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30 septembre 2004

Une affaire de croyance.

- T’es pour John Kerry ou t’es pour le fou ?
- Le fou ? Quel fou ?
- Bush.
- Tu vois, poser la question comme tu fais, c’est presque y répondre.
- Alors, t’es pour Bush ?
- Pour lui ou pour l’autre, qu’est-ce que ça change ? Quand tu vois comme on a tenu compte des électeurs dans le décompte des voix, déjà qu’il n’aurait pas dû être élu, Bush… en plus, nous ne sommes pas Américains.
- D’accord. Mais, d’une façon ou d’une autre, le loustic qui sera à la maison Blanche pourrait te faire manger des ronds de chapeau. Alors, si t’es pas intéressé !
- De toute manière, c’est fait. Les Tours ont donné l’occasion au résident actuel d’entrer en Afghanistan et en Irak. Tu vois le résultat ?
- Oui. Et alors ?
- Que ce soit Kerry ou Bush, le suivant est coincé. Personne ne peut revenir en arrière.
- Tu crois ? C’est vrai qu’en Afghanistan… Les milices privées tiennent le haut du pavé. Les partisans de Ben Laden font la loi dans les villages… les montagnes grouillent d’Intégristes.
- En Irak, c’est le bordel. Les Amerloques partis, le lendemain c’est la prise du pouvoir des ayatollahs.

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- Y a pas de solutions…
- Y a plus qu’à s’en foutre…
- …qu’à attendre de voir la loi islamique tomber comme un couvercle sur les populations.
- Tchadoriser l’humanité entière.
- Jésus remplacé par Allah…
- De toutes façons, l’un et l’autre, c’est que des conneries…
- Tais-toi, malheureux. Faut causer de ces choses-là avec respect… Sinon…
- Ouais. Ils sont vachement rancuniers les fous de dieu !
- Ça tue pour un oui, pour un non.
- La gâchette est légère… égorgent pas que les moutons, ces tantes…
- C’est fanatiques et compagnie…
- Y aurait peut-être une solution pour l’Irak.
- Tu m’étonnes.
- Sans kalachnikov, ni pogroms...
- Dis toujours.

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- Puisque les excités du burnous à Bagdad sont passés maîtres en enlèvements et séquestrations de toute nature, les troufions de Bush au lieu de tirailler sur des passants innocents, devraient encourager mine de rien le penchant naturel des autochtones à retenir des gens contre leur gré.
- T’es aussi fou que Bush, ou quoi ?
- …ainsi quand la moitié des Irakiens aura capturé l’autre moitié, l’Amerloque n’aura plus qu’à partir sur le bout de ses chaussettes. Ils seront tellement occupés à se taper la gueule entre eux, et à démêler qui séquestre qui, des Chiites, des Sunnites, des Kurdes et des derniers partisans de Saddam, qu’ils nous foutront la paix un bon bout de temps.
- La responsabilité américaine n’en sera pas moins grande.
- D’accord. Mais puisqu’on ne sait plus faire autrement !
- Tout ce foin pour Dieu !
- Merde !... Et s’il n’existait pas ?
- La question !... T’es pas convaincu après toutes ces conneries ?
- Si, mais je me dis que s’il existe, c’est un beau salaud et s’il existe pas, il doit bien se marrer.
- Là je te suis plus…
- C’est rien. Je me comprends.
- Bien, t’es le seul. Tu vois, c’est avec des arguments comme ça que Bush va gagner les élections. Ils sont ainsi les Américains et les Intégristes de ben Laden, ils croient en Dieu, depuis… qu’on sait qu’il existe pas… en tout cas pas pour les salauds qui s’en revendiquent pour dévaster des écoles et tuer des enfants.

29 septembre 2004

Aux grands hommes, les fauchés reconnaissants.

Les commissaires européens, dont Louis Michel, ont remis leur déclaration de patrimoine.
Mieux que du blabla, des chiffres… pour une fois, c’est pas con les problèmes de robinet.

Enoncé :
Attendu qu’un petit professeur d’anglais gagne dans un lycée de Jodoigne une moyenne de 1600 euros par mois pendant 35 ans, qu’il a des frais, costards, voiture et tout, avec femme et enfants, dont Charles qui fait des études d’avocat, une grosse moto et une maison à rembourser en 20 ans, sachant qu’il est très économe, à combien se monterait son bas de laine à la retraite ?

Réponse :
Ma tante qui vendait son corps et a gagné le double de Louis enseignant, en 35 ans de grand écart d’une vie pendant laquelle elle a reprisé ses pentys et fait des extras chez des ministres, ce sont les entrepreneurs des pompes funèbres et la maison de repos « Les filles de Marie-Madeleine » qui ont fini son bas de laine, ne laissant rien à son neveu que dix sacs poubelles d’emballages vides de préservatif. (Oui, elle les gardait pour le contrôle fiscal). Je veux bien que sur le tard, elle avait baissé ses tarifs, c’est en principe ce que laisse après une longue vie de labeur les honnêtes travailleurs ! Et il ne pourrait pas en être autrement, l’Etat a toujours été à l’affût d’une tête qui dépasserait de la cohorte des contribuables, question de faire rentrer les dons à la Patrie.
Or Loulou, sur ces grands chevaux, petit fils d’ouvrier, fils d’ouvrier, ouvrier lui-même, comme il nous la fait régulièrement en période électorale, n’est plus pion à Jodoigne. Son altruisme militant l’a porté dans un premier temps a essuyé les colères et les tables de Jean Gol, avant de déployer ses ailes et finir fort à l’applaudimètre au top 50 des dévoués inaltérables du libéralisme social.
Sachant que sa carrière n’est pas finie, qu’il vient même de remporter la cagnotte de Commissaire européen grâce à son ami Elio et que cette dite cagnotte est parmi les plus alléchantes du marché de l’altruisme professionnel, entre la fin de sa carrière – brillante – mais modeste et non complète dans les Etablissements de l’enseignement moyen, et la fin de son sacerdoce politique au service des bas bleus et de la petite entreprise, ce héros a déposé devant l’Assemblée européenne le fruit de sa modeste carrière de parlementaire.
Bien entendu, nous qui faisons pour le moindre rat mort des yeux comme des soucoupes, nous sommes éblouis. Il paraît que notre ex-professeur est parmi les plus modestes saltimbanques qui vont avoir le plaisir au rond-point Schuman de nous faire rire pendant 5 ans.
On peut dire que le parlementaire a eu bien raison en se dépouillant de la défroque de Topaze.
En effet, au début d’une carrière qui ne pourra que grossir et embellir le magot, Loulou, depuis qu’il n’est plus enseignant a amassé une somme qui est évaluée à 99.000 euros, soit environ quatre millions anciens, mais le pognon n’intéresse pas cet homme prudent. Il a investi dans la brique, alors qu’il conseillait à tout le monde de risquer ses économies pour faire marcher le commerce. Il a été brillant. Un appartement et un garage à Knokke, on sait ce que ça coûte dans ce bled pourri de fric, un kot d’étudiant à Bruxelles, le plus petit va chercher dans

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les 25.000 euros de nos jours, une maison de vacances à Montmeyan dans le Var, estimation à vrai dire difficile, est-ce un château du XVIII ou une villa avec piscine et court de tennis, mystère ? Je laisse vos imaginations gambader, là-dessus, le reste du patrimoine, fait partie de l’héritage familial, ce qui tendrait à démontrer que l’ouvrier maçon des débuts familiaux, n’a pas mis trop souvent Loulou au pain noir.
A côté des autres dévoués, Michel est un gagne petit, un besogneux, mais par rapport à la fonction de prof, tout de même, qu’on ne vienne pas nous dire que ce n’est pas le filon idéal !
Quant aux salaires que ces messieurs dames vont toucher à l’Europe, je n’ai pas le courage de l’écrire, attendu que mes lecteurs sont souvent dans le rouge sur leur compte en banque et que cette révélation pourrait les bouleverser. Si des audacieux veulent tenter l’arrêt cardiaque, qu’ils se reportent sur Internet aux chiffres établis par la Commission européenne.
C’était clair pour moi depuis longtemps, ces gens ne font pas de la politique parce qu’ils nous aiment, mais parce que cela les valorise sur deux plans : le pouvoir qui les grise et leur compte en banque qui les snobe. Ils n’ont pas trouvé mieux pour piquer notre pognon en douceur et profondeur, comme chante encore Adamo..
Mais, sachant cela, ce qui m’emmerde le plus dans leur comportement, c’est la façon avec laquelle ils nous la pètent haut et comme sur les moquettes épaisses comme des gazons anglais non tondus depuis quinze jours, ils glissent sur leurs chaussettes de soie dans des endroits sacrés où vous n’aurez droit d’y aller traîner vos grolles qu’en service à distribuer les coupes de champagne ou beugler d’un ton cérémonieux, Madame est servie.
Alors qui c’est-y qui a le plus droit au respect, nous ou ces faux derches ?

28 septembre 2004

L’Idiot de la famille.

Il y a des destins singuliers.
L’ouvrage « L’idiot de la famille » de Jean-Paul Sartre.
Trois volumes édités en 1971 et 1972 et qui retracent, la vie et l’œuvre de Gustave Flaubert (1821-1880). Singulier parce que ce travail n’est plus réédité aujourd’hui, bien qu’il soit dans la littérature l’aventure unique d’un écrivain qui s’attache à un autre. Flaubert « reconstitué » dans sa psyché aurait survécu par delà la mort dans l’esprit d’un philosophe du XXme siècle !
Notre époque a oublié Sartre, ce que fut, son engagement politique, et son implication dans la vie sociale française et européenne jusqu’au début des années 70..
C’est dommage.
Cet intellectuel avait rejoint les luttes ouvrières de la Gauche prolétarienne et dirigé « La Cause du Peuple ». C’est bon de le rappeler en 2004, alors que la plupart des Belges vivent écrasés par le système capitaliste, sans le relais d’une philosophie secourable d’humanistes proches des travailleurs et capables de rendre l’espoir.
« L’Idiot de la famille » est le prolongement de « Question de méthode » paru en 1957 où Sartre lie marxisme et existentialisme. C’est du développement de sa méthode « progressive-régressive » que naîtra le projet sur Flaubert.
Le livre dont la lecture est aléatoire par le public en 2004 vu sa rareté et son prix, Sartre va le réécrire trois fois. Il mettra une dizaine d’années pour l’achever.
C’est un des drames de l’inculture actuelle que d’oublier cet ouvrage. Flaubert est le créateur du roman moderne. Ce n’est pas rien.
Ces 2801 pages d’un texte dense, truffé de citations et de termes peu usités dans la littérature courante sont affaire de spécialistes. Il est nécessaire d’avoir au préalable une bonne connaissance de l’œuvre de Flaubert, y compris les textes de jeunesse, sous peine d’être largué à leur lecture. Il avait été question de rendre « L’Idiot de la famille » accessible à tous en le ramenant à trois ou quatre cents pages en l’allégeant des termes spécifiques de philosophie et de psychanalyse. Hélas ! comme tout ce qui concourt à tirer le lecteur vers le haut, cette vulgarisation restera lettre morte.
Il n’empêche que le texte intégral est fondamental à la connaissance d’un homme inclus dans la petite bourgeoisie de province du XIXme siècle et, devenant créateur, s’en détachant pour la juger de l’intérieur, après en avoir décrit la minutieuse phénoménologie.
Cela incite à la relecture de la Correspondance, de Madame Bovary, de Bouvard et Pécuchet, de l’Education sentimentale, de la Tentation de Saint-Antoine, autant de chefs-d’œuvre…

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Quelqu’un qui a écrit « Tous les drapeaux ont été tellement souillés de sang et de merde qu’il est temps de ne plus en avoir du tout » juste après la défaire de Sedan ; « Nous sommes des ouvriers de luxe. Or, personne n’est assez riche pour nous payer. Quand on veut gagner de l’argent avec sa plume, il faut faire du journalisme, du feuilleton ou du théâtre… au fond je trouve cela bien, car je ne vois pas le rapport qu’il y a entre une pièce de cinq francs et une idée… », après que son roman « Madame Bovary » ne lui eût rapporté que des ennuis judiciaires et… 300 f ; et enfin dans une lettre à Louise Colet : « Les oiseaux en cage me font tout autant de pitié que les peuples en esclavage. De toute la politique, il n’y a qu’une chose que je comprenne, c’est l’émeute.», méritait bien qu’à la génération suivante naisse un autre génie pour nous rappeler à lui..
Flaubert et Sartre ne sont pas exempts de défauts. Pour le premier, ils apparaissent à la lecture du livre du second. Quant à Sartre les attiédis de la gauche attentiste ont dénoncé son parcours politique comme une suite d’erreurs. Certes, ce parcours est critiquable, mais, Sartre était un homme debout qui ne s’est jamais couché pour des faveurs, comme son refus du Prix Nobel, ce que nos assoiffés d’honneur ne peuvent pas comprendre.
« La société pardonne plus volontiers une mauvaise action qu’une mauvaise parole. »
Voilà pourquoi il faut lire « L’idiot de la famille », malgré tout. Nos mirliflores de la culture ne vous le pardonneront pas, comme on n’a pas pardonné à Sartre son analyse des Temps modernes.
C’est un peu une provocation à l’intention de ceux qui nous emmerdent de leur faux savoir, de leurs manières moralisatrices et de l’enseignement devenu totalitaire des « sciences exactes ». Selon ces cuistres, l’esprit souffle mieux sur les logarithmes et les équations que sur les affabulations de l’esprit, comme si leurs bouffonnes priorités dispensaient du reste !
Moralité, à peine nos universitaires savent encore lire et écrire !
Jeunes gens, révoltez-vous ! Lisez Sartre et vous relirez Flaubert.

27 septembre 2004

Blair, Di Rupo… jumeaux à l’identique.

Même âge, même stature éminente, même omnipotence dans les coulisses de leur parti, l’un chez les Travaillistes, l’autre au PS, Tony Blair et Elio Di Rupo ont beaucoup de points communs. La Manche les sépare, mais à quelques nuances près sur l’Europe, voilà deux gaillards qui ont fait du réformisme, une obligation incontournable du socialisme.
S’ils ont pris des positions contraires en Irak, ils sont tous les deux persuadés que les démocraties sont en guerre contre le terrorisme. Cela ne gêne ni l’un ni l’autre la façon dont les Occidentaux font un recrutement involontaire pour Ben Laden, à cause de la tournure qu’ont prise les événements. Blair maintient un contingent britannique en Irak. Di Rupo soutient le projet de former des policiers irakiens en Belgique.
Le fiasco des Travaillistes aux élections européennes ne correspond pas au triomphe du PS, mais en réalité, à cause d’une politique centriste, en Angleterre comme en Belgique, les Libéraux concurrencés sur leur propre terrain s’en trouvent affaibli.
En juillet, Tony Blair se lançait dans la réforme des Services Publics grâce à la fascination que Blair a toujours exercée sur le Labour. Il sortait un plan de 5 ans qui jusqu’à présent n’a pas rencontré d’écueil. Tout le monde sait en Wallonie que le PS a mis la FGTB dans sa poche, comme on l’a si bien vu lors des discours du Premier Mai à Liège.
Di Rupo ne s’oppose pas au détricotage des chemins de fer, de la Poste et au dégraissage des administrations grâce aux progrès de la bureautique. Il s’est même tiré du mauvais mariage de la Sabena avec la Swissair dont il a été un partisan actif, en se démarquant adroitement de cette catastrophe industrielle.

