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30 novembre 2003

Une rencontre d’aujourd’hui.


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29 novembre 2003

Avoir des lettres pour s’en servir.

A propos des petits personnels dont l’écriture est le passe-temps ou le gagne pain, une jeune romancière anglaise traduit bien une pensée générale informulée, mais si empreinte de vérité que je vous la livre in extenso. Je le fais d’autant plus volontiers que venant d’une femme et d’une contemporaine, elle rompt avec la tradition de la langue de bois qui fleurit partout depuis que tout le monde sait que tout le monde ment.
C’est l’occasion qui m’est offerte de présenter une auteure de moins de quarante ans signifiant au passage que je ne puise pas mes exemples systématiquement dans le passé.

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« Ne fais jamais, au grand jamais, confiance à un homme qui travaille avec sa tête toute la journée, bricole la ponctuation et introduit son imagination au plus profond des propositions chaudes et humides… Je devrais te dire qu’ils veulent toujours se montrer spirituels, polysyllabiques et cultivés, amusants, charmeurs, délicats, sains, mondains, mais ce qu’ils veulent surtout, c’est avoir ton fond de culotte en travers de la gueule pendant qu’ils t’enculent sans même se rappeler ton nom »

Romancière et nouvelliste, A(lison) L(ouise) Kennedy est née en Ecosse, en 1965.
Son dernier roman, Un besoin absolu, est paru en avril 2003.

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28 novembre 2003

Les fastes de novembre de la Belgique joyeuse.

Fin de la semaine à Naples, les ministres des Affaires étrangères de l’Europe se réunissent pour marquer le coup sur l’adoption de la Constitution Giscard.
On ne peut pas oublier que Dehaen est le co-auteur de cette Constitution et que son ombre flottera sur l’hémicycle.
Mes avis qu’on parlera de tout autre chose.
On va clabauder terrible sur un autre sujet, celui des ministres des finances de la zone euro qui lâchent du lest sur la procédure contre l’Allemagne et la France pour leur déficit qui contrevient au pacte de stabilité des finances publiques.
On se souvient que Dehaen avait passé les Belges à l’essoreuse pour ramener le déficit de Manneke pis à un taux raisonnable afin d’entrer dans… j’ai failli écrire l’eurodisney !
Les critères de Maastricht obtenus, nous nous étions installés comme un grand dans l’assiette au beurre européenne. Ah ! comme on était bien dans le rôle de bon élève !
Les efforts que l’on demandait aux petits Etats pour avaler le franc lourd et le mark et tous ensemble palper la monnaie des monnaies, n’ont été valables que pour les lilliputiens. Gargantua et Pantagruel – pensez l’Allemagne et la France - en pleine dérive budgétaire s’en foutent et l’Europe leur donne raison ! Non seulement, ils dépassent fameusement la cote d’alerte dans leur budget à la hausse, mais ils en conviennent et ne sont pas sanctionnés !
A la tête des vertueux Louis Michel appuyé par la BCE (banque européenne) va sûrement nous sortir un beau discours et puis, comme pour l’amerloque, devant la force tranquille de nos voisins, il va resauter dans son terrier pour voir venir. Cela s’appelle la politique du menton volontaire.

Il conviendrait pourtant que Didier Reynders donne sa version des faits en qualité de co-responsable de ce désintéressement de la Communauté financière en faveur des deux contrevenants.
La Constitution européenne pour les 25 dans tout cela ?
On ne sait pas. C’est pour plus tard. A moins que dans l’émotion du moment, on adopte tout en vrac : Giscard, Dehaen et consort. Si c’est le cas, Valéry Giscard et par rachat de titre d’Estaing pourrait faire un pas de plus vers l’Académie française, son rêve à cet homme…
Comme quoi des désastres collectifs peuvent engendrer des bienfaits individuels.
Que la presse « tout va bien » se rassure, une embellie est en vue, il paraît que la croissance va redémarrer l’année prochaine, ce qui pourrait à partir de 2% remettre la France et l’Allemagne dans le bon chemin. On en est moins certain pour la Belgique, tant et si bien que si ça continue, nous pourrions frôler un dérapage l’année prochaine, ce qui permettrait à l’Europe de nous pénaliser et de rattraper sur notre bas de laine les sommes que la France et l’Allemagne n’auraient pas déboursées au titre de sanction.
Ce serait la meilleure de l’année !
Enfin, à partir de mai 2004 à l’exception de la Pologne qui est un gros morceau, les neuf autres postulants sont des états miniatures comme le nôtre, ainsi nous nous sentirons moins seuls avec le Luxembourg pour écoper à fond de cale.
Certains enthousiastes de la Belgique joyeuse doivent manger leur chapeau à l’heure qu’il est, mais chez eux et en silence.
Quant au petit peuple, qui perdrait son temps à lui expliquer la chose que, de toute manière, il ne comprendrait pas ? Voilà le raisonnement général des gazettes qui résume bien la situation.
Dans le fond c’est vrai. Nous avons voté, oui ou non ? Tous ces lascars plastronnant sont nos élus, oui ou non ? Tout est donc légalement ficelé et empaqueté !
Bon. Alors, nous payerons et en attendant : fermons-là.
Liégeois : optimiste toujours !

27 novembre 2003

Les nouveaux pornographes.

A la multitude des écrivains occasionnels ou professionnels, journalistes ou simplement diaristes par passe-temps, quelques questions…
Pourquoi, l’observation écrite ne conduit-elle presque jamais à la description de la condition sociale des gens ?
Autrement dit, cet environnement de jouissance rapide et de haute consommation produit des détresses humaines en pagaille. Pourquoi ne parle-t-on que des formes bénignes des rapports entre les personnes ? Pourquoi nous montre-t-on rarement des drames sociaux, des fins de vie dans le besoin, des rapports tendus dans des hiérarchies, des vices aussi, comme si toucher la réalité était indigne du reporter, comme si la mission de certains n’étaient que de rassurer en voyant du bonheur là où il n’y en a guère, des responsables épanouis, des économistes sûrs d’eux-mêmes et des politiciens souriants ?
On croirait presque à la collusion générale, alors qu’elle n’est effective que pour certains !
J’essaie de mettre en scène depuis toujours des gens ordinaires, dont certains vous sont familiers, d’autres aussi, extravagants.
Il y a des salauds et des amoraux, comment les décrire si ce n’est en montrant leurs vices et leur part d’ombre pour essayer de les comprendre ? Bien sûr, il serait plus simple de les ignorer, confortant ainsi un monde « royaume de Saint-Nicolas ».
Mais serait-ce faire une œuvre de lucidité, que l’on soit journaliste ou écrivain ?
Pourquoi n’y a-t-il presque jamais dans les gazettes la relation d’un licenciement dans ce qu’il a d’insupportable au niveau de la famille et du milieu du licencié ? Qu’on ne vienne pas me dire que l’employeur ne connaisse pas la façon dont vivent ceux qu’il emploie. Ils sont parfaitement au courant, même ceux qui règlent le sort de milliers de gens depuis le bord de leur piscine et qu’on ne voit jamais ; comme les personnels politiques n’ignore pas la façon dont vivent les gens avec moins de 500 euros par mois.
Alors comment peuvent-ils pérorer dans les salons, convoquer la presse, plaisanter sur l’avenir, faire des projets ? Tant et si bien que celle-ci s’en retourne à l’aise répandre la bonne nouvelle dans les magazines !
Sinon parce que ce qu’ils font ne leur saute aux yeux qu’à travers des chiffres et des rendements. Et la mécanique de désinformation se transmet de celui qui la commet à celui qui la relate.
Ces omissions scandaleuses ne sont pas seulement du domaine des affaires. C’est pareil du côté politique dont sont issus et dont procèdent la plupart des intellectuels dans le cadre d’une Belgique championne dans le clientélisme et dans la promotion canapé. Et cette mauvaise relation d’une situation, des journalistes la commettent tous les jours, jusqu’aux plus petites chroniques qui deviennent des féeries pour grands naïfs. C’est parfois involontaire, mais de petits services en petites compromissions, chacun finit par avoir ses têtes, ses tabous, ses limites et ses sujets « délicats ».
Alors tant qu’à faire, plutôt que payer, autant lire un toute boîte qui dans la même prose vous met sous le nez le même brouet, mais gratuit.
Un exemple immédiat. Une nouvelle édition sur le net de la vie liégeoise vient de voir le jour « Le Liégeois Optimiste ». Bon. Tant mieux. Voilà, pensai-je l’occasion de lire des avis de « journalistes » sur Liège et consort. Je lis l’article sur l’archéoforum Saint-Lambert : que d’émerveillements !... Une critique où tout baigne du premier coup !
Alors, je me dis, ce n’est pas la peine d’écrire comme sur les prospectus. Si c’est cela le journalisme à la liégeoise, merci avec La Meuse, on est servi !
Alors, traiter des types de mon espèce de vicieux, de pornographes ou de gauchistes parce qu’ils mettent en scène des salingues et des pourris et qu’ils ne sont pas des assidus de la messe à l’opinion rassise, que leurs idées ne traînent pas sur les tables de rédaction, mais mesdames et messieurs, cela devient un compliment !
Un exemple du passé (pour ne pas faire du tort à qui serait déclaré vertueux dans la fange du présent) d’un littérateur assimilé à ses personnages et méprisé par les ignares et les « assis » du système : Choderlos de Laclos, auteur des Liaisons dangereuses dont on a donné avec Deneuve une version chou à la crème il n’y a guère dans un film qui se voulait sulfureux et qui n’était que ridicule.
Militaire en temps de paix, Choderlos fin observateur se complut à imaginer sur le canevas des mœurs d’une ville de province, qu’il ne connaissait que trop bien, les aventures galantes d’un couple infernal, infiniment plus gratinées que mon blog « les monologues du vaginofaunes », d’une noirceur extrême comme notre société en produit.
Il fut confondu avec ses personnages.
Jean-Paul Bertaud vient de sortir chez Fayard « une vie de Choderlos de Laclos ».
Messieurs les bien-pensants, une fois de plus vous avez eu tort. Et c’est bien de cette façon que l’hypocrisie se fait surprendre.
Choderlos fut un soldat idéaliste et l’amoureux d’une seule femme.
Ainsi, on peut vivre au contact des démons et rester digne et ferme.
Cet homme se construisit en-dehors de son œuvre et s’établit dans une morale que peu de ses détracteurs possédaient en propre.
Marie-Solange Duperré fut la femme de toute la vie de Choderlos. Ils échangèrent des lettres qui n’ont rien à voir avec celles de Madame de Merteuil.
L’apologie qu’il fit de l’amour unique doit nous faire ressouvenir de ce soldat amoureux.
« C’est par l’esprit qu’on brille, écrit-il, mais c’est par le sentiment qu’on aime et qu’on est aimé ; l’un ne procure qu’un peu de vaine gloire, l’autre nous rend susceptible du seul véritable bonheur dans ce court trajet qu’on nomme la vie : quelle que soit sa durée, on n’a vécu que par les affections qu’on a inspirées ou ressenties ».
Alors, vraiment, messieurs les écrivains, les journalistes, les diaristes, maintenant je sais qui sont les pornographes. Je sais où est la vulgarité. Elle est dans ce que vous êtes et dans ce que vous écrivez.
Peut-être que dans le silence des rédactions lorsque tout est bouclé et que plus rien ne se passe, songe-t-on parfois à ce qu’écrivit jadis Biancietti : « Tout ce que nous écrivons est inutile, surtout si c’est la vérité. Le monde va devenir chaque jour plus bête, plus laid, plus dur… Aussi aurons-nous plus que jamais besoin de nous masquer. L’avenir est à la clandestinité. »

26 novembre 2003

Par gros temps, vaut mieux réduire les voiles.

