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23 février 2017

À la carte ou plat du jour ?

Mais quelle méchanceté sur la Meuse de ce mercredi « Contrôle des chômeurs : la Wallonie tape dur! Voici les premiers chiffres... » à la suite de quoi le rédacteur se livre à la joie de proclamer le FOREM, digne successeur de l’ONEM.
C’est un peu comme si, pour faire écran aux crimes du tyran, ses gardes assassinaient d’initiative quelques prisonniers oubliés dans ses geôles ! On est en plein Shakespeare. Et il faut croire, puisque le journal vend toujours autant de papier, que les lecteurs, tous à la dévotion d’Édouard VIII, courent à la Tour de Londres, voir la tête de Thomas More tranchée par le bourreau.
Délaissant toute pudeur, les médias se délectent de la situation des personnes qui, depuis ce 1er janvier, n’ont plus droit à l’allocation d’insertion dont ils bénéficiaient jusque-là.
« Quel crime ont commis ces gens pour qu’on leur supprime un revenu de remplacement indispensable dans un contexte de chômage structurel ? » s’interroge « Politique » un magazine belge auquel Mediapart s’est associé dans un numéro consacré à la France.
Avec la loi Di Rupo, trouver un emploi est un impératif dans un délai « raisonnable ». L’appréciation, dans les officines du FOREM du délai raisonnable, s’est raccourcie depuis Charles Michel en relais de Di Rupo. Les personnels jugeront de la bonne volonté du demandeur, un peu à la « tête du client », comme le flic français qui fourre sa matraque dans le trou du cul d’un « contrôlé » selon son inspiration et son humeur ou ne la fourra pas, dans le cas où le contrôlé ne serait pas franchement black-beur !
30.000 sans revenus cette année et 20.000 autres l’année prochaine, les atlantistes révulsés par la lenteur du redressement économique suivent la chasse aux chômeurs avec l’œil mouillé de reconnaissance.
Tirer un revenu d’un travail qui n’existe pas, voilà qui n’est pas comme chez Publifin, donné à tout le monde...
Cette mesure aura comme conséquence de pousser les travailleurs à accepter des conditions de salaire et de travail revues à la baisse. Sinon en face, la tour de Londres, les têtes qui tombent… on a compris.
Comment comprendre le peu de réactions indignées ? Richard III tout seul, au coin du bois et pas un maquisard, rien que des Michel et des Di Rupo la lippe gourmande en sauveurs de la FEB, de la belge attitude ?

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Me serais-je mépris sur l’attitude de la population ?
Monica De Coninck (sp.a), ministre de l’Emploi sous Di Rupo qui a voté la mesure en question, a un superbe raisonnement « Donner de l’argent sans échange, ce n’est pas une politique de gauche. Avec le délai de trois ans, on peut sérieusement s’occuper des personnes concernées ». (Le Soir 5/1/2015).
Reste que lorsque le boulanger refusera de livrer son pain à crédit, comment on va nourrir le petit dernier ?
Ce qui m’aura toujours étonné dans ce charmant pays de faux-culs, c’est, finalement, le peu de faits-divers pour autre chose que les lubies purificatrices à la gloire d’Allah. Ils ont quand même une sacrée veine les hotus du gouvernement, à 500 € la kalach, c’est juste la somme qu’on retire au chef de famille qui passe de demandeur au FOREM, au statut d’assisté au CPAS.
Du coaching, de l’accompagnement, de la formation, tant qu’on veut, mais rien que ça, Charles Michel vous le dira, rue de la Loi, quand sonne midi, il aime bien consulter la carte des menus de la maison.
– Vous avez pensé à mon velouté de cailles aux fraises ?
Le chômeur dans le parc d’en face, pourra s’essayer à manger les feuilles des platanes.

22 février 2017

Bras de fer.

Des trois possibilités « démocratiques » (voir le blog d’hier), c’est encore celle d’élire un chef qui est la plus hasardeuse. Le chef ou le président place, dans presque tous les cas de figure, des obligés, des fidèles et des « godillots » (option 2). Le risque est grand de l’autoritarisme non maîtrisé. Par exemple, si Fillon est élu et qu’il veut appliquer son programme, bonsoir les dégâts…
Presque… car il est possible aussi qu’un candidat plombé par son comportement avant l’élection (le pénélopegate), mais élu président quand même par détestation de son adversaire (Marine Le Pen) n’ait pas une majorité présidentielle, à cause de ses antécédents douteux.
On sait jusqu’où le chef peut conduire le peuple. Sans remonter à Adolphe et ses adolphins au siècle dernier, l’élection du chef aux USA n’a pas fini d’être commentée.
Et si Trump, outre milliardaire grossier et inculte, était aussi un débile mental ? Il y a un type de démence qui lui va comme un gant : le trouble de la personnalité histrionique (1) !
Trump par-ci, Trump par-là, immigration « out », construction de l'oléoduc du Missouri « on », le mur...
Dommage qu'il ait fallu attendre qu'un businessman détraqué prenne le pouvoir aux States pour avoir conscience des dangers du système présidentiel.
Trump aura quand même servi à éliminer une croyance solidement enracinée dans l’esprit des gens selon laquelle le pouvoir politique s’est aplati définitivement devant le pouvoir économique.
Quoique à peine son deuxième mois de présidence entamé, Trump classé nuisible a cependant agi contre les délocalisations en faisant pression sur les industriels américains, Ford a renoncé de construire une usine au Mexique. La méthode est contestable et il n’est pas dit qu’elle portera ses fruits, mais le fait qu’à cette occasion le pouvoir économique se soit aligné sur le pouvoir politique prouve que nos élus ont tort de capituler et que Charles Michel aurait pu s’inspirer de Trump pour empêcher la fuite de nos entreprises vers des paradis fiscaux. Voilà qui devrait faire réfléchir ceux qui concluent trop vite à l'impuissance du politique, quand il convient au contraire de lutter contre le dumping social et les méfaits du libéralisme.
Les économistes de l’ULB et de l’Institut E. Vandervelde feraient bien de revoir leur copie : s’il y avait bras de fer entre l’Autorité citoyenne et les forces économiques, il se pourrait que les décisions essentielles ne soient plus prises depuis des officines échappant au contrôle des institutions, mais depuis les ministères concernés, à condition d’y avoir des ministres convaincus que la démocratie est un impératif intransigeant.
Hélas ! il n’y a jamais bras de fer, à croire que les libéraux ne sont que les gérants des succursales des entreprises.

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Le rôle de conciliateur a toujours été mineur. En ne défendant pas leurs électeurs, les partis se placent dans les mains de l’autre pouvoir, celui que détiennent les hommes des intérêts privés.
Et, à tout point de vue, c’est logique, puisque le libéralisme est un courant qui joue le privé contre le collectif. C’est un peu comme si Charles Michel tenait le rôle de Marine Le Pen à l’Europe qu’elle veut détruire, tout en étant payée par le Parlement européen. Idem, nous payons Michel pour qu’il détricote l’État au profit du privé.
Nous sommes bel et bien trompés par les dirigeants qui prétendent défendre nos intérêts, alors qu’ils sont tout simplement d’accord avec le néo-libéralisme.
Depuis toujours, le néo-libéralisme est chez lui au Parlement, mais aussi aux sièges des partis traditionnels.
Arrêtons de prêter une oreille attentive à ceux qui osent justifier baisses de charge, baisses de salaire et régression sociale, alors qu’ils sont au pouvoir et que ce pouvoir leur vient du peuple.
On peut croire que le peuple américain est en train de refonder la Nation en se réunissant contre Trump. Chez eux, si la folie s’est concentrée sur une personne, c’est parce qu’elle est d’évidence chargée de beaucoup de pouvoir, donc de beaucoup de nuisance. En Belgique, ce pouvoir est dilué dans tellement de camarillas que nous n’avons pas à nous méfier d’un fou, mais de toute une série de malfaisants et de détraqués, pourris par l’argent et le pouvoir.
Ces satrapes n’en détiennent chacun qu’une petite partie. Reste à définir quel est des systèmes 1 et 2 celui qui nous conduira au système 3 plus rapidement ?
Nous avons l’exemple américain. Combien de temps Trump restera-t-il à la tête des USA ?
Les paris sont ouverts.
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1. Comportement exagérément théâtral, semble en train de se produire sur scène, haute idée du « moi », mépris du « surmoi », persuadé de détenir la vérité, capable de l’inventer, etc. Sa grossièreté et le manque de respect des femmes font partie d’une autre facette de sa personnalité, peut-être rédhibitoire à son manque de culture.

21 février 2017

Rousseauiste malgré tout.

Bien sûr, c’est facile de reporter sur les seules têtes des dirigeants les fautes qui accablent la démocratie. Ils sont ainsi faits parce que nous les avons mis en état de nous piéger et de contourner les règles pour une bonne gouvernance.
Les torts sont partagés. J’ai participé dans un collectif électoral à les mettre dans une position favorable. C’est humain qu’ils en profitent et encore plus humain qu’ils en abusent.
La démocratie s’est adaptée au système économique. Ils essaient de rentabiliser au maximum leur travail et ils sont dans une position pour le faire, bien meilleure que la mienne.
Nous agitons sans cesse le spectre de la morale, du civisme, des valeurs humaines, alors qu’ils sont comme nous qui n’avons que le profit en tête et l’amour de nous-mêmes.
Comment peut-on imaginer une démocratie à l’instar de celle de Platon dans un environnement où la loi est celle du commerce et l’exploitation sous toutes ses formes, de la nature et de la personne humaine ?
Loin des boules vertes ou rouges du Fernandel bruxellois (Deborsu), un vrai intérêt des citoyens, sur les questions essentielles qu’ils se posent, démontre qu’une majorité de Belge pense que la démocratie fonctionne mal. Parmi celle-ci, une part non négligeable considère qu’elle n’est pas irremplaçable.
Évidemment dans ce dernier cas de figure, un méli-mélo de propositions assez farfelues couvrent l’éventail des opinions, des extrêmes aux centristes. D’autres alternatives existent-elles vraiment ? Là est la question.
La défiance vis-à-vis du régime étant en nette progression, il serait temps d’y réfléchir.
Une première remarque, si c’est remplacer les Narcisses qui nous dirigent par des Narcisses qui nous commandent, cela pourrait plus mal finir encore que cette aventure-ci.
Dès le départ le débat est faussé. Nous votons pour des personnages qui se sont mis en évidence, ont joué des coudes et, finalement, sont tombés dans le portrait charge qu’en fait Paul Valéry « Ce ne sont pas les meilleurs qui réussissent mais les pires ».
Ils se prétendent au contraire les seuls à toujours avoir raison et capables de nous sortir de nos angoisses.
En définitive, ils ne servent à rien d’autres qu’à nous distraire. Ce sont nos danseuses, nos geishas que nous surpayons jusqu’à ce qu’ils ne nous amusent plus. Comme ils tiennent à leur place, ils nous deviennent odieux. Dès que nous voulons nous en séparer, ils s’accrochent.
Comment imaginer une démocratie sans corruption ? Comme cette corruption est constante, que l’élu soit surpayé ou sous-payé, comme on n’a jamais essayé de le sous-payer, essayons de réduire ses émoluments, ainsi nous ferons partir du pouvoir les fastueux et les intéressés. Au moins verrons-nous de nouvelles têtes, tout en s’en méfiant, puisqu’on ne peut pas connaître toutes les arnaques, les clés du coffre donnent de l’imagination au gardien.

