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10 décembre 2018

Le pacha de Marrakech.

Décidément le surréalisme, inventé en Belgique en politique, n’a pas fini de mettre en scène nos agités du bocal dans leur dernière invention : faire mieux que la France en plein Gilets Jaunes, c’est-à-dire s’offrir une crise gouvernementale de diversion sur le prétexte le plus mince possible « Signature du pacte de l’ONU sur les migrations ».
Michel avec son ami De Wever a choisi Marrakech, plutôt que tendre l’oreille afin de percevoir les cris de colère et ouvrir leurs yeux à la misère de nos compatriotes les plus démunis.
Ils font entrer toute la population dans le palais des mirages de l’émir Bart, transformant l’usine à gaz de son grand vizir Michel, en musée Spitzner des horreurs, avec, boursouflée dans le formol, la face lunaire du premier « sinistre » dans un bocal à cornichons.
Tout le monde était d’accord au départ, N–VA comprise, pour signer un texte tout à fait anodin et tout à fait inutile, comme savent en pondre des institutions comme l’ONU, la seule disposition intéressante étant de faire prendre conscience aux États, de la criminalité des passeurs et des exploitants malfaisants des émigrés.
Suite au progrès du Vlaams Belang dans l’opinion flamande, voilà la N–VA qui prend peur et rejoint une opinion répandue dans la rue que ce nouveau machin de l’ONU va nous valoir des milliers de réfugiés que nous ne pourrons pas refuser. Ce qui est faux, bien entendu, ce texte de l’ONU n’étant en gros que de demander un peu de respect et de dignité humaine pour ces gens qui fuient les guerres, voire les famines organisées par le système économique.
La dernière giclée de propagande raciste devait venir de la N-VA. Elle l’est. Mais il faut attendre la réaction du Vlaams Belang dans la surenchère, pour savoir qu’entre ces deux là, c’est à celui qui criera le plus fort.
Ce qu’il faut retenir de ce micmac est la chose suivante : le gouvernement Michel va continuer comme si de rien n’était, soutenu de l’extérieur par ses amis Bart De Wever et Jean Jambon, ami personnel de Charles Michel. Le gouvernement sera minoritaire sur le papier et pourrait être renversé au parlement, oui, mais il ne le sera pas, l’opposition a peur de rebattre les cartes à six mois des élections. Ils sont trop près de l’échéance pour ajouter un ridicule supplémentaire.
Avec cette tare paquet-cadeau nous aurons un gouvernement déjà minoritaire chez les francophones qui le sera dorénavant aussi au parlement !
Curieux, cette formule est non seulement antidémocratique par un manque de représentativité des populations, mais aussi anticonstitutionnel, puisque Michel dans la nouvelle formule n’ira pas demander un vote au parlement sur son nouveau gouvernement ! Il paraît que Delpérée peut se rendormir et que ce tour de magie est parfaitement légal.
Vous me direz, l’opposition peut déposer une motion de censure la semaine prochaine au parlement. Et si la N-VA vote pour la confiance, que se passera-t-il ?
Le tout à six mois des élections, la colère des Gilets Jaunes et le racisme ordinaire qui fait des progrès, sur un fond de régression sociale, Di Rupo chez Deborsu a bafouillé quelque part qu’il soutiendrait le gouvernement sur la proposition d’aller à Marrakech !

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On pourrait avoir cette nouvelle monstruosité possible, le PS votant pour Michel se rendant à Marrakech, puis votant contre sur le budget au nom des pauvres de ce pays ; la N-VA reprenant du service pour soutenir le gouvernement sur les taxes, le budget et les infamies qui se préparent contre les travailleurs, notamment la dégressivité des allocations familiales ! Et un vote annulant l’autre, on se retrouverait à la case départ et Michel assuré d’aller jusqu’en mai 2018 !
On se dit, les politiciens sont incorrigibles. Comment voulez-vous qu’on les respecte ? Ils auraient du mal devant un jury populaire, de justifier leur haut salaire sur la qualité de leur travail.
Reste que dans six mois et même déjà avant, le pays sera ingouvernable.
Puisqu’on est dans l’extravagance, on pourrait imaginer le gouvernement Michel après les élections de mai, perdurer indéfiniment battant ainsi Leterme et son gouvernement expédiant les affaires courantes, avant d’en trouver un issu des urnes.
Un premier ministre « à vie » restant en place parce qu’on est arrivé au bout de quelque chose ! Les enfants pourront le visiter dans le zoo de la rue de la Loi et lui jeter des cacahuètes.
Et ce n’est pas drôle. C’est tout simplement navrant !

9 décembre 2018

Macron essaie un nouveau gilet !

Suite aux importantes mesures prises, 85.000 CRS, autos-blindées, gendarmerie à cheval, on ne déplore que quelques incidents et bavures policières, les casseurs ne se sont pas manifestés. Si le discours attendu de Macron en début de semaine ne convient pas aux Gilets Jaunes, ils pourront remettre ça le samedi 15, ce sera le cinquième acte (toujours 5 actes dans une tragédie). Le pouvoir a mis le paquet à Paris, ce dispositif policier n’est possible qu’une fois tous les six mois, c’étaient les fonds de tiroir, tout ce qu’on a pu trouver, rassembler et mobiliser. Le samedi 15 devrait être plus cool !
Donc, Macron a intérêt à être convainquant !
Ce serait le moment de se demander quel nom donner au régime politique actuel en usage aussi bien en France qu’en Belgique ? (Des incidents à Bruxelles ont éclaté lors de la rédaction de cette chronique)
Démocratie ? Comment appeler le quadrillage de Paris par huit mille gendarmes (10 % des effectifs pour l’ensemble du territoire), appuyés de blindés, en retenant administrativement autour de mille personnes rien qu’au pourtour des Champs Élysées, à l’heure où ces lignes sont écrites, tout en pratiquant à l’identique dans les autres grandes villes ?
Le droit à s’assembler pour contester un gouvernement étant suspendu, on peut se poser la question de la nature du Régime qui use d’une pareille mesure ?
Assiste-t-on à un putsch, à la naissance d’un régime fort devenant une dictature par glissements progressifs ou aux derniers sursauts d’un pouvoir présidentiel déjà usé seulement après dix-huit mois ?

