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28 février 2007

Vers le tout répressif

En Belgique, comme en Europe occidentale, on a tendance à emboîter le pas à la politique américaine, même si, depuis l’affaire irakienne des voix indépendantes se sont fait entendre et notamment celle de Jacques Chirac.
Le gouvernement Verhofstadt composé, comme chacun feint de ne pas le savoir, de libéraux du centre et de socialistes de droite, joue la carte de la menace des intégristes islamistes « toujours devant nous " et incite les populations à rester vigilantes car "la guerre contre la terreur " n’est pas finie. Il y a même des relents nostalgiques de la guerre froide dans les discours des plus exaltés. On a lu dans la presse des propos appelant à la guerre d’une civilisation exemplaire (la nôtre) sur la barbarie (l’Islam).
Evidemment le plus clair des inquiétudes exprimées est à usage interne. A quelques mois des élections, il est impératif de détourner les regards de la politique intérieure afin d’épargner la majorité actuelle.
On voit bien que les lois prises à la hâte sur les armes, sur l’usage des écoutes téléphoniques et la prolifération des caméras de surveillance, sont des lois opportunistes qui succèdent à des faits-divers qui frappent l’opinion. Ainsi, le gouvernement à l’air de prendre des mesures dans la nécessité, tout en masquant les atteintes à la liberté et à la vie privée des citoyens.
L’attention des électeurs est détournée des manœuvres antisociales : les diminutions du nombre des bureaux de poste et des services publics, le mal-être des enseignants et le mauvais fonctionnement de l’instruction publique avec deux réseaux d’enseignement dans une cohabitation délicate de concurrence nécessitant de lourdes dépenses pour peu de résultats, la gabegie persistante dans le système quintuple de gouvernements et l’archaïsme des fonctionnements des provinces avec ces roitelets inutiles que sont les gouverneurs.
On pourrait ainsi dérouler des pages de griefs, tant du point de vue de nos rapports avec une Europe assottée de libéralisme, de nos conflits linguistiques incompréhensibles sauf pour la classe politique flamande frustrée en permanence depuis 1830, de notre asservissement complet aux ukases de l’économie mondialisée et déshumanisée, de notre incapacité à régler les rapports entre l’argent et le travail, que de la manière dont les pouvoirs publics gèrent nos taxes et contributions, ainsi que la comparaison saisissante entre les salaires et pensions de base avec ceux des mandataires et hauts fonctionnaires, compte tenu de la misère générale.

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Ceci dit, la menace d’un attentat terroriste est certaine. Mais entre cette menace qui pèse sur le monde entier, y compris sur le monde musulman et les affirmations d’un Dick Cheney que l’Iran enrichissait, depuis Avril 2006, de l’uranium de qualité militaire en utilisant 164 centrifugeuses en cascade dans la centrale de Natanz, il y a de la marge. L’Agence Internationale pour l’Energie Atomique qualifie les propos de Cheney de " scandaleux ", " malhonnête ", " inexact " et " trompeur ".
Nous n’avons pas participé à la guerre d’Irak. Participerons-nous à celle d’Iran ? Est-ce à cela que le tandem libéral-socialiste nous prépare ?
Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller de sécurité nationale du président Carter et l’un des plus prestigieux stratèges du pouvoir américain, affirmait récemment : " les prescriptions des néocons et leurs équivalents israéliens sont mortels pour l’Amérique et en fin de compte pour Israël. Elles retourneront totalement une majorité écrasante de la population du Moyen-Orient contre les Etats-Unis. Les leçons d’Irak parlent pour elles mêmes. Si les politiques des néocons continuent à être poursuivies, les Etats-Unis seront expulsés de la région et ce sera le commencement de la fin pour Israël ".
Est-ce cette politique extérieure stupide que nous privilégions en Belgique afin de détourner les gens de leurs problèmes ?
Autrement dit, nous serions les victimes d’une maffia politique préférant l’aventure extérieure plutôt qu’une explication intérieure, malgré l’attitude franchement pacifique que nos représentants affichent à l’ONU et au Conseil de l’Europe et que contredisent les lois découlant des propos alarmistes diffusés par des médias aux petits soins du pouvoir !

27 février 2007

Francorchamps : Monaco/sur Spa ?

…restent les infrastructures à terminer, pas grand-chose, quelques poils de cons sur la serviette de bain. La serpillière et la bonne des étages et hop… on n’en parle plus. Enfin, s’ils le disent !...
C‘est toujours à propos du circuit de Francorchamps. Si cela continue, ce sera un des plus chers au monde
Nos éminents de la Région et du Gouvernement wallon sont impayables. Franchement, tout le monde en rirait si nos « pressiers » - enfin ce qu'il reste de journalistes – avaient une once d’esprit pour nous tartiner la chose façon polémique rigolote..
La farce s’amorce en deux détentes.
La première. C’est Jean-marie Happart, l’ineffable président de l'Intercommunale (ISF) qui jase et Libert Froidmont, président de la Société de promotion du circuit de Spa Francorchamps (SPCSF), qui opine :
« Compte tenu des risques TVA déjà évoqués et de l'importance de l'investissement, il est impératif de garantir à l'ISF qu'elle pourra déduire les taxes payées sur la construction des nouveaux bâtiments".
La seconde nous vient de notre crooner wallon, Michel Daerden, en charge du Budget : "En ce qui concerne la TVA, je sais combien cette question est importante : 21 %, cela peut modifier toute la donne budgétaire. Aujourd'hui, tant l'intercommunale que la société de gestion sont assujetties. Il n'y a donc pas de demande à formuler. Cependant, selon moi, le vrai débat n'est pas là. Il se situe plutôt dans la relation qui unira dans le futur l'intercommunale et la société de gestion. Les meilleurs experts fiscaux sont sur le dossier afin de rédiger une convention susceptible de déduction ". (S’il y a les meilleurs experts financiers, il doit y en avoir ailleurs de franchement mauvais ? Ceux-ci sont sur quel dossier, hein Michel ? )
Où doit-on rire ?
C’est la farce de l’arroseur arrosé. Voilà des acharnés du législatif claquant des dents aux chausses du pauvre monde avec des TVA à 21 %, qui se fichent comme d’une guigne si cette valeur ajoutée n’est pas une criminelle façon de pomper de l’argent surtout aux catégories à bas salaires et qui s’effraient de ce que le bâton de dynamite qu’ils placent sous nos banquettes puisse un jour leur sauter à la figure !
Et alors qu’ils répriment la fraude fiscale, d’une façon molle dans les cas des grosses fraudes et super exigeante pour les petits artisans, commerçants et autres loquedus de la chose sociale, y compris le tricolore de base qui voudrait ne pas étouffer sous l’avalanche des impositions (Faut-il rappeler qu’un petit pensionné à 1000 euros le mois, malgré les retenues du service des pensions se voit poinçonner de 500 euros supplémentaires par an !), voilà qu’ils se grattent la tête pour tricher à leur tour sur leur propre décision !...
C’est marrant tout de même ces super cracks qui montent des arnaques monstrueuses pour éviter la taxe qu’ils distribuent allègrement aux autres !

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Et on voudrait que le citoyen de base n’ait pas le réflexe de garder son blé résultat de son labeur le plus possible, quand on sait dans quel gouffre la sueur collective s’écoule !
Attention, je ne suis pas en train d’écrire qu’il ne faut pas d’Etat que les gens n’ont qu’à se débrouiller et que les pauvres entre eux n’ont qu’à partager leurs merdes. Non. Au contraire. Je dis que, dans ce foutu pays, trop de frics s’évacuent par la petite porte aux profits de vastes arnaques ou de sombres conneries et que ce qui peut paraître l’essentiel, à savoir le bonheur, sinon la survie du plus grand nombre, est mégoté, trituré, dilué dans la cuisine à Michel, pour n’en restituer qu’un mince filet de soupe aux choux pour les plus exsangues. Dans le fond, c’est comme si les chômeurs, les malades et les assistés sociaux vivaient dans un stalag, ou pire un camp de concentration.
Vu sous cet angle, le monstrueux circuit de Francorchamps ressemble aux châteaux de Bavière de Louis II le fou.
Et tout ça parce que, de nos super artistes de la chose publique, l’un ne parle pas l’anglais, et l’autre est tellement MR que, même dans le ratage le plus complet des dossiers, il a l’air d’avoir raison en prenant les autres pour des imbéciles.
Un qui doit s’étouffer de rire, c’est cet Anglais sportif et homme d’affaire, détenteur de certain papier à l’abri d’un coffre fort à triples serrures.
Travaux ou pas travaux, 21 % de la peau des fesses des Wallons ou peau de zébie, le pognon, le sacro saint pognon, bien rondouillet avec force zéro derrière un chiffre de 1 à 9, sera toujours au rendez-vous de son compte, quels que soient le temps, la couleur du circuit et l’angoisse de Messieurs Happart et Kubla, co-signataires de cette douloureuse lettre de change.
Ecclestone touche le grand prix dans tous les cas de figure.
Alors, vos états d’âme, messieurs de la déconfiture wallonne, triste héros des fiascos présents et futurs, vos tricheries légales et vos cris d’orfraie, vous pouvez vous les carrer où je pense.

26 février 2007

Les beaux emplois du FOREm.

-Monsieur Simon Templar ?
-Lui-même.
-C’est un pseudonyme, évidemment ?
-Evidemment !
-Vous êtes pickpocket. Pouvez-vous parler de votre profession aux stagiaires demandeurs d’emplois que nous formons au FOREm ?
- Je dirais que c’est une belle profession, pleine d’imprévus et de surprises. On n’y fait pas fortune. Elle peut nourrir son homme s’il est adroit. Malheureusement, si les débouchés existent, ils sont encombrés par la main-d’œuvre étrangère. Nous avons perdu la Batte aux profits des étrangers.
-Vous n’allez pas faire le complexe du plombier polonais ?
-Non. Mais la filière roumaine est en pleine expansion.
-A quoi attribuez-vous ce phénomène ?
-A l’excellence des écoles d’apprentissage de ce pays et la réputation « tête en l’air » de la bourgeoise vieillissante de nos contrées qui les attire.
-Un enseignement rigoureux… des directives meilleures de madame Arena ?
-Oui. Si nos voulons concurrencer ces grands professionnels venus de l’étranger.
-Quelles sont vos zones d’exploitation ?
-Nous travaillons – pour ce qui concerne la région liégeoise – dans les lieux dits du Carré, avec le point fort du Passage Lemonnier et des Galeries Saint-Lambert.
-Quelles sont les matières premières que vous exploitez ?
- Le sac à main en bandoulière de la femme mûre. La besace de l’étudiante. Personnellement, je me suis spécialisé dans la fermeture éclair Riri.
-Nos stages étudient le bouton-pression, et le lacet de décoration.
-En effet, ce sont des fermetures répandues.
-Les moments forts de votre travail ?
-Quand nous récoltons les fruits de notre labeur.
-J’imagine que c’est exaltant d’ouvrir un portefeuille ?
-Nous avons des surprises. C’est ainsi que nous avons découvert des images pornographiques dans le missel d’une religieuse.
-Qu’en avez-vous fait ?
-Nous avons été blessé dans notre foi profonde. Nous avons des principes. Ne jamais revendre ce qui pourrait pervertir le citoyen. Nous avons détruit ces horreurs ! Par contre, nous avons trouvé des images pieuses dans le portefeuille d’un socialiste.
-Que faites-vous en pareil cas ?
-Avant, nous nous arrangions pour qu’un passant ramasse les papiers de l’intéressé à défaut de son argent qui représente notre salaire. Ainsi, le pigeon retrouvait l’essentiel et n’avait pas à faire des démarches contraignantes afin d'obtenir des duplicata de substitution.

