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26 avril 2018

Le pouvoir par l’épate !

Le pire des avatars de l’économie mondialisée aujourd’hui gît dans la contradiction de l’être humain attaché à un travail, souvent contre son gré, parce qu’il ne rencontre aucune possibilité de travailler à ce qu’il souhaite, et l’estime marchande de sa personne qu’ont ses employeurs.
Avant de recourir à tout discours moralisateur, en préliminaire de tout le reste, les économistes devraient savoir que le travail ne peut être considéré comme une marchandise.
Parce que derrière ce mot, il y a un être humain souvent malheureux dans une tâche qu’il ne souhaitait pas faire et qu’il pratique par nécessité. Parfois, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, il finit par accepter cette servitude qui le sauve de la misère et de la déchéance.
Ceci est le sort de la majorité des travailleurs. Or, tout l’effort médiatique et politique est prodigué sans retenue pour nous affirmer le contraire, donnant en exemples quelques belles réussites, réelles ou fabuleuses, d’une vie professionnelle accomplie et épanouie.
Ce n’est pas ce qu’on attend des discours du pouvoir.
On attend une vérité qui n’est pas bonne à entendre de cette droite libérale qui poursuit une démarche qui ne pourra aboutir qu’à de grandes catastrophes, à commencer par l’échec même du libéralisme non seulement du point vue humain, mais encore écologiste par appauvrissement général de la nature.
On peut à juste titre s’effrayer de la pauvreté des discours des membres MR – les seuls francophones parlant, plus ou moins, un français correct au sein de ce gouvernement – philosophiquement et moralement nuls !
Car, les bougres n’ont jamais eu l’once d’un questionnement profond sur l’avenir. Ils se contentent de discours superficiels et rassurants qui surprendraient les foules, si elles n’étaient pas assoupies depuis longtemps.
Même les prétendus philosophes, comme Richard Miller, ont des dégueulis remontés de leurs estomacs, plutôt que l'amorce d’une réflexion de leurs cervelles.
Qu’il ait été esclave de la Rome Antique ou moderne tâcheron, sous les énormes hangars d’Arcelor-Mittal, aux lambris des palaces qu’astiquent les domestiques, tout être humain considère le travail comme une peine.
Tout gain de productivité qui passe par lui que ce soit par l’ergonomie ou l’amélioration des approvisionnements de la matière première est d’abord un surcroît d’efforts, un stress supplémentaire ou les deux facteurs réunis, qu’il s’agisse d’un emploi de bureau ou d’un boulot de lampiste sur des voies du chemin de fer.
Il est étrange que la compréhension du drame des gens ne soit en rien perceptible dans la société belge, ni même européenne.
Il faut savoir que les multinationales assimilent l’homme à une donnée mécanique, pour mesurer l’écart entre ce que devrait être une société à visage humain et celle que nous construit Charles Michel et ses pitres complices.

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Voilà plus de vingt ans que Pierre Bourdieu a crié casse-cou. Depuis tout s’est aggravé. Nos élites balbutient des conneries, aussitôt applaudies et amplifiées dans les médias qu’ils trimballent partout dans leur « mission ».
Alain Deneault (1) est parmi ceux qui ont relevé le flambeau, estimant que l’acte électoral, assimilé à un geste d’analphabète, ne nous débarrassera pas de l’engeance souveraine actuelle.
J’admire ceux qui ne baissent pas les bras : les vrais partis de gauche qui défendent les valeurs dont l’élite se moque. C’est encore ce qu’il y a de plus atroce, savoir que les tenants majoritaires de l’économie entraineront dans leur désastre, ceux qui ne voulaient pas finir de la sorte et qui se battent encore dans l’espoir, de plus en plus chimérique, de pouvoir redresser les choses.
Les contemplateurs du système vont dire que les gens de mon espèce rabâchent, que voilà longtemps que ce genre de discours ne passe plus.
Rien n’est plus vrai. Est-ce une raison d’abandonner la partie et de s’écrier « tant pis, crevons avec les jouisseurs de toute espèce ».
Vaut-il mieux s’aplatir devant « l’inéluctable » et attendre avec des « je vous l’avais bien dit » ce qui sera notre lot demain ou témoigner de sa différence jusqu’au bout !
Il ne faut pas être grand clerc, lorsque nous serons au pied du mur, pour imaginer que ce seront les athlètes du verbe libéral qui tiendront la dragée haute aux masses désespérées !
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1. Alain Deneault « Faire l’économie de la haine ».

25 avril 2018

L’amour à quatre à la Maison Blanche.

Il ne faut pas se leurrer. La presse de gauche n’existe pas aux USA, enfin ce qu’en Europe on appelle la gauche et que là-bas on appelle encore « communiste ». On devrait plutôt parler d’une presse critique et d’une presse conservatrice. Les médias critiques n’ont jamais été très puissants, et l’indignation des conservateurs énumérant les Fake-News désignés par Trump comme étant les produits de cette presse d’opposition, est une façon assez commode de camoufler leurs échecs.
En Belgique, on aime assez la presse critique américaine pour la considérer crédible, quoique le MR et le pouvoir actuel soient bien plus près de la presse dont le moteur est le site Breitbart News, dit la “plateforme de l’Alt Right” par son ex-patron Stephen Bannon, qui, dès la victoire de Trump, a été nommé au poste de haut conseiller et responsable de la stratégie à la Maison-Blanche.
C’est le moment choisi par Macron pour s’en aller chatouiller l’ego de son ami à Washington, de faire le point sur ce président républicain.
D’abord l’élection de Trump, voilà un candidat républicain à l’élection présidentielle qui perd le vote au suffrage universel, mais qui se retrouve quand même à la Maison Blanche, suite à l’embrouille du système incompréhensible pour nous, des grands électeurs.
Cette élection est encore pire que ce que j’ai décrit hier, qualifiant celle de Belgique, de mascarade. Malgré cela, les républicains tirent profit de son élection pour monter un programme de gigantesques baisses d’impôts qui avantage les riches et fait exploser le déficit budgétaire. Les républicains, spécialistes des fake-news, décrivent cette loi comme la bénédiction des familles laborieuses.
Il y avait un précédent George W. Bush. Mais avec Trump, le travail est moins « ourlé ». Les baisses d’impôts de Trump sont impopulaires tout de suite.
Les travailleurs Américains ne voient aucune augmentation sur leurs fiches de paie. Au point que les républicains oublient de mentionner dorénavant ces mesures à leur palmarès.
Les deux partis n’ont pas le même point de vue quant à la responsabilité fiscale. Ce sont les démocrates qui la pratiquent seuls, l’Obamacare en est une conséquence heureuse. Trump n’a pas réussi à détruire tout à fait, cette idée généreuse des démocrates.
Bizarrement les démocrates ont été pénalisés pour avoir fait ce qu’il fallait. Et qu’une partie de l’électorat bénéficiant de l’Obamacare ait voté pour Trump est incompréhensible et étudié comme cas d’école. Les électeurs ont été trompés par le mirage de l’argent supplémentaire dans leurs poches.

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La situation pour ce président conservateur est différente de celle de Bush. En 2000, les Etats-Unis avaient une dette en baisse par rapport au PIB. Alan Greenspan défendait l’idée, d’une baisse d’impôts pour ralentir le remboursement de la dette.
Trump a fait semblant d’être populiste. Il a même fait une campagne électorale sur l’augmentation des impôts pour les plus riches, pour faire le contraire tout de suite après.
Voilà qui ne se voit pas trop dans les journaux proches des républicains, Trump ne s’encombre pas de peser ses dires à l’aune de la vérité, vu qu’il a érigé le mensonge en pratique courante de gouvernance.
L’optimisme exagéré des promesses économiques de Trump fait surface et tout le monde commence à s’en apercevoir. Les bénéfices des baisses d’impôts ne s’accordent pas avec les estimations indépendantes.
Macron ne sentira pas ça pendant les trois jours de sa visite, mais la fameuse majorité « for ever » de Trump est en train de fondre devant la dure réalité des faits.
Que peuvent encore faire les républicains pour se maintenir à flot dans l’opinion américaine ?
Les valeurs de la famille américaine qui paraissent pour les Européens venir d’un autre monde, tant elles sont rigoristes, perdent de leur fascination jusque dans les Églises réformées. Les gens sont devenus bien plus tolérants. Deux tiers des Américains soutiennent le mariage pour tous. C’est très difficile pour Trump de jouer sur les valeurs de la famille quand on s’est vanté « d’attraper les femmes par la chatte ».
Il est probable que Macron et Trump feront semblant de trouver des accords sur l’organisation des sociétés respectives qu’ils représentent, à défaut d’en avoir sur les questions internationales.
Cependant, il s’en trouve de beaucoup que Macron avec toutes les grèves qu’il a sur les bras et Trump avec les embarras d’une colère sourde qui monte de l’Amérique profonde puissent sur trois jours de palabres, s’accorder sur autre chose qu’une « fake-news » de plus.

24 avril 2018

Du plus grand, au plus petit.

On ne saurait dire ce qui fonde l’autorité d’un ministre par rapport au peuple, si ce n’est un suffrage qui serait comme un blanc-seing accordé à quelqu’un à peine connu, voire pas du tout.
Ce n’est donc pas une valeur intrinsèque qui suppose cette autorité, mais un ensemble de parti-pris qui détermine un manque de considération de la personne de celui qui délègue, par rapport à celui qui en est le bénéficiaire.
Il y a donc un présupposé qualifiant et disqualifiant selon la fonction et la hiérarchie.
Les personnages marquants des partis, en général, ne se sont pas illustrés en-dehors de la notoriété qu’ils ont acquise en faisant de la politique : Louis et Charles Michel, Elio Di Rupo, Laurette Onkelinx, Alain Mathot, Didier Reynders, De Wever, Kriss Peeters, etc, la liste est longue d'intellectuels qui ne se sont fait un nom que lorsqu’ils sont arrivés à des postes en vue dans leur parti respectif.
Sans cet engagement, ils seraient des fonctionnaires, des avocats, des économistes bien entrés dans le bon bourgeoisisme à la belge et conduisant leurs enfants à l’école sans qu’on les reconnaisse dans la rue ou que l’État ne les assure d’une protection rapprochée.
C’est probablement une des raisons principales qui les pousse à s’entourer de personnalités qui ont presque accompli toute leur carrière dans le privé, dans les mutuelles, les professions libérales ou les syndicats et qui y ont acquis une certaine renommée.
Ce sont des prises de guerre. Ils focalisent une certaine attention, ils ont acquis par leur renommée une notoriété de meilleur aloi qu’en politique ; mais, sont-ils pour autant les garants d’une plus large ouverture, une brèche, en quelque sorte, dans cette démocratie confisquée ?
Jacques Brotchi, ce dimanche sur RTL, faisait presque pitié.
N’arrive-t-on pas par cet adoubement à des exactions plus grandes, au lieu de l’ouverture de la démocratie aux gens ?
La nomination controversée de Martin Selmayr, au poste de secrétaire général de la Commission européenne, par Jean-Claude Juncker, n’est-elle pas un bel exemple de népotisme qui illustre mes propos ?
Ceux qui pensent que cette démocratie ne fonctionne pas comme elle devrait, pourraient s’inspirer d’un « Philosophe plébéien », de Jacques Rancière (1).

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Ce que deux siècles de balbutiements en matière d’organisation de l’État nous appelons « démocratie » n’est ni un type de constitution, ni une forme de société. « Le pouvoir du peuple n’est pas celui de la population réunie, de sa majorité ou des classes laborieuses ; Il est simplement le pouvoir propre à ceux qui n’ont pas plus de titre à gouverner qu’à être gouvernés (2). »
On touche là au vrai scandale qu’il est primordial de connaître avant de rechercher la voie du progrès de la démocratie. Or, on est troublé par le refus de tout regard critique, sur la "machine" électorale. Et pour cause, leur statut et leur autorité desquels ils dépendent seraient immédiatement remis en question.
Depuis qu’ils considèrent la politique comme un métier, ils ont adopté pour leur propre compte la mentalité revendicative et une communauté d’intérêt vis-à-vis d’un employeur fictif (nous) puisqu’en réalité, ils se sont approprié nos compétences et notre pouvoir de les licencier. Ce sont eux qui fixent les règles de leurs rémunérations et les prérogatives des fonctions qu’ils exercent. Nous ne les contrôlons pas ! Ce sont eux qui nous contrôlent !
Notre type de patronat est unique au monde. Nous sommes au service de ceux que nous employons, comme si, de la sorte, nous pouvions être satisfaits !
Le fondement de la politique étant le peuple, ce dernier étant dans l’incapacité d’exercer « sa » politique, nous assistons, sans que la plupart s’en aperçoivent, au pouvoir de gouverner dans une absence de fondement.
C’est ainsi que toute majorité donnant le pouvoir absolu à celui qui le sollicite vote contre elle-même. C’est le cas en Turquie pour bientôt fin 2018, qui va réélire un type qui s’appelle Erdogan et dont nous n’avons pas fini d’entendre parler. Ce fut le cas en 1936, en Allemagne, pour un personnage d’une autre dimension.
La démocratie par délégation tend à cet arbitraire du pouvoir. Toutes les prémices d’une telle majorité sont réunies en Belgique. Nous devrions nous être aperçus depuis ces dernières législatures, que les pouvoirs, de gauche ou de droite, ont choisi l’économie contre le peuple.
Nous allons comprendre à nos dépens, dans les législatures prochaines, ce que vont nous coûter les intérêts conjugués des partis et de l’économie.
Ce sera inédit !
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1. Jacques Rancière a rassemblé dans une revue « Le Philosophe plébéien » des écrits inédits de Louis Gabriel Gauny, ouvrier parquetier et philosophe. Il s’attèle ensuite à faire connaître Joseph Jacotot qui au XIXe siècle remit radicalement en cause la pédagogie traditionnelle. Cette recherche débouchera sur une biographie philosophique qui pose le postulat de l'égalité des intelligences.
2. Jacques Rancière, « La Haine de la démocratie », p. 54.

23 avril 2018

Pochetrons, les Belges ?

Deborsu en débattait ce midi avec ses invités, libéraux bons teints, même s’ils n’ont pas tous la carte du MR. Jacques Brotchi, tête de gondole représentant Charles Michel fut bien en peine d’expliquer que le gouvernement a décidé de garder les 0,5 /1000, au-delà duquel on entre sous le coup de la loi en matière d’alcoolémie, au lieu des 0,2/1000 recommandés par… Jacques Brotchi !
J’en connais un qui aurait mieux fait de rester la star de la neurochirurgie ! La politique, c’est un autre métier.
Un petit détour par le tableau d’honneur des démocraties est nécessaire avant d’aborder le problème de l’alcoolisme.
Certains se souviennent de l’Index Démocratique annuel, du très respectable « The Economist » du 24 février 2017. Il est mémorable parce qu’il dit en chiffres et en tableaux, ce que j’essaie de traduire depuis toujours par des mots, du niveau où se situe la démocratie en Belgique. .
Nous arrivons en trainant les pieds : 35ème mondialement, derrière l’Italie, l’Inde, le Botswana, et… les Etats-Unis de Trump. Dans la catégorie Europe de l’Ouest, 18ème, précédant seulement Chypre, la Grèce et la Turquie. Contrairement à la plupart de nos voisins, nous ne sommes pas classés parmi les “démocraties à part entière”, mais “viciée”.
Ce jugement sans appel tient à la participation politique quasiment nulle des citoyens, qui contraste avec d’autres démocraties européennes proches. Le goût très flamand pour le nationalisme et le parler rugueux exclusif y sont pour beaucoup, les notables et les célébrités font le reste.
Un récent sondage, a établi que 36 % de Belges interrogés seraient aussi heureux sans droit de vote !
Le débat politique a été confisqué par les politiciens. Voter pour Charles Michel et Didier Reynders n’a rien d’exaltant, pour Di Rupo non plus d’ailleurs ! Telle est l’opinion de The Economist et pas seulement que lui.
De ce constat abondent les solutions envisageables.
Cela serait tout à fait intéressant d’en parler, sauf qu’on a oublié une donnée dans tous les paramètres. La boîte à outils ne serait pas complète sans elle.
On estime que 10% des Belges consomment de l’alcool de façon problématique, 14 verres par semaine pour les femmes et plus de 21 pour les hommes.
Voilà qui fait pas mal d’électeurs bourrés, incapables de saisir les enjeux de la démocratie.
Je m’aperçois qu’en écrivant ces lignes, celui qui aurait encore un dernier doute sur mon adhésion à un parti politique en serait débarrassé ; car, y a-t-il quelque chose de moins rassembleur sous une étiquette d’écrire que beaucoup de citoyens sont des irresponsables ?
Hélas ! nous voilà quasiment champions du monde de la dégustation des spiritueux.
Au boulot, la consommation excessive d’alcool a été démontrée pour 14% des travailleurs. À la FGTB on ne dira pas le contraire. Je pourrais témoigner que l’hécatombe par Cirrhose du foie fit chuter plus d’un président de fédération et plus d’un secrétaire général. C’est dire que l’exemple vient de haut. Securex n’est fiable en rien. C’est une officine rémunérée par le patronat. Lorsque cet organisme écrit qu’un travailleur sur sept consomme plus de dix boissons alcoolisées par semaine, ces médecins inquisiteurs ne sont pas loin de la vérité.