Il y a des sujets à la mode.
Par exemple, Elodie de Star Academy qui nous parle de son bonheur trahi. Malgré les vilenies, Edouard lui manque atrocement.
On se sent mal pour elle.
Quoique les nouvelles « people » soient celles que la majorité réclame, donc que tous les démocrates traitent en priorité, on peut préférer des sujets moins branchés.
Le port du voile islamique à l’école en est un.
D’aucuns rêvent d’un uniforme, le même pour tous.
On a demandé à des couturiers d’imaginer la tenue passe-partout.

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Pour les garçons, il serait question d’une fausse barbe agrémentée d’un chapeau de rabbin dont le ruban serait en fait un morceau de kéfié à carrés noir et blanc. Ainsi on aurait le symbole des trois religions : la Barbe de dieu le père des chrétiens, le chapeau de Sharon le jour du sabbat et la marque de Yasser Arafat.
L’Eglise réformée a déjà dit qu’elle allait porter plainte pour discrimination.
La gymnastique pourrait se faire en tutu molletonné pour les filles et en maillot de corps non moulé pour les garçons. Là, rien n’est moins sûr. Le parti gay estime que plus le maillot est près du corps, plus libres sont les mouvements.
Pour la natation, il y a déjà unanimité : la tenue complète du plongeur sous-marin avec masque de plongée et tuba incorporé. Le moniteur, quant à lui, serait équipé d’une tenue de scaphandrier classique.
Le Conseil supérieur de la Communauté de langue française n’a pas réglé le problème tant les discussions d’hier soir ont été longues et sans qu’aucune directives aient été prises. Le préfet de l’Athénée Bruxelles II à Laeken, laissé à lui-même, a décidé que les filles à foulard pourraient revenir à l’école dans cette tenue les jours fériés et pendant les vacances. A charge pour elles de remettre les classes en l’état où elles les auraient trouvées avant.
La machine à solutions simples située sur le trottoir devant le ministère de l’Instruction publique (une sorte de Bancontact installé par Laurette Onkelinx lors d’une de ses nombreuses rotations ministérielles) crache d’abord avant le nom du prof qui a mis zéro en français à votre fils unique, qu’en aucune façon la publicité ne retarde la découverte d’une solution. Quand vous l’interrogez sur le foulard, elle se met en dérangement.
Seul le concierge, dans une conférence de presse, aurait déclaré que le problème était complexe. Je cite : « Il met en jeu la peur de l’autre, l’asservissement des femmes dans la difficulté de vivre ensemble ».
L’idée qui consiste à borner sa capacité de liberté à ne pas gêner celle des autres, ce fameux « vivre ensemble », sans prosélytisme ni pression, mais qui ne peut être réduite à n’avoir pas d’opinion, est tout simplement impossible.

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A quel moment une casquette devient une kippa, il faudrait qu’on l’explique ? Et si les tresses genre Rabbi Jacob sont interdites, la queue de cheval de Xavier Malisse, ne l’est pas. S’il en avait deux teintes en blond, seraient-elles interdites ? Je veux toujours parler des tresses, bien entendu.
Une famille qui s’appellerait Christ, aurait-elle encore le droit de scolariser son fils qu’elle aurait appelé Jésus ?


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Dans le large éventail des croix, latine, grecque, de Saint-André, potencée, de Lorraine, de Malte, tréflée, égyptienne ou ancrée laquelle peut être arborée sans ostentation et sans choquer les convictions religieuses les plus intimes des autres ?
Les étoiles, à six branches, cela ne fait pas l’ombre d’un doute : interdite ! Mais à cinq branches ou à huit ?
Le triangle, n’en parlons pas. Ça sent la franc-maçonnerie à plein nez. Interdit. Dans les plumiers, il faudra saisir les compas pour les mêmes raisons.
Le carré peut convenir. Le pentagone, rapport aux USA, interdit ! L’hexagone chez les pointus de Gand et d’Anvers : interdit (Les fransquillons buiten !)
Il faudra imaginer d’autres symboles que la croix rouge ou le croissant rouge dans des opérations de bienfaisance des classes.
Les cours sur l’histoire de l’art seront particulièrement surveillés. Le geste auguste du semeur, s’il s’accomplit à côté d’une faucille et d’un marteau jetés négligemment au sol pour des raisons esthétiques, devra aller s’accomplir ailleurs.
Comme on le voit, la Communauté française a du pain sur la planche. Encore… le pain, ne se rompt-il pas par le Christ à la Cène ?

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25 novembre 2003

Quinte Flush chez les paumés : l’argent sale !

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En d’autres temps, on décrivait l’argent différemment : fin, vif, en sel, mat blanc, blanchâtre, etc. Notre troisième millénaire le définit « sale ».
Cette impureté se lit à la couleur, sale signifiant noir, gris foncé ou gris clair.
On aura compris que l’argent gris clair est moins sale que l’argent gris foncé.
Si l’argent sale existe, il convient de supposer qu’il y a de l’argent propre.
L’argent propre est le fruit d’un travail rémunéré selon des barèmes établis et déclaré. La Belgique étant en Europe parmi les pays qui perçoivent le plus de taxe sur les salaires, le mérite est d’autant plus grand. En produit blanc, l’argent est honorable.
Déjà paraît louche le salaire du type qui dans une entreprise gagne 20 ou 30 fois, sinon davantage, le salaire d’un seul homme Quant aux stock options n’en parlons pas. C’est donc de l’argent gris clair, mais légal.
Notre pays admet qu’il y ait de grandes différences dans les rémunérations entre les besogneux et les propriétaires. On feint d’en ignorer les raisons. C’est plus convenable. Ça mettrait les riches mal à l’aise....
L’argent placé rapporte plus que celui du travail. Va savoir pourquoi ? En plus il est moins taxé !
Quant aux mecs qui gagnent trente fois le salaire d’un blaireau, ce n’est pas une question de capacité. Je ferais aussi bien l’affaire qu’Etienne Davignon ou Tony Vandeputte dans leur job à la Xième puissance du salaire de plouc. Tandis qu’il me serait difficile d’être soudeur à l’arc et à l’autogène, eux aussi d’ailleurs.
J’ai jamais compris pourquoi un type qui pousse une brouette toute la journée gagne moins qu’un autre qui se tape sa secrétaire et fait des affaires en jouant au golf ?

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Certains disent que c’est pour faire vivre les commerces de luxe qu’il y a des riches !
Bouffer du foie gras et boire du champagne toute la journée, en effet, vous abîme la santé. L’hépatite et la goutte devraient être des maladies professionnelles reconnues à partir d’un certain revenu.
D’autres prétendent que l’exemple des riches sert de carotte devant l’âne pour qu’il supporte son bât ! Les plus malins dans la catégorie se contentent de ne rien foutre sans jamais l’ouvrir sur rien. Vaut mieux pas avoir d’avis, quand on a la loi pour soi… D’autant qu’un cornichon sans un rond affirmera toujours que les râleurs sont des envieux. Le MR foisonne de ces loustics !
De l’argent gris clair à gris foncé, les critères et les coups de chance ne sont pas donnés à tout le monde.
Il y a tout le pactole mis sur le côté par les ancêtres qui auront affranchi leurs rejetons des droits de succession par toutes sortes de combines, dont les obligations au porteur ne sont qu’un moindre accessoire.
Il y a de ces tours de passe-passe dans les gros coffiots des banques, je ne vous dis que ça !
Bien sûr, cette friponnerie considérée comme un sport, la catégorie des super-bourrés est au-dessus de tout soupçon. Administrateurs, propriétaires ou généraux à la retraite, rarement coursiers chez IKEA, ces honorables forces vives sont très pointilleuses sur le statut social.
Du coup, des grosses fortunes on peut dire que d’une génération l’autre le gris de l’argent fonce considérablement. On débat sur la couleur anthracite.
Enfin, il y a l’argent noir.
L’argent noir est le produit d’un hyper capitaliste qui a été trop loin et trop vite pour se faire du blé.
Quand on méprise les conventions qui font croire aux pignoufs que la fortune se gagne honnêtement, on entre dans la catégorie du pognon à risques.

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Très peu de fortunes gagnées au noir passent à la casserole. Une bonne connaissance des terrains financiers blanchit tout argent noir. Sans que cela se sache, le monsieur qui pérore à une tribune sur l’avenir économique de la Belgique est peut-être un salaud reconverti en honnête financier !
Seules les fortunes trop rapides des minus prodigues finissent dans les recettes fiscales et leurs « inventeurs » à Lantin.
« Toi p’tit’ tête, comme dirait Mimile, si t’entres dans une Roll’s, c’est comme chauffeur ».
Personnellement, j’admire le mec qui se fait un blé monstrueux et qu’est plus fin dégueulasse que les autres établis et clean. Il a compris que le travail n’est bon que pour les imbéciles et que si on veut jouir de la vie ce n’est pas à la pension qu’il faut y penser, mais plus jeune. L’arthrite aux vieux travailleurs, dit cette fine raclure. Cliniquement parlant, il n’a pas tort. Son erreur, c’est d’aller trop vite. Il ne fait pas semblant de bosser assez longtemps !
Pourquoi je l’admire ? Mais, parce qu’en tombant il attire l’attention sur le reste de la cavalerie. Il fait sortir du bosquet les chevillards des Lois-combines. C’est tout bonus pour le pèquenaud de base.
Alors, l’argent sale ? Comme si l’argent pouvait être autrement ! Comme si les gens qui le manipulent ne sont pas les plus hardis phénomènes jouisseurs du Royaume ?

24 novembre 2003

Liège renoue avec son plus lointain passé.

L’archéoforum sous la place Saint-Lambert a ouvert ses portes ce troisième week-end de novembre 2003.
C’est l’avant-dernier maillon d’une chaîne de musées, l’ultime étant le Grand Curtius accessible seulement en 2006, qui fera de Liège la première ville de Wallonie en ce domaine.
Grâce en soit rendue à l’obstination des Liégeois, aux membres des sociétés archéologiques et à l’Université de Liège qui ont arraché l’espace Saint-Lambert à l’appétit des promoteurs.
Enfin, abandonnés les projets mégalomanes, il a pu être trouvé des accords conciliant parking et musée. Et tout est bien ainsi.
Des premiers Liégeois aux commères du XVIIIme siècle qui y ont tenu marché, cela fait plusieurs millénaires qu’expliquent, d’une trace à l’autre, des guides compétents.
Ainsi, nous y verrons des vestiges de la villa gallo-romaine, des murailles impressionnantes sur lesquelles fut fondée une des plus grandes églises de la chrétienté, jusqu’à la conservation d’une cave d’une maison particulière jouxtant la cathédrale, tout un passé qui dorénavant s’apprendra sur les bancs d’école et in situ.
Cet endroit préservé d’aucuns ont voulu le rendre magique avec éclairage parcimonieux et jaunâtre comme celui du Colysée de Rome. Des fils de lumière rouge délimitent le gallo-romain du reste de la visite. Un fond sonore se module au fil du dédale d’un étroit chemin un peu comme celui d’une grotte. Du reste, cette atmosphère de caverne est soulignée par le maintien d’une grande humidité afin de préserver les vestiges qui sans cela pourraient se détériorer.
C’est un musée vivant. Il existe des parties du sous-sol non fouillées et sous plastique, qui permettront des campagnes de fouilles ultérieures et peut-être d’autres découvertes.
Cette belle réalisation se perfectionnera sans doute à l’avenir.

