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31 mars 2014

Un parti mort-vivant !

Ce ne serait pas intéressant, au soir du deuxième tour des élections municipales en France, de piquer ça et là un commentaire pour le commenter en deuxième main.
Aussi, vais-je éviter le flux des appréciations selon que l’on soit un journal de gauche ou un journal de droite et laisser à d’autres le soin d’expliquer les choses.
Le PS a subi la pâtée, comme il en a rarement eue dans son histoire. Qu’Elio se rassure, c’est en France que ça se passe. Une pareille aventure ne pourrait lui arriver. Concernant les abstentionnistes, il est paré, le vote est obligatoire. Le parti d’extrême droite n’existe qu’en Flandre ; au vu des résultats de la gauche de Mélenchon, même si Hedebouw doublait son électorat, Elio Di Rupo serait toujours incontournable en Wallonie.
Est-ce pour autant que l’artiste montois fasse le show que les gens préfèrent ?
Bien sûr que non. L’exaspération de l’électeur belge est comparable à l’exaspération des Français. Mais le scrutin à un tour et les dispositions de la loi électorale en Belgique sont des plus favorables aux partis du centre, et comme le centrisme est le mot d’ordre du PS. Il est paré.
Pourtant le guignol mériterait une claque aussi.
Il est vrai qu’en Belgique, un politique qui a de l’entregent peu plus facilement berner l’électeur qu’en France.
D’ici à dire que l’électeur belge est un con, je n’irai pas jusque là. Mais, qu’on le rende con par les médias interposés et les couleuvres que les économistes lui font avaler, là je serais plutôt d’accord.
Revenons à la France.
A peine les élections du deuxième tour connues et le PS en déroute, les journalistes français se sont rués sur la question essentielle pour eux : « Hollande va-t-il changer de premier ministre ? »
Comme si le premier ministre était responsable à lui tout seul de la défaite, alors qu’il suit au plus près la politique du président de la république !
Quelques rares observateurs ont bien vu l’aveuglement de François Hollande face à la réalité et que cette réalité n’était pas perçue non plus à droite.
Et d’être unanime partout : il faut infléchir la courbe du chômage, retrouver la croissance et baisser les taxes, ne signifie pas pour autant qu’après l’avoir dit, tout évolue en ce sens.
Or, depuis le début Hollande croit, dur comme fer, que ses mesures seront suffisantes pour inverser la tendance. Son pacte de responsabilité en témoigne. Croit-on qu’au vu des élections il décide d’un autre plan, et nomme un autre premier ministre ?
J’en doute fortement. Et cet entêtement coupe toutes les suppositions et toutes les croyances, réduit à néant toute modification !

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Bien sûr, il va vers la catastrophe, mais Hollande est ainsi fait. Il ne se dédira pas.
Le premier responsable de la défaite, c’est bien évidemment le président de la République, mais il n’en est pas persuadé, au contraire. Le roi est nu désormais, tout le monde le voit, sauf lui.
Ce sont ses choix et sa méthode qui ont été désavoués. C’est l’inadaptation de la social-démocratie théorisée dans les années 70, pratiquée après 2008, aussi bien par le PS belge que par les Solfériniens français, avec l’application pratique dès l’avènement de Hollande à l’Élysée en 2012, qui a abouti aux près de 40 % d’abstentions et à la grosse défaite du PS aux élections de ce dimanche.
A cette obstination malheureuse d’un homme, il faut y associer toute la majorité, sans oublier le PS et son secrétaire Harlem Désir. Son effacement sur l’orientation, sans un plan d’élaboration et sa langue de bois, ont contribué à en faire une coquille vide
En passant, c’est aussi un reproche qu’on pourrait faire à la direction du Ps belge du boulevard de l’Empereur à Bruxelles. Quand Di Rupo n’est pas là et qu’il n’a pas laissé à Magnette des instructions et la matière d’un discours, on a l’impression que le personnel joue aux cartes ou au vogelpik, en attendant le chef.

30 mars 2014

Une soirée ennuyeuse.

Décidément, quand il s’agit de monter en épingles de cravate des brontosaures des partis dits traditionnels, le Soir n’a pas son pareil. Comme une Institution ne va pas sans une autre, la Fondation roi Baudouin était de mèche aussi.
Sur le thème « Voulons-nous plus ou moins d’Europe ? » Louis Michel, Claude Rolin, Marie Aréna et Philippe Lamberts, LES CANDIDATS SONT UNANIMES : il faut plus d’Europe ! Personne ne s’attendait à ce qu’ils disent le contraire.
Que faut-il retenir de ce quatuor de choc ?
Rien de neuf. Le catalogue était parfait : ces gens vivent et respirent par et pour l’Europe. Oui mais laquelle ?
C’était à pleurer de conformisme, de redites et de poncifs.
À part les éberlués habituels du journal, les conservateurs de la Fondation Baudouin, les cent « bons » lecteurs de M’ame Delvaux invités, les quatre brontosaures et les mouches vertes qui adorent le caca, on peut dire qu’on n’a jamais vu autant de déconnections des réalités, parler de la même voix pour dire les mêmes conneries.
Il y en a même un, Claude Rolin, qui a fait de l’humour, oh ! bien involontaire, puisque ce type a aussi peu le sens de l’humour qu’un hareng de la Baltique. Il a dit, ce prélat du syndicat vert : « il ne faut pas inventer de nouvelles machines quand il en existe déjà ». Anne Delvaux appréciera.
Michel, blanchi d’avoir déposé des amendements en masse afin de freiner des sanctions pour un holding dont il aurait été proche (entendez par la « payé »), Louis Michel fier de s’en être sorti en rejetant la chose sur un employé de son staff qui n’a pas moufté (il serait intéressant de savoir ce qu’il est devenu) a osé dire de son petit ton péremptoire dont il a la spécialité, « Le Parlement européen est un endroit qui peut faire bouger les lignes. Mais pour ça, il faut politiser le débat européen. Pour le moment, les citoyens ont l’impression qu’il n’y a pas de débat politique, que les décisions européennes sont prises dans leur dos. » Venant d’un spécialiste du dos, dans la prise de décisions, c’est fort !
Marie Arena (prévoyant le manque d’enthousiasme de l’électeur de mai) avait besoin de dire quelque chose, ce qu’elle fit, comme Philippe Lamberts, d’ailleurs, le seul à se sentir un peu gêné d’être là, alors qu’il aurait pu lire un bon livre chez lui.
Dans ce vide sidéral, il y avait du balourd dans les roues du char européen qui ressemble de mieux en mieux au char à bœufs mérovingien.

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– La libre circulation des marchandises et des services à l’intérieur du marché est transgressée à chaque adhésion d’un nouveau pays. Seule l’Allemagne en tire profit par ses frontières à l’Est. L’Europe se montre complaisante à l’égard du dumping écologique et du dumping social. Au point qu’on se demande si l’Europe se construit pour quelques loustics ou pour ses habitants ?
– Le gavage des consommateurs qui peuvent encore s’en payer ne peut se faire au prix du sacrifice des producteurs. Pour être équitable, le commerce ne peut mettre en compétition deux formes de production, l’une soumise au respect de normes exigeantes et coûteuses, et l’autre bénéficiant d’un droit de faire outrageusement avantageux. De même accepter des produits venus de pays non soumis aux contraintes des produits européens aboutit à la disparition progressive des activités implantées en Europe.
– Les écarts de coût du travail provoquent des délocalisations d’activités et d’emplois hors l’Europe. L’Europe ne cherche pas à lutter contre le dumping social. Et pour cause, les grands patrons européens qui délocalisent s’y font des couilles en or et ce qui est bon pour eux est bon pour nous. La négociation de l’Accord transatlantique de libre-échange nous pousse à accepter la compétition avec des partenaires non soumis aux mêmes règles. Signer ce torchon, c’est donner force de loi à une manœuvre introduisant plus de misère en Europe, comme s’il n’y en avait déjà pas assez.
Il est dommage qu’au cours de cette soirée ennuyeuse, aucun des guignols ne se soit fendu d’une once de curiosité sur ces questions rémanentes qui font de l’Europe un véritable dépotoir pour demain, laissant un boulevard à Marine Le Pen.

29 mars 2014

Big Brother et le fric.

Deux nouvelles complémentaires viennent d’être rendues publiques. Elles proviennent assez curieusement de deux pays différents. La première vient de Belgique : la Chambre a adopté jeudi, la réforme du chômage, à savoir une augmentation de la dégressivité des allocations de chômage et une limitation à 3 ans des allocations d’insertion.
La seconde vient de France : toujours de ce jeudi 27 mars, le Conseil constitutionnel a censuré une grande partie de la loi visant à reconquérir l'économie réelle, dite Loi Florange.
Ces deux nouvelles ont en commun l’effet de réduire les garanties sociales des plus fragilisés de la crise et en même temps, de bloquer la marche vers une économie plus humaine.
Le Conseil constitutionnel français a tranché : la liberté d’entreprendre passe avant la liberté individuelle. Côté belge, Monsieur de Mons et le PS ont ratifié le choix du camp libéral.

La réforme du chômage en Belgique.
C’est quand même le gouvernement Di Rupo qui a mis en route le plan chômage qui prévoit 50.000 radiations, au 1er janvier 2015 !
Même si le PS y est allé en traînant les pieds, la proposition de loi et son adoption est aussi bien son œuvre que celle du MR.
Le lâchage des quelques députés socialistes de cette loi sur laquelle ils étaient d’accord n’est évidemment pas du ressort de la conscience, mais de l’opportunité. On ne voit pas bien le fils Mathot se présenter à Seraing aux élections communales avec un tel palmarès. Ainsi, avec les amendements qu’il savait n’avoir aucune chance, s’est-il prémuni des accusations du Mouvement de Gauche.
Eh bien ! c’est trop tard. La manœuvre est cousue de fil blanc. Il fallait y penser avant.
Dans l’opposition, les écologistes ont été plus fermes pour dénoncer le «double jeu» du PS.
La ministre de l’Emploi Monica De Coninck prévoit une forte et rapide dégressivité des allocations de chômage et une limitation à 3 ans des allocations d’insertion. Le député Yvan Mayeur (PS) était à la manœuvre afin de «maintenir ce qui a toujours fonctionné», en proposant un amendement. Di Rupo a eu soin de ne pas mouiller ses collaborateurs immédiats comme Magnette et Onkelinx, et pour cause, ils sont les responsables de cette loi, avec les libéraux !
C’est quand même grâce à cet amendement rejeté qu’on a pu voir le fond de la pensée de quelques grands « défenseurs » des victimes du drame social actuel : «écran de fumée politique… exercice de communication virtuelle», a dénoncé Catherine Fonck (CDH) qui croit à l’efficacité de la loi. L’amendement socialiste risquait de «mettre à mal tout le système d’allocations de chômage». On voit d’ici la mentalité de la dame… l’hypocrisie du jeu de Lutgen et la duplicité de Rolin, syndicaliste, d’apprécier le fromage CDH, pour sa teneur en matière grasse.
Il va quand même être difficile à Elio Di Rupo et aux socialistes de se dédouaner de cette loi ignominieuse et de se présenter aux élections du 25 mai en oies blanches !...

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Censure du Conseil constitutionnel français de la loi dite de Florange.
Après les chiffres catastrophiques du chômage, c'est un coup dur supplémentaire pour l'exécutif à trois jours du second tour des élections municipales, la censure d’une grande partie de la loi visant à reconquérir l'économie réelle. Les « Sages » ont jugé que l'obligation faite à une entreprise d'accepter une offre de reprise, quand elle était jugée sérieuse par le tribunal de commerce, portait une atteinte anticonstitutionnelle au droit de propriété et à la liberté d'entreprendre.
Voilà encore une promesse du candidat Hollande qui tombe à l’eau. Décidément, ce président n’a pas de chance. On dirait que cette poisse est communicative et qu’il semble la partager avec les Français.
Cette proposition de loi obligeait les entreprises de 1000 salariés et + en passe de mettre la clé sous le paillasson, à rechercher un repreneur pendant trois mois, sous peine de pénalités, avec des sanctions pouvant aller jusqu’à verser 20 Smic mensuels par emploi supprimé et à rembourser des aides publiques des deux dernières années.
En somme la loi Florange a été battue par le Conseil constitutionnel tendance Mittal, comme si le droit d’entreprendre était supérieur au droit d’exister !
Nous voilà prévenu, soit volontairement ou en traînant les pieds, nos partis politiques ont choisi leur maître : ce n’est plus le peuple, c’est Big Brother et le capital

28 mars 2014

Christine, Mathilde et les autres.

Le chômage en Belgique n'a jamais été un sujet aussi brûlant d’actualité : + de 9 % de la population active ! Et ce n’est pas tout : on peut s'attendre à de nouvelles hausses en 2015 !
Devant ce fiasco économique, pas une seule critique du système lui-même.
C’est étonnant tout de même. C’est comme si on nous faisait savoir que l’économie comme elle va de par le monde est excellente et que nous ne sommes pas bons et incapables de nous réformer ! De victimes, nous voilà auteurs du mal, au point qu’on nous reproche notre maladresse dans une mauvaise adaptation qui est l’aveu de notre échec !
Non seulement, pas une seule critique du système lui-même, mais presque aucun commentaire sur la pauvreté ambiante que le chômage massif génère, rien ou très peu sur les cinquante mille chômeurs exclus en janvier 2015 !
On se doute bien que nos gazetiers et les économistes consultés s’entendent comme larrons en foire, mais tout de même, quel mépris pour le peuple !
Il y a plus d’articles consacrés à l’état de santé du prince Laurent que des débats sur l’improbable système qui nous agressent. Ce n’est pas un, mais des milliers de gens qui ont besoin de soins intensifs et qui ne trouvent pas la clinique et les urgentistes indispensables à leur survie. Pendant qu’on sort le VIP du coma, on a l’impression que c’est nous qui y entrons !
Il faut évidemment à côté des nouvelles de l’illustre malade, un sujet plus politique.
On n’irait pas jusqu’à parler des robes des dames de la cour qui défilent à la visite du prince, mais c’est tout juste ! « Voici la reine Mathilde toujours impeccable, habillée par Edouard Vermeulen, ensemble fuchsia, s’inquiétant des nouvelles de son beau-frère, enlevant un gant de cuir beige des pausseries de Millau, pour signer le livre d’or de la clinique. »

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On a trouvé la diversion :
Un projet de loi propose le choix du nom de famille !
Voilà le beau sujet à traiter, bien bénin et incolore dans lequel tout le monde s’implique.
Personne n’est d’accord sur la formule. Bien entendu. Nous avons droit à toutes les variantes, toutes les controverses, toutes les expertises. Les partis s’affrontent en une joute amicale. Enfin, les voilà bien à l’aise, refusant la langue de bois, y allant de bon cœur ! Qui dit que la démocratie n’est pas un champ clos où toutes les thèses s’affrontent ?
La majorité est plus divisée qu’à la Chambre sur le projet de la ministre de la Justice Annemie Turtelboom. A la Chambre, le CD&V avait voté contre et le cdH s’était abstenu. Au Sénat, une majorité du groupe MR y est opposé alors qu’il y était favorable à la Chambre, à quelque exception près.
Suite la semaine prochaine, tout est suspendu, le match n’est pas fini. On reprend son souffle.
Pendant ce temps de nouveaux chiffres du chômage tombent. Ils ne sont pas bons. Tout le monde s’en fiche. N’est-ce pas merveilleux ?
Quand je dis tout le monde, je parle de la tranche des gens qui s’en tamponnent parce qu’ils ne seront jamais chômeurs, des ténors de la politique, les financiers et la haute administration, ainsi que quelques rentiers dont il vaut mieux ne pas citer les noms tant ils donnent de l’urticaire au reste de la population.
Cerise sur le gâteau, la cheffe bobo du groupe MR au Sénat, Christine Defraigne, copie d’une Nathalie Kosciusko-Morizet d’Estrémadure, nous assure solennellement que parmi les siens, une majorité d’élus ont fait entendre leurs «sensibilités» d’ordre juridique mais également éthique vis-à-vis d’un texte «pas bien ficelé».
Ah ! c’est dur tout de même d’entendre ça. Ah ! pardon, il ne s’agit pas du chômage. Où avais-je la tête ? Mais du choix du nom de famille… c’est tout différent et drôlement plus important…
Avec toute la vigueur et la fermeté des propos de notre carmensita, on sent que nous sommes dirigés de façon consciente et intelligente par de hautes compétences.
Depuis qu’on meurt sur les trottoirs, que la tuberculose revient dans les ménages pauvres, qu’il serait temps de faire cantine gratuite pour les enfants mal nourris en âge de scolarité, on n’avait plus entendu autant de vifs propos de la part d’une sénatrice.

