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29 février 2004

Vespasien manquait d’odorat. L’argent sent la merde !

Décidément, si ça flotte encore, ça tangue drôlement sur le morutier du Mouvement Réformateur.
D’ici à ce qu’on apprenne pire encore, il serait sage d’avancer la date des élections.
Jean Gol aurait mieux fait de rester trotskiste plutôt que de lancer son bateau ivre dans l’aventure libérale.
Le dernier transfuge, le sieur Fournaux, a mis dans le mille du premier coup, à peine installé, le voilà une star. Sa dernière exposition en son castel communal de Dinant n’a pas vraiment été une réussite. On ne s’est pas déplacé en masse pour s’ébaubir devant ses déclarations d’impôt. C’est bien la première fois qu’on voit un artiste exposer ses crayonnés sur les formulaires de l’Administration des Finances !
Pour Michel, je ne vois qu’une solution, demander son transfert au cdH.
Quoique ?
Peut-être, au contraire, ces avatars seront-ils de nature à décider plus d’un de voter libéral ?
C’est pour la clientèle de ce parti une sérieuse garantie d’élire des experts fiscaux.
Par ces temps de faillites, voilà quand même des surdoués de l’ardoise qui ont des références pour des sauvetages in extremis.

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Vous me direz : belle mentalité pour des élus de la Nation. C’est oublier qu’ils ne sont élus que par leurs supporters.
Qui sont-ils ?
A part quelques égarés du système, amoureux des belles théories et demeurés du contrat social, les autres doivent connaître à fond les procédures, les huissiers, les saisies différées et les arrangements à l’amiable. Ils se sont peints en bleu plus pour la grandeur de leur surface de vente que celle de la Nation.
Il doit bien y avoir quelques comptes courants en délicatesses qui requièrent toute la sage compréhension des vaillants défenseurs de l’entreprise.
On avait oublié le poujadisme des « jeunesses » réformatrices et le vieux fond anti-social de la petite et moyenne entreprises, refuge contestataire et bastion des radicaux de droite.
Dans la prochaine formation socialo-libérale, on verrait bien Ducarme ou Fournaux aux Finances.
On se souvient des incantations de Michel à l’encontre des partis PS et Social Chrétien de l’époque à propos de « leur rage taxatoire ».
On comprend mieux aujourd’hui pourquoi.

28 février 2004

Concerto de la main gauche.

- Comment me trouves-tu ?
- Tu me ressembles. Pourtant on est différent.
- Ah ?
- Tu n’en fiches pas une secousse.
- Ce n’est pas ma faute si Lui n’est pas ambidextre.
- En attendant, les lames qui ripent, les échardes, les…
- Je vole parfois à ton secours…
- Quand tu ne sais pas faire autrement et que tu Lui obéis…
- Tu as des compensations.
- Par exemple ?
- Qui tient le porte-plume ? Qui a une belle écriture ? Tu as vu la mienne ?
- Si tu t’appliquais… Quand Lui est au clavier, c’est toujours après moi qu’il en a…
- Tu connais ses secrets.
- C’est lourd à porter. Je n’aime pas son style ampoulé...
- Non !...
- C’est comme je te le dis.
- Il se prend pour un artiste !
- C’est un prétentieux.
- Je suis d’accord avec toi. Vise la bague qu’il me fait porter !
- C’est quelque chose ! …la pierre, c’est du reconstitué…
- Quand il l’enlève j’ai l’auriculaire endolori…
- Et cette façon d’écrire voyou, puis « grand » style !
- Pour quoi « grand » style ?
- Jamais, il n’écrira comme Saint-Simon…
- Veux-tu savoir : c’est un raté !
- Ça ne fait pas de doute.
- Et ses textes qui n’en finissent pas !
- J’en ai les doigts gonflés…
- D’autant qu’à part sa mère, personne ne le lit…
- Normal, avec ses idées…
- C’est un gauchiste…
- Un anarchiste.
- Je me demande s’il n’est pas dépressif ?
- Aigri à coup sûr…
- Il n’a aucune imagination.
- C’est un obsédé sexuel…
- Il ne blog pas, il déblog…
- Si je tenais le con qui l’a embarqué là-dedans, je l’étrangle !
- Ce qui me navre le plus…
- Oui ?
- J’ose à peine le dire !
- A moi tu peux. Si c’est ce à quoi je pense, il se sert de moi aussi....
- J’en ai la nausée.
- Ces moments-ci, il a quelqu’un. Il nous laisse tranquille…
- Sauf quand il se gratte les couilles !
- C’est consternant…

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- Sa poche gauche à un trou.
- Celle de droite aussi !
- Tu crois qu’il le fait exprès ?
- Dame. T’as remarqué chaque fois qu’il serre la main des dames ?
- Il faut que je le tripotte avant !
- Ah ! le salaud…
- Le comble, c’est quand il te force à…
- J’ai longtemps souhaité l’abandonner. Les scies m’attirent…
- Tu me laisserais seule pour le faire à ta place !
- L’as-tu jamais torché pour me comprendre ?

27 février 2004

La neige engendre la mélancolie et... le repentir !

On est saisi de la logique des événements qui conduisent à notre époque.
Ainsi, l’armée dont on nous parle comme une institution ayant en dépôt la défense de la patrie… l’armée : « l’honneur de la Nation » !
Le moins que l’on puisse dire, c’est la franche rigolade qu’on aurait eue au Moyen Age à entendre ce qui précède.
A l’origine, les bandes, semant la désolation partout et qui furent fédérées par l’ambition de baronnets, ne pouvaient être « l’honneur de la Nation ».
Ces gens n’avaient qu’un idéal : celui de ne pas travailler, solidaires en cela avec la noblesse qui était bien du même avis.
Il fallait donc qu’ils vivent du travail des autres.
Le baronnet devint le seigneur des hameaux environnants et le protecteur des âmes et des biens avant de s’en déclarer propriétaire. C’est naturellement qu’il assure son appropriation en montrant sa force à d’autres aventuriers qui cherchent, comme il le fit jadis, à se fixer et prospérer sur le dos des populations.
Il ne faut pas croire les manuels qui donnent au seigneur le rôle de protecteur contre l’envahisseur viking.
Souvent des marins du Nord, remontant l’estuaire des fleuves pillaient et dévastaient les villages, tandis que le seigneur protégeait ses biens derrière les murailles de ses châteaux, sans nulle intention de voler au secours de ses serfs.
Il y eut des exemples contraires, certes, surtout lorsque le domaine devint important et qu’il déplaisait aux barons que s’envolât en fumée une partie de ses rapines futures.
Il découle de l’ordre créé de cette manière que les premiers gendarmes étaient des brigands.
Par la suite, lorsqu’il fut question d’établir une morale sur ces débuts équivoques, prirent naissance les notions de patrie et de civisme, dans une forme assez identique à celle d’aujourd’hui.
Deux conséquences fâcheuses ;
L’amour exclusif de la patrie conduit à trouver tout étranger suspect.
Nous nous figurons qu’un champ que nous clôturons est à nous.
Comme dirait ce bon La Fontaine : « Le premier occupant, est-ce une loi plus sage ? ».
Finalement ce sont des lieux communs qui nous font prendre au sérieux ce que le hasard et les circonstances ont fait ce que nous sommes.

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Nous, Liégeois, nous ne descendons pas plus des Eburons que le Grand Turc. Nous sommes sensibles à nos origines rêvées parce qu’il nous semble qu’elles justifient les lois qui nous donnent des droits là où les autres n’en ont pas, comme de jeter derrière les clôtures de Vottem, des gens qui n’ont pas nos origines ; d’aimer le bourgmestre Sébastien La Ruelle, parce qu’il a été assassiné par un suppôt du Prince Evêque, alors que nous ne négligeons jamais de rappeler aux autres notre esprit « principautaire », notre attachement à l’Ancien Régime et aux Princes-Evêques, quand bien même la plupart étaient Allemands et ne parlaient pas notre langue.
Nous prétendons que notre tête est près du bonnet, ce qui signifie que nous avons le sang chaud et que nous admirons nos révolutionnaires de 89 qui n’ont rien trouvé de mieux que de détruire la cathédrale Saint-Lambert, ce qui nous a valu deux siècles plus tard le plus gros scandale immobilier de toute l’histoire de la Ville et un marasme sans nom en son plein centre pendant 30 ans. Ce qui fait dire en 2004 que nos révolutionnaires étaient de fameux imbéciles.
Aujourd’hui que nous sommes tous convertis au capitalisme le plus militant, nous applaudissons au succès du fric sans voir que ce succès s’accompagne de désolations pire que celle d’Attila sous les sabots de son cheval. La majorité est modérée, c’est-à-dire que nous sommes modérément vivants ce qui empêche d’aider les autres. Enfin, le nez devant le mur de fond d’une impasse, nous croyons à l’avenir. C’est dire si nous avons rejoint dans la connerie nos « héros » de 89 et que notre foi à l’américanisation complète de notre société n’a pas perdu un poil de son intégrisme.
Cependant, comme Cyrano, moi vivant, je ne permettrai à aucun autre de dire ainsi du mal de ma ville, de ses mœurs et de ses habitants, empanaché d’indépendance et de franchise que je suis, avec un zest de « couillon » sur les bords.
C’est ainsi.

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Alors, cherchant à faire plaisir quand même à ceux que j’aime et que je vilipende tant, j’adresse tout particulièrement mes félicitations au maître d’œuvre qui a refait la vespasienne de la Cathédrale Saint-paul, un truc tout en acier chromé que les tarés du graffiti vont avoir bien du mal à souiller. J’adresse mes remerciements à Monsieur Firket pour les efforts que la Ville fait pour la propreté des rues. Sa tâche n’est pas des plus faciles.
Il me plaît aussi de reconnaître des vertus à la presse régionale et même nationale, qui est parfois dans mon collimateur de façon un peu trop insistante. Comme je le dis souvent à un ami, je ne suis pas journaliste, dès lors je suis moins sensible à la déontologie du métier.
Bien sûr, ceux qui font de la politique ne sont pas tous corrompus et n’ont pas que leur carrière comme objectif. Je leur adresse un satisfecit, même s’ils défendent des programmes dont on sait à l’avance le peu de progrès qui en découlera.
Et enfin, je salue notre bourgmestre, parce qu’il est sympa et que je l’aime bien.
Du coup, là, il faut que je me ressaisisse.
C’est tout à fait inhabituel. Je crains que mon amabilité soudaine ne soit suspectée d’un nouveau machiavélisme.
Eh bien ! non. C’est sincère.
Cette minute de bonté passée. Je reprendrai demain mon bulldozer pour la prochaine démolition. On ne se refait pas.
C’est promis.

26 février 2004

La P... respectueuse en Belgique !

