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21 août 2018

La vérité n’est pas la vérité !

Avec Trump, animal d’affaires tout en intelligence pratique sans le moindre scrupule, la dialectique est aporétique sur le grand thème de la vérité. En gros, pour lui la vérité est celle qui l’arrange. Il ira jusqu’avoir des bouffées délirantes sur ses tweets, afin de maintenir son deal avec ses électeurs. Le visage vultueux, il assène des énormités avec l’assurance exaspérante de quelqu’un qui sait, devant les médias ignorants.
Évidemment l’aplomb, est une figure qui entre dans un débat philosophique sur l’opinion, la croyance et la connaissance. Réjouissons-nous, si l’aplomb de Trump y a sa place, lui n’y entre pas, parce que ce genre de débat le dépasse.
Les opinions sont loin d’avoir été conçues sur le même moule. Elles sont faites de motifs divers, parfois de cancans et de bruits émis de manière irréfléchie par des tiers ou entendus à la radio. L'opinion produit un jugement subjectif s'accommodant de l'ignorance et des préjugés.
Trump égalerait Henry Monnier sans le savoir, quand celui-ci écrivait ses mémoires « C’est mon opinion et je la partage. »
La croyance est une opinion transcendante sublimée par la foi. Elle a l’avantage de ne souffrir aucun raisonnement. Je crois. C’est ainsi et puis c’est tout. On peut hésiter sur la pertinence de son opinion, la croyance, non ! Parce qu’elle inclurait qu’on a perdu la foi. La croyance semblerait être un état de certitude objectif. Sauf que croire en Dieu s’avère être une croyance d’attestation indémontrable, dans ce cas, on parle plutôt d’un acte de foi.
Enfin, la connaissance, celle dont paraît parfois si cruellement manquer Donald Trump, sont des croyances qui évoluent en fonction du progrès des sciences. Il a fallu du temps pour que nos connaissances intègres l'équation E = mc2, la célèbre formule d'équivalence entre la masse et l'énergie, et la théorie des trous noirs de Hawkins, encore partiellement croyance plutôt que connaissance.
L'idée de connaissance fausse étant une contradiction, nous pouvons considérer que la connaissance est toujours vraie. Une pensée est une connaissance bien qu’elle puisse être aussi une croyance, voire une opinion.

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Au vu de ce qui précède, l’affirmation de Rudy Giuliani, avocat de Donald Trump, "la vérité n'est pas la vérité" procède du pyrrhonisme tout simplement.
Interrogé sur NBC News à propos des soupçons d'ingérence russe qui pèsent sur la campagne de Trump lors des présidentielles de 2016 et sur lesquels la justice américaine enquête, Giuliani a eu cette formule « La vérité n’est pas la vérité » qui restera sans doute au même titre que celle de Richard Virenque à un Tour de France « à l’insu de mon plein gré » à propos du dopage.
Après les "faits alternatifs", le camp de Donald Trump ne manque pas d’imagination pour s'affranchir du réel et de ses conséquences.
Comme on pressait l’avocat de répondre sur la nature de la réunion de juin 2016 entre Donald Trump Jr et une avocate russe à la Trump Tower. Une réunion qui, selon les mots du président américain, avait pour objet l'obtention d'informations sur sa rivale Hillary Clinton. La réponse de l'avocat de Donald Trump est délectable "Écoutez, je ne vais pas le pousser à témoigner pour qu'il soit piégé par le parjure. Et si vous me dites 'il devrait témoigner pour donner sa version de la vérité' et qu'il n'a pas à s'inquiéter, et bien c'est idiot parce qu'il s'agira d'une version personnelle de la vérité. Et non pas de la vérité même".
Le journaliste relance l’avocat – Mais la vérité, c'est la vérité! C’est alors que l’autre lui lance – Non, la vérité n'est pas la vérité.
On se souvient que le camp de Trump avait initialement déclaré que la rencontre entre Donald Trump Jr et l'avocate russe avait pour objet l'adoption d'enfants russes par des Américains.
J’ignore dans l’histoire des présidents des États-Unis, si un prédécesseur de Trump avait, dans la deuxième année seulement de son mandat, accumulé autant de mensonges avérés. Clinton a évité de justesse l’Impeachment pour une affaire de mœurs à la maison Blanche. Comment se fait-il, pour dix fois pire, qu’un espion de Vladimir Poutine soit toujours président des États-Unis ?

20 août 2018

Les maquereaux de la démocratie.

Il paraît que si les salaires des grands patrons du privé comme du public grimpent en flèche, c’est parce qu’on les a obligatoirement divulgués depuis la parution d’une loi sur la transparence ! Dès lors, comme de grands enfants qui jouent « au plus fort, au plus costaud », ils ne veulent pas paraître les moins bien payés. Dans cette société, le seul critère de capacité, celui qui vous établit au sommet de l’intelligence et du savoir-faire, c’est l’argent que les actionnaires sont prêts à lâcher pour conserver le phénix sur la moquette du plus beau bureau de l’entreprise. Vous avez compris la hauteur du débat !
Si le salaire publié apparaît plus faible, la croyance collective va estimer la productivité de son bénéficiaire plus faible. Autrement dit, avec une rémunération inférieure à la moyenne ou à la baisse, tout le monde va le savoir et tout le monde va juger que ce patron n’est pas parmi l’élite du management. Au foot, c’est pareil. On est une grosse vedette, parce que le club fait des sacrifices financiers pour le garder.
Ce petit concours de mentons est remonté à la surface à l’occasion de la polémique autour du salaire du nouveau patron d’Air France. Il toucherait 3 fois le salaire de son prédécesseur Jean-Marc Janaillac et 22% de plus que le salaire moyen des patrons du CAC40, de 2,7 millions d’euros en 2017.
C’est un exemple français. De récentes polémiques en Belgique à propos des salaires publics et privés n’ont pas abordé la chose sous un autre aspect qu’une guerre de préau d’école gardienne, mais il va de soi que c’est le même raisonnement de caractériels.
Le grand public a évidemment difficile de digérer la chose. Comment expliquer un tel décalage, une telle inflation des salaires de haut niveau, alors même que les entreprises concernées connaissent des années difficiles, avec une croissance en berne, parfois des pertes, comme par exemple la grande distribution ?
Le coupable serait donc la transparence qui a provoqué les enchères scandaleuses.
L’idée était bonne au départ en dévoilant ces paies insensées, on espérait les contenir et éviter les scandales médiatiques. C’est l’inverse qui s’est produit.

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On a les chiffres pour la France, ce ne serait pas impossible qu’ils fussent identiques à la Belgique. Au début des années 2000 à 2015, l’écart de rémunération entre le patron et le salarié le moins bien payé est passé de «1 à 300 en 2000 à 1 à 373 en 2015». Il n’était que de 1 à 30 en 1978 et 1 à 60 en 1990 !
Ce n’est pas tant du pognon jeté par les fenêtres qu’on observe ici, c’est le mépris de ces harpagons qui mégotent 25 cents au personnel en salopette, tandis qu’ils en remplissent des valises au mirliflore qui s’essuie le fion à la feuille d’or, dans les lavabos privés de la haute direction.
Outre la signification de prestige, il y aurait une perte dans la capacité syndicale à faire respecter le travailleur en exigeant le maintien d’une différence « acceptable » entre les deux extrémités de rémunérations. Notez que ce devrait être aussi la préoccupation du monde politique, mais si c’est pour compter dessus que vous vous apprêtez à voter MR, autant vous dire que vous participez par ce geste à la branlette collective des grands chefs.
L’entreprise mondialisée échappe à l’action syndicale. Le syndicat n’est pas relayé par le personnel politique, car la démocratie échappe à la volonté du peuple, puisque les partis au pouvoir sont généralement pour la mondialisation et l’absence de contrôle des entreprises.
La hiérarchie patronale ne s’établit plus au regard des compétences mais en fonction du salaire. Les actionnaires supposent que si un patron est très bien payé, c’est qu’il est très bon et, à l’inverse, il est dans la seconde partie de tableau. «La rémunération des dirigeants est instrumentalisée. Elle devient à la fois un outil de mesure et un mécanisme d’influence».
Dans les échelons inférieurs, il y a un autre genre de conflit latent, c’est celui de la comparaison entre salaires du privé et salaires publics.
Ici, d’autres arguments sont pris en considération, mais quels qu’ils soient, entre le privé et le secteur public, il y a convergence d’intérêt dans les directions. Les différences ne sont jamais abolies par le salaire le plus faible tiré vers le haut, mais par le salaire le plus haut tiré vers le bas. Opposer les deux régimes est un vieux truc que tous les libéraux connaissent.
Avec ces phénomènes de l’argent qui font faire bon ménage à la démocratie maquée à l’économie mondialisée, on se demande si le seul moyen de se défendre ne serait pas de travailler au prorata de la différence de salaire. Plus le salaire du chef suprême est élevé, moindre devrait être la productivité du bas de l’échelle.

19 août 2018

Responsable, pas coupable !

On trouvera plus aisément d’arguments à dénoncer « le marchand d’idées » qui fait de la politique son business, que créditant de lettres de noblesse, un personnage politique qui se dévoue à la démocratie et qui rentre à peine dans ses frais.
Le « Tous pourris » est dans l’air du temps. Ce totalitarisme est contraire à la réalité.
Le dévouement au bien public veut encore dire quelque chose. Si ceux qui sont porteurs d’un idéal ne sont pas entendus comme ils le devraient, ce n’est pas qu’ils seraient peu nombreux, mais parce que les autres ne défendent pas des idées, mais leur beefsteak, dans un système économique idéalement conçu pour eux. Ils aménagent la démocratie à leur façon. Ils s’octroient augmentations et primes sans consulter leurs bailleurs de fonds, c’est-à-dire nous !
Non, l’honnêteté n’a pas disparu des milieux de la politique. Il se trouve même dans les partis participants perpétuels du pouvoir, des idéalistes en butte à l’hostilité des arrivistes et des carriéristes.
C’est évidemment dans des partis d’opposition que se retrouvent le plus d’idéalistes et de gens honnêtes. Ils veulent que changent les choses pour une autre économie dans une autre démocratie. N’étant pas aux affaires, les places, les profits, les mandats-rentes n’y tentent pas.
Un premier tri entre le bon grain et l’ivraie est simple à faire. On retient les noms de celles et ceux qui militent pour le non-cumul des mandats et entendent limiter à deux législatives le mandat rétribué.
Encore faudrait-il trouver une solution d’égalité entre les candidats pour la suite des carrières, en sachant qu’elle fait défaut, entre public et privé.
Cette démocratie est malade de ses carriéristes sans principe qui ne doivent leur réélection qu’à la notoriété qu’ils ont acquise au fil des tribunes et des complaisances journalistiques.
Les premières pages des gazettes sont pleines de leurs « exploits » et de leurs moindres faits et gestes. Avec la disparition du journalisme d’opinion qui était garant de la démocratie par la pluralité des organes de presse de toutes tendances, on a perdu l’exposition d’idées contradictoires, principe même de la démocratie.
Sous prétexte de neutralité objective, nous avons aujourd’hui en Belgique des journaux qui défendent tous la même opinion sous des couleurs diverses : celle des grands intérêts particuliers de l’économie libérale. Sous prétexte de neutralité, ils perpétuent une classe pluri-partis, celle des habitués du pouvoir qui ont leurs pantoufles dans les ministères.

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Stefan Zweig est un exemple d’idéaliste réduit au désespoir, puisqu’il se faisait une haute idée de la démocratie et des libertés, voyant Hitler au pouvoir partout en Europe, à 58 ans, au Brésil, le 11 février 1942, il mit fin à ses jours.
C’est à la fois pathétique et émouvant la sensibilité d’un citoyen si fortement attaché à la démocratie au point d’en arriver à vouloir disparaître avec elle.
D’ici à ce que l’on voie Charles Michel l’imiter par le constat de son échec, ou son comparse Bacquelaine disparaître dans l’eau pétillante de sa commune, au vu des innombrables pensionnés qui crèvent de faim, il y a de la marge. Que les fans de ces élites se rassurent. Responsable et jamais coupable, c’est la devise de la maison Belgique.
Rien ne faisait plus rendre espoir à Stephan Zweig. Tout chez nos nombrilistes est matière à satisfaction.
Ils osent tirer gloire du mauvais accueil qu’ils font aux étrangers, se vantent de mesures humanitaires et de sauvegarde. Puis, ils jettent derrière les barreaux de leurs centres fermés, des familles entières jusqu’aux enfants. Diminuent-ils le droit aux allocations de chômage, ils s’en félicitent. Didier Reynders fait du pied à la N-VA pour sauver son siège à Bruxelles, puis s’en va prendre la parole dans un club francophone pour vanter la francophonie ! Les grévistes d’une entreprise rentrent-ils dans leur usine la mort dans l’âme et sans avoir rien obtenu, qu’aussitôt Kriss Peeters, ministre fédéral du travail, triomphe et parle de bon sens !
Quelques jours après l’entretien avec Bernanos, lui aussi en exil, Zweig décidait d'avaler des barbituriques en compagnie de sa femme. Les clés de son suicide se trouvent dans son livre-testament « Le Monde d'hier ». Il y exprime la fin des libertés comme la fin du monde.
Il y écrivait : "il ne m'a été d'aucune aide d'avoir entraîné mon cœur durant presque un demi-siècle à battre au rythme universel d'un citoyen du monde. Non, le jour où l'on m'a retiré mon passeport, j'ai découvert qu'à 58 ans, qu'en perdant ma patrie, on perd bien davantage qu'un petit coin de terre délimité par des frontières".
Dans une lettre posthume, il ne reconnaît plus le monde qu’il voit, un monde où l'humanisme n'est qu'un mot vague sans contenu.
Encore un petit effort, les saltimbanques rue de la Loi nous poussent à ce désespoir. Seulement, attention, ne confondons pas, eux prennent des barbituriques seulement en doses homéopathiques, mais, par contre, si les chômeurs pouvaient se suicider…

18 août 2018

Ça vole bas chez Richard.

