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31 août 2010

Lui ou le chaos…

On a déjà entendu ça quelque part.
Tous les hommes « providentiels » ont à peu près dit la même chose : Gbagbo, Paul Kagame, Tandja Mamadou. Les laudateurs d’Elio Di Rupo viennent de placer leur grand homme en bonne compagnie parmi les dictateurs africains !
C’est lui ou le chaos !
Magnette le réclame, Flahaut met une bougie à saint Antoine, Milquet rend hommage « in fine » et Jean-Mi Javeaux salue les efforts de son héros montois.
En gros, le préformateur ne s’attaque aux problèmes du pays que parce qu’ils sont gigantesques !
Eussent-ils été de moindre importance, ils étaient indignes de lui…
Nous vivons quelque chose de surréaliste. En dehors des 7, et encore, parmi ceux-ci, je crains qu’il n’y en ait un ou l’autre qui ne dispose pas de tous les éléments des négociations, personne parmi les électeurs ne sait de quoi on parle.
Didier Reynders, président du MR, le premier parti de Bruxelles, n’en sait rien non plus. Comme on ne sait plus rien du front sacré des Francophones !
Cependant nous devrions être suspendus aux nouvelles, afin de savoir si ça casse ou si ça passe…
-C’est sur la question du refinancement de Bruxelles !
-Ah ! bon…
-Bart De Wever exige des garanties sur papier.
-Vous m’en direz tant !... On n’a plus de papier dans les ministères ?
Comment poursuivre un dialogue de cette nature ?
C’est à peu près ce qu’a tenu à nous dire Di Rupo, d’abord en flamand, un flamand d’école, sans doute traduit de son texte en français par un bon bilingue de son staff, ensuite en français, de cette même petite voix aigüe qui fait sourire.
On sentait le désir du préformateur de mettre les deux partis rebelles en porte-à-faux des autres, au cas où il faudrait que quelqu’un portât le chapeau en cas de malheur.
Le préformateur joue un jeu dangereux. Il nous prend à témoins et nous demande d’appuyer ce qu’il dit comme étant une grande vérité, sans nous mettre au courant de la profondeur de la vision de cette grande vérité. Il nous demande de croire, parce que nous devrions avoir la foi en lui ! Et c’est un franc-maçon qui parle comme ça ! Evidemment, si dieu, c’est lui !

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Ça, c’était côté cour. Voyons côté jardin.
Invité par la VRT et la RTBF, Bart De Wever a estimé qu’on ne pouvait pas aller plus loin dans la négociation à 7 !
Voulant dire, sans doute, que le fin du fin devait être réglé entre « hommes » : le préformateur et lui, réduisant ainsi au strict minimum de personnes, les détenteurs de l’entièreté des accords !
« Une formule où on consulte tous les partis, y compris les plus petits, ne marche pas », belle formule qui dénote chez Bart une singulière manière de comprendre la démocratie.
Pour faire court, Bart réclame un accord sur papier ; tandis que le préformateur parle d’un chaos menaçant la Belgique !
C’est si difficile de lui faire un papier à cet homme ?
« Je soussigné, Elio Di Rupo, fournisseur de la cour, certifie que Bruxelles ne sera doté que des sommes que Monsieur Bart De Wever voudra bien lui allouer. »
Ce n’est pas plus difficile. Sauf si, évidemment, il est le seul à en être pourvu.
Si c’est le cas, ce serait aux 6 autres à se méfier du préformateur.
Dans le courant du laïus, on a appris que le nouveau mode de financement entre Etat fédéral, Régions et Communautés, sera chapeauté par une personnalité de haut niveau.
Les hauts niveaux fourbissent déjà leurs armes.
Comme on voit, tout redevient normal, puisqu’on va procéder à une nomination « importante » alors qu’on n’est encore que préformateur.
C’est quand même une bonne nouvelle pour l’emploi !
Voilà où nous en sommes.
L’usine à gaz sera dotée de quelques tuyaux de plus et d’un inspecteur en chef des tuyaux.
Si après ça, Bart n’est pas content…

30 août 2010

Patatra ! tout était dans tout…

Et voilà maintenant, que rien n’est dans rien !...
On ne pourra pas dire que la rentrée de nos chaînes nationales n’ait pas été sur l’événement. Ce dimanche matin, les initiés – enfin les presque mais pas tout à fait initiés – étaient réunis à la RTBF et à RTL pour le même sujet programmé selon la bonne vieille habitude, mais pour une fois, c’était tout à fait naturel.
Tout le monde était sur des charbons ardents : réussira, réussira pas ?
Il y avait tellement de questions à poser que finalement, d’un commun accord, tous choisirent de poser celles qui n’intéressaient que les spécialistes, histoire de rester discret.
La brochette de fins stratèges s’était comme familièrement installée au « café du commerce et de l’industrie » chez Vrebos et « Au café de la gare » d’Olivier Maroy, pour nous dire ce que l’on savait déjà : qu’il faut être patient et qu’ensuite le secret qui entoure les discussions, c’est dans notre intérêt.
Dans les films, les secrets les plus terribles ne doivent être révélés qu’en dernière minute, quand les enfants sont au lit. C’est pourquoi le roi reçoit le préformateur si tard…
A la mi-journée on se demandait encore si Elio Di Rupo réussirait à concilier l’inconciliable et passer de pré à formateur ?
Hélas ! il y aura bien une rentrée, mais ce sera celle des classes.
Sur sa carte de visite, Elio ne pourra inscrire que « Préformateur du gouvernement ». On se demande si c’est porteur, pour une place de laborantin ? Parce que si c’est comme ça, au parti, il y aura bien quelqu’un qui lui posera la question ?
Je l’ai écrit en long et en large, le président du PS n’avait pas à y aller ! Son orgueil était le plus fort, admettons, mais quel gâchis ces deux mois perdus en vaines palabres.
Si l’on en croit les propos d’André Flahaut à Pascal Vrebos : « …il n’y a pas d’alternative à l’actuelle négociation », alors, qu’est-ce qu’on fait ?
On laisse le gouvernement démissionnaire terminer la législature ? Ce serait inespéré pour Yves Leterme qui n’est jamais aussi bon que lorsqu’il expédie les affaires courantes.
Le roi convoque les présidents de la NV-A et du CD&V pour les mettre devant leurs responsabilités ? Oui, mais lesquelles ?
Ah ! ce débat de midi, comme il sonne bizarrement à dix heures du soir !
Les initiés ne voulaient rien dire et les exclus n’en savaient rien.
On sait juste que Bruges s’impose à Westerloo, mais ce n’est que du football !
Didier Gossuin posait à midi une autre question « Qu’est-ce que De Wever veut ? ». Ainsi, dix millions de Belges sont suspendus aux lèvres du gros. Oui, qu’est-ce qu’il veut, répondent en écho dix millions d’interloqués ! Un peu plus tôt, avant Vrebos, un consultant de RTL voyait en Bart un profil rassemblant des éléments infarctogènes.
Thrombose d’une artère, variété d’infarctus dit « rudimentaire », va savoir ?
En cause, les baraques de frites !
Si le roi appelle De Wever et lui adjoint Di Rupo, c’est-à-dire inverse les rôles, nous aurons eu avec Leterme une débilité mentale dite de Chaslin, dans le langage courant « sottise » et un successeur avec une obésité androïde en attendant mieux, sans compter Di Rupo en plein syndrome narcissique, dite « d’humilité », par inversion .
Si l’éventualité d’une nomination survenait dans ces circonstances thérapeutiques, on n’aurait plus qu’à déplacer la rue de la Loi à l’Hôpital Saint-Pierre.
On s’inquiétait beaucoup aussi, ce midi, des modifications que le chambardement apporterait au niveau des allocations familiales, des pensions, des impôts, bref de tout.
Magnette, qui n’est quand même pas n’importe qui, puisqu’il va et vient autour des tables de négociation, comme un croupier au baccarat, s’est voulu rassurant, son patron est un fin négociateur, prudent, habile, bref la perle. Il n’a pas dit « rien ne va plus », mais : « les jeux sont faits », tout est sous contrôle !
Comment peut-on entendre un pareil discours de sang-froid ?
Plus les Régions géreront de nouvelles compétences, plus elles seront autonomes, enfin, plus il y aura de différences entre les citoyens.
Quand ce sera « bouclé » et que les nouvelles compétences seront irréversibles, quel est le grand négociateur qui pourra refaire le chemin à l’envers afin de retrouver l’égalité perdue entre les citoyens de ce pays ?
Réponse : personne !
C’est aussi bête que ça.
Et le rideau de la journée tombe sur l’acte V du roi Lear.
Dans le rôle du roi, Albert II, figure patriarcale que l'opinion erronée sur ses filles conduit à sa perte et à la leur.
Goneril, fille aînée du roi Lear, personnage perfide, épouse du duc d'Albany, Bart De Wever.
Régane, deuxième fille du roi Lear, également perfide, épouse du duc de Cornouailles. Wouter Beke, président du CD&V.
Cordélia, plus jeune fille de Lear, sincère, intransigeante, préférée de son père, Elio Di Rupo, préformateur maintenu.
A l’affiche pour demain, la Walkyrie…
Les gens du jeune théâtre commencent à la trouver mauvaise…

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29 août 2010

Quand Pierre-Yves passe à côté…

Demotte : « La réforme ne me fait pas peur », titrait Pierre-Yves Thienpont du Soir. Moi, c’est Demotte qui me fait peur. Ce licencié en science politique a été élevé dans le sérail socialiste pour diriger les hommes. Et c’est en cela qu’il me fait peur, tant son langage est policé, ses mots et ses manières étudiés et finalement, de sa belle voix de speaker de radio, Rudy Demotte peut dire exactement le contraire de ce qu’il pense, en toute bonne foi et pour « faire avancer la cause ».
Oui, mais voilà, quelle cause aujourd’hui que le PS n’a plus de culture de classe ?
Je ne veux pas dire que c’est toujours en fonction de ses intérêts et de la propagande du parti qu’il met en ligne ses réflexions, mais c’est avec l’arrière pensée de faire coïncider l’intérêt public avec sa démarche en toute circonstance, même quand les deux sont inconciliables. Et c’est en cela qu’il est dangereux.
A vrai dire, le ministre président parle d’une réforme qui ne lui fait pas peur ; mais dans la demande flamande « acceptable » et l’arrière pensée qui la sous-tend, à savoir la séparation en deux Etats de l’Etat belge à plus ou moins longue échéance, où se situe Rudy Demotte ? On l'ignore..
Croit-il vraiment que la tendance séparatiste s’arrêtera d’elle-même ? On aurait plutôt tendance à croire que Demotte restera fédéraliste tant que les Wallons le resteront, en attendant il fait semblant de ne pas suivre l’enterrement différé de la Belgique.
Son patron a vaguement parlé un jour du plan « B ». C’était évidemment une imposture. Comme à son habitude, Di Rupo prenait les Francophones et l’opposition flamande pour plus bêtes qu’ils ne sont.
C’est même un des travers des plus répandus de l’intelligentsia dirigeante socialiste, de considérer en-dehors des avocats et des licenciés de toute sorte qui composent désormais exclusivement l’appareil, que le reste de la population est incapable de comprendre intellectuellement une « fine » politique.
Rudy Demotte envisage-t-il vraiment l’éventualité d’un divorce avec les Flamands ? Et dans l’éventualité d’un pareil dénouement, quels sont les mesures que Rudy Demotte pourrait rapidement mettre en œuvre avec l’accord des autres partis francophones ?
Car, prévoir, c’est son rôle de chef de l’exécutif.
Mais voilà, ce n’est pas en pleine négociation qu’il va tirer dans le dos du chef. Tout le monde pourrait l’admettre ; s’il n’avait échappé à personne qu’en parlant du plan « B » et Onkelinx avec lui, Di Rupo ne permettait-il pas implicitement une initiative de Demotte à un moment où elle était possible ?
Celui-ci ne l’aurait-il pas compris ? Ou alors, Demotte fait-il partie du complot ourdi hors de l’espace public, dans la Loge de Di Rupo, par exemple ?

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Tout cela n’est pas bon.
La politique des secrets est une politique qui a tendance à favoriser le mensonge et les menteurs.
Autre reproche, il faut tirer au clair les affirmations répétées des Flamands qui se disent fatigués de nous reverser une partie des fruits de leur travail pour combler nos déficits sociaux.
Les chiffres avancés par les Flamands sont-ils exacts ?
Sommes-nous des assistés ?
Dire le contraire ne suffit pas.
Avancer masqué non plus. Si les Flamands ont raison, nos représentants parmi les 7 négociateurs sont défavorisés, car c’est un handicap de négocier dans les conditions d’un subsidié à son bailleur de fonds.
Si Demotte était si certain de ce qu’il avance, il nous aurait fichu à la tête des chiffres plutôt que de vagues assertions.
Une fois de plus Pierre-Yves Thienpont est passé à côté d’un bon papier !

28 août 2010

Du donnant, donnant ?

A y regarder de près, dans la légende du gros pognon ouvert sur des œuvres caritatives, Bill Gates et Warren Buffet, ne sont pas si « attendrissants » de générosité qu’ils veulent bien le paraître.
Les dons importants sont bien plus détaxés aux Etats-Unis qu’en Europe, et particulièrement en Belgique où la Région wallonne toujours avide de liquidité sabre dans tout ce qui peut lui rapporter.
En choisissant de créer une fondation, non seulement le milliardaire ne laisse plus grand-chose à l’Etat, mais encore, il peut jouer le rôle principal dans sa Fondation et doter n’importe quelle association, ainsi que toute personne qu’il juge méritante.
Jadis, on laissait son nom sur une toile d’un peintre fameux à l’occasion de la réfection d’une église ou d’un couvent, ainsi la toile perpétuait le souvenir du donateur, tel a été le sort de « La Vierge du chancelier Rolin » tableau peint par le peintre Jan Van Eyck pour Nicolas Rolin, chancelier du duc de Bourgogne. Aujourd’hui la Fondation Rockfeller pour « promouvoir le bien-être de l'humanité dans le monde » a ses bureaux à New-York et perpétue dans le marbre de l’entrée le souvenir du mécène.
Du coup, tous les milliardaires s’en trouvent gratifiés. Les arts, les sciences et les pauvres composent des hymnes et chantent les louanges de ces généreux donateurs.
Le milliardaire aime ça : la tête du client. Il ne lui échappe pas qu’il peut poursuivre d’une certaine manière une influence qu’il aurait due abandonner à l’Etat.
Il préférera de loin verser son obole à une association de droite et arroser des activités « méritantes » et même philanthropiques, en tous cas fidèles à l’orthodoxie capitaliste.
Payer ses impôts en usant de sa capacité de citoyen afin de vérifier à quoi ils servent, est une autre manière, plus anonyme d’aider les autres. Mais – justement – elle est anonyme et donc ne produit pas des effets que l’on peut appeler de propagande. Le milliardaire pourrait, de son côté, contribuer à la revalorisation des salaires en payant mieux ses gens de maison, en aidant son entourage dans certaines situations difficiles, comme pendant la crise. Ce qui serait logique puisqu’ils en sont en partie responsables et que leur fortune s’est accrue au détriment des autres.