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C’est pourquoi, les quelques critiques qui vont suivre se veulent constructives.
Le son est-il approprié aux périodes parcourues ? Est-il nécessaire d’entendre un grand vent soutenu comme celui d’un ventilateur pour sonoriser la partie préhistorique ? La jeune fille qui nous servait de guide devait donner de la voix et il n’est pas sûr que les derniers visiteurs du groupe aient pu en entendre quelque chose.
L’éclairage parcimonieux a été choisi pour l’effet de mystère. C’est entendu. Il serait alors nécessaire d’équiper les guides de lampes à faisceaux lumineux concentrés afin d’aider le public à regarder ce de quoi on parle.
L’idéal serait d’établir un renforcement de l’éclairage qui serait commandé par le guide de façon à mettre en évidence les pièces décrites, comme cela se fait dans les grottes de Han.
Le parcours peut être dangereux pour des personnes peu valides. Certains vestiges coupent les allées, d’imperceptibles dénivellations se terminent par des marches d’à peine quelques centimètres. Ne pourrait-on étudier un éclairage au sol dans ces endroits ?
Enfin, les toilettes n’ont que deux wc, celui réservé aux hommes tenant lieu d’espace pour handicapés.
A moins de pouvoir entrer par la porte donnant sur le tunnel des bus, pour assister dans la grande salle à des conférences, je ne vois pas comment un handicapé sur un siège roulant pourrait faire le parcours, tant celui-ci est hérissé de difficultés.
Le film de fin de visite sacrifie la précision à l’esthétique, avec des effets appuyés sur des visions qui mêlent à la fois histoire et fantasmagorie.
Il y manque une séquence importante, celle du dernier quart de siècle passé qui déboucherait sur l’aboutissement inespéré actuel après les tribulations, les projets, les plans et les maquettes qui n’ont cessé de nous prendre la tête pour faire de Liège une mégapole à l’américaine, toute en hauteur. Nous l’avons échappé belle !
Un regret enfin, on sait que c’est l’ingénieur Lohest qui le premier ouvrit la place Saint-Lambert aux alentours du début du siècle dernier pour nous montrer les vestiges gallo-romain. Il y avait aussi dans cette visite un fond de cabane néolithique, sorte de petit quadrilatère de terre noire. Qu’est-il devenu ? L’a-t-on détruit lors des travaux ? Ou bien n’était-ce qu’une mystification ?
Le personnel interrogé et par ailleurs si compétent n’a pas répondu à cette question.
Peut-être que de vieux liégeois pourront donner la réponse ?
En résumé, une réalisation remarquable, bien équilibrée pour des vestiges importants mis en valeur.
Pour les visiteurs, ce fut un plaisir.
D’après le groupe suivant et le nôtre, cette première journée est déjà un succès de foule.
Il faut craindre cependant qu’une fois la curiosité des débuts éteinte, les 5,5 euros d’entrée aient un effet dissuasif permanent.
La Ville devrait prendre exemple sur les musées nationaux de France qui organisent des visites gratuites pendant certaines périodes de l’année.
Je sais bien que l’entretien et le personnel ont un coût, mais l’accès à la culture pour tous passe par l’ouverture des musées au plus bas prix possible à des Liégeois en situation précaire que la politique actuelle risque d’écarter.

23 novembre 2003

Les monologues du vaginofaune.

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- Allô… allô… On peut parler ?.... Je m’en doute…Oui… Non… Tu reviens encore là-dessus !... Tu sais bien que c’est une question de temps… oui, parfaitement et de psychologie… Comment veux-tu que je sois tendre si tu me traites de lâche dès tes premières paroles ?... Allô… C’est sur une autre ligne… Tu permets… C’est encore la folle de l’autre soir…Oui, Denise, tu sais bien la cliente qui était venue dans mon bureau nue sous son manteau… Bien sûr, bien sûr… Je t’aime, voyons…. Pourquoi me demandes-tu cela ?...Tu ne sais pas ! …avec tant de haine dans la voix… oui de haine… Comment peux-tu douter de ma sincérité… Grande …Comment cela ?... Il n’y en a pas de petites ! … Bien sûr, qu’elle est grande, ma sincérité… Je n’ai pas voulu le dire… Tu me fais rire avec ta suspicion, ne le prends pas ainsi… J’en peux de la situation… Figure-toi que j’ai connu ma femme avant toi…Tout le mal vient de là… Comment ne comprends-tu pas cela ?...
Allô… allô… c’est toujours l’autre folle. Tu sais d’où elle me téléphone ?... du Val d’Aoste ! Tu t’en fous… moi aussi… C’est son mari qui paie la communication… Je la mets en attente… Non ?... Je dois couper ?… Voilà. C’est fait. Quand ce n’est pas Follette, c’est Denise… Ce que tu entends ?... Je ne sais pas… Ah ! oui, je me gratte !... Si on reparlait de toi, de nous, enfin… Tu es où ?... Non !... l’endroit… Sur le WC de la salle de bain !... Ta cabine, c’est le cabinet…. C’est toujours de là que tu me téléphones… A cause du fou…à rôder quand tu crois qu’il travaille… Oui, je comprends… Tu me donnes envie. Je t’imagine…Tu n’as rien sur le dos… Et ta petite chatte ?... Toujours bien disposée pour ce soir ?... Laisse-moi deviner la couleur… Rose ! Comment, c’est facile, elles le sont toutes… Quoi ?... Roses… non…non. Là, on était bien.

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Ouais, je ne suis pas insensible… Cesse de me prendre pour un monstre d’égoïsme !... De… veux-tu me pardonner ?… Je trime, tu le sais. Je ne fais que courir partout… Dès que j’ai une minute, c’est pour toi…Est-ce ma faute si dans l’heure où nous nous voyons nous allons au plus pressé… C’est toujours le cul ?... Oui, bon. Le moyen d’échapper à cela quand on ne se voit qu’une petite heure… ce n’est pas vrai je n’aime pas que ton cul… tes seins aussi… tes… Tu ne veux pas parler de cela. De quoi alors ?... Des sentiments !... Quelle idée en une heure !... Je ne te dis jamais des mots gentils quand on fait l’amour ?... Ce n’est pas vrai. Je ne les retiens pas, mais je t’assure… Là, tout de suite… Tu veux que je t’en dise, alors que ma femme va rentrer d’une minute à l’autre et que je surveille le vestibule !... Tu m’angoisses… Mais, ne te refâche pas !... Comment je ne suis qu’un sale étron !... Un salaud ! moi qui ai changé trois fois d’hôtel depuis que nous nous connaissons rien que pour brouiller les pistes… Justement, tu t’en fous de les brouiller !... Ah ! non, voilà que tu me conchies… Ecoute, tu ignores comme elle me fait souffrir et quelle délivrance pour moi le jour où je lui dirai que je la quitte… Pourquoi, je ne le fais pas ?... Tu le sais bien, pourquoi !... Ce n’est pas une raison ?... C’est toi qui le dis… Et sa tentative de me dénoncer au fisc ?... Ce n’est pas une preuve cela ?... C’est moi qui l’invente !... Je t’assure que non… Attends donc avant de tout déballer… Tu as envie de tout dire à Lucien pour qu’il vienne me casser la gueule ? Si c’est pas du chantage, ça…Ecoute… Elle est dans le vestibule… Tu entends la porte avec quelle violence… Il va falloir que je raccroche… Comment ton cul ?... Ce n’est pas vrai qu’elle est dans le vestibule !... Rose, c’est toi ?... Tu as entendu, elle me répond… Non. Tu n’as rien entendu… Tant pis, je t’assure… A ce soir… Chez Freddy… garde la petite culotte que tu as en ce moment… Tu m’embrasses la zigounette… Là, je te retrouve…
- Allô…allô… Denise… Excuse-moi, un client à dépanner… Tu disais pour ce soir ? Impossible… Justement, je dois faire le transport moi-même… Après huit heures du soir, tous mes livreurs sont chez eux à la télévision… Y a plus que le patron… Si j’ai rompu avec la dingue des WC ?... J’attends le bon moment… J’ai surtout peur de Lucien, s’il apprend que j’ai rompu avec sa femme, il est capable de venir me casser la gueule !... Oui… C’est le monde renversé… C’est ainsi, ma chérie. D’où tu me téléphones, de ton lit ?... J’ai dit que c’était du Val d’Aoste pour qu’elle me fiche la paix… Attention cette fois-ci c’est vrai, voilà ma femme qui rentre… Comment cette fois-ci ? J’ai dit cette fois-ci…Tu dois avoir fait une erreur. Où veux-tu que je t’embrasse ?.... Ah ! toutes les mêmes !... J’ai dit toutes les mêmes ? Non… Tu as mal entendu… Moi aussi… moi aussi… moi aussi… demain sans faute…
- Bonsoir chérie, tu as passé une bonne journée ?
- Avec toutes ces cinglées qui entrent en dépression chaque fois que leurs maris les trompent… Tu parles d’une journée ! Ce n’est pas à nous à qui cela pourrait arriver, hein chéri !…
- Non. Bien sûr…Qu’est-ce qui te fait dire ça ?…
- Je suis psy, non ?
- Et alors ?
- Toi je te connais. Tu es incapable de me mentir…

22 novembre 2003

Michel Vaillant : le retour !

J’arrive pas à y croire.
On est tous là, sportifs, devant nos bières à parler sport.
Sur le foot on est d’accord. C’est pas à la buvette du Standard qu’on en prend une.
Faut dégager. Chez Poilu, on sert à la pression.
Après trois tournées de 33 on se sent mieux. Voilà que Fernand qui a une Lada de 87 se met à parler des sports moteurs.
Le sport moteur, c’est simple, tu te mets le cul dans un baquet qui développe trois cents chevaux. Tu tiens bien le volant avec tes antidérapants, puis tu fais ce que le co-pilote te dit.
Ça donne à peu près : « gauche ¾, tire droit, retour 3, droite 1/10, léger, fonce, appuie, nom de dieu ! ».
La parlote change selon que t’es Peugeot ou Toyota, mais ta base est internationale.
T’es dans le baquet, t’as plus qu’à suivre. Si l’autre passe un relevé, tu t’en aperçois tout de suite. Tu te plantes dans le décor. Quand, i’ a pas trop de casse, c’est le mec que t’as failli écraser qui pousse au cul de ton engin pour te sortir de l’ornière. Sympas les gens ! Cons, mais sympas…
- Mais que j’y dis, à quoi ça sert d’enseigner la prudence aux jeunes, si c’est pour voir des cons qui se foutent du code de la route et qui, de temps en temps, quand le dérapage est moins bien contrôlé, t’en balancent un en l’air… ce qui n’arrête même pas la course quand ceux de l’hélico ramassent les morceaux !
Ça les fait pouffer ma réflexion.

