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30 juin 2007

Alain Minc et le Journal Le Monde.

On ne le dira jamais assez, la pluralité de l’opinion est dépendante de la liberté d’opinion et de la diversité de la presse.
En Belgique ce support important de l’information et de la réflexion a été passablement malmené. Ramenant tout à une question d’argent et de profit, les Jivaros du pouvoir dans les banques et les milieux d’affaire ont beaucoup réduit les têtes pensantes de ce beau métier. Il n’y a plus guère que quelques journaux francophones importants, la presse locale ayant été aspirée ou détruite sur moins de cinquante ans. De ce qui reste, on ne pourrait jurer que l’information ne soit pas filtrée et déformée.
Aussi, les Belges d’expression française lisent-ils depuis toujours la presse de nos voisins, par défaut d’une presse locale attractive et aussi par intérêt pour ce grand pays qui borde notre frontière wallonne.
Parfois, l’impression se dégage que les sujets d’actualité en France intéressent davantage nos concitoyens, comme l’élection à la présidence de Sarkozy contre Royal, que nos propres élections qui ont coïncidé dans un chevauchement de dates.
Aussi le départ de Jean-Marie Colombani, patron jusqu’à sa démission du journal « Le Monde » a remis en cause l’impartialité de ce journal, en laissant apparaître en filigrane la personnalité trouble d’Alain Minc, président du Conseil de surveillance de ce journal et qui serait responsable, dit-on, des achats intempestifs de titres de province, mettant les finances du journal dans un mauvais état, mais s’adjoignant par cette action, des membres de province à ce Conseil de surveillance qui lui sont entièrement dévoués.
On garde le souvenir d’Alain Minc en Belgique, bras droit de Carlos de Benedetti lors du raid contre la Société générale, et administrateur-directeur général de Cerus, qu’il quitte en avril 1991. Il s’était fait connaître en Belgique comme un homme intelligemment de droite, c’est-à-dire ne se présentant pas comme un patron insensible et borné à l’intérêt de son tiroir-caisse, réussissant des coups qui finalement poussèrent certaines de ses dupes à regretter le patron insensible et borné.
On connaît le fiasco de l’italien et de son séide, on se rappelle ce dernier, insidieux, convaincant, semblant vouer une grande reconnaissance au Commandatore, quitte à l’oublier le lendemain de l’échec pour convoler ailleurs.
Eh bien ! c’est le même quelques années plus tard, devenu sarkozyste et reconverti en amoureux de la presse, qui pose problème à la Société des journaliste du Monde. Ceux-ci déplorent « l'engagement d'Alain Minc en faveur de Nicolas Sarkozy, inconciliable avec sa fonction dans "un groupe de presse qui entend symboliser l'indépendance à l'égard de tous les pouvoirs".
Essayiste et économiste, Alain Minc est un écrivain facile. Facile ne signifie pas une manière d’écrire simple et à la porte dé tous, mais facilement édité par des gens dont c’est le métier de refuser des manuscrits de caractère d’inconnus, pour éditer des merdes de la jet-set.
Alain Minc a été condamné le 28 novembre 2001 par le Tribunal de grande instance de Paris à verser 100 000 francs (15 244,90 euros) à titre de dommages et intérêts pour plagiat, reproduction servile et contrefaçon, pour son ouvrage intitulé Spinoza, un roman juif, dont le tribunal a statué qu'il était une contrefaçon partielle de l’ouvrage « Spinoza, le masque de la sagesse » de Patrick Rödel

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Essuyant de ci de là quelques échecs, ce diable d’homme s’est toujours rétabli. Il est imbriqué dans les milieux de la haute finance par intérêt et par goût pour l’économie spéculative. On l’a vu participer aux directoires de multiples sociétés (par exemple, Valeo) via des jetons de présence des conseils d'administration. Il a dû quitter Vinci en janvier 2007 pour mettre fin à un possible conflit d'intérêts entre son activité au sein de cette société et sa proximité avec le groupe de François Pinault.
C’est la même crainte exprimée par l’assemblée générale des rédacteurs du Monde qui a adopté à l'unanimité moins trois abstentions, une motion concernant Alain Minc, président du conseil de surveillance du groupe depuis 1994.
Dans une interview, M. Mauduit met en cause le président du Conseil de surveillance : « il [Minc] lui est arrivé, plusieurs années d’écrire sur du papier à en-tête Le Monde, directement à la comptable, pour lui demander qu’on verse une avance sur bonus de 200 000 francs à Jean-Marie Colombani. (...) Avant même la moindre délibération du conseil de surveillance ! » Le journaliste prétend également avoir eu connaissance d’autres « pratiques limites occultes ».
Le Canard enchaîné du 20 juin 2007 explique qu’Alain Minc aurait « mandaté un cabinet de chasseur de têtes pour rechercher une personnalité extérieure au groupe » pour succéder à Colombani. Ce cabinet aurait « facturé la bagatelle de 80 000 € au Monde avant de revoir cette douloureuse à la baisse (20 000 euros) pour livrer quelques noms qui n’ont pas été retenus. » Résultat : le casting sera intra muros.
Nous sommes tous attachés au Monde, indépendant, libre de propos, à son équipe, sans cesse renouvelée, certes, mais toujours talentueuse, depuis Hubert Beuve-Méry. Raphaëlle Bacqué, on t’aime !... Le lecteur quand il se sent manipulé, quand on lui ment, ou lorsqu’on ménage le pouvoir, a toujours la ressource de ne plus acheter le journal. C’est avec des gens comme Alain Minc que peuvent se perdre des réputations d’impartialité.
Nous formons des vœux pour que les journalistes, une fois de plus dans l’histoire de ce journal, parviennent à se défaire des importuns du genre d’Alain Minc qui rendent suspect tout ce qu’ils touchent.

29 juin 2007

PS : la lutte des clashs

Les candidatures à la présidence du PS ont été clôturées mercredi. Le scrutin interne aura lieu le 11 juillet. Bonsoir pour les militants juillettistes à Monastir ou à la pétanque à Millau.
Six candidatures ont été enregistrées. La commission de vigilance (des vieux croûtons à la dévotion de Di Rupo) en a refusé quatre. Elles ne répondaient pas à l'article 42 des statuts du Parti qui stipule qu’il faut être membre avec voix délibérative d'un comité fédéral pour postuler.
On aurait bien voulu connaître les noms de ces hardis militants afin de les féliciter malgré tout. Nul doutes que d’ores et déjà la suite de leurs carrières est fortement compromise.
Cet article 42 est un scandale d’iniquité. Il rappelle le vote censitaire au lendemain de l'indépendance de l'État belge. Seuls les plus fortunés, les gros propriétaires et les personnages les plus influents formant « l’élite » étaient, alors, électeurs et éligibles, car intéressés au bien-être de la société !... Et voilà qu’en 2007, les statuts du PS ont le même effet !
Incapable de présenter des candidats, mais quand même capable de discerner parmi « l’élite » du parti celui ou celle qui la représenterait le mieux, la base, exclue du pouvoir, élit son chef !
Singulier parti égalitaire !
De ces écrémages peu démocratiques, deux candidatures ont été retenues : celles d'Elio Di Rupo, président actuel du PS et de Jean-Pierre De Clercq, député permanent démissionnaire.
On a dit pis que pendre de Jean-Pierre De Clercq dans ses tribulations carolorégiennes, ses mandats, l’ascension de sa fille dans le cocotier des bonnes places, etc. On a également avancé ses relations peu amènes avec la justice. Le président Di Rupo l’a laissé tomber comme une vieille savate, ce qu’il fait en général avec tout le monde, en vrac, coupables ou innocents. C’est vrai. Mais, chapeau à l’artiste de se présenter plutôt contre, que pour le phénomène montois.
C’est téméraire, mais en même temps cette candidature est inespérée pour Di Rupo. Sans elle, il aurait été réélu à 99,5 % des suffrages, comme Amin Dada en son temps !
J’espère qu’il y aura des journalistes au débat qui opposera Elio Di Rupo à Jean-Pierre De Clercq aux fédérations de Charleroi et de Thuin, le jeudi 5 juillet à 19h à la Maison du Peuple de Chapelle-lez-Herlaimont. Il y aura du sport… A moins que tout soit convenu à l’avance et que ce débat ne soit qu’un lever de rideau à la mascarade du triomphe royal du président postulant-démissionnaire, inaugurant l’ère d’un socialisme patriotique inédit.

En relisant les curiosités des Statuts du PS, je suis tombé en arrêt sur les premiers mots de cette somme de non-dits et d’apports successifs des usagers du pouvoir d’André Cools à nos jours.

Art 1.
Le Parti socialiste a pour but d’organiser, SUR LE TERRAIN DE LA LUTTE DES CLASSES, toutes les forces socialistes de Wallonie et de Bruxelles, sans distinction de race, de sexe de nationalité, de croyance religieuse ou philosophique, afin de CONQUÉRIR LE POUVOIR pour réaliser l’émancipation INTÉGRALE des travailleurs.

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Cet article 1 vaut son pesant de cacahuètes. Les membres du parti seraient en droit d’exiger des explications du bureau et des personnalités ayant de près ou de loin collaborés au régime économique bourgeois capitaliste des formations politiques de gouvernement depuis la Libération. Et ça fait du monde. Et si les vigilants qui ont exclu les 4 militants « pauvres » du système Di Rupo avaient des couilles, ils excluraient plutôt Di Rupo pour non respect de
l’Article 1.
Evidemment, il ne faut pas rêver. Et c’est de ce manque de rigueur que souffre le plus ce parti
Ce n’est pas la cure d’opposition qui se profile qui va arranger les choses.
On voit mal Di Rupo en Robespierre et Laurette Onkelinx en Anne-Josèphe Théroigne de Méricourt,

28 juin 2007

Un Suisse brigue le Nobel.