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-Et aujourd’hui ?
-Si le portefeuille est beau, les passants le conservent et jettent les papiers à l’égout.
-C’est malhonnête !
-Parfaitement. Aussi, nous avons toujours sur nous quelques portefeuilles en tissu que la police offre aux malheureux détroussés. Nous y mettons les documents trouvés. Il est rare que le passant fasse preuve d’incivisme dans ce cas.
-Vos plus belles réussites ?
-Un collègue a dérobé, en Vinâve-d’Ile le revolver d’un inspecteur en patrouille. Il aurait peut-être pu en faire autant avec celui de son collègue, s’il n’avait été attiré par un sac prometteur. Le temps de se l’approprier, hélas, les policiers s’étaient volatilisés ! Dans le sac de la dame – Je tairai son identité, attendu que c’est une personnalité liégeoise - il n’y avait que quelques euros et un godemiché qui avait déjà servi et était donc non commerçable.
-Il y a ainsi des aléas…
-Je recommande à vos élèves la plus grande perspicacité. D’abord observer la personne et jauger si elle est rentable. Ensuite opérer avec tact et discrétion. J’ai rendu le sac d’une poétesse liégeoise qui m’a donné 100 euros pour avoir retrouvé son manuscrit, un poème en vers libérés célébrant son époux. C’est lui qui m’a ouvert, un petit vieux qui puait de la gueule. Tout est dans la tête. J’avais été trompé par la qualité cuir du sac.
-Vous êtes pour la violence ?
-Non. C’est affaire de voyous… S’accrocher à un sac dont la propriétaire ne veut pas se défaire, est indigne de notre métier. Nous excluons toute brutalité et tout contact prolongé. Seul le doigté compte. Aussi l’apprentissage est important, le coup d’œil, le sang-froid doivent aller avec la rapidité d’exécution.
-Y a-t-il des chômeurs dans votre profession ?
-Pas encore, quoique la concurrence soit vive. Ce qui se paie content, c’est la maladresse.
-Vous redoutez la mise à pied ?
-Pas trop. Les policiers sont débordés. C’est le bon côté de l’envahissement des Roumains. Les plaintes ne sont enregistrées que rarement et toujours sans suite. Le flagrant délit n’est pas sanctionné, attendu que ce sont les apprentis qui se font prendre et chez nous l’apprentissage commence à 10-11 ans…
-C’est donc un métier que vous recommandez, Monsieur Simon Templar ?
-Absolument.
-Je vous remercie. Avant de partir, vous seriez gentil de me rendre ma montre-bracelet.
-Ah ! vous l’aviez senti ? Cela fait partie de nos trucs. Une légère pression au poignet a détourné votre attention, pendant que je dérobais votre petite culotte, très fine, très féminine…


25 février 2007

Cat-house et taylorisme.

On a dû rater quelque chose. Une signification qui nous aurait échappé. Toutes les civilisations étaient pourtant bien d’accord après Platon. Aristote, son maître, considérait le travail comme une activité par nature asservissante. Si les navettes des métiers à tisser marchaient toutes seules, disait-il bon prince, les maîtres n’auraient pas besoin d’esclaves.
Voilà qu’elles marchent presque toutes seules et que les maîtres en ont toujours besoin ! Comment ça se fait ?
Hannah Arendt a glosé sur la nature du travail selon les grecs. Personne ne s’est jamais demandé pourquoi, l’époque suivante, les serfs avaient remplacé les esclaves.
A cause de la tradition judéo-chrétienne pleine de présupposés beaucoup plus lourde que celle des grecs.
Au début, Adam se prélassait dans les loisirs, puis Eve lui apporta avec la pomme le péché originel que nous allions tous traîner comme un boulet, douze à quatorze heures par jour, pour aboutir autour des trente-cinq heures, non sans coups de gueule des américanolâtres.
Tout l’Occident a été marqué par l’idée religieuse de la culpabilité de l’homme.
"Au turbin, les artistes", c’est énervé Dieu !...
On a râlé. On râlerait encore si l’éthique protestante n’avait pas fichu tout par terre.
Les protestants ont réussi le tour de force de présenter le travail comme l’équivalent de la prière !
Tout le monde au boulot, y compris les riches ! Voilà le commandement moral dont la société de consommation s’est emparée malgré nos stress et la répugnance que tout homme normal à de travailler. La gauche et la droite bien d’accord nous sont tombé dessus…
Luther en s’opposant au pape a voulu que le travail fût le but suprême que Dieu voulut.
Max Weber situe l’origine du capitalisme dans la morale protestante.
Travailler et devenir riche pour faire plaisir à Dieu et hop, nos sociétés laïques n’en finissent plus de faire du protestantisme sans le savoir.
Il y a dans le regard de Di Rupo quand il parle du travail, des lueurs d’un Savonarole qui aurait pu être protestant, puisqu’il était fou.
Le tout c’est de définir le travail.
Peut-être qu’un chef de clinique à l’hôpital Erasme se trouve bien dans sa peau à travailler et qu’un bagagiste à Zaventem s’en trouvera indisposé. C’est qu’on ne parle pas de la même chose et que, pour les neuf dixièmes des gens « tout ça c’est de la merde », alors que pour le dixième restant, c’est le sens de la vie, la justification de leur statut….
Sans croire aux curés et avoir lu la bible, le bagagiste croit dur comme fer que travailler, c’est un châtiment divin. Il est sans le savoir en plein dans l’orthodoxie chrétienne.
Nous voilà bons avec les protestants dans un monde de plus en plus taylorisé, robotisé, parcellisé, décentralisé, bref le monde anglo-saxon dont nous apprenons tous les jours à nos dépens l’efficacité redoutable pour réduire à la misère des villes entières par le travail dont Dieu a dit du temps de la Ford T, que Henry Ford était le modèle de ses créatures.
Les Anglais, rockwellers fidèles des cousins d’Amérique, savent bien qu’ils sont mieux adaptés que nous au travail, déjà que la langue mondiale des affaires, c’est l’anglais.

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Un exemple choisi au hasard parmi des centaines d’autres :
On croyait que les maisons closes étaient une spécialité française. Erreur, la libre entreprise, même là nous fait la leçon. Elles semblent avoir booster l’imagination anglaise, tant les vocables les concernant foisonnent dans le Shakespeare langage : les mots désignant les bordels y sont deux fois plus nombreux qu’en français, preuve d’une bonne tenue des entreprises et des travailleuses dans ce secteur sensible.
Voilà où nous péchons, notre manque d’entrain et notre peu de vocabulaire désignant les spécificités, révèle que nous n’aimons pas le travail, puisque nous ignorons l’outil désigné par des mots !...
En voulez-vous un exemple ? A côté de nos minables maisons closes, abbaye des s’offre-à-tous, claque et autre pince-fesse, ces travailleurs inimitables, en hors piste déclenchent des avalanches : brothel, house of lewdness, bum shop, slaugther house, beauty parlor, button-hole-factory, cake-shop, chamber of commerce, flesh-factory, girl shop, cauvaulting-school, ladies’college, school of venus, birdcage, cat-house, goat-house, heifer barn, monkey-house, pheasantry snake ranch. Et j’en passe...
Et rien que pour désigner les lieux et non la chose.
Avec nos minables magasins de fesses, comment pouvons-nous faire plaisir à Dieu, si nous ne faisons aucun effort dans le travail et que nous manquions à ce point des termes techniques désignant les outils ?
Arena a raison, l’anglais est plus riche que le latin, mieux adapté au travail que le français.
Et si afin de travailler ensemble Flamands et francophones, nous nous mettions à l’anglais ?
Encore un petit effort et en virant protestants, c’est toute l’Amérique qui s’offre à nous.
Voilà qui ferait plaisir à Tocqueville, l’idole de Reynders…
Nous deviendrions des travailleurs comblés. Il ne resterait plus qu’à supprimer toute allocation sociale, pension et indemnité, de sorte que nous serions tout à fait à égalité avec les Américains dans l’amour du travail, pour l’entrée dans une ère nouvelle quasiment mondiale...

24 février 2007

Un zonard chez les barlous..

-Gilbert Guy, vous êtes parent avec Guy Gilbert ?
-Lui, c’est lui et moi c’est moi.
-Pourtant curé tous les deux ?
-T’as pas encore compris que son prénom, c’est mon nom de famille et que son nom, c’est mon prénom, rien qu'une coïncidence. C’est pourtant simple, mon con ! Oui, deux curés qui t’emmerdent.
-Vous avez le même langage tous les deux !.
-Tu le fais exprès, ma couille ? Lui est plus vulgaire que moi. Ça te saute pas eux yeux ? Guy parle un argot du temps des fortifs. Même Carco broutait plus de la gueule comme ça en 1935 !
-Vous faites dans la jeunesse délinquante tous les deux, d’où la confusion possible ?
-Pas du tout. Lui fait dans la bestiole sur le Verdon. Ma bergerie est à Neuilly où j’accueille mes zonards, pas confondre avec loubards…
-Et puis…
-Appelle moi Gégé.
-Gégé, vous faites quand même la même chose !
-C’est pas pour me vanter, mais mon turbin est plus hard que le sien. Je suis en contact avec des vrais gangsters. Tiens, Nicolas, celui qu’avait filé une bastos dans le bide à Chirac quand il était dans le gang Balladur, eh bien ! mon con, faut voir l’ambition, grâce à qui, à moi, bordel de dieu ! Un de mes petits protégés candidat à la République… mon collègue en est malade
-Quand même d’allure, vos santiags, votre blouson, la ressemblance…
-Le blouson, moi c’est un vrai Lévi-Strauss… lui, on sait pas. C’est pareil avec tout. Je dis pas que c’est une question d’argent, parce qu’on nous les file gratos, lui et moi. Tu vois, c’est une question de tenue, de vocabulaire, d’éducation, de tout quoi… Lui peut pas savoir… du reste, il n’est même pas marié, qu’est-ce qu’il peut savoir de l’amour ?
-Et vous Gégé, vous l’êtes ?
-Un peu fillette. J’ai glandé tout un temps sur les boulevards soit disant pour donner des capotes, mais c’était pour mater et en tirer une à l’occasion. J’suis tombé sur la grande Josée, son mac me l’a refilée contre trois paters, c’est dire s’il en pouvait plus. Depuis elle range les burettes dans la sacristie, repasse mes chasubles, m’appelle sa gueule d’amour... Alors, je peux y aller à l’expérience du cul, pas comme certains qui font que se branler et tout, que c’est une honte pour l’église…

