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31 mai 2008

Affaires classées dans bâtiments classés.

Ce n’est pas parce que pour une fois les peines imaginées par le public correspondent à celles prononcées par la justice dans le procès Fourniret, qu’il y aura dorénavant une corrélation objective entre public et justice.
C’est que la crise de la justice recouvre des réalités qui ne sont pas forcément concomitantes.
Le problème social, avec l’augmentation – parfois controversée – de la petite délinquance des rues, les misères de la justice avec l’habitation vétuste de Thémis et enfin les luttes, voire certaines positions ambiguës, de la magistrature avec les milieux d’affaire et de la politique, les deux étant parfois confondus, placent la justice au sein d’un faisceau contradictoire qui finit par devenir incompréhensible.
Enfin, le bras séculier de celle-ci qui sert au maintien de l’ordre et aux tâches conduites par des juges d’instruction, en un mot, la police, contribue dans son équivoque promiscuité à alimenter les rumeurs et les suspicions, parfois légitime, avec lesquelles le citoyen construit son jugement à son égard.
Car, il y a crise également dans la police et chez les gardiens de prison.
Mais la prééminence sociale des magistrats, outre décrite par la loi pour ce qui concerne leur autorité, s’assoit sur une origine sociale plus élevée que les inspecteurs de police. Cela se traduit dans les faits par un ascendant culturel qui, au contraire des rapports conflictuels dans l’industrie et le commerce entre les employeurs et le personnel, a toujours conduit la police vers des courants plutôt de droite, voire d’extrême droite, sans pour autant négliger un courant plus modéré qui existe aussi, toutefois de façon minoritaire, dans les activités aussi bien de police que de magistrature.
Lorsqu’on parle du déclin social des milieux de la magistrature, on en vient aussitôt à des formes de mépris qui désignent les « petits » juges et la déliquescence qu’il convient de stigmatiser quand le « petit » juge attente à la moralité d’industriels importants ou de politiciens de premier plan, par des réquisitions et des gardes à vue. Les journaux ont tout loisir de répercuter dans leurs colonnes les événements, non sans parfois d’infinies précautions, selon la formule de La Fontaine… que vous serez puissant ou misérable.
Le policiers héritent de noms qui les cataloguent chez les ripoux, quand ils ne sont pas qualifiés de maladroits et de balourds.

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C’est dans ce contexte qu’il faut tailler dans les affaires qui assaillent magistrature et police afin de frayer un chemin moyen dont le seul but est de faire croire à la solidité de l’ordre social.
Cette tâche est dévolue au politique, ce dont il s’occupe très mal, puisque les seules préventions de la délinquance sont des mesures appropriées de son ressort, comme le relèvement des minima d’existence, l’encadrement culturel, la scolarisation et le travail des jeunes, plutôt que l’oisiveté et le chômage, la propreté des rues, etc.
Or, que fait-on ? On ne recrute pas du personnel administratif en suffisance dans les commissariats. On durcit la loi sur les armes, c’est-à-dire que l’on perd son temps à des lois qui n’ont que peu d’effets. On effraie le public par des informations alarmantes sur la sécurité, en même temps que l’on se présente comme le rempart à la délinquance que l’on dénonce. Enfin, on envisage à grand renfort de publicité personnelle la création de nouvelles prisons.
Du côté de la magistrature, on assiste à des records de lenteur dans l’instruction des affaires, si bien que nombre d’entre elles à la limite des délais, finissent par être bâclées.
On encombre les prétoires d’affaires qui ne passeront jamais en jugement, à cause de l’importance des retards. On multiplie les préventives d’une part, et d’autre part, on relaxe des délinquants, parfois dangereux et avec de fortes chances de récidive, par manque de place dans les prisons !
L’indépendance de la justice dont tout le monde nous rebat les oreilles n’est en réalité pas bien comprise de ceux qui ont à s’en plaindre et qui sont pour la plupart les bailleurs de fonds – les contribuables – de ladite justice.
Le secours d’un avocat est hors de prix et le pro deo une mascarade.
L’automobiliste est la proie de choix et le principal « délinquant » en ce sens que c’est lui qui alimente en premier lieu les caisses de l’Etat en amendes et frais de justice.
Tandis que le vol dans les rues par d’habiles pickpockets n’est nullement réprimé et que cela devient un sport national pratiqué par des spécialistes qui rançonnent les foules, hardiment, et bénéficiant d‘une large impunité.
Bref, tout marche de travers et ce n’est pas demain que ça ira mieux.

30 mai 2008

Le Munster baisse ses prix !

Un article d'un certain Munster du journal Le Soir selon lequel la vie était plus chère avant m'a fait bondir. Et je me suis mis à écrire ce qui suit :
« La vie était plus chère avant ! C’est l’économiste (encore un !) Philippe Defeyt qui le dit…
Comment le prouve-t-il ? Il prend comme référence le salaire moyen à trois époques différentes, 1983, 1988 et 2008. Là-dessus, il calcule le temps qu’il faut travailler pour acquérir treize produits de grande consommation.
On est comme ça à l’Institut du développement durable, primesautiers et drôles, histoire d’égayer les gens tristes que nous sommes devenus…
Je ne sais pas qui paie Defeyt pour ses mirobolants constats… »
J’allais continuer cet article sur la lancée de mon indignation, sachant l’arbitraire des trois dates, les deux premières avec un écart de 5 ans et de 10 par rapport à la troisième, et pourquoi le départ à 1983 ? Un rapport avec Orwell (1984) ?
Je me disposais à poser la question du salaire moyen, la façon dont on le calcule et enfin, pinailler sur tout, un salaire constant, sans chômage, aucune maladie sur la période calculée, bref un salaire de stakhanoviste en bonne santé…
Quand soudain un doute supérieur m’envahit.
Et si c’était encore un des petits marioles du Soir, tout bonnement en train de tronquer l’étude de Defeyt, afin d’en extraire un bon jus libéral et roboratif ?
Aussi me suis-je penché sur la question et voici ce qu’en dit l’Institut, texte que vous ne trouverez pas dans les pages du Soir, bien entendu.
« Dans un contexte de craintes croissantes quant au pouvoir d’achat, la dernière étude de l’Institut pour un Développement Durable s’intéresse plus particulièrement à l’évolution du pouvoir d’achat des petits revenus.
« La principale conclusion est sans appel : depuis 2004, date de la mise en place du nouvel indice des prix à la consommation, les petits revenus ont perdu jusqu’à 400 € de pouvoir d’achat sur une base annuelle.
« Les pertes de pouvoir d’achat observées depuis 2004 pour les ménages en bas de l’échelle des revenus s’ajoutent à de probables pertes enregistrées entre 2000 et 2004 à la suite d’augmentations de prix qu’ils subissent de manière plus sensible (par ex : + 60,4% pour les pommes de terre, + 10,7 % pour le lait, etc.). Ces pertes de pouvoir d’achat s’ajoutent à de probables pertes de pouvoir d’achat antérieures (prix énergétiques et loyers), en attendant celles qui se préparent si on en croît les hausses de prix annoncées (qui toucheront, pour beaucoup d’entre elles, proportionnellement plus les ménages à petits revenus).
« De plus, les ménages précaires à faibles revenus qui sont locataires ont subi des hausses de loyers plus fortes que celles reflétées par les indices officiels et d’autant plus probables que ces ménages déménagent souvent.
« Pour des ménages précaires c’est ce qui restait peut-être comme (petite) marge de manoeuvre qui a totalement disparu.
« Une société aussi riche que la nôtre peut-elle continuer à laisser faire en laissant les ménages déjà précaires s’enfoncer davantage dans la précarité socioéconomique ? Les résultats qui précèdent plaident pour la mise en route effective (prévue en 2008) de la liaison des allocations au bien-être (ce qui permettrait probablement de compenser, au moins en partie, les pertes de pouvoir d’achat à venir) et pour une augmentation du net des petits revenus salariaux. »
(Fin de citation)

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Sur le temps que Munster amusait le tapis des lecteurs du Soir sur le prix du Cabillaud, l’Institut du développement durable rappelait la dure réalité des temps de la majorité des Belges !
Pour payer son Munster, la direction du Soir débourse-t-elle moins en 2008 qu’en 1983 ? Peut-être la trompe-t-on sur la qualité du produit ?
C’est encore un paramètres dont on doit tenir compte : la qualité du produit journalistique ! A-t-elle évolué en 25 ans ? Munster père était-il meilleur à la consommation que Munster fils ?
Là aussi, il y a matière à discussion.
Les libéraux le trouveront plus moelleux qu’il y a un quart de siècle. Quant aux socialistes, il se peut qu’ils le trouvent plutôt crayeux et sans saveur.

29 mai 2008

De Gucht recale Kabila junior…

…à son cours de morale !

C’est le journal « Le Soir » qui donne le ton.
Après le feu vert accordé lundi soir par le conseil communal de Zaventem à la vente de 61 lotissements à certains candidats sur la base de la connaissance du néerlandais, on en est à la supplique du côté francophone !
« Beste vrienden, chers amis : et si vous arrêtiez ? » se lamente le journal le plus lu de la Belgique fransquillonne.
Les autres n’en ont cure et, malgré l’Europe qui regarde la Flandre avec la curiosité amusée d’un enfant qui voit une guêpe sur un fruit mûr pour la première fois, les Flamands poursuivent et signent. Et pas qu’au communal, au Fédéral aussi, Karel De Gucht écrase ses fraises avec un marteau pilon de Steelinvest.
Que le ménage se fasse à la flamande en Flandre, c’est déjà curieux, mais que De Gucht casse la porcelaine à Kinshasa, passe la mesure.
Franchement, a-t-on jamais vu un ministre des affaires étrangères faire la fine bouche sur l’état de la démocratie dans des pays où nous sommes représentés ? Cela signifierait que selon ses critères, nous n’aurions plus de relation diplomatique avec les ¾ des pays de la planète !
Être Flamand et donner des leçons de démocratie aux autres, c’est un paradoxe !
Pour en revenir aux mains tordues par le désespoir de Thierry Fiorilli qui signe l’éditorial du Soir, il a bien soin de montrer à la cantonade, le papier cadeau dans lequel il a emballé son homélie : « Amis flamands, arrêtez. Arrêtez de prétendre que vous êtes victimes d'une conspiration internationale ourdie par les francophones. Et arrêtez de vous cacher derrière ce faux nez pour justifier des politiques, des stratégies, des règlements, des circulaires, que vous auriez dénoncés, il n'y a pas si longtemps, s'ils avaient cours dans tout autre pays. »
C’est-y pas gentil, tout ça ?
D’ici à ce que Thierry Fiorilli tombe amoureux de son bourreau, il n’y a qu’un pas que nombre de Francophones ont déjà franchi.
On est loin de la vindicte d’André Antoine tonnant contre un malheureux chauffeur d’autobus. Que n’est-il aussi ferme avec les Flamands !
Ici, il s’agit de filer doux dans ce que les pleutres qui nous gouvernent appellent une collaboration avec la Flandre.
Si nos « craqueurs d’R » accomplissent leur projet de « défrancophonisation », nous, par contre, nous sommes en pleine franconnerie.
A part André Antoine, Fiorilli et quelques autres - qui ne voit que le dialogue n’est plus possible avec la Flandre, que ce soit au Régional, comme au Fédéral ?
Le comble, c’est que même nos flèches sortis des universités pour nous convaincre de notre bêtise, même eux, en sont conscients aussi. Seulement, ils n’ont pas d’envergure. Ils croient pouvoir s’entendre avec des gens du type De Gucht, c’est-à-dire bornés et de mauvaise foi.

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Quand les Flamands hurlent comme des écorchés vifs que nous les encerclons, alors que nous balayons le sol devant leurs pas, que faisons-nous ? Nous nous aplatissons davantage, nous sommes confus de parler une langue beaucoup plus riche que la leur, au point qu’eux-mêmes truffent leur idiome rustique de mots français. Nous leur promettons que ça va changer à coups de résultats scolaires médiocres des potaches wallons et avec la satisfaction de leur communiquer que le vocabulaire de nos jeunes rétrécit au point qu’il comptera bientôt aussi peu de mots que le leur !
Et malgré tout, ils persistent. Nos persécuteurs jouent les persécutés !
C’est parce qu’ils ont compris que de la lâcheté francophone, ils peuvent retirer beaucoup plus que ce qu’ils estimaient possible au départ de leur folie nationaliste et linguistique.
Je suis de l’avis de Gendebien.
On ne les arrêtera pas. Et surtout de la façon dont nos illustres s’y prennent. Le plus inattendu, c’est qu’ils se croient tout permis à l’Europe aussi, sans doute en raison de la facilité avec laquelle ils nous rentrent dedans. Ils pensent que c’est partout pareil et qu’ils ont derrière eux le clan germanique.
L’avenir de leurs relations avec l’Europe nous le dira.
De toute manière, nous avons fait un allié sans le savoir avec le fils Kabila, qui tout dictateur qu’il soit, paie la vieille rancune flamande à l’encontre des Congolais qui, lors de la période coloniale, n’ont jamais appris le flamand et sont toujours restés au français qui est devenu la langue administrative du Congo.
Si les pointus de Flandre font aussi de l’import export de leur fixation linguistique, on n’a pas fini de déguster à l’étranger aussi.

28 mai 2008

Suis-je bête !

Ceux qui ont écrit sur la bêtise s’y sont cassé les dents.
« Qu'est-ce que la bêtise? " est une question aussi peu naturelle à la pensée moderne que "Qu'est-ce que le beau, ou qu’est-ce que le vrai ? "
Dès Périclès, la bêtise commençait aux portes d’Athènes. Ce que Flaubert traduit par : « la bêtise, c’est les autres ». Enfin Renan y trouvait l’idée de l’infini. C’est dire le nombre !
Il est difficile d’écrire sur la bêtise sans s’y inclure.
Car, faut-il être bête pour écrire ! Qu’est-ce qu’on peut récolter, en-dehors des ennuis, en écrivant ? Rien.
Woody Allen met en scène un écrivain « Harry dans tous ses états » qui nourrit son œuvre de ses tribulations avec les femmes de son existence. Elles s’y reconnaissent et c’est une fuite en avant émaillée de justificatifs dérisoires.
Sans compter les plaintes devant les tribunaux, certains en ont été ruinés.
L’excuse de Harry, c’est que Woody en vit. Vu sous cet angle, c’est moins con que celui qui s’auto proclame écrivain, même avec le Goncourt, et qui gagne sa croûte dans les lycées.
Ceux qui prétendent faire de l’art en écrivant me font doucement rigoler. Il y a dans toute forme d’expression une pathétique volonté de paraître doué, d’être un cran au-dessus, bref, d’exposer à la vue des autres une haute opinion de soi. Ce qui est une forme non négligeable de la bêtise.
La bêtise atteint l’universel et risque fort de contrarier Jean-Jacques Rousseau et son homme naturellement bon, dans ce que la bêtise, au mieux, est souvent méchante et, au pire, se révèle d’une grande cruauté inhérente à la nature humaine.
Suffit-il de dénoncer la bêtise pour ne pas être bête ? C’est comme s’il suffisait de se dire philosophe pour l’être.
Cependant que la philosophie devrait ouvrir l’esprit afin que celui-ci se départisse de la bêtise.
C’est rarement le cas.
La bêtise est une sorte de conscription pour une guerre contre l’esprit.
Le bêtise trouve probablement, outres des dispositions particulières, son origine dans l’adulation du Père.
L’Idiot est doté de peu d’imagination et d’une bonne mémoire. Il s’accroche aux idéologies, au clocher et va jusqu’à collectionner les objets de la maison où il est né, quoiqu’il ne soit pas sentimental.

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Il n’a pas la volonté, ni l’imagination de dépasser ce que ses prédécesseurs lui ont enseigné. Il n’a l’ambition d’être notaire que parce que son père l’a été.
D’un patriotisme fervent par transmission d’idée, il lui semble que c’est toujours mieux d’avoir un roi, qu’un président, sauf s’il est en République. Il n’accorde à la nouveauté qu’une attention méfiante. Son esprit se borne à une rationalité d’apothicaire, mesurant tout, donnant à chacune de ses initiatives une portée qu’elle n’a pas, mais qui lui semble propre à rehausser l’estime des autres à son égard. Il n’a de valeur que par l’exemple.
Tiens, on dirait que je fais le portrait d’André Antoine.
L’imbécile ne pouvant voir les choses avec vivacité, il a l’admiration tenace vis-à-vis des personnalités du monde politique. C’est ce qui fait justement, qu’elles le distinguent. Il n’y a tant d’imbéciles dans la politique, que parce qu’ils ont été choisis par ceux qui en étaient de fameux.
De la ruche bourdonnante et travailleuse, il en admire l’ordre. Le travail répétitif le rassure.
Bon lecteur, l’idiot à une mémoire mécanique. Il retient tout, mais sans pouvoir s’en servir. Il n’a pas la capacité de compléter la pensée de l’auteur de la sienne, d’en augmenter le sens ou de l’enrichir de sa critique.
Celui qui ne peut penser par lui-même est dans l’incapacité de penser pour autrui.
Il fait de sa mémoire un fourre-tout d’éléments sans valeur.
L’idiot est sensible à la religion, au message politique, à la « grandeur » de la nation.
Il a pour les idées toutes faites des dispositions naturelles qui le font aimer des chefs.
L’idiot s’attire leur estime par un conservatisme aussi bien de gauche que de droite, qui n’est que le fruit de son incapacité de décision.. La politique qui se résume en gesticulations et surenchères ne se diffuse bien que par le nombre d’idiots.
J’ai écrit ce texte devant un miroir. Et encore, oserais-je le dire ? Tant l’écrivain est tellement content de lui-même que le mépris qu’il confesse de soi est encore une vanité satisfaite.

27 mai 2008

André Antoine et le bus de 8 h 47.