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Trois scénarios alternatifs sont possibles : un gouvernement « technocratique » composé d’experts non-élus, sorte de fonctionnaires chargés d’appliquer le cahier des charges élaboré par les citoyens ; un gouvernement « autoritaire » dirigé par un chef élu par le peuple avec une équipe minimale ; un gouvernement « participatif » composé de citoyens volontaires ou tirés au sort sous la surveillance et par la consultation des citoyens.
Il n’y a pas de quatrième possibilité dans l’état actuel des choses.
Une majorité se dégage (par sondage) pour un gouvernement participatif (troisième proposition).
Le hic tient dans l’organisation d’une démocratie participative, au lieu d’une démocratie par délégation, celle que nous rejetons aujourd’hui.
Il y a d’abord l’énorme frein de l’appareil politique qui se nourrit du système actuel. Comment pourraient-ils admettre de se désister, ceux qui font les lois qui leur permettent de vivre au-dessus de la condition moyenne de leurs concitoyens ?
La rupture entre le peuple et les élites pose la question de la mainmise des experts et des élus sur le débat public. Comment faire de la politique en-dehors d’eux ?
La démocratie participative tant qu’on veut, mais qui va mettre en place cette démocratie participative, sinon « d’autres élites » ?
J-J Rousseau y avait pensé avant nous. Il avait au Siècle des Lumières déjà formulé la grande tâche de la politique à venir : articuler l’autonomie des individus et la puissance collective.
Ce n’est pas mon intention de refroidir les ardeurs pour le changement, qui dans le fond est nécessaire, mais du XVIIIme siècle à nos jours, un facteur est intervenu. Le système économique a corrompu aussi mais de façon moindre, toutes les couches de la société civile.
Si les gouvernants sont corrompus, c’est parce que je le suis aussi.
Il faut logiquement que je m’évertue à d’abord éliminer en moi le goût que j’ai de l’économie capitaliste. J’avoue, depuis que j’y pense, ce n’est pas facile.
Un petit profit est légitime pour le travail que l’on fournit. Un gros profit est un vol. D’accord.
Encore faut-il s’entendre sur ce que travailler veut dire. Il y a trente six manières de rétribuer le travail. On en est arrivé à rétribuer l’argent lui-même et à honorer le « travail » du rentier !
Tous plus ou moins voleurs et délinquants en puissance ?
Aujourd’hui, c’est la révolte des petits voleurs contre les gros… il y a un peu de ça !...

20 février 2017

Un job en or.

Les affaires en Belgique ressemblent à l’affaire Fillon en France, en ce sens que cette affaire Fillon est une référence aux raisons qui font l’indignation du citoyen franco-belge pour ces mandatés qui se la pètent !
Chez le mari de Pénélope se concentre le maximum de pratiques « légales » qu’interdit la morale de comportement, quand on est élu et responsable !
L’ambivalence d'une professionnalisation de l’élu avec un mandat de confiance de l’électeur est tout l’enjeu d’une démocratie qui mute en ploutocratie, sans que la population en prenne conscience. .
La création d'une nébuleuse de discrets avantages pour les parlementaires et votée par eux, les disjoignent dangereusement du corps social.
Ce ne sont pas les boules puantes lancées par des adversaires qui rendent l’atmosphère irrespirable, puisqu’elle l’est déjà par les pratiques de nos mandataires qui ont réussi, par exemple, à doter la Belgique de cinq gouvernements et à faire des différents parlements qui en découlent, la source de la plus grande représentation au monde par habitant. Il est clair que dans le fourmillement des particularismes régionaux, il est facile d’intégrer des pratiques qui tournent vite aux avantages acquis dont il est difficile de se défaire.
La professionnalisation de la représentation des citoyens fait le reste.

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L’évolution des mœurs de nos dirigeants tient aux bizarreries propices aux embrouilles à cet engouement, pour d’autres valeurs que celles du civisme et de la morale, à savoir l’argent.
C’est dans le cadre « dis-moi ce que tu gagnes et je te dirai qui tu es » que désormais tout se traite.
Jusqu’à l’extravagant discours ce midi sur RTL de ce bourgmestre de Jemeppe-sur-Sambre, Joseph Daussogne "Avant, j’avais 2.700 euros net de pension. Maintenant, je vais chercher 3.400 euros. 2.700 euros en tant que conseiller plus deux jetons de présence (un en commission et un autre pour le conseil), ça fait presque 3.000. Et ici, je fais le couillon pour 400 euros. »
On ne peut pas argumenter sur cela, puisqu’il n’entre dans ce décompte, aucune force morale compatible avec la Démocratie !
Des Daussogne, il en pleut dans notre système ! C’est le discours, il y a peu de Louis Michel, c’est le choix laissé au bourgmestre d’Ans entre sa fonction de bourgmestre et celle qu’il a créée de toute pièce, grâce à l’argent des citoyens, c’est la double casquette de Demeyer, bourgmestre de Liège et député fédéral et qui semble bien la conserver quoique les discours de Di Rupo aillent dans l’autre sens, etc. etc.
Loin de moi l’idée que par le passé les hommes politiques étaient plus vertueux, ce qui est nouveau tient dans la légalité de pratiques qui, n’en demeurent pas moins moralement condamnables. Avant, cela ne se savait pas et c’est même devenu un progrès que cela se sache. Oui, mais alors, le sachant, qu’est-ce qu’on fait ? Rien, puisque le bénéficiaire de ces pratiques, c’est l’élu lui-même, à savoir celui qui fait les lois !
La démocratie va donc essayer de survivre avec ce cancer révélé.
J’aime autant dire, qu’elle ne tiendra pas le coup longtemps.
Comment dire à des gens qui n’ont pas exercé d’autres «métiers», qu’ils devraient en sortir et que la démocratie y gagnerait ? Certains sont, sitôt les études finies, entrés directement dans la « fonction ». Ils ne connaissent rien d’autres. Contrairement à la mobilité professionnelle qu’ils prêchent à tous les demandeurs d’emploi, ils seraient tout à fait incapables de faire autre chose.
Des indemnités multiples garantissent les intervalles d’échecs ou d’opposition.
Un véritable corps d’élus défend aujourd’hui les acquis, même en cas de défaite.
Ils ne peuvent justifier leurs avantages devant l’opinion.
Assurer un train de vie appréciable sans le laisser paraître, tient dans leur inconscient à ce qu’ils considèrent quand même comme honteux ou peu électoraliste.
Les signes extérieurs de richesse sont difficiles à mettre en évidence, comme les fringues, les voitures ou les maisons de campagne. Il faut dire qu’en Belgique, les journalistes sont assez respectueux de la « vie privée » des mandataires publics, ainsi le faste échappe aux lecteurs.
Cette tradition de la discrétion est un élément non négligeable qui a eu pour effet d’engendrer une dissimulation de leur part, comme une sorte de réflexe. .

19 février 2017

Bossez, ils font le reste !

C’est d’instinct, dès que les journaux s’accordent pour taper sur le PS, moi qui ne suis pas le dernier à le mettre à mal, je pense à tous les militants et sympathisants de cet ancien grand parti ouvrier. Sans doute aussi à ce qu’il a représenté pour le monde du travail, notamment à Liège et Seraing.
Les Anciens de la métallurgie et des charbonnages sont encore quelques-uns à se souvenir des réunions houleuses des Maisons du Peuple et du syndicat. Alors, on disait « le syndicat » attendu qu’il n’y en avait qu’un seul : la FGTB, l’autre, le catho, était un repère de jaunes (Lire le Mouvement ouvrier dans le Pays de Liège).
Qu’est-ce qui a changé ? Le militant, s’est-il désintéressé du parti ou est-ce « l’intellectuel de gauche » qui s’est hissé à la première place, forgeant son propre statut de permanent payé ?
Peut-être s’agit-il de l’adaptation au pouvoir ? Le PS, serait-il en train de mourir d’avoir réussi ?
Pour la gauche, c’est un dilemme : peut-on prendre part aux responsabilités de l’État dans un contexte libéral, quand on est issu d’une culture visant à modifier radicalement ses composantes ?
Le PS a trouvé une solution. Il sera social-démocrate, grand conciliateur social. Il défendra en même temps les travailleurs et le système économique capitaliste. Dame, pour être bien payé, il faut que l’économie marche.
On voit bien après tant de gouvernements à participation socialiste que c’est un échec.
L’Histoire d’une société comme la nôtre n’a jamais été celle d’une patiente et sage transformation des lois en correspondance avec les progrès social et économique. Le monde du travail a progressé par à-coup jusqu’à l’arrêt total, puis machine arrière à partir de 2008/9 Depuis, elle a poursuivi sa régression. Les grèves ne paient plus quand la société compte tant de chômeurs et que les patrons songent à des décentralisations lointaines, sauf une grève générale, le ras-le-bol total qui met par terre le système ou brise les reins du peuple à pile ou face. Quand ceux qui ont vécu trop longtemps dans les jupes de leur mère pensent cela, on peut dire qu’on est à deux doigts de l’émeute. On n’y est pas encore. Mais, sait-on jamais ?
Le PS qui avait parié le contraire, en paie le prix. La honteuse décision de Di Rupo, premier ministre, de faire payer aux chômeurs le marasme économique permanent, était la mesure de trop ; même si c’est Michel qui l’a ppliquée..
Et là, il nous a révélé en un éclair jusqu’où la collaboration du PS pouvait aller dans sa gouvernance et comment sa direction avait accepté l’allégeance à l’économie libérale, au point d’en être devenu un agent actif..

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Le divorce entre le militant et l’élite s’affiche en plein jour !
Le Ps est confisqué par des intellectuels venus au socialisme par la seule attractivité des salaires revendiqués sur la foi de leurs diplômes.
Ils sont enfin montrés du doigt, Nethys est un marqueur ! Malheureusement la base, subjuguée, perdue dans des hésitations funestes, avec encore dans la tête toutes les illusions que ses chefs y avaient introduites, n’a pas trop réagi. Tous les grands partis sont dans le bain. Ils sont tous touchés, soit de façon passive ou de façon active.
Les Maisons du Peuple qui jugeaient ceux qui les haranguaient juchés sur les tables, n’existent plus. Ce bourgmestre d’Ans à 593.000 euros l’an, soit l’équivalant de la paie de quarante ouvriers à 15.000 euros aurait été chassé du PS au siècle dernier.
Aujourd’hui, nous sommes en plein dans la dérive des clercs.
Les orateurs ne parviennent plus à cacher l’imposture du PS.
Moi qui n’ai jamais voté socialiste, je pense à tous ces braves gens qui, de bonne foi, ont cru à ce renfort d’universitaires de l’après-guerre se saisissant de l’appareil pour conduire le parti et je songe à l’amertume des militants d’avoir tout raté à cause d’eux.
Non, vraiment, les déboires du parti socialiste ne me font pas rire. Je trouve indécent de la part des journalistes d’oublier la multitude des électeurs pauvres qui sortent humiliés et trompés par les manœuvres de leurs dirigeants.

18 février 2017

Décrochage.

La situation politique en Belgique par rapport au courant antisystème qui se développe dans une grande partie de l’Europe, devrait nous valoir aux prochaines élections, une baisse en voix du PS et du MR ?... sauf si la force de l’habitude finit par surmonter la réalité d’un découragement général.
De combien ? Aux dernières prévisions, le PTB n’est que de quelques points en-dessous des estimations de vote du PS. Le MR a la chance de n’avoir aucun concurrent d’extrême droite en Wallonie, pourtant, chez lui aussi, il y a décrue.
Depuis plus d’un quart de siècle, ces deux partis se sont partagé le pouvoir, ensemble ou en alternance, en s’alliant parfois avec les Écolos ou avec le CDH. Ils ont profité l’un et l’autre du déclin du PSC que Milquet a tenté de stopper en créant le CDH, sans vraiment rendre de la couleur à ce parti.
Si bien que l’électeur peut, à juste titre, tenir pour principaux responsables du recul social, les dirigeants du PS et du MR.
Les modifications importantes qui sont survenues dans les milieux économiques, l’impossibilité de maîtriser les flux et les reflux de l’argent au travers des crises et des obligations du genre « fonds de pension », ont montré les faiblesses à l’égard des holdings et des banques ou, plus grave encore, la complaisance des mandataires publics.
La résultante de tout cela a perturbé gravement l’égalité entre les citoyens et les ont éloignés d’autant du chemin qui conduirait à un régime plus démocratique.
Au cours de cette période, la structure du chômage a changé. Il s’est envolé en flèche. Toutes les tentatives pour le ramener entre 5 et 7 % ont échoué. Celui des 15 à 24 ans s’est considérablement développé, augmentant de 50% au cours des trente dernières années.
C’est à la fois l’échec majeur de cette société et le talon d’Achille des deux partis cités, à la fois incapables de renverser la tendance et malgré tout, serviteurs obligés du système économique responsable de ce gâchis.
La succession d’échecs vis-à-vis du travail des jeunes est une faillite de la politique commune du PS et du MR. Malgré leur soumission au diktat des entreprises, ils n’ont pas réussi à les mobiliser. Cela explique l’intérêt croissant des jeunes pour les candidats qui n’ont jamais dirigé ce pays.
Le ressenti d’un pouvoir d’achat bloqué rend insoutenable la connaissance des salaires des dirigeants politiques et des grands patrons d’entreprise. La seule mention des indemnités parlementaires, des petits à côté et de la désinvolture avec laquelle les élus participent à la course à l’échalote des mandats supplémentaires, sont proprement dévastateurs dans l’opinion.

