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30 septembre 2016

La N-VA N(e)-VA pas bien !

Tiens, c’est vrai ça ! Que pense le Vlaams Belang des pleurs de Bart De Wever et du plongeon dans l’inconnu de la N-VA ?
On avait oublié en Wallonie que la N-VA avait encore de la concurrence sur sa droite.
Les leaders du Vlaams Belang se retiennent pour ne pas danser de joie. Mais, ils n’en pensent pas moins que chez leurs concurrents, à force de goûter au pouvoir, même dominant le faible Charles Michel, Bart s’est brûlé les ailes, comme un papillon trop près de la flamme. Et le Vlaams parle par expérience.
Plus personne ne le sait en Wallonie, mais le ténor actuel du Vlaams s’appelle Tom Van Grieken. Il est prudent Tom. Il ne fait pas de commentaires sur les bras cassés d’en face, dans l’espoir de récupérer ceux qui peuvent encore marcher et traverser la rue, afin de poursuivre le « vrai » combat flamand.
Le bureau du maïeur d’Anvers semble trop grand pour Bart. Il a succombé au charme du vieil or, du mobilier ancien et des belles manières que les socialistes, avant lui, avaient su si bien préserver du magnifique Hôtel de Ville qui vit passer Rubens sous ses fenêtres !
Bien entendu, Tom Van Grieken signale que les héros de la cause flamande, Hendrik Vuye et Veerle Wouters, sont les bienvenus chez les purs, que deux fauteuils leur ouvrent les bras au Comité directeur, car il a senti que les cendres de Klaas battent sur leurs poitrines…
« Sur les bûchers fumait la graisse des victimes. Ulenspiegel (réincarné désormais en Filip Dewinter et plus par De Wever), songeant à Claes et à Soetkin, pleurait solitairement. Il alla un soir trouver Katheline pour lui demander remède et vengeance.Elle était seule avec Nele cousant près la lampe. Au bruit qu'il fit en entrant, Katheline leva pesamment la tête comme une femme réveillée d'un lourd sommeil. Il lui dit: - Les cendres de Claes battent sur ma poitrine, je veux sauver la terre de Flandre. Je le demandai au grand Dieu du ciel et de la terre, mais il ne me répondit point. » (Charles De Coster)
Si personne en Wallonie ne connaît Tom Van Grieken, par contre, Filip Dewinter et Gerolf Annemans ne sont pas des inconnus pour ceux qui ont survécu au Mouvement Populaire Wallon torpillé jadis par les socialistes. Les « grandes voix » (expression à la mode) du Vlaams Blok devenu Vlaams Belang, sont plus démonstratifs et enthousiasmes. Ils adorent Hendrik Vuye et Veerle Wouters. Ces perles rares confirment leurs espérances, tout ce que De Wever a grignoté au Vlaams leur reviendra un jour pas très lointain !.
En un mot, Bart De Wever n’est pas un vrai Flamand ! Ce ne sont pas les circonstances extérieures à la N-VA qui minent ce parti, mais les membres du parti à l’intérieur de celui-ci.

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Ils se sont aperçus que De Wever aime mieux le pouvoir national que la Flandre éternelle !
F. Dewinter se rappelle les querelles intestines avec Marie-Rose Morel et Frank Vanhecke qui ont finalement mené le parti où en est presque déjà arrivé la N-VA. Les dissensions internes finiront par faire éclater la N-VA. Dewinter en est sûr. Pour une fois, le mot « réfugiés » ne lui reste pas dans la gorge. Il est prêt à accueillir tous les réfugiés de la N-VA qui le voudront.
Un observateur du flamingantisme ambiant croit que « Geler la question communautaire, c’est comme congeler un corps malade. On ne sait jamais comment ça va se passer lorsqu’on le décongèlera cinq ou dix ans plus tard. Liesbeth Homans n’est pas un mammouth de Sibérie. Et de citer le CVP qui a commis la même erreur dans les années 80, et qui rame depuis loin de ce qu’il a été pour la Flandre au siècle dernier.
Pour les Flamands braqués sur le problème de l’Etat belge, refaire un nouveau bail avec Charles Michel en 2019 est impensable.
Pour d’autres raisons et en tenant compte du mauvais état de la Belgique, je pense qu’ils ont raison. Un Charles Michel II, rien que d’y penser, c’est cauchemardesque !

29 septembre 2016

À la N-VA, quand Guignol rosse De Wever.

Les médias francophones le disent, la N-VA vit la plus grave crise de son histoire. La presse flamande n’est pas si catégorique, rapport aux sympathisants de la N-VA et au club de fans de Bart De Wever, lecteurs potentiels non négligeables. On y parle d’un certain malaise à la suite du départ de deux personnalités au sein du parti.
Ce qui est étonnant, c’est l’effondrement de Bart De Wever en public ponctué de quelques larmes – à moins que cela soit du cinéma – avec cet aveu «C’est la première fois que la N-VA va aussi mal, j’en suis responsable».
Après le missile Scud pour que les Wallons sortent du trou, personne ne s’attendait à un effondrement en interne. Le MR (pas ceux qui sont au contact avec la N-VA au gouvernement, mais bien les responsables qui surveillent leur cote de popularité en francophonie) disent partout que la crise de mélancolie de Bart De Wever est le résultat d’une stratégie gagnante qui, en « mouillant » la N-VA au pouvoir, a réussi le tour de force de le fragiliser. Bien sûr, il y a l’usure des volontés dans la confrontation permanente interne, mais là n’est pas l’essentiel.
Les Socialistes de leur côté se voyaient déjà poussés dans le dos par la base réclamant d’activer le régionalisme, alors que plus bourgeois qu’eux tu meurs et que les classes moyennes supérieures ne veulent à aucun prix l’étape suivante, estimant le fédéralisme déjà trop audacieux !
Le journal « Le Soir » cachait mal sa jubilation « Un parti nationaliste qui ne veut plus l’indépendance, un leader en béton armé qui fond en larmes, un homme à la volonté de fer qui dit n’être que doutes, un parti champion de la gestion qui ne sait pas gérer un budget : avouez qu’il y a, même en français, de quoi perdre son latin. »
Personne n’a imaginé un élément essentiel dans l’imbroglio d’une N-VA qui veut et ne veut pas. Cet élément devrait faire réfléchir les partis d’opposition et même l’extrême gauche.
Tout homme de pouvoir dans ce qu’on appelle encore une démocratie en 2016 est peu à peu usé, découragé, on pourrait même ajouter décontenancé, dépité, enfin tout ce que l’on veut, quand il s’aperçoit qu’en réalité il n’a jamais été le vrai patron de la boutique, comme la Constitution le lui dit, en s’entremettant au nom du peuple dans la gestion du pays, mais le gérant ! Un gérant qui doit des comptes non pas à ceux qui l’ont placé là où il est, mais à d’autres responsables « hors » du système et donc en-dehors de la démocratie.
Il doit d’abord en référer à l’Europe qui garde les tables de la loi économique, comme Moïse au Sinaï, mais Dieu c’est le CAC 40, les banques Wall Street, la place de Frankfort, les Chinois avec le yuan, l’Américain avec le dollar, tous réunis dans un consortium bien d’accord et omniprésent, réunis en une association dont il est interdit d’enfreindre les règles.
Di Rupo l’a bien compris qui s’est empressé de déposer des boules puantes à son successeur qui lui-même en transmettra d’autres au suivant.

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Alors, vous pensez, la N-VA, Bart De Wever, le flamingantisme exacerbé ou passif, qu’est-ce que l’Ordre économique en a à foutre ? Et ce sous n’importe quel gouvernement et n’importe quel parti, fût-il le plus extrême !
Bart De Wever ne rengaine pas son hautbois nationaliste parce que Charles Michel est un redoutable et fin politique. Ce n’est pas non plus à cause des Francophones qui ne prennent pas le relai et restent dans le trou à rat dont ils aiment la puanteur, c’est parce que le grand manitou ne le veut pas.
La déconvenue de la N-VA est éminemment celle de la démocratie. Non, pas que je regrette que les Flamingants en restent là, mais pour d’autres raisons qui nous concernent tous.
Dieu est le plus fort. Il nous tient par la dette, nos alliances, notre commerce extérieur et Dieu ne veut pas qu’une merde supplémentaire s’ajoute au paquet d’étrons de la Communauté européenne.
Dieu à l’esprit bourgeois le plus conservateur qui soit, ne l’oublions pas. Écoutez ce que nous racontent les prêtres du veau d’or, et vous saurez pourquoi c’est fichu pour la N-VA… et pour les autres aussi.

28 septembre 2016

De la Kalachnikov au Soukhoï Su-24…

Du temps où les nazis tuaient femmes, enfants, vieillards sous prétexte qu’ils étaient Juifs, très peu de monde était au courant. Même dans les pays occupés par les troupes d’Adolphe, on ne sut vraiment le génocide qu’à la Libération. Certes on voyait la traque de ces pauvres gens, l’étoile jaune et leur disparition vers des camps de regroupement, mais on ne pouvait imaginer l’horreur. Dans une situation difficile, la population sous l’occupation usait d’ingéniosité pour survivre. Les petites saloperies se passaient entre quatre murs, les nazis et leurs victimes. Les Alliés qui combattaient le monstre furent stupéfaits en 1945 de découvrir les camps et les populations libérées étaient aussi stupéfaites.
En 2016, avec les informations de multiples réseaux, les moyens individuels s’appuyant sur Internet, on ne peut pas dire qu’on ne savait pas, qu’on n’était pas au courant ou si peu, même si les journaux passent plus de temps au procès Wesphael et au divorce d’Angelina Jolie qu’aux informations sérieuses. On n’a aucune excuse en regardant d’un œil à peine intéressé le crime de guerre que Poutine est en train de perpétrer avec son armée à Alep en Syrie.
Pourtant, après des bombardements intenses des Soukhoï Su-24, le 24 septembre 2016 dans un quartier rebelle d'Alep, on devrait savoir.
La Russie utilise sa puissance de feu pour aider le régime syrien à reconquérir Alep. Elle estime qu'il vaut mieux remporter une victoire militaire que de poursuivre de vaines négociations avec Washington. Pour ce faire, tous les moyens sont bons.
Certes, Alep et ses faubourgs ne sont pas comparables à la quantité des Juifs exterminés par les nazis. Ici, on est en dessous du million d’habitants dont les trois quarts ont réussi à s’échapper de l’enfer, reste quand même entre cent cinquante et deux cent mille personnes, hommes, femmes, enfants, vieillards en danger de mort.
Daech et ses abominables criminels ne sont pas à Alep. Ceux qui résistent sont principalement les premiers adversaires du régime de Bachar al-Assad. Des résistants syriens que les États-Unis ont aidés et armés jusqu’à présent et que par faiblesse et parce qu’il est en fin de mandat, le président Obama abandonne.

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Certes, on palabre toujours. John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov ont même réussi d’instaurer un cessez-le-feu le 12 septembre mais il n'a duré qu'une semaine.
La semaine dernière l'acheminement d'aides humanitaires à Alep où les habitants sont affamés, a été interrompue à cause des bombardements de l’aviation russe. Un hôpital de médecins sans frontière a été touché par des bombes. Des soignants sont morts, les autres ont été rapatriés.
Devant la faiblesse des forces alliées contre le régime de Damas et l’État Islamique en Syrie, Poutine en profite pour mettre tous les opposants à la dictature de Bachar dans le même sac. Les résistants de la première heure, ceux dont le monde entier avait pu voir les villages détruits et les enfants tués par les troupes de Bachar sont assimilés aux jihadistes du Front Fateh al-Cham, ex-Front al-Nosra (branche syrienne d'Al-Qaïda).
Est-ce bien l’objectif des Européens dans leur lutte contre les commandos de Daech sur leur territoire de laisser à Damas un pur produit du despotisme, pour une grande part responsable de l’expansion de Daech ? Accorder à Bachar al-Assad une victoire décisive en éliminant toute alternative d’une opposition qui tenait Alep hors du pouvoir de Bachar, mais aussi de Daech, n’est-ce pas renforcer les barbaries ?
L’offensive russe à Alep rappelle celle de la Tchétchénie dans les années 1990 et la prise de Grozny. C’est la même tactique : l'artillerie conquiert le terrain et l'infanterie l'occupe. L’artillerie, c’est Bachar qui s’en charge, l’aviation, c’est Poutine.
L’information sur le massacre qui se perpètre à Alep existe. Elle n’est pas suffisamment mise en évidence par les journaux belges. L’opinion s’effraie d’une pierre dans un carreau, mais par ici seulement, tandis que des dizaines de milliers de morts ailleurs laissent de marbre.
Il paraît qu’on va avoir Oswald Decock à la barre, au procès Wesphael ce mercredi…. On s’en régale à l’avance.

27 septembre 2016

La Libre Belgique n’en rate aucune.

Le 16 septembre La Libre a fait « porte ouverte » en accueillant dans ses colonnes un collectif foulardisé selon la mode actuelle chez les tapées de religion. En terre occidentale vouée par la grâce d’Allah à l’islamisation, la Libre Belgique est le porte-étendard des « progressistes » qui passeraient d’une religion à l’autre sous tous les Dieux, pourvu qu’ils fussent sévères !
Je n’ai pas mis dix jours pour « penser » à la chose, disons que j’avais abandonné le projet d’un bloc tant l’histoire avec les religions et particulièrement cette petite dernière, en sa terre d’asile, me court sur le haricot.
Le blog de Nadia Geerts critique justement les propos des dames au foulard. Entièrement d’accord avec elle, la cause féminine n’est pas bien défendue par ces musulmanes pratiquantes. Elles la desservent plutôt.
Comme je ne donne pas de conférence chez les Femmes Prévoyantes Socialistes, je vais être franc avec tout le monde.
La première phrase de cette lettre est déjà une provocation « En Belgique, les mesures en vue de refouler hors de la vie sociale les musulmanes portant le foulard se multiplient. Ne nous contraignez pas au repli communautaire, devenons des alliés. »
Si je comprends bien, en trouvant indigne d’une femme libre de porter ostensiblement les signes d’une religion, alors que par temps chaud le mari est en bras de chemise, on la contraint « à un repli communautaire », on devine où elle veut en venir. Elle veut justifier le bonhomme en cherchant à se faire ostraciser par le pays d’accueil.
C’est, ni plus ni moins, donner un coup de pouce à la tension et offrir des arguments à Daech !

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Les récits de voyages dans les pays du Maghreb témoignent de l’hospitalité réelle des Algériens et des Tunisiens. Depuis Flaubert s’étant, du 12 avril au 5 juin 1858, « esbigné pour le rivage du Maure » qui a laissé treize Carnets de Notes de Voyage, tous font la même remarque sur les mœurs des hôtes : un grand sens de l’hospitalité. Cependant, et c’est légitime, il convient d’y respecter les mœurs et les coutumes des pays traversés, sans quoi ils deviennent franchement hostiles, agitent des couteaux et chassent impitoyablement de sous leur toit, ceux qui, parfois sans le vouloir, ont blessé leur amour propre dans leurs façons. Si ces voyageurs avaient décidé de rester sur place et qu’au lieu d’être une poignée ils avaient été cent mille, il y aurait eu un basculement de l’hospitalité en méfiance, guerre clandestine avant d'être ouverte, comme ce fut le cas, bien après le voyage de Flaubert.
Cent cinquante années plus tard, que je sache, ce n’est pas une visite de courtoisie, mais une implantation de ressortissants arabes en Europe.
Le nombre jouerait-il un rôle essentiel dans l’établissement des règles du jeu ?
Entrerions-nous dans un processus inversé des accords d’Evian ? Jouerait-on le scénario des Pieds-Noirs français d’Algérie, par un afflux contraire, reprenant le voyage à l’envers ?
Eh bien non ! Nous n’en sommes pas là. Mais il est dangereux de nous en faire souvenir.
Si l’hôte a un devoir d’accueil, le visiteur a celui de la retenue et du respect des mœurs qui ne sont pas les siennes et qu’il découvre.
Veut-il rester ? Qu’à cela ne tienne, à condition de se fondre dans la population et de faire un effort d’assimilation.
Ce n’est pas bon d’interdire le port du voile, comme ce n’est pas bon de l’arborer ostensiblement. Se promener dans des tenues que l’on peut comprendre dans les premières journées d’arrivage cinq ans plus tard, cela ne fera pas avancer d’un pouce la cause féminine, ni reculer d’un poil le machisme des mâles.
Depuis que les papes ne sont plus des criminels et que les jésuites sont rentrés dans leur caserne-couvent, le croyant européen ne veut plus de ces simagrées et de ces accoutrements de propagande.
Alors, bon, la laïcité c’est déjà difficile à vivre avec les politiciens qui font dans leurs frocs devant les couteaux brandis. Quand on est athée en plus, ce battage pour des élucubrations écrites il y a une éternité, selon des visions « haschichisées », passe pour de la connerie exportée, comme si on n’en avait pas assez de la nôtre !