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Les objectifs sont communs dans les secteurs clés de l’économie. Pour le chômage, Tony Blair marque des points par rapport à la politique de Di Rupo qui s’avère plutôt attentiste, dans l’espoir que Marie Arena tire un as de son chapeau..
Tous deux souples et rusés, les caractères sont très proches. Ils possèdent en commun l’instinct de survie dans le milieu impitoyable de la politique, usant admirablement de la langue de bois et d’un grand sang-froid afin de n’être jamais en première ligne en cas d’échec.
Comme Blair qui a lié son destin à Brown, Di Rupo s’est assuré de la fidélité du Bureau du Parti, en propulsant Moureau, un amorti de la vieille garde coolsienne, à la vice-présidence. Comme Di Rupo est le plus jeune d’entre eux, s’il fallait songer à le remplacer, ce ne serait pas dans son entourage qu’il faudrait chercher un audacieux.
Par leur attitude conservatrice et prudente, ces deux socialistes réformateurs se sont ménagé des alliés au Centre, objet de toutes leurs attentions.
Ils sont, par rapport au PS français plus divisé par ses courants, assurés d’une bonne cohésion interne par leur politique d’élimination des opinions contradictoires qui n’ont plus aucune tribune dans aucun des deux partis.
Enfin, sur la question de l’orthodoxie capitaliste, ils sont impeccablement alignés sur l’économie de marché et sans l’ombre d’une volonté d’en sortir. A la seule différence près que Tony Blair est plus américanophile que l’autre en raison, sans doute, du passé de l’Angleterre et de la langue qu’elle partage avec les USA.
Aussi, vous verrez rarement Elio Di Rupo critiquer ouvertement son ami Tony Blair pour lequel il éprouve une admiration secrète, surtout depuis qu’il a refusé d’appuyer Verhofstadt à la présidence des Commissions européennes. En effet, le départ du Premier ministre aurait plongé le pays dans une crise qui aurait débouché sur des élections anticipées et Elio Di Rupo a toujours eu horreur d’aller aux urnes sans qu’il n’ait lui-même provoqué la chose. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas capable de la provoquer dans les semaines à venir.
Le grand modèle à ces deux hommes reste Margaret Thatcher, bien qu’ils s’en défendent l’un et l’autre. Ils ont compris que le thatchérisme pur et dur d’un Verhofstadt à ses débuts - que ce dernier abandonna très vite - heurtait inutilement de front l’électeur. Mais le thatchérisme mou qui consiste à prendre quelques petites mesures, afin de faire passer la priorité de l’économique sur le social pour des réformes nécessaires, est celui que nos deux compères préfèrent. C’est, en tout cas, leur socialisme qui passe par là aujourd’hui.

26 septembre 2004

L’anthropophage autophage

L’époque est redoutablement réductrice.
Il n’y a plus guère de la place en Belgique pour une philosophie autre que celle d’un consensus au système capitaliste. C’est à croire que de nos « Forces vives » et du peuple tout entier ne viennent que soupirs d’aises et joie de vivre.
C’est désolant parce qu’ainsi disparaît la faculté critique de l’enseignement, des médias, des partis politiques et des syndicats de gauche, ce qui est un comble, pour ces deux derniers.
Paradoxalement avec l’accroissement des gens qui n’ont plus rien à dire, s’accroît le nombre de chômeurs.
Ou les gens sont à l’aise au point que dans cette société plus aucune distorsion ne se constate et que tout baigne ou l’on ne donne la parole qu’à ceux qui pensent que le progrès est fils de la misère, de sorte que tout irait mieux demain !
C’est en vérité que l’un ne va pas sans l’autre et si la priorité est donnée aux bienheureux du système, c’est parce qu’il faut bien se garder de nos jours de sortir d’un honteux réformisme qui n’est qu’une capitulation devant le capital.
Hélas ! sous le tableau idyllique, les événements se précipitent et les situations les plus fortement assises, comme celles de la petite bourgeoisie du commerce et de l’Administration, se paupérisent au point d’ébranler les certitudes.
Les piliers de notre organisation politique et économique fichent le camp, les uns après les autres.
Nous avons le sentiment d’être arrivé à un tournant.
Notre vie ne vaut plus grand-chose et on nous le fait savoir.
Comme notre consommation, nous sommes destinés à être « changés » pour une rentabilité constante.

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Le travail humain est remplacé par la machine qui travaille mieux, plus vite et sans à coup, machine qui est directement reliée à l’argent dans le seul but de créer des plus-values.
Les valeurs s’inversent. L’homme ne vaut plus rien, parce que l’argent est tout. Il a pris la place de l’humain parce qu’il est intemporel, lors même que nous sommes de chairs et d’os fortement dégradables au point qu’à peine avons-nous servi, que notre valeur devient insignifiante, quasiment nulle.
Le fondement même du système capitaliste est au cœur de cette usure rapide et de ce remplacement accéléré.
Le profit donc la plus-value est son seul moteur.
Aucun facteur le contraignant ou adoucissant ses objectifs ne peut lutter contre cela.
Les choses que nous touchons, que nous aimons et que nous désirons pérenniser ne représentent qu’une abstraction assimilable afin d’alimenter le profit. Il ne peut souffrir d’exception sous peine de déchéance et de mort sociale.
Nous sommes destinés à entrer dans la spirale du profit ou disparaître.
Le capitalisme a besoin de l’énergie qui le fait avancer sans égard de ce qu’il détruit à son seul usage.
L’autoalimentation du monstre ainsi créé n’épargne même pas les entreprises qui ont longtemps été la sole du four de ce foyer consumant. Elles finissent par servir à leur tour de combustible. Les entreprises s’entredévorent entre elles !
La logique de la vocation majeure est la primauté. Etre le seul est le but. Quand il n’y a plus autour de soi que des décombres à part le beau corps florissant de l’entreprise unique et universelle que l’on est devenu, il ne reste plus qu’à se dévorer soi-même.

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En veut-on un exemple ?
La restructuration de nos hôpitaux a constitué un des plus grands scandales des dix dernières années. On a cassé du matériel, envoyé des lits à la ferraille, aplati des laboratoires d’analyse, alors que l’Afrique et l’Amérique du Sud continuent à manquer de tout et que les mouches infectent les plaies des malades couchés par terre.
Aussi, le capitalisme est ce qu’on fait de mieux pour casser le capitalisme.
Il n’y a plus qu’à patienter. Déjà le monstre a avalé ses fondements. Il digère ses entrailles. De son estomac sortent ses pestilences. Encore un effort et il mangera son cœur.
Quand il n’y aura plus rien que des ruines, il faudra bien convenir que nos papes de la réussite avaient tort, que nos réformistes de gauche n’étaient que des fascistes déguisés et qu’enfin notre démocratie n’était qu’une putain les jambes ouvertes soumise au désir de la bête.
Combien paraîtront fades aux survivants nos querelles à propos de DHL ou nos prurits libéraux à propos de l’Europe.
Alors, peut-être, si le fond de l’homme n’est pas fait que de haine et d’égoïsme, réapprendra-t-on à compter les uns sur les autres jusqu’à évacuer les mauvais souvenirs de la suffisance de l’argent et des bonheurs transitoires et de plus en plus court qu’il aura donnés.
Alors la terrible hérédité des Atrides modernes s’arrêtera. L’argent aura l’importance d’une feuille d’automne rongée dans les sous-bois par les collemboles. Il ne signifiera plus rien.

25 septembre 2004

Vivent les patrons de DHL, nom de dieu !

- T’es toujours chez DHL ?
- Comme tu vois.
- Tu vas à la manif pour soutenir ton patron ?
- Un peu mon neveu.
- T’y vas quand ? A celle du matin chez le Premier, ou à celle de l’après-midi chez Picqué ?
- A celle du matin. Parce qu’à celle de l’après-midi je vais chez Evelyne Huytebroeck avec les riverains qui savent plus dormir à cause des avions.
- Comment ça ?
- Oui, mon vieux, j’habite dans un quartier où il en passe trente à quarante par nuit. Moi, je m’en fous, je travaille quand ils passent, mais c’est ma femme et les enfants qui savent plus dormir… alors tu comprends par solidarité pour la famille…
- Tu trouves pas ça bizarre que le syndicat soutient une boîte pareille ?
- Si DHL mettait la clé sous le paillasson, faudrait qu’il licencie aussi, au syndicat.
- Donc tout le monde défend l’emploi ?
- Oui, sauf ceux qui savent plus dormir.
- Je croyais que c’est tout des Flamands qui travaillent chez DHL ? T’es Bruxellois, toi !...
- Parle pas si haut, mon délégué syndical pourrait t’entendre.
- Pourquoi ? Tu peux pas être Bruxellois pour travailler chez DHL ?
- La fameuse prospérité flamande, tu crois qu’elle est venue comment ?
- Bien…
- Une entreprise en Flandre, engage pas des travailleurs Bruxellois ou Wallons.

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- Sans blague !
- Et ça s’étend aux professions indépendantes. T’es au courant avec les indépendants chauffagistes. Ils vont devoir passer un examen de flamand pour réparer ta chaudière !
-Mais toi alors, comment t’es entré chez DHL, puisque t’es Bruxellois ?
- Je me suis fait passer pour un Turc.
- Ha !... parce que les Turcs peuvent travailler chez DHL !
- Evidemment.
- Ils aiment les Turcs, alors, les Flamands,
- Pas du tout. Ils n’aiment qu’eux-mêmes, mais ils reconnaissent qu’ils ont un problème à trouver des personnes pour faire les sales boulots. Alors, les Turcs et les Marocains peuvent travailler chez DHL.
- Dis donc, tu serais pas en train de me dire que ta boîte, c’est un sale merdier ?
- C’est bien pire encore que tu imagines.
- Et tu vas manifester pour des dégueulasses ? Et le syndicat laisse faire ?
- T’es obligé si tu veux pas te faire remarquer des deux côtés !
- La, je comprends plus rien.
- C’est facile à comprendre. Le syndicat derrière ses guichets, il est peinard. C’est pas un sale boulot, ça, au contraire… tu te rappelles à la CGSP de Bruxelles comme ils se sont tapés dessus pour celui qui resterait vissé à son fauteuil ?
- Vaguement.

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- C’est même passé au tribunal…
- Bon et alors ?
- Quand on liquide une affaire qui marche avec deux ou trois mille personnes, eux aussi se font liquidés. Tu sais où ils sont les délégués syndicaux de la Sabena ?
- Non.
- Au chômage.
- Et les contremaîtres ?
- Eux bouffent un peu mieux que nous et sont pas aux cadences. En plus, c’est pur Flamand 100 %. C’est l’avenir de la Flandre qu’est en jeu, là… On rigole plus.
- C’est pas clean cette affaire-là, c’est pas clean…
- Allais, salut. Fais comme si on se connaissait pas, voilà mon chef.

24 septembre 2004

Rue de la Loi, En attendant Godot

Sur le trottoir de la rue de la Loi on bat la semelle. On attend des informations. Le plus souvent, il ne se passe rien. C’est la loi du genre… On dit n’importe quoi et l’on répond une fois sur deux à des questions qui n’ont pas été posées.

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- A les entendre, c’est l’emploi, c’est la sécu… le reste c’est du papier cul...
- C’est le papier cul qui empêche Verhofstad d’écrire la déclaration du gouvernement ?
- T’as déjà essayé d’écrire sur du papier cul ?
- Quand tu les vois entrer…
- C’est rare qu’on les voie ressortir.
- C’est vrai. Ils entrent. Ils sortent jamais !
- Ils doivent passer par des souterrains… des couloirs secrets derrière les tapisseries du Palais royal.
- On dit qu’ils ressortent parfois rue des Bouchers !
- Le Premier s’est débarrassé du budget 2005, pour plus tard…
- En 2006 ?
- Et celui de 2006 alors ?
- Les arbitrages par département ?
- Plus tard…
- La Sécu ?
- Un autre jour.
- L’emploi ?
-Avec Thomaes de la FEB en décembre.
-Qu’est-ce qui reste ?
- Le Communautaire, Bruxeles-Hal-Vilvorde, DHL...
- Elio avait dit que c’était pas trop urgent...
- Quoi ?
- Tout.

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- Laurette qu’on avait autre chose à faire.
- Faut croire que non.
-Olivier Maingain est pas demandeur…
- Les Flamands l’exigent. Le Pacte d’Egmont…
- C’est un truc de 1977 !
- …va revalser à la révision. Les Flamands n’en veulent plus.
- Quoi, les Flamands !
- Ils avaient juré que c’était fini, qu’ils bougeraient plus leur pantalon et que les Flamands, s’ils la voulaient leur liberté, qu’ils pouvaient prendre la porte.
- Ils ont réfléchi.
- Ils auraient pu le faire avant. Alors, ils vont prendre la porte ?
- Si les Flamands prenaient la porte, comment les autres sortiraient ?
- Par le souterrain, tiens.
- Et dire quoi au roi ?
- …que c’est inutile qu’il s’en fasse pas trop. D’ailleurs, il a une arrière tante qui est française. Pour la carte provisoire, ça aide…
- Tu exagères. Elio va trouver un truc de dernière minute, faire un paquet avec tous les problèmes, sans oublier la Constitution européenne et puis un vœu à la fontaine de Trévi.
- Lequel ?
- Le fameux compromis à la con…
- Ce serait quoi à ton avis ?
-Eparpiller le bruit de Zaventem et la scission en deux phases : dans un an, Hal et dans deux, Vilvorde.
- Dans deux ans ? Les zigues du Vlaams Blok n’ont pas le temps d’attendre.
- Oui. Mais sur deux ans, les Francophones auraient le temps de s’organiser…
- Pour quand ce sera trop tard ?
- Non. Pour faire un front des Francophones pour les revendications flamandes suivantes !

23 septembre 2004

SOS : démocratie en péril !

Au-delà de la polémique des Communautés, à propos des vols de nuit de DHL, voit-on bien vers quelle impasse nous conduit le Gouvernement fédéral avec l’accroissement des nuisances au-dessus d’une région fort peuplée ?
C’est, ni plus ni moins, une défaite du droit, la prééminence de l’économique sur le politique et, en fin de compte, la défaite de tous les citoyens Flamands, Wallons et Bruxellois devant la pieuvre du profit industrialisant, commercialisant, tout ce qui peut l’être.
J’entends bien que des milliers d’emplois sont en jeu. Mais, à suivre ce raisonnement, on en arriverait à considérer que les raisons économiques annuleraient les lois en vigueur ? A-t-on mesuré toute la portée de ce raisonnement ?
Verhofstadt suit la même pente à propos de nous que jadis nos coloniaux à propos des Congolais : « Encore heureux qu’ils travaillent, même dans de mauvaises conditions. Ils ne sont bons qu’à ça ! ».
Le drame était patent lorsqu’à l’occasion d’une manifestation des riverains, des travailleurs de DHL s’y opposèrent. Lamentable confrontation de victimes du système, les uns défendant le droit au sommeil, les autres, le droit au travail. Et quel travail ! Celui d’une répétition des tâches, abrutissement complet aux cadences des chaînes de distribution, et dont la seule motivation est la recherche du pain quotidien. Sinon, comme ces travailleurs jetteraient leurs maigres fiches de paie à la face des exploiteurs de DHL !
Un raisonnement de Laurette Onkelinx le confirme : « Ces équipes de nuit, sans DHL, sont des chômeurs certains. », entendant par là que ces pauvres diables sont sans qualification. C’est dire le sale boulot de cette boîte et le va-et-vient du personnel !
Aussi douloureux que cela puisse paraître, le Gouvernement fédéral, quelle que soit l’issue des décisions des Parlements flamand et bruxellois, a tort, mille fois tort d’être tombé dans le panneau des emplois à sauver, comme s’il était déjà en phase électorale.
Car, qu’on le veuille ou non, par cette décision, ce gouvernement, s’écartant de l’Etat de Droit, contrevient à la déontologie de la plus élémentaire démocratie.
Un peu à l’image de ce premier ministre qui stigmatise les automobilistes imprudents, alors que le lendemain un radar de la gendarmerie le flashe à des vitesses interdites. En quoi son chauffeur, hier soir, a probablement récidivé.
Des Lois existent sur le tapage nocturne et les nuisances sonores. On les ignore superbement. Des normes sont édictées concernant les pollutions de l’air. On s’en fout. On les bafoue. On vient de vivre un dimanche sans voiture à Bruxelles. On a empêché quelques malheureux de rejoindre leurs domiciles en voiture, sur le temps que le ballet aérien battait son plein et que le souffle des turbines faisait vaciller les cheminées !
Après cela, quelle sera l’attitude d’un tribunal de simple police jugeant les joyeux fêtards d’une noce qui aurait réveillé les habitants d’une rue de village ?
Cela peut paraître anodin, c’est très grave au contraire, que l’on puisse accorder des privilèges à des industriels sous quelque prétexte que ce soit, les plaçant au-dessus des lois.

