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19 septembre 2020

Stylite et masqué.

Depuis que je me livre à l’exercice d’écrire une page par jour, j’y exprime plus mes instincts guerriers pour la politique, qu’un goût, pourtant assez fort, de la rêverie. Cela me prend quand la mélancolie m’assaille. Alors, de la contemplation monte la nostalgie, comme un flux calme et lent.
Rassurez-vous, je ne vais pas vous refiler mes vers de mirlitons… Si l’on poursuit l’ambition d’être lu jusqu’au bout, il faut faire court et amusant.
Une autre manière consiste à raconter une belle histoire d’amour. Celle de Fabrice dans « La Chartreuse de Parme » est irrésistible. Le lecteur ou la lectrice entre dans la peau d’un des personnages d’Henri Beyle, de Clélia Conti à Fabrice Del Dongo…
Mais, l’imprévisibilité du temps nous rattrape et nous nous précipitons sur tout ce qui nous fait rire, afin de faire sortir le présent de nos mémoires, pour que demain garde les jours heureux du passé, quand la joie fondement du rire s’associe au bonheur.
Hélas ! les humoristes ne sont plus ce qu’ils étaient au temps des cabarets montmartrois. Les voilà devenus bonimenteurs de radio ou interdits de scène pour propos subversifs, bientôt inaudibles, les uns parce qu’on les entend trop, les autres pas assez.
Fasciné par le mal, en ces jours fatals où tout semble basculer dans un inédit proprement insoutenable, on en revient à ce mal qui nous accable, cette petite bêbête qu’on ne voit pas et qui squatte nos cellules, faisant obligation aux amoureux de déserter les bancs publics et au sage de monter au haut de sa colonne. On touche à l’histoire de ce Hussard sur le toit de Giono, qui se gardait du choléra par cet isolement insolite, comme nous placardisés, retranchés dans les bunkers de nos cuisines.
Adieu, la légèreté aimée. On cherche des exemples de situations drôles pour distraire le cours de la pensée de l’effrayante fixation. On redoute le regard du Moïse de Michel-Ange. « Quel misérable pourrait passer à côté de l’œuvre de ce génie, sans entendre jusqu’au plus profond de ses entrailles, la très humble et innocente prière de ce marbre » s’écrie Léon Bloy dans son Journal.
Athée, j’en ai ressenti le choc.
Le temps ne serait-il que le souverain de ce qui précède, le dernier mot de cette encre qui sèche ?
Platon aurait-il raison contre Kant de n’accorder au temps qu’une place secondaire ? Dans sa sagesse, il le relègue à l’arrière-plan de sa caverne.
Et cette écriture est à chaque instant, une forme du passé. « L’homme est un point perdu entre deux infinis » résume Pascal.
Il n’y a pire souffrance que d’assister à la souffrance de celle qu’on aime soupire l’égoïste, qui ne peut empêcher de sentir le refus de sa bonne santé de se charger de la mauvaise santé des autres. L’amoureux sincère est altruiste.

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Voilà qui nous ramène où ne voulions plus aller, à ce Covid-19, si imprévisible et pourtant inéluctable. À défaut de se raccrocher au temps irréversible, on se prend à rêver d’espace, puisqu’on peut parcourir un chemin et puis en revenir, alors que pour Héraclite “on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve”. Il est vrai aussi que le chemin du retour est différent de l’aller, mais ces différences sont minimes. Ne serait-ce que courbées par le vent les herbes et les feuilles se sont déplacées, mais ces modifications de l’espace sont invisibles à nos yeux.
C’est ainsi que les êtres que nous aimons changent tous les jours, de manière si infime qu’à peine nous nous en apercevons. C’est la surprise de Frédéric devant les cheveux gris de Marie Arnoux, son grand amour, lorsque dans trois pages d’anthologie, Gustave Flaubert les fait se rencontrer quelques années plus tard dans l’explicit de « L’éducation sentimentale », sans qu’il y ait eu entre eux le phénomène d’accommodation qu’est le fait de vieillir ensemble.
La mémoire lutte contre la fugacité du temps. “Pour la magie du ressouvenir, le passé pouvait être restitué” écrit Proust à la recherche du temps perdu. Bien sûr, on ne retrouve jamais le passé rigoureux et immuable, on l’évoque entre usure et dégradation de ce que l’on est devenu. On le réinterprète. Souvent, on le réécrit de mauvaise foi, surtout quand on y laisse des traces de soi-même qui sont loin de l’exemplarité ou de l’effacement dans laquelle on était, alors que les autres semblaient en pleine lumière. Les souvenirs se transfigurent .
Le présent étant déjà du passé, le temps ne peut être rationnellement expliqué, le contemplatif involontaire que je suis, suite aux effets de la pandémie, en dispose à foisons pour des « Voyages autour de ma chambre ».
Pour lutter contre notre finitude à l’unique issue, l’homme cherche des dérivatifs, la conquête du pouvoir, l’accumulation des biens, « Le présent n’est jamais notre but, le passé et le présent sont nos moyens, seul l’avenir est notre fin » (Pascal). L’homme, s’agite croit se définir dans l’intensité des jours, en réalité il se fuit. Il bat le vide de ses bras, il n’enserre rien que du vent. Tout le malheur des hommes vient de ne pouvoir rester en repos. Il est incapable de supporter un face-à-face avec lui-même, c’est la source de son malheur.
On sait tout cela, mais qu’elle se porte mieux, que ce n’est pas ce qu’on croyait sans pouvoir le dire… et c’est Antigone qui enterre ses frères et épouse Hémon.

18 septembre 2020

On est parti pour nulle part !

Hou ! voilà que la N-VA, absolument soluble avec le haut du pavé démocrate et son complément libéral, met à la tête du parti un président à vie, malgré des statuts qui sont formels : pas plus de deux mandats. Ils font comme chez Vladimir Poutine !
Bart, divinisé comme Auguste, estime qu’en excluant la N-VA de la dernière pizza quatre fromages, on porte atteinte à l’âme de Claes qui bat dans la poitrine de Till Eulenspiegel le Flamand ! Et de décrire la scène : il avait le porte-plume à la main prêt à signer un accord de gouvernement avec son ami Paul Magnette, tandis que Veerle De Wever et Maud Magnette faisaient une partie de ping-pong à côté. Mais le malin veillait. Il préparait à l’insu de Bart et de son ami Paul, la pasta de la Mamma. Le complot des quatre fromages triomphait du bien !
Le Bureau de la N-VA derrière son président à vie est formel, le traître absolu qui enterre la Belgique, poussé par sa seule ambition, c’est Georges-Louis Bouchez !
Il faut bien avouer que la conduite de Georges-Louis est plutôt trouble.
Depuis, Bart De Wever ne décolère pas. Septembre pourrait être un mois « clé » pour un bilan, d’autant que le mois précédent, un sondage donnait la N-VA et le Vlaams Belang majoritaires en Flandre.
Depuis ce sondage, les valises sont prêtes à Laeken.
Le travail aux corps des deux athlètes par GLB n’a rien d’anodin. Après avoir été informateur du roi, le voilà qu’il le trahit ! Il est entré, par étourderie et charlatanisme, dans la subversion néolibérale, la plus dangereuse, puisqu’il confond pognon et patrie et comme le premier est gravement menacé, la seconde doit en être ou périr.

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Cette ultime péripétie, avec le report illégal aux calendes grecques, sans aucun débat, de la fin du gouvernement Wilmès, nos têtes pensantes entrent dans un maquis contre le peuple en alimentant le sentiment de méfiance qui s'est exprimé dans les urnes le 26 mai19.
Il est utile de rappeler que les animateurs des 4 fromages ont tous été battus à ces élections (sauf écolo). Et, ô surprise, on n’entend qu’eux ! Des partis vainqueurs : le PTB n'a jamais gouverné, écolo retourne sa veste et le Vlaams Belang, gonflé de la ferveur flamande, est toujours « off limits », comme le fut la N-VA, avant d’être portée sur les fonds baptismaux de notre royale démocratie, par Charles en personne.
Le ras-le-bol citoyen est une donnée qui échappe à l’entendement des battus des dernières urnes. En plus d’être idiots, les voilà sourds, les 4 fromages atteignent des sommets d’incapacité et d’inconscience. Georges-Louis ne pouvait qu’être à leur tête !
C’est terrible de ne pas voir la réalité en face ! En évitant l’inévitable, ils se mettent eux-mêmes hors-la-loi. Traiter les autres de nuisibles perd tout sens.
Qu’on la fasse ou qu’on ne la fasse pas, les événements ont dépassé tout plan possible de la 4 fromages. La phénoménologie des événements économiques est pire que ce qu’on imaginait.
À travers les fermetures d’usine, les licenciements, c’est tout le château de carte du néolibéralisme qui en s’effondrant, montre toute la perversité d’un système économique de libre échange qui commence à mettre par terre les structures mêmes de l’industrie européenne, et pas seulement parce que nous avons décentralisé en Chine et ailleurs nos savoirs et bradés nos brevets, quand ils ne sont pas copiés sans aucune contrepartie financière.
Ah ! elle est belle la société de services que les libéraux avaient imaginée, laissant produire dans les pays émergeants, le lourd, le sale et l’encombrant.
Moralité, Wilmès lave ses petites culottes dans une machine à lessiver fabriquée à Taïwan, Bouchez téléphone à Mons sur un Smartphone coréen et Di Rupo passe ses loisirs avec des toys japonais.
Est-ce que ce bazar qui nous tombe dessus était prévisible : oui !
Qu’est-ce que le gouvernement a fait pour éviter la culbute : rien !
C’était impossible aussi. Ne sont-ils pas, d’une certaine façon, de Magnette et Vooruit (PS flamand) à de Wever, sans oublier Bouchez, Prévot et Nollet, tous inspirés par l’économie libérale ?
On aimerait bien leur dire « puisque vous nous avez fichus dedans, c’est à vous de nous en sortir ». Sauf que ce n’est pas ainsi que ça marche. Dans leur esprit, si nous avons voté pour eux, c’est que nous partagions les mêmes croyances dans la mondialisation de la chose capitaliste. À présent, nous voilà solidaires pour quelque chose qui nous a été imposé.
Vous verrez que s’ils ne savent pas former leur gouvernement et que les fermetures s’accélèrent, qu’ils trouveront bien le moyen de nous en mettre la responsabilité sur le dos

17 septembre 2020

Ah ! ces intelligences « supérieures » !