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-Vous parlez de votre homonyme ?
-Mais non. Celui-là a passé l’âge de la brouette tonkinoise. C’est plus lui qui porte le blouson, c’est le blouson qui le porte. Quand on bande guimauve on passe la main. A mener la vie qu’il mène, c’est recta… il va repasser un de ces jours… dans beaucoup moins de temps que Pierrot des Emmaüs, qu’a pu mûrir son projet assez vieux pour voir son auréole pousser.
-Où vous exercez votre sacerdoce ?
-A Neuilly, J’passe en vedette américaine à Saint-Front quand le cureton est surbooké. C’est jamais sans mon gilet pare-balles. C’est chaud par là. Comme ça on dirait pas. Mais, il y a de la violence à l’UMP. Pire que dans les banlieues de l’autre.
-Vous ne l’aimez pas, hein ! Gégé, Guy Gilbert ?
-On s’est tapé sur la gueule un jour, question de territoire… un tronc litigieux qui recoupait nos deux secteurs… Depuis, on s’est réconcilié autour d’un verre de vin de messe. Mais, c’est plus ça…
-Qu’est-ce qui ne va plus entre vous ?
-On a des blases à se confondre. Des gens croient qu’on le fait exprès. Il m’a piqué mon look, le bouson, même les insignes qui sont dessus. Il se fait des rinçages chez Antoine, le coiffeur des stars, comme moi. Quand Josée jette un drap dans le couloir de la piaule, il lui mate l’arrière train. Il la remettrait sur le boulevard, si je le tenais pas à l’œil…
-Vous vous voyez souvent ?
-Faut bien. On n’est plus des masses dans la profession. On se connaît pour ainsi dire par cœur. Les petites églises usent les fonds de cierge, les surplis ravaudés. On se croise.
-Il marche sur vos plates bandes ?
-Je ne sais pas si elles sont plates. Mais tiens, prend son mariage du prince Laurent, c’était à moi de le faire. Tu trouves pas ? J’ai l’habitude des gens à manière. Je parle avec une élégance que ce trouduc n’a pas idée. Je te l’aurais torché dans la dentelle, le discours. Au lieu de quoi, t’as vu l’étron fumant ?
- On en a parlé, même au Vatican, du discours…
-C’était pas chrétien, son discours. T’as vu comme il regardait Paola ? Même qu’il l’a fait pleurer. Tu veux que je te dise, ce mec vise la prélature…
-Et vous, Gégé, vous visez quoi ?
-L’abbé Pierre claboté, j’me verrais prendre la suite… canonisé dans deux cents piges… Qu’on dirait dans Neuilly, en déroulant un poster de ma tronche sur les tours de la défense, dans le fond Gilbert Guy était bien mieux que Guy Gilbert.
-C’est pas de l’orgueil, ça Gégé ?
-Non, c’est la vision perso mais lucide du meilleur de nous deux !

23 février 2007

Pauvre France !

Ils sont bizarres ces présidentiables français dans leurs déclarations aux électeurs.
Sarkozy, par exemple, voilà un homme qui participe au pouvoir en place depuis 1993, et qui, brusquement, nous dit qu’il a beaucoup changé et sa politique aussi.
Ce qui laisserait supposer que s’il n’avait pas changé jusque là, c’était la faute à Chirac, à Villepin, à Juppé et même à Raffarin. Et le temps passé sans qu’il eût changé, se serait-il trompé sur sa nature, ou simplement aurait-il sciemment trompé les Français ?
On ne peut pas dire que Sarkozy n’a pas co-dirigé la France en traînant les pieds : 1993-1994 : ministre du Budget. 1993-1994 : Porte-Parole du Gouvernement. 1995 : ministre de la Communication. 2002-2004 : ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Intérieure et des Libertés Locales. 2004 : ministre d’Etat, ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie. Depuis le 2 juin 2005 : ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire.
Il serait entré dans un gouvernement de droite pour faire uniquement la politique des « grands » responsables ! C’est à peine croyable le goût du pouvoir annoncé aussi froidement de cette manière, de la part de l’intéressé lui-même : l’échine souple jusqu’au moment où…
Alors qu’il s’est déclaré candidat à la présidence, et qu’il affirme avoir changé, il ne ferait pas passer ce changement au gouvernement d’ici les élections ! Un trimestre pour rien ?
Cette transformation ne concernerait que lui-même ?
Et une transformation en quoi ? Quand il misa sur le mauvais cheval (Balladur), sur le temps que Chirac s’imposait aux Français, en quoi la politique de Sarkozy avait-elle été mauvaise, et quel gage laissa-t-il aux chiraquiens afin de se faire pardonner, puisqu’il finit par entrer dans l’équipe Chirac, non sans avoir ramé quelques temps dans la détestation des chiraquiens ?
Quelle échine souple, quel parcours que celui de cet homme, et c’est ce personnage que la droite qui lui fait confiance présente comme candidat à la magistrature suprême !
A leur place, on serait gêné.
Chapeau aux noms des électeurs, voilà donc pourquoi le tandem Chirac-Villepin semble pédaler dans la semoule, ils retiennent Sarkozy par la culotte ! Admettons que le candidat UMP attende son élection afin de prouver qu’il a changé ; mais comment peut-il supporter de rester dans un gouvernement qui ne fait rien comme il l’entend ?
L’affaire Papon. Certes le préfet de Vichy est décédé, mais qui l’a protégé, fait traîner le procès en longueur, déclaré à sa relaxe que Papon était au plus bas, quand on a vu, le Pinochet numéro deux s’engouffrer avec des allures de jeune homme dans une grosse voiture, le 18 septembre 2002 ? Sarkozy, qui n’avait pas encore changé, était solidaire de la politique de Raffarin, puisqu’il n’a rien dit, sinon emboîté le pas sur le refrain habituel, à savoir que la justice est indépendante… Certes, le gouvernement Jospin jusqu’au 7 mai 2002 sentait mûrir le projet de libération de Papon, et il n’a rien fait non plus.
Papon avait été libéré au motif qu’il était atteint « d’une pathologie engageant le pronostic vital ». Sorti de prison sur ses deux jambes pour fêter sa libération dans un grand restaurant, il aura ensuite vécu paisiblement et sans l’ombre d’un remords pendant cinq ans.
Personne n’a entendu Sarkozy s’insurger contre cette libération suspecte. Comment ose-t-il, lui et la droite en France, tenir des discours saluant le martyr des résistants, des Juifs et des otages ? Que pourrait-il dire à ceux qui l’interrogeraient sur la mansuétude des juges lorsqu’il s’agit de faire en sorte que les personnages de l’Etat, lorsqu’ils sont haut placés, écopent d’un minimum, quand ils ne sont pas quasiment blanchis en dernier recours, voire le cas d’Alain Juppé, même si ce dernier à morfler pour Jacques Chirac ?
A-t-on tenu compte que Papon avait été « distingué » par le général de gaulle, et qu’il avait été le préfet de police des ratonnades du métro Charonne, pour ne pas trop « secouer » l’ancien collabo ?
Qu’est-ce que Sarkozy entend par impunité zéro ?
S’il ne s’agit que des banlieues, l’affaire est entendue, cet homme participe de la justice de classe et bafoue la démocratie.

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Ce qui est inquiétant dans son discours, c’est que les vraies raisons de l’explosivité des situations dans les banlieues ne sont jamais exposées comme évidentes, de sorte qu’il n’est pas nécessaire d’en parler. Pour cet homme, l’exclusion sociale ne signifie rien. Il n’a aucun état d’âme quant aux moyens pacifiques pour faire en sorte que cette violence cesse. Il ne pense qu’à la répression de la « racaille ».
Ce qui serait drôle, si ce n’était d’une certaine manière dramatique, c’est le discours de Jean-Marie Le Pen qui prend plaisir d’aller à contre courant du nouveau Napoléon des banlieues.
Plus lucide est le discours de Bayrou, mais comme il est coincé entre Sarkozy et Ségolène Royal, il ne pourrait mordre que sur l’une et l’autre, de sorte que sous l’apparente raison, transparaît le chèvre-choutisme d’une position fort inconfortable.
Reste le discours du candidat Sarkozy. Les médias comptent les points, publient des sondages et semblent sensibles à la parole et surtout à la conviction d’acteur du personnage.
Il est donc fort possible que Sarkozy succède à Chirac grâce au bourrage de crâne des médias, tous plus ou moins « sous le charme ».
Les observateurs semblent d’accord, ce ne sont plus les électeurs qui font l‘opinion, mais les sondages !
On finira par ne plus aller voter. Il suffira de publier le dernier sondage le jour où il aurait fallu normalement voter.
Pauvre France.

22 février 2007

L’homme promu.

Tête de rayon, en vitrine, exposition du soi, art de paraître, mais qu’est-ce qui fait courir les chefs ?
On ne sait pas à quoi tient la popularité. Si, plutôt, on le sait. Mais cela tient à si peu de choses qu’on se demande ce que l’on trouve à certaines personnes qui jouissent d’une grande popularité. Dutroux, par exemple, on sait. Il est très populaire dans le mauvais sens. Si on le libère un jour, il a intérêt à changer d’identité et à se faire de la chirurgie esthétique. Quoique, dans le sens opposé, des lettres d’amour d’ardentes admiratrices découragent les facteurs. Elles en veulent de l’athlète du crime, non pas parce qu’il est beau, intelligent et riche, mais parce que c’est un voyou qui est descendu tellement bas dans l’abject, que certaines en frétillent avec des douleurs dans le ventre et de véritables spasmes amoureux.
Un chanteur, par exemple. Qu’est-ce qui fait qu’un chanteur attire les foules et les bravos ? Quand on met ses pauvres rimes à plat, parfois même il n’en est pas l’auteur, on ne peut pas dire que cela soulève l’enthousiasme de l’Académie, et même du plouc moyen. La voix ? Certains en ont un petit filet, à tel point que le compositeur est tenu de ne pas trop secouer l’octave avec prière de laisser l’échelle des gammes dans la remise. La gueule ? Franchement, la petite gueule d’amour quand on voit les tronches des chanteurs qui ont du succès, certains même ont dépassé l’âge raisonnable pour tâter de la planche, on n’est pas sûr d’aller à l’autographe comme on montait à l’assaut en 14. La recherche dans le costard ? Quand on se rappelle comment Elvis était fringué ! Et pourtant, la minette frétille aux sorties des galas, comme les harengs du temps où la Mer du Nord nourrissait des escouades de pêcheurs, si le chanteur voulait, ses filets se gonfleraient d’éclairs d’argent.
Parce qu’on voit le petit monde médiatisé 24 heures sur 24, qu’on s’est habitué à leurs gueules au point de ne plus pouvoir s’en passer ? La télé miroir du monde ? Ruquier et ses roquets familiers, ses « bons » mots, son Stevie… franchement ! Ce ne serait que cela la notoriété ?
C’est possible après tout.

