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20 octobre 2017

Nécessaire propriété collective.

J’ai toujours eu un faible pour les livres d’occasion, indépendamment du fait qu’ils coûtent moins chers. Penser qu’on n’est pas le seul à avoir feuilleté et lu l’ouvrage qu’on tient dans ses mains procurent une sensation particulière, celle de n’être pas l’unique lecteur à en avoir respiré l’ennui ou le plaisir.
C’est d’autant enrichissant que les ouvrages sérieux, enfin destinés à l’étude ou à la recherche, sont souvent raturés, soulignés, annotés, au point que pour gagner du temps, on fait confiance aux lecteurs précédents. Il suffit d’ouvrir à la page annotée pour aller à l’essentiel d’un chapitre et s’épargner le fastidieux du reste. C’est une sorte de testament olographe que laisse le prédécesseur. Il ne reste plus qu’à déposer un commentaire en-dessous de l’autre pour espérer que l’œuvre ainsi augmentée bénéficie à quelqu’un d’autre.
Justement, en avoir été celui-là donne une idée du collectif.
Parler du collectif, en ces années de braderie d’une droite conquérante pour distribuer au privé des activités anciennes, c’est mettre en garde contre les appétits privés, ce que la gauche a toujours protégé : les services publics à la responsabilité de l’État, c’est-à-dire des citoyens!
Beaucoup de biens des particuliers ont un caractère collectif, sans que cela soit toujours bien perçu de l’utilisateur.
Les économistes appellent ce collectif « externalité ».
Positives, quand elles sont avantageuses à des tiers et négatives, quand elles sont désavantageuses, les externalités sont des pièces d’un puzzle social que Charles Michel et les siens s’ingénient à détruire parce qu’ils leur semblent que moins il y a d’État, plus la société est prospère. Ils oublient que moins il y a d’État, plus fragile est la démocratie et plus grand est le risque, qu’il n’y ait plus de lien social et donc d’État !
La conviction libérale est en train de changer de camp pour ce qui concerne la propriété du privé des biens collectifs, grâce à la prise de conscience des problèmes de pollution.
La privatisation est impossible dans ce domaine. Elle nous conduirait à un simulacre de réalisation, en même temps qu’une politique dilatoire en tirerait du profit, sans pour autant régler le problème des pesticides, des moteurs diesel, des déchets ménagers et du destin final de l’électricité par l’atome.
L’existence des externalités (confier le collectif au privé) montre les limites que Charles Michel et ses pareils à l’Europe tentent de dépasser, dans l’intention d’affaiblir l’État au profit de l’économie de marché.

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Comment l’État peut-il se bien comporter dans la gestion du collectif, si ceux qui en ont la responsabilité, c’est-à-dire le MR et le CDH à la Région, ont intérêt à ce que l’opinion le déconsidère, afin de tirer argument pour la liquidation de ses entreprises ?
Comme écrivit Victor Hugo (autrement), on ne peut pas empêcher le collectif d’apprécier le parfum de la rose, quand bien même son propriétaire ne le voudrait pas.
Le système économique est en train de mettre directement en danger les liens sociaux qui font la démocratie.
Il le fait de manière inconsciente, un peu comme quelqu’un qui tombe à l’eau ne sachant pas nager et s’agrippant à ce qu’il trouve, finit par se noyer avec quelqu’un d’autre.

19 octobre 2017

Addiction et perversion.

Les gazettes : « Des experts psychiatriques indépendants pour libérer Marc Dutroux: son avocat va demander qu'ils se rendent en prison pour l'examiner. »
Voilà deux ou trois ans que cycliquement l’affaire de la libération conditionnelle de Marc Dutroux remonte à la surface, puis le monstre replonge dans les abysses de sa prison.
Toute indépendante qu’elle soit, on sait bien que la justice tient compte de l’opinion publique et, dans le cas de Dutroux, c’est tant mieux.
L’opinion publique est formellement pour la détention à vie de l’assassin Dutroux, avocat ou non, bon droit ou légalité de la demande de relaxe sous condition.
Pour ne pas qu’il établisse un record de durée de détention, il serait souhaitable qu’il ne vive pas trop vieux. C’est ce qu’il ressort de l’opinion des gens dans une sorte d’unanimité jamais atteinte sur tout autre sujet.
L’affaire Vanderlinden, le violeur-tueur de sa voisine, le je-m’en-foutisme de la police liégeoise au suivi de ce multirécidiviste, le bruit autour du magnat hollywoodien Weinstein Harvey, le prédateur des starlettes, renforceraient plutôt l’opinion de conserver Dutroux bien au chaud entre quatre murs.
Cette chronique serait superflue pour n’avancer que les banalités de ce qui précède.
Elle n’a de sens que pour ce qui suit.
Les gazettes font du n’importe quoi, comme d’habitude, au sujet des rapports délictueux entre les hommes et les femmes, en matière de sexe.
Pourtant, les erreurs seraient très rapidement corrigées si nos gazetiers prenaient la peine de se renseigner auprès d’un psy qui soit plus scientifique que charlatan. Les plus avertis, avec seulement la lecture des articles concernés dans le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), seraient édifiés.

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L’addiction au sexe n’existe pas. Harvey Weinstein clame partout qu’il va se faire soigner, à seule fin de faire croire qu’il va sortir guéri dans six mois. Il raconte des craques et on les diffuse avec la complaisance que l’on doit aux riches, même déconsidérés.
On éprouve une addiction pour une drogue, de l’alcool, du chocolat, du tabac, mais pas pour un être humain.
La nature est riche dans sa diversité, il y a des personnes qui ont de plus gros besoin à satisfaire leur pulsion sexuelle, que d’autres. On ne peut pas considérer comme un délit d’aimer le sexe jusqu’à la performance.
Weinstein, Vanderlinden et Dutroux n’entrent pas dans les hyper performants vaincus par l’excessif de leurs besoins. Si ça se trouve, ils sont dépourvus d’un attribut de compétition et très éloignés d’être des athlètes du sexe, leur point d’orgue pourrait être lent, laborieux et non intense, sinon inexistant.
En considérant leur nature à la lumière de ce qu’ils ont fait, ils tombent dans la catégorie des pervers.
Les perversions forment l’essentiel du DSM !
Ce qu’il faut en retenir est simple. Les perversions ne se guérissent jamais ! Il n’y a pas de remède et il n’est même pas dit que la castration soit à 100 % efficace.
Il y a des périodes de rémission, même de remords qui sont sincères et que l’on peut mettre au palmarès des soins et des méthodes de réinsertion. Mais, les rechutes sont inévitables, parfois brutales, en tout cas certaines, quoique le temps, c’est-à-dire l’âge du pervers, peut soit accélérer ou décélérer la perversion.
Des pervers comme Weinstein, Vanderlinden et Dutroux le seront toute leur vie. Si le premier n’a pas tué, il constitue comme les deux autres un danger permanent. Ce sont des bombes à retardement dont la justice a conscience, qu’en les relâchant dans la société leur peine accomplie, ils peuvent récidiver. Encore que Weinstein ne sera probablement jamais condamné. Ces personnes souffrent d’anomalies psychiques. Ils n’ont pas leur place en prison, mais dans un asile d’aliénés.
Ce que la justice fait en les condamnant à des peines de prison n’enlève aucun des risques, lorsque libérés, ils se fondent dans la foule anonyme.
La controverse tourne autour de la manière dont cette perversité s’acquiert et se développe. Est-elle innée, naît-on pervers ou le devient-on ? S’il existe des pervers quasiment inoffensifs, toute perversion peut conduire au pire.
Tous les pervers ne sont ni en prison, ni en hôpital psychiatrique. Certains assumeront leur perversion sans nuire à personne sinon à eux-mêmes. On ne peut sanctionner que ceux qui contreviennent à la loi. Mais alors, qu’en faire ?
Weinstein a développé sa perversité en acquérant de la notoriété liée à l’argent, ouvrier du bâtiment, peut-être se fût-il contenté de siffler sur le pas des belles passantes et dépenser la moitié de sa paie d’un coup, dans un bordel le samedi soir ? Michèle Martin avait des aptitudes à la perversité, un psychisme malléable et favorable. Dutroux lui aura fourni les moyens de son accomplissement. Si par elle-même, elle constitue aujourd’hui un moindre danger, son association avec un grand pervers est toujours à craindre. Quant à Vanderlinden et Dutroux, ils sont irrécupérables et de ne pas s’en être aperçu pour le premier fit perdre la vie à une innocente destinée au plus brillant avenir.
Dans certains Etats des USA, un pervers relâché doit impérativement se présenter aux riverains du quartier où il réside. Que n’a-t-on procédé de la sorte à Liège, la malheureuse étudiante serait encore en vie !

18 octobre 2017

Urnes et burnes...

Il ne faut pas se raconter des histoires.
S’il y a des différences entre une démocratie et une dictature, les pouvoirs d’argent qui tiennent le haut du pavé dans l’une, comme dans l’autre, sont identiques dans leurs pratiques et leurs règles de fonctionnement.
Ces différences ne sont réelles et visibles que dans la façon qu’ont les hommes de faire de la politique. Parfois, certaines dictatures poussent si loin le mimétisme avec les démocraties qu’on a du mal à s’y retrouver. À l’inverse, certaines démocraties ressemblent tellement à des dictatures, qu’on s’y croirait.
On y vote chez les unes et les autres, dans l’illusion d’une liberté politique. Les dictatures modernes, pas folles, laissent les citoyens avoir des opinions contradictoires.
Les dirigeants estiment que les voix discordantes sont utiles, puisqu’elles prouvent que tout le monde donne son opinion, et comme en dictature et en démocratie les pouvoirs s’en fichent, en quoi cela les gênerait ?
On assassine pour des raisons politiques plus rarement en démocratie qu’en dictature, il est vrai. Mais on y assassine quand même. Dans les deux systèmes, on ne trouve jamais les coupables.
Le plus clivant reste les dictatures religieuses où les discriminations faites aux femmes font de grandes différences.
Pour l’économie, rien de changé, les principes sont les mêmes. La multitude est au régime des bas salaires et les autres sont fonction du pouvoir qu’ils occupent, jusqu’au sommet, parfois occupé par un seul homme, dans l’un ou l’autre cas.
Les détenteurs des capitaux savent aussi bien désintéresser l’autorité politique dans les dictatures comme les démocraties. Tantôt impôt sur la fortune, contribution à la croissance ou taxe spéciale patriotique, les imaginations vont bon train pour qu’entre soi, les bénéfices soient partagés.
Les dictateurs et les démocrates redoutent d’être mis à l’index par les multinationales. Ils s’inclinent devant plus puissant qu’eux, les téméraires qui pensent le contraire sont dans de sales draps. Voyez au Venezuela.
La dictature et la démocratie font la part belle à la liberté d’entreprendre, la seule qui fasse vraiment l’unanimité aux deux systèmes. Chacun est autorisé, voire chaudement conseillé, de gagner le plus d’argent possible, à la condition de ne pas oublier ceux qui permettent cette liberté incontournable.