Si elle était encore de ce monde, Geneviève Tabouis aurait proféré au micro des installations de RTL « Attendez-vous à savoir »… qu’à force de détestation des gens qu’ils élisent, les Belges vont finir par détester aussi le système.
Ce n’est pas étonnant puisque ceux que nous détestons sont ses produits ! Heureusement pour la démocratie, le système n’en est plus un dérivé. C’est une sorte d’ersatz fait de particratie et d’oligarchie, fifty-fifty.
L’excellent magazine Daardaar le confirme « Selon une enquête menée conjointement par cinq universités (Anvers, KU Leuven, VUB, UC Louvain et ULB), de nombreux sondés jugent en effet les hommes politiques corrompus, incapables et déconnectés des réalités sociétales. »
Pourquoi les électeurs détestent-ils les hommes et les femmes qu’ils élisent ? On peut donner quelques réponses : on vote avec les pieds, on fait confiance à un parti mais pas à ses dirigeants, on craint l’amende pour n’avoir pas voter (on ne poursuit pas les abstentionnistes) et on pousse n’importe qui dans l’urne.
Ne serait-ce pas plutôt la résignation qui conduit à la démoralisation du citoyen, par la vision d’une aporie collective (absence d’issue) nationale ?
Cela peut être aussi pour une désapprobation collective qui ne s’est pas encore transformée en émeute.
Près de la moitié des sondés (48,7%), sur 4.000 échantillonnés d’un large éventail social, estiment que les hommes politiques sont corrompus, 60% pensent que ces élites ignorent ce qui se joue dans la société et 44% considèrent qu'aucun parti ou personnalité ne parvient à veiller correctement sur leurs intérêts. (De Morgen)
Ce sondage remet les choses d’aplomb, l’électeur est très lucide, au contraire, il est simplement désabusé de la classe politique, pourtant universitaire.
Et c’est là qu’il faut poser la question. Qu’apprend-on aujourd’hui dans les universités aux étudiants sur la démocratie, sur le contrat social entre l’état et le citoyen, sur le « métier » de parlementaire qui n’en est pas un ? Dispose-t-on l’apprenti politicien à l’analyse de la société par l’étude des sociologues Durkheim, Habermas, Bourdieu, Adorno, Marcuse et combien d’autres. Ce qui donne à penser aux citoyens lettrés (il y en a plus qu’on ne pense) que les universités ne prédisposent pas ceux qui en sortent à une bonne analyse de la situation sociale qui ferait que les citoyens qualifient les temps de législature heureux ou désastreux.

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Ce qu’on y apprend, c’est la culture bourgeoise qui prend ses repères dans la société libérale et qui n’en sort sous aucun prétexte. L’université non seulement ne joue pas son rôle, mais encore elle l’interprète comme l’apprentissage d’une continuité de ce qui existe, dans des formes immuables. Elle fait des diplômés de bons petits soldats des banques et de l’économie néolibérale.
Il n’y a que deux sortes d’intellectuels qui vont pouvoir tenir des propos réfléchis différents: le rebelle universitaire qui a la capacité critique de remettre chaque chose à sa valeur réelle et l’autodidacte, qui a l’avantage sur le premier, de n’avoir pas eu à résister à une scolarisation tournant autour de la propagande du système.
De ce qui précède, entre les cribles ne passent que très peu de parlementaires et plus rarement un président de parti. C’est maigre, mais voilà qui justifie à ces exceptions près, le « tous pourris » de l’électeur.
Ce sondage montre aussi une volonté de pousser vers la sortie les corrompus, puisqu’une large majorité (82,9%) continue à croire aux élections tous les deux ou trois ans pour nommer des élus, mais aussi au fait que des coalitions doivent être constituées pour obtenir un gouvernement (64%). Or, les élections ont lieu tous les cinq ans. Cela nous permet de croire que tout n’est pas perdu, qu’il y a des solutions, celle d’élections rapprochées entre autres. Si l’on joint à cela un référendum permettant de destituer un ministre ou un gouvernement en exercice, on aura créé un nouvel essai pour revenir à la démocratie.
Les échecs de la recherche d'une coalition gouvernementale et les jeux politiques parfois mesquins saturent l’espace sociale et tuent dans l’œuf toute réconciliation du citoyen avec le personnel politique.

16 septembre 2020

Un manque d’envie !

Même si la Covid-19 a rétréci l’intérêt des Wallons pour ce qui n’est pas la pandémie, il serait quand même utile de sortir le nez de sous la couette du confinement. Contrairement au repli sur soi, ce qui se passe ailleurs nous concerne aussi.
Boris Johnson s’est empêtré dans des accords avec l’Europe sur le sort de l’Irlande du nord. Ces accords ont été cassés par le parlement britannique. La fin de l’année risque d’être dramatique pour les européens. Si rien n’est trouvé, l’affaire va se retrouver devant le tribunal international. En quoi cela nous concerne ? Sans accord douanier, les taxes à l’import-export pourraient partir à la hausse et le consommateur est en première ligne.
Autre aperçu de l’intérêt de se tenir au courant de l’étranger, la dernière connerie de Trump devant des journalistes : le réchauffement finira par se calmer, on retrouvera des températures « normales », parce que le climat procède par cycle !
Pour les wallons, quelle est la signification de cette analyse du président américain ? On peut y voir la volonté de Trump de poursuivre le déni du rapport entre le productivisme capitaliste et la menace que cela fait peser sur les habitants de cette planète. Nous sommes concernés doublement, par les pollutions et les changements climatiques et, politiquement, par l’aveuglement du parti des écologistes de ne pas voir l’économie libérale pro américaine, première responsable des dégâts.
On pourrait poursuivre en parlant d’Erdogan et sa menace d’ouvrir ses frontières avec l’Europe et nous faire endosser la responsabilité de gérer la venue de millions de réfugiés dans une économie au plus bas. Ce chantage est payant. L’Europe a donné des milliards à Erdogan. C’est une honte ! Ces milliards auraient été mieux employés à pacifier et remettre sur pied l’économie des pays comme la Syrie ou la Libye et pas seulement, afin que les gens rentrent chez eux en toute sécurité.
Partout dans le monde où se portent les regards, de près ou de loin nous sommes à la merci de nos mandataires. Or, s’il y a bien un secteur dans lequel les électeurs laissent la bride sur le cou dans les régions et au fédéral, c’est bien le domaine extérieur.
Comment se fait-il que nous ne fassions plus confiance à nos dirigeants sur le plan intérieur, et pour cause au vu du spectacle affligeant qu’ils nous offrent, et que nous leur confions les yeux fermés, les clés de notre réussite et de notre échec en politique extérieure ?

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Ce désintérêt va même plus loin. Il se fait sentir entre les Régions et l’usine à gaz fédérale. On nous dit bien que la Flandre vote à droite et la Wallonie à gauche, que les partis extrémistes flamands sont nationalistes et veulent la fin de la Belgique. C’est tout ce qu’on nous apprend. Nous acquiesçons, sans savoir quelle est la part de propagande et d’intérêts des propriétaires tous libéraux des journaux dans les informations que nous lisons ?
C’est terrible cette claustration intellectuelle volontaire que nous nous infligeons par la centralisation extrême de nos centres d’intérêts : la Covid et la bouffe, tout en ne sous-estimant pas cette dernière inquiétude qui est tout autant économique que politique.
Par exemple, le conseil de la N-VA a approuvé une dérogation statutaire permettant à Bart De Wever de représenter sa candidature à la présidence du parti, alors que normalement, les statuts définissent un maximum de deux mandats successifs de trois ans. De Wever est président depuis 2004. Cette information est de nature à juger sévèrement Charles Michel lorsque pour satisfaire à sa vanité de premier ministre, il s’est arrangé pour faire en sorte que la N-VA était devenue un parti convenable et politiquement « correct ».
Si « correct » signifie qu’il faut être unitariste, libéral et royaliste, comment être informé en Wallonie des choses dont on ne parle jamais ou lorsqu’on aborde le sujet, qu’il soit réduit à ce que pense le bourgeois libéral ! D’autant que De Wever, la démocratie n’est pas son fort.
L’appauvrissement de nos connaissances en politique extérieure, permet au camp des affairistes et des politiciens liés au business américain de prospérer. L’achat des avions de chasse américain par la Belgique, à l’heure où l’Europe cherche à se rendre autonome et à produire ses propres avions, est suspect.
L’opinion anesthésiée ne voit pas l’intérêt qu’il y a de s’entendre avec la Russie. Le marché naturel que ce vaste pays représente, le fait que les Russes sont aussi des européens et que l’appréhension envers les Russes est excessive et date de la guerre froide.

15 septembre 2020

Votera, votera pas !

Sophie Wilmès et surtout Maggie De Block se sont trouvées coites face aux hôpitaux submergés de malades, privés de tout renfort et à court de matériel, en mars 2020.
Elles n’ont pas chanté ça sur tous les toits, mais cette carence est bien la conséquence du néolibéralisme qui a cru liquider l’État pour ne lui laisser que la peau sur les os.
Bon. On ne revient plus là-dessus. Le clown Bouchez fait ses pirouettes et chausse ses shoes pointures 72. Sauf que des promesses de rapatriement d’usines dans des branches essentielles des médicaments et du sanitaire ont été faites. On aimerait savoir où elles en sont ! N’avaient-elles pas juré que la santé échapperait au principe de la concurrence et de la rentabilité ? Des réformes structurelles s’imposaient et patati…
Là-dessus les gros-porteurs le MR, le PS et même Écolo sont repartis sur la Marguerita-4-fromages et donc à la remise en marche du gros moteur capitaliste, qu’ils vont dépanner.
La stratégie de communication, la même depuis vingt ans, n’a accouché de rien, dans la tradition du déplorable spectacle de la démocratie représentative. Ils en sont même à se moquer du dernier rempart de la Constitution, puisque Sophie Wilmès ne rendra pas son tablier au 17 septembre, sans qu’il y ait eu le moindre débat à la Chambre !
On a vu comment les deux grands syndicats FGTB-CSC se sont couchés pour rétablir vite fait le droit d’aller se contaminer dans les écoles dès la rentrée, puisque des mirifiques promesses et des investissements n’auront pas lieu, tout ça pour permettre aux ploucs de rejoindre leurs grand halls de tôle d’où se remplissent les coffres-forts de quelques particuliers, tandis que les caissières poursuivaient leur sacerdoce aux endroits de contagion et que les bambins couraient se moucher dans le même carré de tissu, en oubliant de se laver les mains.
Bouchez, Magnette et Nollet, complices, foncent vers la destruction du lien social dans la société : éducation, justice, santé, pour une annexe de l’usine à gaz, juste avant qu’elle soit dissoute, aux élections suivantes.

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Malgré tout ce qu’on raconte, le financement des pensions et de la sécu crée toujours problème, sur le temps, vous l’avez remarqué, que les dizaines de millions qui servent à payer le personnel politique tombent pile rubis sur l’ongle, recta dans la fouille de nos ardents.
Toujours pas soignée et délirante du libéralisme, Wilmès poursuit la privatisation en douce de l’État, à l’exception de tout qui fait sa pelote sur le compte des Belges. Qu'est-ce qui fait le charme de nos mandatés : le pognon.
En hyper déficit, elle se rattrape comment ? Dans les rentrées vite fait par des ventes du patrimoine et des économies sur le social. Adieu les promesses après le Covid, on entre dans le court terme et l’ubérisation.
Qu’est-ce qui donne envie de bouffer du Vivaldi ? Les écolos-socialos-libéraux, emballés dans le géo-populationnel du commerce mixte franco-flamand, ont encore seuls de l’estomac.
Ils resteront jusqu’au bout sur le pont à chanter la Brabançonne, tandis que l’eau arrivera à hauteur de leurs burnes et que Mathilde rassemblera ses cottes pour sauter dans la dernière barque avec Philippe et les enfants, l’héritière habillée en petit marin.
Même Di Rupo, qui avait du mal dimanche à se familiariser avec son nouveau dentier, éprouvait visiblement des difficultés à expliquer la grande entente avec Borsus (MR) à Vrebos. On est stable, pour ainsi dire à un niveau plateformisé, jargon qui se marie si bien avec les réformes néolibérales, qu’on aurait dit Bouchez bis. J’ai cru un instant que ce tête à tête avec Vrebos allait mal finir, l’autre posant la question qui tue à l’illustre Montois « Mais, Monsieur Di Rupo, comment se fait-il que les branches de vos lunettes disparaissent sous vos mèches ? ».
Heureusement, les deux ont en commun trop de choses pour en arriver là. Il y a des choses qui ne se disent pas.
Il est plus que jamais l’heure de se positionner clairement sur ce que nous voulons comme projet de société.
Bookmaker à la City, je ne parierais pas un penny sur ces toquards pour le grand prix d’automne. Ils se sont obstinés à refuser aux citoyens le droit de sanctionner leur engourdissement par de nouvelles élections. Ils pourraient le regretter, la situation dans deux ans, pourrait être pire.

