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30 juin 2009

La roue d’Ixion.

-Comment en êtes-vous arrivé là ?
-Comme Jarry, je chausse du 36. Cela m’oblige à me fournir en chaussures au rayon des dames.
-Cela n’explique pas tout.
-En dehors de cette anomalie, je suis un homme tellement ordinaire que cela en devient extraordinaire.
-Le surmâle du dénommé Alfred ?
-La comparaison s’arrête là. Pour le reste, j’adore être pris pour ce que je ne suis pas.
-Un écrivain ?
-Cela va sans dire.
-Pourtant vous avez écrit beaucoup !
-Recopier les pages du bottin ou faire le compte-rendu d’une séance du Conseil communal ne peut pas signifier que l’on est un écrivain. J’aurais aimé faire « poète maudit » du sexe…
-Un surdoué de l’amour ?
-Les 3.412 femmes qui ont fréquenté mon lit vous le diront « C’est un homme impuissant, mais qui fait très bien l’amour ».
-L’absence d’éjaculation vous permet de vous consacrer pleinement à votre partenaire sans limitation de durée.
-C’est exactement cela. Vous en parlez si bien que l’on jurerait que vous en avez fait l’expérience ?
-Et en dehors de l’écriture et de l’amour, que n’êtes-vous pas encore ?
-Un citoyen heureux.
-C’est-à-dire que vous êtes malheureux ?
-Ni l’un ni l’autre. C’est le hasard qui m’a fait naître ici. J’ai le sentiment que j’aurais dû être né ailleurs, de sorte que me plaignant de ce hasard malheureux, j’eusse pensé que j’aurais été plus heureux d’être né ici.
-Mais vous êtes né ici ! De quoi vous plaignez-vous ?
-Je m’efforce d’être heureux par l’imaginaire, à défaut de l’être dans la réalité. C’est toujours mieux ailleurs qu’à l’endroit où nous sommes, pense-t-on le plus souvent. Il doit en être de même pour tout cerveau humain. Ainsi nous trouvons des excuses à notre incapacité d’être heureux.
-Vous êtes marié ?
-Parmi les 3.142 qui ont couru le risque, quelques-unes l’ont expérimenté à leurs dépens.
-Et alors ?
-J’ai tout naturellement fait leur malheur, puisqu’elles faisaient le mien.

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-Délibérément ?
-On fait toujours le malheur de celles qui pensent que le bonheur est dans l’autre, alors qu’il n’est jamais qu’en soi. Et comme elles pensent toutes cela…
-Comment vous en êtes-vous séparé ?
-La dernière fois que j’ai assassiné l’une d’entre elles, ce le fut de façon délibérée.
-Quoi, vous êtes allé jusque là ?
-C’était elle ou moi.
-Vous vous aimez donc beaucoup !
-Il n’y a que les autres qui peuvent le savoir. Or, il n’y a pas un seul porteur de jugement sur autrui qui souhaiterait dire le contraire. Tous les hommes s’aiment trop pense-t-on, en comparaison de ce que l’on croit de soi-même sur la question, qui est, en général, que nous ne nous aimerions jamais assez.
-Et qu’avez-vous fait du corps ?
-Quel corps ?
-De la femme que vous avez assassinée ?
-Elle s’est vengée, en me traînant au tribunal afin de réclamer le divorce à son avantage.
-Pour harcèlement ?
-Non. Pour violence.
-Vous étiez violent ?
-Non, c’est le greffier, qui vit en elle la femme insatiable dont il rêvait toutes les nuits dans ses fantasmes. Il lui conseilla de faire une fausse déposition afin d’indisposer le juge à mon égard.
-Comment assassinez-vous les femmes, sans qu’elles le sachent ?
-Cri-d’Amour restait des heures entières à se savonner après son plaisir qui était de me tromper avec plus vil, plus vieux, plus sale que moi, afin de me rabaisser et de satisfaire en elle sa perversion qui était l’amour de la saleté.
-Logique.
-Or, elle avait beau se récurer après ses aventures, elle sentait la merde.
-C’est affreux.
-Je la prévins que cette odeur avait quelque chose de nitreux.
-Elle proposa à ses amants d’utiliser le savon de Marseille ?
-Non. Elle eut quelques jours d’abstinence à la suite d’une panne d’Internet. Elle ne put donc s’approvisionner en pouilleux sur les sites de rencontre.
-Elle recouvra, peu à peu, la fragrance de ses vernis et de ses parfums ?
-Hélas ! Elle sentait toujours la merde. Ce que je vérifiai lors de certains exercices où l’hygiène est importante.
-Vous le lui avez dit ?
-… que ce n’était pas de ses amants sales et repoussants que sourdait sa pestilence, mais d’elle, oui, bien sûr !
-Je comprends ce que vous appelez « assassiner ».
-Oui, c’est pire que la mort.
-Et pour la vôtre que souhaitez-vous ?
-Qu’elle ait lieu sans ma présence.
-C’est impossible !
-Je ne vous le fais pas dire.

29 juin 2009

Septembre va faire boum !

Bart Maddens est ce politologue flamingant dont on va certainement reparler à la rentrée.
La « théorie Maddens » fait tendance dans les partis traditionnels flamands qui y voient un moyen de stopper la N-VA et le Vlaams Belang dans leur course à la surenchère, tout en attendant les partis francophones au tournant.
L’inspirateur de la nouvelle donne communautaire a fait souche depuis la N-VA. Selon lui, il faut mettre tout dialogue en veilleuse avec les francophones, puisque ceux-ci sont en principe « demandeurs de rien ». Il faut attendre qu’ils soient demandeurs de quelque chose, pour leur resservir les plats froids qui s’appellent BHV ou Régionalisation de la Sécu.
C’est un peu la tactique des assiégeants des châteaux forts du Moyen-âge. A bout de ressource, les assiégés sortaient de leur forteresse poussés par la faim, faisant ainsi preuve de faiblesse.
Cette nouvelle tactique est aussi la conséquence de la nette poussée des nationalistes en Flandre. La crise y est pour beaucoup. La Flandre se sent moins riche ; ça tombe bien, Maddens veut économiser ses deniers. Dorénavant, la Flandre attend la bonne affaire des Wallons et des Bruxellois aux abois. On brade plus facilement ses bijoux de famille quand on est dans le besoin. Pour cela, ils vont regarder à un sou pour le fédéral, au risque de mettre en faillite l’Etat central.
Les partis nationalistes ont obtenu 37,1 % des voix en Flandre. Cela correspond-il à une volonté de casser l’Etat fédéral, ou n’est-ce qu’une manière d’affronter la crise en votant contre ceux qui dirigent la Flandre et le pays ? Cela a peu d’importance d’avoir à connaître si les nouveaux électeurs de Bart de Wever sont sur la même ligne que lui. La N-VA s’est profilée comme un parti flamingant radical. Et il a objectivement gagné ses élections.
La stratégie du pourrissement sera-t-elle payante ? Les Francophones défendent le statu quo institutionnel, les Flamands veulent que « ça bouge » mais jusqu’à présent n’ont pas réussi à leur faire changer d’avis. C’est donc un ballon d’essai que cette théorie de Maddens. Cependant, les Flamands pourraient jouer les apprentis sorciers et il n’est pas sûr que les assiégés sortent de leur « forteresse ».

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Les Flamands ont l’intention de relever unilatéralement les allocations familiales qui seraient couplées aux allocations d’études. Une fronde sociale à la flamande à l’intérieur de ses compétences ne serait pas sans conséquence sur la Belgique fédérale ! Les Francophones ne suivraient pas par manque de fonds et ce début de distorsion entre les Communautés pourraient créer un climat dangereux nuisible à la Belgique, enfin, au semblant d’unité que les unitaristes y conservent.
L’essai réussi, la phase deux porterait de tout son poids sur la politique de l’emploi. Le niveau fédéral serait contraint d’entrer dans des négociations. Pour les Francophones qui « ne sont demandeurs de rien », ce serait la fin de la politique du « niet ».
Déjà, Frank Vandenbrouck, ministre flamand de l’Emploi, est en faveur de la diminution des charges pour les travailleurs de plus de 50 ans en Flandre. C’est en utilisant le maximum des compétences dont elle dispose, que la Flandre poussant le bouchon de plus en lus loin, pense avoir trouvé le bon moyen. Sauf de faire sauter la marmite, si ce type de provocation agrandit la fracture jusqu’à l’irrémédiable. C’est là que, justement, les flamands comptent sur l’attachement des Francophones à l’idée même de la Belgique et à toute la sentimentalité envers la dynastie et les Institutions, dont ils ne sont guère avares.
Pendant que les Belges ne pensent plus qu’aux vacances – enfin ceux qui le peuvent encore – dans la coulisse des jours d’été, nos Machiavel à la petite semaine préparent des cocktails Molotov pour septembre.
On ne sait pas si c’est l’opinion flamande qui conduit les partis politiques à cette stratégie ou si ce sont les partis eux-mêmes poussés à la surenchère parce qu’ils croient arriver à bout d’argument, que ce scénario va faire la majorité à la rentrée.
L’ombre de Bart De Wever est décidément partout. Qu’il soit dans la majorité ou dans l’opposition, ce petit parti se muscle au fur et à mesure, au point qu’il a fini par inquiéter tout le monde, à commencer par le Premier ministre Van Rompuy .
Avec des déficits au Fédéral, comme dans les Régions que l’on peut qualifier de record, la nouvelle poussée du nationalisme flamand et la nouvelle « diplomatie » qui se profilent, cela avec les 800.000 chômeurs probables en 2011, l’avenir sera très mouvementé.

28 juin 2009

Embarras technique

Suite à des conditions de diffusion difficiles, les chroniques journalières seront perturbées jusqu'au 5 juillet.
Elles ne seront pas interrompues et se poursuivront dans la mesure du possible, mais de façon irrégulière.
Richard III

27 juin 2009

Toutes voiles dehors !

En France, un projet de loi est à l’étude sur le port de la burqa et du niqab.
Qu’il faille une loi afin que « l’ordre public » ne soit pas troublé par cette mascarade pseudo religieuse est le signe d’une régression inquiétante de la laïcité et de l’émancipation au féminin.
Que pour défier une société sans originalité et abêtie par ses peurs primales, on se déguise pour l’effrayer davantage, on peut comprendre.
La mode pour subsister se livre souvent à de pareilles facéties. Certains jeunes gens se promènent avec le jean, la taille à hauteur des fesses, les jambes du pantalon tirebouchonnant et le bas servant de seconde semelle aux baskets.
La mode a vu pire encore. On passe, on trouve cela contraignant et absurde… et on ricane sur le passage de ces nouveaux « zazous ».
La mode n’est pas toujours drôle, ni ridicule Parfois elle est tout simplement odieuse, quand il y a connotation religieuse..
Le voile total, sous-tend aussi un complet assujettissement à l’homme, quoique la burqa soit parfois « désirée » par l’intéressée en qualité de signe extérieur de la pratique rigoureuse d’une religion, même si ce vêtement couvrant intégral résulte d’une mode.
Il faut se méfier de l’uniforme. La « bonne tenue » n’est pas le signe de la liberté, ni même celui de la prospérité économique. On ne peut pas tous sortir en rue en costume gris, chemise blanche et cravate assortie, l’uniforme des hommes d’affaire, par régiment entier. Idem pour les femmes en tailleur strict, coupe façon Chanel, chemisier à jabot montant et lunettes soulignant l’intellectualité du visage avec cheveux tirés en chignon ou courts à la sportive. Ce serait inquiétant. L’uniforme est dans le paysage social le signe qu’une dictature est proche, sinon d’un fait sociale troublant, définit par Durkheim.
La liberté du choix, les critères différents de chacun sur le goût et le mauvais goût, voilà qui confère à la société par son métissage bariolé le sentiment général que chacun puisse se vêtir selon ses moyens et comme il en a envie.
Mais la burqa et le niqab ne signifient pas cela. Ce sont des symboles assez forts pour s’inquiéter de la montée du pouvoir d’une religion qui deviendrait vite d’Etat, comme en Iran, en Arabie Saoudite et dans les Emirats.

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Et cela est intolérable.
Comme serait intolérable qu’un renouveau charismatique transformât nos jeunes gens de tout à l’heure en christs ensanglantés de ketchup, avec pagne de lin blanc et couronne d’épines, se promenant dans les rues en s’aspergeant d’eau bénite pour se distinguer de la bourgeoise à lunettes et en costume trois pièces.
Ne voit-on pas comme les signes d’une religion à l’autre lorsqu’ils sont multipliés peuvent avoir des conséquences graves ?
Ce débat pour ou contre n’aurait dû jamais avoir lieu dans un régime laïc prépondérant. C’est parce que sous prétexte de liberté nos partis politiques se croient à la pointe du progrès social en jouant la carte de l’exotisme et, croyant prendre fait et cause pour la justice, en arrive à un laxisme qui aboutit à l’inverse.
Construire des lieux du culte d’une religion qui prend pied en Europe, quand. nous nous réjouissons de la liberté qu’auparavant nous n’avions jamais eue quand nos églises étaient pleines de croyants, et à présent qu’elles se vident, c’est recommencer un périple qu’aucun laïc ne veut revivre.
La laïcité n’y gagnerait pas qu’à un cota de croyants chrétiens en baisse se substituassent autant de prosélytes musulmans.
L’essentiel est que les citoyens – dont je suis - qui le souhaitent, puissent conserver contre vents et marées le droit de dire que toutes les religions sont des conneries, et tout ira bien.
La maréchaussée verviétoise à raison de flanquer des PV pour port de masque en-dehors des jours de carnaval à ces dames ensevelies sous des draps noirs et qui marchent comme des somnambules sur les trottoirs de Dison et de Verviers.
Comment ces femmes peuvent-elles une seconde croire qu’en voyant un bout de leur visage j’aurais une érection injurieuse à l’égard d’elles-mêmes, mais surtout du despote barbu en chemise ouverte – parce qu’il fait chaud – et qui les précède les mains dans les poches, alors qu’elles portent les marchandises du supermarché ? (Vu sur le parking du Delhaize).

26 juin 2009

Ils seront 800.000 en 2011 !

La gauche de Di Rupo est arrivée au bout de son raisonnement d’intégration au libéralisme. La social-démocratie coince, au bout de l’expérience collaborationniste. Il est impossible de revenir en arrière, au point qu’en France un Emmanuel Vals souhaiterait que le PS de Martine Aubry abandonnât le mot « socialiste ». Nos ténors en sont bien convaincus aussi. Seulement, socialiste ou pas, le parti doit quand même présenter quelque chose à sa clientèle. Or, le fameux gâteau à partager est devenu un pain de ménage de 800 gr dont les trois quarts sont de toute manière réservés aux notables par le boulanger.
800.000 chômeurs indemnisés prévus en 2011. Quel succès !
Seuls les insensés du genre de Louis Michel peuvent se flatter d’un pareil résultat ; les socialistes seront moins farauds, pourtant, ils ont une part de responsabilité évidente dans ce fiasco, puisqu’ils y ont collaboré !
Pour le PS, faire équipe avec Ecolo et le CDh est inespéré.
Il a l’opportunité de battre l’air, de faire du bruit et d’expliquer pourquoi ça va mal.
Il n’est pas sûr que le monde patronal aurait apprécié que les libéraux du MR montent en première ligne et s’attirent des inimitiés électorales.
L’écologie est le prétexte rêvé pour faire diversion des problèmes qui surgissent au fur et à mesure que le système économique libéral s’enfonce.
Mais expliquer aux électeurs que la conjoncture est le seul guide du parti est un exercice difficile, attendu que la base socialiste n’a pas du tout intégré l’idée que notre destin est capitaliste ou ne sera pas. C’est là vraiment une ligne de démarcation entre la direction socialiste depuis longtemps adaptée à la popotte libérale et la base ; et pour cause, celle-ci vit l’aventure libérale par son plus mauvais côté.
C’est un des indices de rupture. Mais la direction socialiste peut s’enorgueillir de la réussite partielle d’une partie du monde du travail au ralliement des thèses petites bourgeoises de la société de consommation. Son personnel politique se réjouit de voir ceux qui se sont intégrés par leurs études, leurs intrigues ou l’opportune chance de prendre une place dans le trafic, comme chante Cabrel !
Seulement voilà, cette clientèle-là qui a fait justement le chemin que souhaitait la direction du PS se montre assez ingrate en rejoignant Ecolo ou pire, en adhérant complètement aux thèses libérales et en votant MR.
Alors, à défaut d’une société plus juste et rééquilibrée, le PS s’est saisi de « la formidable réserve d’emplois » que suscite le besoin d’écologie, qui, on le verra bientôt, est en réalité la poursuite de l’industrialisation selon les purs critères capitalistes, c’est-à-dire un nouveau moyen de tirer profit des productions en série. On spécule pareillement sur les double vitrages, les éoliennes et les panneaux solaires que sur l’élevage en batterie des animaux de boucherie, les carrières et les usines de la métallurgie. Du reste, il n’y a pas trente six méthodes, toutes au plus polluantes, de fabriquer de l’acier et du verre, comme d’élever des porcs en milieu rural.
Comme l’a été l’espoir suscité par le boum des ordinateurs et de la communication, le PS, dis-je, va retomber bien vite dans son vide idéologique dont il a l’habitude, puisque les progrès des techniques aujourd’hui ne s’accompagnent plus d’un besoin de main-d’œuvre.
Reste son fonds de commerce par défaut qui est « la révolution des droits de l’homme » pour une « mutation » de la gauche lui permettant de se libérer de sa vielle assise ouvrière et syndicale. C’est la tendance « moderne » du socialisme d’Onkelinx, laquelle conjugue idéalisme du discours et pragmatisme de l’action, qu’elle puise dans ses expériences et choix personnels de mixité et d’ouverture.

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Cette évolution ne fait que suivre, celle qu’a connue la société américaine au sortir de la guerre du Vietnam et qui a trouvé son aboutissement dans l’élection de son dernier président.
Il n’y aurait rien à dire, au contraire même, trouver excellente cette conduite fraternelle et désormais universelle, si elle ne s’accompagnait pas du sacrifice des classes ouvrières en Europe occidentale et dans les pays assistés, comme cette politique est déjà de mise depuis longtemps aux Etats-Unis.
Le marché, parce qu’il suit le mouvement libéral en bon toutou, et les droits de l’homme, voilà désormais les compteurs du PS.
Puisque le mythe libéral de la progression constante des hommes au rythme des techniques est désormais une erreur d’appréciation et une tromperie des économistes, le marché est laissé sous la responsabilité de la droite, comme si la gauche n’avait pas contribué au laisser-faire. Reste les droits de l’homme, une farce comme ils sont présentés dans une sorte d’hégémonie culturelle d’un produit de gauche.
Aux premiers signes contradictoires, on voit le PS perdre de son assurance. C’est par exemple le port ou non de la burqa, ce sera demain, le sort d’une question essentielle et dont la gauche a perdu conscience : qu’est-ce encore être laïc en 2009 pour ces messieurs de l’appareil, par rapport à la montée des religions ?
On voit bien que les droits de l’homme sont prétextes à paraître dans l’action, comme tout le reste.