A la suite des travaux d'un professeur suisse sur les dépressions nerveuses, il a été démontré que les caresses rendaient les femmes plus résistantes au stress.
Les réactions ne se sont pas faites attendre :
« Il faut être gonflé et sacrément universitaire depuis le berceau pour nous sortir cette connerie, comme si c’était une découverte », disent certains esprits chagrins.
« Je ne savais pas qu’à l’Université de Zürich on donnait des diplômes à des attardés mentaux ! » éructait une dame d’œuvre dans la sacristie de l’église de ma paroisse.
« Ici nous avons nos avocats, tous éminemment convaincus de leur supériorité pour traiter de nos problèmes politiques » affirma Joëlle Milquet, avocate déstressée, abondamment pourvue de joie politique..
« Nous voyons des immatures qui découvrent à passé vingt-cinq ans qu’on ne peut pas avoir des enfants en pratiquant la branlette ; mais, qu’il faut pour cela caresser des femmes à tout préalable ! » s’emporta Isabelle Durand, dans sa langue verte habituelle.
Donc des chercheurs, qui n’ont pas de temps à perdre, ont à l’Université zurichoise torché une étude qui démontre que sans des massages savants, brillantissimes manœuvres des doigts en éveil, baisers et mousse de sentiments, les femmes restent comme bloquées dans une sécheresse qui augure du changement climatique des pulsions.
Magnifique développement d’un raisonnement tout à fait inédit chez nos intellectuels.
Et de conclure qu’après lecture de l’étude, la vérification de la Thèse du docteur Faustrol par la pratique a effectivement produit un certain calme après des paroxysmes, éclats de voix, murmures, grincements de dents, et pour certaines, strabismes et suffocation durant de longues secondes, chez des personnes de tout âge et de toute mensuration.
Le stress, cette calamité des entreprises modernes, aurait pratiquement disparu après une séance de massage.
Faustrol et son équipe se sont partagé les tâches. Certaines créatures ont été massées et d’autres n'ont reçu qu’un soutien verbal.
Le docteur Molle, quatre-vingts treize ans, était chargé du soutien verbal.
Les premières ont été détendues dans le quart d’heure qui suivit l’expérience. Les autres se sont plaintes des propos du docteur Molle et de ses assistants. La traduction littérale de l’Allemand au parler de l’Île de France pouvait en effet prêter à commentaires. Les « vas-y salope » alternaient avec les « Tu la veux, dis ? Mais prends la donc ! », toute cette véhémence restant de pure fiction.
Si bien que Faustrol n’a retenu que les caresses et certains propos remixés dans les décodeurs sonores de l’Université suisse.
Pour vérifier leur théorie, Faustrol et son équipe en ont détendues tout un trimestre. Des assistants ont procédé à des variantes de relaxation. C’est ainsi qu’ils ont baptisé l’une d’entre elles fort appréciée contre l’hyper stress, le montage à la Courtemaîche, du nom d’un village typique lieu de naissance du docteur Faustrol.
Mais ce n’était pas suffisant pour obtenir le Nobel.

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Ils ont stressé volontairement les cobayes, heureusement toutes jeunes femmes fort soumises. Après les chaînes, les cris d’horreur et les pincements agressifs des parties charnues, certaines émettaient une quantité plus faible d’hormone de stress cortisol, et d’autres plus fortes.
Ce qui démontre que chaque cobaye réagit différemment aux douceurs comme aux violences.
L’expérience se compliquait.
La dernière session fut la plus éprouvante.
Faustrol n’hésita pas à se déguiser en Dracula, un assistant en Mickey. Ce fut celle qui fut soumise aux assauts de Mickey qui développa le moins de cortisol, tandis qu’une abondante sécrétion sourdait de ses muqueuses, au point que l’expérience fut interrompue ce jour-là.
Ces expériences amenèrent à la dernière session une multitude d’observateurs enthousiastes.
Il fallut recruter de nouveaux cobayes pour satisfaire le monde scientifique.
Hélas ! les Autorités judiciaires, peu sensibles au progrès de la science, viennent de prier le docteur Faustrol de clore ses expériences.
Voilà bien la lourdeur suisse, comparable à la lourdeur belge, qui porte atteinte à la recherche et au développement.
Aux dernières nouvelles, l’Université de Liège serait prête à accueillir le laboratoire du docteur Faustrol afin de reprendre les expériences au Sart-Tilman.
Un camion a été affrété. Le matériel serait presque exclusivement des lits et des matelas.
Les meubles Mailleu ont porté plainte pour concurrence déloyale.
Francis Delpérée se demande si c’est bien constitutionnel.
Dans les milieux parlementaires, des députées progressistes, désireuses de faire avancer la science, étaient prêtes à se dévouer. Certaines avaient déjà renouvelé leur lingerie.
Le professeur Faustrol, consulté, a demandé les photographies. Au vu des clichés, ces dames ne conviendraient pas pour des raisons que par galanterie, il n’a pas précisées.
L’Université lance un appel à la jeunesse.
Espérons qu’il sera entendu.

27 juin 2007

La puce nourrie…

La publication des petits potins et des faits divers dont nous sommes si friands a changé ses objectifs depuis qu’a été soulignée la nécessité de préserver la vie privée et en même temps qu’en justice, on rappelait la présomption d’innocence.
Bien entendu, des situations et des faits contredisent ce qui peut être considéré comme allant de soi, à savoir le respect d’autrui.
Il y a l’avalanche d’informations sur les stars et le show business qui repaît le gros du public. La plupart d’entre elles sont fournies par les stars elles-mêmes. Les procès pour atteinte à la vie privée dans ces milieux sont aussi médiatisés, si bien que malin qui pourrait dire s’il s’agit d’un préjudice ou d’une publicité payée deux fois ?
A vrai dire, ces informations n’ont aucun intérêt que de faire rêver dans les chaumières. On se demande qui s’apitoierait sur Paris Hilton en prison pour quelques jours ?
Ces non-événements publiés à des millions d’exemplaires canalisent le voyeurisme là où il n’y a pas grand chose à voir, peut-être de façon délibérée, de sorte qu’on établit avec le pouvoir une sorte d’accord informel afin de passer sous silence des informations qui ont l’apparence d’être people et qui concerne tout le monde.
La presse anglo-saxonne, on l’a dit cent fois, n’a pas ces pudeurs-là.
Le parallèle entre deux affaires fort différentes révèle que le respect de la vie d’autrui et la présomption d’innocence ne joue que lorsque le parti soupçonné exerce un moyen de pression sur l’appareil d’Etat et la presse.
Il s’agir de l’affaire Clearstream dans laquelle l’opinion voit une dernière tentative de Chirac et Villepin de déstabiliser Sarkozy et le scandale à la municipalité de Charleroi.
Dans la première affaire, la presse française n’est guère loquace dans le relais de l’opinion générale, si l’on excepte quelques articles, dont ceux du canard Enchaîné, du Monde, de Marianne, sur les carnets du général Rondot pourtant explosifs en ce sens qu’ils impliquent Villepin et en annexe signalent le compte au Japon du Président Chirac.
Dans la seconde, chaque jour révèle son quota d’inculpations, de convocations au parquet de Charleroi, avec un luxe de détails à l’encontre de gens présumés innocents, le tout publié en premières pages du Soir, de La Meuse, de La Libre Belgique, de la Dernière Heure, etc. N’y a-t-il pas là un exemple de retenue d’un côté et d’autre part un excès dans l’information ?
C’est d’autant plus curieux que dans le cas français, les faits à l’échelon national étaient de la plus haute importance pour l’opinion publique, dans le second, les tribulations des pieds-nickelés du socialisme localisées à la ville de Charleroi, si elles devaient être portées à la connaissance du public, les journalistes qui en faisaient leurs délices devaient savoir que ces faits-divers n’étaient pas des événements majeurs, que dans la période précédent les élections, cette publicité allait desservir le parti socialiste. Ce qui fut le cas.
On voit bien par ces deux exemples fort disparates et sans lien, comme l’opinion peut être manipulée. Reste à savoir si c’est de manière intentionnelle ou inopinée ?
Voilà qui relève d’un exercice aussi complexe qu’il est permis, mais non sans révéler le fond de la pensée de ceux qui s’y livreraient, les uns prônant la liberté de la presse, les autres la stigmatisant.
Ah ! si on pouvait dire qu’en Belgique on écrit tout sur tout !
Si on s’intéressait aux silences du passé sur certains scandales, notamment du côté des Flandres ? Quand et où a-t-on poursuivi les responsables du « Smeerpijp », cet immense affaire brassant des sommes à côté desquelles les détournements de Charleroi sont dérisoires, mettant en cause les milieux conservateurs politiques flamands ?
Pourquoi avoir caché si longtemps la fille adultérine du roi ? Au point qu’aujourd’hui encore les journaux ont des réticences ?
Affaire privée ? La personne du roi intouchable ? Certes. Mais quand ces faits de la vie privée sont de nature à faire comprendre les caractères de l’homme et du mérite personnel, comme dirait La Bruyère, n’est-ce pas une information qui sort du cadre people et qui touche aux rouages de l’Etat, c’est-à-dire concerne tout le monde ?

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Le livre de Raphaëlle Bacqué, divulguant les difficultés du couple Hollande-Royal, est riche d’enseignements. Poursuivie par Ségolène Royal pour atteinte à la vie privée, Raphaëlle Bacqué avait raison de publier son livre, quand on mesure les implications politiques de cette désunion. C’est inutile d’en écrire davantage. Cela explique pourquoi des industriels dont ce n’était pas la vocation s’emparent des moyens de l’audio-visuel et achètent des titres de la presse.
Le Monde dans la grande tradition du journalisme serait dans l’incapacité de défendre la liberté de la presse avec le conseil d’administration dont ce journal est pourvu, s’il n’y avait le contrepoids en son sein de la Société des journalistes.

26 juin 2007

Le Royal Parti Socialiste belge

…après plus de 50 années d’activité, le PS belge pourrait obtenir le titre de « royal », s’il en faisait la demande. Faisons la démarche pour lui, il le mérite bien !

Le recul du socialisme de collaboration au système libéral est visible partout en Europe.
La situation en France, malgré la progression du PS aux législatives, en est une belle illustration.
Le candidat Sarkozy mathématiquement ne pouvait pas gagner. Son parti était divisé entre les chiraquiens et lui. Chirac, en mettant Villepin sur orbite après avoir renoncé lui-même il y a un an à sa candidature, espérait encore. Le Centre se méfiait de ce trublion de Ministre de l’Intérieur et il semblait acquis que l’éloignement de l’UMP de Bayrou allait conforter ce dernier au détriment de l’Union pour la majorité présidentielle. Enfin, Jean-Marie Le Pen, dans son for intérieur, ne pouvait pas croire qu’un « étranger » français de deuxième génération, deviendrait grande croix de la Légion d’honneur par le suffrage universel ! Les Socialistes enfin, après 12 ans de chiraquisme et la leçon à la suite du ratage de Jospin, devant le programme agressif du candidat de la droite, postulaient avec raison la magistrature suprême.
On a vu ce qu’il en a été.
Il a suffi que Sarkozy se révèle un homme de grand talent politique, connaissant ses dossiers et les défendant avec chaleur, pour que les rêves du centre et de la gauche soient balayés au deuxième tour, malgré le charisme de Ségolène Royal.
Eh bien ! la gauche française est l’image aujourd’hui des différentes gauches socialistes d’Europe. Elle a perdu et perdra encore tant qu’elle n’aura pas trouvé le moyen de se faire entendre sur un autre discours que le credo libéral de la réussite économique.
Pour être crédible des patrons de l‘économie de marché avec lesquels elle collabore dans le système, la gauche devrait défendre un programme économique encore plus favorable au libéralisme que celui des libéraux ! Elle se condamne ainsi à une politique antisociale, que fera toujours mieux la droite !
Dès lors, l’électeur s’interroge.
Cela se voit actuellement dans les déplacements de voix de la gauche vers la droite et même vers l’extrême droite, aussi bien que l’inverse l’élection suivante.
L’urgence est donc dans la construction d’un programme socialiste d’alternative au capitalisme triomphant.
Et on verra bien quel sera l’accueil réservé à cette socialisation du socialisme.
Cependant, devant le spectacle des partis socialistes européens et notamment belge et français, on est sceptique.
En France, les éléphants viennent de vivre un week-end où ils se sont défoulés sur Ségolène Royal.
En Belgique, Di Rupo patauge avec son ami de trente ans Van Cauwenberghe dans les « je t’aime, moi non plus » à la remise en ordre d’une fédération carolorégienne dont ils sont incapables tous les deux d’arrêter le train fou, au point que Di Rupo a envoyé Paul Magnette faire le ménage à sa place.
En pleine discussion pour la constitution d’un gouvernement, l’affaire de Charleroi tombe plutôt mal. Didier Reynders profite du discrédit du PS pour le faire sentir à Di Rupo.
A écouter l’encore ministre président de la Région wallonne, dans son bras de fer avec Didier Reynders sur des questions communautaires, on est fort éloigné d’une nouvelle définition du parti. Il nous offre au contraire l’image d’un responsable de gauche qui se veut meilleur en gestion économique, plus unitariste que jamais d’une Belgique dont il critique sans arrêt le cadre fédéral. Le président du PS est plus royaliste que le roi ! Il est un personnage aux antipodes de ce que les petites gens seraient en droit d’exiger dans le cadre d’un vrai mouvement socialiste.
Les hommes sont ainsi faits. Rien ne saurait changer ces gens de la gauche qui ont goûté le confort et l’ivresse du pouvoir au point de ne pouvoir s’en détacher qu’avec le désir d’aussitôt recoller au peloton.
C’est ce qui va arriver malgré les déclarations de Laurette Onkelinx qui n’a pas peur d’entrer dans l’opposition. Ce qui serait légitime… si elle et les autres avaient une autre politique à mettre sur pied et que la cure d’opposition ferait mûrir. Si c’est pour faire la même chose, on ne voit pas comment le parti se redresserait.