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Même les classes moyennes inférieures (petits commerçants et artisans) commencent à associer leurs plaintes aux travailleurs de condition plus modeste. Ce qui est un changement considérable dans l’attitude jusque là franchement hostile au monde du travail désigné comme responsable de la crise et frein au « progrès » économique de cette catégorie de citoyens. C’est un socle d’électeurs qui va manquer aux libéraux qui devront faire des contorsions de langage pour tenter de le retenir.
Même les pensionnés « aisés » comptent leurs sous. Certains ne pourraient même plus songer à un séjour paisible dans une maison de retraite auquel ils pouvaient prétendre quelques années plus tôt. À moins de deux mille euros de pension, il est nécessaire que les enfants contribuent à compenser l’augmentation des coûts de séjour, suite à la dévaluation effective des revenus ou l’augmentation des tarifs (c’est pareil).
Peu de pensionnés perçoivent une pension de cet ordre.
Le pouvoir d’achat se tasse sur le long terme, bien loin des niveaux d’avant la crise.
Le ressenti des consommateurs va bien dans le sens d’une baisse du pouvoir d’achat. Les inégalités de revenus se creusent. Les responsables esquivent leur responsabilité en vains discours et en fausses promesses.
L’échelle des salaires plonge. Le diplôme n’est plus un laissez-passer pour entrer sans difficulté sur le marché du travail.
Je l’ai déjà écrit, je le réécris à nouveau avec force : la population n’a souscrit au système économique que parce qu’il était synonyme de progrès. Elle n’est pas prête à le soutenir dans ses mauvais jours. Les dirigeants ne s’en sont pas encore aperçus. Ils poursuivent leur politique accompagnatrice du système économique sans réfléchir à l’amender sérieusement, à le contester dans sa dérive actuelle, voire à le changer contre quelque chose de plus favorable aux gens. Par certains signes ont comprend qu’il n’en sera rien et qu’ils prêcheront l’austérité jusqu’au bout. Le traité avec le Canada (CETA) est dans la droite ligne de leur obstination.
Tant pis pour eux. À terme, le PS et le MR risquent de disparaître.
S’ils le font dans les circonstances que j’ai décrites, je ne pleurerai certes pas leur mort.

17 février 2017

Sombrero et mantille.

Il paraît qu’à Anvers, c’est déjà le mano à mano pour les élections communales de 2018 entre Bart Ier et Kriss Peeters et pas seulement, les socialistes se remettent aussi à espérer.
Voilà l’occasion pour la N-VA de retrouver la pêche avec des slogans forts qui ont fait son succès.
Je parie qu’« incarner le changement » va se décliner partout et sur tous les tons dans les partis. C’est d’autant plus fort qu’il n’y a pas un seul qui date d’hier, même la N-VA n’est pas un perdreau de l’année.
Si Anvers est un petit peu en avance, on commence à sortir du bois au PS, tandis que le MR, lui, en est sorti depuis longtemps, avec le bilan complètement nul du gouvernement qu’il faudra bien habiller d’oripeaux de théâtre pour faire bon genre.
Faire le coup du candidat du changement au MR, ça va être plus difficile. Ils le savent, voilà pourquoi ils se sont levés de bonne heure pour se tourner vers le vieux Michel. Le Sage, apparemment flatter, va faire comme il a l’habitude : il va faire semblant d’avoir un plan.
Parfois ça prend, même dans le camp d’en face où Di Rupo scrute déjà les réactions du député européen, sauf que l’âge venant, je ne sais pas si vous l’avez remarqué comme moi, le dentier de Louis a tendance de lui sortir de la bouche et il le rattrape d’une langue gourmande en écorchant les mots. Ce petit détail le décrédibilise. C’est fou comme l’électeur est devenu difficile sur le physique des élus. D’un autre côté, sur quoi voulez-vous qu’il prenne attention ? Le pauvre n’en peut plus de digérer les tartes à la crème qu’il ingurgite de manière récurrente.
Tous les jours un loustic que nous payons très cher en sort une bien bonne, juste au moment où il faut aller bosser. L’autre matin sur RTL « Il faut laisser la justice faire son travail », à propos d’une affaire du genre De Decker, ou « les Belges ont envoyé un message clair ».
C’est juste au ton grave ou léger de l’interviewé qu’on sait à peu près que, ce dont il parle, est important ou pas.
Quand il s’agit de prendre une mesure impopulaire et pour le moment Maggie De Block bat des records, ils prétendent qu’ils parlent au nom d’une majorité de citoyens, sinon eux, du moins ceux qui interprètent les désirs de cette majorité et qui savent mieux que nous ce que nous souhaitons.
Autrement dit, nous sommes des cons et eux savent ce que nous n’arrivons pas à leur dire.
Évidemment, quand le plus célèbre d’entre eux (je parle mondialement), Donald Trump dit « je serai le président de tous les Américains », le père Louis peut se replier, c’est difficile de faire mieux.

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C’est à peu près aussi neutre que les souhaits de bonne année du roi. Personne n’en croit un mot, mais ça fait passer un moment.
Ah ! le changement… tous les candidats sont pour et comme ils sont tous candidats tous les cinq ans…
Au bout du compte, il n’est pas certain que l’originalité paie tant que cela en politique. Fin 1928, Herbert Hoover est élu président des Etats-Unis grâce à un slogan détonnant : « A chicken in every pot, a car in every garage. » (« Un poulet dans chaque casserole, une voiture dans chaque garage »). Quelques mois plus tard, un krach boursier plonge le pays puis le monde entier dans une crise économique sans précédent. Un président de plus qui ne tiendra pas ses promesses…
Si on affûte les poignards en Belgique, ils sont dégainés depuis trois semaines en France. Fillon est passé par tous les stades de l’honnête homme déclaré, à la fripouille assumée.
Alors, à côté, nos coups de cape sur le taureau d’en face…

16 février 2017

Le temps se gâte.

C’est assez paradoxal, une vague droitière envahit l’Europe. Le parlement européen la reflète. Sans surprise, celui-ci a voté l’accord commercial (CETA) avec le Canada. La gauche se rebiffe, comme l’extrême droite pour d’autres raisons, cette opposition se voit renforcée par certains européens qui ont voté libéral et donc permis le CETA !
Si bien que le parlement européen vient de signer un accord avec le Canada contre l’avis d’une majorité d’Européens, sinon d’une forte minorité !
Bien sûr, il faudra que les États membres avalisent cette signature. Paul Magnette a déclaré que la Région wallonne ne signerait pas le traité tel quel.
Charles Michel est ravi. Il est inconditionnel de tout traité commercial.
Voilà bien une étrange Europe, bien malade et dans laquelle Miss May pour la Grande-Bretagne compte tailler des croupières dès le mois de mars, à nos chers boutiquiers d’État.
On comprend que Jean-Claude Juncker ait décidé de ne pas se représenter à la présidence de la Commission européenne. Qu’il aille rejoindre Barroso à Goldmann-Sachs et qu’on n’en parle plus.
Pendant ce temps, Trump ne compte plus dépenser trop de dollars à l’OTAN, sans facturer les services de l’US army. Comment l’Europe va-t-elle payer ses nouveaux mercenaires ?
Cette promesse électorale, Trump est capable de la tenir, faisant oublier d’autres explications de campagne plus difficiles, comme l’Obama care, qui laisserait sur le carreau des millions d’Américains, dont ceux qui ont voté pour lui.
Au centre des difficultés, snobée par la Russie et la Chine, l'Union Européenne n'a pas l'air de réaliser ce qu'il lui arrive. Elle est en état de sidération !
Les Commissions sont sans programme. La sécurité n’est nulle part. Le social n’existe pas… mais on a le CETA ! Ce triste constat, 530 millions d’Européens le font tous les jours. Bilan désastreux dont il faut directement accuser en vrac les gouvernements des pays membres et les parlementaires de Strasbourg. Plus ça va mal, plus ça roule bien pour Marine Le Pen.
La confiance en une démocratie agissante et sociale n’existe plus. Theresa May flirte avec Trump. Donald vient de la prendre sans préservatif sur le bureau ovale. Le couple a de beaux restes. Meryl Streep est furieuse. Le président la dédaigne devant tout Hollywood.
La scoumoune se répand aux USA au grand dam de nos américanolâtres. Ils espéraient que le modèle maintiendrait sa domination sur le système économique international.
Lorsque l’incapacité des États-Unis à maintenir l’ordre mondial sera perçue, des puissances, jusque là maintenues à distance et incapables de le changer, plongeront le monde dans une anarchie violente.

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Ce ne sont pas nécessairement des colosses comme l’Inde ou la Chine ou des puissances moyennes comme la Russie qui poseront les premières banderilles, mais des pays comme la Corée du Nord. Déjà le dernier essai de fusées intercontinentales de ce pays a montré un Donald Trump insouciant au milieu d’un banquet, animant une soirée dans un club huppé dont il est propriétaire, alors qu’on venait justement de lui annoncer la nouvelle audace de Kim Jong-Un.
Les Américains ont trop tendance à se reposer sur leurs lauriers et leur passé militaire impressionnant. La stabilité de l’ordre international n’est pas une chose acquise définitivement.
Un ordre nouveau n’est que le résultat de l’effondrement du précédent. La connaissance de l'histoire devrait prévenir les USA de la soudaineté de ce remplacement, surprenant parfois tous le monde.
Sans remonter à l’Empire romain, tout est éphémère.
Où nous en sommes exactement dans ce scénario classique aujourd’hui, à quelle distance du point d’intersection se trouvent les deux tendances dominantes du monde actuel ?
Il serait bon de faire le point sur les scénarios possibles.
La nouvelle administration Trump est susceptible d’accélérer un effondrement de l’hégémonie occidentale sur le commerce. Vouloir à tout prix exporter la démocratie made in USA à travers le monde, tout en prenant les autres pour des pigeons, n’était pas une bonne idée. Elle en a refroidi plus d’un, y compris à l’intérieur du « bloc » occidental.

15 février 2017

Encore une louche de Fillon ?

L’inédit vient de France et a pour thème ce que Valéry illustrait dans ses cahiers au rayon de la politique « Ce ne sont pas les meilleurs qui réussissent, mais les pires. ».
L’opinion publique serait-elle en train de donner tort au « Prince des poètes », en ce sens que dans le cas de Fillon, le pire ne réussira pas ?
C’est du moins ce qui s’esquisse auprès des électeurs qui ne veulent absolument plus voir Fillon concourir pour la présidence de la république, alors que le parti « Les Républicains » était bien placé pour battre Marine Le Pen au second tour et faire un président de leur candidat.
La communication de Fillon aura-t-elle fait défaut au point que le voilà acculé au pied du mur ? Même ses partisans les plus acharnés finissent par voir leurs cris d’amour pour leur héros se retourner contre lui, par le simple bruit des cuillers au contact des casseroles que tiennent les manifestants qu’on entend à chaque déplacement de Fillon.
Le "Penelopegate" est le Trafalgar du staff et de l’homme. Du coup, tenir des meetings devient un exercice périlleux et contre productif.
Voilà qui en dit long sur Fillon incapable d’entendre ce que lui reprochent la rue et les médias. Tellement imbu de sa formation de politicien d’ancien régime, qu’il a cru prendre les accusations de haut et couper court à la fronde.
En gros sa défense – en était-ce une vraiment – a été de souligner qu’il n’a en rien contrevenu aux lois et aux usages. Il n’a pas vu le côté scandaleux des lois et des usages ainsi étalés au grand jour et ignorés de la plupart des gens.
Depuis, Fillon ne cesse de courir après une actualité qui cannibalise sa campagne. Tout dans son attitude et cette manière de saisir calmement les micros avant de jouer l’orateur sûr de lui sont suspectes.
Le plus grave, c’est la disparition complète de son programme pour la présidence derrière l’aplomb et l’inconscience du candidat. Encore que l’on peut se demander dans l’état actuel de l’opinion, s’il ne vaut pas mieux pour lui de cacher ce côté « efforts à faire pour sauver la nation » et surtout ne pas énumérer les postes à modifier, les administrations à purger et les taxes nouvelles à intégrer dans un esprit de sacrifice patriote.
Le parti de droite est en train de tomber de haut. Sans plan B, il va bien falloir en trouver un, même bricolé, tout de suite. Selon le JDD (le journal du dimanche), la décision du parquet national financier concernant l'affaire Fillon pourrait intervenir dans les prochains jours.
Nul n’ignore que Fillon au début de sa campagne, quand il se voyait en chevalier blanc, avait déclaré qu’il retirerait sa candidature s’il était mis en examen, et ce à propos des autres candidats Juppé et Sarkozy, l’un condamné et l’autre abondamment cité devant les tribunaux. Près de l’être à son tour, il n’est pas dit qu’il jetterait l’éponge si l’on en juge par la tactique de défense de ses avocats tendant à récuser le Parquet financier et, à l’avance, ne pas tenir compte des décisions qu’il prendrait.

