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31 mars 2008

Le complexe de l’escargot.

-Pourquoi tu fais la tête ?
-Moi, je fais pas la tête !
-Qu’est-ce que tu fais alors ?
-Mais rien. Où tu vois que je fais la tête ?
-Je te connais, va…Roger…
-Tu me connais ! Et tu dis que je fais la tête quand je ne fais pas la tête ?
-Bon. C’est entendu. Tu ne fais pas la tête. Qu’as-tu alors ?
-Comment ça, ce que j’ai ?
-Depuis que nous sommes en voiture, tu ne m’as pas dit un mot.
-Que veux-tu que je te dise, Pompon ?
-…que la soirée était réussie, que tu t’es bien diverti… enfin tout ce que tu me dis d’habitude quand tu ne tires pas la tête.
-Tu tiens absolument à ce que je tire la tête ?
-Je n’y tiens pas, je le vois…
-Donc, je dois trouver quelque chose à te dire à propos de la tête que je suis supposé tirer ?
-Ah ! mais ne le prends pas comme ça, hein ! Tu t’énerves, tu t’énerves et puis on va encore se dire… Roger…
-Quoi Pompon ?
-Tu le sais bien.
-Non !
-A propos de Pierre !
-Ah non ! tu ne vas pas croire que je fais la tête à propos du gros ? C’était il y a, ouf…
-Quinze ans et trois jours ce 22 mars…
-Tu comptes les jours, parole, tu as un calendrier à la place du cœur… les dates historiques… celles qui comptent, parole…
-Tu viens de dire deux fois parole.
-Et si ça me plaît de le dire cent fois parole, parole, parole…
-Reprends du souffle…
-Voilà, tu as gagné ? Je n’y pensais plus du tout à ce gros con. Eh bien ! chapeau. Maintenant je fais la tête et tu sais pourquoi…
-Ce n’est pas vrai tu y pensais en revenant et je vais te dire pourquoi…
-Tu lis dans mes pensées. C’est fort quand même. Je ne savais pas que j’y pensais et voilà que c’est toi qui me fais penser d’y penser… C’est à devenir fou. Et en plus tu vas me dire pourquoi !
-Oui, c’est quand nous sommes passés devant l’agence.

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-Quelle agence ?
-L’agence, quoi… tu sais bien, celle où il était convoyeur poids lourd…
-Ah ! oui… l’Intrépide… les voyages l’Intrépide…Pompon et Pierre… je l’avais complètement oublié. Tu étais gay bien avant moi…
-Ils ont fait faillite il y a douze ans…
-Tu vois, je n’en savais rien et à vrai dire, je m’en fous…
-Tu t’en fous ?
-Oui, du gros, de l’agence, et de tes quinze ans et trois jours de commémo. Oui, je m’en fous. Mais tu fais bien de me rappeler tout ça. Puisque tu as vu que je faisais la tête. Oui, je la faisais et tu sais pourquoi ?
-Non, et tu vas me le dire !
-Ah ! bon tu ne sais pas pourquoi ?
-Enfin, je croyais que c’était le souvenir qui te remontait en passant devant l’agence fermée.
-C’est plutôt tes souvenirs qui te remontent, ma vieille…
-Ne m’appelle pas ma vieille…
-Je t’appelle comme ça me plaît.
-Et si je te disais que oui, ce sont mes souvenirs et que je n’ai plus que ça pour tenir le coup avec toi. La vie que j’ai, minable, sans rien, aucun réconfort. Pas une main secourable !
-On les connait, toi les main secourables, y a qu’au cul que tu les reconnais.
-Grossier !
-Messalin !
-Quand est-ce qu’on est parti en vacances ?
-Les vacances, parlons-en. Partir avec quelqu’un sur lequel on peut plus se fier, tu m’as bien regardé, roulure !...
-Sale con !...
-On serait à peine installé Benidorm que tu pourrais pas te retenir, le garçon d’étage, le gros schleu qui pète de santé, même le gay qu’attend à la pharmacie pour sa trithérapie, tu sautes sur tout ce qui bouge, hein, salope ?
-Voyou !...
-Non, arrête la voiture. J’en peux plus. Je descends…
-Tu vas le voir, hein, crapule ?
-Tu parles si je vais le voir. J’y cours. Comment voilà un homme que tu as tellement dégoûté d’en être un, qu’il s’est fait enlevé toute la boutique, qu’a changé de sexe pour plus que tu l’agresses et avec lequel je m’entends mieux depuis qu’il est devenu une femme et que tu oses insulter.
-Depuis que Pierrot s’appelle Pierrette, tu nous trahis. Tu n’es plus gay ! Tu as changé de camp…
-Il y a quinze ans et des broutilles, c’était un gros con. Aujourd’hui, c’est une mince jeune femme…
-Il a quand même 48 ans.
-Et alors, tu n’en as que 43 et tu en parais…

30 mars 2008

Le cauchemar américain.

L’Irak, c’est le Vietnam en d’autres temps. L’Haut-lieu dit que la victoire est proche.
Comme Westmorland à Saigon, le juteux de Bagdad réclame des renforts, pour l’assaut final contre les forces du mal, tandis que l’opinion américaine estime qu’on la promène depuis cinq ans et qu’il est temps de tourner la page, tout cela sur fond d’élection fin d’année.
Hillary Clinton qui a voté la guerre prétend qu’elle a été trompée et Obama se félicite de n’avoir pas voté l’invasion, et pour cause, à l’époque il n’était pas sénateur !
Si l’on ajoute au cocktail un zest de subprime et de dépression financière, ou pourra juger d’une situation vraiment alarmante.
L'Amérique n'a retiré jusqu’à présent aucun avantage de son équipée en Irak. Les observateurs ont de plus en plus l’impression que celle-ci a été décidée sur un coup de tête de Bush qui voulait faire quelque chose après l’attaque du 11 septembre 2001 sur NY.
Saddam Hussein était à sa portée. L’armée US n’en ferait qu’une bouchée. Ce qui fut le cas. On a vu à tort une guerre du pétrole qui se profilait dans le dos des combattants. On a surtout vu les combattants d’Oussama Ben Laden qui ont pris pied en Irak, alors qu’il n’existait pas avant que Saddam soit renversé.
Les dégâts moraux sont encore plus considérables dans le monde arabe. L’opinion publique y est particulièrement remontée, jusqu’en Indonésie et au Pakistan, pourtant un pays ami.
L‘Amérique est le fauteur de guerre idéal pour les musulmans qui ont besoin de haïr à l’extérieur de leurs frontières pour ne pas haïr leurs dirigeants.
C’est même assez croquignolet de voir que ce sont les pays qui violent le plus les droits de l’homme qui en accusent les Etats-Unis. Cependant, l’Europe pointe également l’Amérique du doigt pour le même motif. Un comble pour une démocratie que Bush propose en modèle au point d’en vouloir faire le champion de la vertu dans une « Démocratie mode d’emploi » qui agace par son côté évangélique.

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Le scandale du motif de la guerre qui portait sur la préparation de l’arme nucléaire par Saddam était un coup monté pour entraîner l’opinion à la suite du président Bush.
Le Pentagone ensuite démentit tout lien entre Saddam Hussein et Al-Qaïda.
Le mensonge d'Etat devint public. Trop tard les boys étaient partis. Il en mourait déjà, pas trop au début. Ils en sont à 4.000 aujourd’hui !
Le mensonge initial de la guerre n’a jamais été relevé par une Commission du Congrès, comme Nixon le fut et démissionna après l’affaire du watergate.
On se pose la question de savoir si la démocratie américaine n’évolue pas dans le mauvais sens ?
La guerre exige un budget phénoménal sans cesse revu à la hausse.
L’Irak a été conquise sur la simple présomption d’un armement nucléaire pouvant inquiéter Israël. L’Iran qui est lui, bel et bien, en passe d’acquérir la technique de la bombe atomique n’est pas inquiété par une Armée américaine essoufflée et mal en point. Les généraux en conviennent, enlisée en Irak, l’armée ne saurait se déployer ailleurs dans de bonnes conditions. Un bombardement des installations nucléaires de l’Iran ne serait pas certain d’aboutir à un résultat, mais serait catastrophique dans l’opinion arabe. A cette occasion, il ne serait pas impossible de voir chiites et sunnites se retrouver dans la haine du « grand Satan ».
Géopolitiquement la guerre d’Irak fait toujours de gros dégâts sans qu’on puisse y mettre un terme, même l’allié turc craint une surenchère des Kurdes à prétendre à un Etat indépendant.
On allait voir une campagne éclair en Irak– ce qu’on a vu – mais la suite n’était pas prévue. La suite dure depuis 5 ans et les candidats à la maison blanche sont bien incapables de dire comment sortir de ce guêpier sans perdre la face, comme l’actuel président, du reste.
Les grandes puissances que sont la Chine et la Russie restent à l’affût d’une bonne affaire. Leur popularité n’est pas entamée dans cette partie du monde, si on exclut l’Afghanistan qui se souvient de l’occupation des militaires russes.
On voit des Chinois partout, dès que l’influence américaine baisse d’un ton dans les pays du Golfe, des techniciens chinois se pointent avec du matériel bricolé, mais moins cher.
On se demande comment le prochain président des Etats-Unis pourra sortir le peuple américain de ce guêpier.
Si le château de cartes capitalistes s’effondre aux USA, nul doute que celui de l’Europe sera entraîné dans une chute qui serait alors générale pour les Occidentaux.
On a vu des civilisations disparaître pour moins que cela. Pour tout autant que l’on considère le culte du tiroir-caisse comme une civilisation ?

29 mars 2008

Sauver les meubles !