Les Lois qui aboutissent aujourd’hui à limiter les moyens d’expression afin d’endiguer la montée d’un racisme et d’un antisémitisme sont elles bonnes ?
Car enfin même pavées de bonnes intentions, elles ne sont que des lois établissant une forme de censure. Or, l’Histoire nous le rappelle à chaque instant, la censure n’a jamais annoncé que des périodes noires de recul des libertés en faveur d’une dictature qui ne veut pas dire son nom.
Il est toujours fâcheux que le législateur s’en prenne à la conscience des citoyens les contraignant à dissimuler leurs pensées, par conséquent à les rendre aptes à l’hypocrisie.
Ne nous méprenons pas. La Loi contre le racisme et l’antisémitisme a été inspirée par le conflit israélo-palestinien, plutôt qu’à la façon dont on brocarderait les Noirs du bas d’Ixelles,
C’est que ce conflit pourrit littéralement la vie de ceux qui le vivent chez nous en partisans ou en adversaires des deux camps.
Je comprends bien qu’il ne faut pas attiser cette rivalité. La position du Belge coincé entre les deux n’est pas facile ; mais qu’on en arrive à suspecter la société belge de tomber dans le racisme est profondément immérité.
Sans doute le Législateur n’a-t-il pu résister aux pressions d’autres Etats européens où les communautés s’exacerbent. Il est clair qu’Israël a chez nous plus d’écoute et d’influence que son adversaire, ne serait-ce que dans les médias.
Des liens étroits nous unissent à la communautés juive implantée depuis longtemps. Cette longue cohabitation s’est traduite par le mélange des cultures et une intégration vieille de plusieurs siècles.
Si Dieudonné au lieu de brocarder l’intégrisme du rabbinat de droite, s’en était pris au népotisme des dirigeants palestiniens, dont Yasser Arafat, il n’y aurait pas eu un boycott de sa tournée.
Parfois, des sursauts de dignité et des remords salutaires saisissent les responsables.
Nous apprenons en dernière minute, que le spectacle supprimé de l’humoriste a réintégré le programme du Centre culturel de Seraing.
Voilà qui va réjouir tous les amoureux de la liberté d’expression. C’est tout à l’honneur des dirigeants de cette salle.
Faut-il éviter à l’avenir les sujets qui fâchent, c’est-à-dire finalement ne plus faire de l’humour aux dépens des religions, entre autres ?
Je soumets à votre appréciation un texte de Paul Léautaud tiré de son « Journal » de 1923, Tome IV, page 220 et suivantes, à l’occasion du cinquième anniversaire de la mort d’Apollinaire.
L’auteur brocarde la religion catholique qui semble à l’écart des remous actuels, de sorte que sa lecture ne met pas de l’huile sur le feu.

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Messe à Saint-Thomas d’Aquin, pourrait en être le titre.
« Je n’avais jamais vu de si près ce que c’est que de dire une messe. C’est à mourir de rire. J’avais pensé à me retenir. Le grotesque et la bêtise de la chose dépassent toute mesure.
Ce prêtre, qui tient en main un ciboire, qui l’élève, qui trace au-dessus, dans le vide, avec une main, des signes mystérieux, c’est absolument le prestidigitateur qui vous montre un chapeau, qui vous dit : « Voyez, Messieurs, Mesdames : il n’y a rien dedans », qui fait ensuite je ne sais quelle acrobatie de gestes, et vous remontrant le chapeau en tire une douzaine d’œufs. Il faut être doué d’une incurable et monumentale bêtise pour assister en crédule respectueux à une pareille singerie. Une petite troupe de fidèles, à figures spéciales, comme tous les « fidèles », sont ensuite venus s’agenouiller en demi-cercle devant la grille de la chapelle pour recevoir « le corps de notre seigneur ». Pendant cette opération, une sorte de bedeau officiant, accroupi au côté de l’autel, se mouchait, crachait dans un mouchoir, s’essuyait le nez, se grattait le crâne, spectacle ragoûtant au possible. S’étant ainsi réconfortés, les fidèles se sont relevés et ont regagné leur place, tous passant devant moi. Non ! La figure à la fois stupide et confite de ces gens ! Rien que cela vous dégoûterait de la religion. Un prêtre est venu ensuite s’agenouiller devant la grille et a prié pour les morts, avec une vraie figure de l’emploi. Je jure bien que je ne veux pas de ces bouffonneries pour moi quand je quitterai ce monde…
« Une femme s’approche de l’autel, tenant un petit enfant dans ses bras. Au moment où le prêtre lui présente l’hostie, l’enfant étend le bras pour la saisir : « Caca ! » lui dit le prêtre pour l’arrêter. C’est merveilleux. A la fois drôle et à la fois satirique touchant cette merveilleuse religion. »

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Je vois d’ici le tollé que ferait la publication d’un texte comme celui-là en ces jours de février 2004 de haute folie mystique. Quelqu’un qui s’essaierait sur les mœurs des habitués d’une mosquée, ou pire d’une synagogue sentirait combien nous glissons vers des temps où il ne fait pas bon mettre le nez hors de chez Bouvard ou de chez Ruquier, sans un solide alibi.
On peut se moquer de tout à condition de ne se moquer que des cocus, comme a dit le professeur Choron.

25 février 2004

Les Liégeois ne méritaient pas ça...

D’abord l’année Simenon. Ah ! on l’a voulu notre grand homme… né avec le siècle passé et mort avec les Hadley Chase, Gaston Leroux et autres Agatha Christie, dans les années trente…
Mais bon ! une célébrité locale, même qui a foutu le camp à dix-huit ans pour plus jamais y habiter, dans sa cité ardente, c’est toujours bon à prendre.
Passons sur les parties académiques, nulles à chier comme d’habitude et cette pièce de théâtre innommable à la gloire du « Flaubert » de la rue Léopold, pour finir sur le banc « en face de sa maison » et attendre les événements suivants.
Après l’année Simenon, voici l’année bicyclette… Oui, oui.

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Les engouements, ne manquent pas. On espère que l’événement sportif va attirer du monde et gonfler les recettes…
Là, c’est moins sûr, côté oseille. Il a fallu douiller sec pour que Leblanc et son organisation refassent un Liège – Charleroi plus glorieux que ce qu’on voit chaque année.
Manque de pot, on recommence à s’agiter autour du peloton. Il n’est pas dit qu’on retouchera la mise.
« Tous drogués » murmure-t-on dans les rédactions sportives sans l’oser vraiment écrire.
Et ce n’est pas le médecin fédéral du cyclisme, Armand Mégret, qui dira le contraire.
La mort récente et mystérieuse de Marco Pantani ne serait pas de nature à lever les soupçons.
La nouvelle recrudescence de la poudre de perlimpinpin inquiète assez la FFC pour qu’elle affiche son pessimisme à « l’insu de son plein gré », selon la formule consacrée par Virenque.
Certains chuchotent que dans de telles conditions, il conviendrait d’annuler purement et simplement la grande boucle.
Et c’est cette année à haut risque que Liège choisit pour faire l’amour à sa petite reine !...
Dans les « fines » embrouilles, il y a mieux que l’EPO, c’est se faire transfuser son propre sang, préalablement prélevé dans des périodes de repos.

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Cette pratique serait détectable si elle entrait dans les examens plus poussés de lutte contre le dopage. Ce n’est pas le cas.
En l’état actuel, les examens sont trop coûteux, estiment le ministère de la Santé en France.
On a encore en mémoire l’affaire Cofidis et les déclarations de Gaumont, membre de l’équipe qui affirmait aux enquêteurs que 90 % du peloton n’était peut-être pas clair.
En plus de la gonflette sanguine, l’abus des corticoïdes pourrait conduire à des insuffisances surrénaliennes graves.
Bref, ce problème qu’on croyait régler est plus que jamais d’actualité.
Prenons garde que sur la ligne de départ, lorsqu’ils se seront élancés, qu’un de nos modestes balayeurs ne se blessent sur les seringues abandonnées par les soigneurs.
D’ici là, attendons-nous à un déferlement d’enthousiasme de nos chroniqueurs régionaux. Passer de l’année Simenon à l’année Tour de France, ça va pisser de la copie…
Faudra trouver pour l’année 2005 d’autres événements porteurs !
Si on transplantait le clone de Simenon dans l’utérus d’une volontaire dont on aurait vérifié qu’elle était bien liégeoise depuis au moins 5 générations ?
Cette idée vaut ce qu’elle vaut. Le parrain serait naturellement le directeur du tour, Leblanc, lui-même.
Bref, je fais confiance à l’esprit inventif de mes concitoyens qui sont parfois appelés les Marseillais du Nord.
Je propose à mes amis si actifs du « Plat du jour » de lancer un concours de la meilleure idée pour la relance des activités en 2005 à Liège.
Sauvons la Ville de la médiocrité. Montrons qu’au point de vue culturel, Liège est égale à Mons !
Encore un mot sur la déperdition des forces vives liégeoises malgré les efforts de l’année Sim et du Tour duquel a été exclu la réclame du shampoing DOP, on comprend pourquoi.
En effet, on n’entend plus parler de notre ex-remuant ministre Dardenne. Je suis en mesure de vous signaler sa reconversion par cette publicité que de nombreux Liégeois ont reçue dans leurs boîtes à lettres cette semaine.

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24 février 2004

Le procès... Kafka ? Non... Dutroux !

Dans quelques jours commencera le procès Dutroux.
C’est faire beaucoup d’honneur à ce repoussant criminel que de lui avoir permis une vie carcérale privilégiée, lui octroyant ipso facto des moyens que beaucoup de détenus en préventive n’ont pas, à commencer par celui d’avoir une cellule à lui seul.
Parmi les suivants, retenons la valse des avocats et la diffusion de leurs moindres déclarations.
On a même prévu lors du procès une équipe médicale, dans l’alternative où Dutroux aurait des vapeurs.
Un coin spécial de la prison d’Arlon sera réservé à Michelle Martin, sa pudeur ne pouvant souffrir une cohabitation autrement que lointaine avec les prisonniers mâles du coin.
Ne trouvant pas un grand couturier, les accusés ne seront pas cagoulés dans leur transfert vraisemblablement en Mercedes.
Un coordinateur de la police fédérale a été chargé de régler les mouvements de cet intéressant casting comme un régisseur de théâtre le ferait pour Casse-Noisette.
La Ministre de la Justice, Laurette Onkelinx, vient de mettre un comble à cette publicité douteuse en donnant les chiffres de ce que ce procès coûterait aux citoyens. En incluant la rénovation des locaux de la justice d’Arlon, nous en avons pour 4,66 millions d’euros !
A l’heure où nos polices crient misère, où des locaux de justice sont partout dans un état lamentable, où des milliers de dossiers sont en attente, faire briller les cuivres dans un bâtiment neuf paraissait au-dessus de nos moyens. Pourtant, c’est ce qu’on a décidé pour nous.
Les 1.340 journalistes attendus et l’effet que ce procès aura partout dans le monde ont touché la suffisance et l’amour propre de ce gouvernement au point qu’il espère que la bonne image du déroulement de l’événement retombera en pluie bénéfique sur lui.
Madame Onkelinx a bien entendu déclaré que ce procès n’était ni un cirque, ni un show, alors qu’elle en assurait le levé de rideau. La vedette américaine était cet après-midi-là en pantalon de soie, style « gars de la marine », large écharpe rose fuchsia, manucurée et coiffée par un artiste capillaire ne travaillant que sur devis.
Le clap était assuré par le personnel très tendance de la production. Les rushs étaient visionnés par le nouveau Fellini montois.
C’est extraordinaire jusqu’où va se nicher la prétention dans ce pays !
Se servir de ce violeur pour améliorer son glamour et son rayonnement in the world, on aura tout vu !
Mais, il aurait fallu ne pas dépenser un euro de plus que pour les autres procès d’Assises ! Astreindre Dutroux au régime général, aussi dur et infect soit-il. Le coller dans une tôle où son air avenant et sa moustache auraient été de nature à lui faire sentir le poids d’autres dangerosités que la sienne et combien il est difficile de protéger ses arrières dans un cul de basse fosse ordinaire, surtout à la douche collective où ramasser une savonnette met le criminel le plus endurci à rude épreuve.
Et cela n’aurait pas été d’une rigueur particulière, au contraire, Dutroux aurait été sur un strict pied d’égalité avec tout le monde, comme l’auraient souhaité les parents des victimes et comme ne semble pas l’avoir vu l’évanescente Laurette dans son rôle de Ministre de la justice, en concurrence avec Sandrine Bonnaire, médecin urgentiste, dans le feuilleton.
Enfin, un rapport exécrable à la lumière des événements, entre les matons et les détenus - non pas que le personnel soit de nature perverse, mais parce que le sort qui lui est imparti est aussi peu enviable que celui des détenus - aurait permis à l’opinion de toucher à la triste réalité des rapports humains en milieu carcéral.
Des dizaines de pays auraient été sensibilisés au problème des prisons en Belgique, une situation lamentable et qui empire d’année en année.
Nous n’aurons pas ces moments de vérité.

