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14 avril 2021

Une famille allemande au destin anglais

Les enfantillages dans la presse-croupion atteignent de hauts niveaux avec la mort de Philip, mari d’Élisabeth II.
Comment s’appellent-ils réellement et d’où viennent ces gens-là ? À la fin, on ne s’y retrouve plus. On nous dirait que Xavier Dupont de Ligonnès vit depuis vingt ans à la tour de Londres, qu’on n’en serait pas surpris, engagé par la reine pour nourrir les corbeaux.
Il est raisonnable de poser cette question tant il est difficile pour nous de changer d’identité, alors qu’il est si facile pour eux de le faire, attendu que les familles régnantes sont maîtresses des tampons et des papiers timbrés. Même s’ils n’ont plus beaucoup de pouvoir, ils conservent au moins celui-là.
En Angleterre, ils sont tous d’origine allemande. Mais alors là, vraiment tous ! 100 % germains. Au début du siècle passé cela ne tenait pas à conséquence. Après le nazisme et la guerre de 40-45, cela devint tellement gênant qu’Élisabeth, née Saxe-Cobourg, change de nom et, d’un coup de tampon, se fait appeler Windsor.
Le duc d’Edimbourg, dont la presse ne tarit pas d’éloge à croire qu’à peine âgé de vingt ans, il a vaincu toute la flotte allemande en 44, s’appelle en réalité Schlessig von Battenberg.
Je conviens que c’est un nom difficile à porter. Pour faire plus court et dans la perspective que ce beau jeune homme briguait la main de la fille du roi et deviendrait un jour prince consort, George VI agita les tampons et hop le voilà naturalisé britannique, lui le Grec-Allemand, adopté par la famille Mountbatten de ses grands-parents maternels. Tour de passe-passe dont les Grands ont le secret, alors que papa Prince grec et maman Alice von Battenberg vivent séparés au moment où le gaillard capitaine de corvette et déjà fortement membré, devient Mountbatten, baiseur-géniteur officiel de la royauté britannique.
Il faut dire qu’on ne lui demandait qu’une chose : avoir des relations complètes avec la reine pour approvisionner le royaume en princes. Ce qu’il fit avec la probité du noble désargenté, moyennant son entretien et de l’argent de poche, faut-il préciser.
Cette famille à tampons, il faut la suivre pour comprendre qu’il n’y a jamais usurpation d’identité, quand c’est la reine au guichet qui tamponne et distribue les noms.
Elisabeth II est bien allemande d’origine de par sa famille Hanovre, descendante de la reine Victoria, princesse de Hanovre, reine d’Angleterre en 1837 à 18 ans par un concours de circonstance, en réalité une hécatombe de prétendants au trône anglais, tous de bons Allemands au départ, bien entendu.
Sacrée Victoria devenue la grand-mère de l’Europe ayant des descendants dans toutes les cours européennes et même en Russie, y compris le nouveau Mountbatten qui est dans le cadre de ces familles princières buse-de-poêle, un arrière-petit-cousin de sa femme. On se demande, en cherchant bien, si Adolf, l’Autrichien, ne serait pas quelque part, par l’intersession d’un jardinier du parc d’un château, un cousin de la main gauche…

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Le duc d’Edimbourg n’est pas gâté par le renom de personnage tordu fin de race de son père. Ce dernier engagé dans la bataille de la Sakarya (1921), durant laquelle l'armée hellène est écrasée par celle de Mustafa Kemal, le voilà considéré comme l'un des responsables de la défaite. Jugé pour désertion en 1922, il est condamné à la dégradation, au bannissement et à la déchéance de nationalité, mais échappe à la peine de mort, contrairement aux personnalités victimes du « Procès des Six ». Ensuite, il s'adonne au jeu, à l'alcool et aux femmes. Il s'engage même dans une relation extraconjugale avec une actrice française. Il meurt réconcilié avec tout le monde. C’est probablement le seul type « sympa » que Richard3 sort du lot.
Son épouse, la princesse Alice, mère du duc d’Édimbourg, souffre de graves problèmes psychologiques, qui conduisent sa famille à l'interner en Suisse entre 1930 et 1933. Dans le même temps, les quatre sœurs du duc se marient et partent vivre en Allemagne, avec des hobereaux de leur choix.
Elisabeth II, la veuve, est aussi hyper-allemande en droite ligne de la reine Victoria qui fut élevée par sa mère d'origine allemande, la princesse Victoire de Saxe-Cobourg-Saalfeld. Il n’y a pas de mal a être né allemand, mais pas pour eux. Le tampon Windsor va angliciser tout ça. .
Depuis le décès du duc, on a déjà subi une telle envolée de cris d’admiration des qualités du défunt, qu’on se demande pourquoi son épouse qui est aussi la cheffe, pour tout dire, la papesse de l’église anglicane, ne le canonise pas tout de suite.
Paris Match adorerait.

13 avril 2021

Charles et Ursula : caleçon long et slip rose.

Qu’allait donc faire le couple d’enfer Michel-von der Leyen à Ankara, en-dehors de faire du mansplaining pour mettre à l’aise les coucougnettes de Charles ?
L'UE paie bonbon au dictateur l’emploi de gardien de prison de migrants. Le Turc assume. Il se fait du gras à bon compte. Le récent incident protocolaire n'est qu'un épisode d’étiquette qui cache des accords honteux dits stratégiques.
Il faut croire que ce qui a été convenu n’intéresse personne puisque les journalistes s’en foutent. Après la muflerie de Charles, pour qu’on parle d’autre chose et faire drôle, il eût fallu qu’Erdogan gardât le couple en otage et qu’il en réclamât une rançon.
Un des derniers lettrés survivants à l’imbécillité générale eût pu dire comme Géronte en parlant du couple « Mais que diable allait-il faire dans cette galère ? » Ce à quoi un cloporte du MR, par exemple Bouchez imitant Scapin « Il est vrai. Mais quoi ? on ne prévoyait pas les choses. » Car, c’est un truisme, l’Europe ne prévoit rien, jamais ! C’est devenu un principe depuis la pandémie.
Quel était le deal avec Erdogan ? Quelle était la contrepartie de l’enveloppe que nos deux tourtereaux offraient au dictateur ? De combien de milliards s’est-on fendu pour que Tayyip garde les portes de l’Europe fermées aux « barbares » ?
On n’a pas à savoir. Richard3 et les autres sont priés de se concentrer sur le Saint-Siège dépôt des fesses de Charlie. On n’est pas des fins museaux, même l’Ixellois à la Commission, le Reynders légendaire, n’en sait rien non plus.
L’Europe sort une fois de plus Erdogan du pétrin. Seule la diaspora turque en Allemagne est toujours enamourée du dictateur. Il a tellement envoyé de gens en prison et purgé son armée, que peu de Turcs intra muros le piffent encore.

