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31 mars 2011

Ça se dégrade !

Au 291me jour de pourparlers secrets, on peut se demander si le silence, qui entoure les négociations, n’a pas été l’élément principal du pourrissement de la situation ?
Si dès le début, on avait mis à la disposition des journalistes et de l’opinion le déroulement des tractations, le public se serait senti impliqué, les médias se seraient démenés afin d’apporter des informations. On aurait vite compris qui promène qui… L’opinion flamande, comme francophone auraient probablement poussé les parties à se définir mieux.
A défaut de quoi, on assiste à une poussée de fièvre de l’extrémisme flamingant et à une contremanifestation bon-enfant des irréductibles patriotes de la Belgique d’hier, le tout sous le boisseau et en contrepoint de la politique.
Le pire des scénarios montre deux masques, au lieu de deux visages des Belges. Le premier tordu par le rictus de la flamanditude et l’autre expose le carton boursouflé du passéiste béat.
Rien de plus faux que ce trompe-l’œil. L’étranger, par raccourci et méconnaissance, appelle cela le « surréalisme à la belge »… Ceci n’est pas une pipe, etc.
Qui avait le plus urgent besoin de la chape de plomb sur les négociations ? Mais, Bart De Wever, bien sûr, puisqu’il était le seul à ne pas vouloir d’accord ! Et comme il avait raison !... comme il avait vu juste !... dans la logique de sa politique.
Ainsi, à l’abri des gens de bon sens qui existent des deux côtés de la frontière linguistique, le président de la N-VA a pu enfumer tout le monde et garder le cap sur l’indépendance.
Le secret des négociations tombe de lui-même après 291 jours de conciliabules et de réunions qui ne conduisent à rien ! C’est un échec des négociations secrètes, la claque qui manquait aux francophones.
Et même si, ô miracle ! Wouter Beke conciliait les parties, ce serait pour que survive l’Etat belge, en attendant.
Les francophones par leurs tergiversations auront été les artisans involontaires du séparatisme et de l’accélération de la poussé flamingante.
Au centième jour de désaccord, il était encore temps de dénoncer la mauvaise foi de Bart De Wever. Plutôt que d’aller bouder dans son coin montois, Di Rupo, s’il avait été l’homme qu’il fallait à la Wallonie, aurait exigé la clarté la plus absolue sur les discussions rendues publiques, au lieu d’être de mèche avec De Wever sur le silence total des tables rondes !
Une démocratie qui tombe dans le secret, n’en est plus vraiment une.
Malheureusement, le Montois n’a pas sa place dans une négociation qui exige du caractère et de l’audace. Certes, il n’est pas sans qualité, mais ses qualités tournent vite en défauts. C’est un homme qui est par nature rancunier et qui croit à l’amitié, comme celle-ci est impossible au niveau du pouvoir, il déchante rapidement sur la qualité des êtres qu’ils fréquentent. De la rancune à la haine sourde, il n’y a qu’un pas.
Pourquoi ne pas avoir dénoncé Bart de Wever à l’opinion, quand Di Rupo s’est aperçu que l’autre ne voulait pas discuter vraiment avec le préformateur ?
Manque d’audace, manque d’étoffe de ce que devrait être un homme d’Etat.
L’opinion publique, dont Di Rupo est si friand, ne se conquiert pas en essayant de parer les coups de l’adversaire, elle s’apprivoise à la raison ou à la déraison.
L’opinion publique flamande s’est faite à la déraison nationaliste de Bart De Wever, puisqu’on lui a laissé le temps du secret. Il monte encore dans les sondages.
L’opinion publique francophone ne croit plus à la sagesse, ni à la raison de Di Rupo. Le parti socialiste recule dans les sondages.

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La francophonie a un bon dossier : celui du droit des gens. Les Flamands en ont un mauvais : le droit du sol (et encore faudrait-il pouvoir le justifier). Comment se fait-il que les négociateurs francophones ne parviennent pas à en tirer profit ? Comment se fait-il que là où ils sont en force comme à Bruxelles et naguère dans les Fourons (plus aujourd’hui) ils n’en aient pas profité pour justement défendre le droit des gens ?
Ce sera un mystère jusqu’au bout. Il sera éclairci le jour où l’Europe en aura assez de voir dans son sein une nouvelle forme de nazisme qui exclut tout qui ne parle pas la langue de Vondel, non seulement sur son « sol », mais encore sur les terres voisines qu’ils revendiquent, depuis une carte des Flandres établies sous Charles-Quint !
Pourquoi les Flamands sont-ils moins farauds pour revendiquer leurs parcelles de territoire « volées » par la France ? Parce qu’ils y seraient reçus avec des pieds au cul !...
Quand, comblé d’honneurs et de fortes pensions perçues depuis ses multiples mandats, Di Rupo prendra sa retraite, il aura sa statue sur une place de Mons. Les enfants des écoles défileront devant le beau vieillard qu’il sera, au son des tambours et des orphéons locaux.
Et si une voix du PS s’élèvait pour dire « Mais quel con ! On en aura rarement vu un pareil ! ».
Mais si, voyons, par le passé, il y en eut de plus illustres. L’avenir nous en réservera encore bien davantage.
C’est ce que ne supportent plus les gens : des hommes et des partis qui ne servent à rien, sinon à dégrader les gens et les choses qui les entourent.

30 mars 2011

Visite des ruines.

Pas que la dimension du pénis chez le Belge moyen pour tirer des larmes aux lecteurs de journaux. Ailleurs, la réussite ne se mesure pas en taille, mais en jours ! 290 que l’Haut-lieu discute. Le dernier menin du roi, Wouter Beke, a l’air d’un fameux loustic, avec une petite gueule de premier de la classe qui fait craindre le pire.
Pendant que nous ratiocinons, le monde ne s’arrête pas de gamberger. Et ce n’est pas triste…
La CNUCED (Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement) nous met en garde : le nombre de pays très pauvres a doublé ces quarante dernières années. Le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a suivi la même évolution en trente ans.
Le premier constat qui va de soi démontre, s’il en était besoin, que le système économique que nous portons aux nues et qui s’est dorénavant installé tout seul aux commandes des milliards d’individus qui peuplent ce monde NE VAUT RIEN ! En tous les cas pour une majorité d’entre nous.
Evidemment, ceux qui en profitent ou qui croient pouvoir en profiter un jour sont suffisamment puissants et convaincants pour nous persuader du contraire.
Et c’est de cela dont nous souffrons le plus. La controverse n’a pas cours dans les discours officiels qui font et défont les réputations.
On l’a vu dans l’après crise de 2008. Les bonnes intentions de certains chefs d’Etat se sont heurtées au mur de l’argent et à sa défense.
L’Europe glisse à droite et à la préservation des « valeurs » du capitalisme, que c’en est une bénédiction pour les banquiers !
Moralité : rien n’a été fait, toute forme de crise financière peut survenir à tout moment, toute spéculation scandaleuse sur les prix peut prendre demain n’importe qui à la gorge.
C’est ce qui s’appelle un flop orchestré par la multitude elle-même qui croit dur comme fer tout ce qu’on lui raconte, jusqu’à plaindre la société TEPCO, propriétaire des centrales de Fukushima, jusqu’à boire les paroles d’Alain Minc.
Le modèle de développement qui a prévalu jusqu'à présent partout dans le monde a échoué, même dans les pays « riches » !
Les modèles traditionnels appliqués aux PMA n'ont pas fonctionné.
Prenons l’exemple de la Belgique : voit-on un seul parti « traditionnel » ouvrir le débat sur l’absolue nécessité de revoir toutes les copies d’un système aussi foireux ?
Que nenni !...
Emmenés par la délirante Sabine Laruelle, ministre des PME et Didjé qu’on ne présente plus, le gouvernement Leterme, en intérim il est vrai, n’est même pas conscient de l’extrême urgence de contrer le péril d’une nouvelle catastrophe du monde capitaliste. Il n’est pas le seul. Ailleurs, c’est pareil. Une des sources des abstentions record en France et le désintérêt général pour la politique en Belgique vient d’une conviction devenue majoritaire parmi les électeurs, qu’il n’y a plus rien à faire dans le domaine politique. Depuis qu’on n’a plus que le mot « économie » à la bouche, une certaine forme de sagesse populaire a compris où se trouve le vrai pouvoir.
Alors, le rapport de la CNUCED, qu’en fait-on ?
Que fait-on pour la situation qui s'est aggravée ? Le nombre d'individus vivant dans l'extrême pauvreté a "augmenté de 3 millions par an entre 2002 et 2007", qui ont été pourtant des années de forte croissance économique (avec des moyennes de 7 %), pour atteindre 421 millions d'individus en 2007. Au total, 53 % de la population des PMA vivaient dans l'extrême pauvreté au seuil de la débâcle économique mondiale.
La dépendance aux importations est devenue dévastatrice", déplore la CNUCED. Les importations de produits alimentaires de ces pays étaient passées de 9 milliards de dollars en 2002 à 23 milliards en 2008.
Les économies de ces pays restent peu diversifiées
A ce triste constat s’ajoute une accélération de l'épuisement des ressources naturelles.
Alors, qu’est-ce qu’on fait ?

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Bah ! tant qu’à faire, parlons des relations entre Di Rupo et Bart De Wever. C’est surtout ce dernier qui intéresse, plus vieux jeu et réactionnaire que lui, tu meurs, donc excellent pour la préservation du système économique, même s’il veut chambouler le système politique. Quant à l’autre, au sortir de la piscine de Mons, une constatation : il n’a pas les épaules !...
Avec notre 290me jour sans gouvernement, on n’a plus la tête à rien, si ce n’est à rigoler et manger des frites pour protester mollement. Alors… la misère dans le monde, le système qui ne vaut rien… vous en connaissez un qui fonctionne bien ? (Cette interrogation à titre de lot de consolation)

29 mars 2011

Croissance sur le fleuve bleu.

On s’angoisse tellement que la croissance ne pourrait plus se faire, qu’on n’a pas idée comme ça fait du bien de voir la génération suivante plus grande de cinq centimètres !
Voir plus grand est la recette de la survie du système capitaliste. Se contenter de peu est sa mort certaine.
Pas de repos, pas de palier, pas le moindre arrêt entre deux étages, « Lift » est le mot d’ordre.
On sait bien que ce n’est pas possible pour tout le monde, un STH sortant du cadre de la médecine pour l’apothéose de la rentabilité en économie. Comme on ne saurait offrir un I-Phone ou une bagnole à tout un chacun, ça tombe bien. Les méritants, c’est-à-dire ceux qui ont un boulot, seront récompensés et que les autres aillent se faire foutre.
Seulement voilà, la croissance devient parcimonieuse, se marchande à coups de restrictions. Cela a pour effet d’augmenter le nombre de ceux qui devraient aller se faire foutre, d’un contingent supplémentaire de travailleurs qui traîne la patte dès le 15 du mois, vu la minceur de la paie dont on crédite ses efforts.
Evidemment cela fait désordre, mais grâce à l’innocuité du parti socialiste et de la bénignité des syndicats, cela se remarque peu, d’autant qu’il y a compensation de la croissance molle par la croissance accélérée du haut de la pyramide.
Reste que pour l’option fondamentale de l’appareil économique d’un capitalisme serein et en croisière d’agrément, la nécessité d’une croissance est l’évidence même.
On garde l’effroi du souvenir des avortons en 1900 avec une croissance à la bougie et des déplacements en coche. Voilà pourquoi les ouvriers dépassaient rarement le mètre cinquante et les cinquante ans de vie, ce qui confortait les maîtres de forge à susciter un bel esprit de croissance chez les ploucs !

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Longtemps, ce fut une croissance contreproductive, à hue et à dia, une croissance de cloporte.
Enfin des méthodes modernes sont venues pousser les feux ! Tout dans le geste pour que rien ne se perde ! De ces cohortes humaines en vagues bien moussantes des saloperies de la misère, qu’on les étrille un peu, qu’on les récure pour qu’elles endossent les sacro saintes salopettes, les bleus bien libéraux du travail ennoblissant la pouillerie, des bienfaits du savon de Marseille pour tous, aux coupons actionnariaux des particuliers méritants.
Behavioristes pires qu’un magasinier chef de chez Trouduc, les ingénieurs du geste arrivèrent, maîtres de ballet des corps, dans des chorégraphies réglée sur la vitesse du tour et du vilebrequin en précision suisse. Le temps de mettre l’art de Petitpas à la cadence maison, et voilà l’engeance naguère désœuvrée, au chant d’amour du soufflet sur braises de la démocratie par le travail !…
-Demain, les gars, on passe à la cadence supérieure, question de croissance accélérée. Les Chinois font mieux que nous, rien qu’avec leurs petits bras de pince à sucre !
-Oui, m’sieu, l’ingénieur…
Et voilà qu’il n’y a plus surchauffe, que le volant de sécurité de la main-d’œuvre disponible devient le monstrueux tas de flemmards que Wathelet et l’ONEM ont juré de pourchasser. Dix vaillants à l’ouvrage valent mieux que cinquante flemmards. Ça gagne moins et ça a peur de perdre sa place !
Aujourd’hui, alors qu’aux cohortes faméliques, on la promettait infinie, la croissance se fait attendre ! On la lésine ! On la marchande, comme par exemple la promesse qu’elle reviendrait à condition de décroître en prétentions et outrances revendicatives.
Quand les actionnaires se réunissent chez Herman de la Serpillère et Barroso de Lisboa, après un conseil d’administration, ils la réclament comme du pain, cette foutue croissance ; tandis que des grossiers se rassemblent sous les fenêtres de l’Europe, pour casser des carreaux !
Et tout ça à cause d’une malheureuse prise de bénéfice qui dérapa en 2008 !
L’Europe va reprendre tout ça en main, pour une nouvelle croissance.
L’exemple, ce n’est plus l’ouvrier d’Herstal ou de la Courneuve, c’est l’ouvrier chinois, sa capacité à vivre en bon sous-développé dans la joie et la bonne humeur !
La croissance, c’est le coolie ! Il la personnifie, la symbolise. Il devient l’exemple suprême. L’Europe se mettra à l’esprit chinois. Herman fait des efforts de symbiose, se chinoilise, se met dans les brancards du pousse-pousse, montre à la gueusaille européenne comment il faut aller de l’avant au pas de course, avant de monter derrière. Après tout, c’est lui le Blanc !
Déjà, il ressemble vaguement à un Confucius qui aurait suri dans la haine de Wezembeek-Oppem francophonisée.
Somatotrophine pour tout le monde, l’hypophyse au résultat... merde, croît ou crève !
Déjà quand Van Rompuy en parle, on sent qu’il remonte le Yang-Tseu-Kiang, la jonque bourrée de chemises, productions « made in Belgium », pour vendre aux Chinois à prix cassé garanti !

28 mars 2011

Vive la Commune !

Ce lundi 28 mars, peu de personnes auront une pensée émue pour un anniversaire qui passera inaperçu du plus grand nombre.
Cent quarante années se sont écoulées depuis que s’est proclamée la Commune de Paris le 28 mars 1871.
Le plus grand scandale qui subsiste après tant d’années, c’est le silence des historiens. Quand ils ne répandent pas des craques dans tous les manuels d’histoire de France et aussi de Belgique.
La Commune tient souvent en quelques lignes dans les manuels. On y sent le mépris et la haine des censeurs penchés sur les tables où ils ont réécrit l’Histoire, falsifiés des documents et émis des jugements partiaux. Un personnel, par ailleurs cultivé des universités, a transmis ces textes de génération en génération !
Il est rare de rencontrer une telle unanimité dans la mauvaise foi et dans l’intention de tromper les écoliers des cours moyens, aux cours supérieurs.
Ces fripons n’ont pas narré l’Histoire de la chute du Second Empire, avec les côtés obscurs, les témoins contradictoires, les versions fantaisistes, les ambigüités avouées de l’honnête homme, ils l’ont réduite à un instrument de propagande.
Rarement, on a vu des intellectuels aller aussi loin dans le parti pris et l’affichage de leurs convictions politiques.

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Pourquoi ?
Les Communards étaient des Résistants dans une France qui n’avait pas l’envie de résister. Afin de ne pas montrer combien cette France avait peur, ceux qui avaient demandé un armistice à la déroute de Sedan, avec l’accord du parlement, ont fait condamner les braves au nom d’une majorité de lâches. La capitulation, la fuite de Napoléon III et la prise de pouvoir par Thiers, dans les premiers balbutiements de la 3me République sont mieux connus des écoliers.
Crime inexpiable, le peuple de Paris avait remplacé à la hâte les « élites » et les bourgeois capitulards et en fuite pour s’opposer à Bismarck, chef des coalisés de la Prusse.
C’était trop !
On n’avait jamais vu des gens modestes, des ouvriers surtout, quelques « artistes » et écrivains prendre un pouvoir qui était, par tradition et rang de fortune, imparti aux grands propriétaires, à ce qui restait de la noblesse et aux hauts fonctionnaires du second empire.
Cette tradition est encore d’actualité de nos jours dans les appréciations des discrets salons dans lesquels s’expriment les gens fortunés : « Le peuple n’est pas capable de s’administrer » !
De cette conviction absurde nous ne sommes pas encore sortis. On en est encore à nous narrer « l’exploit » d’un doué comme Di Rupo : s’il y a des élites issues du peuple, c’est l’exception qui confirme la règle ! Eux-mêmes en témoignent. Ils s’en sont « sortis » grâce à leur intelligence et leur capacité de travail. Le mot « sortis » est admirable à la fois de justesse et de mépris secret. Le peuple en lui-même, pour ces gens-là, dirait Brel, est inamendable profondément et à jamais incapable de se gouverner.
Revenons à 1871.
Alors, on vit cette chose inouïe, une armée française reconstituée à la hâte par Thiers, marcher sur Paris à la vue des Prussiens goguenards et ravis, afin de terminer « le travail » dans un bain de sang (1). A tel point, que l’on qualifia, les quelques jours de massacre, de Semaine sanglante (28 mai).
On croirait voir la France de 40 et le pétainisme de la collaboration, des Français tirant sur des Français devant l’ennemi !
Se vengeant d’avoir fui, d’avoir montré sa peur, l’élite sous la protection des canons allemands, et assurée d’une troupe venue de lointaines provinces et comme étrangère au drame qui se jouait, fusilla, déporta, condamna à de lourdes peines les résistants parisiens qui avaient osé la braver pendant soixante jours.
La confiscation du pouvoir par des intellectuels et la reproduction des élites en place par le jeu des urnes voleraient le pouvoir au peuple.
Combien d’ouvriers parisiens sont morts au Mur des Fédérés, dans les rues et sur les barricades ? Les chiffres oscillent. J’ai le nombre de 35.000 en tête. Les déportations et les condamnations à de lourdes peines traduisent aussi la frousse de leur vie à des juges revenus dans les bagages de l’armée.
Il fallut près de dix ans pour que cette peur fût vaincue et que l’élite retrouvât un peu de sang-froid et fît preuve de magnanimité en décrétant une amnistie pour que les survivants revinssent du bagne.
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1. On parlerait aujourd’hui de génocide !

