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31 juillet 2005

Deux agents de ben Laden en liberté : Bush et Blair.

On a tort de considérer le terrorisme relevant d’une logique et d’une logistique avec état-major, décision et action. Pas plus Ossama Ben Laden, que Abou Moussab Zarkaoui et même que Monsieur mobylette, le mollah Omar, ne sont en mesure de diriger quoi que ce soit en-dehors des territoires qu’ils squattent plus qu’ils ne contrôlent. Ce qu’ils dégagent de nuisance tient plus de l’exemple qu’ils donnent que de la préparation des crimes dont ils se disent responsables.
Nous entrons dans leur jeu en les impliquant dans un complot international dont le cerveau serait ben Laden. « The brain » inspire des malfaiteurs, certes, mais au même titre qu’Al Capone ou Corleone.
Le danger vient de l’émulation des fidèles faibles d’esprit d’un mollah intégriste ou, du discours d’un croyant déséquilibré. Au départ, fils de bonne famille ou pas, coran ou 120 journées de Sodome en lecture de chevet, il faut être un fondu pour imaginer que des actions kamikazes modifieraient l’ordre des choses. Les mickeys poseurs de bombe sont avant tout des aliénés dangereux, leur profession de foi des bouffées délirantes.
Le terrorisme est une criminalité au même titre que celle des narcotrafiquants. Evidemment, il conviendrait de traiter cette criminalité avec un peu plus de sérieux que ce qu’on a fait jusqu’à présent des trafiquants de drogues dures. N’oublions pas que les narcotrafiquants, quasiment oubliés des professionnels de l’information, tuent plus de monde que le terrorisme. Mais la société, en intégrant ces pertes dues aux drogues, les a tout simplement banalisées. Une autre abomination pourrait faire rentrer le terrorisme dans l’anonymat : une crise écologique, l’absence d’un malthusianisme raisonné dans les années à venir ou un tremblement de terre majeur dans des lieux à forte densité de population.
Si l’on traite le terrorisme comme on traite le narcotrafic, il ne cessera pas de sitôt.
Lorsque quelqu’un veut vous tuer, il est utile de savoir pourquoi. Que Bush et Blair ne veulent pas établir un lien entre les attentats, la guerre en Irak et nous, nous voilà privé de la moitié des moyens d’investiguer et de comprendre. Comme si la guerre ne faisait pas germer des besoins de vengeance dans l’esprit des gens !
Le terrorisme aurait-il, comme le narcotrafic, des sanctuaires dans lesquels nos vertueux démocrates se gardent d’intervenir ?
Ingrid Betancourt parmi des otages des FARC, accable certaines républiques d’Amérique du Sud qui traquent et protègent à la fois les groupes maffieux. Les Nations Unies en Afghanistan assistent sans rien faire à la reconstitution des champs de pavot.
En serait-on arrivé au même laxisme avec le terrorisme ?
Inutile de se voiler la face, le terrorisme plonge ses racines dans les frustrations et les humiliations, un peu partout dans le monde. L’exploitation des communautés par des entreprises industrielles qui n’ont pas vocation sociale, loin s’en faut, crée un climat de revanche, d’autant plus refoulé et rabâché que toute revendication dans certaines zones sensibles est aussitôt réprimée. Pour comprendre ce qui produit cette psychose de vouloir "tuer pour tuer", il suffit d’observer ces communautés.
Les derniers attentats de Londres ont révélé des Communautés musulmanes dont la perspective d’un avenir meilleur est égale à zéro. Certaines interviews laissent percer le découragement, en même temps que le monde s’aperçoit que ces communautés existent. Et puis, il y a l’Irak et nos apprentis sorciers Bush et Blair. Mais diable, qu’allaient faire ces Zorro dans cette galère ?
Le discours fondamentaliste de Bush toujours relayé par Blair sur l’idée que le mode de vie américain est le meilleur au monde - donc éminemment copiable par tous - est proprement inqualifiable, s’il n’était avant tout d’une tragique bêtise.
Dire que l’Amérique est le bien et l’Islam le mal contribue plus à produire des terroristes que s’il y avait un Ben Laden dans chaque Etat occidental. Sans imagination et sans souplesse, la Maison Blanche ne peut négocier. Son discours radical est une catastrophe pour la paix.
Aujourd’hui la tromperie de l’opinion aux USA et en Angleterre a atteint un degré inimaginable. Le manque de courage des parlementaires de l’opposition dans les deux cas augure peut-être l’avènement d’un parti unique et d’une nouvelle politique à caractère centriste dans les démocraties. Nous assistons peut-être en Belgique à un tel regroupement.
Les partis n’expriment pas ce que les gens pensent.
D’ici à ce que les partis se rejoignent et se fondent et voilà la Grande-Bretagne dans les mêmes normes que l’Egypte de Hosni Moubarak.

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Décidément, les terroristes ont raison de se réjouir. On n’a jamais tant parlé d’eux et on n’a jamais proféré tant de bêtises. Ce ne sont pas eux qui établissent leur légende, mais nous.
Al Capone et Corleone n’auraient jamais osé imaginer cela.

30 juillet 2005

The good, the bad and the Ugly.

-Emile ne boit plus ! Rien pas une seule goutte… Je t’assure !
-C’est qu’il est mort, non ?
-Qu’est-ce que tu racontes ? On va au country ce soir…
-Et il boit plus ?
-Non que je te dis.
-Qu’est-ce qu’il fait au country, alors ?
-Bien, il danse avec le Country music-line danse.
-Et quand tu bois une bière ?
-Il boit un tonic.
-Il a toujours son Stetson ?
-Oui.
-Le noir avec le ruban en lynx ?
-Le même.
-Et ses santiags ?
-Les Marlboro…
-Et son colt ?
-Confisqué par la police !
-Il tirait plus avec…
-Si, le soir où Bison Blanc s’était amené avec ses plumes.
-Il avait pas fait la paix avec Bison Blanc au resto du GB d’Ans ?
-Oui. Ils s’étaient même passé la clope de shit en guise de calumet.
-Qu’est-ce qui est arrivé ?
-Il avait bu.
-Tu vois qu’il boit encore !...
-C’était avant qu’il arrête de boire, après le GB d’Ans.
-Alors ?
-Quand il a bu, ça lui revient à la mémoire, moi et Bison Blanc.
-C’est une vieille histoire…
-Sauf que Fernand, enfin… Bison Blanc, quand il a bu, il m’appelle toujours sa squaw ! Alors, Bill… enfin, Emile, ça lui plaît pas… seulement quand il a bu. Le problème, c’est qu’avant, quand on buvait ensemble, je déconnais avec lui. Maintenant, je déconne toute seule
-Qu’est-ce que ça fait ?
-Ça fait que je dis tout ce qui me passe par la tête. En ce moment, j’ai pas intérêt à dire tout ce qui me passe par la tête.
-T’as repris avec bison Blanc ?
-Non. je suis avec Tex, enfin Raoul.
-Le guitariste solo des Country Ok Corral ?
-Tu connais ?

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-Un peu. My darling Clementine fait choriste dans son ensemble. Je me demandais, s’ils étaient pas en train de me jouer Fort Alamo, comme David Crockett l’année dernière.
-Ah ! c’est pour ça qu’il m’a fait cadeau d’une bague que je croyais qu’était à ta femme !
-Montre !
-Nom de dieu ! Elle m’a dit qu’elle l’avait perdue…
- Tout à fait comme dans Big Valley avec Barbara Stanwyck dans le rôle de Victoria Barkley et Douglas Kennedy dans le rôle du Sheriff Fred Madden.
-Sauf que la pauvre, c’était Madden qui lui avait volé sa bague et qu’elle n’avait pas couché avec lui.
-C’est ce que j’aime bien dans le country. C’est comme dans les westerns. Personne couche avec personne.
-Sauf que toi...
-Moi, c’est à part. J’ai connu Fernand, Bison Blanc, avant Bill, enfin Emile. Vrai aussi que j’ai connu Emile avant Tex, enfin Raoul… Tandis que toi, sweet Clementine, ta femme, n’était pas avec Raoul-Tex, des Country OK Corral, avant d’être engagée pour le chant !
-T’as raison. Elle a perdu sa bague en concert et c’est Tex qui la trouvée et ne pensant pas que c’était à ma femme, l’aura glissée dans sa poche pour te la donner. Vu ainsi, c’est même gentil de sa part.
-Je reprendrais bien encore une petite chope.
-Moi aussi. Ils n’ont pas de la trappiste pareille au Texas.
-C’est mieux qu’on reste à Herstal.
-Je sais plus ce que je dis…
-Moi non plus. Et quand je sais plus, je dis tout… Et dans l’histoire de bague perdue, il y a un truc qui me chiffonne…
-Ah bon !
- Comment Tex m’aurait donné la boîte avec la bague, s’il l’avait trouvée ?

29 juillet 2005

L’agression.

Tu te promènes… t’es peinard… t’es peinard mais t’es seul dans un grand espace où tu vois vraiment personne. Pile tu tombes sur un loup… « la bestia senza pace » d’après Dante… Si t’es au courant, un peu de jugeotte, t‘auras pas peur… Bien. Mais faut faire gaffe, pas de gestes trop brusqués, de cris, et tes sueurs froides, faut te les garder sous la chemise… calme, relax… t’arrivera rien. Parole. Vous vous croiserez en méfiance, certes, mais au respect… Méfiance surtout de la part de l’animal qui a des raisons de se méfier, depuis Dante et même avant… pas que les bergers, ces trous-du-cul qu’ont jamais vu la bête de près mais qui ont juré d’avoir sa peau. Toi, si tu sais… tu passes. Il t’évalue si t’es un type bien ou si t’es un berger des Pyrénées… Il sent la connerie de loin, le loup… se trompe jamais.
C’est l’animal, le loup, qu’a les inhibitions antimeurtres les plus sûres qui soit dans le monde entier. Si t’as des petits enfants en amitié avec un loup, tu peux faire confiance à la bête, leur arrivera jamais rien. Mieux, les autres prédateurs ont pas intérêt à s’approcher… dévoué jusqu’au sacrifice, le loup…
C’est Marx qui a repris, l’homme est un loup pour l’homme, de Plaute, l’auteur dramatique latin… la connerie de Prologus, est dans le fait qu’on compare l’homme au loup. Pour le reste… on devrait dire l’homme est une salope pour l’homme. C’est tout. Pas mêler le loup à ça… lui si fin… si extrêmement doué des 5 sens… à côté de lui, l’homme, c’est une merde.
Justement on y vient.
T’es toujours dans l’immensité, rien de partout… sauf le loup.
Imagine qu’à la place ce soit un homme qui se découpe sur l’horizon puis qui grossit et se rapproche. S’il t’a pas vu, t’as encore une chance, celle de te jeter dans le fourré et attendre qu’il passe. S’il t’a vu et que c’est trop tard pour l’esquive, fait extrêmement gaffe !... L‘homme est un animal imprévisible. Tu crois qu’il est animé d’intentions pacifiques la seconde avant qu’il te saute à la gorge.
Comme dit mon Konrad (Lorenz) « Les caractères aptes à déclencher les inhibitions sociales varient fortement d’une espèce à l’autre ». On est au maximum dans l’imprévisible, nous les hommes…