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Sans préjuger de la place qu’auront les Gilets Jaunes dans un débat sur l’avenir de la France, s’il a jamais lieu, n’oublions pas Platon, un des premiers à définir « une » démocratie qui est assez insultante pour le peuple, puisqu’il le considère incapable de gouverner « intelligemment ».
D’abord avant tout, la question centrale qui se pose est de savoir si un système de représentation indirecte, avec un parlement qui fait ou défait des majorités, sans jamais prendre l’avis des électeurs qu’au bout de quatre ou cinq ans, et qui, les ayant prises, en tient rarement compte, peut-on appeler ce régime une démocratie, sinon l’appeler platonicienne ?
Les avis divergent. Karl Popper voit dans la démocratie une opposition à la dictature. C’est un peu court comme définition. Mais si on considère la France comme une démocratie, comment expliquer l’action de sa police sur la Champs Élysées ? Aurait-on là une démocratie « janussienne », respect du peuple d’un côté, mépris du peuple à intervalle irrégulier selon les circonstances, de l’autre ? Le contrôle institutionnel des dirigeants ne fonctionnerait plus à certains moments. Et qui déterminait ces moments, sinon le président de la république !
Richard3.com aurait plutôt tendance à accorder plus de crédit au philosophe Cornelius Castoriadis qui critique sévèrement les régimes représentatifs. En effet, quittons un moment la situation en France pour faire un parallèle avec la Belgique. Nous sommes davantage engagés dans une oligarchie, par rapport à nos voisins, en ce sens que nous n’avons plus aucun véritable pouvoir, ce dont se sont aperçus les Gilets Jaunes belges.
C’est affligeant à quoi et pour qui le gouvernement Michel travaille. Le seul remède serait une démocratie directe. Car ceux qui aspirent à prendre la suite du calamiteux Michel feront de la même politique, présentée autrement, mais aussi suspendue aux sautes d’humeur du CAC 40, des Bourses et des caprices de Donald Trump, que le prédécesseur !
Une réelle démocratie devrait être individuelle et collective, ce qui signifie une égalité politique et économique de haut en bas de la société.
Par le passé, j’ai commis un article sur l'autogestion « de la production par les producteurs » dans la revue de la Fondation Renard au temps où son initiatrice était Maryse Ockers, à la FGTB de la place Saint-Paul à Liège. Je n’avais pas lu Castoriadis, et cependant, avec toute la gauche, sauf déjà l’aile marchande du PS, on considérait que toute inégalité économique se répercute comme inégalité politique.
Ce n’est pas l’avis de Paul Ricœur, le philosophe chouchou d’Emmanuel Macron. Ricœur voit dans la société démocratique des contradictions d’intérêt, une société divisée en train de fonctionner dans l’expression de ces contradictions, qui débat en vue d’arriver à un arbitrage.
Marx fustige le droit dans la plupart des démocraties à laisser s’exprimer les égoïsmes, ce qui détermine la société à se construire en classe sociale aux intérêts contradictoires (c’est notre société actuelle). « C’est le droit de l’individu limité à lui-même. » L’application pratique, c’est le droit de propriété privée, qui va bien au-delà du droit d’être propriétaire de sa maison, car elle inclut aussi la possibilité d’être propriétaire de celles des autres. C’est ce que Marx appelle « Le droit de propriété… qui est donc le droit de jouir de sa fortune et d’en disposer à son gré, sans se soucier des autres hommes, indépendamment de la société ; c’est le droit de l’égoïsme. »
Comme Marx, Cornelius Castoriadis, Jacques Rancière, la contemporaine Fleury, je considère les démocraties représentatives « pseudo-démocratiques ». Le peuple est dépossédé du pouvoir politique effectif, détenu par une petite minorité d'individus, formée par les supposés représentants des électeurs, les experts et les courants financiers influencés par les holdings.
D'Abraham Lincoln « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », c’est vraiment le mouvement des Gilets Jaunes qui l’incarne le mieux, sauf qu’il n’est pas au gouvernement. Tout l’enjeu est de savoir s’il y sera un jour, afin d’écrire une nouvelle page d’un peuple qui aspire tant à la démocratie, qu’un jour il finira par l’obtenir.

8 décembre 2018

Roland Cayrol licteur du prince.

Roland Cayrol, politologue, auteur de « Les raisons de la colère », nous a livré involontairement dans le « C dans l’air » de ce jeudi 6 décembre 2018, les raisons d’un divorce quasiment définitif entre l’intelligentsia qu’il représente et celle, moins conventionnelle, des opposants du système.
À la question de Caroline Roux, présentatrice de l’émission, sur les dépenses somptuaires de l’État et à propos des rémunérations des personnels de haut niveau et de l’appareil de gouvernance , président de la république inclus, Roland Cayrol a eu une réponse qui prouve bien qu’il n’a rien compris. « Dans les dépenses de l’État, celles qui concernent les avantages et traitements des ministres et députés sont infimes par comparaison à celles qui tiennent de la sécurité sociale, des retraites et de l’enseignement. »
Vue sous cet angle, la comparaison est évidente. Mais s’agit-il bien de cela ? Pour quelqu’un qui a écrit un livre sur les raisons de la colère que ne s’est-il inquiété de celle-ci !
Les Français en ont marre qu’on les prenne pour des veaux de la part de ceux qui sont complètement déconnectés de la vie dure et difficile de la plupart des gens.
Et comment le pourrait-il ? Des hauts fonctionnaires aux parlementaires, aucun n’est en-dessous d’une rémunération qui équivaut à dix fois le smic ! Au moment de l’affaire Benalla, on a appris que ce modeste garde-du-corps du prince percevait 6.000 € plus un appartement de fonction ! Voilà qui le met dans une fourchette de cinq à six fois le smic, à condition de trouver un appartement dans le privé à Paris à des prix raisonnables.
Comment Cayrol, pourtant réputé de bon sens et intelligent, ne voit-il pas que, même si ces dépenses de l’État sur les salaires de ses privilégiés sont infimes, cela est encore beaucoup trop ?
Ce n’est pas tant ce qu’on leur donne qui est important, mais de la façon dont il pense être au service de l’État et de leurs concitoyens à cause de ce qu’on leur donne.
Toute la logique en est bouleversée, même Cayrol qui doit boucler son budget de la même manière, sinon mieux encore, est atteint dans son jugement à l’identique et pour les mêmes raisons.

