Une rencontre daujourdhui.


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A propos des petits personnels dont lécriture est le passe-temps ou le gagne pain, une jeune romancière anglaise traduit bien une pensée générale informulée, mais si empreinte de vérité que je vous la livre in extenso. Je le fais dautant plus volontiers que venant dune femme et dune contemporaine, elle rompt avec la tradition de la langue de bois qui fleurit partout depuis que tout le monde sait que tout le monde ment.
Cest loccasion qui mest offerte de présenter une auteure de moins de quarante ans signifiant au passage que je ne puise pas mes exemples systématiquement dans le passé.

« Ne fais jamais, au grand jamais, confiance à un homme qui travaille avec sa tête toute la journée, bricole la ponctuation et introduit son imagination au plus profond des propositions chaudes et humides… Je devrais te dire quils veulent toujours se montrer spirituels, polysyllabiques et cultivés, amusants, charmeurs, délicats, sains, mondains, mais ce quils veulent surtout, cest avoir ton fond de culotte en travers de la gueule pendant quils tenculent sans même se rappeler ton nom »
Romancière et nouvelliste, A(lison) L(ouise) Kennedy est née en Ecosse, en 1965.
Son dernier roman, Un besoin absolu, est paru en avril 2003.
Fin de la semaine à Naples, les ministres des Affaires étrangères de lEurope se réunissent pour marquer le coup sur ladoption de la Constitution Giscard.
On ne peut pas oublier que Dehaen est le co-auteur de cette Constitution et que son ombre flottera sur lhémicycle.
Mes avis quon parlera de tout autre chose.
On va clabauder terrible sur un autre sujet, celui des ministres des finances de la zone euro qui lâchent du lest sur la procédure contre lAllemagne et la France pour leur déficit qui contrevient au pacte de stabilité des finances publiques.
On se souvient que Dehaen avait passé les Belges à lessoreuse pour ramener le déficit de Manneke pis à un taux raisonnable afin dentrer dans… jai failli écrire leurodisney !
Les critères de Maastricht obtenus, nous nous étions installés comme un grand dans lassiette au beurre européenne. Ah ! comme on était bien dans le rôle de bon élève !
Les efforts que lon demandait aux petits Etats pour avaler le franc lourd et le mark et tous ensemble palper la monnaie des monnaies, nont été valables que pour les lilliputiens. Gargantua et Pantagruel – pensez lAllemagne et la France - en pleine dérive budgétaire sen foutent et lEurope leur donne raison ! Non seulement, ils dépassent fameusement la cote dalerte dans leur budget à la hausse, mais ils en conviennent et ne sont pas sanctionnés !
A la tête des vertueux Louis Michel appuyé par la BCE (banque européenne) va sûrement nous sortir un beau discours et puis, comme pour lamerloque, devant la force tranquille de nos voisins, il va resauter dans son terrier pour voir venir. Cela sappelle la politique du menton volontaire.

Il conviendrait pourtant que Didier Reynders donne sa version des faits en qualité de co-responsable de ce désintéressement de la Communauté financière en faveur des deux contrevenants.
La Constitution européenne pour les 25 dans tout cela ?
On ne sait pas. Cest pour plus tard. A moins que dans lémotion du moment, on adopte tout en vrac : Giscard, Dehaen et consort. Si cest le cas, Valéry Giscard et par rachat de titre dEstaing pourrait faire un pas de plus vers lAcadémie française, son rêve à cet homme…
Comme quoi des désastres collectifs peuvent engendrer des bienfaits individuels.
Que la presse « tout va bien » se rassure, une embellie est en vue, il paraît que la croissance va redémarrer lannée prochaine, ce qui pourrait à partir de 2% remettre la France et lAllemagne dans le bon chemin. On en est moins certain pour la Belgique, tant et si bien que si ça continue, nous pourrions frôler un dérapage lannée prochaine, ce qui permettrait à lEurope de nous pénaliser et de rattraper sur notre bas de laine les sommes que la France et lAllemagne nauraient pas déboursées au titre de sanction.
Ce serait la meilleure de lannée !
Enfin, à partir de mai 2004 à lexception de la Pologne qui est un gros morceau, les neuf autres postulants sont des états miniatures comme le nôtre, ainsi nous nous sentirons moins seuls avec le Luxembourg pour écoper à fond de cale.
Certains enthousiastes de la Belgique joyeuse doivent manger leur chapeau à lheure quil est, mais chez eux et en silence.
Quant au petit peuple, qui perdrait son temps à lui expliquer la chose que, de toute manière, il ne comprendrait pas ? Voilà le raisonnement général des gazettes qui résume bien la situation.
Dans le fond cest vrai. Nous avons voté, oui ou non ? Tous ces lascars plastronnant sont nos élus, oui ou non ? Tout est donc légalement ficelé et empaqueté !
Bon. Alors, nous payerons et en attendant : fermons-là.
Liégeois : optimiste toujours !
A la multitude des écrivains occasionnels ou professionnels, journalistes ou simplement diaristes par passe-temps, quelques questions…
Pourquoi, lobservation écrite ne conduit-elle presque jamais à la description de la condition sociale des gens ?
Autrement dit, cet environnement de jouissance rapide et de haute consommation produit des détresses humaines en pagaille. Pourquoi ne parle-t-on que des formes bénignes des rapports entre les personnes ? Pourquoi nous montre-t-on rarement des drames sociaux, des fins de vie dans le besoin, des rapports tendus dans des hiérarchies, des vices aussi, comme si toucher la réalité était indigne du reporter, comme si la mission de certains nétaient que de rassurer en voyant du bonheur là où il ny en a guère, des responsables épanouis, des économistes sûrs deux-mêmes et des politiciens souriants ?
On croirait presque à la collusion générale, alors quelle nest effective que pour certains !
Jessaie de mettre en scène depuis toujours des gens ordinaires, dont certains vous sont familiers, dautres aussi, extravagants.
Il y a des salauds et des amoraux, comment les décrire si ce nest en montrant leurs vices et leur part dombre pour essayer de les comprendre ? Bien sûr, il serait plus simple de les ignorer, confortant ainsi un monde « royaume de Saint-Nicolas ».
Mais serait-ce faire une œuvre de lucidité, que lon soit journaliste ou écrivain ?
Pourquoi ny a-t-il presque jamais dans les gazettes la relation dun licenciement dans ce quil a dinsupportable au niveau de la famille et du milieu du licencié ? Quon ne vienne pas me dire que lemployeur ne connaisse pas la façon dont vivent ceux quil emploie. Ils sont parfaitement au courant, même ceux qui règlent le sort de milliers de gens depuis le bord de leur piscine et quon ne voit jamais ; comme les personnels politiques nignore pas la façon dont vivent les gens avec moins de 500 euros par mois.
Alors comment peuvent-ils pérorer dans les salons, convoquer la presse, plaisanter sur lavenir, faire des projets ? Tant et si bien que celle-ci sen retourne à laise répandre la bonne nouvelle dans les magazines !
Sinon parce que ce quils font ne leur saute aux yeux quà travers des chiffres et des rendements. Et la mécanique de désinformation se transmet de celui qui la commet à celui qui la relate.
Ces omissions scandaleuses ne sont pas seulement du domaine des affaires. Cest pareil du côté politique dont sont issus et dont procèdent la plupart des intellectuels dans le cadre dune Belgique championne dans le clientélisme et dans la promotion canapé. Et cette mauvaise relation dune situation, des journalistes la commettent tous les jours, jusquaux plus petites chroniques qui deviennent des féeries pour grands naïfs. Cest parfois involontaire, mais de petits services en petites compromissions, chacun finit par avoir ses têtes, ses tabous, ses limites et ses sujets « délicats ».
Alors tant quà faire, plutôt que payer, autant lire un toute boîte qui dans la même prose vous met sous le nez le même brouet, mais gratuit.
Un exemple immédiat. Une nouvelle édition sur le net de la vie liégeoise vient de voir le jour « Le Liégeois Optimiste ». Bon. Tant mieux. Voilà, pensai-je loccasion de lire des avis de « journalistes » sur Liège et consort. Je lis larticle sur larchéoforum Saint-Lambert : que démerveillements !... Une critique où tout baigne du premier coup !
Alors, je me dis, ce nest pas la peine décrire comme sur les prospectus. Si cest cela le journalisme à la liégeoise, merci avec La Meuse, on est servi !
Alors, traiter des types de mon espèce de vicieux, de pornographes ou de gauchistes parce quils mettent en scène des salingues et des pourris et quils ne sont pas des assidus de la messe à lopinion rassise, que leurs idées ne traînent pas sur les tables de rédaction, mais mesdames et messieurs, cela devient un compliment !
Un exemple du passé (pour ne pas faire du tort à qui serait déclaré vertueux dans la fange du présent) dun littérateur assimilé à ses personnages et méprisé par les ignares et les « assis » du système : Choderlos de Laclos, auteur des Liaisons dangereuses dont on a donné avec Deneuve une version chou à la crème il ny a guère dans un film qui se voulait sulfureux et qui nétait que ridicule.
Militaire en temps de paix, Choderlos fin observateur se complut à imaginer sur le canevas des mœurs dune ville de province, quil ne connaissait que trop bien, les aventures galantes dun couple infernal, infiniment plus gratinées que mon blog « les monologues du vaginofaunes », dune noirceur extrême comme notre société en produit.
Il fut confondu avec ses personnages.
Jean-Paul Bertaud vient de sortir chez Fayard « une vie de Choderlos de Laclos ».
Messieurs les bien-pensants, une fois de plus vous avez eu tort. Et cest bien de cette façon que lhypocrisie se fait surprendre.
Choderlos fut un soldat idéaliste et lamoureux dune seule femme.
Ainsi, on peut vivre au contact des démons et rester digne et ferme.
Cet homme se construisit en-dehors de son œuvre et sétablit dans une morale que peu de ses détracteurs possédaient en propre.
Marie-Solange Duperré fut la femme de toute la vie de Choderlos. Ils échangèrent des lettres qui nont rien à voir avec celles de Madame de Merteuil.
Lapologie quil fit de lamour unique doit nous faire ressouvenir de ce soldat amoureux.
« Cest par lesprit quon brille, écrit-il, mais cest par le sentiment quon aime et quon est aimé ; lun ne procure quun peu de vaine gloire, lautre nous rend susceptible du seul véritable bonheur dans ce court trajet quon nomme la vie : quelle que soit sa durée, on na vécu que par les affections quon a inspirées ou ressenties ».
Alors, vraiment, messieurs les écrivains, les journalistes, les diaristes, maintenant je sais qui sont les pornographes. Je sais où est la vulgarité. Elle est dans ce que vous êtes et dans ce que vous écrivez.
Peut-être que dans le silence des rédactions lorsque tout est bouclé et que plus rien ne se passe, songe-t-on parfois à ce quécrivit jadis Biancietti : « Tout ce que nous écrivons est inutile, surtout si cest la vérité. Le monde va devenir chaque jour plus bête, plus laid, plus dur… Aussi aurons-nous plus que jamais besoin de nous masquer. Lavenir est à la clandestinité. »
Il y a des sujets à la mode.
Par exemple, Elodie de Star Academy qui nous parle de son bonheur trahi. Malgré les vilenies, Edouard lui manque atrocement.
On se sent mal pour elle.
Quoique les nouvelles « people » soient celles que la majorité réclame, donc que tous les démocrates traitent en priorité, on peut préférer des sujets moins branchés.
Le port du voile islamique à lécole en est un.
Daucuns rêvent dun uniforme, le même pour tous.
On a demandé à des couturiers dimaginer la tenue passe-partout.