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La chance du P.S. n’est-elle pas d’abandonner l’exercice du pouvoir pour l’opposition, afin de rechercher une alternative au système capitaliste ?
Jusqu’à présent, on n’entend guère les socialistes critiquer le libéralisme !... C’est là qu’est le drame.

25 juin 2007

Café philo II

C’est avec une grande timidité et un grand respect que je me suis assis à côté d’inconnus, la mine sévère, mais l’air bon et juste, sous la barbe et le sourcil froncé.
Le thème était bien choisi, quoique sibyllin, comme il se doit : Faut-il considérer la mayonnaise comme une émulsion naturelle ou est-elle l’œuvre réfléchie d’un cuisinier ?
Le Président, au physique de stylite, nous demanda quelques instants de recueillement, le temps de nous lire un texte en rapport avec le sujet.
Sa voix, douce et mélodieuse, s’éleva dans un silence recueilli. Elle avait ce « je ne sais quoi » qui fit jadis la réputation de Jankélévitch :
« Sous le quotidien, décelez l’inexplicable. Derrière la règle consacrée, discernez l’absurde. Défiez-vous du moindre geste, fût-il simple en apparence comme de battre un œuf. N’acceptez jamais comme telle la coutume reçue qui veut qu’un œuf avec de l’huile et une pointe de moutarde forment une sauce vinaigrette. Cherchez la nécessite de battre et de rebattre encore. Ne dites pas au résultat ‘’c’est naturel’’, mais dites, c’est un artefact. C’est de la mayonnaise !»
Le Président reposa avec respect le traité pratique de philosophie d’Adam Haubanel (1816-1873), avant de conclure la lecture par une épiphase :
« Je ne saurais penser qu’une chose est jaune si le jaune n’existait pas. Naturellement on pourrait dire : si l’œuf ne contenait pas de jaune, le jaune n’existerait pas. »
« Et l’œuf non plus » glapit un histrion, réprimandé aussitôt d’un œil noir du Président, fâché de l’astéisme venant couper sa période.
Comme j’étais nouveau, il voulut m’essayer. Et qu’en pense notre jeune ami ? dit-il en levant un index vers moi.
La foudre ne m’eût pas frappé davantage.
Devant cet aréopage recueilli et pénétré, j’allais devoir livrer ma pensée, tenaillé par la peur, moi, créature balbutiante, parmi ces beaux esprits !
Les regards n’étaient pas bienveillants, hostiles même. J’appris par la suite qu’en leur enlevant le droit à la parole, j’usurpais leur privilège. Ce n’était donc pas par ressentiment personnel que je les devinais mécontents ; cependant mon noviciat ne le percevait pas encore.
« De toute évidence, s’impose une question mathématique : combien de permutations sont possibles dans les ajouts à l’œuf, de l’huile, de la moutarde et du vinaigre ? »
Un membre de la société, plus barbu que les autres, me contesta le vinaigre, pour « l’excellente raison que le jaune blanchit par émulsion ».
« Puissamment raisonné », dit le Président, qui complimentait rarement en raison de la concurrence qui sévissait pour le titre de meilleur QI de l’assemblée.
Du menton, il me demanda de poursuivre.
Je ne savais plus où j’en étais, j’avais perdu le fouet à battre. C’était moi qui battais la campagne… J’étais sens dessus dessous.
« …c’est exactement le même type de question que combien font 25 X 18 », enchaîné-je sans savoir où j’allais en venir. « car dans les deux cas, nous disposons d’une méthode générale de solution. Mais cette question n’existe que si l’on tient compte de cette méthode ».
« Quelle est-elle ? » s’enquit une femme d’âge mûr qui n’était manifestement là que pour retrouver un compagnon, le sien s’étant étranglé le mois précédent avec un noyau d’olive. Elle désespérait devant tous ces barbus à ceindre de laurier l’homme capable de la comprendre. J’étais encore imberbe, jouvenceau et pas prêt d’avoir des poils au menton. Malgré la grande différence d’âge, cela ne semblait pas la rebuter.
« La proposition contient 3 permutations de l’œuf et ses dérivés, dis-je effrontément. La première consiste à réchauffer le tout, et vous obtenez une fricassée, la deuxième, avec du persil ou de la ciboulette, vous faites une béarnaise et la dernière, vous recassez un œuf que vous tournez dans un nouveau plat et quand l’affaire est digne de s’appeler mayonnaise, vous versez ce que vous venez de rater sur ce que vous avez réussi, pour l’augmenter des ingrédients. »
Je vis à cause de l’implacabilité de mon raisonnement que je venais de me mettre à dos quatre à cinq penseurs, dont le Président.
Je me trouvai superbe, bien installé, capable de raisonner. Je ne savais pas que je venais en quelques secondes de m’attirer des haines solides qui ne prendraient fin qu’à mon heure dernière.

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Ce fut ma première leçon de philosophie, la seule pratique ; car elle était en même temps culinaire.
Depuis, je m’enfonçai dans le raisonnement, acquis de l’enflure de style, devins un maître de la conglobation, un art si difficile que Grévisse abandonna l’article dans « Le bon usage »..
Quelques années plus tard, je renonçai à me raser.
Je suis aujourd’hui un barbu respectable. J’envisage d’ouvrir une école de philosophie. Je dors sous l’effigie de Platon. Je vis solitaire ; car je goûte peu la présence de femmes. Je n’en sais aucune qui ait été une grande philosophe, si l’on excepte Simone Weil, pas la copine à Sarkozy, mais la sœur d’André Weil.
Si vous connaissez un impétrant au-dessus de dix-huit ans, il va de soi, qui aimerait les conseils d’un maître, avec logement possible et plus si affinité, renseignez-lui mon adresse : 52, rue de la Glose, pas très loin des Champs-Élysées.

24 juin 2007

Café philo.

Ah ! on est beaux à ces réunions philosophiques, en des cafés du commerce, pas nécessairement en face d’une gare..
A peine y est-on de dix minutes, qu’on ne sait plus de quoi on cause.
C’est d’abord une sorte d’arbitre qui, par le droit qu’il s’est conféré, ne laisse le soin à personne de commenter le thème du jour, sauf si son inventeur est un débile léger.
Après le piteux intermède, les vannes s’ouvrent aux Mississipi verbaux !
L’interrogation de l’intervenant est tellement longue, qu’à la fin, on ne sait même plus la question… La réponse est à l’avenant.
Ce n’est pas grave. On est la pour prendre un verre, pour prendre l’air.
De toute manière, personne n’écoute personne, dans l’effort de réfléchir à sa propre intervention… C’est ça. On réfléchit avant, pour ne plus réfléchir après, d’où l’amoncellement de conneries.
On voit d’ici l’agora du temps d’Aristote : les démocrates qui en viennent aux mains et dans la foule un être épris de silence qui se découvre une vocation de tyran
Au café, on se pousse du col. La prétention n’est appuyée que sur l’ego et un petit vernis de culture… La plus pressante des prétentions est pure, c’est-à-dire qu’elle n’est bâtie sur rien. C’est la meilleure. Elle résiste à tout, surtout à la vraie culture, cette abomination pour pédés… On se sert du raisonnement qui a conduit une vie à la faillite, c’est dire…
L’intelligence est insoutenable pour la bêtise. Seulement voilà, qui est « bête », qui est « intelligent » ? Vaste question dont les explications renvoient aux paragraphes précédents.
Je me trouble en écrivant ces lignes. Je suis le con de qui ?... au café du commerce de la jactance !
Lorsqu’on a bien ressassé, vaticiné, rabâché, on s’arrête pour souffler un peu. C’est le break, moments pénibles. Le ton s’élève davantage. De voisin à voisin, on ne s’entend plus !
On s’est trop contenus à patienter.
A la reprise, souvent, comme on a tout dit trois ou quatre fois, ce sont les retardataires qui viennent enfoncer les portes ouvertes, les sans-mémoire qui repassent les plats, les glorieux qui ont eu le temps d’assimiler le message des autres et les prétentieux qui distribuent les bons et les mauvais points. On gratte dans ses manuels, histoire de voir si Euclide de Mégare a dit la même chose que Porphyre de Tyr au sujet du steak que certains aiment à point, d’autres saignant. On fait gaffe de ne pas citer Saint-Augustin ou Thomas d’Aquin. Dans une coterie d’athées, sous prétexte que ceux qui croient en dieu sont des cons, il vaut mieux éviter. J’en ai fait l’expérience lors d’une citation de Bossuet. Certes, il n’est pas philosophe. C’était seulement un esprit profond.
Vient le moment où je dois lutter contre le sommeil. La quiétude de mon bureau, entouré des voix amies de mes chers auteurs, m’est un souvenir de douce consolation.
Je somnole. La chaise appuyée sur les deux pieds arrières, le meuble basculé contre le mur, réduit ma pensée à l’horizontale.
Quelque pirogue silencieuse file sur les eaux brunes d’un marigot. Sous les plantes géantes, le soleil vu de l'eau se fendille entre les feuilles. Cette eau sans nom finit de dolente manière dans le rio Xingu, sous des myriades d’insectes, entre les États du Mato Grosso et du Pará..
Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.
Des femmes nues, qu’on dirait sorties de la palette de Frida Kahlo, s’éclaboussent de leurs mains plates. Certaines ont une orchidées des altitudes froides dans les cheveux.
L’orateur se tait..
C’est un type tout en pointe, du nez à l’épigramme. Il parle d’une manière telle que la réplique est impossible. Si les mots montrent une certaine connivence avec leur auteur, ils n’en ont pour personne d’autre. Voilà pensé-je un vrai sophiste. Il n’enseigne qu’à lui-même !
Et je le remerciai de mon voyage.