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Fillon a cru avec l’aide de Raffarin pouvoir reprendre le dessus en parlant de complot, de collusion du pouvoir et de la justice, de dénigrer la presse, etc. bref, de récuser l’ensemble des pouvoirs actuels qu’il mettait aux nues avant que sa personne ne soit mise en cause par les juges financiers !
Plombé par son égo, incapable d’avoir éteint l’incendie par un réel mea culpa quand il en était encore temps, mal conseillé par son staff (peut-être n’en a-t-il pas suivi les conseils ?), secondé par un Raffarin tellement décrié lui-même dans son parcours lorsqu’il était le premier ministre de Chirac, super-menteur, franchement, mais ce Pénélopegate est une bénédiction pour les Français qui, sans cela, aurait été obligés de se farcir un roué de la politique de plus pendant cinq ans !

14 février 2017

Une idée pour un chantier.

Le PS est en perte de vitesse. Il y a bien le PTB qui monte et qui dessine un autre parcours plus près des préoccupations des gens. Oui, mais on sait qu’en Wallonie le PS y a un socle depuis tellement longtemps qu’il fait partie du paysage.
Justement, si on décollait les étiquettes pour voir ce qu’on peut faire ensemble à gauche ?
C’est simple, il n’y a qu’à gommer les égos des importants et le reste marche tout seul.
Pourquoi les progressistes de la Région wallonne ne se réuniraient-ils pas autour d’un grand projet ?
PS, PTB, Écolo et même CDH, sauf si Benoît Lutgen n’est pas « franc » de collier, il y a là quand même une majorité et de la matière à innover !
Le « chantier » version Di Rupo est à l’arrêt. On n’y a jamais vu les entrepreneurs du PS s’y promener en salopettes. Ils sont tous preneurs à l’inauguration avec la petite truelle en argent qu’on agite sous l’œil des caméras, puis quand tout s’éteint, le « beau » monde s’en va sur la pointe des pieds.
Mais alors un projet idéal à faire sursauter la droite et faire dresser les cheveux sur la tête des banquiers… si on copiait Benoît Hamon ?
Par exemple, un revenu universel qui serait appelé selon la définition de David Djaiz et Julien Dourgnon de la Fondation Jean-Jaurès «Le revenu d’existence : une nouvelle régulation sociale» ?
Laissons de côté le détestable du projet dans sa version de droite, tournons-nous vers le peuple et cherchons-y une nouvelle manière de défendre ses intérêts et de lui proposer une nouvelle société.
Nous avons l’occasion d’entrer pour jeter un œil dans le laboratoire de la gauche, puisque Benoît Hamon en est le laborant. Remarquons d’abord l’effet saisissant de cette proposition devenue un triomphe pour un candidat de la primaire socialiste qui n’était pas favori.
Et si l’engouement pour ce projet emportait l’élection présidentielle ?
N’aurions-nous pas là, que Hamon devienne président de la république ou pas, suffisamment d’éléments pour nous réunir enfin sur quelque chose nous faisant sortir du système libéral ?
D’abord l’hostilité des « élites », les nantis se bouchent les oreilles à ce seul mot « universel », pour eux, l’économie bien comprise n’est pas faite pour tout le monde. La hiérarchie doit être respectée. Il y a ceux qui font et ceux qui attendent qu’on fasse.
Le frein en Belgique, ne parlons pas des libéraux évidemment hostiles, mais des socialistes de parti, osons leur dire que le PS français a adoubé Benoît Hamon, donc a intégré le revenu universel dans son programme. Pourquoi n’en feraient-ils pas autant ?

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Plus à gauche, interrogé sur la question, Jean-Luc Mélenchon accepte de «discuter» l’idée, mais ne l’intègre pas pour l’instant dans son programme de la «France insoumise».
Chez nous, qu’en pense le PTB ? Qu’en disent les socialistes ?
Cette idée dans sa phase de réalité est une alternative sociale possible. Ce n’est pas rien.
Faut-il rappeler que voilà deux siècles qu’on en parle ?
La mutation de l’économie dans laquelle nous nous débattons, sans trop savoir si le travail et ceux qui aspirent à travailler pourraient survivre dans un concept social ancien, est propice à un retour en force des classes exposées.
Même les classes moyennes, en voie d’élimination sous les effets de la crise perpétuelle, ploient et démentent par les désastres dont elles sont victimes, les valeurs d’un « entre-deux » servant d’amortisseur aux antagonismes capital/travail.
Le revenu universel pourrait les tenter davantage que par le passé. L’émergence d’une vaste classe moyenne bénéficiant du progrès, c’est terminé.
À y bien réfléchir, le libéralisme est nu devant la réalité cruelle d’une économie dont les profits vont à de moins en moins d’individus.
Quand les électeurs s’en apercevront, il n’y aura plus de parti libéral.
Le revenu universel est une alternative à ces jeux cruels du profit.
Il dérange parce qu’il bouscule des certitudes dans une société où la condition des individus est déterminée par le salariat. C’est un mode de régulation économique et sociale inédit et extérieur au salariat, qui conserverait tout son intérêt et sa nécessité. Il défie le monopole du capital et du travail dans la distribution des revenus.
Enfin, il répond au problème de pauvreté et apporte une réponse au chômage massif et irréductible.
Petite voix dans le désert, qui m’entendra ?

13 février 2017

Flandre – Wallonie : 2-0 !

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Que tous les Flamands soient d’accord d’une séparation d'avec nous, certainement pas. Mais la façon dont les deux communautés évoluent, conduit à ce scénario. Il faut être lourdingue comme Kriss Peeters et abruti comme Charles Michel, pour ne pas s’en apercevoir. Même Paul Magnette en est convaincu sans l’oser pouvoir dire.
Ce ne sont ni les chemins vicinaux, ni les lois linguistiques, ni l’ostracisme à l’égard des bourgmestres francophones de la périphérie bruxelloise qui feront la différence ; mais la disparité entre les lois, la perception des impôts et les ristournes aux citoyens suivant leur condition sociale qui rendront accessible, voire nécessaire, la séparation.
Quand nous serons aussi étrangers l’un à l’autre que la Norvège et le Libéria, ce sera une évidence et beaucoup plus facile.
L’impression déjà ressentie d’un Wallon voyageant en Flandre à être dans un pays étranger ne pourra que grandir, dans les années qui viennent.
La N-VA aura employé tellement de raisons grossières pour hâter cette séparation, qu’elle a bien failli ne pas se faire. Bart de Wever est comme Emmanuelle Praet, il énerve tellement qu’on a envie de faire le contraire de ce qu’il dit.
D’un côté, au Nord, une population plus dense, plus près de la mer et des grands ports, le plat pays de Brel est techniquement plus favorable à des constructions industrielles et des villes plus rationnelles, avec une communication plus aisée et sans l’aide de grands ouvrages d’art. On y "fait" plus facilement du fric. Une population à caractère germanique, plus souple et disciplinée, plus obéissante, homogène et convaincue qu’à travailler dur chacun a sa chance, même si les faits la contredisent (C’est ça avoir l’esprit de droite), voilà pour l’embauche massive à salaire réduit.
De l’autre, au Sud, une population clairsemée et quoique latine, fort disparate dans ses besoins et dans ses concepts, un climat plus rude et une géographie différente, des francophones accablés par un personnel politique avide et prétentieux, ce qui les dispose à être forts en gueule. Une région picarde du côté de Tournai, le Hainaut au centre et Liège aux confins de Meuse, trois mentalités opposées et des pratiques de vie différentes.
On ne peut rêver mieux pour alimenter le « bon sens » flamand qui croit à l’avenir de l’économie libérale améliorée et mondialiste. La Wallonie, c’est un peu l’histoire de l’Ukraine face à son grand voisin russe. Nos Fourons sont leur Donbass.

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Des unitaristes encore nombreux en Flandre et surtout en Wallonie ont cru qu’avec les dernières réformes de l’État, les deux communautés feraient encore équipe à la pétanque aux vacances. Quelle erreur !
Les premières craquelures montrent des différences graves de gestion entre le Nord, riche, et le Sud, pauvre.
Au fur et à mesure que le Fédéral se défausse de ses obligations sur les régions, celles-ci se séparent inexorablement.
Cela a débuté par les cent euros de la taxe télévision que les Flamands ne paient plus depuis trois ans et que nous payerons encore cette année. Nous en serons dispensés en 2018 (peut-être). C’est un trou du budget de la région. Qu’importe, à Namur on essaie de ne pas trop décoller des avantages que la Flandre propose à ses citoyens.
C’est l’histoire de la grenouille qui veut ressembler à un bœuf !
Le reste vient par petites touches. La taxe de mise en circulation des véhicules est bien plus légère en Flandre pour les cylindrées importantes. Les nouveaux taux des allocations familiales 160 € par enfant en Flandre, 155 € en Wallonie, on colle toujours au peloton, avec la réserve qu’on ne sait pas comment financer la différence avec les 92 € actuels, soit 63 € par enfant. Malgré l’attention, la région se prend les pieds dans le tapis. Nous aurons droit à deux systèmes, les enfants nés avant la date de départ de la loi (2018 ?), resteront à l’ancien régime de 92 € ! En Flandre, tous les enfants seront sur un pied d’égalité !
Il se passe déjà un phénomène frontalier, des Belges bilingues émigrent dans des communes flamandes.
Puisque cette société ne vit et n’est basée que sur l’argent, l’art d’en gagner et la façon la plus économique possible d’être « dirigé » en démocratie à moindre coût, c’est la Flandre. La Wallonie semble désavantagée par rapport à sa puissante voisine.
Bref, qu’ils le veuillent ou non, les Wallons finiront par ne plus supporter les Flamands. Il est vrai depuis un siècle, le pouvoir central octroie à la Flandre des avantages. Cela a fini par l’enrichir. On se rappelle avant SIDMAR, le mépris qu’affichaient les riches francophones des pauvres Flamands…

12 février 2017

D’un scandale à l’autre…

Le scandale de Publifin (1) met en lumière un autre scandale celui des Provinces elles-mêmes, avec leur coût exorbitant et leur inutilité manifeste, depuis la réorganisation de la Belgique en Fédérations régionales.
Tout le monde s’en rend compte. Seuls les citoyens posent la question. C’est qu’une part considérable du personnel politique et administratif est liée à la survie de cette institution obsolète et comme ce n’est pas le citoyen qui vote les lois et que cette survivance fait prospérer ceux qui les votent, on aura compris que la Belgique n’est pas prête à rationaliser ses institutions démocratiques.
Il ne faut pas perdre de vue que cette rationalisation allégerait de beaucoup les taxes et impôts de toute nature du citoyen déjà accablé par toutes celles qui se justifient un peu plus.
Du temps de la Belgique unitaire, les Provinces étaient l’œil ouvert du pouvoir central, sous-entendant celui du roi. Les Provinces dépendaient directement du gouvernement et indirectement de Laeken.
Un nombreux personnel, dont certains emplois à gros revenus, font des Provinces une tarte à la crème pour les partis traditionnels.
Le Collège provincial se compose de 6 députés (anciennement députés permanents) élus par le Conseil provincial, auxquels se joint le Gouverneur, sans voix délibérative. Le Collège provincial est responsable devant le Conseil provincial. Le Conseil provincial et le Collège provincial peuvent faire des règlements et des ordonnances de police dans les matières d’intérêt provincial.
Bien entendu cette structure de type parlementaire fonctionne avec un nombreux personnel administratif, dont pourrait utilement profiter les services communaux et régionaux et ainsi qui ne perdrait pas un seul emploi, dès lors qu’il rendrait service à la population d’une manière plus efficace.

