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15 novembre 2019

Le Belge heureux !

Selon une enquête d’Eurostat, les Belges seraient les plus heureux d’Europe !
Depuis cette nouvelle, je me sens tout ragaillardi.
Une chronique sur le bonheur s’impose, « La démocratie en chantant » en serait le titre.
Vue sous cet angle, la lecture des journaux de ce matin change l’opinion sur le bonheur. Tout est dans la manière de lire.
« Stéphane Moreau mis en rétention !
Le comité de rémunération du groupe Nethys, apprend le journal, a décidé en 2018, de verser des indemnités dites 'de rétention', nécessaires pour éviter le départ des intéressés vers le privé, en cause le décret limitant les rémunérations, des dirigeants d'entreprises publiques. Cela concernait trois dirigeants, dont le CEO Stéphane Moreau qui perçut 12 millions d’euros en plus de son traitement annuel d’un million. »
Une musique de fond est importante pour accompagner un salarié en rétention. « Cette année là » beuglait, au moment de cette lecture roborative, Claude François. La rétention, alors que tant de salariés sont en expulsion ! En honorant l’un d’entre eux et pas n’importe lequel, un des plus injustement critiqués, le syndicat des CEO de la FGTB a fêté ça, titrerait La Meuse !
« À 23H35 mercredi, le pic de marée haute s'est arrêté sous le mètre (à 77 cm), à Venise, alors qu'il était prévu à 1,20 m. » Venise inondée est d’une beauté ! On n’a pas idée. Aussi les touristes attendent les fortes marées pour faire des photos. Les marchands de bottes de caoutchouc sont aux anges. Et puis la marée en-dessous du mètre, cela montre bien que le réchauffement climatique qui fait monter les océans, est une fausse nouvelle dans le but d’inquiéter les gens exprès pour que les mines s’allongent. Les Belges ne sont pas dupes. Il n’y a pas de raison d’être inquiet. Ils ne tombent pas dans le panneau des mines effarouchées de Greta Thunberg.
« En Russie, un élève a été tué et trois ont été blessés par un tireur qui s'est donné la mort dans un lycée technique à Blagovechtchensk, petite ville d'Extrême-Orient russe sur la frontière chinoise. » Les horreurs s’éloignent. Elles vont même jusqu’à s’enterrer à Blagovechtchensk. Je vous demande un peu ! L’horreur est moins horrible quand c’est loin ! C’est la joie et la bonne humeur chez nous qui la font fuir ! Et puis la frontière chinoise, est-ce qu’on sait même où elle est ? A-t-on idée d’aller tuer ses camarades en Chine !
« Des écoles bruxelloises tombent en ruine, bâtiments vétustes, mauvaise gestion des risques incendie, installations électriques non conformes, cours de récréation qui s'affaissent »... La Libre et la DH mettent au jour l'état délétère de certaines écoles. Le Belge heureux sent tout de suite le bon parti qu’il peut tirer de ce constat. Il suffit d’aménager des visites à ces sites par les amoureux de la Ville médiévale, enfin exhumée des sous-sols dorénavant réservés aux tunnels routiers. Les Monuments et les sites de la capitale pourraient ainsi étendre les visites guidées à des communes rarement visitées. Pour que cela ait de l’effet, il serait évidemment recommandé de ne pas toucher aux toitures défaillantes et aux murs lézardés. On éditerait une petite brochure illustrée des plus belles ruines récentes.

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« Les Fourniret sont en garde à vue » écrivent les journaux. Tant mieux disent les Belges qui vivent heureux depuis qu’ils ont abandonné l’idée de suivre l’actualité et qui ignorent tout du passé à la Dutroux de ces oiseaux-là. Aussi disent-ils en méconnaissance de cause, voilà un dossier qui démontre bien que la justice est très performante en matière de crimes.
Le Belge heureux n’en est pas moins sensible aux mauvaises nouvelles qui parfois viennent détériorer le bel azur de la Belgique joyeuse. C’est ainsi que si épiler le maillot est devenu la norme pour bon nombre de femmes, n’encourent-elles pas des risques, ces imprudentes ! Le Belge heureux en est conscient, beaucoup plus que l’Albanais loin derrière au classement du bonheur. « Priver le pubis de ses poils n’est pas sans risques » dit une spécialiste à la BBC. Toute annonce tristounette à ses moments de joie, l’article sur l’épilation du maillot expose quand même pour le plaisir des yeux, de belles plastiques épilées sur des photos couleur grand format. Cela relativise le chagrin.
Une autre source de peine, c’est la manière dont Georges-Louis Bouchez et Denis Ducarme se font la gueule, tout ça pour un poste de président ! On a vu comment on peut rendre heureux les travailleurs en les dotant, comme c’est le cas du CEO Moreau. Pourquoi ne pas dédoubler le poste de président du MR, pour un travail « par » équipe, puisque « en » équipe s’avère impossible ? Deux poses classiques six-deux et deux-dix font tourner de belles entreprises. Deux postes en alternance au MR et tout le mode serait heureux ! Ainsi, en se renseignant sur celui qui est du matin et celui qui est du soir, on pourrait choisir son président.

14 novembre 2019

Un club social et progressiste.

On a voté au MR pour la présidence. Les numineuses élites se sont décantées dans les agrégats européens. Sa sérénissime grandeur Charles Michel et son grand vizir Didier Reynders, ainsi que l’insignifiant Chastel, casé près d’un radiateur du parlement de Strasbourg, ont déserté la maison mère.
La boîte est à remettre.
Louis Michel, géniteur de la dynastie, à la retraite grâce à des économies et de plantureuses pensions, compte néanmoins négocier fermement le pas-de-porte.
Signe du désintérêt des foules libérales, le MR compte moins de 25.000 membres.
Un simple calcul : Wallonie + Bruxelles au dernier recensement faisaient 4.842.337 habitants. 24.882 membres du MR font donc moins de 2 % de la population et si l’on considère que 53 % des membres ont voté, nous avons donc à peine 1 % de libéraux francophones.
C’est dire le peu de légitimité de celui qui sortira du lot au deuxième tour, puisque Georges Louis Bouchez n’a obtenu que 44,59 des voix et le suivant, Denis Ducarme, 25,12 %. Pour le Tariq Ramadan libéral, cela ne fait pas 0,5 % de la population, s’il est élu. Pourtant, on le sent prêt à plastronner, poser des règles, affirmer des points de vue… au nom de l’ensemble de la population ! Quant au sanguin Ducarme, on descend jusqu’à un quart de pour cent !
Ça donne le vertige !
Ces lilliputiens politiques n’en sont pas moins hommes, dirait Tartuffe.
Christine Defraigne s’étonne du peu d’enthousiasme des foules libérales alors que son parti est à la croisée des chemins.
Cette manie de se retrouver à la croisée des chemins !
Voilà tantôt cinquante ans que Louis Michel s’y trouve et il y est toujours !
Croisée des chemins pour madame Sophie Wilmès. Notre dame en fer blanc occupe le pupitre de chef intérimaire, à son programme rien que des airs entraînant américains. Hier, en majorette sportive, elle est allée en notre nom dire à la France qu’on ne se portait pas mal sous son gouvernement officieux. Elle a déclaré qu’elle suivra la grande allée du pouvoir qui mène au Capitole de l’économie de marché, avec les rescapés de l’ancien orphéon !
Sophie, c’est encore moins d’un demi % des électeurs. Philippe a bien compris. La Belgique, c’est Chypre au cœur de l’Europe, les Turcs flamands occupent le Nord et les patriotes le Sud. Sophie, c’est la balle du jokari, l’élastique la retient de sortir du jeu, tandis que dans les deux camps, on lui tape dessus comme des sourds.
Les débats électoraux au sein du club MR n’intéressent personne. Ils ont pourtant dégagés les joueurs du second tour, Georges-Louis Bouchez et Denis Ducarme. Hargneux et légitimés par ce qu’ils croient être leur droit d’accéder à la présidence du MR, ils se donnent des directs et des uppercuts comme jamais Joe Louis Michel n’en donna. (Évidemment lui, c’était plutôt la savate).
Richard MILLER, président du Bureau électoral, en est saisi. Dans le cénacle jadis tenu par Jean Gol, des cris et des fureurs, cela ne s’était jamais vu. Il faut dire que ce qui a fait exploser Denis Ducarme, ce sont les éminences du parti qui s’étaient positionnées avant l’élection, comme Coca-Cola Bacquelaine et qui ont fait pencher la bascule sur Tariq de Mons.