Depuis dimanche, c’est clair, je ne supporte plus André Antoine.
Les propos qu’il tient à propos du mouvement de grève des TEC de Charleroi, sont proprement inadmissibles.
Je ne parle pas de la polémique qui s’est engagée entre lui et les personnels en grève, mais sur une question fondamentale de principe à toute démocratie.
Le ministre CDh aurait l’intention de sanctionner les délégués syndicaux du TEC Charleroi sous prétexte qu’ils sont incapables d’exiger la reprise du travail, alors que les travailleurs persistent dans la poursuite de la grève !
Implicitement, Antoine ne reconnaît pas la souveraineté d’une assemblée qui s’oppose à sa volonté.
Autrement dit Antoine récuse toute majorité qui ne lui convient pas.
On sent qu’il n’a jamais été syndicaliste. Qu’a-t-il donc appris à l’Université ?
En outre, c’est montrer qu’il souhaite avoir les délégués syndicaux à sa botte. C’est dévoiler que s’ils sont payés par le patronat, c’est dans le but d’empêcher les conflits ! On voudrait aussi l’opinion de Di Rupo sur l’autonomie syndicale ?
S’il en était ainsi de la volonté du ministre, ce serait clairement affirmer que les responsables syndicaux dévoieraient les votes des travailleurs, supposant par là qu’il existerait des accords secrets entre eux et la Région wallonne !
Si j’étais de la FGTB, je demanderais des comptes à notre illustre.
Evidemment, l’histoire syndicale est pleine de responsables malhonnêtes. Conspués, on les qualifiait de « vendus ». Il n’y a guère, on appelait tout non gréviste« jaune », de la couleur du pape et des briseurs de grève généralement cathos !
On voit bien ce que cela signifie pour Antoine qui se souvient encore du temps où il était « social chrétien ».
En décryptant son discours, on obtient : « Je suis élu par des imbéciles pour faire une politique intelligente, hors de la compréhension des susdits. Donc, une fois élu, programme ou pas, je fais exactement ce que je considère bon pour le pays, le parti et moi.
Malheureusement, il n’est pas le seul à raisonner de la sorte.
Les citoyens de ce pays, y compris ceux qui sont d’accord avec Antoine, ne sont plus respectés par les hommes politiques.
On a bien vu que l’irresponsabilité des foules est soulignée de facto par un consensus de la gauche et de la droite au pouvoir. Ils en ont exprimé le principe, quand ils ont escamoté le referendum sur la Constitution européenne, voté en douce par nos « élites » sans notre avis.
La manière de diriger d’André Antoine m’est insupportable !
Il suffit qu’il dise quelque chose pour que je sente que la vérité est à l’opposé des propos qu’il tient.
Son bon sens est radicalement bourgeois. Sa vision de la Belgique est passéiste. Sa démarche est celle d’un homme foncièrement de droite.

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Dépassant le malheureux fait-divers des bus en grève, comment avec les politiciens que nous avons, allons-nous surmonter la crise grave qui dès le mois de juillet nous pendra sous le nez avec le contentieux de BHV ?
On voit bien que la démocratie n’est pas leur fort, puisqu’ils croient l’incarner, alors que ce qu’ils en font n’en est qu’une parodie.
Vous avez confiance, vous, en ces gens qui vont devoir jouer serré et se montrer fermes avec un nationalisme flamand montant ?
Ne faut-il pas redouter le pire du jugement de ceux qui tiennent pour rien le nôtre ?
Certes, on pourrait refaire des élections qui les verraient encore triompher. Il est possible aussi qu’en condamnant des grèves, en niant des majorités, qu’ils obtiennent un blanc-seing d’une autre majorité, celle manipulée des citoyens dits de bon sens, dont Antoine, en leader, connaît par cœur le dictionnaire des idées reçues.
Prêcher quand il pleut d’ouvrir un parapluie, n’est en rien faire œuvre de visionnaire. J’ai peur qu’Antoine et les autres ne nous conduisent nulle part.
Ils font partie de la race féconde des imbéciles instruits.
Nous succombons sous leur suffisance. Ils ont réponse à tout.
Peut-être n’avons-nous ces reliquats d’université sur le dos que parce que nous avons démissionné de nos pouvoirs ? Comme les délégués syndicaux du TEC, nous n’aurions plus qu’une chose à faire : attendre les instructions de Monsieur Antoine !

26 mai 2008

Chauffeur de bus en 2008.

Ah ! les chaisières du régime s’indignent. Les légalistes vitupèrent. Les directeurs des TEC serrent les fesses. Mais quelle honte, s’emporte André Antoine : soutenir une brute qui rosse un handicapé ! André s’explique sur son blog « On peut toujours faire mieux, faisons-le ensemble ! ». De quoi il se plaint l’autre ? Puisque le conducteur du dépôt l’a fait seul !
Dans le tapage, un folliculaire au service des actionnaires de gazettes stigmatise les chauffeurs de bus « en grève pour un oui, pour un non ». Si bien qu’au bout du compte, le « reporter », sans doute le plus stupide de tous, s’insinue dans un groupe de grévistes et brandit un couteau de cuisine, après qu’un travailleur lui eût demandé ce qu’il faisait là !
On le voit bien dans cette société pleurnicharde et veule que la seule chose qui soit permise quand on travaille, c’est de la fermer et à la limite de crier « au voleur ! » quand on subit une agression, en espérant que va surgir la maréchaussée du diable vauvert, pour régler la chose.
Comme elle ne vient jamais et que tout le monde s’en fout, le seul moyen c’est de se défendre avec le risque que la défense soit parfois plus excessive que l’attaque.
Vous avez déjà déposé plainte pour un vol, une agression, au commissariat du coin ? Comment vous êtes reçu, à la manière dont on traite votre affaire, vous avez compris. Au mieux c’est un constat d’impuissance, au pire, vous gênez dès le premier mot.
Du coup voilà les collègues du chauffeur agressé qui s’enflamment et les médias qui répliquent en insistant sur la personnalité de l’agresseur qui est un handicapé et que le couteau qu’il a brandit n’était guère plus impressionnant que celui du plumitif du journal local. C’est à croire qu’ils s’étaient donné le mot !
Force reste à la loi, beuglent les trouillards respectueux qui se regroupent derrière le procureur du roi de Charleroi, Christian De Valkeneer. Celui-ci, encouragé par la meute des bien-pensants, accuse le chauffeur du TEC Charleroi de violences gratuites, et le met aussi sec en préventive. Tandis que l’agresseur est chouchouté, réconforté et libre, malgré une inculpation de menace avec arme.
La violence des rues, c’est une des plaies que la société n’est pas prête à refermer. Et pour cause, si elle est en augmentation ce n’est pas que l’homme moderne soit naturellement plus dangereux qu’il ne l’était jadis, la violence augmente parce qu’elle est produite par d’autres facteurs criminogènes. Une part en revient à l’Etat incapable de réfréner les ardeurs possédantes d’une société de consommation hystérique.
Les jalousies augmentent en fonction des désirs inassouvis par l’exposition des richesses de façon ostentatoire.
Qu’est-ce que ça fait à ceux qui marchent dans des baskets troués de voir défiler les grosses bagnoles que le système paie à nos gouvernants ? Antoine n’en a pas la moindre idée.

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Malheureusement, les réactions ne sont plus les mêmes qu’il y a un siècle. Alors, on serrait les dents et l’on devenait anarchiste ou socialiste. Aujourd’hui, on est trop bête pour faire la même démarche ou trop soumis aux pressions de la rue, des bandes et de la connerie ambiante. Et puis aussi, les socialistes en 2008…
Alors on casse, gestes désespérés de celui qui pense que puisqu’il crève, les autres sans distinction de richesse ou de pauvreté, peuvent crever aussi !
Certains voyous qui font monter les enchères sont des capitalistes qui n’ont pas réussi. Peut-être bien que sur une affaire fumante, ils deviendront riches, donc respectables. Il y en a qui sont sans illusion. C’est pour survivre, qu’ils truandent. D’autres, les pires sont des bêtes humaines qui ne savent rien de la morale, qui taguent pour le plaisir de salir, qui volent et qui tuent, comme ça, bêtement. Détruire des abris bus, voler des enjoliveurs de voiture, ajouter à la crasse générale des trottoirs leurs propres merdes, ils ne savent rien d’autre. Ils n’ont même plus conscience de ce qu’ils font.
Comment raisonner des brutes ou des marioles qui suent l’hypocrisie et la mauvaise foi, dès qu’on les interroge ?
Un chauffeur de bus fait un dur métier, mal payé et à grande responsabilité, un d’entre eux s’est défoulé sur un passager teigneux. En se rebiffant contre le sort qui l’oblige à sortir le matin la peur au ventre gagner sa croûte et celle de sa famille et qu’on ne respecte pas, la justice et l’Etat, comme son employeur, eh bien ! je dis qu’il a pété les plombs et qu’on doit le comprendre et que ses camarades de travail ont raison aussi de le soutenir par la grève.
Et tant pis pour les usagers qui resteront à glander sous la pluie et qui ne sont capables que d’injurier ceux qui se croisent les bras.
Et c’est dommage que les détroussés du coin de la rue, les jobards qui pleurnichent qu’on leur a fait mal en prenant leurs gros sous, ne se mettent pas plus souvent au judo, au karaté et à tous ces moyens de défense, puisqu’ils sont utilisés couramment par l’engeance des rues en moyens d’attaque, et que pour survivre, on ne peut plus compter que sur soi-même.
Où allons-nous dira le procureur Machin bien calfeutré dans son bureau dans un univers grouillant de police, rassuré par son bon droit bien personnel, bonard d’émarger à la caisse si généreuse d’un Etat tellement providentiel pour lui, qu’il n’en souhaite pas d’autres ?
Finalement, qui démissionne et qui perd la bataille des rues ?
Vous me direz, qu’est-ce que le chauffeur et son client, les bus, les collègues et les gens qui râlent d’attendre aux arrêts pour rien, ont à voir avec ce qui précède ? Tout. Vous l’ignoriez ?
Faites gaffe quand même, de ne pas tomber entre deux lampadaires sur un loustic avec une lame.

25 mai 2008

D’Arvor chez la coiffeuse à temps plein ?

Les utilisateurs de tranquillisants ont sans doute observer que même en dose massive la chaîne de télévision privée, TF1, depuis le début de l’année, se ramasse régulièrement en audience.
Le mois de mai catastrophique au début n’a pas fini de compter ses morts à l’arrivée.
C’est peu de dire que si l’antenne ne trouve pas immédiatement les moyens de rebondir sur une méga-connerie tout à fait populaire, elle ne vaudra plus grand chose fin d’année.
Patrick Poivre d’Arvor croyait prendre ses invalides comme Sarko en 2012. Au train où il perd de l’audience, on se demande s’il ne va pas pouvoir faire de l’implant à temps plein.
Ça ne bétonne plus chez Bouygues, le Lay s’est tiré en ne laissant que ses charentaises dans la boîte aux idée.
La TNT (Télévision Numérique Terrestre) fait peur à TF1, en cause, une technologie de diffusion qui intéresse les annonceurs (la seule raison d’être de TF1.)
Gratuitement, 18 chaînes nationales et des chaînes locales constituent le nouveau socle de la télévision en France disponible en TNT mais aussi par ADSL, Câble et Satellite.
La pub de TNT commence ainsi : « C’est une avancée majeure dans l’histoire de la télévision. La télévision couleur avait changé la manière de regarder les émissions et films. Le numérique révolutionne à la fois l’image et le son. ».
D’ici 2011, tous les Français recevront les chaînes de la TNT.
L'érosion de l'audience à TF1 va s’accélérer. Le calendrier énoncé par la commission Copé, permet aux chaînes de la TNT de disposer de 16 mois pour pousser leurs audiences. Les annonceurs n'iront plus chez France Télévisions. TF1 est dans une situation difficile, insoluble même. Les milieux informés font une analyste radicalement pessimiste.
Faire de l’audience avec des feuilletons américains, et accessoirement, avec les scénarios français d’une débilité profonde en prenant le téléspectateur pour un simple d’esprit devient aléatoire. Est-ce une mode ? Parce qu’enfin le public n’a pas tellement évolué dans ses choix, sauf qu’il se détourne de TF1 pour s’encanailler ailleurs à se farcir de la même sauce, sans qu’il paraisse avoir une indigestion sur la 2, la 3 et pour les hallucinés de Belgique, sur RTL et la RTB !
On ne s’explique pas le phénomène, sinon que TF1 est devenu has been, comme jadis les rouflaquettes et les patte d’ef.
RTL, qui a mis des sous de côté, a des idées et se tâte pour faire des propositions de rachat de TF1. On connaît les méthodes d’ordre et d’économie de l’entreprise candidate. Il s’agira d’éteindre les lampes quand on quitte une pièce, fini le prestige et la note de frais, bienvenue à la réalité comptable.

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Les chaînes de télévision en France, mais aussi en Belgique, se voient comme des exceptions culturelles. Elles sont les seules à faire vivre un personnel nombreux dans des métiers liés à la chose artistique. Des restructurations dans le secteur, c’est autant de professionnels qui auront les pires difficultés à se trouver un job comparable, sans compter les acteurs et les intermittents du spectacle. Que va devenir aussi le financement du cinéma par TF1 ?
Des boîtes de production comptent parfois jusqu’à 100 personnes dans leurs services. Elles sont très sensibles aux choix du public. Une production qui ne marche pas, c’est 20 ou 30 emplois qui disparaissent.
A moins que la direction actuelle gamberge sur un plan de salut, de toute façon douloureux, cela ne se passera pas sans d’importants sacrifices dans un climat pessimiste qui touchera tout le secteur de l'audiovisuel.
TF1 aura besoin des miracles de Joséphine son ange gardien. Et ce n’est pas la décision de Sarkozy d’arrêter la publicité su les chaînes publiques qui remettra TF1 sur le chemin de la rentabilité.
Tous ceux qui voient les dégâts d’une certaine télévision sur l’intellect des gens souhaitent que les plans de sauvetage soient autre chose que des entreprises d’abêtissements aggravés.

24 mai 2008

Leterme et la belle époque.

Enfin, on a un gouvernement qui ne gouverne pas !
Voilà bien longtemps que nous n’avions pas été aussi tranquilles !
Certes les problèmes sont toujours là, mais ils sont moins lancinants puisqu’on ne s’en préoccupe pas en Haut lieu !
On fait bien quelques réunions, de-ci, de-là. On y parle de tout, donc de rien.
Les directions sont déjà en vacances, en quelque sorte.
Leterme étant l’éternel absent, ceux qui se plaignent de lui sont des malades mentaux.
Car, même quand il est là, personne ne le remarque.
Y a-t-il une réunion urgente, une affaire d’Etat que nul ne peut rater ? Seul Javaux, dans l’opposition, s’inquiète de l’absence du premier ministre, la majorité ne s’en aperçoit pas !
Intrépide voyageur, Leterme pour un oui, pour un non, débarque en Amérique du Sud, serre des mains en Slovénie, s’inquiète de la situation des antipodes. C’est à peine s’il se souvient qu’il a un conseil des ministres à Bruxelles. C’est pour s’exercer à passer les frontières en prévision des événements frontaliers et linguistiques qui s’amoncellent dans le pays, qu’il fait du saute-mouton.
Il faut savoir ce que l’on veut… Il a raison de poser la question à la face de la Belgique et comme personne n’en sait rien…
On le harcèle rue de la Loi sur des questions qui ne l’intéressent plus depuis qu’il est premier ministre. Comme il doit l’être pour tous, et que cela ne se peut, il a choisi de ne plus l’être pour personne.
Son parti l’a laissé tomber. Les francophones le détestent. Il préfère soigner sa cote de popularité dans les confins, quelque part sur un parallèle qui n’est pas le nôtre. Il se met hors d’atteinte et il espère qu’avec le temps…
Tant de choses peuvent se passer durant son absence qui ne peuvent pas lui être imputées, qu’il a pris goût à la formule !
On aurait dû se méfier, le roi en premier, 800.000 voix de préférence, c’est-à-dire 800.000 Flamands qui lui ont fait confiance, quand on connaît bien les Flamands, ce n’est plus une préférence… c’est un référendum. Or, à part ces 800.000 exaltés, je me demande si les 10 millions restant sont d’accord ?
On lui téléphone, on le supplie de rentrer. Au moins, on s’intéresse à lui. Pour une fois, il sent son importance.
De toute façon, comme la Belgique est devenue ingouvernable, il reviendra pour décider de la date de nouvelles élections. Ainsi, il pourra ne plus en être, dans la dignité. Il partira comme il est venu, sur la pointe des pieds. Et nul n’entendra plus jamais parler de lui. Il ne fera que 800.000 déçus. Quand on voit les exploits des autres premiers, ils en ont déçu bien davantage.
Voilà bien un premier ministre exemplaire !
Le Belgique retrouve l’époque chérie de son existence bourgeoise où les problèmes se réglaient partout, sauf au gouvernement.

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Temps admirables, au cours desquels les patrons avaient leurs pauvres et les socialistes leurs protégés, et comme c’étaient les mêmes, ils étaient doublement choyés.
Les dirigeants de gauche comme de droite, en frac et gibus, montaient dans des calèches et saluaient la foule famélique et en loques, qui répondait à leurs saluts le cœur gonflé d’espoir.
Les dirigeants ne pouvaient que s’entendre, puisque socialiste comme libéraux étaient issus de la même classe sociale ! On daubait sur les Cathos, responsables de tout, les libéraux offraient des mallettes en cuir aux écoliers de gauche et les socialistes ouvraient des magasins de grande diffusion aux prix plus élevés que ceux des grands magasins privés. Comme c’était pour la bonne cause, ça marchait aussi…
L’école catholique avait une mauvaise réputation. Elle a formé des élèves jusqu’en 39 pour l’Ordre nouveau et la lutte contre le communisme.
A présent, elle a la réputation d’être meilleure que l’Officielle. C’est normal, elle ne forme plus que les troupe standards dont la mondialisation a besoin. Au moins, les futurs délinquants qu’elle forme, le seront en col blanc.
Leterme est un nostalgique de cette époque bénie.
Il aspire à nous voir à nouveau en loques et affamés, mais heureux. Il s’est demandé longtemps pourquoi nous ne respirons plus la joie et la bonne humeur. Il a trouvé. Nous manquons d’images qui font rêver, parce que nous travaillons trop peu. Notre désoeuvrement est la cause de tout !
Il étudie les moyens de nous rendre nos loques et nos appétits non satisfaits, grâce à un petit salaire.
D’ici à ce qu’il nous gratifie de son image en frac et gibus…

23 mai 2008

Royal et Delanoë, même combat !

