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30 novembre 2011

Les Gérard de la politique.

Des humoristes français, soutenus par un public qui en a marre des nanars de la téloche, ont imaginé un prix en marge de ceux dédiés aux vedettes télévisuelles.
Le prix s’appelle les Gérard de la télévision 2011. Comme il en faut pour tout le monde, il y a 24 catégories.
Les gagnants reçoivent un parpaing doré.
Le Gérard de la présentatrice météo « qui, au rythme du réchauffement climatique, s’assèche doucement mais sûrement » sont nominées Evelyne Dhéliat (TF1) Florence Klein (FR3) Isabelle Martinet (FR2) Catherine Laborde (TF1) Fabienne Amiach (FR3).
« Gérard du membre d'un jury de tocards qui a toute légitimité à te juger vu comment il a brillamment réussi sa carrière, Jean Benguigui, dans On n’demande qu’à en rire (FR2) Henry Padovani...
Il y aussi le « Gérard de l'émission qui te fait croire que tu vas trouver l’amour, alors qu'avec ta gueule, même ta main refuse de te branler, L'Amour est dans le pré (M6) L'Amour est aveugle (TF1) , et le « Gérard de l’animatrice tellement nulle que tu te demandes ce qu’elle a bien pu faire pour décrocher son poste. Enfin non, tu te le demandes pas, tu le sais, mais tu le gardes pour toi pour... »
Le Gérard du tirage de lettres embarrassant dans l’émission Des Chiffres et des lettres R.O.U.B.I.G.N.O.L.E.S. G.R.O.S.N.I.B.A.R.D.S. E.M.I.L.E.L.O.U.I.S. S.U.C.E.M.A.
Le Gérard du type, sa tête, on dirait une marionnette des Guignols Gilles Bouleau dans le JT (TF1) Arlette Chabot dans A vous de juger (FR2) Igor Bogdanov dans A deux pas du futur (FR5)...
Gérard de l’émission où on mange des vers : Koh Lanta (TF1) Fourchette et sac à dos (FR5) Rendez-vous en terre inconnue (FR2) Seul face à la nature (NT1) Famille d’explorateurs (TF1).
Enfin, le « Gérard du petit métrosexuel à chemise Fred Perry, bottines Paul Smith et costard The Kooples, embauché au départ pour faire bander les gays du Marais mais qui au final fait mouiller les vieilles... Igor Bogdanov dans A deux pas du futur (FR5), Grischka Bogdanov dans A deux pas du futur (FR5) Alexandra Golovanov dans La mode la mode la mode (Paris Première), Jean-Pierre Coffe dans Vivement... et le Gérard de l’animateur qui a trop de dents, et elles sont trop blanches Jean-Marc Morandini dans Morandini (Direct 8), Philippe Vandel dans Vive la télé (Paris Première), Vincent Cerruti dans... »

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Après 353 jours de pourparlers et après qu’il fallut un Standard and poor’s pour siffler la fin du match, nous aurions bien droit en Belgique au Gérard de la politique. La remise des prix pourrait se faire devant le 16, rue de la Loi. La coupe pourrait être symbolisée par un panier de tomates fraîches que nous remettrions aux vainqueurs sortis du lot des nominés, ce qui leur éviterait de les recevoir sur la gueule.
Parmi les Gérard de premier ministre qui fait semblant de ne pas en vouloir, mais qui n’hésite pas à saborder son parti, catégorie humble : Di Rupo, catégorie « fils de » qui ne voient pas plus loin que le bout du nez de leur père, seraient nominés Alexander De Croo et Charles Michel, et dans la catégorie, ceux qui ne le seront jamais et qui pourtant ne s’y résignent pas, Didier Reynders.
Le Gérard des faux-culs qui font semblant que ce n’est pas à cause d’eux que ça fait 353 jours qu’ils nous font chier, on pourrait nominer Milquet, Onkelinx et Javaux.
Le Gérard du Beaujolais nouveau, ministre de la bière à pression et de la pression sur les vieux proches de la bière, nominé : Michel Daerden.
Enfin, dans le Gérard du premier prix de conservatoire du premier rôle d’une traduction en anversois d’une pièce de Virgile, nominés : Bart De Wever et Wouter Beke.
Le Gérard du plus con des ministres et cependant indispensable toute catégorie pour maintenir un haut niveau de connerie dans une équipe gouvernementale : Etienne Schuppe et Guy Vanhengel.
Le Gérard du ministre qui a le regard le plus libidineux de la profession, André Antoine.
Etc.
S’il y a encore des humoristes en Belgique – certains prétendent qu’il n’y en a jamais eu – qu’ils reprennent donc mon idée, je leur en donne le Copyright.

29 novembre 2011

La gauche qui n’existe pas.

Le gouvernement de centre-droit mis en place par Di Rupo va frôler la catastrophe à chaque accord qui cherchera des sous dans la poche des gens. Et comme il n’y a pas de miracle, il finira tôt, ou tard, par déraper, selon la loi des probabilités.
Dehaene n’avait pas été avec le dos de la cuillère, quand il s’était agi d’entrer dans la zone euro, mais c’était à une époque au cours de laquelle le PIB était en hausse.
Di Rupo demande des efforts à une population qui souffre déjà de la crise. Cela va avoir des conséquences plus importantes sur le niveau de vie des classes laborieuses.
Des hebdomadaires comme Marianne en France, se demandent pourquoi les Verts : Joly, Cohn-Bendit, et la gauche de la gauche : Mélanchon, Poutou, sont contre Hollande, c’est-à-dire jouent contre le PS et risquent de faire réélire Sarkozy ? On sait qu’armer la mécanique de la machine à perdre est la chose au monde la plus maîtrisée par la gauche française, depuis que les éléphants du PS s’étaient ligués pour faire perdre Ségolène Royal contre Sarko.
La différence, c’est que la machine à perdre était à l’intérieur du PS du temps de Ségolène. Aujourd’hui, elle est à l’extérieur du PS, cependant tout aussi résolue, mais non sans raison.
C’est le même scénario qui va se jouer en Belgique. Les socialistes vont donner un premier ministre à la Belgique, la gauche de la gauche n’existe pas concrètement, le PS est censé représenter toute l’opinion de gauche. C’est peut-être plus grave qu’en France, l’opinion publique non représentée en Wallonie pourrait devenir majoritaire !
La gauche qui n’existe pas, a intérêt de faire sentir au PS qu’il ne la représente pas.
Dans l’un et l’autre cas : Hollande et Di Rupo feront-ils une politique socialiste ? Le premier, on en doute, quant au futur premier ministre belge, on en est certain, sa politique du centre-droit n’est pas une politique socialiste. La gauche qui n’existe pas a donc raison de se transformer en machine à faire perdre le PS. Une grève des syndicats le 2 décembre, va dans ce sens.
Les protestataires belges comme français sont convaincus qu’il n’y a plus rien de socialiste dans la social-démocratie, celle-ci mouille le maillot pour encore sauver le système qui serait quasiment moribond, sans son intervention.
L’Histoire retiendra pour la Belgique que le dernier défenseur de l’économie capitaliste en 2011 est le parti socialiste !
C’est, du reste, fort astucieux de la part du roi de demander à un socialiste de former un gouvernement. On n’ose imaginer ce qu’il serait advenu d’un Di Rupo, leader de l’opposition !

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Peut-être Di Rupo s’est-il mouillé pour rien et avec lui les socialistes, tant la crise ravage tout ce qui était encore possible dans l’économie libérale, pour foncer vers l’imprévisible. L’expert Elie Cohen n’est pas rassurant. Il lui semble que l’Europe est sur la pente fatale. La BCE (Banque Centrale Européenne) n’a toujours pas le feu vert de l’Allemagne pour racheter aux Etats en quasi faillite, les créances qu’ils ne peuvent honorer.
Attali donne 50 % de chance à l’euro de passer les fêtes de fin d’année.
Le chômage et la récession plombent tous les pronostics.
Là-dessus, le héros de San Valentino, Eloi Di Roublardo, lui-même, s’avance et joue le sort des travailleurs belges - sans demander leur avis en toute humilité, naturellement – à ce même casino de la finance qui en a déjà déshabillé plus d’un !
C’est porter l’amour de la dynastie un peu loin !
Le PS serait-il en train d’aider la bourgeoisie à remettre les travailleurs au temps de Germinal et de Zola ?
Il me vient une pensée scandaleuse. Je la repousse. Elle me revient sans se décourager. Vais-je vous la livrer ? C’est bien la première fois que je pose la question de ma sincérité devant tout le monde.
Tant pis, je m’y résous. Je préfère que vous me reprochiez de l’avoir eue, que moi, de ne pas vous l’avoir dite.
« Combien Di Rupo a-t-il été payé pour trahir la cause des travailleurs ? ».

28 novembre 2011

Perdu « A » rapp. contre b. récomp.

On a perdu un A, à part le pognon qu’on va sortir de nos poches, de quoi la finance se mêle dans la démocratie pour faire et défaire les gouvernements ?
Depuis quand, les citoyens doivent-ils prendre en compte l’avis des usuriers unis dans la guéguerre des portemonnaies ?
Les trois « A » sont comme les critères d’une belle femme un peu ronde qui veut maigrir, sauf que nous ne le voulons pas et que nous nous trouvons bien ainsi. Mais les trois « A » se moquent de ce que nous voulons, ou pas. Et nous voilà en train de nous appauvrir, c’est-à-dire de maigrir !
Comme on n’a pas fini pour autant d’emprunter, on peut se demander si, pour ne pas perdre un deuxième « A », on n’est pas en train d’emprunter pour financer la rigueur ?
Parce qu’avec leur système à la mord-moi le nœud, plus on perd des « A » moins on arrivera à équilibrer les finances publiques et plus on devra ramer pour seulement rembourser les intérêts. Les Grecs en savent quelque chose.
Et dire que sans quitter le système bien-aimé des Libéraux, on pourrait assainir d’un coup les finances publiques sans décourager le petit peuple qui travaille dur pour des clous !
Au lieu qu’un Di Rupo réfléchisse à nous ponctionner sans nous faire peur, à seule fin de ne pas perdre de popularité en Wallonie, s’il mettait des plafonds de rémunération des secteurs public et privé dans les traitements et pensions de ces beaux messieurs du Bois-Doré, supprimer ou diminuer fortement le budget des armées et n’augmenter la TVA que sur les produits de super luxe, on pourrait dépasser les 20 milliards tout de suite sans enlever le pain de la bouche des plus faibles !
Bien sûr, Sabine, Alexandre et les autres pousseraient des cris et peut-être même que l’Europe nous en voudrait de montrer le mauvais exemple, mais veut-on assainir ou pas ?
A défaut, sabrer dans les frais de l’Etat au niveau des rémunérations des élus, serait une première mesure qui n’aurait d’efficacité que si on prélevait minimum 25 % des rémunérations et non pas les maigrichons 5 % que Di Rupo propose et encore pas à tout le monde représentatif !
Existe-t-il vraiment cet élu du peuple qui ferait passer enfin les intérêts dudit peuple, avant les siens particuliers ?
Des petits détails font croire que c’est un doux rêve, par exemple le défilé des grosses bagnoles les jours de crise. A certains moments, on a l’impression qu’on assiste à un concours d’élégance, du temps où Deauville et Longchamp étaient les villes phares du chic parisien en visite à la campagne. (1)

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Et si en deux coups de cuillères à pot, on soumettait ces trois mesures à référendum ?
Il est vrai que dans notre curieuse démocratie, les référendums ne servent pas à grand-chose et que l’Europe s’en passe volontiers. Quand on voit comment Papandréou a dû freiner des quatre fers pour ne pas lancer le sien, on a compris.
Nos politiciens s’en gargarisent. Ils sont en train de brader l’Europe à l’appétit de ses usuriers, au point d’aider par leur docilité à aider la Chine et les Etats-Unis à sortir la tête du trou, en nous y enfonçant à leur place !
De tout cela il ressort que l’euro devient pour ceux qui croyaient au miracle, une sorte de lest qu’un désespéré s’attache autour du cou pour mieux couler à pic. Parole ! les pays qui ne sont pas dans la zone euro et qui, pourtant, adhèrent à l’Europe s’en sortent mieux que nos élites bêlantes, l’Islande, le Danemark, les pays scandinaves, ont apparemment moins de problèmes, seule exception l’Angleterre avec sa livre sterling aussi mal en point que cela peut l’être.
Et cependant, nos catastrophés souriants poursuivent et signent, ils nous certifient que notre situation serait pire sans l’euro.
Faut-il encore les croire ? Ils nous ont déjà fait avaler tant de salades !
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1. Pour les fringues, les zigotos font attention, col roulé, chemise ouverte, etc. Les dames pareillement, genre Mark & Spencer ; mais où ils et elles craquent, c’est dans la bagnole. C’est à qui aura la plus grosse. Les plus marioles font cinquante mètres à pied pour rejoindre incognito la limousine et son chauffeur.

27 novembre 2011

Di Rupo et les chômeurs.

L’actuel accord de gouvernement réunissant six partis représentant les libéraux, les chrétiens humanistes et les socialistes des deux communautés, mentionne les directives européennes en matière de chômage, avec les pressions économiques des agences de notation, franchement c’est complet. On aurait pu se passer d’élections en juin 2010 et demander à Standard & Poor's en collaboration avec Laszlo Andor, commissaire européen en charge de l'Emploi, affaires sociales et intégration, de désigner le gouvernement à la place d’Elio Di Rupo.
On se serait passé d’une crise, attendu que même pour BHV, Bart De Wever aurait dû en laisser beaucoup. N’est-il pas européen et flamingant, le bougre ?
A force de faire de l’Europe un croquemitaine, nos lascars encouragent les Belges à prendre l’Europe en grippe. On se demande s’ils en ont conscience ?
Est-ce que le commissaire européen Lazlo Andor est aussi vache qu’on le dit dans son désir d’en découdre avec les travailleurs, les chômeurs et les syndicats ?
Il faut avoir le cœur bien accroché pour lire les directives du rond-point Schuman, écrites en français d’université, pleines de néologismes issus de l’américain et bourrées de fautes d’orthographe. L’Europe regorge de technocrates chargés des explications en langue vulgaire. Cela ajoute simplement plus de confusion !
C’est mieux de lire ça le soir, quand tout le monde est à la télé…
D’abord une petite note préliminaire, pour qu’on n’en parle plus jamais par la suite dans la chasse aux chômeurs qui est ouverte : « les accidents du travail et les maladies professionnelles tuent et blessent plusieurs milliers de personnes dans les Etats membres de l'Union européenne » chaque année. Lazlo ne nous donne pas les chiffres – peut-être sont-ils ailleurs, sous clés ou sous cellophane – on sent bien que pour lui, ce n’est pas le plus important. Lui, comme Di Rupo et les autres, ils n’ont pas de contact avec les scies, les poulies et les tôles. Quand ils prêtent serment pour se faire un peu de blé en plus, c’est avec leurs cinq doigts.
La montée continue du chômage dans les Etats membres de l'Union européenne tracasse Andor. Que nos sicaires affiliés à la FEB délocalisent en Chine, n’est pas son affaire.
Le traité de Rome (1957) ne comportait que peu d'articles de politique sociale de manière spécifique. Du reste, ça ne concernait que la libre circulation des travailleurs et la liberté d'établissement dans le marché commun. Bref, toutes choses vues, rien que pour faire baisser les salaires et rien que pour les intimes de Sabine Laruelle. Les chômeurs étaient ignorés.Sous des dehors ronflant avec le mot liberté employé des dizaines de fois, c’était juste pour dire qu’à l’Europe, l’ouvrier spécialisé n’avait plus qu’à fermer sa gueule et essayer d’être moins cher que l’ouvrier de Shanghai.
Mais voilà que cette merveilleuse politique, la crise aidant, fiche à la rue des milliers de travailleurs nouveaux, en plus de ceux qui battaient la semelle depuis belle lurette.
Avec sa compétence "question d'intérêt commun" (article 2 du Traité CE), voilà Lazlo d’accord avec Barroso disposant d'un outil juridique permettant de coordonner les politiques de l'emploi des Etats membres au sein d'une stratégie commune. Aïe ! inutile de dire que ce machin là consiste à renforcer la pression de l’ouvrier chinois par l’ouvrier bulgare et roumain, autrement dit l’ouvrier de « cheu-nous » se voit un peu plus enfoncé dans la merde sociale. Toujours le black-out sur la « nocivité » du chômeur de longue durée.
Ce qui n’a pas échappé à nos foudres de guerre d’apprêter comme un gant le manœuvre léger et l’ouvrier à petite qualification, en les culpabilisant en même temps de les ficher à la porte des usines. Toujours rien, cependant de Barroso piétinant leurs cadavres de chômeurs inutiles

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Je me suis farci des dizaines de pages de recommandations, pour ne tomber que sur de vagues propos comme « réduire les disparités régionales en termes d'emploi et de chômage » et comme cette réduction se fait toujours par le haut plutôt que par le bas chez ces « braves gens » on pourrait conclure que « traiter les problèmes que rencontrent les zones défavorisées de l'Union européenne dans le domaine de l'emploi », commence par maltraiter les ouvriers qui sont au haut de l’échelle et les chômeurs à taux plein !
Peut-être est-ce à la demande « des Présidences autrichiennes et finlandaises en 2006, qu’une réflexion a, en particulier, été lancée au niveau européen sur la "flexisécurité" (flexibilité et sécurité au travail) et la question de l'adaptation des salariés et des entreprises à la mondialisation. » qui apporterait de l’eau au moulin (à vent) d’Eloi Di Roublardo ?
Ou bien est-ce finalement nos peu courageux hommes politiques qui ont trouvé astucieux de reporter sur l’Europe les basses besognes concernant les chômeurs qu’ils n’osent pas faire à visages découverts ?
C’est possible. Je dirai même plus, c’est quasiment certain.
A moins que l’Europe n’envoie à nos grosses têtes des rapports confidentiels que le vulgaire n’a pas à connaître, en toute démocratie bien comprise ?
On voit mal Van Rompuy dire à Roublardo « Tu vas en foutre combien à la porte du FOREM cet hiver, hein mon salaud ? ».
Vu l’époque, les gens et les secrets d’en-haut, pourquoi pas ?
Enfin, dernière hypothèse, on a vu à RTL une offensive de la famille De Croo pour réhabiliter le petit Alexandre fort décrié par l’opinion. Si ça se savait que c’est sur son insistance qu’on va pénaliser certaines catégories de chômeur ; cela ne lui ferait pas de la réclame, alors, pourquoi pas Barroso et son commissaire Lazlo Andor en boucs émissaires afin de protéger cette jeune carrière ?