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C’est bien connu, le plus râleur des hommes, qui menace pour un oui ou un non d’aller vivre ailleurs et qui place son argent dans des paradis fiscaux, c’est bien le milliardaire. Et quand on voit Johnny Halliday courir en Suisse pour ne pas payer ses impôts en France et que malgré tout on est au petit soin avec lui au gouvernement Fillon, il faut être vertueux pour résister à tous les avantages offerts, sans aucun inconvénient.
Evidemment, en Belgique, avec les gouvernements multipliés par 5, les affaires du genre de celles qui ébranlèrent le PS de Charleroi, l’administration mexicaine de Namur, le citoyen honnête est au minimum pris pour une cruche, et quand on est milliardaire et que l’on a les moyens de passer à côté de la tonte générale, il est vexant d’être pris pour une cruche. (1)
Enfin, un hyper riche qui se dépouillerait même de 95 % de sa fortune, ne l’empêcherait pas d’avoir une villa à Malibu et de mouiller son voilier Wally au large de Cannes, le temps du festival.
Le grand public s’esbaudit des actes « généreux ». Il ne voit pas toute la différence entre la charité et la solidarité.
Dans un Etat démocratique qui se veut exemplaire, la solidarité est essentielle. C’est ce que l’on peut attendre de mieux des humains : l’entraide. La charité est autre chose. C’est une notion altruiste attachée à la foi ou à un système économique, donc ségrégationniste en ce sens qu’elle permet de « choisir ses pauvres ».
Alors, Gates et Buffet, des hommes admirables ?
Pas tout à fait... mais quand même, des hyper riches moins bornés que certains…
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1. L’exemple du circuit de Francorchamps, tonneau des Danaïdes, qui coûte chaque année quelques dizaines d’euros à chaque contribuable wallon, si je pouvais éviter d’y mettre un cent, en versant une certaine somme à autre chose de plus utile, je le ferais bien volontiers, n’en déplaisent aux frères Happart, les inconditionnels du circuit.

27 août 2010

Ils me les cassent…

En y réfléchissant seulement quelques minutes, qu’ils sont stupides tous ces hommes publics qui chipotent sur les mots, proposent des solutions, en envisagent d’autres ! Et chaque fois comme si c’était nous qui soufflerions les offres, les replis, les nouvelles stratégies…
Qu’en savent-ils, si nous sommes d’accord ? Comment le serions-nous, nous ne sommes même pas au courant des trafics, braderie, échanges sur les lieux de réunion, alors qu’ils ne sont jamais à la même place, comme s’ils avaient peur que quelqu’un leur fasse la peau.
Certes, ils ont été élus. L’ont-ils été sur l’expresse décision d’accomplir toutes les voltiges qu’on les voit accomplir de très loin sur les programmes qu’ils ressortent de leur fonds de commerce auxquels ils ajoutent des variantes, au fur et à mesure de la tournure que prennent les discussions ? Où ont-ils été demandé des autorisations, à qui, et pour faire quoi ?
Hier le frère Van Rompuy, champion du gordel, la manière dont il faisait la moue, parlait d’échec, comme si tout dépendait du pouce levé ou baissé. Ah ! l’entartreur où es-tu ?
Et le peuple a bon dos. Ils croient interpréter la politique qu’ils font, parce que c’est celle que nous aurions faite, si nous avions été à leur place : mais, ils n’en savent rien !
Que connaissent les électeurs de ce à quoi ils veulent aboutir ? Est-il vrai que les uns veulent et que les autres ne veulent pas et ainsi de suite ? Il y aurait une majorité de Flamands qui aspirent à quelque chose et une majorité de Wallons qui sont à l’opposé de ce que les Flamands souhaitent. Où est la multitude ? Je ne vois qu’une poignée d’hommes, quelques femmes, qui vont et viennent…
Comment cela se peut-il dans un seul pays des natures aussi opposées ?
Permettez-moi d’en douter !
Et au lieu de servir l’intérêt des citoyens dans les petites tâches de la vie ordinaire, les voilà à spéculer sur le devenir de l’Etat en feignant de croire qu’il est de la première nécessité de le voir autrement !
Certes, il ne va pas bien l’Etat, mais pour d’autres raisons que les leurs.
Le comble, c’est que cet « autrement » ressemble dans sa forme générale aux intérêts desservis auparavant par le régime précédent. Il n’est pas question ici du droit du sol, du soi-disant grignotage du flamand par le français, du carcan de Bruxelles, il est question de la plus importante escroquerie du XXIme siècle, celle qui régit nos vies bien plus que les conneries dont parlent Di Rupo et De Wever.
Le système capitaliste est toujours bien là, ces messieurs tremblent de plaisir quand le CAC 40 a belle allure et suent d’angoisse quand la croissance est égale à zéro !
Toute la fine fleur est au consensus, à l’accord général, à l’entente cordiale. Elio ne s’est jamais si bien entendu avec Barthélemy. Puis on revient se faire la gueule sur BHV, logique, il faut que le peuple en bave et qu’il ferme sa gueule.
Le citoyen bas de gamme vivra-t-il mieux quand l’organigramme un peu trop centralisateur va s’ouvrir vers les appétits régionaux ?
Serons-nous plus fiers devant nos responsables, lorsqu’ils s’inventeront de nouvelles tâches, et se décoreront pour services rendus d’une autre manière ?
Le grand cordon wallon vaudra-t-il la croix du mérite de la Flandre éternelle ? Débats…
Si les fols actuellement en train de nous gâcher les week-ends et aussi de se pourrir les leurs, avaient l’intention secrète de hisser le drapeau noir sur le palais de la place Royale et de décréter qu’ils en ont marre du système économique qui désavantage la multitude et que c’en est assez du diktat du monde de l’économie, alors oui, on pourrait parler d’un bouleversement considérable ; ce serait trop beau que l’on se souciât des gens de cette manière-là.
Hélas ! Flamands, Wallons, tous bien ignobles, gugusses survitaminés au clairon de leurs généraux, sabres au clair pour un hectare de prairie ci, une ville et ses faubourgs là ! Qu’est-ce qu’on en a à foutre quand c’est le jour du loyer, quand le patron délocalise à Hong-Kong ou qu’on a une gueule qui ne revient pas au placeur du FOREM ?
La patrie, Messieurs, c’est d’abord l’humanité, toute l’humanité.
Elle ne va pas bien aujourd’hui. Les Roms valent moins que les chats que l’on nourrit au bas de son immeuble. Des gens qui souffrent en Afrique et en Asie, se jetteraient sur un pain si nous leur en offrions la possibilité.
Ce sont les inondés du Pakistan qui se demandent ce qui leur arrive, alors que l’argent d’un seul jour de guerre en Afghanistan sauverait des dizaines de milliers d’enfants.
Alors, parler flamand ou bachibouzouk… On ne peut pas décréter quelle langue parlent les gens. C’est tout à fait fou que l’on puisse abandonner sa langue maternelle d’un trottoir à l’autre, selon que l’on est en Absurdie ou citoyen d’Hystérie.

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Je sais bien que tout ce que j’écris, c’est de l’emplâtre sur une jambe de bois ; mais quand même, chacun fait ce qu’il peut pour croire à un acte moins con. Lacan a raison lorsqu’il dit que quelqu’un qui parle pour un autre, c’est toujours un imposteur. Alors, ne parlant que pour moi-même, je me permets de voir la situation dans laquelle nous ont mis les imposteurs qui parlent pour moi.
Ce n’est pas triste !
Comment leur dire d’arrêter de me citer à tout propos ? De leur dire lorsque vous parlez de citoyen, de patriote, de primauté de ci, de grandeur de ça… foutez-moi la paix et excluez-moi de votre ménagerie ?

26 août 2010

Si on en restait là ?

Il y a quand même un point qu’il faudrait éclaircir à propos du « combat » que se livrent actuellement les deux parties dans les négociations du préformateur : qui détermine les limites de ce qui est possible et de ce qui ne l’est pas ?
Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que le public en a plein le dos des pourparlers qui s’éternisent, un public laissé à l’écart de tout, qui ne comprend plus rien et qui s’impatiente !... Un public dont on se dit à l’écoute, mais dont on se fiche éperdument.
S’il est si difficile que cela de trouver un successeur à Leterme, pourquoi ne pas en tirer la conclusion que les élections du 13 juin n’ont pas permis d’y voir plus clair et que, dès lors, elles n’ont servi rien ?
Et si de nouvelles élections donnaient le même résultat, ne conviendrait-il pas de tirer un trait sur un pays qui du point de vue des Institutions est en crise depuis près de cinquante ans !
En effet, la procédure en divorce a débuté il y a très exactement 48 ans (1).
Ce n’est pas pour autant que l’on se séparerait tout de suite. On pourrait encore traîner dans le bâtiment, chacun dans une aile, sans se faire la gueule, juste pour « ramasser » ses affaires.
On serait tout simplement dans un cas de figure inédit, exiger un arbitrage extérieur, par exemple l’Europe, afin de déterminer ce qui appartient aux Communautés et à Bruxelles, puis on verrait bien après.
Qui ne serait pas fatigué à la longue de ce qui se passe entre les partis, sensés se mettre d’accord pour gouverner une législature, alors qu’elle est déjà largement entamée par les professionnels précédents dont on ne veut plus ; mais, qu’on paie à tarif plein pour un service allégé !
Où est la fierté que les Wallons auraient dû transmettre aux maquignons qui nous représentent, à propos des sempiternelles récriminations des Flamands à cause de l’argent qu’ils nous versent chaque année en compensation de notre parcours à la traîne par rapport au leur, plus vif, plus déterminé, en un mot plus « mains dans le cambouis » que nous ?
Qu’est-ce qu’on se fiche des protestations de Rudy Demotte qui jure qu’il n’en est rien, sans mettre l’actif et le passif de la Wallonie sur la table et sans qu’on sache si ce que les Flamands colportent est vrai ! Qu’est-ce qu’il attend pour nous dire qu’ils ont tort, celui-là ?

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Parce que si Bart De Wever a raison, mon honneur m’interdit de vivre de la mendicité et je préfère cent fois une « misère » digne, à une « aisance » usurpée.
Même si, comme on l’a entendu cent fois, c’est l’industrie wallonne qui, pendant cent ans, a aidé la Flandre à sortir de son passé agricole et marin misérable.
N’est-il pas plus honorable de casser une association sur une note d’ingratitude à notre égard, qu’être chassés d’une Belgique moribonde pour faits de mendicité !
Le cours des négociations me fait croire qu’en effet les Flamands ont barre sur nous côté gros sous. Autrement, il n’est pas possible d’arriver à une table de négociation comme nous l’avons fait avec aucune demande propre à notre Région, sinon des mesures compensatoires pour ce que nous concéderions unilatéralement.
Un négociateur rompu aux marchandages comme l’est Elio Di Rupo doit savoir qu’on ne s’engage pas dans un tel pourparler sans munition. S’il n’en a pas. C’est son seul orgueil qui l’a poussé à se faire valoir ou pire, un royalisme imbécile qui le met en porte-à-faux avec les Wallons pour une seule raison inavouable, le sauvetage de la dynastie par une capitulation honteuse devant la Flandre.
Mauvais calcul, s’il en est, ce serait seulement gagner quelques années tout au plus sur l’inexorable.
Peut-être que les négociations aboutiront à la formation d’un gouvernement et que Bart De Wever se sera dégonflé ?
Cela n’empêche qu’il se lèvera demain en Flandre quelqu’un de plus coriace pour revendiquer davantage. C’est ainsi depuis Théo Lefèvre…
Ce qui est sidérant, c’est la somme de consultations d’experts, de constitutionnalistes, d’avocats, de prévisionnistes, de politologues qu’il faudra – dès à présent - pour réaliser les transformations qui sont déjà souscrites par Di Rupo et De Wever. Des heures les plus farfelues aux plus noires sont encore devant nous. Les imprévus, les impondérables promettent de faire les belles manchettes des journaux ; tandis que les appels aux meurtres des lésés vont pleuvoir !
Alors… alors… si on en restait là ?

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1. Une loi du 8 novembre 1962 fixe la frontière linguistique et homogénéise le régime linguistique des provinces par quelques transferts de communes, dont celui des Fourons, désormais intégrées au Limbourg. Historiquement, c’est le socialiste liégeois Paul Gruselin qui avait cru bon troquer ces villages mosans contre Comines. Comme on le voit, la connerie au PS à Liège ne date pas d’hier !

25 août 2010

Inter faeces et urinas (1)

L’excellent hebdomadaire Marianne, dans son numéro 696, publie un article sur les hyper riches. Je le citerais bien in extenso, tant il sonne juste sur cette nouvelle boursouflure du capitalisme.
Des passages drôles d’un film que tout le monde a vu, « La folie des grandeurs » doivent beaucoup au dialogue. Outré à l’époque, afin que De Funès fasse son numéro, Joseph Macé-Scaron, le journaliste de l’article, nous le restitue « …quand la réalité sociale finit par épouser sa propre caricature », et nous n’avons plus envie de rire.
Rappelez-vous « Les riches c’est fait pour être très riches et les pauvres très pauvres » dit Don Sallustre à son valet, interprété par Yves Montand.
Que cela sonne juste aujourd’hui au point qu’Aymeric Mantoux le signale dans son enquête sur les riches !
Et le reste du dialogue est à l’avenant « Ne vous excusez pas, ce sont les pauvres qui s’excusent, quand on est riche on est désagréable »; et cet autre trait « Mais, qu’est-ce que je vais devenir ? Je suis ministre, je ne sais rien faire... ». Beau sujet d’actualité chez les élus de nos démocraties regorgeant de tout, d’argent, de facondes, de facilités, et qui, s’ils devaient retourner à leur administration ou enseigner la chimie - comme Di Rupo sans son engagement politique - à des « bourriques de seize ans », auraient la mine allongée, trouvant le métier peu intéressant et surtout mal rémunéré.
Encore faut-il distinguer l’aimable aisance des milieux de la politique - cette nouvelle bourgeoisie montante reléguant la vieille un étage en-dessous - avec les hyper riches qui comme madame Bettencourt ne connaissent pas leur fortune exacte. Beaumarchais, dans « le mariage de Figaro » fait dire au barbier un des plus longs monologues du théâtre français, dont cet extrait est tiré « Parce que vous êtes un grand Seigneur, vous vous croyez un grand génie !... Noblesse, fortune, un rang, des places : tout cela rend si fier ! Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus... ».
Il est vrai que la plupart des grandes fortunes actuelles ont été héritées. Le seul génie des successeurs a été dans la réception des biens familiaux, en ne reversant que très peu à l’Etat au titre de la succession. Quand on sait l’implacable voracité de celui-ci dans le cas des petites successions, on se prend à rêver…

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Comment font les hyper riches pour ne presque rien payer ?
N’importe quel expert fiscal vous le dira très bien, le Ministère des Finances encore mieux qui n’a garde d’interrompre le flux à ce haut niveau et qui se rattrape sur le reste de la population.
Les inégalités ne cessent de se multiplier dans le monde capitaliste. Après la peur de la grande crise de 2008, ce sont les Etats qui d’un même élan, ont rendu du souffle aux banques et permis aux hyper riches de repartir de plus belle, sous le prétexte de sauver l’emploi du guichetier qui finira par le perdre quand même au nom de la rationalisation par la « self bank ».
J’entends bien le raisonnement que pour faire prospérer l’artisanat de luxe, il faille des acheteurs fortunés, encore que l’on puisse employer les bons ouvriers de cette industrie à des tâches plus utiles, mais les hyper riches sont au-dessus du lot des acheteurs fortunés. Ils deviennent par l’accumulation de patrimoine des sujets d’étonnement parfaitement inutiles et même potentiellement dangereux par leur pouvoir et leur parcours, la possibilité qu’ils ont d’accomplir leurs lubies et d’exécuter leurs fantasmes, au même titre qu’un dictateur d’une république sous contrôle de la CIA.
Ne prenons pas Léon Bloy comme exemple qui se réclamait de la sainte mendicité pour s’arroger le droit de critiquer les riches. Posons-nous la question « quelle est l’utilité des hyper riches ? ». Si vous avez une réponse ?
Comme a écrit Jean Anouilh dans le film « Monsieur Vincent " la réplique d’une dame de qualité à monsieur de Paul : « Le pauvre…c'est comme avec mon petit chien. S'il veut du sucre, il donne la patte ! ». C’est toute la différence avec l’hyper riche, s’il veut du sucre, il le prend. Il le prend même de la bouche d’un pauvre – ce qu’il fait à longueur d’année au figuré – sans que le monde officiel qui nous représente y trouve à redire.
Et c’est ça qui est véritablement scandaleux.
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1. « entre l’excrément et l’urine ».