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Rêver du paradis et aux vierges folles d’Allah avec la livre turque à 0 euro 10 cents, c’est plus de la religion, c’est de l’exploit. L’arrivée de nos clowns, elle en rouge lui l’ego tumescent au pied d’Erdogan, a une valeur hautement symbolique… surtout elle, mousmée prête au sacrifice sur le divan, en stand by basic instinct, avec le ministre d’Erdogan juste en face sur l’autre divan qui lui matait les miches... Le dictateur en a pris pour six mois de plus de dictature, les peuples ottomaniaques ont adoré à la télé !
Quatre millions de Syriens et deux millions d’Afghans, d’Iraniens ou d’Africains, même à la boule de pain et aux fayots, c’est un fardeau sérieux. Au moins 6 millions de personnes à la villa « Mon désir », un carré de gutta-percha pour la pluie, les frusques et les grolles d’Arméniens du génocide de 1915 sortis des réserves, tout ça sur de la terre non battue des déserts, aucun de nos réfugiés n’accepterait ça. C’est la raison pour laquelle on négocie, pour ne pas qu’ils viennent réclamer chez nous le statut de demandeur d’emploi.
Les 6 milliards d’euros de l’UE en 2016 a fondu comme neige au soleil. Une pincée pour le palais du sultan, une autre pour les fonctionnaires européens dépêchés sur les îles grecques pour séparer le bon grain de l’ivraie. On se demande, c’étaient de fameuses pincées… il ne reste même plus assez de haricots pour les faméliques.
Un blogueur a fait un joli calcul « en présumant que la totalité de cette somme serait bien allée directement aux migrants, cela fait 1000 € par personne en tout pour tout ! Soit 200 € par an par migrant depuis 2016, ou 16 € par mois ! Aucun journaliste ou politicien en Europe ne fait ce simple calcul, quand on répète que l’UE a versé 6 milliards à la Turquie pour qu’elle garde les migrants chez elle. Ceux-là sont en fait soutenus par les efforts des contribuables turcs taxés jusqu’à la moelle par Erdogan qui a inventé un impôt contre… les séismes ! »
Certains Syriens, pourtant, ne sont pas à se geler les fesses dans les déserts. Dans certaines villes turques ils font un tiers de la population locale. Les croyants locaux les considèrent comme des profiteurs. Les commerces syriens sont hors taxe alors que les Turcs en sont accablés. Des Syriens s’inscrivent à l’université sans parler le turc, alors que l’étudiant du coin reste sur le carreau.
Pourquoi cet amour d’Erdogan pour les Syriens ? Avec une partie de notre pognon, ce sale type a armé une milice syrienne perso au cas où le peuple lui ferait des misères.
Ces mercenaires pas chers se sont fait la main à Istanbul aux élections générales de 2018, tirant à la kalachnikov en faveur de l’AKP d’Erdogan, histoire que les ploucs votent bien.
C’est dire si nos deux empaffés avaient la mission de leur vie. Charles l’a gâchée ! On avait pourtant prévenu l’UE qu’il ne fallait pas le prendre !

12 avril 2021

Pavlov et Charles Michel.

En toute franchise, l’incident de Michel-Erdogan s’asseyant devant la présidente de la Commission européenne restée debout, n’aurait été qu’une anecdote faisant un effet d’aubaine sur des sujets graves ainsi escamotés.
C’est ainsi que dans Richard3, je l’avais intégré à une chronique traitant de la frivolité de nos illustres. Notre homme n’en était pas le sujet principal.
Charles Michel en a décidé autrement.
Voyant le mauvais effet de son attitude passive devant l’affront qu’Erdogan infligeait à Madame Ursula von der Leyen, Charles Michel a cru bon courir les médias et les interviews pour justifier sa passivité et laver son honneur. Et c’est là son erreur.
Il est apparu par son attitude embarrassée, comme quelqu’un pris en faute et qui s’en défend au lieu de s’en repentir. La mine piteuse, souvent contrite, il laisse l’impression d’un faible qui subit, par lâcheté naturelle.
Mais il y a pire.
Dans le périlleux exercice qui consiste à se justifier en rejetant la faute sur les autres, il révèle le fond de sa personnalité psychologique par son absence de réaction immédiate.
L’activité ou la non-activité immédiate survenant en réponse à un facteur externe identifiable s’appelle un réflexe.
L’apathie de Charles Michel a été son réflexe pavlovien en la circonstance.
C’est le genre d’homme qui voyant brûler sa maison à l’intérieur de laquelle se trouve sa famille se demandera d’abord s’il a une chance de s’en sortir, avant de se précipiter dans les flammes.
Les raisons qu’ils donnent de sa non-intervention aux journalistes, il les a eues après coup, après avoir réfléchi quand il était trop tard de poser un geste. Les raisons qu’il développe aujourd’hui devant les caméras sont les fruits d’une longue cogitation et certainement pas ce qu’il pensait à l’exacte seconde des faits.
Il est impossible aussi doué soit-il cognitivement qu’il les ait eues à la seconde même de l’événement. Ou alors, cet homme est intellectuellement très rapide, or, on l’a vu comme premier ministre, sa vitesse de compréhension n’est pas son fort.
La réponse émotionnelle n’est pas venue parce que c’est un calculateur qui n’a pas d’émotion ; mais il est capable de pleurer devant tout le monde, parce qu’il feint d’être émotif pour son image d’homme politique sensible.

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Il est même possible, à l’inverse de tout ce qu’il prétend, qu’invité par Erdogan à prendre place sur le deuxième fauteuil, il ait savouré sa préséance à madame von der Leyen restée debout devant lui, dans l’immédiat d’un réflexe qui en dit long sur sa personne seulement émotive quand il s’agit de poser au-dessus des autres, caractère propre à la famille Michel. Il est même possible qu’il ait ressenti une décharge d’adrénaline réactionnelle de satisfaction intense !
Un chapitre en psychologie concernant la chronométrie mentale pourrait confondre Charles Michel dans sa nouvelle campagne de justification de son manque de réaction.
Cela concerne le temps nécessaire à des processus mentaux de traitement de l’information et de prise de décision, inféré à partir du temps de réaction de choix. Piaget et Fraisse ont écrit des ouvrages là-dessus.
On peut imaginer ce qui serait advenu si, au temps de Louis XIV, un tel événement s’était passé à Versailles entre les ducs pour une question de préséance. Le mari de la dame eût demandé réparation par les armes en envoyant un cartel au malotru.
Charles Michel eût pris ses cliques et ses claques pour se réfugier à l’étranger ou se fût jeté au pied du roi pour réclamer sa protection.
C’est ce que Charles Michel fait en ce moment en se jetant au pied des journalistes.

11 avril 2021

Bouchez a l’esprit Francorchamps.

Nos « démocratures » inversent les valeurs.
L’histoire des deux paires de fesses laissant la plus délicate debout a laissé l’angoissante question du voisinage turc au second plan.
Les supposés dîners de ministres au palais Vivienne racontés par le fantasque Chalençon clôturent les débats de la législature Macron sur les réformes, dont il aura été d’autant plus question, qu’aucune ne sera faite au cours du quinquennat. Le règne de l’anecdote rejoint la nécrologie du mari de la reine, sacré Edimbourg, dont on ne sait plus le vrai nom. On touche à la perfection de la non-information souveraine.
Bouchez complète le tour d’horizon. Il fait l’apologie de l’automobile !
Les médias et lui jettent une bâche sur le prototype, pour nous faire croire que l’ersatz qu’il nous présente est son clone parfait. Personne n’ayant la curiosité de regarder par en-dessous de la gutta-percha le monstre qui sera performant fin de la décennie. On ressort la philosophie d’Oscar Wilde : soyons futiles ! Habillons-nous Ouïgours, chic et pas cher, tout en faisant les « gros yeux » à Xi Jinping, maître-tailleur de croupières à ce peuple malheureux.