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La presse, c’est pareil.
Si Sudpresse, par un coup de baquette magique, était transportée aux États-Unis, elle s’appellerait « The Daily Center » par exemple et soutiendrait Donald Trump à fond, comme son confrère américain. Son patron serait l’ami de Tucker Carlson qui est également animateur sur la chaîne Fox News, et Neil Patel, du journal américain.
À Pékin, elle serait une filiale de l’A.T. Chinese et courrait tous les matins demander des nouvelles de la santé de Hu Jintao. Ses articles porteraient sur la mauvaise foi occidentale et parleraient de la grandeur de la Chine et de ses dirigeants. À sa télévision, madame Praet vanterait le parti communiste chinois comme étant le sommet de la démocratie et madame Darhmouch pleurerait d’émotion en résumant le discours de trois heures et quart du président aux informations de vingt heures.
En plus de rendre fou, le pouvoir rend l’argent facile. Si bien que nos élites ne peuvent pas s’en passer. Selon les circonstances, et on l’a vu en 40-45 sous l’occupation allemande, la plupart des riches ont plus ou moins collaboré, quitte à faire résistant en 44, quand il était visible que l’affaire tournait mal.
Ce n’est pas une question d’être plus vertueux, mais le peuple est plus constant, parce qu’il a très peu d’argent, qu’il est patient et qu’il peut souffrir.
Les autres ne le peuvent pas, en tous les cas pour la plupart.
Parce que l’argent a encore une autre fonction, il corrompt les mœurs et les consciences.
Si bien qu’après avoir vécu dans l’aisance une grande partie de leur existence, les premiers à collaborer à un changement de régime seraient les gens qui ont le plus profité de celui qui disparaît.
Les dictateurs le savent bien qui s’entourent d’anciens dignitaires qui juraient leur grand dieu un mois avant la chute du Régime, que jamais ils ne se rallieraient aux nouveaux arrivants. Pareil en démocratie, Macron avec le PS et Charles Michel avec la N-VA le prouvent.
Il convenait d’aborder un dernier mythe selon lequel l’épanouissement complet de la liberté donne un avantage à la démocratie sur l’économie.
On voit là encore toute la fausseté du jugement occidental, si l’on considère que la Chine est devenue là première puissance économique mondiale.

17 octobre 2017

Pitié pour les cumulards !

Encore une nouveauté : l’abandon des mandats cumulés par nos élites. Ils ne savent plus qu’inventer pour faire croire que l’argent ne les intéresse pas ! C’est seulement par devoir qu’ils se dévouent à honorer tous les mandats rémunérés !
Leurs nombreuses casquettes, outre l’avantage de rémunérations en rabiot, offrent l’occasion d’ensemencer le terrain des élections suivantes.
Comme l’opinion les juge plus sévèrement depuis que les gens bouffent de la vache enragée, les voilà saisis par la vertu de la frugalité et du sacrifice…
Enfin, n’exagérons rien. Chaque député ou ministre « décumulé » vaut encore une bonne douzaine, voire un quarteron d’ouvriers qualifiés. Ce n’est pas la Berezina. L’indigence chez les Reynders, Michel sous les ponts, ce n’est pas pour tout de suite.
Sentant le vent tourner, le bourgmestre de Liège Willy Demeyer attend l’atterrissage de la commission sur les attentats du 22 mars 2016 pour quitter son siège de député fédéral et se décumuler en se repliant sur la ville. Il avait déjà démissionné de la présidence du PS – Liège, en début d’année.
Certains se demandent si le décumul va ouvrir la démocratie dans les partis, à quelques-uns piaffant d’impatience dans les comités, certainement. En effet, ce n’est pas parce que Borsus, Onkelinx, Demeyer ou Ducarme font du bruit autour de leur renoncement que l’État fera des économies.
Les mandats rémunérés n’auront pas disparus. Ils seront tout simplement « cédés » à des petits nouveaux, avides d’en croquer. Certains mandats ont des suppléments possibles en notes de frais, surtout dans les emplois d’administrateurs de sociétés mixtes, intercommunales, mutuelles et asbl diverses.
Prenons la grosse gourmande, l’échevine d’Evere Eliane Lepoivre-Daels (PS), avec ses 25 mandats rémunérés et deux gratuits. Pour ne pas attirer l’attention, dans les différentes planques où elle tire des thunes, je suppose qu’elle ne facture pas de frais divers, transports, restaurants, taxis, etc. les sommes perçues. En qualité de socialiste, elle aura conservé un peu de décence, surtout depuis le scandale du Samusocial de Bruxelles, à moins que… Mais bon, faisons comme si.
Que vont faire les 25 bénéficiaires qui succéderont à la socialiste ? Si les moins bien lotis, happent un billet de cent € en jeton de présence, alors qu’ils habitent au diable vauvert et qu’ils crèvent la dalle, au sortir de la réunion, ils auront tendance à allonger la facture, donc supplément pour le citoyen lambda !

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Sur le site Cumuleo, la masse des mandats va en priorité aux grosses légumes. Par principe, les membres modestes des partis n’ont pas de mandat. Cette nouveauté va donner le goût de l’argent à une quantité de sous-fifres, porte-serviette, valets de toujours, humbles tâcherons, fils de personne, etc. De petits employés, guichetiers de mutuelle et estafettes de syndicats, CDH, MR et PS confondus, ajouteront à leur modeste traitement, cet appoint autorisé. Cela aura un effet boule de neige. Les voilà bons pour être épinglés à leur tour sur Cumuleo.
Pour qu’il n’en soit pas fait ainsi, ces mandats devraient aller aux rentiers qui n’ont aucun salaire ou aux exclus des allocations de chômage ! Ce qui vous l’avouerez, heurterait la sensibilité antisociale de Charles Michel et de Willy Borsus. Par exemple, si le chômeur des Caraïbes plutôt que toucher des deniers douteux, passait toucher son chèque tous les mois sous forme de jetons de présence, Sudpresse devrait penser à autre chose, pour écrire des choses misérables sur des gens qu’il n’aime pas.
C’est difficile de trouver une solution équitable dans une démocratie comme la nôtre.
Alors, si des sept ministres du nouveau gouvernement wallon, entrés en fonction le 28 juillet dernier, six ont omis de déclarer certains de leurs mandats, fonctions ou professions, qu’en outre des députés et sénateurs continueront leur petit trafic de rémunération sur le côté, que cela ne vous tourmente pas trop.
La proximité du tiroir-caisse et la valeur inestimable de nos grands hommes resteront identiques bien après nos indignations.
Soyons raisonnables. Ils nous ont volés. Ils nous volent. Ils nous voleront. C’est normal, puisqu’ils sont persuadés qu’ils font du bon boulot, qu’ils sont mal compris, et que nous ne les payons pas assez.
Vous en connaissez-vous des comptables avec cette mentalité qui n’arrondiraient pas leurs fins de mois en tapant dans la caisse, d’une façon ou d’une autre ?

16 octobre 2017

Un premier ministre pitoyable !

Quelle manie pousse donc le pouvoir à traiter l’opposition de populiste ? C’est-à-dire de répondre par des invectives et des injures à des parlementaires honorables, alors que le public attend des réponses circonstanciées et argumentées !
J’ai même lu sur une gazette que le mot populiste s’était transformé sous la plume du rédacteur éperdu de zèle, en communiste ! Il faut croire que ce dernier vocable paie toujours autant chez les nostalgiques de la guerre froide !
Des images montrant Charles Michel repoussant le micro de la Chambre avec rage après l’intervention de Monsieur Hedebouw, me fait penser à Louis, son père, aussi prompt à l’invective, plutôt que rester coi à bout ou sans argument. Il est vrai qu’en politique, il vaut mieux avoir l’air « averti » et meilleur que les autres, plutôt qu’hébété et silencieux.
Le premier ministre a menti de façon flagrante et éhontée à propos des 60.000 emplois, ce ne sont même pas les chiffres des partis qui lui ont été mis sous le nez, mais ceux des organismes officiels traitant des problèmes du chômage.
C’est tout à fait pitoyable.
Que les Flamands se disent satisfaits, eux la vérité ne les concerne que relativement ; ici se sont les Francophones qui disent la trouver mauvaise. Déjà minoritaires dans un gouvernement quasiment flamand homogène, si en plus, celui qui est censé les représenter leur raconte des craques, il n’y a que les chauds partisans du MR et leurs suivants attentionnés du CDH pour applaudir, et encore, on ne sait pas si madame Ska, la secrétaire du syndicat chrétien, est d’accord avec les pontes du parti de Lutgen.
Les chiffres officiels sont là, il suffit d’en comprendre la signification.
Le mensonge délibéré de Charles Michel tient dans le comptage qu’il fait des emplois à temps partiel, à mi-temps, quatre-cinquième ou n’importe quel bidouillage qui fait qu’un travailleur se déplace autant, perd sa journée autant, mais n’en est payé que partiellement. Alors, comptant tout comme du temps plein, Michel junior fait monter la soupe au lait, pour noyer son mensonge dans l’invective.
Je sais bien que traiter quelqu’un de populiste est toujours porteur. L’électeur a tellement été travaillé au temps de la guerre froide par les suppôts du capitalisme, que les milliards jetés alors dans la balance pour la propagande des milieux d’affaire font toujours le poids et constituent encore aujourd’hui le meilleur investissement que la bourgeoisie et les conservateurs de toute tendance aient pu faire, pour maintenir le système à flot.
La Meuse en fait l’essentiel de sa boîte à outils.
Quand on traite de populiste l’extrême gauche, on pense communiste. La même étiquette à l’extrême droite (le Vlaams Belang), devient fasciste.
C’est un mot tiroir qui change de sens selon l’interlocuteur.

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Par exemple, avec le mensonge des emplois, le premier ministre joue un jeu qui pourrait être une sorte de populisme.
Charles Michel est allé à la bonne école avec Louis Michel, stratège de l’invective et manipulateur malhonnête.
Le fils ne pouvait faire mieux.
C’est d’autant plus efficace de traiter l’opposition de populiste/communiste, que Michel est un capitaliste à l’ancienne et qu’il s’adresse à son public encore marqué par l’horreur que lui inspire l’anticapitalisme du temps de Staline. À ce seul nom, l’amalgame est facile.
De fait, Michel pratique un capitalisme orthodoxe, affiché par les « bons élèves » de l’Europe comme ayant fait ses preuves, c’est-à-dire « ancien ».
Charles Michel s’est ringardisé dans des milieux économiques sérieux, certes jamais repris dans les médias. Il est incapable de comprendre que son système risque de précipiter les gens dans une contestation qu’il aura beau traiter de « communiste », mais que plus personne ne saura arrêter, même pas Hedebouw.
Ceux qui étudient l’économie libérale dans ses rouages et ses fonctionnements savent cela. Charles Michel est nul en économie. C’est un avocat qui fait ce que ses conseillers lui disent. Il n’est responsable que dans le choix qu’il a fait de les écouter.
Il s’accroche à des approximations et finit par défendre des mensonges avec l’opiniâtreté de quelqu’un que les circonstances poussent à la mauvaise foi.
Ce premier ministre est pitoyable !

15 octobre 2017

Après le pirate, le chômeur des Caraïbes.

Voilà que Sudpresse trouve des chômeurs partout !
Il en a même trouvé un aux Caraïbes !
Il y a deux sortes de touristes belges aux Caraïbes. Ceux qui ont la bénédiction de Sudpresse pour y aller et ceux qui ne l’ont pas.
Ceux qui ne l’ont pas, sont détestés des médias. On écrit suffisamment d’horreurs sur eux à Sudpresse, pour un peu les oublier.
Reste les autres visiteurs.
Qui sont-ils ? Comment en sont-ils arrivés à préférer le beau ciel des Tropiques aux cumulus de nos Régions ?
C’est une enquête qui ne peut avoir lieu par manque de personnel dans les rédactions. Sudpresse n’a pas les moyens du New Yorker, ni des talents comme celui de Ronan Farrow, plus de talent du tout même, puisqu’on en a débarqué les derniers et que les directeurs, les rédacteurs en chef et adjoints s’occupent de tout !
Donc nous n’en saurons rien.
Nous pouvons supposer que les élus de cœur de notre estimé journal local se décomposent en trois catégories.
1. ceux qui ont bossé avec des marges conséquentes ;
2. ceux qui ont fait bosser les autres avec des marges encore plus conséquentes ;
3. ceux qui vivent comme les chômeurs, c’est-à-dire bénéficiant des largesses des Communautés, tels les ministres, mais qui en chiffres ronds coûtent plus ou moins entre dix et vingt allocations de chômage par mois et par personne, pour des prestations aléatoires et souvent controversées.
Seuls les chômeurs des Caraïbes sont obligatoirement tenus à fournir des arguments pour justifier la chance de fuir nos climats insalubres.
Les autres, par évasion fiscale diverses, travail au noir, trafic d’influence, salaires immérités, démocratie ridiculisée, prévarications avérées ou non, indemnités cumulées et exagérées par rapport au travail fourni, arrhes soutirées de milliardaires kazakhs, tout ceux là sont à l’avance assurés de l’extrême bienveillance de Sudpresse et invités à fournir de précieux renseignements pour le tourisme sur la qualité du climat et l’accueil généreux des autochtones des îles.
C’est normal, nous sommes dans une méritocratie dont les règles sont admirablement faites pour récompenser les uns sous prétexte qu’ils travaillent et déconsidérer les autres sous prétexte qu’ils ne travaillent pas. Au vu de ce que les premiers font par rapport aux seconds, c’est plus complexe qu’il n’y paraît.
Cette loi capitaliste « tout pour moi et rien pour les autres » est d’autant nécessaire qu’elle est arbitraire et qu’ainsi on ne la discute pas. Elle permet de beaux voyages à presque 10 % de la population. Toute autre condition serait de nature à priver ces Belges de la connaissance de pays étrangers.
Le chômeur des Caraïbes conforte en partie cette méritocratie. Enfin, voilà quelqu’un qui grâce à son intelligence parvient à se hisser de la dernière classe sociale, à la première !

