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25 avril 2009

Franc de collier ?

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Le coup d’accélérateur des partis qui veulent se présenter le 7 juin avec un bilan positif est tout à fait révélateur, non pas de leurs « performances », mais de celles des journaux à la manière dont ceux-ci servent ceux-là sur des plateaux d’une balance déséquilibrée.
La dernière Heure est à coup sûr le champion du MR. Ce journal ne voit que des dissensions au sein du CDh qui mettent généreusement en cause le caporalisme de Joëlle Milquet. Il n’expose pas de façon impartiale les différends qui opposent Stefan De Clerck, ministre de la justice, à Laurette Onkelinx, ministre des affaires sociales, à propos des parachutes dorés. Ceci dit, Le Soir et La Libre Belgique ne sont pas en reste non plus, quant à la diffusion la plus honnête qui soit des actualités qui se rapportent à la crise actuelle, se contentant d’évoquer les efforts qui sont faits pour en sortir, sans vraiment préciser de quoi il conviendrait de sortir ? Autrement dit l’analyse de la crise qu’ils font est très discutable, les experts qu’ils évoquent, douteux, et leurs raisons montrent combien ils sont viscéralement attachés à une économie mondialiste dite de performances. Quant à l’estimation du temps pour sortir du rouge, nos journaux collaborent à un parfait d’élire d’économistes incompétents !
Les Affaires qui ont secoué le PS font plus de lignes que celles propres au CDh et au MR. Sont-elles pour autant plus importantes en volume et en degré de nuisance que les autres ? A lire les journaux, on le croirait. Cependant, il ne faut pas se fier aux apparences. L’embêtant, c’est qu’il n’existe pas des statistiques sur la délinquance des mandataires politiques et qu’il est très difficile de comparer des affaires de concussions, de prévarications et de vol simple, entre elles.
Bref, sous couvert d’une diffusion impartiale de l’actualité, nos journaux n’ont pas pu résister aux pressions des directions toutes sentimentalement libérales.
J’exhume une affaire où sont impliqués le MR et le PS : celle du circuit de Francorchamps, plutôt que d’énumérer les personnalités politiques du MR et du CDh qui sont en délicatesse avec la justice et dont on ne parle guère.
Chacun connaît les détails de l’accord de le Région wallonne avec Bernie Ecclestone, patron de la F1. On se rappelle les embarras à propos des documents en anglais signés par un des frères Happart qui avoua après ne pas connaître un mot de british. Comme on a été atterré par l’absence de démocratie quand fut connu l’existence du document archi secret que personne ne vit, ce qui finit par contraindre la Région à passer sous les fourches caudines d’Ecclestone. « Berné par Bernie », fut un bon titre d’alors. Enfin, on revoit Serge Kubla, plus rougeaud que jamais, tenir des discours pathétiques pour le maintien du circuit, à tout prix.
C’est au vu des péripéties passées, des sommes investies, qu’on se demande pourquoi tout ce cirque ? Le devenir de Spa et de son arrière région, semble être aujourd’hui la même fausse raison qui renfloua les banques à coups de millions de nos euros.
En réalité, Francorchamps fut et est toujours un gouffre financier, pour plusieurs raisons.
Le Grand Prix n’attire plus les foules et cela était prévisible, puisque ces foules venaient principalement d’Allemagne pour voir leur champion Schumacher.

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La refonte d’un circuit conforme au souhait d’Ecclestone, plus des installations nouvelles coûtent des sommes énormes qui ne seront jamais compensées par les tickets d’entrée du circuit. Le peu d’utilisation du circuit et l’entretien constant qu’il suscite, alors que les routes wallonnes sont dans un piteux état, font l’étonnement des particuliers qui empruntent les routes des alentours.
L’hôtellerie spadoise aurait été autrement « aidée » si l’on avait consacré ces sommes à faire de la Région des Fagnes un site exceptionnel de vacances. A l’heure où l’automobile expire à petit feu et l’engouement des tiffosi qui retombe comme un soufflé, c’était plus opportun.
Ce circuit peu rentable, éminemment polluant et inintéressant, continue à faire jaser dans le mauvais sens.
La Région, c’est-à-dire nous, déjà à corps défendant dans ce circuit désormais infernal, vient d’acheter des billets d’entrée du Grand Prix par « la vente » de biens provinciaux à ladite société ! Jean-Marie Happart, le président de la SA, s’il ne pratique pas la langue de Shakespeare, connaît à fond la langue de bois, il ne parle que d’un transfert d’écriture.
Mais qu’ont-ils donc fait de si important, les Frères Happart pour qu’on leur pardonne tout, pour dérouler le tapis rouge à chacune de leur apparition ?
Le PS a-t-il toujours mauvaise conscience à propos du bradage des Fourons aux Flamands ? Le souvenir des milliers de voix de préférence de José à la suite du choc fouronnais pèse-t-il encore dans les choix d’Elio ? Les frères détiennent-ils des dossiers sur tout le monde ? Ont-ils un double du fameux accord secret avec Ecclestone ? On ne sait.
Toujours est-il que, pour des gens à deux doigts de la retraire, il me semble que José et Jean-Marie jouent encore les Dalton boulevard de l’Empereur !
C’est curieux que les journaux ne développent pas avec toute l’acuité qui s’impose ce sujet scabreux ? C’est étrange que les libéraux et particulièrement Serge Kubla se taisent, eu aussi.
A croire qu’au-delà de l’échéance du 7, il y a bien des pages de la démocratie qu’on ne nous laisse pas le temps de lire.

24 avril 2009

L’Europe hiberne au printemps.

C’est curieux, en même temps que je prends conscience de l’habitude que j’ai prise de taper sans discontinuité sur le MR, je me demande si je n’y associais pas inconsciemment le PS !
C’est que, peut-être avec un vocabulaire de cour plus adapté aux électeurs, Di Rupo dit la même chose que Michel sur la crise et les économistes.
Au PS, silence radio sur le capitalisme et des réformes possibles, alors que dans le temple du libéralisme aux USA, Barak Obama entreprend des travaux de revalidation du système.
C’est donc quelque part que les socialistes approuvent la politique libérale dans son ensemble.
Personne n’y pense vraiment, mais la campagne pour les européennes est aussi terne à gauche qu’à droite, semblable à la politique interne, à cause justement de ce consensus des personnels de pouvoir.
Nous sommes trop obnubilés par notre soupe intérieure aussi, encore que la politique de l’Europe aujourd’hui baigne dans un climat d’indifférence, plus profond encore, parce que plus éloigné des citoyens, que l’indifférence aux affaires internes.
La crise est un révélateur des criantes inégalités sociales et du traitement différenciés de ces inégalités. La criminalité augmente, les prisons regorgent de monde, à tel point qu’on souhaiterait envoyer nos détenus en Hollande tant nous manquons d’établissements adaptés.
Personne ne lie le drame social à cette violence. La société n’y est incriminée qu’accessoirement. Les populations deviendraient plus violentes sans explication ?
Quoi de mieux qu’une tribune à l’Europe pour y trouver des solutions en amont de cette violence, comme par exemple diminuer la pression des inégalités par des modifications des règles, de rénover l’appareil de justice enclin à oublier la délinquance en col blanc ? Mais surtout, à prendre enfin conscience que la population souffre de plus en plus de la violence, mais que cette violence elle ne la puise pas en elle d’instinct, mais qu’elle est largement le produit du système capitaliste.
Malheureusement l’Europe est le milieu bourgeois par excellence. Les Parlementaires qui s’y recrutent sont recuits de bourgeoisismes. On y débat des règles standards sur la hauteur des tire-bouchons de comptoir ou les dimensions des conditionnements de layettes pour bébé.
Quand l’Europe périra-t-elle dans l’indifférence générale ? Déjà, c’est un signe de se poser la question.
Seuls les salaires attractifs et l’effet arrière-salle des parlements des Etats associés suscitent encore l’intérêt pour des représentations ou des emplois de fonctionnaires à l’Europe..
C’est lamentable d’en être arrivé à ce réflexe de rejet.

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En Belgique, si les élections n’étaient pas obligatoires, il n’y aurait pas la moitié des citoyens qui feraient le déplacement. Pour ma part je n’irais pas.
Ce qui est accablant pour l’Europe et cette réflexion pourrait aussi être étendue aux suffrages intérieurs des pays de la communauté, tout le monde à l’impression que le vote ne sert plus à rien, qu’on ne tient pas compte de l’avis des gens et que les politiques sont établies d’avance par des politiciens complètement coupés des réalités.
Non seulement l’Europe fait fuir l’électeur, mais elle fait peur dans son attitude à trop croire que la communauté ne restera soudée que par et pour l’économie. On voit les résultats : l’incrustation dans ces travées de la fine fleur de la droite conservatrice, favorable aux leçons de son plus mauvais membre : l’Angleterre, juste là pour faire imploser le système qui n’a pas besoin de ce pays pour ce faire. Alors que les Anglo-Saxons s’interrogent sur le bien fondé de poursuivre leur politique économique, l’Europe s’y accroche sur les initiatives des anciens pays de l’Est qui vivent encore dans la crainte d’un Communisme qui, dans l’état actuel de la Russie, n’est plus de saison.
On aurait pu imaginer à la faveur du désarroi que la crise suscite, que les socialistes européens secouassent le cocotier. Il n’en est rien. Cette passivité n’est pas étonnante. Elle est le long cheminement des partis de gauche vers un centre passif, qui se disloque aussi, mais dont la gauche de pouvoir n’a pas conscience, et pour cause, son appareil est essentiellement issu de ce centre moribond. Et il s’y accroche croyant ainsi défendre son statut.

23 avril 2009

Réinventons l’avenir.

D’ici au 7, pour sûr qu’on va réinventer l’avenir. On leur fait confiance.
La poisse d’avoir vécu jusque là sans jamais avoir rien réinventé. Pire, en n'ayant pas compris que tout se déglinguait de façon continue !
Pourtant, ça n’avait pas trop mal marché jusque là.
On tournait parfois en rond, on ne savait plus très bien ce qu’on faisait, mais ça tournait toujours le petit biseness, les copains, les commissions, la belle vie quoi.
On réinventait même déjà petit à petit, à notre manière. On changeait les combines, passait de 10 à 12 %, des bricoles…
Eh bien ! on s’était gouré complètement, sans le savoir. On avait tout faux de bonne foi !
C’est m’sieu Didier qui a décidé « Il faut réinventer ».
Donc ce qu’on avait inventé ne valait pas grand chose.
A vrai dire, ce n’était pas nous qui avions inventé les grandes machines dans lesquelles on tournait, le commerce, la liberté, la fortune des uns et le malheur des autres, des trucs vieux comme le monde ! On trouve tout dans les livres, la bible, le talmud, le coran. Même dieu a jamais été pour grand chose dans l’invention.
Vraiment les aînés qui avant nous inventaient, ce sont eux qui sont responsables, les inventifs vicieux, les monstres d’invention… Nous on a suivi. On a fait ce qu’on a pu.
Par contre Didier en connaît qui ont inventé beaucoup, pendant que nous on n’inventait pas grand chose.
Vous allez dire Madoff, les Lehmann Brothers, non, eux inventaient en circuit fermé, des titrisations, des fouteries sympa, des choses amusantes pour passer le temps.
Non. Les gros inventeurs, ceux qui ont sapé l’édifice à la base, ce sont les doctrinaires, les maniaques du règlement, les rouges. Voilà les inventeurs maléfiques qui ont fait vaciller l’ordre social. La crise de 2008, c’est à cause de la révolution de Lénine en 17 !...
C’est Didier qui nous l’a dit. Alors, si c’est Didier…
Donc, on va réinventer l’avenir. Pas dans la combine à Titine Aubry, encore moins dans les manigances de Lolorupo, dans le juste et beau retour de l’invention d’avenir, celle dont on se souviendra, même après le 7, c’est dire l’effort !...
Bon sang ce qu’on est beaux sur les podiums à réinventer.
Christine, Dominique, Frédérique, Sabine, mais quel âge ont-elles ? Elles le paraissent pas de toute manière. C’est de la jeune fille réformatrice. L’inventivité dans les yeux, le pétillement de la redécouverte, ça c’est de la MiRette, comme on n’en fait plus !...
Elle sont pas belles nos libérales ?
Reste que puisqu’on est bien d’accord qu’on va réinventer l’avenir, faudrait pas trop traîner. J’avais proposé « venira » pour avenir. Loulou n’a pas souhaité. Il est comme ça. Il est à la charnière, l’âge difficile. Son fils a proposé « raveni ». C’est Didier qui n’était plus d’accord.
Mais on trouvera. On finira par réinventer l’avenir.
On pourrait même en poussant un peu réinventer « l’avenir du futur ». D’accord, l’avenir c’est toujours dans le futur, quoique le 7, on est pratiquement le nez dessus.
Du moment qu’on parle pas du passé, qu’on revienne pas sur la crise, que c’est de notre faute et tout… sur le système quoi…

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« Le futur devrait paraître plus éloigné que le 7 », c’est un loustic dans la salle qui l’a dit.
Didier a fait remarquer qu’on devait rester dans l’avenir immédiat et que l’avenir futur faisait plutôt Odyssée de l’espace.
On a beaucoup ri.
Quand c’est Didier qui en dit une bien bonne, la salle s’esclaffe à l’avance. On est sûrs qu’on va rire… Parfois, il peut même pas la finir, on rit trop !...
Enfin c’est sous les acclamations que le truc est décidé. On ne changera rien. C’est la base de notre politique. Ne jamais rien changé. Donc on va réinventer l’avenir du futur sur nos affiches.
Après cette décision, il était important de parler du programme de la réinvention. On ne peut pas réinventer l’avenir sans avoir au moins une idée en tête.
Alors, là, personne !... Pas une idée, une proposition, rien… les filles étaient déjà rentrées chez elles. Il allait bientôt être minuit.
Alors, Didier et Loulou ont demandé qu’on y réfléchisse. C’est ce qu’on va faire, mais pas trop longtemps quand même. Il y en a qui ayant trop tardé, ont trouvé l’avenir derrière eux.

22 avril 2009

Béotie libérale.

Avec les économistes qui savent tout avant tout le monde, mais qui se trompent comme personne, on touche à une catégorie de citoyens habiles à tirer de l’argent d’un savoir supposé qui confine à l’escroquerie.
Certains escrocs de haut vol prédisent le temps qu’il fera demain à Wall Street. Ils sont les gourous fétiches de nos bougres de libéraux.
Entre le catastrophisme d’Attali et le lèchebottisme de Minc, il y a toutes la gamme des références américaines qui ont fait les délices de la collection « Que sais-je ».
On pourrait établir un catalogue des prédictions qui se sont révélées fausses depuis la crise. Le constat est assez drôle : aucun économiste ne l’avait prévue, alors que tout employé de banque d’expérience savait que tout allait mal finir.
Nos ineffables réformistes s’engouent encore de quelques économistes américains, considérés out-of-date.
Louis Michel, en verve, cite parfois Joseph Aloïs Schumpeter (1883 - 1950). Son «il faut au contraire plus de libéralisme, plus de mondialisme » vient de la lecture de son oeuvre. Joseph Aloïs est connu pour ses théories sur les fluctuations économiques, la destruction créatrice et l'innovation. Il est l'auteur d'une Histoire de l'analyse économique, parue en 1954 et qui fait encore référence chez nos libéraux. On voit d’ici la tête des Américains laissant casser la Général Motors par Obama, selon les théories du personnage !
Qu’est-ce qui pousse la droite à trouver Schumpeter intéressant ?
On se demande si les dislocations d’entreprises secondaires « admises » par « la doctrine libérale », n’ont pas permis aux financiers un enrichissement rapide et sans danger, jusqu’en 2008 ?