14 septembre 2020

Les rombiers des ronciers…

La politique, comme la mode, a ses tendances. La mode, ça se perçoit par exemple dans les couleurs, les longueurs de jupe ; en politique, c’est nouveau… au nombre d’arbres plantés !
On le sait bien, l’écologie ne rime à rien tant que le néolibéralisme poursuit son sinistre dépeçage de la nature et son extinction de l’oxygène à coups de CO², mais les élites locales sont persuadées que l’électeur croit qu’en plantant un arbre de plus, en diminuant d’un bidon l’épandage du Roundup, on aura gagné la bataille contre Monsanto, régénéré les colonies d’abeilles et remis la planète d’aplomb.
D’où l’idée du bourgmestre socialiste de Liège de planter d’ici trois ans de quoi concurrencer la Forêt Noire.
Grâce à ces efforts, on pourra rester dans ses convictions « gauche-centriste » ou « droite-modérée » et aller voter, même pour Écolo, pour les mêmes, avec le sentiment d’être un citoyen qui a fait des efforts et est prêt à les poursuivre.
La truffe en l’air, Bouchez a, lui aussi, senti l’oignon ; il a pris la roue du peloton. Le match entre les grandes villes est limpide, pour espérer remporter le morceau, tout candidat sérieux devra se plier à certaines règles au MR et ailleurs : s’engager à planter des arbres !
L’exemple d’Anne Hidalgo à Paris a fait mouche. Elle a promis d’en planter 170 000 en six ans. Willy Demeyer, lui, arrive à 100.00 ! Si on ne le sait pas encore, la Ville de Liège dispose d’à peu près la même superficie que Paris. La comparaison s’arrête là, avec nos collines et nos quartiers qui furent jadis d’anciennes communes : Bressoux, Jupille, Grivegnée, Vottem, etc, parsemées de terrains vagues et de terrains pentus, on n’a pas le prestige de l’avenue des Champs Élysées, on n’a que le boulevard de la Sauvenière.

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Grâce ou à cause d’Écolo, de la mode et de l’air du temps les candidats au pouvoir de demain rivalisent de « buildings floraux », de « forêts urbaines » et de « places végétalisées ».
Évidemment… comme on a le nez sur le guidon à cause de la Covid-19, la régionale de l’étape, on regarde d’un œil amusé Erdogan, le dictateur turc, envoyer ses gros renifleurs de nappes de pétrole tourner autour de Lesbos, une île grecque et cela sans respecter les règles internationales en matière d’eaux territoriales, avec la même indifférence amusée à suivre un gros bourdon sur le bord du verre de pastis à proximité de sa chaise longue. Exactement aussi, comme on observe le match Trump-Joe Biden, dans leur course à celui qui polluera le plus pour gagner la bataille de l’emploi aux States.
Or, question pollution et inconvénients majeurs, on ferait mieux de laisser les politiques se quereller entre eux pour sauver leur mandat sur les essences à planter. Notre avenir de citoyen serait plutôt de sauver la planète, sur les quotas d’essence à raffiner du pétrole.
Qu’importe, ce n’est pas parce qu’on discute depuis près de cinq cents jours sur les qualités que devra avoir le premier ministre, peut-être « la première » si Wilmès reste à la mode, qu’on abandonnera le jardinage comme l’atout majeur de la lutte contre la pollution.
On connaît les ressources de Bouchez pour l’aventure verbale, avant florale. Il est même fort possible qu’à Nollet, Magnette et Demeyer, il leur en colle une sur l’accompagnement de la plantation dans son monde futur. L’amour du jardinage ne suffit pas. Il faut aussi promettre de construire des bâtiments verts, d’encourager l’usage du vélo et des véhicules partagés, de convertir les cantines scolaires à l’alimentation biologique, de soutenir la culture, de favoriser la transition énergétique, de développer l’attractivité de la ville. Il faut enfin truffer son programme de termes tels qu’« innovation », « transparence », « démocratie participative », et caser l’adjectif « durable » le plus souvent possible : développement durable, ville durable, territoire durable, tourisme durable, bâtiment durable, etc.
En foi de quoi, pour ces spéculateurs, écolos du dimanche, le système économique a encore de belles années de pollution devant lui !
À titre personnel, mon scepticisme est durable aussi, sur ces créateurs de quartiers fleuris, sur leur pouvoir, surtout, de sortir de l’impasse dans laquelle ce monde libéral est en train de nous fourrer.
Les mêmes mots, les mêmes formules, les mêmes idées reviennent chez tous les candidats, dont les programmes semblent piocher dans un catalogue des « bonnes pratiques » reproductibles de ville en ville, et même de pays en pays, puisque l’offre municipale n’est guère différente à Seattle, Liège, Paris, Montréal ou Berlin. Comme si la politique locale se réduisait à une série de réponses pragmatiques, de solutions de bon sens à des problèmes concrets, par exemple, laisser pousser des pissenlits entre les interstices des chaussées mal entretenues « exprès » !

13 septembre 2020

Capichetaliste !

L’ouistiti montois, au sommet du mât de cocagne du MR, révèle mieux ses parties honteuses, depuis qu’il est au faîte ! Il prétend nous convaincre. Sa chute l’étalera à nos pieds comme un bren canin.
Nos américanolâtres vont être déçus. Une de leur forte croyance du rêve américain, la méritocratie, à savoir « tout qui a du talent et de la volonté dans le système capitaliste peut s’en sortir », est définitivement reléguée dans les vieilles lunes du système libéral. On doit au Covid-19 d’avoir été l’agent révélateur de cette dernière et ultime illusion des parangons des vertus exclusives du néolibéralisme.
Des inégalités sociales en fortes croissance font apparaître, dans le sauve-qui-peut, des facteurs aussi éloignés du mérite que les origines familiales ou les relations personnelles. Bien entendu la gauche le savait déjà, mais l’employé « honnête » n’en était pas convaincu. Il y a un rapport entre les guerres et les épidémies, quand des veilleurs sifflent le repli aux abris de la classe dirigeante, en poussant les autres au feu.
A-t-on l’exemple d’un pays aussi fou ? La Belgique est un prodigieux creuset où se mélangent toutes les folies d’organisations à l’exception de celles d’inspirations socialistes, bien entendu.
Presque tous les Belges ou presque, se recueillent dans le sacro-saint temple du capital. Les rares psaumes qu’on y chante à la gloire de la condition inférieure, sont à la condition que l’impétrant doit prouver qu’il sait faire du cash évidemment.
Cette croyance dit bien ce qu’elle est : une idéologie qui « supporte » (au sens anglo-saxon) la société dans son mode actuel de fonctionnement.
Cette idéologie met exclusivement l’accent sur l’individu et sa responsabilité personnelle. L’origine dans l’ « éthique protestante » est celle des colons qui pénétrèrent en Amérique dès le XVIIe siècle, éthique qui constitua selon le sociologue Max Weber, un terreau favorable au développement du capitalisme.
Bouchez, en pasteur anglican ? Il en a déjà la barbe, l’art du sermon… pourquoi pas !
Mais le « rêve américain », c’est plus que cela. C’est une confiance totale dans le futur, recouvrant des objectifs matériels bien précis : devenir propriétaire, bien placer ses enfants dans la vie, s’enrichir et s’assurer une retraite confortable.
Ces objectifs deviennent très difficiles à atteindre, sous les coups redoublés de la deuxième grande crise économique en dix ans et une épidémie que le capitalisme est incapable d’arrêter par son manque d’organisation sociale.
L’American dream prend la forme du « comic » à la Woody Woodpecker. Woody sort de toutes les situations en détruisant tout sur son passage sans jamais se faire prendre, il a une houppe rouge écarlate, Trump en a une qui vire à l’orange. On y voit aujourd’hui l’effronterie d’un système qui n’a pas de morale, qui ne respecte rien et qui pense, comme en 1920, au slogan « marche ou crève » !

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Or, justement, les gens « crèvent » et ça ne fait plus rire personne.
L’obstination d’un Georges-Louis Bouchez à croire à la méritocratie, alors que tant d’éléments la prennent en défaut, relève d’un cas clinique rare d’histrionisme.
L’identification des facteurs qui définissent le mérite au MR et ailleurs, d’abord le talent ou l’« innateability » (capacité innée) discrimine d’emblée les classes sociales non reprises dans les mérites initiaux, attitude qui renvoie à des qualités morales de sérieux, de travail dans la conformité, voire le conformisme. On perçoit d’emblée l’ascenseur social à capacité variable. En réalité, le système libéral n’admet dans sa méritocratie que les bons petits soldats.
C’est un « accroc » au principe méritocratique selon lequel les rémunérations doivent se fonder sur les compétences. Cela interroge sur le plan éthique puisque les employeurs rémunèrent les qualités qui leur conviennent et qui ne sont pas toujours les plus « morales ». Pour le dire dans le vocabulaire d’aujourd’hui, « Travailler plus pour gagner plus » ne vise pas forcément les plus méritants, mais ceux dont le marché a besoin… Une chose est sûre cependant : cet ensemble flou qui recouvre le mérite doit être sous-tendu par une éthique du « mind power » (l’équivalent américain du « quand on veut, on peut »), c’est-à-dire de la toute puissance de l’esprit sur le cours des choses. Le succès commercial est significatif, tous les livres de « self-help » fourmillent de conseils pour se prendre en main. On y retrouve la forme moderne de cette si prégnante éthique protestante.
Ce mérite est-il l’effet du hasard ? Evidemment non. Dans un pays où, d’une part, les inégalités sont fortes et où, d’autre part, la corrélation entre les revenus des parents et ceux de leurs enfants est particulièrement élevée, on n’a aucun mal à démontrer que, dans la course aux meilleures places où seuls les talents individuels sont censés prévaloir, certains partent avec une longueur d’avance. Les avantages de la naissance s’avèrent précoces et cumulatifs, par des voies multiples, tant matérielles que relationnelles (le « capital social » cher aux sociologues américains).
Alors, si ces messieurs, à la tête desquels plastronnent Bouchez, voulaient bien la fermer !

12 septembre 2020

Vooruit, la dernière fistule.