25 juin 2009

Dialogue de sourds.

L’Europe, c’est quand même un drôle de machin.
Les citoyens n’y comprennent plus rien. La crise, le chômage, la concurrence avec les Asiatiques sur les productions de ceux-ci à des prix défiant toute concurrence, les banques qui déraillent, le busines mondial qui est devenu fou, rien de cela n’intéresse l’Europe. Par contre la dimension des élastiques entourant les pots de yaourts voilà qui passionne la Commission.
Barroso, le président des Commissions européennes, dont les parlementaires et le public ne veulent plus, sera réélu à défaut de la ratification par l’Irlande du Traité de Lisbonne qui prévoit l’élection à ce poste important par les députés européens. Il sera adoubé par les Etats estimant qu’avec Monsieur Caméléon, on peut être tranquille, il ne se passera rien de dérangeant.
Expliquer cela aux enfants des écoles, c’est difficile. On comprend pourquoi depuis des années on ne parle plus de l’Europe dans les écoles avec l’enthousiasme des débuts.
Décidément, l’hyper patrie a du mal à intégrer le lot traditionnel de lieux communs lié au culte du sol qui « nous vit naître ».
Pour les Belges qui sont en passe de perdre leur Etat, l’Europe qui aurait pu leur être substituée par le biais des Régions, n’est pas encore au point.
La démocratie se fait attendre parce qu’il n’y a pas de règles établies entre les citoyens européens et les mêmes, parce qu’ils sont aussi les citoyens des 27 pays qui la composent. Dans ce dernier cas, ce sont les Etats souverains qui servent de filtres aux desideratas des populations.
Alors, un citoyen polonais est-il Européen avant d’être Polonais ou Polonais avant d’être Européen ? Même question pour les 26 autres électeurs des 26 pays restant.
Mais, il y a mieux.
Dans les Républiques bananières du temps « heureux » des colonies, il n’y avait pas d’élection. Quand il y en avait, on bourrait les urnes, comme dans l’Iran d’Ahmadinejad, selon les directives des ex colonialistes ou de la société holding dominante. Comme l’Europe ne veut pas être en reste, on a trouvé une autre technique qui n’est pas mal non plus.
On fait voter les citoyens autant de fois qu’il le faudra jusqu’à ce que le vote corresponde à ce qui avait été décidé par les Autorités avant de consulter les électeurs.
Dans ce cas, pourquoi dès lors les consulter ? C’est ce qu’on s’est demandé en Belgique. Depuis, l’Haut-lieu belge se passe de leurs avis. Comme il faut y inclure dorénavant les Ecologistes et qu’au moment de l’approbation du traité de Lisbonne, ils étaient représentés au Parlement - je ne me souviens pas de les avoir entendu rouspéter - élus au suffrage universel, on apprend vite à s’en passer..
Le point en Irlande après le rejet du traité par les Irlandais en 2008, est vite fait : le « oui » représenterait l'une des « plus grandes questions nationales » depuis l'indépendance, vis-à-vis de la Grande Bretagne en 1922. C’est dire qu’il n’y a pas lieu de mésestimer l’Europe plus que l’Angleterre de l’époque !

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Pour que l’Europe ait encore moins de pouvoir et parle toujours par les 27 voix discordantes des Etats, les Irlandais ont reçu des assurances de la part des européens sur des questions comme la souveraineté du pays, sur la liberté de disposer de l’armée irlandaise à leur guise, sans oublier la fiscalité, les questions sociales, le droit d’interdire l'avortement, etc. Bref, l’Irlande n’adhèrerait à l’Europe que parce que c’est un pays pauvre qui a besoin de subsides, beaucoup de subsides…
On pourrait signaler aux Irlandais qu’ils avaient déjà signé le traité de Rome qui leur donnait l’obligation de mettre le pays dans des normes pas si éloignées que cela du nouveau traité, si on veut bien faire l’impasse sur les nominations de la Commission et une présidence moins bouffonne que la tournante, tous les six mois, dans le nouveau machin de Lisbonne.
Comme Barroso ne sait rien refuser aux Etats qui poussent à sa candidature et que l’Irlande est du nombre, les assurances ont été données et l’affaire a été pliée en moins de deux.
Sans vouloir faire de l’Europe une dictature, c’est quand même le moins d’adhérer à un début d’organisation, sinon, c’est une pétaudière qui coûte cher qui ne nous prémunit que d’une chose, c’est qu’il deviendrait difficile, sinon impossible qu’un pays de l’Union européenne déclarât la guerre à un autre signataire des traités.
C’est ce que Barroso dit sans cesse. C’est son seul argument. Il est vrai que c’est toujours ça.

24 juin 2009

A l’école des cons.

Le MR et l’UMP ont ceci en commun qu’ils défendent le système libéral ; mais, de façon faussement asymptotes, pour se rencontrer dans une société cloisonnée et immobile.
L’exemple le plus éclairant tient en deux discours, celui de Nicolas Sarkozy et celui de Louis Michel.
Le président de la République hier, à Versailles, a fait un discours que même son opposition qualifie d’intéressant, et sa majorité de remarquable.
Admettons que ce n’est pas demain qu’un ministre belge pourrait en faire autant. Nos excellences ne viennent pas du Siècle des Lumières et n’ont pas la science du beau langage, même s’ils sont rompus à la langue de bois. La flamandisation de la langue française y est pour beaucoup.
Sur la crise, Nicolas Sarkozy a été clair, contrairement aux économistes de plateaux de télévision,
1. la crise est grave elle n'est pas terminée et nous ne savons pas quand elle le sera ;
2. il ne faut pas relâcher notre vigilance pour soutenir les plus fragiles ;
3. la crise n’est pas une parenthèse. L’erreur fatale serait de croire qu’à l’après crise tout redeviendrait comme avant ;
4. un tel séisme appelle une remise en cause de nos valeurs ;
5. nous devons imaginer un autre avenir ;
6. nous devons nous rassembler pour mettre l'économie au service de l'homme et non l'inverse.
Qui ne pourrait souscrire à ses vérités, qu’elles soient de la bouche du Président ou de celle d’Olivier Besancenot ?
On sait bien, évidemment, connaissant l’homme, qu’il est coutumier du fait. Entre le discours qui appelle aux trémolos pour la Patrie en danger, et la réalité économico-politique, il y a un abîme que les Français connaissent bien et qui commence par le SMIG à un peu plus de mille euros.
Tout cela est ficelé dans le texte de Henri Gaino, la plume de l’Elysée, très littéraire, très léché, mais dans le genre véritable fourre-tout de l’argument et son contraire. Comme on dit en philosophie : thèse, antithèse et… foutaise.
On peut créditer Sarkozy de croire à ce qu’il dit. Mais on doute de sa sincérité lorsqu’il s’agit d’appliquer sur le terrain et de façon pratique le contenu du discours.
C’est là qu’il rejoint le MR dans une égalité de traitement de la raison discourante, alors que le MR, si l’on n’a pas perdu patience à écouter Louis Michel, part d’un autre concept.

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Pour le MR et Louis Michel, le discours nie presque toutes les affirmations sarkozyennes.
1. la crise est surmontée. Elle a fait moins de dégâts que celle de 1929. Dès 2010, l’économie va repartir :
2. pour soutenir efficacement les plus fragiles, il faut encore plus de libéralisme ;
3. Nous progressons par bonds entre les dépressions, celles-ci sont nécessaires parce qu’elles récompensent ce qui marche et condamnent les canards boiteux ;
4. il ne faut surtout pas toucher à nos valeurs, au contraire, il faut les conforter dans ce qu’elles ont fait de bien pour l’économie ;
5. l’avenir passe par de légères retouches qui sont nécessaires afin d’améliorer l’ensemble ;
6. nous devons nous rassembler pour mettre l’homme au service de l’économie, qui ne repartira qu’à cette seule condition.
Inutile de dire que de l’UMP au MR la divergence de vue n’est que dans le discours. On sait qu’après, tout est fonction des pressions que les acteurs de l’économie exercent sur le pouvoir politique qui finit par se plier aux exigences multiformes du libéralisme économique.
Pour en finir avec le Mouvement Réformateur, on ne sait pas ce qu’il serait advenu des libéraux si Reynders avait effectivement tapé sur le même clou que Louis Michel lors de la campagne électorale du 7 juin. Je doute que cela eût changé la donne.
Le discours de Louis Michel , son « counter-attack » ne résiste pas une seconde à l’examen. Ses six points contredisent les six points de Sarkozy. Celui-ci est un réaliste, il sait bien qu’il ne faut pas trop sortir des rails, même s’il conduit un train fantôme.
Louis Michel ne le sait pas ou feint de l’ignorer, ce qui est pire.
On peut douter qu’il soit vraiment un con, mais je sais que ce qu’il dit est une connerie.
A moins, que cette connerie venant après les élections et l’échec de Reynders, soit en réalité une salve tirée contre le vaisseau amiral dans l’espoir de tuer son capitaine. Alors, ce ne serait plus une connerie, mais une vilenie.
Si quelqu’un a une autre explication ?

23 juin 2009

Le vrai retour…

Louis Michel resurgit avenue de la Toison d’or, au siège du MR, pour labourer le terrain !
« Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît. ».
C’est Lino Ventura qui a immortalisé ce texte d’Audiard dans les Tontons flingueurs.
Dans un remake « du vrai retour », on voit très bien Reynders dire la réplique à notre Bernard Blier de la politique belge : Louis Michel !
Le futur ex-Commissaire Loulou veut « labourer le terrain » pour aller chercher toutes les voix que son chef de file a perdues. On sait que pâturage va avec labourage et depuis le temps que Michel rumine son retour, la garde rapprochée de Reynders pourrait l’envoyer paître.
A part ça, ce n’est pas gentil de traiter Reynders d’incompétent, puis dire ensuite « il ne doit pas avoir peur de moi ».
Le gros, est de retour, d’accord, cette prétention de le clamer sur tous les toits, c’est déjà un début de connerie, c’est son « ça » qui lui remonte du fond des âges pour claquer le beignet de son « surmoi » personnifié par le Président du MR.
Mais où il retrouve toute l’ampleur du verbe d’Audiard dans sa connerie militante, c’est dans son cri « I am back » ; car, on ne fait pas campagne à l’Europe pour refaire de la politique fédérale en Belgique. Quand Reynders est d’accord avec tous les autres chefs de parti qu’il faut en finir avec les cumuls, les rentes et les situations équivoques, voilà Michel-L’aîné qui s’inscrit à l’Europe rien que pour la rente de député, et en plus qui le gueule partout, « l’Europe c’est fini ! ». Pourquoi il s’est fait réélire, alors ?
S’il est « revenu » sur la scène politique, c’est quand même à l’Europe qu’il va le chercher, son revenu !
On se demande à quoi pense son électorat ?
Dans un film « Le pacha », Gabin dit à Robert Dalban (l'inspecteur Albert Gouvion, amant de Nathalie) « Je pense que le jour où on mettra les cons sur orbite, t'as pas fini de tourner. »
Au MR, les Michel cosmonautes sont fichus de faire deux passages par jour au-dessus de l’avenue de la Toison d'Or, rien que pour emmerder Didier.
On pourrait mettre aussi dans la bouche d’un autre chef d’escadrille du MR, Gérard Deprez, la perle fine de Frédéric Dard « L'échec, c’est la réussite du con. », tant Gérard n’a pas oublié la manière dont Reynders avait voulu lui supprimer son gagne-pain en proposant Rudy Aernoudt à sa place « d’éligible » à l’Europe.
Louis, le laboureur et Charles, son enfant, c’est presque du La Fontaine, surtout lorsque le premier dit à son petit, mais de manière à ce que cela se sache dans les médias « le libéralisme est fondamentalement plus social que le socialisme".
Réhabilitant ainsi d’un seul coup tous les escrocs du genre, rendant hommage à la banque et à la Bourse, plaçant au plus haut l’art de voler le travail en pleine crise et au moment où la croissance fait place à la récession, Louis Michel fait mentir le proverbe « On ne peut pas être et avoir été ». En fait, il a été con et il l’est encore…

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En réalité, Louis Michel joue les utilités, et il laisse les arrières pensées à son fiston. Charles est moins en vue que le papa. Une merde sent moins longtemps sous les jeunes souliers.
Dans un entretien accordé au Standaard, le ministre de la Coopération, Charles Michel, éprouve moins le besoin de coopérer avec le chef du MR.
Il n’est plus d’accord avec la stratégie de son président, depuis que ce dernier tape à bras raccourci sur le PS. Alors qu’il n’avait pas besoin de le descendre, le PS descendait bien tout seul. Au contraire, les effets de la hargne présidentielle ont éteint l’incendie qui s’était autoallumé chez les rosés.
C’est tout à fait la politique viticole de l’Europe voulant mélanger le blanc au rouge pour faire un rosé coupé, finalement rejeté par les viticulteurs français et abandonné par la Communauté, d’où le temps perdu. C’est exactement ce qu’a fait Reynders avec le PS. Son rosé coupé a échoué.
Où Charles se trompe, c’est quand il eût préféré que Reynders mît en avant « nos recettes en matière socio-économique ».
On voit le résultat, même les libéraux de souche sont atterrés. Le libéralisme fout le camp dans sa version capitaliste mondialisée. On voit mal comment Didier aurait pu expliquer que le chômage catastrophique, les perspectives désastreuses et les jeux de bourse devenus du poker menteur, sont les recettes d’avenir.
Il ne faut pas prendre les électeurs pour des cons, même s’il ne faut pas oublier qu’ils le sont pour avoir encore top donné de voix au MR.
Reste que la nouvelle cure d’opposition des libéraux est dangereuse. A force de mijoter, la connerie en pot-au-feu est devenue l’alambic des Borgia.
Des appétits comme Defraigne et Kubla sont capables de tout par fringale
Avant de finir tout seul, Didier Reynders ferait bien de faire goûter les plats à son chien.

22 juin 2009

Richard au 90 F

Mais qu’est-ce qu’on va s’emmerder dans la société qu’on nous fabrique !
Impuissants à savoir donner au plus grand nombre l’occasion de vivre décemment, nos élus s’ingénient à corseter notre vie dans des gaines qu’ils lacent avec l’ardeur d’une boniche dont la mission est de mincir sa grosse patronne.
Ce ne sera bientôt plus possible de draguer une passante ou une collègue de bureau, sans tomber sous le coup de la loi !
Un mot aimable, une attention dans l’ascenseur, le téméraire pourrait se retrouver au tribunal pour harcèlement sexuel.
Je sais qu’en 1900, les amours ancillaires faisaient florès et qu’il n’était pas bon d’avoir des formes et être jolie quand on était femme de chambre, comme on avait fort peu de respect pour la lorette et la couturière. La goujaterie petite bourgeoise du temps de Toulouse-Lautrec et des Maisons, s’est transformée en terreur d’exprimer galamment à une personne bien pensante combien elle est avenante et comme on la trouve à son goût, dans la mesure où l’on ignore la réaction de l’aimable créature.
Comment savoir si la réciprocité vous exonère des tribunaux ? Qui pourrait dire que le « non » d’une charmante ne signifie pas le « oui » ? Et si votre main qui s’égare sur des rotondités attractives ne va pas libérer une autre, moins tendre que l’on risque de recevoir au travers de la gueule, alors que dix paires d’yeux vous scrutent à l’arrière du bus ?
Le commerce de la poupée gonflable devrait exploser dans les années à venir.
Tout de suite on pense au caoutchouc genre canard de plage à 49 € 50, en usage à la marine française et que l’on trouve au sex-shop du coin. On a fait des progrès dans l’imitation.
D’Amérique nous viennent des modèles aux mensurations à la demande. Richard III eût penché pour un bon 90 F, s’il n’avait été retenu par le prix : 6 à 8 mille euros, la donzelle !
Les real doll ou full dolls ressemblent à la personne ci-dessous.

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Livrée avec garantie, la charmante baptisée Pervenche est absolument parfaite depuis qu’elle est retournée chez son fabricant suite à un cunnilingus qui a mal tourné. Pervenche est à contractions intérieures et la langue pâteuse se coinçait facile.
Ah ! les macs ne la ramènent plus ! Avec celle-ci a pas besoin de faux fafs, ni de chicha pour la résistance au bitume…
Il faut avouer que Pervenche offre de multiples avantages, même si au départ elle vaut le prix d’une C1.
A moins que vous ne lui payiez de la lingerie intime dont le prix est inversement proportionnel au métrage des tissus - plus c’est minuscule, plus la facture est lourde - cela met la ficelle à des sommes astronomiques. Pour le reste, c’est du certain, elle ne vous prendra jamais un seul kopeck, pas comme certaines qui se font friser le frichti avec la carte bancaire de l’hosto… ou d’autres qui se la pètent à l’exotique et vous mettent le niqab de Téhéran au prix d’un Dior.
Enfin, quand on aime, on ne compte pas.
Pour l’heure, la chasse est fermée. Le gibier est protégé. Les gardiens du sexe sont passés par là.
Il faut dire adieu à la rapidité avec laquelle vous voyiez filer les heures d’après-midi dans les Ministères en élaborant des stratégies à lutiner la stagiaire - même pas de la bonne, de celle qui traîna jadis dans le bureau ovale du président des Etats-Unis - non, non, de la bécasse du troisième étage, section D, annexe A, du ministère de l’Environnement et du bien-être, pas du tout une bombe, sans chichi, ni extravagance, mais une qui réveille l’instinct chasseur. Cela faisait diantrement passer le temps !
Eh bien ! les épouses au foyer peuvent se rassurer : c’est fini ! La turlute de couloir, c’est nada !...
Les zones érogènes s’autocalmeront avec les moyens du bord. La veuve poignet reprend du service.
Les récidivistes de la câlinerie sont tenus à l’œil.
Les promotions canapés des chefs de service ne s’accordent plus qu’avec la prudence du Sioux qui s’est vu doter d’un premier carton jaune. Une réputation d’indécence fait désormais courir aux audacieux de la caresse soudaine, la citation à comparaître. Lisette promotionne moins à l’hôtel des Artistes un Monsieur Philibert qui l’inscrit au PS pour la promo de l’année suivante.
Bien sûr, restent les liaisons jubilaires, qui sont de vieux ménages bis dont on se demande comment sortir, et qui finissent rarement aux mœurs.
Le harcèlement sexuel – il faut qu’on le sache - est une première violation significative de l'intimité d'autrui. Le délit établi, l’addition est parfois sévère.
Les guignons de la chair, suivant l’admirable formule de François Rabelais, conduisent l’impulsif à Biribi. Fantaisie du Code, là, les actes sexuels les plus intrépides, du moment que cela se passe entre détenus, ne sont plus des délits sexuels, mais des gestes humanitaires ! Allez comprendre !
Aujourd’hui, on peut passer d’une relation fictive et électronique sur Internet, à la vraie vie sans électro mais qui nique en Correctionnelle.
Combien d’âmes tendres croyant rencontrer leur Roméo ou leur Juliette des ondes sont tombé(e)s sur des paumés qui s’excitent aux cris de « Standard champion » !… et des dispersées de la malle arrière, qu’on se demande comment elles tiennent entre deux WC, et qui chialent de bonheur aux bramements de Mickels à la Star Ac’.
Vous n’auriez pas une Pervenche d’occasion ?