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Voilà qui rend de l’espoir aux plus défavorisés et donne à des générations entières de sacrifiés une chance raisonnable de s’en sortir. Certes par la petite délinquance, mais sont-ils les seuls ?
Au moins ont-ils commencé sans autre ambition que le soleil et la grande bleue. Ils espèrent modestement accomplir leur rêve, réalisant à force d’adresse et de patience, un exploit que les ministres devraient prendre en exemple pour gérer le pays.
Le chômeur des Caraïbes fait plus pour notre représentation nationale que Reynders exhibant ses chemises à col horizontal, dans toutes les chancelleries. En plus, détail non négligeable, il nous coûte beaucoup moins cher !
On sait que la réputation fait tout en économie. C’est ainsi que Charles Ponzi, Madoff et même Victor Lustig qui convainquit des ferrailleurs parisiens de lui acheter la Tour Eiffel, ont boosté l’économie mondiale, suffisamment longtemps pour en éclipser les éclaboussures.
Sudpresse en dénonçant le chômeur des Caraïbes, ne rend pas service à la bonne réputation de notre pays!
Il détruit l’image de la Belgique à l’étranger, un pays cossu qui envoie ses chômeurs en vacances aux Caraïbes !
Certes, le chômeur ne descend pas dans le même hôtel que Reynders, justement c’est encore un argument pour de jeunes républiques dont les dictateurs aiment quand même qu’existât une différence qui pimente l’existence en pays capitaliste.

14 octobre 2017

Touffeur alcaline d'une fosse d'aisance

L’enquête du New Yorker sur Harvey Weinstein a fait tomber un cavaleur hors-pair du box office. Le journaliste n’est pas n’importe qui, Ronan Farrow, fils de Mia Farrow et de Woody Allen, un orfèvre puisque témoin à pied d’œuvre des sauts de carpe des playboys du cinéma.
On raffole de ces incongruités en Belgique, en tenant à peine compte des souffrances des victimes. Les gazettes nationales ne s’étendent sur ces retentissantes affaires que si elles viennent d’ailleurs. C’est l’omerta, dès qu’elles sont locales.
Certes on ne nous épargne pas le fait-divers de proximité, mais c’est quand il est sordide, sur des matelas regorgeant de punaises, dans des galetas où s’entassent des familles sans un rond.
Nos gazetiers s’y sentent à l’aise. Ils ne nous épargnent pas le moindre détail. On croirait lire des textes salaces de Restif de la Bretonne, ces voyeurs auraient-ils des lettres ?
Si je comprends bien, le sexe déshonorant, c’est uniquement une affaire de pauvre. L’agression de rue, c’est l’apprenti maçon immature. La plaisanterie grasse, vient de l’étranger frustré et illettré.
Il est vrai qu’un pervers qui a une suite dans un hôtel ne va pas s’encanailler sur les trottoirs. Il a d’autres sources d’approvisionnements plus discrètes, d’autres pressions qu’un sifflement vulgaire. C’est Weinstein en toute impunité. Peut-être même qu’en vrai salaud, il s’entendra dire que le viol est un crime dans les studios où il se répand.
Pourtant, pour qui se frotte à la psychologie, voire à la psychiatrie, il n’y a pas de barrière de comportements entre un important et un sous-produit de la société de consommation.
On est tous pareils et statistiquement les délits sexuels s’équilibrent entre les classes sociales. Il doit y en avoir un paquet dans les partis politiques, l’industrie et la haute finance.
Il faut croire que l’influence de la notoriété, de la fortune ou mieux encore, des deux conjugués font que cela ne se voit pas trop, que les victimes ont un dédommagement en vertu (si je puis dire) du préjudice subi ou n’ont pas intérêt à la ramener.
Dans cette société que capitalisent les faux-culs, les faibles dont la femme fait partie doivent se battre davantage que les forts (les hommes), pour qu’on reconnaisse leurs droits, leur dignité et leur intégrité physique.

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La Meuse et ses consœurs préfèrent s’intéresser au « Chômeur des Caraïbes », son scandale n’est pas sexuel, mais l’affaire est tout aussi « intéressante » vue d’un certain angle.
Cela doit fonctionner de la même manière à Hollywood.
Alors comment se fait-il que Harvey Weinstein, le grand producteur, celui qu’on s’arrache au générique d’un film, après avoir dépucelé la moitié des starlettes qui rêvent d’avoir leur nom sur Sunset Boulevard, est dans les cordes et viré de ses emplois au cinéma, lui, le glorieux porteur de la Légion d’Honneur ?
Une courageuse a déballé tout ce qu’elle savait du vieux routard de l’amour et un journaliste l’a crue. Il n’a pas classé l’affaire sans suite, comme à Liège, dans une grave affaire de mœurs, permettant à un pervers de passer à l’acte trois ans plus tard.
On ne sait pas combien il doit y avoir d’Harvey Weinstein, violeur hollywoodien, dans la « bonne » société belge, certes, connus pour d’autres fonctions, chefs de parti, ministres, parlementaires, patrons de grandes entreprises, jusqu’aux contremaîtres abusifs qui ont monté leur petit lupanar dans un coin d’atelier ; mais il doit y en avoir un paquet, que ce soit dans la politique, les affaires ou le showbiz.
Jusqu’à présent aucune découverte en psychiatrie n’a pu être faite sur le comportement des individus selon leur catégorie sociale, par exemple qu’un ministre ou un grand patron serait psychologiquement à l’abri de toute perversion.
Tout proportion gardée, il semblerait que la délinquance du côté de la braguette ne soit pas une exclusivité des classes dites défavorisées, comment se fait-il que l’on n’entende jamais ou très rarement une affaire de sexe de la haute société, défrayer la chronique ?
Je suis persuadé que si les stars de Hollywood ont mis vingt ans avant de balancer les turpitudes de ce porc d’Harvey Weinstein, la même pudeur de gazelle doit encore effaroucher nos rédacteurs et chefs des infos de nos médias belges, qui savent des choses sans l’oser dire.
Sous le joug des conservateurs farouches défenseurs de la tradition « pas vu, pas pris », le pouvoir dû à la notoriété joue à plein. Ce pouvoir de la notoriété se fonde évidemment sur la capacité qu’ont les puissants de nuire et de peser sur les carrières de leurs subordonnés qui ne leur conviennent pas, pour d’autres raisons que professionnelles. L’admiration béate de certains, de la vedette, du patron et du député, joue aussi en faveur des puissants.
Ce pouvoir hollywoodien d’un producteur qui peut donner ou pas un rôle dans un film important à une jeune actrice de talent, se retrouve quasiment aux mêmes conditions dans les partis politiques et dans les entreprises, à un tel point qu’on en est toujours à soupçonner la manière dont une jolie femme a eu de l’avancement, alors qu’on laisse pour rien, la manœuvre et les calculs du potentat égrillard qui assouvit ses instincts par le chantage et la pression.
C’est que la société conservatrice est fondée sur le machisme et la prépondérance du mâle.
Vous verrez rarement une femme en position de supériorité faire du chantage au sexe vis-à-vis d’un inférieur masculin, sinon ce sera une femme qui s’est taillée son chemin comme un homme et en aura copié les attributs et les défauts.
Quelle femme belge aura l’honneur de briser l’omerta la première ?
Un petit conseil aux courageuses, ce n’est pas à la rédaction des quotidiens belges qu’elles devront déballer leurs histoires !

13 octobre 2017

#evolve ou #evulve ?

C’est étrange, mais à la nouvelle du plan RTL #evolve, je n’ai pu m’empêcher d’une sorte de satisfaction mauvaise à l’idée que cette bande de suceurs de bites directoriales allait enfin savoir ce que signifie avoir son copain ou soi-même fichu à la porte d’une entreprise, sans avoir démérité.
Puis, je m’en suis voulu.
Ce qu’on appelait jadis « un jaune » (un travailleur qui trahissait ses camarades en refusant de faire grève) n’était pas toujours un salaud, souvent c’était un pauvre type, parfois dans une situation financière désastreuse.
À RTL, cela doit être pénible à certains travailleurs de vendre une mystique économique à laquelle ils ne croient pas trop.
Ces gens ont une certaine culture, même le cœur à droite, le goût de la patrie unitaire, fédéraliste au pis-aller, girouettes au vent de la fée Delussine. Ils doivent ressentir, dans les ramifications de leurs scissures cervicales, quelques doutes sur le destin sans issue de l’économie actuelle !
Se retrouver sur le trottoir, même avec un bon « pécule » ou être reconverti animateur-cameraman-script-reporter dans deux ou trois émissions à la fois, tout en n’étant que doué (et encore) d’une élocution audible et d’un vocabulaire varié, incapable de pousser sur un bouton, de cliquer en temps voulu, de comprendre les techniques du montage et de faire tout cela y compris « femme d’ouvrage » – pardon – technicienne de surface, c’est à désespérer les plus enthousiastes partisans du conservatisme de la chaîne !
Sans compter que le gouffre entre les petites mains et les chouchous de la direction va prendre des proportions d’abîme !
Quand la miss météo va devoir se repoudrer dans les toilettes, sur le temps que Hakima Darhmouch est pomponnée, coiffée, rafraîchie, laquée par des caméristes, tandis que le cameraman passera un coup de balais sur le plateau après le tournage, on voit d’ici les rancœurs…
Le pactole de sortie, on connaît ça. Les promesses non tenues, les échanges aigres-doux qui finissent aux Prud’hommes, sont autant de prétextes à oublier les euros promis.
Une fois qu’on est dehors, Deborsu en sait quelque chose lui qui vend ses boules vertes et rouges sur les trottoirs par tous les temps, c’est coton pour rentrer se réchauffer quelque part, les embauches sont rares dans le métier.
Heureusement que RTL et la fée Delussine ont encore besoin de bourrer le mou à quatre millions de Francophones. La conjoncture est mauvaise. Entre Wallons et Flamands, ce n’est pas la justice. Les Michel commencent sérieusement à pomper l’air à tout le monde. Si les tiroirs-caisses ne sont plus aussi pleins qu’avant, c’est quand même utile d’avoir une téloche à la botte de la bonne bourgeoisie et des partis pépères. La nomenklatura est prête à perdre de l’argent s’il le faut, pour l’information réconfortante, celle qui fait du bien au pouvoir.