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Cette armée mexicaine commence par son chef (9 Provinces = 9 chefs) dont on se demande qui il sert, avant de se poser la question à quoi sert-il ? Il est à la fois Commissaire du Gouvernement wallon, a des compétences issues des autorités fédérales et de la Communauté française, enfin il a la tutelle administrative sur les communes et à l’ancienne responsabilité du maintien de l’ordre au temps où l’État envoyait ses gendarmes flinguer les mineurs en grève sur les corons.
Le Conseil provincial se compose de 47 à 84 membres élus directement. Les élections se déroulent tous les six ans avec les élections communales.
Cette autorité n’a plus aucun sens ni intérêt, sinon distribuer des décorations, recevoir le roi et sponsoriser les sociétés folkloriques, à tel point que c’est la Région qui a décrété le 11 février 2004 qu’elle se substituait à l’ancienne loi provinciale.
Un échelon plus bas, c’est le micmac, chaque province organise sa popote intérieure séparément des autres. On voit d’ici les disparités et les abus possibles !
Dans ce système "démocratique" où les représentations de la population sont pléthores dans de nombreuses niches de pouvoir, les occasions de corruption, de népotisme et de malversation sont considérables. Publifin n’est que la partie émergée de l’iceberg.
Cela ne signifie pas que les Provinces sont responsables de ce scandale. Par leur manière de fonctionner en corrélation avec l’intérêt des partis qui les composent, elles contribuent sûrement à la dégradation des mœurs parlementaires et à l’affaiblissement du civisme et de la morale tout simplement.
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1. La Flandre connaît aussi le même problème, dans ses intercommunales. Parmi les bénéficiaires de jetons de présence d’une intercommunale en Flandre, un Wallon : Josly Piette, 24 mandats dont 6 rémunérés au compteur. On se souvient de l’engouement de Benoît Lutgen du CDH pour ce syndicaliste chrétien à la retraite, le relançant à l’Europe, en remplacement d’Anne Delvaux, une des rares à bosser sérieusement comme députée européenne. Ce pensionné de la CSC aurait touché quelques 14.000 € par an en jetons de présence de cette intercommunale flamande, sans presque jamais se déplacer !
Benoît Lutgen en Monsieur Propre, c’est raté.

11 février 2017

Redécouvrir Simmel.

Redécouvert vers 1980, Georg Simmel, un riche héritier de Chicago, a laissé en 1900 un livre de philosophie, mâtiné d’économie politique, sur l’argent. Les spécialistes de l’économie n’en ont pas encore fini d’en débattre. Les philosophes ont plutôt retenu le farfelu touche-à-tout qui dit tout et son contraire. Simmel, qui avait les moyens, a passé son existence à publier des livres, le seul point commun entre eux était l’assurance qu’ils seraient publiés, avec ou sans l’étiquette « à compte d’auteur ».
Inconsciemment, car tel n’était pas son propos, il nous délivre une réflexion prémonitoire de la société occidentale complètement sous l’influence de l’argent.
Ce n’est ni Orwell, ni Huxley, mais l’ensemble vaut la peine d’une lecture.
Quoique fervent partisan d’une société libérale sans retenue, Simmel cherche de façon naïve à faire d’un enfer pour les trois quarts de l’humanité, un paradis pour tous.
À force de s’appliquer à démontrer son contraire, il aboutit à nous faire voir que l’argent autorise des formes de pouvoir et de supériorité que Simmel appelle "superadditums". L’argent avantage le banquier dans l’échange sur le vendeur de biens. Le monopole, le dumping, l’entente sans arrêt condamnés et jamais éradiqués rendent impossible d’aborder sereinement la question majeure du juste et de l’injuste. Le pouvoir des intermédiaires dans l’échange, les collusions d’intérêt, le diktat des prix des grandes surfaces par rapport aux producteurs, font du capital l’arbitre économique toujours prépondérant sur le travail et le louage des services par contrat ou sans contrat.
Simmel semble avoir découvert à la moitié de son livre qu’"on ne prête qu'aux riches", aux riches considérations et avantages, aux pauvres, travail et revenus médiocres. Les uns vivront dans le luxe et l’insouciance du lendemain, afficheront un "mépris aristocratique de l'argent", les autres seront dans la nécessité de compter par centimes leur vie durant. Comme cette société fait la part belle aux riches et à ceux qui au service de la démocratie le deviendront à coup sûr, l’origine de l’incompréhension des dirigeants envers leurs administrés ou leurs serviteurs vient de là.
Livre didactique si l’on veut, il manque un chapitre sur la manière de devenir riche. Il n’y aurait que deux façons d’être riche, soit en l’étant de naissance, soit en exploitant les autres. Encore aujourd’hui on cherche une troisième voie.
L'argent n'est pas seulement un phénomène économique. Il peut être désiré pour lui-même. Fillon, Armand De Decker et bien d’autres en attestent.

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L'argent favorise l’oppression qu’exerce le fort sur le faible.
Simmel tempère ses propos, effrayé par les conclusions qu’un philosophe en tirerait : "l'aristocratie d'argent" est fragile et est susceptible d’un déclassement social.
Il ne manquerait plus qu’un ancien riche vive au-dessus de sa nouvelle condition, c’est dire comme l’argent tient une place si prépondérante qu’en-dehors de lui, on n’est plus rien !
L’argent participe à la dissolution des relations communautaires. Il n’épargne même pas la famille qui éclate souvent faute de moyens. (Simmel prétendait le contraire en 1900, la famille était alors le seul refuge des pauvres.) Cela prouve, s’il en est encore besoin, que les pouvoirs de l’argent de 1900 à aujourd’hui se sont encore accrus.
Il faut ajouter aussi que les immeubles haussmanniens avaient le mérite de faire cohabiter toutes les classes sociales sous le même toit, ou presque : commerce au rez-de-chaussée, bel étage noble au premier, fonctionnaire au second, jusqu’à la mansarde de bonne et de l’ouvrier.
L’ascenseur mécanique a proprement enterré la cohabitation.
Quitte à lisser les fluctuations économiques, l’argent n'empêche pas les crises financières. Simmel, précurseur de l’optimisme intéressé de Louis Michel a une explication. Elles proviennent du fait que l'argent perd alors ses aspects "objectivants".
On ne parlait pas encore de "bulle financière" en 1900, mais c’est à peu près ce genre de phénomène auquel Simmel fait allusion. « Les individus fixent la valeur des choses, et de l'argent, non plus en fonction d'une donnée "objective" mais en fonction de ce qu'on estime être l'estimation faite par les autres. »
C’était pas mal vu, il y a plus d’un siècle.

10 février 2017

Fillon hors course dès le 1er tour !

Dans la guerre d’usure entre François Fillon et la presse, on compte déjà quelques défections parmi cette dernière. François Fillon et son clan de partisans jouent sur le temps qui efface tout, même si deux mois avant le premier tour à l’élection présidentielle, c’est court.
À certains indices, on devine le calcul des journalistes, tributaires des pensées droitières de leurs patrons, à se désolidariser de la presse qui dénonce des faits et en tirent des éditoriaux moralistes, par ce « on ne sait jamais » afin de rassurer leurs arrières au cas où François Fillon malgré le dévoilement de sa personnalité cupide et vénale deviendrait président de la République. Ce faisant, ils me rappellent la prudence que leurs prédécesseurs avaient employée pour écrire entre 40 et 45 des articles dans les journaux de la collaboration, selon lesquels l’Allemagne de « Monsieur Adolphe Hitler » n’était pas si dure que cela dans l’occupation militaire de la moitié de l’Europe.
Ceci posé, un fait est un fait. Si ceux-ci s’accumulent et font de la livraison de mercredi du Canard Enchaîné un feuilleton des turpitudes de Fillon, on ne peut pas reprocher aux journalistes du Canard de fouiller dans le passé d’un homme qui se veut président des Français et de trouver assez de faux pas pour en dresser un itinéraire d’initiation à la personnalité de Fillon. Ce n’est quand même pas de leur faute si la pioche déterre des trucs pas beaux à voir.
Les déclarations de l’intéressé qu’il retirerait sa candidature s’il était mis en examen ne sont déjà plus de saison, puisqu’il a chargé ses avocats de déposer un recours en annulation de procédure pour vice de forme, si justement la brigade financière concluait rapidement et remettait le dossier à un juge d’instruction qui enclencherait la procédure.
C’est une autre facette de Fillon que cette précaution en contredisant sa vérité oratoire ancienne. Comme Trump, il y a chez lui des vérités subjectives. Un procédurier de mauvaise foi dort sous la couette à côté de Pénélope.
Ne pouvant contester les informations de Mediapart sur les pratiques financières du candidat de la droite, les soutiens de François Fillon, probablement avec l’accord de ce dernier, se lancent dans une campagne de calomnie à l’égard de la fille d’Edwy Plenel. Ce n’est pas joli-joli. Alors qu’Eve Plenel n’a aucun lien avec Mediapart et ne doit rien à son père.
« Attaquer la fille pour salir le journal dirigé par le père est déjà un procédé détestable. Le faire en diffusant des fausses informations ajoute à l’ignominie » écrit Mediapart.
Trop tard pour changer de candidat, Les Républicains ont donc décidé de soutenir celui-là, coûte que coûte, avec le risque que le petit coup de pouce d’appoint d’électeurs apparentés vienne à manquer à Fillon pour se placer au second tour.
Et si malgré tout, il est propulsé au second tour face à Marine Le Pen, quel dilemme pour les électeurs à départager la présidente d’extrême droite, d’un candidat aussi cupide et peut-être délictueux !

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Tant que la justice enquête et ne s’est pas encore prononcée sur la culpabilité, Fillon est présumé innocent. Voilà que le tribunal de l’opinion dit le contraire. Il a surtout conclu à la présomption de culpabilité, au vu de l’abondance des griefs publiés dans les journaux. Fillon n’a véritablement répondu à aucune des accusations dans les discours des derniers jours,
La justice ne se prononcera pas sur l’affaire avant les élections.
Et si Fillon était élu président, la justice devrait attendre la fin de son quinquennat pour l’inculper.
On voit la course de Fillon à la Jacky Ickx d’ici mai. Il est actuellement pronostiqué sortant au premier tour.
On devine la population française un peu plus dégoûtée du personnel politique, si ce schéma se réalise.

9 février 2017

Louis Michel jaloux de Carlos Ghons !

