieux…
Est-ce qu’être de gauche confère à l’artiste un talent supplémentaire ? Un ajout spirituel ?
C’est la façon de bouger le derrière qui résume tout l’art moderne, et la gauche n’a rien à voir là-dedans. Sauf quand François Hollande se fait jeter par Ségolène.
Il y a ainsi un voile qui tombe sur les gens comme moi. Il n’est pas opaque, on voit même assez bien les personnages se tortiller et gesticuler. La différence est toute là. Lavilliers gesticule et Madonna se tortille.
Depuis son premier album « Everybody » la star est devenue une des grandes de la « pop ». Il est donc normal devant le succès mondial que j’écrase et que j’aille décharger ma bile ailleurs.
Un certain Rapino (personnage que je ne connais ni d’Eve, ni d’Adam, pourtant avec un nom pareil !), un certain Rapino (je ne me lasse pas de prononcer ce nom !) a affirmé que ce contrat était un moment décisif dans l’histoire de la musique !
Justement en fait d’histoire de la musique, le chanteur Bertrand Cantat, vient de sortir de tôle.
C’est fou la publicité qu’on lui fait grâce à cette relaxe. S’il ne remonte pas sur les planches après ça, avec un tube sur la gifle de Vilnius, c’est vraiment un con.
Tout de suite un forum sur le NET : « Cantat a-t-il le droit de chanter ? »

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On devrait faire ainsi un referendum pour tous les chanteurs. Salvador/tor auraient-ils la permission du public, pas sûr. Cantat, oui, bien certainement.
Cytise, quoique Cantat étant de gauche, est féministe et n’admet pas qu’un pignouf, fût-il chanteur, frappât une femme, même si celle-ci devait être à ses moments d’exaltation, drôlement chiante.
Alors, le déprimé, qui se traîne derrière le dirlo de Barclay et les Noir Désir en front commun, renaîtra-t-il dans la roucoulante rock, d’ici quelques mois ?
Il faut dire qu’avec le pognon qu’il doit aux enfants de Marie et aux Trintignant, il a intérêt à s’y remettre vite fait.
On ne sait pas si ce sera de l’art, comme Madonna, mais avec le coup de pouce de son affaire, il a déjà cent mille disques vendus avant d’émettre un son.
C’est beau quand même, l’art !...
La réhabilitation en chantant.
On verrait bien Leterme se réhabiliter et avec lui tous les artistes qui animaient nos soirées spéciales quand Cantat purgeait et Madonna négociait avec Rapino, et que le triste sire flamand ânonnait la Marseillaise à la place de la Brabançonne.

16 octobre 2007

Ça plane pour eux !...

On a beau se dire que le système économique libéral est le meilleur au monde, cela ne l’empêchera pas de tomber dans l’ornière entraînant tout le monde dans sa chute, pénalisé par son propre dynamisme et sa logique du résultat.
Les chiffres sont hallucinants.
Question productivité, la planète produit aujourd’hui en moins de deux semaines l’équivalent de la production de toute l’année 1900.
Dans dix ans, la biosphère sera à la limite du supportable.
Le progrès aura réussi à tout détruire. Certes on en aura encore pour un certain temps. Quand on sera de l’autre côté du pic de croissance, on ne pourra que descendre l’autre versant. La nature reprendra ses droits et nous le fera savoir par ses sautes d’humeur, ses typhons et ses orages…
Nous voilà prévenus de l’imminence de la chose.
On entendait bien des propos alarmistes ; ils étaient tempérés par des paroles d’espoir.
Et quand bien même les bonnes résolutions, il n’y a pas une loi internationale capable d’être suivie par toutes les Nations.
70 % de la population de la planète vit dans des zones où se posent des problèmes en eau douce. Les premiers conflits pour le précieux liquide pourraient avoir lieu en Afrique, en Asie et au Moyen-Oroent, avec toutes les conséquences pour l’économie et la stabilité politique du monde.
Nul ne pourra échapper aux conséquences de la dégradation de l’environnement.
Les multinationales en première ligne des dégâts, pourraient s’arranger pour stopper le désastre : les pêches qui vident les mers des poissons, les déforestations redoutables pour l’érosion des sols, l’appauvrissement des autochtones qui se retrouvent dans un désert après le passage des bûcherons. Eh bien non ! ils ne le peuvent pas, à cause des resquilleurs.
Exemple : si une pêcherie cessait de racler les fonds marins au chalut espérant un repeuplement, le petit pêcheur de Concarneau ou de Southampton serait moins scrupuleux. Et pas que le petit pêcheur, le grand rival aussi se ruerait sur l’occasion pour pêcher ce qui reste !
Les japonais qui y vont tant et plus à la pêche à la baleine, a-t-on vu autre chose qu’un haussement d’épaule à leurs fausses raisons ?
Il s’agit ici d’une notion du capitalisme que l’on apprend dans les écoles : l’opportunité des intérêts à court terme.
Personne ne veut précipiter son entreprise à l’avant-plan de l’écologie et il y aura une bataille à qui restera le dernier, c’est-à-dire à qui empochera la mise. Celles qui se vantent d’y réfléchir et abandonnent des fonds pour la recherche, ne le font que par intérêt publicitaire, vu la sensibilité d’une certaine clientèle !
Voilà pourquoi qu’il s’agisse de la mer, de l’air ou des ressources du sol, nul ne donne l’exemple, si bien que la destruction continuera jusqu’au bout.
La croissance est le moteur de l’économie, en même temps elle est l’arrêt de mort de ladite.
L’absence de croissance, quand la Chine est à une croissance à deux chiffres, signifie la stagnation, suivie du déclin, pour tous les autres..
Les promoteurs des grands marchés en sont réduits au coûte que coûte jusqu’à la fin.
On pourrait chipoter sur la croissance utile et la croissance inutile. Exemple : le coût que représente pour l’assureur et l’usager les vols de voiture est nettement inférieur aux alarmes et protections qui sont vendues sur le marché pour s’en prémunir.
Ce qui revient à dire que nous comptons aussi l’inutile dans la croissance.
Longtemps la croissance a été nécessaire aux occidentaux pour soutenir le progrès.
Ce n’est plus vrai aujourd’hui.
Il serait plus judicieux de calculer le prix de revient de cette croissance à tout prix, en n’oubliant pas son coût social et écologique.
Si encore les « bienfaits » de la croissance profitait à la population la moins favorisée ; malheureusement, c’est l’inverse ! Ce qui accroîtra le divorce entre les hommes.
Le progrès claironné dans les gazettes par les économistes est en réalité utilisé à creuser l’écart entre les riches et les pauvres.

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L’abandon de la lutte des classes par le parti mondain de gauche pourrait être condamné dans le futur, en cause la nécessité de reprendre la lutte où le parti socialiste l’avait abandonnée.
Au-delà d’un certain seuil, les disparités entre riches et pauvres deviennent dangereuse pour le système. Un rééquilibrage des différences est nécessaire pour le système, si les riches ne veulent pas perdre tout..
Les clignotants sont au rouge.
Le système triomphe, il n’a plus de concurrent. Au jour de sa gloire, il apparaît dans un état aussi désastreux que l’URSS à sa fin.
Le Soir a consacré quatre pages à son grand homme Etienne Davignon, au moment où les dirigeants actuels en persévérant dans leur conservatisme tuent à coup sûr la vie sur cette planète.
Les Soviétiques avaient leurs hooligans, nous, nous faisons mieux, nous avons aussi nos voyous, mais nous les honorons.

15 octobre 2007

Stan Deprez et Oliver Davignon.

