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31 janvier 2007

Connerie planétaire.

-Encore des pâtes… trois jours de suite !
-Normal. C’est la semaine du réchauffement.
-C’est quoi ça ?
-La planète est en danger.
-Ah bon ? Avec notre Berlingot Citroën, notre foyer à gaz, et l’eau du robinet pour se brosser les dents, c’est nous qui mettons la planète en danger ?
-Non. Mais, tous ensemble, la terre ne nous supporte plus.
-Ecoute, si les gens du Bénin consomment 0,2 % de ce que nous consommons ; par rapport à l’Amerloque, nous, on est à 15 ou 20… Donc, c’est l’Amerloque qui est le grand responsable du réchauffement.
-Bush l’a dit assez souvent : il s’en fout… Tant que l’Amérique continue sur sa lancée, et bientôt ce seront les Chinois, puis les Indiens, qu’est-ce que tu veux qu’on fasse ? Il faut bien montrer l’exemple…
-Au moins, on n’aura rien à nous reprocher.
-Hier avant de te coucher, tu as fait un de ces boucans ! Et en allant ce matin à la cuisine, je n’ai plus vu la télé, le micro-onde, la chaîne hi-fi… Où ça se trouve ?
-Dans la cabane au fond du jardin…
-Tu es devenu fou !
-Non. C’est plus prudent.
-Rapport au réchauffement ?
-Oui. Mais pas le même.
-Rapport à quel réchauffement ?
-Au réchauffement du ministre de la défense dans ses rapports avec la Marine.
-Quoi, les cadeaux de la Saint-Nicolas ?
-C’était pas inscrit dans le budget, enfin pas sous cette rubrique là !
-Mais nom de dieu, Cyrille qu’est-ce qu’on va faire ?
-Je me demande si ce ne serait pas le moment d’aller voir ailleurs si ça réchauffe moins.
-Non. Je veux dire qu’on pourra pas aller aux encombrants. On va polluer !
-C’est pas le moment de réfléchir… On se tire.
-Quoi, t’aimes plus la Belgique ?
-Oui. Mais, c’est elle qui veut tout, ma part, ta part, leur part, tout…
-Tu parles d’un réchauffement !
-Comme tu dis.
-Où c’est qu’on va ?
-Ils ont parlé des îles Caïman pour les huiles de la Sabena.
-Je suis sûre qu’il doit y avoir du beau linge !
-C’est pas trop pollués. Et puis question réchauffement, pas possible qu’il fasse plus chaud !
-On n’a pas les moyens !
-C’est vrai. On est des pauvres…
-Des petits voleurs…Je te ai dit, Cyrille, tu volais pas assez…
-Est-ce qu’on peut savoir dans cette foire d’empoigne…
-Oui, l’inflation est pas que dans le réchauffement. L’inflation, va plus vite que le réchauffement.
-On aurait dû faire dans l’honnête, plutôt que de la bricole. Pourquoi, j’ai pas fait l’école militaire ?
-Pourquoi pas gangster, tant que tu y es ?
-Simone fais la valise, on prend la Berlingot…
-Et si on se fait piquer à un barrage ?
-Quoi, on n’a rien fait… enfin pas encore.
-Tu sais que t’es trop honnête…
-C’est vrai, qu’est-ce qu’on craint ?
-On s’est fait baiser par tout le monde…
-Nos valises quand elles transitent par le Luxembourg, elles n’ont que des vieux pulls.
-Avec la TVA, les accises, les taxes, les droits pour tout et la feuille d’impôt, on n’est jamais qu’au guichet à régler ce qu’on leur doit !
-Faut bien qu’ils vivent mieux que nous, les fumiers !...
-C’est pas juste.
-Comment c’est pas juste ? Et leur mauvaise conscience, ça vaut pas un petit dédommagement ?

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-Tu crois qu’ils en ont une ? En attendant, passe-moi le sachet Beba, j’ai trois piles usagées dans le tiroir… Et pense à prendre ceux de la pharmacie, si tu sors Sultan.
-Pourquoi ?
-Tu sais qu’une merde de chien à l’air libre dégage un cm3 de propane ?

30 janvier 2007

Glucksmann sarkozyste !

On aura tout vu et on n’est qu’au début de la bataille des présidentielles en France !
Le philosophe branché André Glucksmann qui publie des livres depuis bientôt quarante ans, passe à droite, lui qui fit pendant tout ce temps les belles heures apéritives salonardes du tout-Paris de gauche. Comme il a le privilège d’exposer devant les médias ses moindres petits riens, nous voilà prévenus.
Son nouvel ouvrage, « Le discours de la haine » (Plon), écrit avec à la vitesse de l’éclair, ne pouvait pas mieux tomber à quelques semaines du premier tour.
Philosophe, peut-être, opportuniste, certainement.
Il y décline ses thèmes favoris à Roger-Pol, ne pas confondre avec le comédien,
à savoir que les forces de destruction minent désormais l’humanité. En les secouant dans un shaker avec Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, il nous sert comme le Cap’taine Cap, son nouveau cocktail avec une préférence pour du Sarko pur.
André ne voit pas dans le duel Sarkozy-Villepin une querelle d’ego, mais deux visions de la France. Sarkozy rompt clairement avec cette droite habituée à cacher son vide derrière de grands concepts pontifiants. C’est le patron de l’Elysée qui va être heureux !
Le philosophe quand il hait, hait bien ; mais quand il aime, la personne aimée est un archange. Justement, la métaphysique est allergique au péremptoire, à la vérité sans nuance, Glucksmann, au contraire, est d’une conviction intransigeante et de nous citer ce que Sarko, selon la gauche n’a pas proposé de mieux, et que lui considère comme de petites merveilles, la discrimination positive, et quitte à froisser une conception figée de la laïcité, la subvention de l’Etat pour la construction de mosquées, comme si l’urgence n’était pas dans l’habitat séculier, tel que pouvait se comprendre le message de l’abbé Pierre que Glucksmann salue au passage, sans le comprendre apparemment.
Et voilà notre ancien homme de gauche tressant la couronne de laurier à quelqu’un qui finalement pourrait très bien se passer du suffrage universel tant Glucksmann le croit supérieur aux autres candidats. Il serait le seul aujourd'hui à s'être engagé à la suite de cette France du cœur, dont il aurait recueilli l’héritage pour le transmettre aux générations futures !
Sarko, ça tombe bien, s’insurge contre tout ce que Glucksmann déteste, c’est à croire qu’il y a de la télépathie entre ces deux hommes-là !
Il n’y aurait pas un peu de démagogie chez notre philosophe ? Tout ce que Sarko dénonce, Ségolène Royal le dénonce aussi : le martyre des infirmières bulgares condamnées à mort en Libye, les massacres au Darfour et l'assassinat des journalistes, la Tchétchénie, etc…
Mais, il paraît que ce n’est pas de la même manière. A croire que le registre plus aigu de la voix de Ségolène ne parvient plus aux oreilles du philosophe.
Alors, c’est entendu, Sarko confisque tout, Jaurès, Zola, 89, le Front popu. C’est tout juste si le héros ne refait pas la guerre d’Espagne afin de voler au secours de Guernica !
Mais le plus drôle, c’est qu’André répond à cette offensive du plus grand rassembleur de tous les temps, comme s’il était, lui, Glucksmann, la voix de la gauche qui se rend au meilleur.
« Que répond la gauche ? Peu de chose malheureusement. Où se niche le combat d'idées qui fut si longtemps son privilège ? Où s'est égaré l'étendard de la solidarité internationale, fierté autrefois du socialisme français ? Pas question d'incriminer une candidate que je respecte - même si je n'avale pas sa justice chinoise élevée en modèle de célérité. Elle se trouve aux prises avec un vide plus grand qu'elle, n'en déplaise aux commentateurs ou aux jaloux qui fustigent à bon compte sa démarche ou sa personne. La leçon d'avril 2002 n'a débouché sur aucun renouveau conceptuel au PS. »

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Voilà la pauvre Ségolène enveloppée, pesée et jetée vive aux oubliettes.
Il est certain que le PS français a la même attitude que le PS belge vis-à-vis de l’économie capitaliste qui est notre Mante religieuse qui nous bouffe la tête pendant que nous lui faisons l’amour ; bien que souvent dans ce blog, je fulmine contre les socialistes mous qui, au pouvoir, font une politique de droite, je préférerais, si j’étais Français, me couper la main droite plutôt que mettre le nom de Sarko sur un bulletin de vote.
Mais le capitalisme émoustille Glucksmann et le pénètre de vénération, tant sa haine de la recherche de tout autre système devrait nous faire revenir au marxisme et à une nouvelle expérience communiste qu’il exècre par avance.
Ceci dit, notre philosophe sensible au chant des sirènes de l’UMP et de son candidat devrait se poser la question de savoir pourquoi Sarko drague au centre et à gauche ? C’est que sa clientèle habituelle, celle de Jean-Marie Le Pen, il l’a bien en main. Sauf imprévu, l’extrême droite ne fera pas trop de tort à l’UMP. Peut-être même que Le Pen n’aura pas ses cinq cents signatures ? Est-ce que Glucksmann mesure bien qu’il va voter avec les gens de Jean-Marie Le Pen convertis au sarkozysme ?
Enfin, la toute dernière à digérer – peut-être dans un autre livre ? - son héros veut modifier le droit de grève des syndicats.
On se demande si la philosophie pratiquée à un âge avancé n’attaque pas les neurones ?
Glucksmann devrait consulter.

29 janvier 2007

Du haschich à couper au couteau.