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La figure la plus importante après Trenet de la Nationale 7 s’appelle Georges-Louis Bouchez. Il a été inventé par les Michel qui craignent la méchante tournure des événements.
Les Français ont leur Chalençon. Nous avons Charles-le-pleutre. Richard III découvre la nouvelle coqueluche du clan Michel !
Georges-Louis Bouchez sera le foot en personne, fera des Paris-Dakar, vendra du cosmétique au nom de la liberté d’entreprendre l’électeur, fendra les mers Vendée-Globe, restera beau et intelligent tout au long de sa présidence. Non, G-L B ne sera pas Isadora Duncan morte étranglée de son foulard dans les rayons de la roue de l’Amilcar GS ; mais celui qui épate le gogo et remplit les caisses du MR, faisant de l’automobile un agent électoral !
La nomination de Mathieu Michel à un poste ministériel, le posera première gâchette chez Louis-le-Vieux, en remplacement de Chastel, qui comme Charles face au Turc, n’a pas eu les roubignolles en boules de pétanque ! Oui, mais Charles, c’est Charles. Chastel, c’est rien.
Le prochain congrès libéral se vouera à l’automobile !...
Faire de la Belgique le premier pays au monde de la voiture perso, voilà le message que l’augure du parti a révélé à un millier de militants MR venus l’écouter à Wavre, terre des Michel. Le lieu rêvé pour détourner les libéraux de la situation catastrophique de la Belgique aux vents mauvais du commerce mondial.
Mobilité, environnement et qualité de vie", le président MR propose la pétarade pour tous. Il convie les foules à l’admiration du docteur Porsch, presque son égal !
Le mariole entend ainsi distraire les siens de la morosité et en même temps titiller les écolos sur la pollution motorisée.
Non, on ne rêve pas, le six cylindres est bien dans son discours aux militants libéraux, surfant sur les angoisses, la pandémie, le mauvais état économique de la Belgique, l’Europe qui se désagrège, le continent qui n’est plus ce qu’il était, ridiculisé par la Chine, snobé par les États-Unis, avec une population zombie se nourrissant de chips et n’ayant que deux idées en tête : acheter sur Amazone et pleurer la fermeture des points Cash de la banque en rue.
Et ça prend ! La société libérale est mûre pour l’auto-entrepreneur Bouchez, infantilisée à fond et inculte… Adieu les rires cultivés, les Chamfort, les Wilde, les Allais, même les Audouard, les Coluche, les Desproges et les Dac, qui par comparaison aux militants bleus, semblent tous sortir de l’ENA de la plaisanterie.
Certes tout n’était pas fin et plaisant avant, mais tout n’était pas sot comme aujourd’hui !
Bouchez inaugure une nouvelle ère. Il incarne un Robin des Bois moderne, ce personnage mythique que Marx et Engels donnaient comme illustration à l'histoire de toute société jusqu'à nos jours et qui n'a été que celle des luttes de classes. Robin Bouchez lutte pour la sienne, celle des bons bourgeois de Wavre.
Du char à banc à l’Alpine ou de l’Alpine au char à banc, va savoir !

10 avril 2021

Mansplaining

Deux mots sur le « sofagate » puisque tout le monde en parle… L’info attire de nombreux commentaires à partir du moment où les médias soufflent dessus.
La scène de goujaterie où l’on voit Charles Michel et Erdogan jambes écartées, assis dans des fauteuils, alors qu’Ursula von der Leyen, debout, cherche un siège, est parlante.
Certains relativisent. Le chef de la coalition européenne chez le Turc, c’est Michel. Les deux présidents assis côte à côte n’a rien d’extravagant. Mais presque tous les Européens pensent que Michel fait de la figuration et que la cheffe de la commission européenne est la patronne.
La domination du mâle a paru être un plaisir et une vanité satisfaite de Charles, comme la grossièreté d’Erdogan, allait de soi.
Charles prétend qu’il n’a pas voulu créer l’incident diplomatique. Comme on le connaît, ce n’est pas sa finesse diplomatique qui s’est exprimée, mais sa couardise naturelle.
Car enfin, ce n’est pas Du Guesclin, cet homme. S’il l’avait été, la courtoisie de l’homme d’arme eût certainement pris les dessus et il ne se fût pas assis tant que von der Leyen n’ait eu son siège, quitte à lui céder le sien. Mais Charles Michel n’est pas le chevalier sans peur et sans reproche. C’est même hissé vers des sommets, qu’il se révèle prétentieux, égoïste et méprisant.
Bah ! tout cela ne valait pas une chronique, mais à partir du moment où le monde s’enflamme par la tournure de l’événement, autant observer que personne ne sait plus à quoi cette réunion était destinée : aborder le contentieux entre la Turquie et l’Europe !
La grande faiblesse de l’Europe est dans sa capacité à régler seule ses problèmes extérieurs, sans demander la permission aux Américains. Il a fallu l’initiative de la France, lors du conflit sur les eaux territoriales grecques, pour dissuader Erdogan d’aller plus loin. L’Europe ne l’a soutenue que du bout des lèvres, tant madame Merkel est verte de frousse de déplaire à la Turquie, avec plus d’un million de Turc immigrés chez elle.
Avec le départ de la Grande Bretagne tout semble plus clair sur le continent. La France et l’Allemagne se partagent le commandement de l’Europe. Charles Michel est l’homme de Macron et Ursula von der Leyen le fer de lance de Merkel.
Dans l’esprit des Allemands, Michel fait de la figuration et von der Leyen dirige. En réalité ce sont deux fonctionnaires au service des deux puissances dirigeantes européennes, des bureaucrates un œil sur la porte, dans la crainte de voir surgir un des patrons pour une engueulade.

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Outre la discourtoisie de Michel à l’égard des femmes, la raison pour laquelle il est resté le cul vissé à son fauteuil devant Ursula debout dans un grand moment de solitude, c’est la peur de nuire à sa carrière en se montrant un homme.
Pour l’heure, la Turquie rejette « des accusations injustes… La disposition des sièges a été réalisée à la demande de l’UE ». Cette affirmation est facile à vérifier. Et si les Turcs avaient raison ? Qui a approuvé cette disposition parmi les responsables du protocole à Bruxelles ? Là est la question. Et si c’était le cabinet du président Michel ? Le petit jeu de chaises musicales est dans la manière de ce que l’on connaît de Michel, premier ministre.
Son communiqué, outre ses deux mots d’excuse pour Ursula, est bien dans sa célébration de lui-même pour insister lourdement sur le contentieux important qu’il aurait réglé, sans avoir demandé la permission à Jo Biden… ce qui reste à prouver.
Il y aura peut-être des suites sur le comportement passif de Charles Michel, si l’on en juge par une déclaration de l'Allemand Manfred Weber. "La rencontre à Ankara des présidents von der Leyen et Michel aurait dû envoyer un message de fermeté et d'unité de l'approche européenne vis-à-vis de la Turquie. Malheureusement, elle s'est traduite par un symbole de désunion, les présidents n'ayant pas su faire front commun lorsque cela était nécessaire".
La séquence « rembobinée » cent fois dans la tête de Charles Michel ne serait là que pour nous embobiner ? Affaire à suivre.

9 avril 2021

Les dynastes.

Jean-Pierre Stroobants, correspondant du Monde à Bruxelles, a enfoncé une porte ouverte en écrivant un article sur les dynasties au sein des partis. Les dominants se perpétuent au plus haut niveau en trustant les profits et les places pour eux et leur descendance, depuis longtemps.
Voilà quinze ans que Richard III écrit sur le sujet. Évidemment, sans avoir inventé le fil à couper le beurre, Stroobants bénéficie de l’audience du Monde, si bien que les béotiens s’émerveillent de sa capacité critique.
Ne gâchons pas notre plaisir, parce qu’un grand quotidien de France croit découvrir l’eau chaude. Les meilleures histoires belges viennent de l’étranger. D’autant que ce qui porte atteinte aux puissants, la presse et la bourgeoisie censurent. La consigne est de la boucler !
Nos « élites » ont le pompon dans le monde en-dehors des frites et la mayonnaise, pour les histoires belges.
Non, monsieur Stroobants les gens ne sont pas qu’amusés des dynasties politiques. Ils en sont revenus depuis longtemps écœurés et accablés. Ils ne croient plus en la démocratie et le terme de démocrature leur convient bien. On se moque des électeurs dans ce pays. La démocratie a trouvé dans ces dynasties politiques sa parfaite caricature.
Des scarabées dynastes, eux ? Non, « des enfants de… » tombés dans des familles trustant les emplois politiques rémunérés et se les refilant d’une génération l’autre, avec l’ardeur d’une pute qui file la chtouille à ses amants. Le scandale est ancien, mais c’est le dernier qui fait office de la goutte qui fait déborder le vase.
Cette provende de la démocratie « tuyau de poêle » laisse sa dernière plaie ouverte à la vue de tout le monde. Mathieu Michel à un secrétariat d’État, « découvert » par Bouchez à la sortie d’un Conseil communal, échevin ou quelque chose d’approchant sur la liste de papa.
On ne saura jamais combien le président du MR a été payé pour ce coup de pouce. Les Michel ne sont pas ingrats. Ils renvoient toujours l’ascenseur avec un petit bonus.