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Denis a raison. Qu’est-ce qu’il leur a fait pour qu’il paraisse aussi déplaisant ? Il est comme eux pour une économie américanisée. Son libéralisme social s’arrête à l’augmentation possible des parlementaires et régionaux de l’étape. Il privatiserait l’administration publique comme la Poste, s’il le pouvait. Comme Georges-Louis, il est pour l’austérité des foules, le bien-être des élites. Qu’est-ce qu’on veut de plus ?
Certes, il n’a pas la manière, la rhétorique de Bouchez, ce ton doucereux pour envelopper la victime de mystère et de senteurs suaves avant l’étouffement, comme savaient si bien faire les Borgia… pardon les Michel !
Et quand il sera nécessaire de remplacer l’anguleuse Sophie Wilmès, dans deux trois ans, qui sera le quelqu’un de fort, de brutal même, providentiel : Ducarme ! L’efféminé Bouchez chuchotent les partisans, peu nombreux il est vrai, du taureau de Thuin, Georges-Louis à l’air trop oriental, avec sa barbe dans les poils de laquelle quelques bribes de loukoum traînent ! .
Coca-Cola Bacquelaine n’aime plus Denis, depuis qu’il s’était lancé dans la littérature avec son livre « Islam de Belgique: entre devoir d'intégration et liberté religieuse. » Coca-Cola Bacquelaine lui reproche « liberté » associée à « religieuse ». Pour Coca-Cola Bacquelaine la liberté ne peut être que libérale et c’est une injure qu’elle fût ainsi maladroitement associée à des pratiques qui relèvent plus d’une secte qu’autre chose.
Bref, Coca-Cola Bacquelaine aurait été capable de prétexter n’importe quoi pour ne pas voter Ducarme pour l’unique raison qu’il pense avoir pris de l’ascendant sur Bouchez, tandis que le sanguin est imprévisible. Enfin, comme Bouchez va sûrement l’emporter au second tour, ce n’est pas le moment de se mettre mal avec lui, en défendant un adversaire malheureux.
Reste la question à deux balles : Denis Ducarme est-il un libéral social et progressiste ?
À y regarder de près, c’est Gros Loulou avec son premier Mai qui avait débuté le travail de sape du côté des socialistes de droite. Depuis, tout le monde a compris la leçon. Ils sont tous « social-progressiste ». C’est le slogan d’avenir !

13 novembre 2019

Une démocratie formidable !

Expliquer les choses comme on les pense et non pas comme on les dit, n’est pas aisé. Rares sont ceux qui ont cette sincérité là. Nous nous mentons à nous-mêmes : sur nos performances, notre intelligence et notre sagesse, le tout dans le désordre, bien entendu. Sage d’abord et déconner ensuite ? Même, si la sagesse était avant, la connerie, il n’est pas sûr que l’on puisse éviter cette dernière.
Dans la haute société, on ne raisonne pas ainsi. L’attitude est en fonction du rang. Un certain état de dépendance envers qui a la signature bancaire règne, c’est tout.
Les familles vivent derrière des paravents. Cela peut être un petit espace clos, un jardin avec un chemin entouré de rosiers ou un parc, que l’on franchit en voiture tant de la grille de la rue, au perron, il y a du chemin.
La plupart des gens vivent au bord des trottoirs, même parfois sur le trottoir. Entre le monde extérieur et eux, il n’y a qu’une vitre. Les chanceux l’ont en double. Tous ont des rideaux derrière lesquels on voit sans être vu ou à peine vu. Surtout des tentures, plus elles sont épaisses, plus on a l’illusion d’être retranché du monde, de n’être pas vu.
Comme aurait dit Bourdieu, l’épaisseur des tentures joue un premier rôle social.
Ce quotidien dit l’essentiel d’une discrimination, d’autres diront une injustice, entre le propriétaire du parc et celui des rideaux et entre celui des rideaux et celui du trottoir.
Puisqu’il y a une vie sociale et qu’il faut bien se nourrir, les grosses différences viennent de ce qu’on appelle le reste et qui n’est rien d’autre que l’essentiel.
On se fait à tout, certes, mais on s’habitue plus vite à gérer de haut en bas que l’inverse. On est plus à l’aise d’être le chef que d’en avoir un. La plupart des gens qui en ont un ne sont pas maîtres de leur temps. Ils ne peuvent pas organiser leur travail comme ils l’entendent. Ils le font selon des ergonomes et des techniciens de production.
Là est la plus grande discrimination.
Cette discrimination part des métiers libéraux, médecins, avocats, notaires, des hauts emplois d’administration et des mandats d’hommes publics (puisque selon Reynders être parlementaire est un métier), pour descendre jusqu’aux métiers à mains, physiques, pénibles, contraignants, mal payés, etc.

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Autant l’organisation de la journée peut passer pour exaltante dans la hiérarchie au sommet des professions, autant celle de tout en dessous de l’échelle sociale paraît gravement compromise par des contingences et des obligations qui achoppent sur l’organisation de la propre vie de l’intéressé. On a peine à imaginer que les deux bouts de cette chaîne aient la même dénomination pour désigner des actions si différentes : le travail !
L’objectif du monde libéral : l’amalgame ! Faire accepter l’inacceptable par les gens d’en-dessous et par un réflexe de prudence, tempérer les bouffées orgueilleuses, sadiques parfois, des gens du dessus. Cet amalgame profite exclusivement aux classes supérieures.
C’est un assemblage discordant, un faux ménage, que depuis toujours les instances dirigeantes tentent de concilier, sans jamais y parvenir, et pour cause, tout cela suinte d’inégalités et d’injustices. Voilà quarante ans que le PS a solennellement condamné le principe de la lutte des classes !
Deux mondes différents : un qui tire la couverture à soi et il en a le pouvoir et l’autre qui ne dispose que de la couverture qu’on lui octroie qui n’est jamais qu’un coin de la couverture de l’autre, qui ne le protégera jamais tout à fait du froid.
L’Ancien Régine n’avait pas besoin de raisonner sur sa condition élevée par rapport aux conditions du dessous. Il avait au moins le mérite de la sincérité dans le mépris des gueux.
En démocratie, il en va tout autrement. Il faut que l’on puisse justifier des fortes différences ; il est crucial d’avoir des électeurs en nombre pour maintenir le système à flot. Donc, il faut nécessairement que des gens aux conditions basses votent pour que les conditions hautes poursuivent leur parcours avantageux.
De cela on peut en déduire que les gogos les plus affirmés se retrouvent dans les partis de la majorité qui soutiennent en l’état, la démocratie comme elle va.
Ceux d’en bas qui n’en font rien, sont évidemment des ennemis potentiels que les gens du dessus veulent réduire.
Parmi les gagnants du système, on allègue les niveaux d’intelligence diversement répartis. Comme il n’existe pas vraiment de critères réels, on en a trouvé un, tout à fait spéculatif, qui ne repose sur aucune réelle différence séparant le tout venant de l’université. Le critère est la longueur du parcours, plus long d’un côté et plus court de l’autre. On s’est dit en haut lieu, voilà de bons critères qui closent le bec aux revendications égalitaires. Attendu qu’il y a moins de diplômés de l’université, nous ferons admettre par le cercle des privilégiés, quelques membres venus des bas du classement. Cela permettra aux masses populaires de rêver. Les bourgeois rentiers qui n’ont qu’un certificat d’études du premier degré passeront au bleu. Ils ont leur gold-Cart qui leur sert de diplôme. Elle est même d’une qualité supérieure.
Ce que la haute société n’avait pas prévu arrive à grandes enjambées : le nombre croissant de diplômés des universités. Il faudra bien en prendre son parti, certains resteront chômeurs.
On se demande, ce que la classe supérieure va bien pouvoir inventer pour justifier aux yeux des naïfs, des immatures et des imbéciles que notre démocratie est tout bêtement formidable !


12 novembre 2019

Les malheurs de Sophie.

On aurait quand même le droit de s’étonner que les partis chauds bouillants pour se partager le pouvoir ne soient pas encore parvenus à former un gouvernement à près de sept mois du seul acte de démocratie possible qu’ont les citoyens : voter !
Eh bien non ! L’étonnement est ailleurs, la dernière défaite du Standard, l’historien russe qui se prenait pour Napoléon et qui a fini par découper sa maîtresse pour jeter les morceaux dans la Neva, un mouton à cinq pattes en Inde, le direct du droit foudroyant de Macron dans une salle de sport dépeint par Benalla dans son livre et le dernier viol de Polanski, tout on s’étonne de tout, sauf de l’absence de gouvernement !
Et ce n’est pas le fantôme qui hante la rue de la Loi sous les traits de Sophie Wilmès qui dira le contraire. Au reste, en Flandre, personne ne sait qu’il s’agit de la première ministre en vacation, en attendant Godot.
D’après nos éminences et Sinardet and Partner, c’est la faute à l’électeur. Il ne sait pas jouer au bridge. Même en faisant le mort, il déçoit. Avant d’étaler son jeu, il a fait une mauvaise annonce à pique, et il met tout le monde sur le carreau !
Les élections n’auraient pas dû avoir lieu. C’est clair.
Voter de façon aussi invraisemblable que la seule combinaison possible soit entre deux chimies, tellement identiques dans la gestion du capital, tellement en symbiose sur l’économie libérale, qu’on les confondrait ! Insupportable à un politique.
Les journaux nous cachent tout, à commencer par la seule raison profonde de ne pas annoncer la publication des bans de Paul Magnette et Bart De Wever : la peur d’effaroucher l’électeur qui pourrait voter pire aux urnes suivantes. Sur le fond, tout baigne.
La mondialisation de l’économie à définitivement réglé tous les problèmes des démocraties.
Les chinois n’ont pas acheté le Pirée pour rien. Le plus beau de nos CEO, mais aussi le plus controversé, Steph Moreau, colle mieux au look de la nouvelle association politico-financière que nos premières flèches des partis traditionnels.
Il faut se rendre à l’évidence, l’économie libérale a tué la démocratie. Ce que soixante ans de communiste n’ont jamais réussi à faire, quinze vingt ans après le baisser de rideau, c’était dans la poche.
Pourquoi les gens s’en foutent ? Mais, parce qu’ils ont un autre maître : l’argent. Pour qu’ils reviennent à la politique, il faudrait que le show soit intégré entre Cyril Hanouna et Affaires conclues, qu’il soit conduit par une meneuse de revue, à la langue un peu pâteuse, au cul bien serré dans un body couleur chair, aux nibards refaits et à la conduite douteuse, le contraire de Sophie Wilmès, personnage de la comtesse de Ségur.
C’est un drame vécu par la poignée d’acteurs d’une troupe qui joue devant des chaises vides. Où sont les grands meetings d’antan ? Dans deux, trois ans, on fêtera le premier mai entre grands responsables, dans une arrière salle de la Maison du Peuple, pour tout autant qu’il y en ait encore une et, de l’autre côté du rideau linguistique, on fêtera l’anniversaire de la bataille des éperons d’or, dans un ancien local de l'Algemeene-SS Vlaanderen.