24 août 2010

Un clash dès la rentrée ?

Les misères de la Belgique éclatée viennent d’Anvers, berceau de l’extrême droite flamande avec le Belang, hier, et NV-A, aujourd’hui. Le « cordon sanitaire » avait bien fonctionné avec le premier, c’est Leterme qui a mis le pied à l’étrier du second.
C’est d’autant curieux cette volonté d’indépendance, qu’Anvers doit son essor à son port international. L’avenir du port dépend de l’arrière pays, dont Liège et le canal Albert. Tout au moins, c’est ce qu’on nous a appris à l’école.
La situation est idéale pour les séparatistes flamands. Elle ne l’est pas pour les séparatistes wallons qui n’imaginent pas - 65 ans après la guerre - voir renaître une forme de fascisme, car De Wever ne veut pas une Flandre sociale et fraternelle, mais une Flandre sectaire, avec l’exaltation du sol et hystérique de haine contre la langue française.
Malgré ce constat, deux hommes croient en leur destin, Elio Di Rupo et Bart De Wever. Ils veulent tous les deux faire de l’autre sa dupe. L’un en poursuivant une Belgique traditionnelle avec quelques aménagements, l’autre, une Belgique qui n’en a plus pour longtemps et dont le seul intérêt est de faire l’inventaire avant liquidation.
La faute majeure est là. Elle est collective. C’est qu’au Nord et au Sud, on a cru aussi, qu’on pouvait duper l’autre Région.
D’abord le péché d’orgueil de se croire un destin national de la part du président du parti socialiste. Au départ, le préformateur disposait pourtant du programme de la NV-A et d’avoir cru que ce parti pouvait négocier son programme séparatiste contre une participation gouvernementale fédéraliste relevait d’une erreur politique.
Leterme en a fait l’expérience, même s’il a pu jouer un dernier tour à la présidente du CD&V, Marianne Thyssen, qui dut démissionner.
La foi en sa supériorité manœuvrière aura perdu Di Rupo. Quel est le parti francophone qui pourrait être d’accord d’entrer dans un gouvernement sur le programme de la NV-A ?...

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A moins de la trouille monstrueuse d’être largué par les Flamands, personne ne peut admettre la régionalisation de la mer du Nord, les prélèvements d’impôts différents d’une région à l’autre, une cogestion de Bruxelles des deux communautés seules.
Et Di Rupo l’a imaginé ! Il a tout au long du mois de négociation lâché du lest tant qu’il a pu, si bien qu’on peut se demander si l’homme de Mons était bien négociateur, ou plutôt le Colbert de sa majesté exigeante : Bart De Wever.
Pourquoi cette trouille monstrueuse ? Rudy Demotte à la présidence de la Région wallonne nous aurait-il menti sur « le redressement » de la Wallonie, et en fait serions-nous à la remorque de l’économie flamande plus qu’il conviendrait ?... dans la dèche à ce point que sans l’apport financier de la Flandre nous serions presque en état de faillite ?
Si ce n’est pas le cas – et là on demande à voir - cette trouille serait irréfléchie, hystérique même, comparable à la manière crispée dont madame Houard « aime » la Belgique.
Des signes de la mauvaise santé de notre économie apparaissent dans le traitement des impositions camouflées, comme la perception de la taxe sur la télévision et les augmentations hors secteurs du prix de l’énergie, à seule fin de renflouer les caisses.
Tout le monde craint les élections qui feraient le lit de parade de la NV-A.
Qu’en sait-on ? Et quand bien même si la majorité de Flamands voulait cette séparation, au nom de quoi la leur refuserions-nous ?
Les Bruxellois pourraient très bien par un autre coup de force s’établir en Ville libre et se débarrasser de la minorité flamande qui y fait la pluie et le beau temps.
Cela ne se ferait pas en douceur, sauf que l’Europe ne tolérerait pas que des hurluberlus envahissent ses institutions. Je ne mets pas deux jours d’émeutes par des groupes flamingants pour qu’au troisième des parachutistes français et allemands viennent y mettre le holà.
Bart De Wever s’est lui aussi laissé emporter par la croyance en son destin s’inscrivant dans la Flandre éternelle.
Ce serait même très intéressant et très éclairant que l’on procédât à de nouvelles élections. On verrait si Bart de Wever n’est qu’un petit roi du jour, ou si son destin est autre.
Par rapport à Di Rupo, il a fallu du cran à cet agrégé d’histoire pour s’être servi du CD&V afin d’arriver à se faire connaître, et encore plus pour dire rondement son programme et de promener tout le monde au cours des négociations.
Reste que le rêve de Di Rupo est à deux doigts d’être par terre. A moins d’un miracle, il ne sera pas premier ministre, encore qu’à l’heure où j’écris ces lignes, les entretiens se poursuivent et les négociateurs doivent encore se revoir au long de cette semaine.
S’il y a échec, l’habileté sera de le faire peser sur l’autre.
On voit bien un Di Rupo disqualifié et un De Wever triomphant en Flandre et apparaître celui qui se bat pour une Flandre libre, quitte à ce que la population le regrette plus tard, tant les majorités sont versatiles.
La rentrée se découvre plus passionnante que prévue.

23 août 2010

2O10, comme après 29 ?

Rien ne va plus en Amérique avec Obama, la perle qui allait mettre en harmonie capitalisme et morale ! Comme si cela était possible…
Evidemment, les Républicains tirent à vue sur l’artiste et exagèrent ses lacunes et ses erreurs, mais tout de même, le bilan aurait dû être à la mesure de tout ce qui a été promis, à comparer avec un autre président champion des promesses non tenues, Nicolas Sarkozy.
Victimes tous les deux des circonstances ?
Facile à dire.
Commencée déjà sous le premier des Bush, l’invasion pacifique des « Latinos » se poursuit du bon côté du Rio Grande, ce dont tente de profiter le républicain John McCain pour sa réélection de sénateur en Arizona. C’est à un point que si vous ne connaissez pas l’espagnol du Rio Grande à Los Angeles, vous n’irez nulle part. Ça rappelle un peu BHV. On ne peut pas lutter contre une langue que des populations transmettent à leurs descendants.
Les guerres s’éternisent auxquelles Obama promettait de mettre fin rapidement. Celle d’Afghanistan tourne au désastre. Celle d’Irak, on tremble au Pentagone à la pensée de laisser le pays livré à lui-même fin 2011, puisque les G.I. doivent plier bagage dans ces délais.
Les Républicains ont oublié que leur président a mis le feu aux poudres. Ils exultent de voir Obama se débrouiller aussi mal.
L’économie américaine avec 2,4 % de croissance – ce qui réjouirait la plupart des Etats européens – est considérée comme anémiée par les taxes dont le pouvoir l’accable depuis la crise de 2008.
Malgré l’injection de plusieurs milliards de dollars pour faire repartir le moteur, cette économie jadis si dynamique a perdu dans la récession plus de huit millions d’emplois.
Nos patrons de la FEB croient toujours que nous manquons d’informations critiques de sorte qu’ils poursuivent leur propagande des « bienfaits » de travailler « là-bas, aux USA », en nous racontant des sornettes sur l’état d’esprit du travailleur américain « plus enthousiaste que jamais de la liberté d’entreprendre », à seule fin que nous abandonnions notre système social pour adopter le leur ; la réalité aux States les contredit complètement. La légende de la mobilité des salariés américains s’est dégonflée. Criblé de dettes, les ménages moyens qui sont heureux d’avoir deux salaires pour assurer les fins de mois, ne peuvent plus courir aux quatre coins des Etats pour se placer, ce qui était facile quand il n’y avait qu’un salaire qui suffisait largement. Beaucoup de ces familles ont renoncé à trouver un job. Il y a une philosophie nouvelle du chômeur. Il ne trouve plus « déshonorant » de vivre de la charité des autres.

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Grâce à la Toile, on peut lire en Europe les quotidiens de la presse américaine comme le New-York Times, comme s’il était vendu au bas d’un immeuble du Bronx. Le chômage de longue durée s’est installé durablement et les discussions âpres actuelles entre les tenants du capitalisme dur et pur et les autres tournent autour de la montée de la pauvreté et sur la durée de la période d’indemnisation.
Obama est accusé de vouloir « étouffer » la volonté d’entreprendre des entreprises en les taxant dangereusement pour donner aux populations sans travail un peu de bois de rallonge.
Les lois sur la santé et leur coût ne passent pas toujours la barrière d’une certaine opinion. C’est toute l’Amérique du pognon qui grogne, l’Amérique bêtement égoïste qui tempête, ce qui, du coup, rend à nouveau Obama sympathique, redore son blason et tempère ses échecs.
Le couplet des « preneurs de risques » sur l’indispensable punition des « losers » passe mal – c’est un fait nouveau – dans l’opinion de la rue, jadis encore plus conservatrice que Wall Street.
Ce sont évidemment les cumulards, les gavés de la crise qui ont converti au bon moment leurs produits toxiques avec les montages à la limite du vol organisé, qui crient le plus au feu.
Mieux, les responsables du krach qui s’en sont tirés à merveille sont aujourd’hui en première ligne du parti républicain pour « la revanche ».
Et c’est là le pire dans les enseignements que la crise de 2008 nous laisse. La droite américaine est aussi dénuée de scrupule qu’avant. Le tout sera de savoir si la population est prête à la suivre.
A en juger par ce qui se passe en Europe, à peu près dans les mêmes conditions, cela est fort possible. D’autant que pour étendre la comparaison aux partis politiques, la gauche socialiste en Europe n’existe plus dans ce qu’elle représentait et elle est devenue comme le parti démocrate aux USA, une autre variante d’une politique au service de l’immoralité capitaliste.

21 août 2010

Une rentrée éditoriale chaude.

Dans le cadre de la rentrée littéraire, nous avons interrogé quelques éditeurs sur les écrivains qu’ils proposent au Goncourt belge, le prix « De Chose » de la « Dernière Heure ».
- Gustave Dérangez, vous avez choisi le poète et romancier montois Pierre Sottebise, PS pour les intimes, aux éditions « Prière de ne pas déranger », avec son dernier opus « Une nuit chez Ma Tante, en toute humilité », pourquoi ?
-Voilà longtemps que PS attend son heure chez nous, en accumulant les invendus. Inutile de dire que c’est le moment de nous rembourser des efforts que nous avons consentis en le gardant dans notre écurie. Son œuvre est bien charpentée, argumentée. Son héros part à la conquête du pouvoir, poussé par les forces vives, devant le danger que représente Barthélemy Legros, venu d’une autre planète.
-C’est de la science fiction ?
-Non. Il fait de l’humour sur des recettes de cuisine. Par exemple, son chapitre « Blanche Neige et les sept sauces », c’est ce qu’il a fait de mieux depuis vingt-cinq ans.
-Et Pol Mariette le personnage clé de « Une nuit chez Ma tante, en toute humilité » correspond-il à un héros d’aujourd’hui ?
-C’est un jeune Sénégalais, très actuel, très beau, blanc évidemment, avec une barbe de trois jours, devenu ministre par le fait du prince. Le passage lorsqu’il va acheter une paire de lunette alors qu’il a une très bonne vue, pour que dans son squat on comprenne qu’il a fait des études, c’est drôle. Vraiment PS s’est surpassé.
-Rappelez-nous le titre de Pierre Sottebise ?
-« Une nuit chez Ma Tante, en toute humilité »…

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- Chez Didier Emmère, sa maison d’édition « l’espoir bleu » est à vendre. Mais nous avons pu joindre son directeur artistique Loulou-Jo Dogne qui a bien voulu nous parler de son poulain, Gégé Duprez, pour son livre « Milquette et sa mère ».
-C’est plein de sensualité et de tendresse. L’écrivain l’a dit lors de sa séance de signature à la librairie « MCC », c’est entièrement autobiographique, sauf pour les scènes de hard où l’écrivain a été conseillé par une secrétaire de « l’espoir bleu » qui souhaite se reconvertir dans le porno, quand on trouvera un repreneur. L’histoire est simple. C’est une capricieuse, qui veut, puis qui ne veut plus, d’où les souffrances de Gégé.
-Et la mère ?
-C’est une perverse qui a pour Gégé une tocade qui va la conduire aux pires excès. Cela finira dans une partouze sous les fenêtres même d’un évêché imaginaire, commanditée par un prêtre pédophile.
-Vous espérez le Goncourt ?
-Peut-être pas, mais le prix « Brigitte Lahaie » de RTL, nous avons des chances.
-Entre nous, ce sont des personnages à clé. A-t-on identifié qui Gégé Duprez cache sous le pseudonyme de Milquette ?
-Les suppositions, les médisances vont bon train. Gégé ne nous en dira pas plus. Notre responsable de l’édition périphérique, monsieur Oliver Mingeint, croit savoir qu’il s’agit de Jocelyn Innfinez, une chanteuse de fado portugaise que Deprez a connue avant Irène de Sartre, vous voyez que nous n’en sommes pas plus avancés.
….
-Chez « Vert Pâturage » nous avons rencontré Jean-Mi Ramponneaux, le sympathique gardien du temple qui nous a parlé du livre de notre consœur Isa-Marguerite Duras-Durand, « Zonard d’ozone ».
-Une œuvre toute en finesse, politique et champêtre. Isa montre que l’on peut faire de la politique et laver son linge bio, recycler des préservatifs, et gagner les élections. « Zonard d’ozone » est l’histoire d’une petite provinciale qui s’élève à la force du poignet dans la masturbation pour devenir ministre par relations. C’est une œuvre de fiction pure, mais qui dépeint très bien l’atmosphère des grands soirs quand le pouvoir se partage les compétences et les portefeuilles, tandis que la petite Isa du livre cache un couteau dans son porte-jarretelles, tant elle craint pour sa vie. C’est très beau, très Houellebecq, très actuel. Nous espérons le saladier d’or du « Soir mag » ! Il y a notamment une scène entre elle et une intrigante qu’elle appelle une lorette… une belle garce… qu’elle promène de la collégiale d’Amay à la place Colignon à Schaerbeek…
-Je vois la scène on dirait du Shakespeare…
-Oui, avec crêpage de chignons, injure, tout ça pour la propriété d’un bureau…
-On connaît les lieux, n’est-ce pas ?
-Sans aucun doute. C’est très léché, très tendance, un livre de vacances pour cadre moyen…
….
-C’était Ernest Dufour et O. Moulin pour l’émission littéraire « Braguette ouverte » de la RTBF. Bientôt, l’île de la tentation, téléfilm tourné dans les environs d’Anvers, avec un habitué de la BRT en première semaine …

20 août 2010

Un égoïste inquiet.

