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7 décembre 2019

Xi Jinping a la Chine à pied.

Il y a peu de temps, l’État belge s’est rendu en Chine en grande pompe avec une délégation de 632 personnes, chapeautée par la sœur du roi. Au plus fort de la délégation, ils sont partis en beaux costumes, avec un paquet de nouveautés, faire la révérence au dernier empereur de Chine. Curieusement, la grande presse ne s’est pas trop étendue sur la question. Les rares photos parues dans les journaux n’ont montré qu’Astrid et son jeu de jambes, nous rassurant sur sa plastique impeccable, malgré le poids des ans.
Mais pour le reste, que sommes-nous allés faire là ?... très officiellement fourguer nos marchandises, proposer nos produits, nos innovations, nos avancées pharmaceutiques, dans un pays archi bourré d’espions électroniques et de grands industriels qui sont les appointés des services d’espionnage du régime.
Voilà des mois que le gouvernement peaufinait la visite dans les moindres détails. Le plus enthousiastes, notre ministre des affaires étrangères, s’était même fendu de ses conseils dans les gazettes, sur l’art d’appâter le mandarin en bradant nos camelotes, sans jamais parler de droits de l’Homme, de démocratie et ces sortes de bêtises qui paraissent si importantes chez nous et tout à fait dangereuses en Chine.
On l’aura compris, notre perle rare uccloise répétait sa leçon avant d’entrer à la commission von der Leyen en qualité de commissaire à la justice. Vendre avec le sourire n’importe quoi à n’importe qui, c’est la spécialité de l’homme libéral, Didier réserve la justice terrible et sans faille à nos gueules.
Un gros Airbus mobilisé, des réunions de préparation avec dégustations de vins fins aux chandelles, des conciliabules dans des palaces, des réunions secrètes chez Charles Michel encore en poste à Bruxelles, sans oublier les croisés et décroisés des jambes d’Astrid admirablement conservées, les notes de frais auront crevé le plafond !
Pourtant, l’étude du passé et l’analyse du déficit commercial persistant entre la Belgique et la Chine, nous montre qu’espérer atteindre des objectifs commerciaux juteux sont illusoires.
Pire encore, tout le monde sait bien qu’avec la Chine faire des courbettes s’imposent et admirer le comportement politique du parti unique est de rigueur. Parler de l’étudiant devant les tanks sur la place de Tien An Men équivaut à perdre tout espoir de vendre un seul bac de gueuse Lambic. Évoquer les troubles à Hong-Kong risque de vous faire arrêter sur place, puis séance tenante, de vous réexpédier dans l’Airbus, jeu de jambes ou pas de la princesse.
On l’a compris, les quelques contrats signés ont été obtenus au détriment des valeurs que nos hommes et femmes politiques oublièrent instantanément.
Plus nos illustres en rabattent en Chine, plus par compensation ils la ramènent en Belgique, tous plus à cheval sur les ors de la démocratie et des bienfaits qu’elle nous procure, que jamais.

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D’après ce qui a fini par percer des chinoiseries en butte à la délégation, des cyberattaques chinoises massives se sont approprié des secrets commerciaux et des informations politiques belges. Il suffisait à un de nos hors-pairs de se gratter qu’aussitôt une ou deux puces tombaient sur la carpette des hôtels cinq étoiles de Pékin, si truffés d’engins du dernier cri qu’il y aurait un service secret attaché rien qu’à la comptabilité des pets des étrangers dans les faïences sanitaires de Xi Jinping, le président à vie.
Il paraît, on ne sait pas d’où les gazettes détiennent cette information, que la délégation belge a subi 135 cyberattaques chinoises par heure.
C’est tout juste si les ordinateurs belges ne s’ouvraient pas automatiquement sur les écoutes chinoises chaque fois qu’un délégué avait le dos tourné.
Didier Reynders a avoué qu'à chaque fois qu'il a fait le voyage, de retour à Bruxelles toutes ses chemises étaient passées en machine avec Calgon, seul produit dissolvant les fibres de coton directement branchées sur des sous-sols ultra secrets à Pékin.
Jean Jambon (N-VA), ministre-président de la Région flamande, fervent défenseur de l’indépendance flamande, en pointe sur la question catalane, a laissé entendre son intention d’« aborder prudemment » la question des émeutes pro-démocratiques à Hong Kong. D’après Theo Francken les troubles sont le fait de black-blog anglais. Du coup, Xi-Jinping préférerait commercer avec la Flandre, plus dynamique et mieux conseillée que la Wallonie.
Est exclu le rayon armement en Wallonie, tout le reste de Tongres à Knocke-Heist est prêt à l’emballage avec expédition/réception dans les deux jours.
Il serait question que des spécialistes anversois se produisent dans la province du Xinjiang (le territoire des Ouïghours), à Hong Kong et au Tibet, pour créer des bases de données d’après les empreintes digitales et la reconnaissance faciale.
Je vous raconte des craques ? C’est bien possible. Qui est capable, en Belgique, de me démentir ?