Le Parti socialiste français passe d’une phase inactive à une phase active, sans que l’on puisse discerner la différence entre les deux !
C’est tout de même étrange la situation de ce parti ! Crédible au niveau des municipales où il est nettement majoritaire, il ne parvient pas à rendre perceptible son action d’opposant à la majorité.
Cette semaine, la déclaration d’intention de Ségolène Royal à diriger le parti et le livre de Bertrand Delanoë « de L’audace » annoncent la phase active. Mais tout est à l’intérieur, on n’est pas certain que le vote du Congrès qui s’annonce ne sera pas à l’avance déterminé.
On n’est pas certain que le débat qui s’ouvre intéressera les travailleurs. La part des salaires diminue dans le partage entre le capital et le travail, sans qu’on planche vraiment sur la chose au PS.
Les clivages sont plus présents que jamais. Les éléphants piétinent le magasin de porcelaine dans lequel le premier secrétaire, avant de partir, tente de sauver les belles pièces. A la base, les sections sont toujours structurées de manière stalinienne. Il est difficile d’y entrer dans l’intention de jouer un rôle. L’appréciation s’y fait depuis toujours par recommandation et par l’ancienneté.
Delanoë va-t-il simplifier ou compliquer le jeu en publiant son livre d’entretiens avec Laurent Joffrin, du journal Libération ?
Il semble que Royal l’ait pris de vitesse par l’annonce de sa candidature au secrétariat général du parti. Tout le monde sait l’ambition présidentielle de la dame intacte pour 2012. Dans la mesure où Delanoë abonde dans les intentions identiques qu’on lui prête, n’est-ce pas jouer un sale tour aux Parisiens après leur avoir dit, la main sur le cœur, que la mairie de Paris était sa seule ambition ?
On connaît le peu d’attaches de Ségolène Royal parmi les cadres du parti. Elle n’est pas membre du Bureau et n’assiste que lorsqu’il le faut aux messes de ce dernier. Elle ne prendra la direction de celui-ci que grâce à l’appui extérieur des militants qu’il faut rassembler, car ils se sont égayés dans la nature après son échec à la présidentielle. Si elle est élue aux commandes de l’usine à gaz de la rue Solferino, ce sera pour faire du parti une machine de guerre pour sa deuxième candidature. Il y aura l’obligation pour elle d’imaginer enfin une politique de cabinet fantôme sur tous les grands sujets et donc d’établir un plan de conduite de ce parti. Comment négocier le passage à la social-démocratie quand bon nombre de militants croient encore à la nécessité de ressusciter la lutte des classes ? Ne va-t-elle pas provoquer inutilement les vieux militants des sections et refroidir les ardeurs des nouveaux, ce qui serait tout bénéfice pour une gauche de la gauche qui monte : celle d’Olivier Besancenot ?
C’est là qu’on voit sa convergence avec Delanoë qui lui s’appuie depuis longtemps sur cette espérance « centriste » de par ses amitiés avec Jospin, auquel il a dédicacé son livre « A Lionel, Claude et Daniel », les deux autres étant Claude Estier et Daniel Vaillant.
Et justement, ainsi affiché jospiniste, Delanoë ne remet-il pas en pleine lumière un Lionel Jospin qui est considéré depuis 2002 comme une machine à perdre ?
Ce livre écrit en collaboration avec Joffrin et qui se veut une machine tournée vers l’avenir, n’est-il pas plutôt le signe que Delanoë rejoint Royal dans son allégeance à l’ordre économique libéral pour une politique centriste dont de plus en plus les gens écrasés par ce système ne veulent plus ?

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Qui ne voit aujourd’hui que si les classes se sont dissoutes, mélangées au point d’y voir un rapprochement général, même si c’est parfois illusoire, un autre genre de lutte fait ressortir néanmoins un réel antagonisme de « conditions » sociales.
Est-on aveugle dans ce parti socialiste au point de ne pas voir qu’il y a rupture entre ceux qui naviguent au-dessus pour toutes sortes de raisons et ceux qui naviguent en-dessous ? Une société à deux vitesses, a-t-on dit.
La manière de partager le pouvoir des classes politiques d’Europe devrait éclairer les gens, comme par exemple cette dernière affaire belge où des parlementaires refusent de s’aligner sur une Loi limitant leurs mandats et leurs revenus.
Et pas que les parlementaires, les bénéficiaires des fortunes se tirent magnifiquement bien des remous provoqués par la mondialisation de l’économie et de l’émergence des pays comme la Chine et l’Inde.
C’est en fustigeant les abus, en démontrant que le parti socialiste n’a rien à voir avec le monde du dessus et que sa tâche concerne essentiellement le monde du dessous, qu’il aura une chance de se réformer dans le bon sens.
Royal et Delanoë semblent penser autrement.

22 mai 2008

Où il n’est question que de grimaces.

Evidemment tout est absurde. On attend tous d’être embarqués, sirène hurlante, vers des lendemains qui déchantent.
Ce jeudi, on n’en est pas là. Sauf celui qui y est, encore faut-il qu’il le sache. Parce que parfois, on y est sans le savoir. Certains rient aux éclats, l’instant après ils ne rient plus. Les gens croient qu’ils font la gueule. Non, ils sont morts. Du coup tout le monde le sait, sauf peut-être eux ! Va savoir ?
En attendant le grand soir, ou le grand matin, enfin le grand quelque chose, le mieux est de s’en foutre, de s’en remettre à la sagesse des autres et de passer inaperçu dans la philosophie générale d’un début d’été.
Car on est tous des sages, ce n’est qu’en particulier qu’on est franchement cons. Pour pas que ça se sache, on tombe dans le raisonnement que même un supporter du Standard comprendrait dans ses moments de lucidité. Et des philosophes aussi, quand ils s’assemblent pour traiter d’un sujet de philosophie pas rigolo, qui le devient quand ils l’interprètent. Tout est dans la manière, n’est-ce pas !
Quand match gagné, papa Daerden gagne les toilettes des VIP derrière les loges, on l’a jamais vu ressortir braguette ouverte, même fin saoul. Il a le bon réflexe : passer inaperçu pour y aller et en revenir, suprématie du raisonnement… lucidité ultime. Tandis que les philosophes, peuvent pas s’empêcher de faire drôle sans le faire exprès. Une sorte de don qu’ils ont au moment même et qu’ils perdent en rentrant chez eux. Ils sortent des toilettes du café pareils à Daerden, corrects et tout, pourtant, on les trouve drôles ! Ils parlaient d’Archytas de Tarente ou d’un autre type pas marrant, avant de se secouer le chtibre… et d’actionner la chasse. Le bruit de l’eau remplissant le réservoir annonce leur rentrée, corrobore la miction…
Chez eux, ils redeviennent franchement sinistres par l’obligation qu’ils ont de s’intéresser un peu aux autres, surtout quand ils sont mariés. Ils parlent alors à voix haute dans les WC en laissant la porte ouverte, par politesse, pour qu’on entende.
Tout s’ordonnance. La nature à ses créatures donne les moyens de faire gaffe. Ainsi les mouches, marchent au plafond. Elles ne sont pas folles. A terre, elles n’ont aucune chance ! Les philosophes, sortis du concept holiste par rapport aux mouches, sont terre à terre.
Après dix ans de causettes communes porte ouverte, pour les mariages qui n’en finissent plus, ils laissent quelques gouttes sur la planche, histoire de marquer la longue durée par une certaine forme de mépris..

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La nature est plus subtile qu’un supporter et un philosophe,.
Sur l’autoroute en Espagne, vous pourriez vous demander pourquoi les vaches paissent sur des hauteurs, à des endroits stratégiques, pour qu’on les voie de loin. Exhibitionnistes, les bestiaux ? Non. C’est la famille Torres qui dispose ses taureaux en carton vanter son vin Sangre de Toro.
On ne se méfiera jamais assez des apparences. Pour peu que vous les secouiez, les morts, ils peuvent revenir à nous après être revenus à eux. En général, on revient à soi avant de revenir aux autres. C’est une question de logique. Le contraire, que vous reveniez aux autres et pas à vous, c’est une apparition. Les apparitions sont réservées aux croyants. Pourquoi seulement ? Parce qu’il ne faut pas gaspiller ce qui est rare.
On vous secoue une seconde fois pour bien croire que vous êtes mort. Vous l’êtes généralement dès la première. L’homme a l’art des vérifications inutiles.
La vie qui devrait être une rigolade en attendant qu’elle ne le soit plus, ne peut pas se contenter des gens idiots qui rient pour un rien et de tout.
Ces gens énervent C’est comme si vous donniez une queue de rat à un aveugle pour en faire la lecture. Ils ne comprennent pas qu’on puisse rire de ces sortes de plaisanteries. Aussi, ils ne rient plus en attendant de ne plus rire du tout.
Les comiques énervaient déjà au Moyen-Âge. L’été, ils sciaient les bras de leurs armures pour faire des armures-Lacoste.
On n’imagine pas ce que c’est la mort. Ce n’est pas sérieux. La preuve, les disparus ont de l’humour. Tous les légistes le disent. On leur raconte n’importe quoi, ils acceptent tout, avec cet air parfois pincé qu’on dirait une grimace. De leur vivant, la plupart prenaient tout au tragique avec cet air pincé qui signifie « vous dépassez les bornes ».
Souvent, les vivants ne pensent qu’au temps qu’il a fait, puis à celui qu’il fait et enfin, pour le côté aventure, à celui qu’il fera.
Alors que l’eau, d’où qu’elle vienne, faut qu’elle tombe, comme les nuages, faut qu’ils passent.
Chère Marie-Pierre, Danièle m’a dit que j’avais été injuste envers vous, à propos de l’endroit où se situe parfois votre poitrine généreuse. Je vous présente mes excuses, quoique j’hésite à vous les présenter une seconde fois pour le mot « généreuse ».
Parfois la générosité n’est pas considérée comme une qualité, mais comme un défaut.
Pour en finir avec le ministre du rire, ce serait quand même étonnant que Daerden s’en revienne des lavabos avec la chemise mouillée ! A moins, vous savez comme sont les politiques, qu’il ait pissé ce jour là, les pieds au mur !
Les dessous ne sont impénétrables que lorsqu’on le veut bien. Quand même mouiller sa chemise ! Vous en connaissez un qui la mouille, vous, dans la politique ?

21 mai 2008

On est gêné de nos Flamands !

Steven Erlanger, journaliste, a publié le 14 mai un article dans le New-York Times qui ne fait pas dans la dentelle de Bruges. Les Flamands sont désignés à l’attention du lecteur des Comtés de l’Etat comme une bande d’exaltés nationalistes, frappés du démon xénophobe.
Sacrés Américains; les journalistes n’y ont pas le stylo à sec ! Ils ne sont pas aussi timorés que nos plumitifs, courant à des micros trottoir dès qu’il y a une grève, plutôt qu’à faire leur boulot. Eux, ils se déplacent et ne s’embarrassent pas de paraître gentils et complaisants.
Dans le corps de l’article on aura retrouvé les véhémences bien reproduites du Vlaams Belang que nos gazetiers ne publient plus que très rarement, afin de ne pas donner des idées aux derniers démocrates de Flandre et apeurer les guignolos francophones, adeptes de la pensée suppliante.
Je passe l’intro pour déboucher sur le fond :
« Liedekerke wants Flemish to be its only language, a sign of the town’s autonomy.
Liedekerke has only 12,000 inhabitants, but its elected council has caused a stir by insisting on the “Flemish nature” of the town. Not only must all town business and schooling take place in Flemish, true throughout Flanders, but children who cannot speak the language can be prohibited from holiday outings, like hikes and swimming classes.
“België Barst!” says the graffiti on a bridge near the train station, or “Belgium Bursts!” the cry of the nationalists who want an independent Flanders. But here they also want to keep the rich French speakers from Brussels — only 13 miles away and 15 minutes by train — from buying up this pretty landscape and changing the nature of the town.
“Marc Mertens, 53, is the full-time secretary of the town, a professional manager who works under the elected, but part-time, town council. Sitting in a cafe near the old church — Liedekerke is thought to mean “church on the little hill” — he describes how his grandfather fought in World War I under officers who gave commands only in French. “And then they would say in French: ‘For the Flemish, the same!’ ” The phrase still rankles, and Mr. Mertens’s grandfather, a bilingual teacher, refused an officer’s commission on principle.
“Mr. Mertens, a handsome, genial man, is worried about his town.
“Brussels is coming this way,” he said, explaining that the people here, having gained some autonomy, do not want to be overwhelmed again by another French-speaking ascendancy. More schoolchildren, taught in Flemish, have French-speaking parents. “When I was young I never heard a foreign language here,” he said. “Now every day I meet people speaking French.”
Marleen Geerts, 48, a computer-science teacher of 13-year-olds, said teaching French-speakers took time. “You can’t go on with the material if they don’t understand it,” she said. “It’s a struggle.” Her school provides language tutoring. “

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“Some Flemish nationalists, like Johan Daelman, the leader of the right-wing, anti-immigrant Vlaams Belang party here and a town councilman, want to keep out French-speaking immigrants from Africa, all in the name of keeping Liedekerke “unspoiled” — free of the crime and racial tensions of Brussels.
“We don’t want Liedekerke to become like a suburb of Paris,” Mr. Daelman said, describing the riots, car burnings and attacks on the police by mostly African immigrants to France. “Big city problems are coming here, and we want to stop it.”
“That combination of national pride, rightist politics, language purity and racially tinged opposition to immigration is a classic formula these days in modern Europe, what critics call a kind of nonviolent fascism.
“Flemish nationalists have another complaint. Flemish are 60 percent of Belgium’s population, and inhabit the richest part, with much lower unemployment than the French-speaking Wallonia part. “The French speakers used to rule us, ” Mr. Daelman said. Now, in the national government, he added, “It’s not the principle of one man, one vote, and every problem in Belgium now becomes a problem of the communities. It’s a surrealistic spectacle, and the best answer is to divide the country.”
“Liedekerke’s effort to restrict school outings by language embarrassed both the federal and Flanders governments, both seated in Brussels. Marino Keulen, the Flemish interior minister, vetoed it, though the town intends to proceed anyway.
“It’s the wrong vision and method,” Mr. Keulen said in an interview in Brussels. “They can’t do it by a language test.” He said the problem was the popularity of the Liedekerke program with Brussels residents “who want to use the facilities of Flanders, which are of a high quality.”
....
Voilà nos “Flemish nationalists” bien épinglés. Quant à nous en « Wallonia », on doit passer pour des cons et des trouillards.
Steven va nous faire une de ces réputations de nos Flamands dans le New-York Times, je ne vous dis que ça !
D’ici à ce qu’on interdise bientôt l’anglais dans les jardins d’enfants en représailles dans la « Flandrie »… Bush devrait présenter des excuses à Marino Keulen… en flamand, bien entendu.
Bien sûr, on s’est calmé du côté de Liedekerke. Ce n’est que passager.
Elle est devenue maboule, l’âme flamande !
A l’étranger, j’étais déjà gêné que l’on m’assimilât aux Flamands. J’osais à peine sortir de Belgique.
Depuis le coup du NY Times, si en plus on ne peut plus se pointer aux USA, alors que l’euro est à 1 dollar 50, à cause de nos Flamands, franchement, qu’est-ce qu’on attend pour demander la nationalité française !

20 mai 2008

Di Rupo et le mal de Naples.

Quel sens faut-il accorder aujourd’hui aux valeurs qui ont fait la gauche ?
Voyons d’abord la politique électoraliste de Di Rupo.
On ne peut pas reprocher au Président du PS d’orienter sa politique au centre en suivant l’opinion, afin de conserver une partie de son électorat qui a évolué et d’en convertir une autre, du moment que ce parti a la prétention de codiriger un pays à vocation libérale. Mais en même temps, on peut constater les dégâts dans la mesure où la gauche a toujours eu l’ambition d’accorder la priorité, avant toute autre politique, à la justice sociale, et que cette priorité est inconciliable avec l’ordre libéral qui se radicalise.
L’opinion est à peu près regroupée dans trois zones d’influence identique. Outre la gauche et la droite, le troisième tiers est fluctuant, sans opinion et fortement influençable selon les circonstances.
Devant l’inéluctabilité de la prépondérance de l’économique sur le politique, la gauche participationniste part perdante dans son duel avec la droite. Elle n’a pas su faire valoir ses valeurs, parce qu’elle montre un visage qui ne s’accorde plus à celui de ses électeurs de base. Plus la gauche plaira aux indécis, moins elle plaira aux autres. Ce qu’elle gagnera au centre sera perdu à gauche.
Tandis que la droite libérale joue sur du velours en faisant la même politique que ses rivaux socialistes, ce qui n’inquiète nullement son aile conservatrice. Tous croient en effet que l’économie poursuivra sa route que rien ne perturbera et surtout pas le parti socialiste embarqué dans la même atmosphère délétère.
C’est là qu’ils se trompent.
Certes, les derniers pays communistes se sont accommodés du système économique capitaliste ; même les dictatures qui ne sont ni de droite, ni de gauche, ont opté pour l’orthodoxie des marchés.
Mais l’évolution rapide du système capitaliste vers sa radicalisation, c’est-à-dire son égoïsme extrême, pourrait susciter de graves remous, voire des guerres qui seraient de nature à bouleverser l’opinion. Cette opinion pourrait d’indifférente passer à des réflexions qui la réconcilieraient avec des thèses que les socialistes dans leur quête du centre ont abandonnées depuis trop longtemps pour qu’ils puissent reprendre l’initiative.
Le programme de la gauche a été au temps passé de chercher des équilibres entre le progrès économique et le progrès social. Tant que la prospérité des entreprises permettait le progrès social, la gauche s’en attribuait le mérite. Un doute sérieux donne à croire que cette politique deviendra impossible dans un proche avenir.
La globalisation change la donne. Les prouesses industrielles et techniques qu’elle réalise encore, tuent dans l’œuf toute nouvelle espérance de progrès social. Le capitalisme essentiellement financier menace le devenir des travailleurs et s’apprête à détruire les liens que le socialisme de participation avait noués entre le travail et le capital.
Ce qui est en train de se produire échappe au plus grand nombre grâce au voile de fumée des médias.
Mais, jusqu’à quand ?
La majorité des gens percevra bien un jour clairement que le clivage social n’est plus entre une gauche et une droite associées, mais entre les gens qui auront réussi à tirer leur épingle du jeu social : politiciens, hauts fonctionnaires, rentiers et ce qui restera de la classe moyenne, tandis que les autres auront échoué parce que précarisés et dorénavant rémunérés comme en Chine ou en Amérique du Sud.
Alors, si la démocratie a toujours un sens, la gauche se reprendra de toute façon autrement que sous la forme actuelle d’un PS compromis.
La situation à Naples est un premier test. Les ordures ménagères s’entassent dans les rues et aucune solution de ramassage et de destruction n’a encore été trouvée, pour une agglomération de 4 millions de personnes.
Les pouvoirs se rejettent la faute, la maffia entre les acteurs officiels de ce drame urbain poursuit son délestage des produits toxiques et dangereux qu’elle transporte dans les campagnes environnantes moyennant profit, l’émeute gagne les quartiers les plus paisibles, chaque soir des habitants allument des incendies. Dans les montagnes de déchets, la peste et le choléra menacent de refaire surface, comme il y a deux siècles.