La semaine dernière, un élève de l'Institut technique Cousot, à Dinant, renvoyé pour avoir vendu des stupéfiants, s'est introduit dans le bureau du directeur et lui a porté deux coups de couteau. Il faut ajouter que ce jeune meurtrier n’était dans l’établissement que depuis une semaine !
Ce grave fait-divers est affaire de Justice. Le juge de la jeunesse a pris une mesure provisoire de 3 mois de détention en centre fermé.
Depuis, la polémique fait rage. Les enseignants ne se sentent pas rassurés – et ils ont raison – devant la montée des violences à l’école.
Le bourgmestre de Dinant, Richard Fourneaux qui, déjà en août 2003, adoptait l’idée d’un couvre-feu pour les jeunes, s’en est pris à la nationalité de la famille de ce jeune voyou en instance de régularisation de séjour.
Marie Arena, à l’issue d'une heure et demie de réunion avec les représentants du corps professoral de l'école, a appelé à la réflexion. Elle se donne un délai d'analyse, qui comme le refroidissement du canon dans le sketch de Fernand Reynaud « durera un certain temps ».
Des profs se sont mis en grève montrant ainsi qu’ils craignent les petites frappes qui se camouflent derrière les élèves « normaux ».
La gauche s’imagine obéir à des impératifs sociaux en défendant une politique laxiste vis-à-vis des jeunes qui songent à leur avenir dans la grande délinquance en commençant par la petite. La droite profite de l’occasion qui lui est donnée d’en appeler à une politique plus restrictive en matière d’intégration des étrangers, avec comme objectif, le bourrage de charters pour des retours définitifs.
Confusion, brouhaha, chacun veut avoir raison, tout le monde à tort, puisqu’il n’y a pas une politique cohérente en matière de délinquance des jeunes, attendu que l’alternative qui fait que les responsables soient, tour à tour de gauche et de droite, casse tout espoir d’une mise en place d’une logique et de ses conséquences à longue échéance.
Le citoyen se lasse. Les journaux et les responsables jouent sur la peur des gens. Et, du coup, à la nuit tombée, à l’exception des centres villes, les quartiers se désertifient. Comme tout se sait très vite, on amalgame la situation à Bagdad quand une bombe fait 68 morts avec l’arrachage du sac d’une vieille dame à Sainte-Walburge, par deux voyous qui ont pris la fuite.
Plus personne ne croit à la justice, la ministre croit prendre une mesure efficace en réclamant la rentrée pour la casse d’un arsenal détenu depuis des générations par les citoyens ordinaires. Moralité, presque personne ne rend ses « souvenirs de guerre », tant le citoyen ne se décide pas à se trouver coincé les mains vides entre la police et les malfrats équipés du dernier cri en matière d’armes à feu.
La rue ne retrouvera pas son calme et sa sécurité d’un coup de baguette magique. Les profs ne recouvriront pas de sitôt l’autorité qui était là leur et qui les faisait respecter naguère. Au contraire, nous allons sans doute vers un nouveau Columbine, cette fois européen.
Il n’y a pas de solutions, rien que des palliatifs.
C’est le mode de vie qui est en cause. Le rapport des gens avec l’argent, aussi bien des riches que des pauvres. L’absence de solution à des problèmes graves qui touchent à l’emploi et à la justice sociale.
Une justice trop lourde ou trop bonasse ne servirait pas à grand-chose.
Une éducation nouvelle basée sur le civisme et la morale ne serait d’aucune efficacité pour deux raisons. La première, il faudrait y inclure les parents, mais comment les responsabiliser et avec quels effectifs ? La seconde, un jeune qui deale ou qui joue les caïds, rançonne et terrorise ses condisciples, ne peut plus être rééduqué à moins d’un dispositifs lourd, et encore, pour des résultats incertains.
Est-ce à dire qu’il ne faut rien faire ?
Certes non. Mais, il faudrait plus que doubler le budget de l’enseignement, afin de permettre à des enseignants et des éducateurs plus nombreux, de rétablir « en force » un certain ordre à l’intérieur des écoles. Les sanctions vis-à-vis des voyous devraient être immédiates et sans délais. Les parents devraient être responsables des méfaits de leur progéniture.
L’âge de la responsabilité pénale devrait être descendu à quinze ans dans les cas graves.
Laurette Onkelinx devrait s’inspirer de cette pensée de Renan « Il n’y a pire injustice que celle qui consiste à traiter également de choses inégales » afin de réformer en profondeur ce qui n’est qu’une justice bourgeoise de l’ancienne lutte des classes.
Pour que le marais dans lequel nous pataugeons, « la société », soit qualifié de passable, il ne faut rien d’autre qu’une moyenne excellente des médiocres qui le composent. Le compte est vite fait, nous avons les délinquants que nous méritons.

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En attendant qu’il tombe des prix d’excellence dans les écoles, comme des pommes d’un pommier, n’oublions pas que le crime est la figure même de la monstruosité.
Notre système n’aurait que ce défaut, qu’il faudrait déjà le réformer : il fabrique des monstres.
Comme c’est « soufflez hautbois et résonnez musette » que de dire cela, il faudrait quand même rappeler que le monstre moral, psychique et social actif s’avère passible des Lois. C’est dans le lien profond de la justice et des citoyens de lutter contre la monstruosité, que se juge le désir du peuple d’un regain de paix.
Evidemment, si c’est pour faire de ce désir une arme pour traquer les syndicalistes, les chômeurs et les idéalistes, si c’est pour mettre sur table d’écoute les opposants du système, les révoltés et les théoriciens d’un nouvel âge économique, on aboutirait à une dictature de la droite pour régler vite fait le problème de la délinquance, mais à la Pinochet… C’est peut-être à cette conclusion que Richard Fourneaux, bourgmestre de Dinant, voudrait arriver ?

28 janvier 2007

Requiem pour un abbé.

Ah ! on a fait dans le grandiose. Notre Dame, les grandes orgues, le gratin, les chamarrures, on y a mis le paquet ! Le Pierrot n’en serait pas revenu, s’il avait pu sortir de sa boîte ! Mais voilà, justement, tout ça était évidemment en sa mémoire et hors de portée de son jugement, une façon de le prendre en traître, par surprise…
Rien n’avait été oublié, la cape, le béret, la Légion d’honneur, les évêques, les personnalités…
Lui qui gueule depuis cinquante ans qu’on ne fait rien pour les pauvres et les sans-logis, aurait pu se dire : « Tiens, vont-ils se décider ? » à la vue de tous ces gens qui pouvaient passer pour repentis à la minute où la télévision balayait leurs visages « ravagés » par le chagrin.
Las ! bien sûr que non, ils ne se seront pas décidés plus le jour de la mort du « saint » qu’ils ne se sont décidés le fameux hiver 53 et le premier coup de colère de l’abbé qui le fit connaître médiatiquement.
Voilà, c’est ainsi, les notables ont besoin que de saintes personnes leur montrent le chemin, ainsi ils peuvent en suivre un autre à l’aise, quitte à se « repentir » à la dernière minute…
Avant-hier, c’était la mascarade complète des notables pour la grande émotion des familles. L’exemple à suivre était allongé entre ses quatre planches, là où il pouvait toujours râler sans plus impatienter personne. La morale était sauve, l’hommage unanime de la nation était là. Il ne manquait pas un surplis. « Voilà ce dont on a besoin » résumait les discours, « …que la France pleure son saint homme », finissait le requiem.
Les mines étaient graves et le bas peuple côtoyait les huiles dans une « grande fraternité nationale ». Celui qui incarne la Nation avait tenu d’en être. Les gros plans sur ce comédien superbe qu’est Jacques Chirac, recherchaient la petite larme qui perle, mais qui ne se décide pas à rouler le long de la joue, par pudeur.
C’était, comme on dit dans les salons, absolument parfait.
L’Eglise raffole de ses sortes de réunion. C’est l’occasion pour elle de rappeler qu’elle est toujours là au bon moment et surtout qu’elle est incomparable pour les derniers.
Aussi, soigne-t-on la mise en scène. N’est-ce pas dans ce cadre prestigieux que l’Haut-lieu met toujours un point final à sa carrière ?
C’est ainsi qu’ils ont pu se dire, les importants, histoire de tuer le temps d’une cérémonie toujours longuette quand elle est « grande » : « C’est ici qu’on me déposera un jour. Je me demande qui viendra ? Et si je vivais aussi vieux que l’abbé, aurais-je encore comme lui, tant de monde ? ».
Si on avait dû enterrer l’abbé à la mesure de ce que sur cinquante années on a fait pour son œuvre, on l’aurait embarqué pour sa terre définitive dans un corbillard de troisième classe, arrivé à destination, une absoute à 10 € 50 aurait été bâclée par un curé itinérant, puis sous quelques flocons de neige - qui a Paris avaient valeur de symbole, mais qui à Esteville auraient fait que les 400 habitants seraient restés chez eux – on l’aurait mis dans le trou vite fait ; les fossoyeurs se seraient retrouvés à l’estaminet pour une petite bistouille et puis basta…
C’est peut-être cette manière expéditive de régler les derniers frais ici-bas qui aurait plu à l’abbé.
Enfin, il savait bien que son corps ne lui appartenait plus depuis qu’il était entré dans l’histoire grâce à une médiatisation qu’il avait recherchée. C’était la seule façon pour lui de jeter une couverture sur le dos des pauvres gens. Qui l’en blâmerait ?
L’émotion passée, que fait-on, devrait-on se dire ?
Rien, comme d’habitude, est la seule réponse la plus vraisemblable, mais qu’on n’entendra pas ; car si elle est l’expression de la vérité, elle dérangerait davantage que les autres jours en celui-ci de deuil.
Comme chacun y va de son anecdote, il me souvient d’il y a une petite vingtaine d’années où il était d’actualité de se servir du mauvais sort de nos prostituées des villes pour monter une émission de télévision. Un interviewer avait été scandalisé par les propos de l’une d’entre elles. Cette dame avait parlé de sa clientèle, à seule fin de démontrer que des gens très bien l’honoraient de visites régulières. Et elle avait parlé de l’abbé Pierre parmi ses assidus.
Dans le dernier livre publié sous sa responsabilité, il avait fait écrire à son mémorialiste que c’était tout à fait exact et que pendant tout un temps, il fréquenta ces dames.
Il était contre le célibat des prêtres et pour l’usage du préservatif.
Magnifique de sincérité, cet homme-là risque ainsi de ne pouvoir être déclaré saint par l’Eglise ; mais il s’en fichait, préférant à ce titre, celui d’homme vrai.

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Ce vieil homme n’était pas de gauche. Il fut député centriste. Mais il n’était pas de droite non plus. Il était du côté de la vérité, qui comme on ne le sait plus dans les milieux politiques et à l’Eglise n’appartient à personne et n’a pas de limite. Il était du côté de ceux qui n’on rien, des vaincus par avance du système, de ceux qui ne savent pas s’exprimer, de ceux qui n’ont pas choisi d’être dans la rue.
C’est à ce titre seulement, que nous avons perdu quelqu’un de bien.

27 janvier 2007

La presse invente la mouche à deux culs.