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Le show ravira les télés et les radios du monde entier. On se récriera partout qu’il fait bon vivre en Belgique, même en prison.
On se félicitera que le monstre soit si photogénique.
On ne lésinera pas sur les photos des parents des victimes.
Les deux survivantes de ce drame seront courtisées par l’ensemble de la presse internationale. Il leur sera proposé de l’argent pour des interviews exclusives que nos concitoyens réprouveront avec vigueur pour s’aller précipiter le lendemain sur les journaux spécialisés.
Et si ces jeunes filles le font, je ne pourrais pas leur donner tort. Tant qu’à faire, puisque leur histoire va faire le tour du monde de toute façon, elles auraient raison de se situer au même niveau que Mis Justice Laurette et passer au tiroir-caisse comme à peu près tout le monde dans le show, à l’exception des victimes.
Dutroux, lui-même, mégalomane et égocentrique, se prendra pour une star. Ses avocats se chargeront de lui procurer les journaux de la planète qui lui concéderont le titre de monstre le plus repoussant en exclusivité, ce qui flattera son amour propre ; tandis que dans la prison d’Arlon les trois ou quatre assassins patentés regretteront que leurs crimes n’aient pas été suffisamment horribles pour atteindre à la notoriété.
Un grand moment sera celui de l’audition de la mère de ce délinquant tout azimut. La pauvre femme sera traînée une dernière fois dans la boue par ce fils dénaturé. Les ménagères de plus de cinquante ans verseront quelques larmes devant leurs petits écrans par solidarité pour cette maman outragée.
Nihoul sera égal à lui-même, énigmatique et souriant, niant tout en bloc. Confit dans une graisse de chanoine et jouant de la béquille pour apitoyer l’assistance, il renouera avec la foule et en secret rédigera son journal de bord que lui réclameront des éditeurs.
L’autre complice, Lelièvre, dans son indifférence aux malheurs des honnêtes gens qu’il aura tués ou salis, sourira comme tout personnage qui sait y faire. Peut-être sera-t-il défendu par un Maître qui jouera sur son air buté et imbécile pour apitoyer le jury via sa débilité mentale.
L’accusation n’aura rien trouvé que l’on ne sache déjà. Les coins obscurs de l’enquête, les négligences et les oublis resteront en l’état. Les sommes coquettes sur les comptes du tueur d’enfants et ses multiples ordonnances de calmant et de neuroleptique resteront inexpliqués.
Les étrangers qui couvriront l’événement, n’y comprendront rien et écriront n’importe quoi.
Ainsi, Madame Laurette Onkelinx et les autres membres de ce gouvernement pourront à la fois réprouver cet engouement pour la crapule et, secrètement, s’en trouver médiatiquement satisfaits.
Si l’affaire se déroule bien, Dutroux condamné à perpétuité, on ira aux élections le bagage mince, mais cela passera inaperçu.
L’individu et ses complices commenceront à purger leur peine, avec l’espoir pour Martin – qui se sera posée en victime à son tour – de sortir fin de la décennie, en quête d’un nouveau suborneur, capable de lui redonner les sensations du Dracula des patinoires.
Son métier d’institutrice qu’elle ne pourrait plus exercer même au Gabon, sera avantageusement remplacé par un des nombreux petits boulots qu’on apprend en prison.
Quant à l’oscarisé du crime, l’Attila de la jeunesse, avec une bonne conduite et les remises de peine, il pourrait, à moins de soixante ans, se refaire une santé dans la petite délinquance en attendant de rentrer au musée Grévin entre Landru et Gaston Dominici ou tourner un remake du « silence des agneaux ».
Reste que nous porterons avec les ratages de la justice, le manque d’intelligence de la police, le lourd remord d’avoir mal rempli notre devoir de citoyen quand les Lejeune et les Russo remuaient ciel et terre, bien avant la marche blanche, qu’au lieu de compter les coups nous aurions dû les aider en commençant par botter le cul des Autorités traîneuses de savates, engoncées dans une insuffisance coupable. Peut-être que les deux petites seraient encore en vie…
Honte à nous.
In aqua scribere…

23 février 2004

Tournage à Liège...

- Tu prends le Luger qu’est sur la table… tu t’avances vers Cynthia…
- Qué Luger ?
- Celui qu’est sur la table !
- Je vois rien. Y a même pas de table.
- On répète. Tu fais comme si… tu t’avances vers Cynthia…
- Qué Cynthia ? Ta sœur… c’est pas Cynthia… c’est Lulu.
- C’est pour répéter que je te dis…
- Bon et alors…
- Tu la menaces de ton arme et tu l’obliges à te faire une pipe.
- Non ! T’es sûr que c’est un film pour tout public qu’on fait ?
- Puisque je te dis…
- Et le texte ?
- Tu fais semblant. T’improvises… Si t’es trop con pour improviser, tu fais comme dans les scènes où les figurants ont l’air de se parler et qu’ils parlent yaourt ou pas du tout.
- Alors, tu vois, mon Luger ? Bon. Fais-moi une pipe où je tire…
- T’as compris. Seulement tu mets pas assez d’expression… de désir…
- De désir ? T’as vu ta sœur ?
- Et puis t’as lutté contre les gardes du corps pour arriver là. Tu as le falzar en loques… Défais ta braguette… Prends l’air à la fois décidé, hagard et lubrique…
- J’ai mon feu, Lulu… Cynthia… mon pétard à la main… Alors, tu vas te décider, où je tire ? Tu me la fais la pipe où je tire…
- Tu pourrais pas ramasser le Luger qu’on croit que c’est un Luger qu’est posé sur une table en chêne ! Tu donnes pas assez de consistance aux objets. On les imagine pas.
- Aha ! T’as vus ma salope, le pétard, modèle 48, qu’a encore toutes ses balles. T’en auras une dans le buffet si tu ne me fais pas une pipe !
- Parfait. C’est comme ça qu’on va la tourner.
- Hé ! Qu’est-ce qu’elle fait ?
- La pipe…

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- Je croyais qu’on répétait et que c’était pour faire semblant…
- C’est toi l’acteur, non ? Toi, tu fais semblant. Ma sœur… elle n’est pas comédienne…
- Attends… C’est la scène qu’on doit montrer à Monfils pour avoir des subsides ?
- Ouais. Faut bien l’avoir en tête, hein ! pas flancher à la dernière minute…
- D’accord. Mais ne me fais plu répéter avec Lulu…
- Pourquoi ?
- Parce qu’elle me fait perdre mes moyens… Alors, tu penses, avec Cynthia, je serai pas à la hauteur…
- T’occupes. T’es à deux pour le coup. Quand Cynthia se voit menacée, elle fait un écart et ton Luger tombe par terre. Alors, ton complice s’en saisit et c’est lui qui menace Cynthia que si elle lui fait pas une pipe, ses jours sont en danger.
- Et alors ?
- Elle la lui fait, banane !
- Et c’est qui mon complice ?
- C’est moi, j’interprète le truand bien balancé, le beau mec… sûr de lui…
- Alors, pourquoi elle a pas fait l’écart Lulu, pour que mon Luger tombe par terre ?
- Parce qu’elle est pas comédienne, je te dis… et puis…
- Et puis ?
- C’est ma sœur, non ?

22 février 2004

Le cadavre, fi ?... Il est indemnisé !

La morale des Etats n’a rien à foutre de la morale des citoyens.
Exemple : la Libye.
Voilà un Etat au banc de la société, boudé par les Nations Unies, convaincu d’entretenir des terroristes à coup de pétrodollars, responsable d’attentats dont deux au moins prouvés dans l’aviation civile.
Le Colonel Kadhafi est un dictateur qui ne s’embarrasse pas d’éliminer ses opposants avec sa redoutable police politique. Les photos du raïs dans les rues de Tripoli font furieusement penser à celles aujourd’hui arrachées de l’autre guignol de Bagdad.
Et voilà que sentant le vent, le renard du désert déserte sa tente, se rue sur son bel uniforme blanc, épingle les innombrables médailles qu’il s’est offertes et déclare la main sur le cœur qu’il n’est plus le terroriste infâme que naguère des avions US ont cherché à éliminer, mais un citoyen du monde, admiratif des démocraties et des Nations Unies.
Il dédommage à coup de millions de dollars des gens dont les parents ont été ses victimes, sur le temps qu’il livre sans vergogne ses anciens sicaires en victimes expiatrices.
Ah ! la belle âme…
Puis, il promet que son arsenal nucléaire ne saurait plus être que civil. Et il frappe à la porte de Koffi Annam pour être réintégré dans le concert des Nations « démocratiques ».
Sans plus attendre, sans inspection, sans mettre en doute quelqu’un qui a passé sa vie à rouler les autres, nos diplomates se ruent à Tripoli avec dans leurs valises des projets et des coopérations pour l’avenir.