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Quelle langue pratique-t-on ? Sans doute le français.
Nous sommes des apprentis comédiens au cours Simon dans une farce à l’italienne.
On attend en rongeant son frein. Quelqu'un lève un bras, comme lors d’une lutte où il est interdit de toucher le sol des deux épaules.
Lassés d’une semaine de lieux communs : - Rudolf, tu ne trouves pas que j’ai grossi ? – J’ai ouvert dans la cave pour le radon. – J’ai jeté la moitié de mes pommes de terre… ces pauvres bougres retombent dans le tour de chauffe, la soupape tressautante de pression, comme du temps des locomotives à vapeur, un peu dans l’ambiance initiale d’où ils ont voulu s’extirper.
Pour une fois qu’ils peuvent l’ouvrir, las ! d’autres veulent l’ouvrir aussi ! Lutte fratricide au son du cors de Nietzsche à Wittgenstein, les lointains et fumeux ancêtres de la pensée bredouillante et de l’esclavage des mots.
Protagoras, Euthydème, Gorgias, Ménexème, Ménon, Cratyle, je vous emmerde... Avec ce con d’Alain en prime, qui a plombé l’entre deux guerres de sa pensée et brisé des carrières d'élèves, oser écrire qu’il y eut entre Socrate et Platon une précieuse rencontre… du même souffle que Rosaline dit : Loulou, on mange des frites ce soir, c'est faire du lieux commun à joindre au florilège de Flaubert.
Le chef d’orchestre bat la mesure sur du Béla Bartók, quand l’orphéon interprète du Modeste Moussorgski. La cacophonie fait l’entente discordante.
Ce n’est qu’avec des femmes que l’on peut avoir des conversations intéressantes, sauf avec des femmes philosophes !
S’il est aussi distrayant de réduire sa vie que de la dilater, on atteint ici le fond du quantique, l’extrême ténuité, un peu comme le morfil d’une tête d’épingle… un record.
Avec Platon le raisonneur, ce devait être encore plus chiant… une sorte de sommet de la logique à disserter sur tout, autopsier le moindre geste. Le pouvoir que l’intelligence a toujours eu à faire des mouches à deux culs, bien avant les laboratoires, me sidère.
Platon, en cassant la graine, supputait la durée de mastication, de digestion, de défécation, analysait les phénomènes de déglutition, de passage, d’anéantissement des matières dans des sucs digestifs… rien que pour savoir si l’asticot précède l’étron ou si de l’étron jaillit l’asticot !
C’est à remonter dans les arbres au plus vite, tirer son coup vite fait et dire à la belle sauvage : moi tarzan, toi Jane !

23 juin 2007

Tombe la neige…

…impassible manège (Adamo)

Retombons les pieds sur terre, non pas derrière le sautillant Sarkozy galopant au parc de Bruxelles, mais dans les salons du Ministère des Finances où Didier Reynders piaffe aussi, mais en pédalant dans la semoule sur son vélo d’appartement.
C’est dans la gesticulation qu’il est le plus fort : des oeillades chargées d’intuitions et d’intelligence, puis dès que s’éteignent les caméras…un pschitt à la Chirac. Le génie se carapate !
Il est ainsi ce liégeois au destin national : Tchantchès, tête en bois creux . C’est décoratif. C’est tout.
La région wallonne souhaite se débarrasser des affaires de Charleroi, elle ne présente aucun cahier de revendications, pas la moindre demande, aucune doléance, les Wallons sont heureux, l’épine au pied, Van Cau aux manettes, mais jusqu’à quand ?... le seul problème !
La Flandre s’impatiente, des gros dossiers sous le bras de Leterme, son chef aimé. Ce n’est tout de même pas difficile de boucler une information, quand Reynders n’a des demandes que d’un côté !
CD&V/N-VA, attendent que l’informareur ait terminé ses trois petits tours, et retourne chez le roi, afin que les choses sérieuses commencent.
A quoi bon recevoir des associations, des patrons, des altermondialistes et jusqu’aux représentants des handicapés, quand il s’agit de dégager une majorité politique capable d’assurer les électeurs wallons que les partis francophones ne céderont sur rien, quand ils auront cédé sur tout..
Bref le MR fait durer le plaisir, histoire d’applaudir Verhofstadt, lui donner à croire qu’on le regrettera et qu’on fait tout pour ne pas le virer trop vite.
Après l’ultime avis des joueurs de vogelpick et des pêcheurs au lancé de la Basse-Meuse, Reynders reprendra en aparté les présidents des partis wallons, afin de s’entendre dire une dernière fois : ils ne passeront pas, pour qu’enfin il passe chez le roi..
D’ici là, il sera pointé du doigt par les juillettistes hauts fonctionnaires, ministrables et tout le saint tremblement, histoire de lui faire remarquer qu’il aura fait rater les vacances à tout le monde.
Les agences de voyage dans cette perspective ne décolèrent pas.
Le roi dès que la poire sera blette, refilera le panier au saisonnier flamand pour la criée de Tirlemont.
Rien n’est moins sûr que cela soit pour la saison. Si Leterme ne liquide pas le stock de fruits pourris, le roi peut nommer un négociateur.
Voilà ce qui arrive quand on s’intéresse trop au triomphe de Sarkozy, aux disputes de l’ex-couple Ségolène et François et accessoirement à la brique pilée des terrains de sport de Charleroi, la Belgique s’enfonce dans le marais de l’institutionnel, sans que l’on sache de quoi il retourne, sinon ce que veut bien nous en dire Olivier Maingain.
Nommer trois rois, un pour chaque région n’est pas la solution, trois présidents de la République feraient pire, Di Rupo et Adamo n’y survivraient pas.
A la rigueur, l’empêché de Mons, nouveau Cromwell, pourquoi pas ? Seul ennui, Di Rupo n’a pas d’héritier direct. Il ne peut pas passer le trône à son coiffeur, tout de même !.
On en est là. Par contre, trois négociateurs restent envisageable.
Ce qui gêne, c’est le gouvernement fédéral.
Pour les Régionaux, cela va tout seul. Qu’on supprime le Fédéral, avec le placement de la Belgique sous tutelle, justement les Institutions européennes sont à Bruxelles. C’est l’occasion d’employer les fonctionnaires européens en surnombre.

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On nommerait un délégué de la Belgique à la Commission européenne, pourquoi pas le roi ?
Il suffirait ensuite de déplacer en décentralisation les bureaux des traducteurs de la Commission en périphérie bruxelloise, pour aider les Francophones…
On attendait beaucoup de Dehaene, notre ancien démineur pour sortir le palais des angoisses et mettre de l’ordre dans tout ça. Manque de pot, Jean-Luc a senti l’oignon et il est au Brésil, histoire de dépenser les sous de ses innombrables mandats, à moins qu’il ne soit en voyage sur un compte de Charleroi…Et puis, c’est un solitaire, une sorte d’Arsène Lupin de la politique.
A part Giscard d’Estaing avec qui il a parfait son français dans un texte admirable, hélas rejeté, il trouve les Belges trop lourds… d’esprit s’entend.
On tremble que par défaut, le roi ne demande à Reynders de passer d’informateur, à formateur. Alors, on irait jusqu’aux réveillons sans gouvernement.
Est-ce si grave que cela, de n’avoir personne à tracasser, comment faire de nouvelles taxes, ajouter des TVA originales, augmenter les Lois et règlements pour emmerder le monde ?
Reynders n’a pas lu la malheureuse histoire de Saint-Didier le dernier évêque de Langres !
Le saint homme voulut rencontrer le roi des Vandales pour essayer de l'amener à plus d'humilité. Celui-ci ne l'écouta pas un instant et ordonna de l'égorger sur le champ. Didier offrit volontiers sa vie pour son troupeau.
On verra si par amour du peuple, Reynders imitera son saint patron !

22 juin 2007

Second life

Il ne faut pas croire tout ce qui se colporte sur mon entêtement à trouver tout dégueulasse. Je suis moi-même étonné de ma faculté d’émerveillement.
En créant sur la toile Floréal Le Fédé, mon propre avatar, d’instinct je l’ai voulu gentil, aimant tout d’une manière égale, heureux de vivre dans une société parfaite, entouré d’amis et croyant dur comme fer à la fidélité de Célimène, son avatar d’épouse, une blonde aux gros nichons, qui a fait tatouer sur ses fesses « prends-moi, Floréal », et qui regarde mon double avec une telle intensité que j’ai ombré sa mini jupe d’une tâche huileuse qui descend d’une situation à l’autre jusqu’aux genoux !
Pour le rencontrer, composez Floréal Le Fédé sur votre ordinateur.
A dire vrai, ceux qui l’ont découvert depuis leur écran, veulent jouir d’une autre vie, pleine d’aventures fictives, mais osées. Ils s’en sont donnés à cœur joie sur mon image virtuelle.
Ils ne savent pas que Célimène est la seule ombre au tableau, ma croix dans cette saga de l’imaginaire, seule référence à Richard qui aime les putes et s’en désespère !
Ils ont commencé par l’appeler Floréal le pédé… J’eus beau leur expliquer que Floréal coïncidait dans le calendrier républicain à un mois du printemps et que Fédé était l’abréviation de fédérations du parti socialiste. Peine perdue !
Je me suis arrêté dans mes explications et je n’ai pas abordé le sujet d’une manière pédagogique, l’histoire de Fabre d’Eglantine par exemple, ce doux rêveur, inventeur d’un calendrier, tant je savais déclencher les sarcasmes de mes correspondants aux provocations poétiques !.
La rêverie dans le subliminal se réduisant à la virilité et au sexe, Floréal Le Fédé lutte depuis contre les fans du second life qui rêvent de le déculotter afin de s’assurer si, avec un nom pareil, il en a encore. Heureusement que je suis le maître de mon avatar et que je résiste. Mais ce n’est pas sans avoir reçu un nombre incalculable de poings sur la gueule… Célimène s’est mise aussi avec eux, appelant les mâles à montrer sur elle ce que sont les vrais hommes ! Ce deuxième avatar que j’avais créé pour accompagner Floréal Le Fédé m’échappe complètement. Je pense le plonger dès la semaine prochaine dans l’univers grec et le faire violer par Astérion le Minotaure.