27 mars 2011

IBZ, tel un bruit d’abeille !

C’est bien gentil de leur part, mais ils auraient pu nous envoyer plus tôt leur prospectus « que faire en cas d’accident nucléaire », par exemple, le jour où des socialistes aux libéraux, ils se sont enthousiasmés pour les centrales atomiques dans les années 60 !
Les socialistes en voulaient tellement, pour l’emploi, le progrès, la source inépuisable d’énergie, et j’en passe. Certains même n’ont pas bougé d’un iota là-dessus et n’en démordent toujours pas en 2011. Faudrait peut-être les mettre le nez dans la cuve infernale du réacteur 3 de Fukushima, les irradier un peu, pour qu’ils comprennent !
Ça fait pédezouille de la part d’IBZ , de nous prévenir que le pharmacien a des comprimés d’iode gratuits qui nous attendent sous le comptoir. Non seulement l’usage ne s’en fait pas encore sentir, mais encore lorsqu’il le sera, il n’y en aura pas pour tout le monde.
Quant à l'évolution de la situation au Japon, où des traces d'iode radioactif 1.250 fois supérieures à la normale ont été relevées en mer à proximité de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, quel est l’océanologue qui pourra dresser une carte des mers avec les courants marins pollueurs, comme les météorologues ont établi la carte des vents, pour nous annoncer triomphalement que les doses de radioactivité étaient minimes ?
Et les poissons, d’un naturel fugueur, qui pourra nous certifier qu’ils n’ont pas folâtré dans des eaux suspectes ?
On voit bien qu’IBZ, comme les partis, comme les banques, comme les commerçants de la chaussée de Waterloo aux hyper commerces du clou à la locomotive des zonings, en ont tous voulu du nucléaire en se fichant des gens, en se gargarisant des formules du genre « le risque zéro n’existe pas ».
Tout ça sans réflexion, sans recul, sans analyse complète, sans morale ni philosophie de la chose, rien que dans l’angoisse qu’un jour on puisse faire une croix sur la croissance, cette foutaise capitaliste que sans elle nos banquiers ne vivent plus !
De ce qui ressort de cet engouement et dont on avait déjà un aperçu avec Hiroshima et Nagasaki en 45, il a fallu qu’on passe par Tchernobyl, pour qu’enfin on se pose quelques questions suite au tsunami et au drame de Fukushima.

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Le monstre, ce n’est pas l’atome, c’est nous qui le détenons par notre appétit de pouvoir, de gain, de confort qui tourne à l’aigre avec une population mondiale exponentielle et surtout avec notre incapacité de faire ce que l’on doit sans regarder les autres, sans imaginer que s’ils ne font rien, ce serait bien bête d’agir seul ! Alors, dans cette optique, personne ne fait rien et l’humanité court à sa perte aussi vraie qu’elle scie la branche sur laquelle elle est assise depuis 50.000 ans.
Intelligent l’homme ? On se demande avec son appétit guerrier, ses sales manières, son envie de ce qu’ont les autres, cette façon de porter le travail aux nues avec l’intention de ne rien foutre en faisant faire aux autres, ces cons…
Bon. Qu’est-ce qu’on fait après ça ?
Rien. Les Français essaient de fourguer leur nouvelle centrale, extra sûre, mais extra chère, sans pouvoir affirmer qu’elle ne pètera pas un jour comme toutes les autres extra sûres et extra chères.
Les Japonais ouvrent leurs parapluies dans les rues, pour éviter les retombées nuisible à la santé et les ouvriers des centrales se sacrifient pour la grandeur de la Nation, tandis que les actionnaires foutent le camp et que les patrons de TEPCO se confondent en courbettes d’excuse.
On parle de syndromes, d’effets papillon, tandis qu’on suit l’évolution de la situation à la Centrale n° 3 dont l’uranium en fusion pourrait percer le fond de la cuve et s’enfoncer dans le sol.
Tout ça pour du beau pognon, lui-même aussi salement pollué que s’il avait été « gagné » par les trafiquants de drogue, mais jugé honorable par nos démocraties irréprochables !
Dans quelques temps, après quelques dernières photos de corps irradiés, de vues saisissantes des bateaux de plaisance sur le toits des maisons à trois étages, des marmites où mijotent les barres radioactives enfin désactivées, mais ayant marqué les lieux de leur empreinte pour au moins mille ans, tout retombera dans la « norme » et nous pourrons à nouveau contempler le panache blanc qui s’échappe des silos refroidisseur de Tihange, sans nous poser la question de l’imbécillité du genre humain.
Personne n’aura observé que le secteur privé détenteur de la puissance nucléaire ne se contente plus comme au bon temps jadis de regarder périr des ouvriers au travail, mais menace impunément le monde, à au moins trente kilomètres à la ronde de leurs chaudrons !
C’est tout nouveau. C’est tout récent. Dorénavant, le public fait corps avec les actionnaires de l’électricité, enfin pour les risques, pas pour les profits !

26 mars 2011

Pas de bunga-bunga avant la prière du soir !

Silvio Berlusconi est présenté comme le clown de l’Europe. En Italie, malgré ses fredaines, il conserve des partisans.
En Italie, la gauche régresse au profit d’une droite en général xénophobe. Il faut dire aussi que tout n’est pas de la faute des citoyens « qui ne comprennent rien à rien », mais des partis socialistes trop à la remorque d’une économie libérale de plus en plus malodorante.
L’actualité italienne est très mal diffusée en Belgique. Comme il faut une révolution sérieuse pour qu’on parle du Maghreb, on n’attend de l’Italie que la suite des péripéties judiciaires du cavaliere. Tout événement qui ne concerne pas ses friponneries, son sens du comique vulgaire et ses bunga bunga ne passe pas les Alpes et n’arrive pas dans nos téléviseurs.
Un peu comme « Papa » Daerden est connu à l’étranger pour ses sorties arrosées.
Si les télés italiennes ne diffusent pas du porno avant minuit – pas encore – elles en sont au stade des jeux « grivois », et Silvio, l’ardent, remplit toutes les conditions du glamour pour être en économie et en politique, le parfait double des soirées de « variétoche » de ses chaînes.
Un million de femmes ont manifesté en janvier dans plusieurs villes italiennes pour défendre leur dignité, bafouée par le président du Conseil italien. Comme cette manifestation faisait partie de la saga du septuagénaire sexy, l’information a filtré. Est-on certain qu’il n’y avait pas autre chose qu’une révolte contre la vulgarité et la provocation tournant autour des performances sexuelles du richissime magnat des délassements populaires ?
Certaines observatrices féministes en Italie estiment qu’il n’y a pas eu de passage générationnel du plus grand mouvement féministe d’Europe des années 70 et de se demander : où est passé le féminisme italien?
Ce n’est tout de même pas le Rubygate qui va faire que le relai va enfin fonctionner d’une génération à l’autre !
En 2011, la situation de la femme italienne n’est pas bonne. Le taux d’emploi (46,4% en 2009) est parmi les plus bas d’Europe. L’Italie occupe la peu glorieuse 74e place dans le classement sur les différences entre les sexes du Forum économique mondial.
Est-ce la télévision berlusconienne ou la dolce vita du pauvre dans les discothèques pour bas salaires, qui rend amorphe la jeunesse ?
La colère des enseignantes et des philosophes décline explicitement le mal italien : les organisations de rue ne parviennent pas à faire prendre conscience de la responsabilité des jeunes filles dans la crise de la société.

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L’empire médiatique de Silvio Berlusconi véhicule principalement une image de la femme contraire aux idéaux féministes. «Nous avons fait l’erreur de concéder cette place au berlusconisme: nous avons accepté la dégradation de la télévision et des moyens de communication, alors qu’il fallait s’indigner tout de suite. Ceux qui ont 20 ans aujourd’hui ne connaissent que ce modèle», tente d’expliquer la signora Brezzi, enseignante.
La journaliste Federica Quaglia a visionné 400 heures de télévision, balayant les chaînes italiennes propriétés de Silvio Berlusconi et les chaînes publiques. «On y voit la banalisation et la vulgarisation du corps de la femme. Dans ce pays où 80% des personnes qui regardent la télévision en font leur source d'information principale et où 60% de l'audience télévisée est de sexe féminin, c'est une horreur misogyne permanente».
Certains éducateurs lient la source de l’indifférence de certains jeunes aux nombres d’heures passées à regarder la télé. Ce manque d’indignation témoigne de «l’influence de la subculture télévisuelle qui est finalement le projet le plus profond et surprenant de Silvio Berlusconi dans ce pays. Un projet inauguré dans les années 1980, synonyme de terre brûlée».
Le berlusconisme n’est pas la seule raison de l’échec féministe. Le cavaliere n’a pas inventé un modèle, il l’a interprété. «Les stéréotypes sur la femme existaient déjà en Italie. Berlusconi n’a fait que reprendre ce modèle, et le décliner à la lumière du néolibéralisme.»
La bigoterie des associations et le ton sentencieux des féministes ont probablement joué un rôle dans l’apathie de la jeunesse et produit ce trou de génération observé au cours de la manifestation de janvier. On a reproché aux organisatrices de s’en prendre aux filles soupçonnées de coucher avec Silvio Berlusconi, plutôt qu’au cavaliere lui-même. Ce qui est bien dans la tradition de l’Eglise de faire payer les victimes « du péché » d’abord, plutôt qu’à s’en prendre au plus gros pécheur d’Italie. Le réflexe anti-cafard de bénitier a certainement joué et Silvio a pu passer pour un libérateur dans le domaine du sexe. Sa virilité affichée aurait troué la chape de plomb de la tartuferie vaticane !
Malgré les sarcasmes du président du conseil sur la demi réussite de la manifestation, les Italiennes ont fait la démonstration qu'elles étaient encore capables de se mobiliser.
Voilà bien une des inconséquences du moment en Belgique sur l’orientation de l’information, quand on sait que la colonie italienne assimilée et très bien fondue dans la population y est extrêmement importante, les gazettes et les télés auraient dû faire un effort pour nous mieux informer des nouvelles de la péninsule.

25 mars 2011

Ça se bouffe pas, ça se mange.

Au sortir d’une restauration rapide, on en était venu à parler du jeune garçon victime d’une intoxication alimentaire dans un Quick et de fil en aiguille, sans quitter la malbouffe, on s’était demandé quel était le type le plus pervers dans ce domaine.
L’unanimité s’était faite autour d’un nom : Jean-Pierre Coffe, payé en lourd pour une campagne de « Leader Price » Osez le bon pas cher !
Dans la nouvelle saison 2011 de pub, on ne voit que lui sur les placards publicitaires du groupe alimentaire « Leader Price », dès qu’on met un pied en France.
Au regard de ce que représentait Coffe avant son virage à 180°, on se dit que pour du fric, aujourd’hui, on ose tout. La morale n’a jamais été prise avec autant de désinvolture. Il est vrai quand une Alliot-Marie se demande où elle a fauté dans son trip à Tunis, on aurait tort de se gêner de mettre les doigts dans la confiture, en présentant des petits pois avec additifs et autres saloperies chimiques. Non pas que « Leader Price » soit plus empoisonneur qu’un autre, ses produits sont parfaitement comestibles, mais les prix pratiqués justement pour des clients qui ne peuvent pas se nourrir autrement, dénoncent par eux-mêmes l’incroyable duplicité de Jean-Pierre Coffe qui de chantre de la nourriture de bonne qualité, s’est lancé dans le dithyrambe de la malbouffe avec l’enthousiasme du commerçant véreux qui fait une affaire en or.
Car ses « anchois des tropiques » lui rapportent gros.
Le voilà devenu ce qu’il n’aurait jamais dû être, le champion du hard discount !
Ce qui est particulièrement malhonnête, c’est que ce type est perçu pour beaucoup de gens comme celui qui a osé dire que le jambon phosphaté ou la saucisse inondant de sa sauce les sachets de frite, c’était de la merde, le voilà qui trompe son monde en affirmant que sous un certain label, cette merde qu’il vilipendait, se transformerait en produits de qualité hautement recommandables.

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Ainsi, il accrédite une légende selon laquelle Leader Price serait à mettre à part dans les chaînes de grandes distributions, comme Edouard Leclerc est coutumier du fait pour ses magasins, sauf que ce dernier en est le propriétaire et que son discours est perçu comme tel.
Jean-Pierre Coffe, c’est un peu la tromperie de l’expert qui vous dit « allez-y, faites-moi confiance » en sachant que le produit n’est pas, ni plus ni moins, meilleur ou pire qu’un autre.
C’est la deuxième campagne du mirliflore de la qualité. En 2009, il nous avait déjà fait le coup avec « Réveillez-vous, les enfants, Leader Price, c’est bon et c’est moins cher ». On avait déjà été quelque peu surpris de ce retournement de veste, puis on s’était dit que le vieil homme ne voulait pas finir dans un hospice de la charité publique et qu’il s’était fait un peu de picaillon lui qui, au courant de sa vie, se vantait déjà d’avoir fait faillite plus qu’à son tour.
Et puis voilà qu’il remet ça en 2011 !
Là, on se dit ce ne n’est plus pour se remettre à flot qu’il se compromet, c’est pour grossir sa pelote. Et du coup, le personnage qui avait beaucoup perdu en sympathie, est devenu franchement odieux.
Déjà en 2009, un journaliste s’était amusé à comparer les prix et les qualités sur différents produits de Leader Price avec les autres discounts. Le niveau de qualité était très bas, mieux qualifié de « Dégueulasse » par un journaliste de Marianne, on peut se douter que la campagne de 2011 vante la même « merde » dont Jean-Pierre Coffe gratifiait jadis les produits qu’il dénonçait avec force cris et grimaces aux téléspectateurs des différentes chaînes où on appréciait son bagout.
Depuis, 2009, il est vrai, je ne pouvais plus voir se clown sans avoir des hauts le cœur. Aujourd’hui, c’est pire, j’ai envie de dégueuler.

24 mars 2011

La parole libérée.

Les jeux vidéos, les « connaissances » acquises sur Internet, pas toujours conformes à une « bonne » instruction, sont-ils porteurs d’une émancipation accélérée de la jeunesse à leurs aînés ?
Les psy constatent une augmentation des consultations des parents pour des problèmes relationnels ou de comportements liés à l'utilisation des écrans. N’y a-t-il pas un autre diagnostic à faire, qu’une addiction aux délassements nouveaux ?
Ce qui se passe au Maghreb, produit dit-on par la circulation de la pensée grâce à l’électronique, serait aussi le produit de cette addiction ?
S’adapter au travail proposé et s’astreindre à satisfaire les normes de productivité de l’employeur avaient été jusqu’il y a peu, les impératifs absolus d’une bonne conduite à l’école d’apprentissage de la vie. Plus les travailleurs s’habituaient rapidement aux normes décidées par d’autres, plus vite s’établissaient-ils dans la société.
Et pour quel résultat ?
Personne, avant Internet, n’osait répondre à la question en termes critiques, si l’on ne tient pas compte d’une protestation qui a toujours existé, mais qui touche une marginalité volontiers qualifiée d’insignifiante.
Echappant à l’éducation normative par l’éducation sauvage, la jeunesse est en train de réaliser ce que les générations antérieures n’ont jamais fait : jeter un regard neuf sur la société et en réévaluer les rapports sociaux établis sur les règles d’un système caporalisé.
En s’attaquant directement au pouvoir de Ben Ali, de Moubarak, de Kadhafi et, demain de quelques autres, la jeunesse d’Afrique du Nord n’est-elle pas en train de remettre en question tout le système, et pas seulement celui du côté Sud de la Méditerranée, mais également celui du Nord ?
Système de dictature, certes, mais pas que cela, puisqu’aussi bien système d’économie de marché sur initiative privée et dans la liberté du commerce !
Y a-t-il plus bel exemple du départ de Michèle Alliot-Marie du gouvernement français, que cette incompréhension d’une génération qui n’a pas senti que la suivante pouvait ne pas être identique ?
Officiellement, l’intéressée est partie pour des raisons politiques et parce que Sarkozy le lui a demandé. Elle n’a pas vu le côté moral qui ne l’autorise plus à représenter la France. C’est grave pour elle et pour l’UMP qui ne l’a pas ressenti comme tel non plus.
C’est toute l’Europe derrière ce phénomène d’aveuglement qui ne le voit pas davantage.
Autrement dit, les jeunes sont en train de découvrir la morale qui n’existait plus du côté des aînés : en politique avec les « grands » personnages, et au travail dans la confusion entre la morale et la nécessité.
Les parents ont raison d'être inquiets, mais pas pour ce qu'ils croient. La consommation excessive des écrans de leurs progénitures n'est pas le signe de troubles psychologiques. Les écrans peuvent nuire à la relation passive des masses aux rôles assignés par les dirigeants de l’économie.
La génération suivante ne pense pas comme eux. Les parents y voient un défaut d’éducation. Ils en accusent les maîtres.

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Ils ne voient pas en quoi Madame Alliot-Marie aurait contrevenu à la morale en passant ses vacances en Tunisie et en utilisant des jets privés des proches de Ben Ali. Ils ne le disent pas, mais on sent qu’ils en auraient fait autant.
Les spécialistes les relayent dans leur étonnement. Un commerçant derrière son comptoir ne demande pas d’où vient l’argent avec lequel le client paie ce qu’il achète.
Nous sommes – au même titre que les tyrans déchus du Maghreb - les représentants d’un Ancien Régime, fait d’un « idéal » vaguement immoral et hâtivement montré sous les haillons d’une vertu supposée.
Peut-être ce mouvement d’émancipation des masses arabes s’arrêtera-t-il, rongé de l’intérieur par un islamisme lui-même braqué sur le respect des traditions, et saboté par des démocraties faussement émancipatrices ; mais, quelle que soit l’issue des événements, saluons cette jeunesse qui secoue le joug et qui aspire à la liberté. Nous aurons beau dire que cette liberté, nous la connaissons et que c’est à notre image qu’ils la veulent, sauf que cette liberté nous en avons perdu le sens, et depuis tellement longtemps, que nous ne nous souvenons plus de ce que nous voulions qu’elle soit et ce qu’elle n’est jamais devenue.

23 mars 2011

Didot ou Fournier ?