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D’autant que si t’es là bariolé, chemise à fleurs pantalon flibustier et que l’autre est en gros velours, la hache à l’épaule, tu risques plus encore… tu déclenches chez le bouseux des stimuli contraires, des couleurs bariolées, des comportements dandinant, qui rendent nerveux l’homme « normal ». C’est dans le corps caverneux que ça se passe, cette boîte à con derrière le cerveau. Pour le héron et pour l’homme, c’est pareil, c’est le signal déclencheur d’une force agressive. En plaine, ou rue Haute-Sauvenière après minuit, c’est pareil.
Faut pas croiser. C’est tout.
Rue Haute-Sauvenière ou Grand Causse, t’as plus qu’une chose à faire : le geste de soumission, tu tends le portefeuille en signe d’allégeance. Et tu bouges plus… des fois que t’aurais affaire à un sadique qui cherche à tuer. Si tu bouges plus, ça l’étonne et le sang sort du corps caverneux. La pulsion de mort tombe. C’est tout juste s’il s’excuse pas en te prenant le portefeuille… Mais, c’est pas toujours ainsi que ça se passe. Certains inhibés particulièrement tarés t’en veulent de la frousse qu’ils ont eue de leur propre audace et que t’y répondes par la soumission les rassure pas tellement, alors ils t‘allongent pour le compte…
Un coq battu cache sa tête pour soustraire à l’adversaire sa crête rouge et ses caroncules. Toi, t’as plus qu’à garer la tienne en te protégeant de tes bras. Les lève pas trop brusquement. Même si la première mandale passe… Sauve tes lunettes, d’accord, mais pas de gestes brusques… Surtout fais pas comme le chien battu qui présente son cou à son vainqueur. Présente le moins possible. L’homme, c’est pas un chien, ni un loup, c’est pire…
Un loup comprend… l’homme jamais.
Si au lieu du bûcheron hache à l’épaule, c’est sa femelle que tu croises dans les déserts… rue Haute Sauvenière ou les Grands causses, tout bascule dans le contraire. Tu vois le jupon que soulève le vent de plus loin que le bûcheron à la hache. Tu n’as pas le désir de te jeter dans le fourré, au contraire, mais dis-toi bien, petit con, que destiné à être battu par le premier prédateur venu, la vue d’un jupon réveille tes instincts et tu passes directement de la position du dominé à celle du dominant… même si t’as pas envie… par atavisme, c’est comme ça. De même que l’autre sur son talus fait exactement le même raisonnement que toi, tout à l’heure à la vue du bûcheron. Vu de loin, dans le désert, la femme sait plus qu’une chose : présenter son derrière comme la femelle babouin. A toi de faire un effort sur toi-même afin de ne pas en profiter et devenir un salaud comme tout le monde.
C’est dur. Mais avec du caractère et de la persévérance, on y arrive.
Dans les cas de rentre dedans, de face à face comme l’attaque virtuelle de deux perches en étang, t’as intérêt à n’ouvrir ta gueule qu’à moitié, de sorte que l’autre qui l’a ouverte dans la plupart des cas au maximum, à les mâchoires coincées sans pouvoir les refermer.
T’as toujours l’air con, la gueule ouverte n’oublie pas…

28 juillet 2005

Test de Rorschach à la RTBF

-Salomé von Meck quel est le lien familial que vous avez avec Sigmund Freud ?
-J’ai vécu avec Sida Grauss-Filou – nous avons fait du football ensemble. Sida était la petite fille du « friseur » Charlie Cocksucker qui est l’auteur de la plupart des œuvres de Sigmund.
-Quelle était la nature des relations de Cocksucker avec Freud ?
-A Vienne, en coupant les cheveux des clients, Charlie expliquait la psychanalyse à Sigmund qui prenait des notes sur le divan du salon.
-Votre réputation mondiale de psychanalyste, vous l’attribuez à quoi ?
-J’ai longtemps eu en analyse dans mon cabinet de Bruxelles, des premiers ministres et chefs de parti de Belgique. C’est grâce aux résultats que ma réputation s’est établie.
- Pouvez-vous parler de vos patients ?
- Je suis tenue par le secret professionnel.
-A défaut, pouvez-vous dire quel était le mal dont ils souffraient ?
-Ils leur restaient des scrupules. Notamment, un patient qui venait de Mons deux fois par semaine pour me voir.
-Qu’en est-il aujourd’hui ? Où en sont-ils dans leur thérapie ? Gardent-ils des séquelles ?
-Certains vont beaucoup mieux. Des guérisons furent difficiles. J’ai eu un échec avec un charcutier-parlementaire qui a suivi une thérapie de quinze années, en vain !
-Des scrupules au niveau du gouvernement ?
-Non. Au niveau de sa charcuterie. Il faisait du boudin pour les maisons de vieux qui n’avait pas la qualité de celui qu’il distribuait dans les grandes surfaces.
-Quels sont vos projets ?
-Après le décès de Sida, j’ai fait la connaissance à l’hôpital Brugmann d’une stagiaire Bone Coolout, une Américaine en formation chez nous. Nous avons fait du parapente à Millau et du parapet à Vichy. Nous avons décidé de nous marier en Hollande grâce aux facilités administratives accordées aux personnes du même sexe. Ce sera pour septembre.
-Je parle de vos projets scientifiques ?
-Je viens de publier un article au Zeitschrift… une réfutation à « Malaise dans la civilisation » que Cocksucker écrivit à Baden-Baden pour Freud. Ils étaient soignés pour une constipation profonde. Leurs relations étaient à cette époque fort perturbées.

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-Sur quoi portent vos observations ?
-Le sentiment que notre propre Moi nous trompe sur les véritables relations de notre Moi avec notre propre Soi. La démarcation entre le Soi et le Moi est indiscutablement dans la solution que le Moi et le Toi ne pourraient faire qu’un et ainsi se couper du Soi.
-Ce qui signifie ?
-…que Freud dans un état de constipation avancé ne pouvait faire autrement qu’essayer trois fois par jour d’aller à la selle sans résultat. Il venait d’hériter d’une tante, d’où sa théorie du riche constipé.
-Vous réfutez quoi ?
-Je réfute que le Moi de Freud n’étant pas purement hédonique, pour faire des en dehors, il fallait tout simplement pousser. Et c’est le Moi externe de Cocksucker…
-Le caca ?
-…pas tellement riche de sels minéraux, qui est enfin devenu mou. Car en même temps qu’il se détachait du monde extérieur, le Moi interne de Freud redevenait ferme.
-C’est lumineux !
-Non. Mais ça soulage.
-Vous êtes une grande sportive. Tout le monde sait que vous avez été championne olympique de boxe à 22 ans et que vous avez fait la face Nord de l’Eiger en hiver.
-Oui, mais il pleuvait cette année-là.
-Et qu’en outre vous êtes la présidente des Cunt-lapper’s d’Ixelles. Pouvez-vous nous en dire deux mots ?
-C’est une association de femmes qui en ont assez que les mecs nous écrasent de leurs prétentions musclées. Chaque fois qu’une d’entre nous cède aux avances d’un homme, elle doit nous en faire part au cours d’un dîner entièrement à ses frais.
-Vous en avez souvent ?
-Le dernier repas, c’était en 1999, il y a six ans, offert par Anne-Marie L. qui venait de céder aux avances de son mari, après un pèlerinage à la Sarthe. Elle mettait un terme à 12 ans de résistance.
-Et depuis ?
-Nous venons de l’exclure. Elle a récidivé en 2004.
-C’était Adeline Pâtissier pour la RTBf.
-D’habitude, tu fais le Classique des classiques ?
-Oui, mais Anne Delvaux est en vacances.
-Tu es drôlement jolie. Ça te plairait de venir au Club des Cunt-lapper’s, à Ixelles ?
-On m’attend au studio. Si vous voulez bien enlever votre doigt qui tend l’élastique de mon slip ? Merci.

27 juillet 2005

Liège en délicatesse avec ses architectes.

On ne va pas revenir sur la saga de trente années de galère place Saint-Lambert. La solution actuelle n’est pas mirobolante, mais elle a le mérite de mettre fin au chantier permanent qu’était devenu le cœur de Liège.
Elle n’est pas mirobolante car, comme dans tout ce que l’on entreprend à Liège, il manque toujours des sous pour finir une bonne fois pour toutes ce qu’on a commencé dans le grandiose et le « m’as-tu vu ? ». Il reste deux trous à boucher : gare du Palais et côté Tivoli.
Ainsi du projet de la nouvelle gare des Guillemins.
C’est gigantesque ce qu’on construit. Sera-ce « beau » ? Ce sera en tous cas étonnant. Vit-on jamais pareille élévation de voûte pour faire passer des trains ?
Vu la modestie de ce qu’on est devenu, avait-on besoin d’un pareil édifice ?
Sacrifions donc à la mode des structures aériennes, ajoutons nos poutrelles à la contribution des ensembles à ossature métallique qui depuis Eiffel et Baltard ont singulièrement évolué.
Ce qui est fait, est fait. Ne recommençons pas ailleurs le débat Saint-Lambert.
La gare en voie d‘achèvement, on s’est inquiété de l’environnement immédiat. La placette sous forme de chapeau pointu du premier projet semble caduque. Une fois de plus, on n’a pas réfléchi assez à ce qu’on allait faire devant ce monument aérien. Comme d’habitude, on a multiplié les expropriations par nécessité publique, rue Jonckeu et rue Varin, laissant à une bonne centaine de Liégeois l’alternative d’aller se faire voir ailleurs. Ce qui a pour effet de vider la ville un peu plus de ses habitants.
Du premier coup d’œil, la placette triangulaire sera écrasée par le monstre dressé de la gare. La vue des bâtiments noirs du Ministère des Finances à trois cents mètres de la place est tellement hideuse, qu’il a été nécessaire de la masquer par le subterfuge classique de quelques beaux arbres, qui, on l’espère, croîtront vite.
Une nouvelle proposition exposée dans les gazettes vient de naître. Par rapport au gigantesque de la gare, elle est à sa mesure et clôture le débat. Mais le coût en est croquignolet. Il s’agirait de percer un canal jusqu’à la Meuse et qui se terminerait en bassin devant la gare. Ce projet élargirait la perspective de la gare jusqu’aux berges du fleuve. Ce plan d’eau poursuivrait par sa dimension horizontale, ce que le bâtiment a de hauteur majestueuse.
Comme pour de nombreux autres projets de la place Saint-Lambert, celui-ci ne sera sans doute jamais réalisé, faute de moyens. Et c’est grandement dommage, car il est pour une fois, parfait !
On se bornera au chapeau pointu de la nouvelle place en face de la gare avec des trompe-l’œil pour masquer les bâtiments horribles du Ministère des finances.
Ainsi, une fois de plus on aura primé un projet - celui de la gare – sans se rendre compte qu’une fois réalisé, il susciterait des problèmes de volume à son environnement. On a oublié le paysage urbain ! Déjà que par rapport à la colline de cointe contre laquelle la gare s’adosse, ce n’était pas fameux, voilà que pour en face, on capitule…

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C’est ce qui se passe derrière les nouvelles galeries Saint-lambert, place Saint-Etienne. Que va-t-on plaquer contre le haut mur qui termine cet ensemble ?
C’est bien que l’on ait de l’ambition pour un urbanisme qui entre pour beaucoup dans le plaisir ou le déplaisir qu’ont les Liégeois d’arpenter leur ville. Il ne faudrait pas cependant sombrer dans l’improvisation, quand le travail fait, on s’aperçoit que ce qui reste à faire aux alentours du projet est aussi important ! Ce serait agir comme ces imprévoyants qui repeignent une porte de leur maison et qui finissent par ravaler la façade et tapisser les chambres, sans avoir rien prévu.
De ces observations de bon sens, souvent ceux qui se sont démenés pour penser et prévoir à notre place, n’en ont cure.
C’est ainsi que l’année dernière, alors que la polémique commençait à prendre vie sur l’environnement des Guillemins nouveaux, des responsables s’inquiétaient de ce que la dénomination « Guillemins » pour une gare de « prestige » a de mesquinement locale. Et bien entendu de gamberger sur quelques vocables ronflants, plus en adéquation avec le « grand » rôle de la Ville. Les Liégeois dont la renommée a dépassé la côte Saint-Gilles sont rares. Sébastien Laruelle, ça faisait « casêre », Notger ou Destenay, ridicules. Restait le grand des grands, Charlemagne en personne !
Pendant que les Liégeois se posent des questions sur ce qu’ils vont voir autour des réalisations de prestige, voilà à quoi certains passent le temps !
D’autant que les Liégeois aiment bien appeler le quartier de la gare et la gare elle-même, Guillemins.