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Les jeunes sont plutôt accros à la bière, mine de rien, certaines font 12°. Chez les seniors, c’est plutôt le vin à domicile. Selon une étude de la VAD, prévention et de lutte contre la drogue et l’alcool, un homme de plus de 55 ans sur trois boit tous les jours et de façon excessive.
Surtout que l’on ne voie pas dans cette chronique une démarche pedzouille pour des ligues antialcooliques. Cette réflexion est exclusivement d’ordre politique.
On nous dit d’une part que l’électeur fait défaut pour remettre sur pied une démocratie défaillante et, d’autre part, après avoir fait le tour des difficultés à rendre une noblesse perdue à la démocratie et compter celles et ceux qui devraient s’unir en un front citoyen, on nous apprend qu’une partie de la population n’est pas apte à exercer le droit de vote, en raison d’un éthylisme amoindrissant ses facultés mentales !
Et il faudrait sous prétexte que ce n’est pas « politique » faire semblant que ce problème n’existe pas, celui-ci s’ajoutant à l’illettrisme et aux attardés mentaux pour d’autres causes, souvent bien plus dignes de respect que celle qui nous préoccupe.
L’effet néfaste de l’alcool sur la santé, tous les cliniciens en parlent : dépendance, troubles de la mémoire, vieillissement de la peau, surpoids, cirrhose, irritabilité… 6% des Belges décéderaient des suites d’une consommation excessive d’alcool. Personne n’ose aborder le point de vue politique et l’affaiblissement de la démocratie en raison des mêmes causes touchant à la santé.
Les chiffres de l’OCDE : 12,6 litres d’alcool par tête (des plus de 15 ans) et par an, démontrent que la Belgique est l’une des grandes consommatrices d’alcool dans le monde, juste derrière la Russie avec 13,8 litres d’alcool. Les Français, quant à eux, consommeraient 11,5 litres par an. Les Pays-Bas seraient encore moins tentés avec 8,4 litres.
De toute évidence, plus un parti a d’électeurs, plus il a d’ivrognes ! Une telle constatation reviendrait presque à souhaiter que les Michel et Reynders fassent le plein, si on n’était pas certain que les caïds du MR sont les maltôtiers du système !

22 avril 2018

Friture sur les ondes !

L’avenir des journaux payants en ligne est incertain. Des feuilles-bidets comme La Meuse s’en tirent bien puisque les principales informations se recueillent dans les commissariats, les tribunaux, les clubs de foot, les dissidents de parti et les patrons de bar. On ne lit pas ce journal pour avoir des nouvelles sérieuses sur la politique nationale et internationale.
Les gazettes à prétention fédérale et même mondiale, comme Le Soir ou la Dernière Heure, c’est autre chose. L’amorce de l’info appâte le lecteur, qui doit douiller sec pour en savoir davantage. Les marioles consultent le Web sur les indications du texte non-payant. Souvent, ils tombent sur la source dont le journal s’est servi pour l’article au complet.
Des petits malins exploitent parallèlement leur petit brin de notoriété en rendant leur blog payant. Je ne crois pas qu’ils feront fortune avec le procédé, tout au plus arrondiront-ils leur fin de mois.
Les radios périphériques non subventionnées sont touchées aussi par cette nouvelle manière d’informer et d’écouter de la musique. Même sur Smartphones connectés, on écoute à l’aise les grandes radios. Le hic, la publicité sur le numérique échappe aux grandes antennes. C’est le drame. La révolution technologique du numérique pompe leurs revenus !
France Inter et la RTBF sont moins touchés parce que subventionnées par leurs États. Par économie cependant, France Inter a décidé de ne plus émettre sur les grandes ondes. Il a bien fallu que je me rabatte sur Europe 1, pour l’info version française.
La concurrence rattrape Europe 1. L’audience chute.
Le groupe Lagardère cherche une issue et n’en trouve que dans la valse des animateurs de la chaîne.
Déjà en septembre 2016, le très médiatique philosophe Michel Onfray devient un média à lui tout seul en créant une webtélé. Natacha Polony, débarquée d’Europe 1, s’engage dans la même présentation payante de son travail de journaliste. À la base technique de leur diffusion, on retrouve l’entreprise de Stéphane Simon en cheville avec Thierry Ardisson : Le Magasin Numérique.
Après avoir sérieusement handicapé le livre papier et le plaisir de la lecture à l’ancienne, voilà l’informatique qui se lance dans la concurrence de la radio et de la télévision.
En plus de la webtélé d’Onfray, Le Magasin Numérique produit Tellement Soif (consacré au vin), Polony TV et le récent La France Libre TV.
Que le système se rassure, une droite chasse l’autre… l’autre c’est aussi la droite, malgré la présence de Michel Onfray de la gauche capitaliste qui fait de plus en plus polémiques et de la très souverainiste, Natacha Polony.

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Europe 1 du groupe Lagardère, au résultat catastrophique, se trouve embarqué dans une drôle de galère au point qu’on annonce encore de nouveaux départs dont celui de Patrick Cohen qui avait remplacé Jean-Michel Aphatie. Les auditeurs de Belgique n’auront plus d’autre ressource que de se mettre à l’écoute de la RTBF, autant prendre un abonnement papier à La Meuse et économiser ainsi sur le pécu.
L’équipe transfuge de la radio publique est toujours en activité, mais jusqu’à quand ? Les audiences radio de Médiamétrie marquent le clap de fin, c’est le coup de bambou du jour d’Arnaud Lagardère qui perd des millions.
Que va-t-il rester de la grande lessive qui se prépare ?
On n’en sait rien. Qu’est-ce que ça change pour nous ? Pas grand-chose dans l’immédiat, mais c’est quand même ce moyen d’informer qui subit de profondes modifications. Le sens de tout ceci aura des conséquences sur la démocratie qui pourrait nous concerner directement.
Vaut-il mieux quelques grands patrons maîtrisant tous les moyens d’information à l’exception des services publics ou une multitude de petits patrons, bien de droite, évidemment, pour nous servir la soupe ?
Reconstruire une grille et relancer une nouvelle fois Europe 1, qui ne pourrait se refaire qu’en chipant la pub des autres radios et en premier lieu RTL-France, c’est de toute manière le même os à ronger.
Bon sang de bois ! quel dommage de ne plus pouvoir capter France Inter !

21 avril 2018

Garçon !... la même chose.

C’est une actu qui devrait bouleverser toutes les consciences et faire l’objet de commentaires critiques : depuis plus de trois ans la Belgique exporte illégalement de l’isopropanol et du propanol - des produits pouvant servir à la fabrication du gaz sarin - à la Syrie !
Goupil-Reynders doit se mordre les doigts d’avoir ouvert trop tôt son parapluie avec son pare-feu « La Belgique est toujours pour l’interdiction des armes chimiques ». Moins glamour que Lio, chanteuses aux seins nus, la Belgique grossiste en produits de première nécessité pour le sarin, tout le monde s’en fout !
Certes, les journaux en papier-bidet comme la Meuse, on s’y attendait, mais les autres ?
À la DH, Laetitia se faisait passer pour Hallyday au téléphone, bon d’accord, qui ça intéresse ? Vous en voulez une autre ? Un père de neuf enfants est déclaré stérile par son médecin. Tant mieux pour lui d’avoir fabriqué une importante lignée sans gazoile, mais notre sarin ?
On s’en tape ! Ivrognerie générale ? Hébétude alcoolique ? Il y a de ça, en ne perdant pas de vue les furieux des bureaux à épaisse moquette en train de vomir des instructions à la gentille plume d’en bas… pas perdre de vue que la DH est le journal-croupion officiel du libéralisme du futur.
Au Soir alors, le GRAND journal bruxellois de l’info ?
Pourtant, il y avait une amorce, les employés d’une banque victime d’une poudre suspecte. L’anthrax, faut pas rêver, ce n’est pas du sarin. Au dernière nouvelle, sans préjudicier des analyses, on a le choix entre du sucre perlé et de la farine double zéro.
À l’info suivante, on a compris, les grands éditorialistes sont toujours en vacances, les tâcherons regardent ailleurs. Le planton de service a relevé que Goffin avait été éliminé par son meilleur ami au tournoi de Monte-Carlo.
Seule la Libre Belgique sauve l’honneur. « On le sait, cela fait trois ans que la Belgique exporte illégalement de l’isopropanol et du propanol - des produits pouvant servir à la fabrication du gaz sarin - à la Syrie. D’après le journal Le Monde, la procédure lancée par les autorités judiciaires belges l’aurait été à la suite d’un contrôle des douanes… néerlandaises en 2017. »
Mais ce sursaut vient de la grande camaraderie que le journal conserve aux élus du CDH. Et justement, Georges Dallemagne (CDH) accuse le gouvernement belge d’être au courant de la situation depuis trois ans !
Et dire que du côté d’Anvers, on n’arrête pas de faire des misères à la FN de Herstal pour dix fois moins que ça !

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C’est pas de l’info explosive, ce qu’un misérable blog sans intérêt et peu lu comme celui-ci balance à la place de ceux qui oublient le côté enquête de leur profession ?
Alors que les Flamands sont au courant depuis les révélations du magazine Knack, il faut attendre que nos journalistes sortent du coma éthylique pour cinq lignes d’info, aussitôt submergées par le flot d’étonnement indigné de Goupil-Reynders.
Brave journal Le Monde !... un peu conservateur sur les bords avec madame Françoise Fressoz, excellente éditorialiste, mais trop admirative de Macron à mon goût, donc Le Monde ramasse l’honneur perdu de la presse belge, pour nous en dire un peu plus sur nos marchands d’acide.
D’abord des précisions que l’on savait déjà : « La justice belge a décidé de lancer des poursuites contre trois entreprises flamandes qui ont exporté vers la Syrie des produits pouvant servir à la fabrication d’armes chimiques, dont du gaz sarin. Selon les douanes belges, ces firmes – A.A.E. Chemie Trading, Anex Customs et Danmar Logistics – n’ont pas sollicité les licences – nécessaires depuis juillet 2013 – pour l’exportation, entre mai 2014 et décembre 2016, de 24 lots de composants chimiques. Soit 168 tonnes d’isopropanol, 219 tonnes d’acétone, 77 tonnes de méthanol et 21 tonnes de dichlorométhane. »
C’est Knack qui prend le relais.
Selon le magazine néerlandophone Knack, la citation devant le tribunal d’Anvers comporte toutefois un élément troublant : les douanes reprochent aux entreprises de ne pas avoir fait de demande d’autorisation « après » les exportations litigieuses. Or, s’interroge l’hebdomadaire, « les douanes n’auraient-elles pas dû agir de manière proactive ? », à savoir contrôler avant leur envoi, de telles cargaisons pour faire appliquer l’embargo décrété par l’Union européenne en 2013. ».
La suite nous donne à penser qu’en grattant bien autour de ce scandale, le gouvernement belge est en train de vouloir escamoter des responsabilités de la haute administration.
« Un porte-parole du ministère belge des finances indique que le service des douanes a, en fait, débusqué l’affaire après une « analyse de risques », les entreprises concernées n’ayant jamais sollicité les licences nécessaires. La Sûreté de l’Etat – les services de renseignement – enquête également sur ce dossier, embarrassant pour un pays qui a, le premier, expérimenté le danger des armes chimiques – lors de la bataille de l’Yser, pendant la première guerre mondiale – et se veut à la pointe de la lutte pour leur interdiction. ».
La quantité d’isopropanol exportée est telle qu’il est certain que ce produit n’a pu que servir à la fabrication du gaz sarin. Le « made in Belgium » aurait été notamment utilisé le 4 avril 2017 à Khan Cheikhoun par l’aviation du régime syrien, causant la mort de dizaines de personnes. Sans oublier, ce qui vient de se passer à la Ghouta !
Alors, bande d’alcooliques, vous allez encore laisser passer ça de ce gouvernement MR-N-VA ?
Quand un scandale est trop gros pour être porté par vos frêles épaules, il fait quoi le citoyen ?

20 avril 2018

Reynders brasseur d’idées !

C’est fou la rapidité avec laquelle Didier Reynders s’est précipité au devant des gazettes pour faire sa mise au point à propos des trois sociétés anversoises ayant vendu des milliers de litres du produit de base du gaz sarin, à la Syrie.
Le commerce dure depuis quatre ans et n’a pas été dénoncé par La Meuse, ça tout le monde en convient, mais par les douanes qui s’aperçoivent subitement que cela peut tourner à un énorme scandale.
Reste que le gouvernement belge est indirectement responsable du massacre au sarin de la Ghouta et la mort de nombreuses femmes et enfants. Les trois sociétés anversoises donnent une idée jusqu’où le libéralisme de pointe peu conduire des entrepreneurs dynamiques.
Prudent et cherchant à se démarquer du système, Didier Reynders aurait dit d’une voix attristée, mais ferme, que la Belgique restait attachée à l’interdiction des armes chimiques.
On est pour le commerce pur et dur quand ça roule, au moindre lézard on redevient politique, au-dessus de la mêlée, un chouia social, voire un socialiste mou à la Miller.
Pourquoi maître Goupil-Reynders a-t-il volé au secours du pâlot Charles Michel, alors qu’il se serait délecté, en d’autres temps, à voir l’autre barboter dans un océan de merde ?
Il faut pour cela se rappeler l’OPA sur Bruxelles du mois de mars, quand maître Goupil-Reynders s’est affiché preneur dans une coalition possible avec les trois ploucs de la N-VA qui siègent à Bruxelles, au cas où le MR ferait tomber les murs de la Monnaie des trompettes du triomphe dans la capitale.
Ce n’est pas le moment d’accabler Bart De Wever et les trois entreprises d’import « peinture et vernis » à propos des 48 morts de la Ghouta.
Effacer de la mémoire des électeurs les agissements extravagants d’Armand De Decker d’ici octobre est déjà une tâche suffisante. Si en plus Reynders-Goupil doit se mettre en position « Seveso », pour stigmatiser ses futurs alliés de la N-VA, l’homme n’est pas près d’ajouter un zéro de plus à son chiffre d’affaire à Bruxelles.
Parce qu’il paraît que les Belges, d’après les statistiques des journaux proches des libéraux, ont un regain d’indulgence pour Michel et partenaires !
Pourquoi pas, après tout, les socialistes ont tellement déçu, que la gauche en se présentant sous deux casquettes risque bien d’en ramasser une, celle-là synthétisant les deux autres.
Il y a bien une autre raison qui n’aurait rien à voir avec le blues du tandem Di Rupo-Onkelinx.
Selon le dernier rapport de l’OCDE, il paraît que le Belge vient de battre le Polonais en consommation d’Alcool. Voilà notre compatriote quasiment champion du monde toute catégorie !
L’abrutissement par l’alcool serait à la base de la confusion mentale faisant croire à l’électeur que le MR au pouvoir, le conduirait vers des tabourets de bar, plus rapidement que les autres partis !

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Maître Goupil-Reynders pourrait par un trait de génie sauver Anvers et ses trois usines infanticides. Il suffirait d’alcooliser l’isopropanol, base du gaz sarin, et faire de ce qui ressemble à une future faillite, une boisson nouvelle du libéralisme de progrès !
Après la Jupiler qui va disparaître, Reynders lancerait la Goupiler, avec une tête de renard sur l’étiquette !
Les consommateurs n’ont pas toujours conscience de leur rapport aux boissons alcoolisées. Ne pas boire d’alcool est mal perçu dans notre pays. La Goupiler serait l’atout majeur de la rentrée prochaine, avec la victoire au bout, De Wever et Anvers complètement réhabilités, Reynders ministre-président de la Région bruxelloise, Charles Michel rempilant au Fédéral et l’électeur de base ivre et cocu, mais content !
Que demander de plus ?
Les 48 morts, le poids sur la conscience, bah !... un bon coup de Brabançonne, l’espoir d’une nouvelle décoration pour service rendu à la patrie en danger !
Et si cela tournait vraiment mal, il nous sortirait le grand jeu du théâtre des Galeries : le rôle du capitaine Dreyfus ! L’éditorialiste en chef du Soir commencerait le pensum par « J’accuse… ».