Le journal « La Meuse » traine sur un siège, dans une salle d’attente. L’ouvrant au hasard, il figure soudain pour son lecteur, les hautes heures du boulevard de la Sauvenière : Gabriel en thaumaturge, les cent mille ( ?) exemplaires vendus par jour et la lutte sans merci contre le socialisme du journal La Wallonie et les syndicalistes de la place Saint-Paul. Bertrand perdu dans les bureaux du sommet, directeur général et estafette entre Gabriel, le rédacteur, et sa patronne, la famille Rossel.
Les étages du bâtiment de la Sauvenière bruissaient d’activités technique et intellectuelle. Les rouleaux de papier que dévorait la rotative entraient par l’impasse derrière le journal. Dans les grandes heures, six cents personnes travaillaient à cette entreprise de presse.
Faire d’ultimes corrections sur le marbre avait un sens. Une batterie de dix linotypes crachaient un texte en un espace de temps très court, pour un papier important de dernière minute.
Nul n’ignorait le manque de sérieux, voire de rigueur des articles. Les sujets traités semblaient « surnaturels » pour des lecteurs rompus aux lectures des grands journaux français. Pour les autres, c’était parole d’évangile, puisque « c’était écrit dans la gazette ».
Collaborateurs naïfs et précieux, les petites gens de la place du Marché ne tiraient leur savoir que de lui. C’est dire s’il était précieux pour les patrons et quelle déconvenue se fut qu’on lui brisât des vitres à la grande grève !
Mais, c’était quand même un exploit pour une aussi petite ville que Liège d’avoir à une certaine époque jusqu’à quatre rotatives en activité, éditant quatre journaux d’opinions différentes.
Un demi-siècle plus tard, le socialisme est devenu le libéralisme résigné que l’on sait.
Ce temps est bien révolu. Internet n’a pas besoin de papier pour informer et chacun peut organiser sa propre imprimerie depuis sa table de travail.
Les journalistes improvisés que sont les blogueurs ne racontent pas plus de conneries et de nouvelles bidonnées que les professionnels défenestrés de l’entreprise.
Mais ce qui me fait penser à tout cela, en dépliant le pâle rescapé de plus de cent cinquante ans d’autonomie rédactionnelle liégeoise, c’était cette façon un peu pute de relancer la clientèle par des articles exhumés des poubelles des Agences de presse adroitement amalgamés aux informations, comme celles d’aujourd’hui relatives à la Libye et au Japon.
Non loin du drame sublimé, La Meuse revient vite à ce qui fit son succès. Ainsi, dans un grand souci d’informer ses lecteurs, le journal lance un cri d’alarme concernant la taille du zizi d’un Belge moyen : 15,85 cm ! Les champions sont les Congolais avec 17,93. Nous nous traînons au milieu du peloton. A la queue de celui-ci, si je puis dire, la Corée du Sud s’affiche avec 9,66 cm.

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Mais, comme toujours, par manque de place ou d’une information complémentaire recoupant celles qui valurent la parution, on ignore si c’est en érection ou au repos que la mesure a été prise, et enfin quels ont été les personnels chargés de la délicate mensuration ! On leur pardonne l’imprécision, si ça se trouve, il y avait un grouillot et la préposée aux abonnements pour toute la rédaction dans des bureaux locaux à la dimension d’un placard à balais, quand il fallut prendre la décision de donner en pâture ce monument inoubliable d’information.
Deux titres en-dessous, le journal nous annonce que Lukaku va mieux. Sans nous donner sa mensuration, ce qui eût – peut-être - rassuré le public anxieux, La Meuse nous assure qu’il sera présent au match phare. Ne me demandez pas lequel, je n’en sais rien et à vrai dire, je m’en fous.
Il fallait bien que se rappelât aux nostalgiques de la Belgique joyeuse, l’esprit « Meuse » qui soutint aux années sombres du renardisme, le moral des classes moyennes liégeoises.
A vrai dire, à la haute époque, ce n’était pas déjà un journal bien fréquentable. Mais, il était imbattable pour les faits et les méfaits consciencieusement rapportés des commissariats et des points chauds de la ville. On n’ignorait rien de ce que qui n’était pas important de savoir et on ignorait tout des événements rapportés d’ailleurs et même de Belgique quand ceux-ci dérangeaient d’une manière ou d’une autre Gabriel et ses patrons, le groupe Rossel, propriétaire depuis 1966.
Le début des synergies rédactionnelles entre les quotidiens francophones date des années 90. C’est aussi la chute inexorable du nombre de lecteurs amorcée vingt ans plus tôt, et la diminution drastique des personnels de rédaction. On peut situer la fin de La Meuse en tant que journal autonome et disposant d’une équipe rédactionnelle uniquement attachée au journal, vers l’an 2000.
Ce journal s’inscrivait dans la contemplation sans équivoque du système économique américain, le meilleur du monde selon ses commanditaires, et avait pour seule mission de contrer les rouges au nom du petit commerce menacé par les barbares.
La fin de l’URSS lui fut fatale.
Les articles sur le zizi de l’époque ne parvinrent pas à ralentir la désaffection.
Il n’y avait plus d’ennemi sur lequel faire retomber tous les petits inconvénients des gestions privées d’un monde désormais débarrassé de son ennemi juré.
Même les conducteurs de bus, pourtant lecteurs fidèles lors des pauses du terminus, se mirent à faire défaut.
Oscillant entre les nouvelles locales et les nouvelles bidonnées ou de deuxième main et purs produits des Agences, le journal ne pouvait plus à lui seul dégager un bénéfice.
En même temps, la FGTB s’alignait sur le PS tout à fait rentré dans le giron du petit commerce et de la libre entreprise.
Circulez, il n’y avait plus rien à lire !

22 mars 2011

Fukushima, une variante de Tchernobyl !

L’humanité est une chaîne unique. Lorsqu’un maillon lâche, ce sont les milliards d’humains qui s’inquiètent.
On ne dira jamais assez le dévouement dont ont fait preuve les sauveteurs et les travailleurs à Fukushima jusqu’à l’abnégation et le sacrifice de leur vie, ainsi que les sauveteurs anonymes accourus du monde entier venus au secours d’une population en détresse.
Une fois de plus l’humanité est impressionnée par la puissance de la nature. L’homme le plus aguerri se fait humble devant ce déchaînement.
Malgré tout, les médias, une fois de plus, se sont écrasés devant des impératifs que l’on comprend de la part des Japonais, mais que l’on comprend moins du côté occidental.
Les Japonais ont sciemment donné à leurs informations une coloration rassurante, afin d’éviter un sentiment de panique parmi la population. On les comprend. Par rapport aux dangers de radiation des centrales endommagées et des risques de consommer ou d’être soi-même irradié, on comprend moins le caractère minimaliste des déclarations.
Quant à nos médias, ils se sont surpassés en superlatifs d’une description de l’apocalyptique décor. Nous avons vu vingt fois cette vague gigantesque dans l’actu, comme cette grand’mère et son petit fils sauvés dix jours après le drame. Tout cela a tourné en boucle pendant des jours sur nos chaînes de télévision.
Rien, pratiquement sur TEPCO, cette société marchande de courant électrique la plus grande au monde, exploitante des six réacteurs dont les nuages délétères empoisonnent l’atmosphère depuis le rivage de Fukushima.
C’est dommage. Frilosité vis-à-vis du pays le plus privatisé au monde, pudeur délicate pour ne pas effrayer les bailleurs de fonds de nos journaux et patrons de chaînes, solidarité entre capitalistes ? On ne sait…

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On s’était pourtant juré après Tchernobyl qu’on mettrait le paquet afin de garantir la sécurité des centrales nucléaires !
Ouais, diront les adorateurs du veau d’or, personne n’avait prévu une vague de dix mètres de haut !
A ces boute-en-train de l’innommable on peut répliquer que c’était une fichue idée que de construire des centrales au bord de mer, dans une région de failles particulièrement vulnérable aux tsunamis.
TEPCO a construit ses monstres près de l’eau tout simplement pour refroidir les cœurs des réacteurs en économisant quelques millions de yens sur les tuyaux !
Quelques centaines de mètres plus loin à l'intérieur des terres, le tsunami finissait en vaguelettes et n’offrait plus aucun danger !
Et c’est ce que je reproche aux médias, silence complet sur les agissements de cette société qui a falsifié depuis 2002 des documents sur les résultats de contrôle de certains de ses réacteurs, comme le rapporte un document de 2003 «…des fissures dans les structures qui maintiennent le combustible nucléaire dans ses confinements avaient été dissimulées » !
Cette révélation a entraîné la démission de nombreux cadres de TEPCO. Pendant une année, on ferma la centrale de Fukushima.
C’est étonnant qu’en Belgique, on s’avise d’être plus prudent que par le passé ! On va revérifier les normes de sécurité des centrales. Jusque là, personne ne s’était posé la question de la dangerosité croissante due au vieillissement de nos centrales. Tihange, n’offre pas la même vulnérabilité aux événements exceptionnels dont les Japonais sont parfois les spectateurs étonnés, surpris et effrayés, répliquent nos électriciens.
Verviers se trouve sur une faille connue des sismographes. Liège n’est pas loin et Tihange non plus, qui plus est en bord de Meuse. Nos docteurs Mabuse ont la réplique adaptée « le risque zéro n’existe pas ». Belle formule, en même temps belle connerie qui ne veut rien dire.
On peut toujours se moquer et dire de ceux qui pensent que tout peut arriver, qu’ils sont pusillanimes. Certes.
Mais, c’est la deuxième fois dans l’histoire de l’humanité qu’une entreprise travaille à fabriquer des choses – en l’occurrence du courant électrique - en mettant en danger des centaines de milliers de personnes. La deuxième fois qu’une défaillance, une explosion ou une simple erreur de manipulation, peut avoir des conséquences bien pires encore que celle de Bhopal, en Inde, dont les nuisances à la fabrication de produits chimiques étaient circonscrites malgré un nombre impressionnant de victimes. Le désastre localisé, le fondeur tombant dans la cuve, un incendie d’usine, un dépôt d’essence qui flambe, c’est du passé. Ici, on grimpe à l’échelle des faits-divers, force 10, supérieure à n’importe quelle catastrophe antérieure, déraillement d’un train, perte d’un navire, d’un avion, etc. Pour la deuxième fois, on adjoint aux fureurs de la nature, la mégalomanie des docteurs Fol-amour !
Nous avons vu la mort qui a rôdé sur l’ensemble des gens ne travaillant pas dans l’entreprise et vivant parfois à des kilomètres de Tchernobyl, à présent sur Fukushima, on ne respecte pas plus ceux qui ne travaillent pas à l’entreprise et n’en tirent aucun des profits qui découlent de l’exploitation.
Va-t-on encore longtemps instrumenter la vie des autres aux noms du commerce et de l’industrie capitalistes ?

21 mars 2011

Débarrasser les Libyens de ce type ?

Il est évident qu’empêcher Kadhafi de massacrer le peuple libyen serait bien. Mais pourquoi lui et pas les autres tyrans locaux ? Et en attendant, pourquoi pas lui ?
Les petites lâchetés de l’Europe et les lenteurs inhérentes aux procédures onusiennes n’ont pas permis de s’interposer il y a une semaine entre les mercenaires de Tripoli et les rebelles, quand la situation était favorable et les troupes du dictateur pas encore au contact. La situation était meilleure et aurait sauvé beaucoup de gens. Aujourd’hui, c’est moins évident.
L’Europe n’a pas les dirigeants adaptés à la situation. Ils n’ont pas l’esprit vif et le caractère résolu. Miss Ashton et Herman de la Serpillère font avec Barroso un trio d’incapables, juste bon pour besogner dans la gloire du système économique capitaliste. L’Union européenne est marginalisée en tant qu’institution : le géant économique ne peut définir sa politique étrangère et de défense commune.
Enfin, on a raté le génocide Rwandais. A espérer qu’on empêchera celui-ci. Reste que, lorsqu’on est voleur de poules, c’est difficile de se croire légitimé de jouer les gendarmes pour arrêter les assassins.
Le colonel, s’il a une haute estime de lui-même, n’en est pas moins, lui, un homme résolu et qui a des ressources. On voit déjà toute sa mauvaise foi et la dangerosité de son intox, en action depuis le début du soulèvement.
Ses mercenaires se sont infiltrés dans Benghazi. Des civils fuient vers Tobrouk. On voit l’effet de propagande que cela serait, s’il parvenait à canonner ces civils, pour aussitôt en accuser ses adversaires !
Maîtriser le ciel libyen est chose assez simple avec l’arsenal dont dispose les coalisés. Plus délicat est de reprendre le dessus au sol. Les opposants au dictateur sont en déroute. Ils ne sont pas structurés comme une armée et ils ne disposent pas de l’armement de Kadhafi.
Même si les coalisés ont eu mille fois raison d’intervenir pour éviter un bain de sang, on voit bien que les traditionnels opposants qui n’ont pas cette sensibilité vont saisir cette opportunité pour condamner les « agresseurs » de Tripoli. La Chine, la Russie, ainsi que des hommes comme Chavez et Castro ne feront pas le distinguo entre le sauvetage d’une population et l’immixtion de puissances occidentales dans les affaires de la Libye. De là à imaginer que seuls les puits de pétrole intéressent les Occidentaux, il n’y a qu’un pas. Aussi, était-il important d’avoir quelques Pays arabes dans le conflit. Il y aurait, à l’heure où s’écrivent ces lignes, un revirement de la Ligue de mauvais augure.
Des pays comme l’Algérie, le Maroc et la Syrie n’ont évidemment pas intérêt à applaudir l’intervention des coalisés, leurs dirigeants sont eux aussi à la merci d’un soulèvement populaire.
C’est terrible et pathétique de faire de la politique de cette façon. Les islamistes et une certaine gauche agitent de grands idéaux, parlent de la nature sacrée du sol national et trouvent normal qu’un despote réprime sa propre population !
Le comble, c’est que la révolte libyenne part d’un mouvement populaire, une sorte de sursaut pour vivre autrement. Qu’ils nous prennent en exemple, depuis l’abaissement des frontières par le NET, c’est normal. Mais le portrait est trop flatteur pour être juste. Ils auront le temps de déchanter. Qu’importe, après tout, pour ce qui les concerne. Entre la démocratie et Kadhafi, il n’y a pas photo !

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C’est ainsi. Personne ne changera l’animal politique qui est en nous et qui ne cesse de nous aveugler, afin que nous confondions le pouvoir avec la conscience et la morale.
Reste à faire ce qui sera utile aux Libyens dans les jours prochains. Il faut à tout prix éviter de transformer ce pays en nouvel Irak ou en Afghanistan…
Il ne faut pas compter sur le départ volontaire du dictateur. En massacrant les populations, il a commis l’irréparable. Aucun pays, même parmi ceux qui clament haut et fort que les coalisés sont des agresseurs, n’oserait offrir un asile à cet assassin.
Alors, il est obligé d’aller jusqu’au bout. S’il n’espère plus vaincre la partie adverse trop forte pour lui, il vendra sa peau le plus cher possible.
Il a démontré par le passé sa grande capacité de nuisance. Il pourrait ajouter des milliers de morts à son palmarès déjà bien fourni.
Ahmadinejad en Iran est un électron libre. Il pourrait profiter de l’indécision des dictatures arabes pour déstabiliser les « justiciers ». Alors que les militaires de la coalition sont tout à leur bonheur de disposer d’un champ de manœuvre grandeur nature pour essayer leurs nouveaux tomahawks, les Rafales et les derniers nés de la technologie Boeing. Tandis que le monde marche sur des œufs...

20 mars 2011

L’article 81 !

Peut-on imaginer une fin à la hutoise, du bourgmestre empêché d’Ans, Michel Daerden ?
C’est bien possible, après tout. Et c’est Anne-Marie Lizin qui nous le fait penser à partir de sa dernière interview où elle part à la rescousse du désormais très controversé « papa » !
Le PS liégeois est très embêté. Non pas qu’on y soutient à fond « li såleye dè hauteûr di Lidge », mais parce que cela fait désordre et que cela ne fait pas sérieux du tout pour des élus censés se préoccuper du sort des petites gens, de s’empoigner pour des places.
Rue Sainte-Véronique, ils en sont venus à critiquer la procédure des factieux du PS… au PS, qui veut qu’on s’explique « entre hommes » au conseil communal convoqué à cet effet à Ans le 28 mars.
Au Comité régional , on y rêve d’empêcher le débat-déballage devant la presse belge.
Willy Demeyer, président des rosés locaux, croit avoir trouvé un moyen d’étouffer l’affaire. La procédure utilisée pour renverser Daerden ne serait pas conforme aux statuts du PS, (article 81), qui prévoit une obligation d’information préalable.
J’ai eu la curiosité de lire l’article 81, ci-dessous in-extenso.
« ARTICLE 81
Toute sanction proposée doit figurer à l’ordre du jour de l’Assemblée ou de l’instance saisie, et être notifiée par avance aux intéressés, aux groupes ou aux représentants de l’instance concernés.
Le membre, le groupe ou le représentant de l’instance concerné ayant été entendu, le rappel à l’ordre, le blâme et la suspension peuvent être prononcés par le Comité de la section, le Comité fédéral ou le Bureau du parti.
Le membre, le groupe ou le représentant de l’instance concerné ayant été entendu, les autres sanctions sont prononcées à la majorité des 2/3 par l’Assemblée générale de la section ou du groupe, l’Assemblée fédérale ou le Bureau du parti.
Le membre, le groupe ou le représentant de l’instance concerné peut choisir un défenseur parmi les membres du parti. »
Cet article 81 n’est pas d’application dans le cas de la Commune d’Ans, puisqu’il n’a trait qu’aux sanctions prises en cas de faute. Or, il s’agit ici d’un simple remaniement interne et le remplacement d’une personne par une autre, sans qu’il soit question de sanction !
Si à chaque fois que s’établit une nouvelle majorité par un assemblage de courant différent, il fallait en référer aux instances locales à l’échelon supérieur, il serait impossible de former ou de défaire des majorités communales, dans des délais raisonnables.
On voit bien comme la direction du PS liégeois interprète les statuts « selon que vous serez puissant ou misérable » et comme la liberté de penser et d’émettre des avis différents n’est pas dans les mœurs d’un parti qui se dit pourtant progressiste.
Si Michel Daerden avait été un membre ordinaire du PS ansois, personne n’aurait eu l’idée de couper les cheveux en quatre, afin de donner à la direction locale du PS, le pouvoir de démettre un cantonnier !
Dans un parti qui a vocation de prôner l’égalité entre les hommes, on s’aperçoit que l’élitisme y est devenu une institution supérieure !
Et si les socialistes, pourtant majoritaires en Wallonie, se mettaient réellement au service des populations en difficulté, en commençant par se mettre à l’écoute des gens ?
Tout se passe comme si le système avec son économie libérale les satisfaisait pleinement et que leur mission se bornait à quelques rééquilibrages !
Là, on peut leur dire « attention » l’économie libérale est en pleine dérive capitaliste. On ne vous a pas élus pour que vous fassiez l’appoint d’une démocratie « conventionnelle » volant en permanence au secours d’intérêts – qui sont peut-être les vôtres – mais qui sont contraires aux intérêts de la multitude.
Tatillons sur les Statuts du PS, vous avez sauté à l’article 81 bien vite. Vous auriez dû vous attarder sur le Premier :
« Le Parti Socialiste - en abrégé P.S. - a pour but d’organiser, sur le terrain de la lutte des classes, toutes les forces socialistes de Wallonie et de Bruxelles, sans distinction de race, de sexe, de langue, de nationalité, de croyance religieuse ou philosophique, afin de conquérir le pouvoir pour réaliser l’émancipation intégrale des travailleurs. »

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Vous avez bien lu ! Je n’en reviens pas moi-même… « …organiser sur le terrain de la lutte des classes » ! Moi qui croyais que le PS avait extirpé comme un anathème cette particularité de ses statuts !
Mais alors, vous devriez tous rendre des comptes sur ce que vous comptez faire dans le cadre de la lutte des classes ! Vous violez vous-mêmes sans vergogne les statuts !
Là, je vous l’accorde, à qui rendre des comptes ? Au peuple ? Tout le monde n’est pas socialiste ! A Elio Di Rupo ? Il inaugure des piscines et rêve de finir baron, comme Adamo !
Ne reste plus que votre conscience !
Si celle-ci est de la même composition que celle qui court sur le plateau d’Ans, ce n’est pas l’échange de bourgmestre qui fera la différence.

