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27 juin 2017

Boniment.

La situation en Wallonie-Bruxelles devient burlesque.
On ne savait pas Benoît Lutgen aussi doué pour le show politique.
Il faut dire que la remarque d’Audiard « les cons, ça osent tout, c’est à ça qu’on les reconnaît » s’applique parfaitement à la belle brochette de nos intellectuels en plateau d’actualité.
S’il y a bien un parti qui ressemble le plus au MR, c’est le PS, question « ah ! ce qu’on fourre dans sa poche », ils sont imbattables et le CDH n’est pas en reste.
C’est quand ils se décernent des brevets de moralité ou des certificats d’infréquentables trouducs, qu’ils sont les plus drôles. Mais il y a mieux, le petit Chastel veut bien se laisser courtiser par Benoît, mais il n’est pas question de se faire prendre par derrière par Di Rupo et vous savez pourquoi ? Le président par intérim du MR veut « amener des accents libéraux, notamment au niveau des thématiques socio-économiques », c’est écrit dans le texte !... Alors que le CDH a justement conclu une alliance avec le PS pour éviter les accents libéraux du MR !
C’est drôle ce qui se passe, car si le petit Chastel dûment cornaqué par les Michel abandonne Lutgen à sa triste campagne ardennaise, c’est qu’il serait fondé de trouver plus d’accents libéraux chez Elio Di Rupo dans les thématiques triomphantes du socio-économiques, pardi !
En clair, que le petit Chastel s’acoquine avec l’un ou avec l’autre, c’est pour faire chier du poivre moulu aux petites gens !
Je l’ai toujours pensé, les intellectuels – enfin, ils sont allés à l’école pour – qui se sont mis en tête de diriger ce pays, n’ont pas grand-chose de plus que nous dans la cervelle, seulement, c’est mieux présenté.
Ils réfléchissent avec leurs vieux réflexes de riches conservateurs. C’est toujours le peuple qui les a tirés de la merde, il n’est pas question que cela cesse.
Alors, que ce soit avec le PS ou le CDH, c’est fait, grâce à Benoît Lutgen. On est mûrs pour la turlute gratuite aux élites.
Les vieilles poupées du MR doivent faire sous eux de plaisir.
L’autre, le Chastel, « a brossé le paysage des trois institutions, on a parlé bonne gouvernance ». Les deux Michel, Reynders, le bien revenu aux sources, doivent se rouler par terre de rire.

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Merde ! C’est du DEFI qu’est venue la question qui tue « Que va-t-on faire de Joëlle Milquet, conseillère communale à Bruxelles, en position délicate face à la justice ? ». Sans compter le tsunami De Decker et l’année avant, l’irruption volcanique de la tombola africaine de Kubla ?
Peu importe, nos grands intellectuels ont décidé que le plus horrible des vicieux, tous partis confondus, c’était Yvan Mayeur (PS), le sommet de la dégueulasserie.
Pendant ce débat digne d’un prix Nobel de la connerie, le Forem signale des disparitions inquiétantes : les chômeurs glissant du bout des droits et qu’on devrait retrouver au CPAS, on ne les retrouve nulle part ! Disparus… envolés !
Dissous, les pauvres ! Chastel tient peut-être la solution miracle. Au lieu de dresser un paravent entre leur petite vie pépère et la réalité des trottoirs de ce fichu pays, cette engeance a préféré la roche tarpéienne, une mort à la romaine !
L’étude du Forem, des personnes arrivées en fin de droit, montre que certaines sont sorties des radars de l’Administration.
18.543, rien que pour l’année 2015 ! Probablement le double en 2016, nos intellectuels affinés par les connaissances spéciales en matière de drames humains sont perplexes. Dans les ministères concernés, on n’a pas osé aller jusqu’au ministre pour l’informer. De toute manière, ce sont des Flamands, ils ne comprendraient pas ! En région, c’est pire, depuis la rupture, ils attendent dans l’espoir de retrouver une écuelle et le gîte avec le petit Chastel.
Dans le passé, des rois se sont retrouvés coincés dans les appartements, croyant avoir affaire à des domestiques et se retrouver nez à nez avec ceux qui vont les conduire à la guillotine !
Comme dirait Sanseverino « Heureusement qu'il y a Frida, la fille du Nord des chansons de Brel ». A-t-elle existé vraiment ? On a la réponse « tout ça c’est du boniment ».

26 juin 2017

D’une triste fin à un début troublé.

Il y a quelque chose d’ignoble dans le chef de ceux qui préconisent l’assainissement des finances publiques par la suppression de quelques maigres avantages dans la population, les bas salaires et les embûches que doivent surmonter les chômeurs pour conserver leurs droits.
Parce qu’ils sont tous des intellectuels ou presque, qu’ils ont réussi et qu’ils seraient tout à fait incapables de vivre avec 1.000 € par mois, somme déjà considérable pour beaucoup.
Ils sont ignobles, par comparaison avec des électeurs qui leur ont fait confiance et qui, à cause d’eux, vont se retrouver en-dessous du seuil de pauvreté.
Ils le sont davantage si l’on considère que ces mêmes barons de parti ne se contentent pas de gagner cinq à six fois le salaire d’un bon ouvrier, ils s’adjoignent des à-côtés non négligeables qui les propulsent hors catégorie et dans des situations analogues à certains bénéficiaires de rentes au privé.
Il est vrai que ces derniers à qui on ne demande rien, sont rarement inquiétés pour ce qu’ils gagnent, quand bien même ils arrondiraient leurs fins de mois en plaçant de fortes sommes dans des paradis fiscaux.
Le public n’a pas prise sur eux, c’est dans le système. Malgré tous leurs avantages, les partis de pouvoir, les libéraux en tête, leur concèdent encore un personnel réduit dans la chasse de leurs mille et une manières de se débarrasser d’impôts qu’ils jugent excessifs, de grandes facilités pour recouvrer les taxes de ce qu’ils ont soustrait au fisc et que par maladresse de leur part, les valises de billets de banque qui transitent finissent par atterrir dans des services de douane ou dans les erreurs comptables des sociétés.
Tout, mais vraiment tout, sépare à présent le public en général et ces particuliers des banques ou des parlements. Cette cassure est évidente et vient encore de s’exprimer dans le dernier vote en France, laissant à Macron un pouvoir confisqué par une classe d’intellectuels éduqués pour faire la loi et attribuer au nom de tous, ce qui n’existe qu’en eux-mêmes.
En ce sens, la situation en Belgique est pire, puisque seulement le PTB et certains écologistes offrent une réelle issue de secours à cette indéniable séquestration de la démocratie.
Cinq ans d’avance sur la Wallonie pour la Flandre, à considérer le seul classique conformisme de l’économie mondialisée et cinq ans de retard sur la Wallonie, à considérer le côté artificiel de cette économie et le sentiment qu’elle ne pourra déboucher que sur des désastres.
Pour le reste, on ne voit pas comment, dans les structures libérales actuelles, les cadres des partis aux postes clés par roulement, une nouvelle force politique serait capable de débloquer la démocratie.

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L’élection de Macron est aussi un avertissement pour la Belgique, c’est aussi une expérience qui ne dit rien qui vaille pour les travailleurs et la population des rues.
Nous sommes peut-être beaucoup plus près qu’on ne l’imagine d’un clash fatal de la démocratie.

25 juin 2017

Une démocratie par l’émeute ?

« Des administrateurs de la société de production et distribution d’eau bruxelloise Vivaqua gagnent dans les 65.000 euros ainsi qu’une voiture. Yvan Mayeur, l’ancien bourgmestre de Bruxelles, en faisait partie. »
Il ne se passe pas une semaine sans des nouvelles de ce type. La semaine dernière, c’était le Samusocial bruxellois.
Elles impliquent tous les partis de pouvoir indistinctement, même si c’est le PS qui tient la corde actuellement, les autres ne sont pas blanchis pour autant, sur d’autres « coups ».
Bien entendu le journalisme ambiant très libéral excelle dans la nouvelle discréditant, un peu plus chaque semaine, un parti socialiste qui n’en a plus que le nom. C’est de bonne guerre.
Personne, évidemment, n’a pensé écrire ne fut-ce qu’une seule ligne, sur le ressentiment profond des électeurs pour un système qui favorise ce genre de pratique !
Peut-on croire une seule seconde que les élus sont tous altruistes et intègres ?
Non. Et pourtant, personne ne voit d’inconvénient à leur confier les clés du tiroir-caisse, ainsi que des mots de passe pour entrer dans la chambre-forte.
Quand, ce genre de personne parvient à circonvenir l‘esprit de l’ensemble des décisionnaires, il ne faut pas s’étonner que le public les mette tous dans le même panier.
À ce stade de la corruption et du népotisme largement répandus, une autre question est à poser. Comment se fait-il que c’est seulement à certaines occasions que les scandales montent à la surface du marécage ?
N’y a-t-il donc pas le moyen de connaître qui gagne quoi dans les secteurs où c’est l’argent du citoyen qui fait tourner l’affaire ?
Les potentats du jeton de présence et des rémunérations du dessous la table ne sont-ils détectables que sur dénonciation d’un confrère jaloux ?
Enfin, quand l’heureux bénéficiaire est montré du doigt et qu’il sort les poches pleines « parce que c’était décidé avant » - je pense à la belle retraite du pensionné Happart octroyée pour ses services à la Région Wallonne – il n’y a donc rien à faire que constater l’abus et le délirant règlement ?

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Juste après Publifin, l’élégant De Decker, l’insoupçonné Reynders, Yvan Mayeur, le président de Vivaqua, Jacques Martroye de Joly président de Hydrobru et la clique socialisante des affamés du jeton de présence, précédant la non moins joyeuse bande de la file CDH au guichet-caisse, on apprenait que l'ex-président de Nethys, André Gilles, demandait près d'un demi-million brut d’indemnités de départ, comme le règlement l’y autorise.
Ah ! ce Collège provincial, aussi coûteux qu’inutile, quelle mine de renseignement pourrait exploiter une presse digne de ce nom dans le Statut des Pensions de la Province de Liège.
« Pour calculer le montant que devrait percevoir André Gilles (salaire de 365.600 € de mandats par an), on prend le revenu annuel brut, 87.790 euros, et on y ajoute une somme forfaitaire de 24.580 euros. Au total, André Gilles touchera donc 112.370 euros par an, soit une somme de 449.480 euros sur quatre ans, selon l'hebdomadaire Pan. »
Quand se décidera-t-on (je pense à des partis comme Écolo, le PTB et même DéFi) à secouer le cocotier sur le scandale du système des Provinces, alors que les contribuables ont déjà sur le dos, cinq gouvernements !
Une avancée de la démocratie, ce n’est pas de conserver un système, quand on a mis en place un nouveau (les Régions). C’est purement et simplement de faire des suppressions d’organisations en doublon.
Si les législateurs sont doués pour voter des nouvelles structures, ils sont impuissants à faire voter la suppression des anciennes, puisque c’est ce même corps législatif qui en profite !
On touche là à un problème non résolu de la démocratie.
Celle-ci pourrait, à défaut de solution, disparaître dans la dispute, l’émeute et la confusion

24 juin 2017

Adhérer ou pas ?…

Le philosophe a toujours eu une grande réticence à prendre une carte de parti, qu’il soit de gauche ou de droite. Cela tient dans l’obligation qu’a un parti de se situer par rapport aux autres, de s’y tenir afin de rester compréhensible pour ses adhérents. Voilà qui laisse perplexe ceux qui ont conscience de la profusion des moyens et des buts.
D’autre part, il faut bien qu’il y ait un rassemblement quelque part pour qu’un faisceau d’idées plus ou moins concordantes apparaisse, donc qu’il y ait des partis !
En Belgique, l’art du compromis n’est rien d’autre qu’une manière discrète de déroger à la ligne de conduite qui distingue les partis des uns des autres, pour conclure qu’on n’a pas tout le temps raison et les autres, tout le temps tort. Autrement dit qu’un parti ait partiellement tort, sans l’oser pouvoir dire, en s’alliant avec un autre.
C’est au changement d’alliance qu’on se persuade que des partis qui se séparent avaient tout à fait tort quand ils étaient ensemble et tout à fait raison en se séparant.
L’exemple récent tient dans ce que MM. Di Rupo et Magnette pensaient de Benoît Lutgen, avant de décrire ce dernier comme le dernier des saligauds puisqu’ils l’ont assimilé au traître, virtuose du couteau dans le dos.