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- Tu connais rien aux sports moteurs, mec, me fait le grand Charles.
Le grand Charles c’est ç’ui qui en a mis une dans la gueule à un supporter d’Anderlecht après le 3me du Standard, comme ça, pour le fun.
Je suis pas soûl, c’est eux qu’ont bu et qui me prennent pour un manche !
Charles pue l’alcool, l’autre, le Fernand vaut pas mieux. Hébété, il suit plus… fait plus que vroum… vroum en matant le cul de la patronne dans son cintré cache fesses. Elle s’insinue entre les tables, morceau par morceau, pour pas déranger et risquer de nuire à la marchandise. Jean dit Johnny, comme tous les Jean, dodeline devant mon nez, l’air de me considérer antisportif.
L’idée que je suis pas sportif les requinque. Y a plus con qu’eux ! Ils en étouffent de bonheur.
- On le savait que t’étais pas sportif, banane… mais à ce point là !
Johnny attrape Louise la patronne au bras, retour d’une comptée. Faut qu’elle les entende que c’est pas possible un blaireau pareil, pourtant supporter des Rouches !
- Ah ! dis, t’as vu notre Michel Vaillant ?... eh bin !… il est pas sportif Hi hi… !
Elle a pas entendu, mais elle fait le compte. Trois se marrent pour un qui fait la gueule. C’est donc les trois qui ont raison.
On lui raconte. Pendant que son mari, dit Poilu (parce qu’il n’en a plus su sur le caillou) est à l’expresso, elle a 30 secondes à sacrifier aux bons clients..
Elle se bidonne de la connerie du Michel Vaillant qu’aime pas l’auto… qu’est pas sportif automobile. Ah ! qu’elle est bonne, dans un club où tout le monde l’est.
Ses trois colliers en sautoir tressautent, tant son bonheur communique à sa forte poitrine un séisme venu du ventre.
- C’est ça qui fait avancer la mécanique, le sport, chouquet… qu’elle fait en frottant son bide contre ma joue….
- T’en serais encore au gazogène banane renchérit Charles.
Johnny aime pas entendre des mots qu’on comprend pas, comme gazogène. Ça le perturbe.
Fernand est tellement bas sous la table qu’il a le nez quasiment sur la touffe de Louise.
Comme il souffle comme un ventilo pour récupérer… la grosse, ça la chatouille. Elle recule et donne du cul en plein à la table voisine, renversant deux bières…
Merde, elle rigole plus. Elle marche aux bénéfices, pas aux pertes. Elle éponge et déjà revient avec deux fraîches, en tirant la gueule.
Elle serait plutôt pour qu’on foute la paix à Michel Vaillant.
- C’est pour la maison, qu’elle grogne en posant les deux bières et en jetant un regard noir à Fernand.
Elle veut plus nous en reservir un. Poilu lui donne notre compte. Elle replonge vers nous avec notre papier au bout de la pince à linge maison. Elle aime pas les gens qui font vroum…vroum…
- Et foutez pas le camp avec la pince, qu’elle braille pour nous humilier.
- Faudra voir à aller voir dit Johnny
- Ouais, se rappelle Charles, en voyant l’état de Fernand, c’est lui qui fait Bob. Y a que lui qui sait conduire sa Lada !
- C’est rien gueule Johnny, je serai son co-pilote. L’aura qu’à suivre mes instructs au volant.
- Tu vois, fait Charles, sentencieux, tu vois à quoi ça sert les rallyes ? Si Johnny avait pas été un ancien du circuit, comment qu’on aurait fait pour remonter sur Engis avec le Fernand qu’est bourré ?

21 novembre 2003

Y a pas qu’à l’hôpital qu’on fait l’urgence !

A Liège, la ville prend les vessies pour des citernes.
C’est embêtant quand les lanternes vont s’accrocher aux chalets du marché de Noël.
L’édicule place Cathédrale fermé. Le lieu sous terre au coin de la rue Saint-Gilles et du boulevard de la Sauvenière, comblé !
Quant à la pissotière du boulevard d’Avroy, aux dernières nouvelles, il fallait après la Foire d’octobre se résoudre à un parcours du combattant entre cageots et vieux matelas, avant de mettre un terme à l’impérieux besoin.
A quand un colloque sur la prostate au Palais des Congrès ?
Moi, madame, je viens d’un temps où sous le pont de chemin de fer qui coupe la rue Saint-Gilles en deux, il y avait la halte pipi dans un édicule à deux places, ce qui supprimait la file d’attente. On a fermé ce monument dans les années quatre-vingts. Depuis je vote pour l’opposition qui ne m’a jamais entendu.
Vous me direz, comme le dégazage sauvage, il y a le délestage idoine.
Mais vous avez beau faire, quand ça vous prend dans le Carré, vous devez faire un sacré bout de chemin avant de trouver un coin tranquille et accomplir un acte qui est rigoureusement interdit.
Et puis, vous vous dites : « Là, ça y est, je ne vais gêner personne.»… quand débouche une voisine et son mari qui font semblant de ne pas vous voir.
Les féministes diront, pourquoi les hommes trouveraient-ils des endroits adaptés alors que les femmes n’en ont pas ?
Est-ce vraiment une raison, parce que la moitié de l’humanité doit s’accroupir que l’autre moitié qui fait cela plus discrètement en pâtisse ?
Et pourquoi dans une approche hygiénique de la chose, la femme ne s’accroupirait-elle pas dans des édicules prévus à cet effet sans qu’il soit question de faïences aux portes desquelles, dans une odeur de naphtaline et de Monsieur Propre, la cerbère des lieux attend les yeux rivés sur un plateau où est précisé la valeur à laquelle elle estime son service ?
Voilà où serait la parfaite égalité.

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Reste la solution la plus élégante, celle d’entrer dans une brasserie, d’y consommer afin d’acquérir le droit d’accéder aux toilettes.
Mais, c’est un cercle vicieux, plus on boit, plus la miction est nécessaire.
Certes, d’après la loi, tout passant à le droit de se soulager dans les communs d’un café ou d’un restaurant sans obligation de consommation.
C’est vite dit.
Vous avez déjà vu la tête du garçon, alors que votre intention est de consommer, quand vous plongez sans un regard oblique vers les lieux, venant directement de l’extérieur ?
Autant vous dire qu’après votre satisfaction intime, il est impérieux de s’asseoir à la première table disponible et débourser 1 euro 50 pour un café crème ou alors, il faut courir jusqu’à la sortie sans vous retourner.
Il paraît que la Ville va se pencher ou « s’épancher » sur le problème.
Toutes les admirables personnalités masculines de la politique régionale me comprendront. Que pour une fois nos embarras de vessie passent avant les rumeurs qui circulent sur la volonté de l’égalité des sexes dans ce domaine-là aussi.
Ces dames du Conseil pourraient étudier par ailleurs une pissotière féminine, genre cabinet turc, en pierre de Sprimont qui ne requerrait pas la garde d’un cerbère en jupon.
Mesdames Christine Defraigne et Brigitte Ernst, par ailleurs si vigilantes, pourraient tester plusieurs modèles lors d’un futur Conseil et donner leurs avis quant au confort et à la discrétion du bidule.
Ainsi, dans le malheureux réduit qui subsiste boulevard d’Avroy, jusqu’à quand ?... les rares passants qui le connaissent et qui viennent souvent de loin au pas de charge pour y trouver l’inspiration, n’y auraient pas, de temps à autre, la désagréable surprise d’y trouver des gazes protectrices et autres dérivés d’une hygiène spécifique du beau sexe.
Cela nous arrangerait devant l’inlassable échevin Firket qui tire prétexte de notre insouciante malpropreté pour interdire à son personnel de rafraîchir l’endroit.

20 novembre 2003

Un curieux courrier du coeur.

Surprenante correspondance entre une mineure et Dutroux durant deux années.
Cet échange qui vient de resurgir dans l’actualité n’est pas nouveau. Il avait défrayé la chronique après l’évasion de Dutroux en 1998. Il avait soulevé à l’époque des questions qui sont restées sans réponse.
En clair, cette correspondance était légalement possible puisqu’elle n’avait pas trait à l’affaire pour laquelle Dutroux est inculpé et que les parents de la mineure qui pouvaient s’y opposer, ne l’ont pas fait.
La direction carcérale, vérifie au préalable si les lettres des détenus ne sont pas liées à l’affaire en cours ou à un projet d’évasion.
Cette censure est une mine de renseignements sur la psychologie des prévenus, a fortiori pour celle de Dutroux qui reste une énigme.
Dans les extraits, Dutroux et sa correspondante passent rapidement du voussoiement au tutoiement, de la sympathie à la déclaration d’amour.
Quelles sont les raisons qui ont amené les parents de cette mineure à l’autoriser de recevoir et d’envoyer des lettres à ce pédophile assassin ?
Majeure à présent, cette émule tumultueuse de Madame de Grignan pourrait elle-même expliquer son intérêt pour le Sévigné-Dutroux de l’ignominie ?
Ce serait sans doute instructif.
Car enfin, de ce qu’on en a vu, Dutroux n’a pas le génie de la marquise de Sévigné, encore moins celui plus sombre mais davantage original du marquis de Sade.
Fadeurs et lieux communs s’égrènent d’une lettre à l’autre, comme en pourraient écrire des immatures et des naïfs de n’importe où.
Toute médiocrité partagée, on peut se demander pourquoi ce courrier ?
La fascination du bourreau est-elle une prolongation aux films d’horreur visibles à partir de 12 ans, qui aurait séduit la jeune fille ?
Il y a eu des exemples de perversion dans des camps nazis où les victimes concevaient pour leurs capos des sentiments troubles. Est-ce cette déviance qui est en cause, par presse interposée ?
L’insensé qui a abattu John Lennon sur un trottoir de NY ou les adolescents qui dans un collège de Colombine ont mitraillé des classes au fusil de guerre sont loin d’égaler la bassesse d’un Dutroux tant ici les motifs des crimes sont les plus crapuleux qui soient : l’argent et le sexe.