L’interview de ce matin sur la RTBF d’Herman van Rompuy est explicite.
Chère Madame Houart préparez vos mouchoirs, patriotes, aux fenêtres ornées de drapeaux, mettez les en berne.
Voici ce que le président de la Chambre a déclaré :
« Suivre les recommandations du Conseil de l’Europe concernant les minorités, c’est remettre en question les lois linguistiques donc remettre en cause la Belgique elle-même. »
Autrement dit pour que la Belgique poursuive sa vocation d’Etat fédéré, il faut que les francophones de ce pays acceptent de cautionner une politique raciste et de ségrégation des Flamands !
Ce discours est important venant du président de la Chambre, et il aura des conséquences inimaginables si c’est comme cela que Leterme et son gouvernement conçoivent la chose.
Cela signifie que toute négociation est impossible et que les présidents des partis francophones ne peuvent en aucune manière justifier de leur présence dans un Etat à la flamande sans épouser la cause, faisant de ce pays tout entier une nouvelle Serbie !
A-t-on bien mesuré la paranoïa flamande du côté francophone pour encore croire à un Etat fédéré et même confédéré dans des conditions qui nous placeraient, nous les victimes francophones, dans le même discrédit d’une moitié du territoire à l’encontre du reste des pays de l’Union européenne ?
Ah ! l’amour inconsidéré des Flamands pour leur langue, de respectable qu’il était, devient la pire des aberrations.
Il n’y a pas à barguigner. Nous devons à tout prix et à toute vitesse nous désolidariser d’eux et ce malgré l’inconfort dans lequel nous serons pendant le temps de nous organiser.
Hélas ! de ce côté du pays, nos leaders sont bien trop lâches pour tenir un langage de fermeté. Sauf peut-être Joëlle Milquet que l’on voit traîner les pieds dans une aventure gouvernementale à laquelle elle ne croit pas vraiment.
Et dans de pareilles conditions, échaudée par les autres partis, elle craint fort de dévoiler le fond de sa pensée toute seule, devant le sycophante Reynders prêt à vendre tout pour « encore une minute monsieur le bourreau » et Di Rupo qui n’a vu dans ce gouvernement que le moyen de rouler le MR dans la farine et lui reprendre des voix pour les prochaines élections suite au fiasco de l’orange bleue.
Il est clair qu’à naviguer avec les énergumènes fous de leur langue et d’autant plus fous qu’elle n’est véhiculaire en rien du point de vue culture et intérêt en-dehors du petit carré de beffrois, de légumes et de littoral, nous serons à la fois la risée de l’Europe, mais aussi classés dans la catégorie des nationalistes pointus avec les Serbes et quelques mirliflores locaux des pays de l’alliance comme Jean-marie Le Pen et Jörg Haider, qui continue à représenter la Carinthie à l’UE, ou encore Gianfranco Fini, d’Alleanza nazionale allié de Forza Italia du cavaliere Berlusconni.
Si ce voisinage ne gêne plus les socialistes au point de vouloir nuancer le comportement flamand (ils n’y verraient que du patriotisme exagéré et parfois agressif, alors que tout le monde constate - à commencer par les parents des bambins d’un certain parc d’où une municipalité voulait en exclure les francophones – que ce patriotisme n’est rien d’autre que du chauvinisme ethnocentrique ! ), personnellement cela me gêne terriblement. Pas vous ?
On en perçoit bien la dérive, mais personne ne sait jusqu’où cette exaspération linguistique pourrait conduire les parlementaires flamands d’une Belgique moribonde et au bord de l’éclatement.
C’est malheureux pour Bruxelles et les francophones qui l’habitent en majorité, il ne faudra pas compter sur Reynders, ni Di Rupo et très peu sur Milquet pour desserrer le carcan qui les étouffe. Il est même hors de question d’établir un nouveau couloir de Dantzig sur les terres flamandes par un cordon ombilical francophone avec la Wallonie.
Le drame c’est que Bruxelles ne compte pas un aérodrome intra muros pour la ravitailler comme du temps où Berlin était au coeur de la guerre froide.
Ce n’est pas demain que le montois rosé dira « Ich bin ein Berliner » pour Bruxelles en parodiant Kennedy !
Une seule chance que ça ne tourne pas au vinaigre : la présence de l’Europe dans la capitale. Mais, une Europe assiégée aussi ! Alors là, on aurait tout vu !
Les municipalités wallonnes qui ont laissé filer à Bruxelles leur patrimoine culturel, comme par exemple les iguanodons de Bernissart et bien d’autres richesses locales feraient bien de réclamer leur retour avant qu’ils ne tombent dans l’inventaire commun des biens nationaux sur déclaration de faillite de l’Etat belge, avec séquestration éventuelle en cas de contestation.
Je l’ai toujours dit, il vaut toujours mieux sauver les meubles avant l’arrivée des huissiers. Tous les faillis me comprendront.


Il n’y a ni publicité, ni lèche d’aucune sorte sur ce blog. Pour une fois, je vous livre tel quel ce courriel du matin. Vous en ferez ce que vous voulez, bien entendu. N’en inférez pas pour autant mon adhésion systématique à un quelconque système philosophique ou religieux.

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28 mars 2008

Bellissima Carla !

A Londres, d’hier à aujourd’hui, c’est bien Sarko dans l’arroseur arrosé que l’on a vu.
Le voilà beau d’avoir épousé une créature charmante et qui s’avère plus forte que lui en matière d’image.
Carla Bruni a joué la chose de manière délicate et avec l’instinct d’une pro.
Tandis que son mari, tout en tics et tressaillements avait l’air d’un valet de pied égaré dans un monde qui n’est pas le sien.
Madame Cécilia Siganer, ex-Sarkozy nouvellement Attias, n’aurait pu faire aussi bien.
Cette perfection dans l’image n’arrange pas les affaires de bling-bling Sarko qui comptait bien se refaire une vertu dans l’effacement digne. Le voilà à nouveau projeté dans le people malgré lui et aussi dans la grande presse qui compare son épouse à une nouvelle Jackie, ou mieux, à une nouvelle princesse Diana !
La reine d'Angleterre, hier, c'était Carla. Voilà Sarko devenu prince consort, malgré lui.
Ainsi deux techniques de projection dans les médias sont en train de s’affronter, démontrant une fois de plus que le tapage, le clinquant et l’ostentation de la fortune ne valent rien à comparer à l’élégance, la retenue et le bon goût exposés.
Aussi paradoxal que cela paraisse, cette dernière formule rejetant l’autre loin derrière, est peut-être même encore plus people et bling-bling que celle des débuts de Sarko à la présidence, ne serait-ce que dans le genre de réactions qu’elle soulève dans les magazines de stars et de grands événements de salon.
Ce n’est pas une bonne chose évidemment pour le changement que Sarko aurait voulu faire passer pour remonter dans les sondages.
Le voilà condamner au paraître à son corps défendant.
Et s’il remonte un jour dans les sondages, ce ne sera pas grâce à son changement, mais grâce à la nouvelle Grâce Kelly qui est en train de naître.
A-t-il le caractère d’accepter cela ?
Son ego va-t-il en prendre un sacré coup ?
Sarkozy est tout, sauf bête. On l’a bien vu avec Fillon plus populaire que lui. Mitterrand à débarqué Rocard pour moins que cela. Il semble que le premier ministre actuel poursuit sa carrière après la catastrophe des élections municipales, alors que l’occasion était toute trouvée pour lui faire gagner la sortie. Le président va probablement s’inspirer de la retenue pleine de charme de Carla et peut-être en jouer pour ses projets. Puisque de toute façon il ne peut échapper à la médiatisation que ce soit lui qui l’a crée ou son épouse qui s’y trouve comme un poisson dans l’eau.
Il devait bien savoir le risque qu’il prenait en épousant l’ancien top-modèle.
Mais ce regain d’attention par personne interposée est aussi un danger.
On le perçoit déjà dans les commentaires des journaux qui renvoient au second plan la visite de Nicolas Sarkozy, son discours devant les deux chambres du parlement, les questions politiques et l'annonce de troupes supplémentaires françaises en Afghanistan.
Que son épouse serve de pare-feu, c’est parfait ; mais, qu’elle éclipse la raison politique du voyage de Sarkozy en Angleterre, au point que les quotidiens londoniens sont assottés de l’ensemble gris Christian Dior et d'un béret assorti de la first-lady, tandis qu’ils ne disent presque rien de « l’amitié entre les deux peuples », voilà qui amoindrit au point de le rendre inconséquent et superfétatoire, le discours du président.
C’est la pire des choses qui pouvait arriver au verbeux personnage qui s’est hissé au sommet de l’UMP, puis de la France rien qu’avec des astuces verbales, des promesses soulignées par des expressions du visage et le bagout avocatier.
Il peut revenir, titre les journaux anglais, mais avec son épouse !
C’est dur tout de même de s’entendre dire cela.
Même les choses accessoires dépendantes du voyage sont apparues toutes en faveur de Carla, au point que la presse a convenu au deuxième jour de la visite que la photo de nu, qui avait fait la une la veille, était déplacée !

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Le people au service de la discrétion et de la tenue, on aura tout vu.
Le Président doit regretter quelque part que son épouse l’ait accompagné. Elle aurait pu soigner une grippe imaginaire au fort de Brégançon.
Rendez-nous des Maréchale Lefebvre, une madame Sans-gêne pur sucre et populaire où à côté Sarko lui-même eût paru distingué !
Tante Yvonne était telle que la souhaitait de Gaulle, Bernadette la chiraquie et Pompidou avait en Claude, celle qui complétait en art pictural son goût des lettres.
De ce qu’on a vu, on ne sait dire qu’une chose : Carla est trop bien pour lui.
Et ça, c’est moche pour la suite de la carrière du président.

27 mars 2008

Danneels et l’euthanasie

Il en a de bonnes, Mgr Danneels, de critiquer l'euthanasie sous prétexte qu’il faut donner un sens à la vie… par la souffrance et la mort !
Comme tout religieux, il part du principe que la mort est en réalité le départ de la vie éternelle, donc un commencement qu’il ne faut pas gâcher de nos mains d’homme !
Avec les trois religions monothéistes, c’est le même programme. C’est inouï le nombre de pages qui ont été écrites sur notre destin après la mort sans que personne en sache rien, ni que personne en revienne pour nous en toucher un mot, quoique les livres saints soient pleins de fariboles à ce sujet.
C’est ce farceur de Parménide qui - il y a très longtemps – nous a fait le plus réfléchir sur la vanité de parler à tort et à travers de ce qui n’existe pas. « L’Être est, le non-Être n’est pas ».
Aucun curé n’en conviendra, car ce serait toucher à son fonds de commerce : le Non-Etre n'est pas pensable, parce que penser le non-être est ne pas penser. Mais, vu que nous employons le terme de non-être, il est pensable, d'une certaine façon. Du moment qu'il est pensé, il devient l'Etre. Ainsi l'Etre se dégage, par opposition au Non-Etre, qui continue à ne pas exister.
C’est bien là une vanité suprême que Mgr Danneels laisse échapper de sa nature profonde, pour lui le non-être, c’est l’être sublimé par dieu.
C’est son droit.
Il conviendrait cependant qu’il ne juge pas, en toute humilité chrétienne, ceux qui ne pensent pas ainsi. Comme c’est plus fort que lui, nous subissons donc son homélie.
Mgr Danneels choque les défenseurs de l'euthanasie avec toute l’inconscience du devoir accompli. Se donner la mort n'est pas un acte d'héroïsme, dit-il, en faisant référence à Hugo Claus qui a tiré sa révérence sans rien demander à personne.
Je trouve, au contraire, que c’est un acte absolu de liberté que celle d’arrêter ses jours, acte qui n’est pas sans courage et détermination et n’est pas à la portée de tous.
Cela démontre que l’homme a toujours le choix d’arrêter tout avant de sombrer dans l’innommable et la souffrance !...
Euthanasier quelqu’un qui le demande est un acte de charité, même si ce n’est pas de la charité chrétienne. Ainsi, Mgr Danneels nous donne l’opportunité de constater que toutes les charités ne sont pas chrétiennes. La foi serait-elle un frein à l’élan de cœur qui nous lie à nos semblables ? Voilà bien une étrange frustration pour une religion qui s’est fait une spécialité de l’Amour !
Dussé-je heurter le patriotisme de Mgr, il lui serait bénéfique de relire entre les lignes l’histoire de la Grande guerre – celle que Brassens préfère – il y trouverait dans la vie des hôpitaux du front une pratique de l’euthanasie courante parmi le personnel soignant, afin d’abréger des souffrances inutiles et… de laisser des places vacantes aux nouveaux arrivants qui étaient susceptibles d’être sauvés et qui le furent grâce à cela.