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C’est tout le système qui fout le camp par le mauvais exemple de l’échelon le plus élevé du royaume. C’est un passe-droit patent et une injustice dont le caractère est perçu par toute la communauté.
Qui pourrait dire sans rire aujourd’hui que tous les citoyens belges sont égaux en droit devant la Loi ?
Il n’est plus ici question d’apitoyer les riverains qui ne dorment plus, par la situation des smicards dans les bagnes nocturnes de DHL. Non, il s’agit de savoir si oui, ou non, les Lois existent encore ?
Si oui, que DHL aille se faire pendre ailleurs, quelles qu’en puissent être les conséquences pour la collectivité ; sinon, il n’y a plus de règle, il n’y a plus de démocratie et plus de légitimité pour rien.
On tombe dans une république bananière.
Que les complaisants poursuivent l’adoration béate de ce qu’ils croient être leurs grands hommes ; la démocratie n’en sera pas moins dans les chiottes d’un abject abaissement.
Bien sûr, d’aucuns feront valoir que ce discours excessif, pour si peu de choses, est peu crédible. Raisonner de la sorte permet d’avoir bonne conscience. C’est agir en Tartuffe.
Si DHL triomphe, espérons quand même que des 28.000 avions sur 365 nuits au-dessus d’un million de personnes aucun ne s’écrase au sol...

22 septembre 2004

Niet bestellen op zondag.

Le torchon brûle à nouveau entre les Communautés flamande et wallonne. Ce n’est pas la faute de cette dernière, la pauvrette, toujours d’accord sur tout, pourvu que les Flandriens ne coupent pas le robinet de la sécu qu’ils alimentent un peu plus que nous et qui fait que nous vivons un rien au dessus de nos moyens grâce à eux.
Tout l’art du partenaire flamand consiste à savoir jusqu’où lancer le cochonnet en dehors du terrain et les règles de la pétanque, sans énerver la triplette d’en face.
Avec la scission de Bruxelles-Halle-Vilvorde, ont-ils exagéré ?
A voir les mentons volontaires de nos responsables interviewés devant le 16, rue de la Loi, on peut croire que, pour une fois, les Flamands ont mal calculé leur coup.
En est-on sûrs ?
Ce n’est pas la première fois que le coq de basse-cour bat en retraite, malgré ses rengorgements, effets de plumes et démarches lentes et calculées devant le lion transformé en renard, livrant finalement à la cupidité de ce dernier, les œufs, les poules et le poulailler, malgré les ergots et les cocoricos guerriers.
Pourtant, frileusement attachés à la Belgique, les Wallons n’ont aucune des responsabilités qui incomberait à leur partenaire flamand si ces derniers claquaient la porte.
Ils pourraient même s’amuser des bretteurs d’en face, l’épée haute en attendant la suite.

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Car, a-t-on bien réfléchi que dans ce plan catastrophe qui réjouirait toute l’Europe, il y aurait une grande première parmi les pays fondateurs ?
Deux pays souverains au lieu d’un poseraient une série de question. Une batterie de notaires travaillant pendant dix ans ne suffirait pas à rédiger le contrat de scission à l’amiable, sauf si les plus forts appliquaient leurs lois sans plus. Mais alors, l’Europe resterait-elle passive, d’autant que son siège principal est à Bruxelles, pomme suprême de discorde ?
Deux pays au lieu d’un seul, une nouvelle adhésion à l’Europe serait nécessaire. Nous ne serions pas automatiquement membres. Il faudrait que les nouvelles Constitutions soient en concordance avec les critères définis par une Commission. Nous serions sur un pied d’égalité avec les Turcs, autres postulants « délicats ».
Très sérieusement, avec sa phobie des étrangers, le programme de la Communauté flamande aurait des chances d’être repoussé par la Communauté européenne. Déjà les lois linguistiques en vigueur en Belgique passent mal à l’Europe. L’Etat à cause de la Flandre s’y voit régulièrement condamné.
Les Flamands ont-ils réfléchi à cela ?
Et même, les Flamands faisant sortir le social du fédéral, vidant le pouvoir central de ses dernières responsabilités collectives, si les Wallons écoeurés prenaient l’initiative de la séparation, la situation de la Flandre par rapport à l’Europe ne changerait pas.
Les responsables wallons horrifiés par avance d’une séparation par peur de perdre leur tuteur « généreux » n’ont jamais voulu évoquer l’éventualité de la séparation dans ses conséquences les plus imprévues pour les deux Communautés, mais surtout pour celle du Nord.
On sait l’intérêt des Hollandais pour Anvers et quelques autres points stratégiques côtiers. On les voit mal reprendre à leur compte le casse-tête bruxellois. Un peu comme si devenus Français, Paris revendiquait les Fourons à notre place.
La Flandre serait donc un nouvel Etat indépendant qui serait de toute façon amené à mettre de l’eau dans son Diest pour courtiser ses frères en moedertaal dont elle aurait absolument besoin pour sa survie. Les pointus de Gand et de Hasselt perdraient plus dans un protectorat de la Hollande que rester dans un Etat belge.
Reste que la situation d’aujourd’hui commence à bien faire pour tout le monde et qu’une scission conduirait dare dare la Wallonie dans les bras de la France, avec toutes les conséquences qui en découleraient pour les Flamands qui du coup au lieu d’un coq malade tomberaient sur un coq hardi et fort imbu de sa personne. Le voisinage serait différent. Les forts en gueule d’aujourd’hui risqueraient de n’être pas les mêmes demain.
Qu’ils y songent et qu’ils arrêtent de nous faire chier avec leur barrière linguistique, leur mauvaise foi, l’amnistie de leurs anciens nazis et leur haine des autres… ou qu’ils nous abandonnent à notre destin latin.
On pensait en 1830 que notre culture améliorerait la leur dans ses rapports avec d’autres communautés linguistiques. Il n’en est rien. Les Hollandais sont plus larges d’idées. .
Nos côtes seraient un peu plus lointaines, mais les falaises du Tréport et les planches de Deauville, ce n’est pas mal non plus. De toute manière les bonnes moules, même à la côte française, viennent de Hollande, alors…

21 septembre 2004

Enfin, la solution

Verhofstadt est allé présenté son plan au roi. Il est simple, mais il fallait y penser.

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Une solution pour DHL

- Monsieur Kijk Mijnku, ingénieur dans une « spin-off » à Gand, vous avez signé un article dans la revue « Vogel » : « DHL, la solution ! ». Auriez-vous une solution contre le bruit des avions survolant Bruxelles ? Pouvez-vous nous en dire plus, une fois ?
Kijk Mijnku – Mijnheer Théo Poor-Ooren, sais-tu toi que facile mon plan est.
Théo Poor- Ooren – Exprimez-vous clairement, Monsieur Kijk Mijnku.
KM – Zeg, c’est à l’atterrissage et au montage que le bruitage plus fort est. Goed ?
TPO - Montage se dit décoller. Ceci à l’intention de nos auditeurs. Mais, c’est là-dessus que Verhofstadt et Onkelinx ont planché, une fois, Monsieur Mijnku. Deux fois.
KM – D’accord. Zeg, mon plan consiste à les avions atterrir et décollir plus loin.
TPO – Donc construire un aéroport dans une zone non construite. Mais, il n’y en a pas, une fois, des zones non construites dans la périphérie bruxelloise.
KM – Ne me des problèmes de la périphérie, parler, zeg ! Niet, jamais… C’est question des bruits des avions aller et venir que le problème est.
TPO – Comment pouvez-vous faire décoller et atterrir des avions ailleurs qu’à Zaventem sans construire un nouvel aéroport ?
KM – Construire een piste dans un tunnel, pour ne pas habitants flamands de la périphérie embêtés. Zeg.
TPO – Attendez, une fois, mais une piste sous terre, comment voulez-vous que l’avion décolle ?

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KM – Mais eux pas décollir tout de suite, grosse bièsse, eux parcourir quelques kilomètres sous terre pour pleine vitesse déboucher sur la campagne et décollir !
TPO – Cela exigerait des travaux gigantesques !
KM – On besoin a de gros travaux pour occuper chômeurs wallons qui à la Flandre coûtent des eurosses. Zeg. On a bien jonction Nord Midi percé ! Rezeg.
TPO – Admettons. Le problème est qu’il faudrait que les avions débouchassent quelque part ?
KM – Wat débouchassent ? Quoi toujours cabinet à chasse tirer, zeg. Fieu, uw bizarre toi radio fransquillon, bilinguebistro apprendre, mais deverait, zeg, mieux parler.
TPO – Attends. Je m’explique. Le tunnel d’où sortiront les avions, il faut bien que par l’autre ouverture contraire à Zaventem, lui quelque part s’ouvrir. Merde ! Je parle comme lui.
KM – Si tu commencé avais par là… Le VLD Verhofstadt voulerait d’une piste décollir pour survolera une zone autre. Moi, je décollir fais des avions ailleurs qu’à Zaventem par un couloir qu’au lieu d’aérien, souterrain est, zeg.
TPO – Une fois, il est prévu 28.000 vols depuis Zaventem, votre tunnel, Monsieur Kijk Mijnku, pourra-t-il absorber tous ces avions ?
KM – Neen. Maar, selon la répartitition juste, les avions décollir au-dessus des flamandes têtes ne de 10.000 seulement sont.
TPO – C’est donc une solution pour seulement les vols au-dessus de la Flandre brabançonne, une fois ?

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KM – Voilà le problème au trois-quarts résolé.
TPO – Résolu.
KM – Si toi veux, résolu. Donc, le problème du fédéral sortir, puisque Flamand résolu.
TPO – Et les francophones bruxellois, une fois ?
KM – Ça, c’est leur problème.
TPO – C’est Olivier Maingain qui sera ravi.
KM – 10.000 avions en moins sur Brussel et Maingain is een zot zattecul ! Zeg…
TPO – A moins que, à votre exemple, nous ne construisions un tunnel pour encore évacuer 10.000 avions que nous ferions côté Flandre, resterait 8.000…
KM – Pas la terre flamande souiller, niet, jamais…
TPO – Admettons que nous en restions là. Reste un problème épineux…
KM – Geen problem.
TPO – Il est d’ordre pratique. Où situeriez-vous la sortie du tunnel ?
KM – Je situeriez la sortie par des panneaux Ingang.
TPO – Mais, une fois, où ?
KM – Nous accord secret avons. Mais je dire quand même vais.
TPO – je suis impatient.
KM – A Jodoigne.
TPO – Mais c’est le fief du MR. C’est chez les Michel !
KM – Et alors, zeg ? Lodewijk a le camp foutu et Karel de tripel vitrages vient sur sa maison mettre.
TPO – Ils sont d’accord, une fois ?
KM – C’était ça ou le confédélarisque…
TPO – Confédéralisme.
KM – Si comme ça dit, ça te plaisir fait, pour revenir pareil, c’est, zeg. Et puis, moi te dire, vais. A peine finir le tunnel à moitié que DHL décollir pour déménager ailleurs, zeg.
TPO – On aura creusé pour rien !
KM – Non. On aurera passé le difficile cap du gouvernement à creuser.

DERNIÈRE MINUTE

L’autre dimanche sans voiture à Bruxelles pourrait donner des idées. Par exemple un dimanche sans discussion sur DHL suivi d’un autre dimanche sans avion sur Bruxelles, voilà qui serait de nature à apaiser les esprits surchauffés par cette extravagante histoire.
Car elle l’est extravagante à plus d’un titre. Voilà une entreprise qui pollue par le bruit nocturne, enfreignant la loi sur les nuisances sonores et qui réclame une extension de son délit ! Lequel délit est pris en haute estime par le gouvernement parce qu’il génère des emplois presque exclusivement flamands ! Mais si les Flamands aiment les emplois, ils détestent les bruits et souhaitent que l’augmentation des vols, donc des nuisances, se fassent au détriment des Bruxellois !
C’est ce problème-là que Di Rupo n’estime pas communautaire !
Voilà un jour et une nuit que les ministres sont en conclave pour trouver une solution qui, de toute manière va léser les riverains et enfreindre la loi !
Là-dessus les riverains saisissent la justice afin de faire respecter la loi.
Heureusement que ce ne seront pas les mêmes juges qui ont rendu un jugement sur l’affaire de l’explosion de la cokerie d’ARCELOR en charge de ce dossier ; sinon, je ne donnerais pas cher de la peau des plaignants. A Liège, ils risquaient 3 mois avec sursis.
Et tout cela pour faire plaisir à une entreprise dont il n’est pas sûr qu’elle poursuivra ses activités même si on lui donne le feu vert pour polluer tout Bruxelles !
Décidément, drôle de pays, drôles de mœurs, où il ne fait pas bon avoir raison quand ce sont les industriels qui ont tort !

20 septembre 2004

L’imaginaire Congrès de rentrée du PS

Dimanche 19 septembre 2004, au Congrès de rentrée du PS, le Palais des Congrès de Liège a bruissé d’applaudissements devant les caméras de la RTBf.
Le tube de l’automne d’Elio Di Rupo : priorité à l’emploi, à la sécurité sociale et aux salaires les plus bas, a soulevé l’enthousiasme de la salle. Comme si le « retenez-moi, ou je fais un malheur » du Président n’allait pas de soi d’un parti qui vit des voix des défavorisés.
On se demande si ce brusque intérêt pour la détresse ne fait pas office de boule Quiès de ce qu’on n’a pas envie d’entendre à la direction du PS.
Il fallait à tout prix meubler l’espace des thèmes récurrents. L’avenir de la gauche n’enthousiasme plus. Il est vrai que par rapport au MR, c’est difficile à définir.
Abstraction faite du dossier Bruxelles-Hall-Vilvorde, de la réplique au discours en forme d’ukase de Rudi Thomaes, le nouveau patron de la FEB, les naïfs espéraient au moins un débat au sujet de la ratification de la nouvelle Constitution européenne.

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Parti discipliné, le PS s’est contenté en début d’année, des objections molles de son président, pour se ranger ensuite derrière les socialistes réformateurs européens.
Pourtant voilà un débat sur l’avenir de la gauche qui aurait mérité attention.
Il s’agit même du plus important débat que le PS aurait dû engager par respect pour ses adhérents.
Oh ! le beau Congrès auquel on aurait assisté. Hélas ! il sera imaginaire.
Seuls les partis à pensée unique, comme le PS aujourd’hui, dégagent des majorités absolues. Il y a longtemps qu’on n’y laisse plus parler les courants dans des débats contradictoires. Nous avons eu droit à un Te Deum avec prêche sur l’unité de la Belgique.
Je ne veux pas croire que tout le PS était rangé derrière Elio Di Rupo champion d’un réformisme pragmatique, rappelant sans cesse que son but était seulement de proposer des correctifs aux inégalités. Aucune voix dans ce discours unanimiste n’a critiqué les lois du marché et le système libéral mondialisé. Le parti est incapable de proposer d’autres choix que celui d’un système ne générant que la misère et le chômage.

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Intéresser les gens à la politique en ne leur proposant qu’une unanimité de façade, c’est se moquer du monde. C’est dire : « si vous n’êtes pas de l’avis de la direction du PS, c’est que vous n’êtes pas socialistes. » Ce que les plus rusés de la nomenklatura interprètent pour traiter un type dans mon genre de poujadiste ! Cela permet de couper court commodément à toute discussion et de jouer les pères nobles outragés. Occasion aussi d’enchaîner avec le danger de l’extrême droite afin que les gens fassent l’amalgame. C’est ce que le PS a toujours fait avec ses « rivaux » de gauche.
C’est lamentable.
Di Rupo dit que la Belgique est un pays surréaliste. Je le crois volontiers.
Les partis en cachant leurs désaccords internes, leurs luttes d’influence et le choc des idées sont prudents, paraît-il, par souci d’efficacité. Ou le PS n’est plus qu’un agrégat d’intérêts commerçants pour des lendemains d’arrière boutique et il pense que son progrès dépend du silence de ceux qui ont quelque chose à dire ou il est victime de ses structures trop centralisatrices au point d’étouffer les opinions contradictoires.
Si la Belgique est surréaliste, assurément le PS ne l’est pas. .
En panne d’idées neuves, Elio Di Rupo par calcul électoral a fondu le socialisme belge dans le brouet centriste. Le Centre s’apprête à approuver une Constitution dans laquelle aucun changement n’est possible.
Est-ce que désespérer la gauche fait partie de la stratégie du PS ?