On peut se réveiller avec de drôles d’idées. Ainsi, cette question : suis-je de gauche ?
La réponse n’est pas évidente.
A commencer par le nombre de blogs dans lesquels je débine le PS.
On pourrait rétorquer : est-ce que le parti socialiste est de gauche ?
Mais, ce serait trop facile. Il ne s’agit pas du PS, mais de moi.
L’autre jour, un lecteur d’extrême-droite m’a demandé d’écrire pour son mouvement !
Si ce lecteur a trouvé que mes textes lui convenaient, c’est qu’il doit y avoir quelque chose qui m’échappe ?
Ou, alors, il n’a rien compris ?
Qu’est-ce qu’être de gauche ?
Y a-t-il un parti en Belgique qui correspond à des valeurs que je défends ?
J’ai beau chercher, à part le PS, quel parti représente la gauche au parlement ? Un parti qui n’est fort que de deux ou trois idéologues et qui fait 0,2 % aux élections, pourrait-on dire que c’est un parti qui pèse sur le pouvoir ? A-t-il une utilité ?
Le seul qui aurait pu tenir un rôle face au PS, c’est le parti communiste, s’il n’était pas empêtré, encore aujourd’hui, dans les fâcheuses comparaisons avec le parti qui a conduit l’URSS à la ruine et dont l’Occident a eu soin de souligner les dictateurs sanguinaires qui l’ont ensanglanté, pour faire croire au monde que le communisme était à leur image et donc qu’il ne valait rien, de sorte que les masses populaires se sont détournées de Marx qui passe encore pour leur théoricien.
Les écolos ? Est-ce bien un parti de gauche ? Depuis les génuflexions de Jean-Mi Javaux, j’en doute. Ce parti prend trop de plaisir à se frotter au PS et au CDH sans autre arrière pensée que la pelouse à entretenir et l’éolienne à construire, pour faire passer le social au premier plan de leurs soucis. C’est, en son genre, un parti élitiste de cadres moyens.
Du point de vue de la critique capitaliste, il n’y a plus de parti de gauche en Belgique.
L’occasion était belle après la crise de 2008 d’en faire une analyse sérieuse. De partir, par exemple de l’imposant ouvrage de Baudrel « Civilisation matérielle, économie et capitalisme » qui démontre que le capitalisme n’est pas une idéologie mais un système économique empirique, fait de bric et de broc par les « élites » dont l’enjeu est le pouvoir.
Au contraire, la crise passée on ne voit plus que les vassaux de la mondialisation, le PS en tête, qui prient pour que la croissance reprenne et que le raout continue, inventant, une morale appropriée, comme les conteurs animaliers font de l’anthropomorphisme.
Comment après ce constat se dire de gauche ?

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En réalité, je suis de gauche sans possibilité de faire un choix entre les programmes des partis.
Parmi les centaines de milliers d’absentéistes, il doit y en avoir des dizaines de milliers qui pensent comme moi. Si l’on tient compte des électeurs qui votent PS tout en ne s’illusionnant plus sur ce parti, on peut dire que cela fait un beau paquet de gens qui sont à côté de leurs pompes et qui se demandent s’ils doivent voter ?
Cela ne répond pas toujours à la question principale qui m’intéresse.
Est-ce que je suis de gauche ?
Je ne sais plus honnêtement.
Ce que je sais c’est que hais l’égoïsme et la bêtise de la droite, la veulerie, la manière indécente avec laquelle elle considère l’ensemble de l’humanité.
Parmi les électeurs du MR, il y a ceux qui voteraient pour un Le Pen, s’il était Belge et qui n’ayant que des imbéciles à lui substituer, adhèrent au MR en désespoir de cause ; mais qui sont profondément racistes, détestent l’Etat « qui leur prélève plus de taxe et d’impôt, qu’aux autres ». Ils regroupent les Roms, les Noirs, les Arabes, les chômeurs et les étrangers pauvres dans un parasitisme qu’il faudrait Flytoxer. Même adhérents du MR, ils soutiennent les efforts de Di Rupo, parce qu’ils sentent qu’il est un des leurs et que dans la partie qui se joue avec la Flandre, ce qu’il faut sauver c’est leurs magots, leurs combines, le système… Et de fait, l’Etat que Di Rupo sert n’a qu’une seule politique, celle-là même qu’ils veulent.
Alors, qui suis-je ?
Au terme de ce billet, je ne suis pas plus avancé.
J’ai peut-être tort de me poser ces questions et d’y tenter d’y répondre ?
Peut-être suis-je un individualiste, un égoïste dans le fond, un anarchise sûrement, mais de droite ou de gauche ?... ou des deux !... quelqu’un qui reste dans un particularisme qui l’exclut d’adhérer à ce qu’il estime être une démarche infantile, une participation à un monde qu’il ne veut pas ! Un idéaliste, en quelque sorte, en quête d’un idéal ? Un utopiste, qu’on désigne sous le nom de populiste, pour en être débarrassé facilement d’une formule…
Quelqu’un ni de très honnête, ni de généreux, inclassable ?
L’écrivain Houellebecq s’est servi de son égoïsme de consommateur pour faire fortune dans la littérature. Il a saisi l’intérêt de mettre le lecteur dans son caca. Peut-être suis-je dans le mien en égoïste qui se regarde le nombril à longueur de blog ?
Va savoir ?

19 août 2010

Elio : la partie est en danger !

Un bon politique ce n’est pas quelqu’un qui cherche la meilleure solution, un bon politique, c’est quelqu’un qui dit n’importe quoi, quand le plus grand nombre le pense.
Hélas, la Belgique offre aux regards étonnés de ses voisins, deux populations qui pensent n’importe quoi, mais dans des sens opposés.
On ne savait pas à Di Rupo un sixième sens : celui de l’Etat ; mais il a perdu la partie puisqu’il est devenu un mauvais politique à cause de ce qui précède ! Avoir l’oreille des Wallons n’est pas suffisant. Comment dire n’importe quoi qui irait dans deux directions différentes ?
C’est donc dans une excellente ambiance entre les sept que s’achèvent sur un échec les pourparlers du préformateur. On parle même d’une compréhension réciproque entre les parties, telle, que l’on y a vu un désir d’altérité rare.
C’est sur un accord parfait d’un petit nombre de personnes que Di Rupo va rendre au roi un rapport négatif sur le désaccord du plus grand nombre !
En Belgique, cela s’appelle une affinité de groupe conduisant à l’échec collectif.
Comme le public ne sait toujours rien des accords et des désaccords en palabres secrètes, c’est difficile d’y entendre quelque chose.
C’est con, car ainsi Di Rupo ne peut pas compter gagner l’opinion, en faisant du n’importe quoi dans deux directions qui n’en feraient plus qu’une, après des assauts de dialectiques !
On promène les gens de ce pays depuis un mois. Il n’y a pas un Belge qui y entende quelque chose en dehors des apartés du pouvoir.
Nous sommes dans un état que les Grecs appelaient acatalepsie, situation sans critères certains de vérité, donc dans l’impossibilité d’identifier le probable, du vrai.
Un gouvernement des affaires courantes dirigé par Leterme, qui conduit la délégation belge à l’Europe et s’apprête à entrer dans son troisième mois de sursis ; un préformateur qui revient de chez le roi avec un rabiot et qui se réjouit de travailler fin de semaine avec les sept en parfaite harmonie : puisqu’on est chez les Grecs, restons y et préconisons un futur gouvernement « ennéadécaétéride ».
Sous ce joli nom se cache un cycle de dix-neuf ans, pour faire coïncider les mouvements du soleil et de la lune qui servirait de base à des installations de préformations, suivies de désinstallations, ce qui permettrait à Yves Leterme d’atteindre une vingtième année passée à la tête d’un gouvernement démissionnaire.
On n’en est pas là. On n’est même nulle part, puisque chaque fois que Bart De Wever dit « ja », ses amis de la N-VA font comprendre que tout ce que le chef peut dire, ça compte pour du beurre.
On entend bien le ténor de Mons nous chanter le grand air sur la dotation des Régions, mais franchement, sans connaître de ce que l’Etat va se défausser, comment apprécier « l’effort » que Di Rupo fait pour rester en empathie avec Bart !
Tout cela devient d’un rare grotesque.
Quand, après des nouveaux tours de table, des aller et retour chez le roi, l’aigle de Mons viendra nous dire la bouche en cœur qu’il est nommé formateur par l’Auguste ou, au contraire, qu’il est dépité et qu’il ne préformateurise plus, on aura vécu la plus belle opération antidémocratique que nos bourgeois au pouvoir auront jamais produite.
Ils auront réussi le tour de force de nous interdire l’accès à toute connaissance de notre devenir !
C’est déjà fort de café.
Mais, il y a mieux.
Le préformateur, qui se dit lui-même – fort modestement – posséder au plus haut point le sens de l’Etat, a par la même occasion perdu de vue qu’il est avant tout responsable d’un parti qui se veut à l’écoute des petites gens. Qui ne voit que l’intérêt de ceux-ci n’est pas qu’il œuvre au maintien de la Belgique à tout prix, et qu’ils ont fait un marché de dupes en accordant leur confiance à un homme qui manifestement raisonne en bourgeois, défenseur du trône ?
Et même si Bart De Wever et les siens ont mille fois tort de pousser au séparatisme dans leur haine de l’Etat belge, Di Rupo est encore plus coupable d’avoir oublié quels étaient les devoirs et les buts d’un socialiste.

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C’est ainsi qu’avec son parti, Rudy Demotte, président de la Région wallonne, est sur le chemin de régler les problèmes d’argent de son administration sur le dos des petites gens. Ce gouvernement régional fait penser à la gestion de la ville de Charleroi au bon temps d’un socialisme majoritaire où quasiment presque tous ceux qui avaient un pouvoir municipal s’en donnaient à cœur joie dans les caisses de l’argent public.
Quand on voit la manière dont le gouvernement flamand gère sa région, il n’y a pas besoin de nouveaux transferts de compétence pour savoir que nous sommes déjà défavorisés par rapport aux contribuables flamands.
Et à l’avenir ce sera tellement flagrant, qu’on se demande si Di Rupo n’a pas intérêt à ce que la NV-A le contraigne à dire qu’en raison de son échec le roi ne le fera ni premier ministre, ni baron, ni comte ! Avec les nouveaux découpages, il n’y a pas un Francophone qui ignorera la mauvaise gestion à Namur. Hier, la redevance télé, aujourd’hui le gaz plus cher, mais c’est le petit peuple qui paie déjà ! Que sera-ce quand Robespierre-le Petit aura plus de compétences !

18 août 2010

Bourgeois un jour, bourgeois toujours !

Les journaux n’en parlent guère, cependant de l’avis unanime d’observateurs qui ne sont pas des correspondants de guerre rétribués par l’armée américaine, la guerre en Afghanistan vire au désastre.
Le problème, c’est que nous y avons engagé des troupes. Et que cet engagement a été vivement souhaité par les frères ennemis André Flahaut et Pieter De Crem.
On peut dire de ces deux là, s’ils divergent sur la gestion de l’armée en interne, ils sont comme les doigts de la main pour le pacte Atlantique. Nos américanolâtres sont pourtant de deux formations politiques opposées. Mais leurs caleçons kaki, ils les ont cousus ensemble aux fesses. Sur les grandes options, quelles soient militaires ou commerciales, les socialistes sont bien pareils au CD&V.
Nos fins limiers ne les ont pas découverts, mais, on ne sait comment, des milliers de documents secrets du Pentagone se sont retrouvés en libre lecture sur le NET. Selon cette nouvelle source d’informations, la situation en Afghanistan est très loin d’être ce qu’on nous en montre. Depuis 2008, les talibans ont repris quasiment la moitié du pays aux coalisés. Ils sont aux portes de Kaboul.
Toutes les bases alliées sont des espèces de places fortes assiégées. Les troupes n’en sortent qu’en convois de tanks, soutenus par l’aviation de chasse qui tirent à tort et à travers, tuant femmes et enfants, civils et insurgés.
Parfois un véhicule blindé explose sur une mine. On sauve comme on peut les soldats pris au piège de la carcasse du véhicule, puis on repart se mettre à l’abri.
Cette occupation alliée, surtout cantonnée à Kaboul afin de protéger le président chic du lieu, avec sa cour et ses ministres tous bien corrompus, n’a plus aucun objectif, parce que sans plan et une stratégie qui se borne à parer les coups.
Mieux, elle risque de rendre la situation encore plus difficile, à cause des bombardements de l’aviation américaine dans les villages de montagne pakistanais dans lesquels les talibans ont leur base arrière et où pourrait encore se trouver Oussama Ben Laden.
Les Occidentaux hésitent à envoyer des ONG au Pakistan suite aux désastreuses inondations, des fois que les Talibans en feraient un carnage. Idem de la Croix Rouge qui ne récolte guère de fonds, les gens pensant à tort ou à raison que leur fric servirait à l’achat de kalachnikovs.
Les installations américaines en Belgique, également siège de l’Etat-major de l’OTAN pour l’Europe sont probablement à la base du profil bas de nos deux ministres de la défense.
Nous sommes coincés et dans l’incapacité d’initier une politique indépendante des Etats-Unis, pour des raisons évidentes de ce que la manne financière représente par l’implantation d’une telle base, incluant de nombreux militaires et leurs familles.
Idem des crimes de guerre que les Américains perpètrent depuis neuf ans qu’ils ont repris à leur compte ce que les Russes avaient tenté de faire en « cassant » la résistance talibane.
Aujourd’hui, on voit bien la servilité avec laquelle nous suivons « l’ami » américain dans les pires aventures. C’est même une des rares choses qui rassemble Di Rupo et son « ami » Bart : le « dévouement » à l’idéal capitaliste et à la cause américaine !
De ce point de vue, l’Etat qu’Elio et Bart veulent nous livrer clé sur porte n’aura pas changé, puisque l’armée ne sera pas régionalisée. Quand bien même le serait-elle, la politique que nous suivons aujourd’hui ne sera pas remise en question, ni en Flandre, ni en Wallonie.
Qui a dit que nous n’avions aucun point de convergence avec les Flamands ?

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A part quelques chipoteries d’amour propre, de territoire et de langue, nous suons de trouille à la pensée que nous pourrions décevoir l’OTAN, le grand frère américain, les pactes, les alliances, nous crevons de peur à la pensée de décevoir nos vaillants industriels, artisans des bonnes affaires du commerce et de l’industrie !
Les socialistes ont un profil classe-moyenne très « light ». Ils accompagnent de tout leur cœur la cause libérale. Parole, ils enverraient bien miss Wallonie faire des pipes aux généraux américains pour leur vendre nos supers flingots made in Herstal !
Les deux Régions restent attachées aux mœurs et coutumes bourgeoises et il ne faudra pas un mois de règne pour que Di Rupo ne fasse retomber les déficits et la crise sur le dos des chômeurs, des vieux et des travailleurs, le tout appuyé par Demotte, dit Robespierre-le-Petit.
Nous devenons même très américains avec déjà de sensibles différences entre Etats, comme aux States. Au Nord on ne paie plus la redevance télé, et le gaz nous sera vendu plus cher qu’aux consommateurs flamands. D’ici à ce que nous allions en Afghanistan avec des armements différents, les Flamands et nous… Nous avons encore en Wallonie des Mauser 1905 qui ont à peine servis !
Pour l’ultime signature, De Wever n’a pas besoin de simuler un malaise vagal, pour qu’un autre de la NV-A signe à sa place, il n’a qu’à laisser pisser le mouton.
Madame Houard peut dormir tranquille, nous en avons pour 50 ans à roucouler sur tous les fronts derrière la bannière étoilée. Ça occupe la guerre, on ne peut pas savoir !
Ah ! elle promet, la patrie, dans des nouvelles Régions aux compétences étendues !
A propos, comment vais-je pouvoir me déclarer Flamand en terre wallonne, afin de payer moins de taxe ?

17 août 2010

A un poil du Doudou près !