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En tête des sprinters, notre bon La Fontaine des affaires étrangères en personne. Pour tenir des discours moraux, comme il en a l’habitude avec nous ? Non. Pour ouvrir la voie à la FEB et à quelques juteux contrats.
Pourtant la déliquescence organisée en Libye a été et est peut-être toujours plus grande que chez son cousin Saddam.
Alors ? Deux poids, deux mesures ou plutôt désastre de la politique de Bush contre les Etats voyous dont la Libye est un des plus beaux fleurons ou realpolitik du tiroir-caisse ?
Peu importe. Le feu vert américain est donné et c’est la course qui commence.
Si ça se trouve sous les sables blancs du désert, le sémillant colonel a peut-être engrangé de quoi noyer le reste du monde dans des épidémies, à côté de quoi le modeste bidon de mort aux rats découvert dans un palais de l’ex numéro 1 irakien paraît bien dérisoire.
Décidément, la politique étrangère de la Belgique échappe encore plus au contrôle des citoyens que tout le reste.
Il ne nous reste plus qu’à souhaiter que Loulou-la-Formule trouve des mots qui nous convainquent que nos peurs sont injustifiées. Je me demande dans quelle fable, il va les trouver. Pourvu que ce ne soit pas dans Le Loup et l’Agneau.
On a peut-être eu tort d’envoyer Michel jouer Orgon chez Tartuffe. Nous avons Ducarme et Fourneaux pour alterner l’emploi de Sganarelle.
On les voit d’ici, ces amoureux de l’argent dire à l’ultime réplique :
« Mes gages !... »
…des fois que Kadhafi épongerait leurs dettes au Trésor public…

21 février 2004

Jacques Ségala, qu’as-tu fait de nous ?


On le voit bien chaque dimanche, dès que le plateau de la télévision rassemble des hommes et des femmes connus de la politique, une guerre s’installe, les hommes couvrant les voix des femmes, avant de s’engueuler entre eux.
L’autre dimanche, c’était Duquesne qui défendait Ducarme, suite à la révélation de la dette de l’ex ministre président de l’entité bruxelloise aux Recettes des Contributions.
Dès qu’on touchait ce sujet sensible, Duquesne coupait de sa voix de choriste tout qui avait l’outrecuidance de critiquer son compère.
Ramené à plus de fair-play par le présentateur, son silence passait alors pour la mauvaise conscience du beau parleur.
C’était à la fois grotesque et pathétique.
Si la poésie, c’est le temps durant lequel un homme oublie qu’il va mourir, la politique, c’est le temps durant lequel un homme oublie qu’il n’a pas toujours raison.
Ce débat prenait soudain l’allure d’un affrontement électoral où chacun a en tête de ne pas perdre la face.
Si les Représentants du peuple reflètent leur électorat, bon sang ! comme l’électorat libéral est vulgaire, entaché de l’instinct le plus bas et des motivations les plus sordides.
Ce n’était pas tant le visage cadré par la caméra qui était intéressant, mais les expressions tour à tour indignées ou goguenardes des autres.
Décidément, la représentation théâtrale qui est toujours de mise en politique n’a pas suivi l’évolution d’un jeu davantage centré sur la sincérité de nos acteurs modernes. Duquesne jouait comme Mounet Sully en 1900. Un bon point cependant pour les dames, l’espoir viendra d’elles que l’on débatte un jour autrement.
Le souvenir d’une lettre de Flaubert à Louise Colet me vint à l’esprit : « De toute la politique, il n’y a qu’une chose que je comprenne, c’est l’émeute. Fataliste comme un Turc, je crois que tout ce que nous pouvons faire pour le progrès de l’humanité ou rien, c’est la même chose. »
Et puis le débat m’échappa.

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Duquesne n’aurait pas dû défendre l’indéfendable. Il était là, parce qu’il avait jugé qu’à quatre mois des élections, c’est toujours bon de montrer sa binette.
C’est une erreur.
Si j’avais eu la moindre velléité de voter libéral avant l’émission. J’aurais perdu au fil des minutes l’envie de pousser un bulletin MR dans la boîte à mirages.
La société ne vaut que par la qualité moyenne des médiocres qui la composent. S’en soustraire, devient une question essentielle.
Vraiment, comme l’a écrit Horkheimer il y a plus d’un demi siècle, les idées sont devenues, des réclames… ce n’est plus l’esprit qui souffle, mais la publicité.
Jacques Ségala, qu’as-tu fait de nous ?

20 février 2004

Le manque de sang-froid des centres culturels d’Uccle et de Seraing.

Dieudonné depuis son sketch chez Fogiel, malgré ses mises au point, ses déclarations et ses regrets pour quelques gestes malheureux et des termes un peu vifs est vraiment la cible de milieux secrets et influents qui intimident les loueurs de salle et les centre culturels. Au point que certains ne veulent plus honorer les contrats d’engagement qui les lient à l’humoriste.
En Belgique, c’est le cas du centre culturel d’Uccle et du centre culturel de Seraing.
Le motif est identique : lettres de menaces, injures, promesses de mettre la salle à sac, de s’en prendre au personnel, etc… ont eu raison du courage de l’Administration.
Et ça marche !
Les jeunes de ces centres savent à présent que dans certains cas, c’est toujours la force et le militantisme extrême qui triomphent. Tout compte fait, de tous ceux qui accusent Dieudonné d’antisémitisme aucun ne dénonce les menaces dont lui et les loueurs de salle ont été victimes. A croire que même s’ils ne sont pas au courant de cette nouvelle forme de censure, cela ne les dérange pas trop, au contraire, qu’on puisse les imaginer complices de ce terrorisme intellectuel…
Sur RTL ce jeudi, le bavard de service a parlé longuement de la réunion de Bruxelles sur l’antisémitisme sous la présidence de Romano Prodi, puis a mis en scène le refus des deux centres culturels de recevoir Dieudonné. Il y avait comme une sorte de maladresse volontaire à rapprocher les deux événements. En tout cas, cette juxtaposition n’était pas fortuite. Dans l’audiovisuel on fait plus de cas d’une boutade mal interprétée d’un humoriste que des menaces d’énergumènes qui prouvent d’une bien mauvaise manière qu’ils luttent contre l’antisémitisme.
Quant aux « courageux » responsables des endroits désormais fermés à l’humoriste, on se demande comment ils peuvent encore parler de liberté d’expression auprès des jeunes qui fréquentent ces sortes d’établissement quand la censure y est si facile dès lors qu’on y montre le poing.
On aurait aimé moins de couardise et plus de sang-froid. La police locale n’est-elle pas, en principe, requise pour maintenir l’ordre ?
Ainsi, on aurait vu qui était là pour la troubler ?
Mais, peut-être, ne veut-on pas le savoir ?

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Il conviendrait que tous les permanents de maisons de jeunes et de centres culturels lisent « Le traité sur la tolérance à propos de l’affaire Calas » de Voltaire et interpellent les responsables à Uccle et à Seraing de la décision d’interdire Dieudonné de spectacle.
On aurait alors une meilleure idée des perversions qu’entraînent les excès de certains supporters d’Israël qui confondent politique et racisme, amalgamant à leur profit ceux qui critiquent Ariel Sharon et le racisme imbécile et meurtrier des nostalgiques d’Adolphe, essayant ainsi d’entraîner l’opinion européenne à cautionner la politique des bellicistes de Tel-Aviv.

19 février 2004

Un métier d’avenir : profileur d’élus.

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Nous sommes une jeune entreprise qui avons décidé de vous aider.
Nous savons que vous traversez des moments difficiles et qu’il est important pour vous que vous soyez réélus.
Votre budget familial ne saurait supporter un manque à gagner.
Nous mettons à votre disposition notre savoir faire.
Outre nos brochures de sensibilités différentes et d’orientations politiques variées, nous avons un personnel éducatif de premier plan, des gens de théâtre et de diction, des organisateurs de soirées électorales et même des sportifs de haut niveau pour attirer les foules.
Les élections dans quelques mois, vous les gagnerez grâce à

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Centre international des convictions sincères et des ralliements inespérés. Nombreuses références.

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Daisy est notre capitaine des Pom-Pom Girls. Son entrain et sa bonne humeur chauffe les salles les plus hostiles. Fanfares et sono d’applaudissements en supplément.

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Yèyette spécialiste de la contradiction douce. Recommandée avec supplément pour l’impro. Intervient à votre signal et apporte la contradiction dans la salle en se tenant strictement à vos textes. (Majoration de 10% au-dessus de dix lignes)

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Ambiance de stade avec un personnel souriant. Le futur réélu peut se faire photographier dans le stade de son choix. Supplément pour tee-shirts à votre effigie

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Tout travail administratif suivant le barème syndical.

Et enfin, comme vous pouvez le voir ci-dessous, nous organiserons vos soirées après le succès électoral dans des maisons de la culture avec nos hôtesses d’accueil, sélectionnées parmi les plus grandes écoles de danse, sous la responsabilité de nos danseurs Igor Bourlagamine et Tatiana Soixanteneufova.

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Tribune, ballonnets, drapeaux, chaises, serpentins, estrades et praticables sont gratuits, à charge pour vous de mettre à notre disposition des militants de base bénévoles pour le transport.
Acompte de 25 % et solde le jour précédent l’élection. Les réjouissances après triomphe seront facturées à la première rémunération du client sur facture séparée.

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18 février 2004

Un docteur Folamour pakistanais.

Abdul Qadeer Khan, c’est son nom, est un ponte pakistanais qui ne se prend pas pour le cousin de n’importe qui à Islamabad. Pourtant, dans un sens qui n’a rien à voir avec les pouilleux, c’est un intouchable.
Père de la bombe atomique pakistanaise, il vient de confesser publiquement qu’il a vendu des secrets de fabrication de la chose à des pays comme l’Iran, la Corée du Nord et la Libye.
De quoi faire sauter la planète !
Tout ça dit d’une façon sereine, avec des excuses et des regrets.
Le comble, c’est que ce type est libre, toujours honoré, à tel point qu’il a choisi de faire son acte de contrition à la télévision du coin et avec la bénédiction du général Pervez Moucharraf, chef de l’Etat.
Même les Amerloques, pourtant si traumatisés depuis un certain 11 septembre, ne se font pas de souci sur l’honorabilité du Khan. L’égarement était passager… Et tandis qu’ils cherchent toujours un bidon suspect en Irak de ce gêneur de Saddam Hussein, ils ont déclaré que le sort du savant relevait d’une affaire intérieure du Pakistan.
On voit d’ici un assassin ordinaire demander pardon pour son geste « malheureux » et suite à son bon fond et ses remords, reprendre son couteau de cuisine afin de poursuivre ses activités.
Abdul rappelle Alain Juppé, lui qui est acclamé par la foule pour avoir escroqué le peuple français au profit de son parti. Sauf que l’Abdul a fait plus fort encore puisque ses activités criminelles seraient de nature à faire des millions de morts.
Les gens du dessus, comme dirait Raffarin, ont quand même plus de facilités que les autres !
Alors, soyons sérieux, qui oserait prétendre que les individus sont égaux en droit ?

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17 février 2004

Le complexe de l’isoloir.