6 décembre 2019

Collapsologie.

Plus que jamais la nécessité d’abandonner le système économique fondé sur les théories du capitalisme n’est apparue avec autant de force qu’en ce jour de grève en France.
Macron est en train de devenir le symbole de la faillite de l’université dans sa manière de théoriser l’économie et sa volonté de faire entrer à toute force la société dans le moule.
Parallèlement, il est temps pour éviter un désastre planétaire, de changer d’économie. Je ne sais pas si les gens ont perçu la situation et comme elle se joint dans l’actualité à l’écologie, mais l’avenir pourrait bien leur ouvrir les yeux.
Quand on parle à des inconnus dans la rue, on s’aperçoit que tout est lié. Le discrédit atteint le pouvoir par les deux bouts : celui des réformes qui ne sont que des manœuvres de restriction sur les niveaux de vie par l’inadaptation de l’économie capitaliste aux défis d’aujourd’hui et le système qui salope tout ce qu'il touche !
Des consciences se sont révélées depuis un an parmi les Gilets Jaunes et font tâche d’huile à l’occasion de ce nouveau fourvoiement de la macronie.
D’ici à ce que l’on compte Macron parmi les éléments qui conduisent à la collapsologie, les autres étant les chefs des économies libérales occidentales, il n’y a qu’un pas.
Le tableau est noir, il n’est pas forcément définitif. Son mérite est de ne pas raconter des salades aux gens, comme le font les partis de droite qui défendent aujourd’hui l’indéfendable. Par exemple l’affaire des pensions, Les Républicains ne sont pas contre ; même s’ils dénoncent la manière dont Édouard Philippe s’y prend.
Pour ce qui est de la Belgique, c’est difficile de se gendarmer contre un ectoplasme qu’est Sophie Wilmès. Sa dernière photo avec tous les membres de l’OTAN en assemblée à Londres, la reine Élisabeth au centre, lui fera un bien beau souvenir à envoyer à se belle famille en Australie. Pour nous, cela nous fera une belle jambe !
Vous aurez remarqué qu’en Belgique, tous les partis de pouvoir qu’enthousiasme le système capitaliste, ne parlent jamais de l’éventualité de notre disparition à cause de l’économie libérale destructrice et jamais réparatrice ? Ils croient durer plus de temps en nous faisant croire à des mesures efficaces. Ils nous assurent que nous continuerons de consommer en gaspillant le climat et l’atmosphère. Alors, qu’ils ont l’intention, puisqu’il faut faire quelque chose pour que le ciel ne nous tombe pas sur la tête, que tout ce que le courant écologiste parviendra de faire passer, sera retenu des paies, des pensions et des indemnités au plus bas niveau. C’est-à-dire qu’ils n’hésiteront pas de s’attaquer aux pauvres, en rapinant leurs pauvres ressources, ce que Macron combinent depuis six mois avec Delevoye du « point » pour tous, et la retraite à 63 ans qui, en fait, passera à 65.
Après l’ectoplasme Wilmès, ce sera notre tour.
On veut bien croire que les Universités du prêchi prêcha sont dans l’embarras. Ce sont elles qui ont inculqué la pensée unique à leurs brillants sujets. On voit le résultat en France. La Belgique avec sa flopée d’avocats au pouvoir est intellectuellement un cran en-dessous, mais les résultats sont les mêmes.
Les rapports scientifiques et les prélèvements aux fins d’analyse prouvent que la situation se dégrade plus vite que prévu. Les effets d’annonce des droites/gauches-centristes partisans du système économique ne peuvent plus cacher le mur sur lequel nous allons nous scratcher !
Vous avez dit collapsologie ? Avant l’invention du mot, les idées qui sont à la base de cette théorie ne sont pas neuves. Huxley et Orwell, génies prémonitoires, n’ont jamais été seuls à deviner ce qui allait arriver.
Des hippies d’hier aux survivalistes d’aujourd’hui, la collapsologie n’a pas attendu les écologistes pour une vision du monde qui pourrait tourner au cauchemar. Il paraît même que les super riches font leurs valises en quête des derniers endroits « paradisiaques » de la planète. Ils n’ont plus confiance dans la salade qu’ils nous vendent !