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Et le batteur d’estrade, celui qui a la solution pour tout et qui parle politique un œil braqué sur les sondages et l’autre sur la foule ? Qu’est-ce qui fait qu’un homme politique est populaire ? Frédéric Ries, parce qu’on l’a vue femme tronc à RTL présenter les infos ? Sans doute. Mais les autres, ceux qui passent chez le coiffeur avant d’affronter le public sans qu’on les reconnaisse, qui lisent des textes avec plus ou moins de conviction qu’ils découvrent en même temps que nous, ou encore, celui qui joue au poivrot dans la foule du standard, qui claque des doigts et hop, comme Amin Dada du temps de sa souveraine et sanglante dictature, les crocodiles rappliquent et obéissant aux illustres phalanges, se laissent caresser l’écaille !
Que voilà un des traits du jury populaire qui sait reconnaître les siens aux bruits qu’ils font !
Même et surtout les islamistes farouchement intégristes sont sensibles à la notoriété. On n’insulte Allah qu’à partir d’une certaine reconnaissance des médias. Ils sélectionnent les ennemis de dieu, à l’audimat ou au tirage de publication.
Internet pullule de dessinateurs irrévérencieux, mais qu’ils se rassurent, ils ne sont pas connus. C’est tant mieux pour leur sécurité. Leur talent n’est pas en cause. Pour des raisons indéterminées, leur anonymat ne pourrait s’annuler que si leurs cadavres arrondissaient à la tranche supérieure, le décompte des morts à Bagdad un jour d’attentat. Ils n’intéressent donc personne par eux-mêmes. La non-célébrité peut être parfois bénéfique !
Reste qu’être dans l’ombre ou la lumière, en haut de l’échelle ou en bas, coté ou pas, passé pour original et commercialisé ou méconnu et invendable, révèle un des plus graves problèmes irrésolus de la démocratie, déjà posé du temps où parait-il, les Grecs choisissaient les maîtres de la Cité.
On le voit à chaque élection. Il est impossible de faire connaître aux électeurs tous ceux qui ont une vocation à les conduire vers un mieux, de façon égale. Parmi ceux que le hasard ou l’industrie met en bonne position pour la reconnaissance publique de leurs capacités, interfèrent des facteurs non-négligeables d’exposition à l’attention des foules, de publicité, de forces partisanes bénévoles ou rétribuées.
Il y a des dynasties de gens célèbres, mais même chez les fourmis, il n’y a qu’une pondeuse, une reine. Crever d’ambition et n’arriver à rien, n’est pas pire que monter sur le podium et s’apercevoir que toutes les ambitions satisfaites laissent un goût amer.
A la différence des oies sauvages qui se relaient dans leur migration pour tenir le cap, l’ambitieux tête de proue qui semble assurer de nous mener quelque part, en réalité se perd plus souvent qu’il n’y paraît, parce qu’à la différence des oies, l’homme n’a jamais bien su où il allait.

21 février 2007

A propos de Nietzsche.

Ce n’est qu’aujourd’hui que je me suis déterminé à la vérité : je me suis trompé sur lui et lourdement.
J’ai longtemps épousé la pensée contemporaine de tous les traîne-bourgeois, des Glucksmann, Finkielkraut et autres BHL du petit monde de la philo, en jetant l’anathème sur une œuvre que je n’avais guère lue, en tous cas pas suffisamment, pour me forger une opinion.
Je me suis fait avoir en sombrant dans l’amalgame, dans l’espèce de contre fureur aveuglée par le ressentiment sur la volonté de puissance et de cruauté qui sourd de l’œuvre du philosophe.
J’ai tenu pour rien l’unique penseur athée des temps modernes, préférant la rhétorique de Comte-Sponville, ce postchrétien rentré pour sujets de bac.
J’ai surtout cru à l’honnêteté d’Elisabeth Förster-Nietzsche, sa sœur, dans la publication post-mortem d’écrits qu’elle aura falsifiés, dénaturés afin de les offrir en guirlandes d’honneur des croix gammées chantournées de fleurs d’Adolphe Hitler.
Elle le trahit une première fois aussitôt mort. Dixit son frère : « …si je meurs il n’y aura autour de mon cercueil que des amis, pas de curieux, et si je ne peux plus m’en défendre, ne permets pas qu’un prêtre ni personne d’autre vienne débiter des sornettes sur mon corps. Qu’on m’enterre sans mensonge, en honnête païen que je suis. »
Onze années de prostration après ses dernières volontés, Nietzsche meurt en 1900. Elisabeth oublie aussitôt ses promesses et les prêtres déploient à sa demande tout le tralala des fastes ultimes avec en apothéose, un christ en croix des prosélytes sur la face du cercueil réservée à la parade.
Voilà qu’elle se sent une vocation d’artiste, à l’inverse de Madame Commanville, la nièce de Flaubert qui brûla les lettres de Louise Colet, elle s’arme de colle et de ciseaux et fabrique sur des textes non publiés « La volonté de puissance ». Du sur mesure pour le national socialisme naissant, tandis qu’elle noue des relations amicales avec Adolphe Hitler.
Et voici Nietzsche trahi une seconde fois… Avec des traits destinés au christianisme sur le renoncement et l’aveugle ascèse, elle façonne des paragraphes nouveaux sur des thèses antisémites, pour les prémices d’un des hallalis les plus sanglants de l’Histoire.
On connaît la suite.

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Débarrassé du préjugé fatal, l’œuvre de Nietzsche apparaît aux yeux du lecteur d’une grande richesse sombre mais toute intellectuelle, avec des splendeurs poétiques et des éclats de rire.
Il faut dire que les deux guerres perdues par l’Allemagne n’ont pas arrangé les affaires de Nietzsche, traité de surboche et de syphilitique transcendantal côté français, il sera oublié côté allemand après que fût brûlé Adolf par les SS à la porte du bunker de la chancellerie.
Cet attachement du philosophe aux faits de guerre est indépendant de son œuvre et de lui, puisque se cristallise – lire les Considérations inactuelles – tout au long de ses pages une horreur des conflits desquels il n’est pour s’en défendre selon lui, qu’une seule arme : l’intelligence.
Né « posthume » il se savait fait pour les générations futures, il n’avait pas prévu qu’il serait aussi une victime expiatoire de l’holocauste.
« Inquiétante est la vie humaine, et, de plus, toujours dénuée de sens : un bouffon peut lui devenir fatale. ». Il ne croyait pas si bien dire à propos du chancelier qu’il ne connut pas et dont il aurait désapprouvé l’idéologie.
Son œuvre possède la force destructrice des Eléates de Parménide, de Diogène le cynique, mais en même temps, une poussée inverse contrebalance l’édifice, maintenant le fléau en équilibre par le contrepoids du gai savoir.
Cioran aurait pu dire de lui ce qu’il écrivit de Diogène : « J’ai toujours pensé qu’il avait subi, dans sa jeunesse, quelque déconvenue amoureuse : on ne s’engage pas dans la voie du ricanement sans le concours d’une maladie vénérienne ou d’une boniche intraitable. »
Comme l’écrit Michel Onfray dans « La sagesse tragique » : « Avec le philosophe au marteau, l’Occident – pour ne pas dire la modernité – se trouve mis en pièce, sapé dans ses fondements. Vingt siècles, sinon plus, de mythes, d’erreurs, d’illusions sont éclairés par la lumière la plus nue. Une lumière de bloc opératoire où l’on dépècerait l’animal fourbu errant depuis plus de deux millénaires ».
Nietzsche n’a pas été maltraité partout. Les traductions en français de son œuvre sont impeccables. Il se dégage une réelle poésie de la transcription de l’allemand dans notre langue. Contemporain d’Arthur Rimbaud, il eut plus qu’une saison en enfer.
Quant à vous, peuples modernes, vous n’avez plus d’esclaves mais vous l’êtes.

20 février 2007

Dallas sur Meuse.

Ça chauffe terrible place Sainte-Véronique à la Fédération liégeoise du parti socialiste. En cause, les fils de… qui se positionnent pour asseoir leur emprise sur le parti depuis qu’ils ont été adoubés par papa avec en mains toutes les cartes de la réussite pour un poker d’enfer.
C’est quand même un curieux parti que ce supposé défenseur des travailleurs.
C’est surtout un parti de grandes traditions monarchistes, avec des baronnies tout autour, des fiefs et des hoirs, des traditions et une grande rigidité bureaucratique.
Il est rare qu’une nouvelle tête se fasse toute seule, sans en avoir fait rouler une dans le panier de la guillotine des idées ; car, pour y réussir, il faut être non seulement « poussé » par un personnage, ou cautionné par des parrains suivant une grande tradition franc-maçonne, mais encore ne pas trop vouloir changer les choses avec des idées originales.
Aussi curieux que cela paraisse, ce parti est dirigé par des vieux ou par des jeunes devenus vieux en six mois qui n’ont qu’une idée en tête, ne pas faire de vague pour durer.
Outre le courant profond qui amène les nouveaux recommandés des anciens, certains diverticules, ruisselets de pouvoir, complètent l’étiage depuis la FGTB et la FMSS. Normal, me direz-vous, puisque aussi bien, seule l’Union Coopérative disparue depuis quinze ans, manque à l’appel des organisations du parti qui vit toujours sur ses anciennes structures.
Dans le fond, tout fonctionne encore au PS comme dans l’entre deux guerres. Sauf qu’alors, nous avions des pointures et des gens profondément progressistes qui n’existent plus aujourd’hui. Et aussi, ne l’oublions pas, le POB n’avait pas passé au compte des pertes et profits le moteur essentiel du socialisme qui est le principe de la lutte des classes, que le PS s’est empressé de mettre à la poubelle depuis.
Quand la fracture, entre l’électeur de gauche et les dirigeants de ce parti, s’est-elle faite ?
La fin de la lutte des classes n’a pas immédiatement débouché sur le collaborationnisme exacerbé d’aujourd’hui avec la droite capitaliste. L’électeur ne s’en est pas soucié tout de suite. C’est pourquoi il est très difficile de répondre à cette question.
Pour en revenir à Liège, les « fils de » se tirent la bourre dans le peloton.
Issu du très populaire Michel Daerden, Frédéric Daerden, le fils, bourgmestre de Herstal, député régional, se verrait bien quelques temps encore assis à la vice-présidence de la fédération liégeoise. Marc Bolland, fils de l’ancien gouverneur et seulement maïeur de Blegny, demeyeriste faute de mieux, ainsi qu’Isabelle Simonis, bourgmestre de Flémalle piaffent d’impatience. Le premier pense qu’il est plus que nécessaire d'aller aux élections du 10 juin en étant unis sur une liste équilibrée comportant des candidats de chaque tendance. Comme si l’électeur allait morfler parce qu’une tendance est moins étoffée qu’une autre !
Mais l’électeur s’en fout !. Il attend des réformes, une politique de gauche et n’a cure qu’une tendance s’en mette plein l’assiette, tandis qu’une autre suce l’arête de poisson.