19 septembre 2004

Un grand moment de démocratie…


- Tu roules pour qui ?
- J’suis pas routier…
- Non. J’veux dire, t’as eu un siège dans la maison par qui ?
- J’suis qu’un remplaçant.
- T’as été choisi comment ?
- Bin, j’avais pas de boulot… C’est ma sœur qui m’a fait entrer.
- Quoi ta sœur ? Elle est quelqu’un dans le bâtiment ?
- Elle y est même pas.
- Quoi alors ?
- C’est elle qui m’a dit de dire à Guy qu’elle m’avait dit de le lui dire que c’était elle qui avait dit...
- Tu remplaces qui ?
- Guy.
- On dit qu’il n’en a plus pour longtemps.
- C’est ce qu’on raconte.
- Qu’il va sauter…
- Depuis le temps qu’on le dit fini…. Je m’occupe pas de politique.
- Ça alors ! Qu’est-ce que tu fous ici, si tu t’occupes pas de politique ?
- Tu sais, un remplaçant, ça peut pas avoir trop d’idées. Avec moi, ils sont bien tombés.
- Tu sais au moins dans quel parti il est, Guy ?
- Tu m’prends pour qui ? J’suis affilié. J’vais en Loge…
- Tu devrais pas le dire.
- On me l’a dit que c’était secret. J’vois pas pourquoi ?…
- Qu’est-ce que t’y fais ?
- J’suis en cuisine. J’aide la femme de Cirrhose à préparer le repas du mercredi. Tu vois le mystère… Je range leurs petits tabliers, j’époussette la tête de mort, je passe l’épée au Sidol…
- Comment tu fais, quand on vote ?
- J’suis à côté d’Antoine. Je fais comme lui.
- T’as bien un programme perso, quelque chose à dire ?
- Les enfants après l’école savent plus quoi foutre. C’est ma femme qui m’a donné l’idée.
- C’est quoi ?
- Proposer un jardin d’enfants dans le terrain vague derrière la maison.
- Note, c’est comme ça qu’a commencé Robert. Mais ton terrain vague, y a pas d’accès !
- Et moi, alors ?
- T’es le seul.
- Fais pas chier. J’ai promis à Liselotte.
- Qu’est-ce qu’i’ disent les gens que tu connais ?

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- Faut voir… Certains me parlent plus. D’autres, qui me connaissaient pas me saluent au passage.
- T’as ouvert une permanence
- Là, t’es obligé, c’est dans le contrat.
- Tu leur dis quoi ?
- Que je vais voir, qu’ils me donnent le dossier, qu’il y a de l’espoir…
- T’es gonflé.
- C’est Guy qui m’a dit de faire comme lui… Une fois le mois, je lui remets le paquet.
- Tu sais que t’as pris ma place ?
- On me l’a dit. J’y crois pas.
- Pourtant c’est vrai.
- Non ?
- Si !
- Un gars comme toi, qu’a fait des études… qu’est un ancien !
- Qu’est-ce que tu veux.
- Un footballeur qu’a sa mère dans le comité des pensionnés !
- Et qui a collé des affiches pour Guy pendant dix ans !
- Tu dois en savoir des choses !
- Si je voulais !
- Pourquoi tu veux pas ?
- Parce que c’est moi qu’irais en tôle !
- Pourquoi t’as pas demandé à ma sœur ?
- Mon ex ? Tu parles, comment elle m’enverrait péter…
- Pourquoi ?
- Mais, c’est que t’es con, toi ! Qui c’est qui t’a fait entrer ?
- Ma sœur.
- Mais non, c’est Guy.
- Et ma sœur alors ?
- Bon. Laisse tomber.

18 septembre 2004

En marge de la Convention républicaine.

Entrer en religion pour un ancien pochetron qui ne bande plus et qui se repent, c’est logique. Bush en serait-il là ?
Durant sa campagne, des journalistes complaisants lui trouvent de l’humour. Il n’y a que les gens qui en soient dépourvus pour oser le lui dire. A moins qu’on n’imagine que la campagne d’Irak soit un énorme gag. Mais alors, c’est de l’humour noir comme le pétrole.
On n’aurait jamais crû que la fonction allait faire un patriote de Bush junior, davantage spécialiste de la santiag mexicaine et du stetson par temps de pluie que des rapports entre les Etats-Unis et les Arabes. C’est chez papa Bush que le fiston apprit à connaître ceux qu’allait exécrer l’Amérique. La famille Ben Laden, avant, était très bien. Puis Oussama a viré intégriste. Ils ne sont devenus infréquentables qu’en toute dernière minute. Quand on s’est aperçu que les Tours ne tiendraient pas sous l’impact des avions, on leur a retiré leur badge du golf Augusta … C’est dire si on a été patient.
Le contact, rien de tel pour les grandes consécrations.
A la commémo du 11 dans le parc de la Maison Blanche, on voyait la famille Bush frappé par la foudre. C’était étrange comme une photo sous-verre. Elle ne paraît pas son âge, symbole de la femme américaine, la main sur le cœur. Moins on a de poitrine, plus près du cœur est la main, plus est-on patriote. Lui, de plus en plus renfrogné, l’image d’un vieux singe pour orgue de barbarie. Une cure de Botox rajeunirait son image. Les conseillers devraient le lui dire.
D’après la méchante langue d’une journaliste américaine, cette belle famille, lorsqu’elle n’était pas encore réunie dans l’Eglise méthodiste, se droguait dans des « parties », prétendant même que l’institutrice modèle a dealé des fumettes et que lui a coupé au flanc à la garde territoriale sur le temps que Kerry en bavait au Vietnam !
Quand on se met en vedette, voilà ce qu’il arrive…
Ce passé « trouble » ne regarde personne après tout. Il est vrai, qu’il ne prédisposait pas à la vertu. En les voyant, à l’extase, recueillis au souvenir du drame du 11, si le couple n’a pas pris des leçons à « Actors studio », c’est un miracle de l’Eglise américaine !
L’image du président sortant de l’hélico avec son chien en laisse et, une autre fois, lançant un morceau de bois à l’animal, fait de la bête un membre de la famille, certainement mieux nourri que la plupart des enfants où l’industrie US va chercher son bois, son manganèse, son cuivre, son cacao, etc…

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En raison de la campagne pour un deuxième mandat, on voit souvent Bush serrer la mémé américaine suralimentée sur son cœur. Dans ces moments-là, il est rarement en chemise, toujours bien mis, veston et cravate, comme si ces suppléments vestimentaires agrandissaient l’espace entre les seins volumineux de l’obèse et son évangélique personne. « Good looking » crie la foule qui apprécie les fringues. Le Président quand il monte à la tribune fait aussi intellectuel que possible. Ce n’est que lorsqu’il commence à parler que ça se gâte.
Puisque un ordinateur ordinaire a la capacité de réflexion d’un siècle de Présidents US, on devrait pouvoir élire une machine de Bill Gates présidente des Etats-Unis. Elle ferait moins de bêtises. Il y aurait plusieurs solutions proposées à chaque problème. A charge du public d’apprécier la solution qui lui convient le mieux : humanitaire, économique, guerrière, sociale, etc. Le tout est de savoir si la machine peut faire confiance à un peuple qui a élu Georges W. Bush ?

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Rien ne peut donner une meilleure idée de la fermeté de doctrine d’un type comme lui, lorsqu’à une tribune, les naseaux si resserrés qu’on croirait un dauphin en apnée, il déclare que jamais l’Amérique ne s’est sentie si protégée, si comprise. Cela a un effet foudroyant sur la foule. Les femmes brandissent leurs cocardes, les étudiantes, les infirmières, les institutrices qui se reconnaissent en Laura Bush, on se croirait à un cours de Breuer sur l’hystérie…
On s’effraie. On se dit : « On ne va pas pourtant le réélire ! »
Eh si ! c’est dans le domaine du possible.
Et le reste du monde s’attend à une troisième guerre mondiale…

17 septembre 2004

Amandine, on t’aime encore !...

« Michel, vous êtes insensé ! Je vois que vous souffrez horriblement et l’humeur que j’avais contre vous cède à la douleur que j’éprouve. Je ne sais ce qui vous est arrivé ; vous savez, vous, que j’ai été exacte au rendez-vous et que je vous y ai attendu en outre, jusqu’à l’époque fixée. Le délai expiré, je suis partie, chagrine et colère. »
C’est Georges Sand qui, à 32 ans écrit à son amant Michel de Bourges, 39 ans.
Aujourd’hui, elle aurait envoyé un SMS : « Ducon, tu me prends pour qui ? » et l’autre aurait répondu « salope, tu me fais chier ! »
Avec la disparition de la correspondance à la plume et sur quatre pages, c’est un peu la manière élégante de dire les choses qui s’en va, entraînant sur son passage l’orthographe et la réflexion.
Pourtant à l’aune du jour, Georges Sand et quelques autres auraient pu passer pour de vieilles pouffes avec la hâte qu’elles avaient de changer de partenaire dans la hantise du temps qui fuit.
Éloquente est la liste de ses amants : Casimir Dudevant, Stéphane Ajasson de Grandsagne, Aurélien de Sèze, Jules Sandeau, Mérimée, Alfred de Musset, Pietro Pagello, Michel de Bourges (cité), Charles Didier, l’acteur Bocage, Félicien Mallefille, Frédéric Chopin, Victor Borie, Manceau, sans oublier tous ceux que l’on ignore et qui, à un relais de poste, dans le poulailler d’une auberge, visiteur de passage à Nohant, ont tiré la dame, par devant et par derrière, toujours avec assez de sang-froid et de modestie pour vouvoyer la personne avant et après, quitte pendant à relire « Justine ou les malheurs de la vertu » œuvre qui n’a rien à voir avec la récente mésaventure de notre tenniswoman.
Aujourd’hui, on ne fait plus l’amour, on baise.
Et cette différence marque la fin du bon usage de l’amour et de la langue. Ce qui ne signifie nullement que la langue ne fût pas jadis partie intégrante des jeux du précédent.
Amandine Aurore Dupin (George Sand) était une femme de caractère qui avait un beau derrière et aimait s’en servir. Elle ne s’en est pas privée et pourtant sa carrière amoureuse ne s’est jamais abaissée à cette grossièreté des temps présents où la rupture est souvent synonyme d’insultes et de bassesses.
On la quittait, elle quittait, dans la douleur, l’indifférence ou le mépris, mais jamais dans la vulgarité.
Pendant qu’elle était proche par le cœur, elle ne se départait pas d’une certaine élégance de langage d’avec son amant. Vous n’eussiez pas cru que dans l’alcôve ces êtres là pussent se dire « Nom de dieu ! Amandine, pas si fort, tu me mords la bite ! » et elle « Attends de décharger, si tu veux voir mon foutre ! », cela à la manière de Donatien Alphonse François écrivain retraité aux Petites Maisons.
Les seules traces de ses vivacités de lit exportées en-dehors de la chambre sont les lettres qu’elle écrivit à Musset, dans des moments d’égarement où la folie sexuelle s’exultait dans l’écriture. Elle s’en est repentie et quand elle le put, plutôt que d’en faire une publication érotique, elle les brûla toutes.

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On admirera par là une femme qui savait se tenir au mépris d’un succès littéraire certain. Quand on pense à la réussite dans le genre de Christine Angot qui écrirait bien ses dédicaces à la FNAC, un Mont-Blanc dans le derrière, on mesure le chemin de la décadence parcouru.
Que vous les croisiez dans la rue, que vous les aperceviez de loin, hélas ! les couples n’ont plus ni le temps, ni le vocabulaire adéquats aux petits jeux de l’amour. Vous les voyez tellement pressé d’en arriver au déduit, que plusieurs se promènent la main sur le derrière de l’élue. Cette mainmise du propriétaire, plein de symbole, n’échappera à personne
Mise à part, la catégorie – cependant très importante – des mal baisées, ce qui inclut une aussi grande proportion de mauvais baiseurs, le reste prospère sur les quatre ou cinq mots qu’ânonnent nos chanteurs à la mode pour des invitations à la baise.
Amour – toujours… et encore pas trop longtemps.
Les mots réduits à force d’apocopes et d’aphérèses, les sous-produits d’ordinateur ne s’économisent pas en matière de langage pour se consacrer exclusivement au cul. Que nenni !... C’est souvent la pauvreté absolue aussi dans la tumescence.
Reste la vulgarité.
Si répandue que cela en est devenu le signe des temps.
Ah ! chère Amandine que souvent je pense à vous et comme il eût été charmant notre premier rendez-vous, quitte à ne pas faire mentir le proverbe répandu dans la bonne société louis-philipparde : Une nuit avec Vénus, six mois avec mercure !
Mais toujours avec mille compliments et sans amertume.
Car, si vous avez été si piquante avec tous vos amants, ils sont quelques-uns à s’y être sentis piqués.
Vos admirateurs vous pardonnent.
Les muscles de Vandamme Jean-Claude et l’organe de Rocco Siffredi (je reste perplexe quant au choix de l’intelligence), l’homme idéal moderne aurait plu à Georges… en qualité de cocher muet, pour ses urgences !

16 septembre 2004

La Constitution européenne : èt qwè ?

Les socialistes français paraissent divisés sur le référendum que Chirac doit organiser en 2005 sur le projet de Constitution européenne.
D’autant que Fabius a sorti de sa casquette une réponse de Normand et que tout en se démarquant du « oui » franc de François Hollande, par un « oui, si » en posant des conditions à Chirac tout à fait impossibles à réaliser, il rejoint, en fait, le camp des « non » avec Montebourg et la gauche « sang de pigeon ».
Et en Belgique ?
Il y a bien eu les regrets d’Elio Di Rupo sur les lacunes de la Constitution au niveau du social. Mais, c’est pratiquement assuré, les Socialistes belges voteront oui, sans état d’âme et sans arrière pensée, rejoignant ainsi sans plus de discours les libéraux européens dans le genre d’Europe souhaité par la droite.
C’est, une fois de plus, se moquer des électeurs de gauche.

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L’engouement « droite gauche » du traité de Maëstricht en 1992 augurait une ère nouvelle de prospérité pour l’Europe. Cela avait déjà paru suspect, alors, que le PS mangeait dans la main du CVP poids lourd des partis de l’époque. Mais bon, c’était pour la bonne cause : l’emploi, des conditions de vie meilleures et un social plus affirmé du fait de la diminution du nombre de chômeurs, tout cela, évidemment, au futur et programmable dans la décennie à venir.
Douze années plus tard, on n’a rien vu de tout cela. Le marché mondial influence de plus en plus l’industrie et le commerce, au point qu’il n’est plus question de progrès, mais d’alignement sur des partenaires au coût salarial moindre et qui travaillent plus. Si bien que partout en Europe on assiste à une productivité remarquable par travailleur et à un chômage massif. Les délocalisations disloquent le corps social. Le dumping l’achève. Le chantage à l’emploi s’affiche carrément dans le dernier discours de Rudi Thomaes pour « objectifs 2010 ».
Les textes de protection du travailleur européen faisant défaut, nous sommes les témoins d’une véritable casse sociale.
Le droit social en mutation régressive prend de plus en plus l’apparence du brouet anglo-saxon cher à Tony Blair.
De quel droit se dit-on plus européen en adoptant le projet de Constitution, par rapport à un autre concept de société dont il tarde que toutes les gauches européennes élaborent les grandes lignes ?