26 juillet 2005

Une travailleuse pleine de charme

Ces temps-ci, Madame Arena exalte pour les chômeurs ataraxiques les joies saines du travail, l’initiative privée et le bonheur de faire. Elle se comporte comme l’amiral en faction devant des bars à Pigalle qui accoste les passants « Petites femmes, sexe, plaisir pour pas cher ! Elles sont belles, elles sont jeunes et brûlantes… Entrez… Pas d’inscription, c’est gratuit. » A l’intérieur, accoudées au bar, quelques vieilles poules en manque, sans julot depuis dix ans, ont dans le regard le pathétique de la difficulté financière permanente.
Une fleur à la belle et mince Marie : il est exact que l’on peut tirer du travail quelque avantage moral.
Le travail par son côté noble est bon à l’homme. Le travail comble souvent le vide d’une vie. Il a le mérite de détourner notre regard de cet autre nous-même que nous ne connaissons pas. Il peuple notre solitude. Il occupe notre esprit. A bien considérer, le travail amuse notre vanité, nous donne souvent une meilleure opinion de nous-même, ce faisant, nous protège du dégoût qu’a le dépressif de sa personne !
Par le travail, nous croyons entreprendre sur les destins et forcer le nôtre à des réussites jusque là inespérée. Le mirage de l’indépendance est au bout du chemin et nous sommes certains de l’acquérir par une régulière ascension sociale. Nous y aurons la joie de commander les autres et de nous faire respecter. Même si c’est unilatéral, nous aurons le pouvoir de licencier ou d’augmenter les personnels.
Le travail fait de nous des êtres quasiment divins… des héros, décorés, applaudis et parfois honorés par le roi.
Tout cela est vrai… sauf un détail.
Ce que la charmante et svelte Marie nous propose est tout ce que l’on veut, sauf un travail, à quelques rares exceptions près…

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C’est une des misères de la langue française de ne pas avoir créé dès l’ère industrielle un vocable pour désigner le travail à la chaîne, parcellisé, minuté, scruté, le travail infâme des culs de basses-fosses des mines, des carrières, le labeur infernal des paysans pauvres, parfois battus et mal payés, les « carrières » de ces couturières en chambre, pas assez jolies pour être jetées dans la prostitution et qu’on attache à une machine à coudre dès l’âge le plus tendre, pour nous fabriquer des chemises à 5 euros, des métiers relookés pour technicienne de surface… à se flinguer un lundi matin.
Enfin, la recherche d’un Walhalla productiviste, sur les lèvres vermeilles de la sculpturale Marie n’a rien de commun avec la misère ambulatoire de la jeunesse qui voudrait louer sa force de travail et qui ne trouve que sarcasmes et indifférence.
C’est un mythe, dont en sirène, elle vante les mérites, jouant sur la confusion des genres afin de culpabiliser ceux – surtout les artistes et les poètes – qui n’en ont rien à foutre de s’aller vendre aux suppôts de René Mené, ces viandards des petites et moyennes entreprises. A cause d’elle, des malheureux grossiront le flot des travailleurs infortunés sans protection sociale, bloqués aux portes de la middle class triomphante, par peur d’y perdre leur âme en y entrant.
Afin de trouver un terme adéquat de substitution au mot « travail », j’avais pensé au mot « corvée ». Malheureusement, le mot s’emploie pour désigner un travail forcé et obligatoire, ce qui jusque-là convient, mais non rémunéré. Or, même avec des clopinettes, ce que la troublante Marie nous propose est jusqu’à aujourd’hui toujours payé.
Si la ministre a une idée ?
Prestant pour du fric, elle, au moins, a un métier dans lequel elle s’exprime. Elle ne s’en prive pas.
Elle est donc aussi mal placée de parler du travail qu’Etienne Davignon de la faim dans le monde. Sa fonction n’est-elle pas de rendre heureux le plus grand nombre d’habitants de cette Wallonie qu’elle dirige de ses petits doigts de fée dont nulle serpillière ne ternira jamais les ongles, sans les pousser à des ignominies !
Lancer un concours, afin d’imaginer un mot nouveau pour qualifier les besognes que la rayonnante Marie nous propose, serait remettre les choses à leur juste valeur.
Pourquoi ne le ferais-je pas ce concours ? Avez-vous déjà vu, hélas, un texte de Richard III toujours beaucoup « trop long », réussir dans un « concours » ?
Une association d’idées contractée en un vocable nous sauverait de la pauvreté actuelle. Il existe tant de manières différentes d’évoquer les plaisirs de l’amour, qu’il doit bien se trouver quelque part un néologisme capable de désigner l’ersatz du travail.
J’avais pensé à « enculade ». Malheureusement la connotation est péjorative et je l’ai abandonné. Cela aurait été jouissif d’entendre la gracieuse M. A. (voir les qualificatifs plus haut) et le rubicond Mené en conférence avec Didier Reynders nous parler d’enculade… « L’enculade a encore progressé dans la région de Mons, grâce aux efforts du bourgmestre ».
L’ennui c’est que si « travail » à naturellement son activiste : le « travailleur », l’ « enculade » aurait aussi naturellement le sien : « enculé ». On voit l’impasse !

25 juillet 2005

Du X sur Mobistar.

- Allô Noix de Coco ? Ici Foirine. Tu vas bien ?
-Justement j’y suis. C’est sans problème. Comment ça va, toi, ma puce ?
-Quand est-ce qu’on se voit ?
-J‘ai un car le 12, donc d’ici là.
-Aujourd’hui j’ai mes brouilleries. Mettons demain à 14 heures ?
-C’est bon pour moi. Et Sans-toi-je-n’ai-plus-rien à sa brocante, comme d’habitude ?
-Avant qu’il parte, on a eu une explication.
-Et alors ?
-Je veux plus qu’i’ m’ touche. On se tourne le dos pour dormir. Quand il veut le faire, je pense fort à toi et je me mets à ricaner.
-C’est efficace ?
- Ça le refroidit. Il grogne un peu. Parfois il garde volontairement la main sur ma fesse gauche.
-Pourquoi la gauche ?
-Parce que je dors sur le côté droit.
-Tu sais que je commence à être jaloux !
- Faut pas bijoux. On ne fait plus rien depuis longtemps. C’est un vieux…
-Il a quand même dix ans de moins que moi !
-Toi, ce n’est pas la même chose. Qu’est-ce que j’entends, là ?
-C’est rien. C’est moi qui tire la chasse. Je dépose le portable, faut que j’m’essuie…
-Tu penses à moi ?
-C’est qu’en ce moment…
-Tu dois penser à moi tout le temps…
-Merde, je dois encore en reprendre un !
-De quoi, ma puce ?
- Un papier, tiens…
-Même comme ça, tu dois penser à moi… C’est fort tu sais entre nous.
-J’y pense.
-J’entends de nouveau l’eau. T’as une fuite ?
-Je ne sais pas ce que j’ai mangé ces temps-ci, mais j’en ai toujours un qui flotte !
-Ce que t’es drôle ! Quand est-ce que je vais t’avoir pour moi toute seule ?
-El’ Denise, ma marchande de cravate m’a beaucoup aidé quand j’étais chômeur.
-C’est vrai. Mais tu ne l’aimes plus au moins l’el Denise ?
-Pourquoi tu dis l’el’ Denise ?
-C’est toi qu’as dit l’el’ Denise !...
-J’ai pas dit l’el’ Denise, mais elle, Denise… T’as beau m’ dire que tu vas le foutre dehors, t’es quand même toujours avec le brocanteur…
-Tu ne fais plus rien avec elle, dis ma puce ?
-Elle a la clé d’Andrimont. Voilà dix ans qu’elle vient le week-end. On dort chacun de son côté, comme toi avec Sans-toi-je-n’ai-plus-rien.

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-Crois-tu qu’ils sont malheureux, ceux qu’on n’aime plus ?
-En voilà une question ! Est-ce qu’ils nous demandent si nous sommes heureux de ne plus les aimer?
-Non.
-Ce sont des égoïstes. Ça les fait jouir, le malheur.
-Qu’est-ce que tu m’as rapporté de ton dernier voyage en Toscane ?
-Un bouton de la veste d’un Uhlan de la guerre 14. Un collègue l’a trouvé à Douaumont. La guerre 14, c’est mon dada…
-C’est pour moi ?
-Non. Mais je te le montrerai.
-Qu’est-ce que tu fais, j’entends un bruit.
-C’est l’armoire de l’entrée. Elle grince.
-Tu fais quoi, dans l’armoire de l’entrée ?
-Il faut que je change de slip. En me levant du pot, j’ai jeté un œil sur le fond. Tu ne viens que demain, j’ai le temps de me changer, mais tout de même, ne serait-ce que pour moi…
-Ma puce, t’as beaucoup d’hygiène. Je considère ça comme une preuve d’amour.
-C’est la moindre des choses. Je l’avais sur le cul depuis 8 jours. Quand ça pue, je change. Sauf en voyage, je les garde plus longtemps. J’prends l’minimum. Puis… les femmes qui voyagent aiment les odeurs fortes. Elles me sentent venir la nuit dans le couloir de l’hôtel.
-T’es professionnel, ma puce. T’as du métier, tu sais… Tu m’finis Verdun demain ?
-Si tu veux. On était à octobre 1916, le Chemin des Dames….
-J’apprécie ton romantisme. Tu te rappelles, ta façon de m’ regarder l’air malheureux, tandis que Sans-toi-je-n’ai-plus-rien courait me chercher un sorbet. T’étais magnifique !
-Si tu m’avais connu il y a 40 ans !
-T’as dû en faire des conquêtes !
-Non, pas du tout. Il y a 40 ans, les femmes aimaient déjà les vieux.
-Je dois te laisser. J’entends Sans-toi-je-n’ai-plus-rien qu’a fini la vaisselle.
-Tu vas mettre quoi pour dormir avec lui ?
-J’ suis à poil comme d’habitude. Si je mettais quelqu’ chose, il se méfierait.
-Mais, puisqu’il sait tout ?
-Il pense que c’est fini nous deux. Demain, je vais voir une avocate. C’est une bonne. C’est une lesbienne qu’a horreur des hommes. Tout ce que j’ veux, c’est qu’i’ foute le camp et que je garde tout’ la brocante pour not’ futur commerce.
-T’as raison. Arrange-le. I’ nous a assez emmerdé… hein, ma Foirine !

23 juillet 2005

Dérive.