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Sylvio Berlusconi, tout matamore homme de droite qu’il est, doit trouver une solution.
La désintégration du collectif est ici exposée avec toutes ses conséquences. La communauté napolitaine est au bord de l’explosion.
Qui ne voit dans cet exemple les conséquences de la démission des pouvoirs publics au seul profit d’une pègre que le capitalisme actuel engendre et qui ira en se multipliant à l’avenir ?
Les voyous qui surveillent la Bourse ou dirigent les multinationales depuis leur hôtel à Dubaï ou ailleurs, les dirigeants politiques qui s’en mettent plein les poches en attendant le déluge et tous les subalternes, petits personnages véreux ou égoïstes qui surnagent sur les cageots à la dérive de cette démocratie bidon, n’est-ce pas déjà la pègre et pas que napolitaine, qui gagne toute l’Europe, dans un esprit de compétition à faire rougir nos meilleurs athlètes ?

19 mai 2008

L’épaisse belgitude.

Comme Nathalie Maleux, refermons le journal avec la conviction que pour avoir une information minimale sur de vrais sujets importants, ce n’est ni sur la RTB, ni sur RTL qu’on pourra jamais la trouver.
Ce dimanche a particulièrement été gratiné dans le genre serpillière nationale.
Le débat dominical à l’habitude n’est déjà pas formidable. En plus, quand les 2 chaînes concurrentes s’arrangent pour débattre de la même chose et qu’on voit les mêmes invités discourir sur un plateau, et puis sur l’autre, à part se dire qu’ils ont le don de dédoublement, une chaîne au moins est en différé !
Et qu’était-il donc de si important à débattre ?
Le départ à la retraite de la joueuse de tennis Justine Hennin !
Voilà qui est passionnant… J’ai rarement vu un non-événement prendre une telle importance médiatique.
Il faut croire que la monégasque d’adoption subjugue les foules qui trouvent adroit d’éluder l’impôt en Belgique puis de se réclamer d’un ardent patriotisme. Les gens qui en principe font de la politique, doivent être au courant de l’engouement du public, puisqu’ils étaient présents sur le plateau, sans doute pour les mêmes raisons ?
Rien sur la situation dramatique du gouvernement, d’un Leterme en décentralisation, des opinions séparatistes et rattachistes que l’on n’entend jamais et des événements politiques d’Europe et du Monde. C’est comme si nous étions dans un Disneyland de 10 millions de visiteurs en bals permanents et en transes médiatiques perpétuelles, à nous lamenter d’avoir perdu Blanche Neige.
Certains sont incrédules. On se dit, est-ce ça la Belgique ?... ou ce que nos officiels s’en représentent ?
Deux petits stratèges du dimanche, histoire de garder un petit contact avec les « choses de la vie » : un Javaux en petite forme et un ministre des affaires étrangères sibyllin à son habitude, c’était tout pour les programmes !
L’essentiel tenait bel et bien dans la raquette de Justine. Quelle sera sa nouvelle vie ? Voilà qui est capital. Un seul sur le plateau avait droit à être ému, le père. Mais, on ne fait pas une émission pour une seule famille, fût-elle des plus honorables. Pour mettre en scène une légitime émotion de cet ordre, il eût fallu faire appel à Mireille Dumas. On eût sangloté dans les chaumières, au lieu qu’on y a baillé !
Espère-t-on ainsi distraire les gens du devenir incertain d’une Belgique qui part en quenouilles ? Ou, croit-on pouvoir nous faire sentir le vide des courts désertés par la patronne à la veille d’un Roland Garros, afin de nous faire oublier un malheur moins grand attaché à l’Etat ?
Une non-actualité qui passe par un non-événement, on ne voit pas à quoi rime de traîner le public si longtemps dans le non-être du dimanche midi ? Parménide en personne n’eût pas résisté !
Puisqu’il en est ainsi, faisons un non-article pour un non-public.
Pendant ce temps, il bouge le Monde tandis que nos détecteurs d’actualité sommeillent. Il bouge et se transforme, tant pis pour nous.
Après la ducasse, l’effet Standard, Justine de Monaco et Jean-Mi des Jeux, quand sonnera l’heure de la disette, pensez que vous avez en réserve Eddy Merckx, Salvator Adamo et Julos Beaucarne, au pire... Tiens on est sans nouvelle de sa « petite gaïeule » ?

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Et puis on approche des vacances, des rediffs et de la grande vadrouille de l’inévitable Fufu et du Tour de France qui fait la soudure entre juillet et août. Il faut que nos astucieux pervers tiennent le coup jusqu’en septembre-octobre. Et ce n’est pas simple. C’est marrant quand ils parlent de leurs programmes, ils ne sont éloquents et jamais à court d’idées que pour en justifier la nullité. Que ne mettent-ils leur imagination à ce pourquoi ils sont payés. Astucieusement Coluche plaçait dans le même panier, les cons et les sportifs. Je n’ai pas encore franchi le pas, mais c’est tout juste. Puisque c’est d’une non-misère avec des non-pauvres dont il est question, recevez messieurs qui nous gouvernent, mon non-respect (En d’autres circonstances, j’eusse écrit irrespect. Mais, l’évolution rapide du non-langage me force à réduire le mien de sorte qu’il ait une petite chance d’être entendu de nos intellectuels du dimanche).
18 mai 2008

Hillary Clinton jusqu’au bout.

Il n’est pas dit que la campagne interne des démocrates aux Etats-Unis a désigné son candidat à l’investiture à la Maison Blanche en la personne de Barak Obama.
En Belgique l’affaire était entendue par les analyses superficielles et les désirs simplistes du genre de celui du Président des socialistes, Elio Di Rupo. L’homme n’aime pas les femmes, c’est entendu, en plus il se trompe sur la définition des personnages. Le programme de gouvernement d’Hilary Clinton est bien plus à gauche que celui de son rival. Mais ce qui plaît au batteur d’estrade de chez nous le plus connu après Michel Daerden, c’est qu’il va au secours du succès, pour avoir sa part de triomphe à bon compte. Sauf, qu’ici, il pourrait peut-être se tromper.
Les caucus aux States sont affaires compliquées et quasiment hors de portée de l’entendement. Ainsi, même en minorité dans l’ensemble de voix des Etats où les Démocrates ont consulté leur électorat, Madame Clinton peut très bien se voir désignée par le dernier carré des Grands électeurs qui peut l’élire sans difficulté.
Une des qualités que l’Américain admire, c’est le courage. Hillary Clinton aurait pu jeter l’éponge et partir la tête haute sans s’être endettée davantage dans le cadre d’une campagne coûteuse. Elle persiste et elle n’a pas tort. D’ores et déjà, elle fait l’admiration, même de ses détracteurs.
Barak Obama est un curieux personnage. Peut-être sera-t-il désigné, après tout ? J’ai l’impression que ce sera pour le malheur de l’Amérique !
Cet homme a été fabriqué de toutes pièces par des lobbys qui redoutent le programme de Madame Clinton concernant la sécurité sociale, l’habitat et le droit qu’a chaque citoyen à une vie décente. En grattant un peu dans ce qu’en dit là-dessus Obama, on se rend compte que ses discours tiennent aux poncifs habituels de grande nation, de citoyens aimant la liberté, exaltant le pouvoir personnel dans l’action pour une meilleure vie, etc. Tout ressort selon lui d’un individualisme bien dans le cadre d’un rapport anglo-saxon à l’économie.
Le discours de Madame Clinton est différent. Non seulement elle tient compte des vicissitudes du capitalisme dans les subprimes, mais elle n’a pas oublié sa tentative d’instaurer une sécurité sociale efficace lors du premier mandat de son mari et qui n’a échoué qu’à cause des financiers et des entreprises qui soutiennent son adversaire aujourd’hui.
On voit bien que l’engouement de certains Etats de l’Union pour Obama est le produit d’une campagne poujadiste auprès des Américains qui d’habitude ne s’intéressent pas à la politique et qui y viennent parce que leur candidat est Noir, qu’il gesticule beaucoup et que les propos qu’il tient exaltent l’idée du changement, comme Sarkozy et tant d’autres démagogues peuvent tenir de semblables propos aux tribunes sans vraiment trop y croire eux-mêmes et que les faits, après l’élection réussie, viennent contredire.
L’électeur américain a oublié, ou feint d’oublier par machisme, que Hillary Clinton est une femme. Cela est bien plus important révolutionnairement parlant de voir une femme accéder à la présidence des Etats-Unis, qu’un sang mêlé, même si de ce point de vue aussi, ce serait une première, quoique elle soit encore à démontrer.
L’opposition républicaine ne s’y trompe pas, qui préfère Obama comme adversaire à Clinton.
Obama n’a aucune chance d’accéder à la présidence, tant la question de couleur est encore telle en Amérique que le vieux réflexe « Ah ! non, tout mais pas ça. » ferait élire n’importe quel tocard de la droite.
Tandis qu’une femme ! Plus personne n’oserait tirer des conclusions sur sa féminité pour ne pas l’élire, comme pourtant le fera encore dans le secret de l’isoloir des indécrottables antiféministes.
C’est l’hommage que l’on peut rendre à Hillary Clinton, c’est une femme qui n’a pas besoin de jouer sur sa féminité et qui paraît à armes égales dans les débats d’idée qu’elle conduit. Son intelligence fait disparaître son sexe et c’est son grand mérite de prouver ainsi qu’une femme est à égalité parfaite avec le genre qu’elle n’a pas.
Ségolène Royal est un peu dans le même cas de figure en France.
Le sénateur de l’Illinois est providentiel pour les Républicains. Ce sera jouer sur du velours, et Bush s’y complaît déjà avec délectation, de rappeler que Barak Obama a comme deuxième prénom Hussein, que le Hamas l’adore et ne jure que par lui, qu’il a fréquenté une école islamique, et qu’à Gaza on commence à voir son poster dans les rues à côtés des leaders des combattants de la liberté.
Se présenter avec une étiquette, même involontaire du candidat du Hamas, n’est pas l’idéal pour la fonction de président des Etats-Unis.
Evidemment Obama s’en défend et depuis quelques temps, il a remis le drapeau américain à sa boutonnière.
Personnellement, j’estime que l’élection d’une femme et surtout une femme comme Hillary Clinton qui fait montre de qualités exceptionnelles d’intelligence et de cœur, est de loin bien plus révolutionnaire que d’élire en la personne d’Obama un homme de couleur, tout en reconnaissant que ce serait une bien grande joie pour les Noirs américains et une sorte de revanche sur le passé que de voir un des leurs accéder à la présidence.

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Pour une prochaine candidature, il conviendrait de distinguer chez les démocrates une personnalité de grande qualité qui serait Noire et de sexe féminin. Ainsi, il n’y aurait plus rien à dire.

17 mai 2008

Un tennis de pro…

- Blandine Duchemin, vous quittez le tennis à 18 ans ½, pourquoi ?
- J’ai tout fait au tennis, j’ai tout fait, j’ai tout fait, j’étouffais sans m’en rendre compte.
- A l’âge où ma fille joue encore à la poupée, vous étiez à votre meilleur tennis. Comment expliquez-vous le phénomène ?
- A l’âge de 5 ans, je savais tout !
- Vous aviez senti le don venir ?
- Le public m’a adopté tout de suite.
- C’est lui qui vous a porté au plus haut ?
- Sans doute.
- Puis vous avez rencontré l’amour ?
- Oui, j’avais 18 ans quand j’ai rencontré Jean-Alphonse Andenne. Il avait une mine piteuse. Puis, Il m’a promis son tennis. Six mois plus tard, nous nous séparions.
- Le public n’avait pas compris !
- Le public ne comprendra pas, mais je l’aime toujours après ce premier break et il me le rend bien.
- Evidemment… ce pauvre Jean-Alphonse Andenne.
- Je veux parler du public ! Sans lui, je ne serais rien.
- C’est ce qu’on dit. Qu’allez-vous faire aujourd’hui ?
- Je dois ramené du lait et du beurre à la maison…
- Je parle de votre avenir sportif !
- Au plaisir de Monaco, je préfère les mines de Pompéï. Je suis houardiste, voyez-vous.
- Vous vous réinstallez définitivement chez nous ?
- Les gros bœufs du nord ont fait souche dans le midi. Donc j’y reste.
- Avez-vous vu Montecarlo ?
- Non, j’ai vu monter Stéphanie.

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- Que va devenir Santos Balacaisse, votre coach ?
- Savez-vous que Santos sort de l’Ecole des mines de Paris ?
- Il pourra donc se reconvertir entre sa femme et ses enfants !
- Personne n’aura à se plaindre de mon départ.
- Sauf nous, de quoi va-t-on remplir les colonnes des journaux ?
- Comme a dit Victor « Ah ! Peuple, te voilà acculé dans l’antre. »
- Sans vos scoops, le lecteur n’aura plus rien à se mettre sous la dent !
- On ne dételle pas à mon âge. Je me reconvertis.
- Par exemple ?
- N’êtes-vous pas en train d’écrire sur moi depuis que j’abandonne le tennis, plus que ce que vous auriez écrit en six mois ?
- Avez-vous des nouvelles de Jean-Alphonse ?
- Son cœur est un violon. Il redoute les femmes qui bordent la mi-route. Il est sans travail, c’est ce qu’il a toujours fait de mieux.
- Vous êtes en attente ?
- Il faut être deux pour bien dîner. J’avais fait la connaissance d’un psy. Quand j’ai vu à la page suivante qu’il était aussi pathe et qu’il en voulait à mes économies, je me suis dite que toutes les baisses ne sont pas faisables.
- Vos contrepets nous manquent déjà. Il y a si peu de joueuses intelligentes sur le circuit.
- Oui. Les sœurs Abrams ne brillent pas par l’esprit. Tante Elie du Chassepot non plus. Anna Avekellçava est bonne à tout, son père aussi. Elle jase sans avoir rien à dire. C’est clair qu’à mon départ, la bande du filet aura perdu sa patronne.
- A 18 ½ ans vous n’êtes pas sans ressource.
- C’est bien fini le sport. J’ai pris un chien pour m’apporter les baballes. Je trouve même ce sport complètement idiot. Comme tous les sports, du reste ! Les conférences de presse étaient parmi les plus insipides que je connaisse, sauf celles du Standard.
- Quoi, vous n’aimez plus le sport ?
- Je ne l’ai jamais vraiment aimé.
- Et alors, pendant toutes ces années ?
- Je me suis emmerdée, comme tous ceux qui font un boulot afin de faire bouillir la marmite. J’avais un don. Mieux foutue, j’aurais peut-être fait pute…
- Evidemment dans ce domaine vous avez réussi beaucoup mieux que n’importe quel besogneux !
- Oui. Et je remercie le public, les journalistes sportifs et les organisateurs des tournois de ne s’en être jamais aperçus.
- Prochain objectif ?
- On me dit que Esso monte et que Mittal a gagné 2 points. Je me demande si Nestlé ne va pas redynamiser en licenciant. Vous voyez les buts dans ma nouvelle vie ne manquent pas.

16 mai 2008

La peur au ventre !

On n’ignore rien de ce qui ne va plus dans ce pays.
Passons sur les exigences flamandes. Ne sont-elles pas à ce point fortes, depuis que par le passé elles ont été toutes accomplies grâce à la résignation des « élites » francophones ? Mais justement parlons-en de ces élites, et demandons-nous si elles ne sont pas en définitive plus responsables qu’il n’y paraît d’une situation regardée par l’Europe comme un non-respect des minorités, tandis que nos responsables étudient les moyens de sortir de l’impasse par de nouvelles concessions, alors que ce devraient être aux autorités flamandes à respecter les droits de leur minorité francophone.
Qu’on me pardonne, derrière les accents de fausse bravoure de Maingain et le dos rond de son chef de file Reynders, l’air satisfait comme toujours de Di Rupo et les regards inquiets de Milquet, on sent bien la peur monter.
C’est là le sort des gens sans envergure de n’avoir pas la réponse adéquate aux provocations.
Il y a pire et comme je les vois s’agiter, après la peur, ce sera la panique !
Dans la panique, il y a une suspension d’activité de l’intelligence qui dans les moments clés que nous traversons peut être catastrophique.
Déjà que l’intelligence – tout rompus que soient les membres francophones du gouvernement aux exercices oratoires – n’est pas leur fort.
En psychologie, ce qui accompagne la paralysie de l’entendement, c’est la régression !
C’est visible au fur et à mesure que le temps passe et que Leterme, volontairement ou non, n’est pas en mesure de gouverner ce pays en proposant des solutions équitables, nous sentons monter chez nos responsables francophones un absolu désarroi.
Ils arrivent dans un état de panique tel, qu’il semble que tout espoir de salut les ait abandonnés.
Toujours en suivant le caractère régressif de cette panique, sur le plan de l’inconscient, ils remplacent progressivement la qualité des actions, par une vaine gesticulation.
Ainsi pensent les gens pris de panique, il leur semble que sur le nombre de tentatives, il y en aura au moins une ou deux qui fera de l’effet !
Di Rupo et Milquet font penser à ces insectes d’été qui tournent des heures sur une vitre d’une fenêtre fermée, alors que l’autre est ouverte ! Et ce n’est qu’après s’être épuisés et parcouru de long en large la surface de la fenêtre qu’ils trouvent par hasard le moyen de s’échapper par la fenêtre voisine, largement ouverte.

