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31 décembre 2011

Il n’a pas des P.I.P.

-Il a été touché de la mort de Kim Jong-il !
-Alors là… d’après ce qu’on entend…
-Oui, c’est comme ça. C’est parce que Kim Jong-il est un haut dirigeant.
-Il doit y avoir une sorte de confrérie dans les hautes sphères… un rapport !
-Il a même pleuré…
-A ce point ?
-Il a vu tous les ouvriers en larmes, et lui qui vient de s’engueuler avec Demelenne, tu vois le contraste…le choc que c’est ! Des combattants suprêmes, qu’ont pas les mêmes valeurs…
-Il ne doit pas prendre tout au tragique. Il est trop sentimental… émotif… Kim Jong-il a un successeur, son fils, Kim Jong-un.
-Justement, il dit qu’il est trop jeune à 28 ans. Il aurait fallu un homme dans la belle maturité, humble et dévoué…
-Il peut toujours postuler… Personne le retiendra.
-Il aime beaucoup le régime de la Corée du nord. Les gens y sont calmes, disciplinés. Ils ne rouspètent pas pour des salaires. Ils ne rechignent pas à l’effort… Les chômeurs sont déclarés ennemis du régime et rééduquer dans des camps… La FEB serait enchantée !
-Ses réformes seraient accueillies avec des cris de joie, des pleurs aussi ! L’ouvrier occidental manque d’émotion, d’envie de bien-faire.
-Il le pense vraiment ?
-Son image à Pyongyang ferait 20 mètres de haut sur dix de large. Les passants lui enverraient des baisers… On ne verrait que lui… l’exemple !
-Juste reconnaissance de ses mérites, en quelque sorte. Ni plus, ni moins.
-Il ne veut rien pour lui-même.
-Pourtant il se sert…
-C’est le système qui n’est pas bon. Trop laxiste…
-Il a toujours été fort humble…
-Mais décidé quoi qu’il en coûte à faire respecter la loi…
-La loi en Corée correspond parfaitement à la sienne.
-Ses plans seraient enfin pris au sérieux.
-Que deviendrait Bart De Wever ?
-Il est non-violent. Bart, n’existerait plus depuis longtemps. Les gardes partout dans le monde sont trop impétueux, la gymnastique les a rendus trop forts. Il aurait fait un beau discours à l’enterrement, puni les coupables.
-Tu crois qu’il en aurait fait fusiller beaucoup ?
-Quelques-uns pour l’exemple. Juste pour que les autres puissent revenir à un socialisme serein.
-Oui, il n’est pas sanguinaire. Il tolèrerait l’opposition, en prison.
-Tant qu’on ne touche pas à sa vie privée, les gens sont libres de l’aimer beaucoup, ou passionnément.
-Ils ont le choix.
-Il souhaite que Kim Jong-un poursuive une politique immuable, celle de la grande tradition socialiste.
-Voilà un bel exemple pour lui !
-Et quel beau titre « leader suprême du parti, de l’armée et du peuple » !

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-Ça a quand même une autre gueule que premier ministre…
-Le style des militaires, le charme de l’uniforme. Je l’ai surpris devant son miroir dire en français, puis après la traduction de son chef de cabinet, en flamand, « Nous déclarons solennellement et fièrement aux responsables politiques stupides dans le monde, y compris les fantoches sud-coréens, qu’ils ne doivent pas s’attendre au moindre changement de notre part». Il avait l’uniforme de Philippe, le bleu avec des galons blancs, superbe !
-Et la voix dans le discours?
-Fort mauvais, comme d’habitude, ce n’est pas un tribun.
-Une crécelle dans les aigus. Tu crois qu’il prend des hormones, que ça a un rapport ?
-Non. C’est naturel chez lui.
-Kim Jong-il était dans le cas.
-J’ignorais ! Je me disais, il faisait poupin… un petit air bizarre.
-Je ne parle pas de ça. Je parle de la voix. Elle était faible et amplifiée à l’extrême, elle ressemblait à celle d’un mauvais acteur d’un théâtre Nô !
-Ressembler à un Japonais, l’ennemi intime de tous les Kim Jong !
-Alors, il s’est fait doubler ! Un acteur suivait sur les lèvres du président bien aimé à vie, le discours. Le micro de Kim Jong-il était fermé bien entendu. L’illusion était complète.
-Je cours le lui dire. Peut-être aura-t-il moins de chagrin…
-Pars pas comme ça… dis-moi, pour les implants P.I.P. Qu’est-ce qu’il va faire ?
-Lui ? Il n’en a pas…
-Non, je parle du procès et des plaignantes de chez nous…

30 décembre 2011

La récession et le principe de Coene.

Les économistes de plateau TV sont à la fois des admirateurs de l’ordre et du système établis, les portiers de nos grands avocats discoureurs et, à l’occasion, les enfonceurs de portes ouvertes dans les moments où la réalité leur pète à la figure au point, qu’ils ne peuvent plus la nier.
Tel est le cas, ces temps derniers, de M. Coene, gouverneur de la Banque Nationale de Belgique, acronyme : BNB.
Que nous dit-il, ce grand connaisseur de la fine mécanique économique ? « Sans tenir compte de l'impact du plan d'assainissement Di Rupo. La croissance, de -0,1% au troisième trimestre 2011, devrait rester légèrement négative pour le quatrième trimestre 2011 et le premier trimestre 2012. "Techniquement, on peut donc dire que nous sommes entrés en récession ».
Ce brave homme nous dit que les assainissements sont en train de plomber la croissance et qu’il faudra assainir davantage de plusieurs centaines de millions pour un budget équilibré.
Autrement dit, plus on assainit, plus profonde sera la récession !
Et son conseil « Il faut faire des efforts qui vont dans le bon sens » !
Le bon sens de quoi ? Mais, de la récession, pardi !...
Ce raisonnement devrait pouvoir être repris en économie, sous le titre du « Principe de Coene » !
D’après la crise de 1929, l’affolement total des Bourses, l’inflation galopante, le chômage massif, on a déjà revécu cela. Là s’arrête la comparaison. L’effondrement de 29 se fit en quelques jours, entre le jeudi 24 octobre et le mardi 29 octobre 1929. Il ne fallut pas moins d’une dizaine d’années et la préparation d’une guerre, pour en venir à bout ; mais, les plus gros dégâts se firent en une semaine. Peu à peu, Roosevelt avec son new-deal, combla les vides et fit repartir une économie qui était loin d’être comme la nôtre en train d’épuiser les ressources naturelles, avec 7 milliards d’humains à nourrir !.
La différence est de taille. La crise actuelle a débuté en décembre 2008. Lehmann Brothers allume la mèche. Elle est à retardement. On en est à sa troisième année de cheminement, avec des dégâts déjà considérables. Tout laisse supposer que le pire est à venir.
A défaut d’une intelligence active et supranationale des 27, c’est l’Europe qui va prendre le coup fatal, pas les Etats-Unis, inventeurs de l’économie de casino et qui pourtant aurait pu revendiquer la totale. Cet effondrement majeur est suffisant pour faire plier toutes les places boursières et ravager jusqu’à l’économie chinoise, pourtant encore relativement prospère. Quant à l’économie des USA, elle est en plus mauvais état que la nôtre, sauf qu’elle n’est pas trop la cible de ses créanciers, protégée par le statut du dollar monnaie mondiale de réserve. L’Europe par terre, évidemment l’Angleterre et les Etats-Unis, entraîneront la Chine vers l’abîme. On voit le tableau !
Et que fait-on en Europe ? Des réunions d’avocats desquelles rien ne ressort de fort.
A l’économie trop emprunteuse et déficitaire, les Etats européens ont réinventé une austérité artificielle qui vient se superposer à l’austérité de la récession. C’est cette accumulation qui chatouille en ce moment le magma du volcan, qu’est à présent l’économie.

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La prévention du chômage a une telle importance qu’elle aurait dû éclipser tous les autres problèmes, y compris ceux de la dette, pour tenter d’éteindre la mèche.
A lieu de relancer l’économie, on intimide les chômeurs qui n’en peuvent et, à tout hasard, on achète des autos-pompes. La ministre Milquet frétille déjà à la pensée qu’elle va faire régner l’ordre.
Que le chômage dépasse un certain niveau, c’est le cas en France et en Belgique, la politique économique est un échec. Le pays entre en récession. C’est imparable.
Dans la conjoncture actuelle, sans espoir de remonter la pente, avec l’économie de marché telle qu’elle est depuis 2008, le plan Di Rupo est une folie pure.
On ne peut pas faire une politique qui donne des gages aux spéculateurs en acculant la population au chômage et à la famine avec la réduction du budget de l’Etat, comme on ne peut pas jouer sur la hausse des prix afin de favoriser la croissance.
Au lieu d’une politique de grands travaux, on laisse filer le tissu industriel à l’étranger.
Localement, si le sauvetage d’Arcelor-Mittal, devait passer par la suppression de l’armée de métier, malgré le chômage de près de 35.000 militaires de carrière à répartir sur les trois Régions, la situation ne serait pas pire que si on laissait Mittal faire en sorte que l’outil rouille sans repreneur.
La révolution des revenus espérée dans les années 50, comme le moyen le plus sûr de résorber l’inégalité à la faveur de la croissance économique, a échoué. Pire, la crise de 2008 ouvre une ère de paupérisation jamais vue depuis bientôt un siècle, avec des inégalités qui font frémir de honte.
C’est le moment de changer de moyens et de politiques pour une refonte en profondeur du système.
Hélas ! c’est M. Coene qui dit ce qu’il faut faire !...
On n’en a pas fini avec la préhistoire !

29 décembre 2011

Puisque c’est Aristote qui le dit !

Cornelius Castoriadis nous manque, en ces temps troublés, pour décrypter la parole de nos dirigeants.
Il dénoncerait notre élite politique réduite à appliquer l’intégrisme néolibéral.
On était loin d’imaginer, il y a à peine vingt ans, que les formidables progrès qu’ont apporté les sciences appliquées, que les populations allaient accepter une telle régression sociale, que la pauvreté s’installerait durablement et qu’il y aurait un consensus pour la non-pensée et le triomphe de la servilité au grand capital !
« Je suis un révolutionnaire favorable à des changements radicaux » disait Castoriadis quelques temps avant sa mort. « Je ne pense pas que l’on puisse faire marcher d’une manière libre, égalitaire et juste le système français capitaliste tel qu’il est. »
Nous pensons évidemment au système belge, tout à fait identique, victime de la même logique.
Ce qui frappait Castoriadis, mort à Paris il y a juste quatorze ans, c’est l’insignifiance.
C’est-à-dire les envolées d’avocat que sont les débats parlementaires d’aujourd’hui, les explications interminables des décisions… pour ne rien faire d’innovant, sinon appliquer ce que tout le monde applique, comme une sorte de médecine traditionnelle qui n’aboutira à rien d’original, qui alourdira, en fin de compte, la misère du peuple.
En pensant cela, Castoriadis évoquait la politique de Balladur et de Bérégovoy, pour aboutir à Chirac, mêlant au pouvoir socialistes et libéraux, sans que s’en détachassent les différences.
Le parallélisme avec nos dirigeants est saisissant. De Gaston Eyskens, Dehaene et Leterme à Elio Di Rupo, où est la différence ?
Le philosophe répond « Ce ne sont pas des politiques, mais des politiciens au sens de micropoliticiens. Des gens qui chassent les suffrages par n’importe quel moyen. Ils n’ont aucun programme. Leur but est de rester au pouvoir ou de revenir au pouvoir, et pour cela ils sont capables de tout. Il y a un lien intrinsèque entre cette espèce de nullité de la politique, ce devenir nul de la politique et cette insignifiance dans les autres domaines, dans les arts, dans la philosophie ou dans la littérature. C’est cela l’esprit du temps. Tout conspire à étendre l’insignifiance. »
Il est vrai que faire de la politique est un métier bizarre.
Il consiste à se faire remarquer pour accéder au pouvoir et savoir y rester.
Rien ne garantit que quelqu’un qui sache gouverner sache pour autant accéder au pouvoir.
Et c’est là tout le drame. Qui nous dit que ceux que nous avons élus, parce qu’ils ont su captiver notre attention, sont les meilleurs ?
Qu’est-ce qui me fait croire que le premier ministre est mieux à même de diriger le pays que mon voisin de palier ?

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Le bilan calamiteux du pays, perte du pouvoir d’achat, montée du chômage, dilapidation de l’argent de la collectivité, démantèlement des services que l’Etat rendait à mes concitoyens, au profit d’intérêt particulier, n’indique-t-il pas à suffisance que mon voisin de palier ne pourrait faire pire ?
Castoriadis tranche la question « J’ai toujours pensé que la démocratie dite représentative n’est pas une vraie démocratie. »
Plus de deux mille ans avant lui Aristote disait « Qui est citoyen ? Est citoyen quelqu’un qui est capable de gouverner et d’être gouverné. »
Nous sommes paraît-il onze millions de Belges. Il doit certainement en exister plus de cent mille qui seraient capables de gouverner le pays mieux que notre premier ministre.
Pourquoi ne le seraient-ils pas, premier ministre ?
Parce que le système le leur désapprend !
Enfin, la règle par excellence du plus grand nombre, qui en principe fait la loi, n’est pas du tout appliquée en Belgique et ailleurs.
Et pour cause, toute proposition tendant à améliorer le sort du plus grand nombre serait adoptée, par contre, toute proposition de nature à faire régresser serait rejetée.
C’est ainsi, par exemple, que les mesures visant à détériorer les conditions de travail, de pension ou de chômage n’auraient aucune chance de voir le jour.
Autrement dit le premier ministre n’a aucune légitimité démocratique pour appliquer son programme !
S’il l’applique contre l’opinion, c’est qu’il est parvenu à nous faire croire, que c’était la seule issue pour sortir le pays de la crise.
Il y a plus de dix ans, Dehaene nous disait la même chose !
Et si dans dix ans le successeur de Di Rupo nous concocte un nouveau plan de rigueur, on pourra dire que, tous nous ont menti !
Les citoyens doutent à présent que le marché, à la longue, leur garantira le bien-être. Pourtant, c’est en parlant des sacro-saintes lois du marché qu’on fait appel au civisme des citoyens.
Et si le voisin de palier avait raison ?
Comment la démocratie s’exerçait-elle à Athènes du temps d’Aristote? On n’élisait pas les magistrats. Ils étaient désignés par tirage au sort ou par rotation.
Le système pour simple qu’il était, ne devait pas être inefficace, puisqu’on l’admire toujours en 2011 !

28 décembre 2011

L’imposture de Laurette Onkelinx

Parmi les termes récurrents qui ont ponctué la campagne de Laurette Onkelinx pour faire admettre aux siens le pacte de gouvernement dont son président fut l’auteur, l’égérie du parti n’a eu de cesse de dire aux militants que les salaires, les pensions, et en général les acquis sociaux seraient protégés, sinon améliorés, avec en point d’orgue, qu’on ne toucherait pas à l’index.
Cette campagne médiatisée a cessé dès l’annonce des premières mesures.
Elle avait atteint son but qui était de bien disposer les délégués au congrès du parti qui autorisait son président à devenir premier ministre avec un plan de redressement économique, approuvé par les autres formations de la coalition.
Or dès les premières mesures, ce plan « tape dans le tas » à l’aveugle et entre en complète contradiction de la lecture que Laurette Onkelinx en avait faite.
Pour en apporter la preuve, je ne parlerai que d’une seule mesure qui passera totalement inaperçue, qui même paraîtrait aller dans le sens d’un slogan de la gauche « faire payer les riches » si on n’y regardait pas de plus près.
Il s’agit de la taxe de 21 % sur les frais du notariat des actes officiels.
Cette taxe, mine de rien, va plomber des honoraires et mordre particulièrement sur les candidats propriétaires à petit revenu, puisque ce sont eux qui sont les premiers clients, attendu que le premier désir à satisfaire quand on se marie, c’est d’être propriétaire de son logement.
Il y aura d’autres mauvaises surprises de ce genre, dans le train de mesures qui va fondre sur le pays après la Saint Sylvestre.
Celle-ci paraît en être les prémices.
Les plus spectaculaires et les plus redoutables surviendront dans le premier semestre 2012. C’est que le gouvernement est pressé pour deux raisons. La première est d’afficher sa volonté de prendre des mesures afin de réduire la dette. La seconde est non dite, mais aussi importante que l’autre. Elle procède de la même technique que celle pratiquée par Dehaene pour nous faire entrer dans l’euro : purger le pays le plus vite possible, afin de faire croire aux électeurs qu’ils ont été moins tondus qu’ils ne l’imaginaient, et qu’ensuite, c’est plus facile de faire avaler ça, quant à la période suivante, plus rien d’agressif ne se perpètre. Les bougres pensent déjà aux élections de 2014 !
C’est d’autant plus urgent que le mentor du PS a déjà perdu un an et demi en vaines parlottes.
L’erreur majeure, faite d’ailleurs par tous les pays endettés de la zone euro, c’est que l’austérité, ainsi programmée par la volonté des économistes orthodoxes et par Barroso et ses Commissaires, va amplifier la crise au lieu de l’arrêter, précipitant les pays déjà en déconfiture, dans une récession grave dont Bruxelles n’a pas idée.
Il ne resterait plus alors comme alternative qu’à jouer les victimes eux-mêmes, sur l’imprévisibilité du séisme. Ce sera probablement le thème de la campagne de Sarkozy pour 2012. Le premier ministre belge n’aura plus qu’à faire un copier/coller.

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Pour revenir à cette augmentation des coûts du papier timbré chez le notaire, une statistique faisant état d’un nombre croissant de sans abri donne un aperçu de l’extrême pauvreté qui gagne en Belgique. Les jeunes formeraient le groupe le plus important de nouveaux SDF.
Le DAK pense que les pouvoirs publics doivent fournir davantage de logements sociaux et faire baisser le prix de l'immobilier.
N’est-ce pas en contradiction flagrante avec l’augmentation des frais de notaire ?
Est-ce ainsi qu’on va créer plus de logements ?
Comment Laurette Onkelinx peut-elle affirmer que le plan de son patron va dans le sens du social ?
L’imposture de cette annonce éclatera au grand jour dans peu de temps.
Comment cette fine équipe providentielle de l’Etat bourgeois pourra-t-elle amorcer la période « réchauffement » quand il s’agira de décider l’électeur wallon à voter pour eux ?
C’est pour le futur.
Pour le moment, nous n’avons pas fini de déguster. Les observateurs honnêtes l’écrivent partout, et ça ne fait que commencer.