Les plus fameux champions de la démocratie tomberaient de haut si, comme en Suisse, afin de donner plus de pouvoir au peuple, on sacrifiait au référendum d’initiative populaire.
Il n’est pas sûr que la Belgique y tiendrait le coup, tant sur certains points les Wallons et les Flamands, sont en complet désaccord. Par contre, sur certains autres, ils s’arrangeraient très bien. Tout naturellement, par exemple sur le vote des étrangers, il y aurait consensus. Ce n’est pas pour rien qu’on a voté des lois contre le racisme.
En écrivant cela, je ne prends pas position. Je constate. Car, je suis naturellement pour le vote des étrangers, si vous voulez tout savoir.
Allez parler de cela aux vieux Wallons et en général à la population purement autochtone pour voir ce qu’ils en pensent. Et vous aurez compris.
Quand bien même on trouverait une formule comme par exemple, pour qu’une majorité référendaire soit d’application, il faudrait qu’elle ait la majorité dans les deux communautés, sur certains points et notamment linguistique, ce serait immédiatement l’implosion du pays.
Et pourtant le référendum d’initiative populaire est un acte essentiellement démocratique.
Ne conviendrait-il de laisser s’exprimer l’électeur de temps à autre, en-dehors du blanc-seing qu’il donne à des mandataires en jetant son bulletin de vote dans l’urne ?
D’autant que ses mandataires excipent souvent des complexités du travail de gestion pour refuser le dialogue avec lui.
Ce préambule pour en arriver à la conclusion que sous des dehors de parfaits démocrates, nos représentants ne sauraient l’être. Ils ne nous représentent pas. Ils représentent une apparence convenue et convenable d’une certaine manière de vivre ensemble.
Vous voyez ça d’ici une majorité qui trouverait que c’est un peu raide de payer le plus gros des taxes sous une forme indirecte et qui réclamerait un basculement du système, à savoir + d’impositions directes et moins ou pas du tout de prélèvement sur les produits de première nécessité, voire de luxe – comme l’eau minérale taxée à 21 % ?
Qu’arriverait-il si un référendum d’initiative populaire vous posait la question : « Voulez-vous payer moins de taxes indirectes et plus d’impositions directes, à partir d’un revenu à déterminer qui serait au moins le double d’un salaire moyen ? ».
Je vois d’ici la gueule des parlementaires, des cadres syndicaux et tous ceux qui font profession d’altruisme !
S’il échoyait au gouvernement « démocrate » de se plier à la volonté populaire, il se réfugierait certainement derrière les Lois européennes, assez bien faites pour faire durer le système dans sa forme actuelle, partout où le drapeau bleu étoilé flotte sur la marmite.

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La tragédie aujourd’hui, c’est de faire une politique qu’il est impossible d’accorder avec sa conscience.
Nos gouvernements nous dirigent selon une approximation utopique entre le bien et le mal en usant de mots comme « démocratie, liberté, libre concurrence » dont ils dénaturent le sens pour nous les faire accepter.
L’ordre social dont ils se réclament ne vient pas de la nature. Il est fondé sur des conventions.
Le hic c’est que ces conventions n’évoluent pas selon les aspirations populaires, mais selon celles du commerce et des raisons d’Etat que la raison ignore.
L’exercice du pouvoir se heurte en Belgique à des impératifs qui excluent une réelle démocratie.
Nous vivons donc, malgré les mots, dans un système autoritaire modéré, vaguement équilibré dans l’arbitraire.
C’est quelque chose d’intermédiaire entre l’utopie de Platon et le régime de Saddam Hussein.
Derrière les discours libéraux du MR et les rodomontades faussement populaires du PS, se détache en filigrane l’impossibilité d’être logique jusqu’au bout, d’où cette vision du possible si déplaisante dans sa forme habituelle.
Cela nous empêche de rêver à un monde meilleur et nous conduit à croire et à voter pour des gens dont la préoccupation est de durer et d’établir leurs héritiers dans la seule branche d’activité qu’ils connaissent. Leur politique a besoin de la pérennité du système.
Dans le futur, il y aura de plus en plus de votants au centre, parce que c’est le centre qui apparaît le plus propice à une stabilité des antagonismes, c’est-à-dire à une reconduction du malheur dans sa forme présente. Tous les partis souhaitent y figurer et en font la propagande.
Ça fonctionne très bien. Voyez les progrès du MR basés sur une sagesse supposée, une « mesure » dont on trouve l’essentiel dans les discours de Louis Michel. Quoique l’affaire Ducarme pourrait changer la donne ?
Jusqu’au jour où l’on s’apercevra que le « progrès » tel qu’on nous le présente crée beaucoup plus de misère qu’autre chose ; qu’il est fragile et en délicatesse avec l’humanisme; et surtout qu’il est à la merci de décisions internationales incontrôlables.
Alors ? Société fragile ? Certes. Mensongère ? Evidemment.
Ni vous ni moi n’y changerons rien.
Cette impuissance du plus grand nombre accable tous les peuples.
Y trouvera-t-on remède un jour ?

16 février 2004

C’est La Bruyère qui en ferait une gueule !

« Les caractères »… c’est un morceau. « Se faire valoir par des choses qui ne dépendent point des autres, mais de soi seul… » pas que sous Louis le Soleil que c’est le high-tech de la morale… Déjà, bien avant, les Anciens avaient tout compris.... Aristophane pas que sensible aux oiseaux !
Résultat, février 2004, deux mille cinq cents ans après Platon-Aristote, trois cent cinquante après La Bruyère… on n’est nulle part.
C’est décourageant.
Le comble depuis qu’on a réinventé la démocratie façon star Ac, les habiles en faire-valoir ont pris une de ces dimensions !...
C’est la grande gueule qui triomphe, qui a toujours raison… qu’on lui fera jamais dire qu’il a tort, même en chipotant sur le terme.
Et pour arriver à quoi ? D’après l’Agence Borgnolle qui place plein berzingue ses créature du grand contrat social : « au plus grand progrès jamais réalisé ».
Dans une période où on ne s’est jamais tant étripé, où t’es un génie via ton compte en banque, un orateur en fonction de ton papa qu’est quelque chose au MR, quand tu as baisé tes actionnaires, montré ta belle gueule à la télévision… que les rois de la banqueroute planifiée t’ont mis le pied à l’étrier… on peut dire qu’on ne manque pas d’air.
Qu’est-ce que c’est pour des rigolos qui montent sur des estrades pour s’autosatisfaire de leur politique ?
Merde… C’est quoi ce truc ?
Des 200.000 à l’arrachage futur aux chardons sur les hauteurs de Seraing, aux sacrifiés nécessaires grâce auxquels l’expansion économique est assurée pour un siècle, c’est fou comme on s’écarte « des caractères » de leur rigueur, de leur sérieux.
C’est devenu tellement honteux d’être pauvre qu’on fait comme les oiseaux, on se cache pour mourir. On s’écarte exprès de la statistique. On fait plaisir une dernière fois aux phares de la démocratie moderne éclairant le monde en foutant le camp sur la pointe des pieds, alors qu’il faudrait qu’on leur pète dans la gueule à ces malveillants déguisés en bons samaritains, et pas n’importe où, dans un débat RTBf un dimanche matin, devant les familles sortant de messe!
Y aurait de quoi… prends la dernière mouture anti-chômeur que les syndicats s’apprêtent à signer, amendé certes, mais dégueulasse quand même, débat midi, RTBf… l’argument suprême : « C’est pas beaucoup ce qu’on leur demande », de la part de ceux à qui on ne demande jamais rien, c’est gonflé ! Après ça, i’ n’ont plus qu’à la fermer… et les autres à ouvrir une bouche où il manque trois dents – ça fait plus couleur locale – pour remercier des suspicions nouvelles, des contrôles, des amabilités supplémentaires des guichetiers fascistes.
A force d’y réfléchir, je suis devenu vicieux. Ça ne m’intéresse plus de rouler en Rolls-Royce, de baiser Sharon Stones et de faire le tour du monde dans mon jet privé, si ceux qui le font aujourd’hui continuent de le faire.
C’est clair, non ?
Tu prends ça comme une déclaration de guerre, si tu veux.
T’as compris tu peux te l’accrocher où je pense. C’est même plus ton système que je veux, c’est toi l’adorateur – comme dirait Bush – mort ou vif….

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Même les femmes s’y mettent, le sourire carnassier, la tête légèrement vers l’avant, comme pour faire une pipe au micro… genre Marie-Thérèse de l’Enfant Jésus, mouillées à l’extases… pénétrées par dieu… que ma joie demeure !... L’écharpe-foulard étudiée pour que la courbe sous le menton atténue un peu le prognate fer de pioche du profil.
Les femmes n’ont plus la retenue du beau sexe en politique. Toutes ardentes… c’est éreintant d’être féministe avec les « cas » qu’on nous présente… sauf Evelyne Huytebroeck, mon idole, à qui je pardonne tout, même de s’être fourrée dans le club.
Les autres… et on s’étonne encore que les hommes bandent plus ! Laurette, vice-première et les petites nouvelles, tout de suite en piste... glamour à l’alambic des Borgia. On s’attend à les voir pisser debout contre un arbre de Val-Duchesse, comme leurs homologues à braguette, même si elles empestent le flacon Saint-Laurent à 200 euros !
Y a plus de sexe, nom de Dieu ! en politique… toutes des mecs… La Bruyère aurait dû voir ça, pour se déballonner d’un ultime chapitre : « Quand la politique saisit la femme… » des pages admirables qu’on a loupées… faudra s’y faire.
Où ça devient grandiose, c’est à l’heure des comptes. Quand il faut bien que la plèbe use de son droit, ô minime, fort controversé, …l’agora, faut que ça serve… Le devoir ! L’urne !... toutes les écoles en funérarium pour l’urne !... Ce pot-bouille de faire-valoir…

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Alors, les zigues qui nous ont bassiné pendant quatre ans de leurs échecs camouflés en triomphes, se lèvent et font le bilan, contraire au bon peuple, le cul à la lunette pour faire le sien.
Le comble, c’est qu’après l’heure du bilan succède l’heure du commentaire… Vrai, des mecs sont payés pour ça ! Le commentaire y va. On est servi… pour une page de résolution, cent pages de commentaires… On a déjà soupé du bilan, le commentaire achève. On peut plus suivre… On halète. On crie Vive Di Rupo pour plus vite être tranquille. Tout ce qu’on sait de sûr, c’est qu’il est né en juillet 1951 ? Plus jeune que Hallyday, mais quand même… faudrait pas qu’il se teigne trop longtemps les cheveux, pour pas ressembler à une poupée chinoise dans deux ans… pour le reste : bilan ! Quel bilan ?
En face, c’est pareil, aussi pathétique… avec une pointe d’actionnariat dans l’accent pour bien différencier… Puis, côté phénomènes, ils sont mieux servis. Le trio d’enfer Fourneaux, Deprez, Minguet, avec Zenner comme garçon de piste, c’est le spectacle assuré. Rois du rire… Montagné aux chiottes… Rien à voir avec les faux marrants de RTL…
Quand je pense que ces gniards qui nous la font à la caca ont des supporters !... Que dans le fond des campagnes, on espère encore… C’est inouï… pauvres Platon, Socrate, La Bruyère, ils méritaient pas ça…

15 février 2004

Valentin, tu nous emmerdes !