Les gens ne se retrouvent plus dans les partis. Ceux-ci prennent un malin plaisir à cacher ce qu’ils sont ou ce qu’ils ne sont plus, espérant faire douter l’électeur peu informé.
Juste après la dernière guerre, il y avait un parti chrétien, un parti libéral, un parti socialiste et un parti communiste. C’était l’affrontement entre capitaliste et socialiste, deux contre deux.
L’économie libérale ayant bouffé tout ce petit monde, à l’exception des communistes (ils vont presque disparaître sous les coups de la guerre froide et la publicité proaméricaine), une sorte de melting-pot mélangea les nuances donnant une couleur unique. Le parti chrétien devint CDH (Centre démocrate humaniste), camouflant sous le mot « Centre » la première lettre du mot « chrétien ». Le PRL, parti réformateur libéral, se défit de son qualificatif « libéral » se rattachant trop au capitalisme. Il devint le MR (Mouvement Réformateur).
Résistaient les deux partis socialistes le SP.A et le PS.
En 1980, se formait le parti Écolo « Écologistes confédérés pour l'organisation de luttes originales ». Il y a de fortes chances pour que les dirigeants ne soient pas tentés de changer le titre, attendu que l’on peut être écologiste en étant capitaliste ou socialiste, même s’il existe une antinomie entre se faire du fric en saccageant tout et cotiser pour une asbl dont le but est la préservation des grands singes en voie de disparition.
Si les deux partis socialistes gardaient « socialiste » dans leur désignation, c’était à cause d’un concurrent, issu de la foule d’électeurs mécontents, le PTB, créé en 1970 par des étudiants de la KU Leuven AMADA, devenu en 1979, un an avant les écolos, le PTB (parti du travail de Belgique), côté francophone et PVDA, Partij van de arbeid, côté flamand.
Voilà qui changeait tout, car en se définissant parti des travailleurs, le PTB s’inscrivait dans un socialisme révolutionnaire. Il fallait à tout prix que les deux partis « socialistes » conservassent le mot, même en étant fortement éloignés, afin d’entretenir le doute sur leur capacité de servir les intérêts de la classe ouvrière.

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Le premier à lâcher la rampe et abandonner le mot est le pendant flamand du parti d’Élio di Rupo. Conner Rousseau, malgré un nom prédestiné, a cassé les codes, et est entré dans le camp des camouflés. Le parti socialiste flamand de « Sp.a » devient « Vooruit » (En avant).
Socialiste modéré est une étiquette encore trop à gauche pour conserver des voix en Flandre. Vooruit, est comme un ordre militaire : sortir de la tranchée sociale et conquérir les cœurs flamingants et bourgeois… En avant !...
La greffe va-t-elle prendre ? Pour répondre à cette question, il faut en poser une autre : dans quelle mesure cette nouvelle étiquette, inventée par Conner Rousseau, est-elle annonciatrice de renouveau ? (Daardaar magazine)
J’y vois plutôt une sorte de renoncement définitif à défendre la catégorie sociale la plus exposée et la plus pauvre, celle du travail, pour se lancer dans la défense des intérêts de la classe moyenne inférieure, celle des petits boutiquiers et des employés encore dans l’illusion de rejoindre un jour le club de golf de Knokke-le-Zoute, en qualité de membre d’honneur.
Evidemment, après la déculottée de 2019, le Sp.a avait intérêt à faire le caméléon et pourquoi pas Vooruit, ça fait tendance, c’est chic à porter, la honte de paraître socialiste disparaît. Ce nom fait penser au mouvement « En marche » de l’employé de la banque Rothschild, Emmanuel Macron, devenu par ses appuis, Président de la République.
Conner Rousseau accommode à la flamande la tambouille dans laquelle il touille, par des mots. J’en traduis quelques-uns. On dirait du Bouchez « combattre la sclérose du monde politique et de rassembler la population autour d’un projet d’avenir positif, ambitieux et porteur d’espoir ».
Être centriste devient difficile. Coincée entre le flamingantisme en Flandre et le socialisme renouvelé du PTB, la galette à croquer au centre se rétrécit tous les jours. Conner souscrit à l’idée qu’un nouvel arrivant « réticent à apprendre le flamand n’a qu’à retourner dans son pays d’origine ». C’est un beau début. Il promet. On dirait du Vlaams Belang !
Et le PS de Magnette ? Centriste affirmé par ses dirigeants les plus connus, le PS pourrait s’appeler demain BCL (Boutique du Clou à la Locomotive), le centre figurerait « boutique » et « Clou et Locomotive » conserveraient l’idée du travail et de l’industrie. Mais, talonné par le PTB, le PS ratisse encore du côté des syndicats, de la mutuelle et des redevables des cellules du parti, casés dans les Communes, avec l’énergie du désespoir. Il hésite…
Jusques à quand ? En entrant dans la combine d’un gouvernement de cette législature pour y torcher le derrière du néolibéralisme, Magnette salirait une dernière fois le socialisme.
Un régime démocratique ne peut se passer des partis, pourtant, comme ils évoluent, c’est inquiétant. D’assemblées vivantes, ils se sont transformés en oligarchies aux rares assemblées publiques se réduisant à des raouts publicitaires et plébiscitaires. Pendant ce temps, l’agora numérique, est un forum vivant. La “particratie à la belge” semble ne pas trouver d’issue, seul, le PTB semble se différencier du lot. Un seul parti, est-ce suffisant ?

11 septembre 2020

Experts !

Les « experts » occupent une place à part dans les médias. Ils s’expriment sur n’importe quoi, dans n’importe quelles conditions, mais toujours respectueux des autorités établies. Quand Gilles Deleuze et Pierre Bourdieu ont décrit ces fast-thinkers, ils ignoraient encore à quel point ils envahiraient l’appareil médiatique
Passant de la catégorie « experts militaires » à « experts du terrorisme », ils ont éveillé des ambitions dans le domaine médical à l’occasion du Covid-19. Les virologues en épidémiologie et autres babioles, sont devenus experts, par la force des choses. Aujourd’hui, plus rien ne les retient ! Le temps de sortir le nez des éprouvettes et les voilà montrant un goût pour se faire voir et entendre comme un Deborsu ! Enchantés d’eux-mêmes, en véritables experts du show médiatique, ils se découvrent une vocation de VRP au porte à porte.
L’esprit sorbonnard de la dispute qui sommeillait en eux depuis le moyen-âge trouve dans la Covid-19 le moyen formidable de sortir des cliniques, comme on sort du formol.
Très spécialisés, certains experts en connaissent de plus en plus, sur des sujets de plus en plus limités. Mais en général, l’expert le plus courant est celui qui sait tout d’un plein rayon de « Que sais-je ». Deux heures d’émission télé, sans reprendre du souffle, ne viennent pas à bout de l’étendue de ses connaissances.
En se familiarisant avec la caméra, ils ont pris de l’ascendant sur tout ce qui s’agite et parle à la télé. Quand un ministre est invité face à Bourdin ou Léa Salamé, on sent qu’il a été briffé par les experts de son cabinet. Il se fait le porte-parole de ses porteplumes.
Que ce soit dans le domaine de la médecine, de l’économie, de la sécurité, de l’espace et même des vins et de la cuisine, les experts médiatiques ont la redoutable faculté de s’exprimer avec aplomb, dans le triomphe des connaissances prétendues qu’on leur prête, sans toujours bien maîtriser le sujet.

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On aurait pu penser que la crise du coronavirus changerait le bagout, en réflexion. L’exigence d’une information de qualité s’impose, d’autant que de mauvaises informations impliquent des morts. Les tenants de la parole publique ont une responsabilité plus grande que d’habitude. Et pourtant, rien ne change parmi les grands médias.
Spécialiste de la médecine populaire, hygiéniste-conseil pour ceux qui négligent de se laver le gland après une fine partie, Michel Cymes a pris le coronavirus à bras le corps, à défaut de prendre en public, celui, charmant, d’Adriana Carambeu, sa complice de plateau.
Arrêt sur images consacrait un scoop au « médecin de la télé » avec comme bande annonce « Coronavirus : un Cymes matin, midi et soir ». Celui qui dit continuer ses consultations à l’hôpital deux matinées par semaine, passe surtout son temps dans les loges de maquillages, disent les mauvaises langues.
Avec le nouveau virus Covid-19, Cymes s’est révélé être l’archétype de l’expert. Des journalistes ont relevé toutes les contradictions de ce grand spécialiste, pour nous informer au juste sur quoi ? Que le coronavirus « reste une maladie virale comme on en a tous les ans » ou encore : « Il y a moins de risque [qu’en Italie], on est mieux préparés et puis je ne crois pas qu’un jour on va mettre toute la France en quarantaine ». Ou encore sur Europe 1 : « Je ne suis absolument pas inquiet. C’est un virus de plus, on le dit souvent, c’est une forme de grippe. Je ne suis pas inquiet parce que je suis en bonne santé et que je ne fais pas partie des cas les plus graves. » Pour revenir sur la question quelques jours plus tard « Je fais mon mea culpa aussi, j’ai trop rassuré les Français, mais comment les inquiéter de façon excessive quand on n’a pas les données épidémiques à 15 jours ou 3 semaines qui permettent de dire que ça va être aussi catastrophique qu’aujourd’hui. » On dira à juste titre, quand on n’a pas d’informations, il vaut mieux fermer sa gueule, mais comment la fermer quand on a deux heures d’antenne à remplir ?
On l’a assez entendue la petite musique sécuritaire en Belgique comme ailleurs sur le manque de discipline, rapport aux distances, aux masques, à l’hygiène des mains, à l’irresponsabilité des foules, etc. Pour qu’une information des experts ou du gouvernement soit crédible, il faut qu’elle soit claire, ce qu’elle n’a jamais été, quelle soit sûre et définitive, ce que les experts n’ont jamais compris.

10 septembre 2020

La Quatre-saisons, péremption au 17-9-20 !

Il ne manquait plus que le coup du Covid-19 dans les négociations pour ajouter du ridicule au ridicule. C’est fait. Le préformateur Egbert Lachaert a été testé positif au Covid 19.
Du coup, les négociations passent à la transsubstantiation par la webcam, ce sera plus compliqué, mais nos élites adorent les obstacles. Ce sont des sauteurs nés.
Est-ce que l’engeance politicienne va encore se moquer longtemps des gens ?
Il existe dans tous les camps des militants extrêmement remontés contre les autres. À la louche, ça fait quoi dans l’opinion tous ces coqs de basse-cour qui ne voient pas plus loin que le bout de leur leader ? Le reste des citoyens va boire la tasse à cause d’eux.
De tous les voltigeurs de l’aventure, le plus pervers ou le plus stupide, c’est selon, celui qui, à lui tout seul, aura été le plus ardent à manier la pelle du fossoyeur pour enterrer la Belgique, aura été Georges-Louis Bouchez. Il aura torpillé pratiquement toutes les combinaisons y compris celles où il aurait pu caser ses propres créatures.
Alors qu’en Flandre, les intentions de vote donnent une majorité au duo nationaliste, Vlaams Belang en tête (27%) devant la N-VA (23,3%), il a fait capoter un gouvernement N-VA-PS qui était à deux doigts d’offrir au pays une plus longue agonie.
Moi qui suis de gauche, donc hors de question pour moi d’adhérer aux thèses néolibérales mâtinées d’une couche légère de rose PS, nous étions à l’heure de vérité. Que pouvait-on encore tirer de cet État mal ficelé, dépassé par les Régions, démembré de partout ? Quel numéro allait nous offrir ces duettistes ? On ne le saura jamais.
De l’extérieur, le président du MR a saupoudré le black and white de novitchock !
Et voilà que GL Bouchez se crêpe le chignon avec Theo Francken, fourre son nez dans les affaires de conciliation de son homologue flamand, Egbert Lachaert et se rend odieux vis-à-vis de Conner Rousseau du SP flamand !
Parole, le président du MR ne veut pas de gouvernement !
Admettons-le. Tirons-en les conclusions.
Un personnel politique, pléthorique et bien payé pour ne rien faire, coûte horriblement cher aux citoyens. La crise économique est à ses débuts et les portemonnaies vont saigner.
Cette législature bien entamée ne permet pas aux partis de se départager. Le fameux compromis à la belge est impossible. Il semble logique de rebattre les cartes et de revoter.
Mais ces Messieurs n’en veulent à aucun prix ! Et on se doute bien pourquoi.