En voilà une histoire, à propos de la sortie du prince Philippe mercredi à la réception du Nouvel An. Et sur la lancée de rappeler les « bavures » du futur roi, ce qui aurait pour conséquence de donner au monarque en devenir un rôle purement protocolaire.
Y aurait-il un trou dans l’actualité, une sorte de prolongation de la trêve des confiseurs ?
Tout va de mal en pis, et pas qu’en Belgique. La pauvreté gagne du terrain. Que fait-on pour trouver des solutions ? Les journalistes font dans l’émotion et narrent par le menu les obsèques de l’abbé Pierre. Le pauvre aurait souhaité moins d’honneur et plus d’actions sur le terrain. Le gouvernement bat la campagne et a largement contribué à l’incapacité où nous sommes d’endiguer le chômage et tandis que Verhofstadt admoneste l’héritier de la couronne, les journalistes passe sous silence la législature qui se termine, les navrants projets avortés sur l’enseignement, les nouvelles pressions sur les chômeurs, le fiasco des stages et l’exploitation des travailleurs par les sociétés intérimaires, les ridicules lois sur les armes, l’atteinte aux libertés par des écoutes téléphoniques autorisées, la forêt de caméras de surveillance et les antennes des téléphones portables qui émettent à tout va des ondes cancérigènes tout à fait légalement, et tandis que l’on publie les salaires de l’Haut-lieu sans qu’il y ait de la part de ces messieurs de la presse le moindre commentaire, Didier Reynders n’est pas honteux d’envoyer une feuille d’impôt à des pensionnés qui gagnent à peine 1000 euros par mois, pour un petit rabiot de 400 euros, tandis que son premier ministre donne une leçon de morale aux ouvriers en grève de Volkswagen Forrest !...mais, mais… c’est Philippe qui porte atteinte à la liberté de la presse…
Qu’a-t-il dit le prince ? Il a dit qu’il n’appréciait pas les articles de deux rédacteurs en chef. Pour une fois, je suis d’accord avec lui. La presse aujourd’hui ne reflète pas la situation exacte de ce pays, ne donne pas à informer ce qui devrait l’être. C’est une presse croupion, anémiée par les pertes d’emplois, certes, mais coupable de fermer sa gueule à l’encontre d’un système économique qui tient 90 % des habitants de ce foutu pays à la gorge. C’est une presse qui n’en est plus une, avec des articles bidon, de complaisance, partisane. Ce qui est plus grave, les quelques « héros » qui s‘agrippent aux bureaux de rédaction, cochonnent la langue que c’en est une honte.
Par manque de sous, il n’y a plus d’investigations avec de grands déplacements, si bien qu’elle reçoit l’information toute mâchée de l’étranger et que nous ne sommes pas davantage mieux renseignés de ce qui se passe ailleurs que ce qui se passe chez nous.
Autrement dit, les mêmes qui bougent leur pantalon devant nos industriels, voient de la façon la plus conformiste qui soit les événements qui se bousculent au Liban, en Afrique et dans le reste du monde. Partout où il convient de sauver les meubles de la politique américaine et du grand capitalisme international, ils nous sortent leur antienne : vive le système !...
Alors, que Philippe ait dit ceci, plutôt que cela, qu’il ne veuille plus voir un tel, et a la rédaction du journal flamand bien connu et que je nommerai pas, dans sa manche…qu’est-ce qu’on s’en fout !

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"Le problème du prince Philippe, c'est qu'il est trop pressé de devenir roi, qu'il veut trop faire de son mieux et qu'il veut donner à la royauté un rôle politique", crachote Yves Desmet dans De Morgen. Est-ce qu’il ne faudrait pas écrire à ce journaliste qu’il nous emmerde encore plus quand il décrit la situation en Flandre « belle et prospère » et qui le serait davantage sans la Wallonie, en mentant sur toute la ligne, davantage que lorsqu’il critique un voyage inutile de Philippe à l’étranger ?
Quant à prétendre que "L'appel à une monarchie protocolaire à l'image du modèle scandinave, où tout rôle politique de la fonction serait impossible, a gagné en puissance hier. Et le seul que le prince Philippe peut remercier pour cela, c'est lui-même", qu’est-ce que ça veut dire ? Tout le monde sait que le vrai pouvoir aujourd’hui n’est ni au palais, ni au parlement, mais ailleurs, loin, enfin suffisamment loin de la Belgique pour craindre l’avenir. Alors que la monarchie passe à un autre régime, devienne protocolaire, voilà longtemps que messieurs les journalistes collent des étiquettes sur tout et n’importe quoi. Ils font de l’Arthur, l’amuseur de TF1, mais en moins drôle. Car, pour prétendre amuser le tapis, il conviendrait d’avoir un minimum d’esprit.
Alors, concrètement, si vous pouviez nous torcher les commentaires des programmes des différents partis qui vont se présenter aux élections, fouiller dans l’actuelle législature ce qui avait été promis et ce qui n’a pas été fait, faire le point sur la misère qui gagne et sur les nouvelles prétentions flamandes à diriger le pays avec les Wallons comme d’aimables seconds, on vous pardonnerait peut-être votre entêtement à nous prendre la tête avec les « mots » de Philippe.
Oui, gaffe il y a. Mais pas où l’on croit. La gaffe, c’est ce pays lui-même, mal foutu, mal défendu, mal organisé, champion des injustices, livré aux spéculations nationalistes flamandes, bientôt la proie d’une guerre entre les extrémismes religieux, malmené dans ses banlieues avec une populations en déshérence et qu’on n’écoute pas malgré l’avalanche des discours du genre « Je vous ai compris ».
Enfin, ambition suprême, mais en avez-vous jamais eue ? Rappeler à l’Haut-lieu une évidence superbement ignorée : ce ne sont pas les riches qui nourrissent les pauvres, mais les pauvres qui nourrissent les riches. Vous ne donnez pas du travail aux gens, ce sont les gens qui travaillent à votre place. Vous n’avez pas à dicter notre conduite, mais c’est nous qui devrions dicter la vôtre.
Et puis merde !...

26 janvier 2007

Une politique d’accueil.

-Austerlitz !
-Félix !
-Qu’est-ce que tu deviens ? Et tes maquettes ?
-Les batailles, le soleil après les brumes sur les ravines d’Austerlitz, les reconstitutions, le plâtre des reliefs du terrain, les fascines… toute cette merde, j’ai bazardé pour 10 euros, quand je me suis séparé de Georgine… Aujourd’hui, je me demande ce qui m’avait tant plu dans ce truc…
-La fascination du détail exact… la minutie des collages… le coup d’œil de l’Aigle sur le champ de bataille ?
-Mon cul, oui. Je cherchais qu’elle me foute la paix, qu’elle me laisse dans un coin. Je voulais plus l’entendre gueuler qu’avec ma paie on tiendrait pas jusqu’au 20…
-Pourtant, ça te venait de loin, les réductions, les maquettes, je me souviens du Messerschmitt à hélice… t’avais quoi, par là ?
-Tiens, je me rappelais plus. J’avais 16 ans…
-T’avais ça dans le sang.
-C’était un prétexte, je te dis. Comme on finissait plus de s’engueuler avec Georgine, on s’est séparé à l’amiable. C’est-à-dire qu’elle a tout gardé et que je me suis trouvé à la rue avec une valise. Elle aurait pu me laisser l’appart en déménageant en face chez son amant, l’assureur, mais comme c’était trop petit chez lui, c’est lui qui a traversé la rue…
-Pourquoi t’as pas repris l’appart de l’amant ?
-C’est une question de savoir vivre, ça se commande pas.
-Tu viens pas d’me dire que depuis Georgine, tu glandes dans le quartier ?
-Non. Je te parle d’un truc d’il y a 25 plombes…
-T’as fait quoi, entre- temps ?
-Je me suis mis avec Cri-d’amour.
-Cri-d’amour ! On l’avait tous perdu de vue. Pourtant, on l’avait pas mal pratiquée…
-J’ai tiré le pompon... Après quelques temps, j’avais plus un rond. Comme je travaillais chez Binkom dans la ferblanterie, par jugement je devais douiller sec pour nourrir la Georgine et son dabe.
-Elle avait toujours son père ?
-Non. C’est l’assureur. On aurait dit son vieux…
-Je commençais à coucher dans la rue, rapport à mon salaire couper en deux. Quand, dans un troquet, un soir que je savais pas où me fourrer, je tombe sur Cri-d’amour qui revenait d’un marché
-Sûr ! Elle avait pas les yeux dans les poches…
-Là, elle avait les poches sous les yeux… Fatal, l’âge arrange rien. Mais quand t’as froid, t’es pas si regardant…
-C’était son blair qu’allait pas avec le reste…
-C’est ça. D’autant que, bizarrerie du destin, tu te rappelles son nom de famille…
-Ganesh !

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-Me voilà avec Ganesh. Au début, quoi 12-15 mois, le bonheur. Une fois que t’as passé sur l’effet premier… la tronche, elle était pas mal foutue… Enfin, tu connais. On se la tapait quand on n’avait rien d’autre… Tout de suite, je me suis demandé si c’était malin de me les geler dans la cour de chez Binkom, à charger et décharger des tôles. Sur quoi, Cri-d’amour me dit qu’elle et moi on pourrait faire les marchés et travailler en équipe. J’ai lâché ce gros porc de Binkom, vite fait…
-T’étais devenu indépendant…
-Dépendant, plutôt. Vu que c’est elle qu’a le fonds de commerce… Mais, c’était trop jouissif de plus rien verser à la Georgine… C’est sur les marchés que ça a foiré, rapport à Pied-d’alu, l’invalide du stand d’articles d’hygiène, collé à celui de Cri-d’amour... Le mec a fantasmé. Il avait la pension béton, plus ses articles caoutchouc… On peut pas dire que Cri-d’amour s’est laissé brouter la toison à l’instant. Elle a résisté qu’on croirait pas, avec le physique qu’elle a, elle avait du mérite. Puis, j’ai senti que ça y était plus…
-Le coup de rein distrait, qu’on peut dire…
-Oui, la patte lourde au grand écart.
-Qu’est-ce que t’as fait ?
-Je me suis remis aux maquettes.
-Aïe !...
-La réduction de la Belle-poule. Attention, pas n’importe laquelle, la troisième… Celle qui ramena les cendres de Napoléon de Sainte-Hélène…
-Tu retombais dans l’Empire… Ta passion… Tu te rappelles la collection de maréchaux ?
-Cri-d’amour me dit un jour que Pied-d’alu était aux toilettes dans le pavillon qu’on occupait elle et moi…
-Ecoute vieux, voilà la camionnette, t’expliqueras ça ailleurs.
-T’attends pas que je te parle de Simone ? Et mes maquettes des salles de torture de Saddam ?
-Ou tu dégages, ou on t’embarque pour obstruction sur la voie publique…
-Félix, t’es devenu flic !
-Comme tu vois…
-Ah ! j’en reviens pas…
-C’est ainsi. Maintenant, t’auras tout le temps de me parler de Simone si tu montes dans le pick-up… C’est ça la nouvelle politique sociale de la ville. Faudra t’y faire, mon con…

