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31 juillet 2014

Marcourt, négociateur discret.

Tant pis pour ceux qui ont pris la poudre d’escampette. Il ne s’est jamais tant passé de choses au cours de ces vacances d’été. On ne parle pas de l’embrasement du Moyen-Orient, de la tragédie de Gaza, de Tripoli en feu, des analphabètes qui règnent en Irak du Nord, de la guerre en Syrie et de l’Égypte sous Sissi (pas l’impératrice, le général !), des avions qui tombent du ciel en série, etc… Tout cela remplirait dix gazettes. Hélas ! les chroniqueurs bronzent et les stagiaires sont paralysés de la peur de mal faire.
On ne parle ici que des avatars du Suédois et ses alliés du Nord. Les têtes de gondole PS ont retenu en hôtel VIP, les suites royales.
Les journaux : « Une rencontre devait avoir lieu mardi entre les co-formateurs du gouvernement fédéral et les ministres-présidents des entités fédérées, mais MM. Michel et Peeters l’ont finalement annulée, a-t-on appris mardi en fin d’après-midi. Il revenait au vice-président des exécutifs wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Jean-Claude Marcourt, de représenter ses deux ministres-présidents, Paul Magnette et Rudy Demotte, partis en vacances. L’entretien a été reporté sine die. » (Le Soir).
Décidément Marcourt n’a pas de chance. Élio lui donne les plein s pouvoirs, même s’il n’est pas crédible, histoire de rigoler quoi ! Le double vice-président perpétuel se pointe tout fier d’être si important. Le Suédois et Kris Peeters éclatent de rire « Non, celui-là, on n’en veut pas. ». C’est dommage, il aurait peut-être fait entrer le PS au gouvernement, le bougre !
Ils avaient été prévenus, sans doute par Élio, que ce serait Marcourt.
Aux dernières nouvelles, Paul et Rudy étaient en réalité sous la table, comme dans Tartufe, pour une pinte de bon sang à se refaire le moral avant de partir réellement avec leurs charmantes et nos chèques vacances, sous des cieux non mitraillés d’Afrique du Nord.
Notez que les compères francophones, en riant de Marcourt, ont aussi ri des Belges qui attendent autre chose que des vacances de ces Messieurs.
On voit d’ici le président de la N-VA expliqué ça aux électeurs anversois.
Est-ce qu’on a des problèmes d’agenda quand onze millions de Belges retiennent leur souffle pour voir le Suédois prendre les affaires en mains, tandis que nos Dodo la Saumure courent les boîtes de nuit sur la côte d’Azur ?

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En attendant, les faisant-fonction de l’ancien gouvernement palpent toujours de la grosse galette en n’en fichant plus une secousse. Notez que, dans le fond, on n’est pas pressé de voir le Suédois nous refiler la facture. Dame, l’austérité à la flamande, c’est du sérieux.
Malgré tout, col ouvert et fenêtre béante, les formateurs et les formatés ont désigné un groupe de travail pour les questions budgétaires.
Comme Di Rupo s’en fout, les chiffres de la dette changent tous les jours. Les zéros s’ajoutent aux zéros. On ne dit pas la tête du Suédois, quand on ouvrira le coffre devant notaire. Si bien qu’établir un budget sérieux, c’est impossible. C’est comme si on chargeait Melchior Wathelet de refaire un programme du survol de Bruxelles.
Il paraît que l’Europe attend la Belgique au coin d’un bois pour lui piquer 17 milliards qu’on aurait en trop dans nos comptes, à moins que cela ne soit l’inverse.
Le bruit court que les réunions de négociation ne commenceront pas avant la deuxième quinzaine du mois d’août, date à laquelle les médias commencent à rentrer pour la grille de septembre, donc avec tout le matériel pour faire valoir le Suédois, dans sa délicate mission.
Reste à pistonner le Commissaire dont nous avons droit à l’Europe sous la houlette de Junker. C’est quand même autre chose que former un gouvernement. Une place pareille, le plouc à quinze cents euros ne se rend pas compte ! Demandez un peu au père du Suédois, pour voir comme il a engrangé l’oseille, et en plus les voyages, les toasts au champagne, les émotions partagées, les belles dames émotives… c’est même au cours de cette période qu’il a eu le nez passé à la couleur du bourgogne première cuvée, tout ça grâce à nous !
31 juillet date limite, mais il y a du rabiot possible. Et si on y mettait Marcourt ? Le pauvre, on l’a assez charrié. On lui doit bien ça !...

30 juillet 2014

À un p’tit gars d’la Meuse…

Marcourt est le numéro 1bis de la Fédération du PS de Liège. On est bien heureux pour lui. Le numéro 1, c’est Willy Demeyer, tel qu’en lui-même. Voilà pour les étoiles, on n’ose dire montantes, plutôt à 5 lumens. Notez que pour éclairer la mortuaire, c’est suffisant. Tout ça consigné par Gaspard Grosjean, de la Meuse, journal local. C’est dire le sérieux.
En-dehors de la place Sainte-Véronique, siège du PS, et de la place du Marché, lieu où se dresse « fièrement », comme on dit au Touring Club, la maison communale, personne, au sortir de ces périmètres, n’a jamais entendu parler de ces deux là, sauf Gaspard Grosjean pour des raisons professionnelles.
À part cette information de première main, il fallait bien que Gaspard écrivît quelque chose pour remplir la colonne qui lui était dévolue dans la gazette.
D’habitude vingt lignes faciles chez des gens comme le Suédois, le curriculum du Jean-Claude, avec virgules et points de suspension, on fait à peine trois lignes !
« Vice-président des deux gouvernements – en Wallonie et à la Fédération Wallonie-Bruxelles », débute ainsi le malheureux journaliste. Il aurait pu faire plus long avec la même chose. « Jean-Claude Marcourt est le talentueux vice président du gouvernement régional wallon et l’incontournable vice-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles. » Cela fait en corps dix et quatorze cicéros de large, deux lignes de plus. (Fais attention m’fi, les patrons du Soir à Bruxelles t’ont à l’œil.)
Là, comme on a bien le temps, puisque de Marcourt, on n’a rien à dire, si je comprends bien, J-C a été vice-président des deux assemblées, et il n’a même pas été fichu de devenir président de l’une des deux après les élections de mai ! Faut-il qu’il soit dans la manche d’Élio-le-Magnifique !