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Chez Sade, comme le dit Gilbert Lely, la prédication esthétique du mal exclut l’accomplissement de celui-ci. C’est le vertueux Robespierre qui tue.
Or Dutroux est passé à l’acte.
Pardonnez-moi la digression qui suit sur le cas Sade à l’intention de ceux qui imaginent le divin marquis assoiffé du sang de ses victimes.
Poursuivi par une belle-mère tenace qui le haïssait, Sade a passé la moitié de sa vie en prison par lettres de cachets, pour avoir dans sa jeunesse usé de « poison », en l’occurrence de la poudre de cantharide dont on sait aujourd’hui que la cantharidine extraite de ces insectes n’est qu’un banal vésicatoire, afin de réduire à sa merci une prostituée, du reste consentante.
En l’état de la Loi actuelle, Sade eût été condamné – pour tout autant qu’il fût déclaré coupable - à une amende et 15 jours de prison avec sursis pour d’éventuels sévices corporels, ce qui n’est pas prouvé, sinon le témoignage après coup de la personne sous la contrainte et probablement l’appât d’une récompense.
On est loin d’un Dutroux.
Si Napoléon prit le relais de la belle-mère, c’est ce qu’aurait fait, que dis-je ? fait toujours la justice, parce que Sade était vraiment un novateur dans le domaine littéraire, que ses livres donnaient le vertige et qu’enfin et surtout, c’était un esprit libre et révolutionnaire, ce que la Justice n’a jamais toléré. Les Cellules Communistes Combattantes (CCC) en Belgique et les quatre nigauds qui s’en réclamaient en savent quelque chose.
Reste que l’auteur de Justine a fini aux Petites Maisons (aux fous), tandis que notre prédateur national, même condamné au maximum, n’a plus qu’une bonne dizaine d’années à tirer pour redevenir un citoyen ordinaire.
Revenons à notre épistolière.
La fascination des gens honnêtes pour la crapule est en nous. L’homme n’est pas trop éloigné de la bête pour la sentir à l’affût dans son corps et dans son esprit.
L’absence de toute morale et la justification des actes les plus graves sont chez le criminel le plus endurci une façon de se supporter.
Les négations les plus éhontées font partie du même état d’esprit.
Cette jeune fille en écrivant des lettres d’amour à Dutroux, a banalisé une existence vouée à la nuisance et a contribué par là à aider ce criminel dans une sorte d’exorcisme qui en le dédoublant, le sauve d’un face à face avec lui-même..
Et personne pour dire à cette malheureuse le tort qu’elle se faisait !
Il y a des démissions parentales terribles.
Je ne voudrais pas être à la place des géniteurs.
Reste qu’à se frotter à ce genre d’anormalité, cette jeune personne a commis contre elle-même un acte d’une grande légèreté et qui n’est pas sans conséquence.
Elle a intérêt à oublier très vite ce courrier et si la presse la retrouve, un conseil, surtout qu’elle ne donne aucune interview. Qu’elle laisse aux détraqués profonds le voyeurisme du genre « ça va se savoir » en pensant « pourvu que cela ne se sache pas ! ».

19 novembre 2003

Veni, vedi, vici e cornuto...

A l’affût d’une gourance, le plouc épanoui la ferme quand l’histoire le prend de haut.
Le gradé, l’honoris causette des petites cours universitaires, le fonctionnaire à l’a priori, gagnent 50% de bonus au départ sur n’importe quel pignouf qui sait pas que c’est le bel homme qui fait bander Cosette… que Blanche Neige attend le baiser qu’est pas dans ses moyens… C’est la chanson populaire qui le dit.
Quand Maupassant l’ouvre sur un sujet bien scabreux, alors que tout autre que lui irait à l’outrage, le plouc la met en veilleuse et gode à l’admiration.
« Le peuple est un troupeau imbécile, tantôt stupidement patriote et tantôt férocement révolté. On lui dit : “Va te battre avec le voisin.” Il va se battre. On lui dit : “Vote pour l’empereur.” Il vote pour l’empereur. Puis on lui dit : “Vote pour la République.” Et il vote pour la République.»
C’est exactement ce qui se passe en Italie au troisième acte de la « tragédie » irakienne.
Ce n’est pas que je veuille ironiser sur les pauvres types qui sont morts dans le piège à cons de Saddam Hussein. Ils étaient militaires. Ils faisaient leur boulot. Paix à leur cendre.
Non. C’est le revirement de l’opinion italienne – enfin ce qu’en rapporte les médias – qui est bien dans la nature humaine.
L’heure avant le boum, tout qui a l’âge de raison en Italie en voulait au signor Pantalone Berlusconi. Il n’y avait pas de mots assez durs. Mais qu’est-ce qu’on fout là-bas à éponger les conneries du président texan ? Nos p’tits gars servent pas la bonne cause. Qu’on foute la paix aux gugusses qui traînent à midi en chemise de nuit dans les rues de Bagdad.
Z’ont pas pu mettre la main sur Omar en vespa, Bin Laden en treillis vagabonde dans la montagne afghane… trouveront pas Saddam… pas plus à Tikrit qu’ailleurs…ensablé qu’il est à attendre son come back, quand les moudjahiddins yankees rejoindront leurs nanas silconées en Californie.
Tout le monde était contre le cavaliere, sauf sa presse à la botte et sa télévision, strass, paillettes et cuisses de mosca.

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Auprès de Junior à camp David, la Berluche faisait clown blanc… trompette aux lèvres, à la variante de la çonnerie aux disparus… hélico Nebraska : but, hélico Missouri : but…
A cinq dollars la roquette, on est loin de la parade à la guerre des étoiles… tout ça au tuyau dégoût bricolé !
Ça pouvait brailler tant que ça voulait aux balcons des médias, le petit peuple n’en pensait pas moins.
Et voilà qu’un « salaud » (on écrit « héros » de l’autre côté du Jourdain) fait péter sa cargaison d’explosif devant la caserne des carabinieri.
Du coup, Berlusconi se fait reliure à coups de grands effets de « tragediente », main sur le cœur et larme à l’œil. Il a compris le bougre qu’avec les moyens qu’il a, il va mettre le paquet dans la cérémonie aux adieux !... Fleurs, descente d’avion en fanfare funèbre, cercueils sous bannière, c’est toucher l’opinion et baiser à mort l’opposition dans les sondages
Ah ! quand la patrie est en danger, tant de poitrines pour la défendre ! Comme ils sont morts en héros. Que les héros sont grands….
Aujourd’hui si je tenais pareils propos en Italie, je me ferais casser la gueule dans la rue par ceux là qui voulaient mettre les couilles de Berlusconi à leur fenêtre le jour de la procession !
Non seulement le coup de la patrie en danger, ça marche à Rome et à Turin, mais aussi à Bruxelles et à Paris.
La preuve notre RTBf à la cérémonie, au recueillement, au salut de la patrie reconnaissante, exacte comme toutes les autres stations du monde « libre »… au chant d’amour, à l’hymne verdinesque de la République... Et notre délégation, si digne, si tout enfin… je vois ça d’ici !... C’est qu’à la RTBf on marche plus qu’à la vraie larme, la sincère, la perlouze qui mouille le soutif des pleureuses. Le gars qu’a pas la gorge nouée à certains moments pourra pas faire carrière… Pensez, les histoires sacrées, faut pas jouer léger, merde ceux qui s’en branlent ont jamais dépassé le stage…
Recette inépuisable, vieille comme la nuit des temps et qui prend à tous les coups.
A tel point qu’un mec qui boit la tasse dans les sondages sait ce qu’il lui reste à faire.
C’est dire si c’est la bonne manne providentielle pour le commandatore mal aimé des foules et qui étrenne sa nouvelle jaquette grand deuil derrière les cercueils des pauvres types. La façon qu’il a de traquer le faux pli devant les caméras… « el borghese piccolo » va faire craquer toute l’Italie, alors qu’hier il faisait chier tout le monde par son arrogance et son mépris.
Le merveilleux c’est la camera trottoir. Les infinies paroles de réconfort des gens… le pain bénit que c’est pour la patrie et les fleuristes. Tous à la machine à écrire pour le jet de fleurs, au plus loin, sur les marches du dessus de l’incroyable bâtiment mussolinien. C’est la forte tige qui l’emporte, le myosotis n’a aucune chance. Si on pouvait on enverrait le pot avec… façon de gagner deux mètres…
Croyez-vous que les travailleurs armés de l’Italie profonde dans leurs petites boîtes sont bonards d’être là ? Qu’ils remercient l’Europe de tout le tralala qu’on fait pour eux. ? S’ils pouvaient revenir, je suis sûr que c’est mon oraison funèbre qu’ils préféreraient.

S’il y a bien un critère déterminant de la bêtise, c’est bien l’unanimité. Quand vous entendez ce mot-là foutez le camp. Il y a une imposture quelque part.
Si dans le cas présent, vous ne la sentez pas, c’est que décidément vous ne comprendrez jamais rien. Dans ce cas, dégagez de mon blog… y a rien à voir.

18 novembre 2003

Pouvoir des médias et pouvoir de l’amour.

Nouvel arrêt de la Cour au procès des assassins d’André Cools.
Cette fois, il est provoqué par un farfelu extérieur à l’affaire qui dépose une requête en suspicion du nouveau Président du tribunal.
La Loi belge permet cette petite plaisanterie.
C’est tout l’appareil de la justice à nouveau grippé.
Pour un beau début, c’est un beau début. Cette fois, Maître Pierre n’y est pour rien.
Le bidule supervisé à distance par Laurette Onkelinx reprendra mercredi dans l’attente d’un nouveau show.
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La lecture d’un livre et des journaux de la fin de la semaine passée alimentent de nouvelles réflexions que l’on trouvera ci-dessous.
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Un grand absent au procès Cools : Alain Van der Biest.
On reparle de lui et de sa malheureuse fin. Qu’on le veuille ou non, sa mort embarrasse la justice et va peut être profiter à des personnes peu recommandables qui vont se débarrasser de leurs casseroles sur le disparu.