Sont-ce les timidités secrètes ou cette modernité qui veut que l’on sillonne les pays en restant chez soi ? L’avenir du courriel et du « chat » paraît assuré.
Le voyage autour de ma chambre passe avant le voyage autour de la tienne, s’il doit avoir lieu jamais…
Que voilà renouée avec la correspondance électronique une ancienne tradition française.
Garder l’anonymat pour les entortillés de l’aiguillette est une bonne chose, si on a la terreur du dévoilement qui pourrait être une suite logique. La curiosité est souvent fatale à l’ébauche érotico-sentimentale d’une relation par courriel. On veut voir, et l’on est forcément déçu, tant le mystère confère à la chose une once de plus value.
A l’occasion de la Saint-Valentin, ça grésille terrible dans les boîtiers de réception. J’ai envie de poser ma candidature auprès d’une charmante qui écrirait comme Nathalie Sarraute, aurait la vertu de Johanne Molbech et la science amoureuse de la June d’Henry Miller…
Elle existe sans doute quelque part sans savoir elle-même qu’elle est le parangon précieux que je désire.
Comment la trouver ?
Je lance un appel. Pourquoi un roi n’aurait-il pas sa péronnelle, comme Windsor, les commères…
Partager un trône, même en carton, une cour, même des Miracles, une couche, même du côté de la ruelle, ne signifie pas pour autant que le monarque soit sans manière et dépourvu de grâce…
La difficulté réside dans la description de soi-même. Comment se définir ? Je n’y suis jamais arrivé. Charmant pour les unes, exécrable pour les autres, je dois être un compromis douteux entre le pire et le meilleur, forcément moins contrefait que ne le fit paraître William Shakespeare dans son injure à mon fantôme.
Sans connaître de la correspondante que ce qu’elle en écrit relève d’un imaginaire des plus actifs… Voilà déjà qui raréfie la candidature éclectique à une époque du conformisme sans imagination.
L’avantage c’est de se lâcher complètement, de débrider sa nature en quelque sorte, dans un exercice anonyme. Comme lorsqu’une voix inconnue vous appelle au téléphone, reconnaît qu’il y a méprise et veux raccrocher. A celle-là, il m’est arrivé souvent de vouloir lui dire : « Madame, nous ne nous connaissons pas. Voulez-vous qu’en toute sincérité, je vous raconte ma vie ? Et si le cœur vous en dit, vous me raconterez la vôtre. »
Puis, nous raccrocherons et nous nous éloignerons l’un de l’autre comme si nous ne nous étions jamais rencontrés.
Même le courriel n’atteindra pas à cette perfection dans l’anonymat.

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Le terre à terre de certaines rencontres sur le « chat » n’a d’égal qu’un choix de viande aux halles.
Ce n’est pas l’envie de connaître, c’est l’envie de baiser. Cela n’aurait rien de répréhensible, si les questions posées n’étaient en réalité qu’un sordide inventaire où l’esprit abandonne tout aux sens. Pressés, les futurs accouplés s’accordent pour connaître l’âge, les mensurations, les distances entre les lieux de résidence et les moyens financiers de l’autre.
Cette pratique crée un grand tort à la prostituée classique qui perd de la clientèle et donne une mauvaise image de la belle jeunesse lettrée.
C’est dommage.
Mais cela permet aux aventuriers du sexe de multiplier sans problème des rencontres dont certaines finissent au lit. On ne se dit pas grand-chose, à peine sait-on un prénom, une ville. Irait-on jusqu’à pimenter une séance de mots d’amour ? Il est loisible dès le lendemain sous un autre pseudonyme de retrouver sur la Toile celui ou celle qui la veille vous chuchotait à l’oreille, arrondie comme un @, que c’était pour la vie.
« Chérie, j’en ai une de vingt-deux dont je suis fier. Je suis brun. J’aime prendre en levrette et je suis échangiste ».
Je connais des personnes de l’un ou l’autre sexe qui n’en font pas mystère.
Ils ne correspondent pas au physique qu’ils affichent sur leur boîte de dialogues. Et pourtant, ça marche…
Tous sont des individualistes si appréciés par l’idéologie bourgeoise, qu’ils en sont les caricatures.
Hommes libres ou femmes libres, eux ?
Ils présentent presque tous un caractère égoïste qui définit comme vertu une incapacité à s’astreindre à des rapports normaux avec les autres, sous prétexte d’user du droit au libre épanouissement.
Décidément, les techniques modernes, comme les obsolètes n’ont jamais fait autre chose que montrer l’immuabilité de l’inconscient.
L’Eglise aurait mieux fait de laisser Valentin, médecin devenu prêtre, décapité à Rome le 14 février 268, dans son anonymat. Ainsi les Lupercales, ces festivités païennes se seraient perpétuées jusqu’à nous, cela aurait mieux convenu à certaines célébrations qui tiennent plus du coït que de l’amour dans nos sociétés de consommation.

14 février 2004

Ho !... Valentin, tu sais qu’on est le 14 ?

On batifole… On batifole… Où t’as mis le beurre Eugénie ? On a beau se dire, nom de Dieu qu’il faut se la jouer romantique, il arrive un moment où l’éducation ça bute sur un fond sec.
C’est vrai qu’on a toujours fait son possible pour jouer la carte de la fleur bleue… que c’est plus agréable les violons que la grosse caisse… Puis, on ne sait pas pourquoi, le grand siècle bascule et on se retrouve Thier du Bouhay quasiment dans le lit de Margot, l’ex du coiffeur d’en bas, qui se fait astiquer devant par Donné et derrière par son beau-père !
Valsez musette l’autoroute à deux bandes…
L’éducation, où elle est l’éducation, par exemple ?…
Alors, je veux chère bourgeoise que les mœurs se soient adoucies… mais vous-même ma petite âme, quand la bête monte ?…
Prendre son pied avec distinction, c’est pas commode… Il arrive des moments où être à poil la fleur au fusil, c’est plus du tout humain.
On contrôle plus le dérapage… C’est plus Adhémar Des Noisettes qui cause, mais King Kong qu’on a lâché sur le périphérique.
Les soupirs au salon, le bout des doigts qu’on frôle, on est au bonheur… certes… mais comment ne pas s’encombrer de la réserve bourgeoise quand on monte au rideau ?
Si cela se sait, personne l’ose dire…
C’est Cioran qui résume : « Commencer en poète et finir en gynécologue ! De toutes les conditions, la moins enviable est celle de l’amant ». C’est le point de vue bourgeois que nous montre Cioran de son grand talent. Qu’y a-t-il d’extravagant à finir en gynécologue quand on touche à l’essentiel et que l’humanité s’est construite comme ça ?
Pourquoi la poésie s’arrêterait-elle à la source de la vie ?
C’est bien une idée bourgeoise reçue la délicatesse ! Les manières s’arrêteraient au paravent et derrière, on n’aurait pas à connaître. Et pourquoi ? Sans doute parce que derrière le paravent on devient quelqu’un d’autre, et cela, c’est tellement pénible de l’admettre pour les belles âmes qu’il est de loin préférable que l’on n’en parlât pas…
Comme dirait mon cousin Maurice qu’est le plus vulgaire de la famille, faut bien qu’on en fasse un tous les matins, et ça même le roi peut pas être contre.
Désinhibé la femme qu’on aime… surtout lorsqu’elle a été conquise devant des petits fours, la petite musique de nuit et le récit d’un voyage à Hammamet, quand après une lecture de Pierre Loti, on passe au lit… vraiment c’est dur. Faut trop surmonter… Et alors qu’on voudrait y faire un toucher pas que rectal, j’aime autant dire qu’on a intérêt à plus se souvenir des vers de mirliton de ce raté de Lamartine…
Alors la poésie, c’est l’handicap fatal ?
« Objets inanimés avez-vous donc une âme
Qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ! »
Pour le coup se souvenir que l’érection est indispensable… ça relève de la performance.
Si nous, les petits maîtres, on pense comme ça, et les belles marquises, en face ? Quand on n’a pas été fichu de préparer le terrain, qu’elles sont encore au plus beau vers de la langue française qui a fait tant de tort à la pénétration virile :
« Le jour n’est pas plus pur que le fond de mon coeur »
Sacré Racine, j’aurais pas voulu être la Béjart…
C’est qu’à un moment l’éducation est un handicap…
C’est normal. Comme tout est faux, factice, artificiel dans la poésie bourgeoise et que pour attaquer icelle, il va de soi qu’on replonge dans ses souvenirs de rhétorique, comment voulez-vous que le cerveau silurien, pas le cortex ce petit dernier, non, l’autre, le profond qu’est plutôt branché côté couilles que côté « Bien disant », prenne le pas sur l’autre, le salonnard, le convenu ?
C’est impossible !
Et c’est pourquoi, belle marquise, tant de vos pareilles sont tellement frustrées qu’elles ne veulent rien savoir et qu’elles s’enfoncent dans la vertu – c’est-à-dire le saphisme.
Si vous pensiez « couvent » faut pas exagérer. On n’est plus au temps des Ursulines ou alors, si peu… M.M. du chevalier de Seingalt promise au duc de Berny ne court plus les cloîtres.
C’est ainsi que moi qui vous tient la jambe avec mes élucubrations divagantes, je suis amoureux d’une femme du monde, belle éducation, intérieur bourgeois, mari toujours absent. On prend tasse de thé sur tasse de thé en se regardant dans le blanc des yeux. Manifestement elle et moi ne dirions pas non à une « séance » comme Léautaud appelait la chose, au risque de tacher le Boukhara ancien du salon Louis XV.
Mais, nous ne pouvons pas nous déterminer.
Au premier geste significatif, on n’est plus le même homme… faut poursuivre sans défaillir, surmonter les réticences convenues, les trois fois non, pour une fois oui… Rien n’est plus comme avant. Ou vous sortez bredouille et vous avez pas intérêt à y remettre les pieds, ce serait une occasion inespérée pour la créature à se revaloriser auprès du mari, ou vous sortez amant et vous voilà pompier de service pour les dix-sept représentations d’Aïda qui suivent…
Pourtant, je suis persuadé que la baronne, oui, elle est baronne par le mariage, se demande à chacune de mes visites quels dessous bien affriolants elle va mettre pour me recevoir, alors qu’en principe, ce n’est pas pour me montrer son string qu’elle me demande si je prends un sucre ou deux dans le thé à la menthe !
Je n’y coupe pas non plus, j’avoue. J’arbore un slip moulant en soie grège et je me lave les pieds deux fois plutôt qu’une. Tout ça pour une tasse de thé !
Nous sommes les victimes des conventions et surtout de nos éruditions réciproques. Cette femme charmante et pleine de goût m’entraîne sur les chemins de son savoir. Je l’attends au coin du fourré et je papillonne sur mes chemins de traverse.
Ce soir fera-t-elle sa petite Merteuil ou la Jeanne de Léon Bloy ?
Nous sortons exténués d’avoir fait l’amour avec Louise Colet sous Flaubert, des tribulations amoureuses du beau René de Chateaubriand qui bandait encore à un âge avancé, nous bavardons dans les salons de madame de Récamier, et de celui de la marquise du Deffand et quand avec le délicieux Restif nous nous enfoncerions bien dans une ruelle du Paris des débauches, voilà le temps venu de partir discrètement avant que le mari ne rentre…
Bienheureux sont les rustres dont la culotte ne tient plus qu’au croc d’une érection, que toute périphrase et tout effet de style désolent et qui n’ont de cesse de plonger dans la concupiscence à peine la belle a-t-elle posé son joli cul sur le rembourré du canapé. Voilà des gaillards qui ne font pas florès sous les dorures et les stucs et qui, parce qu’ils sont rares sont adorés des muses…

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Mais, nom de Dieu, Eugénie, tu ne remets jamais le beurre à sa place. T’en as pas besoin aujourd’hui que tu dis ? Faut voir… T’as encore le slip de la semaine dernière ! C’est pas que je déteste la fragrance, t’aurais quand même pu choisir une autre couleur que le rose, brun par exemple… Ça t’est jamais venu à l’idée qu’après trois jours, le rose ça camoufle pas les dérapages du papier-cul ? Merde… faut quand même un minimum d’éducation ma grande…

13 février 2004

Addendum à ce qui précède.