Cette époque est formidable, les libéraux ont bien raison de nous détester, si je n’étais pas obstinément de gauche, définitivement fauché, trop vieux, ayant trop étudié les philosophes de la raison pour me résoudre à dire qu’ils avaient tort, incurablement méfiant de ce duo adulé des mémères et des banquiers dont l’un porte un prénom (Michel) et l’autre une grande insignifiance sous l’apparence trompeuse des hyperboles d’Alain Gerlache et quarante ans de bonheur conjugal (Didjé), si enfin ma tante en avait, elle serait état-civilement mon oncle, je crois bien, oui, que j’irais me rafraîchir l’esprit en découvrant mille nouvelles manières de renouveler mon stock de sarcasmes, dans les miteuses réunions des partisans MR, fameusement enthousiastes de la société telle qu’elle est, c’est-à-dire une merde innommable !
N’en étant pas là, comme je m’enthousiasme pour un rien, qu’en plus j’en apprends un peu plus sur l’art de s’essuyer les pieds sur les pauvres pour accéder aux plus hautes fonctions de l’État et qu’en outre, tout en étant conscient que notre beau système économique est en train de faire en sorte que notre belle planète n’en a plus pour longtemps de nous héberger à titre gracieux, je constate avec la satisfaction égoïste du condamné à mort qui sait qu’il ne mourra pas seul, que les PIB de tous les pays « évolués » sont repartis à la hausse, hâtant la fermeture de l’établissement !
Acquise dans mon nouveau rang d’être bien éduqué et civilisé, une saine revue de l’actualité ne peut que passer par l’aviation. Je vous invite à vous émerveiller avec moi, de la science époustouflante de nos grands ingénieurs.
Plus vite, plus loin, plus cher: chaque patron veut son joujou volant, dont certains frôlent les 70 millions de dollars. Que les CPAS se réjouissent, ils trouveront de quoi se documenter dans les invendus de presse déversés par tombereaux entiers chez OXFAM, sous le titre « La révolution supersonique – Le projet de jet supersonique AS2, au-dessus de New York ». Cet appareil, dont le premier vol d’essai doit avoir lieu en 2023, pourrait voler à Mach 1,4 (1.700 km/h).
Vous vous rendez compte ? Non, vous ne vous en rendez pas compte, bande d’incrédules !
« Toujours plus grands, toujours plus chers. Dans le petit monde de l'aviation d'affaires, la guerre de l'ultra-haut de gamme fait rage. Bombardier a dévoilé le 28 mai au Salon EBACE de Genève deux nouveaux appareils, les Global 5500 et 6500, des avions à 46 et 56 millions de dollars pièce. Tout en haut du spectre, les prix vont jusqu'à tutoyer les 70 millions de dollars pour les Global 7500 de Bombardier et le G650 de Gulfstream, des joujoux de 14.000 kilomètres de rayon d'action. Ce segment ultra-premium est de loin le plus dynamique d'un secteur qui peine à se relever de la crise de 2009-2010. Le spécialiste des ventes d'avions Jetcraft estime le besoin à 1.775 avions, soit un marché de 115 milliards de dollars à se partager entre les trois leaders du segment, Gulfstream, Bombardier et Dassault Aviation. »
C’est fou ! En recopiant à la lettre près, cette nouvelle aéronautique du magazine Challenge de l’adorable Ghislaine Ottenheimer, je me suis persuadé que j’avais trouvé le plus merveilleux outil de propagande qu’une gauche cherche parfois désespérément. Celui qui consiste à recopier tel quel au sommet de l’ultra luxe, le gâchis que cela suppose et l’incroyable distance entre ceux qui voient la terre au plus mal, parce qu’ils ont les pieds dessus et ceux qui s’en foutent éperdument, parce qu’ils la voient depuis leur fauteuil plein cuir à plus de quarante mille pieds !

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La suite est tout aussi délicieuse, merci Ghislaine !
« Pourquoi cette frénésie d’achats d’avions ultra-luxe? «Un jet d’affaires ne vole en moyenne qu’une heure par jour, mais les clients achètent un avion en fonction des plus longues missions qu’ils ont à effectuer», explique Ernest Arvai, fondateur du cabinet Arvai Group. L’effet du «biggest toy on the tarmac» (le plus gros jouet sur le tarmac) joue également. «Beaucoup de clients veulent le dernier appareil sorti, la plus grande cabine, le plus grand rayon d’action, quel que soit leur besoin réel», résume Richard Aboulafia, vice-président du cabinet Teal Group. Ainsi, à peine le patron d’Amazon Jeff Bezos avait-il pris livraison de son G650ER, fleuron de la gamme Gulfstream, en 2015, qu’Elon Musk achetait le sien quelques mois plus tard. »
La suite serait tout aussi délectable, mais vous savez comme ces chroniques sont volontairement limitées à deux pages dactylographiées.
Voici quelques indices qui pourraient mettre un baume sur la disparition de votre Berlingo, victime de l’usure à ses deux cent mille kilomètres près…
Suignard/Dassault Aviation - Macdiarmid/Getty/AFP - Urman/Sipa. Rayon d’action : 11.000 km. PRIX : 53,8 millions de dollars. Ce best-seller a été adopté par le milliardaire russe Roman Abramovitch et le prince Albert de Monaco.
Farrell/BFA/SIPA - People Picture/Willi Sc/SIPAG650. Rayon d’action : 13.890 km. PRIX : 68,2 millions de dollars. C’est la référence des grands patrons américains, Elon Musk et Jeff Bezos en tête. Il a effectué en 2017 un vol New York-Paris en cinq heures et quarante-huit minutes.
Bombardier/SP - Meigneux/Sipa. Rayon d’action : 11.100 km. PRIX : 62,3 millions de dollars. De la gamme de l’avionneur canadien, le Global 6000, dont Bernard Arnault et Vincent Bolloré sont clients.
On en tellement heureux pour eux, vraiment, que toute chute, fût-elle grandiose, est superflue.

17 août 2018

Une perte…

Complètement ignoré des abrutis stipendiés pour vanter les mérites du système économique, donc délaissé des foules, Samir Amin vient de mourir. Ici et là, quelques curieux de gauche le connaissent comme une sorte de visionnaire de l’altermondialisme et du néo-marxisme, plutôt que spécialiste des économies du Sud, attendu que lorsqu’on s’appelle Samir et fervent opposant à l’impérialisme occidental, les bien-pensants du PS et les chaisières du MR ne lisent de tels économistes, qu’en se défendant mal de leur préjugé raciste, venu de ce que vulgairement Louis-Ferdinand Céline appelle « leur trognon ».
Pourtant de mère française et de culture idoine, Samir Amin devrait être des nôtres glapirait Richard Miller qui s’étonne que l’on puisse être intelligent et cultivé sans être du MR.
C’est que son parcours douche les enthousiasmes des démocraties bourgeoises. En 1957, il devient militant de la nouvelle gauche, proche des courants maoïstes et tiers-mondistes. Il élabore alors une théorie en opposition frontale au capitalisme moderne, en mettant en avant l’accaparement par les pays du Nord des richesses des pays du Sud sous couvert d’un développement indifférencié.
Ce qui le dissocie de Sartre (c’est une opinion personnelle) est son accessibilité à la lecture pour tous. Et puis Sartre, c’est autre chose aussi dans l’approche de la philosophie et de la fiction romancée. Samir Amin est un économiste avec une touche d’extravagance moyen-orientale et une écriture fluide. C’est tout. Mais c’est beaucoup en même temps.
Il a pris le système à contre-pied, dans une critique de la division internationale du travail qui fait référence.
Il nous met devant une réalité : l’hégémonie des pays riches et développés contre les pays pauvres et sous-développés. Les premiers monopolisent les moyens et les facteurs de production et donnent ainsi des ordres aux seconds, qui ne sont que des exécuteurs.
L’ordre mondial actuel est le résultat du deal et ne profite qu’à quelques rares privilégiés qui s’entendent pour accaparer la plus grande part de créations de richesse, produite dans les pays pauvres, arrivant même jusqu’à rendre précaire la situation des travailleurs des riches démocraties, par contagion de l’identité des tâches. C’est écrit comme je le pense, puisque nos éminences en matière d’économie font défaut et n’ont d’yeux que pour le télégénique François Lenglet. Samir Amin critique la sacro-sainte division du travail bêlée par les économistes du genre de Roland Gilet (1) à la dévotion des partis de pouvoir classiques.

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L’économie actuelle vulgarise le système productif de l’entreprise en parcellisant les tâches les rendant ainsi accessibles à tous sans pratiquement d’apprentissage. À l’échelle mondiale, c’est pareil. Chaque pays, assujetti aux pays riches, produit l’objet au moindre coût de l’exploitation des ressources naturelles, produit par la main-d’œuvre locale au meilleur rendement. Chaque nation se spécialise dans sa production, ce dont profite le système productif global. C’est la théorie du FMI et de ses sous-diacres répartis dans les ministères de Belgique et des démocraties qui justifient la mondialisation.
Si elle abrutit les travailleurs dans les entreprises, elle renforce les inégalités et les différences entre les pays. C’est avec raison que Samir Amin voit dans la spécialisation généralisée la dépendance, la hiérarchie et renforce les inégalités entre les pays riches et les pays pauvres.
La mondialisation n’offre rien à personne, sauf à une minorité. Elle condamne à la paupérisation les sociétés paysannes,
Samir Amin prône un développement marxiste pour remplacer d’urgence le système libéral devenu obsolète, un des grands dangers actuels de l’humanité ! Je le crois aussi. Son idée de mettre la croissance dans les améliorations sociales et écologiques pour des progrès de tous les citoyens, avec en priorité les plus démunis, est ce qu’il faut faire et vite.
Samir Amin critique l’économie pure orthodoxe. Il offre un vade-mecum complet de l’art de remplacer le pourri par l’utile. Marx était le grand théoricien. Sartre serait l’intellectuel se dispersant dans la formule. Samir Amin a été capable de tout théoriser, tout schématiser et tout expliquer. Son œuvre, opposée à la vision économiste des sociétés dites « libérales », dénonce des dirigeants à la Viktor Orban, à la Trump, à la Netanyahou et aussi à la Macron, Michel et tutti quanti.
L’économie actuelle conduit à l’ultralibéralisme, un moyen de légitimer et de justifier les choix sociaux et la hiérarchie des nations, sous un précepte scientifique fort discutable, bref une dictature de l’économie qui ne veut pas dire son nom. Le gouvernement belge est partie prenante dans ce deal. il n’en tempère pas le cours, il l’accélère !
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1. Roland Gillet, professeur à l'ULB (Solvay) et à la Sorbonne (Paris 1), membre actif de la cellule stratégique de Charles Michel.

16 août 2018

Emplois pourvus et dépourvus.

– Allô, Sébastien Gropier ? – Gropîr ! ! ! pas Gropié ! Comme le Pier d’Anvers. – Vous êtes Anversois – À qui ai-je l’honneur, d’abord ? – C’est Charles, ici ! – Qui Charles ? – Le fils de Lou… ! – Non ! – Si ! Je vous téléphone parce que je vois que vous êtes en règle de cotisation au MR et que c’était pour vous en remercier. – Je suis confus, monsieur le premier… – Non, pas de cérémonie. Appelez-moi Charles, c’est plus simple. – Merci beaucoup de… – Puis-je vous poser une question ? – Mais certainement, monsieur le premier… Charles ! – Êtes-vous toujours directeur du bureau X9 chargé des emplois non pourvus ? – Absolument et j’en suis fier. – Je vous en félicite. En ce moment vous avez beaucoup d’emplois non pourvus ? – Énormément ! – Ah ! intéressant, ça !... – Et dans quelles branches ? – Quasiment toutes ! – Pouvez-vous me donner un exemple ? – De mémoire, nous venons de recevoir une demande d’une plate-forme off-shore en mer du Nord. La COMEX ne trouve pas de plongeur-soudeur à l’arc ! – Non ! – C’est comme je vous le dis. Et bien payé avec ça. – Combien ? – dans les trois mille par mois. – Net ? – Net ! – Et pourquoi n’en trouvent-ils pas avec un salaire pareil ? – C’est le troisième plongeur qu’on perd cette année. Le dernier était en fait le moniteur. On l’a remonté trop tard. Donc, ils ne savent plus en former. – Formez-en un ! – Nous avons un ancien maître-plongeur à la piscine de Chaudfontaine que monsieur Bacquelaine – Pas de nom s’il-vous-plaît. – Pourrait nous céder, moyennant commission… enfin, qui fait pression pour qu’il accepte. – Et quoi encore ? – On demande une équipe de colleurs de céramique. – Ça devrait se trouver, non ? – C’est pour remplacer des céramiques à l’intérieur des fours électriques. – Éteints, je suppose ? – Évidemment, on a tout l’équipement, masque à gaz, tablier cuir, protection amiante, tout enfin… et personne ! – Les chômeurs devraient avoir honte ! – Je trouve aussi, monsieur le premier… Charles. – Vous m’enverrez la liste et si vous pouviez y ajouter les nouveaux métiers, sans bien définir s’ils le sont, enfin vous voyez ce que je veux dire – Comptez sur moi, Charles. – Ah ! oui… j’ai la garde d’un vieux monsieur, bouffée d’angoisse, début d’Alzheimer, crise d’autoritarisme, il désespère toutes les infirmières et j’ai dû empêcher sa dernière garde-malade de porter plainte pour agression sexuelle… vous n’auriez pas quelqu’un ? – Il s’agit de qui ? – D’un certain Louis M… je lis mal la suite. Je dirais Materne, Maltel, par là… – Oui, je vois de qui vous parlez, monsieur Louis Mich… – Oui, bon d’accord. – Il y a bien une certaine Sylvette, avant celle qui a failli porter plainte. Elle est partie d’elle-même. – Vous la récupérez ou vous la virez du chômage. – Elle n’est plus inscrite. – Voilà qui est bien. Elle a créé une startup ? – Non. Elle a trouvé un employeur plus gratifiant. – Un libéral, j’espère ?
Rires prolongés de Sébastien Gropier.