19 mars 2011

327 jours d’affaires courantes !

Les historiens et les curieux des événements de la guerre de 40-45 ont en mémoire les appels depuis Londres du général De Gaulle, dans une émission « les Français parlent aux Français ». Le générique est sans doute resté le plus célèbre dans la mémoire collective française et belge : ce sont les premières notes stylisées de la Ve Symphonie de Beethoven qui correspondent en morse - trois brèves une longue - à la lettre V comme Victoire. Suivait ensuite le nombre de jours de lutte du peuple français pour sa libération, proclamé par un speaker inspiré.
On voit bien les bonimenteurs des deux télés nationales débuter leurs infos, par « Aujourd’hui, 327me jour de la lutte du peuple belge pour sortir des affaires courantes ».
Voilà qui rendrait de l’intérêt aux gens sur l’étendue de notre désastre et pousserait peut-être nos négociateurs à accélérer les tenues de table ronde ?
Car, on a tellement pris l’habitude d’être dans la panade, qu’on va battre, si ce n’est déjà fait, un autre record, plus curieux que le précédent, par le gouvernement Leterme. Celui-ci aura géré le pays plus de temps en affaires courantes, qu’en fonction de son existence légale par la décision des électeurs !
Et ce n’est pas Wouter Beke qui va arrêter le compte à rebours !
Cependant, ce constat de record n’aurait aucun sens, s’il ne s’agissait que d’ironiser autour du 327me jour d’hébétude générale.
On devine un pacte secret, une sorte de consensus qui pousserait nos élus à jouer les gribouilles. Ils ne seraient pas si idiots qu’ils en ont l’air. Ils poursuivraient un plan afin d’éliminer Bart De Wevergaufre et la N-VA des pourparlers en cours !
Comment ? C’est le Gros qui a lui-même mit la puce à l’oreille des leaders des autres formations. « Si aucune solution n’est trouvée d’ici la fin avril, la N-VA se retirera des discussions ».
Jusqu’à présent, personne ne voulait avoir l’air d’abandonner la partie, tout en l’abandonnant de fait, comme par exemple Di Rupo, boudant à Mons pendant 3 mois, à cause de Bart qui n’avait pas pris son projet au sérieux. Idem, le CD&V collé aux basques de Wevergaufre, comme un morpion à un poil de son cul. Si, évidemment, le Gros s’en va de lui-même, il suffira aux autres de soupirer qu’il n’aurait pas dû et qu’on était à un chouïa de réussir, pour qu’ils soient soulagés de sa présence, sans avoir l’air de l’avoir cherchée !
L’opération « usure » est en place depuis que le CD&V a pris les commandes de l’usine à gaz. Déjà, Bart est en train de craquer. On l’a exclu des négociations budgétaires, arguant du fait que son parti n’est pas représenté dans les formations du gouvernement en affaires courantes. Il s’en est plaint dans l’émission « De Ochtend » à la VRT. La situation n’est pas tenable, a-t-il dit, d’un air courroucé.
C’est parfait, ont pensé les autres.
Il faut dire qu’on nage en plein délire « Constitutionnel » et qu’on n’a jamais vu ça : un gouvernement d’attente, monter un budget de législature ! Alors, N-VA ou pas, rien n’indique qu’il faille l’éviter ou l’inviter ! Mais qu’on préfère la première solution est un signe. Il faut dire aussi que la N-VA n’est d’accord sur rien, par avance et que, si c’est une tactique pour attirer l’électeur mécontent, politiquement, c’est l’impasse assurée.
Voilà qu’en plus d’être coincé dans les discussions de formation pour diriger le pays, De Wever se sent évincé des affaires courantes qui sont devenues de plein exercice.

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Les partis francophones sont évidemment ravis de voir Wouter Beke moins enthousiaste de la politique de la N-VA, d’autant que le Gros, trop à l’étroit dans son rôle de négociateur éternel, a besoin d’une consécration internationale et, pour ce faire, a rendu jeudi une visite remarquée au Premier ministre britannique David Cameron, tout en prévenant ses collègues négociateurs, qu’en attendant Godot, il aura d'autres contacts internationaux dans les prochaines semaines, sans toutefois en dire davantage. S’il pouvait aller rendre visite à Kadhafi, ce serait parfait.
Bref, ça se décante !
Sans la N-VA, on pourrait avoir un gouvernement pour les vacances.
C’est ce que Di Rupo espère. Pendant les vacances, c’est plus facile d’augmenter les taxes des ploucs en congés-payés. Ça ferait partie de la stratégie du PS qu’on n’en serait pas autrement surpris !

18 mars 2011

Oufti ... à Ans !

On savait le PS désormais un parti « frivole » et détaché des préoccupations de son socle électoral, fort peu regardant sur la qualité de ses amitiés extérieures (le voyage récent de Flahaut et Demeyer au pays des Grands lacs et serrant la main de Kagamé, un des responsables du génocide rwandais). On ne le croyait pas capable de se diviser à Ans sur la personnalité de Michel Daerden. Et voilà que Papa est contesté par les siens au point qu’une cabale, avec à sa tête Stéphane Moreau, un élu du PS, s’ingénie à déboulonner la statue du Jules César local !
La difficulté dans la popularité par le rire, c’est de faire rire tout le monde. Une poche de résistance quelque part qui fait la gueule, et voilà que l’ambiance est plombée. Les gens ne rient plus. On n’aime plus papa !
C’est ce qu’est en train de vivre Michel Daerden qui tombe de haut.
Loin des caméras d’Arthur et du divan de Drucker, les chaises de la Fédération liégeoise du PS, place Sainte-Véronique, reçoivent les séants de ces messieurs. Mi-sérieux, mi-goguenards, on palabre pour une dernière tentative de raccommoder les parties.
Tout avait commencé par la volonté de Papa de démettre son bourgmestre faisant fonction : Stéphane Moreau, personnage qui avait rassuré jusque là par son insignifiance rassurante. A certains signes d’indépendance, César cru que Pompée voulait se tailler un nouveau costard sur sa toge. Comme il l’avait fait, il voulut le démettre…
Auparavant, Papa s’était au préalable fichu dans la manche du « bon » Willy Demeyer, président de la Fédération. L’homme des hauteurs, par ses rodomontades et ses effets de tribune au 1er mai, s’était mis à dos le maïeur liégeois, choses qu’on pardonne difficilement au parti, surtout des camarades rancuniers, comme le « bon » Willy, qui ne sont pas les rois du baratin d’estrade.
A 18 mois des Communales, c’est gonflé. Reynders pourrait à Liège profiter du clash ! Il est vrai que lui-même en délicatesse avec Christine Defraigne, n’est pas bleu-blanc, non plus.
Que va faire, le gagman du Standard, Michou d’Ans qui aime le peuple et que le peuple aime ?
On dit qu’il a des dossiers. C’est marrant, les autres aussi !
Il est vrai que le parcours, quoique silencieux de Stéphane Moreau, à l’ombre des « roses roses » n’a pas le brio de l’artiste des variétés ansois que le public apprécie. Ses sketchs sont moins spectaculaires. C’est comme qui dirait vouloir comparer la Famille Coucou des Liégeois Emile Sullon et Jacky Myrhiam à Desproges ou Guy Bedos. La différence, c’est que les cachets de Stéphane sont moins beurrés (dans les deux sens du terme), quoique fort honorables pour un second couteau.
Qu’on en juge :
Bourgmestre (titulaire ou ff), rémunéré ; IGIL, administrateur, rémunéré ; Inter-Régies, membre du comité de direction, rémunéré ; SLF – Finances, membre du comité de direction, rémunéré ; SPI+, administrateur, rémunéré ; TECTEO Group, directeur général, rémunéré ; Société de Logements du Plateau, Vice-président, rémunéré ; MEUSINVEST, administrateur rémunéré ; Publipart sa, conseiller, rémunéré ; SPE sa, conseiller, rémunéré.
A cela, il faut ajouter les prestations honorifiques non rémunérées. Monsieur Stéphane Moreau doit être un homme fort occupé, au point que l’on se demande où il a trouvé le temps de « monter » la cabale qui fait vaciller sans pékèt, un Michel dégrisé sur la nature du serpent qu’il a réchauffé en son sein.
C’est une affaire ansoise, j’entends bien, mais elle en dit long sur la façon « rigolote » avec laquelle le PS, depuis qu’il ne sait plus ce qu’est la lutte des classes, entreprend la lutte des places.
C’est même lors de ces rivalités de palais que le public est quelque peu informé de la façon dont ces messieurs s’y prennent pour arrondir leurs fins de mois, tout en nous racontant que c’est pour mieux défendre le point de vue des travailleurs et des petites gens.
Le collège a convoqué un conseil communal le 28 mars, à 17 heures.

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Le rappel de ce que l’on doit à qui vous savez a commencé.
Chacun répète dans sa cuisine les couplets de l’Internationale, tandis que des petites mains recousent des faufilures qui ont lâché des petits tabliers. Il s’agit d’être d’aplomb à manier l’équerre… Le bal du bourgmestre est remis à une date ultérieure !

17 mars 2011

Quand l’UMP se met à douter !

Que se passe-t-il en Sarkozye ?
Les sondages placent Sarkozy au plus bas, et vraiment derrière tout le monde, y compris son premier ministre Fillon. Ce mauvais vent qui perdure commence à saper le moral des UMP les plus ardents. Marine Le Pen, dans tous les cas de figures, passe le président. Depuis son élection à la tête du FN, elle affiche une santé insolente dans l’opinion, ajoutant au trouble déjà observé, le sentiment que le parti du président s’érode de partout !
Pour les élections cantonales, dont le premier tour aura lieu dimanche 20 mars, la gauche arriverait en tête, selon un sondage Harris. Les UMP en campagne n’osent plus afficher leur sigle à côté de leur nom !
Un vent de panique s’est levé qui secoue toute la droite classique.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés ! La Fontaine aurait pu en dire autant du doute qui assaille le parti au pouvoir.
« Il est cuit. Il ne peut plus gagner ! » C’est un cri venant du cœur, comme celui du valet de Don Juan s’écriant « Mes gages » ! Car, ce qui préoccupe la garde rapprochée et ceux qui, de près ou de loin, participent au pouvoir et en tirent salaire, arriver à pareille conclusion, ce sont des plans de carrière qui s’effondrent, des illusions qui s’envolent, des bénéfices espérés à jamais perdus.
Ils ont beau dire, qu’être élu n’est pas un métier et qu’on y court un risque, celui de n’être plus rien, après avoir cru que l’on pouvait être tout, l’amour-propre en prend un coup ! Alors, la conviction que c’est à cause « de l’autre » qui n’a pas su gérer sa majorité, il n’y a qu’un pas.

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L’omniprésence de Sarkozy des débuts à 2011, tirant imprudemment à l’avance l’entière responsabilité des affaires sur sa seule personne, on pourrait dire « qu’il l’a bien cherché ».
Des dizaines d’exemples foisonnent de promesses non tenues, d’extravagances démagogiques, de discours malheureux, de remaniements inutiles et d’autres rendus nécessaires, par l’accumulation des bévues des ministres comme Hortefeux ou Allio-Marie.
Et même pour cette dernière et son remplacement par Alain Jupé, n’était-ce pas une faute de vouloir reprendre la main tout seul en Libye, reconnaissant avant tout le monde les insurgés, en n’ayant pas prévu que la Communauté internationale les laisserait tomber ? Même si c’était courageux de la part de Sarkozy que l’Europe aurait dû suivre, n’y avait-il pas là plus qu’une imprudence, une faute ?
A l’UMP, les pointures qui ne sont pas reprises dans le premier cercle du président et qui n’espèrent plus des places d’ici la fin de la législature, critiquent ouvertement l’entourage direct de Sarkozy « des repus comme Fillon et des ennemis torves comme François Copé ». Ils en sont venus à compter davantage sur la machine à perdre du PS pour s’accrocher au dernier espoir de voir Sarkozy face à la présidente du FN, dans une sorte de Remake de Chirac contre Jean-Marie Le Pen.Sauf, que le scénario pourrait bien être bouleversé : un candidat du PS face à Marine ! C’est une possibilité qui n’est pas négligeable.
Il est vrai que le PS n’aura pas de candidat avant octobre. Restent en mémoire les misères faites à Ségolène Royal par ses propres amis, alors qu’elle avait été désignée comme candidate unique à l’élection de 2007, Sarkozy s’accroche à cette hypothèse en se voyant toujours au second tour, devant Marine Le Pen, et ce malgré un récent sondage qui place DSK loin au-dessus du lot avec 35 % d’intentions de vote !
D’ici 2012, bien de l’eau aura coulé sous le pont Mirabeau. Peut-être cette eau décantera-t-elle les mauvais présages et réussira-t-elle à fatiguer les médias qui s’en donnent à cœur joie dans les sondages ?
C’est en tout cas ce qu’espèrent les derniers fidèles, qui ont abandonné l’illusion de voir Sarkozy tirant de sa besace un coup fumant au dernier moment.
Mais les événements vont vite, depuis le tsunami au Japon et ses suites sur le nucléaire. Ils entrent ainsi directement dans les coulisses de la politique française pour une gestion de la crise qu’elle provoque au niveau international, mais dont les retombées locales en France pourraient valoir d’ici 2012, bien des surprises, comme de voir revenir les écologistes au premier plan. Et si Nicolas Hulot, autre grand hésitant, décidait de se présenter ?

16 mars 2011

Quand le cœur fait boum !

La catastrophe nucléaire japonaise (état de gravité n°6, le maximum 7 avec Tchernobyl) jette une lumière crue sur la volonté criminelle de l’Europe de vouloir à tout prix confier au privé la gestion des centrales nucléaires, suivant la politique de démantèlement des Régies et des Services publics des Etats membres.
Cette foi imbécile dans l’initiative privée a déjà valu quelques dizaines de morts en Angleterre pour une autre privatisation, celle des chemins de fer et ce n’est pas fini.
Il est avéré aujourd’hui que les centrales japonaises n’ont pas été seulement victimes du tsunami qui a succédé au tremblement de terre, mais aussi victimes de la négligence de la société anonyme chargée de produire du courant, et responsable de l’entretien des sites et des réacteurs.
Quand on met en parallèle à ces négligences les monstrueux bénéfices que font les actionnaires de ces sites nucléaires, on est tout de suite amené à des conclusions que le commerce ainsi conçu est comparable à des actions criminelles de malfaiteurs endurcis.
Les événements qui se précipitent, l’accablement des populations riveraines de ces sites endommagés, l’impuissance des autorités de procéder à des évacuations massives devraient provoquer une lame de fond écologiste qui balaierait les cinglés qui siègent au parlement européen et qui défendent les privatisations de Van Rompuy et Barroso.
Ce soir sur RTL, un agent du privé sur les questions de l’atome, avait encore le culot de prétendre que la Belgique était au-dessus du lot concernant la sécurité, pour ensuite « rassurer » les auditeurs sur l’état de la centrale de Fukushima, alors que les meilleurs experts n’en savaient encore rien et que l’Europe va revoir toute sa politique sur l’atome, franchement, on se demande si RTL n’a pas des intérêts chez Electrabel !
Non, le fric n’est pas tout, et mille fois non, les besoins stratégiques des populations ne peuvent pas être gérés par des entreprises privées, dont on sait le peu de cas qu’elles font des personnels et de la sécurité au seul bénéfice des manipulateurs de pognons.
Les événements japonais en matière de protection du nucléaire donnent une véritable dimension politique aux événements en cours.
Le Japon va être le premier pays au monde à payer au prix fort le crime qui consiste à laisser l’arme atomique que peut devenir une centrale, dans les mains du privé, quand on voit les lois qui pleuvent sur les détenteurs d’armes de chasse et de sport.
Première compagnie privée d'électricité du monde, le japonais Tokyo Electric Power (Tepco), a fait un bénéfice net de 157,7 milliards de yens (1,19 milliard d'euros) pour la période d'avril à décembre, contre une perte de 137,7 milliards de yens (1,04 milliard d'euros) un an plus tôt. Un redressement suffisamment curieux pour que l’on se demande son origine qui serait peut-être la réduction des personnels et le manque d’entretien des centrales ?  
Que va faire Tepco ? Aura-t-elle les moyens de juguler des défaillances de systèmes internes des centrales dont on a du mal à faire le lien avec le séisme et même le tsunami, quand on se demande pourquoi dans un pays comme le Japon, on a construit des centrales en bordure de mer sans leur donner la protection d’un mur suffisamment haut ?
On sait, d’après l’expérience de la crise financière de 2008 qui valut aux Etats de renflouer les banques avec l’argent public, ce qui va se passer au Japon. Ce sont les Japonais qui vont payer les factures par des taxes supplémentaires et l’augmentation des primes d’assurance, tandis que les actionnaires de Tepco pourront toujours compter sur leurs réserves d’argent des profits antérieurs auxquelles personne ne touchera.

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Le Japon est un des pays les plus privatisés au monde, la suite on la devine : accroissement de la dette, diminution du pouvoir d’achat, appauvrissement accéléré des petits salariés.
Laxisme des autorités japonaises, certes, mais c’est une constante dans des pays rongés par le libéralisme agressif. En avril 2003 le gouvernement japonais avait ordonné à TEPCO de fermer tous ses réacteurs nucléaires pour un contrôle de sécurité après la découverte de documents falsifiés… On ne saura jamais la suite que les autorités japonaises auraient dû accorder à une fraude qui relevait d’un tribunal, parce que TEPCO n’a jamais comparu devant une juridiction quelconque.
Si, comme au Japon, l’Europe conduit à toujours plus de privatisations, ce sera au détriment de l’Européen et toujours plus de considération pour le profit! Et au bout du compte, il y aura aussi en Europe des catastrophes sur lesquelles on s’apitoiera, mais trop tard !
Et qu’on ne vienne surtout plus nous raconter des blagues au sujet de la diminution des prix par le jeu de la concurrence !
En Europe, voilà longtemps que nos propagandistes du libre échange n’osent plus nous servir au culot, de pareilles incongruités !