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Un autre « charlatan » Milton Friedman (1912-2006) est l'un des économistes les plus influents du XXe siècle. Ardent défenseur du capitalisme, c’est l’Alexis de Tocqueville moderne ! Dans son œuvre la plus connue, « Capitalisme et liberté », il déroule sa théorie sur le rôle de l'État dans une économie de marché, qui laisse baba le lecteur libéral. Pour lui, le seul moyen d'atteindre la liberté politique et économique, c’est de diminuer au maximum l’intervention de l’Etat. Il souffre ensuite à démontrer la supériorité du libéralisme économique sur les autres systèmes. Avec l’éclairage de la crise, son lyrisme tombe à plat.
C’est ce farfelu que Louis Michel préfère. Milton est aussi l’inventeur d’un thermomètre de l’inflation. Il isole certains facteurs et prédit le temps qu’il fera demain dans les Bourses. Heureusement qu’il est mort il y a trois ans, de s’être trompé dans les grandes largeurs, il n’aurait pas survécu à 2009.
Comme il fallait de l’exotisme à la doxa libérale, sur la table de nuit de nos augures de droite, on pourrait trouver l’Indien Jagdish Bhagwati (1934) champion des nouvelles théories du commerce international, inventeur de la croissance appauvrissante ! Il propose l'impôt appelé impôt Bhagwati : impôt ponctionnant les ressources expédiées de la diaspora d'un pays vers son pays d'origine. Ce qui fera plaisir à tous les ouvriers étrangers qui travaillent en Belgique pour nourrir leurs familles restées là-bas. Sa mondialisation a quelque chose d’hystérique. J’ignore sa réaction à la crise, provoquée justement par la circulation des avoirs pourris et des hypothèques titrisées de l’Oncle Sam. On ne sait pas si le trio mondialiste Reynders, Michel, Kubla le pratique encore ? Mittal doit l’apprécier beaucoup.
On pourrait citer Frédéric Hayek que Reagan amena dans ses bagages à la Maison blanche avec Milton Friedman. Un Hayek inventeur de la « main invisible de l’économie » et d’une théorie des crises toujours étudiée sérieusement par les libéraux, quoique ses livres ne se vendent plus si bien.
Je plains les étudiants en économie qui ont commencé une thèse sur ce pauvre type…
Ces messieurs du MR feraient mieux de jeter un œil sur les œuvres du nouveau prix Nobel d’économie, Paul Krugman (1953). Celui-ci est assez pessimiste quant aux mesures prises par Obama pour sortir l’Amérique du noir profond de son économie. Il pense que confier aux banquiers qui ont tout faux, le soin de trouver les remèdes à leur propre carence est absurde. C’est à peu près ce que fait Reynders en Belgique.
Krugman prétend que puisque le gouvernement des Etats-Unis a tiré les banques hors de l’eau où elles se noyaient, ce n’était pas la peine de le faire si c’est pour remettre les mêmes moniteurs de bain au bord de la piscine.
Krugman est très influent aux USA, bien qu’il n’ait pas l’oreille d’Obama qui ne jure que par Larry Summers, assez proche cependant de ce que pense Krugman.
Bien entendu, ces deux-là, le MR ne veut pas en entendre parler.
Ces messiers du libéralisme avancé devraient quand même vérifier si les gens qu’ils copient dans leurs propos ne sont pas tout simplement has been depuis la crise.
On a beau se dire que Louis Michel a dû avaler à l’Europe quelques grains d’Ellébore, tout de même, il ne devrait pas se lancer dans des théories en prenant les citoyens pour des imbéciles, sans avoir au moins lu attentivement le pour et le contre de ce qu’il avance.

21 avril 2009

KONARD

C’est le code du plan MR qui sauvera la Belgique des futures émeute de la population qui attend la reprise que Michel et les économistes promettent depuis septembre 2008.
KONARD : Kubla Organisation Nationale Assistance Reynders Département.
Aux va-nu-pieds, il présente comme neuf aux soldes du 7 avril, les vieilles godasses de la réserve.
Si le 7, le plan KONARD n’a pas l’audience souhaitée, les peureux et ceux qui ont bourré leurs armoires de provisions, pourront musarder à leurs fenêtres et jouir du spectacle de la fureur des gens de la rue, c’est Serge Kubla qui le dit.
Mais le MR le sent, la reprise est là. Tous les économistes officiels en sont persuadés (ceux que l’hebdomadaire Marianne appelle les charlatans).
C’est le propre des gens en place, quand ils n’ont plus rien à distribuer de concret et que le garde-manger public est vide, ils n’ont plus que les mots qu’ils jettent à la figure des pauvres, comme jadis les prêtres jetaient l’anathème au front de l’athée : reprise ! reprise ! les Rouges ne passeront pas...
Démocratie, Etat de Droit, liberté d’entreprendre, toutes choses éminemment honorables quand elles sont traitées par des gens honnêtes. Elles ne le sont pas quand elles sont au pouvoir des manipulateurs et des voyous ou des gens qui ne sont plus à même de juger du drame de ceux dont la condition est inférieure à la leur.
Or notre personnel d’Etat en place, si les voyous n’y sont pas encore trop nombreux, les déphasés, les imbéciles, les croyants et les immatures, y sont légion.
Notez qu’il devrait y avoir une sorte de confraternité d’intérêt entre les personnels politiques et les assistés sociaux, puisqu’ils vivent les uns et les autres de la charité publique. Les premiers fixent eux-mêmes leurs émoluments pour des mérites qu’ils croient immenses, ainsi que ceux des seconds, pour des détresses qu’ils estiment légères.
Et ces personnels poursuivraient une politique au comble du fiasco et de la déroute, se verraient à la Région et à l’Europe poussés par la ferveur populaire, alors qu’autour d’eux, ce n’est qu’un champ de ruine ! C’est à n’y rien comprendre.
Ils tablent sur la bêtise générale, l’anesthésie collective et aussi sur la petite franche active qui poursuit le rêve capitaliste comme si elle était encore dans la perspective d’une société d’abondance.
Attendez, disent-ils, à la reprise, vous allez voir comme tout va repartir à la hausse, les salaires, les offres d’emploi, tout enfin de ce qui fait le bonheur des peuples.
KONARD nous promène depuis septembre dernier. Les mois de mai et juin jusqu’au 7, seront particulièrement riches en promesses. Et si en octobre vous êtes toujours chômeur ou que vous êtes en passe de l’être, et si en plus vous avez cru au salade des Michel, Kubla, Reynders et Consort, c’est que vous étiez fait pour le plan KONARD.
Il faut dire que le système est pervers. Il épouse les instincts les plus bas, les vices les plus profonds qu’il érige en qualités, d’esprit de compétition, d’amour du travail, ces sornettes qu’on nous serine depuis les débuts de l’ère industrielle.
La promotion au mérite fait partie de l’illusion populaire, selon laquelle l’effort et l’étude sont de nature à sortir quiconque de la condition misérable.
Les statuts, qui propulsent l’impétrant capitaliste, ne portent que sur les besoins marchands. Qui ne peut commercialiser son intelligence devra besogner le jour afin de poursuivre le soir et à ses frais l’accomplissement de sa propre destinée. Par contre, celui qui mettrait au point un appareil pour commercialiser la merde, en crème à tartiner à six goûts différents, se verrait au cœur du système honoré et probablement grand défenseur de KONARD.
C’est donc un système qui sélectionne au départ l’intelligence qui sert à ramasser du fric.

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Aujourd’hui ce système est en plus accablé d’un pourcentage rarement atteint de diplômés qui n’auront jamais un travail en fonction de leurs compétences.
Nous sommes gangrenés jusqu’à l’os pour croire que nous sommes dans un bon système et qu’il n’y a que celui-là qui vaille.
Serait-ce finalement que l’homme ne vaut pas cher et qu’il n’y a aucun moyen de l’amender ?
Le plan KONARD donne la réponse.
Il nous annonce la bonnes nouvelle, un peu comme si le MR était une succursale des Disciples de Jéhovah. D’ici à ce qu’on voie Kubla, Defraigne et Michel faire du porte à porte avec la petite mallette noire, se concertant entre deux maisons…

20 avril 2009

Dedecker et les trous de serrure.

- Jean-Marie Dedecker, vous avez reconnu avoir fait suivre par un détective le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht. Que lui reprochiez-vous ?
-C’est un simple bon sens. Comment se fait-il qu’aucun membre du gouvernement libéral que nous avons ne se soit fait piéger par les banques, comme la plupart des couillons qui votent pour eux ?
-Ils ont été prudents !
-C’est vous qui le dites.
-Pourquoi avoir fait suivre De Gucht, plutôt que Reynders ?
-Il fallait bien commencer par quelqu’un !
-Ils auraient tous croqué le morceau ?
-Chaque homme politique est un malade qui s’ignore.
-C’est vous le docteur Knock du Parlement ?
-C’est un titre qui ne me déplaît pas.
-Malade de quoi ?
-De pouvoir, pour commencer. D’intérêt, ensuite.
-Vous aussi, alors ?
-Oui. Et pas plus tard que la semaine dernière, j’ai demandé à l’Agence privée Kakolet de Genk de me faire suivre.
-Ils ont trouvé quelque chose ?
-Oui.
-Qu’allez-vous faire ?
-Je vais aller voir mon avocat.
-La somme est si importante ?
-Non. Mais avant de rembourser, je veux savoir à qui !
-Mais au peuple, Monsieur De Decker !
-C’est impossible. On lui doit déjà tant !...
-D’où vous sont venus les soupçons ?
-Quand j’étais employé de banque, je vivais mal. J’avais une vieille voiture et ma femme reprisait ses bas résilles. Depuis que je suis en politique, il suffit de voir où j’habite, comment je me vêts et où nous passons nos vacances en famille.
-Et alors, vous n’êtes pas le seul !
-Mon détective dit la même chose. Mais je suis un honnête homme, Monsieur Vrebos…
-Vos scrupules vous honorent.
-Aussi j’ai décidé de rembourser. J’en ai fait part aux présidents du parlement et du sénat.
-Alors ?

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-Ils ont dit que j’étais un type dangereux, un malade, et pire de tout, en quittant leur bureau, ils se sont mis à crier que j’étais un populiste !
-La pire insulte !
-Surtout pour moi qui le suis vraiment !
-Que vouliez-vous faire en allant leur rendre visite ?
-Leur proposer de faire un pot commun et d’y déposer ce que nous estimions avoir pris comme argent du contribuable sans l’avoir mérité.
-Pour certains ça devrait faire beaucoup.
-Trop sans doute, comment voulez-vous qu’un Reynders rembourse les sommes qu’il a fait perdre aux gens en déversant comme il l’a fait de l’argent dans les caisses des banques en faillite virtuelle !
-D’où vous est venu cette idée de remboursement ?
-De José l’Américain.
-José Happart ?
-Oui, il paraît que la joyeuse virée de Californie sera payée au prorata des frais de chacun.
-Vous avez déjà des approximations ?
-J’ai lancé mes détectives sur l’affaire. Je soupçonne qu’ils ne rembourseront rien.
-Ne l’ont-ils pas promis ?
-Entre la promesse et le remboursement, il y a un abîme. José a déjà déclaré qu’il y aurait un sévère décompte. Il serait d’accord de payer les lavettes qu’il a ramenées des States dans ses valises, soit 4 $ 50. Le reste de la facture, c’est pour le bureau du PS.
-Vous voyez bien que votre initiative n’est pas bonne.
-D’autant que si c’est aux personnels politiques à dire eux-mêmes les sommes dont ils sont indignes, on peut s’attendre à des surprises.
-L’euro symbolique ?
-C’est ce que mon avocat m’a conseillé pour mon compte personnel.

19 avril 2009

Mazarinades montoises.

-Jean-Claude !
-Oui, Elio.
-Tu sais que je t’aime, toi ?
-Je sais Elio.
-Ne crois pas que je sois fâché sur toi d’après ce qu’en disent les speakers de radio et les présentateurs de télévision. Mais une question me brûle l’esprit «Que diable allais-tu faire en Amérique avec toutes les lavettes ? ».
-J’ignore ce qui m’a pris. Tu sais que je ne me représente plus… J’ai voulu faire une dernière tournée avec mon ami José.
-Je l’ai assez déploré. Je le disais l’autre jour à Rudy. Jean-Claude va nous manquer.
-Merci, Elio. Ce que tu me dis me va droit au cœur…
-C’est sincère tu sais. Au fait quand pars-tu ?
-Je ne comprends pas ta question. Je ne me représente pas le 7, je te l’ai dit.
-Ce n’est pas de ce départ-là dont je te parle, mon bon Jean-claude. Je parle de l’autre !
-Je ne te comprends pas, cher Elio. Ou plutôt, j’ai peur de te comprendre.
-Ne prends pas cela en mauvaise part. Je voulais seulement savoir quand tu démissionneras de la présidence du PS à la section de Charleroi. Je le dis du fond du cœur, sans déguiser ma pensée ; mais, un départ comme celui-là, ce serait encore plus grand venant spontanément de toi, que si le Bureau, tu sais comme ils sont rancuniers, venait à te rayer du parti…
-Je te remercie de ta sincérité. Je sais la part d’affection que tu me portes ; mais, quoique souhaitant te faire plaisir tant ta situation au bureau du parti est difficile à cause de moi, je ne saurais te répondre. J’attends la décisions de mes camarades de la section.
-Je te donne mille fois raison. Il n’y a rien de tel que se sentir solidaire de sa section. Moi, je te parle en ami, tu le sais ?
-Je le sais, cher Elio.
-Tu as toujours été un bon militant. Tu as poussé des jeunes aux places qu’ils méritent. Je ne citerai pas tout le monde, Jean-Luc Borremans, Patrick Moriau, la chaudière de Carcassonne, comment s’appelle-t-il encore ?...Claude Despiegeleer, André Liesse, Serge Van Bergen, Francis Poty, ton ami intime collectionneur de tableaux, voyons, aide-moi, ah ! j’y suis : Cariat ! et surtout De Clercq, ton frère de combat. Le parti te doit beaucoup et si tu veux, si tu prends la sage décision de démissionner, je ferai voter une motion d’émotion… et de regrets.
-Je sais, mon bon Elio, que tu es un homme d’émotion et de loyauté… Mais, tu ne m’en voudras pas, je ne peux pas abandonner mon mandat. C’est une question de responsabilité… Merci, pourtant, pour la belle couronne que je vois d’ici que tu mettrais sur ma chaise au PS de Charleroi.
-Je comprends. Tu as tellement fait pour le parti, pour la Ville et, oserai-je le dire, pour notre Loge *** Loyauté et amitié, que te demander un dernier effort te coûterait beaucoup. Aussi, je te le demande !
-Ma tâche n’est pas finie.
-Tu es un militant fidèle. Je sais qu’on pourra compter sur toi jusqu’à ta mort, ce que personne ne te souhaite. A propos, ta tension est meilleure depuis ton retour d’Amérique ?
-7,8 / 13,7. Et mieux, j’ai repris la section en main, hier, et figure-toi ce que je trouve sur mon bureau en rentrant d’Amérique ?
-Non.
-Une lettre d’Anne-Marie Lizin.
-A toi ! Elle veut nous diviser !...
-Non, elle me demande simplement au cas où elle déménagerait à Charleroi, si elle pouvait s’inscrire à la section locale du PS.
-Mais, nous l’avons exclue, tu le sais.
-De la section de Huy. Je le sais. Mais si elle déménage, c’est quand même son droit en qualité d’ancienne militante de se donner, comme elle l’a toujours fait, pour la cause !
-Je ne sais pas si c’est une bonne idée, mon cher Jean-Claude… Tu sais comme de cœur je suis…
-Oui, tu es avec moi. Si je ne te demande pas ton avis pour Anne-Marie, c’est parce que tu ne m’as pas demandé le mien pour m’affliger la présence de ton play-boy Paul Magnette, qui n’était même pas inscrit au parti avant la carrière que tu lui as promise et de cette peste de Sophie.
-Si ce n’est que la Pécriaux qui te gêne…
-Non. C’est tout le staff de remplacement. Alors, le pompon, c’est le tuteur, je te demande un peu un tuteur à des gens de mon poids, le Borremans de mes deux…
-Que veux-tu, je n’y suis pour rien. C’est le Bureau qui…
-Ah bon ! et les gens du Bureau que j’ai contactés me disent que c’est toi !
-Non. Moi, je n’ai défendu que Paul, un jeune homme remarquable et qui a un bel avenir assuré…
-Grâce à toi. Mais ce bel homme est un faiseur, un type parachuté, une espèce de singe savant qui n’était pas socialiste avant que tu ne le racoles…
-Tu ne prends pas la mesure exacte de ma souffrance et si j’ai pris des décisions que tu n’aimes pas elles étaient nécessaires. Mais je vois que tu persistes dans ton erreur ! Que tu te dresses une fois de plus contre moi…
-Que veux-tu, je n’ai plus confiance. Même ici dans cet estaminet de la Grand’Place, je me demande si tu ne m’as pas attiré pour…
-Pour ?
-Pour me faire la peau !
-Tu me déçois, Jean-Claude !...
-Sors, si tu es un homme !
-C’est ça ! Et si je ne sors pas tu diras que je n’en suis pas un !
-Je vais te casser la gueule.
-Patron, on s’en va mon ami et moi. Je vous dois combien ?