26 novembre 2011

Le drame de Di Rupo.

Lui qui aime tant jaser aux bonnes places des tribunes, n’ira pas gloser à la réunion de la Convention du PSE (partis socialistes européens) pour cause de réflexion profonde. Et devinez qui le remplacera dans le speech inaugural ? Charles Magnette, pardi, le chouchou, le petit dernier qui monte ! Les anciens caïds doivent faire une de ces gueules !
Di Rupo adore ce genre de rupture.
Il passe, il salue, on l’acclame, il parle, puis quand il a sa dose, il disparaît en retraite. C’est un membre attardé de la confrérie de ces Messieurs de Port-Royal, autrement dit un franc-maçon moderne, très strict, très obédience obéissante.
Il se fait désirer. Il aime que l’on s’étonne de son absence et qu’on s’effraie de son long silence.
Ici, on est servi.
Le public attend un messie, tous les partis en conviennent, sauf un jeune coutumier du m’as-tu- vuisme, puisqu’il a déjà fait tomber un gouvernement du haut de son inexpérience. Qu’à cela ne tienne, vexé de l’obstination d’Alexandre De Croo, Di Rupo court se jeter au pied du roi.
Depuis, le pays retient son souffle.
Bien sûr que Di Rupo va revenir et évidemment qu’Alexandre De Croo va plier un genou et faire allégeance.
En attendant, le pays vient encore de perdre la bagatelle d’un demi-milliard ! On a perdu un « A ».
Dans le black-out artificiel, on apprend quand même que le demi-dieu montois poursuit les contacts bilatéraux.
Il adore ça ! Les autres sont comme dans un confessionnal. Monsignore est derrière son bureau, caché derrière une montagne de notes comme les grilles d’un confessionnal. Sa secrétaire porte-cuculle, comme un greffier de justice est à sa petite table. C’est la version « je suis mécontent et je le montre ». Il y a aussi celle du charme, pull ouvert, parfum rare qui flotte, tasse de café, petit doigt levé et petits fours. La sportive, avec baskets aux pieds, décontractions, sourire aimable, yeux enjôleurs. On sort de celle-là en croyant qu’on l’a échappé belle, par l’insistance de la poignée de mains avec les doigts de monsignore qui ne veulent pas vous lâcher…
En attendant Godot, le programme du formateur est bien là qui nous pend sous le nez et que même les chefs de la FGTB, pourtant aux ordres du PS, trouvent imbuvable !
Et des idées pour faire autre chose et vivre autrement, des idées socialistes en quelque sorte, il n’en manque pas !
La semaine dernière, Marianne dans un numéro spécial en citait quinze !
A commencer par la rééducation des citoyens tourneboulés par les inepties acheteuses qu’on leur fourre en tête depuis qu’on n’a rien trouvé de mieux de détruire plus vite qu’on ne produit pour faire tourner la machine à fric qu’est devenue l’économie.
Un New Deal vert pour arriver à une souveraineté énergétique et alimentaire, une protection sociale dite universelle pour mettre un terme à la terreur de perdre un emploi sur laquelle surfent les employeurs pour justement régner par la peur, un crédit coopératif avec une idée toute simple, inverser les rôles entre la banque et le citoyen, la cogestion, séparer enfin les banques de dépôt, des banques d’affaires, tout cela venant d’une autre philosophie d’accords…

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Seule concession à accorder au formateur démissionnaire : le MR est un poids mort pour toutes les réformes visant à une justice sociale. C’est très difficile de travailler avec des gens qui se croient encore dans une autre époque, parce qu’ils ne ressentent pas celle-ci, attendu qu’ils n’ont jamais connu la misère, ayant toujours vécu aux crochets de la population.
C’est la seule excuse. Encore que, Monsignore se trouve dans le même cas, même lorsqu’il parle de la misère que ses parents ont connue. Il ignore depuis ce que c’est. Il s’en sert parce que cela lui convient politiquement ; mais son témoignage n’est pas sincère.
Il est très proche socialement d’un Alexandre De Croo et à des années lumières d’un métallo de Seraing que Mittal s’apprête à mettre à la rue.
C’est ça le drame de Di Rupo et aussi celui du bureau du PS.

25 novembre 2011

Exit le rêve américain.

Avant le désastre venu d’Amérique, on y croyait encore à l’Eldorado ! Dès qu’on parlait des USA, depuis le Pépé qui avait vu les G.I. en 45, au plus jeune qui connaissait par cœur le nom américain de tous les gadgets de la maison, le mythe a tenu le coup longtemps. Presque un demi-siècle, de Roosevelt à Reagan, le miracle américain nous a épargné de croire à un mirage, celui d’un exemple social venu d’URSS et qui s’est révélé être un fiasco.
Si on n’a rien vu venant de l’Est, à présent que les masques sont tombés, on a vu progressivement des horreurs traverser l’Atlantique. Depuis que le mur de Berlin n’existe plus, c’est pire. On cauchemarde...
Malgré les libéraux persistant de faire croire aux vertus économiques de leur système, les populations en sont revenues du miracle américain. A part Sabine Laruelle, les épiciers du MR n’y croient plus eux-mêmes. Ils n’osent plus farcir leurs discours des superlatifs américanolâtres ! On les devinait prêts à demander la nationalité américaine. Ils s’en seraient allés bidouiller une entreprise là-bas. Ils seraient revenus pleins aux as, le tee-shirt taillé dans un drapeau du pays d’adoption !
Hélas ! ils ne sont pas partis. Même Chastel préfère l’euro au dollar. Reynders déménage, mais à Uccle. Les Michel ont bien l’intention d’arrondir les avoirs de la famille des indemnités diverses qu’ils perçoivent en Belgique.
Bref, nous les avons sur le dos.
Cependant, si on n’en parle plus dans les milieux du commerce et de la petite entreprise, si les ténors du MR n’ont pas poussé leur contre ut à Marche-en-Famenne sur le miracle américain, ce grand pays existe toujours et, comme ici, il s’en passe de belles, en-dehors des Indignés qui ont fini par décamper de Wall Street, matraqués par la police.
Obama s’est révélé un meilleur candidat qu’un président d’attaque. Les pauvres, entre 30 et 40 millions, sont déçus. La sécurité sociale qu’Obama avait promise n’est pas à la hauteur d’une grande nation démocratique. Le Sénat est hostile aux réformes. Les Républicains, après le départ honteux de Bush, relèvent la tête. Obama est un président mou, trop conciliateur et qui a raté des occasions de marquer des points. Il sort péniblement de l’Irak et il songe à en faire autant d’Afghanistan, sans que ces deux guerres aient changé grand-chose à la géopolitique. Quant à sa politique pro-israélienne, elle réussit à faire l’unanimité contre elle, en-dehors des Etas de l’Union, et de Londres.

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Son opposition est hyperactive et se nourrit du marasme économique et du mécontentement de la middle class complètement laminée. Les Tea Party savent comment enfoncer le clou là où ça fait mal. Ils ont repris du poil sur la bête en suivant le gros des Américains qui pour oublier les sombres perspectives, renforce les croyances en Dieu dans le foisonnement des religions.
Un enrichi s’est lancé dans la politique en surfant sur les besoins spirituels croissant. C’est Mitt Romney. Il s’est fait la gueule de l’Américain moyen, se dit mormon et s’est fait un blé fou sur des fonds d’investissement bien avant que les Américains ne payent plus les hypothèques de leurs maisons, faute de liquidité.
« Believe in America » tonitruent ses agents de la propagande à chacun de ses meetings. C’est simpliste, mais les gens ont besoin d’être réconfortés par des mots simples. Croire en l’Amérique au moment où elle n’est plus la superpuissance rayonnant sur le monde, remonte le moral.
Romney est un libéral ultra dont on connaît par cœur le programme : moins d’impôt, moins d’Etat, des rapports directs et sans garanties des lois entre employeurs et employés, bref un homme comme Charles Michel les aime. Ancien laïc au service de l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, son concurrent Rick Perry, est lui, branché sur les évangélistes.
Evidemment, ils se reprochent mutuellement leur appartenance à deux églises différentes, d’autant que Rick Perry laisse dire que l’église de Mitt Romney est une secte.
On est loin de ce qui devrait préoccuper l’Amérique et que développent pourtant les Indignés dans leurs manifestations en dénonçant la dépression qui gagne.
Il est très difficile d’entrer dans une recherche pour une meilleure économie, dans un pays où les socialistes européens passent pour des communistes !
Récemment l’opinion américaine s’est rendu compte de la puissance financière accrue de leur créancier chinois et de l’emprise de ce pays sur l’économie américaine.
Au rythme actuel, il ne faudra pas dix ans pour que les pays émergents repoussent les USA à la deuxième ou troisième place des pays dominants de la planète.
Les Occidentaux ont inventé une économie de marché qu’ils ne maîtrisent plus et qui, d’un instrument de domination, va devenir un licou que la Chine, l’Inde et le Brésil passeront bientôt à leur nouvelle bête de somme.
Les admirateurs déçus de l’Amérique font le rapprochement entre le déclin économique dans la crise sévère d’aujourd’hui et la perte de crédibilité géopolitique.
Les querelles entre Républicains et l’atonie des Démocrates corroborent cette vision pessimiste et n’augurent rien de bon pour l’avenir des USA.

24 novembre 2011

Complices et voyous.

Avec les vieux nougats, on ne peut que se casser les dents. Les recettes de nos olibrius financiers ne peuvent séduire que les pleutres, les libéraux et les socialistes. Avec eux, nous allons nous appauvrir pour que certains se bourrent les poches.
Le plan Di Rupo, adopté ou pas, c’est le poussah d’Anvers qui gagne. Aux fellahs de remonter la pyramide bancaire et industrielle !
Les vieux croûtons de la finance dont Reynders est un fleuron sont des suceurs de roue de la fatalité et du courage inutile. Quatrième classé par le Financial Times des ministres des finances de l’Europe, ce type n’est pas près de faire une autre politique. Il espère faire deuxième l’année prochaine !
Il me déplaît de travailler plus pour que j’accumule du stress et de la peine et que j’aie, en fin de compte, la déplorable sensation qu’on s’est foutu de ma gueule. Et Reynders se fout de ma gueule !
Si les radoteurs du grand capital avaient les yeux ouverts au lieu de les avoir sur le guidon, ils pourraient voir qu’il y a des exemples dans lesquels la Nation sinistrée, par des dettes accumulées et des fiascos bancaires, a dit merde à l’orthodoxie capitaliste, sans être pourtant la nursery des petits-fils du stalinisme.
On ne parle plus de l’Islande et pour cause, ce pays contrarie les assidus des bons de caisse, nos chers mandataires, et davantage notre ténor national Didier-la-Corbeille, ou comment se faire des rentes avec le viager du parlementarisme pantouflard.
Qu’a fait l’Islande ? Il a envoyé se faire mettre DSK et sa remplaçante Christine Lagarde au FMI ! Du haut de ses 320.000 habitants, il a laissé tomber les quatre grandes banques de l’île qui avait volé l’épargnant à plein berzingue et tripoté dans les titrisations et autres saloperies du dévoyé système financier. Les toxiques à la trappe !
Résultat : inespéré ! L’Islande ne s’est pas enfoncée comme nous dans le purin de la finance, ainsi le constate un certain Stefan Olafsson de l’université de Reyjavik.
Que dit ce brave homme ? « Il est parfaitement moral que des spéculateurs ultralibéraux qui avaient déversé des torrents d’argent sur notre île paient au prix fort leur cupidité. »
Ce que notre branleur des vieilles dames à gros pèze, Didier Reynders, n’a pas osé et avec lui nos évanescents du PS, sous la houlette de Minouche Di Rupo, un paysan islandais l’a fait !
Qu’avions-nous besoin de payer pour ces malfrats une ardoise malhonnête et d’y déléguer un Dehaene qui n’a pas précisément des prestations gratuites, sous prétexte de garder des emplois, qu’on n’a finalement pas épargnés pour autant !

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Presque certaines de ne pas être payées, les banques créditrices comme la Deutsche Bank ont fait l’impasse sur un Himalaya de dettes. Evidemment, ça s’est passé dans l’intimité. Les sommeliers avaient intérêt de nous balancer le jus en douceur et de passer au compte des pertes, le frelaté islandais. C’est ainsi qu’au vu des résultats des référendums, c’est tout juste si nos journaux de l’époque n’ont pas traité les Islandais de salauds et l’Europe, de bandits !
Autre geste honteux mais profitable à ceux qui en ont encore une belle paire, les Islandais ont refusé après ces deux référendums insistants, de dédommager les épargnants néerlandais et britanniques à hauteur de 20.000 € chacun. La vente de ce qui reste des actifs de la banque centrale va servir à s’en dégager, sans ruiner la population.
La dévaluation et un nouveau départ ont fait le reste. La cote du pays est à la hausse et la croissance proche de 2,5 % pour 2011, le chômage de 10 % est redescendu à moins de 6 %.
Contrairement à ce qu’on pense, les Islandais sont restés dans les clous d’une juste compréhension du système économique, telle que l’entendait Alexis de Tocqueville et ce sont nos mandataires politiques qui nous ont plongés dans une sombre histoire crapuleuse d’un capitalisme dévoyé.
« Les profits sont pour eux, les pertes pour ceux qui bossent », voilà le discours que l’on nous tient et que les Islandais, moins poires, n’ont pas accepté.
Quoi de plus naturel, que ceux qui risquent de gagner des fortunes, en échange, courent le risque de les perdre ? Chaque jour, des millions de Belges vivent ainsi sous une menace permanente de la faute récurrente : préavis, menace, chômage. Eux risquent tout pour survivre. Les couronnes de laurier ne devraient être que pour eux !
Au nom du principe anlo-saxon « too big, to fail » (trop gros pour disparaître) ? C’est quoi ce pinz ? Les Islandais qui pratiquent l’anglais mieux que nous, ont répliqué « too big to be saved », trop gros pour être sauvé ! On aurait mieux fait de s’en inspirer. Quand on voit ce que Dehaene nous coûte en plus de la facture Dexia, avait-on besoin de nous plomber les pieds, lorsque nous sommes déjà presque au fond ?
C’est en croyant qu’on ne s’en apercevrait pas, que nos élites se sont affichées avec des voyous pour défendre une certaine finance et sont donc devenus des voyous eux-mêmes.
C’est ça. Nous avons confié notre avenir à des voyous. Au moins ne prenons pas l’air surpris devant les résultats. Nous l’avons bien cherché, non ?

23 novembre 2011

La mécanique merdique.

La situation en Belgique de tragique, devient grotesque.
Seule la N-VA est un parti différent des autres dans sa volonté séparatiste des entités régionales, mais pour tout le reste, il est conforme aux formations qui essaient de gouverner ensemble.
Que voit-on autour du formateur démissionnaire ? Une identique idéologie dans une conformité exemplaire tant du point de vue économique, que de l’organisation de l’Europe.
L’ambition de ces partis est de séduire le centre et de gouverner pour que cette séduction perdure. Il n’y a pas l’once d’une différence entre Alexander De Croo et Elio Di Rupo. Ce que l’un met en avant par rapport à Laurette Onkelinx, la porte-parole de l’autre : les voitures de société, les intérêts notionnels, le relevé des plafonds des taxes sur la fortune, ne sont rien en comparaison des conclusions communes sur tout le reste. Ils dénotent simplement une difficulté des partis libéraux d’exister, quand tout le monde se dit libéral et du centre.
Ce dont la Belgique souffre, ce n’est pas de la multiplicité des partis, c’est de l’uniformité des convictions.
Il n’y a plus de gauche, ni de droite. Il n’y a que des politiciens qui se disputent les places et le pouvoir.
C’est vrai pour ceux que l'on situe encore à droite, quand on voit ce qui fait la fortune de la N-VA par rapport aux autres partis flamands : son nationalisme et son séparatisme, et pour "la gauche", malgré la menace des syndicats de descendre dans la rue le 2 décembre contre le programme du formateur, la bonne santé affichée des socialistes en Wallonie est confondante.
Ce copié/collé quasi parfait, l’est aussi pour Groen et les Ecolos. Quoique l’écologie soit une idéologie qui ne contrarie en rien les grandes options économiques actuelles, les Verts conservent une spécificité qui les tient à l’écart et en même temps les protège de la concurrence des autres partis, mais, de moins en moins. Les autres ont compris qu’annexer une partie du programme des Verts ne change rien à l’idéologie libérale dominante.
Bref, la cata vient de la ressemblance des partis et non de leur dissemblance.
Le public ne s’y est pas trompé qui se désintéresse des petits jeux et des effets de propagande.

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Quant aux citoyens, de moins en moins nombreux, qui hissent les trois couleurs à tout propos et qui s’obstinent de croire à l’unité éternelle de la Belgique, ils ne manquent pas une occasion de confirmer ce qui précède en votant tour à tour chrétien, libéral ou socialiste, non pas parce qu’ils changent d’opinion, mais parce que l’opinion dans ces trois formations est à peu de chose près, la même.
Le drame n’est pas trop du côté de l’Open VLD dont le président se noie et se débat en se noyant, mais dans l’ensemble de la classe politique au pouvoir qui ne voit pas l’accélération de l’histoire et le tournant qu’il faut prendre pour éviter de sombrer avec l’économie capitaliste, dans un marasme qui pourrait durer un quart de siècle, une période suffisamment longue pour voir à ce petit jeu les pays émergents succéder aux Occidentaux dans le leadership de l’économie.
Ce n’est même plus de saison d’avancer des théories fumeuses sur un communisme rénové pour le condamner ; mais, la réflexion d’une transformation en profondeur du capitalisme est d’une toute autre urgence.
Et cette transformation est possible. Il n’y manque pas des hommes d’action, des théoriciens, des économistes. Il n’y manque que des partis de gouvernement. De ce point de vue, c’est le vide.
Il est urgent que les démocrates rabattent le caquet des financiers.
On a vécu les trente glorieuses. Aurons-nous à subir les trente piteuses ? C’est bien parti, en tout cas.

22 novembre 2011

Ça ne va que d’une fesse.