26 septembre 2016

Un quart d’heure différent.

Pour être d’art ou pseudo, la poésie doit sous quelque forme que ce soit, être présentée à un public. Une autre manière, c’est l’amoureux qui rime sa pensée à la personne de son cœur ou encore, l’exalté devant le pont du Gard qui rend hommage au génie romain et honteux d’avoir transcrit un élan lyrique en vers, jette son papier chiffonné dans le Gardon.
En toute chose et la poésie n’y échappe pas, montrer son travail est primordial. Le danger est de sombrer dans le riquiqui, l’élan vers l’autre qui donne envie de rire aux autres.
C’est le danger dans lequel sombrent beaucoup de rimailleurs.
Cet art devient vite incompréhensible et d’autant plus insupportable à cause des rimes savantes puisées dans des dictionnaires. Dans certains cas, le public, c’est comme quelqu’un qui n’entend pas le chinois et qui à une conférence subit un orateur qui parle mandarin.
Il me souvient d’une émission d’RTLTvi, Jacques Pradel était aux manettes.
Croyant bien faire, pour « adapter » leurs personnages à la strophe qu’ils voulaient romantique, deux candidats s’étaient déguisés en Pierrot et Colombine.
Pradel a dû passer un des pires moments de sa vie, partagé entre le devoir de rester sérieux et l’immense envie d’éclater de rire aux nez de ces deux inconscients.
Ce qui est dramatique, c’est la difficulté de percevoir le ridicule quand on est lancé dans des textes pour lesquels on ressent l’émotion du temps qu’on les écrivait au moment de les dire, alors que le public goguenard et passablement inattentif reste insensible.
Au fait, qu’est-ce que la poésie ?
Bien commode, on a Paul Valéry en penseur multiformes.
La poésie, dit-il, c’est le langage dans le langage.
À quoi bon avoir deux langages, le premier ne suffit-il pas ? On voit où le poète veut en venir. Langage dans le langage, l’État dans l’État, donc à toutes les singularités et bizarreries et effets de langage d’une Marie-Chantal déguisée en femme savante.
Qu’importe, ce qui compte c’est l’émotion vraie et non feinte et transcrite avec le plus de sincérité possible dans une situation où à cause des rimes on écrit malgré tout un mot qui dénature parfois la pensée au point de risquer son contraire.

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Ce qui m’amène à parler de deux formes possibles.
Les poèmes à forme fixe et les poèmes à forme libre.
En alexandrins, on entend le rythme des mots comme une musique.
J’admire beaucoup celles et ceux qui parviennent à rendre le même résultat en forme libre.
Les trois poètes souverains qui hantent les débutants encore aujourd’hui sont Baudelaire, Verlaine et Rimbaud, suivent évidemment les autres des plus lointains, de Rutebeuf à Eluard et même à celles et ceux, nos contemporain(e)s, parmi lesquel(le)s je cite Béatrice Libert, que j’eus l’extrême plaisir de seconder dans son entreprise, dans un récital à la petite salle de l’Émulation.
La notoriété en poésie passe par une notoriété acquise ailleurs.
Houellebecq, s’il n’avait été cet écrivain connu qui enrichit la maison d’édition en même temps qu’il gonfle son compte en banque, n’aurait jamais pu être édité en tant que poète. Et cela aurait été dommage, car sa poésie a une certaine valeur qui ne dépend pas de sa notoriété d’écrivain.
Enfin, tous les poètes en sont là.
La poésie est cet art majeur dont tout le monde se fout.
Et l’on a tort !

25 septembre 2016

Des nouvelles de l’Hôtel Mondo.

La presse belge ne se nourrit que d’Agences de presse et de lectures de journaux étrangers pour son brouet quotidien, afin de faire semblant de tenir ses lecteurs au courant des événements internationaux.
Les rédactions ont fondu au point que tous ceux qui à l’ULB suivent des cours pour obtenir une licence en journalisme et communications peuvent se brosser pour entrer dans un journal.
Les affaires belges sont politiquement trop sensibles pour en faire des compte-rendus suivis d’une analyse intelligente. Si bien que du côté francophone on aime assez traduire des articles de la presse flamande, bien plus incisifs, mais qui n’influencent guère le lecteur francophone par l’effet de méfiance de celui-ci à l’égard de l’opinion flamande.
Restent deux trous affreux à combler pour le rédacteur : le samedi et le lundi. Le samedi les prétoires sont fermés, les agences partent en week-end et le lecteur qui n’est pas sportif à tendance à passer son tour. Enfin le lundi, une bonne demi-journée est un temps creux. On se rabat sur les accidents mortels du dimanche. Les activités restent au ralenti. Il faut attendre l’édition du mardi, pour commenter les faits-divers et la réouverture des prétoires.
Le divorce Brad Pitt-Angelina Jolie est du pain béni pour la presse bruxelloise. Quant à la presse régionale, la Meuse tire sur la ficelle du procès Wesphael pour en remettre une couche sur les petits potins.
Dans l’alambic du boulevard de la Sauvenière Oswald Decock passe un sale quart d’heure.
La Meuse du samedi ; « Depuis que le procès Wesphael a débuté, il ne se passe plus un jour sans que l’on ne parle d’Oswald De Cock, l’amant de Véronique Pirotton, et de ses dégâts sur la relation Wesphael-Pirotton. Il nous revient aujourd’hui que Régine, l’ancienne compagne d’Oswald, a déposé plainte plusieurs fois contre lui pour harcèlement. Cela se passe bien après le drame de l’hôtel Mondo ! »

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Au début, on parlait d’un certain OD, psychologue, puis d’Oswald D et enfin le nom au complet, avec la profession et le lieu habité par l’intéressé, Fléron. Un simple coup d’œil sur la Toile et tout le monde peut connaître la rue, le numéro de la maison, etc. Sur Google Maps, les images, heureusement que les caleçons du type ne séchaient pas dans la cour à côté.
Régine, 42 ans, adresse à Waremme, photo et strip-tease, ce sera pour plus tard.
On oublie que l’accusé c’est Wesphael et la victime c’est Véronique Pirotton, même si l’Oswald s’y entendait pour souffler sur les braises.
Même si OD n’a pas eu au départ Véronique comme cliente et qu’ils se sont rencontrés à la terrasse d’un bistrot, en voilà un qui fait un métier qu’apparemment il ne maîtrise pas bien. On se demande si, grâce à la Meuse, il ne va pas devoir en changer ! Parce que comme psy, pardon, il ferait mieux d’aller consulter lui-même.
Ce procès Wesphael prend une étrange tournure. Si j’ai déjà commis deux articles sur le procès et qu’en voici le troisième, c’est davantage pour mettre en évidence l’étrange pouvoir qu’à encore cette presse, même moribonde, pour flanquer des gens par terre avec une rare détermination, avant de tomber moi-même dans la critique à la fois des articles de presse et des sujets qu’elle aborde, oui les deux protagonistes Wesphael et Decock manquent d’élégance et s’arrangent tous les deux pour salir l’image d’une femme qui n’est plus là pour se défendre.
Quand bien même l’un soit blanchi et l’autre seulement témoin, cela n’empêchera pas la Meuse de les avoir presque condamnés à finir leur vie chômeurs ; car pour l’un, leader d’un parti de gauche avec son QI à 83 et (toujours d’après La Meuse) ses week-ends amoureux avec une personne bien plus jeune que lui, le voilà mal barré pour de nouvelles tribunes politiques ; quant au psy cavaleur de première et rancunier en rupture amoureuse avec ses partenaires, ce n’est pas demain qu’un mari avisé ira lui présenter sa femme pour des conseils.
Encore une petite dernière du côté de Régine, qui faisait « amoureuse » par roulement avec Véronique : « Mais en janvier 2015, effrayée par les mensonges et la personnalité multiple d’Oswald (Régine avait notamment découvert qu’il avait placé un logiciel espion sur son PC), elle rompt définitivement. Oswald ne l’entend pas de cette oreille et tente de la relancer à de multiples reprises. Par des SMS, des appels téléphoniques, des lettres, l’envoi de colis, de clé USB, d’objets divers (clé, corde…). Ses manœuvres finiront par effrayer Régine. »
La différence entre Maître Uyttendaele et moi ? Lui se bouche le nez, moi j’ouvre les oreilles. Vous remarquerez que se boucher le nez n’exclut pas d’ouvrir les oreilles.

24 septembre 2016

Sganarelle - « Mes gages ! ».

La création dans le mode littéraire est un échec. Dans le mode théâtral, c’est une tragédie sans cesse répétée et jamais jouée.
Dans ces domaines, la création quoique intéressant un grand nombre d’actifs reste velléitaire dans la mesure où l’on a autre chose à faire pour gagner sa vie.
La voilà bien cette foule anonyme de créateurs dans l’incapacité d’être des montreurs. Ils habitent des petites villes comme Liège à prétentions artistiques, mais qui n’ont pas assez de public pour remplir deux salles en même temps.
L’échevin de la culture règne en satrape au milieu des desservants de l’Art subventionné. Il joue le rôle de Puntilla expliquant à son valet Matti l’étendue de ses propriétés, dans l’optimisme du propriétaire qui distribue des bourses forcément dans l’intérêt de sa gloire, mais aussi selon sa formation et ses connaissances souvent réduites aux chicanes politiques.
À moins d’une fortune personnelle, il faut tout plaquer pour savoir ce que l’on vaut à courir l’aventure d’une grande ville comme Paris, Lille ou Bordeaux, avec son petit bagage serré dans une serviette de fonctionnaire et un paquet de cartes de visite qui sont autant de reproches aux promesses non tenues de ceux que l’on a approché.
Courir les éditeurs ou les directeurs de théâtre c’est une gageure qui tente tout le monde mais vite abandonnée. Reste alors les fausses maisons d’édition où l’impétrant doit être davantage représentant de commerce qu’écrivain et les théâtres de seconde zone où les subsides de la ville font que l’on retombe vite dans l’émirat d’un pacha politique local. C’est-à-dire que l’on a devant soi un directeur de théâtre qui n’a pas son mot à dire dans les créations, qui n’en convient pas pour ne pas perdre la face, mais qui mène tous les auteurs inconnus en bateau.
La vérité de l’exploitation de la créativité est l’aliénation des auteurs s’ils s’y croient victimes de discrimination. Puisqu’ils le sont tous, à l’exception d’une infime minorité, ce n’est pas d’une aliénation qu’il s’agit, mais d’une incompatibilité de notre époque avec la création artistique.
Et ce n’est pas les quelques têtes d’affiche au service de pièces sublimes dans le bruissement des générales ou les dédicaces en librairie du dernier prix de la critique qui feront croire que la crème est devant nous et que les refus sont mérités.
Je parie même le contraire. Cette époque excelle dans le gâchis, qu’il soit industriel ou intellectuel.

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Les trésors les plus sublimes resteront à jamais anonymes et les grands talents ignorés pour toujours. Ce n’est pas pour me rendre agréable auprès des déçus et des refusés, mais pour simplement m’aligner sur la statistique et l’étouffement dans le nombre d’un « renouveau de l’art contemporain » qu’on ne pourra pas connaître, comme si à des époques antérieures Van Gogh n’avait pas eu un frère et Casanova le comte de Waldstein.
Qu’ainsi faute de choix, le public cultivé puise dans ce qu’on lui présente comme le meilleur une infime partie des productions de l’art en y éprouvant encore du plaisir, c’est toujours ça de pris sur l’inculture et les bruits furieux qui se préparent, mieux encore, qui sont déjà des best of de librairie ou des éclats divers des théâtres dits expérimentaux.
Le seul regret est qu’il y confond les goûts des maîtres avec le sien propre, depuis qu’on lui a enlevé celui de la critique, dans un univers binaire, comme s’il n’y avait que deux éléments, blanc ou noir, dans l’ignorance des cathédrales enfouies sous ses pieds.
Nous sommes entrés dans la civilisation du simili, de la photocopie, du 3 D.
L’exposition Salvador Dali aux Guillemins était une escroquerie. Il n’y avait là que des reproductions, plus moins bien réussies et bien présentées, certes, mais tout de même, faire payer les gens pour des reproductions !
La dernière étape sera de faire croire que la copie est de meilleure facture, ce qui sera possible avec les avancées de la technique, mais ce sera compter pour rien le travail de l’artiste et son inventivité. L’art poétique, c’est encore plus facile, il suffit de changer quelques mots et dire que c’est une œuvre de jeunesse personnelle, dès lors qu’on aura vieilli le papier et l’encre aux dates que l’on veut.
Tout fout le camp… surtout l’art !...

22 septembre 2016

La Flamanditude anti-taupes !

Le président de la N-VA Bart De Wever a publié une lettre ouverte sur le confédéralisme.
Outre les rodomontades du personnage à la suite de la démission de deux députés de son parti, cette lettre est essentielle si l’on veut connaître le fond de la tactique du président de la N-VA.
Elle consiste à écœurer la représentation francophone au niveau fédéral par l’abus ostensible du privilège naturel accordé à une majorité en trustant les places dans tous les rouages de l’Etat.
Dans sa suffisance, le présomptueux De Wever l’écrit dans sa lettre « Comment faire en sorte que le confédéralisme ne reste pas un fantasme politique? ». Il donne la réponse à sa question quelques paragraphes suivant « Nous devons placer les francophones dans cette position demanderesse. Nous devons forcer les francophones à sortir de leur trou. Et la seule manière d'y parvenir est d'utiliser la force que les électeurs flamands nous ont donnée. »
Nous voici confronté au principe de « flamandisation » du pays. L’appropriation systématique de tous les postes de commande, de toutes les situations dans lesquelles sont possibles des interprétations des lois et des circulaires, à seule fin qu’excédés par l’abus de pouvoir d’une majorité sur une minorité, les francophones associés malgré eux à cette flamandisation disent « stop » on n’en veut plus, devenons une confédération !
Déjà aujourd’hui se lit dans les moniteurs, les résumés d’assemblée, enfin tout ce qui touche à l’État fédéral, l’envahissement d’un personnel flamand nanti de cette mauvaise foi des majorités qui prétend être de bonne volonté à l’égard de la minorité et qui n’en fait rien.
Cette politique d’usure est payante parce que nous avons un gouvernement fédéral dans lequel la minorité francophone est prise en otage et notamment à cause de la grande faiblesse de Charles Michel à l’égard des partis flamands dont il dépend pour l’essentiel, puisque le seul parti francophone est le sien, donc malléable avec un Chastel, président a.i. complaisant à l’égard de la famille Michel.