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Mot à la mode ou pas, les pessimistes sont-ils des Cassandre ou des prévisionnistes lucides ?
On a vu l’humain capable du pire, cet abominable non-sens d’un système qui ne vit que par sa croissance continue et sa souplesse à faire payer aux travailleurs les inconséquences de sa politique. On attend de voir la force supérieure qui va mettre partout et en même temps, les compteurs à zéro. Nos voisins, avec Macron tête de gondole, en sont loin.
À l’avenir, lequel du surdoué de la banque Rothschild ou du président des Français, aura raison de l’autre ?
Suite demain, la grève continue.

5 décembre 2019

Veillée d'armes.

Cette chronique est écrite à la veille du 5 décembre, sans connaissance des événements qui feront date ou non, dans l’histoire de la société française.
Quoi qu’il arrive, ce dont on est certain – l’année Gilet Jaune le confirme en France – le pouvoir capitaliste ne rendra jamais les clés en disant « nous avons merdé, c’est à vous de faire ». Non, il se défendra jusqu’au bout par des tirs de plus en plus tendus, des yeux crevés, des mains arrachées, sous prétexte que c’est l’ordre démocratique qui le veut. La démocratie est en danger ! Le tout est de savoir par qui et pourquoi elle est en danger ?
La violence primale n’est jamais du côté de la foule, elle est toujours du côté du pouvoir qui résiste aux volontés du peuple. Ce dernier, le plus souvent, est toujours mesuré et raisonnable. Ceux qui l’ont respecté ont toujours été bien traités. Sous certaines conditions, le dialogue est préférable à une grève. Oui, mais quand on n’est pas entendu, que le système se dresse contre les gens et que les élus en deviennent les gardiens résolus à l’appliquer ?
Faute de pouvoir s’exprimer pacifiquement, le peuple hausse le ton. C’est alors que des serviteurs du régime, tel le préfet Lallement, pratiquent les premières violences aussitôt légitimée par les médias. Les Gilets Jaunes sont souvent tombés dans ce traquenard, enfournés dans des cars et jugés en comparution immédiate par une justice complice.
La répression préventive des masses a pour but de décourager les gens en les apeurant.
Contrairement au discours de Macron, c’est son pouvoir qui met la démocratie en danger et non la rue qu’il n’entend pas. Son gouvernement met le secteur public en condition de délabrement pour avoir un prétexte de le vendre au privé, utilisant la démocratie dans une association de malfaiteurs, en étroite complicité avec le bisness du néolibéralisme, sous prétexte de suivre à la lettre les Traités européens.
La vente ne se fait pas toujours aux enchères entre les investisseurs non-résidents, et les fortunes résidentes, un peu comme les marchands de bestiaux sur les places publiques qui jadis concrétisaient le marché en se tapant dans les mains. En Europe, les maquignons ont changé leur manière, le même désir d’appropriation s’est emparé des affairistes.
Ce qui se passe aujourd’hui, c’est sous couvert de l’Europe et avec le soutien massif des banques et des holdings, des marchés entre coquins dépècent à l’encan le seul bien dont les peuples peuvent être fiers, bâti de leur seul travail : les services publics.