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Donc, le feu n’est pas à la baraque. Les étages bruisseront demain de secrétaires en mini-jupes, les directeurs auront toujours l’air aussi surchargés et le président de la société des journalistes Christophe Giltay, sera bien accueilli pour disserter de l’avenir de la corporation en péril. On l’aime à la haute direction, il fait cossu. Il n’a pas son pareil pour écraser une fesse après l’autre dans le moelleux des coussins de direction.
Avec lui, on trouve toujours un terrain d’entente. C’est l’homme du consensus. Aussi, son emploi de correspondant non-stop à Paris, sur la plus belle avenue du monde, n’est pas en cause.
C’est normal. Un négociateur menacé dans son futur n’est pas un bon négociateur, il pourrait faire du tort à la fée Delussine.
Les professions de l’audio-visuel sont régies par une Convention qui stipule, noir sur blanc, des qualifications et le barème des salaires minimums. Delussine ne peut pas contraindre quiconque à devenir polyvalent, sans rompre implicitement le contrat. Il le sait bien le bougre. C’est ça ou la porte. Comme le personnel n’est pas syndiqué, et encore le serait-il qu’est-ce que ça changerait, il fait la démonstration que les conventions collectives aujourd’hui ne servent plus qu’à s’en moquer.
Pas que les salaires qui sont menacés, le Droit du Travail l’est aussi ; et pas qu’à RTL !

12 octobre 2017

Charles Michel : job, joba, jobart !

Le journal la Meuse a laissé gratis, au surfeur du Net, l’entièreté du discours de Charles Michel. D’habitude, ce journal, sous-produit de la famille propriétaire du Soir, appâte le lecteur par quelques phrases, puis l’invite à banquer un abonnement pour le bonheur de l’entreprise, s’il veut connaître la suite.
Ou alors, la glose du chef était tellement tarte et inintéressante, que le metteur en page de nuit qui découpe les news des Agences, s’est dit « bah ! le lecteur n’en a rien à foutre » en plaquant la merde en entier à la Une.
Je me suis donc tapé l’intégrale de celui que Richard Miller considère comme le nouveau Cicéron.
« Les gens n’attendent de nous qu’une chose: que nous gouvernions, gouvernions et encore gouvernions », dit le verbeux prodige.
Moi, j’attends que vous dégagiez, dégagiez, dégagiez…
Je ne suis pas le seul, nous sommes plus nombreux en Wallonie qu’en Flandre, à l’espérer.
« Quatrième année de gouvernement » qui aurait cru que ce Charlier Langue-de-bois durerait aussi longtemps ?
Personne !
Même pas lui. Il pensait faire kamikaze avec le zinc de la N-VA, dès le décollage. Les rombiers et les rombières ont vu en lui leur dernière planche de salut. C’était lui ou suivre le pognon planqué au Luxembourg.
Les grandes voix libérales avaient le choix : se jeter dans la Meuse ou pousser le MR au sauvetage du ponton fédéral. Quand Denis Ducarme raconte l’irrésistible ascension du prophète MR, d’émotion, il a les sphincters qui lâchent !
L’engeance « emmerr » me fait suer. Je ne comprends pas les 25 % de godillots qui godillent pour ces foutriquets. Reynders sur le plateau d’RTL, c’est instinctif, je mets la main à ma poche intérieure, des fois que mon portefeuille prendrait l’autoroute de Bruxelles, tout seul… Christine Defraigne m’a dégoûté de la sauce andalouse. Chastel me scandalise. Miller m’oblige à le souder à son prénom Richard, de crainte que les imbéciles le confondent avec dear Henry Miller, le génial écrivain.
Ce que j’en dis, Charles s’en fout. La grosse cylindrée pétaradera « jusqu’au dernier jour et à la dernière minute. Le moteur de la réforme ne peut pas s’arrêter». Pour une fois, on est sûr de ce qu’il balance.
Le Charles est remonté. Il se prouve quelque chose à lui-même. Nous, on ne sait pas. Lui, il sait. Loulou en est fier, le MR, la Nation, toute la Flandre et quasiment 25 % de la Wallonie en font déjà un bienheureux. Quand il est dans le poste, le chien de Demetrio Scagliola (La Meuse) dresse l’oreille et pas que, il est en érection, le maître aussi !
Avant ce Grand Commandeur, il n’y avait que Dehaene à n’être gêné de rien.

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Son passage du discours d’engagement à l’OTAN, ses 500 braves comme si c’était lui qui les avait sortis de ses roubignolles et non le gouvernement précédent ! Ses 130.000 emplois, comme si c’était lui qui avait couru les agences de placement, tout est bidon !
Surtout les 130.000 emplois, au décompte on en est à 65.000 et encore, dans le tas il y a les intérimaires qui sont là pour gonfler la statistique.
Après « gouvernions, gouvernions, gouvernions » voici « Jobs, jobs, jobs ».
Ah ! ce qu’il est casse couille, couille, couille….
Sa locution latine « ad hominem » fait penser à Milquet !
Mais où cet homme s’arrêtera-t-il ?
La Belgique est trop petite pour lui. Trump devrait l’adopter !

11 octobre 2017

Un Nobel nu-nudge !

Le Nobel, c’est comme RTL le dimanche avec Deborsu, on est toujours déçu !
Surtout en économie ! Le système fonctionne « au mieux » selon les économistes médiatiques, « au mieux » pour eux, c’est « au pire » pour les autres.
La Suède a attribué sa frite d’honneur à l’Américain Richard H. Thaler, de l’université de Chicago. Je ne le connaissais pas. Göran Hansson, le secrétaire général de l’Académie royale des sciences de Suède, non plus. Mais cela ne l’a pas empêché de faire comme si… et de le diplômer pour « des travaux sur les mécanismes psychologiques et sociaux à l’œuvre dans les décisions des consommateurs ou des investisseurs ».
On voit le genre.
Alors, j’ai fait comme tout le monde, je me suis informé.
Richard H. Thaler a montré comment les limites de la rationalité et les préférences sociales, « affectent systématiquement les décisions individuelles et les orientations des marchés ».
Avant Thaler, le consommateur consommait, non pas selon ses besoins mais selon des incitations à la consommation, au prorata de son compte en banque, évidemment.
Après Thaler, le consommateur est toujours aussi impulsif et peu raisonnable, au prorata du niveau de dettes possibles avant qu’un banquier ne saisisse ses meubles.
Pour lui, rien n’a changé puisqu’il n’a pas lu l’œuvrette de H. Thaler.
Par contre, toute une gamme de spécialistes hauts niveaux dans une flopée d’écoles de commerce, de droits et de marketing ont dévoré son ouvrage, pillé sa vaste intelligence et réalisé de sérieux gains dans leurs vies professionnelles.
Ma grand-mère avait compris, bien avant le troisième millénaire, la stratégie des riches pour s’engraisser, rien qu’à faire bosser les travailleurs pauvres. Elle aurait touché les 9 millions de couronnes suédoises (944 000 euros), quatre-vingts ans avant Thaler, rien qu’en dénonçant le scandale, si on l’avait écoutée.
Richard H. Thaler, lui ne dénonce rien du tout. Il exalte, au contraire, le génie de l’astucieux contre le laborieux. C’est un comportementaliste qui puise sa science, non pas dans les manuels d’économie, mais dans le DSM de la psychiatrie moderne.
Il a théorisé le concept de « comptabilité mentale » expliquant la façon dont les individus « simplifient la prise de décision en matière financière, en créant des cases séparées dans leur tête, en se concentrant sur chaque décision individuelle plutôt que sur l’effet global. »
Et ce n’est pas tout : « Il a aussi montré combien l’aversion aux pertes peut expliquer pourquoi les individus accordent une plus grande valeur à une chose s’ils la possèdent que s’ils ne la possèdent pas ».
Göran Hansson, tout ébloui de ses nouvelles connaissances, a expliqué devant le roi de Suède, que Thaler avait mis en lumière le phénomène « d’aversion à la dépossession ».
Ceux qui n’ont pas compris peuvent aller au zoo d’Anvers voir le comportement des chimpanzés, pour tout comprendre, quand un mâle dominant assomme une femelle pour lui bouffer sa gamelle.
À l‘alchimie qui consiste à payer le travail en monnaie de singe, c’est-à-dire changer l’or en confettis, les Américains sont les plus forts !
Tellement forts qu’à l’heure où je vous écris, je leur paie mon abonnement à Internet.
Thaler est de l’école de Milton Friedman, un autre forban qui a gagné sa vie dans le conseil pratique de ramasser vite fait les biftons de la clientèle.
Thaler s’est dit « très heureux » et a dit promettre d’essayer « de dépenser son prix de la façon la plus irrationnelle possible ». On aura compris que les pauvres de Chicago dont Thaler est citoyen pourront se brosser. Ils ne verront jamais une seule couronne suédoise.
Richard Thaler et Cass Sunstein sont donc les inventeurs de l’économie comportementale. Ils nous ont donné un livre « Nudge » (coup de pouce), Improving Decisions about Health, Wealth, and Happiness ou la bonne décision.
Ils défendent un paternalisme happiness ou libertarien (libertarian paternalism (en).
L'« architecture du choix », nos patrons l’appliquaient déjà vers 1930. Ils décidaient ce qui était bon pour l’ouvrier, à présent celui-ci n’a plus besoin d’eux pour faire exactement la même chose. Progrès !
L’application « Nudge » la plus connue est celle des toilettes publiques. Afin de réduire les coûts, on a peint des mouches sur les urinoirs (Cinéma Churchill à Liège). Il paraît que les pisseurs ne font plus pipi à côté. Ils visent la mouche. Gaïa soutient le contraire par respect pour la mouche. Vu le nombre de flaques au Churchill, il se pourrait qu’il ait raison.

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À Stockholm, on incite à prendre les escaliers du métro, grâce aux «escaliers musicaux». On crée un son en posant le pied sur une marche, fini l’escalator. La pancarte « Voie sans issue » incite les usagers de la SNCF à ne plus sauter les barrières, etc.
L’incitation par le ludique ou le faux interdit est vieux comme le monde. « Zone de chasse » en forêt, vaut mieux que « Circulation interdite ».
Le prix de l’économie devrait aller à qui aurait un plan dégageant quelques milliards des banques pour détruire la mouche tsé-tsé ou le moustique du paludisme, plutôt que la mouche bleue domestique des faïences d’urinoirs. À défaut, le prix à une fondation paraît plus judicieux.

10 octobre 2017

Une coalition sinimustvalge !