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On voit bien comment ça carbure au PS.
Seul un dernier fils de… n’a plus son faiseur de pluie et est donc moins protégé. Il s’agit, bien entendu, d’Alain Mathot qui avec Bouchaute se résigne aussi à suivre Demeyer. Mais comme on connaissait le père Mathot, homme au sang chaud et qui n’aimait pas être second, on se demande ce que le fils va imaginer pour ressembler au père.
Demeyer n’en a pas fini avec ses alliés encombrants.
Reste que l’ascension dans les médias de Michel Daerden est tellement spectaculaire, que le fils devrait pouvoir en profiter, sans savoir quel coup papa réserve à Demeyer, par exemple, la présidence place Sainte-Véronique.
Bref, des matchs de catch et des perspectives de spectacle attendent le militant.
En-dehors du cercle étroit des gens qui décident, qu’est-ce que l’électeur en a à cirer des ambitions internes ?
C’est que le suffrage universel à la belge n’est pas de voter pour le meilleur, mais pour le moins mauvais, ce qui laisse du choix ; le moins mauvais devenant, par une sorte de fatalité, le pire après usage.
Et c’est cela le paradoxe. Le pouvoir corrompt, dissout les volontés, rabotent les principes et disloquent les volontés de transformation. Et connaissant cela, l’électeur envoie régulièrement, malgré tout, les mêmes se faire dorer sur tranche aux responsabilités.
Les différentes tendances se sont affrontées les 9 et 10 février pour le renouvellement des structures dans les Unions socialistes communales (USC) et les sections réparties à travers la communauté française.
Il n’y eut pas d’écho dans la presse. Ah ! si les murs pouvaient parler…

19 février 2007

Marcourt et l’effort citoyen.

-M’sieu Marcourt, vous êtes pour une culture de l’effort ? Comment allez-vous la mettre en pratique ? Vous aiderez les éboueurs quand ils ramasseront vos poubelles ?
- L'organisme public wallon de la formation et de l'emploi n’en fait pas une secousse.
-M’sieu Marcourt, comment réagissez-vous aux critiques de la Cour des comptes sur la gestion de ses marchés publics par le Forem ?
-Des mesures seront prises par l'installation d'un comité d'audit interne qui aidera et vérifiera en continu.
-C’est-y pas vous, M’sieu Marcourt, qui êtes payé pour que tout baigne avec la dame Arena?
-L’image du Forem est détestable. C’est un « Etat dans l’Etat » !
-Faudrait savoir si l’Etat n’est pas la cause première de « l’Etat dans l’Etat » ?
-C’est pas qu’on ne fout rien, Marie et moi, ce sont les autres qui ne suivent pas… On a scindé placements payant et gratuit; on renforce le partenariat là où il est moins performant; on vient de fixer des indicateurs avec de véritables objectifs; on va l'évaluer...
-On dit au Forem que vous prenez la tête à tout le monde avec vos formations à répétition quand l’emploi est aussi rare qu’un stage qui finit en engagement ferme. Aider des demandeurs à trouver l'emploi et à répondre adéquatement aux offres, n’est-ce pas les faire glander d’un apprentissage ringard à l’autre ?
- Au travail, aux études, au chômage, partout, il faut cultiver l'effort. Le Wallon ne fait plus d’effort, sauf pour resquiller dans la file des guichets du Standard.
-Mais, M’sieu Marcourt, il faut au travailleur et au chômeur, sans oublier le p’tit pensionné, plus d’efforts pour survivre cinq minutes que vos pareils qui sont poissons dans l’eau des ministères !
-La formation c’est fichu, si la majorité des chômeurs a de faibles qualifications, ou des qualifications qui n'ouvrent pas à l'emploi. Il faut renforcer les formations qualifiantes, rendre ses lettres de noblesse à l'enseignement technique et professionnel.
-On n’y est plus, M’sieu Marcourt. On ne demande plus au débutant s’il est intelligent et s’il à l’esprit d’entreprise, puisque ce n’est jamais que pour faire de la merde et bosser comme un somnambule. Le travail à la base n’exige plus que la seule présence. C’est trop séquencés, ergonomisés, coupés en rondelles vos triomphes d’établi. Par contre, vous trouveriez dix, quinze, vingt demandeurs d’emploi plus compétents que vous et certainement meilleurs dans l’organisation de votre ministère. C’est ça que vous ne voulez pas admettre !
-Nous sommes dans un processus de changement culturel avec le Forem. De fait, il doit suivre les situations. Les études d'impact vont dans le sens de la "traçabilité" des demandeurs. Parce qu'il y a des filières au noir; et qu'il y a des mouvements : des gens rentrent dans un secteur puis en sortent rapidement à cause des conditions de travail ou de rémunération. Il y a des problèmes récurrents dans les abattoirs, par exemple. Ici aussi, le Forem évolue : on ne doit pas faire de l'assistanat ou de l'occupationnel; on doit aider les gens à se prendre en charge et les suivre.

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-Baratin, foutu foireux discours !... tu parles d’une « traçabilité ». On vous voit bien dans un abattoir, voilà qui serait utile, un tablier bleu, le couteau à découper d’une main, le gant de fer de l’autre et Marie à la machine aux boudins. Foutu merdique foulard que les ministresses se jettent sur l’épaule dans les ministères aujourd’hui, tout le fourbi chic dans l’armoire métallique des vestiaires. Ah ! votre dégaine en bottes blanches et couvre-chef plastique, pas de quoi se faire réélire !
-Disons aux chômeurs : vous êtes dans une difficulté cruelle, regardez quand on est un bon élève comme moi où on arrive ! Mais si vous avez la possibilité d'avoir un emploi beaucoup plus merdique que le mien, vous devez la saisir; sinon cela se saura et on dira de vous « Ho les vilains » ils ne veulent pas l’emploi et ils font du tort à la Wallonie !... Ils détruisent la bonne opinion qu’à de nous l’étranger !... C'est moi qui ai insisté auprès du Forem pour une transmission normalisée des informations à l'Onem.
-Mais, m’sieu Marcourt, vous faites la donneuse ?
-Non. Je rentabilise l’effort et honore le courage et je montre du doigt les mauvais Wallons.
-Cela étant, les chiffres de l'emploi restent déprimants.
-C’est incompréhensible, plus les emplois se créent, plus le chômage augmente ! Malgré la mutation industrielle, la demande d'emplois augmente plus vite que sa création.
-Attendez, comment est-ce possible ? L’effort ne servirait à rien ?…
-C’est en tous cas, ce qui ressort du rapport que j’ai sous les yeux.
-Pourquoi vous faites chier tout le monde, dans ces conditions ?
-Par principe…
-Alors là, vous !....

18 février 2007

Le cas de Muriel D.

Est-ce que je suis déconnecté de toute réalité, trop has been pour comprendre, je n’arrive toujours pas à imaginer qu’il puisse se trouver des gens normalement constitués pour se mettre une ceinture d’explosif à la taille et se faire exploser dans un endroit le plus peuplé possible, afin de faire le plus grand nombre de victimes, toutes innocentes et prises dans la tourmente par le hasard absolu d’être là au mauvais moment ?
Je ne vois pas au nom de quel intérêt supérieur on peut souscrire à un tel acte ?
Aucune religion aujourd’hui, aussi sanguinaire soit-elle, ne peut pas trouver autant d’irresponsables, pour un aussi aléatoire résultat… Guerre de civilisation, hégémonie d’une façon de voir sur les autres, esprit de domination paranoïaque, la thèse d’un Ben Laden inspiré ne tient pas la route, quand on sait que ce fils à papa milliardaire s’est mué en prophète comme on obéit à un caprice. Comme il est allé trop loin, il est sans doute entré dans la peau du personnage qu’il s’est créé, sans plus pouvoir en sortir. Ne serait-ce que parce que sa tête est mise à prix. Il y a des canulars qui finissent mal. Le sien, il le sait certainement, n’aura d’autre issue que fatale.
Mais les autres, les suiveurs, les seconds couteaux, les influençables, les têtes brûlées ?
Véhiculons-nous sur la lancée de nos “civilisations” éparpillées, de plus en plus de déséquilibrés, d’immatures, d’esprits faibles ?
Le cas de Muriel Degauque est exemplaire. Cette Belge convertie à l’islam après son mariage avec un barbu extrémiste, décide à trente ans de rejoindre Bagdad et de placer sur son ventre de femme, là où toute vie commence, une charge explosive afin de tuer avec elle la vie à proximité! Cette djihadiste de raccroc, que savait-elle des passions et des haines, des grandeurs et des bassesses du monde, afin de mesurer la responsabilité de son acte ?
A moins d’être une faible d’esprit subjuguée par un fou proxénète religieux, on ne peut pas une seconde envisager la chose.
Or, ces assassins ne sont pas tous fous. Il en est même après avoir fait de bonnes études et vécu honorablement qui disparaissent du jour au lendemain et qu’on retrouve peu après dans la chronique des faits divers, à la catégorie particulièrement horrible des attentats.
Ces malades mentaux qui s’ignoraient peut-être jusque là ou qui cachaient bien leur névrose profonde à leurs proches, se découvrent brutalement comme en crise ouverte. Et, ce qui est encore plus étonnant, l’entourage souvent passe pour faire le deuil de façon curieuse, en exaltant le “sacrifice” de l’assassin, dont l’acte ainsi passe comme gratifiant et valant au “sacrifié” d’entrer sans désemparer au paradis d’Allah !
On voit même des mères qui enjambant la période des pleurs et des lamentations, surtout dans la tradition musulmane, bondissent de joie en brandissant la photo de leur fils assassin afin que nul n’en ignore de la noblesse de son acte !