Au 527me jour de crise, Elio Di Rupo est allé présenter sa démission de formateur au roi.
Alexandre-le-Petit De Croo fait la fine bouche. Il a peur d’être avalé par la N-VA, s’il canait devant les socialistes.
Notre crisette n’est rien devant la grande, celle qui secoue aux intestins le système capitaliste. La BCE a racheté 8 milliards d'euros d'obligations publiques du marché sur une semaine, contre près de 4,5 milliards d'euros les sept jours précédents.
Alexander voit bien et le mouvement libéral avec lui, que les mesures d’austérité prises par la Grèce et l’Espagne qui touchent les gens jusqu’aux classes moyennes, n’est pas une solution pour relancer la croissance.
Par contre, rééquilibrer les avoirs des riches par rapport à ce que gagnent les travailleurs paraît être – non pas la solution miracle – mais au moins une meilleure manière de relancer la croissance, puisqu’on la vénère encore partout.
Il faut croire que cette formule ne préserverait pas l’avenir de l’Open VLD qui risque de disparaître en Flandre coincé entre la N-VA et le CD&V.
C’est donc sur cette considération politicienne qu’Alexander a poussé la surenchère jusqu’à devenir le fol enchérisseur qui a précipté les choses. Il y eut des mots, des invectives. Di Rupo s’y attendait, puisqu’il avait gardé sous les fenêtres de la présidence de la Chambre l’escorte motorisée, à sa disposition.
Est-ce pour autant que Di Rupo se soit finalement rangé du côté des syndicats et qu’il a craint les menaces d’Anne Demelenne ? Ce que voyant Alexandre-le-Petit a explosé ?
Pas du tout.

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Il est bel et bien des leurs, ce président du PS là. Un seul exemple : la taxation des hauts revenus. La taxe de 5 % proposée par Elio Di Rupo ne toucherait plus les revenus additionnés du travail et du capital à partir de 100.000 euros mais de 120.000 euros, soit 10 fois la pension annuelle (12.000 euros) d’un retraité qui se voit lui, s’il vit seul, taxé de 500 euros supplémentaires dans sa déclaration fiscale, qu’il ait 65 ou 90 ans, qu’il ait besoin de soins coûteux ou non. Tout le monde s’en fout ! Qu’on ne vienne pas me dire que le montois est de gauche !
La preuve, malgré les rodomontades de tribune de Charles Michel au congrès du MR de Marche-en-Famenne, les envolées lyriques sur les bagnoles de direction, les intérêts notionnels et même sur le laxisme en matière de chômage pour faire plaisir au fils De Croo, invité d’honneur, le patron du MR a clairement dit ce soir aux journaux télévisés, qu’on était près d’un accord. Elio maltôte le Beaujolais nouveau.
Alors ?
Alors, le public en a ras la casquette.
Un rapide examen montre qu’en Belgique tous les partis de gouvernement sont sur une ligne libérale funeste.
Et ce n’est pas les accords que souhaitent Di Rupo qui seraient susceptibles de changer quoi que ce soit dans l’organisation des marchés et l’économie des peuples.
Bien sûr, en attendant que ça craque dans des pays comme l’Italie ou la France, que nous nous alignions sur l’économie de grand-papa et que nous fassions des efforts pour nous purger de 11 milliards, avec les guignolos qui nous promènent depuis 527 jours, ça ne changerait rien à la crise du capitalisme ; mais, que nous ne le fassions pas, en attendant l’émeute générale, la Belgique plongerait dans les cotations des Agences, avant les voisins !
Que nos artistes du rire se rabibochent après cette ultime scène dramatique, c’est vraisemblable. Ce qu’on retiendra dans le Piss-pot national, c’est qu’à l’avenir faire des coalitions à six ou huit partis, allier la chèvre et le chou, la pseudo gauche et la droite molle, c’est fini. La fameuse négociation à la belge, le compromis savantissime auquel personne ne comprend rien (c’est même pour ça que ça a marché), c’est terminé !
Si on sort du merdier, encore une fois, il faudra trouver autre chose.

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21 novembre 2011

On liquide… mais on reste !

En janvier 2009, Reynders tout ému, soutenu par Yves Leterme et la Laurette d’Elio, jura qu’il sauvait les banques fofolles seulement pour les personnels que les faillites jetteraient à la rue.
Que cet homme était donc altruiste ! En même temps, toutes les républiques filiales de Wall Street en faisaient autant avec le même prétexte. « Il faut sauver le soldat Ryan » déguisé en employé de banque.
Du coup on n’avait jamais tant parlé du petit personnel !
Pour un peu, Reynders nous faisait le coup de l’indignation. Comment diable pouvait-on suspecter sa parole ! Quelques « mauvais esprits de gauche » pensaient le contraire, sauf au PS où Di Rupo joignait le chœur des pleureuses de droite, suivi de toute sa cour.
Enfin, argument suprême, les mauvais gestionnaires rembourseraient les sommes avancées. Promis, juré ! On voyait déjà les banquiers sur la paille remboursant sou par sou, comme le Birotteau de Balzac.
L’intérêt pour les petits employés de banque fut de courte durée. Quand il n’est pas un moyen de pression pour un chantage, le travailleur « malheureux » devient gênant et son avatar, le chômeur, l’est davantage. Comment voulez-vous retirer de sang-froid, ne serait-ce qu’un euro, à des gens qui sont déjà dans le besoin ? Donc, pour le faire, il faut que le salarié, le chômeur, le malade et le petits vieux restent des abstractions, qu’ils n’existent que sur le papier et qu’on puisse les rayer d’un trait de plume sans état d’âme. Ce que Chastel, Reynders et Michel font très bien.
Depuis, les restructurations ont permis aux banques de s’alléger globalement de nombreux salariés et de doter leurs stars de revenus astronomiques.
Ah ! qu’alliez-vous croire ?
Ces purges ne sont pas les résultantes directes de 2008-2009, mais sont dues à la crise de l’euro, le toboggan de la Bourse, ainsi qu’une décision du G20 d’accroître le capital de réserve, nous disent les banquiers l’air navré. Comme si 2011 n’était pas la suite non-stop de décembre 2008 et que les licenciements actuels n’y étaient pas liés par une suite logique d’une folie spéculative des mêmes !
La défiance des banques américaines fait le reste par rapport à l’euro.
Cette rigueur qu’on ne trouve pas dans les salles des traders, la banque entend l’appliquer au rayon en-dessous. Les guichetiers vont trinquer. Des millions ont été investi dans la banque dorénavant vide de personnel, mais toujours aussi active parce que robotisée à l’extrême. La salle d’accueil n’est plus qu’une série de logettes. Le client y fait son petit marché lui-même. Il paie des factures, retire de l’argent. S’il n’y a plus aucun guichetier, par contre, les frais de gestion de son compte se sont accrus, alors qu’il fait le guichetier lui-même. Allez comprendre ?
On nous dit que dans un but d’économie, on remplace les hommes par des machines. Oui, mais cet investissement coûte plus cher que l’ancien personnel licencié.
Les petites banques qui ont fait des efforts pour se hisser dans l’électronique à la hauteur des grandes, devraient pouvoir amortir le matériel sur plusieurs années, sauf si demain des progrès sensibles mettent de nouvelles machines plus performantes sur le marché. Elles suivraient le mouvement des grandes, sous peine de perdre leur compétitivité.
Reste que l’argument du gouvernement pour soutenir les banques en 2009 ne tient plus. Je ne suis pas compétent pour chiffrer le nombre de départs à la suite des faillites si elles avaient été prononcées. Il serait intéressant de faire le bilan fin 2011, afin de savoir si ce chiffre est inférieur ou supérieur aux pertes actuelles d’emplois des banques en activité.

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Etre ministre concerné par l’économie en dents de scie est un exercice au jour le jour. Il ne sait pas de quoi demain sera fait, ce qui est pourtant son métier. Les experts cafouillent. Les médias piquent ce qui plaît le mieux à leurs patrons financiers dans le fatras de nouvelles contradictoires. Tout le monde ment et le public le sent.
Il serait temps que le public reprenne le dessus sur le privé et que ce ne soit plus les banques qui font la pluie et le beau temps dans les démocraties, mais les citoyens.
Au congrès du MR de Marche-en-Famenne, le problème n’est pas perçu de la même manière. Charles Michel est clair là-dessus. Où il l’est moins, et même pas du tout, c’est quand il explique la manière du MR de le percevoir.
Quant à la solution convenable, Charles Michel l’a répété, il n’y en n’a pas !
La mondialisation est en marche et ce n’est pas le MR qui l’arrêtera. Au contraire, son élite pense grimper dans le bon wagon.
Tandis que le jeune Michel Pérorait sur les chances du capitalisme moderne, Reynders tassé sur son siège, pensait sans doute à la gare que Jean Gol lui avait donnée pour premier jouet dans la cour des grands. Il se voyait en chef de gare qui fait partir ses trains à l’heure, sans avoir de montre, rien que par son sens du devoir ! Il était presque heureux, malgré le pauvre sourire de circonstance qu’il affichait aux photographes de presse. Il est vrai qu’on ne le photographiait pas beaucoup !
Reynders ne pensait certainement pas aux pauvres types qu’il avait soi-disant sauvés en 2008 et licenciés en 2011 avec l’argent qu’il avait avancé aux banques.
C’est ça être un bon libéral, éviter de réfléchir !...

20 novembre 2011

Liberté, compétitivité, avidité.

Grand rassemblement de l’impudeur à Marche-en-Famenne du MR qui avait invité pour l’occasion sont deuxième larron de la foire d’empoigne Alexandre-le-petit De Croo.
Impudeur, parce qu’il a été question des bagnoles de direction, parfois des monstres six cylindres que les entreprises paient et entretiennent à leurs meilleurs agents, actionnaires et amis, pour autant que ces derniers soient inscrits comme travaillant à l’entreprise, ce qui pour certains parents est une double aubaine, attendu qu’il n’est pas rare qu’une inscription fictive permette à des délinquants qu’on ne peut appeler petits, de se ficher de la gueule du monde en empochant la mise et en roulant en bagnole à l’œil, sans jamais mettre les pieds dans l’entreprise et sans être représentant en voyage permanent, sinon en voyage d’agrément et ne représenter qu’eux-mêmes (exemple, la femme du patron).
"La voiture de société, c'est une manière de compléter les revenus", a martelé Charles Michel, en ne se rendant pas compte qu’ainsi justifiée, cette pratique est avant tout une fraude fiscale « autorisée » par un laxisme toujours en faveur des mêmes.
Autre monstre du loch Ness, l’alignement des pensions des indépendants sur celles des salariés.
C’est beau un parti qui se lance dans la reconnaissance nationale de l’art du négoce, sauf qu’un artisan et un petit commerçant sur deux est un maître dans l’art du bidouillage. S’il est possible que certains chômeurs sont moins vrais qu’on ne le dit, on peut en dire autant de certains négociants « dans la misère » qui ont planqué leurs sous au Luxembourg et qui viennent tendre la main dans les CPAS. Sauf, que les chômeurs tricheurs sont de plus en plus sanctionnés et que pour apaiser la colère et la réelle pauvreté de certains petits commerçants et artisans, les sanctions se verraient remplacées par des pensions comparables à celles des salariés, corporations où le tricheur est rarissime.
Au premier rang, près des deux étoiles du jour Charles et Alexandre, Sabine Laruelle (The Daughter of Madame Angot) rugissait de plaisir plus pensionnaire du Chatelet en répétition que mémère du vestiaire. Enfin, à l’autre bout du banc, racrapoté sur son siège, l’air renfrogné, Didjé Reynders, méconnaissable depuis qu’il n’a plus le fin mot du MR à l’apothéose, avait l’air du type qui vient d’apprendre qu’il est cocu depuis 25 ans.
Cela a toujours été un mystère pour moi, la réservation de la première rangée pour les élites, comment les préposés doivent la jouer serrée à la pose des étiquettes ! Pour les autres, histoire de se faire voir un peu, c’est la foire d’empoigne pour être bien « mis ». Il y en a qui doivent camper de la veille ! Par exemple, la Defraigne, on ne l’a pas vue ! Pourtant, elle a la réputation d’être championne au jeu des chaises musicales, elle a de quoi pour s’y asseoir !
Evidemment, pas un mot sur la crise, les hedge-funds et les misères d’un libéralisme en pleine cacophonie économique. Désormais l’entreprise – cadeau du ciel – est l’instrument de choix affuté uniquement dans le but de sortir du cash au profit des grossiums et au détriment des trimardeurs.
A croire que ces gens ne lisent pas les journaux.

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Ces fichus complices des voleurs qui nous accablent, sont les guetteurs comparses des julots des mauvais coups, que des demeurés assimilent au deal momentané d’une Europe dans une mauvaise passe.
D’un président à l’autre, la recette est la même. On se donne des allures de fonceur, Didjé y allait en plus de ces petits coups d’épingle qui ont tant fait souffrir Di Rupo, et dans le fond la manœuvre n’est que celle d’avoir l’air de se donner des allures de révolté, alors même qu’on ne fait que suivre l’avis général le plus rassis et le plus conventionnel.
Ce qui se passe en vérité est tout à fait étonnant. Ce sont les partis qui ont le plus applaudi à l’économie mondialisée, aux tripotages des investissements financiers dans des entreprises de casino, qui espèrent récolter les fruits du désastre qu’ils ont en partie provoqué !
Certes les PS sont nuls en Europe et ne comprennent pas le rôle qu’ils auraient pu jouer ; mais, ils sont cent fois moins compromis que ceux de droite dans le drame qui a raison de la démocratie.
Et puis qu’ils aillent se faire voir avec leur manie d’épargner les gros magots au nom de la devise anglo-saxonne « Too big to fall » (trop gros pour faire défaut).
Et s’il y avait un seul dans la salle capable d’avaler que ces gens agissent ainsi pour faire du social, revaloriser les petites pensions et faire grand cas des malades, qu’il aille consulter derechef au Petit-Bourgogne.

19 novembre 2011

Le gâtisme volontaire.

Ce titre a été repris d’un ouvrage écrit il y a onze ans par Georges Sebbag, spécialiste du surréalisme. Cela se borne à cet emprunt délibéré.
Nous sommes dans ce gâtisme volontaire depuis trente ans, sans que la plupart d’entre nous en aient conscience.
C’est une forme de vie qui se défend. Elle consiste à s’isoler avec les moyens dont on dispose. On se fabrique une tour d’ivoire pour s’y réfugier et prendre les plaisirs que l’on peut.
Un inconvénient : si vous ne vous intéressez pas aux autres, ceux-ci s’intéressent à vous de mille manières.
En Belgique le gouvernement que Di Rupo tente de former, ne nous ignorera pas longtemps. Fin du mois, nous serons fixés. La marche vers des abîmes programmés est plus que probable. Elle finira par rattraper aussi les contemplateurs de leurs doigts de pied, très nombreux sous ce climat.
Vous allez me dire « Qu’est-ce que ça change ? Y pouvons-nous quelque chose ? ». La deuxième question règle la première. Oui, nous pouvons quelque chose – ne serait-ce que regarder les choses avec lucidité - cela pourrait les faire changer.
Par exemple, l’hallucinante question de la fin des réserves mondiales en gaz, charbon, pétrole, plus ou moins étalée entre 50 ans pour le pétrole et 300 ans pour le charbon, comment se fait-il que les journaux font leurs manchettes ces moments-ci de l’augmentation des prix de l’essence, sans rappeler que la génération suivante devra s’en passer et qu’en attendant, ce qui est rare, est cher et que la spéculation n’est pas responsable de tout ! Lié à cela, comment peut-on faire l’impasse sur l’expansion continue de la race humaine qui en est actuellement à 7 milliards d’individus, alors que chauffer, éclairer, transporter tout le monde, cela sera impossible ?
La liberté et l’égalité pour tous, ne sont-elles pas déjà mises à mal parce que nous nous sommes désintéressés de ce problème récurrent ? N’avons-nous pas applaudi à des discours criminels selon lesquels même à 12 milliards, notre mère nourricière, la Terre, pourra le faire moyennant quelques arrangements !
La réponse est simple : le grand public en plein gâtisme volontaire, ne veut pas de ces informations complémentaires, en dehors de celles déjà troublantes des hésitations de nos responsables au sujet de notre sort immédiat.
André Breton ne voyait que trois alternatives à la destinée : A) la mort (Gérard de Nerval) ; b) le gâtisme involontaire (se prendre au sérieux : Malraux) ; c) le gâtisme volontaire (finir dans le commerce comme Rimbaud). Trop peu lucide pour les deux premières attitudes, le public a choisi en masse la troisième. Cependant, il est rare d’amasser une fortune et encore plus d’écrire comme Rimbaud.
Cette attitude offre l’avantage que le temps entre la prise de conscience et le fait accompli est très court. L’inconvénient, c’est la fatalité qui accable l’habitant de la tour d’ivoire qui poussé par la nécessité, mettra, tôt ou tard, le nez dehors.

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Voilà un an et demi que les citoyens se sont habitués à l’absence de gouvernement. Ils se réveilleront dans quinze jours avec les brodequins et la poire d’angoisse actionnés par Di Rupo, comme au Moyen-âge. Il nous fera les poches en nous jurant que c’était nécessaire et que cela ira mieux demain. Nous ferons semblant de le croire et nous ne voudrons pas voir la misère qui gagne !.
Au niveau international, nous ne valons guère mieux. Avec notre complicité, Israël réduit depuis vingt-trois ans, cinq millions de Palestiniens à l’esclavage. Pensez-vous un seul instant que Netanyahou veuille la paix et un accord ? Alors qu’il poursuit l’occupation des Territoires par l’implantation des colonies en Cisjordanie, jusqu’à ce que l’Etat juif annexe toute la Palestine ?
La révolution du Maghreb qui allait soi-disant ouvrir ces pays à la démocratie nous prouve le contraire avec l’avènement en Tunisie et en Libye du parti islamiste, suivant ainsi l’exemple de l’Egypte.
Nous nous ruons sur les articles chinois, alors que nous savons qu’ils sont moins chers à cause du bas prix de la main-d’œuvre, que cela a ruiné notre économie et qu’on nous recommande de les imiter.
Qu’à cela ne tienne, nos politologues vous diront que notre démocratie se transforme et que de cette transition découlera un réel progrès.
Toujours sous l’effet des subprimes depuis l’effondrement de 2008, les partisans du gâtisme volontaire ont eu trois ans pour vérifier si les mesures proposées par Merkel et Sarkozy (ne parlons pas d’Obama) allaient être appliquées à l’Europe. Ils n’ont rien vérifié et ne savent pas que rien n’a été fait.
L’univers libéral est à la dérive, le néolibéralisme est en train de ruiner notre société.
Avec ou sans Di Rupo, avec ou sans Alexandre De Croo et ses exigences, nous n’échapperions à la machine à broyer qu’à condition de bouleverser notre mode de vie, le gâtisme volontaire ne saurait l’admettre.
Les menteurs sont toujours au pouvoir. Ils comptent bien s’y accrocher. Notre mode de vie va changer, mais ce sera à notre corps défendant.
Nous faisons le contraire des ours, nous avons hiberné l’été, ça va être le moment de s’apercevoir qu’un million de personnes auront froid cet hiver en Belgique… enfin quand j’écris « nous », il faut relativiser. Ceux qui ont placé des doubles vitrages à leur tour d’ivoire, ne s’en apercevront pas. Ils séjournent toujours dans le gâtisme volontaire.