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L’orthodoxie socialiste qui consiste à dire amen aux propos du président n’est-elle pas en train de faire passer des militants de toujours, à côté d’un combat qui risque de ne plus se reproduire ?
Ne serait-il pas temps de rendre l’espoir aux gens en disant NON à ces messieurs de la droite unie ?
Ne sommes-nous pas, nous Européens de gauche, capables de proposer des solutions humaines en alternative à la paupérisation inévitable due à la logique capitaliste ?
Les propositions socialistes au Parlement européen et qui étaient de nature à faire supporter la Constitution par la majorité des européens ont été mises à mal par la droite libérale majoritaire. Il serait tout à fait normal - et ce geste ne serait nullement antieuropéen - de dire non à cette Constitution-là, s’il n’y a pas les amendements espérés de la gauche.
Il en va de la crédibilité de ceux qui ont le sort des petites gens entre leurs mains.
C’est donc sur un projet de rassemblement du Non à la Constitution que le gauche européenne devrait gamberger.
Hélas ! à ce titre, on est bien mal parti en Belgique.
Pourtant cette passivité vis-à-vis du libéralisme triomphant n’a jamais payé par le passé. Les dirigeants socialistes courent un gros risque en faisant voter OUI dans cette affaire. Ils risquent, ni plus ni moins, de se faire avaler par le centre dont tout le monde sait qu’il n’est qu’un morceau de la droite. Dès lors, assimilés à la droite, ils concourraient à diminuer les effectifs de leur parti, mais encore d’alimenter l’extrême droite, par un curieux retour du balancier.
Ce n’est donc pas en poussant des hurrahs pour l’Europe qu’ils vont entraîner les masses. Et quand bien même cela serait, qu’ils se méfient, les moutons de Panurge ne tombent pas toujours dans le ravin.

15 septembre 2004

Une application de la loi de la relativité.

C’est fou la vitesse avec laquelle on tourne les pages de l’actualité.
Bientôt on aura oublié jusqu’au nom de Dutroux. Ainsi, la Justice pourra libérer bientôt Martin et Nihoul, discrètement et sur la pointe des pieds, sans crainte de remous dans l’opinion publique. Madame Martin, maton pour le compte de son mari et complice à l’occasion, n’aura pas trop longtemps moisi en prison après le jugement, c’est l’avantage des longues préventives. Quant à Nihoul, s’il n’a été qu’un dealer sans connexion aucune avec les crimes de Dutroux, il paie assez cher le malheur d’avoir connu l’ennemi public N° 1 et d’être resté ainsi dans le collimateur de la furia populaire.
Fourniret est passé par-dessus l’affaire du siècle, ce qui fait qu’on n’a plus de qualificatif assez fort pour le comparer à son prédécesseur dans le crime, sinon la super affaire du siècle. Reste l’étalement des turpitudes des deux pédophiles sur le XXme et XXIme siècles. Ainsi, ce duo d’enfer pourra être le leader incontesté du sien.
A l’occasion du futur jugement de Fourniret, faisons confiance à la presse française qui trouvera des horreurs adaptées à ce spécialiste du crime.
Il est vrai qu’en quittant nos frontières, on voit partout d’autres plus grands artistes encore. La preuve, les preneurs d’otage à cette école d’une ville du Caucase.
Il n’y a plus de nos jours une nette séparation entre le criminel et l’honnête citoyen. A voir Bush, par exemple, dans sa conviction d’Evangéliste pratiquant, qui croirait que ce type est dangereux ? Ne serait-ce que dans le choix de ses collaborateurs, tous croyants de la même église, résolument pour une politique d’agression vis-à-vis de gens accusés d’aider ou d’être des terroristes.

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Moralité, il a terminé la guerre d’Irak, avant que les Irakiens ne commencent la leur !
Maintenant que la boîte de Pandore est ouverte (dixit Chirac), c’est le monde entier qui en pâtit !
L’opinion arabe était fort sceptique à l’encontre de la démocratie telle que la pratique le corps expéditionnaire américain. A présent elle est antiaméricaine et fort peu disposée à jouer le jeu de la démocratie à l’exemple de Washington. L’opinion mondiale est contre Ben Laden et sa capture serait saluée partout avec soulagement, en même temps, on ne peut s’empêcher de penser que chaque fois que les Américains s’occupent de sa capture, que ce soit en Afghanistan ou au Pakistan, ils recrutent positivement pour leur ennemi.
Bah !... tout ça passera comme le reste.
Déjà pour les affaires belges, Dutroux, Fourniret et consort, l’opinion s’est fatiguée aussi vite, qu’elle s’était emballée aux premiers moments des révélations. Alors, pour des crimes qui se passent si loin de Watermael-Boitsfort !
Ne resteront que les malheureux parents de plus en plus seuls depuis la marche Blanche et les condoléances du monde entier pour ceux de Beslan, « élans » qui leur avaient donné l’illusion que leurs enfants vivraient longtemps dans la mémoire collective.
Mais courage, les passéistes reprennent toujours le dessus. Ils exaltent le passé pour mieux oublier le présent.
Certains diront que c’était mieux avant les reportages en direct, les télévisions par satellite et les portables. On avait le temps de voir venir l’addition. Les premiers vents avant coureur nous mettaient en condition.
On s’était fait à la lenteur de l’information. Par exemple Waterloo. Le lendemain de la bataille les patriotes français étaient encore ivres d’avoir fêter la victoire !
Les Grecs ont appris les batailles d’Alexandre deux ans plus tard ! C’était suffisamment éloigné des événements pour que les brutalités deviennent des hauts faits d’arme et Alexandre, un héros familier de Zeus.
Peut-être que l’avenir accélérant encore le temps, on verra le criminel arrêté avant son forfait, nos cerveaux étant tous branchés sur un super Googles, capable de lire nos intentions ?
Entre la Ford T et la voiture de demain, je choisis le progrès ; mais entre l’info en direct et celle qui met trois mois à me parvenir, j’hésite…

14 septembre 2004

Chauds… chauds… les marrons de la rentrée !

Chaude la rentrée anticipée pour Guy Verhofstadt.
Laissons pour un temps le domaine socio-économique, les déficits à combler et le plan de la FEB pour jeter un œil sur l’institutionnel dont le débat dimanche dernier à la RTBf a donné un avant goût du beau merdier dans lequel on est par rapport aux surenchères flamandes.
Ce n’est pas fortuit si les présidents des partis francophones se rencontrent mardi, à l’invitation du parti socialiste, pour arriver à un accord sur un front des francophones. Mercredi, les gouvernements régionaux, communautaires et fédéraux se retrouveront pour un Comité de Concertation qui aura déjà l’air d’un forum institutionnel.
On n’a pas fini en Flandre de ressasser les bonnes et les mauvaises nouvelles du scrutin du 13 juin. Les résultats du Vlaams Blok font des jaloux tous les jours et la tentation est forte de relancer les revendications flamandes dont la finalité est bien en vue maintenant puisqu’il s’agit d’aller vers une confédération des Etats Flamands et Wallons, gadget qui n’est pas viable et qui à terme fera éclater la Belgique.
Premier constat, l’autonomie fiscale de la Flandre, impôt des personnes physiques et impôt des sociétés, est réclamée par TOUS les partis néerlandophones !
C’est évidemment la solidarité entre Flamands et Wallons qui est en cause, les premiers accusant les seconds de n’être que des suceurs de roue. Selon une étude de la Kredietbank publiée dans la presse flamande, les Flamands donneraient 3,6% de leurs revenus aux Wallons et aux Bruxellois.
Bien entendu si des mécanismes de solidarité dans l’hypothèse d’une autonomie fiscale n’existaient plus, autant dire que l’Etat belge aurait terminé carrière. Malgré l’extrême complaisance des Belgicains wallons à l’égard des Flamands, les Francophones se verraient placer au rang d’assistés, si la réforme adoptait une formule où la Flandre donnerait ce qu’elle veut à ses pauvres. On se doute de la nature du chantage exercé qui menacerait non seulement les francophones de la périphérie bruxelloise, mais encore tout ce qui se traite encore actuellement d’égal à égal avec nos partenaires.
La Wallonie peut-elle vivre sans l’apport financier des Flamands ? Disons-le tout net : NON, dans ses composantes actuelles, sans une autre solidarité à trouver qui ne peut-être que celle de la France. Très vite, nous serions confrontés à l’alternative de vivre sous la tutelle de la Flandre ou de la France, s’il s’avérait que les Flamands entendent moduler leur contribution à ce qui resterait de pouvoir d’un Etat confédéral. Dans le premier cas, la rancœur des Wallons et leur humiliation ne pourraient qu’accélérer le processus de désagrégation ; dans le second, l’entrée de la Wallonie dans la République française entraînerait un casus belli entre la France et la Flandre à propos de Bruxelles. Il ne resterait plus à la Communauté européenne qu’à apaiser les esprits en décrétant Bruxelles ville européenne et extraterritoriale, ce qui ne manquerait pas de susciter un tollé en Flandre qui en a fait sa capitale.

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L’ennui de ces scénarios catastrophes, c’est que les Wallons ont été anesthésiés depuis trop longtemps par les partis francophones qui ont toujours privilégié l’opinion dominante encore fortement ancrée dans les populations d’une appartenance à un Etat belge qui malheureusement n’est plus qu’imaginaire. Au lieu d’ouvrir les débats sur cette question majeure à tous les courants d’opinions et notamment aux Rattachistes, les partis se sont cramponnés à cet Etat au point d’accorder jusqu’à présent une réponse affirmative à toutes les revendications flamandes, alors que dans le même temps, les mêmes ne trouvaient rien à proposer du côté des revendications wallonnes. Personne en Wallonie n’a fait la moindre allusion, par exemple, aux réticences des Flamands, sous l’impulsion du Vlaams Blok, d’accueillir des étrangers, alors qu’ils ont été extrêmement heureux de l’appoint d’étrangers, mais Hollandais, cette fois, aux élections communales dans les Fourons. Ce qui a permis de faire basculer la majorité fouronnaise du côté de la Flandre.
Alors tant pis, ou tant mieux. Nous n’aurons bientôt plus qu’à devenir valets des Flamands ou devenir Français. Pour ma part, je choisis la France. C’est une vieille idée de traditions liégeoises et le département de l’Ourthe me va comme un gant.
Et si par aventure, comme on le prétend dans quelques dizaines d’années avec le changement climatique les Flamands vivent les pieds dans l’eau, il leur restera toujours la possibilité d’opter pour la nationalité française afin de se mettre au sec dans nos Ardennes, et nous serons encore assez cons pour leur accorder des facilités !

13 septembre 2004

FEB : Stratégie 2010

Le premier discours du nouvel administrateur de la FEB, Rudi Thomaes est drôlement fortiche. C’est déjà tout un programme, alors que l’on attend toujours celui de Tony Vandeputte qui termine son mandat.
Avec le nouveau, les patrons ambitionneront autre chose que ramasser du fric vite fait.
Ce pays n’a jamais vécu autre chose que les envolées lyriques « des patriotes », les coups de gueule de droite et le m’as-tu-vu des forces vives du centre-gauche. Alors les intentions secrètes des patrons…
La FEB n’a pas failli à la tradition de grand esbroufeur qu’elle s’est faite à la force des poignets des autres. Avec la prise de relais de Rudi Thomaes, Vandeputte étant out, on entre dans le portrait du grand patron, par la taille, puis par la formation de juriste. Un parcours typiquement américain, quoique pur produit des milieux d’affaires anversois.
S’il avait été un économiste, il y a déjà longtemps qu’il en serait revenu. Mais non, c’est un juriste ! Alors, ce type croira dur comme fer jusqu’au bout à la mondialisation de l’économie, et il va nous en faire baver !...
Le discours d’entrée de Rudi à la FEB, c’est celui de l’Académie française. C’est jubilatoire, quand on sait comme ce monde-là se fout de notre gueule. Il ferait un bel académicien. Il doit magnifiquement bien porter l’habit, avec sa taille et tout. Tandis que Vandeputte, l’épée aurait traîner par terre.
La stratégie 2010 de la FEB, c’est le songe creux de Michel Junior-l’équitable qui déteint sur la Fédération des Entreprises. Mouche à deux culs quand même, quand on compare la combine patronale avec ce qui se prépare ailleurs et notamment en Allemagne.
Donc nous voilà avec ce plan en contrat de garantie avec la prospérité, l’emploi, le bonheur, tout enfin… avec en plus un antidote panacée contre le vieillissement de la population !
Un nouveau sirop typhon !
En attendant les centenaires au boulot, les marlous entre 50 et 60 qui rêvent à la prépension ne devront pas jeter trop vite leurs salopettes dans les boîtes à recyclage de Terre.
En gros le potentiel de croissance de l’économie belge passerait de 2,2 à 2,5 %, améliorerait le taux d’emploi et créerait 362.000 emplois nouveaux. C’est plus fort que Verhofstadt avec ses 300.000 emplois, que l’on attend toujours, du reste.
On aurait dû demander au sieur Thomaes, si ses 362.000 se comptaient à part des 300.000 du gouvernement, auquel cas on aurait 662.000 emplois nouveaux… de quoi faire frémir de terreur les chômeurs de longues durées !
Cette rhétorique sur l’emploi rien que pour contrer Paul De Grauwe de la KUL qui prophétise le recul persistant de l’emploi industriel.
Mon KUL oui ! a-t-on dit à la FEB. Et nos enfants, alors ? a rugi Rudi Thomaes, le nouveau gourou délégué de la FEB, en présentant, dans son costume classique du rêve américain de jeune quinquagénaire, sa Stratégie 2010.
Après les salades d’usage qui remplissent vite fait les gazettes : prix énergétiques compétitifs, administrations plus efficaces, capitaux à suffisance, diminution de la pression fiscale et notamment une diminution des contributions patronales à la sécurité sociale, toutes mesures qui ne sont pas de la compétence du nouvel Administrateur délégué, mais procède d’un choix politique du gouvernement, Saint Thomaes en est venu au petit livre d’Heures de ses administrés : l’allongement du temps de travail, la modération des salaires bruts et de manière générale, une plus grande flexibilité.
Exactement le programme allemand qui crée un souci d’encre au chancelier Gerhard Schroeder.
Et avec tout ce ramdam social, Rudi Thomaes se fait fort de créer un climat au travail tel, qu’il en deviendrait plus attractif que le chômage… beaucoup mieux que du temps de Vandeputte !
Le souci n’est déjà plus à créer les 362.000 emplois, non, c’est comme si c’était fait. Le grave danger, c’est qu’on ne trouve pas assez de candidats pour cette manne d’emplois offerte le cœur sur la main par nos capitalistes équitables.

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Selon la FEB, ce programme est réalisable sur le plan budgétaire. Rudi Thomaes veut bien passer une copie de ses projets au gouvernement. Il promet l’augmentation du nombre de travailleurs et la diminution du nombre d’allocataires sociaux, la diminution des taux d’intérêts et le retour vers 2011 d’un fonds de tiroir pour le Budget de l’Etat, fort délicat encore, mais en boni, tout de même.
Il le dit aussi, mais d’une voix plus feutrée, à peine perceptible pour les Rosés assis au fond de la salle et venus en observateurs, que la réduction de la présence de l’Etat, en raison notamment du glissement de l’emploi du secteur public au secteur privé, sera salutaire dans la vie des Belges, soulagés par le dégraissement du mammouth de la rue de la Loi. On voit le poil des facteurs, des cheminots et d’autres futurs « privatisés » se hérisser… Quant à nous, pauvres cloches sans pouvoir, nous pourrons avec ce plan nous brosser pour recevoir du courrier tous les jours, tandis que les usagers feraient bien de prendre une assurance sur la vie quand les chemins de fer seront devenus privés.
Reprenant du souffle, le hardi jeune premier aux cheveux à la Richard Geere, prévoit que les salaires bruts augmenteraient avec son plan de 2,5 % par an entre 2005 et 2010, ce qui équivaudrait à une croissance réelle du salaire net de 0,85 %. Enfin, c’est lui qui le dit. Non seulement, moins d’1 %, c’est absolument ridicule, mais c’est aussi considérer que l’inflation déjà masquée par les escrocs qui manipulent les produits pris en compte ne serait que de 1,2 % l’an !
C’est avec des accents vandeputtiens que Thomaes a ainsi conclu sa péroraison 2010.
Il ne manquait qu’une vibrante Brabançonne à ce mémorable rendez-vous de l’Histoire et aussi, sur une toile de fond, le portrait en filigrane de Pierre Dac, notre regretté maître à tous.