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Quelle homélie eût-il faite afin que ses ouailles comprissent le sens de la vie et de la mort dans l’urgence, comme ce fut le cas de Chantal Sébire, au lieu de son bavardage sur une religion qui perd les pédales, dès que le sujet sort de l’ordinaire ?
Evidemment, le cardinal était à Saint-Rombaut au cœur du vieux Malines où le pratiquant à l’âme droitière et le cœur au fond d’une sacristie. Ce n’est pas un public facile, même pour un cardinal.
Mais comme les temps changent, peut-être l’écoutait-on d’une oreille distraite en se demandant ce que le vieil homme à l’homélie, empâté dans une bonne rondeur qu’on dirait faite du suif des cierges, aurait fait, s’il avait été défiguré et aveugle, comme Chantal, ou atteint d'Alzheimer comme Hugo ?
Aurait-il eu cette volonté d’airain d’aller jusqu’au bout, dans l’ignorance de sa douleur et de celle des autres, avec l’absurdité d’une volonté de souffrance d’autant plus imbécile qu’elle n’est rédemptrice de rien ?
Au moins serait-il revenu sur le jugement qu’il porte sur des hommes qui décident que « ça suffit ».
Alors, faisant comme l’abbé Pierre qui était las de vivre, aurait-il supplié son dieu de le reprendre au plus vite, lui demandant expressément qu’il l’euthanasie ?

26 mars 2008

Boycottons les Jeux Olympiques

Là n’est pas la question, puisqu’on ira aux JO de toute façon.
Les Jeux Olympiques sont une formidable machine à fric. Le Comité olympique a sans doute été « fortement » impressionné de la volonté chinoise d’avoir les jeux de 2008 à Pékin.
On ne sait pas si c’est à coup de bank-notes ou d’arguments, toujours est-il que Jacques Rogge et les autres se sont déterminés.
Et ce n’est pas sans savoir que la Chine est une dictature et que tout ce qui s’y passe est supervisé par la nomenklatura du parti communiste chinois.
Bien sûr, lors de l’attribution des jeux, nous avions eu droit aux discours lénifiants selon lesquels des progrès étaient perçus !
Alors que, bien entendu, il n’en était rien, le pays étant dirigé d’une main de fer par ceux qui avaient pris le pouvoir après Mao. A peine celui-ci décédé, ils avaient liquidé « la bande des quatre », avec la dernière épouse du chef suprême, une des nombreuses « vipères lubriques » du communisme et qu’ils en feraient autant à toute opposition.
Le Président olympique savait tout cela. Fallait-il que les raisons secrètes fussent de la plus haute importance pour lui et pour tous ceux qui étaient favorables, pour que le Comité se détourne du projet français, et soutienne Pékin !
On peut facilement en reconnaître une. C’est le basculement du régime dans la communauté internationale par l’ouverture au libéralisme du commerce et de l’industrie.
Les stratèges de la libre entreprise avaient cru déceler la volonté chinoise de desserrer le carcan qui opprime les populations. Reynders, avait vu à cette occasion tout le profit que le monde « libre » en retirerait.
Comme toujours, il s’était gouré.
Et voilà que le Tibet se réveille opportunément pour nous rappeler que les Chinois oppriment aussi les Tibétains.
Nouvelle version de la vipère lubrique : le Dalaï Lama.
Manque de pot pour Pékin, le Dalaï Lama est très populaire dans le monde et lorsque les dirigeants chinois le traitent de « voyous », de « fauteurs de troubles », les insultes se retournent contre eux.
140 morts de la première vague de répression au Tibet, l’arrestation de centaines de manifestants qui seront liquidés dans les prisons chinoises d’une manière ou d’une autre après des procès sommaires, et Jacques Rogge fait toujours confiance à Wen Jiabao.
Les renseignements fiables qui nous parviennent du Tibet sont rares, puisque les journalistes ne sont pas autorisés de s’y rendre. Que fera la presse internationale aux JO d’août à Pékin ? On s’interroge, sauf le ministre des affaires étrangères français qui reste confiant, comme Rogge !
On voit l’ambiance ! Et nous ne sommes pas encore à l’ouverture des jeux !
Pour un beau début, c’est un beau début. La cérémonie à Olympie a été perturbée par des manifestants que les Chinois ne verront pas. A la première alerte qui laissait à penser que l’orateur de Pékin allait être perturbé dans son discours, Pékin a immédiatement coupé le relais et projeté une image du site vide de participants, tandis que le Chinois de service poursuivait imperturbablement son discours.

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Il en sera sans doute ainsi pendant toute la durée des jeux.
A Pékin, on va matraqué en coulisse, tandis que les athlètes pourront sourire à l’aise.
On sait déjà que la retransmission des jeux se fera avec un léger décalage, de façon à ce que le Régime contrôle l’image et éventuellement la modifie.
Et qui vend à cette dictature les matériels de brouillage et de différé ? Qui autorise ce pays à filtrer les nouvelles d’Internet, si bien que des dizaines de millions d’internautes chinois n’ont pas les mêmes informations que les nôtres ? Nous les Occidentaux, bien sûr.
On se souvient de la guerre froide et du boycott des jeux d’URSS par l’Amérique.
Est-ce que les Américains seront aussi lâches que les Européens ? Oui, sans doute, d’autant que la Chine détient un beau paquet de dollars de la dette américaine.
Reste le boycott des citoyens. Comment bouder les jeux ?
En évitant d’ouvrir son téléviseur ou son poste de radio ?
Ce serait d’autant plus facile que les résultats qui s’afficheront sur l’écran avec en-dessous les athlètes dans l’effort, seront en décalage, si bien qu’on aura le désagrément du différé et l’impression que l’on nous cache quelque chose.
Bien entendu cet avis ne sera pas suivi et nous verrons les jeux.
Il y aura même une délégation belge avec nos athlètes et tous leurs moniteurs. Notre seul problème : sous quel drapeau ?
En août Leterme aura échoué et nous serons en pleine panade
Madame Houart croit toujours à l’ancien. On n’en est plus sûr. Bref, aux Jeux, nous pourrions avoir nos chinoiseries aussi.

25 mars 2008

La trouille, ça se commande pas.

On a beau dire qu’on s’en fout, que la liberté d’expression, c’est sacré… la menace d’un poing sur la gueule, on n’est plus si faraud… Alors, des affreux qui se persuadent de tout faire péter, que plus ils en remettent, plus dieu les honorera au ciel avec tamtam, mouquères et narghilé à gogo, vous pensez s’ils sont pris au sérieux…
Mettez-vous à la place de l'hébergeur américain Network Solutions : quelques types qui connaissent pas la crise avec un concept qui fait de la thune dans une conjoncture merdique. Vous en connaissez des cœurs purs sur Internet qui résisteraient à la belle vie ?
Tout remettre en jeu pour des principes ? Il en a, lui, le capitalisme, des principes ? Et Ben Ladden ? Omar ? Est-ce que Network Solutions en a seulement un, de principe ?
Ils vous disent ces yankees à la pétoche, d’accord faut défendre le droit à l’expression. On est pour la liberté. Oui mais, si je la perds ma liberté, si je finis aux asticots, comment je défendrais celle des autres ? Alors, ils suppriment la liberté au nom de la liberté ! C’est-y pas beau ?
Avec ce raisonnement à la con, ils ne défendent plus que des libertés défendables, c’est-à-dire des libertés mécaniques : bouffer un hamburger par exemple ? Même Ben Laden s’en cale un de la journée, quand y a pas ramadan, même qu’il y en aurait un, mais alors faut pas qu’on le voie. Déambuler dans les rues pour s’acheter de la limonade, qui est contre ? Attention, j’ai pas dit de l’alcool… me faites pas dire…
Se déchausser quand on va faire sa prière à la mosquée. Qui est contre les arpions à l’air ? La coutume respectée, l’idée de se faire pousser la barbe aux jeunets, qui est contre ? Mais absolument personne… Attention, pas soulever les voiles, voir les barbus cachés des fatmas ! Foutre non !
Par contre laisser filer la bande du film Fitna de l'homme politique néerlandais Geert Wilders, sur Internet, comme ça risque d’énerver des faces de carême, on pousse sur le bouton Off limits et c’est basta.
Non, mais t’es con ? T’es pas heureux sur la Toile ? On publie vraiment tout, des merdes pas croyables, du cul, du porno allemand, tout qu’on dit… sauf quelques fientes mal ficelées sans intérêt, juste pour pas avoir des ennuis… C’est humain, non ?
Dans ce film, le député d'extrême-droite critique ouvertement l'Islam.
« T’as dit qu’il était d’extrême droite ? Non, j’ai dit qu’il critiquait ouvertement l’Islam. Ah ! mais si, ce type est d’extrême droite, alors, moi, je peux pas le blairer. Je veux pas savoir le reste. Depuis quand il est d’extrême droite ? Depuis qu’il pourrait nous mouiller. Tu nous vois avec une fatwa au cul, nous les promoteurs Network ? Et puis, Fitna, c’est pas porteur. C’est quoi ce titre ? C’est là dedans que Wilders accuse le coran d’avoir inspiré « Mein Kampf » du fou. Arrête vieux, va pas plus loin… J’ai rien entendu ! »
La pétoche américaine est lente à monter. Quand elle prend l’homme d’affaire, c’est direct la courette. L’émotion diarrhéique…
Geert Wilders, député néerlandais, avait créé un malaise à l'annonce de la diffusion de son film islamophobe « Fitna ». Malgré le refus de plusieurs chaînes de télévision, le député d'extrême droite, ne baissa pas les bras, il entendait diffuser son film. C'est pourquoi, il avait décidé de créer le site http://www.fitnathemovie.com/
La Hollande qui est un pays aussi pétochard que la Belgique, craignait que la violence reprenne en Europe.

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Du coup le fournisseur d’accès à Internet jure dans un communiqué qu’il a déjà enregistré de nombreuses plaintes.
Je ne sais pas si vous avez déjà porté plainte sur Internet, vous pouvez toujours essayer, c’est pire que le 22 à Asnières de Fernand Reynaud pour l’obtenir. C’est fou quand même, comme des montagnes afghanes on a tout de suite la communication !
Le mollah Omar outre bricoleur de mobylettes doit être un sacré web master !
L’accès a été bloqué direct… effet des montagnes. Inutile de faire l’adresse du site.
C’est que temporaire, on vous dit. D’ici 25 ou 30 ans, peut-être, quand on pourra rire de tout…
Network Solutions vérifie si le contenu du site est contraire aux règles du fournisseur. Les règles du fournisseur s’écrivent au fur et à mesure, en fonction du genre de plaintes, priorité à celles écrites à la kalachnikov…
Geert Wilders attendra un peu avant de montrer son chef-d’œuvre du rire de 15 minutes critiquant le Coran. N’a-t-il pas voulu, l’inconscient, prouver que le Coran est un livre fasciste qui incite à la violence.
Ah ! l’effronté…
On va vers l'interdiction du film.
Le gouvernement de La Haye a supplié Geert de renoncer à son projet au nom des sphincters sensibles des membres du gouvernement néerlandais. Ces bataves redoutent une crise comparable à la publication par la presse danoise des caricatures de Mahomet.
On chipote sur le Schiedam, la fuite par les canaux…
En Belgique avec les sournois qu’on a, Wilders serait déjà en tôle !
La liberté, d’accord, mais faut pas faire chier avec…

24 mars 2008

Spécialité belge : la veulerie.