Pour les garçons, il serait question dune fausse barbe agrémentée dun chapeau de rabbin dont le ruban serait en fait un morceau de kéfié à carrés noir et blanc. Ainsi on aurait le symbole des trois religions : la Barbe de dieu le père des chrétiens, le chapeau de Sharon le jour du sabbat et la marque de Yasser Arafat.
LEglise réformée a déjà dit quelle allait porter plainte pour discrimination.
La gymnastique pourrait se faire en tutu molletonné pour les filles et en maillot de corps non moulé pour les garçons. Là, rien nest moins sûr. Le parti gay estime que plus le maillot est près du corps, plus libres sont les mouvements.
Pour la natation, il y a déjà unanimité : la tenue complète du plongeur sous-marin avec masque de plongée et tuba incorporé. Le moniteur, quant à lui, serait équipé dune tenue de scaphandrier classique.
Le Conseil supérieur de la Communauté de langue française na pas réglé le problème tant les discussions dhier soir ont été longues et sans quaucune directives aient été prises. Le préfet de lAthénée Bruxelles II à Laeken, laissé à lui-même, a décidé que les filles à foulard pourraient revenir à lécole dans cette tenue les jours fériés et pendant les vacances. A charge pour elles de remettre les classes en létat où elles les auraient trouvées avant.
La machine à solutions simples située sur le trottoir devant le ministère de lInstruction publique (une sorte de Bancontact installé par Laurette Onkelinx lors dune de ses nombreuses rotations ministérielles) crache dabord avant le nom du prof qui a mis zéro en français à votre fils unique, quen aucune façon la publicité ne retarde la découverte dune solution. Quand vous linterrogez sur le foulard, elle se met en dérangement.
Seul le concierge, dans une conférence de presse, aurait déclaré que le problème était complexe. Je cite : « Il met en jeu la peur de lautre, lasservissement des femmes dans la difficulté de vivre ensemble ».
Lidée qui consiste à borner sa capacité de liberté à ne pas gêner celle des autres, ce fameux « vivre ensemble », sans prosélytisme ni pression, mais qui ne peut être réduite à navoir pas dopinion, est tout simplement impossible.

A quel moment une casquette devient une kippa, il faudrait quon lexplique ? Et si les tresses genre Rabbi Jacob sont interdites, la queue de cheval de Xavier Malisse, ne lest pas. Sil en avait deux teintes en blond, seraient-elles interdites ? Je veux toujours parler des tresses, bien entendu.
Une famille qui sappellerait Christ, aurait-elle encore le droit de scolariser son fils quelle aurait appelé Jésus ?
Dans le large éventail des croix, latine, grecque, de Saint-André, potencée, de Lorraine, de Malte, tréflée, égyptienne ou ancrée laquelle peut être arborée sans ostentation et sans choquer les convictions religieuses les plus intimes des autres ?
Les étoiles, à six branches, cela ne fait pas lombre dun doute : interdite ! Mais à cinq branches ou à huit ?
Le triangle, nen parlons pas. Ça sent la franc-maçonnerie à plein nez. Interdit. Dans les plumiers, il faudra saisir les compas pour les mêmes raisons.
Le carré peut convenir. Le pentagone, rapport aux USA, interdit ! Lhexagone chez les pointus de Gand et dAnvers : interdit (Les fransquillons buiten !)
Il faudra imaginer dautres symboles que la croix rouge ou le croissant rouge dans des opérations de bienfaisance des classes.
Les cours sur lhistoire de lart seront particulièrement surveillés. Le geste auguste du semeur, sil saccomplit à côté dune faucille et dun marteau jetés négligemment au sol pour des raisons esthétiques, devra aller saccomplir ailleurs.
Comme on le voit, la Communauté française a du pain sur la planche. Encore… le pain, ne se rompt-il pas par le Christ à la Cène ?


En dautres temps, on décrivait largent différemment : fin, vif, en sel, mat blanc, blanchâtre, etc. Notre troisième millénaire le définit « sale ».
Cette impureté se lit à la couleur, sale signifiant noir, gris foncé ou gris clair.
On aura compris que largent gris clair est moins sale que largent gris foncé.
Si largent sale existe, il convient de supposer quil y a de largent propre.
Largent propre est le fruit dun travail rémunéré selon des barèmes établis et déclaré. La Belgique étant en Europe parmi les pays qui perçoivent le plus de taxe sur les salaires, le mérite est dautant plus grand. En produit blanc, largent est honorable.
Déjà paraît louche le salaire du type qui dans une entreprise gagne 20 ou 30 fois, sinon davantage, le salaire dun seul homme Quant aux stock options nen parlons pas. Cest donc de largent gris clair, mais légal.
Notre pays admet quil y ait de grandes différences dans les rémunérations entre les besogneux et les propriétaires. On feint den ignorer les raisons. Cest plus convenable. Ça mettrait les riches mal à laise....
Largent placé rapporte plus que celui du travail. Va savoir pourquoi ? En plus il est moins taxé !
Quant aux mecs qui gagnent trente fois le salaire dun blaireau, ce nest pas une question de capacité. Je ferais aussi bien laffaire quEtienne Davignon ou Tony Vandeputte dans leur job à la Xième puissance du salaire de plouc. Tandis quil me serait difficile dêtre soudeur à larc et à lautogène, eux aussi dailleurs.
Jai jamais compris pourquoi un type qui pousse une brouette toute la journée gagne moins quun autre qui se tape sa secrétaire et fait des affaires en jouant au golf ?

Certains disent que cest pour faire vivre les commerces de luxe quil y a des riches !
Bouffer du foie gras et boire du champagne toute la journée, en effet, vous abîme la santé. Lhépatite et la goutte devraient être des maladies professionnelles reconnues à partir dun certain revenu.
Dautres prétendent que lexemple des riches sert de carotte devant lâne pour quil supporte son bât ! Les plus malins dans la catégorie se contentent de ne rien foutre sans jamais louvrir sur rien. Vaut mieux pas avoir davis, quand on a la loi pour soi… Dautant quun cornichon sans un rond affirmera toujours que les râleurs sont des envieux. Le MR foisonne de ces loustics !
De largent gris clair à gris foncé, les critères et les coups de chance ne sont pas donnés à tout le monde.
Il y a tout le pactole mis sur le côté par les ancêtres qui auront affranchi leurs rejetons des droits de succession par toutes sortes de combines, dont les obligations au porteur ne sont quun moindre accessoire.
Il y a de ces tours de passe-passe dans les gros coffiots des banques, je ne vous dis que ça !
Bien sûr, cette friponnerie considérée comme un sport, la catégorie des super-bourrés est au-dessus de tout soupçon. Administrateurs, propriétaires ou généraux à la retraite, rarement coursiers chez IKEA, ces honorables forces vives sont très pointilleuses sur le statut social.
Du coup, des grosses fortunes on peut dire que dune génération lautre le gris de largent fonce considérablement. On débat sur la couleur anthracite.
Enfin, il y a largent noir.
Largent noir est le produit dun hyper capitaliste qui a été trop loin et trop vite pour se faire du blé.
Quand on méprise les conventions qui font croire aux pignoufs que la fortune se gagne honnêtement, on entre dans la catégorie du pognon à risques.

Très peu de fortunes gagnées au noir passent à la casserole. Une bonne connaissance des terrains financiers blanchit tout argent noir. Sans que cela se sache, le monsieur qui pérore à une tribune sur lavenir économique de la Belgique est peut-être un salaud reconverti en honnête financier !
Seules les fortunes trop rapides des minus prodigues finissent dans les recettes fiscales et leurs « inventeurs » à Lantin.
« Toi ptit tête, comme dirait Mimile, si tentres dans une Rolls, cest comme chauffeur ».
Personnellement, jadmire le mec qui se fait un blé monstrueux et quest plus fin dégueulasse que les autres établis et clean. Il a compris que le travail nest bon que pour les imbéciles et que si on veut jouir de la vie ce nest pas à la pension quil faut y penser, mais plus jeune. Larthrite aux vieux travailleurs, dit cette fine raclure. Cliniquement parlant, il na pas tort. Son erreur, cest daller trop vite. Il ne fait pas semblant de bosser assez longtemps !
Pourquoi je ladmire ? Mais, parce quen tombant il attire lattention sur le reste de la cavalerie. Il fait sortir du bosquet les chevillards des Lois-combines. Cest tout bonus pour le pèquenaud de base.
Alors, largent sale ? Comme si largent pouvait être autrement ! Comme si les gens qui le manipulent ne sont pas les plus hardis phénomènes jouisseurs du Royaume ?
Larchéoforum sous la place Saint-Lambert a ouvert ses portes ce troisième week-end de novembre 2003.
Cest lavant-dernier maillon dune chaîne de musées, lultime étant le Grand Curtius accessible seulement en 2006, qui fera de Liège la première ville de Wallonie en ce domaine.
Grâce en soit rendue à lobstination des Liégeois, aux membres des sociétés archéologiques et à lUniversité de Liège qui ont arraché lespace Saint-Lambert à lappétit des promoteurs.
Enfin, abandonnés les projets mégalomanes, il a pu être trouvé des accords conciliant parking et musée. Et tout est bien ainsi.
Des premiers Liégeois aux commères du XVIIIme siècle qui y ont tenu marché, cela fait plusieurs millénaires quexpliquent, dune trace à lautre, des guides compétents.
Ainsi, nous y verrons des vestiges de la villa gallo-romaine, des murailles impressionnantes sur lesquelles fut fondée une des plus grandes églises de la chrétienté, jusquà la conservation dune cave dune maison particulière jouxtant la cathédrale, tout un passé qui dorénavant sapprendra sur les bancs décole et in situ.
Cet endroit préservé daucuns ont voulu le rendre magique avec éclairage parcimonieux et jaunâtre comme celui du Colysée de Rome. Des fils de lumière rouge délimitent le gallo-romain du reste de la visite. Un fond sonore se module au fil du dédale dun étroit chemin un peu comme celui dune grotte. Du reste, cette atmosphère de caverne est soulignée par le maintien dune grande humidité afin de préserver les vestiges qui sans cela pourraient se détériorer.
Cest un musée vivant. Il existe des parties du sous-sol non fouillées et sous plastique, qui permettront des campagnes de fouilles ultérieures et peut-être dautres découvertes.
Cette belle réalisation se perfectionnera sans doute à lavenir.