15 mars 2011

Les enfants rois du Parlement.

- Professeur Patrice Dutout, c’est un pseudonyme ?
-Evidemment, voyez ce qui est arrivé à Jean-Yves Hayez, blâmé par l’Ordre pour avoir traité De Wever, d’enfant roi.
-Vous avez découvert un nouvel aspect de la personnalité du président de la N-VA susceptible de nous éclairer sur sa nature profonde ?
-J’ai tout simplement élargi la réflexion du psychiatre à la condition générale des élus de notre si curieuse fin de démocratie.
-Est-ce à dire qu’ils sont tous des enfants rois ?
-Evidemment non, mais c’est de la manière dont ils ont évolué depuis l’enfance pour atteindre à la même profession, quel que soit le parti, qui est intéressante.
-Si je comprends bien, professeur Patrice Dutout, vous risquez pire qu’un blâme de l’Ordre, une suspension !
-Je parle ici d’une manière générale d’une catégorie d’individus. Venons-en aux faits. Presque tous les membres actuels de la classe politique sont des névrosés ; mais, bien évidemment, ils sont atteints à des degrés divers.
-Expliquez-vous.
-Lorsque nous parlons du choix de la profession d’un homme politique, nous devons prendre en considération un fait important : beaucoup de névrosés ne choisissent pas leur profession ; mais elle leur a été imposée.
-Par un père déjà dans la profession ?
-Bien entendu, outre l’attrait d’un travail peu fastidieux et d’un gain facile. Le père symbolise le parti, de sorte qu’on est frappé de l’aspiration à l’indépendance, par laquelle le névrosé essaye d’atteindre symboliquement la liberté par rapport à toute autorité. La contestation de l’autorité du père… la transgression. Le grand truc classique.
-C’est-à-dire que Reynders rêverait d’être socialiste et Di Rupo, libéral ?
-Quoique aujourd’hui les programmes se confondent et qu’il n’y a plus de grandes différences entre la gauche et la droite, le réalisme leur interdit de mettre en corrélation le rêve et l’objectif.
-Qui est de monter dans la hiérarchie du parti ?
-Evidemment. Recommencer au bas de l’échelle une carrière rebuterait n’importe qui. D’autant que le névrosé manifeste une tendance à gagner le plus possible avec le moins de travail possible, une tendance qui par la suite se manifeste dans une paresse névrotique.
-C’est le seul facteur qui détourne le névrosé de ses rêves ?
-Plus fort encore est le désir de s’adonner sans entrave à ses fantasmes, mi-inconscients. C’est pourquoi il est si difficile de le sortir de ses habitudes de paresse. Il ressent alors le travail avec un sentiment de déplaisir. Une intrusion dans son activité fantasmatique.
-La longueur de la crise, neuf mois, tiendrait à cela ?
-La signification de ces fantasmes tient dans la perversité polymorphe de l’enfant. Selon le psychiatre Stekel, les professions politiques, comme journalistiques, tiendraient dans le fait que ces enfants rois seraient de surcroît des enfants que Freud classe dans la catégorie du criminel universel. Faire durer la souffrance, vous savez, c’est un des premiers plaisirs de l’enfant pervers.
-Vous êtes sérieux, professeur et pas triste du tout ?
-Il n’est de crime, si cruel qu’il soit auquel ne s’adonne l’imagination de l’enfant qui sera plus tard un professionnel névrosé et obsessionnel. Ces fantasmes persistent jusque dans la maturité et forment alors la base du sentiment de culpabilité criminel du névrosé.

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-Nos hommes politiques seraient à classer dans la catégorie de névrosés comme le colonel Kadhafi ?
-Bien entendu. Vous remarquerez quel soulagement pour eux la contre-offensive victorieuse de celui-ci en Libye. Et comme ils tergiversaient à voler au secours des populations qui auraient pu l’emporter. Heureusement, il n’en est rien aujourd’hui puisque le régime va avoir raison des peuples. Ils peuvent s’indigner du génocide qui se prépare et s’attendrir dorénavant sur le nombre des victimes. Kadhafi demeure, c’est ce qu’ils souhaitaient.
-Vous croyez donc que c’est en fonction de leur enfance que nos dirigeants politiques se conduisent de façon aussi abjecte ?
-Les enfants rois sont préoccupés par la question de savoir comment ils pourraient éliminer les personnes qui les gênent ; et comme ils sont souvent animés du désir d’écarter ces obstacles par n’importe quel moyen, ils pensent souvent au problème de la mort.
-D’où leur admiration secrète pour Kadhafi ?
-Les fantasmes criminels sont toutefois altérés par la répression continue dont ils sont l’objet, comme la systématisation des compromis à la belge, de sorte qu’ils n’apparaissent plus sous leur forme primale.
-Ce refoulement, par quoi se manifeste-t-il ?
-La pulsion d’agression, au sens qu’Adler l’entend, s’exprime encore dans la notion de mort politique déjà impliquée dans le mot Abfahren (partir), Vorfahren (prédécesseur) et Nachfahren (successeur), décrite par Freud à propos d’un policier viennois qui ne trouva qu’une solution à son désir de succéder à son chef, l’éliminer ! Nous avons beaucoup de cas en Belgique de morts politiques, qui ne sont pas loin d’être des morts réelles. Nous ne savons pas la réaction de Monsieur Reynders lorsqu’après le stade de prostration, il prendra conscience d’avoir perdu la présidence du MR.
- Y a-t-il un rapport entre l’enfant roi de riches et l’enfant roi de pauvres ?
- Chez les riches, même les staphylocoques sont dorés !
-Il faut donc se méfier davantage d’un riche qui fait de la politique, qu’un pauvre ?
-Pas nécessairement, puisque professionnellement ils travaillent tous les deux dans le même but. Sauf, que le riche est moins âpre au gain, puisqu’il n’a plus le sentiment de pauvreté, mais celui d’accaparement.

14 mars 2011

Et puis vint Michel Legrand du GERFA !

Ce dimanche, c’était le tour de Bel-RTL d’être en direct.
C’est inutile de se demander pourquoi il y a alternance, puisque nos chaînes non seulement programment un sujet identique, mais encore, demandent aux mêmes augustes le soin de faire rire les enfants sur les deux pistes.
On a pu voir Delpérée meilleur sur RTL qu’à la RTBF et pour cause, il avait peaufiné son interprétation à la générale où il venait de se produire. C’était quasiment du mot à mot !
Un bel exemple de gabegie. Il serait moins onéreux de n’avoir qu’une diffusion pour les deux chaînes. En deux dimanches, on récupérait les 95.000 € du voyage de Koekelberg !
Après quelques commentaires sur la démission et l’équipée du meilleur flic de Belgique, on avait droit aux confidences d’un jeune retraité colonel de notre armée. La Flandre truste les généraux, tandis que Pieter De Crem déménage en douce le matériel et les hommes des casernes wallonnes vers la Flandre accueillante, forcément puisque ça les rapproche des commandements ! Logique, non ? Déjà qu’on ne peut pas mouiller notre flotte à Arlon, qu’on nous laisse au moins les tanks et les hélicos, suppliera sans doute André Flahaut !
Mais non, il paraît qu’ils veulent tout !
Et ils ont raison, puisque devant eux, rien que des fafiottes, mouillant leurs caleçons à la pensée que la N-VA et le CD&V laisseraient la Belgique pour une grande kermesse flandrienne.
Après neuf mois de gestation, Wouter Beke n’a pas encore accouché la Belgique de son petit dernier. Les Wallons attendent toujours à la porte de la salle de travail, avec des fleurs et nos félicitations ! Le parrain Di Rupo achète des dragées à Mons !
On en serait resté à cette agitation dominicale, avec un Delpérée jouant sa scène avec accessoire (un dictionnaire brandi des accords de 66) et Eric Van Rompuy jouant la sienne en consultant son texte, si un type du nom de Michel Legrand, président du GERFA - Groupe d'Etude et de Réforme de la Fonction Administrative – (1) n’avait cloué le bec à tout le monde. Non, ce n’est pas le pianiste. Mais il connaît la chanson, au point que les grandes gueules des deux Régions sont restées muettes pendant que Legrand leur chantait que les Régions ne sont plus les sœurs jumelles, nées sous le signe des gémeaux.
Comment concilier ceux qui recherchent leur indépendance et des frontières internationales et les Francophones naïfs, croyant au maire du palais Elio Di Rupo ?
Les chiffres sont là. Toutes nos représentations extérieures sont occupées par des Flamands. Certaines ambassades sont unilingues et les francophones y demandant de l’aide sont priés de trouver un traducteur !
Le président du GERFA ne parla pas longtemps, les autres et Vrebos s’impatientèrent dès ses premiers mots de lui couper le micro, et cependant : « Prenons l'administration fédérale, désormais divisée en SPF (services publics fédéraux), avec le Selor (bureau de recrutement de l'administration) et Fedict (informatique et technologies de l'information), cela fait quatorze présidents ou assimilés. La loi prévoit une parité linguistique: 7 francophones, 7 Flamands. Les sept Flamands sont nommés, de même que 5 francophones. Les deux postes restants sont occupés par des “ intérimaires ”, un francophone et un Flamand. Premier déséquilibre. Il faut ajouter un qui n'est pas dans le quota, la patronne de l'administration civile à la Défense: c'est une Flamande. Il s'agit d'un poste tout à fait stratégique. Si l'on prend en compte, au sein des administrations, les patrons des services du personnel et du budget, “ là où on décide de tout ”, reprend M. Legrand, “ on en est à 80% de Flamands. ” Etc… pas une administration fédérale qui ne soit dangereusement déséquilibrée au profit des Flamands. L’Etat flamand, ce n’est plus une boutade. Et ce n’est pas fini.
On se demande si Di Rupo n’envisage pas, justement, un Etat flamand afin d’éviter une Flandre indépendante ? Les Wallons sont victimes d’une véritable stratégie flamande d’occupation systématique des postes stratégiques, ambassades, armée, haute administration, postes clés dans les ministères, etc.
Après d’autres précisions, sans doute irréfutables, puisqu’aucun des habitués de la télé n’est intervenu, pour contester les chiffres avancés par cet homme que personne ne connaît et qui pourtant parle d’or, les invités ont repris du souffle et sont repartis de plus belle, sans plus attacher d’importance aux seuls propos qui en avaient beaucoup.

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_________________ 1. « Quand le coq wallon dit "Accordons nos violons", le lion flamand répond "Violons nos accords" ! Cela suffit ! » Belle formule du GERFA.
13 mars 2011

Tunisie : lendemains amers.

Les événements au Maghreb et en Libye donnent raison à Napoléon, grand expert en récupération « Dans les révolutions, il y a deux sortes de gens : ceux qui les font et ceux qui en profitent ». Gare aux profiteurs, ils ne traînent jamais très loin…
On aurait pu croire que les grands donneurs de leçons européens voleraient au secours de la détresse humaine, en apportant leur expérience à la consolidation des espoirs légitimes des aspirants démocrates.
D’autant qu’en Tunisie et en Egypte, les intégristes et les factieux musulmans n’ont pas participé aux journées insurrectionnelles. On peut légitimement penser que l’élan du peuple va vers la mise sur pied d’un système démocratique, laïc et social.
L’attentisme de l’Europe permet aux cadres des anciens régimes de se ressaisir, d’accuser le coup et d’attendre une opportunité pour refaire surface. L’inexpérience des peuples fait le reste.
C’est à croire que le président Herman de la Serpillère et Catherine Ashton, sa ministre des affaires étrangères, attendent qu’un pouvoir fort étouffe les velléités démocratiques de Tunis pour intervenir, quand cela ne sera plus utile et se rassurent déjà de voir l’Egypte tenue en laisse par l’armée.
Quant à Kadhafi, les spéculateurs en huile minérale doutent qu’à l’aide des mercenaires africains et des pilotes pakistanais, le Berbère stabilise de sitôt les prix du brut, ce qui est bon pour le biseness ; tandis que les pays démocrates assistent « navrés » au début du massacre des populations par l’homme fort de Tripoli.
Voilà comme s’engagent les démocraties en 2011 vis-à-vis de ceux qui veulent suivre leur exemple.
Une intervention à titre purement humanitaire qui consisterait à interdire aux avions de Kadhafi de mitrailler les populations, est déconseillée par la peur des missiles sol-air. En Afghanistan le risque est identique, sinon plus grand. Et pourtant, les démocraties y ont bien envoyé des contingents !

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Le dilemme des populations est le même partout : par quoi et par qui faut-il remplacer l’ordre qui s’effondre ?
Ghannouchi, premier ministre de Ben Ali, a compris à ses dépens qu’il devait quitter le pouvoir ; mais, l’opposition laminée par trente années de dictature n’a pas encore réalisé qui mettre à sa place ! Comme le pouvoir a horreur du vide, Caïd Essebi, s’est engouffré dans la brèche. Ce n’est pas un homme nouveau. Il a 84 ans ! C’est le seul intérêt, son grand âge. Il paraît difficile de débuter une carrière de dictateur, dans ces conditions.
C’est au cours de cette période de flottement que l’Europe devrait jouer un rôle, celui de grand frère : aider à ce que se déroulent des élections rapidement, assurer la légalité des opérations, et garantir le nouveau pouvoir des conditions d’une paix intérieure.
On dirait que l’Europe attend de voir monter en puissance des facteurs inconnus à la révolution du jasmin, afin de normaliser un dialogue avec… un nouvel Ben Ali !
Les relations qui tardent entre l’Europe et le « nouveau » Maghreb, devraient nous faire comprendre combien nos dirigeants ont une étrange conception de la démocratie !
Leurs discours sont d’affreux mensonges destinés à nous faire avaler des couleuvres.
Où est-il le courageux engagement des révolutionnaires français de 89, qui donnait l’espérance aux peuples asservis, et promettait la justice et l’égalité ?
Si la démocratie s’en tient à contenir la folie aveugle d’un terrorisme intégriste, alors, on peut s’attendre à ce que cette lutte s’éternise, quand cet unique ennemi peut se fondre dans des pays à dictature pour reprendre des forces.
Justement, ce serait lutter plus efficacement contre la ferveur meurtrière religieuse, en aidant des populations sous dictature à secouer le joug. Al-Qaïda s’en trouverait déforcé et ses écoles d’assassins auraient moins d’asiles.
On commence enfin à comprendre pourquoi les dictatures à travers le monde ont un souverain mépris des démocraties. Ce n’est pas la chute de l’une d’elles de temps en temps, qui pourra leur faire craindre la « justice » des peuples.

12 mars 2011

L’aide de l’Europe à la Libye.

La cheffe de la diplomatie Catherine Ashton et le président de l’Europe, Herman Van Rompuy, dit la serpillère, ont donné une fin de non recevoir à la demande d’aide militaire des insurgés libyens.
Si l’on excepte Sarkozy qui fait oublier la lamentable prestation d’Alliot-Marie au ministère des affaires étrangères en reconnaissant l’opposition au colonel, l’Europe, après le discours sur les « nécessaires » démocraties, s’est réjouie de la volonté des peuples d’entrer dans le club des Nations à régime parlementaire. Cependant, sur le terrain, elle laissera le dictateur et « son » peuple s’affronter. Comme disent les diplomates, les dictateurs sont plus accommodants et tiennent mieux leurs engagements vis-à-vis des autres nations que les jeunes républiques.
Barak Obama tergiverse, cherchant une porte de sortie en se défaussant sur l’ONU. L’Otan trouve qu’il y a urgence et elle se tient prête, a déclaré le secrétaire général de l’Alliance atlantique. Bref, tout le monde attend un signal. Ce qui n’empêche pas Kadhafi de poser en victime du terrorisme devant sa télé, tandis que les gens meurent fauchés par son aviation.
Un peu comme naguère au Rwanda, lors du génocide, les démocraties s’y disaient déjà l’arme au pied. Ce qui n’empêcha pas des centaines de milliers de morts.
Farce, comédie ? Non, realpolitik.

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La realpolitik (de l'allemand : politique réaliste) désigne « la politique étrangère fondée sur le calcul des forces et l'intérêt national ».
Vous avez compris, les démocraties font du commerce avec tout le monde et ne veulent se quereller avec personne. Il est toujours temps dans un pays dont les ressortissants se déchirent, de choisir un camp quand il ne fera plus de doute que ce sera celui du vainqueur. L’avènement de la démocratie, le triomphe du peuple meurtri, la justice, la morale, les démocraties s’en fichent complètement. C’est du baratin pour les ploucs.
Ne montrent-elles pas aux dictateurs la monstrueuse indifférence dont elles font preuve de la paupérisation de leurs populations, sous prétexte d’observer les lois du marché ?
A l’origine, c’est Nicolas Machiavel le théoricien de la realpolitik : (Le Prince) écrit en 1532. Il établit que le seul but d'un prince devait être la recherche du pouvoir, indépendamment des questions religieuses et morales. Ce que Richelieu traduisit plus d’un demi siècle plus tard par raison d'État.
La realpolitik est la prise en compte du maximum de données, afin de sauvegarder le maximum d'options. Un de ses moyens est le cynisme afin de conserver un large consensus de l'opinion publique.
Au XIXe siècle, elle fut un moment délaissée pour la « weltpolitik », simple recherche d’une supériorité militaire, qui lorsqu’elle est effective, dispense même de donner au peuple de bonnes raisons. Elle nous valut la Première Guerre mondiale.
L’exemple célèbre de realpolitik est la manière de Nixon, conseillé par Henry Kissinger, de tisser des liens avec la Chine maoïste et avec l'URSS.
Avant l’effervescence des populations du Maghreb, en pleine realpolitik, Sarkozy mettait sur pied l’Alliance des pays bordant la Méditerranée, avec Moubarak, président de l’Association, tandis que le président français recevait Kadhafi et l’autorisait à planter sa tente à proximité de l’Elysée !
En France et en Belgique, la realpolitik possède deux sens, Leterme vient de nous en faire la démonstration : 1. abandonner ses idéaux pour composer avec la réalité ; 2. Indiquer un manque de vision politique conduisant à un règlement uniquement à court terme des problèmes.
En finissant la lecture d’un bouquin sur la vie de Saint-Just, j’ai noté cette réflexion du révolutionnaire français « Tous les arts ont produit des merveilles, l’art de gouverner n’a produit que des monstres ».
On pourrait imiter Jean-François Kahn qui pense que « le réaliste, c’est celui qui a l’air con après chaque révolution » parce que le propre de celles-ci est qu’on ne les voit pas venir, un peu comme les crises en économie. Aucun économiste ne les prévient jamais.
En politique, la réalité est une photographie. A la seconde qui succède le clic, le paysage et les personnages ne sont plus identiques.
Restent les salauds qui commettent des crimes au nom des dictatures et d’autres salauds au sommet des démocraties qui ne s’émeuvent pas du sang des innocents.