19 avril 2018

Sarin sur/Escaut !

On a beau se dire que travailler en 2018, ce n’est pas seulement se faire du fric, c’est aussi rester quelqu’un de bien en gagnant honnêtement sa vie et aider sa famille.
Hormis ceux qui sont fichtrement mieux payés que la plupart des besogneux, réussir avec son seul salaire à garder la tête hors de l’eau est déjà en soi un exploit fort honorable.
Une entreprise n’est pas toujours un racket organisé en situation de monopole ou une affaire mielleuse de représentants-carpettes, quand tout le monde fabrique la même chose.
On veut croire que tous les conseils d’administration ne sont pas des associations de malfaiteurs à l’affût d’un coup à faire. On irait même jusqu’à concéder que le libéralisme n’est pas que tout bénéfice pour les seuls salauds.
La prétention au bel esprit de certains ministres n’est pas qu’usurpée et qu’à côté de suffisants surfaits comme Richard Miller, il existe au MR des philosophes cultivés. Et qu’enfin, tous ceux qui servent ce pays ne le font pas comme Charles Michel, dans l’amour des honneurs et de l’argent.
Un honnête homme au milieu de cent crapules peut signifier que la providence nous envoie un messager de l’espérance. Il nous reste une petite chance d’aménager autrement l’avenir de nos enfants.
Alors, comment expliquer que malgré ces bémols amendés par la chance d’une humanité salvatrice, il pût encore exister en Belgique des entreprises absolument hors de tout contrôle, insensibles à toute détresse, ignorantes volontaires des informations ressassées sur des centaines de chaînes télés et de radios, détentrices du mal absolu ?
L’administration fédérale serait-elle à ce point inefficace, trompeuse, malhonnête ?
C’est avec consternation que nous avons appris que trois sociétés anversoises ont vendu un composant du gaz sarin à des entreprises syriennes avec l'aval de la douane belge, malgré l'interdiction en vigueur depuis 2014 !
Le fait que ces trois sociétés maudites soient toutes de la province d’Anvers est-il suffisant pour taxer tous les Flamands, complices d’un effrayant commerce ? Doit-on signifier par là que la culture libérale et le zèle autour d’une mondialisation totale soient à ce point criminels ?
Devrait-on même solliciter des trois puissances qui viennent de détruire des dépôts d’armes chimiques en Syrie, d’en faire autant de ces usines de mort de la banlieue d’Anvers ?
Selon la presse, pour une fois courageuse, 24 livraisons litigieuses ont eu lieu entre mai 2014 et décembre 2016, orchestrées par trois entreprises anversoises, A.A.E. Chemie Trading, Annex Customs et Danmar Logistics.

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Que ces salopards soient seulement poursuivis par la justice quatre ans après leur premier forfait, il y a des lenteurs dans la loi que l’on peut légitimement dénoncer comme complices.
La presse fournit les détails.
Des dizaines de tonnes de produits chimiques "interdits" ont été exportées par leur entremise vers la Syrie et le Liban après juillet 2013. Certains de ces produits, comme l'isopropanol, peuvent servir à la fabrication d'armes chimiques dont le redoutable gaz sarin.
Depuis 2013 l'exportation de produits chimiques vers la Syrie est soumise à une autorisation spéciale. La douane belge n'a apparemment pas tenu compte de l'interdiction de l'Organisation internationale pour l'interdiction des armes chimiques des Nations unies. 120 tonnes d'isopropanol avaient précisément été détruites par l'OIAC en Syrie en 2014.
Si on comprend bien, c’est la Belgique qui a rétabli le stock d’armes chimiques détruit sur instruction des Nations Unies !
Mise en cause, écrit Le Vif, la douane s'est retournée contre les entreprises en question, et un procès aura lieu à partir du 15 mai devant le tribunal correctionnel d'Anvers.
La saison étant au ravalement des façades, même détruites par des bombes classiques, les entreprises anversoises avancent avoir vendu à des firmes privées syriennes et libanaises des solvants et des produits volatils pour la production de peinture, des vernis et des liquides de refroidissement.
On comprend mieux la démarche des usines anversoises, depuis que la N-VA produit les ministres pour retenir en Syrie, lieu de son martyr, le flux migratoire que la politique de Charles Michel veut tarir.
C’est pour en gazer le plus grand nombre sur place !

18 avril 2018

Charlitude et déprime.

Les mœurs politiques en Belgique coupent la législature en trois morceaux : On se cherche dans le premier entre partenaires qui peut durer jusqu’à six mois à dater de la formation du gouvernement. La période d’activité réelle avec des programmes, des plans et des contreplans, dure environ trois ans et demi, si tout se passe sans incident, Enfin, le dernier morceau est pré-électoral et peut aller jusqu’à un an, le tout sur les cinq de prévus, s’il n’y a pas d’anicroches.
Cette législature-ci est tout à fait particulière. Elle inaugure une formation déséquilibrée linguistiquement et politiquement, le seul parti francophone étant le parti du premier ministre.
Dans de telles conditions, pour ne pas faire de la figuration et tout simplement exister, le MR de Charles Michel a exercé le métier d’équilibriste, moyennant quelques concessions des partis flamands sur la répartition des ministères.
Le dernier accord dit pascal, pour les œufs en chocolat de Charles Michel, se résume à une paix des braves sur le champ de bataille de la flamandisation du pays, un peu à la façon vichyssoise de Pétain, par un pacte de non-agression conclu au sein du gouvernement fédéral.
On entre bien dans la période pré électorale avec « hibernation au printemps » – bel oxymore – d’un gouvernement qui ne prendra plus de décisions, que celle expédiant les affaires courantes. Il faut quand même que le public garde l’illusion qu’il y a un pilote dans l’avion.
C’est avec ce bilan nul, voire négatif, que le petit Chastel et Richard Miller vont galvaniser les croyants de la foi libérale ! La rhétorique ne va pas être simple. Moins on a à dire, plus on doit meubler !
Le premier ministre désire aller au bout de la législature. Le plan pascal n’est rien d’autre qu’un avis de police afin de calmer les esprits en interne. Y arrivera-t-il ? Sans doute, puisque l’apathie générale ambiante fait que chacun vaque à ses petites affaires dans les partis, d’autant que le PS voit avec plaisir que l’immobilisme de Michel fait tomber la cote du MR et fait remonter la sienne.
La réforme des pensions, le Pacte énergétique, le dossier Arco-Belfius, les visites domiciliaires et la défense, les dossiers vont sommeiller, faisant ainsi de ce gouvernement malgré ses déclarations, celui qui aura beaucoup moins travaillé et réalisé ses projets, que le gouvernement de Di Rupo !
On a eu un aperçu de la « méthode » Michel à l’étude du dossier de remplacement des avions de chasse. Le brol dure encore, « comme un oiseau sans aile » de Charles-Élie Couture.
La technique du « président crispé » de la N-VA oblige Bart De Wever à le paraître à tout instant. Comme Michel se dérobe et regarde ailleurs, c’est difficile. Alors, le président se rabat sur la réforme des pensions de Bacquelaine, pour se crisper sur la liste qui n’en finit plus des métiers pénibles.
Le chef suprême des Flamands va probablement axer sa campagne sur le constat que pour les Wallons, tous les métiers sont pénibles ! Ce qui est une façon plus élégante de dire que les Wallons sont des fainéants.
Daniel Bacquelaine (MR) voudrait bien en finir avec les syndicats sur la liste de métiers pénibles. La N-VA l’est beaucoup moins. Les syndicats sont coincés entre le MR et la N-VA. Ils n’ont pas l’intention de faire plaisir à l’un, comme à l’autre.

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Du coup, c’est Chastel qui devient pénible en s’impatientant pour au moins boucler le dossier et donner des arguments à Richard Miller pour gloser sur les estrades.
Ce dossier des retraites est piégé de mines anti personnels. Mettre fin à de nombreux privilèges existants, n’est pas une sinécure, à l’armée et à la police, on continue de partir à la pension bien avant 60 ans. Là, on voit la N-VA flotter dans son costume folklorique, c’est dans ces deux corps que la N-VA a le plus de chauds partisans, de plus les ministres sont N-VA… comme quoi on peut jouer les purs, mais jusqu’au bout, c’est difficile.
Le pacte énergétique, c’est toujours 2025 pour sortir du nucléaire. Sur cette question, Charles Michel s’en fout. En 2025, il ne sera plus premier ministre. Mais, sait-on jamais, si un de sa parentèle l’était (peut-être son aîné dans 7 ans), un monitoring pare-feu a été monté par ses soins qui déterminera si la sortie du nucléaire est réalisable pour 2025. Et comme personne n’en sait rien, la vie est belle ! Des experts sont d’avis que la fermeture des centrales aura un coût d’environ 900 millions d’euros par an. Les ménages sont prévenus.
Michel n’est pas très « homme du futur ». Au moins, aurait-on voulu qu’il fût au MR « homme du présent ». Pas davantage ! « Homme du passé » alors ? Manque de pot, la place est prise par Louis, le père !
On va finir par regretter Reynders.

17 avril 2018

Le grand rassemblement.

De la largeur des bas de pantalon à la hauteur des jupes, la mode, en déclarant obsolète les tendances de l’année dernière, espère séduire la clientèle de l’année qui suit. La gentry libérale, c’est pareil. Elle espère séduire la clientèle réformatrice, avec l’idée que le libéralisme économique est de gauche ! Faute d’un bon bilan, Charles et les designs du MR n’ont rien trouvé de mieux que de « se porter à gauche » pour faire oublier la droite !
Sauf que ces élites n’ont rien inventé du tout.
En 2007, Richard Miller relançait déjà la machine libérale par une déclaration similaire à la Libre Belgique « Le libéralisme est par nature, authentiquement social. ». Yves Leterme le 20 mars 2008 reprendra les rênes du gouvernement des mains de Verhofstadt qui avait assuré l’intérim, l’authentiquement social s’était fait attendre plus de 140 jours. Il faudra patienter encore un peu, malgré la relance de cette idée au niveau de l’Europe, puisqu’en 2018, les gens sérieux s’étonnent qu’on puisse remettre sur le tapis une telle affirmation, fausse historiquement et irréelle, en cette période de régression sociale et du nationalisme d’extrême droite, en progrès partout en Europe.
Onze ans plus tard, Miller revient sur le coup. Le voilà chaud bouillant, volubile à souhait, sur le rôle social du libéralisme. D’accord avec la théorie de l’Américain Arthur Laffer « L'Etat providence ne réduit pas les inégalités, il les augmente ! », Richard essaie de nous faire croire que plus le privé prendra sa part de la société civile, plus le libéralisme sera social !
Le patron d’entreprise aurait plus le cœur sur la main, qu’un député du PS, trop égoïste ?
Le libre-échange confond parfois la revendication de libertés politiques, culturelles ou idéologiques, avec le commerce. C’est classique, les bourgeois nous font croire que le libre-échange est essentiel à la liberté en droit des citoyens. Il faut être un fondu comme Viktor Orban, avoir vécu sa jeunesse dans un goulag ou avoir lu la vie de Jean Gol racontée par Richard Miller, pour croire que la vraie gauche, c’est le Mouvement Réformateur !

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Toute abscon soit-elle, cette idée sert de paravent à tout le système économico-politique, en jetant le trouble dans ce qui reste de la gauche social-démocrate.
C’est entendu, le MR est de gauche. Si les décisions de Charles Michel profondément imprégnées de l’idéologie économique flamande ne le paraissent pas, c’est pour mieux tromper la vigilance des capitalistes du CAC 4O !
Miller est à l’exemple d’un blogueur de la capitale, Marcel Sel, qui écrit à propos de Mélenchon « c’est parce que je suis de gauche que Mélenchon me dégoûte » ! Miller sera donc plus à gauche que Di Rupo, qui le dégoûte. Vous me direz, ce n’est pas difficile et il aurait pu choisir quelqu’un d’autre. Si on devait être au MR plus à gauche que ceux qui vous dégoûtent, Reynders le serait certainement par rapport aux deux Michel !
La réticence des libéraux à se revendiquer de droite trouve ici son explication, par des raisons psychologiques autant que stratégiques. Avec des lascars comme Bart De Wever, Viktor Orban, Jarosław Kaczyński, dirigeant de facto la Pologne, tous bien libéraux francs de collier à droite, pour fêter le 1er mai en 2018, comme ce fut le cas l’année dernière à l'ancien parc à Mitrailles de Court-Saint-Etienne (tout un symbole)… il vaut mieux que le MR se dise de gauche, plutôt que jouer les bons amis de cette droite européenne.
L’étiquette de droite est pesante et plombe les velléitaires du MR. La droite inspire des idées de pouvoir, de conservatisme, d’immobilisme, tout ce que les Michel jurent qu’ils ne sont pas. La gauche évoque le progrès, une certaine empathie, l’égalité, le social.
La stratégie d’inverser les rôles est la base de l’éristique de Schopenhauer. À l’Europe, c’est la SPD en Allemagne, le PASOK en Grèce ou encore le PSOE en Espagne qui deviennent sous les effets de la propagande libérale des partis de la « droite » complexée ! Le mot est de Frédéric Lordon, qui qualifie le Parti socialiste français de « droite complexée ».
La farce devient tragique, puisqu’elle se traduit par un choix électoral entre la droite du capitalisme libéral, et la gauche du capitalisme libéral. La confusion a des conséquences graves sur l’imaginaire politique et dénonce une tromperie volontaire afin de perturber les choix électoraux.
En France, cette confusion aboutit à Macron : la gauche et la droite ne sont pas ennemies par définition et peuvent donc être réconciliées. Elle consacre surtout la victoire du capitalisme sur les autres formules du vivre ensemble. Les caméléons de la politique, dès qu’ils sont élus, retrouvent vite leur couleur d’origine.
J’ai même trouvé le discours de Richard Miller dans ses dernières interventions sur RTL, plus à droite et impérieux que jamais, par sa célébration des bienfaits du libre-échange.
Le capitalisme libéral est-il vraiment la garantie d’une société où il fait bon vivre ?
Il n’y a qu’une liberté garantie par le système, celle du capital ! Pour celle du travail, on peut repasser.
On ne peut pas dire que leurs théoriciens historiques : Adam Smith, Jeremy Bentham et John Stuart Mill, aient eu de la réussite dans leur prédiction.
Si l’idée foire, Richard Miller pourra toujours demander la nationalité hongroise. Je suis certain qu’on la lui accordera immédiatement. Orban cherche justement des hommes de gauche pour s’autocritiquer sur la scène d’un futur grand meeting.

16 avril 2018

Esprit, es-tu là ?... Non !

La culture en Belgique, on en parle rarement, non pas comme d’un objet précieux et donc rare, mais comme quelque chose qui va de soi quand on a des diplômes et qu’on n’a pas le temps d’y prêter attention. On fait confiance à Richard Miller et puis on n’en parle plus.
C’est que l’universitaire aujourd’hui n’est plus cultivé. Il en arrive même à être d’une complète inculture, à partir du moment où il est une sommité reconnue dans sa spécialisation.
La notoriété le dispense de la connaissance, puisqu’on le crédite d’être, à l’avance, très au courant de toutes les formes d’expressions possibles.
On croit, qu’il est tellement compétent dans sa profession, qu’il en va de même partout. Alors qu’il n’en est rien et que le plus souvent, il profère les pires conneries. Comme tout est dans la manière de dire, s’il conserve un air important en lâchant une bourde, il sera cru de la plupart des gens.
Prudente, la population foisonnante des vaniteux n’aborde jamais le genre de conversation où il faut montrer une opinion basée sur un savoir d’en dehors la sphère de compétence, qu’en s’aidant des quelques Je-sais-tout qui font la pluie et le beau temps dans tous les domaines.
Les plus malins des incultes surdiplômés sont devenus, de cette manière adroite, les champions à bon compte, de la conversation entre « lettrés ».