Cest pourquoi, les quelques critiques qui vont suivre se veulent constructives.
Le son est-il approprié aux périodes parcourues ? Est-il nécessaire dentendre un grand vent soutenu comme celui dun ventilateur pour sonoriser la partie préhistorique ? La jeune fille qui nous servait de guide devait donner de la voix et il nest pas sûr que les derniers visiteurs du groupe aient pu en entendre quelque chose.
Léclairage parcimonieux a été choisi pour leffet de mystère. Cest entendu. Il serait alors nécessaire déquiper les guides de lampes à faisceaux lumineux concentrés afin daider le public à regarder ce de quoi on parle.
Lidéal serait détablir un renforcement de léclairage qui serait commandé par le guide de façon à mettre en évidence les pièces décrites, comme cela se fait dans les grottes de Han.
Le parcours peut être dangereux pour des personnes peu valides. Certains vestiges coupent les allées, dimperceptibles dénivellations se terminent par des marches dà peine quelques centimètres. Ne pourrait-on étudier un éclairage au sol dans ces endroits ?
Enfin, les toilettes nont que deux wc, celui réservé aux hommes tenant lieu despace pour handicapés.
A moins de pouvoir entrer par la porte donnant sur le tunnel des bus, pour assister dans la grande salle à des conférences, je ne vois pas comment un handicapé sur un siège roulant pourrait faire le parcours, tant celui-ci est hérissé de difficultés.
Le film de fin de visite sacrifie la précision à lesthétique, avec des effets appuyés sur des visions qui mêlent à la fois histoire et fantasmagorie.
Il y manque une séquence importante, celle du dernier quart de siècle passé qui déboucherait sur laboutissement inespéré actuel après les tribulations, les projets, les plans et les maquettes qui nont cessé de nous prendre la tête pour faire de Liège une mégapole à laméricaine, toute en hauteur. Nous lavons échappé belle !
Un regret enfin, on sait que cest lingénieur Lohest qui le premier ouvrit la place Saint-Lambert aux alentours du début du siècle dernier pour nous montrer les vestiges gallo-romain. Il y avait aussi dans cette visite un fond de cabane néolithique, sorte de petit quadrilatère de terre noire. Quest-il devenu ? La-t-on détruit lors des travaux ? Ou bien nétait-ce quune mystification ?
Le personnel interrogé et par ailleurs si compétent na pas répondu à cette question.
Peut-être que de vieux liégeois pourront donner la réponse ?
En résumé, une réalisation remarquable, bien équilibrée pour des vestiges importants mis en valeur.
Pour les visiteurs, ce fut un plaisir.
Daprès le groupe suivant et le nôtre, cette première journée est déjà un succès de foule.
Il faut craindre cependant quune fois la curiosité des débuts éteinte, les 5,5 euros dentrée aient un effet dissuasif permanent.
La Ville devrait prendre exemple sur les musées nationaux de France qui organisent des visites gratuites pendant certaines périodes de lannée.
Je sais bien que lentretien et le personnel ont un coût, mais laccès à la culture pour tous passe par louverture des musées au plus bas prix possible à des Liégeois en situation précaire que la politique actuelle risque décarter.
- Allô… allô… On peut parler ?.... Je men doute…Oui… Non… Tu reviens encore là-dessus !... Tu sais bien que cest une question de temps… oui, parfaitement et de psychologie… Comment veux-tu que je sois tendre si tu me traites de lâche dès tes premières paroles ?... Allô… Cest sur une autre ligne… Tu permets… Cest encore la folle de lautre soir…Oui, Denise, tu sais bien la cliente qui était venue dans mon bureau nue sous son manteau… Bien sûr, bien sûr… Je taime, voyons…. Pourquoi me demandes-tu cela ?...Tu ne sais pas ! …avec tant de haine dans la voix… oui de haine… Comment peux-tu douter de ma sincérité… Grande …Comment cela ?... Il ny en a pas de petites ! … Bien sûr, quelle est grande, ma sincérité… Je nai pas voulu le dire… Tu me fais rire avec ta suspicion, ne le prends pas ainsi… Jen peux de la situation… Figure-toi que jai connu ma femme avant toi…Tout le mal vient de là… Comment ne comprends-tu pas cela ?...
Allô… allô… cest toujours lautre folle. Tu sais doù elle me téléphone ?... du Val dAoste ! Tu ten fous… moi aussi… Cest son mari qui paie la communication… Je la mets en attente… Non ?... Je dois couper ?… Voilà. Cest fait. Quand ce nest pas Follette, cest Denise… Ce que tu entends ?... Je ne sais pas… Ah ! oui, je me gratte !... Si on reparlait de toi, de nous, enfin… Tu es où ?... Non !... lendroit… Sur le WC de la salle de bain !... Ta cabine, cest le cabinet…. Cest toujours de là que tu me téléphones… A cause du fou…à rôder quand tu crois quil travaille… Oui, je comprends… Tu me donnes envie. Je timagine…Tu nas rien sur le dos… Et ta petite chatte ?... Toujours bien disposée pour ce soir ?... Laisse-moi deviner la couleur… Rose ! Comment, cest facile, elles le sont toutes… Quoi ?... Roses… non…non. Là, on était bien.
Ouais, je ne suis pas insensible… Cesse de me prendre pour un monstre dégoïsme !... De… veux-tu me pardonner ?… Je trime, tu le sais. Je ne fais que courir partout… Dès que jai une minute, cest pour toi…Est-ce ma faute si dans lheure où nous nous voyons nous allons au plus pressé… Cest toujours le cul ?... Oui, bon. Le moyen déchapper à cela quand on ne se voit quune petite heure… ce nest pas vrai je naime pas que ton cul… tes seins aussi… tes… Tu ne veux pas parler de cela. De quoi alors ?... Des sentiments !... Quelle idée en une heure !... Je ne te dis jamais des mots gentils quand on fait lamour ?... Ce nest pas vrai. Je ne les retiens pas, mais je tassure… Là, tout de suite… Tu veux que je ten dise, alors que ma femme va rentrer dune minute à lautre et que je surveille le vestibule !... Tu mangoisses… Mais, ne te refâche pas !... Comment je ne suis quun sale étron !... Un salaud ! moi qui ai changé trois fois dhôtel depuis que nous nous connaissons rien que pour brouiller les pistes… Justement, tu ten fous de les brouiller !... Ah ! non, voilà que tu me conchies… Ecoute, tu ignores comme elle me fait souffrir et quelle délivrance pour moi le jour où je lui dirai que je la quitte… Pourquoi, je ne le fais pas ?... Tu le sais bien, pourquoi !... Ce nest pas une raison ?... Cest toi qui le dis… Et sa tentative de me dénoncer au fisc ?... Ce nest pas une preuve cela ?... Cest moi qui linvente !... Je tassure que non… Attends donc avant de tout déballer… Tu as envie de tout dire à Lucien pour quil vienne me casser la gueule ? Si cest pas du chantage, ça…Ecoute… Elle est dans le vestibule… Tu entends la porte avec quelle violence… Il va falloir que je raccroche… Comment ton cul ?... Ce nest pas vrai quelle est dans le vestibule !... Rose, cest toi ?... Tu as entendu, elle me répond… Non. Tu nas rien entendu… Tant pis, je tassure… A ce soir… Chez Freddy… garde la petite culotte que tu as en ce moment… Tu membrasses la zigounette… Là, je te retrouve…
- Allô…allô… Denise… Excuse-moi, un client à dépanner… Tu disais pour ce soir ? Impossible… Justement, je dois faire le transport moi-même… Après huit heures du soir, tous mes livreurs sont chez eux à la télévision… Y a plus que le patron… Si jai rompu avec la dingue des WC ?... Jattends le bon moment… Jai surtout peur de Lucien, sil apprend que jai rompu avec sa femme, il est capable de venir me casser la gueule !... Oui… Cest le monde renversé… Cest ainsi, ma chérie. Doù tu me téléphones, de ton lit ?... Jai dit que cétait du Val dAoste pour quelle me fiche la paix… Attention cette fois-ci cest vrai, voilà ma femme qui rentre… Comment cette fois-ci ? Jai dit cette fois-ci…Tu dois avoir fait une erreur. Où veux-tu que je tembrasse ?.... Ah ! toutes les mêmes !... Jai dit toutes les mêmes ? Non… Tu as mal entendu… Moi aussi… moi aussi… moi aussi… demain sans faute…
- Bonsoir chérie, tu as passé une bonne journée ?
- Avec toutes ces cinglées qui entrent en dépression chaque fois que leurs maris les trompent… Tu parles dune journée ! Ce nest pas à nous à qui cela pourrait arriver, hein chéri !…
- Non. Bien sûr…Quest-ce qui te fait dire ça ?…
- Je suis psy, non ?
- Et alors ?
- Toi je te connais. Tu es incapable de me mentir…
Jarrive pas à y croire.
On est tous là, sportifs, devant nos bières à parler sport.
Sur le foot on est daccord. Cest pas à la buvette du Standard quon en prend une.
Faut dégager. Chez Poilu, on sert à la pression.
Après trois tournées de 33 on se sent mieux. Voilà que Fernand qui a une Lada de 87 se met à parler des sports moteurs.
Le sport moteur, cest simple, tu te mets le cul dans un baquet qui développe trois cents chevaux. Tu tiens bien le volant avec tes antidérapants, puis tu fais ce que le co-pilote te dit.
Ça donne à peu près : « gauche ¾, tire droit, retour 3, droite 1/10, léger, fonce, appuie, nom de dieu ! ».
La parlote change selon que tes Peugeot ou Toyota, mais ta base est internationale.
Tes dans le baquet, tas plus quà suivre. Si lautre passe un relevé, tu ten aperçois tout de suite. Tu te plantes dans le décor. Quand, i a pas trop de casse, cest le mec que tas failli écraser qui pousse au cul de ton engin pour te sortir de lornière. Sympas les gens ! Cons, mais sympas…
- Mais que jy dis, à quoi ça sert denseigner la prudence aux jeunes, si cest pour voir des cons qui se foutent du code de la route et qui, de temps en temps, quand le dérapage est moins bien contrôlé, ten balancent un en lair… ce qui narrête même pas la course quand ceux de lhélico ramassent les morceaux !
Ça les fait pouffer ma réflexion.
- Tu connais rien aux sports moteurs, mec, me fait le grand Charles.
Le grand Charles cest çui qui en a mis une dans la gueule à un supporter dAnderlecht après le 3me du Standard, comme ça, pour le fun.
Je suis pas soûl, cest eux quont bu et qui me prennent pour un manche !
Charles pue lalcool, lautre, le Fernand vaut pas mieux. Hébété, il suit plus… fait plus que vroum… vroum en matant le cul de la patronne dans son cintré cache fesses. Elle sinsinue entre les tables, morceau par morceau, pour pas déranger et risquer de nuire à la marchandise. Jean dit Johnny, comme tous les Jean, dodeline devant mon nez, lair de me considérer antisportif.
Lidée que je suis pas sportif les requinque. Y a plus con queux ! Ils en étouffent de bonheur.
- On le savait que tétais pas sportif, banane… mais à ce point là !
Johnny attrape Louise la patronne au bras, retour dune comptée. Faut quelle les entende que cest pas possible un blaireau pareil, pourtant supporter des Rouches !
- Ah ! dis, tas vu notre Michel Vaillant ?... eh bin !… il est pas sportif Hi hi… !
Elle a pas entendu, mais elle fait le compte. Trois se marrent pour un qui fait la gueule. Cest donc les trois qui ont raison.
On lui raconte. Pendant que son mari, dit Poilu (parce quil nen a plus su sur le caillou) est à lexpresso, elle a 30 secondes à sacrifier aux bons clients..
Elle se bidonne de la connerie du Michel Vaillant quaime pas lauto… quest pas sportif automobile. Ah ! quelle est bonne, dans un club où tout le monde lest.
Ses trois colliers en sautoir tressautent, tant son bonheur communique à sa forte poitrine un séisme venu du ventre.
- Cest ça qui fait avancer la mécanique, le sport, chouquet… quelle fait en frottant son bide contre ma joue….
- Ten serais encore au gazogène banane renchérit Charles.
Johnny aime pas entendre des mots quon comprend pas, comme gazogène. Ça le perturbe.
Fernand est tellement bas sous la table quil a le nez quasiment sur la touffe de Louise.
Comme il souffle comme un ventilo pour récupérer… la grosse, ça la chatouille. Elle recule et donne du cul en plein à la table voisine, renversant deux bières…
Merde, elle rigole plus. Elle marche aux bénéfices, pas aux pertes. Elle éponge et déjà revient avec deux fraîches, en tirant la gueule.
Elle serait plutôt pour quon foute la paix à Michel Vaillant.
- Cest pour la maison, quelle grogne en posant les deux bières et en jetant un regard noir à Fernand.
Elle veut plus nous en reservir un. Poilu lui donne notre compte. Elle replonge vers nous avec notre papier au bout de la pince à linge maison. Elle aime pas les gens qui font vroum…vroum…
- Et foutez pas le camp avec la pince, quelle braille pour nous humilier.
- Faudra voir à aller voir dit Johnny
- Ouais, se rappelle Charles, en voyant létat de Fernand, cest lui qui fait Bob. Y a que lui qui sait conduire sa Lada !
- Cest rien gueule Johnny, je serai son co-pilote. Laura quà suivre mes instructs au volant.
- Tu vois, fait Charles, sentencieux, tu vois à quoi ça sert les rallyes ? Si Johnny avait pas été un ancien du circuit, comment quon aurait fait pour remonter sur Engis avec le Fernand quest bourré ?
A Liège, la ville prend les vessies pour des citernes.
Cest embêtant quand les lanternes vont saccrocher aux chalets du marché de Noël.
Lédicule place Cathédrale fermé. Le lieu sous terre au coin de la rue Saint-Gilles et du boulevard de la Sauvenière, comblé !
Quant à la pissotière du boulevard dAvroy, aux dernières nouvelles, il fallait après la Foire doctobre se résoudre à un parcours du combattant entre cageots et vieux matelas, avant de mettre un terme à limpérieux besoin.
A quand un colloque sur la prostate au Palais des Congrès ?
Moi, madame, je viens dun temps où sous le pont de chemin de fer qui coupe la rue Saint-Gilles en deux, il y avait la halte pipi dans un édicule à deux places, ce qui supprimait la file dattente. On a fermé ce monument dans les années quatre-vingts. Depuis je vote pour lopposition qui ne ma jamais entendu.
Vous me direz, comme le dégazage sauvage, il y a le délestage idoine.
Mais vous avez beau faire, quand ça vous prend dans le Carré, vous devez faire un sacré bout de chemin avant de trouver un coin tranquille et accomplir un acte qui est rigoureusement interdit.
Et puis, vous vous dites : « Là, ça y est, je ne vais gêner personne.»… quand débouche une voisine et son mari qui font semblant de ne pas vous voir.
Les féministes diront, pourquoi les hommes trouveraient-ils des endroits adaptés alors que les femmes nen ont pas ?
Est-ce vraiment une raison, parce que la moitié de lhumanité doit saccroupir que lautre moitié qui fait cela plus discrètement en pâtisse ?
Et pourquoi dans une approche hygiénique de la chose, la femme ne saccroupirait-elle pas dans des édicules prévus à cet effet sans quil soit question de faïences aux portes desquelles, dans une odeur de naphtaline et de Monsieur Propre, la cerbère des lieux attend les yeux rivés sur un plateau où est précisé la valeur à laquelle elle estime son service ?
Voilà où serait la parfaite égalité.