11 mars 2011

L’Amour foufou…

Dans le mal nommé café ixellois « l’Amour fou », on s’est fermement apostrophés à propos du web. S’il y avait jadis des maisons pour ça… de nos jours, la tolérance à Ixelles !
Des cybernautes ont débattu des « enjeux de la communication politique ». Ce que j’en dis, c’est d’après l’article qu’en fit Gil Durand, « papiériste » au Soir.
Les Agences de pub ont ouvert une nouvelle piste à ramener du pèse : la communication de nos illustres à leurs clientèles et administrés. Elles proposent de leur concocter des coins aimables sur la Toile, moyennant quelques pubs et l’un ou l’autre coup de pouce à leurs webmasters préférés. La chasse à la Rolex de Séguéla est bien partie.
Il est vrai, les blogs de nos édifiants sont tristounets.
Celui de Karine Lalieux est émaillé de quelques méchants accords de participe passé et d’une approche approximative de la nouvelle orthographe. Par exemple « une auteur ». Quand on met « auteur » au féminin, il faut y ajouter un « e »…. surtout quand on se dit féministe.
Qu’un type dans mon genre se prenne de temps à autre les pieds dans le tapis de Monsieur Grévisse, c’est normal. Ils se disent, réjouis, c’est un con ! J’entre dans leur logique. Mais que Lalieux qui préside des Commissions, en soit une, ça vire au pataquès inopportun, à l’illettrisme déballé ! Surtout venant d’une dame qui la ramène dans le fin raisonnement universitaire, et qui a des secrétaires attachées à sa personne avec des dictionnaires et tout le tremblement.
Sur le blog bleu azur des jeunes du MR (Bizarre, je croyais qu’il n’y avait pas de jeunes au MRet ça depuis les Jeunes giscardiens en France, c’est dire si ça remonte !), Didjé met en exergue de son billet «N’attends pas qu’on te donne la parole… Prends-la !». Avait-il besoin de nous prévenir de ce qu’il a toujours fait à tort et à travers ?
Le blog pourpre d’Elio Di Rupo est verbeux. Il y parle trop souvent des femmes, pour qu’il n’y ait pas chez lui l’intention de nous faire oublier d’autres inégalités. On s’y ennuie encore plus que dans celui d’André Antoine, tout en orange, qui n’est qu’un hymne d’amour à sa patronne Joëlle Milquet, la présidente aux pieds nus.
Bref nos « idoles » politiques manquent de peps ! Et pour cause, on ne peut pas faire sa « réclame », en étant un farouche partisan de soi-même ! Voilà pourquoi les prestations de ces messieurs-dames sont si ternes et sans intérêt. Leur nombrilisme est vraiment répugnant, quand ils accusent les autres de leur faiblesse ou lorsqu’ils se vantent de pouvoir faire mieux que tout le monde !
L’électeur s’est lassé depuis longtemps des sollicitations diverses dont il est victime : coups de fil d’un marchand de vin, prospectus d’un traiteur chinois, voilà qu’il bute sur la Toile aux mérites d’une foule de gens qui ne sont pas fichus de faire un gouvernement après neuf mois de négociation !
Alors, parlons-en des super-communicants !
Il faudra qu’ils soient forts pour parvenir à me vendre leurs salades. Autant dire que pour moi et pour beaucoup d’autres, ils auraient plutôt intérêt à se faire discrets !
La faute qui fait que l’on ne voie plus qu’eux incombe à cette imbécile hiérarchie de notre indigente démocratie qui place en tête dans les journaux et aujourd’hui sur la Toile, ceux qui ont toujours eu droit à un passe-droit, non pas grâce à leur mérite, mais à cause de leur étiquetage social.
Il y a les « bons » pour le royaume et les « mauvais » de la chienlit.
Les blogueurs anonymes sont parmi les« Mauvais » toute catégorie confondue, ceux qui donnent le plus de fil à retordre au bien dire et bien penser.

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Tant qu’il n’existe pas une loi pour tarir leur éloquence, ils donneront des cheveux blancs aux pontifiants et aux obèses de sinécures. En effet, voilà des obscurs qui paient le droit d’écrire quand nos illustres sont payés pour la même chose. Des sans-grades qui se permettent de critiquer les « inaccessibles étoiles », c’est le monde à l’envers ! Et pire, certains sont si pertinents et tellement plus libres de propos, que le public s’engoue et ne lit plus qu’eux !
Le fameux critère de La Bruyère « Se faire valoir par des choses qui ne dépendent point des autres, mais de soi seul, etc… », le dilemme de Valéry « Ce ne sont pas les meilleurs qui réussissent, mais les pires… » qu’il redéfinit par « La politique consiste dans la volonté de conquête et de conservation du pouvoir ; elle exige par conséquent une action de contrainte ou d’illusion sur les esprits… L’esprit politique finit toujours par falsifier. », ce n’est pas du Di Rupo, ni ce que pense Didjé, cependant cela nous concerne au plus haut point.
Alors, oui, au café de l’Amour, il fallait beaucoup d’illusion pour croire qu’un homme politique pût faire autre chose que de la propagande et de la falsification et donc – enfin – s’intéresser aux gens !
Inéluctablement, l’électeur s’émancipe de ceux qui font croire qu’ils sont aptes à les diriger avec sagesse et intelligence. Les blogs, enfin ceux qui ne sont ni écrits par des politiques, ni présentés comme « les meilleurs » dans les gazettes, sont en réalité les seules forces à donner du sens à une démocratie vidée de son contenu.
L’explosion populaire au Maghreb en témoigne. Demain, on s’apercevra en Europe, que la démocratie bidon a besoin d’un bon toilettage, et que le système économique mondial est loin d’être la merveille de perfection que nos illustres veulent bien dire.
Alors, les publicistes, pour redorer les blasons de cette coterie, ont du boulot…

10 mars 2011

Comment peut-on être Charles Bricman ?

L’article D’Elie Barnabi « Comment peut-on être belge » paru dans le numéro 724 de Marianne a piqué ma curiosité. C’est souvent vrai, il n’y a pas pire qu’un journaliste français pour expliquer la politique belge à ses lecteurs.
Vanter les qualités d’écriture et de clairvoyance d’un journaliste belge sur la situation d’un pays, que l’on connaît soi-même aussi mal, relève de l’exploit ou de l’imposture.
Il fallait que je m’en assure.
Les blogs consultés ne tarissent pas d’éloges. Il s’agit de confrères et de personnalités « légèrement écœurées » du spectacle qu’offre la Belgique et proches de l’auteur. Ils lui décernent, les yeux fermés, les palmes académiques et les lauriers de l’habileté en des mots convenus, à propos de sa clairvoyance et de sa « merveilleuse » connaissance de l’histoire du pays.
Je ne joindrai pas ma voix au concert de louanges, pour plusieurs raisons.
Pourtant, on peut le rassurer : le succès sera au rendez-vous auprès de ceux – nombreux – qui croient encore que le père Bricman est en réalité le père Noël d’une Belgique éternelle.
Etant un trop infime personnage dans un pays qui compte plus de célébrités que de sapins d’Ardenne, mon avis ne saurait en aucune manière influencer les dithyrambes des plumes renommées.
Notre nouveau Chamfort serait une réincarnation d’Henri Pirenne. Voilà qui tombe bien, celui-ci n’est pas ma tasse de thé.
Le péché capital de l’ouvrage tient en son peu de références au passé, à la géographie, à l’artificialité d’un Etat qui n’aurait jamais dû être.
Le véniel serait l’oubli des Mouvements wallons, de Liège, du Namurois et du Borinage, qui ont toujours voulu un autre sort, que celui de lier leur destin aux Flamands.
Une mine d’éléments contredit la version soft de l’histoire de Belgique racontée par Bricman. Les Fonds wallons d’archives, de manuscrits et d’imprimés sont à la disposition de ceux qui prétendent recouper ce qu’ils affirment.
Si on n’accorde aucun intérêt aux témoignages des Travailleurs et des Petites Gens du Pays de Liège et d’ailleurs, on n’aura que la relation de l’épopée officielle et bourgeoise de 1831 à nos jours. On ne saura rien de l’étendue des objections contre ce mariage forcé du Nord et du Sud de la Wallonie française et révolutionnaire. Bien entendu, cette saga intimiste est absente ou complètement défigurée par la presse d’hier et d’aujourd’hui. Beaucoup d’écrivains locaux se réfugièrent dans la littérature patoisante et la publication confidentielle. Certains s’exilèrent ou firent de la prison.
Alors franchement, quand on fait l’impasse de cela, le reste devient facile et plus en adéquation avec le politiquement correct, unitariste et patriote.
Loin de moi la pensée de rabâcher des songes creux principautaires (1), mais il me semble que le peuple wallon eût évolué autrement, s’il n’avait pas été délibérément doté d’un fil à la patte du côté social, par l’organisation d’un Etat catholique, avec un roi et une bourgeoisie monarchiste dont longtemps la Flandre fut le fer de lance.
Où avez-vous été chercher que « les Belges ne se sont jamais gouverné seuls, sauf au niveau local. », puisqu’aussi bien la Principauté de Liège à son apogée était un territoire presque aussi vaste que la Wallonie actuelle, même si son Prince-Evêque était tributaire du Saint Empire romain germanique et que la population était le plus souvent en désaccord avec les méthodes de cet autocrate de l’Ancien Régime !
Par contre, pour la partie flamande de la Belgique, vous avez raison, tour à tour, espagnole, française, hollandaise, allemande, la fierté nationaliste vint plus tard. Le peuple dut s’accommoder de bien de maîtres différents.
Plus crédible est la partie qui traite de la politique nationale depuis 1970. Au lieu de faire partager des objectifs communs à travers les identités régionales, elle s’est ingéniée à séparer ce qui était séparable, offrant le triste spectacle du tracé loufoque de la frontière linguistique.
Entretemps, le rouleau compresseur du nombre agissait, plaçant à chaque législature de plus en plus de Flamands dans les postes essentiels. Un regret : Bricman est en faveur d’un Etat même flamandisé, pourvu qu’il reste « entier » sur la scène internationale.

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L’Etat-Nation francophone d’avant-guerre avec une population à 60% néerlandophone, serait la source de toutes les rancœurs du Nord !
L'Etat a été dirigé par une élite aussi bien flamande (parlant français) que francophone, dans une complicité d’intérêt. Le peuple flamand ne s’est révolté que contre le fait de parler français, pas contre ses maîtres. Ainsi, adroitement, ceux-ci canalisèrent la contestation sociale flamande vers un mécontentement nationaliste. Ce qui a parfaitement réussi, au point de permettre à un Bart De Wever de souffler sur les braises et d’accréditer le portrait du « fainéant wallon nourri par le courageux flamand ».
Ce qui est bien vu, c’est l’image de la Belgique au stade du « sauve qui peut » qui se tourne vers « l’Europe archaïque au moment où l'Europe essaye d'arriver à un continent uni. La Belgique a plutôt tendance à aller dans l'autre sens. »
Admettons que votre livre a le mérite d’exposer un point de vue. En aussi peu de pages, il vous était impossible d’en écrire davantage.
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1. Principautaire : Adj. Typique de l’état d’esprit des habitants de la région de Liège. Collectif « Belgicismes » éd. Duculot. 1994.

9 mars 2011

Match Delvaux – Slits : 0 – 1

…dans la publication d’actualité : la démission de Koekelberg (chef de la police jusqu’à dimanche dernier), Slits, rédacteur en chef de la Libre Belgique, marque un but contre l’équipe Delvaux du Soir, moins offensive.
Pour une fois « La Libre » relate avec force détails. On en apprend de belles...
Ainsi donc, Koekelberg, le nouveau Rastignac (1), aurait été victime d’abord d’un lynchage, puis d’un lâchage politique.
Ce n’est pas tant que la police m’éblouit et me passionne. C’est un sale boulot et j’ai toujours trouvé que les gens qui le font avec passion sont en général des individus dangereux. Mais bon… on ne peut pas faire justice soi-même et on se demande ce qui arriverait s’il n’y en avait pas. On voit le résultat, quand il y en a peu. Mais là n’est pas le but de cette chronique.
Le lynchage.
Un matamore flamingant de la N-VA, Ben Weyts, surnommé Ben Laden par ses potes et bull-terrier, par la Libre, a un réseau de balances (informateurs) au sein de la police fédérale, plus efficace que celui, jadis, de la police des garnis (n’importe quel inspecteur rêverait d’avoir le même de nos jours, s’il en avait les moyens).
« L’informateur » téléphone ses rancœurs à Ben Weyts, bouillant défenseur de leur noble cause, et le tour est joué !
C’est vrai aussi que le Fernand, à part sa science du placement, n’a pas l’esprit aussi vif que le flingue. Le bul-terrier n’a plus qu’à sortir du placard la circulaire Koekelberg incitant à l’extrême prudence budgétaire pour ce qui est des déplacements à l’étranger. La mettre à côté des 92.000 euros, pour un voyage au Qatar de promotion perso du grand chef de la police, n’est plus qu’un jeu d’enfant !
Vous me direz, Ben Laden a raison. Certes, si ce n’est qu’à l’échelon Koekelberg, pour réprimander un pareil agissement, du reste régulièrement épinglé par la Cour des Comptes, il faudrait aussi supprimer toutes les bonnes choses qui font la douceur de la vie du monde du dessus. Par exemple, le parc automobile de grosses cylindrées et le remplacer par des « Berlingo » de la Haute administration au gouvernement, louer des arrière-salles de bistro pour les tables rondes secrètes, plutôt que des châteaux de banlieue et remplacer jusqu’à la qualité « moka » du café versé dans les tasses armoriées du parlement, par des produits « équitables », toutes choses qu’apprécierait l’électeur qui la saute en ce moment, mais aux antipodes des mœurs parlementaires.
Il y avait déjà eu du vent dans les coursives, quand Koekelberg « nomma » deux créatures qui auraient pu prendre aussi mes notes, en croisant et décroisant des jambes gainées de nylon noir. Ça interpelle le besogneux des visions pareilles, eux qui font des journées entières de bureau en compagnie de personnes qui, en-dehors de la journée de la femme, ont beaucoup de mal à faire croire qu’elles sont du sexe opposé.
Annemie Turtelboom, cheffe-ministre, n’avait qu’à prendre son accent anversois, pour rouler les « r » dans une lecture approximative d’un texte à-peu-près écrit en français, pour acter la démission du Fernand, qu’elle remerciait du merveilleux travail accompli.
Avant l’épilogue, Leterme jamais aussi présent depuis qu’il n’a plus rien à dire, avait savonné le toboggan sur lequel le Fernand posait le cul.
Le lâchage.
La francophonie avait vu d’un mauvais œil un Wallon pousser à la démission par une coalition flamendo-flamingante.
Mais voilà, comme tous ceux qui se trompent sur la meilleure façon de jouer des coudes dans l’empressement à se hisser au sommet, le Fernand avait cotisé à tous les partis. Je laisse aller la Libre : « Koekelberg a entamé sa carrière au cabinet de Melchior Wathelet père (PSC/CDH), il a travaillé avec le socialiste flamand Luc Van den Bossche sur la réforme des polices et la fonction publique, il est passé ensuite par le cabinet d’Antoine Duquesne (MR). Et aujourd’hui, il est défendu par le mari de la vice-Première socialiste francophone Laurette Onkelinx : l’avocat Marc Uyttendaele. »

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Nos héros de la plus longue crise au monde observent à présent un devoir de réserve. Le Fernand est cuit. Personne ne pleurera sur son sort – il aura une belle pension – et je me fous de savoir si tout cela est juste ou injuste.
Tout simplement pour dire que sur cette info, Béatrice a été battue sur le fil par le dénommé Slits, de la Libre, un nom qui sonne comme celui d’un inspecteur de « New-York, police criminelle ». Sauf que le prénom, Vincent, n’est pas terrible ! Que dirait-il de « Vance », comme celui de Vance Packard, qui pourrait être son idole ? En effet, l’économiste américain a étudié le système de consommation, les effets de la publicité sur la population et les procédés psychologiques des publicitaires, toutes connaissances indispensables au métier de rédacteur en chef modèle, par ces temps troublés !
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1. Rastignac : Personnage de la Comédie Humaine de Balzac. « La vie est une proie qu’il faut posséder par tous les moyens et sans aucun scrupule » (Le Père Goriot).

8 mars 2011

Hayez les cœurs contre nous endurcis…

Bart De Wever avait introduit une plainte auprès de l'Ordre des médecins contre le psychiatre wallon Jean-Yves Hayez à propos d’une expression qu’il considérait comme un délit passible de poursuites : "enfant-roi". Le psychiatre, qui parlait en qualité de citoyen privé dans une interview à la Dernière Heure, disait notamment "Il est clair que De Wever apprécie que les Francophones le détestent. Il ne veut pas être compris par les Francophones. Il veut se faire détester par les Francophones, ce qui dévoile aussi sa grande volonté de puissance. Il est doté d'une personnalité très dominante".
Le Conseil national de l’Ordre des médecins estime que Jean-Yves Hayez a porté atteinte à sa profession en qualifiant le président de la N-VA « d’enfant roi » ce qui lui paraît « contraire à plusieurs dispositions du Code de déontologie médicale (…) n’est pas en adéquation avec la réserve à laquelle sont tenus les médecins et porte atteinte à la dignité de la profession ». En conséquence l’Ordre des médecins « examine les possibilités dont il dispose en vue d’exclure désormais de tels comportements non conformes aux obligations déontologiques ».
Rideau.
C’est en qualité de citoyen et non pas de psy que Hayez s’est exprimé, même si c’est en fonction de sa profession qu’on lui a demandé son avis, puisqu’il n’a jamais eu Bart De Wever en qualité de patient !
Cette bouffonnerie de l’Ordre, pourrait conduire à condamner un psy qui prétend que Kadhafi est fou, malgré une multitude de gens d’un avis identique et qui ne seront inquiétés le moins du monde ! Un avocat pourrait être sermonné par son bâtonnier pour donner un avis sur le comportement « anormal » du commissaire général de la police fédérale Fernand Koekelberg, démissionnaire suite à la plainte de la N-VA, alors que les journalistes en disent davantage.
J’ai relu le code de déontologie médicale de Saint-Luc, je me suis même tapé le serment d’Hippocrate, alors qu’en Belgique il n'est pas obligatoire (les jeunes médecins sont libres de le prononcer ou non). Rien n’interdit à un citoyen de commenter en public le comportement d’un personnage politique, en des termes encore plus vifs qu’« enfant roi », sous prétexte que sa situation professionnelle le lui interdit.
Ce faisant, l’Ordre fait défense à un citoyen d’exprimer ses convictions politiques. Cette interdiction est illégitime. C’est un abus de pouvoir.
Ce serait à mourir de rire, si les Pères-la-pudeur de la médecine s’appuyaient sur une loi de 1876 retrouvée à travers 48 affaires qui font jurisprudence. Or, il n’a pas plus de loi de 1876, qu’il y a jurisprudence. Le psy a été blâmé en fonction de l’air du temps et de la pudibonderie générale qui se réfugie là où elle peut, c’est-à-dire dans la déontologie de la parole et aussi par l’absence d’humilité et de retenue du personnage qu’est Bart De Wever, portant plainte. Saussure en aurait bien ri !
Les ligues, les associations des Droits de l’Homme, les mouvements surtout socialisants de l’égalité des chances, dans le souci louable de couper le sifflet d’une catégorie de beaufs racistes, de malveillants inguérissables, d’adolphins invétérés, réussissent à faire peur aux citoyens. Ajoutons à cela les initiatives de certains, et voilà comme s’éteint la liberté d’expression !