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On approche du 17 septembre. Sophie Wilmès devrait rendre son tablier. L’élite byzantine se concerte sur les moyens de reconduire le schmilblick. Les gens sont blasés, personne ne relève la tête au bruit du scandale. Nollet (Écolo) pousse à la charrette pour faire durer Wilmès par un petit subterfuge, et vogue la galère !... « L’échéance du 17 septembre, je pense qu’on peut éventuellement la déplacer”, a-t-il déclaré mercredi matin » sur Bel RTL.
Sauf que la nef des fous est de plus en plus fragile. Surtout, les gens n’y croient plus !
“La coalition Vivaldi devient la coalition webcam”, titre Het Laatste Nieuws sur une note d’humour dans son édition de mercredi. Le journal souligne que si les négociations devaient aboutir, ce serait une première dans l’histoire de la Belgique.
La vision de ce petit monde de privilégiés est que cet état n’existe pratiquement plus !
Je suis persuadé que la Belgique figurera un jour dans une thèse sur la fin du concept de la démocratie par délégation. La conclusion serait qu’après un long usage, toute démocratie par délégation se mue obligatoirement en oligarchie, simplement par le non renouvellement de la classe politique, les membres trustant les emplois qu’ils délèguent ensuite à leurs descendants.
De fait cet appareil qui pèse lourd sur le dos des citoyens n’est pas prêt de muter, ni de se dissoudre, d’où l’impossibilité d’une réforme en profondeur. Pour en finir, une révolution qui récure au karcher, devient, de plus en plus, la seule issue pour le peuple.

9 septembre 2020

L’insidieuse pauvreté.

Toutes les misères se ressemblent.
« Vivre n’est que d’aller d’un corps à son néant
De la forme à la nuit et du sens à l’oubli » (Paul Eluard)
Jadis les écrivains roumains décrivaient la misère en un français qu’on eût dit de Stendhal. Pourtant la misère n’est pas facile à raconter. Elle est celle du bout du rouleau, quand on se demande comment on a réussi à vivre jusque là et que l’on se sent, à moins d’un concours de circonstances bénéfiques, incapable de faire un pas de plus.
Paru en 1928, un an avant la grande crise financière, « Les chardons du Baragan » de Panaït Istrati est un classique qu’on revisite de temps à autre, selon les humeurs d’une titulaire de classe.
L’errance de deux enfants, Mataké et Brêche-Dent, dans ce grand désert du Baragan où ils brûlent des chardons et cherchent à se nourrir en rôdant dans les villages si pauvres qu’entre les planches disjointes des maisons, on voit les gens grelottés de faim et de froid, nous ramène à une singulière actualité.
Bien sûr, tous les Ronds-pointistes d’aujourd’hui ne sont pas à la trame. Mais tous sentent quelque part qu’ils n’en sont pas loin ou qu’ils pourraient, par un effet du sort, tomber dans la précarité extrême.
Angoisse universelle du pauvre identique d’un siècle à l’autre et d’un pays à l’autre, elle n’appartient à personne parce qu’elle est à tout le monde.
Les pauvres sont trop fiers pour dire qu’ils le sont et il revient à l’honneur des écrivains de parler en leur nom.
Nous n’avons pas encore trouvé le Panaït Istrati des Gilets Jaunes et tous les non-dits derrière ce mouvement spontané et généreux. Il y a des esquisses sur la tragédie de la misère au milieu de l’opulence. Un jour, un grand écrivain remettra le destin des pauvres au centre des préoccupations de tous, à sa juste place.
En cherchant le respect envers ceux qui ne s’en sortent plus, la théorie du miroir de Jacques Lacan aide à expliquer les digues de la bourgeoisie qui retiennent les larmes sur des visages impassibles pour les victimes d’une société à système.

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Pour Lacan, la construction de l’identité jouisseuse se produit à travers la captation de soi dans les autres. Selon la théorie du miroir, les relations « ordinaires » des gens de conditions sociales identiques, comportent des reflets ou des projections de pans de notre personnalité. Ces autres là rassurent, puisqu’ils sont semblables dans leur immuabilité.
On se regarde dans l'autre. Et ce reflet, comme dans un miroir, nous renvoie à des aspects que nous pouvons aimer et valoriser ou à certains que nous ne supportons pas. Dans la « bonne » société, ce qui n’est pas supportable devient expressément ce qu’on ne veut pas voir. La vision terrible d’enfants affamés, se projette sur les parents qui ont faim aussi, mais qui sont condamnables, puisqu’ils laissent leurs enfants mal nourris ! Les bourgeois se blindent contre ces visions terribles qui les empêcheraient de prendre un sherry paisiblement après le thé.
L’histoire du cinéma est forcément une suite de miroirs de la société divisée en autant de strates qu’il y a de classes sociales. On aime un film, justement parce qu’il nous reflète.
Emmanuelle Laurent évoque la théorie du miroir dans son essai « Comme psy comme ça » «Lacan dira que le moi est imaginaire. C'est une image. Une image fantasmée. Le reflet de soi dans le miroir mais aussi dans les autres que l'on côtoie, à l'école, au parc, au travail, dans la rue. Cette image de moi dans l'autre, Lacan la qualifiera de leurre. Parce que l'image du miroir, par définition, ce n'est pas moi. C'est une image. Moi n'est alors qu'une projection.»
Contrairement à ce que l’on croit, les enfants de riche ne disposent pas les parents à penser aux enfants pauvres. Les enfants brillent dans des activités extra scolaires, font de l’équitation, de la voile, du tennis et ont des amitiés de même culture, dans une réverbération d’images du même registre.
C’est un miroir d’à-propos vide. Ce milieu social défini ne se veut comparable qu’à des magazines sur papier glacé de 120 grammes.
N'aime-t-on finalement que soi-même ? Dans la pauvreté certainement, où là ce n’est pas une question de cœur, mais de survie. Ce n’est qu’à l’étage juste au-dessus que, sans être opulent, certains partagent volontiers ce qu’ils ont avec ceux qui n’ont rien. Les personnes qu'on côtoie nous permettent de comprendre qui nous sommes. Sait-on vraiment qui l'on est en 2020 ?
Tout ce que l’on sait tient dans une évidence, ceux qui nous représentent, ne nous reflètent pas. Ils sont à l’image de leurs enfants à qui, adultes, ils passent leur recette pour leur ressembler.

8 septembre 2020

L’Homme nouveau !

Voilà plus d’un an, on a pu assister au fil de mes chroniques à la naissance d’une nouvelle crise économique. Cela n’avait été possible que par déduction de prévisions d’économistes écartés des médias et de la chose publique. Et qu’est-ce qu’on voit : dans les gazettes et sur les écrans des télés, en ce 8 septembre 2020, l’étonnement d’être devant une crise qu’on impute à l’épidémie, dix ans à peine après la précédente !
Ils nous la jouent comme si c’était inattendu, une découverte dont l’inventeur serait la Covid-19 !
Faux, archi faux ! La crise économique qui nous tombe dessus aurait été, à peu de chose près, aussi grave sans la pandémie. Tout au plus, celle-ci a-t-elle accéléré le délitement. La destruction volontaire du social, afin de faire la part belle au néolibéralisme, a fait que l’on se trouve aujourd’hui devant deux crises, la crise économique et la crise sanitaire.
Le néolibéralisme, annonciateur de l’Homme nouveau, nous a fichu dans un pétrin noir et ses dégâts sont immenses dans la destruction de la Nature et de nos consciences.
Quelle est la valeur de ces gens qui plastronnent aux premières loges des infos ? D’abord comment ont-ils été créés ?
Je le dis ici une fois de plus et avec force, les hommes et les femmes de pouvoir des partis et de l’industrie qui dirigent ce pays ou sont des crétins ou sont des voyous.
Des discours préfabriqués par des nègres, à la bride sur le coup laissé aux hauts fonctionnaires dans la gestion des personnels, en passant par les chefs de cabinet chargés de débroussailler ce que l’on peut dire ou pas, ces têtes de gondole sont des outres vides ou pire des hypocrites dont leur seul mérite est une sorte de notoriété du genre de celle d’un Charles Michel lancé par son père, sans lequel il serait un avocat sans cause. Ce sont seulement des baratineurs !
Leur rôle, outre les partis qu’ils représentent, reste essentiellement de veiller à ce que la corruption à laquelle ils sont confrontés au quotidien, ne soit pas trop visible. Une affaire de ce genre éclabousse toujours les chefs des partis, même si ceux-ci ne sont en rien mêlés au scandale.
Ce système est pourri, des dynasties d'élus de père en fils ou en fille empêchent toute véritable politique. Des petits satrapes locaux inamovibles infligent à leurs concitoyens des 3, 4 voire cinq mandatures.
Comment voulez-vous, après avoir frisé les 500 jours sans gouvernement, que ces gens aient une juste notion de leur mission ?

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Plutôt que d’avoir de véritables débats sur un avenir aussi mal engagé, les gazettes de ce jour font leur tiercé qui d’entre les caïds locaux aura le plus de chance de devenir ministre, et de citer pour Liège, Dardenne et Marcourt ! Deux fameux perdreaux pas nés de la veille, dont le parcours de ces dernières années a été le plus souvent dans la rubrique des faits-divers que dans celui de la politique locale.
Et ça va occuper des postes de ministres et faire un boulot utile… utile pour qui ?
Tout sent la combine, la résignation, une sorte de purgatoire en attendant la législature suivante.
Ils n’ont ni la volonté, ni le pouvoir d’analyser la crise économique et d’en faire un débat national sur l’avenir du néolibéralisme. Ils sont tellement peu attentifs aux causes supérieures, que leur principal souci est de trouver un compromis sur la date ultime de l’avortement légal pour faire plaisir au CD&V et leur second, de savonner la planche anticipativement pour être en ordre de bataille quand on abordera la question du premier ministre. Georges-Louis Bouchez, le petit roublard, en a fait dimanche ses délices chez Deborsu.
Venir à bout de la crise, sort de leur compétence, puisqu’ils ne sont même pas les porte-parole de l’industrie et du commerce, mais les laquais du système.
Tout cela est vain, méprisable et on se demande s’il ne vaudrait pas mieux passer à autre chose, par exemple s’intéresser au Tour de France, plutôt que de perdre son temps à commenter les tribulations de ces guignols ?