Ce sont des flics londoniens qui abattent un pauvre type dans le métro de Londres sur les recommandations du chef de la police « visez la tête » (au cas où ce serait un kamikaze du genre bombe humaine). A la suite de quoi le « Sun » titre « Tuez les tous ! ». Renseignements pris, ce type n’est pour rien dans les attentats. Si ça se trouve, il était sourd et n’avait pas entendu l’ordre de s’arrêter. Embarras de la police : c’était une bavure.
C’est un sénateur amerloque, Tom Tornedo, un parfait conservateur du parti de Bush qui recommande l’usage de l’arme nucléaire sur La Mecque en cas d’une nouvelle attaque d’Al-Qaida contre les USA.
Enfin, les comiques locaux de certaines communes du Hainaut instaurent la délation civique à l’encontre de tout ce qui paraîtrait « anormal » aux « braves gens ».
Cela donne froid dans le dos et fait évidemment le jeu de ceux qui sont à la base des violences. Raser La Mecque serait évidemment inespéré pour Al-Qaida. On se demande si ce groupe terroriste n’aurait pas infiltré le Congrès des Etats-Unis ?
Le gouvernement Bush ? Probablement.
Comment expliquer qu’à la suite des déplacements nombreux de Condoleezza Rice, on ne compte plus les attentats ? Il n’y a pas deux jours, elle était au Liban… résultat !
Ces populations « traumatisées » dont la nôtre, étant entendu que nous réagissons sans être attaqués en montrant le poing à qui n’est pas en alignement sur « La Liberté éclairant le monde », ces populations traumatisées, dis-je, ne le sont que parce qu’elles ont été façonnées par les élites à la grand messe de la démocratie menacée.
C’est un peu la réussite qui mène à l’échec des gens drillés, éduqués à la Nuremberg manière, quand l’Adolphe levait son petit bras à la verticale et que des centaines de milliers de has been qui allaient mourir sur les champs de bataille le levaient à leur tour. En un mot les hommes politiques ont créé le démocrate moderne dont l’archétype est le citoyen crédule.
Le citoyen crédule ne se pose pas de question, il est – c’est presque inutile de le retenir, car il est trop tard – contre tous les « bougnoules qui foutent la merde dans nos pays si calmes avant leur venue. »
Voilà nos responsables bien ennuyés.
Ils n’ont pas voulu cela. Ils se font dépasser par le citoyen crédule qu’ils ont créé et qu’ils croyaient, à tort, paisible et équilibré.
Non. Messieurs. Il est trop tard. Que vous n’ayez pas voulu cela, j’en suis persuadé.
Je fais partie des citoyens qui exercent encore leur esprit critique, qui peuvent aussi bien dire quelles sont vos erreurs et reconnaître les miennes. A moi, vous pouvez dire et je le comprendrais que les terroristes ne sont qu’une poignée et que l’ensemble des musulmans n’est pour rien dans ce carnage imbécile. Mais à ceux qui sont suspendus à vos lèvres, non. Car ils ne vous comprendraient plus. Vous qui vivez des différences, à commencer par celles que vous vous octroyez par rapport à nous, vous qui vous ingéniez à travestir la mort et la désolation que le système capitaliste sème partout en hymne à la paix, comment voulez-vous dire le contraire aux citoyens crédules ?

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Résultat, les citoyens crédules en s’agrippant à vos basques sont des lests de plomb qui vous entraîneront tôt ou tard vers le fond, dans la vase où vivent déjà tels des vers grouillants, tous ces fauteurs misérables du carnage que vous combattez.
Il est trop tard, à cause de la presse que vous recommandez, à cause de vos lois de plus en plus inquiètes de ce que nous mangeons, de ce que nous fumons, comment nous faisons l’amour et si nous nous conduisons bien en rue, comme le prouvent tous les mouchards télévisuels qui suivent nos pas sur les trottoirs, à l’intérieur des banques et demain jusque dans nos chambres à coucher.
Vous êtes pris à votre propre piège et cela n’est pas la faute d’Al-Qaida mais de vous-mêmes. Vous avez voulu les gens crédules. Vous devez les nourrir de vos ragots, de vos pensées sournoises et meurtrières, de votre civisme qui pue la délation et la haine des autres. Vous devez poursuivre votre censure envers ceux qui s’opposent à vos méthodes et qui n’apparaissent nulle part – et pour cause ils sont sans moyen, sans presse et sans tribune – mais qui renaissent toujours, contrariant vos espérances de faire en sorte que le peuple ne parle que d’une seule voix : la vôtre.
Observons le drame de Charm el-cheikh, tous ces morts innocents. Qu’est-ce que vous faites ? Vous vous empressez de montrer votre allié Hosni Moubarak aux chevets des victimes. Savez-vous qui est Hosni Moubarak ? Oui, sans doute, mais les crédules qui vous admirent et vous suivent, non. Ils ne le savent pas. Et avec vous, il y a de fortes chances qu’ils ne le sachent jamais.
Voilà comme vous êtes. Voilà comme ils sont devenus, à cause de vous.
Je connais la prochaine étape de votre dérive. Vous conserverez évidemment les tropes que vous manipulez si bien : Liberté, démocratie, nécessité de défendre les valeurs occidentales, dont vous affublerez d’abord un régime de despotisme éclairé, à la Frédéric II, pour finir comme celui de votre allié et ami Hosni Moubarak, que vous ne manquerez pas fin d’année de féliciter de sa réélection à 99 % des voix.

T’as vu le temps de demain ?

Peut-être bien que nous vivons dans l’illusion que nous adaptons la société à nos besoins et non pas pour ceux qui la dirigent ?
Nos économies performantes semblent être ce qu’on a fait de mieux depuis longtemps dans le domaine technique.
Cependant, dès qu’il s’agit de définir le progrès, voilà nos économistes et les hommes de pouvoir en désaccord.
C’est pourtant important de connaître les chances que nous avons d’une vie meilleure, rendue possible grâce à notre travail.
Que vaudrait le productivisme, s’il s’avérait qu’il ne mène qu’à une compétitivité pour une farce dont nous sommes les dindons ?
Quantifier le progrès est donc indispensable. Oui, mais comment ?
Les économistes nous servent là-dessus une platée de type libéral qui ne nous satisfait pas dans la mesure où nous ne savons pas, ce faisant, vers quoi nos allons. Si le PNB augmente avec la productivité, si les hautes performances de nos travailleurs compensent le coût plus élevé du travail par rapport aux pays émergents, si enfin cette richesse accroît l’intérêt des investisseurs pour la Belgique, bref, si ce progrès économique se traduit par un concret perceptible, est-il pour autant synonyme de bonheur pour tous ?
La façon de produire n’implique pas nécessairement que dans notre vie nous en soyons plus heureux.
La satisfaction des besoins de base est un type de réponse qui correspond au genre de progrès dans lequel beaucoup de citoyens se retrouvent. Est-ce là la source d’une vie heureuse ?
L’avancée de la technologie productive est certaine. Mais on peut douter que cette avancée de la technologie ait en même temps produit le bonheur. L’équation qui voudrait que plus l’on produit, plus l’on est heureux, est évidemment fausse.
Il n’y a aucune raison de penser qu’une société industrielle sophistiquée dans ses composantes et sa technologie soit plus apte au bonheur, donc plus heureuse, qu’une société plus simple de type archaïque, voire d’organisation plus austère.
D’autre part, les réminiscences nostalgiques tendant à faire croire qu’on était plus heureux avant, semblerait, de la même manière, fondée sur des impressions empiriques.
Un troisième critère de mesure n’est jamais abordé par nos responsables politiques et industriels, et pour cause ! Il s’agit du progrès moral.
Le progrès moral est aujourd’hui associé à la capacité de répondre aux valeurs universelles que curieusement seuls les occidentaux sont les seuls à définir, faisant en cela preuve d’une sorte de caporalisme activiste de la caserne mondiale.
Nous faisons preuve d’une morale de circonstance définie par ce que nous sommes. Est-elle adaptée à l’ensemble de la planète ?
Le seul progrès moral acceptable par les communautés humaines doit répondre à des valeurs universelles non particulières. Elle doit accorder un poids égal aux besoins et aux aspirations de toute l’humanité.
Déjà, on pourrait conclure que l’augmentation des connaissances qui a permis à nos pays un développement industriel ne conduit pas à cette morale universelle, mais bien à un concept de « démocratie en kit » en association avec la liberté du commerce. C’est fort différent de la morale universelle.

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En se rationalisant nos égoïsmes se sont radicalisés par rapport à l’égoïsme compulsif de nos pères.
L’intérêt pour le futur est non seulement pure spéculation, mais encore pure curiosité.
Il est vraisemblable que cette curiosité soit mise à profit par nos mentors pour mieux détourner notre attention des manquements profonds à l’encontre de la morale universelle.
Non seulement nous n’en sommes pas les parangons, mais encore nous la pervertissons par des comportements contradictoires à nos discours.
Notre morale accable plutôt qu’elle ne soulage les peuples asservis par nos diktats commerciaux et cela de deux manières : la première par une exploitation directe de nos ingénieurs, la seconde par les grands commis, jusqu’aux chefs d’Etat du tiers monde, que nous tolérons ou que nous mettons en place parce qu’ils font la sale besogne à notre place. Une des tromperies dont nous sommes coutumiers est cette proclamation des droits de l’homme que nos démocraties s’en vont répandre, alors que nos entreprises industrielles de par le monde disent l’hypocrisie de nos discours.
Sans vouloir faire des rapprochements hasardeux, la quête du bonheur au nom de notre morale est chaque jour la responsable quelque part d’un 11 septembre, moins spectaculaire, moins pathétique et d’apparence moins criminelle, mais tout aussi redoutable pour les populations qui en sont victimes.
Ne l’oublions pas.

22 juillet 2005

21 juillet à Londres, Bruxelles et Liège.

Il ne fait pas bon ces temps-ci se promener dans les rues de Londres avec un sac à dos, surtout si on est un petit peu basané.
C’est fou ce que le bouche à oreille décuple les rumeurs. Un écolier qui court mallette au dos après le métro, c’est finalement la gueule du monstre du Loch Ness qui sort du tunnel.
Mais comme la légende du flegme britannique tient bon, les gens sur les trottoirs qui font une crise d’asthme à la suite d’un mouvement de foule ne sont pas des Britanniques, bien entendu.
Par contraste, le 21 juillet, c’est le jour le plus calme et le plus plat de l’année à Liège. Quelques drapeaux flottent mollement aux dernières façades d’un patriotisme affiché. Les rues ressemblent à des lendemains de fête quand les gens se lèvent tard avec la gueule de bois. Sauf que la fête, en principe, c’est aujourd’hui.
Ce manque d’élan est compensé par le remue- ménage place des Palais à Bruxelles où la chamarrure, les drapeaux et les fanfares font penser à un kiosque 1900 près duquel de beaux militaires tournoient autour des dames à crinoline.
Les autorités ont appâté le badaud avec les musées à 1 euro, tandis que les folkloristes de la patrie en danger des 9 provinces convergeaient vers Manneken-Piss. On ne sait si Sandra Kim et le grand Jojo ont rameuté les Communes de la périphérie pour faire nombre ? On le croirait presque…
Les fonctionnaires qui défilent devant le roi adoptent une allure martiale juste le temps qu’il faut pour convaincre. Les gradés saluent. Les ploucs passent, pas toujours au pas. Après l’œil critique des hautes personnalités, la troupe se relâche. Les ventres réapparaissent malgré le ceinturon. Les calvities se devinent sous les bérets. Le côté « on est là pour gagner sa vie » succède au défenseur héroïque dont le rôle saisit parfois le militaire.
On sent l’armée de métier, la gamelle garantie et la classe à 55 ans.
De retour au Carré, par rapport à Bruxelles, c’est le désert. Où sont les gens ?
Si j’en juge par mon manque d’enthousiasme, tous ces Belges, nés Belges de parents et de grands parents de l’ancienne principauté, ne crachent pas sur un jour férié tout en ne sachant qu’en faire. Ils sont chez eux à la télé, à suivre le tour de France.
C’est comme si nous avions passé notre fête nationale le 14 juillet et que l’autre ne nous concernerait pas.
Sauf pour quelques pisseurs de copies belgo-belges, la 175me année du bidule se déroule à la liégeoise dans l’espèce de joie mauvaise à regretter la principauté ou pour les nostalgiques du département de l’Ourthe, le moment délicieux où Hoensbroeck, le dernier prince évêque retroussa ses cotes afin de courir derrière les troupes en fuite de son protecteur allemand. C’était en 1789.