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Mettez-vous à la place de Grosjean avec cette possible inimitié montoise. Il doit marcher sur des œufs. Sa place est en jeu ! Interviewer J-C pourrait passer pour de la provocation en Haut lieu.
Il a dû hésiter. Pour faire plaisir à Élio, il a été tout près d’écrire que J-C en 2012 fut un des artisans du démantèlement de la sidérurgie en Wallonie et notamment dans le Bassin liégeois. Félicité par Écolo pour l’air pur retrouvé, il n’en demeure pas moins honni par tous les sidérurgistes qui ont perdu leur emploi et dont le dernier carré s’apprête à souffrir sur le chantier en voie de disparition de ce qui reste.
Ah ! Grosjean a hésité… Dire la vérité est punissable par la direction. Le pauvre était pris entre deux feux. Puis, son bon cœur aidant (à cause de ça, il est toujours au niveau zéro du prix Albert Londres), il nous a fait l’interview tout en douceur et chatterie…
Gaspard Grojean a eu un trait de génie. Son article sera traité sous la forme de questions réponses..
L’interview, dégage en effet, l’intervieweur de toute responsabilité. Il pose une question de trois lignes et l’autre répond par une douzaine d’autres. Cinq questions vous font un article, avec l’intro, le compte est bon. En plus, tout est sur bande enregistrée et l’autre ne peut pas dire « je n’ai jamais dit ça ».
Ça a l’air vivant, relevé même, et hop, c’est bouclé.
Déjà à l’intro, quelque chose rebute. « Jean-Claude Marcourt se dit heureux de ses compétences. Il défend le nombre de ministres et met le MR face à ses responsabilités pour le fédéral. Le Liégeois s’affirme un peu plus comme un cador, tant à Liège qu’au sud du pays. Et exclut une élection présidentielle anticipée à la puissante Fédé. » Le terme « cador » fait argotique et vulgaire, mais bon, Gaspard n’écrit pas pour des intellectuels.
Soudain, je me comprends. J’ai traîné des pieds pour ne pas lire la suite. Je me suis interrogé. Marcourt, je ne le connais que dans ses primesauts d’athlète local. D’où vient mon aversion ? Je crois que c’est l’homme ! Il n’est pas avenant et faussement ouvert comme Paul Magnette, il ne fait pas pitié comme Rudy Demotte. Non, lui, il fait veule !... Dès qu’il apparaît à la télé, je me tâte pour sentir si j’ai toujours mon portefeuille.
Que Gaspard Grosjean me pardonne, je ne saurai jamais si son articulet était de taille à le faire passer de la classe zéro à la classe 1, celle dans laquelle tous les débutants peuvent prétendre entrer après six mois de stage.

29 juillet 2014

Au bout du quai…

Il faut résister à l’idée d’un complot mondial qui voudrait qu’une quelconque maffia de haut vol maîtrise et contrôle le monde en pesant sur l’économie.
Cela ne tient pas debout, ne serait-ce que parce qu’il est impossible de garder un pareil secret bien au chaud dans l’officine de cette maîtrise universelle. Secondement, cela supposerait une certaine complicité et un partage de ce pouvoir au sommet. Quand on voit ce qu’est la prise de pouvoir, les haines et les jalousies qu’elle implique, aucun chef ne serait capable de fédérer autant d’appétits divergents.
Que certains s’établissent dans des fiefs réservés, cela se conçoit. Mais cette prise de position est toujours localisée ou spécialisée.
Bien plus redoutable est la réalité. Il n’est pas question que des « propriétaires » des industries et du commerce se réunissent dans un bureau pour décider du sort de milliards d’humains. Le seul et grave facteur d’hégémonie globale est le produit d’une convergence d’intérêts de haut vol qui de New-York à Singapour, de Londres à Genève produisent des effets cumulés sans concertation préalable.
Un empire mondial : non. Un empirisme à l’identique partout dans le monde : oui.
Et cet empirisme à vocation dictatoriale peut tout. Lorsque le monde était divisé en plusieurs idéologies économiques, l’économie capitaliste s’était opposée à l’économie socialiste, en gros le bloc occidental s’opposait au bloc communiste.
C’est alors qu’ont éclaté dans le monde occidental des revendications des travailleurs, presque toutes abouties et donnant un certain essor à la classe ouvrière dont les dirigeants, bien vite, récusèrent cette logique de classe devant la vision d’une harmonie des genres unique et moyenne.
Sous l’appellation « les Trente Glorieuses », environ une trentaine d’années servirent de référence à cette vision idéaliste par une cohabitation pacifique entre ceux qui produisent et ceux qui spéculent.
La chute du mur de Berlin est un jalon à partir duquel les choses ont évolué dans une lente mais inexorable régression. Le monde occidental n’avait plus aucune contestation devant lui et donc aucune difficulté à propager son système.
La vision des spéculations a englobé le monde. Le dernier bastion de résistance, la Chine, est tombé depuis dix ans.
Malgré les situations très diverses, les algorithmes des jouisseurs convergèrent. Les empirismes triomphaient en touchant le but : celui de la rentabilité accrue des capitaux. C’est le fond de la nature de l’homme (ce n’est que lorsque l’homme se transcende qu’il devient altruiste). Laissez un boulimique un week-end seul dans un supermarché, vous le retrouverez mort le lundi.
Nous sommes aujourd’hui à la partie la plus aboutie de ce phénomène.

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Il touche à sa fin, parce que les écarts entre une période pas très lointaine de progrès et la nôtre sont trop peu importants. Les grands possédants dans leur boulimie ont été trop vite.
On ne peut pas faire passer les peuples en une génération et demie, de la prospérité relative à une pauvreté massive, sans que cela ne se voie.
Car, les dettes des pays, c’est-à-dire ce que les peuples doivent aux riches pourraient n’être qu’une fiction à rayer d’un trait de plume.
Qu’est-ce que cela ficherait par terre ? L’économie ? Les peuples ? Ou les parasites mondiaux ?
Il touche à sa fin, exactement comme le bacille de Koch touche à la sienne quand après avoir rongé les poumons de l’humain dans lequel il s’est implanté, il meurt avec lui. Le triomphe du capitalisme mondial sera sa propre mort.
Sauf que contrairement aux victimes de la tuberculose, l’Homme n’en mourra pas. Certes, les remous seront importants, les souffrances pourraient même faire regretter la période antérieure ou l’homme, accablé par le travail pour les riches, mangeait encore à sa faim ; mais l’histoire est pleine de ces montées en gloire et de ces affaissements dits de civilisation.
On ne sait pas précisément le nombre d’années qu’un certain mode de vie met pour s’éteindre et se remplace par un autre.
Peut-être assistons-nous à un embrasement général guerrier qui n’aurait rien à voir avec la justice économique ? Que cette nouvelle ère serait, au contraire, le résultat d’un simple investissement dans les armes, des fortunes colossales nées du pétrole ?

28 juillet 2014

Charles, le Suédois.