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Bart De Wever voit juste. La francophonie dort sur ses lauriers. Elle croit avoir trouvé une planque qui lui permet d’attendre que le nationalisme flamingant s’épuise à force d’être choyé et honoré pourvu que les deux communautés couchent dans le même lit. Faire chambre à part ne viendrait pas à l’idée des Magnette, des Marcourt, des Lutgen, encore moins du MR tout entier.
La mollesse francophone est une précieuse alliée de Bart De Wever. Il attend que le Flamand du couple tire toutes les couvertures de son côté et laisse l’autre à poil devant l’hiver qui vient.
Et comment faire autrement, quand c’est une majorité qui dit sa loi à une minorité ?
Sauf si l’on considère que loin d’être aux alentours de cinq millions contre plus de sept, nous sommes en réalité autour des 70 millions à se toucher, s’interpénétrer et à vivre sur un territoire continu des Pyrénées aux confins mosans.
Pour le malheur des Wallons et des Bruxellois, nous n’en avons pas conscience et nos frères de langue et de mœurs non plus.
À y bien regarder, à force de pousser leur politique d’accaparement des rouages de la société fédéralisée, la N-VA pourrait un jour nous en faire ressouvenir.
Reste une inconnue que Bart De Wever ne maîtrise pas : l’esprit bourgeois des sociétés flamandes et francophones unies par l’intérêt commun des banques et des entreprises entremêlées dans ce pays. Ce projet de confédération pourrait à la longue user la patience de ces gens-là. Comme Bart De Wever est à l’ordre le petit doigt sur la couture du pantalon dès qu’un bourgeois flamand lui rappelle ce qu’il doit aux armateurs de la prospérité, il n’est pas dit que tout cela finisse par déplaire chez les vrais patrons de la N-VA.
En attendant, les francophones n’ont presque plus rien à dire au Fédéral et les hauts emplois qui y sont attribués à la majorité flamande, avec les doublons pour cause de flamanditude obligatoire, commencent à nous coûter drôlement cher !

Kafka : le procès !... (suite)

Je m’apprêtais à vous livrer le désarroi qui s’était emparé de moi à la lecture de l’audition de la coiffeuse de Véronique Pirotton, à propos des retouches des mèches de sa cliente, lorsque le journal me jeta en pleine figure la mèche allumée d’une bombe, celle du professeur de religion violeur de la jeune Véronique. Alain de Waremme profitait des moments d’abandon de son élève en pleine tétanie pour accomplir la prophétie de Dieu « Tu ne violeras point, sauf si le besoin s’en fait sentir ».
C’est tout à fait inopinément que Véronique se réveillant trop tôt se vit abusée sur le bureau du maître. Elle en conçut une amertume profonde et se réfugia dans le vain usage des consultations chez les psy, avant de rencontrer Oswald D de Fléron.
Ainsi c’est donc vrai tout ce que l’on raconte sur les professeurs de religion. Les catholiques sont des violeurs et les musulmans des terroristes !
Et voilà pourquoi vingt ans plus tard, VP se réfugia dans l’alcool et mit son foie en danger !
Les explications logiques de la détresse morale de ce petit monde tourneboulé sont données par un professeur qui a testé Bernard Wesphael. L’accusé n'aurait qu'un QI de 83 ! Sans avoir la réputation d’être très vif de la comprenette, le belge moyen en a un de 99... Encore un drame de la misère intellectuelle ! Selon Bacquelaine, Michel et consort, les pauvres ne sont pas intelligents. Les riches non plus dit Raoul Hedebouw. Sans être peuplé de dégénérés, le gouvernement actuel est à 83,5, soit un demi-point au-dessus de celui de Wesphael. Il serait même carrément en-dessous, si à lui seul Didier Reynders ne remontait le QI de ses collègues à la moyenne nationale !
J’en étais arrivé à la conclusion qu’Oswald D et Alain de Waremme ne devaient pas être des inconnus l’un pour l’autre et qu’une collusion existait entre eux pour jouer avec VP au papa et à la maman.
Au petit déjeuner, se penchant sur l’infâme brouillon par-dessus mon épaule, une personne charmante me dit « Tu vas pas servir du feuilleton tous les jours à ta poignée de lecteurs masochistes ? »
C’est alors que je réalisai mon addiction à Oswald D, Alain de Waremme, Bernard du Laveu sans aveu, Véronique désabusée à jamais des hommes et les autres !

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Par bonheur, du jambon gras s’était répandu sur la gazette restée sur la table. Dans l’impossibilité de lire la suite du procès, il me restait la page internationale.
Justement, c’était le propos du jour, lâchement abandonné pour mes gaudrioles.
On nous a vendu Trump comme un infâme milliardaire sans scrupule, incapable de compter jusqu’à dix. Promoteur immobilier, désireux de construire un mur entre l’Amérique et le Mexique, il brigue la place suprême pour vendre son béton ! Au contraire, Clinton Hillary, femme de caractère, était celle qui convenait le mieux à l’Amérique et que l’affaire était pliée.
Manque de flair, voila Donald qui revient titiller les faveurs du bon peuple américain, les journaux européens sont dans l’impasse. Et si le milliardaire raflait la mise ? On aurait un président "à la houppe" !
Le voilà qui remonte dans les sondages et pourrait bien devenir président des États-Unis ! Hillary Clinton passe désormais pour une pimbêche dont les intellectuels new-yorkais raffolent, parce que son QI (tiens revoilà l’histoire de Bernard) est si élevé que plus personne n’est capable de le mesurer… Virage serré dans les gazettes « Trump, après tout, on l’a mal jugé. Il est beaucoup plus malin que Bush junior…. »
C’est du moins ce qu’on rapporte des propos des meilleures amies de madame Trump.
Et dire que pendant mes bavardages, la guerre sévit partout, le chômage grandit, l’Europe se désagrège, les réfugiés abondent, il n’y a jamais eu autant de pognons qui font des petits, alors que les banques prennent le fric à 0 % d’intérêt aux épargnants de mon espèce !

21 septembre 2016

Brangelina

- Monsieur Trolon vous venez de réussir dans un Goncourt, comment expliquez-vous la performance ?
- Vous êtes forte ! Les résultats ne sont pas encore connus !
- À la pointe de l’information, c’est pour vous… Quand on s’appelle Trolon réussir dans un Goncourt, c’est une performance !
- Je n’ai même pas terminé… J’écris la chute, vous avez une idée pour le coup de rein final ?
- Faites le pitch, pour que je prenne la suite….
- Évidemment.
- Sans quoi cela n’aurait ni queue ni tête.
-Je ne vous le fais pas dire.
- Je vous compterai seulement la pige.
- Comment comptez-vous être payée ?
- À la ligne au tarif habituel.
- On peut le connaître ?
- Non, c’est secret.
- On fait comment alors ?
- J’envoie la facture.
- Si je la conteste ?
- Je démolis votre roman dans le journal.
- Même si c’est vous qui écrivez la fin ?
- Je serai honnête avec moi-même. En général, je suis assez contente de moi.
-Alors, je vous lis le pitch ?
- Je n’attends que lui.
-Tout est fictif bien entendu. Ce serait pure coïncidence si les noms du roman avaient le moindre rapport avec ceux de personnes existantes.
- Cela va de soi.
- C’est Sammi Marsh-Wade, un mannequin londonien qui fait une passe avec Brad Pitt dans un hôtel de Soho. Mais Angelina se méfie et Marc Wilmots, détective privé de ballon, est chargé de surveiller le volage. Il se trompe de chambre et même d’hôtel, puisque c’est au sixième étage d’un hôtel d’Ostende qu’il trouve Marion Cotillard en train de s’engueuler avec Gérôme Canet à propos d’un certain Oswald D. psychologue à Fléron, alors qu’ils tournent une scène que le metteur-en-scène Bernard Wesphael maladroit n’arrive pas à conclure. C’est le malaise sur le plateau. Wilmots fait la photo du sein énorme de Sammi Marsh-Wade que reconnaît Angelina Jolie instantanément comme étant celui de Marion Cotillard. Vous suivez ?
- Oui, très bien. Ça s’écoute comme on lit une page de mon journal.

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- Je poursuis ?
- Oui.
- Je voulais dire « Je les poursuis » dit Marc Wilmots qui descend précipitamment les six étages parce qu’il a entendu un bruit qui court dans la rue, et tout cela pendant qu’Oswald D. n’arrête pas de téléphoner à Sammi Marsh-Wade qui était devenue sa maîtresse dans un club de rencontre « le blé qui lève » où paraît-il il levait beaucoup. Les scènes devenant chaudes entre Brad Pitt et Sammi Marsh-Wade, le metteur-en-scène Wesphael se rappelle soudain qu’il est marié à Sammi Marsh-Wade et qu’elle le trompe avec Oswald D. psychologue à Fléron et cela un peu partout à l’insu de son plein gré parce qu’il la drogue en cinéma d’art et d’essais. La malheureuse aime toujours le metteur-en-scène dont elle veut un enfant. C’est alors que dans la rue Marc Wilmots retrouve sa cliente Angelina Jolie qui lui demande en anglais s’il ne veut pas garder ses six enfants, afin qu’elle aille entendre le prononcer du divorce d’avec Brad Pitt, après 12 ans passés ensemble ! Surtout que la plaidoirie avait été une merveille de maître Uyttendaele qui trouvait la chose répugnante… À ce moment voilà qu’un cortège…
- Oui, à ce moment…
- De milliers de manifestants qui protestent contre le divorce et crient sur le trottoir de l’hôtel qu’ils ne veulent pas du TTIP ! Soudain un coup de feu part, tiré par on ne sait qui, mais ce dont on est sûr, c’est que le coup de feu est parti du sixième étage de l’hôtel, touchant une manifestante, madame VP, qui chose étrange était aussi connue d’Oswald D avec laquelle il échangeait régulièrement des SMS et des photos coquines. Au même moment un accord qui était à deux doigts d’être conclu entre Angelina Jolie et Marc Wilmots semble compromis par une Agence concurrente qui lui demande de continuer. Plus tard, le metteur-en-scène Wesphael est pris par-dessous les bras et conduit discrètement à la police qui le cuisine en flamand. Il leur avouera, bien plus tard, que le sachet en plastique était celui du gode de VP qu’elle lui avait confié pour ne pas qu’Oswald D imagine qu’elle se droguait avec l’alcaline des piles de l’appareil… et qu’il n’a plus de révolver depuis qu’il a quitté Ecolo.
- C’est tout ?
- Oui. C’est déjà pas mal ainsi.
- Vous voulez l’épilogue ?
-Seulement du maillot.
- Vous achetez le journal demain matin. La suite avec la facture fin de mois. Un seul truc m'embarrasse ! Sammi était à Londres et pas à Ostende. Cotillard et Canet y étaient eux à Ostende, va savoir ce qu'ils sont devenus... Enfin, pour ce que les lecteurs en ont à foutre !...

20 septembre 2016

Serviles.

On ne peut mieux déterminer le pire de cette société libérale qu’en appelant « servilité », ce que la bourgeoisie dominante appelle un consensus entre le bailleur de la tâche et celui qui loue ses services pour son exécution et qu’elle appelle « contrat de travail ».
La servilité peut revêtir mille aspects et n’être après tout qu’une disposition de la personne, mais nul ne naît servile, on le devient. Cette servilité se cache derrière l’impossibilité de se soustraire au travail, quand on n’est pas né pourvu, sous peine de déchéance civile.
Il existe sans doute des degrés dans la servilité, au point que dans certains cas le travail est intéressant, on a l’air d’y être son propre maître avec de larges initiatives, d’y être utile enfin, au point qu’il y devient difficile d’appeler cette condition une servitude ! L'habitude de la servilité crée même des liens avec elle. Certains pensionnés dépérissent d'ennui !
Pour manger à sa faim, il faut travailler dans la plupart des cas. S’il y a trente six manières de le faire, certaines pourraient s’appeler corvées, d’autres des sinécures. En général, les corvées sont moins bien payées que les sinécures.
Pour que la société ait une certaine cohérence et soit soutenue par des réussites, certaines professions sont réglementées non pas par le bailleur, mais par des conventions d’État, régies elles-mêmes par des « ordres », celui des avocats, des médecins ou des statuts relevant de l’ordre social, notaire, police, justice, etc.
Pourquoi contingente-t-on par un nombre donné (le numéro de l’INAMI des médecins) la quantité de travailleurs dans certains cas, alors qu’on laisse dans un autre autant de maçons ou de chaudronniers que l’on veut, ceci à seule fin que le nombre influe sur les salaires en les mettant en, concurrence ?
Le payement, quand il n’est pas codifié se fait à la tête du contractuel, sinon il fait l’objet de critères et de conventions, sur des qualifications et des diplômes. Échappent à cette condition de louage les bailleurs et les détenteurs d’une masse d’échange en titres, en propriétés ou en argent.
Ces arrangements se font sur la base du profit. Cela consiste à retenir une part du travail d’autrui pour s’enrichir, sinon végéter sur le sien propre servant à peine à se nourrir.
C’est intéressant d’expliquer les sociétés modernes de la sorte. Cela simplifie les choses et montre que sous les grands mots et les envolées lyriques, le travail et le profit ont des intérêts souvent opposés, tout en étant complémentaires. Du coup les définitions du vice et de la vertu, selon que l’on travaille, que l’on soit un oisif fortuné ou que l’on vive aux crochets de la collectivité peuvent venir d’étranges sources de raisonnement.
Voilà qui ramène tout à la philosophie, loin du théâtre d’illusions que les dirigeants ont bâti sous prétexte de démocratie et d’avancée sociale.
« Ratés, nous le sommes tous » définit Mallarmé, si l’on tient compte de l’aplatissement de presque toute l’humanité dans une servilité massive.

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La servilité est vécue à tous les âges de la vie et à tous les étages de la hiérarchie sociale. Il y a toujours quelqu’un dont notre avenir dépend, une chicane économique à laquelle on ne peut se soustraire qu’en aliénant son indépendance.
À ne pas confondre avec solidarité et esprit de famille, l’engagement volontaire pour une cause, un travail nécessaire, l’accomplissement d’un devoir envers quelque chose de respectable. Ce ne sont pas des servilités dégradantes, même si certaines « obligations » sont lourdes à porter, même si le devoir est parfois une perte de la liberté dans un ressenti pénible, une contrainte.
L’utilitarisme hautement apprécié par le libéralisme contamine aujourd’hui l’ensemble de la société dans le seul intérêt du productivisme.
C’est l’option majoritaire, celle sans laquelle les esprits du temps emportés par l’utilitarisme ne trouvent rien d’approchant.
Une idée originale, celle dont on dit sortir de l’ordinaire, ne se discute pas sans heurter de front l’entendement du plus grand nombre. Surtout si le plus grand nombre est dans la servilité depuis trop longtemps pour se souvenir du contraire.
Tous les malheurs actuels viennent d’un manque de contrepoids aux affirmations solennelles et aux certitudes affirmées avec la force de la foi.
Le plus important phénomène de l’anéantissement des ressources naturelles, l’impossibilité désormais de revenir en arrière et retrouver un monde disparu devraient pourtant nous alerter sur l’effet corrosif de cette servilité presque générale.
Ce qui nous retient porte sur ce que nous croyons être du confort et qui n’est que du conformisme, dont il faudra bien un jour nous défaire, à moins que des forces que nous ne contrôlons pas le fassent pour nous.
Nous devrions réfléchir aux fondamentaux et revenir aux concepts de Rousseau, sur le destin de l’homme, la notion de propriété et le fallacieux prétexte d’une organisation démocratique qui fait que des pans entiers de la population travaillent sans le savoir pour le compte d’inconnus basés aux antipodes.
Peut-être est-il trop tard ?
Peut-être sommes-nous devenus tellement serviles que c’est cette condition là que nous préférons le plus ?... que les héros que nous avons choisis sont dans le meilleur des cas des voyous et que seuls les voyous nous plaisent au point que nous les saluons, que nous les honorons et que nous nous ferions tuer pour eux ?

19 septembre 2016

Pantoufler au Parlement.