-Un duo d’enfer ce midi sur RTBf !
-Tu parles de la paire Davignon-Deprez ?
-Exact.
-Nous sommes dans des crispations à cause des journalistes !
-Deprez ne l’a pas dit, mais il le pensait : les journalistes exagèrent.
-Surtout ceux de la presse étrangère ! Ils en sont agacés… A bout de nerf…
-C’est ça qui rend les Belges fous : le commentaire étranger !
-Davignon est formel. Il y aura un gouvernement dans moins d’un mois…Puis tout redeviendra comme avant. Il ne l’a pas dit, mais on sentait qu’il voulait dire par là que les riches continueraient d’être plus riches et les pauvres, plus pauvres.
-Une pointure, l’Etienne.
-Il n’y a pas d’Etat flamand en vue. Deprez l’aurait su…
-Tous les Belges sont unanimes, c’est Leterme qu’il nous faut. Enfin, c’est le duo d’enfer qui le dit.
-Quatremer, le journaliste français, trouve bizarre que Leterme soit plébiscité par les Flamands pour devenir premier ministre, sans qu’il y ait eu un seul wallon qui ait voté pour lui.
-Deprez l’a remis à sa place. Dès que Leterme sera installé dans le fauteuil de Verhofstadt, il n’aura plus à supporter les Wallons comme des pierres dans sa besace. Nous deviendrons intelligents et nous serons immédiatement capables d’être aussi brillants bilingues que n’importe quel Flamand ! Déjà que nous n’hésitons pas dans les conditionnels et les subjonctifs en français comme les Flamands francophones, alors tous les espoirs sont permis, nous allons être exceptionnels.
-Nous serons touchés par la grâce !... Le duo d’enfer n’attend que le réveil des Fédéralistes. Nous sommes schizophrènes, les Fédéralistes, eux, sont attentistes ! Davi les trouve absent. Gégé est de son avis.
-Les voilà les vrais paresseux de Wallonie : les Fédéralistes !
-C’est vrai qu’on ne les entend plus ! Et ceux qui disposent leurs drapelets aux fenêtres comme s’il y allait avoir la procession, qui sont-ils ? Fédéralistes ? Confédéralistes ?
-Non. Rien de tout cela.
-Rattachistes ?
-Non. Malheureux ! Jamais ce mot ne se prononce. Ils sont Belges unitaristes. C’est tout.
-Il est fort Deprez !
-C’est un grand Européen. Comme on dit « je travaille chez Volkswagen » lui travaille à l’Europe.
-Faut dire que son patron est plus généreux que Volkswagen. Il ne manquerait plus qu’il n’aimât point les Européens.
-Oui. Il aime tout le monde, sauf Joëlle Milquet !
-Pourquoi ?
-Elle ne l’a pas suivi quand il a quitté le PSC pour le MR.
-Ils étaient mariés ?
-Non. Mais quand il a goupillé le MCC et que Nathalie de T'Serclaes l’a suivi, il a été déçu par la femme. Il aurait préféré Milquet. Elle est plus femme, moins mémère, elle s’habille mieux, enfin tout quoi…
-D’où son aigreur contre le CDh !
-C’est comme Etienne Davignon. C’est un sage. Il ne voit pas le feu à la maison… sauf si la crise dure trop longtemps. Heureusement que notre monnaie c’est l’euro. Sans quoi, il y a longtemps que l’Etienne aurait converti son pactole en dollars ; mais, qu’on ne s’y trompe pas, il a confiance. La fonction fait l’homme. Leterme installé, il va nous adorer…
-Ils sont tous les deux sur la même longueur d’onde !
-En résumé, la frontière linguistique, le quart des Flamands au Vlaams Belang, la flamandisation du pays, le vote unilatéral possible de la majorité flamande unanime pour la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde, l’unilinguisme obligatoire en Flandre, le nationalisme hissé au niveau du racisme, c’est de la foutaise…
-Fantasmagorie, effets d’hallucinations collectives, débilité des médias…

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-Ces deux-là iront loin…
-Ils sont loin ! Si l’un est plus âgé que l’autre, on sent qu’ils ont le même niveau, qu’ils pressentent les choses en même temps. En un mot, ils précèdent l’événement. On les dirait venus d’ailleurs... des extraterrestres !
-Ils sont d’ailleurs !...
-Quand reviennent-ils faire un autre numéro à la télé ?
-Prochainement. On ne sait plus se passer d’eux. Il paraît qu’Adamo est jaloux ! Il aurait dit : « c’est eux ou moi ! » Il y a comme ça des monopoles. Il paraît qu’il est allé voir aux domiciles des duettistes. Il n’a pas vu des drapeaux belges aux fenêtres !
-Pourvu que la presse étrangère ne l’apprenne pas !

14 octobre 2007

Sauver quoi ?

Les sauveurs de la planète ? Il en pleut. A commencer par Al Gore le nouveau prix Nobel de la paix, grand donneur de leçons à partir du pays le plus pollueur au monde, lui-même usant et abusant des « bienfaits » de cette civilisation particulièrement néfaste avec grosses voitures, six salles de bain, deux piscines, qui ne peut se déplacer qu’en yacht, en Boeing ou en hélicoptère…
A ce compte-là, il pourrait renoncer à son prix, présenter des excuses, abandonner son train de vie, rompre avec les Clinton, enfin toutes sortes de gestes qui feraient qu’on se dise finalement que c’est un chic type.
Vivre plus simplement, c’est la formule inapplicable par excellence, surtout pour que les autres puissent simplement vivre.
Et quand on pense qu’à ces voraces d’énergie et qui sont en passe de mettre la terre exsangue, d’autres clients se pointent plus friands encore de confort, d’énergie, de centrales, de voitures : la Chine et l’Inde, par exemple, et comment le leur reprocher ?
Ces jours-ci le blabla écologique bat son plein. C’est à qui préconise des formules, des nouveaux Kyoto, au point qu’impressionné, je n’ose plus trop ouvrir le robinet pour me brosser les dents, je claque du bec dans mon bureau de froid et je débute un compost sur mon balcon !
Peut-on atténuer les menaces qui plombent l’avenir de la planète ?
Comment diminuer les inégalités sociales transnationales qui empêchent tout consensus ?
Quand on lit les magazines, les éminences qui se tapent le Don Pérignon au foie gras, on se demande si la réduction personnelle de consommation des milliards de pauvres de la planète sera suffisante. Penser que je coupe un œuf dur en deux pour me faire deux repas et que pendant ce temps on réfléchit dans des palaces à l’avenir de la Belgique et qu’on y entre et en sort dans des grosses cylindrées, la gueule béante d’avoir bâfré, prêts à rendre l’âme, à déglutir la sauce du chef devant les caméras… je me demande si les étiologues et les médecins au chevet de la terre ne me prennent pas pour un con, complices du gratin belge qui laisse le dauphinois aux pauvres.
L’aide au développement s’est révélée impuissante à faire prendre conscience aux masses plongées dans la famine. Il y a même une sorte d’indécence à leur expliquer comment pêcher un poison quand il n’y a plus que des arêtes. Au vu et au su de tout le monde, elles arrachent les derniers buissons avant le désert pour cuire le pain, tandis que le tyran de la Région compte les sacs de riz des organisations qu’il revendra aux notables depuis son palais réfrigéré.
Rien faire alors ?
Merde, je n’en ai pas le cœur.
Même l’époque où elle battait son plein, cette aide était détournée par les faiseurs de pollution et elle n’augmentait que très peu les capacités de consommation des populations.
La diminution du rejet de CO², une de ces farces encore des amis de Schumpeter, fait que Seraing ne repart pas tout de suite à la fonte depuis le haut-fourneau miraculé. On dépasse les cotas ! En cause quelques tonnes de plus de particules qui vont se balader un peu partout en Belgique.

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Ah ! si les habitants de Seraing pouvaient les bouffer après les avoir happées en plein vol ! Ils chieraient des métaux lourds qui partiraient dans le verre des Hollandais en passant par la Meuse ! Ce serait une manière de répartir les pollutions.
Or, si ce gros tas de ferraille n’éjaculait plus son sperme enrichissant Mittal, et qu’il fallait raser le bijou, cela produirait pendant deux ou trois ans le double de pollution que ce qu’on va faire en rallumant la clope !
Et pendant que l’Europe gamberge sur l’émission minimale qui rendrait à la Meuse sa belle vallées, les Chinois et les Indiens font 10 % par an d’activités en plus. Londres se fout des directives et la Russie se divertit dans les poubelles de ses entreprises naissantes !
Alors, sauver la planète Bon, d’accord.
Que les milliardaires commencent les premiers ; qu’Al Gore convertisse son prix en éoliennes ; que nos ringards qui ne sont pas fichus de nous trouver vite fait des solutions à nos problèmes linguistiques se magnent le cul à pied au Parlement ; que la journée « sans » ait lieu 300 jours par an partout dans le monde et qu’on taxe les gens qui ont une auto et pas de vélo ; qu’on expédie les gros cubes sur des trains pour des ferroutages écologiques et qu’on cesse d’imaginer de nouveaux parcours d’autoroutes. On a déjà assez perdu de temps comme ça.
Alors, seulement, alors, je ne tirerai plus qu’une seule fois la chasse d’eau des WC.
J’achèterai des « Iles de Paix » jusqu’à entrer dans le rouge de ma carte de crédit. Et j’irai moi-même planter des herbes aux confins des déserts que j’arroserai de mes diminutions d’eau en ne me lavant plus que tous les quinze jours.

13 octobre 2007

Une gerbe à Schumpeter !