18 novembre 2011

Ça swing avec Swiggers…

Francine Swiggers, la grosse chérie des Bourses, adulée des économistes, réputée femme d’influence, créature de rêve des milieux chrétiens, augure des milieux boursiers, diplômée des plus hautes études que quand t’en sors t’as plus qu’à dicter ton niveau de salaire à un gars qui devient tout de suite ton inférieur, fusionnelle des milieux les plus fermés, actrice de la vie mondaine et politique belge, amie de Christine Lagarde, intime de Di Rupo et de Joëlle Milquet, est sur le cul et sa banque Arco avec elle.
Sa maison de campagne, ses avoirs, ses dépôts, ses comptes d’ailleurs et d’ici ne sont pas en danger, plaise à Dieu dirait Monseigneur Léonard, ni même ses actionnaires sauvés in extremis par la générosité de l’Etat belge, non, c’est le p’tit con d’en face qui se lève à 5 heures du mat pour gagner sa croûte au risque de se faire couper deux doigts par une tôle fine de chez Mittal, qui va prendre le bouillon.
Normal. La Francine se torche pas à la gazette des sports de l’année dernière. Son papier, c’est du molletonné de chez Loréal, spécial douceur. Ça met l’hémorroïde hors de prix.
C’est comme ça. Nous, on croit que c’est du luxe. Pas eux, c’est un minimum, en-dessous, ils sont extrêmement vulnérables…Marie-Antoinette à la Conciergerie… comme cryogénisée par la misère. « J’en appelle à toutes les mères petits porteurs »… Pascal Delwit pourrait plus la reconnaître, il la confondrait avec Etienne de Calataÿ !
Mais qu’a donc fait M’ame Francine pour péter son porte jarretelle en montant à la tribune du club Lorraine pour une dernière communication supérieure ?
A titre personnel, je tire le plus clair de mes informations d’actualité du journal Le Soir que je considère comme le plus adapté à mes besoins. Je le dis ici sans ambages et sans faire de la lèche, mais, j’ai regretté parfois mes coups de gueule à l’encontre de certains journalistes du Soir et particulièrement, de Madame Anne Delvaux, pour laquelle au fil du temps j’ai acquis une certaine estime, quoique nous soyons en désaccord sur une foule de sujets qui dépassent le simple fait de relation d’une actualité. Cela se sent davantage depuis qu’elle s’est cantonnée aux éditoriaux. Ses informations sont claires, elle dit ce qu’elle pense et nul ne pourrait lui dénier une grande honnêteté intellectuelle.
Une fois de plus, j’ai pioché dans Le Soir tout ce qu’un citoyen averti doit savoir sur Arco, un groupe financier qui va coûter 1,5 milliards à l’Etat.
Pour une fois, ce ne sont pas les intérêts du PS mêlés au fric des banques en cause, mais les milieux sociaux-chrétiens, syndicat, mutuelle et fabrique d’Eglise. Le bénitier fait piscine pour eau trouble.
Voyant la barque de Dexia chavirer du poids de Dehaene, les administrateurs d’Arco très liés à cette banque, ont obtenu une garantie d’indemnisation de l’Etat, il y a quelques semaines ! Reynders a cédé probablement grâce au chantage du retrait des avoirs d’Arco de chez Dexia, ce qui aurait poussé cette dernière à la faillite.

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Inutile de dire que des actionnaires d’autres banques, ayant tout perdu lors de déconfitures antérieures, se voient par rapport à ceux d’Arco grandement défavorisés.
C’est ainsi qu’une fois de plus, en vertu des pouvoirs qu’ils prennent à la suite du vote tous les quatre ans des électeurs, nos grand hommes vont puiser dans nos poches de quoi satisfaire les actionnaires d’Arco, en attendant de faire un geste pour les autres !
Et on voudrait à l’heure des restrictions que l’électeur applaudisse à une rétribution d’actions du secteur privé, sous prétexte que cette action ne vaut plus rien !
Quand on voit avec quel acharnement ces mêmes gaspilleurs tombent sur le dos de quelques misérables chômeurs, assistés et pensionnés pour leur disputer quelques sous supplémentaires de leurs maigres revenus, il y a de quoi se saisir d’une kalachnikov et y aller d’un carton dans la dirigeante barbaque. (Ce n’est pas dans Le Soir que vous lirez cette dernière réflexion)
A travers cet arrangement entre amis (le pouvoir est très lié à Arco), c’est tout le système capitaliste, dans ses mensonges et ses contradictions, en cause. On ne peut pas vouloir une liberté d’entreprendre totale et dès qu’un des acteurs de la chose risque la faillite, voler à son secours avec l’argent des citoyens, déjà spoliés par les ventes des biens collectifs.
Cette imposture du pouvoir politique devra un jour se payer.
Ils ont choisi le système capitaliste contre la démocratie.
La directrice d’Arco, Francine Swiggers, « femme d'affaires la plus importante du pays », était administratrice de Dexia Banque Belgique, du groupe Dexia, siégeait au comité stratégique du groupe et au comité d'audit de DCL, la filiale française, donc elle était bel et bien informée que les spéculations et les hedge funds étaient des placements à risque.
Le syndicat chrétien, pourtant adversaire en principe de la banque casino, avait mis ses billes dans le même foutoir. Ce qui ne le gênera pas de manifester le 2 décembre à Bruxelles, justement contre les dérives capitalistes. De ce point de vue, la FGTB ne vaut guère mieux.
En 2008, c’était Ethias, socialiste, qui recevait le pactole. Un prêté pour un rendu ? Oui, et le peuple dans tout cela ? Il paie. Que voulez-vous qu’il fasse d’autre ?
Ah ! Francine, tu serais caissière à mi-temps chez Aldi, à l’âge qu’on te voit tu serais à crever de faim dans ta mansarde avec 650 euros de pension ; à défaut de quoi tu fais chier tout le monde par ton amour immodéré du fric et du pouvoir… Tu te rends compte, ma grosse, où ça mène parfois les relations et les études ?

17 novembre 2011

Black blocks dans la marre.

Chez nous, on les appelle les casseurs, ils sont plus connus ailleurs sous le nom de Black blocks. C’est une forme de résistance déjà ancienne à l’Autorité installée, lorsque celle-ci rassemble contre elle des protestataires dans la rue.
Wikipédia, source incomparable de renseignements à portée de clic nous renseigne : « Les « blocs noirs » sont issus des mouvements autonomes européens, particulièrement du mouvement autonome allemand des années 1980. Les autonomes allemands ont créé l'idée de « Schwarzer Block » avec des « actions directes » collectives pour la défense de squats (« Freiräume ») et de « lieux autogérés ». Ils ont aussi soutenu la Fraction armée rouge (« Rote Armee Fraktion ») lors des manifestations de solidarité, bien que la plupart des autonomes aient critiqué cette lutte armée. La lutte des autonomes allemands s'est portée aussi contre le nucléaire en organisant de gigantesques émeutes sur les lieux de construction de centrale. » (fin de citation)
Je crois, quelque soit le nom qu’on leur donne, que les Black blocks sont les descendants des casseurs des grandes grèves, pour peu qu’on ait lu les ouvrages historiques et sans remonter à Mathusalem, comme par exemple, la grève de 60-61 dans le bassin Mosan.
Envie de voler et de piller, pour les Autorités, et il y a un peu de cela dans les groupes informels qui se forment spontanément lors des grandes manifestations, mais aussi le citoyen révolté et enragé de ne pouvoir être entendu. Parfois on assiste à un curieux mélange entre le citoyen révolté et le pillard, un basculement de l’élan spontané du premier, vers le calcul personnel du second.
Le pillage lors d’une émeute ou d’une révolte est inscrit dans les gênes de l’humanité. Il est de l’intérêt des autorités que les exactions soient toujours décrites comme le fruit d’individus poussés vers le crime par leur nature et non pas conduits au crime par l’exemple criminel des autorités. C’est-à-dire que la vérité est, à tous les coups, travesties, sans doute estime-t-on que le public n’est pas mûr pour comprendre les nuances, attendu que ceux que nous élisons nous prennent pour des imbéciles (sans doute parce que nous les avons élus).
Le film de la scène de violence d’un flic bruxellois sur une manifestante des Indignés, à terre et entravée, d’une parfaire gratuité et sans provocation de la victime, est aussi une délinquance « ordinaire » de la police qui, d’une certaine manière, correspond aux mêmes instincts profonds de certains « infiltrés » du mouvement spontané Black block.
Le fait nouveau, le 15 octobre à Rome, 500 casseurs ont mis la ville de Rome à sac. C’était le fruit d’une préparation minutieuse en ordre dispersé sur plus d’un an d’entraînement.
Certains ont acquis leurs galons dans des manifestations préparatoires, à Athènes, notamment, pour faire leur classe dans un genre de guérilla urbaine contre la misère montante.
D’autres sont sortis des stades avec des interdictions d’y revenir et qui ont trouvé l’émeute à leur goût pour s’efforcer de la pimenter.

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Nous n’assistons pas à une montée de la violence, parce que les populations seraient brusquement devenues plus violentes ou comme le dit l’extrême droite, à cause de l’apport massif d’étrangers dans les populations les plus misérables, donc les plus vulnérables. Cette montée de la violence est le produit d’une organisation politique qui a délégué ses pouvoirs en matière d’économie à des individus dont le seul motif est de gagner toujours plus de profit sur le dos de la collectivité du travail. Les économistes au pouvoir rétribuent leurs alliés politiques en échange de quoi ils exigent la paix sociale.
La démocratie ne servant plus à rien, le frein qui pouvait arrêter les populations dans le respect des institutions et des hommes qui la représentent n’existe plus. Les élections, elles-mêmes, ont perdu le pouvoir de changer la politique en changeant les hommes. Nous savons aujourd’hui que Di Rupo ou Wouter Beke n’a pas les moyens de présenter autre chose que le brouet libéral aux populations.
Plus les Etats serreront la vis, plus ils renforceront le phénomène Black blocks. Et si par malheur la pauvreté dégénérait en crise de la faim, même les pauvres les plus pacifiques seraient tentés de descendre dans la rue et de rejoindre les casseurs.
Ce pays et les autres pays d’Europe embarqués dans la même galère sont avertis. A défaut de bien doser l’austérité en prélevant trop d’impôts nouveaux, dans la commodité de pousser l’étiquette de la TVA, des grognements aux clameurs, de l’attroupement d’une centaine de personnes à des centaines de mille, casseurs et population à bout pourraient très bien régler le compte aux contempteurs du système mondialiste du capital.
Les casseurs étaient au rendez-vous de 1789. Ils ont pris la Bastille, renversé le monarque en 92 pour le guillotiner en 1793. Ils ont un mis un terme aux privilèges, même s’ils se sont fait piéger par une réaction sortie de leur rang. Ce n’est pas mal pour des casseurs !
Il est vrai que nos mentors bénéficient d’autopompe, et que la troupe n’a pas besoin de recharger le fusil à chaque coup tiré, mais… mais… il n’y a pas grande différence entre un homme d’Etat ordinaire et Bachar Al-Assad, il n’y a qu’une situation différente et qui pourrait basculer aussi bien dans l’émeute ou la guerre civile, au fil des mois à venir, du moins en Grèce, en Italie ou en France.
On sait de quoi sont capables des hommes de pouvoir « pacifiques » et qui croient que l’intérêt supérieur de l’Etat est de massacrer des populations qui ne sont pas de leur avis. On a l’exemple d’Adolphe Thiers, caméléon prodige, socialiste, libéral et assassin des Communards.
Il y a chez Di Rupo bien des traits qui sont communs à celui qui fut le premier président de la 3me République !

16 novembre 2011

A plume et à poil au Troca...

La traditionnelle revue…pour les Réveillons en famille...

-Popol, toi qu’as beaucoup servi dans les ministères, tu penses qu’Eloi va s’en sortir ?
-On peut pas dire. Une gonzesse comme Roublardo peut faire sa crise de nerfs. Pour te répondre et pas rester dans le flou, il a des chances…
-Donc, il va goupiller un machin viable, fissa ?
-Ça, c’est autre chose. Pour nos viandes, pas de problème, on va douiller à mort… pour le reste…
-Quoi ? Le beau monde bavasse depuis un an et demi sur nos gueules ?
-Non. Ils ont ficelé un paquet… c’est pas un cadeau pour les Fransquillons, rien que pour les autres. Le défaut, la machine est lente à démarrer. I’z-ont pas le clito de Laruelle au starter… I’ monteront pas au rideau facile… y a des tonnes de papiers à remuer, des lois, des arrêtés, des matières interprétatives… des enculages de mouches constitutionnelles… des pages qui collent au jus d’homme dans l’bureau d’Antoine…
-I’ reste deux ans bien faits de législatives !
-Où t’as vu qu’on pouvait charger le camion et faire les livraisons tout de suite…
-Si on séquestrait les négociateurs ?
-T’es louf. Et les flics ?
-On les séquestrerait aussi !
-José, fais pas l’con !...
-I’ sauront juste bricoler BHV pour pas que le Gros avale son steak de travers. Pour ce qui est du reste, faudrait que ça fasse des heures sup et même encore…
-Les réformes, alors, c’est parti en couilles ?
-Non. Mais si les gusses ont mis un an et demi pour sortir une tonne de papier, faut pas attendre avant dix ans, la réforme de l’Etat. La N-VA aura le temps de faire majorité avec le Vlaams Belang…
-Elisa sera sur le trône…
-…Le Gros raccourcirait le délai. On n’aurait plus qu’à mettre les accords à la corbeille et recommencer d’autres pourparlers, plus secs, plus virils… La menace du pied au cul séduit le Wallon. Il comprend tout au quart de tour… t’aurais plus que Bruxelles à vendre par appartement.

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-Demotte est à la hauteur ?
- Ceux qu’ont pris les premières places valent pas un clou. Qu’est-ce que tu veux que Demotte fasse contre un sumo ?... a le nez au niveau d’la table. Une plume dans le cul place Saint-Lambert et il part à la volée avec les pigeons…
-Comment Blardo Eloi va nous la jouer ?
-Un gouvernement, tiens, avec des salaires, des règlements de compte entre les partis pour les places, finir fissa BHV, faire des discours d’homme au sommet, nous foutre les jetons sur nos ardoises qui s’allongent, et puis boire les paroles des Agences de notation pour nous mettre les couilles dans un étau.
-Ça va faire mal !
-J’te dis pas. D’autant que t’as des perfectionnistes dans l’art de faire souffrir.
-I’ sont cons, des pervers ou quoi ?
-Non. I’sont près de leurs sous. Si des fois t’en voulais pas d’l’austérité, qui c’est qu’allongerait les thunes à Mimile ? Et Laurette qui scie des bûches pour son feu ouvert par sport, où qu’elle irait l’dimanche ?
- Y a pas que ça, quand même ! Tu ramènes tout à l’oseille !
-Justement. Depuis qu’les cocos ont dévissé, le capitalisme ne fait plus sérieux. Nos julots ne savent pas que la petite a du vice, ils croient qu’elle à ses règles et que ça va lui passer…
-Popol, j’te dis, i’m’font peur !...
-C’est pas tout à fait d’leur faute. Eux, c’est des pauvr’ types sortis pas plus malins que ça des universités où on leur a dit que la libre entreprise, c’était la liberté. Ah ! mon cochon, de leur point de vue, ont pas tort… à partir d’un max à Fortis, tu y crois dur comme fer… I’ passent pas dans la rue comme toi… C’est des mecs qui sentent pas la misère… I’ sentent rien… même quand ils vont aux putes, i’ se demandent pas comment qu’elles en sont à faire le métier… aussi un peu parce qu’ils bossent idem à des soirées qu’ils trouvent pas douloureuses…
-Quand même, nous qu’on est dans la merde ! I’ voient pas la misère, ces étrons ?
-Ils s’en foutent bien, t’en as vu un qui crie misère ? Et puis d’la merde, un peu plus, un peu moins…
-Tout est d’la faute des banques qui se sont mises à leur compte… ont vu faire les Etats… ont voulu finasser pareil… comme des grandes. Les cocos disparus, Pékin s’est mis à tricoter moins cher, t’as encore envie que grand’mère tricote un pull ?
-La fin, quoi ? On va tous virer feignasses !
-Si tu bosses plus, qui c’est qui va cirer leurs pompes ? On sait pourquoi ils nous emmerdent avec leur technologie nouvelle… les miracles de la technique font pas tout. Dans mon quartier, t’en as mille qui sont pas prêts !... Eh bien ! ils veulent que tu bosses quand même.
-La fin des rigolos d’usine… Si t’as pas, t’as pas !...
-Faudrait redonner le goût… C’est capital pour eux. Si t’es pas doué pour l’avoir dans le cul en cadence, jamais tu chanteras la brabançonne à la paie…
-C’est quand la Bérézina au FOREM du « longue durée » ? Les fusillés pour l’exemple ?
-Toi, tu sentiras rien, t’es doué en quelque sorte…
-A quoi tu vois ça ?
-La preuve, t’es déjà déboutonné… T’as plus qu’à baisser ton froc…

15 novembre 2011

Le Gros et ses Scud à la VRT.