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Mais, diront les jusqu’auboutistes du système, les sommes allouées par l’État à ses élites sont loin en-dessous de celles qu’elles pourraient gagner dans le privé. En disant cela, ils croient avoir tout dit. Sauf que si le scandale est avéré dans le domaine public, il est plus grand encore dans le domaine privé. C’est toute la société qui est en cause.
Et c’est justement là que se trouve une des raisons de l’incompréhension de Roland Cayrol et probablement de toutes les personnes sollicitées par Caroline Roux pour occuper les quatre chaises disponibles pour la discussion.
Eux aussi gagnent beaucoup trop par rapport à certaines autres professions, certaines pensions et certaines détresses et même chez certains de leurs collègues pigistes.
Notre société sombre dans l’émeute et l’anarchie rien que pour cette injustice là.
Rien ne justifie qu’un productif gagne dix fois, cent fois ce que gagne un autre productif.
L’équilibre est rompu à ce sujet. Les critères ne résistent pas à l’examen.
Même la sacro-sainte loi des mérites au diplôme est battue en brèche. Non seulement l’intelligence qui paraît être le critère de base à cette discrimination ne se réduit pas au diplôme, mais en outre, plus d'un quart des diplômés aujourd’hui ne trouvent pas un emploi relevant de ce pourquoi ils ont étudié. Des pans entiers de cette société ne sont pas ainsi rémunérés d’après leur savoir-faire, mais d’après des offres d’emplois extravagantes tenant compte des modes, des fantasmes industriels, de l’appât de l’inutile que sont les campagnes publicitaires.
C’est sur son petit îlot de satisfaction, son bon salaire et sa réputation d’hommes d‘esprit et de savoir que Cayrol estime que son semblable, son frère, à l’Élysée ou au parlement est légitimement en droit de survoler le smic, plutôt dix fois qu’une !
Cette mentalité se perçoit partout parmi les stars de la presse, les journalistes de télévision, cette intelligentsia des universités, de l’ENA, de polytechniques, toutes ces grandes écoles dont on sort comme le sorbonnard de la Renaissance en quête d’un maître, d’un mécène, d’un grand du système finalement. Sauf, que tous ne seront pas du bon côté de cette démocratie particulière qui n’a plus vraiment que le nom.
On voit bien pour défendre âprement l’Europe, la société qui s’y est agglomérée, les règles qui en sont sorties, il faut bien qu’il y ait des gens qui en soient heureux, qui perçoivent le prix du confortable et de la satisfaction. Qui ne voit que cette Europe là triche et reproduit ce dont contre quoi elle a été créée, une société dans laquelle une classe sociale est à l’aise au détriment de toutes les autres.
Au lieu de chercher une démocratie fraternelle et solidaire, par devers nous et contre notre volonté, on a créé un monstre sous couvert de démocratie et de suffrage universel.
Les Gilets Jaunes ont peu de chance de faire basculer la France et l’Europe dans quelque chose de plus équitable et humain. L’argent qui peut tout est de l’autre côté. Mais, cette chance là existe et c’est déjà formidable de le faire savoir au monde entier.
Les intellectuels qui ont la cote sous la houlette de Caroline Roux devraient quand même y réfléchir. Ils sont là aussi pour ça, non ?

7 décembre 2018

Bourdieu : Gilet Jaune ?

Après avoir été nourri dans ma jeunesse, de la pensée du sociologue Pierre Bourdieu, cela jusqu’à sa mort il y a quinze ans, Richard3.com ne pouvait pas échapper au parallèle existant de sa philosophie socio-politique et celle, si difficile à décrire, des Gilets Jaunes.
Son travail sur « la Distinction » n’est-il pas précurseur de la suffisance et de la morgue des intellectuels actuellement au pouvoir et qui considèrent que tout qui n’est pas « à niveau » est vulgaire ! Alors que le drame actuel n’est que le résultat de leur aveuglement et pour tout dire de leur bêtise. Ce qui reviendrait à penser que la sottise dont leur intelligence se pare comme d’un signe distinctif du « vulgaire » n’est en réalité que sa sublimation !
Bourdieu avait déjà conscience fin du siècle dernier de l’affadissement du modèle français dans un consumérisme à l’américaine qui allait tout transformer, y compris les prisons qui verraient se gonfler leurs effectifs.
Comment pourrait-on adhérer aujourd’hui aux supposées valeurs françaises, alors que ce ne sont que les produits d’importations d’un nouveau monde, bien avant nous en dégénérescence !
L’absence d'une morale collective et publique, déjà visible au temps de Bourdieu allait réduire à des gesticulations d’énarques le modèle français de citoyenneté.
Et de citer Tallien, dantoniste révolutionnaire, dans sa définition du citoyen « quiconque est conforme à la définition du bon citoyen, c'est-à-dire quiconque est universel », vision rejetée par les extrémistes de droite à commencer par la N-VA, le Vlaams Belang en Belgique et le Rassemblement National de Marine Le Pen en France.

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Cette idée généreuse permet d’être respecté en tant qu'homme et d'accéder à la dignité de citoyen, à la condition d’en remplir aussi les devoirs. C’est tout ce que demande les Gilets Jaunes : la reconnaissance de leur existence parce qu’ils sont de bons citoyens plus qualifiés que quiconque de contribuer à la pérennité de l’État et, s’en trouvant maltraités par ceux qui ont profité d’une aberration du suffrage universel pour les trahir, en demande réparation !.
Bourdieu fustige "l'impérialisme de l'universel" parmi "les intellectuels français à l’arrogance insupportable pour la plupart des nations étrangères", tout en privant les citoyens de l’intérieur du droit d’afficher leur singularité.
Il ne sert à rien de rejoindre la communauté scientifique mondiale de haut-vol sur les domaines relevant de la sociologie, de l’environnement et de l’écologie, si c’est pour laisser en dévastation et déshérence jusqu’en-dessous parfois du seuil de pauvreté, des millions de citoyens.
Le génie du peuple français qu’incarnent aujourd’hui les Gilets Jaunes aura été capable de saisir cela sans le secours de « l’élite » et même en-dehors d’elle qui ne peut aborder un problème sans le falsifier.
Bourdieu revient souvent sur la citoyenneté française qui ne nie pas la diversité culturelle mais commande de doter chaque citoyen de moyens concrets par esprit d’égalité, afin de partager un socle commun.
Ce qui rend Bourdieu « imbuvable » de nos jours tient dans la difficulté du sociologue d’énoncer simplement des idées complexes. Le moins que l’on puisse dire, il ne s’embarrasse pas de style, seule la rigueur et la poursuite du concept l’intéressent.
Il faut « mériter » Bourdieu pour en tirer profit.
Tout ce que l’on en peut dire en cette fin d’année qui peut valoir un profond bouleversement à caractère révolutionnaire de l’État français, Bourdieu aurait certainement porté un gilet jaune sur le rond-point le plus proche de son quartier.
C’est à l’adresse de Macron et de Philippe que Bourdieu écrivit, sans le savoir dans « Ce que parler veut dire » « Ceux qui ont opposé au droit magique de l’Ordalie, un droit rationnel fondé sur la culpabilité et la prévisibilité, oublient que le droit le plus rigoureusement rationalisé n’est jamais qu’un acte de magie sociale qui réussit. » Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, a intérêt de réussir le sien, demain samedi, aux yeux de Macron. Les Gilets Jaunes doivent gagner le leur, au nom de la France et de l’Histoire.