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Ce qui suit n’est pas de Richard Miller. Nicolas Canteloup imite les voix des personnages connus et popularisés par les médias. L’imitation est moins drôle écrite. On ne s’y aventure pas. Mais imaginez l’homme à la télé, disert, intarissable que vous connaissez…
– Monsieur Miller, quel est le point de vue du libéral que vous êtes, sur la culture en Europe ?
– On a trop souvent souligné la mosaïque des cultures en Europe, pour que je m’y attarde.
(Il va tellement s’y attarder que son interlocuteur essaie de le couper et n’y parvenant pas, se résigne. Richard Miller poursuit)
– …cette diversité fait la richesse et le charme de l’originalité culturelle de nos différents pays, de nos régions et de nos villes. Nombreuses sont les communautés qui se définissent par leurs caractéristiques culturelles propres…
(Cela devenant insupportable, même pour un journaliste du Soir, celui-ci le coupe carrément)
– Mais, Monsieur Miller, comment voulez-vous bâtir une Union européenne quand les groupes sociaux sont si différents les uns des autres? Rapprocher les différentes cultures, fait courir le risque qu’elles disparaissent. Nous irions de Charybde en Scylla.
– Vos craintes sont infondées. Nos différences culturelles n’ont pas empêché qu’au fil des 28 siècles d’accumulation, écrivait de Rougemont, nous dégagions des lignes communes qui constituent le patrimoine commun.
(Voilà Miller reparti en monologue. Or, le propre du monologue c’est l’incantation à une voix. Les autres ne peuvent pas entrer par nature dans un monologue).
…ces ressemblances résultent de la mobilité des Européens. Le Conseil de l’Europe a bien fait apparaître les «itinéraires culturels» le long desquels nos ancêtres se sont transmis des manières de s’exprimer telles que l’architecture, la musique, la peinture…, bref les beaux-arts, mais aussi les idées, les religions (judaïsme, catholicisme, religions réformées…), sans oublier les méthodes de travail agricoles, viticoles, etc.
(Désespéré le malheureux interlocuteur allait se résigner à finir l’interview sans même sortir quelques traits d’esprit pour sa promotion future, quand soudain il reprend espoir entre deux respirations de Richard Miller. Il se lance)
– L’ouvrage d’Edgar Morin « Penser l’Europe », montre des traits communs, des valeurs philosophiques et les principes fondamentaux qui forment l’armature de nos sociétés.
(Edgar Morin tombé dans l’escarcelle libérale séduit Richard Miller qui s’aperçoit en même temps de l’existence de l’intervieweur. Et sans que l’autre ait posé la question sur l’armature en question, Richard Miller y répond.)
– Certes, tous les pays européens ne manifestent pas le même enthousiasme pour respecter les textes qu’ils ont signés et ratifiés. Mais c’est considérable que le processus de la construction européenne ait conduit à des proclamations, à des engagements, à des actions et à des jurisprudences qui vont dans le sens…. la société européenne apparaît sans doute très diverse, «morcelée» diront certains, «chatoyante» diront les autres.
(On en ignore les raisons, mais le discours de Miller bifurque soudainement, sans doute piqué au vif que l’autre ait cité Edgar Morin avant lui.)
– L’architecture gothique, née en France au milieu du XIIème siècle, finit par se déployer en Angleterre, dans le Saint-Empire la cathédrale de Cologne et au Portugal, deux siècles plus tard, l’hôtel de ville de Bruges, le Palazzo Pubblico à Sienne en Italie... La musique classique est le genre musical qui unifia l’Europe dès la mi-XVIIIème siècle. Mozart a voyagé plus d’une dizaine d’années en Europe à la rencontre d’autres artistes et compositeurs.
(Au nom sacré de Mozart, Miller et son interlocuteur s’aperçoivent qu’ils sont tous les deux francs-maçons. Loin de les unir, ce constat les rend méfiants. Miller est certainement d’un rang supérieur à l’autre qui lui doit doublement le respect. Jusqu’à la fin, Miller additionnera le manque de savoir-vivre et le ton léger de l’autre. Si bien qu’à la fin de l’interview, Miller lui demandera s’il n’est pas socialiste ? Tandis que l’autre s’abstiendra d’une remarque qui aurait pu nuire à sa carrière, du genre « Vous croyez qu’on peut être socialiste et journaliste au Soir ?).
– La Renaissance, dans l’art pictural, a marqué un renouveau dans les arts européens ayant pour modèle l’Antiquité….
– Je vous remercie Monsieur Miller pour cette heure délicieuse que nous avons tous passée si agréablement grâce à votre grande culture et à la manière dont vous nous la faite parvenir….
Comme l’écrivit Arthur Schopenhauer « Ce que l’on appelle l’opinion commune est, à y bien regarder, l’opinion de deux ou trois personnes… ». Apparemment la Belgique est un si petit pays qu’une seule personne aura suffi.


15 avril 2018

En plein boum !

Mais quelle mascarade ! Quelle honte ! ces frappes conjointes des Alliés comme au bon vieux temps de le guerre froide, claironnées à grands renforts d’attitudes glorieuses de Trump, de « clairvoyance » d’un Macron sorti tout droit de la Malmaison, peint par l’arrière-petit fils de David, probablement accompagné de hurrah autour d’une Miss May, à peine maquillée, empreinte de cette blancheur qu’ont les héroïnes guerrières !
Je n’écris pas cela pour stigmatiser leurs actions concertées, au contraire, mais ce qui me fait bondir, c’est la précision du détail dans le communiqué « Toutes les fusées, environ une centaine, tirées par les trois armées ont touché des entrepôts de produits chimiques destinés à la guerre, des laboratoires, bref des endroits hautement stratégiques et criminels, etc… » en tout, trois, voire quatre endroits bien connus de toutes les puissances concernées – elles sont nombreuses – qui fréquentent ces lieux maudits.
Que sait-on des objectifs ? Surtout quasiment téléphoné à Bachar qu’on va venir le déranger ! Il a eu quatre jours pour déménager son arsenal. Une source proche du pouvoir, sinon le pouvoir lui-même a ironisé sur des entrepôts ne contenant que du liquide vaisselle !
Pays assidus autour de la table des négociations de l’ONU à New-York, les uns votant au Conseil de sécurité, avec des grands spécialistes du veto, comme la Russie qui en aura usé et abusé en cette semaine de honte complète et la Chine qui, cette fois, s’est abstenue, tout le monde était au courant que Bachar était le gazier de Damas.
Ainsi, des alliés de Bachar el-Assad, aux farouches adversaires n’ignoraient pas que le régime de Damas stockait chlore et gaz sarin. Les bidons remplis, ils faisaient désordre. Les derniers Alaouites aviateurs balançaient la production sur les populations. Jusque là personne n’en avait rien dit.
Belle mentalité !
C’est quoi, finalement, les arrangements entre chefs d’État ?
Cela avait mal débuté, cette histoire de ligne rouge à ne pas franchir… sinon !
Sinon rien, puisque Obama avait cané à l’époque où l’on pouvait encore déposer très facilement Bachar, les Russes et les Iraniens étaient ailleurs en ce temps là. Peut-être qu’Obama avait été refroidi après avoir fait le coup de la ligne rouge, en pensant à l’effondrement de la Libye et la dispersion de l’armement de son armée après la débâcle et la mort de Kadhafi.
On voit d’ici la scène après ce nouveau franchissement de la ligne rouge par l’incorrigible Bachar, les morts par asphyxie au chlore et surtout cette promenade de Bachar en voiture dans la partie de la Goutha reconquise avec les ruines des deux côtés de la route. Et lui, Bachar, seulement inquiet d’avoir à reloger les survivants !
La suite est croquignolesque : Trump invitant Vladimir à ne pas fréquenter avec ses troupes le quartier des laboratoires, des entrepôts, bientôt effacés de la carte et Vladimir remerciant son homologue de cette marque d’attention.
Au moins, cette mascarade révèle que Vladimir, malgré son paquet de veto au Conseil de sécurité, était parfaitement au courant des activités de laborantin de son ami Bachar. Peut-être même a-t-il donné quelques détails supplémentaires sur l’activité terroriste des « réguliers » de l’armée syrienne, à l’Américain !
Enfin, miss May et Macron attendant le feu vert de l’US Army pour jeter leurs trois ou quatre bombes à côté des 80 américaines, ne sachant pas eux-mêmes jusqu’à la dernière minute, l’heure exacte du départ des hostilités.
N’aurait-on pas pu faire cela avant ? Préventivement, dès qu’on avait appris que les Russes qui s’étaient engagés à liquider les saloperies gazeuses de leur ami, n’en avaient rien fait et laissaient Obama dans le pétrin.
Reste qu’un mort occis par une arme chimique arrive au même résultat qu’un autre, occis par une bombe classique larguée d’un avion. C’est une bien étrange histoire que cette interdiction, pourquoi les armes chimiques interdites et pas les armes bactériologiques ? Mystère.
Et la bombe atomique, reine du carnage suprême… la nouveauté du viol systématique pour détruire moralement les femmes et humiliés leurs machos de maris… on en invente tous les jours. Ces jouets qui frôlent la cime des arbres, impossible à repérer et qui fonce sur leur proie 400 kilomètres plus loin, ces bombes anti-personnel qui mutilèrent et mutilent encore tant de civils, ces drones conduits à leurs destination par leurs pilotes dans leur bureau à l’autre bout de la terre, merde !
Et en plus, ils nous prennent pour des cons !

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14 avril 2018

I. A. pas de quoi.

On a presque tout dit sur l’intelligence artificielle (I.A.). C’est l’occasion pour les gloseurs d’en dire davantage sur tout ce qu’on savait déjà. À tresser d’abord des couronnes à la machine championne de go, une autre d’échec, bref, les molécules transformées en neurones bien plus performantes qu’un ministre MR en exercice et incomparablement plus distinguées qu’un lampiste en grève.
Un chercheur japonais – enfin c’est moi qui le prétends alors que je n’en sais rien, mais comme les japonais ont des chercheurs farfelus, je présume qu’il est Japonais – prétend que l’intelligence artificielle quand elle aura amassé des tonnes de connaissances bien supérieures à la moyenne des diplômés pour faire cadre supérieur en démocratie, ne pourra que sombrer dans la dépression !
Elle aura fait le tour de tout, en sera revenue en un quart de seconde et trouvera le temps trop long, pour finir l’heure à laquelle appartenait cette fraction infime de temps.
L’IA tient la grande forme. Elle peut faire médecine et ingénierie le soir et réussir le cursus, sur le temps qu’elle garde vos enfants ! Alors que Di Rupo a mis vingt ans d’études de chimie, pour s’apercevoir qu’il était meilleur en politique !
Il paraît que les succès de l’IA, pourraient en faire une grande menace pour l’humanité. On ne sait jamais avec les savants japonais. Ils sont capables d’inventer un piège à rat et pour vérifier l’implacabilité du ressort, y mettre un doigt à la place du morceau de gruyère, alors vous pensez un robot humanoïde ! D’autant que si le savant japonais lui présente sa femme, il peut tout craindre.
L’homme, équipé de sa modeste intelligence naturelle, doit-il avoir peur d’une concurrence de l’IA? Ce n’est pas à Richard Miller du MR qu’il faut poser la question, bien entendu. Il serait capable de vous tenir la jambe pendant deux heures, au point que vous auriez oublié la question même à laquelle il n’a garde de répondre, selon une technique politicienne bien connue de tous !
Oui, l’homme de la rue a peur de l’IA et ça depuis qu’il a peur de tout, de cette trouille porteuse de paix sociale que les patrons adorent et félicitent. Il faut dire que ceux qui lui inculquent cette peur et qui eux n’ont peur de rien, ont peur surtout que l’IA découvre qu’ils ne sont doués pour rien, en-dehors de nous faire avoir peur.

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D’abord, sait-on ce qu’est l’intelligence ?
Par exemple, un Toys sexuel est-il plus intelligent qu’un mari défaillant ? Beaucoup de femmes vous diront « oui » !
J’ai déjà évoqué dans ces rubriques, le psychologue spécialiste de l’enfance René Zazzo. Avec un nom pareil, il préfigure déjà une nouvelle marque de robot à IA très développée. Ce qu’il dit à propos de l’intelligence est aussi censé que la machine championne du Go « Ce qu’on appelle «intelligence» est pluriel: il faudrait considérer une dizaine d’intelligences différentes. L’intelligence macère surtout dans le bon usage de ses capacités cognitives. Il faut les utiliser à bon escient, «au bon moment et convenablement», p. 54.
On aura compris que l’IA peut tout faire, même dire des conneries en citant Descartes. «Ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien».
La machine peut-elle être perfectible seulement par elle-même dans un désir d’apprendre, plutôt qu’être éventuellement boostée par le fou du Labo 4 ?
Alain disait que «chacun est juste aussi intelligent qu’il veut», la machine le veut-elle ? En un mot, a-t-elle plus d’ambition pour l’être que Daniel Ducarme ?
D’abord, pour reconnaître que l’on n’est pas intelligent, il faudrait l’être. Alors que reconnaître que l’on est très intelligent, est à la portée de tout le monde !
D’où la question primordiale : qu’est-ce que la connerie?
Et si, sans le savoir, on construisait des robots « cons » ? Bien serviles, bien utiles, mais cons, comme à ceux à qui l’on suppose de la connerie parce qu’ils font des tâches subalternes et qui, le plus souvent, sont bien plus intelligents que leurs patrons ?
Dans un blog vieux d’un siècle j’avais déjà mis en avant cette phrase sublime de Zazzo
«Qu’est-ce que la connerie (madame)?», pour ne pas revenir là-dessus.
Ce dont on est à peu près certain, c’est qu’à la lumière de ce qui précède le savant japonais va probablement nous fabriquer des machines-cons.
Puisque le propre d’un con est de ne pas se douter qu’il l’est, comme ce qui est le plus difficile c’est de créer une conscience artificielle, il y a de fortes chances pour que l’IA soit la machine qui, par excellence, ne sait pas qu’elle est con, comme la plupart d’entre nous. Ce qui ne l’a dote pas d’une intelligence supérieure. CQFD.

13 avril 2018

Les fripons du fipronil.

Le fipronil est une substance active de produit phytosanitaire et d'antiparasitaire vétérinaire, qui présente un effet insecticide et acaricide. Il appartient à une famille chimique des phénylpyrazoles, mais pas seulement, sa famille est assez répandue dans les milieux de pouvoir.
Il peut se retrouver en grande quantité dans la transmission des gènes des personnages politiques et syndicaux ! Comment expliquer autrement les vocations identiques, par exemple l’amour de la politique transmis de Louis à Charles Michel, ce qui serait déjà curieux, mais à cause des phénylpyrazoles, le fils a hérité très exactement des mêmes dispositions au point d’adhérer sans problème au MR, dans les exactes propositions de la théorie libérale d’Adam Smith, le premier contaminé, bien avant le père Louis.
L’antiparasitaire aura renforcé l’effet de dispositions identiques.
Pourtant, en général, les fils s’opposent logiquement au père et, ne voulant pas leur ressembler, s’attachent à faire autre chose. En politique, c’est le contraire. Chercher le mimétisme psychique dans les phénylpyrazoles, c’est répondre à la question !
Interrogé là-dessus, Louis Michel a dit ne pas comprendre. Quand par ailleurs, il nous déclare adorer les œufs de poules élevées au sol du plateau de Herve, on y voit la cause et l’effet.
Cette intoxication s’est répandue dans tous les milieux.
On se souvient de Marc Goblet, secrétaire général de la FGTB, admis à la retraite anticipée l’année dernière. Le friponil a frappé aussi dans cette famille socialiste, puisque l’antiparasitaire s’est transmis au fils de Marc, dénommé Geoffrey, dans les mêmes conditions que Charles Michel, puisque Geoffrey a épousé exactement les mêmes convictions syndicales de Marc, au point que Geoffrey s’est hissé grand permanent syndical dans l’industrie de la chimie, du verre et du ciment dans la foulée d’études réussies dans… oui, dans quoi au juste ?
Il faut dire que Marc Goblet est du plateau de Herve où a sévi le fipronil ! Coïncidence troublante !
Une circonstance particulière a été observée sur la fiche médicale de Geoffrey, il aurait effectué un voyage à Cuba ! On sait le pays infesté de toutes sortes de maladies tropicales. On n’ose imaginer le fipronil s’accouplant au Zika ! Quel ravage ce serait place Saint-Paul !
On peut considérer que presque tous les partis politiques et les deux grands syndicats sont les ardents foyers de cette famille chimique qui fait surtout problème dans la Démocratie !
Les valeurs sont directement transmises par voie de succession et dès lors, cela est devenu inutile de faire des élections politiques et syndicales.
À moins qu’un boum dans l’emploi mette à égalité de salaire un emploi de ministre ou de délégué syndical et celui d'un manœuvre spécialisé de l’industrie. L’âge d’or du capitalisme possible verrait enfin les diplômes des fils servir à les éloigner des idées toutes faites des pères. Un Charles Michel aurait peut-être fait un bon avocat pro-deo, alors qu’il fait un premier ministre médiocre !
Assez rêvé ! Par contre, si les valeurs sont intergénérationnelles et transmises par les gènes, l’élection pourrait très bien se cantonner aux maternités, lieux de naissance de ces prodiges, ainsi la presse n’aurait plus qu’à s’intéresser aux sages-femmes, plutôt qu’aux économistes.
On n’en est pas encore là.