27 décembre 2011

Le Mot ! (1)

- Il y a certains mots qui ne se disaient pas volontiers pour des raisons de convenance, jadis dans les salons. Aujourd’hui, comme on dit bien pire sans que l’on paraisse s’en offusquer, reste le jeu : celui de ne pas prononcer un certain mot… vous, en l’occurrence, ce serait de ne le pas rencontrer sous votre plume, pour une fois, quand vous le couchez sur le papier, si souvent, qu’on finit par s’en lasser...
-Oui, lequel ?
-Cambronne, même à l’île d’Elbe où il avait suivi l’empereur, s’est toujours défendu de l’avoir employé à l’occasion d’une réplique à l’officier anglais qui lui suggérait de se rendre. Pourquoi voulez-vous que je vous le rappelasse, d’autant qu’il ne s’agit pas de celui-là ?
-J’emploierais volontiers un mot qui, à force d’être répété, deviendrait sous ma plume une vulgarité du genre de celui de Cambronne ? Mais, cette vulgarité, je la revendique. Elle est la marque de mon indignation ou de mon mépris. Je ne connais pas de meilleure façon d’en exprimer le tour.
-En quelque sorte. Sinon que ce mot qui d’ailleurs est un nom porté par toute une famille honorable, pourrait aussi bien être accompagné d’un acronyme qui vous est encore plus odieux.
-Vous me compliquez la tâche, puisque je passe de l’acronyme au nom d’une famille honorable dont la signification serait identique à peu de choses près, vous m’intriguez ! Il s’agirait de synonymes parfaitement interchangeables ?
-Voilà pourquoi je vous propose une chronique dans laquelle vous n’emploieriez ni l’un, ni l’autre.
-Comment voulez-vous que je ne les employasse point, si je ne sais pas ce que vous voulez dire ?
-Cherchez bien, cher Richard ou plutôt non, ne les cherchez pas. Vous êtes comme Cambronne qui déclara en 1830, lors d’un banquet "Non, je n'ai pas dit "La Garde meurt et ne se rend pas"; mais, sommé de déposer les armes, j'ai répondu quelques mots moins brillants, certes, mais d'une énergie naturelle", ainsi sans le dire, il signifiait par là, qu’il le dit sans le prononcer, lors de ce banquet.
-Quel est le sens que vous donnez à ceci ? Car, si je vous suis bien, j’en suis coutumier. Donc, je n’ai pas à nier l’avoir prononcé, puisque, dites-vous, le mot, ou ces mots arrivent souvent dans ce que j’écris !
-C’est là justement que vous feignez de ne pas comprendre une chose que vous savez depuis le début.
-Comment pouvez-vous en être aussi sûr ?
-Mais, c’est que vous vous êtes bien gardé de les prononcer, l’un et l’autre, depuis le début de notre conversation !
-Peut-être n’avez-vous pas abordé le thème qui m’aurait fait tomber dans votre piège?
-Ce serait trop facile. Je vous parlerais de politique, du gouvernement comme il va, ce serait en effet, vous tendre la perche. Vous ne pourriez vous en empêcher. A moins que vous ne vous en empêchiez depuis longtemps par malin plaisir.
-Mais je récuse absolument ce que vous voulez me faire dire. Je ne passe pas ma rage d’écrire sur le dos de quelqu’un et je ne vois pas ce qu’un acronyme aurait de plus particulier qu’un autre, qu’aussitôt sous ma plume, je verrais rouge…
-Justement, vous n’y voyez pas de rouge du tout. Vous n’y voyez que du rose, à certains moments, quand vous êtes disposé et du bleu clair au bleu foncé quand vous ne l’êtes pas.
-Et quand cela serait ? N’a-t-on pas le droit d’écrire ce que l’on veut ? C’est même le seul droit – encore cela pourrait-il changer ? – que nous ayons, nous autres qui ne jouons aucun rôle dans la politique et que le seul que nous jouions, est tellement infime que c’est se moquer du monde de croire qu’il fait l’essentiel de la démocratie.
-Vous voyez bien que Cambronne qui s’est défendu toute sa vie de l’avoir jamais prononcé à un endroit bien précis d’un champ de bataille, l’a, comme vous, en s’en défendant, propagé à tout son siècle, si bien qu’à la reprise par Sacha Guitry, tout le monde s’en souvenait encore, le siècle suivant !
-Admettons que je l’aie écrit des centaines, peut-être des milliers de fois, ce nom propre d’une famille honorable qui, sous ma plume, perd systématiquement ses qualificatifs pour que je les affuble d’autres moins séants, quant à l’acronyme, peut-être en ai-je même fait des titres, en inversant la graisse des deux lettres qui le composent, mais qu’on me pardonne, je n’en fais pas un plat du jour, tout au moins aujourd’hui !
-J’atteste que vous en faites l’effort. Pour vous en soulager, je vais même le prononcer pour vous.
-Surtout n’en faites rien. Dans votre bouche, il pourrait prendre un tour aimable que mes lecteurs me reprocheraient.

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--- 1. Me résignant à présenter mes vœux à Michel, selon ses désirs, je lui dédie cette chronique d’entre les deux Réveillons.
26 décembre 2011

Destenay : la réapparition !

Le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, n’est pas plus responsable de l’incohérence du programme des transports urbains qu’Edouard Close. Il faut remonter à Destenay pour retrouver celui qui a le plus contribué à l’incroyable situation d’aujourd’hui.
C’est de lui que tout part, avec la monstrueuse maquette de la ville future, exposée quelques temps à la Violette. On n’y voyait plus que des gratte-ciel avec des autoroutes à étages. On se serait cru à Liège, citoyen de Manhattan.
Cette maquette constitue à elle seule une preuve accablante de cette déshumanisation d’une ville au profit des bétonneurs. Elle doit finir sa carrière à la Violette au fond d’une cave, à moins que les libéraux, dont Destenay était le parrain dans tous les sens du terme, n’aient réussi à détruire ce document accablant.
C’était montrer une méconnaissance absolue d’un avenir qui est notre présent pitoyable !
De là viennent tous nos malheurs. Dont le premier fut la destruction de la place Saint Lambert. Les libéraux y furent poussés également par les socialistes dont les magasins du Phare, au bord de la faillite, furent ainsi expropriés au prix fort, permettant à la Société Coopérative de survivre quelques années à Droixhe, avant de jeter définitivement l’éponge.
Cette place possédait quelques vestiges architecturaux qui furent détruits. Le théâtre du gymnase, pur chef-d’œuvre, avec une caisse de résonnance à l’italienne toute en bois qui aurait eu simplement besoin de quelques modernisations, passa à la trappe. A côté, les anciennes écuries du palais avec des colonnes identiques à la cour intérieure, abritait l’imprimerie et des dépôts de fourniture de la COOP, cinq siècles de mémoire finirent dans les mains des démolisseurs, comme l’ancienne maison du peuple en contrebas, monument classé, sombra dans le trou infamant que les Liégeois eurent sous leurs yeux, pendant vingt ans sans qu’on se décidât à rien.
On mit des numéros sur des pierres. Le tout est en train de périr à ciel ouvert. Certains pilleurs se sont servis en pierres sculptées et frontons divers. C’est ce qu’on appelle à Liège, préserver le patrimoine !
Evidemment, Destenay l’Américain fit un sort au tramway, pour un métro semi-aérien, dans le cadre de sa vision maboule de la Cité, métro comme tout le reste, qui ne vit jamais le premier coup de pioche. Pour être juste, ce bourgmestre dont on vante encore les inoubliables mérites, n’est pas responsable de tout. Le ver à bois de la transformation avait déjà percé des cervelles avant lui. On enleva les voies qui couraient partout dans la ville. Les tramways furent remplacés un temps par les trolleybus (déjà bien avant Destenay), pour finir en « tout au diesel ». Cela nous mit dans la pollution des mastodontes peu maniables que l’on connaît. Finalement, on enterra le projet du métro Destenay, pour ne plus parler de rien pendant trente ans !

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Le parcours Coronmeuse-Sclessin est le plus ancien et le plus souvent concrétisé de tous les projets et contreprojets. C’est la voie royale qui suit le tracé de la voie d’eau. Si au lieu d’écouter le calamiteux libéral, on avait amélioré sans arrêt le tracé de 1920, on aurait en 2011 le tramway le plus moderne d’Europe. Mais, ce qui est capital, on aurait aussi modernisé la liaison des collines Citadelle et Chartreuse, peut-être par un ouvrage d’art du type de celui de Millau ou par un parcours souterrain (difficile et onéreux) de la Ville reliant Ans à Fléron.
Parce que toute la difficulté et les frais énormes que cela induit sont dans ce projet de liaison d’une colline à l’autre, essentiel pour l’expansion de la ville.
On ne dira jamais assez l’imbécillité de l’édile communal qui vit dans l’air du temps sans aucune prise sur un futur plus lointain, dont l’intérêt pour sa ville se borne à son mandat de 5 ans, éventuellement renouvelable, si aucune cabale de ses amis ne le jette à bas de son trône local.
Cette politique n’a jamais produit que des ectoplasmes à discernement réduit, sans aucune vue prémonitoire, suivant au jour le jour, la mode, le commerce, les affaires...
Destenay et les suivants n’ont jamais imaginé que le système libéral, qui prévoyait deux voitures par famille, allait capoter un jour et produirait plus de misère, qu’il ne produisit de richesse.
Nous revoilà aux rails après trente années de perdues.
La mégalopole, la disparition du piéton et l’autoroute sous les fenêtres des habitants, c’est bien fini.
On recommence petit. Un saut de puce baptisé en ces temps de restriction de « grande avancée dans le futur ».
C’est en mesurant tout ce qu’on a perdu en temps et en argent, qu’il faudra accueillir ce nouveau/vieux projet, en se gardant d’être trop enthousiaste vu les précédents.
Il n’y a aucune raison que la connerie de nos élus s’arrête brusquement. Quand je les entends invoquer la vitalité des « forces vives » liégeoises, j’ai envie de vomir. Parce qu’on les connaît, les forces vives, ramassis de vieux débris libéraux, affadis dans le bourgeoisisme maniéré et béat. Ils ont applaudi Destenay dans ses projets déments. Alors, méfiance !
Liège est une ville de pauvres dirigées par des parvenus qui n’ont qu’une idée en tête, celle d’effacer le passé qu’ils jugent « honteux » de leurs origines.
« L’élite » socialiste a remplacé « l’élite » libérale, mais rien n’a vraiment changé.
Attention à 2017 et aux nouvelles prétentions des maniaques pour une exposition universelle, qu’ils baptiseraient Charlemagne… évidemment, en souvenir de la gare des Guillemins qu’ils voulaient appeler de la sorte, et qu’une pétition des Liégeois pour qu’il n’en fût rien, arrêta net.

25 décembre 2011

Une nuit sans les Bogôs.

Tant pis, je désarme, le jour de Noël !... Non pas que j’y croie au Petit Chose entre le bœuf et l’âne, mais c’est le moment choisi pour souffler un peu et de préférence à côté des bougies. Et puis, c’est tellement gentil et émouvant, cette histoire à enfanter debout !
Ce n’est tout de même pas tous les jours qu’une légende rapporte qu’une immigrée accouche dans la paille et que le monde entier lui chante des louanges et que trois rois se penchent sur son fils avec un respect infini.
Vous voyez d’ici la scène avec Albert, Elisabeth et Carlos ?
Contrairement aux sottises de la religion catholique sur la virginité de Marie, je crois au contraire que la légende nous montre une mère héroïque, lourdement enceinte, sublime et éminemment respectable, qui accouche dans des conditions extrêmes et qui n’a de cesse de sauver son enfant.
Marie est avant tout la Mère de toutes les Mères…
Aujourd’hui, elle eût mis son enfant au monde dans la rue ou, pire, dans un camp où l’on concentre les étrangers en attendant de remplir un charter. Un fonctionnaire eût mis le tampon « expulsable » au bas de sa fiche, et hop, on n’en parlait plus, elle et son gniard… C’est ça la solidarité de nos jours. Là-dessus, le fonctionnaire réveillonnait avec les siens, sans état d’âme.
Les croyants de circonstance qui vont une fois par an à la messe pour entendre le « minuit chrétien » chanté par Pavarotti, auraient été scandalisés que l’on ne pût mieux fermer les frontières et qu’une étrangère souillât la paille d’un fermier innocent.
- Il y a deux mille ans, passe encore, mais en 2011, c’est INADMISSIBLE !
La veillée, en attendant je ne sais quoi, aurait été calme étant entendu que l’on se serait donné le mot de ne pas parler de ce hardi phénomène de Di Rupo et de son parti de faisandés de la pensée libérale, les BOGÔS (BOurges qui se la pètent vraie GÔche), les Beaux Gosses dirait une tante, qui est restée très 1886 (Léopold II, roi du Congo).

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Les sujets de conservation ne manquent pas, sauf qu’on n’aurait pas admis que Crissy qui va avoir 56 ans et est chômeuse, nous parle de son avenir dans le nouveau régime des pensions. Cela aurait été relié indirectement à Pille-Tout et à Ongle-Lisse.
Cette année, c’était au tour de Coralie d’inviter tout le monde. En réalité, Coralie est un sobriquet qui lui est resté depuis qu’elle nous a parlé d’une pub d’Europe 1 pour les magasins Leclerc. « Moi je vais chez Cora. » nous avait-elle dit.
Les invitations sont une tradition. D’abord, nous étions 7 contributeurs pour 17 personnes avec les enfants. Recevoir tous les 7 ans, ce n’était pas trop contraignant. Comme on ne pouvait plus demander aux parents trop âgés de recevoir, nous sommes devenus 5, puis 4, avec l’exclusion d’un socialiste inscrit sur les listes communales, la honte, depuis que Di Rupo est devenu un libéral enragé. Assez curieusement les 17 sont devenus 18, malgré l’exclusion. Il n’y a pas que le divin enfant, né pour tout le monde.
L’année prochaine, c’est mon tour. On a décidé avec Lily qu’il faudra bien parler un jour de la question des coûts de la réunion de famille. Noël n’est pas à proprement parler un bon moment pour cela.
En famille, personne ne boit de la liqueur fine. C’est heureux avec les accises qui augmentent. Mais quand même, la dinde est hors de prix, et il en faut deux ! Avec les frites qu’on achète à la friture en face, le dessert, l’éclairage et le chauffage, la fête va chercher dans les 250 euros minimum, sans les cadeaux que chacun apporte pour les siens.
C’est consternant.
Quand ce sera mon tour, les augmentations comme elles vont, je n’aurai pas assez avec 350 euros, je le sens.
En-dehors de l’actualité politique dont on ne parle pas, les radios et les télévisions avec leurs vedettes dégoulinantes de désirs enamourés des winneurs du patronat, traditionnellement accrochées à la revue des événements comme les morpions au cul des marquises, nous nous sommes demandé quels avaient été les événements marquants de 2011.
Le seul beauf, le socialiste, ne faisant plus partie de la famille, nous avons abandonné la piste ouverte par la RTBF et RTL sur les potins et les faits-divers, DSK, les guerres, les tueries, etc. Certes en-dehors de la politique, ces événements ont leur signification, mais c’est comme pour Di Rupo, il vaut mieux, pour une fois en abandonner le fil, si on veut digérer la dinde.
Alors, qu’avons-nous fait ? Nous n’avons parlé de rien. Nous nous sommes contentés de roter discrètement, de bailler poliment la main devant la bouche et d’aller bon train sur l’assiette de dinde. Si bien qu’à 10 H nous en avions fini, bûche traditionnelle comprise.
Nos vieux parents se sont assoupis sur leurs chaises. Les enfants jouaient dans la chambre de Marc.
Quelqu’un a ouvert la télé dans le salon.
On s’est mis à regarder la Grande vadrouille.
C’est décidé, l’année prochaine, je fais courir le bruit que j’ai pris une carte au PS pour me faire exclure.

24 décembre 2011

On avait Pie XII, voici Pille-Tout !

C’est fou ce que ces deux là se ressemblent ! Même profil, même nez aquilin, même front, on les croirait de la même mère ! Le portrait ne s’arrête pas là. Même vanité sous une apparence d’humilité, même volonté de cacher un caractère rancunier et ombrageux, en même temps haute idée qu’ils ont de leur mission et d’eux-mêmes ! Heureusement qu’ils ne sont pas de la même époque, l’un des deux aurait été de trop !

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Ce serait chouette de finir l’année par quelques mots chaleureux. Ils apporteraient un peu de chaleur humaine dans les rapports exécrables entre les citoyens et le gouvernement. Eloi Di Roublardo reste de glace, le début de ses réformes montre un profond mépris des petites gens. Bien sûr, on pouvait économiser autrement sur les pensions, tout en augmentant les plus basses d’entre elles, par un effet de vraie solidarité.
C’est toujours l’incompréhension totale entre les dirigeants et les gens qui travaillent. Le pape du socialisme wallon parle d’obligation morale, il prétend n’y avoir nulle autre alternative !
Quel fichu menteur !

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L’argument le plus détestable est celui qui consiste à dire aux pensionnés actuels, « Vous savez, les réformes, ce n’est pas pour vous. Elles ne s’adressent qu’aux futurs pensionnés ». Jouer la division entre ceux qui ne perdront rien et ceux qui perdront des plumes, est un procédé assez bas, qui consiste à dresser les plus pauvres contre les moins pauvres.
Pille-Tout est admirablement relayé par Onkelinx, quand elle nous assure qu’il y a trois mois de discussion avec les syndicats sur les modalités d’application de la loi. Comment peut-on impliquer les syndicats dans cette mascarade, sans les mouiller dans les combines du monsignor ? S’il reste un peu de dignité à Demelenne, c’est de déchirer sa carte du PS et de ne pas entrer dans cette négociation.
Chaque perte d’acquis sociaux, est un recul général pour ceux qui produisent seuls, la richesse de ce pays !
Depuis les accords fatals de ce gouvernement Di Rupo, je ne parviens pas encore à me rendre à l’évidence que l’initiative vient du parti socialiste !
Comment ont-ils pu trahir à ce point ceux qui leur font confiance, cette majorité de Wallons, plus ou moins en difficulté, avec des bas salaires et des problèmes de fin de vie ?
Si c’est aux noms des grands principes, je voudrais savoir lesquels ?
L’unité de la Belgique ? Mais, c’est une supercherie. Vu la crise, les partis extrémistes flamands qui ne sont pas dans le gouvernement ne mettront pas dix ans à être majoritaire en Flandre et le sacrifice du PS pour son roi et l’unité de la Belgique aura été vain. Pour rétablir l’équilibre des finances ? Mais de la façon dont Pille-Tout s’y prend, c’est courir vers la récession et de nouvelles pertes d’emplois !
Ou le montois est un cinglé et n’a pas pensé aux conséquences de ses plans de gouvernement, ou il est d’un tel orgueil démesuré, qu’il n’a pas résisté à son envie d’être premier ministre.
Dans la seconde hypothèse, quelle lâcheté du bureau, quelle veulerie des associés comme Onkelinx et le petit dernier en cour, Paul Magnette, quelle responsabilité pour les cadres !
Si on suit le mouvement des partis socialistes d’Europe, on s’aperçoit que l’électorat ouvrier n’est plus ce qu’il était dans le rassemblement des voix de la gauche libérale.
En France, par exemple, le PS l’a perdu. Il est chez Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Hollande s’en est aperçu, qui multiplie les visites d’usines avec Montebourg.
Seul le PS wallon n’a pas perdu sa clientèle ouvrière. Au contraire ! Mais pour combien de temps ?
Sous l’effet de ce pacte calamiteux, le voile se déchire !
Que sera-ce en 2012, quand le gouvernement Di Rupo-Onkelinx aura exécuté son programme chômage, puis s’attaquera aux francophones de la périphérie bruxelloise !
D’autant que vous avez pu lire dans vos journaux que tout repart à la hausse : le gaz, l’électricité, les carburants, les honoraires des médecins, dans une conjoncture peu favorable.
Suicidaire le PS ?
Son chef me fait irrésistiblement penser à Gaston Eyskens et Jean-Luc Dehaene qui ont contribué à l’appauvrissement du monde du travail à différents moments de la vie politique belge et qui n’auront rien apporté au pays pour autant.
Décidément, non ! Di Rupo ne restera pas dans l’histoire comme le sauveur de la Belgique.