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18 avril 2009

Muskeligkandidät.

- Monsieur Adolf Heil, vous vous présentez aux élections du 7 ?
-J’ai les 5.000 signatures nécessaires.
-Vous n’avez que 23 adhérents, comment est-ce possible ?
-Technique, monsieur, technique ! Nous nous sommes inspirés des élections en Algérie. Pays remarquable, à la démocratie irréprochable.
-Mais encore, vos 5.000 ?
-Notre Bien-aimé a su créer la volkswagen. Nous avons créé la volksurne.
-Votre parti, le « Vront » c’est un nom bizarre, n’est-ce pas ?
-Pas plus bizarre que le Front. Je vous explique, certains peuples du Nord ne savent pas prononcer le « F », ils disent « ve ». Comme nous nous voulons européens, face au péril rouge, c’est notre manière de faire une ouverture à ceux qui vivent aux confins du monde civilisé.
-Vous avez un programme ?
-Tous au balai. Nous faisons une porte ouverte dimanche pour balayer devant. Mais ce sera le seul jour.
-Votre slogan « Celui qui n’est pas comme moi, est contre moi » tout le monde n’est pas obligé d’avoir la petite moustache et la mèche sur le front, comme vous !
-Nous avons réfléchi à l’opportunité d’exclure les chauves, puisque pour eux la mèche est impossible. Eva a trouvé la solution. Elle a fait faire des perruques avec la mèche.
-Eva, c’est qui ?
-C’est ma compagne. Mais comme Notre Bien-Aimé, nous ne sommes pas mariés. Nous attendons la dernière minute.
-La dernière minute ?
-Oui. Nous avons construit un blockhaus dans le fond du jardin, exacte réplique de la dernière demeure de Notre Bien-Aimé. Ce n’est pas nous qui le disons mais Louis Michel du MR qui parle du possible retour des hordes rouges, nous nous marierons aux premiers bruits des chars, puis nous nous ferons brûler à l’essence.
-Eva est d’accord ?
-Oui, elle est pompiste.
-Vous avez des relations avec des partis frères ?
-L’anschluss a échoué avec le Front National français.
-Et le belge ?
-C’est quoi, le belge ? un groupuscule…
-Vous n’êtes que 23 !
-Eux ne sont que 17, si vous décomptez les métèques.
-Les métèques ?
-Oui. Je n’en dirai pas plus, …peur d’un nouveau détail de l’histoire.
-Vous voulez parler de Jean-Marie ?
-Non. De José !
-José l’Américain ?
-Exactement. Il a traité les gens de lavette. C’est du racisme !
-Ce n’est pas tout à fait ça. Il a dit qu’il n’était pas une lavette.
-C’est la même chose. S’il n’est pas une lavette, c’est bien entendu par rapport aux autres qui le sont. Donc c’est du racisme…
-Et vous, vous n’en faites jamais ?
-Evidemment si, mais où allons-nous, si les autres nous piquent nos bonnes idées ? Il y a confusion. Depuis sa déclaration, nous sommes certains que des électeurs croyant voter pour le « Vront » voteront pour le PS.
-Mais enfin, Monsieur Adolf Heil, ce n’est pas la même chose !
-Aujourd’hui tous les partis se ressemblent. Comme ils n’ont plus qu’une idée, ils se la volent l’un l’autre, si bien que l’électeur entre en pleine confusion mentale.
-Ils trompent l’électeur ?
-Je ne vous le fais pas dire.

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-Quelle est donc cette pensée unique ?
-Obtenir le meilleur mandat possible et durer le plus longtemps possible !
-Je vois que vous êtes seul dans le local, à part Madame Eva qui repasse des brassards, où sont les autres ?
-Vous ne m’aurez pas si facilement.
-Mais je ne cherche pas à vous avoir. Sinon, comment le pourrais-je ?
-On ne me la fait pas à moi ! Si je rassemble mes partisans, ce local risque d’être pris d’assaut par la police pour association de malfaiteurs. Vous savez comme les chefs des autres partis sont jaloux de ma réussite !

17 avril 2009

Le libéralisme est nuisible à la santé.

Il est vrai que condamner le libéralisme est facile, à cause de ce qu’il est devenu.
En effet, depuis septembre de l’année dernière le voile s’est déchiré peu à peu livrant l’envers du décor aux yeux des spectateurs que nous sommes : patrons voleurs, banquiers voyous, clientèles prises au piège, politiciens complices, pour un résultat que nous découvrons avec stupeur. L’augmentation de la pauvreté est le sort peu enviable des populations laborieuses. Le chômage massif est la voie la plus habituelle qui y mène, avec son corollaire de bas salaires, d’horaires réduits et d’intérims, la précarité par excellence.
Les pratiques de la banque et de la bourse dévoilées, c’est toute la bassesse des intérêts privés qui mine l’intérêt général, dont le libéralisme se fout comme d’une guigne.
Quand les escrocs et les présidents des conseils d’administration ont partie liée et que tous jouent au « gendarme – voleur » ou à « chat perché » pour se réfugier, leurs forfaits accomplis, dans les paradis fiscaux ; on se dit qu’il n’y a rien à faire et le découragement gagne les gens.
Les remèdes proposés sont par nature de faux remèdes, des placebos des Autorités pour agir sur notre moral.
En pourrait-il être autrement ?
Ce que les libéraux proposent : une nouvelle éthique qui remplacerait la loi de la jungle est vouée à l’échec pour deux raisons. La première, consiste à garder confiance en ceux qui ont fait chavirer la barque, et moyennant quelques modifications des Lois (que l’on attend toujours), quelques protestations de leur bonne foi, on leur confierait à nouveau les clés avec mission de chasser l’imposture et le vol et d’instaurer à la place un capitalisme « honnête ».
Cela reviendrait de proposer à un pédophile qui se dit guéri, le gardiennage d’une classe d’enfants !

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La seconde enfin, est technique. Elle consiste dans la nature même du capitalisme qui ne survit que par une expansion continuelle (PIB). Un capitalisme sans croissance ne peut exister longtemps. On ne peut bâtir une société de plein emploi et à hauts salaires avec les techniques et les profits espérés de la mondialisation. La récession qui est le lot de cette politique aveugle et absurde a répondu dans les faits à la fin de l’expansion continue. Vouloir à tout prix que ça reparte, c’est se plonger dans une crise continuelle, parce que cela ne peut plus repartir. Les réserves naturelles, les ressources humaines n’existent pas à l’infini. Et même si cela repartait dans quelques pays, ce serait condamner davantage les autres
Le discours libéral sur ces seuls faits ment.
Les actionnaires des usines peuvent toujours espérer que leur situation perdure, même au milieu des ruines dont ils sont co-responsables.
Des solutions existent. Elles ne sont pas possibles avec ceux par qui le malheur est arrivé.
Si nous voulons trouver une raison d’espérer, cela sera sans eux.
L’exemple est récent. Nos libéraux ont massivement aidé à refinancer les banques à cause des fonds propres que leurs amis ont joués à la roulette. Les gouvernements occidentaux ont pris de vitesse l’opinion en ouvrant les vannes de l’argent public pour le sauvetage.
On n’a même pas discuté dans les parlements du bien fondé de cette démarche. Il paraît qu’elle devait être rapide, tant le péril était grand.
Le sauvetage de l’emploi était selon les gouvernements libéraux la raison essentielle.
Avec les dirigeants que nous avons élus, aucune autre solution n’était envisageable, comme la nationalisation du système bancaire.
On voit bien que ce n’est pas l’intérêt général qui a prévalu, même pas l’intérêt particulier, seulement la théorie libérale qui prétend donner au privé à peu près toutes les activités à responsabilités dans le cadre de nos Sociétés de consommation, et ce, quelles qu’en soient les conséquences, quant à la qualité des Services.
Voilà pourquoi les Michel et compagnie sont incompétents pour une gestion réfléchie de la crise. On sent également que les gens de cette sorte sont prisonniers eux-mêmes non seulement des amitiés qu’ils ont nouées, mais encore de cette fameuse théorie du « toujours plus de libéralisme », que les libéraux professent pire que des curés du temps de l’Inquisition.
Malheureusement, le libéralisme est entretenu dans l’esprit des gens par d’adroits partisans qui détiennent pouvoir et argent.
L’épouvantail des Rouges qui descendent comme des loups sur nos villes, qui tuent et qui violent après avoir tout saccagé est toujours l’image choc des propagandistes libéraux. Le discours habituel de Louis Michel est un parfait exemple.
C’est une question de survie. Plus vite nous nous serons débarrassés de ces clichés, plus vite chasserons-nous les indignes qui sont au pouvoir.
Combien de temps resteront-ils à nous leurrer ? Nul ne sait. Combien de plans mensongers aurons-nous à subir avant que l’écaille ne tombe des yeux d’une majorité ? Mystère.
D’autant qu’ils se sont organisés, comme les bandes de banlieue. Ils infestent les couloirs du parlement européen à leur image. Ils ont réussi à intéresser des socialistes aux idées qu’ils propagent d’un libéralisme social, dont on voit l’échec patent.
Ils n’est pas dit, le jour où ils sentiront qu’ils perdent le pouvoir, qu’ils n’useront pas des urnes sous prétexte de démocratie, comme Bouteflika qui s’est fait réélire à 90 % des suffrages en Algérie.

16 avril 2009

Les interviews imaginaires.

-Monsieur José Happart ?
-…
-Comment dois-je vous appeler ?
-…
-José ?
-C’est de la provocation, Vrebos ! Ne voyez-vous pas à qui vous avez affaire ?
-A Monsieur José Happart !
-Non, Monsieur. Vous avez affaire au Président du Parlement wallon !...
-Monsieur le président du Parlement wallon, puis-je vous poser quelques questions ?
-Si elles n’altèrent pas l’importance et la dignité de ma fonction, je vous écoute, Vrebos.
-Que rapportez-vous de votre séjour aux Etats-Unis ?
-Une harn à Jean-Marie.
-Qu’est-ce que c’est ?
-Ah ! non ne commencez pas. To give somebody a free hand…
-Parlez plus clairement pour nos lecteurs, Monsieur le Président.
-Je savais que vous alliez déraper, Vrebos.
-Mais enfin…
-Vous ignorez tout de notre mission. Vous ne savez rien des liens que nous avons noués… pour la Wallonie, Monsieur Vrebos. Voyons, plus de dignité, je vous prie.
-L’opinion publique…
-Et alors…
-Las Vegas…
-Quand bien même…
-Le fait que vous ne vous représentiez plus avec votre ami de toujours Van Cauwenberghe…
-Billevesée.
-Mais enfin, vous n’êtes touché par rien ? La crise, le malheur des uns…
-Si c’est des uns, il fait le bonheur des autres.
-Je veux dire des humbles.
-Nous y sommes allés humblement. Et notre moisson est all-important event.
-Pourquoi passer par la petite porte à Zaventem ?
-La jalousie des chefs de partis s’est communiquée à la foule. Nous ne pouvons pas lutter contre leurs effets pervers.
-C’était une tournée d’adieu, en somme ?
-Une visite de courtoisie au chef de l’Etat que nous saluerons pour la dernière fois.
-Vous aviez déjà rencontré Obama auparavant ?
-Non, jamais.
-Alors, pourquoi la dernière fois, puisqu’il n’y eut pas de première ?
-Voilà que vous oubliez une fois de plus à qui vous parlez…Voyons Vrebos !...
-Mais, Monsieur le Président du Parlement wallon…
-Je pensais que vous alliez me demander d’énumérer les efforts que nous avons déployés pour aider nos collègues américains à surmonter la crise.
-Oui, parlons-en.
-Nous avons rencontré Paris Blue.
-Sénatrice de californie ?
-Non stripteaseuse au Vagina Center.
-Pourquoi faire ?
-Los Angeles est une ville… enfin, une ville. Ces gens souffrent, Monsieur Vrebos. Nous leur avons proposé quelques solutions. Il faut rester au plus près des gens, hein, m’fi…
(Il fait un clin d’œil en finissant sa phrase)
-Par exemple ?
-Augmentation des indemnités parlementaires, multiplier par deux le nombre de sénateurs.
-Paris Blue et les habitants de Hollywood seraient sauvés ?
-Vous ne vous rendez pas compte du nombre de gens que fait vivre un sénateur ! Je vais jeudi faire mon rapport là-dessus.
-Vous n’êtes pas un peu gêné ?
-Si en ce moment, si vous pouviez me prêter mille euros jusqu’au 15 du mois prochain.
-Je parle de la misère qui règne dans le monde du travail en Belgique.
-Voilà encore un bruit que vous faites courir. On vit bien en Belgique. Regardez d’où je viens et comme je suis. Vous croyez que je sois le seul ?
-Non. Avec vous, ils sont 75 à Namur.
-Vous savez que je ne suis pas d’accord avec le MR, quoique propriétaire terrien, eh bien ! ils ont raison quand ils disent que ceux qui ne travaillent pas, c’est parce qu’ils ont des œufs sous les bras. (Il rit parce qu’on est à Pâques)

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-Eh ! comme vous y allez…
-Mais, qu’est-ce que vous voulez, le Wallon, c’est le Wallon… hein ! Vrebos… Il ne changera pas. (il lui tape familièrement sur le ventre). Surtout, n’écrivez pas ce que je viens de vous dire. Moi, je m’en fous, je ne me représente pas, mais vous, vous pourriez briser votre carrière…
-Justement, Monsieur le Président, qu’allez-vous faire après les élections, puisque vous ne vous représentez plus ?
-« Peûre asteûre, peûre todi » (Poire aujourd’hui, poire toujours)
-C’est pas gentil pour l’électeur !
-Mon petit Vrebos, c’est la devise de la confrérie des poires de Saint Remy. Il paraît qu’ils veulent m’avoir comme président.
-Avec promesse de voyages ?
-Oui, fin d’année nous irons promouvoir la poire de Liège en Amérique. Si je vous disais qu’une partie de notre séjour actuel a été entièrement consacré à promouvoir les poires ?
-Là, je vous croirais.