Koen Geens se trompe lorsqu’il se voit rempiler dans un Charles Michel bis en 2019.
La « coalition suédoise » (ex kamikaze) pourrait devenir la « coalition estonienne ». Le drapeau de ce pays est tout ce qu’il faut pour la suite : noir et bleu ! (couleurs de la Flandre et du MR)
La parité fédérale de la Constitution peut être respectée dans le futur gouvernement, en ne plaçant aux affaires que trois ministres francophones !
Explication : si un maximum de ministres s’établit à quinze selon la loi, le minimum n’est pas mentionné. Le nombre peut descendre à six : trois flamands et trois francophones. Le premier ministre n’étant pas compté, Kriss Peeters CD&V pourrait trouver là une belle consécration.
Les secrétaires d’État n’étant pas repris dans la parité linguistique et le nombre étant illimité, ils pourraient bien être tous Flamands.
Les trois ministres francophones seraient attelés à des tâches, certes intéressantes, mais dont tout le monde se fout, par exemple : 1. L’environnement ; 2. Loterie Nationale ; 3. L’intégration sociale.
Tous ces postes sont déjà dans les attributions actuelles des francophones. Il y aurait donc là une continuité en rapport avec les compétences du MR.
On y verrait bien l’incontournable Michel, Reynders et Miller, si vous voyez ce que je veux dire. Michel parce qu’il est jeune marié et bien vu de la N-VA ; Reynders, parce que c’est un emmerdeur qui court les places et quand il n’est pas dedans, il nuit à tout le monde ; Richard Miller enfin, parce que l’homme aime la glose et la gloire et qu’il sert de caution à la francophonie.
Francis Delpérée n’y trouverait rien à redire.
Après tout, nous sommes déjà baisés par le gouvernement actuel, autant l’être à fond dans le suivant. Koen Geens en serait, mais sous la férule de Kriss Peeters, Michel devenant son collègue sur la chaise à côté.
Ce serait presque un gouvernement homogène flamand avec les trois artistes libéraux en lever de rideau.
Le MR, seul parti de langue française chez nos germains, représente actuellement 25 % des électeurs francophones. Il se pourrait avec la politique à la flamande, c’est-à-dire tellement à droite que même le centre est déjà considéré par la N-VA comme dangereusement à gauche, convaincre encore plus de boutiquiers dans l’âme et monter à 26, 27 % de MR, par souci d’équilibre avec les pointus.
L’électeur francophone – « libéral de cœur » – pourrait quitter le CDH, imitant des parlementaires de ce parti, histoire de ne pas se faire plus cons qu’ils ne sont, en s’affichant avec Benoît Lutgen.
Les libéraux de tradition sont des masochistes. Ils prennent leur pied à la fessée flamande. Épaulés par les rosés du PS, atterrés de voir le PTB rafler tout à Liège et Charleroi, le dernier carré rallierait la meute bleuissante avec dépôt de gerbes sur la tombe de Jean Gol, l’appui de Richard Miller et l’absolution du petit Chastel.
Nous aurions donc un gouvernement fédéral éminemment flandrien et parfaitement conforme à la démocratie ambiante.
Les Wallons sensuellement attachés à leur nouveau maître agiteraient la queue en signe de reconnaissance pour le Canigou que la prospérité flamande leur apporterait.
Resterait le PTB hypertrophié en Wallonie et piégé par le système à s’acoquiner avec la partie la moins pourrie du PS et quelques créatures éparses des Écolos, pour négocier une majorité carmin à la Région.
Je n’y crois guère. Il est plus vraisemblable d’imaginer un CDH ultra battu aux élections se faire éjecter du futur gouvernement régional au profit des ce qu'il reste des socialistes qui feraient l’appoint ! Gueule de Maxime Prévot à Namur et stupeur de Benoît Lutgen
La borsufication du bocage namurois se poursuivrait donc.
Ce n’est pas encore le jour « j » pour le PTB de jeter les classeurs par la fenêtre et reprendre tout à zéro. Peut-être après les avatars suivants de l’économie mondiale, une ou deux catastrophes naturelles, que le citoyen mûrisse…
On ne pourra flanquer le beau monde de profiteurs à la porte du continent que d’un coup et en une seule fois ! C’est le malheur de la gauche en Europe.
Le fric est dominateur. Il se pourrait même après s’être fait la main sur le terrorisme religieux, que nos cops se tapent le « terrorisme » social ?

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La tendance dans les médias le confirme. On tente de dégoûter le citoyen des grèves, d’abord des « sauvages », les autres viendront ensuite. Macron, porte à côté, s’y emploie.
La majorité PS-MR à Liège vient de commander six Teasers pour un essai à la police.
Les riches ont les moyens, lacrymos en caisse de douze, autopompes Mercédès, les Spéciaux recrutés par centaines chez les cadres moyens au chômage, bientôt un nouveau métier proposé au FOREM : balance ! Charles Michel à la tête de ses troupes en gilet pare-balles, c’est un futur possible.
Rien que d’y penser, la moitié de la population court changer de slip. Avant de crever la gueule ouverte, le système a encore quelques bons moments devant lui.

9 octobre 2017

Charles Michel, stratège.

Le Nord du pays n’a jamais eu un premier ministre autant au top que Charles Michel !
La Flandre est au plus haut. Elle rafle tous les emplois majeurs de ce pays à commencer par les ministères régaliens, les premières places dans nos Armées, nos plus hauts magistrats, même la famille royale sentant l’oignon, les enfants de Philippe sont inscrits dans des écoles flamandes.
Ce bilan merveilleux s’assombrit un peu de l’autre côté du bonheur linguistique, là où se parle encore une langue latine, mais tant pis, comme à la Cascade de Coo, les entrepreneurs intelligents engagent des Flamandes accortes qui en deux séances savent dire en français, « après le télésiège, vous avez à droite le belvédère qui vous fait découvrir les boucles de l’Amblève ».
À Anvers, on en est à l’extase, Bart De Wever dit à tout le monde que Charles Michel dépasse les espérances de la N-VA. Il envisage de le faire citoyen d’honneur. Koen Geens, ministre de la Justice CD&V, se voit déjà en 2019 au deuxième gouvernement du prodige.
C’est dire si le spectre d’une Flandre catalane n’est plus d’actualité.
C’est vrai après tout, il suffisait d’y penser : puisque la parité entre les deux Régions est impossible, la flamande étant plus nombreuse que la wallonne, au lieu de voir les choses en veillant à la défense des plus faibles, osons privilégier les plus forts. Les autres n’auront qu’à fermer leurs gueules.
Bien calculé.
Richard Miller, le chantre de Jean Gol et des libéraux, est absolument enthousiaste de cette stratégie.
Les Flamands sont tellement devenus sûrs d’eux qu’ils ne sont même plus chatouilleux sur l’emploi des langues en périphérie. C’est le manque de main-d’œuvre qui les tracasse. À défaut d’Algériens et de Marocains dans les docks d’Anvers, les jeunes Wallons n’ont plus qu’à apprendre l’arabe pour qu’on les assimile aux manutentionnaires du grand port européen.
Notre gouvernement flamand-flamand n’est pas affecté par l’échec d’un seuil de pauvreté belge sous la barre de l’européen, c’est Zuhal Demir, secrétaire d'Etat en charge de la politique de lutte contre la pauvreté, qui l’a expliqué aux auditeurs de la VRT.
L’échec serait plutôt du côté des grandes villes wallonnes, donc passablement sans effet sur le moral du pays.
Les partenaires N-VA, MR, CD&V et Open Vld sont unanimes avec Richard Miller, Charles Michel ne pouvait pas faire mieux. Comme Macron, il estime qu’en-dessous du minimum salarial, c’est fainéantise et avachissement.

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Bien d’accord avec le MR, la belle Zuhal pense qu’on exagère avec les allocations pour relever le minima belge. Si les chômeurs exclus veulent des costards et des chemises à la Reynders et les chômeuses des voiles transparents qui coûtent une fortune pour se voiler à peine le derrière, ils et elles n’ont qu’à bosser ferme.
N’ont-ils pas des exemples, même chez les francophones, pourtant mal barrés en Belgique ?
Est-ce que Reynders se plaint ? Richard Miller, vu sa corpulence, fait dans le sur mesure, est-ce qu’il râle ? Et enfin, Charles Michel qui bosse comme un malade et va de réception en réception pour nous représenter, est-ce que madame se néglige et monsieur, y va-t-il en loques ?
Non. Pourquoi ?
Parce qu’ils ne comptent pas leurs heures, bande de minables !
« La priorité va au marché de l'emploi. Chez les travailleurs, le risque de pauvreté est circonscrit à 4 ou 5%", balbutie madame Demir.
Attends… j’ai mal lu ? Indépendamment des chômedus professionnels, les malades qui tapissent chez les voisins à 5 € de l’heure et les vieux qui vendent leur sperme à 100 € le gramme pour les milliardaires impuissants de la Côte Est, il y aurait 5 % de vrais travailleurs qui même avec des heures supplémentaires seraient en-dessous du seuil de pauvreté ?... tous Wallons on s’en doute, mais quand même…
Charles Michel prétend qu’à ce niveau, il vaut mieux ne pas avoir d’enfants, lui compense avec les siens. Un enfant sur cinq est aujourd'hui dans le cas, avec des conséquences énormes sur son futur et celui de la société.
Il paraît que ce n’est pas grave et que d’après la statistique les Wallons fauchés sont toujours aussi friands de Belgique et de monarchie.
Bakounine l’avait prévu, privé de pain trop longtemps, le peuple devient idiot et se laisse mener par l’odeur des sauces du festin des autres, à lécher le cul des marmites flamandes.
D’ici à ce que Charles Michel finisse en court-bouillon dans une grande marmite.
Mais avant cela, il faudra passer sur le corps de Richard Miller et des masochistes francophones, de plus en plus nombreux, qui votent MR.
Comme quoi, parfois plus ça fait mal, plus la droite adore.

8 octobre 2017

La cata en Catalogne.

Une fois de plus, le troisième larron entre l’électeur et son mandataire, le pouvoir économique, aura pris parti dans une crise. Cette fois, c’est la catalane !
Sans aucun mandat, depuis des mains anonymes et relayées par les médias dans le public, des banques, des entreprises industrielles ont, à grand renfort de publicité, claironné qu’elles vont quitter Barcelone. Madrid applaudit. Mariano Rajoy, en toute hâte, décrète des facilités aux entreprises qui sortiront de cette Région en sédition.
La Commission européenne relaye le pari monstrueux. Ces messieurs espèrent que les Catalans vont lever les bras. L’affaire est entendue. Le caudillo a toujours raison, même mort ! J-C Juncker parle de l’euro comme de son euro. Divorcés de Felipe VI, pas touchent à l’euro ! La Commission de Bruxelles parle d'incertitudes financières pour des clowns du genre catalan.Elle les prévient que les gugusses en Grèce ont des taux tels de remboursement de la dette, qu’ils ont dû vendre le Pirée aux Chinois.
Mais quelle honte à entendre ces discours !
Ce pouvoir économique dont on voit les effets depuis toujours sur la démocratie, fait la preuve que l’argent dans cette société est le dirigeant principal.
Le reste : citoyens, organisateurs du social, élus à tous les niveaux sont des infirmes sans l’accord du parti des partis.
Le plus fort c’est qu’ils ne s’en cachent pas, mieux Macron, Michel, Rajoy s’en félicitent ! Il faut dire qu’ils sont quelques-uns à avoir la clé du coffre.
En Catalogne, comme en Région liégeoise, le citoyen n’est qu’un imbécile, les mandataires des truqueurs ou des impuissants et la démocratie, une foutaise !
Bien sûr que cela ne date pas d’hier, on le savait avant le Traité de Lisbonne. À Liège, on le sait depuis que John Cockerill a eu ses entrées dans le château d’été du dernier Prince-Évêque à Seraing, c’est dire si ça remonte ! On était tellement gênés, qu’on a fichu le pont devant, pour plus voir ça !
Bien sûr qu’on n’en est pas dupe.
Mais pourquoi tout ce cirque, cette emphase, ces mots qui sonnent aux oreilles comme des clairons sur des lèvres patriotes, comme si on ne savait pas les pommes cuites.
En plus, ils nous prennent pour des cons !
Les partis du consensus, ce sont les partis des banques, des affaires, du pognon roi. Ils sont de la droite à la gauche, les faire-valoir d’un ordre qui n’est même pas celui qu’on nous vante dans les écoles, que nos chefs exaltent à la fête nationale. C’est tant pis…
Le PTB veut-il se faire manger ? On va les voir aux mamours derrière Hedebouw quand il aura gagné les élections, les banquiers offrant un compte illimité, Di Rupo payant de sa rondelle s’il le faut, mais à une condition : collaborer à la construction du bel édifice !
On adorerait qu’il entre dans la grande troupe des résignés, pour faire la seule politique de l’obéissance à l’État, à la banque, aux lobbys, aux commerces, à Trump et même à la famille Frère.
La crise Catalane devrait tout de même faire réfléchir les Insoumis, la gauche de la rue, la FGTB, les grandes gueules, les « tu vas voir quand je prendrai le bazar en main » (celui-là ne parlait pas de son chibre, mais du fouillis sur le bureau de Borsus).
La collaboration avec les gens du consensus, c’est d’abord et avant tout, les effets de manche pour glorifier l’admirable régime, les traditions et les toilettes du MR, récurées par la femme de ménage au salaire ridiculement bas, la routine quoi...