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Par contre Reynders, puisque nous en sommes aux comparaisons animalières, correspond à la stratégie de l’araignée-taupe. Il reste tapi au fond de son entonnoir et attend de déguster ses proies sans qu’il y paraisse. Il pousse ses avantages en nouant des liens de vassalité avec ses adversaires plus forts que lui.
Le négociateur wallon sujet à la panique est pétrifié littéralement sur place dès qu’une responsabilité lui incombe. Il craint trop de rendre des comptes à la postérité en posant une action originale à laquelle il est bien incapable d’adhérer.
La raison paralysée, toute chance de rencontrer une issue honorable à la crise disparaît.
La démission de l’intelligence devient inévitable. La bêtise a tôt fait de prendre sa place. Nous croyons encore qu’ils nous préparent au mieux un accord équilibré ; eh bien ! non… Bientôt nous revivons un nouvel épisode fouronnais, un nouveau marché aux esclaves dans lequel s’aventurent les mandataires paniqués. Nous les croyions subtils, ils ne sont que sots !
Mais qu’importe, la bêtise n’a pas dit son dernier mot. Au contraire, elle exulte et se noie dans l’invective, pour la simple raison que c’est son seul moyen de s’affirmer.
Les mots se veulent des barrages. Ils ont été appris à la suite les uns des autres dans des carrières où le superficiel était roi, la leçon d’université, la règle, à seule fin d’émarger au budget des dépenses publiques à une époque où il était facile de gagner gros pour des représentations aussi médiocres que sans importances.
Les mots sont aussi vides de sens que durs. L’adversaire, outré ne peut passer sans réagir.
Qu’y a-t-on gagné ? Rien ! Par contre, l’adversaire qui souvent a gardé son sang-froid, puisque c’est de lui que l’initiative est venue, peut à sa guise conduire le paniqué là où il veut.
Les Flamands, sûrs d’eux-mêmes dans leurs revendications, assistent au manque d’exploitation des Wallons de la vision négative de la Flandre par les partenaires de l’Europe.
Vous verrez bien, dans les jours à venir, que ce seront encore les Wallons qui feront en sorte que le regard critique de l’Europe sur la Flandre n’irrite pas davantage les Flamands. Ainsi soutenus par les dirigeants francophones, ils durciront encore leurs exigences. La Belgique prolongera sa maladie de langueur avant l’issue fatale. C’est tout.

15 mai 2008

Le fric, eux et nous.

Au mois de janvier 2008, la « Libre » dénonçait une pratique légale d’éluder une partie des impôts de nos élus et mandataires locaux.
Elle vaut son paquet de biscuits. En quelques mots voici le « truc » dévoilé.
« La pratique vise à démissionner de son mandat d'administrateur en tant que personne physique d'une société (publique ou privée) et à se faire mandater au même poste par une Société privée à responsabilité limitée (SPRL). Cela permet aux adeptes d'augmenter leurs rentrées financières, car leurs revenus d'administrateur ne sont plus taxés (IPP) au taux marginal de 50 pc, mais seulement au taux de l'Isoc (33 pc). Selon des observateurs de la chose publique, il leur permet aussi de contourner la règle qui limite le revenu total d'un mandataire public à une fois et demie le salaire d'un député fédéral. »
A l’article précédent au sujet des voyous d’Etat, il faudrait ajouter les « voyous locaux ».
Détenir une quarantaine de mandats de la bouillabaisse locale de ces rascasses d’eau douce est monnaie courante. On voit le bénef !
Etablir un cadastre des mandats dérivés, voilà ce à quoi s’est attelé le ministre Courard. Passer par une Loi sur le cumul des mandats avec la mise en place d’une cellule chargée de contrôler l'existence et la conformité des déclarations des mandataires et proposer des sanctions en cas de violation du code de démocratie locale, avant un office de contrôle définitif, relève d’une tâche difficile, puisqu’il faut passer par l’approbation du parlement wallon, lui-même farci de cumulards !
La preuve ? Le décret Courard doit être voté d'ici au 20 juin. Pour l'éviter, les députés wallons traînent la jambe…
C’était sur la lancée des scandales à répétition de Charleroi que Di Rupo, alors ministre président de la Région s’était drapé dans sa toge d’honnête citoyen pour vilipender les profiteurs. Nanti des pouvoirs spéciaux, Courard s’était fait procureur.
L’enthousiasme citoyen était à son comble. Il est beaucoup retombé depuis.
Trois ans plus tard, ce n’est plus l’ambiance de la Convention républicaine. Ça sent Barras et Napoléon, premier Consul…
On dit même que les députés wallons veulent éviter le décret Courard. Ils doivent tenir le coup jusqu’au 20 juin date fatidique de la fin des pouvoirs spéciaux. Ils allument des contre-feux.
« Le Soir » parle d’une lettre éclairante envoyée par Jean Bourtembourg, avocat, à José Happart (PS), président du parlement wallon, selon laquelle il faudrait disposer d'une étude juridique relative aux éventuelles implications des dispositions des arrêtés sur le statut des députés wallons. ». Il paraît que, suivant le juriste (le Soir avait ajouté « éminent »), le bidule de Courard pourrait faire doublon avec la loi spéciale du 8 août 1980.
Parlons-en de la loi de 1980, elle n’a pas empêché du tout les rigolos des Communes de s’en mettre plein les poches et pas qu’à Charleroi.
C’est tout le drame du batteur d’estrade. Devant le public, il est Robespierre, il incarne le Droit, il vole au secours du malheur, pour un peu, emporté par son lyrisme, il se dépouillerait lui-même. Puis, il réfléchit. Parfois il a une femme, peut-être une maîtresse, les enfants grandissent, sa maison de campagne a un toit à refaire, etc… ce n’est qu’un homme, l’argent des autres est là, en tas, il n’a plus qu’à se baisser… et il s’abaisse, dans tous les sens du terme…
Que ce texte coupe aux finasseries sur l’impôt, à la rigueur, mais qu’il coupe dans le cumul et qu’il le limite, c’est proprement intolérable quand on vit sur un grand pied et qu’on dépense l’argent public sans compter…
Et puis aussi, cette idée de Courard d’assortir le manque à gagner, d’une déclaration des mandats publics et privés, ainsi que le montant des rémunération et des avantages en nature, José Happart n’en dort plus de la nuit !
Enfin, tous seront contrôlés par la future Cour des comptes wallonne, et plus par le bureau du parlement où l'on réglait, finalement, les choses entre copains.

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C’est entendu, on ne fait plus de la politique pour aider les autres, mais pour s’aider soi-même. D’accord. Ce qui gêne, c’est leurs discours sur l’austérité pour le redressement des finances publiques. Ce qui interpelle c’est le culot qu’ils ont de nous emmerder avec leur sens de la grandeur de l’Etat.
Qu’ils en prennent puisqu’ils sont à la source, nous sommes dans un système où seuls les égoïstes sans scrupule se tirent d’affaire ; mais qu’ils en prennent trop, non. Ils manquent de mesure. Et dans ce métier hasardeux, manquer de mesure risque de faire perdre tout.

14 mai 2008

Les Pays-Bas sauveurs de la Wallonie ?

C’est une hypothèse… On retient son souffle !
On croyait que les Hollandais ne voulaient pas de nos Flamands dans la grande « Néerlande ». Ils se sont ravisés. « Le Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende devrait prendre le pouls auprès de son homologue Yves Leterme au sujet de l’opportunité d’une fusion entre les Pays-Bas et la Flandre. », enfin c’est ce qu’affirme le député nationaliste néerlandais Geert Wilders.
Et Geert c’est l’homme qui convient, du moins on l’espère, aux nationalistes qui foisonnent désormais en « Flandrie ». En novembre dernier, un sondage auprès de l’électeur batave avait démontré qu’une majorité était favorable à une fusion entre la Flandre et les Pays-Bas. Tout semble bien se dessiner. On en est ravis pour eux.
Pourvu que ce ne soit pas encore un faux sondage !
Reste à conclure un nouveau couloir de Dantzig entre Bruxelles et la Wallonie, enfin, à mettre sous le drapeau de l’Europe les francophones de la périphérie, et puis, on scie les meubles et les immeubles communs en deux et chacun se débrouille avec les débris. Déjà en ce dernier partage, n’avons-nous pas l’expérience de la scission de l’Université de Louvain ?
Quant à la dette, ce sera bien la première fois que le nombre rendra un mauvais service aux Flamands !
Cette admirable préparation nous conforte dans le « tout est possible ».
De la vache laitière à l’électronique, de Gouda à De Panne, bienvenue à ce nouveau et beau pays de l’hyperperformance, que les entubés du nanotube et de la haute technologie saluent bien bas.
Le reste nous regarde, aussi prierai-je les lecteurs flamands d’arrêter ici leur lecture.
Côté pratique, les annulations de séjours à la Côte ex-belge, en cas de scission sont automatiques puisqu’il s’agirait d’une côte désormais étrangère ?
Que faire de Madame Houard et des houardistes ?
En un mot, quid du Royaume et des royalistes ?
Ils ne pourront quand même pas imputer à l’action funeste de Monsieur Gendebien la responsabilité de la grande « Néerlande »?
Finalement, on s’en fout. Royaume ou pas, République ou non, rattachement ou contrat avec la France, l’essentiel n’est-il pas de savoir que nous avons désormais la chance de nous débarrasser de l’épaisse « flamandisation » avec la complicité discrète de Didier Reynders ?
Comme dans les vieux couples qui cherchent à mettre le conjoint dans son tort, le « litige » de jeudi dernier où le parti du premier ministre l’a mis en difficulté par un vote sur BHV, imputer la faute aux francophones est digne d’un coup d’avocat dans une cause difficile.
Aussi, faut-il s’attendre à d’autres passes d’armes. La Flandre n’a jamais dirigé ce pays que pour ses seuls intérêts.
Il paraît que trois représentants du Conseil de l'Europe s’informent depuis mardi matin de la non-nomination des trois bourgmestres des communes de Linkebeek, Crainhem et Wezembeek-Oppem. A croire qu’au Rond-point Schumann, personne ne lit les journaux !
Il y eut les autres années des plaintes pour le non respect des minorités francophones. Les Flamands avaient dit à l’Europe d’aller se faire voir. Ils sont pointilleux là-dessus, nos voisins : « …de kennis van talen is een troef », surtout la flamande, disent-ils aux « troeffions » de la périphérie (humour mixte).

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Cette fois, l’Europe a mis le paquet avec un spécialiste serbe, Dobrica Milovanovic. C’est un expert en scission sur lequel on fonde beaucoup d’espoir pour y voir plus clair qu’à Sarajevo.
Les trois lascars d’Europe venaient seulement pour les trois bourgmestres ! Ils ne connaissent pas les Flamands ou ils se fichent du monde ?
Car si ce n’était que ce problème, ce serait un miracle de simplicité.
On sait bien ce que veulent les Flamands depuis longtemps : que nous claquions la porte les premiers, excédés de leur connerie nationalo-linguistique.
Voilà que les Hollandais se pointent avec un appel du pied ! Ah ! les pointus sont tentés de nous envoyer promener, sans plus attendre.
Charlier-Jambe-de-Bois aurait mieux fait de se casser l’autre patte en 1830.
Et si on en restait là, une fois pour toute ?
On se séparerait en adultes qui ne savent plus se supporter.
C’est ce qu’on espère en Wallonie.
Mais nos élus sont tellement peureux, nos royalistes tellement accrochés à un Royaume de la Belle au Bois dormant, nos libéraux si anxieux d’atteindre aux performances de la Flandrie, qu’on doute de pouvoir tourner la page si facilement.
Dernière chose à l’adresse du Bourgmestre de Liège : Monsieur Demeyer est-il toujours aussi « chaud » pour appeler la nouvelle gare des Guillemins « Liège Limbourg » ? Que voilà la question à poser à un prochain conseil communal !

13 mai 2008

Il y a voyou et voyou !

Nous sommes dirigés par des délinquants !
Belle affirmation gratuite ?... pas si sûr… Et d’abord, qu’est-ce qu’un délinquant ?
Le mot est vague. Il désigne au sens propre, celui qui commet un délit.
Le délit est une infraction punie de Correctionnelle, lit-on dans le dictionnaire. Le Littré dans sa troisième définition du délit stipule que c’est un fait illicite qui cause du dommage à autrui avec intention de nuire. Ce fait constitue un simple délit civil.
L’espace entre le licite et l’illicite est parfois de l’épaisseur d’une feuille d’un livre de Droit, et donc sujet à l’argumentaire.
Les grands commis de l’Etat – comme on disait jadis - qui finissent en Correctionnelle ne sont pas représentatifs de nos élus. Ce sont des voyous qui se sont glissés avec habileté aux leviers de commande avec l’intention de voler le citoyen.
C’est plus instructif et intéressant de s’attacher au destin de ceux que nous avons coutume d’estimer honnêtes, et qui pourtant ne le sont peut-être pas autant que nous les eussions voulus.
Car se commettre à la confection des lois, c’est faire la part du juste et de l’injuste, surtout quand ces lois ont pour résultat d’appauvrir certains et enrichir d’autres.
Ce ne serait pas trop grave, si certaines victimes ne mouraient pas de faim (non assistance à personne en danger) et/ou se suicidaient (complicité de meurtre sans intention de tuer).
Attention, le délinquant politique n’est pas un homme d’Etat qui aurait eu la malchance d’avoir été évincé et qui serait poursuivi pour « des crimes d’idée », comme il était fréquent sous d’anciens Régimes. Sous nos climats il n’y a plus de délinquant de ce type.
Il n’y a en Belgique que des délits d’opinion qui n’atteignent pas les roués qui les manipulent.
Le grand public ignore la plupart des comportements délictueux de ceux qui nous gouvernent.
Quand la presse relate que les revenus modestes sont gravement touchés par le système, les pauvres seraient bien venus de déposer plainte contre X.
Les élus sont responsables au premier chef.

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Ils s’interrogent sur les moyens juridiques d’amener les décideurs économiques à plus de retenue sur leurs salaires ; tandis qu’ils sont moins inquiets de la manière dont ils perçoivent des indemnités pour le travail qu’ils ne font pas ou qu’ils font mal ; enfin, ils se moquent des gens lorsqu’ils se font un triomphe d’augmenter les pensions et indemnités de 2 %.
Grâce à la grande âme des libéraux, l’action recommandée consiste à des rappels à la modération et à la morale des citoyens de seconde zone.
Je dis que cette attitude des parlementaires et des ministres est délictueuse, car elle hésite à trancher sur un vol permanent. C’est bien d’une complicité passive tendant à protéger des délinquants, par leur fuite des responsabilités.
Un avocat pourrait plaider en droit devant une Cour correctionnelle.
Il y a des précédents. 1789 n’était rien d’autre que ça, même si cette recherche de l’intégrité s’est terminée le Neuf Thermidor.
Une condamnation pour une chose aussi grave et qui pousse à la misère des centaines de milliers de personne ferait l’effet d’une bombe.
Bien sûr, l’affaire tournerait court du fait de l’immunité parlementaire, des chichis et des embarras que les procéduriers professionnels développeraient à coups d’attendus. Les délinquants regroupés sous le même dispositif et qui voteraient comme un seul homme pour la protection de leurs pairs, pourraient se voir non pas inculpés, mais condamnés par l’opinion publique pour association de malfaiteurs.
Il est vraisemblable que l’accusateur deviendrait vite l’accusé par un tour de passe-passe dont les élites sont friands.
Délire d’un fou ?
Pas si simple.
La politique a toujours laissé des gens sur le carreau. Un parti n’est pas un gang !
Voire…
Cette façon de voir la démocratie aurait l’avantage de rendre la parole aux citoyens, les mettrait enfin sur un pied d’égalité avec les assidus et les charlatans des tréteaux du système.
On pourrait envisager une démocratie enfin sensible au plus grand nombre.
Les qualités premières (mais oubliées) pour faire de la politique, intégrité et goût des autres, seraient fatales aux êtres vils, plus ou moins acoquinés avec les multinationales, qu’obsèdent la mondialisation et le superprofit.
Enfin, le système libéral qui est le premier responsable de la misère générale se verrait désigné pour ce qu’il est, à savoir une organisation maffieuse au service d’intérêts particuliers.
L’humain est-il « décrassable » ? C’est la grande question.

12 mai 2008

Mais, qui veut la peau de Nicolas ?