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Charabia que cela. Le public boude parce que ce qu’il pensait de la démocratie le poussait plutôt vers le haut, l’aidait à mieux aimer les autres et par conséquent à mieux s’estimer.
Alors, délassement pour délassement, autant s’offrir une place dans un vrai théâtre avec de vrais acteurs qui font rire souvent, réfléchir parfois, plutôt que s’ennuyer au spectacle de vieux pitres sans talent, qui nous font payer les places à l’avance et qui ne remboursent jamais, même quand tout est foutu !
Les acteurs politiques, comédiens professionnels ont déçu. On aurait voulu qu’ils ne fussent pas si doués pour le mime et le transformisme, qu’ils eussent le recul d’effroi qui fait la personne de qualité en voyant ce que le libéralisme, le commerce et l’amour de l’argent ont fait de nous.
Autrement dit, tant que le mauvais exemple prendra place devant le bon, tant qu’on jugera de l’espèce humaine « selon que vous serez puissant ou misérable », tant qu’il y aura une telle confusion dans les valeurs que les sottises, pourvu qu’elles fussent d’université, passent devant l’intelligence populaire, tant que les médiocres feront en sorte de faire croire qu’il n’y a que leur solution possible, il n’y aura pas de gouvernement tirant les Belges vers le haut.
On assistera ce à quoi on assiste aujourd’hui, un roitelet éperdu cherchant le bon grain de l’ivraie dans sa cage dorée, sachant dans le fond qu’il n’y a que l’ivraie, pépiant, sautant d’un perchoir à l’autre, donnant du bec dans l’os de sèche. Sa femelle, assise sur ses œufs, jetant un regard dédaigneux de son nid sur cette multitude grouillante, ne comprendra pas, seulement inquiète, quand ils écloront.

11 novembre 2019

Toto fait vulgaire !

L’économie de marché, depuis qu’elle régit le monde – des régimes mous aux régimes sordides – n’a plus à craindre des bourgeois oligarques et des oligarchies communisantes. Les Gold-card sont dans le camp de l’impunité. Steph Moreau, notre beau CEO, peut pisser à la raie du personnel à ses trousses. Il est Gold-card. Foutez-lui la paix ! La solidarité du fric entre voyous magnifiques, qu’est-ce qu’on en fait ? L’autre exemple, le joufflu en Maison Blanche, en est où à sa quantième plainte pour viol ? Est-ce qu’on l’emmerde pour ça ? À part l’hystérique Pelosi qui le cherche pour des bricoles. Rabattez-vous sur les Polanski, Ramadan, Weinstein, Epstein, Strauss-Kahn, les énervés du gong, besogneux du paraître, vieux lions de la Goldwyn ; mais touchez pas à un successeur d’Abraham Lincoln !
Les médias dominants montent l’actualité en spectacle. Pendant qu’on louche sur le fessier de la cowgirl, les inégalités se creusent. L’inexpressive compagne du gros matou, la first lady Melania suit son idiot de village, fort comme un bœuf, rustaud comme l’animal, sauf que le gros golfeur en a encore dans le slip au service des États-Unis et des banques.
Et alors ? De Christophe Barbier à Bruno Jeudy, sans parler de nos jumeaux Sinardet et Delwit, tous le panel consentirait à perdre neuf dixièmes de répondant pour être Trump, même si au lieu de Melania, ils devaient se taper Françoise Fressoz la « vranzaize », seule capable de renvoyer mister Spock dans sa galaxie.
La pauvreté suscite encore de la peine, mais de moins en moins d’indignation. Qu’y a-t-il de plus vulgaire ? Retirer le pain de la bouche des gens ou dire que ceux qui commettent ces infamies sont des trous du cul ?
Je sais, quand on manie de la merde, il vaut mieux mettre des gants. Si je retrouvais les miens, je ferais signe. Du reste on s’en apercevra tout de suite. Je tortillerai du chose et ferai gaffe aux antilogies.
Chez les gougnafiers surdiplômés l’idée se répand que les pauvres sont le résultat du hasard, les jouets de la fatalité. Quand le PS était encore socialiste, la pauvreté était la conséquence d’une injustice quelque part dans le système. Il est vrai qu’on n’était pas encore mondialisés et qu’un syndicat pouvait encore faire grève contre un employeur malotru. Même la droite en convenait, puisque Louis Michel n’avait rien trouvé de mieux pour mettre Reynders hors de lui, que fêter le Premier Mai à la Julien Lahaut, avec discours sous tente, voix étranglée par l’émotion et envie de pisser après deux verres de bière, dans le seau à glace dans lequel Martine Michel rince les verres.
La mondialisation nous a appris à dire « T’es pauvre ? C’est bien fait pour ta gueule ». Les libéraux MR et PS ont appris la leçon très vite.

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Des moins sanguins, le Ramadan Montois Georges-Louis Bouchez par exemple, parle plutôt d’un juste châtiment qui rétablit l’ordre moral des choses.
On attaque le problème par le raisonnement « Le travailleur doit gagner plus que le chômeur ». Autrement dit, celui qui se casse le cul doit mériter plus que celui qui ne fout rien. Logique imparable, sauf que pour refaire tout le monde, c’est simple. On fait stagner les salaires à des niveaux indécents, ainsi on diminue le chômeur pour « rétablir l’ordre moral ». !
La pauvreté n’est plus la criante injustice d’un système pourri ! Elle a trouvé son équilibre entre le gris clair et le gris foncé. Après l’intérim sabre au clair de Sophie Wilmès, le duo Magnette De Wever n’aura plus jamais à en reparler.
Le marché mondial en symbiose avec la démocratie représentative ne condamne pas l’injustice, mais l’échec commercial. L’échec politique n’existe pas. Il n’existerait que s’il remettait en question l’ordre mondial. Par exemple, Mélenchon serait le fossoyeur de la société moderne de consommation, pire criminel que Ben Laden et Abou Bakr al-Baghdadi, réunis. Les ratés complets que nous envoyons à l’Europe, MM. Michel et Reynders, eux, sont les génies triomphants de la Belgique de l’avenir.
Le péché c’est quand les actionnaires qui s’attendaient à 15 % de bonus, voient leur CEO annoncer qu’on va fermer la boîte et que leurs actions, ils peuvent toujours s’en torcher le cul. C’est la honte totale, l’effarement des Bourses, le phénomène perturbant d’ordre universel.
On en est à souhaiter la crise. Celle qu’on prédit dans des milieux qui sont dans le nez des télés. Le système de châtiments, judiciarisés dans les cours de commerce, est le seul qui vaille et détermine le genre de démocratie. Le public, sidéré, voit dans la course les gagnants et les perdants. Il dit « merde, pourvu que ça soit pas mon entreprise qui ferme ». Puis, il la ferme aussi, saisi par l’angoisse. Il a les mouillettes.
C’est tout.