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L’univers que je découvre sur le second life est effrayant.
Ils confondent le citoyen et le parti !... l’homme pudique et l’impuissant…
Les mères de famille s’étalent sur des lits adultérins en porte-jarretelles, les cybernautes montrent leurs éponymes transcendants nantis d’un organe reproducteur gigantesque. J’en ai même vu un, devenu un redoutable onobèle (1) éprouvant les pires difficultés à introduire par l’orifice idoine d’un « gloryhole », son appendice gigantesque dans le derrière d’une alerte cinquantenaire, sans doute catholique pratiquante et femme d’œuvres dans la vie courante, au nom de code d’Emmanuelle La Garce !
Voilà Floréal Le Fédé, ingénu contrarié de l’exolète (2) blogger !
Ma vraie nature serait celle d’un Charles de Foucauld : soldat, géographe, trappiste, linguiste, ermite, prêtre, qui serait socialiste ? Je suis surpris autant que vous de cette découverte.
L’utilisateur de la Toile est un animal étrange.
Enfin libéré des contraintes de la vie réelle, il se découvre sous son vrai jour.
Son bourgeoisisme coincé ne serait qu’une apparence. Son adoration de la démocratie conventionnelle et des Lois qui en découlent se résumeraient à une peur irraisonnée du gendarme, en oubliant que c’est le citoyen qui a créé non seulement le pandore, mais encore sa boîte !
A travers second life, il s’est convaincu que sa démocratie se mue en ploutocratie. Ce qu’il avait d’honorable se métamorphose en stupres et en fornications.
Cela lui permet, par commodité et « en attendant » que son « moi » opposé s’identifie à son « moi » identique, de rester neutre et fade dans la vie réelle ! Il sent confusément que « en attendant » l’est de manière définitive. Cela l’arrange de penser qu’un jour, ses « deux » êtres se rejoindront dans une apothéose finale, sans y croire.
Peut-être même s’y exerce-t-il en jouant à la seconde vie ?
Aussi vais-je faire l’effort de rapprocher Floréal Le Fédé de Richard III et de Célimène, la pute.
Richard hait les rosés qui usurpent la place d’un vrai socialisme. Floréal pense que sans les rosés la situation serait pire. Tous les deux naviguent dans la supposition et le problématique. L’état d’âme bourgeois pencherait vers une voie intermédiaire et modérée qui ferait des usurpateurs de vrais-faux socialistes !
Est-ce ce vers quoi Richard III se résignerait, sans baiser le cul des patachons du pouvoir, mais sans critiquer les méandres dans lesquels ces « braves » gens pataugent ?
Voilà un dilemme nouveau. Qu’en penseraient les virtuels de la vie, les faux-semblants des destins contrariés et les avionneurs de la métamorphose des cloportes ?
Force est de constater que l’image subliminale ne va pas si loin. De là à dire que les utilisateurs de second life sont des cons frustrés et lâches et qu’ils feraient bien de s’efforcer à vivre ce qu’ils rêvent, il n’y a qu’un pas. Je ne le franchirai pas. Vous laissant la responsabilité de la conclusion.
Seule postface positive, la corrélation est certaine entre le réel et l’irréel. Le désir de bonheur, de jouissance et de pouvoir est l’engrais qui fait que nous sommes tous, plus ou moins, de parfaits salauds.
---
1. Onobèle est un mot inventé par Aelius Lampridius, à partir de mots en grec ancien Onos – âne et bélos – dard. Il s’agit d’un homme pourvu d’un pénis aussi long que celui d’un âne. Cette note a été écrite, parce que vous ne trouverez pas ce mot dans aucun dictionnaire et qu’il est juste et approprié au texte.
2. Exolète, toujours pas dans les dicos, prostitué mâle (latin).

21 juin 2007

Aporie ataraxique.

Tandis que l’informateur s’informe, on se retourne sur l’incipit que chaque jour trace et l’on se dit que ce qui vient après n’aura pas d’importance et l’on en reste là.
Qu’importe après tout ce pays de mal aimés, cette terre jamais abandonnée, puisque c’est elle qui nous abandonne.
Il n’y a pas de peuples heureux. Il y a des gens qui le sont parmi ceux-ci, parce qu’ils s’en sont dissociés. C’est une technique bien simple, on vante les mérites du collectif pour mieux faire sa pelote en solo.
Comme il n’y a plus guère de saints, les voyous sont les premiers opportunistes. Les Saints de l’Etat belge ne sont plus moraux, ils sont productifs..
Autant équiper l’informateur d’un trident pour retourner le fumier d’asticots.
Le pourrait-il ? Ce n’est pas un manuel. Ce n’est pas un intellectuel. Il n’est rien.
Serait-il quelqu’un, que le principe anthropique est là pour le contredire.
Comment Reynders peut-il s’exprimer de manière juste, puisqu’il est DEDANS !
Depuis que la politique s’est relâchée, ce n’est plus d’éthique dont il est question, mais d’affaires.
Qu’y avons-nous perdu ? Tout si l’on en croit le philosophe, pas grand chose si l’on en croit celui qui depuis toujours n’a rien !
La fadeur alangui la pose. L’individu officiel est cette crapule tranquille qui croit en sa pérennité, parce que la bêtise est éternelle.
La misère profonde des mots résume à elle seule la tristesse de l’endroit.
Outre les avocats, certains corps de métier n’ont que le droit à la bouche : l’Etat de droit, le droit pour tous, l’étude du droit, depuis la plainte et le dol, jusqu’au constitutionnel. Plus, on s’élève, dans les statuts des hiérarchies, plus le sacré rejoint le droit. Plus on descend, moins ce droit est perceptible, au point de n’être plus rien au ras du trottoir, qu’une paire de menottes et une matraque.
C’est à dire le droit du plus fort.
Le citoyen est cette chose méprisée qui n’est réellement accréditée d’une fonction que lorsqu’elle est jugée apte à l’accomplir selon les critères de la voyoucratie.
Comment respecter des voyous ? Comment juger de la morale ?
Comment rêver autre chose que de commerce, de marchandage, de troc, de commission dans l’arrière boutique du prêt à porter Belgique ?
Qu’est-ce que l’informateur pourra désigner comme honnête ? Comment faire dans la soue de son ministère, pour n’en pas ressortir l’âme suffocant sous le lisier ?
Ces gens souffrent de la maladie de Duroziez. Leur insuffisance mitrale rétrécit leurs cœurs. Ils se racornissent pour n’être plus qu’un muscle de laboratoire.
Certes, plus ils s’atrophient, plus ils coûtent chers en soins, en courbettes, en un mot en précautions.
Comment faire qu’avant de crever, ils rendent un premier service ! Qu’ils aient servi à quelque chose d’utile ?
Qu’au moins que ce qu’ils nous ont pris nous soient restitués. Que les héritages captés, les TVA grossières, les iniquités contribuables, les injonctions d’huissiers s’accompagnent d’un remord, d’un timide geste de restitution, d’un remercîment !
Ne rêvons pas. Les choses iront ainsi jusqu’au bout. Les justifications seront à la hauteur des confiscations autoritaires, sans la justification d’un soulagement réel des misères, pour la gloire et le rayonnement d’un délire patriote.
Eux derrière et nous devant.
On ne s’amende jamais.
L’informateur et ceux dont il s’informe de ce qu’ils pensent ne peuvent pas revenir en arrière. C’est comme si on demandait à un magistrat assis, d’aller finir carrière debout.

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Les prisons sont pleines de gens qui n’ont rien à se reprocher, que de petites choses, toutes proportions gardées par rapport à ceux qui ont la clé des coffres. La truanderie à la François Villon est en délicatesse avec l’argent, vols, escroqueries, petites et grandes arnaques. Ses larrons sont tous innocents, comme le sont les cancres derniers de classe.
Pourquoi voulez-vous que les grands voyous plaident coupables et aillent les remplacer de leur plein gré ?
Le rôle de la justice, adaptée à l’air du temps, est de mettre hors d’état de nuire les petits délinquants de la misère, afin de permettre aux grands d’accomplir les missions que le peuple dans son inconscience leur a confiées !
Il serait effrayant pour la société bourgeoise que les crimes les plus odieux fussent prioritaires dans le commerce de nos Lois !
Bientôt, l’informateur se sera informé. Il informera le roi, puis seulement nous informera. De quoi ? Il nous informera de la façon dont s’interpréteront nos votes pour un futur de gens qui n’auront jamais aucun rapport avec nous, pour faire une politique dont il est impossible que nous en retirions le moindre bénéfice.

20 juin 2007

3 strikes and you're out"

La justice aux Etats-Unis, c’est quelque chose !
D’un Etat à l’autre, le même fait peut valoir des dizaines d’années de prison en plus !
Selon des statistiques – ce pays en est friand - il y aurait 2,19 millions de détenus aux Etats-Unis fin 2005, soit un américain sur 136. Chez nous, cette proportion est de un pour 1.000.
Les USA, dont Didier Reynders est amoureux, est un des pays libéraux dits démocratiques qui maintient en respect les classes pauvres à coups de condamnations.
Ça cartonne sec dans les prétoires : plus de deux ans de prison pour avoir donné de la bière à leur fils, 10 ans pour avoir accepté une fellation, 25 ans pour avoir acheté trop de médicaments anti-douleur, 50 ans pour avoir volé des cassettes vidéo... les peines délirantes sont monnaie courante.
Le Code pénal américain est une sorte de rock’n’roll de la douleur. Un luna-park de la folie punitive…
Bien entendu la population carcérale est en grande partie constituée de Noirs et de chômeurs. Les autres rachètent leur vie comme au Moyen-âge à l’aide de millions de dollars que vous traduisez en années de prison pour le même délit lorsque vous ne pouvez pas aligner les biftons, prendre les meilleurs avocats, et payer une caution.
Comme les républiques islamiques ou les dictatures moyen-orientales, la bêtise est poussée aux excès de la religion d’Etat, sorte de patriotisme fondé sur la sécurité des riches. Ces moeurs
rejoignent les furieux médiévaux de l’Europe, comme en 1209, le trop fameux Arnaud Amaury, légat du pape, «Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. »
Aujourd’hui, les Nobles sont les riches. Aux USA, ils défendent leurs tas d’or par des Arnaud Amaury armés du glaive d’une drôle de justice.
Un catalogue des peines est en vitrine dans les bonnes librairies. Il en ressort que plusieurs Etats ont rempli leurs prisons avec une loi spéciale "Trois coups et c'est tout" ("3 strikes and you're out"), inspirée des règles du base-ball, fixant des peines extrêmement lourdes pour les récidivistes. Sarkozy va s’en inspirer bientôt en France, si j’en crois ses discours.
Les tortionnaires de Jean Valjean, personnages fictifs mais plausibles, venus des mœurs du temps de Victor Hugo, n’auraient pas été jusque là !
En 1995, Leandro Andrade a volé des cassettes vidéo pour ses enfants -- "Blanche-Neige", "Cendrillon", "Sauvez Willy" -- d'une valeur de 150 dollars. Comme il avait déjà été condamné pour plusieurs cambriolages, il a écopé de 50 ans de prison. C’était en Californie, un si beau pays, de si braves gens !…

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La Cour suprême américaine a validé cette condamnation en 2003, estimant, par 5 voix contre 4, que la peine n'était pas excessive. L'année suivante, les Californiens ont rejeté par référendum une proposition pour ne prendre en compte dans les "Trois coups" que les condamnations impliquant des violences.
Et ce sont ces gens-là qui font la leçon aux autres et qui servent d’exemples à nos libéraux !
Une seule bonne chose à leur crédit :vous avez le droit de vous défendre, encore heureux, et d’allonger la procédure à l’infini, si vous avez de l’argent, même si vous êtes un meurtrier. Si vous payez la caution, vous resterez libre jusqu’au verdict.
Ce pays verse depuis des dizaines d’années dans la procédure. On intente un procès pour un oui ou un non. C’est devenu un sport de soutirer légalement de l’argent à un chirurgien ou à un garagiste. Si bien que les placeurs en assurances tous risques se font des petites fortunes sur quelques années, comme les cabinets d’avocats.
Ce qui est étrange malgré ce constat, les Européens continuent à présenter l’Amérique comme une terre de liberté et de démocratie, tout ça parce que du shérif au président des Etats de l’Union, on élit tout ce beau monde au suffrage universel !
Nous rejoignons peu à peu ce concept particulier de l’Etat démocratique moderne. Nous envoyons par des élections libres, des hommes politiques qui sont censés nous représenter et desquels nous perdons tout contrôle pendant les années de leur règne.
Bien entendu, la justice américaine est de la même farine. Certains rouages de la justice sont privatisés. Des prêteurs de caution traînent dans les tribunaux. Certains magistrats et des policiers sont élus tous les quatre ans.
Etrange Amérique, mais étrange Europe aussi !...