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Les courants ne sont admis dans les discussions, que s’ils ne cassent pas la ligne du parti. Quand les uns disent blanc et les autres noir, on l’a vu au PS français, la cohabitation entre les deux tendances est quasiment impossible.
C’est une raison qui pousse à rester dans le vague et à se méfier des doctrinaires. Les grands courants de pensée sont souvent ceux qui sont parvenus à détruire les rigidités, pour plus de souplesse d’interprétation.
Raisonne-t-on bien quand on veut avoir raison à tout prix ?
Raisonner c’est user de raison pour chercher la vérité. La raison est un moyen, bien raisonner c’est aller jusqu’à laisser le dernier mot à la vérité, même au point d’avouer qu’on avait tort.
Vouloir avoir raison à tout prix, c’est prendre la raison pour une fin et non plus comme moyen.
La vérité est une fin, tout au moins celle qui ne laisse aucune autre interprétation et permet de laisser une place au doute.
L’art d’accoucher les esprits de la vérité (maïeutique) supposerait que l’accoucheur la détiendrait ! Voilà qui soulève une autre question philosophique : « qu’est-ce que détenir la vérité « ?
« La raison du plus fort est toujours la meilleure » oui, mais est-ce qu’une raison « meilleure » n’est pas déjà un rapport de force entre raison et vérité ?
« La force n’est maîtresse que de ses actions extérieures, elle ne fait rien au royaume des savants » (Pascal).
Il faut vouloir être raisonnable, mais non pas vouloir avoir raison.
Voilà pourquoi un philosophe a tant de mal à s’intégrer dans un parti, toujours promoteur d’une pensée de groupe.
Ce qui revient à se demander si la pensée collective faite de lacunes volontaires et de raisons secrètes peut conduire à une vérité universelle ?
C’est une question fondamentale, qu’en conscience l’Homme s’est toujours posé sans avoir trouvé de réponse.
La démocratie n’y a pas répondu, quand elle résout ses problèmes en tranchant par une majorité, l’art de gouverner les Hommes.

23 juin 2017

Un libéral radical.

Quand un radicaliste part en guerre contre le radicalisme, ça donne à réfléchir sur la brutalité sociale et politique dans nos démocraties.
C’est le sanguin Denis Ducarme qui le dit «Nous voulons des solutions radicales contre le radicalisme!».
Cette tête particulièrement échauffée pour son bon droit et ses analyses, a trouvé que la justice est trop laxiste, la police trop bon-enfant et le citoyen peu rassuré.
Son radicalisme opposé au radicalisme est une aberration sur le terrain, un non-sens politique et un syllogisme en philosophie.
Je suis un « radicaliste »
Je lutte contre le radicalisme
Donc je lutte contre moi-même

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Il est heureux que les désirs d’opposer la force de la vertu à la force de la violence se soient soldés par l’échec de la tentative parlementaire de porter à 72 heures la durée potentielle d’une garde à vue, dans des affaires de terrorisme.
Deux raisons à cela. La première tient dans l’effet de la mauvaise réputation religieuse musulmane sur les populations et le renforcement des contrôles, des caméras, des portiques et des fouilles au corps pour un oui ou un non. Si bien qu’excepté Denis Ducarme, le citoyen ordinaire se sent davantage surveillé qu’avant et a le sentiment qu’on lui vole une partie de sa liberté, à chaque nouvelle mesure.
La seconde réside dans l’appréciation d’une garde à vue pour faits liés au terrorisme. Tout étranger dans n’importe quelle interpellation peut être suspecté de terrorisme. 72 heures au ballon au lieu de 48 parce que vous avez une tête de Maghrébin et que vous vous appelez Mohammed, ça ne vous dit rien ?
La police est devenue un recruteur involontaire de Daech depuis qu’on est dans l’état d’alerte 3.
Enfin, en cas de réels soupçons d’allégeance aux guignols du djihad, il y aura toujours un juge d’instruction de service pour signifier un état d’arrestation et flanquer le suspect en prison.
L’opposition de gauche PS-Ecolo, sans le vouloir sans doute, a fait capoter le projet et c’est tant mieux. Ainsi s’apercevra-t-on par la même occasion que le MR seul parti francophone au gouvernement est bel et bien dans une sorte d’extrémisme constitutionnel et que pousser le bouchon trop loin s’appelle aussi le radicalisme.
Denis Ducarme rejoint involontairement Alphonse Allais qui voulait déplacer les villes à la campagne pour le bon air, Ducarme fait mieux, il n’acceptera que des mesures radicales pour lutter contre le radicalisme !
Eh bien ! il n’acceptera rien du tout. Il devrait en remercier la Commission puisque cela ne peut que réfréner son propre radicalisme !
Partisan de l’eau chaude à toute heure, il est le syndic intransigeant de tous les immeubles du royaume « Pas d’eau tiède ! Nous quitterons la table si nous sommes face à la gauche laxiste ! ».
Le plus terrible, c’est que ce genre de connerie est payant à court terme. Il suffit qu’un attentat imbécile et crapuleux, comme ils le sont tous, tuant des innocents, pour qu’aussitôt le bravache du MR prenne à la tribune une attitude mussolinienne, en revendiquant la prescience et la justesse de son raisonnement. Cela devient un jeu d’enfant pour ce sectaire de mettre l’opinion dans sa poche.
Et c’est ça le côté malsain de ce personnage libéral, fils de l’autre, comme tous les héritiers du système. Il se nourrit des malheurs et profite de la peur comme de la colère des gens.
En manipulant l’opinion, en espérant que ses prophéties lui donnent raison, Denis Ducarme est un aventurier de la politique qui met la démocratie en danger, alors qu’assez curieusement les attentats imbéciles la renforcent, par l’attitude digne et volontaire de la population !
C’est dommage que son intelligence limitée l’empêche de comprendre ça.

22 juin 2017

Fake-news depuis la Tour Trump

Les tribulations de nos ministres dans nos cinq gouvernements, l’élection de Macron et la nouvelle mouture du gouvernement français, ont presque passé sous silence « la dernière » de Trump, à savoir qu’il allait « arranger cela », entendez par là rabaisser le caquet de la Corée du Nord après la libération de l’étudiant américain des geôles de Kim Jong-Un, pour venir mourir dans les bras de sa mère aux USA.
Même si ce pauvre garçon en a bavé dans cet État de tordus, la réponse pour la galerie avec effets de manchettes du président des États-Unis est inadaptée aux circonstances et incompréhensible pour quelqu’un qui fait ce qu’il dit à savoir envahir la Corée du Nord et destituer Kim Jong-Un.
Ça veut dire quoi « arranger cela » dans le langage trumpien ?
Destituer Donald Trump sans passer par l’Impeachment n’est possible qu’en ouvrant une procédure sur la débilité mentale du président, caractérisée par des actes insensés mettant en péril la Nation américaine.
Le système constitutionnel le permet. Le 25e amendement de la Constitution américaine, prévoit la destitution d'un président dans «l'incapacité d'exercer les pouvoirs et de remplir les devoirs de sa charge».
Sans me prévaloir d’une quelconque autorité en la matière, ce n’est pas trop m’avancer dans la spéculation de croire que le président des USA a une personnalité histrionique, liée à une forme de narcissisme potentiellement dangereuse pour la conduite d’un État.
D’après le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) et « Psychopathologie » de Barlow et Durand, voici les caractéristiques d’un malade histrionique.
a) Le sujet a un sens grandiose de sa propre importance ;
b) Est absorbé par des fantaisies de réussite illimitées, de pouvoir, de splendeur, de beauté, etc.
c) Pense être « spécial » et unique et ne pouvoir être admis ou compris que par des institutions ou de gens spéciaux de haut niveau ;
d) Besoin excessif d’être admiré ;
e) Pense que tout lui est dû ; s’attend sans raison à bénéficier d’un traitement particulièrement favorable et à ce que ses désirs soient satisfaits ;
f) Exploite l’autre dans les relations interpersonnelles ; utilise autrui pour parvenir à ses propres fins ;
g) Manque d’empathie : n’est pas disposé à reconnaître ou à partager les sentiments et les besoins d’autrui ;
h) Envie souvent les autres et croit que les autres l’envient ;
i) Fait preuve d’aptitude et de comportements arrogants et hautains.

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On croit rêver ! Ce diagnostic type explique tous les ressorts de ce président-là !
Ces travers sont encore aggravés par le « respect » du président en donnant quitus au candidat, élu miraculeux à la suite d’une posture tendant à vouloirs faire croire que les mineurs retrouveront leurs mines, que les sacrifiés retrouveront leurs usines et qu’en général le dollar pleuvrait grâce à la remise en route d’un potentiel industriel datant de Henri Ford !
Et on l’a cru, malgré l’avantage en voix de sa rivale battue grâce aux particularités du vote dans cette curieuse démocratie.
Il semblerait que Trump n’a pas encore compris que les règles sont là pour éviter le népotisme, endiguer la corruption et garantir de la cohérence dans la mise en pratique des projets politiques.
Voilà déjà le président qui perd en quelques mois l’influence qu’avait Barak Obama au plan international.
Lui faire quitter le pouvoir paraît compliqué et aléatoire. Reste la possibilité de le neutraliser. L'inconséquence de ses tweets et de ses discours, quand il les écrits lui-même, devrait accélérer cette dernière possibilité. On pourrait avec l’aide de sa famille, le faire vivre dans une bulle dans laquelle il ne s’apercevrait pas que le pays est dirigé par quelqu’un d’autre.
Il y a un précédent, le milliardaire John Davison Rockefeller (8 juillet 1839 – 23 mai 1937), pour qui, dit-on, on imprimait des gazettes spéciales avec de bonnes nouvelles, dans les années 30, ce qui lui permit de vivre très vieux dans la joie et la bonne humeur.
Ah ! ces riches…

21 juin 2017

Un nouveau sujet con !


Le président du cdH Benoît Lutgen lance la Région wallonne dans une bouffonnerie dont j’ai déjà eu hier à expliquer le mécanisme.
Comme on ne peut voter qu’avec l’élection européenne, c’est-à-dire en 2018, que va-t-on faire d’ici là, si Lutgen ne réunit pas une autre majorité ?
Rien. Le système a réussi le tour de force de placer l’électeur devant une aberration antidémocratique !
Le législateur belge montre au grand jour sa face cachée, en cas de crise grave, on met les mêmes et on poursuit l’invraisemblable !
Si Lutgen avait eu le sens des responsabilités, il aurait eu des conversations informelles avec les chefs de l’opposition et sa trahison eût été de la fine politique, par la conclusion éventuelle d’un nouvel accord de gouvernement.
Ainsi, le public n’aurait pas été mis au courant que son rôle d’électeur est bien mince et ne sert de prétexte qu’à une mascarade démocratique.
Le dégout de Benoît pour les sombres magouilles du PS est suspect parce qu’il est tardif. Comme le MR ne lave pas plus blanc qu’en face, sauter d’un ponton pourri sur un autre n’apparaît qu’un moyen pour lui d’enrayer la chute libre du CDH dans les sondages.
Voilà trop longtemps qu’il s’est rendu complice des errements du PS pour ne pas l’accompagner dans une descente aux enfers des urnes.
Certes, c’est très vilain de voler le pain de la bouche des pauvres ; mais, c’est par millions d’euros que les gentlemen du MR ont délesté l’Etat de revenus qui auraient pu faire cuire des centaines de milliers de pains supplémentaires pour les déposer dans la bouche des pauvres !
Le crime que je sache est moins visible, mais plus horrible encore !
On ne saurait l’expliquer, mais toutes les affaires d’État et qui tournent à la confusion des partis sont d’un burlesque que seul Trump, dans sa dérive mégalo, parvient à égaler.

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À cette pantalonnade du CDH, Elio Di Rupo, en qualité d’Auguste, se devait de répliquer au Clown blanc. Ces deux cons n’ont pas vu qu’on était en été et que le cirque d’hiver est fermé !
Et puis cette histoire du décumul, personne n’en veut dans les rangs du PS, pas plus qu’au CDH, seulement les cadors sont poussés dans le dos par l’opinion et à présent qu’ils se sont gargarisés avec le mot, ils ne peuvent plus s’en débarrasser.
Qu’est-ce qui changerait si le décumul était d’une application générale et intégrée à la loi ?
Nos élites sont des paters familias hors pair, ces dames sont des pondeuses incandescentes. Les mandats en rabiot, les tickets de présence bien arrosés, les cachetons pour une distillation subséquente d’avis, les « généreuses » contributions, tout ce qui brille enfin et qui est bel et bien de l’or, seront bien dosés et répartis dans ces grandes familles de nos pères conscrits.
Ils y gagneront encore puisque les héritiers n’auront même plus à laisser un tantième des héritages à l’État !
Au-delà du burlesque, il y a une autre question suffisamment grave pour qu’elle soit posée.
Malgré sa dérive mondialiste et centriste, le PS a passé des accords avec le CDH, lui aussi tenté par la social-démocratie bisou-nounours. Ces accords consistent à employer la méthode douce pour faire comprendre aux travailleurs, chômeurs et pensionnés que les temps étaient aux vaches maigres. Or, un renversement d’alliance avec le MR, l’allié dévoué de la N-VA, implique que le MR irait piocher plus rondement dans les avoirs et conquêtes sociales des plus démunis, ceux-là dont Yvan Maïeur volait déjà le pain de la bouche !
Cette perspective est-elle raisonnable ? N’entre-t-elle pas dans le dégout déjà exprimé par Benoît Lutgen pour le Samusocial ?
Allons, messieurs les journalistes, têtes de linotte, réfléchissez un peu avant d’écrire des conneries sur le sujet.

20 juin 2017

Attention ! Pickpockets !