7 septembre 2020

Du bi…du don…du bidon !

Le soutien en milliards d’euros de fonds publics à l’économie privée devrait quand même interpeler les partis de gauche, sur les relations ambigües que l’Europe et la Belgique entretiennent avec les directions et les actionnariats d’entreprises.
L’État dispose de deux sortes d’aide aux particuliers : celle qui subvient aux citoyens dans le besoin et celle qui consiste à maintenir à coups de milliards des entreprises menacées par la crise.
Si l’État est bien dans son rôle dans le premier cas, il l’est beaucoup moins dans le second.
Ne serait-ce que dans la qualité de la surveillance. L’État ne donne pas de l’argent à l’indigent qui le demande, sans poser des chicanes entre la demande d’aide et son accord.
Il en est tout autrement empressé d’aider l’industrie. Les syndicats ne disent pas non, mais réclament un certain contrôle, quand des milliards sont distribués de façon massive. Ils ne servent pas à relancer la production, mais à éviter de mettre la clé sous le paillasson. Dans une opération similaire, mais à plus petite échelle en 2010, certains fonds avaient servi au remboursement des actionnaires !
Le grand prétexte de Reynders pour justifier « l’effort de la Belgique » au sauvetage des banques, il y a dix ans, c’était l’emploi ! Cela n’a pas empêché les banquiers de liquider les personnels massivement dans les années qui suivirent, comme chacun a pu le constater dans l’évolution du nombre d’employés, en réduction constante dans les agences.
Aujourd’hui la question reste posée. Pour sauver plus efficacement les emplois, puisque le prétexte reste le même, n’aurait-on pas pu utiliser plus intelligemment ces milliards distribués à fonds perdu dans les entreprises, alors que la plupart sont condamnées, en créant d’autres productions plus adaptées à la planète et aux hommes ?
Si cette position n’a pas été retenue, c’est bien la logique économique néolibérale qui continue d’instiller ses poisons.

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L’État est intégré dans l’économie libérale, non pas au nom du peuple souverain dont on ne demande pas l’avis, mais au nom de partis qui se sont accordés sur la cession à des particuliers, toute l’économie et certains secteurs annexes des services publics.
Le sinistre de la chose tient dans le double langage. Celui des lois du commerce garantissant la dynamique du libéralisme par la devise « marche ou crève », si bien qu’une entreprise qui fait des pertes doit disparaître au nom de la prospérité de celles qui réussissent, établissant ainsi un équilibre concurrentiel. Or, l’aide massive de l’Europe, contrevient à cette loi essentielle du système libéral, en faussant le jeu, non pas sous le prétexte de conserver des emplois, mais sous celui de maintenir en place les actionnaires et les propriétaires d’entreprises, qui, sans cette aide, seraient faillis.
Enfin, qu’est-ce que l’argent public, sinon de l’argent privé venant de la masse des contributeurs qui seraient en droit de revendiquer la propriété de certaines des entreprises tenues la tête hors de l’eau par l’État, c’est-à-dire nous. Elles seraient vendues sans notre intervention, nous en faisant, dans bien des cas, les propriétaires de fait.
Cet apport massif de milliards, salué comme une action de l’Europe au secours des entreprises en difficulté, n’est que la conséquence d’un discours hégémonique qui mêle tout à dessein et qui auparavant tenait un autre discours sur la dette publique, que les libéraux confondent toujours avec la réduction de la dépense publique. On voit ce qu’il en est aujourd’hui avec ces milliards, boulets supplémentaires de la dette, qui n’ont rien à voir avec les dépenses de fonctionnement de l’État.
La précarité générale conséquence du néolibéralisme fait aujourd’hui son plein effet. Cette aide massive aux entreprises va permettre de procéder à des ajustements et à des modifications qui sont dans leur cahier des charges depuis le début de la crise et qu’elles n’ont pu mettre à jour faute de moyens. Ces milliards seraient autant de moyens de détruire de l’emploi pour en proposer d’autres, certes, mais comme à chaque fois pour les emplois, ce serait en finale pour en réduire le nombre.
En ce moment, les gens sont inquiets et ils ont raison de l’être. La question qui brûle toutes les lèvres « qu’est-ce qu’on va devenir ? » est en suspens. Les travailleurs qui perdront leur travail, pourront dire que leur patron a pu les licencier grâce à l’argent reçu de l’Europe et redistribué en Belgique à la tête du client.
Pas mal, non ?

6 septembre 2020

Foutue situation, foutu pays !

Y a-t-il plus saugrenue situation que celle qui consiste à se louer « esclave d’industrie », alors que potentiellement on a en soi bien plus à donner aux autres de savoir-faire que celui de faire un job à la con, poussé par la contrainte sociale et le besoin de manger ?
Combien à ce petit jeu stupide de se « placer », l’Humanité aura-t-elle perdu de Mozart, d’Hugo et d’Albert Einstein avant de se rendre compte de l’aberration de l’économie libérale, qui consiste à détruire ce qu’on vient de construire pour construire à nouveau ?
L’élite n’est pas la crème du pot, c’est l’infime partie visible de ce qu’on aurait pu avoir et que l’on a perdu irrémédiablement par défaut. C’est ne pas rendre un grand service à l’élite qu’on voit, car cette situation la gonfle d’une importance qu’elle n’a pas, jusqu’à en perdre le sens des réalités et devenir ainsi une « fausse » élite.
Un travailleur sur trois a la conviction que son travail est sans importance et ne lui apporte aucune satisfaction. Ce travailleur déçu n’est pas forcément quelqu’un qui n’aime pas son travail. Mais la routine et le faire machinalement produisent en lui une mise en veilleuse de son intelligence créative et de sa curiosité intellectuelle, si bien qu’il perd de vue l’intérêt que son travail représente pour un collectif, souvent limité aux seuls bénéfices de l’entreprise.
La plupart des emplois est si totalement inutile, voire nuisible que le salarié peut difficilement justifier ce qu’il fait, au point de se sentir obligé d’être « du côté du patron » des fois que celui-ci s’apercevrait qu’il dépense de l’argent en pure perte.
Ne conviendrait-il pas, à partir du moment où l’on fait ce constat, de considérer le travail pour une grande partie des personnels, comme une corvée qui devrait être pour toute la population valide et en âge de travailler et qu’il conviendrait en le répartissant d’en diminuer considérablement la durée ?
Qu’y aurait-il de mal à donner cinq heures de corvées par semaine de haut en bas de la hiérarchie ? Sinon, celui de détraquer la machine à décerveler qui de l’apprentissage à l’école, au métier appris sur le tas, constitue la base de la « discipline » capitaliste.
En réalité, la plupart des métiers qui n’en sont pas vraiment constitue les fondements du système libéral qui est parvenu à une telle hiérarchisation, qu’il faut parfois montrer un diplôme universitaire pour faire un métier que pourrait faire un apprenti de quinze ans, en un écolage d’une semaine ! Ils existent pour faire la preuve de l’importance d’une entreprise, d’une administration ou d’une personne. Certaines missions sont, au départ, tellement floues, que les titulaires inventent des procédures, afin de justifier leur présence.

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L’important pour la bourgeoisie aux manettes, c’est de produire pour conserver « au chaud » une partie de la population qui sans cela grossirait dangereusement la cohorte des chômeurs. Pourtant, dans ce système, des chômeurs il en faut pour « réguler » la bourse du travail. Entre 6 à 7 % constitue un volant de sécurité dans lequel puisé à sa guise, tout en rejetant les intrinsèquement improductifs, donne l’équilibre parfait entre l’offre et la demande. C’est un vaste marché aux esclaves que l’État surveille de deux manières, en mettant en place un lourd personnel de contrôle et d’inquisition du chômeur, sans lequel ce personnel se trouverait de l’autre côté du guichet et invente des coercitions par des jeux d’indemnités et d’ayants-droits adaptés aux foucades de l’économie et du capital.
Mais dans les mauvaises conjonctures, ce volume passe à 10, voire 15 % et au-delà, ce qui fait courir des risques d’explosion de la machine. Quand il y a pléthore, les règles se durcissent, il faut faire croire que le chômeur est responsable de la crise, et il l’est malgré tout puisqu’il passe de l’état de consommateur à celui d’indigent, mais la plus grosse part de la situation revient à l’aberration du système économique libéral, qu’il convient d’en cacher les vices du mieux que les partis de pouvoir le peuvent, aider par les médias et parfois par les syndicats (c’est le cas en septembre, à propos de la rentrée des classes sous la menace du Covid-19).
Des aberrations plus grandes existent encore dans les boulots de choc où l’agressivité du titulaire est exigée. Le chef, le contremaître, le kapo, mais pas seulement, les lobbyistes, les experts en relations publiques, les télévendeurs ou les avocats d’affaires, font partie de ce flot disparate de porte-flingue, nécessaire comme les gardiens de prison dans le domaine carcéral, car il s’agit peu ou prou de la même chose, comment s’assurer à la fois de l’honnêteté du travailleur en même temps que de la « sécurité » de l’entreprise ? Si ce n’est en mettant des gens dans des miradors pour l’extérieur et en procédant à des enquêtes en suspicion de méfaits à l'intérieur ?
A quel genre de personnel s’adresse-t-on pour alimenter ces professions ? Par quelle aberration de l’esprit, un travailleur peut-il accommoder son raisonnement pour aimer ce qu’il fait dans des conditions qui relèvent de la chiourme ou du cafardage ?
Ces exécuteurs sont là pour régler des problèmes qui ne devraient pas exister !
Est-ce que cette société va pouvoir survivre longtemps à cette complicité outrageante des élus du peuple avec ce genre d'économie ? La question est à dix balles; Il est urgent de la poser, sans se faire trop d’illusion sur la réponse.

5 septembre 2020

De l’amour et tout le reste.