Joseph Schumpeter est un économiste mort en 1950 et qui fait toujours rêver nos incroyables gestionnaires du système. Marie Aréna doit en raffoler. Michel Daerden l’adore ! Reynders à ce nom s’inonde de plaisir...
La théorie du génial Schumpeter de destruction créatrice fait frémir les amis de la Terre, tandis que les industriels en mal de réussite se mordent le Chinois à sa lecture.
Sainte-Thérèse de Lisieux s’écrierait « c’est poignant » ; le baron Etienne se poigne réellement depuis un demi siècle aux lectures édifiantes de la loi suprême du commerce.
C’est le nanan du capitalisme moderne, la bible des enculeurs de peuple.
Elle se résume à une loi de génie : dans les économies capitalistes, toute innovation technologique importante entraîne un processus de destruction créatrice.
Le mec spécule sur le neuf qui remplace le vieux qui devient une chose pour le rebut ; non pas qu’elle ne puisse plus servir, mais parce que son alter ego relooké tire l’œil des gogos. Et ce qui fait vendre est bon pour le commerce.
C’est bien vu. Le Schumpeter s’y connaissait en homme. Il a parié sur la connerie et il a réussi !
Il faut lire son « Capitalisme, socialisme et démocratie » publié en 1942, une de ces dates frémissantes d’histoire dont Schumpeter se fout, planqué dans le Connecticut pendant que ses compatriotes se faisaient crever la paillasse par l’Adolphe.
C’est écrit noir sur blanc : le capitalisme a de l’avenir parce que nous sommes des cons, des égoïstes et des pervers. Il ne l’écrit pas tel quel, mais c’est ce que l’on en induit à cette lecture de caractère strictement économique.
Notez que les philosophes – enfin les lucides – savent cela depuis longtemps.
Schumpeter a su mettre notre indignité en équation et partant du triste constat a peaufiné l’idée libérale qui est en train – sous prétexte de progrès – de ravager la planète. Mieux encore, il a réussi à en tirer une morale, celle qui est toujours en vigueur aujourd’hui.
Elle consiste à revêtir le prédateur, les mains en forme de crochets, la bite monstrueuse couverte de verrues, le poil gras, la bouche sensuelle et l’œil convoitant tout sur son passage… d’un surplis d’enfant de chœur et d’une robe immaculée descendant jusqu’au sol pour masquer les pieds fourchus. Un peu de gaze pour le flou artistique en écran aux canines, taffetas et cachemire pour faire disparaître les choses informes, rondeurs et ventres flasques et voilà l’homme moderne fin prêt pour la nouvelle morale : celle du travail et de l’effort, de la beauté du geste auguste du semeur, précédant le démolisseur reconstructeur nécessaire.
Il fallait à tout cela un cadre : l’Etat démocratique, des règles, discussions et réflexions. C’est le meeting, le couvent franc-maçon, le Loi et la justice toujours acoquinées, le discours fleuri et la gerbe au monument aux morts.

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Il ne manque à ce tableau merveilleux que les habituels statuts invariables, piliers de tous les régimes, celui du notable, de la profession libérale, du maffieux reconverti dans l’honnête et le transparent.
Roulements de tambour et Schumpeter conclut :
« …l’innovation portée par les entrepreneurs est la force motrice de la croissance économique sur le long terme, même si cela implique un ouragan perpétuel pour les entreprises établies qui jouissent d’une position dominante, voire d’un monopole. »
C’est pour éviter que l’innovation couronnée de succès, l’entreprise gavée se relâche et diminue ses profits en se regardant le nombril, que la destruction permet d‘expliquer les dynamiques du changement industriel et la transition d’un système compétitif à un monopole et inversement.
L’impulsion est donnée. La machine capitaliste est en mouvement, boostée par les nouveaux objets de consommation.
Schumpeter est formel : « L'histoire de l'équipement productif d'énergie, depuis la roue hydraulique jusqu'à la turbine moderne, ou l'histoire des transports, depuis la diligence jusqu'à l'avion. L'ouverture de nouveaux marchés nationaux ou extérieurs et le développement des organisations productives, depuis l'atelier artisanal et la manufacture jusqu'aux entreprises amalgamées telles que l’U.S. Steel, constituent d'autres exemples du même processus de mutation industrielle - si l'on me passe cette expression biologique - qui révolutionne incessamment de l'intérieur la structure économique, en détruisant continuellement ses éléments vieillis et en créant continuellement des éléments neufs. Ce processus de Destruction Créatrice constitue la donnée fondamentale du capitalisme : c'est en elle que consiste, en dernière analyse, le capitalisme et toute entreprise capitaliste doit, bon gré mal gré, s'y adapter. »
Voilà, vous savez tout. Vous n’ignorez pas jusqu’où la connerie humaine peut descendre.
Des socialistes aux libéraux, en passant par les écologistes et les humanistes chrétiens, Schumpeter a parfaitement résumé ce qu’ils pensent pour nous demain : casser tout et refaire du neuf ! Sauf, qu’ils ont oublié de s’inclure dans les friches industrielles à démolir absolument.
Schumpeteristes absolument, mais pas jusqu’au bout !

12 octobre 2007

Ethologie à la flamande.

Le lion du barrage de la Gileppe est inquiet. Son confrère de Waterloo a été encerclé par des rabatteurs d’un safari du Voorpost et ils lui auraient fait son affaire, si des gardes du parc où vivent des espèces protégées, n’étaient intervenus. Le lion en est une avec le francophone-horribilis qui pullulait il n’y a guère et qui commence à être protégée par une loi spéciale des deux tiers. En cause des trophées que les chasseurs de Vilvoorde et de Halle aiment suspendre aux cimaises de leurs salons ; ce qui risque d’éteindre l’espèce comme c’est le cas dans les Fourons, un autre parc zoologique, où l’horribilis est dépossédé de son habitat par le néerlandertaal...
Le parc est limité par une frontière linguistique que les horribilis franchissent souvent pour ravager la campagne environnante et faire des dégâts à l’âme flamande.
Aussi les fermiers du Voorpost ont juré qu’ils ne toléreraient plus que l’on vienne décimer leurs troupeaux et s’en sont pris au vieux lion à défaut de s’attaquer aux horribilis, animaux peureux et qui se cachent sous une apparences humaine, si bien qu’une législation avait été faite pour qu’on ne puisse les tirer qu’à certaines périodes de l’année. Le Voorpost voudrait pouvoir lever cette interdiction.
Le lion attaqué par ces énergumènes est installé à quarante mètres de hauteur depuis 1826 et ne prétend pas y descendre. Il est beaucoup plus fluet – 28 tonnes – que celui du barrage de la Gileppe, qui est un vieux mâle de 130 tonnes, auquel les chasseurs ne se sont pas encore frottés.
Vincent Scourneau, bourgmestre de Braine-l'Alleud et directeur du parc, a autorisé quelques chasseurs à abattre quelques horribilis à titre de bonne volonté. Le bourgmestre, membre du Lion’s club de Milquet, avait initialement interdit la manifestation. Il a changé d'avis pour éviter que le lion ne rugisse après qu’on eût dérangé ses pistes et marqué son territoire par les urines séparatistes des trois cents fermiers, ce qui eût provoqué un regain de complexe dû à la maladie Staf De Clercq. Cette maladie est un aboiement de type logorrhée avec un mot rémanent « barst » que les malades éructent parfois accompagné de « België ».
Répondant aux appels des descendants de Blücher, le Voorpost a planté fièrement deux drapeaux dans les bouses du cheptel de Braine-l’Alleud, ce qui a fortement dérangé un essaim de mouches bleues devant lequel ils ont dû se replier.

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Emmenés par Frank Vanhecke, président du Vlaams Belang, les chasseurs ont une nouvelle fois revendiqué la victoire anglo-allemande devant les fransquillons de Napoléon. Ils ont été étonné d’apprendre que c’était déjà le cas en 1815 !
Ils sont remontés dans leur car-safari sans trop croire à la victoire de Wellington ; car, ils ne comprennent toujours pas après la défaite des fransquillons, pourquoi ils sont toujours là, alors qu’ils auraient dû être à Sainte-Hélène !
Par cette manifestation, le mouvement extrémiste flamand entendait marquer sa revendication de la fin de la Belgique et de la création d'un Etat flamand : le Vanheckeland.
Devant cet échec, ils ont décidé de purger la terre sainte flamande des Horribilis, en effectuant quelques coups de mains, pour attirer l’attention sur le martyr flamand. Ils envisagent de boucher les WC du parlement avec les discours de Dehaene et Van Rompuy jugés trop mous, d’interchanger la colonne du Congrès de Bruxelles et le Perron de Liège, à seule fin d’emmerder les petits écoliers fransquillons qui étudient l’histoire d’un pays qui n’est plus le leur.
Enfin, ils reviendront à Waterloo l’année prochaine lors de la reconstitution en 2008 de la bataille avec des uniformes de la Wehrmacht qu’ils ont de stock depuis août 45. Ils tireront à balles réelles afin de rendre le spectacle plus réaliste.
Ensuite les fils et les petits fils des héros de Tcherkassy et de Stalingrad défileront au pas de l’oie. Ils ont promis que ce sera très beau et très émouvant.
Après la cérémonie, des cars les emmèneront à la Tour de l’Yser où une soirée de rock flamand couronnera la journée, après les discours en thiois des successeurs de Guido Gezelle (Bruges 1830 – 1899).
Didier Reynders a d’ores et déjà décidé de s’y faire représenter.

11 octobre 2007

En chambre !