21 juin 2009

Le fait social.

Simone ! si tu voyais ça… (1)
La vie ne serait qu’une valeur marchande que proposent ceux qui n’ont rien à ceux qui ont tout. Et que pourraient-ils faire d’autre ?
A chacun de se débrouiller pour passer du subalterne à la situation haute. Quoi que l’on fasse, les uns et les autres ne changeront rien à la société. Bref, il n’y aurait que l’individu qui peut évoluer dans l’espace commercial de la liberté d’entreprendre.
C’est résumé en peu de mots, le système économique et social dans lequel nous sommes.
Et parmi les « animateurs » de la situation haute, l’esprit de corps insuffle à la dynamique deux stimuli : le premier consiste à sous-payer les couches subalternes en déconsidérant au maximum les tâches manuelles et surpayer les couches supérieures. Ceci afin de maintenir les plus pauvres dans un état de besoin, donc de dépendance ; le second fait respecter l’individu « qui a réussi » en lui délégant une parcelle d’autorité.
Comme il faut très peu d’individus de cette seconde catégorie, des petites lucarnes d’opportunité sont aménagées : des études longues, des travailleurs qui en veulent. Quelques-uns ont la baraka. C’est tout le cortège des passe-droit, des pistons, des héritiers et des fils de.
C’est propre. C’est bien fait. Ça marche tout seul. C’est libéral.
Tout au plus entend-on quelques voix différentes au concert général. Au slogan « Travailler plus » s’oppose « travailler autrement ».
Comment dissiper le mensonge permanent de ce que Noam Chomsky appelle un fascisme bénin ?
Toutes les entreprises glorifiant le travail ont échoué. Non pas dans la lecture officielle et dans le bien-dire des parvenus ; mais, sur le terrain même des entreprises, surtout en temps de crise, évidemment.
Cela tient à ce que Roland Barthes entend par langage : « La langue, comme performance de tout langage, n’est ni réactionnaire, ni progressiste ; elle est tout simplement fasciste ; car le fascisme ce n’est pas d’empêcher de dire, c’est d’obliger à dire… ».
Qui oserait aujourd’hui, parmi les esclaves industriels, un autre langage que celui dans lequel la nature de l’esclavage oblige à dire ?
Que nous réserve l’avenir avec cette glorification constante du travail par ceux qui n’ont jamais travaillé à fond de cale ? Sommes-nous arrivés au moment du grand mensonge, quand deux entités distinctes deux classes hostiles aux intérêts contradictoires iront bientôt à l’affrontement ?
La gauche au pouvoir s’est attachée à découvrir, dans le libéralisme absolu, des vertus qui n’existent pas. Elle a retardé l’événement fatal par des mots. Il est temps qu’elle le retarde par l’action pour une nouvelle justice sociale.
La faiblesse qu’elle montre à tous est le résultat de l’option qu’elle a prise pour le mauvais camp.
En immersion dans la culture techno-bourgeoise, elle est sans cesse récupérée par le discours libéral, discours si plat, en définitive. « Elle perd pied et ses bons amis des médias – joueurs, amuseurs, frondeurs, esthètes – l’enfoncent avec délices dans les eaux marécageuses. » (Jean Bothorel)
Nous sommes dans une société sans plan, dénoncée dans l’entre deux guerres par Bernanos. Alors que la crise pouvait faire craindre pour les gens du dessus une révolte des gens du dessous, il n’y aura rien à signaler, les classes populaires n’ont jamais vraiment été représentées.

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Comme l’histoire tend à être vue d’en haut, les quelques plaintes, cris isolés, morts discrètes, d’une multitude ne seront pas écrits nulle part, ou si peu… comme la Révolte de la Commune de Paris de 1871, si mal connue, si peu présente dans les manuels scolaires.
Nous sommes à la veille de toucher aux trois conditions décrites par Durkheim pour que ces faits dispersés deviennent « Le fait social ».
Dans une de ses lettres à Ernest Chevalier, Flaubert résume sa situation qui est celle de l’intermédiaire classique entre le pouvoir supérieur et le devoir inférieur : « Il me reste encore les grands chemins, les voies toutes faites, les habits à vendre, les places, mille trous qu’on bouche avec des imbéciles. Je serai donc bouche-trou dans la société, j’y remplirai ma place. Je serai un honnête homme, comme il faut, comme tous, un avocat, un médecin, un sous-préfet, un notaire, un avoué, un juge tel quel, une stupidité comme toutes les stupidités, un homme du monde ou de cabinet, ce qui est encore plus bête. ».
Le discours prônant la disparition du travail s’éteint au milieu des années nonante. La technologie et la perfection des machines allaient vider les ateliers et les bureaux, laissant à chacun la liberté de faire ou de ne rien faire, dans nos vies vouées à l’associatif.
Quinze ans plus tard, c’est la déconvenue. Dans un joli raccourci l’hebdomadaire Marianne fait passer le salariat au « précariat ».
On ne travaille plus, ou presque, et le travailleur assiste inquiet à l’émiettement de son gagne-pain. L’illusion s’en est allée, remplacée par la crise et la volonté maintenant reconnue du néolibéralisme d’une « pleine activité précaire », mais pour plus tard, après le crise, lorsque les couches supérieures auront estimé qu’elle est terminée, et qu’elle n’aura plus de pleins effets que sur les gens du dessous.
Les voyous d’en haut sont pires que les voyous d’en bas. Ceux des rues n’attentent qu’à quelques personnes et quelques biens à la fois. Ceux d’en haut, assassinent une population entière en faisant mine de la sauver.
C’est Chamfort qui aura le dernier mot : « Il est malheureux pour les hommes, heureux peut-être pour les tyrans, que les pauvres et les malheureux n’aient pas l’instinct ou la fierté de l’éléphant qui ne se reproduit point dans la servitude. »
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1. Simone Weil (1909-1943), philosophe visionnaire.

20 juin 2009

Barroso, le caméléon.

Je te fiche mon billet, qu’on ne me reverra pas de sitôt m’exalter pour l’Europe.
Madame Houart attirera les patriotes qui passent à sa portée, tant et plus. « Mais, dit Homère, il est perdu celui qui, par imprudence, écoute son chant ». Elle aura beau onduler de la croupe, me faire des signes engageants, agiter nos trois couleurs afin de me vendre ensuite le drapeau bleu à étoiles. J’en ai fini de faire le bœuf.
J’en ai assez d’avoir des cornes.
Le Portugais Barroso est la goutte de Porto qui fait déborder mon alcotest.
Ce Président de la Commission va être réélu grâce aux votes des Européens plus à droite que jamais, avec l’aide de l’Espagne et de l’Angleterre, pourtant « socialistes », pour autant que ce mot ait encore un sens.
24 pays sur les 27 sont pour notre homme, alors qu’une majorité de citoyens de l’ensemble de la Communauté n’en veut plus !
C’est comme ça, l’Europe, il ne faut plus chercher à comprendre.
L’équation est simple. Barroso n’en fiche pas plus que ce qu’on lui demande. Pour les Anglais qui traînent les pieds à Bruxelles, ce type est parfait. Il est leur champion du Libre échange, pour la guerre d’Irak donc proaméricain, pour la mondialisation, l’extension de l’Europe en Asie Mineure et aussi jusqu’à Singapour, si on le lui demandait.
Pour les ex communistes de l’Europe centrale, il est la garantie d’une orthodoxie que la crise, le besoin d’innover, de muscler une politique sociale, ne dérangeront.
Probablement, ils ne savent pas et Barroso à leur tête, que General Motors est en faillite virtuelle.
C’est justement parce que le Président de la Commission devrait avoir un rôle clé pour le changement en Europe que l’Haut-lieu aime Barroso, avec lui, on en est sûr, que tout - espère-t-on - redeviendra un jour prochain comme avant : les bonnes affaires, le Libre échange et le libéralisme au kilo. C’est l’homme de l’après crise. Certes, celle-ci sévit de plus en plus, fait mal à tout le monde. Personne ne sait quand elle finira, sauf Barroso qui croit que d’ici la fin de l’année les églises vont sonner les te deum.
C’est l’homme de l’après crise en pleine crise. C’est marrant, non ? Sauf que les mesures qui éviteraient les drames sociaux, il n’y en a guère.
Monsieur consensus personnel a été aussi surnommé le caméléon. Il met le paquet pour plaire à tout le monde et à l’exception des Verts et quelques socialistes, il y réussit.
A propos des socialistes, on n’entend pas beaucoup les nôtres à ce sujet. Quelqu’un peut-il me dire si Di Rupo égale en discrétion Martine Aubry sur l’Europe ? Cela m’intéresserait.
Barroso, c’est pratique : la France veut une réduction de la TVA sur la restauration, la Tchéquie envoie un con à la direction du Parlement européen, l’Irlande a sa crise de nerfs, Barroso se met aux abonnés absents.
L’Irlande, évidemment, Barroso fait gaffe. Si par hasard, l’Irlande revenait sur son « non » au Traité de Lisbonne, la donne changerait pour le mode d’élection à la Commission. Aussi, bizarrement, le Président des Commissions européennes est donc pour le « non » de l’Irlande, ce qui est un comble à la place qu’il occupe.
S’il fallait comparer Barroso à un premier ministre européen, c’est sans conteste François Fillon à qui il ressemble le plus, sauf que Fillon a un maître et Barroso 27 !

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L’image de l’Europe s’est beaucoup dégradée sous son règne.
Il représente le système dans toute son immobilité administrative, laissant aux événements l’initiative complète.
Certains se rappellent le scandale qui a précédé son départ du Portugal avant la Commission pour une affaire de complaisance avec des hommes d’affaire américains du pétrole.
Au moment où les Européens auraient à faire face à la mondialisation en organisant intelligemment leur pré carré, les dernières affaires sur le prix du lait, les décentralisations et les fermetures un peu partout, l’urgence d’un grand débat social, n’échappent à personne, sauf à Barroso.
Que nous le voulions ou non, c’est comme ça, il sera réélu et tant pis pour l’Europe.
Les pays les plus traditionnellement dynamiques et qui sont pour lui, n’auront que ce qu’ils méritent.
Le taux de participation des électeurs du 7 juin a été catastrophique. La prochaine fois, ce sera pire…
Ah ! ces libéraux, comme ils serrent les mâchoires, refusant de reconnaître que leur système économique est obsolète, un peu comme les socialistes avec la social-démocratie !
Mais dans quelle Europe vivons-nous !

19 juin 2009

Rentaaaable !

Ah ! ces Anglo-Saxons avec leur religion protestante en guise d’horloge pointeuse, leur amour du travail, leur sens aigu de l’efficacité, les voilà pris au piège de la rentabilité. En principe, la rentabilité ne profite pas à ceux qui travaillent, mais à ceux qui parient sur une entreprise en y investissant. Quand les jeux font, que celui qui a misé est lessivé, nos champions du libre échange ont une parade : c’est le travailleur qui doit rembourser la mise ! Comment ? En travaillant sans salaire ! Ils vérifient ainsi l’affirmation désormais fondée : demain on rase gratis !
Et au pays du Labour Party, ça marche !
British Airways montre l’exemple.
Afin de récupérer un peu de marge, les habitués des casinos que sont nos grands managers qui y ont perdu notre culotte, et dans le but d’éteindre les dettes abyssales, pourquoi nos subordonnés, ne consentiraient-ils pas, se demandent-ils, à quelques sacrifices sur l’autel de la productivité et de la marge bénéficiaire… en travaillant pour rien ?
Si on mettait la clé sous le paillasson, c’est quand même le personnel qui pâtirait en premier de nos bêtises! C’est normal que ce soit lui à la manoeuvre.
C’est en tout cas ce que propose la compagnie aérienne à ses employés et que la FEB pourrait, par devoir patriotique, diligenter par circulaire aux patrons de Belgique, pour information !
Je recopie l’info :
« British Airways (BA) a appelé ses employés à suivre l'exemple de leur patron Willie Walsh et de travailler gratuitement une semaine à un mois, afin d'aider leur entreprise "à survivre", a rapporté mardi la BBC.
« Selon le site internet de la radio-télévision publique, le groupe a lancé cet appel dans un courrier électronique adressé à plus de 30.000 salariés au Royaume-Uni.
« Cette proposition s'ajoute à une batterie de mesures d'économies déjà proposées par BA à ses employés. Depuis le mois dernier, le groupe leur propose, là aussi sur une base volontaire, de prendre des congés non payés ou de travailler à temps partiel, afin d'aider à réduire la masse salariale.
« Cette nouvelle suggestion s'inspire directement de la décision du directeur général du groupe Willie Walsh et du directeur financier Keith Williams, qui avaient montré l'exemple en mai en annonçant qu'ils travailleraient pour rien pendant un mois.
« Selon la BBC, M. Walsh a défendu ces propositions en expliquant que chaque employé de BA devait apporter sa pierre à la "lutte pour la survie" que mène selon lui la compagnie.
« BA a essuyé une perte nette part du groupe de 375 millions de livres (425 millions d'euros) sur l'année achevée le 31 mars, contre un bénéfice de 712 millions un an plus tôt. La compagnie a énormément souffert de la crise économique, qui a fait s'effondrer le trafic de ses très lucratives classes supérieures (-17,2% en mai sur un an). » (Fin de citation)
Enfoncé le travailleur chinois payé un bol de riz par jour. Dépassée la nouvelle proposition de Sarkozy de travailler jusqu’à 67 ans. Si cette affaire qui fait du bruit était reprise à l’Europe, on aurait droit à une nouvelle circulaire Bolkestein, bien meilleure que l’ancienne, dont on se souvient qu’elle aurait voulu qu’une entreprise de chez nous payât le salaire d’un ouvrier émigré au taux du pays d’origine ! Même que cette disposition avait fait exploser le mécontentement du public et que Barroso avait dû faire machine arrière.
Le problème serait résolu si le plombier belge et le plombier polonais ne recevaient aucun salaire !
Il fallait y penser.
Reste que l’idée aussi farfelue soit-elle, n’est pas encore d’application en Belgique, pourtant à la pointe de tous les progrès, mais comme le MR, selon toute vraisemblance, va poursuivre sa cure de convalescence dans l’opposition, l’idée attendra que Louis Michel revienne en force.
Il est un domaine qui ferait l’unanimité du public. Si on appliquait l’idée anglaise à nos parlementaires et ministres wallons ?
Qui ne verrait avec plaisir Happart, Coeme, Javaux, Donfut, Lizin, Kubla, Reynders, Milquet, Di Rupo, Daerden, Defraigne, Van Cau, et j’en passe, travailler à l’anglaise ?
Puisqu’ils nous annoncent un milliard d’euros à trouver pour le prochain budget, pourquoi ne lancerions-nous pas l’idée d’un mois sans salaires, à ces grands Wallons qui nous les cassent sur l’austérité nécessaire ? Pourquoi pas eux, afin de montrer l’exemple ?
Voilà qui serait héroïque et encore pas trop, puisque certains s’arrangent pour arrondir les fins de mois dans des combines qui en un mot comme en cent leur font du cash en noir !

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Et si le mois sans salaire dépasse toutes nos espérances et que le déficit diminue, on pourrait l’étendre au mois suivant, et ainsi de suite, jusqu’à ce que nos finances s’équilibrent !
Vous me direz, on a beau parler d’éthique et de devoir, un parlementaire n’en est pas moins homme et quand il est midi, il doit manger comme tout le monde.
Aussi, à titre humanitaire, ceux qui en font la demande pourraient recevoir des indemnités de remplacement, sur la base des indemnités prévues par le FOREm pour les travailleurs sans emploi.
Ils sauraient enfin par l’expérience, ce que c’est de vivre avec moins de mille euros par mois.
Qui sur le NET se charge de rédiger une pétition en ce sens ?
Je signe tout de suite.