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Un livre paru il y a dix ans déjà retrace quelques traits de caractère de l’ancien député bourgmestre de Grâce-Hollogne à travers les médias. Sa relecture est tout à fait actuelle en ces jours de mise à plat du dossier devant les Assises.
Par ailleurs, Betty Van der Biest dans une longue interview au « Soir » nous replonge dans cette atmosphère si particulière après la mort du Maître de Flémalle.
D’abord le livre « La médiamorphose d’Alain Van der Biest » ouvrage collectif coordonné par Frédéric Antoine aux Editions « Vie Ouvrière ».
Bien redoutables surgissent à cette lecture les pouvoirs des médias. Miroir objectif, miroir déformant, tout à la fois, lorsqu’une image choc frappe l’imagination du public.
On a revu des dizaines de fois Monsieur van der Biest parcourir, d’un pas mesuré et le regard lointain sous les flashs et les questions des journalistes, les quelques mètres de la cour du Palais des Princes Evêques qui le séparaient du bureau de la juge Ancia, puis se pencher sur le parlophone pour s’annoncer d’une voix posée et étudiée.
Comme on a pu voir évoluer le personnage communal dans des reportages de la RTBf.
C’est ainsi qu’au fil du temps, le public s’est convaincu tour à tour de sa culpabilité, puis de son innocence, pour finir par une sorte de mépris fondé sur les derniers articles et les on-dit qui laissent à sa mémoire l’opprobre médiatique d’un ivrogne et d’un corrompu.
Le portrait de cet homme serait raté si l’on ne mettait pas en relief la part d’ombre de sa personnalité : celle qui revient à l’écrivain.
Tout ceux qui écrivent le savent bien : l’écrivain est à la fois un menteur et un homme de vérité. Il fait partie de ces gens qui rêvent les situations et les vivent rarement, qui sont à la fois tous les acteurs et tous les décors qu’ils mettent en scène. En bref, ce sont surtout des hommes de fiction et rarement des hommes d’action.
Italianiste, Florentin par nature, Alain a sans doute rêvé après des différends avec André Cools de se défaire d’une tutelle contraignante. Lors de ses beuveries, lui a-t-il échappé quelques mots à cet égard ? D’écrivain à écrivain, je ne pense pas qu’il ait été jusqu’à mettre en place le scénario d’un assassinat.
Cet homme par ailleurs si fin, si intelligent, n’aurait pas eu la bêtise de s’adresser à des sicaires aussi médiocres que ceux que nous voyons dans le box des accusés. Il aurait eu la prescience de la catastrophe au bout de l’entreprise. Un calculateur, déterminé et froid ne se confie pas à des Taxquet, Todarello et consort, si ce n’est pour des virées à la mesure de ces gens-là et qui se terminaient au fond des bouges... Oui, me direz-vous, il n’était ni déterminé, ni froid. Mais il était intelligent.
Il reste à écrire quelques mots sur l’interview de Betty Van der Biest.
Si celle-ci n’avait pas accordé une interview au « Soir », je ne me serais jamais permis de parler de cette femme, dans le respect qu’on doit avoir de sa douleur et du sentiment qu’elle, au moins, on en est sûr, est aussi une des victimes de l’affaire Cools.
Je trouve cette femme admirable de dignité et de courage à défendre la mémoire de celui qu’elle a tant aimé, qu’on est presque tenté d’écrire qu’il fallait bien qu’Alain soit autre chose qu’un sac à vin pour être aimé de cette façon-là.
Qu’elle trouve ici l’assurance de mon admiration profonde.
Il faut bien, à côté de cela, ouvrir avec elle le dossier de la Fédération liégeoise du PS et souligner, comme elle l’a fait, la déliquescence des personnages qui gravitèrent autour de Van der Biest dans les décennies quatre-vingts, nonante.
C’est dans cette ambiance que se sont corrompus les cœurs purs de la lutte ouvrière pour n’être plus qu’un simulacre de combat, mené par des personnages arrivistes, débauchés et sans scrupule.
C’est dans ce fumier-là que Van der Biest a grandi. N’en doutons pas, s’il est coupable, ce n’est que de ça.
Betty Van der Biest cite des noms. Ils sont bien connus dans la région et certains poursuivent même contre vents et marées une carrière politique.
Le peuple est sans malice. Il est facile à convaincre et il est fidèle. Il croit toujours à la race de ses vieux militants issu de ses rangs et qui jusqu’au bout mangèrent le pain dur de la sueur et du travail, sans jamais faillir.
Malheur au PS le jour où les yeux des petites gens se dessilleront.
Heureusement que le PS n’est pas fait que de jouisseurs et de prévaricateurs.
L’assainissement progressif nous vaut aujourd’hui à Liège des hommes remarquables que, pas plus que nous n’avons donné de noms pour les précédents, n’en donnerons-nous pour cette nouvelle éclosion.
Il faut croire qu’il y a des générations maudites. Celle qu’engendra André Cools, peut être à son corps défendant, ne valait-elle pas cher ?
André Cools et Alain Van der Biest sont morts.
Ils sont entrés dans l’histoire du Pays de Liège.
Comme à l’assassinat du duc de Guise, le roi se penchant sur le corps dit : « Il est encore plus grand mort que vivant », disons quant à nous que sous les feux des médias, les morts à Liège rapetissent.
Reste à régler la question journalistique.
La médiamorphose a une réponse ambiguë mais satisfaisante. Citons un paragraphe du livre.
« Comme tout médiateur-narrateur, le journaliste doit transmettre un contenu, mais il doit aussi, surtout peut-être, maintenir une relation avec son public… Bien raconter, c’est pouvoir gérer, doser adéquatement du savoir – du cognitif – et de l’affectif. Réussir cette alchimie étrange où de l’info se charge d’émotion et où de l’émotion s’appuie sur l’info. »
Voilà, vous savez tout sur le métier. C’est l’excès d’émotion qui fait qu’à un certain moment le journalisme sombre dans la « sensation », c’est-à-dire dans le roman et l’affabulation. Mais c’est aussi le manque d’émotion, la fameuse « relation exacte » des faits sans y prendre part, comme écrire un constat d’huissier, qui fait tomber le journalisme dans la sécheresse et la froideur.
C’est l’émotion qui fait vendre et le constat qui fait chuter les titres.
Dans le cas qui nous préoccupe, Alain Van der Biest a été la victime consentante de l’émotion dont il a cru pouvoir jouer et qui l’a conduit à mettre fin à ses jours.
La presse n’est pas si liée que cela aux pouvoirs financier et politique. Ses enquêtes ont révélé le mal profond d’une certaine démocratie en Belgique. Bien sûr, c’est la finance qui recèle le plus de scandales potentiels non divulgués, mais il ne faut pas en faire porter le poids essentiellement sur la presse. Tout ne se sait pas dans les rédactions, surtout dans ce domaine où la puissance de l’argent se conforte de la puissance complice du pouvoir politique.
Le seul reproche que l’on puisse faire à la presse belge est d’ordre technique. La formation universitaire des journalistes aujourd’hui est plus un défaut qu’un ajout. Si l’on gagne en précision, donc en froideur, on y perd beaucoup par le manque d’écrivains véritables que ne produiront jamais les universités.
En ne laissant plus la part belle à ceux qui ont le don d’écriture, les rédactions font mourir à petit feu l’élément essentiel à la démocratie, la liberté d’écrire autrement que comme une machine, laissant ainsi derrière les faits, un cœur, une âme, une opinion.
On fête cette année Georges Simenon. Voilà un bel exemple de réussite qui, bien avant qu’elle fût littéraire, le fut par la presse.
Qu’on relise bien les articles du « petit Sim ». Ils sont contraires à tout enseignement sur l’éthique et le compte-rendu tels qu’ils sont appris à l’Université.
Il n’y aura plus de « petit Sim » dans aucun canard en Belgique. Aucune rédaction ne lui donnerait l’ombre d’une chance.
Voilà pourquoi, la presse va mal aujourd’hui.
Et les journaux qui s’en sortiront sont ceux qui auront compris que dans ce métier les seuls pros resteront avant tout les autodidactes poussés par le démon de l’écriture.
Ce qui bouleverse pour le moins les critères de recrutements.

17 novembre 2003

L’a priori envahit le Pont d’Avroy.


Le journal « Le Soir » du 15 novembre est révélateur sur l’état d’esprit d’au moins un enquêteur majeur dans l’enquête sur l’assassinat d’André Cools. Après ça, il ne faut guère s’étonner qu’il ait fallu 12 ans pour boucler le dossier.
Il n’y a plus qu’à lire la suite pour être édifié.
Le commissaire Raymond Brose dirigea la cellule Cools de juin 1992 à septembre 1996, quatre années – les premières – souvent décisives dans une enquête criminelle.
Une dénonciation anonyme met Richard Taxquet en cause. Que fait Brose ?
« Richard Taxquet avait été policier, travaillait dans un cabinet, n’avait jamais eu d’ennuis. Pour moi, il avait un a priori favorable (ex-policier et femme policière). … Il m’a demandé copie de cette lettre manuscrite – une écriture de femme – pour essayer d’en identifier l’auteur… Je lui ai remis une copie ».
J’ai dû relire deux fois l’article du Soir et les déclarations de Brose.
Eh bien ! on ne peut qu’être consterné devant une pareille déclaration émanant d’un gradé de la police ! C’est bien la première fois que j’entends dire qu’à Liège on travaille sur « a priori » !
Admettons que l’homme soit sincère. Mais alors quelle naïveté ! quelle méconnaissance de tout devoir et du respect des principes élémentaires !
Remettre une copie d’un document d’enquête à un suspect parce qu’il est ex-policier sans antécédent ! On croit rêver… Et si Taxquet avait trouvé l’auteur de la lettre anonyme ? Que ce serait-il passé ? On n’ose pas l’imaginer.
Longtemps j’ai cru qu’il n’y avait que le délit de « sale gueule » dans la police. Il faut accepter le contraire, il y a aussi à Liège l’innocence de « bonne gueule » !
Dans le même journal, mais dans un autre registre, Betty Van der Biest déclare à propos de Taxquet lorsque son mari l’a pris à son cabinet sur la recommandation de Demolin : « à l’école, on me disait : c’est un voyou. »
La conviction de Brose ne se fondait certainement pas sur des témoignages recueillis à l’école de Madame Van der Biest, mais uniquement sur le fait que Taxquet avait une profession, celle de policier, comme si cette profession était à elle seule garante de la probité d’un homme !
Des déclarations pareilles font froid dans le dos. Elles expliquent pourquoi le citoyen éprouve tant de craintes à porter plainte contre des agents des forces de l’ordre.

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Dame, avec tous nos « a priori » défavorables, comment oserions-nous protester contre des exactions, sans doute imaginaires, puisqu’elles seraient le fait de personnes ayant un « a priori» favorable !
Comme disait Coluche dans son sketch sur la police : « après trois avertissements, t’as un blâme… ». Je ne connais pas la suite de la carrière du commissaire Brose. J’ignore la réaction de la Juge Ancia. Peut-être dans son audition de la semaine prochaine, nous dira-t-elle ce qu’elle en pense ?
Quand même, on comprend mieux pourquoi on a traîné la savate dans l’affaire Cools. Et on n’est pas rassuré.

16 novembre 2003

Les rois du rire à Bruxelles.

Autrefois, les nobles d’un certain rang entretenaient une troupe de comédiens histoire de faire vivre leur théâtre personnel, souvent à côté de la chapelle familiale… raison architecturale, élévation des toitures.
Nous, les Belges, on n’a plus de château, reste la troupe où la foutre ?
L’endroit, le seul endroit possible, discret, chaud chaleureux… la salle où la Commission de l’Intérieur du Sénat vient de nous jouer « La question du vote des étrangers », pièce marathon dont le premier acte s’est achevé vendredi matin à 6 h 30, dans le chaos nous apprend la Libre.
La pièce reprendra mardi prochain. Enfin on l’espère. Les intermittents du spectacle sentent une tension néfaste à la tenue objective des travaux à cause du VLD qui ne tient pas bien le rôle, au désespoir de la troupe qui le sent mieux.
Vers les cinq heures on était plus souvent la tête sous le robinet à se tenir éveillé qu’à entendre « Monsieur Smith au Sénat » dont Frank Capra avait cédé les droits au Vlaams Blok.
Enfin, Jean-Marie Dedecker (VLD) a détaillé pendant une heure la situation économique et touristique de la Thaïlande, au point qu’il n’est pas sûr que cette séquence sera gardée au montage.

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Il n’a pas été question de projeter les diapositives du dernier voyage de ce globe trotter, compte tenu que la Thaïlande est, en principe, peuplée d’étrangers et qu’on en n’est pas encore à leur proposer un droit d’asile général, roi compris.
Quand le rideau est retombé les démocrates chrétiens flamands se sont aperçus qu’il y avait plus de choristes du Vlaams Blok dans les chœurs qu’ils l’avaient cru et que des Ménapiens pointus couvraient les voix chétives venues à la vocalise depuis la belle Cathédrale d’Anvers.
Le thème de la pièce est celui du roman de Camus « l’Etranger » mais en moins conte philosophique, dans une manière plus caractérielle, plus tendue, à la Belge, c’est-à-dire un peu con…
Le pitch : Yves Leterme est un notable chargé par sa famille de faire la paix des Eperons d’Ordre nouveau avec Geert Bourgeois. Mais le clan des ACW, l’organisation des travailleurs chrétiens, ne l’entend pas de cette oreille. C’est un peu la querelle des Chiroux et des Waroux à la liégeoise, transposée chez des gens qui, dès qu’ils se fâchent, tiennent des propos en patois anversois incompréhensibles pour un citoyen de Hasselt ou de Tongres, ayant fait les plus hautes études à Leuven.
A la fin, on comprend que les uns sont pour et les autres sont contre, mais on ne sait pas encore de quoi.
C’est à espérer qu’au deuxième acte le public sera mis au courant.
Jouée devant un public très clairsemé (il y avait plus d’ouvreuses que de spectateurs), le spectacle a été dirigé par le chef Ludwig Vandenhove, toujours très ferme au pupitre. La mise en scène était de Philippe Moureau et les costumes de Joëlle Milquet.
Seule bonne note dans ce four, les boissons et des sandwichs étaient gratuits et c’est fraternellement qu’acteurs et spectateurs ont cassé la graine, toute animosité tombée devant le buffet, après le spectacle.
Ah ! les Belges… quand c’est pour rien !