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Aux dernières nouvelles, un autre friponilisé vient de défrayer la chronique des scandales. Il s’agit de Denis Ducarme du MR, ministre de tutelle par voie héréditaire de l’AFSCA, la célèbre Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire.
Lors de la récente reprise de l'entreprise Derwa par le consortium Belgium Meat Partners – c’est le Soir qui balance tout – une personne, non atteinte par les phénylpyrazoles, s'étonne de "l'identité d'un des éléments" du consortium en question. Il s'agit de Caroline Cassart-Mailleux, de la société Sobemax, qui est aussi députée MR à la Chambre et bourgmestre d'Ouffet. Elle fait partie de la famille de Benoît Cassart, ex-conseiller du ministre Ducarme. "Caroline Cassart-Mailleux aurait pu profiter du fait que Derwa ne perde pas son agrément", relève la source de l'Afsca. "Nous attendons avec impatience l'identité des repreneurs de Veviba pour voir si elle figure parmi eux ou pas", ajoute-t-elle.
Nous sommes ici dans un cas de contamination, indirecte ! Ainsi, par diffusion non héréditaire, mais par accointance et solidarité obtuse et incontrôlée, le friponil aurait bien plus d’influence qu’il y paraissait jusque là.
On se demande si le fipronil n’est pas en train de métastaser, dans le grand corps politique du MR !
Un virologue, trop connu pour être honnête, verrait bien encore une autre transmissibilité : par relation sexuelle ! On ne recommandera jamais assez aux élus de sortir couverts !
Décidément, les phénylpyrazoles ne font pas couler que de l’encre !...

12 avril 2018

Glissement et dégringolade !

Si le PS s’est exclu de la gauche, il faut en trouver les causes dans sa croyance que la social-démocratie pouvait apporter une espérance à la classe laborieuse. Voilà qui tombait bien pour des dirigeants socialistes en pleine reconversion sociale, dans leur volonté d’embourgeoisement. Hélas ! ce n’était pas un rêve, mais un cauchemar !... une erreur.
La théorie d’une social-démocratie en cohabitation heureuse avec le système économique actuel l’a démontré : régression et perte d’avantages sociaux, disparition des statuts des grandes entreprises nationalisées, poste, chemin de fer, grands services mixtes bradés, un vaste ensemble propriété de la collectivité, vendu, soldé même au privé, sur les directives de l’Europe.
Il n’y a que Reynders qui peut repeindre en bleu les volets de sa maison de campagne, sans état d’âme. Les autres vont souffrir, ne serait-ce que de l’avoir pensé !
Ce constat joint à d’autres, les sondages montrent que la gauche perd de l’influence dans la zone européenne. Et ce n’est pas la récente élection en Hongrie qui dira le contraire.
La conséquence immédiate se voit dans le rapport défavorable des revenus du travail face aux revenus du capital.
En Allemagne, en Autriche, les forces sociales-démocrates ne représentent plus que 20 à 25% des suffrages, que dire des situations plus à l’Est, la Pologne, la Hongrie, la Tchéquie, etc.
En Italie, le Partito Democratico (PD) de Matteo Renzi, l’analogue du PS en Belgique, a obtenu moins de 19% des voix en mars. Il a pratiquement disparu dans des régions entières !
Seuls le Portugal avec Antonio Costa et l’Angleterre avec Jeremy Corbyn, tous deux socialistes, s’en tirent un peu mieux. Inutile de parler du PS français. Sa spectaculaire dégringolade n’est pas seulement de la responsabilité de Hollande et de Valls, mais d’un ensemble d’élus incapables de présenter un programme cohérent vraiment de gauche.
Indépendamment d’être d’une certaine manière la dupe des élites, le corps électoral de gauche n’est pas démuni de tout jugement autonome. Le public n’est pas totalement passif. Alors, quelle mouche l’a piqué ?
La perte d’influence voire d’hégémonie du PS, classique homologue des libéraux, avec un large consensus sur l’avenir de l’économie libérale en commun, est un processus lent mais régulier qui est venu à échéance au sein de la classe ouvrière.
La droitisation d’une partie de la classe ouvrière est un sujet d’étonnement et d’inquiétude. Le comportement électoral des ouvriers et des employés ne s’explique que par un raisonnement qui aurait fait qu’un glissement vers la droite soit d’abord venu de la direction socialiste elle-même. Une partie de son électorat, après des années d’hésitation, a préféré le produit d’origine à l’ersatz. Cet électorat, très vite déçu par les mêmes raisons du mouvement libéral qui a empoisonné le PS, a considéré désormais que l’écart était trop grand entre lui et la gauche. La glissade suivante, il était à l’extrême-droite ! La peur des migrants et de Daech pour faire le compte, a fait le reste, le tour était joué.
Ce glissement est moins ressenti en Belgique qu’en France où l’abstention joue un effet grossissant sur l’effondrement du PS et où les leaders de l’extrême droite sont autrement plus intelligents que les « têtes pensantes » du FN belge et d’Agir qui ont l’intention de déposer des listes de candidats aux prochaines élections communales. S’ils le font avec « Islam », on aura fait le tour d’une engeance particulièrement débile et provocatrice, pour savoir qu’il n’y aura pas d’aspiration de voix par ces clowns. Ce dont profitera largement le MR chez les francophones.
Autre paire de manches en Flandre le Vlaams Belang fait partie des meubles et est encore pointé au-delà de 10% dans les sondages, l’autre parti d’extrême droite, quoique nos MR, Michel et Reynders, pensent que ces gens sont fréquentables (c’est leur seul moyen d’accéder au pouvoir), la N-VA siphonne les voix des autres parti par son nationalisme, sa démagogie et ses positions virulentes d’un capitalisme fort et antisocial.
Les prises de position de ses membres démontrent bien qu’il s’agit d’un parti à la Orban, nationaliste et linguistiquement ségrégationniste, donc d’extrême droite.
La montée en flèche de la précarité, qu’on aurait pu diagnostiquer comme favorable au redémarrage de la gauche débarrassée du PS, est un fait européen qui jusqu’à présent a peu d’influence sur le corps électoral populaire.
Guy Standing (1) décrit dans son dernier ouvrage la percée de trois phénomènes : le déclin de la démocratie, les votes incohérents et contradictoires de la jeunesse et la poussée de la droite renforcée des déçus de la démocratie par délégation. Son jugement est net et catégorique, la mondialisation a tué le projet de la social-démocratie. Ce n’est pas avec elle, que la gauche peut retrouver un électorat, mais contre elle !

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Pour revenir, la gauche a besoin d’une stratégie qui n’est plus du domaine d’un parti, mais de l’ensemble des adhérents. C’est fini le leader unique, sorte de gourou dont l’extrême droite et la droite sont toujours friandes et auquel le parti de Di Rupo reste attaché comme le morpion de Brassens, au cul de la marquise !
Chaque conscience, chaque manière de voir et d’exprimer les choses sont désormais indispensables.
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1. Guy Standing : économiste britannique, professeur d’économie à l’université de Bath et membre fondateur du Basic Income Earth Network, une organisation qui promeut un revenu de base inconditionnel. (selon Wikipédia)

11 avril 2018

Turbæ autem !

On n’a pas fini de parler et de reparler du peuple. À titre divers, purement spéculatif, parce qu’entre nous, l’élite s’en fout du peuple ! Mais, comme il en vit, il y a quelque part chez l’élu une sorte de retenue intime qui lui dit de faire gaffe, qu’il ne peut se lâcher quand il en parle. À la Gerlache ou à la Ducarme vilipender la populace dans la détestation extrême du populisme, sans savoir ce qu’il y a dans la valise, c’est juste montrer leurs fantasmes.
Dans un an, ils vont métamorphoser le peuple en électeur. On va vivre quelques mois où il va progressivement être tout : l’État, le pouvoir, le social ! Les partis vont lui tresser des couronnes, chacun à sa manière, quitte au lendemain de la fête, à le renvoyer dans son coin, oublier les promesses et revenir à cette politique de l’entre-soi, arbitrée par les têtes d’affiche politiques, aux noms des réalités économiques.
Nos monstres sacrés retourneront à leurs préoccupations intimes, à repeindre les volets de la maison de campagne, à divorcer, à essayer un nouveau parcours de golf, bref à l‘intimité qu’ils n’ont avec personne d’autre, qu’eux-mêmes !
Faut-il leur rappeler que le peuple ne se laisse pas réduire à des déterminations économiques. Malgré ses faux airs de pute aux seuls usages de l’élite, la démocratie avant de se prostituer dans la délégation de ses pouvoirs, est une fille de la rue. Celui qui pense autrement, c’est parce qu’il vit en maquereau et qu’il n’en veut laisser rien paraître. C’est lui qui la met en « maison » et la spécialise dans ses vices.
Le peuple a faim, bien souvent, par la faute des suborneurs de la démocratie, qui cachent sous leurs grands airs et à l’aide de phrases bien creuses des universités, toute la perversion nécessaire pour camoufler leur escroquerie en actions héroïques bonnes pour le peuple.
Quand un des leurs le nomme, c’est pour souligner que le peuple subordonne « la question du ventre à la question d’idées », comme l’a écrit Michelet.
La réduction matérialiste, qu’aborde Marx, est reprise en antiennes méprisantes par l’élite. En réalité, le point de vue libéral qui postule le peuple incapable de penser, appauvrit la démocratie et démontre, à l’inverse, que les premiers locuteurs de l’éloge du matérialisme viennent de la droite libérale et bourgeoise.
L’énoncé de ce seul mot « peuple » est l’enjeu d’un conflit politique, celui de sa représentativité réelle, impossible dans toutes ses composantes, ce dont profite largement ceux qui vivent de cette ambiguïté. L’adresse du libéral, réformiste ou conservateur, c’est bien cette escroquerie qui fait croire qu’il gère l’État au nom de l’intérêt général, alors qu’il n’est là que pour donner une légitimité à une minorité. Et plus ses opportunistes parlent du peuple, moins il est présent. Pourquoi en parlent-ils tant ? Parce que l’image renvoyée du peuple, quand on l’englobe dans l’idée du collectif, est associée à la Révolution, en tous cas à une expérience collective qui suppose une espérance. Ils en parlent donc avec profusion pour exorciser leur peur qu’un souffle puissant, venant des profondeurs, ne les balaie un jour.
Parler du peuple en tonitruant, c’est pour mieux l’escamoter, le réduire au silence. Ils ont même utilisé par le passé des figures rendues populaires par la littérature, comme Gavroche, Cosette, jusqu’au portrait talentueusement écrit par Flaubert de cette vieille servante, si fidèle malgré le malheur d’être née fille de ferme.

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La boursouflure littéraire n’est pas politiquement neutre. Le riche s’attendrit ou se gendarme pour dire de deux manières « voilà le peuple ». Et savez-vous la seule fin de ce moment d’hésitation entre le cœur et l’esprit qui advint ? « Quoi ! le peuple est fait ainsi ? » s’est écrié d’une voix la gent timide des bourgeois. « Vite, augmentons la police, armons-nous, fermons nos portes, et mettons-y le verrou ! » (Jules Michelet, Le Peuple)
Je n’entrerai pas dans le procès qui disculpe ou inculpe « les vrais défenseurs du peuple », puisque tous les partis politiques disent en chœur qu’ils le sont tous.
Mais ceux dont on peut être sûrs qu’ils le défendent, parfois bien, parfois maladroitement, mais toujours avec sincérité et avec le cœur, sont fort mal traités par leurs homologues politiques et les thuriféraires de presse. En France, c’est Jean-Luc Mélanchon et les Insoumis, Olivier Besancenot et Nathalie Artaud de Lutte ouvrière, en Belgique, c’est Hedebouw et quelques-un(e)s du PTB.
Les libéraux ne s’expliquent pas pourquoi avec le talent dont ils font preuve et souvent les mêmes études que n’importe quel porte-étendard de la droite « raisonnable », ils se fourvoient parmi « la canaille » !
L’intérêt de cette controverse ? l’intellectuel de droite ne peut pas le comprendre. On se sent bien dans sa peau en défendant l’intérêt des plus faibles et sale en envisageant l’amour de soi et le profit personnel.
J’ai cité quelques noms connus. Des centaines, voire des milliers de citoyens vivent leur citoyenneté de la même manière. Ils sont anonymes. On ne leur demande jamais leur sentiment, c’est comme s’ils ne pensaient pas, malgré leur cursus, leur parcours, leur intelligence.
Vous savez pourquoi ?
Parce que révéler leur existence serait de nature à changer la résignation du peuple en un sentiment de fierté et d’espérance. Le monde libéral ne le supporterait pas.
On ne fait pas carrière, la politique n’est pas un métier… les lourdingues ne peuvent pas comprendre.

10 avril 2018

Richard Miller numineux !

Le croirait-on, Richard Miller est agrégé de philosophie !
Sa dernière incartade touchant à l’interdiction d’un parti politique en dit long sur la manière dont il a gagné ses galons à l’ULB, et avec quel professeur il les a obtenus !
Certes, le parti Islam est exécrable et son programme est une ineptie sans nom, grâce à laquelle il espère glaner des suffrages parmi les plus incultes et les plus arriérés Islamistes devenus citoyens belges, justement en mettant en relief la quintessence de plusieurs siècles de conneries religieuses. Ainsi, ce parti espère exister dans certaines communes particulièrement peuplées de pratiquants crédules qu’il cible.
Richard Miller semble avoir oublié qu’un parti politique, lorsqu’il n’incite pas la population au meurtre, a parfaitement le droit d’exister, sinon, nous ne serions plus en démocratie !
S’il fallait exclure de la vie politique, tous les partis nourrissant de « craques » ses électeurs, il deviendrait fort difficile d’en trouver un, à commencer par le sien, capable de former le gouvernement !
Ce qui peut justifier la censure de Richard Miller ne suffit pas à la légitimer, à propos de ce parti religieux. Il doit quand même avoir lu quelque part dans ses cours de philosophie que le déni du droit qu’est une opinion délictueuse, doit être garanti ou toléré grâce au mépris auquel il s’est exposé.
La société belge a cette capacité de s’auto-immuniser contre les risques de divisions et de conflits dont elle est porteuse. Si elle ne l’a pas fait pour la N-VA, parti tout autant nuisible que « Islam », c’est que la démocratie tout bégayante soit-elle, ne l’aurait pas toléré.
La démocratie assume la division interne du peuple. C’est l’essentiel de sa nature. Le peuple, dans sa diversité est nécessairement subversif par certains de ses constituants. Il est capable de se décomposer et de se reconstruire autrement.
C’est ce que semblent avoir oublié les inoxydables élus et réélus, dont Richard Miller est un des plus assidus piliers de comptoir.
Peu importe si nous partageons le pire et le meilleur des vues de notre philosophe libéral, le peuple est souverain dans ses entreprises, à la recherche des meilleures conditions de vie sociale possible.

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Nos « commis d’office » délégués perpétuels, sont mal placés pour en juger.
Tout cela me fait penser que Richard Miller a dû sauter quelques chapitres essentiels d’Hegel dans sa formation de philosophe.
On se doute bien que l’anathème sera partagé par tout le monde, mais la conclusion d’interdire ce parti, on l’espère, ne le sera par personne. Parce que si l’exclusion était votée, nous aurions alors beaucoup de souci à nous faire en fabriquant nous même par l’exclusion, de nouveaux djihadistes, indépendamment du fait qu’interdire un parti, c’est s’interdire le droit à chacun, de « vivre en démocratie » !
Que Richard Miller reste donc spécialisé dans la culture ! Qu’il laisse la vindicte libérale et ses ukases à Denis Ducarme, grand proctologue libéral de l’insondable !
Qu’il poursuive ses flirts avec la bourgeoisie socialiste, pour s’en ébaubir à la veillée avec Louis Michel, un Mouton Rothschild à la main.
C’est là sa place, là qu’il est le plus fort, nanti de cette faconde « ronde » qu’on n’enseigne qu’à l’ULB, sur la philosophie classique.
On le sait, Richard Miller adore les intellectuels de gauche qui basculent à droite. Marie Arena et Jean Cornil sont ses prises socialistes les plus représentatives de ce changement d'étiquette, toujours rémunérés par la gauche, ce qui fait double profit pour le MR.
De culture française, notre philosophe libéral, se comparerait volontiers aux gens de gauche développant des idées de droite, comme Finkielkraut, Philippe Cohen, Marcel Gauchet…
Que n’est-il resté dans ses enthousiasmes premiers comme l’amour de Jean Gol, l’admiration des théâtres d’avant-garde, sans spectateurs, mais heureusement subventionnés grâce à ses appréciations personnelles flatteuses.
Voilà où Miller excelle et rend ainsi service à Charles Michel et au petit Chastel.
Mais rameuté jusqu’à l’agence Belga pour qu’on écoute son prêche sur l'interdiction du parti Islam, craignant une percée lors du prochain scrutin communal, c’est comme si des énergumènes d’Islam dépendaient des mosquées, le portait de Charles Michel et que seul Miller en fût informé par sa vision de passe-muraille !
Voyons Richard, lisez Hegel que vous n’avez pas lu et revenez nous expliquer ce que vous en avez retenu. Si vous pouviez ensuite nous parler du Contrat social de Jean-Jacques Rousseau… à moins que lui aussi vous soit insupportable et donc interdit !