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On voit très bien comment ça se passe. Prenons par exemple les hôpitaux publics, leur manque criant de moyens, des rats qui se cachent sous les armoires, des personnels sous-payés, etc. la cause en est l’impéritie volontaire de l’État. Le bourgeois moderne sait ce qu’il fait. Il prépare la disparition d’une médecine publique pour une médecine privée. Les médecins et les personnels soignants, et puis les enseignants, les facteurs, les pompiers, et jusqu’aux usagers, sont prévenus. Les détenteurs actuels du pouvoir politique sont dans le camp opposé au peuple. Ils y ont leurs aises et leurs points de chute. Ils jettent le masque et se présentent en ennemi, toute la presse bien pensante accrochée à leurs basques, elle aussi s’inquiète des grèves et des Gilets Jaunes.
Un service public méthodiquement détruit est rendu intolérable à force d’être inopérant. Il suffit qu’immédiatement après les plaintes des usagers, survienne un émissaire d’on ne sait où dire aux gens ce que le pouvoir suggère « Le privé est plus rationnel, plus responsable, meilleur prestataire, etc ».
Quant au mirage de la réforme des pensions, la précarité tue, l’inégalité aussi. Un épidémiologiste britannique montre que la différence d’espérance de vie entre les plus riches et les plus pauvres est de… 28 ans. Cela réduit à de la poudre aux yeux, les savants calculs de Delevoye, le ministre français chargé d’élaborer « la réforme du siècle » des pensions.
De l’avis des meilleurs spécialistes, on assiste à une véritable escroquerie où tout le monde va perdre. Tout cela, pour assurer à terme le succès des pensions privées.
Ce système n’est pas fait pour les travailleurs pauvres.
Cette grève dépasse de loin le projet des retraites contesté. Peut-être bien que le sort de l’Europe se jouera en France le 5, grâce au peuple français le plus éveillé et le plus intelligent d’Europe. La volonté de Macron, à peine déguisée, émerge de ses lapsus et de ses emportements. Elle est simple : réduire les individus au dernier degré de la misère, afin de les forcer au travail, par des coupes sombres dans ce qui maintient les existences sauves. Une pension par points dont les valeurs ne sont pas fixées et qu’on pourrait à l’avenir diminuer à volonté. C’est ce qui attend aussi les Belges. Le futur gouvernement nous drivera pareil.

4 décembre 2019

Vaseline et éliosocialisme.

Le couple Trump-Macron s’explique ce trois décembre sur la petite phrase « l’OTAN en mort cérébrale » de Manu. Avec l’homme d’affaires new-yorkais, le langage est simple « tu me taxes mon pinard, je te mets une prune sur tes encres et les dérivés de tes ordinateurs »… etc.
Pendant qu’on gesticule, survient le pacha d’Istanbul qui pousse une roucoulante. Tout le monde se rendort sur le projet d’une dernière combinaison camouflage du désert avec insigne fluo. Comme d’hab rien n’est conclu. Mort cérébrale ou pas, le cadavre est exquis.
On aura raté le 1er décembre, l’intronisation en grandes pompes des deux plus hautes fonctions de l’Union européenne. Le libéral Charles Michel, ancien chef du gouvernement belge, devient président du Conseil européen ; la chrétienne-démocrate Ursula Von der Leyen, ancienne ministre allemande de la Défense, prend la tête de la Commission.
C’est emmerdant pour Charles Michel, mais à moins de cinquante ans déjà président du Conseil européen, il ne lui reste plus que secrétaire général de l’ONU ou pape de la chrétienté à Rome, en-dessous ce serait déchoir.
Le pauvre Reynders, à l’ambition tout aussi immense, sera donc un simple commis sous deux autorités, Ursula, cheffe de bureau et Charles, CEO. On sent déjà percer l’humiliation.
Charles pourrait lui offrir en cadeau d’arrivée une paire de manche en lustrine et un rond de cuir pour ses nobles fesses.
Mais, c’est à un funèbre RV que l’Europe nous convie. La gentry bruxelloise fête le dixième anniversaire de l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne ! L’accouchement s’était réalisé aux forceps. C’est que le bougre de traité reprenait quasiment en copier/coller les dispositions du projet de constitution européenne qui avait été rejeté par des référendums en France puis aux Pays-Bas en 2005. Si mes souvenirs ne me trompent pas, en Belgique, c’est à l’italienne que le furbo Di Rupo nous avait démocratisé les sphincters en glissant sur un avis des gens, pour faire son prince Andrews. Le coup de tonnerre des dirigeants européens nous rata de peu.
De toute manière, le landerneau maestrichtien finit par s’imposer, via des procédures parlementaires de substitution, ce qu’Elio avait divinement anticipé.
Ce coup de force marqua profondément les consciences. C’est à partir de ces années là que par prudence on retira les outils de propagande dans les écoles, tant parler de l’Europe faisait mauvais effet !
Lisbonne abandonna le terme de « Constitution », qui donnait à l’UE le statut de super-Etat. Ce que Charles Michel eût adoré en qualité de chef suprême régnant comme Charles-Quint sur un empire de 500 millions de sujets, éclipsant Philippe et Mathilde, ses vassaux, mettant Amélie au rang d’impératrice.