Quand vous croisez un ministre socialiste, assurez-vous que votre portefeuille est toujours dans votre poche, c’est le sens à donner à la conférence de presse de Benoît Lutgen de ce lundi 19 juin.
L’homme s’est rebiffé suite aux affaires qui secouent à nouveau le PS.
Les salauds ont changé de camp pour le CDH. C’est égal, l’année dernière encore, le successeur de Miss Milquet n’avait pas de mots assez durs pour stigmatiser l’attitude traîtresse des Michel, tandis qu’en coulisse Chodiev arrosait l’élite libérale.
Il faut croire que pour lui les affaires qui secouent le MR sont moins graves que celles qui rongent le PS.
Lutgen n’aime pas les affaires qui rebondissent. Il préfère celles des franches crapules mais très bien neutralisées par un périmètre de sécurité, comme au MR, plutôt que les petits larcins entre amis chez les rosés d’Elio Di Rupo, où presque tout le monde en profite.
C’est une façon de voir.
Sa conférence de presse est d’une drôlerie qui dépasse l’humour plutôt lourdingue des journalistes, si bien que le lecteur ne pourra pas s’envoyer une franche rigolade à la lecture du compte-rendu.
Par exemple «La cupidité de certains a dépassé tout entendement. » est à mettre au panthéon de la connerie. En bon français, cela veut dire qu’il comprend la cupidité normale, habituelle, celle qui se pratique au CDH, mais celle qui dépasse tout entendement, c’est plus fort que lui, il ne la supporte pas, parce qu’il ne la comprend pas tout simplement.
« Leur « conscience » sociale a été emportée par l’appât du gain. S’octroyer des jetons de présence au dépend de couvertures pour les plus démunis est choquant. A vrai dire, comme chaque citoyen, je suis, au plus profond de moi-même, dégouté. »
Autrement dit, si les pickpockets du PS s’étaient contentés de voler les citoyens ordinaires, c’est-à-dire mes lecteurs et moi, notre cher Benoît en aurait fait son deuil.
« Notre génération politique a le devoir de changer le cours des évènements. »
Celle-là, je m’y attendais.

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Sauf que dans sa méfiance vis-à-vis de l’électeur et afin de conserver l’entre-soi si favorable à la douceur de vivre du parlementaire belge, aussi bizarre que cela puisse paraître, les gouvernements des entités fédérées sont constitués par des lois pépères à leur complet avantage. Ils ne peuvent pas tomber ! C’est-à-dire que l’électeur ne peut pas marquer son mécontentement en exigeant de nouvelles élections. Il doit faire avec les élus jusqu’au bout de la législature.
Tu votes, puis tu n’as plus rien à voir ! À la prochaine, vieux !...
On voit d’ici Delpérée en érection avec un éjaculateur constitutionnel pareil !
Donc, pour la galerie, Benoît s’époumone pour rire, puisqu’on mélange les cartes des combinards et qu’au lieu des faces de carême du PS, on aura droit aux fripons du MR.
Hein ! comme démocratie, on est fadé !
Tout au plus, l’électeur gardera en mémoire le coup de menton de Benoît pour le jour où il devra déconner, derrière les rideaux qui précèdent le dépôt de son choix dans l’urne démocratique.
- Pour qui t’as voté, toi ?
- …
- Sans déconner !...
Commence donc une période de trouble, puisque pour arracher le PS de ses comptes bancaires namurois et bruxellois, il faudrait vraiment que Lutgen fasse les fonds de tiroir de tous les partis, pour prier les p’tits gars du PS d’aller voler ailleurs.
Il ne doit déjà pas trop compter sur le PTB, il ne lui reste plus que la fleur de la ringardise, les rigolos de DéFi et les corrompus raisonnables du MR !
Les calculettes sont de sortie.
On pourrait être « chastellisés » au lieu d’être « magnétisés ».
Qu’est-ce qui changerait ?
Certainement pas grand-chose. Nous aurions toujours sur le dos cette drôle de démocratie à la belge qui survit à peine avec cinq gouvernements, les provinces, les intercommunales, un personnel pléthorique et d’après ce que Benoît Lutgen raconte, voleur en diable et magouilleur de première.
On est devenu une sorte de république bananière… sans les bananes !

19 juin 2017

Y a-t-il un pilote au PS ?

Macron impressionne beaucoup les électeurs en Belgique.
Le bouleversement politique en France ne laisse personne indifférent. Il est jeune, il a une belle gueule et il parle bien. Vous me direz, ce ne sont pas des critères à prendre en considération quand ont fait de la politique sérieusement. Il n’est pas dit. Vous voyez un type comme Louis Michel à la tête du PTB ?
Jupiter 2.0, c’est le surnom de Macron par la presse française, est en train de ridiculiser les autres partis littéralement atomisés par LRM (Les Républicains en marche).
Le Samusocial à Bruxelles rend plus fragile encore notre François Hollande à nous, Elio Di Rupo, qui fait des projections sur l’avenir, comme Cambadélis, premier secrétaire du PS français, en faisait encore il y a quinze jours, juste avant de se faire éliminer au premier tour des élections.
Avec peut-être moins de 25 députés dimanche, autant dire que le PS français est mort, d’autant que les règlements de compte vont commencer. Manuel Vals, en difficulté, est soutenu pour le second tour par la droite, qu’il l’emporte ou non, ce type a été le premier ministre de François Hollande et il était censé être socialiste !
Le tort de la social-démocratie aura été de poser des règles par rapport à un capitalisme des années 70. Ce sont toujours les mêmes en 2017, mais le capitalisme, lui, s’est beaucoup modifié, au point qu’il n’a presque plus rien à voir dans ses formes et ses rapports avec les citoyens, seul l’actionnariat est resté permanent.
L’erreur du PS a été de ne pas avoir accompagné l’évolution capitaliste par celle de la social-démocratie.
Tout est là.

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Les électeurs n’aiment pas que les principes sociaux qu’ils défendent soient sacrifiés dans des gouffres de dettes et de rattrapages de production par rapport à des pays émergents, alors que « leur » capitalisme avec lequel ils se sentaient liés par des accords n’existe plus.
La raison principale pour laquelle ils ont voté en masse pour Macron tient dans le personnage neuf, en tous les cas, qui permet par sa victoire à la présidence, de renouveler complètement le personnel politique qui de gauche à droite a déçu tout le monde ou presque.
Avec la majorité imposante qu’il aura pour gouverner, tout peut arriver. Par exemple, il se pourrait très bien que dans cinq ans il soit aussi détesté que Sarkozy ou Hollande. Tout dépendra de la manière avec laquelle il tiendra ses troupes, au point d’imposer son programme sans créer des schismes dans les rangs de ses fidèles.
S’il réussit cela, même si son programme est franchement hostile aux travailleurs et aux retraités de France, il se verra qualifié de génie. Ce ne sera plus Jupiter, mais Bonaparte dans les débuts de l’Empire.
Déjà tel qu’il est, Macron n’a pas d’équivalent en Belgique. Seul Bart De Wever, parti de rien, a réussi à s’imposer en Flandre et même au Fédéral. Il piétine aujourd’hui. Pour beaucoup de Flamands, ce n’est plus le rusé rondouillard des débuts. Il a même un concurrent à Anvers qui pourrait bien s’asseoir à sa place dans le bureau du bourgmestre, à l’issue des prochaines élections.
À Bruxelles, les socialistes sont assommés et Charles Michel est un libéral assommant. Les grosses pointures ont leur dose d’affaires et de discrédits. Comme en Wallonie, on les a assez vus, sauf qu’à Namur le ministre président Magnette n’est pas trop éclaboussé par les scandales et sa voix semble écoutée.
Serait-ce lui le sauveur des socialistes wallons ?
On n’en est pas là, mais une seule certitude, Magnette, ce n’est pas Macron. Au lieu de rassembler, il disperse. On en aura la preuve quand on fera les comptes après les prochaines élections du nombre de voix perdues du PS au profit du PTB.

18 juin 2017

Armand, Didier, Stephan et les autres…

Ouf ! Olivier Chastel est parvenu à convaincre Armand De Decker de démissionner de son emploi de bourgmestre d’Uccle.
Cela n’est jamais facile à un professionnel de la politique d’abandonner aux autres un emploi rémunérateur. Vous pensez avec Bel Armand, ce n’était pas de la tarte.
Bruxelles est dans la tourmente avec le Samusocial, tous les cadors socialistes du coin plus ou moins mouillés, voilà que Bart De Wever réveille l’ancienne rancune flamande à l’égard des fransquillons maîtres du pavé de Bruxelles. Il fallait, pour que Charles Michel se présente en chevalier blanc, que l’Ucclois débarrasse le plancher vite fait.
Les Wallons se seraient bien donné le mot et profité de l’occasion pour dire aussi leur méfiance des élus de la capitale, si Namur n’avait pas à digérer Publifin, autre scandale d’un PS décidément coutumier des sales manières de ses fédérations.
Bel Armand est dans la tourmente depuis 2012. Sans les révélations du Canard Enchaîné, le ministre d’État serait toujours sollicité pour faire la leçon sur les ondes et à la télévision.
Ce n’est pas la presse belge qui lui aurait causé le moindre souci.
Le nom de notre grand homme d’État est associé à un trio de milliardaires caucasiens, Patokh Chodiev, Alijan Ibragimov et Alexander Machkevitch, afin de leur éviter une condamnation en Belgique dans l'affaire Tractebel.
L'avocate française Catherine Degoul aurait été commissionnée par Sarkozy pour passer le relais à Armand De Decker, sauveteur attitré des riches au Barreau de Bruxelles.
Le reste est dans le dossier et a été publié en France. Sous peine de se faire déconsidérer, la presse belge a dû suivre en traînant les pieds. Vous pensez, attaquer un des piliers de la monarchie et du capitalisme « réformateur », c’était un peu éclabousser les patrons de la presse belge.
Le Kazakhgate franchissait la frontière et s’installait à Bruxelles. Le trio de milliardaires cher au président Nazarbaïev allait douiller sec Bel Armand, qui malgré toutes ses casquettes avait gardé sa robe d’avocat au frais pour des suppléments.
Pour prix de son « labeur », il allait percevoir 734.000 euros.
Les justices belges et françaises ont réussi à localiser 9,3 millions d'euros des 13,3 millions déboursés par le trio kazakh. 4 millions d'euros restent introuvables.

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C’est dire si d’autres que l’Armand ont été ondoyé par le fric, et comme il devrait s’en trouver dans la nature à prier le dieu des voleurs pour qu’on ne les débusque pas.
Des noms ont été cités, Reynders, De Clerck, Leterme, entre autres.
Tout dépend de l’ardeur avec laquelle on cherche. Jusqu’à présent on n’a que des soupçons. Le système « valise de billets de banque » a du bon. Le transfert de fonds ne laisse pas de trace.
C’est donc très tardivement que le Parquet de Bruxelles est sorti de sa torpeur (2015) et 2017 pour que le Parquet de Mons s’ébroue et reprenne le paquet. Le transfert a eu lieu en raison d'un privilège de juridiction dont bénéficiait l'avocat général Godbille.
Armand De Decker nie tout en bloc, malgré des témoins dont des Français.
Une manie déplaisante pour le public chez nos parlementaires, ministres et super ministres, consiste à assimiler l’amende et les jours de prison éventuels, aux mandats rendus au parti à cause des affaires et donc aux pertes d’argent de ces mandats perdus.
C’est un genre curieux de transaction : vous voyez j’abandonne des mandats juteux, cela vaut bien une remise de peine adaptée aux pertes que je subis !
Par le passé, un tel raisonnement a sans doute été couronné de succès, si on en juge par les peines minimes, voire les acquittements des personnels fautifs de notre représentation nationale et régionale.
Au cas où son innocence proverbiale aurait été ébréchée par des témoignages impossibles à faire disparaître, Bel Armand pourra toujours plaider ses sacrifices financiers comme substituts aux amandes probables. Quant aux jours de prison, il est impensable qu’un ministre d’État soit jeté sur la paille à manger le pain du roi, eût-il aidé Chodiev à se débarrasser de la moitié de sa famille.

17 juin 2017

Je te tolère si tu me tolères.

La tolérance va de soi. C’est une forme de progrès lié à la démocratie. On n’est pas d’accord et on en discute. C’est normal de chercher à convaincre. Si l’autre n’est pas convaincu, on admet que les points de vue diffèrent, néanmoins on les tolère.
Pour qu’il y ait tolérance et cohabitation, il faut que les parties soient à égalité dans la citoyenneté et encore mieux, dans les professions, tout à fait idéalement, dans l’égalité des études.
Immédiatement se pose la question de savoir ce qu’on entend par tolérance dans l’inégalité profonde des parties.
Est-ce qu’un patron à la même tolérance vis-à-vis de ses ouvriers que ceux-ci vis-à-vis de lui ?
Cela ne se peut. Ce sont deux tolérances différentes, inégalitaires et qui portent sur des considérations opposées.
Que dire de la tolérance unilatérale de celui qui accepte de partager son lieu de vie avec des réfugiés ! Cette tolérance ne s’exerce que dans un sens. Le bénéficiaire n’a pas les moyens d’exprimer la sienne, d’ailleurs on ne la lui demande pas.
La gratitude n’est pas une forme de tolérance. Dans le cas précis, ce n’est souvent qu’une forme d’humiliation.
On voit bien la contradiction : le principe de la tolérance se pose comme un absolu, alors qu’il n’y a pas d’absolu sous peine d’intolérance.
Les sociétés fondées sur le pluralisme sont tolérantes d’une manière telle qu’elles dissimulent leurs inégalités profondes et leur intolérance irrémédiable.
Dans « L’être et le néant » (Edition Tel) Sartre dénonce la tolérance comme la négation de la liberté de l’autre.
Avec le peu d’enthousiasme des Européens pour accueillir leurs semblables en souffrance en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, on découvre une autre facette de la tolérance, celle qui laisse faire sans plus celui qui souscrit à la tolérance « sous toute réserve ». À la limite, si une catastrophe plus grande qu’une guerre civile, un cataclysme par exemple, venait à débarrasser la conscience européenne d’une tolérance qu’elle accorde du bout des lèvres, elle s’en trouverait soulagée !
La tolérance peut être donc une attitude d’indifférence, voire de désintérêt ou de mépris des autres.