La Justice qui n’est que le reflet de la Société se fait souvent le porte-parole de l’action gouvernementale, plutôt que de se prétendre – faussement d’ailleurs – indépendante.
On a beau dire que la Belgique est une terre d’asile, depuis longtemps il n’y a plus que les indéfectibles de la naïveté militante pour en être convaincus.
Les pleureuses du régime n’ont d’égales que les hystériques de prétoire et les thaumaturges bruxellois de l’armée mexicaine ministérielle pour y croire !
C’est une fois de plus un fait-divers qui fait le lien entre cette réflexion et la réalité.
« Un ressortissant kurde, âgé de 33 ans et résidant à Verviers, a été appréhendé vendredi soir à Liège lors d'une manifestation organisée à l'occasion du Nouvel An Kurde. La police n'a pas souhaité révéler l'identité de l'individu. L'homme est notamment recherché en Turquie pour avoir participé à un attentat contre un poste de police, qui avait fait 23 morts. Alors que le cortège se trouvait dans le centre-ville, des policiers ont identifié cet homme qui faisait l'objet d'une demande d'extradition par la Turquie. Le Kurde, qui n'a pas caché qu'il appartenait au PKK, a été entendu par la police et a ensuite été déféré au parquet de Liège. Il a été placé sous mandat d'arrêt et écroué à la prison de Lantin en vue de son extradition vers la Turquie. (DEC) »
La voilà bien décrite par ce communiqué de presse, cette fameuse hospitalité.
Est-ce que la Turquie s’est suffisamment démarquée des dictatures répressives à l’encontre de ses minorités, ou bien les milieux européens proturcs font-ils tout ce qui est en leur pourvoir pour faire croire que la Turquie est un pays démocratique ?
On ne le saura pas.
L’interview de madame Reynders, magistrate, est symptomatique d’un état d’esprit. Si elle a l’assurance que ce ressortissant kurde ne sera pas exécuté, il sera réexpédié vite fait en Turquie.
C’est trop facile de dénoncer les Etats totalitaires qui annexent des zones limitrophes qui les intéressent, puis sur la demande de ces Etats, leur livrer les annexés, donc citoyens turcs malgré eux, sous prétexte que leur résistance n’est que du terrorisme !
A suivre ce raisonnement, le Dalaï Lama, traité de voyou insurrectionnel par la Chine populaire, n’a pas intérêt à se déplacer en Belgique. Sur simple demande de l’ambassade de Chine, il pourrait bien se retrouver à Lantin, en attendant de se faire « suicider » à Pékin qui s’empresserait de facturer le prix de la balle à la famille… après avoir donné, bien entendu, toutes les assurances à la Belgique qu’il ne serait pas exécuté !
Quelle est la différence entre un terroriste et un résistant ?
Je serais curieux d’entendre Madame Reynders sur le sujet.
Ainsi éclate dans toute son hypocrisie, la soi-disant hospitalité de la Belgique.
Bien sûr, on pourrait assimiler au crime de sang l’attentat que ce Kurde aurait, par sa complicité, commis indirectement dans un commissariat d’Ankara, si, au préalable, on avait condamné d’autres crimes de sang commis – délibérément - par l’armée turque en mission au Kurdistan irakien, comme au quotidien les exactions, les crimes et les passe-droits dont les Kurdes sont victimes en Turquie.

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Comme il n’en est rien, je vois mal ce citoyen kurde plus terroriste que les Turcs qui oppriment depuis toujours un peuple qui n’a rien à voir avec la nation turque et dont le seul tort est de s’être trouvé de trop sur un territoire convoité et finalement annexé, un peu comme les Palestiniens le sont sur les territoires que les colons juifs annexent régulièrement.
Depuis que nous sommes si mal gouvernés qu’il faille dix mois pour accoucher d’un gouvernement, depuis que nos forces armées coltinent des sacs de riz et de farine à ceux que nous estimons les avoir mérités, depuis que la Belgique est innervée de ses contradictions, depuis qu’on ne peut plus parler une langue « étrangère » en Flandre sans être sanctionné, nous nous mêlons de donner des leçons aux autres. Nous donnons nos labels de bonne conduite à des gouvernements dont les polices ne valent pas la corde pour les pendre ; nous bénissons des actions humanitaires qui ne sont que des moyens d’influencer commercialement des régions exploitables ; nous condamnons les génocides au point de juger des ressortissants étrangers qui y auraient trempés, sans vraiment chercher qui est l’oppresseur et qui est l’opprimé ; bref, nous caquetons de façon insupportable au nom de notre compétence, comme si nous étions les juges de l’univers, comme si nous étions les plus vertueux du monde !
Cette arrogance presque d’église est insupportable.
Sommes-nous stupides et imbéciles à ce point ?
Ce Kurde qui vivait depuis 8 ans en Belgique sans créer aucun désordre, on aurait pu lui foutre la paix, non ? Depuis quand nos polices se font-elles une spécialité du délit de sale gueule sur les documents transmis par des dictatures comme la Turquie ?
Ah ! oui, il y a ce fameux accord de poursuite entre Etats démocratiques dont on a permis à la Turquie d’intégrer les rangs.
Evidemment, les temps ont changé. La crapule internationale d’Etat est en rémission, c’est le citoyen ordinaire qui inspire de l’inquiétude.
On est tellement devenu prétentieux sur le sujet que les autres pays finiront par nous prendre en grippe, à l’exception des dictatures que nous aurons bien servies par notre bassesse, bien entendu.
A quand un protocole d’extradition réciproque avec la Corée du Nord ?

23 mars 2008

Quand on aide les chiffres à nous mentir.

S’il y a bien un songe creux de plus à l’actif des statisticiens, c’est le calcul du revenu moyen par habitant. Et s’il a progressé sur 5 ans de 27 % en Wallonie et 23 % en Flandre, il faut en attribuer une large part aux gros revenus. Autrement dit, plus les hauts revenus augmentent, plus l’écart avec les bas salaires s’agrandit et plus les statistiques enregistrent une progression du revenu moyen.
Les salaires de nos mandataires ne sont pas étrangers à la hausse statistique.
Le contribuable wallon qui s’est enrichi de 3 % 64 en 2005 n’était ni un pensionné, ni une caissière de supermarché.
Pour l’anecdote, quoique la chose se soit passée dans un magasin Carrefour de Marseille, les personnels ont débrayé parce qu’on y gagne moins de 1000 euros par mois. La direction a proposé une augmentation de… 45 centimes. C’est pareil en Wallonie. On ne peut pas dire que le plus clair de la population tire les statistiques vers le haut.
En période de vaches maigres, il convient de se méfier d’une information qui tendrait à relever le moral des troupes, plutôt que de décrire une situation qui s’améliorerait de façon générale.
Les journaux qui reprennent les informations chiffrées le font en général de manière tronquée et sans ouvrir la porte à la polémique.
Les chiffres sont là, débrouillez-vous avec.
La semaine précédente, il est vrai, il avait été question de l’augmentation de la pauvreté en Belgique. Les deux informations rassemblées, c’est donc les hauts revenus qui bénéficient de la progression en la matière. Qui des journalistes l’a fait remarquer ?
N’entre pas dans ce calcul la régression accélérée du pouvoir d’achat par l’augmentation rapide des prix de l'immobilier, des produits alimentaires et de l'énergie.
Si l’on cherche le revenu moyen par commune, ce sont les communes les plus riches qui ont le plus haut niveau de revenu par habitant, or les caissières de supermarché ne sont pas mieux payées à Laethem, commune la plus riche, qu’à Saint-Josse, la plus pauvre.
La statistique est une chose à la fois sérieuse et ennuyeuse, assez pédante au point d’en rebuter plus d’un. Pourtant, les discours et les publications savantes en sont pleins !
Le pouvoir masqué qui s'avance derrière tout cela est celui du dominant manipulant le dominé.
Les spécialistes qui jonglent avec les tableaux pourraient tout aussi bien exprimer des raisons inverses des chiffres produits, afin d’alimenter la contradiction.
Faut-il que le lecteur devienne le sceptique refusant à tout coup l'adhésion enthousiaste ?
Ne serait-ce pas le moment de trouver un juste rapport entre l’argument et la statistique ?
Quelle est la valeur d’un nombre jeté en pâture à l’opinion ?
Il faut prendre conscience que la statistique ne donne pas une exacte représentation du monde réel. Son usage doit être critique. Il n’est pas nécessairement faux. Encore convient-il d’y introduire les renseignements de tous ordres et préciser sa portée.
Ce qu’en général personne ne fait.
L’algèbre des concepts, exclut trop souvent la confrontation avec l'observation. Elle aboutit souvent à des impasses.
Dans un monde d’affairistes, la statistique s’exprime en valeurs de caste ou de classe. Elle sert à masquer les privilèges. C'est récemment que se publient les salaires et les revenus les plus importants ; alors que les revenus des patrimoines avec le secret bancaire restent encore confidentiels.
Les moyens d’étudier certaines statistiques ne sont pas réunis en raison de blocages culturels et politiques. Qu’est devenu le recensement linguistique qui était pourtant une source d’informations capitales pour des financements appropriés des Communautés ?
On ignore même souvent comment sont réparties les primes des hauts fonctionnaires ! Les aides de l'Etat aux entreprises sont moins bien publiées que les crédits accordés par les banques. Le fonctionnement des groupes d'entreprise, et notamment les échanges entre la partie nationale et la partie étrangère des multinationales, sont ignorés.
Le ministère des finances est un lieu où l’opacité est la règle et la lumière, l’exception.

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La vie interne des entreprises est mal cernée par la statistique faute d’éléments.
Les Conseil d’entreprise qui se battent contre des licenciements ignorent tout des moyens et des prévisions industrielles des grands groupes dont ils font parties, parfois à leur insu.
Les indices des prix, le niveau du chômage, sont journellement contournés et faussés.
En Europe, on ne sait pas décrypter dans l’avalanche des statistiques résultant de la situation économique en Amérique si ce pays est en simple récession ou en crise économique grave.
L’utilisateur naïf de la statistique est victime du technicien borné, du maniaque numérique, du scientisme naïf et du manipulateur professionnel qui polluent le milieu.
En servant de pur relais, l’information se rend coupable de collaborationnisme avec le pouvoir en place. Cela ne se fait pas toujours sciemment ; mais, intention ou pas, les dégâts sont évidents.
Les manipulations de la statistique par les différents pouvoirs, sont un hommage que le vice rend à la vertu.