10 novembre 2019

Fit and proper

Ce n’est pas un lieu commun. Une grosse majorité d’Européens le ressent. L’Union Européenne est l’adducteur du libéralisme infiltrant les solidarités traditionnelles qui s’exprimaient parmi les peuples et qui le peuvent de moins en moins. La démocratie par procuration donne un blanc-seing à une élite politique dominante qui s’est emparée du pouvoir et entend le garder, dans les pays de la Communauté et a-fortiori à l’Europe.
La dernière propulsion d’un commissaire européen belge, en l’occurrence Didier Reynders, sur simple signe du menton de Charles Michel, alors que Reynders est loin de faire l’unanimité sur sa personne et que Michel n’était plus qu’un premier ministre chargé des affaires courantes, est le type même d’une situation exécrable qui fait détester l’Europe.
Le marché unique conçu en 1986 est devenu une machine au service du libéralisme le plus obtus qui se puisse être. La dernière preuve n’est-elle pas la suite d’ukases lancés par Trump dans sa politique hégémonique devant lesquels l’Europe s’est couchée dans son adoration du dollar et à l’abri de l’OTAN, puissance militaire américaine, auprès de laquelle la puissance militaire européenne est un nain de jardin, dans cette alliance.
L’idéologie néolibérale en Europe est un fait qui n’a pas fini de faire des ravages.
L’Union Européenne, au sommet de normes absconses et de réglementations communes, est une énorme machine que les grands trusts industriels et alimentaires adorent tant elle pénalise les artisans et les petites entreprises. La concurrence y a éteint les initiatives pour laisser place nette aux grands requins du biseness.
Afin d’éviter de racketter les poches des contribuables vides depuis 2008, en cas d’une nouvelle plongée dans la faillite collective du système, on aurait pu, à tout le moins, monter des schémas d’essais sur la meilleure façon de sortir des lobbyings, des subprimes et de toutes les inventions des faiseurs de frics. Qu’a-t-on trouvé ? C’est de forcer les « petits acteurs » à accepter leur intégration au sein des géants du marché. Merveilleuse trouvaille en vérité de l’Union Européenne qui consiste à utiliser ces questions légitimes pour apporter des réponses qui limitent la concurrence sous le prétexte trompeur de réguler le marché.
Aujourd’hui, ce nouvel assemblage est à deux doigts d’entraîner dans une catastrophe à l’échelle européenne, l’ensemble des petites banques assurées à l’énorme machine de la Deutsche Bank au bord de la faillite.
Cette aberrante politique de l’Europe a permis aux majors de l’assurance de gagner des parts de marché grâce à une réglementation qui produit sur les petits acteurs un effet contraignant redoutable d’inefficacité et de pertes de capitaux pour ceux-ci.

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Non seulement cette initiative européenne n’a pas éliminé les acteurs dangereux pour le consommateur qui avaient causé la crise des subprimes aux États-Unis, en 2007, mais ils ont pu vendre à nouveau des emprunts toxiques, sous le chapeau protecteur de la Deutsche Bank. Si bien que Madame Lagarde va devoir à toute vitesse trouver les moyens de refinancer cette banque. Une seule solution d’urgence, alourdir la dette générale et poursuivre l’austérité en Europe !
L’Amérique de Trump, avec son chômage à 3 %, laissent les gouvernements des 27 complètement énamourés. L’Europe devrait avoir pour mission de faire réfléchir les ministres des économies des pays unis sur la manière dont on comptabilise ces 3 % et à quel prix ce bon score est obtenu. En effet, la grande masse des chômeurs américains n’est pas reprise dans les statistiques, elle vit d’expédients et de Welfare. C’est la société du « help your self ». L’ensemble de la médecine y est payante, comme les études universitaires, des fonds de pension pour « faire » la retraite de celui qui peut cotiser, les congédiements s’y font à la semaine ou sur le champ, toute la société est fondée sur le rapport avec l’argent et rien d’autres, seul un millionnaire ou fondé comme tel en se faisant sponsoriser, peut accéder à la présidence.
L’Europe ne fait rien pour dissuader des pays comme la France, la Belgique ou la Hollande de venir petit à petit à ce genre de société par souci d’efficacité économique, mais au détriment du bien-être social de tous. Macron veut détricoter les retraites pour en faire des machines par point dont la minceur ferait qu’on prendrait l’habitude de les compléter par une assurance. Il privatise des propriétés de tous comme La Française des jeux et peut-être Les Aéroports de Paris si le référendum ne recueille pas assez de voix, bref, son objectif c’est la copie de la société américaine.
L’Europe à défaut de vouloir justement une société européenne est en train de basculer dans ce genre de démocratie à l’américaine. On a remarqué que la N-VA d’abord farouchement antieuropéenne commence sérieusement de penser qu’entre elle et l’Europe, il y a moins de chemin qu’entre la Flandre et la Wallonie.

9 novembre 2019

Grab by the pussy !

Que peut-on écrire sur Trump qui n’ait pas déjà fait l’objet d’un petit potin, d’un fait-divers ou d’une étude très sérieuse d’un universitaire spécialiste de l’Amérique ?
En Europe, ce président est une curiosité, un cas probablement unique dans l’histoire mouvementée de la Maison Blanche.
Ses inconditionnels, à peine 30 % chez lui, sont probablement autant en Europe. La Belgique, en Theo Francken, a son thuriféraire flamand. Le restant n’est pas neutre. On se moque, on l’abomine ou l’on s’inquiète, mais personne n’est indifférent à cette personnalité hors norme.
Les premières auditions publiques en vue de sa possible destitution auront lieu mercredi 13 novembre 2019.
Ce pourquoi on veut le destituer n’est rien en comparaison de ce que l’on sait de cet homme d’affaire qui “attrapait les femmes par la chatte” avant de devenir président. Toutes ses histoires vraies et fausses, ses affaires embrouillées qui dévoilent un patron margoulin, ses coucheries avec des prostituées de luxe, les rumeurs sur l’inculture d’un homme qui se vante de n’avoir jamais lu un livre en entier de sa vie, font de ce président une publicité rarement aussi négative qui fait le plus grand tort à l’Amérique.
La plus grande démocratie au monde après l’Inde en prend un coup. On est étonné en Europe du genre de scrutin, un système compliqué de grands électeurs qui permet qu’avec trois millions de voix d’avance, Hillary Clinton soit battue par l’homme d’affaire new-yorkais à l’élection présidentielle.
En même temps cette dérive sur les qualités que devrait avoir le chef de l’exécutif sert de révélateur aux Européens, sur les aberrations de la vitrine de la démocratie que sont les USA. Ce douteux exemple permet à la Belgique de naviguer dans des conditions de pouvoir par délégation, sans que la population soit concernée. Le tour de passe-passe donne aussi à la France, un président élu par des voix de gauche et du centre pour faire une politique de droite. Alors, question fantaisie, on n’est pas mal doué en Europe aussi.
Mais la présidence de Trump est révélatrice de la dépendance de l’Europe à l’exécutif américain, par la puissance du dollar et militaire d’un OTAN véritable cheval de Troie qui plombe l’avenir de la coalition européenne.
Tenus par l’économie mondialisée, forcés d’avaler comme argent comptant toutes les fantaisies d’un élucubrant président américain, paralysés par les alliances dont la militaire, les anti-fans et les fans d’Amérique pourrissent le cœur même de l’exécutif européen endommageant celui-ci vis-à-vis de l’opinion publique, par leur propre dissension. Et ce n’est pas la nomination pour notre pays de MM Charles Michel et Didier Reynders qui vont changer les choses au contraire. Il n’y a pas plus américanolâtres que ces deux là.

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Le coup de force d’Erdogan en Syrie contre nos alliés les Kurdes rappelle que nous sommes les alliés potentiels à l’OTAN. Le Turc part en guerre contre les propres intérêts de ses partenaires au sein de l’alliance et cela grâce au coup de pouce de Trump, dans ses déclarations fracassantes sur le retrait des troupes américaines aux endroits stratégiques.
Un livre vient de sortir aux States qui développe une théorie selon laquelle le vice-président des États-Unis, Mike Pence, aurait soutenu l'idée de renverser le locataire de la Maison Blanche au nom de sa santé mentale déficiente.
Des témoignages ont filtré, le comportement de Trump donne le vertige, sinon des inquiétudes. La valse des hauts fonctionnaires de l’entourage présidentiel en dit long sur le caractère instable et versatile du chef de l’exécutif.
L’entourage invoque sous cape le 25e amendement de la constitution, qui permet de retirer de sa fonction un chef de l’État qui n’aurait plus toutes les capacités mentales nécessaire pour exercer.
L’auteur est un officiel haut-placé au sein de la présidence des États-Unis, dont on ne sait pas s’il est encore en poste, qui doit avoir des sources fiables. Il a, visiblement, une dent contre Donald Trump.
L’idée de destituer Donald Trump pour une santé mentale déficiente serait née au renvoi de James Comey, l’ancien patron du FBI, pris unilatéralement par le président, sans consultation du Parlement, déclenchant l’ouverture de l’enquête du procureur spécial Robert Mueller, liée aux conditions d’élection du milliardaire et ses liens avec le régime russe.
L’Europe continue sa politique sur les mêmes rails. Ursula von Leyen n’a pas été nommée chef de l’exécutif européen pour faire la révolution, nos deux zigomars, chargés de mission auprès d’elle, non plus.
Trump peut compter sur ses inconditionnels.

8 novembre 2019

Cyborg du temps présent.