27 mars 2014

Un animal déraisonnable.

Depuis les cavernes, c’est la même chose. L’homme évolue sous deux contraintes, l’environnement et l’état social produit de ses découvertes.
Aujourd’hui, l’environnement a été prodigieusement affecté par nos « progrès » et l’état social modifié par la production de masse, dans un système économique unique.
Mais nous n’avons pas beaucoup changé le fond simiesque de nos origines et nous nous retrouvons dans les postures des chimpanzés que nous observons dans les parcs zoologiques.
Puisqu’on commande aux animaux supérieurs que sont nos presque frères les singes, toute sorte d’expériences ou toute sorte d’attitudes par le besoin qu’ils ont de manger et nous dans l’obligation de les nourrir, pour les asservir à nos volontés, la boucle est bouclée avec le système actuel de l’économie qui fait exactement la même chose pour l’humanité que pour les singes en captivité. La différence : la veste blanche de l’expérimentateur du zoo qui dispense la nourriture est remplacée par quelques individus dissimulés dans des grands groupes financiers, eux-mêmes chapeautant des messieurs d’énormes holdings.
Ainsi, nous avons perdu la maîtrise de nos besoins matériels qui était jadis dans les mains et sous la responsabilité des petites communautés, artisanat depuis l’âge des cavernes jusqu’à l’apogée de l’ère industrielle.
Nous sommes passé de spectateurs du zoo à l’espèce animale derrière les barreaux.
Quand une communauté ne dispose plus de la maîtrise de ses besoins, ses jours sont en danger.
Une fourmilière prospère grâce à la nourriture facile que procure un dépotoir des activités humaines à proximité. Si ce dépotoir était déplacé et le sol assaini, les fourmis, sans ressource, disparaîtraient.
Notre société est à l’avenant.
Les pouvoirs si nécessaires à une conduite démocratique se sont déplacés. Les chefs sont toujours là, mais ils ne dépendent de nous que pour quelques formalités de réélection. Dorénavant, ils sont tributaires de facteurs économiques qu’ils ne maîtrisent plus.

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Voyons les choses en face.
Ou nous nous réapproprions le pouvoir en agissant pour que la Communauté soit toujours la première force capable de conduire à la destinée que nous souhaitons ou nous abandonnons à la force économique, le soin de conduire nos destinées.
Dans le second cas, les forces politiques deviennent inutiles, coûteuses, encombrantes, parasitaires presque.
Dès lors, nous aurions intérêt à nous en passer et traiter avec le pouvoir économique, quitte à réinventer une autre démocratie. Qu’on appelle ça comme on veut, qu’on fasse peur aux gens avec de vieilles histoires, que Hedebouw soit contre ou pas, je m’en fous.
Philosophiquement, les gens qui pensent autrement ont tort.
La formule du syndicat s’adressant directement aux employeurs me semble plus appropriée aujourd’hui que celle d’élus de la Nation cherchant des compromis dans lesquels leur statut n’est pas en jeu. Les premiers sont plus adaptés à défendre le peuple que les seconds.
Les travaux de Léon Walras (mort en 1910) sur l’équilibre général concurrentiel en micro-économie ont ma préférence, pour une refonte du plan social.
Le syndicalisme, plutôt que le « politisme ».
Le bilan est simple. Le siècle de dépendance accrue qui s’est achevé il y a quatorze ans ne nous a été d’aucun réconfort. Les guerres n’ont pas cessé, la prolifération humaine n’a jamais été aussi attentatoire aux espérances de paix et de prospérité. Le système économique dominateur aujourd’hui, ne nous a pas tiré de notre animalité primitive, au contraire, il nous y reconduit, parce qu’il est sans principe et qu’en flattant les instincts, il flatte les vices. Sous prétexte de progrès, qu’il prodigue à quelques uns, il ruine l’espérance des autres.
Il donne à des qualités comme la performance et le dépassement de soi, les défauts de leurs vertus.
Le système économique actuel est une des plus mauvaises idées que l’humanité ait eues. La preuve, c’est qu’elle ravit les voyous et les gredins et qu’elle a depuis longtemps séduit ceux qui prêchent au nom de la liberté (laquelle ?), le droit de porter aux pieds, les fers du capitalisme.

26 mars 2014

2014, fin du millénaire précédent.

Les grandes manœuvres des élections prévues le 25 mai commencent. Di Rupo fait le difficile et ne veut pas de Michel pour débattre, il aime mieux Reynders !
Les chichis et les chipoteries ne font que commencer. Les urnophages ont des vapeurs, se conduisent comme les vedettes du showbiz.
Moisissures du microcosme avec ses codes et son langage, dont le premier principe est de répondre abondamment à une question embarrassante, sans que l’on entre vraiment dans une réponse claire, ils incarnent la démocratie !
C’est ce que leur apprennent les écoles de communication qu’ils fréquentent ou que leurs attachés à titres divers apprennent pour eux.
C’est tout ce côté « appris » qui est détestable dans l’attitude des candidats de mai et c’est ce que nous allons devoir subir pendant deux petits mois.
Déjà on se fait une idée du « storytelling » préparé au boulevard de l’Empereur par le supplétif d’Élio, en cas de pertes en voix. Quel que soit le résultat – les sondages prévoient une érosion des socialistes en Wallonie et à Bruxelles – Paul Magnette récitera sa leçon « On était tellement haut qu’on ne pouvait que baisser un peu. Cela n’empêche que nous sommes toujours et de loin le premier parti de Wallonie ».
Il faudra bien un jour que les hiérarques socialistes et libéraux se fassent à l’idée que leurs trucs et leurs interprétations des événements, s’ils ont été bien assimilés des leçons de marketing, sont également bien connus du grand public pour la bonne raison que ces écoles se font une gloire d’expliquer en quoi consistent leurs cours, à tout qui prend la peine d’ouvrir un journal.
L’enfumage autour des échecs et des « réussites », des défaites qui deviennent des « presque victoire » contre un adversaire de mauvaise foi, et des réussites toujours éclatantes. On en a tous marre, le disque est rayé.

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Et puis viennent les attitudes.
Charles Michel joue la bille nette de l’honnête homme. Il regarde la caméra en avançant ses arguments, comme un bon chien regarde son maître. Pas un poil ne dépasse et on devine que lorsqu’il prendra un coup de vieux, il portera la barbe de son père.
Reynders ne peut se débarrasser de son côté fanfaron. C’est le seul à placer un mot qui sera publié dans les gazettes. Il joue gros à Uccle. Apparemment pour lui, le comité d’accueil n’a pas d’autre pointure que celle d’Armand De Decker qui s’est toujours maintenu en élaguant le buisson qui entoure le bel arbre. Le rival de Didier est ailleurs. C’est Vincent De Wolf, du même parti, candidat aussi à la présidence du gouvernement bruxellois.
Monsieur de Mons finit son mandat de premier ministre sans grande illusion de pouvoir remettre ça après le 25 mai. En homme prudent, il a assuré ses arrières. Magnette doit s’éclipser à Charleroi pour laisser le trône à qui de droit. Pourtant, comme on est reparti pour un an de discussion pour former le gouvernement, Di Rupo pense encore avoir une chance. Il ne le dit pas, mais Elio est avare. Il retient tout ce qu’il peut, ne cède qu’à contre cœur. Sa fausse humilité le sert dans ce jeu. On se dit, il est fini. À 63 ans, au contraire, Di Rupo se voit dans la belle maturité. Il repousse la perspective de présider le doudou à Mons comme Bourgmestre pendant dix ans. Cet homme est trop ambitieux pour s’arrêter aux poils de la queue du dragon.
Lutgen a tout le physique du chasseur qui tire le faisan avec ses voisins châtelains ; mais sans rompre avec ce côté parvenu qui déplaît aux notables. Il n’a pas vraiment marqué sa première année de présidence, sinon par quelques couacs, dont, en bonne camarade, Joëlle Milquet s’amuse.
Enfin, les écolos montent aux créneaux comme les « gendarmes » ces insectes de Provence qui vont toujours par deux. On les voix très bien dans une friture, lui aux marmites, elle au sachet, la mayonnaise à 50 cents, l’huile certifiée naturelle. Le plus terrible, c’est qu’ils ont raison presque sur tout, alors que le système économique les condamne à n’être d’accord sur rien, leurs tentatives débouchant sur des aggravations des taxes qui arrangent bien les autres partis. L’électorat, une fois sur deux, les prend en grippe, pour les mêmes raisons.
Est-ce que toute cette fantasmagorie tiendra encore le coup longtemps ?
Sans doute la législative qui vient. Mais après ? Ce qu’il représente est déjà tombé dans le folklore. La démocratie a besoin d’autre chose. Et ce n’est pas ce petit monde qui le sait. Lui, il se contente de durer, d’arranger ses phrases, d’attendre l’événement et non de le précéder. Il est fardé, poli, malhonnête mais sérieux, intéressé mais dissimulé. C’est l’Ancien Régime qui est venu au spectacle. Il nous scrute à la lorgnette, depuis les loges-salons des derniers feux de l’opulence.

25 mars 2014

Le temps des voyous.

Les prévisions des spécialistes étaient plus modérées que celles des simples observateurs qui prédisaient un échec de la gauche au premier tour des élections municipales en France. C’est une véritable déroute pour le PS. Et elle s’est produite non pas à cause de la renaissance de la droite et de l’établissement définitif du FN parmi les grands partis, mais parce que le PS a perdu les voix de ceux qui ont élu Hollande et qui croyaient à une modification de la politique menée par Nicolas Sarkozy. Et ces voix là ne sont pas en si grand nombre que ça chez Copé ou Marine Le Pen, mais dans les abstentionnistes : près de 40 % !
Celui qui pense pouvoir accéder au pouvoir sur un programme et en tirer un autre aussitôt de sa manche en y étant, se trompe désormais. A ce point d’exaspération du public, ces changements de cap ne sont plus considérés comme des rectifications tendant à se mettre en adéquation avec l’évolution des circonstances, mais comme la marque d’une grave erreur de jugement, quand ce n’est pas une duplicité naturelle et un mensonge permanent.
A ce propos, le PS belge et son mentor Di Rupo sont à peu près logés à la même enseigne. Comment faire oublier aux citoyens qu’on a été chef d’un gouvernement qui n’a en rien diminué les écarts entre les riches et les pauvres et qui, au contraire, a accablé les chômeurs et les déshérités du système ? Là-dessus, faire un programme « socialiste » en contre de ce gouvernement, c’est risquer, comme en France, que ça ne passe plus.
Toujours est-il que voilà Hollande et Ayrault pris au piège. A force de décevoir leur électorat, ils se trouvent au milieu du gué et sérieusement déforcés pour atteindre l’autre rive, sur laquelle ils espèrent trouver, croissance et emplois !
Ils n’offrent plus que l’image navrante de ce qu’ils sont devenus : des libéraux qui courent après un mythe capitaliste et qui pour y arriver selon eux, doivent encre réaliser le plus pénible : des économies dans la Fonction publique et des modifications importantes dans les structures doublons : communes – régions – départements, sans compter des « nécessaires » remises à plat de certains droits et certaines pensions avantageuses et qui exaspèrent les retraités ordinaires, les chômeurs et les travailleurs du privé. Si l’on ajoute à cela l’opposition des syndicats à toute perte d’avantages à la SNCF et dans l’Administration, on n’a plus qu’à tirer l’échelle. Ils ne s’en sortiront pas !
Mieux, on pourrait se demander de quelle manière Hollande va finir son mandat et s’il ne vaudrait pas mieux qu’il ne le finisse pas !

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En ce dimanche du premier tour, le verdict est déjà tombé, un vote-sanction, nourrissant dans tout le pays un désaveu de la gauche au pouvoir a été émis. L’appel à se « ressaisir », pour soutenir la gauche en difficulté, ne sera pas entendu. Peut-être même que le second tour va faire tomber plus de têtes à gauche que la droite n’espérait.
Cependant que la droite ne pense surtout pas que l’électeur a un désir d’elle et un retour de Sarkozy. Elle aurait bien tort. Et les sièges retrouvés ne le seront, a contrario, que parce que la gauche a déçu. La droite au pouvoir, l’élection eût rétabli la gauche dans les mêmes conditions. C’est ça que Copé doit comprendre.
Ce n'est pas un désir d'alternance, qui s’est exprimé. C’est un désir de changement radical de la politique. Le danger serait que Marine Le Pen réussisse à faire croire qu’elle incarne ce changement. Ce serait le pire scénario qui ne mettrait pas six mois à se révéler le plus catastrophique de tous.
Quant au parti socialiste belge, qu’il fasse attention. Il est sur la même pente. Que ses mandataires aient trempé dans un gouvernement qui rogne sur les allocations de toute sorte, qui fait payer en impôt près d’un mois de la petite pension annuelle d’un ancien travailleur, je n’appelle pas ça des bons dirigeants, j’appelle ça des voyous.

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24 mars 2014

Blanc-seing.

Après Anne Delvaux carrément destituée de son leadership à l’Europe par le bougon Benoît Lutgen, président du CDH qui a préféré l’inoffensif Claude Rolin dans le rôle ; voici Véronique De Keyzer qui à 69 ans espérait encore une place à l’Europe et que Paul Magnette, avec Elio Di Rupo dans l’oreillette, a reléguée à l’avant-dernière place… des suppléants !
Le point commun de ces dames est qu’elles sont furieuses de l’injure qui leur est faite et bien décidées à le faire savoir.
L’électeur, lui, reste interdit de ces polémiques, dans lesquelles il sent bien n’avoir pas voix au chapitre.
Toute controverse mise à part sur ces départs et nécessairement provocant des arrivées, il ressort deux réflexions.
La première est la conviction qu’ont les candidats qui sollicitent les électeurs, qu’ils exercent une carrière et qu’un tiers leur supprime l’emploi. Tout à fait comme un cadre moyen qui croit que l’usine lui appartient et qui est victime d’un caprice du propriétaire.
Voilà une conception étrange du statut qu’un élu doit à ceux qu’ils représentent. Il n’exerce cette représentation que de façon aléatoire puisque éligible, il est soumis aux lois démocratiques du suffrage universel, et donc n’occupe pas un siège à vie.
Eh bien non ! L’élu ne le voit pas ainsi. Il n’a même pas conscience dans notre système électoral que c’est le peuple qui le veut ou ne le veut pas, et pour cause, c’est son président de parti qui disposant d’un matelas de voix, envoie ou n’envoie pas siéger celles et ceux qu’il coche au hasard de sa liste.
Et ceci nous amène à la deuxième réflexion.
Dans cette étrange façon de faire de la démocratie, l’électeur n’est là que pour grossir un paquet de voix pour tel ou tel parti. Malgré les affiches et les posters géants, il n’a pas la possibilité de désigner celles et ceux qui paraissent lui convenir. Faux, dirait José Happart, champion des voix de préférence. A celui-là nous répondrons que l’engouement pour l’homme providentiel est rare, voire exceptionnel et si on se réfère à son cas, il a bénéficié d’une situation favorable dans une position clé, à un moment décisif. Et il en a profité largement, en faisant vite de son triomphe une sinécure plutôt qu’un poste de combat, finissant comme tous les autres, mieux que les autres, des mandats tournant à l’emploi à vie, avec une pension exceptionnellement profitable. Quant à récompenser l’engouement des foules des débuts… le mirliflore n’a pas vraiment tenu ses promesses.
Ce sont bel et bien les présidents de parti, entourés de leurs créatures, dans des cabinets restreints, voire en solo, qui désignent aux places « sûres » et aux places de combat, les militants ou ceux qu’ils pêchent en externe, comme Rolin, pour occuper « l’emploi » et faire le plein des voix. C’est souvent une désignation au pif, un coup de poker.
Pouvoir excessif, sans commune mesure, le peuple n’en a pas conscience. C’est là le départ de ce que le système lui dérobe de pouvoir et le reste est à l’avenant, faisant de la démocratie, un simulacre.
Et les complices de cet attentat antidémocratique sont ceux qui s’érigent en grands défenseurs des droits : les présidents des partis politiques.
Les cas individuels de Mesdames Delvaux et De Keyzer ne sont ici évoqués que pour dénoncer les errements du système politique. Elles-mêmes n’ont-elles pas été désignées par d’autres présidents, en d’autres circonstances et de la même manière qu’elles ont été débarquées dans le même système ?