Que Louis Michel me pardonne, « vieux con » n’est pas une insulte. C’est une appréciation de la qualité de son jugement. Il est toujours la référence des propagandistes de la parole libérale. Cet article n’aura aucune influence sur sa carrière.
On le savait coupé depuis longtemps des réalités . On ignorait que c’était à ce point. Sa dernière interview le montre tel qu’il est : un politicien nourri, gavé pourrait-on dire, par cette complaisante démocratie pour lui et ses semblables. Et voilà qu’il crache dans la soupe nourricière !
Son verbatim sur les salaires relève d’une haute performance de la connerie Et si j’ai ajouté « vieux » à con, ce n’est pas pour moquer son grand âge, mais pour signifier que sa bêtise ne date pas d'hier !
Sur les salaires et les indemnités, privés et publics, il n’est pas seul à déconner. L’argument de ses pareils tient dans la profession de foi qu’un privé est plus généreux ! Michel est comme Pétain, il a voué sa vie au service de la Nation ! Vu le pognon qu’il croit avoir perdu, il commence à le regretter comme l’autre, mais pas pour les mêmes raisons !
À cela plusieurs remarques.
Quand on compare les salaires des PDG à ce que les Michel gagnent, on est d’accord. Sauf qu’on compte les grosses pointures du privé sur les doigts de la main, alors que les mandataires publics sont des milliers. Les Michel compareraient leurs salaires à ceux de Bill Gates et Carlos Ghosn. On peut comprendre qu’ils en soient jaloux.
C’est une monstruosité de croire que tous les talents, toutes les intelligences tous les savoir-faire sont récompensés à leur valeur dans le privé. Les incompatibilités sont manifestes, les écarts considérables. C’est la foire aux talents, à l’à-peu-près et à l’esbroufe. Il faut dissocier les artistes, beaucoup de créateurs, les penseurs et d’une certaine manière les « génies » qui, sans un « esprit d’entreprise » ne font partie d’aucun programme. Bon nombre d’intellectuels autrement mieux fichus que lui du cerveau et des études faites, sont au salaire minimum.
Il est faux de croire que chacun percevrait le prix de ce qu’il « vaut » dans le secteur privé.
Louis Michel veut sans doute expliquer son concept de la société par la fascination de l’argent, sa soif de consommation. Son corpus est parfaitement adapté à la société capitaliste. Il la défend depuis quarante ans. Son regret, c’est de n’en avoir pas ramassé davantage. Dans le secteur privé ?... rien n’est moins sûr ! Il a même eu beaucoup de chance à se faire le joli pactole à propos duquel il nous donne des leçons de management.
Il suffit de jeter un œil sur les diplômés universitaires à la recherche d’un emploi dans les agences de placement, pour dire enfin aux gens la vérité : cette société ne peut plus employer tout le monde, y compris ceux dont on a pourtant dit qu’ils avaient plus de chance que d’autres, parce qu’ils avaient fait des études.
Louis Michel sait bien comme il a dû se contorsionner en début de carrière pour gravir les échelons. Sans le coup de pouce de Jean Gol, il serait à l’heure actuelle pensionné des écoles à 2.400 € brut par mois. Il n’aurait pas le patrimoine qu’il déclare et n’aurait sans doute pas eu les moyens de payer les études de ses fils. Dans le privé, avec un départ sans carnet d’adresses, Louis Michel aurait fini sous-chef de bureau, tout intrigant qu’il est.

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Cela donne une image particulièrement stupide et prétentieuse du vieil habitué des mandats rémunérés.
Mais il fallait à Louis Michel qu’il y joigne l’odieux, en comparant des professions libérales pillant, usant et abusant du système, comme certains médecins, des avocats et des notaires, aux enseignants et aux fonctionnaires.
Il faudra un jour qu’on en parle de ces castes formidablement protégées et contingentées. Par contre, à part certains « grands » avocats et d’autres qui sont passés discrètement du côté électif de la démocratie, on en connaît qui crèvent de faim et vivotent sur le pro-deo.
Ce vieux radoteur ne lit pas les journaux qui décrivent cette société finissante. Il n’a pas conscience de ce qui se trame dans ce monde transformé en poudrière. Sa vision est vieille de deux siècles. On ignore chez les libéraux que le modèle de Louis Michel est dépassé !
Il devrait relancer la mode du jabot à la mémoire d’Alexis de Tocqueville, son illustre prédécesseur beaucoup moins con, en attestent ses écrits.

8 février 2017

Le vélo d’Armstrong…

Les différentes affaires qui secouent la France et la Belgique mettent en scène des personnages qui ont été avant tout des débutants dans les villes et dans les villages, s’impliquant dans leur façon de faire de la politique aux noms de motivations altruistes. On imagine mal un frais émoulu du barreau de Liège comme Reynders, décider à peine âgé de 25 ans de coller aux basques de Jean Gol uniquement pour envisager une carrière complète dans la politique, avec des projets rapides d’avancement, des ambitions de mandat et déjà l’art de se bien placer pour les récompenses, alors qu’il glandait dans l’arrière-salle d’un restaurant du Pont-d’Île, en permanence MR ouverte à tous.
Il n’a pas porté l’attaché-case de Gol pour avoir la place de directeur à la SNCB. Ce n’est qu’après coup, qu’il a pu s’être félicité d’avoir servi l’homme qui convenait.
Peut-être même, certains ont-ils été tout simplement des admirateurs naïfs et ont-ils inconsciemment capté l’attention de leur pygmalion par de la flatterie involontaire ?
Très tôt, cependant, ils quittent la vision idéaliste pour autre chose, qui n’est pas encore tout à fait le cynique raisonnement du « fait du prince », mais qui entre dans une préparation de ce qu’ils deviendront plus tard, avec un parcours qui les transforme en marathoniens de carrière.
De l’affaire NETHYS au Pénélopegate, en passant par les tribulations de Sarkozy aujourd’hui carrément inculpé, avec un retour à Waterloo pour Kubla et Uccle pour De Decker, sauf l’exception de Pénélope Fillon, rien que des hommes, des « surmâles » au profil schizophrène bien tempéré par une maîtrise de soi, profondément divisé entre le goût du bien public et l’amour de l’argent, le tout noyé dans une haute opinion de soi, incluant par voie de conséquence quasiment naturelle, le mépris des autres, ou, en tout cas, une appréciation défavorable des capacités des entourages incomparables à eux.
C’était sans doute ainsi que Jean Gol voyait ses apprentis Louis Michel et Didier Reynders au moment où ils avaient en commun l’admiration du grand homme.
Suite aux affaires, il est bien difficile à la fois de s’en démarquer et de faire en sorte d’être toujours partant pour une démocratie dont la base faisant office de tout est bel et bien l’argent, la puissance qu’il suppose et l’intelligence qu’il insuffle au premier imbécile venu. Et justement pour satisfaire son ambition et la haute opinion qu’il a de lui-même, l’homme politique pour le rester longtemps doit aussi avoir les moyens de le faire savoir. Patokh Chodiev serait-il devenu Belge par le seul fait du droit, sinon par son intelligence en la capacité de l’argent à ce qu’il le devienne ? Les politiques sont pareils à Chodiev, il leur faut paraître à l’aise et dans de beaux costumes ou dépenaillés et sans cravate pour arriver à plaire, mais souvent pour les mêmes raisons.

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Les affaires expliquent tout de l’homme politique qui touche au sommet, laissant les autres bien en-dessous, et pour la plupart encore neufs, encore propres. Le désir du pouvoir au sommet, c’est une sorte de dopage. À ce niveau, chacun à son docteur Mabuse, sa formule, son secret. Tous ceux qui admiraient Lance Armstrong lorsqu’il dominait le peloton sur son vélo, l’admiraient parce qu’ils croyaient que l’Américain avait un truc, mais qui ne se voyait pas. C’était un artiste dans sa spécialité. Quand ce truc fut trouvé et exposé sur la place publique, tous les truqueurs en politique se détournèrent de lui parce qu’il avait été pris et qu’il leur semblait qu’ils pourraient l’être aussi. La tricherie obère tout ce qui vient après lorsqu’elle est découverte. Fillon aime l’argent et pour en avoir il n’hésite sur aucune action malhonnête. Si j’étais au-dessus d’une falaise d’Etretat face à la mer et avec un Fillon ou un De Decker derrière moi, j’aurais peur que d’un geste instinctif, l’un et l’autre me poussent dans l’abîme en supposant que je leur abandonne mes effets avec mon portefeuille dans un sac à mes pieds. L’instinct supposé de ces gens rend toute autre passion vaine, clôt tout espoir en politique et réduit la démocratie à faire la pute chez les banquiers.
On a rarement vu une telle défaite qui nous voue tous à un remède de cheval.

7 février 2017

Deux MR pour le prix d’un.

Benoît Lutgen, président du CDH, a invité les libéraux à rompre l'alliance conclue avec le PS en province de Liège ! Sous-entendant par là que le CDH pourrait envisager une autre majorité. C’est une nouvelle qui rompt avec des années de proximité idéologique avec le PS du boulevard de l’Empereur.
En soi, c’est une petite bombe, suite au scandale Publifin.
Publifin, c’est bien simple, les gens n’y comprennent rien. Sauf que des loustics peu scrupuleux de tous les partis au pouvoir ont gonflé leur finance sans en faire une secousse ! Mais si on dit aux gens qu’on aurait pu diminuer leurs factures d’électricité de 300 millions d’euros l’année dernière, là plus personne ne rigole.
Explication :
L’affaire a débuté par une intercommunale qui tient commerce dans les médias, la télécommunication et l’énergie, avec « prise de participation dans des secteurs porteurs » (?). En gros, des politiques sur les beaux restes de l’ALE de la rue Louvrex ont créé un holding financier : Publifn, détenu par la Province de Liège (61,09%) et 76 communes, 75 wallonnes et une flamande (38,4%) et la Région wallonne (0,4%).
Tout de suite quand la mayonnaise prend, privé ou public, des entrepreneurs hardis se lancent avec l’intention de faire dans le grandiose. L’ensemble des activités du holding est centralisé au sein de NETHYS, S.A., pour la gestion de nombreuses filiales. Du coup voilà la chose qui gère des sociétés privées avec de beaux fromages pour les gestionnaires politiques, parmi lesquels un groupe de presse L’Avenir, Moustique et Télé Pocket ou encore BeTV et VOO, plus quelques compagnies d’assurance.
Nethys, c’est un empire dont le chiffre d’affaires, en 2015, atteint 759 millions d’euros. On y retrouve à sa tête le tombeur de Papa Daerden, Stéphane Moreau et André Gilles, directeur de la Province de Liège, Président du Conseil d’administration de Publifin. Ce conseil est composé de mandataires locaux (Bourgmestres, échevins, conseillers communaux ou encore président de CPAS).
Ce n’est pas moi qui l’invente « Selon Le Soir, pour bâtir son empire, Nethys a privé les communes liégeoise de plus de 300 millions. » On peut légitimement penser que ces 300 millions auraient pu servir à alléger les factures d’électricité, à tout le moins fournir aux ménages qui ont des fins de mois difficiles, certains accommodements.

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Benoît Lutgen veut changer tout cela. Est-il sincère ? Di Rupo devait l’être aussi quand il y a plus de cinq ans déjà, il s’inquiétait des affairistes de son parti.
Ce fut fait à Charleroi avec sa découverte de Paul Magnette chargé de nettoyer au karcher la maison communale du coin. De la province de Liège à la Violette (la maison communale liégeoise) c’est autre chose. Apparemment, les planqués de la Basse-Meuse, s’ils ont des raisons de se méfier de Di Rupo et du parlement de Namur, ont les moyens de se protéger des agressions externes (toujours cet esprit principautaire qui puise sa force dans les Loges maçonniques très influente dans l’unité entre libéraux et socialistes).
En trois jours, tout peut être réglé", dit M. Lutgen. Il suffit que le MR dénonce l’alliance avec le PS à la Province.
En attendant cet événement, une commission d'enquête est réclamée avec insistance par Ecolo et le MR.
Ce ne doit pas être le même MR à qui Lutgen s’adresse !
Celui de la Province ne doit pas faire partie du parti de Charles Michel !
En attendant et aux dernières nouvelles, l’électricité sera sans doute un peu plus chère cette année que l’année dernière.
On s’attend à ce que les explications soient assez embrouillées.

6 février 2017

La théorie du complot.