Je fus longtemps un spectateur passionné de débats politiques à la télévision et à la radio. Est-ce une illusion ? Il me semble que les débats étaient moins à sens unique du temps de Sarkozy que ceux qui passent sous la présidence Macron.
Illusion sans doute, les patrons de chaînes n’ont pas changé et les journalistes non plus. Le consensus amoureux de la presse pour le pouvoir libéral est toujours aussi fort.
C’est probablement une lassitude de ma part des discours à sens unique, antiennes adressées au peuple selon lesquelles tout est au mieux dans le meilleur des mondes.
À vrai dire, on n’entend pas ou presque pas l’opposition de droite ni de gauche. C’est ce silence après la parole officielle portée par les acteurs principaux de l’info qui dérange. Qu’est-il arrivé à l’opposition ? Elle n’a plus ses champions dans la presse ? Les journalistes sont-ils tous macronisés ? À moins que la politique de Macron soit tellement mauvaise, qu’elle se suffit à elle-même pour produire sa propre controverse ?
Quand par hasard, l’opposition s’exprime, aussitôt en face, les personnels de l’audio-visuel se réveillent. Ils retrouvent leur métier de journaliste. Rouletabille devient coupant, pose hardiment des questions. Il interrompt, cherche à déstabiliser. Il fait enfin le boulot. On le dirait libéré d’une surveillance : celle du patron dans la pièce à côté et d’un Big-Brother invisible, dont on sent la présence redoutée.
À la longue, les ficelles du métier finissent par se voir, d’où l’impossibilité de rester deux heures devant la télé, comme je le faisais avant. Le journaliste a changé, il flagorne ou il s’essaie à la mise à mort. Il est déconnecté d’une vision intelligente.
La spéculation devient une sorte de discussion sémantique sur les décorations intérieures de Sainte-Sophie, dans Byzance, le 28 mai 1453 très exactement, alors que Mehmed II entrera dans la ville le lendemain, mettant un terme à l’Empire d’Orient.
Cela ne crève-t-il pas les yeux d’une urgence médiatique qui fait défaut ?
Les raisons pour n’en rien faire sont de tous ordres et correspondent chaque fois à une urgence qui n’en est pas une, comme la question du foulard.

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Développer les sujets impératifs serait trop long. En ressortir quelques-uns est à peine possible dans cette chronique, dont on dit qu’elle est trop bavarde. L’économie libérale telle qu’elle se développe prend une méchante tournure. La mondialisation heureuse était une bêtise. La privatisation des biens communs détenus par l’État en est un avatar local. Même le camp bourgeois en convient. Une sourdine est mise à ce niveau. Il reste assez de jugement du public pour qualifier la mondialisation de faillite. De ce point de vue, la discussion hier sur « C dans l’air » France 5, sur la privatisation de la Française des jeux et celle des aéroports parisiens, nous reconduit sur les bords du Bosphore en 1453.
Le phénomène de transhumance des populations est un problème majeur. Il est relié aux disjonctions économiques d’un continent à l’autre, conséquences lointaines de la colonisation, des guerres d’intérêt des grandes puissances et au dérèglement climatique.
Va-t-on reprendre les travaux du britannique Thomas Malthus sur la restriction démographique, et les nécessaires réformes proposées par Pierre-Joseph Proudhon ? Non. On se moque. Ce sont de vieilles lunes de deux siècles qui ne correspondent pas aux défis du XXIme siècle. On ferait quand même bien d’en extraire quelques vérités intemporelles.
Quelqu’un a dit, il y a vingt ans « le temps presse, nous n’avons plus que dix ans devant nous pour changer notre mode de vie ». On tient le même langage aujourd’hui, mais ceux qui le tiennent, retombent sans coup férir avec le sujet suivant, dans la basse-cour du politiquement correct. Il est vrai, on nous avait certifié scientifiquement il y a cinquante ans que les réserves des nappes pétrolifères seraient épuisées dans… 35 ans !
Évidemment, de telles inepties soutenues par de grands scientifiques, devraient au moins perturber l’assurance de ceux qui font du capitalisme, une économie en croissance constante sous peine de crise et de récession grave.
Voitures de 350 chevaux, savons moussant à l’or fin, parfums magiques, exciting soap for fast bandages, mirobolants analgésiques : le petit écran hypnotise le consommateur et rendort le citoyen qui est en lui. Parfois, quelques images de faim et de guerre, presque subliminales, traversent l’écran. Cette réalité tombe pile au moment où Mbappé frappe au but l’adversaire du PSG. Le côté paradisiaque de la société de consommation est un masque qui nous transporte à un carnaval de Venise perpétuel.

7 novembre 2019

Près d’un accord !

L’ambitieux en journalisme pourrait s’envoler vers des objectifs plus grands, mondiaux même ! Et comme les éditorialistes hors classe, il s’emparerait des actualités brûlantes, prendrait position dans le conflit commercial des USA avec la Chine, soulèverait les couvercles des marmites à enrichir l’uranium en Iran ou regarderait les yeux mouillés d’un tillac arrière, des malheureux prendre l’eau sur des gonflables surchargés, cingler vers l’Europe.
Mais ce serait laisser la part belle aux commentateurs penchés depuis mai sur le cadavre exquis de la Belgique.
Voilà Magnette nommé formateur par le roi.
Bon. Et après qu’est-ce que ça change ?
La droite flamingante et la gauche libérale ne se conviennent pas ? Comme c’est étrange, Charles Michel avait noué avec Bart De Wever des relations proches de la franche camaraderie, osons le mot, presque homosexuelles. Comment se fait-il que partant de la même nécessité « libéralistique », Paul Magnette ne le puisse pas ?
L’alchimie n’est pas différente, c’est toujours l’affrontement de deux sur-mâles. L’objectif est identique. L’économie strictement mondialisée libre échangiste n’a pas bougé d’un poil de la rondelle patriotique.
Avec son futur camarade de bordée, le président du PS se heurte à un mur d’incompréhension. De son côté, le chef de la N-VA trouve Magnette moins attirant que Charles. Pour le stratège anversois, l’ouvrier est prospère, le plus pauvre de nos pauvres passerait pour un nabab à Dacca au Bengladesh !
Visiblement, ces deux hommes condamnés à s’entendre sont retenus par une aversion physique, ridicule à ce niveau. Le dilemme passe par la porte étroite gidienne de la mise en scène.
Mais est-ce la bonne raison ? Il y en aurait une autre.
Celle-là, Philippe II (dans le sens deuxième version) ne veut la lire sur aucune lèvre. Elle fit disparaître mystérieusement des mauvais esprits (Les anciens se rappellent Julien Lahaut).
La voici : le gouvernement fédéral ne sert plus à rien !
Il est comme une gare entre Mettet et Couillet (Charleroi), une nouvelle La Mallieue (région liégeoise) qui accueille trois voyageurs par jour et coûte en entretien, cent fois le prix des billets vendus.
Le bourgeois tient au Fédéral pour des raisons sentimentales. D’ardents patriotes se sont enorgueillis du titre de premier ministre. De grandes ambitions y ont fait florès. Garder à titre honorifique l’appellation « Royales », aux serres de Léopold II à Laeken, ce n’est pas rien !
Les temps sont rudes. Il n’est plus question de dépenses prodigues à des destinations sociales. Le gouvernement fédéral n’est plus rentable ! C’est un indigent dont De Wever ne souffre plus la vue. Madame Sophie Wilmès, ancienne ministre du budget et cheffe des vestiges de tous les ministères dont les ministres disparaissent un à un, en porte témoignage : elle était en jean troué et en chemisier pas frais à la cascade de Coo, rendez-vous des MR, c’est ce qui a plu directement à Charles Michel.

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Le superflu, quand il n’est pas destiné au riche, dérange du monde.
Le Fédéral ne sert qu’à deux ou trois petites choses que Sophie Wilmès pourrait gérer de son petit bureau de jeune fille, quand elle était à l’IHECS.
Même le limité de la comprenette, le petit Chastel, a la solution : Deux Régions, une Ville franche, un bureau fédéral chargé de la paix générale et un Canton de l’Est, genre principauté de Monaco, avec un Prince choisi chaque année au carnaval, pour amuser le people.
Le siège du bureau fédéral dans la ville franche serait le dernier troquet de la belge attitude. Un bureau-bar d’un rez-de-chaussée avenue Louise s’impose. Le couple royal, à la tête du royaume, occuperait l’étage avec balcon, au-dessus de chez Madame Wilmès
Derrière le comptoir à faire gérante bilingue, elle servirait des pintes même à un type seum comme moi. Quand les caïds des régions se feraient la gueule, elle les prendrait par la tête pour qu’ils pleurassent dans l’entrebâillement de son corsage.
On oublierait que la pauvreté existe.
On ferait du Canguilhem et du Roland Barthes sans le savoir. On deviendrait intelligents.

6 novembre 2019

Un vide abyssal !