25 janvier 2007

Je me porte bien

Messieurs les auteurs dramatiques, rendez-nous les vaudevilles d’antan, en les adaptant aux stress et aux turpides de la société de consommation.
Surtout n’adoptez pas le ton incantatoire, soit désespéré, soit béat d’optimisme, employé dans les maisons de la culture par des personnels déboussolés.
Mais faites nous rire de nous-mêmes, de nos prétentions au progrès, des temps modernes, de notre écœurant égoïsme, notre bourgeoisisme et notre prétention à ne jamais douter du système capitaliste.
C’est en refermant le livret de « L’habit vert » de G.-A de Caillavet et Robert de Flers que cette réflexion m’est venue à l’esprit.
Les auteurs y ridiculisent la prétention d’appartenir à l‘Académie française. Une institution prestigieuse, comme il y en a d’autres dans le panel des prétentions contemporaines.
Sous l’amabilité perce une noirceur inquiétante : on brocarde férocement les institutions, les plus hautes institutions de l’état avec une belle liberté d’esprit.
L’acte III est particulièrement drôle.
Le duc de Maulévrier, Académicien, reçoit sous la coupole le comte Hubert de Latour-Latour, l’amant de sa femme, la duchesse de Maulévrier.
Parmeline, professeur de musique de la duchesse et son confident, est surpris par le duc avec une lettre de la duchesse à remettre à son amant. Il n’a le temps que de la poser sur la table, parmi les papiers épars. Or, c’est le discours de Maulévrier à la réception du récipiendaire Latour-Latour. Le duc en lisant le discours de réception découvre son infortune.
Interruption de séance et brouhaha.
Le duc afin d’éviter le scandale revient sur sa décision de quitter la séance et reprend son discours, suite à l’insistance de Pinchet, secrétaire perpétuel, qui lui fait la confidence que lui aussi a été cocu par madame Pinchet dans de pareilles circonstances.
Le rideau tombe sur l’acte III par la reprise du discours du duc :
« Comment ne me plairai-je pas, monsieur, à voir l’amitié que je vous porte, s’accorder si parfaitement avec l’estime où je vous tiens, et à vous dire comme Epictète à l’un de ses disciples préférés : Vous êtes aimé des Dieux. Vous êtes chéri des Muses ! Vous êtes un homme heureux ! Et ma main vous couronnera de fleurs ».
Il manque aujourd’hui cette impertinence dans la chose bien dite et bien envoyée. Le public n’est pas si abêti qu’on ne le pense ou si traumatisé par la dureté de la vie au quotidien. Il sait encore rire et surtout se moquer des puissants, de l’argent, des conventions.
Pourquoi y a-t-il tant de réactions autour de cette affaire de Hasselt qui mouille notre marine dans un mouillage auquel elle ne s’attendait pas ? Parce que les simagrées que l’on fait autour des princes, des colonels comme des juges, le public n’en est pas dupe. Il subit l’année durant les pressions morales d’un régime voué à l’adoration de ces hauts personnages, il s’aplatit comme Lagardère devant son ennemi déguisé en bossu pour faire signer sur sa bosse les traites de la rue Quincampoix : « Sur ma bosse, monseigneur » ; mais dans le fond, le public obéit et feint le respect, parce qu’il ne peut pas faire autrement.
De temps en temps, comme Caron de Beaumarchais, quelqu’un ouvre une fenêtre et l’air frais s’engouffre On rit de ces fantoches. Et cela fait du bien.
Car, ces gens sont de nature humaine avant tout.

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Tous les matins, ils se rendent aux toilettes comme tout le monde et y font exactement la même chose que les SDF sous les ponts. Evidemment si la matière est la même, le réceptacle et l’environnement diffèrent. Mais, s’ils diffèrent, c’est parce que notre bonhomie et notre façon d’écouter les leçons les bras croisés sont propres à notre gentillesse de modestes.
Ensuite, ça déjeune aussi, oui madame. Et ça pète un peu quand la bonne s’en retourne à l’office. Enfin le soir, il n’y a aucune honte à cela, quand monsieur est en train et madame aussi, à quelque haut niveau qu’ils appartiennent, ils baisent, votre honneur et peut être même pire, ils ne font pas que cela comme le souhaiterait le bon cardinal Daneels et la morale chrétienne. Ils ont des manières et des habitudes.
Est-ce trahir un secret que de dire cela ? Est-ce jeter le blâme et le discrédit sur l’Haut-lieu ? Pas du tout. Et de cela, tout le monde, absolument tout le monde, en a conscience.
Vous allez me dire que ce sont des évidences, que j’enfonce des portes ouvertes ?
Peut-être bien. Mais on ne sent pas cette égalité des mœurs et des besoins de tous dans les discours condescendants des uns et respectueux des autres. Et c’est en cela que ma remarque est une bonne chose.
Et il serait dommage que monseigneur ne baisât point et que sa dame qui serre contre son cœur le petit affamé d’Afrique pour les actualités et madame Anne Quevrin, qu’elle ne baisât point avec plus l’espoir d’un orgasme, que d’assurer l’avenir de la dynastie.

24 janvier 2007

Un logo bête.

C’est fait. Il manquait au mauvais goût du perron chaussé d’un préservatif à le symboliser par un trait. On vient d’atteindre la limite de l’inventivité. Nous ne créons rien, donc nous ne sommes rien, doivent se dire les éminents du jury qui ont découvert la merveille à 13.915 euros !
Si c’était le but de l’opération de créer une nouvelle image de Liège, c’est réussi. Nous étions déjà ridicules avec nos démêlés sur la finition de la place Saint-Lambert, la gare des Guillemins avec son environnement minable ; mais tout cela, c’était entre nous. Maintenant tout le monde va savoir que nous sommes des nuls. C’est la honte !...
Si le but du logo c’est la simplicité, autant valait donner la palme et le fric à un supernullose qui aurait remis sa feuille blanche.
« Nous avons été séduits par le rappel stylisé de l’élément le plus fort et le plus représentatif de notre ville: le Perron », justifie le bourgmestre Willy Demeyer. (C’est un journaliste qui le rapporte). Pourquoi ce journaliste a-t-il cru bon d’écrire que Demeyer se « justifiait » d’avoir choisi la chose ? Se sentirait-il coupable ? Déjà du remord ?
« Nous avons répertorié une vingtaine de logos différents. Au moment d’une nouvelle législature qui prône l’unification et la transversalité de ses services, nous voulions une image fédératrice, un logo unique et une charte graphique à respecter par tous les services. »
Nous voilà beaux ! A nous de nous débrouiller pour que cela ne se voie pas trop. On pourrait demander, par exemple, pour les futures vestes des stewards de coudre le logo dans la doublure, à charge pour eux de garder le veston fermé.
C’est dommage que nous n’avons pas pu juger de la valeur des autres concurrents, puisque treize firmes ont répondu à l’appel du Collège échevinal de la Ville de Liège. Finalement dix d’entre-elles ont remis une offre. Trois n’ont donc pas pris le départ, dégoûtées à l’avance, ou parce qu’elles avaient eu des informations selon lesquelles le choix avait déjà été fait ?
Autre chose troublante, les six hauts représentants de la Ville et deux extérieurs spécialisés en communications ont choisi, à l’unanimité, le projet de la société Synthèse. Alors quoi, en démocratie, l’unanimité ne doit-elle pas être avant tout suspecte ?
Et puis c’est qui les hauts représentants, dans cet antre de la reine Pétaud de la place du Marché?
Comme projet rondement mené, on peut dire qu’il l’a été. Pourvu qu’il soit aussi rondement mené hors de nos mémoires.

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Le plus délirant consiste dans leurs explications des traits du logo, un pour le port, un pour la gare, un pour l’aéroport et un pour les autoroutes. C’est plus facile de déchiffrer un cartouche égyptien du sarcophage de Ramsès II. Il faut reconnaître, côté symbole, on a mis le paquet. Quant à la haute barre centrale, ce n’est plus le préservatif, c’est le symbole d’une fusée…
Enfin, pour l’œil éclairé et sagace, les quatre petites barres suivent une courbe comparable à celle de la toiture de la future gare TGV. Ah ! il faut suivre…
Mais ce n’est pas tout, les couleurs ont aussi leur charge de symboles, un rouge rubis, symbole de dynamisme et de féminité, contrastant avec le noir, très masculin et rappelant le charbon, élément économique essentiel de Liège au siècle dernier », dixit le François Bodarwé, aux anges… qui fait remarquer de plus en plus finement que ce n’est pas tout,
la haute barre et les deux petites à droite forment la lettre « L » de Liège, toujours de la même couleur !.
A cette merveille, il fallait un slogan. Qui l’eût cru : « Liège, une ville, un esprit », mais oui, Liège a un seul esprit. Il y a cent mille idiots à Liège et un esprit seulement ! On se demande lequel ? De notoriété publique, il y en avait deux : Didier Reynders, bourgmestre empêché par les électeurs, et Willy Demeyer, l’élu. Il y aurait donc un des deux qui rejoindrait la troupe des demeurés ?
On se perd en conjectures…
Certains Liégeois consternés ont cru voir un doigt d’honneur à nos dirigeants. Il paraît que c’est meilleur quand le même doigt frôle la prostate. Les hauts dignitaires en seraient-ils ?
Car si tout bonnement nos hauts Liégeois, nos invincibles décideurs, avaient seulement eu l’intention de se faire une petite gâterie ?
Il fallait le dire, voyons. On aurait rigolé comme avec Michou d’Ans et on n’en parlait plus.

23 janvier 2007

Charlemania.

La Destenay mania (complexe de Charlemagne) n’est pas morte. Le bétonnage du centre ville a toujours ses chauds adeptes. Le goût du grandiose touche encore de nombreux élus. On l’a vu dans le choix de la gare des Guillemins, certes, chef-d’œuvre de Calatrava incontesté ; mais placé au centre d’un quartier aux maisons de briques à un ou deux étages, l’ensemble fera un coup de poing sur un œil – un de plus – parce qu’on n’ira pas au bout du projet de l’architecte avec la percée d’un canal bordé d’avenues jusqu’à la Meuse et qu’ainsi, l’ensemble au centre des maisons anciennes apparaîtra comme monstrueux et inutile.
Admettons que cette gare magnifique n’était pas faite pour nous, puisque nous ne sommes pas capables d’en finaliser l’implantation.
Mais le syndrome Destenay se cristallise ailleurs, maintenant que les dés sont jetés pour les Guillemins.
En effet, la crise de trente années de la place Saint-Lambert, si elle a accouché de bâtiments de type soviétique place Saint-Michel, et qu’en face, à l’espace Tivoli, personne n’a vraiment une idée valable pour contrecarrer les bétonnières qui piaffent d’impatience dans les starting-blocks de la gent immobilière, Didier Reynders, le bourgmestre empêché par les électeurs, et le vrai, Willy Demeyer, sont pour l’excroissance bétonnière de la justice au-dessus de la gare du Palais et se bagarrent ferme avec les riverains et une bonne partie de la population liégeoise. Le montage au-dessus des voies du chemin de fer à deux pas du palais des Princes-Evêques, d’un blockhaus, du type « mur de l’Atlantique » afin de caser les dossiers poussiéreux et quelques chambres juridictionnelles éparses dans la ville et aussi pour accompagner l’impression fâcheuse de la façade jaunâtre et plate de l‘îlot Saint-Michel, est la pire catastrophe architecturale que des décideurs publics veulent imposer à la ville.
Pour une fois, les riverains se sont insurgés en première demande d’arbitrage. Le Conseil d’Etat leur a donné raison. Les maniaques d’en face ne l’entendent pas de cette oreille. Au lieu de reconnaître que leur projet est insensé et chercher un lieu où déposer dame Thémis, par exemple la magnifique abbaye Saint-Laurent bientôt disponible, non, c’est trop. Ils n’aiment pas que l’opinion leur résiste. Ils remettent ça, dans un soi-disant nouveau projet qui n’est que le même qui n'a pas changé d'une brique.