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Comme il serait intéressant de connaître la vie de Muriel Degauque jusqu’à ses trente ans ! Comment elle vécut avant de rencontrer son fanatique époux, quels étaient ses antécédents, avait-elle eu des déboires amoureux, un passé psychiatrique ? Comment percevait-elle ses parents ? Avait-elle été une enfant choyée, détestée ou niée ? Avait-elle lu Victor Hugo, fréquenté les philosophes, réhabilité Nietzsche ? S’était-elle un peu saoulée le samedi en discothèque en se berçant de l’illusion qu’elle ferait une carrière dans la chanson, la danse, la revente du shit, alors qu’elle vivait mal sa troisième professionnelle ? Avait-elle trempé son front dans le baptême chrétien ? Avait-elle un peu couché partout dans le quartier ? Savait-elle au moins lire et écrire, et d’après quels modèles, des romans photos, des gazettes, écrivait-elle ses billets de rendez-vous ? …ou n’avait-elle été qu’une ancienne droguée qui croit trouver son salut dans la religion et qui passe seulement d’un enfer à l’autre ?
Et le mari ? Qu’est-il devenu ? Est-il poursuivi pour complicité de meurtres ? Est-il si faraud que cela d’avoir envoyé quelqu’un d’autre se faire tuer à sa place dans la mission qu’il s’était donnée pour plaire à Dieu ?
Décidément, je suis trop profondément laïc pour croire que se tiennent debout de façon cohérente, les songes creux des religieux.
Alors qu’on ne sait pas historiquement, matériellement et sans baragouiner qu’un Dieu quelconque régit nos destinées, que d’une manière ou d’une autre, personne ne l’a jamais vu se matérialiser d’une manière incontestable, écrit quoi que ce soit, voilà que des illuminés, convaincus que Dieu parle par leur bouche, décrètent des arrêts, inventent des histoires et interprètent les pensées de l’inimaginable avec l’assurance et la foi farouche du mauvais dramaturge qui en veut à la critique et à la terre entière que sa pièce est un four.
Ce serait drôle et grotesque, si ces religieux n’étaient pas souvent des comploteurs dans l’âme, des maniaques de la puissance d’un dieu qu’ils sont les seuls qualifiés à représenter. Si des gens simples et naïfs ne prenaient leurs élucubrations pour des faits avérés et révélés, si des oisifs du genre de ben Laden ne se découvraient brusquement une vocation intéressante qui les sortirait de leur ennui d’enfant de riche !
Que ces fous s’entretuent, que des prêtres illuminés s’exaltent, on verrait bien ça en plein désert, entre eux, mais qu’une femme belge “convertie à l’islam” se fasse sauter sur un marché de Bagdad, c’est trop, c’est insupportable.
Et si, sur le temps qu’on le peut encore, on réaffirmait la primauté de l’Etat laïc sur le bric-à-brac des croyances ?
Si nous nous décidions à être plus fermes vis à vis des barbus, des haineux et des fous de dieu
- ce n‘est pas moi qui le dit, ce sont eux qui le disent qu’ils sont fous – par exemple en ne faisant plus la distinction entre religions et sectes, afin de renvoyer les premières dans le pot-bouille des dernières ?
Les religions et les sectes, toutes mortifères ?

17 février 2007

L’excessif et l’insignifiant.

On le sent bien dans les propositions des candidats à la présidence de la France, « ça ne peut plus continuer comme ça » ! Même Sarkozy l’admet, alors qu’il a participé aux dernières péripéties du chiraquisme en qualité de dirigeant et que, dire cela, c’est quand même se décrier dans ses attributions de ministre aux Finances et à l’Intérieur.
La situation belge étant à peu près celle de la France, on est surpris ici que ce cri des gens, repris par les candidats français, n’ait pas le même écho à Bruxelles qu’à Paris.
Pourtant en Wallonie le « ça ne peut plus continuer comme ça » est devenu courant dans les conversations qu’elles soient du café du commerce, aux alentours des stades ou en famille, si perceptible qu’on se demande pourquoi nul ne s’en fait l’écho dans les sphères dirigeantes. Croit-on que les antagonismes linguistiques, les sempiternels effrois de la violence orchestrée par nos maîtres, et les lamentations dues aux pertes d’emplois, seront suffisants pour masquer le phénomène majeur de société condensé dans le « ça ne peut plus continuer comme ça » ?
C’est un défaut de la politique belge de croire que « tout ce qui est excessif est insignifiant » au point de penser que ce que dit l’adversaire est excessif, donc insignifiant, y compris, évidemment l’avis populaire.
Aujourd’hui, tout ce qui n’est pas excessif est devenu insignifiant, tant l’opinion est excédée des propos lénifiants de la gauche au pouvoir qui a l’âme viscéralement centriste chevillée au corps et n’est plus capable de comprendre les gens de la rue, c’est-à-dire le plus clair de la clientèle de Di Rupo.
En d’autres temps, le ras le bol désignait par à peu près les mêmes mots, la fin du monde.
Il y a mille ans déjà, les chrétiens se préparaient à cette fin du monde annoncée. Certains avaient vendu leurs biens, d’autres tombaient dans la macération et le repentir. Trait commun avec ces temps reculés, il y avait une montée significative de la violence, une violence gratuite, aussi bête que celle d’aujourd’hui.
Comme cette époque préparait la Renaissance, il est possible que la nôtre assiste à la mort du capitalisme libéral, sans l’oser encore pouvoir dire, pour entrer dans une ère moins injuste et plus humaniste, une sorte de Renaissance du troisième millénaire qui préconiserait une visitation laïque de l’amour du prochain ?

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Et si cela se vérifie, quel manque d’intelligence, quel gâchis des partis collaborateurs à ce système capitaliste qui entrerait dans sa phase terminale !
Parodiant l’historien Georges Duby, on pourrait en substituant à l’image d’un Dieu sévère, la vision d’un capitalisme libéral destructeur, ouvrir ses parenthèses : L’humanité se trouve encore aux pieds d’un Dieu terrible, magique et vengeur, qui le domine et l’oppresse. Mais elle est en train de créer l’image d’un Dieu qui lui ressemble davantage, et elle osera bientôt le regarder droit dans les yeux. Elle entame ainsi le long chemin de la libération…
Le tout, c’est d’y croire.
Il semble qu’en France, certains candidats en soient convaincus, d’autres persistent dans les errements politiciens.
On ne sait que penser des socialistes en Belgique. Sont-ils aveugles et sourds ? Aiment-ils à ce point pour quelques euros poursuivre avec les libéraux une collaboration honteuse ?
Cette génération serait-elle perdue ?
La suite aux prochaines élections… Mais personne n’est rassuré.

16 février 2007

Une loi, une foi, un roi.

Nous conservons sous notre apparente démocratie, les principes de l’Ancien Régime.
Quoique royauté, la Belgique a fait de la souveraineté du peuple un principe que devraient relayer les élus.
Jadis, la religion du royaume était aussi celle des sujets. En sommes-nous fort éloignés ?
Bien après que s’abrogeassent les apophtegmes du XVIme siècle « une loi, une foi, un roi », les tendances au monopole religieux persistent.
Aujourd’hui la religion, c’est l’argent.
Pourrait-on dire sans trop s’aventurer que la loi est celle du système économique, que la foi, celle de l’argent et que le roi cautionnerait le tout au nom du peuple souverain ?
Ainsi se dessine mieux le Nouveau régime, fort peu différent de l’Ancien.
Sous sa forme actuelle l’Etat établit l’unité religieuse et conclut un pacte social avec l’Eglise (la banque).
Au temps de Machiavel, les conséquences désastreuses des comportements monopolistes ne se révélèrent pas de prime abord à la masse des contemporains aveuglés.
En 2007, Machiavel prêcherait pour la conversion des non-conformistes à la banque.
Les gens croient désormais que le système capitaliste est la vérité révélée.

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Après s’être mollement défendus d’entrer dans le système, les partis de gauche s’y sont quand même résolus en réclamant leur part de l’ouvrage, avec leur part du gâteau.
Ce n’est pas, comme le prétendent les entrants, afin de miner la forteresse, mais bien de participer à sa défense et à sa conservation.
L’Etat belge est donc un Etat d’Ancien régime n’ayant changé que les étiquettes. Les mandataires ont circonvenu leurs administrés pour en faire des « patriotes ». L’amalgame entre la notion de patriotisme et le système capitaliste est accompli.
Comme la Nation allemande fut, au moment de ses aberrations suprêmes, toute dévouée à son chancelier de 1935 à 1945, nous assistons en Belgique au fanatisme des populations à l’égard de son führer (la loi) qui leur promet l’argent (la foi).
On sait ce qu’il en est de l’opinion, traversée de doute, et aussi changeante que les saisons. L’étrangeté de la permanence de sa foi est un phénomène relativement nouveau qu’il faut attribuer, comme au Moyen Age, à l’inculture générale.
Ainsi donc, vive le capitalisme. Que ce système soit la méthode Coué à la satisfaction générale.
Hélas ! le capitalisme évolue, les gens pas.
La loi, la foi, le roi, deviendrait un credo difficile à respecter.
C’est ici qu’interviennent les grands commis de l’Etat. Ceux qui passaient pour nos défenseurs, l’étaient seulement du système. Il n’y a plus de controverse. Si nous ne réussissons pas, c’est que nous ne le méritons pas.
La logique de l’événement jette à la rue des milliers de familles, humilie des centaines de milliers d’hommes et de femmes, qui pourtant poursuivent leur quête du bonheur dans cette même foi et dans cette même loi.
Ce serait complètement incompréhensible, si les philosophes et les chercheurs qui se sont penchés sur ce dilemme n’avaient trouvé la pierre d’achoppement à l’édifice.
La trahison des clercs !
Les mandataires chargés du relais des populations au pouvoir n’assument pas.
En finalité, la dérive de la gauche collaborationniste est seule en cause.
Le serpent se mord la queue. On revient à la case départ…

15 février 2007

Docilité.

La bêtise vient de frapper un grand coup dans le monde belge du surmoi. La Belgique officielle, les milieux catholiques et la bourgeoisie rentière et industrielle, ont collaboré passivement et parfois activement à l’Autorité d’occupation, durant la dernière guerre !
Il a fallu pour cela que le CEGES ponde une étude scientifique commandée par le Sénat.
Quatre ans, il leur a fallu… Tous les survivants de cette période déjà lointaine auraient pu en dire autant en moins de cinq minutes, si on les avait interrogés !
Le Centre d'études guerre et sociétés contemporaines (Ceges) s’est donc délecté en présentant ses conclusions devant la commission des Affaires institutionnelles de la Haute assemblée.
L’analyse est sans appel. "… la responsabilité des déportations des Juifs et des Résistants repose en première instance sur les figures de proue du régime national-socialiste allemand et sur ceux qui, en Belgique, ont choisi de collaborer avec ce régime… l'Etat belge a adopté une attitude docile par une collaboration indigne d'une démocratie à une politique désastreuse pour la population juive, belge comme étrangère."
Contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, les vertus patriotiques en cas de malheur ne sont pas du côté de l’establishment, que j’aime assez appeler l’Haut-lieu ; mais viennent des milieux populaires. Ce sont eux qui ont fourni le plus de martyrs à la résistance. Les militants de gauche furent parmi les plus acharnés. C’est un fait historique incontestable.
En 1940, le « troupeau » de fidèles de l’Eglise catholique était bien d’accord avec l’Haut-lieu et le monde industriel : l’Allemagne était le rempart de l’Europe bien pensante à l’expansion des Rouges.
Ce n’était pas exactement le scénario que la bourgeoisie espérait. Mais, tant pis, le parvenu est pragmatique. Peut-être plus collaborationniste côté flamand, quoique le wallon moins participatif, fût aussi déterminé.
Dans toute démonstration, il se trouve toujours quelques exceptions. Des forts caractères parmi les milieux bien pensant, loin de confirmer la règle, la remettent en cause. Oui, il y eut parmi les catholiques et les industriels, d’authentiques résistants et même dans les familles nazifiées, quelques trublions, membres sympathisants ou actifs de la Résistance.