Les rigolos qui s’ondoient les burnes d’huile de figue de Barbarie doivent se fendre la pêche de nos pauvres gueules qui se bourrent d’huile de palme pour choper les cancers bons marchés. Ce monde mal fichu par les excès paradisiaques d’une infime minorité et infernal pour le plus grand nombre, est marqué au fer rouge par la connerie des élites, ces intelligences suprêmes, qui font semblant de ne pas voir que nous dégringolons. Qu’ils ne se rassurent pas trop vite, ce sera pire pour eux, le jour où la réalité leur dessillera les yeux. Ce n’est pas au moment où on ramasse un pavé sur la gueule qu’on s’inquiète que sa Rolex a dix secondes de retard.
Ce ne sont pas des menaces, c’est un supposé débile qui prévient le super crack qui sciait des bûches sur la banquette, qu’on est au terminus. On ne descend pas d’un omnibus comme d’un piédestal.
D’abord cette idée du mouvement perpétuel du marché qui a besoin d’être en expansion continue pour que les taux de profit ne tombent pas à zéro. Qui a eu la brillante idée ?
– Mais tous, ma chère !
– Absolument, jusqu’aux plus profonds génies, Macron, Michel, Di Rupo, même mère Theresa… tous les Augustes.
Une seule alternative pour que cela dure encore une centaine d’années, pas plus : que les Humains copulent à tout va, qu’on dépasse les quinze milliards. Quand on sera trois au mètre carré, ce ne sera plus possible, il faudra trouver autre chose. D’ici là, on aura de la main-d’œuvre à deux dollars dans les pays du Sud, c’est le Nord qui le dit.
Ursula von der Leyen a son petit truc en plume comme Jean-Claude Juncker sa baguette magique pour l’expansion continue. On gonfle la dette, ce qui permet l’achat de produits inutiles mais coûteux qui différencient les riche consommateurs. Les autres profitent seulement des yeux à la télévision, en regardant Miss Prout qui entre dans sa Porsche à Bel Air, pour dévaler les sommets de Santa Monica.
Nous voilà fins prêts pour la croisière de la modernisation, vendus, pesés, emballés à astiquer les cuivres des plaisanciers.
L’Haut-Lieu est tellement stupide ! Il ne voit pas, au lieu de faire comme la pub « Y a bon banania » (qui ne passe plus pour outrage à la négritude) que le spectacle n’ébaubit plus, mais incite plutôt à la violence !
Un qui n’arrête pas de l’ouvrir et qui ferait mieux de la fermer, c’est Jacques Séguéla qui aurait dû s’arrêter à sa phrase cultissime « si à cinquante ans on n’a pas une Rolex, c’est qu’on a raté sa vie. ». Voilà qu’il appelle encore à la violence au LBD vocal « Même si on est clochard, on peut arriver à mettre de côté 1.500 euros ! »

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Ces gars-là sont de vraies kalachnikovs sur patte. Ils nous tirent dessus, ces tantes !
Ces mousses de médias cachent un peu le solide de la crème du fond. C’est dommage, l’animateur de base vaut la peine. Le reste de la bande répète sans cesse : « Qui n’a rien, n’est rien en définitive »… pas de voiture, par de costume Arnys, pas de chaussures en croco, c’est de l’étron de corniaud !
– Rien qu’à voir le sac de la dame et les chaussures du type, tu sais que tu n’as affaire qu’à des pauvres !
Le jeune qui entend ça en banlieue peut se dire « Tiens, il est pas con ce mec. Comme j’ai aucune chance de braquer plus de cinquante euros chez ma voisine de palier, j’vais y voir chez l’artiste ». Le culte de la consommation par le maniement d’objets contondants est ainsi conseillé aux millions d’aspirants à la dolce vita.
– T’as plus que deux alternatives, mecs, tu vas gonfler tes accus en France chez Mélanchon, Besancenot, Nathalie Arthaud et en Belgique, chez Hedebouw, pour apprendre à savonner leur planche ou alors t’achètes plus le bonnet du Che… tu entres dans le Gilet Jaune, tu deviens délinquant d’après Macron, mais sans le vouloir en rond-point, sinon, tu fais plus fort, tu caillasses du flic et tu finis black-block à biribi ou clandé éternel. Triste époque !
Et t’auras pas ta Rolex, fils !
Le mode d’emploi est à la télé. On y confond tout : la vie, l’objet, comment être riche en restant pauvre, avec cours gratuit de violence.
Assez bizarrement, les autorités vont faire pression sur Facebook, sur les circuits parallèles pour faire cesser les appels à la violence, alors que la télévision te propose un service complet recommandé !

5 novembre 2019

Le mur.

La nécessité de travailler dans les conditions que nous impose l’économie libérale nous modifie à notre insu. Les natures généreuses, confiantes, naturellement portées à rendre service gracieusement n’ont rien à faire dans l’arbitraire d’une société du donnant/donnant.
On n’y peut rien changer, mais d’avoir transformé l’entreprise en un champ de bataille où le plus fort gagne, où le « meilleur » exécute le moins performant, laisse des traces dans la construction sociale des gens.
Le monde politique s’est laissé circonvenir par la mentalité du monde économique. L’arrivisme, le faux discours sur le collectif, l’occupation des postes par un élitisme copié sur le privé, tout enfin conduit à faire de l’État une entreprise, d’où sa déshumanité et la régression sociale constante.
La parfaite synthèse de la politique et de l’économie est la transformation sous nos yeux d’un édile communal, Stéphane Moreau, ex-échevin, puis bourgmestre d’Ans, enfin CEO, pomponné, rasé de frais et brassant des millions. Qu’au départ, ce phénix ait été socialiste ne manque pas de piment.
Tout cela concourt au ratage des démocraties libérales. De fait, le monde n’a jamais été économiquement aussi inégalitaire. De cette inégalité est née une frustration égalisatrice qui trouve un exutoire dans l’expression bridée des idées et des mœurs en Europe. Toutes sortes de gens se voient ainsi interdire sous peine de procès la prise de parole, ce qui accélère encore le repli sur soi.
Ainsi prend forme, une uniformisation obligatoire, nuisible à la diversité culturelle. Le nivellement culturel est spectaculaire. Tout se fait comme s’il y avait une politique délibérée d’abrutissement des masses ; bien que les responsables politiques affirment suivre tout simplement une évolution inquiétantes tirant les gens vers le bas, sous peine de disparaître.
Les médias de l’ère électronique s’épanouissent dans l’incommunicable. Ils imposent ouvertement l’adoration unanime des valeurs de la société néolibérale. Nous avons le choix entre l’avers et le revers identiques d’une pièce de monnaie truquée.
À ce degré zéro, correspond une technologie des communications très perfectionnée, pour si peu d’originalité. Les médias sont concentrés en quelques mains amies du pouvoir. Ce petit nombre de puissants s’adresse au plus grand nombre de gens jamais regroupés par le passé, si bien que c’est la première fois dans le monde que tant d’hommes soient maintenus dans l’incommunication par un si petit nombre.
Par cet effet, ceux qui ont le privilège d’informer, de s’exprimer, de créer se réduisent de manière exponentielle. « La dictature de la parole unique et de l’image unique, bien plus dévastatrice que celle du parti unique, impose partout un même mode de vie, et décerne le titre de citoyen exemplaire à celui qui est consommateur docile, spectateur passif, fabriqué en série, à l’échelle planétaire, selon un modèle proposé par la télévision commerciale américaine. » (in le Monde Diplomatique)

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Le mode opératoire des télévisions privées américaines envahit l’Europe et cloue sur canapé de nouvelles générations d’ahuris et d’hébétés. Fox News et One American News Network sont les références de ce caniveau audiovisuel. Favorites du 45e Président des États-Unis, la dernière affiche même un "compteur" du nombre de "migrants" présents aux Etats-Unis !
Ce n’est pas le meilleur des mondes possibles, de Voltaire, mais c’est celui que nous ingérons sur prescription obligatoire capitaliste. Les citoyens sont devenus des consommateurs regroupés dans des marchés, les nations sont des entreprises, les villes des entités productives, tandis que les relations humaines ne sont plus que des prises de paroles entre concurrents commerciaux.
Écartées de tout pouvoir par le leurre d’une démocratie falsifiée, les populations n’ont jamais été autant victimes de l’injustice. La Banque mondiale publie les résultats de l’économie mondiale : les inégalités ont doublé ! En 1980, la tranche la plus aisée (20 %) de l’humanité était trente fois plus riche que les 20 % de la plus pauvre. En 1990, celle-ci était soixante fois plus riches...
On n’ose pas parler de 2020 !
Entre les plus riches des riches et les plus pauvres des pauvres, l’abîme est devenu la fosse des Mariannes. En faisant la somme des fortunes privées qu’évoquent les magazines Forbes et Fortune on constate que les cent personnes les plus riches ont une fortune supérieure à tout ce que possèdent un milliard et demi d’habitants de la planète. La Banque mondiale le reconnaît dans son dernier Rapport sur le développement dans le monde, l’ONU confirme dans son dernier bilan mondial sur l’humain.
Pourquoi ce qui est connu, avéré, commenté, rabâché par la gauche n’est-il jamais répercuté par les « grands » du royaume ? C’en est au point, lorsque Michel, Di Rupo ou De Wever s’amènent la gueule enfarinée pour nous dire l’air triomphant qu’ils ont pris 20 euros sur l’indemnité d’un chômeur, que j’ai envie de leur foutre une mandale à travers la tronche.
Comment osent-ils tenir les discours qu’ils tiennent sur l’économie et les effets de celui-ci sur la direction de ce pays ?
Ils ne s’adressent pas à la minorité des gens qui savent, mais à la majorité de ceux qui ne savent pas, dans une course à l’abîme.

4 novembre 2019

Ex-perd et gagne !