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Exemple, le petit Chastel ex-grande gueule du conseil communal de Charleroi et intérimaire de la présidence du MR en attendant que Charles Michel revienne prendre naturellement la place, devant le bureau entier du MR ébaubi et silencieux. Aucun des ardents qui le compose n’a pipé mot. Comme Chastel est un petit con prétentieux doublé d’un gaffeur reconnu, il fut remercié d’avoir chauffé la place d’un cadeau de député au parlement européen. Pantouflage garanti, mais revers de la médaille, un poste obscur, une fin de carrière, alors que Chastel est à mi-parcours. Si le vieux Louis avait eu une fille, beau-fils le Chastel aurait été au moins ministre de l’agriculture.
15 % des élus ont désormais un père ou une mère qui a déjà exercé un mandat. Au-delà de 10 %, on peut affirmer qu’une démocratie fait la part belle aux dynasties qui dysfonctionnent, explique-t-on à, Harvard où des chercheurs étudient le cas Belgique, comme Fabre étudiait les fourmis découpant une feuille de salade.
En Europe, seules la Grèce et l’Irlande feraient ‘mieux’ que le pays du roi Philippe en termes de népotisme, tandis qu’en Allemagne le cancer est presque inexistant. Aux Pays-Bas, la Chambre des députés comptait, en 2017, un seul ‘fils de’ sur 150 élus”.
Et si la Belgique reste très loin des modèles thaïlandais et philippin, où “40 % des parlementaires sont des dynastes”, les exemples ne manquent pas dans l’actualité.
Champion hors catégorie, les Michel sont les porte-drapeaux des jobistes qui n’ont pas à s’en faire. Alexander De Croo, fils d’Herman, ancien ministre de l’Éducation nationale et ex-président de la Chambre, en fourre aussi pas mal in the pocket grâce à papa. Parmi les plus célèbres, les Melchior Wathelet, père et fils, les Tobback, Louis et Bruno, Herman et Eric Van Rompuy, André, Jean-Claude et Philippe Van Cauwenberghe, José et Jean-Marie Happart, les Daerden, Michel et Frédéric, le père et le fils Eyskens, jusqu’à Laurette Onkelinx, l’ex-pétroleuse liégeoise, qui au souvenir des bons coups du passé, a réussi à sortir du pétrin un ex, etc. etc.
Ah ! les enfoirés, quand on songe qu’on refuse du monde dans les CPAS et qu’un euro détourné de l’État, c’est un enfant qui n’aura pas sa tasse de lait par jour.

8 avril 2021

Les vélociraptors et les autres.

Tout le monde le sait, Jo Biden est le vrai chef des libéraux belges. Jo pense que la Chine est son ennemie et du coup PS et MR réprouvent Xi Jinping dans sa gestion des Ouigours. Le président US déclare que Poutine est un tueur, et de Bouchez à Magnette, on écoute le doyen Di Rupo, de sa voix fluette dire qu’il n’aimerait pas rencontrer Poutine au coin d’un bois.
Aussi, à Bruxelles, les commentaires malveillants vont bon train sur la loi russe permettant « au tueur » de se présenter pour deux nouveaux mandats présidentiels, ouvrant la voie à son maintien au Kremlin jusqu’en 2036.
En 2036, date théorique à laquelle il devra quitter le Kremlin, Vladimir Poutine aura 83 ou 84 ans. C’est un scandale disent en chœur les libéraux hauts perchés dans nos hémicycles, alors que tous, intérieurement, se voient bien encore à quatre-vingts balais peaufiner les lois, en votant du bois de rallonge à leur belle carrière « au service des citoyens ».
Nos grandes voix se gaussent des principes conservateurs de cette loi chère au président russe : foi en Dieu, mariage réservé aux hétérosexuels, enseignement patriotique.
Nos têtes pensantes oublient que le grand amour de leur vie : l’Amérique, fait jurer sur la bible le respect des lois à tous ses présidents. Quant aux intentions morales des familiers de la Douma de Poutine, tout le monde sait que l’Etat belge libéral a déifié depuis longtemps le beau Pognon gagné à la sueur des autres et que tous les athées belges de ce dogme sont mis à l’index, boycottés partout, parfois même emprisonnés pour avoir trop fortement revendiqué le droit à la liberté d’expression, tout comme sont déclarés ennemis de l’orthodoxie poutinienne, les homosexuels et les transgenres de Vladivostok à Saint-Pétersbourg.
La longévité de Poutine au pouvoir, c’est ça qui irrite le plus nos perdreaux de l’avant-veille. Manque de pot, le parlement wallon gonflé à l’Élio a honoré, dans un passé pas trop lointain, la belle carrière de huit députés sur les bancs du parlement. Ils affichent entre 20 et 35 ans d’activité parlementaire.
Devinez qui était le plus ancien ? Sans conteste, c’était le Waterlootois Serge Kubla !
Ça ne s’invente pas, ces choses-là !
Le héros du jour, supérieur à Poutine en tout, sauf qu’il n’a pas été accusé de meurtre, Kubla est le seul à avoir connu les premières réunions d’un Parlement wallon naissant. À l’aube de notre destinée libéralo-wallonne, c’était notre grand prêtre en haute moralité !
Vous pensez que le parrainage a été oublié depuis, foi de Richard III ! Le héros est devenu infréquentable pour la raison qu’un bon libéral doit être capable d’être innocent de ses crimes. Mais Wikipédia a une mémoire d’éléphant et quoique fort attaché aux principes libéraux de la censure et de la pensée unique, il n’a pas été fichu de rayer de son disque dur la dernière interview de Serge quand il était encore dans le clan des Justes et des Bons. .
La « Dernière Heure » demande à Kubla l’image qu’il aimerait qu’on gardât de lui. "C’est cette image de quelqu’un qui a travaillé pour sa région avec sincérité " répond-il. C’est fait.
Parmi les moqueurs de Poutine sur sa longue carrière épinglons encore Louis Michel, 74 ans aujourd’hui et pas encore tout à fait ranger des voitures officielles. Débutant à la gamelle parlementaire en 1978, voilà 43 ans qu’il coûte bonbon à la population, parcours personnel remarquable, achat, vente, location tous genres et tous standings, côté bien-être du peuple et dévouement admirable, que dalle.