Essayez de rattraper le temps qui court. Véloce, vous l’aurez peut-être derrière vous. Pour ne pas l’avoir dans le dos, reste la volte-face. Une fois devant vous, le temps se met à fuir.
C’est ce que j’ai fait avec lui…
Une clameur qui monte de la foule s’interprète de diverses façons. J’ai choisi celle qui me contraignait de présenter ma biographie complète afin de satisfaire à la curiosité publique. Je l’estime légitime puisque je suis de gauche. Au cas où cette biographie ne serait pas correcte, aux yeux d’un public qui n’a que faire des schizophrènes histrioniques, il peut l’abandonner.
C’est une œuvre de pure fiction comme sont les biographies dont l’auteur est le sujet. Toute ressemblance avec moi serait donc pure coïncidence. Rien n’est plus sûr que l’incertain.
Quoique toujours en vie, je commencerai par ma mort, qu’on peut qualifier de certaine. Le tout est d’en connaître la date, que j’ignore pour le moment. C‘est la chose dont tout le monde se fout, sauf le concerné, c’est-à-dire tout le monde, mais pas en même temps.
C’est l’épisode ultime sur lequel je ne veux pas m’étendre. On le comprendra sans peine. Quand ce le sera, ce sera toujours trop tôt. Il se pourrait que je n’en eusse pas assez dit ce jour là. La mort n’étant qu’un manque de savoir-vivre, ma bonne éducation m’empêche de pousser plus avant sur ce chapitre qui n’implémentera que très peu le solécisme de ma vie. (là je sens que les derniers lecteurs ont une défaillance sévère)
Réaliste, j’ai dépassé largement les limites de la réalité afin de ne pas limiter mon appel à la raison. J’espère ainsi ouvrir une voie dans laquelle s’engouffreront ceux qui désespèrent que la réalité, ne dépasse un jour la fiction. L’avenir n’est-il pas du passé en préparation à la seule différence qu’on ne sait pas encore ce qui s’est passé, quand ce n’est encore que l’avenir ?
Avec des fortunes diverses, j’ai pratiqué toute ma vie professionnelle le « wait and see » attendant le jour où les pachas du système se souvenant de mon existence, m’octroieront un viatique. Comptables des deniers de l’État, il serait logique que la Covid-19 mette un terme rapide à leur générosité calculée.
Si l’imbécillité n’existait pas, il faudrait l’inventer, sans quoi comment saurions-nous que nous sommes intelligents ? C’est par ces fortes paroles qu’à l’heure actuelle je n’ai pas encore compris pourquoi je me suis toujours heurté à moi-même dans l’estimation des autres. Car, nous ne pouvons savoir des autres que parce que nous nous supposons plus intelligents. Cela m’a permis d’en déduire que par rapport à cette estimation, je m’étais surfait. Ce trait de modestie est difficilement partageable. C’est propre à la nature humaine d’individualiser les qualités et de collectiviser les défauts.
Après que je vous aie livré sans détour les bas-fonds de ma vie professionnelle, ma carrière politique se résume au malheur que n’étant pas né à la campagne, je n’ai jamais pu faire l’homme de paille d’un grand responsable d’un parti en fournissant la matière de son picotin. J’avais pourtant devant mes yeux de grands exemples, ceux de Didier Reynders et Louis Michel. Je fis donc l’homme de gauche, sans être d’aucun parti, tandis qu’eux faisaient hommes de droite en étant de parti pris.
Parti de rien pour arriver nulle part, je n’ai de merci à dire à personne, seule Sainte Rita me comprendra.

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Nous voilà déjà arrivé à la partie la plus intime de mon récit. Celle où l’être se dévoile dans son intimité. Combien de fois ?, disent alors les curieux, saisissant en un fabuleux raccourci un demi-siècle de relations amoureuses.
C’est au pied de la haie et non par-dessus que se concrétisent les serments qui se font généralement à la campagne, quand on est jeune, sportif et sans un sou. Explicit liber, l’autobiographe avoue ses échecs. Auparavant, il m’aura fallu deux cents pages pour reconnaître que si j’ai été trompé, c’est que je l’avais bien cherché et qu’à la place de l’autre, j’en eusse fait autant.
Mes relations amoureuses ont été comme l’invention du fil à couper le beurre. J’ai cru toucher au génie, après tout le monde en croyant être le premier. Vous dire des noms ne serait pas d’un galant homme ! Vous pensez bien que si l’une ou grande vedette avait été dans le palmarès que la galanterie eût passé à l’arrière plan.
Les relations sont le contraire des mathématiques. À partir de combien doit-on parler au pluriel ? C’est laisser à l’appréciation de chacun. Du point de vue grammatical, c’est plus évident, cela s’appelle l’holisme, un mot toujours au singulier.
L’amour selon Lacan, « c’est de donner ce qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas. » C’est un point de vue momentanément faux. En principe, il faut, pour les plus pressés, au moins six mois de relation pour faire du Lacan, les plus lents mettent vingt ans.
Partager l’amour, c’est le réduire. Aussi garderai-je ce qu’il m’en reste en faisant semblant de croire qu’il est entier.

4 septembre 2020

Cuba si!…

La crise a débuté bien avant la Covid-19. La lutte contre la pandémie a montré le non-sens du néolibéralisme, vers quoi les dirigeants nous poussaient. Le cumul de la crise économique et du Covid va-t-il susciter une réflexion intelligente sur nos modes de vie, tellement dépendantes de nos modes de production ? Aujourd’hui, il y a deux pouvoirs : l’économique et le politique. Le second s’est proprement transformé en serviteur du premier !
Nous en sommes revenus à 2009, lorsque Reynders arrosait les banques avec notre argent, sans réclamer le droit de propriété qui nous revenait en système capitaliste ! Des milliards vont être à nouveau versés aux entreprises. Comme des couillons nous voyons l’argent public filer vers des portemonnaies particuliers ! Ceux qui reçoivent ce pognon vont le faire fructifier et qui paiera les biens produits plus chers ? Je vous le donne en mille… C’est le coup des banques bis !
Pour le reste, construire un hôpital en dix jours, comme surent le faire les Chinois, n’est pas accessible à l’économie capitaliste, même si par certains côtés, le système chinois n’est pas l’idéal non plus.
Qu’au cours du mois de mars, des acheteurs occidentaux se soient disputés la destination de masques prophylactiques sur les tarmacs et devant les avions-cargos à coups de dollars, est une des extravagances de la dérive générale de l’offre et de la demande.
Ces derniers mois est apparue l’absolue nécessité de rapatrier des productions pour leur fabrication en Europe : appareils sanitaires, masques, accessoires, médicaments, toutes choses produites parfois aux antipodes, au nom d’un marcher unique. Le libéralisme, dans sa quête perpétuelle de croissance, détruit l’environnement et met les populations en danger pour les mêmes raisons qui le font croître, tout en étant incapable de les protéger !
Des chefs d’État, Macron a été pratiquement le seul à faire publiquement l’aveu des « erreurs » d’un libéralisme laissé à la merci des milliardaires qui décident seuls les stratégies des grands groupes. Que les friqués de France se rassurent, Macron faisait sa pub.

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Par le passé, avant Piketty, des économistes, comme Lukàcs et Rosanda, s’étaient déjà interrogés sur une hypothèse, celle de l’émergence, au sein même du capitalisme, de modes de production non-capitalistes du genre coopérative ou étatique.
À titre personnel, je trouve que le système économique libéral est dépassé et qu’il ne satisfait plus aux besoins des personnes dans le cadre d’une économie tenant compte des réalités. Le monde s’appauvrit dans ses éléments vitaux surexploités. Une croissance aveugle gaspille les ressources, promettant une débâcle sans nom dans le futur.
Par l’habitude un mode de vie s’est créé, impossible de le faire basculer d’un coup dans un monde socialiste. Il y aurait des heurts, des résistances et on n’a jamais vu un groupe social minoritaire imposer sa loi aux intérêts du plus grand nombre, sans que ce dernier pousse des cris d’orfraie. On n’en comprendrait pas l’utilité et la bienveillance.
Certaines coopératives et une partie du secteur public de production ont constitué, par le passé, un mode de production non-capitaliste, aussitôt torpillé par les puissances d’argent et la corruption, déjà, du PS. Aujourd’hui, cela redevient un choix à explorer et dont l’intérêt est ravivé par les circonstances.
Que ces modes de production soient dominés par le mode de production capitaliste et violemment combattu dans la sphère politique, serait le premier obstacle. On ne voit pas bien le MR et le PS promouvoir une production qui ne serait pas la propriété de quelques-uns, mais de tous.
Pourtant, c’est la planche de salut pour que le système évolue vers une transition nécessaire.
Après l’échec de l’URSS, le capitalisme autoritaire d’État de la Chine, la survivance d’un vrai socialisme à Cuba a quelque chose de miraculeux et de quoi inquiéter les absolutistes du système libéral. Cette petite île du socialisme a résisté à tout, y compris au monstre américain agressif. Et, pour ceux qui y ont voyagé en touriste, la population n’y vit pas si mal malgré le blocus organisé par le capitalisme mondial et la propagande féroce anti cubaine.
Cette microsociété aura résisté plus de cinquante ans à la pression américaine et est toujours debout. Elle aura proposé ses médecins partout où la société libérale perdait pied dans sa lutte contre la pandémie et manquait cruellement de personnel médical.
Il est important de poursuivre une recherche active sur une économie de transition. L’Europe par son conservatisme intransigeant est la première fautive, alors qu’elle est concernée au premier plan.

3 septembre 2020

Goldmember.

Jadis, quand on venait d’un milieu chrétien, on était généralement friqué. Non pas qu’il n’y eût pas des assidus du prie-Dieu dans la misère, mais ils n’avaient pas leur nom gravé sur l’entretoise, ce qui les reléguait derrière les premiers rangs.
La haute période de l’honorabilité de façade et des mots interchangeables fut celle entre 1880 et 1935, cinquante-cinq années d’alliance du fric, du sabre et du goupillon. Après, ce fut « l’horreur » du Front populaire, puis le bonheur d’une collaboration douce à laquelle participa activement la chrétienté en croisade sous un nouveau Godefroid de Bouillon, le surdoué du crime germain, avant de devenir après 45, les américanolâtres qu’ils sont encore, aux noms de leurs intérêts particuliers.
Dans ce milieu chrétien, la bonne éducation voulait que l’on ne prononçât pas certains mots du dictionnaire sans avoir été dûment transformés, par exemple couille, devenait nouille, putain devenait « la qui se néglige » et il n’y avait de maîtresses que d’école.
Dieu ne faisant plus recette, une mutation profonde du milieu friqué chrétien s’opéra. Jusqu’au délire de cet Américain de l’Église évangéliste, originaire d’Atlanta, qui, après avoir fait sauter la banque d’un casino en ligne, est mort en voulant se faire des testicules plaqués or comme le grand méchant du film Austin Powers, Goldmember. On peut se faire des couilles en or au sens figuré et en mourir au sens propre.
De van Damme, à du Châtelet en passant par Frères, Davignon ou d’Ieteren, la discrétion est toujours de rigueur sur le compte en banque, mais on ne dit plus nouille pour couille.
Les nouveaux chrétiens pourraient même en remontrer aux films d’Audiard, sur la breloque amoureuse.
Parole d’Homme, où ils n’ont pas bougé d’un iota, c’est la partie d’eux-mêmes consacrée à l’oseille, qu’ils nomment toujours chrétiennement : l’argent. Ils vont toujours à Messe, mais dans un autre temple : la banque.
Cependant ils sont inquiets. Le pare-feu qu’ils avaient conçu entre la soie et le coutil, la démocratie représentative, leur fait défaut. Non pas qu’elle leur soit en elle-même défavorable, ce sont surtout les hommes qu’ils ont choisi et que nous élisions, qui donnent des signes de fatigue.