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On se dirige à nouveau tout droit vers un nouveau recours au Conseil d'Etat !
Pour ceux qui ne savent plus si cette ville est dirigée par des fous ou si ce sont les citoyens qui le sont, le Conseil d'Etat a pour mission de nous protéger de l'arbitraire des Autorités, face au refus du dialogue et des arguments de fait. Il est donc normal de se tourner vers lui, en démocratie.
Le Conseil d'Etat ne se prononce que sur la légalité du permis, c'est-à-dire le respect ou non des normes et règlements, ou la manière dont on motive les dérogations à ces normes. L'opportunité du projet actuel, que les opposants ne cessent de contester, est de l'entière responsabilité des Autorités.
La nouvelle demande de permis n’apporte aucun élément permettant d’estimer qu’il s’agit d’un nouveau projet à considérer.
Pour mettre un peu de baume sur la plaie, les responsables avaient imaginé une compensation sous la forme de promesse concernant l'entretien et la rénovation du Palais des Princes-Evêques. On connaît la valeur des promesses. On en attend même des tombereaux à quelques mois des élections. D’autant que le plus beau monument de Liège du fait de son classement sera obligatoirement restauré dès que certains dépôts d’archives de la justice auront vidé les lieux. On se demande même comment il se fait que les Services Incendie des pompiers n’ont pas déjà fermé certaines salles aux installations électriques défectueuses, quand on sait comment ils sont pointilleux quand des particuliers transforment leur maison.
Vraiment si toutes ces imprudences, ces manquements à la sécurité, finissaient par dégrader ce magnifique édifice, pire, à le réduire en cendre, ce serait accablant pour les promoteurs des délirants projets actuels qui ne trouvent pas d’issue.
On croise les doigts, pour qu’une catastrophe de cette ampleur n’arrive jamais.
J’espère que l’urgence de sortir d’une impasse déterminera les services publics.
Les partis adhérents au projet « gare du Palais » devront vite se ressaisir et caser ailleurs une Justice qui n’a rien à faire au centre ville.

22 janvier 2007

On ne touche pas !

-On peut toucher ?
-Non !
-Pourquoi ?
-Est-ce que ça se demande ?
-On touche sans le demander, alors ?
-Encore moins.
-Mais alors, si on ne peut toucher sans le demander, on peut toucher en le demandant ?
-Si nous parlions d’autre chose ? D’une candidature projet, par exemple ?
-Sans y toucher ?
-D’une candidature projet avant tout !
-Afin de pouvoir y toucher après ? D’accord. Alors je suis candidat. Vous êtes satisfaite ?
-Vous êtes impayable ! Le prix à payer ne doit pas être trop lourd à supporter pour les négociations. Mieux vaut un premier qui y toucherait un peu, qu'un second premier francophone qui y toucherait beaucoup afin de répondre aux exigences flamandes.
-Vous voyez qu’il y en a qui y touche ! Pourquoi ne pourrais-je pas y toucher aussi ?
-Vous ne pourrez jamais y toucher parce que ce n’est pas nécessaire.
-C’est bien la première fois qu’on réponde à mon désir d’y toucher en disant que ce n’est pas nécessaire. Qu’on me dise que je ne plais pas, ou que c’est proprement scandaleux de poser ainsi la question des rapports. Mais, que cela ne soit pas nécessaire ! Je trouve cette non nécessité-là bizarre.
-Inutile de jouer « au coq » avec les autres, ou sans les autres. Que ce soit dehors ou en interne, on n’a pas besoin de toucher pour obtenir des résultats.
-Ah ! mais comment fait-on pour obtenir des résultats sans toucher ?
-C’est possible, en traitant d’abord longuement les problèmes de son emploi. Si on avait mis en place une bonne politique de l’emploi, peut-être cette volonté de vouloir y toucher à tout prix serait moins pesante ?
-On peut y toucher, mais platoniquement, si c’est cela que vous voulez dire ?
-Vous allez continuer longtemps ? Vous êtes pire que Leterme qui doute de la capacité des francophones.
-Comment pouvez-vous douter de ma capacité ? Parce que je suis francophone ? Et puis, d’abord qui est ce Monsieur Leterme ? Votre mari ?
-Grand dieu non !
-Qu’a-t-il à voir avec ma capacité ou mon incapacité ? Qu’est-ce que le fait de parler le français à un quelconque rapport avec ma capacité ?
-De quoi parlez-vous à la fin ?
-C’est à vous que je pose la question ?
- Mais je parle de l’inutilité de toucher une fois de plus à la Constitution !

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-Quelle constitution ? La vôtre ? Et pourquoi vous ne voulez pas qu’on essaie ?
-La constitution du peuple belge, bougre d’âne ! A quoi pensiez-vous ?
-Evidemment vu sous cet angle, la Constitution du peuple belge, pourquoi j’y toucherais !
-Ah ! parce que…
-Oui…
-Et vous croyiez qu’y toucher ou pas, ce serait à…
-Oui !
-Qu’est-ce qui vous à pris ?
-…bien, le fait que vous êtes une femme, moi un homme, le décor, les oranges, cet espèce d’abandon de tribune… le plaisir que vous avez d’agiter les mains, vos colliers, les yeux dans le beurre… tout quoi !...
-Mais vous êtes fou !
-Oui.
-Et la Constitution du peuple belge, ça vous dirait, plutôt que…
-Non merci. Décidément, je suis déçu.
-Pourquoi ?
-Parce que vous nous avez rappelé que Guy Verhofstadt, à l'époque où il était dans l'opposition, avait été lui aussi friand de déclarations. La fonction fait l'homme avez-vous dit en me regardant…
-Je vous regardais comme ça, sans vous voir.
-Notez que dans un sens, sans toucher, ça me fera moins mal quand vous me tromperez, plus tard.
-Comment cela ?
-Oui, quand je serai électeur.

21 janvier 2007

Christiane, on t’aime !...

-La Commission des Affaires sociales du parlement wallon a clôt ses travaux sur la gestion de l'Agence Wallonne pour l'Intégration des Personnes Handicapées (AWIPH), donc les travaux sont terminés, n’est-il pas ?
-Pas du tout. La Commission a clôt ses travaux pour en nommer une autre, c’est-à-dire la même, mais reconduite… Nous devons notamment ravaler la face Nord du bureau de Christiane Vienne, qui, comme on ne le savait pas auparavant et c’est même tout à fait récemment qu’on l’a appris, Christiane Vienne est ministre…
- De ?
-Attendez, vous me faites hésiter… Bref, elle est ministre. Enfin, son cabinet est fort endommagé aussi. Monsieur Delhauteur est logé à la même enseigne.
-C’est qui Monsieur Delhauteur ?
-…son chef de cabinet.
-Il fait du saut en hauteur ?.
-Non. En profondeur….
-Et qu’est-ce qu’on attend pour commencer la deuxième tranche des travaux ?
-On attend Georges Rovillard ?
-Il est où ?
-A l’étranger à son habitude.
-Qu’est-ce qu’il fait à l’étranger ?
-Il voyage.
-Qu’est-ce que les voyages à l’étranger ont à voir avec la gestion de l'Agence Wallonne pour l'Intégration des Personnes Handicapées.
-Vous ne vous imaginez pas comme les Handicapés voyagent Ils ont des fourmis dans les jambes !... toujours par monts et par vaux… des oiseaux migrateurs, on vous dit !
-Et pourquoi attendez-vous Georges Rovillard ?
-On ne sait pas. Mais on l’attend. Peut-être est-il parti avec les clés de son bureau en oubliant d’éteindre les lampes ? Maintenant, si vous me demandez ce que Georges à affaire là-dedans, je suis incapable de vous le dire. Au reste, lui aussi, puisqu’il n’est jamais là.
-Le gouvernement a annoncé qu'il procéderait au remplacement du président et des vice-présidents du comité sans que la ministre des Affaires sociales n'ait jusqu'à présent mis en oeuvre cette mesure, ce que relève la Commission. Qu’est-ce que vous en dites, n’est-ce pas, comme on dit…
-Voilà, ce que je cherchais !... Christiane Vienne est ministre des Affaires sociales !
-Répondez à ma question au moins, hein ! vous trouvez ?
-Le texte de la résolution, fait 6 pages, je vous assure c’est une brique !... C’est seulement hier que Christiane a touché ses nouveaux verres. Elle est pour, évidemment.
-Pourquoi donc, n’est-il pas, qu’elle est pour ?
-Pour le nouveau contrat de gestion. Elle va lancer la procédure de recrutement d'un administrateur-général. La majorité souhaite aussi que la situation des membres du comité de gestion soit clarifiée. Mais pour ça on attend toujours Rovillard.
-A l’étranger, je sais, vous l’avez dit, dont auquel une fois…
-On est au coeur du problème. Le principe du nouveau contrat, les nominations, tout ça… les intéressés, administrateur-général, les membres du comité de gestion ne sont pas au courant qu’ils sont démis (1). Si bien que madame la ministre est à la recherche de vieux bureaux IKEA afin de loger les nouveaux qui vont être nommés, tandis que les anciens poursuivront leurs fonctions, puisqu’ils ne sont pas officiellement dégommés.
-Cela ne fait-il pas un peu désordre, hein ! pardon… On se croirait à la direction de la RTBf, foi de Fabienne vande Chose !...
-Ce serait simple si l’affaire en restait là. Mais elle se complique…
-Elle ne l’était pas assez ? Excusez moi, l’élastique de mon soutien-gorge me sert un peu.

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-La Région n’a qu’une idée en tête, envoyer un délégué spécial pour surveiller Georges Rovillard, l’administrateur-général.
-Mais puisqu’il est toujours à l’étranger et qu’il est démis sans le savoir ?
-L’envoyé spécial voyage gratuitement sur Brussels-Air-Lines. Il partirait directement pour l’île Maurice.
-Rovillard est à l’île Maurice ?
-Non. Mais il a de la famille là-bas.
-Qui Rovillard ?
-Non. L’envoyé spécial.
-Quelle est la différence entre une mission de contrôle et une mission de surveillance, selon vous, n’est-il pas, sans doute ?
-C’est justement ce que nous attendons de la part d’une nouvelle Commission de la Commission des Affaires sociales, une clarté conséquente et non diffuse. Un rayonnement tangent et entéléchique de la Région.
-Au fait, je venais pour causer des Handicapés. Vous avez un mot à dire ? Juste pour le réconfort…
-Oui. Christiane on t’aime.
-C’était Fabienne vande Chose pour l’émission « Christiane on t’aime » de la RTBf…
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1. Ecrit avant les démissions

20 janvier 2007

Le PS sabre au clair !...