6 décembre 2018

Charles en désamour de Bart ?

En pleine bisbille avec la N-VA, Charles veut encore y croire. Ce n’est pas avec l’extrême droite que Charles a flirté, mais avec son ami De Wever, une vraie histoire d’amour ! Elle semble toucher à sa fin.
Déjà empêtré, comme Macron, dans les affrontements avec les Gilets Jaunes, Charles Michel s’embarrasse les pinceaux dans l’affaire du pacte de l’ONU sur les migrations, approuvée par la N-VA, qui soudain, voyant son rival le Vlaams Belang profiter de l’accord, se raidit et revient sur sa parole.
Cette politique politicienne de l’allié de cœur du MR, plonge Michel dans l’embarras.
Le libéral a eu beau avaler les couleuvres de son ami De Wever à ce gouvernement « de la dernière chance », celles-ci le font passer pour un guignol, s’il ne va pas signer le pacte.
Et pour l’heure, Jean Jambon à Theo Francken, les fers de lance N-VA de ce gouvernement n’y vont pas par quatre chemins, tandis qu’à Anvers le parti flamand fleure bon la propagande d’extrême droite dans un match au plus facho avec le Vlaams Belang.
Les vassaux du monde libéral, les journalistes comme le PS volent au secours du Grand Chauve, mais sera-ce suffisant ?
Déjà le monde du commerce et des bonnes affaires est désavoué par les Gilets Jaunes dont les revendications sociales sont en désaccord avec le business, si en plus la politique s’en mêle, on ne voit pas comment le premier ministre pourra s’en sortir.
D'après Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef dans le très libéral journal « Le Soir », une chute du gouvernement est devenue inévitable, car, explique-t-elle, « il est impossible pour un Premier ministre, qui a pourtant avalé tant de couleuvres, de coexister avec un parti diffusant une campagne à l'iconographie d'extrême droite et au contenu mensonger, sous les hourras et les bravos fraternels et assassins du Vlaams Belang».
Ces messieurs-dames de la complaisance se rebiffent ! Il paraît que cette fois, la ligne rouge a été tellement franchie, qu’il est intolérable d’imaginer qu’elle pût encore l’être. Bart et ses suppôts sont allés trop loin.
Richard3.com n’a pas eu connaissance des images « immondes » (Christian Carpentier – Sudpresse) sur le Pacte des migrants diffusées par la N-VA, mais d’après le journaliste, elles sont dignes des pires heures de notre histoire. Nous ne les verrons pas en Wallonie, cela pourrait nuire à Borsu de la Région, allié naturel de l’infâme anversois.
Charles Michel serait prêt à fermer les yeux sur tout le contentieux restant, pourvu que la N-Va veuille lui laisser prendre l’avion pour Marrakech.
Un autre libéral bon teint, Francis Van De Woestyne de la Libre parle d’une "campagne de désinformation affligeante qui reprend les images et les concepts 'anti-immigration' utilisés par les partis européens les plus extrémistes". Il est "probable que le pays s'enfonce dans une crise politique dont personne ne peut prédire le dénouement. Cette crise est inutile. Cette crise était évitable".
Bref, tous les grands supporters de la Suédoise se défilent.
Il y a mieux ! Le PS roule désormais pour le MR… Le PS fait une offre de service au MR, celle de soutenir le gouvernement en votant avec la majorité, pour signer à Marrakech !

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Est-ce que les lecteurs de « Richard3.com » se rendent compte de ce que cela implique ? Cela signifie que les revendications dites indispensables la semaine dernière par Elio Di Rupo, l’augmentation des salaires, des pension et des allocations de chômage pour un peuple dont la misère croît, se trouveraient reportées à six mois, puisque le PS sauverait le gouvernement !
Alors que des élections anticipées, dans le cadre actuel de critique de la politique libérale, pourraient changer la donne et mettraient peut-être en place un gouvernement traitant les inégalités et la pauvreté qui règnent en Belgique !
La balle est dans le camp de la N-VA, a laissé entendre mercredi le Premier ministre Charles Michel "Celui qui retire la prise est irresponsable", a-t-il ajouté sur RTL.
Le premier irresponsable est pourtant Charles Michel puisque pour atteindre à la fonction de premier ministre, il n’a pas hésité à jeter au panier ses discours enflammés avant les élections pour dire le contraire à propos de la N-VA.
Pour satisfaire son ambition, la francophonie a été sous représentée dans un gouvernement à 75 % flamand, avec les conséquences d’un contrat social remis en cause, une flamandisation de l’armée, un achat d’avions de chasse américains et un État-major majoritairement flamand, un partage des responsabilités des Francophones avec les Flamands de Bruxelles ultra minoritaires, un insoutenable bras-de-fer avec les communes francophones dans le Brabant flamand, enfin une politique qui fait du tort à la réputation d’hospitalité de ce pays.

5 décembre 2018

Pas belle, la vie ?