19 juin 2007

Reynders impair à tort et à travers !

Le 10 juin 1190 l’empereur d’Allemagne, Frédéric Barberousse, meurt de s’être trempé en sueur dans le Cydnus. Y aurait-il similitude avec un autre empereur choqué pour ne pas s’être assez trempé dans les eaux de la Sambre ?
Le 10 juin 1534 Jacques Cartier remontait le fleuve Saint-Laurent. Comme son héros, Reynders Imperator a remonté le fleuve des électeurs.
Mais, le personnage qui lui colle le mieux à la peau est le César de la Guerre des Gaules. Ah ! la mort de Pompée à Pharsale.
Bien qu’il eut passé à côté du triomphe après avoir été battu par les électeurs au maïorat de Liège, c’est l’évidence même, Didier Reynders se croit la réincarnation de celui qui passa le Rubicond.
C’est lui le rubis, devinez qui est l’autre ?
1. Elio Di Rupo – 2. Louis Michel (biffer la mention inutile).

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Le nouveau Grand Wallon a réécrit « The Life and Death of Julies Caesar ».
En exclusivité la première scène :
Rome. Une rue.
Entrent Michel Flavius et Elio Marullus. Ils sont entourés de citoyens convaincus que le MR (Monstrator Regulus) Didier César est au peule, ce que le circuit de Francorchamps est à la Région : indispensable.
FLAVIUS
Hors d'ici ! Au logis, paresseux que vous êtes ! rentrez au logis. Est-ce fête aujourd'hui ? Eh ! ne savez-vous pas qu'étant artisans, vous ne devez pas sortir un jour ouvrable, sans les insignes de votre profession ?... Pourquoi ne fais-tu plus tes cinquante heures semaines ?
PREMIER CITOYEN
Moi, monsieur ? Je suis charpentier et c’est Elio Marullus qui m’oblige de n’en faire pas quarante..
MARULLUS
Où est ton tablier de cuir ? et ta règle ? et ton fil à plomb ? Que fais-tu ici dans tes plus beaux habits à mettre dans l’urne des bulletins ? De quelle couleur sont-ils ?
DEUXIEME CITOYEN
Ma foi, monsieur, comparé à un ouvrier dans le beau, je ne suis, comme vous diriez, qu'un savetier et n’ai pas votre compétence. Voilà pourquoi j’ai fait confiance à vos lieutenants. Mais le savais-je mieux que vous ?
MARULLUS
Mais quel est ton métier ?... réponds-moi nettement.
DEUXIEME CITOYEN
Un métier, monsieur, que je puis exercer, j'espère, en toute sûreté de conscience. Je fais ce que je peux pour vous être agréable.
MARULLUS
Pourquoi m’as-tu fais perdre l’élection ? Hein ! traître… C’est ainsi que tu montres l’attachement au parti ?
DEUXIEME CITOYEN
Eh ! je vous en supplie, monsieur, ne vous mettez pas ainsi hors de vous. Au fait, si vous détraquez, je puis vous remettre en état.
MARULLUS
Qu'entends-tu par là ? me remettre en état, insolent !
DEUXIEME CITOYEN
Eh mais, monsieur, vous ressemeler.
FLAVIUS
Tu es donc savetier ? L'es-tu?
DEUXIEME CITOYEN
Ma foi, monsieur, c'est mon alène qui me fait vivre : je ne me mêle des affaires des gens, hommes ou femmes, que par l'alène. Je suis en effet, monsieur, chirurgien de vieilles chaussures ; quand elles sont en grand danger, je les recouvre. Les hommes les plus respectables qui aient jamais foulé cuir de vache ont fait leur chemin sur mon ouvrage.
FLAVIUS
Mais pourquoi n'es-tu pas dans ton échoppe aujourd'hui ? Pourquoi mènes-tu ces gens-là à travers les rues ? Si tu as voté pour César, comme tu sembles dire, tu sais qu’il a horreur du désordre des esclaves et quand ils sont dans la rue au lieu d’être dans les caves de ses amis à s’agiter et battre les tapis, tu le mets dans une grande colère.
DEUXIEME CITOYEN
Ma foi, monsieur, pour user leurs souliers et me procurer plus de travail. Mais, en vérité, monsieur, nous chômons aujourd'hui pour voir César et nous réjouir de son triomphe.
MARULLUS
Pourquoi vous réjouir ? Quelles conquêtes nous rapporte-t-il ? Quels sont les tributaires qui le suivent à Rome pour orner, captifs enchaînés, les roues de son chariot ? Bûches que vous êtes ! têtes de pierre, pires que des êtres insensibles ! - 0 coeurs endurcis ! cruels fils de Rome, est-ce que vous n'avez pas connu les Jaurès et les Destrée ? Bien des fois vous avez grimpé aux murailles, aux créneaux, aux tours, aux fenêtres et jusqu'aux faîtes des cheminées, vos enfants dans vos bras, et, ainsi juchés, vous avez attendu patiemment toute une longue journée, pour voir le grand Vandervelde traverser les rues de Rome ! Et dès que seulement vous voyiez apparaître son chariot, vous poussiez d'une voix unanime une telle acclamation, que le Tibre tremblait au fond de son lit à l'écho de vos cris répétés par les cavernes de ses rives ! et aujourd'hui vous vous couvrez de vos plus beaux habits ! Et aujourd'hui vous vous mettez en fête ! Et aujourd'hui vous jetez des fleurs sur le passage de celui qui marche triomphant dans le sang des Communards ! Allez-vous-en. Courez à vos maisons ! tombez à genoux ! Priez les dieux de suspendre le fléau qui doit s'abattre sur une telle ingratitude.
FLAVIUS
Allez, allez, mes bons compatriotes, n’écoutez pas Marullus. Reprenez le travail et César vous aimera ; et, en expiation de votre faute, assemblez tous les pauvres gens de votre sorte, menez-les au bord du Tibre, et gonflez ses eaux de vos larmes, jusqu'à ce que le plus infime de ses flots vienne baiser la mule de votre nouveau bienfaiteur.

Les citoyens sortent.
Voyez comme leur grossier métal s'est laissé touché. Ils s'évanouissent, la langue enchaînée dans le remords. Allez par là au Capitole : moi,j'irai par ici. Dépouillez les statues, si vous les voyez parées d'ornements sacrés.
MARULLUS
Le pouvons-nous ? Vous savez que c'est la fête des Lupercales. Et césar ignore que vos troupes et les miennes combattent son pouvoir.
FLAVIUS
N'importe ; ne laissez sur aucune statue les trophées de César. Je vais en chemin chasser la foule des rues ; faites-en autant là où vous la verrez s'amasser. Arrachons les plumes naissantes de l'aile de César, et il ne prendra qu'un ordinaire essor ; sinon, il s'élèvera à perte de vue et nous tiendra tous dans une servile terreur.

18 juin 2007

L’activation.

Didier consulte. Les élus exultent. Les partis se recomptent. Di Rupo démissionne pour mieux missionner. Mais tous, de la droite à la gauche, de la future opposition à la nouvelle majorité qui sortira du chapeau du roi, une seule certitude : l’activation des chômeurs ! C’est le ministre des Affaires étrangères sortant, Karel De Guck qui se fait le porte-parole d’une des rares majorités absolues qui n’est plus à démontrer (le mot « activation » est de lui). Ils en ont marre des chômeurs, surtout Wallons.
Le chômeur wallon est une espèce qui a tendance à vivre en troupeau aux abords des grandes villes, qui mange trop et aime se ficher des entrants à la porte de la grande usine Flandre.
Et de citer le cas de Mouscron en Hainaut, avec 20 % de chômeurs et seulement 2 % de l’autre côté en Flandre occidentale.
Là-dessus Rudy Demotte le crooner du PS, de surenchérir : « Il faudra établir des règles. », laissant entendre qu’aujourd’hui il n’y en a pas, ou si peu, que cela ne vaut pas le coup d’en parler. C’est à se demander ce que les hauts fonctionnaires ont fichu jusqu’à présent ? Seraient-ils des travailleurs à la mentalité chômeuse ?
Pour activer cette population inactive Sabine Laruelle a des munitions, ou plutôt le FOREm, avec 865 millions d’euros de combustible afin de bouter la paresse des chaumières.
Seul Darras, Jean-Pierre pour les amateurs des produits Bio, chipote un peu sur la manière de procéder. Certes, il n’approuve pas la paresse, mais il craint l’activation comme étant la manière forte de pousser les gens des épaules pour les jeter dans les bricoles d’intérimaires, les sales boulots à trois frites de l’heure.
Sur le principe, la fête des renouveaux chante. L’activation du ciel bleu cache les nuages : les privatisations, les scissions de Hall et Vilvoorde du satanique nid de francophones bruxellois. La confédération à la Jean-Marie De Decker fait avoir les boules !...
Comme l’informatique c’est l’avenir, on va fourrer tous les récalcitrants sur un fichier électronique. Puisque les ordinateurs sont partout, on finira par savoir qui dans les chaumières en veut ou n’en veut pas du boulot. Les voisins chômeurs seront dénoncés. Cela deviendrait comme une forme de patriotisme de se lever aux aurores pour accomplir ce qui serait dorénavant un devoir. La longue durée serait exclue du vocabulaire. Le chômeur longue durée irait voir ce qui se passe au Danemark, avec les récalcitrants au gnouf, les irréductibles jetés à la rue. Son cas ne serait plus admissible. Le mot d’ordre deviendrait : une bonne sanction, c’est un chômeur en guérison.
Internet va désenclaver les campagnes, abolir les distances et désigner les nouveaux téméraires des activés à cinq balles.
La Wallonie a besoin de managers. Le manager modernise le titre de cadre, le désigne à l’admiration des foules. Mais que le chômeur activé ne se fasse pas d’illusions, il ne sera pas cadre tout de suite. On a besoin de lui dans le bâtiment et dans les services. Oh ! pas à temps plein, jamais. Seulement aux heures de pointe pour que le travail ne chauffe pas trop en passant par les instances du FOREm.
Les nouveaux patriotes seraient des tubes de refroidissement qu’on placerait comme l’uranium dans les piscines, pour réfrigérer les salaires.
La belle Marie Arena, les yeux plus que jamais dans le beurre, l’a préconisé tout au long de la législature, pour activer les chômeurs, les statistiques ne servent à rien, les airs courroucés des personnels de placement non plus. Pour franchement les décider, rien de tel que la perspective de la perte de revenus pour des attitudes peu collaboratrices avec le service que l’on doit à son pays, scrogneugneu !
L’exemple du travailleur activé a été jusqu’à présent Elio Di Rupo, infatigable sur les chantiers, à soulever des objections comme des porte-plumes, multirécidiviste quant à des emplois qui hélas ! pourraient être qualifiés de fictifs depuis qu’il a convenu qu’il en faisait trop, c’est-à-dire pas assez pour suivre régulièrement tous les dossiers.
Le chômeur n’aurait qu’un dossier à traiter, le sien ! Il ne serait même pas dans sa besace coincé entre le saucisson d’Ardenne et les tranches de pain pour la journée, mais dans les mains du préposé aux sanctions.