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Élio Di Rupo, question Pile Wonder qui ne s’use qui si l’on s’en sert, 70 ans au dernier printemps, se nourrit à la bonne table de la noce populaire depuis 49 ans. Lui aussi est farouchement contre un Poutine inamovible et tueur. Pro américain de toutes ses fibres, pour Monsieur de Mons, entre Biden et Poutine, il n’y a pas photo.
Après les deux dinosaures, un jeune Georges-Louis Bouchez, bien parti pour une longue carrière à la table d’hôte. Âgé de 35 ans, il a déjà 12 ans de casse-croûte au compteur, puisque c’est un autre divin, Didier Reynders (1) - NDLR Richard III - qui l’a cabinetté en 2009, le sacrant fonctionnaire à vie, au cas où, entre les coups, le gracieux venait à être chômeur.
Dans le Jurassique-Park, Georges-Louis, c’est Vélociraptor, alias le "Voleur rapide", dinosaure carnivore à taille humaine, d’autant plus redoutable qu’il magnétise ses proies avant de les avaler. C’est le dernier libéral archi convaincu faisant de l’Amérique son objet de culte princeps.
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1. Reynders, né en 1958. Gol lui donne sa première ripaille à nos frais en 1986. À 28 ans, il devient directeur de la SNCB ! Trente-cinq ans de Vélociraptor, son dernier job à l’Europe entre aussi dans nos frais. C’est pas mal, l’asticot !

7 avril 2021

Démocrature de sous doués !

Il faudra bien qu’on sorte un jour de la crise sanitaire. Ce qui caractérise une pandémie c’est qu’elle est passagère. S’amorce déjà un constat d’après Covid. Ils vont faire endosser à « pas de chance », les fautes graves des trois gouvernements « Covidifiés ».
1. Celui de Charles Michel, pour la poursuite de la destruction des lits d’hôpitaux et la gestion de Maggy De block, des stocks de sécurité pour lutter contre une épidémie ;
2. La récupération du même programme par Sophie Wilmès, alors qu’il aurait fallu procéder à d’autres mesures. Des milliers de morts « de trop » ont été comptabilisés ;
3. Enfin, Alexander De Croo a ajouté à la confusion par des experts, des confinements irréalistes ne tenant aucun compte dans les villes d’une population pauvre et mal logée.
Cette succession d’échecs n’est pas la cause de la précarité économique actuelle, la crise ayant été ouverte avant par une mondialisation entrepreneuriale avide, une désindustrialisation appauvrissant tout le monde et une dette souveraine en progression constante.
Démographiquement, les habitants de la Belgique montent en âge. C’est la conséquence d’une « philosophie » découlant de l’économie libérale fondée sur l’égoïsme et le « tout pour moi et rien pour les autres ». De ce seul fait, tout devient plus lent. Il n’y a plus que les gazettes à la botte des autorités pour parler de « forces vives ». La jeunesse se coupe en deux parties fort inégales, celle des diplômes à tout prix, qui enfile les années studieuses et qui trouve rarement le métier pour lequel elle a sacrifié ses jeunes années et l’autre vouée au mépris des classes supérieures mal payée et condamnée au chômage alternant les boulots pénibles.
À ce propos lire les articles précédents de Richard III sur la formation des étudiants par les grandes écoles, créant des scientifiques sans morale et des dirigeants sans scrupule dont le trait caractéristique est la suffisance intellectuelle et le mépris des classes subalternes, quand ils ne sont, pour certains, que des « imbéciles instruits ».
La crise d’après Covid touchera tous les sujets. S’acquittant de leurs erreurs, les mêmes appliqueront à la lettre les thèses européennes, sans prendre l’avis de la gauche, si celle-ci ne se ressaisit pas. L’uniformisation de la baisse du niveau de vie, puisque l’Europe ne produit plus ou pas assez, pourrait faire croire à une égalité dans le malheur, sauf que les inégalités s’accroissent mécaniquement quand la perte de revenus est générale. La perte d’un euro de l’heure sur tous les salaires n’est pas ressentie de la même manière si l’on gagne 1500 € par mois ou 6000.
Un phénomène qui s’explique par l’histoire des Gilets jaunes (chronique Richard III d’hier), les gens intelligents se regroupent désormais dans les classes inférieures tandis que les crétins diplômés infestent les classes supérieures (Emmanuel Todd).

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Ceux des lecteurs, sensibles au respect des gens et à la démocratie, n’apprécient certainement pas des emplâtrés comme David Clarinval et Mathieu Michel, les sous doués de la démocrature, à la tête de programmes dont ils ne maîtrisent pas l’esprit. Autre phénomène côté des rosés cette dois, Karine Lalieux promet 1500 € de pension pleine dont on mesure aujourd’hui l’impossibilité d’ici 2025 pour deux raisons, la première touche à l’inflation si bien que 1500 € en 2021 valent + que 1500 € en 2025. La seconde, c’est la politique libérale qui va sabrer dans les dépenses, moyen classique de rembourser la dette. Les bourgeois ne vont pas augmenter les pensions et diminuer les salaires en même temps !
Après la crise sanitaire, nous aurons donc à gérer une crise économique pure produit de la situation dans laquelle nous plonge le libéralisme, fer de lance del’Europe. Vouée à l’échec par avance, cette dernière tentative du conservatisme de la domination du capital sur le travail va s’exacerber. Le conflit de classe ne peut que produire, un ressentiment de la classe dirigeante contre toutes les autres. En psychologie, c’est celle du voleur envers le volé, quand le butin est mince !
La conclusion est pessimiste au vu des menaces sur les libertés. Les médias sont incapables de critiquer leurs employeurs et l’État bourgeois. On ne peut compter sur leur objectivité.
La première façon de lutter contre les inégalités sera de s’attaquer aux structures pléthoriques de l’État. C’est le talon d’Achille du système libéral en Belgique.
La première réforme du peuple souverain sera de faire restituer le capital volé aux citoyens par la haute fonction publique et nos gouvernants. Ce ne sera pas facile. Nous y arriverons si l’esprit Gilet Jaune anime la gauche.

6 avril 2021

Commémo.

En novembre 2018, voilà deux ans et demi à peine, le soulèvement des Gilets jaunes en France a fait bondir les cœurs, en Belgique aussi.
Quand les chiffres sont ronds, on établit un lien avec le temps passé. Brisons cette manie des décennies ou des siècles commémoratifs, célébrons novembre 2018… en avril 21.
Pourquoi ? Parce que nous avons besoin d’espoir. Parfois sur Richard III, ce n’est pas drôle de commenter l’actu. Mais dans cette révolte, après deux années, nous sommes dedans, nous débattant comme de beaux diables ou baissant les bras devant les coups des partis libéraux MR et PS acoquinés.
La comparaison s’arrête là. Le pouvoir en Belgique ne s’est senti menacé que par « voisinage » du pouvoir français.
G-J fut d’abord un réflexe défensif de la population, à la fois anarchique et organisé, au caractère bon enfant, une révolte joyeuse ! Le trait de génie du peuple cherchant un signe de ralliement fut le gilet que revêt l’automobiliste en détresse.
Pour de fins observateurs comme Emmanuel Todd, la révolte de 2018/19, annonce un nouveau cycle historique de 50 ans au moins, comme 1968/2018, le fut aussi. Pour Todd (Richard III partage son avis), c’est celui du retour à la lutte des classes, trop longtemps mise sous le boisseau, par le ralliement des socialistes aux partis libéraux, tous de droite.
Le pouvoir ne s’y est pas trompé, en mettant tout le paquet en répressions policières pour éteindre rapidement un mouvement qui lui résista plus d’un an et dont les cendres rougeoient encore.
La répression fut violente les forces de Macron préférant la protection des biens à celles des personnes. L’emploi des LBD fit 2.448 blessés, 11 morts, avec la condamnation des abus policiers par l’ONU et le Parlement européen.
Malgré les tournées de parlottes aux populations par Jupiter, le soutien resta majoritaire six mois après le début de la révolte. Le verbeux personnage n’est pas sans rappeler Georges-Louis Bouchez, mais en plus instruit. Son tour de la province, par des assemblées bidons, ternit sa réputation de winner.