En ce dimanche soir de Pentecôte, par ce beau temps, rien n’intéresse vraiment d’une actualité mourante, c’est le cas de le dire, sur les routes ensoleillées, même si c’est sous la lune, au volant d’une Porsche à trois heures du matin et seul. Les journaux sportifs se sont emparés de la chose avec la gourmandise de ceux qui n’auront plus rien dans l’assiette d’ici la rentrée footballistique. Il y a des chauffards qui se font incendier pour moins que ça. C’est partout pareil, on tape trois fois dans un ballon pour ramasser du fric à la pelle, on croit qu’on est un homme et que l’argent fait tout. Ce n’est pas le premier qui prend un platane dans le monde du ballon rond.
On ne peut pas dire que les riches de naissance soient moins cons, ils ont surtout l’habitude. Ça rend prudent.
Après la météo de Marie-Pierre Mouligneau – bon sang qu’elle a la poitrine basse cette saison ! – on zappe sur la castagne au Liban. Est-il possible de courir sous les balles – hors pelouse - par cette chaleur !
On jette un œil sur les programmes. La saison comme au football sent la fermeture. On a l’impression que c’est le câble qui nous couillonne, eh bien non, c’est RTL et RTBf…
Ce midi, on avait eu droit aux gracieux des partis qui ont leurs chaises réservées à l’année sur nos deux chaînes.
BHV, c’est comme Mai 68, ça commence à bien faire. Depuis le temps qu’on en parle de BHV, on pourrait jumeler les deux commémos. Daniel Cohn-Bendit nommé à Linkebeek, et les frères Van Rompuy à Crainhem et Wezembeek.
Leterme semble n’avoir aucune solution, les autres non plus. Mais c’est lui qui va porter le chapeau.
Moi, j’en ai une, je glisse sur une radio vranzaize.
Europe n° 1 prévient les derniers auditeurs encore en ligne, sans doute à cause du ventilateur qui est à côté du récepteur : « La reconquête de l'opinion décidée par Nicolas Sarkozy passe aussi par une pression accrue sur les médias. »
Il n’est pas content, le bougre, il comptait sur les journalistes pour remonter sa cote de popularité, à défaut que cela soit sa politique, et que font-ils ? Ils désespèrent l’opinion !
Mais qui veut donc la peau de Nicolas Sarkozy ?
Thierry Herzog, son avocat, réclame 45.000 euros de dommages et intérêts au Nouvel.Obs pour une information selon laquelle, une semaine avant son remariage avec Carla Bruni, le président de la République aurait proposé de reprendre la vie commune avec son ancienne épouse, Cécilia.
45.000 euros, c’est pas terrible pour le gros modèle, mais une petite Porsche, c’est possible. On voit l’intention cachée de l’avocat, la nuit, un platane…
C’est quand même une vieille info. Tout le système galope. Les gens courent après le fric, comme le travail n’intéresse plus vraiment, tout le monde fait la gueule, sauf les Flamands, les seuls d’Europe à vouloir travailler plus, certains pour acheter des Porsche, on voit où ça conduit…
Demain, on pourra reparler sérieusement de BHV, du plan de Leterme, de l’alliance infernale CD&V/N-VA, des exigences flamandes, enfin de tout ce qui n’intéresse plus personne en Belgique, sauf ceux qui aiment faire perdre du temps aux autres.
Et puis passons à autre chose. Quand nous serons deux pays avec les côtiers, tous les matches de foot – sauf les derby – seront des matches internationaux ! C’est chouette pour les fonds de caisse.
C’est étrange, nous sommes à peine au mois de mai de 2008, et j’ai l’impression que l’année est déjà finie, enfin dans sa partie officielle, discours, calendrier, émotions, décès, etc. Les films que nous irons voir encore, les discussions infinies sur la philosophe contemporaine, jusqu’à nos feuilles d’impôt auront l’air de passer pour la seconde fois. Il ne valait pas la peine d’entamer 2008, si c’est pour faire comme en 2007…
Les 300 mesures qui vont bouleverser la France n’auront jamais bouleversé que Jacques Attali. Mathilde n’aura pas son cinquième enfant cette année, à moins de l’avoir avant terme (il ne reste plus que huit mois en 2008)..

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Enfin, la France qui chantait grâce à Pascal Sevran est en deuil de Charles Trenet, puisqu’il n’y avait plus que l’animateur qui ressuscitait régulièrement le chanteur swing de Montauban.
La preuve que nous sommes fin 2008 : tout ce qui précède est prévu dans la revue de fin d’année !
On signale juste que le village de Noël remettra en vente les invendus de 2007. C’était à prévoir puisque les invendus de 2007 venait du lot de 2006. Il n’y a pas de raison à changer de si bonnes habitudes.
A moins que vous estimiez les trois dernières lignes superflues, c’était vraiment les seules informations d’ici la fin décembre.
Tout autre événement serait un coup médiatique des journalistes et serait poursuivi par Nicolas Sarkozy.

11 mai 2008

L’amour du joug par la peur d’être libre.

Dans un chapitre de l’Anthropologie, Kant évoque la situation de ceux dont la situation de faiblesse civique ne permet pas de se montrer tristes ou gais, et qui ne peuvent plus courir le risque du moindre impair.
C’est la situation dans laquelle les négociateurs francophones de BHV se trouvent.
On peut déduire de ce comportement de « finauderie » que les Wallons et les Bruxellois sont dans un état de dépendance comme le sont les minorités partout dans le monde.
Il n’y a pas si longtemps, par exemple sous les gouvernements Maertens et Dehaen, beaucoup moins sous celui de Verhofstadt, il était réellement plus intelligent pour le plus faible, de ne pas être jugé tel !
Aujourd’hui, la faiblesse insigne ne peut plus se dissimuler. Reste le paravent ultime : la bêtise, derrière laquelle tentent de se rassembler les négociateurs francophones, comme le troupeau se rassemble à l’approche du loup.
La bêtise endort la méfiance, en d’autres termes, elle désarme.
On retrouve des bribes de cette dernière alternative dans certains rapports de dépendance ou les forces sont tellement inégales que le plus faible espère qu’on l’oubliera en se faisant passer pour plus bête qu’il n’est.
L’Etat belge n’est plus gouvernable, parce que les relations entre la majorité et la minorité sont devenues simplement les rapports du maître et du serviteur.
Lorsque Didier Reynders croit de bonne politique d’évoquer la faiblesse économique de la Wallonie par rapport à la prospérité de la Flandre, on sait bien qu’il vise le plan Marshall et le flop du Génie de Mons. Plus il noircit le tableau, plus les électeurs voteront libéral, croit-il. Peut-être bien aurait-il raison s’il n’y avait une Flandre attentive à nos faux pas, qui s’en approprie le trébuchement par des comparaisons qui nous enfoncent davantage. A ce niveau, Reynders entre dans un rôle d’incivique qui abaisse la Wallonie en même temps qu’il s’abaisse.
Il n’y a pas de comparaison possible entre majorité et minorité, sinon que celle-ci en voulant copier celle-là perd son âme et sa liberté.
Il n’y a pas un seul Wallon lucide qui voudrait « réussir » à la flamande !
Abandonner la manière « bête » pour la manière « intelligente » n’est pas bonne non plus, toujours dans le cadre d’un assujettissement à plus fort que soi.

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L’intelligence présente un risque pour le faible, elle n’est appréciée du fort qu’à la condition d’être associée à un grand dévouement. Il n’est plus possible d’être à parité avec les Flamands, ceux-ci nous trouveraient insolents et immodestes. C’est ainsi qu’ils considèrent les thèses séparatistes de quelques francophones. Il n’est pas question pour eux d’imaginer une seconde un grand Bruxelles !
L’intelligence du plus faible attente directement à l’intelligence du plus fort, quand elle n’est pas servile.
Dès qu’on abandonne la pose de la bêtise, les minorités deviennent vulnérables au langage sur la base duquel se fondent la menace sociale et le trouble de la déviance.
Autrement dit, les Flamands ne voudront conserver l’Etat belge dans lequel nos avenirs sont communs que dans la mesure où nous mettrons de la bonne volonté à leur ressembler.
C’est-à-dire tenir un langage de droite et une définition identique du rôle de l’Etat pour une société dans laquelle la stimulation des masses au travail entre dans une parfaite orthodoxie capitaliste.
Qui ne voit le mirage dans lequel nous entraînent ceux qui s’apprêtent à négocier notre capitulation ?
La Wallonie n’a aucun courant séparatiste fort. Elle n’est donc pas préparée à l’éventualité de son indépendance.
Nos élus jouent tout sur une mauvaise carte. Quand ils ne pourront plus faire autrement, ils diront que leurs électeurs les y auront forcés. Ils continueront à faire la bête. Ils ne sauront plus faire que ça.
Ce sera la fin des élites actuelles. Elles ne l’auront pas volée !

10 mai 2008

Des puces meurtrières.

On ne voit jamais en même temps les deux faces d’un mur, sauf quand on est au-dessus !
Il reste à faire quelques petits entrechats à saluer à la ronde et disparaître enfin dans la poussière des choses.
Tout qui chasse la bêtise s’y inscrit. Les plus belles inclusions sont celles qu’ont laissées les chasseurs d’idiots.
Célestine Baupié était toute en doxa et rien en épistémè, une chasseresse remarquable, puisque, chassant au boomerang, elle en était toujours la première victime !
La faute en incombait aux puces savantes qui vivent regroupées dans les ordinateurs pour des représentations d’un cirque violent, duquel elle avait une profonde aversion.
Il eût fallu réglementer tout avant même que cela fût inventé !
Comme si n’importe quel flic de village n’avait pas le pouvoir de connaître l’âge de sa voisine et les raisons qui auraient prévalu au retrait de son permis de conduire.
Piégé par les espions qui filment, les portiques qui sonnent, le radar qui accuse, le piéton n’a qu’à bien se tenir en faisant l’idiot.
Célestine Baupié s’était attelée à cette tâche insurmontable pour quiconque à faire l’idiot, mais si aisée pour sa personnalité. Eprouvée par beaucoup d’épreuves franchies avec un succès de l’échec sûr, Célestine maniait la brosse aussi bien que le faux raisonnement, car elle était artiste en son genre.
Bien entendu la bêtise attire. Elle excite extraordinairement les bourreaux potentiels qui courent les rues.
Les sadiques n’ont de joie parfaite que lorsqu’ils tourmentent les imbéciles.
Mademoiselle Baupié offrait toutes les garanties d’une souffrance indicible par les heureuses dispositions dont elle avait l’éventail généreux.
Archétype de la proie facile pour les cruels, Célestine excitait ces grands fauves humains, comme attirés par l’odeur du sang.
Toute boîte en fer blanc, pour peu qu’elle fût aussi volumineuse qu’une boîte à chaussure la terrorisait. Elle était convaincue que dans la pénombre, sous le couvercle, succédant à une fente, même minime, des informations sur son intime s’amoncelaient dans des disques durs qui partaient ensuite vers des décryptages mystérieux.
Dans la foule, elle parlait à voix basse à des relations qui n’y comprenant rien, avaient fini par acquiescer à l’avance sur tout, avant de la fuir. Elle se retournait souvent de peur qu’un agent spécial vînt accrocher à son dos un poisson d’avril invisible, mais combien efficace pour épier jusqu’à ses battements de cœur.

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Tourner la clé dans la serrure, monter les escaliers et ouvrir la porte palière la laissaient dans une grande agitation. Elle aurait juré que les ombres qui se déplaçaient avec elle n’étaient pas toutes de la même nature que celles de sa personne en opposition à la lumière.
Elle avait rompu avec son dernier amant qui lui avait avoué un voyage d’agrément en Russie dans les années 80. Elle n’ignorait pas combien Poutine avait l’art d’attirer les occidentaux dans les rangs de sa police de renseignement.
Elle avait quitté son employeur le jour où il lui avait redemandé des données que la comptable avait perdues, comme son numéro de la sécurité sociale.
Depuis, elle hésitait à s’inscrire au CPAS de sa commune qui était en face d’un commissariat. Son chien qui était intégré dans le dossier des Fox à poils ras, avait à sa naissance été doté d’une puce électronique sous la peau. Elle s’en défit le jour où elle l’apprit par un vétérinaire.
Peu à peu, elle se débarrassa du téléphone, de la télévision, de sa machine à laver, dévissa ses ampoules, débrancha son grille pain, déménagea plusieurs fois, afin d’éviter les antennes des téléphones mobiles.
Quand vint la période des élections, la vue de ces trognes de pouvoir, étalées sur des affiches collées à la hâte, l’épouvanta.
La police secrète définitivement établie s’était résolue à sortir du bois. Elle exposait ses agents au grand jour. Mieux, elle accablait de fausses informations le citoyen assujetti à cette terreur des services spéciaux. Les vedettes des Brigades de choc du Royaume exhibaient même leur faux bourgmestre !
C’est alors que Célestine Baupié, poussée par un commerçant malhonnête, accumula les provisions dans une cave de son immeuble et s’y terra. Elle y serait encore, si un employé du gaz ne l’avait découverte à moitié folle de terreur, mais désirable encore.
Sa casquette d’employé du gaz portait un numéro matricule. Sa pochette s’ornait d’un badge « Agent X 127 ». Il avait à la main un appareil étrange à trois manomètres dont les aiguilles s’affolaient pour peu qu’il les remuât ! X 127 la convainquit qu’il en était, sans lui dire de quoi. Afin de conjurer sa terreur, elle n’avait qu’à en être aussi. Il lui procura des insignes, des écouteurs et même un faux révolver.
A présent, le soir, au lit, elle lui raconte sa journée de dénonciation, les coups de fils qu’elle a surpris, les regards complices que s’échangent les gens dans la rue, et les automobilistes en infraction dont elle relève l’immatriculation.
Après le rapport, l’employé du gaz prend son sifflet, et ils font l’amour à ce signal, suivant un code de brèves et de longues !
L’avenir est au beau fixe. Elle compte reprendre un chien.

9 mai 2008

Marie-Claire et le retour du Jedi !

Avec un baril qui monte, la junte birmane qui se fait tirer l’oreille par l’opinion internationale et la pauvre Hillary Clinton qui ne sera pas la première femme présidente des Etats-Unis, c’est tout le circuit extérieur qui est « It’s over ».
Force est de rabâcher notre belgitude, puisque des économistes aux médias, il n’y a aucune critique de la responsabilité du système capitaliste dans les famines annoncées, les guerres possibles et l’environnement menacé.
Si la démocratie est parfaite et le pouvoir économique exemplaire, la faute est ailleurs, mais où ?
En Belgique on a trouvé : le responsable c’est BHV !
Les partis politiques flamands veulent mettre leur langue dans un coffre-fort.
Pour y parvenir, ils agissent comme des fontainiers de Versailles : ils courent réparer les fuites qui diminuent la pression pour faire en sorte que les grands bassins gardent leur eau naturellement pure.
Ce qui empêche le cœur de Tyl l’Espiègle de battre au rythme de la nation flamande, ce sont justement les trois brèches de Bruxelles, Hal et Vilvoorde par lesquelles du sang impur se répand dans les artères du plat pays qui est le leur.
Justement les fontainiers qui veillent au grain ont de l’ambition. Ils vont même au-delà de leur projet de placer des rustines sur les trois sources du mal, ils comptent après les réparations nécessaires reposer la question de Bruxelles 100 % flamande, enfin… telle qu’elle était à la création de la Belgique.
Un Etat, une Langue, un Parti flamand et voilà le travail quasi terminé.
Il ne restera plus qu’à mettre au pas de l’oie les fransquillons qui auront été piégés sur le sol sacré.
C’est pourquoi, ceux qui vivent en bordure de cette Nation flamande qui se radicalise feraient bien de ne plus trouver comique les maigres troupes de Gendebien pour le retour ou sinon du protectorat de la France sur les vertes collines de Wallonie et la capitale de l’Europe, quand près de 4 millions de personnes seront victimes demain d’un blitzkrieg nationaliste, avec aux avants postes des camps de concentration flamingants les 350.000 habitants de la périphérie d’un Grand Bruxelles qui ne verra jamais le jour.
On aurait tort de n’accorder - comme le fait Reynders - qu’une médiocre et méprisante attention aux boutades de Jean-Claude Defossé. A moins que le sémillant bourgmestre-empêché de Liège rebaptise Liège en « Luik » et souscrive par avance à une frontière linguistique qui descendrait de Mouland (Moelingen pour les initiés) jusqu’à Bassenge et annexerait la Basse-Meuse ?
La mode en Europe est à la fragmentation des Etats, une sorte de régionalisation pacifique.
José Happart le répète depuis longtemps à qui veut l’entendre : l’avenir de l’Europe est aux Régions.
Cette affirmation ne règle en rien les frontières de ces Régions, si ce n’est que cette définition en pratique sonne la fin de la Belgique.
On a beau se dire que la surenchère linguistique est artificielle et que la population flamande s’en moque autant que la wallonne, il serait bon de vérifier ces affirmations sur le terrain et plus sérieusement qu’un petit sondage de vacanciers sur la Côte du côté de La Panne ne le ferait.
En un quart de siècle, l’âme foncièrement nationaliste et de droite de la Flandre s’est bien emparée de la jeunesse et pas que celle d’Anvers, foyer du Vlaams Belang.
L’homogénéité de l’Etat flamand tranche sur la singulière dispersion wallonne en ce domaine.
D’un côté c’est la nuit, de l’autre, le jour, sans savoir quelle des deux Nations est du côté obscur ?

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Le CD&V-NV-A n’est peut-être pas si éloigné que cela de la jeunesse flamande et les revendications sur BHV y trouveraient plutôt plus de compréhension que d’indifférence.
Alors, des deux groupes linguistiques, le plus mal représenté serait le groupe francophone avec des bélîtres et des pleutres qui pensent qu’afficher une lâcheté insigne leur concilierait les électeurs pour les prochaines élections… si elles ont lieu dans l’état actuel de la Belgique.
Les Reynders, Di Rupo, Javaux et consort, à l’exception de Joëlle Milquet dont on voit bien l’inquiétude, ne sont plus que les ravaudeurs des drapeaux de Marie-Claire Houart. Et c’est bien dramatique pour les Wallons et les Bruxellois, en première ligne.
Exit Leterme, voici le retour du Jedi !

8 mai 2008

Parallélisme France Belgique.