22 mars 2008

L’instinct des bêtes…

C’est une armée mexicaine ce gouvernement Leterme : 15 ministres et 7 secrétaires d'Etat, dont certains n’ont pas de poste défini. Pour récompenser Chastel, Reynders lui a trouvé un secrétariat d’Etat… Le job est gratiné : préparer la présidence européenne de 2010 ! Après 2010, s’il plaît toujours à son maître, il sera secrétaire d’Etat pour faire le bilan de la présidence européenne, et ainsi de suite... Quand on sait qu’un secrétaire d’Etat gagne la même chose qu’un ministre, Reynders y va fort avec nos ronds !
Cela valait le coup de crier au scandale dans les couloirs de la maison Communale de Charleroi, hein ! Chastel. Voilà qu’il va nous coûter plus cher que nos concussionnaires favoris !
La bande des 22 est un gang qui va tarir nos économies… sans compter les dégâts collatéraux qui dévalent d’Amérique et qui fondront sur nous au prochain trimestre.

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Avec les ministres régionaux fourrés dans les trois communautés, plus Bruxelles, on ne peut pas dire que c’est la crise de l’emploi en Haut-lieu !
Pour faire quoi ?
Ce n’est pas Leterme qui nous l’apprendra dans sa déclaration gouvernementale. Son récital sans une once de feuille de route était un prêche vertueux et civique.
Alors, Leterme, Savonarole ou père Dupanloup ?
Plutôt petite frère de Manage dont on connaît l’ardeur pour la jeunesse…
On verra ça en juin/juillet… gare à nos rondelles !
C’est quand même fort d’obtenir la confiance des partis sur rien de précis que de vagues intentions en neuf mois de palabres. C’est du jamais vu. Si quelqu’un en-dehors de Leterme est au courant, qu’il lève le doigt !
Préparons nos mouchoirs. Avec des gens d’aussi peu d’envergure et aux intentions secrètes, outre les peaux de bananes dans les antichambres, c’est toute la Belgique qui va sentir passé le vent sournois de l’incompétence glorieuse.
Parfois on se demande, plus les gars sont diplômés de tout, plus ils sont cons ! Les avocats, pire que les économistes et les licenciés, tous sortis premiers de chez Carrefour…
Reynders a relu Chamfort et Cioran pour les petites phrases, pour peu que sa bile chagrine soit bien compacte, les collègues CDH et PS du ponton Leterme n’ont pas fini d’essuyer les glaviots du libéral.
Du coup, les Ecolos, dans l’opposition, n’auront aucune peine à rempiler aux prochaines élections. Ils passent trois ans de vacances à nos frais, évidemment, puis réapparaissent juste avant les urnes dans les écoles. C’est du tout cuit.
Le trombinoscope nous présente des vieux replâtrés en nouveaux.
Le dernier des Melchior fait son petit Wathelet au gouvernement, comme secrétaire d’Etat entre Leterme qui se méfie et Milquet qui le materne.
Tiens Milquet. Elle n’en voulait pas, alors que tout le monde savait qu’elle en mourait d’envie. Le rôle de composition qu’elle nous fit, son bureau l’implorant de remplacer Josly Piette !… C’était Antigone de Sophocle en pleine crise thébaine !...
Elio dans son mixage rock n’ roll a choisi la jardinière de printemps, pour Bètchette en vente rapide. Trois femmes et le nouveau play-boy, on y sent Arena en instance... d’un grand destin. Ce PS-là a toutes les chances d’encore perdre des voix aux prochaines élections. L’aigle de Mons hésitant entre l’opposition et la soupe aux pois, a choisi la soupe. Le contraire, c’est-à-dire une sage opposition et un ressourcement dans l’opinion auraient mieux valu. Mais, quand on a les trois grâces et le danseur étoile à nourrir, on préfère Casse-noisettes.
Bref, cet Etat avec ce gouvernement sent l’asticot, le faisandé… Il n’y a plus rien à y faire pour le peuple, une certaine idée propre de la démocratie, et un désir de progrès qui ne soit pas du PIB. Il n’y a plus rien qu’un pot-bouille d’intérêts sordides liés par une sauce lapin qui a la frousse.
Un gouvernement déjà enterré presque en naissant, l’ouverture de la chasse est précoce cette année.
Les Flamands ont déjà le doigt sur la gâchette.
Madame Houart teinte ses draps de lit aux couleurs nationales.
Gendebien bat le tambour à Valmy, est attendu à Jemappes. La liste des futurs départements français est prête. On attend le Consulat, ce sera l’Empire… Sarko veut bien. Villepin a vendu sa collection. Il y a une place de Napoléon à prendre.
Hier, le chien de mon voisin m’a mordu !
Pas étonnant, c‘est un malinois…
L’instinct des bêtes, ça ne trompe pas.

21 mars 2008

Attali au rapport !

On l’avait oublié, mais quand Attali fait son Jacques, il convient aux populations d’applaudir.
C’est ce que je fais avec un petit retard, mais le génie profond de ce rapport ne m’était pas apparu dès sa parution. Il en a toujours été ainsi des vastes entreprises, l’esprit des foules n’y est pas prompt !
Le soufflé étant retombé à la suite des menaces de grève des chauffeurs de taxi indignés des mesures préconisées, le rapport Attali pourrait enfin être vu sans passion et jugé pour ce qu’il est : à savoir un prétentieux à planer au-dessus de la pensée occidentale, sans vraiment offrir de garantie sur le sérieux des 45 personnalités qui ont co-signé avec le nouveau génie, les 245 pages élucubrant l’avenir du progrès social, scientifique et économique.
On sait ce qu’il en advient presque toujours des réflexions métaphysiques quand elles sont traduites dans les faits confrontés aux projets.
C’est bien là une vanité supplémentaire du Pic de la Mirandole français d’accepter de pondre une fresque des illusions de l‘Etat parfait, sous la forme d’un rapport « des améliorations de la vie des Français par un certains nombres de mesures dont beaucoup devraient faire force de lois ».
Ce rapport fut remis dans les mains du chef de l’Etat à un moment solennel où il était encore populaire, d’où l’euphorie de celui-ci et assurer le grand homme qu’il sera suivi en tous points.
Les Taxis en auront jugé autrement.
On ne peut augurer du reste.
Pour s’en convaincre, s’il faut en croire les lecteurs, le rapport Attali n’est pas un succès de librairie. Mais on peut le lire sur la Toile.
La première chose qui saute aux yeux réside dans l’absence complète du sens des réalités d’un monde qui se situe quand même aussi ailleurs qu’en France et qui pèse sur les paramètres à considérer. Le PIB du futur n’intègre pas les désordres de la mondialisation, les injustices et les gaspillages, l’évolution la plus certaine comme la rareté prochaine des huiles minérales, le réchauffement climatique, les destructions irréversibles de l’industrie conduisant à des désastres écologiques, etc.
C’est une carte du Tendre où Attali se promène avec Madeleine de Scudéry tendrement enlacés sur des vertes prairies placées là, grâce aux plus de 300 mesures du conte de Charlie et la chocolaterie. Il foule du pied un gazon idyllique sans se rendre à l’évidence qu’il écrase au passage les insectes que nous sommes. Ce n’est pas un meurtrier, non, mais un inconscient !

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Certes, elle est belle, ainsi décrite, la croissance française. Le malheur, comme tous les contes de fée, elle n’est pas réaliste.
Il est vrai que le grand homme nous a prévenu : « Ceci n’est ni un rapport, ni une étude, mais un mode d’emploi pour des réformes urgentes et fondatrices. Il n’est ni partisan, ni bipartisan : il est non partisan ».
Voilà bien une entrée en matière burlesque, puisqu’il remet solennellement un rapport au président de la république qui n’en est pas un !
Le savant est donc non partisan… comment va-t-il préconiser des mesures s’il n’est pas partisan ? Est-il concevable de « libérer la croissance » tout en affirmant ne prendre aucun parti ?
On devine que pour rendre l’image attalienne de l’économie acceptable pour tous, il faudra l’idéaliser comme un but humaniste et universel.
C’est une idée de la gauche molle que défend Attali qui consiste à vouloir rendre un sens humain et moral à ce qui n’en a pas, mieux qui n’en a jamais eu et ne peut en avoir sous peine de ne plus s’appeler le capitalisme !
Du coup, cet homme de gauche qui vient de passer à droite mais « avec une idéologie socialiste intacte » veut « libérer la croissance » ! Seulement pour la libérer, il a oublié que le seul moyen est de libérer l’économie des hommes qui la compose. C’est ce que l’économie mondialisée fait en détruisant les emplois, en émigrant dans les pays sans système social et en méprisant les travailleurs qui font sa fortune et qui sont moins rémunérés les bras plongés dans l’huile que les simples paperassiers qui les diligentent.
Il feint de l’oublier ; car, bien entendu, le rapport « qui n’en est pas un » n’est là que pour ajouter un rayon à sa gloire.
Le rapport parle de la croissance comme un joujou indispensable, sans se préoccuper des effets pervers à longs termes d’icelle, mieux, de son impossibilité dans un avenir pas trop éloigné :
« La croissance de la production, cependant, est la seule mesure opérationnelle de la richesse et du niveau de vie disponible, permettant de comparer les performances des différents pays. Par ailleurs, cette mesure est fortement corrélée avec l’innovation technologique, indispensable au développement durable et à la réalisation d’autres objectifs de développement (santé, éducation, services publics, etc.). »
A ce niveau, le rapport est proprement un outil qui va accélérer la dévastation du monde, une arme parfaitement libérale et imbécile, celle qui mène les peuples par le bout du nez et qui est synonyme de désastres futurs !
Cette objection écartée d’un revers de main, Attali et ses compères retombent dans les cogitations les plus sottes de nos économistes contemporains révérés des Autorités : plus de concurrence, plus de compétition, plus d’innovation technologique, plus de libéralisation, plus de marchandisation, moins de règles pour plus de tout…
Franchement, si Attali représente l’intelligence en mouvement et la partie la plus brillante de cette intelligentsia française qui ne donne pas ses leçons à moins de 10.000 euros par mois (et encore c’est pas cher), on se demande dans quel pays on est ? Il suffirait au reste de la population d’une moelle épinière pour obéir aux ordres, le cerveau n’étant plus nécessaire au plus grand nombre, quand l’élite en a autant !

20 mars 2008

Pax germanica ?