Oui, quand il s’agit d’économie, le Gros n’a pas tort d’aduler le système capitaliste dans son état actuel, puisqu’il entre parfaitement dans la sphère libérale de la mondialisation et de la privatisation à outrance!
Entendez par là qu’il est parfaitement dans les vues de MM. Michel et De Croo.
C’était juste Maingain qui ternissait l’envol nuptial de Saint Michel et Gudule De Croo.
Quel trio de choc ils auraient formé, ces deux là, et le Gros, si ce dernier avait seulement rangé son casque à pointe au grenier !
L’autre soir à la VRT (un média complice) Bart De Wever, interrogé sur autre chose que l’âme flamande en danger, a rappelé que les recommandations européennes lui allaient comme un gant !
Dans le fond, on aurait pu faire un gouvernement dès juin 2010 avec le Gros, si les libéraux avaient exclu Maingain tout de suite, et fait la vie dure aux Ecolos et aux Socialistes.
Didjé a raté l’ouverture. D’avoir trop séjourné à Liège, il ne s’était pas encore débarrassé de ce nationalisme liégeois qu’il espère perdre à Uccle. Et puis, lui le ministre de l’économie, avait fini par croire Etienne de Callataÿ qui prédisait une sortie de la crise et une reprise pour 2012.
Parce qu’enfin, la victoire flamande sur le rôle des Régions est totale, tandis que les demandes francophones, venues après l’exigence d’en face, n’étaient là que pour faire peur aux moineaux du parc royal.
Le chef des Bleus aurait tout de suite apaisé l’âme flamande et on se serait attaqué à la sécu, à l’index et à tout ce qui gêne la création des valeurs pour l’actionnaire. Le Gros était à son affaire : objectif de rentabilité 15 %. 500 jours de fichus !
Un an et demi plus tard, Elio Di Rupo passe pour le dernier rempart des travailleurs, lui qui s’en fout autant que les autres, sauf qu’il ne faut pas que ça se sache aux sorties d’usine !
Que MM. Michel et De Croo se rassurent. Di Rupo, qui avait le Gros dans le nez, a tout de suite conclu avec Wouter Beke, ce qu’il ne pouvait concéder à la N-VA ! Les mouches avaient tout simplement changé d’âne !
Encore un peu de patience et d’ici fin de semaine, Di Rupo signera un accord social bien libéral. Devant les assauts du capitalisme triomphant, il s’inclinera, comme toujours. MM. les libéraux auront eu juste un moment de flottement, une résistance qu’emportera sa vision de l’Etat. Tous les négociateurs sérieux le savent, avec Elio, pour la conclusion, ce n’est qu’un dosage de vaseline

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Parce qu’on va l’avoir, l’austérité, et pas que pour les pruneaux à la vinaigrette. C’est juste qu’il faille attendre le feu vert des syndicats et des chômeurs. La chef de la FGTB, Demelenne, entre dans la phase de la résignation. Il n’y aura pas de grève générale.
A Liège, l’émeute des jeunes est une bonne répétition. La police est sur les dents. Ce n’est plus André Renard à la direction. Tout le monde cotise au PS. Il faut juste que la pièce tombe.
Dorénavant le pouvoir en Belgique se décompose en trois tendances A) la musclée avec le Gros qui veut tout de suite nous voir jeûner ; B) MM. du libéralisme renaissant : Michel et De Croo, qui attendent leur moment d’effacer sur les tarifs, le sucre gratuit pour le café noir ; D) l’austérité, oui, mais il faut que cela ne se sache pas trop, de MM. Di Rupo et Javaux.
Politique de l’opinion prémâchée par l’élite, les tendances, même quand le Gros fait de la surenchère, seront toutes à la rigueur dès la semaine prochaine.
Pour M. De Wever, le PS est « au cœur du problème », parce que les « Rouges » freinent un peu la machine à broyer du pauvre, que les deux autres mettent en place. Le Gros n’a pas les fesses sur le siège du rouleau compresseur qui va faire une allée bien plane jusqu’à l’Europe. Elio fera ça très bien aussi.
L’interview à la VRT du Gros s’est terminée par un hymne à l’Allemagne « Avec l’économie de la Flandre, nous aurions pu aisément suivre l’Allemagne, mais dans le contexte belge, nous nous retrouvons au rang de la Grèce, de l’Italie et de l’Espagne ». C’est dire comme les Wallons sont mauvais et indignes d’accompagner dans son Anschluss, une Flandre du dynamisme et de la rigueur !
Le reste est un récit maritime comme le Gros les aime « Si l’on suit Di Rupo (…), on se jette dans la tempête de l’euro ».
La VRT serait-elle une pépinière de néo-nazis ?
Le dernier qui en est sorti pour faire de la politique à la N-VA ne dépare pas le staff du Gros. Comment chez les Pointus distribue-t-on le temps de parole ? Il me semble que la N-VA y a son micro toujours ouvert, comme son couvert !

14 novembre 2011

A tout casser !

Plutôt que d’abonder dans la nouvelle connerie « les cellules psychologiques » (le Belgo-Belge en raffole), on ferait mieux de s’interroger sur les jeunes entre 15 et 25 ans qui ont été privés de liberté, à la suite des émeutes au centre de Liège à la mémoire de Jordy Kasavubu, qu’un bijoutier tua d’un coup de révolver pour se défendre. C’était à Tilff, le 2 novembre dernier.
Les arguments des émeutiers pourraient éclairer les Associations liées à la jeunesse.
Quel sens donné à une castagne de protestation ?
Comment peut-on manifester pour un voyou qui a perdu la vie parce qu’il usait de violence sur un vieillard, à l’intérieur d’une propriété privée ? A moins d’être soi-même un voyou, ou abusé par des informations mensongères ?
Si c’est le cas, qui a déformé les faits ? Sinon la poignée d’exaltés qui a voulu, que Kasavubu fût dans son droit et sa victime dans son tort ?
Quand on fait partie d’une bande, on doit faire ses preuves. La bande a un effet d’entraînement, aidée par la réputation peu fameuse de la police liégeoise, trop souvent relayée par le personnel de justice, qui contredit rarement un rapport de police.
Le parcours des jeunes casseurs devrait être exploré, avant de poser un jugement sur l’envie de saccage qui a submergé leur conscience, et le type de raisonnement qui les y a poussés. Que devient une jeunesse livrée à elle-même ? Comment traiter l’hyperactivité et l’impulsivité chez les jeunes déscolarisés parce qu’ils ont lâché prise à cause d’une maîtrise insuffisante de soi et des problèmes d’attention ? Des antécédents de comportement agressif complétant un faible niveau d’éducation, et c’est une vie gâchée.
L’enseignement dans nos écoles est à la base d’une fausse idée des problèmes auxquels les jeunes sont confrontés dans la rue.
Le discours n’est ni politique, ni social, il est tout simplement inadapté. On veut faire croire à des jeunes que cette société est juste, qu’elle donne une chance à tous et que chacun peut y recevoir selon son mérite, par le juste prix de son travail. On n’a pas besoin de sortir de l’université pour s’apercevoir que ce discours est archi faux !... Tout le reste découle de ce mensonge d’Etat.

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Comment ne pas voir là, une des sources du malaise général et particulièrement d’une jeunesse dont les parents sont souvent aussi mal préparés que l’enseignement qu’elle reçoit ?
Expliquer à des jeunes que la société est mal faite, que la crise a des conséquences particulièrement injustes, et frappe de plein fouet les populations les plus fragiles, est impossible puisque la critique sociale ne fait pas partie des matières éducatives.
Nous assistons à un délitement de la société dont les causes ne sont pas toutes la pauvreté. Etablir un autre rapport entre le maître et l’élève passe par une réévaluation de la vérité historique et économique. Le maître ne peut donner que le programme qu’on lui ordonne de suivre. Les vrais responsables de la catastrophe sont au ministère de l’éducation et des universités. Pourtant, ce sont les enseignants qu’on accable et qui courent des risques, tandis que Madame Simonet fait des discours. Elle ne fait que la politique du système économique.
L’afflux des étrangers hors-cadres européens, comme étant un brassage culturel enrichissant, est une politique typiquement socialiste, cherchant à compenser une perte du déterminisme social du parti. Cette population nouvelle dilue dans le brassage linguistique, les qualités de raisonnement de la langue française. Elle en amoindrit le sens critique qui fait tant défaut en 2012 dans les établissements scolaires, et pas que dans les écoles professionnelles, puisqu’on retrouve le même problème à l’université.
Nous n’avons pas la politique d’accueil qu’il conviendrait d’avoir. Cette désaffection des Services et des gens rejoint la méfiance et la haine des communautés entre elles. Cela pourrait devenir ingérable.
L’attitude policière est souvent de provocation. Les interpellations sont parfois discriminatoires et propres à accréditer une forme de racisme ordinaire, tant chez les policiers que parmi les habitants de souche.
Quand on n’a pas assez de vocabulaire pour tenter d’exprimer ce qu’on ressent, on pratique le langage des poings.
Qu’est-ce qui différencie un émeutier qui manifeste pour défendre un voyou judiciairement condamnable et un ministre qui défend un voyou dont on assure que c’est un honnête homme, parce qu’il est banquier ?
Rien, si ce n’est une logique qui échappe aux premiers et conforte les seconds dans les vertus du libéralisme, assurant les biens, pour la plupart mal acquis lorsqu’ils sont importants et instituant une morale de circonstance…
Ce n’est tout de même pas un gamin de 15 ans qui va comprendre cela !
Et si on commençait par rendre un avenir meilleur à la jeunesse ?
L’émeute a toujours été depuis la nuit des temps, une forme d’art de la rue, dont personne du personnel répressif aux acteurs des méfaits ne comprendra jamais aussi bien le sens, que les milieux les plus austères des Eglises qui depuis le Moyen-âge autorisèrent les carnavals, dans leurs vertus exutoires.
Les dégâts provoqués par le vandalisme le sont toujours au détriment des passants et de leurs biens. Un émeutier, ignorant s’il a affaire à un riche ou un pauvre, sera presque toujours l’auteur d’un geste imbécile et d’un comportement anormal.
Un casseur ne devient pas un héros à la suite d’une émeute. Il ne le devient qu’à la faveur d’une révolution, pour autant qu’elle réussisse et qu’il soit capable de comprendre qu’un Etat peut se fonder, sur un autre qui s’effondre.
A Liège, on était loin du compte. La destruction aveugle, est une des pires versions d’une misère qui devient délinquante à force de rage rentrée et de manque de moyens d’expression.
Elle ne prépare en rien les révolutions. Au contraire, elle les condamne.

13 novembre 2011

En chambre !

Crac boum hue ! Les négociateurs budgétaires occupent depuis hier les locaux de la Chambre. Le chef PS des consignés a été vu pour la dernière fois trois fardes rouges à la pogne : une concerne le budget 2012, et les deux autres, les bases de 2013 et 2014.
Aux dernières nouvelles, des accompagnateurs psychologiques l’ont rejoint. Une cellule de « crise nerveuse » a été constituée.
Au train où ça lambine, on pourrait arriver à 2014, année électorale, sans gouvernement. Le planton Yves Leterme qui fait l’intérim, risque de perdre son fromage à l’OCDE.
Est-ce normal ? Non ! Sont-ils normaux ? Pas davantage !
Cet inaboutissement chronique n’est pas le fait des citoyens, mais des partis.
Les négociateurs se donnent le mot ; plus on traîne plus longtemps sera-t-on payé ! On ergote comme à la cour d’Andronic II Paléologue à Byzance.
Les chinoiseries des pointus ont duré 500 jours pour le découpage de BHV.
On se disait qu’une fois la couleur des poteaux frontaliers choisis, la grandeur des affiches « Halt ! GRENS » adjugées, on montrerait vite à l’Europe et aux Agences de notation, qu’on pouvait avoir un gouvernement comme tout le monde.
Hélas ! les verbeux tonitruants infernaux négociateurs sont tombés sur un formateur qui ressemble à ma tante Alphonsine qui aime s’attarder avec ses amies dans la cage d’escalier pour faire la causette ; mais jamais un an et demi d’affilée.
On a perdu du temps avec Bart De Wever. On s’est rendu compte trop tard que le Gros voulait se confédérer, alors que dans la rue ça sautait aux yeux de tout le monde, mais pas de Di Rupo ! On ne peut plus en perdre autant pour quelque chose qui cependant touche à l’essentiel : le social !
Il faut trouver 11 milliards et des poussières de millions. Socialistes, calotins et libéraux sont extrêmement de cet avis. Le tout, c’est de savoir qui va payer la facture. Ils sont tous d’accord sur une chose, c’est le populo qui va casquer. Doit-on taxer le travail, l’assistanat ou le retraitariat ? Les trois, mon général. Mais dans quelle proportion ?
Le jeune De Croo se lève tous les matins avec une idée. Celle du jour, c’est de supprimer l’index.

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Di Roublardo a imaginé une sorte de pare-feu pour les ministres, ils auront 5 % de largesses de l’Etat en moins, les banques et les grossistes en lingots donneront leur petit pourcentage aussi en guise d’obole. Les coups de hache, c’est pour la piétaille.
Si ça se voit trop, Onkelinx s’étrangle à la pensée qu’elle ne pourra plus mettre les pieds à Seraing pour voir son père. Charles Michel est terrorisé à la pensée de rencontrer Sabine Laruelle si les classes moyennes recevaient du plomb aux fesses d’Alexandre-le-petit De Croo tiraillant avec le beau fusil de papa.
Il n’y a qu’Eloi Di Roublardo pour rester zen, attendu qu’il s’en fout de taxer Duchemolle plutôt que Bouc-Emissaire, du moment que Mons devienne la cité culturelle de l’Europe et qu’il puisse villégiaturer à San Valentino l’année prochaine, avec des garde-du-corps beaux comme des dieux, signe de puissance.
Déplacer la fiscalité sur le travail vers la fiscalité sur le capital, comme le bruit court, n’est qu’un bouteillon lancé depuis le boulevard de l’Empereur par les porte-serviettes de son éminence et sa dame d’atour.
Les artisans et les classes moyennes sont out.
Personne n’a envie de voir l’effondrement de la poitrine rénovée de Laruelle sous l’éclatement de la bretelle de son soutien-gorge, victime de l’émotion ressentie à l’assassinat de son artisan chausseur.
Restent les prolos, ramassis de vieux, d’assistés et de manutentionnaires, juste bons pour essuyer les pompes des experts du G1000.
Le Petit Père des Peuples ne les supporte plus. Et il sait de quoi il parle, puisqu’il en est sorti en se promettant bien de n’y plus revenir. C’est Onkelinx qui fait la navette entre les besogneux et lui.
On se demandait pourquoi Rudy De Motte et l’ardent Antoine n’avaient même pas consulté les syndicats à propos de la reprise de l’outil de Seraing, des mains indignes de Mittal. C’est que Seraing n’est pas à Mons-Borinage, pardi, donc n’intéresse pas le clan Di Rupo.
C’est un fardeau en moins pour le conclave, sauf que les mille futurs licenciés de Liège vont devoir compter sur les nouvelles mesures pour la trouver plus mauvaise encore, qu’en début d’année. On voit d’ici la navetteuse en talons aiguilles jouer la Liégeoise révoltée, alors qu’elle a fichu le camp à Schaerbeek, depuis que le fils Mathot lui a coupé l’herbe des Biens-Communaux sous ses escarpins.
Samedi soir, Eloi Di Roublardo semblerait rejouer « Dernier tango à Paris ». Pourvu qu’il trouve la motte de beurre dans le frigo du mess de la Chambre, sinon, il nous faudra souffrir…

12 novembre 2011

Le G1000, un gadget ?

Le G1000 n’est pas un nouveau rasoir pour peau extra sensible, mais une initiative citoyenne. David Van Reybrouck, écrivain flamand, a eu l’idée d’un débat original, qui rappelle en langage publicitaire le récent G20 de Cannes.
Si une majorité de citoyens partage une conviction, c’est bien celle d’une démocratie en panne. L’initiative du G1000 force la sympathie. Un pays sans gouvernement comme le nôtre peut devenir une cause aggravante de la dislocation sociale observée en Europe. Quel est l’avis des citoyens ? On pourrait le lui demander. C’est ce que le G1000 compte faire.
Comment le G1000 est-il organisé ? Et pour débattre de quoi ?
Van Reybrouck, issu des milieux universitaires, évolue dans le cadre d’une initiative de l’action catholique. Ce n’est pas une tare, mais c’est un indicateur d’un milieu qui se veut ouvert, sans doute hostile à toute censure et dénué d’intentions secrètes.
La première question traite de l’organisation. Il est intéressant de connaître les origines des promoteurs nourris de la pensée chrétienne, qu’ils diffusent, sciemment ou inconsciemment, faisant la différence entre le juste et l’injuste, choisissant des voies modérées. Ce qui a priori les conduit à exclure l’extrême et l’extravagant.
Cela ressemble furieusement au « Réarmement moral » des années septante, rassemblant les cadres de la FEB, les milieux chrétiens des Associations, ainsi que les partisans d’une réforme douce du système économique. Ce nouveau projet sera-t-il comme son prédécesseur en rupture des philosophies de rejets : Fourrier, Marx, Engels, Bakounine, Weber, Sartre, Derrida, Onfray, etc. et tentant d’intégrer des milieux ouvriers et employés, sans y être jamais vraiment parvenu ?
Un échantillon représentatif de 1000 citoyens bute sur la question « comment rassembler autant de personnes ? ».
La manière de recruter coince déjà. « Elle a été réalisée par un bureau de sondage indépendant » peut-on lire sur les avis de lancement. J’ai consulté une vingtaine de sites- sources. Aucune n’a donné l’information, cependant capitale, du nom du bureau d’études statistiques chargé de « vendre » le produit en l’occurrence les noms des1000 personnes réunies ce 11 novembre.
Ou je suis passé à côté de l’info, ou c’est fâcheux.
Ce n’est donc pas à l’aveugle, comme Van Reybrouck l’a prétendu un moment, que l’adjudicataire a travaillé sur le projet.
Abandonnons la copie de mille adresses sur le bottin, vu le nombre d’illettrés et d’immatures en Belgique, le débat pouvait tourner à la farce. C’est bel et bien un bureau d’études qui a dosé l’échantillonnage en fonction des langues, des régions, des professions et sans doute des sexes et des âges, comme des capacités intellectuelles.
Voilà qui aurait pu animer le premier débat. Personne, si l’on excepte les initiés, n’a été au courant de la méthode du bureau d’études statistiques.
Concrètement dans la salle, pour gérer autant de monde et laisser un juste temps de parole à tous, il a fallu découper l’assemblée en table ronde. Première discrimination, la table centrale a seule le pouvoir d’annoncer les sujets, de les commenter, pour ensuite en débattre aux autres tables, sous la houlette d’un « facilitateur ». « Le facilitateur mesure le temps de parole de chacun. Il rassemble les suggestions de la tablée dans un document qui va au bureau central. ». Le Facilitateur a donc un rôle extrêmement important. Cela peut vite se transformer en tribunal. Le facilitateur juge, estime, recense et fourni le rapport qu’il rédige et transmet à la table centrale. La dilution entre tous du pouvoir de décision, qui devrait être la règle, est impossible.