-C’est l’ouverture, Messieurs, le prologue… taïaut au clairon de la Muette de Portici !... La campagne sera longue. Nous avons cinq mois afin de dresser un plan d’action. Nos forces sont éparses, mais décidées. Rappelez vous Jemappes, Valmy, Austerlitz. Nous étions Place Charles II isolés par les libéraux du Maréchal Didier, le maire faisant fonction d’un Liège fictif, soutenus à peine par quelques francophones embourbés dans des échauffourées avec comme appui les derniers voltigeurs de Charleroi, face à une armée adverse décidée. Pour cause de proximité avec le second tour des batailles présidentielles en France, prévu le 6 mai, nous avons remis au 10 juin la confrontation de nos hussards avec les cuirassiers du Vlaams belang. J’ai préparé, comme d’habitude, une proclamation aux troupes, que je lirai devant les pyramides, le jour voulu. …
-Qu’est-ce qu’il lui prend ? Il fait son Napoléon !
-C’est depuis qu’il a vu Ségolène-Joséphine Royal de Beauharnais…
-Ce doit être un grand changement pour lui !
-Le voilà amoureux d’une femme !
-On aura tout vu…
-Tu crois qu’il va attaquer la France, si elle ne veut pas l’épouser ?
-S’il défait les milices flamandes, il en est bien capable.
-Et tout ça pour un jupon !...
-Messieurs, nos troupes sont à cran. Les armes rouillent faute d’être utilisées. Il va falloir tenir la troupe cinq mois. Une épreuve pour les nerfs du côté francophone, où plane en permanence, sur le paysage politique, le fantôme d'un renversement d'alliance militaire. Ce qui ne détend pas l'atmosphère. Heureusement, nous avons les troupes de Ségolène-Joséphine en appui stratégique, quoique il faille se méfier de Hollande-Grouchy qui est fort capable de ne pas marcher au bruit du canon et de nous laisser seuls devant Leterme-Blücher, uniquement par jalousie sur ma personne.
-Tu as remarqué, au lieu du nœud pap…
-Oui, le bouton rouge de la Légion d’Honneur…
-Quand a-t-il succombé aux charmes de Ségolène-Joséphine ?
-Ça date du Congrès de Fontainebleau…
-Pour le bien de la couronne, on a voulu consacrer mon union avec Marie-Louise Milquet, dite Joëlle. Je dis, pas encore Messieurs. Laissez faire l’histoire préparer nos fils et nos compagnes. Aux armes citoyens. Marie-Louise, c’est pour plus tard. Quand j’aurai besoin d’un fils spirituel. On m’a prêté aussi l’intention de reconduire la violette, que j’aurais ravie des bras d’Alexandre Dumas fils. Il s’agit là d’une trahison de l’histoire, Messieurs, car il n’est là bel et bien question que de Marguerite Gauthier qui n’aimait que les camélias. Moi, Messieurs, ma violette est ségolénienne ou ne sera pas. Si vous souhaitez le retour de l’arc-en-ciel de Wagram, il faudra que nous défassions les deux présidents. Le genre de chose qui exacerbe la compétition, qui fait grimper l'adrénaline, mais qui, Messieurs, nous couvrira de gloire pour la lutte finale. (Il entreprend de chanter l’Internationale, mais sans succès. Les présents ont oublié le texte chez eux).

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-Tu crois qu’il va falloir le remplacer ?
-On aurait dû y songer depuis longtemps.
-Pourquoi ne l’a-t-on pas fait ?
-Tu vois quelqu’un d’autre ?
-Laurette-Pauline ?
-Encore une Buonaparte ! Non, alors…
-Alors, il faudra faire avec Napolio…
-Lefèvre-Daerden est parti à la rencontre d’Yves Leterme. Je compte sur des milices liégeoises, hélas ! mal intentionnées car sous l’influence de Willy-Hilarion Paul François Bienvenu du Puget, marquis de Barbantane-Demeyer (Général de division) qui caresse d’autres ambitions de commandement. Deuxième réflexion : cette campagne est problématique dès lors que les partis flamands, guildes fort belliqueuses, ont fait de la réforme de l'Etat un casus belli, et qu'en face, les métiers francophones prétendent qu'à ce petit jeu, il pourrait y aller de la fin de mon Empire... Faut-il préciser que le 10 juin, on aura le nez sur l'été, et négocier une réforme institutionnelle tout en travaillant à la formation d'un gouvernement, cela risque de bousculer juillettistes et aoûtiens ? Sinon de conduire à une crise de régime. Et au nom de la Belgique. Messieurs, ils ne passeront pas. Vive l’Empire ! Vive le roi !
-C’est la première fois qu’il associe le roi à l’Empire.
-Il anticipe. Il est déjà à la Restauration avec Philippe-Louis.
-A propos de Philippe-Louis, que va devenir son duché de Brabant si on fait du BHV à la scie circulaire ?
-Napolio n’a rien dit ?
-Il faudrait peut-être le lui demander ?
-Attends que Ségolène-Joséphine soit reine de France, que nous ayons perdu les élections et que le Maréchal Didier de Monvraicon soit adoubé à Liège. Il ne restera plus à Napolio qu’à se réfugier à la cour de Philippe-Louis et d’épouser une princesse du sang qui lui fera oublier Ségolène-Joséphine, en lui préparant des plats à la napolitaine.
-Peut-être même alors que la villa Clémentine sera libre ?

19 janvier 2007

Un parti avec un P en corps gras

- Monsieur Leblanchi, vous vous présentez le 10 juin, avec votre nouveau parti. Comment s’appelle-t-il ?
- Le Parti.
-Comment le Parti ?
-Oui, le Parti !
-Mais ce n’est pas un nom ! Vous avez Ecolo, le PS, le CDh, le MR et vous…
-Le Parti, mais avec le P de parti en gras.
-A l’inverse du PS dont la lettre grasse est le S.
-Vous avez tout compris.
-Vous avez les 500 signatures dans les arrondissements de plus de 500.000 habitants ?
-Non. Mais nous sommes en passe de recueillir les signatures de 3 parlementaires sortants.
-Lesquels ?
-Vous permettez, j’ai un appel. C’est toi Chérie ? Tu as les signatures ? Bon. Parfait. Je vais dire à Ernesto de libérer les enfants. Merci. Voilà. Nous les avons.
-Vous vous présentez partout ?
-Partout. Ma femme Ment…
-Comment elle ment ?
-Elle s’appelle Isabelle Ment - c’est elle que je viens d’avoir au bout du fil pour les signatures – se présente au Sénat. Voilà l’affiche…
-…Isabelle Leblanchi-Ment, une femme chef d’entreprise au service des femmes… Vous n’avez pas peur que Leblanchi-Ment ne fasse un peu provoc ?
-Vous faites de la discrimination à partir des noms des candidats, ma parole ! Je peux vous aider, si vous voulez, Isabelle a tenu un lavoir-automatique rue Saint-Gilles…
-Et votre programme ?
-Nous n’en avons pas, évidemment.
-Au moins vous ne décevrez personne !
- Nous n’en avons pas, parce que c’est inutile d’en avoir. La situation est simple. Il y a d’un côté l’Etat qui a de plus en plus besoin d’argent, et le contribuable qui en a de moins en moins, à force... Pourquoi effrayer ce dernier, alors que la vie étant chère pour tout le monde, il faudra bien augmenter les taxes pour assurer aux élus un train de vie décent ?
-Sans programme, qu’allez-vous promettre ?
-Pareil. Nous ne promettons rien. Nous serons les seuls à n’avoir rien promis qui tiendront nos promesses.
-Mais enfin, il faut bien débattre de quelque chose ? Par exemple, comment allez vous répliquer aux autres partis s’ils vous demandent ce que vous comptez faire pour résoudre la situation de BHV ?
-Le Parti avec un P gras est un parti neuf, ambitieux et qui peut résoudre tous les problèmes, à commencer par les communautaires. Dans ce cas précis, nous avons un programme…
-Ah ! quand même…
-…qui consiste à ne rien faire. Et nous avons des références.

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-Lesquelles ?
-C’est bien connu. L’absence de solution arrange tout. Le Belge se lasse vite. Au bout de quelques temps d’autres problèmes surgiront. Il oubliera BHV et il finira par ne plus en parler.
-Je ne suis pas sûr qu’on ait oublié les anciennes affaires ? L’affaire royale, en 1950, vous croyez que l’on ne s’en souvienne plus ?
-Mais elle s’est résolue en ne se résolvant pas, justement ! Le fils a succédé au père. Notez qu’elle peut revenir sous une autre forme. Actuellement les Flamands la reposent. Concédez qu’en enterrant l’affaire de 1950 en laissant aller les choses, nous avons quand même eu plus d’un demi siècle de tranquillité.
-Et la frontière linguistique ?
-Archi enterrée…
-Cependant Di Rupo ?
-Il n’est pas de notre parti avec un P gras. Il est du parti avec un P maigre.
-Oui. Mais il veut renégocier…
-Il ne renégociera rien du tout. Il fait semblant d’exhumer. Dans ce pays tout le monde menace, en disant : « Attention, il y a des squelettes dans le placard, si vous poursuivez dans l’idée qu’il faut résoudre ce problème, j’ouvre le placard. Et ce qu’il y a dedans n’est pas triste.
-Et la corruption ?
-Voilà, pour notre Parti, la seule négociation intéressante. Tout le monde est corruptible. La preuve, chaque semaine amène son lot d’affaires. J’attends des offres pour mon parti, de la part des industriels, des parlementaires, même des syndicats. Isabelle et moi, foi d’Onagre Blanchi-Ment. Oui, nous sommes corruptibles. Je profite de votre antenne pour lancer un appel d’offres… Je n’ai pas une chaudière en panne à Carcassonne, mais j’ai mon réfrigérateur à mon appart de La Panne qui vient de me lâcher…
-Si ça vous intéresse, mon beau-frère travaille au noir…

18 janvier 2007

Alceste et Philinte.

-Je plains les maîtres de morale qui disent à nos chères têtes blondes qu’il ne faut pas voler, pas tricher et pas essayer d’évincer les petits camarades par la fraude et le bluff.
Car, quel exemple ont-ils, ces malheureux, à leur donner ?
Ce n’est pas vrai que le type honnête se fait une situation grâce à son mérite reconnu.
Il est faux de prétendre que les réussites sont là pour nous prouver que la persévérance, la ténacité, l’esprit d’équipe et le solide bagage universitaire justifient la primauté sociale.
Il n’y a pas d’Etat plus encombré de fripouilles et de gens malhonnêtes à sa tête que le nôtre dans toute l’Europe, si l’on excepte les nouveaux adhérents. Quant à la Russie et ses quelques pays satellites, n’en parlons pas.
Nos grands belges ? Tous plus ou moins maquereaux et bien profondément incultes sous le vernis. Le cœur sec sous l’apparente grandeur d’âme. Bien calés dans les mobiliers d’Etat, ils attendent qu’on les suce et puis s’est tout. Les couilles comme des aumônières, ils ont l’air de donner, mais ils donnent jamais rien que des saloperies informes, qu’ils appellent salaires entremêlés de foutre…
De quelque côté que l’on se tourne, nous ne voyons que des gens avides, trustant les places et s’y cramponnant. La fin des cumuls ? Cette bonne blague pour débiles mentaux…
Un nouvel éclairage de la canaillerie ambiante, c’est à notre justice que nous le devons, depuis que – il faut lui rendre hommage – les nouveaux magistrats remplacent les anciens.
Enfin, le catalogue de la corruption, de la prévarication, du vol qualifié ne s’arrête plus au vol de vélo ; mais, monte… monte… et nous délivre du soin de bouger notre casquette devant nos éminents. Les juges osent lever la tête et ce qu’ils voient n’est pas très ragoûtant.
Il y a de la crapule partout, certes, le malheur n’excuse pas tout, mais l’argent non plus.
Cet Etat, un des plus formidables héritiers au monde, puisqu’il ampute jusqu’à 90 % des héritages de ses citoyens, n’est pas fichu de répartir correctement ses pécules, tout en pataugeant dans la fange des milliards récoltés, au chevet des morts et aux pompes des stations. Il amasse surtout et fait son beurre sur le dos des petites gens. Il n’est prodigue que pour une catégorie de citoyens, quant aux autres, ce ne sont que mendiants humiliés. C’est à qui sera le plus parasite et en même temps jouera le héros indispensable, tandis qu’en bas, le chômeur paria sera pourchassé…
Et si c’était pour faire du social, de la relance, de l’économie bien sentie, on ne pourrait qu’applaudir, mais non, c’est avant tout pour se sucrer dans le sens le plus médiéval du terme, qu’ils nous gerbent leurs ordres, qu’ils chipotent sur la ration de pain aux plus misérables…
Certes, des exemples contredisent ces affirmations un poil sectaires. Des gens courageux, honnêtes, travailleurs, peu intéressés existent. Il y a en Belgique une population qui travaille dur, se fait sentir les poches par nos larrons sans piper mot ; mais cette population reste modestement sur ses établis, ses planches d’épure, ses hauts-fourneaux. Seuls les batteurs d’estrade triomphent, s’enthousiasment et donnent des conseils, ce qui est proprement insoutenable à l’honnête homme.
Le drame aujourd’hui, c’est que les gens honnêtes le savent, sans pouvoir l’oser dire tant ils craignent d’incarner à eux seuls, le sens le plus bas du populisme.
Alors, ils se taisent. Que voulez-vous qu’ils fassent ?