On se doute que c’est Raffarin qui a lancé l’idée d’un complot de la gauche, histoire de regonfler le moral à l’état-major de Fillon, en pleine panade. Il pense que plus c’est gros et plus ça prend. Il n’a pas tout à fait tort, ce vieux mariole ! Raffarin ne cache pas son admiration pour Trump qui ne chôme pas pour mettre en pratique ses théories complotistes.
Fillon, complètement déboussolé, a perdu son attitude Jacky Ickx (parti dernier pour finir premier). Son rire forcé fait peine à voir. On dirait celui d’un enfant de chœur violé par le vicaire de la paroisse et qui rentre chez sa mère bien décidé de lui cacher l’horrible vérité !
Parti premier pour arriver dernier, dans cette nouvelle compétition, il relit les coupures de journaux des courses de son grand homme. En vain ! Les 24 heures du Mans fut un miracle. Les miracles n’ont lieu qu’une fois, Dieu ne l’a pas voulu. Sans quoi, ça se saurait à la une du journal « La Croix ».
Mais Raffarin, l’œil plus que jamais rusé, nouveau démiurge, se revoit la langue bien pendue en premier ministre du super-menteur Chirac, son maître en esbroufe et coup fourré. En a-t-il fait avaler de la couleuvre énorme !
Du complot, Raffarin sera bien en peine d’en donner des éléments de preuve. L’effet d’annonce terminé, Raffarin fera tout pour qu’on oublie, ce qui n’aurait été qu’une pauvre manœuvre de diversion.
À défaut d’un miracle, Raffarin se lance dans la fausse monnaie du fait-divers truqué.
Trump est devenu sur le temps de deux parutions du Canard Enchaîné, une sorte de modèle pour mandataires désemparés.
Ils tournent en boucle les discours du nouveau président US : le lieu de naissance de Barack Obama, la santé d'Hillary Clinton, sans écarter le «Pizzagate», selon lequel Trump affirmait que des membres hauts placés de la campagne d'Hillary Clinton avaient monté un réseau pédophile dans une pizzeria de Washington !
Le complot de la gauche hollandaise avait besoin d’être étoffé d’un clash d’actualité. Hélas ! personne n’a voulu vérifier si dans les caves de l’Élysée ne se perpétrait une nouvelle attaque contre la vie tranquille d’un fervent catholique qui a décidé de « faire » président !
La raffarinade a fait « pschitt » !
D’ici à ce que le décret trumpiste interdisant l'entrée sur le territoire américain des citoyens de plusieurs pays à majorité musulmane n’inspire à nouveau Raffarin, la droite est dans la merde.
Par exemple, que Hollande n’a pas du tout envie de céder la place et qu’il prépare un coup d’État en concentrant les regards sur la charmante Pénélope et son sourcilleux mari.

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Pour Donald, de l’autre côté de l’Atlantique, un certain Yonatan Zunger, un ingénieur de Google, pense que Trump était sérieux pendant sa campagne, il vise bien plus que la présidence du pays ; il voudrait un contrôle total.
Plus c’est énorme, plus les citoyens se détourneraient du petit million disparu dans le sac Vuitton de la future ex première dame (un million d’euros en billets de 500, ça fait entre 7 et 10 centimètres d’épaisseur).
On ne va quand même pas faire un procès à Fillon pour sept centimètres ?
Yonatan Zunger, conjugué à Trump, peut survolter l’imagination de Raffarin.
«Le principal objectif organisationnel du régime est maintenant de transférer tout le pouvoir effectif à un cercle rapproché, éliminant ainsi tout contrôle possible de la part de la bureaucratie fédérale, du Congrès ou des tribunaux. Les ministères sont en train d'être réorganisés ou purgés pour y parvenir. Le premier cercle est en train de sonder les moyens par lesquels il peut s'emparer d'un pouvoir incontesté. Les démarches [du week-end dernier] devraient être vues comme la première partie de tout cela.»
Ce texte a été lu plus de cinq millions de fois aux États-Unis. Le staff de Fillon attend avec impatience la traduction de Raffarin.
Cette théorie en vaut une autre selon laquelle Jacky Ickx ne serait pas arrivé tout seul aux 24 Heures du Man, puisque cette compétition d’endurance ne se fait habituellement que par équipe de deux !
Qui était l'autre ?
Fillon président et Raffarin premier ministre ?
Le scénario du Mans ?

5 février 2017

L’Arnaque de l’hiver.

Le publifin du fin, dans la saga de l’intercommunale liégeoise, c’est de placer aux postes à gros pognon la crème locale des socialistes méritants, sans oublier d’arroser les partis croupions de la majorité de beaux et bons euros, ainsi chacun reçoit quelque chose et tout le monde est content.
C’est un truc vieux comme l’assassinat d’André Cools. Jusqu’à la crise sévère de 2008/9, l’arrosage discret n’était pas trop dénoncé par les camarades et ceux qui le sont moins.
Les restrictions sans doute, mais le bon peuple ne passe plus rien à ses élites. Forcément, il y a des relais dans l’enceinte même du parlement de Namur. Les langues se délient. Quand l’argent se faire rare d’un côté, mais que de l’autre, l’oseille gicle des gros tuyaux de Liège et des environs, l’argent des intercommunales commencent à faire jaser.
Des noms circulent, dont un nom Stéphane Moreau avec des sigles et des machins : Publifin, VOO, Nethys.
Les députés de la commission spéciale Publifin, ont interrogé pendant six heures le dénommé Gilles, président de l'intercommunale liégeoise. Cet ardent socialiste a défendu la cause du peuple en refusant de révéler le montant des rémunérations des dirigeants des filiales privées, de Publifin. Il craignait que la diffusion des sommes n’aboutisse à des malaises cardiaques sur les trottoirs namurois et ne décourage les bénévoles qui distribuent de la soupe et des couvertures au SDF et aux familles dans le besoin.
C’est surtout par peur de voir ses brillants managers déverser leur flot de connaissances dans des sociétés adverses, que M. Gilles est resté muet et stoïque. En effet, si une société concurrente connaissait le salaire pratiqué pour ces génies du marketing, il suffirait de leur proposer le double pour amorcer la fuite des managers !
Attention ! On n’est plus là dans le cadre d’un idéal, le socialisme n’a plus rien à voir là-dedans.
C’est une théorie qui se défend. Vous prenez n’importe qui dans notre société de consommation, vous le rhabillez des pieds à la tête, vous le faites rouler dans une Porsche (les Ferrari c’est pour les footballeurs) à condition de payer sa cotisation au parti vous lui filez des valises de billets de banque, vous connaissez un socialiste qui dirait nom ? Voyez Fillon qui n’est même pas socialiste ? Et n’avons-nous pas en héritage l’esprit latin, comme les Français ?

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De toute cette combine, il ressort que les libéraux et les écolos sont les plus furax. Dame, ils n’ont presque rien croqué de la galette des rois du commerce !
Par exemple, Mouyard (MR) s’est vachement mouillé pour dire au nez de Gilles (PS) qu’il gagnait plus que le premier ministre. Et alors ? Si c’est au mérite, on ne connaît pas le mérite de Gilles, par contre, on sait très bien que Charles Michel ne mérite pas l’argent qu’il gagne.
Gilles, c’est comme Fillon, il se montre serein, c’est de l’intérieur qu’il est abattu. Mais la défense est la même. tout ça est honteux mais parfaitement légal.
Ne sont-ce pas les députés qui font les lois, dont celles de complaisance ? Ils sont bien farauds de nous dire que tout est mal foutu, dans ces conditions.
Le malheur, ce sont les fusions. Comme la sidérurgie va mal, ils ont cru bien faire en fusionnant, sous la responsabilité des Communes, dont certains parlementaires sont sur les bancs de l’accusation.
Le Comité de salut public, façon Robespierre, c’est pour un autre jour.
Pour Gilles, l’absence de réunions des comités de secteur est le signe d’une bonne gestion, puisque tout en payant les administrateurs fantômes, on a quand même économisé sur l’électricité, le chauffage et l’entretien des salles de réunions, puisqu’elles n’avaient pas lieu !
Et de conclure : pour ce qu’ils seraient venus faire, on a préféré envoyer leurs indemnités par la poste.
Et dans le fond, de quoi se plaint-on ?
On veut qu’une société publique qui marche bien passe dans le privé. D’accord, les hommes des partis se bourrent les poches, mais eux, au moins, on sait les questionner même si on n'obtient pas de réponse. Quand cette société de droit public deviendra une société de droit privé, tout le monde devra fermer sa gueule et le pognon sera étouffé quand même et, en plus, on ne saura pas dans quelle poche !
Ce sera « anonymisé ».
C’est-y pas beau Lisette ?
La meilleure, c’était pour la fin des six heures d’André Gilles.
Le brave homme s'est défait de plusieurs mandats rémunérés pour n'en garder que trois comme le nécessite son statut de conseiller provincial. S'il s'est engagé à quitter le CA de Publifin, il reste jusqu'à nouvel ordre dans Nethys.
Et pour cause, Publifin, c’est une coquille vide. Le bidule ne sert plus à rien. Le traitement de CA de Publifin, équivaudra dans l’avenir à celui d’un lampiste à la SNCB !

4 février 2017

Discordance.

Il y a la loi qui établit le droit dans un cadre stricte, sous-entendant par là que ce qui est en-dehors est illégal et susceptible de sanction.
Le cas Fillon fera école. Il disposait en sa qualité de parlementaire d’une certaine somme à attribuer à des auxiliaires.
C’est ce qu’il a fait en versant le maximum de ce qu’il pouvait à sa chère Pénélope. Même si l’usage attribue une moyenne de deux mille euros pas mois à ces auxiliaires parlementaires, il n’y a rien dans la loi qui interdise de rémunérer l’employé(e) au double.
Reste le travail effectif.
Il faut évidemment que le salaire rétribue un travail pour rester dans la légalité.
La loi ne stipule pas la nature du travail de l’auxiliaire parlementaire.
Lessiver les chemises et repasser les pantalons d’un député peut être perçu comme un travail, dit une présidente de tribunal !
De ce qui précède, le couple Fillon est « droit dans ses bottes ».
Pour le reste, l’opinion, l’usage, la morale, les discours sur l’honnêteté, l’image qu’il donne de lui-même, Fillon a tout faux.
Il ferait bien de s’en apercevoir et ses derniers amis politiques aussi.
La loi vient, une fois de plus, de nous montrer sa caducité, prise de vitesse et proprement dépassée par l’opinion.
Surtout que dans le cas de figure, l’opinion a en main l’arme suprême, celle qui va faire de Fillon et de son parti, s’il persiste à concourir pour la présidence de la république, un has been et un parti en déroute !
Les parlementaires de gauche et de droite qui jusqu’à présent se sont partagé le pouvoir, même en votant des changements dans les lois de la Vme République, n’iront ni assez vite, ni assez loin, pour satisfaire l’opinion. Cela risque de leur coûter fort cher, leur emploi de député, mais aussi « leur » république qui peut tomber dans les mains de l’extrême droite ou de l’extrême gauche.
Fillon est un condensé de ce qu’il ne faut plus faire si l’on veut rester au sommet des emplois de l’État. Malgré ce cas de figure, les parlementaires seront-ils assez intelligents pour diminuer d’eux-mêmes leurs salaires, leurs prébendes et leurs avantages ? Car, ainsi vont les choses et je n’ai cessé au cours des années de le dénoncer sur ce blog, ce sont eux qui établissent les augmentations et, plus rarement, les diminutions de leurs revenus.

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Qu’ont-ils en face ? Une opinion en voie de radicalisation qui s’est trouvé des vecteurs multiples, indisciplinés, incontrôlables, en-dehors des médias habituels, d’une presse rassurante et complice, d’une télévision propriétés des richissimes bourgeois de la République.
Des groupes vivent sur Facebook, animent des discussions sur des chats, créent des plateformes, lancent des pétitions, fourmillent de non-dits et de bobards révélés. Ils sont même en train d’enterrer les blogs, ces premières tentatives de contourner la presse papier, mais tenant de trop grands espaces de lecture, dans un monde qui ne lit plus ! (Votre serviteur est dans les cas)
Des start-up sautent avec bonheur dans ce nouvel Eldorado, Discord est un logiciel voix sur IP propriétaire développé par la start-up Hammer & Chisel.
Ces porteurs de son et d’images, d’info et de désinfo, formidable ampli pour les citoyens sourds sont comme ceux qu’ils périment, des outils calomniateurs mélangés à des performances démocratiques de vérité, le tout en vrac de ce qui n’était avant qu’une vérité officielle, puant le népotisme et la partialité.
C’est la nouvelle force. Elle n’est pas tranquille. C’est le visage inquiétant, grimaçant même, mais résolu de la démocratie en 2017.
Ceux qui n’en tiendront pas compte seront éliminés.
Fillon peut retourner à son château et madame à ses chevaux. Il ne sera jamais président de la République.