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– 100 % libéral et à un salaire supérieur au plongeur-soudeur à l’arc. – Je pourrais la citer en exemple pour ma campagne électorale ! – Elle est escort-girl chez Dodo-la-Saumure. Elle préfère qu’on lui pince les fesses chez Dodo, plutôt que chez le vieux monsieur. C’est mieux rémunéré !... m’a-t-elle dit. – L’important, c’est qu’elle ne coûte rien à l’État. – J’en raie de mon mieux, sinon… – N’oubliez pas, cher membre en règle de cotisation, de m’envoyer la liste complète des emplois non pourvus. – Je n’y manquerai pas Charles. S’il était dans le domaine du possible de bien vouloir… – …de bien vouloir ? –…pour mon avancement, je suis au barème C, catégorie S et… – Je vous arrête, mon cher Gropîîîr, vous êtes sur Bruxelles. Peut-être après octobre, mais en attendant sur Bruxelles, c’est difficile. Mais je vais faire mon possible, entre libéraux, évidemment ! – Évidemment. – N’oubliez pas de me trouver quelque chose pour Louis M…Amélie n’en peut plus ! Surtout quand elle retire la panne et qu’il faut le torcher. Quand je pense que juste après elle a serré la main d’Emmanuel Macron, président de la République française !... sans avoir pu se rafraîchir ! – C’est à frôler l’incident diplomatique, hein, Charles… – Pas trop de familiarité quand même, cher membre en règle de cotisation. – Pardon, mille excuses… pardon mille fois – Oui, c’est bon !... songez surtout à ce que je vous ai demandé. – Bien sûr, à l’instant…. Monsieur le premier… Charles.

15 août 2018

Doorbraak – Rupture ! (suite)

C’est officiel depuis 1993 dans la Constitution : La Belgique est un Etat fédéral qui se compose des communautés et des régions. Trois régions : la flamande, la wallonne et la bruxelloise. Trois communautés : la flamande, la française et la germanophone.
On voit tout de suite dans quel carcan les gus ont mis les Belges. Des frontières à l’intérieur de frontières, ça ne peut que mal finir. La preuve, on remanie sans cesse l’usine à gaz, jusqu’au top du top qui sera trois républiques distinctes, plus un nouveau Monaco avec les germanophones.
Dans ce pays de tordus, le fédéralisme ne pouvait être qu’un caillou dans la chaussure qui fera boiter tout le monde. Depuis 1970, six réformes de l’Etat ont désossé l’État, enfin pas trop du côté des structures et de la facture réglée par les citoyens. La grenade dégoupillée a augmenté le nombre de planqués, sans oublier l’Europe, gros employeur à Bruxelles. L’Etat central s’est vu progressivement délesté de ses compétences, et le citoyen délesté de son argent.
Le millefeuille institutionnel d’aujourd’hui est d’une grande complexité. Plus le domaine de l’État se complique, plus le citoyen n’y comprend goutte. C’est la foire d’empoigne de qui est responsable de quoi : en matière de santé, de mobilité, d’énergie et de commerce extérieur, les pouvoirs conservent des prérogatives qui se chevauchent, s’interpénètrent avec des tautologies aussi coûteuses que ridicules.
Voilà pourquoi les patriotes « façon 1830 » proposent de « revenir comme avant 1970 » dans certaines compétences. Michel et Cie sont embêtés parce que certains patriotes « façon 1830 » cotisent au schmilblick bleu, Sophie Wilmes (Budget), François Bellot (Mobilité et Transports), Christine Defraigne, présidente du Sénat et quelques autres loustics figurants.
Exemple, Maggie De Block, la ministre fédérale de la Santé (Open VLD), dénonçait en juin la fragmentation de la politique de santé en huit ministres !
Plus que les médecins urgentistes de la clinique de l’Espérance !
La N-VA et le CD&V veillaient au grain. Ils ont opposé une fin de non-recevoir. C’est un peu dommage quand on sait que souvent les ministres de ce secteur sont médecins et qu’il manque d’urgentistes ! Que voulez-vous, c’est ça la Belgique.
Le brol va changer. Bart De Wever a fait savoir que le projet confédéraliste serait au menu des négociations aux élections législatives de mai 2019.
Du brol, on va passer à l’hyperbrol.

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Ce projet a l’intention de dépiauter tellement l’Etat, qu’on ira jusqu’à se disputer les Bruxellois, comme jadis les Fouronnais ; car indépendamment de sa langue et de son origine, le pauvre aura à choisir entre la Flandre et la Wallonie. Ce choix concernera aussi bien l’impôt des personnes et le système de sécurité sociale que l’aide sociale, la protection de la jeunesse, l’immigration et l’intégration, ainsi que le droit de vote pour le Parlement flamand ou wallon. Il ne serait pas définitif et pourrait être modifié après une période d’attente.
Vous imaginez le casse-tête ? Le nombre de fonctionnaires nécessaires pour faire rouler la formule ? Et aussi derrière, le projet de disparition de Bruxelles en tant que Région.
Ce n’est même pas Bart qui a lancé l’idée. C’était le ministre-président flamand Luc Van den Brande, CD&V, vers 1999.
Pour être bien vus des foules flamandes, les partis entrent en concurrence. Wouter Beke, président du CD&V, s’est répandu dans la presse pour défier De Wever « Nous voulons une véritable confédération où chacun pourra agir comme il l’entend ».
À cette veillée d’armes, les partis wallons (on excepte le MR en route pour un espéranto de droite avec Richard Miller multi linguiste qui va publier les œuvres de Jean Gol en six langues flamandes différentes) n’ont absolument rien de prévu si ça tournait au vinaigre en mai prochain. L’enjambée du Grognon à Namur n’aurait pas pu se faire en Confédération, puisque la barge qui fit pivoter l’ensemble est anversoise. Deborsu a été clair là-dessus, passé mai 2019, les entrejambes seront wallonnes ou ne seront pas. La sienne n’est pas prête à se redresser pour une anversoise.
Les responsables francophones n’ont toujours pas compris, voilà 20 ans que la Flandre veut un changement d’heure confédérale.
Le petit Chastel attend des instructions de la paire Michel, il fait le mort. Olivier Chastel aura fort à faire pour concilier, au sein du parti, des points de vue différents.
Jean-Luc Crucke et Pierre-Yves Jeholet veulent la Belgique en quatre entités régionales (flamande, wallonne, bruxelloise et germanophone). Ces éminences libérales remettent en cause l’existence de la Communauté française. Un guignolo, le professeur et philosophe Philippe Van Parijs, propose l’anglais comme langue d’échange entre les communautés.
Le démantèlement de la Belgique est un phénomène en marche.
Et si on lançait un concours sur le futur nom de l’État wallon ?
On doit s’attendre à ce qu’un artiste propose « Mesreins ». Un innocent lui demandera pourquoi « Mesreins » ? L’autre qui n’attendait que cela, répondra « …parce que c’est juste au-dessus de mon cul ! ».
Riez, foutre de dieu ! C’est du belge.

14 août 2018

Doorbraak – Rupture !

« Touche pas à la Belgique », pourrait devenir grâce aux trahisons des partis de pouvoir « Touche pas à mon Flamand » et ce dès la fin de l’année prochaine.
« Vous pénétrez ici dans l’antre du libéralisme francophone… Fondé en hommage à Jean Gol (1942-1995), titan de la vie politique belge, ce Centre est, pour ainsi dire, l’âme du Mouvement Réformateur. » N’ayons pas peur des mots, C’est en ces termes qu’Olivier Chastel, Président du MR, situe le Club des bas Bleus, où somnole derrière le comptoir, le philosophe libéral Richard Miller, que ma grand’mère trouvait déjà ringard.
Tout cela est d’un pénible !
Le MR a défaut d’être le roseau pensant de Pascal est le plus flexible des partis. Pour cause, il adhère à tout pourvu qu’on ne touche pas à ses principes. C’est très facile, il n’en a pas, sauf un : « touche pas au grisbi ». Là-dessus rapplique tous les commerçants à la veille de faire faillite et les gogos très nombreux en Belgique.
La vie, comme elle va, balaie les préoccupations de ces jeangolfoutres.
Deux périodes, deux générations de Wallons, la première qui voyait bien où la Flandre allait nous entraîner, le MPW, Yerna et Maryse Hockers (1), André Renard, le PS, le journal la Wallonie, Combat, les communistes, etc. et… nos deux opportunistes Gol et Perin qui disaient pis que pendre de l’État.
La cassure se situe trois ans après la mort d’André Renard (+1962), les années 65-66.
La génération d’après-guerre était en trois parties : le noyau patriote façon 1830, les séparatistes de Wallonie libre et les rattachistes pour un retour aux départements français de celui de l’Ourthe.
Les rattachistes (Perin) étaient les moins nombreux, ils étaient les alliés potentiels de la Wallonie libre avec Renard, Gol et Yerna. Le PS avait déjà d’autres ambitions, mais suivait en traînant les pieds.
Les 30 Glorieuses étant passées par là, ce fut la fin de la génération d’après-guerre et le début de celle d’aujourd’hui, à présent à bout de souffle.

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Le fait marquant c’est la trahison du PS optant pour le modèle social-démocrate et le rapprochement du parti libéral. Celui-ci allait se muer en MR. Jean Gol émoustillé du créneau qui s’offrait aux libéraux devant le renoncement à l’autonomie et la chute libre des chrétiens pratiquants, laissait sur le carreau des idées un Perin pourtant très libéral. Gol avait senti monter en puissance le nationalisme flamand et la soumission de la nouvelle génération wallonne à ce nouveau maître. Ce que contestait le camp des « patriotes » wallons, en réalité des opportunistes qui voyaient se profiler un fédéralisme, qui ne toucherait pas à l’économie classique, donc qui n’irait pas contre leurs intérêts. C’est dans ce milieu que Gol fit sa première récolte de voix.
En 2018, la population francophone est sans garantie, sans grand responsable, sans leader éclairé et vit dans la peur de perdre un État paternaliste à l’ancienne, en louchant vers la Flandre avant les élections de 2019, les trémolos de « ne me quitte pas » de Jacques Brel, dans la voix !
Pour ne pas faire trop long (depuis que je publie Richard 3 dans Facebook), je poserai la question du confédéralisme et des élections de 2019, dans la chronique suivante.
Pour ce faire, j’utiliserai les arguments de Jules Gheude (2) - Daardaar, 9 aout 2018 – qui publie « Mettons un terme à la comédie belge », une traduction du Doorbraak.Be (Rupture)
La question du devenir de l’État belge y est clairement posée.
Le confédéralisme, ou simplement l’associationnisme? Qu'en est-il de cela: devrait-il y avoir une septième réforme de l'État maintenant ou est-ce une idée dépassée?
Nous allons à cette future bataille complètement désinformés et sans idées émancipatrices à cause du MR déjà entré en pourparler avec l’extrême-droite flamande, quoiqu’il s’en défende et la trahison du PS qui ne date pas d’hier et dont les mandataires vont devoir expliquer l’année prochaine, comment nous en sommes là, si fragiles devant l’omerta flamande.
(La suite demain)
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1. J’ai très bien connu et fréquenté ces personnages de la vie liégeoise. Maryse était une femme exquise avec du goût pour la culture et en même temps de caractère, divorcée de François Perin. Jacques était un parfait honnête homme, donc troublé devant l’option socialiste si contraire aux intérêts des Wallons et des travailleurs.
2. DaarDaar propose l’exercice amusant de lire en français ce qui a été publié en néerlandais dans le Doorbraak. Jules Gheude (1946), l’auteur, est un biographe de François Perin. Il a publié des essais sur la communauté belge. En 2009, il a été président des États généraux de Wallonie, visant à sensibiliser les esprits wallons de l'ère post-belge. Depuis 2010, il a inspiré le Poison (Groupe d'études pour la Wallonie intégrée à la France). De 1982 à 2011, il a été directeur de Wallonie-Bruxelles International (WBI).
Autant le philosophe libéral Richard Miller est assommant de prétention et complètement fourvoyé dans l’interprétation des pensées d’un mort (Jean Gol), autant l’autre est intéressant et semble s’être émancipé des sottises libérales.

13 août 2018

Allô, ici un suspect à l’appareil !