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Les gauches révolutionnaires ne sont pas tolérantes, elles font mieux. Elles se sont donné comme mission d’accueillir à bras ouverts toutes les victimes des guerres et des discriminations de toutes sortes. Ce faisant, elles montrent une capacité d’intégrer à soi la diversité de l’humanité dans ce qu’elle a de plus misérable que soi. L’idée en elle-même est admirable et on a le cœur fendu de voir nos semblables affamés et malmenés par des religieux, des dictateurs, des multinationales et des guerriers égoïstes.
En réalité, cette humanité débordante et sans limite est virtuelle. Il y a une forte résistance des autres partis à cet accueil illimité. Et l’extrême gauche n’est pas au pouvoir. Cette résistance agite le monde socialo-libéral des partis dits modérés. La gauche se sent brimées dans sa volonté d’agir, et pourtant…
Si cette minorité devenait majoritaire, sous peine de déchoir dans l’opinion, elle serait obligée de couper court à la politique des vases communicants rendant immédiatement irréaliste l’abaissement général volontaire des conditions de vie, par l’afflux des demandeurs. Des barrières au déferlement de toutes les misères du monde seraient mises en place. C’est le postulat de Michel Rocard.
Alors que la modération exaspère à gauche comme à droite, c’est bien à cette modération que s’attache la notion de tolérance.
Comme a écrit Bourdieu « Il est toujours très difficile d’être cohérent jusqu’au bout. »… et tolérant donc !

16 juin 2017

L’expérience du rire.

Curieux temps, une infime minorité nantie a le droit de ne rien faire, le reste doit démontrer son utilité. Vu la pression des autres, faut-il mériter de vivre pour en avoir le droit ? Ce mérite, ce droit à la vie, passe par le devoir de travailler !
Le riche et le chômeur ont un point commun, ils ne travaillent pas (1). C’est le seul.
La conséquence est doublement dramatique. Elle introduit une morale de l’effort et elle induit que cet effort doit être utile. Le tout est de savoir à qui ? Généralement, cette utilité autorise à être citoyen et à survivre « honorablement ». Les vrais bénéficiaires de cette utilité ne s’en prévalent pas. Ils se contentent d’en profiter selon des critères qui les dispensent d’un effort personnel.
Du point de vue philosophique, voilà comme nous vivons en 2017 sous n’importe quel régime, celui-ci étant sans influence aucune sur les comportements.
Le grain de sable dans cette mécanique du cahin-caha tient dans la science de l’économie dont le seul principe est de fabriquer plus au moindre coût. Cette science nous spécialise, réduit nos capacités à ce qu’elle juge nécessaire. C’est-à-dire de savoir tout dans un très petit domaine. La seule science de l’esprit se bornerait à la science des chiffres et aux algorithmes de ce qui serait utile à l’exercice d’une profession.
Nous voilà beaux ! victime d’une spiritualité étouffée par une science matérialiste où le calculateur avare exploite sans pitié l’intelligence et le travail.
Comment contester le droit de la société à nous voler, depuis l’enseignement jusqu’au travail, notre part de liberté et d’invention ?
Même les loisirs, les temps libres, le droit de faire ce qu’on veut dans la limite du respect d’autrui sont intégrés dans la spécialisation poussée, comme les soupapes des anciennes machines à vapeur. De sorte que, la passion du sport, largement conseillée, nous éloigne de la passion de notre propre vie.
Une des dernières contestations possibles de cette phénoménologie du raccourcissement des êtres tient dans la contestation par le rire, comme il y a une contestation inconsciente par le rêve !
Le seul parti avec lequel le bel esprit peut survivre, c’est le parti d’en rire.
En y regardant de plus près, on y voit un oxymore : le sérieux du comique !
Il y est recommandé d’être à la fois le moqueur et le moqué, afin de donner au rire le rapport de soi à soi.
Rire de soi, c’est rire des autres, des systèmes de création, du Dieu de ci en contradiction avec le Dieu de ça. C’est mieux supporter le temps qui passe et remettre à leur juste place les chimpanzés que nous sommes qui pensons avoir réussi.

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Et se dire enfin que le peu que je sais, c’est à mon ignorance que je le dois, ce qui transposé à l’échelle des importants, relativise leur notoriété à quelques mictions journalières et à une défécation matinale. Voilà qui augure une des actions les plus importantes de leurs journées si chargées en rendez-vous avec l’Histoire, car elle a lieu dans les WC, lorsqu’ils cherchent machinalement le rouleau de papier toilette.
Quand on a pensé ce qui précède, le reste vient plus facilement.
Vous verrez, faites l’expérience. Vous regarderez les infos le soir d’un autre œil.
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1. Le riche, s’il travaille, c’est par plaisir et même si c’est par devoir, ce n’est jamais par nécessité.

15 juin 2017

Rien ne les arrête !

Après Publifin, c’est le samusocial bruxellois qui est un vrai repaire de planqués de la fédération bruxelloise du parti, dont la cheffe n’est autre que Laurette Onkelinx, grande placeuse familiale des demandeurs d’emploi de sa tribu !
Enfants, beaux-enfants, ex et conjoint, elle fait les « six forts chevaux » de La Fontaine à elle toute seule.
Tous partis confondus, les cadors ont dû en placer des cas familiaux intéressants, jongler avec les passe-droits et glisser sur les compétences !
Et dire que lorsqu’on les entend, Laurette Onkelinx en particulier, ils ne tarissent pas sur les difficultés de leurs mandats, le temps qu’ils y consacrent et s’il faut en croire le sac à vin fin du MR, Louis Michel lui-même, sur leurs indemnités que Gros Loulou estime dérisoires.
Puisque leur condition est si misérable, le temps passé au boulot épouvantablement long, leurs indemnités si chichement données, leur retraite aussi médiocre, les suspicions intolérables que le public leur accorde, pourquoi, oui pourquoi, s’accrochent-ils à leurs casquettes diverses, au point de se représenter jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus se mettre debout, et encore ?
Enfin, puisqu’ils se disent bons parents, et personne ne leur conteste l’amour qu’ils portent à leur progéniture, pourquoi font-ils tout pour caser leurs petites merveilles dans les allées du pouvoir, sur les traces d’eux-mêmes et dans certains cas, passer le relai aux fruits de leurs entrailles ?
C’est le vétéran Philippe Moureaux, à peine remis du maïorat perdu contre une gagneuse mandatée du MR, qui a le bon raisonnement « Je ne pensais pas que Mayeur courait après l’argent », dit-il en confidence à J.C. du journal La Meuse.
Il est naïf ou continue-t-il à prendre les gens pour des imbéciles, le retraité Moureaux ?
Mais au PS, au MR, au CDH, les « placés » courent tous après l’argent !
N’est-ce pas ce qui les fait vivre, et bien vivre, si l’on en croit le train de vie de la confrérie ?

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Les excès, viennent ensuite, quand on s’est habitué à palper trois ou quatre fois le salaire d’un ouvrier, on s’estime valoir plus, et on cherche à augmenter son petit tas de profit, par tous les moyens, même les plus honteux.
La suite, c’est encore Moureaux qui pleurniche sur l’épaule de J.C. aux anges d’en savoir davantage « C’est d’autant plus dur que les choses se sont passées dans une institution qui aide les plus démunis à qui on devrait consacrer les moyens ».
Et pas qu’un peu, le couple infernal Mayeur et Pascale Peraïta auraient palpé près de 100.000 € de jetons de présence pour des réunions qui n’auraient jamais eu lieu.
Les gens ne se méfient jamais assez des sociétés de bienfaisance, des asbl subventionnées, des Offices de Tourisme à caractère promotionnel qui sont dans les grandes villes d’efficaces pourvoyeurs d’emplois de copinage, de réunions payées bidons et de malversation comptable par embrouillaminis et négligences volontaires.
Laurette Onkelinx, Mayeur et les autres appliquent à eux-mêmes la saillie d’Alphonse Allais « Faire la charité, c’est bien. La faire faire par les autres, c’est mieux. On oblige ainsi son prochain sans se gêner soi-même ». Sauf que lorsque se sont les autres qui se substituent involontairement au devoir parental de pourvoir à l’entretien des enfants, c’est autre chose. C’est moche !
On oublie trop vite, mais la liste est longue des gens du MR, du PS ou du CDH qui au cours de ces dernières années se sont illustrés dans des moments d’égarement ou dans des indélicatesses prolongées. Si les journaux se repaissent modérément, moins abruptement que des faits divers crapuleux, de ces représentants de la Nation, la responsabilité de la presse est grande à servir de marchepieds et de publicité gratuite aux grandes pointures de ce royaume.
À ce propos, la haute bourgeoisie uccloise s’étonne de ne plus voir la belle figure d’honnête homme d’Armand De Decker enrichir les émissions de RTL et RTBF, comme il en avait pris l’habitude avant le « drame ».
Allons, messieurs des ondes et des câbles, avouez le donc… vous ne savez vous priver de ce monde là, parce que l’autre, en n’y comprenant goutte, vous effraie tellement !

14 juin 2017

Tournez manège !

La démocratie de l'entre-soi à la française, s’est vérifiée une fois encore par le remplacement d’une bonne partie de « l’élite » existante par une autre. La nouvelle, est-elle différente de l’ancienne question études et mode de penser ? Si celle qui s’en va a l’expérience de la vie parlementaire, par contre l’autre à l’expérience du privé. Est-ce si contradictoire que cela ? On pourrait écrire à ce propos que la circulation des élites politiques fait l’effet d’un chauffage central, l’ensemble circulera à nouveau, quand le courant sera rétabli.
Des chercheurs au Cevipol (Presses de Sciences Po) se sont intéressés à la période de transition actuelle. Ils ne sont pas surpris du manège d’une élite remplaçant une autre.
Selon mon habitude de transposer de la France à la Belgique toute situation politique qui mérite examen, ce phénomène existe chez nous depuis longtemps, comme en France d’ailleurs, bien avant la macronmania. Il suffit de lire les titres obtenus par nos politiques, pour se rendre à l’évidence qu’il pleut des avocats, des juristes à titre divers, des médecins et d’autres disciplines universitaires, alors que les petits diplômes et les sans diplômes du tout, soit une grosse majorité de la population, ne sont pas représentés ou fort peu.
Avec le temps, ces personnels politiques diplômés se sont rôdés à des codes de bonne tenue et de langue de bois qui réduisent au strict minimum les bévues et les « coups » de sincérité. Ce langage ne s’acquiert plus à l’usage. Il s’intègre dans les cours de droit et d’économie politique, comme allant de soi.
Voilà qui refroidit l’esprit d’égalité entre les citoyens pour l’exercice de la démocratie et conforte la méfiance de plus en plus forte du corps électoral pour ceux qui le représente « en circuit fermé ».
Les élites luttant pour le pouvoir remplissent quasiment l’espace démocratique par des pertes de temps dans de faux débats, en tous les cas qui n’intéressent en rien les citoyens. Le plus clair des informations ne provient que des rapports de conflit entre les élites, c’est-à-dire qu’ils nous concernent fort peu.
Idéalisme et soif de domination symbolisent la volonté des jeunes et des vieux, les uns de prendre la place des autres, ces derniers d’empêcher les premiers d’y parvenir. Au bout de trois ou quatre mandatures, un appel d’air s’établit par extinction naturelle et retraite des élites, aussitôt produisant un remous d’aspiration et un déferlement, malheureusement très limités, d’où nouvelles sources de conflit d’égo.

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On s’ébaubit du renouvellement « prodigieux » causé par le raz de marée du parti LREM. A-t-on bien mesuré que certains futurs députés de dimanche prochain sont des transfuges du PS, des Républicains, des Écolos et de divers centre qui ont habilement changé de casaque pour intégrer l’écurie gagnante ?
Leur seul mérite ayant valu l’absolution de leur ancienne appartenance afin d’être intégrés dans la macronmania, c’est de faire partie de l’élite diplômée de façon « convenable ».
Cette manière uniforme de représentation en démocratie, par les élites de la France et de la Belgique, pose la question de la réalité de l’exercice d’un pouvoir inspiré directement par le peuple.
La tendance n’est-elle pas identique entre les deux pays de baptiser « populisme » une aspiration populaire à une autre politique ? Devant l’inutilité de rappeler aux élites ce que le peuple souhaite, ce dernier n’a eu d’autre moyen de se faire entendre que de synthétiser ses demandes en une seule : le dégagisme !

13 juin 2017

PS Belgique : les futurs paumés.