Joachim Coens du CD&V en a assez d’un pays incapable de former un gouvernement. Cet homme n’aime pas l’échec, mais il le pérennise, puisqu’il prône un gouvernement d’experts !
Les politiques sur la touche renvoient une mauvaise image d’eux-mêmes et de la démocratie.
Qu’est-ce qu’un expert ?
Il faudra d’abord répondre à cette question. Ensuite viendra la compétence de l’expert. Mais la question phare, celle qui est au-dessus de toutes les autres « Qui va choisir l’expert et sur quel critère » ? Les élus, experts d’expert, en sont-ils capables ? Ils n’arrivent même pas à se mettre d’accord sur la formation d’un gouvernement… à moins de nommer un expert qui ferait la politique qu’ils ne veulent pas faire ! Inélégante manière de ne pas porter le chapeau d’un nouveau recul dans le domaine social, qu’ils jugent indispensable sans l’oser pouvoir faire ! On pense au sale coup dont la popularité de Di Rupo souffre encore, quand premier ministre, il amorça une réforme du chômage, que Michel s’empressa d’adopter.
Voilà un homme, Charles Michel, qui déclare qu’avec la N-VA, il referait un gouvernement ! Autrement dit, ayant été incapable d’aller au bout de la législature avec la N-VA, responsable du chaos actuel par ce mauvais choix, il referait la même erreur ! Et on lui demanderait à quels experts il pense pour former un gouvernement ?
Ce type, ministre d’État – donc apriori un sage – envisageait un déficit budgétaire de 10 milliards en 2020. Il pourrait être de 12/13 milliards ! Entre parenthèse Sophie Wilmès, la nouvelle première ministre, était la ministre du budget de l’époque, c’est dire comme elle s’était plantée aussi !
Joachim revient à la charge avec son idée d’expert « Ce pays a besoin d'un gouvernement. Et d'un budget digne de ce nom. Si les partis ne réussissent plus, d'autres doivent s'en charger ».
L’embêtant dans ce subtil raisonnement, c’est l’abandon de ce qui restait de démocratie !
Enfin des noms : on ne va quand même pas nommer Sinardet et Delwit premiers ministres en couple, chefs d'une dizaine d'experts, issus du monde académique, administratif et de l'entreprise. L’élite de ce pays souffrait déjà d’un manque de nomination élective, les experts vont atteindre des sommets d’arbitraire !
L’exemple de Coens est édifiant « … En Italie, en pleine crise financière de 2011, lorsque Mario Monti, qui avait été deux fois commissaire européen, a mis sur pied un gouvernement de spécialistes, de technocrates, qui a ramené la stabilité. La Belgique en est là. C'est ça ou de nouvelles élections, mais celles-ci ne résoudraient rien ».
Au point où nous en sommes, n’est-ce pas plutôt de voir dans cet échec, celui d’un système et d’un État de hauts experts, en pleine décomposition, s’attirant l’indifférence des populations ?
La réalité est cruelle pour Coens, tellement cruelle qu’il n’y croit pas,
La bourgeoisie n’arrive plus à masquer la réalité : la Belgique fédérale n’existe plus.

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Le Belge est comme un type au service des réclamations, il refuse de s’expliquer avec la standardiste du bureau. Il veut parler au directeur. La standardiste, c’est l’État et le directeur, c’est l’économie mondialisée.
Ce n’est pas tout à fait par égoïsme, c’est surtout par désespoir.
Les quelques îlots de résistance à cette morosité sont obligés d’en faire des tonnes pour qu’on parle d’eux et faire croire que ce n’est pas fini.
C’est Theo Francken qui loue la présidence de Donald Trump ! C’est quelqu’un, dit-il, qui respecte les promesses qu’il a faites aux électeurs.
Il aimerait être le Trump belge. Peut-être le sera-t-il dans le futur gouvernement Magnette ? L’inconvénient de ceux qui font ce qu’ils disent, c’est qu’on sait qu’ils vont faire une connerie avant qu’ils ne la fassent !
Je ne sais pas si cette sincérité va faire penser le Belge différemment.
Je n’ai jamais tant senti la fin de quelque chose, que dans cette législature, quoiqu’il ait fallu attendre 546 jours la précédente pour que le loup rentre dans le bois et abandonne la bergerie.
Il n'est pas besoin d'être soi-même pratiquant pour mesurer l'engouement des Belges pour les jeux d'argent et de hasard. Voilà qui réduit l’alternative à deux issues : faire fortune par un exceptionnel hasard d’un gros lot gagné ou une République populaire ?
Le Belge tend toujours sa casquette à la sortie des palaces. Il gratte de temps à autre des billets de tombola dans l’espoir d’en être.
Il nous faudra patienter jusqu’à l’arrivée d’un nouveau Robespierre.

3 novembre 2019

XX < XY ?

J’aurais voulu connaître Annie Le Brun en 1967 à vingt-cinq ans. Non pas qu’elle soit moins magnifique aujourd’hui, mais cela m’aurait évité de m’être tardivement attaché à la cause des femmes, pauvres entre les pauvres.
J’ai perdu quelques années à croire que le rattrapage des mal aimés dans la société de progrès était égal entre les sexes. Maintenant que le progrès s’est révélé une chimère et qu’au lieu du rattrapage l’écart croit entre les classes sociales, les femmes y sont visiblement encore plus maltraitées que les hommes !
Cependant, la gauche molle compatible N-VA affirme que les femmes n’ont pas à se plaindre, par rapport aux hommes. Elle voit dans le désastre social actuel, une certaine égalité dans le malheur entre les sexes !
C’est faux ! Les femmes aujourd’hui sont plus pauvres que les hommes !
Elles sont majoritaires parmi les travailleurs les plus mal payés. À la retraite, leurs pensions sont nettement en-dessous de celles des hommes.
À travail égal, l’écart des salaires dit tout,. Je ne sais pas ce qu’on vous a raconté au sujet de l’alignement progressif. L’écart est toujours de 25 % entre les sexes. Quant au travail à temps partiel ou à mi-temps, pas besoin de faire un dessin, les femmes sont les victimes d’un triste record.
Le Huron de Voltaire plongé dans les statistiques de la modernité dirait avec l’Ingénu : une femme, chez vous les libéraux, vaut moins qu’un homme !
Une proposition de loi à gauche qui ferait du bruit serait l’obligation de rendre publics les salaires individuels dans les entreprises privées, que seuls les Impôts connaissent, mais ne peuvent pas publier. Même les barèmes et les avantages particuliers du secteur public ne sont connus que partiellement.
En attendant, pourquoi les progressistes, travailleurs du privé ou du secteur public ne divulgueraient-ils pas leur salaire à leurs collègues femmes ?
Le secret de ce que l’entreprise paie en salaire à son personnel est un des leviers de la mainmise libérale sur le monde du travail. C’est une survivance de l’Ancien Régime. Le prince n’a pas besoin de justifier sa préférence pour l’un ou l’autre de ses sujets. C’est une discrimination propre au pouvoir d’un chef d’entreprise que d’attribuer plus ou moins de l’argent à quiconque, sans justifier de son choix, sur des critères qui, n’ont la plupart du temps, rien à voir avec la compétence et l’efficacité.

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La maternité joue un rôle discriminant dans l’embauche et la rémunération.
Les beuglantes de tous les pouvoirs pour clamer le contraire ne servent à rien. La réalité de notre société établit que la possibilité de faire des enfants est contraire à la recherche de la productivité maximale du monde libéral. Ceux qui disent le contraire sont des hypocrites. Mieux, les lois établies protégeant la maternité de la mère au travail ont des effets boomerang sur l’embauche, tant que les hommes n’auront pas d’équivalents en congé de paternité.
Il en va du travail en entreprise comme des règles de la grammaire où le masculin l’emporte sur le féminin. Cela va même plus loin sur la priorité du masculin. Le féminin finit par être invisible dans la phrase, l’autre sexe l’emporte sans discussion !
Le gouvernement provisoire de Sophie Wilmès attend que le PS et la N-VA s’associent pour léguer le fameux dossier chômage et les réformes, aux noms desquelles les allocations de chômage seront distribuées plus parcimonieusement, au point que les travailleuses à temps partiel vont encore trinquer.
Les délais de recharge des droits et les fins progressives jusqu’à éteindre le droit au chômage devraient probablement faire leur retour dans les priorités du futur gouvernement en exercice complet.
Des multiples manières qu’a le pouvoir de reprendre un peu chaque année des acquis des classes pauvres sous prétexte d’économie, ce sont les femmes qui sont perdantes à tous les coups.
Les réformes amorcées par Charles Michel, que Magnette et Bart De Wever poursuivront dans les accords du futur gouvernement, seront plus dures à l’encontre des femmes, par tout le système de cohabitation qui infériorise la femme allocataire cohabitant.
Cette discrimination ne devrait pas laisser les féministes insensibles.
Reste une énigme. Pourquoi y a-t-il encore des femmes qui adhèrent à un système aussi discriminant à leur encontre ?