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Même si un jour dans cette Europe, une Région pouvait aligner 100 % de votants en faveur d’une indépendance qui serait en contradiction avec des intérêts du fric, depuis la petite agence du coin, jusqu’au gros machin d’une capitale, tout le monde serait contre en vertu de… la démocratie !
Aucune Région ne serait capable de résister.
Ce n’est même pas une interrogation : c’est un fait !
Alors, vive les élections, les grandes voix, la démocratie et le régime en place.
C’est d’autant plus admirable que cela ne sert à rien !
Pour faire du chambardement une réussite, il faut le feu vert de la banque.
La Catalogne, la Flandre, la Corse, et Zanzibar en cadeau, ce n’est pas la peine d’insister.
Un qui l’a compris, parce qu’il aime le fric, les belles situations, et l’art de se faire mousser sur le parvis de l’Hôtel de Ville d’Anvers, c’est Bart De Wever. Voilà qui tombe bien pour lui, il déteste les pauvres, les assistés, les vieux, les infirmes, parce que, d’une manière ou d’une autre, ces gens-là prennent un peu de son pognon, alors il se hérisse dès qu’on touche à son grisbi. Il n’est pas le seul. Des tas de super démocrates sont dans son cas.
Allez, organisez des grèves, fichez le bordel si vous en avez envie. Tout finit par s’arranger entre gens raisonnables, les super démocrates s’en foutent !
N’avons-nous pas tous un compte en banque ? Ne sommes-nous pas tous « intégrés » ?
Alors, contentez-vous d’une démocratie en trois parties. Les deux premières, c’est pour le cinéma, la parade des tickets sur la 5me Avenue, le prodigieux amour que nous devons tous à ce bijou qu’est la patrie et que nous ne chérissons pas suffisamment. La troisième, circulez, il n’y a rien à voir. C’est une affaire d’hommes, derrière des bureaux et des réunions secrètes, là où bat le cœur du système.
Celui qui ne comprend pas cela, la mort sociale et peut-être la mort tout court l’attendent.
Alors, vive Barcelone, c’est crâne quand même d’essayer, et c’est un mort-social qui le dit.

7 octobre 2017

Dictamolle et borsusfication.

La France insoumise est non seulement une formation de gauche qui rafraîchit le paysage politique dans lequel manquait le piment d’un vrai socialisme, mais c’est aussi la parole de ceux qu’on n’entendait jamais.
Par exemple « démocrature » utilisé par le député Ugo Bernalicis pour qualifier le projet de loi pérennisant certaines mesures de l'état d'urgence, sur le temps que son collègue, Alexis Corbière, employait “dictamolle”.
Nos libertés publiques sont remises en cause, mine de rien, par petite touche, disait-il, à propos du mot.
C’est exactement ce que je ressens dans le naufrage de la Belgique. Le bateau coule, mais lentement, à coups d’attitudes prévenantes, cachant une volonté féroce de pomper l’eau des cales par des mesures qui agrandissent la brèche !
Nos hobereaux du système en Région wallonne, copiant en écholalie leur mentor fédéral le MR Michel, plongent les Wallons dans une dictamolle.
D’autant que la volonté citoyenne ne sert à rien, puisque droite ou gauche, nos « conducators » ne pensent plus que « flexibilité », alors que cette vaseline ajoutée au système économique pour nous l’introduire profond, qui avait été inventée par les Hollandais avant la crise de 2008, n’a cessé depuis de faire remonter le chômage, tout en faisant de nos voisins, un peuple vivant dans la précarité des petits boulots mal payés.
Notre dictamolle y fonce. Les votes ne comptent plus. La réprobation, ils s’en fichent. Rien de pire qu’un dirigeant qui croit avoir raison contre les électeurs. Il pense que l’avenir lui rendra justice. Voyez Di Rupo dans quel état il a mis le PS ! Sa volonté exprimée de rester en scène jusqu’à ses 80 ans devrait inquiéter la génération qui vient.
Bien sûr, nous aurons jusqu’au bout le droit de protester, mais sans aucun relais des médias, à ce droit à la parole que sont les prêches dans des déserts. Tandis que la plus grande diffusion et la plus extrême des attentions seront à portée d’écoute de la futilité magistrale.
Les mélenchonistes ont eu leur précurseur en la personne du fondateur. Son « capitaine de pédalo » est resté à propos de François Hollande, comme des « pudeurs de gazelle » aux présidentielles, lorsqu’il s’était amusé de l’attitude de Benoît Hamon.

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Certaines inventions de mots sont parfois reprises du passé pour être réactualisées. « Dictamolle » remonte à l'Espagne des années 1930, du général Dámaso Berenguer, éphémère dirigeant de 1930 à 1931 qui, succédait à la dictature du général Primo de Rivera, aux prises de position musclées. Puis vinrent une belle brochette de dictateurs régnant à la façon Dictamolle : Gabriel Terra en Uruguay, Marcos Pérez Jiménez au Venezuela, Guillermo Rodríguez Lara en équateur et Carlos Arias Navarro, dernier chef du gouvernement de Franco entre 1973 et 1975. Les Espagnols qualifièrent le régime de Dictablanda », jeu de mots à partir de dictadura (« dictature »), et dura, qui prise isolément signifie « dure », remplacée par son antonyme blanda, « molle ».
Peut-être dira-t-on un jour du gouvernement régional wallon, qu’il était dirigé par Willy Borsus dans une sorte de Dictamolle aux terribles conséquences ?
La définition qu’en donne « Slate magazine » est juste. «La “dictamolle” est un gouvernement autoritaire où la démocratie n'existe plus ou se trouve sur le point de disparaître. Elle peut être soit une dictature avec un faible niveau de répression soit une démocratie avec un haut niveau de répression» Federico Finchelstein (From Fascism to Populism in Democracy).
Une glissade Dictamolle est bien celle dans laquelle la Turquie d'Erdogan dévale les pentes de la démocratie. La vitesse acquise d’une Dictamolle peut très vite prendre tout à fait l’allure et la forme d’une dictature. Que les Turcs se méfient, Hitler est devenu chancelier après des élections régulières. On a beau dire qu’Erdogan est une marionnette aux mains des religieux, il peut se révéler à lui-même et s’en débarrasser, sans que ses mentors y prennent garde.
N’ayant aucun relais sur la Toile, mes contractions, ellipses, torsions de syllabes n’ont de sens que pour quelques lecteurs, cependant la « borsusfication » de notre gouvernement régional devrait avoir un meilleur sort et sortir de l’anonymat, pour en finir avec la borsuspicion !
On verra bien d’ici la fin de cette législature, si cette nouvelle médiocrité du gouvernement régional « rénové » peut s’ajouter au tas des autres.
Quant à savoir si Borsus lèvera le coude en 2019 « Un Borsus, ça va, deux Borsus : bonjour les dégâts !

6 octobre 2017

La glaire orange et Pierre-Yves Jeholet.

J’ai longtemps cherché une image forte pour donner l’impression la plus exacte de ce que je ressentais de la politique fédérale d’un Charles Michel (MR), éboueur d’État, rassembleur des Flamands et promoteur de la crème des droites flamandes, de l’Open VLD à la N-VA.
J’ai trouvé une étudiante en thèse de 27 ans, Stefanie Krauth, auteure de la publication "Analyse approfondie d'un morceau de merde : distribution de Schistosoma mansoni et des oeufs d'ankylostome dans une selle humaine".
Un titre promis à rester dans les annales, dirait Tacite !
De la défécation de Charles Michel, girouette pathétique à propos de la N-VA d’avant et après les élections, jusqu’au nouveau paquet des ministres de la Région wallonne, déjà bien compromis, l’histrionisme rectocolite ou glaire orange met le public en alerte. C’est du sirop d’État qui coule du trône vers le bas. Enfin, je le croyais. Depuis Stephanie Krauth, grâce lui soit rendue, ce n’était pas du ripolin, c’était de la merde !
Ces flatulences chroniques ne pouvaient faire mieux que se cramponner à la nouvelle élite incarnée par les ministres de la N-VA. Qui mieux que le tout récent ministre Pierre-Yves Jeholet pour nous représenter auprès de Theo Francken, pour l’avènement d’un National-socialisme débarrassé des détails de l’Histoire ?
Des corrompus de gauche, dessoudés par Benoît Lutgen, l’ami des chasses d’eau, aux faisandés de droite, les électeurs wallons ne savent plus comment se boucher le nez.
La démocratie doit être un malade en très mauvaise santé qui fait sous lui. Le pot de chambre recueille les fientes que nous dégustons tous les jours.
Alors, habillés en nazi ou transsexuels en peau de fesse, homogénéisés en suspensions standardisées nos gouvernants permettront une numération plus fiable des œufs de parasite qui ne sont pas de chômeurs, mais issus de leurs propres défécations. Ainsi, conservés sur de la glace ou sur un linge humide afin de ralentir la désintégration des œufs d'ankylostome avant les prochaines élections, peut-être que le pays dévasté aura une meilleure estimation épidémiologique.

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Stefanie Krauth ne sait pas à quoi elle a échappé en analysant les selles de 222 participants résidant dans une zone rurale de Côte d'Ivoire ! Elle aurait pu très bien recueillir la même chose à Bruxelles et dans les Régions au sortir des réunions hautement politiques de notre malheureux pays. Nul doute que l’analyse parasitologique eût été bien plus accablante !
Jürg Utzinger, son assistant, avait besoin pour l’étude de Stefanie de toute la "saucisse", pas seulement d'un petit bout". L'Institut tropical de Bâle à l’habitude. Sauf qu’il se serait peut-être heurté à l’impossibilité de nos hommes politiques d’être « consistants ». Dès lors, comment découper chaque selle en quatre pour analyser des échantillons similaires ?
Certes, il y a bien les petits pots. Mais vous voyez Charles Michel entrant au 16, rue de la Loi, avec ses petits pots à la main ?
Toujours est-il que du fédéral au régional la suspension s’est standardisée et permet dorénavant de regrouper dans une même famille, tous les maux dont nous sommes accablés.
Voilà que le syndicat de la CGSP Admi vient de détecter une infection récidivante à Clostridium difficile dans la flore intestinale d’une personne qui, selon les dires de la Centrale, est l’Ami d’un ami des Nazis, d’où risque de pandémie.
Microbiome rapporte qu’une équipe canadienne (La Meuse cherche des volontaires) a administré dans le côlon de deux patientes septuagénaires infectées par une souche hypervirulente un "substitut synthétique fécal" renfermant une sélection de 33 bactéries de « bonne conduite ». Jeholet Pierre-Yves pourrait espérer une guérison après l’inoculation « in the baba » d’une mise en culture des selles d'un chômeur sain de plus de 40 ans. Ces mamies Ivoiriennes ont retrouvé un transit normal en deux-trois jours. Pourquoi pas lui ? Nul doute que le ministre sortirait guéri de toute sanction dictée par la haine des pauvres, une semaine après le traitement.
Comme Pierre-Yves Jeholet l’a lui-même constaté dans une gazette où il a ses entrées « On n'est plus dans le registre du dialogue", forcément quand on a des vers ! Vous avez déjà vu quelqu’un parler à « ses vers » ?
Bacquelaine, occasionnellement médecin, pourrait le convaincre de surmonter sa pudeur et d’exhiber son rectum « pour la science » !
C’est pour des raisons humanitaires, que je me suis fait violence, en abandonnant l’extrême courtoisie avec laquelle j’évoque les emblématiques personnalités vénérées dans ces chroniques de haute tenue habituelle.
Que les BCBG veuillent me pardonner.

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5 octobre 2017

Le Club des Cinq a encore frappé !