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Des originaux, de ceux qui ne pensent pas comme le troupeau, et à la limite, la troupe des imbéciles heureux se mélangent à une lie parfois criminelle et souvent d’extrême droite, ainsi les voyous passent inaperçus, fondus dans la population des ploucs. Ils sont devenus indétectables et deux fois plus dangereux.
« Enfant roi » n’est même pas un terme spécifique à la psychiatrie. Il n’existe pas dans le « Garnier Delamare », ni dans le Dictionnaire de psychologie de Roland Dorion. Ce ne peut être une maladie répertoriée. C’est, au plus, une expression populaire, entrée dans le langage qui fit florès grâce à Françoise Dolto.
Je ne vois pas Hayez dire aux parents « votre fils est atteint de la maladie de l’enfant roi ».
Par contre, l’Ordre des médecins doit être le siège d’une majorité de personnes atteintes de phobies, à moins que cela ne soit, une fois de plus, une glossite non répertoriée au chapitre des maladies de la langue, celle-ci revêtant un caractère psychique et non physique, ayant trait à la linguistique. Auquel cas et sans préjuger d’un diagnostic autorisé, elle serait proprement incurable, puisque de la famille des « flamandites ».

Le capital converti au communisme !

Personne n’y avait pensé – et surtout pas les flèches qui comme tous les dimanches jouent avec nos roubignolles à la RTBF et à RTL - la Chine a réalisé la synthèse du capitalisme et de son avatar le communisme. Le résultat est enthousiasmant pour Wall Street. Voyez plutôt : un PIB en progression de 8 à 10 %, des salaires dix fois moindres que ceux du capitalisme version Detroit, pas de sécurité sociale, les jeunes sont priés de s’occuper de leurs vieux, car en Chine, les retraites et pensions sont inexistantes ou ridiculement basses, les malades pauvres meurent dans les rues.
Le bonus de cet Empire devenu miraculeusement capitalo-communiste tient dans sa police, le sens de l’Etat des juges, l’absence de démocratie. La balle, qui tue le condamné à mort, est payée par la famille, à moins que les proches n’aient signé un accord avec les Autorités, selon lequel les organes à transplanter seront prélevés sur le condamné à mort, si possible avant son exécution, pour être vendus pour la plus grande gloire du Parti aux plus offrants.
Admirable pays à la forte croissance, au point de racheter les dettes des USA, puis de s’intéresser aux nôtres !
Selon la logique des affaires, la Chine est un pays modèle qu’il faudra imiter, si l’Occident veut rester compétitif. La situation économique commande de ne pas trop traîner.
Des voix ne se sont pas encore élevées ce dimanche midi chez nos balbutiants de la pensée correcte afin de légitimer cette suite logique du capitalisme, cela viendra.
A défaut, nos débatteurs ne se sont pas posé la question de la pertinence du système économique même défaillant, tant ils sont sûrs qu’il est le meilleur !
Jadis fleuron de nos démocraties et brusquement dépassé par un milliard et demi d’hommes, le capitalisme a encore à apprendre du communisme. Les gens intelligents des cabinets d’affaire et des holdings tentaculaires commencent seulement à le comprendre. N’en doutons pas, la piétaille y viendra aussi. Syndicats, partis, associations de consommateurs, sont au stade de la longue marche : plaintes, fatigues, augmentations de la dette, indexations, gouvernement lipotrope et en instance de départ, longs récitatifs des importants en « eur », familles au désespoir, escrocs en associations de consommateurs, les pauvres à l’affût d’une aumône indexée sur la ladrerie des riches, comme cet enfoiré qui préconise une sortie de crise en n’achetant pas des laitues sous cellophane et du sucre en carton fort avec petit moulin dispatching…
Et pas un mot sur le système, pas un murmure, l’ombre d’un grief, Anne Demelenne, secrétaire nationale de la FGTB, excusant la journée de grève par l’inquiétude des gens.
La matière humaine s’ébranle, se presse, s’agglomère : victoire, le capitalisme n’est pas mort, il réussit le tour de force de se nourrir du socialisme et du communisme ! Pour un peu, la beauté de la social-démocratie leur tirerait des larmes de bonheur.

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C’est que tout est parfait, en-dehors de nos viandes, de nos excès, de notre manque de prévoyance, de notre jalousie maladive, de notre vulgarité indécente...
Personne n’a prévu de double-vitrages afin que les tomates mûrissent plus vite, de chaussettes de laine vierge tricotées avec amour par les grands parents, qui protègent des grands froids et font que les pauvres n’encombrent pas les dispensaires. Alors comment voulez-vous qu’il n’y ait pas la crise, si tout le monde boit de l’eau en bouteille qui coûte dix fois plus que celle du robinet ! Si chacun va au bureau sans covoiturage et si les ministres oublient d’actionner le cliquet qui empêcherait qu’ils s’en mettent plein les poches de nos accises.
Les prix qui s’emballent, c’est la faute du consommateur et un peu des méchants arabes qui ne pompent plus, mais veulent se faire pomper par nos belles ardentes. Ils ne le disent pas, mais ils ont sur le bout de la langue, qu’il faut à tout prix protéger nos femmes et nos emplois des gonades du désir nord-africain, autrement, ils n’auraient pas tant aimé les dictateurs du Maghreb comme ils l’ont fait, juste avant de retourner leur veste et de s’esbaudir des Arabes démocrates…
Après le récital Defeyt sur l’art de mieux vivre avec moins, Bruno Colmant, économiste comme l’autre, se tient au bon raisonnement qu’une dette faite d’euros lourds s’épongent en un rien de temps avec un euro léger. Finies les grandes douleurs des budgets dépassés. La montée des prix pour sauver la dette, voilà qui va emballer le pauvre type qui a bossé toute sa vie pour payer sa chambre « Aux Marronniers » deux ans avant de claboter, avec un rien de pécule supplémentaire pour se faire faire une petite branlette le week-end, par l’infirmière de garde.
Tout ça balayé, par l’inflation sainte, l’arme suprême des batailles des Etats en faillite.
Alors, si travailler ne nourrit plus son homme, la Chine nous ouvre ses méthodes, son bilan positif, ses 10 % de plus chaque année, ses yens sous évalués, à condition de la rejoindre par l’inflation, la parade qui appauvrit les cons sans le concours de personne.
Mais quel merveilleux système !
On comprend pourquoi à la RTBF et à RTL, on n’en parle jamais. Tabou absolu !... C’est simple, s’ils osaient se débraguetter là-dessus, le peuple désormais convaincu, ce bon peuple briseur de bureaux du FOREM, serait tout de suite indigné. Des furieux accableraient d’insultes les salauds qui découragent d’aimer le capitalisme.
Une folie à éviter !

6 mars 2011

L’Europe trompeuse !

Toute l’Europe salue l’effort des populations du Maghreb pour son émancipation des dictatures, la Tunisie, l’Egypte et peut-être demain Bouteflika en Algérie, sans oublier la Libye qui se débat dans une lutte intérieure qui a déjà fait plus de morts que l’ensemble des autres.
Jusqu’en décembre, c’était le contraire. L’Europe ne tarissait pas d’éloges pour ceux qu’elle conspue aujourd’hui. La diplomatie française avec à sa tête Alliot-Marie aux petits soins jusqu’à la dernière minute auprès du dictateur Ben Ali, offrant ses services pour mater les émeutiers, séjournant dans le pays en proie à des violences, conduisant ses parents à des rendez-vous d’affaire avec un proche du dictateur. Bref l’horreur ! Le fiasco complet de la diplomatie française. Même « dégagée » et remplacée par Jupé au gouvernement, elle ne voit pas toujours en quoi elle est blâmable !
Idem pour la Belgique, si prompte à défendre les droits de l’homme quand ce sont les Américains qui donnent le feu vert ! Si réticente à condamner des Moubarak, des Kadhafi, des Ben Ali avant que les peuples se réveillent, sans compter les contrats honteux sachant qu’ils ne profiteraient qu’aux familles régnantes.
Et voilà que même les droites les plus farouches de la démocratie européenne « saluent le désir de liberté des peuples » !
Voilà que les mercantis du Nord tressent des couronnes aux exploités du Sud !
Que les révoltés se méfient des bons apôtres que sont les Européens. L’Europe sait comment les révolutions sont récupérées. Ce ne sont jamais ceux qui les font qui dirigent le pays une fois la paix revenue.
En Tunisie, l’administration, les journaux, le parti unique, ceux qui vivaient bien de la délation et de la peur, n’ont pas fui dans l’avion de Ben Ali. Ils occupent toujours des postes clés. Si cela se trouve, les démocraties occidentales leur sont toutes acquises et leur prodiguent les mêmes conseils que du temps de la dictature, pour s’assurer que le peuple redevienne paisible et besogneux.
Que les peuples de l’autre côté de la Méditerranée soient bien persuadés que si certains parmi eux se sont révoltés afin de vivre autrement dans une démocratie du genre de la nôtre, qu’ils font fausse route. La seule liberté en Europe est une certaine forme de la liberté d’expression. C’est beaucoup pour ces pays, mais cela commence à être beaucoup trop peu pour nous.
Qu’ils n’oublient pas que la misère peut faire que cette liberté d’expression ne serve pas à grand-chose, quand les conditions sociales régressent et que le chômage et les bas salaires font des ravages parmi les populations.

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La liberté d’expression, bien incomparable et nécessaire, est souvent l’otage des riches dans des journaux au service des intérêts particuliers, dans des télévisions commerciales, dans des publications sous contrôle et dans la mouvance du pouvoir de l’argent.
La liberté d’expression, enfin, n’existe que sous la forme d’un placebo quand l’opinion publique est anesthésiée.
Les pauvres n’ont pas appris ou désapprennent les manières d’user de ce droit.
Pourtant quel beau jour que celui qui se lève sur un peuple libre !
Un peuple qui parvient à déstabiliser puis à renverser la dictature d’un Ben Ali, ce n’est pas rien. Un pied de nez aussi à tous ceux qui sympathisaient avec les oppresseurs du Maghreb, qui n’ont rien vu venir, de la même manière que les économistes n’ont pas senti la crise de 2008.
Parfois l’ivresse de la liberté n’est ressentie que quelques jours, dans la rue, quand des gens de pouvoir ne se sont pas encore entreposés entre la liberté et le peuple. Soudain sous prétexte d’ordre, très vite, même sans y être conviés par la foule, des maîtres surgissent de nulle part et astreignent le peuple à de nouvelles courbettes…
Le Maghreb ne doit pas se fier à l’apparente démocratie de l’Europe, ce serait plutôt à nous de nous inspirer d’eux afin de remettre les pendules à l’heure dans une situation qui est loin d’être favorable pour la multitude. Pourtant nous avons une démocratie, mais qui ne fonctionne plus. Le pouvoir économique international est au-dessus du pouvoir politique, ce qui gâte tout. L’Europe n’est plus qu’un vaste comptoir du libre échange comme l’a voulu l’Angleterre.
Les jeunes ne s’y trompent pas. Les beaux discours dans les écoles des années 80 sur « la formidable » chance que l’Europe nous offre, les petits drapelets bleus aux étoiles, tout le bazar fait autour de l’idée européenne, les plus enthousiastes n’osent plus y aller de leur propagande. L’effet en serait contraire, surtout depuis la crise économique de 2008.
Des populations paupérisées, des bas salaires, un travail intérimaire mal payé et dégradant, un chômage en constante augmentation, des responsables corrompus ou affadis trustant des emplois lucratifs, des représentants du peuple vivant des deniers publics bien au-dessus de la condition des travailleurs, c’est le tableau actuel et la cruelle réalité de l’Europe.
Voilà à quoi vous voulez ressembler, peuple du Maghreb et d’ailleurs ?
Construisez votre démocratie sans chercher des modèles ailleurs. Etonnez-nous.
Alors que de plus en plus de citoyens européens rêvent d’un soulèvement comparable au vôtre, restez critiques, ne vous laissez pas embobiner par les gros salaires et tout ira bien.

5 mars 2011

Les cafés philos.

Quelques grandes villes réunissent les conditions pour grouper autour d’une table (grand dieu ! qu’on ne me parle plus de table ronde) des hommes et des femmes susceptibles de tenir des propos touchant à la philosophie.
Chacun s’y exprime selon ses facultés et ses connaissances, abordant des sujets divers, un peu comme le faisaient jadis le sous-préfet, le percepteur des contributions et quelques professions libérales au café du commerce. Les temps nouveaux ont balayé cet élitisme dérisoire de la Belle Epoque et permis une certaine démocratisation, ouvrant à tous le droit d’étendre les jambes sous une table, de boire un verre et d’aborder, selon sa fantaisie et celle des autres, les grands sujets de conversation ou les bruits qui courent à propos des petits.
Une différence de taille, cependant, avec le café du commerce, on y a une prétention supplémentaire : celle de philosopher.
Et c’est assez contradictoire dans la réalité des choses.
Le café philo n’est pas l’endroit idéal pour surmonter facilement trois difficultés en philosophie, à savoir la perception, les pulsions et la déraison, sans oublier un quatrième écueil : l’indispensable rhétorique à rendre compréhensible sa pensée aux autres.
Si on y commet et y entend parfois des brèves de comptoir, ce n’est cependant pas le lieu des concepts et des critiques conjugués. On n’y pratique pas la raison pure, sinon dans un pur balbutiement, parfois couvert par un concert de mugissements béotiens.
Les problèmes intellectuels de notre temps peuvent y être présentés dans un langage qui se rapproche un peu plus du langage courant. On y jargonne bien, mais c’est pour se rendre compte que la langue de bois de nos « élites » politiques n’est pas trop éloignée du discours philosophique à l’ancienne - toujours enseigné dans nos Facultés - et qu’il n’y a rien de plus difficile de faire simple, quand la prétention pousse à faire compliqué.
Il faut peu de choses pour confondre un discours linéaire et simple avec le simplisme des raisonnements courts.
Si Schopenhauer et Nietzsche ont montré qu’on peut traiter des problèmes difficiles sous une forme esthétique, c’est qu’ils étaient aussi poètes, et que cette condition laissa des traces dans leur personnalité. C’est sans doute ce qui a manqué le plus jadis au café du commerce : un sous-préfet aux champs, et aux cafés philos, une plus fine perception du second degré, indispensable à l’humour discret.

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L’intérêt d’un café philo réside ailleurs. Se pose la question de savoir dans quelle mesure le refoulement et l’angoisse jouent un rôle dans le développement de la pensée philosophique. Si bien qu’il y a très peu d’habitués à ces rendez-vous de la parole qui viennent vraiment philosopher. Leur but – souvent ignoré par eux-mêmes – est d’y chercher une thérapie à caractère psychologique.
Une hypocrisie bénigne est donc à la base de la mise en avant de la métaphysique en ces lieux ou alors, l’hypocrisie est consensuelle et s’appelle une philosophie psychanalytique, ce qui est différent de ce que Jung appelait la psychologie de la philosophie.
Il semble aller de soi que les riches connaissances actuelles touchant la vie psychique ont des effets sur la philosophie et vice versa ; cependant, qui connaît un café psycho – il en existe un excellent à Seraing – sait combien les habitués des deux cafés sont dissemblables, et comme un discours philosophique a le don d’exaspérer la clientèle des cafés psychos. Par contre, cette aversion n’est pas si marquée du côté de la philosophie qui mélange plus aisément les genres. Il arrive même souvent qu’au lieu de philosopher, l’intervenant établisse une anamnèse involontaire de ses difficultés psychologiques et, par conséquent, se trompe de café, sans pour autant qu’on le lui fasse remarquer, parce que, quelque part, philosopher aujourd’hui relève aussi de la psychanalyse.
S’il fallait risquer une comparaison, on pourrait dire que le café psycho entre dans une thérapie des angoisses, par un soin collectif et que le café philo est son placebo.
Franchement, je verrais l’utilité du premier comme acquise ; tandis que j’envisagerais l’autre comme un divertissement « parfois » de qualité, mais aussi « par moments » aussi médiocre que des réunions de buveurs autour d’un jeu de fléchettes.

4 mars 2011

La serpillère en action.

Voilà Herman, dénommé la serpillère par un député britannique, qui s’apprête à fourguer le 11 mars à toute l’Europe, sa vision flamande du progrès et de la prospérité.
Ce monsieur qui gagne 304.000 euros net par an veut s’attaquer à l’indexation des salaires qui « mine la compétitivité des entreprises ». Le voilà bien étalé le décalage de ceux qui croient toujours que les autres gagnent trop en comparaison de ce qu’ils gagnent. Ici, on ne pourra pas dire qu’entre un salaire de 12.000 euros net par an qui est le lot en Belgique de la plupart des travailleurs et celui de l’éminentissime, il y a photo ! Si ce n’est qu’il est certainement facile de prouver scientifiquement que Van Rompuy n’a pas un cerveau 25 fois supérieur à la capacité du plus demeuré des manœuvres légers de ce fichu pays ! C’est pourtant ce qu’il gagne à l’Europe qui nous vaut ce triste constat.
Les Européens ne vont tout de même pas tomber dans le panneau des « gentils » Flamands qui ont voté N-VA et qui adorent qu’on leur parle d’austérité avec le CD&V Van Rompuy, président de l’Europe (encore une fichue idée de Sarkozy).
Nous voilà beaux avec la note de ce Flamand ultra de tout (nationaliste, capitaliste, européaniste, etc.) que les pions de l’échiquier politique des autres pays vont lire et sans doute approuver.
Décrété par la presse comme l’enfonceur de tabous, à défaut de portes ouvertes, la Serpillère touche à des thèmes qui ont le même nom dans les syndicats et les partis dits de gauche : offensive capitaliste contre le pouvoir d’achat.
Mais comme l’homme est Belge et avant tout Flamand, il avance masqué et prudent. Il va faire à l’Europe, ce que son homologue en mignardises flamandes, Bart De Wever, fait en Belgique pour la nouvelle découpe des Régions : il laissera le soin aux Etats de prendre les mesures qu’ils veulent, pour assurer leur compétitivité. Comme la Serpillère est un grand admirateur de J-C Trichet, conseiller européen en matière de compétitivité et en tandem avec José-Manuel Barroso, on peut raisonnablement penser que les gouvernements - à peu près tous de droite en Europe - vont jubiler d’aise, devant une telle unanimité des ténors de leur grand opéra.
Herman recommande une amélioration de ces mécanismes d’indexation. Pour lui, Bart est dans la même logique : une amélioration ne veut pas dire une plus juste adaptation des salaires au coût de la vie en fonction du panier de la ménagère et un plus juste rapport avec ce que le plouc de base, qui n’a pas de voiture de fonction, paie l’essence à la pompe… non, non, vous n’y êtes pas. Ils veulent, au contraire, un index qui ne tiendrait pas compte du tout de l’inflation à celui qui réagit (de moins en moins bien) six mois après les augmentations.
Quand on gagne 304.000 euros par an net d’impôt, la TVA et le coût de la vie peuvent paraître anecdotiques et superfétatoires, évidemment.