Reste la solution la plus élégante, celle dentrer dans une brasserie, dy consommer afin dacquérir le droit daccéder aux toilettes.
Mais, cest un cercle vicieux, plus on boit, plus la miction est nécessaire.
Certes, daprès la loi, tout passant à le droit de se soulager dans les communs dun café ou dun restaurant sans obligation de consommation.
Cest vite dit.
Vous avez déjà vu la tête du garçon, alors que votre intention est de consommer, quand vous plongez sans un regard oblique vers les lieux, venant directement de lextérieur ?
Autant vous dire quaprès votre satisfaction intime, il est impérieux de sasseoir à la première table disponible et débourser 1 euro 50 pour un café crème ou alors, il faut courir jusquà la sortie sans vous retourner.
Il paraît que la Ville va se pencher ou « sépancher » sur le problème.
Toutes les admirables personnalités masculines de la politique régionale me comprendront. Que pour une fois nos embarras de vessie passent avant les rumeurs qui circulent sur la volonté de légalité des sexes dans ce domaine-là aussi.
Ces dames du Conseil pourraient étudier par ailleurs une pissotière féminine, genre cabinet turc, en pierre de Sprimont qui ne requerrait pas la garde dun cerbère en jupon.
Mesdames Christine Defraigne et Brigitte Ernst, par ailleurs si vigilantes, pourraient tester plusieurs modèles lors dun futur Conseil et donner leurs avis quant au confort et à la discrétion du bidule.
Ainsi, dans le malheureux réduit qui subsiste boulevard dAvroy, jusquà quand ?... les rares passants qui le connaissent et qui viennent souvent de loin au pas de charge pour y trouver linspiration, ny auraient pas, de temps à autre, la désagréable surprise dy trouver des gazes protectrices et autres dérivés dune hygiène spécifique du beau sexe.
Cela nous arrangerait devant linlassable échevin Firket qui tire prétexte de notre insouciante malpropreté pour interdire à son personnel de rafraîchir lendroit.
Surprenante correspondance entre une mineure et Dutroux durant deux années.
Cet échange qui vient de resurgir dans lactualité nest pas nouveau. Il avait défrayé la chronique après lévasion de Dutroux en 1998. Il avait soulevé à lépoque des questions qui sont restées sans réponse.
En clair, cette correspondance était légalement possible puisquelle navait pas trait à laffaire pour laquelle Dutroux est inculpé et que les parents de la mineure qui pouvaient sy opposer, ne lont pas fait.
La direction carcérale, vérifie au préalable si les lettres des détenus ne sont pas liées à laffaire en cours ou à un projet dévasion.
Cette censure est une mine de renseignements sur la psychologie des prévenus, a fortiori pour celle de Dutroux qui reste une énigme.
Dans les extraits, Dutroux et sa correspondante passent rapidement du voussoiement au tutoiement, de la sympathie à la déclaration damour.
Quelles sont les raisons qui ont amené les parents de cette mineure à lautoriser de recevoir et denvoyer des lettres à ce pédophile assassin ?
Majeure à présent, cette émule tumultueuse de Madame de Grignan pourrait elle-même expliquer son intérêt pour le Sévigné-Dutroux de lignominie ?
Ce serait sans doute instructif.
Car enfin, de ce quon en a vu, Dutroux na pas le génie de la marquise de Sévigné, encore moins celui plus sombre mais davantage original du marquis de Sade.
Fadeurs et lieux communs ségrènent dune lettre à lautre, comme en pourraient écrire des immatures et des naïfs de nimporte où.
Toute médiocrité partagée, on peut se demander pourquoi ce courrier ?
La fascination du bourreau est-elle une prolongation aux films dhorreur visibles à partir de 12 ans, qui aurait séduit la jeune fille ?
Il y a eu des exemples de perversion dans des camps nazis où les victimes concevaient pour leurs capos des sentiments troubles. Est-ce cette déviance qui est en cause, par presse interposée ?
Linsensé qui a abattu John Lennon sur un trottoir de NY ou les adolescents qui dans un collège de Colombine ont mitraillé des classes au fusil de guerre sont loin dégaler la bassesse dun Dutroux tant ici les motifs des crimes sont les plus crapuleux qui soient : largent et le sexe.