Le déficit de la démocratie, au sujet des pourparlers en vue de la formation d’un gouvernement, est exposé aux yeux de tous : les journaux en sont arrivés à nous annoncer que les avancées enregistrées jusqu'à présent ne sont pas suffisantes, selon la NV-A, sans savoir de quoi il est question !
Tout ce qu’ils peuvent nous dire, c’est que les travaux se poursuivront lundi après-midi et que l’immodeste montois ne se rendra pas chez le roi tout de suite.
Pour l’essentiel, nous ne savons rien, et ça dure depuis quinze jours.
On serait convoqué demain pour changer notre carte d’identité de Belge en celle de Moldave, ce serait du pareil au même.
Quand le bonhomme et son compère Bart auront tout trafiqué, nous serons conviés à l’inauguration des nouveaux assemblages, découpages, morcellements par de nouveaux ministres (à parier que Magnette en sera !), un peu comme le quidam chez un notaire pour l’ouverture d’un testament qui ignore s’il héritera du magot ou d’un vieil aspirateur.
Et si nos maîtres nous vendaient, nous n’aurions pas à savoir à qui, ni pourquoi !
Avec sa tête de maquignon, on voit bien Bart à la foire aux cochons de Libramont et l’autre en César Birotteau, « Grandeur et décadence », dans l’œuvre de Balzac.
Di Rupo pond une nouvelle note dans le mystère. On y est tellement peu convié, que les médias en guise de protestation devraient l’ignorer !
Mais comme pas un ne se plaint et qu’au contraire ils sont à l’affût d’une information qu’un autre n’aurait pas, la presse n’a pas fini de supposer.
Le président du PS inquiète tout le monde, sauf son parti, puisque toutes les créatures qui sont aux manœuvres, d’Onkelinx à Magnette, sont ses robocops !
On y chercherait en vain un Liégeois ! Encore que tels, ils paraissent au Perron, à Seraing ou à Ans, ça ou rien, c’est la même chose. On dirait qu’après Cools, le PS liégeois ne fabrique plus que des ectoplasmes ou des avinés.
Il n’y a guère, on les voyait à la Fête des Fourons sous la toile du chapiteau entonner « Li tchant des Wallons ». Ce serait moins étrange aujourd’hui si on les découvrait à danser une bourrée auvergnate à Clermont-Ferrand !
Comme on se trompe sur les gens quand même !
Les voilà plongés à l’immersion pour apprendre le flamand en accéléré, depuis que Di Rupo trempe ses connaissances italo-françaises dans le brouet de Vondel.
Le comble, c’est que les critiques les plus vives sur leurs à-peu-près linguistiques sont émises par des Flamands purs jus qui parlent le français comme un Inuit du Québec. Ça ne fait rien quand c’est le marquant qui cause…
Dociles, ils reçoivent les remontrances comme des compliments !
Franchement, où on va avec des veaux pareils ?
Je ne suis pas loin de croire que l’Aigle de Mons à la scoumoune ! Cet homme nous a porté la poisse depuis qu’il ne peut pas s’empêcher de dire tous les quarts d’heure qu’il parle avec humilité, alors qu’il crève d’orgueil et que cela se voit sur son visage, malgré les efforts qu’il fait pour le dissimuler.
Il est victime de la loi de Murphy (1), c’est sûr. Avec lui, toute chose qui peut mal tourner, tourne mal. L’ennui, c’est qu’il nous entraîne dans son désastre annoncé et qu’au dernier moment, il parviendra à s’en tirer alors que tout le monde se sera cassé la figure.

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Il est docteur de quelque chose, chimie ou physique, je ne sais plus. Il peut donc expliquer pourquoi une tartine de beurre qui tombe de la table finit toujours par avoir la face beurrée du côté du sol pour tout le monde, sauf la sienne, bien entendu.
Que ce soit Magnette, le chouchou, ou l’ex reine des Hauts-fourneaux, Onkelinx, être dans le sillage du prince, s’il leur donne quelques avantages, ne les prémunit pas d’une disgrâce au cas où l’association des 7 partis tournerait en association de malfaiteurs.
Enfin ce que j’en dis du gondolant bourgmestre au poil du Doudou, la loi de Murphy se vérifie toujours… sauf quand on cherche à la vérifier.
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1. If there’s more than one way to do a job, and one of those way will result in disaster, then somebody will do it that way. (S’il y a plus d’une façon pour faire quelque chose, et que l’une d’elles conduit à un désastre, il y aura quelqu’un pour s’y prendre de cette façon.)

16 août 2010

Exercice périlleux

Il est assez périlleux de pronostiquer en soirée du dimanche 15 août, ce qu’il adviendra des négociations du préformateur Elio Di Rupo.
Je me mets à la place des pauvres journalistes qui doivent commenter et rendre compte d’événements graves – c’est le sort de la Belgique qui en dépend – sans la moindre information qui filtre des réunions, le micro d’une main, le parapluie de l’autre.
Ils conjecturent espérant qu’ils auront mis dans le mille.
La semaine prochaine, il faudra que le mandaté du roi débouche sur des conclusions.
Avare de compliments, c’est tout à fait à l’aise que j’adresse à Béatrice Delvaux, rédactrice en chef du journal Le Soir, des compliments pour l’analyse lucide de cette semaine. Bruxelles est la clé de voûte pour que le nouvel édifice tienne debout. Maçon dans tous les sens du terme, Di Rupo a-t-il en De Wever un compagnon fiable ?
Si l’on en juge par le programme de la NV-A auquel son chef ne veut pas enlever un iota, Di Rupo perd son temps et le nôtre. Les autres partis flamands emboîtent le pas de la nouvelle coqueluche flamingante, dans la peur d’être écrasés lors d’élections anticipées en cas d’échec des négociations.
Et si c’était l’objectif de Bart De Wever de faire échouer toute tentative négociée ?
Les partis flamands ont mis le doigt dans l’engrenage du séparatisme, le jour où ils ont vu que la peur des Francophones de perdre le royaume était telle, qu’ils pouvaient surenchérir sur tous les tableaux.
Le train fou était lancé. Il ne s’arrêtera que lorsqu’il n’y aura plus qu’un Etat fantôme.
Il suffit de relire les demandes flamandes anciennes et les comparer avec les « exigences » actuelles, pour comprendre.
La marche vers l’indépendance d’une moitié de la Belgique et, par conséquent de l’autre moitié à son corps défendant, est sans espoir pour les belgicains ; quoiqu’il existe encore en Flandre une majorité pour maintenir l’Etat Belge dans ses structures fédérales. Cette majorité s’érode, de toute manière les partis flamands n’en tiennent pas compte. Ils copient la NV-A qui navigue à vue sur les avis d’une demi-douzaine de séparatistes.
Les partis francophones ont une part énorme de responsabilités de ce gâchis. Ils n’ont rien voulu céder de ce qui pouvait l’être, au moment où cela aurait pu rester dans le domaine du raisonnable, alors que Di Rupo et ses négociateurs vont peut-être céder ce qui ne se peut, sans mettre à mal la philosophie du vivre ensemble et de l’Etat, c’est-à-dire sombrer dans le déraisonnable… (Deux Etats s’interpénétrant avec des règles, des lois et des taxations différentes, créant un méli-mélo de surenchères dangereusement grotesques).
Le déraisonnable aujourd’hui – en plus des conséquences générales - est simple : plier un accord entre deux régions et oublier la troisième, Bruxelles !

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Béatrice Delvaux a raison. Laisser à parité de gestion aux deux Régions une Communauté bruxelloise qui compte près de 90 % de Francophones est insensé.
Il faut maintenir à tout prix le statut de Bruxelles et étendre la ville dans sa périphérie flamande. Les Flamands ne veulent pas perdre un pouce de terrain ? D’accord. Alors Bruxelles doit s’étendre du côté du Brabant wallon, même s’il y a la forêt de Soignes, terre flamande, entre les deux,! Etablir des ponts, des moyens de communication et des arrangements avec les communes wallonnes. Un exemple de réussite dans le domaine est bien l’aéroport de Charleroi qui sert de deuxième aéroport à celui de Bruxelles, saturé, un autre est Louvain-la-Neuve, après que les Francophones aient été expulsés de Leuven.
L’économie flamande exporte à +/- 80 % ses produits vers la Région wallonne et la France, les ressortissants de Flandre descendent en masse vers le Sud pour les vacances et s’installent parfois définitivement en Wallonie, sinon achètent des propriétés secondaires. Il y a une porosité en faveur du français qu’aucune frontière linguistique ne saurait empêcher par son premier facteur : les Flamands eux-mêmes !
Cette volonté séparatiste serait un suicide pour eux et un bienfait pour nous. Nous pourrions envisager une association avec la France dans le genre de celle qui a été négociée avec Monaco.
C’est entendu, il faut que la Flandre fasse l’expérience de l’indépendance, qu’elle se couvre de ridicule, qu’elle se mette plus bas que terre afin de comprendre son erreur, quand il ne sera plus possible de revenir en arrière. Par contre, c’est nous qui aurions intérêt à en terminer avec elle.
L’orgueil d’un seul homme et socialiste de surcroît, plonge encore la Wallonie dans des incertitudes par ses atermoiements, ses couplets d’une Belgique folklorique, aussi fou que Bart De Wever d’une Flandre à la vocation germanique.
Di Rupo est en train de conduire l’Etat au chaos, plus vite que ne l’aurait fait Bart De Wever. Son grotesque entêtement à vouloir être le premier « dernier » ministre, risque de coûter cher au PS.
Puisqu’il se dit lettré, il devrait lire une poésie de Victor Hugo (1)
Il contait au pot aux roses
Un effronté boniment,
Car il faut de grosses choses
Pour faire rire un Flamand.
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1. Les chansons des rues et des bois, Poésie Gallimard, éd. 1982 ; « Le lendemain » p. 142.

14 août 2010

Marions-les !

On pourra dire des prêtres qui s’adonnent à la pédophilie, qu’il n’y a pas plus de cas avérés parmi les gens d’église que dans la moyenne de la société civile… ou alors, les histoires de curés qui traquent l’enfant de chœur et le petit catéchumène grossissent par la rumeur publique et les manchettes dans les journaux !
Je ne suis pas loin de penser que par contraste de l’exaltation et le prêche pour des mœurs pures, des hommes d’église, embarrassés de leur sexualité, sombrent dans la pédophilie.
La transgression est une pente qui pousse, à la suite de promiscuités douteuses de séminaire et une fragilité personnelle, à des extrémités dont ils se croyaient exempts.
Ajoutez à cela l’instinct pervers profond du pédophile optant tout naturellement pour des métiers de contact avec des proies potentielles, et vous aurez un mélange détonant.
Ce serait injuste et parfaitement stupide de placer dans le même opprobre tous ceux qui se sentent une vocation à éduquer la jeunesse, comme d’y associer l’homosexualité. Cela va de soi…
Contrairement à l’opinion, si les affaires de ce genre viennent régulièrement grossir les faits-divers, depuis les cures, les presbytères et les évêchés, ce n’est pas dû à une floraison particulière de « vocations » de nos hommes d’église à la pédophilie; mais, parce que les langues se délient plus facilement aujourd’hui en raison du détachement progressif des populations à l’église.
La foi se perdant, de nouveaux rapports s’établissent entre « les directeurs » de conscience et d’ anciennes ouailles converties à l’agnosticisme.
Que les contempteurs de la foi se rassurent. La foi ne se perd pas. C’est la loi divine des vases communicants. Ce que la foi chrétienne perd en nombre est compensé par sa concurrente musulmane.
Pour en revenir à nos pédophiles dans l’église romaine, je pense, au contraire, qu’ils étaient bien plus nombreux avant. Alors, ils étaient sûrs de l’impunité, quand l’agressé devait présenter ses excuses au violeur, poussé par des parents incrédules.

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Dans les cas trop flagrants de viol d’enfants, la prélature violette déplaçait discrètement le prêtre scélérat. Dans neuf cas sur dix, il recommençait dans sa nouvelle paroisse, mais comme il fallait parfois dix ans pour que cela se sache, il suffisait de le déplacer à nouveau.
Les distances se sont raccourcies, les paroisses ne sont plus distantes à l’heure des portables et de l’ordinateur, que de quelques secondes les unes des autres.
Ce faisant, avant Internet, la hiérarchie de l’église était en quelque sorte la complice des crimes commis, avec l’apathie des pouvoirs publics et l’indulgence de la police de l’époque qui était éduquée pour ne traquer les personnes qu’en-dessous d’un certain revenu.
Les temps changent.
D’instinct, le prêtre pédophile est plus circonspect. Il doit avoir évolué avec les mœurs du temps qui, tout en condamnant la pédophilie, ont tendance à mettre à égalité les droits de l’homosexualité et de l’hétérosexualité. Ce qui est parfaitement conforme à l’échelle des Droits de l’Homme ; mais qui ouvre à un prédateur un créneau psychologique : celui de débusquer la tendance homosexuelle chez les enfants dont il a la charge, et d’exploiter ainsi sa découverte, tout en faisant les mêmes dégâts qu’avant, avec moins de chance d’être découvert.
En aggravant la tendance chez le jeune sur lequel il a de l’ascendant, son crime n’en n’est pas moins grand, mais cela le laisse moins exposé à la rigueur des lois.
Comme on le voit, ce n’est pas demain que l’instinct pervers du pédophile ne trouvera plus de terrain favorable.
Ce n’est pas non plus pour tout de suite que l’Eglise, qui a un criant besoin de jeunes prêtres, collaborera à 100 % avec la Justice.
Il n’y a pas de solution radicale. Cette déviance universelle et vieille comme l’humanité s’inscrit dans les conflits intérieurs de certains. Elle n’affleure que lorsque la raison ne suffit plus à réfréner la perversion.
Mais, pour ses prêtres, Rome ferait bien de les marier au plus vite. Cela réduirait des trois quarts le pourcentage de défaillants et redonnerait de la main d’oeuvres à un sacerdoce qui en manque beaucoup.
Sous le christ en croix sur le tapis à fleurs, avec ses exigences en soirée comme en matinée, une matrone dans un lit de curé est un profond exutoire où plus d’un vice rédhibitoire se noieraient par épuisement des gonades, fussent-elles ointes des phéromones les plus démoniaques.
Des innocents l’auraient ainsi échappé belle, sans que leurs naïves candeurs en sussent rien.
Et pour le reste « Deorum offensæ diis curɶ » (C’est aux dieux seuls à se soucier des offenses faites aux dieux).

13 août 2010

Bout de chichi…

Croire ou ne pas croire, là n’est pas la question !
Croire est suffisamment personnel pour que certains officiants des grandes religions s’en mêlent évidemment, au nom de leur science infusée par Dieu. Ils décrètent que c’est leur affaire aussi pour interférer dans les consciences et faire prévaloir leur point de vue.
Ce point de vue à côté d’un tas de considérations est surtout animé par le prosélytisme. Du temps de Goebbels, cela s’appelait la propagande. Parmi d’autres gracieusetés, la peine de mort pour ceux qui ne croient pas est un doux viatique pour l’au-delà.
Le croyant – peureux et bon enfant – est prêt à grimper au cocotier pourvu que l’ascension lui en soit ordonnée.
Plutôt du genre sceptique, je me suis toujours gardé de porter un jugement du croyant, même si celui-ci est le jouet d’une collection de mabouls, comme d’Éon de l’Étoile persuadé qu’il était fils de Dieu chargé de juger des vivants et des morts et qui empêcha une génération de chrétiens à dormir des deux oreilles, des fois que d’Éon viendrait les juger au saut du lit !
Des remueurs de conscience, il en pleut. Certains ont réussi, d’autres ont été condamnés à mort, souvent par ceux qui ont réussi.
Des prophètes, des élus, des stigmatisés, il en existe de tous les genres, de Mahomet à Jésus, jusqu’à nos jours, du plus gonflé au plus illuminé, race infinie à la frontière de la déraison et de la duplicité.
Les plus dangereux sont ceux qui se sont perpétués dans les mœurs des fidèles par la tradition perçue comme une contrainte absolue, d’abord de bouche à oreille, puis, avec l’invention de l’imprimerie, par tous les vecteurs papiers et aujourd’hui électroniques possibles et imaginables. Il y en même qui persuadent par la kalachnikov, c’est dire dans quoi ils mêlent Allah !...
Rien de plus dangereux pour les esprits faibles que la « tradition ». En général une forme irrationnelle de comportement qui – a-t-elle jamais eu un sens ? – nous vient on ne sait d’où et surtout pas de Dieu, pour grossir en cours de route de toutes les lubies des maniaques de la transcendance (dont Kant faisait partie, cela dit en passant).
Croyant bien utiliser la notoriété que leur donne le moyen de diffuser leurs écrits par les journaux, nos échotiers et rapporteurs de faits, nous envahissent l’esprit des rapports nouveaux que cette société jadis chrétienne entretient avec la religion musulmane. Il ne se passe pas un jour sans que nous n’apprenions que les grandes surfaces se mettent au halal, que le tourisme religieux à la Mecque a fait tourner cette année autour de la Kaaba des millions de pèlerins. En ce moment l’actualité est à la célébration du ramadan.
Que voilà une singulière ascèse : ceinture de jour, bombance de nuit ! Qu’en pensent les diététiciens ?
Mais, qu’est-ce qui pousse à croire qu’en ne s’alimentant qu’à la nuit on fait plaisir à Dieu ?
Il paraît en plus que c’est une obligation !
Pour tout autant qu’il existât et qu’ils aient raison, qu’est-ce qu’il en a à foutre du ramadan ?
C’est une tradition qui perpétue l’inégalité entre les hommes.