12 septembre 2004

Serial killer au nom de Dieu !

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A Beslan, le massacre dans une école d’enfants a fait monter l’horreur à un degré inimaginable. L’époque est terrible. Les massacres, les génocides se suivent sans discontinuer. Evidemment celui-ci parle à nos cœurs et à nos consciences plus que d’autres moins médiatisés, tels ceux d’Algérie qui ont lieu depuis plus de dix ans, sans grand écho dans l’opinion occidentale, le martyr des Palestiniens, sous la botte de l’occupant, que l’on gomme le plus que l’on peut et les massacres récents au Soudan sous la responsabilité des intégristes islamiques de Khartoum, dont on ne parle pas assez.
Les relais d’informations et la diffusion des images du drame russe ont été traités en priorité. On y a mis les moyens.
Pourquoi exploite-t-on mieux une information qui touche telle barbarie, plutôt qu’une autre ?
L’Occident est-il plus vulnérable ? Qui a intérêt a nous délivrer l’information de façon sélective ?
Ce serait un autre débat.
Comment des êtres humains peuvent-ils arriver à un tel degré d’abjection ? C’est ce que je me demande. Le drame de Beslan signe, avec le sang des enfants, l’échec de la gestion du conflit tchétchène par Vladimir Poutine. Chercher les erreurs de celui-ci, certes responsable de l’échec en Tchétchénie, ne diminue en rien l’ignominie des assassins..
" Sauver les enfants. " Lorsque Poutine en fit la promesse, devant une ville dans l’angoisse, savait-il que sur le terrain les forces spéciales se préparaient à tirer aux obus de char sur l’école où étaient entassés plusieurs centaines d’élèves, d’enseignants et de parents ? Il paraît difficile d’accorder du crédit aux paroles du président, quand il assure que l’assaut n’était pas calculé, mais qu’il a eu lieu à la suite de circonstances indépendantes de sa volonté. Les autorités ont en effet menti depuis le début, sur le nombre des otages et le nombre des victimes. De même, la stratégie employée n’était pas adaptée à l’enjeu : sauver avant tout la vie des innocents. Voilà bien le drame de la Russie d’aujourd’hui qui ne s’est pas encore débarrassée de ses vieux démons : mépris des gens, silence des pouvoirs de décision…
L’accélération d’actions terroristes toujours plus meurtrières (l’explosion simultanée de deux avions de ligne, l’attentat suicide dans un marché de Moscou, précédant de quelques jours la tragédie de Beslan) ouvre une période extrêmement dangereuse dans une zone aussi instable que le Caucase. Et ce n’est pas en empruntant les thèmes favoris de George Bush sur la guerre contre le " terrorisme international ", sans s’attaquer aux racines de la crise, que Vladimir Poutine commencera à faire sortir son pays de cet engrenage meurtrier
A Moscou, il y avait eu un autre drame, celui du théâtre de la Doubrovska dans lequel périrent plus de cent otages asphyxiés par les gaz d’assaut des forces de sécurité. Cette tragédie aurait semble-t-il inspiré les tueurs.
Après l’horreur absolue, les revendications des séparatistes tchétchènes paraissent bien dérisoires.
Que Al Qaïda soit en dessous de tout cela, ne serait-ce qu’en qualité de conseiller, ne fait aucun doute. Peu importe. Il faudrait cependant que les terroristes sachent qu’ils desservent la cause qu’ils croient défendre. Non seulement ils l’affaiblissent, mais en plus, ils déconsidèrent une religion, la leur. Les vrais musulmans ne peuvent cautionner les crimes de ces bandes organisées pour les tueries.
Mais, les tueurs ont-ils conscience de cela ? Ne sont-ils pas plutôt des fanatiques sanguinaires comme toutes les religions en ont malheureusement connus dans le cours de leur histoire et, pour certains, des voyous abrutis et ivres de sang, subjugués par des imans dévoyés.
Il se glisse parmi les intégristes fanatiques, des assassins dont les motivations sont le sadisme et le vol. Ce qui fait que les mouvances tournant autour d’Al Qaïda, en Irak ou ailleurs sont truffées de dangereux criminels, dont certains sont incontrôlables, même par les inspirés du banditisme religieux et peut-être par Ben Laden lui-même.
La terreur qu’ils font régner profite à l’extrême droite qui fédère les peurs.
Il est grand temps de traiter enfin le fond du problème du terrorisme, en prenant conscience que les inégalités flagrantes sont les viviers du crime.

11 septembre 2004

Ducarme, le retour !

Nous avons le plaisir de vous annoncer pour l’ouverture de la saison Opérette au Théâtre royal de Liège, la nouvelle œuvre de Jacques Kom-Bach :

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Avec le retour, tant attendu de ses admiratrices, du ténor Daniel Ducarme dans le rôle du tzigane abusé et de la diva Nathalie Callas-Gilson dans celui d’une patriote émue.
Les magnifiques décors d’Olivier de Clippele représentent le perron d’un château situé dans une commune imaginaire que Jacques Kom-Bach appelle Ixelles, mais qui pourrait tout aussi bien être Argenteau.
L’argument très humain est assez simple. Il traite des personnes déplacées que l’on ne veut nulle part et qui risquent de finir dans la zone neutre de Zaventem.
Mais comme c’est une opérette, l’auteur n’est pas allé jusqu’à faire mourir le chanteur, étouffé par un coussin de la gendarmerie qui traînait sur une banquette. Le prince de Jodoigne, interprété par le baryton Charles l’Equitable du Théâtre de la Monnaie, lui pardonne lors de la grande scène de ballet au dernier acte dans laquelle Daniel Ducarme danse une chaconne avec Nathalie Callas-Gilson avant d’entamer l’air des amours renaissants.
Que les admiratrices du beau Daniel se rassurent.
Tout finit par des chansons.

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Au deuxième acte, les chœurs du théâtre Royal interprètent « Avec les Bleus, tout ira mieux », air repris de l’ouverture. La salle debout applaudit à tout rompre. Il faut dire que toutes les places avaient été distribuées gratuitement chez les petits commerçants liégeois, victimes des Galeries Saint-Lambert et qui ont des difficultés à remplir leurs feuilles d’impôt.
Daniel Ducarme s’est montré sous son meilleur jour, volontiers souriant et plein d’un allant que nous ne retrouvons pas chez son remplaçant, Antoine Duquesne, dont on pense que le contrat ne sera pas renouvelé la saison prochaine.
Nous avons regretté l’absence de la basse noble Louis Michel qui est engagé au Théâtre du Rond-Point et qui semble parti pour une brillante carrière internationale. Ce que nous lui souhaitons. A sa place, nous avons entendu Hermann De Croo, excellent dans des cantates et des musiques de chambre, mais mal à l’aise dans un registre plus sautillant.
La baguette était tenue par le chef Michel Forêt dont on sait la maestria dans des œuvres de Jacques Kom-Bach, notamment dans la Perichole où le rôle de la fille du Gouverneur était tenu par la délicieuse Ries, très en voix dans des seconds rôles. Quand lui donnera-t-on la chance d’interpréter Carmen, dont rêve cette charmante diva, depuis qu’elle a vu au Metropolitan, Monica Lewinski en cigarière ?
Qui tiendrait alors le rôle de don José ? Le ténor léger Reynders, de la troupe depuis dix ans, aura-t-il le coffre ? Saura-t-il décoller des seconds rôles où il se confine ? Personne n’a encore vu son organe poussé à son maximum.

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Très belle rentrée, donc. On attend Daniel Ducarme pour la suite de la saison et notamment dans le tant attendu Richard III de Johann Strauss.

9 septembre 2004

Le silence de la pudeur…

- Ça fait longtemps qu’on n’en a plus parlé !
- De quoi ?
- Justement, ça fait tellement longtemps, que je ne sais plus de quoi.
- C’est surtout parce que Richard III en a abusé.
- Il paraît que ce n’est pas convenable.
- On te l’a dit ?
- Parfois.
- Et tu en as tenu compte ?
- Non.

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- Pourquoi ?
- Parce que c’est toujours le même qui s’offusque.
- Les autres ?
- Ils s’en foutent. Même que c’est plutôt bien reçu.
- Comment le sais-tu ?
-Parce qu’ils ne m’en parlent jamais.
- Il n’y a donc que lui qui…
- Oui.
- Et pourquoi tu n’en passes plus ?
- C’est une question que je me suis posée.
- Et alors ?
- On ne peut pas en mettre partout. Surtout si le sujet ne s’y prête pas.
- Lequel par exemple ?
- « La bourse où la vie », je n’en voyais pas la nécessité.
- Et dans « où va-t-on » ?
- On ne voit que des visages.
- Oui, mais ils sont éloquents.
- Cela dépend ce que l’on cache…
- En mettre, ça aide à la lecture.
- Oui. On a l’œil qui se repose.

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- C’est agréable de faire une pose.
- Le tout c’est d’avoir un sujet qui s’y prête.
- Ils s’y prêtent tous.
- N’exagère pas.
- Parfaitement.
- Tu saurais le prouver ?
- Je ne vais tout de même pas pour mes lecteurs…
- Quoi tes lecteurs ?
- Faire l’éloge des trois points de suspension !

Rêverie d’un promeneur solitaire.

Ce matin, je passe un temps fou à me demander s’il faut me lever. Après un combat sur moi-même, je me décide, quitte à ce que la moitié hostile à ce projet manifeste.
Je n’aime pas les débats intérieurs. Mon être trouble y est souvent de mauvaise foi et plus victorieux qu’à son tour...
Je me suis levé l’après-midi.
Ainsi, je n’ai pas eu à trancher. J’ai renvoyé mes deux moitiés dos à dos. Vous n’allez pas me croire, l’une s’est sentie « refaite » et l’autre a eu, pour une fois, la sagesse de ne pas trop plastronner.
C’est un vieux débat avec moi-même. Il a commencé il y a très longtemps à propos d’une fille. Mes sens disaient oui, ma raison, non ! Devinez quelle partie l’emporta ? C’est facile à deviner, vous qui ne pensez qu’à ça !...
Comme il était trop tard pour tout, je me suis enquis de ce que je pouvais faire sur rien.
J’ai traîné mes grolles aux Galeries Saint-Lambert. Histoire de me rendre compte que la capacité commerçante à vendre partout la même chose dans des emballages différents, n’avait pas changé depuis Belle-île.
Les conservateurs seront rassurés. C’est l’Orient qui manufacture et l’Occident qui consomme.
D’anciens professeurs de karaté en veste rouge, recyclé garçon de cabine, apportaient leur témoignage muet que la fauche dans les grands magasins procure de l’embauche.
J’ai vainement cherché un rhéostat pour une lampe halogène, après qu’un gars musclé m’eût assuré, enthousiaste, qu’il y avait absolument de tout aux Galeries.
Je n’allais tout de même pas sortir avec une machine à café pour lui faire plaisir.
A l’arrière du bâtiment, sur une placette qui reste à baptiser place Destenay, au nom de ce bourgmestre qui adorait les grands ensembles et qui malheureusement n’a pas eu le temps de démolir complètement Liège, des jardiniers de la Ville ont disposé quatre pots géants hébergeant de maigres arbrisseaux. Si la Ville est à la recherche de quelques bancs pour compléter l’œuvre, elle peut toujours replacer ceux qu’elle a enlevés Place Saint-Paul pour faire place au Village gaulois et qu’elle n’a jamais remis. Les amateurs de shit qui habituellement à cet endroit attendent leur fournisseur assis sur un banc, doivent rester debout. Voilà qui n’encourage pas le sevrage dans le calme et le repos et risque de faire repérer plus facilement des délinquants qui font la réputation de Liège.
Revenons aux nouvelles galeries Saint-Lambert.

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Dans ce must à la mode, à côté des multinationales qui ne périssent que pour mieux renaître, il y a des petits commerçants qui ont tout misé sur la nouveauté du bâtiment pour espérer la fortune. Ils ne connaissent pas bien la mentalité du badaud. Quand les Liégeois auront musardé une petite dizaine de fois, de long en large et d’ascenseur en ascenseur, ils perdront le goût de l’escalade et ne se serviront plus que du passage du rez-de-chaussée, bien commode par temps de pluie, pour aller de la place Saint-Lambert à la rue Maillart. A part, la grande surface d’électroménager, d’hi fi et d’électronique du troisième étage, les marchands de sucettes et de sacs à main ne prendront conscience de l’exemplarité de leurs exploits que lorsqu’ils en auront reçus d’autres sur papier timbré… quand il sera trop tard !....
Hou ! le vilain pessimiste, ce Richard III.
C’est comme toute chose. On part avec un cœur gros comme ça… On y croit. Pour un peu, si ça ne faisait pas perdre du client, on afficherait volontiers à l’étalage le visage libéral épanoui de Didier Reynders.
Le miroir aux alouettes de la liberté d’entreprendre a toujours suscité de l’engouement chez les laborieux. Ils sont persuadés que le travail acharné mène à coup sûr à la réussite, un peu comme s’il suffisait d’écrire un bon livre pour être édité.
Quitte après, à découper la tête du Che d’un magazine et le coller sur le fonds d’invendus.
Comme l’engouement parfois est enfantin !
Pensez futile disent les affiches.
Le quotidien est aussi dénué d’intérêt qu’une Madonna passant sur le trottoir sans ses paillettes et ses extravagances.
Pauvres gens des médias qui planchent sur le « progrès » et portent au pinacle la société de consommation, comme si on pouvait se branler sur un paquet de lessive !

8 septembre 2004

Dans les coulisses du pouvoir

Chirac – Mon cher Michel, nous avons le même problème, vous et moi.
Louis Michel – Je ne vois pas ?... Vous reprendrez bien un peu de sauce tomate sur vos boulets ?
Chirac – Merci… Si vous voulez bien me passer l’aïoli ?
Louis Michel – Voilà.
Chirac – Merci. Notre problème, c’est la succession du président que nous avons mis en place, moi, Alain Juppé et vous, Antoine Duquesne.
Louis Michel – Que pouvons-nous faire, mon cher Jacques ? Vous êtes victime d’un pouvoir judiciaire qui s’attaque à ceux qui représentent le mieux les valeurs de la République et moi, j’ai subi l’ami Antoine, qui n’est pas un méchant homme, mais qui se trouve être franchement limité.
Chirac – Les choses ne se modifieront pas avec le temps. Quoique, ce soit dur pour moi de voir un vieux compagnon condamné pour les fautes que j’ai commises à la mairie de Paris. Avant que vous ne vidiez tout le plat de frites sur votre assiette, vous pouvez m’en laisser quelques unes ?
Louis Michel – Joséphine vous en apporte de nouvelles, mon cher Jacques. Mon péché mignon ce sont les frites froides… Bien entendu, Ducarme a fait des dégâts dans sa mégalo des dépenses et son arriéré fiscal, voyez-vous, je pensais que sa situation financière désastreuse plairait à notre clientèle… des commerçants roublards… des faillis… bref le gratin du libéralisme social. Duquesne, c’est autre chose, il n’a pas su gérer les contentieux de notre électorat. J’en veux moins au premier qu’au second. Mais que faire ?
Chirac – Voyez comme les choses changent. Mon ami Juppé s’en va et je n’ai pas d’autre choix que de faire bonne contenance à son successeur Sarkozy !
Michel – Joséphine ?... Tu peux m’apporter la mayonnaise ?
Joséphine – C’est cinquante cents en plus.
Michel – On mettra ça sur la facture pour José Manuel Barroso. Vous croyez que ça m’enchante de voir Didier Reynders prendre la place de mon fils Charles ? pourtant j’ai multiplié les coups tordus, les réunions informelles…

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Chirac – Vous croyez que je me suis laissé faire ? Ma dernière intervention à la télévision pour faire comprendre à Sarko que c’était les Finances ou la porte…
Michel – Il a choisi la porte, l’ingrat. C’est alors que vous l’avez supplié de rester jusqu’aux débats sur le budget à l’Assemblée Nationale ! Comme c’est curieux, le mien aussi est ministre des finances !
Chirac – N’y aurait-il pas une cabale des ministres des finances contre nous ?
Michel – On le croirait.
Chirac – Et si on permutait nos ministres dans le cadre d’un échange européen ? J’aurais Reynders à Bercy et vous Sarko à Bruxelles ?
Michel – Ce ne serait pas une mauvaise idée. Ensuite, on leur ferait comprendre qu’ils sont un peu loin du bureau de leur parti pour devenir président…
Chirac – Je vais en parler à Juppé. Je ne fais rien sans son avis…
Michel – Et moi à ma femme… Joséphine l’addition… Comme ça va au château Pastur ?
Joséphine – J’ai prévenu Charles. On a vu Monsieur Didier monter au château la semaine dernière.
Michel – Non !...
Joséphine – Comme je vous le dis ? Et avec un rouleau d’affiches sous le bras encore !...
Michel - Ici à Jodoigne !...
Chirac – Vous voyez qu’il est temps d’agir et vite.
Michel – Le problème c’est mon fils Charles. Vous pourriez lui faire faire un stage dans votre gouvernement.
Chirac – Quel emploi souhaiterait-il ?
Michel - Ne devez-vous pas remplacer Raffarin, depuis le temps qu’on en parle ?
Chirac – Ce n’est pas envisageable. Je ne vais pourtant pas écarter Sarko qui veut prendre ma place et introduire une jeune ambitieux qui vient de passer à côté d’une présidence.
Michel – Je te dois cinquante euros, Joséphine ?
Chirac – Laissez, Louis, je paie l’addition. Je vais glisser la facture dans le dossier Juppé. Une note de restaurant aussi minime ne pourra que plaider en la faveur d’Alain.