On peut remiser les drapeaux, se foutre à nouveau de tout, râler sur la vie chère et reprendre un traitement sans stress pour essayer de ne plus fumer, nous avons un gouvernement !
Il ne paie pas de mine et il a trop été attendu pour que nous en soyons enthousiastes, mais l’essentiel, c’est qu’il existe.
C’est bien la première fois dans l’histoire courte mais pathétique de ce fichu pays, que les organisateurs de notre avenir ont senti l’extrême urgence de sortir des querelles pour afficher leur réussite à former un gouvernement.
Certes, le résultat n’est pas terrible et on doute qu’il aille jusqu’au bout de la législature, pourtant bien entamée. Enfin si tout ne baigne pas, au moins sommes-nous en train de revenir à une normalité apaisante.
Signe que les négociateurs ont eu chaud devant l’opinion grondante, tous ont parlé en priorité de l’adaptation des salaires et pensions au coût de la vie, par un petit pourliche…
Même Chastel, le nouveau toutou de son maître, a reconnu que cela devenait difficile de ne pas faire autrement, après avoir ergoté sur les améliorations et soutenu les salaires de 2.500 à 3.500 euros, histoire de ménager la clientèle libérale ; car, oui, il paraît que c’est la catégorie laborieuse qui vote le plus pour le MR !
C’est un geste. Qu’on ne s’attende pas à des miracles. Les gens qui nous gouvernent ont de trop gros besoins pour nous laisser espérer grand chose.
Ce n’est pas pour demain que les vieillards au minimum pension iront se refaire un bridge chez le dentiste.
Les gens ne sont pas bêtes, ils voient bien que ce n’est pas parce qu’on a été le héros de 800.000 Flamands que l’on peut faire un premier ministre assez adroit pour concilier l’eau et le feu et faire comme si les antagonismes de culture entre les deux communautés n’existaient plus.
Evidemment, si Leterme avait eu devant lui une majorité wallonne composée du seul Reynders, cela aurait été plus facile pour la Flandre de nous plumer. Comme ce n’est pas le cas, Leterme a repris la méthode Verhofstadt qui consistait à remettre à plus tard les poils à gratter du jour. Aujourd’hui, les frigos débordent. Je souhaite bien du plaisir aux frigoristes qui vont interrompre la chaîne du froid vers la mi-juin, ou juillet au plus tard. Le bruit que cela promet fera que même en Grèce ou en Tunisie, les touristes belges auront leurs vacances gâchées !
La question du jour est de savoir en quelle langue le premier ministre va accomplir sa prestation de serment jeudi matin. S’il lui reste un soupçon de bon sens, il la fera dans les deux langues.
On voit par un détail qui, en d’autres temps aurait été superflu, comme les choses vont mal dans cette désignation résignée de quelqu’un qui ne peut oublier d’avoir été le président de l’exécutif flamand.
C’est avant tout sur ce destin qu’il faut revenir, parce qu’il inquiète.
Leterme est la victime de son succès dans une seule partie du pays. S’il ne se conduit pas comme la Flandre l’entend, ses partisans lui retireront leur confiance ! Le délai est court. D’ici juillet, il n’a que quatre mois… C’est dire comme cette pression, venue de Flandre, pèsera sur les négociateurs wallons qui sont loin de ressembler tous à Reynders. Le président du MR braderait tout pourvu que l’on pourvoie au sort des classes moyennes supérieures et des entreprises.
Condamné à réussir écrivent les journaux.
Condamné certes, mais c’est la quadrature du cercle, cette condamnation-là, !
Tant qu’à faire, les Wallons préfèrent sans doute Leterme condamné, plutôt que la Wallonie. On ne voit pas la possibilité d’une réussite des deux, tant les intérêts de l’un vont à l’encontre des intérêts de l’autre.
Madame Houart aura quelques drapeaux à coudre d’ici les vacances.
Franchement, la solution n’est-elle pas de séparer les destins, quand deux entités ne s’entendent plus ?
A-t-on déjà imaginé quel serait le raffut en Flandre si, au lieu de Leterme, cela avait été Rudy Demotte, son homologue à la Région wallonne, premier ministre ?
Alors, au lieu de perdre du temps en ravaudant un Etat belge en quenouilles, si on essayait de s’entendre sur une séparation à l’amiable ?

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Cette idée n’inclut pas directement des douaniers aux frontières et le sciage en 6/10 pour l’un et 4/10 pour l’autre, du patrimoine national ; mais, au contraire, une séparation raisonnée et méthodique, d’autant qu’elle pourrait être progressive, sous l’aspect premier d’une confédération que les Flamands veulent et que nous ne voulons pas, pour des raisons fausses, masquant une peur irraisonnée d’être maître de notre destin.
Les plus « aventureux » des Francophones veulent, comme Olivier Maingain, que ce soit la Flandre qui nous largue et que nous gardions la dénomination Belgique avec drapeau, dynastie et tout le saint tremblement. Est-ce réaliste ? En voulant donner tous les torts à la Flandre, nous excluons toute possibilité de rendre la chose possible. Nous les forçons à faire usage de leur majorité pour nous imposer leurs vues, sans aucune contrepartie.
Est-ce raisonnable ?

19 mars 2008

Le vote sanction et puis après ?

J’ai failli rater les élections françaises !
Quand je pense aux lecteurs français, j’ai un peu honte à leur dire que je n’ai guère été passionné. Avec une abstention record, on peut dire que je n’étais pas le seul.
Les uns minimisent leur déculottée en soulignant que les élections étaient locales, les autres s’en vont répandre partout qu’ils ont gagné, tant certains électeurs étaient fâchés avec le vote qu’ils avaient fait en faveur de Sarko pour la présidence.
A les voir s’agiter - on se rappelle le soir de l’élection présidentielle de l’année dernière - on allait voir quelque chose. On n’a rien vu. Au contraire, ils se sont défaussés dimanche en sanctionnant l’UMP.
Mais comment comprendre alors la dégelée de Bayrou à Pau et ailleurs du MODEM ?
Il y a eu de tout. Les uns ont voté pour le maire sortant quelle que soit son étiquette, comme Juppé à Bordeaux, pourtant dans la panade aux législatives, d’autres pour un adversaire du maire parce qu’ils estimaient qu’il n’avait pas fait un bon boulot, enfin les déçus du sarkozysme ont émis un vote sanction national. Reste que Bayrou ne comprend rien à une bonne stratégie au centre. Son intransigeance est proprement suicidaire.
Le folklore a été respecté à Perpignan. « La fraude est dans les chaussettes » a titré Marianne à propos du président du bureau de vote numéro 4 pris en flagrant délit de bourrage des urnes et arrêté. L'opposition dénonce des fraudes massives de l’UMP, mais le scrutin a été validé…
Les Français sont d’étranges créatures, tantôt ils admirent le people et voient dans le président un homme qui sait y faire avec les médias, ses femmes, ses enfants et son côté glamour ; puis, ils ne supportent plus de le voir sabler le champagne sur le yacht de Bolloré. Il est vrai qu’il avait déclaré, tout de suite après le cadeau fiscal aux grosses fortunes, que les caisses étaient vides pour des remises à niveau des bas salaires et des pensions.
C’est ça la désillusion : plus rien n’intéresse, tout s’obscurcit et le charme de Carla, supérieur à celui de Cécilia, n’agit plus sur l’électeur.
Les transférés volontaires de la gauche à la droite qui se croyaient peinards pour dix ans se demandent s’ils ont misé sur le bon cheval.
Jack Lang à deux doigts de franchir le Rubicond a bien fait d’attendre. Il peut poursuivre ses ricanements à propos des déclarations de Ségolène Royal sur TF1. Il s’en est fallu de presque rien qu’ils fussent légitimes comme ceux d’Eric Besson.
Les électeurs en désamour se souviennent de toutes les promesses et ils n’aiment pas avoir été mis en boîte. Pourtant cela crevait l’écran.
J’ai flairé l’imposture le jour où le candidat Sarkozy s’est mis à en découdre sur mai 68 pour racoler les électeurs de Le Pen. Pour un type qui trimballe des enfants de trois lits, qui divorce et se marie sur trois mois, on peut dire qu’en plus d’être bling-bling, c’était typiquement s’afficher pour la liberté découverte en 68 par les étudiants.
La suite va être gratinée. Car devenu impopulaire, comment va-t-il faire passer les réformes qui le sont tout autant, alors que la crise américaine a déjà des répercussions sur l’économie européenne ?

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Ce n’est pas faux de la part de François Hollande d’affirmer qu’à ce titre, c’est bel et bien à un vote contre une politique générale qui inquiète l’opinion.
La balle serait dans le camp de la gauche si le principal parti qui la compose avait un plan et rassemblé ses militants avant d’avoir fait des alliances avec toute autre composante de celle-ci.
On sait la difficulté de tous les partis socialistes de l’Union Européenne de se démarquer du capitalisme ambiant, pour ne pas trop s’étonner des hésitations dues à la situation ambiguë où ils sont tous.
Sans un programme fort et raisonné du PS, ce qui différencie le PS de l’UMP sera de moins en moins perceptible par les Français.
Il faudra bien plus que les minuscules différences actuelles - puisque tous les militants du PS sont bien d’accords sur les lois du marché et la glorification du profit – pour sentir le frémissement d’un changement.
Mais, il est possible que ce soit l’UMP qui provoque ce changement avec la poursuite chaudement impopulaire des réformes du gouvernement Fillon.
L’Elysée remanie, alors que la défaite avait été minimisée et circonscrite aux villes et communes.
C’est le signe qu’ils ont senti le vent du boulet.

18 mars 2008

Leterme-Reynders : la mouche à deux culs !

Dans cette grange qui brûle, le futur gouvernement en est déjà à sauver ce qui peut l’être !
Et dire, qu’on n’a pas encore abordé les questions qui fâchent, comme BHV et les autres projets confédéraux flamands !
Les pompiers s’affèrent sur ce qu’on a pu épargner et ce n’est pas simple. Restera à retirer des flammes ce que l’Octopus et les Sages pourront… sacré boulot. D’autant qu’on sait que certains pompiers sont des pyromanes maniaques.
La méthode Leterme est brouillonne, imprécise, on ignore où il veut arriver. Alors, on imagine et comme en ce moment on broie du noir…
« Mis au courant » du moindre mot et de la moindre intention, le public ne sait rien du dessein de fond, et la presse non plus. La Flandre est un sphinx qui se moque de nous.
Est-ce qu’elle la veut encore cette fichue Belgique ?
Ou bien celle-ci se réduira-t-elle comme Olivier Maingain le subodore à Bruxelles et la Wallonie, les Flamands étant occupés à fonder leur nouvel Etat ?
L’électeur en retire l’impression qu’on sombre dans le surréalisme linguistique. Les Wallons n’ont pas fait tant d’histoire à la mort de leurs patois.
Sauver les meubles devant les héritiers sidérés, voilà ce que l’on perçoit des gens qui tentent de faire croire qu’ils nous représentent, en courant dans les flammes.
On pourrait même dire que la priorité aux questions constitutionnelles et institutionnelles s’est déplacée vers la criante faillite sociale actuelle.
Au dixième mois de la crise, on en est encore à s’interroger sur la manière d’améliorer le pouvoir d’achat. Si au moins ceux qui en discutent avaient faim ? On l’aurait tout de suite, la solution. Ah ! la question serait vite réglée.
Comment se mettre à la place des pauvres avec les salaires qu’ils se font !
Les Libéraux l’affirment : on n’est pas riche quand on en gagne 2.000 euros par mois. Certes, répliquent les humanistes socialistes et les socialistes humanistes (ne pas confondre), n’est-il pas urgent de secourir ceux qui en ont le plus besoin, les 15 % de citoyens en-dessous du seuil de pauvreté (presque le même pourcentage qu’aux USA !).
C’est le sujet d’une fable. Celle de deux bourgeois obèses qui sont d’accord de secourir un pauvre qui meurt de faim sur le trottoir. L’un veut le remettre debout avec une bonne soupe aux pois, l’autre prétend qu’un Louis d’or dans la main serait plus adéquat.
La dispute dure. La soupe ne se fait pas et le Louis reste dans la poche de l’autre.
Quand les deux bourgeois obèses se décident enfin d’agir, ils se penchent sur le pauvre : celui-ci est mort !
Les Horace et les Curiace, qu’entre parenthèse nous avons élus, en sont là.
C’est un peu une manie politicienne mondiale Les massacreurs chinois s’activent au Tibet. On parle de boycotter les jeux olympiques. Surtout pas disent les firmes qui ont investi des millions de dollars. Allons-y et faisons leur la morale.
Pendant ce temps, les tibétains se font assassiner et meurent sous les regards apitoyés des moralistes démocrates qui s’invectivent.
En Belgique, c’est pareil. Les partis byzantins vont tout détruire à force de faire des plans sur la comète.