9 avril 2018

Un pauvre type.

Depuis plus de cinquante ans en Belgique, les trois ou quatre partis qui se passent le pouvoir ont une tactique commune non préméditée. Par une sorte d’instinct, ils pratiquent l’amalgame pour jeter l’anathème sur les extrêmes, afin que l’opinion mélange la droite fasciste et la gauche rousseauiste, dans une même désapprobation.
Si bien que ceux qui aspirent à la fraternité et à la justice, se trouvent, malgré eux, confondus avec les pires histrions d’une droite des caniveaux.
C’est une façon de faire qui s’est étendue à toute l’Europe.
Pourtant l’heure n’est pas propice à la confusion, l’Europe est à deux doigts d’imploser se donnant en spectacle à ses pays membres. La droite triomphante cartonne aux commandes par l’union des droites, libérale et nationaliste. C’est la Pologne, la Hongrie, l’Italie et même la Belgique qui inquiètent par des compositions de gouvernement à vocation antisociale.
Ce dimanche 8 avril, Viktor Orban sera reconduit à la tête de la Hongrie.
Sur le temps que Jean-Claude Juncker, en état de faiblesse, fait des courbettes devant Erdogan, comment espère-t-il freiner les dérives populistes et autoritaires qui font de plus en plus d'émules à l’intérieur de l’Union ?
Viktor Orban n’est pas tendre, vis-à-vis de Bruxelles, c’est même sa rudesse à l’encontre de l’Europe qui le fera réélire haut la main.
Juncker, magouilleur en chef des institutions européennes, a du souci à se faire. Réduire les aides de l'UE à ses petits roquets qui mordent les mollets des grands États membres ou limiter le droit de vote des récalcitrants, son chef de bureau n’a pas encore trouvé la solution qui pourrait le sauver des reproches de Merkel et de Macron.
En attendant, le Fidesz, parti de la droite dure du très autoritaire Viktor Orban, va bon train. On dit même que ce parti est au mieux avec la N-VA qui partage ses points de vue sur l’émigration !
Premier ministre depuis 2010, Viktor Orban, souverainiste fier de l’être, multiplie les provocations. Ses discours traitant du racisme et de l’antisémitisme sont attendus avec gourmandise par ses partisans. Orban a trouvé le joint pour qu’on l’aime parmi la paysannerie hongroise, une des plus traditionnaliste d’Europe. Il s’attaque à la presse, aux ONG et aux intellectuels, qu’il met en prison à la manière de son homologue du Bosphore.
Le voilà aussi trumpien, puisqu’il construit un mur, mais avec beaucoup moins de moyens que les Américains – le mur est seulement de barbelé, «contre les migrants». Ces travaux réjouissent d’avance la main-d’œuvre nombreuse de ce pays, un des plus mal barrés de l’Europe avec un chômage élevé.

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Les rombiers de Bruxelles ne sont pas toujours revenus de la consternation qu’ils ont eue au discours du 15 mars de Viktor ! C’était le jour de la fête nationale hongroise, le deal idéal pour mettre le paquet. Il s’est permis de fustiger le rôle de l’Union européenne, comme seul avant lui, l’Anglais Nigel Farage l’avait osé faire. On a du mal à imaginer la Hongrie membre non démissionnaire du capharnaüm bruxellois.
Pourtant, Orban ne suivra pas le chemin de l’Angleterre, il a trop besoin des millions d’euros qu’on lui verse chaque année et avec lesquels sa famille s‘est constitué un fameux bas de laine.
Au nom de son pays – entre parenthèse le plus subventionné d’Europe – il a soulevé les foules en fustigeant l’UE coupable d’aider à l’invasion de la Hongrie par des émigrants complices ! «Ils veulent nous prendre notre pays… Bruxelles ne nous protège pas, elle veut changer la population de l’Europe», c’est de l’invective pure, un peu à la façon que Bart De Wever avait procédé pour faire la pluie et le beau temps à la flamande en Belgique.
Le pâlot Juncker doit faire gaffe. Cette rhétorique, l’UE ne peut pas la laisser passer. La dérive est contagieuse. La Pologne, depuis l’arrivée au pouvoir du parti eurosceptique Droit et Justice, en 2015, est en symbiose avec la Hongrie.
Ces pays ont vu la Turquie à l’œuvre dans l’art de soutirer de l’argent à Bruxelles. Ils ont compris. Ils savent y faire !
L’Europe fait office de poubelle aux pays de l’Est. Elle évacue toutes les fautes politiques de ces messieurs ! Le truc marche, l’électeur suit.
Les experts – Bruxelles en a des wagons – disent qu’on devrait agir. Pour l’Institut Jacques Delors, Martin Michelot nous prévient : «avec la dégradation de l’Etat de droit, en particulier en Pologne et en Hongrie, l’UE doit faire face à une situation nouvelle et inimaginable jusqu’ici, puisque les fondations de la gouvernance européenne se voient minées de l’intérieur».
Attaqués aussi de l’extérieur par le Brexit et par Erdogan, nous voilà beaux !
C’est le moment qu’a choisi Bart De Wever pour affirmer son attachement à la cause de la Catalogne, en assurant de son amitié, l’ex président Puigdemont.
Vis-à-vis de l’Europe, Charles Michel a l’air de quoi ?
Mais d’un pauvre type, comme d’habitude.

8 avril 2018

Smith, Hegel et Marx.

Et si à la lecture de Hegel, on avait le sentiment qu’Adam Smith, le théoricien du capitalisme moderne, avait jeté les bases d’un colonialisme interne aux Nations européennes, en asservissant une partie de la population à ce qu’on appelle aujourd’hui le travail à la chaîne ?
Le cas Hegel est emblématique d’une génération de philosophe à la fois éclairés du siècle des lumières et en même temps convaincus, sur le tard, du bien fondé de la rationalité capitaliste.
Hegel avait vingt ans l’année de la disparition d’Adam Smith. Il a donc lu l’œuvre de ce dernier.
Rousseauiste dans l’enthousiasme de la jeunesse, Hegel admire le « premier spectacle prodigieux depuis que nous savons quelque chose du genre humain », écrit-il à propos de la Révolution française, dans « Principes de la philosophie du droit », pour mettre de l’eau dans son gros rouge quelques pages plus loin, pour s’effrayer de cet « événement le plus épouvantable ».
Hegel à cinquante ans quand il publie en 1820, « Principes de la philosophie du droit ». Il s’est embourgeoisé avec l’âge. Le jeune philosophe d’Iéna disparut, il reste le professeur de Berlin, qui se complaît dans la notoriété. Il est traversé de deux propositions, celle d’Adam Smith sur les définitions du peuple, et les réflexions sur la démocratie de Jean-Jacques Rousseau, dans le « Contrat social ».
Il a senti la genèse de ce qui nous accable aujourd’hui, à savoir que la grande richesse est reliée à la pauvreté la plus profonde, car, écrit-il dans « Système de la vie éthique » la séparation du travail conduira à « la grossièreté extrême » qui sera la base de la prospérité de ceux qui conduiront l’équipage à bon port.
Il n’a pas vu l’aporie à laquelle aboutissait son raisonnement. Il faudra attendre 1867, date de publication de « Das Kapital » de Marx, soit trente-six ans après la mort d’Hegel, pour conclure que le système imaginé par Adam Smith condamnera une multitude d’ouvriers à des travaux abrutissants, insalubres et dangereux, dans les manufactures et dans les mines.
Institutionnalisé, ce système en 2018 non seulement perdure encore, mais a été poussé à un tel perfectionnement qu’on n’imaginait pas du temps de Marx, même si les conditions de « l’homme en cage » se sont quelque peu transformées, en la lente et continue dégradation de « l’homme décervelé ».
La tendance historique de la production économique reste donc l’abrutissement au travail, poussant ses perfectionnements jusqu’aux tâches administratives, en attendant la robotisation complète par des machines et quelques cadres subsistants.
Quid alors des personnels sans utilité désormais ?
Cet abrutissement nécessaire, selon les gestionnaires de la démocratie tous partisans du système d’Adam Smith, s’il exclut le peuple, les menace a fortiori de cette exclusion.
Hegel parlait déjà de « classe » pour désigner le peuple, or ce peuple sera finalement exclu des richesses qu’il a créées dans la souffrance du travail et ensuite dans l’exclusion de cette souffrance !

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Le monde moderne conduit à l’impasse qu’Hegel ne supposait pas en parlant d’un peuple « utile et obéissant », quand les techniques se seront développées au point que le peuple ne sera plus utile et qu’on ne lui demandera plus qu’une chose : l’obéissance.
C’est évident que bientôt le système devra carrément influer sur le rôle politique de la démocratie de manière plus directe que ce qu’il fait déjà, pour changer cette règle d’égalité et de partage à toute société évoluée, pour faire admettre à l’opinion qu’au sein de la population, une part de celle-ci ne sera plus concernée par les règles de partage.
C’est déjà le cas d’un fort pourcentage d’émigrés qui se voient carrément exclus suivant une technique qui rappelle la ségrégation aux États-Unis. Celle-ci fait encore couler beaucoup d’encre et beaucoup de sang par un apartheid – qui ne veut pas dire son nom – au pays de l’Égalité de Jefferson et de Lincoln, à l’égard des gens de couleur !
Reste à franchir le dernier palier qui est celui de la désignation de la populace, « cassant » aux pourtours des cortèges de grévistes, les insignes de la pseudo-richesse. À l’échelle des réprobations, la geste aventurière est de loin supérieure dans l’exécration à la forfanterie et l’indélicatesse des forbans en costume et cravate du système. Quoique ces derniers soient de loin les plus fameux destructeurs !
La pauvreté ne fait pas nécessairement des personnes automatiquement populacières. Elle est définie par la rébellion contre les riches, la société, le gouvernement et les institutions ségrégationnistes de la société de consommation. Mais elle accrédite le mythe de l‘insouciance et de la fainéantise de la jeunesse « que l’on ne comprend plus ».
C’est ainsi que les libéraux distillent au sein de la démocratie une notion du Mal qui consiste à ne pas avoir l’honneur d’assurer sa subsistance par son travail, alors que les techniques de pointe excluent la main-d’œuvre de masse.
Au lieu de voir une condamnation de la populace, « il serait justifié d’y voir les effets négatifs de la société civile sur les individus par ce dont elle les prive, à savoir leur humanité, en les réduisant à une abstraction indéfinie » (1)
La philosophie qui rompt avec les bases du capitalisme énoncées par Adam Smith, couvre une période à peu près de la durée de vie d’un François Guizot, Historien et homme politique français, qui va de 1787 à 1874. Nourrie à la fois du contrat social ou Principes du droit politique de Jean-Jacques Rousseau, publié en 1762, et de « La Richesse des nations », publié en 1776, textes fondateurs du libéralisme économique d’Adam Smith, avec le point de rupture complet du « Capital » de Marx, publié en 1867.
Nos universités qui forment aujourd’hui les philosophes et les économistes sautent gaillardement cette période faste de la philosophie. Ce sont donc des intellectuels aux formations lacunaires, comme l’incertain Charles Michel et le culotté Gérard Miller qui donnent le la, dans une fanfare de cuistres privée de ses cuivres.
Ils sont à leur corps défendant, ce qu’on appelle des « imbéciles instruits ».
---
1. Jean-Claude Bourdin « Hegel et la question sociale », Revue germanique internationale.

7 avril 2018

Propos de deux Alain…

…pas sur le bonheur, hélas ! (1)
On devrait relire les classiques de temps en temps.
Ça aide à remettre les choses en place.
On a dit pis que pendre du populisme… que c’était un entraînement vers les extrêmes, une sorte de nouvelle vague d’un anarchisme de droite, etc. Les libéraux béats de la RTBF, Alain Gerlache en tête, ont même découvert dans le populisme une sorte de virus menaçant d’extinction la démocratie !... elle-même, vouée, selon le journaliste prophète, à l’économie de marché à vie, pour notre bonheur à tous.
À ces petits exaltés de la planque et du libre-échange, on peut leur opposer Blaise Cendrars, Suisse naturalisé français à la suite de son engagement volontaire à la guerre de 14 et amputé du bras droit en 1915, d’une blessure de guerre. Ce qui en fait un patriote et un partisan de la liberté démocratique, ce qui pourrait rassurer les laudateurs de l’économie libérale.
L'œuvre de Blaise Cendrars est faite de poésie, romans et reportages. On lit dans ses mémoires qu’il a flirté avec le communisme, sans vraiment l’être, ce qui pourrait rassurer Alain Gerlache. Son exaltation du monde moderne est aussi la preuve qu’il est sensible au progrès techniques et humains.
Ci-dessous de « Bourlinguer » un extrait qui explique en partie le populisme d’aujourd’hui.
« Le prolétaire qui se saoule le samedi soir « après le turbin » ou l’ouvrier agricole le dimanche matin, jours de paie, ce n’est pas tant pour oublier sa misère que pour protester contre le patron qui l’écrase, le politicien qui l’exploite, la police, l’État qu’il emmerde, ce régime d’usines, de bagnes, de prisons qu’il faut foutre par terre, comme ça !... et il fait trembler le comptoir d’un coup de poing formidable, et il avale un dernier petit verre, et il flanque ses sous à la figure du bistroquet, et c’est lui qui se fout par terre, nom de Dieu !
Il n’y a pas de justice… « Mort aux vaches !... Mort aux bourgeois ! Taäut ! sus ! haro !... Pille !... Pille !...
À nous les poules de luxe et les stars des capitalistes ! Les gonzesses sont avec nous !...
Il voit rouge, l’homme, mais il voit clair. »

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Les libéraux béats concluront à la lecture de ce seul extrait, que l’ivrognerie n’a jamais arrangé les choses et que l’éthylisme n’est plus le déclencheur du pire, que celui qui raisonne de la sorte se retranche de la société par son nihilisme, etc.
Le député bruxellois et sénateur MR, Alain Destexhe, serait le seul exalté acceptable, il serait même de cette société le bon cholestérol, puisqu’il est capable d’un raisonnement tout aussi excessif mais bon à prendre : il idéalise le capitalisme, jusque dans ses pires excès.
Cependant que l’ouvrier saoul de Cendrars, une fois dessaoulé, réfléchit et son populisme est beaucoup plus explicatif et constructif que les élucubrations appuyées d’Alain Destexhe.
« Le monde est un complexe formidable. Il est fait des mauvais exemples de nos semblables, des doctrines communément répandues, des idéologies contagieuses généralisées, des entraînements de toute nature contre lesquels chaque individu a à se débattre continuellement. Comment est –il possible que le cœur de l’homme soit un champ de bataille ? Pourquoi ces contradictions intimes et inévitables qui sont en nous-mêmes, qui sont nous-mêmes ? Est-ce là notre état primitif ou cela s’explique-t-il par une catastrophe initiale, une déchéance, un drame caché dans les origines de l’espèce ? Les hommes sont-ils naturellement fous ou est-ce le travail, ce pain qu’il faut gagner à la sueur de son front, qui les rend fous ? Sont-ils des énergumènes et des possédés ? Des exaltés ? Des tristes ? ».
Je crois intimement que le populisme vient de ces interrogations que le plus clair de la population se pose, sauf les élites, parmi lesquelles justement s’y comptent les deux Alain, Destexhe et Gerlache et pas qu’eux, tout le MR, le CDH et une grosse partie du PS aussi.
C’est justement parce que la démocratie n’a pas son compte, qu’elle balbutie et qu’un gros contingent d’électeurs découragés, regardent ailleurs… dans le vague !
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1. Alain (Émile Chartier) (1868-1951) « Propos sur le bonheur », Éditions Gallimard, 1928, 218 pp. Collection folio-essais.

6 avril 2018

L’angle ano-rectal du Belge moyen.