« Mais que ces Gilets Jaunes sont assommants avec leurs histoires de SMIG !» doivent se dire ceux de nos élus sortants ou renonçant à une deuxième casquette qui leur allait si bien.
S’ils ne se représentent pas ou ne sont pas réélus, les parlementaires ont droit à une indemnité de sortie pour assurer la transition vers un autre emploi.
– Mais comme l’électeur est gentil et prévenant pour ceux qui portent au plus haut l’esprit de la démocratie !
– Mais vous rêvez, jeune homme, l’électeur n’a rien à voir là-dedans.
– Ah ! bon…
– C’est une question interne. Les Chambre, Sénat et parlements régionaux se votent à eux-mêmes un petit pécule d’encouragement.
Enfin, voilà une catégorie de sans emploi comblée. Il était presque temps que l’on ait enfin des citoyens contents de notre système de protection.
On ne pourra pas dire que Charles Michel ait mégoté sur les indemnités accordées aux nouveaux chômeurs.
Vont-ils ou non accepter l’indemnité ? Certains, trop fiers sans doute, pourraient refuser ?
On se souvient du cas Wesphael. C’est quand même grâce à ses indemnités qu’il a pu survivre jusqu’à ce que La Meuse nous révèle qu’il était « à sec » fin 2018 et qu’il cherchait un boulot.
– N’avait-il pas déclaré dans un grand élan d’amour pour le fils de Véronique Pirotton, qu’il lui verserait ses indemnités de parlementaire ?
– Vous connaissez un parlementaire désintéressé ?
– ????

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La question est embarrassante. Même Reynders a convenu que faire député ou ministre, c’était un boulot comme un autre. Vu ce qu’on voit, en costume trois pièces avec écharpe trois couleurs, on ne crache pas sur une indemnité.
Un député-bourgmestre du PS a répondu très clairement à un journaliste trop curieux «Ce n’est pas parce qu’on me pose une question que je suis obligé d’y répondre.», au moins on est sûr que celui-là palpera l’enveloppe avec les biftons de la sueur du peuple.
Maintenant que ce n’est plus un sacerdoce, étonnez-vous que le métier de député soit dans le collimateur de ceux qui travaillent à des choses utiles, et qu’ils la trouvent plutôt mauvaise ! Puisque faire parlementaire, c’est entrer dans une corporation de travailleurs, qu’ils ne s’étonnent pas que le peuple les voie en syndicalistes de haut-vol ! Richard3.com se demande pourquoi le petit Chastel n’a pas encore monté un syndicat libéral pour sauvegarder les intérêts de cette nouvelle corporation ? Vous me direz, avec ce qu’ils gagnent, ce n’est peut-être pas le moment de se faire remarquer par de nouvelles revendications. À moins que… si on parlait des heures supplémentaires ?
Un élu, un certain « Delannois » a déclaré qu’il toucherait cette indemnité. Qu’en est-il des autres élus sortants, se dit le gazetier chargé d’informer le public de cette nouvelle tendance anti gilet jaune ?
En résumé, parlementaires et élus wallons ont droit à une indemnité de sortie pour assurer la transition vers un autre emploi. C’est ainsi que Christine Defraigne a perçu une indemnité pour sa transition de présidente du Sénat à la fonction de Première Échevine de la ville de Liège. Elle n’est pas belle la vie ? Son choix douloureux entre ce mandat et un mandat local a remplacé avantageusement une assistance par une psychologue. Son drame a été réparé par 2 mois par année d’ancienneté, avec un maximum de 24 mois (payés mensuellement, pas en une fois).
Le traitement des bourgmestres et échevins est fixé par le législateur wallon. Jusqu'au 1er juillet 2009, il était fonction d'un pourcentage de l'échelon maximal de l'échelle de traitement du secrétaire communal (devenu entre-temps directeur général) de la commune correspondante ; il est désormais défini sans référence à celui des directeurs généraux, ce qui permet dorénavant une évolution indépendante de l'un et de l'autre. C'est l'article L1123-15 du Code de la démocratie locale et de la décentralisation qui précise le montant (inchangé dans le cadre du décret de 2009) des traitements des mandataires locaux.
Les bourgmestres et échevins ont droit à un pécule de vacances et à une prime de fin d'année (CDLD, art. L1123-15).
Le Code de la démocratie locale et de la décentralisation, reprenant ce que prévoyait la nouvelle loi communale en la matière, plafonne la somme du traitement de bourgmestre ou d'échevin et des revenus découlant de l'exercice d'un mandat, d'une fonction ou d'une charge publics d'ordre politique à un montant maximum fixé à une fois et demie l'indemnité parlementaire perçue par les membres de la Chambre des Représentants et du Sénat, soit donc, en 2017, 183.519,45 euros bruts (à l'indice 1,6406 applicable à la date de publication du communiqué – 187.189,83 à l’indice actuel).
J’arrête. Je vais vous rendre malade sur les notes de frais et de représentation.
Ah ! elle est belle la démocratie… surtout pour les parlementaires et nos élites communales !

4 décembre 2018

De la violence.

La presse pousse les Gilets Jaunes et l’immense majorité des gens à répéter à chaque interview « Je réprouve la violence. Je ne suis pas violent. » etc.
Richard3.com pose la question du piège dans lequel les journalistes proches du système font tomber le public, naïf et de bonne foi, qui ne sentant pas venir la suite, s’oblige à répéter ce que les autres veulent entendre. Le pouvoir espère ainsi que la question de la violence laissera des traces dans le subconscient des téléspectateurs et que ces traces influenceront favorablement le public vis-à-vis du président Macron, qui axe ses discours contre la violence.
Chacun d’entre nous, pris à froid, est évidemment contre toute violence.
Pour avoir suivi jadis des manifestations pacifiques, puis soudain violentes, Richard3.com est bien placé pour savoir que la violence est toujours reprochée aux manifestants, même s’ils sont paisibles. Ce reproche impressionne les naïfs et les non-violents par principe, d’autres catégories pensent la même chose mais pour d’autres raisons, ce sont les pleutres, les craintifs, les respectueux de toute autorité, même despotique.
Cette violence peut tout aussi bien provenir de la police sous deux aspects, la violence individuelle et la violence par ordre. Un manifestant à terre reçoit des coups de pieds de policiers qui se défoulent (vu sur vidéo). Une provocation venant d’un ordre du ministère de l’intérieur, comme à Paris samedi dernier, limitant par des brimades et parfois par des jets de grenades lacrymogènes, la venue des Gilets Jaunes au centre ville, est une violence.
Bien entendu on parle moins des violences policières parce qu’elles ne s’attaquent qu’aux personnes et non au mobilier urbain et aux commerces de proximité. Elles sont donc moins spectaculaires et difficiles à déterminer.
Par tempérament, je me rebiffe quand on me frappe et je cherche à rendre les coups que l’on me donne. C’est un réflexe. Ce n’est pas demain que je changerai. Bien sûr, cela s’arrête là, mais je peux comprendre sans l’approuver, que des gens à bout de patience et qui s’en retourneront gérer leur 850 € par mois, soient pris de frénésie et se livrent à des déprédations.
Ce ne sont pourtant pas des voyous. Si des citoyens pensent le contraire, c’est qu’ils ne connaissent rien des exactions qui accompagnent souvent les révolutions dont celles de 1789, de 1848, qui voit la démission de Louis-Philippe et l’avènement de la 2me République et surtout celle de la Commune de Paris qui fit 35.000 morts parisiens fauchés par les chassepots des Versaillais sous le pouvoir de Thiers, qui venait de signer une paix honteuse avec les Prussiens, pour ensuite réduire dans le sang les patriotes résistants.
Que voulez-vous quand la violence s’installe d’abord au sommet de l’État, cela devient quasi un devoir de répliquer par la violence populaire.
On verra en France dans les samedis à venir, si ce sont des émeutes ou une Révolution.