23 décembre 2011

Saint Paul et Saint Eloi.

Saint Paul, "Qui ne veut travailler, que celui-là ne mange pas non plus", (Nouveau Testament), s’y connaissait pas mal, lui qui n’a franchement jamais rien fichu de ses dix doigts, qu’écrire, et rien de ses pieds, que voyager... par contre sa riche famille lui permit qu’il s’envoyât tous les jours de la bonne bouffe, à midi compté.
Ah ! ces oisifs qui donnent des conseils, prétextant qu’ils sont plus vertueux que d’autres oisifs !
Aujourd’hui ce serait plutôt « qui est empêché de travailler, mange à peine ». C’est Saint Eloi Di Rupo qui distribue la soupe à la cantine.
Et comme on est parti, il faudra autre chose que Saint Paul pour trouver à becqueter, parce que Di Rupo ne sert pas la soupe à la louche, mais à l’écumoire. Ce qui fait qu’entre la marmite de l’Etat et l’assiette du pauvre, il s’en perdra beaucoup.
Dans les premiers à table, c’est l’université qui dame le pion à la création, les activités manuelles et autres bricoles qui faisaient jadis les grandes recettes de la Rôtisserie de la Reine Pédauque. Jérôme Coignard protège aujourd’hui le Haut-Commerce, la politico-économico maniaquerie et, au haut de table, le Droit, toutes sciences indispensables pour tourner la broche des agapes en démocratie.
Les métiers à mains ne paient plus.
En ces moments de Best of, le nombre croissant de chômeurs, n’est pas un scoop de l’année dernière, mais une triste actualité inédite.
En attendant que Di Rupo règle le compte de tous ceux qui mangent, alors qu’ils n’y ont plus droit, Vincent Van Quickenborne (Open Vld) s’occupe des pensionnés.
Heureux temps au cours desquels les journalistes n’ont pas vu tout le suc que le programme « pension » de Di Rupo recélait de bienfaits. La suppression du reversement à concurrence de 80 % de la rente du travailleur pensionné défunt était passée inaperçue !
Voilà les syndicats qui s’alarment !
Chez la ministre de l'Emploi Monica De Coninck (sp.a) et le ministre des Pensions Van Quickenborne, les syndicats ont eu beau tempêter, pendant que Di Rupo écrivait son discours pour défendre le projet à la chambre, rien n’y fit.
Eloi Di Roublardo ne peut plus faire machine arrière, quand on a été jusque là, reculer s’appelle de la capitulation.

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Certains disent que je ne sais que râler, pas toujours. Je suis partisan de raboter les pensions par le haut et pas par le bas. Je pense même qu’il serait séant que ce qu’on prendrait au-dessus de 2.000 euros nets, soit reversé aux pensions qui n’atteignent pas 1000 euros.
En matière de pension, les abus viennent de loin et de haut. Plus personne ne se rappelle le mariage du grand socialiste que fut Camille Huysmans, qui à près de nonante ans épousa sa secrétaire, de plus d’un demi-siècle plus jeune. Remords du vieux tribun, mépris de l’argent public, on ne sait au juste. Alors question d’abus, en matière de réversion aux veuves, le brillant correspondant de Lénine en connaissait un bout dans la manière de se faire du picaillon et surtout en distribuer aux autres, sans que cela lui coûte !
Il n’y a pas que la traque à l’argent facile en bourse ou dans les paradis fiscaux qu’il faut organiser. Le soin qu’ont pris les parlementaires à se réserver les bonnes places dans les traitements et pensions devrait pouvoir être sanctionné en premier.
André Flahaut l’a dit au Parlement à des journalistes « Les parlementaires ne sont pas une caste. Ils paieront aussi. » Hélas ! il n’y a qu’au cirque qu’on voit les clowns se donner des coups de marteau sur la tête. La démocratie a établi ceci d’unique dans les annales, que ce sont les parlementaires qui établissent leur salaire, comme les banquiers et chefs d’entreprise.
Ce n’est pas 5 % d’une somme qui n’est même pas le cumul de tout ce qu’ils gagnent en plus de leur mandat que je voudrais qu’ils allongent, mais les voir à poil au Sablon fourguer leurs bijoux de famille, me ferait le plus grand bien.

22 décembre 2011

Le PS persiste et signe.

Le gouvernement en s’inscrivant à plein dans le système, c’est-à-dire en épousant les thèses du strict libéralisme, a commis une erreur d’interprétation sur la capacité de la population à accepter les restrictions par la conviction qu’elles étaient nécessaires.
Ces élites, pourtant supposées intelligentes, ignorent tout des gens qu’elles maintiennent dans des formes de démocratie qui les infantilisent. C’est l’avocat qui sait toujours mieux que son client, et qui a toujours raison.
Les motivations du peuple sont simples.
Il n’y entre aucune notion du concept libéral. Quasiment personne n’a lu Locke ou Alexis de Tocqueville, que Reynders se rassure, encore moins Marx et Engels.
L’adhésion à la société belge n’est pas plus socialiste, qu’elle n’est chrétienne ou modérée de droite. Elle est d’ordre sentimental. C’est le fruit d’une histoire que les parents racontent et qui commencent à la Libération. On se souvient de la lessiveuse en bois qui pétaradait comme une moto et comment grand-mère séchait son linge ; de la pension qu’elle avait à condition de ne pas vivre chez ses enfants et de la maison sans garage qu’on rêvait d’acheter dans une rue des faubourgs.
On se rappelle le temps – enfin parmi les plus âgés – par quels moyens on se rendait à l’école, comment les élèves étaient vêtus, ce qu’ils mangeaient au réfectoire et comme il fallait aller jusqu’à la dernière page du cahier à lignes bleues, pour en avoir un autre.
Les Trente Glorieuses ont singulièrement changé les choses. Même si le rythme s’accélérait dans les usines, la vie, soudain, apparut sous un jour moins sévère. On se doutait bien qu’au-dessus, les classes supérieures profitaient au centuple du progrès, bien plus que tout le reste de la population. Qu’importe, personne n’était – ou si peu – envieux des riches. Le peuple s’est toujours contenté de peu, même si ce peu, une fois qu’il l’a obtenu, il y tient !
Et voilà que les classes dirigeantes à la tête desquelles orchestre un socialiste, voudraient faire revenir les gens à la lessiveuse en bois et aux bas rapiécés !
L’argument de la survie d’un pays, par un retour en arrière, ne tient pas une seconde devant ce raisonnement.
Il y en a même un autre que risque de faire une majorité des jeunes adultes « Puisque je vais devenir pauvre, que je devrai entretenir ma mère qui est veuve et qui va perdre de quoi se débrouiller seule, pour moi le progrès, c’est fini. L’avenir est bouché. A ces messieurs qui m’obligent à vivre moins bien que mes parents, je n’y crois plus. La Belgique qu’il me propose, je n’en veux pas. »
D’un consensus mou à une révolte aveugle, la population – dans ses colères inattendues - risque fort de finir comme celle des malheureux Grecs : dans la rue un jour sur deux, avec un immense dégoût d’un système qui ne la représente plus.

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La suite est imprévisible.
Ce qui est certain, comme en Grèce, le parti socialiste, allié naturel du capitalisme ambiant, va prendre tout dans la gueule.
Papandréou, Di Rupo, même combat ! On voit le slogan « Dégage » !
Di Rupo n’a pas vu où il conduisait les gens ou plutôt, s’il s’en est aperçu, son erreur fut de croire que la population regarderait sans frémir l’inégalité se creuser entre les classes sociales, parce que le grand homme lui faisait croire que c’est momentané : juste le temps de rembourser la dette !
Le malheur pour le peuple, c’est qu’il n’y a pas d’alternative de gauche au parti socialiste. Il n’y a que des petits partis pleins de bonne volonté, qui voient clair, certes, mais fort dépourvus en moyens et en militants. Si au moins ils se fédéraient, plutôt que de rester attachés à des détails, des hommes, des circonstances ?
Aux élections prochaines, le parti socialiste risque de perdre beaucoup de voix. La droite en gagnera d’autant. Elle va croire que les gens sont résignés. Elle s’attachera à moudre les progrès sociaux, les salaires et tout un passé de luttes et d’efforts.
Si le PS parvient à se débarrasser de ses dirigeants actuels, il pourrait fédérer la vraie gauche à la gauche molle, et repartir à la conquête de ce que le plan Di Rupo va faire perdre aux travailleurs et à la population en général.
L’handicap resterait les années honteuses de collaboration avec la droite. Heureusement, les peuples sont sans mémoire, et puis, ils attendent tous un leader fédérateur.
Pourtant, cette hypothèse, je n’y crois pas trop.
L’erreur dénoncée au début de cette chronique va perdurer. Le PS persistera dans sa collaboration avec les libéraux. Di Rupo prétextera la nécessité de poursuivre son plan pour le bien de l’Etat. Ce menteur né va se faire plat comme une limande. Il n’est pas dit que les citoyens resteront insensibles…
On est à un tournant de l’Histoire.

21 décembre 2011

Une débâcle belge.

Les premières mesures vont tomber après la trêve des confiseurs.
Impatient, Vincent Van Quickenborne ouvre le bal avec un uppercut au social qui touche au régime des pensions. Il n’attend pas 2012, l’impatient. Quand on s'attaque d'abord aux vieux, c'est mauvais signe !
Des grèves se préparent. Le mécontentement est déjà général, alors qu’on n’est encore nulle part du programme anti ouvriers de Di Rupo.
On peut dire que celui-là, il se pose un peu en socialiste, version libérale. C’est même une première. On se souvient de Jospin avec son mot qui lui fit perdre les élections « mon programme n’est pas socialiste ». Di Rupo n’a même pas besoin de nous le faire savoir. Tout le monde le sait déjà. Il a de la chance que les socialistes soient sans mémoire, comme les travailleurs en général, hélas !
S’il espère remonter le courant dans deux ans pour les prochaines élections, ce sera plutôt du Jospin, version belge !
Fin des années 70, oui, ça remonte, les partis actuels, déjà au pouvoir alternativement, tenaient un discours qui était à peu près le suivant « Laissons aux pays en voie de développement une production qui ne nécessite pas de la main-d’œuvre hautement spécialisée ».
Telle était en gros la politique de l’Europe « Nous, on est des malins… on veut bien que Sonny-Boy cire nos chaussures. Tout le monde y trouvera son compte. »
Cela signifiait que la Chine, l’Inde, le Brésil, produiraient les fers à béton, l’acier pour les rails de chemin de fer et nous les locomotives. Et ainsi de suite pour le reste… A nous les laboratoires, les découvertes, les fines productions, les aciers spéciaux, les techniques de pointe, etc.
Cela traduisait la conviction que l’Europe et aussi les Etats-Unis auraient toujours un train d’avance et que les autres pays s’essouffleraient à nous rattraper, sans jamais le pouvoir.
Là-dessus, les socialistes comme les autres, ont abandonné toute prudence, au nom de l’internationalisation du commerce et du libre échange, laissant à la libre concurrence le soin de tout arranger.
C’était le programme de l’Europe et jusqu’à preuve du contraire, ça l’est toujours !
Deux choses se sont produites. L’une concerne la liberté de circulation des travailleurs. Les salaires au lieu de suivre une courbe ascendante se sont tassés, avant qu’ils ne s’effondrent. Les socialistes n’étaient quand même pas à ce point ignorant des pratiques patronales, pour ignorer qu’ils organiseraient la libre concurrence des salaires d’abord et avant tout. Les transports aériens, surtout le fret, devenant avantageux, les entreprises se délocalisèrent. Les zonings se désertifièrent, entretemps l’immigration voulue par le patronat se poursuivait et grossissait d’autant les files de chômeurs et de demandeurs d’emplois, alors que dès 1985, on n’en avait plus besoin !
Deuxième chose : à l’orée du troisième millénaire, les économistes sérieux, c’est-à-dire ceux qu’on ne consulte jamais de manière officielle, ont signalé que les pays émergents étaient passés dans la catégorie au-dessus et qu’ils construisaient aussi bien que nous des avions, des voitures, des locomotives et, notre « haute technologie », quand elle n’était pas l’objet d’un espionnage industriel, était maîtrisée ou dépassée dans ces pays. Sonny-Boy cire toujours nos chaussures, mais il en fabrique aussi. Et elles sont meilleures que les nôtres, enfin c’est Séguéla – mais qui le paie ? - qui nous le dit et on le croit.
Faut-il préciser que la Chine et l’Inde ont la bombe atomique, des fusées à longue portée et que la Chine lance des satellites d’observation, comme les Américains !
Aujourd’hui, c’est un Indien, Mittal, qui a avalé Arcelor et c’est le bassin liégeois qui est sinistré. Quand on prend une mesure dans des bureaux de Bombay, c’est Ougrée ou Chertal qui trinque.
Notre vassalité est devenue si criante que Mittal va laisser l’outil se rouiller à Seraing, plutôt que le céder à un concurrent, et que nous allons regarder cette destruction sans rien faire !
Les travailleurs découvrent l’ampleur sans précédent d’une débâcle industrielle, au moment où ces mêmes dirigeants qui se sont plantés à l’Europe voudraient faire payer la crise aux victimes de celle-ci.
C’est le président du parti socialiste qui choisit ce moment pour devenir premier ministre !

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C’est ainsi que ceux qui ont approuvé les traités européens, livrant le potentiel industriel de la Belgique à la mondialisation aveugle, s’emploient à nous faire croire que seule la banque est responsable de la crise et qu’eux n’ont fait que parer au plus pressé !
Voilà les véritables fossoyeurs de la Belgique, eux qui jouent les sauveurs ! N’ont-ils pas permis à Bart De Wever d’utiliser la perte d’activité plus vive au Sud qu’au Nord, pour réanimer le sentiment nationaliste flamand ; eux qui en 2012 poursuivront une politique accablante de bêtise, parce qu’inopérante et d’une dangereuse inutilité.
Et ils ont mis 541 jours pour nous sortir un bidule dont tout le monde va s’apercevoir qu’on va dans le mur, dès le premier trimestre 2012 !
Ils ont vanté un euro surévalué handicapant les exportations. Ils ont trouvé normal d’effacer l’origine sur les produits vendus aux consommateurs, si bien que celui qui veut acheter des produits belges serait bien incapable de le faire.
Ils en sont arrivés à importer des fruits et des légumes qu’on produit parfaitement chez nous, comme de manufacturer des produits belges à l’étranger, pour être réintroduits en Belgique pour y être vendu !
En fait de haute technologie, qui construit et nous vend les appareils électroménagers, les Hi-Fi, le matériel de laboratoire, les nano éléments, l’optique de précision, etc. ? La Corée du Sud, l’Inde, le Japon, même le Pakistan et… la Corée du Nord, en sous-traitant, dont on se moque tant ces temps-ci.
Et ce sont ces gens, par leur mauvaise gestion en Belgique et leur peu de vision globale à l’Europe, qui font des plans pour nous sortir du marasme, comme si ce qu’ils présentent n’étaient pas dépassés par la prévision réaliste d’une entrée de la Belgique dans une récession d’une ampleur jamais vue, peut-être les prémices d’un déclin irréversible !

20 décembre 2011

Pour sortir de la crise...

…faut réinventer dieu !

En ce siècle, pire que l’autre dans l’apologie du commerce et des affaires, on n’a plus le temps de réfléchir à d’autres conneries.
Par exemple la religion ? Pourtant, depuis Malraux, c’est reparti plein gaz, l’éther…
L’esprit religieux gagne du terrain, non que la transcendance nous souffle un langage divin, mais parce qu’on s’en fout et qu’après tout, si la croyance, made in Europa, nous bassine avec son idée de trois en un – comme chez Carrefour – une génuflexion plus loin, une voisine nous invective à la pensée qu’on puisse se moquer d’un seul poil de la barbe de Mahomet, enfin, à se taper la tête au mur, une troisième réussit à se mettre tout le monde à dos, à commencer par les Palestiniens.
Quand on sait y faire, la religion ça aide !... Voyez Ahmadinejad. Alors, pour qu’on les laisse tranquilles, les gens se disent : pourquoi pas ! On ferait comme Ahmadinejad, le stock made in China partirait comme des petits tongs.
Ici, on ne dérange personne, à moins de quelques piécettes, les religieux sont contents.
Hélas ! ce n’est pas le moment à discuter de quel côté le ciel penche, attendu que le commerce va mal et que les affaires périclitent.
Et plus ça ira mal, plus on s’en foutra ! Même si on fait semblant, pour ne pas se faire remarquer. Dieu en sautoir, ça fait macho et les filles aiment.
Et si pour esquiver les créanciers, le commerçant accablé attentait à ses jours ? Il solliciterait l’indulgence de l’être suprême (quel con Robespierre avec sa fête de…), auparavant, il aurait mis ses dernières forces dans la négociation de sa sortie de scène, en simulation d’une dépression nerveuse.
Antéchrist ? Non… malade ! ...enterrement chrétien garanti.
Si on avait une combine pour que renaissent les affaires, à condition de faire laïc athée, on aurait déjà un Leclerc qui établirait en tête de gondole un jeu concours donnant droit à une ristourne de 10 % sur le dernier bouquin du genre : « Je maçonne en famille », par un grand maître écossais. Au quiz du jour « L’âme naît avec le corps et disparaît-elle avec lui ? ».
Qu’on soit vraiment dans la merde avec une économie capitaliste qui ne fait plus rire que les grossistes, c’est évident. Est-ce une raison de visiter le fonds de commerce de son grand rival, dieu, parce qu’il chassa les marchands du temple, de ne pas se croire quitte à si bon compte et parler sans arrêt de rédemption et de mort ?
Ce sont les hommes incapables de réfléchir à la vie qui nous les cassent sur la mort.
Comme il n’y a rien à dire de plus que « la vie est, la mort n’est pas », du triomphe de Parménide, ils font les malins à peu de frais ! Et puis on ne se suicide pas pour savoir si la « mort n’est pas » !
On ne juge jamais des choses par ce qu’elles sont, mais par les personnes qu’elles regardent.
Ainsi moi, mécréant garanti, honteusement sans pratique d’aucune religion, si je n’étais pas regardé comme quantité négligeable, combien je recevrais de coups de révolver, pour ce que je suis en train d’écrire allègrement ?
Par contre, que monseigneur Léonard ponde une homélie comme un œuf de Pâques, que n’entendrait-on comme louanges !
Il est vrai, certains mal embouchés le traiteraient d’abord de complices des pédophiles, quitte après à le congratuler, mais les ouailles s’extasieraient devant deux ou trois phrases bien torchées, même devant l’amphigourisme du reste. De toute manière, c’est dieu qui guide sa main. Léonard n’est pour rien dans son insipidité naturelle.
Reste que les affaires, c’est préoccupant. Si dieu pouvait y faire quelque chose, parole tous les fouteurs de merde de Wall Street y croiraient.
Il y aurait comme un vrai regain, une sorte de fascination définitive. L’archevêché reprendrait les hypothèques pourries, les titrisations douteuses, les banqueroutes de casino. On porterait toute la paperasse infâme en procession jusqu’à l’autel. Là, Jésus se débrouillerait avec les Agences de notation, Lehmann Brothers, et même Madoff tricard, en martyr !
En échange, on filerait à dieu une bougie de 50 cents (facultatif) !...
La vie redeviendrait comme avant : les cons à vélo, l’élite en Rolls et votre serviteur aux enfers, pour les fréquentations, comme dirait le cardinal de Berny !