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C’est plus facile de respecter la tradition du jeûne quand on est un émir à l’ombre des dattiers qu’un fellah chamelier ou un manœuvre gueulard chez Arcelor-Mittal.
Vendre des gazettes, ne pas afficher son opinion en décrivant le fait-divers à la télé, servir la soupe en restant neutre extérieurement sans jamais ciller, voilà comment l’info se débite par tranche, comme un rouleau de WC qui se dévide. Voilà pourquoi le respect nous bousille l’esprit critique.
Autrement, malheur et damnation ! on perdrait des lecteurs, on recevrait des plaintes, ou pire un fanatique vous aborderait dans la rue un couteau à la main.
C’est ainsi que sous prétexte d’une neutralité stricte, outre le chèque à la fin du mois, on évite le pied au derrière.
Kamal est enthousiaste du ramadan, il adopte la « positive attitude » dit le tabellion journaliste ; par contre Hakima, étudiante, est réticente… etc.
On dirait qu’ils se font un malin plaisir à nous informer de ce qui ne nous intéresse pas, sur le temps qu’il n’y a pas moyen de savoir comment Di Rupo va vendre Bruxelles à son ami Bart !
La meilleure, c’est l’ouvrier musulman qui se laisse aller à son intime conviction « On est plus léger pour bouger au travail et on n’a pas d’heure de table ce qui permet de terminer un peu plus tôt (sourire) ».
Voilà qui pourrait intéresser les patrons de la FEB !
Amel vendeuse en boulangerie a la mine radieuse, pour qualifier cette période d’un « mois de pur bonheur ».
Merde ! On en vient à regretter le prêchi prêcha de monseigneur Léonard…
Evidemment, pour rapporter ces événements qui n’offrent un grand intérêt que pour ceux qui, demain, pour qu’on leur fiche la paix, se mettraient à tourner avec les derviches si cette communauté turque s’accommodait de nos rivages, on a choisi une charmante personne, sans doute intéressante en-dehors du ramadan, une certaine Assia Boutchichi, qui nous les brise menus, mais qui explique par son origine, l’exotisme de son enthousiasme.

12 août 2010

Voyou ou escroc ?

La polémique enfle en France, depuis la parution par l’hebdomadaire Marianne (n° 694) de sa page de couverture montrant Nicolas Sarkozy accompagné du texte suivant : « nationalité, immigration, délinquance LE VOYOU DE LA RÉPUBLIQUE xénophobe et pétainiste ? Certes pas. Mais aucun interdit ne l’arrête. Et, pour garder le pouvoir, il est prêt à tout ».
Voyou, est-ce le terme approprié ?
De Pierre Moscovici à Nadine Morano, on déplore un mauvais choix du terme.
L’évolution du langage tend un piège redoutable à tout écrivain « qui se veut de son temps ». Ainsi le sens de « voyou » a beaucoup évolué sur cent cinquante ans. Qu’on en juge.
Le père des dictionnaires, le Littré, référence 1869, définit le mot :
« Se dit populairement, à Paris, d’un enfant du peuple malpropre et mal élevé ».
Après cette très courte définition, on n’en saura pas plus. C’était en ces termes que la société désignait le pauvre, sous le Second Empire.
Le La Châtre de 1856 ajoutera à la définition du Littré « Les voyous de Paris sont malins et braves » incorporant dans les voyous l’ouvrier parisien et celui des faubourgs.
On voit que la polémique entre la référence (Littré) et le contestataire (La Châtre) ne portait pas que sur la sémantique. Gavroche de Hugo est un voyou. Toussaint Maheu, le vieux Bonnemort, la Maheude, travaillant dur au puits de mine du charbonnage du Voreux, dans le Germinal de Zola, sont des voyous.
Marianne a donc tort d’appeler Sarkozy un voyou, même si le dictionnaire Logos de 1978 étend la définition à « l’individu louche, aux manières brutales ou à l’allure inquiétante, sans moyens d’existence avouables, susceptible de commettre des délits graves, des actes de violence, des agressions… ».
Le locataire de l’Elysée est loin d’en être là.
Soit dit en passant, l’évolution du mot qui part d’une catégorie sociale défavorisée et pauvre pour finir dans le sillage « des petites frappes, des macs ou des gangsters » en dit long sur la façon dont la bourgeoisie qui règne dans le monde de la grammaire et de l’étymologie considère le monde du travail et comme l’usage est influencé de leur concept du « bon usage ».
Sarkozy n’est ni malpropre, ni pauvre, ni venu d’un faubourg mal famé (Passy !), quoique assez mal élevé (casse toi, viens le dire ici, etc).
Nadine Morano, secrétaire d'Etat chargée de la Famille, n’est la « chienne de garde » que de son maître, pour le reste, bonne éducation, bonnes écoles, bon milieu, etc. C’est elle qui a dénoncé sur RMC le « voyou de la République » de Marianne comme une insulte ; tandis que Jean-François Kahn, trouve que le mot va bien au président actuel.
Ils auraient tort l’un et l’autre.
Le mot voyou n’est pas propre à qualifier le président de la République. En, l’employant, on n’attente ni à la République, ni à la fonction de son président.
On attente à la langue, tout simplement.
J’aurais tendance à qualifier Sarkozy de malhonnête dans le sens de « qui agit sans franchise, qui use de tromperie ».
Mais ce mot n’a pas la portée de « voyou » et on comprend que Marianne ait préféré un mot inexact à un mot sans impact, que même la sourcilleuse Nadine Morano n’aurait pas relevé.
Malhonnête disqualifié, crapule détone dans le sens opposé.
« Crapule : Eléments les plus abjects et les plus viles de la société », est plus fort que « voyou », mais s’écarte davantage d’une peinture au plus juste de Sarkozy.

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Par contre « escroc » pourrait mettre tout le monde d’accord. Le mot se rapproche de la personnalité de l’homme critiqué.
Définition du Logos : 1° Individu qui pratique l’escroquerie, qui vit d’escroquerie.
2° Celui qui trompe, qui promet ce qu’il ne peut pas ou ne veut pas donner, qui abuse de la naïveté de ceux qui lui font confiance, qui est malhonnête en affaires, les démagogues sont des escrocs.
Séduit par la trouvaille, j’ai vérifié. Le Littré est laconique. Un escroc est quelqu’un qui pratique l’escroquerie. Ce dernier mot s’entend au XIXme siècle comme un simple terme de jurisprudence.
Sa définition moderne colle mieux au personnage.
Je le considère plus approprié.
Marianne devrait réfléchir au mot pour une nouvelle version.
Quant aux aboyeurs de l’Etat UMP, faut-il leur rappeler que le respect dû à la fonction n’est en rien bafoué quand celui qui n’en est pas digne se révèle être un escroc.
Et puis, il est bon que le public sache que la nature de l’homme ne l’empêche nullement d’être un président de la République escroc… ni même voyou.
Le respect fout le camp, certes. Mais on a vu par le passé que le respect, comme valeur supérieure, fait tomber le peuple dans l’idolâtrie pour subir alors la dictature des « élites ».

11 août 2010

Un p’tit gars d’la campagne.

On le croyait définitivement « rangé des voitures », sur ses terres du plateau de Herve, repu, gavé des bienfaits publics. Comptant et recomptant le beau magot qu’on lui devait pour ses mandatures de président de la Région qu’il avait été à deux doigts de laisser dans le panier percé de l’Elysette, pour cause d’austérité. Il s’était débattu comme un beau diable, revendiquant son dû, allant jusqu’à dire que c’était un droit « social ». Bref, il s’était tiré avec le paquet, en gardant tout de même quelques juteux mandats. L’Haut-lieu avait fait le maximum pour s’en débarrasser. Elio s’en croyait quitte par un ou deux discours mâchés par ses nègres… qu’on n’entendrait plus jamais parler de lui dans les gazettes, qu’à sa mort… l’occasion d’un discours, ou le fait-divers d’un mariage au Maroc avec une dulcinée quarante ans plus jeune…
C’était une illusion. Stéphane Tassin, pigiste, nous le restitue, tel qu’en lui-même : José Happart et l’avenir de l’agriculture !... Car, c’est bien de ce José-là dont il s’agit !
Monsieur José (c’est lui qui parle) : « toujours particulièrement perturbé quand je vois avec quelle facilité on fait peur aux gens. Nous sommes tous des OGM, nous nous sommes modifiés génétiquement. La modification génétique, c’est la vie. On fait fausse route en voulant créer un climat contre les OGM et les animaux clonés »
Et d’en rajouter : “La viande d’un animal cloné, elle (sic) ne peut être que meilleure. En modifiant génétiquement, on apporte plus de qualité, un apport nutritif plus important, moins de graisses, plus de protéines. On pourra donc produire moins de bêtes. »
Voilà bien le raisonnement d’un notable de la campagne, comptant en rendement à l’hectare, au mètre carré d’étable, au ballot de foin !
José Happart dispose des animaux et même des humains puisqu’il confond l’évolution naturelle des espèces, énoncée en son temps par Linné et Darwin, avec le clonage et la sélection par l’homme des animaux domestiques. Comme si tous les animaux n’avaient pas leur propre destin contrarié par l’homme, comme si celui-ci n’était pour rien dans leur tragédie.
« Nous sommes tous des OGM, nous nous sommes modifiés génétiquement » est une des plus belles sottises que j’aie entendue de longtemps ! L’auteur s’est fait lui-même, c’est bien connu, par génération spontanée, de drame scolaire en drame scolaire, il a bien fallu.
José Happart, clone, compactise, rentabilise, tant et si bien que s’il le pouvait, il ferait naître des veaux dans de grandes éprouvettes dont ils ne sortiraient que pour l’abattoir, n’ayant jamais vu que la canule pour les nourrir, ne connaissant ni l’herbe folle, ni le ciel bleu ; les poules sur les pondoirs, d’où elles ne mouvraient que le bec ; les cochons entravés à vie dans les porcheries ; les ruminants carnivores et les cochons mangeant les merdes de Monsieur le président du parlement régional wallon !.
Il y a du docteur Mengele devenu vétérinaire dans cet homme là !

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Et comme le modeste Tassin s’étonne de propos niant d’un seul mouvement l’écologie et le droit des animaux à être respectés, le rentier des voix de préférence de poursuivre :
« Nous avons des problèmes de ventres pleins. Comme on n’a pas de problèmes pour avoir à manger, dans 80 % des cas, chez nous, on se fait peur. Le principe de précaution ne doit pas être, in fine, une volonté d’immobilisme. En plus, je considère qu’il est intellectuellement malhonnête de dire que c’est purement un intérêt des multinationales ».
Ce que je déteste chez Happart, c’est l’assurance du béotien déversant ses incongruités comme du lisier à l’épandage à d’autres béotiens.
Le pauvre Tassin n’était pas venu critiquer les sabots dorés du retraité de la politique, mais se faire un cacheton pour arrondir ses fins de mois. On comprend sa prudente interview.
Si j’entends bien l’artiste, 80 % des Wallons ont le ventre plein, et, ce faisant, il traite comme quantité négligeable le presque quart de la population , dont justement son parti aurait dû avoir le plus grand soin et qu’il ne considère que par la statistique de façon résiduelle. Mais où diable a-t-il bien pu trouver ces chiffres ? N’est-ce pas plutôt des chiffres tout à trac, pour l’effet produit, comme en raffolent les gens de peu de profondeur qui parlent sans rien apprendre des autres, parce qu’ils croient tout savoir d’eux-mêmes ! Quant à la suite, c’est intellectuellement malhonnête de dire que les intérêts des multinationales ne sont pas intimement liés à la vente des pesticides et des OGM.
Parole, il parle comme un représentant de commerce de Monsanto.
Le couplet final est celui du fermier pur et dur, métier pratiqué juste le temps de se faire une rente d’électeurs au souvenir des Fourons
« Quand on dit que l’œuf de la poule qui court est meilleur que celui de la poule élevée en batterie, c’est faux, tout dépend de ce qu’on lui donne à manger. Si les animaux n’étaient pas bien, ils ne produiraient pas. Le fait de dire, par exemple, qu’un produit bio est meilleur, c’est également faux. Il n’est pas meilleur, il est différent ».
Une dernière chose pour la route de Tassin sur des arbres clonés « capable de grandir sans eau dans les déserts », et le malheureux journaliste pourra certifier au Soir que Happart n’a pas l’Alzheimer, il est simplement ainsi de naissance.

10 août 2010

Fou-rire dans nos gazettes

Qui dit que nos gazettes manquent d’humour ?
Voici ce que l’on pouvait y lire ce week-end.

« A peine un conducteur de moto sur deux suit une formation (obligatoire) de pilote, selon la VAB. L’association d’automobilistes y voit une cause possible du nombre important d’accidents de motards ces derniers mois »
La VAB nous dit à peu près ceci : depuis que la formation pour les motards est obligatoire, le nombre d’accidents mettant en cause des motards a fortement augmenté, parce que seulement un motard sur deux suit une formation ! Si je suis le raisonnement, c’était mieux avant, quand il n’y avait pas de formation obligatoire !

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"Glissements de terrain en Chine : 96 morts et 2.000 disparus
Au moins 96 personnes ont été tuées et 2.000 sont portées disparues après des glissements de terrain dans le Gansu, dans le nord-ouest de la Chine".
Champion du monde du déboisement, la Chine s’étonne qu’un terrain en pente sans arbre risque par fort temps de pluie de « descendre » dans la vallée !
Au pays de Confucius, on manque de suite dans les idées.
Quant aux 2000 disparus, c’était peut-être l’occasion à quelques-uns d’entre eux de disparaître en Chine pour apparaître ailleurs.

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J’entends bien qu’avec l’incendie des forêts et des tourbières, les Russes doivent s’entraîner à la chaleur. Quant à faire des concours de sauna !
Il ne reste plus que jouer à celui qui restera le plus longtemps au feu comme brochette humaine de barbecue.
En attendant cette grande finale, un Russe cuit à point à la vapeur est décédé au championnat du monde de sauna à Heinola, en Finlande. L’autre finaliste, un Finlandais, a été hospitalisé. La compétition a été aussitôt arrêtée nous dit « le Soir ». (Évidemment, puisqu’il n’y avait plus de finalistes.)

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Le Staff Benda Bilili, le groupe qui cartonne à Esperanzah, fait de l’ombre à dieu en personne, grâce à sa musique « endiablée ».
Qu’on en juge : « En plus de leurs chants enivrants, les stars congolaises ne cessent de nous surprendre. Infatigable, l’un d’eux danse sans relâche sur ses béquilles tandis que l’autre quitte son fauteuil roulant un instant pour faire une pirouette. »
La musique endiablée a du bon. Benoît XVI va être jaloux !