Tous ceux qui ont trouvé Di Rupo assez embarrassé de sa couleur rose pour faire du libéralisme 100 %, croient pouvoir affirmer qu’avec une étiquette « guarantee label the Anglo-Saxon countries », Charles Michel va faire de la coalition suédo-kamikaze un petit paradis capitaliste.
Ils se fourrent le doigt dans l’œil du cyclone bolchévique.
Le MR est comme le PS, il ratisse tellement large qu’il fait la fête du Premier mai à Jodoigne avec toute la famille Michel mobilisée. Ils n’en sont pas encore à l’Internationale, mais ils y arrivent.
C’est là toute la nouveauté des partis de pouvoir. Ils se ressemblent tellement que le programme de gauche est le même que le programme de droite. Leurs efforts afin de prouver le contraire sont pathétiques. La N-VA qui s’était toujours tirée d’affaire en restant en-dehors, va savoir ce que le mélangeur d’État va lui coûter en reniements.
À une poignée d’imbéciles près, au lieu de préférer Maggie De Block comme première ministre, les Wallons ont failli plébisciter Bart De Wever ! C’est faux, me direz-vous. D’accord, je n’ai lu ça nulle part. Pourtant, à y regarder deux fois, la connerie aurait été encore plus belle qu’à la place de la confortable Maggie, on avait plébiscité la bête de scène anversoise. On atteignait le sublime !
Cet engouement pour la flamandisation de la Wallonie ne date pas d’hier. Verhofstadt, en son temps, fut le chouchou des dentistes et des Wallons, au point que s’il l’avait voulu, il épousait Mathilde à peine nubile à l’époque, à Bouillon, et devenait roi de Jérusalem en exil au château de Losange.
Les Wallons sont victimes du syndrome de Stockholm, ils ont fini par adorer leurs geôliers : la preuve, dans la coalition en formation en Haut lieu, ils comptent sur leur seul maton Charles Michel, dit le Suédois, pour se faire aimer des Geert, des Chris, des Liesbeth et des Bart… Je revendique à titre personnel d’être piétiné des talons aiguilles de Liesbeth.

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Être en minorité perpétuelle plaît aux Wallons. L’enfance est leur âge préféré, comme le petit tambour de Volker Schlöndorff, ils ne veulent pas devenir adultes. Ainsi, les Wallons pourront côtoyer les pires malfrats sans qu’on les inquiète dans leurs jeux électroniques.
On s’apprête à recevoir le Suédois au 15 août en Outremeuse, en espérant que d’ici là tous les parents du Suédois seront nommés à des postes importants. On espère aussi Maggie De Block qui a fait la chasse au mariage blanc et, chose curieuse, cette chasse n’a pas fait plaisir aux Noirs. Les vieux l’adorent aussi, pourtant elle a supprimé la possibilité de faire venir d’Absurdie les parents âgés en regroupement familial, sauf les vieux étrangers qui ont du pognon et qui peuvent venir chez Maggie consommer et plus si affinités, quand ils le veulent.
Elle a durci les conditions de naturalisation, de sorte que les candidats qui ne sont pas des émirs ne peuvent plus venir se durcir en Belgique au contact de la Wallonne exacerbée.
Les Wallons aiment être fustigés par l’adorable Maggie, surtout quand elle leur parle avec cette langue étrangère qui n’a pas besoin d’être durcie pour être gutturale et qu’ils ont fini par adorer. Marcourt, le seul indigène liégeois encore connu, a eu son premier orgasme à quarante cinq ans quand il a vu Maggie à la télévision pour la première fois.
Les Wallons croient dur comme fer qu’une fois le gouvernement flamand régional bien rôdé sous la haute direction de son coach Geert Brougeois (N-VA), la Flandre va considérablement augmenter les pensions de ses ressortissants. Il suffira donc que les pensionnés wallons s’arrangent pour obtenir la GRAPA à Aalst ou à Gingelom, pour revenir vivre comme un nabab à Barchon ou à Ans.
Être géré par des Flamands est le meilleur espoir d'un redressement, comme dirait un blogueur ivre. Charles Michel, notre seul Joker, sait-il qu’il est notre dernière chance d’être naturalisé Flamand ? On pourrait croire qu’il est parfaitement intégré quand il remonte l’Escaut jusqu’au Pier sur le Flandria. Un doute subsiste ! Quand il parle le Vondel, est-ce avec l’accent campinois ou celui de Hasselt ? Toute la question est là. Ses amis sont tellement susceptibles. Une seule erreur et nous en avons pour deux législatures au moins à patienter.
Le Suédois est là pour 5 ans. C’est historique. Il va avoir une bonne majorité de droite, c’est-à-dire économiquement correcte. Avec l’appui de la City et de Wall Street, le bide n’est pas possible. Produire mieux et moins cher, les Wallons l’espèrent de tous leurs petits bras musclés. Les sacrifices, ils connaissent. C’est une de leurs spécialités.
Voilà longtemps que dans les grands restaurants on croit manger des rognons (reins de porc ou de bœuf), en réalité ce sont les couilles de nos glorieux liégeois du PS. Les Flamands les adorent dans le madère. Voilà pourquoi, Di Rupo a la voix fluette dans l’aigu ; car, ce qu’on ne sait pas et qui est hautement confidentiel, Di Rupo est né à Luik, d’une mère Flamande et d’un père hybride de Rode-Sainte-Genèse, donc pur Liégeois. Si à Mons, on savait ça !
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Postscriptum : La Flandre perd six hectares par jour de terrains non bâtis. Nos maîtres construisent trop ! (dixit Tom Coppens "Nous abîmons la Flandre")
Qu'à cela ne tienne. L'exemple d'Israël est là pour rappeler que bâtir chez soi, c'est bien. Bâtir en annexant les autres, c'est mieux. Les colons flamands savent où trouver de la réserve. La Wallonie n'est-elle pas leur terre d'accueil naturelle ?... d'autant que nous n'avons pas le Hamas !

27 juillet 2014

6 mille ans et 6 jours plus tard…

Les religions se sont toujours adaptées aux mœurs et au temps présent, même si c’est en freinant des quatre fers, avant de suivre l’opinion avec des pieds de plomb.
Le « Petit lexique des hérésies chrétiennes » de Michel Theron, nous donne une idée de toutes les bizarreries que des tordus ont pu sortir de leur foi de charbonnier au cours des siècles, à chaque fois reprises, parfois de justesse, par des pères de l’église qui sentaient venir la catastrophe.
La religion chrétienne doit à Saint Augustin le droit canon et la conduite appropriée qui lui a permis de se tirer d’affaires jusqu’à nos jours.
Plus jeune, la religion musulmane a ses dérives et ses outrances dont les effets se font sentir aujourd’hui, parfois de façon dramatique.
Les « fois du charbonnier » américains forment le groupe le plus étonnant parmi les religions aberrantes qui ne veulent pas s’adapter aux découvertes de la science et à l’évolution du singe d’Afrique à l’Homo Sapiens, fine fleur capitaliste des USA.
Comme quoi, la bêtise n’est pas que le fait de paysans attardés du Moyen-Orient, mais peut s’épanouir aussi à Silicon Valley.
Certains ont pris le chemin inverse au pragmatisme religieux façon Augustin, entre la foi et le progrès des connaissances. C’est ainsi que la secte américaine « Answers in Genesis » a investi en 2007 une trentaine de millions de dollars dans une sorte de musée Grévin de la créativité dans lequel le visiteur peut « admirer » des saynètes bibliques, dont le moins qu’on puisse dire, qu’elles constituent la synthèse d’une contre université déniant à la science et aux savants, le soin d’approfondir les thèses darwiniennes sur l’évolution.
C’est du créationnisme têtu et obstiné qu’on y découvre, au risque de rendre les 2 millions de visiteurs par an, débiles pour le restant de leurs jours.
On y martèle l’idée que la seule vérité scientifique se trouve dans l’Ancien Testament et que tout le fourbi inerte et vivant a bien été créé en six jours par quelque chose dont on ne sait comme elle est, mais qu’on représente avec des traits humains et souvent avec une barbe blanche, pour rendre le sujet plus noble et plus sage.
C’est de la contre culture racontée aux adultes et ce qui est plus grave, racontée aux enfants. C’est de la même eau, mais en beaucoup moins dangereux en explosifs et armes diverses, que les sornettes racontées aux intégristes et aux fanatiques d’une religion musulmane qui peine à sortir du moyen-âge. Ici, il s’agit de dégâts moraux, tout aussi préjudiciables à terme, mais moins massacrant dans l’immédiat. C’est que l’américain a la foi tempérée par le pognon, ce qui lui permet de préférer Wall Street à la kalachnikov.