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La violence est un thème majeur en philosophie politique. Physique ou symbolique, individuelle ou étatique, la violence est un concept protéiforme. On en parle dans les médias comme les chaisières de Saint-Sulpice après que la Commune eut fusillé Georges Darboy, archevêque, le 24 mai 1871 à Paris.
Sans vouloir faire l’apologie d’aucune violence (moi aussi) ne devrait-on pas imputer aux industriels, le suicide par burn-out des ouvriers et des employés parce qu’ils ne supportent plus les cadences ou la manière dont on les traite ? Et les vieux qui meurent dans des taudis de faim et de maladie, quand leur ministre s’ingénie à finasser pour encore diminuer leur retraite ? Criminel ce système qui fait l’apologie d’une réussite personnelle en piétinant des centaines de vie ! Et on viendrait demander aux gens de s’associer à des criminels et dénoncer d’autres criminels ?
Par principe, le peuple n’est pas délateur. Méfiez-vous qu’il ne prenne parti pour les casseurs malgré l’insistance des nervis de l’économie libérale !
Le principe de la violence est la volonté de soumettre quelqu’un, contre sa volonté, par le recours à la force. La violence est donc une suspension de la légalité.
Du flic qui donne un coup de pied gratuitement pour le plaisir, au jeune qui jette une pierre dans une vitrine, il y a égalité des gestes, seuls les moyens employés les distinguent. Un CRS sous le couvert de l’autorité de l’État est moralement plus coupable qu’un jeune qui casse un banc public. Ils agissent tous les deux illégalement. Le jeune ira en prison, le flic félicité.
Des philosophes condamnent la violence gratuite au nom du respect des individus, Alain, Kant, Derrida, Arendt, Sartre (avant qu’il ne devienne maoïste). À part quelques philosophes se basant sur les principes de la religion, tous accordent à l’individu le droit moral de se défendre. Certains philosophes : Marx, Engels, Nietzsche, Hegel, constatent que la violence joue un rôle important dans les sociétés et les rapports humains.
Weber prétend que la violence est nécessaire à l’exercice de l’autorité de l’Etat. « Un Etat est une communauté humaine qui revendique le monopole de l’usage légitime de la force physique sur un territoire donné. » Weber doit être le philosophe préféré de Macron.
Derrida a sans doute raison : « Tous les États-nations naissent et se fondent dans la violence. Je crois cette vérité irrécusable. Il suffit de souligner une loi de structure : le moment de fondation, le moment instituteur est antérieur à la loi ou à la légitimité qu’il instaure. Il est donc hors la loi, et violent par là-même ».
Il y a des moments où la violence est la seule façon du peuple à se protéger des puissants.

3 décembre 2018

Candidat un jour, candidat toujours !

Parfois, Richard3.com fait une chronique sur « C’est pas tous les jours dimanche ». Après l’éviction de madame Praet, c’eût été l’idéal. Emmanuelle aimait montrer ses jambes qu’elle savait belles, la remplaçante commence par les épaules, c’est toujours ça ! La médiocrité en fort progrès de Deborsu, le brouillamini de l’émission, l’impossibilité des Gilets Jaunes délégués à dire leur ressenti, le militantisme libéral par le bourgmestre socialiste de Bruxelles Philippe Close, n’auraient pas suffi à me faire abandonner l’idée, même si libérale ou socialiste, le modèle économique actuel n’est plus applicable dès aujourd’hui, c’est à cause du professeur Damien Ernst, honoré de la Médaille Blondel, que j’ai abandonné définitivement l’idée.
Si le problème de l’énergie n’avait pas été si tragique, l’idée d’Ernst de câbler les océans pour interconnecter le monde entier en électricité aurait pu être aussi drôle que l’idée d’Alphonse Allais de construire les villes à la campagne pour la qualité de l’air. Heureusement il reçoit le prix Blondel, Blondel, ça ne vous dit rien ? C’était à Paris avant la Loi Marthe Richard, la rue du fameux bordel « Aux Belles Poules », au 32 exactement, chanté par Brassens !
Alors rabattons-nous sur un deuxième sujet, tout aussi drôle, mais moins confus.
Les sociaux-démocrates avaient besoin de nouveautés pour se maintenir au top des illusionnistes de la grande soirée électorale de mai prochain.
Deux concerts sont prévus d’après le chauffeur de salle « Richard3.com », celui de l’Eurovision politique et le « Belgium Quintet Goverment ». Il reste encore des places à partir du troisième rang, tout est pris par les huiles dans les deux premiers.
Question nouveauté, c’est le Charles Aznavour du PS qui prendra sa relève en remplacement de lui-même.
Interviewé par Barnum (François De Brigode) sur « Jeudi en prime », assisté de l’écuyère Johanne Montay, toujours aussi fringante et fière cravache de la RTBF, l’artiste Elio Di Rupo a déclaré n’avoirs jamais hésité entre une tournée d’adieu et un nouveau départ à la Charles Aznavour, comme ce dernier l’avait déclaré à Anne-Elisabeth Lemoine, le vendredi avant sa mort le dimanche suivant, sur la Cinq française. Ce sera un vrai nouveau départ, puisque le président du PS a passé ce dimanche 2 décembre.
Restent quelques comédons au PS surpris par la déclaration d’intention du charmeur quasi septuagénaire. Renseignement pris, l’autre tête de gondole, Paul Magnette, aurait été mis en cale sèche par le pétulant Montois sans autre concerté que lui-même !
« Selon plusieurs sources, il s'agit d'une "sortie individuelle" qui n'a pas été discutée au bureau du parti et n'a pas reçu l'aval d'un certain nombre de personnalités du PS. » (La Presse)
Si « Richard3.com » comprend bien le communiqué mis entre guillemets, la démocratie au sein du parti socialiste s’arrête à un « certain nombre de personnalités du PS ». Voilà qui est une étrange façon de se ranger à l’avis des militants ! Quoi de plus naturel, que le plus capé d’entre eux se défasse des grands électeurs, d’autant que c’est lui qui les a nommés !