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Autre grand dada du parlement de droite (161 voix contre 111 à une gauche pourtant très rosée), une recommandation sur la modération salariale dans le secteur public est aussi reprise dans la note de Herman. Attention, par égard pour ses pairs, il ne s’agit pas de tartiner des modérations aux hauts cadres et dirigeants du genre de Johnny Thys de bpost et des aimables G.O. de l’Administration détachés dans les ministères, non, il n’est question que des pauvre types qui se tapent tout le boulot pensé – souvent mal – par des élites surpayées.
Je l’écris depuis un certain temps dans ce blog et ailleurs : à force de ramasser des gifles d’un système qui ne les satisfait plus, les citoyens finiront par se poser la question de savoir s’il doivent renverser la marmite où touillent les graisses des illustres, tout de suite ou attendre, comme au Maghreb, que la faim vienne déloger les plus pauvres de leurs taudis pour les jeter dans la rue et réclamer la peau de leurs dirigeants ?
Que ces messieurs sortent de leurs bois dorés (merci Georges Sand) pour méditer sur cet aphorisme : nécessité fait loi. Et n’y a-t-il pas plus nécessiteux que les gens de la rue de l’Europe entière, pour adopter cette nécessité-là ?

3 mars 2011

Reynders, trois petits tours et puis…

C’est bien au 264me jour de crise (ou 262 je ne sais plus) que Reynders a déposé ses conclusions de l’ixième tentative de dénouer les aiguillettes de messieurs de la politique belge.
On dit le roi très fatigué, et nous donc !
Qu’a-t-il dit de neuf, notre grand libéral liégeois ?
Rien, sinon qu’il lui semble avoir fait œuvre utile à rapprocher les points de vue. Le comble, c’est qu’il est sincère. Il n’a même pas ce fond de clairvoyance et d’honnêteté qui devrait être partagé par tout homme public, pour nous avouer que sa médiation n’a eu que le mérite de retarder d’un petit mois le saut dans le vide...
Le roi qui n’en peut, mais… va charger le président du CD&V, Wouter Beke, d’une nouvelle et « importante » mission, celle d’amuser la galerie un nouveau mois, celui de mars, annonciateur du printemps. Après… on ne sait pas… On improvisera.
Exit Didier Reynders avec la fin de l’hiver. Comme l’a dit Carl Devos, politologue (propos rapportés par Le Soir) « Didier Reynders est le seul à croire que sa mission est une réussite. »
Sa « vraie » réussite aura été d’avoir suscité un consensus : celui d’avoir déçu tout le monde.
Le temps n’était pourtant pas si lointain d’un Didier Reynders qui croyait en son destin de grand raccommodeur des Régions !
L’Europe est perplexe ! Nous, davantage.
Il y a quand même une remarque et une leçon à tirer du pataquès le plus fameux depuis 1831. On a toujours dit que ces messieurs étaient bien payés pour éviter qu’ils aient la tentation de monnayer leur savoir-faire dans l’industrie et le commerce ! Aujourd’hui, qui les engagerait ? Mais, ils seraient capables de mettre en faillite la plus performante des entreprises en six mois de direction ! Quant à courir le risque qu’ils se laisseraient soudoyer si leurs salaires étaient revus à la baisse, on se demande qui aurait intérêt à les acheter, attendu qu’ils n’ont plus rien à vendre.
Quand un parlementaire courageux prendra-t-il l’initiative de déposer une loi selon laquelle les émoluments de la gentry seront diminués en cas d’échec, au prorata des jours de crise ?
Il paraît que maître Didier a mis en présence des interlocuteurs qui se faisaient la gueule depuis des mois. J’ignorais que dans un Etat comme le nôtre, les humeurs de ces messieurs constituaient un écueil supplémentaire ! Pendant que les gens piaffent et s’impatientent, ces grands diplomates boudaient ! C’est la première fois qu’on entend dire que bouder est une forme de non-dialogue capable de faire évoluer les choses.

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Pourquoi ne pas dire ce qui est ? A savoir qu’un bras de fer est engagé depuis six mois entre des programmes opposés. Qu’il est impossible de former une coalition sans que l’une des deux parties ne perde la face devant ses électeurs, que le nationalisme farouche doublé d’une vue ultralibérale du social, de l’une, n’est pas compatible avec le « loyalisme » à la Belgique fédérée, plus une vue laxiste du social, de l’autre !
Ne serait-il pas plus honnête et efficace d’exposer franchement l’état des lieux ?
Faudra-t-il un nouveau Cromwell pour faire plier une des deux communautés, mais de telle sorte qu’elle passe pour victime aux yeux de ses électeurs et qu’ainsi elle ne soit pas sanctionnée ?
Quand on nous explique que Didier a obtenu que les partis soient à nouveau disponibles, on nous prend tout simplement pour des imbéciles ; car, bien sûr, ils ne vont pas dire qu’ils ne sont pas prêts ! Cela équivaudrait à se mettre à dos les électeurs exaspérés du surplace.
Et, puisque des négociations sont impossibles, que de nouvelles élections n’apporteraient rien de neuf, pourquoi ne pas décider un statuquo de la Belgique dans sa forme actuelle, étant entendu que commencerait, selon une procédure à établir, un processus de fin de celle-ci ?
Dans une séparation de cette importance, il faudra des années de réflexions et de procédure.
Ouvrons l’examen de ce dossier, voyons comment il est possible d’y arriver. Peut-être bien que les unitaristes y trouveraient leur compte et les royalistes un espoir, devant la difficulté de la chose.
Après quelques années de palabres, les événements de l’Europe et du monde auront tellement modifié la donne, que le problème belge sera résolu ou dépassé par d’autres acteurs que ceux qui pataugent et ploient sous des dossiers, à nous raconter des craques.

2 mars 2011

L’industriel décrypté…

Des chercheurs – il se pourrait qu’ils fussent californiens mais on n’en est pas sûr (1) – ont confronté les données de cent mille cas disséminés à travers le monde occidental dans les milieux de pouvoir : entreprises, banques, personnels politiques, etc.
Bronstein (2) en dresse un portrait type, rassemblant des tares, des hérédités et des manies répandues parmi ces personnes sur la tête d’un seul qu’il appellera Aimé Surmâle. Cette chère Annie Le Brun (3), qui au passage a le bonjour d’Alfred, est la seule à vous dire pourquoi...
Dans l’étude du cas d’Aimé Surmâle, il sera laissé de côté tout ce qui ne se rapporte pas précisément aux aléas du pouvoir, par exemple les simulacres fréquents d’épilepsie, l’intolérance à l’alcool proféré et qui dissimule son contraire, etc.
Les influences de l’éducation reçue jouent un grand rôle évidemment, puisque Aimé Surmâle vient d’un milieu hyper protégé aux mœurs et traditions « classiques » libérales et patriotiques, à la fois, gauche et droite confondues.
Son premier camarade de jeu fut un cousin, à qui ne le liait pas une véritable camaraderie. Il ressentait un besoin de garçons plus âgés, de « protecteurs » comme il les appela plus tard.
Jusqu’à sa quinzième année, personne ne lui parla de sexualité. Cette éducation ne se fit vraiment qu’à son service militaire, dans une caserne-bureau, à 1.500 mètres de son domicile, ce qui lui permit d’échapper à la promiscuité des chambrées et à l’humiliation des corvées.
A seize ans, il dormait et se baignait encore avec ses sœurs. Jusqu’à sept ans, il assistait souvent au bain de son père. Sa mère se comportait tout aussi librement. Elle ne fermait jamais la porte des toilettes quand elle y urinait.
Plus tard Aimé Surmâle imita cet acte de s’asseoir sur le pot dans ses attaques hystériques devant ses subordonnés, au ministère de X.
Dans cette conduite de la mère, la coprophagie d’Aimé trouva naturellement son compte. On cite le cas d’un directeur coprophage d’une fabrique de bonbons qui à l’aide de tuyaux transparents de descente d’eau usée pouvait contrôler les fèces de ses subordonnés depuis son bureau. Il y détectait sur le champ la surabondance de sucre et après analyse, on épinglait le coupable qui était remercié.
Aimé Surmâle a une prédilection pour les objets cylindriques. Il étreint facilement les rampes d’escalier et sa lampe de bureau. L’acte de saisir le calme.
Lorsqu’il urinait en même temps que son père, il comparaît les organes génitaux et en oubliait d’uriner lui-même. Cela semble être typique de la « disuria psychica ».
L’intérêt d’Aimé Surmâle pour les testicules, qui le captivent davantage que le pénis, est significatif. Il veut saisir les testicules du garçon de café par derrière. Ses subordonnés redoutent de lui tourner le dos. Au ministère de X, les fonctionnaires s’habillent de vestes longues genre demi-saison, même en été, si bien qu’on les reconnaît dans la rue et qu’on se moque.

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Parfois, il s’identifie à sa mère qui veut satisfaire un amant. Il est alors sujet à une logorrhée qui le laisse dans un état de prostration que les secrétaires redoutent, tant il devient imprévisible, dès qu’il en sort. Son hystérie prend alors la forme d’un syndrome de Gilles de la Tourette, avec une prédilection pour l’anathème au sacré. Son intérêt pour le cirque passe pour un trait sadique par excellence.
Les crises le place dans une tranche d’hypersexuel polymorphe pervers. Elles finissent par un état prostré du type borderline.
Industriel, Aimé Surmâle est toujours à l’affût d’un agrandissement de son pouvoir par l’absorption de ses concurrents. Il est d’une grande férocité quant à la ponctualité qu’il exige de son personnel. Il assimile le travail à une ascèse, un acte d’amour pour celui qui les fait vivre et les a acceptés dans son usine par bonté naturelle. Il veut, à ce propos, relancer le « réarmement moral » qui avait été abandonné dans les années soixante. C’est ainsi qu’il vénère un certain Jacques D qui mit fin à une entreprise datant de 1750, en ruinant toute une famille liégeoise honorable par ses décisions inspirées du principe qu’il faut montrer l’exemple, farouche adepte de ce concept et noceur invétéré.
Ministre, Aimé Surmâle dissimule sa nature au public et ne se montre sous son vrai jour que devant ceux qui ne le peuvent contredire. Il ne se relâche de cette conduite prudente que dans les cafés et les restaurants. Il y aime que l’on sache qui il est, ce qu’il fait et comme il considère le système libéral supérieur à tous les autres. Il prend alors une voix de stentor et s’adresse plus aux convives des tables du fond, qu’à la personne qui dîne avec lui.
L’érotisme anal chez Aimé Surmâle a une origine ancienne, une entérite de longue durée qui selon Czerny (1863-1941) pose souvent les fondements de dépressions ultérieures, jusqu’à vouloir garder ses fèces par l’avarice de ceux qui ne donnent rien qu’ils n’aient du plaisir en retour. Il avait un prolapsus recti et faisait jouer constamment son doigt dans l’anus. A l’âge adulte, il a toujours des sensations de plaisir quand il va à la selle, après s’être retenu volontairement. Il a l’habitude de régurgiter ses aliments préférés. Contrairement aux idiosyncrasies des autres enfants, il préférait aux sucettes, des aliments qui ressemblaient à des brens de chien.
Le manque d’éducation sexuelle est d’un grand poids dans le manque d’éducation tout court du personnage.
Une catastrophe financière – celle justement produite par Jacques D - entraîna un retrait temporaire d’amour maternel. A dire vrai, de tous les parents d’Aimé Surmâle, c’est encore lui qu’il préfère, considérant qu’il est « quelque chose » d’essentiel dans la parentèle. Il s’aime de façon intransigeante excluant, ses proches de toute comparaison.
Un grand rôle est joué par son auto-érotisme dans la forme actuelle d’un narcissisme césarien.
Le narcissisme n’est pas un phénomène isolé, mais un stade de développement nécessaire dans le passage de l’auto-érotisme à l’amour objet.
Etre amoureux de soi signifie qu’Aimé Surmâle ne se libérera pas de sitôt de lui-même, peut-être même qu’il ne le pourra jamais… et nous n’y pourrons rien.
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1. En réalité divagations sur des thèmes de la conférence du docteur Sadger « Un cas de perversion multiforme » (Vienne 10 novembre 1909).
2. Bronstein est évidemment un nom d’emprunt.
3. Philosophe parisienne dont Bronstein a lu tous les livres.

1 mars 2011

Dictateurs, banquiers, démocrates…

L'histoire Officielle est un voile qui cache la vérité de ce qui s'est réellement passé.
Les trois dictateurs arabes qui sont tombés ont un point commun, ils ont amassé d’immenses fortunes à la tête des Etats qu’ils ont pillés sans vergogne.
Aucun expert n’a une idée précise du montant de la fortune du clan Ben Ali Trabelsi. Le classement Forbes de 2008 estimait la fortune personnelle de Ben Ali à 5 milliards d'euros. Mais sa seconde épouse Trabelsi et son clan peuvent avoir dépassé ce chiffre, de la même manière, les enfants de Ben Ali ne sont pas en reste. Si bien que ces gens ont pu saigner la Tunisie pour plus de cinquante milliards d’euros !
D’après un rapport selon les médias, le président de l’Egypte Hosni Moubarak a accumulé dans ses coffres, lui et sa famille, entre 40 et 70 milliards de $.
Reste à estimer les avoirs dissimulés et mystérieux de Kadhafi. La manne pétrolière a permis au dirigeant libyen et à sa famille de bâtir un vaste empire financier dans la plus grande opacité. Le montant de ses rapines est difficile à estimer. Le journal algérien El Watan avance le chiffre de 120 milliards de dollars. C’est possible. N’est-il pas le doyen des dictateurs ?
Contrairement à ce que l’on pense, ce n’est que depuis les années soixante du siècle précédent que les dictateurs s’enrichissent à ce point. On n’a pas découvert des fortunes cachées chez Mussolini et Hitler, lors des procès de l’après-guerre. Ce qui ne veut dire nullement qu’au moins du côté de l’argent, ils aient été plutôt modérés. Les mœurs du temps ne s’y prêtaient pas, c’est tout. L’économie n’en était pas encore arrivée à faire admettre les profits scandaleux, comme il est d’usage à présent en pleine mondialisation.
Dans le final désastreux de leur existence et dans les procès qui ont suivi de leurs ministres et affidés, on n’a relevé aucune captation financière comparable aux trois dictateurs actuels.
Certes des pillages systématiques ont eu lieu, comme celui des biens des Juifs déportés, mais ils n’ont pas été accaparés par le chef et sa famille. Ils ont été plutôt dévorés par les hommes de main, dilués dans l’hitlérisme, à l’image de Goering qui avait une passion pour la peinture ancienne. L’effort de guerre engloutissait une bonne partie des butins et empêchait les trop grosses fortunes de s’établir.
C’est l’évolution des mœurs bancaires qui a permis d’accumuler des fortunes colossales sur la spéculation et les désordres financiers. Les dictateurs du Maghreb n’ont fait qu’imiter les banquiers et les spéculateurs.
On parle de génocide à propos des massacres des hommes de main de Kadhafi dans son fief de Tripoli. Comment peut-on appeler le spéculateur qui achète d’énormes quantités de blé pour les laisser en silo, en attendant que, la famine aidant, les prix augmentent ?

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Les banquiers ont repris leurs mauvaises habitudes. La panique de décembre 2008 est bien lointaine ! Les revenus indécents sont repartis à la hausse, pas plus licites que ceux des dictatures, pourquoi voulez-vous que les dictateurs calment leurs appétits, quand ils voient d’autres s’enrichir de façon bien plus rapide et avec la bénédiction du libéralisme ambiant ?
Alors qu’un Bart De Wever clame tous les jours sont dégoût de l’assistanat et préconise des lois contre les chômeurs, quand pour hurler avec les loups, Joëlle Milquet et Melchior Wathelet font du zèle, l’une pour serrer la vis sociale, l’autre pour stigmatiser les demandeurs d’asile, étonnons-nous que des milliers de riches en Belgique paient moins d’impôt proportionnellement que les pauvres, tout en étant à égalité avec tout le monde sur la TVA ! Nous ne sommes pourtant pas – officiellement – en dictature !
Et pour cause, le goût d’accaparement d’un Ben Ali, d’un Moubarak ou d’un Kadhafi, existe bel et bien dans n’importe qui vit du travail des autres, y compris dans la nomenklatura politicienne. Il n’existe entre eux et les tyrans que la minceur d’une occasion propice. En attendant, ils se livrent à des petites filouteries, de modestes commissions, des cumuls lucratifs, des revendications d’indemnités, des avantages divers, sans que cela paraisse exagéré aux classes inférieures de ce pays. C’est-y pas de la chance, ça, de ne pas virer malhonnête dans l’opinion, malgré des conditions pareilles de cohabitation avec les travailleurs de base ?
Si l’on veut que ce régime persiste et ait encore une chance de survivre aux événements qui vont accélérer l’Histoire, il conviendrait rapidement de décréter à combien de fois le salaire le plus bas, on estime le « mérite » des cadres et personnels de la haute administration, des représentants de la Nation, sans oublier les oisifs de la rente et les grands patrons. Pour y répondre, un homme qui en vaudrait cinq autres au maximum, ce ne serait pas si mal payer les gens du dessus ! C’est seulement à ce prix que nous pourrons parler de démocratie !
C’est tout un esprit de lucre qui souffle partout dans le monde. C’est même étonnant que l’on s’indigne des rapines découvertes à la fuite des dictateurs.
Dans la logique capitaliste, nous devrions au contraire être pleins d’admirations pour ces coquins-là, que l’on ne montre du doigt que parce qu’ils ont échoué.
Qu’à cela ne tienne. Tous les autres y ont droit. On y organise des courses d’automobile, on y dispute des coupes de tennis, même le mondial de football dans les années à venir, c’est dire l’engouement unanime ! Et personne, parmi les démocrates, ne s’en offusque !