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On voit bien jusqu’où peuvent aller les fameux compromis à la belge : la paralysie totale.
Moi qui ne suis pas royaliste pour un sou, j’en arriverais presque à confectionner les petits drapeaux de madame Houart, ou à me jeter dans les bras des rattachistes en criant vive la France, tant il n’y a pas pire que nos athlètes politiques refusant l’obstacle.
Tout, sauf l’immobilisme…
Prenons le notionnel. Allez expliquer le notionnel aux gens avec un baril à 106 dollars ! Ce qu’on sait, c’est la façon dont vivent ceux qui seraient les bénéficiaires du notionnel. Tout le gratin à la montre Reynders est pour le notionnel. Qu’ils s’en mettent un peu plus dans les poches ne changerait pas grand chose à la médiocrité de la vie du plus grand nombre, peut-être, mais un Etat mis en coupe réglée au nom du commerce et de l’industrie avec des millions de travailleurs esclaves de la chose, c’est ajouter une lanière de plus au fouet qui sert à ranimer nos ardeurs défaillantes.
Alors que l’homme du notionnel aille se faire foutre.
Un autre volet dans une maison qui en compte beaucoup, celui de la justice.
Bètchette Onkelinx s’en est sortie après avoir multiplié les propositions et les lois que n’auraient pas désapprouvées Chastel, le brave soldat Svejk de Reynders, dont certaines sur les armes d’une absolue bêtise. La voilà spécialiste ailleurs, mais la machine court toujours.
Tous s’agitent autour du volet de la libération conditionnelle, dite « loi Lejeune ».
Tout le monde sait qu’un condamné à trente ans, n’en fait que dix. Pourquoi ne pas le condamner aux dix ans qu’il fera, quitte à lui mettre une petite rallonge s’il n’y met pas du sien, dans le courant de sa peine ?
Enfin, j’arrête ici tant la conclusion saute aux yeux.
Les partis ne sont d’accord sur rien, parce que dans le fond, ils sont d’accord sur tout : sur le partage linguistique, sur la façon de gérer une démocratie d’apparence, sur le système capitaliste, Flamands et Francophones confondus. Il n’y a plus de différence entre la gauche et la droite ou si peu. Et c’est ce « si peu » qui les gonfle à bloc et qui nous les montre parfaitement enragés parce qu’ils se refusent à se voir complices. Reynders accuse Di Rupo d’être sans programme et Di Rupo s’acharne sur la méthode Reynders. Mais si, ils ont chacun un programme. A quelques nuances près, ils sont identiques. Ils ont leurs répliques en Flandre où même la fleur de nazillons qui croît du côté d’Anvers est pour leur méthode, leur ordre, leur discipline et leur goût pour le capitalisme actif. Ils ont aussi en commun des barèmes de salaires identiques qu’ils défendent au Nord comme au Sud, du même et ardent cœur, puisqu’ils sont communs. S’il n’y avait qu’un accord…
Leterme-Reynders, la mouche à deux culs, ou encore Reynders-Di Rupo, la bête à deux dos, et ainsi de suite…
C’est le même bouillon de culture politique en France, avec un PS sans voix et pour cause…
Les Flamands seraient davantage plus à droite ? Mais nos édiles francophones le sont aussi, sauf qu’ils le sont moins visiblement pour ne pas froisser la sensibilité des électeurs.
Alors, ce gouvernement ?
Dommage qu’il n’y ait pas un Olivier Besancenot en Belgique. Lui au moins ne cultive pas la nuance, il pense autrement pour faire autre chose. Au moins l’opposition aurait quelque chose à dire…
Si Di Rupo en avait, il pourrait faire l’échange de coach et demander Besancenot à la Ligue contre Magnette, le play-boy suffisant en qui le Bureau du PS voit son sauveur !

17 mars 2008

Les neiges d’antan…

Avant, on savait dire les choses… et pas que des politesses, pipi de chat les « après-vous, je n’en ferai rien ». C’était bon pour les notaires, chez eux, au remord de tromper leur femme, et les garçons de café, quand on leur donne un bon pourboire.
La politesse avait quelque chose de supplémentaire : l’esprit !
Celle du prince de Conti « Allons, il est temps que je me retire ; autrefois mes simples politesses étaient prises pour des déclarations ; à présent, mes déclarations ne sont plus prises que pour des politesses ».
Cela ne se comprend plus de nos jours, même sous la simple forme polie de l’art de dire.
Hélas ! la vulgarité est dans tout.
On ne sait même plus avoir le sens du commerce dans la conversation ! Pas celui de l’épicier, mais celui de Talleyrand « Il y a trois sortes de savoir : le savoir proprement dit, le savoir-vivre et le savoir-faire ; des deux derniers dispensent généralement du premier ».
Jadis même l’imbécile passait pour intelligent. Aujourd’hui, l’intelligent passe pour un imbécile.
On ne sait plus dire. Les mots se sont perdus.
Les séances de rappel de nos réminiscences accusent des déficits. Le Huron de Voltaire serait bien inspiré d’aller voir la misère dans la rue, avant d’ouïr les débats philosophiques d’un café philo. A croire qu’il ne se passe rien et que quoique insipides, les temps sont désignés par l’inculture comme merveilleux.
Où sont les commentaires, les grands récits, le déferlement des idées, les prolégomènes de l’aventure sociale, les philosophes musclés ?
Le mot d’ordre est simple : soyons neutres ! C’est un bruit de couloir qui débouche dans les grandes salles, s’enfle : soyons neutres. C’est-à-dire restons ternes, puisque c’est la seule manière de gagner sa vie à l’ère libérale !
Jouons les imbéciles : ne nous faisons pas remarquer !
Que ferait Flaubert en conversation au café du Commerce « De toute la politique, il n’y a qu’une chose que je comprenne, c’est l’émeute. Fataliste comme un Turc, je crois que tout ce que nous pouvons faire pour le progrès de l’humanité ou rien, c’est la même chose » ?
On le prierait d’aller ailleurs jouer sa partie de Jacquet.
Un beau sujet pour les jeudis soirs de nos actes manqués, de la part de Montesquieu « Il faut pleurer les hommes à leur naissance, et non à leur mort »… Ce que c’est que ce siècle ! Une phrase n’est qu’un gant de chevreau pour un bel esprit, dit au « Soir des rois » le grand Will. Il serait surpris de voir ce de quoi nous nous gantons !
C’est gagné ! « Le monde est devenu sans mystère » dit Berthelot… mais c’est à force de les ignorer.

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C’est aussi la bassesse des buts poursuivis en politique. Depuis Saint-Simon « Les scélérats du premier ordre se sentent de loin homogènes jusqu’à un certain point, se connaissent, se lient jusqu’à ce qu’à la fin le plus adroit étrangle l’autre », il n’y aurait rien de changé dans la réalité moderne, si les hommes pouvaient prêter attention aux « Mémoires » de Louis de Rouvroy. Mais, ils ne le peuvent pas. Les siècles passés loin d’éclairer leurs pensées, se sont éteints dans les mémoires faute de mèches. C’est ainsi qu’ils vivent accablés d’un mal qu’ils répugnent à désigner, le défaut du sens critique appelle l’ignorance.
C’est comme si nous n’étions les héritiers de Diderot et d’Alembert que par les côtés de l’encyclopédie qui traitent de la productivité !
L’homme ne peut prédire le futur, mais il peut l’inventer.
Notre esprit inventif s’est borné à chercher nos solutions dans un autre hypothétique.
Accablés par le capitalisme nous en voilà les laudateurs.
Nous ne sommes plus certains de mourir un jour, puisque la mort est réduite à un événement pseudo-culturel absurde, s’oppose à la rentabilité et offense les visées rationalistes. La mort est incongrue dans une société braquée sur l’efficacité et le progrès (L.V. Thomas).
Aristote, Descartes et Auguste Comte nous ont enclos dans une spire infernale dont on n’entrevoit pas l’échappatoire tant nous sommes conditionnés à poursuivre, bernés par l’illusion de maîtriser la mort en maîtrisant le monde.
Comme a écrit Ronsard quand ne se dressait plus que son porte-plume :
Ma douce jouvence est passée,
Ma première force est cassée,
J’ay la dent noire et le chef blanc,
Mes nerfs sont dissous, et mes veines
Tant j’ay le corps froid, ne sont pleines
Que d’une eau rousse au lieu de sang.
Brel chantait la même chose : « j’me rentre chez moi, l’cœur en déroute et la bite sous l’bras ».

16 mars 2008

Propriétaire soluble cherche locataires solvables.

-Mon prince, un éminent soutient des montres. Vous, que soutenez-vous ?
-Je soutiens naturellement mes fondations sur lesquelles sont fondés beaucoup de mes besoins.
-C’est-à-dire que vous ne soutenez que vous-même ?
-Dans un pays qui déplore près de 15 % de pauvres, il faut prendre des précautions.
-Mon prince, je vois une échelle dressée contre un mur de votre jardin, faite de plusieurs sortes d’échelles. C’est bizarre, non ?
-C’est un montage étonnant que j’étudie de façon pratique dans mon jardin.
-Pour monter quoi ?
-Monter, c’est bon pour la santé. Je recommande de monter quand on le peut. Les montages ne concernent que moi et la princesse.
-La villa devant le volcan ?
-C’est pour monter au plus près du cratère.
-Et les montages de sociétés ?
-C’est dans le même but.
-Et quand vous êtes au sommet que faites-vous ?
-Je redescends.
-Pour chercher quoi ?
-Des locataires pour un de mes montages.
-Des locataires montent avec vous ?
-Cela m’est arrivé. Mais c’était avant la princesse. Maintenant je monte seul ou en sa compagnie.
-Redescendu, vous trouvez facilement des locataires ?
-Ils veulent tous signer le bail avec moi pour avoir ma signature.
-Vous ne la donnez pas ?
-Non. Parce que je n’apparais jamais dans les montages !
-Pourquoi ?
-Bon prince, j’en laisse le soin à d’autres.
-A quoi cela vous sert-il ?
-A entretenir ma forme.
-On a parlé d’un réseau opaque !
-Vous me faites penser à une nouvelle société que je viens juste d’imaginer.
-Laquelle ?
-La SRO. Société des Réseaux Opaques. C’est un montage qui serait chargé de jeter l’opacité sur les autres sociétés. C’est à cause des ragots qui traînent dans les gazettes et que je lis parfois à la lumière du Stromboli, vous comprenez ? Les gens sont si envieux !
-Mon prince, vous êtes au-dessus de la mêlée.
-Et ce n’est pas de ma faute. J’avais postulé un emploi de nuit à Forrest, chez Volkswagen…
-Pourquoi de nuit ?
-Afin de passer inaperçu… et cela ne s’est pas fait.
-A cause du licenciement d’une partie du personnel ?
-Non. Mais parce que mon statut me l’interdit.
-Vous êtes bien le seul Belge à qui on interdit de travailler.
-Alors, il faut bien que je travaille au noir…
-Pourquoi ne faites-vous pas de la publicité.
-Les montres, c’est déjà pris. J’avais envisagé de faire de l’humanitaire payant.
-Vous voulez dire qui aurait payé, c’est-à-dire qui aurait profité aux populations déshéritées ?
-Je suis moi-même un déshérité.
-Déshérité, je ne comprends pas ?
-Oui, quelqu’un à qui on refuse son héritage.
-Alors l’humanitaire payant ?
-Pour moi. Par statut, je vis sur un grand pied. Si je vivais sur un petit pied, vous verriez comme on jaserait plus encore.