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Alors, les élections du 25 mai, une supercherie de plus, une avalanche de beaux projets dont il ne restera rien !
Me convoquer un dimanche pour me demander de signer un blanc-seing pour Michel, Di Rupo ou Lutgen ? Si c’est ça mon rôle essentiel...

23 mars 2014

On vote en France.

On s’est réveillé en Belgique avec la diatribe de Nicolas Sarkozy adressée à la Nation en passant par le Figaro, contre ses tourmenteurs, à savoir Hollande, les juges et la Stasi… pardon, la police française !
On s’est rendu compte, que les Français votaient dimanche, apparemment là-bas dans une certaine indifférence et un évident ras le bol. En Belgique, un sentiment de compréhension vis-à-vis de l’électeur français, fait voir l’élection française de la même manière. Nous sommes dans un état d’esprit semblable pour le 25 mai, chez nous.
Les affaires – Sarko les accumule, les truste même – parasitent la vie politique de nos voisins, au point qu’on en aurait oublié de réclamer sa carte d’électeur, au vu de ce qui sera dimanche soir un nouveau record : celui des abstentionnistes. Alors, qu’on pouvait croire le contraire, l’électeur sanctionnant l’un et l’autre camp, selon qu’il se déterminerait aux discours de Copé ou à celui de la majorité, comme il serait « réactif » à la lettre de Sarko !
Le premier scrutin depuis l'élection de François Hollande est plus que communal, il donne à interprétation les enjeux nationaux des partis. Rien n’y fait et le politique pourrait quand même s’en inquiéter. Il est vrai qu’en Belgique, c’est pareil. Le système démocratique est en panne, le peuple se sent inutile et les élites ne le voient pas !
La lettre au Figaro de Sarkozy a réveillé les antagonismes et les divergences profondes, mais n’a pas réussi à délester les soupçons et le poids des affaires qui pèsent sur l’ancien président. On peut le croire en vrac innocent ou coupable, ce n’est pas ça qui arrêtera le cours de la justice, et modifiera le sens des élections. Pourtant Sarko poursuivait un triple objectif : a. Dénoncer les fuites judiciaires permanentes qui insidieusement portent atteinte à son image ; b. passer pour une victime en montrant « les agissements » de la justice pour s’écrier « voyez ce qu’ils me font endurer ; c. retourner les accusations contre les juges en introduisant les siennes.
Peut-être espérait-il sans doute un retournement de l’opinion en sa faveur qui se serait confirmé par les urnes ? On verra si l’UMP profitera de ce courant et si ses progrès seront à mettre au compte de la Lettre. Personnellement, j’en doute.

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De tout cela rien n’est crédible et la lettre au Figaro pourrait n’être qu’une faute d’un fin politique, qui aurait pété les plombs, selon Bernard Tapie.
Même si la justice est imparfaite puisque conduite par des hommes, le seul reproche que l’on puisse lui faire en l’occurrence est l’extrême longueur des instructions. Là, il y a vraiment deux poids et deux mesures. Au contraire de ce que Sarko prétend, la justice prend beaucoup plus de précaution pour instruire une affaire qui touche un personnage important de la République, qu’un simple quidam.
Un juge risquerait plutôt sa carrière en cas d’erreur pour l’un et ne serait même pas blâmé pour l’autre.
Sarkozy a-t-il eu raison ou tort d’envoyer la lettre au Figaro ?
Au point où il en est, il se devait d’essayer l’enfumage.
Charles Pasqua ne lui aurait pas donné tort, lui qui préconisait de contrer des affaires par d’autres affaires et encore d’autres si les précédentes n’étaient pas suffisantes à brouiller les raisonnements et à plonger l’opinion dans le doute.
Le risque, c’est de dégoûter davantage les gens non pas de la politique, mais des politiciens.
Nous verrons dimanche soir au résultat du scrutin en France ce qu’il en sera de la participation des électeurs à un scrutin au climat détérioré par le spectacle du comportement de la classe politique.
L’autre intérêt sera de juger de la capacité du Front National de mordre sur l’électorat de gauche et de droite et surtout de persuader les abstentionnistes d’aller voter pour lui.
Quant à l’interférence de la lettre de Sarko dans le scrutin, elle sera probablement nulle. Le destin politique de Sarko étant dissocié de ces élections et directement lié aux nouveaux développements des affaires judiciaires dans lesquelles il est impliqué, il risque même d’être abandonné des siens.
Il se débat encore, peut-être même n’est-il pas fini ? Mon impression est qu’il est bien près de l’être.

22 mars 2014

Un bide occidental.

Le procédé des Autorités est toujours le même quand il s’agit de faire approuver leur politique extérieure par le peuple.
Avec la complicité des journaux, on s’est emparé d’une situation de turbulence dans un pays qui n’est pas dans la zone euro. Deux factions s’y affrontent, la pro-russe et la pro-occidentale, entre ces deux pôles aussi corrompus l’un que l’autre, une population révoltée d’être pillée, proteste d’abord pour ce qu’elle endure, avant d’être pour l’Europe ou pour la Russie.
Comme la situation sociale est mauvaise en Europe, c’est une aubaine en montrant qu’ailleurs, c’est pire. Mais, si ce n’était que cela !
Voilà des Ukrainiens qui montent des barricades à Kiev contre le président Ianoukovitch. Celui-ci après avoir longtemps fait des zigzags, tourne le dos à l’Europe et confie sa trésorerie catastrophique au grand frère Poutine. Et c’est l’explosion populaire !
Le monde occidental s’enflamme et crie au scandale.
Dès lors, vous n’aurez plus droit qu’aux images d’une peuple amoureux de l’Europe et brisé par l’ours brun de l’Oural.
La presse et les Autorités ont tiré le cordon (voir la chronique précédente).
L’Europe et les Etats-Unis s’étaient d’abord affermis dans leur politique anti tzariste en célébrant la Révolution Orange, puis en approuvant Julia Timochenko. Dubitatifs, ils s’étaient éloignés de Viktor Ianoukovitch, à propos de la prison de Julia pour corruption et jugée par un pouvoir pour le moins aussi corrompu, puis calmés, par la volonté de Viktor de passer à l’Occident.
Tout se précipite après qu’Ianoukovitch ait mangé sa parole et réintégré le camp russe. Gros chambardement, Viktor met les voiles et le « peuple » prend le pouvoir en Ukraine. Ce que voyant, Poutine en profite pour annexer la Crimée occupée essentiellement par des russophones et « donnée » à l’Ukraine par un Khrouchtchev en état d’ivresse, dans les années soixante.
Voilà la presse et les autorités occidentales bien excitées par l’invasion et impuissantes à faire autre chose que protester avec le prétexte d’attentat à la liberté, d’atteinte aux droits des gens, etc. Reste que Poutine avec son gaz et sa puissance militaire, laisse à l’Occident le soin de régler les 140 milliards de dollars de dette extérieure de l’Ukraine. Le détail a quelque chose d’effrayant : 65 milliards payables dans l’année, dont 2 milliards sont destinés au gazier russe Gazprom, pour ses livraisons d’énergie (et encore à un prix d’ami).

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Nous voilà beaux avec un pays pillé par tous les appareils d’État qui s’y sont rempli les poches, l’absence de réserve avec une épargne nulle et un salaire moyen qui n’atteint pas 300 euros !
Pour un pays qui n’est même pas dans la zone euro, voilà qui n’est pas très malin ! Va-t-on faire pour l’Ukraine ce qu’on a fait à grand peine, et encore, pour la Grèce, membre de l’UE ?
Et tout cela pour montrer à Poutine l’ambition d’unification de l’Europe ! Une politique dont nous n’avons pas les moyens ! Le comble, nous traitons Poutine d’expansionniste.
Avant la destitution de Viktor l’économie de l’Ukraine ne survivait que grâce à Moscou. Avec son départ, Poutine récupère la Crimée et coupe l’aide financière. On peut dire ce qu’on veut, mais la stratégie de l’Europe n’est pas fameuse.
Si la démocratie n’a pas de prix, il faudra bien trouver très vite quelque millions de plus en Belgique pour notre participation au sauvetage de l’Ukraine !
Vu les circonstances, nous sommes pour longtemps dans des gesticulations à l’encontre de la Russie pour ne pas perdre la face. Les journaux belges dans leur zèle ont été trop vite emballés. Ils ont agi comme on le leur suggérait, et c’est triste.
Il est probable que l’UE s’allègera d’une manière ou d’une autre du poids de cette démocratie nouvelle en laissant Moscou reprendre sa part du fardeau par l’annexion plus ou moins officielle de la zone orientale russophone. On a déjà vu le scénario au Kosovo.
Évidemment, cela ne se fera pas tout de suite. Il y aura encore une large part de cris et d’indignations. L’Europe est déjà perdante en politique intérieure, elle ne va pas cumuler avec l’externe.
Poutine joue sur du velours. Il n’a qu’à attendre que nous lui abandonnions l’Ukraine en lui recommandant de nous laisser les territoires où on ne parle pas russe. Les Flamands connaissent, ils savent mieux que tout le monde ce qu’il faut faire.
Et si, dans un dernier sursaut d’orgueil, Di Rupo proposait son expérience en « frontière linguistique » pour arranger le coup en Ukraine ?
Il manque à son palmarès un triomphe international, à cet homme là !

21 mars 2014

Double cordon.

Avec le bide du « Marianne Belgique » que j’avais prévu, revient à la surface le problème du déclin de la lecture sur papier au profit de l’électronique, indépendamment de la difficulté rencontrée au « Marianne Belgique » d’avoir des plumes critiques de qualité.
C’est à nouveau la panne d’idées qui ressort du climat actuel par le blocage de qui n’a pas l’imprimatur des quatre groupes (Rossel, Le Hoday, Corelio, Claes et De Nolf).
De là à penser qu’en plus du « cordon sanitaire » pas si moribond que cela, un deuxième cordon existe réellement qui tient au caractère éminemment capitaliste et économique des propriétaires de presse, il n’y a qu’un pas, vite franchi à la lecture des journaux francophones.
Reporter sans frontière (RSF) ne s’y est pas trompé dans son classement mondial de la liberté de la presse faisant reculer la presse belge à la 21me place !
Ce double cordon est un déni au fonctionnement de la démocratie déjà fort mal en point à cause du politique installé en régime dynastique.
Pour rappel le cordon sanitaire était un accord tacite de la presse afin d’éviter de prendre en considération l’opinion d’extrême droite, surtout en Flandre, et l’empêcher d’avoir accès à la presse de grande diffusion. On a vu le peu d’effet sur les citoyens. Ceux-ci se sont sentis plutôt frustrés qu’on leur interdise d’autres perspectives de lectures que celles « autorisées », si bien qu’en Flandre surtout, le cordon sanitaire est devenu un gadget ridicule.
Et de fait, des alliances se font à présent localement entre les partis Open vld et CD&V et la NVA, en attendant mieux au cas où la NVA confirmerait son ascension.
À force de tirer le cordon, la pipelette flamande est sortie de sa loge et a ouvert la porte à tout le monde (ou presque).

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Les Francophones ayant été dispensés du discours d’extrême droite pour la raison qu’il était pratiquement inexistant en Wallonie, le double cordon AJPP-Patrons de presse pourrait très bien revenir en force en francophonie afin d’ostraciser l’extrême gauche, si celle-ci confirme son bon score aux élections du 25 mai.
Ce climat est malsain pour la liberté d’opinion.
La pratique du double cordon est condamnable pour des raisons déontologiques et est aussi contre-productive, car placer des partis et des hommes qui les incarnent dans une éternelle position de victimes et d'opposants, sans que les lecteurs puissent juger de leur capacité à gérer, est tout simplement inadmissible.
L’AJPP ne pourrait dire le contraire. Il existe des consignes qui ont exister et qui existent encore de sa propre initiative ou soutenue par elle selon lesquelles « les médias doivent éviter de parler des partis extrémistes en termes positifs, ne pas donner la parole aux leaders extrémistes et mettre l'accent sur les éventuelles décisions judiciaires à l'encontre de ces partis. »
Bien entendu, le cordon tenu par les patrons de presse s’est plutôt concentré sur la défense du système capitaliste mondialisé. Voilà pourquoi on lit rarement des chroniques d’autres économistes que ceux qui ont leurs pantoufles dans les rédactions du Soir, de la Libre et de Sud Presse et leur casse-croute principal dans les banques.
Indépendamment des petites manœuvres de ceux qui détiennent le pouvoir en Belgique afin de le conserver, pouvoir économique et pouvoir politique parfois confondus et toujours associés, le manque criant de plumes libres est une des plaies de la presse.
Non pas qu’elles n’existent pas, mais assez curieusement les rédactions qui tiennent le haut du pavé ont été tellement bien façonnées par le pouvoir économique et le pouvoir politique, surtout en francophonie, qu’exercer la police dans les journaux leur semble naturel.
Des « nouveaux » magazines du genre « Marianne Belgique » ont préféré couler plutôt qu’ouvrir leur rédaction à ceux qui ont des choses à dire et des enquêtes à faire.
Et ce n’est pas en ressuscitant sous une autre forme, mais avec les mêmes, que la grille des programmes télé en supplément sauvera le navire d’un deuxième naufrage, celui-là définitif.

20 mars 2014

Vocation et votation.

Puisque le régime parlementaire fonctionne mal et va jusqu’à mettre en danger la démocratie, il serait logique d’en tirer les leçons. D’abord une définition s’impose.
Qu’est-ce que la démocratie ?
C’est un système qui prévoit des élections libres afin d’organiser un parlement avec des citoyens ordinaires issus des urnes.
Comment se fait-il que cette définition soit de moins en moins bien accueillie parmi les populations de l’UE ?
28 % seulement d’opinions favorables au système parlementaire actuel en Europe ! Cela signifie aussi une méfiance extrême dans les élus sortis des élections.
Dimanche à l’émission politique de midi de la RTBF quelqu’un a prétendu que l’on pourrait élire des citoyens par tirage au sort. On a ri, évidemment, comme seuls les ignorants, en majorité sur le plateau ce jour là, sont capables. Pourtant l’idée n’est pas neuve et correspond à un désir partagé par une large majorité : il faut casser par tous les moyens ce système de représentation qui envoie toujours les mêmes depuis des partis qu’ils contrôlent.
Faire de la politique ne devrait pas être une profession. Voilà le drame. Il est anormal de voir dans les partis les principaux dirigeants toujours réélus, parler de carrière et finir pensionnés par l’État.
Une large majorité d’électeurs est contre le cumul des mandats, à cause de cela.
Quand, par hasard, un parlementaire connu prend une gamelle, tout de suite il est repêché par son parti pour une sinécure en attendant qu’il se remette en selle. On a même vu, en Belgique, un parlementaire condamné par un tribunal et non éligible pendant une période déterminée, attendre la fin de sa peine à la direction d’un organisme subventionné par le même État !
La professionnalisation de la politique atteint aujourd’hui des sommets qui sont autant de camouflets à la démocratie.
L’Ancien Régime que le peuple a mis par terre à cause du privilège de la naissance est en train de revenir en force sous le vocable des « fils de… ».
De démocratique, le système redevient aristocratique.
D’où l’idée pour casser ces nouveaux « blasonnés », disperser la renaissance des castes et des privilèges, de tirer au sort parmi les citoyens ceux qui auront la tâche « d’incarner » le peuple. On pourrait même, dans un premier temps, mixer les deux. À condition que les élus de caste ne s’arrangent pas pour saboter les autres ?
Combien de fois ne l’ai-je pas écrit sur tous les tons et en toutes circonstances « Les élections des temps modernes dépouillent en fait l’électeur du droit de suite et éventuellement de sanctions des parlementaires qu’il élit. »

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Les débuts de la démocratie n’ont pas toujours été réglés par le suffrage universel. La foule avait son mot à dire, des tribuns issus du peuple avaient autant de légitimité que les professionnels d’aujourd’hui à incarner la Nation. J’entends les sarcasmes d’ici. On ouvrirait la porte au populisme, à l’excès, etc. Justement, non. Il y a dans le peuple une notion du juste et de l’injuste, du bien et du mal, du bon et du mauvais, qui finissent par l’emporter.
Bien sûr, il y aurait des tempêtes, des doutes et des reproches. Qui s’élèverait trop vite finirait par être rejeté le lendemain.
Une vraie démocratie ne peut être que tumultueuse. Un État dans lequel il ne se passe jamais rien officiellement, il y a de fortes chances pour qu’il ne soit démocratique qu’en apparence.
Méfions-nous de ceux qui veulent croire qu’une démocratie heureuse, c’est une démocratie surveillée par la police. Il y a beaucoup de chance, pour que ce soit une démocratie confisquée par une caste, comme celle qui prospère sous nos yeux.