– T’es sur écoute aussi ? – Non, je suis sur RTL. – C’est bien ce que je disais !
Ah ! la N-VA raffole de technologies, surtout de surveillance. La fine équipe de baroudeurs nationalistes qui entoure Charles Michel en est friande aussi. On devrait pouvoir s’arranger MR/N.VA pour que nos p’tits gars s’entraînent en Chine, pays de haute culture carcérale, quitte à revenir par les États-Unis, pour faire plaisir à Charlie. Le premier ministre est très sensible à la sophistication des fichages électroniques de l’administration à Washington.
Mais Pékin à la cote d’amour. La police pékinoise scanne le visage des passants, au point que Theo Francken devrait en être jaloux, et pas que des gueules relevant de la psychiatrie, même Geert Bourgeois ne passerait pas le tamis.
C’est con, le monde libéral et démocrate de demain pourrait ressembler au monde qu’Adolphe a voulu créer pour ses Adolphins jusqu’en 45. On a dû tellement le lui reprocher à cette date, qu’il finit par s’asperger d’essence, peur de voir Joukov !
L’homme lige de Charles-le-brutal, Jean Jambon, retour des Amériques, s’enthousiasme du calme des stations-service, des gares et des stades, les criminels se font gauler par la police de Trump avant de finir leur première clope du matin. On les trace sur les ordis, les renifle au laser, on les sent venir de loin à l’aide des super nez de la CIA, le tout enregistré sur des clés USB de deux pouces pas plus, que chaque Cop possède dans un étui quasiment pénien, pour qu’il l’attrape facile quand il se gratte.
Sauf pour les armes. On ne peut rien faire sans les instructions des équipementiers. Il ne faut pas rigoler avec le premier amendement « tu ne tueras point, sauf avec un gun USA ! »
Charles, bien d’accord avec Bart, veut que nous lui payions de nouveaux jouets pour la rentrée, grâce à quoi la criminalité ne sera plus qu’un mauvais souvenir et les libertés individuelles aussi, mais ça Charles s’en fout, avec son coupe-file, les flics ne l’emmerdent pas quand il est en voiture.
Autre idée, chinoise, un système de «crédit social» mis en place par le gouvernement: le score des citoyens chinois baisse lorsque ces derniers fréquentent des dissidents, ce qui peut même leur faire perdre droits et privilèges.

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Vous voyez l’intérêt en Belgique !
Pour garder ses points le Belge modèle n’aurait plus intérêt à fréquenter Sophie Lecron ! Moi-même qui vante parfois les qualités du PTB – j’ai refusé d’être payé malgré l’insistance d’un certain R….r (il était masqué, je n’en sais pas plus) – cette mauvaise fréquentation pourrait briser ma carrière de retraité le cul dans le beurre (au moins deux Smig pour rien foutre !). Je risquerais l’incarcération dans le district d’Anvers, si par malheur j’étais amené à négocier quelques carats du côté de Pelikaanstraat. Attention, toute la gauche ne serait pas interdite. La bonne gauche refluerait à Mons chez Di Rupo qui retrouverait une troisième jeunesse, ayant gâché les deux autres.
La social-démocratie aurait enfin la place supposée perdue à cause d’affreux marxistes qui ne seraient même pas léninistes. C’était quand Elio traquait le chômeur pour faire plaisir au suivant Premier du chose et qui l’en remercie. Depuis, des populistes nidreux se sont alliés aux punaises de lit des derniers drapeaux rouges. Le cœur du bourgeois saigne. La vision du couteau entre les dents l’empêche de dormir, même la Rolex sous le coussin.
Pour l’heure, le gouvernement utiliserait la reconnaissance faciale comme au Tibet. On réprimerait les manifestations avant qu’elles ne commencent. Les discours à la tribune seraient confisqués avant la montée des marches, comme l’imagination n’est plus au pouvoir, même à gauche, vous voyez les dégâts ! Il paraît qu’on voit l’extrême gauche rien qu’aux stigmates. Ce n’est pas faux, je me suis regardé dans un miroir ce matin, je me suis fait peur ! Je me mets à la place du Flamand qui passe la ligne de démarcation pour la première fois et qui tombe sur moi, un extrémiste voire populiste, le seul de la rue, mais quand même !
Et encore, moi je suis de la fausse extrême-gauche, c’est un ami lecteur qui l’a écrit, Richard III ne peut pas être de gauche. Tout ce que l’on sait à sa décharge dans la décharge où les archéologues m’ont retrouvé, c’est qu’il avait été passé « l’arme à gauche » par des gens de droite, ça c’est sûr !
Autre avantage glané en démocratie chinoise, il paraît – mais ça c’est pour Bacquelaine qui est très regardant à Chaudfontaine – la reconnaissance faciale permet à Pékin d’empêcher l’utilisation excessive de papier hygiénique dans certaines toilettes publiques !
Charles installant le système dans tous les ministères, on économiserait une forêt ardennaise par an !
L’autre jour, Charles est revenu enchanté de Londres. Les Londoniens sont épiés par un nombre incalculable de caméras de sécurité, avec des prédictions qui feraient rougir « les tueurs du Brabant wallon », modestes amateurs. Ils ne feraient pas dix mètres Trafalgar Square sans être repérés, alors que chez nous, voilà trente-cinq ans qu’ils refont des courses au Delhaize sans se faire remarquer. Ils deviennent tellement prospères que l’ancien combi de gendarmerie devient trop petit et qu’ils vont sans doute devoir en squatter un plus gros !...

12 août 2018

La main invisible…

Le système financier mondial est conçu pour que les citoyens ne le comprennent pas. Pourtant rien de plus simple l’échange d’une botte d’oignons contre quelques pièces.
Quand on dépasse une certaine somme, entre le simple et le compliqué, règnent des raisons obscures. Reynders, entre le rafraîchissement de deux volets de sa maison de campagne, vous l’expliquerait bien, s’il le savait lui-même.
Pourtant, tout acte de classification met en œuvre les facteurs de la pensée humaine. C’est justement le pire défaut de la démocratie libérale, les cadors de l’économie capitaliste se sont arrangés pour nous en éloigner. C’est trop fort pour nous.
En échange de notre travail, nous recevons une rémunération en euros, calculée en dollars dans les coups (coups étant plus approprié que coûts) de production, nous voilà déjà sur une autre planète sans le savoir. Les ingrédients qui pénalisent la gagne prennent des formes diverses, ces caméléons financiers passent pour être utile à la grandeur de l’État, mais sont surtout utiles à l’actionnariat.
J’ai à dessein mêlé l’argent privé et l’argent de l’État, c’est-à-dire le nôtre, tant ils sont indissolublement liés aujourd’hui, depuis que le libéralisme a structuré le marché et la démocratie en une seule combinaison, pour ne pas dire combine.
Depuis que l’euro c’est du dollar déguisé, nous devrions être attentifs aux avatars qui secouent la livre turque !... Mal en point depuis plusieurs mois, la crise entre Ankara et Washington n'a pas permis de résoudre le différend de ces deux alliés au sein de l'Otan.
Cette crise financière nous pend sous le nez. Elle pourrait attenter à notre pouvoir d’achat.
Explication : la devise turque a fondu de quelque 40% depuis le début de l'année Elle s'échangeait vendredi à plus de 5,4 contre un dollar et quelque 6,3 contre un euro.
Les tensions ont connu une brusque escalade la semaine dernière avec l'incarcération en Turquie d'un pasteur américain, Andrew Brunson, accusé par les autorités turques de "terrorisme" et d'"espionnage". La crise liée à cette affaire a accéléré la dégringolade de la livre turque et renforcé la préoccupation des investisseurs étrangers.

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Et l’euro dans le labyrinthe ? Les marchés s'inquiètent de l'incapacité des autorités turques à maîtriser l'inflation galopante qui a atteint 16% en juillet en rythme annuel, la crise entre Ankara et Washington, suscite l'inquiétude internationale dans le secteur bancaire.
Si vous voulez savoir combien l’ouvrier turc a perdu en une journée, l’argent qu’il recevait de son travail s'échangeait à 6,43 livres pour un dollar à la clôture vendredi de Wall Street, soit une baisse de 13,7% après avoir perdu jusqu'à 24% au cours de la journée.
Pourtant, sans déserter les salles des machines, les bureaux et les magasins, l’employé et l’ouvrier turcs ne se sont pas plus absentés que d’habitude, ni flâné, ni fréquenté les toilettes davantage, le produit de leur travail est le même, et voilà qu’ils ont perdu quasiment le quart de leur salaire !
Vous comprenez pourquoi nos politiciens libéraux, nos grands professeurs d’économie, nos journalistes spécialisés dans l’étude des flux financiers ne sont pas très chauds de nous expliquer le mécanisme qui fait qu’on travaille impeccablement un jour et qu’on se retrouve avec un quart de paie en moins le lendemain, toujours aussi impeccablement !
La crise turque a envoyé une onde de choc planétaire. L’euro n’est pas sorti de l’auberge ! Les principales Bourses européennes ont toutes clôturé dans le rouge.
Les mêmes qui étaient incapables de vous informer, vous disent tout de go que la crainte d'une "crise des devises émergentes" est fondée.
Empêtrée dans le Brexit, la livre anglaise dévisse la première après la livre turque. « Les investisseurs sont de plus en plus inquiets de l'imminence d'une crise monétaire totale », murmure d’une voix étouffée David Cheetham, analyste chez XTB, « par un effet possible de contagion ».
Ce qui est « inexplicable » s’explique très bien. La « main invisible » (1), qui n’est pas celle de ma sœur, est dans notre poche. « Il y a des craintes que les marchés européens soient plus exposés que prévu au choc turc », finit de nous achever Jameel Ahmad, analyste pour FXTM.
Comme Géronte dans les Fourberies de Scapin : nous dirons du système libéral « Que diable allions-nous faire dans cette galère ? ».
Voilà longtemps que je me le demande. Pas vous ?
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1. Dans le domaine socio-économique, la main invisible est une expression qui désigne la théorie selon laquelle l'ensemble des actions individuelles des acteurs économiques est guidé uniquement par l'intérêt.

11 août 2018

Alors quoi… l’Europe ?

La gauche n’a pas de plan bien établi et concerté pour l’Europe.
L’extrême droite veut un retour à la souveraineté des Nations. Le MR attend des décisions de Donald Trump pour élaborer une stratégie et faire du continent une sorte de succursale des USA. Le PS navigue avec vingt ans de retard, en cause l’analyse passéiste de Di Rupo qui se croit toujours en social-démocratie d’avant le tournant du millénaire, quand le PS distribuait des drapeaux bleus étoilés dans les écoles. Le PTB, à vrai dire je n’en sais rien. Plusieurs versions de gauche courent sur ce que devrait devenir l’Europe et qu’elle ne saurait être, à cause de la direction qu’elle prend.
Tout cela dans le charivari des variantes d’accueil que nous offrons à des populations chassées par la guerre et son corollaire, la faim. La gauche vole au secours de la détresse humaine avec les petits moyens qu’elle a, la droite fait semblant d’être humaniste et durcit les conditions de séjours en Belgique.
La dernière honte à assumer a été ressentie à l’occasion de la prestation de JC Juncker auprès de Donald Trump et les fariboles que le Luxembourgeois a racontées à son hôte américain, sans aucun mandat des Européens pour des négociations sérieuses.
La ferveur des années 80 pour une Europe d’un seul tenant et parlant d’une seule voix n’existe plus.
Les événements montrent la faiblesse des dirigeants de plus de 500 millions d’habitants, incapables d’organiser un grand État fédéré et social, la seule façon de répondre intelligemment aux défis du futur.
L’Europe, attachée au dollar et à l’OTAN, sous-capitainerie de l’Armée US, n’a plus la volonté de trouver des solutions politiques à son mal-être. L’euro et une économie d’un marché de 500 millions de personnes tiennent encore l’ensemble, pour combien de temps ?
Et pourtant ce continent reste attractif, puisque beaucoup de gens quittent le leur pour y chercher refuge.

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Cinq réflexions.
1. L’Europe souffre du manque de démocratie. Moins il y a d’élus de gauche capables de faire bouger les lignes, plus il y a le danger que le peuple se détourne du projet. On a le désagréable sentiment que c’est Merkel, Macron et Juncker les patrons qui font à peu près ce qu’ils veulent. On dirait que la seule utilité de l’Europe, c’est de permettre aux partis politiques de droite d’y faire pantoufler ses méritants par des planques offertes aux chouchous des chefs.
2. Découlant du premier point, le deuxième met l’accent sur un déficit politique. On fait quoi et comment, pour arriver à quoi ? Ce serait au Parlement européen de proposer des réponses et susciter des débats sur des questions d’avenir. Il est vrai que les relais dans l’opinion que sont les médias, ont perdu l’habitude de nous informer. Sans doute, n’est-ce plus porteur ?
3. Pour 500 millions de citoyens, 750 députés ce n’est pas trop, sauf qu’on ne peut pas gérer un tel paquet de personnes en respectant chacune d’entre elles en écoutant ce qu’elle a à dire, si elle le souhaite, d’où la caporalisation de l’assemblée regroupée par famille politique. Il y a donc quelques forts en gueule, qu’on reconnaît à la longue. Ont-ils consulté le groupe et par quel procédé ? Dans la mesure où il y a des courants à l’intérieur des groupes, ont-ils les moyens de s’exprimer, afin que la presse puisse donner à lire autre chose que le discours officiel ?
4. Des grands blocs d’États, la Chine, l’Inde, la Russie, les USA, seule l’Europe ne parle pas d’une seule voix à l’extérieur de ses frontières. Il en résulte une vassalité inquiétante de l’Europe aux États-Unis, alors qu’ils peuvent changer de politique en changeant de président, au point de faire le contraire de ce qui avait été concerté, d’une législature à l’autre.
5. Enfin, dernier point, le plus important peut-être, l’Europe sera sociale ou ne sera pas. Jusqu’à présent la politique générale s’est portée vers les entreprises et les banques qui en principe devaient les financer, ce qu’elles ne font plus ou très mal depuis 2008. Si bien que c’est le peuple qui finance l’industrie, sans en rien retirer, qu’un dumping sur les salaires et les conditions de vie plus difficile pour les chômeurs, les retraités, les malades et les handicapés.
La politique européenne calquée sur les USA dans ce domaine pourrait être l’élément déterminant pour convaincre la gauche de lâcher l’Europe.