Bacquelaine n’est pas concerné par la retraite retardée de millions de Belges, il aura droit à la sienne en qualité de parlementaire et d’ancien ministre comme avant ! Monsieur le donneur de leçons ne perdra rien de ses avantages. Ils sont comme ça les libéraux, toujours à vouloir la grandeur du pays par les sacrifices des autres… mais, on ne peut compter sur eux pour rien d’autres que de belles phrases.
Explications :
Ce n’est que par bribes et morceaux que les gazettes nous communiquent les mille et un petits avantages que nos élus se sont octroyés au cours de décennies d’auto promotion, parfois en le camouflant, d’autres fois en clamant bien fort que leurs mérites ont toujours été sous payés.
C’est ainsi que le « malheureux » Westphael ne percevra plus ses indemnités de départ du Parlement à partir du mois prochain alors que le « pauvre » a vécu dessus depuis deux ans (2.100 € net par mois selon un découpage qu’il a demandé et obtenu). On se demande ce que toucheront comme retraite et supplément chapeau des piliers de la Maison comme De Croo, Onkelinx ou Reynders ?
Comment ne sont-ils pas gênés ceux qui au gouvernement et au parlement insistent pour mettre un terme au scandale des chômeurs de longue durée !
C’est entré tellement dans leurs mœurs, la folie dispendieuse de cet assistanat de luxe, que lorsqu’il faut bien montrer un peu de compréhension aux saignées de la rigueur des temps sur le public, c’est au son des trompettes et en renâclant beaucoup qu’ils le font.
Le président de la Chambre Siegfried Bracke, quoique N-VA et censé enlever le gras de la porcherie Belgique, a annoncé quasiment sous la torture un changement de la retraite des députés belges, 65 ans à l’automne prochain et 67 ans en 2030, avec 45 ans de service au compteur pour la totale retraite.
Mine de rien, pour nos illustres, rêver de la pension sous le harnais, comme un soudeur à l’arc et à l’autogène, après de beaux et loyaux services chez le même employeur près d’un demi siècle, il fallait le faire. Eux-mêmes adeptes de la mobilité au travail, de recyclages et changements de métiers trois ou quatre fois au long d’une carrière, la leur touche à la pérennité et à l’éternel !
Rien que cela, en clair, signifie que nos « élites » ont bureaucratisé une fonction élective, mis un rond-de-cuir sous leurs fesses rebondies et rabaissé la démocratie au niveau d’une carrière dans le privé.

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Ils voudraient que le public voie dans la démocratie un enjeu sacré... Populistes, va !
Certaines gazettes se disent gênées que la décision ait été prise en stoemelings !
Vous ne trouvez pas que ces gens de la N-VA au gouvernement ont l’air sournois ?
Sans débat parlementaire par accord entre présidents, cette décision baigne dans une sorte de nouveauté administrative qui s’est émancipée d’un consensus démocratique sans doute afin d’éviter le mauvais effet de nos illustres se chamaillant sur des questions d'intérêts personnels. Il est vrai que les pensionnés « normaux » sont considérés comme des Belges de seconde zone, gâteux, irresponsables et sur le point d’abandonner leurs maigres retraites pour cause de départ définitif.
Par contre, nos chefs auront le temps de s’asticoter dans les années à venir. Le recul de l’âge de leurs retraites ne sera effectif qu’à partir de 2019 !
Siegfried garde la ligne comme Maginot avait la sienne. Il nous dit le beau brun qu’on ne saute pas du tram en marche et donc pas question de toucher à l’âge de la retraite de nos illustres engagés et en service de la collectivité !
C’est oublier qu’un des premiers couteaux de Charles Michel, le spadassin Bacquelaine, a imposé à 4,5 millions de travailleurs, la retraite modifiée avec effets immédiats.
Non seulement, nos grandioses, on les paie, ils en profitent, et peu reconnaissants, ils s’organisent pour arranger la démocratie comme ils l’entendent, c’est-à-dire à la sauce des actionnaires principaux qui se paient directement sur la bête, sans demander l’avis de ceux qui bossent. La mesure favorise la gent parlementaire actuelle qui, aura le droit d’aller pantoufler ailleurs, vu les carnets d’adresses bien remplis, en touchant la retraite à plein à 55 ou 62 ans, comme si de rien n’était.
Que la République est belle sous l’Empire… dire que dans une civilisation future, nos têtes de gondole seront prises pour de fameux salopards… est-ce faire de l’Histoire fiction ?

18 septembre 2016

C’est pas la chtouille !

Non, la démocratie ne se refile comme ça. Néanmoins, d’aucuns disent que c’est une maladie honteuse, comme l’autre !

Pas que Belgarum principis intelligentsia qui sombre dans la connerie à propos de la démocratie ! Le plus déconnant est américain, c’est W Bush. N’avait-il pas déclaré qu’il suffisait de casser le régime de Saddam Hussein en Irak pour qu’aussitôt une démocratie exemplaire naisse d’une tyrannie, avec le soutien du GI moralement correct pour le mental et du dollar pour le commerce ?
Plus de dix ans plus tard (Bush c'était en 2003), on voit la prophétie évangéliste toucher le fond avec l’État Islamique. Mais, pardon… la Belgique ne s’encombre pas d’exemples fâcheux. Elle y croit toujours dur et ferme, une foi de bûcheron « notre démocratie, c’est la clé universelle qui ouvre toutes les portes, émancipe l’homme de la rue et assure l’égalité ipso facto entre les couches sociales » !
Les Marines et l’OTAN en missionnaires des temps modernes, si c’était le cas, ça se saurait.
Pour que l’Européen se sente bien dans un régime épatant, permettant l’épanouissement des gens, il faudrait trouver vite fait du boulot pour tout le monde, bien le payer et respecter l’environnement, avant de s’en aller vanter les douceurs du régime parlementaire, exclusivement réservé à l’heure actuelle au bonheur de quelques démiurges professionnels.
J’ai beau me creuser la tête, en quoi notre « art de vivre ensemble » est-il supérieur à tout autre système ?
L’idée de s'en aller corriger le monde, n’est-ce pas déjà une « folie à nulle autre seconde » écrivait Molière au XVIIme siècle et en même temps une contradiction ?
Quel est le modèle politique capable de résoudre ce dilemme chez l’Homme, bien en peine de concilier le bonheur de tous avec le bonheur de chacun ?
Sur quels « champs » (j’écris comme Bourdieu) s’appuie-t-on philosophiquement pour décréter que notre modèle est d’essence supérieure et par conséquent universel ?
La République de Platon n’est pas comparable dans son esprit au CAC 40 de la nôtre.
La Révolution de 1789 a conduit à l’Empire après Thermidor. D’après nos penseurs, elle se serait affinée jusqu’à la Révolution industrielle, pour devenir sous Badinguet le grand ancêtre de celle que nous « chérissons » encore. Comme si elle n’avait pas conduit à la société bourgeoise survivante de la grande époque coloniale et pour le compte de laquelle les porte-avions américains sont allés ruinés les Nations hostiles à la démocratie, qu’elles le sont encore et ont même considérablement renforcé leur opposition à cette prétendue fleur des pois !

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Les pays réputés démocratiques font croire à ceux qui n’ont pas la chance d’être leur propre souverain, que nous faisons les lois, que nous sommes tolérants, que nos mœurs sont douces, nos traditions fortes et respectées, que nous nous arrangeons pour lever des impôts équitables afin de soutenir les citoyens les plus pauvres !
La réalité est cruelle. Nous n’avons pas été suffisamment intelligents pour mettre dans des postes clés des citoyens conscients que servir les autres, c’est d’abord une vocation altruiste et non pas un métier. J’avoue que les choix sont difficiles et que le suffrage universel qui consiste à produire des élus qui ont des vingt-cinq ou trente ans de services représentatifs est en soit un vice rédhibitoire. La professionnalisation de nos représentations a été la faute la plus lourde de conséquence que nous ayons pu commettre.
Par l’abandon successif de nos droits, nous avons perdus les moyens de contrôle et permis la construction d’une hiérarchie politique qui nous échappe et conduit à faire que la démocratie sera un moyen d’élever une catégorie de citoyens aux meilleurs rangs de la bourgeoisie.
Dans l’illusion plus que dans la réalité du pouvoir par le peuple, comment restaurer la place des autres, c’est-à-dire, le voisin, l’ouvrier d’usine, le pensionné, le chômeur, tous plus ou moins abandonnés des pouvoirs que notre légèreté a permis ?
Quand nous aurons trouvé des solutions à ces problèmes, peut-être sans vouloir l’imposer que notre modèle démocratique sera alors approprié à séduire d’autres peuples.
En attendant ce grand jour, on est prié de la fermer. Nos conseilleurs rasent gratis, un révolver dans la ceinture et une caisse obligatoire au coin de la rue.

17 septembre 2016

D’Aristide Boucicaut à Charles Michel…

…ou le triomphe de l’épicerie.

Le plus difficile n’est pas de se battre pour ses idées, mais de savoir contre qui.
L’époque, avec ses œillères, c’est aussi celle où les idées ont le moins court. Il importe plus de connaître les mouvements de la vente des petits pois que les idées touchant à des revendications et des droits de l’homme.
L’autonomie conquise est aussitôt reperdue. C’était le droit de tout dire et on ne s’en prive pas, sauf que cela ne sert plus à rien, puisque pratiquement tout le monde est acquis à l’idéologie de la classe bourgeoise.
Est-elle triomphante, on l’admire. En perte de vitesse, on s’empresse de l’aider à remonter la pente. Elle serait l’auteur des pires catastrophes, ce qu’elle approche d’être, on vole à son secours et on est prêt à tous les sacrifices pour qu’elle retrouve des couleurs.
C’est bête, non ?
Il n’y a plus d’opinion que pour un seul parti. Pourquoi la Wallonie en compte-t-elle encore trois (en-dehors du PTB), puisqu’ils font à peu près la même politique ? C’est comme les grands magasins, Colruyt, Delhaize et Carrefour. Ils vendent tous la même chose à des prix sensiblement les mêmes, mais les clients ont leur idée là-dessus, avec des préférences bien marquées. Certains en arrivent même à trouver le goût du Nescafé différent selon qu’on l’achète chez Colruyt ou chez Carrefour !
Quand l’écrivain réclame la liberté d’expression, ce n’est jamais que pour décliner autour d’une seule idéologie, dans des nuances qui n’intéresseront que lui. La bourgeoisie depuis son arrivée au pouvoir, il y a plus de cent cinquante ans (sous Louis-Philippe), a supprimé certaines de ses idées et gommé certaines autres, telle l’égalité, fondement du suffrage universel, mais de manière que cela ne soit pas vu. Encore aujourd’hui on estime qu’un type de mon espèce – et encore je ne suis pas au plus bas de l’échelle – a autant de droit et autant d’écoute qu’un Charles Michel ! Les idées de la bourgeoisie sont transposables, réversibles et en camouflage pastel. Elles sont adaptables au CAC 40 et ne menacent en rien l’économie mondiale (le Graal du bourgeois qui se respecte).

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Les penseurs du temps sont passés du négatif romantique au positif de l’activisme économique. La nature humaine qui n’offre pas des changements à vue aussi rapide a été déclarée bonne tant qu’elle supprimait les privilèges de l’Ancien Régime, mauvaise depuis qu’il faut justifier les inégalités nouvelles et notamment sociales. Mais, toujours en expressions mesurées, toutes en remontrances légères et en douceurs affectueuses, comme d’une mère parlant à ses enfants. Il est grand temps d’ouvrir les vannes sur des sujets qui ne peuvent être controversés, comme la valeur non pas du travail fourni, mais de l’homme au travail, la démographie mondiale dont personne ne parle. Là où Darwin du coup retrouve tout son pouvoir de sélection à remplir de formol les bocaux de l’indignation générale.
Ainsi la bourgeoisie devenue l’idéal suprême peut rouvrir ses albums de famille du temps où ses hardis pionniers moustachus faisaient descendre dans la mine des enfants de huit ans, sans encourir de blâmes, tout au contraire, exposant dans les musées les premières photographies de Nadar où ses hommes en col et cravate prenaient fièrement la pose devant d’autres dépenaillés.
Qu’ils en soient les descendants directs ou les self-made-men venus à la bourgeoisie à la force des poignets, qu’ils s’appellent Bacquelaine, Michel ou Reynders, ce sont bien nos traditionnels mousquetaires de cette idéologie qui n’en est pas une, au pouvoir jusqu’au prochain déluge.
Les épiciers du MR pourront dire fièrement devant le portrait de Charles et Louis « Aristide Boucicaut, nous voilà ! ».

16 septembre 2016

Westphael contre Wesphael.

C’est reparti comme dans Kramer contre Kramer sauf qu’ici on verra bien si Westphael tiendra le coup contre Westphael. Le jeu consiste pour lui à rester calme montrer une image de victime aux jurés. Ce ne sera pas facile.
Les petits potins des faits divers ont fini par avoir ma résilience à l’entraînement général dans l’affaire Bernard Wesphael–Véronique Pirotton.
Tous les journaux ont leur petite idée là-dessus. L’opinion est partagée entre coupable et non-coupable. Je ne me suis jamais rien interdit dans ce qui retient mon attention, il n’y a pas de raison, que je ne pousse pas ma roucoulante dans ce dont on parle partout.
Il me souvient même de l’avoir déjà fait « à chaud » au lendemain des faits qui préoccupent l’opinion aujourd’hui. Cette chronique là je la regrette. Les coups de cœur sont mauvais. On ne réfléchit pas trop dans l’immédiat. Les convictions poussent comme des champignons. On voit le chapeau, on ne s’inquiète pas du rhizome. La seule chose intéressante qui apparait en conclusion, c’est la dangerosité d’une conviction fondée sur les apparences.
Il faut dire aussi qu’on se laisse emporter par la défense de la mémoire d’une victime qui était aussi une jolie femme. On s’indigne de l’insistance quasiment sadique de l’amant pendu deux jours au téléphone et du manque de fair-play de Wesphael qui tient pour nul la volonté de son épouse de s’isoler un week-end pour réfléchir à sa situation et qui n’a de cesse de l’aller rejoindre pour la tourmenter davantage.

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Ils m’ont tout l’air de deux prédateurs, gros amateurs de sexe, à l’affût d’une femme tourmentée et faible, ces deux là ! L’accusé qui selon les faits consignés dans le dossier, entre deux séances de reproches, lui fait l’amour au moins deux fois, ce qui laisse supposer de la part de Véronique un goût fort pour la baise quoique son partenaire lui répugne, ou une sorte de viol perpétré par un violent qui joue les agneaux devant la police l’heure d’après.
Le psy qui adore sa patiente, couche avec elle, ce qui est déontologiquement formellement interdit, mais refuse de sacrifier sa tranquillité en se mettant en ménage avec une femme dont professionnellement il a abusé, alors qu’elle le lui a demandé. Ensuite, celui qui préfère le célibat se répand en considération violente sur le mari, comme s’il n’était pas responsable du « coup de tête » de sa maîtresse, qui ne l’est plus, mais qui le redeviendra bientôt. Voilà un comportement curieux, pour un psy ! Quand on pense que ce type s’affiche dans les médias et se vante presque d’avoir eu des relations sexuelles avec la victime, il faut être en Belgique pour voir ça !
On n’a pas affaire à des gentlemen.
La douce Véronique ne se débattait pas entre deux enfants de chœur, mais plutôt entre deux sacrés égoïstes, imbus d’eux-mêmes et gravement atteint d’une maladie histrionique.
Le reste appartient à la conscience des personnes habilitées à donner un avis selon la loi sur l’affaire. Bernard Westphael est-il coupable ou innocent ?
Si notre homme est coupable, c’est un joueur qui espère repartir innocent du tribunal en clamant son innocence ; car, il ne faut pas l’oublier, c’est un politique qui veut rebondir dans la seule chose qu’il sait faire : représenter les électeurs moyennant un salaire. Il n’a pas les 28 ans de parlementarisme de Laurette Onkelinx au compteur, mais c’est le seul moyen pour lui et pour beaucoup d’autres de se faire du blé, sans donner l’impression de s’enrichir.
Ces personnages bien placés grâce à qui les élit, savent qu’on leur passe tout, sauf une chose : être pris en flagrant délit de certains mensonges. Certes, ils mentent tous, plus ou moins, forcés par les circonstances de leur réélection de faire croire qu’avec eux tout irait mieux, mais clamer son innocence, puis se dire finalement « si j’avoue que je l’ai étranglée dans un moment de colère alors qu’elle me criait à la face que j’étais un sale cocu, cela va chercher dans les cinq ans avec sursis partiel, en comptant la préventive, je sors de prison dans six mois». Ça, le politique ne le peut pas, sinon trouver autre chose pour gagner sa vie et abandonner l’espoir d’atteindre les 28 ans de carrière de la passionaria du PS.
De là à imaginer un entêtement dans une défense contre laquelle tous les faits démontrent le contraire, le voilà bien le politicien dans sa superbe obstination.
Bon, voilà que je condamne implicitement celui qui clame toujours son innocence, pour la seule raison qu’il fait de la politique et que c’est son seul métier.
Mais, c’est plus fort que moi. Faire de la politique dans une situation de décadence d’une démocratie à bout de souffle est, selon moi, déjà condamnable. Parce que ces gens savent très bien où l’on va et que c’est en partie à cause d’eux qu’on y va.
Est-ce suffisant pour condamner un homme ?
Évidemment non. Reste le profil, le présupposé intuitif qui est à la base de quasiment toutes les condamnations d’innocents. On se rappelle l’affaire d’Outreau qui brisa la vie de quelques citoyens innocents, pour en faire des parias.
Oui, Wesphael a l’air d’un faux cul, d’un faux calme, d’un faux de tout ce qu’on veut. Son rival ne vaut pas mieux. Sa psychologie à la noix en a fait un fouteur de merde.
Préjugé défavorable parce qu’ils font de la politique l’un et l’autre à leur manière et qu’ils n’ont eu dans leur comportement aucun respect des femmes à travers celle qui n’est plus ?
Va savoir ?