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Les Liégeois, vieux esprits frondeurs si mal interprétés par nos derniers Tchantchès désormais socialisants, ne désarment pas si facilement. Même si la jeunesse ne sait rien de notre passé, à cause du manque de conviction des maîtres de la Cité, les gênes sont toujours près du bonnet…
Il entre aussi dans cette désaffection de la belgitude, toute la lassitude populaire du spectacle de nos bouffons qui agitent leurs grelots depuis la fin du communisme, sans parvenir à nous convaincre que le système victorieux est le meilleur.
L’expression de la volonté du peuple, dans un régime de délégation des pouvoirs, n’est qu’une illusion des seuls parlementaires, comme l’était l’état-major de Staline. Et ce n’est pas faire de l’antiparlementarisme primaire que dire cela. Il suffit d’écouter autour de soi.
Nos cocardiers serrés derrière les trois couleurs font écran en devant de scène et, bien entendu, c’est uniquement de leur conviction dont il est question dans les gazettes.
C’est dommage, car dans le fond, si la Belgique n’avait pas été que ce rassemblement de peigne-cul, ce formidable ramassis de patriotes sans imagination, foncièrement conservateurs et d’une nullité mémorable, peut-être bien y aurait-il encore lieu de se réjouir de faire du 21 juillet une sorte de répétition avant le 15 août ?
Il faut croire que « les imbéciles heureux qui sont nés quelque part » sont toujours, hélas, suffisamment nombreux pour faire écran aux autres.
Car d’être Belge aurait pu être chouette. Il s’en est fallu de peu.
Si les gens de pouvoir – surtout ceux de gauche - avaient eu la sagesse d’écouter les petites gens, ce n’aurait pas été un paradis, certes, mais nous n’aurions pas perdu cet amour d’une patrie qui l’aurait mérité, une patrie où tout homme vaut n’importe qui et où les mots de solidarité et d’amour du prochain n’auraient pas été ce que j’entends sortir de la bouche de nos honorables : des insultes !

21 juillet 2005

Drame en direct.

-Tu as les dialogues à distribuer aux comédiens pour le dernier épisode d’« Envoyez la particule » ?
- On n’est pas vendredi.
-Alors quoi ? On est jeudi. Le dernier épisode, c’est demain.
-J’ai une montre calendrier…
-Tu t’en fous. C’est normal. Tu devais recevoir ta lettre de licenciement la semaine prochaine, la direction s’est trompée, d’accord… Mais ce n’est pas une raison pour ne pas finir ton contrat.
- Ce n’est pas la première fois que les comédiens ont leur texte une heure avant le tournage. Ils travailleront au prompteur. Il faut encore que je réfléchisse. Je suis dans une impasse…
-Ce n’est pas le plus grave. Je reçois cent lettres par jour de téléspectateurs qui me demandent le nom de l’assassin ? Et qu’est-ce que tu veux que je réponde, puisque je n’en sais rien.
-J’hésite. Je n’ai laissé que quatre personnages qui auraient pu faire le coup…
-Hier, on m’a cassé un carreau. Le type a été arrêté, c’est un certain Georges Géthe, cafetier. Il a déclaré qu’il était à bout de nerfs depuis deux ans et demi qu’on le traîne dans le feuilleton et qu’il ne sait toujours pas qui a commis « le crime du château de Merdillon » !
-Moi non plus !
-Ah ! je te jure… Tu es pourtant l’auteur.
-Il n’y a que quatre personnes qui auraient pu tuer la baronne Rô de Putt. Je leur ai donné un alibi en béton afin de détourner l’attention du téléspectateur… maintenant c’est moi qui suis emmerdé !
-Et alors, qu’est-ce que ça fout ? Ils auront oublié…
-Penses-tu ? Tu te rappelles Belphégor ? Vingt ans plus tard tu recevais toujours des lettres de menace. Ils voulaient savoir qui avait doublé Juliette Greco dans les scènes avec costume. Ils étaient furieux à cause de la différence de taille.
-Je te parle pas du passé. Je te parle d’un futur rapproché !
-J’avais pensé à un passage secret derrière le grand escalier qui aurait mené à la chambre de Pierre de Fessange. Il serait descendu par là, se serait emparé de l’échelle du jardinier pour monter à l’appartement de la baronne Rô de Putt…
-Voilà la solution.
-Impossible. Dans l’épisode 17, Pierre de Fessange interrogé produit un certificat, il avait une jambe dans le plâtre et se trouvait dans le lit de Chrystelle de Beaupertuis, pile à l’heure du crime, de plus il est sujet au vertige, voir l’épisode 12…
-Avec un jambe dans le plâtre dans le lit de Chrystelle. On peut s’arranger… dire que c’était une fausse fracture, que la Chrystelle qui a le feu au cul a très bien pu se tromper de jour et être avec quelqu’un d’autre et que les vertiges ont cessé chez Fessange à sa première relation sexuelle et pour celle-là, ça doit remonter au cinéma muet… et le tour est joué !
-Non. Il y a une impossibilité technique.
-Oui, laquelle ?
-La chambre de la baronne Rô de Putt est au sommet du donjon qui culmine à 42 mètres. L’échelle du jardinier fait 3m 50 !
-Et si c’était le flic, l’inspecteur Crotenmain qui avait fait le coup ?
-Crotenmain le jour du meurtre finissait une enquête au Népal, pour le compte de la CIA. Enfin, c’est ce qu’on a raconté pour l’innocenter Tu avais fait un montage : les journaux l’avaient photographié au sommet du K2 !... C’est toi qui avais eu l’idée !

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-A l’enfoiré… Pourquoi tu l’as fait voyager celui-là ?
-Pour l’épisode du sexe népalais… Tu te rappelles 3 millions 6 d’écoutes et 32 % de parts de marché.
-Alors, je ne vois plus que Delphine Fat, l’acrobate américaine Elle se serait introduite dans la chambre par les toits.
-Tu es complètement dingue ! On a failli ne pas l’engager rapport à son poids ! Et puis, au moment du meurtre, elle séduisait le milliardaire vietnamien Didi Bradlay.
-Un drôle de nom pour un vietnamien ! Je me demande si t’es un type sérieux ?
-Et si la baronne s’était tuée elle-même ? Ce ne serait plus un crime, mais un suicide ! Pourquoi pas dans le fond ? L’inspecteur Crotenmain se serait trompé depuis le début !...
-Mais tu es fou !... Il est fou… Ce serait l’émeute qu’au bout de 36 épisodes, au 37me on vienne leur dire : « Vous échauffez pas les mecs, c’est un suicide ! »
- A moins que le docteur Cucumane…
-C’est qui celui-là ?…
-Je viens de l’inventer. Un type déprimé qui passait… Il est monté aux étages… couic… puis il est redescendu sans voir personne.
-Mais tu es malade ! Voilà deux ans qu’on navigue avec 12 personnages. Tout le monde se demande qui a fait le coup… eh bien ! non, c’était personne… si, un médecin de campagne qui passait dans sa 2Cv et qui s’arrête devant le château et qui se dit : « Tiens, si j’allais assassiner la baronne ? Ce serait un crime gratuit et je couillonnerais tout le monde, y compris le producteur du feuilleton ! »
-Je ne vois plus qu’une solution. On fait une annonce qu’on ne peut pas diffuser le dernier épisode, ordre d’un juge d’instruction qui a une affaire identique à la nôtre ou…
-Ou ?
-On supprime mon licenciement. On me fait une lettre d’excuse et on me met sur les dialogues « L’odyssée de Culisse » qui doit sortir en 2007.

20 juillet 2005

Ecrivain du bord de mer…

…mais pas de la nouvelle vague.

Les « carnets » de Jean Hugo, l’arrière petit-fils de qui vous savez, publiés en 1994 chez Actes sud, sont très représentatifs de la mode éditoriale selon laquelle tout qui dépasse d’une demi tête la multitude est apte à la publication.
Tout le monde n’est pas doué pour livrer ses réflexions à l’attention des lecteurs comme Cioran dans ses « Cahiers » ou Dubillard dans ses « carnets en marge ». Non pas que Jean Hugo soit inintéressant ne serait-ce que pour ses agendas mondains, mais, bon sang ! quand on est un bon peintre et que l’on fait bien son travail, pourquoi se piquer de maîtriser un autre art, tout autant difficile ?
A sa décharge, c’est à Lauretta Hugo à qui l’on doit cette publication. C’est un acte de ferveur conjugale lors du centenaire de la naissance de son mari. Il est fort possible que Jean Hugo n’ait jamais eu l’intention de publier ses fonds de tiroir. Mais pourquoi ne pas l’avoir expressément dit de son vivant ou mieux, pourquoi ne pas avoir détruit ce qu’il estimait être des choses intimes sans importance ?
Il est vrai que le cas Hugo n’est pas trop gênant. La somme de plus de cinq cents pages n’est pas toujours ancrée dans la banalité, il y a même des relents du talent de qui vous savez. Cependant, la vie d’un bourgeois, catholique pratiquant et excellent peintre n’est pas en elle-même un sujet exaltant.
Des plus récentes publications d’artistes du show people plutôt écrites par de pauvres folliculaires sans travail que par l’artiste lui-même sont de loin de plus grandes aberrations littéraires que le livre de Jean Hugo.
Non. Ce qui me gêne dans les « carnets » de Jean Hugo, c’est ce que le préfacier nous en dit, à savoir que, comme Marinette Renard cisailla le « Journal » du génial Jules, Lauretta Hugo se serait permis certaines coupures pour – nous dit-on – ménager des personnalités encore en vie, traduisez par « Je ne vais pourtant pas afficher les liaisons de mon mari ! » Car, ce genre de confession, appelle à la médisance et à une certaine suspicion, pas toujours de bon aloi, mais ancrée dans l’esprit critique, même si nous n’en savons rien. Et cela depuis l’aveu de la nièce de Flaubert, madame Commanville qui détruisit toutes les lettres de Louise Colet qui ne devaient pas être piquée des hannetons, par esprit de famille et « respect » pour son oncle.
Un échantillon de la vacuité d’intérêt chez Jean Hugo «Sur la plage, les mâts et les cordages entrecroisés dans tous les sens, l’ombre fraîche sous les flancs ventrus des barques, la faible lumière qui filtre à travers les voiles et les filets, tout fait penser à une forêt. » C’est bien vu. C’est juste.
Cela était-il nécessaire que ce fût Jean Hugo qui se chargeât de nous l’écrire ? N’aurait-il pas été plus raisonnable d’en laisser la responsabilité à un rhétoricien de 16 ans ?

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Enfin, nous avons vu pire depuis. Les confidences de nos starlettes sont des années lumières en dessous, bien entendu. Là, nous atteignons à une sorte de perfection du vide sidéral.
Et puisqu’il paraît que le degré zéro est ce qui se vend le mieux en période de vacances…
Au moins à ces lectures estivales saurons-nous enfin l’âge d’Arielle Dombasle et si l’ineffable Beigbeder tourne sept fois la langue dans la bouche de Laura Smet avant de lui servir son brouet sentimental ?
C’est moins bien que l’oeuvrette de Jean Hugo, moins personnalisé aussi dans le sens que tout le star system se croit obligé de le crier quand il a une érection sur le toit de l’appart place des Vosges de Jack Lang. L’arrière-petit fils de… lui, c’est plutôt « Pour une incommodité des veines de ma jambe gauche et une inflammation de la plaie de mon ventre, je suis retourné à l’hôpital Saint-Jean, dans la même chambre n° 24, où j’ai séjourné déjà deux fois. »
Enfin vous voyez le genre…

19 juillet 2005

Conférence de rédaction.