15 avril 2009

La daube libérale !

Comme tout ce qui n’est pas une marchandise et donc ne peut rapporter du cash, le travail intellectuel qui n’est pas lié à une source de profit ou n’en fait partie que par contrat précaire, vacation ou intérim, ne vaut rien, dans le foutoir libéral.
Comment doit vivre un pigiste dans un journal entre deux piges ? Que fait un musicien non coté entre deux concerts ? Un peintre entre deux salons ? Et même un citoyen sans mandat politique, quand il s’intéresse à la vie publique, au point de la vouloir comprendre ?
La Bruyère s’était déjà penché sur la question : « Il ne manque cependant à l’oisiveté du sage, qu’un meilleur nom ; et que, méditer, parler, lire, et être tranquille, s’appelât travailler. »
Le système a bien retenu la leçon puisqu’il paie les mandataires politiques, non pas selon leur mérite ou leur savoir, mais suivant des barèmes suffisamment généreux pour qu’ils s’attachent uniquement à ce qu’ils font en notre nom. Et encore quand on dit « ce qu’ils font » on est gentil dans certains cas, daube qu’on traîne comme des casseroles. Et dans le libéralisme, on en a une sacrée batterie…
Flaubert, parlant au nom des écrivains, ne disait pas autre chose « Nous sommes des ouvriers de luxe. Or, personne n’est assez riche pour nous payer. Quand on veut gagner de l’argent avec sa plume, il faut faire du journalisme (ndlr : c’était en 1860), du feuilleton et du théâtre. La « Bovary » m’a rapporté… 300 francs, que j’ai payés, et je n’en toucherai jamais un centime. J’arrive actuellement à pouvoir payer mon papier, mais non les courses, les voyages et les livres que mon travail me demande ; et au fond, je trouve cela bien (ou je fais semblant de le trouver bien), car je ne vois pas le rapport qu’il y a entre une pièce de cinq francs et une idée. Il faut aimer l’Art pour l’Art lui-même ; autrement, le moindre métier vaut mieux. »
Flaubert était évidemment un privilégié par la fortune qu’il hérita de son père, médecin et directeur de l’hôpital de Rouen. Peut-être eût-il modifié son texte, s’il l’avait écrit à la fin de sa vie, lorsqu’il dut réaliser ses biens afin de rembourser les dettes de sa nièce Caroline Commanville, quand son mari, marchand de bois fit de mauvaises affaires.

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Le nouveau prolétariat est composé aujourd’hui en partie de surdiplômés, d’intellectuels sans emploi. Certains ne sont pas des adeptes de Lafargue (Le droit à la paresse) ; mais, des esprits curieux et innovants dont la société n’a que faire. Ces exclus interpellent sur le devenir des enfants. Les parents croyaient jusqu’au début de ce siècle, que les études donneraient à leurs enfants plus de chance d’obtenir un bon statut. Ils déchantent depuis la crise.
Jusqu’à présent, les planqués du genre Michel dans un système qui les encourage « à donner l’exemple » ont réussi le tour de force à nous faire croire que le travail qui rapporte (surtout à celui qui le commande) est le seul qui vaille et que, par conséquent, un penseur ou un artiste qui ne peut pas vivre de ce qu’il produit, est un fainéant déguisé.
A l’instar des écoles professionnelles, les universités fabriquent aussi de futurs chômeurs non indemnisés. C’est cela la grande nouveauté.
L’ultralibéralisme aura réussi à joindre ce que Rimbaud appelait les métiers à main, aux métiers de la matière grise.
La précarisation actuelle du travail intellectuel est la résultante de la transformation de la culture en un commerce inéquitable pour une consommation bourgeoise.
Les petits salauds qui pensent pour nous savent bien ce qu’ils font. Ils rendent la pensée eunuque par peur que le plus grand nombre ouvre les yeux sur l’immense gâchis de la société libérale.
Car enfin, voyez-vous que les gens réfléchissent sur le travail, sur la culture, sur la nature du progrès !... se disent, mais enfin, ces libéraux se prennent pour qui ? Ils nous mènent où ?
Et si la cohorte des chômeurs qui grossit disait vrai ? Si celui qui se résout de vivre de peu et cependant satisfait suffisamment à ses désirs, devenait insaisissable ? Celui-là n’a ni rôle, ni fonction, ni richesse, ni état, hormis l’exclusion de l’indemnisation, par laquelle seulement on peut le menacer et le faire revenir à la servitude ?
Déjà Victor Hugo écrivait en 1863 « La question sociale a été trop réduite au point de vue économique, il est temps de la remonter au point de vue moral… ».
Nous assistons à l’adaptation générale de l’idéologie dominante à la crise. Non seulement le travailleur manuel est condamné, mais le travailleur intellectuel le rejoint pour la première fois dans l’histoire sociale. C’est ainsi que s’étudie la possibilité du chômage du Régime employé.
Méfions-nous de ceux qui demandent des sacrifices, s’ils n’en font pas par eux-mêmes, mais au contraire, profitent des sacrifices des autres.
Or cette crise n’est pas la nôtre, c’est celle d’un système libéral au bout du rouleau.
Laissons le bruit et la fureur à ceux qui en vivent. C’est en les regardant se débattre qu’on les devine mieux et qu’on pénètre leurs desseins.
J’en arriverais à la conclusion que pour les pauvres gens, ne rien foutre serait presque un honneur, si nous n’avions besoin nous-mêmes de l’essentiel pour rester en vie.
Travaillons donc à l’essentiel, et pour le reste, si les libéraux y sont tant attachés, qu’ils travaillent pour le superflu et qu’ils cessent de vouloir que ce soit nous qui le fassions.

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14 avril 2009

C’est la mer qui prend l’homme.

Vivre est un métier dangereux.
Vivre sur l’eau au large des côtes somaliennes ajoute quelques piments de plus à la dangerosité.
La piraterie existe depuis l'Antiquité. Toutes les civilisations l'ont connue.
Cette forme de banditisme a ses chantres et eu ses heures de gloire. Ce n’est pas pour rien que les enfants raffolent des vies mouvementées de Barberousse, de Silver, de Jack Rackham ou de Mary Read.
Plus souvent qu’on ne pense, entre deux dossiers, de petits comptables et des employés des postes s’évadent par l’esprit et hissent le « Jolly Rogers », le drapeau noir à tête de mort et deux sabres croisés, qui est celui de l’esprit d’aventure.
Déjà Pompée se rendit célèbre en nettoyant la Méditerranée des pirates siciliens ; alors pourquoi pas les marines de guerre bondissant sur la vague deux mille ans plus tard ?
Ce serait resté vaguement anecdotique, tout en fournissant d’articles les gazettes, si les pirates modernes au lieu d’en rester à la plaisance, ne s’en étaient pas pris à des cargos de belle taille, disposant des frets et rançonnant les équipages.
Alors, si on rit encore sur les wharfs des ports aux récits de Pierre Mac Orlan, Daniel Defoe et Robert Louis Stevenson, le commerce international frileux du tiroir-caisse rit jaune.
Les « Nations civilisées » lancent leurs marines d’acier sur les cotres en bois de ces hardis marins, beaux, élancés, façonnés aux embruns, tandis que nos juristes nous assènent les quatre vérités des Lois maritimes.
Jean-Michel Barrault « Pirates des mers d’aujourd’hui » (Gallimard), fait appel à notre sang-froid et nous bombarde de quelques statistiques : depuis une vingtaine d’années, les navires marchands ont subi plus de 4.000 attaques. Les actes de piratage sont parfois de simples chapardages nocturnes, mais aussi souvent des actes violents menés par des bandes organisées, puissamment armées, avec prises d'otages, rançons, tortures, assassinats, arraisonnements. Des cargos sont maquillés, rebaptisés, vendus.
Encore un drame de la mondialisation : 97 % de marchandises, 60 % de produits pétroliers circulent sur les mers. La sécurité des marins est menacée. Les attaques sont en effet nombreuses. En plus de la violence et l'intimidation, l'usage est courant des armes à feu et des couteaux. C’est moins spectaculaire que les anciens de l’île de la Tortue, mais plus efficace. Devant l’armada internationale vouée à leur perte, les marins de la flibuste n'hésitent plus à employer des moyens adaptés : lance-roquettes et fusils d'assaut.
Le jour où ils auront capturé un aviso ou une corvette d’une marine de guerre croisant au large, ce sera un véritable combat naval !

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Quelques escarmouches se sont déjà produites entre pirates et bateaux de guerre. Des victoires de ces derniers ont permis de petites satisfactions morales. Toutefois cette réussite cache le manque de moyens de surveillance, tant la mer est immense et les pirates déterminés. Les côtes découpées sont autant de criques. La population qui bénéficie des retombées des prises, protège ses marins.
Quel est leur but ? L’appât du gain sans doute. Qu’on juge de la misère des pêcheurs côtiers pour comprendre aussi ce qu’est une rançon de 500.000 dollars obtenue à la libération d’un gros bonnet surpris à faire du yachting, pour un village en torchis, des enfants en loques et des vieillards laissés sans soin faute d’hôpitaux.
A noter que la piraterie existe aussi en mer de Chine (détroit de Malacca), où les assassinats sont fréquents, et le long des côtes d’Amérique du Sud. Toujours pour les mêmes motifs, avec ceci de différent que les pirates chinois sont plus vicieux, volontiers plus sanguinaires. Il est vrai que les pêcheurs somaliens débutent dans le métier. Ils n’ont pas trop le cœur endurci.
Dans leur esprit, ils font du commerce ! Ils investissent en matériel et paient les hommes en parts de prise, suivant la « loi » de la flibuste.
Ils ont des précédents historiques. Les premiers colons venus d’Europe rassemblèrent à coup de fusils des populations apeurées, afin de les employer gratis dans leurs mines et leurs cultures.
Finalement, les pirates somaliens n’ont rien inventé du tout.
Et puis, les traditions se perdent. On ne pend plus ni les mutins, ni les pirates. On les laisse réfléchir en prison à un contrat de réinsertion dans la marine marchande.

13 avril 2009

Un monde inusable

Y croire ou pas, telle n’est pas la question.
Ce serait plutôt : et si on soufflait un peu ?
Les œufs, tout ça… les cloches qui n’en reviennent pas d’un pape anti-capote, les fleurs, les bourgeons, l’amour !
Les hommes politiques sont-ils capables d’aimer vraiment ceux dont ils vivent, c’est-à-dire nous ? Certes, ils doivent aimer, par-ci, par-là ; dans le fond, une maîtresse, c’est aussi une électrice… Mais aimer son patron ?
Si on laissait tout le tintamarre d’une actu qui nous les brise menus, non pour célébrer un people dans sa baignoire à jets, mais pour simplement espérer en l’avenir de l’homme ?
La vue d’une femme qui monte l’escalier de l’hôtel, c’est beau comme un camion la nuit, n’aurait pas dit Eugène Savitskaya, poète liégeois, ni Richard Bohringer d’ailleurs.
Un texte devant moi d’un dénommé Fernel, c’était la page de grâce convenable pour un jour qui ne l’est pas trop, qui ne l’est jamais trop…
De l’Antiquité à la Renaissance, la connaissance du monde vivant n’a guère changé . Quand Jean Fernel (1497-1558) parle des êtres, il répète ce que disait Aristote, Hippocrate ou Galien. Chaque corps, chaque plante, chaque animal se décrit jusqu’au XVIme s. comme une combinaison de matière et de forme. Notre esprit biscornu a fait quelque peu évoluer les connaissances depuis ; mais, en gros, le raisonnement tient toujours. La matière se compose de quatre éléments. Seule la forme, qu’elle soit évolutive ou fixée dès ses débuts, caractérise un corps. Voici Fernel « quand une chose est créée, c’est la forme qui commence. Quand cette chose périt, seule la forme disparaît, non la matière. Car si la matière elle-même s’évanouissait, depuis longtemps déjà le monde aurait disparu ; il se serait usé. »
Nous voici immortel, selon Fernel !
Que voilà un message plein d’espoir comme un œuf !
La suite est moins drôle.
« Si une femme met au monde un fils à tête de chien, c’est la faute non pas de la nature qui fait toujours son semblable, mais de la femme qui s’est livrée à des actes répréhensibles avec une bête. »
La Renaissance, quand même… le collectif « ni pute, ni soumise » s’en étranglerait. Et Il aurait raison…
Mes bonnes résolutions me quittent déjà…

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D’un journal sous le coude me viennent les suppositions d’économistes américains qui me pourrissent ce dimanche par leur suffisance dès la première ligne.
Rarement ce corps de métier a été égalé en connerie, si ce n’est par les devins et les météorologues...
Quoique le message d’espoir y existe aussi ; mais, il est d’une évidente falsification « La fin de la récession américaine est désormais déclarée en vue, mais le moment exact de la reprise et son intensité donnent lieu à des pronostics très divers selon les économistes. ».
On y sent trop le poids de la connerie dans ce genre de message « qui croit bien faire », pour ne pas irriter le moindre humain à réflexion modérée.
C’est un de ces euphorisants dont les économistes ont le secret et avec lesquels ils gagnent leur vie à nos dépens depuis fort longtemps. Tout ce texte abscons est dans la pensée libérale. C’est l’humour déjanté de madame Irma, pythonisse.
Car, personne ne sait prédire la fin d’une crise de cette ampleur, parce qu’elle touche au plus profond de l’illogisme de la pensée capitaliste.
Evidemment, ce genre de prose attire les ébruiteurs patentés, commerçants de voix électorales dont le chef de file en Belgique est Louis Michel, braillards incontestés et aux USA, le président lui-même. Car, n’a-t-il pas dit aussitôt, ce cher Obama, qu’il commençait à observer « une lueur d’espoir pour l’économie américaine, entrée en récession en décembre 2007. » !
Le mois de son règne, c’était bien mal augurer des quatre années à venir !
Si la chose se confirme, Barak passera pour un fin analyste de la situation, sinon, on aura oublié sa prophétie dans les huit jours. C’est donc tout bénéfice d’ouvrir la bouche en cul de poule et de nous pondre un œuf lui-même !
Il manquait le couplet qui ragaillardit toujours les crédules et les malhabiles (ceux qui cherchent des œufs sous les feuilles d’impôts) « si nous nous accrochons, si nous ne flanchons pas devant les difficultés, je suis absolument convaincu que nous allons remettre l’économie sur les rails ».
787 milliards de dollars plus loin de prêts échelonnés sur trois ans, on ne sait rien, même pas si ce flot d’argent suffira et encore moins à remettre sur les rails le train qui ne sifflera pas trois fois !
Le reste est du délire complet : « 54 économistes prévoient que la récession prendra fin dans moins de six mois, en septembre, précisément ». J’aurais bien aimé connaître le jour ! Pas vous ? Par exemple, celui d’entre les économistes qui aurait vu la fin de la crise pour le 13 septembre à 19 heures 37 s’assurerait un avantage certain sur les 53 autres.
Mais qu’on se rassure dans les milieux du flouze, le chômage, lui, ne baissera que vers le milieu de 2010, le 6 juillet 2010 à 3 heures du matin (heure GMT) bien entendu. Ainsi, les milieux d’affaire retrouveront la prospérité six mois avant les chômeurs, ce qui est une bonne chose pour la recapitalisation des lieux de vacances et un bienfait pour l’hôtellerie de luxe.
Michael Mussa, ancien économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), estime que la reprise sera vigoureuse, contenu de son âge, il a dû écrire ça après avoir bouffé une boîte de Viagra.
Voilà mes chéris, ça baigne, au point que je me demande si tous ces éminents ne me prennent pas pour un œuf aussi ?
Et que Hermione se rassure, je l’aime. C’est entendu.