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On épingla aussi en papier-cul dans la cabane au fond du jardin, les patentes de « lois européennes » et de « ministre des Affaires étrangères » pour les mêmes raisons de prudence.
Pourtant, mine de rien, « Lisboa meu amor » n’est pas de la crotte montoise vendue en pharmacie pour socialistes constipés. Le Traité dans son architecture marque une étape dans l’intégration européenne. De là vient la création du Conseil européen, dont le secrétariat fut convoité par Didier Reynders, condamné par son échec à devenir « gens de maison » de Charles. L’extension des secteurs où les décisions se prennent à la majorité qualifiée et non plus à l’unanimité est très utile pour nos élites qui peuvent clamer la bouche en cœur « C’est pas nous, c’est l’Europe ».
Est-ce que ce caporalisme européen a pu éviter la crise de 2008/9 ? À juger l’état de la Grèce, victime pour l’exemple, on ne le pense pas. En 2015-2016, à la crise des arrivées massives de migrants, on vit des « margailles » sans nom entre les Vingt-huit, afflux toujours non-résolu de manière humanitaire et qui fait honte à l’Europe.
Enfin, sommet de la pièce montée, le vote majoritaire des Britanniques, en juin 2016, en faveur de la sortie de l’Union européenne !
Les médias à la botte ont évidemment fait remarquer combien il était difficile de quitter l’Europe. Ils n’ont pas vu que la résignation d’y rester n’avait rien à voir avec les motifs d’y être enthousiastes, beaucoup moins nombreux.
La preuve, c’est que le Brexit n’a pas ressoudé les ardeurs des vingt-sept. Ils se sont quasiment empoignés sur les «négociations» pour l’adhésion de la Macédoine du Nord et de l’Albanie, maltraités de tous les noms sur l’attitude à adopter vis-à-vis d’Ankara et ont fait du surplace en vue de l’élaboration du futur «budget pluriannuel» de l’Union (2021-2027).
De toute façon, sur le dernier point, il s’agit de votre pognon, sujet sensible sur lequel vous n’aurez rien à dire.
Pour une fois, Manu a vu juste en décrivant l’Union européenne réduite à un marché, méprisée par Washington, et menacée par l’émergence de la Chine, au bord du précipice.
Jean-Claude Juncker disparaît comme il était venu, en titubant. C’est toute l’oraison funèbre bonne à dire.

3 décembre 2019

L’aporie de la Belgique.

Charles Michel n’a pas pu faire un gouvernement sans la N-VA. Idéologiquement, le MR de Georges-Louis Bouchez est aussi proche du nationalisme flamand que l'ancienne présidence, car en-dessous de l’appartenance linguistique au Nord du pays, le fond libéral de droite est identique au Nord comme au Sud.
Comment faire un gouvernement qui allierait à la fois une politique sociale dont le PS a besoin pour ne pas s’effondrer aux prochaines élections face au PTB et une N-VA nationaliste à relents racistes, foncièrement de droite ?
Michel n’a pas vu de racisme chez ses associés, rédhibitoire à une entente droite flamande et droite wallonne, parce qu’une autre politique lui fermait son ambition d’être premier ministre. C’est aussi bête que ça, ce dont Magnette s’est aperçu.
On découvre à l’occasion de l’intérim de Sophie Wilmès que Charles Michel était bel et bien contraint d’adhérer aux dérives de la N-VA, en fermant les yeux sur les incartades racistes de Theo Francken. Comme les deux partis associés voulaient en découdre avec le social, ce fut ce qui les unit le plus.
Michel est tombé sur l’affaire de Marrakech concernant l’immigration. De Wever ne pouvait pas adhérer de crainte de se faire dépasser par Theo Francken, notamment. Pire encore, il est même contesté par plus raciste : le Vlaams Belang, qui progresse en se nourrissant des électeurs de la N-VA. Comme si De Wever n’avait pas assez fourni de preuves qu’il est des leurs !
D’ici à ce qu’on décrète que le Vlaams Belang n’est pas raciste pour l’embarquer dans une aventure fédérale, sinon, en faire profiter la N-VA qui se verrait moins prise au collet par le Vlaams Belang, parti « frère » scindé entre des racistes flamingants et des fascistes nostalgiques, il n’y a qu’un pas.
On comprend que Magnette ait de la peine à endosser le veston de Charles Michel.
Bart de Wever pas raciste ? Cela arrangerait le roi et les partis de consensus. C’est de cela qu’il s’agit dans cette chronique. Revenons à une interview de l’intéressé pour comprendre ce qu’est « son » antiracisme.
Sur la chaîne publique flamande, Bart De Wever a parlé du racisme et des discriminations.
« Je ne vais jamais nier que cela existe, et nous devons lutter contre ça. » dit-il, c’est à peu près ce que tous les racistes disent en préambule, sous entendant : « Je ne le suis pas, mais il faut prendre conscience que cela existe ».