19 mars 2014

Tous idiots ?

On entend bien les patrons se plaindre, comme Colruyt, de la cherté des salaires, surtout les salaires des anciens travailleurs de l’entreprise, les politiques nous parler du manque d’appétit des chômeurs pour l’emploi et enfin de l’absence d’intérêt pour les votes et la démocratie, tout cela brassé par les redites des journaux à leur service, enfin pour couronner le tout, les fausses solutions de l’extrémiste flamand Panda De Wever.
Bien sûr, nous vivons comme nos voisins français dans le doute et la déprime. Et même si cela est légitimé par les pertes sociales d’une population qui n’en peut, par rapport à notre passé, nous vivons sur un énorme déficit : celui d’une absence irréparable de la pensée intelligente des ouvriers de l’entre-deux guerres, dans l’art de faire et de produire, dans l’art d’exister tout simplement.
Certes, on ne s’abêtit pas tout seul. Assez curieusement, c’est le progrès technique qui s’en est chargé. Comment pourrait-il en être autrement attendu que les innovations qui depuis un demi-siècle nous travaillent l’esprit sont la propriété de ceux qui ont intérêt à notre abêtissement !
De cela il ressort que le plus grand déficit dont nous souffrons n'est pas économique, il est intellectuel.
Pourquoi nos « élites » osent-elles tenir les propos préélectoraux à la fois si mièvres et en même temps si irréalistes ? Parce que les industriels et les politiques au pouvoir connaissent parfaitement le résultat de leur œuvre. Ils ont les raisonnements que nous attendons. Ces messieurs-dames nous prennent pour des imbéciles ; puisque nous le sommes devenus ! Ils nous prennent exactement pour ce qu’ils ont devant eux : des naïfs, des immatures et des idiots… mais dans le sens où l’entendait Dostoïevski et c’est là que ça coince. Ils ne nous prêtent pas le désir de nous améliorer, parce qu’ils nous méprisent et ils ne veulent surtout pas admettre que si nous sommes devenus idiots, que c’est à eux que nous le devons.
Plus vite qu’ailleurs, dans une Belgique de compromis, nos « élites » renoncent à leurs promesses. Pour eux, la pire chose serait qu’une population lucide et intelligente leur demande des comptes. Ils paraitraient aussitôt désemparés, impuissants et quelques mois suffiraient pour que l'opinion s’aperçoive qu’ils mentent.
Quels sont les partis qui dominent la politique ? Ceux qui se sont installés dans le professionnalisme afin de préserver l’essentiel : leur propre réélection, plaçant du même coup les Institutions qu’ils semblaient vouloir défendre, dans une crise sans précédent. Une amélioration de la vie, plus de bonheur et des gens heureux, ce programme, ils ne le défendent plus. A part leur réélection, ils marchandent avec le pouvoir économique pour justifier une cohabitation entre le travail et le capital et au passage empocher leur bakchich, ô pas toujours consciemment et sciemment, mais de façon régulière.
Le système économique a éparpillé le travail, parcellisé les tâches, réduit en miettes les savoirs pour plus de rentabilité et de production sans doute, mais en se détachant de la fonction sociale et humaine du travail équilibré et partagé par tous, dans l’unique but de faire du profit.

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On a cru jeter un voile prudent sur le travail manuel, le travail idiot comme chez Colruyt ou ailleurs. Quid de l’universitaire aujourd’hui plongé dans la même galère et à qui on a menti autant qu’au jeune sortant désemparé d’une école technique, école qui n’a surtout pas voulu partager ses problèmes et dont il a fini par se séparer, d’un commun accord d’ailleurs, avec les autorités pédagogiques ?
Le grand échec du PS est éclatant. Il n’est pas parvenu à sortir les défavorisées de la pauvreté, sur le temps qu’au nom de l’efficacité capitaliste, il renonçait à sécuriser les salariés. Celui du MR ne l’est pas moins. Comment peut-on entrer dans la logique d’une mondialisation qui est aux antipodes d’un capitalisme d’intéressement général ?
L’unique solution n’est-elle pas de rendre aux gens leur capacité intellectuelle en ne les humiliant plus et en les considérant enfin comme devrait l’être la multitude, maîtresse d’elle-même et intelligente ?

18 mars 2014

Du bruit pour rien ?

Est-ce le remord de n’avoir pas pris eu sérieux les révélations de Snowden sur la NSA et le rôle de pipelette d’Obama à Washington, faisant semblant d’arranger les bidons et se délectant des potins sur l’Europe à la Maison Blanche, voilà que le parlement européen sort du sommeil profond pour suspendre certains accords avec les USA !
Évidemment, la proximité des élections y est aussi pour quelque chose.
Toujours est-il que le parlement européen a adopté une résolution appelant à la suspension de plusieurs accords avec les États-Unis. Outre la menace d'un rejet de l'accord du TTIP, qui prévoit de créer une zone de libre-échange transatlantique, les députés européens souhaitent geler les accords SWIFT et Safe Harbor.
Bigre ! C’est quasiment une rupture. Les américanolâtres nombreux en Belgique et qui adorent être espionnés par leur Grand Frère vont détester. En plein dans l’affaire de l’invasion de la Crimée, cette résolution européenne tombe à plat et est passée presque inaperçue.
On se souvient des « inventions » des apprentis sorciers de la NSA pour compter nos poils pubiens dans nos chambres à coucher. La découverte de nombreux programmes de surveillance de la NSA pour espionner le monde entier va-t-elle finir par affecter les liens entre l'Union européenne et les États-Unis ? Au moment de l’affaire de Crimée et de l’union sacrée avec l’Ukraine, ce n’est pas le moment le mieux choisi pour remettre en mouvement ce contentieux vieux déjà de quelques mois.
François Hollande s'était d'abord offusqué des révélations de Snowden ; mais, comme on le connaît, sa « colère » fut de courte durée. Les dirigeants transatlantiques attendaient quelques paroles de regrets d’Obama. Il fit le service minimum nécessaire. Et voilà que l'orage médiatique passé, les députés européens qui tremblent pour le renouvellement de leur mandat, remettent ça !
Et les bougres passent à l’action, alors que l’on croyait le parlement européen décoratif ! Ils viennent de voter une résolution à une très large majorité (544 voix pour, 78 voix contre et 60 abstentions) demandant la suspension des accords SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) et des principes du Safe Harbor.
Du coup Angela Merkel passe de la veste orange à la veste noire, Di Roublardo n’endosse plus ostensiblement son veston en sortant de voiture et Hollande reste plongé dans ses ragnagnas avec Sarko !

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SWIFT c’est l’accord sur un programme de surveillance du financement du terrorisme. Les eurodéputés ont eu vent des "allégations selon lesquelles les autorités américaines ont accès aux banques de données de citoyens européens en dehors de l'accord".
Le Safe Harbor, ou "sphère de sécurité", est un accord entre la la Commission européenne et le département du commerce des USA. Avec ce système, une entreprise américaine peut transférer aux États-Unis des données personnelles appartenant à des citoyens européens, moyennant l’acquittement du droit communautaire, bien entendu.
Le communiqué de presse de nos députés européens recommande de ne pas approuver "l'accord final de partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP) avec les États-Unis à moins qu'il ne respecte pleinement les droits fondamentaux de l'UE".
Si nos gazettes proaméricaines n’en pipent mot, c’est quand même crucial pour la connaissance du degré de déliquescence de l’économie mondiale, puisqu’il s’agit d’un pas de plus vers l’abîme, celui d’une vaste zone de libre-échange transatlantique qui nous lierait encore plus dans un système mondialisé aux mains du grand capitalisme.
Le parlement européen serait enfin au service des citoyens ?
En tout cas, il prévient que son feu vert pourrait ne pas être accordé tant que l'espionnage "des institutions et des représentations diplomatiques de l'Union européenne" se poursuit.
Hélas ! ce ne serait peut-être qu’une rodomontade de plus, ce haussement du menton étant non législatif.
Dans le « machin » comme a dit De Gaulle, les chefs d’État de l’Union ont toujours le dernier mot.
Alors, si c’est toujours le cas, on se demande à quoi peut bien servir le parlement européen et on comprend mieux alors que ce qu’y faisait Anne Delvaux ou rien, c’est la même chose. Voilà qui va réjouir son successeur CDH, Claude Rollin, qui n’y va que pour y attendre une retraite sereine.

17 mars 2014

Maroy change de crèmerie

Ah ! que c’était drôle, drôle et affligeant à la fois, Thomas Gadisseux l’ancien faire valoir d’Olivier Maroy interviewant sont ex caporal devant un parterre d’éminents, à l’émission de Mise au point. Le plat du jour : « Pourquoi s’engager en politique », alors que sur la chaîne concurrente, Demoulin baptisait l’émission « Les peoples en politique » ce qui était moins gentil pour Maroy.
Un moment j’ai cru que Maroy avait le don d’ubiquité. En effet les deux chaînes affichaient « en direct » en même temps. Puis, quelques images plus loin, RTL enlevait son papillon. Elle était en différé. Voilà qui aurait propulsé Maroy au sommet des voix de préférences à l’égal de la Vierge de Jalhay.A voir la tête de l’intéressé il était loin de la sérénité un peu extatique de la mère de Jésus. On avait l’impression qu’il regrettait déjà ses pantoufles de la RTBF.
Pour l’occasion on a redécouvert l’insupportable prétention de Jean-Paul Procureur, tranchant de tout, pourfendant tout le monde et soulageant Maroy, par la même occasion.
Un rare moment, l’opinion de Jean Quatremer : il n’a pas la même conception du journalisme qu’Olivier Maroy, lui ne se serait pas laissé « avoir » par la politique. Béatrice Delvaux à la suite, aurait bien voulu suivre, mais sa nature est conciliante. On n’a jamais su son opinion.
Certains arguments de Maroy étaient à débattre. Par exemple, un journaliste ferait-il partie d’une catégorie de citoyens qui ne peuvent pas prendre une option de candidature ?
Madame Russo, ex sénatrice Écolo, s’est dite profondément déçue des limites de son travail fixées par son parti.
Pendant tout le débat la caméra revenait souvent sur Maroy qui avait l’air d’approuver ou de désapprouver tout le monde comme un maître d’école. Il n’avait pas son pareil pour couper les autres suivant une technique dont il dénonçait la pratique, lorsqu’il organisait les débats.
Quel est le prof en communication qui lui dira qu’on ne revient pas sur son « expérience », qu’on ne se met pas dix ans pour réformer la Wallonie, surtout avec les programmes du MR, bref, il manquait de modestie. On peut le comprendre face à un Quatremer autrement plus éloquent, disant ce qu’il pensait des peoples qui se lancent dans le business de la politique, sur une popularité par l’image.

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Maroy n’était pas plus MR que ça, il y a moins d’un mois. C’est la proposition de Charles Michel qui l’a intéressé. Comme conviction profonde, il y a mieux. Si Magnette avait précédé Michel, peut-être Maroy serait-il chez les socialistes ?
Il s’est décidé pour la différence de traitement et de statut, évidemment. Pourquoi aucun politique n’avoue-t-il jamais qu’une carrière, c’est surtout un salaire, des avantages, une pension substantielle ? Surtout au MR…
Voilà un parti qui prône la liberté d’entreprendre et n’est pas gêné de la différence parfois énorme entre les revenus dans l’industrie et la politique, par rapport aux gagne-petit ! Pourquoi un député se gênerait-il pour dire qu’il a choisi de faire de la politique pour le salaire, sinon par crainte d’une impopularité à la suite de sa franchise ?
D’autant que dans le cas de Maroy, c’est tout bonus. Il est élu : il palpe davantage qu’à la RTBF. Dans son cas, il a intérêt à porter la serviette de Michel pendant un certain temps, il assurera sa matérielle sur deux ou trois législatures, sans problème. A la suite d’un vent mauvais le MR perdrait son quatrième député, rien n’est mal fait. Maroy retrouverait à coup sûr ses pantoufles sous le chauffage central de son petit bureau à la RTBF. Après les inaugurations des chrysanthèmes et les foires agricoles, soit six mois de pénalités payées, Maroy peut redevenir le bel oiseau gaffeur et peu intelligent que l’on a toujours connu sur les ondes nationales.
Reste un problème qui n’a pas été abordé ce dimanche. Si Maroy décroche le poste, quid de son épouse à la RTBF ? On se rappelle qu’en France, Anne Sinclair avait abandonné son poste de présentatrice du journal à TF1, Béatrice Schönberg, le sien, en épousant Jean-Louis Borloo et on se souvient des misères faites à Audrey Pulvar, lorsqu’elle était la compagne de Montebourg.
Véronique Barbier va-t-elle écoper parce qu’elle est l’épouse de Maroy ?
Pour ma part, je considère que l’épouse d’un homme politique a le droit de revendiquer une autre opinion que celle de son mari, d’autant qu’en l’occurrence Maroy n’a pas l’air d’être un MR bien résolu, et d’entreprendre la carrière qu’elle veut. C’est son droit. Que Jean-Pierre Jacqmin, lui fiche la paix.
De toute façon, on sait bien que l’opinion de tous les journalistes belges tient dans un mouchoir. C’est du reste ce qui en fait le « déjà vu » et le manque d’intérêt.

16 mars 2014

Poésie dans ce monde de brutes.

On ignore ce que notre Booz endormi national va bien pouvoir raconter à ses admirateurs pour les enchanter une dernière fois avant le 25 mai prochain ?
Sa faucille sans le marteau est faite de l’or d’Hugo. Les chômeurs en comprendront-ils la poésie ? Car Elio est un artiste bobo en son genre, un esthète de gymnase grec, une sorte de sophiste pour Platon de quartier.
Du côté de l’art, son atticisme est mal compris des chômeurs. Corydon a des ratés.
Reste le petit commerce et l’industrie miniature des sous-traitants. Di Rupo connaît le langage du tiroir-caisse autant que Sabine Laruelle. Il est doué pour tirer des traites comme on fait des plans sur la comète. Sa banque est le comptoir vénitien des levantins du XVIme siècle. Son ministère, c’est l’apogée du quattrocento ramassé entre André Cools et lui, celui d’un homme bien ordinaire, maître d’un PS qui s’est fait enfiler par surprise et qui le garde bien profond comme la trace indélébile du chagrin de la gauche.
Comme Elio Di Rupo navigue dans des eaux qui l’éloignent de plus en plus de l'électorat ouvrier classique, il peut présenter ses « confuses » tant qu’il veut, ça va être dur de convaincre l’indécis tombé, au cours de la législature sous le seuil de pauvreté, de voter pour lui.
Pas plus tard qu’aux Magritte de la semaine dernière, il faisait « vieux couple » avec Fadila Laanan, elle en robe voile découvrant de maigres appâts, lui papillonnant couleur graillon, si terne au-dessus de sa chemise blanche, qu’on aurait cru voir son mannequin du musée Grévin. Elle le regardant, comme on regarde un train électrique à la Saint-Nicolas quand on a sept ans, lui faisant semblant de ne pas voir l’admiration muette, deux vieux nounours ensemble pour le plaisir d’une jeunesse des années 75 au cinoche des Grignoux, spécial 3me âge.
C’est donc ça qui préside à nos destinées !
Ça pour lequel les journaux achèvent de perdre des lecteurs à force de flatter l’inflattable !
D’un autre côté, ils sont parfaits pour fournir du carburant aux «extrêmes», elle la bêtise redondante, lui la suffisance sous une mince pellicule de modestie.