Les élections françaises auront au moins le mérite de rappeler à nos politiciens qu'ils sont les représentants de la population et qu'ils peuvent être révoqués à chaque élection ainsi que leur parti.....
Cette réflexion d’un internaute est la première leçon qu’il conviendrait à nos édiles belges de tirer, s’ils avaient encore une once de bon sens.
Les leçons du premier tour n’auront pas porté leurs fruits chez nous, à entendre le président montois du PS national.
Sur la question « La catastrophe que le PS français vit aujourd’hui, le PS belge pourrait-il la vivre demain ? »
Le toujours sémillant Di Rupo répond « La France et la Belgique sont deux réalités différentes. Une fois que nous serons sortis des affaires, j’espère que l’on retrouvera du souffle et je suis très confiant ! ».
Cambadélis, premier secrétaire du PS français, pensait la même chose, après que le président Hollande ait décidé de ne pas se représenter.
Le PS déjà potentiellement mort après que Valls l’ait complètement vidé de sa substance sociale, aurait, selon Cambadélis, l’occasion de se refaire en organisant une primaire. Le souvenir du triomphe de la précédente requinquant l’idée que le PS n’était pas mort dans l’esprit des piliers du « socialisme à la française », donnait de faux espoirs au pauvre homme..
Les Républicains pensaient la même chose en organisant la leur.
Funestes répétitions, les deux ont tourné au fiasco.
Voilà deux ans bien faits que tous les commentateurs prédisent la mort du PS au vu des résultats à mi-parcours du quinquennat Hollande. Ils ont vu juste.
Les élections imperdables du parti Les Républicains, en hissant François Fillon à la candidature, lumineux dans le rôle de la sincérité et de la loyauté, le furent aussi !
Les socialistes belges ont affirmé, salle de la Madeleine à Bruxelles, ne pas redouter un effondrement comme en France. Les observateurs ne sont pas si catégoriques, quand on voit l’appareil archi vieilli, dans lequel aucun nouveau talent ne se profile.
Les godillots de Di Rupo ont confirmé les propos du maître de l’autre dimanche. La faute est le scrutin à deux tours non obligatoire qui élimine au droit à la parole et à la représentation, quasiment un Français sur deux !
Certains pensent que le quinquennat de Hollande est la conséquence directe de l’hécatombe, face au phénomène jupitérien de Macron.
Ces invétérés confiants dans la parole d’Élio commettent la même erreur que les apparatchiks du PS français qui n’ont pas vu, malgré les coups d’éclairage des frondeurs, qu’on ne peut pas gagner des élections par les seuls discours, tout en ignorant la situation réelle des gens et en menant une action contraire.
Le PS belge persiste et signe « …il faut faire une politique de gauche quand on est de gauche. » vérité oh ! combien essentielle, mais qui n’est admirable que par les mots, puisqu’immédiatement après, il y a les faits où l’on voit le PS se ficher de notre gueule dans les grandes largeurs et mener une politique de droite !
Les Frondeurs qui voulaient bien sans le vouloir trop, Di Rupo qui le veut aussi, mais seulement pour tenir ses électeurs au chaud, il n’y a plus a barguigner : le système économique actuel est l’ennemi, plus que jamais, de ceux qui travaillent au bas de l’échelle et même à l’échelon au-dessus. La social-démocratie a vécu. C’est le moment de revenir à un socialisme plus dur et plus ferme.
Sinon, ce n’est pas la peine de pleurer sur le sort de Cambadélis, Elisabeth Guigou, Hamon et Aurélie Filipetti, tous éliminés dès le premier tour, en attendant la charrette suivante, encore plus chargée « de victimes ».

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En Belgique, nos condamnés à disparaître se seront rassemblés une dernière fois à 600 derrière Di Rupo. Ils ne le savent pas puisqu’ils sont anesthésiés par le parti, mais leur charrette les attend dans un hangar à proximité. Elle sera bien remplie, quand le jour sera venu.
Ce n’était pas le « serment du jeu de paume » à Bruxelles dimanche dernier, mais « le serment des paumés ».

12 juin 2017

Valletta for ever !

49 journalistes de 16 pays différents ont publié une enquête qui a duré 4 mois sur un paradis fiscal bien connu de l’Union Européenne, sans que cette dernière le sanctionne. Il s’agit de Malte !
Plus de 150.000 documents confidentiels révèlent les "coulisses de ce paradis fiscal méconnu" (Mediapart).
C’est, une fois de plus, l’hypocrisie au cœur des institutions européennes qui est en cause et, par-delà, toute la crédibilité de l’UE dans sa lutte contre l’évasion fiscale, volet indispensable à une politique plus sociale à l’ensemble des pays, puisque cette fuite des capitaux empêche une action déterminée dans la lutte contre la pauvreté.
Quand on pense que c’est la maffia de ce pays qui préside jusqu’au 30 juin le bidule bruxellois ! JC Juncker n’en est pas plus ému pour autant, puisqu’il est en pays de connaissance lui qui fut avant son poste à l’Europe, le grand maître de l’organisation de l’invasion fiscale atterrissant au Luxembourg.
Mediapart nous explique comment les 430.000 Maltais privent les autres pays de 2 milliards d'euros de recettes fiscales par an, par la gestion de 53.247 sociétés immatriculées sur l’île ! Huit Maltais par société, vieillards et nouveaux nés compris, Trump est dépassé question business. Il devrait rêver d’avoir une famille pareille.
Pas gêné du tout, de grands groupes français, allemands et même belges jurent sans rire que la maison mère à Malte est au cœur de son entreprise. Bouygues y pantoufle. Depuis son QG de La Valette, haut lieu de sa stratégie, il a soumissionné pour la construction du mur entre le Mexique et les USA. Total y gère ses pipelines. BASF y expérimente sa poudre de perlimpinpin fabriquée en Allemagne. Ikea y surveille de près la pousse de ses sapins en Norvège, tandis que "Reyl et JP Morgan" y entreposent leurs lingots.
Tout ça sous l’œil attendri du parlement de Strasbourg qui, si l’on en croit les parlementaires du Front National, n’y siègent que pour assurer leur matérielle, le vrai travail se fait ailleurs dans les partis, dont certains antieuropéens.
Vu sous l’angle du gaspi et du « je m’enfoutisme », l’Europe, c’est un must pas perdu pour tout le monde.

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Malte aurait ainsi une des plus grandes flottes marchandes et de loisir au monde. Tous les capitaines d’industrie jouent à l’amiral d’opérette. C’est à qui aura son plus beau bateau, le plus gros, le plus cher. Toute la flotte de plaisance d’Europe est immatriculée à Malte, bien entendu. Ce beau pays ne considère pas un Bénéteau « Monte Carlo » de 10 millions de $ comme du luxe. Il sera taxé pour le principe comme un sardinier à la veille de rendre l’âme. Quant aux propriétaires de ces merveilles des mers, tous étrangers, Russie, Emirats, Europe, USA, battre pavillon maltais coûte à peine une caisse de cigares importée de la Havane.
Dans le cadre des festivités économiques mondiales, cela s’appelle avoir une fiscalité attractive. Quant aux charges sociales, c’est risible, les mousses et cuisiniers indous ou indonésiens vivent de peu, travaillent beaucoup et ne coûtent en charges sociales que la taxe d’une « berlingo » Citroën au Luxembourg.
Il est tellement peu répertorié qu’il arrive qu’on perde un matelot en mer sans qu’on s’en aperçoive !
L’aventure en mer et la rude vie de marin ont séduit JC Decaux, Maurice Ricci (Akka Technologies), Xavier Niel (Iliad-Free), Hubert Martigny (cofondateur d'Altran), Olivier Bertrand (groupe Bertrand) ou Stéphane Courbit (Lov Group).
Selon le Spiegel, plusieurs groupes allemands détiendraient des sociétés immatriculées à Malte, comme BMW, BASF, Deutsche Bank, Puma, Merck, Bosch ou Rheinmetall. Le géant aérien Lufthansa possède "18 filiales à Malte", selon l'hebdomadaire allemand, qui écrit que l'entreprise y a installé sa "caisse de retraite".
Quand on revient un peu en arrière, l’Europe s’était faite la défenderesse de toutes les vertus et allait détruire par de nouvelles dispositions tous les paradis fiscaux. Michel-le-vieux avant de céder son fonds de commerce à Charles Michel junior en rougeoyait du pif rien que d’y penser, aider quand même par le Gevrey-Chambertin. Les écolos affûtaient leurs lames de combat, tandis que Joëlle Milquet ne céderait son cosy-corner de direction à Benoît Lutgen que s’il promettait de finir le travail de l’Amazone.
En 2017, on voit où l’on en est : nulle part !
Et on s’étonne que le bon peuple découpe des cartons pour écrire dessus au feutre « dégage » !

11 juin 2017

Entre les bouffons et les assassins.

Si le contingent de fanatiques d’Allah est en grande partie composé de petits délinquants, de têtes brûlées, d’immatures, voire de demeurés, on y rencontre aussi des doctorants, intellectuels diplômés ou des autodidactes très pointus.
Considérant que tout ce petit monde est d’office enrôlé pour faire la guerre et, pas seulement, pour perpétrer des attentats, c’est-à-dire commettre des crimes, une question vient à l’esprit.
À quoi sert l’enseignement dans nos écoles, s’il n'est pas là pour nous garder des croyances meurtrières et des pièges d’une société gangrenée par les instincts suicidaires générés par le système économique ?
L’école aurait-elle perdu cette part aussi faible soit-elle, mais tellement importante, de l’éducation dans des principes humanistes, au seul profit des techniques des sciences appliquées ?
Est-ce qu’un manque d’ouverture à la philosophie et à l’esprit critique n’est pas le défaut d’un enseignement baignant dans une économie de marché tournée vers la réussite « sociale » ?
Loin de moi l’idée de faire de l’école le bouc émissaire de ce courant djihadiste qui fait frissonner d’horreur l’Europe et le monde. Il est plus que probable que si elle orientait davantage son enseignement sur la réflexion de l’homme dans la nature, il y aurait toujours un contingent d’irréductibles préférant la foi et l’ignorance au savoir et à la raison. Mais je crois aussi que les jeunes gens meurtriers et sanguinaires auraient été moins nombreux à emprunter les chemins de la déraison et du crime.
Comment lutter plus efficacement contre la radicalisation ? Sinon en commençant très tôt, dès la petite enfance, à montrer la société telle qu’elle est, monstrueusement égoïste et veule, mais susceptible d’être améliorée, modifiée, transformée en une société plus juste, plus vraie, plus humaine en quelque sorte, retournant en idéal l’expérience désastreuse des populations au désespoir, surtout celles discriminées par la pauvreté et l’origine allochtone.
Je ne prétends pas que le résultat serait d’emblée satisfaisant, mais il y a gros à parier que transformer l’énergie négative en une énergie prometteuse d’avenir serait le meilleur défenseur de la société, face aux déferlements des passions irraisonnées des soldats de Daech.
Les qualités cognitives des radicalisés sont liées à leur immaturité émotionnelle.

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Sans un autre projet aussi important dans leur esprit que la guerre contre les incroyants, c’est leur désir d’absolu destructeur qui l’emportera.
La critique du système n’enlève en rien la responsabilité des djihadistes dans les exactions qu’ils commettent sur des innocents. On ne voit que trop bien comme ils en jouent pour les déculpabiliser dans leur propagande.
Cette critique met le doigt sur leur propre faiblesse qui est la connaissance des enjeux de notre temps et les moyens de circonvenir le désastre du futur.
Ils inversent les rôles, ce n’est pas la démocratie qu’il faut craindre, mais leur organisation criminelle. Quand les enrôlés de Daech comprendront qu’ils se sont trompés de combat et s’ils n’ont pas franchi le pas et qu’ils ne sont pas encore des assassins, ils pourront toujours s’appliquer à changer, en commençant par reconnaître leurs erreurs.
Mais, si c’est pour dénaturer la démocratie qui est déjà si mal en point sans eux, pour y combattre la laïcité et contester le droit à l’égalité entre les femmes et les hommes, alors qu’ils aillent au diable prêcher leur connerie, jusqu’à ce qu’ils disparaissent balayés par le vent de l’Histoire.

10 juin 2017

Le samusocial vous salue bien.

Ils sont incorrigibles !
C’est au tour d’Yvan Mayeur (PS) d’avoir goûté aux pépettes du système pour des extras du genre Publifin !
Le Mr et le PS même combat !
Ce n’est pas peu dire que l’argent corrompt. Quand il est à portée, ni vu ni connu, c’est une aubaine à laquelle ces messieurs-dames ont difficile à résister, la tentation est trop forte !
Comment osent-ils tenir des discours sur l’austérité nécessaire, quand ils s’allouent des petits cachetons ? Enfin, pas dans le cas de Mayeur, puisqu’il est dans l’opposition. Mais, il s’est farci, quand même, en sus de son plantureux traitement de bourgmestre d’une grande ville, un zakouski équivalant à un bon salaire annuel d’ouvrier qualifié.
Une honte !
C’est la dégringolade de l’échafaudage de l’éthique, mis en place par un Elio qui se flatte d’être intègre. On apprend que l’avocat Marc Uyttendaele, mari de Laurette Onkelinx, a fait pression depuis son cabinet d’avocats, sur les autorités bruxelloises pour ne pas enquêter sur la comptabilité du Samusocial. Prétexte "une atteinte à la liberté d'association".
Ce serait plutôt une plainte pour pillage d’une institution charitable en bande organisée, qu’il aurait fallu faire.
Quand je pense que la raison d’être de cette asbl est de venir en aide aux plus démunis !
Et dire que je me plaignais dans le blog d’hier, du calme plat qui régnait en Belgique.
On pensait que les affaires à Charleroi, Liège et Mons allaient calmer l’ardeur au gain de ces messieurs-dames. À vrai dire, on pensait que les exemples décapants au MR et au PS qui avaient secoué le cocotier et fait choir les noix pourries, étaient de nature à freiner les appétits.
Eh bien non ! Il faut croire que rien n’arrête la cupidité des gens en place. Les importants sont insatiables… La notoriété les aveugle. La loi commune ne les concerne plus !
L’Yvan Mayeur est un pote, loge, simagrées et falbalas de Laurette Onkelinx. D’habitude quand quelqu’un flanche dans ce milieu, les autres font mine de le soutenir, mais pas trop, pour ne pas qu’on associe leur nom à des turpitudes exposées. Qu’Uyttendaele ait été dépêché au secours de Mayeur et Paraïta, c’est quand même une indication que Laurette a eu un geste… Ça puait trop pour en faire un second !
Mayeur et Paraïta (administratrice déléguée de l'asbl, présidente du CPAS de Bruxelles et cheffe de cabinet d'Yvan Mayeur) ont merdé. Les rapports des deux commissaires du gouvernement seraient accablants. Le Soir pointe "l'absence de procès-verbaux des réunions du bureau, de mails de convocation à ces bureaux et à tout le moins d'un registre de présences, et le caractère quasiment fixe des montants mensuels versés aux administrateurs, ce qui est en contradiction avec les statuts de l'asbl".