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-Et la politique ?
-Pareil. Je suis interdit d’opinion.
-C’est terrible !
-Non. Pas du tout. Le MR vous donne-t-il envie d’avoir une opinion ? Et c’est le seul parti que je pourrais pratiquer sans déchoir ! Apolitique permet de me concentrer à l’opacité de mes conseils.
-Vous voyez bien que vous en êtes !
-On me demande des conseils. Je les réunis dans des classeurs. Je les dépose dans le noir sur mon bureau. J’ignore qui passe quand je n’y suis pas. Ces inconnus sont sur un grand projet.
-Lequel ?
-Lotir le parc de Laeken.
-Vous connaissez les locataires actuels ?
-Un peu.
-Vous croyez qu’ils céderont ?
-Des logements sociaux à deux mille euros de loyers pour 110 m², peu résisteraient à ce rentable-là, et puis je connais les besoins des locataires-propriétaires.
-Encore un montage opaque ?
-Non. Un moyen de sauver les meubles.
-Quoi, vous faites aussi dans le déménagement ?
-La princesse et moi avec ma camionnette, on rend service. Ainsi, l’autre jour, on a déménagé mon frère. Il avait des babioles qu’on a été cherchées à Anvers…
-Toujours à faire plaisir, en quelque sorte…
-Vous ne connaissez pas un amateur d’un buste de Léopold 1er en marbre ?

15 mars 2008

La fête des tâches immenses…

Franchement, cela fait combien de temps que ceux qui devraient nous cornaquer hésitent à le faire ?
Ils se réunissent, discutent, se fâchent, s’aiment, se détestent, tombent malades, s’excluent, se regroupent, font de la pub pour des montres, puis se tirent !
On ne compte plus les jours.
On se lance ou on se lance pas ?
C’est l’histoire du Rosier de Madame Husson qui ne veut pas perdre sa rose (pas celle du PS) et qui finit par s’envoyer tout le monde au hard discount rue de la Loi.
Après Reynders, l’homme qui aimait les montres, et qui ne pardonne pas aux autres ses échecs ; bètchette Onkelinx qui rentre et qui sort des bâtiments hyperfilmés de nos deux chaînes de télé avec toujours quelque chose à dire sur rien ; Milquet présidente contre Joëlle future ministre qui se refuse à tout commentaire tout en faisant des commentaires ; Nestor Burma de Mons, jans serrés sur petites fesses, « qui du sphinx adopta le sourire » pour faire croire qu’il a tout prévu parce que super intelligent ; sans compter les fils de… et les inénarrables constitutionnalistes et je passe sur les compatriotes flamands du grand malade qui veut devenir premier, tous plus ou moins emberlificotés dans leurs racines profondes… il n’y a plus que Madame Houart qui prépare son futur barbecue aux trois couleurs nationales pour y croire encore.
Car, à la tournure des événements, ce n’est même pas certain que fin mars, on aura un gouvernement qui gouverne avec un programme programmé, des actions actionnées, des pistonnés qui pistonnent, bref, la vie politique…
On se figure bien qu’on va en saisir quelques-uns pour la photo autour de Leterme qui, osons l’espérer pour lui, ne sera pas en chaise roulante. On dira sans conviction que c’est là notre nouveau gouvernement qui va s’atteler à des tâches immenses. Plus, les gens sur la photo se disperseront vers leurs territoires, plus la tâche sera immense de les rassembler à nouveau...
De temps en temps, il y aura bien des réunions, des coups de gueule et des bouderies, on pourra se demander, en fin de compte, s’ils ne se sont pas dissous eux-mêmes et qu’on serait à nouveau sans gouvernement sans le savoir ?
Au contraire de la médecine qui n’est efficace qu’à la suite d’un bon diagnostic, la moribonde Belgique risque beaucoup sans réel soin de sa langueur. Son pouls est incontrôlable avec un coeur qui bat dans les deux sens et le testicule gauche wallon plus petit que son testicule droit flamand plus gros.
On ne sait pas ce qu’elle a, disent ceux qui le savent très bien.
Merde, elle a la tâche immense qui croît !
C’est déjà anormal que la Belgique ait des couilles comme un homme !
La moitié du corps – c’est-à-dire le côté wallon souffre d’une dépression dite « perte de l’objet ». L’état schizoïde ne constitue hélas pas une défense. Il représente le pire qui puisse s’abattre sur un individu qui ne dépasse pas le stade oral tardif de la dépendance infantile. L’autre – le côté flamand – la perte de la réalité conduit à un souhait de mort des idiomes de concurrence, résultat d’une déception primaire pendant une vie ultérieure où la langue n’en était pas une. L’état de patoisant folklorique est dur à vivre. Et les traumas sont visibles dès que se franchissent les frontières linguistiques de la folie.
La conjonction de ces états de malades pourfendus et maintenus artificiellement en un corps unique par une seule colonne vertébrale conduit à penser que la Belgique est un monstre de foire hermaphrodite et qui n’a été viable jusqu’à avant hier, que par le hasard et l’instinct de survie des porteurs de cocardes derrière madame Houart !
La partie la plus malade est celle qui au Nord est atteinte de violents sentiments œdipiens voués au père et interdit par la mère et qui a conduit à la défense classique de refoulement.
Condamnée par l’ONU et l’Europe, cette partie malade peut devenir dangereuse par rapport à l’autre. C’est un combat inégal sur l’esplanade de la tâche immense, dont l’issue pourrait être fatale.
Et encore, on n’en est pas aux points qui fâchent réservés pour l'ultime négociation qui débutera samedi matin, pour savoir si on continue avec Leterme sous perfusion ou si on va à l’amputation.

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Madame Houart a une autre version. Elle pense que malgré ses deux couilles inégales la Belgique est enceinte et qu’elle va accoucher d’un bébé qui n’aura aucune des maladies héréditaires qu’on lui suppose, sauf celle qu’elle contracta un jour de 1831 à Laeken, mais celle-là, c’est comme le cholestérol, il y en a un bon sur deux.
La bonne dame veut bien donner le sein à l’enfant qui devrait naître, selon elle, normalement, sauf si quelqu’un de la famille royale s’en charge.
Fabiola est toute en œufs phagocytés. Paola attend une nouvelle chanson d’Adamo pour se décider.
Tous les regards convergent vers Mathilde et Philippe.
Mais Leterme de ses lits d’hôpitaux a gardé l’expérience : une mamelle, comme une infirmière, doit être flamande, sans quoi le lait tourne à l’aigre du discours français.
Finalement, c’est le Vlaams Belang qui a raison : « ces gens-là, on n’en a plus rien à foutre » et cette formule est aussi valable selon qu’on la profère en grande tenue de la Wehrmacht au Nord ou en bonnet phrygien au Sud, sous les lanternes namuroises du pouvoir qu’on y a branché.
Alors, qu’est-ce qu’on attend pour faire la fête, tant que les vieux et les chômeurs ont encore assez de pouvoir d’achat pour se prendre une cuite dans le premier bar venu ?

14 mars 2008

CIRET… les pompes !

(CIRET : Center for International Research on Economic Tendency Surveys.)

On imagine la tête des économistes des années 70, si on leur avait dit que le baril de brut atteindrait 110 dollars 20 en mars 2008 !
On a assez daubé sur la fin du pétrole pour se satisfaire d’une loi du marché qui stipule que tout ce qui est rare, est cher. Le pétrole le devenant, c’est une règle qui s’applique à la situation.
Or, il y a un paramètre que l’on néglige et qui est la chute de l’économie américaine et la dépréciation du dollar.
L’Europe ne paie pas le même tribut à la rareté du carburant que les USA, puisque parallèlement à la montée des prix du brut, la monnaie européenne s’apprécie à 1 dollar 56 pour 1 euro. Les marchés du brut se font en dollars. Quand le brut augmente, nous ne payons que la différence qui existe entre la hausse du prix du brut et son rapport à la disparité entre les deux monnaies.
Par exemple si le baril augmente de trois points et que l’euro progresse de 1 point, nous aurons à payer deux points d’augmentation du baril.
Qu’en est-il en réalité ?
Les consommateurs des USA, malgré leur monnaie déclinante et l’augmentation constante du prix du baril, paient l’essence à la pompe à des taux bien plus bas que les nôtres, puisque le consommateur européen supporte les énormes taxes et accises que les Etats prélèvent sur les carburants afin d’équilibrer leurs recettes, ce que ne font pas les USA.
Cela signifie qu’en termes d’avenir nous sommes perdants sur le consommateur US, sauf si nous alignons les taxes et accises sur celles – presque nulles – pratiquées en Amérique.
Le gouvernement belge a imaginé un freinage des prix à la pompe en modérant la part des taxes prélevées sur l’augmentation des prix des carburants et alloué une prime pour certains contribuables se chauffant au mazout. Bien entendu, c’est tout à fait ridicule et incomparable aux prix pratiqués Outre-Atlantique.

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Il faut en cela déduire deux choses.
La première saute aux yeux : en payant le carburant moins cher que le nôtre, le consommateur US supportera bien mieux que nous l’effet de l’augmentation dû à la rareté du brut. On peut évaluer l’écart à cinq ans, après lesquels les prix deviendront insupportables aussi pour l’utilisateur américain.
La seconde, la plus inquiétante, est l’inversion possible de la tendance à la baisse du dollar. La hausse du dollar pourrait avoir des conséquences redoutables sur nos prix à la pompe.
Si la parité entre dollar et euro redevenait ce qu’elle était au départ, le baril étant à 110 $ 20, nous payerions le baril à 110 euros 20, au lieu des 70 euros 64 aujourd’hui, puisque l’euro vaut 1$ 56 !
Il faudrait immédiatement et obligatoirement supprimer le plus clair des taxes sur l’énergie fossile.
Ce serait un fameux bouleversement d