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Leur centrisme a fini par conforter la N-VA dans son rôle de premier parti de Belgique. La montée en puissance des boys de Bart est dans l’ordre des choses. Le Flamand est volontiers « droitiste ». Par malheur, le rassemblement PTB, PC, MG n’a pas l’équivalence contraire en Wallonie. Hedebouw pourrait tenter une percée dans le cuir socialiste des Wallons, mais l’habitude est une bien lourde machine ! Le PS sera encore apte à se moquer du monde, cette fois-ci. Le Soir vient de sortir un papier sur le chef du PTB pour aider le PS. Hedebouw serait à deux visages chaud pour le commerce d’un côté et de l’autre, froid comme la guerre du même nom. Le plumitif qui a pondu celle-là a dû être congratulé par le Conseil d’administration.
La bonne radicalisation des électeurs à gauche, ce n’est pas pour demain.
Une société de médiocres a plus d’affinités avec une majorité médiocre. Cela s’appelle des affinités électives.
Di Rupo, c’est TINA (There is no alternative) de Margaret Thatcher.
Les martelés du cartouche du pharaon précédant rappellent que le destin des chefs, c’est d’être un jour mourant, c’est-à-dire remplacés. .
Le Premier ministre passait pour un sauveur après 541 jours des partis en chien de faïence. Les Flamands auraient pris n’importe qui Reynders, Milquet ou Di Rupo. On sait la suite, le choix malheureux, les regrets de Wouter Beke, les gloussements de la famille anversoise, le dégoût de la gantoise, les fureurs brugeoises ; tandis qu’en Wallonie, c’était l’émotion, la vertu au secours de la monarchie…
La soumission a des lois économiques conduit le citoyen à la vision d’un pays qui va mal et qui rétrograde sur les questions de société. Le ralliement wallon à la position flamande en matière économique est chose faite avec le PS. Hedebouw n’a qu’à bien se tenir, par exemple faire moins de 5 % des voix, le Soir l’a à l’œil !

15 mars 2014

Dassault n’y est pour rien.

La disparition d’un avion de la Malaysia Airlines est à la Une depuis une semaine. C’est mieux que celle d’Olivier Maroy de la RTBF qui n’aura tenu que deux jours. Juste le temps de s’apercevoir que dans ou hors des studios, voilà longtemps qu’Olivier Maroy aurait dû s’évanouir dans la nature..
Contrairement à l’avion dont on ne sait rien, Olivier Maroy continue d’émettre des signaux. Il a été repéré sur une estrade à côté de quelques gros porteurs du MR, puis on a perdu sa trace.
On espère pour tout le monde qu’on ne le repérera pas tout de suite.
Il est exclu de demander aux quatre satellites chinois d’étendre le pourtour des recherches au-dessus du boulevard Reyers.
Mais il n’est pas exclu que d’autres journalistes disparaissent des circuits sans qu’on retrouve leur boîte noire. Une flotte complète s’est depuis quelques années égayée dans la politique. Seule Anne Delvaux a été retrouvée. Elle a été mise en hors piste par son directeur de vol. Depuis, elle a quitté l’aérodrome où elle pensait reproduire ses exploits, au profit d’un vieux Douglas de la dernière guerre mondiale, le CSC 2000 (demandeurs d’emplois).
Les disparitions ont également intéressé le PS. On prête à une compagnie concurrente l’intention de réformer le Di Rupo San Valentino, un avion de tourisme qui a le palonnier de travers et, probablement, tout l’arrière de l’appareil en mauvais état.
Bref, l’aviation va mal en ce moment.
On ne perd pas comme ça la trace d’avions dont certains valent très chers.
On a ainsi un vieux coucou de grand luxe qu’on entretient à Uccle Air port à nos frais et qui vient de Liège où il rouillait. Il vole encore, mais occasionnellement. Son permis sera-t-il prorogé après le 25 mai ? On l’ignore. Malaysia Airlines engage en ce moment. Au moins, cet avion de luxe saura où atterrir en cas d’urgence. Son contrôleur aérien, Michel, ne le situe pas bien.
Ce qui est certain, c’est le vol dans les grands magasins qui est le plus répandu, quoiqu’il ne soit pas sans danger. Il existe aussi des vols dans les compagnies par les compagnies elles-mêmes. C’est très tendance et les disparitions y sont fréquentes. Ce sont les usagers qui en sont les victimes lors du paiement des billets et jamais les pilotes.

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Pour en revenir à la disparition de l’avion de la Malaysia Airlines, on dit à présent qu’il a pu encore voler quatre heures après la fin des signaux. Comme on croit qu’il accomplissait un virage à 180°, on peut penser qu’il est revenu à sa base sans que personne ne s’en soit aperçu. Les 240 passagers, pour une raison que l’on ignore auraient tous opté pour l’anonymat. L’Agence Chine Nouvelle croit savoir que c’est en vue d’une demande d’asile pour un pays qui n’est pas encore précisé.
Au Soir, on est effondré. Il faut absolument tenir encore jusqu’à dimanche et on n’a plus rien sur l’avion fantôme !
On a fait le tour des grandes catastrophes aériennes. Il reste les records de vitesse et les exploits des parachutistes.
On pense, si besoin est, de revenir sur le saut à l’élastique d’Olivier Maroy ; mais, on n’est pas sûr de la courbe d’audiences.
Dès lundi, Béatrice Delvaux s’inscrira au club de Temploux pour des sauts avec son nouveau Pilatus PC-6 Turbo Porter. On assure qu’il est plus solide que l’autre et qu’il ne disparaîtra pas aussi facilement. Il faut dire que pour le précédent, on n’avait pas eu besoin des satellites chinois pour le localiser, ce qui est tout à l’honneur de la technique belge en matière de repérage. C’est d’autant plus remarquable que le Pilatus disparu ne disposait même pas de boîte noire !
On se demande ce que le gouvernement malaisien attend pour demander l’aide de la police de Namur qui retrouva un appareil dix minutes après sa disparition !

14 mars 2014

L’affreux mélange !

À l’antienne « les salaires sont trop élevés en Belgique », il fallait bien ajouter un petit plus. C’est le directeur du personnel de Colruyt qui l’a trouvé : "les travailleurs plus âgés coûtent trop cher".
Il paraît qu’il s’est pendu à la sonnette de tous les faire-valoir de la presse pour nous dire ça !
Et ça ne marche pas mal, puisqu’il a été entendu et que le malheureux qui a condensé la pensée du directeur du personnel, s’est bien gardé d’y mettre un petit commentaire.
Donc « le système actuel qui prévoit que les travailleurs ayant plus d'ancienneté gagnent toujours plus que les travailleurs plus jeunes n'est plus tenable » sous-entend que l’on compte pour rien l’expérience et le savoir-faire du travailleur âgé. Admettons que pour travailler chez Colruyt on n’ait besoin que d’un système nerveux et de bons bras, c’est une façon implicite de reconnaître que dans cette entreprise on s’y abrutit plutôt qu’on ne s’y instruit.
Les voilà bien les entreprises modernes qui n’ont besoin et de façon momentanée que d’une main-d’œuvre « mécanique » comme une machine, et que ces malheureux ne comptent pour rien dans l’organisation réfléchie du travail !
Colruyt serait donc la parfaite entreprise pour la formation de robot-humain. On n’y entre que pour perdre peu à peu toute valeur personnelle. En toute logique, dans ces conditions, un jeune devrait évidemment gagner plus qu’un vieux, puisque le premier a une capacité de travail machinal musculairement supérieure.

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Il n’en reste pas moins que Koen Demaesschalck, le distingué chef du personnel de cette estimable entreprise, se contredit dans les nombreuses interviews qu’il condescend de donner.
A la question « Quelle est la qualité la plus importante que vous attendez de tout collaborateur Colruyt ?
Le phénix de répondre : « afficher une bonne attitude ancrée dans les valeurs de l’entreprise, qu’il montre l’envie d’être au service du client, le sens de l’initiative et l’esprit d’entreprendre sont également importants : c’est l’ambition de faire la différence et de faire bouger les choses. Enfin, il importe aussi d’avoir l’ouverture nécessaire que pour de temps en temps faire son propre bilan et montrer la volonté d’apprendre sans cesse. »
Puis, sans vergogne, Koen Demaesschalck dit le contraire dans les pages du quotidien De Tijd.
« Un collaborateur chez Colruyt qui a 20 ans d'ancienneté gagne dans certains cas près de 25% de plus qu'un collègue qui commence dans la même fonction. L'ancienneté doit peser moins dans le salaire. La forme et l'ampleur des primes liées à l'ancienneté ont des conséquences perverses. Les travailleurs plus âgés coûtent trop chers. »
Alors quoi, on voudrait que celui qui acquiert au prix d’un effort de tous les jours les qualités que son chef souhaite, gagne moins ou la même chose que le petit nouveau ? Dans un job où « Les compétences peuvent en définitive toujours être acquises et améliorées », voilà une drôle de manière de remercier les gens.
C’est ça qui le travaille le chef du personnel, les 25 % de plus ! Quand on connaît les salaires pratiqués chez Colruyt même avec 25 % de plus que le salaire de base, il n’y a pas de quoi bambocher tous les samedis soirs !
Le génie des petits pois maison réfléchit à des "solutions créatives" afin de diminuer l'impact de l'ancienneté.
On l’aura compris, sale temps pour l’embauche dans cette boîte. Et je plains les chômeurs qui sont obligés, pour passer entre les gouttes du FOREM, de s’aller vendre chez Colruyt.
Cependant tout n’est pas négatif et si, pour une fois, Koen Demaesschalck était logique avec lui-même, il devrait faire remarquer bien poliment à Jef Colruyt, son patron bien aimé, qu’il prend de l’âge et que son ancienneté a coûté 2,54 millions d'euros en 2012 pour une performance qui stagne, alors que ses enfants et petits-enfants pourraient faire mieux, parce que plus jeunes, avec un salaire moindre de 25 %.
Mais je rêve. Il parait que cela ne va pas ainsi en terre capitaliste. Tout ce qu’on en dit, n’est évidemment pas interchangeable. On n’y mélange pas les torchons avec les serviettes.

13 mars 2014

Un Citoyen ordinaire.

On repasse actuellement les plats de la sarkozye et on reparle du trublion de droite, quoique momentanément à la retraite, avec délectation ou mépris. C’est peut-être d’une certaine manière ce qu’il souhaitait, tant le personnage a horreur de l’ombre.
La multiplication des affaires le concernant est effarante, les coïncidences nombreuses et les traces sont encore existantes d’une confusion de la conduite des affaires d’État avec le renforcement du pouvoir et du bénéfice personnel.
Mais enfin, les présomptions ne sont pas des preuves.
A cela s’ajoutent Buisson et les écoutes de la police.
L’UMP tentent des manœuvres dilatoires en faisant diversion sur les personnages clés du pouvoir : Hollande, Ayrault, Valls, Taubira.
Si on joint à cela la mauvaise santé financière de la France, voilà longtemps que l’on n’avait plus vu un tel remue-ménage et un si grand danger de basculement dans l’inconnu, avec les élections prochaines.
Les enregistrements de Sarkozy intime par Patrick Buisson ne modifient pas l’image que les Français ont de l’ancien président, majoritairement négative, mais de peu sur une opinion favorable et inconditionnelle.
Les écoutes par voie de justice de Sarkozy sur une enquête d’un financement libyen éventuel de la campagne de 2007 faisant rebondir l’affaire Bettencourt pour laquelle l’ex président avait bénéficié d’un non-lieu, recevaient la cerise sur le gâteau par la perquisition chez Maître Thierry Herzog, l’avocat de Sarkozy.
C’est compliqué. Il faut suivre. Et même pour les Belges fort intéressés par la politique française, la vivacité des débats et l’intelligence qui s’y déploie ne sont pas toujours compréhensibles. La presse belge par son manque de pugnacité et son manque de belles plumes dans ses rédactions n’offre que peu d’attraits, d’où l’intérêt non déguisé pour la politique française des Wallons et des Bruxellois. Les grands journaux belges sont en partie responsables de ce transfert d’intérêt pour nos voisins. À leur lecture on a l’impression désagréable que ces gens ne font pas bien leur métier. En effet, comment ne pas voir qu’il y a deux Belgique et que celle sur laquelle ils écrivent, n’est pas celle dans laquelle on vit.
Revenons à la France. Ces événements espacés dans le temps et différents entre eux provoquent des remous autour de Nicolas Sarkozy. Ils risquent de le victimiser, avec des conséquences qu’il est difficile d’apprécier à chaud. On sait l’art de Sarkozy de prendre l’événement brut et d’en chercher un avantage. Sarkozy dans un rôle de victime ? Pourquoi pas, il a déjà joué avec succès dans ce registre. D’autant que les perquisitions chez Maître Herzog ont provoqué un tollé de protestations chez les avocats, le bâtonnier parisien en tête. Ils s’inquiètent d’atteintes graves et répétées du secret professionnel garanti par l’Etat de droit.
Quant à imaginer que ces enquêtes le concernant sont des coups montés au plus haut niveau pour l’empêcher d’être à nouveau candidat à la présidence en 2017, il faut être Nadine Morano pour en être convaincue.
La vérité, c’est que Sarkozy n’admet pas d’être un justiciable ordinaire. S’il dispose encore d’une immunité sur la conduite de l’État de son ancien mandat, il est redevenu monsieur tout le monde en passant les clés de l’Élysée à François Hollande. Adieu les tapis rouges, les valets ouvrant les voitures, les visites d’État à État, les « tu » à Barak et Angela.
C’est comme si Reynders redevenu simple citoyen plaidait au pro deo le vol à l’étalage d’un Roumain sans papier, devant le Tribunal correctionnel de Mons.

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Il se forge dans l’esprit de ces gens là une sorte de rancœur dans le sentiment que c’est déchoir que de vivre un quotidien ne disposant que d’une voix tous les quatre ou cinq ans. C’est-à-dire sans aucune prise sur les événements, d’être de moins en moins reconnu dans la rue, de ne plus être consulté, de n’avoir plus les mielleux propos d’un Maroy qui vous encense, de ne plus cumuler les mandats qui s’ajoutent sur le compte en banque, de changer de chemise deux ou trois fois par jour, de recevoir qui on veut à table ouverte dans le ministère dont on est le patron, bref de ne plus se voir beau, superbe et important.

12 mars 2014

Une info honteuse.

Établir une hiérarchie dans les événements et mieux présenter un sujet que l’on estime plus important qu’un autre, c’est le rôle, en général, des responsables de la mise-en-page dans la presse écrite et des directeurs responsables de l’information dans les télévisions, en toute partialité et fausse bonne conscience.
Le premier critère, c’est d’abord honorer le contrat qui lie le journaliste au propriétaire du journal. En télé, c’est calquer sa déontologie sur celle de ses chefs. Un canard tenu par un grand libéral ne fera pas la une d’Elio sortant de la piscine de Mons dans le slip rouge moulant télévisuel qu’on lui connaît. Il passera à la deux ou à la trois dans le cadre des nouvelles régionales et on demandera à l’humoriste maison une légende caustique sous le cliché.
Le deuxième critère est le goût du public pour le people. Tous les journaux s’en défendent et pourtant tous y succombent ou regrettent de ne pas y succomber. Les journalistes se bouchent le nez devant le genre d’info qui dénude dans les deux sens du terme la star ou le voyou du jour qui fait vendre, comme le personnage politique suffisamment sulfureux pour faire de la recette. Pourtant, le papier noirci vendu grâce à certains scoops fait réfléchir le comptable qui est en chaque pigiste : si la presse du cul sauvait de la faillite la presse « sérieuse » ?
Il y a cependant des infos sur le compte desquelles la gauche et la droite se sont trompées, non pas sur l’importance de l’événement, mais sur l’intérêt qu’il aura suscité chez les principaux intéressés. D’autres enfin, passeront inaperçus parce qu’ils échappent à la réflexion commune, parce qu’ils sentent le soufre et qu’il vaut mieux les ignorer.
Personne, par exemple, n’a osé critiquer la manifestation de lundi en faveur des chômeurs qui vont être radiés en janvier 2015, sauf exciter les voyageurs sans bus et les automobilistes dans les bouchons.
La droite n’a pas osé et la gauche s’est défilée.
Pourtant, c’est simple. En Wallonie 30.000 personnes seront concernées. Or, chiffres de la FGTB à l’appui, il y avait en tout 15.000 manifestants dont la plupart étaient des travailleurs grévistes qui n’entraient pas dans les critères des chômeurs qui perdront leur droit à être indemnisés en janvier 2015. Peut-être en glanant des informations dans les différentes provinces, y avait-il cinq à six mille manifestants qui perdront effectivement leurs droits.
Alors, si je comprends bien ce calcul très approximatif mais pouvant correspondre à une réalité, il y avait ce lundi autour de 20.000 futurs rayés qui n’ont même pas pris la peine de défiler avec ceux qui ont perdu une journée de travail pour les soutenir !
Voilà qui est étrange.