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Le barnum du créationnisme serait à mourir de rire, s’il n’entraînait dans ses tableaux des millions de crédules, dont la force de penser déjà faible à l’entrée, tombe à la sortie du musée, au-dessous du zéro. Sauf, bien entendu, une infime partie qui en sort révoltée des stupidités mises en scène et acquiert ou renforce ainsi un esprit critique qui ne lui fera plus jamais prendre des vessies pour des lanternes.
La salle où les doux végétariens deviennent de méchants carnivores parce qu’Ève a croqué la pomme et que dieu s’est détourné de ses créatures qui lui ont joué une « crasse », explique tout de l’incurable manière des créationnistes à nier les réalités.
Le « Creation Museum » démontre sans désemparer comment Caïn, après s’être débarrassé de son frère, a pu fonder une famille avec le seul être de son âge capable de faire des enfants : sa sœur ! Merde… ça devient scabreux, sauf pour les créationnistes qui font l’apologie de l’inceste « nécessaire ».
On se demande aussi pourquoi dieu, dans son immense sagesse, n’a pas réfléchi lorsqu’il a activé ses créatures. Il devait bien savoir qu’à en faire de sexes opposés et emboîtables, avec des phéromones en plus, il leur attirerait des ennuis !
Franchement, quel provocateur !
Les salles suivantes, montrent les malheurs qui procèdent de la masturbation et des mœurs déréglées, les exemples d’Hitler et Pol Pot ne sont pas loin. En voilà deux qui n’en auront pas fini de sitôt avec le dérèglement des mœurs d’aujourd’hui.
Devant le succès de ce show divin à l’américaine, d’autres sectes avides de « vérité » se proposent de faire encore plus grand. Nos américanolâtres aimeront !
Ken Ham à la suite d’un grand show à la télé a réuni 70 millions de dollars. Il va créer l’Arche de Noé, une bâtisse qui aura la forme d’un immense vaisseau de 150 mètres de long et de trois étages de haut, dans lequel des spécialistes d’Hollywood vont mettre en scène tous les animaux de la création en polystyrène et nerfs électroniques.
Afin de prouver que nous n’égalerons jamais dieu, ce qui a été conçu en une semaine par un seul, mettra trois ans à quelques centaines d’ouvriers et d’ingénieurs à se construite, à l’aide de grues et de pelles mécaniques.
Comme on le voit, on est loin des performances du créateur !

26 juillet 2014

Bart, l’honneur de la gauche ?

Après les délicates missions d’épandages des portefeuilles à Bruxelles et en Wallonie, le fédéral s’apprête à donner naissance aux jumeaux Michel et Reynders, les atlodymes du MR. Que la suédoise s’appelle la kamikaze ou inversement, nous verrons si la Belgique, enfin dirigée par des responsables comme ils l’affirment, sera en mesure d’exiger de ses administrateurs siégeant au Conseil de BNP Paribas, de rendre des comptes à la Nation.
C’est bien beau de prévenir qu’on va tous mouiller la chemise et passer sans voir une sacrée brouettée d’euros qui nous aurait allégé la tâche..
Le Fédéral est le premier actionnaire de cette banque. Abandonner du beau pognon pour protéger nos administrateurs nommés par les partis politiques sous prétexte d’épargner de nouveaux soucis à BNP Paribas, c’est ce qu’a fait Élio-la-combine jusqu’à présent.
L’amende de 8,9 milliards de dollars reste en travers de la gorge des petits porteurs, d’autant que les beaux messieurs qui ont abouti à la connerie du siècle, pire que celle de Kerviel, condamné lui à deux ans fermes, poursuivent toujours leur brillante carrière dans les étages de la banque, en peaufinant leurs pécules en cas de sortie prématurée.
Il faut dire que ces intellectuels irremplaçables, tous plus distingués les uns que les autres, sont plus ou moins proches de l’actionnaire principal et pistonnés sur les moquettes triple laine, par la grâce des partis belges.
Cela pourrait être un test pour Bart De Wever au gouvernement kamikaze. L’homme qui se vante de respirer la droiture et la loyauté et qui incarne la Flandre éternelle, s’il laissait aussi ces ballots de BNP Paribas d’encore s’occuper du pognon des Belges, il se ravalerait au rang des magouilleurs qu’il dénonce.
Des voix s'élèvent, pas beaucoup, dans le monde politique pour remettre en question la participation belge au sein du groupe bancaire, que je sache, on n’y a pas encore entendu la sienne.
Selon une technique éprouvée par deux années de législature, Élio Di Rupo a fait du patin à roulettes sur les parquets du Palais Royal et a serré les mains des financiers dans des poignées à n’en plus finir, sans jamais aborder la question.
Le stoïque speakerin abandonné par Darhmouch devant les caméras d’RTL ne se lamentait-il pas encore ce soir sur le paiement désormais douteux des pensions à l’orée de 2020 par manque d’une aumône de 3 milliards, alors que la banque dont nous sommes actionnaires en allonge deux fois plus à l’État américain, sur une connerie de ses CEO !
À l’aune de la dette de 8,9 milliards de dollars, si on pouvait en récupérer une pincée, voire sur les enveloppes de départ des CEO américains du groupe, nos petits vieux en auraient la larme à l’œil de gratitude. Pour le coup, Bart De Wever et Charles-le Chauve qui deviendrait aussitôt Charles-le-Grand, passeraient pour des héros.
Mais voilà, de nature fanfaronne et couarde le parlementaire, une fois au gouvernement, redouble de prudence, d’autant que la droite flamande et la droite francophone ont un tel respect pour ceux qui ramassent du fric, que, la chose paraît improbable. Par extraordinaire, s’ils le faisaient, ils démontreraient qu’ils sont plus à gauche que Di Rupo. Tout l’échiquier politique en serait bouleversé. C’est dire l’événement.

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L’engeance des CEO bronze sur notre compte, le prend de haut, nos speakerines mouillent leur petite culotte rien qu’en prononçant les noms de nos banquiers chéris. Avec des tronches de premier de la classe et des bagues d’émir, ces gougnafiers portent des costumes en cachemire, entourés de stars, et pourtant, hors langage universitaire, ce n’en sont pas moins des cons !
Ils ont réussi d’un seul coup à faire fondre le capital de la banque de 10,3 % !
Ce n’est pas rien. L’intérêt des Belges exigerait que la direction se constitue partie civile et porte plainte contre les responsables de tous niveaux, y compris les mandataires sociaux anciens ou actuels.
Mais Elio est bien trop occupé avec son complice Magnette pour mettre en boîte les Wallons. Et les nouveaux, nul ne sait s’ils le feront.
Comme quoi, les gens de gauche attendent que Bart monte aux créneaux et fasse le nécessaire… Bart sauverait l’honneur de la gauche… du jamais vu !