Il faut bien de temps à autre reparler de l’absence de gouvernement depuis tellement de jours que seules les gazettes arrivent encore à les compter !
D’autant que le Parlement effectue son come-back et qu’il n’a personne à interpeller. C’est dur quand on sait que le Parlement en Belgique ne servait déjà plus à grand chose, sinon s’assurer d’un gouvernement avant de partir en vacances de neige juste après…
Oseront-ils skier cette année si Leterme n’arrive à rien d’ici le mois de décembre ?
Et si, écoeuré, Verhofstadt démissionnait à son tour pour slalomer sur les premières poudreuses et qu’il n’y aurait plus dans le vaisseau fantôme que le vieux roi, soutenu par sa moitié ? L’illustration d’un Etat infirme, en quelque sorte ?
Nous serions le premier pays au monde sans gouvernement, sans parlement, sans les éminences habituelles, ce qui serait une belle manière de nous démarquer des dominants/dominés !…
Nous ne fonctionnerions qu’avec une pluie de sous-ministres régionaux. Ce qui nous laisserait quand même une bonne marge… C’est comme si un hôtel turbinait rien qu’avec le portier et les techniciennes de surface !
La fonction de ministre démissionnaire se délite. Laurette Onkelinx a sauté la barrière et est passée du box A à la rangée 1, des parlementaires socialistes.
Tout ce cirque parce que les partis flamands n’acceptent pas que sans heurt et en douceur les habitants de Flandre deviennent de plus en plus bilingue, tandis que les francophones n’éprouvent pas la nécessité d’apprendre le flamand !
Si l’on excepte les enragés habituels qui voient dans le français le mal absolu, les Flamands savent bien qu’avec la langue qu’ils parlent, ils n’iront nulle part.
Personne ne leur conteste le droit de la parler entre eux. Ce ne fut pas le même cas du wallon. Sommes-nous plus malheureux parce que nous avons échangé notre langue d’origine contre le français ?
Je me suis promené en Flandre ces temp-ci. Les gens sont gentils, aimables pour la plupart. Ils voient mes efforts pour baragouiner in vlaams. Ils y sont sensibles. Comme ils ne sont pas obtus comme leurs dirigeants, ils s’expriment mieux en français que moi en flamand. Ils ont compris depuis longtemps où est leur intérêt.
C’est le drame de la Flandre. Les partis surenchérissent sur le nationalisme et l’unilinguisme afin de contrer la montée du français, ou de faire des voix ? Ce faisant, ils exportent à l’extérieur le complexe dont ils souffrent.
Leurs électeurs s’en fichent un peu. Bien sûr, ils ne voudraient pas que leur langue maternelle disparût. Ils y sont attachés. Mais, ils ne croient pas une seconde que c’est en brimant ceux qui parlent une autre langue qu’ils sauveront la leur.
C’est donc un formateur complexé qui veut former un gouvernement en introduisant sa notion d’angoisse que les autres devraient prendre en compte !.
A part Reynders qui mangerait son chapeau pour faire partie d’un gouvernement, les autres ne veulent pas entrer en clinique avec Leterme sans s’assurer qu’il n’est pas fou.
A noter que les yeux écarquillés plus que jamais, Francis Delpérée, négociateur orangiste a l’air plus fou que Leterme.
On devrait inventer le prix de la camisole d’honneur. Le choix serait difficile..

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On nous dit que les négociateurs sont enfin d’accord sur quelques points : l’immigration, le contrôle renforcé des chômeurs, la sécurité, la justice et les affaires intérieures. Bref, tout ce qui rassure le bourgeois et cadenasse la liberté.
La politique économique est assurée aussi d’un consensus « in fine » comme dirait Milquet.
L’économie est des plus classiques en Belgique. Elle se résume à « laissons faire les entrepreneurs », ils ont toujours raison.
Les entreprises continueront de fermer des usines modernes, pour en construire d’autres, encore plus modernes qui emploieront moins de personnels à moindre rémunération, attendu qu’il y aura d’autant plus de chômeurs qui attendront de prendre une place.
Cette rentrée parlementaire est magique. L’effervescence était du côté des journalistes, les élus ramaient dans la semoule.
C’est atroce de voir dans qui nous avons investi ! Nous qui les payons si bien, nous avons la sensation d’avoir fichu notre argent par les fenêtres.
C’était une journée à décompter sur leur salaire !

10 octobre 2007

Au p’tit bénéfice.

L’épicerie du coin n’existe plus. La concurrence des acrobates de la conserve l’a mise par terre, à côté du filet de la ménagère. Les petits une fois disparus, les grands ont occupé le terrain. Sans concurrence, ils peuvent se partager les clients, redistribuer les cartes, rationaliser le secteur.
La concurrence était une blague. Les prix sont à peu près les mêmes partout. Ils sont à la hausse, c’est-à-dire au beau fixe pour les artistes.
C’est ainsi que Carrefour fait le ménage et liquide des surfaces G.B. « non rentables », après un accord avec les syndicats qui évite des licenciements secs.
C’est entendu, il n’y aura pas de casse sociale. Mais, c’est en se foutant de la clientèle qui a vu son épicier remplacé par la grande surface ; car, qui va remplacer la grande surface qui ferme ?
Bien entendu, nous n’avons plus affaire à des commerçants, mais à des financiers. C’est-à-dire des industriels qui n’intègrent pas le service aux gens sans voiture dans le périmètre raisonnable. Dès lors, comme les assurances, comme les banques, enfin tout ce qui tourne autour de l’argent et du profit, ils sont insensibles à ce que justement ils prétendent être, des commerçants au service des gens.
Une nouvelle sorte de commerçants de quartier voit le jour : les Night Shop.
Bien sûr, ils dépannent, bien que les prix soient assez élevés. On revient au début du détail quand le petit commerçant bossait 14 heures par jour. En non-stop avec un seul salaire pour sa famille, le nouveau commerçant semble repartir de la case départ. Dans ces nouvelles petites surfaces, on n’y trouve que certains produits de première nécessité, plus quelques spécialités exotiques suivant l’origine du commerçant ; ce qui est loin de valoir l’intérêt que suscitait l’ancien commerce local.
Ça ne veut pas dire que l’on respectait mieux les gens avant et que le max de profit n’attirait pas les magouilleurs ; mais simplement faire remarquer que le système de la grande distribution n’a nullement amélioré la distribution des produits à la population et n’a pas donné en compensation des petits commerces qui ont fermé à cause d’eux, les emplois de qualité qu’on s’attendait à trouver dans ces grandes entreprises.

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Ce qui est plus grave est encore à venir.
Aujourd’hui la grande distribution s’est regroupée en périphérie, avec de vastes parcages pour les voitures, en fonction non plus des critères de proximité mais de coût d’emplacement sur des terrains souvent cédés par les communes pour une bouchée de pain.
Que se passerait-t-il si, un jour, le carburant devenait hors de portée des masses, et que la crise survenant, les voitures devenaient rares et chères, pour la clientèle des supers ?
L’hypothèse contraire est aussi inquiétante.
Admettons que des réserves importantes de pétrole découvertes reculent le pic de Hubert d’une bonne centaine d’années et que les immatriculations nouvelles augmentent le parc automobile d’une manière considérable ?
Le gouvernement ne sera-t-il pas obligé de contrer la pollution en limitant l’usage des véhicules, comme par exemple, alterner les numéros pairs et impairs ?
Quid de l’achat des produits frais, des articles oubliés, des ajouts indispensables ?
En laissant la bride sur le cou au monde de l’argent, le politique ne sait pas quel est l’avenir qui nous attend et qui l’attend.
Ici, il s’agit d’une chose essentielle : la nourriture des populations, aussi indispensable que le droit au logement.
Les hommes ne font pas l’histoire, ils ne font que des histoires.
Mais celle-ci pourrait avoir des conséquences imprévisibles.
Bien entendu, les GB fermeront leurs portes et, malgré les accords avec les syndicats, il y aura toujours l’un ou l’autre des petits salariés dans le collimateur des actionnaires qui n’y trouvera pas son compte ; cependant, ce ne sont pas ces fermetures qui vont bouleverser le secteur.
L’absence de plan des pouvoirs publics en cas d’urgence dans ce domaines vital, fait que l’on peut être inquiet pour l’avenir.

9 octobre 2007

Réflexion sur une photo.

Le Musée de la Vie Wallonne possède une collection de photographies de la vie de tous les jours à Liège très intéressante quant à l’observation des personnes et des lieux qu’ils habitent.
On peut déceler dans la foule, les passants qui éprouvent des difficultés à joindre les deux bouts. Dans une autre partie de l’importante collection photographique, l’exposition des intérieurs bourgeois et des logis ouvriers aurait fait les délices de Pierre Bourdieu dans sa critique sociale du jugement.
Ce qui frappe par rapport à aujourd’hui, c’est la dignité souriante de ceux qui souffrent des fortes inégalités sociales du temps. Les mises sont simples, mais propres. Il règne dans les parties de maison (on ne disait pas encore appartement) une atmosphère de « logis habités ». On y devine la solidarité des gens dans la pauvreté des quartiers, car les portes y sont ouvertes dès la belle saison.
Les photographies des réjouissances et notamment celles du Quinze Août en Outremeuse nous donnent une idée juste de ce qu’étaient les fêtes de quartier, dans la naïveté générale et le bonheur d’être ensemble, tout cela aux antipodes du show et de l’envahissement du quartier que l’on connaît à l’orée de ce troisième millénaire.
Ce n’est évidemment pas une chronique d’autrefois qui viendrait corroborer la « belle époque » des chansonniers et des imbéciles à laquelle je pense ; car l’époque ne l’était pas ; mais, pour en déduire quelque chose que nous avons perdu à côté de la quête du pain quotidien : l’espoir de lendemains meilleurs.
On voit bien depuis ces images comme la situation s’est dégradée, faute d’avoir perdu cet idéal ouvrier qui faisait tenir debout les gens dans l’espérance d’autre chose.
La vie en ville s’est dégradée en même temps que son décor.
Certes, il existe des quartiers où la lumière brille aux étalages rutilants des grands magasins fréquentés par une foule bien vêtue, repue et qui donne l’apparence de la prospérité ; juste à côté, des rues entières se sont terriblement dégradées et avec elles les personnes qui y vivent. Dans les « beaux » quartiers, comme au centre ville, l’opulence côtoie la détresse. La mendicité, quoique contenue, n’en est pas moins présente avec les mancheux qui s’obstinent, malgré les interdictions, à harceler les passants qui ne leur prêtent nulle attention.
La différence avec les foules d’autrefois ?
Celle-ci est devenue cynique. Ceux qui la composent ont "l'idéal" qui s’est rétrécit à leur sécurité et à leur survivance.
C’est une société de fin de règne.
Que l’on soit pour ou contre l’ordre économique, plus personne ne croit vraiment qu’il va vers le bonheur général.
Est tranchée la question de savoir où l’on va. La réponse est nulle part, si l’on entend par là l’absence de tout espoir de justice et de progrès.
C’est une impasse où grouille le monde. Ceux qui sont arrivés au fond s’entassent contre le mur final et sont écrasés par ceux qui entrent et qui les écrasent.