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19 décembre 2011

Sceptique et réfractaire.

Cela a toujours été un mystère pour le sceptique : la conviction exaltée et exclusive pour un parti, l’amour d’un grand leader, la révélation d’une doctrine… la certitude que ceux, pour lesquels on vote, ont toujours raison !
De la même manière, la démocratie, comme les croyances, avec ses apôtres, ses doctrinaires et ses présidents favoris (Sarko est pire que Chirac ou Mitterrand n’aurait pas fait mieux !), ne trouvent que peu d’échos chez le sceptique.
Il y a une disproportion dans la sensibilité de pleurer à l’accession au pouvoir du leader qu’on admire, et pleurer devant la misère humaine de tous ces enfants qui naissent pour souffrir tout de suite et disparaître bientôt, parce que le monde ainsi fait les condamne. Je préfère réserver mes larmes pour les seconds. Je n’ai pas la bosse de l’admiration béate pour l’autre.
Etre de gauche, c’est par principe et parce que rien ne se crée sans la multitude. La multitude est la plus à plaindre sous tous les régimes, qu’ils aient été créés pour elle ou contre elle.
Comprenne qui voudra, je n’accorde jamais qu’une confiance partielle à n’importe quelle hiérarchie. Qu'elle soit de gauche ou de droite, chacune d’entre elles a quelque imposture à nous cacher.
Cependant, une organisation sociale ne peut se passer de dirigeants qui se recommandent d’une coterie, j’en ai conscience. Aussi, suis-je pour des accès momentanés et alternatifs au pouvoir. Hélas ! cela ne se peut en Belgique.
La politique consiste dans la volonté de conquête et de conservation du pouvoir ; elle exige par conséquent une action de contrainte ou d’illusion sur les esprits… Le politique finit toujours par falsifier (Paul Valéry).
Une démocratie comme la nôtre est parfaitement détestable pour l’arrangement entre partis d’un gouvernement « d’union nationale ». Le consensus n’existant pas entre les partis - sans quoi il n’y en aurait qu’un seul - l’union nationale signifie que les partis s’annulent pour diriger ensemble, laissant leurs idées et leurs originalités pour nous servir une soupe commune qui ne peut être que médiocre.
Ce n’est ni la gauche, ni la droite qui imprime sa marque, mais une sorte de direction idéalisée, non pour améliorer l’état social des habitants, mais pour sauver une abstraction qui s’appelle Belgique et ses protégés intégrés, royalistes par calcul, banquiers ou assimilés par conviction.
Parfois, je marche à fond pour une idée, mais est-ce pour cela que je devrais me déterminer pour toutes les idées de la même origine ?
Quand Liebknecht écrit : « La bourgeoisie existe par les ouvriers, sans ouvriers elle cesse de vivre et c’est par les ouvriers qu’elle doit périr ; elle ne peut sortir de ce dilemme. », je suis intimement convaincu qu’il a raison. Est-ce pour cela que je doive être à la dévotion de ce qu’il préconise pour arriver à secouer la multitude – combien inerte – afin qu’elle rentre dans ses droits, ses biens et son pouvoir ?
Beaucoup de gens, pensant comme ça, sont victimes de dialecticiens subtils. Ceux-ci rétorquent qu’à force de chipoter sur tout, ergoter sur les principes, s’interroger sur l’action à mener, on finit par ne rien faire.
A cela une seule réponse : faire un parti à grands renforts de certitudes et terminer par un grand meeting qui réunit douze personnes, ne sert à rien non plus.
Plus intelligente serait la question de savoir pourquoi, même dans des situations d’exploitations honteuses et de misère noire, il n’y a que douze personnes à une réunion dont l’ambition est de changer l’ordre des choses ! C’est-à-dire de changer une manière de vivre désolante.
A moins que la multitude soit ainsi faite et qu’on n’en tirera jamais rien de réfléchi ?
Ceux qui pensent cela, sans avoir osé jamais pouvoir le dire, ont créé en langage politique « des minorités agissantes ».
Ils disent tout haut qu’il n’y a pas plus important que prendre soin de la multitude, ce que je crois aussi, mais, puisqu’elle ne comprend rien momentanément aux enjeux, eux, qui ont tout compris, agissent en son nom !... évidemment sans lui demander son avis, puisque de toute façon, la multitude est bouchée à l’émeri.

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N’allez pas croire que je suis en train de faire l’apologie de la démocratie par l’absurde, puisque les démocrates pensent exactement le contraire, mais pour un résultat identique ! On s’empresse de demander l’avis des gens pour s’en dispenser par la suite, au nom – c’est le comble de l’hypocrisie – de ceux qui pensent pour tout le monde, sans penser pareil !
Dans le premier cas, on ignore le suffrage de la multitude ; dans le second, on fait semblant de le prendre en considération.
Voulez-vous que je vous dise ? La première méthode est, certes, plus brutale ; mais, elle est moins malhonnête.
C’est toute la différence que j’accorde au battant courageux qui réunit péniblement douze personnes dans une salle, le soir après le turbin.
Pour contenter tout le monde, ce sera à un homme de droite de l’Ancien Régime – pour montrer que je ne suis pas sectaire - à qui je laisserai le dernier mot « En voyant quelquefois les friponneries des petits et le brigandage des hommes en place, on est tenté de regarder la société comme un bois rempli de voleurs, dont les plus dangereux sont les archers préposés pour arrêter les autres. » (Chamfort)

18 décembre 2011

Burn-out

Ce qui est cruel dans la crise actuelle, ce n’est pas Moody's qui abaisse la note de la Belgique de deux crans, à "Aa3", mais les analyses des événements de décembre 2008 qui de cette date à aujourd’hui ont permis à des personnages qui tiennent encore le haut du pavé, de nous dépeindre la situation à leur façon et d’agir en conséquence. Si bien que nous sommes entrés dans une spirale bien connue depuis la République de Weimar : une inflation galopante, une augmentation du chômage et une aggravation de la dette.
La totale.
Alors qu’ils n’ont fait que nous endormir sur la situation réelle du pays. Incompétence ? Volonté délibérée de nous mentir, parce qu’ils nous considèrent dans l’incapacité d’accepter la réalité en face ?
Je crois surtout qu’ils défendent leurs intérêts, qui n’apparaissent plus comme les nôtres. L’ont-ils jamais été ?
Quand il fallut suivre le ministre Reynders dans son sauvetage des banques – sous prétexte de sauvegarder l’emploi – toute l’Europe s’est mise à sauver ses banques de la même manière, sans réfléchir à deux choses : on ne pouvait ignorer que ce premier sauvetage ne serait pas le dernier et on n’a entouré ce prêt d’aucune garantie, non pas de remboursement, mais d’organisation de la banque sous deux formes séparées : banque industrielle et banque spéculative ; secondement, à une époque où l’on nous assure que la liberté d’entreprendre, de prospérer ou de péricliter, était une des conditions essentielles du capitalisme avec les règles de concurrence, les Etats se sont portés garants de particuliers qui n’offraient plus aucune garantie. Ils ont ainsi montré que cette loi n’était pas faite pour tout le monde. Ils ont donc contrevenu à la règle.
La situation actuelle découle en partie de la dérive d’un capitalisme qui conserve les bénéfices et socialise les pertes.
Pour le reste, c’est l’Everest de la dette souveraine due en partie à des prévisions de croissance qui en Europe ne correspondent pas aux prévisions des économistes et des ministres du budget et ce depuis si longtemps, qu’il fallait bien un jour ou l’autre que l’on déguste la patate chaude.

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Les dirigeants européens sont à court d’imagination. Une issue de la crise de la dette dans la zone euro n’est plus à l’ordre du jour.
La détérioration des conditions de financement des Etats de la zone euro se poursuit. La banque Dexia va plomber les finances belges un peu plus.
La lutte contre les déficits a montré que cette politique se bornait à pénaliser les populations, ce qui accentue la méfiance et la perte de consommation par l’effet produit. En langage capitaliste, un pays sans croissance, est un pays en récession. Un PIB à plat, c’est la certitude qu’on ne remboursera pas les dettes, ni même une partie des intérêts.
Les tensions, qui affectent le crédit, menacent de s’aggraver. Comme le gros du financement des entreprises provient des banques, Yves Mersch, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, considère qu’une pénurie de crédit « jetterait toutes les économies dans la récession ».
On voit la partie de bras de fer, entre les Etats et les banques. Le type de financement qui consiste à soutenir des projets et la capacité de les réaliser en relançant l’industrie, avec un revenu faible, malgré un risque réduit, ne séduit plus le monde de la finance.
Signe que la situation se dégrade, les banques sont de plus en plus en-dehors du marché, leur dette à la BCE augmente. Avec l’embarras de leur trésorerie, elles ne sont pas en mesure d’intervenir en soutien de la dette publique. Si elles restreignent l’accès au crédit, les dépôts de bilans dans l’industrie et le commerce vont se succéder en cascades !
C’est sur ces perspectives d’apocalypse budgétaire que le gouvernement Di Rupo est à la manœuvre. Il ne faut pas s’attendre à des solutions hardies et innovantes. Reculer l’âge de la retraite ainsi que la prépension, purger les allocataires sociaux tant que l’on peut et manœuvrer pour une ankylose progressive de l’index, n’apporteront que de la misère supplémentaire à la population. Sans une solution non-conformiste du capitalisme d’aujourd’hui, nous n’en sortirons pas indemnes..
Pendant que nous vivons ces heures graves et difficiles, les gazettes font la soudure entre les douloureux événements de Liège, le vent violent et les matches de foot de fin de semaine.

17 décembre 2011

Fin des journaux papier ?

A quelques rares exceptions près, les journaux sont victimes de leur propre stratégie. Elle consiste à conserver le gros des lecteurs par une consommation journalière des petits potins et faits divers, mais avec la modération qu’impose la loi et une certaine dignité et retenue de tout bon journaliste.
On peut, par exemple, compte-tenu que par le passé la Russie d’aujourd’hui s’appelait l’URSS, dire pis que pendre de Poutine, sans recouper l’information d’avoir fait interner sa femme dans un hôpital psychiatrique comme au bon vieux temps ; mais, on ne peut pas rappeler les origines maghrébines de Nordine Amrani, en soulignant, au contraire, que c’était un Liégeois, de nationalité belge. Si Nordine Amrani avait été un Liégeois de souche, certains journaux auraient laissé entendre que la haine des étrangers était une motivation possible.
Pour la presse, on se fout de Poutine et de la Russie, mais on fait gaffe de ne pas traverser l’événement liégeois en-dehors des clous.
Vous voyez l’équilibriste sur le fil tendu qui a pour mission de remplir sa gazette et faire du chiffre ?
Eh bien ! cela va mal dans la presse parce qu’elle a dorénavant un concurrent redoutable qui peut dire tout et n’importe quoi : l’internaute.
Les internautes ne connaissent pas les interdits. Le racisme ? Ils adorent, en raffolent et en redemandent. Ils n’ont aucune information sur un sujet qui les travaille ? L’imagination supplée à tout. De « source sûre » ils balancent des trucs qu’une quelconque réflexion mettrait à mal, le gros de la troupe se rue dedans, s’y vautre et en rajoute.
Les journaux font la fine bouche, pourtant, question de survie, ils y viennent aussi. Au nom de leur ancienne autorité en matière d’information, ils instituent des prix du meilleur internaute, listent ceux qu’on peut lire sans rougir, distillent une information électronique depuis ce qu’ils impriment quotidiennement et font en sorte de ne pas être submergés par la vague indépendantiste de la Toile.
C’est de bonne guerre. Cependant, les internautes poursuivent la fuite en avant et s’engouffrent dans ce couloir de liberté sans trop se soucier des journaux qui peinent à suivre à cause de leurs principes et des interdits de la loi.
Si raconter n’importe quoi, grossir l’événement, se produire soi-même en rédacteur en chef d’un blog est assez réjouissant, on ne peut pas dire que la plupart des internautes se croient investis d’une mission. Le blog est plutôt un défouloir. On y décèle autant de pathologies que de talents méconnus. C’est le lieu où se dégagent quelques évidences, que tout qui est doué de raison peut voir.
La première de ces évidences relève d’une suspicion généralisée de ce qui s’inspire de l’ordre bourgeois. On ne croit plus les journaux imprimés parce qu’ils ne montrent le plus souvent que le caractère officiel des choses. Ils n’interviewent que des gens plus ou moins attachés au système politique et économique, qui y sont naturellement par des intérêts matériels et qui sont, par conséquent, d’une manière ou d’une autre impliqués dans les affaires, dans la politique, dans l’air du temps, depuis un centre qui va du libéral au socialisme sans sortir jamais de ses limites. On prend le pouls des banques en s’adressant à un économiste issu du milieu bancaire. On demande à un libéral ce qu’il pense d’une mesure libérale. On croit qu’un politologue sorti d’une université située quelque part d’un côté ou de l’autre de la frontière linguistique est neutre et non influençable.
L’internaute, lui, même s’il travaille de la journée en col et cravate, rejette les convenances le soir. Il peut être aussi bien le gros beauf qui a sa petite idée sur tout et qui boit ses bières en regardant le foot, une main distraite entre les cuisses de sa femme vautrée sur le divan à côté de lui ; mais aussi, un fin lettré dont les idées originales ne seraient reprises par aucun journal, parce que justement elles dérangent l’ordre bourgeois. Il aura trouvé un public, des lecteurs, par le biais de la Toile.

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La seconde raison est d’ordre psychologique. On est frappé de la diversité des propos tenus, des outrances comme des traits évidents de bon sens.
Les internautes sont en train d’inventer un exutoire géant dont le sens doit faire réfléchir. En 2012, il n’y a plus d’élite ! Ceux dont on protège les statuts à coups de mensonges, de passe-droits et de diplômes, ne sont ni plus ni moins que des personnes quelconques privilégiées pour des raisons qui ne tiennent pas du mérite, ni du savoir supérieur, mais de l’espèce d’idolâtrie créée artificiellement pour maintenir une hiérarchie qui aide l’ordre social et rien d’autre à un semblant de discipline dans la population.
L’internaute est en train de mesurer sa force. Il en est grisé et s’abandonne à la joie de découvrir une vraie liberté, autrement plus vaste, que celle de la morale qui a déterminé un travail éducatif spécial des mentors dont il ne veut plus.
Cette liberté là est dangereuse au pouvoir en place. Les journaux, mine de rien, assignent une place aux « bons » internautes. La Chine est pionnière dans l’art de façonner les mors qui disciplinent les assidus de la Toile.
Les autorités amorcent déjà des parades pour contraindre une liberté vraie à une liberté supposée. Les interdits se font jour. Les piratages des films et des musiques sont les premiers prétextes à une surveillance. La détention ou la consommation d’images pornographiques est autorisée, l’interdit se limite à la pédopornographie. On sait bien dans les milieux médicaux, qu’en matière de sexologie le film pornographique est plutôt dissuasif dans le passage à l’acte et que, loin de susciter des vocations, il les éteint (pas toujours) par la répétitivité des scènes les plus crues dont le consommateur sature vite. L’officiel est pudibond. Il n’attend qu’un signe de la part du public friand de télévision et d’Internet pour interdire aussi la diffusion de la pornographie.
Enfin, le racisme imbécile, le racisme débridé, n’entraîne que ceux qui en sont déjà imprégnés. Finir par interdire de parole les racistes, c’est privé d’arguments ceux qui sont contre. Je ne trouve pas plus imbécile que celui qui décrète que la prose du marquis de Sade est ignoble, sans l’avoir jamais lue.
Ce que les internautes nous suggère n’est rien moins que la pensée de Sartre : « Si je range l’impossible salut au magasin des accessoires que reste-t-il ? Tout un homme, fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui. (1)».
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1. Les Mots.

16 décembre 2011

L’honneur perdu de Chirac

La justice y a mis le temps qu’il fallait, mais après la condamnation de Jupé, les deux mois avec sursis d’un Debré et les 3, toujours avec sursis, du petit fils du général De Gaulle, il eût été parfaitement scandaleux que Chirac échappât à la condamnation de deux ans avec sursis auxquels il vient d'être condamné, pour les emplois fictifs de la mairie de Paris, lorsqu’il en était le maire.
Certains parmi ses partisans continuent à dire que l’ancien président a été victime d’un acharnement judiciaire.
C’est proprement falsifier l’histoire de ce procès, tant de fois remis et surtout oublié pendant les deux mandats de Jacques Chirac à l’Elysée, puis ensuite savamment empêché par des procéduriers experts en manœuvres dilatoires dont l’ancien chef de l’Etat s’était entouré.
On a dit aussi qu’il avait été « oublié » par l’amnistie générale sur le financement occulte des partis, à la suite de la loi 90-556 du 15 janvier 1990, réglant le problème du financement de façon claire et définitive.
C’est perdre de vue que les affaires pour lesquelles Jacques Chirac et quelques autres ont été poursuivis sont postérieures à la loi (1) ! Alors que le RPR dont Chirac était le président avait conduit les débats à la Chambre et voté pour.
Au cours des différentes procédures, reprises, remises et encore reprises, on avait quand même appris au procès Jupé, condamné la première fois à 10 ans d’inéligibilité, puis à un an, en appel, que les emplois fictifs avaient été une véritable machine de guerre de Jacques Chirac pour la conquête de la présidence de la République. C’était, en quelque sorte, avouer que Chirac avait été élu grâce à une tricherie, même si elle n’avait pas été en rapport direct avec les urnes et l’élection. On n’a évidemment jamais pu calculer ce que l’apport de ce personnel « bénévole » adjoint au RPR pour la bataille présidentielle, rétribué par la ville de Paris donc par les citoyens, avait pu capitaliser de voix supplémentaires pour faciliter l’élection. Mais, il est certain, que cela eut un effet positif et modifia quelque peu la donne.
A l’issue de cette condamnation, des questions demeurent.
La première, Chirac qui est dit-on fortement diminué, mais est-ce vrai ? Interjettera-t-il appel ?
Sinon, est-ce encore la place d’un homme condamné à deux ans de prison avec sursis, de siéger au Conseil constitutionnel ?
On dit qu’il n’y est plus présent depuis un certain temps, cependant, des privilèges sont attachés à ce poste et notamment un confortable dédommagement, avec quelques autres gracieusetés. Les perçoit-il toujours ?
La crise aidant, la France, pas plus que les autres pays d’Europe ne peut se permettre d’entretenir un ancien « monument » de la vie politique, au nom de ses 40 ans de vie publique.
Autre question plus chatouilleuse, quoique moins importante, un condamné sursitaire à la prison peut-il conserver ses décorations, dont la plus prestigieuse : le grand cordon de la légion d’honneur ?
On sait comme, dans certains milieux, on reste attaché à ces bêtises.