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Quels étaient ceux du peuple qui furent les héros de cette résistance de classe ?
J’avais rassemblé au début de l’année des notes que je destinais à Richard III. Elles sont toujours d’actualité.
Dans les débuts de rassemblements des ronds-points, la foule est hétérogène. Sur les photos nombreuses d’un peu partout, on y distingue des retraités, des jeunes, des ouvriers et sans doute des artisans et petits patrons PME, quelques cadres au chômage, des médecins et des avocats en petit nombre aussi. Au fil des jours, les lieux sont devenus des rendez-vous de personnes isolées aux petits salaires et à la détresse visible.
Fait observable et augurant de la montée des femmes dans la lutte sociale, on y a vu grossir leur nombre, au point que sur certains ronds-points elles étaient majoritaires. Et quand les femmes s’en mêlent (selon l’expérience du passé), la situation est vraiment grave et elle l’était !
Les Gilets jaunes marquèrent l’événement sans participation active des bobos urbains, des bacs +, de ces éduqués supérieurs qui portent leur diplôme en étendard et majesté. Les leaders qui se détachent de cette foule sont des ouvriers, infirmières ou petits entrepreneurs, n’ayant pas fait d’études supérieures. Emmanuel Todd oppose aux Gilets Jaunes les surdiplômés imbéciles du macronisme. Richard III y souscrit pareillement.
Cette révolte fut celle d’un peuple majoritaire en nombre se voyant fermer la porte du pouvoir dans une démocratie bidon. Les médias rentrèrent rapidement dans les rangs. Les magistrats se montrèrent à la hauteur de leur servilité au pouvoir macronien.
Une leçon à retenir, Macron a survécu grâce au besoin d’ordre qui existe dans toute société, ce qui revient à penser que les révoltes qui réussissent doivent être brèves. La police est restée aux ordres du pouvoir. La peur des gens d’en haut fut telle, qu’elle s’est muée en haine des gens d’en bas. Après l’affrontement avec de tels adversaires, le peuple doit se méfier. Ce n’est pas fini.

5 avril 2021

Une démocratie de type féodal ?

Cette société est condamnée par deux composantes essentielles qui lui font défaut.
Primo : du chasseur-cueilleur au lecteur-critique, la troisième métamorphose n’est pas survenue, celle de la conscience supérieure (Emmanuel Todd). La faute en incombe au dévoiement des intellectuels. La recherche d’un diplôme supérieur pour se pousser dans une discipline lucrative et s’entendre avec le système pour le prolonger ont fait perdre tout sens moral dans un repli sur soi, jusqu’à l’élitisme et le mépris des défavorisés.
Secundo : l’échec de la mondialisation accentue la chute et annonce la fin du capitalisme dans les drames de la misère des peuples, ces acteurs sans pouvoir, dans l’impasse où les pousse la nécessité de croissance sans fin pour que fonctionne l’économie libérale.
L’impuissance politique en Belgique est la conséquence de ce qui précède.
La pandémie fait effet de loupe grossissante. Elle n’est pour rien dans le processus de pourrissement du système. C’est la fatigue du « moi » libéré qui produit cet effet dépressif de la société. (Alain Ehrenberg).
L’accession des classes populaires au désir de consommation crée une perte de repères dans une société méritocratique qui truque jusqu’aux principes. Cela accroit un mal être débouchant sur des suicides. La gestion du stress à l’aide d’antidépresseurs laisse le dépressif dans un état second, tout en aggravant le mal.
A noter que si ce genre de mélancolie touche désormais tout le monde, il faut en excepter les couches supérieures, ministres et industriels. Le beau monde ne se suicide plus quand il a failli, ni même ne dénonce son incompétence en présentant des excuses, comme c’était le cas en 1900. L’idée de mettre fin à ses jours ne l’effleure plus, depuis que toute faute niée reste par définition non attribuée à celui qui la nie.

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Ainsi l’appauvrissement de la population ne leur est pas imputé, ce qui leur permet de se représenter indéfiniment aux suffrages des électeurs.
Ce jeu n’est pas sans conséquence sur la valeur de la démocratie.
Aussi, a-t-il fallu un stratagème pour faire admettre que les pires gèrent toujours au plus haut de l’État avec efficacité et droiture. Pourquoi pas demain, Maggie De Block retour à la santé ?
Le stratagème consiste à définir le populisme comme l’antithèse du juste, sortant de la parole officielle. La conséquence de ce concept voue la parole du peuple au populisme.
C’est ainsi que les pires poursuivent leur carrière imperturbablement. Cependant si on observe bien les raisons qui condamnent le populisme, nous sommes bien dirigés par un populisme d’État. La plus belle illustration est celle de Trump, président, élu par un populisme.
Un populisme d’État, c’est le refus des classes supérieures d’appliquer les décisions du peuple, quand la démocratie est liquidée par les dominants. (Traité de Maëstricht)
Un pouvoir libéral fort et la perte du sens réel provoqueront des centaines de milliers de morts. Les futurs affrontements se dessinent déjà avec une Amérique qui entraîne l’Europe à la soutenir contre la Chine et la Russie.
Le sentiment de toute-puissance des décideurs, conforté par les médias et les économistes courtisans, ne doit pas faire oublier qu’ils ont conduit les gens au bas salaire, au chômage massif et à la mauvaise gestion de la pandémie.
Ce pouvoir en complicité avec la haute administration est décidé à ne rien changer. On poursuivra la défense de l’euro, veillera à la rigueur budgétaire, au bradage des biens de l’État et des services publics, désinvestira dans la recherche si bien que les chercheurs émigreront aux USA et on poursuivra le dada de rendre le marché du travail aussi flexible que possible.
Le beau monde poursuit une politique dans laquelle il est nécessaire de culpabiliser la population. Ainsi, elle se traumatise de ses erreurs, de sorte que les désastres, nombreux par les temps qui courent, soient de justes punitions.

4 avril 2021

Classe et déclasse.

Les regroupements de jeunes dans des parcs publics ont été qualifiés de « descentes de bandes urbaines » (journal La Meuse) par les médias.
La lecture des journaux, tous propriétés des amis du pouvoir, est pratique pour des recherches sociologiques. Les jeunes que l’on a vu ces temps derniers, dans des endroits disposant d’un grand espace pour les mouvements de foule, ne sont pas des blacks-bloc, cherchant la baston avec la police.
Voilà qui rend les autorités perplexes. Certes, on identifiera un jeune « violent à antécédents » occasionnellement, la plupart d’entre eux sont des étudiants issus de la classe moyenne. Ce type d’événements a lieu dans des endroits bourgeois, réputés de loisir collectif. On ne voit pas ça à Molenbeek ou au parc Josaphat à Schaerbeek, mais au parc du Cinquantenaire, au bois de la Cambre, à Louvain-la-Neuve, à la Boverie, à Liège.
Entendez par là que la misère ne se déplace plus. Elle ne réclame plus. Elle est « assommée » par les faits qui aggravent la précarité économique. L’esprit gilet jaune n’est pas mort, mais par la pression des événements, il est à terre comme George Floyd, plaqué au sol sur le ventre et immobilisé par un policier, un genou sur le cou.
Les mesures de confinement sont bel et bien contestées par la jeunesse des classes moyenne et supérieure, plus que par les classes populaires.
Une autre lecture du moment pourrait être que les classes inférieures soient plus intelligentes que les autres et se réservent pour des occasions meilleures que celle de courir un risque sanitaire à revendiquer son droit à la liberté de circuler, quand bien d’autres droits sont oubliés.