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Mais la majorité fut plus balourde que jamais, à partir du moment où rester en vie dans le confort était l’essentiel.
Ne nous faisons pas d’illusion, que des voyous attaquent un passant pour lui piquer son portefeuille, peu de témoins secourront l’agressé en 2007. Ce sont avec les mêmes mentalités que s’aborda 1940. Plus tard, quand l’Occupant déporta massivement les Juifs et traqua les Résistants, la plupart des gens établis mirent la tête dans le sable.
Cette lâcheté est toujours actuelle. Elle commande à l’attitude des citoyens d’aujourd’hui, regroupés sous un slogan qui paraît sage de prime abord, mais qui consacre les pleutres dans une Belgique faite au moule « Tout ce qui est excessif est insignifiant ».
En 40, l’excès c’était la révolte devant l’envahisseur et la résistance. Léopold III était bien le roi de ces gens-là qui capitulèrent, puis s’arrangèrent avec l’ennemi, et parfois s’enrichirent « parce qu’il n’y avait pas moyen de faire autrement pour vivre ».
L’excès aujourd’hui pour les mêmes, c’est l’idée que le système capitaliste n’est pas bon.
Pendant les cinq années de guerre, comment en était-on arrivé là, se demande Rudi Van Doorslaer et son équipe ?
"Le manque de préparation juridico-administrative à une seconde occupation; la culture xénophobe, parfois antisémite de l'élite dirigeante; enfin, globalement, le déficit démocratique dans les années 1930 et 1940", que de mauvaises et lamentables raisons !
Après la guerre, bien entendu, le refrain des collabos et des sympathisants nazis était « …qu’on ne savait pas, qu’on ignorait tout des déportations, etc. »
Les Administrations communale, régionale et nationale collaborèrent de façon maximale avec l’ennemi. Nos gendarmes montèrent bel et bien la garde aux endroits stratégiques pour protéger le rail des sabotages, les Juifs durent bien réclamer l’étoile jaune à des Belges sur « réquisition » de l’Administration allemande.
Certains Résistants moururent des balles de la police collaborant avec la gestapo.
Oui, l’Ordre nouveau avait été assimilé en quelques mois par l’Haut-lieu, les milieux catholiques et la bourgeoisie.
Oui, les faux culs d’alors, sont bel et bien les faux culs d’aujourd’hui. Et ça tient le haut du pavé et ça discourt sur les voyous et les petites gens.
Et ça serait près d’écouter encore et toujours le discours de Henri de Man du 28 juin 40 « Acceptez le fait de sa victoire (celle d’Adolphe) et essayez plutôt d’en tirer des leçons (il n’a pas osé dire parti) pour en faire le point de départ d’un nouveau progrès social ».
Voilà que tout est terminé depuis soixante-deux ans. Leurs successeurs collaborent à la mondialisation de l’économie, avec l’enthousiasme de 40, pour un nouveau progrès…
Il ne restait plus à Léopold III qu’à rencontrer Hitler à Berchtesgaden, ce qui fut fait le 19 novembre 1940, et aux Belges de 2007 de poursuivre l’espoir d’une vie meilleure dans le libéralisme, dans sa forme la plus falsificatrice de la démocratie…

14 février 2007

Vivent les femmes !

Barack Obama est un black de 45 ans qui dans le camp des démocrates s’est mis dans la tête de battre Hillary Clinton à l’investiture de son parti pour la course à la maison Blanche.
Voilà bien un drôle de couple, apparemment antagoniste, qui va s’affronter dans le jeu des deux partis américains qui font la politique du pays mal connue des Européens.
L’inédit, c’est qu’une femme et un Noir se présentent. Ce qui ne s’est jamais vu aux USA. Disons-le d’emblée, même si Obama a une petite chance de supplanter Hillary à la Convention démocrate, il n’en aurait aucune à se mesurer avec le candidat républicain pour la magistrature suprême, tant le vieux réflexe du Sud et les milieux ségrégationnistes du Nord, encore vivaces, joueraient à plein contre la couleur du candidat.
Par contre Hillary Clinton a toutes les chances de remplacer Bush, tant la politique de ce dernier a usé dans l’opinion le parti républicain, sans doute aussi parce qu’enfin les femmes américaines vont pouvoir enfin s’affirmer à part entière dans les affaires de l’Etat. Pourtant Hillary Clinton a eu des instants de gloire et des instants de réprobation qui, jouant à tour de rôle, ont fini par donner une image un peu floue de son personnage.
Gloire, quand elle fit face à l’adversité de femme trompée par un mari volage et décevante lorsqu’elle choisit de ne rien faire qui pût contrarier la carrière de Bill.
Tous les observateurs européens avaient prédit qu’elle assumerait jusqu’au bout son rôle de première dame des Etats-Unis, puis qu’elle divorcerait du volage. Ils se sont trompés et, politiquement parlant, c’est Hillary qui a eu raison de rester au foyer, femme trompée mais pas dupe et surtout pas soumise. Elle savait très bien, la mâtine, qu’elle pâtirait un peu de sa soumission dans son rôle de femme trompée, mais pas trop, en considérant que le divorce, dans les milieux dirigeants du pays et dans l’opinion américaine se serait moins pardonné encore.

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Sa vengeance – pour autant qu’elle ait encore la velléité de se venger – sera de traîner derrière elle un ancien président potiche qui rentrerait une troisième fois à la Maison blanche, mais par la petite porte, en prince consort.
On peut rêver au mépris suprême qu’elle infligerait à Bill en se laissant surprendre dans le bureau ovale avec le pendant mâle de Monica Lewinsky. Sans aucun doute, elle ne commettra pas cette « erreur » étant de loin bien plus subtile et intelligente que son gros nigaud d’homme. Ce serait tout juste bon pour un scénario hollywoodien.
Nous aurons bientôt la réponse à la question de savoir si la France va avoir une femme à sa présidence. Nous le saurons beaucoup plus tard pour l’Amérique.
Mais, les féministes, dont je suis, pourront sans doute rêver à la visite qu’une femme à la tête du plus puissant Etat du monde, ferait à Paris, à la femme du plus ancien Etat démocratique d’Europe.
Et c’est ici que nous devrons être attentifs. Les hommes n’ont jamais réussi qu’à faire la guerre, à tort et à travers le plus souvent. Les femmes n’y ont jamais participé qu’en qualité d’infirmières et aujourd’hui de soldates. Qu’en sera-t-il, demain quand elles seront à part égale avec les hommes dans les responsabilités ? Vont-elles oublier qu’elles sont des mères pour laisser partir à des combats souvent sans aucune utilité leurs enfants se faire trouer la peau ?
Et puis qu’elle leçon pour les peuples machistes, les religions qui excluent les femmes de tous sacerdoces, de toutes les responsabilités politiques, ces hommes qui les humilient et leur font croire qu’elles doivent vivre un sac sur la tête à seule fin de plaire à Dieu !
Rien que cette dernière considération devrait nous pousser à vouloir que des femmes dirigent nos vieux pays et celui du nouveau monde, afin de montrer aux femmes encore sous le joug que l’égalité est possible.
Vivent les femmes !

13 février 2007

Dessine-moi un ouvrier…

On est heureux de l’apprendre, le prince Laurent travaille ! Enfin, c’est le directeur de l’IRGT, Jacques Wirtgen qui le dit.
On savait que « travailler » était une notion fort élastique et que l’on pouvait y assimiler celui qui est assujetti à la cadence de production en trois poses alternées, ou le « manager » d’une entreprise internationale qui va et qui vient de telle sorte que l’on ne sait jamais s’il fréquente un terrain de golf pour son travail ou son plaisir.
Depuis que les mandataires politiques sont astreints à fournir des précisions sur leur patrimoine, afin de savoir s’ils se sont enrichis au cours de leur « travail », on possède plus d’éléments sur leur portefeuille qu’avant. Pourquoi n’appliquerait-on pas aussi la recette que le directeur de l’IRGT propose pour juger la prestation du prince Laurent, à nos mandataires ? Ont-ils réellement mérité leurs indemnités, puisque nous savons ce que, comme le prince, ils gagnent à un centime près ?
Voyons d’abord les prestations princières. Wirtgen nous dit que le prince est « sorti » 620 fois de la villa Clémentine pour le compte de l'Institut royal pour la gestion durable des ressources naturelles et la promotion des technologies propres (IRGT) depuis 1995, soit environ 50 sorties par an sur un étalement de douze années. Il pousse le luxe du détail en nous précisant que chacune des prestations est d’au moins trois heures, cela fait 150 heures que nous doublerons en raison des préparations de ces prestations, soit 300 heures. Voilà qui nous fait environ 38 jours de travail plein l’an, pas tout à fait ceux de l’ouvrier à la cadence sur trois poses, mais peut-être comme le manager qui court entre deux avions pour le travail ou son plaisir.
Le prince ferait-il le lien entre ces deux extrêmes ?