Parmi mes relectures d'été, Jeremy Bentham.
Ce n’est pas folichon, d’accord. Mais le livre reste instructif.
– Qui c’est lui ? dirait n’importe qui au Carré, au départ d’une guindaille.
Puis n’y penserait plus en tournant le dos au rabat-joie.
Si cela vous intéresse, tapez Wikipédia.
Si vous avez la flemme, voici en trois coups de cuillère à pot : Jeremy Bentham, 1748-1832 est Londonien, philosophe et réformateur britannique. Il a trainé ses grolles à l’Université d'Oxford, The Queen's College, Westminster School, brillant élève d’abord, enseignant doué, ensuite.
Seule curiosité, mais celle-là bien anglaise, le corps momifié de Jeremy Bentham est conservé dans la bibliothèque universitaire de l’University College de Londres. C’est saisissant. On ouvre une porte et derrière Bentham, embaumé, est assis sur une chaise en costume bourgeois du début du XIXme s. (absolument authentique !)
Il forme un quintet avec Alexis de Tocqueville, John Locke, Thomas Hobbes, Adam Smith que ceux du MR, quand ils lisent un peu, mais surtout par ouï-dire, portent au pinacle du système capitaliste.
Vous vous doutez bien qu’une lecture pareille au mois de septembre signifie qu’il pleut, que je suis seul et sans aucun espoir de passer une soirée agréable dans des roucoulements de pigeonnier.
Ce n’est pas par esprit sadique que j’avance Jeremy Bentham sur le tapis des discussions, mais parce qu’à cette nouvelle lecture, je me suis persuadé qu’il fallait être un MR radicalisé dans l’économie capitaliste, pour avoir loupé l’incongru de cet Anglais, toujours tapi derrière la porte, à se ficher du monde.
En gros, Bentham part du principe que les individus ne conçoivent leurs intérêts que sous le rapport du plaisir et de la peine. C’est assez juste. Sauf que certains prennent plus souvent leur pied que d’autres. Il y en a même qui cumulent énormément de peine pour peu de plaisir. Mais bon, ce n’est pas là-dessus que je chipote.
Puisque l’humanité a survécu – bougonne Jeremy Bentham – les égoïsmes ne l’ont donc pas anéantie. Ils s’harmonisent naturellement et produisent le bien de manière mécanique !
Voilà qui va faire plaisir au MR, eux qui sont déjà si « harmonieusement égoïstes », les voilà qui l’étaient de façon innée et ils ne le savaient pas !

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Mais ce n’est pas tout. Le meilleur est après.
L’humanité pourrait-elle subsister une seconde, si chaque individu était occupé à favoriser l’intérêt de son prochain, au détriment du sien, demande Jeremy, sûr de la réponse.
– Non, mille fois non, rugit Bentham, qui fit des études par désœuvrement, puisqu’il avait hérité d’une belle aisance.
Nous sommes bien loin des notions altruistes, du dépassement de soi, de la solidarité, d’OXFAM, des sauvetages en mer des refugiés et même des pompiers bénévoles !
Ah ! le voilà le vrai visage du capitalisme ! Inutile de dire que ce passage de la bible libérale de ces messieurs est expurgé dans l’édition réservée aux étudiants des sciences économiques, sans quoi ça se saurait.
Le chapitre s’appelle « L’identité naturelle des intérêts », en termes feutrés, dans des morceaux fort peu lus de nos jours, on croirait entendre Charles Michel, quand il prend sa petite voix douce, pour nous dire quelque chose de désagréable.
L’art de la politique consisterait donc à gouverner les individus par leur intérêt. Autrement dit, la principale clientèle, dont on s’occupe en premier lieu est celle qui en présente beaucoup. Par contre, celle qui par la peine qu’elle a pour en extraire un peu de plaisir, en un mot, le peuple au boulot, elle n’a manifestement que peu d’intérêt aux yeux de nos élites.
Que fait-on pour ces gens-là, qui ont si peu d’intérêt que cela ne vaut pas la peine d’en parler ?
Rien ! C’est écrit noir sur blanc. On ne fait strictement rien !
Voilà pourquoi seul l’État qui a la capacité de mettre un terme à la guerre de tous contre tous, vu le système économique, ne fait rien pour la multitude.
Enfin rien, n’exagérons pas. Quand même un tout petit quelque chose, juste assez pour que les ouvriers ne retournent pas une main sur la gueule des patrons.
Ce sera un chouia de consensus démocratique, un petit plaisir pour un petit intérêt.
Logique !

4 octobre 2017

Pauvre Europe !...

Toute construction humaine peut être déconstruite de la même main.
Dans les sociétés les plus anciennes, le plus solide gourdin triomphait jusqu’au moment où la fatalité le mettait en présence d’un plus puissant bâton. La démocratie touche à une organisation sociale plus subtile, mais pour tout autant, si le rapport de forces est moins visible, il n’en est pas moins présent.
Le social offre une grande place aux capacités humaines à améliorer le monde. Écrire l’histoire autrement s’inscrit en chacun d’entre nous.
S’il y a bien quelque chose de mouvant et d’instable, c’est bien l’identité nationale. Suis-je Liégeois, avant d’être Belge ? Suis-je Belge avant d’être Européen ? Et si je suis tout à la fois, à part l’endroit de ma naissance, rien n’est de mon chef, mais d’une construction faite de volontés anciennes et contemporaines parmi lesquelles on me compte, sans que j’y sois pour grand-chose.
L’idée de Nation n’est apparue qu’à la fin du XVIIIme siècle. La soumission de chacun à « son » prince passait à l’obéissance aux lois de la nation.
L’identité nationale s’est faite quand des mercenaires payés pour faire la guerre ont été remplacés par des jeunes gens recrutés sur les terres mêmes « à défendre ». C’était tout bénéfice. Le patriotisme, pour des raisons économiques, était né.
Le succès rapide de « l’identité nationale » s’est révélé mobilisateur pour toutes sortes de bonnes et de mauvaises raisons, parmi ces dernières une sorte de fierté nationale à la productivité et à l’industrialisation des campagnes.
L’identité collective européenne est née après des siècles inutilement massacrants des Nations entre elles.
L’universalisation du modèle, au troisième millénaire, correspond à une nouvelle vie sociale comme on n’en avait jamais connue !
Le bouleversement des techniques, l’effrayante part qu’à pris le système économique dans notre vie quotidienne, nous pose question : « la Nation est-elle encore la forme politique la plus adaptée ? »
N’assimilons-nous pas trop facilement la Nation au nationalisme ?
Que le rôle historique qu’ont joué les Nations s’achève, en quoi cela pourrait-il gravement nous nuire si un nouveau projet politique mieux adapté aux temps modernes venait le remplacer ?
En quoi redescendre de l’idée de la Nation, à l’idée de la Région est-elle une perversion et une idée fausse ? On est bien d’accord que Bart De Wever et la N-VA ne nous irrite que parce qu’ils veulent « partir » d’une Nation en emportant les meubles et en laissant les autres démunis. Dans cette hypothèse, l'idée de nation a encore de beaux jours devant elle…

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Et de ce point de vue, on ne peut que blâmer l’attitude d’un Charles Michel qui croit retenir les Flamands en leur prodiguant des « faveurs » et en leur cédant des « biens » qui ne leur appartiennent qu’indivis.
La sécession de la Catalogne pourrait être une bonne nouvelle pour l'Europe, comme l’Écosse, la Corse ou la Flandre.
Si au lieu d’un coincé comme Juncker à l’Europe donnant raison au concert apeuré des chefs d’État de l’UE, l’Europe des Régions mettait enfin un terme aux bilans « assistés » des Régions pauvres soutenues en interne par leur pays « riche » ? On aurait alors une géographie économique bien plus juste permettant aux aides européennes à soutenir intelligemment les faibles, sans que ceux-ci soient considérés comme des « profiteurs » dans leur propre pays.
Les prises de position unionistes font revenir au temps des petits roitelets arrogants et revanchards. Ils ne perçoivent pas l’intérêt d’une Europe débarrassée des nationalismes et capable ainsi d’aller enfin vers une unification équilibrée.
L’idéologie actuelle des États européens est un nationalisme qui fortifie l’extrême droite et exacerbe le sentiment d’appartenance. D’après tous les partis sans exception, l’existence d’une nation indivisible fortifie la démocratie, n’est-ce pas plutôt l’inquiétude qu’une nouvelle organisation remettant en question leur position privilégiée qui serait la raison cachée de leur méfiance des régions ?
La position de la Commission Juncker pour le statu quo en Espagne est tout à fait le contraire de l’esprit des Traités que l’UE élabore depuis toujours. Un État-membre est libre de se séparer quand il le souhaite de l’Union, s’il estime que ses intérêts ne sont plus pris en compte. Ramenés aux Régions, ces traités agrandissent au contraire la démocratie. Nous en avons un exemple criant aujourd’hui avec la Grande-Bretagne qui se sépare de l’UE, alors que l’Écosse ne le souhaite pas.
L’Écosse, si j’en crois J-C Juncker, même indépendante, ne pourrait rester à l’Europe ! Qu’est-ce que cette Europe qui abandonne ainsi quelques millions de ses membres, donne comme exemple à sa jeunesse ?
On comprend mieux son déclin, en voyant son manque d'audace.

3 octobre 2017

L’opérette démocrate (1).

À force de mépriser la démocratie « vue d’en bas » les politiques qui s’intitulent « l’élite de la démocratie » se sont forgé une réputation d’infaillibilité.
Tant que vous votez pour ce qu’ils considèrent être une politique indispensable à l’État, pas de problème. Vous ajoutez et vous retranchez ce que vous voulez des partis en charge des affaires de l’État. De toute manière, c’est dans des popotes intérieures que se décide la composition des élites responsables.
Le 29 mai 2005, il s’est passé quelque chose en France qui a fait tomber les masques et montrer que leur concept de gouvernement n’était pas du tout celui d’une démocratie, mais d’une dictature déguisée.
Les faits :
Le 29 mai 2005 a eu lieu le référendum français sur le traité établissant une constitution pour l'Europe (aussi appelé traité de Rome II ou traité de Rome de 2004). À la question « Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une constitution pour l'Europe ? », le « non » avait recueilli 54,68 % des suffrages exprimés.
Comme cela se passait en France, ce que voyant les dirigeants belges manœuvrèrent pour qu’il n’y eut pas de référendum en Belgique et décidèrent tout à fait légalement d’approuver en petit comité et entre soi, le traité de Lisbonne.
Les Français avait voté par référendum dans une perspective qui n’entrait pas dans les vues de l’ensemble de la classe politique. On fit en sorte de façonner la démocratie à l’image de la pensée dominante de l’élite.
La procédure utilisée par l’UMP, le PS, le MODEM et EELV pour faire ratifier un traité que le peuple français avait rejeté à 55% entrait légalement dans la Loi, qui n’interdit pas qu’un texte rejeté par référendum, puisse ensuite être adopté par les parlementaires.
La Constitution espagnole ne permettant pas ce stratagème qui, en fin de compte, permet une démocratie à la carte, ce qui s’appelle parfois d’un autre nom : la dictature des élites, le gouvernement Rajoy avait pris la précaution de déclarer illégale l’expression populaire du référendum.