18 juin 2009

Alain Minc

Ah ! qu’il est méchant, Alain Minc, essayiste et conseiller... mais drôle aussi !
Connu en Belgique pour avoir fait perdre à De Benedetti des fortunes dans l’OPA manqué sur la Société Générale, justement comme conseiller, Alain Minc refait surface de temps en temps dans l’actualité européenne. Il porte par exemple, à tort ou à raison, la responsabilité du déclin du Journal Le Monde par ses incessantes intrigues au sein du Conseil. Enfin, le voilà supporter de Sarkozy et conseiller à l’Elysée.
Economiste, il l’est au même titre que ceux qui se sont plantés à propos de la crise. S’il ne l’a pas vue venir, par contre, il est persuadé qu’elle tire à sa fin. Et pour cause, il fait partie des économistes qui ont l’oreille du prince. Il s’est investi de la mission de rassurer les gens.
Traversant parfois l’actualité des chroniqueurs, comme l’autre après-midi chez Franz-Olivier Giesbert, on l’y a remarqué l’œil vif, aux aguets, préparant ses flèches, avec ce petit air satisfait du Troll qui se sait de l’esprit et qui s’en sert à tout propos ; sa seule arme en vérité, tant il est trahi par un physique dans lequel on le sent à l’étroit et qui manifestement le tourmente ; car il ne peut en jouer.
Cet homme fait penser à ce que disait Cioran à propos de Diogène « … (qu’il) avait subi dans sa jeunesse quelque déconvenue amoureuse : on ne s’engage pas dans la voie des ricanements sans le concours d’une maladie vénérienne ou d’une boniche intraitable ».
On s’en remettrait plutôt à l’histoire d’en présenter un fac-similé : Scarron, écrivain burlesque, l’esprit vif et de corps perdu, mari de madame de Maintenon quand celle-ci s’appelait encore Françoise d’Aubigné, jeune fille dans l’éclat de sa beauté que le vieillard perclus se chargea d’habituer aux vices, ce qui fit plus tard la fortune de la belle, devenue matrone, auprès de Louis XIV.
La dernière cible d’Alain Minc : François Bayrou.
Le patron du Modem a tellement fait peur en haut lieu, que même à terre, il convenait de le poursuivre de la vindicte du chef suprême. Qui d’autre qu’Alain Minc pouvait accomplir ce geste peu chevaleresque de « servir » la bête avant que les chiens ne la dévorassent ?
Spadassin dans l’âme, il n’eût point accepté que la lame ultime fût celle d’un autre.
On est étonné du verbe remarquable, de la précision de chirurgien de ce style – on pourrait dire stylet – qui n’appartient qu’à lui. Piètre conseiller, sans doute, mais incomparable essayiste, cela est certain, de la race des Rochefort et des Chamfort et, puisqu’il cite Léon Daudet dans sa mise à mort de Bayrou, il me fait furieusement penser à Léon Bloy qui changeait l’eau bénite en vitriol.
Dans un premier temps, une comparaison de Bayrou à Le Pen fait mouche « Le Pen light », avant de ressusciter Maurras. Le président du Modem serait le continuateur d’une vieille droite qui derrière la dévotion du catholicisme à l’ancienne cacherait un nationalisme d’actualité. Ce qui n’est pas faux !
C’est un vieux réflexe chez Minc et c’est sa pire insulte aussi de laisser sous-entendre que la tare suprême, c’est d’être né goy. Voilà sans doute une blessure non refermée et dévoilée, Alain Minc en veut toujours à la terre entière de la Shoah et du tort irréparable que l’humanité fit au peuple juif.

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En un mot, Alain Minc fait du racisme à rebours et c’est pour cela qu’il condamne François Bayrou sans retour. Le terme goy appliqué aux nations environnant Israël a un sens proche de Gentils (du latin Gentiles, « Nationaux »), non-Juifs, ce qui est aujourd’hui péjoratif.
C’est peut-être la seule lueur d’humanité qui s’allume dans l’œil d’Alain Minc, quand il vole au secours d’un coreligionnaire. Ici, il pourfend François Bayrou d’avoir osé toucher à Daniel Cohn-Bendit. Bien sûr, Bayrou a eu tort, grand tort, de dire ce qu’il a dit à propos de Dany « pédophile ». Et cela il l’a payé assez cher, sans qu’Alain Minc vienne encore jeter quelques pelletées sur le corps de Bayrou au fond du trou.
Mais c’est dans le caractère d’Alain Minc de ne jamais pardonner et surtout d’achever ceux qui ne peuvent se défendre. Enfant, il devait arracher les ailes d’une mouche, la tremper dans l’encrier afin de suivre d’un œil amusé le lamentable sillon sur la feuille de devoir de son voisin de banc.
La fin de la chronique d’Alain Minc est superbe. On y reconnaît la patte du maître. Après cent lignes d’un tir continu sur le tribun de Pau, après l’avoir traité de raciste, de démagogue et d’avoir voulu qu’il fût frère de Marine Le Pen, attentif à la succession du vieux gauleiter déchu, l’avoir éreinté au titre d’écrivain à ulcère de Gringoire et que sais-je encore, voici sa dernière flèche in extenso qui résume assez bien Alain Minc « Question ultime : faut-il encore tirer sur une ambulance dès lors que les Français se sont chargés de punir François Bayrou ? » (1)
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1. Marianne, du 13 au 19 juin 2009, n° 634, page 27.

17 juin 2009

Ginger et Fred.

Un remake de Ginger et Fred, du regretté Fellini, se tourne actuellement sur le tarmac de l’aéroport de Charleroi.
L’Hadopi wallon (Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des droits sur Internet) n’existant pas encore en Belgique, on prend plaisir à la nouvelle : le film sera tourné avec des acteurs borains italo-belges, puisés dans le vivier des talents du PS. Les droits d’auteur seront respectés.
Un régal.
Le casting pour le numéro de claquette a été particulièrement sélectif : Edmée De Groeve, présidente de BSCA dans le rôle de Giuletta Massina l’a emporté. Le vieil amant joué par l’inoubliable Marcelle Mastroianni, sera le bel Alfonso D'Angelo, le frère d’Elio Di Rupo, fera Fellini.

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Le pitch est assez simple.
Edmée De Groeve (PS), présidente de l’aéroport de Charleroi, aurait fourni des explications à André Antoine, ministre de tutelle, sur un voyage à Tenerife avec séjour de trois nuits dans un hôtel 5 étoiles, en compagnie de 10 personnes dont son compagnon, un frère d'Elio Di Rupo et Magnette député robespierriste du Charleroi nouveau, ainsi que quelques pontes du brain-trust du renouveau charismatique Hainaut-Sambre.
Le conseil d’administration de ladite piste avionissimo carolorégienne n’aurait rien trouvé d’anormal à ce séjour d’études. Les cow-boys entourant le rancher José Happart, avec leur contremaître Van Cauwenberghe ont doucement rigolé. Leur motel de Vegas n’avait que trois étoiles !
Cette fois, c’est l’entourage de Di Rupo qui est touché par le syndrome du voyage. Cela tombe bien mal, en plein festival du film écologique avec Javaux et Durant, alors que le PS est parmi les festivaliers, celui qui a suscité le plus d’émotion devant un public populaire à qui il a juré d’améliorer le scénario de son prochain film « Le vice et la vertu ».
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Depuis Das Finanzkapital, Le Capital Financier (1910) de Hilferding, un mauvais vent souffle sur le socialisme de collaboration du système libéral. Un temps, les partisans de la social-démocratie ont cru qu’ils étaient dans le vrai. Les trente glorieuses sont loin derrière nous de plus d’un quart de siècle, la social-démocratie ne profite plus qu’aux dirigeants des partis socialistes. Le profit partagé entre producteurs et financiers fait partie du passé.
Aujourd’hui le capitalisme européen vagabonde d’un pays à l’autre à la recherche du plus bas salaire. L’exemple du pot de yaourt produit en France, parfumé en Belgique, imprimé et emballé en Italie, enregistré et vendu en Allemagne à seule fin de trouver les plus bas coûts de production, non seulement tire les salaires vers le bas, mais aussi ridiculise les efforts des écologistes qui sont déterminés à limiter au maximum la pollution du trafic routier.
L’homme n’est pas une marchandise, le capitalisme perverti y conduit.
Le moment n’est-il pas venu de poser les vraies questions aux écologistes et aux socialistes sur ce qu’ils veulent faire ensemble ?
Di Rupo est-il capable d’arrêter l’emballement de ses « élites » dans la consommation des biens en usant de l’argent d’autrui appartenant aux collectivités, comme le ferait sans vergogne un quelconque petit malfrat du libéralisme accéléré ?
Est-il capable de faire le ménage à Mons, chez lui, afin de pouvoir le faire à Bruxelles en son quartier général ? D’habitude les cadres sup des partis ont des fils et des filles à caser, un frère, c’est nouveau.
Certes, les réformateurs libéraux sont la pire engeance, celle qui est vraiment devenue infréquentable. Cependant, se dire de gauche n’est pas en soi un brevet de respectabilité. Il faut aussi le prouver.
On ne sait trop si le PS corrompu comme il est par un demi siècle de vassalité à la culture libérale pourra jamais se ressaisir, plongé dans la société de consommation par les confortables émoluments grâce auxquels le législateur en les jetant par les fenêtres, a su l’attirer.
Enfin pour Javaux-Durant, c’était lui ou Reynders. Y avait pas photo.

16 juin 2009

Un certain soulagement.

C’est Defossé qui avait raison de croire que le destin d’Ecolo est à gauche.
En tenant compte de certaines personnalités écologistes de premier plan, on pouvait jusqu’à ce soir en douter !
Tracer son chemin dans l’écologie ne va pas sans mordre d’une certaine manière sur les électeurs du PS, d’où une certaine rivalité concurrentielle que l’on aurait pu prendre pour un état d’esprit de droite. Comme des lecteurs m’en ont fait la remarque lors de certaines de mes critiques du PS, j’en suis à semer le doute aussi, quoique dans mon cas, je n’aie rien à vendre.
Quelle que soit la suite des pourparlers et l’issue de ceux-ci, c’est la première fois qu’une formation politique de ce pays fait un choix en rapport avec les possibilités d’un réel changement en politique générale en se positionnant à gauche, reconnaissant être de la « famille », même si celle-ci est loin d’être parfaite.
En cherchant à former un gouvernement régional avec le CDh et le PS, Ecolo admet implicitement que ceux, qui de près ou de loin ont poussé le système économique libéral que nous subissons à ses pires dérèglements, doivent enfin être sanctionnés.
Le MR paie en Belgique les fautes et les excès d’un capitalisme fou, quoique l’électeur ne l’ait pas vraiment sanctionné comme ce parti aurait dû être, puisqu’il retrouve une majorité relative à Bruxelles. On sait que les mouvements d’opinion sont lents en Belgique par la faute d’un certain désintérêt et d’un manque d’initiative, d’où une démocratie peu représentative et qui échappe à la compréhension des experts et aux suppositions statistiques.
La campagne du MR a été particulièrement hypocrite. Quand on songe qu’aucune personnalité de ce parti n’ait eu le courage de faire une analyse lucide du capitalisme actuel, et pour cause puisque tous y adhéraient et y adhèrent encore, ils ont de la chance de ne pas s’être effondrés !
C’est en interne que Reynders paiera sa criminelle persévérance. Il n’a pas que des amis au MR. Si par hasard venaient à triompher les Michel dans la partie de bras de fer qui commence à peine, il serait plaisant de voir celui qui souhaitait encore plus de libéralisme, c’est-à-dire encore plus de malheur pour les gens, Louis Michel – un Reynders au carré pour tout dire - supplantât le roi déchu.
Ainsi, n’ayant rien compris, ne voulant rien céder, ne promettant qu’un assujettissement à l’effroyable gâchis économique qu’ils ont largement contribué de créer, ce Mouvement Réformateur qui n’a pas dans ses intentions celui de réformer le système, pourtant bien mal en point, ne serait qu’au début de son échec.

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Pour en venir aux prémices d’une association PS, Ecolo, CDh, rien n’est gagné.
Le PS doit se réformer surtout dans ses élites sur les cumuls et les petits à côté lucratifs. Di Rupo ne doit plus flirter avec des cursus extérieurs qui au vu des places offertes se sentent touchés par la grâce socialiste, sans vraiment en être ; mais au contraire, il doit entrer en immersion dans ses sections en écoutant les militants de la base. Il serait bon qu’il jetât des ponts vers l’extrême gauche et se réconciliât avec celle-ci en abjurant le démon de la social-démocratie qui n’a plus sa raison d’être. Il ne doit surtout pas prendre exemple sur le PS de Martine Aubry.
Cette dernière démarche si nécessaire sera la plus difficile à accomplir tant le PS s’est mal conduit avec les opinions de gauche indépendantes de la sienne.
On voit qu’il y a du chemin à faire. On devine déjà ceux qui, parmi les habitués des places et des interviews, feront de la résistance.
Tout qui est à gauche, parfois même n’étant d’aucun des trois partis coalisés, doit se sentir soulagé ce soir.
C’est l’essentiel pour le moment.
Cela ne peut en aucune manière tarir l’esprit critique de Richard III.
Demain est un autre jour.

15 juin 2009

Les Verts font leur marché.

C’est ce lundi qu’en principe les verts devront se prononcer sur l’éventuel partenaire qui formera avec eux une majorité à la Région wallonne et à Bruxelles.
Etrange démocratie où c’est le parti d’appoint qui décide quelle sera la couleur de la future coalition !
Cela a été possible dès lors que les Verts se sont entendus avec le CDh dans une sorte de pacte informel. Il est évidemment difficile de l’affirmer ; on peut supposer en privilégiant leur rencontre, que cette supposition soit la bonne.
Dans ces circonstances, c’est bien joué.
Javaux, pour avoir déboulonné le PS à Amay et son vieux routier Collignon, à qui il a ravi le siège de bourgmestre et Isabelle Durand pour avoir rendu la monnaie de sa pièce à Laurette Onkelinx, en préférant les libéraux aux socialistes à Schaerbeek, prouvent que nous avons affaire à deux roués de la politique et qui ont très bien compris le jeu des alliances et des planches savonnées.
Aucune tendance n’a transpiré jusqu’à ce dimanche soir et le suspens est total sur les intentions de Javaux et Durand. Ils s’inspireront des instances d’Ecolo, à moins, comme en politique on ne sait jamais, que le couple présidentiel ait manœuvré de manière concertée afin d’imposer son point de vue.
Sans jouer les devins, rien qu’en s’appuyant sur les faits, les démarches et les discours, il n’est pas impossible derrière la façade bien lisse de ces deux leaders écolos, que le dilemme du choix entre la gauche et la droite ne soit pas si simple à trancher.
C’est Jean-Claude Defossé qui dit vrai lorsque ce dimanche la question lui a été posée du choix. Pour lui, Ecolo est un parti de gauche et il n’a qu’un seul allié possible : le PS.
C’est bien connaître les diverses bases de ce parti caméléon et par certains côtés difficile à représenter ; mais ce n’est pas aussi carré que Defossé le prétend.
Il n’est pas sûr que Javaux et Durand partagent cet avis.

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L’électorat d’Ecolo n’avait guère jusqu’à ces dernières élections des attaches populaires. Sa base était principalement formée d’enseignants, de cadres moyens, de pensionnés confortables et de cette petite frange de la population qui lit encore les journaux, s’informe et projette de vivre autrement. Bref, un électorat chicaneur et pointilleux à qui on ne la fait pas.
C’est un parti élitiste qui surfant sur la vague verte sera obligé de tenir compte de son nouvel électorat, celui-là bien plus à gauche, afin de devenir un parti de participation populaire de gestion..
Ce nouvel électorat a en partie déserté le PS par lassitude de ses dirigeants et l’effet de la crise des élites au pouvoir ; mais aussi par le rejet de la social-démocratie qui est encore le credo de Di Rupo. Quant aux sympathisants du MR qui ont basculé dans le camp écologiste, pour peu que l’on s’intéresse à leurs motivations, outre l’écologie bien entendu, souci de tous évidemment, il se trouve qu’ils sont probablement parmi les nouveaux venus, ceux qui critiquent le plus le système libéral. Ils lui en veulent parce qu’ils l’estiment responsable de la crise par sa rapide adaptation à la mondialisation de l’économie, par l’aveuglement à l’Europe de Barroso, toute une politique qui a lamentablement échoué.
Petits porteurs déçus, commerçants faillis ou en difficulté, voilà qu’apparaît au sein de l’écologie, la dimension sociale négligée à la fois par le PS et ignorée par le MR.
Pour avoir lutté afin de conquérir Amay, terre ancienne de socialisme avec les Freddy Terwagne et trois générations de Collignon, Jean-Michel Javaux n’a peut-être pas encore la maturité qu’il faudrait pour faire la part des choses et s’ancrer à gauche, malgré tout, avec ceux qu’il a combattu ! Son parcours d’ancien du Patro, enthousiaste de la Belgique et de la dynastie ne s’est pas encore trop révélé au public, mais pourrait influencer sa conduite de par sa nature plus conservatrice qu’on ne le pense.
Une fois les objectifs verts établis de cette personnalité montante, reste tout ce côté social dont on ne sait encore s’il en a la fibre.
Quant à Isabelle Durand, plus ancienne, plus aguerrie dans la guerre permanente des chefs et des partis, on se demande malgré tout si le coup de Schaerbeek a laissé des séquelles dans ses relations avec le PS.
Alors, une alliance libérale à Bruxelles et une socialiste à la Région ?
On ne sait pas. Jean-Michel Javaux a déclaré il y a quelques jours qu’une même majorité serait préférable à Bruxelles et à Namur.
On sait ce que peuvent valoir les déclarations !

14 juin 2009

Mahmoud écrase les pronostics.

Que l’Occident comptable des tribulations électorales en Iran ait plébiscité tout qui posait sa candidature contre Mahmoud Ahmadinejad, cela fait partie des informations tendancieuses que nous recevons quotidiennement. Que ce véritable lobbying occidental ait grossi « la révolte de la jeunesse en Iran » ne fait également aucun doute.
Réélu avec plus de 62 % des voix au premier tour, il ne reste plus qu’à soupçonner le président sortant de fraude électorale. C’est fait.
Ceci dit, ce Mahmoud là ne m’est guère sympathique, puisqu’il représente ce qu’il y a de pire dans l’intégrisme iranien et qu’il est à la botte des ayatollahs de la Surveillance de la Révolution et à ce titre complètement imbuvable. Mais prendre les désirs pour des réalités ou pire influencer maladroitement par des informations approximatives l’opinion publique occidentale dans la haine des autres, c’est trop.
Cet écran de fumée masque les craintes d’Israël d’avoir à portée de fusée un pays qui pourrait sous peu avoir l’arme atomique, ce qu’Israël possède depuis plus de vingt-cinq ans. N’est-ce pas cette peur d’un concurrent de l’arme atomique qui est la vraie raison de manipuler l’opinion occidentale à propos du régime des ayatollahs ?
Si on devait craindre un pays, outre les Etats-Unis, capables de s’en servir pour la bonne cause et le Pakistan pour la mauvaise, citons en premier la Corée du Nord, dans le cas, pas impossible, d’un Kim Jong-il à l’article de la mort et qui aurait décidé de faire périr le monde avec lui.
Le danger est là, en premier lieu. Au lieu de cela, le monde a les yeux braqués sur l’Iran dont Mahmoud agite les centrifugeuses, comme les techniciennes de blanchisserie, les machines à lessiver.
A part quelques résolutions de l’ONU aussi vite disparues qu’elles apparaissent, Kim vit à l’aise dans la fabrication de ses fusées, même si certaines tombent à quelques centaines de mètres de leur pas de tir.