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Enfin, à part le déshonneur, toute honte bue nos élites démasquées ne risquent pas la prison, comme un voleur de bicyclettes qui vient d’écoper d’un an ferme cette semaine. La Justice, pour tout autant qu’elle soit saisie, laissera le temps à ces nouvelles brebis égarées d’organiser une belle et longue défense, le temps d’arriver à l’âge de la retraite.
Quand l’opposition et la majorité se mettent d’accord pour exiger que le bourgmestre s’en aille, c’est qu’il n’y a plus rien à faire pour sauver les meubles.
Aux dernières nouvelles, Laurette Onkelinx exige toute la lumière sur ce scandale.
C’est dire si son ami Mayeur n’est plus à sauver et qu’il est perdu pour la grande révolution sociale que Di Rupo diffusera bientôt d'après les propositions des six cents affranchis de dimanche dernier !
En dernière nouvelle, Armand De Decker pourrait envoyer une lettre de soutien au bourgmestre de Bruxelles.
Un qui est à l’affût, c’est maître Goupil Reynders. Il pourrait délaisser le maïorat d’Uccle pour briguer celui de la ville de Bruxelles, à la prochaine collecte des urnes.
Charles Michel n’en dort plus.

9 juin 2017

À lire par la fin.

Deux phénomènes tiennent la rampe en cette fin de semaine : Macron qui fait un carton et qui va vider jusqu’aux fonds de grenier des partis, et Trump, à côté de la plaque dans son aide aux mineurs de charbon. Pour ce « rapide au gain » c’est la totale méprise. Ce ne sera pas la dernière. Il doit cependant se dépêcher, l’Amérique dégringole en Bourse, la Chine passe devant. Les emplois nouveaux vont lui passer sous le nez. Trump n’a plus le flair. En devenant président, il a pour ainsi dire perdu la baraka. Et puis, si ses manières de truand plaisaient à Wall Street, son inculture déplaît à Washington et dans le monde. Un président qui tweet avec seulement trois cents mots de vocabulaire, avec Obama le contraste est trop fort.
C’est ce jeudi qu’aura lieu l’audition de l'ex-directeur du FBI James Comey au Sénat américain, où il doit s’épancher sur les interventions du président Donald Trump dans l'enquête sur la Russie. Son limogeage le mois dernier lui reste sur la patate à cet homme là ! En voilà des manières de la part de Trump qui lui devait pourtant une fière chandelle, puisque c’était Comey qui avait dézingué Hillary Clinton sur ses appels non-protégés.
En Belgique, contrecoup des stars du moment toutes deux étrangères, Charles Michel est en train de s’éteindre. Son ennemi intime caracole devant. Les Affaires étrangères le propulsent dans l’actualité aujourd’hui internationale. À moins que l’affaire Chodiev le retienne par le veston, Reynders s’est bel et bien démarqué. Ce n’est pas lui qui fera la paire avec De Decker dans une version belgo-kazakh des frères Karamazov. Charles Michel est un homme usé.
Macron et Trump font merveille, ce sont nos deux paravents derrière lesquelles les libéraux font, tant bien que mal, leurs petites affaires à Bruxelles. Le commerce ne marche pas fort. Les classes moyennes prennent toujours la pâtée. Il n’en reste plus grand-chose : fringues, chaussures, matériel Hifi et ordi sont aspirés par les grandes surfaces, elles-mêmes en train de basculer dans le vide sous les efforts des achats en ligne… La Bérézina des emplois dans ce secteur n’est pas loin.
Pourtant, les partis politiques belges ont un avant-goût de ce qui les attend, s’ils poursuivent la lèche de l’économie mondialisante et volontiers antisociale.
Comme son collègue Cambadélis, Di Rupo pourrait se retrouver bien seul boulevard de l’Empereur, dans les couloirs déserts d’une maison mère qui aurait perdu ses fils.
Les derniers pronostics de la macronmania donnent le vertige.
Les vieilles gloires du ring des LR et du PS vont disparaître. Il va y avoir en France un parlement quasiment nouveau. Les habitudes que les journalistes avaient prises en citant régulièrement sans note, les incontournables depuis dix ans, c’est fini. Il va falloir mémoriser tout un bottin de nouveaux venus. Gare aux confusions et aux quiproquos !
Une longue attente jusqu’à dimanche perturbe jusqu’aux auteurs des blogs.
D’ici là, ceux qui l’ouvrent de temps à autre peuvent la fermer un moment, mais pour des types dans mon genre, qui ne peuvent se coucher la conscience en repos, qu’après avoir travaillé sec à la survie de leurs méninges, c’est dur de ramer dans la purée de pois.
Si Bacquelaine était charitable, il goupillerait une petite proposition bien saloparde à l’encontre des petits pensionnés, ses bêtes noires, histoire de réveiller le courroux en sommeil et en attente forcée.
Mais non, l’artiste est lui aussi sur la touche, sans doute à couper ses coupons à Chaudfontaine.
Je pourrais aussi dire deux mots sur une réunion d’information de quartier du PTB à laquelle je me suis rendu par curiosité et sympathie, sans être affilié. Pour cela il faudrait que je me lance dans une controverse sur le productivisme qui transparaît dans l’œuvre de Marx et que les personnes présentes récusent avec vigueur tant la comparaison avec le productivisme de Staline pourrait préjudicier le philosophe.

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De même je n’ai pas été convaincu des explications sur le Revenu Universel d’un responsable du PTB. En réalité, il n’évoquait que l’ersatz façon Hamon, d’une vieille idée du XVIe siècle. Publié en 1516, l’Utopie de Thomas More imagine une île où chacun serait assuré des moyens de sa subsistance sans avoir à dépendre de son travail. Au Siècle des Lumières Thomas Paine et quelques auteurs de l’Encyclopédie en ont touché un mot.
Ce Revenu Universel est un brûlot dont le PTB n’a malheureusement pas idée.
À part ça, j’ai rencontré des gens biens, qui sont dans la même recherche que moi d’une autre société.

8 juin 2017

C’est pas sérieux…

Ça arrive à n’importe qui. On voudrait tant que ce qu’on souhaite survienne, qu’on finit par être de mauvaise foi, même quand on est sincère.
Quand je les vois en chouette costard se faire filmer en groupe après une réunion urgentissime qui traite de nos viandes (sujet où ils n’entendent rien), je me dis « ce n’est pas possible, ça va se voir que ce sont des tordus, des pas grand-chose qui nous les cassent en notre nom, payés par nous, bien décidés à nous emmerder le plus longtemps possible ».
Je suis sans doute de mauvaise foi, puisque cela n’a pas l’air d’inquiéter les autres, mieux, j’en vois en admiration permanente pour « le travail », l’abnégation et le sacrifice de ceux que je considère comme la pire engeance, attachés à mes arpions pour me foutre la maladie de Lyme, borréliose suprême, carne d’étrons.
Les uns sont de bonne foi, je suis de la mauvaise.
Alors, je cherche un point de convergence, puisque je suis né comme tout le monde après neuf mois de gestation, que je parle français et qu’il m’arrive de réfléchir ; car la bonne et la mauvaise foi s’enracinent l’une et l’autre dans la vision différente de l’existence.
C’est la même distanciation entre le sérieux et l’humour.
Un JC Junker qui prend ses petits camarades par l’oreille, c’est un facétieux ou Napoléon qui récompense un grognard ? C’est un geste familier aimable ou celui d’un saligaud pétri de prétentions ?
L’homme du sérieux estime qu’on ne peut pas jouer avec l’existence. Admettons !
Il choisit un parti. Les chefs de ce parti décident de nommer un premier ministre qui pose son choix sur des ministres issus des députés ou des sénateurs. Nous sommes déjà à la quatrième action de pouvoir après le notre. De fait, il est tellement délayé ce pouvoir que nous croyions nôtre, qu’il n’a plus aucune espèce d’importance dans le pot bouille de notre « démocratie ». Le citoyen est inexistant !
On dit que les gens sérieux manquent d’humour. C’est une erreur. Mais ils ne le montrent pas. Ils s’opposent seulement à la légèreté.
Toute la question est de savoir si on a de l’humour en n’étant pas léger ?
Faut-il s’empresser de rire de tout, avant que le sérieux ne nous accable ?
L’homme du sérieux est fort sensible aux agressions extérieures qui touchent à sa personne. De lui au monde entier, il n’y a qu’un pas qu’il franchit. Il est malheureux des crimes qui se perpètrent partout. Il vit dans un univers permanent de menace.

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Il faut croire que c’est l’époque qui veut ça, mais Daech tombe à point pour nous condamner au sérieux. Voilà qui convient on ne peut mieux à l’engeance qui nous dirige, tant celle-ci déteste le pas sérieux. Elle se méfie de l’humour !
Un cerveau dérangé par les pratiques religieuses se lève un matin en se disant qu’il va se farcir un mécréant. Ce n’est pas difficile, personne ne croit aussi fougueusement que lui. Il n’a que l’embarras du choix. Il sort de chez lui un marteau à la main, il tue ou blesse quelques passants avant de se faire descendre par la police dépêchée sur les lieux.
Le lendemain, l’indignation est à son comble. La une des gazettes ne parle que de ça
C’est un drame considérable. Tout le monde en convient.
Des centaines d’automobilistes tuent chaque année des milliers de gens, bien sûr, la plupart le font de manière accidentelle, mais un certain nombre se beurre copieusement à l’alcool avant de se faire un passant, d’autres, sobres ceux-là, mais avec peu d’esprit citoyen, écrasent leurs victimes sans le faire exprès, mais au lieu de donner les premiers soins et d’appeler les secours, ils fichent le camp sans demander leur reste.
Le fatras d’anecdotes de ce type est tellement considérable, le nombre de victimes tellement important que Daech, en comparaison, aurait honte du peu d’efficacité de ses imprécateurs meurtriers, de ses illuminés au couteau de cuisine.
Un crime est un crime, pourquoi un tel émoi à propos des uns et si peu d’émotion, comme une routine, le drame perpétré par les autres ?
Qu’y a-t-il de plus sérieux que le comptage du nombre de victimes ?
Le sérieux s’oppose à l’insouciance. Être sérieux, c’est vivre dans un univers désenchanté.
Probablement que le drame façon Daech convient mieux que l’autre à notre époque ?
L’homme « sérieux » est persuadé qu’à force d’attention, il parviendra à déjouer les pièges de l’existence.
Il y a bien des raisons à ne pas laisser le dernier mot au sérieux. Non qu’il faille le discréditer, mais ne convient-il pas toujours de le considérer comme une attitude essentielle, mais non définitive ?
Cioran n’a-t-il pas écrit aux noms des artistes que toute inspiration procède d’une faculté d’exagération ?
Coluche conclurait par « ce n’est parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison ».

7 juin 2017

Reynders protecteur du milieu marin !

À cause des drôles de personnalités francophones et par conséquent libérales, qui nous représentent à New-York, le public belge se désintéresse complètement des Nations Unies !
On ne prend plus la peine de finir l’article du journal, quand on apprend que c’est un tel qui nous représente. On voit tout de suite que si l’affaire est sérieuse, notre représentant officiel ne l’est pas !
C’est dommage, ainsi nous loupons quelque chose depuis, le temps qu’on nous dit que le monde est devenu un village et que même les Japonais sont nos voisins.
Ainsi, le cadre international des relations entre états nous échappe complètement.
C’est le cas du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, à New York pour assister à la Conférence des Nations unies sur les océans. Plus d'une centaine d'Etats y participent pour la mise en œuvre de l’ODD (conservation et l'exploitation durable des océans).
Pourquoi ?
Parce que Reynders, qui a usé ses fonds de culotte dans presque toutes les fonctions en qualité de ministre et d’ex président de parti, n’est plus crédible depuis longtemps. On le connaît : ronds-de-jambe et col de chemise à la mode, c’est devenu au fil du temps une caricature, bonne à tout et propre à rien. Bon ami des riches, disert en diable et placier en cravates de l’Ordre de Léopold, ce solide intime de Sarkozy est bien trop le partisan type d’un libéralisme mondialisé, pour être en capacité de représenter l’ensemble des Belges.
Le sujet d’abord, la conférence proposera des solutions au déclin de la santé des océans dû au réchauffement climatique, la surpêche et la pollution par des tonnes de détritus de plastique qui forment parfois des petites îles flottantes de nos merdes.
Notre pur esprit métaphysique a survolé les chemins de fer, pataugé dans les comptes de la Nation en qualité de ministre des finances, fait mille et une pirouettes aux Affaires étrangères, mais jamais, au grand jamais, il n’a pêché la sardine au large des Falkland, montré le moindre intérêt pour les littoraux, si ce n’est en chaise longue et crème à bronzer.
Un écolo marin flamand à la côte aurait rendu mille fois plus de service à la Belgique que lui.
C’est ça la représentativité compétente en Belgique ! En France, ils avaient un capitaine de pédalo, en Belgique nous aurons un loueur de cuistax.
Il paraît que c’est comme ça que la démocratie fonctionne ! Un notable est élu. Il devient aussitôt une clé à mollette adaptable sur tous les écrous, à fond dans toutes les techniques, expert garanti en fins diagnostics.
Ainsi, un protecteur du milieu marin est né à New-York !