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Après s’être dédouané, son fond raciste lui remonte des tripes. Il encense les immigrés asiatiques, immigrés modèles, courageux et sans problème, pour tout de suite en venir à ce qui le travaille « En revanche, nous avons énormément de difficultés à organiser la mobilité sociale dans la communauté berbère d’Anvers, qui représente 80 % de la communauté marocaine de la ville. C’est une communauté très fermée, qui éprouve une grande méfiance envers l’autorité, au sein de laquelle l’islam est très peu organisé, et qui est très sensible aux thèses salafistes, à la radicalisation. Il faut que tout le monde fasse un effort, notamment pour chercher du travail. Or, certains utilisent l’argument du racisme pour justifier des échecs personnels et espérer que tout soit pardonné. Cela ne va pas ! »
De Wever relativise le racisme, en visant directement « la communauté berbère ». C’est un truc utilisé par tous les racistes. Ils ne le sont pas, sauf à propos d’une communauté. Ce discours ne vous rappelle rien ? C’est le même utilisé par les Nazis et qui fit 14 millions de morts parmi la communauté juive.
Bart De Wever n’est pas très différent de Theo Francken, leur rivalité ne l’est que pour la place de chef, dont on sait les Flamands friands. C’est même le retour d’un vieux racisme, qui avait presque disparu derrière l’entourloupe habituelle où l’Arabe n’est plus stigmatisé qu’en tant que musulman. En un mot, De Wever rappelle, le nationaliste français Maurice Barrès, anti-dreyfusards, par haine des Juifs, dont la pensée s’orienta vers un nationalisme traditionaliste, fondé sur le culte de la terre et des morts. De Wever lui, c’est sa haine des Berbères, le culte de la terre flamande et des héros flamands, morts pour la liberté de la Flandre. En la matière, Théo Francken est un champion multirécidiviste.
La N-VA s’est construite autour de ces deux là ! Flamands contre francophones, patrons contre syndicats, « allochtones » contre « autochtones ». Bart De Wever imagine les quartiers populaires s’embraser, comme en 2005 dans les banlieues françaises. Il se rêve, au milieu de la mêlée le drapeau du Lion noir dont il tient la hampe, définitivement à Damme, Uylenspiegel, fils de Claes.
Ces racistes de droite ont été aidés dans leur nuisance par Charles Michel qui les a fait connaître par ambition personnelle. Avec Magnette, ils se sont aperçus que pour leur popularité, ils ne devaient plus entrer dans un gouvernement fédéral. Ils n’avaient plus besoin d’un homme de paille.
Ils ont roulé la pierre jusqu’au bord du précipice. Peut-être sera-ce avec les deux épaules se relayant, N-VA et Vlaams Belang, que la Belgique tombera demain au fond du trou.
Ce pays ne vaut pas cher. Le peuple ne le regrettera pas. C’est même de l’indifférence de notre part qu’il meurt aussi. Le tout, c’est de savoir ce qui pourrait le remplacer ?

2 décembre 2019

OTAN pour moi et GLB !