10 août 2018

L’effet domino.

Avant d’oublier la canicule d’avant-hier, il est quand même utile de savoir que le meilleur moyen d’aider la terre à ne plus nous faire trop transpirer est de « tempérer » le système économique. Autrement dit, comme cela est parti, voilà qui est presque impossible.
En effet, si les pays gros consommateurs de tout, énergie, bouffe, électricité, gasoil, etc. devaient se mettre la ceinture, les autres, plus démunis, voire à la limite de la survivance, auraient à poursuivre l’amélioration de leur sort, par les moyens que nous abandonnerions.
Or, notre économie mondialisée, théorie et pratique, va à l’encontre de ce qui précède. Qui pourrait nous affranchir de la loi des marchés, de l’argent qui va à l’argent, de cette foi imbécile de la croissance sans fin, moteur du PNB ? Qui, surtout, serait assez convainquant pour contraindre ceux qui ont trop, de céder une partie de l’accumulation des biens à ceux qui n’ont rien ? Réponse : personne. Aucun État ou groupe d’États n’est assez puissant pour cela.
Partout en Europe, la droite progresse. Que dit-elle ? Elle dit en gros que les Nations riches d’Europe doivent défendre ce qu’elles ont des convoitises d’une Afrique pauvre et l’Amérique du Nord des convoitises de celle du Sud.
Mais on oublie le reste du monde.
Quand la Chine s'éveillera… le monde tremblera prophétisait Alain Peyrefitte, dans un essai paru en 1973 (Fayard). Quarante-cinq années plus tard, c’est fait. Et on n’a pas fini d’entendre parler d’elle. Et en plus, elle a raison, parce qu’elle se trouve, à part quelques grands centres qui n’ont rien à envier aux nec plus ultras occidentaux, dans la zone de pauvreté et que ses dirigeants veulent qu’elle s’en sorte. Sa grande voisine l’Inde, dont on prophétise qu’au milieu du siècle, elle aura battu la chine démographiquement, le monde ne doit qu’à la structure de ses castes, le demi-sommeil dans lequel elle est plongée depuis la fin de l’occupation britannique.
Comment faire tenir debout le système actuel de l’économie qui ne s’épanouit que dans les inégalités, moteur de la croissance, unique mécanique et forme raffinée de l’homme-citadelle, luttant pour conserver ses pouvoirs contre tous les autres !
C’est impossible !
Dans ces conditions, seule la menace d’une révolution majeure des plus pauvres pourrait faire réfléchir, mais toujours sans aucun moyen de faire changer du tout au tout l’économie actuelle. Peut-on encore stopper le changement climatique ? Probablement pas, selon l’étude de ce 6 août, dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).
16 scientifiques spécialistes du climat, décrivent un scénario dans lequel la température moyenne de la planète augmenterait de 4 à 5 °C par rapport à la période préindustrielle et le niveau de la mer serait de 10 à 60 mètres plus haut qu’aujourd’hui. Certains endroits pourraient même devenir inhabitables pour l’homme.

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Comment ne pas croire à l’éventualité de ce désastre possible quand la nation la plus consommatrice et la plus dangereuse, les États-Unis d’Amérique se sont retirés des timides accords de Paris, parce qu’estimés trop contraignant par Donald Trump ?
On a tout lieu de penser en suivant les données scientifiques de l’étude que, même si les objectifs visant à limiter le réchauffement planétaire à 2 °C – par l’accord de Paris – étaient atteints, “la Terre atteindrait un point où le changement climatique deviendrait dévastateur et incontrôlable”.
Les médias français expliquent la chute dans les sondages de Nicolas Hulot, par une sorte de résignation dans la conviction que le scénario le plus pessimiste est à craindre. Nicolas Hulot deviendrait le symbole de l’impuissance plaintive, une sorte d’épouvantail au milieu d’un champ de ruine. En cause, un “effet domino”, la fonte des glaces en Antarctique, en déclencherait d’autres, comme la modification des courants marins. L’accumulation de ces effets provoquerait un état d’étuve dans lequel pourrait se retrouver notre planète.
La jactance imbécile de notre premier ministre rejoint celle des responsables de l’Europe et, pour couronner le tout, le joker de Gotham-Trump City a tué Batman et se met à exploiter les gaz de schiste, accélérant ainsi le processus fatal.
De ce seul point de vue une transformation quasiment magique de la réorientation fondamentale des valeurs, de la philosophie, du comportement, des institutions, des économies et de la technologie est aussi indémontrable que l'assertion mathématique de Goldbach.
Quel est le bon scénario ? De toute manière, bon ou mauvais, que la planète d’un coup nous raie de sa surface et devienne un désert glacé comme Mars en un rien de temps, on ne sait pas !
Ce que l’on sait, du point de vue pratique, le système économique n’est pas fait pour que l’humanité vive en harmonie. C’est un fait qui conditionne mon sentiment que la droite a une conduite criminelle et que son chef de file qui va présenter ses créatures aux élections communales d’octobre, est un salaud.
N’est-ce pas ainsi que vous traiteriez un type qui viendrait saccager vos cultures, assécher l’étang auprès duquel vous passiez l’après-midi à contempler le ciel et l’eau, ces merveilles naturelles qui selon Jean-Jacques Rousseau sont à tout le monde et que le système a privatisé pour les mieux détruire ?
L’UE ne serait que le notaire du système capitaliste et Charles Michel, un de ses clercs !

9 août 2018

Ambiance matrimoniale.

(chronique publiée également sur Facebook)

– Pourquoi à Banneux, plutôt qu’Hamoir ? – Pourquoi pas Banneux ! Il ne t’est pas venu à l’esprit que c’est un endroit à partir duquel on peut faire des promenades ? – Je me disais que tu n’as pas un esprit porté à croire ce qu’on dit sur les miracles et… – Est-ce qu’un arbre porte un signe religieux plus à Banneux qu’à Hamoir ? – Justement. – Justement quoi ? C’est inouï les efforts que tu fais pour me contrarier ! – On ne va pas commencer la promenade par une querelle, allons à Banneux, point c’est tout. – Tu viens de me suggérer Hamoir, plutôt que Banneux. – Moi ? – Oui, toi ! – Comment cela ? – N’est-ce pas ce que tu viens de me dire ? – C’était une simple réflexion. – Mais qui montre ton désir d’aller à Hamoir. – Pourquoi Hamoir ? – Tu viens de me suggérer Hamoir plutôt que Banneux et tu me demandes pourquoi Hamoir ! As-tu au moins une idée ? – Je m’en fous, à la fin, décide ce que tu veux et nous irons. – Voilà bien les hommes, je te suggère Banneux et tu me demandes ce que je veux ! – Alors, allons à Banneux et n’en parlons plus. – Si parlons-en au contraire. Si on va à Banneux tu vas faire la tête et on va passer l’après-midi à se quereller ! – Alors, allons à Hamoir ! – Ha ! ce serait trop facile que ce soit toi qui aies toujours raison.

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Quelques instants plus tard en route vers la cascade de Coo.
– Prends à droite. – Trop tard. – Quoi trop tard ? – Oui, tu me dis de prendre à droite quand on y est presque. Je te signale qu’on roule à quatre-vingts et qu’à quatre-vingts on ne peut pas tourner tout de suite. – Tu le fais exprès. Tu sais que je n’aime pas de passer par Remouchamps. – Qu’est-ce que ça peut faire. Nous allons à la cascade de Coo et pas à Remouchamps. – Oui, mais on va y passer quand même ! – Et alors ? – Tu n’écoutes jamais rien de ce que je te dis. – On ne va pas recommencer avec cette histoire. – Quelle histoire ? – L’histoire que tu m’as dite à propos de Fernand. – Je t’ai parlé de Fernand ? – Oui, le type qui a profité que tu étais désemparée pour… au mariage de ton amie à Remouchamps – Ce n’était pas Fernand ! – Quoi pas Fernand, c’était un autre ? – Dis, pour qui me prends-tu ? – Pour quelqu’un qui oublie une lettre que je t’avais confiée à poster et qu’on retrouve dans ton manteau juste avant de le porter chez le teinturier. – Quel rapport avec Fernand ? – Aucun, mais venant d’une personne qui oublie tout, qui perd ses clés deux fois pas mois et qui se fait voler son porte-monnaie dans son sac chaque fois qu’on fait la Batte, je peux raisonnablement penser qu’en parlant de Fernand, tu le confonds peut-être avec Raoul ! – Qui c’est Raoul ? – Je n’en sais rien. J’ai dit Raoul comme j’aurais pu dire Nicolas. – Dis tout de suite que je suis une pute ! – Nom de dieu Églantine je n’ai pas dis ça. J’ai rappelé tout simplement que Fernand avait voulu ou tout simplement abuser de toi parce que tu étais saoule ! – Tu as de la mémoire quand tu veux, toi. Attends, je te vois venir. Tu vas me reprocher de boire un verre de temps en temps. – Si c’était qu’un verre ! – Et voilà, monsieur a son sujet, sa plainte favorite : je bois ! Si tu continues, tu me déposes devant le premier troquet – On est en voiture et on roule. Alors, hein ! pas encore… faudra attendre à l’apéro. – De quoi on parlait, avant que tu t’emballes, avec ton air de dire tout en ne le disant pas que je picole ? – …du fait que tu ne voulais pas passer à Remouchamps. Eh bien ! C’est fait. On y passe ! – Ne fais pas le malin. J’en ai assez que tu saches toujours mieux que tout le monde par où l’on doit passer et même si j’ai oui, ou non, fait l’amour avec Fernand, sous prétexte que je ne veux pas passer à Francorchamps. – Ce n’est pas pour ça ? – Pour ta gouverne, Fernand habite Ouffet, tu vois que ce n’est pas à Remouchamps. – Comment as-tu su pour Ouffet ? Vous avez eu le temps d’échanger vos cartes de visite ? – Ça ne te regarde pas. Est-ce que je te parle de Clémentine d’Ombret ? – C’est une petite cousine par alliance. – Alors, fiche-moi la paix avec Fernand et Remouchamps. – T’as raison du reste nous y voilà.
Il tente de garer la voiture à Coo dans un endroit où il est indiqué « complet ».
– Tu vois bien que c’est complet ! – Je le vois bien comme toi. – Alors, qu’est-ce que tu fais là ? – J’attends, des fois qu’un Hollandais sorte et libère une place. – Pourquoi un Hollandais ? – Parce qu’ils partent plus tôt, attendu qu’ils habitent plus loin. – Qu’est-ce que c’est que ce raisonnement ? Tu vois bien que tu es mal garé et que tu gênes tout le monde ! – Il n’y a personne. – Justement, comment veux-tu qu’il y ait quelqu’un, puisque tu bloques le passage. – Je ne bloque rien du tout. – Je ne discute plus avec toi. Et tu sais pourquoi ? – Non. – Parce que tu es un raisonneur, que plus tu as tort, plus tu tiens à m’emmerder avec tes raisonnements de fonctionnaire pour faire le contraire de ce que je te dis. – C’est faux. C’est toi qui t’emballes pour rien et fais que je ne peux plus placer un mot sans que tu le contredises. Là, que fais-tu ? – Je sors de cette voiture pourrie, parce que je peux plus supporter le type qui la conduit. – Reviens tout de suite. On va trouver une place.

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Elle hors de la voiture, portière ouverte.
– Je m’en fiche que tu trouves une place. La cascade de Coo, c’est pour les Hollandais et ceux qui viennent en famille à défaut de se payer un séjour à la côte et pour un type dans ton genre. Comme si, il y avait quelque chose à voir dans ce bled. – Ferme la portière, tu vois bien que je gêne. – C’est trop fort, je finis à peine de te le dire ! Et tu m’as envoyée me faire foutre ! – Remonte, on doit partir. – Pas question et tu sais pourquoi ? – Non ! – Parce que si je monte dans ta camionnette pourrie, on ira après se foutre à la terrasse d’un café et que tu ne voudras pas que je prenne un deuxième Orval et encore moins un troisième et que j’en ai ma claque que tu me dises ce que je peux boire. Minable ! – Là, je dois y aller. Ferme la portière ! – Ferme-là toi-même. – Salope ! – Pauvre type ! – J’en ai ras la culotte, compte-plus sur moi pour rien. – Voilà longtemps que je le sais. – T’as pas tout vu. – J‘en ai déjà vu pas mal. – Lundi à l’école, m’appelle plus par mon prénom, mais Madame la Directrice. – Pouffiasse ! – Va te faire mettre !...
– Alors quoi vous deux, voilà dix minutes que les Hollandais du camping-car veulent quitter le parking.

8 août 2018

L’Europe luxembourgeoise.