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Je sais bien que ce genre d’information est à prendre avec des pincettes. Elle tendrait à prouver quoi au juste ?
Que les gens qui sont dans le pétrin se désintéressent de leur propre sort ?
On voit bien qu’un journal de gauche ou le PTB ne peut pas expliquer ce phénomène de renoncement pour le moins étrange, sans être dans l’embarras.
Un libéral non plus, attendu que ce mouvement veut bien économiser sur le dos des plus pauvres, mais qu’il est exclu de s’en vanter, par peur de faire de la contrepropagande.
L’extrême droite, encore moins, puisqu’elle fait son beurre des mécontents de tous les milieux, y compris des plus défavorisés. Eh oui ! Il existe des futurs exclus qui votent pour ceux qui les excluent.
Le milieu anarchiste, peut-être, mais ce n’est pas sûr, puisqu’ils sont trop peu nombreux pour faire l’impasse et que ce n’est pas la quantité qui fait l’action, mais la minorité agissante.
Alors voilà, nous sommes dans le déni d’une situation qui mériterait une réflexion critique dont on ne parle pas, parce qu’elle aurait des conséquences à tous les niveaux.
Tant pis. Je serai le seul. Quant aux conclusions, je me garderai bien d’en avancer une, me contentant de passer pour un salaud pour les uns et un con pour les autres.

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11 mars 2014

Il a osé !

D’abord, ils ont osé ! Le 1er janvier prochain, 50.000 chômeurs se verront exclus d’allocations. Ce lundi, des citoyens inquiets se sont réunis dans différentes villes wallonnes du pays question de marquer le coup.
Et que font-ils passer en primeur à la Télé ? Le temps qu’il fait !
Ensuite, il a osé ! Olivier Maroy nous dit entre les mots sur l’estrade à côté du chauve aux sourcils charbonneux « J’ai un capital de voix grâce à l’exposition de ma personne dans les étranges lucarnes. Je vous ai bien eus au sujet de mon impartialité dans les numéros de "Mise au point ". En réalité je suis un MR de conviction et de longue date. La RTBF est une pépinière de journalistes qui troquent volontiers leurs médiocres salaires pour une place de député. On en a même vu un tellement écœuré, qu’il a œuvré au Standard FC de Liège. À Flagey, je n’ai jamais mouillé ma chemise, aussi j’ai des réserves de transpiration que je dédie à Charles Michel. »
On se disait aussi, la dernière interview de Didier Reynders, cet air de connivence !
Dimanche prochain, le nouveau MR ne coupera plus la parole des gens qu’il n’aime pas de manière parfois assez grossière, pour prendre le thé avec les vedettes libérales, entre deux sourires de bonheur. Il n’aura plus besoin de feindre l’impartialité.
Baudouin Remy et Thomas Gadisseux s’inscrivent dans le parcours de Maroy, pour les mêmes inintéressantes balivernes.
Moins légèrement, ce lundi il y avait une autre actualité plus proche des réalités du pays que la danseuse du quadrille de « Mise au point » rendant ses chaussons.
Thierry Bodson n’a pas tort, aucune Région ne sauvera son standing en affamant ses travailleurs malchanceux. On devine les drames sociaux, les désastres dans certains quartiers misérables de Liège et de Charleroi.
Certes Olivier Maroy pense sauver ses enfants en jouant perso, mais journaliste balbutiant, il ne peut être que mauvais penseur : il ne sauvera pas ses enfants dans une économie à sens unique qui ne joue pas collectif. Il ne les sauvera pas avec l’esprit de boutiquier qu’animent les Michel, père et fils. Il les sauvera avec l’ensemble des gens.
50.000 au national, 30.000 en Wallonie et dans ceux-là sans doute autour de 12.000 rien que pour Charleroi et peut-être 10.000 pour Liège, c’est l’effectif d’une division, en terme guerrier, qui va perdre statut et dignité.

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Et disons le, c’est sur le thème de la guerre que le gouvernement Di Rupo finit son temps. L’Histoire ne retiendra de lui que son socialisme de capitulation en rase campagne.
A vrai dire, pour en finir avec Maroy, l’Histoire, sans doute, ne retiendra rien de lui.
Cette façon d’enlever le pain de la bouche des gens, mesure contre laquelle on a protesté ce lundi pourrait rapporter 300 millions au Fédéral, mais les CPAS devront compenser. Si bien que l’économie réelle devrait être inférieure à 100 millions d’€ !
Thierry Bodson compte faire "pression sur les partis politiques ». Justement, les libéraux ont un petit nouveau que Bodson connaît bien.
Ces 50.000 envoyés à la casse sociale ne se seront pas complètement évaporés dans le pot-bouille des familles. Double avantage pour le gouvernement Di Rupo-Onkelinx-Reynders, ils sortiront des calculs (déjà bidons) du nombre de chômeurs, et les bureaux de placement pourront même licencier quelques employés.
C’est bien que des syndicats et des partis de gauche se bougent un peu le cul avant les élections de mai prochain..
Ce n’est pas tous les jours qu’on voit un gouvernement à participation socialiste et qui plus est avec un premier ministre du même tonneau, procéder à un dégraissage de cette ampleur.
Quand on pense que Paul Magnette essaie de nous endormir avec ses cantines gratuites pour les élèves ! C’est sans doute en prévision du pain qu’on va retirer de la bouche des parents, qu’il prévoit une politique de secours et d’assistance à l’enfance.
Si Mon-Mons’tre fait toujours partie de la fine fleur après les élections, quelles seront les concessions qu’il devra lâcher à Bart De Wever ? On s’en régale à l’avance.
Une société ne mesure pas son degré de civilisation par ses grands travaux, son classement parmi les puissances mondiales, mais par son humanité et le niveau de vie de tous.
Qu’importe que nous comptions une pincée de millionnaires de plus, un parc automobile en expansion, des parlementaires bien nourris et des bienheureux gros et gras dans les cultes officiels, si une grande partie de la jeunesse se désespère, qu’un salaire n’est plus suffisant pour faire vivre une famille décemment et que les contrats précaires et à temps partiel soient l’apanage des femmes et des plus faibles ?
C’est inutile de se goberger de grands mots, de confier à des illustres le soin de nous diriger, si c’est pour faire le constat qu’en 2014, on vit moins bien que trente ans plus tôt !
Cette Belgique là, je la laisse à Monsieur le futur député Olivier Maroy.

10 mars 2014

Vladimir, François, Barak et les autres.

On a trouvé plus de traces du Boeing 777 de Malaysia Airlines disparu, que d’Obama dans l’affaire de la Crimée !
Barak arrive au terme de son deuxième mandat, mais tout de même ! Les américanolâtres sont déçus. Tous les deux jours les États-Unis envisagent de nouvelles mesures faute de progrès. Tout ce qu’on sait, c’est la décision de réduire la dotation de l’US Army. Là, on n’envisage pas, c’est sûr.
Est-ce que cela a un rapport ?
On n’en sait rien. C’est juste que le budget ne permet plus des déploiements de navires, surtout les porte-avions et que les drones, même perfectionnés, ne peuvent pas tout. Ils sont devenus des gadgets pas cher d’étudiants pauvres.
Voilà que Hollande relance Obama par téléphone et lui soutire une déclaration commune. En-dessous des 20 % d’opinions favorables, Hollande n’intéresse plus personne. Son initiative passe complètement inaperçue.
Un coup de fil ne vaudra jamais une conférence de presse, avec les drapeaux derrière et les journalistes devant. Avec le décalage horaire, l’appel téléphonique doit se faire tôt le matin du côté français ou tard le soir du côté américain. Sinon, c’est Hollande surpris dans une virée nocturne en scooter, ou Barak en charentaise avec Michelle en nuisette.
Beaucoup de chance pour que Poutine n’obtempère pas de retirer ses soldats sans insigne et ses chars sans inscription cyrillique.
On sait ce que Hollande a dit "faute de progrès en ce sens, de nouvelles mesures seraient prises, qui affecteraient sensiblement les relations entre la communauté internationale et la Russie, ce qui n'est dans l'intérêt de personne", puisque le tout était libellé dans la langue de Molière et que si cela avait été Obama on l’aurait senti à la traduction.
Viktor Ianoukovitch, parti pour la Russie pour un bon bout de temps, est d’accord avec son ami Poutine, Khrouchtchev était saoul, le jour où il a donné la Crimée à l’Ukraine. C’est drôle qu’un homme qui se dit toujours président de l’Ukraine veuille se séparer d’un morceau de son territoire ! Peut-être que lui aussi n’est pas dans un état normal ?
Reste que les mouvements des troupes russes s’accélèrent. C’est même curieux tous ces mouvements. Pour faire quoi ? Les Ukrainiens s’en vont. Le référendum n’est même plus nécessaire. De toute façon, quand les militaires organisent un référendum, il est toujours truqué.

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Ce sera pour le 16 mars, laissant ainsi à Obama et Hollande l’annonce de deux nouvelles mesures, peut-être trois, puisque la vitesse de croisière est une annonce tous les deux jours.
Sans autres explications pour ce qui est encore l’Ukraine en Crimée, c’est peu. Il est vrai que l’opposition n’existe pas et que l’unanimité est certaine pour Poutine. Comme il l’a déclaré lors de sa conférence de presse, Vladimir n’a pas un seul soldat en Crimée. Les uniformes sont ceux des partisans rattachistes. Donc, ces militaires bénévoles iront voter. Il se pourrait, dans ces conditions, que le score soit supérieur à 100 %, ce serait du jamais vu. Quoique cela ne veuille rien dire. Kadhafi n’a-t-il pas été renversé en Libye malgré un référendum de 99 % d’opinions favorables ?
Tout le monde veut sortir de la crise, sauf Poutine qui s’y trouve bien.
Si la Russie acceptait ne serait-ce qu’un groupe de contact, cela arrangerait tout le monde. On voit comment les émissaires occidentaux sont reçus.
Seul à conserver son amour intact pour la Russie, Jean-Pierre Chevènement garde une estime entière à Vladimir et souhaite qu’on fiche la paix à des gens qui l’ont gagnée pour nous en 1945.
Il n’a pas tort non plus.
Alors, si tout le monde a raison, que le référendum est connu d’avance et que Hollande et Obama se téléphonent tous les deux jours, si on laissait les Criméliens devenir des Poutiniens ?
D’accord il y aurait 40 % de citoyens qui ne seraient pas de cet avis et alors ? Il y a bien 80 % de citoyens français qui ne sont plus d’accord avec Hollande. Est-ce pour cela qu’ils l’empêchent de téléphoner à Barak ?

9 mars 2014

Une belge différence…

En Belgique, on adore la politique… française !
Il s’y passe toutes les semaines un événement, un rebondissement d’histoire ancienne. Chez nous, rien ! Non pas que nous n’ayons jamais des dérapages, que nos élites soient irréprochables, mais il est impossible de les raconter. Ils ne viennent jamais aux oreilles du public.
Les mœurs politiques du pays ne sont pas les mêmes.
L’alternance : en France, il y a une gauche – même molle – et une droite – même centriste. Jusqu’à preuve du contraire, elles sont à couteau tiré. Elles s’épient et attendent d’être au pouvoir pour défaire ce que l’autre a fait.
En Belgique, il n’y a ni gauche, ni droite, mais un énorme paquet de voix à chercher au centre, le tout fait un gouvernement de légos, violets, verts, bleus, avec des variantes. La majorité est pastel ! Si bien que les programmes s’annulent par l’imbrication et la promiscuité des autres, et quand, par hasard, une affaire affleure, elle est tout de suite éteinte par la lenteur même d’une justice, qui ne connaît le flagrant délit, que pour les menus larcins du peuple. Nous n’avons plus de politiciens mais des « apoliticiens ».
Une autre raison aussi, tout le monde se connaît. L’Haut Lieu est un vaste salon où l’on cause. Cette promiscuité des partis dans des gouvernements d’union soude les ministres entre eux.
Les diversités ne se retrouvent qu’à quinze jours des élections. Alors, on se critique. Mais, c’est pour la frime. Ces quinze jours, c’est la période de carnaval des partis. Ils se déguisent en bouffon pour amuser le public. Personne n’est dupe et après le vote, ils se retrouvent tous pour former le gouvernement suivant.
En France, les batailles sont âpres et les enjeux mieux définis. La justice s’efforce de garder sa sérénité. Mais elle est atteinte indirectement par les affaires qu’elle traite, à cause de sa proximité avec les deux courants de pouvoir. Elle n’est indépendante que dans la mesure où les magistrats coupent les ponts avec les partis et se sont défaits d’opinions préalables. Mais, on n’y peut rien, le syndicat de la magistrature est de gauche et les hauts magistrats de droite.
En Belgique, c’est simple, la magistrature est conforme à l’image que l’on s’est faite une fois pour toutes d’un pays doté d’une monarchie constitutionnelle catholique et militante. Tous les magistrats sont conservateurs, quel que soit le parti d’origine, comme le souhaite la Constitution en termes voilés. Ils sont donc tous intrinsèquement d’accord. Si bien que les Lois ont l’air de n’être faites que pour les gens de peu qui écopent lourdement par l’effet d’une sorte d’élection censitaire de leurs juges.
L’effet est immédiat selon la morale de la fable de Lafontaine : « Selon que vous serez, puissant ou misérable… ».
Les anciennes affaires « politiques » qui traduisaient devant la justice la partie maffieuse du parti socialiste à la suite de l’assassinat d’André Cools se sont éteintes avec Guy Mathot. La venue au centre du PS et l’allégeance de son conducator Di Rupo à la social-démocratie ont définitivement fermé les conflits entre les juges et le PS. Les notables ont reconnu en lui un des leurs et le PS, est aujourd’hui un parti bourgeois bien utile pour tempérer les syndicats.
Il n’y a aucune incompatibilité dans les opinions de la magistrature. On peut être franc-maçon et chrétien, libéral et socialiste, pencher pour le constitutionnaliste Delpérée ou son alter ego Marc Uyttendaele. L’essentiel c’est l’économie de marché, avec une vision monarchiste de l’État.
Pendant ce temps, le système électif français à deux tours clive en deux alternatives possibles la direction du pays. Pour y donner un semblant de justice, on vote deux fois pour tout et y compris pour le chef de l’Etat.

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Une monarchie a ceci de particulier que le suffrage universel n’y existe pas vraiment puisqu’on ne vote jamais pour elle. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Les présidents français que nous connaissons ne donnent pas l’image d’une réussite. Sauf que chez eux une présidence calamiteuse se limite à cinq ans, tandis qu’une royauté, c’est à vie.
Le tout est fortement tempéré par l’incapacité du peuple à se définir dans une démocratie par délégation, qui aboutit à sa confiscation pure et simple par les notables.
L’un dans l’autre et par comparaison des deux pays, c’est la France qui semble dotée d’une vie démocratique plus active, avec des rebondissements qui peuvent atteindre n’importe qui et y compris les anciens chefs d’État.
La Belgique a développé un système dans lequel les pouvoirs se tiennent dans un respect commun, contre ce qui apparaît être leur seul ennemi : la multitude ! C’est un réflexe typiquement bourgeois qui nous suit et se transforme selon les circonstances depuis 1831. Il englobe les institutions et se cristallise autour des notables. Il baptise démocratie ce qui n’en est que l’apparence. On pourrait définir le régime comme étant une particratie sous contrôle, mettant en évidence une sorte de despotisme feutré, méfiant et cependant « éclairé », à la merci d’un olibrius du genre de Bart De Wever. Non pas que Bart De Wever ne soit pas un des leurs, au contraire ; mais il est doté de ce que l’on déteste le plus chez les notables, le pouvoir d’éclairer à sa guise grâce à une parole rhéostatique.

8 mars 2014

Quand Médor donne la papatte !

Piteux 11h02 du journal le Soir de ce vendredi : des journalistes balbutiants et confus, à propos du stemtest, cet instrument qui devrait éclairer les futurs électeurs et qui n’a pas repris le PTB dans le panel des partis.
Un mot d’abord sur le bidule : le Stemtest développé par la RTBF/La Libre/De Standaard/la VRT a pour mission de mettre à disposition de l’électeur, les programmes des partis. La démarche pourrait paraître honorable sous deux conditions : que les partis soient tous représentés, ce qui n’est pas le cas, et qu’ils soient bien représentatifs de l’opinion publique, ce qui l’est encore moins.
Que le 11h02 de la gazette bruxelloise n’ait même pas abordé ces deux conditions en dit long sur l’incapacité de la presse belge à comprendre la société contemporaine.
À vouloir équilibrer les débats politiques, nos journalistes invitent toujours les mêmes têtes de gondole des partis. A croire qu’il n’y a qu’une poignée de gens intelligents en Belgique ! Ils affichent ainsi leur impuissance à donner la parole aux citoyens.
De véritables gisements de pensées utiles ne sont pas exploités. On dirait que l’intelligence, la culture et les vérités populaires sont impropres à la consommation. On cherche la raison de leur éloignement ? La peur de perdre l’emploi de journaliste ? Le manque de talent ? Une vague idée droitière de ce qu’est la mission d’un journal ?
Ce jeudi sur France 5, Claude Weil – enfin un bon journaliste – rédacteur en chef du Nouvel Observateur, dans un débat à propos de Patrick Buisson, a dit en quelques mots le malaise général de nos démocraties. Quoique n’analysant que la française, on aura compris que la belge est à mettre dans le même sac.
J’ai noté au passage ce qu’il a répondu à Yves Calvi dans les premières minutes de l’émission, qu’on veuille me pardonner cette retranscription dont j’ai dû faire les liens, mais qui est fidèle dans son esprit.
« Nous assistons à une décomposition du système politique. Il ne représente plus l’opinion française et surtout, n’incarne plus l’espérance d’un monde meilleur. Ce qui est l’essence même de la démocratie. Le sentiment profond de la population est que la politique n’a pas de solution aux problèmes actuels. Le pouvoir ne tient que par la Constitution. » etc.
Jamais on n’a lu ou entendu de pareils propos sous la plume ou dans la bouche d’un journaliste belge d’un talent équivalent.