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Le plus beau vient après : « À ce bureau central, des experts siègent équipés d’ordinateurs, pour réunir ces suggestions, les traiter et en formuler des propositions concrètes. »
On aura compris. Ce que Van Reybrouck appelle « une bonne vue d’ensemble de ce qui anime réellement les participants et de la nature des priorités qui leur sont communes » n’est que le résumé des experts sur les rapports des facilitateurs.
Quant aux « experts », s’ils sont ceux que l’université-croupion et les banques idoines procurent aux infos habituelles, autant s’adresser directement à MM. des conférences « Lorraine », on aura gagné du temps ; car, là aussi, Van Reybrouck ne nous dévoile pas les noms des descendants directs de Pic de la Mirandole et d’Attali réunis, qui trieront le bon grain de l’ivraie.
Ce G1000 va probablement faire plus de frustrés que de satisfaits.
Enfin, pour répondre à la question « Pour débattre de quoi ? », je serai bref, la première interrogation éclairant la seconde : des conneries habituelles, pardi ! Celles qui font croire à juste titre que la démocratie, sera encore pour un bon bout de temps, pour la Belgique et l’Europe, une fiction de plus en plus lointaine.
Encore un mot qui en dit long. Comme on interviewait Van Reybrouck sur le référendum grec, en soulignant qu’une consultation populaire sur un sujet déterminé était assez démocratique, L’universitaire flamand répondit « Le référendum n’est pas la solution miracle non plus, car en Grèce on voulait demander ‘Etes-vous d’accord pour être plus pauvre?’ Et vous devriez dire ‘OUI’. »
Peut-être est-il le confident de Papandréou ? Parce que personne ne connaît la question qui aurait été posée, et surtout pas d’une manière, à la limite insultante. On aurait pu la poser autrement « Etes-vous d’accord, pour respecter les accords avec l’Europe, que l’on fixe le plafond des rémunérations, société civile et Etat à 5.000 €, les pensions et revenus du capital à 3.000 € maximum, par mois ? ».
Van Reybrouck a sans doute un bon fond. Mais, il devra encore attendre que la crise de la démocratie soit plus avancée pour trouver une formule qui n’ait pas l’allure d’un piège à cons.

11 novembre 2011

La politique du bilboquet.

« Les solutions proposées ne sont pas les bonnes : toucher au pouvoir d’achat des travailleurs et allocataires sociaux donnera moins de consommation et d’activités économiques ». Rapportés par Le Soir, les propos d’Anne Demelenne, la générale secrétaire de la FGTB, ramènent l’appauvrissement de la population au seul aspect de l’activité économique.
Rien sur la nuisance de la mondialisation, rien sur un socialisme de salon de toilette pour chiens, et rien sur un consensus de tous les partis de la coalition qui s’entendent à mettre, peu à peu, l’ouvrier belge au niveau compétitif de l’ouvrier chinois. A quand un bol de riz par jour ?
Il n’y a rien qui oblige les socialistes à faire partie d’un gouvernement qui entend massacrer ce qui reste des apports sociaux des Trente Glorieuses. Ni la survie de l’Etat bourgeois, ni les menaces du FMI, ni les impératifs besoins de la crise bancaire ne sauraient déterminer une capitulation de la gauche.
Les concessions continues du team Di Rupo-Onkelinx aux demandes de Reynders et De Croo afin de permettre à Elio de réaliser son rêve, sont indécentes. Imagine-t-on dans les rangs du PS l’immense avantage que le camp des travailleurs aurait si cette funeste ambition de leur président ne brouillait pas tout ?
Quelle superbe trouille Di Rupo ficherait à la droite bourgeoise et capitaliste s’il se retirait de la compétition en allant porter au roi sa démission de formateur ! Le roi serait obligé de demander à Reynders (De Croo est trop jeune) de reprendre les plans abandonnés par la gauche et Didjé se verrait contraint de solliciter le PS pour une nouvelle négociation.
Et il reviendrait au PS de prendre ses responsabilités, ou non, étant admis que derrière, le spectre de Bart De Wever continuerait de hanter les insomnies de la bourgeoisie belge.
En clair, cela signifie que le PS aurait d’autres cartes en main que la tierce de trois sept qu’Elio peut mettre sur le tapis de la belote qu’il joue en ce moment.

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Demelenne est suffisamment intelligente pour se rendre compte que la pression qu’elle veut exercer sur la FEB, la droite et le libéralisme n’a aucune chance d’améliorer le sort de la classe ouvrière de ce pays. Elle va seulement accélérer le processus qui pousse Di Rupo à se rendre chez le roi avec un accord, tandis que ses comparses feront appel au civisme nécessaire de tous en ces moments difficiles. On connaît la chanson.
L’environnement est fatalement entraînant avec l’Allemagne qui a serré la vis depuis longtemps et qui attend que la France et l’Italie en fassent autant, avec une Europe dont la poussée de la droite partout est la conséquence du manque d’alternative à la politique de Barroso-Van Rompuy.
Quelle nation se révoltera la première dans cet effondrement programmé ? Les Grecs ont amorcé une riposte à leur écrasement. Ils se sont vus montrés du doigt par les autres pays de la communauté.
Le PS a aujourd’hui une belle occasion de se reprendre et de dire « merde » à l’Europe et à la construction d’un ultralibéralisme belge.
C’est la dernière chance du PS de se racheter de l’erreur qu’est la social-démocratie.
La citoyenne Demelenne a trouvé des économies faciles d’application qu’elle chiffre à 11 milliards.
Plutôt que rameuter un quarteron de porteur de drapeaux dans la rue, elle ferait mieux de dire « chiche » à Di Rupo-Onkelinx. Et en cas de refus du duo, son rôle serait de les désigner en tant que responsables des maux de la population.
Hélas ! le socialisme à la Di Rupo n’est plus capable de tenir un discours de fermeté. Il doit sa popularité relative au maintien de l’infantilité insouciante des foules.
Autrement dit, le PS sera directement l’acteur de l’infamant système qu’il dénonce dans ses meetings, et qu’il sert au parlement. Quant à madame Demelenne, elle ne peut pas cacher ses attaches au PS.
Par-dessus cela, il y a l’affligeante personnalité de son président dont la manière d’être a chloroformé son entourage. Les valets et les servantes du boulevard de l’Empereur espèrent recueillir quelques miettes quand le montois sera au pouvoir.
Le comble serait de nommer Onkelinx au ministère du travail et de la prévoyance sociale. Ce serait d’un cynisme !...

10 novembre 2011

Analiz algoritmik du langaj um1

Les fossés culturels se creusent à la vitesse de séparation des classes sociales. A l’exemple du Schtroumf Coquet, formateur et président du PS, Les ténors de la politique, sortis des écoles du pouvoir, ne pourront bientôt plus communiquer avec un pays victime d’une maladie dont le symptôme est la perte des mots et du sens.
Le vocabulaire appauvri par la « culture » télévisuelle est mutilé de tant d’apocopes et d’aphérèses, que ce qui reste est inaudible aux non-initiés.
L’argot des fortifs fit le contraire. Les images et les comparaisons de la langue du « voyou » de barrière, aux proxénètes des rues Blanches et Saint-Denis, ont été un incroyable enrichissement. C’était il y a un siècle…
Aux antipodes du langage trash, la langue de bois ne servira plus l’élu dans un futur proche. Le « spin doctor », faute de se reconvertir au verlan basique de la cage d’escalier d’HLM, avec gestuelles et onomatopées bruyantes, aura l’air de tomber d’une autre planète.
Au milieu du siècle, la population de langue encore à peu près française mais socialement divisée, verra ses composantes ethniques se regarder en chien de faïence. La fraction « résistante » aux barakis sera celle des petits francophones envoyés dans les écoles payantes par des parents protecteurs, pour en faire les « bilingues » du pouvoir communautaire de demain, au cas où la Belgique existerait encore.
La possibilité de fabriquer une nouvelle culture commune sera impossible. Fadila Laanan sera passée par là. La politique du bisounours n’aura pas convaincu les dealers. Ils n’en mourraient pas tous, mais tous étaient tapés ! Le bilinguisme était déjà à lui seul suffisant pour déranger les cerveaux latins...
Ceux qui tireront leur culture d’un mélange de master in business administration (MBA) à Berkeley et d’un job de trader à NY, dans l’attente d’un emploi dans un holding à grand tralala, n’auront aucun intérêt à garder le français courant qu’ils abandonneront pour un français commercial anglicisé. Il y aurait même du ragoût à ce qu’ils osassent un accent oxfordien. Ils « causeront » le frenchgliss.
Le livre plonge déjà dans une « déculturation » des masses. Bientôt le papier ne sera plus que le pis-aller de la Toile, un support pour WC avant qu’on ne trouve autre chose. Les inconditionnels de littérature, les enthousiastes d’histoire, même les lecteurs de De Gaulle, de Druon ou de Houellebecq, qui croient au rayonnement universel de la culture française, ne sont pas près d’arrêter de souffrir. Alain Finkielkraut et Bernard-Henri Lévy d’un côté, l’élégant Compte-Sponville (1) et le gauchiste Onfray, de l’autre, auront beau collectionner les sursauts médiatiques, rien ne sera plus comme du temps de Valéry. Seules les papeteries qui vivent du X en support DVD et des Klinex, ont encore des perspectives d’avenir, à condition de remplacer le Journal de Léautaud, par des préservatifs à la fraise.

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Je me suis fait traiter de con à une réunion « littéraire », parce que j’osais affirmer que pour comprendre la cour de Louis XIV, il fallait avoir lu le Saint-Simon des huit volumes de la Pléiade et pas le résumé sténographique de Leroy-Ladurie. L’inculture, c’est comme une majorité électorale, dès qu’elle atteint les 51 %, les autres n’ont plus qu’à écraser et surtout ne pas avouer que le Tintin de Spielberg, c’est emmerdant.
Quand même un dernier de profundis sur la mort de la lecture qui coïncide avec celle de la conversation des lycéens pressés.
Le destin de l’élite est en exergue de celui du peuple. Peu importe, le remède et le mal finiront par emporter le malade. Dans la fosse à purin, plus rien ne distingue l’étron d’un distingué gentleman de la merde fumante prolétarienne.
Les optimistes auront beau croire à une bonne surprise : un nouveau L-F Céline bousculant la langue, ses débris, ses arrières-faits et ses impuissances, on est bien trop profond dans le caca capitaliste, pour retrouver l’œil clair, le mot juste et l’esprit critique.
Comme dirait mon grand-père : le monde est perdu puisque je le suis !
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1. Comte-Sponville - jeu de mots (Compte-Sponville) pour qualifier le philosophe de bon commerçant de l'écriture.

9 novembre 2011

Philippe le Bel… exemple.

Qu’ils nous foutent la paix avec une morale bonne à faire marcher le soldat vers l’abattoir, et casser l’ouvrier modèle (l’arthrite aux vieux travailleurs).
La nature n’est ni bonne, ni mauvaise. Les distinctions morales ne sont que des conventions sociales. C’est le peuple de la rue qui fait la cohésion nationale et qui sait encore ce que parler de solidarité veut dire.
Les autres n’en ont rien à foutre. Ils se sont arrangés d’une économie qui ne récompense que les prédateurs. Leur supériorité tient dans leurs coffres-forts.
On a oublié en ce début de siècle que c’est le peuple qui compte et pas les banques, ni même les représentants du peuple, lorsque ceux-ci sont de l’avis des banques. C’est-à-dire s’opposent au peuple.
Les universités sont les torche-culs du pouvoir.
Justement parlons-en au passé, le présent pue trop la charogne.
On peut dire de tous les rois de France, que c’est Philippe le Bel qui avait raison. Son défaut était de défendre une cause personnelle en raflant l’argent des Templiers et des ghettos. C’est comme si Reynders se faisait une banque pour payer sa maison d’Uccle.
Ah ! si cela avait été pour soulager son peuple. Quel beau Robin des Bois, il aurait fait.
Si on compare la poignée de ceux qui détiennent des milliards à la multitude, les premiers ne font pas le poids et pourtant, c’est à eux qu’on obéit. Aujourd’hui, on mangerait dans la main de Jacques de Molay.
Basta les dettes et les ardoises.
Si tous les Etats étaient d’accord, on effacerait tout, et chacun repartirait, compteur à zéro … tant pis pour les déçus et les épargnants honteux… Philippe le Bel le fit.
Timidement l’Europe ne prend que cent millions aux banques pour la Grèce. Ce n’est pas assez. Il faut aller plus loin et pour tout le monde.
Démarche malhonnête ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Le commerce, qui a dégénéré en une formidable foire d’empoigne, a généré des milliards dans des opérations invraisemblables. C’est honnête ? Non seulement cela ne l’est pas, et lorsque les agences déprécient la notation des Etats, ces vampires ne rougissent pas de louer l’argent à des taux usuraires ! C’est honnête ça ?
On voit bien comme le peuple est mal défendu et comme, après avoir été saigné « normalement », il faudrait encore que ce soit lui qui paie les lampions de la fête et s’assure que le champagne de ces messieurs est au frais.

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Non, mais, on rigole ?
C’est ce qui se passera demain en Belgique. L’illustrissime professor Barnum Di Roublardo mettra sa jaquette pour aller se faire adouber à Laeken.
-Sire, le peuple s’offre en sacrifice… Nous-mêmes nous vous offrons 5 % de ce que le citoyen nous accorde.
La suite, on la connaît : ils se décorent entre eux, se filent les bons coups, se donnent les bons filons et, dans certains cas, se disent inspirés par le bien public, un peu à la manière du groupe Sévigné du PS auteur de la lettre aux médias, sur le thème honneur, patrie, devoir, morale, qui finit mezza voce par « Eh bien ! puisque nous avons dû nous humilier pour vous convaincre : passez à la caisse, tas de pourceaux !... ».
Dans quelques années, ceux d’entre nous qui ne seront pas mort exsangues, apprendront des journaux que les Cinq-Pour-Cent se seront retirés, après fortune faite, sur les terres qu’ils auront rapinées, voisins charmants des scélérats qui prêtent de l’argent aux Etats.
Ce n’est pas quand on l’a déjà profond qu’on crie au viol, c’était avant. Sinon, c’est un jeu sado-mazo…
La bonté naturelle est une idée fausse. Quand elle entre dans la tête d’un particulier, elle finit par faire un beau cocu.
L’Homme, qui n’était pas terrible avant l’apogée du système économique, ne sait même plus qu’il est devenu une belle ordure.
Vice et vertu sont des conventions. Il devait y avoir dans les temps anciens des peuplades qui trouvaient tout à fait naturel de montrer leurs culs, alors qu’elles se couvraient les lèvres qui étaient des attributs indécents.
Il y en a qui considèrent que vivre en volant les terres des autres est tout à fait positif. D’autres exploitent l’homme socialement inférieur. Ils pensent que c’est un sport exaltant. Dans le premier cas vous avez Israël, dans le second, l’ouvrier chinois socialement inférieur est l’exploité type, et, bientôt, ce sera le tour de l’ouvrier européen.
La décence et l’indécence sont les mesures que prennent les prêtres dans les conventions religieuses. Nos cadors ont étendu le principe à la politique.
Pour nous imprégner du caractère sacré des religions et des lois, ils les écrivent eux-mêmes, mais ne veulent pas qu’on le sache, sauf ceux qui poussent le culot jusqu’à se faire passer pour prophètes.
Le prophète mort, la bonne affaire revient à celui qui recueille l’héritage et en fait un culte.
Que ce soit la Constitution des Etats, table des lois et tables de la religion même combat. Nous sommes la victime des prêtres, des ayatollahs de la démocratie, des intégristes et des prophètes. Marx, Mahomet ou la City, même combat.
Alors, oui, vive la méthode Philippe le Bel.

8 novembre 2011

Les socialistes bitument à gauche !...

Ça sent tellement le roussi, que les élus du PS, prévenant la fureur des gens quand ils découvriront les accords du futur gouvernement, se sont fendus d’une lettre au Soir qui vaut son pesant de trouille verte.
Le premier paragraphe démarre sec « Mais que diable irait faire le PS dans cette galère ? Pourquoi Elio Di Rupo, Laurette Onkelinx, Paul Magnette… qui participent aux groupes de travail, consacrent-ils tant de temps à négocier pour une direction du pays qui serait amenée à prendre des mesures difficiles, parfois issues de compromis avec des partis de droite ? ».