15 septembre 2016

T’as vu l’heure ?

Les rapports sont alarmants. Pollution, montrée des eaux, dégradation climatique, mais aussi guerres, faim dans le monde, appauvrissement général, enrichissement de quelques particuliers… Qu’est-ce que vous dites de ça ?
Mais le grand responsable, on pourrait presque dire l’unique : c’est le système économique qui ne vaut rien, la base de tous nos maux !
Les milieux officiels, ceux qui ont l’honnêteté de le reconnaître, les autres, comme la Chine et les États-Unis n’en parlons pas, que font-ils?
Rien, ils continuent sur des paradigmes de croissance, ils s’évertuent à équilibrer les comptes et à faire progresser certains salaires, pas les petits évidemment, pour cause de vertu. Une vertu quasiment obligatoire et forcée. Sinon, que deviendrait l’État, s’il n’y avait pas une partie du corps social à prendre les claques pour tout le monde ?
Les libéraux sont plus libéraux que jamais et les socialistes, enfin certains, se convertissent au bon libéralisme, celui qui a fait ses preuves, pour qu’on soit certain d’aller dans le mur !
Franchement, il n’y a plus qu’à tirer l’échelle et attendre.
Et on dit que parfois, ce blog n’est pas sérieux !
Nous sommes sous la coupe de rats d’égout avec lesquels toute discussion est vaine. Des voyous qui s’entremettent partout où il y a de la commission dans l’air. Ce serait désespérant, si ce n’était drôle, tant leurs gesticulations paraissent guidées par un profond humanisme et comme nous avons tort de refuser de le croire !
Celle qui a une cote de popularité élevée en Wallonie, quoique Flamande, vient encore de gagner des points dans les sondages en ratiboisant quelques dizaines d’euros sur les futures indemnités de maladie. On l’adore Maggie De Block, elle aurait tort de se gêner.
On s’est trompé sur la définition du mot action.
Ce ne sont pas des gens d’action, mais des actionnaires.
Et c’est là que nous devrions comprendre qu’on ne peut rien espérer.
Ce sont les créatures du système économique. S’il s’effondrait, ils périraient avec lui. Ils sont coincés par leurs intérêts. Ils ne sont d’aucun secours pour nous. À la limite, ce sont nos ennemis naturels. Ils tiennent le haut du pavé, à nous le dépotoir. C’est pourquoi nos salaires sont si bas et les leurs si élevés.
Ils ont la martingale du système. Ils en usent avec maestria. Le pouvoir par délégation met le peuple sous tutelle. Celui-ci admet implicitement son insignifiance pour diriger et il délègue à plus malin le pouvoir de le faire.

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Admirable magie devant un public ravi !
Bien sûr cela ne durera pas, bien sûr le déséquilibre entre l’épuisement des ressources de la terre et l’augmentation des rendements finira en catastrophe à l’échelle des continents, bien sûr le réchauffement échauffe aussi leurs ardeurs consuméristes. Le sauvetage de la planète a été signé par Laurent Fabius et Ségolène Royal au nom de tous les pays associés, et puis après ?
On est sauvé sur papier. C’est tout.
Le pôle Nord fond, l’Afrique se dessèche, l’Amérique du Sud croule sous les dettes, la Chine suffoque et il paraît que le mâle européen est moins fécond qu’avant, suite au stress productiviste, malgré le réchauffement… On sera neuf ou dix milliards à la fin du siècle ! On baise certainement beaucoup plus ailleurs qu’en Europe.
Alors, il n’y a plus qu’à s’en foutre, vous et moi.
C’est tout ce que notre esprit de résistance à la connerie peut faire…
– T’as vu l’heure ?
– …m’en fous…

14 septembre 2016

Ça sent le fagot !

On aurait pu imaginer devant l’horreur des manipulateurs de la religion musulmane, que certaines pratiquantes allaient jeter aux orties leur signes religieux extérieurs et se vêtir comme tout qui passe inaperçu dans la rue.
Pas du tout.
Le hijab est monnaie courante. On en voit même qui bravant une loi déjà vieille de cinq ans s’offrent en niqab aux regards médusés des passants. Il n’y a pas longtemps, j’ai croisé une femme en burqa. J’ignore si elle a tenu dans son voile intégral tout l’après-midi dans les rues de la ville, sans finir au poste !
Ce ne serait pas gênant de côtoyer des figures aussi exotiques, si derrière cela ne montait pas un relent de religiosité en train de mal tourner, importé par la générosité d’accueil des gauches et les provocations des islamistes.
Du nombre de ceux qui se poussent beaucoup pour faire d’une tablée de douze, un casse-croûte à soixante, le CDH est en position délicate. On aurait cru pourtant avec l’abandon du mot chrétien (l’ancien PSC) en Centre Démocrate Humaniste (CDH) qu’il allait s’ouvrir aux centristes mécréants, tout en conservant les piliers de sacristie. Peut-être que Joëlle Milquet aurait mieux fait de garder le mot « chrétien » dans son sigle ? Elle a déjà commis tant de bêtises qu’une de plus à son palmarès n’a plus aucune importance.
La cheffe de groupe des centristes à la Chambre, Catherine Fonck, semble s’être guérie du complexe Merkel qui fut longtemps le sien. La réputation de pourvoyeur pour planqués de l’Islam que son parti dispute au PS et à Écolo, la plombe devant ses électeurs. Le PTB qui est aussi preneur dans l’aventure, ne s’érode pas malgré son penchant à l’ouverture massive comme les autres, parce qu’il siphonne côté social, les trois partis centristes PS, CDH et Écolo et ce logiquement, puisqu’il est par la force des choses, le seul qui reste « parti de gauche » en Wallonie !
L'érosion continue du CDH dans les sondages plonge Cathy dans l’angoisse. Elle est trop jeune pour songer à la retraite et sans la galetouse du beau fric d’indemnisées de la Nation, elle devrait retourner au turbin !
Un peu comme Charles Michel, diplômé avocat, sans l’avoir jamais été vraiment, que voulez-vous qu’elle fiche dans le civil, avec le souvenir lointain du temps où elle bossait à la clinique Saint-Luc, il y a tantôt vingt ans !

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Il ne faut pas croire, la longue durée qu’on soit chômeur ou parlementaire a des effets identiques. On s’accroche sachant là où l’on est, dans l’ignorance où l'on pourrait aller.
Benoît Lutgen est président du parti, certes, mais elle est la belle-fille d’un chef historique et ne s’en laisse pas compter. Ce n’est pas elle que le charmeur d’Arlon traiterait comme une quelconque Anne Delvaux, pour que Rolin puisse pantoufler à l’Europe.
« Je pense – dit-elle avec l’aplomb d’une intouchable – qu'il y a toute une série de questions stratégiques que l'on doit se poser ensemble, sur la communication ou sur le contact avec les citoyens, par exemple ».
C’est vrai qu’à part des coups de menton de tribune, Lutgen turbine encore moins que Milquet !
Le vice-président du gouvernement wallon, Maxime Prévot, a l’air de ne pas trop s’en faire dans la continuité de sa technique qui consiste à présenter un visage souriant en toute circonstance, tout en prenant tout le monde pour de la crotte de bique.
Serait-ce au CDH, l’heure venue de Catherine Fonck?
Le dernier sondage qui donne le CDH à 10,5% en Wallonie et 6,5% à Bruxelles, devrait pourtant faire dresser l’oreille des caciques du parti ! Il est vrai que la recette de la dame Fonck ressemble aux ateliers de réflexions d’Élio Di Rupo.
La réflexion collective vient trop tôt ou trop tard. Il est vrai que rien n’est jamais au bon moment pour un parti en perte de vitesse.
En mettant Dieu à la porte du CDH, Milquet ne savait pas ce qu’elle faisait. Madame Fonck sentirait-elle monter la flamme du fagot jusqu’à son bûcher ? Avec sa coiffure à la Jehanne d’Arc, on ne sait jamais… c’est toujours Lutgen qui détient la boîte d’allumettes.

13 septembre 2016

Quand il est question du poids par essieu.

Voilà que cette manie de placer des soigneurs de l’âme partout gagne les milieux médicaux.
Cette démocratie vole plus facilement au secours des traumatismes de l’esprit que des misères sociales. Il est vrai que l’esprit coûte moins cher que le relèvement général du statut des malheureux. Avec les psychiatres et quelques psychologues sortis des universités naturellement habilités, s’intitule secouriste de l’âme, qui veut ! C’est autant de bénéfices pour l’emploi…
La vanité bourgeoise de montrer à tous l’âme secourable et généreuse d’un milieu « qui a les moyens et qui pourrait faire autre chose de son argent » vient d’un vieux contentieux à l’encontre du jacobinisme des origines. Son entrée dans le monde « moderne » fut l’incendie du Bazar de la Charité (1885) dans lequel périrent quelques grands noms de l’aristocratie au milieu des parvenus qui aimaient qu’on les confondît avec eux. Pour une fois, ils furent servis.
Au fur et à mesure que la société robotisée se construit, les accidents se multiplient, au point que l’automobile de nos jours fait chaque année autant de victime dans le monde qu’une bonne guerre entre deux États. Les attentats des frustrés d’Allah font le reste, le tout parsemés de chutes d’avion, de naufrage retentissant et d’accidents de chemin de fer en série.
Les démocraties perdureront dans leur éprouvante stagnation tant que ceux qui les animent resteront très satisfaits de leur sort, supérieur aux neuf dixièmes de la population.
La compassion reste un moyen efficace de passer pour un bon représentant du peuple. Il est séant de se faire voir au premier rang à chaque fois qu’une catastrophe se produit, d’où l’idée de dépêcher en plus dans les chaumières environnantes et dans les familles meurtries par la perte de l’un des leurs toute une noria d’inutiles, récitant des lieux communs sur les pertes « sensibles ». Dépêchés sur place par des moyens rapides de déplacement, ces équipes prennent en charge la victime, le voisin de celle-ci, le journaliste qui fait l’info et le ministre qui se mêle à la noria des premiers secours, via les cadreurs de RTL et de la RTBF.
Alors, pourquoi ne pas étendre l’empathie active aux médecins ?
La ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block (Open Vld) a donc naturellement enjoint à l'association de médecins généralistes Domus Medica d’en faire autant, afin d’aider les médecins qui souffrent de burnout ! Mieux encore poussant la sollicitude plus loin, celle qui est la personnalité la plus aimée des Wallons veut aussi soulager les médecins victimes de leurs problèmes d'alcool ou psychologiques.
Comme nos voitures après quatre années de route passent au contrôle technique, la pétulante Maggie souhaiterait mettre en place un contrôle médical annuel et obligatoire, ainsi qu'un numéro d'urgence national, écrit lundi Het Nieuwsblad.
Ce sont donc des médecins qui vont dire à d’autres médecins s’ils sont bons pour le service pour les douze mois à venir. Bête question : qui va contrôler les médecins contrôleurs ?
Poursuivant dans le délire inquisitorial, les suspicieux complices de la libérale flamande imaginent déjà un "contrôle qui peut s'inspirer du screening des pilotes" ! Dirk Avonts de l’U-Gent était-il sobre lorsqu’il sentit l’esprit de ce contrôle lui monter à la tête ?

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Poursuivant sur sa lancée, notre homme de science poursuit "Outre leur vue et leur ouïe, leur santé mentale peut également être testée. En organisant ce contrôle annuellement, des éventuels problèmes seront découverts à temps."
Les gynécologues, par exemple, seront particulièrement suivis sur leurs fantasmes sexuels. Le questionnaire cernant leur personnalité sera particulièrement sévère.
Voilà qui va refroidir les hypocondriaques toujours pendus aux sonnettes médicales « Et si mon médecin était un déficient mental, un ivrogne ou un mélancolique profond ? » diront-ils, surtout si à la fenêtre de leur généraliste un petit panneau (sans doute que Maggie va illustrer avec l’aide de la signalisation routière ) prévenait l’honorable clientèle que le médecin est en révision et que dès que possible il affichera à la fenêtre sa fiche technique et son permis de guérir, valables douze mois.
Admettons que cette société à force de conneries devienne loufoque. Alors, il conviendrait qu’un certificat d’aptitude soit également délivré aux ministres du gouvernement Michel. Un permis de nous rouler délivré tous les cinq ans, c’est trop long.
Cela devrait se faire comme pour les médecins chaque année.
Et d’abord à première vue, Maggie avec son surpoids par essieu aurait toutes les difficultés de passer à l’auto sécurité des âmes.
Je me demande si elle a bien réfléchi à cette nouvelle sollicitude pour une profession qu’elle exerça jadis sans aucune contrainte ?

12 septembre 2016

RTL : de la glose à la glaise.

On vient de toucher les limites des émissions du genre à RTL dimanche midi. La commère Deborsu aura beau nous asticoter avec ses boules rouges et vertes, aborder des têtes de l’emploi qui consacrent définitivement l’homme de la rue pour le pire des crétins, nous balancer des petits boulangers reconvertis, exhiber la ministre régionale de l’économie et donner l’assaut final de ses chroniqueurs du journal de Suzette appuyés du mercenaire de service Bodson, c’est le vicomte Étienne Davignon et Roberto D’Orazio qui ont raison à propos de Caterpillar Gosselies.
L’Amerloque a retiré ses billes. Il ne veut être d’accord sur rien. La procédure Renault, il s’en fout. De l’autre côté de la barrière, les ouvriers sont effondrés, la Région et le fédéral, dans le respect des procédures, montrent qu’ils n’ont rien dans le pantalon, puisque Paul Magnette l’a dit dès le début : on a affaire à des voyous.
Alors, qu’est-ce qu’on fait, quand on a peur des voyous ?
Et savez-vous ce qu’on répond sur le plateau par la voix de la commère de service ?
« Ne croyez-vous pas que les grèves répétées chez Caterpillar ne sont pas pour quelque chose dans le repli des Américains ? »
Il y a un gars plus fort que Deborsu, c’est le blogueur Marcel Sel. Il tient absolument à faire savoir que les patrons de Caterpillar sont des victimes, les actionnaires des cocus et le PTB en sortant des chiffres erronés sur la comptabilité et les impôts de la Firme un nid de vipères lubriques distillant la mauvaise foi ! Sauf, que si Sel livre à son tour des calculs à la mords-moi-le-nœud, je trouve, selon ses chiffres, que les Fonds de pension USA qui se sont goinfrés en 1999 d’actions Caterpillar entre 27,5 et 32 $ et qu’en 2015 les mêmes valaient entre 64,98 et 91,88 $, on ne peut pas dire qu’ils sont à plaindre !
Ils sont si fortement engoncés dans l’idée que le capitalisme c’est la fleur des pois, qu’il leur est incapable d’avoir un autre raisonnement à savoir : celui qui détient le pognon a toujours raison !
Ça leur jouera des tours un jour cette recherche de l’unitarisme de la faute côté travailleur.
Boule rouge Deborsu est un con, boule verte ce sont ses chroniqueurs qui le sont.
– On ne peut pas mettre les deux dans un même bac m’sieu Deborsu ?
– Non. Il faut choisir.
– Alors, va te faire foutre !
Voilà qui donnerait à la RTBF un boulevard si à la connerie luxembourgeoise ne correspondait pas la connerie reyersienne. Et dire que ces marioles sont parvenus à dégouter la petite Florence Hainaut de faire de la télé ! Florence, je t’aime !