7 septembre 2004

Charles et le libéralisme équitable.

Soit… Di Rupo a secouru le MR fatigué de Louis Michel. Une fin de carrière très lucrative de commissaire européen et hop, son compère est tombé le nez dans la mangeoire. Mais qui va nous débarrasser du fils ?
Ne voilà-t-il pas que le fiston, après être passé à côté de la présidence du MR pour cause d’empressement excessif et d’immaturité, plastronne à l’hôtel Métropole pour deux événements « mondiaux ». Il termine un livre qu’il espère la bible du libéralisme pour les cinquante années à venir et il lance une idée. Le père avait trouvé le libéralisme social, le fils fait mieux. Il innove dans le libéralisme équitable !
Que signifie cet accouplement antinomique ?
Inutile d’interroger Wall street, le libéralisme équitable ferait s’étrangler de rire jusqu’au portier.

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Comme si l’on pouvait accommoder le business aux spéculations sur l’équité !
Introduire l’équitable dans le libéralisme, c’est là une idée de Charlot.
Vous me direz, on a bien accouplé le libéralisme à la démocratie !
Vous marqueriez un point, car c’est un fait établi.
Cette notion de démocratie attachée au libéralisme est fort controversée et notamment par les altermondialistes.
Il serait curieux de redéfinir non pas la démocratie, mais le libéralisme par rapport à la démocratie.
Nous nous apercevrions que la société libérale est loin d’être une société démocratique.
Revenons à Charles et son libéralisme équitable.
C’est un peu comme si on demandait à un entrepreneur qui liquide son usine aux Hauts Sars pour s’en aller faire des pneus au Brésil de revenir sur sa décision au nom du libéralisme équitable ! Le pognon qu’il a bel et bien gagné depuis un quart de siècle qu’il pressure le personnel, ce cash-flow qu’il peut injecter au Brésil sur le dos des ouvriers de Herstal, vous n’allez tout de même pas me dire qu’il en aurait honte et que revenant sur ses investissements, la part des ouvriers qui ont contribué à la fortune de ce libéral équitable, leur serait comptée !
D’autant qu’il pourrait argumenter, ce patron, de la nécessité d’aller faire du libéralisme à la Michel junior, dans une région du globe beaucoup plus défavorisée que la nôtre !
On voit bien que Charles a beaucoup appris de son père pour l’usage des mots qui font mouche.
Il a le sens de la formule.
Pas plus que la rage taxatoire et le libéralisme social, son libéralisme équitable ne veut rien dire. Mais ce qui compte, ce n’est pas d’avancer des arguments, de montrer des voies possibles de progrès, ce qui compte, c’est d’impressionner les électeurs pressés par des formules.
Le peuple, pense-t-il, n’enrichit pas ce qu’il entend de sa propre réflexion. Le peuple n’aime que ceux qui pensent à sa place.
A force de se faire pigeonner par l’illustre famille de Jodoigne, le peuple les a un peu lâchés.
Voilà trop longtemps que ces athlètes roulent des mécaniques en soulevant des poids en carton.
Certes l’équité est rarement l’arbitre des rois (Marmontel) ; mais on voit mal, nanti de cette formule, notre Charles des Esprits tancer le successeur de Baudouin qui a bien du souci pour le moment – le pauvre - au communautaire, pour s’embarrasser de pareille dialectique.
Notre plus beau fleuron du MR finira, nous n’en doutons pas, par tomber à la suite de ses lectures, sur une « Pensée » de Pascal : « Il n’est pas permis au plus équitable homme du monde d’être juge en sa cause. » Or, s’il y a bien un métier où l’on s’auto admire, c’est bien le sien. Pascal le condamnerait donc à la modestie. Ce qui chez les Michel est la pire des punitions.
Reste à expliquer la formule à la FEB. Tony Vandeputte qui n’est pas du peuple – on s’en serait douté – ne comprendra jamais la démarche dans laquelle Charles veut entraîner le MR.
Il n’y a plus que les Nations Unies, pour un pareil destin.
Le libéralisme équitable y a son chemin tracé.
Le père, à l’Europe et le fils, à New York !
Commissaire équitable des Nations Unies, bon sang cher Elio ! nous serions débarrassés de la famille !
Y avez-vous songé Boulevard de l’Empereur ?

5 septembre 2004

Où va-t-on ?

Où va-t-on ? On ne sait, mais on y va !
Ceux qui pensent que ça ne sert à rien les coups de rame à tort et à travers suivent le courant… Le chaland qui passe, version les Prés de Tilff… L’herbe y est tendre aux chômeurs de longue durée. C’est toujours ça…
Entre les mois d’août 2003 et 2004, le chômage wallon a augmenté de 4 %, constate Jean-Claude Marcourt, le ministre wallon de l’Emploi. Selon le ministre, l’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi peut s’expliquer par le nombre de jeunes terminant leurs études venus s’inscrire à la boutique aux idées de Marie Arena.
L’explication serait plutôt mince. Cela signifierait que chaque année nous aurions une nuée de jeunes cherchant un emploi et ne le trouvant pas ! Voilà qui promet pour l’avenir.
Charmant pays, magnifique Région ne servant de jardin des délices qu’aux fortunes établies, aux miraculés de l’économie et aux pistonnés du système !
Comme dirait l’autre, il y a un petit fabricant de lunettes qui vient d’engager deux personnes pour un personnel qui en compte onze, c’est donc que l’économie va mieux.
Douce Wallonie, ne procurant à la jeunesse aucune perspective d’avenir.
Merveilleuse saison sous le charme de la mondialisation de l’économie.
Les pontes de la roulette nationale seraient les bienvenus de trouver un autre type d’organisation sociale. Et rapidement encore…
Sinon, à quoi ça sert au juste d’être né, comme chantait feu Béranger.
Un système où l’accès du buffet est un privilège, est un mauvais système.
D’autant que du côté du manche cela ne chôme pas.
Les maîtres de l’économie ont toujours tenu le même raisonnement : « C’est en leur mettant bien profond à tous ces saligauds que nous accroissons nos durillons de comptoir. Qu’est-ce qu’on va leur refiler comme salaire, chérie, vu que tu aurais besoin d’un lifting et moi d’une nouvelle secrétaire ?»

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Tout ça au nom de l’obligation de résultat face aux ouvriers-enfants au Pakistan et du bond en avant chinois qui n’a pas fini de sortir de son chapeau des cohortes de paysans enthousiasmés de la qualité du riz quand il vient d’ailleurs.
Autant, Marcourt n’a pas de solution, à part que le bougre s’est casé et que c’est toujours un chômeur de moins, autant la FEB chie les idées de partout pour se faire du blé.
La dernière en date : le Belge travaille trop peu et il gagne trop. Faisons-le travailler plus et gagner moins. CQFD !...
Du coup, la mode est à la dérégulation. Le travailleur parfait, c’est celui qui bientôt, travaillera au coup de sifflet, comme un livreur de pizza. On a besoin de toi, on t’appelle. On n’a pas besoin de toi, tu retournes dans ton terrier. Mais attention, pas comme un type qui a fini journée et qui est en vacances, non comme un pompier en état d’alerte.
C’est le must. On y tend. On y arrive.
Marcourt prêtera sans doute la main au scénario, si d’un bon salaire on peut en faire trois mauvais, tu penses, la statistique comme elle va débander du malheur…
C’est ça la solidarité, nom de dieu, jubilera la FEB.
Avant, c’était un salarié qui bâfrait et les autres la sautaient.
Demain, ce sera tout le monde qui aura droit à passer devant la mangeoire, seulement cinq secondes, il y aura moins à bouffer. Tant mieux, c’est pour votre santé. Il y a beaucoup trop d’obèses. Les vaches ! ils contrôlent même notre cholestérol.
Admirable société manipulatrice, les médias dans la poche, la disponibilité massive et générale, valsez musette, tant que le bâtiment va…
Les gras diront des maigres que ce sont des sales cons de poujadistes, la presse criera au danger du Vlaams blok et le professeur Moncuq tiendra une conférence de presse sur l’économie, qu’on s’empressera de souligner dans les médias comme étant la solution de la solution à nos problèmes. Le présupposé de l’absence de présupposé aurait dit Bourdieu, si le pauvre était encore en vie, car c’était un compliqué qui avait du cœur.
La jeunesse n’aura plus qu’à se branler sur la photo de Madonna à son dernier concert et tout sera dit !
Ah ! société admirable, que de crimes ont commet en ton nom, avec ou sans Manon-Philippon Roland.
Y a plus qu’une chose qui gêne : ces peigne-cul de terroristes qui ne respectent aucune règle du jeu et qui se conduisent vraiment… vraiment… comme la plupart des salauds qui ont réussi, du temps où ils étaient à chercher la fine combine… Où va-t-on vraiment ? Où va-t-on ?
Te presse pas, chérie, on y va… on y va…

Les grandes carrières du FOREM.


Aujourd’hui : Journaliste d’information.

- Vous éditez « Franchement couillon » depuis combien de temps ?
- C’est une tradition de famille. Mon père était déjà dans l’information.
- Que faisait-il ?
- Il remplissait des formulaires au Ministère de l’Agriculture.
- Comment vous est venu l’idée depuis les formulaires de votre père de créer « Franchement couillon » ?
- J’ai fait plusieurs métiers. J’ai écrit à la plume « Ballon » pour le compte d’un notaire. Marqué le linge avec une femme de ménage. Je me suis intéressé aux papiers peints « La Javanaise ». J’ai été licencié d’un club des chiffres et surtout des lettres. J’ai postulé l’emploi de directeur d’une fabrique d’alphabets en vermicelle au moment où il y avait quatre postulants sur le coup. C’est en travaillant à la calandre d’une blanchisserie que l’idée m’est venue de créer ma propre entreprise de presse.

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- Pourquoi ne faites-vous plus pressing ?
- Esther a une teinturerie.
- Je ne vois pas le rapport ?
- S’il n’y avait rien entre elle et moi, c’était plutôt envisageable. Mais dans la conjoncture actuelle…
- Donc vous vous êtes lancé dans l’écriture.
- Mais pas n’importe laquelle. J’ai opté pour la plus noble qui soit. J’informe !
- Je vois par exemple deux photos de votre première page. La première, représente un complet veston impeccable sorti tout droit de chez Esther. La seconde, le même complet mais tout déformé, méconnaissable !
- C’est ce que je vous dis. J’informe. C’est-à-dire que je rends informe !

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- C’est une boutade ?
- Non. Monsieur. Je ne sais pas ce qu’est la plaisanterie. D’ailleurs, dans notre profession, l’humour est un signe de faiblesse. Je rends informe par souci d’informer objectivement.
- Je ne comprends pas ?
- Qu’attend de nous le public ?
- Je ne le sais pas.
- Eh bien ! moi non plus.
- Et alors ?
- Dans l’ignorance où nous sommes de ce qu’attend le public, il me reste la certitude de ce qu’attendent de moi les trois lecteurs de « Franchement couillon ».
- Et qu’attendent-ils ?
- Ils attendent que je sois « Franchement couillon » pour dire d’eux des choses qui leur conviennent.
- Et qui vous conviennent aussi ?
- J’informe, monsieur…
- Noble tâche !
- Mission noble en vérité. Si j’écris que le train de 8 heures 47 passera à 9 heures 12 et qu’en réalité il ne passera qu’à 16 heures parce que les lampistes ont fait une grève d’avertissement, je passe de « Franchement couillon » à lamentable. Et cela, Monsieur, foi de Robert Plume, jamais… Par contre, si j’écris que le train de 8 h 47 passera à 16 heures, grâce à l’effort de conciliation de la direction vis-à-vis des lampistes en grève, je contente tout le monde. La Direction des chemins de fer, l’usagé et mes lecteurs… et même les lampistes qui sont heureux que l’on ait évoqué leur mouvement de grève.
- C’est ce qui s’appelle de l’opportunisme ?
- Non, monsieur, c’est ce qui s’appelle de l’information constructive.
- Que construisez-vous ?
- Mais l’essentiel pour moi : j’assure la trésorerie de la teinturerie d’Esther, je protège l’avenir de mes enfants, je travaille à la gloire du « Franchement couillon » et je me fais des couilles en or !
- Comment voyez-vous l’avenir de la presse ?
- Je reprends un lavoir automatique. Je l’adjoins au pressing d’Esther. Nous y plaçons un gérant et nous filons sur la côte d’Azur !
- Beau programme.
- Et sans jamais faillir, Monsieur, à la déontologie de notre profession, la plus enrichissante sous tous les rapports.
- Que pensez-vous de la Gécamine ?
- Les actions sont à 60 et ont encore baissé. Je vous conseille les Tubes de la Meuse.
- Mais, c’est fermé depuis dix ans !
- Non. Je vous conseille de miser sur les tubes que publie La Meuse dans sa page de l’écho de la Bourse.
- Je n’y manquerai pas.
- Tout le plaisir est pour moi.
- C’était Antoine Desmondes en direct de la RTBf pour l’émission de « Tout savoir sur rien, ce n’est pas la même chose ».

4 septembre 2004

La bourse ou la vie ?

Les Bourses d’étude, les subventions, les aides, les dotations, etc. vous pensez la source de pouvoir qu’elles procurent à ceux qui les distribuent. Vous n’en imaginez pas l’importance dans le système.
Le pouvoir de doter est un pouvoir quasiment féodal.
Je parle en connaissance de cause, moi, Richard III, avant ma déculottée à Bosworth en 1485. Je n’ai dirigé les hommes que par ça.
Allez voir du côté du pouvoir, 519 ans plus tard, comme on s’arrache les Présidences de comité, les contrôles, les Pouvoirs organisateurs…
Bien entendu, ce n’est qu’une source de fidélisation au clientélisme. Ce « pouhon » n’est pas unique. Le sol belge est percé d’une multitude de résurgence de la nappe centrale, énorme et imposante, forcément puisqu’elle est constituée de l’eau pure de votre pognon.
De l’autre côté du don, c’est comme au basket, eux ont le ballon, vous le panier. Ils font parfois exprès de mettre à côté.
Tous les moyens sont bons pour se bien placer devant le guichet, au bon moment, pour l’acte final : « ce bon vaut de l’argent », comme à la mutuelle.
La manne sacrée peut revêtir une multitude de formes, permis de travail, de séjour, nomination, engagement, autorisation, droit nouveau, droit ancien pérennisé, coupe-file, carte d’accès, naturalisation providentielle, urgence, non-lieu, voiture de fonction, bien avant la bourse d’études que le pauvre étudiant devra rembourser plus tard, quand il aura ouvert son cabinet.
Parfois, il échoit aux gens du vulgaire des bribes du pouvoir discrétionnaire, moins important qu’aux échelons de haute décision, certes, parfois à peine jubilatoire… mais… Un fonctionnaire infime peut ressentir ce plaisir trouble qui consiste à privilégier un demandeur : le vieillard aux cheveux argentés, parce qu’il a de bons yeux de chien battu, ou la grande perche parce qu’elle a un beau cul. Nul besoin de se justifier. Comme le flic qui décide de tout au départ de rien, pouvoir régalien, passager, certes, mais combien grisant pour les minables qui ont passé leur vie à subir, eux aussi. Se trouver pour une fois, de l’autre côté de la barrière, c’est suprêmement bandant, pour les âmes basses.
Deuxième échelon, le petit pouvoir suivi d’effets bénéfiques à la personne qui le possède. Certains fonctionnaires ramassent les miettes abandonnées à leur cupidité par le pouvoir du dessus. Les dossiers permutent, les empêchements s’évaporent, le passe-droit s’opère, impunité assurée.
Souvent les contreparties sont de petites compensations, « cadeaux » du bénéficiaire, ex-voto de la reconnaissance, renvoi de l’ascenseur.
Le cul est un des meilleurs ex-voto qui se puisse être. C’est gratuit pour celui qui l’offre, c’est un cadeau appréciable pour celui qui le reçoit.