12 avril 2009

Fragilité des brames

Les Ecolos vont être ravis. Les hauts-fourneaux de Seraing et d’Ougrée ne dégageront plus de CO². Ils sont mis en cocon.
Les Ecolos sont consternés. Ils compatissent à la perte d’emplois conséquence de la fermeture des hauts-fourneaux.
Les Ecolos sont divisés, non pas 40 d’un côté et 39 de l’autre, mais pourfendus comme le Vicomte pourfendu (Il visconte dimezzato), un conte d'Italo Calvino.
Seraing et Ougrée qui enfumaient leurs habitants du bas comme des jambons, et ombrageaient les gens biens du haut, étaient aussi le siège d’une sidérurgie jadis prospère, aujourd’hui en léthargie.
On supportait les toits brunâtres, les fumées ocres et les odeurs d’œufs pourris tant que cela procurait du boulot.
Aujourd’hui que toutes les usines, hangars et dômes à tuyauteries ne servent plus à rien, cela devient insupportable.
Quand on pense au temps des Princes-Evêques ! Ceux-ci avaient leur résidence champêtre à peu près au niveau de l’actuel et horrible pont de Seraing qui enjambe la Meuse. La vallée devait être belle avant John Cockerill, l’Anglais ravageur du site !
Puisque, la sidérurgie c’est presque fini, on pourrait peut-être demander aux Ecolos – enfin, la moitié ravie – de faire pression sur les Autorités communales pour raser au plus vite les sombres murailles qui s’y dressent encore, afin de planter de beaux jeunes arbres dans les jardins reconstitués du prince.
Gros à parier que le dernier site à être occupé ce sera le château. Mittal a marié sa fille au Château de Versailles. Chez cet homme-là, il y a du châtelain qui sommeille…
Pour le reste, c’est fou comme une usine abandonnée tourne vite à la friche industrielle !
On dirait que les contremaîtres font encore produire alors que la toiture s’effondre et que les fissures dans les murs menacent tout l’édifice !
Dès que le dernier ouvrier part au chômage en maudissant son employeur, le liseron devient un arbre, les briques dégringolent des sommets et les verrières éclatent comme les bulles de plastique des emballages, les ferrailles se tordent quasiment sans l’aide des voleurs de métaux et les surfaces lisses au sol se fissurent comme boue qui sèche !
Tout de suite on se demande à quoi pouvait bien servir les immenses tuyaux qui ne vont plus nulle part et dont on voit les gueules béantes rouillées.

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On se souvient à Liège de l’arrivée triomphante de Lakshmi Mittal, des poignées de mains historiques, des professions de foi, et des discours rassurants.
Ah ! il n’était pas passé inaperçu. Il ne le voulait pas du reste, trouvant du ragoût à la situation du petit Indien qui devient plus puissant que l’Européen fanfaron qui dirigeait Arcelor.
Les ouvriers espéraient à la mesure de la déception actuelle, c’est-à-dire beaucoup.
Les Autorités communales de Liège et Seraing voyaient leur cauchemar s’achever.
A présent que les hauts-fourneaux sont en cocon, il conviendrait que les travailleurs le fussent aussi. Hélas ! si c’est comme la Belle au Bois Dormant, H 6 et H 8 risquent d’être envahis par les ronces. Et eux-mêmes pourraient dormir cent ans en attendant le Prince charmant ! Personne ne viendra les réveiller pour une nouvelle aventure dans une sidérurgie qui passe du chaud au froid – c’est le cas de le dire – sauf que c’est le froid des couloirs déserts et des postes de garde dont le poêle en fonte a été arraché de la cheminée.
Vous voyez la vallée de la Meuse comme elle est à Dinant ?
C’est ainsi qu’on devrait obliger Mittal à remettre tout en ordre à Seraing, s’il s’en allait définitivement en abandonnant sa quincaillerie aux quatre vents.
Mais, c’est humain, personne n’est trop menaçant. Les syndicats ont le respect des riches de nos jours, drillés par le PS naturellement porté à la domesticité et à la complaisance, au nom de la social-démocratie et de l’assiette au beurre.
On ne sait jamais, si la crise s’apaisait ?
Le seul espoir qu’on ait de retrouver du boulot : que Mittal regonfle son potentiel et qu’il se souvienne du site de Seraing, et que les planqués du Sart-Tilman découvrent de nouveaux moyens de faire du neuf, hors du vieux fer.
L’homme qui ne vaut plus que 20 milliards, alors qu’il en valait encore 45, fin 2008, doit quand même savoir que sur le site, ceux qui valaient 1500 euros, n’en vaudront plus que 1000 au chômage, en attendant de n’en plus valoir que 750, au CPAS.
Sauf un discours de Louis Michel sur la nécessité de réduire des effectifs quand les affaires sont au point mort, les ouvriers de Seraing et d’Ougrée, sans compter ceux de la Basse-Meuse, aussi mal embarqués en aval qu’en amont, ne peuvent plus compter que sur eux-mêmes. Et encore, pas beaucoup, quand on voit la frilosité du pouvoir politique, la veulerie des compères du commerce et de l’industrie.
Quel est le genre de protestation admis par le pouvoir qu’ils pourraient faire ?
Question aux Ecolos : les gaz lacrymogène des forces de l’ordre, sont-ils plus polluants que ceux des hauts-fourneaux ?

11 avril 2009

Amérique nous revoici…

A l’exception de Jean-Marie Happart, on ne rêvait plus d’Amérique en Europe, malgré le buschisme de la Commission de Bruxelles.
Le Parlement européen avait ses détracteurs qui regardaient du coin de l’œil les atlantistes comme Barroso, Michel ou Lamy, mais l’ensemble tenait bon face à l’opinion européenne de plus en plus hostile au fur et à mesure de la montée en puissance de la crise et du ralentissement des affaires.
La fronde était d’autant pertinente que la crise mondiale venait des places boursières les plus fortes du monde anglo-saxon. Il s’avérait que ces organismes financiers avaient bluffé tout le monde, sans cependant entamer la confiance dans le capitalisme de la Commission. On se posait beaucoup de questions sur l’avenir des Etats-Unis dans les travées du Parlement européen.
Puis vint Obama.
La situation n’était pas meilleure, pire même au plus mauvais moment de la présidence Bush ; mais, l’homme nouveau séduisit. Il n’en fallut pas plus pour que le parlement votât par 503 voix pour et 51 voix contre (10 abstentions), une résolution sur « l'état des relations transatlantiques après les élections qui ont eu lieu aux États-Unis ».
La droite européenne, avec le soutien massif de la gauche, venait une fois de plus de réhabiliter la politique américaine, malgré les erreurs et les malhonnêtetés couvertes par les Secrétaires d’Etat des deux présidents. Le document, sur lequel on s’est prononcé, trace les grandes lignes des relations de l’Europe et des USA jusqu’en 2015.
On peut y lire ce que notre suzerain d’Outre Atlantique réclame de nous et, avec quel empressement, nous nous efforcerons de le satisfaire.
En même temps qu’on y souscrit à près d’un siècle d’asservissement de l’Europe à la politique américaine, c’est un rappel à « l’amitié » éternelle, avec de beaux élans comme si nous étions toujours sous la menace de l’Ours à l’étoile rouge venu du froid « le partenariat transatlantique doit demeurer une pierre angulaire de l'action extérieure de l'Union. Il s’agit de construire un véritable marché transatlantique intégré, d'ici à 2015 ».
Ainsi, avant que la polémique de « qui va payer quoi » ne se termine, alors que beaucoup d’Européens se trouvent avec des actions qui valaient 100 et qui ne valent plus que 2 à cause des pratiques douteuses de la titrisation des produits toxiques américains, on hisse le drapeau, bat de la caisse et fait retentir les trompettes, rien que parce que c’est Obama au lieu de Bush !
Belle illustration de la confiance ainsi rétablie sans que rien ne soit réglé et en pleine crise financière.
Sans savoir si le dollar ne va pas sombrer, si la Chine ne va pas réclamer ses créances, nous lions notre sort aux faillis, au point qu’un accord de partenariat devrait être conclu, juste après la ratification du traité de Lisbonne, qu’on avait un peu oublié dans la tourmente.
Restait à coordonner l’OTAN avec les deux politiques de sécurité, cette machine de guerre étant qualifiée de « pierre angulaire de la sécurité transatlantique ». C’est tellement gros que l’on se demande si le texte n’a pas été écrit par un Louis Michel complètement délirant ?
Du coup Barak en tournée en Europe, joue sur du velours. Il nous presse d’intégrer la Turquie dans l’Europe, de la manière de quelqu’un dont on ne discute pas les propos.
Les Européens sont aussi sommés d'augmenter leurs efforts de défense. Nous n’avons pas d’ennemi ? Qu’à cela ne tienne, Obama nous en trouvera bien un.
Et ce type n’a pris ses quartiers à la Maison blanche que depuis janvier !

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La suite de la résolution est à l’avenant. C’est le discours classique du néolibéralisme, consacrant le leadership des USA. : suppression des entraves aux échanges, libéralisation des investissements étrangers, etc…
C’est une mine d’or pour une gauche qui serait encore capable de voir le côté excessif d’une droite qui ne s’endort pas et préfère, au contraire, l’attaque aux excuses.
On se croirait même revenu aux beaux jours du mandat de Clinton.
C’est le classique redécoupage du monde, sauf que les pays émergents ne sont pas prêts à se laisser découper. On n’est plus à Yalta, quand même.
Il faudrait au moins que ceux qui vont briguer notre suffrage le 7 juin pour l’Europe, expliquent quand même aux électeurs, s’ils ont prêté la main à cet acte d’allégeance aux Etats-Unis et pourquoi ils l’on fait ?
Evidemment avec les nostalgiques que nous avons au PS… déjà que le plan de redressement de la Wallonie, ils l’ont appelé Plan Marshal…

10 avril 2009

Les nouveaux collabos.

Le malaise qui ressort des positions du parti libéral (Mouvement Réformateur) s’accroît au vu des dernières déclarations de ses leaders.
On dirait que renonçant à convaincre d’éventuels nouveaux adhérents, il se replie sur la clientèle sûre du conservatisme traditionnel.
Cela fait penser à cette classe sociale privilégiée qui, pendant la guerre, s’était investie dans la lutte de l’Occident contre le péril Rouge, accordant une oreille attentive aux propagandistes que la Wehrmacht traînait derrière elle.
Soixante-cinq années plus tard, les arguments sont restés les mêmes, le MR voit toujours le péril Rouge partout. Thuriféraire de l’économie de marché, l’establishment libéral n’a qu’une idée en tête « surtout qu’on ne touche pas au sacro saint système capitaliste. »
C’est tout juste si on ne regrette pas Adolphe qui avait l’art de traquer l’opposant !
Le MR veut le marché et ses acteurs comme avant la crise, sans un pli, sans une ride, avec ses riches et ses misérables, ses profiteurs et ses travailleurs blanchis sous le harnais et désormais chômeurs. Tel qu’il est, dit Louis Michel, il est parfait !
Il y a toute une littérature sur les anciens collabos des années de guerre qui colle à la triste réalité de ce parti devenu odieux et méprisable.
Les strates bourgeoises de la Belgique des années 40, milieux chrétien et libéral confondus, ont laissé une succession imprescriptible qui se retrouve dans les moeurs de ce parti.
Il y eût en 1940 deux topiques (pour employer un terme freudien de ce qui pourrait être une psychanalyse collective) l’un de type anal : comment conserver notre foi dans la primauté du pognon sur la morale, et l’autre de type transcendantal : comment mieux défendre notre foi catholique ; les deux n’étant pas incompatibles, attendu que la sublimation de la patrie faisait le lien.
A quelques exceptions près, la réponse de la classe privilégiée de l’époque fut de lier son destin au Reich d’Adolphe Hitler.
Certains, dans une gamme variée allant du professeur d’université au boutiquier enrichi suscitèrent la vocation d’une jeunesse issue des milieux dont eux-mêmes se réclamaient, d’autres plus prudents, se contentèrent d’une collaboration douce du type si répandu à l’époque de l’industriel qui se voit dans l’obligation d’obéir aux injonctions de l’Occupant en lui fournissant ce qu’il produit, sous le prétexte qu’il conserverait de cette façon les nationaux en qualité d’ouvriers, plutôt que de les voir partir chez Siemens ou chez Messerschmitt.
Il ne faut pas généraliser, ni amalgamer les situations. A la Libération, il y eut peu de collaborateurs de l’industrie à rendre des comptes à la Résistance, la raison tient dans la nature prudente de la classe bourgeoise souple et adaptable.