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C’est l’occasion de refaire de la sociologie pour constater que cette société est une société de classes et qu’elle n’a jamais été autre chose. La faute du grand virage du parti socialiste est là, elle se vit sous nos yeux. En abandonnant le principe de la lutte des classes, le PS y a perdu son âme en devenant un parti libéral comme les autres. En adhérant au néolibéralisme et à la société de service, le PS est entré dans la nasse des intérêts particuliers dont il ne pourra sortir. Le terme de « classe » ne dérangeait pas le PS, c’est le mot « lutte » qui l’embêtait.
La société belge de classe s’établit sur cinq niveaux dont les quatre premiers par entraînement du leadership sont en gros pour la politique américaine, l’euro et le libre échange, même si la pandémie révèle les limites du système et laisse apercevoir sa fin.
Le dernier, celui des classes populaires, est le niveau principal parce que le plus nombreux et le plus intelligent par holisme. Il pourrait faire la loi s’il n’était partagé entre ceux qui croient encore au phénomène libéral, et les autres qui ont compris que le libéralisme est dominateur sous le contrôle de la première classe en Belgique.
Je simplifie à l’extrême, tout en restant dans l’absolue vérité des faits, de sorte que tout le monde peut comprendre le travail classificatoire que les socialistes récusent.
La classe supérieure qui domine les autres, les commande et les exploite est faite de l’aristocratie d’État, des milliardaires et de leurs héritiers. L’aristocratie d’État vit des libéralités que les dignitaires des partis placés au plus hauts postes se sont octroyés. Ils sont en symbiose avec les milliardaires et leurs héritiers, tant qu’ils suivent implicitement les intérêts de ces derniers.
En deuxième position, très proche de la première classe, mais cependant, malgré les passerelles, sous sa complète direction, viennent les gestionnaires des biens des premiers, la bourgeoisie industrielle, successeurs des maître des forges des siècles passés, petit-fils des enrichis sous l’occupation allemande, intéressés dans les lobbies de tout sorte, y compris pharmaceutique.
Troisièmement, la petite bourgeoisie, la plus ambitieuse, mais qui réussit rarement, sauf par mariage de monter à la deuxième, faite de petits entrepreneurs et de professions libérales. C’est la dernière qui compte du personnel, parfois en grand nombre et qui reste un des piliers du libéralisme extrémiste de droite.
La suivante est la plus mal en point actuellement malgré les aides massives de l’État. C’est celle qui est en train d’échapper à l’emprise des précédentes par l’effet de désastre de ses petites entreprises et commerces de proximité, c’est la classe micro-bourgeoise, la hernie-étranglée des autres et qui risque de faire mal à l’État bourgeois en se délitant.
Enfin les classes populaires, celles dans lesquelles le plus clair de la population se retrouve, creuset d’où sortira peut-être un jour une autre projection de société, qui depuis les chasseurs-cueilleurs de la grotte de Vallon-Pont-D’arc, n’a cessé d’évoluer. Raison de plus d’affirmer que la société actuelle aura eu aussi son temps de passage et qu’il est en train de s’achever.

3 avril 2021

Une réponse indigne !

Encore une séance d’un ridicule achevé au parlement wallon, Di Rupo à la tribune, volant au secours de madame Christie Morreale (Ps), une des neuf ministres de la santé du royaume.
Le Ps n’a pas de chance, depuis Spaak qui finit au parti libéral, on n’y a plus vu un seul bon orateur au parti ! Di Rupo fait rire. Lorsqu’il élève la voix, on dirait une soprane qui se lance dans l’air « des clochettes » de Lakmé !
Tout ça parce que la vieille poupée montoise ne supporte plus l’opposition CDH et PTB, surtout les « Communiss… ».
Taper sur l’opposition, c’est de bonne guerre encore faut-il des arguments. La confiance sans borne d’Élio pour la ministre ne constitue pas une réponse aux questions des adversaires.
« Le PTB pouvait entrer au gouvernement. Il ne l’a pas voulu. », laissant entendre par là qu’il n’avait rien à proposer, explique Élio, alors qu’avec Paul Magnette, il n’a pas voulu discuter du programme du PTB.
On ne saura donc jamais si madame Morreale pouvait agir autrement et pourquoi elle ne l’a pas fait dans la lutte contre le virus. On se contente de la réponse de Di Rupo. « Elle est bonne, la ministre. » et puis basta !
Pendant cette scène grotesque, le Ps oublie le rideau qui tombe sur une époque sans public et que bientôt va s’ouvrir une autre, sans comparaison avec la précédente.

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Le Centre de recherche et d’information des organisations de consommateurs (CRIOC) et l’Observatoire du crédit et de l’endettement (OCE) sont formel : le pouvoir d’achat des fonctionnaires a, au cours des dix dernières années, diminué de 2,28 %, celui des salariés de 2,08 % et celui des ménages défavorisés comptant deux adultes et deux enfants de 3,2 %.
Un sentiment d’inégalité monte du ressenti des gens, dénoncé par les Gilets Jaunes et toujours incompris par le PS. Mais surtout, la pauvreté touche de plus en plus de groupes, comme les commerçants au détail qui rejoignent un sous-prolétariat de chômeurs et d’handicapés légers.
Comme quoi certains commencent à manger bio, d’autres s’essayent à la nourriture pour chien !
Si Elio di Rupo lit les statistiques des cogitations élucubrantes de MM Delwit et Sinardet, il passera à côté de la chute de revenus impressionnante des paysans et en parallèle la hausse importante des cadres et des intermédiaires, l’échec de notre industrie par rapport à celle de l’Europe de l’Est qui explique l’appauvrissement du pays, enfin l’entêtement imbécile de l’Europe relayée par la Région wallonne de ne pas renouer des relations étroites avec la Russie, ce grand pays d’Europe, pour faire plaisir aux fantasmes de Jo Biden.
Bien sûr, Monsieur di Rupo et ses amis du PS ont beau claironner que la désindustrialisation est une évolution normale de nos sociétés de progrès, la récente pandémie et notre absence d’industrie nous a quand même valu quelques milliers de morts de plus, en attendant que le salut nous vienne de Chine et de Taïwan.
Ces idiots bouchés à l’émeri ne voient pas que la destruction créatrice (voir Schumpeter) n’opère bien que dans les économies dynamiques, pas dans celle en tous cas de la Wallonie. Dans cette combine, les emplois détruits sont supérieurs aux emplois créés.
Selon une belle expression d’Emmanuel Todd, la Wallonie est devenue une société « serviciée », comme on a dit jadis « ruralisée », amoindrie et dégradée.
Les courtisans de Jo Biden et les minables journalistes de la presse belge font semblant de ne pas voir que les services sans l’industrie, c’est le tiers-monde d’antan.
Reste l’éducation, seul poste non pourvu à la Région, Caroline DÉSIR (Ps) est une ministre qui chevauche la Fédération Wallonie-Bruxelles et le Région wallonne.
Avant, comme pouvait le penser les philosophes se réclamant de Condorcet, il était admis que l’apprentissage de la lecture et de l’écriture était la base du progrès de l’humanité… On peut s’effrayer à juste titre du nombre d’enfants qui quittent l’école primaire sachant à peine lire, ou pas du tout, écrire pareil et même parmi les meilleurs, une absence d’orthographe signe d’un manque de référents en lecture.
Tout cela est navrant et imputable au gouvernement régional actuel, successeur du précédant du même état d’esprit.
Non, la réponse de Di Rupo au PTB n’est pas convenable. Elle est tout simplement indigne !

2 avril 2021

Des brouettes de mensonges.