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Pire, le désordre des esprits que d’aucuns confondent avec le désordre utile que produit le sens de la liberté, se retrouve dans la saleté et le désordre des rue, des dépôts clandestins d’immondices, des traces de chewing-gum sur les dalles du centre, des déjections canines et humaines qui ne sont pas la rançon de la vie urbaine, mais la dépravation du sens communautaire, des nombreux graffitis sur le moindre espace plane, les sièges des bus et les portes des particuliers. On dirait que l’inventivité s’est réfugiée dans l’inutile et la laideur et qu’il faut que la communauté soit responsable collectivement de ce mal de vivre ensemble.
Ainsi nous poursuivrons jusqu’au bout, probablement jusqu’à la fin de ce siècle lorsque l’étiologie aura répondu que la cause de l’écologie est entendue.
Le rêve américain se termine en cauchemar.
Nous voilà les yeux toujours braqués sur la partie émergée de l’iceberg du capitalisme, sans aucun intérêt pour ce que l’on ne voit pas.
Il est possible que les survivants des désastres futurs découvriront dans les décombres d’une civilisation perdue, les collections de photographies du Musée de la Vie Wallonne.
Peut-être chercheront-ils la fatalité qui conduisit les gens avant 14 à engendrer des successeurs sans idéal, sans humanité, hantés par la seule obsession de l’argent.
Peut-être n’en feront-ils rien, préoccupés à fouiller le sol pour seulement survivre !

8 octobre 2007

Immersion !

Le mot du jour, celui qui fait recette, c’est celui que martèle Marie Aréna depuis la crise politique en Belgique, la solution miracle au drame belge : l’immersion !
Elle l’a encore répété avec force à la RTBf, ce dimanche !
Il y a comme cela en politique des mots qui ne veulent rien dire en eux-mêmes ; mais qui ont une réputation qui fait mouche dans la tête des gogos. Un mot qui n’est capable de rien, sinon faire croire que l’affaire est dans le sac et qu’on est sur la bonne route.
C’est la méthode Coué du langage.
Ils en ont tous à disposition. Di Rupo, par exemple, son mot c’est « en toute humilité ». Comme c’est un ensemble de trois, il a moins de succès. Faut quand même pas que ce soit trop difficile à retenir…
La solution est dans ce mot, parce qu’il rassure l’opinion et en même temps il l’épate. Immersion est peu utilisé dans les chaumières, sauf chez les sous-mariniers et les ministres.
-Amour, as-tu mis les pommes de terre en immersion pour le souper ?
On voit tout de suite que ça ne colle pas dans les ménages.
La Belgique survivra grâce à l’immersion, l’immersion des jeunes francophones en terre flamande. Bon, chérie, arrête ton baratin... Immerge-moi dans ton bain mousse et n’en parlons plus.
Plus tard, bien plus tard, quand on sera bien immergés, on martèlera le mot oxygénation : l’oxygénation des jeunes Flamands à la Baraque Fraiture, dans la sainte vivification de l’altitude wallonne. Mais cela pas pour tout de suite, dans quinze ou vingt ans quand on sera bien immergés au point d’oublier qu’avant on parlait français dans les Maisons liégeoises ou arlonnaises.
Les mots de Leterme ont été négatifs. Ils ont fait mal à l’âme wallonne. Il était temps d’en trouver un issu du génie italo-wallon.
C’est clair, quand quatre millions de francophones seront immergés dans six millions de néerlandophones cela fera dix millions parlant une nouvelle langue hybride, celle de notre avenir indissolublement lié, puisqu’il n’y aura que nous pour la comprendre de par le vaste monde.
Dès lors plus de querelle : le sabir belge au secours de l’unité. On restera entre nous…
Ce sera facile, même les Canadiens ont du mal quand les ministres flamands s’expriment en français.
Un élève immergé en flamand n’est pas un noyé en puissance, c’est au contraire l’amphibie parfait, une sorte de têtard à branchies et poumons, un être d’avenir, une sorte d’extra-terrestre !
Marie Aréna est elle-même une immergée de première classe. On l’imagine en apnée dans les piscines communautaires, son corps gracieux ondulant entre deux eaux, que c’en est même une spécialité ministérielle, la navigation entre deux eaux.
Cependant , cette diffusion constante du mot magique n’est pas reprise comme une approche sympa par les Flamands. Ils considèrent même l’immersion comme une insulte, si l’on songe aux dangers d’une immersion du sol flamand sous le niveau de la mer du Nord, à cause du réchauffement de la planète.
Les immergés wallons seraient-ils de faux adeptes de l’immersion ?

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Marie Aréna devrait tout de même savoir que sans brevet de natation, les immergés risquent de remonter à la surface sous forme de macchabée.
L’égérie du PS est une redoutable nageuse.
Quand Di Rupo l’a mise en piscine dans le bassin de Mons, il avait vu dans son élève les aptitudes qu’elle montre aujourd’hui dans ses immersions.
La nageuse de combat a gagné tous ses meetings dans des maillots tricolores
Ses mises à l’eau sont des exercices personnels qu’elle assure depuis que le ponton Belgique prend eau, des fois qu’il faudrait nager vers un autre rivage…

7 octobre 2007

Voyous et complices.

Les zélés serviteurs du commerce comme il va, poussent l’Europe à l’idée de la dérégulation. Ils veulent briser ce qu’ils appellent des privilèges et qui ne sont que la survivance des victoires corporatistes ouvrières.
Faut-il rappeler que du temps où la force syndicale était encore une puissance capable de faire plier les patrons locaux, certaines corporations plus avancées que d’autres, dans la volonté de ce que l’on croyait alors capable de changer le monde, avaient acquis des « avantages » qui étaient des perspectives d’avenir pour les autres, comme les salaires, les conditions de travail et les pensions supplémentaires payées par l’employeur.
La dérégulation est une manoeuvre patronale pour unifier salaires et conventions du travail vers le bas. Il est d’usage aujourd’hui – et Sarkozy y travaille pour les fonctionnaires, les SNCF et les EDF – de mettre l’accent sur ces avantages afin de les faire condamner par l’ensemble de la Nation.
Pour que la dérégulation porte ses fruits, il faut qu’elle s’accompagne d’autres mesures, comme la privatisation accélérée des services publics, afin d’étendre la notion de précarité à l’ensemble de la classe ouvrière.
Un travailleur qui craint de perdre son emploi est beaucoup plus souple dans les mains des entrepreneurs.
Depuis la dégringolade des conditions de travail et d’embauche, et la perte des illusions qu’un capitalisme social était possible, il apparaît tout à fait nécessaire au patronat de supprimer tous les avantages corporatistes, afin de rendre tous les secteurs malléables aux idées nouvelles.
Cette égalité d'un nivellement par le bas est un vieux rêve de la droite.
La dérégulation, si elle peut parfois donner des résultats dans l’adaptation des moyens pour de plus grands gains de productivité, pourrait aboutir à l’inverse de ce qu’étaient ses objectifs.
Cette année 2007 a de grandes ressemblances avec les années de la Révolution française où l’Etat avait mis en vente les biens des Nobles en fuite à l’étranger, beaucoup de ces biens furent achetés avec des Assignats, sorte de billets de banque garantis par la Nation, par les premiers spéculateurs du capitalisme naissant.
Aujourd’hui, les chevaliers d’industrie ont fait place à un capitalisme crapuleux, conduit par des escrocs et des maffieux qui n’ont qu’un objectif après celui de faire des fortunes : devenir d’honorables industriels, ce qu’ils sont en passe d’être.
Ce capitalisme peut tout à fait devenir explosif et présenter une menace pour le marché légal.
Ce n’est pas vrai que les sommes colossales du blanchiment d’argent sont interceptées et réintroduites dans les finances des Etats capitalistes. Elles s’honorabilisent, se fondent dans les anciennes fortunes qui elles-mêmes sont le fruit de magouilles et de rapines du siècle passé.
Si les voyous qui sont à la tête des plus grosses compagnies, qui contrôlent certains Etats et contaminent probablement le nôtre réussissaient à supplanter le capitalisme classique, les règles de la concurrence seraient réduites à néant, alors fleurirait le terrorisme des multinationales du crime qui deviendrait la norme.
Le climat déjà fort troublé avec les parités chancelantes des monnaies, la crise immobilière et le volume considérable du chômage que ne parviennent pas à résorber les tenants du système, n’attend qu’un petit coup de pouce des voyous enrichis pour sombrer dans une anarchie durable où tous les coups sont permis, et dont des guerres ne sont pas à exclure.
Les risques d’un effondrement financier majeur se sont accrus.
Les compteurs de la finance mondiale que sont le Dow Jones, le FTSE, le Nikkei ou le CAC 40, reposent sur un nombre restreint de grosses multinationales, peut-être une soixantaine.
Avec l’arrivée sur les marchés des nouveaux voyous de l’establishment, l’ensemble du système est fragile et peu sûr. L’écologie, l’enjeu de demain, est sans cesse remise aux calendes et ne sera jamais respectée par ces multinationales délinquantes.