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Comme je l’ai dit hier, le résultat du scrutin ne pouvait faire aucun doute. Une démocratie qui fait garder des urnes par sa police et matraque les électeurs, on a déjà vu ça ailleurs.
Croyez-vous qu’en Belgique, ils hésiteraient une seconde à mitrailler l’électeur dans les mêmes conditions d’expression de leur liberté ? Ils nous préfèrent morts, plutôt que libérés de leur tutelle. Vous et moi serions étendus vite fait sur le trottoir de l’école où d’habitude nous allons voter ! C’est ça leur concept de la démocratie. Ne vous y trompez pas !
Bien sûr, les survivants auraient droit aux larmoyants effets d’un Charles Michel navré, mais très satisfaits que l’Ordre ait été respecté. Rassurez-vous, nous sommes devenus un peu lâches et raisonnables et ce que j’en dis, c’est de la pure fiction.
Depuis le 29 mai 2005, le souhait d’un peuple aussi important pour l’Europe que le peuple français ayant été ignoré, après les combines de l’élite, tant en France qu’en Belgique, tous les traités, les alliances, les relations en-dehors de la zone euro l’ont été au nom d’un peuple qui n’est plus souverain du tout et sur décision en petit comité.
Le dernier joujou de J-C Juncker, le Traité de libre-échange transatlantique, appelé TTIP ou TAFTA, n’aurait jamais été approuvé par voie référendaire.
Les États de l’UE sont bien silencieux depuis dimanche sur les événements de Catalogne. Leur siège est fait, ils sont tous pour Madrid et Rajoy, mais ils attendent de voir les réactions de l’opinion européenne, bien travaillée, manipulée par la presse toute dévouée à leur cause et pendue à leurs basques.
Les violences sont gênantes. Elles sont toutes liées aux interventions de Madrid dans les affaires de la Catalogne, pas le moindre casseur qui serait venu sauver la mise des flics cognant et gazant l’électeur.
Dans son discours de circonstance, Charles Michel verse une larme sur la répression policière. Avec Bart De Wever derrière lui, il ne peut pas faire moins quand il s’agit d’un peuple qui réclame son indépendance. On voit bien comme il voudrait féliciter Rajoy de son intervention musclée, mais qu’il ne le peut pas depuis qu’il fait la politique de la Flandre, contre le reste du pays, seule façon de garder la N-VA au chaud contre son cœur.
Dans quinze jours, quand il s’avérera que les Catalans l’ont eu bien profond, le même pour conjurer « les mauvais penchants de l’âme flamande », nous rassurera sur la solidité de la démocratie en Belgique.
Et le comble, c’est qu’une majorité de Belge sera convaincue.
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1. À l’affiche, les Saltimbanques, opéra-comique de Louis Ganne, livret de Maurice Ordonneau. Après le théâtre de la Gaîté à Paris, reprise à Bruxelles, esplanade de l’Europe. Succès garanti. Le refrain devrait être l’hymne des mélomanes de la démocratie façon UE !
C'est l'amour qui flotte dans l'air à la ronde
C'est l'amour qui console le pauvre monde
C'est l'amour qui rend chaque jour la gaîté
C'est l'amour qui nous rendra la liberté !

2 octobre 2017

Rajoy dépouille les urnes.

Ça castagne ce dimanche à Barcelone.
Mariano Rajoy (PP), premier ministre de Madrid, à propos du référendum sur l’indépendance de la Catalogne, ne pouvait mieux faire pour inciter les Catalans d’aller voter, que de l’interdire !
Ce référendum qui pouvait se terminer dans la confusion entre les nationalistes catalans et leurs adversaires, ne fait plus aucun doute sur son issue, quel que soit le nombre de bulletins « sauvés » des griffes de la police.
Mariano Rajoy aurait dû lire Pascal « La justice sans la force est impuissante ; la force sans la justice est tyrannique. La justice sans force est contredite parce qu’il y a toujours des méchants ; la force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, et, pour cela, faire que ce qui est juste soit fort, ou que ce qui est fort soit juste ».
Si la justice fait défaut, cela tient dans une règle de la démocratie qui donne le pouvoir absolu à une majorité fût-elle infime.
C’est ce qui permet à Charles Michel d’aller même plus loin, puisqu’il est minoritaire chez les francophones et qu’il ne doit sa majorité qu’aux seuls Flamands. Peut-être enverrait-il aussi ses sbires interdire un référendum en Wallonie du haut de sa majorité flamande !
Dans une période aussi mouvementée que la nôtre, cette majorité démocratique n’est en mesure d’exercer son pouvoir sur une forte minorité d’opposition que, si elle est raisonnable et qu’elle maîtrise ses nerfs.
Les pays de l’Europe qui sont en délicatesse avec leurs régions peuvent s’inquiéter de la suite et de l’imbroglio au niveau de l’Europe, du référendum catalan.
Assez curieusement, les gauches, dans ces régions en conflit avec l’autorité de l’État, prennent souvent parti pour le pouvoir central. C’est le cas en Catalogne. Ce doit être en corrélation avec l’ancien idéal internationaliste, si souvent utilisé par Staline et décrié depuis.

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L’opinion, pourtant frileuse dès qu’une faction régionale se lance dans des revendications d’autonomie, peut changer rapidement, la preuve, les Flamands en 2017.
Avant ce gouvernement, on ne donnait pas cher de la Belgique, aujourd’hui, la Flandre, selon des sondages, veut rester au chaud dans un fédéralisme qui l’assure de quasiment tous les pouvoirs et toutes les places au Fédéral, Charles Michel étant devenu le « Flamand d’honneur » que tous les Flamands admirent désormais.
Dans cet ordre d’idée, ce serait plutôt les Wallons qui devraient avoir envie de s’émanciper d’un État qui n’assure plus l’équité entre les citoyens de ses régions.
Faut-il le regretter ? Le constat d’une Wallonie apathique, fort peu revendicatrice, développant une situation de dépendance à la Flandre, se complaisant dans une attitude de domestique vis-à-vis des élites, est le saisissant contraste de l’époque 60-61, des grandes grèves, du MPW où une frange significative de la population réclamait des réformes de structure.
Bien sûr, cette Wallonie là est vieille d’un demi-siècle.
Le sentiment latin d’appartenance n’est plus qu’une figure de style, un atticisme littéraire, une curiosité d’académie. Le fameux esprit principautaire, on ne sait plus ce que c’est, même à l’université de Liège. Il paraît que de tous les peuples disparates en Belgique, seul celui de Liège a été indépendant et n’a pas connu trente-six maîtres, pendant près de mille ans.
Les Liégeois ne se reconnaissent plus cette spécificité. Une des raisons tient dans la perte de leur dialecte. Ils ne l’ont pas défendu au moment où l’État le chassait des écoles, comme d’un parler honteux.
On ne s’en souvient plus. L’idée d’un référendum à Liège ? Charles-Michel, le Rajoy flamingant, n’aurait même pas besoin de l’interdire. Les citoyens diraient unanimement « qu’est-ce que c’est cette connerie ? ».
Pourtant, comme le catalan est une langue parlée plus ancienne que l’espagnol, le wallon l’est aussi du français.
Ce n’est pas grave, diraient des gens de gauche qui ont en tête un socialisme international qui se fiche des formes populaires d’’expression. C’est un tort. Avec la perte du wallon liégeois, les habitants de Liège ont perdu à tout jamais une solidarité de rues, de corons, d’usines, etc.
La Catalogne prouve qu’elle se souvient de ce qu’elle est et de ce qu’elle représente, même si des impératifs économiques ont motivé certains égoïsmes qui ont joué un rôle dans le référendum.

1 octobre 2017

La mort en pente douce…

On croit fermement, et pas qu’en Belgique, que des largesses accordées aux riches sauveront des emplois par le seul effet du réinvestissement des capitaux soustraits de la voracité du fisc.
Afin de compléter l’offre alléchante du « venez chez nous, il y fait bon investir », les autorités multiplient les occasions de souligner la liberté d’entreprendre, les facilités nouvelles prises sur la législation du travail, la modération des appétits des travailleurs, l’abaissement des coûts de la main-d’œuvre, etc.
Cette politique libérale de Charles Michel n’a jusqu’à présent aboutit qu’à la régression sociale sans apporter une amélioration conséquente sur le marché du travail.
La pire tromperie qui ait été faite à consister de faire baisser les statistiques du chômage en éliminant des catégories de demandeurs d’emploi par des modifications des lois.
Certains demandeurs d’emploi passent de l’école à la case CPAS, à une poursuite de la prise en charge des parents ou à la mendicité et la délinquance.
Cette politique est-elle digne d’une démocratie dans un pays parmi les plus riches au monde, un pays qui exerce toujours une certaine fascination à l’étranger, au point qu’une forte demande d’intégration d’exilés, en situation à peu près régulière, se poursuit ?
Dans quel traité d’économie les dirigeants libéraux ont-ils été puisé leurs recettes ?
Il y a une constante : quand le marché se replie, quand les commandes se rétractent, tous les managers le savent, il faut adapter les effectifs.
On ne peut pas sauver des emplois de la manière dont Charles Michel procède. Le risque, celui dans lequel nous sommes justement, nous créons des gouffres financiers à charge du contribuable et les emplois artificiellement créés coûtent de plus en plus cher.
Les riches n’investissent pas juste parce que les conditions de placement des capitaux sont plutôt favorables ici qu’ailleurs. Ils investissent dans quelque chose qui offre des perspectives d’avenir d’expansion du produit et de leur enrichissement conséquent.
C’est la règle capitaliste.
La difficulté de modifier les paramètres économiques tient dans l’irrationalité des citoyens. Pour eux, les réformes ne doivent changer les choses qu’imperceptiblement. Or, comment transformer une économie basée sur l’égoïsme « c’est le plus malin qui attrape l’autre », qu’ils estiment urgent de modifier, en une économie responsable, donc débarrassée de ses parasites et consciente des enjeux planétaires, sans la transformer radicalement ?
La technologie a plus évolué ces vingt dernières années que dans les cent années du siècle précédent. On ne va tout de même pas rouvrir les mines de charbon sous prétexte que cette source d’énergie réclamait beaucoup de main-d’œuvre, alors qu’on va vers des énergies sans CO2 !
Les libéraux ont commis l’erreur majeure dans les années clôturant les Trente Glorieuses. Ils ont annoncé à sons de trompettes que notre vocation devenait les services et que les industries lourdes, c’était bon pour les pays en voie de développement.

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Le défaut libéral a été de ne pas avoir pris en compte la population et le vide qu’allait créer la fin des industries lourdes polluantes. Ils ont laissé filer les brevets et les cerveaux dans des régions comme la Californie qui elles, avaient compris qu’on pouvait les remplacer par des entreprises de haute technicité réclamant une nouvelle main-d’œuvre, compensant celle qu’on perdait. Quant aux services qui allaient sortir la Belgique du sous-emploi, ces régions avaient bien vu qu’ils conduiraient à l’impasse dans laquelle la sottise de nos libéraux nous a mis.
Qu’ils soient publics ou privés, les emplois industriels sont en déclin. Les emplois de service, s’ils sont « gonflés » pour compenser, seront à la base d’une nouvelle catastrophe. Les aides aux riches feront de nouveaux profits sans emplois supplémentaires. Les libéraux avanceront d’autres projets, en prétendant que les anciens étaient le produit du socialisme ambiant et chacun croira que la responsabilité du désastre est le produit de l’autre.
Notre insuccès, dit-on, tient dans notre manque de compétitivité devant l’allant des Américains et des Chinois et d’accuser l’Europe d’incompétence.
J’ai cru entendre dans les discours libéraux l’illusion d’une réindustrialisation du pays !
Comment, par qui et pourquoi ? Quand on voit de la manière dont Arcelor-Mittal s’est débarrassé de ses hauts-fourneaux à Liège et à Charleroi, on se demande qui Charles Michel va convaincre ?
Dans la nouvelle économie, les groupes ne conservent de leur métier en Belgique que ce qu’ils ne peuvent produire ailleurs. L’industrie s’est réduite à ce périmètre.
Reste un actif dans lequel nous sommes parmi les meilleurs au monde : nos cerveaux ! Non pas parce que nous sommes plus intelligents qu’ailleurs, ce serait d’une grande stupidité que penser cela, mais parce que nous avons des capacités d’organisation d’écoles, des enseignants de qualité et que ce potentiel qui pourrait ralentir notre déclin, nous ne l’exploitons pas comme il devrait.
Mieux, nous faisons tout pour le réduire encore en y pratiquant des économies criminelles.
Hélas ! l’enseignement est dans le collimateur de Messieurs les libéraux !
Nous devrions jeter nos derniers milliards dans la formation de pointe, sans oublier le BAB de toutes les autres : la primaire, ainsi que l’ouverture philosophique nécessaire à la critique en général, bien entendu.
Vallée de l’Ourthe, vallée de la Semois, nos Silicon Valley ? C’est pour quand ?