3 février 2017

Assaut de notoriété.

Quand il y a superposition de deux infos politiques France/Belgique, par le nombre de quotidiens et d’avis autrement mieux fichus que ceux des plumes belges, la France l’emporte. Tant mieux pour le petit monde belge du parlementarisme ripou que Fillon emporte le morceau. Il détourne l’attention de Publifin.
Les carcasses du crash de Publifin sur le bas côté de la route ne sont pas pour déplaire à nos élites.
Pourtant, à la Région wallonne le scandale des cachetons perçus par nos vertueux parlementaires dépasse la saga familiale de Fillon, dans ses tribulations judiciaires en vue des élections de mai.
En France, le candidat de la droite s’est laissé emporter par un esprit de famille. Chez nous, on jette l’argent par les fenêtres, parce qu’on ne sait qu’en faire ! L’État et les Régions se penchent sur les rétributions « justes et équitables » de nos responsables politiques astreints aux heures supplémentaires et qui plient sous les mandats.
C’est même une prévenance extrême que de pourvoir ses administrateurs ô combien irréguliers, sinon fantômes, d’une enveloppe d’encouragement à ne pas abandonner la partie.
On ne pourrait les citer tous, leur nombre serait trop important.
Mais il en est un « suprême » qui a bataillé ferme pour devenir le bourgmestre d’Ans, assurant aux Ansois que c’était son but ultime, son idéal absolu de les représenter, Stéphane Moreau !
Il fit si bien et avec tellement de conviction, que « Papa », Michel Daerden, le folklorique maïeur, dut abandonner le siège et courir une opportunité à Saint-Nicolas, commune voisine,
Il y mourut de tristesse, dit-on.
Était-ce par intrigue et bas calcul que Stéphane Moreau parvint à ses fins après des complots et des ralliements obscurs ou bien par son éclatant patriotisme social ?
Ses rapides interventions aux belles envolées rassurèrent vite les Ansoises et les Ansois, Stéphane Moreau n’était pas de ces aventuriers du mandat public qui courent la gloire pour de noirs desseins, sa ferme intention était de porter bien haut l’idéal socialiste.
Les récents développements de l’affaire Publifin ont poussé la Région à réclamer une clarification des intentions de Stéphane Moreau sur la suite de sa brillante carrière.
On ne peut plus courir trop de mandats à la fois. Ce sera valable pour tout le monde dans mille ans, sauf pour Stéphane Moreau qui doit choisir tout de suite. L’estrade en sapin de la Maison du Peuple ou le bureau en haut d’une tour, sur une moquette haute comme les herbes de la savane, telle est la question !

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Le peuple éternel d’Ans qui l’avait accueilli n’avait nulle crainte à avoir sur le choix de leur bourgmestre. Publifin n’était rien d’autre qu’un passe-temps de ce travailleur infatigable. Le devoir n’était-il pas de faire mieux que « Papa » pour la Commune ?
On connaît la suite.
Stéphane Moreau a renoncé à son maïorat d’Ans. Papa est mort pour rien. Ses misérables activités commerciales étaient ses ramasse-sous prioritaires. La politique n’était que le strapontin qui le hissait au sommet de l’armoire à confitures.
Il en va ainsi de certaines destinées.
Ils paraissent beaux, ont le verbe haut, la voix qui vibre… C’est ainsi qu’ils convainquent de leur pur idéal, les masses transportées par la beauté de leur sacrifice et au final, ce ne sont que des mots, de pauvres mots bien gluants, faits exprès pour attraper les mouches, employés par des manipulateurs sans scrupule.
Ils sont de petits messieurs, arrivistes en diable et aux objectifs ridiculement médiocres…
On en découvre tous les jours dans les partis, ces temps derniers !

2 février 2017

Complotisme !

Le "Penelope Gate" de François Fillon est un must dont on se souviendra longtemps. La droite française est dans la tourmente et que fait-elle au lieu de se débarrasser vite-fait du caillou dans la chaussure ? Elle crie au complot d’État, rien moins que cela ! C’est-à-dire qu’elle suit Fillon dans son déni de voir la réalité en face.
Les Français ne supportent plus l’argent de l’État facilement gagné et distribué sans aucun contrôle à des parents et à des amis par une caste de privilégiés.
Que la justice poursuive ou ne poursuive pas Fillon, son compte est bon. Il doit se retirer ou entraîner son parti dans la défaite.
Le complot d’État ne tient pas la route dans un pays qui, comme dans la chanson de Sardou, « ne compte pourtant pas soixante millions d’abrutis ».
Le dernier a être passé entre les gouttes, réélu alors qu’il était convaincu d’être un magouilleur de première, c’est Jacques Chirac.
Depuis Cahuzac les « yeux dans les yeux », c’est fini, les électeurs ne votent plus pour les utilisateurs sans vergogne de la carte de crédit parlementaire.
Les principaux dirigeants des Républicains (LR) ont décidé de contre-attaquer. Dans Le Figaro, ils dénoncent une "tentative de mise à mort" de la campagne du vainqueur de la primaire, opération qui vise selon eux à installer "un face à face mortel" entre la gauche et le Front national.
Le président du Sénat Gérard Larcher, le président du groupe au Sénat Bruno Retailleau, l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, le secrétaire général Bernard Accoyer, sont des sots qui croient sauver leur poulain défendu par des Woerth ou des Apparu tenant des assises tellement hors de propos, qu’ils se décrébilisent eux-mêmes.
Ou alors, ils espèrent que Fillon jette l’éponge ou mieux, qu’il se suicide en accusant les complotistes de l’avoir moralement assassiné.

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Parler de rumeurs, d’approximations, de calomnies", écrivent également Laurent Wauquiez, François Baroin, Brice Hortefeux, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé et Bruno Le Maire, c’est maladroitement vouloir cacher d’un drap de lit les faits : les sommes perçues par le ménage Fillon pour un travail fictif, l’emploi bidon chez un éditeur copain comme cochon, avec une petite dernière qui concerne une société privée montée par Fillon, à un seul actionnaire : lui-même. On voudrait bien connaître les clients ?
On croit rêver d’entendre tous ces perdreaux qui, hélas, ne sont pas de l’année « …jamais nous ne laisserons prendre en otage ni la démocratie ni le destin de notre pays". "Notre soutien à François Fillon est total". "Rien ne nous arrêtera: nous ne baisserons pas les yeux alors que la France s'apprête à redresser la tête".
Ce genre de défense indigné ne prend plus. Ce qui est grave pour le parti Les Républicains, c’est qu’il est dirigé par des gens qui se sont trompé d’époque.
Ils sont la parfaite illustration de la non-connaissance de ce qui se passe en France et en Europe au ras des pâquerettes.
Voilà des élus qui ignorent tout à fait ce que pensent leurs administrés ! Comme si on n’avait pas vu leur indignation de commande arrangée pour brouiller les pistes.
Fillon a bel et bien foutu la merde avec ses discours sur l’honnêteté et son intransigeance théâtrale !
Heureusement, un retrait de François Fillon est ouvertement évoqué par un quarteron de gens intelligents du parti, tels Georges Fenech.
Ouf, doivent se dire les militants inquiets, tous les dirigeants ne sont pas des cons.
Sans être de droite, on est contents pour eux !
Pour un dialogue réussi, il faut des gens honnêtes et intelligents à droite comme à gauche.
Le débat du contrôle des indemnités et des sommes que le parlementaire attribue a ses auxiliaires date du début du siècle dernier !
Un des derniers à évoquer ce problème en Belgique fut Guy Spitaels (PS). Il soutint que si les indemnités étaient importantes, c’était pour éviter que le parlementaire ait la tentation de se laisser corrompre !
Avec le recul, on croirait que c’est le début d’un sketch de Pierre Desproges.

1 février 2017

Chut ! Interdit d’en parler.

La question sociale dans le libre-échange tant souhaité par les Libéraux n’a vraiment jamais été débattue sur le fond par les supporters les plus acharnés de ce commerce high-tech.
Ils y ont vu une manière nouvelle et plus rapide de satisfaire le besoin des actifs dans un genre d’opération qui ressemble un peu au CEC (1).
Voilà bien le traité sur la table dont on aurait « oublié » le plus important, à savoir : le libre-échange satisfait-il les communautés ?
Bien timides sont les études des économistes ! La plupart des conclusions aboutissent à de vagues formules sur un avenir meilleur des populations, au fur et à mesure de l’organisation des échanges et de leur ampleur.
Bien entendu tant Belges que Français, les libéraux ont leurs chantres et leurs petites entrées dans les médias. On y compte même un prix Nobel de l’économie parmi les habitués.
Cet iconoclaste de Trump coupe court à ces grandes promesses libérales de profit. Le président décrète un retour à un nationalisme économique dont il faudra bien mesurer le décalage avec le libre-échange. Aujourd’hui les libéraux des démocraties occidentales sont perplexes. Leur clientélisme à l’égard des États-Unis, leur idolâtrie du dollar et leur foi dans le commerce rayonnant autour du bateau amiral américain se heurtent à quelques règles, dont la principale, la libre circulation des biens et des personnes, dans le collimateur de Trump. Le milliardaire a commencé par les personnes de certains pays. Il y a de bonnes raisons de croire à une pause dans le TTIP. Ce n’est pas la plus grande priorité pour la nouvelle administration Trump.

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En Europe, l’histoire du plombier polonais qui enclenche la descente des salaires dans toutes les activités va-t-elle se tarir ou se clore par une nouvelle approche ? L’effet Trump y serait-il pour quelque chose ?
L’occasion est belle de revenir à une réflexion sur la part que représentent les salaires de 1947 à nos jours. Leur part continuelle et spectaculaire de décroissance alimente évidemment les commentaires dont se sont emparés les nationalistes qui y voient un moyen de plaider leur cause devant le peuple.
Le danger est justement là, puisque le peuple ne se sentant plus défendu par son avocat naturel, le parti socialiste, s’est justement tourné vers une nouvelle gauche, mais aussi vers un extrémisme de droite qui commence seulement à faire des ravages. Ne devient-il pas urgent de parer au danger en désertant une social-démocratie en plein désarroi pour une gauche plus radicale ?
Aujourd’hui le vecteur populiste parfait est la dénonciation du libre-échange. Ce n’est plus les seuls partis d’extrême gauche qui dénoncent cette arme libérale anti-salaire, mais aussi les dresseurs de frontières, les discriminateurs entre les peuples et les différenciateurs des bonnes et des mauvaises civilisations.
Voisin des Français, nous y suivons les péripéties politiques. À notre grand étonnement, mis-à-part les thèses nationalistes, les prises de position de Marine Le Pen sur les conditions de travail, les salaires et la justice sociale sont tout à fait compatibles avec les critiques envers le système libéral de Jean-Luc Mélenchon. Le FN pourrait très bien coller aussi à la politique de Trump sur un premier point, celle de la fermeture des frontières à certains ressortissants.
Parti ultra moulant, caméléon et machine à reproduire à l’identique, le FN n’est-il pas le parti le plus adapté à ce que j’expliquais ailleurs « La société du spectacle » de Guy Debord ?
L’histoire de Marine Le Pen est toute simple. C’est celle d’un hold-up commis par des malfrats qui se sont déguisés en policier afin de faciliter leur vol.
C’est ainsi qu’une partie de l’ancienne clientèle socialiste leurrée a déserté la gauche pour l’extrême droite.
Ce paysage sociétal confus masque une question importante dans ce climat nouveau de la mondialisation, c’est celle de l’OPA sur toute l’activité humaine y compris politique par le capital financier. La dénonciation du libre-échange reste malgré, les interférences politiques et ses double-jeux, une manière de protester contre l’affaiblissement de la puissance publique et le triomphe des forces du capitalisme financier.
Jusqu’où pourrait aller cette alliance contre nature de l’extrême gauche et de l’extrême droite ? On y pense depuis l’avènement de Trump aux États-Unis. C’est un sujet tabou et comme tous les sujets tabous, il est défendu d’en discuter le moindre sens.
C’est une erreur. Il est toujours utile de débrider les plaies.
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1. Le CEC (Centre d'échange et de compensation) est le système belge automatisé de paiement interbancaire pour les transactions de petits montants.