À la suite de nombreuses discussions et l’avis de nombreux experts, un accord avait été conclu avec l’Iran en 2015, sur l’arrêt de l’enrichissement de l’uranium aux fins militaires. Cet accord incluait les États-Unis d’Amérique, signataire.
Changement de président, le nouveau, depuis l’annexe du Kremlin (c’est ainsi qu’on appelle désormais la Maison Blanche chez les Démocrates) sort du traité.
C’est son droit de suivre une autre politique que son prédécesseur. Rien à dire.
Ce qui est unilatéral et blessant pour les autres pays signataires, il les menace de sanctions économiques s’ils ne se retirent pas commercialement d’Iran.
Que fait l’Europe ? Elle se couche et sort de l’Iran abandonnant des entreprises en pleine activité !
La semaine précédente, JC Juncker était allé pleurer auprès de Trump pour qu’il ne fasse pas trop de bobos aux Européens et il était revenu satisfait en laissant à Washington la promesse que l’UE allait acheter des milliers de tonnes de maïs transgénique, alors que sa consommation est interdite dans la moitié des pays de la Communauté !
Les journaux libéraux belges (ils le sont tous) n’en disent rien. C’est bel et bien pourtant un scandale. Les Européens vont encore ajouter à leur désamour de l’Europe, cette dernière humiliation du dollar contre l’euro.
À ce train là, cela va devenir inutile d’encore financer les Institutions européennes à charge des pays. Les citoyens veulent arrêter les frais. Ils ont raison.
La première salve de sanctions réimposées par les Etats-Unis contre l'Iran est entrée en vigueur ce mardi.
M. Rohani, président de l’Iran, a accusé Washington de "vouloir lancer une guerre psychologique contre la nation iranienne et provoquer des dissensions" parmi les Iraniens.
Il n’a pas tort.
C’est d’autant plus râlant, qu’Israël a la bombe A depuis longtemps, que personne ne proteste, en faisant semblant de rien, qu’il est à la base du retrait de Trump et qu’il espère ainsi susciter des troubles chez son ennemi et profiter du bouleversement du régime ! Le comble n’est pas le mauvais traité signé par Obama, mais la tension extrême qui existe entre Israël et l’Iran.
L’Europe est donc la victime collatérale de cet affrontement !
Trump, à défaut d’être vraiment intelligent, est rusé comme dix usuriers. Son ultimatum à l’Iran est clair, en même temps il dit tout "Le régime iranien est confronté à un choix. Soit il change son attitude menaçante et déstabilisatrice, et il pourra retourner dans le giron de l'économie mondiale, soit il continue sur la route de l'isolement économique".
On est heureux d’apprendre que le giron de l’économie mondiale, c’est lui, Trump ! Mais ça, on le savait déjà.

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L’attitude menaçante et déstabilisatrice concerne le pays de Netanyahou exclusivement, puisque l’Iran est partenaire du président syrien Bachar al-Assad, des rebelles Houthis au Yémen, du Hamas à Gaza et du Hezbollah libanais. Quant à l’isolement économique, il concerne aussi directement la faiblesse de l’Europe vis-à-vis des USA, faiblesse qui ne cessera pas si l’Iran capitule, mais est bien un problème rémanent dans le problème.
La première vague de sanctions américaines comprend des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières, ainsi que des mesures pénalisantes sur les achats dans le secteur automobile et l'aviation commerciale. Elle sera suivie, en novembre, de mesures affectant le secteur pétrolier et gazier ainsi que la Banque centrale.
Ces sanctions devraient peser lourdement sur une économie iranienne à la peine, qui souffre d'un taux de chômage élevé et d'une nette inflation. Le rial iranien a plongé, perdant près des deux tiers de sa valeur en six mois.
En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dont le pays est considéré comme le seul détenteur de l'arme nucléaire au Proche-Orient, a "félicité" M. Trump pour le rétablissement des sanctions. "Cela symbolise une détermination à freiner l'agression régionale de l'Iran, et son intention de se doter de l'arme nucléaire".
L'Union européenne a fait mine de regretter le rétablissement des sanctions en sortant une loi jamais appliquée dite de blocage (1). Avec un Juncker issu des milieux d’affaires luxembourgeois et favorable à l’union américano-isarélienne, il a, pour la frime, confirmé sa "détermination à protéger les opérateurs économiques européens engagés dans des affaires légitimes avec l'Iran".
Résultat, Juncker a zéro sur toute la ligne : La Banque européenne d'investissements (BEI) renonce à soutenir les investissements européens en Iran car, comme toutes les banques de l'UE, elle doit lever des capitaux sur les marchés (sic).
La plupart des grands groupes européens mettent la clé sous le paillasson de leurs usines d'Iran car «leurs financements et leur actionnariat sont en partie américains», ont expliqué les responsables (resic).
Certes, Trump met Rohani dans de sales draps. Ayant tout misé sur l'accord nucléaire, Rohani a du mal à défendre sa politique. Ses soutiens s'étiolent, mais il garde celui de l'ayatollah Ali Khamenei, chef spirituel de l'Etat et ultime décideur dans les dossiers sensibles. Sa menace de bloquer le détroit d’Ormuz aux pétroliers, si elle était mise à exécution pourrait aboutir à une guerre majeure dont l’issue serait incertaine.
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1. La loi dite «de blocage» a été adoptée par l'Union en 1996 pour contourner les sanctions américaines contre Cuba, la Libye et l'Iran (déjà), mais n'avait jamais été utilisée. Son actualisation a été approuvée par les ministres des Affaires étrangères de l'UE le 16 juillet. Elle interdit aux entreprises européennes de se conformer aux effets extraterritoriaux des sanctions américaines, sous peine de pénalités fixées par chaque Etat membre. On en rigole à l’avance, après le lâchage de la BEI.

7 août 2018

Consternation et épouvante !

À part la mort de Robuchon – il vous aurait été de toute façon impossible de déjeuner chez lui – et le transfert d’Axel Witsel au Borussia Dortmund venant de Chine, vous n’avez rien lu de ce qui suit dans les journaux belges !
On ne peut dire que l’actualité se bouscule, même si on réclamait de Li Xiaoping, le transfert immédiat du footballeur !
Le Soir et La Dernière Heure auraient pu trouver une demi-colonne pour une chose d’une gravité extrême, une page nouvelle au dossier établi par Robert Mueller, le procureur spécial dans l’affaire de Donald Trump et les services spéciaux russes.
On se perd en conjectures, comme n’a pas dit l’autre soir un intellectuel belge important qui lui se perd en conjoncture ! L’économie capitaliste pourrait se trouver salie d’un milliardaire new-yorkais, président à Washington, barbouze du kremlin !
Ce savoureux dialogue, d’abord Adam Schiff :
« The Russians offered damaging info on your opponent. Your campaign accepted. And the Russians delivered.You then misled the country about the purpose of the Trump Tower meeting when it became public. Now you say you didn’t know in advance. None of this is normal or credible. »
Réponse de Donald Trump :
« Fake News reporting, a complete fabrication, that I am concerned about the meeting my wonderful son, Donald, had in Trump Tower. This was a meeting to get information on an opponent, totally legal and done all the time in politics - and it went nowhere. I did not know about it! »
En clair son wonderful son a bien cherché à "obtenir des informations" sur Clinton auprès d'une Russe et à la Trump-Tower, dans le bureau de papa !

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Je vous fais la réponse de Trump en franglais « "Les Fake News rapportent, une pure invention, que je suis inquiet à propos de la réunion que mon merveilleux fils, Donald, a eu à la Trump Tower" en juin 2016. Il s'agissait d'une réunion pour obtenir des informations sur une opposante, totalement légale et cela se fait tout le temps en politique - Et ça n'a mené nulle part. Je n'en savais rien! ».
C'est la première fois que le président républicain mange le morceau.
Bien entendu, l’avocate russe n’a pas démenti l’entrevue. Elle a seulement démenti avoir des contacts avec Poutine. Ça bien sûr, on la croit. Mais avec le nouveau ministre de la sécurité d’État (MGB), Aleksandr Bastrykine, le chef du « comité d’investigation », là, on en est moins sûr. La CIA enquête. L’Agence épluche les Fake News, des fois qu’il y en aurait au moins une qui le serait moins.
Par exemple, le gendre de Donald Trump, Jared Kushner (responsable de la politique des USA pour Israël), et son directeur de campagne de l'époque, Paul Manafort, étaient présents à côté du wonderful son. Manafort est en procès pour fraudes bancaires et fiscales, des faits mis au jour par le procureur spécial Robert Mueller au cours de son enquête sur l'ingérence russe et les soupçons de collusion entre l'équipe de campagne Trump et Moscou.
Donald prétend qu’il n’était au courant de rien.
Un argument qui ne convainc pas les démocrates.
Trump n’a pas le profil d’un élu d’avenir. Sa politique est passéiste. Il puise sa principale clientèle chez les laissés pour compte des GAFA (acronyme formé par la lettre initiale des quatre entreprises Google, Apple, Facebook et Amazon). Aussi curieux que cela paraisse, quoiqu’il s’en défende, Trump a des intérêts communs avec les syndicats (version américaine). Ce n’est pas demain que les mineurs seront reconvertis au numérique. C’est pour cela que sa politique est incohérente, puisqu’en même temps il a besoin des petites gens, et détruit l’Obama-Care et donc dessert sa clientèle électorale.
Quand le quart-monde américain s’en rendra compte – on peut compter sur les GAFA pour ça – il disparaîtra aussi vite qu’il est venu, tout milliardaire soit-il, quand bien même serait-il un espion russe ou un gros beauf d’Américain piégé dans un hôtel de Moscou, filmé en train de se faire faire une pipe par une strip-teaseuse du KGB !
Ce qui est désolant pour nous Européens, entre la peste et le choléra, on ne choisit pas.
On regarde JC Juncker gâcher ce qu’il reste des belles idées de l’Europe et Charles Michel, au service de la machine commerciale américaine, retirer nos billes de l’Iran, parce que Donald Trump a dit de le faire… et basta.

6 août 2018

L’argent, les femmes, les Russes… Donald !

Sacré Donald Trump ! Après la Corée du Nord, il refait le coup avec l'Iran. On tape du poing sur la table. Tout le monde se dit « Nous voilà parti dans une guerre nucléaire » et la semaine suivante, il lance une invitation au président Rohani pour une discussion « sérieuse ».
On voit bien que se sont des manières d’homme d’affaire, plus qu’une véritable action diplomatique concertée avec son staff.
« Qu’est-ce que c’est pour un type ? » dit-on, comme si on ne savait pas ce qu’est vraiment un businessman que les Américains ont eu l’imprudence d’élire à la tête de leur pays.
Ce type a passé sa vie à contourner les lois, à faire faillite avec l’argent des autres, puis de renaître on ne sait comment. De lui-même, il n’est rien, c’est le père Trump qui a donné à Donald les cartouches pour s’inscrire à Wall Street. En Belgique, on connaît ça chez les Michel.
Trump a le génie du marchand de tapis, de promoteur de mirages, d’absolu mégalomane.
Le voilà emberlificoté dans d’anciennes histoires de cul, embringué dans des combines louches avec les Russes et il tient toujours un tiers des Américains en haleine du haut des tribunes avec trois mots de vocabulaire et un aplomb de bonimenteur de foire. Les tweets mensongers, hargneux, désobligeants, mais astucieusement écrits, font sa notoriété dans les Appalaches.
Il ne rend pas service à l’Amérique, ni à la démocratie, par contre, il conforte une certaine opinion que le système est pourri et ça ne profite à personne !
Le voilà à présent qui se flatte d’avoir mis à sa botte Kim Jong-Un, alors que les Nations Unies annoncent que la Corée du nord n'a pas mis fin à son programme nucléaire et a eu recours à des transbordements illégaux de produits pétroliers en mer, de bateau à bateau, pour contourner les sanctions, selon un rapport consulté vendredi par l'AFP.
Passant sous silence ce résultat plutôt mitigé avec Kim Jong-Un, il regarde vers l’Iran, après plusieurs mois de relations tendues et une escalade verbale ces derniers jours, le président américain a surpris en proposant lundi une rencontre avec les dirigeants de Téhéran !
Comme les maquignons, il ne traite qu’avec un « client » à la fois. Donald n’aime que les contrats d’homme à homme. Les traités, les subtilités diplomatiques basées sur l’historique des négociations, il n’en a rien à cirer. Sa rhétorique ne va pas jusque là. Elle ne va pas plus loin que ses approximations, comme avec Poutine en revenant d’une entrevue sur la Baltique, après le tollé à Washington, il a dû changer de discours, dire le contraire, pas gêné pour un dollar, au culot, il fallait lire « ne pas », au lieu de « d’accord ».
Les Américains ont élu un quasi analphabète ! Un comble après le lettré Obama.
Le voilà braqué sur l’Iran, après être sorti d’un traité sur la non-prolifération nucléaire négocié par ses alliés, ouvrant la porte à la possibilité d’un enrichissement de l’uranium et d’une crise ouverte. On croit que c’est son gendre, un juif orthodoxe, qui le pousse à cette politique. L’Occident peut s’en alarmer. Donald a toutes les manières d’un CEO, il gère la présidence comme s’il était à la Trump-Tower, de l’Europe, il n’en a rien à foutre et Juncker fait semblant de ne pas le savoir !