Chez Sade, comme le dit Gilbert Lely, la prédication esthétique du mal exclut laccomplissement de celui-ci. Cest le vertueux Robespierre qui tue.
Or Dutroux est passé à lacte.
Pardonnez-moi la digression qui suit sur le cas Sade à lintention de ceux qui imaginent le divin marquis assoiffé du sang de ses victimes.
Poursuivi par une belle-mère tenace qui le haïssait, Sade a passé la moitié de sa vie en prison par lettres de cachets, pour avoir dans sa jeunesse usé de « poison », en loccurrence de la poudre de cantharide dont on sait aujourdhui que la cantharidine extraite de ces insectes nest quun banal vésicatoire, afin de réduire à sa merci une prostituée, du reste consentante.
En létat de la Loi actuelle, Sade eût été condamné – pour tout autant quil fût déclaré coupable - à une amende et 15 jours de prison avec sursis pour déventuels sévices corporels, ce qui nest pas prouvé, sinon le témoignage après coup de la personne sous la contrainte et probablement lappât dune récompense.
On est loin dun Dutroux.
Si Napoléon prit le relais de la belle-mère, cest ce quaurait fait, que dis-je ? fait toujours la justice, parce que Sade était vraiment un novateur dans le domaine littéraire, que ses livres donnaient le vertige et quenfin et surtout, cétait un esprit libre et révolutionnaire, ce que la Justice na jamais toléré. Les Cellules Communistes Combattantes (CCC) en Belgique et les quatre nigauds qui sen réclamaient en savent quelque chose.
Reste que lauteur de Justine a fini aux Petites Maisons (aux fous), tandis que notre prédateur national, même condamné au maximum, na plus quune bonne dizaine dannées à tirer pour redevenir un citoyen ordinaire.
Revenons à notre épistolière.
La fascination des gens honnêtes pour la crapule est en nous. Lhomme nest pas trop éloigné de la bête pour la sentir à laffût dans son corps et dans son esprit.
Labsence de toute morale et la justification des actes les plus graves sont chez le criminel le plus endurci une façon de se supporter.
Les négations les plus éhontées font partie du même état desprit.
Cette jeune fille en écrivant des lettres damour à Dutroux, a banalisé une existence vouée à la nuisance et a contribué par là à aider ce criminel dans une sorte dexorcisme qui en le dédoublant, le sauve dun face à face avec lui-même..
Et personne pour dire à cette malheureuse le tort quelle se faisait !
Il y a des démissions parentales terribles.
Je ne voudrais pas être à la place des géniteurs.
Reste quà se frotter à ce genre danormalité, cette jeune personne a commis contre elle-même un acte dune grande légèreté et qui nest pas sans conséquence.
Elle a intérêt à oublier très vite ce courrier et si la presse la retrouve, un conseil, surtout quelle ne donne aucune interview. Quelle laisse aux détraqués profonds le voyeurisme du genre « ça va se savoir » en pensant « pourvu que cela ne se sache pas ! ».
A laffût dune gourance, le plouc épanoui la ferme quand lhistoire le prend de haut.
Le gradé, lhonoris causette des petites cours universitaires, le fonctionnaire à la priori, gagnent 50% de bonus au départ sur nimporte quel pignouf qui sait pas que cest le bel homme qui fait bander Cosette… que Blanche Neige attend le baiser quest pas dans ses moyens… Cest la chanson populaire qui le dit.
Quand Maupassant louvre sur un sujet bien scabreux, alors que tout autre que lui irait à loutrage, le plouc la met en veilleuse et gode à ladmiration.
« Le peuple est un troupeau imbécile, tantôt stupidement patriote et tantôt férocement révolté. On lui dit : “Va te battre avec le voisin.” Il va se battre. On lui dit : “Vote pour lempereur.” Il vote pour lempereur. Puis on lui dit : “Vote pour la République.” Et il vote pour la République.»
Cest exactement ce qui se passe en Italie au troisième acte de la « tragédie » irakienne.
Ce nest pas que je veuille ironiser sur les pauvres types qui sont morts dans le piège à cons de Saddam Hussein. Ils étaient militaires. Ils faisaient leur boulot. Paix à leur cendre.
Non. Cest le revirement de lopinion italienne – enfin ce quen rapporte les médias – qui est bien dans la nature humaine.
Lheure avant le boum, tout qui a lâge de raison en Italie en voulait au signor Pantalone Berlusconi. Il ny avait pas de mots assez durs. Mais quest-ce quon fout là-bas à éponger les conneries du président texan ? Nos ptits gars servent pas la bonne cause. Quon foute la paix aux gugusses qui traînent à midi en chemise de nuit dans les rues de Bagdad.
Zont pas pu mettre la main sur Omar en vespa, Bin Laden en treillis vagabonde dans la montagne afghane… trouveront pas Saddam… pas plus à Tikrit quailleurs…ensablé quil est à attendre son come back, quand les moudjahiddins yankees rejoindront leurs nanas silconées en Californie.
Tout le monde était contre le cavaliere, sauf sa presse à la botte et sa télévision, strass, paillettes et cuisses de mosca.
Auprès de Junior à camp David, la Berluche faisait clown blanc… trompette aux lèvres, à la variante de la çonnerie aux disparus… hélico Nebraska : but, hélico Missouri : but…
A cinq dollars la roquette, on est loin de la parade à la guerre des étoiles… tout ça au tuyau dégoût bricolé !
Ça pouvait brailler tant que ça voulait aux balcons des médias, le petit peuple nen pensait pas moins.
Et voilà quun « salaud » (on écrit « héros » de lautre côté du Jourdain) fait péter sa cargaison dexplosif devant la caserne des carabinieri.
Du coup, Berlusconi se fait reliure à coups de grands effets de « tragediente », main sur le cœur et larme à lœil. Il a compris le bougre quavec les moyens quil a, il va mettre le paquet dans la cérémonie aux adieux !... Fleurs, descente davion en fanfare funèbre, cercueils sous bannière, cest toucher lopinion et baiser à mort lopposition dans les sondages
Ah ! quand la patrie est en danger, tant de poitrines pour la défendre ! Comme ils sont morts en héros. Que les héros sont grands….
Aujourdhui si je tenais pareils propos en Italie, je me ferais casser la gueule dans la rue par ceux là qui voulaient mettre les couilles de Berlusconi à leur fenêtre le jour de la procession !
Non seulement le coup de la patrie en danger, ça marche à Rome et à Turin, mais aussi à Bruxelles et à Paris.
La preuve notre RTBf à la cérémonie, au recueillement, au salut de la patrie reconnaissante, exacte comme toutes les autres stations du monde « libre »… au chant damour, à lhymne verdinesque de la République... Et notre délégation, si digne, si tout enfin… je vois ça dici !... Cest quà la RTBf on marche plus quà la vraie larme, la sincère, la perlouze qui mouille le soutif des pleureuses. Le gars qua pas la gorge nouée à certains moments pourra pas faire carrière… Pensez, les histoires sacrées, faut pas jouer léger, merde ceux qui sen branlent ont jamais dépassé le stage…
Recette inépuisable, vieille comme la nuit des temps et qui prend à tous les coups.
A tel point quun mec qui boit la tasse dans les sondages sait ce quil lui reste à faire.
Cest dire si cest la bonne manne providentielle pour le commandatore mal aimé des foules et qui étrenne sa nouvelle jaquette grand deuil derrière les cercueils des pauvres types. La façon quil a de traquer le faux pli devant les caméras… « el borghese piccolo » va faire craquer toute lItalie, alors quhier il faisait chier tout le monde par son arrogance et son mépris.
Le merveilleux cest la camera trottoir. Les infinies paroles de réconfort des gens… le pain bénit que cest pour la patrie et les fleuristes. Tous à la machine à écrire pour le jet de fleurs, au plus loin, sur les marches du dessus de lincroyable bâtiment mussolinien. Cest la forte tige qui lemporte, le myosotis na aucune chance. Si on pouvait on enverrait le pot avec… façon de gagner deux mètres…
Croyez-vous que les travailleurs armés de lItalie profonde dans leurs petites boîtes sont bonards dêtre là ? Quils remercient lEurope de tout le tralala quon fait pour eux. ? Sils pouvaient revenir, je suis sûr que cest mon oraison funèbre quils préféreraient.
Sil y a bien un critère déterminant de la bêtise, cest bien lunanimité. Quand vous entendez ce mot-là foutez le camp. Il y a une imposture quelque part.
Si dans le cas présent, vous ne la sentez pas, cest que décidément vous ne comprendrez jamais rien. Dans ce cas, dégagez de mon blog… y a rien à voir.
Nouvel arrêt de la Cour au procès des assassins dAndré Cools.
Cette fois, il est provoqué par un farfelu extérieur à laffaire qui dépose une requête en suspicion du nouveau Président du tribunal.
La Loi belge permet cette petite plaisanterie.
Cest tout lappareil de la justice à nouveau grippé.
Pour un beau début, cest un beau début. Cette fois, Maître Pierre ny est pour rien.
Le bidule supervisé à distance par Laurette Onkelinx reprendra mercredi dans lattente dun nouveau show.
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La lecture dun livre et des journaux de la fin de la semaine passée alimentent de nouvelles réflexions que lon trouvera ci-dessous.
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Un grand absent au procès Cools : Alain Van der Biest.
On reparle de lui et de sa malheureuse fin. Quon le veuille ou non, sa mort embarrasse la justice et va peut être profiter à des personnes peu recommandables qui vont se débarrasser de leurs casseroles sur le disparu.
Un livre paru il y a dix ans déjà retrace quelques traits de caractère de lancien député bourgmestre de Grâce-Hollogne à travers les médias. Sa relecture est tout à fait actuelle en ces jours de mise à plat du dossier devant les Assises.
Par ailleurs, Betty Van der Biest dans une longue interview au « Soir » nous replonge dans cette atmosphère si particulière après la mort du Maître de Flémalle.
Dabord le livre « La médiamorphose dAlain Van der Biest » ouvrage collectif coordonné par Frédéric Antoine aux Editions « Vie Ouvrière ».
Bien redoutables surgissent à cette lecture les pouvoirs des médias. Miroir objectif, miroir déformant, tout à la fois, lorsquune image choc frappe limagination du public.
On a revu des dizaines de fois Monsieur van der Biest parcourir, dun pas mesuré et le regard lointain sous les flashs et les questions des journalistes, les quelques mètres de la cour du Palais des Princes Evêques qui le séparaient du bureau de la juge Ancia, puis se pencher sur le parlophone pour sannoncer dune voix posée et étudiée.
Comme on a pu voir évoluer le personnage communal dans des reportages de la RTBf.
Cest ainsi quau fil du temps, le public sest convaincu tour à tour de sa culpabilité, puis de son innocence, pour finir par une sorte de mépris fondé sur les derniers articles et les on-dit qui laissent à sa mémoire lopprobre médiatique dun ivrogne et dun corrompu.
Le portrait de cet homme serait raté si lon ne mettait pas en relief la part dombre de sa personnalité : celle qui revient à lécrivain.
Tout ceux qui écrivent le savent bien : lécrivain est à la fois un menteur et un homme de vérité. Il fait partie de ces gens qui rêvent les situations et les vivent rarement, qui sont à la fois tous les acteurs et tous les décors quils mettent en scène. En bref, ce sont surtout des hommes de fiction et rarement des hommes daction.
Italianiste, Florentin par nature, Alain a sans doute rêvé après des différends avec André Cools de se défaire dune tutelle contraignante. Lors de ses beuveries, lui a-t-il échappé quelques mots à cet égard ? Décrivain à écrivain, je ne pense pas quil ait été jusquà mettre en place le scénario dun assassinat.
Cet homme par ailleurs si fin, si intelligent, naurait pas eu la bêtise de sadresser à des sicaires aussi médiocres que ceux que nous voyons dans le box des accusés. Il aurait eu la prescience de la catastrophe au bout de lentreprise. Un calculateur, déterminé et froid ne se confie pas à des Taxquet, Todarello et consort, si ce nest pour des virées à la mesure de ces gens-là et qui se terminaient au fond des bouges... Oui, me direz-vous, il nétait ni déterminé, ni froid. Mais il était intelligent.
Il reste à écrire quelques mots sur linterview de Betty Van der Biest.
Si celle-ci navait pas accordé une interview au « Soir », je ne me serais jamais permis de parler de cette femme, dans le respect quon doit avoir de sa douleur et du sentiment quelle, au moins, on en est sûr, est aussi une des victimes de laffaire Cools.
Je trouve cette femme admirable de dignité et de courage à défendre la mémoire de celui quelle a tant aimé, quon est presque tenté décrire quil fallait bien quAlain soit autre chose quun sac à vin pour être aimé de cette façon-là.
Quelle trouve ici lassurance de mon admiration profonde.
Il faut bien, à côté de cela, ouvrir avec elle le dossier de la Fédération liégeoise du PS et souligner, comme elle la fait, la déliquescence des personnages qui gravitèrent autour de Van der Biest dans les décennies quatre-vingts, nonante.
Cest dans cette ambiance que se sont corrompus les cœurs purs de la lutte ouvrière pour nêtre plus quun simulacre de combat, mené par des personnages arrivistes, débauchés et sans scrupule.
Cest dans ce fumier-là que Van der Biest a grandi. Nen doutons pas, sil est coupable, ce nest que de ça.
Betty Van der Biest cite des noms. Ils sont bien connus dans la région et certains poursuivent même contre vents et marées une carrière politique.
Le peuple est sans malice. Il est facile à convaincre et il est fidèle. Il croit toujours à la race de ses vieux militants issu de ses rangs et qui jusquau bout mangèrent le pain dur de la sueur et du travail, sans jamais faillir.
Malheur au PS le jour où les yeux des petites gens se dessilleront.
Heureusement que le PS nest pas fait que de jouisseurs et de prévaricateurs.
Lassainissement progressif nous vaut aujourdhui à Liège des hommes remarquables que, pas plus que nous navons donné de noms pour les précédents, nen donnerons-nous pour cette nouvelle éclosion.
Il faut croire quil y a des générations maudites. Celle quengendra André Cools, peut être à son corps défendant, ne valait-elle pas cher ?
André Cools et Alain Van der Biest sont morts.
Ils sont entrés dans lhistoire du Pays de Liège.
Comme à lassassinat du duc de Guise, le roi se penchant sur le corps dit : « Il est encore plus grand mort que vivant », disons quant à nous que sous les feux des médias, les morts à Liège rapetissent.
Reste à régler la question journalistique.
La médiamorphose a une réponse ambiguë mais satisfaisante. Citons un paragraphe du livre.
« Comme tout médiateur-narrateur, le journaliste doit transmettre un contenu, mais il doit aussi, surtout peut-être, maintenir une relation avec son public… Bien raconter, cest pouvoir gérer, doser adéquatement du savoir – du cognitif – et de laffectif. Réussir cette alchimie étrange où de linfo se charge démotion et où de lémotion sappuie sur linfo. »
Voilà, vous savez tout sur le métier. Cest lexcès démotion qui fait quà un certain moment le journalisme sombre dans la « sensation », cest-à-dire dans le roman et laffabulation. Mais cest aussi le manque démotion, la fameuse « relation exacte » des faits sans y prendre part, comme écrire un constat dhuissier, qui fait tomber le journalisme dans la sécheresse et la froideur.
Cest lémotion qui fait vendre et le constat qui fait chuter les titres.
Dans le cas qui nous préoccupe, Alain Van der Biest a été la victime consentante de lémotion dont il a cru pouvoir jouer et qui la conduit à mettre fin à ses jours.
La presse nest pas si liée que cela aux pouvoirs financier et politique. Ses enquêtes ont révélé le mal profond dune certaine démocratie en Belgique. Bien sûr, cest la finance qui recèle le plus de scandales potentiels non divulgués, mais il ne faut pas en faire porter le poids essentiellement sur la presse. Tout ne se sait pas dans les rédactions, surtout dans ce domaine où la puissance de largent se conforte de la puissance complice du pouvoir politique.
Le seul reproche que lon puisse faire à la presse belge est dordre technique. La formation universitaire des journalistes aujourdhui est plus un défaut quun ajout. Si lon gagne en précision, donc en froideur, on y perd beaucoup par le manque décrivains véritables que ne produiront jamais les universités.
En ne laissant plus la part belle à ceux qui ont le don décriture, les rédactions font mourir à petit feu lélément essentiel à la démocratie, la liberté décrire autrement que comme une machine, laissant ainsi derrière les faits, un cœur, une âme, une opinion.
On fête cette année Georges Simenon. Voilà un bel exemple de réussite qui, bien avant quelle fût littéraire, le fut par la presse.
Quon relise bien les articles du « petit Sim ». Ils sont contraires à tout enseignement sur léthique et le compte-rendu tels quils sont appris à lUniversité.
Il ny aura plus de « petit Sim » dans aucun canard en Belgique. Aucune rédaction ne lui donnerait lombre dune chance.
Voilà pourquoi, la presse va mal aujourdhui.
Et les journaux qui sen sortiront sont ceux qui auront compris que dans ce métier les seuls pros resteront avant tout les autodidactes poussés par le démon de lécriture.
Ce qui bouleverse pour le moins les critères de recrutements.
Le journal « Le Soir » du 15 novembre est révélateur sur létat desprit dau moins un enquêteur majeur dans lenquête sur lassassinat dAndré Cools. Après ça, il ne faut guère sétonner quil ait fallu 12 ans pour boucler le dossier.
Il ny a plus quà lire la suite pour être édifié.
Le commissaire Raymond Brose dirigea la cellule Cools de juin 1992 à septembre 1996, quatre années – les premières – souvent décisives dans une enquête criminelle.
Une dénonciation anonyme met Richard Taxquet en cause. Que fait Brose ?
« Richard Taxquet avait été policier, travaillait dans un cabinet, navait jamais eu dennuis. Pour moi, il avait un a priori favorable (ex-policier et femme policière). … Il ma demandé copie de cette lettre manuscrite – une écriture de femme – pour essayer den identifier lauteur… Je lui ai remis une copie ».
Jai dû relire deux fois larticle du Soir et les déclarations de Brose.
Eh bien ! on ne peut quêtre consterné devant une pareille déclaration émanant dun gradé de la police ! Cest bien la première fois que jentends dire quà Liège on travaille sur « a priori » !
Admettons que lhomme soit sincère. Mais alors quelle naïveté ! quelle méconnaissance de tout devoir et du respect des principes élémentaires !
Remettre une copie dun document denquête à un suspect parce quil est ex-policier sans antécédent ! On croit rêver… Et si Taxquet avait trouvé lauteur de la lettre anonyme ? Que ce serait-il passé ? On nose pas limaginer.
Longtemps jai cru quil ny avait que le délit de « sale gueule » dans la police. Il faut accepter le contraire, il y a aussi à Liège linnocence de « bonne gueule » !
Dans le même journal, mais dans un autre registre, Betty Van der Biest déclare à propos de Taxquet lorsque son mari la pris à son cabinet sur la recommandation de Demolin : « à lécole, on me disait : cest un voyou. »
La conviction de Brose ne se fondait certainement pas sur des témoignages recueillis à lécole de Madame Van der Biest, mais uniquement sur le fait que Taxquet avait une profession, celle de policier, comme si cette profession était à elle seule garante de la probité dun homme !
Des déclarations pareilles font froid dans le dos. Elles expliquent pourquoi le citoyen éprouve tant de craintes à porter plainte contre des agents des forces de lordre.
Dame, avec tous nos « a priori » défavorables, comment oserions-nous protester contre des exactions, sans doute imaginaires, puisquelles seraient le fait de personnes ayant un « a priori» favorable !
Comme disait Coluche dans son sketch sur la police : « après trois avertissements, tas un blâme… ». Je ne connais pas la suite de la carrière du commissaire Brose. Jignore la réaction de la Juge Ancia. Peut-être dans son audition de la semaine prochaine, nous dira-t-elle ce quelle en pense ?
Quand même, on comprend mieux pourquoi on a traîné la savate dans laffaire Cools. Et on nest pas rassuré.
Autrefois, les nobles dun certain rang entretenaient une troupe de comédiens histoire de faire vivre leur théâtre personnel, souvent à côté de la chapelle familiale… raison architecturale, élévation des toitures.
Nous, les Belges, on na plus de château, reste la troupe où la foutre ?
Lendroit, le seul endroit possible, discret, chaud chaleureux… la salle où la Commission de lIntérieur du Sénat vient de nous jouer « La question du vote des étrangers », pièce marathon dont le premier acte sest achevé vendredi matin à 6 h 30, dans le chaos nous apprend la Libre.
La pièce reprendra mardi prochain. Enfin on lespère. Les intermittents du spectacle sentent une tension néfaste à la tenue objective des travaux à cause du VLD qui ne tient pas bien le rôle, au désespoir de la troupe qui le sent mieux.
Vers les cinq heures on était plus souvent la tête sous le robinet à se tenir éveillé quà entendre « Monsieur Smith au Sénat » dont Frank Capra avait cédé les droits au Vlaams Blok.
Enfin, Jean-Marie Dedecker (VLD) a détaillé pendant une heure la situation économique et touristique de la Thaïlande, au point quil nest pas sûr que cette séquence sera gardée au montage.
Il na pas été question de projeter les diapositives du dernier voyage de ce globe trotter, compte tenu que la Thaïlande est, en principe, peuplée détrangers et quon en nest pas encore à leur proposer un droit dasile général, roi compris.
Quand le rideau est retombé les démocrates chrétiens flamands se sont aperçus quil y avait plus de choristes du Vlaams Blok dans les chœurs quils lavaient cru et que des Ménapiens pointus couvraient les voix chétives venues à la vocalise depuis la belle Cathédrale dAnvers.
Le thème de la pièce est celui du roman de Camus « lEtranger » mais en moins conte philosophique, dans une manière plus caractérielle, plus tendue, à la Belge, cest-à-dire un peu con…
Le pitch : Yves Leterme est un notable chargé par sa famille de faire la paix des Eperons dOrdre nouveau avec Geert Bourgeois. Mais le clan des ACW, lorganisation des travailleurs chrétiens, ne lentend pas de cette oreille. Cest un peu la querelle des Chiroux et des Waroux à la liégeoise, transposée chez des gens qui, dès quils se fâchent, tiennent des propos en patois anversois incompréhensibles pour un citoyen de Hasselt ou de Tongres, ayant fait les plus hautes études à Leuven.
A la fin, on comprend que les uns sont pour et les autres sont contre, mais on ne sait pas encore de quoi.
Cest à espérer quau deuxième acte le public sera mis au courant.
Jouée devant un public très clairsemé (il y avait plus douvreuses que de spectateurs), le spectacle a été dirigé par le chef Ludwig Vandenhove, toujours très ferme au pupitre. La mise en scène était de Philippe Moureau et les costumes de Joëlle Milquet.
Seule bonne note dans ce four, les boissons et des sandwichs étaient gratuits et cest fraternellement quacteurs et spectateurs ont cassé la graine, toute animosité tombée devant le buffet, après le spectacle.
Ah ! les Belges… quand cest pour rien !
Mais cest entre le banquier et votre pognon !
Formidable connerie du petit épargnant !
Ce nest que justice, nous subirons notre sort jusquau bout. Tous ceux pour qui vous votez, comme pour un seul homme, le savent. Et ce nest pas quils ne vous auront pas prévenus. Notre destin cest de devenir lAméricain moyen, de vivre et de mourir en Américain moyen, foi de Didier Reynders et Louis Michel convaincus.
Nous le sommes déjà, pas derreur ! Si ces grands hommes nous ont fait louper lIrak, ils ne nous ont pas loupés. Toutes nos viandes à lextase, à la célébration !
Le calvaire à nous… à ladoration à deux genoux toutes les stations, lEldorado se mérite. Faut dabord passer par le Golgotha… quon estime notre camelote… notre bagout… nos fausses montres Cartier… contrôler notre capacité à prétendre… comment on le mastique leur chewing-gum. Si on peut devenir obèse au hamburger ketchup sur six mois… un travail !
Les ptits gars du Pentagone et de Wall Street ont besoin de sassurer de notre fidélité.
Les épreuves sont là pour nous tester. Méfiance légitime suite au mouvement de menton de notre sémillant ministre des affaires étrangères, sa résistance au drame irakien… sa sécheresse de cœur au 11 septembre… si des fois il naurait pas été sensible aux moustaches du cador de Bagdad ! Si, comme dirait Ardisson, est-ce que sucer, cest pas tromper ?
Ah ! nous ny sommes pas allés ! A la place de notre haché Parmentier, nos remplaçants en ont pris plein la gueule, en tagliatelles les carabinieri de don Berlusconi. Cest trop fort à la fin, nous les premiers américanolâtres dEurope, incollables sur notre devenir, grosses bagnoles et Stetson, voilà quon nous voit plus du tout à la morgue des « morts pour le business », ah ! lengeance… eux les « stars » et nous les « stripes » à lair… Nous avons tout faux. La bannière est en deuil parce que nous sommes des tire-au-flanc.
Dhabitude le cheptel monte aisé aux créneaux. Derrière les 130.000 Dupont-Lajoie de linvincible armada, fleuron des démocraties, 9.900 Anglais du très socialiste Blair, 3.000 du grand Commandatore Berlusconnerie, 2.350 palotins de lubuesque Pologne, 1255 picadors de don Carlos et 1100 « Souvenir de Vollendam » des copains Hollandais… suivent les reconnaissants pays de lEst que le grandissime paradis de Miami Beach fait loucher de désir, 1.650 Ukrainiens, 700 Roumains, 500 Bulgares, 140 Hongrois et même, je vous demande de saluer, 150 Azerbaïdjanais et 160 de la Mongolie extérieure qui ont fait le déplacement à vélo. Il y a même, réconfort que Bush doit apprécier, 25 gars du Kazakhstan à trois chemises pour cinq hommes !
Et pas un belge ! Pas le moindre pioupiou !
Mais, on se rend pas compte, qui va fleurir demain les monuments aux morts, si on na plus danciens combattants ?
Dun côté labattoir, les crochets dans les chambres froides attendent nos viandes qui tardent et de lautre nos banquiers et lOMC.
Nous navons pas lavantage den connaître momentanément pour la glacière à Mimile, par contre nos banquiers, nous connaissons.
Et pas quun peu.