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Un chômeur désactivé serait un chômeur sanctionné, qu’on se le dise.
Un faible résidu, sorte de ramassis d’irréductible paillasses, poètes, dormeurs, tire-au-flanc, mancheux, fumeurs de shit, seraient à la merci des chasseurs de primes. La vie serait plus belle en Wallonie avec une considération accrue pour le délateur ! La Flandre la ramènerait moins. Nos élus profiteraient de la prospérité retrouvée et accessoirement les pensionnés et les malades verraient leur pécule de survie majoré de quelques euros..
Les temps seraient au beau fisc.
Un seul emmerdement, il paraît que les rossignols ne chantent pas en captivité !

17 juin 2007

Le drame de Gaza.

Jeudi 14 juin, le Hamas s’est rendu maître de la bande deGaza.
La population palestinienne vit désormais dans deux entités, la Cisjordanie et Gaza, tenues par des milices qui s’opposent.
Christine Ockrent peut repasser quelques sahariennes de son mari Bernard Kouchner, il va avoir du boulot là où s’entassent des centaines de milliers de personnes avec des vivres et du mazout pour une semaine ! A moins que le choix politique du grand homme soit de nature discriminante pour lui et aussi pour l’ensemble du monde musulman.
Gaza, oblongue capsule de francs-tireurs cernée par la marine et l’armée de terre d’Israël n’a aucun couloir humanitaire, aucun exutoire. Gaza est dorénavant un piège qui s’est refermé sur un million de personnes.
De la question palestinienne, nous sommes exactement dans le même état d’esprit à savoir aussi bêlants et ridicules que les frères Lech et Jaroslaw Kaczynski porte-drapeau de la Pologne idolâtre de l’Amérique : nous voyons tout par le petit côté de la lorgnette de Washington.
Nous n’imaginons pas que l’entière responsabilité du drame qui se joue est le résultat de la politique expansionniste d’Israël, forte de la puissance américaine toujours prête à la servir en tout.
Si la population palestinienne de Gaza s’est jetée dans les bras des milices du Hamas, qui n’en ferait autant en Europe en pareille circonstance ?
C’est comme si lors de la période la plus noire de notre histoire dans les années 42, 43, nous avions refusé de faire de la résistance parce que les chefs étaient communistes !
Eh bien ! à Gaza, remplacez communisme par islamisme et vous aurez tout compris.
La communauté internationale qui voit un mouvement islamiste régner désormais dans un mini Etat sur la Méditerranée, l’a bien cherché.
Les scènes de pillage, les vengeances et les exactions sont le triste lot de toutes les armées du monde, surtout si celles-ci sont commandées par des tyranneaux locaux.
Les recrutements en Palestine du Fatah et du Hamas sont simples. Les jeunes gens s’engagent parce qu’ils ont faim et qu’ils doivent nourrir leur famille. C’est aussi bête que ça. L’idéologie, la religion, viennent après. L’Europe soutient un parti contre l’autre sous prétexte qu’il a été élu démocratiquement. On sait ce que vaut la démocratie à l’américaine dans ces pays-là. Les gens qui ont faim ne se soucient pas de nuances.
S’il fallait trancher entre le premier ministre issu du Hamas Ismaïl Haniyeh, élu démocratiquement, et le président, Mahmoud Abbas qui l’a limogé, et nommé Salam Fayyad, ex-ministre des finances, au poste de premier ministre afin qu'il forme un gouvernement d'urgence, on serait forcé d’admettre que tous les deux se sont mis dans l’illégalité, encore que ce mot face aux exactions illégales d’Israël par rapport aux instances de l’ONU, cela ne veut plus rien dire..
On le sait depuis la guerre des six jours, Israël a des visions expansionnistes. Il suffit de voir la carte et de suivre les pointillés d’année en année. Israël veut toute la Palestine et si jusqu’à présent il n’a pas été jusqu’au génocide, c’est que l’opinion internationale n’y est pas préparée. Cependant, cet Etat ne se gêne pas pour « nettoyer » certaines régions, chasser des villageois musulmans et commettre, de-ci, de-là quelques bavures. Dans l’attente du grand soir, les exactions sont quotidiennes, les brimades et les humiliations qui s’en suivent dénotent de la part de l’Etat juif une forme particulièrement raciste de ségrégation, à l’intérieur de ses frontières même, où le Palestinien « intégré » n’est pas un citoyen jouissant des mêmes droits que ceux donnés aux autres habitants issus des Tribus légendaires.

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Les Européens qui imaginent qu’Israël voulait la paix en se retirant de la bande de Gaza et en démantelant ses colonies se trompent lourdement. Le maintien de ses colonies coûtaient fort cher en hommes et en matériel de surveillance. L’Etat juif a préféré liquider quelques centaines d’habitations, reloger ailleurs sa population expropriée, afin de poursuivre la construction du mur qui désormais est en voie d’achèvement. Entreprise honteuse, divisant villages et populations, construite presque entièrement sur les territoires palestiniens au mépris de toutes les conventions et propositions et notamment de la feuille de route de Bush.
On a vu comment les juifs se sont retirés de Gaza dynamitant toutes leurs constructions, alors que s’ils l’avaient fait amicalement, la moindre chose étaient qu’ils laissassent tout intact pour une population palestinienne mal logées. Ils ont oublié que les palestiniens chassés de leurs maisons sur le territoire d’Israël depuis 67, n’ont pas plastiqué leurs biens et qu’actuellement des milliers d’Israéliens s’y prélassent.
L’opinion américano-juive va désormais jouer sur du velours. Gaza est déjà pour Dobeliou un repère d’intégristes musulmans. Cette façon simpliste de voir les choses est en train de gagner l’opinion européenne. D’ici à ce qu’il décide d’aider Israël à passer ces mécréants au lance-flamme, il n’y aurait qu’un pas.
Nous voilà au bord d’une catastrophe humanitaire sur laquelle nous allons fermer les yeux sous prétexte que ce n’est pas de notre faute si les Palestiniens se tapent dessus par milice interposées. Pour les amis de Tel-Aviv, c’est une aubaine.
On va pouvoir en découdre impunément.
Non ! Mille fois non. Ce ne sera pas impunément. Nous serons responsables d’un crime majeur.
Ce que nous n’admettons pas au Soudan, nous l’admettrions encore plus près de l’Europe ?
Le Moyen-Orient est une poudrière. Le Liban est déchiré, la Syrie y poursuit ses actes criminels et les populations palestiniennes réfugiées sont une épine dans le pied des Nations Unies. L’Irak, n’en parlons pas. Les Américains y ont conduit la plus désastreuse des guerres et en sont à espérer un conflit majeur ailleurs qui détournerait l’attention du monde. Enfin l’Etat juif, couronnant le tout, cent fois condamnés par l’ONU, jamais vraiment inquiété, veut éliminer les Palestiniens de la Palestine, soit en les intégrant comme citoyens de seconde zone dans leur état, soit en les refoulant au Liban et en Cisjordanie, mais le vœu de leurs intégristes seraient de les exterminer, purement et simplement.
Triste tableau et qui va encore s’assombrir dans les jours qui viennent !

16 juin 2007

Une drôle de démission.

La solution qu’a choisie Elio Di Rupo devant le bureau d’un PS phagocyté est la pire de toutes.
Elle va permettre une nouvelle investiture d’un homme qui a montré ses limites, sauf si Daerden se présente.
S’il ne se présente pas, Elio sera réélu par les caciques et les habitués de son clientélisme. Il sera intéressant quand même au décompte des voix de connaître les scores des fédérations de Liège et de Charleroi.
Il compte sur une grosse majorité de votes en sa faveur pour se relégitimer. En somme, il ne veut pas avoir tort tout seul, il veut que tous les militants aient tort avec lui !
Dans l’alternative où il sera le seul candidat à sa succession, on pourra assimiler la nouvelle présidence du PS à celle d’une république bananière.
Il faudrait pour que cela fasse sérieux et un tantinet démocratique qu’un farfelu se présente contre lui, mais surtout pas Michel Daerden, évidemment. Car, dans cette candidature, il y a tout l’affrontement possible entre deux tempéraments et deux orientations différents.
Non pas que Daerden se positionne dans un renouveau de la lutte des classes, l’esprit de collaboration se poursuivrait comme par le passé, mais le Liégeois semble moins disposer à l’égard de la cour et du roi, par antithèse des salamalecs du montois.
Sa position est en outre moins rigide à l’égard des Flamands. C’est un authentique fédéraliste qui se souvient des fameuses réformes de structure du temps d’André Renard. Il n’est pas à tu et à toi avec les libéraux et à Liège, sur le plan électoral, c’est le seul vrai rival de Didier Reynders.
Tout ceci n’est que suppositions, évidemment.
Elio Di Rupo de sa manière jésuitique et insidieuse habituelle a tissé sa toile et pris dans sa soie cardinalice tous les « éléphants » de sa mouvance. Il n’est qu’à entendre le message énamouré de Laurette Onkelinx, et elle n’est pas la seule, pour comprendre qu’un concurrent sérieux à l’emprise de cet homme, aurait de toute manière du fil à retordre.
On ne parle au Bureau du Ps que de préparer l’avenir. Or, préparer l’avenir avec un homme du passé, cela paraît assez difficile.
Il remet son mandat de Président entre les mains des militants du PS. L'élection devait être anticipée au mois de juillet.
Comment, à part Daerden, un petit candidat peut-il se faire connaître des militants en si peu de temps ? Quels moyens lui donnera-t-on, comparés à la lourde machine d’un Bureau à la dévotion de celui qui part pour mieux revenir ?