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Le coût du silence.
L’évêque pédophile Vangheluwe aurait versé une « pension » à son neveu abusé jusqu’à ce que son « crime » soit prescrit. Quand on sait que l’Etat payait un salaire tous les mois à l’évêque, et que l’Etat c’est nous, nous avons donc largement contribué à ce que le pédophile échappe à la Justice.
Ah ! elle est belle la moralité publique.
Quant au neveu, il a ressenti les blessures « inguérissables » de l’âme juste après le dernier versement de l’évêque ! Franchement, la famille chrétienne flamande n’est plus ce qu’elle était…

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"En demi finale d’un match de tennis, Xavier Malisse a été battu 6-2, 7-6 (4) en 1 h 47 par le Chypriote Marcos Baghdatis (ATP 25), ce dernier pourtant victime d’une cheville tordue au second set. "
On se demande ce qu’il aurait fallu que Marcos se torde en plus de sa cheville pour que Malisse l’emporte. On a raison de vanter la grande sportivité de Malisse qui s’est laissé battre quand il a vu l’autre se tordre la cheville. Dire que Malisse n’a pas bien joué au point que l’autre amoindri l’a malgré tout emporté, attenterait au moral de nos sportifs, ce qui n’est pas bien.

9 août 2010

Plein le dos du grand commandeur

Ainsi donc, comme tout grand chef dit de gauche, Elio Di Rupo a d’abord été s’imbiber de morale et de culture « des lumières » dans un temple maçonnique.
Ce n’était pas une grande nouvelle, mais puisque les gazettes en écrivent…
Pourquoi pas, après tout, même « s’ils en sont tous », enfin ceux qui dépassent d’une tête « les camarades » Di Rupo, Onkelinx, Moureaux, Van Cau, Busquin, Magnette, Daerden, Lizin, Despi, etc… etc…, tandis que des esprits malins disent que la confrérie n’est pas anodine au sein de nos pouvoirs publics et que les Loges ont colonisé le Parti Socialiste là où le frère militant pouvait se faire du fric.
Personnellement, je m’en fous.
On a le droit en Belgique de s’inscrire à quelque club, association, église, convent, temple que ce soit, d’y faire de la messe basse, du chant grec, de la philosophie, de la guitare électrique et même des partouzes.
Je m’en contrefous.
Il n’est pas interdit de s’associer à des projets, de rêver en groupe ou en solo, de prêter serment sur des crânes en plastique, de brandir des épées, de mettre des petits tabliers, de tendre des locaux de tentures noires, de jouer les Pythies, de se vouloir de rite écossais et même d’exclure les femmes dans des assemblées de vieux garçons. Je m’en balance le chou.
Les adolphins pendant la dernière guerre avaient interdit les conciliabules, les sociétés secrètes et les palabres dans des lieux couverts, donc les Loges, raison de plus pour défendre le droit qu’ont ces gens, même s’ils ont colonisé le PS, tiré les marrons du feu et se sont fichés de la gueule du militant de base, je m’en tape le coquillard dans les suspensions électriques, bougies et candélabres des obédiences, n’étant cotisant d’aucune formation politique, je ne suis pas concerné, au « ground » zéro ; je ne le suis que d’une façon générale, quand d’une manière ou d’une autre, le citoyen ordinaire verse sa modeste contribution afin de graisser les essieux des roues du char de l’Etat, grandeur civique qui ne devrait pas servir à graisser ses palefreniers. Encore, qu’il me faudrait prouver que les palefreniers maçons coûtent plus cher à cause de leurs goûts dispendieux et le nombre plus élevé de créatures qu’ils ont à pourvoir, que d’autres, moins attachés à des sociétés secrètes, mômeries et galipettes de ce genre.
Ce qui est impossible.
Alors, laissons les jeux de ces vieux garçons et de ces vieilles filles se dérouler dans les arrières salles, même si certains locaux sont dévoyés de leur fonction municipale et culturelle pour ce genre privé de réunions, avec la complicité des autorités communales.
S’il est bien recommandé quelque chose à un maçon, c’est de la fermer aussi en public sur le fait « d’en être » en désignant quelqu’un d’autre, qu’on croise parfois dans les ténèbres d’une association maçonnique. Si le nom et l’adresse de la Loge sont aussi des « secret-défense », par contre, il est libre à un maçon, à l’extérieur de son cercle, de s’en réclamer.
C’est ainsi que Di Rupo, du bout des lèvres, a dit au « Soir » : j’en suis !

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Est-ce lui ou le journal ? Quelqu’un a abondé dans le genre « réunion philosophique » des Loges, procédant de l’esprit de méditations des Lumières, cherchant dans le discours du XVIIIme siècle, la réponse au social et à la liberté des individus du XXIme !
A les entendre, ce serait la réunion parfaite de curés laïcs œuvrant au bonheur des peuples !
Alors là, stop !
Quand on voit les grands dignitaires, apprentis, maîtres et compagnons se mouvant dans la société belge comme poissons dans l’eau, alors que cette société est carrément par terre, crise ou pas crise, que les salaires et les emplois reculent, que la misère monte, une seule question vient aux lèvres : ils parlent de quoi dans leurs réduits obscurs ?
Quand on entend le discours carrément obscène de Di Rupo sur le « merveilleux » de sa réussite, alors que sa mission d’élever les peuples au-dessus de leur condition a échoué, que son incroyable incapacité à se mettre en situation d’un parti qui se voulait proche des humbles et des pauvres est atterrante, on reste confondu devant la sotte vanité rayonnante du personnage.
Nous ne sommes certainement pas « heureux » dans une société qu’il a largement contribué à faire ce qu’elle est.
A tous ces amoureux du silence et de la discrétion, je leur dénie la capacité d’interpréter les grands écrits de liberté du siècle des lumières, fussent-ils les Grands Maîtres de la première loge égyptano-écossaise, grand cordon du Chose avec ou sans trois points de suspension !
Qu’il me soit permis, aux maçons qui ne sont pas encore séniles, à ceux qui ont du mal à trouver des sujets autre que celui du CAC 40 et de l’emploi des frères dans les administrations, de proposer ce très vieux texte de Nietzsche, qu’ils peuvent encore trouver en feuilletant « Aurore », œuvre dans laquelle le philosophe à collationner 575 aphorismes de son crû. Peut-être trouveront-ils un aliment à leur fringale de mots dans celui qu’il a intitulé « Les louangeurs du travail ».
« Dans la glorification du "travail", dans les infatigables discours sur la "bénédiction du travail", je vois la même arrière-pensée que dans les louanges adressées aux actes impersonnels et utiles à tous : à savoir la peur de tout ce qui est individuel. Au fond, on sent aujourd'hui, à la vue du travail - on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir -, qu'un tel travail constitue la meilleure des polices, qu'il tient chacun en bride et s'entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance. Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à l'amour et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles et régulières. Aussi une société où l'on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité : et l'on adore aujourd'hui la sécurité comme la divinité suprême ... » Nietzsche.

6 août 2010

Tables, tablettes et préformateur !

Le campionissimo est de retour d’Italie. Nous repartons pour une dizaine de jours de suspens. On verra le ballet des grosses voitures avec nos pointures sans veston assises à côté du chauffeur (en général un ancien du parti). Ils diront des mots sibyllins, avant de dire « en route Gaston », et il restera aux pauvres journalistes à patienter sur le trottoir que d’autres grosses voitures s’arrêtent sous les feux des projecteurs…
Puis, dix journées de silence plus tard, il y aura le conciliabule final entre le roi et Elio. Nous ne saurons pas ce qu’ils se diront. Mais nous aurons droit à un petit speech du préformateur qui ne nous dira rien de ce qui a été dit au palais. C’est-à-dire que nous serons informés quand même par phrases convenues de ce qui n’a pas été dit, mais de ce qu’il aura été convenu de dire…
En concret, nous apprendrons que le préformateur forme ou qu’il rend son tablier.
Dans le premier cas, Di Rupo ne tarira pas d’éloge sur la modération dont a fait preuve Bart De Wever, hissant le Flamand au statut de grand Belge. Dans le cas contraire, l’amertume de l’ambitieux montois de ne pas en être, nous fera découvrir un Bart De Wever à l’esprit borné et au flamingantisme exacerbé.
En attendant de nous satisfaire de la non-communication habituelle, nous pouvons relire les anciennes déclarations de Bart De Wever consacrant sa montée au pouvoir et nous faire une idée de ce que les Flamands raffolent en lui. Si nous ne sommes pas satisfaits de cet effort de mémoire, le programme de la NV-A nous mettra l’eau à la bouche..
Le texte est simple. Il n’y a rien à comprendre que nous ne sachions déjà. En quelques mots : la Belgique, c’est fini.
On va vers autre chose. A cause ou grâce à l’Europe, l’usine à gaz n’explosera pas. Il y aura quatre usines à gaz à la place : les deux grandes communautés, Bruxelles et la petite communauté germanophone.
Ce sera sans doute moins compliqué à faire tourner, chacun chez soi.
Si un jour, l’une ou l’autre usine pète, elle n’entraînera pas d’explosion générale. Ce sera une petite explosion qui ne fera que des dégâts limités, quelques dizaines de morts, quelques centaines de chômeurs, et quelques milliers de personnes âgées sur le carreau, le tout très localisé. Des broutilles, enfin !... les trois autres usines à gaz iront sans désemparer vers leur destin. Comme à Legoland, elles poursuivront la construction de leurs tubulures, câblage et cuves d’entreposage de leur matière gazeuse… On se réjouira d’avoir éliminé du gouvernement fédéral ce qui faisait double, quadruple emplois avec les Régions. Puis, peu à peu, sachant la boulimie de nos élites politiques, ils s’arrangeront pour grossir leurs administrations et leurs directions pour rendre les Régions aussi monstrueusement inutiles que la fédérale. Quatre présidents au lieu d’un roi, quatre premiers ministres au lieu d’un seul, etc... (Si José Happart avait su, il n’aurait pas pris si vite sa retraite)
Inutile de dire que les places à prendre seront prises par nos universitaires qui trouveront ainsi plus de débouchés, comme au fédéral, la population n’y sera pas représentée.

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Quant au roi, la loi, la liberté et tout le tralala bourgeois, c’était déjà périmé du temps de Léopold II. Exil pour l’Albert, inscription au chômage du restant de la famille royale, éventuellement un nouveau contrôle des passeports par les autorités avec la nouvelle loi Galant sur l’immigration (Jacqueline Galant restée la seule fédérale en poste pour service rendu à la nation flamande, au titre d’apport étranger). Mais que madame Houard se rassure, ces personnes ne seront pas réduites à la misère.
C’est ce qui ressort des propositions de la NV-A déposées entre les mains manucurées d’Elio par Bart poussant les feux de son programme électoral.
Di Rupo habitué à louvoyer, à tournicoter autour du pot, à dire un oui qui veut dire non et un non qui veut dire peut-être, lui, le champion de l’art de mouiller les autres afin de conserver l’estime des gens, est revenu d’Italie peu rassuré sur la méthode prussienne de Bart.
La NV-A estime qu’elle négocie, quand les autres sont d’accords avec elle.
Son programme de « compromis », c’est Mein Kampf version 2010.
"Ils ne mettent aucune concession sur la table", commente le petit personnel du parlement qui arrange la table, met les cuillères en place et verse le café pur arabica dans les tasses frappées du sceau de la Belgique.
Ah ! si les tasses pouvaient parler…
Plus de ministère de l’intérieur, plus de contrôle des élections par le pouvoir fédéral.
Les Régions deviendraient responsables de l’élaboration de la délivrance des pièces d’identité, empêchant par là les francophones habitant en périphérie bruxelloise de disposer de cartes d’identité rédigées en français.
Les Régions auraient leur propre politique des allocations familiales, de certains pans de la sécurité sociale et de la Justice, la délivrance des permis de conduire, la sécurité routière (code de la route), la régionalisation de la Mer du Nord, des canaux et des voies maritimes, la partition du fonds des amendes, de l’immigration, etc…
Et encore, on n’est pas arrivé au niveau de l’institutionnel, la scission de BHV sans élargissement de Bruxelles, sans nomination des bourgmestres de la périphérie, etc.
Juste une dernière question à laquelle Di Rupo aura le loisir d’en discuter la date : celle du départ d’Albert II.
L’ambition démesurée d’Elio touche à ses limites. La gloire, ce sera pour une autre fois, une autre occasion. Si au moins Elio avait d’autres talents que celui de palabrer, par exemple un don musical, une main ferme pour le dessin, une voix agréable et non celle de castrat qu’on lui connaît dans les aigus, peut-être aurait-il une chance d’entrer dans le dictionnaire ?
Pourquoi ne pas dire carrément faisons un gouvernement de liquidateurs ?
Les ramassis de bourgeois qui ont fait la Belgique peuvent disparaître, pourquoi pas ?
Mais alors, un dépeçage arbitré par l’Europe, avec le respect des Francophones de Bruxelles et environs, pas une mascarade à laquelle un socialiste participe.

5 août 2010

Jacqueline Galant : sarkozyste.

A partir de 2002, date à laquelle Chirac le nomme ministre de l’intérieur, jusqu’à 2010, à l’entame de sa troisième année de présidence de la France, Nicolas Sarkozy a toujours associé son nom à la politique de sécurité des Français. Au vu de la situation dans les grandes villes, c’est une suite d’échecs. Il ne lui est plus possible de dénoncer le laxisme de la gauche devant la montée de la violence. C’est lui qui depuis huit ans à la haute main sur l’organisation de la paix civile, dans les villes comme dans les campagnes.
Ses effets de manche d’ancien avocat lui avaient valu l’assentiment des citoyens. Ils ne paient plus. Sa réplique à une habitante d’un HLM qui l’avait interpellé de sa fenêtre « S’il le faut nous nettoierons la cité au karcher » n’était qu’un bluff médiatique. A la même période, pour des raisons de resserrement du budget, il diminuait le nombre de policiers.
Au plus bas dans les sondages, Sarkozy doit reprendre la main. Il renouvelle le coup du karcher en proposant en conseil des ministres que la déchéance de la nationalité - qui existe dans le droit français - soit appliquée.
Cela pourrait paraître faisable, sauf que cette loi est inapplicable, tant les motifs qui contribuèrent à sa promulgation ont changé, plus de deux cents ans plus tard.
Votée le 8 mars 1803 et modifiée le 31 mai 1854, on peut lire à l’article 23-7 le texte qui pourrait être repris et adapté :
« Article 23-7 - Le Français qui se comporte en fait comme le national d'un pays étranger peut, s'il a la nationalité de ce pays, être déclaré, par décret après avis conforme du Conseil d'Etat, avoir perdu la qualité de Français. ».
Evidemment, cela n’a pas de sens de faire coller la loi de 1803 à la réalité de la France de 2010, sans de profondes modifications. Ne serait-ce pas plutôt pour contrer la poussée nationaliste de la droite qui risquerait de voter en 2012 pour Marine Le Pen que le candidat à sa réélection a tenu les propos qui font scandale dans la presse de gauche ?
Besson prépare un amendement pour la rentrée : « la possibilité de prononcer la déchéance pour des actes qui sont passibles d’une peine de plus de cinq ans et qui ont été commis dans un délai de moins de dix ans après l’acquisition de la nationalité ».
Ce porte serviette du président ne manquera pas de proposer un texte dans des termes qui provoqueront le plus possible les militants de Mélenchon à Martine Aubry, ce qui aura pour conséquence de rassurer l’électeur de droite. Cette perspective électorale n’aura aucune incidence sur le terrain. La sécurité restera lettre morte, comme elle l’est depuis 2003.