(La scène se passe dans un bureau grand comme une cabine téléphonique au centre ville.)
-Les juillettistes au diable vauvert, les aoutistes n’encombrent pas les rues à Liège. Qu’est-ce qu’on va bien pouvoir leur raconter ?
-Le mois prochain ce sera pareil. Les aoutistes à la bronzette, les juillettistes au boulot, on n’aura toujours rien à dire.
-A Liège, on est relax deux mois par an ! Puis, il y a trop de Liégeois pendant les dix mois suivants…
-Plus de travailleurs que d’emplois… trop d’événements pour qu’ils soient traités par nous.
-Par contre, on manque de personnes à l’entretien des rues.
-Stop. On est sur un mauvais coup. C’est tellement commun ce qu’on dit…
-Il faut trouver autre chose. Si on n’était pas devenu qu’une locale, on pourrait se lancer dans un édito antiterroriste… envoyer quelqu’un à Londres… alors que même pour Bruxelles, l’assiette froide à la gare centrale, c’est de notre poche !…
-On n’est plus que deux pour couvrir la Province.
-Tu te rappelles combien on était au boulevard ?
-Un baron libéral a trouvé le moyen, de remettre les gens au boulot..
- Si c’est pour faire du blairisme…
- Il a trouvé ça tout seul, le con… On augmente la durée du travail.
- Donc il y aura encore plus de chômeurs !
-Il paraît que non. Cela aurait un effet contraire.
-Plus tu travailles, moins il y a de chômeurs. Ce qu’il est drôle !
-C’est ainsi que je te le dis. C’est un type comme « Bas de laine… Bas de l’aile » qui a trouvé celle-là. De toute manière, c’est pas pour la décentralisation, ça. Ils se gardent les fines analyses à Namur…
- Puisqu’il y aura des prestations plus longues dans les usines et les bureaux, il y aura moins de monde dans les rues !
-L’heure de pointe sera déplacée. C’est tout.
-Ce n’est pas une bonne idée ?
-Evidemment non.
-C’est embêtant.
-Je ne vois pas pourquoi ?
-On n’a rien trouvé !
-Comment s’en tirer ?
-Les télés font bien des redifs. Pourquoi on ne pourrait pas en faire autant ?
-Exhumer des vieux machins et les remettre à flots comme du neuf ?
-Entre autres.
-Didier va s’en apercevoir !
-Non. Il délègue son job le mois de juillet. Si tu sors en juillet un papier de juillet de l’année dernière. Les juillettistes n’étant pas chez eux et comme ils s’en foutent…
-Oui, mais les aoutistes qui rongent leurs freins, s’apercevront de la redif. Il vaudrait mieux sortir un papier du mois d’août de l’année dernière au mois de juillet, puisque les seuls lecteurs seront les aoutistes qui ne l’auront pas lu l’année dernière.
- C’est pas bête. Et sortir un papier de juillet 2004 pour août 2005 !

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-Le malheur, c’est que les départs sont variables.
-Parfois une année en juillet, l’autre année en août.
-Les gens sont capricieux…
-Les statisticiens prétendent que parmi les couples, c’est souvent la femme qui change de période.
-Elle a des raisons ?
-…obscures et variables. Je ne vais pas interpréter les statistiques. Encore un domaine pour les têtes pensantes… Bientôt, il ne nous restera rien…
-La vie liégeoise autant dire.
- Mais ce qu’on est bête, demain c’est férié ! Le journal ne sort pas…
-Dommage. J’avais un titre porteur « Jennifer en a marre d’être harcelée » !
-Pas difficile, Tu as Télépro sous le coude. Si les coquelets s’aperçoivent que tu pioches dans Télépro, je vais rester seul à la rentrée.
-Penses-tu ? Ceux qui lisent Télépro ne lisent rien d’autres. Ils vont croire que je bouffe de la pseudo-vedette. A Namur, ça ne lit que des bandes dessinées.
-Ils seront déçus, s’ils s’aperçoivent…
-Bah ! Il me reste encore tant de gens à décevoir d’ici ma retraite, qu’au décompte, on ne s’en apercevra même pas !

18 juillet 2005

Le Mur !...


Si, s’inquiétant de la justice et des droits des gens ailleurs qu’à Kinshasa, notre insuffisant linguistique des Affaires étrangères n’était pas seulement un parachuté en remplacement de Louis Michel, il pourrait s’indigner de la poursuite par les Israéliens d’un mur de séparation à Jérusalem qui va couper un habitant palestinien sur quatre de la ville.
Lui qui fourre son nez dans tout, c’est étonnant qu’il ne l’ait pas encore fait en Israël. Si même il qualifiait Ariel Sharon de fou dangereux, cela ne m’offusquerait nullement. Il faut croire que le petit Etat hébreu est bien puissant pour que nos grandes gueules si fermes pour réclamer quand les droits de l’homme sont contrariés au Ruanda ou à Cuba, la ferment tout à fait quand le despote de Tel-Aviv fait avaliser par son gouvernement le tracé d’un mur de séparation à Jérusalem, qui va couper 55.000 palestiniens de la ville.
On vient de commémorer l’anniversaire douloureux de Srebrenica. C’était il y a dix ans, eux voilà 30 ans que ça dure… Il serait temps que l’on s’occupe de l’atteinte aux droits de l’homme, là aussi.
Qu’à cela ne tienne, nos justiciers se tournent vers Pale en Bosnie-Herzégovine où le fils de Radovan Karadzic vient d’être arrêté en lieu et place de son père, toujours introuvable. Voilà bien une méthode bizarre que d’arrêter le fils pour capturer le père ! Ça ne m’étonne pas de nos vaillants d’y applaudir. Tout en soulignant que c’est le père qui est accusé de crimes contre l’humanité et pas le fils.
Nos humanistes officiels, nos professionnels d’Etat me font penser au gag d’un théâtre de marionnettes, quand Tchantchès poursuit le traître Ganelon et que ce dernier se cache derrière lui. Si bien que lorsque Tchantchès questionne la salle « Où est Ganelon ?» les enfants crient « Derrière toi ! » et que Tchantchès ne le voit pas, parce Ganelon pivote avec lui et se trouve ainsi toujours derrière.
Ce n’est pas une chose qui arriverait à Sharon, lui qui a été dédouané par Verhofstadt en personne quand la loi de compétence universelle nous aurait permis d’arrêter la terre entière et que fort opportunément nos législateurs l’ont réduite aux éventuelles arrestations des lampistes universels…

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Ah ! les braves gens…
On n’est pas peu fiers d’une pareille équipe.
Une vraie réussite, bien en rapport avec l’excellentissime Justice et son pouvoir discrétionnaire qui ne fourre en préventive que les minus du bas peuple.
Le Premier ministre Ariel Sharon ordonne l’accélération des travaux de construction du segment de la barrière de sécurité à Jérusalem. La dame Simonet retire à Lachaussée la licence d’importation d’une machine à produire des cartouches pour la Tanzanie. Vous me direz, quel est le rapport ? Il n‘y en a pas, si ce n’est qu’Israël armé jusqu’aux dents par les Américains et dont l’armée se conduit assez mal dans les Territoires, demandait à Lachaussée cent machines à faire des munitions, Madame Simonet sablerait le champagne avec Van Cau et la bande d’hypocrites du gouvernement wallon.
Voilà comme on est, en Belgique. Un crime n’est pas l’autre, tout dépend de qui assassine.
Et vive la Loi de compétence universelle !...
« C’est une démocratie, n’est-ce pas, Israël » répètent en chœur nos amuseurs publics. Alors, puisque c’est une démocratie, que les gens y votent, à l’exception de ceux dont l’origine est arabe, bien entendu, c’est une démocratie.
Dimanche, le cabinet israélien a approuvé un projet afin que le mur à Jérusalem compte 11 points de passage. Mais les ministres n’ont pas expliqué de quelle façon pourrait être assuré le passage rapide de plusieurs dizaines de milliers de résidants arabes, qui doivent se rendre sur leur lieu de travail, dans des établissements scolaires, des hôpitaux et au centre-ville. Le gouvernement a déclaré qu’il construirait de nouvelles écoles et établissements hospitaliers dans les quartiers arabes coupés par le mur. Le hic, c’est qu’aucun budget n’a été prévu pour cet « élan » humanitaire qui m’a tout l’air d’être des paroles en l’air.
Voilà l’Etat d’Israël que nous soutenons de nos petits bras nerveux, un Etat qui vient d’inventer une double nationalité : ceux qui sont du bon côté et ceux qui sont du mauvais côté du mur.
Personne n’a jamais osé faire une chose pareille. Sauf Erich Honecker à Berlin Est, mais c’était du temps de Leonid Brejnev…
Quand les grands démocrates donnent rendez-vous à l’Histoire…

17 juillet 2005

Kamikaze !

Après les gesticulations à la suite de l’attentat de Londres et les égards dus aux victimes qui ont mobilisé deux minutes le peuple européen, il conviendrait de retrouver suffisamment de raison pour admettre que, puisque nous sommes des animaux, « savants » certes, mais des animaux avant tout, nous devions tenir compte aussi de la bestialité de notre espèce.
Aussi que nous soyons « saisis d’horreur » à la connaissance des attentats, rien de plus naturel, mais que nous marquions de l’étonnement, prouverait que nous oublions aisément ce que nous sommes.
Or, de tous temps, les exemples abondent d’humains, jusque là sans histoire, saisis de la rage de tuer. Et pas que dans un passé lointain de barbarie. La fin de l’esclavage ne date dans nos pays que du XIXme siècle. C’est-à-dire hier ! N’avons-nous pas montré autant de bestialité consciente que celle dont font preuve les kamikazes londoniens ? Ce l’est même plus en comparaison du nombre de victimes.
Serait-ce qu’étant issus d’une civilisation productiviste, nous ne mesurions les crimes qu’au seul critère économique ? Et dès lors, les millions de morts que nous avons semés sur notre route du succès et de la démocratie seraient la rançon de notre progrès et, par conséquent, nécessaires ?
Ceci dit, convenons que cette bestialité se sert de tous les prétextes pour nier une morale universelle grâce à son ersatz qui nous arrange bien. Aujourd’hui aux noms de nos vertus supposées, nous condamnons l’intégrisme musulman, hier c’était l’anarchie aussitôt réprimée dont l’épisode sanglant de la Commune de Paris où plus de 35.000 ouvriers périrent en une semaine de par la volonté bourgeoise.
Que les kamikazes anglais quittent leur famille et leur quartier où ils étaient bien considérés pour se faire exploser poussés à ces crimes par d’autres hallucinés de la pensée divine, cela fait partie des aléas de la pulsion de mort. Nous en sommes prodigues, tel ce professeur de philosophie d’université étranglant une compagne de vie de plus de vingt ans, comme ça, sans motif, par simple entraînement d’instinct.
Il faut s’inquiéter de ce phénomène dans la mesure où nos dirigeants donnent l’exemple avec la volonté de régler des conflits par le sang, lors même qu’ils tiennent des discours contraires. C’est le cas ces temps-ci de Messieurs Bush et Blair. Faut-il se dire surpris des retours de manivelle ?
Gauguin revenu à Tahiti en 1897 peignit une toile qui porte en exergue « D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? »
Nous ferions bien de nous interroger sur ces questions fondamentales avant de nous effrayer de la perversité du génie humain.
Tout ce que nous savons faire, c’est y répondre comme l’humoriste Pierre Dac :
Je viens de chez moi. Je suis moi. Je retourne chez moi.
C’est très drôle et finalement moins sot que ce que nous lisons comme commentaires sur les événements de Londres.

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La sainte colère démocratique, les lamentations grandiloquentes sur les « morts inutiles » (comme s’il y avait des morts utiles) et cette prostration des millions d’anonymes, le menton sur la poitrine pendant deux minutes, ne feront avancer d’un iota cette réflexion sur nous-mêmes que nous nous devons et qu’une réelle civilisation aurait dû susciter dès les événements de New York en 2001.
Au contraire, nous entendons des discours musclés suivis d’actes répressifs qui attisent les haines et les méfiances.
Si bien que se réduiront encore un peu plus les libertés que paradoxalement nous défendons par des restrictions de liberté.
Nous n’aurons pas ce débat nécessaire sur le devenir de l’homme, parce que nous ne sommes pas capables de regarder cet autre nous-même, ce misérable, qui satisfait son instinct de mort en se faisant exploser dans une foule innocente et parce que nous continuons de penser qu’il y a deux morts possibles, l’une sacrée et l’autre nécessaire ; celle du héros qui défend sa patrie et celle de l’ennemi, parce qu’il est nécessaire qu’il meure.
Ecoutons Platon plus de vingt-quatre siècles avant nous : « …je compris que tous les Etats actuels sont mal gouvernés, car leur législation est à peu près incurable… Je fus alors amené à louer la vraie philosophie et à proclamer que, à sa lumière seule, on peut reconnaître où est la justice dans la vie publique et dans la vie privée. Donc, les maux ne cesseront pas pour les humains avant que la race des purs et authentiques philosophes n’arrive au pouvoir ou que les chefs des Cités ne se mettent à philosopher véritablement. »
Voilà pourquoi, dans ces circonstances, en l’absence de philosophes à la direction des affaires, je me rallie à l’explication de Pierre dac.