Les relevés de banque, ça se lit vite fait.
Rémunération de votre capital à vue sur le compte courant : zéro.
Le dépassement à partir dun euro 14 % dintérêt ou 15 % 4 si la chose prend de lampleur.
Cest-y pas beau Lisette ? Ça te fait jouir la banque ? Pourtant, cest pas le moment dun découvert.
Aussi vains et bornés que nous le faisons paraître, il serait pourtant bien utile que nous retenions celle-là. Ne serait-ce que pour en parler lors de nos prochaines conquêtes, lorsque nous aurons regagné la confiance américaine, que nous nous serons cent fois exclamés quils mènent en Irak la lutte décisive pour lOccident contre le terrorisme abject, putride, dune bande de malfaisants, quasiment des antéchrist.
Douteux soldats nous sommes et ce nest pas à encadrer larmée mexicaine de Kabila que nous rentrerons dans les grâces de lamerloque.
Nous pourtant si libéraux, si littéralement confondus en action de grâce quand un rot parfumé dun businessman de Silicon Valey nous parvient au fond de la gueule, comment en est-on quasiment à trafiquer avec Saddam ou pire avec ben Laden ?
On voit bien Louis Michel en Laurence dArabie fourguer La Mecque et la grande mosquée pour même pas un cachet en dollars de Céline Dion à Las Vegas !
Ah ! quon est beau dans la controverse… Comment ils lont débusqué à la CIA, treizième à la Cène, derrière Judas notre hardi phénomène aux Etrangères affaires.
Voilà qui est étrange !
Heureusement, compromis à la Belge, si nos libéraux ne le sont plus tellement vis-à-vis de nos mentors, nous avons intacte la bonne pensée libérale des socialistes du gouvernement.
Dehaen avait raison quand il affirmait que de son temps un bon démineur cétait quelquun qui navait pas peur de plonger les bras dans la merde du compromis.
Et cela, quon se le dise à Washington, nos personnels de gauche sont les plus forts au monde.
Le Forum social européen débute à Paris que déjà François Hollande, le premier secrétaire du PS français, réagit dans les colonnes du « Monde ».
Cest que les partis socialistes européens sont directement concernés par cette initiative qui se pose en alternative à lordre mondial du commerce (OMC).
Le Forum social fait comme si lessentiel de la gauche partait en voyage sans le PS qui resterait les bras ballants sur le quai, alors que le train séloigne.
Il y a donc urgence, non seulement en France, mais partout ailleurs où la gauche joue son avenir, de recoller au peloton.
Cette mise à lécart survient, un peu pour les mêmes raisons quau Larzac cet été. Parce que le PS a trop souvent gommé le débat politique dans le but de faire réélire ses leaders par une opinion centriste quil croit toujours prépondérante.
Le Forum social est une bouffée dair frais, un acte citoyen. Tout ce qui existe est plus puissant que ce qui nexiste que sous la forme dun vague discours.
Dabord le néologisme antimondialisation est remplacé par altermondialisation. Le Forum a lambition de proposer une alternative à la mondialisation libérale. Ce qui est une évolution appréciable.
Les propositions devront tenir compte du bonheur des gens, de leur santé et de lassurance dune vieillesse exempte de souci. Et surtout, rompant avec les schémas des économistes libéraux, les discussions porteront sur les moyens dabolir le chômage.
Il y sera aussi question du commerce équitable et des subventions des pays riches à leurs productions agricoles, faussant durablement le marché mondial.
Il ne faut pas se leurrer, tout ce qui sera débattu restera pour beaucoup une utopie. On ne peut pas sur une simple déclaration abolir du jour au lendemain le chômage et clore la pratique des surplus de main-dœuvre qui assure la stabilité en cas de surchauffe des besoins dans une économie libérale.