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On raconte qu’il s’amuse beaucoup sur les coussins de la présidence à siroter du cognac français et peloter de la starlette japonaise, tout en se délectant de la peur qu’il distille en Corée du Sud.
A la tête d’une douzaine de bombes nucléaires capables de détruire la moitié de la planète, il peaufine ses joujoux porteurs au point que ceux-ci seront bientôt capables d’exploits.
Au lieu de s’inquiéter d’une possibilité iranienne de nuire à Israël par l’arme suprême, on ferait mieux de se persuader que Kim a tout ce qu’il faut pour faire péter le monde, et connaissant le dictateur, on sait qu’il en est bien capable.
Du point de vue de l’éthique, si on peut parler d’éthique à propos de l’arme atomique, on ne voit pas bien pourquoi au nom de quel principe, ceux qui la possèdent, refuseraient à d’autres de s’en doter !
La dissémination de ce potentiel augmente les chances de s’en servir, certes, mais de quel droit des pays la possédant interdiraient-ils aux autres de s’en procurer ? N’en est-on pas arrivé au point de l’équilibre de la terreur entre les grandes puissances, parce que celles-ci ont bataillé pour se doter de l’arme fatale avant l’adversaire? Ce qui était vital pour elles, ne le serait pas pour les autres ?
Que les grandes puissances voient d’un mauvais œil des pays comme l’Inde, la Chine ou le Pakistan, n’est qu’une façon de regretter qu’elles ne soient plus hégémoniques.
Enfin, comment interpréter la dissimulation hypocrite qu’Israël la possède aussi, sans qu’aucune voix occidentale ne se soit jamais élevée pour protester ?
Il y a donc des petits Etats qui peuvent et d’autres qui ne peuvent pas, le tout sur des critères américains qui ne datent pas d’hier.
Non. C’est l’Iran qui inquiète.
Quant à Pyongyang, on s’en remet à la Chine qui s’inquiète de la turbulence de sa petite voisine. Il semble que l’emprise de la Chine sur cet extravagant pays ne soit pas telle que l’on croyait, puisque Kim Jong-il poursuit des essais qui indisposent Pékin.
La dissémination de l’arme atomique est inévitable.
La morale n’a rien à voir dans la course aux armements. Elle n’aurait à voir que dans la volonté solennellement exprimée à l’ONU de tous les détenteurs de l’atome guerrier d’en interdire la détention pour tous les arsenaux, dans une destruction progressive et contrôlée de ce qui existe.
Revenir à une morale mondiale, tout le monde le souhaite. Resterait quand même à savoir qui serait délégué par les autres pour casser les reins aux Etats réfractaires ?
On en est un peu dans le cas des peuplades primitives qui auraient décrété l’interdiction du lance-pierre à des tribus dominées, alors que celles-ci étaient sur le point d’en découvrir la technique !

13 juin 2009

En APRIL ne te découvre pas d’un fil..

Un des moyens utilisé par les pontes du PS de se faire des ronds « vite fait bien fait », c’est de monter une société de consultance et, grâce aux relations du parti, de se faire ouvrir un compte dans une Intercommunale.
C’est fou ce qu’on consulte en ces temps d’incertitude !
Les dernières tribulations de la paire Daerden en la matière est symptomatique d’une affaire qui, depuis que l’opinion publique en est titillée, sent le roussi.
Papa et Fiston se sont finalement débarrassés de ces encombrantes filiales qui chez eux avaient pris la forme de « réviseur d’entreprises ».
Réviseur d’entreprises cela fait quand même plus sérieux que « Canyon international » ou « Consulting Idee ». Cela prend tout de suite une allure « officielle » ou « assermentée » ; comme le serait un huissier de justice chargé d’un contrôle.
La culture populaire a fichu le camp, détruite par la vie d’aujourd’hui « travailler dur, jouir vite », c’est dommage, car nos vedettes d’Ans-plateau pourraient illustrer un classique du théâtre russe : le Révizor (Ревизор) pièce de Nicolas Gogol. sur une idée de Pouchkine. L’auteur, en 1836, compose une satire sur le pouvoir et s'attaque ouvertement au système de l'administration et de la corruption.
Rien de changer sous le soleil, Saint-Pétersbourg Bruxelles, jumelage et bonus.
En réalité, réviseur ne signifie rien de précis, tant par la nature des études qui sont nécessaires (un diplôme de comptabilité suffit), que par le cadre administratif de cette profession qui est encore à trouver. L’important dans ce métier, ce sont les relations mondaines, évidemment.
Le mouvement ouvrier dévoyé par quarante ans de social-démocratie en a des carnets remplis, une liste complète de faux jetons enrichis sur le discours de Jaurès...
Ces jours-ci un autre vieux renard est sorti du bois : Guy Coeme (affaires des années 90, Agusta et INUSOP), revenu en politique en 2006 après sa traversée du désert judiciaire et aussitôt réintronisé bourgmestre de Waremme, ce qui prouve bien que ses administrés ne lui en veulent pas de son absence forcée.
Le mystère est resté entier sur la destination des commissions qui auraient été versées pour le marché des hélicoptères Agusta.

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Probablement que Guy Coeme a porté les valises au Parti, mais on n’en est pas sûr.
Cependant, s’il fut empêché quelques années de vivre de mandats politiques, comme tout un chacun des cadres du parti en errance, il n’en fut pas réduit à la soupe populaire. Et il occupa lucrativement son temps à un travail d’intérêt général, sinon particulier, offert par l’entregent du président du parti de l’époque (Busquin). Il devint naturellement vu ses états de service, directeur d’April, une ASBL financée par des intercommunales.
Le journal "Vers l’Avenir" n’y va pas par quatre chemins pour titrer : "Comment Guy Coëme arrondissait ses fins de mois". Dans le corps de l’article, on retient que le directeur-général aurait facturé au total 60 000 euros à April entre janvier 2008 et mars 2009, dans le cadre d’une convention avec sa société de consultance « Canyon International ».
Il paraît que la consultance est une forme d’art de la voyance et que le profane ne saurait imaginer comme une seule idée en trois ou quatre mots peut valoir des fortunes.
Après Donfut, l’extra lucide, voici le Sarh Coeme, tarot et marc de café.
C’est ainsi que « Canyon International » par don d’ubiquité a promu les Intercommunales consultantes à des hauteurs jusqu’alors insoupçonnées et qu’en plaçant leur confiance en Guy Coeme, ancien directeur, les Intercommunales, ont réalisé les meilleures affaires de leur vie.
C’est possible après tout.
L’intéressé se défend d’avoir perçu indûment de l’argent. En présentant sa feuille d’impôt pure comme la boule de cristal, on n’est plus à l’Agusta gate.
C’est cela qui est confondant ! C’est immoral, mais légal !
Et si cela s’avérait exact, on verrait bien le gouvernement régional wallon remplacé par « Canyon International » qui serait pour la tranquillité des citoyens, contrôlé par nos deux Révizors hors pair !
A la pêche aux infos dans le vivier d’Internet, j’ai lu un pastiche d’une fable de La Fontaine que je retranscris ici, tout en présentant des excuses à son auteur, dont je n’ai pu retrouver le nom.
« Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les conneries des électeurs,
Le PS (puisqu'il faut l'appeler par son nom)
Capable d'enrichir à Ans le pochtron,
Faisait aux honnêtes gens la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n'en voyait point d'occupés
A chercher le soutien d'une décente vie ;
Tous les mandats excitaient leur envie ;
Di Rupo, Lizin et Coeme épiaient
La douce et l'innocente proie. »
Il paraît que Di Rupo ne décolère pas à l’encontre du bourgmestre de Waremme. L’affaire connue une semaine plus tôt et Javaux gagnait un député ou deux ! Comme quoi, les mouvements en démocratie tiennent à peu de choses.

12 juin 2009

Serge Moati à la trappe !

…heureusement que les blogs font de la résistance. On est avec toi, Serge !...
Enfin, c’est à cela que s’essaie « Richard3.com » et plutôt que se lamenter sur cette émission du dimanche que nous regardions avec le plus grand intérêt de Belgique et d’ailleurs qui va disparaître en septembre, continuons à secouer le cocotier. C’est la meilleure manière de déclarer publiquement notre désaveu pour cette télévision française à la botte du monarque-président, si peu différente de la nôtre.
….
L’absentéisme électoral en France se retrouve sous une autre forme en Belgique, puisque dans notre pays, la Loi nous oblige à voter à défaut de quoi, le réfractaire peut être sanctionné par une amende.
Cette autre forme est le vote "blanc". L’éternel problème se pose : le vote ne sera pas "comptabilisé" et la répartition des élus dépendra du vote des autres citoyens.
C’est d’une manière indirecte que le vote blanc joue un rôle, mais il est plutôt négatif, puisque s’il est l’expression d’une majorité d’abstentionnistes qui, s’ils s’étaient exprimés, eussent voté à gauche, cette neutralité nuit donc au courant naturel qui en eût bénéficié. C’est peut-être l’effet voulu par la majorité des abstentionnistes, en fin de compte.
Pourquoi à gauche, me demanderiez-vous, si vous pouviez vous exprimer en même temps que j’exprime ici une réflexion ? Mais, parce que l’électeur de droite à moins de sujets de mécontentement que les déçus de la social-démocratie et que leur nombre doit être moindre, en fonction également d’un intérêt probablement supérieur par le profit qu’ils retirent du système.
De l’avis général, l’esprit le plus répandu et qui devrait inquiéter les tenants de l’ordre économico politique actuel, c’est celui de résignation.
Il s’est répandu dans les partis de toute tendance dès les débuts de la mondialisation de l’économie. Le capitalisme est inhérent à cette économie, il apparaît comme immuable. On a crû surtout au départ de la crise des subprimes qu’il allait être remis en question par le public, comme certains économistes, surtout américains, l’ont fait avec courage, attendant une réaction identique du petit épargnant et des employés sacrifiés. Ils n’ont pas été relayés par la presse et ont été stoppés par un conservatisme général de la gauche à la droite, une sorte de consensus mou.
On ne veut entendre que ce qui s’apparente à ce que l’on croit.
C’est donc Alain Minc qui a raison de voir la fin de la crise pour fin 2009, Dominique Strauss-Kahn qui en apprécie l’importance relative et même Claude Allègre qui associe à la légèreté collective en les minisant, les problèmes d’environnement.
Ces personnages de l’action politique sont dans leur rôle d’optimaliser la situation. On sait que lorsque la vérité passe par une possibilité d’entrer dans un drame, celui qui en témoigne est souvent électoralement battu.
C’est comme dans la chanson de Guy Béart « Le premier qui dit la vérité sera exécuté. »
Ces hommes dont les journaux raffolent, ces experts et ces hommes politiques connus, en réalité, n’ont pas prévu la crise. Cela leur confère une autorité certaine pour nous expliquer comment en sortir. C’est ainsi que cela va en politique, selon le précepte général « qu’il y a des gens qui font la révolution, et d’autres qui en profitent. » Eux, en profitent, c’est leur seule spécialité ; mais ils y tiennent.
Une autre catégorie de « gonflés », plus douillettement installée est celle qui depuis le début nie tout en vrac : crise, récession, faillites en série, tout vous dis-je ! Pour elle la crise n’existe pas. Bien entendu, elle n’avait pas à prévoir une crise « qui n’existe pas », CQFD !
Comme les journaux rendent scrupuleusement compte des propos tenus par des patrons grand format en ignorant superbement les petites créatures que nous sommes, eux aussi sont fort proches des propos d’Alain Minc.
La crise économique fera disparaître 140.000 emplois en deux ans en Belgique, a prédit Bart Van Craeynest, économiste à la KBC. La reprise de l’activité économique aura lieu au second semestre 2010, dit le patron de la FEB Rudi Thomaes. Cependant, beaucoup de chefs d’entreprises trouvent ces propos pessimistes et jugeant par leurs carnets de commande, ils pensent que la crise est derrière. Par contre, les mêmes signalent que les patrons se préparent à une nouvelle dégradation des affaires. Qu’en pensent les nouveaux chômeurs ? C’est un exercice que les journaux n’ont jamais eu l’intention de proposer à leurs lecteurs.
Et tandis que le grand guignol qui fait l’opinion va son train, la banlieue se désespère !
La manoeuvre perfide n’est pas de supprimer tout débat public sur les chaînes télé, mais de les organiser entre gens à peu près du même avis.

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C’est ainsi que Serge Moatti avec son émission « ripostes » passera à la trappe en septembre sur la 5, parce qu’elle déplaisait au pouvoir. Bien formatées pour ne pas créer l’once d’un déplaisir aux gens en place, nos émissions politiques ne risquent pas de disparaître.
En définitive, n’avoir rien d’autres à proposer que l’espoir de sortir au plus vite d’une crise grave sans autre remède que les formules anciennes de l’économie libérale, c’est implicitement reconnaître que même terminée, cette crise en verra d’autres, et de bien plus graves encore.

11 juin 2009

L’enfoiré automatique

Qui s’est trouvé la nuit dans le parking de Zaventem à tempêter contre la machine à délivrer le sésame de sortie comprendra.
La disparition de tous les métiers de surveillance, de délivrance de tickets, d’employés de banque aux concierges d’école, est un choix de société fort discutable.
Ce choix est en grande partie responsable de la montée de la violence et du sentiment d’insécurité.
Le libéralisme économique qui en est la cause veut nous faire croire qu’il s’agit d’être efficace à moindre coût. Quand on voit ce que coûte en équipement et en personnel de police la nouvelle économie, il est permis d’en douter.
L’exemple des bâtiments publics laissés à l’abandon ou sans surveillance la nuit et le week-end se chiffre par dizaines de millions de dégâts.
On pourrait mettre en parallèle la machine à café et le portillon automatique, les distributeurs de boisson et le tenancier de la buvette, pour conclure que « la modernité » fait gagner du temps dans certains cas, mais pas toujours !
Est-on certain que tout ce que l’on présente comme progrès est égal à celui de la machine à lessiver qui a débarrassé la ménagère d’une sacrée corvée ?
Ce n’est qu’en cas de panne que l’on se rend compte de la complexité des machines dont nous nous servons mais que nous ne dominons absolument pas. C’est en manipulant certaines d’entre elles que l’on se dit que rien ne valait le bon vieux temps (dans certains cas).
Que dire du désarroi de ceux qui n’ont pas « évolué », qui ne manipulent pas d’ordinateur et sont incapables de programmer un poste de télévision ?
Sont-ils des arriérés définitifs, des inadaptés congénitaux ?
Et ceux qui, pour différentes raisons, n’ont pas ou n’ont plus de carte de crédit, ne sont-ils pas des exclus d’office d’une Société qui croit aller de l’avant en larguant de plus en plus de citoyens ?
Et quand bien même, ne vous êtes-vous jamais trouvé dans une station service automatique à mettre vos pneus à pression, lorsque par la suite d’une défectuosité du gonfleur probablement provoquée par l’utilisateur précédent, vous ne pouvez plus enlever l’appareil de la valve de votre pneu qui se dégonfle inexorablement ?
Et la petite pièce qui manque pour libérer un caddie, quand d’autres clients du grand magasin vous fuient ou n’ont pas la monnaie de vingt euros ? Et la machine à pain qui cale et vous empêche de couper votre pain ? Et… et… etc.
L’accélération du processus d’automatisation affecte en réalité de plus en plus de gens. Le self-service de la banque entièrement électronique où il n’y a personne pour vous renseigner peut se révéler un redoutable piège à cons lorsqu’une machine avale votre carte bancaire, alors que vous en avez expressément besoin et que le quart d’heure suivant tous les magasins seront fermés pour le week-end.

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On se souvient des débuts de la banque automatique, comme cela allait faciliter la tâche de tout le monde et comme tous ces services allaient vous faire gagner de l’argent en étant gratuits… Quand les gogos ont suivi comme un seul homme, qu’il n’était plus possible de revenir en arrière, calculez au bout de l’an ce que vous coûte la gratuité et vous aurez compris.
Non seulement l’usager fait tout lui-même et au lieu de bénéficier d’un « salaire », c’est la banque qui encaisse, sans oublier les employés qu’elle licencie.
Cette déshumanisation, surtout dans les grandes villes, a toujours ses chauds partisans malgré les plaintes pour raison d’inefficacité et de contre progrès.
Le comble, la politique du MR pousse au même concept dans les Administrations communales.
Quand tout sera automatisé, à la merci des robots, les gares sans chefs, les trains sans conducteurs, les tribunaux sans juge et les confessionnaux sans curé, quand la monnaie que l’on accepte encore n’aura plus cours, quoique la Loi interdise son extinction , déjà qu’au-dessus d’une certaine somme le commerçant doit refuser l’argent liquide, alors dans les rues désertes viendra le temps des assassins, des violences gratuites et des solitudes suicidaires.
Des vieux messieurs pleureront la belle blonde qui les servait au rayon tabac-cigare au rez-de-chaussée du Grand Bazar de la place Saint-Lambert.

10 juin 2009

Ecolo et les lodens verts.

On s’en doutait, les milieux branchés ont contribué au succès de l’écologie. Des statistiques faites dans de grandes villes françaises où la poussée Ecolo a été particulièrement forte montrent nettement la particularité sociale des électeurs de Dany, du moustachu du Larzac et d’Eva Joly.
C’est probablement ce qui s’est passé en Wallonie, les bobos n’ont pas boudé un parti qui par certains côtés est plutôt « chicose »... même si Isabelle Durand et Jean-Michel Javaux nous la jouent bon enfant « en toute simplicité » ; mais c’est une simplicité de bon aloi, celle que l’on rencontre d’habitude parmi les visiteurs des réserves naturelles, les parcs aux essences rares et les salons de thé attenants aux magasins bio.
A Ecolo, on ne crache pas un chewing-gum dans la rue. Et c’est très bien ainsi.
Il ne faut pas oublier que l’emblème du « bon chic bon genre » est le loden vert, tout à fait écolo avant la lettre, non ?
Il faut avoir vu Evelyne Huytebroeck, charmante de simplicité éducative sur une trottinette, séante à tortiller des fesses, pour se demander si elle aussi à l’instar de Jean-Michel Javaux n’a pas débuté au Patro et reçu le diplôme d’enfant sage à l’école primaire.
L’afféterie supposée fait un peu peur dans les anciens corons et les maisons de Commune. Sans atticisme, Ecolo manie cependant un vocabulaire technique souvent nouveau.
L’électorat du bas dans les couches profondes du peuple de Jaurès n’a donc pas trop déserté le PS, pour s’aller verdir à Ecolo. Il est vraisemblable d’imaginer une défection à l’étage supérieur chez les chouchous et leur parentèle des milieux que Di Rupo affectionne. C’est qu’au PS on peut être élu(e)s et faire les magasins pour la dernière collection de fringues avenue Louise, tutoyer Marie-Dominique Simonet – solidarité d’université et partage des évangiles - et s’étonner avec Christine Defraigne de l’agressivité dans les transports en commun.
C’est encore un des méfaits de la social-démocratie de vouloir péter plus haut que son cul.
Les kublanistes et les delaruellistes ont perdu une partie de leurs snobs de choc. Les renégats libéraux n’écoutent plus que la planète. A force de parler compost et aliments naturels entre deux parties de bridge avec les écolos du week-end dans leur Ardenne profonde, ils pourraient dire singeant Claudel : « l’écologie, il y a des maisons de campagne pour ça. »
La nouvelle priorité de ces milieux vaguement catholico-libéralo-socialistes, à l’aise partout quand la société n’y est pas vulgaire, n’est pas en liaison sur la crise avec l’étage en-dessous. La peur partagée du trou de la couche d’ozone est le seul lien. La priorité d’ordre supérieur n’a aucune inquiétude sociale, elle est plutôt métaphysique.
Ainsi Javaux et Durand ne sont de gauche que par l’horreur d’un consumérisme excessif des milieux libéraux aux antipodes des réformes qu’Ecolo préconise…
L’éducation qu’ils ont reçue les empêche d’aller plus loin.
Et la cause des gens qui travaillent, des chômeurs et des pensionnés ?
On va tout de suite savoir si Ecolo y pense. Car c’est ce parti qui à l’issue de ce scrutin légitimera les rois à la Région et à Bruxelles.
Ce parti est-il armé pour conduire conjointement une politique de la terre et des hommes ?
Est-il - éoliennement parlant - pour la justice sociale ?