Addendum à l’article précédent.
Qu’il me soit permis de présenter à mes lecteurs un petit addendum à l’article précédent qui concernait les tribulations de Daniel Ducarme au sein de la famille libérale.
Il a été inspiré par l’article de François-Xavier Druet, paru ce 13 février 2004 dans le journal « La Libre – Gazette de Liège » et qui traite du désintérêt des jeunes pour la politique.
Si je suis d’accord sur les raisons évoquées par Monsieur Druet sur ce désintéressement, je m’étonne qu’il ait omis d’évoquer la plus importante, celle qui a trait aux modifications de niveau de vie d’un homme issu d’une catégorie de citoyens ordinaires, chargés de la défendre et qui se trouve du jour au lendemain projeté dans un monde où l’argent rentre à flots et où les centres d’intérêt changent immanquablement.
Ces modifications sont très fortement ressenties chez les jeunes lors d’une confrontation avec des parlementaires, voire avec des mandataires syndicaux nationaux, ne serait-ce qu’à titre de téléspectateur dans des débats télévisés. Le sentiment que ces gens n’appartiennent plus au milieu qu’ils sont censés comprendre et défendre arrive naturellement à l’esprit le moins averti. Pour un observateur, cela signifie que tous les comportements de ces « cadres » s’en trouvent perturbés. Les intérêts ne sont plus les mêmes. Les engagements antérieurs semblent n’être plus que des formalités qu’il est nécessaire de conserver en apparence pour des questions de survie personnelle, mais dont on ne croit plus un mot.
Le sacerdoce que devrait être la charge d’un mandat politique perd son sens et si le discours ne varie pas, personne n’y croit plus à commencer par l’orateur lui-même.
Alors, dans sa simple nudité, la vérité éclate. Ces hommes et ces femmes qui nous représentent sont devenus des carriéristes. Ils sont entrés dans un monde qui n’est pas le nôtre. Ils se sont détachés sans même parfois qu’ils s’en aperçoivent des dures réalités de l’existence à ras de terre.
Comment pourrait-il en être autrement ?
Au bout de quelques années de cette modification importante de leur statut social, ils deviennent cyniques et insensibles au point d’oser défendre des réformes qui débouchent sur des diminutions de moyens des petites gens, comme ces temps-ci sur des inquisitions intolérables du comportement des chômeurs qu’ils osent accuser de découragement et de passivité, eux, qui grâce à leurs nombreuses casquettes, aux prébendes, aux largesse d’Etat qu’ils votent eux-mêmes, aux fromages européens et aux galettes qu’ils recueillent dans des fauteuils d’administrateur aux fonctions incertaines, ne connaissent plus vraiment la valeur des petites choses si nécessaires à la survie de millions de personnes.
Alors, ils dénoncent les abus – sans voir les leurs - dans des situations où les mutuellistes, les pensionnés et les chômeurs comptent en centimes, avec le culot d’un patron de la FEB et l’audace d’un prévaricateur chevronné.
Je voudrais dire à François-Xavier Druet, docteur en philosophie et lettres, enseignant dans l’enseignement secondaire et universitaire, auteur de (A)morale politique, qu’il est passé quand même à côté de quelque chose qui aurait pu être un excellent article et qui n’est, somme toute, qu’un bon article, malheureusement émaillé de lieux communs, comme il y en a tant dans nos Universités, qui, ne l’oublions pas, servent de creuset quasi exclusifs à nos représentants d’aujourd’hui et de demain.

Le mal de Naples.


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Le libéralisme social vient de prendre un sacré coup à quatre mois des élections, rue de Naples, siège du parti libéral le plus intègre depuis Léopold II..
Jean Gol doit furieusement s’engueuler là où il est avec Alexis de Tocqueville, le grand ancêtre aux bas bleus, lui qui de son vivant ne pouvait pas blairer le sémillant Daniel.
250.000 euros d’arriérés d’impôt en 3 ans, voilà qui en dit long sur les salaires qui motivent un attachement sans borne à la politique, version Daniel Ducarme et tous les autres altruistes de cette époustouflante formation du centre.
Car, pour devoir ce paquet d’argent, il faut en avoir gagné des sous en mandats, délégations diverses et présidences.
Mais, il faut leur faire confiance. Le salaire ne les motive pas. Ces gens-là se sacrifient pour nous, s’en commissionnent au détriment de leur santé, de leur vie de famille…
Mais bon sang ! quand est-ce qu’on va cesser de nous prendre pour des imbéciles ?
10 millions de francs d’impôt sur salaire, qu’est-ce qu’il a gagné sur trois ans ce hardi phénomène libéral ? Vingt-cinq ? Cinquante millions de francs ?
Un bref calcul : 250.000 divisé par 1000, le salaire mensuel d’un travailleur du bas de l’échelle sur lequel Didier Reynders n’est pas gêné de prélever une cote part pour les gloires du royaume, cela fait plus de 20 ans de salaire !...

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Chapeau les artistes !
Sur la totalité du perçu de ces trois petites années, ça met le Ducarme à cinq manœuvres légers qui devraient bosser pendant 40 ans !
Je croyais pas que ça valait tant que ça un assistant social amélioré en bateleur politique ? Enfin, ce sont les gens de cette honorable profession qui seront heureux d’apprendre que faire assistant social peut conduire à la belle aisance… à condition d’en sortir !
Pas pour rien que le Ducarme étouffait un râle devant la télé lorsqu’il a lu sa bafouille.
Qu’il se rassure, comme les autres hors course, il restera bien quelques petites parcelles de mirobolants mandats à ramasser entre deux portes afin qu’il ne finisse pas portier d’hôtel. Il y a des précédents…
Reste que cela la fout mal pour ce grand parti de l’ordre, de la sécurité, de la rigueur, un mec déjà si généreusement arrosé par l’Etat, qui ne paie pas ses impôts !
Quatre ministres président de Bruxelles en quatre ans, tu parles d’une continuité dans les programmes et l’exemple d’une grande stabilité.
La peau de banane qui a fait chuter Daniel, n’a pas fait que du malheur. Voilà Frédérique Ries, qui n’a pas babillé à RTL TVi, et ciré le parquet aux pontes du MR, pour rien, qui empoche le secrétariat d’Etat aux affaires européennes. Le fils de l’autre, Simonet junior, reprend le sceptre à Bruxelles des mains défaillantes que l’on sait. Olivier Chastel, pharmacien avant le pactole au MR, va mettre la poésie en pots et traquer les dérapages gauchistes de la RTBf au titre de ministre de la culture. Du compte, il va passer aux contes d’apothicaire… L’hiatus pour tous ceux qui espèrent encore à Liège une politique en matière artistique plus équilibrée, c’est que le ci-devant nouveau ministre est de Charleroi qui, comme on sait, est plus proche de Mons que de la Principauté.
A quatre petits mois des élections, il y a comme un laisser-aller dans la mouvance de Louis Michel. Je me demande si Fourneaux a bien choisi son moment pour fausser compagnie à Joëlle Milquet ? A-t-on jamais vu un maladroit pareil ?
Bref, tout le monde patauge dans la vase, sauf Verhofstad qui devient la pythie du VLD. Reste à savoir si les homologues flamands de nos libéraux flamboyants ne vont pas ramasser la pâtée après le vote de ce parti en faveur de la participation des étrangers aux communales.
Auquel cas, l’extrême droite en Flandre devrait encore progresser, au point peut-être de devoir compter avec elle et les chrétiens flamands pour former le futur gouvernement ? Cette éventualité mettrait le comble de la misère dans les Universités où l’on suit de près cette montée catastrophique au point que certains constitutionnalistes préparent en secret des lois d’interdiction de l’extrême droite… à tout hasard, évidemment, comme figure d’école.

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12 février 2004

Un instant d’égarement.

On se plaint du manque de sécurité chez ARCELOR-Liège.
D’abord, premier motif d’être inquiet : le numéro un mondial de l’acier va discuter du problème de la sécurité à Liège dans des réunions exotiques.
Il revient la gueule enfarinée et « ouverte » aux discussions constructives.
A Liège, on ne connaît que ça.
Depuis qu’on en construit des discussions place Saint-paul et ailleurs sur la question, on aurait refait cent fois l’haut-fourneau qu’on va fermer.
Si le coke pouvait remplacer tout ce qu’Arcelor a promis depuis qu’il est maître des forges, on aurait pour vingt ans de combustible à l’avance.
M’sieur ARCELOR, vous auriez pas « quéque » chose de vraiment constructif, fiable et tout ? C’est pas pour nous, derrière le comptoir à attendre l’événement, mais pour les pauvres bougres des ponts roulants, des laminoirs, des fours…
C’est le site le plus dangereux, se lamente le Chœur Antique, de tout le bassin.
Dans un sens c’est vrai. Combien de pauvres types qui ne demandaient que croûter grâce à un travail honnête se sont retrouvés à la morgue une étiquette au gros orteil !
Pour avoir gambergé, ils ont gambergé les gars d’ARCELOR.
Quand on voit les métallos à la table de la discussion constructive, on peut compter leurs doigts, une, deux phalanges, par ci, par là, laissées à la fraiseuse, à la scie, au four continu.
Par contre de l’autre côté de la négociation : impeccable. Pas un ongle ne manque. Les patrons passent partout miraculeusement intacts. Même dans leurs jeux dangereux, sportifs… c’est le lad qui trinque, le garçon de cabine qui boit la tasse, le porte-flingue qui se fait bouffer au Kenya, dans un safari qui tourne vinaigre…
Un vieux tout blanc de cheveux, qu’on reconnaît à son costard pour être quelque chose à la Maison mère, montre une autorité tellement tranquille, que ça grommelle plus du tout dans les rangs.
L’autorité parisienne, faut prendre tout, l’accent pointu de Science-Po et la tournure de phrase. Place Saint-Paul ça les subjugue. Trois jours après, ils sont encore à essayer de comprendre ce que « subrogé subsidiairement l’administrateur » veut dire à propos du gars qu’est tombé de l’échelle.
- Les patrons n’aiment pas que leur usine devienne un nouveau carrefour Léonard. Ils tiennent à leur réputation, les patrons. Faut pas croire, qu’il assène le Science-Po d’une voix « force-vive » comme on peut en entendre à Liège des paquets, du kiosque d’Avroy, premier mai, au palais des Congrès et même place Saint-Lambert dans les couloirs du Palais des Princes Evêques allemands. Sauf l’accent, c’est le même rond de jambe…
Bon. Je crois qu’on a la formule, sûre à 100 %, poursuit-il.
La fleur du Conseil rentrée du Brésil, toujours sous l’emprise Vaudou, tient l’auditoire suspendu à son souffle.
Aha ! glapissent les délégués au bonheur, prêts à laisser une ou deux phalanges supplémentaires s’il le fallait pour sauver l’entreprise… Enfin la solution miracle ! Et quelle est-elle ?