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Vous imaginez la jubilation d’un ministre qui constitue son cabinet ! Les mannes que sont ses décisions pour la parentèle, l’entourage… le chauffeur, le secrétaire particulier, les membres et le chef du cabinet… cent emplois à discrétion et à pourvoir sans vraiment de critères que le bon plaisir !... On a vu comme cet exercice est périlleux avec l’aventure du cabinet d’Alain Vanderbiest. La tragédie parfois, quand le choix se porte sur une bonne gueule d’ivrogne ou une petite qui ne met pas de culotte, même par grand froid, le cousin qui n’a pas eu de chance, un ancien voisin qui vous invite les dimanches de forte chaleur à son barbecue, saucisses à volonté !... Vu sous cet angle, on en arriverait même à comprendre les choses… à se dire que ces dotations détournées, ce bon plaisir jubilatoire, on les comprend et on les accepte, mais se faisant, en signant le papier, en accordant un droit, en empilant les demandes à satisfaire d’amis sûrs, en prévision des élections futures, en guise de compensation aux tournées qu’on paie dans les cafés pour se faire réélire, on se retranche d’une intégrité qui s’échappe, d’une parole dite en conscience, d’une forme d’honneur qui se dissout. Ce que je reproche aux situations florissantes de certains de nos hommes d’Etat, ce n’est pas trop la situation sociale favorable par rapport à leurs petits mérites, c’est au-delà d’une perte d’intégrité certaine, le culot qu’ils ont de nous faire la leçon sur un civisme dont ils se sont éloignés depuis si longtemps qu’ils en ont perdu la conscience. C’est de prêcher une vertu citoyenne avec un tel dang-froid, qu’on se sent tout saisi de la fausseté du monde. Avec le mot « devoir » à la bouche, on fait danser le citoyen. On se fout de sa gueule.

3 septembre 2004

En avoir ou pas ?

Il fut un temps où chaque Liégeois avait les tripes remuées lorsqu’on lui rappelait l’histoire des Fourons rattachés à la Flandre malgré la volonté de ses habitants à la suite des tripotages-découpages de la frontière linguistique, ce scandale permanent de la connerie bien belge. Alors, on en était à supplier que les Flandres ne nous laissent pas tomber. De la droite à la gauche, les « forces vives » francophones allaient, à tour de rôle, bouger leur pantalon et s’humilier de Bruges à Gand.
Les exploits de José Happart, bourgmestre héroïque embuaient les yeux. Les élus wallons ne savaient plus où se fourrer, quand on leur reprochait leur démission face aux Flamands. On les voyait faire le pèlerinage dans les Communes martyres aux Fêtes de la Wallonie et aux fêtes locales. Au premier rang bien garni les parlementaires wallons montraient haut leurs chaussettes sur des jambes croisées. Le cocorico se poussait entre deux pèkèts. On entonnait « li tchant dè Wallons » avec la ferveur des premiers socialistes aux barricades, au temps où les piliers des Coopératives appelaient leurs enfants Floréal et Thermidor.
Puis les choses se sont tassées. Happart a monnayé ses voix de préférence au PS. De marchand de pommes, il est devenu marchand d’électeurs. Aux Fourons, on se battait toujours pour la liberté. Un certain Huub Broers, Flamand pointu, jouait les martyrs du côté de la Tour de l’Yser. Il ruminait sa revanche. Au théâtre de marionnettes à Liège, c’était lui le traître Gadelon. Puis les lois communales furent modifiées. Les Hollandais se logèrent en masse sur les terrains fouronnais moins chers que chez eux. Ils firent basculer la majorité. Les Limbourgeois attendaient leurs libérateurs. Ils ne furent pas déçus. Les gens de l’ancienne majorité wallonne devinrent leurs Tchétchènes.

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Bien sûr, il y eut de sinistres crétins dans la presse francophone pour nous rassurer. Ces Hollandais n’étaient pas des flamingants, bien au contraire, ils renforceraient la majorité francophone pour le retour à Liège. C’était sûr.
On a vu les résultats et comment ceux qui le mois avant n’étaient que des étrangers, firent masse avec les Flamingants. Huub Broers avait gagné.
Depuis ce personnage pittoresque a fait le ménage. Il a vendu des immeubles communaux où logeaient des francophones, il a imaginé et retourné contre ses administrés parlant le français, toutes les petites vexations qu’il avait subies, car le type est rancunier. Bref, le village est devenu une forteresse de la Flandre éternelle et son geolier en chef premier magistrat de la commune, à la grande satisfaction des partisans de l’Etat thiois.
La toute dernière « punition » consiste à débaptiser les rues des villages fouronnais dont les noms faisaient tort aux oreilles flamandes, pour leur donner des sonorités plus limbourgeoises. Huub Broers y excelle. Son imagination est sans limite. C’est le tegenovergestelde du Liégeois.
Huub Broers qui doit tout aux Hollandais ne pouvait que les remercier en tissant des liens avec les éléments de la police et des secours civils de la ville de Maëstricht. Bref, ce type est d’un grand oecuménisme, mais à sens unique. Un jour prochain, on verra peut-être des gendarmes hollandais prêter main-forte aux cogneurs brevetés de Tongres et de Hasselt au cas où un attroupement de francophones viendrait troubler le nouvel ordre des Eperons d’or.
Le croirait-on ? A Liège, aujourd’hui, tout le monde s’en fout et Les Fourons deviennent une histoire belge, un nouveau Clochemerle à la flamande. Les grandes gueules qui jadis sortaient leurs Lebel du musée d’armes pour des barricades héroïques, tressent des couronnes à l’Europe et traitent leur vieille colère de dépassée. Ils fleurissent tous les jours d’une rose rouge Sainte Obsolète à la cathédrale Saint-Paul, bientôt Sint-Pol.
La prochaine étape est déjà explorée. Huub Broers va faire tout pour débarrasser l’Administration communale des Fourons des derniers francophones qui y travaillent. Le secrétaire communal y est particulièrement visé.
Ceci pour dire que les rodomontades actuelles des francophones concernant Bruxelles et l’arrondissement de Hal-Vilvorde finiront de la même manière. Pourquoi ? Parce que les Flamands ont des couilles et que nos parlementaires wallons n’en ont pas !

2 septembre 2004

Crac boum ! C’est la rentrée…

En plus des niaiseries débitées chaque année à la rentrée des classes : les cartables, les marques, les crayons de couleur dangereux, etc… nos amis français ont encore à se dépêtrer des pattes des voyous en Irak qui ont capturé leurs deux journalistes à propos du voile islamique.
Si c’est moins stressant en Belgique, les commentaires y sont toujours aussi cons, Marie Arena en tête de colonne ; car si l’école des caïds était une mauvaise idée, n’en pas avoir du tout sur la question est pire.
L’augmentation du salaire des profs d’une broutille étalée jusqu’en 2010, c’est se moquer du monde. Les syndicats n’ont pas de quoi se vanter. Les pauvres ne rattraperont même pas l’écart entre la réalité des prix et l’index, d’ici là !
Bien entendu, la presse est unanime à faire soi-disant son travail qui consiste à répercuter la propagande des milieux établis et donc à conforter le système. A cause d’elle, il y a comme un malaise qui n’est plus perceptible dans la population. Et cela ose s’appeler de l’information objective !
Le corps professoral accuse son vieillissement en Belgique. Il n’y a que les élèves qui restent éternellement jeunes. L’allongement des carrières à l’Etat, selon la nouvelle tendance des patrons du privé, pend sous le nez des enseignants. Les chinoiseries qui retardent ou même qui rendent impossibles les nominations poursuivent leur travail de découragement moral. Si c’est ça la méthode Arena pour une nouvelle et fructueuse collaboration, la dame aurait très bien pu rester dans la haute Administration où ses solides amitiés dans le parti l’avaient déjà propulsée à la meilleure place. Hélas ! quand on a de l’ambition, on finit toujours par atteindre son niveau d’incompétence. Il est vrai qu’elle n’est pas la seule dans le circuit à jouer les divas avec une extinction de voix

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Les écoles resteront donc cette année le plus grand parking de chômeurs de l’Etat. Elles partageaient jadis la première place avec l’Armée, mais depuis qu’il n’y a plus de conscrits, elles ont repris le pompon…
On n’a toujours pas coupé le cou à la traditionnelle position droitière, largement reprise par la gauche, selon laquelle l’instruction revenant aux enseignants, les parents doivent pourvoir à l’éducation de leurs mouflets. Et d’aligner les chiffres des échecs scolaires bien plus nombreux chez les émigrés et les classes sociales défavorisées. Le premier devoir de l’Etat n’est-il pas de donner les moyens d’une égalité réelle des chances à chaque famille ?
Or, s’il y a bien un domaine où cette égalité des chances est une vaste fumisterie, c’est bien dans celui de l’éducation.
Dès lors que des parents illettrés, sans travail et sans argent subsistent en masse dans notre pays, qu’on ne vienne pas nous bassiner avec ces idées droitières dont aucune ne résiste à l’examen.

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L’égalité des chances n’existent pas, donc les scolarités difficiles, les redoublements, le mal être qui en résulte avec le toboggan vers les petites délinquances, puis les grandes, est avant tout la faute de l’Etat, mauvais gestionnaire, mauvais exemple s’il en est, avant d’être celle des mauvais parents, sans pour autant prétendre qu’il n’y en ait pas.
Il en est ainsi depuis que l’Etat existe. Cependant, à partir du moment où le législateur, c’est-à-dire l’Etat, fourre son nez partout et bâtit une société de plus en plus corsetée et dirigée, sa responsabilité est évidemment de plus en plus grande du fiasco général.
On peut affirmer qu’à la rentrée de 2004, tout en étant de plus en plus présent dans la vie des parents et des élèves, notre Etat « moderne » est peut-être celui dont la démission n’aura jamais été aussi grande, par rapport à ses prédécesseurs.
Ah ! les médias vont avoir bien du boulot pour faire croire le contraire aux gens.
Je leur souhaite bien du plaisir !

1 septembre 2004

La Convention républicaine à New York.

Plus de 400.000 manifestants new-yorkais ont montré leur opposition à la tenue en leur ville de la Convention républicaine. Le show médiatique de la Convention n’a pour but que de ferrer l’électeur en faveur de Bush, son leader.
Quatre-vingt-trois pour cent des New-yorkais ne veulent pas que leur ville serve à polariser l’électorat en faveur de Bush. En choisissant New York, les stratèges républicains ont fait preuve d’un cynisme et d’un opportunisme qui les poussent à se jeter dans la gueule du loup, ce qu’ils avaient évité de faire pendant 150 ans !
Bush va tenter de convaincre l’électeur américain qu’il a eu raison d’envahir l’Irak dans sa traque des terroristes musulmans. On connaît la mise en scène. Tandis qu’il lira à la tribune ce que ses nègres lui ont préparé, on verra la veuve de Reagan essuyer quelques larmes au souvenir de Ronnie, tandis que le père Bush se fera voir à l’US Open histoire de montrer que la famille est derrière le fiston.
Conscients que NY est allergique aux idéologies du grand air texan, ouvertement racistes et misogynes, les leaders Républicains n’ont pas hésité d’exploiter l’événement du 11 septembre 2001 à quelques centaines de mètres du lieu de la tragédie où la plupart des victimes ont été brûlées, suffoquées et broyées.
Au départ, il était prévu que Bush fasse la navette entre le Madison Square Garden et Ground Zero pour une de ses fameuses "session-photos", pile poil pour la commémo du 11 septembre.
Mais la visite fut discrètement annulée après que les survivants aient exprimé leur dégoût à l’idée.

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Voici un extrait d’un article du New York Times qui donne l’ambiance :
« Rejetant l’appel de l’ex-maire Ed Koch d’être "aimable" avec un parti qui a utilisé la mort de 2 801 new-yorkais (la plupart étaient des Démocrates) pour offrir des réductions d’impôts aux riches, pour bâtir des camps de concentration à Guantánamo et Abu Ghraib, pour envahir l’Irak et pour enrichir Dick Cheney et ses cadres d’Halliburton, certains groupes sont en train d’encourager les New-Yorkais à tendance plutôt libérale à offrir leurs services à l’escouade officielle d’accueil. Des cartes de la ville et du métro seront savamment modifiées et offertes par des hommes couverts de macarons. D’autres saboteurs, portant de faux t-shirts à l’effigie de la convention, dirigeront les visiteurs vers des quartiers où la politique de Bush a été la plus désastreuse. Il paraît même que des prostituées souffrant de maladie transmises sexuellement chercheront à décourager leurs clients Républicains de porter le condom. »
On voit l’ambiance !
Les New-yorkais se souviennent qu’après les discours et les promesses de générosité en faveur de la ville après l’attentat, l’administration Bush a chichement alloué une somme de 20 millions de dollars en dédommagement. Cette somme équivaut au coût de l’occupation de l’Irak pour un peu plus d’un trimestre ! Elle est ridicule par rapport aux estimations des experts.
L’économie new-yorkaise commence à peine à sortir du négatif, tandis que le taux de chômage national est à 6 %, celui de la ville de New York passe les 8 %. Le maire Républicain, Michael Bloomberg, est contre presque toutes les décisions prises par l’administration Bush concernant sa ville.
Avec ses 36 millions d’Américains qui vivent dans la précarité et sans couverture sociale, c’est un bien triste bilan de ce temple capitaliste qu’est l’Amérique. Cela devrait faire réfléchir nos Européens idolâtre du système.
Ce qui fait bondir les New-yorkais, c’est aussi l’incohérence de la politique de « vengeance » de Bush. Après le désastre, Al Qaeda et Osama Ben Laden étaient au Pakistan. Ils reçurent des financements de la part de l’Arabie Saoudite et du Pakistan. Les 19 pirates de l’air, organisés par le Jihad Islamiste étaient égyptiens. Bush a pris bien soin de ne pas s’attaquer à ces pays puissamment armés. Il s’en est pris à l’Afghanistan et à l’Irak. Des peuples qui n’avaient rien à voir avec le 11 septembre. Il a cru bon, par contre, offrir des opportunités d’affaires au parti Républicain dans les pays « sources » du terrorisme.
Les Républicains, plus que jamais, paraissent en pleine mutation. Ils sont devenus des néo-fascistes. On a trop tendance chez nous à considérer le parti républicain comme un parti classique libéral. Le MR en Belgique dans la folle surenchère de ses deux composantes flamande et wallonne vis-à-vis du Vlaams Blok et des extrêmes droites wallonnes - moins denses il est vrai - est en passe, lui aussi, de l’imiter.
Comme quoi, la situation d’une démocratie fortement teintée de libéralisme, comme le sont les Etats-Unis pourrait nous éclairer sur la nôtre.
Hélas ! si les New-yorkais crient aux loups et se méfient, nous en sommes toujours au clivage ancien d’une « bonne » droite avec son extrême.
Alors, qu’en ce domaine, la « bonne »droite n’existe pas.