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Et que font-ils, alors que Deborsu filtre déjà depuis quinze jours les cacas des eaux usées de la politique belge ? Ils parlent de la bière, vouent à la frite belge un amour démesuré, en attendant Sacha Daout, qui s’affûte sur les mauvais résultats de la tranche dimanche midi de la RTBF en se disant qu’il ne peut pas faire pire. Mais si, mon vieux, tu peux !...
On revient à Caterpillar.
Oui, qu’est-ce qu’on fait avec des voyous, même s’ils sont de la finance et que demain ils seraient reçus chez Deborsu en grande pompe, celui-ci louerait-il le tapis rouge du festival du Cinéma à Cannes pour les accueillir ?
Sachez, jeunes gens de la télé, qu’un jour ce sera extrêmement mal vu de torcher le cul des riches en public. Quand cela arrivera-t-il ? On n’en sait rien, mais comme en Astronomie, le temps s’accélère parfois de façon imprévisible.
Je sais bien que les apologistes sont en général les rois de la machine arrière, mais quand même, on a vécu dans un passé (nombre de ploucs s’en souviennent encore) que certains types de collaboration ont passé de vilains quarts d’heure.
Or nos élites ont par-dessus tout horreur d’être bousculées. C’est dire si le pied au cul carrément leur serait pénible !
Moi, Richard III, si mesuré, tenant pour tous des propos aimables, détestant l’arrogance et les gros mots, ne reprenant jamais une grossièreté que si elle est contresignée par un illustre, je le dis tout net, Eh bien oui nom de Dieu ! ce coup de pied là me ferait péter un bon coup de bonheur.

11 septembre 2016

D’un Nobel à l’autre.

La Banque de Suède a décerné le Nobel en sciences économiques à Angus Deaton, ce lundi 12 octobre.
Le Français Jean Tirole, nobellisé en 2014, est aux antipodes de Deaton dans l’analyse de l’économie mondiale. Ses définitions conventionnelles, comportement des marchés, construction des prix, etc. étaient attendues par tous les MR de la planète. Deux ans plus tard, elles sont largement contredites dans les faits, avec une mondialisation aux effets de plus en plus pervers, dont Tirole n’a cure.
L’Anglo-Américain, par contre, professeur à l’université de Princeton, a exploré la consommation, la pauvreté, le développement et la mesure du bien-être, confrontant les modèles et en construisant de nouveaux.
On peut dire qu’Angus Deaton est « le père de l’analyse de la demande des consommateurs ». Il a construit début des années 80, un modèle encore utilisé aujourd’hui pour comprendre les variations de la consommation. Pour ce faire, il recueille toutes les données possibles sur la consommation et les motivations des consommateurs, ainsi que leurs réactions suite aux changements de prix. L’Homme consommant, pourquoi et comment, voilà ce qui l’intéresse. Ses travaux sont directement ancrés dans la réalité de 2017 qui postulent à comprendre 2018 et ainsi de suite. Contrairement à Tirole, c’est une approche inédite de l’économie du développement.
Dans les années 1980, il travaille en Inde avec l’économiste Jean Drèze, bien connu pour ses activités dans la lutte contre la pauvreté. Le premier hommage rendu de Deaton à la remise de son prix sera pour un collègue indien. Dans cet immense pays, il y aura réuni des milliers de données sur la consommation des pauvres, cherchant à savoir pourquoi, par exemple, une aide sociale octroyée à la femme plutôt qu’à l’homme au sein d’un ménage, aura des conséquences différentes.
Les travaux de Deaton ont permis le calcul du seuil de pauvreté par la Banque mondiale, qui détermine les possibilités de manœuvres des politiques publiques, il est passé de 1,08 dollar par jour à l’origine à 1,25 dollar en 2005 et 1,90 dollar aujourd’hui.

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Il y a une dizaine d’années, Angus Deaton s’est intéressé à la mesure subjective du bien-être. Au-delà d’un certain seuil de revenus, il n’y a pas de lien entre sentiment de bien-être et niveau de revenus. Comme quoi les riches transforment sans le savoir la satisfaction en ambition, ne goutant pas le plaisir « d’avoir », pour courir après ce qu’il souhaite et qu’ils n’ont pas encore.
Il reste à traduire en français un ouvrage qu’il a publié en 2013, « The Great Escape – Health, Wealth, and the Origins of Inequality » (La Grande Evasion : santé, richesse et les origines de l’inégalité). Il fait pendant au « Capital au XXIe siècle », de Thomas Piketty, analysant plus en profondeur l’histoire humaine. Il y prend note des progrès mais observe que tous les hommes ne bénéficient des progrès de façon égale ; ce qui creuse d’immenses fossés d’inégalités, fossés que le temps efface… jusqu’à la prochaine transition. L’humanité patauge actuellement au milieu de l'un d’entre eux depuis neuf ans.
Cette remarque d’un prix Nobel, ce qui n’est quand même pas rien, n’a pas l’air d’embarrasser les tenants du système économique embourbés. Évidemment, les structures bourgeoises sont toujours les ossatures de nos démocraties et il est toujours plus rentable aux personnels des partis embourgeoisés de poursuivre un chemin balisé par des gens comme Tirole, que s’aventurer sur quelque chose de nouveau avec des économistes comme Deaton ou Piketty, tant que l’information des citoyens sera manipulée par une presse de connivence.

10 septembre 2016

Rien dans le pantalon.

Les récents événements qui entourent la fin de Caterpillar à Gosselies me font craindre que les matamores de la Région et du Fédéral me donneront raison plus tôt que prévu, sur la durée de leur résistance au fait capitaliste.
Les journaux s’accordent à dire que nos surmâles n’ont aucune possibilité de contrer juridiquement Caterpillar. Bien que Paul Magnette ait déclaré que la direction américaine de Caterpillar était peuplée de voyous, ce sont ces derniers qui battront nos couillus sur toute la ligne.
Parce que nos « héros », en matière d’innovation contre les voyous, sont bien trop timorés et trop respectueux des lois et usages pour donner tort à la crapule.
Caterpillar, une fois de plus, démontre qu’avec de bons juristes, un zeste de cynisme et une absence singulière d’intérêt pour les travailleurs, la Belgique reste un paradis valable pour les voyous.
On se demande même si Reynders n’utiliserait pas bien « la vitrine » de Caterpillar pour attirer les fripons et les canailles qui comptent investir de l’argent sale dans un paradis fiscal ?
Je vois bien une grande affiche Magnette et Marcourt avec comme slogan « Investissez chez nous. Tout vous sera permis. Nos dirigeants n’ont rien dans le pantalon. »
En réalité, vous ne le saurez que par petites touches progressives, de fines allusions et de propos embarrassés que les Caterpillar et les sous-traitants vont se retrouver chômeurs à vie, même si on vous fait le coup du reconverti en boulanger.
Certes, ils auront eu de la chance par rapport à tous ceux qui dans les petites boîtes perdent leur emploi sur un coup de tête de la direction et qui se retrouvent à devoir s’expliquer au FOREM sur leur appétence du travail, sans indemnités d’aucune sorte et bientôt montré du doigt comme responsables de la crise belge. Les Caterpillar bénéficieront de la loi Renault des fermetures et certains finiront bien une histoire qui débutait mal. Mais c’est tant mieux pour eux et tous ceux qui n’auront pas cette « chance » devraient pouvoir y parvenir par des actions syndicales.
Reste que prévoyant le contentieux, les Américains s’y entendent de première pour l’arnaque et le départ vite fait bien fait sans laisser de trace. Il faudra chercher les indemnités avec les dents.
Les lois sont bien faites pour ce genre de truanderie en Belgique.
Mine de rien, le site de Gosselies est devenu un « prestataire de services » de la filiale helvétique. La société suisse est aux commandes. Elle décide de tout, vend les engins de Gosselies et surtout détient les brevets. Les gogos carolos sont devenus des assembleurs d’engins… des sous-traitants en somme
Ça ne vous rappelle rien ? La Sabena siphonnée par Swissair ? Les discours prononcés par nos M’as-tu-vu de l’époque, même Di Rupo déjà y avait été lyrique, alors qu’à peine le contrat signé, les Suisses se régalaient des bons morceaux et tout le personnel de la Sabena en prenait pour son grade deux ans à peine plus tard.
Nos flèches avaient traité avec des voyous et ils ne s’étaient même pas rendu compte que Swissair à sec dans ses finances avait besoin de se nourrir de notre dépouille pour ne pas faire faillite !

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Dans le cas de Caterpillar, c’est pire. Ce sont des entrepreneurs qui transfèrent des sommes énormes à des actionnaires au détriment de l’entreprise même !
Ce ne sont pas des restructurations pour diminuer les coûts et produire davantage, ce sont des restructurations qui appauvrissent l’entreprise et la condamne à terme !
Le comble, le trésor de guerre bloqué à Gosselies… enfin bloqué seulement dans une gueulante de Marcourt, appartient à la société de droit suisse ! S’il advenait à nos fanfarons d’y toucher, le Droit international condamnerait l’État belge. La Région serait traitée de Région voyoute !
Un autre effet du désastre, les syndicats hésiteraient sur la journée de grève générale prévue le 7 octobre, occasion de fêter à leur manière le deuxième anniversaire du gouvernement Michel.
On se demande si les syndicats n’attendent pas des rebondissements de l’affaire Caterpillar pour changer les motifs de la grève en autre chose que les holdups de Michel sur les salaires et de Bacquelaine sur les pensions. Le gouvernement n’a pas terminé de se creuser la tête pour savoir comment piquer des sous aux travailleurs.
Les Suisses d’un côté, Charles Michel de l’autre, les travailleurs sont mal barrés.

9 septembre 2016

Des primaires en Belgique ?

Beaucoup d’électeurs belges seraient plutôt tentés par la réalisation chez nous de primaires dans les partis. C’est le nouveau sport national français.
En effet, la classe politique belge n’est renouvelable que par jet d’éponge des plus vieux. Entretemps, les enfants de la balle, entendez par là les enfants des vedettes et ceux qui du sérail en connaissent les détours, comme dirait Jean Racine (1639-1699), ont déjà tellement été mis en avant par les pères et les relations, qu’ils font déjà « vieux » avant de débuter au premier rang des estrades.
Voyez Charles Michel à quoi il ressemble déjà à pas encore cinquante ans ?
Comme les primaires à la française se multiplient et qu’elles suscitent un engouement surtout journalistique, le grand public méprisé des politiques et des médias se demande s’il n’y a pas là une manière adroite d’y avoir un mot à dire.
Séduisante à première vue, l’idée l’est moins après réflexion.
Heureusement que le modèle français n’offre pas un show à l’américaine. Le goût de ce genre de foire où s’agitent Donald Trump et Hillary Clinton ne leur est pas encore tombé dessus !.
Cependant, l’idée des primaires brouille au lieu de simplifier l’offre électorale. Elle dévoile trop souvent l’intimité des personnages dans l’arène des médias, au détriment du sens et des programmes. Enfin, on en reviendrait à la case départ avec un vote avant le vote, le jour des urnes.
Il n’y a qu’à voir le choix désastreux des primaires socialistes qui ont poussé François Hollande à la tête de l’État français, pour s’imaginer que ce n’est pas la panacée.
Pourtant, comme il n’est pas question de voter en Belgique pour élire un président, ce serait peut-être l’occasion de le faire pour des emplois de chef de parti ou de membres de bureaux exécutifs. Tout serait dans la difficulté d’une procédure juste avec des moyens identiques des candidats à se faire connaître des affiliés. Il est évident que la notoriété des anciens, le coup de pouce aux petits derniers de la grande famille, etc. réduiraient peut-être à néant les efforts pour un renouvellement jugé par tous et dans tous les partis nécessaire.
En France, les journalistes politiques sont très favorables aux primaires. La raison principale tient dans l’abondance des infos qui en découlent et, peu à peu, des notoriétés de presse émergent à côté des personnages interviewés, qui parfois sont plus connus que le politique lui-même.
En Belgique, il faudrait tenir compte du peu d’adhérents des partis politiques et donc du nombre restreint de militants qui voteraient pour des primaires. Cela équivaudrait à « cet entre nous » que détestent tant de citoyens aujourd’hui, quand ils voient les complaisances, les copinages et les regroupements par famille politique dans les plus hautes sphères de l’administration, Justice et Armée comprises.

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Mais diront les présidents et leurs séides des partis wallons et bruxellois, il y a déjà des assemblées et des élections. Sauf, que tout le monde sait bien que ces assemblées ne sont que des réunions d’entérinement des décisions prises ailleurs et que les votes ne sont que mascarades.
Lutgen succède à Milquet parce qu’il en a été décidé ainsi dans les instances dirigeantes, Di Rupo se succède à lui-même et on a vu le tollé que cela a fait lorsqu’un téméraire carolo s’était présenté contre lui lors d’une élection où le mage de Mons était en pétard avec les socialistes communaux à Charleroi. Enfin, le MR doit à la seule nomination de Charles Michel à la tête du gouvernement d’asseoir dans le fauteuil présidentiel le petit Chastel, de façon tout à fait provisoire, le siège étant traditionnellement disputé entre Reynders et les Michel, bataille entre compères.
Il est inadmissible dans une démocratie, que seul le président du parti, parfois avec quelques conseillers à sa botte, désigne les militants qu’il souhaite voir élus, comme il écarte de fait ceux qui mathématiquement ne pourront pas l’être.
Si les partis pouvaient reprendre cette liste lors de primaires et la mettre à jour selon la volonté de tous les affiliés, ce serait, en effet, peut-être sortir de la fatalité des carrières longues dans des mandats politiques et rendre du goût au lieu du dégoût actuel des électeurs. Ce serait un peu de démocratie dans un pays qui en manque singulièrement.

8 septembre 2016

Un collabo version Julliard.

Revoilà Marcel Sel reparti en guerre dans son « Blog de Sel » contre Béatrice Delvaux éditorialiste en chef au Soir, pour son papier concernant le vote des étrangers et principalement à Bruxelles.
On ne va pas me taxer de flatter la dame, là-dessus je suis tranquille, j’ai des références pour que l’on ne me considère pas son thuriféraire. C’est plutôt Sel qui m’inspire des inquiétudes.
De ce que je viens de lire sur son blog, j’aurais tendance à le taxer à mon tour de « collabo », version Jacques Julliard (voir Marianne n° 1013 ou mon blog « Islam ça suffit »).
Son article s’appuie sur des statistiques des résidents étrangers séjournant à Bruxelles, sauf que ces statistiques n’ont aucun sens puisque Salah Abdeslam, reconduit en France depuis, un des protagonistes des tueries du Bataclan, était Français, domicilié à Bruxelles. Sel n’est quand même pas assez naïf pour ne pas avoir compris ce que Béatrice Delvaux a voulu dire : l’Islam est partout, entré dans nos vies par tous les bouts et qu’il y en a marre. Cette religion qui a pignon sur rue dorénavant partout en Europe, minarets souvent payés par l’étranger, est à la base de tout ce qui se trame aujourd’hui de complots et d’attentats, même si une large part des musulmans n’y est pour rien.
Bien certainement, tous les islamistes ne sont pas des salafistes meurtriers en puissance ; cependant, je crois avoir lu suffisamment le coran, pour en avoir conclu que ceux qui ne sont pas extrémistes ne sont pas de « bons » musulmans, si l’on se réfère aux sourates du prophète !
Même si ces sourates ont été révélées à Mahomet à des moments et en des lieux différents, il s’agit bien d’une religion qui possède un inspirateur unique. C’est la seule religion qui n’a pas eu de replâtrage. Elle est brute de décoffrage de A à Z ! L’ancien et le nouveau testament ont des sources différentes et des variantes notables. Des dizaines de reprises des textes sacrés « arrangés » selon les époques circulent partout. Depuis les apôtres disséminés dans le monde Ancien, une noria de pratiquants a éparpillé mille et une versions. Une infinité d’hérésies s’est répandue. D’autres religions autres que monothéistes, sont dans le cas.
Chez les musulmans rien de cela : un prophète, un texte, un point c’est tout.
Les imams qui viennent prêcher le contraire ou sont des imbéciles ou de fieffés coquins.
Les combats ultérieurs portèrent sur les droits des successeurs (chiite et sunnite) et ils durent encore. Le prophète n’a jamais été remis en question. Et c’est bien là le drame.
Bien évidemment, le poison de certaines sourates a été atténué par des considérations interprétatives que l’homme moderne pratique en spécialiste. Mais on aura beau noyer le poisson, c’est un fait, on croit ou on ne croit pas aux visions de Mahomet.
Il ne vous aura pas échappé que l’emprise de cette religion sur ses croyants n’est pas du tout comparable à celle de la catholicité.