Le Monde publie le 14 février 1968 un article de Pierre Viansson-Ponté. On est à deux mois et demi de Mai 68 ! Le journaliste écrit un papier devenu célèbre sur l'état de la société française.
Après l’explosion du joli mois de mai, 40 ans plus tard, il semble que la société française et son appendice belge n’aient pas vraiment changé.
Pierre Viansson-Ponté caractérisait la situation d’un mot : l'ennui !
Les Français s'ennuient. Aujourd’hui c’est pire : Français et Belges s’emmerdent !
La guerre du Vietnam les émouvait, mais elle ne les touchait pas vraiment, comme aujourd’hui la guerre en Irak et la « pacification » problématique de l’Afghanistan.
Il y avait un décalage entre les discours et l’opinion. Comme il y a un décalage entre les déclarations d’un Sarkozy et d’un Reynders sur l’état de prospérité des populations, si tant est qu’en Belgique, les libéraux s’en soucient encore ?
Le public a vu avec des yeux ronds, les militaires chapeautés par les deux derniers ministres de la Défense se ranger dans des gros porteurs afin de délivrer le message des démocraties à des populations qui nous perçoivent comme des martiens.
L’impopularité de Bush a gagné nos frontières, si bien que toutes les initiatives internationales prônées par le camp américain paraissent suspectes.
Il n’y a plus que les Libéraux et le bureau du PS confrontés à l’orthodoxie capitaliste, pour avoir une confiance absolue dans l’avenir des relations du pays à l’économie mondiale, selon les définitions de la Bourse et du Financial Times.
P.V.-P. voyait dans ce refus des populations d’adhérer, le sentiment que les affaires dont se saisissent les élus n’étaient pas les nôtres. Comment en vouloir à l’opinion d’être indifférente aux malheurs des autres, quand la priorité serait que l’on s’intéressât aux leurs !
En Belgique le scandale de BHV masque une paupérisation qui gagne des points sur l’ensemble de la population, et qui se fait sentir même en Flandre ! Les drames à des 5000 kilomètres et plus deviennent abstraits !
En France, les promesses de la campagne présidentielle de Sarkozy sur le pouvoir d’achat pèsent lourdement sur la confiance. Ce qui pouvait arriver de pire est survenu : le Président n’est plus crédible !

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La jeunesse s'ennuie, poursuivait l’éditorialiste en février 68. « Les étudiants manifestent, bougent, se battent en Espagne, en Italie, en Belgique, en Algérie, au Japon, en Amérique, en Egypte, en Allemagne, en Pologne même. Ils ont l'impression qu'ils ont des conquêtes à entreprendre, une protestation à faire entendre. »
Être adolescent en 2008, dans l’alternative d‘une vie active aléatoire, pose non seulement tous les problèmes de 68, mais s’y ajoute le doute en un avenir maîtrisé par et pour les gens. Le concept du travail dans une société dont le but premier n’est plus de travailler dans des conditions honorables, mais de faire travailler l’argent par des spéculations qui s’en éloignent, est fortement ressenti par la jeunesse. La culture du travail inculquée aux masses depuis les débuts de l’ère industrielle est sur le point de prendre fin.
Commune aux dernières générations, est née une expectative perplexe faite de l’incompréhension du discours des hommes politiques autour du problème jeune Rien ne change vraiment : il n’y a toujours pas de travail et les universités restent attachées à la perpétuation de l’élitisme bourgeois.
La télévision est là pour détourner l'attention des vrais problèmes.
L’ersatz du bonheur s’y développe de plus belle avec la multiplication des chaînes depuis 68.
P. V.-P. se posait déjà la question : un pouvoir de gauche rendrait-il de la couleur au peuple ?
« La tentation sera sans doute de plus en plus grande, au fil des années, d'essayer, simplement pour voir, comme au poker. L'agitation passée, on risque de retrouver la même atmosphère pesante, stérilisante aussi. On ne construit rien sans enthousiasme. »
Et de conclure :
« Dans une petite France presque réduite à l'hexagone… l'ardeur et l'imagination sont aussi nécessaires que le bien-être et l'expansion. Ce n'est certes pas facile. L'impératif vaut d'ailleurs pour l'opposition autant que pour le pouvoir. S'il n'est pas satisfait, l'anesthésie risque de provoquer la consomption. Et à la limite, cela s'est vu, un pays peut aussi périr d'ennui. »
Et la Belgique donc !!!

7 mai 2008

La politique du bilboquet.

Non, ce n’est pas Di Rupo seul qui se délasse au jeu de Henri II, mais la classe politique tout entière.
On a l’impression que l’Europe n’est plus en position de dominer le reste du monde – derrière les Etats-Unis, bien sûr – depuis les crises des subprime et du pétrole.
Dans les faits, elle ne l’était déjà plus depuis longtemps, mais sa population avait pris du retard dans l’appréciation de sa puissance réelle.
Intégrée dans la compétition mondiale, l’Europe se défend mal et ne se vend pas bien avec un euro à 1,52 dollar. L’Amérique nous entraîne – comme toujours elle nous a entraîné – mais cette fois vers le fond.
La récente conversion des ex-pays de l'Est aux règles du marché, accroît encore la faiblesse de l’Europe dans son besoin d’énergie fossile par rapport à l’ancienne URSS.
Dans le chacun pour soi de l’économie mondiale, les intérêts intercontinentaux sont loin d’être convergents.
D’après Artus, chef économiste de Natixis, et de Marie-Paule Virard, journaliste, le capitalisme est en train de s'autodétruire.
S’il en est ainsi, la crise actuelle serait bien plus qu’une crise classique, une rupture entre l’offre et la demande, mais un clash de rupture entre un ordre qui s’effondre et un ordre nouveau dont on ne connaît pas très bien encore les règles. Nous les apprendrons très vite, à nos dépens, bien entendu. Le capitalisme n'est plus en voie de développement, mais en voie d'achèvement, comme l’ignorent encore les pompeux imbéciles qui dirigent ce pays.
Une première et évidente constatation que tout le monde peut faire : cette crise ne s’apparente en rien à la crise de 29, parce que cette dernière malgré les conséquences terribles qui en résultèrent, aurait été pire encore si les pays concernés n’avaient pu faire payer à d'autres pays son coût, et ici, on pense aux colonies naturellement. L’Europe n’a plus de colonie, donc plus les moyens d’amortir le choc sur un bouc émissaire.
L’autodestruction du système dans son fonctionnement a commencé. La crise actuelle n’en est qu’à ses débuts.
Le premier défaut de la cuirasse est politique.
Nos éminents ne se préoccupent du pays qu’à court terme. Leur vision ne dépasse pas une législature et l’amorce de la suivante, soit 5 ans environ. Ce qui revient à dire qu’ils ne sont pas en mesure d’être efficace sur le long terme.
Le second défaut, est l’information.
Les crises dénoncées ne le sont par la grande presse qu’en fonction de leur sensationnalisme. On vit la crise du pétrole, comme on a vécu la crise des hypothèques folles des logements aux USA et encore la stagnation du PIB comme une crise du ralentissement des affaires. Il n’y a que quelques journaux financiers qui les relient entre elles et qui osent parler d’une crise majeure.
Comme on multiplie les vigiles et les lois répressives de la délinquance pour rassurer les populations, alors qu’en Belgique, par exemple, la délinquance des rues est en baisse, on crie aux loups sur les guerres d’Irak, d’Afghanistan, on rassure Israël et on gesticule contre Al-Qaida, de sorte que le public a l’attention détournée du vrai et grand problème : son modèle économique dans lequel il croit être ancré à jamais, alors que ce modèle bat de l’aile et va disparaître !
Les discours des libéraux et des socialistes leurs alliés sont tout à fait surréalistes. Les syndicats eux-mêmes débattent dans le vide quand ils négocient des accords de deux ou trois ans avec le Gouvernement et les patrons.
En mai 2008, la principale occupation des mandataires et du public, c’est l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde ! On croit rêver… C’est le transfert des compétences !… Les nouveaux découpages linguistiques ! Et même quand Di Rupo dénonce cette urgence afin de proposer la sienne, les salaires, les pensions, les indemnités sociales, etc. il se fait complice de Reynders et du libéralisme actuel, dont personne ne voit le côté obsolète… dans un climat qui sent la poudre et l’abîme !... Il détourne l’attention à sa manière de ce qui va se passer bientôt. Ce qui ne signifie pas d’oublier de soulager la misère des plus démunis; mais, ce qui veut dire que pour une politique de justice, il faudrait déjà anticiper sur le peu d’avenir du système économique actuel et en proposer une nouvelle version, adaptée aux nouvelles donnes.

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Pire encore, le gouvernement Leterme va peut-être achever sa triste et courte carrière et les mois à venir verront la population livrée au tout venant avec un gouvernement chargé de régler les affaires courantes.
Bien entendu, les causes du mal belge seront à l’ordre du jour et la situation de l’économie mondiale complètement oubliée.
Parfait. Continuons ainsi et faisons des vœux pour que nos partenaires à l’Europe soient plus lucides que nous.

6 mai 2008

L’ami Fritzl.

Un avocat autrichien a résolu le problème de BHV. Par la même occasion, la Belgique sortira bientôt du pétrin communautaire.
Sa solution est quasiment universelle, une sorte de redécouverte de la réalité de l’Homme. Tellement c’était simple, personne n’y avait pensé ! Elle s’applique à tout, colle à tout…
A voir les antagonistes, Leterme, Reynders, Di Rupo, Van Rompuy, et consort, c’était l’évidence même. Elle sautait aux yeux !
Les autres drames s’expliquent de la même manière.
L’as du barreau place les pièces du puzzle sans hésiter. Un paysage tyrolien sous un ciel bleu de 450 morceaux est reformé en 45 secondes !
Les affaires politiques ou judiciaires, après BHV, ne sont plus que de la simple routine.
Vous voulez des exemples et de bien saignants ?
L’affaire Dutroux… Que le phénix Autrichien n’a-t-il vécu Arlon et son tribunal rénové, à l’époque ! L’Affaire fût retombée comme un soufflé !
Les gens ont besoin de comprendre. Sans logique, on ne va pas loin.
Comment imaginer que l’on puisse passer de la gamine de patinoire, à l’horreur complète, sans un hoquet de repentir ?
Même la Martin, viande palpitante au service du mæstro, joue à découvert, ses parties les plus intimes sèchent fibre par fibre au soleil cartésien et à la rigueur conjugués… expliquée son aporie, démontrée son hystérie....
Et Fourniret ?
Faire le tour d’une pareille canaille et de sa conjointe serait de prime abord impossible, tant l’accumulation des signes d’inhumanité rend perplexe. Et pourtant, la méthode autrichienne bien appliquée, le casse-tête devient un jeu, qu’on n’oserait qualifier d’enfant.
Le mutisme démontré et l’impassibilité expliquée, Fourniret n’est plus qu’un pantin diaphane, un trompe-l’œil de l’histoire du crime. On y aurait perçu ses gonades impuissantes au filigrane de ses vices, si leur vue n’en avait été repoussante !
Alors, vous pensez le reste !... billevesées d’accès facile.
La manie qu’ont certaines mères hystériques à congeler leurs nouveaux nés dans les cinq étoiles de la réfrigération divulguée par l’épistémé autrichien, voilà qui renvoie Platon et la justice à la doxa des plus vulgaires.
Quittant le crime organisé et le fait-divers, l’anecdote ne résiste pas à la pierre de touche viennoise.
On ne peut pas expliquer les saturnales d’un Kubla et quelques amateurs d’art brut aux partouzes de Michel Nihoul, décrites dans le livre de l’escroc repenti, sans la clé délivrée par l’avocat autrichien.
L’eau croupie engendre des moisissures blanches ressemblant à des têtes d’anthrax, notre Autrichien en deux mots convainc : c’est la faute à personne !... Chimie naturelle...
Alors, me direz-vous haletants, quelle est donc la panacée qui remet toutes les pendules à l’heure ?
Qui donc a la martingale contre nos soucis, nos misères, nos pauvres lois linguistiques, nos stupres, nos crimes ?

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Il s’appelle Rudolf Mayer.
Ce Rudolf Mayer est avocat, profession tant décriée dans ces blogs, pour une fois jugée admirable, que le rouge de la honte me monte au front de l’avoir tant honnie.
Venons en aux faits : l’avocat Rudolf Mayer défend Josef Fritzl.
Fritzl est cet Autrichien qui a reconnu avoir séquestré et violé sa fille pendant 24 ans en ayant sept enfants avec elle, et qui, pour ses aises et avoir la famille à portée, avait construit un blockhaus sous sa maison, une sorte d’hommage au mur de l’Atlantique...
Rudolf Mayer a annoncé qu’il allait plaider la démence.
Voilà le trait de génie et l’explication de tout !
Fous les politiciens du chantier de BHV, fous les play-boys sur le retour du MR, cinglés les Fourniret et Dutroux, malades mentales les juments piaffantes couplées aux énergumènes du crime.
Folles nos élites qui siègent indûment au Parlement et au Sénat, lors même que leur état exigerait des chambres capitonnées. Gagas les chefs de parti. Schizophrènes les auteurs élucubrant les Lois linguistiques. Ainsi les prisons seraient inutiles et seraient remplacées par des hôpitaux psychiatriques.
Environné de fous, l’honnête homme pour survivre, doit fuir !
Il eût fui le pays depuis longtemps, s’il avait été certain d’atterrir sous des cieux plus cléments. Las ! aux dernières nouvelles, les atlas s’empilent et les cartes s’affolent !
La nef des fous s’est fait escadre !

5 mai 2008

La Flandre hystérique.

Curieux pays, la Belgique !
En Flandre, il n’est pas légal dans les Administrations, à la Poste, à la gare et dans d’autres endroits encore, de parler pour se faire comprendre de 10, 20 % voire une majorité d’usagés !
Derrière des guichets, les gens qui entendent et parlent plusieurs langues sont sommés par leur hiérarchie de n’en entendre qu’une seule.
Des panneaux de circulation qui sont là – en principe - pour aider les étrangers, paraissent incompréhensibles aux non-initiés.
On critique certains responsables de ne parler qu’une langue, alors qu’être bilingue ne sert à rien puisqu’on ne vous donnera au Nord aucune occasion de parler la vôtre, par réciprocité polie.
Un multilinguisme de circonstance déforce l’expression parlée. La confusion n’est pas bonne pour le sens. D’aucuns qui se flattent de s’exprimer parfaitement et de passer sans difficulté d’une langue à l’autre, étonnent l’étranger. Les Belges passent pour des demeurés, dans quelque langue qu’ils parlent.
Nous voilà bien embêtés par des lois imaginées par des fous et que les gens sensés ont l’obligation de respecter.
Les fous ont passé les consignes à d’autres fous. La tâche d’huile est devenue majoritaire.
L’étranger a saisi le côté burlesque de la Belgique. Nous sommes des clowns échappés d’un cirque courant sur la piste, sans faire rire les enfants… Les gags manquent d’esprit. Gare aux peuples qui en sont dépourvus.
Plus au Nord qu’au Sud, il y a des furieux qui s’estiment violés à entendre parler comme du côté « dont on n’est pas ».
Il était une fois un cinglé du nom de Peeters, ainsi pourrait commencer un conte à propos des fameuses circulaires libellées sous sa responsabilité.
Le pays va sombrer, certes, c’est inévitable, un jour ou l’autre. Les conneries tuent.

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Que la chute advienne de la différence d’interprétation du social et de l’attitude du Nord face à un capitalisme dominateur, cela aurait eu plus d’allure.
Mais non. C’est une fatalité. Le nationalisme et la bêtise des uns, auront vaincu la trouille et l’envie de poursuivre « le brol » des autres.
On a vu des Nations plus intelligentes s’en sortir de belles façons. Par exemple à Los Angeles, en passe de devenir une ville mexicaine, il y a de la place pour deux cultures. Et cette dualité n’est possible que par brassage des langues. On ne parle plus l’américain à LA comme on le parle à NY. Est-ce que cela a de l’importance ?
En Belgique, le français qui s’y parle est de moins en moins riche. Les gens manquent de mots. Ce n’est pas dû à la culture voisine envahissante, mais au manque d’intérêt pour la logique et la culture. Au Nord, il faudrait qu’ils se mettent d’accord sur une langue propre à tous.
La Belgique terminera, comme elle a commencé, submergée par des fous.
La folie gagne les foules.
De plus en plus de Belges sont contaminés. Les personnels politiques suivent la vague et essaient de surfer dessus.
Le Nord replié sur lui-même sera tôt ou tard détrompé, lorsqu’à la frontière linguistique imaginaire, il faudra déployer des chevaux de frise et des miradors.
Tandis que le Sud sera plaint par tout le monde, le Nord prendra le chemin de la Serbie, de l’Autriche, ou de l’Italie du Nord, à l’ombre des dictatures en devenir, avec la perspective d’un Vlaams Belang parti unique.
Et nous dirons au Sud, que le Nord suit une pente fatale qui heureusement n’est plus la nôtre ; tandis que nous accueillerons leurs réfugiés politiques.

4 mai 2008

Remboursez !