15 novembre 2003

Une belle histoire d’amour.

Mais c’est entre le banquier et votre pognon !
Formidable connerie du petit épargnant !
Ce n’est que justice, nous subirons notre sort jusqu’au bout. Tous ceux pour qui vous votez, comme pour un seul homme, le savent. Et ce n’est pas qu’ils ne vous auront pas prévenus. Notre destin c’est de devenir l’Américain moyen, de vivre et de mourir en Américain moyen, foi de Didier Reynders et Louis Michel convaincus.
Nous le sommes déjà, pas d’erreur ! Si ces grands hommes nous ont fait louper l’Irak, ils ne nous ont pas loupés. Toutes nos viandes à l’extase, à la célébration !
Le calvaire à nous… à l’adoration à deux genoux toutes les stations, l’Eldorado se mérite. Faut d’abord passer par le Golgotha… qu’on estime notre camelote… notre bagout… nos fausses montres Cartier… contrôler notre capacité à prétendre… comment on le mastique leur chewing-gum. Si on peut devenir obèse au hamburger ketchup sur six mois… un travail !
Les p’tits gars du Pentagone et de Wall Street ont besoin de s’assurer de notre fidélité.
Les épreuves sont là pour nous tester. Méfiance légitime suite au mouvement de menton de notre sémillant ministre des affaires étrangères, sa résistance au drame irakien… sa sécheresse de cœur au 11 septembre… si des fois il n’aurait pas été sensible aux moustaches du cador de Bagdad ! Si, comme dirait Ardisson, est-ce que sucer, c’est pas tromper ?
Ah ! nous n’y sommes pas allés ! A la place de notre haché Parmentier, nos remplaçants en ont pris plein la gueule, en tagliatelles les carabinieri de don Berlusconi. C’est trop fort à la fin, nous les premiers américanolâtres d’Europe, incollables sur notre devenir, grosses bagnoles et Stetson, voilà qu’on nous voit plus du tout à la morgue des « morts pour le business », ah ! l’engeance… eux les « stars » et nous les « stripes » à l’air… Nous avons tout faux. La bannière est en deuil parce que nous sommes des tire-au-flanc.
D’habitude le cheptel monte aisé aux créneaux. Derrière les 130.000 Dupont-Lajoie de l’invincible armada, fleuron des démocraties, 9.900 Anglais du très socialiste Blair, 3.000 du grand Commandatore Berlusconnerie, 2.350 palotins de l’ubuesque Pologne, 1255 picadors de don Carlos et 1100 « Souvenir de Vollendam » des copains Hollandais… suivent les reconnaissants pays de l’Est que le grandissime paradis de Miami Beach fait loucher de désir, 1.650 Ukrainiens, 700 Roumains, 500 Bulgares, 140 Hongrois et même, je vous demande de saluer, 150 Azerbaïdjanais et 160 de la Mongolie extérieure qui ont fait le déplacement à vélo. Il y a même, réconfort que Bush doit apprécier, 25 gars du Kazakhstan à trois chemises pour cinq hommes !
Et pas un belge ! Pas le moindre pioupiou !
Mais, on se rend pas compte, qui va fleurir demain les monuments aux morts, si on n’a plus d’anciens combattants ?
D’un côté l’abattoir, les crochets dans les chambres froides attendent nos viandes qui tardent et de l’autre nos banquiers et l’OMC.
Nous n’avons pas l’avantage d’en connaître momentanément pour la glacière à Mimile, par contre nos banquiers, nous connaissons.
Et pas qu’un peu.

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Les relevés de banque, ça se lit vite fait.
Rémunération de votre capital à vue sur le compte courant : zéro.
Le dépassement à partir d’un euro 14 % d’intérêt ou 15 % 4 si la chose prend de l’ampleur.
C’est-y pas beau Lisette ? Ça te fait jouir la banque ? Pourtant, c’est pas le moment d’un découvert.
Aussi vains et bornés que nous le faisons paraître, il serait pourtant bien utile que nous retenions celle-là. Ne serait-ce que pour en parler lors de nos prochaines conquêtes, lorsque nous aurons regagné la confiance américaine, que nous nous serons cent fois exclamés qu’ils mènent en Irak la lutte décisive pour l’Occident contre le terrorisme abject, putride, d’une bande de malfaisants, quasiment des antéchrist.
Douteux soldats nous sommes et ce n’est pas à encadrer l’armée mexicaine de Kabila que nous rentrerons dans les grâces de l’amerloque.
Nous pourtant si libéraux, si littéralement confondus en action de grâce quand un rot parfumé d’un businessman de Silicon Valey nous parvient au fond de la gueule, comment en est-on quasiment à trafiquer avec Saddam ou pire avec ben Laden ?
On voit bien Louis Michel en Laurence d’Arabie fourguer La Mecque et la grande mosquée pour même pas un cachet en dollars de Céline Dion à Las Vegas !
Ah ! qu’on est beau dans la controverse… Comment ils l’ont débusqué à la CIA, treizième à la Cène, derrière Judas notre hardi phénomène aux Etrangères affaires.
Voilà qui est étrange !
Heureusement, compromis à la Belge, si nos libéraux ne le sont plus tellement vis-à-vis de nos mentors, nous avons intacte la bonne pensée libérale des socialistes du gouvernement.
Dehaen avait raison quand il affirmait que de son temps un bon démineur c’était quelqu’un qui n’avait pas peur de plonger les bras dans la merde du compromis.
Et cela, qu’on se le dise à Washington, nos personnels de gauche sont les plus forts au monde.

14 novembre 2003

Le monde n’est pas à vendre.


Le Forum social européen débute à Paris que déjà François Hollande, le premier secrétaire du PS français, réagit dans les colonnes du « Monde ».
C’est que les partis socialistes européens sont directement concernés par cette initiative qui se pose en alternative à l’ordre mondial du commerce (OMC).
Le Forum social fait comme si l’essentiel de la gauche partait en voyage sans le PS qui resterait les bras ballants sur le quai, alors que le train s’éloigne.
Il y a donc urgence, non seulement en France, mais partout ailleurs où la gauche joue son avenir, de recoller au peloton.
Cette mise à l’écart survient, un peu pour les mêmes raisons qu’au Larzac cet été. Parce que le PS a trop souvent gommé le débat politique dans le but de faire réélire ses leaders par une opinion centriste qu’il croit toujours prépondérante.
Le Forum social est une bouffée d’air frais, un acte citoyen. Tout ce qui existe est plus puissant que ce qui n’existe que sous la forme d’un vague discours.
D’abord le néologisme antimondialisation est remplacé par altermondialisation. Le Forum a l’ambition de proposer une alternative à la mondialisation libérale. Ce qui est une évolution appréciable.
Les propositions devront tenir compte du bonheur des gens, de leur santé et de l’assurance d’une vieillesse exempte de souci. Et surtout, rompant avec les schémas des économistes libéraux, les discussions porteront sur les moyens d’abolir le chômage.
Il y sera aussi question du commerce équitable et des subventions des pays riches à leurs productions agricoles, faussant durablement le marché mondial.
Il ne faut pas se leurrer, tout ce qui sera débattu restera pour beaucoup une utopie. On ne peut pas sur une simple déclaration abolir du jour au lendemain le chômage et clore la pratique des surplus de main-d’œuvre qui assure la stabilité en cas de surchauffe des besoins dans une économie libérale.

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Mais cet usage étant une forme de mépris de l’homme et la certitude d’une perpétuation de la misère dénoncée et combattue comme une monstruosité, il sera au moins établi qu’il existe des voies qui ne soient pas fatalement celles de la marchandisation du monde.
Il n’est pas envisageable de poursuivre l’exploitation de l’espèce humaine dans toutes ses possibilités, même celle de l’attente d’un travail problématique, comme si l’homme n’était qu’un esclave attaché à la loi du marché.
Le Monde n’est pas à vendre, est un des slogans du Forum.
Des discussions, il serait magnifique de voir émerger une nouvelle communauté progressiste dans laquelle les socialistes y auraient leur place, moyennant un certain recadrage.
Un test dans les prochaines semaines aura lieu au Parlement européen où les partis conservateurs majoritaires poursuivent la mise en chantier des dénationalisations du rail, des postes, voire des pratiques sociales qui remettent en cause le droit à la santé et à la retraite pour tous.
Fin du mois à Bruxelles, un rassemblement altermondialiste est annoncé. C’est dire si les événements se précipitent.
Deux solutions s’offrent aux socialistes. S’ils estiment que la voie libérale a encore du beau temps devant elle, ils participeront à la politique de dénigrement à cette nouvelle gauche, comme l’a toujours fait la droite. Sinon, dépassant le discours attentiste de François Hollande, ils rejoindront une ligne d’action qui grâce à la force qu’ils représentent pourrait accélérer le mouvement altermondialiste et faire de l’Europe la rivale directe de l’Amérique ultralibérale.
Pour cela il conviendrait que le PS d’Elio di Rupo et le SPD (Sozialdemokratische Partei Deutschlands) de Gerhard Schröder, sentant le vent tourner, convainquent François Hollande de revoir en commun la politique des socialistes européens.
On peut toujours rêver.
Si la manœuvre reste floue et les propos discursifs, il se pourrait que ces partis plutôt que d’y aller franchement se lanceraient dans une sorte de jeu du chat avec la souris, comme ils l’ont si bien fait avec les Verts.
Tout est possible.

13 novembre 2003

La guerre en boutons.