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Cette législation aura été celle des révélations de ce que cette religion, peut avoir de contraignant sur certains parlementaires et mandataires garantis belges 100 %. Notamment à propos de la non-reconnaissance du génocide des Turcs sur les Arméniens. Vous me direz, cet exemple n’a rien à voir avec les croyants. Justement, il démontre l’esprit de corps nationaliste dans lequel la religion musulmane joue un rôle essentiel. L’irrationalité d’intellectuels élus restés sensibles et cocardiers à propos de pays dont ils ont la mémoire, même s’ils en sont séparés par deux ou trois générations, a fait le reste.
Sous influence, le PS, s’il a perdu la notion d’une gauche anticapitaliste et des classes sociales, a conservé de son internationalisme le goût de rassemblement des peuples. Ce qui serait admirable si tous les peuples poursuivaient le même idéal socialiste. Dans la violence des particularismes, surtout religieux, cela devient un affrontement de civilisation.
Par laxisme et naïveté mon cher Sel, vous plongeriez, en toute bonne foi, le pays dans un début d’islamisation bien vite rendu irréversible par la pression des nouveaux arrivants et un prosélytisme forcé. Pour un laïc comme moi, le monde actuel avec toutes les religions – vastes sornettes cache-misère d’un mal de vivre général – m’est déjà insupportable, alors, pas question d’en rajouter, sous quelque prétexte que ce soit.

7 septembre 2016

La mondialisation heureuse.

Une qui n’en rate aucune pour se faire valoir, c’est Christine Lagarde. D’habitude, quand on sollicite un emploi chez une personne connue, on le fait discrètement, de bouche à oreille, sauf si on fait déjà partie de son staff de campagne et qu’on veut monter en grade, forcément il faut grimper sur la tête des petits copains et ça se sait toujours. La directrice du FMI balaie toutes les conventions d’un revers de manche. Elle écrit une lettre ouverte à Sarkozy demandant de l’utiliser lors de son prochain retour à la présidence de la République.
Quand on considère que pour l’affaite Tapie où elle est mise en examen, elle a carrément dit qu’elle ne démissionnerait pas de la direction du FMI, quoi qu’il arrive, elle abandonnerait volontiers sa livrée de grande gardienne du Fonds pour un emploi, fût-il modeste, dans le futur gouvernement du revenant, on se demande si elle tient vraiment au métier de grande prêtresse de l’orthodoxie capitaliste.
Sur la photo de famille du G20 de Hangzhou en Chine, elle n’était qu’au troisième rang ! Heureusement que sa grande taille la faisait quand même émergé du flot des anonymes.
Comme il fallait bien un thème à traiter pour les journaux économiques, madame Lagarde en a repris un qui faisait déjà sont succès au temps où elle était ministre des finances de la France
"il y avait de la détermination dans la salle pour mieux identifier les bénéfices du commerce, afin de répondre aux critiques populistes et faciles contre la mondialisation".
En voilà encore une que Monsieur Gerlache doit adorer.
Vous pensez, résumer le mécontentement général de l’économie mondiale, par une crise de populisme, voilà le cadre parfait pour réduire les problèmes à une insatisfaction infondée.
On devrait l’inviter à Charleroi pour une conférence devant le personnel de Caterpillar, nul doute qu’elle aurait son petit succès.
Ce qui la travaille, c’est le blocage par la France des réunions Juncker/USA sur le traité Tafta (accord de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis Tafta ou parfois avec l’acronyme TTIP).
Madame Lagarde est d’autant plus énervée que le temps presse. En effet, ni Trump, ni Hillary Clinton ne sont favorables au Traité. Comme Juncker est bon à tout, pourvu qu’on parle de lui et qu’on ne l’oublie pas dans les accords, il aurait fallu conclure avant fin octobre avec Obama.
C’est fichu. Encore un coup des populistes !

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Finalement, cet accord a été victime de ses secrets. Interdiction d’en révéler certaines clauses, réunions entre experts et en très petit comité, etc. Du pain béni pour les populistes ou triomphe une certaine idée de la démocratie sur les petits arrangements entre amis !
Madame Lagarde a eu beau rappeler les bienfaits de la mondialisation, elle n’a apparemment convaincu que ceux qui tirent les ficelles d’un monde en plein désarroi gangrené par des artisans d’une économie sans principe.
Elle ne s’est pas encore faite aux misères qu’engendre déjà l’embryon mondialiste. Elle n’a vu que l’émergence d’une classe moyenne en Chine, grâce à l’exportation bon marché du tout venant consommable.
Tout le monde n’est pas Chinois, même si un humain sur cinq l’est par nature et descendance.
Là-dessus elle n’est pas en reste d’explications. Quand nous serons redescendus dans un niveau de vie comparable aux paysans chinois, nous pourrons repartir d’un bon pied et goûter aux joies de la reconquête du pouvoir d’achat.
D’ici là, il faudra patienter un peu.
C’est ce que les populistes ne veulent pas et qui offusque tant Madame Lagarde.

6 septembre 2016

Résolutions et gérémiades !

Ils ne vous le disent pas, mais tout le personnel politique belge à l’exception de l’extrême gauche a déjà enterré Caterpillar à côté de Ford Genk et de Mittal-Meuse dans la grande incertitude politique actuelle qui menace l’économie.
Il y a bien, de-ci, de-là, des imprécations – le mot « voyou » de Paul Magnette – des grands projets (le site Caterpillar sera activé par des repreneurs dixit Elio Di Rupo) et enfin de grandes protestations de solidarité (le Fédéral ne laissera pas tomber le personnel jure Charles Michel), alors que tous n’ont jamais cessé de croire en l’essor du capitalisme, à son développement et au sort des personnels d’entreprises hors zones compétitives. D’où le triste constat qu’on ne peut rien faire pour les victimes du capitalisme, sinon dégager des aides aux licenciés, qu’on va trouver en rackettant un peu plus les petits contribuables !
Peut-être iront-ils jusqu’à confisquer un terrain industriel qui leur appartenait déjà en partie et quelques tôles peintes qui faisaient de Caterpillar l’usine phare de la Région.
Ils ne peuvent pas aller au-delà et ils le savent. Toute le Belgique est suspendue à la confiance indispensable des investisseurs dont le développement a besoin. De la stabilité d’une démocratie dépend sa survie dans l’économie de marché.
Si je parle comme le premier bourgeois capitaliste rencontré par hasard dans une rue d’Uccle, c’est parce que, vous, moi, tout le monde sommes entraînés dans la marchandisation totale de nous-mêmes et des productions, avec un salaire de plus en plus réduit.
Ce n’est pas Didier Reynders et Charles Michel qui disent cela, c’est Richard III qui le constate. Dans cette course vers l’abîme, ils espèrent pouvoir s’en tirer, comme le bouc des abattoirs de Chicago entraînant avec lui le cheptel à abattre, puis passant dans les dernières secondes avant l’exécution de masse, par un passage dérobé, s’en va tout gaillard retrouver son picotin d’avoine et son écurie.
Tout le monde sait cela sans l’oser pouvoir dire et MM. de la politique sans l’oser pouvoir dénoncer.
La direction de Caterpillar a refusé une occasion de s’expliquer devant des parlementaires. Le député carolo Jean-Marc Nollet (Ecolo) a dénoncé lundi soir cette absence dans laquelle il voit un "affront à toute la Belgique" et une "lâcheté insupportable de la direction de Caterpillar eu égard à l'ampleur des dégâts sociaux causés dans la région de Charleroi".
À la liste des « outragés », épinglons donc l’écolo. La fermeture de Caterpillar démontre les limites de ce modèle économique et financier, dit-il. Ce qu’il propose ne devrait surtout pas s’ébruiter à l’étranger lors de nos prospections d’affaire « imposer aux entreprises de rembourser toutes les aides reçues durant les cinq dernières années en cas de fermetures semblables à celle de Gosselies ! ». C’est le meilleur moyen de faire fuir les derniers investisseurs.
Parce qu’ils sont coincés nos artistes du cirque d’État. Ils voient bien que toutes les solutions qu’ils proposent dans le cadre du système capitaliste sont mauvaises. Elles ne sont valables que hors système, là justement où ils ne veulent pas entrer !
Et puis il y a le reste, la conjoncture, l’émigration, le ras-le-bol de la population des pieds nickelés qui ont fait de la démocratie un ectoplasme au service des financiers.
Serrant les fesses, nos élites régionales et fédérales voient autour d’eux une longue période électorale qui freine déjà la croissance que tous les pays recherchent.
Hier, Madame Merkel, la chancelière, a vu la CDU (son parti), battu dans une élection partielle, par l'AfD (Alternative pour l'Allemagne), en lutte contre la politique migratoire d'Angela Merkel. Après le Brexit, voilà qui confirme la puissance de la vague identitaire en train de gagner toute l’Europe.
Vous croyez que les Fonds de pension américains apprécient ?… que les Chinois ne s’inquiètent pas des bénéfices que leur placement devrait pouvoir réaliser en Europe ?
Et la Belgique, vous croyez qu’elle est performante ? Avec les Flamands qui tirent la couverture de leur côté dès qu’il fait frisquet et une Région wallonne gouvernée par des gugusses en surnombre ?

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Voilà ce que nos flèches d’intelligence pensent de la situation environnante dont l’épicentre est actuellement Charleroi mais qui peut se déplacer et causer autant de dégâts ailleurs.
Autant dire qu’en voyant la chose sous perfusion capitaliste et surtout décidés à n’en jamais sortir, Caterpillar est déjà dans un carton et qu’ils n’attendent qu’un laps de temps décent après la levée du corps pour le jeter au fond d’un tiroir.
Parce que la suite ne se passe pas en Belgique et ne dépend pas des Palotins qui jurent que cette fois la coupe est pleine.
On s'en rendra compte le 2 octobre prochain avec l’élection présidentielle autrichienne à la suite de l'annulation pour irrégularités, entre Alexander Van der Bellen, écologiste, et Norbert Hofer, extrême droite FPÖ. Toujours le 2 octobre, en Hongrie le référendum voulu par Viktor Orban, contre l’immigration. La réponse mettra l'Europe en difficulté et y aggravera l’effet du Brexit. Le scrutin hongrois aura probablement un effet domino notamment aux Pays-Bas avec l'extrême droite de Geert… et en Belgique, des fois que Bart De Wever sentant mollir ses troupes pousserait l’inénarrable Michel à un genre d’aventure similaire. La France ? N’en parlons pas, ce qui se passe actuellement à Calais n’a pas besoin de commentaires.
On pourrait faire le tour des capitales, le référendum constitutionnel de Matteo Renzi, en Italie surendettée et déstabilisée avec une dette exponentielle, aux abois et l'Espagne, toujours incapable de constituer un gouvernement !
2017 qui s’annonce, les élections présidentielles en France, les élections législatives allemandes! Allez… j’arrête !
C’est-y bon pour le commerce et les bonnes affaires, tout çà ?
Vous me direz, nos politiques s’ils avaient des couilles… oui, mais ils n’en ont pas !
Alors les pauvres de Caterpillar…

5 septembre 2016

Le club des consternés

Ils sont atterrés, nos braves de la presse écrite ! En pleine sidération après le coup des Américains de Caterpillar, la clé sous le paillasson, se sauvant avec les bénéfices, propriété des Fonds de pension, disent-ils, de l’autre côté de l’Atlantique.
Nos Quatremer à nous décrivent tout au long de l’année le petit miracle d’efficacité du capitalisme mondial dans lequel, avec de l’ambition, tous les bons travailleurs ont leur place. Les voilà obligés de s’aligner derrière « les rouges », tout au moins jusqu’à ce que l’émotion retombe et que les gens oublient le carnage dans les familles.
Que les patrons de presse se rassurent : l’ataraxie renaîtra aussitôt que les Réformateurs auront repris de l’ascendant sur les populations, dans deux ou trois jours.
Reste à couvrir l’évènement de leurs enthousiasmes momentanés pour la cause ouvrière. Il ne faut surtout pas perdre de vue que Caterpillar a encore deux crèmeries en activité en Flandre et que la moitié flamande du pays est partagée entre la commisération vis-à-vis des collègues wallons et l’instinct de survie qui au Nord se confond avec la politique de Bart De Wever : courbettes devant les puissants et lacets d’étranglement pour les chômeurs.
Un qui a rejoint tout de suite le camp des populistes par la façon de dire les mots, c’est Paul Magnette avec son «…ce sont des voyous ». Béatrice Delvaux n’aurait jamais osé dans ses éditos. « Thug », traduction littérale de voyou en amerloque signifie plutôt assassin, étrangleur que gamin des rues (street kid fait gentillet).
Bon d’accord, les capitalistes américains du genre Trump, ceux qui nous ont délégué le porte flingue avec ses deux gardes du corps pour dire que les patrons retiraient leurs billes à Charleroi, c’est plutôt Thug que voyou. Mais qui s’intéresse encore à la sémantique de nos jours ?
Le casino namurois donne le ton « on refuse la résignation ». Quant à dessiner l’avenir industriel de la Wallonie, je ne mets pas quinze jours pour qu’on reparle des intérêts notionnels et que la sœur du roi – si elle est réconciliée avec Mathilde – ne reparte en mission économique avec notre tressautant ministre des Affaires étrangères, afin de rencontrer des homologues de Caterpillar partout où il y a des Fonds de pension qui cherchent des placements juteux.
Pensée pessimiste ? Non, réalité d’une économie de marché qui en a vu d’autres et qui a ses officiants ministrables dans les partis.
Vous ne voudriez tout de même pas que les curés de l’ordre capitaliste changent de religion ?
Dire la messe chez Caterpillar ou ailleurs nécessite vingt ans d’expérience d’économie classique. Ils veulent bien que sainte Theresa soit dans les Caterpillar, mais pas au point de changer l’économie en « Das Kapital. Kritik der politischen Ökonomie » de Marx.

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Ce n’est pas que Caterpillar qui veut tout jusqu’à la couenne, mais le système tout entier. Pour nos élites aussi, sucer n’est pas tromper, comme dirait Ardisson.
Ce midi Deborsu, le caquetant mirliflore du dimanche RTL, réunissait une brochette de sacrés branleurs, exception d’une employée, d’un syndicaliste de Caterpillar et de Hedebouw (il est bien ce type là). On avait plutôt le désir de botter le cul de ces gens qui sur leur lancée se gaussaient de la réduction du temps de travail en reprenant mot pour mot l’argumentation de concurrence pour faire demain comme si de rien n’était après Caterpillar. On a entendu Deborsu sous-entendre devant l’employée Caterpillar que certains licenciés retrouveront du travail tout de suite, la prime de fermeture en poche. Ils feront une bonne affaire, s’est délecté Deborsu, admiratif pour tout qui ramasse du pognon de deux ou trois côtés. C’est du vécu chez lui.
Béatrice Delvaux écrit dans Le Soir que ce drame social doit servir d'électrochoc pour les sphères économique et politique belges. C’est tout juste si elle ne remet pas en activité la gégène de Jean-Marie Le Pen, pour griller les couilles de l’émissaire yankee.
La presse soudain d’extrême gauche ?
Pas si vite.
C’est juste le temps d’un spectacle. Lénine, 1916, le voyage en train et la révolution bolchévique, c’est à l’affiche pour une semaine seulement au Théâtre des galeries.

4 septembre 2016

L’Islam, ça suffit !