16 juillet 2005

Les copains d’alors…

C’est dit : j’ai plus un seul ami !
Ça devait arriver.
On choisit ses amis. J’ai fait de mauvais choix.
Certains étaient trop vieux. Ils sont passés à la trappe naturellement. Que n’ai-je entendu des autres plus jeunes ! « Va voir Edouard Joblin à Bruxelles. Tu sais qu’il est devenu fragile, cassant, une vieille poupée en porcelaine. Vas recueillir ses dernières paroles. Le mot de sa fin. C’est un devoir…».
J’y suis pas allé. Si ses dernières paroles sont du même tonneau que celles que j’ai entendues il y a 20 ans, l’Edouard Joblin version 2005, c’est le doublon de celui de 1980. Un cas, Joblin ! Il a attendu la trentaine pour se lâcher. Ça a débuté par des bouffées anxieuses, la peur de tout, puis d’un flot de lieux commun, genre « La Belgique joyeuse : trois mariages et pas un seul enterrement depuis Baudouin », une confusion grandissante… une crampe de l’écrivain à la « baisse un peu l’abat-jour / les côtelettes brûlent au four »… alors que je l’avais connu moins con, par moment lucide… Lui, c’était 30 ans, l’âge limite. Il serait mort à 29 ans, on en aurait rien su !... Joblin a pris le virage sans rien dire, en traître. Au début, à peine quelques réflexions « classe moyenne », inspiration Roger Mené garantie… fallait être perspicace pour deviner le trou du cul dans le lisse de la rondelle. Les amis sont indulgents. Nous nous sommes dits « Joblin traverse une mauvaise passe. L’Espagnole veut plus sucer… l’a viré sec. Il a vécu en chambre de bonne, sans la bonne… Maintenant qu’il a gagné au poids (sa compagne est exactement au double de l’autre en hauteur et largeur) il va avoir les mains prises et comme en général le cerveau va avec…
Mais non. On avait mal vu. Sa profession de foi était bien celle du charbonnier : la connerie foudroyante, irrémédiable. « T’as tort de pas être d’accord avec les socialistes, tu verras, ils feront ton bonheur » qu’il me disait encore au téléphone, il y a 15 jours. C’est le même qui me tançait après que ma compagne se fût tirée avec un syracusain converti gondolier de la Sérénissime : « Tu vois, ce qui t’arrive devait t’arriver. Devine qui s’est déplacé, pour venir expliquer sa rupture, ma gueule ?... Lulu en personne et avec son marin lagunaire. C’est pas toi qu’aurais eu la délicatesse ! »
De ce sommet explicatif, il en est résulté qu’Edouard Joblin m’a battu froid quelques temps. Juste assez pour s’apercevoir qu’avec son illettré du Mezzogiorno, elle le traitait de vieux chnoque.
Un autre sur ma liste des défections ?
Je veux… un de mes amis d’enfance, qu’on était tout, un pour l’autre... même qu’on s’en branlait des sévères rien que par amitié… On s’était perdus de vue. Des années plus tard, par hasard, un rapprochement par les femmes ; « Tu sais qui est le mari de Ginette Lakilou ? » « Non ! » « Antonin Lecramé ! » « Mon ami d’enfance ! » « Oui ! » « Qu’est-il devenu ? » « Il fait du théâtre et il est maoïste. » « Non ! » « C’est comme je te le dis ».
Et c’était reparti définitivement pensait-on.
Voire. Il y a de tout dans l’extrême. Lui, c’était un maoïste qui avait viré jaloux exclusivement de son supérieur hiérarchique dans une Administration où on l’avait finalement affecté au théâtre pour cas difficiles. Que son chef eût été maoïste, Antonin passait au MR ! Il s’en était sorti fort déprimé avec quelques hématomes, le castelet lui étant tombé sur la tête.
Sur le tard, sa situation de gauchiste lui pesait tellement qu’il pensait que ses convictions lui avaient brisé une ouverture vers le destin parlementaire auquel il avait droit… Ah ! s’il s’était inscrit au PS, « avec la bande de cons aux commandes qui usurpaient la place qui aurait été la mienne !... » Traumatisé, il s’était fait une raison en se vengeant de l’Administration qui l’avait nourri et qui finit par le retraiter quasiment à l’âge où Lance Armstrong est en passe de gagner son 7me Tour de France.
Antonin et moi, c‘était plus ça. L’intérêt ça se voit. J’en avais toujours. Je m’intéressais à sa santé défaillante, prenais de ses nouvelles. Sans le savoir, je l’emmerdais. Ginette Lakilou colmatait les fissures. Elle était copine avec Brune Debaise, ma compagne d’alors… les soeurs Mata Hari, pour tout autant que Geertruida en ait eu une. C’est cette amitié-là qui faisait tenir la nôtre, Antonin et moi. Au moindre refroidissement entre Ginette et Brune, on savait que ce serait l’occasion de se tourner le dos. On interrogeait nos charmantes sur l’oreiller, dans l’espoir qu’une balance des horreurs sur l’autre. On se serait dépêchés d’user du prétexte pour ne plus se voir.
C’est juste quand j’appris de Brune que Ginette trompait Antonin que celui-ci me dit « Tu sais, mon Jean Titouplin, Ginette m’a confié que tu étais cocu ! ». Mois, je lui aurais pas dit, surtout avec la joie mauvaise qu’il avait.

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Comme on sait Ginette Lakilou était collectionneuse et Brune Debaise, peintre hard en décors du X, elle n’avait pas son pareil pour dessiner des bites… Les deux femmes ne pouvaient s’entendre que sur des histoires de fesses, qu’elles se racontaient en se foutant de nos gueules, l’Antonin et moi. Nous étions très pudiques sur nos affaires galantes. Nos deux luronnes prenaient plus de plaisir à raconter qu’à faire. Nous nous reprochâmes notre réserve, avec mon camarade.
Ce qui mit un point final à l’amitié indestructible, ce fut une querelle entre Ginette et Brune, à propos des mensurations d’un espion de l’Intourist reconverti « baiseur en car longue distance ». Nous nous séparâmes avec soulagement.
Mon troisième ami qui n’est plus fréquentable, Cello Ploume, ce sera pour une autre fois ou une autre vie....
Juste un mot…D’un drôle, Cello !... Juste un trait… pour ramener de la clientèle et faire du chiffre, cet étalagiste indépendant, spécialisé dans le textile, comme sa clientèle était faite essentiellement de petits commerçants juifs, s’était rebaptisé Blümenfeld. Influence du nom ? Désir de ressembler à la collectivité où il gagnait sa vie ? Cello, comme tous les apostats, ne s’était pas contenté d’apprendre l’hébreu, il s’était découvert intégriste… pour nous c’était pas gênant, le connaissant, c’était pure rigolade… Pourquoi on s’est séparé ? Peut-être un jour, je vous conterai l’affaire, si un ami lecteur demande…

15 juillet 2005

Ce n’est plus la fête des mères !

- Tu crois qu’il vaut mieux rester ?
-Ecoute, elle n’est quand même pas bien.

-Ce n’est pas la première fois qu’elle nous fait le coup !
-Tu l’as eue au téléphone.
-Tu sais le souffle court, la voix qui s’étouffe… c’est pas difficile.
-Tu crois qu’elle simule ?
-Tu te rappelles la scène de l’année dernière, aux vacances de février ?
-C’était une drôle d’idée de partir en février.
-On ne va pas revenir là-dessus ? Tu as déjà essayé d’aller au carnaval à Venise au mois d’août ?
-C’est vrai qu’elle a été insupportable. Elle nous a quand même fait une thrombose !
-D’accord, mais c’était un mois après.
-Elle ne l’a quand même pas fait exprès !
-Va savoir avec ta mère !
-Combien de fois sommes-nous allés aux urgences pour rien !
-Même que l’urgentiste nous a dit qu’il ne fallait plus qu’on y aille, qu’elle avait besoin seulement de ne pas rester seule.
-Tu nous vois avec ta mère dans l’appartement !
-Les « Joséphine ange gardien » et les Patrick Sébastien qu’il faudrait supporter à la télé !
-On pourra faire une croix sur le club méditerranée.
-Et pour 2006, la récolte du sirop d’érable chez nos cousins du Québec !
-Même nos petits week-ends en amoureux à La Panne !
-Nous finirons par nous disputer à cause d’elle…
-Nous ne devons pas trop faire attention à ce qu’elle nous dit…
-Et si on la prenait avec nous ?
-Tu plaisantes, Tu imagines la charge que c’est ?
-Au moins, elle ne se plaindrait pas qu’on l’abandonne.
-Ou elle est réellement malade comme elle le dit toutes les années au mois de juillet, et ce serait criminel de notre part de la faire voyager, ou elle n’a rien et elle peut supporter de rester un mois sans nous voir !
-C’est logique.
-Et puis qui viendrait nourrir le chien et regarder si la pompe à oxygène des poissons n’est pas en panne ?
- Je vais lui téléphoner qu’on part !
-Sois ferme.
-Compte sur moi.
-D’autant que tu es fils unique et que, quoi qu’il arrive, elle ne pourra pas se venger en laissant son bas de laine à quelqu’un d’autre.
-C’est injuste ce que tu dis là. Tu sais bien que tout ce que je fais pour elle, ce n’est pas pour les trois sous qu’elle a !

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-Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. Tu sais comme les vieilles personnes sont influençables. Tu fais ses quatre volontés pendant vingt ans sauf une fois. C’est cette fois-là qui compte. Elle va la raconter de cinquante manières différentes à ses amies pendant le restant de ses jours.
-Tu veux dire que malgré ce qu’on fait, ce sera toujours insuffisant ?
-On aurait dû partir en Afrique avec le contrat de la Gecamine si favorable. C’est pour elle qu’on n’est pas parti !
- Là, elle n’aurait rien eu à dire.
-Elle est de l’ancienne école. Le travail passe avant tout. Tu te rappelles comme elle était dure avec ton père ?
-Il n’était pas question qu’il manque un seul jour aux Forges, le pauvre.
-Alors qu’elle n’a jamais travaillé.
-Mais, elle n’est jamais partie en vacances non plus.
-Alors, que sait-elle des vacances ? C’est facile de rouspéter, quand on ne sait pas !
-C’est décidé. On part.
-Que vas-tu lui dire ?
-Que si elle n’est pas contente, je demanderai à notre voisine de s’occuper du chien.
-Ça la rendra jalouse. C’est bon ça…
-Et puisqu’on avait décidé de la placer à la fin de l’année, vu qu’il n’y aura de la place qu’après la canicule, on lui fera peur en montrant la promesse d’hébergement de madame Alice Reinfort, la directrice, en disant que nous n’avons pas encore pris une décision, mais que si elle râle trop…
-Tu sais, chéri, je n’ai jamais douté un instant de ta capacité à régler le problème de ta mère…

14 juillet 2005

Vie wallonne.