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Sommes-nous stupides ! Nous, citoyens, nous leur avons donné un chèque en blanc, valable notre vie durant, afin de faire ce qu’ils veulent de nous !
Et voilà que trop nombreux, comme des porcs à la mangeoire, ils grognent, se battent entre eux et que ça se voit, Husumer (1) chrétien contre Leicoma (1) libéral, sans aucun compte à rendre, sans tenir leurs promesses électorales, puisqu’ils se sont mis en affaires courantes.
Soutenus par les milliardaires, européistes et néolibéraux d’attaque, ils considèrent le mandat électif non pas comme une mission provisoire, un honneur, mais comme une profession. Leur unique but après avoir servi de maître d’hôtel aux détenteurs du pognon, c'est d'être réélus grâce à la pub payée par les milliardaires. L'électeur est un un marché à rentabiliser.
Ces représentants du peuple sortent des catégories socioprofessionnelles supérieures : hauts fonctionnaires, avocats, médecins, journalistes, cadres et retraités de grandes entreprises, au culot à représenter les employés, les ouvriers, les artisans, les commerçants et les chômeurs, dans une société dont ils n’entravent que dalle. Et quand par hasard, un « basse condition », comme Elio Di Rupo, fils de mineur italien, décroche le gros lot, on le voit tout de suite prendre des allures de marquis et se mouler les fesses dans des futals de chez Arnys.
Au départ, nous les pommes, on s’est lancé dans la démocratie, comme on va à la Communale. Ces intellectuels bourgeois, nés avec l’esprit du chasseur, ont vu le blé à prendre moyennant quelques singeries. Si bien qu’aujourd’hui, ils se nomment entre eux et fixent eux-mêmes leurs arrhes. Le peuple souverain est prié de rester dans sa niche. Les michetons s’occupent de tout. D’élu, le mec est passé truand, avec les autres, les milliardaires. Ces voyous se tapent de fameux morceaux dans leur Europe, en compagnie des chers Américains. Ils font partie de la « classe politique » huppée. Les amoureux du cinoche américain aiment ça ! Que l’on refasse les élections, ils en voudront encore !
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1. Deux races de porcs européens.

2 septembre 2020

Libanisation de la Belgique !

L’explosion qui a ravagé le centre ville de Beyrouth a été un événement déclencheur qui a mis à nu la société libanaise dans toute sa crudité, livrant au regard de la foule les gens qui vivent derrière les façades effondrées, dans leur mobilier et leurs habitudes. Le Diable boiteux de Beyrouth, s’est offert le gouvernement libanais, comme dans le livre de Le Sage !
Certains témoins disent s’être rendu compte que le système de corruption était plus grand que l’État. Le diagnostic du Premier ministre libanais Hassan Diab, dans son discours de démission du 10 août, a fait froid dans le dos et montré l’ampleur du désastre politique que traverse le Liban.
De toute l’Union Européenne, la Belgique est probablement le pays le plus proche par sa situation, de la crise politique de Beyrouth, le drame des pertes humaines et des destructions du patrimoine en moins.
Quand on compare les deux situations, ce qui frappe d’abord c’est le Hezbollah libanais, un État dans l’État et sa presque représentation chez nous avec le mouvement séparatiste flamand.
Au Liban, l’enchevêtrement des partis, incapables de s’entendre dans un élan constructif, mais obligatoirement tenus à un accord, s’entendent plutôt bien sur le dépeçage des biens et le partage des profits au prorata des différentes puissances en présence. Voilà qui nous plonge quasi directement dans les méandres de la politique belge, cet étonnant marchandage qui donne l’impression aux citoyens de se trouver en permanence sur un marcher aux bestiaux où les vendeurs se tapent dans les mains et se voient comme des maquignons en concrétisant leurs ventes et leurs achats.
Les Libanais durant les rassemblements tumultueux d’octobre 2019 n’avaient cessé de dénoncer l’incompétence et les négligences de la classe politique.
En Belgique, la fin lamentable du gouvernement Michel à propos d’un accord international dont la N-VA ne voulait pas, lors de la même période qui voyait le mécontentement libanais prendre de l’ampleur, a laissé le peuple belge abasourdi plutôt que furieux. Mais cela ne signifie pas que les Belges n’aient pas compris que le degré d’incompétence et le manque de prise de responsabilité des responsables de la crise étaient en partie la cause d’une corruption générale moins spectaculaire que celle du Liban, mais tout aussi profonde et irrémédiable.
Le système belge est encore plus complexe que le système libanais. Tellement même, qu’un nombre incalculable de failles a permis aux acteurs des partis de se multiplier et de se blinder dans des mandats aussi variés que somptuaires.
Nous sommes en train de prouver qu’une caricature de démocratie nuit à la démocratie. Nous avons conçu une usine à gaz impossible à démanteler et dont les partis profitent en casant leurs créatures à tous les étages.

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Il n’y a plus qu’une explosion comme à Beyrouth qui réussirait peut-être à mettre par terre cette usine à gaz, sauf qu’ici il ne s’agit pas d’installations portuaires, de silos à blé, de capitaineries et de hangars des docs que des maisons d’habitations entourent, mais d’un échafaudage baroques de lois linguistiques, une captation hétéroclite des pouvoirs par les Régions, les Provinces, les Villes et les Communes, le tout administré par un réseau de bureaux administratifs dont le but n’est pas de simplifier les rapports du citoyen avec son administration, mais au contraire de les compliquer, afin de masquer l’inutilité de la plupart des gestes administratifs.
Au Liban après l’explosion du 4 août, le gouvernement a démissionné, les autorités libanaises ont ouvert une enquête sur l’accident, l’aide internationale s’organise à l’instigation de la France et les manifestations de la colère, parfois sévèrement réprimées, n’ont pas cessé.
La Belgique montre un gouvernement le plus stable du monde puisqu’il est non renversable jusqu’au 17 septembre. Il ne s’appuie sur aucune majorité. Il n’est pas sûr que son cahier des charges « limité » à la gestion au quotidien le soit réellement. Sophie Wilmès prend des initiatives de droite et donne aux partis libéraux un avantage sur tous les autres.
“Le risque aujourd’hui, c’est la disparition du Liban” a averti le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, jeudi 27 août. Est-on vraiment en train d’assister à l’effondrement du pays, questionnent les journaux.
“Il y a une certaine fatalité à être Libanais”. Je sais bien que la situation sociale du Liban est incomparable, tant l’urgence de sauver les enfants, de manger de se vêtir et de s’abriter est autrement plus grande qu’en Belgique.
La comparaison s’arrête là.
De la disparition probable du Liban et le processus logique qui mène à la disparition de la Belgique, il y a toute la différence entre le « probable » et le « certain ». C’est l’ambition de cette chronique, de montrer que la Belgique, c’est fini ! Faut-il le regretter ou l’applaudir ? La parole est aux citoyens.

1 septembre 2020

Rentrée, un œil sur la sortie…

La rentrée n’est pas gaie, un œil sur la sortie, comme dans les cinémas « en cas d’incendie ». Avec ce qu’on a comme incendies possibles au gouvernement, cela se passe dans la plus grande confusion et l’incertitude totale. Ce système libéral rétrécit la liberté de chacun sous prétexte d’être libre ! Ce paradoxe devrait entrer dans un cours de philosophie.
Contrairement aux ministres de l’éducation nationale (dorénavant il vaut mieux employer le pluriel pour ne heurter personne), il n’y a vraiment rien de concret, aucune cohésion, mieux, incohérence totale. On établit un document avec toutes les dispositions sanitaires, distance, lavement des mains, masques, entrées et sorties, récréations et cela pour des écoles dont la presque totalité n’a pas les possibilités financières, ni même immobilières, de respecter les consignes. La plupart des établissements scolaires ont été construits ou reconstruits entre 1950 et 1970. Je suis persuadé qu’en grattant certains murs, on retrouverait de l’amiante !
Idem pour le personnel enseignant, il devra se débrouiller avec des classes de vingt-cinq élèves dans des locaux qui, en tenant compte d’une distanciation d’un mètre, pourraient tout juste installer une quinzaine d’élèves. Les fenêtres devraient pouvoir rester ouvertes. Certaines classes sont munies de bais vitrées qui ne s’ouvrent pas, d’autres ont les fenêtres bloquées.
La mascarade générale est quasiment impossible et l’enseignant qui devrait pouvoir au moins donner son cours avec une visière, ne le peut pas et doit se couvrir le nez.
Quittons ce lieu à scandale pour en explorer un autre.
Le gouvernement qui devrait formellement être en place avant le 17 septembre ne le sera probablement pas ; mais, le parlement n’est pas à une dérive constitutionnelle près. On donnera un peu de rabiot à Sophie Wilmès et va comme je te pousse.
Il ne sera pas constitué de la faute de Georges-Louis Bouchez qui a fait capoter l’attelage De Wever-Magnette uniquement parce que le MR n’en était pas ! On pourra dira pis que pendre du programme Black and White, mais pour ne pas se faire descendre en flamme aux prochaines élections, Magnette avait passé un deal avec De Wever, en échange d’un pas vers le confédéralisme, Paul Magnette avait obtenu un desserrement de l’austérité pour les petits salaires, les allocataires sociaux et les pensionnés.

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Une pause dans le programme de l’austérité libérale, c’était toujours cela de pris.
Avec la formation quatre-fromages, on va voir si Magnette pourra maintenir son programme. D’après les déclarations de Bouchez de ce dimanche, il ne le pourra pas.
Donc ce sera du temps perdu, à moins que Magnette ne mange son chapeau.
Va-t-on une fois pour toutes cesser de croire que ces gens que nous avons élus soient capables de modifier leur trajectoire libérale alors qu’ils gagnent six à sept fois, au bas mot, une paie d’ouvrier dans ce système économique ? En Belgique bourgeoise, pourquoi voudriez-vous qu’ils prennent le risque de tout perdre ?
Le reste de l’actu nous devient étranger : l’effondrement économique de l’Europe, le Krach mondial imminent, les crises d’autorité d’Erdogan, ce nouveau sultan qui veut régner sur la Méditerranée, les pauvres gens qui risquent leur vie en croyant qu’elle serait meilleure en Europe et qui traversent la mer à flux continu sur des embarcations de fortune… plus rien n’intéresse les gazettes, et nous aussi, par la même occasion, déjà si peu portés à nous inquiéter des nouvelles du monde, à croire que nous n’habitons pas la même planète !
Deux événements vont avoir lieu fin d’année, coup sur coup : la réélection de Trump et le Brexit de la Grande Bretagne. A cause de la politique ultralibérale et nationaliste de Trump, imitée par tous, le monde entier est au bord de la catastrophe financière. L’OTAN est à l’état de cadavre. Nos rapports commerciaux avec certains grands états sont exécrables à cause d’une loi américaine qui sanctionne des entreprises étrangères qui ont une attitude « inamicale » vis-à-vis des USA. Les USA ont rompu unilatéralement un traité contre la prolifération nucléaire avec l’Iran, ce qui fait que l’Iran aura bientôt sa bombinette nucléaire comme Israël, mais chut celle-ci est autorisée… il ne faut pas le dire.
D’ici la fin de l’année, on aura une cascade de faillites et une augmentation record du chômage. Nos industriels qui n’ont pas la vocation du civisme, vont se faire un plaisir de poursuivre leurs délocalisations de ce pourquoi nous nous sommes retrouvés avec un paquet de morts au début de la pandémie, manque de masques, d’appareils respiratoires, de médicaments et d’égards de nos six ministres de la santé vis-à-vis des hôpitaux et des personnels. Comment, dans ces conditions, prendre la rentrée avec optimisme ?