Qu’un de mes lointains successeurs probable soit atteint du vice « italien » (les Italiens appellent cela le vice « français »), voilà qui ne serait pas étonnant.
Il y a tant eu de mes pareils assis à ma place que toutes les bizarreries y ont un jour ou l’autre été présentes.
Il faut vraiment attendre l’époque moderne pour que brusquement s’effacent toutes nos anomalies. Non pas qu’elles n’existent plus, mais pour que leur relation en ait été strictement réglementée et tombe sous le coup du secret d’Etat.
Charles, puisque c’est de lui qu’il s’agit, aurait sans doute préféré vivre de mon temps où les domestiques qui avaient leur franc parler mouraient dans leur jeune âge.
Sacha Guitry qui en a connu l’engeance avait réussi à faire sa fortune en calquant sur eux les répliques de ses pièces.
Il faut croire que ces gredins-là ont l’oreille des rédactions dont ils attendent des livres sterling les émancipant des ladreries de la reine mère.
Vous conviendrez qu’il n’appartient pas à un York de se prononcer sur un Windsor.
Mais il y a dans la réserve britannique, une singularité qui rend tout gentleman suspect de ne pas trop aimer les femmes.
Peuvent-elles encore porter ce nom quand on en voit des plus nobles attifées comme elles le sont sur les champs de course ?
D’autant que les plus exquises, celles qui sont faites pour l’amour, s’expatrient en France ou finissent par déserter le lit marital pour courir l’Egyptien dans des souks adaptés au brouillard londonien !
Libérées du climat, il faut les entendre alors dépeindre les nuits sans sommeil attendant que le bonnet de nuit étalé à leur côté termine le Times, avant de ronfler en contrariant leurs espérances de femme.
Alors notre pauvre Charles, toujours tiré à quatre épingles, comment ne finirait-il pas par en être, lui qui endosse si bien la jaquette ? Et ce n’est pas miss Parker-Bowles qui prend des allures d’adjudant à la retraite qui l’en pourrait dissuader.
Mais gardons notre self control, qu’est-ce que cela, si ce n’est une affaire d’hommes ? Voilà bien des histoires pour quelques poils roux et des changements de kilts en raison d’une inspection de clan ?
Qui à la guerre des Deux Roses se fût imaginé qu’elles finiraient en boutons ?
Afin de couper court aux commérages, il serait séant qu’à la prochaine Gay pride, l’on vît sur un char aux couleurs du prince de Galles, notre héritier se tortillant dans des hauts de chausse roses dont je faisais mes délices au temps de la reine Marguerite.
L’Anglais étant conservateur, il doit bien en rester quelques paires dans les mobiliers Tudor m’ayant appartenu.
Ainsi, tout en étant relooké, malgré l’antiquité du vêtement, le prétendant de mon Royaume aurait les faveurs des manchettes des journaux faisant taire les rumeurs et vouant les domestiques aux pages des demandeurs d’emploi.
Nous ne sommes plus au temps où il suffisait de faire rouler quelques têtes dans le panier du bourreau pour devenir populaire.
Nous devons payer de notre personne. C’est la seule façon d’assurer nos arrières.
Richard III

12 novembre 2003

Au malfaisant qui a voulu me fermer la gueule !

Dix-sept ans après l’explosion, Richard, votre serviteur, a failli périr à Tchernobyl … enfin, du virus dit de…
L’enflure qui a parasité mon ordi est peut-être un gras fermier du Wisconsin, un Kirghiz en mal de distraction ou tout simplement un gars de « cheu » nous, va savoir ?
L’engeance est connue. On la retrouve partout.
Au théâtre à la réplique de Cyrano sur scène : « Ah ! non, c’est un peu court jeune homme »… il se trouvera toujours un couillon dans la salle qui chuchotera pour les dix spectateurs les plus proches, avant que l’acteur ait repris son souffle : « On pourrait dire, oh ! Dieu, bien des choses en somme. »
Histoire de montrer quoi aux autres ?
Qu’il sait pardi, qu’il a la connaissance.
Ou alors le salopard lanceur de virus est un énergumène, une fine raclure dont on perçoit des souches très proches qui cassent les abris bus, tagguent les façades et emmerdent les pauvres gens. N’allez surtout pas croire que se sont des militants rentrés, des gens qui cherchent à s’employer dans l’altermondialisme et qui à défaut expriment leur ras le bol.
Non. Le propre de l’imbécile, c’est de commettre un acte gratuit, sans savoir pourquoi… l’expression de sa connerie, en quelque sorte. Comme la manifestation d’une allergie… par effet mécanique.
C’est un paradoxe d’être à la fois con comme la lune et assez intelligent pour inventer un machin capable de vous détruire à des milliers de kilomètres ?
Parce que le bouffi qui nous chie dans la gueule, doit savoir qu’un jour ou l’autre à force de bourlinguer en quête d’un sale coup, il finira éborgné par un étron d’un de ses confrères ! certitude absolue… Mieux, étendu raide par sa propre fiente revenue au bercail avec une mâchoire supplémentaire. C’est beau la connerie comme un feu d’artifice…
Tout ça pour écrire que depuis dimanche « voilà pourquoi votre fille est muette ».
Alors que la semaine s’ouvrait sur des coins à enfoncer.
Dimanche : Halloween poussé par les commerçants s’est révélé cette année un bide noir. Tant mieux. Qu’on nous foute la paix avec toutes ces nouveautés, carnaval, Saint-Nicolas et Père Noël, c’est suffisant. On affiche complet.
Lundi : La veille du 11 novembre. L’occasion de balancer que les commémos sont faites par ceux qui ne font pas qu’apporter des gerbes sur les tombes… qu’ils contrôlent la situation, quelque part… Si ceux qui sont morts dans la grande boucherie avaient été épargnés, peut-être bien que l’Europe sociale serait un peu plus avancée et que les ganaches qui fleurissent leur auraient balancé du même bras des coups de matraques sur la gueule.
Mardi : Préparation du Forum social européen à Paris. Histoire de voir des programmes altermondialistes et se rendre compte que le monde n’est pas fait que d’admirateurs du dollar.
Mais voilà. La machine s’est enrayée.
Dans l’aventure j’ai aussi perdu mes archives, mes photos, mes montages, tout, presque, comme à la bataille de Bosworth en 1485. Ça ne date pas d’hier.
Le fin phénomène, le hardi enfoiré qui a failli m’avoir est peut-être tout simplement un collectionneur de virus informatiques, un bon technicien au service d’un publiciste haineux, d’un besogneux de la bite au vent et de la liquette pour professionnelle qui ne me voyant pas monter au créneau le compte en banque à portée de son comptable, a défendu ses territoires comme un mac défend celui des putes qu’il contrôle.
D’autant que le virus Tchernobyl c’est un sacré dégueulasse, du genre Sida. La capote sur Internet n’existant pas, cette incroyable saloperie va jusqu’à essayer de tromper le spécialiste en faisant croire que le disque dur est irréparable !
Heureusement que le pote qui a remis le malade sur pied est un as à la hauteur !
Sans archive, sans royaume, sans sceptre, à poil sur un trône vacillant et en carton, je reprends donc le fil interrompu avec les moyens du bord, en espérant que les trois ou quatre « clients sérieux » de cette crémerie d’un nouveau genre ne se seront pas fait la malle, sans autre forme de procès.
Richard.

9 novembre 2003

Pour un qui se fait du pognon, t’en as mille qui la saute.

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Ici Alain Sude-Monplingrez qui vous parle depuis les studios de Libramont de la préparation du salon des Arts. Sur la sellette aujourd’hui, le peintre Tufaid Chrismine.
Distinguée par Aldo Mino, cette intéressante artiste nous interpelle à travers son œuvre.
De notre correspondante Corysandre Jambe, le portrait de Tufaid Chrismine.

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C’était Corysandre Jambe pour les studios de Libramont. A vous Alain Sude-Monplingrez.

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- Quoi, on est à l’antenne ? Qu’est-ce que c’est pour un mastic ? Bon… ici Alain Sude-Monplingrez depuis les tous nouveaux studios de Libramont en décentralisation définitive du centre culturel de Mons.
Nous avons filmé l’artiste dans le bureau de notre administrateur, Raff Alempoix.

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A l’artiste dans son atelier, nous lui faisons part de notre curiosité face à « Souvenir amoureux du Lido di Jesolo » toile qui sera exposée à Libramont,.
- C’est un souvenir personnel ?
- C’est une rencontre avec Pietro Canaleto di Utéro.
- Un médecin, comme l’ami italien de Georges Sand ?
- Non, un spécialiste à la retraite du badminton sur balcon.
- Vous avez dû souvent monter au filet ?
- Non, car la balle chez lui était fort amortie.
- La toile à côté, c’est une allégorie ?
- Attendez que je me place pour la prise.

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- Alors ?
- Permettez à l’artiste d’avoir une vie privée.
- Non ?
- Si !
- Vit-on de la peinture ?
- Pour un qui se fait du pognon, t’en as mille qui la sautent. Et moi, j’ai beaucoup été sautée.
- Encore une question, mademoiselle Tufaid Chrismine. Cette toile sous la cage d’escalier, c’est raté ?
- Non. Je vais la brûler, car elle est le témoin d’une douloureuse partie de ma vie.
- Vous pouvez en parler ?
- C’est encore trop cruel pour moi…
- Les téléspectateurs auront-ils plus de chance que les visiteurs de l’exposition de Libramont ?
- Si vous voulez.
- Coco, tu me fais un plan serré sur la toile.

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8 novembre 2003

Encore une belle réalisation flamande !


Il y a deux ans déjà que disparaissait la Sabena.!
Un anniversaire douloureux.
C’est en trouvant navrantes les déclarations de certains milieux sportifs flamands au sujet de la rivalité des deux meilleures joueuses de tennis actuelles au monde, que je me suis reporté à l’affaire SABENA pour y découvrir des similitudes.
Lorsque nos politiques ont bradé la SABENA à Swiss Air, il avait été question, avant cela, d’entamer des pourparlers avec Air France, aussitôt interrompus pour lèse de « moedertaal ».
En effet, les cendres de Guido Gezelle eussent frémis d’épouvante si les fransquillons se fussent installés à Zaventem !

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Après le flop de la direction germanique de Swiss Air et la débâcle de la SABENA, nous n’avons pu que déplorer la disparition d’un beau fleuron national et la perte de milliers d’emplois.
Les Belges font fort ! C’est la seule catastrophe aérienne à avoir fait cinq mille « morts » d’un coup !
La catastrophe consommée nous pouvions espérer avoir bu la coupe d’amertume jusqu’à la lie.
Penses-tu, m’fi !
La fusion d’Air France avec KLM va créer à Bruxelles national un vide qu’il sera impossible de combler.
En effet, l’aéroport de Schipol aux Pays-Bas va désengorger les deux aéroports parisiens.
Le trafic se fera d’un pôle à l’autre en passant au-dessus de manneke pis. Les Hollandais ne sont pas obtus comme leurs cousins linguistiques. Ils ont rapidement converti les florins en euros.
Anvers, par le Thalys sera à une heure de Schipol et le coin le plus lointain de la Wallonie à moins de trois heures de Paris.
Quand on sait que l’intention du patron d’Air France, Jean-Cyril Spinetta est de développer ses lignes vers l’Afrique et le Zaïre particulièrement, c’est la dernière spécificité belge qui va tomber dans la nouvelle synergie.
Ainsi, les Flamands auront gagné. On ne parlera pas le fransquillon à Zaventem, il y a des chances qu’ont ne parle plus le flamand également.
Décidément le futur Etat flamand va fort. On vante tellement leurs meilleures performances, que c’est à se demander si leurs « stratèges » ne trafiquent pas les statistiques ? Ne serait-ce pas plutôt, comme la mer du Nord qui est leur dernier terrain vague, et leur désir de l’étendre jusqu’à Tongres et Hasselt ?
Enfin, le problème du survol de nuit de l’agglomération bruxelloise dont Isabelle Durant a fait injustement les frais, sera bientôt résolu par extinction du bruit. Quand on vous disait que les Flamands ont de la suite dans les idées.