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Ses asemblées ne sont pas structurées pour.
La social-démocratie arrivée à terme, avec un PS pas encore adapté à une autre politique, comment Ecolo sans cadre déterminé, sans assise profonde dans le peuple si ce n’est pour « respecter la nature », saura-t-il aussi respecter les gens ?
Pour avoir assisté à une de leurs assises en tant qu’accompagnateur d’une charmante, c’était je crois à Laroche-en-Ardenne, voguant d’une Commission à l’autre, j’ai été surpris par le manque d’empathie entre ce qui se disait de beau, de noble, de grand, d’utile et les besoins élémentaires d’une vie décente de gagne-petit !
Je ne déteste pas le rêve. Il est nécessaire à l’homme. Le vol de l’aigle réintroduit dans son milieu naturel m’émeut, je hais les marchands de mort qui tuent les petits phoques au Canada, je fulmine contre les pollueurs qui souillent nos rivières et marquent les sols en profondeur ; mais il m’insupporte tout autant de savoir le travail à la chaîne, de connaître ce que gagne une caissière ou une réassortisseuse de Carrefour sans me mettre en rogne.
Or, à la Roche-en-Ardenne, je n’ai pas senti l’association de la terre et de l’homme.
Et pour cause, tous les dirigeants, ceux qui parlaient le plus vivement et le plus intelligemment de la complexité d’une nature en danger, n’avaient, semble-t-il, aucune notion de ce qu’est un travail en trois postes et de quelle manière on pouvait survivre avec 700 euros par mois.
L’écologie fait son chemin. L’éthologie et la cause animale sont parties intégrantes du respect nouveau dû à la nature. C’est bien. Mais l’étiologie (étude et recherche des causes) n’y est nulle part.
Je m’interroge seulement sur la capacité des petits nouveaux à bouger les lignes du système suffisamment vite pour que les autres partis n’aient pas le temps de se ressaisir.
On se souvient des taxes sur le recyclage des bouteilles plastiques et comme Isabelle Durand a porté le chapeau des mesures proposées contre le bruit à Bruxelles causé par Zaventem et la façon dont Laurette Onkelinx avait repris avec délectation son mandat, sans un seul mot pour les intentions louables de la ministre démissionnaire.
Les gens ont la mémoire courte, au contraire des politiciens qui n’oublient jamais.
Loin de moi la volonté de minimiser la portée de la victoire des Verts.
L’intérêt pour l’écologie ne serait-il qu’une mode, un vote urbain comme le suggère la statistique ? Les socialistes résistent très bien au courant écolo justement là où le chômage est massif et où la misère est grande. Une majorité verte en pleine crise économique à Seraing paraît aussi incongrue qu’un loden vert en botte Hutchinson qui part à la cueillette du polypore écailleux après la pluie en forêt d’Anlier. Ce n’est pas pour demain.
Souhaitons que l’écologie rabote les prétentions de la commercialisation de la planète et de l’homme, afin de réussir où le PS a échoué. J’en doute. Mais, sait-on jamais ?

9 juin 2009

L’avarie du PS 2009…

Les capteurs de vitesse lâchent en pleine traversée. Des milliers de voix s’abîment dans l’océan. Les pilotes ne se souviennent de rien. Pour faire le deuil, ils organisent une fête. Les psychologues sont sur place. Elio est pris en charge. On cherche sa boîte noire. Comme au concours reine Elisabeth, chaque finaliste à un prix.
Javaux embrasse Milquet qui serre dans ses bras Elio qui prend la main de Reynders.
Di Rupo se réveille. C’était un rêve…
Suite au non-événement de dimanche, la vie continue, comme si cette élection n’avait jamais eu lieu. Tout le monde a gagné. C’est l’électeur qui a perdu.
En gros, les Européens, forts gaillards néo-libéraux, ont voté, ventre en avant, un peu plus à droite, si bien que Barroso est assuré de passer les prochaines années tranquilles.
A droite, toute !... 262.000 votants ont choisi Louis Michel avec une méconnaissance rare des responsabilités belge, européenne et mondiale de la crise. C’est une façon comme une autre de ne pas voir la réalité en face qui laisse à l’Europe tous ceux qui n’ont rien vu venir, et qui ne voient toujours rien dans le monde de l’économie. Le brevet de cécité est accordé à Michel avec palmes académiques. Le peuple déconnecté, qui l’applaudit, est incurablement imbécile.
Son pari raté de conquérir la Région, Reynders fait jubiler le clan Michel, idéalement placé pour savonner la planche du « bourgmestre virtuel » de Liège.
Question Régionale, la salade à l’aigre-doux est à l’étude dans le menu des chefs. Ceux qui ont perdu une fourchette n’en restent pas moins au Michelin.
Le PS belge devrait tirer un enseignement du PS français.
A l‘heure de vérité le socialisme y est malade de la social-démocratie. Martine Aubry ne démissionnera pas. Pour les électeurs, c’est déjà fait. A un cheveu près, le PS français passait derrière les Verts de Dany l’ex rouge.
Que Di Rupo se méfie. Il doit à la lassitude des électeurs de conserver son sceptre.
Côté MR, Louis, Didier, Serge, Christine, Sabine et les autres sont reconnaissants à la crise de les avoir épargnés, l’ennui et la routine ont fait le reste.
Merci donc à cette placidité belge qui empêche de réfléchir, merci à ceux-là qui, du misérable à l’opulent, ne trouvent rien à redire, parce qu’ils ne savent pas encore que plus rien ne fonctionne et que demain ne ressemblera pas du tout à hier.
Quand un troupeau de gnous ne sent plus d’instinct la direction à prendre pour éviter un feu de brousse, son compte est bon.
Différent de nous est le peuple français, qui, dans son ensemble, a révélé par son comportement, qu’il n’est plus la dupe d’une Europe qui fait du surplace. L’UMP aura beau pavoiser, mais sa victoire est à la Pyrrhus. L’électorat de gauche est plus important que le sien, malgré l’absentéisme. Malheureusement, la gauche n’est pas unie.

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La social-démocratie vranzaize représentée uniquement par le PS est minoritaire dans la gauche plurielle ! Quoique encore capitalistes, les verts entendent bien convertir le système à l’écologie, pour en changer les règles.
En bon social-démocrate, le PS pourrait logiquement participer à un gouvernement Sarkozy, quoique puisse dire Martine Aubry, les transfuges individuels du PS en attestent.
En Belgique, cela n’est plus du domaine de l’hypothèse, c’est une réalité. Et ce n’est pas parce que Elio Di Rupo et Didier Reynders ont juré devant les caméras qu’ils excluaient de gouverner ensemble, qu’ils ne l’ont pas fait par le passé et qu’ils ne le referont plus à l’avenir.
Poursuivre une politique centriste malgré une crise profonde, s’allier aux piliers du capitalisme à l’ancienne que sont les partis de droite du genre MR et CVP, c’est proprement dépérir et reculer à chaque élection, jusqu’à l’émergence d’une autre gauche.
Le PS de Di Rupo ressemble aux anciens partis radicaux français, genre valoisien. Si Di Rupo avait été acculé à la démission à la suite d’un plus mauvais score, le parti aurait eu toute latitude de virer les technocrates et les comptables sociaux-démocrates en essaim autour de lui.
Di Rupo et son staff rassurés, les militants restent sur leur faim. Ils devront attendre la législature suivante. Ce qui donne à l’aigle de Mons et à ses créatures un délai. Qu’en fera-t-il ?
Les mois qui vont venir recouvriront ces élections de la moquette des beaux discours, succédant à ceux de la campagne, afin de les contredire. Di Rupo poursuivra avec l’ardent patriotisme qu’on lui connaît son œuvre essentielle qui est le sauvetage de la dynastie et de la Belgique fédérale.
Dans une démocratie formelle comme la nôtre, les majorités ont toujours raison, donc les Wallons auront toujours tort. C’est ce que Di Rupo va essayer de nous cacher dans sa quête du graal dans les jardins de Laeken.
A bove ante, ab asino retro, a stulto undique caveto. Prends garde au bœuf par devant, à l'âne par derrière, à l'imbécile par tous les côtés, comme dirait Virgile.

8 juin 2009

La descente aux enfers.

On vote. Bon. Et alors ?
Le monde continue à tourner dans la crise la plus noire que le capitalisme ait produite.
Par son obsession consumériste, le système n’est pas seulement responsable de la misère qui monte, il est aussi coupable de la catastrophe écologique qui nous pend sous le nez.
La prochaine station du chemin de croix est pour dans quelques mois, peut-être quelques jours.
L'administration américaine réalise qu'elle ne pourra éviter une dévaluation monstre du dollar.
Vous croyez que c’est sans dommage pour l’euro ? Ne soyons pas naïfs.
Pourtant, aucun candidat au parlement européen n’a pas cru devoir en parler dans un discours sur l’Europe. A vrai dire, aucun électeur non plus n’a tenu rigueur au MR de son appartenance au système qui nous a rendu tous plus pauvres.
La Chine n’est pas loin de penser que la chute du billet vert est un moyen de sortir du pétrin dans lequel les banquiers et les spéculateurs de Wall Street l’ont fourrée. Ainsi, n’en déplaise à nos ministres européens des finances dont l’aveuglement a quelque chose d’inquiétant, l’industrie américaine serait plus proche de la réalité de son économie avec une monnaie dévaluée.
Le MR, nos libéraux de choc, vont encore souffrir.
Bientôt, lorsqu’ils tiendront un discours contraire aux événements, il faudra plus que l’assurance du verbe de Louis Michel et le sourire rassurant de faux derche de Didier Reynders, pour convaincre que tout va bien et que tout va repartir comme avant.
Tour à tour, Hillary Clinton puis Timothy Geithner, ont été dépêché en Chine afin de convaincre les Chinois que l’appareil industriel des Etats-Unis n’est pas si délabré qu’il y paraît. On pense généralement que l’étau qui enserre la machine américaine va l’éclater, si les Chinois ne servent pas du bois de rallonge à la dette qui est abyssale. Or, pour cela il faut les convaincre que la machine peut repartir.
Obama devra plaider devant ses concitoyens, contrairement à une crise classique qu’on vainc en stimulant la demande intérieure, que celle-ci ne se résoudra qu’en diminuant le pouvoir d’achat afin que le produit du bénéfice aille combler le déficit et serve de dividendes aux prêts sous forme de bons du trésor que la Chine détient de façon considérable.
Allez dire aux enfants gâtés de l’économie capitaliste que sont les Américains qu’ils devront travailler pour la République populaire de Chine, s’ils veulent s’en sortir ?
Les Américains pressent la Chine depuis longtemps de réévaluer le yuan. La sous-évaluation de la monnaie chinoise a permis son énorme excédent commercial. Ses réserves évaluées par certains économistes seraient de l’ordre de deux mille milliards de dollars !
Comme les Chinois ne veulent rien entendre, l’idée que l’on pourrait prendre le problème par un autre bout est apparue. En effet, une dévaluation du dollar équivaudrait de fait à une réévaluation du yuan !

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La crise a fortement ralenti les exportations chinoises vers l’Amérique et l’Europe.
La Chine, au contraire des espérances américaines, après quelques essais de réévaluation du yuan, est revenue à la quasi-fixité du taux de change.
L’hebdomadaire Marianne a écrit un article dans le sens d’un G2 entre l’Amérique et la Chine possible, en partenariat obligé comme sont souvent l’emprunteur et le prêteur. Raisonnablement, on peut estimer le contraire, puisque la Chine ne réévaluera pas pour faire plaisir à l’autre. On assiste à la fin d’une illusion celle de croire que l’association de ces deux-là aiderait à sortir le monde de la crise.
C’est le contraire qui se prépare, un hallali retentissant dont l’Europe va payer aussi la facture.
L’intégrité du dollar est dénoncée par Pékin. 760 milliards de titres de la dette des Etats-Unis exigibles dans le court terme, c’est l’épée de Damoclès au-dessus de la tête d’Obama.
Au centre de la polémique : l’explosion du déficit budgétaire américain (plus de 13% du PIB en 2009 selon les prévisions du FMI) et le rachat prévu par la Federal Reserve de 300 milliards de dette publique.
Les taux auxquels emprunte l’Etat américain vont exploser !... si ce dernier trouve preneur.
Que la Chine vende une partie de ses dollars, la monnaie américaine s’effondre. N’ayant, aucun intérêt à ce que cela se produise, elle poursuit son achat de titres de la dette américaine, mais plus lentement. Elle manifeste une nette envie de se défaire du dollar et tente de passer sur la spéculation de la monnaie européenne. Moins touchés que les Etats-Unis, nous risquons, la crise perdurant, d’être la nouvelle cible de Pékin.
Le désamour du dollar annonce l’imminence d’un clash aux USA.
C’est toute la politique consumériste du monde capitaliste qui est en question. Comment faire comprendre aux gens qu’ils doivent travailler dorénavant sans contrepartie d’enjeu de confort et de gadget ? En somme, l’économie chinoise qui, à part ses milliardaires et ses apparatchiks du parti unique, parvient à contenir une population laborieuse dans les limites de la médiocrité d’une vie sans espoir, n’est pas une perspective enthousiasmante !
L’idée d’une déroute du dollar prend corps. Les Américains, s’y sont sans doute déjà résolus dans le secret des bureaux de la Maison Blanche
Le modèle consistant à renouer avec la croissance par le biais des exportations vers les pays émergents est une curieuse illusion, partagée également par les Européens.
Notre ineffable Reynders pense pareil.
Ce qui joue en défaveur de l’Europe dans ce match à trois entre la Chine les USA et nous, c’est la persistance de la croyance des pays de l’UE en un capitalisme immuable et capable de reprendre des couleurs, comme le phénix renaissant de ses cendres !
Ainsi, la dégringolade ne fait que commencer.

7 juin 2009

Khâkhâ !

On vote. La seule occasion des citoyens d’exercer un pouvoir ! Pourtant, c’est pas le fol enthousiasme… Faut dire que c’est un tout petit pouvoir, un mince exercice, une façon de faire croire qu’on existe encore… qu’on sert à quelque chose : départager les derniers de liste… dire des deux ou trois qui traînent, qui sont pas sûrs de monter dans le carrosse, c’est le rouquin que je préfère, ou le petit gros sympa…
Pour les autres, c’est pas notre job. C’est du vivace, madame, en pot, en terrasse, bien arrosé c’est parti pour quatre ans…
Parfois des pointures jouent à se faire peur. Ils s’exposent. Ils frisent la Fanny, comme aux boules. Sauf les punis, fusillés pour l’exemple, parfois des monuments se présentent volontaires au casse pipe… des prétentieux qui sont persuadés que le pays pourrait pas faire sans eux. Alors, ils se mettent au bout du quai, histoire de monter la côte d’Ans en locomotive arrière… Ou alors, c’est le tout vieux cheval, qu’aime plus l’avoine du peuple, qu’en a assez mis de côté pour s’envoyer le meilleur cru, peinard dans la dernière villa cossue de l’allée des Marronniers… Pour l’Histoire, il se met lui-même hors-jeu !
La démocratie joue à l’écarté devant nous. On reprend deux cartes, le jeu est tout aussi pourri.
La partie est fichue de la manière dont on la conçoit.
C’est plus le joueur qui prend la décision. On vote pour un croupier, c’est lui qui place les as.
Qui peut se vanter d’avoir découvert un seul programme sérieux, argumenté, chiffré, articulé sur l’ensemble du budget, parmi les morasses à peine sèches qu’on reçoit par brassées, à croire que le papier recyclé, repiqué ça refait un arbre ?
Personne !
Les vœux pieux sous les rideaux de gaze dont on habille les comédiens et les comédiennes pour le final de la brabançonne se déclament à bureau de vote fermé, dans le délire du vainqueur ou le marasme du vaincu.
-Tu leur a promis quoi ? Non ! Et ils ont marché ! Ah ! les tantes…
Un exemple, l’enseignement :
« Le PS – En sortant de l’école primaire le PS veut que les enfants sachent lire, écrire, calculer.
Le CDH – Lutter contre l’échec scolaire en prenant en charge chaque élève dès qu’il rencontre une difficulté.
Le MR – Garantir des chances égales pour tous les élèves par une formation de haute qualité. »
La révolution que ce serait à la rentrée : un programme sérieux sur des intentions qui ne le sont pas !
Mon petit doigt, qu’en septembre, on verra que de l’habituel !
Pourtant, d’après la commune réclame, y aurait pas qu’ Isabelle Durand. à retrousser ses manches pour plonger ses mimines dans le Khâkhâ !.
Et ainsi à l’avenant.
C’est dire la mascarade, la bouffonnerie… le bal des gens biens.
Du monceau de papiers appelant à ce que je fasse un bon choix sur les numéros attribués aux partis, je ne retire rien… des rapports mensongers, des gestions glorieuses, toute une littérature de bazar de prosélytes satisfaits de la religion qui les nourrit.
Quant à l’opposition, c’est en Chine et aux Indes que Javaux devrait aller prêcher la bonne parole, pour voir comment il l’aurait duraille à placer ses éoliennes et ses doubles vitrages.
-Salut, Abhimanyu, salut Adhrâ, ici c’est Jean-Michel, seriez intéressés par nos capteurs solaires ?… Ah ! pour vous, votre désir c’est toujours la bagnole… bon ! Et l’eau qui monte ? La couche d’Ozone ? Ça ne vous branche pas… J’aurais cru… (pour l'eau qui monte, j'aurais pu écrire : j'aurais crue. J'ai pas osé !)
Un scrutin de la dernière chance, les électeurs n’en ont rien à foutre. Ils attendent toujours la première.
A la fin de la journée, on repliera les tables et les isoloirs. Avec un peu de chance, les mômes auront congé lundi à l’école…
Y aura plus qu’à s’assoupir devant les résultats de Vrebos, en buvant une bière… enfin ceux qui ont le tiercé dans le désordre et que les vieux canassons intéressent encore… C’est chose qu’est élu ! Y a pas photo… au moins deux encolures…
Les autres joueront à se faire plaisir ailleurs en attendant le premier coup de sifflet magique de septembre, auparavant, ceux qui le peuvent iront se faire griller les fesses à Marbella.
Comme a dit un jour Rudy Demotte en pinçant les lèvres, c’est chouette le plan Marshall.
C’est pas lui, des fois, qui aurait sauvé le soldat Ryan ?
En voilà encore un qui ne sait pas comme il va souffrir le jour où il n’y sera plus !