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Par contre, les collabos recrutés dans les milieux défavorisés de la misère et de la pègre trinquèrent pour avoir été en première ligne partout. Les guignolos se sont faits étendre à Tcherkassy, les mariolles avaient transformé leurs bénéfices de guerre en or, avant la Loi Gutt.
Le lien entre cette époque particulièrement noire et celle d’aujourd’hui ?
La classe bourgeoise a besoin d’être rassurée par un leader charismatique qui lui ressemble, afin de protéger ses biens et ses privilèges.
Hélas ! les grands hommes de cette nature sont rares, voire inexistants. Sarkozy est français, ne l’oublions pas. Le MR en est fan, mais, c’est un leader local qui de plus est le symbole d’un certain rattachisme en incarnant la France, ce qui est contraire aux intérêts de la bourgeoisie belge.
Si certains MR ont adoré l’image de Bush sauvant le monde Occidental des Etats voyous, tout en préservant l’intérêt des financiers mondiaux, ils se taisent par prudence et par peur d’être désignés par leurs alter ego comme ayant fait un mauvais choix. Et puis ces gens sont pragmatiques. Ils vivent au quotidien la sauvegarde de leur statut.
Ils ont hésité à jeter leur dévolu sur Obama. Ils sont à présent rassurés.
Le MR s’est attaché à la politique économique d’Obama, parce que ce président démocrate va poursuivre la politique économique de son prédécesseur, même s’il y insuffle une autre technique afin de parer au manque de dynamisme actuel.
Barak ne touchera pas à ce que Louis Michel appelle les fondements des Lois du marché.
L’équipe d’économistes d’Obama est une réplique de la précédente. Sa vedette est Robert Rubin, ex ministre des Finances du gouvernement Clinton. L’abrogation de la Loi Glass-Steagall, et, par conséquent, de la crise financière actuelle, c’est lui.
MM. Raines et Johnson ont servi en tant que CEO chez Fannie Mae, bancassurance pilier du désastre. Paul Volcker est chargé de trouver des solutions à la crise. Henry Paulson réamorce la pompe à fric qui va de la poche des contribuables américains directement à celles des financiers faillis. Timothy Geithner, est le poulain de David Axelrod, le plus proche conseiller de Barack Obama, il vient des pires milieux de la finance.
Avec le vieux renard Riden, comme vice-président en garantie, on voit que Didier Reynders et Louis Michel n’ont pas de souci à se faire sur les qualités de leader d’Obama.
La nouveauté, qui n’en est pas une, réjouit le MR.
Même en plein désastre, ils se la pètent encore. C’est une technique…

9 avril 2009

Génération MR

J’avais pensé faire le tour des popottes pour dire mon sentiment sur l’état des partis à la veille de la campagne électorale du 7 juin.
Peut-être même le reprendrai-je pour le PS, quand on voit la chance historique qu’il a de balayer la droite, et qu’il n’en mesure pas l’opportunité.
Fasciné par le vide du langage libéral, j’en reste ébahi. Les formations politiques de pouvoir sont gênées aux entournures par les hoquets du système capitaliste, mais il n’y en a aucune qui le soit autant que celle de Reynders.
Cela tient à l’incroyable aveuglement des bourgeois, comme les nobles du parti de Louis XVI qui n’ont pas vu venir la Révolution, nos MR au lieu de s’avouer que le système a mis le libéralisme dans ses petits souliers, s’obstinent à vouloir le perpétuer intact !
Lieu muséal ? Génération non-évolutive ? La crise a plongé ce parti dans la stupeur.
Le bon sens aurait voulu qu’il essayât une nouvelle paire de chaussures, identique d’aspect, mais mieux adaptée. Le voilà qui marche sur des œufs en tournant le dos aux aménagements nécessaires !
Le MR est le défenseur du courant « non-interventionniste » et « non-protectionniste » de l’économie actuelle et future, comme si des événements de crise, et des transferts de fonds aux banques n’avaient jamais eu lieu, comme si le système n’avait pas été ébranlé dans ses certitudes !
Louis Michel et Didier Reynders font leur la déclaration de Pascal Lamy, pourtant socialiste, « Il n’y a pas pire forme de protection que le protectionnisme ».
Quand on y réfléchit dix secondes, c’est bien la mondialisation – l’ouverture sur le monde - qui est en partie responsable du gâchis et de la réduction du volume mondial des affaires !
Nous avions ouvert nos frontières au commerce Chinois, pourtant il s’est effondré perdant un quart de sa dynamique en trois mois !
C’est la libre circulation des avoirs bancaires qui a ramené en douce dans les coffres forts occidentaux des banques, des masses d’argent dont l’absence étrangle les pays pauvres empêchant tout espoir de développement !
Autrement dit le MR cautionne une politique qui accélère le processus de désagrégation de l’économie, en refusant d’agir par réflexion et non par slogan ou parce que c’est Dominique ou Pascal qui le dit.
Tous les partis sont pour l’OTAN, certes mais le MR plus que tous les autres. On devine pourquoi cette obstination chez les Bleus. Ils entretiennent ainsi l’illusion d’un péril à l’Est, nécessaire à leur politique cette fois « protectionniste » par la survivance chez leurs électeurs du mythe du « péril rouge ». Mieux, ils poussent à des engagements en Afghanistan pour les mêmes raisons obscures après avoir joué sur le péril rouge, ils espèrent récolter les fruits du péril radical islamique, les peurs étant confondues.
Cependant le MR et les autres partis pourraient se poser la question : à quoi sert l’OTAN en 2009 ?

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Son objet était de contrer le pacte de Varsovie, aujourd’hui disparu – mis à part le profit que nous tirons du siège du commandement installé en Belgique - on ne voit pas une raison valable de son maintien.
Au lieu de dissoudre l’OTAN après la chute du mur de Berlin, voilà au contraire qu’on y associe des anciens pays communistes de l’Est, menaçant le Régime de Poutine, qui est tout, sauf communiste !
A sortir les calculettes pour jouer à combien ça coûte, on arriverait à des sommes rondelettes, d’autant plus gaspillées que l’OTAN n’a plus d’ennemi, à moins de s’en fabriquer un !
Un militaire armé qui glande dans ses quartiers est dans son état d’oisif plus dangereux qu’il n’y paraît. Pour le distraire, on l’envoie dans des missions où il supplante l’ONU. Il a bombardé la Serbie en 99. En Afghanistan, il est en train de rendre célèbres la résistance des Talibans, sur le temps que les champs de pavot qu’il a sous le nez s’étendent sous sa protection, ce qui ravit les dirigeants de Kaboul qui touchent au passage leur commission.
Si vous entendiez Louis Michel délirer sur la nécessité de l’OTAN, vous comprendriez pourquoi le MR n’est plus un parti sérieux, mais une sorte d’agence de publicité mensongère.
Et de quelque côté que l’on se tourne, sur les projets, sur les raisons d’être libéral, on n’entend plus que des couacs, et des lieux communs d’une bourgeoisie qui n’a pas su prendre la mesure de son temps.
C’est à tel point que le PS et le CDh, qui se disent aussi des partis libéraux quoique tempérés par une autre illusion qu’est la social-démocratie, vont se trouver gênés par la posture du MR qui en un sens défend le socle commun, les impliquant ainsi indirectement dans le pot-bouille général.

8 avril 2009

La Chasse aux gros est ouverte.

Depuis qu’il visite régulièrement la clientèle africaine de l’Europe, Louis Michel est devenu un assidu de la chasse aux gros gibiers.
En même temps, reçu comme un chef d’Etat dans les dictatures africaines auxquelles il distribue les euros dont elles sont friandes, il s’est fait une haute idée de son importance. Il en est arrivé à croire que ce n’est pas nous qui donnons, mais lui !
Le Commissaire européen en charge du Développement et de l'Aide humanitaire s’est senti investi d’une autre haute et belle tâche : associer à sa mission l’amour du libéralisme aux peuples africains, volontiers sceptiques.
Mais les Africains sont loin d’être dupes. Gros-Loulou l’a si bien interprété qu’il a maigri de 20 kilos pour ne pas passer dans le court bouillon de brousse, en excitant l’appétit des pauvres.
Certes, il doit tout au libéralisme. A part lui et quelques autres, banquiers, escrocs et politiciens mélangés, le libéralisme n’a jamais vraiment beaucoup donné à personne et encore moins en Afrique.
Mais qu’importe, ancré dans cette idée, le gonfalonier de Wall Street, est persuadé que la campagne du MR, qui s’annonce catastrophique, ne doit pas se faire sur ses maigres acquis – s’il y en a – mais au contraire contre-attaquer en contournant les champs de ruine de la crise libérale et baptiser la social-démocratie pourtant si terne et si suiveuse, en redoutable tankiste de l’Armée rouge du temps où Staline était à 24 heures de chars de Bruxelles !
Du coup voilà Di Rupo affublé de la casquette de JOUKOV, lui qui serait plutôt, Gito du roman de Pétrone, le front ceint de pampres et de laurier !
L’outrance a dû surprendre Reynders. Il a peur du ridicule. Déjà que l’autre a prédit que "le débat sera instrumentalisé pour diaboliser le libéralisme".
Cependant le chasseur de gros n’a pas tort. La clientèle du MR a déjà avalé tant de couleuvres que grossir la dangerosité des adversaires, peut faire oublier le poison que le système capitaliste et libéral a inoculé dans les veines de ceux qui lui ont fait confiance.
On va bien voir si Reynders au lieu de crier « au fou ! » entérinera la vision idyllique de « Gros Loulou » malgré les millions de chômeurs en Europe.

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A force d’évacuer ce qui gène, le risque, c’est que les meetings ne soient plus qu’une dénonciation du Rouge à nos portes, le couteau entre les dents. Ressusciter la guerre froide, alors qu’Obama se rapproche de Poutine, peut paraître comique à toute personne censée, et même y voir une vaticination imbécile des MR à la dérive.
Alors que tous les autres partis auront sur la crise actuelle des réflexions et des intentions qui auront au moins le mérite de poser les questions qui intéressent les Belges et qui sont de plusieurs ordres :
- Que va décider demain le Pouvoir politique à propos des salaires déments, des parachutes dorés, des stock-options, et même oser revenir sur les salaires et les cumuls des parlementaires ? Peut-être une Loi sur les plafonnements des revenus s’impose-t-elle ?
- Et si les banques rechutent, devra-t-on encore les renflouer ? Et pourquoi pas nationaliser FORTIS au lieu de la brader à la France ? Ne serait-ce qu’en attendant des jours meilleurs ?
- Revenir sérieusement sur les paradis fiscaux, puisque Gros Loulou aime tant la justice, pourquoi ne pas les condamner tous, ce y compris les paradis anglais et américains ?
- N’aurait-on pas le droit, après en avoir tant souffert, de repenser le système capitaliste, non pas pour le détruire, Gros Loulou sait mieux que tout autre que c’est impossible vu l’immense égoïsme généralisé que le consumériste a insufflé au monde, mais pour l’humaniser avec en toile de fond le problème du dollar monnaie devenue quasiment virtuelle, mais toujours prépondérante ?
- Il serait décent de laisser la parole aux économistes qui ne sont pas d’accord avec ceux des banques et du gouvernement sur la durée de la crise et ses répercussions sur les notions que nous nous faisons du travail, de la consommation et de l’environnement. Et si la croissance n’était plus au rendez-vous pendant les décennies à venir ? A-t-on prévu un scénario de catastrophe ?
Si Louis Michel, Commissaire à l’Aide humanitaire, partout ailleurs sauf en Belgique, croit pouvoir sortir son parti de l’ornière en éludant ces questions en les refusant en bloc comme étant du marxisme-léninisme à l’état pur, il se fourre le doigt dans l’œil et risque de placer Reynders et le MR en porte-à-faux de la réalité actuelle. Réalité qui est si vive, que même le Bleu-Blanc belge, pure tradition commerciale et bourgeoise, finira par trouver Louis Michel à côté de la plaque, hors situation et à la veille d’une débilité mentale dangereuse pour les places à pourvoir à l’Europe et ailleurs.
Ce n’est pas Deprez qui dira le contraire, lui qui pourtant compte sur Gros-Loulou pour le sauver de Reynders..

7 avril 2009

Souriez, vous êtes filmé !

Ce qui est surprenant, c’est la surprise de Michel Konen qui découvre que 108 politiques font l’objet d’un dossier à la Sûreté de l’Etat ! Alors que cette pratique existe depuis toujours !
A fortiori les dossiers sur les syndicalistes, les Ecologistes et les Rattachistes, cela doit faire quelques armoires, et bien plus que 108 dossiers ! Si on y ajoute les flamingants, le Front, les Anars et le Belang, c’est un quart de la Belgique en fiches !...
A l’encontre des anciens adjudants photographes rentrés dans la police, plus les hors-cadre de la Sûreté, les caméramans des longs métrages belges pourraient porter plainte pour concurrence déloyale.
Et pourquoi cette méfiance collective à l’égard de citoyens qui ne sont pas a priori des individus dangereux, ces travellings des cortèges pacifiques ? (Si ça se trouve les 300.000 gros plans de la marche blanche sont toujours en cours de montage, faute de moyens.)
On ne sait pas.
Intuition des Dupont-Dupond ? Renseignements inutiles servant à justifier des emplois chez les « spéciaux » du Royaume ? Hantise du coup d’Etat ? A qui le crime profite-t-il ? Que deviennent les renseignements recueillis ? Qui a le droit de les consulter ? Qui détermine que tel ou tel individu est suspect ? A quel critère l’Haut-lieu obéit-il ?
Toutes ces questions devraient être posées au Comité « R » qui surveille ceux qui nous surveille pour le compte du Parlement. Et quand bien même, qui va surveiller le Comité « R » ?
Si la Loi prévoit des investigations « préventives » afin de lutter contre l’extrémisme, qui a établi des critères pour qualifier les extrêmes ? Quel est l’expert qui va décréter qu’il faut ficher tel ou tel ? C’est encore un truc à la gueule du client, un pauvre, un gueux, un malchanceux…
Car enfin, quand on lit les dernières déclarations préélectorales de Michel-le-Vieux, on peut les qualifier d’extrémistes !
Je doute fort qu’il ait sa fiche à la Brigade !
Depuis longtemps, on fait de l’à-peu-près dans cette démocratie de carton. Voilà plus d’un siècle que l’Haut-lieu monte des dossiers contre les partis qui ne lui plaisent pas, il doit y avoir des montagnes de papier quelque part !
Dans les couloirs entre les rames de papier, nos modernes inquisiteurs glissent, telles des ombres, parfois retardés dans leur cheminement par des dossiers qui dépassent d’où s’échappent des photos de syndicalistes, Renard, Yerna, du Mouvement Populaire Wallon, Genot, Lambion, des Rattachistes. Peut-être un poster de Gendebien est épinglé dans un coin et les frères Happart surpris dans une manif des Fourons à balancer les pommes d’une mauvaise récolte sur la tête des gendarmes flamands, Paul-Henri Spaak haranguant la foule place Madou, André Cools cassant une vitre en face de la Populaire.