D’une semaine à l’autre, le public ne se souvient plus de ce que les hommes politiques racontent. Qu’a-t-on retenu des mensonges du catastrophique gouvernement Michel et des propos même de l’intéressé ? Rien ! Pourtant reste dans l’inconscient un parfum de suspicion. De cette méfiance naîtra l’idée qu’on nous raconte des craques depuis toujours.
C’est l’accélération de l’histoire qui veut ça, couplée aux modes de diffusion des informations et d’absence de critique d’une presse détenue en Belgique par deux ou trois patrons, proches du pouvoir.
Plus les ficelles sont grosses, plus elles frappent l’opinion. On gouverne par les mots en collant à l'opinion, afin de garder le contrôle de la situation. Dans les partis, c’est la même chose. Ces ficelles portent un nom : le mensonge !
Quand sur contrat verbal avec le clan, G-L Bouchez introduisit Mathieu Michel dans l’actuel gouvernement, ce fut la bronca au MR. Bouchez ne démissionna pas et consentit à la formation d’un comité de gestion des nominations. Il alla jusqu’à admettre, qu’il aurait dû demander l’avis de ses pairs, tout en restant persuadé qu’il n’en aurait rien fait. La semaine suivante, il minimise l’influence de ce comité interne sur ses décisions, pour le ridiculiser deux jours plus tard. Ce comité est enterré avant même qu’il soit structuré. Que croyez-vous qu’il se passât dans le public MR : rien !
Le comité de crise Covid-19 du gouvernement n’en finit pas d’aller de pari en pari, sur l'évolution de la pandémie, sur la capacité des hôpitaux, sur l’efficacité des mesures.
Un pari raté, n’est-ce pas un mensonge dévoilé ?
Comment cohabiter avec le virus, sans que celui-ci ne gagne du terrain, en attendant le vaccin ? Combien de mensonges rien qu’en gérant les décisions qui seront prises ?
Après deux confinements et un couvre-feu, face à la lassitude de l'opinion, quels nouveaux mensonges seront lancés !
Peut-on lutter contre le printemps, les petits oiseaux, l’amour ?

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Des brouettes de mensonges seront « nécessaires ». C’est d’autant plus un jeu d’enfant, que le débat parlementaire n’existe plus. Il est plus facile de mentir devant l’opinion, que devant l’opposition parlementaire qui « cherche la petite bête ».
N’est pas toujours tranchée la relation entre les scientifiques et l’exécutif. Le primat du politique, passe illico. Une décision qui ressemble à un pari risqué risque fort de passer pour un mensonge de plus. « Ils savaient, mais ils n’ont pas osé » pensent dorénavant les gens. Cela revient à dire que quoi qu’il fasse, ce gouvernement sera taxé de tenir des propos mensongers. On a plus de chances de taper juste en disant qu’il ment, qu’en lui laissant le bénéfice du doute.
Il est vrai que le doute n’est pas bon, tant le doute est synonyme d’incompétence. Vaut-il mieux passer pour menteur ou pour incompétent ? Tous les chefs vous le diront, il vaut mieux passer pour menteur !
Après plus d’un an de pataquès, la situation n'a fait que s'aggraver.
Ce gouvernement et les suivants savent désormais que si leur théâtre politique joue à bureau fermé, ce sera toujours sans spectateurs, quand il pourra rouvrir !
Le peu de confiance qui restait avant la Covid-19 n’existe plus. Les derniers gros mensonges ont eu raison de la situation, non pas que les anciens – ceux dont on ne se souvient plus – n’aient pas commencé le travail, mais comme il est dit, d’une semaine à l’autre, le public est oublieux. Il ne suit plus les péripéties au jour le jour, parce qu’il est persuadé que ce qu’il entend n’est qu’un tissu de mensonges.
Alexander de Croo est un sacré menteur, parce que Sophie Wilmès l’était et qu’avant elle Charles Michel ne s’en privait pas et ainsi de suite !
Il serait temps de passer à autre chose. La démocratie expire. Oui, mais quoi ?

1 avril 2021

Le MR est à cran !

Me serais-je trompé sur l’amour fou que les libéraux portent aux États-Unis ? L’amour sans calcul, l'ivresse de ressembler à l’idole quoi qu’il en coûte, ne serait pas dans la logorrhée du verbeux Georges-Louis Bouchez ! Le bougre sélectionnerait par un filtrage serré, ce qu’il est bon ou pas que les oreilles des ploucs du MR entendent de Jo Biden !
La relance de Biden, plus de cent millions d’Américains dont le revenu est inférieur à 75 000 dollars par an ont reçu un chèque du Trésor de 1 400 dollars, ne serait pas du tout compatible avec la politique libérale belge. C’est du moins ce qu’on en conclut d’après le silence radio que cette nouvelle a suscité comme réaction aux champions du progrès. Nos élites libérales sont juste cantonnées au coin des rues, comme l’Armée du Salut, à chanter des cantiques pour sauver le commerçant et le petit entrepreneur de la honte de la faillite.
Ce peu d’intérêt pour les efforts de l’Administration américaine au profit des moins riches, en dit long sur les intentions du MR de poursuivre plus que jamais la politique d’austérité depuis la crise économique de 2008, qui ne s’est jamais démentie depuis, avec ou sans les socialistes en partenariat.
Serait-on prochinois ? Xi Jinping voit un risque systémique pour l’ordre économique, dans cette soudaine « générosité » de Jo Biden à l’égard du petit peuple.
Qu’on ne se méprenne pas sur l’évolution du capitalisme américain, dans cette manne distributive. C’est toujours le pays des grands contrastes et du peu de solidarité entre les personnes. Ce n’est pas demain que les USA auront un service santé gratuit performant, que les sans-travail seront sauvés par une assurance chômage digne de ce nom et que les vieux seront assurés d’une retraite décente. Biden a pensé avant tout relancer la machine à consommer pour faire repartir la machine à produire.
Les Américains poussent leur pragmatisme jusqu’au cynisme. L’humain dans leur système compte fort peu, sinon que chaque citoyen est une machine à cash qui s’est grippée et qu’on tente de remettre en marche.
Cette manière de voir les choses est bien comprise en Belgique. C’est l’argent jeté par les fenêtres qu’insupporte la bourgeoisie belge, une bourgeoisie d’anciens boutiquiers qui tient à l’encaisse du tiroir sous le comptoir, comme le fondement même du principe sacré de l’économie et de la propriété.

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Ils voient la rupture des stratégies économiques mises en place depuis 1945 favorables aux revenus du capital, comme une erreur. Cette nouveauté américaine rompt avec des politiques publiques hantées par la crainte d’une reprise de l’inflation et d’une flambée de l’endettement, la fin de l’hégémonie sur les ploucs, que la bonne bourgeoisie belge ne pourra plus traire à l’aise, comme les fourmis font des pucerons.
Le MR, depuis l’impulsion Michel, n’a jamais cessé de séduire les néolibéraux par des baisses d’impôts des fortunes, dont le plus clair produit atterrit en Bourse et gonfle la bulle financière.
Cette droite voue un culte à Obama qui n’a pas profité de la crise financière de 2008 pour lancer un New Deal, comme son successeur. Il s’en est justifié par la crainte d’ajouter un désastre supplémentaire. Ça, les propriétaires de la Belgique peuvent comprendre.
Exactement ce que pensent Bouchez, Ducarme, Bacquelaine, Miller, comme De Funès dans Hibernatus, ils sont en 1905 !
C’est encore l’idée du grand Charles à l’Europe et d’Ursula von der Leyen. Cette camarilla européenne est obsédée par la dette, avec Christine Lagarde gardienne du Temple. Ce sont les héritiers d’une pratique très ancienne de purge budgétaire, d’un bouclage des ceintures pour tout le monde (sauf pour eux) qui nous ont valu des fermetures des hôpitaux, l’absence de masques et aujourd’hui d’imbéciles contrats avec les sociétés pharmaceutiques produisant les vaccins.
L’universalité du plan Biden les traumatise ! Quoi, donner de l’argent à tout le monde, alors que depuis toujours les États occidentaux conditionnent leurs politiques sociales à des plafonds de ressources de plus en plus bas, à des dispositifs de surveillance permanente, à des politiques d’activation de l’emploi punitives et humiliantes.