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-Bon. D’accord. Il faut faire la part des choses. La vie du ver à bois peut être paisible et douce aussi, s’il se contente de sa condition de ver à bois. Chacun trace la voie qu’il peut. Il y a autant de bonheur à respirer ici, plutôt que là. C’est une question de poids du fiel ; une fois débarrassé, plus de rancœur, de basse jalousie… On peut aimer et être aimé à tous les échelons. La culture ne passe pas par la possession de trop de biens, de trop de savoir. Il vaut mieux une tête bien faite, qu’une tête trop pleine. Tous le savent, l’étude ne sert qu’à mettre l’autodidacte le pied à l’étrier. Le luxe ce n’est pas de posséder plus que les autres, c’est de vivre tranquille et sans la crainte d’être inquiété par une mauvaise action que l’on a commise par le passé dont on craint devoir s’en expliquer un jour. Vivre dans la bonne conscience réelle et non pas feinte est fort agréable. Satisfaire ses besoins et ne pas courir après ses désirs.
Qu’y a-t-il franchement d’exaltant à commander aux autres et puis sentir que l’on est plus ou moins obéi, que l’initiative que l’on a prise était la bonne ? La notoriété ? Elle commence par du stress et finit au cimetière, comme tout un chacun. Les cimetières sont pleins de gens irremplaçables, la chose est bien connue. A l’exception de quelques grands noms, l’histoire n’a retenu que le plus souvent l’espace d’une vie d’homme, de qui se souvient-on vraiment six mois après sa mort ?
Le patrimoine ? Bien sûr les petites mouches restent accrochées et les grosses passent à travers la toile que l’Etat araignée tend tout au long de notre vie, et pour cause, c’est ce qui le fait vivre.
Chacun a une fonction utile. Même le parlementaire marron, lorsqu’il est dénoncé, nous laisse voir que l’arbre cachait la forêt.
-Mais je ne suis pas amer. Je ne broie pas du noir. Je ne casse pas du ministrable. Je n’en veux pas à la terre entière. Je pense tout simplement que le pouvoir au lieu de communiquer verticalement par un réseau de communications descendantes, devrait se confronter aux communications ascendantes de la base ; que ce réseau ascendant est généralement atrophié et que ce sous-développement empêche que ce réseau fonctionne différemment et qu’enfin, s’il est loisible aux gens du dessus de communiquer aisément avec les gens du dessous, l’inverse n’est pas possible ; et que le dialogue au lieu de monter ou descendre, devrait s’étaler par palier et aller de haut en bas et de bas en haut par strates longitudinaux…
-Et alors ?
-... la critique me fait bicher et l’éloge m’emmerde…

17 janvier 2007

Ça volait ferme à la SABENA

Le désastre de la Swissair est à l’affiche des tribunaux suisses.
On ne peut voir les images de la direction helvétique de cette compagnie, tous innocents, comme il se doit, sans avoir une pensée émue pour notre compagnie aérienne bradée par des inconscients de la politique belge aux aigrefins de la Confédération qui l’ont proprement désossée avant de périr eux-mêmes de leur propre boulimie.
Ce qui est croquignolet et qui doit sidérer l’ancien personnel de la SABENA, le juge Van Espen dispose d'éléments laissant penser que la plupart voire tous les membres du comité de direction de la Sabena bénéficiaient entre 1992 et 1997, « de rémunérations occultes, versées au départ d'une société basée aux Bermudes, un paradis fiscal. L'existence de soupçons avait été éventée dans la presse il y a trois ans, mais, depuis, les enquêteurs ont réalisé d'importants progrès dans leur travail d'investigation. Sous réserves de découvertes de dernière minute qui contrediraient leurs soupçons, ils sont parvenus à comprendre l'ingénieux mécanisme mis en place par les dirigeants de la compagnie pour éluder une partie de l'impôt dû sur leur rémunération. » (Info du Soir).
Ces membres de la direction de la Sabena, étaient non seulement incapables de diriger une compagnie de cette importance, mais encore avaient constitué, fin 1991, une société aux Bermudes pour la couler davantage. Officiellement baptisée Sabbel Insurance limited, cette société avait pour objet l'assurance de risques non aériens de la Sabena, comme les pertes de bagages, ou les risques politiques dans des pays à la situation politique instable, comme le Rwanda. « Chaque année, la Sabena versait des primes à cette société. Les sinistres couverts par la société d'assurance étant rares (l'enquête dira si les primes étaient excessives), la société offshore réalisait de confortables bénéfices. Ceux-ci étaient ensuite reversés aux membres du comité de direction de la Sabena (la suite de l'enquête dira s'ils étaient tous concernés). » (Toujours selon l’info du Soir)
Ces incapables, maladroits à Bruxelles, étaient fortiches ailleurs côté combine. Afin de tromper le fisc, le bidule distribuable passait par le Luxembourg, la grande lessiveuse de l’argent du gotha belge. C’est Axa Luxembourg qui faisait la distribution, sans doute un peu comme dans notre Marine nationale sous la forme de cadeau de la Saint Nicolas, moyennant quelques « rachats » des primes et autres tours de passe-passe.
Pour les cartographes, le triangle des Bermudes passait par le Luxembourg !
On ne sait pas de combien chaque directeur en aurait croqué.
Le Soir situe le grisbi à environ un million de francs belges par an et par combinard de 1992 à 1997, en plus des rémunérations légales, bien entendu.
L'enquête du juge Van Espen n'est pas terminée.
En comparaison, les dérives de Charleroi étaient des pourboires, si l’on considère que certains détournements alimentaient des caisses de terrains de sports, des réunions de « prestige » bref, des réunions militantes du samedi soir, toutes choses hautement illégales, certes ; cependant, dans le cadre d’une politique laxiste et de longtemps acquise, dans une sorte de léthargie citoyenne et d’entraînement collectif, on peut comprendre.
Ici, des voyous en croquaient au moment où la SABENA criait famine.
Dans ce radeau de la Méduse que finalement devint cette entreprise, tandis qu’on demandait des efforts au personnel navigant et au personnel au sol, ces messieurs téléphonaient au Luxembourg, s’inquiétaient du temps qu’il faisait aux Bermudes, blanchissaient à longueur d’année.
Il est à souhaiter que l’on n’en reste pas là et que ces voyous de la finance alimentent par jugement la curatelle de la faillite, afin de distribuer si possible une compensation à un personnel qui a beaucoup perdu.
Bien entendu, avant le procès, les accusations, la constitution d’un dossier qui, paraît-il n’a pas encore révélé tous les petits arrangements entre amis, il pourrait se passer quelques mois, voire davantage.

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Dans ce foutu pays, chaque trimestre révèle son content de voyous dans les milieux les plus protégés, les plus éclectiques. Et sur le temps que ça pirouette encore et donne toujours « les bons conseils moraux qui s’imposent aux petites gens », les prisons sont pleines de pauvres diables qui ont volé des clopinettes, et qui sont tombés à cause de broutilles.
C’est fâcheux. Parce qu’à l’aune de la morale des riches, une évidence s’impose : les petits délinquants ne volent pas assez, pour éviter la Correctionnelle, ou, tout au moins, franchir la porte des prétoires que des flics en gants blancs ouvrent pour eux, se voir condamner avec sursis et s’en retourner se plaindre devant la presse de l’injustice qui leur est faite, et puis paisiblement rentrer chez eux pour se foutre de notre gueule en famille.

16 janvier 2007

Délire sarkozyen.

A la suite du show d’hier de Nicolas Sarkozy, je me suis demandé si tous ces champions de la jactance, du « toujours avoir raison », n’admettant jamais que l’adversaire pût développer un meilleur concept, ne relèveraient pas du délire de grandeur, plutôt que d’un altruisme empathique au service de « La nation », «Du bien public » et « De la justice égale pour tous » ?
Qui nous dit que ces gentils paranos de part et d’autres du micro (mais ici il s’agit bel et bien de cerner la personnalité de l’ambitieux politique et non pas la névrose de l’animateur télévisuel) ne sont pas dangereux ?
La distinction n’est pas facile à établir.
L’aliéniste Philippe Pinel pensait que certains de ces « maniaques » se distinguaient par la cohérence de leur jugement et le caractère partiel de leur délire. Il avait même trouvé un terme adapté. Il appelait cela une folie raisonnante.
Folie raisonnante que l’on pourrait dire « effervescente » chez Louis Michel et « en veille » chez des acteurs moins inspirés.
Un autre aliéniste, Jean-Étienne Dominique Esquirol ajouta « mélancolique », au délire triste ou « lypémanie ». Les « monomaniaques » pouvaient être parfaitement heureux.
Et de citer : « M. De R. entend des voix qui rendent justice à sa conduite et qui condamnent ceux qui l’ont contrarié… se croit en communication avec Dieu et avec les anges ».
On a souvent l’impression de « voyance » chez l’orateur inspiré.
Qui a entendu le discours de Di Rupo à Paris à l’usage des militants socialistes français plébiscitant Ségolène Royal, pouvait, en fermant les yeux, se trouver dans la forêt de Domrémy-la-Pucelle, pour tout autant que l’on accordât une osmose entre l’orateur et le soupir des anges !
Ce qui fait du paranoïaque un fou à part, c’est que son délire n’est que partiel. Cela n’empêche nullement l’intégrité de son jugement ; pis encore, il peut très bien construire autour de sa manie une existence heureuse et d’allure normale, bref prendre un visage très semblable à celui des gentils « paranos » qui l’entourent et que nous sommes parfois.
Serait-ce le signe d’une société qui se ferme sur les gentils paranos, selon François Roustang, tandis que les « délirants extrêmes » émergeraient ?