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Fouillant les consciences, d’aucuns furent surpris des règles du parti socialiste. En réalité la social-démocratie du boulevard de l’Empereur, fonctionne depuis ses débuts sur le modèle du Kominterm du père Staline. C’est une forme de communisme qui comme son nom l’indique tourne autour d’une communauté, mais au PS de très peu de personnes. C’est toute la différence avec l’autre. Elio Di Rupo serait un compromis entre Leonid Brejnev et Donald Trump, le responsable hybride par excellence, sur lequel les Gilets Jaunes devraient méditer. Sauf que Paul Magnette, se prend lui pour Kroutchev et serait prêt à frapper le bureau d’Elio, de sa chaussure.
Paul Magnette dispose d'un soutien certain au Politburo bruxellois. La Rosa Luxembourg de Lasne, Laurette Onkelinx, souhaite que Popol prenne le leadership des élections de 2019. Après les communales, Magnette incarne plus que jamais le « renouveau » du parti.
Laurette est en froid avec Elio qui la promène depuis vingt ans sur l’illusion qu’elle pourrait être l’attraction féminine et le remplacer à la direction du Cirque !
Armure fendue, Elio traîne toujours cette mesure en matière du chômage, quand il jouait les premiers ténors à la Scala de la rue de la Loi.
"Avec toute l'estime qu'on lui doit, on est plusieurs à prôner un devoir d'inventaire", a affirmé une ombre mal identifiée dans un couloir de la maison mère.
Le chef avait précisé à Jehanne Montay "Je suis président du parti socialiste. Mon objectif est de faire en sorte que le gouvernement MR-N-VA ne poursuive pas la destruction de la qualité de vie des citoyens et, donc, je me présenterai comme tête de liste aux élections législatives du parlement fédéral (...). Si je vais au parlement fédéral, c'est parce que c'est l'endroit où l'on protège les soins de santé, les pensions, la sécurité sociale" et où Elio espère être à nouveau se servir du tremplin magique pour un saut jusqu’à la rue de la Loi !
« Le PS n'entend pas faire l'appoint à un gouvernement minoritaire. Je ne demande rien. Mais, me demander à moi, de soutenir un gouvernement qui mène cette politique contre les citoyens, cette politique qui déchire la société belge... Non, ça certainement pas ».
On a compris, Elio Di Rupo ne demande rien. Il a changé. Dorénavant, il prend !
Pourvu qu’il ne prenne pas tout, espèrent les autres bénéficiaires naturels du parti. À la fédération liégeoise, nul écho, l’ambition socialiste y roucoule avec Christine Defraigne pour le service des Liégeois, loin des Gilets Jaunes et des mufleries du Borinage. Pour l'intime, le bourgmestre Demeyer se contente de la succession affective de Guy Mathot. Nourri dans le sérail, il en connaît les détours.

2 décembre 2018

La réponse est lacrymogène.

La réponse aux revendications légitimes du peuple par le gouvernement Macron est lacrymogène ! (Richard3.com « Le peuple contre les élites ») Situation tout aussi tendue en Belgique, le Premier sinistre n’a pas répondu aux questions précises que lui posait Raoul Hedebouw (1) à la Chambre, sinon que Charles s’est réfugié dans des lieux communs histoire de remplir la minute et demie qu’il a prise pour meubler sa réplique.
C’est une affaire entendue, Michel fils est résolu à étouffer la révolte citoyenne qui monte de la base de la Nation par la même technique qu’en France.
Sauf qu’à Paris, la tension est encore montée d’un cran. On peut parler d’émeute. Si Macron poursuit sur sa lancée, samedi prochain, cela risque de tourner à la guerre civile.
Ce samedi matin, 3000 CRS sur les Champs Élysées et environs avec barrages filtrant des candidats à la manifestation qui, dès lors, ont préféré aller manifester ailleurs. Malgré tout, quelques milliers de personnes ont voulu user de leur droit de se rassembler à proximité du Pouvoir suprême, ce qui va permettre aux journaux complaisants et aux autorités de police d’annoncer que « le mouvement des Gilets jaunes s’essouffle » et les télés de publier une photo qui restera, celle des Gilets Jaunes sous l’Arc de Triomphe chantant la Marseillaise devant la tombe du Soldat Inconnu. Ce sera sans doute le plus bel hommage que celui-ci aura jamais reçu !
Pour annoncer la couleur et casser la réunion pacifique, il a été commandé par le Haut Lieu des tirs de grenades lacrymogènes à tir tendu, c’est-à-dire en visant les manifestants faisant une arme directe du projectile sur des Gilets Jaunes désarmés. Un journaliste de France 3 a été touché au menton. Et cela dès 8 heures du matin, alors que le rassemblement avait encore cet air bon enfant des journées de lutte.
On ne parle plus de la hausse des carburants, ce qui se révèle aujourd’hui, c’est la détresse d’une population qui se transforme en colère contre des dirigeants qui ne prennent pas en compte le degré de misère dans lequel des pans entiers de la société glissent, depuis la crise de 2008/9, mais qui débuta bien avant.
Une nouvelle catégorie du peuple, celle des contribuables qui jusqu’alors faisaient face à leurs dépenses, tombe dans la pauvreté : les centriste de l’artisanat et des petits commerces. La société se fissure par son milieu et se coupe en deux devant nos yeux !