25 juillet 2014

Élio, roi de Béotie…

Il semble que Charles Michel ait rassemblé autour de son ambition suffisamment de kamikazes MR pour débuter en solo une partie de « Zwarte Piet » avec les trois partis flamands d’en face.
C’est donc l’heure du bilan pour le premier ministre sortant dont le règne aura duré 541 jours en moins qu’une législature normale. Si bien qu’il est impossible de savoir si le temps complet de la législature du Premier eût été meilleur. Parce que, franchement, le bilan de Di Rupo est tout à fait désastreux arrêté à l’état actuel de la fin de son mandat.
Elio Di Rupo est le plus mauvais représentant de la Belgique à l’étranger depuis le gouvernement Leburton. C’est dire si bien des Premiers se sont succédés depuis, qui ont essayé avec des fortunes diverses de faire bonne figure en-dehors de nos frontières.
Ici, il n’y a pas de comparaison possible, parce que jamais on ne vit un Premier ministre si absent dans ce domaine. Pour quelqu’un qui s’oppose à la politique du MR au point d’avoir exclu ce parti des instances régionales, Di Rupo s’est proprement dégagé de la politique extérieure sur les épaules de son ennemi juré, Didier Reynders, qui, à sa manière libérale, a tiré la couverture à lui, au maximum, en se tapant de beaux petits voyages, lui et son épouse, aux frais de la Communauté.
Trop occupé à refaire des retards d’électeurs pour les élections de mai, Di Rupo s’est concentré sur la politique intérieure, s’efforçant de ne pas accentuer le doute des citoyens sur l’absence de socialisme du Parti socialiste qui fait doublon avec la mouvance libérale représentée par le MR.
Il a pu limiter la casse et le PS n’a pas trop perdu de plumes. L’électeur wallon vote par tradition et en souvenir du temps des corons et d’Émile Vandervelde, pour les actuels titulaires qui se situent en réalité entre Louis Michel et Joëlle Milquet.
Et pour cause, Di Rupo a laissé au gouvernement suivant le soin de finir une réforme libérale qu’il a lui-même activée et qu’il va, sans doute, quand le gouvernement kamikaze sera formé, combattre avec la gourmandise d’un faiseur de bons tours..
Di Rupo est un adepte de la combinazione. Il n’affronte pas directement les hommes et les idées. Il utilisera ceux de son parti ou même de partis « alliés », quitte à les laisser se débrouiller si l’affaire tourne mal. Il ne prendra jamais le risque de s’exposer sur des affaires comme celle du Proche-Orient. Là où des socialistes soutiennent les Palestiniens, il ne dit pas un mot. Il compatit à tout ce qu’on veut, déplore en citant l’ONU et l’Europe, mais lui, on ne sait pas ce qu’il pense.

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C’est un manager de crise. Il entend les parties, donne raison à tout le monde et part sans avoir un avis sur rien, quand les choses tournent au vinaigre. Il manque de conviction, parce qu’il est sans vision. Il a juste le comportement d’un bon bourgmestre. Il peut faire des merveilles en courant derrière la queue du Dragon pour en arracher les poils et revenir triomphant à l’hôtel de Ville de Mons en costume folklorique ou plonger du bord d’une piscine qu’il inaugure. Il s’aime trop, ses épaules, son corps d’éphèbe pour n’avoir d’autres rêves qu’hédonistes.
Il fait de la politique pour soigner son image, bien gagner sa vie et en jouir à l’aise dans une renommée qu’il entretient, comme Le Nôtre soignait les jardins de Versailles.
Il ne s’est jamais rendu à l’étranger que pour lisser son image. Quand il fallait se montrer à Kinshasa restée si proche de la Belgique, il préférait les ors et l’encens du Vatican de la messe inaugurale du pape François.
C’est ainsi qu’il ne s’est pas rendu au sommet de la francophonie, alors que tous ses prédécesseurs flamands avaient fait le voyage sans exception. Voilà qui n’est pas très commercial, s’il veut vendre Mons à l’étranger pour 2015.
Alors quoi, « Beau Corps » s’en va du 16, rue de la Loi, et puis après ? Voilà longtemps que son esprit était ailleurs, mûrissant des projets personnels, échafaudant des rentrées fracassantes au Bureau du Ps. Monsieur de Mons était persuadé qu’on le rappellerait pour un deuxième mandat de Premier. Il est vexé. Et quand il l’est, ce type est dangereux. Il ne sait pas exprimer son ressentiment, comme le fait Reynders. Di Rupo intériorise, et c’est en cela qu’il est dangereux.
Il a déjà opéré à sa manière une première dans la voltige équestre de ses ministres en ménageant Rudy Demotte, tout en grevant le budget, que son fidéicommis nous annonce serré. Rudy perd une présidence, et Élio lui en conserve l’autre !
Il n’y a qu’avec la Fédération liégeoise qu’il est en délicatesse. Qu’on ne s’y trompe pas. S’il en est ainsi c’est qu’il considère que la Fédération est un ramassis d’imbéciles, incapable de produire une tête pensante.
Il n’a pas tort.

24 juillet 2014

Béatrice Delvaux, éditorialiste.

L’éditorialiste en chef du Soir, Béatrice Delvaux, livre à la réflexion de son public le parcours d’un parti (le MR) dont Charles Michel est président, qui se jette dans les bras d’un parti qu’il abomine (la N-VA)… par détestation du PS.
Peu importe les autres motifs, de nobles à bas, la gamme est large et ce n’est pas la première fois que les libéraux disent blanc pour agir noir.
L’éditorial de la Chef est clair précis et d’un grand intérêt.
On dit souvent des choses pour gagner une élection, qu’on trahit instantanément pour une goutte de pouvoir, après.
Mais les contradictions ne s’arrêtent pas là. Les deux bourgmestres de Charleroi et de Namur en sont les preuves vivantes. Ils protestent de leur amour inconditionnel pour leur ville et s’empressent de l’abandonner officieusement pour une fonction plus prestigieuse.
Que les partis ne viennent pas nous faire la leçon pour nous présenter les quelques hautes fonctions qu’ils font partager à un groupe restreint de leurs adhérents, parce qu’il n’y aurait personne d’autre capable d’en assumer la tâche et les responsabilités. Ce serait faire injure à onze millions de Belges.
Madame Delvaux n’a pas écrit cette dernière réflexion sur les partis. Pourtant, après avoir rédigé son éditorial, elle n’en devrait pas moins flirter avec l’idée.
Finalement, ce n’est pas l’éditorial qui me gêne, au contraire, il m’enchante. Et je pense exactement la même chose. Ce qui me gêne, c’est l’éditorialiste elle-même, si lucide et pourtant si obstinée dans sa foi d’une société dont elle dénonce les perversités.
C’est la conclusion morale qui manque dans le papier de Madame Delvaux.
Comment peut-on encore vouloir une forme de démocratie qui conduit à produire de véritables monstres, avides de pouvoir et d’argent ?
Comment peut-on écrire ces choses et les ayant écrites poursuivre son chemin parmi des êtres immoraux, le sachant, sans en être soi-même incommodée ! Cette perversion dénoncée, est-ce suffisant ? N’est-ce pas tomber dans la complicité en poursuivant gentiment une belle carrière d’éditorialiste en chef ? C’est-à-dire, capable comme Charles Michel, Paul Magnette et Maxime Prévot, de dire tout et son contraire, et afficher quand même le visage serein de l’honnête femme. Ah ! cette image de Cahuzac les yeux dans les yeux des citoyens, me hante encore.