On n’y coupe pas.
Chaque publication des revenus des élus de la Nation fait chavirer les cœurs d’impuissance rageuse et jalouse.
Ce n’est quand même pas au suffrage universel qu’on a voté leur standing !
On n’aurait pas permis !
Il y aurait eu des élus vigilants de gauche qui auraient alerté l’opinion publique !... quelques travailleurs déprimés, acculés au désespoir.
Ils les ont votées eux-mêmes leurs indemnités !...
Eh bien ! c’est du propre.
Pourtant, s’il y a bien un consensus des citoyens, c’est bien de faire des économies, de ne pas gaspiller notre argent. C’est Reynders lui même qui l’a dit !
Il doit y avoir un moment où nous avons relâché notre surveillance, comme à l’arrêt d’un bus quand le compère attire l’attention, pendant que le pickpocket fait la tournée des poches.
Et faire ça à la Chambre, au Sénat devant des dizaines de journalistes, le public, les huissiers… ah ! ils sont forts, au moment où nos salaires sont sur le toboggan pour l’infernale descente !
Pendant qu’ils détournaient notre attention sur un fait divers du genre « les voyous descendent sur la ville » eux, dévalisaient en toute légalité.
La rémunération de nos politiques n’obéit pas aux lois du marché, à la concurrence des partis, au volet d’embauches, aux chômeurs de longue durée, par exemple les Ecolos dans l’opposition, ce FOREm de nos Institutions.
Nos élites, hein ! si chauds pour la justice, la légalité, le libéralisme, le code d’honneur… seraient-ils aussi vénaux ?
Pourquoi ces militants exaltés du système ne suivent-ils pas les consignes qu’ils donnent aux autres, pourquoi ne roulent-ils pas en Logan ? Ils stationneraient leurs BMW et leurs Rover de l’autre côté du Parc, pour le traverser à pied, ou le contourner dans une voiturette électrique sans permis, on apprécierait… les gens sont si vite contents !
Sur le long terme, les conneries passent, le député demeure. Dans le privé, l’obligation de résultat est primordiale. Vous connaissez un ministre viré pour incompétence ?... pour manque de productivité ? pour absence non justifiée ?
Des citoyens, crédités – on le devine – de populisme, pétitionnent périodiquement contre la rémunération excessive des hommes politiques.
Quand il n’y a plus de boulot chez Boudefer & Fils, on chôme, on se fait foutre à la porte. Quand ça tourne mal dans les hautes sphères, ils multiplient les réunions, Val Duchesse, traiteur et champagne pour tout le monde…
A l’issue d’une fine partie de gueule au restaurant, qui on va nommer à la place de celui qui fait ses valises pour la Toscane ? C’est la seule question !
Cela devient si criant, si désobligeant pour l’ensemble des citoyens, que même les classes moyennes, pourtant si libérales, quand Reynders les traite de « camarades » à Jodoigne ne fait plus rire que Louis Michel.
On voudrait plus de modération dans le discours officiel qui pousse les prolos dans la honte d’eux-mêmes quand ils chôment.
Si nos élites étaient payées entre 2500 et 3000 euros (c’est beaucoup plus que les ¾ des travailleurs), on n’en serait pas fâchés. Honnêtement, ils ne valent pas plus.
Depuis qu’ils patinent dans BHV, stagnent dans les progrès sociaux, mégotent dans l’enseignement, clabaudent dans la justice, franchement, pour foutre en l’air la Belgique, le plus inculte supporter du Standard ferait beaucoup mieux.
« Un ministre gagne quelque 178.921 euros bruts annuels. Comme tout salarié, le ministre perçoit une prime de fin d'année à 4.800 euros, un pécule de vacances de 2.519 euros. Il a droit à des indemnisations de logement de 12.802 euros et de représentation 3.312 euros). Au total, un simple ministre gagnerait donc plus de 202.000 euros par an, plus des extras, dont notamment une voiture avec chauffeur...

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Le Premier ministre gagne plus ou moins le même salaire, majoré de quelque 5.000 euros annuels bruts. Les Vice-Premiers ministres, ont un petit supplément annuel qui vient s'ajouter aux 178.921 euros annuels. Les secrétaires d'État ont un salaire comparable à leurs supérieurs.
Le salaire annuel brut perçu par les députés fédéraux et les sénateurs est identique. Il s'élève à, 69.271 euros, plus 5.400 euros pour les faux frais, une prime de fin d'année de 2.020 euros et un pécule de vacances de 5.400 euros.
Députés et sénateurs peuvent disposer de 19.381 euros pour frais de restaurants, déplacements, courriers. »
C’est qu’ils vont finir par nous foutre tous sur la paille… comme beaucoup de Belges le sont déjà !.

3 mai 2008

Qui ne dit mot qu’on sente…

-Ah ! si vous m’aviez connu il y a seulement 5 ans… 5 mois… 5 jours ! J’écrivais en vers - comment est-ce possible ? - des alexandrins à quelques poétesses (Evelyne, Maria, Madeleine, etc) évidemment, de ces auteures sublimées aujourd’hui par la mémoire ! Je me suis relu : de la merde ! Je crois bien que j’écris toujours ainsi. J’ai un don : celui de faire de la merde. Comme s’il n’y en avait pas assez ! Dès que j’ouvre la bouche !... Je chie par le haut… Dès que je prends la plume, j’ouvre la porte des latrines afin de me servir en papier…
-Je rencontrai par hasard une de ces T-évanescentes, comme chantait Brel (Il est resté jusqu’au bout un homme de liaison). Nom de dieu, qu’elle avait changé ! Et puis, la première impression passée, presque pas… peut-être pas du tout !
« -Tu me reconnais ? - Non !...-Richard !...-Qui ? –Trois !…-Fichez-moi la paix où j’appelle la police ! »
-Elle faisait des efforts de mémoire… « où ai-je vu ce type ? Ce n’est pas possible, fichu comme il est fichu, il n’a pas pu être mon… ». Elle plissa le front. Je reconnus un geste favori : la main sous le menton. Je remarquai quelques lentigines… « Quel âge a-t-elle ? Et moi, quel âge me donne-t-elle ? ». Avais-je tellement changé ?
La mémoire lui revint. Elle est confuse : « -Ah ! maintenant, de profil. Pardonnez-moi, mais la vue, vous savez … »
-Traduction : Après vous, j’en ai connu d’autres ! C’est une chose que j’ai pu vérifier. La comptabilité des aventures des hommes, s’établit – à quelques exceptions près – en in octavo coquille. La diablesse atteignait le double colombier…
-Tu me vouvoies ? J’ai failli dire « voussoient » c’est la même chose, sauf que ça fait prétentieux. « -Je vous.. te vouvoie… C’est que je ne me rappelle plus. »
On s’était longtemps vouvoyés. C’était même enrageant, dans les vernissages ou des réunions du genre « lundi de la poésie » tout le monde la tutoyait et moi, dès que je dérapais dans le « tu » elle me lançait un regard courroucé ! Comme si les sœurs d’Anne ne voyaient rien venir !
(Je ne suis pas le seul pour le flair infaillible sur la question de savoir qui est avec qui…)
On se réhabitue vite aux personnes qui vous ont été chères… enfin, ceux qui, comme moi, n’ont pas de rancune. En amour, la faculté d’oubli est la plus belle des qualités. Mais sur quel prétexte nous étions-nous séparés ?

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-Se réhabituer à Beatrix !... les après-midi de piscine, les frôlements et les jeux de son petit bassin. Sans les hauts talons – dans l’eau évidemment – elle était fort petite, mais si bien faite dans un maillot noir de compétition, que l’on aurait dit moulé sur elle. Et puis, elle nageait si bien… En crawl, on devinait juste la bouche et les deux rondeurs des fesses…
-Au sortir des Galeries, avec un grand sac de vêtements griffés, c’était dangereux de l’aborder. Son avarice contrariait l’envie des vêtements doublés de soie. Elle avait toujours été d’une certaine élégance. C’était même ce qui m’avait séduit, quand je la vis pour la première fois sur l’estrade où elle glosait sur la jambe artificielle de l’amiral Nelson à des crétins qui n’en branlaient pas une. On aurait dit une hôtesse de l’air de l’ancienne Sabena. Oui, elle donnait dans le démodé chic, un art délicat… Enfin, c’est la réflexion que je fis.
Béatrix n’avait pas trop changé : les yeux d’un bleu mauve surprenant, une peau lisse, des ongles faits et ce petit air sérieux et supérieur de maîtresse d’école dont elle ne se départait jamais, même dans les moments d’exaltations intimes. Je notai aussi le bruit de ses bracelets, car elle parlait avec les mains.
Débouchant derrière nous, me tapant sur l’épaule, quelqu’un dont le mauvais état dentaire me fut longtemps familier sollicita ma mémoire olfactive. « Simon ! », le mari.
Sans me retourner, je dis « - Simon ! », « -Richard ! » me répondit Simon.
- C’était l’amitié gênante de Simon qui m’avait éloigné de Beatrix. Il parlait sous le nez des gens, afin de ne rien perdre de ses suavités buccales, puisque l’autre les renvoyait par réflexe à l’interlocuteur pestilentiel… Je l’avais supporté pour l’amour de sa femme ! Comment était-ce possible qu’une femme aussi charmante, une poétesse de talent, pût dédicacer tous ses ouvrages à cette fourme humaine ?... de ces déferlantes amoureuses – texte incipit - à faire frémir de sexualité des corps de garde, que l’on sentait écrits, poitrine haletante, Mont-blanc à portée d’inspiration sur la tablette de nuit !... moite, déjà, à se livrer… « Simon, mon amour !». Certes, lui n’avait pas changé. Mieux, il avait étoffé ses fragrances, d’une certaine manière, par des prolongements de chou empyreume, et un rien de gingembre…
« Puisqu’on s’est retrouvé, on va fêter ça » dit-il, à deux doigts de ma bouche. Ce fut comme si j’en étais déjà au camembert !
Et je fermai les yeux de peur qu’il ne postillonnât et que j’en supportasse la trajectoire !
Beatrix se mit de la partie. Elle prenait un plaisir visible aux effluves. D’incertaine quant à l’avenir entre nous, elle passait - par sympathie pour son mari - à une réhabilitation de nos instincts, prolégomènes aux effusions préphalliques asymptotes, à l’hôtel des « Affaires cessantes », entourés des bouquets de roses de la tapisserie !
Nous nous quittâmes après des embrassades de Simon qui me mirent au supplice. Nous jurâmes de nous revoir. Dans l’émotion des adieux, j’omis de passer à Beatrix mon nouveau numéro de téléphone, griffonné sur la serviette quand je lâchai sa cuisse sous la table du restaurant. C’est parfois délicat d’être l’intime d’un ménage.

2 mai 2008

Un premier mai bidon !

Si le communisme est l’avatar du capitalisme, c’est dans cette forme « dégénérée » qu’il conviendrait aujourd’hui de chercher le salut de l’humanité.
Le capitalisme quoique universel ne peut plus conduire à une politique humaniste dans la perspective d’un monde futur où il faudra nourrir 7, voire 10 milliards d’hommes.
Le moteur de ce système est l’individualisme poussé jusqu’à l’égoïsme. Qui ne voit les guerres terribles qui sont en perspective prochaine dans un monde où seuls les prédateurs survivront ?
Le communisme peut atténuer les conflits et partager ce qui est partageable entre les hommes.
Ce n’est pas si simple, évidemment, parmi les problèmes qui nous assailleraient, il resterait à régler la question essentielle du profit afin de motiver l’humanité au travail, puisque celle-ci a pris ce chemin.
Les tentatives de « communisation » n’ont pas résisté à l’absence de motivation matérielle et leur remplacement par des appels au civisme et à la morale de groupe ont toujours échoué.
Pourtant, le travail comme il est pratiqué est loin de faire l’unanimité.
C’est que le travail comme on le conçoit de nos jours a des motivations d'intérêt technique et de profit suffisant, pour un nombre peu élevé d’individus, alors qu'il est une pénible corvée pour tous les autres. Les impératifs de production et de morcellement des tâches entrent pour beaucoup dans cette dépréciation.
Il y a dans l’entraînement des populations à « aimer le travail » une hypocrisie fatale qui pousse les gens à croire tous les bobards que disent les autorités.
Réhabiliter le travail manuel par rapport au travail intellectuel est une première et essentielle tâche. Elle ne peut se faire que dans un autre système que celui de Didier Reynders.
Le communisme dans son principe égalitaire est la seule organisation possible dans le futur.
Son installation trop rapide en 17 n’a pas permis une réflexion générale d’ordre pratique.

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Dans les années vingt et par la suite, la comparaison avec le capitalisme ne pouvait pas tomber au plus mauvais moment, tant les potentialités et l’exploitation des peuples par le colonialisme avaient encore de belles années. Les peuples occidentaux avaient vu immédiatement le côté lucratif dans les relations qu’ils pouvaient avoir avec les pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud, des relations de maître à esclave…
Le communisme, soutenu lors de cette période d’apprentissage par les seuls exploités conscients de l’être et une poignée d’intellectuels, violemment attaqué par ceux qui avaient intérêt à sa disparition rapide, n’était viable que par une prise de conscience générale. Ce qui ne fut pas le cas.
Ainsi, le capitalisme forma deux générations au moins d’adversaires résolus d’un système qui ne pouvait que sombrer dans le despotisme d’une nomenklatura dévoyée.
De nos jours, après l’effondrement de l’URSS, la gauche socialiste s’est installée sans concurrence dans un accompagnement servile du capitalisme. Il faudra du temps aux vraies formations de gauche pour revenir à une meilleure place afin d’agir pleinement à la sauvegarde des peuples.
Le temps joue pour le communisme. Certaines modifications politiques peuvent se produire assez vite. On assiste de par le monde aux premières grandes famines dues aux phénomènes naturels et à la spéculation propre au désordre capitaliste. La rareté progressive des produits essentiels va conduire au reste.
Il faudra donc choisir entre faire des guerres pour l’eau, le blé et le pétrole ou une organisation mondiale capable de régler les conflits en devenir, avant qu’ils n’éclatent. Ce qui sous-tendrait aussi d’aborder le problème démographique.
Nous serons dans la nécessité de stopper l’accroissement exponentiel des populations pour des raisons évidentes. L’humanité court à sa perte entraînant avec elle, le vivant.
Nous devrons recréer des zones vierges, si nous ne voulons pas disparaître avec les grands mammifères à qui nous disputons l’espace vital.
Il serait opportun de réinstaller l’hypothèse communiste dans l’esprit des gens, c’est-à-dire montrer que les principes conformes à l’hypothèse communiste sont loin d’être impraticables ; qu’ils sont même les seuls qui permettraient d’arrêter les bains de sang qui se préparent.
Après l’ironie des gens désignant les « cocos » dans un schéma de dérision issu de la guerre froide et de la propagande, il conviendrait de remettre tout à plat et de réfléchir à ce que l’on pourrait entreprendre de didactique, sans retomber dans les anciennes erreurs.
Il y a urgence.

1 mai 2008

Complexe et décomplexe…

Emile Ajar (Romain Gary) le dit « Les pythons tombent dans la catégorie des mal aimés ». C’est incontestable. Les gens qui sont aimés par tout le monde, peuvent aussi ne se sentir aimés par personne. Marilyn est morte en solitaire, alors que beaucoup de types seraient morts de joie en lui tenant cinq secondes le bas de la robe.
On a déjà vu des géants qui respirent la force se sentir tout petits devant un nain. La force ce n’est pas tant d’avoir des muscles, que d’avoir du caractère. Or, avoir du caractère, ce n’est pas donné à tout le monde. Même les banquiers manquent parfois de caractère. Ils craquent pour une légère blessure en se rasant, ou s’effondrent devant une bonne intransigeante.
Les prêtres doivent se sentir bien mal aimés, en tout cas moins aimés que Celui pour lesquels on vient les voir. Ils sont là, bien en chair, certains fort présentables, pourtant tout de suite l’ouaille tourne les yeux vers le christ pendu sur le trumeau de la cheminée !
On tient pour rien qu’ils se soient sacrifiés pour l’Autre. A peine les a-t-on distingués en tant qu’hommes. Etonnons-nous après cela qu’ils se ruent sur la servante d’un certain âge.
C’est une concurrence déloyale, puisque l’Autre, on ne le voit pratiquement jamais ! Il se laisse deviner et c’est suffisant ! C’est un comble pour un curé encore jeune et sensible aux regards enveloppants des pécheresses, qui fait tout ce qu’il peut pour se faire remarquer. Ah ! on ne le prierait pas deux fois…
Ces braves curés voudraient dire à ces distraites, que Dieu ne comble pas en ce bas monde. Et en attendant de l’être dans l’autre, il n’y a rien de plus naturel qu’un besoin satisfait.
Quoi de plus obstiné qu’une croyante pour sa croyance !...
La bêtise n’est-elle pas de la sentimentalité faite de superstition et de fanatisme ? Auquel cas, elle serait du côté de la foi et de la ferveur religieuse. Voyez comme le sacerdoce tourne court en politique. Pourquoi pas en religion aussi ?

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Plus le sujet de croire est mince, plus il est fort.
Ailleurs, plus le sujet est gros, moins il est pris au sérieux, suscitant parfois des drames épouvantables d’incompréhension.
Les hommes qui s’égaillent sans amour, ne peuvent que s’aimer.
Ce sont ceux qui reçoivent le plus d’amour des autres qui s’aiment le plus, affolant d’autant celles et ceux qui les aiment, puisqu’ils et elles passeront toujours en second.
Le ridicule serait de s’étreindre soi-même, en attendant que quelqu’un d’autre veuille bien se pencher sur la question.
Mais non. Les plus sollicités qui ne savent où donner de la tête et du reste, ne peuvent satisfaire à la demande d’étreintes !
Quand on observe bien le va et vient des sentiments et des personnes, s’acquiert la conviction qu’un détail cloche sur chaque mal aimé : là, une moustache trop tombante, ici un malaise lié au regard… alors que le sollicité, c’est le contraire, il a toujours quelque chose en trop : une silhouette longiligne, une profusion de gestes, un amour immodéré de soi.
L’observatrice des manques et des pléthores ne voit qu’une chose : la rareté. Celui qui plaît est trop rapidement circonvenu par des rivales. C’est comme un appartement à loué dans un lieu convoité par beaucoup. Il faut dire oui tout de suite.
Côté pile, celui des manques, pour convoiter il faudrait qu’il soit achalandé de belles passantes. Or, il n’y a personne. C’est souvent par la déception de n’avoir pas su saisir la chance à temps là où il y a pléthore, qu’une ou l’autre attardée se résigne à prendre côté pile un type dont elle voit instantanément les défauts. Ensuite, c’est une question d’habitude. Elle ne les voit plus… sauf si ce n’est pas une résignée qui attend l’opportunité de reprendre sa place dans le trafic.
L’écrivain est mal placé pour se ranger dans l’une ou l’autre catégorie. Dans la brillante, il ne ferait pas preuve d’humilité. Dans l’autre, on le prendrait volontiers pour un dépendant affectif définitif.
Vaste débat intérieur, qui, chez l’écrivain, lui permet d’écrire quelques belles pages - ceci évidemment ne pouvant être pris en aucune façon comme une manière de consolation.
Les plus complexés restent donc les prêtres qui conservent la foi. Les prêtres qui n’ont plus la foi restent plus aisément bien dans leur peau !
Mais quelle est donc cette morale ?