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Tout au long de l’année dernière, Elio a cherché à redynamiser le parti à sa manière en envoyant un acolyte écouter les doléances de la base. Cette mission à proprement échoué. Elle aurait révélé de grandes divergences de vue entre la base et les parvenus du système.
Qu’il se consacre dorénavant en cas de réélection au seul parti ne changera rien à son orientation centriste, patriote et conservatrice.
Il est possible, connaissant l’homme, qu’il s’est déjà abouché avec Michel Daerden lui offrant la présidence du gouvernement wallon en attendant les élections prochaines.
Celui-ci s’est expliqué là-dessus. C’est le parlement wallon et son président le francorchampiste Happart qui, à la démission de l’aigle de Mons, suggérera un nom à l’assentiment de l’assemblée.
Cela revient à la même chose, quand on sait la manière dont les emplois sont désignés et par quels critères ils passent.
On se demande à la mascarade qui se prépare, démission-intronisation au parti et démission adoubement à la Région de Michel Daerden, si le bureau du parti a bien mesuré l’opinion pour oser un jeu de chaises musicales, un peu à la manière des mœurs carolorégiennes.
Dans l’image apaisante que Di Rupo donne au public de la télévision, derrière le masque content de soi, il y a un drame. Celui d’un homme qui n’en est pas encore revenu de son habileté à étouffer dans l’œuf tout courant contestataire et de son influence sur une collégialité acquise à l’avance. A l’intérieur de son parti il n’a jamais été contré par personne. Cet homme à force d’assurance dans sa conviction qu’il est le meilleur, serait-il d’une grande fragilité ?
L’avenir nous l’apprendra.

15 juin 2007

Di Rupo… Mons t’attend !

Les réflexions des militants se recoupent.
Les témoignages de Guy Spitaels et Jean-Maurice Dehousse convergent. Ils ne le disent pas explicitement, mais leurs critiques le sous-entendent : il faut remplacer Elio Di Rupo à la tête du P.S.
Clairement défini comme unitariste, monarchiste et passéiste, Di Rupo est une machine à perdre. Faire tomber l’essentiel de la faute sur les socialistes de Charleroi, c’est commettre une erreur de jugement. Diluer sa responsabilité dans la direction collégiale du bureau est un manque d’élégance.
Seulement voilà, qui mettre à la place ?
Le PS manque sérieusement de personnalités de premier plan, en-dehors de celles que l’on voit depuis trop longtemps vanter les mérites du chef, et qui sont inaptes, de ce fait, à un jugement sain sur la situation actuelle.
La dérive du PS depuis que la direction nationale tourne le dos aux personnalités liégeoises est manifeste.
Cela ne veut pas dire qu’il y a de grosses pointures place Sainte Véronique, cela signifie que les militants liégeois avaient autrement de la gueule, il y a vingt ans.
Il y eut curieusement dans les décisions prises de manière générale à la formation de l’Etat fédéral, des mesures qui visaient nettement à diminuer le pouvoir des Liégeois dans les instances nouvelles. Qu’on ne vienne pas me dire que les socialistes des autres parties du pays n’étaient pas en principe d’accord pour diluer l’authentique force de gauche à Liège, qu’on sentait capable d’entraîner les autres fédérations vers un socialisme plus revendicatif.
Mais voilà, le pouvoir corrompt ! Après avoir écarté Liège, ce fut pire qu’avant !

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Dans le remembrement des Communes, c’est de façon délibérée que l’on aggloméra autour de l’ancien Charleroi, les populations en suffisance pour faire de l’entité la plus grande ville de Wallonie. Ce choix était délibéré. Liège dérangeait les plans d’un socialisme de collaboration. Ce fut la première agression. Pour laisser l’ordre ancien, à savoir garder Liège en proportion égale de ce qu’elle était, il suffisait d’intégrer Ougrée à la Ville. Pourquoi avoir arbitrairement associé cette commune à Seraing, alors que le Sart Tilman en fut détaché en partie pour faire en sorte que l’université restât sur le territoire liégeois ?
Puis, il y eut ce troc malencontreux à la frontière linguistique qui sacrifia les Fourons contre une commune flamande du Hainaut. Nouveau recul.
Enfin, on choisit Namur comme capitale de la Wallonie, faisant de Liège, la rivale de Charleroi, par le fait que Namur, entre les deux, à l’air du bon petit maître entre deux molosses.
On voit aujourd’hui que ces calculs n’ont mené à rien de bon et que le socialisme à la montoise achève la pire période depuis la fin de la guerre.
C’est embêtant pour les progressistes que ce socialisme soit tombé aussi bas, au moment où les libéraux reprennent du poil de la bête grâce au forcing de Sarkozy en France.
Comment aussi affaibli, divisé, ce parti va-t-il pouvoir arrêter l’offensive libérale contre les petits ?
Car, cela s’est toujours mal terminé avec les libéraux.
Déjà on le voit bien, les Michel parlent d’un libéralisme social. C’est un oxymore en soi.
Enfin, Didier Reynders gonflé par sa victoire va faire entendre sa voix sur les deux autres, et lui, ce n’est pas du libéralisme social qu’il veut, c’est libérer les marchés, réduire les taxes des entreprises et éventuellement augmenter la TVA des produits de grande consommation, pour faire payer aux petites gens les libéralités qu’il distribuera aux entreprises.
A côté de cela, qu’aurons-nous dans l’opposition, un homme-orchestre qui passera le plus clair de son temps à agiter son petit drapeau trois couleurs et à faire la sourde oreille à la volonté exprimée par la Flandre d’avoir plus d’autonomie.
Voilà où nous en sommes.
Le Bureau aura beau se réunir tant et plus, un moratoire remettre à plat la situation à Charleroi, si c’est pour écouter le même discours qu’on entend depuis trop longtemps déjà, ce n’est plus la peine d’insister. Le plus grand parti de Wallonie, qui ne l’est plus tout à fait aujourd’hui, aura vécu.
Peut-être sera-ce une bonne chose.
Les hommes et les femmes reprendront le goût de la chose publique et descendront dans la rue. Enfin, l’Internationale ne sera plus une pose d’estrade, mais un réel chant de combat…
Les dirigeants socialistes actuels au pouvoir empêchaient les gens de rêver. Peut-être que le rêve restitué à la rue, est la meilleure espérance ?

14 juin 2007

Vivez comme avant !

Faudra-t-il une catastrophe écologique majeure, pour que nous ayons, par la force des choses, une attitude moins behavioriste à l’égard des populations qui travaillent dans des conditions de rendement de plus en plus accélérées ?
Autrement dit, nous pencherons-nous sur le sort des hommes, parce que ce qu’ils produisent et la manière dont ils produisent mèneraient à rendre la planète invivable ?
La conscience universelle s’éveillerait ainsi non pas en réfléchissant à la peine du travailleur, mais parce que nous risquons de ne plus entendre bientôt le chant des oiseaux !
Faisant peu de cas des sociétés humaines, le système capitaliste apparaît fort peu adapté à la conservation de l’espèce. Comment pourrait-on espérer qu’il le fût davantage pour le petit chemin qui sent la noisette ?
Le déni de réalité d’un Dobeliou, la rage productiviste dont font preuve Chinois et Indiens, nous éloignent au contraire d’un moratoire généralisé des activités polluantes, consommantes et prédatrices.
C’est un paradoxe que les écologistes n’ont pas encore assimilé : tout le monde est d’accord qu’il faut faire quelque chose, mais personne ne veut commencer…
Non sans raison, comment faire pour que celui qui commence ne soit pas le dindon de la farce ?
On chiffre le premier boum du réchauffement à la hauteur de la crise de 29 : des millions de chômeurs, des usines qui ferment et un marasme économique qui s’installerait durablement sur l’ensemble des activités humaines.
La crise de 29 était évitable. Qu’a-t-on fait pour l’éviter ? Rien ou pas grand chose. A côté des spéculateurs ruinés, des désastres évidents, les initiés, les profiteurs opportunistes se sont rapidement enrichis de la misère générale.
Il en sera demain de la même manière au premier désastre écologique.
Des industriels sont à l’affût des matériels qu’il conviendra de construire. Epurateurs d’eau, vêtements adaptés, nébuliseurs performants, production d’atmosphère oxygénée pour maisons climatisées, toutes choses que le commun sera incapable d’acheter mais que l’accumulation incroyable des richesses permettra à une élite de s’offrir. On voit d’ici le slogan des dealers des nouveaux produits : « Vivez comme avant ! ».
Voilà ce à quoi notre travail opiniâtre, notre profond amour de la société de consommation, notre indéfectible confiance en nos lois et notre démocratie, vont aboutir : un désastre.
Le devenir de l’homme sur la seule planète qu’il connaisse et qu’il cochonne fait-il suffisamment sens à ceux qui détiennent le pouvoir et, partant, l’orientation générale, pour qu’ils acceptent de lâcher assez vite leur mode de technique à faire du fric, pour revenir à une morale et à des concepts en harmonie avec le respect : respect de l’homme et respect de la nature, les deux – on le sait aujourd’hui – étant indissolublement liés ?
Cette interrogation est au cœur de toutes les autres.

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L’écologie nous refait découvrir le sens du mot apocalypse. Pour éviter Caron qui nous attend à la porte des enfers, il faut renoncer au système capitaliste trop égoïste, incapable de limiter le profit, lancé dans la course à l’abîme vers des coûts les plus bas et les techniques les plus polluantes, tuant chaque année des millions d’êtres humains dans une chasse effrénée à la performance, injuste, maniaque dans ses décisions, impitoyable pour tous dans sa logique de course vers l’avant, vers l’abîme.
Mais le remplacer par quoi ?
Le pire des dégâts de ce système est en nous. On nous l’a appris à l’école, Sarko ne cesse de nous le répéter, nous devons produire bien et vite. Toute notre morale se résume à cela. Peu importe si elle écrase en cours de route les trois quarts des citoyens, y compris, évidemment, ceux qui ont été élevés pour.
A force de nous inculquer ces notions de la « morale » libérale, le mal d’extérieur est entré en nous. Nous applaudissons le consumérisme ! Le mot nous désigne bien par notre épistémè rivés à la société de consommation. Tous les politiciens le savent, la consommation de biens revêt une importance capitale. C’est un miracle que les élections viennent de renflouer la barque des écolos, malgré tout. Il est vrai que les consommateurs-électeurs n’en sont pas conscients.
Le consumérisme n’est pas vraiment une idéologie au sens politique, clairement identifiée et s'opposant à d'autres, mais plutôt une idéologie économique, sans grand thème et sans grand chef, donc plus insidieuse. Le consumérisme est largement rattaché à la notion de post-modernité. Du socialisme collaborateur au mouvement libéral le plus idéologiquement à droite, personne ne le condamne. Avoir une politique contradictoire et raisonnée n’est pas à l’ordre du jour.
Le monde crèvera, certes, mais en consommant !...

13 juin 2007

Un formateur heureux.

Ce n’est encore qu’une rumeur, rien de précis. Mais, en attendant qu’elle se confirme, je puis vous dire que le roi vient de me charger de former le nouveau gouvernement.
Tout s’est passé très vite.
Il y eut le défilé des grosses cylindrées avec dans chacune d’elle un énergumène des dossiers sur les genoux, l’air capable et préoccupé.
Après la première journée des vainqueurs, il fallait bien faire la deuxième des vaincus.
Ce fut pareil, les « rood » et les rosés, dans les mêmes voitures (à croire qu’e