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Malgré tout, Chirac est encore assez populaire. Si la justice l’a rattrapé, les Français ne lui en veulent pas trop.
On pourrait même dire que son anosognosie feinte ou réelle et les moqueries des guignols de l’info sur canal+ n’ont pas altéré l’image d’un président « flattant le cul des vaches » au salon de l’agriculture, même si les dernières années de la présidence furent plutôt celles d’un homme laissant aller les choses, ayant conclu de ne pas prendre les problèmes de front, mais de les abandonner à la providence et aux événements.
Reste que les électeurs envoient parfois d’étranges personnages à l’Olympe des Etats. Conçus pour détester les faveurs et l’argent, les voilà à peine rodés, qu’ils abandonnent solidarité et justice, pour s’encanailler avec les riches !
Ils finissent par croire que tout leur est dû et s’étonnent que l’on pût les prendre la main dans le sac, tant ils sont persuadés que le geste est naturel et que le sac est à eux !
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1. Lettre de J. Chirac en 1993, pour une promotion d’une employée fictive !

15 décembre 2011

Les larmes de la récup

C’est assez casse-gueule de commenter un événement où bon nombre y vont de leur petite larme. Malheur à celui qui sort des rangs du chœur des pleureuses. Les Choéphores le désignent en état d’apostasie. Voilà pourquoi il est si malaisé de tirer le spectateur du bain d’hypocrisie, dans lequel on le baigne.
Par contre, les politiques voient immédiatement tout le parti qu’ils peuvent avoir en tirant sur la corde de la compassion. L’émotion est-elle feinte ou réelle, perceptible par un tremblement de voix, les yeux humides, face à la caméra ? Comment la mettre en doute dans des moments pareils ?
Pourtant, on sait bien qu’il y a toujours un peu de théâtre les jours de deuil, dans une célébration collective qui n’est jamais unanime que dans ces moments là, les autres moments collectifs : les grèves, les lois sur le chômage qui regroupent dans le malheur des milliers de personnes, n’entrent pas dans le cycle des grandes compassions des drames nationaux. Sans quoi, on verrait nos ministres venir signer le livre d’hommage aux victimes, dans le hall d’entrée des syndicats,
Le journaliste, coincé entre sa rédaction et l’émotion péremptoire du lecteur, joue sa place s’il ne colle pas au délire collectif attentatoire à toute considération autre que l’indignation et la douleur.
Dans le cas du politique, c’est clair, il doit louanger la police, se féliciter de la bonne entente organisationnelle entre les services de secours et les services du maintien de l’ordre, puisque la bonne tenue des uns et des autres rejaillit sur lui.
Les règlements de compte entre services, les défaillances de la police, la confusion dans les équipes médicales, la panique des services et des personnels gagnant la population, l’absence de sang-froid des autorités responsables, se règleront plus tard, loin de la connaissance du public, dans des huis-clos administratifs.
Dans ce cadre là, oui, tout a été pareil qu’ailleurs. L’Europe, à l’échelon des malheurs, a accompli son unité depuis longtemps. Même Cameron, l’insulaire, n’en doute pas.

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C’est ainsi qu’il ne faut pas être un grand devin pour imaginer la suite.
Fin de semaine recueillie, quelques nouvelles des survivants, la peine immense, bien réelle celle-là, des parents des victimes, avec en soulagement d’appoint, la visite du couple royal aux chevets des rescapés et l’avalanche de psychologues tombant sur un quarteron d’éperdus pathétiques. La spécialité des aides en assistance, comme Grouchy, c’est d’arriver toujours après. La mission n’est pas d’aider les victimes, mais de faire croire aux foules que l’autorité s’en inquiète.
Profitant du courant favorable, quelques députés, à moins que ce ne soit sur proposition de la ministre de l’intérieur, déposeront un projet de loi sur la vente et la détention d’armes à feu. Ce sera le xième qui ne règlera en rien le trafic de kalachnikovs depuis les anciens théâtres d’opérations guerrières des Balkans, mais qui fera tout de même bien dans le décor tendu de cette fin d’année et qui permettra de recueillir quelques armes de chasse rouillées et le pistolet ramené de la guerre du grand-père et qu’on garde dans un tiroir, sans plus savoir si on a encore des balles.
Bref chacun aura eu l’air de faire son devoir, tout en lorgnant de l’œil la trêve des confiseurs qui n’est plus très loin, en mesurant, sans l’oser pouvoir dire, le bon goût du forcené qui n’a quand même pas disjoncté un 24 décembre…
Ce n’est pas cette fois qu’on va essayer de faire comprendre aux gens que nous ne vivons pas dans un univers ouaté, que l’homme est ainsi fait et que des abominations de cette sorte, il en existe depuis l’Antiquité et qu’enfin, plus la science perfectionne nos outils pour soulager du travail nos existences, plus elle perfectionne aussi les outils donnant des occasions de les supprimer.
Rien ne sera dit, ou presque, sur la rapidité de la communication par téléphone portable, redoutable instrument qui permet aussi de photographier tout et tout de suite, ce qui dans certains cas est une bonne chose et qui, dans d’autres, peut aider à répandre de fausses informations concourant à créer une panique générale par contagion.
L’ambigüité par l’ubiquité virtuelle des images de la violence et de leur dissémination partout dans le public, par la profusion des moyens, ne sera pas à l’ordre du jour.
Malgré tout, les forces au pouvoir resteront les mieux placées pour contrôler l’information, même s’il y a concurrence. Quand on voit l’influence de la manipulation publicitaire, on se doute bien qu’ailleurs aussi, on a les moyens de nous manipuler.
Le principe est simple, il consiste de donner des images favorables et de s’employer à ce que les autres ne le soient pas. Coller à l’air du temps est le B.A.B.A. de l’apprenti parlementaire.
Je reprends l’exemple du journaliste qui ne peut faire autrement que suivre l’opinion générale. Tout au plus pourra-t-il glisser sur l’origine du forcené afin de ne pas attiser la haine raciale, qui est déjà suffisamment ancrée dans la population. Mais c’est à peu près tout. Cette autocensure s’applique autant vis-à-vis de sa direction, que des pouvoirs.
Le malheureux éditorialiste du Soir n’a eu d’autres ressources que de voir poindre sous l’œil cerclé de fard de Joëlle Milquet, une larme à propos du drame. Vraie ou fausse, cette larme ravit tout le monde, y compris l’intéressée, mais était-ce bien ce qu’il fallait écrire d’intérêt public ?
Je n’en suis pas certain.
La politique qui s’offre en spectacle, à la suite de l’événement de Liège, dévalorise l’information méditée. Elle livre, à ceux qui observent, les recettes d’un marketing perpétuel qui n’a rien à voir avec une efficacité d’authenticité sociale.
Pour l’heure, elle paraît efficace à écarter du débat public, les types louches de mon genre.
C’est toujours ça !

14 décembre 2011

Panique place Saint-Lambert…

A la lumière des dramatiques événements qui ont ensanglanté la place Saint-Lambert à Liège, on peut dire que le citoyen ne doit pas être rassuré du tout par le comportement de la police locale, renforcée des as de la gâchette venus d’ailleurs lui prêter main-forte.
Les faits étaient parfaitement circonscrits dans un carré d’une trentaine de mètres de côté dont le cinglé, auteur du massacre, occupait un angle.
Selon les témoins recoupés par les journalistes, dont Dominique Demoulin de RTL, l’action du forcené s’est déroulée entre 12 h 30 et 13 h.
Immédiatement sur place, les services de police ont tout de même bien vu que l’individu s’était fait justice, soit en manipulant sa dernière grenade qui heureusement – ainsi que les autres - n’était pas à fragmentations, soit en se tirant une balle.
Comment se fait-il que de 12 h 30 à passé 14 h 30, soit deux heures, la police a fichu une trouille bleue à tout le monde en courant dans les rues, armes à la main, arrêtant toute circulation et sans doute rendant plus difficile l’accès aux voitures de secours et ambulances, du lieu de carnage ?
Elle avait quand même bien vu, la police, que le forcené était seul ! Tous les témoins l’attestent ! Tout le monde, même Reynders, la sœur de l’autre, et son chef Visar de B. en étaient convaincus…
Alors qu’est-ce qui lui a pris, la police ? Remake d’Impitoyable ? Le plaisir de galoper en ville le flingue à la main quand les gens se jettent par terre, s’écrasent dans les encoignures ?
Avait-elle des instructions pour faire son rodéo ?
Ou bien a-t-elle agi de sa propre initiative en paniquant elle-même à la réception de nombreuses informations fausses sur les téléphones portables ?
-Attention, des intégristes iraniens armés sont signalés. A toi…
Dans la mesure où elle aurait effectivement agi sur instruction, de qui les ordres venaient-ils et la personne qui en avait pris l’initiative, sur quels renseignements agissait-elle ?
Tant qu’on n’a pas de réponses à ces questions essentielles, on peut dire que si c’est de sa propre initiative que la police liégeoise s’en est encourue dans les rues du centre « armée jusqu’aux dents », on pourrait recommander à ses cadres de ne plus regarder les films policiers, les suspens insoutenables où des terroristes s’emparent des armes secrètes des USA pour faire exploser la planète.
Le public est déjà suffisamment impressionné lui-même par les tueurs fous de Hollywood, les actualités saignantes encore en mémoire de Colombine, de Norvège et d’ailleurs, sans que la police vienne en rajouter.
Certaines séquences relatives au fait-divers ne sont pas fabriquées. Elles ont été filmées dans les environs du drame par tous les moyens dont la foule dispose à présent pour fixer l’événement par l’image.

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On a vu des policiers échauffés par des courreries dans tous les sens, intimer l’ordre aux clients d’un magasin de se regrouper dans l’arrière salle et de ne pas sortir dans la rue, d’autres foncer place du Théâtre, toujours l’arme au poing, et refouler la foule vers la rue de la Régence et le passage Lemonnier.
Hakima Darhmouch de son studio de Bruxelles n’était pas la seule à se demander si Liège n’était pas envahie par des hordes d’assassins. Le sommet a été l’information selon laquelle mes amis les avocats s’étaient bravement retranchés dans le palais de justice, regrettant sans doute le temps où il était une forteresse.
Pour un peu, on se serait cru en état de siège !
Deux ou trois heures plus tard, revenus de la panique et d’une frousse collective, il fallut encore une bonne heure à la police pour retrouver tout son calme et rendre enfin la rue à ses habitants.
Reste que des citoyens innocents qui étaient place Saint-Lambert au mauvais moment, ont été fauchés par l’arme automatique d’un cinglé et que c’est abominable de perdre la vie dans de telles conditions, et que, sans reprocher à la police qu’elle n’était pas là pour dégainer avant le tireur, c’est tout de même malheureux qu’elle n’y fût point, à un endroit où elle n’est pas avare de personnel.
Milquet interrogée par madame Darhmouch, en qualité de nouvelle ministre de l’intérieur, a quand même déclenché – sans le vouloir et je me le reproche bien – un petit rire surpris, quand dans son laïus non préparé, elle a dit textuellement en parlant des victimes « des personnes qui ont perdu la mort. »
Que n’était-ce vrai. On n’en serait pas là !

13 décembre 2011

L’Etat procédurier.

C’est bizarre, mais j’ai eu la sensation en écrivant l’article précédent, que je touchais à quelque chose dont personne ne parle et qui, pourtant, a une importance considérable dans la gestion du pays.
C’est l’exceptionnelle densité d’avocats, de docteurs en droit et diverses autres spécialités, constitutionnalistes, sciences politiques et autres élucubrant, dans les sphères dirigeantes politiques.
J’entends certains s’écrier « Qu’est-ce qu’il a contre les avocats ? Il aurait raté sa deuxième année de droit comme Flaubert, que ça ne m’étonnerait pas ! ».
Non, mille fois non, je n’ai rien contre ces professions nécessaires à l’appareil de la justice. Certains avocats traînent la savate, finissent par entrer dans un bureau comme conseiller juridique, comme d’autres vivent de peu nourris par le pro deo. Certains sont même de très braves types, avec lesquels on aimerait plaisanter et faire un bout de chemin.
Cependant, le fait est là. Des travées de la chambre des représentants et du sénat, aux sièges des ministres, la représentation du citoyen est quasiment complète par cette seule corporation et ses annexes.
Cela ne pourra qu’empirer à l’avenir, tant les réserves sont pleines de postulants dans les partis, dans les Loges et dans les hauts emplois des ministères de cette catégorie professionnelle bien particulière.
Comme cette corporation est chicanière et que par principe, elle veut toujours avoir raison (ce qui colle bien avec la fonction de député ou de ministre), nous ne sommes pas sortis des discussions « par principe » qui s’éternisent et desquelles rien de concret ne sort. On se demande même si les 541 jours qu’il a fallu pour sortir de la crise politique ne sont pas en partie imputables à l’art de couper les cheveux en quatre des Chicaneau modernes, attablés comme à la cour d’appel, dans une avalanche de plaidoyers, devant un formateur atterré, puisqu’il était presque le seul à ne pas en être.
Outre qu’il était indécent de faire de l’humour autour du poids de Maggie DE BLOCK Secrétaire d'Etat à l'Asile, à l'Immigration et à l'Intégration sociale, adjointe à la Ministre de la Justice, on a oublié qu’elle n’était pas avocate, mais médecin, ce qui va donner à la ministre de la justice l’atout considérable de l’avis d’une personne qui n’est pas de la maison de Thémis et qui, pour lors, sait ce qui se passe ailleurs.
C’est qu’on étouffe dans ce vaste prétoire qu’est devenu le siège du gouvernement. Les débats s’y déroulent comme sur les estrades de l’actualité.
La carrure de tous ces avocats qui coupent sans cesse leurs interlocuteurs, qui méprisent visiblement ceux qui n’ont pas leur dialectique, ni la maîtrise de la langue (encore que chez certains – ne parlons pas des avocats flamands – on se demande…), trop exposée aux étranges lucarnes devient surfaite, abusive, incommodante.
A chaque fois que l’un d’entre eux s’exprime, on croirait qu’il répond à la question qui n’a pas encore été posée, pour éviter justement de répondre à la question qui l’est !
On est presque certain qu’il ne sortira pas grand-chose des 185 pages du programme de gouvernement applicables sur les deux années et demie de législature qui restent.
On ne peut pas dire que le pays va mal par la faute des avocats. Cependant, ils sont aux commandes en si grand nombre, qu’ils doivent bien avoir une large part de responsabilités dans la dégradation du social, dans les dettes considérables de l’Etat, dans les erreurs qui ont été commises.
Avant, le vote censitaire tenait en respect le peuple dont « l’élite » se méfiait. Le suffrage universel étant la nouvelle donne, ces messieurs ont trouvé la barrière des diplômes pour en faire office.
Préférant un avocat à un plombier-zingueur, un typographe ou un bon architecte, l’Etat se prive de jugements aussi, sinon plus judicieux, que la classe de mirliflores qu’il affectionne. Et surtout la Nation n’est plus réellement représentée par un ensemble varié de citoyens.
Comme les choses vont, bientôt le public médusé ne pourra même plus être l’arbitre des gens qui prennent des décisions à sa place. Les avocats pressés de troquer des arrhes problématiques contre un traitement de député y pourvoiront. Ils seront partie civile et défenseurs du prévenu, en même temps.

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A en juger par les résultats peu avouables, l’intelligence de la plupart n’est pas leur fort. Ce qui ne veut pas dire que la Faculté de droit ne sert à rien, mais elle ne peut servir à tout.
La façon dont André Flahaut a répondu à une pauvre femme ce dimanche sur RTL à Controverse est le signe d’un départ du genre « la croisière s’amuse » de ces messieurs-dames du barreau, faisant des petits signes d’au-revoir ironiques, aux pauvres innocents restés sur le wharf. Il était bien peu question de la fibre socialiste du licencié en science politique et administrative du camarade Flahaut, à ce moment-là. C’était au contraire le défenseur d’une coterie tout parti.
C’est ainsi que les choses vont aujourd’hui. Il n’en sera pas toujours de la sorte. On ne maîtrise plus grand-chose quand tout bascule. Qui ne voit que ça oscille déjà ?

12 décembre 2011

Le binôme

Première définition :
La marque de ce gouvernement, comme quelques autres avant lui, c’est le binôme : les avocats francophones d’un côté et les avocats néerlandophones de l’autre.
Et le peuple dans tout ça ? Envolé, il n’y a plus de peuple !
Passons la deuxième définition pour arriver à la troisième.
Dans sa troisième définition, le binôme colle davantage à la méthodologie dirupienne de gouvernement : les binômes n’acceptent que des taxons monophylétiques, soit un clade donné.
Nous voilà prévenus, nos binômes sont une belle bande de clades.
C’est pourquoi les clades disent en parlant de leur action « Nous les taxons. » !
Maintenant qu’il faille dire Taxinomie ou Taxonomie pour décrire la partie scientifique de l’action de ce gouvernement, les binômes qui nous gouvernent sont assez diserts pour noyer le poisson sous leurs gerbes.
C’est par ces fortes réflexions que je ferme « le poste » de ce dimanche midi de nos deux chaînes nationales, fâché de ne pas avoir une réponse à une question centrale : « Pourquoi faut-il que j’ouvre la chose sur « Mise au point » et « Controverse » le septième jour de la semaine ? ». Je pourrais très bien m’en dispenser. Des fadaises, j’en débite et j’en entends moi-même des plus gratinées tous les jours !
C’est incompréhensible.
A la centième d’une phrase type du binôme « Tout ce qui est excessif est insignifiant », j’aurais dû clore le bec à l’enfoiré, je pense que c’est Wathelet, le clade de choc, qui prononça ces paroles impérissables du haut de sa pyramide. Pourtant, je complétai la phrase de l’avocat par « …et tout ce qui est insignifiant n’est pas nécessairement excessif. » en songeant aux insignifiances verbales, justement taxonomiques, de ce boursier de la valeur parlementaire ajoutée.
Quelques minutes plus tard, Servais Verhestraeten, le clade flamand, insista lourdement sur le « mon » de mon tâche. Je « respekt l’inissiativ » du clade dans ses efforts linguistiques et je comprends les clades francophones de se défendre d’en rire, parce qu’enfin, cet avocat est aussi ministre. Mais quand même, pour nous les incultes à qui on ne demande jamais rien, c’est dur d’entendre écorcher notre langue de cette manière fût-il avocat-ministre ! J’adresse à Di Rupo la même remarque, qu’il se méfie de mettre du masculin partout en flamand et oublier que la langue de Vondel à aussi du féminin… on pourrait jaser.
C’est à peu près tout ce qu’on a entendu de Verhestraeten, après le « kondrôle des mizuurs » et des choix plus « équilibrées ». Il s’est rendormi et, à moins d’être distrait, je n’ai plus entendu parler de lui.