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Il ne lui reste avec nos largesses, qu’à s’offrir un dériveur-cabine pour commencer, avec un moniteur agréé à nos frais, pour sortir du port d’Ostende, sans emboutir un yacht voisin.
Avant qu’on ne le voie en col roulé et casquette de marin, arborant fièrement le tatouage d’une ancre sur l’avant-bras musclé d’un officier de pont , il ralliera NY par l’aéroport Kennedy comme tout le monde.
Mais ce n’est pas tout, à la suffisance, il fallait aussi l’impudence.
Après les filets de pêche « fantômes », perdus ou abandonnés en mer par les bateaux, notre zéphyr devait s’attaquer à un problème pour lequel il est particulièrement incompétent : un nouveau programme visant à éradiquer la pauvreté !
Il est vrai que celui-ci sera abordé le vendredi 9 juin !
Ouf, notre grand homme l’aura échappé belle et nous aussi. Le 9 juin, il sera revenu dans ses pantoufles au ministère, préoccupé du week-end prochain en famille, loin des songeries d’une intendance qui ne touche qu’un milliard de personnes.
Les pauvres du monde entier le remercient profondément. S’il était resté à la conférence jusqu’au bout, les crève-la-faim n’auraient eu aucune chance !

6 juin 2017

Mic-macron.

Les Européens et particulièrement les Français et les Belges sont de gros naïfs qui croient que l’on peut se dépêtrer des scandales de la politique facilement en écartant tous les vieux schnoques confis dans le système avec des palmarès de trois, quatre ou cinq mandats, pour les remplacer par des jeunes sans expérience, nourris d’illusions et de fantasmes !
On devine les lendemains qui déchantent après l’élection triomphale dans quinze jours des macronistes majoritaires chargés de nettoyer les écuries d’Augias.
Le sage qui a prévu le coup doit déjà penser « pourvu qu’ils n’obtiennent pas la majorité absolue, ainsi ils pourront toujours associer les autres à la désillusion qui succède toujours à l’enthousiasme ».
En Belgique, c’est du kif-kif, mais en plus lourd, cette lourdeur si chère à nos cœurs qu’on croit être une vertu, mais qu’on camoufle sous des aspects de grande prudence philosophique.
Les médiocres sont au pouvoir à Bruxelles, dans l’attente que d’autres médiocres seront là après les nouvelles élections, afin de se partager le fardeau de la responsabilité.
C’est ainsi que Di Rupo croule sous les propositions, assailli par six cents idées des six cents membres du PS réunis l’autre jour dans la capitale, afin de savourer ensemble un sommet d’idées comme on n’en a plus eu au PS depuis cinq ans.
Le Ps français est plus peinard. Il sait bien que dans quinze jours on n’entendra plus parler de lui que dans la revue nécrologique. Ça lui fait une résignation comme un matelas qui évite les grandes douleurs dans les chutes libres. Il s’y prépare à l’avance. Cela ne fera jamais que la deuxième fois qu’Aurélie Filipetti et les frondeurs sortiront des clous d’abord au parti, puis ensuite en-dehors, à rôdailler autour des urnes et des électeurs, en vain. Hamon les a entraînés dans un saut en parachute, sans parachute ! Les orthodoxes autour de Valls ne valent pas mieux, ceux qui ne se sont pas attachés ou qui n’ont pu s’attacher au dernier wagon de la victoire de Macron n’auront même plus les moyens de prendre le train suivant.
Voilà qui devra faire réfléchir Elio Di Rupo, l’inusable Cambadélis, son homologue français, finira sur sa tresse en bois à user la patience des Français. Il ne restera plus à Mon-Mons de reprendre avec Laurette Onkelinx, une Maison du Peuple en difficulté, s’il en reste encore une ?
Que tout cela est triste !
Les gens ne sont pas responsables du gâchis. Ils feront comme d’habitude. Ils répartiront leurs voix « équitablement », en sucrant plus abondamment les fraises sorties des serres médianes du nouveau président de la république. C’est logique. Ils souhaiteraient tant de sortir la tête haute des traquenards d’une démocratie à la con.

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Voilà justement le hic ! L’erreur fatale n’est pas que le produit d’un Fillon aveuglé par les lois en sa faveur et répandant une abondance suspecte sur sa famille. Elle tient au vice caché de cette démocratie qui prodigue ses maléfices à la ronde et répand son mauvais esprit.
Ce n’est pas que la démocratie soit mauvaise en elle-même, c’est le produit qui évolue sous nos yeux qui est indigeste. Celui que nous contribuons en qualité d’électeurs à mettre sur le marché !
Mélenchon avait vu juste. Il faut refonder une autre république. Mettre tout le bazar à plat et joindre aux éléments encore solides de nouveaux matériaux. C’est pareil en Belgique aussi. Quand les gens aspirent à voir de nouveaux visages, c’est parce qu’inconsciemment ils souhaitent une nouvelle organisation de la vie publique.
Assez de Di Rupo, de Charles Michel et de Wever, enfin de tous ceux qui chez nous, comme de l’autre côté de la frontière sont en passe à nous rendre dingues !
Dans cette autre chose, cette nouvelle république, ces nouveaux cinq gouvernements à la belge, cette élection du nouveau Jupiter à la française et les futurs cocufiages de nos élections, une seule idée inexprimée : une démocratie de et pour les citoyens, sans carrière politique d’arrivistes, avec des moyens pour le peuple de dire « stop ou encore » aux commis à notre service. On renvoie bien le gâte-sauce des cuisines qui a raté le menu du jour, sans mettre de gant, alors que le malheureux est cent fois moins coupable que nos mirliflores insatiables !

5 juin 2017

Serrés comme des sardines.

Le plus retentissant des désastres futurs n’est ni dans la pollution, ni dans une démocratie à l’occidentale qui s’est mise au service de l’économie sans demander l’avis des électeurs, c’est celui de la démographie.
L’accroissement des populations est déraisonnable. Il y a deux manières de voir le monde se rétrécir. La première, c’est d’imaginer par le réchauffement climatique que la montée des eaux engloutira des îles entières et que des littoraux disparaîtront. La seconde, c’est de comprendre que dix milliards d’êtres humains prennent plus de place que cinq !
Les terres cultivables sont limitées et les déserts en menacent une partie.
Évidemment cumuler le réchauffement à l’augmentation de la population mondiale, c’est courir plus vite à la catastrophe.
Les Chinois ont longtemps pratiqué la politique de l’enfant unique. Ils ont augmenté ce faisant l’âge moyen de la population et compromis l’avenir dans le cadre d’une nation vieillissante. Ils en sont revenus.
Mais, il y a de la marge entre une famille à deux ou trois enfants et une autre à sept, voire, dix enfants.
Même l’Afrique, avec les calamités naturelles, les famines, les guerres est en excédent de population et la doublera d’ici la fin du siècle.
Il faut bien comprendre qu’une démographie non contrôlée, c’est d’une génération à l’autre la certitude que plus on avance dans le siècle, plus il y aura accélération des naissances. Dans certains États, comme le Brésil, les populations sont déjà hors contrôle et exponentiellement non maîtrisables.
Cette démographie débridée pose la question des grandes mouvances des populations en quête de nourriture et d’eau à devenir. Nous n’avons encore rien vu avec les guerres d’intérêts particuliers ou de religion, quant à la fuite légitime des peuples devant les guerres et plus encore poussés vers l’Europe par le désir de fuir des économies désastreuses.
Comment pourrait se défendre une population vivant sur des terres riches et avec beaucoup d’espace entre les cités, d’une population voisine mesurant l’espace au mètre carré près ?

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Dans l’histoire de l’Humanité des nations qui changent d’habitat et de contrée pullulent. Les Turcs n’étaient pas les habitants naturels de la Turquie, il y a seulement cinq siècles. L’État d’Israël est de formation récente.
Mais le mouvement des populations dont on aura à faire face d’ici la fin du siècle, n’est en rien comparable de ce que l’on a connu historiquement.
Ce sera tout à fait inédit et du jamais vu.
Nous subirons la loi des vases communicants de la même manière que le système économique mondial nous installe dans les salaires au plus petit dénominateur commun.
Si la COP 21 est une prise de conscience générale, sauf chez Trump le cinglé, des limites de la nature, rien n’a été proposé sur la régulation du nombre d’habitants de cette planète, et pour cause, cela est impossible, sans une autorité supranationale qui impose des règles strictes sur les limitations du nombre de naissance et surtout avec les moyens de faire respecter ses ordonnances par la force s’il le faut !
Dans le cas de brusques déplacements de millions de personnes, d’un coup et massivement, comment vont réagir les populations envahies ?
À juger par le fond volontiers racistes et égoïstes des populations occidentales, on imagine le carnage et le genre de guerre de défense qui s’en suivraient.
C’est curieux, tout de même, qu’on parle de tout sauf de cela ? Sinon, dans des perspectives moins catastrophiques que celles qui ont déclenché la prise de conscience des Nations sur le réchauffement climatique.
Il y a plus de cinquante ans que l’Inde a pratiqué certains contrôles des populations, portant notamment sur la stérilisation des hommes par vasectomie (un poste de radio portable offert à chaque volontaire).
On en a fait mention dans nos gazettes en son temps.
Aujourd’hui, silence "radio" !
Serait-ce qu’on aurait trouvé la martingale infaillible et que toute alarme serait sans fondement ?

4 juin 2017

Bérénice Levet.

Après Onfray en pleine déconnade, il suffit d’avoir lu le résumé des propos de Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook, qu’il a tenu à l’université Harvard lors de la remise des diplômes 2017, pour se persuader que c’est l’époque des branques et des pignoufs qui veut ça. À la manière de Trump, le champion hors catégorie, Zuckerberg s’est fait un pactole de 56 milliards de $, rien qu’en combinant les entrées et les sorties sur la Toile, ce qui ne lui confère pas un brevet d’intelligence automatique pour tout le reste. Son discours a été d’une pauvreté intellectuelle et morale rarement atteinte !
C’était celui d’un rentier pantouflard 1900 !
Zuckerberg n’a été jeune que l’espace de son invention. Heureusement que la jeunesse d’aujourd’hui est davantage à la recherche d’un idéalisme fort éloigné du matérialisme de quelqu’un qui, depuis qu’il a réussi, n’en finit pas de s’admirer, à la manière du tombeur d’Hillary.
Pour compléter le triptyque : Onfray, le philosophe exacerbé de gauche, Zuckerberg, en extase de lui-même, il fallait un(e) philosophe de droite. J’ai trouvé Bérénice Levet. Elle a le vent en poupe et ce qu’elle dit n’est pas piqué des vers. A contrario d’Onfray, elle reste froide comme un aspic. Elle, au moins, raisonne, même si son raisonnement a le don de me taper sur les nerfs. C’est une vraie philosophe !
Bérénice Levet n’est pas cette douce amante délaissée de Titus qu’a voulu Jean Racine dans sa tragédie. Elle se délecte de l’illusoire liberté, ni homme, ni femme, personne n’est vraiment libre, sans mémoire, ni tradition. C’est une amazone qui s’est fait couper le sein gauche (au lieu du droit mythologique) pour mieux décocher ses flèches.
Son dernier livre est un brûlot. La philosophe peut-elle sauver le monde ? Dans « Le Crépuscule des idoles progressistes », elle fait la nosographie du mal français, vu notre proximité, c’est aussi bien le mal belge. La dernière réunion des socialistes à Bruxelles, sur les onze propositions, Di Rupo lui donne raison. Élio de mon Mons a fait croire aux six cents militants que seule la parole socialiste pouvait faire jouir une poupée gonflable, par la seule profondeur populaire de son raisonnement. Et grâce à l’entraînement de la chauffeuse de salle, Laurette Onkelinx, ils l’ont cru !