À entendre les libéraux, on n’avait encore rien vu avant Georges-Louis Bouchez, le libéralisme est au top de ce qui est transformable et moderne, parce que c’est le générateur d’une économie en pointe, juste et gérante de vos sous. GLB va remettre les pendules à l’heure à propos du pacte atlantique le 4 décembre à Londres, enfin il a donné des instructions à sa première ministre Wilmès.
Le novateur-président du MR, fan de l’OTAN, avait cinq ans à la dissolution de l’URSS, le 26 décembre 1991. Sa maîtresse d’école se souvient de sa détermination de poursuivre la mission libérale de l’OTAN, coûte que coûte… et justement cela va coûter bonbon !
L’OTAN est le plus vieux machin du libéralisme « moderne », une machine de guerre qui avait été essentiellement destinée à surveiller et calmer le jeu politique de l’URSS.
L’organisation célèbre les 3 et 4 décembre ses 70 ans, à Londres, soit 28 ans après la dissolution de l’URSS, le 26 décembre 1991.
En fait d’efficacité, cela va être difficile aux dirigeants des pays membres de justifier 28 années d’une organisation pareille, avec les milliards que cela a coûté, pour combattre quelque chose qui n’existe plus !
Ce vieux machin empêche la création d’une véritable armée de défense de l’Europe. Même les Américains n’en veulent plus et aimeraient s’en dégager financièrement.
Mais les libéraux avec GLB tous américanolâtres espèrent qu’on laissera l’usine à gaz en fonction, même si on ne sait pas à quoi elle pourrait servir. Eux qui montent au créneau pour défendre l’austérité, le glorieux sacrifice du remboursement de la dette, qui chipotent sur les indemnités aux chômeurs, qui désapprouvent les 1500 € minimum aux pensionnés, admettent bien volontiers que la Belgique voit la contribution à ce machin augmenter de façon considérable, comme ils ne sont en rien effarouchés de l’énorme salaire du secrétaire général de l’Otan et des dépenses du personnel militaire et d’administration. Tout cela jeté à rien, sous-entendu que le commerce, l’emploi et l’industrie profitent en Belgique avec les baraques à frites aux entrées des bases des guerriers stationnés chez nous.
Dans le fond, les chefs du MR ont une conception de l’efficacité du libéralisme particulière. Ils en retiennent l’esprit, même si la finalité est confuse. À partir du moment où le produit fait faire du profit en Belgique, c’est un bon produit libéral ! G-L Bouchez va avoir du mal à concilier la fin des barrières nationales, avec son sens du libéralisme.
Erdogan, membre de l’OTAN, avec une armée deuxième en puissance de feu derrière celle des États-Unis, est parti en guerre en octobre contre les Kurdes, sans avertir ses partenaires de l’OTAN. Il l’a fait sans être menacé par aucune force pro ou anti syrienne à sa frontière. Une guerre préventive a dit tout le monde, afin de montrer aux Kurdes vivant en Turquie et ceux, armés jusqu’aux dents en Syrie, qui était le maître de leur destin. Ce nouvel épisode fait rappeler l’ancien, l’occupation du Nord de Chypre par l’armée turque en 1974 et qui dure toujours, 46 ans plus tard, alors que Chypre est un des États membre de l’Union Européenne !
Ce turbulent partenaire d’un OTAN qui ne sert plus à rien, pourrait valoir aux États membres des ennuis au point de les entraîner dans des guerres non souhaitées. Va-t-il faire sauter cette Alliance ?

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C’est une question à laquelle les libéraux ne pensent pas, attendu qu’ils sont recroquevillés sur des positions qui n’ont plus aucune raison d’être, mais qu’ils défendent pour des intérêts personnels.
Emmanuel Macron a dit l’OTAN «en mort cérébrale». On dirait mieux, l’OTAN est en comas dépassé. Quel est l'ennemi commun des pays signataires du traité, après la chute de l’URSS, si l’on veut rejeter les multiples petits conflits locaux entre les États membres parfois et, par moment, avec d’autres hors de l’alliance, mais limités à un litige particulier.
Si la Belgique se dégageait de ses alliances coûteuses aussi dispendieuses que socialement nulle, le pays, parmi les plus taxés au monde, ne s’en porterait-il pas mieux ?
Si on y réfléchit bien, les seuls intérêts internationaux à respecter ne sont-ils pas ceux qui relèvent de l’écologie et du respect des accords internationaux s’y référant ?
Quand on voit comme les autres états s’en fichent et continuent joyeusement à pousser l’humanité vers sa fin, ce serait montrer que nous sommes moins fatalistes. Mais les libéraux peuvent-ils s’élever en conscience, plutôt que baisser les yeux sur le monde de la paperasse et du profit.

1 décembre 2019

L’agitateur-président.