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Quand il s’agit de copier une attitude « héroïque » contre la délinquance, il se trouve immanquablement un député en Belgique pour faire écho. D’habitude au MR, c’était Monfils le spécialiste, depuis qu’il s’est retiré, Jacqueline Galant s’est découvert la vocation.
C’est donc elle qui « belgifie » la proposition de Sarkozy liant criminalité et immigration. Selon elle, des infractions mineures suffiraient à disqualifier un demandeur
On voit le genre, un excès de vitesse et hop, « reconduisez-moi ça à la frontière ».
Qu’elle attende pourtant que Besson en France ait fini de mettre sa haine en lois, avant de nous importuner de la sienne au parlement belge.
Et puis, reste la possibilité de l’arroseur arrosé.
Si l’affaire Woerth-Bettencourt devenait l’affaire du siècle et que le président Sarkozy s’en trouverait éclaboussé au point de passer en Haute Cour et à être condamné, ne pourrait-il pas être déchu lui aussi de la nationalité française et redevenir Hongrois, ce que son père était à l’origine ?.
Si j’étais Besson, je ferais tout de même gaffe.
Quant à Jacqueline Galant, née à Mons, est-elle certaine de n’avoir que des Belges dans son arbre généalogique ?
On ne sait jamais, depuis que le MR copie la droite française, il se pourrait que par excès de zèle, si par aventure le MR revenait au pouvoir, on en viendrait à remplir de nouveaux charters ?

4 août 2010

A la chaleur de l’été…

Ce que l’on n’a pas encore compris en Belgique, malgré les affaires parfois très anciennes desquelles surgissent des noms comme Mathot, Coëme, Van der Biest, Cools, Ducarme, Fournaux ou des administrations communales comme Charleroi ou Huy, c’est l’extrême convergence d’intérêt des organisations politiques de pouvoir avec l’argent… l’argent sale, l’argent des riches, l’argent des donateurs, l’argent public et l’argent privé.
Au vu de l’effondrement de la cote de popularité de Sarkozy, suite à l’affaire Woerth-Bettencourt, les Français l’ont compris
Indépendamment des suites des enquêtes en cours et des différentes personnes qui seront blanchies ou impliquées, cette affaire a révélé deux choses fondamentales dans le pourrissement de la démocratie qui sont également valables pour l’ensemble des pays de l’Union Européenne.
1. La justice ne se rend pas de façon égale pour tous.
Elle va au domicile de madame Bettencourt. Elle va également dans les bureaux du ministre pour son audition. Mais elle met en garde-à-vue un maître d’hôtel et convoque sept à huit fois de suite une comptable pour la faire revenir par harcèlement et intimidation, sur certaines de ses déclarations gênant le président de la République.
La garde des sceaux Alliot-Marie laisse le procureur Courroye de Nanterre mener des investigations, sachant qu’il est l’ami du pouvoir UMP, en plus, il est connu et cité dans les conversations chez les Bettencourt avant que l’affaire éclate, comme un ami sûr et compréhensif; enfin, sous la dépendance directe de la chancellerie, Courroye devra la suite de sa carrière à la garde-des-sceaux. Alors qu’un juge d’instruction est tout à fait indépendant et offre de meilleures garanties d’équité.
Voilà pour la justice.
2. Pour le reste, c’est la première fois que la vie de l’héritière d’une des plus grandes fortunes de France est étalée sur la voie publique. Ce n’est pas triste ! On la voit en villégiature à l’hôtel sur la côte faire donner à ses chiens des soles à cent euros pièce, sortir des sommes astronomiques de ses comptes pour… permettre à la droite de battre Ségolène Royal, opération maquillée en achat d’une bague, d’après son homme d’affaires de Maistre.
On voit les « amis » de la vieille dame, comme Banier, le photographe, faire le siège à l’argent qu’elle possède et qu’elle a la faiblesse de lâcher par paquet de cent briques et l’indignation des domestiques, nombreux à Passy, environ une vingtaine, assister rageurs et impuissants à ce pillage organisé !
Et on se dit qu’à défaut de preuve que Woerth ait été ou non compromis, ce n’est pas dans ces milieux qu’un homme politique doit chercher des exemples pour le peuple et que s’y montrer et s’y complaire est un signe qui ne trompe pas.
Cette affaire Woerth-Bettencourt n’est pas sans rappeler les affaires qui ont secoué le monde politique belge et le secouent encore. La rouerie de certains hommes d’Etat dont on voit les noms qui traînent aux alentours d’affaires louches, et qui passent à travers en niant effrontément des évidences, nous revient à la mémoire..
Car tout se passe en maquignonnage dans ces milieux. Jamais d’écrits, rien que des engagements sur parole et des « top-là », dans la main. C’est tout à fait comme dans l’ancienne aristocratie de la pègre, la parole donnée ne laisse pas de trace et est basée sur la confiance et l’honneur entre voyous : une affaire d’homme…
Des « julots » en politique, il en pleut.
Revenons à l’exemple français : le 18 janvier 2007, la comptable de Madame Bettencourt sort 50.000 € de la banque. Elle les remet à sa patronne à 12 h 30, laquelle aussitôt les dépose dans les mains de son homme d’affaires Patrice de Maistre. On a de lui une note expliquant à sa cliente qu’il faut financer l’UMP et NS (Nicolas Sarkozy). Le lendemain, de Maistre rencontre Eric Woerth, à 8 h 30 du matin dans un café. Eric Woerth est déjà à cette époque le trésorier de l’UMP.
Tout est prouvé, sauf dans quelle poche sont passés les 50.000 € ?
Vous le savez… tout le monde le sait, sauf le pouvoir et l’intéressé.

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Woerth nie. Il n’y a aucune preuve, il n’a signé aucun accusé de réception, et pour cause…
Sur ces simples présomptions, un citoyen ordinaire dans le cadre d’une instruction sur l’utilisation de fonds à destination illégale, serait inculpé et partirait en préventive.
Mais il n’y a pas de juge d’instruction, le procureur Courroye n’a pas « le pouvoir » du juge d’instruction. Et même s'il l'avait !... que Woerth craquerait, dans un ultime sursaut d’honnêteté, oui, il a failli, non il n’est pas l’honnête homme qu’il se dit, oui, les fonds recueillis ont servi à battre Ségolène Royal pour que la droite s’impose, etc… c’est Sarkozy qui saute et avec lui, on assiste au plus gros scandale de ces 50 dernières années et la déroute certaine de la droite, après que la Haute Cour ait condamné et déchu de ses fonctions le président de la République.
Alors, dans tout cela, l’honnêteté de Woerth est incontournable… affaire d’Etat !...
Le temps passe. On arrive aux vacances, ouf… Ils se croient sauvés.
D’autant que l’opinion de droite se scandalise de l’insistance « fasciste » des journaux et des partis de gauche.
C’est le monde à l’envers. Mais, il en a été toujours ainsi. Accabler l’adversaire de ses propres vices et mensonges, c’est troubler l’opinion.
Mais voilà, l’opinion en France n’est pas si bornée qu’on ne le croit.
Qu’on se méfie en Belgique, le citoyen pourrait, lui aussi, sortir de sa torpeur estivale. Nous avons aussi nos julots.

3 août 2010

Fan de Nadia !

Nos éminents sont en vacances. D’Italie, le préformateur préformate par courriel avec son alter ego Bart De Wever, son gouvernement de demain.
Pour l’heure, puisque les héros sont fatigués, la piétaille peut s’attarder sur des questions que les laïcs se posent depuis longtemps, comme le financement public des cultes. Ce ne sont pas sujets d’une actualité brûlante. Nos deux premiers rôles ne s’en soucieront guère à la rentrée.
Les cochons de payants, qui ne croient ni à dieu, ni à diable, financent, bons princes, les prélats dans leur prélature, comme les curés dans leur presbytère, en fulminant contre les chômeurs, de sorte que Dieu et ses troupes passent inaperçus.
C’est tout de même Bètchette Onkelinx qui a retrouvé le pétard noyé dans le vin de messe de la sacristie d’Yves Leterme pour le rallumer sous le gouvernement violet, couleur hautement symbolique !
La mâtine, alors ministre de la Justice, avait profité des sanglots des âmes pieuses aux récits des victimes des prêtres pédophiles pour s’annoncer à la Commission des Sages chargée de débroussailler le Buisson ardent alimenté par le contribuable, pie et impie confondus.
Elle y est toujours dans un groupe de travail qui proposerait au futur ministre des cultes une législation inédite avant la fin de l’année.
Comme les Sept vacanciers de l’impossible et le duo d’enfer le ressentent, on va régionaliser à tout va. Cela serait le bienvenu qu’on régionalisât les cultes, la Flandre pieuse garderait l’étiage des bénitiers à son niveau d’avant la guerre de BHV ; tandis que la Wallonie plus laïque pourrait rogner sur les rentes attribuées aux religieux. Cela nous ferait moins de dépenses ! D’autant que les Imans qui ne sont pas tombés de la dernière pluie, auraient à réclamer les mêmes avantages que chez leurs concurrents.
Mais ce petit détail ne règle pas le fond du dilemme.
En effet, pourquoi l’argent des laïcs devrait-il servir à payer des services qu’ils ne réclament pas, mieux qui ne leur sont d’aucun intérêt ; alors que la laïcité a aussi des fonctions et des devoirs à accomplir, sans percevoir des sommes équivalentes ?

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Sur cette interrogation de bon sens, voilà des experts universitaires de l’ULB et de l’UCL, du Centre interuniversitaire de formation permanente et des Fucam qui s’agitent et, s’emparant de la chose, risquent fort de brouiller les pistes involontairement, en inventant « la mouche à deux culs », comme savent si bien le faire nos élites, dans l’enthousiasme de leur zèle..
On sent bien que ce débat complexe finira dans les grands auditoriums par quelques discours fameux qui recueilleront des succès d’estime à défaut de déboucher sur des Arrêtés Lois.
Car, voilà un demi-siècle qu’on en parle de ce financement des cultes, toujours contré par un calotin camouflé en « homme au-dessus des partis » qui, en sa qualité de sage, tranche la question… en la laissant en suspens.
Pourtant c’est, ni plus, ni moins, de la transparence des fonds publics et leur bon usage, dont il est question.
Peut-être progressera-t-on dans les travaux, car le temps presse avec la montée de l’islam et sa religion qui donne de l’urticaire aux « héros » 100 % belges qui se réunissent en général au café du Commerce, en face de l’église paroissiale. Jusqu’à présent laxistes ces groupes, plutôt à droite et déchristianisés au profit de l’amour du sol, seraient davantage intéressés que du temps où il n’y avait que les cathos.
Et puis, n’oublions pas le voile islamique toujours en discussion, qui rappelle qu’on va finir par douiller pour les mosquées aussi..
Ne faudrait-il pas arrêter enfin une stratégie qui toucherait l’ensemble de la Région wallonne, puisque demain, l’Etat n’aura plus guère l’occasion d’assurer la taxe du culte, dans un pays qui n’existera plus ?
Pour le voile, on aurait bien besoin de relire le blog de Nadia Geerts dont voici la conclusion sur l’interdiction des signes religieux à l’école :
« Au nom de quoi, alors, interdire les signes religieux (et politiques) à l’école ? Au nom du fait que si la laïcité accepte la présence du religieux, elle en refuse l’immixtion dans le champ institutionnel. La distinction entre présence et immixtion est certes difficile, mais dans le contexte actuel, les signes religieux ne sont pas de simples accessoires sans importance. Ils véhiculent une charge symbolique importante, tant pour ceux qui les portent que pour ceux qui les voient. Ils disent à l’autre « voici ce que je crois », et ce dans une enceinte qui a pour mission de leur transmettre ce qu’il faut savoir. Face à cela, il est urgent que les politiques en charge de l’enseignement obligatoire rappellent, par une loi d’interdiction, que l’école n’est pas un lieu de foi, mais un lieu de savoir. Ce qui n’ôte en rien la liberté à chacun et chacune d’avoir la foi, et de la manifester si bon lui semble… en dehors de l’école. »
Cela est tellement bien écrit et juste qu’on ne pourrait que lui faire confiance pour le reste.
Que Bètchette et les universitaires le reconnaissent, il suffirait de nommer Nadia Geerts ministre régional des cultes, pour être certain qu’elle trouverait à propos du paiement de nos curés, une solution juste qui ne les mettrait pas sur la paille et qui satisferait les laïcs.
Hélas, c’est impossible à un ministre ou à un cuistre d’université de laisser la place à plus valable que soi.

2 août 2010

L’épate de l’iPad.

Steve Jobs, le PDG d’Apple en sortant l’iPad vient d’inventer l’objet sans destination précise, laissant le soin à l’acheteur de se poser la question « A quoi vais-je bien pouvoir utiliser ce « Magical, extraordinary, wonderful » bidule ?
Nous entrons ainsi dans l’ère du super, qui est dans ce cas l’apocope de superflu.
Comment est-on arrivé à nous vendre un objet sans destination précise, mais qui pourrait les faire toutes à condition d’avoir besoin d’un ordinateur (très moyen), d’un téléphone plus difficile d’accès qu’un portable ordinaire, d’un livre électronique (inutile pour ceux qui ne lisent jamais et peu performant pour des lecteurs curieux et avertis) et d’un GPS très en-dessous d’un GPS à haute définition ?
Selon la vision d’Apple du progrès, on ne peut savoir à l’avance ce qui va se vendre comme des petits pains ou rester dans les entrepôts, quand l’objet a une destination bien précise, que l’on voudrait chez Apple « utile ». Mais quand l’objet n’a aucune fonction principale, il devient à l’exemple des canifs suisses, un outil à multi usages.
Pour ceux qui ont eu un jour dans leur poche un canif du genre, ils se souviennent certainement de l’inutilité de la plupart des « services » que l’objet pouvait rendre, de la difficulté d’en sortir une fonction qui n’avait jamais été demandée auparavant à cause de la rouille qui finissait par avoir raison de la bonne volonté de l’usager.
Dans le cas de l’électronique, puisque le côté mécanique n’existe pas, force est bien de constater qu’en ne faisant pas usage d’une fonction, on finit par ne plus savoir y accéder par oubli de la procédure. Il faut alors retourner aux notices explicatives et réapprendre l’application.
L’iPad est une curiosité, un petit ordinateur à trimballer partout. Il n’a donc sa place nulle part, tout en l’ayant partout. Consultable de n’importe quel endroit, il devient vite un objet à conserver à portée, c’est-à-dire qu’on va oublier sur une table, sur un appui de fenêtre. Il n’est pas comme le téléphone portable qu’on glisse dans un étui à la ceinture ou dans une poche intérieure d’un veston. On ne le voit pas bien suspendu par un cordonnet de cuir comme une petite mallette qu’avaient jadis les percepteurs de tramways
La nouvelle liberté serait selon Kant les débuts d’une nouvelle servitude.
C’est ainsi que s’opère de façon imperceptible des modifications de comportement qui sont liées aux objets qui devraient nous faciliter nos tâches et améliorer nos vies et qui sont, au contraire, de nouvelles aliénations ; car enfin, l’iPad a un coût, si le produit peut aussi être un jeu, son emploi sera davantage orienté vers l’activité principale de son utilisateur, une grosse partie de ses possibilités seront très peu utilisées, ou pas du tout. C’est comme si vous achetiez un camion au lieu d’une voiture sous prétexte qu’un jour vous aurez peut-être à transporter des chaises !

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La consommation à outrance qui fait que chez la plupart des utilisateurs l’iPad fera double ou triple emplois, est en elle-même un gaspillage, sauf qu’il faudra à l’utilisateur une force peu commune de sens critique pour s’en apercevoir. L’utilisateur sera « contrôlé » par Appel qui en profitera pour vous bombarder de publicité, en vous félicitant d’avoir fait le bon choix et en vous laissant entendre que des applications nouvelles seront certainement sous peu en vente et que le futur modèle sera encore plus performant « unbelievable, It is just dream, etc ».
Restera la question de savoir en achetant le nouveau, ce qu’il adviendra de l’ancienne génération, pourtant déjà incomparable !... et pourquoi vous n’avez pas attendu six mois pour l’acheter et ainsi faire l’économie de « l’ancien » qui vous paraîtra déjà « ringardisé » ?
Il ne conviendrait pas à Apple d’avoir « raison gardé » parmi les fans de sa clientèle.
Il est vrai que les « heureux » utilisateurs de la nouvelle merveille pourront justifier leur nouveau gadget par la réplique qui ne supporte aucune autre : « On n’arrête pas le progrès ».