Dans son dernier numéro (1013) Marianne publie un article de Jacques Julliard qui pose problème à la gauche. Pas celle dont Jacques Julliard ne se réclame pas mais dont les lecteurs savent que c’est vers celle-là que son cœur penche, mais de la gauche plus radicale et moins embarrassée de nuances avec les marchands de tapis du système.
En gros, Julliard traite l’extrême gauche de « collabos » au cri de ralliement « pas d’amalgame » ! C’est le parti qui sépare les attentats des intégristes, des milieux islamistes, même ceux qui prônent la primauté de leur religion sur toutes les autres.
En Belgique, nous avons dans les partis francophones des membres influents se réclamant du multiculturalisme, qui est une forme d’assimilation ratée s’avérant absolument catastrophique sur les plans de l’éducation et des religions.
Dans ces milieux, on assiste au sauvetage de tout ce qui relève des mœurs et coutumes qui ne sont pas les nôtres, hormis celles du fanatisme meurtrier, bien entendu. Ce n’est ni la faute à la religion, ni aux croyants que le fanatisme tue aujourd’hui des innocents en Europe. Mais alors, si ce n’est pas la faute à la religion, ni aux milieux dans lesquels le fanatisme a ses racines, c’est la faute à qui ?
De prime abord, cela paraît légitime de dissocier les criminels, d’habitants paisibles, mais ce faisant on établit les croyants musulmans dans un cocon, sorte de no-man-land de sûreté, véritable tête de pont d’un vivre autrement regroupant ceux qui majoritairement prétendent ne rien changer à leurs mœurs, ni à leur manière de vivre.
Julliard appelle les partis qui défendent cet envahissement « paisible », de partis collabos.
« Mais ce faisant, n’êtes-vous pas en train de stigmatiser les musulmans ? » Et de rappeler que dans les arrière-greniers (1) de la pensée collabo, l’esprit de soumission est le même. C’est ce qu’avait prophétiquement annoncé Michel Houellebecq dans son dernier roman et c’est cela que le parti collabo ne lui a jamais pardonné ».

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J’ai été surpris de la grande indépendance d’esprit de Marianne à la publication de ce brûlot de Julliard, d’habitude plus modéré – plus sage diront certains.
Les enjeux sont importants. Il s’agit ni plus ni moins de rester ce que nous sommes en pleine recherche de laïcité dans une Europe qui se déchristianise. Et justement, parce que nous nous émancipons des croyances trop chargées d’erreurs du passé, nous sommes battus à l’avance sur le terrain des religions par des croyants fanatisés par des références moyenâgeuses loin des pensées critiques et rationnelles sur leur propre religion.
Quelque chose me dit que Julliard n’a pas tout à fait tort devant le spectacle d’une extrême gauche si tatillonne sur les règles strictes d’une laïcité base de la République, s’en laisser conter sur le merveilleux d’une religion tout simplement parce qu’elle est en principe ce que fut le christianisme à ses débuts, un rassemblement de pauvres souffrant de l’ordre établi par les puissances capitalistes mondiales.
Julliard a-t-il tort ou raison de croire dangereuse la montée de l’islam en Europe ou cela n’est-il qu’une burkinade de plus ?
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1. Allusion au pétainisme de 40 à45.

3 septembre 2016

Ah ! ces ingrats d’américains…

On croit rêver ! On dirait que ce ne sont pas les mêmes qui s’enthousiasment du système économique et parlent de la future ligne d’avions directe avec la Chine, tantôt pressés d’ouvrir l’économie de marché aux cinq continents, tantôt rêvant du TAFTA (1)… avec la posture qu’ils ont adoptées dès vendredi matin à l’annonce de la fermeture de Caterpillar, on ne savait pas que ces messieurs des partis étaient farouchement contre les multinationales, les profits démesurés des actionnaires, etc. !
Vu le ton révolutionnaire des deux grands leaders, on s’attendait à voir Magnette et Michel en costume mao !
Rassurez-vous, ce sont les mêmes ! Ils ont momentanément changé de casquettes.
On a même entendu Paul Magnette traiter de voyous, les dirigeants américains de Caterpillar !
Charles Michel a fait le déplacement à Charleroi afin de pousser sa petite roucoulante sociale "C'est une décision brutale et un drame social. Je souhaite être totalement mobilisé dans une union sacrée politique avec le gouvernement wallon pour soutenir les travailleurs et leur famille".
Il entend soutenir les travailleurs de Caterpillar à titre personnel ou à titre de premier ministre ? Si c’est à titre personnel, c’est entendu, on ne sait pas ce qu’il pense. Cependant, on doute de le voir alimenter le brasero pour réchauffer le futur piquet de grève du matin. Par contre, comme premier ministre on sait ce qu’il vaut et la façon d’attirer les investisseurs étrangers faisant de la Belgique un petit paradis fiscal. Ce qui n’a pas empêché les Fonds de pension américains gros actionnaires de Caterpillar, de mettre brutalement la clé sous le paillasson d’un site performant, baptisé « trop grand » depuis qu’on lui a retiré des productions de certains matériels.
Depuis le temps qu’il sabre dans les salaires et dans ceux des chômeurs et des malades, le comble c’est qu’il viendrait nous dire que c’était pour maintenir l’emploi et rendre plus attractive cette Wallonie anémiée par les crises financières.
On l’a échappé belle, Marcourt est à l’étranger, il ne pourra pas nous entretenir de son fameux plan qui fit passer Cockerill à Arcelor et à Mittal et ainsi vider de ses outils la sidérurgie aujourd’hui presque disparue du paysage liégeois, comme référence à celui qu’il a certainement dans ses cartons pour pérenniser Caterpillar ou en tout cas éviter la fermeture, sinon à effacer cette production d’engins de chantier à Charleroi.
Gerlache à la rentrée cherche les populistes, quand d’autres traquent les Pokémon. Il y en a une belle collection dans ceux que j’ai cités, si on considère que les éminences entendues font vivre, eux aussi, des sous-traitants autour de leurs ministères.

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Et dire que nos têtes de gondoles ont distribué à Caterpillar, comme à Mittal aussi, du reste, d’énormes avantages fiscaux. Magnette a dit au micro de RTL qu’on récupérerait les aides, si toutes les conditions n’avaient pas été remplies chez Caterpillar.
Les intérêts notionnels pour un montant de 61 millions d'euros sont déjà perdus. Si on les retenait sur le salaire de Reynders, puisque c’est lui qui fut à la base de cette mirobolante façon de jeter de l’argent par les fenêtres, quand il était aux finances ?
Pour l’exercice 2015, Caterpillar Group Services a payé en impôt 190.000 euros sur un bénéfice de 4,6 millions d'euros, soit un taux de 4,6%. Moins que ce que réclame le gouvernement pour les petites pensions de plus ou moins 1200 € !
Alors, bon, les larmes de crocodile…
En d'autres temps, avec d'autres hommes politiques, on serait sorti de Cater...pillard autrement. Un Marcourt amélioré se serait dit les Fonds de pension amerloques ont concentré à Charleroi la production pour l'Europe, c'est parfait, foutons-les dehors et poursuivons notre production avec une clientèle européenne, les brevets, les chichis de trésorerie, tout ça, c'est de la merde capitaliste... etc. Mais ce Marcourt là n'existe pas, ce Paul Magnette ne correspond pas à la Belgique actuelle, les Michel n'en parlons même plus, Reynders, vous me faites rire...
Et voilà pourquoi six mille personnes au moins dans le bassin de Charleroi vont se trouver bientôt dans une merde noire. Quant à nos faiseurs de pluie, ils vont bien. Leur salaire est assuré !
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1. Le Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP) est un projet de zone de libre-échange lancé début 2013 par Barack Obama et les dirigeants de l’Union européenne, José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy.

2 septembre 2016

L'accusé à Mons !

Revoilà l’affaire Westphael-Pirotton qui s’ouvrira le 19 septembre en cour de justice à Mons. Elle tardait au lecteur de La Meuse. Ils en étaient frustrés, par l’intervalle trop long entre les faits et la reprise au théâtre, comme lorsqu’on attend la suite entre deux saisons des épisodes de Game of Thrones.
Un journal, c’est comme une forge. Le matin, le forgeron ranime le feu et souffle sur les braises pour qu’aussitôt à l’incandescence, il mette les fers à rougir.
C’est par précaution que la presse fait de même. Elle souffle sur les braises Westphael-Pirotton dans le cas où il n’y aurait aucune nouvelle guerre et que, sur le front des attentats, il n’y aurait rien à signaler.
Ma démarche, apparemment identique, en diffère par l’objet et les personnes. Elle porte sur les expertises et les déclarations de l'expert-psychiatre Hans Hellebuyck.
Comme l’explique les futurs prix Albert Londres «Le rapport de l'expert psychiatre accable Bernard Wesphael l'ex-député wallon. L'expert évoque "une capacité extraordinaire à mentir", des conclusions que M. Wesphael conteste. »
L’expertise de quiconque est en délicatesse avec la justice m’a toujours sidéré ! Comment peut-on être assez arrogant et sottement instruit de la nature humaine pour détailler par le menu les tenants et les aboutissants de ce qui se passe dans la tête des prévenus au point d’expliquer «mécaniquement » les comportements ?
Que Westphael ait serré ou non le kiki de sa partenaire au point qu’elle ait cessé de respirer, procède impulsivement ou de façon préméditée de tant de facteurs y compris ceux extérieurs à lui-même (1), qu’il est ridicule d’en déduire si la nature de Westphael est perverse ou normale.
La justice adore les expertises. Cela fait vivre des professions libérales sur la poche des contribuables, donne bonne conscience aux juges qui s’abritent derrière les « avis autorisés » et incite le public à croire au sérieux d’une entreprise aussi hasardeuse que celle qui consiste à juger un homme, par un autre homme.
Les experts peuvent se tromper (ils ne s’en privent pas). C’est tout bénéfice de prolonger le spectacle par la cassation et bouquet final la Cour européenne de Strasbourg des Droits de l’Homme. Cela en fait des colonnes et des colonnes de suspenses !
La justice est dans le besoin en partie parce qu’elle est trop dépensière.
Les batailles d’experts font des chapitres entiers de controverses et grossissent les dossiers au point que l’on voit souvent des huissiers amenés devant les tribunaux, des cartons empilés jusqu’aux poignées des diables.

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Même les médecins légistes n’ont pas bien défini les causes de la mort, flottant entre la violence, l’abus des médicaments, les alcools forts, le cœur qui flanche…
C’est quand même l’expert Hellebuyck qui bat tout le monde de deux longueurs, lorsque du haut de son savoir, il tranche « "La facilité et la conviction avec lesquelles il (M. Wesphael, NDLR) invente des récits, dont il sait que l'exactitude peut être facilement vérifiée, sont remarquables".
Comme si un politique n’était pas naturellement doué pour inventer des récits dont il sait que l’exactitude peut être facilement vérifiée. Mais, c’est la base même de tout le métier de politicien que cette découverte de monsieur Hellebuyck ! Tout le monde le savait sauf lui !
Nos grands hommes, enfin qui s’estiment comme tels, nos grands libéraux, nos grands socialistes et même nos grands humanistes, sont tous des menteurs, sinon des personnes ayant des aptitudes aux mensonges.
La politique, c’est tout l’art de faire prendre des vessies pour des lanternes.
La question n’est même pas de savoir si Monsieur Westphael ment. Bien sûr qu’il ment, mais comme mentent Reynders, les Michel ou Di Rupo. Sont-ils pour autant des assassins ? Personne ne le pense.
Si par hasard Hans Hellebuyck, expert devant les tribunaux, avait l’intention de prouver que tous les menteurs sont des assassins, l’hospitalité du blog Richard III lui est aimablement offerte.
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1. Aura-t-on assez glosé sur un des derniers amants de la défunte qui envoyait des SMS à tout-va à sa Véronique, la sachant pourtant « en mains » dans une chambre d’un hôtel d’Ostende !

1 septembre 2016

Cambadélis à la NPA avec Poutou ?

Les crises politiques autour de nous se succèdent. La Belgique n’y échappe pas, puisque le gouvernement Michel en grave déséquilibre en faveur de la Flandre, en gère une en permanence.
L’Amérique de Trump, c’est loin. On se rapproche avec les Turcs, la crise actuelle n’a pas encore atteint son paroxysme côté kurde et État islamique. L’avis des spécialistes, dans le micmac des alliances d’Erdogan avec le quatuor d’enfer Poutine, Obama, l’Europe et l’OTAN, se fait attendre. Ce n’est pas facile d’évaluer l’étendue d’une crise dans un pays ou l’état de droit est devenu le droit de fermer sa gueule, sans que, pour autant, le peuple de la rue cesse d’acclamer le chef.
La plus proche de nous dans la galaxie européenne, c’est la France. Les Wallons sont en meilleurs termes de voisinage de Lille-Paris, plutôt que de Bruxelles-Zaventem, même si l’appareil namurois vit dans la terreur d’une résurgence du Mouvement Populaire Wallon et du rattachisme.
Avec la démission de Macron, c’est le rebondissement de trop, des malheurs de Hollande avant la présidentielle. C’est aussi un avatar de plus au parti socialiste qui traine la patte derrière Hollande, dans l’impuissance de Cambadélis d’arrêter le processus de dislocation du PS.
Macron dont le geste à la Brutus, envers celui à qui il doit tout, est stipendié dans les officines du côté de Valls et Sapin. Ce que tout le monde oublie, c’est que Macron a réussi à se faire un pactole lorsqu’il était banquier et que si son « en marche » se pète les rotules, il lui restera toujours à faire comme Fleur Pellerin, fonder une entreprise grâce à son carnet d’adresses bien rempli.
C’est ce qui différencie les patriotes d’aujourd’hui de ceux d’hier. En cas d’échec, aucun ne se morfondra dans une retraite misérable à ressasser les heures de gloire entre deux parties de domino. Tous auront à cœur de refaire la geste de Cincinnatus.
Mais pour le parti, c’est une autre paire de manches ! Qu’un ou l’autre se retire avec les honneurs, sa toge et sa dignité, c’est sans douleur pour lui. On en félicitera même certains comme Montebourg, d’avoir senti l’oignon. Le drame est à présent au PS et c’est de sa déconfiture totale dont il est question.
Le PS déjà dans un état de délabrement avec la fuite des adhérents (moins de cinquante mille aujourd’hui ?) perd un à un ses piliers du temple. Le toit s’effondre, reste l’atrium et le prêche au grand air, mais c’est mince.

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Certes, Macron n’était pas socialiste, mais Hollande faisait comme si. Macron était le premier soldat d’une Légion étrangère que lui et Valls tentaient de mettre sur pied pour accréditer leur intention de gouverner par le centre et forcer, vaille que vaille, ceux qui placent leur mandat de député au-dessus de leurs convictions, à jouer leur va-tout avec François.
L’heure du bilan approche. Même Di Rupo, pourtant assis confortablement de l’autre côté de la frontière pourrait se demander si l’effondrement possible du parti frère ne va pas relancer ces vieilles canailles du MR qui attendent du désastre français, une sorte de boomerang coupant le kiki du méga-président montois.
Quand on pense qu’il n’a pas fallu quatre ans de passage aux affaires, pour que les curieux se penchent sur le ravin comblé des cadavres « exquis » des promesses non tenues, de ce PS qui a cru malin de changer de peau, sans le dire à personne !
En 2012, le PS tenait l’ensemble des cartes entre ses mains. Quatre ans plus tard, il a perdu sans que Les Républicains aient besoin d’étaler une quinte floche. Quoi qu’il arrive, même avec une paire de sept, Hollande sera battu !
Valéry Giscard d’Estaing n’a pas été aussi mauvais dans son septennat, c’est dire.
François Hollande, qui se prépare au renouvellement de son mandat, n’est même pas assuré de figurer au second tour. Son impopularité comme celle de son premier ministre battent des records historiques.
S’il veut encore faire de la politique après les élections, Cambadélis n’a plus d’autre solution que de redevenir Trotskiste et rejoindre la NPA, derrière Besancenot et Poutou, ou entrer au MODEM de Bayrou. Super caméléon n’est pas là-dessus. Si je devais faire un pronostic, je pencherais plutôt pour Bayrou…