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Car, ne nous y trompons pas, il ne s’agit pas d’une tragédie. Une tragédie, c’est lorsqu’à la dernière scène les héros meurent tandis que le rideau tombent sur eux. Il n’y a plus rien à dire. Ils ont payé en bourreaux ou ont été immolés en victimes. Non. Il s’agit d’un vaudeville bourgeois. Un drame à l’envers où l’on rit du cocu, parce que c’est un naïf et on applaudit l’amant, parce que c’est un roué et qu’il ne croit pas en ce qu’il dit. Tout le monde ment et le public rit. Pourquoi rit-il, parce qu’il se croit en dehors de la situation. Il est le démiurge à qui un dieu supérieur fait croire que c’est lui qui tire les ficelles.
Qu’arrive-t-il aujourd’hui ? Les ficelles sont grosses et pourries. Elles tombent des cintres sur les têtes des spectateurs. Personne ne rit plus.
Et que fait madame Delvaux ? Confortablement installée dans une baignoire d’avant-scène, elle mange des petits fours, en regardant le public à la lorgnette. Elle appelle ça faire du journalisme !
Et demain, dans l’éditorial suivant, elle s’en ira écrire les exploits ou les déconvenues de ceux qu’elle a littéralement cloués au pilori, parce qu’ils le méritaient ! Elle recueillera leurs confidences, la bouche en cœur et l’âme désabusée, mais sereine. Le lecteur, lui, ne s’apercevra pas de l’imposture. Il ne retiendra que le consensus : l’État belge, les chapeaux de Mathilde et Bart De Wever qui s’est bien radouci ces temps-ci.
Quitter un milieu dans lequel on est reconnu, où l’on a ses aises, dont on tire ses moyens de subsistance, c’est quasiment surhumain. Ce serait une absurdité d’abandonner une société bourgeoise décadente quand il y a cinquante ans qu’on y barbote et qu’on s’y trouve bien. Comme Camus l’écrit dans « le mythe de Sisyphe » page 22, « Il est toujours aisé d’être logique. Il est presque impossible d’être logique jusqu’au bout. »
Et pour faire quoi ? Écrire dans quelques minables gazettes sans lecteur et sans en tirer rétribution ? Militer pour un autre système et se faire incendier comme ce pauvre type de Richard III ?
Je comprends… je comprends, mais n’approuve pas.
Dans cet éditorial, vous avez fait ce que vous avez pu. Vous en demander davantage serait compromettre votre sécurité et votre confort. Pardon, d’avoir espéré.
Votre admirateur d’un Soir.

23 juillet 2014

J’y suis, j’y reste.

Est-ce la pièce de théâtre de Raymond Vincy et Jean Valmy, un mot du général Mac-Mahon dans une situation délicate à Malakoff ou encore nos scotchés au pouvoir de la politique belge ?
Les trois mon général.
D’abord le PS. N’est-ce pas ce parti, entre deux élans le poing tendu, qui a proposé le non cumul des mandats ?
Après le chef emblématique, c’est au dauphin bien aimé à dire des choses et faire le contraire.
Magnette, c’était à la vie à la mort avec Charleroi. Foutaise. La ville n’était qu’un tremplin. Président faisant fonction du PS, on se disait : « Bon, avec Doudou, s’il n’est plus premier, il va revenir. Paul n’est là qu’un petit moment. Il va faire deux ou trois beaux discours, puis le Montois reprendra les manettes du PS et Popol sera de retour..
Il a fait deux ou trois beaux discours, mais il n’est pas tout à fait revenu. Le poste de ministre-président de la Région wallonne lui a été offert par son prince, mais il gardera Charleroi, sans gêne et sans façon. Il l’a dit lors d’une interview à La Libre, le camarade Magnette. « Je suis un soldat ». Le PS est une armée et Magnette est derrière le Petit Caporal. Donc, je cumule. C’est un ordre !
J’y suis, j’y reste.
Comme on ne pouvait pas mettre Rudy Demotte à la porte, comme ça, sans compensation, ça coûtera un peu plus cher, mais nous allons avoir un président à part « rentière » dans la personne de « Grincheux » à la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Quand j'étais à la fois ministre-président wallon et de la Fédération, on a souvent déploré le fait que cette double casquette privait la Fédération d'une vraie visibilité », s’excuse Demotte. Serait-il plus visible tout seul à la Fédération ? Aurait-il pris quelques centimètres sans que nous le sachions ?
Il faisait mal son boulot à la Région et comme la Fédération Wallonie-Bruxelles est un gadget, on peut y mettre les clowns qu’on veut, comme à l’Europe…
Les Liégeois sont toujours Grosjean, avec Marcourt, leur seul idiot du village à la Région. C’est maigre pour une grande section.
Moralité, si l’on peut dire, à l’heure des nouvelles restrictions, leur machin sera encore plus cher. On dirait que plus l’entreprise de placement PS puise ses forces vives dans le Hainaut, plus onéreuse est-elle ! Coïncidence ou stratégie ?

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Le MR vit une tragédie. Charles Michel a réussi le tour de force de n’être présent nulle part. Il faut absolument qu’il place ses créatures de pouvoir au Fédéral, la seule issue pour un renouvellement du mandat de président du MR.
Il a bien juré ses grand dieux, clamé dans les oreilles des gazetiers que jamais il n’entrerait dans un gouvernement avec la N-VA, laissé un peu partout des papiers assassins sur Bart De Wever, qu’il ne mangeait pas de ce pain là, que son libéralisme ne pouvait pas s’emboîter dans le nationalisme de Bart De Wever et le voilà devenu formateur et meilleur ami des nationalistes ! Didier Reynders en remettait une couche, afin de voir son président de parti prendre un peu plus de gîte avant de couler en septembre. Maintenant, c’est fait. Didjé attend de moissonner.
"Le MR n’a rien à voir avec la N-VA", ce n’est pas une raison pour leur céder la place profère Charles démuni et assoiffé. J’y suis. J’y reste. Le pauvre, son père n’en dort plus.
Le miellat du CDH, autre grande gueule défigurée par ses propres déclarations, Maxime Prévot, bourgmestre de Namur et qui met les voiles tout en ne partant pas. Lui qui détestait les cumulards, il devra faire enlever tous les miroirs de la maison communale de peur qu’il ne se retrouve face à face avec lui-même. Nouveau vice-président du gouvernement wallon en charge notamment des Travaux publics. Les CDH à Namur qui ont voté pour lui à condition qu’il ne quitte pas ses fonctions auront compris. « Mais, je ne les quitte pas », dit goguenard le copain de Lutgen. J’y suis. J’y reste. La direction de la Ville se fera à plein Barzin, la sœur Anne du MR (tiens une libérale !) échevine à la Ville de Namur. La comète Prévot passera de temps en temps pour venir toucher son chèque.
Tous ces personnages en quête d’emplois, d’honneurs et de places juteuses oublient qu’ils ont initié un décret sur le décumul, pour cette législature en l’interdiction pour 25 % des parlementaires de cumuler leur mandat de député wallon avec un cacheton de bourgmestre, d’échevin ou de président de CPAS.
Que vaudra encore demain, la parole de ces gens là ?
Et puis merde, ces gens me dégoûtent. Je vais suivre à la télé le résumé du Tour de France.