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6 juin 2009

Octave Mirbeau.

La biographie de Wikipédia me convient pour présenter Octave Mirbeau.
Vous pouvez en lire l’intégralité dans cette excellent encyclopédie sur la Toile.
« Octave Mirbeau, né le 16 février 1848 à Trévières (Calvados) et mort le 16 février 1917 à Paris, est un écrivain et un journaliste français qui a connu une célébrité européenne et de grands succès populaires, tout en étant également apprécié et reconnu par les avant-gardes littéraires et artistiques, ce qui n'est pas commun.
Journaliste influent et fort bien rémunéré, critique d’art défenseur des avant-gardes, pamphlétaire redouté, il a été aussi un romancier novateur, qui a contribué à l'évolution du genre romanesque, et un dramaturge, à la fois classique et moderne, qui a triomphé sur toutes les grandes scènes du monde.
Il incarnait une figure d'intellectuel critique, potentiellement subversif et « irrécupérable », selon l'expression de Jean-Paul Sartre dans Les Mains sales. »
Le texte qui suit ne pourrait plus être écrit aujourd’hui. Sa liberté de ton et son insolence en font une curiosité en ce début du siècle d’une grande platitude et de servilité intellectuelles.
Il m’a semblé opportun de le resservir dans les quelques jours qui précèdent le 7 juin.

Une chose m’étonne prodigieusement, j’oserai dire qu’elle me stupéfie, c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose.
Quand on réfléchit un seul instant, ce surprenant phénomène n’est-il pas fait pour dérouter les philosophies les plus subtiles et confondre la raison ?
Où est-il le Balzac qui nous donnera la physiologie de l’électeur moderne ?
Et le Charcot qui nous expliquera l’anatomie et les mentalités de cet incurable dément ?
Nous l’attendons.
Je comprends qu’un escroc trouve toujours des actionnaires, la Censure des défenseurs, l’Opéra-comique des dilettanti, le Constitutionnel des abonnés, M. Carnot des peintres qui célèbrent sa triomphale et rigide entrée dans une cité languedocienne; je comprends M. Chantavoine s’obstinant à chercher des rimes; je comprends tout.
Mais qu’un député, ou un sénateur, ou un président de République, ou n’importe lequel parmi tous les étranges farceurs qui réclament une fonction élective, quelle qu’elle soit, trouve un électeur, c’est-à-dire l’être irrêvé, le martyr improbable, qui vous nourrit de son pain, vous vêt de sa laine, vous engraisse de sa chair, vous enrichit de son argent, avec la seule perspective de recevoir, en échange de ces prodigalités, des coups de trique sur la nuque, des coups de pied au derrière, quand ce n’est pas des coups de fusil dans la poitrine, en vérité, cela dépasse les notions déjà pas mal pessimistes que je m’étais faites jusqu’ici de la sottise humaine, en général, et de la sottise française en particulier, notre chère et immortelle sottise, â chauvin !
Il est bien entendu que je parle ici de l’électeur averti, convaincu, de l’électeur théoricien, de celui qui s’imagine, le pauvre diable, faire acte de citoyen libre, étaler sa souveraineté, exprimer ses opinions, imposer — ô folie admirable et déconcertante — des programmes politiques et des revendications sociales ; et non point de l’électeur "« qui la connaît » et qui s’en moque, de celui qui ne voit dans « les résultats de sa toute-puissance » qu’une rigolade à la charcuterie monarchiste, ou une ribote au vin républicain.
Sa souveraineté à celui-là, c’est de se pocharder aux frais du suffrage universel. Il est dans le vrai, car cela seul lui importe, et il n’a cure du reste. Il sait ce qu’il fait.
Mais les autres ?
Ah ! oui, les autres ! Les sérieux, les austères, les « peuple souverain », ceux-là qui sentent une ivresse les gagner lorsqu’ils se regardent et se disent : « Je suis électeur! Rien ne se fait que par moi. Je suis la base de la société moderne. Par ma volonté, Floque fait des lois auxquelles sont astreints trente-six millions d’hommes, et Baudry d’Asson aussi, et Pierre Alype également. » Comment y en a-t-il encore de cet acabit ? Comment, si entêtés, si orgueilleux, si paradoxaux qu’ils soient, n’ont-ils pas été, depuis longtemps, découragés et honteux de leur œuvre ?
Comment peut-il arriver qu’il se rencontre quelque part, même dans le fond des landes perdues de la Bretagne, même dans les inaccessibles cavernes des Cévennes et des Pyrénées, un bonhomme assez stupide, assez déraisonnable, assez aveugle à ce qui se voit, assez sourd à ce qui se dit, pour voter bleu, blanc ou rouge, sans que rien l’y oblige, sans qu’on le paye ou sans qu’on le soûle ?

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À quel sentiment baroque, à quelle mystérieuse suggestion peut bien obéir ce bipède pensant, doué d’une volonté, à ce qu’on prétend, et qui s’en va, fier de son droit, assuré qu’il accomplit un devoir, déposer dans une boîte électorale quelconque un quelconque bulletin, peu importe le nom qu’il ait écrit dessus... Qu’est-ce qu’il doit bien se dire, en dedans de soi, qui justifie ou seulement qui explique cet acte extravagant ? Qu’est-ce qu’il espère ?
Car enfin, pour consentir à se donner des maîtres avides qui le grugent et qui l’assomment, il faut qu’il se dise et qu’il espère quelque chose d’extraordinaire que nous ne soupçonnons pas. Il faut que, par de puissantes déviations cérébrales, les idées de député correspondent en lui à des idées de science, de justice, de dévouement, de travail et de probité ; il faut que dans les noms seuls de Barbe et de Baihaut, non moins que dans ceux de Rouvier et de Wilson, il découvre une magie spéciale et qu’il voie, au travers d’un mirage, fleurir et s’épanouir dans Vergoin et dans Hubbard, des promesses de bonheur futur et de soulagement immédiat.
Et c’est cela qui est véritablement effrayant.
Rien ne lui sert de leçon, ni les comédies les plus burlesques, ni les plus sinistres tragédies.
Voilà pourtant de longs siècles que le monde dure, que les sociétés se déroulent et se succèdent, pareilles les unes aux autres, qu’un fait unique domine toutes les histoires : la protection aux grands, l’écrasement aux petits. Il ne peut arriver à comprendre qu’il n’a qu’une raison d’être historique, c’est de payer pour un tas de choses dont il ne jouira jamais, et de mourir pour des combinaisons politiques qui ne le regardent point.
Que lui importe que ce soit Pierre ou Jean qui lui demande son argent et qui lui prenne la vie, puisqu’il est obligé de se dépouiller de l’un, et de donner l’autre ?
Eh bien ! non. Entre ses voleurs et ses bourreaux, il a des préférences, et il vote pour les plus rapaces et les plus féroces.
Il a voté hier, il votera demain, il votera toujours.
Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n’espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit.
Ô bon électeur, inexprimable imbécile, pauvre hère, si, au lieu de te laisser prendre aux rengaines absurdes que te débitent chaque matin, pour un sou, les journaux grands ou petits, bleus ou noirs, blancs ou rouges, et qui sont payés pour avoir ta peau; si, au lieu de croire aux chimériques flatteries dont on caresse ta vanité, dont on entoure ta lamentable souveraineté en guenilles, si, au lieu de t’arrêter, éternel badaud, devant les lourdes duperies des programmes; si tu lisais parfois, au coin du feu, Schopenhauer et Max Nordau (1), deux philosophes qui en savent long sur tes maitres et sur toi, peut-être apprendrais-tu des choses étonnantes et utiles.
Peut-être aussi, après les avoir lus, serais-tu moins empressé à revêtir ton air grave et ta belle redingote, à courir ensuite vers les urnes homicides où, quelque nom que tu mettes, tu mets d’avance le nom de ton plus mortel ennemi. Ils te diraient, en connaisseurs d’humanité, que la politique est un abominable mensonge, que tout y est à l’envers du bon sens, de la justice et du droit, et que tu n’as rien à y voir, toi dont le compte est réglé au grand livre des destinées humaines.
Rêve après cela, si tu veux, des paradis de lumières et de parfums, des fraternités impossibles, des bonheurs irréels. C’est bon de rêver, et cela calme la souffrance. Mais ne mêle jamais l’homme à ton rêve, car là où est l’homme, là est la douleur, la haine et le meurtre. Surtout, souviens-toi que l’homme qui sollicite tes suffrages est, de ce fait, un malhonnête homme, parce qu’en échange de la situation et de la fortune où tu le pousses, il te promet un tas de choses merveilleuses qu’il ne te donnera pas et qu’il n’est pas d’ailleurs, en son pouvoir de te donner. L’homme que tu élèves ne représente ni ta misère, ni tes aspirations, ni rien de toi; il ne représente que ses propres passions et ses propres intérêts, lesquels sont contraires aux tiens. Pour te réconforter et ranimer des espérances qui seraient vite déçues, ne va pas t’imaginer que le spectacle navrant auquel tu assistes aujourd’hui est particulier à une époque ou à un régime, et que cela passera.
Toutes les époques se valent, et aussi tous les régimes, c’est-à-dire qu’ils ne valent rien. Donc, rentre chez toi, bonhomme, et fais la grève du suffrage universel. Tu n’as rien à y perdre, je t’en réponds ; et cela pourra t’amuser quelque temps. Sur le seuil de ta porte, fermée aux quémandeurs d’aumônes politiques, tu regarderas défiler la bagarre, en fumant silencieusement ta pipe.
Et s’il existe, en un endroit ignoré, un honnête homme capable de te gouverner et de t’aimer, ne le regrette pas. Il serait trop jaloux de sa dignité pour se mêler à la lutte fangeuse des partis, trop fier pour tenir de toi un mandat que tu n’accordes jamais qu’à l’audace cynique, à l’insulte et au mensonge.
Je te l’ai dit, bonhomme, rentre chez toi et fais la grève. (Fin de citation)

Voilà comme on écrivait dans les journaux aux alentours de 1900. Notre époque avide de progrès manque de liberté et d’audace. Les écrivains sont petits petits, les journalistes n’ont plus de couille et les lauréats d’Académie du bien dire et du bien penser sont des cons. A croire que les universitaires de 2009 sont plus incultes que les bergers analphabètes du temps de Mirbeau.
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1. Je ne suis pas d’accord sur les « qualités » de Nordau, sociologue et, par conséquent, sur le choix de Mirbeau l’associant à Schopenhauer, ce dernier étant une vraie pointure.

5 juin 2009

Où Elio pète les plombs !

Ce pauvre Di Rupo !
Son parti ne va pas bien. Lui non plus.
On dirait qu’il bat l’air des bras comme un type qui se noie quand il remonte à la surface. Parce que le président du PS, voilà longtemps qu’il ne sait plus nager !...
Il va falloir que les caciques du PS songent à le remplacer.
Si c’est comme au PS français, ce n’est pas gagné.
Devant une mangeoire qu'il est difficile d’approcher tant il y a d’appétits, ce sera malaisé de trouver un successeur. C’est même la seule chance qui reste à ce malheureux aigle de Mons déplumé, pour quel(le) remplaçant(e) improbable devrait-il céder la sedia gestatoria ?
Pourtant au PS, l’heure est aux différences, aux couleurs de peau, aux ressortissants des antipodes… en un mot, aux femmes et tant pis si, pour cette fois, elle n’est ni voilée, ni noire, ce sera pour une autre fois... Laurette Onkelinx, par exemple ?
Comme ceux qui ont perdu le sens de leur combat, Di Rupo donne de furieux coups d’épée dans le vide espérant atteindre un ennemi qui se dérobe sans cesse, et pour cause, on ne sait plus lequel !
Le pire n’est-il pas un président entre deux chaises curules et qui ne sait sur laquelle s’asseoir ? Qu’il se décide pourtant. On a vu au jeu des chaises musicales ce qu’il advient de l’attentisme ! La sienne est un rembourré de style. Elle ferait très bien dans une antichambre de Laeken. L’autre est en plastique sur laquelle il est interdit de s’asseoir, sauf pendant la pause de vingt minutes à midi et qui est celle du plus gros des électeurs de gauche.
Alors, comme à Waterloo, le Grand attendait Grouchy, l’autre, le petit, boulevard de l’Empereur jette ses grognards sur un Blücher déguisé en Reynders, alors qu’il est déjà trop tard. Ce n’est pas quand les pommes sont cuites qu’on veut croquer des poires.
Napoléon à Sainte-Hélène et di Rupo à Mons attendant 2015, accord de complaisance de son ami Willy Demeyer pour l’année culturelle montoise, l’îlot est famélique, César tombe de haut !
La dernière bouée, l’ultime gonflable Bombard, le déjà presque ex-aigle de Mons l’a trouvée.
L’augure déchu a qualifié de provocation préélectorale la position du MR demandant à diminuer la représentation flamande à Bruxelles, jugée trop importante par Didier Reynders et Olivier Maingain.
S’il fallait bien ne pas la ramener sur quelque chose, c’était bien celle-là !
C’est une fois de plus montrer qu’au point de vue de la démocratie et des droits de l’homme, Di Rupo n’y entend plus rien.
Tous les jargons du monde, les bonnes raisons, l’attachement au trône, la cuisine diplomatique entre les deux Régions n’y feront rien.
Formellement, c’est le MR qui a raison, même si c’est de l’opportunisme que de faire monter la sauce quelques jours avant le 7 fatidique.
Et ça Di Rupo ne le sent plus. Son odorat est usé, son feeling s’est fait la belle.
Il fait du tort à ses camarades du siège central.
Il jargonne : « C’est de la provocation, c’est se faire mousser à bon compte, faire croire aux francophones de Bruxelles qu’on va résoudre leurs problèmes en provoquant les Flamands ».
D’accord, mais au moins c’est parler de quelque chose d’intolérable : d’un côté les minorités francophones à qui on dénierait tout à la périphérie et de l’autre dans Bruxelles intra muros, une minorité flamande qui aurait tous les droits !
On se moque de qui ?


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La vraie raison de ce pétard mouillé, c’est la trouille de perdre les avantages liés à ce pays en pleine dérive flamingante. C’est vouloir sauver le trône au détriment des Bruxellois et des Wallons. C’est enfin cacher sous des trésors de diplomatie bégayante l’objectif de sauvegarder par tous les moyens une langue patoisante qui a de la peine à maintenir son parler à flot, envers et contre tout, y compris une justice élémentaire. C’est reproduire la trouille noire que le PS a montrée en bradant les Fourons avec les autres.
Ça va l’avancer à quoi, Di Rupo, d’être en symbiose avec les Flamands les plus excessifs ?
C’est quand même les électeurs bruxellois et wallons qui le nourrissent !

4 juin 2009

Le MR au culot pour le 7.

Il est difficile de laisser passer les 50 propositions du MR parues dans la brochurette « Pour réinventer l’avenir » sans réagir à la démagogie qui transparaît à chacune d’entre elles.
Ah ! les enfoirés, ils me prennent pour un con d’avoir osé déposer dans ma boîte à lettres un ramassis de poncifs et de lieux communs. Puisque leur correspondance est collective, il est normal que je leur réponde de la même manière.
M’ont-ils imaginé peu averti, ou pire, au courant de rien, pour que j’applaudisse sans commentaire à leur société consumériste, capable demain, d’organiser la famine du même petit air compétent ?
Fallait-il qu’ils me méprisent pour oser m’emmerder chez moi ?
Du côté de l’enseignement, ils veulent « Supprimer définitivement le décret inscriptions/mixité ».
Certes, on se souvient des parents qui campaient sur le trottoir de l’école de leur choix. Ce qui avait été imaginé par la Région wallonne ne valait pas grand chose. Mais, pourquoi avait-on voulu changer un système, que Christine Defraigne souhaite réinstaller ? Parce que les réputations de qualité ou de médiocrité des écoles, colportées de bouche à oreille, sont souvent le résultat de commérages mensongers, d’approximations malveillantes, aboutissant à faire des ghettos d’un côté et des élites de l’autre, par l’effet des étiquettes de réputation. Les « ont dits » finissent par établir une réalité depuis une fiction !
On se souvient de la situation antérieure, des luttes d’influence des parents, agitant des menaces, intriguant, cherchant des pistons et en trouvant plutôt du côté du MR et du CDh que des autres partis. Le MR ne veut plus de file, ce qu’il veut c’est revenir aux belles combines d’antan qui laissaient aux notables le soin de choisir les premiers…
La seule solution consiste tout simplement à rendre toutes les écoles performantes, pour la simple raison que les enseignants à diplôme équivalant se valent et qu’il n’y a pas de raison que l’on ait moins d’ambition pour un réseau et plus pour un autre. Les déséquilibres sont le résultat de la politique de discrimination que le MR affectionne particulièrement, surtout que la crise, dans laquelle il a une large responsabilité, rend les familles exposées encore plus vulnérables et donc moins attentives à l’éducation de leurs enfants et à leur réussite scolaire.