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Si le marché est un appréciateur de la valeur de l’activité économique générale, il n’est pas capable de nous dire à quel moment nous franchirons un seuil écologique décisif.
Si la croissance est nécessaire à toute politique économique, le bien-être général a été dissocié de la croissance à cause de l’argent voyou et du peu de sensibilité sociale de ceux qui le manipulent.
Les économies parallèles ne rencontrent guère de résistance, quoiqu’on en dise, de la plupart des Etats d’Europe et d’Amérique. Les alliances entre les maffias et les Etats ne feront que se renforcer au fur et à mesure de l’avancement de la déliquescence généralisée.
Un exemple : la diffusion du gaz venu de Russie est indispensable à nos industries. On sait que les gisements sont aux mains des maffieux russes. N’alimente-t-on pas les maffias en soldant le prix du gaz à ces compagnies ?
Cette voyoucratie naissante pourrait déboucher – si elle se généralisait - sur des bouleversements géopolitiques et réduire tout progrès collectif à néant.
Galbraith a écrit « on est toujours financièrement génial avant le krach ». Que ceux qui trouvent les détracteurs du « tout le monde il est beau et gentil » fort pessimistes – il y a dix ans on aurait écrit – communistes infiltrés – n’oublient pas qu’ils sont dorénavant dans le camp des voyous.
L’ami d’un voyou s’appelle un complice.

6 octobre 2007

L’avenir aux larbins !

-Mon rêve serait d'avoir une baraque à frites au fond d’un bois pour ne plus voir personne !
-A qui tu vendrais tes frites ?
-Aux scouts qui tiendraient un jamboree dans les environs.
-Bien, tu verrais du monde, alors que tu ne veux plus voir personne !
-Ou artiste adulé des foules et payant ses additions de restaurant en crayonnant sur des nappes.
-Tu ne sais pas dessiner !
-Beaucoup d’artistes ne savent pas dessiner et pourtant, vendent !
-Comme mon voisin qui peint le dimanche et vend des assurances en semaine.
-Que faire alors, si je n’ai pas de talent ?
-La question n’est pas là.
-Ah ?
-La question est : as-tu du fric ? Es-tu connu au départ ? As-tu des relations ?
-Non trois fois.
-Alors, tu la fermes et tu vas bosser.
-Dans quoi ? Je n’ai de goût pour rien.
-Pour bosser, ce n’est pas nécessaire. Tu crois que Verhofstadt a du talent, que Leterme aime ce qu’il fait et que Marc Uyttendaele est un écrivain ?
-Comment cela se fait ?
-Ils ont eu la volonté de sortir du lot. Il était hors de question qu’ils vivent pauvres… Certains ont des relations, d’autres ont fait de bons mariages, tous ont eu du pot…
-Je manque de pot…
-Ils ont fait des études. Tu crois qu’ils ont aimé faire des études ?
-Ils étaient intelligents.
-Pas sûr. La volonté, je te dis, de pas rester dans la merde…
-L’argent ne m’intéresse pas. Ce que je veux, c’est qu’on me foute la paix.
-C’est justement ça qu’on ne te laissera pas faire.
-Je n’ai pas d’autre solution que d’aller me vendre ?

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-Non.
-Qui voudrait de moi ?
-Personne !
-Alors à vingt-cinq ans je suis déjà foutu ?
-T’as peut-être une chance, ces moments-ci…
-Laquelle ?
-Tu gueules partout qu’on fait mal à la Belgique, que tu veux pas qu’on lui fasse mal, que tu comprends pas pourquoi les Wallons veulent pas de gouvernement…
-Je peux vivre avec ça ?
-Non. Mais tu amorces la pompe. Tu intéresses les milieux conservateurs.
-Mais, c’est con. Je ne suis pas d’accord.
-Qu’est-ce que tu veux, à part rien foutre ?
-Rien foutre.
-Je te dis que c’est pas possible.
-Dis toujours, alors ?
-Tu vas trouver ceux qui lancent une pétition en faveur de l’unité du royaume. Tu dis que tu veux militer, que tu vas faire signer la pétition au porte à porte… C’est bien le diable si on ne t’invite pas dans les gazettes ou à la radio… que t’aurais pas droit au bol de soupe d’un colonel à la retraite…
-Pour ce qui est du baratin, ça va, je cause. Mais ça mène où ?
-Faudra pas faire le difficile au début. Ton père n’est rien, toi pareil. T’as pas la généalogie favorable… Dans ton cas, on commence petit. On reste modeste. On essaie d’aider ceux qui incarnent la patrie, le royaume, tout le bazar enfin !
-J’ai toujours pas de quoi bouffer !
-T’inquiète. T’auras plus facile d’aller à la gamelle au FOREm ou au CPAS. T’attends de porter une serviette. T’agites ton drapelet, qu’on voie ta tronche… Tu choisis ta pointure. T’envoies des lettres d’amour à la Quiévrain… Tu te rends utile.
-C’est dingue. Tu fais l’apologie du domestique.
-Tu crois qu’ils ne le sont pas tous, plus ou moins ?

5 octobre 2007

Attendez-vous à savoir…

Les statistiques, c’est comme la météo. On annonce qu’il va pleuvoir et il fait soleil. Enfin, sous nos climats, ce serait plutôt l’inverse (J’ai failli écrire l’averse).
Plusieurs dizaines d’années d’exercice de la statistique, aussi bien pour une crème à raser que pour publier la tendance de l’électeur avant son rendez-vous aux urnes, n’a pas encore trouvé dans la méthodologie, ni dans l’emploi de la juste question, une réponse scientifique satisfaisante. Si bien que cette manie des temps modernes, influence plus le lecteur qu’il ne le renseigne.
Si, dans un sondage publié en relation avec la vie parlementaire, on dit les socialistes battus avec dix sièges au moins sous la majorité de 72 sièges (chiffres fictifs), dites-vous que sans cette publication, peut-être bien que la perte eût été d’un siège, ou mieux que la majorité de 72 sièges eût été préservée.
On voit tout de suite l’intérêt de la manipulation dans ce genre d’exercice.
C’est pourquoi, plutôt que d’interdire des pratiques de sondage, il faudrait établir des règles déontologiques des procédures.
Les relations du sondé au sondeur sont des plus vagues et des plus fantaisistes. Le premier répond au coup de fil du second ou complète un formulaire et plus rarement, reçoit la visite d’un enquêteur.
Le sondé ressort d’un panel organisé en fonction d’une sociologie précise d’un type de population déterminé où s’équilibrent, les âges, les professions, les retraites et plus rarement le chômage et l’assistanat social. Sauf dans le cas d’un sondage sur un type de population, comme par exemple celle qui achète un objet de luxe déterminé, ce serait la société vue en équilibre entre les situations, les revenus et les âges. Ce qui est déjà une aberration en soi. Le Belge qui a une opinion moyenne sur tout n’existe pas et ce n’est pas en faisant la moyenne de mille individus qu’on la trouvera.
Selon le dosage catégoriel des sondés, on peut fortement varier les réponses à partir de la composition du panel des sondés. Le sondage par micro-trottoir est encore moins fiable. Si vous installez votre micro à la sortie d’un cinéma afin de connaître combien de fois le sondé va au cinéma par an, vous aurez une réponse qui sera différente si vous posez la même question à la sortie d’un stade de football.
Toute sorte de distorsions gisent dans la relation d’enquête. Ces distorsions, comment les connaître et surtout comment les maîtriser ?
Seul le professionnalisme exercé honnêtement permet de livrer des statistiques crédibles. Ce qui ne veut pas dire que des tendances ne pourront pas s’inverser ou fléchir. Les statistiques ne sont qu’une photographie du moment. Si on ajoute que cette photographie n’est ni cadrée, ni nette, on aura une approche réaliste de la valeur de la statistique.
Selon le regretté Pierre Bourdieu : « Comment prétendre faire la science des présupposés, sans travailler à se donner une science de ses propres présupposés ? ».
La difficulté reste d’apprécier les effets que l’on peut produire sans le savoir, en écartant d’office le manœuvrier qui travaille à la statistique non pas afin de connaître l’opinion, mais au contraire pour y projeter la sienne.