Voilà plus de dix ans que marine le hareng-saur de la démocratie par délégation dans le bocal de Richard III. Le deal ne marche pas. Il entube toute la population d’un consensus aléatoire, qu’une majorité intériorise en enfilant les perles électorales !
Je me croyais faraud et bien seul à tondre le mouton du Petit Prince, sur un pré carré à la con... paraît qu'on a de la visite.
Charles Michel admire son alopécie dans tout miroir qui réfléchit à sa place. Son poisson plat, Didier Reynders, sillonne les vases glaiseuses des fosses profondes d’RTL, aux forêts de pâte à papier du Soir, tout semble baigner dans cette atmosphère spéciale des couloirs d’un vaste hôpital psychiatrique. Les fenêtres grillagées donnent sur la cour intérieure où le Belge moyen déambule en pyjama d’hôpital.
Ma tante d’Honfleur et son valet de cœur Di Rupo tricotent une écharpe pour réchauffer le Doudou, à un ouvroir du PS resté ouvert. Dans la vallée de la Lasne, sa Juliette rêve de faire l’amour une dernière fois avec l’électeur. Elle capte l’attention des derniers socialistes, en brodant « Onkelinx » sur le coussin de pied d’un célèbre avocat.
Tout semble calme et ennuyeux, mais de cet ennui à la belge, fait d’un savant mélange de résignation et de médiocrité qui font du citoyen un imbécile heureux. Quand soudain, un vent dérangeant venu de France, bouscule la statistique reposante du conformisme bourgeois.
Il s’est échappé d’un coulis d’air empesté du gros intestin institutionnel de la République voisine !
Quoi ! s’insurgent les narines dans la rue, cette démocratie développe une fragrance de merde ! Cinquante ans après Mai 68, la gueuse sent toujours aussi puissamment !
Les fins analystes se penchent donc sur les vapeurs du remugle, séparant les brens durs du bloc sarkozyste, des liquéfiantes fientes rosâtres de Hollande, pour s’attarder sur les résultats diarrhéiques bleu blanc rouge de Macron.
Dans ce contexte, l'institut YouGov a testé auprès d'un échantillon représentatif de Français, lequel des slogans emblématiques de Mai 68, correspond le plus à cette année 2018.
"Élections, piège à cons!" est sorti largement en tête de ce sondage !
Suivent juste derrière l'hédoniste "Je ne veux pas perdre ma vie à la gagner" (18%) et "Fermons la télé, ouvrons les yeux" (18%). Le fameux mot d'ordre libertaire "Il est interdit d'interdire", 12%, tandis que l'utopiste "Soyons réalistes, demandons l'impossible" ne convainc que 4% des sondés. Révolution du bitume obsolète, le très folklorique "Sous les pavés la plage" ne retient l'attention que de 3% des Français.
Ce slogan « Élections, piège à cons » fait florès, jusqu’à rester inoxydable dans les mémoires. C’est dire ce que la population pense de cette démocratie par délégation. En 1973, Jean-Paul Sartre dans la revue « Les Temps Modernes » opposait le "pouvoir légal" né des urnes et le "pouvoir légitime" émergeant de la rue et des rassemblements populaires.
C’est toujours valable. Sauf qu’on a élargi « le champ » comme aurait dit feu Bourdieu, en 2018, pour le constat de la dualité de la personnalité de l’homme de la rue, puisque il est l’électeur qui plébiscite les zombies du capitalisme, en même temps qu’il s’écrie majoritairement « Élections, piège à cons » ! Va comprendre ?

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Les Français, je l’ai toujours écrit, sont en avance de dix ans sur nous en matière de critique du système économico-démocratique. Ils sortent des cabinets les mains fleurant la lavande, alors que nous sommes encore à nous déchirer le cul pour évacuer le libéralisme douloureux en contractions des muscles du plancher pelvien, en mouvements réformateurs saccadés, sur l'angle ano-rectal fermé, empêchant la sortie des selles !
« T’as le bonjour d’Alfred ! » ne semble pas encore entendu d’Emmanuel Macron, toujours attaché au mât par Brigitte, qui lui bouche les oreilles à sa poudre de cantharide bien sèche, afin qu’il n’entende pas le chant des trois sirènes Autin, Fiat et Obono.
Les jeux ne sont pas faits, les mises sont ouvertes. La partie basse des Français rêve de faire plier l’autre, par la grève et la rue. L’élection au second tour de la présidentielle n'était pas un "chèque en blanc" face à Marine Le Pen.
Nous autres, les Belges, que faisons-nous de nos dix doigts ?
Nous feuilletons nos missels économiques en écoutant tonner le père Charles Bourdaloue-Michel. Ce n’est pas Bossuet, c’est tout juste le fils de Louis Michel-Thénardier, patron du bouge qui exploite la petite Cosette, bientôt chômeuse chez Carrefour.
Il nous explique le chemin de croix de l’austérité, lui-même a fait semblant de tomber une troisième fois. Ses apôtres en éristique nous en bouchent un coin. Richard Miller, en caleçon romain, à l’air d’un eunuque affranchi de Tibère. Le petit Chastel, c’est Héliogabale qui confond la purée de tomate avec le sang de Titus-Reynders.
Que voulez-vous, nous attendons d’en savoir un peu plus sur « la vie en France » pour donner une orientation à la nôtre, nous sommes un peu comme Bart De Wever qui lui, vire carrément Hollandais.

5 avril 2018

Grève : Macron en fait des wagons !

Ceux d’entre les grévistes et des partis de gauche qui critiquent la grande presse, en France, à propos de la grève des cheminots, ont partiellement raison, les journaux ont quand même annoncé les débrayages et le principe de la grève perlée.
Pour le reste, il est évident que la grande presse est sinon macroniste, tout au moins favorable aux réformes annoncées du rail par les pouvoirs publics.
Après avoir souligné l’indépendance de la presse, les propriétaires des titres ne vont pas se tirer une balle dans le pied en citant Martinez de la CGT et Mélenchon de la France Insoumise. Ils protègent leurs intérêts dans la formule d’une démocratie libérale qui respecte ceux des particuliers, en flattant le désarroi et la colère des usagers.
Il est tellement évident que les cheminots ne sont pour rien dans le déficit monstrueux de la SNCF et qu’ils vont trinquer quand même à cause de l’ouverture du rail à l’Europe, que taper sur le statut spécial et du privilège de l’emploi à vie deviennent contre productif.
Ce que la grande presse peut encore faire pour aider le pouvoir en place, c’est donner la parole aux râleurs sur les quais de gare et parler de la nécessaire modernisation du rail français, bientôt ouvert à la concurrence.
L’opinion, malgré ce travail au corps, est à cinquante/cinquante dans le conflit.
Pour qui a deux sous de raisonnement, quand le système s’attaque aux privilèges, on sait bien qu’il ne s’agit que des « petits » privilèges qui, au lieu d’être combattus, devraient servir d’exemples pour que tous les travailleurs puissent y aspirer, dans un progrès général.
Or, s’attaquer à certaines clauses avantageuses du statut des cheminots, c’est le meilleur moyen de stopper les aspirations du monde du travail à un mieux être dans les entreprises.
Le système français, comme ceux de l’Europe des 27 ont mis l'information dans une impasse. Il s’agit de faire croire aux gens qu’aligner les travailleurs les mieux lotis sur les plus mal lotis est un progrès social et qui va doper les pays compétitifs.
C’est difficile à faire avaler.
Quelques grèves plus marginales, comme celles des éboueurs et d’Air France, ne sont pas le signe d’un embrasement général. Il faudra attendre la réforme des pensions pour évaluer l’impact que pourrait avoir un mouvement plus vaste.

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Plus rapprochée est la menace des étudiants. Deux facultés sont déjà occupées. Comme la jeunesse est assez malmenée en ce moment, celle-ci n’a pas besoin d’une trop grande injustice dans les propositions du gouvernement pour péter les plombs.
Il suffirait que les lycées descendent dans la rue, pour qu’un mouvement général de la jeunesse vienne confondre la duplicité du gouvernement Macron.
En signe avant-coureur, on signale des manifestations de cheminots, soutenues par la présence des étudiants et d’agents de la fonction publique, dans toute la France. Le gouvernement et la grande presse plaident la cause des usagers, alors que les syndicats tentent de faire l’unité, ce qui n’est pas facile, compte tenu de la propension de Berger de la SFIO, à jouer la compréhension et la conciliation avec le pouvoir..
Que l’on pût encore s’arrêter de travailler, dans une société aussi consumériste que la nôtre pour des questions existentielles et qui ne relèvent pas d’une demande d’augmentation des salaires, tient du miracle !
Qu’enfin ce mouvement soit bien suivi, quoique les grévistes soient loin d’être ce qu’on a dit d’eux, c’est-à-dire de vrais privilégiés, est aussi l’assurance que le combat contre une économie mondialisée qui réduit l’espèce humaine à la seule fonction du travail, comme les fourmis, n’est pas terminé.
Il est devenu quasiment certain que le consensus mou des populations, pour ce simulacre de démocratie, pourrait un jour très mal se terminer pour le monde d’en haut, qui commet l’erreur de croire que le monde d’en bas est malléable et à sa merci pour les années à venir.

4 avril 2018

L’art de mentir à bon escient !

Ce qui nous irrite tant chez ceux qui nous représentent en politique, tient dans leur manière de présenter leur programme aux citoyens. Ils se prétendent tous « le meilleur ». Ils n’acceptent aucun compromis. Tous les autres vont de médiocres à carrément mauvais.
Les débats contradictoires sont de la même espèce. Il faut croire que l’intransigeance est une qualité qui finit par les faire élire, puisqu’indifféremment, un a tort et l’autre raison et vice versa, si bien qu’un des deux sera élu, tout en ayant tort pour les partisans de l’autre.
Sur cent électeurs, quatre-vingts s’en fichent. Celui qui aura eu tort pourrait être élu, si onze électeurs sur les vingt qui restent estiment qu’il a raison, et par conséquent, l’emporte.
Si vous avez suivi mon raisonnement jusque là, c’est vous dire combien est aléatoire la façon dont nous nous encombrons de nos maîtres.
D’autant que sur les onze qui ont fait le pouvoir, il y en a peut-être un ou deux qui se sont trompés de bulletin ou de nom, par confusion mentale ou distraction.
Que va faire l’élu, après s’être rassuré sur ses fins de mois ? Chercher avec qui gouverner ! Si son parti n’est pas majoritaire, il faudra qu’il se trouve des alliés. Autrement dit, ce qui l’a fait élire, l’intransigeance de son programme, ne lui permettait pas de briguer le pouvoir. Il va falloir qu’il intègre en tout ou partie celui de son adversaire.
Le plus bel exemple d’éristique, est la campagne électorale de Charles Michel. Adversaire résolu de la N-VA, devisant en termes forts contre Bart De Wever, dès qu’il fut possible d’être premier ministre, à la condition d’une coalition avec la N-VA, voilà qu’il affirme le contraire de ce pourquoi on l’a élu, tout cela sérieusement et sans montrer aucune gêne à se déjuger publiquement.
Il a donc sciemment trompé cette frange libérale francophone qui ne voulait à aucun prix d’alliance avec la N-VA !
C’est le plus bel exemple d’un élu sur un programme, qui en fait un autre, au grand dommage de la casuistique, encore que je le soupçonne de ne même pas attribuer une définition à ce terme !
Le comble, reste encore l’électeur, pas surpris du tout de ces voltefaces ! Certains iront même jusqu’à dire « C’est bien joué. Michel est très fort ». Mais non, il n’est pas très fort. Il s’est appuyé sur l’éristique que l’on peut lire dans Schopenhauer « L’Art d’avoir toujours raison », dont Euthydème de Chios, sophiste, est l’inventeur, 350 ans avant JC, c’est dire si cette posture en politique nous vient de loin.
Cela s’appelle faire de la malhonnêteté une forme d’art de convaincre.

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Peu importe diront les pragmatiques réjouis du vilain tour, qu’il ait raison ou tort, l’essentiel est qu’il dirige le pays. Ce n’est pas le premier malhonnête homme à bien le diriger. Enfin, ceux qui sont plus avisés encore et qui savent comme la démocratie s’est fait doubler par l’économique, pourront conclure que cela n’a guère d’importance de voir un pur libéral ou un social-libéral ou encore un chrétien libéral de gauche s’asseoir dans le fauteuil de premier ministre, puisque la machine comptable prend le pas sur la démocratie, et que 1+ 1 a toujours fait 2, et non pas 3.
À voir l’Europe comme elle va, la Belgique comme elle suit, il est incontestable que nos hommes politiques comptent moins à Bruxelles, qu’une décision à Washington de Donald Trump ou à Pékin de Xi Jinping.
Il n’est même pas dit qu’une poussée régionale de fièvre séparatiste des Flamands, les intérêts économiques des actionnaires n’étoufferaient pas dans l’œuf ces velléités d’autonomie, un peu comme la Catalogne, driblée par l’Espagne. Jean-Claude Juncker apporterait le soutien de l’Europe, Donald Trump tweeterait que la démocratie n’a pas besoin de trublions et Xi Jinping enverrait peut-être un panda supplémentaire pour détourner l’opinion.
Il ne reste donc d’après « L’art d’avoir toujours raison ou Dialectique éristique » publié en 1864 à Leipzig, par Arthur Schopenhauer, qu’appliquer l’auto-défense intellectuelle ou de communication de crise. En 2018, cela s’appelle changer le personnel politique, le système économique et l’ordre mondial de l’offre et de la demande.
Pour cela, élisons un anti-Michel qui ne veut plus appliquer les traités, omet de rembourser la dette, prie Juncker d’aller emberlificoter les Européens dans une autre capitale que la nôtre, demande à l’OTAN d’aller foutre la pagaille ailleurs.
Rien que ces petites mesures seront suffisantes pour qu’aussitôt d’autres dialecticiens de ce charmant pays, plus proches de leur tiroir-caisse que nous, se fassent le plaisir d’accueillir dans nos murs, des alliés venus de l’extérieur pour nous botter le cul, exactement comme les Allemands vont se faire un plaisir de renvoyer Puigdemont dans une geôle du côté de Madrid.
Vous voyez, comme il est devenu impossible de faire une bonne politique sociale en Belgique !
Et pourtant, la démocratie, bouleversée par un politicien enfin original, serait à l’orée d’une nouvelle politique plus honnête. Elle aurait raison et l’économie aurait tort. C’est un choix finalement, car les deux sont devenues incompatibles.
La conjoncture socio-économique ne peut évidemment s’améliorer par une compétitivité accrue, moins encore par sa généralisation aux secteurs publics de la vie sociale. Le néo-libéralisme ne produit que de nouveaux obstacles à quoi s’ajoutent les anciens.
Puisqu’il ne conçoit la liberté qu’en compétition des acteurs du drame social, il ne peut que déboucher à terme sur une guerre civile.
Autrement dit, la majorité libérale propose la paix en préparant la guerre !

3 avril 2018

Richelieu chouchou de Juncker.

On comprend la lassitude d’une Europe tellement différente de ce qu’on aurait voulu qu’elle soit : la mère sociale de ses enfants, alors que la droite en a fait la marâtre !
Cependant, puisqu’il faut bien y envoyer nos « surveillants » en la personne de parlementaires, on n’a rien trouvé de mieux que de la pourvoir d’une solide majorité de droite, responsable du dernier scandale qui alourdit son passif.
Répondant à la pléthore administrative, par une dose supplémentaire de népotisme, Jean-Claude Juncker a propulsé Martin Selmayr, son chef de cabinet, à la tête de l’administration européenne, sans référer à personne !
On en parle à peine dans les chaumières francophones et même nationales. Et pour cause, ce coup de menton de Juncker serait propice à un déballage qui ne serait pas à l’avantage des libéraux.
Malgré le poids du gros pognon en jeu, les langues se délient sur les conditions de l’ascension "miraculeuse" de Martin Selmayr. L’individu est un démocrate-chrétien allemand, de 47 ans, adoubé le même jour, secrétaire général adjoint de la Commission et secrétaire général, par 27 commissaires surpris de cette demande du président Juncker, mais acquiesçant, complètement vassalisés depuis longtemps pour opposer la moindre opposition à Juncker.
Je passe sur les préliminaires, sauts divers d’obstacles administratifs dont Selmayr, nanti du blanc-seing de Juncker, s’est aussitôt débarrassé.
Dans les couloirs de cette administration bruissant sur les hauteurs de Bruxelles, on se demande qui de Juncker ou Selmayr dirige la Commission ?
Tous se seraient rendormis au rond-point Schumann, comme d’habitude – le citoyen lassé de ce grand corps malade s’en fout – si le journaliste de Libération Jean Quatremer, n’avait fait du tapage dans les salles de presses et sur les antennes publiques en France.
"Il n’y a rien d’illégal, nous avons respecté les règles et leur esprit", répète le porte-parole de la Commission, tandis que la gauche, enfin ce qu’il en reste, proteste et que la droite ricane.
Les Verts sortent de leur torpeur et réclament une enquête sur la nomination. "Il n’y a que Xi Jinping qui peut se permettre une telle nomination", dit Philippe Lamberts, coprésident des Verts.