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Les frères Daerden devraient pouvoir se servir des archives d’une telle importance des citoyens moyens de ce pays, pour un film sur les mœurs de la police.
On se demande à quoi tout ce cirque à jamais bien pu servir, sinon à des causes parfaitement ignorées des honnêtes gens ?
A part les détails croustillants, pittoresques, les courtepointes soulevées, les couvercles des bidets entrouverts, ce service n’a jamais été fichu d’aider la justice en quoi que ce soit. Les CCC ont été débusqués après leur forfait et pas par eux. La bande du Brabant wallon a terminé ses tueries sans être dérangée par aucun photographe à galons, quant aux extrémistes du Front, ils ne parviennent plus à être crédibles même chez Jean-Marie, qui, si on le lui demandait, se ferait un plaisir d’envoyer à qui de droit l’album de photos de famille de ses cousins belges !
Alors, ce bidule inquisitorial et sournois, à quoi sert-il ?
Toujours selon la gazette de Michel Konen, l’Article 8 de la loi du 30 novembre 1998, donne mission à nos super flics le pouvoir de surveillance des partis extrémistes. Dans une démocratie frileuse et resserrée au centre, la gauche et la droite perdent de leur sens. Un poivrot qui rentre chez lui en chantant l’Internationale ne sait pas qu’il court un grave danger, celui d’être pris pour un communiste !
Il y a contradiction entre le droit formel du citoyen et les devoirs de cette police de l’intime.
A quoi comparer ces nouveaux gardes suisses d’un roi que personne n’arrêterait à Varenne, tant dans son malheur la foule serait capable de crier « chiche » !
Plus près des services que rendaient l’ancienne police des garnis et la brigade mondaine des romans de Simenon, qu’avons-nous besoin de ces gens-là ? Nous n’avons plus rien à cacher, les banques nous ont tout pris !
Aragon se payait la tête d’un vicieux à galons dans « Les Cloches de Bâle », serait-ce un cousin éloigné de notre police de l’ombre ?.
Jusqu’à preuve du contraire, les seuls trublions actuels et qui menacent la démocratie et l’Etat lui-même, sont bel et bien les banquiers, les traders et les boursicoteurs internationaux. Ne devrait-on pas compter ceux qui les soutiennent parmi les gens dangereux, les ennemis de l’ordre démocratique ?
Mais, que fait la police ?

6 avril 2009

Louis Michel exclu du MR ?

J’ai eu tort de mettre Atali sur le même pied que Minc.
Revenant sur le G20, Atali a dit des choses très sensées que Minc avec la livrée qu’il porte et qui est à peu près la même que celle de Louis Michel, eût été incapable de prononcer.
Ce qui ne veut pas dire que je partage tout de ce que dit l’ancien conseiller de Mitterrand.
Notamment sur le besoin d’un gouvernement mondial qui réglerait l’épineux problème du leadership.
N’avons-nous pas l’ONU pour cela ?
Mais son pessimisme rejoint le mien pratiquement sur tout.
Le G20 a consacré le triomphe de l’économie anglo-saxonne et l’exonération de celle-ci d’une responsabilité majeure de la catastrophe économique actuelle. Les dispositions prises ne s’attaquent pas à la racine du problème qui est d’assainir les milieux d’affaires. L’émission de milliards de dollars fictifs afin de sauver des escrocs est l’erreur majeure dont on verra plus tard les conséquences mondiales. Le triplement de la dotation du FMI avec toujours ce même argent fictif est tout à fait aléatoire.
Le maintien du dollar comme monnaie de référence, alors qu’il ne représente plus rien, ne manquera pas de produire d’ici quelques temps une deuxième secousse, encore plus meurtrière que la précédente.
Il ne faut pas demander aux économistes attachés aux banques de tenir le discours de la raison, mais les indépendants du secteur sont de plus en plus convaincus que ce G20 n’a rien résolu.
Par contre, en politique belge, nous avons un maboul dans les rangs du MR farouchement resté sur ses anciennes marques. Il est persuadé que tout va repartir et que la croissance va tirer le char de l’Etat comme avant. Et cela grâce aux mots magiques « libéralisme, capitalisme, et michelisme » !
C’est de Louis Michel qu’il s’agit. Un Louis Michel de plus en plus éructant au fur et à mesure qu’il sent le MR en posture de faire les frais de la crise, en payant cash le 7 juin une défaite annoncée..
Le visage couperosé, le pantalon flottant autour d’une taille moins impressionnante qu’il y a un mois, le plus vieux des Michel s’est véritablement défoncé pour nous faire partager sa colère contre ceux qui veulent diaboliser le libéralisme !
Notre homme est formel, sans ses amis du système nous serions les plus malheureux de la terre.
Sa déesse, à qui il lève son verre de Pommard, c’est madame l’Economie de Marché. Il s’enroue à nous crier qu’elle donne les meilleures chances à tous et qu’elle excelle à redistribuer les fruits de la croissance.
Ce discours pitoyable, cette effronterie non argumentée, Loulou la sert à la face des méchants qui ne sont pas de son avis. Et ils sont nombreux…
Et ce nanti, depuis qu’il a quitté une profession honorable d’enseignent mal rétribué mais honnête, avec le seul bagage de parler l’Anglais et le Néerlandais, plus ou moins correctement, en plus de ses quelques rudiments de français, qui a ramassé quelques sommes coquettes rien qu’en indemnités politiques, hurle plutôt qu’il ne dise, sa fierté d’être dans une Europe libérale !
Comme on est un peu étonné de le surprendre comme à un meeting, on croit qu’il a le feu aux fesses parce qu’il sent que les électeurs ne marchent plus aux slogans du fric et qu’il faut retrouver les pépites qui ont fait la fortune du « monde libre » quand les communistes étaient à Moscou.
Quoique les jeunes générations ne savent ce que c’est la guerre froide, Michel revient au Rouge le couteau entre les dents, quand la peur faisait voter bleu à une générations de couards.
« Je me demande ce qu’eût été l’Europe marxiste ! Vous imaginez ? Comme à l’Est jadis… Totalitarisme, sociétés liberticides, pauvreté, régression. Sauvons notre miracle européen ! Sa nature libérale géniale. L’alchimie miraculeuse entre marché, solidarité, liberté. »

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Pauvreté des arguments ! Propagande imbécile !
On le voit sur l’estrade, s’épongeant, entre deux martèlements des mots, frisant l’apoplexie et on se dit que ce type est complètement dépassé, qu’il est incapable d’argumenter sur la crise, mieux qu’il n’en connaît rien que ce qui l’arrange. Et que s’il est ainsi devenu pratiquement fou, c’est à cause du bon pognon qu’il risque de perdre au cas où les électeurs en auraient marre de suivre un aussi mauvais gestionnaire de l’argent des autres.
De plus en plus mélodramatique, il poursuit. Il est sur un toboggan, il ne peut plus s’arrêter, ses grosses fesses heurtent les parois, il rebondit sur son paillasson. On est à la foire d’octobre, à la descente de Val d’Isère, sur le plus vieux manège toujours là et Louis Michel aussi, c’est navrant… avoir tiré son épingle du jeu et ramassé sa petite fortune au nom du peuple, au lieu de fumer ses cigares dans la propriété que la collectivité lui a offerte, de passer quelques après-midi à refaire le monde en jouant au golf avec les notables de Jodoigne et environ, qu’est-ce qu’il fait cet obsédé d’un libéralisme du début du siècle ? Il pète un bouton de son col au risque de péter aussi une artère : « Je n’aurai pas à me défendre, je serai offensif ! Il faut une Europe encore plus libérale, qui compte sur des gens qui en veulent, qui considèrent qu’une crise, ce n’est pas un drame, mais d’abord une opportunité…. La tâche des libéraux. »
Alors, là, la crise une opportunité, je n’en peux plus, ce type est cinglé. Il est dangereux !
L’élève inculte trompe le maître, Jean Gol n’aurait jamais osé aller si loin.
Si c’est ça le fond de sa campagne pour l’élection du 7 juin, on se demande si Reynders ne ferait pas mieux de l’exclure du MR pour incompétence et irresponsabilité.

5 avril 2009

Reynders, équilibriste.

Le G20 est du pain béni pour le ministre des Finances Didier Reynders. A Prague, notre premier économiste, suite à l’euphorie officielle, a prévu que la Belgique retrouverait l’équilibre budgétaire en 2015.
Ah ! il est fort…
Et puis tout à l’avenant. Un programme auquel Minc ne trouverait rien à redire.
Le déficit public dépassera la limite de 3 % du PIB, inscrite dans le pacte de stabilité européen, pendant trois années consécutives. Le déficit atteindra 3,4 % en 2009 avant de culminer à 4 % en 2010 et de se réduire ensuite progressivement à 3,4 % de déficit en 2011, 2,6 % en 2012, 1,5 % en 2013 et 0,7 % en 2014. Finale en 2015 avec l’équilibre parfait, applaudissement des foules et réélection par acclamation au MR de Didier. La facture des dépassements, c’est pour nous.
Mais pas folle la guêpe, ce mirobolant projet ne sera possible que si le soutien au secteur financier et les plans de relance produisent leurs effets et parviennent à rétablir la croissance économique. Autrement dit, si la banque demandait une petite rallonge pour son redressement patriote, le plan digne de la campagne d’Austerlitz, serait fichu !
Deuxième bémol, si la banque demandait davantage, ou si la crise s’avérait plus longue, le programme de stabilité de la Belgique s'en trouverait gravement compromis.
Donc de ce plan précis et « rigoureusement » établi, Reynders n’a nulle idée de sa justesse.
Tout ce qu’il donne à voir, c’est un formidable culot et l’assurance du chef qui fait merveille pour les foules énamourées.
Le Conseil supérieur des Finances, autre assemblée de l’à-peu-près magistral, avançait deux scénarios de retour à l’équilibre budgétaire, le premier en 2013, le second en 2019.
C’est la Commission européenne qui va être aux anges avec le rapport du bouillant ministre !
Heureusement que l’Irlande monopolise toutes les inquiétudes attentives en ce moment.
Mais, Reynders n’en est pas resté là. Il a pris des engagements en matière d’échanges d’informations fiscales dans le cadre des conventions internationales pour éviter la double imposition et il mettra tout en branle au cours des semaines et mois à venir.
Quel homme, mais comment peut-il être partout, nous rassurer, nous couver et travailler d’arrache pied ? Il ne dort plus, parole !
Autre chantier (le mot est souvent employé par des gens qui ignorent tout de la vie des vrais chantiers), notre illustre espère décrocher notre beau pays de la liste grise d’infamie des paradis fiscaux dans les prochains mois.

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Comme le ministre n’est pas avare de dates, il a précisé que dès 1er janvier 2010, la Belgique pratiquera l’échange automatique d’informations avec les autres Etats membres de l’UE dans le cadre de la directive sur la fiscalité des revenus de l’épargne.
Si nous sommes sur la liste grise, nous sommes loin du compte des grosses lessiveuses des îles Anglo-Normandes et des Iles Vierges américaines, qui elles ne sont mentionnées nulle part.
Qu’importe, on connaît la consigne du père du libéralisme avancé, notre grand Louis Michel national : « Encore plus de libéralisme, d’échanges, de liberté du commerce… ».. Ah ! mais, le vieux prépare son retour dans la vie politique belge. Maintenant qu’il a fait son beurre à l’Europe, il a envie de se faire plaisir, les poches pleines de fric. Comme Reynders s’est embringué dans des filets d’horaires et de promesses, il y a beaucoup de chance qu’au moins il va foirer sur l’un ou l’autre dossier . Alors, il appartiendra à un des deux Michel, le père ou le fils, de laisser filer le bruit que Reynders a tout faux !
A ce jeu, on dirait que le tandem de Jodoigne a eu un poisson pilote bénévole en la personne de Kubla.
Et dire que tout ce beau monde, postule la reconduite des emplois publics pour service rendu à la patrie ! Ah ! ces libéraux. On renfloue leurs banques, on est mal parti dans le chômage et les voilà qui réclament encore plus de libéralisme, c’est-à-dire plus d’embrouilles, plus de coups de Bourse, plus de gros appétits à pourvoir !...
S’il y a bien une chose que l’on regrette dans l’information, c’est le manque de suivi. Ces jours-ci, nous avons été gâté par une avalanche d’information, de dates, de promesses précises. Il y a gros à parier qu’aux échéances annoncées, aux paris de la reprise, aux promesses d’échanges d’information fiscale entre les pays de l’OCDE, comme personne n’a la maîtrise de rien et, mieux encore, est incapable de prévoir tant les paramètres sont incertains, les données imprécises et l’impondérable inéluctable, que tout ceci sera billevesées. Le ministre et tous les économistes auraient été plus honnêtes en nous disant qu’ils ne savent pas de quoi demain sera fait.
Il est vrai que la sincérité est la pire des choses en période électorale.

4 avril 2009

Show assuré = crise oubliée.

Le G20 s’est terminé en une sorte d’apothéose dont l’événement majeur est la montre du président des states et Madame.
Ah ! qu’elle est bien Michèle !... Comme elle est simple… Quel âge a-t-elle ? Non ! Tant que ça !... On ne le dirait pas… Et ce cul… Ah ! ce cul, superbe… Il ne doit pas s’emmerder Barak…
Ce qui pouvait passer pour mal élevé à la cour d’Angleterre, une first-lady qui prend la reine par l’épaule, est salué partout comme une marque de sympathie à l’américaine. Même les journaux les plus sérieux virent people. On attend madame Obama à Strasbourg au contact avec la Carlita de Sarko. Show assuré = crise oubliée !
Les deux stars en tête à tête… C’est trop !... Et Sarko, tu penses qu’il aura toutes ses Rolex au poignet ? Comme les troupes d’assaut de l’Armée rouge en 45 à Berlin ?
40.000 policiers à Strasbourg !... Pourquoi Strasbourg ? Ils auraient dû faire ça à Cannes, au palais des Festivals, rapport à l’escalier tendu du tapis rouge…
Le reste est accessoire. Le succès assuré, la réussite du G20, on s’en fout. Et pourtant, on a tort.
Comme il fallait offrir quelque chose aux foules, en holocauste bancaire, on a présenté d’affreux jojo qui lessivent l’argent au noir et veillent aux intérêts des gros magots qui échappent à l’impôt.
Les Petits pays à secret bancaire et dépôts anonymes vont porter le chapeau de la situation « affreuse » d’aujourd’hui.
Les journaux près du pouvoir exultent. Du coup, la Bourse remonte. Les gogos sont contents et comme ce n’est pas si souvent, le gouvernement belge et les autres, ceux qui ont été invités, se frottent les mains.
Evidemment, le soufflé ne mettra pas dix jours à retomber.
Les œufs de Pâques n’y suffiront pas.
Pourquoi ?
Parce que ce n’est pas résoudre la crise en désignant les méchants pays de la finance honteuse. Ensuite, les deux plus grosses lessiveuses, pratiquement les lavoirs automatiques qui sont à eux seuls les plus importantes buanderies mondiales ne sont pas sur le banc d’infamie. Il s’agit de Wall Street, la place financière de Londres, et certains Etats des Etats-Unis, comme l’Alabama, les îles Anglo-Normandes (comme Jersey) et les Iles Vierges américaines, quant à Las Vegas sa réputation n’est plus à faire.
Dominique-de-ces-dames Strauss-Kahn pour le PS va recevoir trois fois plus d’argent qu’il n’en espérait au FMI, afin de gonfler les poches de perfusion des Etats anorexiques.
Seulement, c’est de l’argent fictif que les citoyens européens et américains déjà à genoux finiront pas payer, tout au moins leurs enfants !