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Le Docteur en philosophie, Bérénice Levet démonte tout cela. Elle veut refonder la France, ni plus, ni moins ! À la gauche du PS, on le pense aussi, parfois avec les mêmes arguments, mais pour d’autres fins. Et c’est là que le débat eût été intéressant entre un Onfray, s’il avait été en meilleure forme, et une femme fatale à la Lauren Bacall, comme en fabrique tous les jours Hollywood, mais qui aurait écrit une somme sur Hannah Arendt !
La dame est réactionnaire, mais elle a du cran. Au moins, elle avance à visage découvert et ne cherche à tromper personne.
Elle pond du Finkielkraut, comme la poule son œuf tous les matins. Mais, c’est plus clair, moins doigt en l’air de l’académicien et digressions à n’en plus finir. De Zemmour, elle capte ce qui exaspère les journalistes, exprès et avec malice, de Muray, elle distille le meilleur qui est aussi le plus vénéneux. Enfin de Houellebecq, elle déterre ce qui d’Alphonse à Léon Daudet a fait de ce dernier un collaborateur vichyssois.
Voilà une adversaire comme devait aimer Aristote ou… Marx !
C’est peut-être ce qui m’éloigne du militantisme de gauche : l’amour singulier pour l’esprit et la dérision là où il se trouve. On peut coucher spirituellement avec une femme de droite tout en restant de gauche.
Voilà ce que ne me pardonnerait pas « La France insoumise » si j’en étais.
« Sous prétexte de le libérer, la religion du changement, de la modernité, de la technologie, a jeté l’individu dans la jungle de la mondialisation sans règles et dans le désert du désir sans limites », dit la dame. Et c’est curieux comme à peu de choses près, on peut dire pareil à gauche !
Mais hélas ! elle aussi finit par le complotisme cher à Onfray pour désigner la déshumanisation des démocraties en art et rhétorique. La dame se retrouve en string et sans façon devant le FN de Jean-Marie. Elle Montretout (1) (la villa 1900 dont auraient hérité les Le Pen).
Elle finira seule son parcours, sans moi, qui aime à débattre quand la raison est supérieure à la foi.
Dommage… il y a dans le prénom de Bérénice quelque chose de doux et de résigné qui me le fait aimer.

Voyez-moi plus souvent, et ne me donnez rien.
Tous vos moments sont-ils dévoués à l'empire?
Ce cœur, après huit jours, n'a-t-il rien à me dire?
Qu'un mot va rassurer mes timides esprits!
Mais parliez-vous de moi quand je vous ai surpris?
Dans vos secrets discours étais-je intéressée,
Seigneur? Etais-je au moins présente à la pensée?
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1. Mauvais jeu de mots.

3 juin 2017

Imprécations contre système.

Il n’existe pas tant que cela des philosophes carrément de gauche, par principe j’entends bien, et non par intérêt politique.
Un des principaux est Michel Onfray.
Il a fait la une de trois hebdos cette semaine.
Je finis de lire l’entretien qu’il a donné à l’Obs sur la campagne présidentielle.
C’est tout à fait contraire à l’esprit même de la philosophie. En principe, la philosophie est une réflexion permanente argumentée, fondée sur un échange éventuellement contradictoire, avec un autre philosophe qui ne « sent » pas les choses et les événements de la même manière.
Onfray y est tout simplement pathétique ! On est loin de l’échange, du raisonnement cartésien. Il s’emballe dans sa rhétorique de certitudes affirmées, parfois avec violence, et qui ne sont pas si évidentes que cela, d’où un malaise persistant.
Il y désigne des personnalités : Hollande, Mélenchon, Hamon dans des termes peu élégants et surtout qui n’ont pas l’excuse d’être drôles, comme celle de Mélenchon sur François Hollande, capitaine de pédalo.
Onfray mélange les genres. Le pamphlet n’est pas de la philosophie. S’il m’arrive d’y sombrer, je ne me suis jamais reconnu philosophe, Onfray oui ! Il se prend au passage pour Chamfort et La Rochefoucauld, le premier n’était pas vraiment républicain, c’est le moins qu’on puisse dire.
Où je ne suis pas d’accord avec l’Obs, c’est quand le journaliste se moque d’Onfray à propos de la dénonciation du système. Bien sûr que nous sommes jusqu’au cou dans un système responsable de l’économie qui désavantage le travailleur, comme il a permis par les médias, l’université et les bobos de hisser au pouvoir Emmanuel Macron.
«Le capital a toujours intérêt à aider les gens de droite qui se présentent comme des hommes de gauche parce que cela dispense les syndicats de descendre dans la rue.» est très justement observé aussi.
Où ça ne colle plus, outre l’insulte facile, c’est quand Onfray voit de la conspiration jusque dans la chute de Fillon. Onfray croit au «cabinet noir» de François Hollande.
Le philosophe est comme Hugo qui faisait tourner des tables à Guernesey, croyant dialoguer avec sa fille Léopoldine. Hollande aurait donc tout manigancé pour Macron, s’arrangeant de l’élection de Hamon dans la primaire du PS pour disloquer le PS et punir Valls !

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Plus on va de l’avant dans le texte, plus on s’inquiète pour la pensée d’Onfray !
Le philosophe est en plein délire de complotisme.
Voilà qui est contraire à l’esprit même de la philosophie qui n’affirme jamais, même en démontrant, mais suggère et invite à enrichir la discussion par des arguments contradictoires
Onfray finit par affirmer que le bourrage des urnes au PS en faveur de Hamon a bien eu lieu, etc.
Toute cette mécanique vient de loin pour sacrer Macron, dans un simulacre d’élection programmé à l’avance.
Naïvement, j’avais cru Michel Onfray maître de lui, au nom de la philosophie qui l’a formé et de la tranquillité d’esprit qui doit animer tout métaphysicien.
Je suis déçu.
Espérons que cela ne soit qu’un faux pas, un moment d’égarement, une mauvaise digestion ?
Il y a déjà si peu d’intellectuels à gauche, parce que les salaires y sont médiocres, le renom peu assuré et la notoriété si difficile.
Onfray s’est débrouillé pour la notoriété et le salaire. Voilà peut-être pourquoi il a péter les plombs ?

2 juin 2017

Les nouveaux serfs.

Créer des sous-hommes pour le travail domestique et pour servir de pièces de rechange, on n’a pas encore osé en arriver là officiellement. Officieusement on y travaille : l’enseignement en élaborant des programmes afin de répondre aux demandes des entreprises, les secteurs d’activité en réduisant au minimum les initiatives au plus bas niveau (behaviorisme).
Que deviendra l’humanité, quand des milliards de personnes seront réduites à l’état de machines aux pièces interchangeables ?
Depuis que l’Homme a découvert des armes pour l’aider à tuer, il n’a cessé d’évoluer jusqu’au plan économique actuel qui n’est rien d’autre qu’une sophistication suprême d’un armement sans arme apparente et qui conduit à travailler jusqu’à la mort, ou presque, sans apparence d’agression, mais qui en est bien une cependant.
L’exemple japonais (lire les articles de presse sur le travail à Tokyo et dans les grandes villes) illustre parfaitement cet assassinat déguisé en suicide, qu’est « une carrière ».
Julian Offray de la Metterie (1709), philosophe et médecin, est un cynique qui avait deviné avant le système Parker qu’on pouvait, en étant débarrassé de la morale, considérer le corps humain comme une horloge. Un habile horloger, non seulement réparerait les rouages, mais aussi les assemblerait de façon diverse, pour les rendre aptes à des tâches spécifiques de la meilleure manière possible.
Aujourd’hui, on pourrait dire que l’homme d’un point de vue psychologique est un ordinateur. L’industrie n’a nul besoin de l’universalité potentielle qui est en chaque individu, certes de façon diverse et irrationnelle, mais qu’elle soit faible ou importante, le contrat de travail n’utilise que les circuits convenus pour des tâches déterminées, le reste, soit la plus grande partie, est obligatoirement éteint. Or, en électronique, ce qui ne fonctionne pas peut se dégrader rapidement. Le cerveau humain agit de façon identique. Il faut à l’homme une exceptionnelle résistance pour rester trente ans de sa vie sur une chaîne de montage et conserver intacte ses facultés de raisonnement et d’intelligence.
Les ingénieurs et les chefs de personnel utilisent la technique des 3 D. pour garder la main sur les travailleurs de base.
1. Affaiblissement (Debility) – pas d’initiative – pas de temps morts – pas de gestes inutiles ;
2. Terreur (Dread) – le spectre du chômage – la mise en concurrence – le favoritisme délibéré (zizanie et jalousie dans les groupes) ;
3. Dépendance (Dependency) – fantaisie des horaires – variation du nombre d’heures de travail (cumul sur quelque jours, puis mise-à-pied, chômage, inquiétude du lendemain.

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L’armée des contrôleurs du comportement passe inaperçue sous l’apparence des psy, guides et donneurs de conseil. En 2017, cela commence très tôt, dès le secondaire où des « spécialistes » évaluent les aptitudes des étudiants.
Le FOREM développe une armée de placeurs qui donne des cours sur l’art de se présenter chez un employeur ou de rédiger une demande d’emploi, avec production de CV et de références.
C’est au moment où l’adolescent a besoin de s’affirmer et d’imaginer son avenir qu’on le matraque d’une série de recommandations dans le but manifeste de l’intégrer dans un moule, sans lui demander si cela lui convient. S’il réagit de manière négative, il se place en-dehors des normes, son calvaire va commencer.
Cela conduit à la société que l’on connaît : une société robotisée, conventionnelle de laquelle émergent des hypocrites et des cyniques, adaptés parfaitement aux études poussées « valorisantes » et décalées du vaste ensemble des travailleurs, par des salaires astronomiques et disproportionnés.
Une seule devise : faire de bons citoyens, de bons athlètes, de bons ouvriers. Ils y parviennent !

1 juin 2017

Frustration.

Une des conséquences de la mondialisation aura été la généralisation des bas salaires. Miss May peut s’enorgueillir en Angleterre du taux de chômage le plus bas d’Europe. C’est à la technique "zero hour contract", littéralement "contrat zéro heure", qu’elle le doit en fabricant des travailleurs pauvres au lieu de chômeurs pauvres.
Le gros de la population européenne est entré dans l’ère de l’égalisation par le bas de tout qui procède d’une qualification ou non, pour « sauver » le patronat occidental concurrencé par le patronat extrême-oriental !
On est en train de fabriquer une génération de frustrés dont les premiers effets tombent sur les personnels politiques de la démocratie.
La philosophie entend par frustration, un acte privant quelqu’un de ce qui lui est dû.
Il est devenu insupportable que les personnels politiques vivent toujours avec les salaires et indemnités de l’ancien régime, quand leurs administrés retombent dans l’indigence du travailleur de 1900.
Si les bas salaires sont la conséquence de la mondialisation, il est logique que l’excédent de profit aille dans la poche des employeurs, dans la mesure où ils sont suffisamment gros pour ne pas être eux-mêmes rackettés par des entreprises multinationales. Il serait donc naturel que les travailleurs se défendent en renforçant les actions syndicales et adhérent à des partis défendant ou supposés défendre leurs intérêts.
Or, on assiste à la dénonciation des personnels politiques, plutôt que patronaux. On accuse les premiers d’avoir cédé aux ukases de l’économie de marché en aidant le patronat à se débarrasser de charges jugées trop lourdes en taxes diverses, mais encore en hauts salaires.
On sait ce à quoi l’état de besoin permanent des travailleurs pauvres conduit : la critique systématique du système économique exercé dans le cadre du régime démocratique, mais on ne s’attendait pas qu’ils critiquent en premier lieu, les personnels politiques qu’ils accusent d’être de connivence avec le système économique.
Ce qui est particulièrement devenu insupportable aujourd’hui de nos élus, encore plus que les indemnités jugées trop élevées, c’est l’à-côté à la fois légal et scandaleux des indemnités annexes, présences dans des conseils d’administration mixtes bien rémunérées pour pratiquement aucun travail, n’exigeant aucune formation, emplois de complaisance et renvois d’ascenseur entre membres de partis, cousinage et copinage, sens de la famille des élus, etc. Ce qui ne se pardonne plus du tout est pire encore. Ce sont les dessous de table, vol simple ou qualifié, passe-droit rémunéré, absence de scrupule, immoralité, concussions diverses, malversations et prévarications aggravées.
Bien finie l’idée que voler l’État, ce n’est pas voler, mais récupérer une partie de ce qu’il nous prélève exagérément.
Tout le passif impuni des années glorieuses n’a pas produit autant d’effets sur la population qu’une seule affaire comme celle d’Armand De Decker ou celle de la gestion des Intercommunales wallonnes.

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Le discrédit profond qui touche la classe politique est tel que pour seulement enlever un doute sur la malhonnêteté générale des personnels politiques, il faudrait que les trois quarts des parlementaires dégagent et que les nouveaux retranchent fortement de ce qu’ils perçoivent de l’État au-dessus d’un salaire moyen, pour exercer leur mission.
La population émet des doutes profonds sur la capacité des personnels politiques de faire ces « sacrifices » spontanément et sans barguigner.
Cette frustration va donc s’amplifier à l’avenir.
Qui ne voit sur quoi nous allons déboucher !
Un État fort, s’appuyant au nom de la menace terroriste, sur des polices et une armée renforcée.
Un régime politique qui bascule dans un autre à la faveur d’événements intérieurs, on a déjà connu ça par le passé.
Sauf qu’ici, on se gargarise encore d’étiquettes, de démocratie et de falbalas dans un pays d’opérette à cinq gouvernements.
On n’est pas sorti, ni de la frustration générale, ni des faux-semblants politiques.
L’avenir est à la paupérisation, les autos-pompes, les gaz lacrymogènes, la matraque électrique et l’interpellation des groupes suspects.
Sauf force de caractère et volonté d’en sortir par le haut, le peuple est mal barré…