22 juillet 2014

Terreur à Gaza.

Une fois de plus, les médias – presque tous les diffuseurs d’informations – relaient les Autorités, dans cette affaire d’interdiction par Manuel Valls de se rassembler à Sarcelles, afin de dénoncer le massacre des Innocents à Gaza.
Une manifestation pour la paix interdite, c’est nouveau ! Et on s’étonne que la paix interdite, il ne reste plus que l’alternative de la guerre en banlieue.
Par contre, sont largement diffusées les images des violents qui se sont mêlés aux citoyens pacifiques, s’appliquant surtout à montrer les casseurs à l’action. Quant aux autres défilant avec des intentions pacifiques, cela n’intéressait pas les responsables.
Le discours de Hollande sur la question palestinienne est un modèle du genre.
C’est proprement une déclaration d’amour pour Benyamin Netanyahou le premier ministre israélien.
Selon l’Élysée, la France condamne fermement les agressions du Hamas et recommande aux Israéliens la fermeté dans les représailles. Il appartient au gouvernement israélien, dit Hollande, de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces.
Pas un mot pour le camp d’en face, les victimes civiles par centaines, toutes palestiniennes, des bombardements israéliens.
C’est à peu de choses près l’opinion qui prévaut en Belgique, si l’on excepte quelques images « terrifiantes » de la population de Gaza en plein désarroi et où les morts s’accumulent.
Il n’est question ici, ni de racisme, ni d’antisémitisme, mais d’une armée d’occupation franchissant un no ‘man’s land, en mesure de représailles aux tirs de roquettes depuis Gaza par des hommes du Hamas. Tsahal n’ayant devant elle que peu de résistances, tire à tort et à travers sur une population sans défense.

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On se souvient de la proposition de l’ONU de fournir un contingent de casques bleus d’une force d’interposition visant à clore les massacres réguliers de civils, ce qu’Israël avait vivement rejeté à cause de son projet de colonies, début d’une annexion pure et simple de toute la Palestine.
Il est de fait que dans les milieux de la presse et de la politique, il existe une sorte de consensus sur la politique d’Israël à l’égard des Territoires occupés et de Gaza qui poussent certaines têtes échauffées du camp adverse à tenir des propos antisémites et à encourager les casseurs à prendre la suite des cortèges de protestation. Comme on entend, mais c’est souvent moins diffusé, certains énergumènes en général de droite, tenir des propos racistes à l’encontre les Arabes. On a l’impression que les Ligues sont moins strictes dans ce dernier cas.
À qui la faute ?
N’est-ce pas le rôle d’un démocrate d’écouter les points de vue des deux camps et puis d’en tirer une leçon personnelle ?
Quant aux faits de guerre, il est naturel que l’on montre des tas de cadavres chez les Palestiniens puisqu’il n’y a qu’un ou deux morts côté israélien, en-dehors de leurs fougueux militaires. Mais on devrait quand même avoir l’honnêteté d’expliquer aux auditeurs belges et français la manière dont les gens de Gaza se font tuer.
Selon le Palestinian centre for human rights, l’armée israélienne utilise des obus qui relâchent des milliers de fléchettes en acier dans le cadre de ses opérations à Gaza. Le Guardian, qui relate l’information, précise que six tirs ont été effectués sur le village de Khuzaa le 17 juillet, et publie des photos de ces petits projectiles récupérés au sol par un membre de l’ONG palestinienne.
Cette arme est constituée d’un obus qui renferme de très petites fléchettes tiré depuis le canon de 105 mm d’un char. Le projectile explose en vol, libérant les fléchettes qui se répandent en forme conique sur une distance de 300 mètres de long et 90 mètres de large.
Si Benyamin Netanyahou prétend encore que son armée n’en veut qu’aux « tueurs » du Hamas, une fois de plus, c’est un sacré menteur qui, malheureusement ne sera jamais désavoué sur RTL, ni par Monsieur Hollande.
L’un des principes les plus fondamentaux du droit humanitaire est l’obligation de distinguer entre ceux qui sont impliqués et ceux qui ne sont pas impliqués dans le combat, et d’éviter dans la mesure du possible de blesser ceux qui ne le sont pas. On peut dire que c’est loupé pour le grand allié de l’Europe et des États-Unis.
La question est de savoir si l’Europe va encore soutenir longtemps un État qui vit en perpétuel désaccord avec l’ONU, se moque des résolutions de celles-ci et se fout d’Amnesty International ?

20 juillet 2014

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19 juillet 2014

Bruxelles sauvée !...

Jetons des pétales de roses devant les pas de nos augures, ceignons les jolis fronts de ces dames des lauriers de César, mirons-nous dans leurs yeux cernés de veilles et par l’Oréal Paris, admirons l’adorable chute des cheveux des artistes du compromis, Bruxelles est sauve, les PS, FDF, CDH, VLD, SP.A et CD&V ont bouclé l’accord de gouvernement de la Région.
Ce soir un vrai déferlement d’enthousiasme a fait trembler les ondes de nos bavardes chaînes nationales. Voilà Bruxelles tirée d’affaire !
Il était temps ! Les navigateurs précédents avaient proprement salopé Bruxelles. Les accords ne correspondaient à rien de bien fameux. La crise était présente. Le chômage plombait les espoirs de la jeunesse, la Ville détenait le triste record des bouchons pire que sur les autoroutes dans des départs de vacances, les rues étaient sales, les écoles en mauvais état, bref tout était à l’image du palais de justice entouré d’échafaudages depuis 25 ans, c’était la cata !
Rayonnante Laurette Onkelinx balayait d’un revers de main les hommes et les femmes des partis qui avaient conduit Bruxelles à sa ruine.
Tout est neuf, clinquant, passé au karcher.
Après sa prestation aux étranges lucarnes, en voyant Bètchette accouplée avec Gosuin et Milquet, un doute me vint.
Qu’on juge de ma stupeur lorsque je découvris que dans le gouvernement ainsi formé, aucune figure nouvelle, aucune personnalité transcendante, rien que des gens qui de près ou de loin ont été aux premières loges dans les législatures précédentes pour massacrer Bruxelles et gâcher les chances des Bruxellois !
Ah ! il parle de lui-même le renouveau : Brigitte Grouwels (CD&V), Rudi Vervoort (PS), Guy Vanhengel (VLD), Didier Gosuin (FDF), Laurette Onkelinx (PS), Joëlle Milquet (CDH) et Pascal Smet (SP.A).
Toutes têtes confondues et déjà tombées des dizaines de fois sous la colère du public de la Ville, comme elles tombaient jadis, dans le panier de Sanson.
Et tout ce joli monde aurait été capable de changer Bruxelles, de lui insuffler le dynamisme dont elle avait besoin que des mains criminelles lui refusaient, dans un accord trouvé en moins d’un mois, sous l’aimable présidence de Laurette… Mais… mais… puisqu’il n’en manque qu’un seul, ce serait donc lui, le comte Dracula des Marolles, le tueur du plateau du Heysel, le ferrailleur honteux du tunnel Flagey, le bruyant personnage du plan Wathelet : Charles Picqué, le criminel qui aurait plongé volontairement la capitale dans le malheur !
Nul doute qu’une fois ce voyou mis hors d’état de nuire, l’emploi aura retrouvé la première place que la situation désespérée de ce secteur mérite.
Enfin la jeunesse reconnue, ce n’est pas trop tôt que la troupe de femmes mûrissantes du nouveau gouvernement retrouve à son contact un regain des sens.