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Claude Weil n’est pas n’importe qui.
Il a une belle conscience morale et ne parle pas pour ne rien dire. Il n’est pas le seul. Sans être vraiment du métier, Roland Cayrol et combien d’autres nous font respirer un autre air. Ils nous rendent plus intelligent. Parmi les sociologues et philosophes Michel Wieviorka trouve, lui aussi, que la population désavoue aujourd’hui l’orientation qui est prise par les acteurs du pouvoir politique en France. C’est une sorte de maltraitance de la démocratie, que l’on pourrait traduire par « le pouvoir se moque du monde ».
Ces représentants de la presse et des universités françaises recouvrent largement une opinion tout aussi répandue en Belgique qu’elle l’est en France, sauf qu’en Belgique les personnalités équivalentes ne la reconnaissent pas
Pour en revenir au pipi de chat du 11h02 du Soir, il est certain que les petits partis ont beaucoup de mal à se faire entendre en Belgique. Ils ne reflètent pas l’opinion à la perfection, parfois ils s’en écartent davantage que les grands partis, mais ils ont un avantage que les autres n’ont plus : ils existent pour la plupart à ras de terre, près des gens. On peut croiser leurs dirigeants sur les trottoirs, les interpeller dans des salles de réunion de très petites dimensions et sans interférence avec les grandes oreilles de la politique devenues si étrangères.
Certes, on ne s’y exprime pas toujours à la façon de nos grands communicateurs ; mais le fond est plus souvent lourd de sens et de raison, que l’habituel brouet universitaire.
Que nos « élites » exposent les programmes aux foules ébaubies et muettes, c’est dans l’esprit de leur démocratie. Qu’ils soient obligés de nouer des alliances de gouvernement et donc de faire des compromis de ces programmes, c’est compréhensible. Mais qu’ils ne communiquent jamais la nature de leurs compromis et jusqu’où ils sont prêts à aller, montrent bien le mépris qu’ils nous portent.
Et c’est là où ça ne va plus pour Claude Weil.
Nous ne sommes plus les acteurs de la politique de ce pays. Nous sommes des figurants.
Étonnons-nous que nous ne soyons plus intéressés par le spectacle !

7 mars 2014

Quand l’Amérique dételle.

Il est rare qu’une actualité, fût-elle guerrière, tienne le rythme maximum une semaine durant. C’est pourtant le cas de l’Ukraine, grâce à des rebondissements de crise et à la tournure internationale que l’affaire a prise.
En marge de l’évolution du conflit qui passe d’interne à externe avec l’intervention russe, deux remarques.
La première, c’est le paradoxe chinois. Voilà un pays, allié de la Russie, qui a toujours défendu farouchement la non ingérence des autres dans la conduite interne en Chine, et ce depuis l’affaire du Tibet, la Chine considérant que le Tibet est un territoire Chinois, les pays occidentaux le déniant. C’est le raisonnement soutenu à l’ONU par la Chine pour la question syrienne. Et voilà que la Russie, de manière peu nette mais vérifiable quand même, s’ingère dans les affaires internes de l’Ukraine en occupant la Crimée et Pékin ne dit rien !
Il y a là deux poids, deux mesures qui jettent une lumière trouble sur la crédibilité de ce pays.
La seconde remarque tient à la conférence de presse de Poutine sur la situation en Crimée. L’histoire des équipements que l’on peut acheter partout et qui vous font passer pour un soldat russe est, certes, faite sur mesure pour l’opinion russe. Poutine crédite ainsi la révolte des russophones de Crimée contre les putschistes de Kiev. Mais qui cela trompe-t-il dans les milieux bien informés à Moscou ? Pourtant, aucun journaliste accrédité en Russie n’a relevé le mensonge ; alors qu’il était très facile de démontrer que l’important charroi de camions et de blindés s’il n’avait aucun signe distinctif peint sur les tôles et que les servants des machines n’avaient ni insigne, ni grade, les plaques minéralogiques des véhicules étaient bien ceux de l’armée de Poutine.
C’est ce qui s’appelle une presse muselée.
Et cette constatation est la plus inquiétante. Car, cette approche de toute information des journalistes russes est désormais suspecte. On peut remercier Vladimir de nous l’avoir fait observer indirectement.
Pour le reste, nul ne sait comment on va pouvoir, à l’Est comme à l’Ouest, trouver une solution pour que l’affaire finisse en eau de boudin, sans perdre la face.
Un qui l’a déjà perdue c’est Obama.
Les rodomontades c’est fini. Quand le président des USA avertit Poutine qu’une agression armée contre l’Ukraine serait porteuse de conséquences et que l’agression se fait quand même, jusqu’à présent sans effusion de sang, et qu’il n’y a comme conséquences que quelques menaces d’ordre financier, on peut dire qu’Obama se dégonfle aux yeux de l’opinion internationale et affaiblit la position de l’Amérique, tandis qu’il renforce l’image d’un Poutine volontaire et énergique.
C’est une autre façon de montrer aux yeux des dictateurs du monde entier que le roi est nu et que l’Amérique n’est plus ce qu’elle était.
C’est bon pour la paix, certes, mais ça donne des idées aux Émules de Bachar el-Assad. Et, d’une autre manière, ça pourrait permettre aux pays musulmans de relever la tête et d’accabler Israël en renforçant leurs aides aux Palestiniens.

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Comme on voit, le conflit ukrainien éclaire aussi de façon crue une Amérique en proie au doute et à la crise, sabrant dans son potentiel militaire et rognant ainsi elle-même ses canines.
Nous n’en serons pas tristes.
Un agresseur en moins dans la bagarre, c’est d’une certaine façon désamorcer le conflit.
Mais l’ivresse de la victoire peut enflammer l’enthousiasme du vainqueur. Surtout que l’Europe se présente en maillot de corps et fort incapable de monter sur le ring.
Il ne nous reste qu’un espoir, celui de croire en la mansuétude de Poutine.
Il ment à ses journalistes comme il respire. Pourquoi s’arrêterait-il à faire valoir « son bon droit » en volant au secours de ses compatriotes ? Puisque dorénavant nous ne sommes pas en mesure de lui opposer de la résistance, il faut bien faire comme eux et faire semblant de croire ce qu’il dit.

6 mars 2014

Réunions confidentielles.

Les partis politiques français sont unanimes sur les enregistrements des réunions à l'Elysée, réalisés en 2011 à l'insu de Nicolas Sarkozy par son conseiller Patrick Buisson, c’est une honte et une incroyable duplicité d’un membre du cabinet de la présidence de la République à l’égard du chef de l’État.
Ces enregistrements se sont retrouvés dans le Canard Enchaîné et sur le site Atlantico, sans que, c’est normal, les journalistes dévoilent les sources.
Tous s’en remettront. Cependant l’opinion condamne ce sulfureux personnage qu’est Buisson.
Et encore, on n’a pas tout lu et tout entendu de ces enregistrements. Attendons la suite. Il existerait encore des dizaines d’heures d’écoute.
De l’avis général, ces révélations, outre qu’elles sentent l’égout, n’offrent jusqu’à présent aucun intérêt, pas de secret d’État, aucune révélation fracassante, a fortiori, pour nous autres Belges.
Si, quand même, les supporters qui peuplent encore les meetings et les réunions électorales, ces badauds aux couleurs de leur homme politique favori, la larme à l’œil dès qu’il parle, des bravos à se blesser les mains dès qu’il finit, devraient quand même en tirer quelques leçons.
Sous l’apparence et le brillant parfois, il y a le personnage privé, terre à terre, parfois trivial, un homme enfin que l’on ne connaît pas du tout.
Et ces bandes sons nous les révèlent, tels qu’ils sont, balbutiants, vulgaires, discourtois, méchants… attachant de l’importance à la façon d’être montrés aux foules par la presse, les télés et tout ce qui peut faire que les gens s’extasient sur leurs performances, leur amour de la chose publique, leur dévouement inébranlable.
Des hommes parmi les hommes et que vaut n’importe qui (JP Sartre).
On peut imaginer nos têtes de gondole à l’ombre des estrades, loin des micros, en dialogue avec d’autres personnages, des complices, alter ego.
– Quand je pense que je dois encore m’appuyer la réunion d’Ans !...
– T’as pas que des amis dans le coin.
– Des cons qui veulent ma peau, plutôt…
– Qu’est-ce que tu comptes faire ?
– Je les emmerde, tiens !...
Là-dessus, gueule enfarinée, large sourire, paroles mesurées, le second présente le premier à vingt-cinq caciques éparpillés dans une salle de cent vingt places.
Puis après trois quarts d’heure d’un discours à la syntaxe impeccable et à la haute élévation morale, l’orateur s’en va pisser en coulisse avec celui qui l’a présenté.
– Comment j’étais ? Je crois que je les ai eus !
– Oui. Dans le mille Mimil… Comme d’habitude, t’es toujours bon à Ans. Tu vois d’ici Fernand à ta place…
– …ce con ! Il est encore dans le comité de soutien ?
– Hélas !... et toujours en position d’être élu…
– T’as pas fini avec lui…
Heureusement que Patrick Buisson est un cas unique. Se faire piquer ses cassettes par les flics ou vendues par des proches, c’est ballot quand même.
Rue de la Loi, c’est pareil. On pourrait imaginer des choses en voyant remuer leurs lèvres à distance. Que peuvent-ils se dire ?

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Et à l’Europe, Rond-point Schumann, avant les réunions sur l’Ukraine.
– …soir Lolo, t’es venu en avion ?
– Figure-toi qu’il m’en est arrivé une bien bonne.
– Raconte ?
– Cet imbécile de Monségur, mon adjoint au sous-chef de cabinet, devait me remettre des notes sur la Crimée.
– Et alors ?
– Il m’a fichu la liste des achats que je devais faire pour ma femme en sortant d’Orly.
– Merde, qu’est-ce que tu vas faire ?
– On va m’envoyer ces fichues notes par courrier électronique.
– Tu vas pouvoir assurer.
– Ici, c’est certain… mais pas ce soir à la maison…
Quand je vous disais que les documents de Buisson sont plus intéressants pour l’ambiance qui règne dans les réunions de la dernière chance, que pour ce qu’on y dit.

5 mars 2014

Allô le conflit ? Ici Didier…

On se croirait revenu aux temps héroïques de la guerre froide.
De 1947 à 1989, l’appellation d’Orwell « Cold War » du conflit mondial - l’arme au pied - a fait florès. Nous nous étions proclamés « Monde Libre » ! Cela supposait qu’en face on ne l’était pas.
On remit à l’ordre du jour un vieux truc de Machiavel : celui de la juste cause.
Succès formidable ! Les travailleurs du monde occidental se sont détournés du communisme. Celui-ci s’est effondré faute de partisans, dans l’ignominie des dirigeants concussionnaires et prévaricateurs. Eût-il été moins influencé par les médias et la presse, que le peuple eût peut-être rendu vertueux les successeurs des dirigeants corrompus de l’URSS ?
N’ayant rien appris et rien compris nous revoilà repartis pour un reaganisme bis.
Ce qu’il y a de surprenant, c’est l’attitude d’Obama. On dirait qu’il a réussi la fusion de Nixon et de Reagan dans sa personne !
Certes, les batteries de presse sont là pour ouvrir le feu. Bien sûr les interviews chocs nous donnent bonne conscience pour une intervention, qui n’aura pas lieu. Ce qui est visé, c’est l’indignation. Un indigné est acquis à l’avance à la démocratie, version Wall Street. Stéphane Hessel est mort trop tôt ! Il aurait dû voir ça !
Est-ce bien raisonnable ?
L’intervention de la Russie en Crimée est si surprenante qu’elle a pris de court nos penseurs, sauf Bernard-Henry Lévy. L’occupation par la force d’un État voisin ne se pratique plus de nos jours entre pays à la même économie libérale.
Comme tout se passe depuis les états-majors des banques, Obama a cru malin de menacer la Russie de sanctions économiques. Du coup, les singes copieurs d’Europe ont fait pareil. On a même entendu des économistes préconiser l’arrêt d’achat de gaz russe, privant ainsi ce pays des seules rentrées considérables qui assurent la fortune de ses dirigeants, mais aussi les choux et la vodka du peuple. Ils avaient tout simplement oublié les conséquences pour les occidentaux : l’arrêt d’une bonne partie de leurs activités grandes consommatrices d’énergie. Au moment des vaches maigres, de l’austérité et des suites d’une crise profonde, on ne peut pas dire que c’était une bonne idée.
A la suite du conflit, il semble que la Crimée, sous influence russe, va déclarer son indépendance. Et alors ? Le « cadeau » de Nikita Khrouchtchev à l’Ukraine serait repris par Poutine soixante ans plus tard, qu’est-ce que cela veut dire, sinon qu’on demande rarement l’avis des gens dans les découpages « stratégiques ». Les Africains en savent quelque chose. Nous aussi en Belgique avec le tracé de cette mirobolante frontière linguistique, unique en son genre, réprimant l’inévitable mouvement des langues parlées, nous sommes servis !
La Russie ne joue pas le jeu, entend-on, voilà qui secoue nos élites.
Hier matin Daniel Cohn-Bendit à la radio n’avait pas de mots assez durs pour stigmatiser l’attitude d’un Mélenchon.
Le leader du Front de Gauche n’est pas convaincu de l’altruisme « des patriotes » de Kiev, du moins de ceux qui les représentent. Que Mélenchon ne soit pas en phase avec la sensibilité de l’Europe pour l’Ukraine, c’est tout à fait compréhensible. Dany, jadis le Rouge, a tranché, Mélenchon est un trotskiste version 1930.
Je n’ai pas la prétention de dire lequel des deux a tort. Je ne tire ce que je sais, que de ce que je vois. Or, les temps sont durs dans nos démocraties pour un bon tiers de la population et très moyens pour un autre tiers. Tout le monde sait que depuis qu’il appartient au tiers restant, Daniel Cohn-Bendit ne se reconnaît plus dans le jeune révolté de mai 68.

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Quand les Etats-Unis foncent en Irak ou soutiennent un gouvernement corrompu en Afghanistan, c’est pour tôt ou tard se retirer, après avoir « pacifié » le pays et donné à ses dirigeants des notions du bien et du mal. On voit le résultat. On pourrait aussi avoir le même type de raisonnement du côté russe, mais le fait est : la Crimée est à 60 % russophone.
Heureusement, les pays aujourd’hui en viennent rarement à des conflits armés pour des territoires. La guerre des Malouines est, en ce sens, une dernière guerre coloniale.
Kiev serait plus avisé de s’accommoder de ses russophones et de les laisser choisir librement le pays dans lequel ils voudraient être.
Nous devrions plutôt essayer de régler en Belgique une autre liberté, celle de pouvoir s’exprimer dans la langue que l’on veut partout sur ce petit territoire.
Que nous ayons échoué, ne nous autorise pas à vouloir donner des conseils aux autres.

4 mars 2014

Effets in fine de manche.