ON FERME !...

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11 février 2004

Deuil. L’absence de douleur m’égare. (Jules Renard)

Pourquoi personne ne parle jamais d’un temps que les moins de vingt auront tous à connaître ?

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Honte à devenir vieux ?
Perspective repoussante pour une époque qui fait du jeunisme sa carte de visite.
Il est vrai que sans projet d’avenir cette société n’a pas autorité à se mêler de ce qui nous regarde tous.
Un peu aussi parce que les familles n’existent plus au sens ancien du terme et que nul n’a intérêt de se trouver dans l’humiliation d’être pris en charge par ses enfants qui n’en ont rien à foutre ou par des homes d’accueil dont l’unique mission consiste à dégager du cash sur le dos des pensionnaires.
Les trompe-la-mort qui nous dirigent éprouvent un malin plaisir à effrayer la fibre vieillissante qui croit en nous au fil des années. Comment va-t-on payer les pensions dans vingt ans ? Cette question, quand on en a quarante, frise le harcèlement moral.
Que va-t-on faire des vieux qui seront la majorité de la population dans trente ans ?
La question est mal posée.
La bonne question serait plutôt : « Que feront les vieux lorsqu’ils seront majoritaires ! »
La poser, c’est y répondre. On n’a jamais vu une majorité s’automutiler.
Quelle folie aussi de faire du long terme dans une démographie qu’une simple grippe du poulet pourrait modifier du jour au lendemain.
Sur le plan moral, ce n’est pas drôle du tout de prendre de l’âge.

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Les vieillesses heureuses n’existent que dans l’état mental d’aliénation et dans la publicité des pampers pour seniors.
A partir d’un certain âge, on devient curieux de soi-même, on se dit « Qu’est-ce qui va flancher le premier : le cœur, les poumons, les reins ? »
Cette transparence aussi que l’on acquiert au fil des ans sur les trottoirs. On devient invisible, parce que dans un certain sens la grande vieillesse est repoussante. Les vieux sont des miroirs dans lesquels personne n’a envie de se reconnaître.
L’hypocrisie des discours met en avant quelques généreuses personnes et institutions qui servent de couverture à l’irresponsabilité collective devant la perspective du vieillissement et son échéance, la mort.
Mieux, on fait de la pub avec des grand’mères qu’on s’enverrait bien à la sortie d’une boîte de nuit. Comme si c’était de la faute des vieux d’être perclus et malades et qu’il dépendrait d’eux de péter le feu dans la maison de campagne Bonux, sans jamais devenir moches, nourris par Maïté et dans les bras d’une grand’mère qui ressemblerait à Adriana Karembeu après quarante ans de mariage !

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Je me demande même si ce blog ne va pas perdre la moitié de ses lecteurs d’un coup en raison de ce sujet tabou et qui plombe le moral de tout qui y réfléchit un peu.
Pourtant, on aime la vie, mais à la façon dont Jules Renard nous l’a décrite : « La vie est brève, l’ennui l’allonge ». Alors, on s’essaie tous à l’allonger pour s’apercevoir que c’est de la plus mauvaise manière qui soit.
Mourir en bonne santé, juste au sortir de la table après avoir « tiré » une bénévole qui fait le grand écart trois fois par jour pour satisfaire vos sens, n’arrive jamais.
On meurt salement, on crève de mal, on a la trouille et souvent loin de tous ceux qu’on a aimé.
Il faut savoir ça, à l’avance, pour se tourner résolument vers la vie, vers l’action, tant qu’on peut.
Il faut savoir ça pour refuser le monde tel qu’on vous le vend et vous battre pour en faire autre chose que de la soupe libéralo-bourgeoise.
Sauf celles qui consistent à verser du sang innocent, toutes les révoltes sont bonnes : de l’ouvrier du samedi soir qui gueule au bistrot qu’il ne peut plus supporter son boulot, jusqu’aux écologistes qui pensent qu’au train où vont les choses, la planète d’ici un siècle ne sera plus qu’un cloaque.
Il faut savoir ça pour se rebeller et refuser la fatalité qui fait que des hommes rampent devant les maîtres qu’ils se donnent.
Il faut savoir ça pour être généreux envers ceux qui ne savent pas que l’on n’a qu’une vie, afin de leur apprendre à utiliser chaque seconde, comme si elle était la dernière.
Il faut savoir ça pour comprendre que le devenir de l’humanité n’est possible que si tous les hommes combattent les égoïsmes : le racisme et le capitalisme en premiers et que notre avenir ne deviendra meilleur que si nous ne laissons personne en route.
Alors oui, celui qui a vécu dans l’espérance et dans la lutte ne mourra pas dans le déshonneur et la lâcheté. Il mourra jeune passé quatre-vingts ans. Il se fichera de ce qu’on pensera de lui, satisfait d’avoir été « conscient » jusqu’au bout.

10 février 2004

Leonid Brejnev et le MR.


- Tu ne trouves pas que « qui tu sais » ressemble de plus en plus à Leonid Brejnev ?
- ? ? ?
- Même regard… même façon d’envelopper l’interlocuteur d’une chaleur affective qui chez lui ressemble à celle du crocodile qui pense au repas qu’il va faire.
- Oui… pourtant, il n’embrasse quand même pas son interlocuteur comme Brejnev, Erich Honecker !
- Non, mais il va jusqu’à l’accolade et quand il refait surface, ses lèvres touchent presque celles de l’autre.
- Je n’ai pas remarqué.
- Tu ne l’as pas vu l’autre jour à Kin avec le fils Kabila ?... ses lèvres gourmandes …
- Non ?
- Plus il y a des caméras, plus l’accolade est prolongée…
- Maintenant que tu me le dis. Il pelote même le dos de son vis-à-vis, par petites tapes affectueuses.
- Leonid s’épaississait. On sait aujourd’hui que c’était la cortisone. « Qui tu sais », c’est la bonne chair et le bon vin. C’est très ancien, ce sacrifice de l’homme d’Etat… Gallien, déjà, écrivit un traité sur les méfaits du bien manger !
- C’est la maladie des pays d’abondance. En somme, il est la réclame vivante de ce que, en Belgique, on vit bien.
- Sur le plan politique aussi, il y a convergence.
- Tu ne voudrais pas dire que le PC et le MR… ?
- Si justement. Tu n’es pas sans avoir remarqué que le MR pêche l’électeur au filet traînant. Pourquoi crois-tu qu’on ne pêche plus le hareng en mer du Nord ?
- Parce qu’il est en voie de disparition…
- C’est le cas du PC.
- Tu crois qu’ils ont tari le banc des communistes ?
- Oui… Ils ont repris le slogan de Lahaut des 200.000 emplois.
- Lui c’était les cent mille…
- C’est ce que je te disais, ils font de la surenchère.
- Si « Qui tu sais » arrivait à ses fins, c’est Di Ruppo qui serait pris de vitesse.
- Je suis sûr qu’il lui a fait la proposition de rallier le MR et de faire avec le PS le grand parti du centre..
- Il aurait accepté ?
- A voir sa politique… on se demande. Mais le problème n’est pas là.
- Où est-il ?

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- Pour arriver à 200.000 emplois, même « Qui tu sais » se rend compte que ce n’est pas possible. Alors, il fait comme Leonid à son dernier plan quinquennal. Il transforme dix emplois en mille, gesticule un peu et déclare qu’après tout, il n’était pas trop éloigné d’avoir raison. Sauf…
- Sauf ?
- …qu’ici, il essaie de forcer la main des patrons dont certains n’ont rien à lui refuser. Mais, ce qu’on embauche d’un côté, fond de l’autre et l’emploi finit à Formose ou au Brésil.
- Que va-t-il se passer ?
- Rien.
- Comment cela rien ?
- Au MR, ils ne sont pas plus bêtes qu’au PC. Après les élections, ils vont parler d’autre chose et quinze jours après, plus personne ne se rappellera les 200.000.
- Je comprends. Ils ont comme ça… des projets en alternance qui ne se réalisent jamais.
- Oui. Après les 200.000, on va relancer la sécurité.
- Après la sécurité, on reparlera des 200.000, etc…
- Non. On ne parlera plus jamais des 200.000.
- Pourquoi ?
- Parce que Leonid avait des renseignements sur la vie des petites gens par sa cartomancienne qui était du peuple. « Qui tu sais » à son maître vaudou dans la haute finance qui ne jure que par les produits allégés pour lesquels l’hygiène exige le plus petit nombre possible de mains d’œuvres.
- Qu’y aura-t-il à la place des 200.000, à part la sécurité ?
- L’Europe, pardi… l’Europe.
- Le programme aurait bien plu à Brejnev !
- Quand je te disais !

9 février 2004

Bush... une guerre de trop !

Le temps fraîchi pour Bush à Washington, quand on voit les sondages.
Il se pourrait bien que le pote aux libéraux de « cheu » nous retourne chez papa, avec un seul petit mandat. Les bush auraient ainsi une sorte de record : celui du désenchantement à mi parcours. Une pareille alternative plomberait l’avenir du parti républicain et ouvrirait dans deux législatures, la présidence à Madame Clinton qui deviendrait la première femme présidente.
Bush junior est, comme son satellite socialiste Tony Blair, victime de ses efforts à faire prendre des bonbonnes de butane pour des armes bactériologiques.
A force d’en remettre, c’est arrivé. Saddam Hussein a été la victime d’une affaire de famille. Après l’aventure au Koweït du père, le fils devait faire tomber Bagdad.
A présent que c’est fait, les voilà embarrassés de la victoire.
Comment justifier une action préventive qui a coûté en vies humaines et en dollars quand on n’a pas trouvé le moindre stock d’une saloperie bactériologique qui n’existe que dans les laboratoires de l’armée américaine, « au cas où »?
Le prisonnier n° 1 de la guerre d’Irak devient même encombrant. S’il s’était dénoncé lui-même pour toucher la prime ? Dans son trou à rat, il aurait été de toute façon repéré par des in