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En Belgique on connaît : tous les rouages intéressants du Royaume sont désormais flamandisés. À l’Europe, les contrôleurs de la paperasserie sont tous Allemands : le secrétaire général du Parlement, Klaus Welle, du Service européen d’action Extérieur, Helga Schmid, et maintenant de la Commission, de même que le président de la BEI Werner Hoyer. Martin Selmayr, Allemand, lui aussi, ne dépare pas la belle collection d’une droite allemande bien en place à l’Europe, pour au moins cinquante ans, dit Jean Quatremer, très remonté.
Hé oui ! à force de s’en désintéresser, les citoyens européens – même allemands – se sont tous faits avoir, par un groupe représentant des intérêts bien particuliers, celui de la haute finance dont le point central est, comme par hasard, au Luxembourg, patrie de Juncker. Le citoyen oublie dans sa désinvolture que c’est quand même lui par le biais des pays membres, qui paie grassement tout ce beau monde qui se goberge largement à ses dépens.
À remarquer que plus les administratifs sont nombreux, moins ils sont efficaces. Martin Selmayr, grand manitou de l'administration de l'exécutif européen, voilà qui complète le panel, la cerise de trop sur le gâteau, peut-être ?
Martin Selmayr, l'homme lige de Juncker, est considéré comme l'inspirateur de l'architecture de la Commission européenne mise en place sous le mandat de Juncker : les commissaires sont encadrés par des vice-présidents, ce qui permet au président et à son directeur de cabinet de se poser en arbitres et de tenir les rênes.
La succession de Juncker approche. Est-ce que Selmayr n’est pas celui qui jettera une échelle de soie depuis la tour de Bruxelles, pour que ce Gentleman cambrioleur de Juncker rempile facilement ? Cette nomination arbitraire ne serait qu’une manœuvre de précaution pour la nouvelle combine !
La procédure s'est déroulée de manière si opaque et rapide, que de nombreux européens ont été surpris. Juncker a peut-être eu tort de déranger les parlementaires européens dans leur sommeil. Comme chacun sait, l’Europe est le merveilleux jouet des partis politiques qui y envoient souvent « les méritants » dont on ne sait que faire en fin de carrière ou, selon la méthode de Benoît Lutgen, un moyen de remercier ses bons amis et serviteurs.
Il y reste encore un quarteron d’irréductibles européens convaincus et qui y croient.
Enfin, le 14 mars, les élus européens – faisant preuve d’une belle unanimité – se sont insurgés contre cette nomination.
En résumé, il y aura enquête.
Si cette enquête en Commission est du même tonneau que celle du kazakhgate en Belgique, on est à peu près certain que ces messieurs Juncker et Cie sortiront indemnes, comme Reynders et De Decker.
L’ennui, la droite européenne prend pied partout. Elle n’est démocrate qu’en apparence et une fois au pouvoir, elle a tendance à y rester par tous les moyens. L’électeur aurait tort de ne pas s’en soucier. Il est en train de se forger un avenir incertain, avec l’enthousiasme des foules de 36 qui acclamèrent Adolphe Hitler pour leur malheur et celui de toute l’Europe.

2 avril 2018

Quoi, le peuple ?

Le peuple a si souvent nourri ces chroniques, que par souci d’honnêteté, il conviendrait de savoir, ce qu’il représente pour tout le monde ?
C’est là le problème, chacun a bien sa petite idée, reste que les idées mises bout à bout ne forment pas un tout harmonieux.
Pour être franc, je ne saurais le définir !
Quand Charles Michel en parle, des trémolos dans la voix et parfois avec une forme de mépris, sur le temps que d’autres le décrivent comme une foule vengeresse et d’autres encore comme une multitude entravée, nous ne savons à qui nous référencer ; mais il est certain que les incantateurs, les bonimenteurs et les philosophes ne parlent pas de la même chose.
Le peuple n’existerait-il que sous la forme d’une fiction performative et imprévisible ?
Michel ne fait pas de la métaphysique. Il est persuadé qu’il sait ce qu’est le peuple, puisqu’il a été élu ! Étrange réduction du peuple à la détention d’un pouvoir dévolu à un groupuscule !
Le peuple l’a moins choisi que son parti par le jeu subtil des places. Les partis sont des entités bizarrement représentatives du peuple. Ils s’octroient le droit de s’en distancer, au point de le nier en prétendant l’incarner ! Les politiques distribuent assidument des certificats d’authenticité qui feront des uns des héros et des autres des usurpateurs.
Personne ne saura jamais ce que le peuple pense souverainement de celui qui le dirige, pense à sa place et le fait souffrir « pour son bien ». L’élu serait un sage qui a la prescience de ce qui est bon pour « son »peuple ! En réalité, Michel et les autres sont des faussaires. Leur transcription des volontés du peuple, ils ne la puisent que de leur parti !
Le peuple est une sorte de divinité muette, tout le monde s’en dit issu. Certains parlent en son nom, dénonçant les traîtres et les condamnant au nom de la déesse, jusqu’à se désoler que ses propres sécrétions la dénaturent.
L’amour-répulsion des réformateurs contient un paradoxe : comment peuvent-ils exécrer une partie de la divinité, eux qui se revendiquent de tout le peuple ?
Ne sont-ils pas eux-mêmes ses déversements fécaux ?
C’est l’ambiguïté des « élites » du monde. Le sont-elles par le désir du peuple, ses bons gènes en quelque sorte, ou, par une prétention de comédiens, jouant « outré » sans le savoir ?

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On voit bien comme définir le peuple est embarrassant.
Les philosophes, dont pourrait faire partie tout citoyen hors parti, ont presque toujours magnifié le peuple. Nietzsche, dans Ainsi parlait Zarathoustra, exprime une vérité profonde : L'État, c'est le plus froid de tous les monstres froids : il ment froidement et voici le mensonge qui rampe de sa bouche : "Moi, l'État, je suis le Peuple." Alain, explique la pensée libérale à moitié « Le peuple, méprisé, est bientôt méprisable ; estimez-le, il s'élèvera.... », attendant dans sa deuxième proposition quelque chose qui n’arrivera pas et qu’on peut regretter.
Mais, il s’agit toujours des interprétations du peuple, sans le définir. Un peu comme un critique musical qui vanterait la voix de Caruso supérieure à celle de Pavarotti, tout en n’ayant les empreintes de la voix de Caruso que sur les premiers enregistrements de gramophone.
On la vu, on l’a même entendu, mais on ne sait pas qui c’est !
Pour le politique, c’est plus commode. Puisqu’il en est l’incarnation. Il a donc été conçu par la divinité. Le fils peut révéler la pensée de la mère. Il l’incarne. Ainsi, tout discourant, le politique façonne sa mère à son image. Le jour de l’émeute, il ne comprend plus. Ce n’est pas le peuple qui est là à le défier, puisqu’il est « le peuple ».
Et puisqu’il ne comprend plus, il avoue son incapacité à apaiser les émeutiers. L’issue du conflit ne fait pas de doute. Ce sera la répression. C’est-à-dire nier la partie du peuple qui lui échappe.
Nous en sommes là en 2018.
Il faut se résigner aux signes de l’existence du peuple par les distinctions de sens. Le premier est politique : démocratie, du grec ancien δημοκρατία / dēmokratía, désigne un régime politique dans lequel le pouvoir est « supposé » appartenir aux citoyens.
L’affirmation franche de la détention de ce pouvoir paraît difficile à cerner, contradictoire, voire improbable sous quelque régime que ce soit. Même à Athènes, à l’âge d’or de la démocratie, le pouvoir n’appartenait pas au peuple en son entier, alors comment aurait-il été « du peuple » ?
Le pouvoir politique doit être aussi juridique, ce dernier étant claironné par l’élite « séparé », ce qui fait tout le prix du système. Or, il n’y a rien de plus faux dans les faits, même si les termes qui l’exonèrent du politique ont un caractère sacré !
Le sens social (la plèbe ou plebs en latin) serait le bassin du peuple, une sorte de partie inférieure de la déesse. Qui dit partie inférieure dit dans l’ancienne acception honteuse « bassesse et dangerosité ». Cette base serait la plus dense physiquement, tout en étant la moins importante dans l’ordre « moral » des choses, entendez par la les responsabilités politiques associées au pouvoir de l’argent.
Et pour finir, le peuple est « nation » par association ethnologique. C’est une identité collective, certainement la plus visible que l’on peut presque toucher et comprendre. Les traditions et le folklore partagés en commun, mais aussi la crainte qu’un autre peuple pût perturber la vie de la Nation. Ethnos en grec, cette définition fut dans la confusion des balbutiements de l’ethnographie jusqu’à la moitié du XXme siècle appelée improprement « race ».
De ces approximations du mot « peuple » reste une dernière qui s’appelle la multitude. C’est une appellation très importante, puisque c’est le Plethos (pléthore) considérée sous le seul plan quantitatif, de laquelle naquit l’idée qui veut que le plus grand nombre règne par la loi sur la minorité. Cette règle-là ne nous vient pas de Platon, ni d’Aristote, mais de la Révolution française, les Grecs faisant semblant de considérer que les présents sur l’Agora étaient représentatifs de la majorité des citoyens. Ce qui était faux, bien entendu.
La Belgique est une démocratie par délégation de pouvoirs, suivant le même faux principe de l’Agora. À l’inverse des Anciens, ceux qui délèguent ne savent pas ce qu’ils délèguent : le pouvoir de penser et d’agir à leur place depuis un roulement d’individus en alternance, rarement renouvelés. Avec ce système, les citoyens passent du stade de l’immaturité leur vie entière, à celui du gâtisme de la fin.
Les seules sanctions possibles ne se font qu’en interne dans les partis à la suite du vote périodique des citoyens, sans aucune conséquence qu’infime, sur les politiques sociales et économiques.
Et pour cause, je ferai mienne cette hypothèse de Gérard Bras (1) selon laquelle en mettant en avant le sens juridico-politique du mot peuple « il contribue à masquer le déterminant social de la politique, à recouvrir les citoyens du voile de l’indistinction de leur condition sociale… il serait une abstraction juridique masquant la réalité de la lutte des classes ».
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1. Gérard Bras « Les voies du peuple – éléments d’une histoire conceptuelle » Edtions Amsterdam, 2018.

1 avril 2018

Un nouveau musée à Ixelles !

– Mesdames, Messieurs, le musée Louis et Charles est heureux de vous accueillir en cette ancienne Avenue de la Toison d'or d’Ixelles. Le président m’a chargé de vous montrer les collections léguées par la famille de la dynastie régnante.
Rappelons les faits.
D’abord un peu d’histoire. En 2027, une terrible crise de confiance secoua la Belgique.
L’ancienne famille royale dû se réfugier en Suisse. La famille connaissait le chemin. Elle se rendit à la Villa « le Reposoir » à Pregny où vécut Léopold III, le grand-père du roi, de 1945 à juillet 1950.
Nous avons dans cette première vitrine, les notes de frais assez salées pour l’époque que le roi, jeune marié avec madame Bals, envoya au gouvernement de Paul-Henri Spaak.
Après 2027, succédèrent trois années de crise au cours desquelles on dut interner plusieurs fois Bart De Wever, en raison d’une crise d’identité faisant remonter sa famille à Jules César, sous le nom de Menapiïs. Par la suite, un compromis arraché in extrémis par Louis Michel (83) permit à son fils Charles, fondateur de la dynastie actuelle, de monter sur le trône sous le nom de Charles II, le nouveau roi ayant considéré que le Régent Charles, de l’ancienne dynastie, avait régné sous le nom de Charles Ier.
En 2035, l’héritier du trône Louis, prénom repris en souvenir du père du roi (88 ans), épousa la fille de Bart De Wever, Aggripina, ce qui mit fin à la querelle linguistique.
Nous passons à la salle suivante où sont exposés quelques détails intimes de ceux qui nous ont quittés. Ici, la fausse barbe de Didier Reynders, lorsqu’il fut arrêté à la frontière française pour insulte envers la personne de Charles II. On voit sur tout un pan de mur la reconstitution de sa maison de campagne, à l’intérieur de laquelle on été saisi des pamphlets accusant le roi actuel de tirer profit des pauvres, ainsi que le Mont-Blanc de Jean Gol, qu’on disait être doté d’un réservoir contenant du polonium, au moment de la disparition d’André Renard.
À la vitrine de gauche, est exposé le dentier complet de Richard Miller, dans une boîte ayant contenu la dernière mèche de cheveux de Jean Gol. Figure tutélaire du MR. Richard Miller apparaît dix secondes dans le film en néerlandais sous-titré en français « des Hommes qui ont fait la Nouvelle Belgique », dans la salle de projection à côté. Vous trouverez la reproduction à l’échelle ½ de sa tombe au cimetière d’Ixelles, réalisée en bois d’allumettes par l’atelier de l’école Buisseret, avec la devise qui lui était chère, « Seul Anvers remonte les rivières quand elles sont en diamant ».
Derrière, en suivant le couloir à gauche, dans une salle acoustique, un casque antibruit est conseillé qui permet d’écouter les interventions de Denis Ducarme à la Chambre, sans risque d’acouphènes. Le personnage en cire à gauche expliquant le populisme à « C’est pas tous les jours dimanche », est un clone de Ducarme dont on peut entendre la machine respirer. Ici la systole est à 22, chiffre extraordinaire qui montre l’enthousiaste soufflet de forge du fervent monarchiste. Le bruit de chasse de cabinet est le son amplifié, lorsqu’il descend à la diastole.

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Le couloir du fond, avant les escaliers et le grand appartement reconstitué lorsque Charles II était encore premier ministre de Philippe, juste en-dessous de l’escalier sont rassemblés les quelques souvenirs du passage à la présidence du MR d’Olivier Chastel, dont la fin tragique est encore dans toutes les mémoires : une paire de chaussettes usagées, un dictionnaire électronique d’anglais et une boîte de tampons périodiques vide dédicacée « À mon joli Coco ». Pour rappel, la fin tragique est en réalité une disparition inexplicable. On l’a vu descendre de tribune ivre de joie d’avoir été applaudi. Cela se passait au grand théâtre de Charleroi. Il est sorti par Cour, au lieu de Jardin, et il n’en est jamais revenu ! On ne comprend pas, côté Cour, il n’y a pas d’issue, pour passer à Jardin, il faut retraverser la scène.
Charles II a fait un beau discours là-dessus qui se trouve en 3 fascicules au hall d’entrée à la librairie, au prix de 20 € pour les 3, séparés, c’est plus cher. L’argent récolté ira au MR, un point c’est tout !
À l’étage, l’ancien appartement reconstitué lorsque Charles II était Charles tout court, la table de ping-pong familiale, les pantoufles du docteur Jeva, et quelques assiettes brisées en souvenir des soirées politiques et d’autres, à la suite de ruptures sentimentales diverses. La salle d’étude avec un violon sur lequel il n’a jamais joué, des livres quasiment neufs qu’il n’a jamais ouverts et en carton, le petit laboratoire du débutant, dont les fioles et le microscope sont toujours attachés à l’emballage. C’est tout Charles, dans cette belle indifférence de la jeunesse. Enfant, Louis le père déclare avec l’émotion naturelle d’un père aimant, qu’il était déjà comme ça, que son fils n’aimait rien et ne savait rien faire. Ce fut au point que désespéré, Louis l’inscrivit en droit et que bon gré, mal gré, Charles fit avocat, dans le secret espoir de prendre le commandement du pays.
Ce qu’il fit avec le succès que l’on sait.
Grâce soit rendue à la démocratie, mère généreuse, qui ouvre ainsi à des professions marchepieds qui peuvent conduire aux plus hautes destinées.
La visite du musée est terminée, mesdames et messieurs. Il me reste à vous demander de passer par la bibliothèque où vous pouvez acheter des œuvres d’Adam Smith, la biographie d’Alexis de Tocqueville, quelques souvenirs du grand Neujean, les derniers aveux de Reynders et le jeu « où sont passés les millions » d’Armand De Decker, notre Beau Brummel de nos rayons vêtements, foulards et accessoires de propagande, le dédicace à votre convenance, dans nos sous-sols
Le drapelet frappé de l’écusson royal de Charles II est offert à titre gracieux par le musée.
Je vous demanderai de ne pas être surpris en croyant voir notre disparu Olivier Chastel dans la personne de notre portier. C’est en réalité un sosie dont la ressemblance s’arrête au physique.
En effet, notre portier paraît souvent absent et incapable de s’exprimer clairement. Il aurait été victime jadis de violences.