C’est fait ! Coca-cola Bacquelaine en frétille d’allégresse. Chaud bouillant il va monter en grade dans le gouvernement fantôme grâce à Bouchez. Jour faste ! Un avocat chasse l’autre. Michel avait encore une faible teinture sociale, minuscule mais réelle, un peu comme celle de Di Rupo. Le nouveau maître sans barreau pas du tout, décontracté et sans regret, Georges-Louis Bouchez est l’homme le plus à droite du MR, quoique Ducarme n’eût pas été mal dans le genre, bien qu’il fît une campagne « sociale », pour se démarquer du montois.
Au fur et à mesure de la descente aux enfers d’un capitalisme productiviste, nous verrons de plus en plus de matamores qui ne doutent de rien à la tête des partis libéraux. À une époque où il est plus que temps de douter de tout, le capitalisme mondial a besoin de ces têtes non-pensantes mais fonceuses, afin d’aller jusqu’au bout d’un rêve qui se terminera en cauchemar par la destruction de la planète, mais pour Wall Street et Bouchez, le plus tard possible.
La Belgique passéiste, bourgeoise et libérale a choisi Georges-Louis Bouchez pour une seule mission : vaincre le destin dans l’irraisonné et la folie.
Bouch a obtenu 62 % des suffrages. Denis Ducarme est out.
Cela ne nous concerne en rien. Depuis 1945, tous les gouvernements ont fait une politique économique qui les attache au libéralisme de marché. Le MR est l’archétype du parti incontournable dans ce sens. A y regarder de près, la N-VA et le Vlaams Belang ne sont pas autre chose, eux aussi, sinon qu’ils font leur beurre en excitant le flamingantisme qui est au Flamand, ce que le salafisme est aux Musulmans.
Georges-Louis Bouchez est jeune (33 ans). S’il ne trouve pas sur sa route, plus ambitieux que lui, de la trempe des Michel la crème d’ambition, il plastronnera longtemps au sommet des Val-Duchesse, des kermesses libérales et des réunions de la dernière chance, pour « monter » dans tous les gouvernements.
Avec sa faconde de VRP en aspirateur, il va falloir faire avec, comme on dit.

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Paul Magnette le connaît bien, par rapport à ce qu’Elio Di Rupo lui en a dit. Bouch est de la trempe de Chastel, mais en plus provocateur. C’est peut-être cette envie d’en remettre qui le perdra, parce que chez lui, elle n’est au service que d’un vain savoir. C’est une intelligence bornée qui n’entend pas la philosophie et encore moins la culture modeste des grands hommes. Ses raisonnements sont étriqués comme ses costumes « sur mesure », mais d’un tailleur juste installé. La coupe n’est pas d’Arnys, comme ceux de Fillon.
Si j’en écris du costume, c’est avec la barbe dont il prend le plus grand soin et qui le vieillit, les attributs visibles du faiseur de mots, en attendant les formules.
L’avenir dira s’il a trouvé en Ducarme, ce que les Michel ont en Reynders : une plaie ouverte qui ne se referme qu’à coups de ministères. Bouch peut compter tout de suite sur l’aile droite du MR, pour que Ducarme mette un genou à terre afin de faire allégeance, devant le public choisi par le président.
Coca-cola Bacquelaine le renseignera mieux que personne sur la façon de faire.
C’est le parcours classique d’un président « normal » et pas qu’au MR.
Denis Ducarme, écrasé par le score de son jeune adversaire, récupère comme il peut, groggy debout à 46 ans, alors que l’autre à l’âge du Christ, barbe comprise. C’est dur. Denis risque d’être attaché à vie à l’agriculture…
En faisant l’après-vente du produit, le Soir et la Dernière-Heure publient des photos de la réconciliation. On voit Bouchez de profil lors de l’embrassade. C’est vrai qu’il ressemble au jeune frère de Tariq Ramadan. Mettez-lui quelques fils blancs dans la barbe et le compte y est. On se demande si les ouvreuses du parti n’ont pas flashé pour un faux oriental, histoire de montrer qu’elles ne sont pas racistes ?
Dimanche, le nouvel illustre désignera un ou plusieurs remplaçants au vice-Premier ministre libéral et ministre des Affaires étrangères et de la Défense, Didier Reynders.
On sait le comique de l’actualité. Le MR nomme les ministres aux affaires courantes dans ce gouvernement « spécial ». L’actuel ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine, pourrait devenir vis-premier ministre et aurait trois ministères dans ses cartons, du jamais vu ! Les noms de Vincent De Wolf et Philippe Goffin circulent pour accompagner Coca-cola Bacquelaine aux affaires courantes de Sophie Wilmès.
Tout ce ramdam se fait avec les sous des contribuables, comme de bien entendu, et sans l’avis du parlement.