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Que voilà la bonne question ! Et le raisonnement se poursuit « La place du PS n’est-elle pas, ʺparmi les siensʺ, aux côtés des militants, des syndiqués, des manifestants, des ʺindignésʺ, à crier sa colère contre les dérives du capitalisme débridé ? »
Des sociaux-démocrates qui parlent de capitalisme débridé, mais qui le soutiennent !
« Oui, c’est là, dans la rue, avec les citoyens, que bat notre cœur de socialistes. C’est aux côtés des victimes d’Arcelor et de tous les travailleurs qui se battent pour leur emploi que nous nous sentons à notre place. Parce que nous partageons leurs idéaux et leur combat contre les inégalités. »
Là, on se dit « enfin des gens qui voient clair » et on s’attend à ce qu’ils lâchent les trois aventuriers qui négocient la couleur de la corde qu’on nous mettra autour du cou, puis qu’ils téléphonent à Mélenchon, en France, pour se renseigner sur une autre possibilité que le capitalisme débridé !
C’est compter sans la rustine de la mallette du vélo de nos socialistes, champions de la pédale et bons grimpeurs. Eloi Di Roublardo, leur boîte à outils, peut se rassurer. Voilà le « Mais » qu’il attendait.
« MAIS opter aujourd’hui, en tant que responsables politiques, pour le bitume des manifestations plutôt que l’action au sein d’un gouvernement, cela reviendrait à nier nos responsabilités. »
Du bitume et l’action, on croirait que cela va de soi. Erreur ! Action certes, mais à côté du chauffage central au sein d’un gouvernement. C’est dommage, parce que s’ils étaient restés à leur place sur le bitume avec tous ceux qui souffrent du système économique désastreux, il n’y aurait PAS DE GOUVERNEMENT ! Il y aurait la lutte anticapitaliste.
La gauche parlerait à voix haute, puisque sans elle, il n’y aurait pas d’accord possible.
Et même si les libéraux, qui ne sont pas à ça près, s’embarquaient avec la fine fleur de la Kommandantur de Bart De Wever dans un raout gouvernemental, les prochaines élections verraient un triomphe socialiste.
Ecrasés sous le poids de leurs responsabilités, ils n’oublient pas que 36 % des Wallons, des Bruxellois et des Germanophones ont confié leur voix au PS, lors des dernières élections. C’est même ça qui les inquiète vraiment. Si les Gus n’appréciaient pas la manière de les accommoder en sauces diverses pour les fins palais écrasés de responsabilités ? Et si les élections futures voyaient les bonnes places prises par les autres partis ?
C’est pas drôle d’arpenter le bitume, quand on ne peut pas faire autrement, hein, camarades ?
Alors, il faut donner du superlatif, leur responsabilité ne peut être qu’« énorme ».
Les bureaux de l’Etat seront leur bitume. Ils s’y battent déjà depuis des mois, sauf les week-end et jours fériés. Ils ne baissent jamais les bras, sauf quand ils vont pisser dans les lavabos de la Chambre. Ils ferraillent contre les mousquetaires gris de Thatcher-Reagan, icônes d’un Didjé Reynders, âme damnée du cardinal Charles Michel. L’ennemi vaincu recule. Il a signé l’impôt spécial des plus fortunés, la taxation des spéculateurs et l’allègement de la fiscalité sur le travail.
Des victoires comme celle-là, ça se fête !
Nos Conventionnels de 2011 gagnent, pourquoi le peuple ferait-il la gueule ?
Saluer les 500 jours de crise comme une date glorieuse, il fallait le faire. Faire croire qu’ils ont négocié ferme plus d’un an pour nos salaires, ils nous prennent pour des imbéciles !
Le texte devient un morceau de bravoure : « Continuer à négocier, discuter, travailler pour former, enfin, un nouveau gouvernement est un devoir moral. »
On est en plein argument suprême, le devoir moral ! Le pas au-dessus, c’est le dépôt de gerbe à la colonne du Congrès, Di Rupo, en Cromwell, tenant la main du roi pour ranimer la flamme.
Ça dérape encore le chapitre suivant « Le PS est le seul parti qui, après 125 ans de progrès sociaux, a la force de dire NON à l’austérité, mais aussi le courage de dire OUI à ses responsabilités ». La phrase se décrypte par un expert de l’économie, en « coup d’arrêt du progrès, après 125 ans d’espérance. Oui à l’austérité et Non à nos responsabilités. »
La suite, c’est le baratin à l’identique des économistes de la FEB et du secteur bancaire : situation exceptionnelle, question de survie à cause des vieux qui ne se décident plus à claboter à des âges raisonnables, 65, 66 ans, par là, équité pour redistribuer la richesse, etc…
Tout juste est-on fixé sur le prix que le PS obtiendra pour son ralliement à la cause juste et noble de l’économie de marché « ce ne sera pas à n’importe quel prix ! ». On peut leur faire confiance.
Le prochain discours ne sera livré au peuple qu’avec les nouveaux taux de la TVA.
Il servira d’antidérapant sur le bitume d’hiver.
Voulez-vous que je vous dise ? La social-démocratie est incapable d’élaborer une alternative à ce qu’il faut bien considérer comme un échec, incapable d’imaginer une autre version capital/travail avec un Etat social qui serait l’arbitre. L’échec du néolibéralisme est aussi celui des socialistes qui n’ont pas senti l’inanité de leurs théories qui, d’une collaboration équilibrée jusqu’en fin des années quatre-vingts, sombrent dans une collaboration honteuse, une vingtaine d’années plus tard.

7 novembre 2011

Un dimanche de merde !

Si pas content, remboursé !
Le paquet de lessive, comme les 100 euros de taxe TV, vous pouvez vous les carrer où je pense. Jamais vous ne reverrez la couleur de votre pognon.
Idem le dimanche politique sur nos deux chââîînes, personne ne remboursera le temps perdu.
Maroy, Gadisseux, Vrebos, sont pas là pour vous intéresser, ils sont là pour passer à la caisse toutes les fins de mois… sont grands professionnels, oui ou merde ?
Ce 6 du 11 a débuté fort, et très tôt, sur Europe numéro un. Alain Jupé, au passage de l’augmentation probable de la TVA, a été grandiose ! L’interview a pris de la hauteur.
L’austère et peu rigolo ministre des Affaires étrangères de la Vranze commence par dire que la TVA est un impôt impopulaire. On le savait déjà. Mais il est bénéfique aux travailleurs, qui sont sots de n’y avoir pas réfléchi : en fin de course la TVA génère des emplois. Il augmente le prix des chemises qui nous vient de Chine ! Textuel !
Il oublie qu’entretemps la TVA dévalise les citoyens de base, que cette taxe est surtout légère pour les riches qui se confondent avec les pauvres pour débourser pareil.
A l’approche de midi, nous avons les deux chaînes concurrentes belges qui prennent le relai. Sujet commun : les Grecs, leur passé, le présent, l’avenir, Papandréou, le sirtaki des rues au gaz lacrymogène, avec des Belges qui croient que Mélina Mercouri est une marque d’expresso.
En hors-d’œuvre nos inénarrables Maroy et Gadisseux avaient à la dégustation trois professionnels poilants par contrat, dont la figure de proue la mieux payée est le dessinateur Kroll. Le hors texte sentait le cramé des locaux de Charlie Hebdo réduits au mégot.
Au fil des semaines, on voit l’usure faire des ravages dans le crayon et la pensée de Kroll. Cela finit par se remarquer. L’artiste sombre dans le conformisme bourgeois. L’humour soigneusement emballé dorénavant dans le positivement correct, on se demande s’il n’a pas pris récemment sa carte au PS ?
On défend la liberté de la presse, mais en assurant les musulmans qu’ils ne sont pas visés. Exactement, comme aux infos, des égorgeurs de mouton croyants, joyeux, voire hilares, écorchent leurs animaux en famille. Comme si ce n’était pas suffisant d’un sacrificateur par famille. Il y faut conduire les enfants !
Pour l’info, les télés nationales se surpassent en gros plans. C’est abject !...
On ne critique pas la connerie à partir du moment où elle revêt un caractère sacré… Et ça se dit journalistes !...
Les hardis défenseurs de la liberté d’opinion ont avant tout les sphincters à zéro. Déplaire à la direction quand le grand bureau est tourné vers la Mecque, en croquant un Mahomet qui résume à lui seul la confrérie des prophètes dans sa perversité imbécile, vous n’y pensez pas !
Puis, c’est le tour des Grecs, « Mise au point » et « Controverse », même combat. Foutu peuple qui mord la main de l’Europe au lieu de la baiser !

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On ne sait pas si les deux chaînes se sont concertées pour convoquer les gens, mais il y avait sur les plateaux deux groupes de siamois rarement aussi déterminés à dire la même chose, tous porteurs de cierges d’une grand’messe pour l’Euro, curés de la foi pour des lendemains qu’on nous assure à prendre à la louche à merde. .
Pour mise au point, Karel De Gucht et Davignon, plus quelques pontes des finances entouraient un Quatremer dont la spécialité est de jouer les ahuris avec la constance de quelqu’un qui veut cacher par politesse qu'il s’emmerde, cerné par Keuleneers et Coman, fabuleux mélange du sirop Typhon pour les imbéciles que nous sommes, sortis des naphtalines bancaires, assottés de règlements et de titres universitaires.
Côté Vrebos, sur Controverse, on avait mis les petits plats dans l’écran avec Karel Lanoo, Dimitri Dilimos écrivain, prix Goncourt de la brosse à reluire et notre Armand d’Uccle, accessoirement De Decker, toujours aussi élégant et bien propre sur lui. Sans oublier le concours de σύζυγος Tengelidou, présidente des Grecs de Belgique. Comme il fallait quand même quelque chose pour que controverse ne versât pas trop abruptement dans le cri de la droite unanime, un socialiste de service rappela gentiment au bel Armand que les comptes truqués de la Grèce le furent grâce à l’expérience bien libérale de Goldman-Sachs, en déconfiture depuis. Ses plus éminents administrateurs, bien mis comme l’Armand d’Uccle, purgeant leur peine à Saint-Quentin, veste de toile rayée, pantalon à l’identique, avec numéro matricule en guise de pochette, s’étaient fait excusés.
Bien plus tard dans l’après-midi, Géraldine Muhlmann interviewait pour le magazine C/politique, le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, sur TV/5, toujours aussi convaincu que ce sera son tour en 2017, d’entrer à l’Elysée.
Aux infos du Soir, Leterme mit la pression sur Di Rupo question du budget. Forcément, l’intérimaire fiche le camp à l’OCDE, où il a ses nouveaux fromages. Le prodige de Mons, en manœuvre délicate, doit faire les poches de 11 milliards 300 millions pour boucler le budget, sans se faire siffler par ces salauds de pauvres !
Sur le tard, on apprenait qu’à Anvers les Kurdes et les Turcs s’étaient tapés sur la gueule pour la troisième fois en quelques jours.
Je vous fais grâce du récit des inondations, en ayant mon compte des catastrophes artificielles pour vous faire grâce des catastrophes naturelles.
Mais quel dimanche !...

6 novembre 2011

Marie Bashkirtseff.

Tous ces jours furent des adieux !...
Le journal de Marie Bashkirtseff ( Мария Константиновна Башкирцева, née près de Poltava, en Ukraine (Empire russe) le 11 novembre 1858 et morte à Paris le 31 octobre 1884, est le reflet d’une âme singulière, celle d’une jeune femme fantasque, perpétuelle amoureuse, dont l’amour le plus fort, elle le consacra définitivement à... elle-même, à sa beauté, sa jeunesse, son talent !
Ce qui frappe dans l’écriture de cette diariste, c’est sa spontanéité, sa candeur et sa rouerie à la fois, c’est comme si vous veniez de quitter la belle Maria, enfant gâtée de l’aristocratie russe, alanguie prenant la pose sur un sofa du salon, image bien conforme à ce que la bonne société attendait d’elle, et qu’elle lui rendit bien. Mais dans l’intimité de ses carnets, surgit une autre jeune femme. Ainsi son œuvre donne une image d’elle que ses contemporains ne connaîtront pas. C’est un privilège du seul lecteur d’aujourd’hui. Et c’est une surprise.
Qui en-dehors du lecteur, peut en dire autant ? Supériorité du lecteur même, sur l’homme du jour de Maria, puisque celui-ci ne connaîtra pas la pensée intime de la jeune femme, derrière les mots attendus.
Elle est un peu comme Sartre évoquant le Swann de Proust « ...dire que j’ai gâché ma vie pour quelqu’un qui n’était pas mon genre ».
Pas sûr que ces carnets publiés ne soient pas un viol, puisqu’on ignore si Marie Bashkirseff les a écrits pour elle-même ou pour la postérité. Postérité ! mot valise qui contient à la fois les proches de Maria qui se sont emparés des cahiers, les ont maltraités jusqu’à ce qu’ils aient été épurés de tout ce qui pouvaient contrarier leur réputation, et le lecteur de 1905 qui rentre chez lui un livre quelconque sous le bras. Il faudra attendre l’édition de 1991 pour lire le vrai journal.
Les mémoires qu’un auteur n’a pas l’intention de publier sont d’une incomparable supériorité sur les autres. Ils naissent du plaisir d’écrire dans la satisfaction ou le remord des petites actions de tous les jours. Quand tout cela est imprégné de sincérité, on a de l’auteur un portrait plus ou moins conforme de ce qu’il a été.
Reste alors au lecteur à s’émouvoir du destin tragique d’une jolie femme, intelligente, cultivée, avec des dons certains pour la peinture et l’écriture et morte à 25 ans de tuberculose ou d’abandonner le livre sur un rayon de bibliothèque l’ayant seulement feuilleté et abandonné, au motif que cette aristocrate en villégiature perpétuelle était le rejeton d’une famille qui vivait du travail des esclaves dont les jours étaient réglés à coups de knout.
Marie Bashkirtseff était à la fois cela et quelqu’un d’autre, une personne lucide et détachée par son côté « artiste », des mondanités et des horreurs grâce auxquelles ces parents tiraient leur fortune.

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Le talent ne peut pas tout. Marie était aussi féministe, linguiste et on ne peut qu’être attristé par une vie si brève, fauchée en ses débuts et laissant tant de promesses inabouties.
A part une ou deux toiles d’elle pendues aux cimaises du musée d’Orsay (quand même !), son mausolée monument national au cimetière des Buttes Chaumont, il reste ses carnets publiés dans leur intégralité, dont les originaux gisent à la Bibliothèque nationale de France. Chance de Maria, ses héritiers avaient cru bien faire en les expurgeant, des conservateurs les ont trouvé bien plus intéressants dans leur état premier.
Malchance de Flaubert, mort quatre ans plus tôt et dont la nièce héritière détruisit une partie de la correspondance et surtout les lettres de sa maîtresse, Louise Colet.
On laisse trop souvent des héritiers décider du sort de choses qui les dépassent, voire dans certains cas, du droit de procéder à une seconde mort, n’étant pas maître de la première.
On peut aussi se dire de gauche, avoir horreur des injustices, les combattre par les moyens dont on dispose – souvent dérisoires - mais incapable d’en vouloir à quiconque est d’un autre bord et d’un autre milieu, dans sa qualité essentielle d’être avant tout un être humain.
On peut crier vive la Commune (1871) et détester les prises d’otages et les forfaits dont certains communards se sont rendu coupables.
On peut aimer Marie Bashkirtseff, tout en déplorant qu’il y eut certainement quelque part sur les vastes propriétés de la famille, une petite paysanne aussi douée qu’elle, peut-être même davantage, et dont le destin fut d’arracher au sol gelé, les trois pommes de terre de sa survie

5 novembre 2011

Calculs fumeux ?

Il est vraisemblable que nous en serons tous un jour dans le cas d’Erik Satie. Jeune, on lui disait « Vous verrez quand vous aurez cinquante ans ! ». Il les eut un jour. Il conclut « Je n’ai rien vu ».
Voir quoi, au juste ?
Pourquoi voulez-vous que l’homme aille au plus profond des choses, alors qu’il se limite à ne pas franchir certaine frontière au-delà de laquelle, il se met en-dehors de la société ?
Ce dont parlait Satie et qu’il ne vit point, n’est rien d’autre qu’un bouleversement soudain et profond de la nature des liens entre les hommes.
Les choses ne vont pas ainsi.
C’est la somme des intérêts particuliers qui font l’intérêt général, alors que ce devrait être l’inverse ; ce que René Quinton traduit par « De l’abus des privilèges naît cet inconvénient considérable que le vilain se trouve surchargé au-delà de ses forces ».
ous voilà au cœur du problème. Nous voyons bien que ce qui ne va pas, c’est l’extrême diversité des niveaux de vie, ainsi que les degrés de la responsabilité quand sonnent les heures difficiles.
J’entends bien que les classes supérieures veulent que s’accomplissent les règles du marché sur les responsabilités et le remboursement des dettes. Mais, toute proportion gardée, ce sont eux qui font le moins d’efforts et ne contribuent pas selon leur degré de fortune au redressement de la collectivité.
En un sens, ils ont raison puisque les premiers qui devraient montrer l’exemple, dépendent des largesses de l’Etat, en un mot, nos ministres, nos députés, nos hauts fonctionnaires, ne le font pas.
Je rêve d’un pays dont les habitants vivraient de la même manière et avec le même revenu que le plus pauvre, le temps de désintéresser les créanciers.
10 millions d’habitants à mille euros par mois, cela fait 10 milliards, 120 milliards sur un an. A noter que les enfants, les personnes âgées, les cohabitants, tout le monde y aurait droit, ce qui serait pour plus de la moitié des Belges un énorme progrès.
Produits National Brut : 457 milliards. Remboursement en un an 337 milliards.
Fin décembre 2012, fin de la crise pour la Belgique, apurement assuré et emprunt futur quasiment nul !

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Le problème ne serait pas chez le pensionné pauvre qui gagne en moyenne l’allocation de 1.000 euros proposée, elle ne serait pas dans le chef de l’ouvrier marié, deux enfants qui se tireraient d’affaire avec 4.000 euros par mois, il serait chez nos ministres et députés, nos industriels, nos grands artistes, nos banquiers et nos rentiers.
La patrie se montrerait plus reconnaissante pour celui qui contribue beaucoup, que pour celui qui ne verrait pas une grande différence entre ce qu’il percevait avant, et ce que lui attribuerait momentanément ce nouveau genre d’allocation universelle.
Combien aurait plus de poids alors les discours d’Elio Di Rupo sur l’austérité, les diatribes de Sabine Laruelle sur le mauvais sort des petits artisans, et les aperçus chiffrés de la situation de Messieurs Reynders et Wathelet. Enfin, Laurette Onkelinx pourrait à nouveau regarder les gens d’Arcelor en face.
Bien sûr ceci n’est qu’une farce, une utopie qui ne se fera pas. C’était seulement pour montrer la force d’une collectivité dont les éléments les plus riches ne tricheraient pas.
Ce trait d’humour d’Alphonse Allais. « Faire la charité, c’est bien. La faire faire par les autres, c’est mieux. On oblige ainsi son prochain sans se gêner soi-même. », c’est à peu près le discours de Wathelet et Reynders. C’est celui de toute la classe politique au pouvoir. Et c’est ce qui finira par faire perdre toute idée de démocratie.
Prenez-moi pour un fou, si vous le souhaitez. Accusez-moi de la fausseté des chiffres et des mille et une manières de les contredire, mais comme Jean-Jacques Rousseau « J’aime mieux être homme à paradoxe qu’homme à préjugés ».

4 novembre 2011

Y en a marre des cons !