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Je promets, si Maître Servais Verhestraeten fait une conférence au barreau de Liège, quoique n’étant pas avocat clade, d’aller l’y applaudir.
Un vilain canard était sur le plateau : le socialiste Flahaut. C’est le seul à avoir assaisonné une chômeuse venue crier son inquiétude et sa misère sur le plateau, et le seul qui aurait bien fait de la fermer. Il n’a même pas le respect de celui qui baigne dans la graisse de son triple A de menton à l’égard d’une personne qui se demande ce qu’elle mangera demain, même si d’apparence, elle avait encore l’air de ne manquer de rien.
Le bonhomme a eu le culot de dire à propos de cette chômeuse, parce qu’elle n’était point sotte et résignée, que son discours était « surtout bien préparé » ! Et quand bien même le serait-il ?
Bref, un dimanche de merde, dans un prétoire bien préparé lui aussi, avec des clades qu’on a déjà tant de fois vus, que je me demande ce que j’attends pour mettre Newton, entre moi et ces binômes de façon définitive ?

11 décembre 2011

L’humilité triomphante.

L’accord final du gouvernement Di Rupo est disponible sur le Net. C’est un pavé de 185 pages qui met un point final aux 541 jours d’aigres discussions entre les partis.
C’est un ramassis de lieux communs, cent fois entendus et sans originalité d’aucune sorte. Le sommet est atteint par les accords sur BHV. Les idées reprises dans cette partie de l’accord avaient été avancées longtemps avant les négociations par les partis flamands. La farouche opposition des partis francophones avait freiné un accord immédiat au lendemain des élections de juin 2010. Les partis francophones allumaient même des contre-feux sous la forme de revendications sur l’élargissement de Bruxelles.
On oublie aujourd’hui que les partis francophones ont capitulé en rase campagne et que rien de ce qu’ils avaient réclamé comme compensation ne leur fut accordé !
Les négociateurs francophones sont donc passés de la défense farouche des droits inscrits dans la Loi jusqu’en 2010, allant jusqu’à lancer le bruit d’un plan B, c’est-à-dire une rupture avec la Flandre et l’Etat belge, à la désapprobation complète de ce qu’ils avaient proclamé comme intangible et sacré, se ralliant aux thèses flamandes, sans qu’aucune de leurs revendications initiales soient retenues, sinon quelques garanties, comme le vote de la périphérie bruxelloise, qui existaient déjà.
C’est donc un accord qui concrétise une défaite totale de la francophonie, une déroute des partis wallons, avec une absence totale de pudeur des négociateurs, qui arboraient un air triomphant, à la désignation du formateur.
Pour en arriver là, on aurait pu faire l’économie de 541 jours de palabres. Ainsi, la preuve est faite : le ridicule de la faute en incombe uniquement aux négociateurs francophones.
Les accords sur le budget et le social, essentiellement libéraux, furent plus rapides. Le courant européen sur la rigueur et le remboursement des dettes des 27 pays membres y a été pour quelque chose. Mais, c’est toute la gauche, représentée dans le gouvernement par le seul parti socialiste qui a abdiqué toute prétention et beaucoup plus rapidement que pour BHV, comme quoi les convictions sociales sont moins au centre des préoccupations des socialistes que les lois linguistiques.

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Le chapitre de l’accord consacré à l’égalité des chances est le sommet de l’hypocrisie. Extrayons-en quelques éléments « Le gouvernement entend lutter contre la pauvreté. Des mesures seront prises contre le surendettement. Une attention sera donnée aux inégalités en matière de soins de santé. L'objectif est chiffré: faire sortir près de 400.000 personnes de la pauvreté d'ici à 2020. » Le délire continue en évoquant l'égalité hommes-femmes par l’égalité salariale et patati et patata.
Cela va être difficile de sortir 400.000 personnes de la pauvreté, alors que le gouvernement Di Rupo va en faire entrer plus d’un million, avec un programme d’austérité qui va toucher essentiellement les plus pauvres.
Enfin, triomphe des thèses libérales : tour de vis du chômage. On y entrera plus difficilement et on en sortira plus vite. Bodson de la FGTB parle de 25.000 chômeurs exclus, dans la première charrette, dès avril 2012. Triste triomphe du libéralisme et clin d’œil aux extrémistes flamingants, Bart De Wever dira que c’est bien insuffisant. C’est de bonne guerre.
Une question, comment avec ses effectifs réduits, le FOREM va-t-il respecter ce nouveau cahier des charges ? On sait bien avec les mesures en vigueur et les suivis actuels, que cet organisme manquait déjà de personnel. Si pour relancer l’économie et l’emploi, on en est arrivé à multiplier les postes dans la traque des chômeurs, voilà qui ne grandit pas le premier ministre et ses supporters.
Bref, la crédibilité des socialistes à ce gouvernement de droite, avec un des leurs à la chefferie, est au départ fortement compromise.
Il est vrai qu’on n’en est plus à un paradoxe près, tant que le charme opère toujours sur l’électorat de gauche. La nouvelle direction du PS avec Giet, président intérimaire, n’a pas fini de chloroformer l’opinion.

10 décembre 2011

Quand la mer monte…

J’ai honte !

Tandis qu’au sommet de l’Europe, on compte et recompte ses sous, que tout le monde à la tremblote l’œil sur les Agences, un autre sommet, celui de Durban en Afrique du Sud sur l’effet de serre et le réchauffement climatique, bien plus important pour l’avenir de l’humanité que nos méprisables désastres de boutiquiers… est en train de passer inaperçu. Tout le monde s’en fout !
On en parle à peine, seuls les spécialistes et les partis traitant de l’écologie font des commentaires, émettent des idées, ont des formules d’espoir.
Pourtant, tandis qu’à Bruxelles Merkel et Sarko donnent chaud aux roubignolles des populations, si on loupe Durban, ce sera bien plus chaud encore avec 4 à 5 degrés de plus pour bientôt (moitié du siècle).
Vous pensez si dans trente ou quarante ans, les économistes et les démocraties s’en tamponnent, eux qui vivent sur de courtes échéances, six mois, un an, voire deux… le temps de passer un cap électoral. Alors, l’avenir de nos enfants et de nos petits enfants, qu’ils finissent en œufs cuits durs devant une mer montante, ils n’en ont rien à cirer… et nous non plus, en admiration devant les exploits du génie des Abruzzes, très photographié à l’Europe et on sait que le grand modeste, adore ça !
Changer le mode de vie, se récrie-t-on, mais la crise va nous en faire changer et vite. L’océan, de cinquante centimètres fin du siècle plus haut, on construira des digues, disent les bétonneurs qui voient déjà les bénéfices à en tirer. Alors qu’on sait bien que cela va toucher des centaines de millions de gens, parmi les plus pauvres de la planète, que des pays entiers à fortes populations seront rayés de la carte. A côté de ce désastre, qu’est-ce que la côte belge et les travaux pour lesquels Bart De Wever et son successeur auront drôlement besoin de la Wallonie pour les cofinancer... rien !
Pourtant quand on les compare avec le reste de la planète, malgré la dèche de l’euro, les Européens sont à la pointe de l’écologie. Ce n’est pas difficile, l’Europe n’est que pour 18 % dans l’effet de serre, c’est-à-dire presque rien à côté des USA, de la Chine et de l’Inde qui font 65 % à eux trois, avec plus de 35 % pour l’Amérique d’Obama à elle toute seule. La déforestation du Brésil joue un rôle également dans l’accélération de l’effet de serre. Au lieu de planter des arbres, on les coupe, les branches et les feuilles partent en fumée… l’arbre qui absorbait du CO² n’est plus là. Vous voyez le genre. (A propos, vous êtes satisfait du plancher en bois imputrescible de votre terrasse de jardin ?) Cela à coûter peut-être un arbre entier, si pas davantage.
Ce qui est râlant, c’est que nous soyons les bons élèves de l’écologie, tandis que les autres s’en moquent.

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Evidemment le réchauffement prévisible ne se borne pas à la montée de la température et de l’eau. Il y aura une accentuation des éléments extrêmes : tempêtes, typhon, raz-de-marée, etc. avec à la clé des disparitions de mammifères, dont l’ours polaire, des épidémies et autres calamités.
Quand on pense que pour éviter les hautes marées, on a investi des milliards pour préserver la place Saint-Marc et que ces hautes marées ne font que quelques centimètres d’élévation momentanée, on frémit à la pensée d’une mer Adriatique plus haute de 50 cm de façon permanente, ce qu’elle pourrait atteindre en marée haute !
Les océans saturés, la combustion du charbon et d’autres énergies fossiles en pleine croissance de consommation, la liste est longue de nos initiatives malheureuses à deux jours de la fin de la 17e Conférence des Nations unies sur le climat.
La dynamique qui permettrait de relancer la réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre aurait dû être lancée par Obama. Ce président dont on attendait tant, prend la suite de Bush, dans son refus de réduire la production de CO² par habitant.
Quant à la Chine, comme l’Inde, on ne peut pas leur reprocher d’élever le niveau de vie des habitants, encore si bas par rapport à celui des pays occidentaux.
Reste le protocole de Kyoto, qu’on avait un peu perdu de vue, si l'Europe joue seule les bons petits soldats cela ne sauvera pas le climat.
On parle d’un futur traité global à l'horizon 2020. Dans neuf ans !... mais les scientifiques le savent, c’est beaucoup trop tard !
Fichue idée d’un boulanger industriel d’appeler ses magasins « points chauds » ! L’avenir est aux points froids, et si possible loin de la mer. Si Chamonix voit disparaître la mer de glace, on pourra faire du canot dans les creux. Les malheurs qui s’annoncent ne sont pas pour tout le monde.

9 décembre 2011

Un jeudi noir ?

Ce jeudi soir, les dirigeants de l'Union européenne se retrouveront à Bruxelles pour un sommet sur l’euro et l’alliance des Etats membres de l’Europe.
Il est impossible d’en préjuger l’issue. Ce blog n’a donc pas pour but d’en relater les péripéties, ni les solutions qui auront été retenues ; mais pour faire un état des lieux sur les fautes et manquements qui ont été commis et qui coûtent cher aux citoyens.
Le citoyen est très mal informé depuis les sources habituelles d’information à savoir les porte-paroles des gouvernements, les radios et télévisions et surtout par les experts délégués des banques et des officines de l’économie. RTL et la RTBF sont journellement responsables du bourrage de crâne par des loustics dont la mission n’est pas d’informer, mais de rassurer.
L’éclatement de la zone euro pourrait très bien se produire ce week-end ou dans quinze jours, selon les prédictions d’Attali, faisant de l’Europe deux zones : l'une au Nord, conservant l’euro, l'autre au Sud par l'exclusion d'une poignée de ses membres. L’histoire de l’économie mondiale a des exemples. Le plus récent (2002) est la suppression de l'ancrage du peso argentin au dollar, après la cessation de paiement du pays.
La faillite complète du système monétaire de l’Europe, c’est-à-dire chacun des pays reprenant son ancienne monnaie, serait une catastrophe encore plus grande que le scénario de la scission Nord-Sud, qu’on ne peut pas exclure. C’est Jean Pisani-Ferry, du cercle de réflexion bruxellois Bruegel, jamais invité à la télévision, qui l’affirme.
Tous les ingrédients de la panade sont là. Les dirigeants politiques ont tergiversé trop longtemps. La Banque centrale européenne pourrait cesser d'aider les pays trop endettés par manque de liquidité et la dette de l'Italie pourrait ne plus être honorée par défaut de la capacité des Italiens de financer des intérêts trop élevés. Si les taux à dix ans des emprunts italiens se maintiennent à 9 %, le pays serait incapable d'éponger sa dette de 1 900 milliards d'euros.
L'idée de réduire le prix des biens exportés et de renchérir celui des importations, s’appelle l’inflation, évaluée entre 30 et 40 % des pays du Sud et entre 19 et 20 % des pays du Nord, pour une diminution conséquente du poids de la dette. Pour les ménages, la note est imbuvable. Cela équivaudrait à revenir au pouvoir d’achat des années 60, les salaires étant réduits du jour au lendemain des pourcentages d’inflation ! Les épargnants d'Europe du Sud et d'ailleurs verraient de leur côté, leur patrimoine fondre.
C’est dans cette perspective d’inflation que les partis libéraux belges étaient si demandeurs de la désindexation des salaires ! A noter quand même que la Belgique est déjà sur ce chemin avant tous ses autres partenaires, puisque la valse des étiquettes est bien plus importante ici qu’ailleurs.
Nos bonimenteurs tapent sur les agences de notation. Elles ne font que traduire le climat actuel, comme tout bon économiste devrait le faire, s’il était invité à la place des hommes de paille des banques dans les studios de la télé et de la radio.
Les agences et certains investisseurs se posent la question de l’utilité de la purge des budgets visant à assainir le marché de la dette, comme le fait Di Rupo dans son programme de gouvernement. Ainsi, le PS dans son orthodoxie farouche au capitalisme mondial ne s’est même pas posé la question de l’efficacité de la méthode ! On taxe le citoyen, et, en l’appauvrissant, on met à mal tout espoir de relance et on tue la croissance.
Joseph Stiglitz, 67 ans, Prix Nobel d'économie en 2001, ex-conseiller économique du président Bill Clinton (1995-1997) et ex-chef économiste de la Banque mondiale (1997-2000), depuis qu’il critique les grandes institutions financières internationales, la pensée unique sur la mondialisation et le monétarisme, a perdu toute crédibilité parmi les manipulateurs de nos sources d’information. Et c’est profondément regrettable pour que le public sache au moins la manière dont les Etats vont livrer leurs propres concitoyens, pieds et poings liés aux spéculateurs.
Dans une récente interview au « Monde », Stiglitz dénonce les carences de l’Europe dans les taux de change et d'intérêt. Lui aussi estime l’austérité de l’Europe inefficace.
Cependant, l’Europe est entre la main des partis de droite. Quand on voit en Belgique que la popularité de Bart De Wever est en grande partie alimentée par le sentiment qu’il a su créer dans l’opinion flamande une Flandre entretenant la Wallonie à grands frais, alors que nous avons une histoire commune et un passé qui vit la Wallonie aider la Flandre, on peut avoir des doutes sur l’esprit de solidarité en Europe.
Dans la logique du marché, les pays qui vont mal sont responsables et doivent donc se débrouiller. C’est comme si, passager du Titanic, je voyais sans réagir la partie la plus exposée s’abimer bientôt dans les flots, me trouvant du côté sec et momentanément en sécurité.
Si jeudi soir, on ne trouve pas la parade à cette sottise vénérée par la droite comme une vérité première, les Grecs avec 30 % de chômage des jeunes et l’Espagne avec 44 %, d’ici le premier trimestre 2012, sans relance de l’économie, pourraient atteindre 60 % , ! Alors amis lecteurs, on pourrait avoir une émeute généralisée dans ces pays, avant que d’autres suivent.

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La crise, qui a dévasté la planète financière, suite à la chute de la banque Lehman Brothers en 2008, est loin d’être finie. Ce qui se passe aujourd’hui n’est qu’une suite. Ceux qui ont dit le contraire sont de fieffés menteurs.
Depuis 2008, les organismes de crédit et les banques manipulent et trompent les gens sur leurs biens, et spéculent sur l’espoir d’un argent facile, en oubliant de dire que plus il est facile, plus il est risqué.
Après la bulle immobilière noyant d’hypothèques impayées les organismes bancaires, l’esprit créatifs des banquiers a contourné les normes de prudence base de toute bonne gestion.
La droite capitaliste a applaudi, la gauche a suivi. C’était le désastre assuré.
Aujourd’hui les banques, à peine relevées de pertes historiques et alors qu’elles avaient reçu des aides gouvernementales, accordent des bonus monstrueux aux dirigeants de ces entreprises ! On a délégué chez certaines banques des individus comme Dehaene, ministre d’Etat, qui s’y est rempli les poches, sans rien faire pour qu’elles ne replongent à nouveau…
On a envie de dire, que puisque gauche et droite sont d’accord, la seule conduite à avoir est de balayer tout ça… de faire autre chose. Oui, mais avec quel consensus, puisqu’apparemment si on revotait en Belgique, on remettrait les mêmes en selle et peut-être pire ?
Alors, quoi ? S’en foutre ?

8 décembre 2011

La bêtise et le gaz…

…sont à tous les étages.

Ça va être dur de lutter contre la déferlante sentimentale, Hakima Darhmouch avait une larme à l’œil en évoquant l’enfance misérable du héros, qui, devant elle, se rengorgeait en toute humilité. Pour le doux chant de la sirène de RTL, Elio Di Rupo semblait ne pas avoir d’acouphènes.
La vraie gauche va avoir besoin de toute sa lucidité pour ne pas sombrer avec la fausse gauche dans la distribution du pain d’épice à la trêve des confiseurs. Période particulièrement délicate où nous entuber est plus facile pour les escrocs qui nous décapsulent aux sentiments.
La bêtise n’est pas qu’une certaine incapacité de raisonner juste. Elle fait aussi la chasse à tout autre raisonnement que le sien et estime ne jamais se tromper. En politique, elle promet un avenir bien meilleur que celui vécu, et pour cause, la bêtise ne l’est pas autant qu’on le croit, puisque celui qui en est pétri voit bien l’état dans lequel la société se trouve au présent, dans la plupart des cas, c’est lui qui l’y a mise.
Comme elle est universellement répandue et touche pratiquement tout le monde, personne ne peut s’en exclure et, ce faisant, l’observateur jette un œil sévère sur la perle de la démocratie : le suffrage universel.
Guy Hermet, l’auteur d’un livre sur la démocratie (1), au paragraphe « Les gouvernants doivent-ils ressembler aux gouvernés ? » pense « qu’il n’y a nulle nécessité que ses chefs ressemblent au peuple ». Et il ajoute, sans mesurer les conséquences de ce qu’il écrit, « La prudence conseille même l’inverse ». Il ne nous cache pas que pour lui, les gouvernants « s’en distinguent par l’intelligence, les capacités héritées et acquises… ». Il tient, par conséquent, le peuple en piètre estime, ce qui, pour quelqu’un qui fait l’apologie de la démocratie, est assez consternant de bêtise.
Elio est dans le cas inverse. Il fait croire que, ce qu’il a est dû au mérite et que son apogée vient d’un périgée et y retourne. Faussement modeste, il conforte la rombière de la Saint-Nicolas des vieilles méritantes, de lui faire confiance. Ce qu’elle fait sans plus réfléchir. Même si devant Darhmouch, il a vendu la mèche, puisque son équipe c’est la philosophie tout entière du PS « centre à centre ». L’homme a réussi le tour de force de faire disparaître complètement la gauche !
Universellement partagée, les effets de l’ankylosante nature de la bêtise n’épargnent personne.
Elle défait sous cape les grandes idéologies et à force de persévérance, elle assure la stabilité de la démocratie.
En aparté, tout le monde s’accorde sur la médiocrité et l’opportunisme de nos représentants aux affaires du pays. Sur la scène publique, il n’y a pas d’éloges des journaux qui ne flattent plus les nouveaux ministres. Nous-mêmes n’en sommes pas avares.
Nous les avons choisis pour exercer leur pouvoir sur nous, sans que nous ayons ratifié les prérogatives qu’ils ont acquises par des votes anciens que nous n’avons pas faits ! De sorte que la démocratie s’exerce sur des critères qui ne sont pas les nôtres et que nous n’entérinerions pas, par des hommes dont nous vantons les mérites sans les connaître.
C’est ainsi que plus la bêtise est partagée, plus elle remplace toute forme d’intelligence.
On n’en finit pas avec la bêtise, sans tricher.
Nous nous résignons à faire les sots, en pensant qu’à l’échelon supérieur, il en est de plus sots que nous.
Nous voyons bien que nous allons vers des désastres en poursuivant une règle économique que nous n’imaginerions plus aujourd’hui à la lumière des faits, mais nous sommes tout heureux d’apprendre par le premier venu que nous nous trompons et que moyennant quelques efforts, nous allons repartir de plus belle vers nos sottises anciennes que nous regrettons déjà.