2 novembre 2019

Billard…

La carambole a réussi. Le roi a nommé Charles Michel, ministre d’État, sur recommandation de la nouvelle première-ministre Sophie Wilmès, poussée à l’emploi par… Charles Michel !
Décrypté par Richard3.com la partie de billard est aussi atlantique. La carambole est partout.
L’Angleterre largue les amarres. L’Europe la retient par la jaquette. Trump, qui fait la pluie et le beau temps sur le vieux continent, a prévenu Boris Johnson, il peut faire de bons traités avec l’Angleterre, si Bojo claque la porte sans accord avec l’Europe. Trump est confiant. Les Européens sont ses obligés. Ils ne protesteront pas. Trump nous aime comme Monica sous le bureau de Clinton. Carambole !
Le Marché commun est le cheval de Troie américain sur le Vieux Continent. Les États-Unis n’ont rien à craindre du Brexit ; au fil des décennies, l’Union européenne est devenue leur vassale. Elle n’ose protester de peur de se faire taxer !
L’Union européenne n’a pas de politique étrangère. Elle est en passe de perdre aussi toute politique sociale avec une économie mondialisée qui a des exigences.
En Belgique, Richard3.com s’étonne. On ne parle de rien. On ne sait rien. Georges-Louis est adorable et tout se passe comme prévu. Sauf qu’on ne sait pas ce qui est prévu !
Avec le couple Ursula von der Leyen-Charles Michel le compromis verbeux se poursuivra en anglais, la langue de référence. L’effacement politique sera maintenu. Mine de rien, on approche du chaos. Michel joue la blanche, fait une fausse queue, il touche la bande, raté !
Richard3.com s’est demandé tout un temps pourquoi malgré les électeurs et contre l’opinion publique, l’Europe continuait à privilégier les riches et maltraiter les pauvres ? La réponse est évidente : le moteur de l’économie libérale, c’est la croissance. Tout le système est basé sur le profit. Pas de croissance, pas de profit. Les privatisations, les accouplements honteux d’entreprises qui devraient en principe se faire concurrence, c’est la dernière carte avant la faillite. Tout se joue sur les capitaux récupérés sur la main-d’œuvre et les économies sur le volet social, pour relancer la machine.
Pour produire quoi ? Tout ce qui rapporte gros, sans distinction de nécessité ou de priorité.
L’Allemagne est visée qui a fait fortune dans la machine-outil et l’automobile et qui n’a pas prévu une reconversion, devenue nécessaire.

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L’Union a seize de ses membres qui ont contribué à la guerre d’Irak au côté des Etats-Unis. Elle feint de s’opposer aux caprices de l’administration Trump, mais rentre dans le rang, sitôt que celle-ci menace de la punir. Le tolard de l’académie de billard, c’est lui !
On s’est arrangé pour que l’euro soit lié au dollar, si bien que si le billet vert plonge, nous plongerons aussi. Or, Trump pratique la politique de la planche à billets pour soutenir son économie et rester à un chômage à 3,6 %. Il se pourrait que Christine Lagarde soit obligée d’acheter des dollars en masse pour éviter… la chute de l’euro.
Richard3.com n’a pas besoin d’être de l’état-major pour faire le point en matière de défense, la domination de Washington y est humiliante. Le traité de l’Atlantique nord (OTAN) est l’instrument dont tous les présidents américains se sont servis pour nous dominer militairement. Le « go ahead » de la Maison Blanche suffit pour qu’un État membre en colonise un autre. Voilà 45 ans que la Turquie occupe une partie de Chypre qui fait partie de l’Europe ! L’armée turque, deuxième de l’OTAN, envahit le nord de la Syrie, liquide l’autonomie kurde, avec l’aval de Poutine. L’Europe compte les coups, met un genou en terre, puis confie la partie suivante à des gens encore plus américanisés moralement que Jean-Claude Juncker.
Washington s’accommode de Recep Tayyip Erdoğan. Le Turc abrite des têtes nucléaires américaines et surveille la frontière maritime de la Russie. L’Europe est sous la menace d’une invasion de deux millions de réfugiés détenus dans des circonstances indignes de logement et de salubrité en Turquie. L’Europe enverrait bien Charles Michel sous le bureau d’Erdogan, Monica bis, pour lui faire une petite douceur.
Vous connaissez Jens Stoltenberg, non évidemment, Richard3.com non plus, c’est le secrétaire général de l’OTAN, un Norvégien médiocre à la carambole. On l’appelle le « Tony Blair norvégien », c’est du moins ce qu’apprend Wikipédia. La Turquie, selon lui, « agit avec retenue et en coordination avec les autres alliés de manière à préserver nos gains face à notre ennemi commun, Daech ».
On tient des paris. L’Amérique du Sud entre en guerre civile. L’Algérie menace d’imploser. Les deux Bush ont fichu la pagaille en Irak. Ça risque de chauffer en France au mois de décembre. Le malaise se généralise.
Sophie Wilmès frotte le procédé à la craie. Le bout du pied touche le carrelage de la rue de la Loi, la cuisse héronnière prolonge le corps couché sur le billard.
Gagnera-t-elle le point ?

1 novembre 2019

Parole de laïc.

Ah ! encore les religions, ces foutaises qui conditionnent la vie de millions de gens, elles n’ont pas fini de tarauder les esprits !
Je sens bien que je ne vais pas me faire des amis. Certains vont hésiter à recopier cette chronique pour s’en attribuer le mérite comme à leur habitude. C’est dire qu’on va marcher sur des œufs.
Enfin, la perte de temps, par le passage obligé d’explications, va énerver les laïcs qui sont au courant du problème.
Chacun a le droit de croire à ce qu’il veut et ce droit est égal au mien à ne pas croire, je le défendrai pour eux, sans même leur demander de le défendre pour moi.
Chaque religion a eu, a et aura ses fanatiques, ses jusqu’auboutistes, ses ardents guerriers de la puissance divine qui commettent des monstruosités au nom d’une abstraction.
Bien entendu, chacun a aussi le droit de se défendre contre ces énervés, assassins en puissance. Il ne s’agit plus ici de respecter le droit de croire, mais de se protéger physiquement contre ces croyants hallucinés.
Je suis pour que nous nous gardions des derniers bubons purulents de la religion à la mode : l’extrémisme musulman, salafisme, wahhabisme… comme je serais pour toute nouvelle lubie d’une secte prônant l’assassinat, comparé à une xième manifestation de l’art nouveau.
C’est dire comme j’ai été soulagé que des Belges convertis aillent pourfendre du mécréant en Syrie et en Irak, avec le bon espoir qu’ils n’en reviennent pas et restent étendus entre deux cactus.
Qu’Abou Bakr al-Baghdadission ait été jeté comme Buridan dans un sac en Seine (lui ce fut l’océan) me comble d’aise.
Il reste les séquelles humaines, pitoyables prisonniers des déserts sous la surveillance des Kurdes, des Irakiens, des Syriens, voire des Libyens et même des Turcs.
Dans cette troupe défaite de croyants, il y a des Belges, hommes, femmes, enfants. Qu’ils croient encore ou non, c’est leur affaire. Qu’ils veuillent encore en découdre, c’est sans doute vrai pour des irréductibles, des fêlés complets, amateurs de Mahomet en paréidolie de cumulus.
C’est de notre devoir de rapatrier tout ce petit monde et d’en faire un tri sérieux, comme dans tout naufrage, les femmes et les enfants d’abord, afin d’épargner les innocents et de mettre à l’ombre les coupables. C’est un laïc qui l’écrit.

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L’opinion est contre, je le sais, mais à ceux-là qui s’emportent, je rappellerai que la fine fleur belge de la SS fut rapatriée dans la mesure où elle était récupérable sur les champs de bataille que l’Europe bourgeoise, en accord avec Adolphe, avait pourvus, dans sa haine de la Révolution russe. Certains, très peu, furent fusillés dans les premiers temps, d’autres firent quelques années de prison, les plus chanceux se dispersèrent dans la foule. Mais, il n’y avait parmi eux aucune femme et encore moins des enfants.
Ce serait faire injure à cette part d’humanité qu’on réclame encore dans l’éthique d’une démocratie que de compter cyniquement que des gens meurent dans les sables chauds du désert, et que nous saluions cela comme une victoire.
Je ne le supporte pas. Au point que, pour une fois, je suis d’accord avec l’administration américaine qui, par la voix de son ambassadeur à Bruxelles, insiste dans Le Soir de jeudi pour que la Belgique rapatrie les djihadistes belges de Syrie. "Nous savons que nos amis européens hésitent à le faire. Mais nous pensons que c'est l'issue la plus sûre et rapide pour résoudre ce problème", assure-t-il.
Lui ne parle pas de morale, évidemment, c’est un politique, mais quelque soit le fond de sa pensée, elle aboutit à un acte juste.
« C'est une question de sécurité parce que nous ne savons pas combien de temps tiendront les prisons kurdes. » ajoute-t-il… Oui, on a compris !
Cette raison pratique n’a rien à voir avec mes raisons, mais si ça peut faire en sorte qu’on arrive à rapatrier ces gens, tant mieux.
Je rappelle à tous les racornis de l’âme, les puritains du camp d’en face, les bourgeois inquiets pour leur argenterie avant celle des gens de la rue en première ligne des attentats, qu’on s’inquiète en haut-lieu si Dutroux doit ou non rester en prison !
Alors, hein !... bonnes âmes, si vous ne faites pas ça pour les adultes, faites le au moins pour les enfants.