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L’enquêteur annonce les règles du jeu pour une partie dont les sondés sont en partenariat passif.
C’est encore lui qui détermine la nature du sondage avec son staff de direction, tout cela de manière unilatérale et sans préalable possible, puisque le sondé est en général écarté de la préparation et de la conclusion de l’enquête.
La simplification des termes allant jusqu’au simplisme est aussi un facteur linguistique qui réduit singulièrement la nuance et fonde directement le doute sur la véracité de la réponse.
Les catégories sociales qui sont atteintes avec un maximum d’efficacité aux réponses qui sont demandées par les enquêteurs sont par conséquent limitées. Pour l’étendre aussi largement qu’il se peut, il aurait fallu recourir à d’autres moyens que celui des questions/réponses, afin d’établir un rapport de confiance entre les parties. Pour approcher d’une tendance, d’un courant ou de tout autre développement d’une idée ou d’une action venant en même temps au plus grand nombre, il faudrait que l’enquêteur soit du même niveau social ou de la même ethnie que le sondé.
Et cela, c’est trop demander aux instituts de sondage.
L’essentiel des affaires que traitent ces instituts concernent des demandes des Conseils publicitaires d’entreprise et on voit bien que la marge d’erreurs varie très fortement.
Indépendamment de la publicité qui n’influence que les faibles d’esprit, le tort des Instituts de sondage est de se satisfaire d’approximations et ainsi de nous influencer, dans des sondages qui touchent à l’avenir des gens, à leur santé et à la politique de leurs mandants.

4 octobre 2007

Signons la pétition !

C’est bien. C’est sympa… Enfin des Belges qui ne s’emmerdent pas. Des Belges qui sont contents de tout : du système, du fédéralisme, de Leterme et des autres dirigeants politiques de ce pays.
Il y a gros à parier que ces belges heureux mettent leur petit drapeau tricolore à la fenêtre et sont les premiers à déplorer avec Axel Red, Adamo et Helmut Lotti, sans oublier Julos Beaucarne que les querelles entre nous sont d’une grande imbécillité, qu’elles nuisent à l’image d’une Belgique bon enfant et qu’elles font du tort à l’industrie et au commerce.
Des mauvais Belges pourraient supposer que si nous étions restés au franc, ces bons Belges auraient converti leur pécule en dollars et en Sterling, faisant plonger ainsi davantage la cote.
Mais ce sont les esprits mal tournés, les « anarchissss » qui font des procès d’intention ; alors qu’on ne sait pas si l’altruisme et l’amour de la patrie n’auraient pas plutôt envahi le cœur de ces honnêtes gens !
Grâce au ciel, l’euro nous permet de conserver cette incertitude qui favorise toujours ceux que l’on cite en exemple et nous ne saurons jamais jusqu’où ils auraient poussé le sacrifice.
Il est normal, puisque voilà des gens heureux, que nous les citions à l'ordre du jour de la nation !
C’est le « Soir magazine » qui s’en charge :
Cinq familles flamandes, trois bruxelloises et deux wallonnes occupent le top 10 des familles fortunées du royaume. En tête du classement figure la famille de Spoelberch, actionnaire du groupe brassicole Inbev, trois générations de planteurs de houblon, durs à la tâche dès le chant du coq dans la ferme au toit de chaume. La famille totalise 3,126 milliards d'euros de fortune personnelle, selon le journal.
En seconde position, la famille wallonne Frère, dont Albert Frère, modeste ferrailleur, est l'illustre représentant, elle détient une fortune de 2,98 milliards. Cette famille, qui possède la Compagnie Nationale à Portefeuille (CNP), s'est spécialisée au départ dans l'acier, puisque Albert tout jeune avait acheté avec son premier capital une charrette à bras pour transporter ses bouts de métal, puis s'est diversifiée dans les médias, l'énergie, les banques et le vin, après une vie d’un labeur acharné.
A la troisième place, c'est une famille flamande, les Colruyt, épiciers courageux, inventeurs avec Pagnol des anchois des tropiques, détenteurs de la chaîne de supermarchés du même nom, que l'on retrouve avec une fortune estimée à 2,521 milliards d'euros.
La première famille bruxelloise arrive à la 4e position. Il s'agit des Vandamme, actionnaires du groupe Inbev, qui détiennent 1,625 milliard d'euros. Elle est talonnée de près par la famille Boël qui occupe la 5e place avec 1,418 milliard d'euros.
Etc… Etc…
Mais qui dit que le travail n’est pas justement récompensé en Belgique ?
Car pour avoir amassé une telle quantité de devises, chaque membre de ces familles a dû travailler au moins dix mille ans !
Cela doit être dur de se lever à l’aube, car le monde est à ceux qui se lèvent tôt, et terminer au crépuscule (pour ne pas faire trop de dépenses en électricité) et tout cela par idéal, pour doter leur pays d’un petit matelas d’argent frais afin de réduire la dette publique, donner à la charité et à l’entraide leurs lettres de noblesse, entretenir nos châteaux pour les générations futures !
Vraiment, je l’ai toujours pensé, la vraie noblesse n’est pas celle qui descend de Godefroid de Bouillon, mais qui nous vient du travail de l’homme de peine.
Quand on pense que d’affreux pervers ont, par le passé, pendu pour moins que cela des citoyens aussi laborieux qu’eux dans des pays où la folie s’était emparée des hommes, telle l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques !
Heureusement que la vertu et l’opiniâtreté ont chassé « anarchisss » et « communisss », tandis que nos mémorialistes ont remis les choses à leur place et la banque au milieu du village, l’église ayant déçu les patriotes.

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Puisqu’on fait une large part aux crimes et aux infamies, dans les commentaires des journaux, que la politique n’est pas assez rigoureuse pour dire stop aux prétentions wallonnes de cesser de contrebattre la loi de la majorité, ce qui plonge six dixièmes de Belges dans la stupeur peinée, je joins ma signature aux merveilleux citoyens qui souhaitent par pétition que la Belgique ne tombe pas dans l’ornière du crime de la désunion.
Mais à une condition.
Erigeons par souscription nationale un monument à la gloire des dix familles belges dont il a été question en début de cet article avec la mention : Pourquoi faire ailleurs, ce qu’un ferrailleur fait chez nous.
Nul doute que vous souscriviez tous à cet acte patriotique.
Vive la Belgique. Vive le roi.

3 octobre 2007

Deux pour le prix d’un.

C’est un truisme de dire que l’on ne se connaît pas bien.
Pire, que nous sommes parfois quelqu’un d’autre sans nous en apercevoir.
Cela n’est-il pas nécessaire pour notre équilibre d’imaginer que nous ne sommes pas unique ? Nous avons parfois d’étranges idées dans l’océan de médiocrité de la vie courante que nous traversons. Nous sommes par moments plus généreux que nous le pensons ; parfois aussi nous dépassons en égoïsme, l’égoïste que nous dénonçons avec assurance.
Combien sommes-nous sous notre chapeau, deux ? trois ? Qui sait ? Pièces interchangeables d’un puzzle que nous ne comprenons pas, sinon par hasard et pour quelques brèves secondes d’une vérité qui n’est, le plus souvent, pas bonne à dire.
Oscar Wilde va plus loin quand il écrit « la plupart des gens sont quelqu’un d’autre ».
C’est encore autre chose. Il n’est plus question d’être la représentation de soi ou le complice de soi. Il s’agit bien d’un étranger qui est nous ! Nous ne nous révélons que dans certaines circonstances, desquelles nous tournons le dos pour ne pas nous voir !.
Ce quelqu’un d’autre est en général infréquentable.
Ceux qui donnent une mauvaise image d’eux-mêmes, leur « quelqu’un d’autre » ne saurait être pire !
Ainsi, Leterme, deuxième version.
Il n’est peut-être pas ce que les Wallons pensent de lui.
Peut-être est-il autre que l’image projetée dans les médias, ne serait-ce que parce qu’elle est celle qu’on nous impose ?
Comment définir son identité ? Il faudrait définir avant tout l’identité de celui qui prétend la définir ?
On voit où ça mène ?
Qui peut se vanter d’avoir un moi inchangeable ?
Comment définirait-on un être d’une seule pièce avec des qualités et des défauts intangibles ?
Il faut se méfier des gens qui prétendent être d’un seul bloc, qui se disent « simples » et « convaincus ».
Parce que ces gens se donnent volontiers en exemple et n’admirent rien tant que ceux qui les admirent.

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L’identification à quelqu’un d’autre, alors que nous ne savons pas toujours identifier les personnages que nous avons en nous, est un renoncement à être un soi multiple en étant un soi fac-similé, plus que le double de soi, le double d’un autre.
Comme en la matière il n’y a pas de copie conforme, une pareille disposition conduit à l’erreur.
Ainsi les Flamands, comment pourraient-ils s’assimiler à Yves Leterme : comme à un nationaliste qui a fait ses preuves ? à un Flamand qui impose son programme, sans se soucier des autres peuples ?
Ce serait une telle réduction de l’homme, qu’un citoyen quelconque sentirait son droit à la liberté de penser bafouée.
Toute identité ne peut être que multiple. Elle est la conséquence de nos origines mélangées et de nos cultures assemblées.
Le brassage est un fait et le lot de tous.
Si ça se trouve, le pauvre taré, qui à Anvers a tiré sur une petite et sa nounou, a les mêmes origines tout juste un peu blanchies par le climat, que ses malheureuses cibles.
Cependant, ne nous faisons pas d’illusions en condamnant comme il se doit ce raciste qui est passé à l’acte. Nous sommes certains que nous ne commettrions pas ses crimes, puisque nous les condamnons avec la plus grande énergie.
A moins qu’un autre nous-mêmes soit de l’avis des « imbéciles heureux qui sont nés quelque part » et qu’il nous dise : « voire »….