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Les prélèvements impôts et taxes arrivent à un sommet : France-Belgique même appétit des happe-chairs qui nous gouvernent vident nos poches avec ardeur. 45,3% du PIB en 2017 pour la France et pas loin derrière, la Belgique deuxième, dans ce brigandage des élites d’Europe !
Les économistes payés pour nous anesthésier vous diront graphiques à l’appui que la situation n’est pas si mauvaise que cela, encore que la plupart ne savent pas ce que c’est de vivre avec 800 € par mois. Ce que l’on vous cache, c’est la part de votre revenu fixée par les dépenses contraintes ou pré-engagées, le loyer, le remboursement de crédit, de l'électricité, du gaz, de l'abonnement au téléphone, à la télévision, à internet, etc. Entre 1959 et 2009, ces dépenses fixes ont plus que doublé ! Elles font à elle seules près de 30% du revenu disponible brut des ménages. Nous avons de moins en moins de marges de manœuvre et des hausses de prix dans un domaine peuvent nous conduire à restreindre d'autres postes. Ce n’est pas qu’une impression, mais quand toutes ces dépenses obligatoires ont été faites, ajouter à cela la nécessité de se nourrir, de se vêtir et de se chauffer, il ne reste plus rien du budget !
Les Gilets Jaunes montrent le désarroi de tout un peuple qui réfléchit sur ce monde livré à l’économie libérale sans frein et sans contrainte.
Lorsque nous sommes entrés vers les années 1950 dans la société de consommation, le monde comptait 2,6 milliards d'êtres humains. Nous étions dans la minorité qui pouvait bénéficier du progrès matériel et technique. Aujourd'hui, à 7,6 milliards, des nouveaux consommateurs arrivent sur le marché mondial en Asie et en Afrique. Ils ne voient pas pourquoi ils n'auraient pas accès, eux aussi, aux progrès.
Malheureusement pour eux et pour nous, le système économique n’est pas adaptable à bientôt 8 voire 9 milliards d’Hommes aux alentours de 2050.
Il faut à tout prix lui substituer un Régime socialiste de répartition équitable des biens produits et quitte à faire hurler les vieux conservateurs, les fortunes et les gros salaires doivent dégorger leur trop plein pour soulager la misère du ras des paquerettes.
Comme ce système a les moyens en police et de chauds partisans pour le défendre, sa fin pourrait bien finir dans une guerre d’appropriation mondiale.
Quid de nous, des Gilets Jaunes et de nos rêves d’égalité et de fraternité ?
Voilà pourquoi nous devrions anticiper avec les Gilets Jaunes, le peuple et la souffrance de ceux d’entre nous qui n’y arrivent plus, en commençant par nous défaire de la clique de professionnels de la politique, défenseurs d’une société bourgeoise qui se pensent toujours des chevaliers en train de repousser des croquants.
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1. Félicitation pour cette prise de paroles du député du PTB dans les deux langues nationales.

1 décembre 2018

Le Peuple contre les élites !

Tout reste confus, et pour cause, les Gilets Jaunes sont en opposition totale avec cette société, au point que les porte-paroles de cette vague de fond populaire ne sont pas représentatifs, comme « Richard3.com » le constate.
La Belgique n’est pas en reste à la France, même si les Gilets Jaunes d’ici sont moins nombreux et comme dans l’attente des événements de samedi aux Champs Élysées, ils viennent, pourtant, ce vendredi, improviser un prélude avec fracas à Bruxelles.
À quelques dixièmes de points près, par rapport à la France, nous sommes le deuxième pays le plus taxé de l’Union Européenne, notre grande voisine ayant le pompon.
Cela signifie quelque chose, par exemple que cela va aussi mal dans le royaume qu’en république. Encore que la comparaison avec les autres pays de l’UE est difficile par rapport à certains aspects de la sécurité sociale, disparate d’un pays à l’autre et que l’UE ne s’est jamais préoccupée d’uniformiser en tirant les pays à la traîne vers le haut.
La solution idéale en Belgique pour sortir de la crise est impensable dans l’économie actuelle. Elle consisterait à remettre tout à plat et à dépouiller de leurs surplus les plus riches, de refaire l’échelle des salaires afin de respecter le travailleur de base et de réévaluer à un échelon plus modeste les prétentions de certaines professions libérales, de revoir le fonctionnement de l’État, ses cinq gouvernements et sa pléthore de hauts fonctionnaires. Bref, une nouvelle démocratie !... On n’est pas en 17 et la momie de Lénine est toujours au Kremlin, pourtant seule une réorganisation socialiste serait disposée à entreprendre de telles réformes. Que les bourgeois se rassurent et quittent les toilettes le rouleau à la main, ce n’est pas pour demain.
Avec le genre d’économie que nous avons et le genre de représentants sociaux-démocrates en échec permanent, les gens sont sans illusion.
Nous ne prendrons pas le gratin grimpé au cocotier par le fond de la culotte, pour le faire redescendre !

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La nomenklatura politique dépense gaillardement l’argent de la collectivité pour l’entretien d’un système dispendieux, inutile et foisonnant de créatures surpayées, complètement détachées de ce qui devrait être une obsession : la misère qui gagne des couches jusque là épargnées de la population et qu’il faut immédiatement prendre en compte.
Serait utile une nouvelle forme de démocratie qui pourvoirait les postes clés d’individus vivant comme le peuple.
Nous n’avons jamais vraiment calculé ce que nous coûtent nos cinq gouvernements et nos échelons provinciaux et communaux. Les prochaines élections verront la N-VA proposer des mesures qui nécessiteront des ajouts à cette usine à gaz.
Une des preuves que ce pays sombre dans la démagogie droitière de la classe prépondérante, le pouvoir actuel est sur le point d’augmenter ses personnels de police.
Est-ce normal qu’une population passant de 9 millions d’habitants à plus de 11 ait besoin de doubler ses effectifs de police, sur moins d’un demi-siècle ?
N’est-ce pas un signe que ce Régime n’est plus assuré de vivre en paix, sans une force de police plus grande ? Non pas que la délinquance soit en augmentation par on ne sait quel changement dans les mœurs des habitants, mais parce que les contraintes en taxes et impôts obligent les responsables à augmenter les effectifs, afin de maintenir un semblant d’ordre !
Voilà pourquoi en Belgique, comme en France, avec ou sans gilets jaunes, nul ne pourrait dire ce que l’avenir réserve aux gens.
Comme on n’a jamais vu un politique revenir sur son mandat et dire qu’il s’est trompé, on peut sans risque d’erreur, voir dans l’avenir un danger d’affrontement entre des forces aussi antagonistes que sont devenus l’État et le Peuple.
Ce sera le prétexte pour la bourgeoise libérale qui tire les ficelles, de passer d’un semblant de démocratie à un pouvoir dictatorial.
Vous savez, c’est facile quand on détient le pouvoir de provoquer des Gilets Jaunes et d’en faire des émeutiers, c’est-à-dire des délinquants. Orwell et Huxley ont écrit des fictions là-dessus, qui pourraient devenir des réalités. Certains organes de presse ne seraient pas contre.