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Comme on voit, le duo d’enfer Merkel-Sarko pour que ça change n’a pas accouché d’une « refondation » du capitalisme.
Le système à la peau dure et l’égoïsme aussi.
Il est vrai que les grands de ce monde n’ont jamais été avares de superlatifs.
Si les Bourses sont en formes momentanées, que les journaux financiers remercient le dieu Mercure et que les chefs d’Etat roulent des mécaniques, ce n’est pas pour autant que le « dégraissage » dans les entreprises va s’arrêter et donc le chômage de galoper.
On est de plus en plus dans une situation de théâtre. Les stars sourient et les figurants font la gueule, parce qu’en attendant la recette, ils ne sont pas payés.
Et le seront-ils jamais ?
C’est désolant pour le libéral belge, mais il aurait mieux valu que le G20 ait lieu un mois plus tard, de sorte que l’illusion eût traversé tout le mois de mai pour finir en beauté le 7 juin.
Il va falloir toute la séduction verbeuse de Sabine Laruelle et la jovialité calculée d’un Serge Kubla pour épauler le chef bien aimé qui doit conduire la galère jusque là, dans cette misérable petite Belgique bien appauvrie, ruinée même, et dont la moitié de la population, déjà, sue la misère !

3 avril 2009

Kublabla.

Le Beau Serge était d’un autre temps et d’un autre milieu. Celui d’une certaine forme d’honneur des voyous.
Celui-ci serait plutôt d’un milieu plutôt que du milieu. Dans la foule, quoique il ne passe pas inaperçu – c’est le propre des hommes politiques qui sont de véritables affiches électorales – il a l’air d’un bon vivant et d’un joyeux compère, homme sandwich de lui-même.
Mais au coin d’un bois ?
Sincèrement, je ne voudrais pas me trouver face à face avec lui dans le bois de la Vecquée sur un étroit sentier où il n’y a place que pour un seul promeneur.
Politiquement correct, d’accord, mais pour le reste ?
Serge Kubla est un beau parleur, il partage avec Sabine Laruelle une jactance à nulle autre pareille. Dans les repas de première communion, quand personne n’a rien à dire, c’est l’homme qu’il faut pour meubler la conversation. Ailleurs, il use la patience, il énerve, il empêche que les autres puissent terminer leur raisonnement. En un mot, il fatigue.
Non pas qu’il ait du sensationnel à nous faire savoir, souvent sous le verbe du discours il n’y a rien. A l’école, au cours de communication, on lui a appris qu’il ne faut jamais laisser un adversaire politique aller jusqu’au bout de sa phrase. Ainsi, le public se distrait de la pensée initiale. Kubla n’ignore pas qu’en troublant l’esprit de son interlocuteur, il le décontenance. Sabine Laruelle use et abuse du même procédé.
Sa politique se résume à peu de choses. Ce sont ceux qui ont le moins à dire qui parlent le plus.
En réalité, il est pour la continuité des choses, pour que rien ne change. Défenseur acharné de la bourgeoisie, il l’est tellement qu’il n’a même pas vu qu’elle n’existait plus comme avant, que sa hiérarchie a beaucoup changé, que les commerçants enrichis et les professions libérales n’y sont plus représentés que par la génération ancienne, celle qui a fait son beurre dans les années 60 et qui finit carrière dans des appartements de 200 m².
Bien entendu, il applaudit au G20, parce qu’il sait que les bonnes résolutions ne seront pas suivies d’effet.
Ce n’est pas qu’il soit étourdi, mais chez les bleus il est très difficile de s’adapter au monde qui bouge. Ils ont trop le souci de la tradition, des amis à pourvoir, du rang à maintenir. Et comment faire en cette période de crise pour ne pas changer, sinon adopter une forme de cécité pour tout ce qui dérange : les patrons voyous, la misère du peuple, le chômage en expansion, les fortes disparités entre les salaires, etc.
On crédite Kubla et les siens d’un certains pourcentage possible le 7 juin d’électeurs, inférieur au précédent scrutin, compte-tenu de la prolétarisation de ce qui fut la bourgeoisie, on se demande si les gens qui entendent les discours des bleus sont bien réveillés pour donner leur suffrage aux incongruités hors saison qu’ils profèrent ?
Parole, aujourd’hui, ce parti devrait piquer du nez et se retrouver en bas de l’échelle aux grenouilles dans son incapacité où il est de ne plus nous donner le temps qu’il fait que dans les banques !
La dernière de Serge, c’est vraiment du kublabla. Avec ses ambitions « démesurées » il a osé s’attaquer à une icône de son parti, son président Didier.
Le Soir nous prévient qu’aussitôt, il a mis de l’eau dans son vin. Pour mémoire, Serge avait trouvé incompatible la fonction de président et celle de ministre des Finances et vice-premier de l’autre.
Mais, est-ce que le journal Le Soir est certain que c’était de l’eau ? N’est-ce pas plutôt du vinaigre mélangé à son vin ? Car que dit notre bon vivant tout jactant et emporté qu’il est ?
« A terme, on arrive au bout de l’exercice. Quand on est un pied dehors et un pied dedans, c’est très inconfortable. M. Reynders n’a pas démérité, loin s’en faut ; il a consacré toute son énergie et a usé sa santé à remplir ses fonctions, et, de toute manière, il a été élu à la présidence du MR pour 4 ans. Si l’on gagne, ce ne sera pas le moment. Mais si on fait un mauvais résultat et qu’on est dehors partout, il faudra en tirer les conclusions. Ce sera à lui de décider ce qu’il va faire ».
Oh ! comme c’est encore plus perfide dit ainsi qu’à sa première banderille !
Car notre homme connaît les projections statistiques. Il sait que le MR peut perdre pas mal de voix aux élections du 7 et en tout bien tout honneur, il désigne à l’avance celui qui va porter le chapeau.

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C’est bien amené, c’est du Kubla.
Tout l’homme libéral est là. Incapable de mesurer sa propre stature aux dirigeants de son parti, mais incomparable dans le genre bouge-toi de là que je m’y mette.
Kubla président du MR ? Ministre des Finances ? Pourquoi pas, les bleus découvriraient enfin ses mérites.
Seulement, ce que Kubla dans sa superbe ignore, c’est que le tandem Michel est à l’affût également, avec d’autres arguments que les siens.
Et, pour contrer ces deux-là Kublabla n’est pas de taille.

2 avril 2009

La nouvelle donne.

Avec ou sans décision du G20, il semble bien que le gavage des banques en difficulté qui a été la politique des pays riches depuis le début de l’année soit une erreur magistrale.
Les Etats ont ainsi distribué de précieuses liquidités là où ils n’auraient pas dû le faire au vu des résultats : des responsables qui fuient avec de solides paquets d’argent, la méfiance excessive des prêteurs pour financer des investisseurs dans des projets, conséquence la stagnation de l’immobilier, faillite de petits entrepreneurs, et, par dessus tout, l’inconnue de la quantité de produits toxiques encore sur le marché.
Les Etats, dont la Belgique, ont renfloué des banques sans savoir jusqu’à quel niveau elles étaient endettées !
Vous en connaissez-vous des gérants d’une agence au coin de la rue qui ouvriraient les robinets du crédit à des gens dont ils n’auraient pas évalué le patrimoine et les salaires ?
C’est pourtant ce que Reynders a fait et le gouvernement l’a laissé faire.
Moralité, il ne reste pas ou peu de moyens pour envisager une autre politique.
Qu’arriverait-il s’il s’avérait que les sommes versées aux banques soient insuffisantes ?
C’est comme à la roulette, pour se refaire il faut continuer de miser et de plus en plus gros. Si on arrête on perd tout.
Alors, qu’une autre solution existait bel et bien. Elle a fait ses preuves par le passé. C’est un cas d’école : le « News deal » de Franklin Roosevelt.
Le New Deal est le nom donné par le président américain Franklin Delano Roosevelt à sa politique interventionniste mise en place pour lutter contre les effets de la Grande Dépression aux États-Unis. Ce programme s'est déroulé entre 1933 et 1938, avec pour objectif de soutenir les couches les plus pauvres de la population, de réformer les marchés financiers et de redynamiser une économie américaine meurtrie depuis le krach de 1929 par le chômage et les faillites en chaîne.
Quand on parle d’économie, on se réfère toujours à une date : 1929. Après avoir évoqué cette année noire du capitalisme, on a tout dit.
Tout le début des années trente serait à citer. C’est en effet jusqu’en 1938 que l’Amérique s’est petit à petit redressée dans un effort bien plus considérable que tout ce que Obama a fait jusqu’à présent pour les banques et l’industrie automobile.
L’Amérique a directement investi dans des grands travaux, réengagé en masse des travailleurs, construit des hôpitaux, jeté des routes à travers les Etats, des ponts gigantesques au-dessus des fleuves. Tandis que Roosevelt n’a pas donné un sou aux banques en faillite.
Nous avions les moyens de concevoir un plan de cette ampleur, soutenir les employés de banque qui allaient perdre leur emploi était dans le domaine du possible, en même temps que garantir l’épargne et les petits propriétaires par l’engagement de l’Etat à garantir les hypothèques. Fortis à la dérive aurait pu être étatisée, et c’est depuis cet organisme qu’aurait été possible notre « news deal ».

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Evidemment, c’est l’effort de guerre des années qui ont suivi 1938, qui a définitivement sauvé l’industrie américaine pour en faire la première au monde durant le demi siècle suivant.
La différence entre cette période de crise et la nôtre n’est pas dans la dilution de l’autorité des entrepreneurs partout dans le monde, si bien qu’un Indien est le maître de l’ex Cockerill, comme veulent nous le faire croire Minc et Attali ; mais dans le caractère purement industriel des forces d’influence qui ont conseillé le président Roosevelt et ce le fut dans le bon sens.
Les grands groupes industriels aujourd’hui sont soit le produit des banques, soit l’enjeu des Bourses. Les conseillers de Reynders à Sarkozy, de Merkel à Obama sont essentiellement des économistes des milieux boursiers et des banques. L’argent fictif, basé sur de l’embrouille a supplanté celui qui est le résultat d’un travail et d’un produit.
Il n’est pas dit que sans leurs conseillers aussi toxiques que les titrisations et les magouilles interbancaires, les Européens n’auraient pas choisi la méthode Roosevelt ?
Tout porte à croire que la politique de soutien aux banques, si cela ne se termine pas par une catastrophe, va prolonger la crise de plusieurs années. Certains parlent de dix ans !
Il est intéressant de se rappeler ce que Galbraith, en sa qualité d’économiste et conseiller de Roosevelt écrivait à propos d’une politique de relance, en suivant l’exemple de Keynes :
« …l'inégale répartition des revenus entraîne une baisse de la demande globale. Les classes les moins favorisées ayant une consommation supérieure à celle du reste de la population par le nombre, une diminution de leur niveau de consommation en période d'incertitude entraîne une baisse de la demande globale et une hausse du chômage. L'intervention de l'État est alors nécessaire pour sortir l'économie du sous-emploi, et cela en créant un déficit. ». Il était partisan d’une augmentation des impôts des classes aisées, plutôt qu’à tout autre solution qui pénaliserait les plus pauvres.
On le voit, ce n’est pas ce chemin-là que nos dirigeants ont pris.

1 avril 2009

G20 – 22,5 = - 2,5 % du PIB

Le prochain sommet du G20 sur la crise financière se tiendra le 2 avril à Londres.
C’est peut-être une mauvaise date. La crise est profonde. Personne n’a de solution et des deux côtés du Chanel, on barbote dans la gadoue.
Un jour plus tôt et c’était un formidable poisson d’avril.
Tous les funambules se sont trompés sur la durée et l’ampleur de la crise. Les économistes, plutôt de déclarer honnêtement qu’ils ne savent rien, ont émis des pronostics qui se sont tous révélés faux. Le plus irritant, ce sont les ministres du genre Reynders qui veulent persuader le public que d’ici la fin de l’année, on y verra plus clair.
Et dire que ce devait être un sommet qui allait réconcilier le monde des affaires et les populations ! Que n’a-t-on entendu d’Attali à Minc sur les couplets du grand progrès mondial et le renouveau du capitalisme !
Faut-il que ces deux-là aient des influences dans tous les milieux pour qu’on entende encore leurs sornettes sur les radios et les télés.
Nessie du Loch Ness allait accoucher de nouveaux accords de Bretton Woods selon les fins spécialistes pour devenir refondateur du capitalisme !
Et dire que ces gens pitoyables marionnettes vont encore se congratuler, banqueter, pour pondre un vilain petit canard dont la vie éphémère va nous occuper un peu, en nous faisant penser à la fable de l’aveugle et du paralytique ou mieux à cette toile de Gérôme Bosch qui met en scène des aveugles qui marchent à la queue-leu-leu.
Le seul scandale des paradis fiscaux va les occuper tellement de temps, qu’aux résolutions, il ne sera question que de vœux pieux, tant il faudra faire vite pour boucler la fin de la séance. Quant au reste, les finances du FMI, le quitus des banques sous surveillance, tout ce qui a conduit le monde de la finance à être décrédibilisé, les participants montreront juste qu’ils ont un train de retard.
Sarko aura beau ponctuer ses phrases de son TOC favori qui consiste à remonter son veston d’un geste d’épaule, à s’arrêter de parler en pointant un ennemi imaginaire au-dessus de la foule, il n’en sera pas moins, une fois de plus, pris pour un sacré farceur.
Ce sommet tombe bien, puisqu’il permettra de saluer une croissance mondiale négative pour la première fois de l’histoire des temps modernes.
Et ce qui est le pire de tout, cette croissance à rebours, c’est l’Amérique qui la tire vers le fond !
Le consommateur américain qui s’endettait joyeusement pour augmenter chaque année son train de vie est au bord du suicide, comme les 600.000 personnes qui perdent leurs emplois chaque mois de ce mauvais côté de l’Atlantique.
Le fidèle commis des USA en Europe, l’Angleterre, n’a pas attendu le sommet pour tenter de vendre à l’étranger et diminuer sa dette en dévaluant la livre sterling. En un an et des poussières la monnaie a perdu 30 % ! Si ça marche, Gordon Brown pourrait encore faire mieux.

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L’Union européenne avec un José-Manuel Barroso, archi conservateur, n’est pas en meilleure état.
Où est-il le temps (2007) où la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE) rendait quatre jugements affirmant la primauté des droits des entreprises sur ceux des salariés ? Un jugement pareil aujourd’hui, ce serait l’émeute.
Tous les nouveaux Etats membres sont au bord de la faillite et font le siège de Dominique Strauss-Kahn au Fonds Monétaire International.
Les Espagnols bradent leurs nouvelles constructions dont plus personne ne veut. Le miracle économique espagnol n’était qu’un tapaz moisi. Ils avaient choisi de tabler sur la bagnole et l’immobilier. Là aussi, quelques économistes se sont plantés. On estime à 4 M 5 le nombre de chômeurs d’ici la fin de l’année.
On pourrait ainsi poursuivre la litanie des pays en récession ou en crise profonde, comme l’Irlande et demain la Belgique.
Mais ce sommet pas comme les autres, malgré les rodomontades du nouveau président des USA qui prévient que son pays va reprendre d’une main forte le leadership des pays industrialisés, pourrait déboucher sur la montée en puissance de la Chine qui lui dispute la première place.
Autrement dit, rien ne va et si vous entendez cette semaine encore Didier Reynders et Sabine Laruelle vous parler du « formidable espoir d’un sommet mondial du redressement », fermez les transistors et vaquez à autre chose. Ils vous feront perdre votre temps.