2 octobre 2007

Dernières cartouches en Irak.

Ayant réuni toutes les conditions d’une guerre civile en Irak, Dobeliou croit toujours à sa mission divine de berger des Irakiens, de grand rassembleur des peuples, en un mot de propagateur de la démocratie.
Comme cela s’annonce plutôt mal et que le temps des bilans approche à grands pas, il a jeté son as sur la table pour la dernière donne : le général Petraeus, un nom latin pour une mission impossible.
Connu dans tout Washington pour son originalité, David Petraeus veut mettre l’accent en Irak sur la protection des populations. En un mot, il veut réconcilier Kurdes, Chiites et Sunnites !
Commandant de la force multinationale en Irak depuis février, le général 4 étoiles est présenté par Bush comme un incomparable expert en stratégie.
Il en aura bien besoin pour rejouer le rôle qui avait été celui de l’armée américaine dans le premier mois qui a succédé le déboulonnage du dictateur Saddam Hussein, alors que les Marines faisaient office de libérateurs.
Cela s’est gâté depuis.
Le président, un moment en plein désarroi, vient de lancer Petraeus en pleine guerre civile, afin d’éteindre l’incendie qu’il a allumé.
Petraeus outre la marque de West Point, l’école militaire qui a formé les grands formats, est aussi diplômé dans le civil. C’est une sorte de philosophe de la gâchette qui a soutenu une thèse sur l’effet démoralisateur de la guerre du Viêtnam sur les G.I.
Ce qui a séduit Bush et qui été déterminant dans ce choix, a été la réforme par cet Einstein des armées, du manuel de la guerre anti-insurrectionnelle (Counter-Insurgency) qui n’avait pas été dépoussiéré depuis un bon quart de siècle.
David Petraeus convie l’armée d’occupation à une réflexion sur les moyens de se faire accepter par les populations. Cela devrait passer par une distribution massive de chewing-gum aux enfants des rues et le regard déférent, quand l’assaut d’une maison bourrée d’islamistes intégristes met le militaire US nez à nez avec une femme voilée de la tête aux pieds.
Des méthodes du général Petraeus, le Congrès est sceptique. D’autant, que la majorité est tombée aux mains des Démocrates. Avant son commandement suprême, le général avait dirigé la région de Mossoul, où la castagne a été sévère. Ce qui aurait permis à ce « génie » de prendre des notes et d’élaborer un nouveau plan.
En attendant les progrès sur le terrain des dix-huit objectifs fixés, peu sont atteints. Les attentats et les émeutes dans Bagdad n’ont pas cessé et il semble que les résultats de la nouvelle efficacité se fassent attendre.
Bush n’aura pas bien terminé son deuxième mandat.
Il y a aujourd’hui trois guerres en Irak, celle que mène les activistes irakiens contre l’armée d’occupation, la guerre civile entre les trois communautés et les guerres que se livrent les Iraniens chiites contre les nations arabes sunnites, sans oublier l’implantation d’Al Qaeda qui n’avait jamais réussi à s’infiltrer en Irak du temps de Saddam.
Résultat, on pense que deux millions d’Irakiens se sont réfugiés en Syrie et en Jordanie, deux autres millions divaguent dans le pays parce que leur domicile n’existe plus ou qu’il est devenu trop dangereux.

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Les stratèges extérieurs aux Usa pensent que Petraeus est arrivé beaucoup trop tard pour remonter la pente et que d’ores et déjà c’est une guerre perdue dont la catastrophe pourrait se répercuter longtemps encore dans les esprits et le moral des Armées, autant sinon davantage que la guerre perdue du Viêtnam.
Pour connaître la dimension du désastre, il faudra attendre et voir la manière selon laquelle les forces de ce corps expéditionnaire malheureux seront rapatriées. On se rappelle encore le vent de panique qui souffla sur les dernières troupes accrochées dans Saigon même par les Rouges de Giap, pour craindre le pire quand sonnera la retraite en Irak.
Cette catastrophe annoncée, à cause de l’assimilation que font les pays pauvres du système capitaliste commun de l’Amérique et de l’Europe, sera dans une certaine mesure aussi malheureuse pour les pays d’Europe qui n’ont pas participé à cette guerre stupide, que ceux qui y ont participé. Comme quoi, on ferait mieux de réfléchir en Europe à une décision commune dans ce genre de conflit et ne pas laisser l’Italie, la Pologne, l’Angleterre et quelques autres, faire de la lèche et jouer les cavaliers seuls, dans des moments aussi graves.

1 octobre 2007

Aliën 2 : le retour.

Qu’est-ce qu’on est content que l’explorateur n’explore plus ! Cherchait-il le Yéti, la chose inexpliquée, le monstre du loch, la perle des Indes ? Non. Il traquait le letermosaure !...
L’a-t-il ramené de son exploration hardie ?
On le croyait éteint depuis des millions d’année, revoilà l’animal, un spécimen savant qui sait mettre de l’eau dans son vin !
Bien entendu, des fidèles de l’explorateur l’attendaient sur le wharf, dans le port de Gand.
L’explorateur a été assez bref. Il a dû son succès à la patience, et surtout à son silence.
Il a raconté à son auditoire sous le charme, comment il a approché le Letermosaure que l’on croyait fossilisé dans les schistes calcaires. Ils ont communiqué longuement.
A la suite de quoi, Leterme revient.
Les Wallons ne l’attendaient pas précisément, quoiqu’ils espéraient de tous leurs petits cœurs inquiets, que Leterme pardonnerait leur intransigeance. Ils étaient prêts d’accueillir n’importe qui, les Wallons, pourvu que le nouveau caudillo soit décidé à poursuivre l’union sacrée. Tant pis si c’est Leterme, et tant mieux qu’il ne veuille pas d’une séparation toujours humiliante quand elle n’est pas consentie mutuellement.
Non, les Wallons n’eussent pas voulu pas que les Flamands les abandonnassent.
Puisque le ménage repart, les petits drapeaux qu’on voyait timidement poussés par des mains tremblantes aux fenêtres entrebâillées, ces drapeaux insultant l’âme flamande, seront partis demain en quarantaine.
Les fonctionnaires du patriotisme militant, les gazetiers tricolores, les speakers quiévrainisés, les partis « franco-faunes » qui hantaient les allées du Bois de la Cambre dans l’espoir fol de violer de la belle Flamande, iront dès que possible déposer leurs ex-voto sous la forme d’ex-veto, dans la chapelle royale du domaine de Quaregnon, tout en y alignant contre les murs les béquilles de leurs infirmités linguistiques.
Si Leterme revient après la battue victorieuse de Van Rompuy dans le bois joli, cela signifie que les couillons ne sont pas tous Wallons et que les Flamands « raisonnables » ont mis les pouces.
Entre cons, même si on ne parle pas la même langue, on finit toujours par s’entendre.
Heureusement que personne n’a crié chiche !
C’est tout politique et compagnie, comme disent les valseuses du troisième âge qui rompent avec leur solitude le samedi soir entre les tables des joyeuses rencontres, en étreignant leurs cavaliers.
Des deux côtés de la ligne de démarcation, les deux peuples les plus unilingues au monde sont à nouveau réunis dans leur petit ménage, sans aucune assiette cassée, sans aucun portrait de famille tagué d’injures.
BHV dans l’oubliette : il aura fallu plus de trois mois pour en arriver là. Que les Belgicains se rassurent, le reste des négociations ira très vite. Les salaires, la douleur des petites gens, les impatiences de la sécurité sociale, tout cela pfft sera balayé en deux jours.
Et c’est bien là le drame belge, celui de faire des mouches à deux culs pour BHV, et de gicler des fauteuils de réunion pour le reste, en harmonie. Alors, que cela aurait dû être l’inverse !
La mariée qui ne voulait pas qu’on la quitte sera au début du retour un peu bougonne, un rien fâchée quand le marié ira sous ses jupes. Peut-être même dira-t-elle qu’elle a ses règles. Mais la joie de savoir l’homme rentré et le bonheur de le sentir dans ses bras, feront le reste. Les Belgicains n’aiment pas de rester seuls. Ils redoutent les coups de cafard. La France n’a pas été assez rapide pour une étreinte adultère.

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« Helmut Lotti, Adamo et Axelle Red sont les dignes ambassadeurs de notre pays à travers le monde. Il est important qu’ils soient fiers de nous. Nous ne pouvons pas les décevoir. » C’est ce que pensent les téléspectateurs de RTL.
Leterme les a entendus.
L’Europe respire. C’est comme si le Titanic recommençait la manœuvre de 1911 et qu’au lieu de se faire déchirer le flanc par l’iceberg, il passerait cinq centimètres à côté !
Reste, comme tous les ménages qui se recollent, qu’il faudra attendre que la glu se solidifie. Si Leterme n’est pas patient, toute la procédure pourrait reprendre et le divorce repartir.
Même une occurrence pareille ne serait pas définitive.
Didier Reynders se voit bien en amour avec la Belgique, plus qu’avec la Wallonne et la Flamande.
Leterme pourrait bien finir cocu par l’une et l’autre.
Il ne lui resterait plus que le plaisir solitaire à l’ombre de la tour de l’Yser.
C’est ce qui arrive quand on joue trop les branleurs.