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L’affectation de simplicité dont fait montre l’immense infatuation de lui-même de Di Rupo, nous fait glousser de plaisir chaque fois que cet homme en prenant une décision majeure et qui va toucher chaque citoyen, nous la livre « en toute modestie ». Alors notre sottise nous dupe sur le caractère de simplicité de l’homme, et nous finissons par la croire et le croire.
Il n’y a pas pire qu’un sot convaincu par sa sottise, parce qu’il l’est ainsi doublement.
La bêtise ne peut exister que « dans une société où la médiocrité et la méchanceté se portent bien. Dans ce monde d’apparence, il lui suffit de se montrer comme marque d’esprit, de lucidité supposée pour faire tout le mal possible (2). »
« Il y a des moments dans la vie où la question de savoir si on peut penser autrement qu’on ne pense et percevoir autrement qu’on ne voit est indispensable pour continuer à regarder ou à réfléchir (3). »
Camarades socialistes, se poser la question « mon camp a-t-il toujours raison ? », c’est y répondre. Selon toute apparence la réponse est déjà moins sotte que la question ; sauf si elle confirme que la raison est unilatéralement de votre côté.
Dans cette dernière hypothèse et qui est la plus vraisemblable, vous connaissant, agissez donc sans moi. Le temps presse.
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1. Dominos, Flammarion édit.
2. Michel Adam, Essai sur la bêtise, in édit. « La Table Ronde », 2004.
3. Michel Foucault, L’usage des plaisirs, in édit. « Gallimard », 1984.

7 décembre 2011

La bijoucratie de l’Humble.

Le trombinoscope du nouveau gouvernement est sans surprise, rien que des vieux routiers du tir aux pipes, même les inédits font déjà anciens ! Quelques disparitions aussi. On ne va pas pleurer sur leur sort.
Pourquoi remplacer Leterme par Di Rupo, on commençait à s’y faire. Encore un an ou deux et Mobistar faisait fortune !
Quelques petits mouvements : Reynders n’est plus aux finances. Les affaires étrangères lui conviennent mieux. Comme ça tourne au Congo, on l’y voit bien vice-roi des Belges. Les deux Liégeois ministrables, Mathot et Daerden, sont menacés de la tôle. Ça tombe bien, Eloi n’a confiance que dans les gars du Centre. La plus grosse fédération de province, fait donc tintin. On ne peut pas dire que Demeyer soit un bon driver. Il va falloir qu’ils en parlent, place Sainte-Véronique et qu’il leur promette de changer de Loge.
Ils n’ont pas voulu de Caroline Gennez. Dommage, c’était peut-être la seule qui n’avait pas encore appris à mentir sans rougir !
La Flandre fait la gueule. De Winter qui avait promis de partir en Namibie si Di Rupo était premier, n’y va pas. Il y a treize capitales en Namibie, puisqu’il y a autant de régions autonomes. Comment marcher sur une capitale quand il y en treize ? Il est donc resté pour marcher sur Bruxelles, quand De Wever et lui seront majoritaires en Flandre.
Sur le temps que les radios et les télés euphorisent, que les socialistes se dorent la pilule, ça ne chôme pas chez les Flamands. Après l’ontslagnemende burgemeester, Eddy Willems CD&V, c’est la sexagénaire de choc Marleen Mertens qui a pris le relais, en « interdisant » la pratique du français dans les commerces de Grimbergen et pourquoi pas sur les trottoirs !
C’est dire qu’Elio Premier ne devra pas faire un crochet par Grimbergen lors de sa joyeuse entrée en Flandre. Ce n’est pas la seule commune qui cultive des plants de tomates pour l’accueil.
L’ambition d’un pareil homme retarde au PS une réflexion sérieuse, qu’on devra bien avoir un jour sur l’économie de marché.
Est-ce bien le rôle des partis socialistes européens de voler au secours des partis de droite ? La social-démocratie n’a-t-elle pas montré ses limites ? Nous n’en sommes même plus à remplacer l’économie de marché par une nouvelle formule, du genre « capitalisme coopératif ».
Il n’y a rien dans les dispositions socio-économiques du bijou des Abruzzes d’un plan B à l’économie capitaliste en déroute. Au contraire, Di Rupo va faire comme les gouvernements des grands Etats conservateurs que sont la France et l’Allemagne. Il va tenter de réduire la dette en sabrant dans les dépenses sociales de l’Etat et puiser le reste dans la poche de ceux qui ont encore un peu de monnaie. Il obéit à la dictature des banques et son programme est un copier-coller de ce que souhaitent les agences de notation et les économistes.
On nous les casse depuis décembre 2008 avec la crise allumée par les faiseurs de miracles de la finance qui s’est transformée en banqueroute. Tout se passe comme si la crise nous était tombée dessus et que ce n’était la faute à personne.
Mais non, il y a des responsables. Elle est la conséquence du laxisme des institutions financières et de ceux qui conduisent les Etats démocratiques à leur perte en obligeant les citoyens à rembourser des milliards dont ils ne sont pas responsables de leur disparition et dont ils n’ont jamais vu le premier euro.

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Le capital évanoui est quand même quelque part. Par mille miséreux, il y a au moins un as du pognon qui s’en est mis plein les fouilles. Les cinq milliards et des poussières de l'emprunt d’État se trouvaient bien dans la poche de certains citoyens belges. Dans des rues comme Sainte-Marguerite, Saint-Léonard et Moulin, on s’interroge. On ne voit pas bien qui a pu sortir autant d’oseilles.
Eloi Di Roublardo a bien une petite idée, mais c’est son contraire Elio Di Rupo qui prête serment au roi.
Si c’est ce modèle-là de société que le PS veut préserver, Elio vient d’inventer la bijoucratie. Avec Laruelle en couple, ils veulent sauver l’artisanat de luxe.
Qu’est-ce qu’Elio va défendre jeudi à la réunion des chefs d’Etat de l’Europe ? Mais la tambouille du MR, pardi !
On sait bien aussi que le plan de rigueur de Di Rupo ne sera pas suffisant et que, dans quelques mois, le Montois devra faire plus.
Franchement si c’est de ça qu’il devrait être question pour notre avenir, comment interpréter les sourires, l’hilarité quasi générale une coupe de champagne à la main, en ce jour de la Saint-Nicolas ?
On n’en a pas fini de mettre un orteil dans l’eau de la piscine montoise, d’admirer la tante de San Valentino et de placer un marbre sur le baraquement de Morlanwelz à la mémoire de l’enfant prodigue et ...dige, en toute humilité, comme il nous la doit.

6 décembre 2011

Le Congrès du PS

Il y a tant d’impatience des gens à sortir de l’impasse des 538 jours de colle, que n’importe quel gouvernement aurait été le bienvenu et n’importe qui aurait eu droit aux forts applaudissements.
Alors Di Rupo ou un autre, ça ne rime à rien, de toute manière il y a une telle misère qui monte, que ni lui, ni un autre n’y pourront rien. Dans ces conditions mesurer, la popularité de Di Rupo est tout à fait aléatoire et sans conséquence sur l’avenir.
Le congrès du PS de ce dimanche à la gloire d’un homme a été d’une rare indécence. Les organisateurs de la chose ont fait l’impasse sur la crise identitaire de ce parti. On demandait simplement aux affiliés réunis à huis clos, d’acclamer un homme, de le trouver providentiel et de louer son sens de la diplomatie.
L’image la plus saisissante restera le poing tendu de Laurette Onkelinx, sur une vibrante Internationale, alors que plus aucun composant des fondements du socialisme n’existe encore dans ce parti, voué désormais à concurrencer le MR et le CDH dans la traque de la clientèle du centre et condamné à mentir effrontément aux classes sociales les plus fragiles, parce qu’il a besoin de leurs voix pour faire la différence avec les autres partis du centre. Et c’est là une réussite qui tient du miracle ! Comment peut-on encore décemment voter pour le parti socialiste dans les familles sinistrées par la crise ? C’est un mystère que Di Rupo n’a pas intérêt à percer, puisqu’il en a fait son fonds de commerce !
Avant ce dimanche, je ne connaissais pas Willy Burgeon. En approuvant dimanche l’accord de gouvernement à presque l’unanimité, le Parti Socialiste s’est aligné sur les thèses capitalistes les plus conventionnelles. Seul Willy Burgeon a voté contre. Gloire à lui.
A 71 ans, l’ancien sous-directeur à l'Université du Travail de Charleroi, ancien membre du Bureau du PS, et président honoraire du Conseil régional wallon, a montré que le seul qui en avait de toute l’assemblée, était un vieux autrement bien plus jeune que ceux qui se donnèrent en spectacle devant un Di Rupo figé.
Comme ces gens sont bons à tout, certains ne manqueront pas de ressortir une vieille affaire de onze ans d’âge qui avait valu à Willy Burgeon d’être démis de ses fonctions, à propos de l'émission Strip-Tease, en s’enthousiasmant de la politique de la Corée du Nord.
Je sais, c’était con. Mais il y a d’autres cons, bien plus retentissants de connerie qui plastronnent à la devanture du PS, que ce vieux militant et qui feraient mieux de la fermer.
Les porte-flingues de Di Rupo n’en feront qu’une bouchée « Willy Burgeon est toc-toc ! ».
On se rappelle encore la candidature de l'ancien député provincial Jean-Pierre De Clercq à la présidence du PS contre Di Rupo et comment les « camarades » ont soutenu leur grand leader en rappelant les embarras judiciaires de l’ancien député provincial. C’était d’une élégance…
Car, il ne faut pas s’y fier, ces « camarades » qui lèvent le poing pour un monde meilleur, sont bons à tout pour préserver leur casse-croûte. Ils s’accommodent très bien du monde tel qu’il est et n’ont pas du tout envie de le changer.
Leur pire ennemi n’est pas le capitalisme faisandé des Michel, c’est la vraie gauche, celle qui dit et qui fait, ce que les socialistes ne font plus depuis longtemps pour défendre effectivement la population en Wallonie.

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Cela ne change rien à la fête de ces tordus qui croient avoir fait du socialisme en sauvant la situation de crise dans laquelle le pays était plongé, sans imaginer ce que leur opposition au système aurait eu de révolutionnaire et ce que les travailleurs auraient pu y gagner.
Comme il était prévu, le Congrès a osé toucher aux statuts pour garantir à Di Rupo un retour à la tête du parti, quoi qu’il arrive. C’est Laurette Onkelinx qui a servi la soupe à son maître sans que personne ne moufte.
Voyant la salle bonasse et l’air entendu du Bureau, elle s’est surpassée en falsificatrice de l’histoire récente de ces 530 jours de pantalonnades. Ce serait le parti qui aurait sauvegardé l'avenir de notre sécurité sociale, maintenu l'indexation des salaires et l'âge légal de la pension, renforcé la fiscalité sur le capital et régulé le monde de la finance.
Pas moins !
Bref, tous les négociateurs étaient d’affreux conservateurs, seule Laurette Onkelinx se serait jetée dans la bataille et ramené les autres à de meilleurs sentiments à l’égard de la classe ouvrière quelle n’a cessé de défendre !
Ces propos ne doivent pas faire plaisir aux Ecolos et au CDH !
A sa place, je me méfierais. Et si le grand sauvetage n’était qu’un grand désastre à peine différé aux premières mesures, celles qui vont partiellement détruire l’assurance sociale et nous tondre par des TVA inédites ?
Reste à savoir ce que le grand sauvetage socialiste aura comme conséquence sur le travail, le chômage et les pensions, dans six mois. Et comment les travailleurs vont réagir dans les semaines à venir, quand ils s’apercevront que la part importante d’effort à faire pour trouver les onze milliards nouveaux, ce sera pour eux et quand le ministre du budget qui remplacera le sinistre Melchior Wathelet devra en rabattre sur le taux de croissance qui sera égal à zéro !
L’exemple d’un premier ministre qui renonce à son traitement nous vient d’Italie. Il serait bien que le nôtre renonçât au sien au nom de ses attaches pour ce pays et par souci d’égaler au moins, le geste de son confrère.

5 décembre 2011

Encore DSK !

Voilà Guéant qui en remet une couche en ressortant un vieux rapport de police de 2006 faisant état d’un contrôle d’identité de DSK au bois de Boulogne, haut-lieu de la prostitution parisienne.
Que DSK aille aux putes et qu’il faille encore ajouter un supplément, somme toute privé, à son brillant curriculum vitae de grand éjaculateur, on se demande en quoi l’ex directeur du FMI est encore dangereux pour Sarkozy ?
La presse n’a pas lâché Dominique Strauss-Kahn depuis l’affaire du Sofitel de New-York. Il faut dire qu’il accumule les affaires de cul, mais ni plus ni moins que d’autres tracassés de la braguette, dont on ne parle pas.
Certains pensent qu’à partir du moment où il ne fait plus partie de la vie publique, DSK a droit à une sorte de trêve des journalistes. Quitte à ce que les multiples facettes de son « talent sexuel » s’il fait l’objet d’une sanction judiciaire, soit à nouveau la vedette des magazines people, mais aussi de la presse dite sérieuse.
D’autres, sentant que c’est le bon filon, tiennent à l’exploiter, jusqu’à ce que les lecteurs s’en lassent.
L’Express, par exemple titrait il y a quelques jours « L’effarante double vie de DSK », Le Nouvel Observateur « La vie cachée de DSK » et VSD « Est-il malade ? », tandis qu’à côté de DSK, barbe blanche et l’air accablé, sous une photo d’Anne Sinclair, un titre en gras « Va-t-elle le quitter ? ». Ces journaux ne passent pas d’habitude pour regarder, comme Alain Souchon, sous les jupes des filles.
Je crois l’avoir écrit dès l’affaire du Sofitel que DSK, du point de vue politique, était fini. Ses amis du parti mirent plus de temps pour réagir. Martine Aubry qui s’était le plus mouillée (est-ce judicieux d’employer ce terme ?) dans le tandem qu’elle prévoyait aux élections « si c’est lui, je m’efface » entendez par là qu’elle se voyait déjà première ministre, a été une des dernières à lui tirer dessus. Elle le fit finalement aux noms des femmes, forcée et contrainte par la politique qui ne fait pas de cadeau à ceux dont le destin ne plaît plus à l’opinion. Et c’est probablement à Aubry que DSK en veut le plus.
Je suis plutôt d’avis qu’aujourd’hui on fiche la paix à DSK. Un animal politique déchu est déjà une lourde sanction pour qui aime le pouvoir comme lui. Sa façon de s’afficher, dans ses heures de gloire, l’air vainqueur, désinvolte, une main en poche, pour nous donner avec une bienveillance feinte quelques bons conseils, disait tout du personnage.
Que sa femme le quitte ou ne le quitte pas, on devrait s’en tamponner tout naturellement. Ce ne serait pas la première qui, dans son cas, prendrait la poudre d’escampette.
Les journaux qui s’attardent sur les deux cas, le trompeur et la trompée, se défendent de voyeurisme.

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C’est un puissant qui a failli être président de la république, c’est donc un personnage qui aura toujours dans son histoire, une réponse intéressant le pouvoir et ceux qui s’en servent. Et puis, argument clé, le peuple est intéressé par le personnage !
Et c’est là qu’il faudrait préciser ce qui intéresse vraiment dans le cas de DSK les gens de la rue, si l’on veut bien mettre de côté un goût du sordide assez répandu de haut en bas de la société, c’est la délectation de voir que les gens de pouvoir sont pareils, sinon pires que n’importe quel passant et que, par conséquent les faveurs dont ils sont grands consommateurs, les traitements qui les font vivre loin au-dessus de la condition moyenne des gens, sont des traitements usurpés, comme tout traitement de faveur.
Et cette vision-là de la chute d’un puissant, aucun journal n’en parle, personne n’en fait allusion.
Pour que cela soit productif d’un progrès de la compréhension des foules dans le tourbillon des événements graves que nous traversons, il serait utile de poser la question de l’honorabilité des hommes politiques à travers aussi d’autres méfaits, comme se vautrer dans l’argent public, se ménager des places et des portes de sortie, et s’inscrire dans une politique comme celle du brigandage des banques.
Nous avons des exemples récents d’individus au pouvoir en Belgique qui ont attenté à la vie sociale des Belges, qui ont même été attraits au tribunal, et qui s’en tirent tellement bien que leurs concitoyens des villes et circonscriptions d’où ils proviennent, les assurent toujours d’une confiance, qu’ils ne méritent plus.
C’est en ce sens que les frasques de DSK sont intéressantes.
Le viol des populations est-il moins grave que le viol des femmes ?
C’est à cette question que je voudrais bien que la presse réponde.

4 décembre 2011

PS – FGTB, même combat ?