On ne se méfie pas assez des avocats qui font de la politique, surtout ceux qui parviennent à être ministre.
Les avocats qui ont réussi – sauf deux ou trois grands histrioniques – sont ceux qui ont quitté leur métier très tôt. Ils ont choisi la voie parlementaire plutôt que le pro deo, ou, pire, les affaires. Il y a dans le métier, le rapport du demi-dieu à l’ilote, qui n’est pas sans rappeler le monde antique.
C’est le cas de Joëlle Milquet, à la droite de Zeus, mise en poème par Gérard Deprez, l’Anacréon volubile, au temps du PSC. Depuis, elle n’a plus quitté l’Olympe et plus porté de robe noire, sauf dans les soirées mondaines.
Ministre de l’intérieur, elle compense son manque de tout, par un bagout de VRP. Son pouvoir de présenter des projets de loi au Parlement, lui rappelle les Palais de Justice et les lectures du Code. Elle en profite et en savoure les instants.
Son art de légiférer a trouvé son apogée en ce 1er janvier.
A vue d’œil, les citadins ont toujours voulu se préserver de tout ce qui peut les contrarier dans la rue. Les Aventuriers de l’Arche perdue ne sont pas légion en Belgique, sauf vouloir pousser les Ukrainiens à en découdre avec les Russes, à domicile nos Capons ont peur de tout, s’effraient pour un rien, se claquemurent à la tombée du jour et demandent à Milquet de les protéger dans les ruelles.
Nos culs serrés vont être servis.
La ministre de l’intérieur vient de livrer à l’approbation de ses pairs, sous peine de voir le pays sombrer dans l’anarchie, une liste d’incivilités et de comportements inappropriés.
Beaucoup de ratons laveurs font de cette loi un inventaire à la Prévert qui prêterait à sourire, si tout ce paquet d’interdictions n’attentait à nos libertés.
Dorénavant, il sera interdit de s'asseoir sur le dossier d'un banc public ; un air par un artiste des rues, sur une clarinette sonnant faux sera sifflé par les flics ; lancer des boules de neige (côté flamand) ; véhiculer des malades infectieux jusqu’à l’hôpital, ce service relevant des ambulances ; faire des réunions cyclistes à plus de dix vélos, en circuit dans nos villages ardennais, etc.
On sent que Joëlle est inspirée 24 heures sur 24. On la devine au lit, puis se levant brusquement :
– Chérie, t’es pas bien ?
– T’inquiète. Je viens encore d’en trouver une…

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Le public ne s’était pas rendu compte. Il avait crié bravo ! Les voyous n’avaient qu’à bien se tenir. Sauf qu’on a pincé la semaine dernière un petit vieux bien propre qui jetait ses ordures ménagères sur les voies de chemin de fer par dessus une clôture grillagée de la SNCB ! Il était un des plus virulents contre les malpropres et des malpolis du quartier.
Au départ populaire, la loi a été rapidement contestée par des mouvements de jeunes, des syndicats et même des avocats ! Les parquets généraux ont tiqué à propos d'un texte depuis entre les mains de la Cour constitutionnelle, qui devra se prononcer sur son bien fondé. Avec le bidule de Milquet, un gamin de 14 ans peut débourser jusqu’à 175 euros, pour un mégot par terre. "Une somme qui sera de toute façon payée par les parents et n'aura aucune valeur éducative", nous explique un journaliste du Monde. Autre objection du même : comment justifier vis-à-vis de jeunes une loi qui interdit le jet de boules de neige en région flamande (avec une sanction record de 120 euros à Termonde) mais pas en Wallonie ?
Ce sont les Communes qui sanctionneront et établiront les tarifs. Bonsoir les exactions, les imbécillités et les abus de pouvoir ! On avait déjà les flics pour apprécier. Dorénavant, ils ne seront plus tout à fait seuls !
Au fait, Milquet ne se présente-t-elle pas sur une liste électorale du 25 mai ?

3 mars 2014

Ponzi sheme bis.

Vendredi, dans les sous-sols du parking Delhaize, l’arnaque était plaisante. Trois joviaux représentants d’une association de fantaisie interpellaient la clientèle afin de recueillir des signatures contre l’excision des femmes de Kinshasa. Ils brandissaient chacun une feuille soigneusement tenue d’une certaine manière. Qui n’approuverait pas une telle démarche ? Sauf qu’à la dernière colonne masquée justement par le pouce du démarcheur, le signataire devait indiquer la somme versée. Et, les bougres réclamaient vingt euros minimum !
Comment faire pour se défiler, alors que vous aviez signé et inscrit nom et qualités ?
Pour ne pas faire un scandale, et puis les arnaqueurs étaient drôles, je marchandai mon opposition aux maquerelles exciseuses de Kinshasa à 5 euros. Ce qui fut accepté avec force soupirs et roulement d’yeux attristés. Pour un peu, j’avais l’air d’aider à la coupe des clitoris africains.
Pourquoi était-ce une arnaque ?
La façon habile et apparemment gratuite de vous demander une signature sur un document pour une bonne cause et puis d’être sommé, presqu’une obligation, d’ouvrir le portemonnaie s’appelle une arnaque à la main forcée.
Je n’avais pas encore quitté le parking que nos beaux oiseaux exotiques s’envolaient ! Une voiture de police faisait un petit tour de ronde.
Ces arnaqueurs touchaient les gens par le cœur. Il y a gros à parier qu’il n’y avait que des braves gens parmi les arnaqués, pour qui 20 €, c’est beaucoup.
Ces joviaux garçons exerçaient leur petite rapine au bas de l’échelle des arnaques, parmi le petit peuple, pauvre, parfois indigent, avec un cœur « gros comme ça ».
Les riches ne marchent pas dans ces combines. Ils ne tombent que dans le panneau d’escrocs de haut vol. Faire croire à un riche qu’il va doubler facilement ses gains, est le plus sûr moyen de se faire des ronds sur « la bête ». On ne les aura pas aux trémolos d’une pseudo bonne cause.
Stéphane Bleus n’est pas de Kinshasa, l’excision de l’intéresse pas. Il n’écume pas le marché du boulevard Lumumba pour des francs congolais. Il fait dans l’extraction des comptes en banque. Et ça marche ! Pas besoin de se les geler dans un parking du Delhaize. Il suffit de reprendre le truc de Ponzi qui fonctionne toujours à merveille depuis 1920 !
En un mot, le truc remis sur les rails par Madoff est un montage financier qui rémunère les investissements des clients sur les fonds des nouveaux entrants. Quand les sommes procurées par les nouveaux entrants ne suffisent plus à couvrir les rémunérations des clients, l’escroquerie est dévoilée. C’est le scandale. Madoff a risqué un coup de trop. Il est en tôle pour un bout de temps.

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Stéphane Bleus est plus prudent. Il a mis les voiles au bon moment.
Il lui paraissait que 100 millions d'euros étaient une belle cagnotte. Avec un regret, sans doute, il voulait s'attirer les faveurs de l'Eglise pour que celle-ci investisse dans son Ponzi show.
Ceci pour démontrer qu’on n’a pas le riche par le cœur, mais par le goût du fric, gagné vite fait bien fait et si possible sans impôt. Les rois du black, ce sont eux, quasiment intouchables, protégés par les lois torves, les discours enthousiastes de ces autres escrocs de la politique qui font croire aux pigeons du parking Delhaize, qu’il faut détaxer les riches pour créer des emplois !
Quand ils se font saigner par plus vautours qu’eux, les riches s’indignent par avocats interposés sur les bancs du tribunal de commerce ou de correctionnelle. La mine dépitée d’Enrico Mathias qui doit rembourser 30 millions d’€ à une curatelle de faillite, alors qu’il n’en a perçu que dix, fait peine à voir. Qu’avait-il à vouloir tirer plus de ses ritournelles qui l’ont propulsé dans la Jet-society ?
C’est le côté minable du capitalisme qu’on nous montre là. Ces fortunes acquises, brassées, dépensées, escroquées, c’est le résultat du travail accompli par des générations de travailleurs pauvres.
La société libérale, à peine a-t-elle proclamé l’égalité de tous ses membres, s’efforce de les ranger en ordre de quantité décroissante dans l’intention d’exclure les plus défavorisés (J-P Sartre)… l’arnaque dérange le processus. Il est pris peu aux petits et beaucoup aux gros. Voilà qui rétablit une sorte d’égalité.

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2 mars 2014

La fleur au fusil !

Le monde regarde estomaqué les événements d’Ukraine.
Que pouvons-nous sur leur déroulement, nous, lecteurs de la presse et consommateurs des nouvelles télévisées ? Rien. Et qu’y comprenons-nous ? Idem.
La faute à Rouletabille qui nous raconte n’importe quoi, sachant que nous ne l’écoutons que d’une oreille distraite, la tête dans les nuages d’une Europe d’Épinal.
Il y a à peine trois jours, l’Europe roulait des mécaniques. Les journaux s’enthousiasmaient de l’amour des Ukrainiens pour nous. Il y avait même quelques déçus par Barroso qui se reprenaient à espérer du Rond-point Schumann.
Bravant le danger, nos hardis reporters interviewaient des insurgés armés de gourdins et protégés par de grands couvercles de marmite. On entendait siffler des balles tirées par les hommes de main du Président Viktor Ianoukovitch.
Quelques heures plus tard, Ianoukovitch en fuite, un gouvernement se mettait en place. On visitait la datcha luxueuse du tyran. Van Rompuy appelait le peuple Ukrainien au triomphe modeste et serein. Timochenko revenait en fauteuil roulant et faisait oublier dans les pleurs qu’elle avait été l’égale ou presque de Ianoukovitch dans la corruption.
Qu’importe, on la trouva bouffie, mais admirable.
Bref, l’Europe venait de s’assurer un peuple de fervents qui frappait à sa porte. On allait voir avec le FMI comment régler la dette de l’Ukraine. Barak Obama parlait du triomphe de la démocratie.
Ce samedi soir, on s’est réveillé d’une sieste heureuse de fin d’après-midi au deuxième acte de la Libération de l’Ukraine qui s’appelle « Crimée, nous voilà » et qui vire au cauchemar.
Les Russophones sont plus nombreux qu’on le croyait. La Russie détient dans ses mains des cartes économiques bien plus importantes que celles de nos brelans bancaires et nous n’avons pas d’armée comparable à celle de la Russie pour lever le menton dans les endroits stratégiques où les populations hissent le drapeau de Poutine.
Du coup, la démocratie replie son matériel de campagne. Ianoukovitch jure qu’on ne l’a pas destitué et les journalistes européens téléphonent à leurs confrères de Moscou pour avoir des nouvelles fraîches.
Dans la rue, on croit que ça va être la guerre, comme au temps de Staline. Les plus farfelus disent qu’avec un ex champion du monde de boxe du côté occidental et un autre du même acabit du côté russe, on n’a qu’à faire un match en quinze rounds, pour départager les deux blocs.

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Qu’on se rassure. Il va y avoir encore quelques journées de gesticulation de notre côté, mais nous n’avons pas d’armée ! Sinon, tout au moins quelques embryons épars. Mieux que du temps de Staline, les chars de Poutine sont à 48 heures du Manneken-Pis.
Le plus dur ce sera d’expliquer aux Européens que, tout compte fait, on avait oublié la forte minorité russophone et que la Russie est la seule à pouvoir tenir l’Ukraine la tête hors de l’eau et, dans le cas contraire, si elle ferme le robinet, mettre le gaz russe en bonbonnes à Bruxelles pour l’expédier à Kiev, est pire encore que le pont aérien imaginé par les Américains pour approvisionner les Alliés à Berlin, au temps de la guerre froide.
Il est toujours fâcheux d’avoir un triomphe prématuré.
Les guerres du passé n’avaient pas d’autre départ que celui-là.
Napoléon III allait bouffer Bismarck. On a vu le général Bazaine vert de peur et claquemuré dans Metz, déconvenue ! L’oncle de Badinguet avait fait mieux à Waterloo. Il attendait Grouchy, ce fut Blücher. De l’autre côté, ce n’est pas mal non plus. Hitler en 40 dansait la gigue devant la UFA, à la nouvelle de la percée de Sedan. Il finit par se suicider dans son bunker de la Chancellerie, cinq ans plus tard.
Si Kiev en colère a chassé les pourris du pouvoir, l’ennuyeux c’est que les honnêtes ne sont pas légion non plus de l’autre côté. Comment cimenter un pays dans une réconciliation générale, quand toutes les têtes de gondole sont à mettre au rebut ?
Qui veut enfourcher son blanc destrier pour pourfendre au nom de la démocratie des ploutocrates malhonnêtes jusqu’à Belgorod en terre russe !
Personne !
Alors, hein ! Messieurs les journalistes de la retenue. Ce n’est pas que la démocratie n’est plus ce qu’elle était, la démocratie n’a jamais été ce qu’on croyait qu’elle serait.
L’Ukraine refuse de répondre à une provocation ? Elle a bien raison. Et nous ferions mieux d’éviter de la pousser dans le dos, dans la crainte qu’elle ne fasse des conneries !

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1 mars 2014

Sparkirupo contre Thundercracker.

On y est en plein ! On se demandait pourquoi brusquement les Wallons prenaient des allures d’automates. Nous sommes devenus à l’insu de notre plein, gré, comme dirait Richard Virenque, des Decepticons.
Pas des Deathtrons dans la version japonaise, non !... belle et bien des personnages méchants américano-européens sensibles, des Decepticons à l’état pur. On ne sait pas encore quelle nation pourrait passer pour des Autobots, les USA peut-être ?
Pourtant notre nourriture principalement de mâchefer est encore abondante et nos huiles offrent toujours leurs burettes gratuites à l’achat d’un baril de pétrole.
Déçus nous le sommes depuis 2008 et cons, depuis toujours. D’où la contraction.
J’en ai eu la révélation cet après-midi devant le parterre d’habitude si remarquablement arrangé de la place Cathédrale. Ce décor est absolument adapté à notre destin de transformer, des extraterrestre se satisfaisant de planchers de bois brut peints en rouge et jetés avec un certain art qui fait tout pour ressembler à la vie sur la planète Cyberton.
Je me suis pincé. J’étais bien en tôle peinte. Je me suis rassuré.

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Mais, à l’inverse du film, notre structure métallique ne recèle pas un ADN supérieur à l’homme des cavernes que nous fûmes dans les jours anciens quand nous cohabitions avec des quadrumanes sur la planète des singes, au contraire, à cause des circonstances et des mots appris par cœur notre ADN est égal à celui du ver à bois !
Ainsi nous sommes rassurés par deux positions : la marche avant et la marche arrière. La troisième nous est inconnue et c’est très bien ainsi.
Pour le reste, c’est parfait : pas de cœur, pas de conscience et une capacité de travail étonnante. Si étonnante même qu’elle n’est pas entièrement exploitée, d’où la rouille que l’on voit parfois chez les Decepticons chômeurs.
Notre étincelle vitale, c’est Sparkirupo qui nous l’insuffle. C’est une sorte d'élément surnaturel qui correspond à notre âme et nous force à l’aimer.
Le 25 mai nous aurons fini une série Animutants. Nous affronterons d’autres robots de la Galaxie plus agressifs que nous encore. Les Ménaprites ou Malapris ont une opinion très négative des Decepticons. Leur chef, Thundercracker d’Anvers, nous voit comme une vermine à anéantir. Ils suivent la logique de la survie du plus fort, et sont constamment en lutte pour leur place dans la hiérarchie de l’astéroïde Belgica où ils sont majoritaires.
Dans l’épisode du 25 mai, les Transformers les plus endurants et les plus intelligents ne mollissent pas, mais ils causent aussi des problèmes de coopération, et, bien qu'ils arrivent à agir en équipe avec un semblant de stratégie, leur union est souvent très relative. Même le chef doit s'imposer par la force et rester sur ses gardes pour ne pas être détrôné.
Dans la version originale de Transformers, les Decepticons sont reconnaissables à leurs boutonnières roses. Ils ont les yeux rouges, alors que les Mélaprites ont les yeux jaunes et l’iris en forme de lion noir dressé.
Il y a dans la séquence un Frenzy célib. Qui protège les Decepticons. Il a les yeux bleus en concurrence avec le Cybernaute d’Uccle, Didjérien de naissance, mais devenu hyperactif grâce à son goût pour le chef Thundercracker Bart.
C’est toute cette histoire que nous racontent les palettes peintes en rouge sang d’humain de la place Cathédrale.
Allez y jeter un œil, n’oubliez pas d’arborer la rose coupe-file à la boutonnière, sans quoi vous risqueriez de tomber dans les pinces d’acier suédois des Ménaprites.
Du coup, l’enfilade des rues, vous paraîtra propice à un voyage intersidéral, bien loin de cet astéroïde qui pourrait – mais c’est dans le prochain épisode – s’approcher dangereusement de la terre et s’écraser quelque part dans l’océan dégoûtant, entre les 4X4 de Coq-Sur-Mer et les clones d’Antwerpen-station.

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