Mais cet usage étant une forme de mépris de lhomme et la certitude dune perpétuation de la misère dénoncée et combattue comme une monstruosité, il sera au moins établi quil existe des voies qui ne soient pas fatalement celles de la marchandisation du monde.
Il nest pas envisageable de poursuivre lexploitation de lespèce humaine dans toutes ses possibilités, même celle de lattente dun travail problématique, comme si lhomme nétait quun esclave attaché à la loi du marché.
Le Monde nest pas à vendre, est un des slogans du Forum.
Des discussions, il serait magnifique de voir émerger une nouvelle communauté progressiste dans laquelle les socialistes y auraient leur place, moyennant un certain recadrage.
Un test dans les prochaines semaines aura lieu au Parlement européen où les partis conservateurs majoritaires poursuivent la mise en chantier des dénationalisations du rail, des postes, voire des pratiques sociales qui remettent en cause le droit à la santé et à la retraite pour tous.
Fin du mois à Bruxelles, un rassemblement altermondialiste est annoncé. Cest dire si les événements se précipitent.
Deux solutions soffrent aux socialistes. Sils estiment que la voie libérale a encore du beau temps devant elle, ils participeront à la politique de dénigrement à cette nouvelle gauche, comme la toujours fait la droite. Sinon, dépassant le discours attentiste de François Hollande, ils rejoindront une ligne daction qui grâce à la force quils représentent pourrait accélérer le mouvement altermondialiste et faire de lEurope la rivale directe de lAmérique ultralibérale.
Pour cela il conviendrait que le PS dElio di Rupo et le SPD (Sozialdemokratische Partei Deutschlands) de Gerhard Schröder, sentant le vent tourner, convainquent François Hollande de revoir en commun la politique des socialistes européens.
On peut toujours rêver.
Si la manœuvre reste floue et les propos discursifs, il se pourrait que ces partis plutôt que dy aller franchement se lanceraient dans une sorte de jeu du chat avec la souris, comme ils lont si bien fait avec les Verts.
Tout est possible.
Quun de mes lointains successeurs probable soit atteint du vice « italien » (les Italiens appellent cela le vice « français »), voilà qui ne serait pas étonnant.
Il y a tant eu de mes pareils assis à ma place que toutes les bizarreries y ont un jour ou lautre été présentes.
Il faut vraiment attendre lépoque moderne pour que brusquement seffacent toutes nos anomalies. Non pas quelles nexistent plus, mais pour que leur relation en ait été strictement réglementée et tombe sous le coup du secret dEtat.
Charles, puisque cest de lui quil sagit, aurait sans doute préféré vivre de mon temps où les domestiques qui avaient leur franc parler mouraient dans leur jeune âge.
Sacha Guitry qui en a connu lengeance avait réussi à faire sa fortune en calquant sur eux les répliques de ses pièces.
Il faut croire que ces gredins-là ont loreille des rédactions dont ils attendent des livres sterling les émancipant des ladreries de la reine mère.
Vous conviendrez quil nappartient pas à un York de se prononcer sur un Windsor.
Mais il y a dans la réserve britannique, une singularité qui rend tout gentleman suspect de ne pas trop aimer les femmes.
Peuvent-elles encore porter ce nom quand on en voit des plus nobles attifées comme elles le sont sur les champs de course ?
Dautant que les plus exquises, celles qui sont faites pour lamour, sexpatrient en France ou finissent par déserter le lit marital pour courir lEgyptien dans des souks adaptés au brouillard londonien !
Libérées du climat, il faut les entendre alors dépeindre les nuits sans sommeil attendant que le bonnet de nuit étalé à leur côté termine le Times, avant de ronfler en contrariant leurs espérances de femme.
Alors notre pauvre Charles, toujours tiré à quatre épingles, comment ne finirait-il pas par en être, lui qui endosse si bien la jaquette ? Et ce nest pas miss Parker-Bowles qui prend des allures dadjudant à la retraite qui len pourrait dissuader.
Mais gardons notre self control, quest-ce que cela, si ce nest une affaire dhommes ? Voilà bien des histoires pour quelques poils roux et des changements de kilts en raison dune inspection de clan ?
Qui à la guerre des Deux Roses se fût imaginé quelles finiraient en boutons ?
Afin de couper court aux commérages, il serait séant quà la prochaine Gay pride, lon vît sur un char aux couleurs du prince de Galles, notre héritier se tortillant dans des hauts de chausse roses dont je faisais mes délices au temps de la reine Marguerite.
LAnglais étant conservateur, il doit bien en rester quelques paires dans les mobiliers Tudor mayant appartenu.
Ainsi, tout en étant relooké, malgré lantiquité du vêtement, le prétendant de mon Royaume aurait les faveurs des manchettes des journaux faisant taire les rumeurs et vouant les domestiques aux pages des demandeurs demploi.
Nous ne sommes plus au temps où il suffisait de faire rouler quelques têtes dans le panier du bourreau pour devenir populaire.
Nous devons payer de notre personne. Cest la seule façon dassurer nos arrières.
Richard III
Dix-sept ans après lexplosion, Richard, votre serviteur, a failli périr à Tchernobyl … enfin, du virus dit de…
Lenflure qui a parasité mon ordi est peut-être un gras fermier du Wisconsin, un Kirghiz en mal de distraction ou tout simplement un gars de « cheu » nous, va savoir ?
Lengeance est connue. On la retrouve partout.
Au théâtre à la réplique de Cyrano sur scène : « Ah ! non, cest un peu court jeune homme »… il se trouvera toujours un couillon dans la salle qui chuchotera pour les dix spectateurs les plus proches, avant que lacteur ait repris son souffle : « On pourrait dire, oh ! Dieu, bien des choses en somme. »
Histoire de montrer quoi aux autres ?
Quil sait pardi, quil a la connaissance.
Ou alors le salopard lanceur de virus est un énergumène, une fine raclure dont on perçoit des souches très proches qui cassent les abris bus, tagguent les façades et emmerdent les pauvres gens. Nallez surtout pas croire que se sont des militants rentrés, des gens qui cherchent à semployer dans laltermondialisme et qui à défaut expriment leur ras le bol.
Non. Le propre de limbécile, cest de commettre un acte gratuit, sans savoir pourquoi… lexpression de sa connerie, en quelque sorte. Comme la manifestation dune allergie… par effet mécanique.
Cest un paradoxe dêtre à la fois con comme la lune et assez intelligent pour inventer un machin capable de vous détruire à des milliers de kilomètres ?
Parce que le bouffi qui nous chie dans la gueule, doit savoir quun jour ou lautre à force de bourlinguer en quête dun sale coup, il finira éborgné par un étron dun de ses confrères ! certitude absolue… Mieux, étendu raide par sa propre fiente revenue au bercail avec une mâchoire supplémentaire. Cest beau la connerie comme un feu dartifice…
Tout ça pour écrire que depuis dimanche « voilà pourquoi votre fille est muette ».
Alors que la semaine souvrait sur des coins à enfoncer.
Dimanche : Halloween poussé par les commerçants sest révélé cette année un bide noir. Tant mieux. Quon nous foute la paix avec toutes ces nouveautés, carnaval, Saint-Nicolas et Père Noël, cest suffisant. On affiche complet.
Lundi : La veille du 11 novembre. Loccasion de balancer que les commémos sont faites par ceux qui ne font pas quapporter des gerbes sur les tombes… quils contrôlent la situation, quelque part… Si ceux qui sont morts dans la grande boucherie avaient été épargnés, peut-être bien que lEurope sociale serait un peu plus avancée et que les ganaches qui fleurissent leur auraient balancé du même bras des coups de matraques sur la gueule.
Mardi : Préparation du Forum social européen à Paris. Histoire de voir des programmes altermondialistes et se rendre compte que le monde nest pas fait que dadmirateurs du dollar.
Mais voilà. La machine sest enrayée.
Dans laventure jai aussi perdu mes archives, mes photos, mes montages, tout, presque, comme à la bataille de Bosworth en 1485. Ça ne date pas dhier.
Le fin phénomène, le hardi enfoiré qui a failli mavoir est peut-être tout simplement un collectionneur de virus informatiques, un bon technicien au service dun publiciste haineux, dun besogneux de la bite au vent et de la liquette pour professionnelle qui ne me voyant pas monter au créneau le compte en banque à portée de son comptable, a défendu ses territoires comme un mac défend celui des putes quil contrôle.
Dautant que le virus Tchernobyl cest un sacré dégueulasse, du genre Sida. La capote sur Internet nexistant pas, cette incroyable saloperie va jusquà essayer de tromper le spécialiste en faisant croire que le disque dur est irréparable !
Heureusement que le pote qui a remis le malade sur pied est un as à la hauteur !
Sans archive, sans royaume, sans sceptre, à poil sur un trône vacillant et en carton, je reprends donc le fil interrompu avec les moyens du bord, en espérant que les trois ou quatre « clients sérieux » de cette crémerie dun nouveau genre ne se seront pas fait la malle, sans autre forme de procès.
Richard.