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Des gens aussi fins et cultivés que les Iraniens doivent franchement bien rire de lui !
C’est quand il joue les devins avec des sous-entendus comme s’il savait tout mieux que personne, qu’il dessert la politique américaine et afflige ses alliés, comme Charles Michel meurtri dans sa chair d’américanolâtre.
C’est que l’Amérique est le maître incontesté du système économique, Donald Trump le sent de son instinct carnassier et il en use et abuse.
"Je ne sais pas s'ils y sont prêts", a déclaré le milliardaire répondant à une question sur une éventuelle rencontre avec son homologue iranien Hassan Rohani. "J'imagine qu'ils voudront me rencontrer, je suis prêt à les rencontrer quand ils veulent". Selon lui, c'est "bon pour eux, bon pour nous, bon pour le monde entier", surtout "si nous pouvons trouver une solution sérieuse, pas un gâchis de papier comme l'autre accord", a poursuivi le président en parlant de l'accord sur le nucléaire.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que Donald n’est pas un homme de bureau. Il a horreur des livres, des papiers de la lecture, a-t-il jamais lu un seul livre ?
Les Iraniens sont tout à l’opposé. C’est même le peuple le plus intelligent du Moyen-Orient, celui qui a le plus d’intellectuels qui est le plus évolué et, finalement, le plus proche de la vieille culture européenne.
Donald ne sait rien de cela. Il connaît seulement la valeur du dollar et celle de son armée.
Les élections à la mi-mandat sont ouvertes. Le peuple américain va-t-il se ressaisir et envoyer une majorité d’opposants à la chambre des représentants ?
La conjoncture économique (– de 4% de chômeurs) est favorable. Donald l’impute à sa politique évidemment, alors qu’il n’y est quasiment pour rien, au contraire. L’avenir dira si les électeurs s’y sont laissés trompés.

5 août 2018

Devoirs d’été (suite et fin)

Avant d’entamer le dernier volet de mes devoirs d’été, quelques brèves nouvelles qui n’ont pas entamé ma résolution d’enlever mon chapeau pour saluer les gens, ni de mâcher les mots avant de les dire ou de les avaler.
Deux personnalités MR de troisième rideau se sont tapées dessus au comité de Beloeil. Chastel ne veut pas en savoir d’avantage. Enfin, voilà une sage décision. Quand il s’agit d’un litige mettant en cause un homme et une femme. J’approuve la délicatesse du président en référence à Charles Michel, un divorcé est, plus que tout autre, capable de comprendre les destins contrariés.
Après cette fureur passagère, un carnet rose pour un bleu, Didier Reynders ouvre de belle manière la gazette de Sudpresse de ce samedi. Il étale son bonheur conjugal, comme du Nutella sur la tartine du gazetier préposé à la nouvelle.
Didier et Bernadette, 40 ans de passion, comme le temps passe !... Il ne faut pas songer aux sommes considérables que l’État a allouées à ces deux habitués des hauts barèmes, le résultat justifie amplement la dépense. La démocratie n’est pas chienne avec ses dévoués serviteurs. Au moins, elle rend heureux ces deux là. La dépense ne valait-elle pas le résultat ?
Enfin, dernier volet d’un triptyque que l’on eût voulu peint d’un seul tenant sur le bonheur, déférent et poli, à ce carnet rose succède le carnet noir… enfin pas pour tout le monde. Cette Info de « La Libre Belgique » ce journal si bien nommé : « Les entreprises établies en Belgique ont déclaré au fisc belge 129 milliards d'euros de paiements vers des paradis fiscaux au cours de l'exercice d'imposition 2017 (revenus 2016). C'est une augmentation de 57% par rapport aux 82 milliards déclarés l'année précédente. »
La liberté économique est en progrès, voilà qui va ravir le couple célébré ce jour.

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Revenons, pour en finir, aux bonnes manières (non pas en finir avec celles-ci, mais de cette série de chroniques sur la politesse).
Les manières dignes de considération sont celles qui expriment respect et égalité, qui englobent politesse et civilité, disent les manuels. Dans une société où une moitié regorge de tout au détriment d’une autre qui ne regorge de rien, le compte n’y est pas. Celle qui ne regorge de rien ne doit, à mon avis, respect et égalité qu’à elle-même, même si l’autre joue les grands seigneurs et fait à bon compte preuve apparente de civilité et de politesse. C'est la "Nuit du Quatre Août" française qui manque à la Belgique !
La réplique de Figaro au comte Almaviva dit tout :
« Parce que vous êtes un grand seigneur, vous vous croyez un grand génie ! noblesse, fortune, un rang, des places, tout cela rend si fier ! Qu'avez-vous fait pour tant de biens ? vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus : du reste, homme assez ordinaire ! tandis que moi, morbleu, perdu dans la foule obscure, il m'a fallu déployer plus de science et de calculs pour subsister seulement, qu'on n'en a mis depuis cent ans à gouverner toutes les Espagne; et vous voulez jouter ! ».
Raisonnablement, nous ne devons rien à ce haut du panier qui ne nous estime que par la différence qui nous en sépare et qui fait tout.
Il n’y a rien à respecter dans des manières qui manifestent domination, mépris, préjugés et discriminations. Les manières dignes de considération sont celles qui expriment respect et égalité, qui englobent politesse et civilité. Les citoyens qui vous font obtenir des places et des mandats, ne vous ont pas élus pour qu’il n’y ait pas réciprocité entre la parfaite transparence de ce que nous gagnons honnêtement et la dîme que vous en prélevez et qui fait votre salaire. Il y a trop d’obscurité qui entoure vos revenus et pas assez qui entoure les nôtres, trop de pourcentage à prélever sur la misère de nos salaires et trop peu sur le faste des vôtres. De quel droit osez-vous toucher aux revenus infimes et de quelle manière concevez-vous le mandat qui vous est donné au nom de la Démocratie ?
Sous couvert d’un respect des bonnes manières, vous les violez de manière fascinante.
À me traiter de « Monsieur », je me sens outragé et quasiment obligé de vous traiter de « voyou » !
Les manières, lorsqu’il y a représentation, offrent peu d’intérêts. Elles ne sont qu’un jeu d’acteur. Redescendu de scène, rendu à la « vraie » vie, elles ne s’appliquent qu’à la carte. Elles ne sont plus que des éléments amovibles d’une stratégie.
Lutgen est l’archétype de l’imprévisibilité érigée en système. Il fait et défait les mandats, il nomme des créatures qui ne sont pas passées par le suffrage à des emplois publics importants, enfin il défait des alliances sous prétexte d’immoralité de la partie adverse et trouve moyen d’en renouer avec des gredins du même ordre.
Ces devoirs d’été ne seraient pas complets si, manquant d’élégance, je me contentais de classer et catégoriser le portrait des autres, évitant d’y joindre le mien.
Il se pourrait bien, que je ne sois qu’un libre penseur radical.
Les belles manières paraissent être dépassées dans le combat que l’on estime inéluctable entre capital et travail, l’économie fonctionnant essentiellement au service de l’argent, les besoins ne sont satisfaits que s’ils génèrent des profits. Le radical s’attaque à toutes les manières, qu’elles fussent des postures ou des prévenances polies. Assimilées aux ronds-de-jambe et aux simagrées en tant que manières, elles représenteraient des reliques hypocrites du passé, nourriraient le conservatisme et le prêchi-prêcha du vide intellectuel. Les belles manières seraient irritantes pour l’action. Il faudrait s’en défaire. Le «libre penseur» radical est de gauche, a fait en général de bonnes études, dont il n’a pas retiré de la satisfaction de soi.
Fin des devoirs d’été.

4 août 2018

Devoirs d’été (suite)

Les réactions des grands personnages sur les interpellations des blogueurs de mon genre ne sont pas connues, probablement qu’ils considèrent ce genre d’opposition comme excessive et donc sans aucun effet sur leur popularité. Leurs coachs en fausses improvisations et poses « spontanées » sont, eux, particulièrement ravis de l’outrance. « Surtout n’arrêtez pas de les prendre pour de la merde ! Vous ne sauriez croire quelle publicité vous leur faite ! ».
Me voilà devenu un propagandiste du MR ! Un comble.
Ils me prennent pour qui ? Ai-je jamais été à leur service autrement que contraint ? Vais-je faire ce qu’ils me demandent, redoubler d’invectives ?
Je ne serai pas l’être complaisant qui fait grossir le nombre de leurs électeurs, en les traitant de cons ! Je résisterai donc et veillerai plus que jamais à faire de la bonne éducation, mon nouvel idéal. Je décrirai comme étant droits comme des « i » tous les tordus et les vieux dégueulasses de ce royaume, je ferai en sorte de taire les imperfections des corps qui sont dans leurs cas bien particuliers, perçues par les interstices de l’imperfection de l’âme.
Je mentirai s’il le faut.
La bonne éducation sera mon ascèse.

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Lubrifiants sociaux
Contre les éjaculateurs précoces d’une moutarde qui monte au nez, les belles manières sont de puissants lubrifiants sociaux. Avant de conclure que l’ordure qui braille et s’agite mérite une correction, on doit absolument laisser la priorité au respect, à la civilité et à la politesse.
En projet d’un bourre-pif, le moins est de poser la question de la fréquence des saignements de nez chez l’adversaire. S’ils sont fréquents, la bienséance devrait vous inciter à viser l’œil, pour le classique beurre noir.
Le plus délicat est de convaincre les gens de pouvoir d’abandonner leurs mauvaises manières de passer devant le monde, de s’arroger les fauteuils de premier rang afin d’attirer les regards, de monter à la tribune et s’asseoir sans qu’on le leur désigne, sur le siège central juste devant le micro. Ils s’affranchissent de certaines règles de politesse comme si celles-ci étaient pour les autres et jamais pour eux. À les entendre, ils sont pour la justice et contre toutes les inégalités, dont ils viennent d’enfreindre les principes, sans même prendre conscience des privilèges qu’ils ont.
Heureusement qu’ils sont des exceptions, car si tout le monde avait ce type de comportement, la société s’effondrerait. Ils utilisent dans les files, de la débrouillardise en sautant des places. Leur passe-droit est respecté par l’idée absurde qu’ils ont des droits sur la démocratie que nous n’avons pas, parce que nous les avons élevés dans la hiérarchie sociale.
Le mauvais exemple qu’ils donnent se traduit par l’extension des transgressions, par le raisonnement simple « pourquoi je ne le ferai pas, puisque d’autres le font et ne sont ni blâmés, ni punis, pour leur sans-gêne ? ».
Si le phénomène relié à d’autres notions, l’incivilité généralisée en quelque sorte, se répandait comme un nouveau mode de vie, celle-ci serait insupportable. Au bout d’une génération, il n’y aurait plus d’État ! Des gens s’engouffrant dans les bâtiments, sortant de même se cognant et trébuchant sur le flux contraire sans chercher à l’éviter, sans aucun mot d’excuse, claquant les portes au nez, s’adressant les uns aux autres sans respect, en un mot se conduisant comme une armée en pays conquis, c’est ce qui arriverait, si tous les hommes usaient des mêmes privilèges !
Parce que ce phénomène s’observe chez eux. Ils sont naturellement à l’avant du cortège, les premiers aux inaugurations. Ils ne courent aucun risque, à la moindre alerte, il y a toujours un Benalla qui les protège de son corps.
Ce tableau apocalyptique n’interdit pas, dans la crainte qu’il ne devienne réalité, une réflexion critique.
Chaque société a son code. La démocratie athénienne était réservée à une élite d’hommes libres et fondée sur l’esclavage et la soumission des femmes, elle n’était pas si policée que cela. Les manières sont des lubrifiants sociaux, qui servent à la pénétration des codes dans les conduits déraisonnables de notre animalité, comme pourrait écrire un traducteur de P. Roth.
Le titre de cette partie de ma chronique dans son épilogue la clôt momentanément.
À suivre…

3 août 2018

Devoirs d’été (suite)

Je me pose des questions existentielles. Dois-je me précipiter pour ouvrir la porte à une dame et la laisser passer ensuite ostensiblement devant moi ; à l’inverse dois-je la précéder en montant l’escalier ?
On ne rigole plus avec ces choses là. Dans un cas on peut finir malpoli et dans l’autre, voyeur.
Les sexes désormais égaux, la remise à jour du manuel de savoir-vivre est nécessaire !
Puisque j’ai résolu d’être poli avec le personnel politique, dois-je tenir la porte de Maggy De Block au risque de rester coincé entre le sein gauche et le sein droit si le battant s’ouvre à gauche et l’inverse si le battant s’ouvre à droite ?
En cas d’incendie, faut-il dans l’escalier de secours précéder Zuhal Demir et être traité de lâche ou la laisser passer et baisser les yeux, afin de n’en point trop voir ?
Voilà les graves questions posées.
Les journalistes apprécient les belles manières. Nos chipoteries morales feront les règles de demain.
C’est parce que MM. Reynders et Michel sont des gentlemen accomplis qu’on les voit si souvent aux chaînes de télévision.
De la même manière, j’ai compris pourquoi je ne serai jamais l’invité d’Alain Gerlache. Il craint mes écarts de langage, d’autant qu’il a certainement appris que mes goûts me porteraient plutôt à l’interview de Jehanne Montay.
Alain craint mes dérapages populistes. Je le comprends. Il s’en est fait une idée inséparable de l’excès, de l’outrance et de la démesure. L’homme craint le désordre. Il y a du Kant chez lui, ponctuel et méticuleux. Gerlache est très utile par temps sec, vu qu’il est ennuyeux comme la pluie.