Nous nous étions débarrassés des outrances des prêtres les plus agressifs de la religion catholique. Cela n’avait pas été sans mal. Jusqu’au milieu du siècle dernier, il n’était pas bon de se déclarer laïc dans certaines Communes de Belgique, malgré la loi fondamentale de la séparation des pouvoirs, en même temps que celle de la liberté des cultes.
Parfois, d’anciennes coutumes remontent de la nuit des temps. A défaut d’encore faire la leçon aux étudiantes, certaines écoles confessionnelles astreignent leurs enseignants à des obligations d’un autre âge, interdiction de divorcer, obligation de sacrifier aux usages des messes dominicales, les homosexuels doivent se cacher, tant les directions cathos à l’ancienne ont la vie dure.
Mais dans l’ensemble, les curés nous fichent la paix et nous les laissons s’habiller de dentelles pour dire la messe. Ils n’en pensent pas moins à notre égard et nous avons pour eux une certaine bienveillance sarcastique.
Ce modus vivendi n’en est pas pour autant exempt de toute velléité de remettre ça, à l’occasion d’un pape conservateur, d’un Torquemada brusquement fait évêque, d’un nouveau délire de mystique. Nous-mêmes avons tendance à grossir l’événement quand un prêtre pédophile passe en correctionnelle. La désertification progressive des églises est ce qui modère les rêves de certains de voir Dieu partout. Nos humoristes ont cloué et décloué le Christ sans pour autant voir le camp d’en face tomber dans une hystérie vengeresse. Le supplice du chevalier de la Barre au motif qu’il n’avait pas enlevé son chapeau au passage des « saintes » huiles, c’est une histoire d’Ancien Régime
Les socialistes, francs-maçons inusables, ont fini par abandonner la chasse aux curés. Ils n’ont gardé que le folklore des trois boules et tout le monde s’en fiche. Ils ont même découvert la tolérance et la bière des trappistes.
Pourquoi se plient-ils en deux quand un musulman influent leur fait les gros yeux ? Ils se sont même drôlement mouillés pour monter des mosquées et la façon de tremper le croissant dans le thé, sans oublier tous les tralalas des Imans à l’école, ce qu’ils n’avaient jamais fait pour les curés.
On n’a rien à dire là-dessus. Les PS, Laurette en tête, ont commencé de déconner en voulant mêler les cultures en se mêlant les pinceaux au pieu, alors que la culture française fiche le camp par le fond percé de la marmite où touille l’inculture générale.
Avec l’immigration des pays musulmans, la laïcité recule à nouveau. L’esprit religieux des nouveaux venus n’a pas trop changé par rapport à l’autre, ce qui gâte la chose, c’est notre ouverture que nous voulons « enthousiaste » pour les accueillir, à seule fin que l’on ne nous prenne pas pour des racistes d’extrême droite. Le fait que le fanatisme chrétien s’est fait la malle depuis plus d’un siècle, nous ne nous attendions pas à retomber dans un fanatisme à l’identique. Nous n’avons plus l’habitude d’une religion conquérante, dont certains membres sont prêts à tout pour asseoir l’autorité supérieure de leur Dieu sur tous les autres, y compris à estourbir des innocents. Nous sommes comme François Hollande, nous sommes devenus mous.
C’est bel et bien bon des arrangements d’un Etat officiellement laïc, avec toutes les religions, mais les limites ne sont-elles pas dépassées avec certains courants de l’Islam ? En quoi la Scientologie devenue une secte en France est-elle plus dangereuse que le salafisme ?
On dirait que les religieux musulmans font peur, comme nos inquisiteurs au temps de Luther !
Les locaux de Charlie Hebdo incendiés, leur page sur Facebook envahie jeudi par une multitude de commentaires de musulmans indignés. Et tout ça pourquoi ? La Une du journal représentant Mahomet.

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Ça ne va pas recommencer l’intolérance religieuse ? Nous avons assez dégusté comme ça. C’est inutile de s’indigner, de rappeler le statut de la presse, sa liberté d’opinion et d’expression, si après avoir donné quelques coups de mentons télévisuels, on se racrapote derrière le paravent de la peur et de la honte.
Personnellement, toutes les religions me font chier. C’est mon droit de le penser et de l’écrire. Que celui qui croit, fasse de la transcendance son dada favori tant qu’il le souhaite, je n’irai pas l’emmerder. A la limite, il faut respecter les cons, puisqu’on l’est toujours par rapport à un autre.
Mais alors, que les religieux fassent leurs mômeries entre eux, qu’ils ne me prennent pas à témoin et surtout qu’ils ne me mettent pas le couteau sur la gorge, pour m’enjoindre d’acheter un tapis de prière et habiller ma fatma d’un sac de pomme de terre avec deux trous.
On passe déjà sur des monstruosités comme l’égorgement d’animaux pour satisfaire à leur rite. Mieux, on construit des abattoirs humiliant pour les sociétés protectrices des animaux et dégradant pour le Belge moyen. Les gazettes en arrivent même à vanter les qualités d’hygiène de ces lieux de cruauté inutile. On voit des rayons halal nous bouffer la moitié de l’étal de la boucherie des super, du coup, voilà les « cacher » qui exigent leur rayon aussi… Merde ! c’est pas bientôt fini les conneries ?
Y en a marre des cons !

3 novembre 2011

C’est pour quand ?

Est-ce qu’on a la berlue ?
Il a semblé à tout le monde que s’il a fallu 500 jours pour trouver un accord sur BHV, la routine reprendrait son cours après les hauts et les bas d’une bouffonnerie sans égale et que le gouvernement sortirait dans les quinze jours !
Or, il n’en est rien. Les postes à revoir succèdent aux dossiers dans le dossier avec des moments de tension, des positions inconciliables et si on nous dit que le formateur avance, il n’est pas encore certain que cela soit dans la bonne direction.
La confiance s’est envolée. Les accords sont rendus difficiles depuis qu’on ne s’entend plus. On se méfie, et c’est en traînant les pieds que les engagements sont signés et sur lesquels, on a vu Wouter Beke, Charles Michel et Alexandre De Croo revenir.
Di Rupo, le grand rassembleur, n’a réussi qu’une chose : séparer Wouter, de Bart. Ce n’est plus un programme de gouvernement, c’est un puzzle avec des pièces d’un autre puzzle, ce qui fait qu’on n’en sort pas.
Si ça se trouve, on aura à peine formé le bidule qu’il faudra à nouveau voter !
On espérait mieux du grand conciliateur montois. En même temps, il n’est pas mauvais que l’on traine sur le social et que Charles Michel vitupère quand on parle du chômage, ainsi Elio passera pour celui qui a résisté à la droite, même si le résultat est décevant.
Car, il sera décevant. Quand on voit Papandréou et les socialistes grecs, on se demande comment les socialistes belges vont faire croire aux petits salaires, aux pensionnés et aux chômeurs qu’ils doivent contribuer au sauvetage des banques, des Grecs et de nos finances publiques ?
A remplir des dizaines de pages pour chaque accord, ça promet de belles empoignades pour la suite. Encore que la crise mondiale se développe avec une telle rapidité qu’il est vraisemblable que les centaines de conditions à remplir pour que les accords tiennent la route, ne seront plus du tout d’actualité demain !
Du temps de Vanden Boeynants, ça allait plus rondement. On était refait de la même manière, mais au moins cela ne durait pas une éternité. Les seuls débats tournaient autour de prendre Chose aux finances et Truc à la Justice. Les programmes étaient à peine sur le bureau de VDB, qu’ils disparaissaient dans un tiroir. Il fallait juste trois semaines pour sortir un gouvernement des cartons. Nommer les ministres et répartir les ministères entre les partis qui formaient le gouvernement, étaient ce qui prenait le plus de temps.
C’était mal fichu, les privilégiés s’en mettaient plein les poches, les autres allaient bosser en fermant leurs gueules. Les socialistes faisaient le yoyo entre les principes et se beurrer les miches. Mais la crise de conscience ne durait pas longtemps. Comme dit Dodo la Saumure : tout le monde se couche quand on a le matelas. Et ils se sont couchés les rosés, vu les salaires intéressants…
Le dernier des Melchior Wathelet, ministre sortant du budget, a démarré avec six ou sept milliards d’économie à faire, quelques mois plus tard il en est à 12 ou 12 milliards et demi. Il ne sait plus, nous non plus. On se demande où il va s’arrêter ? Idem des prévisions de croissance, de 1, nous voila au ½ %. Aller plus bas, ce n’est plus de la croissance, c’est de la décroissance, au mieux du surplace. Le dernier des Wathelet est très proche des prévisions de Charles Michel. Il ne faudrait pas grand-chose pour voir le CDH virer MR. Benoît Lutgen devra se méfier, le Melchior est fort en gueule et connaît la chanson. Tous les Melchior de la dynastie ont fini président du parti ou à la banque.
La vice-Première Laurette Onkelinx (PS) voit plutôt 0,8 % de taux de croissance. Comme le CSF, elle n’en sait rien. Les choses se déglinguent tellement vite, tant les solutions retenues à l’Europe sont désastreuses, que bien malin qui pourrait le dire. Tout n’est que vœux pieux, billevesées propagandistes.

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En fait d’ampleur de l’effort budgétaire, les haltères sont sur la table et nos hercules de foire vont montrer au bon peuple comment il faut soulever la fonte. Regardez bien comme ils procèdent, car ils ne la soulèveront pas deux fois. Le reste de la journée, c’est pour nous dans les usines sans fenêtres, sur le temps qu’eux récupèrent derrière les baies vitrées qui leur descendent jusqu’aux couilles.
C’est comme ça qu’ils sont : ministres et directeurs, même combat !...
Mercredi et jeudi, le formateur planche sur des discussions bilatérales. Il arrange les couples, en quelque sorte. S’il formait des parties carrées, ça irait plus vite !

2 novembre 2011

Quand Périclès périclite…

Bien sûr, du point de vue de l’Europe, le choix de Georges Papandréou d'organiser un référendum sur le plan d'austérité imposé par l'UE et le FMI, est quelque chose qui ne se fait pas. Les grands chefs de nos pays ont l’habitude de se passer de l’opinion des gens quand il leur semble que l’intérêt supérieur est de dire « oui » comme allant de soi, alors pourquoi risquer que les gens disent « non » ?
Di Rupo l’avait bien compris qui s’était passé d’un référendum à propos du Traité de Lisbonne, que certains pays ne ratifièrent pas au point que les votes furent en quelque sorte annulés, jusqu’à une nouvelle consultation et le « oui » que l’Europe souhaitait.
C’est une conception assez bizarre du rôle de l’électeur dans le cadre de la démocratie, à moins qu’elle ne soit en pleine évolution autocratique, à notre insu.
Voilà qu’un dirigeant grec s’effraie, alors que personne ne lui demandait de se tourner du côté de ceux à qui il devait faire les poches pour faire plaisir à Merkel. Devant l’ampleur des efforts pour rembourser sans étrangler tout à fait les Grecs, Papandréou recule !
Il plaide donc pour laisser la décision dans les mains des citoyens, du coup les autres partenaires se gendarment, Sarkozy et Merkel décident de se voir avant le G20 de Cannes, de convoquer Papandréou au rapport, pour obtenir des garanties de remboursement avant le référendum, c’est-à-dire avant la décision populaire ! Tout Bruxelles bruisse de ce sursaut démocratique du dirigeant grec et que conclut-on « Papandréou s'est placé sur un siège éjectable » ! Les Bourses s'effondrent, et tout semble aller au plus mal, alors que les bourses s’attendrissaient sur les mille milliards de fonds de secours de la zone euro.
Et si Papandréou avait pris acte de l’absence d’une majorité au parlement grec ?
En cas de ‘oui’, le premier ministre serait renforcé politiquement. Le parlement oserait-il licencier un premier ministre fort de l’appui du peuple ? En cas de ‘non’, comme c’est le plus probable, il pourra se vanter de ne pas avoir pris les électeurs en traître et faire une sortie sous les applaudissements.
L’organisation du référendum a deux mois, d’ici janvier 2012, pour une explication des partis. Que va-t-il se passer entretemps ? Une renégociation ? C’est fort improbable, puisque l’accord actuel n’a pas été ratifié par le Bundestag. On ne voit pas bien les députés allemands approuver Merkel, sans l’assurance que les Grecs respecteront les accords. Papandréou le sait. Les Européens ont à penser aussi en fonction de l’Irlande qui est mal en point.
Papandréou sait bien que deux mois à attendre vont déchaîner les agences de notation et les marchés boursiers. Veut-il faire plonger tous les Européens avec lui ?
Des élections anticipées éviteraient le piège du référendum. L’opposition démissionnerait en bloc, et ainsi les provoqueraient. Papandréou porterait le chapeau du désastre.

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C’est oublié que la Grèce est le berceau de la démocratie et que ses hommes politiques ont une longue culture de savoir-faire derrière eux. Papandréou ne veut pas entrer dans l’histoire, en portant l’étiquette de celui qui a ‘vendu’ son pays. Il ne veut pas paraître traître à sa patrie.
Quant au plan lui-même surtout élaboré par l’Allemagne, il est loin de correspondre aux besoins réels du pays. On a vu les populations les plus fragiles souffrir terriblement des premières mesures. Le plan nouveau renforcerait la crise sociale et politique. Il sabrerait dans les retraites, et achèverait la ruine des classes moyennes.
Adopté sans demander l’avis des gens, le plan risquerait de provoquer un soulèvement populaire majeur, mettant en péril les frontières de l’Europe avec la Turquie et le Moyen-Orient.
La crise économique que nous vivons, vient de subir un coup d’accélérateur. C’est devenu la crise du système capitaliste, tout simplement.
Le G20 de jeudi sera déterminant pour notre avenir immédiat et pas seulement pour les Grecs.
Les peuples sont inquiets. Les destins se jouent. Les démiurges des puissances financières vont être obligés de s’exposer. Ils risquent gros… ils y risquent tout simplement leur peau.

1 novembre 2011

D’efforts et des faibles.

« Les efforts nécessaires de tous pour sortir le pays de la dette et assurer nos enfants d’un meilleur avenir », voilà un an qu’on nous prépare par ce genre de propos à nous servir un programme aux petits oignons. Les responsables ont tenu et tiennent encore un double discours. D’un côté avec le concours des économistes des banques, ils soutiennent le moral des foules en minimisant l’importance de la crise, et d’un autre ils mettent en place un train de mesures qui contredit leur apparente insouciance, en commençant par des discours sur l’austérité nécessaire pour conclure que la récession sera de longue durée.
A ce petit jeu, un qui est gonflé, c’est le petit Demotte. Interviewé par un journaliste de RTL qui lui demandait de parler des mesures d’austérité qu’il comptait prendre au gouvernement wallon, Rudy Demotte s’est vanté de la diminution du nombre de ministres ! Certes c’est une mesure administrative qu’on aurait dû faire depuis longtemps, mais en quoi cela touche-t-il les traitements et les frais divers que perçoivent les ministres actuellement, même si la masse salariale est réduite?
On voit bien que ces gens-là sont à côté de leurs pompes, quand il s’agit de mettre leurs pareils en adéquation à la masse des pauvres et à l’effondrement des classes moyennes.
Le plus formidable nid de millions bien au chaud, défendu par des raisonnements du genre de celui de Demotte, se trouve à Bruxelles aux Commissions européennes.
Mais que nous coûtent donc les commissaires européens, Barroso et Van Rompuy en tête, les milliers de fonctionnaires et le tralala des dépenses de prestige ?
Parce que l’Europe, c’est quand même nous, les citoyens, qui la faisons vivre de notre travail.
Les privilèges et les avantages sont tels pour tout qui a le statut de l’Europe, qu’il faudrait rembarquer les fonctionnaires inutiles baïonnette au cul dans leur pays respectif, pour s’en débarrasser. Est-ce qu’on sait qu’un directeur général, à l’échelon le plus élevé à l’Europe, gagne le double de n’importe quel directeur général de la République d’Allemagne du même grade ? Dix pour cent des traitements échappent à l’impôt. Les défraiements et les notes de déplacements, les indemnités de résidence et les allocations familiales, ce n’est pas rien sous la bannière étoilée. Le fonctionnaire, qui n’est pas dans son pays d’origine, perçoit 16 % supplémentaire, afin de compenser la douleur de l’expatriation. Quand on pense que ce sont les mêmes fonctionnaires qui ont élaboré le système de libre circulation des travailleurs, qui fit couler beaucoup d’encre sous la formule du plombier polonais qui vient travailler en France et qui garde le salaire du pays d’origine !
Di Rupo est en train de plancher sur le recul de l’âge de la retraite. Sait-on qu’à la Commission, les fonctionnaires européens peuvent partir en préretraite à 55 ans et que la pension est à 63 ans ?

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S’est-on jamais demandé à quoi pouvait bien servir cette noria de fonctionnaires ? Les politiques ne sont pas communes entre les Etats. L’absence d’un ministre des finances pour l’Europe ajoute à la cacophonie.
Les fonctionnaires se rattrapent sur les normes des produits et des qualités agréées des denrées alimentaires.
Le plus clair du travail consiste à mettre des normes de fabrication et d’utilisation sur tout.
Les doubles portes aux ascenseurs, par exemple, (aucun cas graves en Belgique depuis dix ans des ascenseurs anciens à porte palière) aura coûté aux utilisateurs des dizaines de millions d’euros.
Un cas d’école fut la circulaire 1677/88 réglementant la courbure des concombres ! Pour 10 cm de longueur, l’arc ne doit pas excéder 10 mm ! Les poireaux doivent être blancs sur au moins un tiers de leur longueur, etc.
Les fonctionnaires mirent 20 ans avant de se décider d’abroger les circulaires maraîchères les plus grotesques.
Les ampoules d’éclairage ont eu droit, elles aussi, à leurs formulaires détaillés. Il s’agit de 14 pages en petits caractères donnant une idée du sadisme et de la bêtise qui soufflent Rond Point Schumann.
Les intérêts nationaux y sont pour quelque chose. Les Commissions sont à un carrefour, on a cru que c’était celui de l’Europe, à bien y regarder, il s’agit des lobbyings et des intérêts particuliers qui s’affrontent tous les jours au nom des Nations partenaires.
La hiérarchie entre Barroso, Van Rompuy et les Commissaires européens est étonnante et bruisse des multiples intermédiaires, directeurs, adjoints et présidents de Commission.
On se demande si le parti communiste chinois oserait se sucrer à ce point ?
Quand le peuple perd le contrôle des Lois, c’est la démocratie qui fiche le camp. Et nous, Wallons et Européens, nous ne sommes pas près de la rattraper !