Ainsi, le bureau du PS va organiser un congrès afin de changer les statuts pour faire du sur mesure !
Le dernier bureau du PS est révélateur de la mainmise d’un homme sur un parti et en dit plus sur le cas Di Rupo, devenu l’homme indispensable d’un PS qui devrait pourtant ne pas s’égarer dans le culte de la personnalité. On sait, surtout à gauche, ce que parfois l’homme providentiel peut provoquer comme dégâts.
C’est du jamais vu au PS. Spitaels n'aurait pas osé !
Un peu comme Poutine qui avait placé un homme de paille à la tête de la Russie en attendant qu’il devienne rééligible. Voilà que Di Rupo s’est mis dans ce cas de figure.
L’homme n’a confiance qu’en Magnette et Onkelinx, c’est évident. Il veut qu’on lui tienne la place au chaud. Craindrait-il de ne faire qu’un aller et retour au 16 de la rue de la Loi ?
Admettons qu’il n’y reste pas jusqu’à la fin de la législature.
Pour peu que le nouveau président ne soit pas un de ses porte-serviettes, l’homme le plus humble de la terre, risquait de ne plus avoir aucun levier sur le parti. A part un mandat de député, plus quelques autres alimentaires, l’homme allait perdre la pole position.
C’est là que l’on voit la fragilité d’un parti, quand le membre le plus influent peut à sa guise modifier des statuts. Du coup, tous les autres membres du bureau passent pour des hommes et des femmes de paille.
C’est inquiétant pour l’avenir du PS.
Cela en dit long sur le peu d’initiatives qu’un mandataire libre pourrait avoir.
Cette vassalité s’est généralisée depuis longtemps.
C’est tout le jeu en coulisse des coalitions franc-maçonnes dans un parti qui en est une des pépinières les plus actives, en matière de recrutement et de militantisme.
A la dévotion d’un seul, la Loge est devenue celle du concierge.
Depuis que ces clubs secrets ne bouffent plus du curé, il faut bien qu’ils noyautent et complotent contre autre chose.
Pourquoi les deux favoris Onkelinx et Magnette ont-ils été choisis par le Maître ?
Frère Magnette parce qu’il a une belle gueule et qu’il doit son élévation à Di Rupo et Sœur Onkelinx parce qu’elle a l’âge du Montois et que l’organisation du PS est machiste, si bien qu’une femme a peu de chance de s’accrocher à la présidence. Peut-être aussi que la réponse est ailleurs, dans les Loges où l’élément masculin domine, quand elle n’est pas spécifiquement une Loge masculine.
Dans un autre domaine, le PS conserve des liens qui ne sont pas qu’idéologiques avec la FGTB. L’organisation politique y a toujours placé ses pions dans les directions régionale et nationale, des affiliés sûrs et qui, du reste, ne s’en cachent pas.
Cela devient gênant quand le parti s’acoquine avec les libéraux les plus droitiers qu’il se puisse être. C’est le cas d’un Di Rupo qui a lâché beaucoup de lest pour arriver à l’emploi qu’il souhaite ardemment depuis son entrée en politique.
Alors, évidemment, les affiliés du PS et membres dirigeants de la FGTB sont dans leurs petits souliers. Leur mission deviendrait vite impossible entre le parti au pouvoir et la FGTB en conflit ouvert contre celui-ci, si l’opinion se radicalisait contre les mesures que Di Rupo met en place pour arrêter les déficits.
Est-il concevable que Thierry Bodson, secrétaire régional de la FGTB liégeoise, siège encore au bureau du PS, alors que les travailleurs liégeois se sont massivement portés vendredi à Bruxelles afin de protester contre les mesures que socialistes et libéraux prendront dès la mise en place du gouvernement Di Rupo ?
Et puisque l’on sait que le bureau a voté la confiance à Di Rupo à l’unanimité, comment Bodson peut-il expliquer son vote, alors que les travailleurs qu’il est censé représenter s’opposent à cette politique ?
Et Anne Demelenne, socialiste et membre du bureau, elle aussi, secrétaire nationale de la FGTB, en fait toujours partie, même si on ne l’y voit plus ces temps-ci, est-ce raisonnable ?

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Et c’est tout le passé d’un syndicalisme créateur du socialisme et depuis dominé et infiltré par le PS qui s’est, peu à peu, éloigné de ses objectifs initiaux, pour s’affadir dans la social-démocratie.
Aujourd’hui, truffé de francs-maçons et de mandataires communaux noyautant le syndicat, le parti n’est plus qu’une machine à faire des sous et des voix. Ce socialisme-là est devenu un frein à l’émancipation des travailleurs.
Jusqu’à ce que Di Rupo les place dans une situation impossible pour leurs adhérents, parti et permanents syndicaux tenteront de calmer le jeu pour faire avaler la pilule d’une nouvelle et encore plus étroite collaboration entre le socialisme et le libéralisme.
Peut-être sera-ce une occasion à saisir de la FGTB dans la crise grave du capitalisme que nous vivons, de s’émanciper d’un PS qui s’éloigne des travailleurs pour s’intégrer à une autre clientèle. Le plus difficile serait de se défaire des permanents syndicaux qui ont la double casquette, à défaut de leur demander de choisir.

3 décembre 2011

Un vendredi noir.

« Drôle de jour pour une manif » titre Béatrice Devaux dans son éditorial de ce vendredi.
Il faut croire que le métier d’informer de madame Delvaux ne la fait jamais descendre dans la rue, qu’elle s’arrête à la porte des usines et qu’elle ne se complaît qu’entre gens de bonne compagnie qui voient venir la crise, mais bon !... Ils achètent les bons du trésor de l’Etat et ça s’arrête là.
Les responsables des centrales syndicales, eux, y sont descendus. Parce que c’est leur métier et qu’ils se doutent que l’inadéquation entre leur carte du PS ou du CDH et leur carte du syndicat pourrait coûter leur emploi.
C’est vrai aussi que le rassemblement de ce vendredi se soldera par un défilé, plus ou moins important, un piétinement de quelques heures dans les rues de la capitale, peut-être quelques échauffourées fomentées par des autonomes, et puis une dispersion lente et une bonne affaire des cafetiers. On n’y verra peu de chômeurs, peu de vrais pauvres et quelques rares pensionnés. Ceux qui ne se font plus aucune illusion sur le socialisme ne seront pas là.
Les gens établis ne comprendront pas que le monde du travail n’est pas fou de joie de voir un socialiste devenir premier ministre.
Rétablissons les choses dans leur contexte.
Voilà longtemps que le parti socialiste a perdu la confiance des travailleurs. Cela ne s’est pas fait en un jour, mais par une lente érosion depuis la fin des années septante, plus précisément.
Cela coïncide avec la fin des Trente glorieuses, la fin des Maisons du Peuple, de l’Union Coopérative et la professionnalisation des vocations politiques, mutuellistes et syndicales.
Le souverain mépris de ceux qui sont sortis « avocats » des universités pour ceux qui ne sont allés qu’à l’école de la vie est tellement visible qu’il s’est coulé dans les faits et dans la loi en partant des principes d’inégalité entre les hommes, ce souverain mépris a fait le reste.
C’est d’autant plus odieux que l’intelligence ne se mesure pas et qu’ainsi la société se prive de talents dont elle aurait bien besoin.
Le peuple ne serait pas doué de raison et devrait donc suivre des mentors déclarés aptes sans autre qualification que celle obtenue dans des parcours que l’on connaît et dont le seul mérite est de délier les langues, d’exprimer des raisonnements, tous plus ou moins de la même farine, se soldant par des catastrophes politiques et des impuissances de régler l’économie sur un programme l’assouvissement des besoins de tous les citoyens.
Dirigé par les plus « brillants » esprits, le peuple voit le résultat : une Belgique de palabres infinies sur des questions qui ne touchent pas à l’essentiel, à savoir : qu’apporte encore une journée de travail à l’intelligence de l’homme dans un monde où il n’est que le complément coûteux d’une machine, en attendant qu’une autre machine le remplace définitivement ?

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Il faut beaucoup de sans-gêne et de cynisme à la classe universitaire dirigeante (1) pour croire que l’on peut s’épanouir encore en pointant à Chertal, en besognant chez Makro ou en conduisant un bus. Et qu’ainsi plombé par une forme moderne d’esclavage, on ne pourrait crier l’injustice du sort, que par personne interposée, en accordant une confiance aveugle à un frais émoulu d’une pépinière particulière, nourri de gelée royale et de bons principes, doté de la science infuse du représentant de commerce et qui prendrait la défense des malheureux, sans avoir vécu une seule heure les mains dans le cambouis !
Et encore heureux que les professions citées procurent le pain quotidien à ceux qui n’ont que cette ressource pour vivre.
Parce qu’il y en à d’autres, sous eux, si je puis dire, déstructurés, traqués, salis qui vivent chichement et dont le destin est de dépendre d’un chômage, d’une pension, d’une indemnité de maladie.
Cela a toujours existé, me direz-vous.
Est-ce une raison pour ne pas ouvrir les yeux ? Et, puisque cette époque a fait des progrès si remarquables dit-on, il ne faudrait pas s’en préoccuper sous prétexte que la moitié de la population irait bientôt les rejoindre ?
De la brochette d’élus qui va entourer Elio Di Rupo, et Di Rupo lui-même, les gens, qui ont défilé ce vendredi à Bruxelles, n’attendent rien de bon.
Ils ont raison.
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1. Qu’on ne se méprenne pas. Je n’entends par là que ceux qui en sortent avec une profession dans le but unique de faire un métier en politique. Les économistes, les avocats et certains diplômes annexes sont essentiellement visés. Un médecin qui finit député n’a pas nécessairement choisi au départ de faire carrière dans l’indemnité parlementaire. Il y a des opportunités qui se prêtent à ces transferts, comme la connaissance des langues étrangères, par exemple. Les vocations à ce niveau se tariraient rapidement si les indemnités devenaient, du jour au lendemain, peu attractives, permettant ainsi une meilleure ventilation de la représentativité de la Nation.

2 décembre 2011

Edition bobo et télé crado.

Que le monde ne soit plus qu’un champ de ruine, que l’euro ne vaille plus rien, que la Belgique ait demain ou la semaine prochaine un gouvernement, ce milieu de semaine remet à la mode les rendez-vous avec l’édition.
Las ! le premier livre, celui de Francis Van de Woestyne sur Di Rupo, nous tombe pilepoil dans la frénésie d’une Belgique qui recolle ses morceaux, gagnée à l’argent (un milliard et demi de bons de caisse) et la réussite d’un homme…
Le héros du jour surmonta bien des misères et eut bien des malheurs, comme tout le monde, sauf que l’intervieweur en fait tout un plat avec la complicité de l’interviewé, dans le but de démontrer comment ce dernier s’en est est sorti de manière éclatante. Ce n’est pas un portrait, c’est un éloge funèbre pour un vivant, celui dont on se servira sûrement le jour des funérailles nationales.
Le formateur s’est raconté pendant quarante heures sur son itinéraire, tellement ravi de son parcours, qu’il tient d’en faire part à tout le monde. A-t-on jamais vu quelqu’un d’aussi doué pour mettre au plus bas son départ dans la vie (une baraque de Morlanwelz), afin d’en mieux faire ressortir l’élévation ?
Van de Woestyne s’émerveille ! Il fait pour Di Rupo, ce que Racine fit pour Louis XIV.
Rien évidemment sur l’engagement politique, ou si peu. Comme si le président du PS avait chassé pour toujours la misère du royaume !
Le journaliste de La Libre Belgique Francis Van de Woestyne n’épargne pas le cirage et la brosse à reluire. Les entretiens sont des plus cucus. On dirait du France Adine. Ah ! ces laudateurs, ils croient bien servir leur « client » et c’est tellement plat et convenu qu’ils les desservent !
A quoi donc peut bien servir un livre sur ce qu’un homme dit de lui-même ? Si ce n’est la rage de publier, en sachant que le manuscrit sera accepté et mis à l’imprimerie sans hésitation, à un moment opportun et pas dans six mois, quand Di Rupo sera devenu Di Roublardo aux yeux des Belges.

A l’histoire d’un mégalomane devait correspondre la paranoïa d’une femme. On s’esbaudit dans les milieux du texte attendu et prémâché : Joëlle Milquet est l’unique sujet d'un livre, de Christian De Bast qui la présente comme une femme d'Etat, comme il n’y en a pas. Ce qui risque de fâcher les Laruelle et Onkelinx qui ne se prennent pas pour de la crotte de bique.
Voilà 12 ans que la dame pérore aux tribunes du CDH en présidente indiscutable et sans discussion.
Mise en selle par un Gérard Deprez qui croyait qu’avec elle le parti basculerait dans sa mouvance, c’était oublier la prétention de la dame et ainsi, sans qu’elle pût s’en attribuer un mérite autre que la grande estime d’elle-même, elle sauva les anciens briscards du PSC de la déchéance de faire au MR ce que Deprez fait si bien : de la lèche aux Michel !
A présent qu’elle a passé la main à quelqu’un d’autre à la tribune du CDH, elle cherche un autre sommet digne d’elle. Ça va être dur. Plus on est haut placé, plus difficile est de choir et même déchoir à une place correspondante.
Comment sauver la Belgique une seconde fois ?
C’est une mission non-encore en chantier qu’elle ne désespère pas d’entreprendre.
On lui suggère d’épouser le roi au cas où celui-ci deviendrait veuf ou encore, de provoquer Bart De Wever en duel et l’occire pour en débarrasser le royaume. On voit, il y a encore quelques sommets, qu’il ne faut pas confondre avec les sommets de la connerie si proches qu’on se demande si ce ne sont pas les mêmes.

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Enfin, en voilà un qui n’écrit pas. Il est l’auteur du reportage de « Questions à la Une » sur le prince Laurent. C’est Frédéric Deborsu, de la RTBF. C’est peut-être pire !
Nous n’avions en André Antoine qu’une pâle copie, plutôt burlesque, des aventures de DSK, heureusement nous avons le prince Laurent, celui qui brutalise les femmes !
Merde ! N’a-t-on pas bientôt fini dans le touillage du jus de muqueuse !
Qu’on lui fiche la paix, à Laurent. Personne n’a porté plainte. Alors, dans la situation actuelle d’une crise qui prend des proportions insoupçonnées, Deborsu n’a pas d’autres reportages à faire ? Laurent n’est pas la seule personne en Belgique qui ramasse du blé sans rien foutre ! Que l’effort de paraître convenable soit encore trop pour lui, c’est peut-être la preuve qu’au moins ce type est encore vivant. Des autres de sa parentèle, on ne pourrait en dire autant. Si Deborsu allait fouiller dans d’autres poubelles, de celles qui font perdre des milliards, on en serait bien plus satisfait.
Allez donc faire comprendre cela à nos pseudos intellectuels du spectacle, de la presse et du showbiz !

1 décembre 2011

Spéculations sur l’immondice…

Revoilà encore le milieu dirigeant du PS liégeois troublé par des affaires, sur un fond de bataille des chefs.
Dans le dossier Intradel, c’est Alain Mathot, bourgmestre de Seraing, ainsi que les Daerden, père et fils, qui voient leurs noms mêlés à des histoires de pots-de-vin portant sur des sommes considérables.
Ce n’est pas aussi rocambolesque que l’affaire DSK et les tribulations de Dodo la Saumure, le sexe si vendeur pour les magazines et les hebdomadaires n’y est pas – enfin pas encore – en première ligne, il s’agit pour l’instant d’un gros paquet de fric qui tourne autour de l’intercommunale d’Intradel.
Sont-ils coupables ou ne le sont-ils pas ? C’est à la justice de trancher. Y a-t-il eu une opportunité politique à faire du tapage autour de cette affaire du fait que c’est la sœur de Didier Reynders qui a une partie du dossier sur son bureau ? On n’en sait rien.
Ce qui est certain, c’est que la nouvelle unité de traitement de déchets de l'usine Intradel a coûté 170 millions d'euros et que la société INOVA aurait versé une quinzaine de millions d’euros de commissions occultes dans le cadre de l'attribution du marché public.
A qui ?
La question est là.
D’emblée, il faut écarter les éboueurs et le petit personnel. On n’arrose pas à coups de millions des personnes qui ne peuvent en aucune manière influer sur l’obtention du contrat,
ce n’est pas comme l’affaire des corvettes de Taïwan, ni des sous-marins du Pakistan, il n’y a pas mort d’hommes. Mais il s’agit de savoir parmi les dirigeants du PS qui aurait, entre deux discours sur la pauvreté et la nécessité de faire payer les riches, toucher un dessous de table aussi considérable ?
On se doute bien que les partis rivaux de la région se font un malin plaisir de percer le secret de l’instruction et que les renseignements qui filtrent ne sont pas l’effet du hasard.
Dans les milieux capables d’influencer les décideurs, pour ce qui concerne Intradel, ils ne sont pas des dizaines, tout au plus trois ou quatre...
L’affaire traîne depuis 2007. On apprend que les arrosages d’argent auraient transité par des sociétés écrans et des comptes de consultants.
Le journal Le Soir cite Alain Mathot qui aurait bénéficié d'une somme d'environ un million d'euros, alors qu'il en réclamait deux. Le Soir précise aussi qu'entre 12 et 15 millions d'euros auraient illégalement été distribués à des intermédiaires afin qu'ils aident Inova à remporter cet important marché public.
Comme dans beaucoup d’affaires de ce genre, les preuves de la concussion et de la prévarication manquent. Les sommes versées transitent par des banques dont le fonds de commerce est garanti par un secret aussi lourd qu’une pierre tombale et que pour prendre un élu la main dans le sac, il faut se lever tôt et ne pas avoir peur de faire des heures supplémentaires. N’avouez jamais, est la devise première d’un bon routier de la politique. Or, de ce point de vue, nous avons affaire à des spécialistes et non plus à des pieds nickelés du genre de l’ancienne municipalité socialiste de Charleroi.
Sans preuve, avec seulement parole contre parole et des dénonciations anonymes, il n’en faut pas plus pour classer l’affaire.

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La classe politique devrait se méfier. Les 12 à 15 millions d’euros ont bien été versés à quelqu’un ou plutôt à quelques-uns. Si le ou les coupables ne sont pas punis, c’est toute la classe politique qui le sera et en l’occurrence le PS liégeois, qui n’en est pas à sa première affaire et qui en a vu d’autres, diraient les vieux habitués des prétoires.
Du coup voilà des militants honnêtes qui se voient fourrés dans le même sac que les voyous.
Tous pourris, c’est ainsi que raisonnent les gens. On peut le voir à l’attitude carrément sarcastique de ceux qui écoutent les discours selon lesquels il va falloir se serrer la ceinture, pour le bien de la collectivité, de l’Etat, etc.
Discours que tout le monde comprendrait, s’ils ne sortaient parfois des bouches les plus infâmes et des consciences les plus noires !
Et si, par hasard, il s’avérait que les personnages cités dans le dossier Intradel fussent coupables, voilà le paradoxe d’hommes responsables, gérant bien leur commune d’une part, soucieux de la voirie et de l’environnement, donnant satisfaction aux citoyens et qui, d’autre part, se révéleraient d’indécents usurpateurs d’une haute idée de la politique, tricheurs, voleurs et menteurs, comme le sont naturellement les pareils de Dodo la Saumure !
L’appât du gain et l’amour immodéré du pouvoir que procure l’argent sont des leviers de l’âme humaine vieux comme le monde. Que le parti socialiste en soit plus que les autres le théâtre n’est que trop évident. Partir de rien et s’élever dans le monde bourgeois laisse des traces, des salissures de la conscience, des reniements intimes. On le voit bien chez Di Rupo et Onkelinx. Quant à verser dans la criminalité en col blanc, il y a une marge que certains ont franchie.
La fréquentation de certains milieux corrompt aussi bien que l’argent. Et comme l’une ne va pas sans l’autre, les habitudes prises avec des salaires énormes par rapport à ce qu’on gagne chez Mittal et qui ne sont rien en comparaison de ce que les vrais riches amassent sans rien foutre, perturbent les esprits. Gagner un ou deux millions d’euros, rien que par une signature au bas d’un contrat, est terriblement tentant pour celui qui est venu de rien.
On a dit qu’il fallait bien payer nos ministres pour qu’ils ne nous volent pas.
C’est une erreur. Au regard des fortunes, ils sont trop mal payés pour pouvoir y résister. Comme nous ne pouvons les payer davantage, donnons-leur deux ou trois fois le salaire d’un ouvrier moyen. Pas plus. Ils deviendront enragés !
Soit ils tomberont tout de suite dans la criminalité et ils seront éliminés, soit ils deviendront des ministres remarquables qui sauront défendre les gens qui gagnent peu et se lèvent tôt matin, parce qu’ils seront du nombre.
Il n’y a pas moyen de sortir de ce raisonnement.
Le malheur, c’est qu’ils font leur salaire eux-mêmes. Ce qui est déjà une curiosité de la démocratie !