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L’étiquette aide les partis à déterminer ce qui est à montrer et à proscrire. La gauche n’a pas la «moralité douce». Je me disais cela en mangeant un boulet frites sauce lapin dans une friture, mal assis, perché plutôt, sur un tabouret Ikea peu pratique, alors qu’il me semblait avoir vu Bacquelaine attablé en face dans un endroit moins cradingue à écouter de la musique douce d’un piano-jazz, qu’on entendait depuis la porte ouverte. Il rêvassait devant un Bloody-Mary, vautré dans un club épousant l’arrondi exact de ses fesses.
Je pensais dans mon langage frustre de débile léger « Merde, ce sale con, il s’emmerde pas avec mon pognon ». Vous voyez d’ici une réflexion de ce type devant Madame Montay ! Je me délecte à l’idée de son demi-sourire amusé, éclairant son visage si spirituel. La même chose devant Gerlache ? Je n’ose pas y penser !...
À tort sans doute, parce qu’Alain, tout compte fait, n’est pas contre l’invective, pourvu qu’elle aille du haut vers le bas. Celles de Michel passent très bien. La traque des chômeurs, ce n’est pas insulter plus faible que soi, c’est faire de la bonne gouvernance.
Je me demande qui de la charmante Valérie De Bue (MR), Ministre des Pouvoirs locaux, du Logement et des Infrastructures sportives, ou de la redoutable Alda GREOLI (CDH) Vice-présidente du Gouvernement wallon. Ministre de l'Action sociale, de la Santé, de l'Egalité des chances, a les principes moraux plus élevés que l’autre ?
D’un côté les Dix Commandements ou l’impératif catégorique de Kant, de l’autre la catéchumène des dix commandements d’un divin d’église.
Vous voyez comme j’ai changé. La semaine dernière mon seul critère eût été la question qui me travaille encore l’esprit, mais que je repousse fermement « laquelle des deux a les plus belles jambes ? ».
C’eût été une réflexion, peu politique, à la Weinstein, au temps de ses embauches massives de starlettes.
J’aurais été formel, c’est sans conteste Valérie. Mais aujourd’hui que j’évolue vers plus de respect en recouvrant un peu de la dignité d’homme de gauche, dire mes préférences me montrerait incroyablement vulgaire !
On ne rigole pas avec les principes moraux.
Que Gerlache me pardonne (je sais qu’il n’en sera rien) les manières ne sont pas impératives –ou tout au moins, pas comme le sont les principes moraux. En conséquence, je pense que c’est madame Greoli qui a la moralité la plus dure.
On sent chez cette dame un attachement à la vertu qui peut servir d’exemple et j’ai honte pour ceux qui persifflent que c’est plus facile quand on a un physique ingrat !
Je n’entre plus dans cette sorte de raisonnement. Et je n’en donne à lire que pour montrer mon opposition à ce genre de propos !
À dater de ce jour, l’auteur s’engagent à ne plus souiller ce site de textes d’attaques ad-hominen des plus orduriers.
Suite demain : « Doit-on mettre un ou deux sucres dans son café, quand on est en visite chez un personnage important du royaume ? ».

2 août 2018

Devoirs d’été.

Les gens sont formidables, les parlementaires de droite et les autres aussi ! Je dois leur présenter toutes mes excuses en priant le ciel pour qu’ils me pardonnent et qu’ils les acceptent. Je les ai grossièrement malmenés et proféré toutes sortes d’injures, d’insultes et de comparaisons outrageantes sur leur aspect physique, par ailleurs admirablement proportionné, n’en déplaise à ma méchanceté naturelle, leurs mœurs que j’ai crues douteuses et qui sont exemplaires, enfin leur probité qui est légendaire, trop peut-être ?
Je n’oublierai pas non plus de rougir de honte et de confusion à mes hardiesses sur l’harmonie de leurs visages marqués par l’effort du travail accompli, visages qui approchent celui angélique de Kate Bush, quand elle avait vingt ans, pour ces dames (j’ai dit approche car nulle n’égalera jamais celui de Kate) et celui, ô combien à la fois spirituel et viril d’Errol Flynn dans le Robin des Bois de 1938, à l’âge de vingt-neuf ans, pour les messieurs, y compris Di Rupo à sa sortie de piscine.
Comment voulez-vous qu’un esprit tordu comme le mien puisse concevoir la beauté et l’amour du prochain, alors que c’est depuis la caverne de l’Hydre que je les observais !
En politique, les manières sont un sujet négligé. C’est un tort. Nous voulons une civilisation enchanteresse et nous commençons par nous injurier !
J’avais même pensé faire une ode célébrant Charles Michel ! D’abord je me suis enquis de l’importance de ses travaux, je n’ai rien trouvé. Je me suis rabattu sur son physique afin d’en célébrer la beauté. Je n’ai pas pu ! Crier sur tous les toits « Voilà un bien bel homme ! » était au-dessus de mes forces !
Alors, désespéré, je n’ai imaginé d’autre solution que mon absolue contrition pour mes impardonnables comparaisons offensantes et mon manque d’esthétisme !
L’importance de la courtoisie et de l’affabilité en politique devrait ouvrir le débat de chaque session parlementaire. La stabilité de la société est en jeu !
La beauté n’est pas synonyme d’honnêteté et d’efficacité… oui, mais ça aide !... Chez eux, elle est intérieure. C’est pour cela qu’on ne la voit pas. Ils la cachent par modestie !
La politesse serait une survivance des mœurs passées, ces temps heureux où l’on se voussoyait à tour de bras, ce qui n’empêchait pas de jeter à la rue, la jeune bonne qui s’était faite engrosser par le chef de la maison empressé de s’en débarrasser, mais avec politesse et les égards pour une femme enceinte, naturellement. C’est à ce temps de la bienséance qu’il serait impérieux que nous revinssions.
Les belles manières facilitent les interactions humaines. Les bains publics furent une bonne chose et il est malheureusement vrai que la saleté repoussante d’un travailleur de force après dix heures de travail est un frein naturel assez puissant pour que les gens polis et parfumés refusassent de le saluer par une franche poignée de mains. Afin de conclure avec lui des contrats selon lesquels son salaire horaire pourrait être majoré de dix centimes à condition qu’il employât les subjonctifs de manière plus conséquente dans ses revendications, Bébé Cadum avait en son temps fabriqué des savons contre les mauvaises odeurs.

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Je connais leurs gardes du corps qui oublient intentionnellement les bonnes manières quand un appel téléphonique d’urgence les met en présence d’un monte-en-l’air (comme on disait jadis) pour l’aborder avec des menaces et tout de suite employer un tutoiement d’une rare indélicatesse. À présent, je les comprends. Ils ont l’âme Benalla patriote.
« Trop souvent les défenseurs des castes se croient l’œil infaillible en jaugeant l’inconnu(e) d’après sa vêture, et se permettre une familiarité déplaisante » disais-je dans un excès de méchanceté.
Je dois plaider les circonstances atténuantes de la partie injurieuse et irresponsable de ma personne. Lorsqu’il m’arrive de lire l’Antigone de Sophocle en grec ancien sur un banc place cathédrale et que, jetant un regard au-dessus du livre, je vois le vide sidéral dans le regard d’une jeunesse monstrueusement inculte passer au-dessus de moi, reliée à ses décibels par des fils dans les oreilles, alors qu’au même moment, je sens dans le regard du policier, relié lui à la téléphoniste de sa permanence, dubitatif sur ma mise qui pourrait tout aussi bien être celle d’un SDF resapé par OXFAM, je me sens l’âme de Sante Geronimo Caserio, l’anarchiste italien assassinant Sadi Carnot en 1894.
Oui, j’avoue, je me sens frustré de leur admiration, mon ego trop chatouilleux me monte à la tête comme l’esprit du vin, je me sens redevenir grossier et pis encore, vulgaire, comme en fit Audiard la distinction, un jour.
Eh bien, j’avais tort. Mais comment traduire « ils n’en avaient rien à foutre de moi et je ne suis qu’un con qui se prend la grosse tête » ?
C’est ici que je me tourne vers celui que j’incendiai le plus, Charles Michel, pour le supplier de me souffler une formule du genre « J’aime la jeunesse, ce n’est pas une raison pour qu’elle glande dans les rues, aussi vais-je la mettre au travail le plus vite possible en commençant par lui couper les allocations d’insertion sociale. »
Évidemment ma formule serait moins brutale, moins agressive, moins… enfin tout ce que ce type représentait d’odieux pour moi, une formule qui, sans tomber dans l’infamie, serait pour lui, celle qui consisterait à dire « qu’il foute le camp et qu’on ne le revoie jamais » mais écrite en fin travail de dentelles circonstanciées et appropriées à la sorte de fureur, qui me prenait rien qu’à écrire son nom.
Tout cela est du passé ! Grâce à la saine lecture du livre de Richard Miller sur Jean Gol, je me sens beaucoup mieux et il ne me faudrait pas grand-chose pour crier mon admiration à notre économie de marché, dont il avait prophétisé le triomphe.

1 août 2018

Emmanuel, Alexandre, flouze et barbouze.

Les journalistes de la presse belge, festivaliers perpétuels, ne donnent de la voix que lorsqu’une affaire risque d’atteindre l’économie libérale en dérangeant sa vitesse de croisière ! C’est leur façon de crier aux loups !
On les dirait « presque » troublés par l’affaire Macron-Benalla, qui n’est pas une affaire de pognon, mais de pouvoir !
La tournure passionnelle des frasques d’une barbouze de l’Élysée, au 1er mai de cette année, semble les tirer de la torpeur estivale.
Non pas que l’abus soit exceptionnel, on ferait un roman de l’illégitimité des privilèges des notables. C’est la première fois dans l’abaissement de la démocratie, qu’il faille remonter si haut pour une affaire aussi banale.
Le conflit d’intérêt, entre l’éthique et la permissivité des privilégiés politiques, nous change des mallettes bourrées de billets de banque de MM. Chirac et Sarkozy.
Mine de rien, l’éthique, est de retour. Les libéraux affirment qu’on peut respecter les valeurs morales, et gagner beaucoup d’argent sans que la démocratie en porte ombrage. L’économie de marché était louée pour sa conduite morale, dans la pratique d’un vol organisé justifié par la nécessité du profit.
Voilà que la démocratie se détricote par l’autre bout, celui d’une vertu républicaine qui n’a pas trait à l’argent, mais fragilise tout l’ensemble et met à mal le système !
La Belgique est aussi bien concernée que la France dans cette affaire. Plutôt que servir de caution au pouvoir économique, si les parlementaires se souciaient de la moralité publique !
Mais, c’est toute la démocratie en décors et trompe-l’œil qui s’effondrerait, dévoilant l’absolu effroi d’un monde ou trône les grands intérêts particuliers.
On sait qu’en-dehors des partis, des Macron et chez nous des Charles Michel règne un ordre mondial qui ne relève en rien de la démocratie. Cet ordre mondial peut tout, soudoyer, convaincre et flatter les pires instincts. Ce n’est pas la première fois que Charles Michel en reçoit des représentants, court en Amérique pour s’aller frotter à plus important que lui. Cet ordre mondial peut tout acheter, sauf un ordre moral possible en chacun d’entre nous.

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L’affaire Benalla, n’est pas encore celle du karcher, mais cela pourrait le devenir. C’est même une rédemption inattendue chez quelques parlementaires plutôt doués pour tendre la main à ce pouvoir économique et qui voient peut-être l’occasion d’une rédemption républicaine.
Après dix jours de crise autour de l'ex-conseiller d'Emmanuel Macron, et à la veille de la pause estivale des députés, Christian Jacob (LR) et André Chassaigne (PCF) prendront la parole à partir de 15H00 pour défendre ces motions, les premières de l'ère Macron. Suivront les autres chefs de file des groupes politiques. Avant les votes sur chacune, c'est le Premier ministre qui donnera la réplique, pour s'expliquer à nouveau sur le comportement d'Alexandre Benalla, mis en examen après des violences le 1er mai, et sur la réaction de l'Elysée et l'Intérieur. Les motions seront rejetées, majorité contre opposition, sans surprise.
Minimisé par la majorité, ce n’en est pas moins un événement considérable par le seul sens civique et moral. Il ne s’arrête pas à Quiévrain, mais doit réveiller les consciences en Belgique sur une démocratie rongée par des intérêts qui la mettent à mal, au point de la rendre méconnaissable.
On se souvient de l’Affaire Dutroux et des suites politiques avec une refonte de la police et une disparition de la gendarmerie. Est-on certains que cette refonte a été l’occasion de nettoyer les écuries d’Augias, et qu’il n’existe pas en Belgique de la barbouzerie, ne serait-ce qu’occasionnelle, donnant libre champ à l’arbitraire et aux intérêts particuliers ? Et cette vieille affaire des Tueurs du Brabant wallon, jamais résolue malgré des tonnes de devoirs et dix mille pages de dossiers, a-t-elle vraiment été conduite pour qu’on en trouve les coupables et les ressorts réels ? On se pose toujours la question en 2018. L’enquête n’est pas close !
Enfin cette affaire Armand De Decker, le libéral haut placé, ami de tout le monde, où en est-on ? Aurait-il agi seul faisant pression sur d’autres grands serviteurs de l’État, au courant de rien, comme Reynders ou l’ayant été à l’insu de son plein gré, ami venu de Liège pour seconder Armand à la commune d’Uccle !
Alors oui, l’affaire française qui mêle à la fois Macron et Benalla est aussi une affaire européenne, elle illustre la manière dont certains politiques entubent les foules…