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Si l’on admet que ces 38 jours sont suffisants pour qu’ils ouvrent aux droits à la pension et à la sécurité sociale du prince, tout citoyen qui travaille, en raison de sept semaines et demie par an aurait droit – en toute logique - à une pension complète, des soins remboursés et des indemnités entières en cas de chômage.
Ne parlons plus du manager, parfois les avions font escale dans les paradis fiscaux, et à partir d’une certaine somme rondelette, on sait que nos banquiers savent être compréhensifs pour un simple oubli de patriotes surpris et surmenés. Nous ne comparerons les destins que du prince et du manœuvre léger.
Force est de reconnaître à la décharge du prince qu’il n’a manqué qu’un seul conseil IRGT pour cause de maladie. Cela est fort peu si on le compare selon les statistiques aux jours de maladie du travailleur à la cadence.
A ce point de vue, il devrait être cité en exemple.
Quant au reste, dans le régime actuel, il serait montré du doigt par l’opinion bourgeoise bien pensante et même traité de parasite social par des extrémistes allant des libéraux aux trotskistes, si sa condition de prince ne freinait pas l’ardeur des premiers et doublait l’excitation des seconds.
Aux yeux de ceux qui ont une saine notion de l’égalité et de la justice, il conviendrait dorénavant d’aligner la prestation du manœuvre léger sur celle du prince.
Certes, ce serait un bouleversement dans les mœurs et l’opinion n’y est pas préparée.
On pourrait confier la tâche de la formation à ce principe à Marie Arena, si dévouée à l’enseignement. Et la mise en pratique des mesures importantes qui en découlerait à notre ministre président empêché de Mons, si fervent admirateur de l’institution royale. Ce serait d’autant bénéfique pour les carrières du prince et du ministre, que cela vaudrait à l’un et à l’autre un regain de popularité, qu’un te deum servi par le prêtre Guy Gilbert, Gégé dans l’intimité, aux saints Michel et Gudule, pourrait leur être consacré.
Enfin, grâce à la monarchie, nous entrerions dans une ère socialiste où l’égalité des droits et des devoirs s’étendrait du plus petit au plus grand. Resterait à mettre aux pas le golfeur. On peut penser qu’à la suite de cette véritable révolution, il ne fasse comme Johnny Hallyday et ne s’envole définitivement pour la Suisse.
Aussi préventivement, aux noms de la famille royale et des manœuvres légers, le ministre-président pourrait nous sortir vite fait une loi-cadre afin de retenir en nos murs, à défaut du manager, au moins ses profits ?

12 février 2007

Le PS belge perplexe.

Ce n’est pas François Hollande qui dira le contraire chez Serge Moati, le programme de Ségolène Royal est vraiment socialiste. Enterré le père Jospin avec ses mines de catastrophe, ce n’est plus au centre, mais à gauche que la candidate compte faire l’appoint des voix pour atterrir au second tour des présidentielles.
Nos socialistes belges feraient bien de s’en inspirer dans le programme électoral d’un Di Rupo qui ressemble de plus en plus à Jospin dans ses sourires forcés sous lesquels le renfrogné se devine.
Le SMIG à 1500 euros, la revalorisation immédiate des petites retraites, un débat sur la vie chère, une sécurité de logement au long d’une vie, la location forcée des logements vacants spéculatifs, la remise en question des coûts bancaires, une carte de santé gratuite… le ton est donné, le discours est enfin socialiste, avec enfin la vision d’une démocratie participative.
Vous me direz, on peut toujours promettre la lune, et faire du chiraquisme sans Chirac ; mais, savoir qu’enfin, les Français ont une chance d’élire une femme pour tenter de rétablir les travailleurs, les pensionnés et les chômeurs dans leurs droits à la prospérité d’une société capitaliste tenue à l’œil… quand on a le cœur à gauche c’est jouissif.
Tout n’est pas simple et certains sujets prêtent à controverse, comme l’encadrement militaire pour les jeunes récidivistes de la délinquance. Mais bon, comme le service ne serait pas « armé », on pourrait penser que c’est un service civil « encadré » par des militaires.
L’Europe pour qu’elle fonctionne autrement qu’en capital-gérance, Ségolène relance l’idée d’un traité institutionnel soumis à référendum afin que l'Europe carbure de manière plus démocratique et plus efficace. C’est un peu court, mais enfin les Institutions de Bruxelles nous conduisent bien en bateau depuis trop de temps. Dire enfin qu’on s’en méfie est un rappel à l’ordre sous la forme d’un premier avertissement.

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Un programme comme celui-là n’est pas révolutionnaire ; mais il ne s’inscrit pas non plus dans la mouvance libérale de « ce qu’il est possible de faire en partenariat avec les industriels dont on sollicite la bonne volonté patriotique ». ce n’est donc pas un programme adapté à la volonté des socialistes belges dont la frilosité apparaît d’autant plus grande, quand on compare les programmes, pour tout autant que Di Rupo en ait jamais eu un !
Sarkozy est coincé, acculé dans les cordes, comme on dirait d’un combat de boxe. Pour se dégager il n’y a que deux solutions, puisqu’il a si bien parlé de Jaurès, il peut surenchérir et donner des garanties là où il ne peut pas les donner, à savoir chez les petites gens. Reste donc la voie du dénigrement. Ses équipes d’experts vont, statistiques à l’appui, démontrer que ce programme de gauche est irréalisable. Et bien sûr qu’il serait irréalisable sans la volonté de changer la donne, sans le courage de vouloir transformer la société en quelque chose de plus propre. On peut même dire qu’à ce propos, Ségolène Royal offre une chance unique au système de se maintenir dans sa forme actuelle à peu de choses près qui tiennent à l’essentiel : une plus grande démocratie, plus de secrets d’Etat et mises à jour des profits dégagés du travail de la collectivité pour d’autres recettes et partages.
Nous verrons bien tout au long de cette campagne qui commence vraiment si les intentions se délitent ou se renforcent parmi les candidats.
Peut-être bien qu’elle touchera les socialistes belges au point d’inciter leurs responsables à plus d’audace ? Sinon, leur passivité, si en phase avec une lourdeur belge que cela en devient une caricature, s’accouplera une nouvelle fois avec les libéraux de Reynders pour enfanter de nouveaux monstres.
La population a tellement faim de changement qu’elle s’accommode dorénavant d’une forme de socialisme participatif à la Ségolène Royal.
On se demande même si le succès escompté de Ségolène Royal ne porte pas déjà atteinte à la crédibilité des pâlots de la direction du PS belge.
A part Anne-Marie Lizin dont le visage reluisait de bonheur cet après-midi, chez certains de ses collègues, on ne peut pas dire que c’était une joie sans mélange.

11 février 2007

La démocratie…

…vous dites ce que vous voulez et vous faites ce que l’on vous dit.

Léon Bloy les aurait appelés des déchets, et Bataille de méprisables laxistes. Que valent encore à nos yeux les dirigeants des partis traditionnels ?
Des socialistes aux libéraux, la politique à l’égard des extrêmes droites est totalement inadaptée.
La comparaison France-Belgique de l’extrême droite si elle a montré des différences quant au niveau intellectuel entre le Front national français et le Front de son homologue wallon (Il n’en saurait être autrement compte tenu de la tradition française de Barrès à Drumont, Brasillach, Drieu La Rochelle, ainsi que leurs nombreux complices, vis-à-vis de la pauvreté intellectuelle passée et présente du Front wallon.), par contre les moyens d’endiguer la montée d’un nouveau fascisme sont identiques d’un pays à l‘autre.
On établit un cordon sanitaire dans les médias. On refuse de donner la parole à leurs représentants. Sur le temps que l’on publie des affichettes du genre « ils ne passeront pas », alors qu’ils passent et que l’opinion publique s’endort ou s’engoue justement de ces silences.
Ne rien faire qui " puisse faire le lit de l'extrême droite", ne consiste pas à retenir l’information, voire à mentir sur ce scabreux sujet. L’inconvénient du cordon sanitaire s'applique aussi bien aux militants actifs de l'extrême droite, qu’à leurs électeurs. Le jeu démocratique s’en trouve perturbé, au point qu’il offre des arguments aux ennemis de la démocratie.

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Dire que les électeurs d’extrême droite sont des cons, n’est pas un argument capable de les faire changer d’avis, au contraire, ils vont par réaction durcir leur conviction. Quant aux postulants « séduits » par les idées de Le Pen, le mépris de l’ensemble de la classe politique à l’encontre du Front ne peut que conforter les abstentionnistes, négligents ou dégoûtés de la politique politicienne.
C'est donc un cordon sanitaire outrancier, vaste comme la frontière linguistique, autour de l'extrême droite, qui envoie leurs idées dans les placards, et enserre ceux qui critiquent cette censure d’un autre cordon aux effets désastreux et inutiles, au vu des progrès constant de l’extrême droite.
Ces efforts ne suffisent pas à enrayer « l’épidémie ».
Guy Verhofstadt, en 1999, voulait faire plier le Vlaams belang. Pour la première fois dans l'histoire de ce pays, un chef de gouvernement faisait sa priorité de la lutte contre l’extrême droite. Quatre années plus tard, non seulement le Vlaams a gagné des voix, mais a remporté trois sièges supplémentaires à la Chambre et un au Sénat. Le FN gardait le même nombre de sièges à la Chambre et en remportait un, son premier, au Sénat. L’année suivante, aux régionales de 2004, le VB gagnait dix nouveaux députés en Flandre et deux à Bruxelles. Le FN gagnait trois députés en Wallonie et deux à Bruxelles.
La presse a poussé fort loin l’occultation des partis de droite, allant jusqu’à ne pas publier les résultats au soir des élections, sur le motifs de désarmer les intolérances !
Le "tassement" de l'extrême droite proclamé en Flandre comme une victoire par certains médias, consiste en réalité au passage de 794 mandataires VB au lieu de 349 !
Le recul du VB à Anvers est en fait une progression de 5 000 voix malgré une bonne mobilisation des autres partis, des intellectuels des milieux artistiques et des médias.
En Communauté française, le nombre de conseillers communaux FN est passé de 4 à 28 !
De plus en plus de gens votent pour l'extrême droite. Pense-t-on qu'il suffit de faire comme si cela n’existait pas, pour que rien n’ait lieu !
Ceci n’est pas une apologie des droites.
C’est le constat de l’échec d’une politique.
Je n’ai pas envie et avec moi une grande majorité de citoyens, qu’un jour ces partis de droite détiennent ne serait-ce qu’un seul ministère fédéral ou qu’il faille, comme en France une coalition de l’ensemble des partis contre un seul, afin de réélire un Jacques Chirac qui n’en espérait pas tant, afin de barrer la route à l’aventure d’un Jean-Marie Le Pen, président.
Il faudra bien aborder demain le problème de la cohabitation des extrêmes autrement que leur mise en quarantaine. Que les partis traditionnels s’interrogent sur leur adéquation avec les désirs des citoyens et trouvent des solutions internes afin de faire coïncider leurs gestions avec les actes que l’on est légitimement en droit d’attendre. C’est-à-dire qu’ils reflètent l’opinion des gens et non l’inverse.
Sans quoi, ce n’est plus leur légitimité qui sera en cause, mais la légitimité d’un système sur le déclin et qu’on appelle encore démocratie, mais jusqu’à quand ?

10 février 2007

Soral et Finkielkraut…

…machines à perdre ?

Il n’y a que les grands journaux français qui écrivent sur l’extrême droite. En Belgique, il faut chercher dans la presse flamande proche du Vlaams belang pour en savoir plus ; dès que les extrémistes anversois font une bêtise, alors nous en sommes informés abondamment par la presse « ordinaire ».
Ce n’est pas que le public raffole de ce genre d’informations ; mais, c’est l’infantiliser que de croire que cela pourrait fâcheusement ou « f