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Le reste des points concernant l’enseignement sont tout aussi démagogiques et ne reposent que sur des souhaits non chiffrés comme « renforcer les apprentissages de base », « garantir des chances égales par une formation de haute qualité », comme si ces propositions ne pêchaient pas sur un point fondamental, à savoir la volonté du MR de faire des économies sur la masse salariale des enseignants, alors que le succès dépend d’un encadrement renforcé des élèves, la revalorisation de la fonction par une augmentation des salaires et surtout un renversement du rapport entre les parents et les maîtres, par la restitution de l’autorité au corps professoral, perdue en partie par la faute des pouvoirs politiques de tutelle et du laxisme des directions par la pression exercée par le biais du quota d’élèves.
Le point 4 : « encourager les jeunes à s’orienter vers des métiers techniques » est une pure escroquerie de la part d’un parti qui transmet de génération en génération l’art de se faire des ronds en faisant de la politique, Madame Defraigne, et messieurs Reynders et Michel en savent quelque chose. Et comme en plus, ce parti est assez dur sur l’état des salaires et des conditions de travail des petites gens dans sa conception de la société, c’est assez gonflé.
« Prendre le jeune en charge » dès son inscription au chômage, le MR sait bien que le jeune ne bénéficie d’allocations de chômage que parce qu’il est pris en charge et qu’il enfonce une porte ouverte. Entre le délai où son inscription est effective et le moment où il percevra une allocation est une période transitoire nécessaire à l’exercice de sa propre liberté et décision. Le mettre immédiatement dans des obligations de contrôle, c’est tuer dans l’œuf toute initiative. C’est le réduire dès le début à une humiliation pour un résultat dérisoire.
Au point 6, on retrouve le club des démagogues dans toute sa splendeur, une théorie chère à Reynders et Michel. Quant à Defraigne, on ne sait pas, puisqu’elle va à la soupe du côté des autobus et qu’elle n’a pas trop le temps d’échafauder des projets derrière nos deux compères. C’est toute la logique libérale d’accorder sous conditions le bénéfice des allocations de chômage. Pour le MR, il faut faire payer la crise aux chômeurs. Ce sont eux qui l’ont provoquée par leur paresse et leur manque de civisme, comme il arrive parfois à ces messieurs de l’oser déclarer. Cela cache derrière des recommandations comme le travail d’intérêt général, une rescolarisation rapide si le jeune n’a pas fini ses études secondaires à 18 ans, un blabla à connotation fasciste !
Plutôt que ce charabia masquant une paupérisation grandissante avec un analphabétisme en expansion et un désespoir permanent, il faudrait moins se gargariser de mots et revoir les bases de l’enseignement à l’école primaire, avec des classes de rattrapage et des aides personnalisées et ne pas admettre en secondaire des enfants qui savent à peine parler le français et qui éprouvent des difficultés à faire une simple addition.
Presque à la fin de ma page d’écriture quotidienne, je ne suis encore qu’au point 6 du mirobolant programme.
On passe évidemment de l’étudiant qui va devenir chômeur, aux 18-25 ans qualifiés mais en panne faute d’emploi et pour faire bonne mesure afin d’attirer l’électeur, un petit mot pour la bouche aux 50-64 ans.
Pas de point précis sur les pensions, juste une allusion page 12 de la brochurette entre le point 30 et 31. un no man’s land, et pour cause, jusqu'à l’année dernière Reynders et Michel ne tarissaient pas d’éloges sur le système individualisé des pensions aux USA, avec les fameux fonds de pension. Aujourd’hui un million de pensionnés US ruinés et qui peuvent encore travailler, se sont mis à rechercher un emploi, les autres sont tombés dans la misère !
Il paraît qu’avec le MR plus belle sera la vie ! Ah ! elle l’était donc moins avant, après deux siècles de libéralisme ?
Pour le reste, on a compris. Ils ne sont pour rien dans le système économique qui foire de partout. Ils veulent que tout change en ne changeant rien. Les finances de l’Etat, ils s’en fichent puisqu’ils ne proposent pas d’assainir les comptes en passant leurs salaires, revenus et prébendes à la tondeuse. Bref, seigneurs et exploiteurs, ils le sont et ils comptent le demeurer.
Le comble c’est que la population qui souffre de la crise de leur système économique pourrait leur donner une majorité en Wallonie !
C’est à se demander !...

3 juin 2009

Israël épuise la patience d’Obama.

Israël use la patience d’Obama.
Ça ne va pas très fort entre le nouveau gouvernement d’Israël, son premier ministre Netanyahou ancré très à droite et la nouvelle administration américaine d’Obama.
La liste est longue des recommandations de l’ONU qui n’ont jamais été suivies d’effet d’un Etat qui n’en fait qu’à sa tête, ayant eu, jusqu’à aujourd’hui un sûr et puissant allié : les USA.
Il semble bien que la page se tourne et qu’enfin l’Amérique fâchée finisse par se lasser des trublions du nouveau gouvernement d’Israël, le pire que l’on ait eu à supporter au Moyen-Orient et foncièrement incapable d’avoir une politique d’ouverture et de paix.
A la pensée qu’avec Netanyahou l’on ne puisse sortir du conflit latent met le monde musulman en ébullition. Les plus pessimistes craignent qu’une guerre nouvelle ne vienne embraser la région.
Au Caire, on attend pour le 4 juin la venue d’Obama qui doit prononcer un discours fort attendu.
Ce qui indigne le président américain, indigne également beaucoup de démocrates de par le monde : l’Etat d’Israël poursuit sa politique de peuplement des colonies de Cisjordanie, malgré ses démentis, mène une guerre sans merci non seulement à ceux qui à Gaza et ailleurs ne déposent pas les armes devant l’envahisseur né qu’est l’Etat juif, mais encore chasse sans pitié les propriétaires arabes des zones occupées dont il conviendrait de les peupler afin de les annexer petit à petit, et placer les Occidentaux devant le fait accompli.
Seulement voilà, les faits accomplis, il y en a trop depuis plus de trente ans. Si bien qu’à part la diaspora active dans tous les milieux, mais principalement des médias, les banques et la politique, qui tend à noyer le poisson soit en minimisant l’agression israélienne, soit en diabolisant les victimes arabes, plus personne du monde occidental n’a le moindre doute sur les intentions de l’Etat d’Israël qui entend déplacer ses frontières, annexer tout Jérusalem, repousser les Palestiniens de souche vers des ghettos comme Gaza, et proclamer le grand Israël !
On passe sur les exactions de Tsahal, les brimades quotidiennes et le mur qui sépare les Arabes des Juifs et qui semble avoir été construit entièrement sur des territoires annexés, pour ne retenir qu’une manière déplaisante et arrogante de prendre les Nations de bonne volonté pour des imbéciles. Les dernières exactions de la récente guerre contre Gaza, le massacre des populations, les destructions des maisons pour aboutir au paiement de la casse… par la Communauté européenne, sensible au martyr du peuple palestinien est un bel exemple de la manière dont cet Etat entend finir – momentanément – tout conflit.

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Le gel complet de la colonisation en Cisjordanie occupée plonge Netanyahou dans un grand embarras. Malgré les dénégations des gouvernements précédents, l’Etat a favorisé en sous-main ce peuplement qui n’était clandestin que pour la propagande à l’étranger sur le thème de l’Etat juif agressé par des terroristes et obligé de se défendre. Si « Bibi » rejette le plan d’Obama qui n’est que la reprise du plan saoudien de 2002, il risque de perdre son allié « obligé ». S’il l’accepte moyennant certains aménagements – et là l’Etat juif y excelle – les intégristes religieux de son aile droite quitteront le gouvernement.
Heureusement pour lui, les Palestiniens n’offrent pas un front uni, loin de là, les autorités de Ramallah et celles de la bande de Gaza se rejettent et ne se parlent pratiquement plus.
Hillary Clinton qui devrait en principe assurer la suite du discours d’Obama serait bien en peine de réunir des interlocuteurs afin de négocier la création d’un Etat palestinien si les conditions devenaient plus favorables.
Entre les ambitions d’un Etat vorace et peu scrupuleux qui affiche son pouvoir en exhibant son armée à tout propos et un Etat fédéré palestinien avec les territoires tenus par le Hamas et l’Autorité palestinienne de Ramallah, les perspectives sont assez sombres, surtout si – et Israël en rêve sûrement – il y avait une guerre civile entre les parties adverses qui s’avérerait inéluctable !
Toutes bonnes raisons pour que l’ONU, ignorant les gesticulations d’Israël qui n’en veut pas, convainque les pays membres pour monter une force de dissuasion internationale campant entre les parties.
Le problème, c’est qu’elle risquerait d’y stationner longtemps et aussi qu’elle prendrait parti pour ceux qui ont le plus souffert de ce drame permanent, à savoir les populations palestiniennes de souche. On oublie trop aisément l’immense tort que la formation de l’Etat d’Israël sur des territoires peuplés engendre depuis plus de cinquante ans, et plus le temps passe, plus la rancœur grandit.

2 juin 2009

L'Europe, c'est trop cool !

-Madame Sharper-Crook vous allez représenter la Belgique…
-Si je suis élue…
-…si vous êtes élue, au Parlement européen. Pouvez-vous nous dire à quel groupe vous vous apparenterez ?
-Je suis heureuse que les News s’intéressent à moi et particulièrement vous, Monsieur Slaver, qui avez la réputation de n’avoir pas la langue dans votre poche. Pour répondre à votre question, comme je le fais d’habitude simplement et sans tourner autour du pot, je termine mon mandat dans le groupe PDE allié au groupe ELDR, mais ma préférence ira – si les électeurs me font encore confiance – au PPE dont je suis proche… in fine.
-Est-ce que le spectacle qui a fait de vous une star du petit écran, ne vous manque pas ?
-J’ai un autre public qui peut voir d’autres facettes de ma personnalité. C’était l’Europe ou le Crazy Horse… J’ai un peu forci et j’ai réfléchi à une situation plus stable que celle d’un dépouillement qui précède le vote. Ici, on achète mon minou dans un sac si vous voyez…
-Et pour ce qui est des traitements des députés européens ?
-Les cachets sont très corrects, Monsieur Barroso est un homme charmant, mon collègue Louis Michel est un galant homme. Je m’investis à fond dans ce que je fais. Je suis invitée à la Communion solennelle de la nouvelle protégée de Papounet Berlusconi…
-Vous vous êtes toujours investie à fond, madame Sharper-Crook. Vous en aurez besoin. Le Parlement européen veut repartir sur des bases assainies pour les émoluments de ses élus. Un salaire uniforme ainsi qu’un contrôle renforcé des indemnités et défraiements sont à l’ordre du jour… le salaire d’un eurodéputé : 7.665,31 euros bruts…
-5.963 euros nets ce n’est pas lourd. Nous sommes à l’Europe pour les citoyens et non pas pour gagner gros. Je ne me plains pas.
-C’est sur les indemnités d’accompagnement et les remboursements de frais, à l’origine de multiples abus et polémiques, que le Parlement veut serrer la vis.
-Là, je ne suis plus en osmose avec le parlement européen. J’ai des frais considérables de représentation, de personnel… Vous savez ce qu’une star consomme en parfum et dessous chic, même au parlement européen ?
-C’est quand même 17.540 euros de rabiot qui risque de vous passer sous le nez. Certains de vos collègues ont embauché des proches…
-Et alors, est-ce parce que mon secrétaire est mon demi-frère, mon chauffeur mon cousin et mon chef de cabinet mon mari, que ces gens sont incompétents, Monsieur Slaver ! Si j’avais pris mon amant, en qualité de secrétaire, vous croyez qu’on m’aurait fait la remarque ?
- Madame Sharper-Crook, ce n’est pas le public qui le prétend, mais un audit interne. Les députés ne pourront plus employer de proches parents. Sauf que… ceux qui le sont déjà pourront encore rester pendant une période transitoire.
-Je vous ferai remarquer que les regroupements familiaux sont prévus dans les lois sur l’immigration. Et puis, autant vous dire que sans cette somme, il me serait impossible de faire face à mes obligations.
-Qu’allez-vous faire ?
-M’intéresser à ce qu’on dit autour de cette affaire. Qu’est-ce qu’un parent proche ? Mon demi-frère n’est en réalité pas mon parent. Le cousin, c’est celui de ma mère et pour ce qui concerne mon mari, nous allons divorcer.
-Evidemment dans ces conditions…
-Ceci dit, le parlement a raison. Je suis pour la suppression des privilèges et les PME de famille au sein de l’organisation européenne, comme c’est le cas en Belgique, je vous signale...
-Evidemment, puisque vous allez faire en sorte d’échapper aux nouvelles règles… Le Parlement entend aussi faire le ménage dans les remboursements de frais de voyages. Les montants seront plafonnés (ils sont sans limite aujourd’hui), les eurodéputés devront fournir des preuves de paiements, alors qu’ils bénéficient actuellement d’une très généreuse enveloppe forfaitaire.
-Qu’à cela ne tienne, j’irai ramasser les tickets d’avion dans les aérogares !

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-Vous avez réponse à tout !
-…afin de les détruire pour que des petits roublards n’en profitent pas. Mais dites donc, Slaver, ne devions-nous pas parler de l’Europe, de mon programme et de mes projets ? Est-ce que vous croyez que cela intéresse les gens, nos petites histoires people ?
-Vos projets, vous venez de nous en révéler l’essentiel. Votre programme ? Le PPE n’est-il pas pour un large rassemblement au centre des forces de gauche et de droite dans un grand forum d’idées, à seule fin de n’en avoir aucune ?
-Une seule, monsieur Slaver, une seule.
-Laquelle ?
-Atteindre la législature suivante pour se faire réélire.
-Mais vous n’êtes pas encore élue à celle-ci !
-C’est ça prévoir, Slaver, c’est ça prévoir…

1 juin 2009

La presse des temps ignobles.

Les directeurs de journaux sont aussi irréalistes que les propriétaires des dits, lorsqu’ils déclarent qu’Internet en rendant l’information gratuite et universelle tue à petit feu la presse.
C’est une constante, quand dans une démarche intellectuelle dont on a fait son métier, il devient impossible d’y gagner sa vie, c’est la faute de quelqu’un d’autre, sans jamais remettre le système économique en cause. En l’occurrence l’empêcheur de gagner des ronds, c’est l’internaute interprète de l’info, le blogueur éditorialiste et le témoin des faits qui les décrypte et les communique via son site au monde entier. Le spéculateur boursier et l’acquéreur de biens culturels alors qu’ils se fichent complètement du métier, ne sont jamais mis en cause.
Eh bien ! on devrait commencer par eux.
La fin des gazettes locales et la fin des débats d’idée en Wallonie se situent dans les années 80, un peu avant l’essor de l’ordinateur et la propagation d’Internet dans les familles, soit une petite dizaine d’années avant l’expansion de l’ordinateur et l’avènement des cybercafés.
Si l’on suit pas à pas le dépérissement du Journal « La Meuse » à Liège – et ne parlons pas de la Gazette de Liège et de la Wallonie – plusieurs facteurs sont intervenus à commencer par la prolifération des journaux gratuits ; mais, il y en a d’autres : le dépérissement des rédactions avec la disparition de correspondants à l’étranger rendant le journal tributaire de l’information standard des agences de presse et coïncidant avec la confirmation du désintérêt du lecteur ; les mœurs politiques tendant à répercuter la volonté de toucher un centre idéologique, justement sans idéologie ; les difficultés d’une opinion originale des journalistes plus inquiets de la prolongation de leur contrat, que l’exercice de la liberté d’expression.
La seule bouffée d’air frais qui reste dans la presse, n’est-elle pas, justement, la place accordée aux internautes dans les colonnes des journaux d’aujourd’hui ? Encore que, cette semi-liberté est déjà menacée par les rédactions qui font le choix d’internautes « gentils » ou « convenables », bref aseptisés.
Etonnons-nous, dès lors, de la disparition progressive – même si certains journaux se portent bien – de ce moyen d’expression qui vit le jour en 1629 par une publication « le Bureau d'adresse » et surtout par « la Gazette », hebdomadaire paru la première fois en mai1631, l’éditeur et le rédacteur : Théophraste Renaudot, bien connu des débutants en 1re année de l’ULB, au même titre que Citizen-Cane d’Orson Welles et les deux fameux journalistes du Washington Post qui ont déclenché l’affaire du Watergate et la démission de Nixxon.
Le professeur français Picard, sur la lancée du malaise de la presse devant la poussée d’Internet, enfonce le clou en déclarant que les journalistes ne méritent pas le SMIC !
Les intéressés piqués au vif répliquent qu’ils se sentent dépossédés de leur travail par des amateurs qui jouent avec l’information sans déontologie et – crime suprême – qui ne sont même pas payés !

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La controverse n’est pas prête d’être close. Il n’y a plus guère d’Albert Londres, de Woodward, ni des écrivains se lançant occasionnellement dans le journalisme comme Hemingway. Sinon qu’il reste quelques éditorialistes dont il semblerait que les journaux où ils s’affichent ne sont plus là que pour eux.
Afin de faire rendre une ultime fois un genre qui ne vaut plus grand chose au point de vue financier, ne serait-ce pas plutôt les marchands de papier noirci de n’importe quoi pourvu que cela se vende, les racoleurs des graveleux faits-divers, et des plumes people sur des bureaux en forme de fesses, qui ont remplacé ceux qui avaient pour métier d’informer ?
Quelle valeur accorder à l’enseignement d’une profession qui envoie la majeure partie des diplômés faire autre chose, quand il n’y a d’autres alternatives que le chômage ?
A part la « magie » du sésame, cette fameuse carte de presse, que n’importe qui avec de l’entregent ou des relations peut se procurer, comment comprendre que l’on veuille encore en être ?
Subissant la loi des annonceurs, des agences de pub, des patrons de presse acoquinés à des partis politiques ou à des lobbys, dans la ligne de mire des spécialistes des tribunaux, ce qui reste de ce grand corps professionnel s’est réfugié dans deux, voire trois, salles de rédaction encore assez fournies pour en conserver le titre.
Ne serait-ce pas plutôt la marchandisation à outrance qui a tué cette profession, jadis dénommée quatrième pouvoir et qui en est réduite à mendier la publicité de deuxième catégorie, la première étant vendue pour des fortunes à la télé et à la radio ?
On peut compter les victimes du système « tout commerce » qu’est l’Europe dans sa liberté de vendre de la culture et de l’information, ne donnant plus la parole à ceux qui ont des idées, mais à ceux qui ont ou qui peuvent faire du fric.
Les temps sont durs ? Pas vraiment. Ils sont ignobles, c’est pire !...