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On voit encore le règne souvent brutal d’adeptes de religions exigeantes satisfaire leur extrémisme mystique sur des populations sans défense. L’Iran aujourd’hui est le monde médiéval des Européens d’hier.
Nos hommes politiques, Nicolas Sarkozy et les autres ne vont pas jusqu’à s’autocélébrer dans la passion partagée du parti qu’ils incarnent seuls. Ils inquiètent cependant par des paroles sacramentelles, certains vocables à caractère répétitif comme « Démocratie », « Liberté d’entreprise », « Etat de Droit », qu’ils brandissent à défaut d’arguments comme des armes fatales, pour sortir de situations difficiles.
C’est ainsi que Nicolas Sarkozy saupoudre le drame des banlieues de solutions guerrières : plus de CRS, plus de police de proximité ; sans jamais parler de la paupérisation progressive, cause profonde du malaise.
Le délire de grandeur est un écran naturel à la remise à plat des concepts, ce qui de l’administrateur à l’administré empêche le dialogue.
Les délirants de la grandeur aiment s’attarder sur leurs conditions difficiles de départ dans la vie. Nicolas Sarkozy fils d’émigrés hongrois sans le sou, Elio Di Rupo, fils d’un mineur de fond italien, Michel Daerden, fils d’un modeste employé des chemins de fer, pour – de façon instinctive – faire ressortir « le chemin parcouru » en vertu de leur seul mérite. Bien loin d’encenser le père, ces parricides le tuent une seconde fois.
Ils auraient une psychose de jeunesse « issue de rêveries complaisantes » s’illusionnant sur la mémoire dans un délire d’inventeur.
Arrivé à l’âge mûr, le délire lié à des images de persécution de l’enfance semblera une mesure de défense contre les influences contrariantes de la vie, se manifestant par une surestimation sans mesure des capacités, un délire de compensation justifiant des positions sociales élevées.
L’aliéniste Kraepelin invoque même des « délires de grâce » préséniles. Le discours aux Français de Jacques Chirac, à l‘occasion du nouvel an, illustre les propos.
Tous « fous » nos dirigeants ?
Non. Bien sûr. Mais dérivant vers des délires que l’entourage et la pression exercée par d’autres délirants modèrent à peine.
Et comme il faut bien conclure, ne croyons pas Karl Marx quand il nous livre sa pensée dans « Thèses sur Feuerbach » : « les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde ; il s’agit maintenant de le transformer ».
Au vu de l’incapacité de nos « transformateurs », nous n’en sommes pas encore là.

15 janvier 2007

Sarko me fait peur.

C’est fait. Le grand show médiatique vient d’enfoncer une porte ouverte. Voilà Nicolas Sarkozy adoubé par les siens et même par ceux qui, comme Villepin et Chirac, ont voulu sa perte.
Il faut dire qu’il était le seul candidat en lice. 98,1% des suffrages, c’est une élection comme dans les anciennes républiques bananières. Reste à se demander si les millions dépensés n’auraient pas été plus utiles à autre chose.
Bien sûr l’événement a été filmé, photographié, commenté et cela impressionne les gens simples; mais, on ne peut pas voir tout ce cirque sans faire le rapprochement avec les Conventions à l’américaine. Même tapage, même vocifération, même promesses dont ont imagine bien qu’elles ne pourraient être tenues sans obérer les finances de l’Etat français dans le rouge depuis l’avènement de Chirac.
L’actuel président, champion des promesses jamais tenues, se pourrait-il qu’il soit snobé par plus fort que lui ?
Le hall du parc des expositions à la porte de Versailles était bruissant d’une multitude venue de tous les horizons sans billet de transport, la chose étant réglée par l’UMP et le ventre creux, les sandwiches étant beurrés par les mêmes aubergistes.
Quand « c’est pour rien » l’ambiance est toujours formidable.
L'annonce du taux de participation a donné lieu à une mise en scène particulièrement gratinée, les secondes précédentes étaient scandées par des militants surchauffés par la vision de leur propre enthousiasme projeté sur grand écran.
Au moment du score, Sarko montait à la tribune pour prendre la parole. On peut le trouver démagogue, outrancier dans ses propos, se contredisant, variant le discours en fonction des circonstances, ce qu’on ne peut nier, c’est le talent de celui ou de ceux qui font ses discours. L’homme est habile comédien. Il joue la carte de la sincérité. Peut-être l’est-il dans l’ivresse de l’ambition satisfaite, dans l’euphorie de l’exposition de son image, dans le plaisir personnel d’être écouté et de convaincre ?
Après l’hommage à son ennemi intime, Jacques Chirac, le reste du discours partait gagnant d’avance avec un salmigondis d’hommages divers tout azimut dans le désir de s’entendre se gonfler d’importance par le prestige des noms et sous leur houlette de rassembler de la voix le parterre de moutons, comme jadis faisaient les bergers sur les collines du Parnasse.
Les militants ont eu droit au bottin des personnalités, telles que l’abbé Pierre ou Simone Veil et aux sites aussi dissemblables que le mémorial Yad Vashem ou le monastère de Tibérihine. Evidemment, il n’a pas eu recours à Jeanne d’Arc, devenue après l’usage qu’en avait fait le général de Gaulle, la propriété exclusive de Jean-Marie Le Pen ; mais Saint Louis, Carnot, Pascal et Voltaire ont eu leur tour à l’applaudimètre.
Ce qui est gênant dans ce discours triomphaliste, c’est qu’il pourrait peut-être susciter des faux espoirs au 80 % de travailleurs de France qui doivent se débrouiller avec moins de 2000 euros par mois.

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Il l’a dit dans son discours : il a changé ! En quoi ? « Parce que les élections présidentielles sont une épreuve de vérité. » On l’a vu avec Chirac, champion des promesses non tenues. Et on l’a vu avec Sarko aussi, qui a eu cinq ans pour amorcer son changement et que ce soit aux finances et à l’Intérieur, en quoi son changement personnel a fait changer le monde dans lequel il vit ? Les Finances ? La France va mal. Elle ne maîtrise pas la dette publique qui va croissant. L’Intérieur ? N’est-ce pas sous Sarkozy que la presse du monde entier est venue filmer dans les principales villes de France l’incendie de milliers de voitures privées ?
Eh bien ! s’il a changé, les militants de l’UMP viennent de voter pour quelqu’un qu’ils ne connaissent pas, puisqu’il aurait changé à l’insu de tous, dans le silence des cabinets et avec ses seuls conseillers. Car, celui que l’on a vu à Versailles paraît bien toujours le même, dans son discours, jusqu’à cette façon qu’il a d’aller vers les gens, comme il a l’habitude d’aller vers les flics sur le terrain afin de les féliciter de leur dernière bavure, comme à propos des deux mômes poursuivis jusqu’aux installations de l’EDF et qui y sont morts l’année dernière, sans qu’on sache au juste pourquoi ils étaient poursuivis.
Au soir de cette journée, ce type me fait peur. On le sent avide de résultat, pressé de réussir, mais de quoi ? Son enthousiasme pour la méthode américaine de gouvernement, s’il est élu, pourrait conduire à une dérive de l’Etat et à des solutions de choc d’un social privatisé, d’une pauvreté sans droit et d’une méconnaissance jointe à un mépris des gens qui n’ont pas de travail et qui en cherchent ou en ont cherché avant de sombrer dans le désespoir.
Oui, si j’étais Français, je ne pourrais faire confiance à ce type.

14 janvier 2007

Un Premier tout trouvé.

-Monsieur le bourgmestre empêché de Mons, comment dois-je vous appeler pour faire plus bref ?
-Appelez-moi monsieur Premier.
-Pourquoi Premier ?
-En souvenir de Louis XV qui avait 5 filles, qu’il appelait Première, Deuxième, Troisième, etc.
-Vous êtes royaliste ?
-Je suis pour une république socialiste dirigée par un roi.
-Comme c’est curieux !
-Dans la République de Platon, celui-ci met la conversation sur les lois de Minos et de Lycurgue et demande à Clinias la raison des repas en commun, qui sont d'usage en Crète et à Lacédémone. C'est en vue de la guerre qu'ils ont été institués, répond Clinias, parce que, lorsque les citoyens sont en campagne, le soin de leur sûreté les oblige à prendre leur repas tous ensemble. Mais cette institution n'a-t-elle en vue que la guerre ? demande l'Athénien. A côté de la guerre avec les ennemis du dehors, n'y a-t-il pas aussi des guerres intestines au sein d'un même État, et au sein même des individus ? Et n'est-il pas nécessaire qu'un bon législateur règle tout ce qui concerne la guerre en vue de la paix, plutôt que de subordonner la paix à la guerre ? Et c'est là une oeuvre qui demande plus de vertu que la guerre.
-Et le bon législateur, Monsieur Premier qui éteindrait les guerres intestines et rendrait à la vertu une prépondérance sur la guerre, c’est ?
-Je suis en campagne pour le moment et je partage mes repas avec des amis Flamands, si vous voyez ce que je veux dire…
-Vous vous autoproclameriez Premier une seconde fois ?
- Le débat est ouvert sur la légitimité d'un Premier francophone. Quant à la question de ma propre candidature comme Premier, attendez les élections et les tractations des partis pour la répartition des emplois.
-Vous croyez que votre heure est arrivée ? Vous ne craignez pas l’échec sur Bruxelles Halle Vilvoorde ?
-Je tends la main ouverte aux Flamands et je leur dis qu’il n’y a aucun problème, Brussel c’est Brussel et Hall, c’est Hall, quant à Vilvoorde tout pareil.

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-Vous capitulez sans discussion !
-Si nous voulons arriver à un accord et un Premier francophone, la compréhension me paraît nécessaire. Mais il ne s'agit pas de ma priorité.
-Quelle est-elle ?
-C’est de maintenir la monarchie au sein d’une république flamande et populaire.
-Et les francophones ?
-C’est détestable ce vocable. Nous avons en Belgique des Flamands et des Wallons. Les francophones, je ne connais pas. Le dialogue avec les partenaires flamands, voilà l’essentiel. Je ne suis pas demandeur de réformes institutionnelles, je ne suis demandeur de rien, mais si les Flamands le veulent. Pourquoi pas ? Leurs revendications ont toujours été fort raisonnables.
-Ainsi, la sécurité sociale ?
-Ils ne vont tout de même pas continuer à subventionner les Wallons.
-La réforme de la monarchie ?
-Je suis prêt à demander au ministre président flamand de faire passer des examens de néerlandais au roi et à son successeur.
-Et si, Monsieur Premier, malgré vos concessions, les Flamands s’obstinaient à vouloir un premier ministre flamand ?
-Alors, oui, nous serions intransigeants.
-C’est-à-dire ?
-Pas question de scinder BHV. Les droits des 300.000 francophones en Flandre ne sont pas respectés. La sécurité sociale, c’est la garantie des soins de santé pour tous. Enfin, nous remettrions en question la frontière linguistique et nous exigerions le retour des Fourons à la province de Liège.
-Evidemment, les Flamands ont de quoi réfléchir. Et s’ils étaient d’accord pour un Premier francophone, mais que ce ne serait pas vous, Monsieur Premier ?
-C’est une éventualité tellement chimérique que, pas plus tard qu’au Bureau de la semaine dernière, nous étions morts de rire, nous avions imaginé Michel…
-Daerden ?
-…plus populaire que moi et sollicité pour l’emploi de Premier.
-Et alors ?
-Vous voyez Michel augmenter la taxe sur les boissons et réglementer l’usage du tabac dans les cafés ?
-Non.
-Les autres non plus.