Ici Alain Sude-Monplingrez qui vous parle depuis les studios de Libramont de la préparation du salon des Arts. Sur la sellette aujourdhui, le peintre Tufaid Chrismine.
Distinguée par Aldo Mino, cette intéressante artiste nous interpelle à travers son œuvre.
De notre correspondante Corysandre Jambe, le portrait de Tufaid Chrismine.
Cétait Corysandre Jambe pour les studios de Libramont. A vous Alain Sude-Monplingrez.
- Quoi, on est à lantenne ? Quest-ce que cest pour un mastic ? Bon… ici Alain Sude-Monplingrez depuis les tous nouveaux studios de Libramont en décentralisation définitive du centre culturel de Mons.
Nous avons filmé lartiste dans le bureau de notre administrateur, Raff Alempoix.
A lartiste dans son atelier, nous lui faisons part de notre curiosité face à « Souvenir amoureux du Lido di Jesolo » toile qui sera exposée à Libramont,.
- Cest un souvenir personnel ?
- Cest une rencontre avec Pietro Canaleto di Utéro.
- Un médecin, comme lami italien de Georges Sand ?
- Non, un spécialiste à la retraite du badminton sur balcon.
- Vous avez dû souvent monter au filet ?
- Non, car la balle chez lui était fort amortie.
- La toile à côté, cest une allégorie ?
- Attendez que je me place pour la prise.
- Alors ?
- Permettez à lartiste davoir une vie privée.
- Non ?
- Si !
- Vit-on de la peinture ?
- Pour un qui se fait du pognon, ten as mille qui la sautent. Et moi, jai beaucoup été sautée.
- Encore une question, mademoiselle Tufaid Chrismine. Cette toile sous la cage descalier, cest raté ?
- Non. Je vais la brûler, car elle est le témoin dune douloureuse partie de ma vie.
- Vous pouvez en parler ?
- Cest encore trop cruel pour moi…
- Les téléspectateurs auront-ils plus de chance que les visiteurs de lexposition de Libramont ?
- Si vous voulez.
- Coco, tu me fais un plan serré sur la toile.
Il y a deux ans déjà que disparaissait la Sabena.!
Un anniversaire douloureux.
Cest en trouvant navrantes les déclarations de certains milieux sportifs flamands au sujet de la rivalité des deux meilleures joueuses de tennis actuelles au monde, que je me suis reporté à laffaire SABENA pour y découvrir des similitudes.
Lorsque nos politiques ont bradé la SABENA à Swiss Air, il avait été question, avant cela, dentamer des pourparlers avec Air France, aussitôt interrompus pour lèse de « moedertaal ».
En effet, les cendres de Guido Gezelle eussent frémis dépouvante si les fransquillons se fussent installés à Zaventem !

Après le flop de la direction germanique de Swiss Air et la débâcle de la SABENA, nous navons pu que déplorer la disparition dun beau fleuron national et la perte de milliers demplois.
Les Belges font fort ! Cest la seule catastrophe aérienne à avoir fait cinq mille « morts » dun coup !
La catastrophe consommée nous pouvions espérer avoir bu la coupe damertume jusquà la lie.
Penses-tu, mfi !
La fusion dAir France avec KLM va créer à Bruxelles national un vide quil sera impossible de combler.
En effet, laéroport de Schipol aux Pays-Bas va désengorger les deux aéroports parisiens.
Le trafic se fera dun pôle à lautre en passant au-dessus de manneke pis. Les Hollandais ne sont pas obtus comme leurs cousins linguistiques. Ils ont rapidement converti les florins en euros.
Anvers, par le Thalys sera à une heure de Schipol et le coin le plus lointain de la Wallonie à moins de trois heures de Paris.
Quand on sait que lintention du patron dAir France, Jean-Cyril Spinetta est de développer ses lignes vers lAfrique et le Zaïre particulièrement, cest la dernière spécificité belge qui va tomber dans la nouvelle synergie.
Ainsi, les Flamands auront gagné. On ne parlera pas le fransquillon à Zaventem, il y a des chances quont ne parle plus le flamand également.
Décidément le futur Etat flamand va fort. On vante tellement leurs meilleures performances, que cest à se demander si leurs « stratèges » ne trafiquent pas les statistiques ? Ne serait-ce pas plutôt, comme la mer du Nord qui est leur dernier terrain vague, et leur désir de létendre jusquà Tongres et Hasselt ?
Enfin, le problème du survol de nuit de lagglomération bruxelloise dont Isabelle Durant a fait injustement les frais, sera bientôt résolu par extinction du bruit. Quand on vous disait que les Flamands ont de la suite dans les idées.