- Ici Félix Scieaussi du grand quotidien liégeois « La Muse ». Monsieur Lucien Combattant, de Hamoir, a été tiré au sort pour répondre aux questions du grand quotidien liégeois « La Muse », sur le moral des Wallons. Première question : Monsieur Lucien Combattant, avez-vous le moral ?
-Nom de dieu ! si j’ai le moral… Ça se voit, que Lucien Combattant, adjudant-chef à la retraite a le moral. D’abord toi, du grand quotidien liégeois « La Muse », tu l’as fait ?
-Fait quoi ?
-Ton service militaire, nom de dieu !
-Bien non. On le fait plus.
-M’étonne pas. Voilà pourquoi on n’a plus le moral, nom de dieu ! moi, adjudant-chef Lucien Combattant de 40-45, 38 ans à la R.A.S.C. 12me compagnie du C.R.A.O.C., caserné à Namur 27 ans, je te dis, tous des planqués dans les gazettes, aujourd’hui, mon garçon.
- Le grand quotidien liégeois « La Muse » voudrait savoir si actuellement vous êtes content de la situation, bref si vous avez le moral ?
- M’étonne pas que des planqués posent des questions pareilles. Si j’avais pas le moral, je serais pas là à me faire casser les couilles par un scribouillard du grand quotidien liégeois « La Muse ». Ton journal n’a pas le moral, il déprime. Nom de dieu ! c’est pourtant pas difficile de trouver de la bonne nouvelle.
-Par exemple ?
-Pourquoi tu mets seulement en page 7 qu’à la Bourse, Pernod-Ricard est à la hausse ?
-C’est que ça n’intéresse pas beaucoup de lecteurs.
-Avec tes crimes, tes viols, tes attentats, ça intéresse les gens, Félix Scieaussi, planqué au grand journal liégeois « La Muse » ?
-Bien, ce sont des informations.
-Et pourquoi on parle pas plus souvent de la Belgique joyeuse de l’expo 58, des exploits d’Eddy Merckx, de Simenon, de Lise Thiry, du Mercator, du Congo belge et de la famille royale au grand complet, hein, dans le grand quotidien liégeois « La Muse » ?
-On en parle.
-Pas assez, nom de dieu ! Avant on savait y faire, le roi chevalier, Léopold dans les bagnes nazis, Elisabeth au violon et Charles, régent « présentez armes ! », le palu, l’Adamo, le père Damien, la Brigade Piron, les nègres de Léopold II, Titine et Jean-Claude van Damme. Aujourd’hui, il faut un événement à Monaco pour qu’on cite un peu l’épopée, qu’on retrouve des photos de Liliane au bord de la piscine !
-Quand on n’en a rien à dire…
-Justement, on trouve. Voilà du bonheur pour tout le monde. Mathilde enceinte…
-On en parle…
-Pas tous les jours, nom de dieu. Elle est enceinte tous les jours, ou pas ? Faudrait savoir…

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-Ce que le grand quotidien Liégeois « La Muse » voudrait savoir, c’est si aujourd’hui en juillet 2005, vous êtes heureux à Hamoir, vous, votre femme, vos voisins, le boulanger, tout le monde ?
-Tu vois des gens qui pleurent place Del’Cour, rue du Pont, qui se jettent dans l’Ourthe ? C’est qu’on est heureux, nom de dieu, par ici !
-Mais encore ?
- Mais encore, ma femme m’a quitté depuis 47 ans…
-Avec un autre homme ?
-Là tout de suite à la renifle du malheur. Non, môssieu Félix Scieaussi. Elle est morte dans son lit en serrant contre elle mes médailles militaires. C’est pas un planqué qui pourrait en dire autant, parce que de la Croix de feu avec glaive et brillants, ça se trouve pas dans les couloirs du grand journal liégeois « La Muse »…
-Elle est morte, votre femme ?
-Puisque je te le dis ! Et même que ça n’a pas réussi à me saper le moral. Sur la Lys en 40, c’était autre chose, nom de dieu. Je peux pas évoquer sans rattraper la chiasse. Y a pas de raison que tu comprennes, t’y étais pas… Le lendemain de l’enterrement de Francine, c’était une commémo… la première fois que j’avais plus d’heure pour rentrer. Nom de dieu… J’étais tellement bourré que j’y ai perdu mon calot, le beau avec la floche… merde tombé dans l’Ourthe quand j’ai dégueulé au pont de Tabreux !
-Et vos voisins ? Ils sont heureux, rue Puck Chaudoir ?
-Je connais pas. C’est venu de la ville, des étrangers de Liège et même de Maastricht. C’est te dire jusqu’où on va les chercher.... C’est pas des gens fréquentables. Je me suis mis avec une fermière de sur les Battys. On pète de bonheur dès qu’on est ensemble. C’est plus fort que tout. Comme elle est romantique, on a fini par faire des concours de pets.
-Je vois.
-Non, tu vois pas. C’est une veuve de guerre, du caporal chef Arthur décédé l’année dernière.
-Une veuve de guerre dont le mari est mort en 2004 ?
-M’étonne pas que tu sais pas ce que c’est de perdre ses roubignolles d’un coup de shrapnell. Arthur, lui l’a su en 40. Je sais qu’on n’en a pas au journal Liégeois « La Muse ». En 58, moi Lucien Combattant, à la mort de ma femme, j’ai pris mes responsabilités, j’ai ramassé le fusil du caporal-chef et je me suis dressé pour dire à la veuve Camille, ils ne passeront pas !
-Qui ?
-Les brise-couilles, nom de dieu !
-Elle était fermière en 58. Elle l’est toujours en 2005 ?
-On l’a enterrée en 94. C’est sa fille la fermière en second qu’a pris la relève, la ferme, les médailles d’Arthur et les habitudes de sa mère avec moi. Dépôt sacré, ordre de la mère « Occupe-toi de Lucien ! », même qu’on s’est demandé si c’était pas ma fille. Mais, qu’est-ce qu’on en a à foutre ? Un ordre de Camille sur son lit de mort. Nom de dieu y a pas d’inceste ! c’était sacré. C’est comme ça qu’on est à la campagne ! Faut obéir aux ordres. Faut pas chercher plus loin la gueule de bois des Wallons. Les chefs n’ont plus de couilles, comme Arthur. Mais eux les ont pas perdues en combattant Adolphe. Elles sont tombées toutes seules devant le lion des Flandres. On peut pas donner des ordres quand on n’en a pas.
-C’était Félix Scieaussi du grand journal Liégeois « La Muse », qui interviewait Lucien Combattant, de Hamoir.
-Quoi, t’as déjà fini ? On peut dire que tu gagnes facilement ta vie au grand journal Liégeois « La Muse » !

12 juillet 2005

Enfants, voici les bœufs qui passent

Ah ! ce qu’on est fort pour sniffer de la daube et de la pas chère !
On vient de se souvenir des années hippies et de la methamphétamine rendue populaire par les gangs de motards tels les "Hells Angels" et les "Sons of Silence" dans les années 70 aux States. La methamphétamine est demeurée la drogue de la population rurale des Etats-Unis où elle sévit comme un véritable fléau. Cette « redneck cocaïne » (la drogue du pauvre) était surtout utilisée dans les campagnes, jusqu’il n’y a guère. Mais elle gagne les grandes villes, telle une vulgaire traînée de poudre « blanche ».
La formule est à la portée d’un « petit chimiste », vous savez cette panoplie offerte aux enfants entre 9 et 12 ans. A base de « méthylamino- 2 phényl – 1 propanol » auxquels on ajoute un engrais classique pour les céréales, ce bidule est un des devoirs classiques d’une deuxième année de chimie.
Ça s’ingère, se snife, se fume, bref, on en fait ce qu’on veut. Dans la mesure où elle se métabolise beaucoup plus lentement dans le corps que le crack cocaïne, la methamphétamine est potentiellement beaucoup plus dangereuse et "additive". Le résultat ne se fait pas attendre, la dépendance non plus, les séquelles encore moins, dégénérescence du cerveau, crise cardiaque, glaucome, enfin toutes les joyeusetés qui guettent les gros consommateurs.
Un parallèle est tentant avec la précédente "épidémie" américaine, celle du crack de 1986. A part que ce nouveau mode de suicide s’associe très bien avec l’hydroxybutyrate, mieux connue sous le nom de « drogue du viol » que de charmants jeunes gens utilisent pour « séduire » les mignonnes à la guinche du samedi soir… plutôt que se branler dans les cabinets… C’est plus ludique et ça fait bien dans le registre du parfait salaud…
La consommation de la methamphétamine est redevenue à la mode. C’est le « problème critique » aux Etats-Unis, où les trafiquants mexicains ont pratiquement saturé le marché de l’ouest du pays avec un « crystal meth » d’une grande pureté.
Evidemment les Ducon européens attendent fébriles que ça passe l’Atlantique et du moment que ça porte le label des States, c’est la référence ! On peut être assuré d’une forte demande d’ici peu parmi nos losers mondains. Les petites frappes à la revente de la blanche et de l’héro se convertiront vite fait, soyons-en certains. On ne serait pas étonné de voir les premières crisettes dégénérer en crise graves sous peu à Liège le samedi soir, tant le dosage doit être précis, si on ne veut pas déconner au point de péter les plombs tout de suite.
Nos folâtres avaient déjà leurs précurseurs, les « as » du Tour de France, avec le pot « belge » du fameux docteur Mabuse qui est une mixture en association avec la methamphétamine. Nos « athlètes » de la gonflette connaissent également des produits dérivés. Reste à trouver l’éphédrine qui entre dans la composition « spéciale », ce qui ne devrait pas créer de problèmes chez les caïds, rompus aux approvisionnements de leurs laboratoires clandestins.

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En Amérique rurale, une montée conséquente de la violence et du taux d’incarcération a été constatée. Le traitement des personnes dépendantes de la methamphétamine est d’autant plus difficile qu’il n’existe pas de substitut pharmaceutique. Aussi 93 % des consommateurs de methamphétamine ayant suivi un traitement de désintoxication rechutent dans les 18 mois.
Enfin débarrassés du travail des champs de pavot, les narcotrafiquants vont pouvoir faire « quelque chose » pour aider l’ONU à réduire la production d’opium d’Afghanistan.
Le boom des stimulants est dû à l’arrivée en force dans ce commerce des cartels mexicains. Cinq d’entre eux seraient particulièrement actifs : les cartels de Tijuana, du Golfe, de Sinaloa, l’organisation d’Amado Carillo Fuentes et, enfin, celle des trois frères Amezcua. Aux Etats-Unis, ces groupes s’appuient sur des gangs hispaniques. Ces derniers, basés pour la plupart en Californie (San Diego, Los Angeles), étendent leurs activités au nord, jusqu’à Seattle et à la frontière canadienne - par où transitent des précurseurs chimiques comme le P2P (phényl-2-propanone) - , et vers l’est, en Arizona (Phoenix), au Colorado (Denver), au Texas, jusqu’au Missouri (Springfield, Saint Louis) et à la Géorgie (Atlanta).
Pour 58% des policiers interrogés dans 45 Etats américains, la methamphétamine est leur plus gros problème de drogue, la cocaïne arrive en deuxième position (19%), suivie de la marijuana (17%) et de l’héroïne (3%).
Voilà, le rideau peut tomber sur l’héro. La clientèle change de « savonnette ». La horse aux chiottes, elle n’envoyait pas assez vite au funérarium. Reste à savoir si les vicieux à la revente ne vont pas tenter de mettre la nouvelle saloperie au niveau de l’ancienne, auquel cas, il n’y aura pas plus d’intoxiqués. Mais si par malheur, la concurrence fait tomber le gramme au prix du shit, ce sera l’hécatombe.
« Enfants, voici les bœufs qui passent… cachez vos rouges tabliers »

Une économie du C.A.C.A.

C’est comme les toilettes ! Vous avez vu ce qu’ils ont fait à la FGTB place Saint-Paul ? Ils ont fermé les cabinets du rez-de-chaussée. Les affiliés peuvent plus y aller. Et vous voudriez que moi, Clotaire Crapulet, affilié classes moyennes, conseillé par Monsieur Mené en personne, je ne prenne pas des mesures concernant les cabinets de mon entreprise ? Dorénavant, pour y aller - je ne conteste pas que parfois il faille y aller - vous prendrez la clé chez ma secrétaire Chrystelle Chaudu et vous la lui remettrez en main propre, c’est-à-dire après que vous vous soyez lavé les mains.
Ne croyez pas que ce soit de gaieté de cœur que je vous dis cela. Quand je vois l’état des lieux que Madame Pissoff doit rafraîchir, je me demande si nous avons affaire à des êtres humains.
La semaine dernière, grâce à un graphologue recommandé par Monsieur Mené, nous avons pu confondre et renvoyer sans