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Toutes à l’insertion, le plan est sans équivoque. Madame Onkelinx redécouvre qu’elle fut jadis socialiste et voilà qu’elle ressort un projet du temps de Spitaels, léché par l’aimable de Mons : les jeunes qui n’ont pas d’emploi, se voient proposé un contrat de travail d’un an. On se demande pourquoi on n’y avait pas pensé plus tôt, toujours à cause de Picqué !
Pour faire quoi ? On s’en fout, du moment qu’on a un contrat. Et pour travailler où ? Nulle part, puisqu’il n’y a pas de travail. C’est chouette, un contrat d’un an pour rester chez soi !
Puis le groupe autour de Laurette va réformer la fiscalité. Elle y tient. Il n’y a pas un seul gouvernement qui ne l’ait pas faite. Même l’affreux Picqué a eu sa crisette. Ici Bètchette affirme dans son plan quelque chose qu’elle ne fera pas. Elle voudrait convertir une partie de la fiscalité du travail, sur le dos des Bruxellois qui ont du patrimoine. C’est comme si elle s’attaquait à la banque ou au notariat. Donc, c’est mis noir sur blanc, mais c’est avec une encre spéciale, dite sympathique, qui s’effacera d’elle-même dans quelques mois.
La suite, c’est un copié/collé du travail du grizzli heureusement mis hors d’état de nuire et dont elle va prendre la place, n’en doutons pas, à la grande satisfaction de tous.
Reste quelques formalités, des congrès, un peu de chichis ici ou là, histoire de se maintenir au top de l’actualité.
Heureux Bruxellois qui vont avoir des lignes de métro partout, un ciel et les eaux du canal plus pures.
Qu’ils se renseignent quand même à Seraing sur le sérieux de leur nouvelle présidente.
À propos, vous savez que ça gagne comme un ministre fédéral, les ministres régionaux ?
Il semblerait qu’à part Picqué, trop maladroit pour en être, la course à l’emploi a été chaude.
C’est même sur ce seul point du grand engagement général que le bidule a failli capoter.

18 juillet 2014

De l’écu à l’euro…

Il y a eu les élections européennes qui n’ont pas suscité un grand enthousiasme de la part des électeurs et pour cause… les électeurs votent et ce sont les chefs d’État qui disposent. Ce n’est pas nouveau, les « démocrates » font semblant d’accorder leur attention sur le « pouvoir » du bulletin dans l’urne. En Belgique, l’électeur se borne à préciser le quota d’élus dans chaque parti, les présidents de parti font le reste. En Europe, les grands décideurs sont les chefs d’État.
La crise financière et sociale explique en partie cet engouement pour des nominations politiques aux échelons locaux, nationaux et européens, par l’attractivité des rémunérations. C’est ainsi que pour l’Europe le salaire d’un Commissaire est d’environ 24.000 € par mois, plus les petits à côté. Comment voulez-vous qu’il n’y ait pas pléthore de candidats et que dans cette foule, tous les coups ne soient pas permis pour décrocher la timbale !
Quand on songe que le salaire de plus de la moitié des Belges ne dépasse pas les 1500 €, toucher le jackpot est de loin la motivation première, secrète parce que honteuse, de ces postulants là.
Et il en va de même pour le reste des élus, si l’on exclut quelques rares besogneux à jeton de présence dans de petites communes. Voilà pourquoi, il est scandaleux d’entendre ces gens plaider pour limiter et si possible diminuer les salaires du plus grand nombre.
Revenons à l’Europe. Les placiers en mandats juteux ne sont pas parvenus à s'entendre sur les nominations à la tête des principaux postes de l'exécutif européen, lors de leur réunion à Bruxelles mercredi 16 juillet, au lendemain de l'élection de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission.
Ces Messieurs, Dames, chefs d’État ou Premiers ministres sont là pour pousser leurs candidats, parfois la baïonnette dans le dos, ils promettent tellement et à tout qui les sert !....
Quand Leterme était dans le cas, on se rappelle les péripéties sous la pression des libéraux, pour faire monter à la Commission, leur Gros Loulou Michel à 24.000. Et les grands élans de patriotisme élargis à l’Europe de ce dernier, ébloui plus par les 24.000, que par sa mission proprement dite.
Herman Van Rompuy qui ne s’est jamais tant impliqué dans la langue française depuis qu’il est à l’échelon 28.000, a résumé la situation par un dernier haïku, « Nous ne sommes pas encore à un point où nous avons une solution consensuelle sur l'ensemble du paquet ».
Voilà, pour tous ceux qui vivent la crise autrement que sur les moquettes des grandes occasions, le paquet n’est pas encore assez bien ficelé. Il y manque quelques rapports de force pour nouer les ficelles en emballage cadeau.

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Selon le service de presse du Conseil européen, les Européens se retrouveront le 30 août pour achever ce renouvellement des postes. Le temps presse. L'équipe devra être investie en octobre par le Parlement, afin d'entrer en fonction début novembre.
Ce que vomissent les gens aujourd’hui, c’est l’absolu décalage entre leurs préoccupations et celle de cette aristocratie politique animée par l’argent, même si toute autre préoccupation plus décente, n’est pas exclue chez certains d’entre eux.
On ne peut pas penser et réfléchir sur le sort des gens qui gagnent en moyenne 1.500 € par mois, quand on est à 24.000 plus les à-côtés. C’est impossible. Ça se saurait. Les riches auraient un autre comportement depuis longtemps.
Le peuple est enfermé dans une nasse dont il ne peut s’échapper. N’est-ce pas par naïveté et inconscience qu’il a délégué ses pouvoirs, laissant ainsi à une classe politique avide le soin de fixer les salaires de ses membres « distingués ».
Car, tout tourne autour du fric dans cette société. L’argent discrimine ou rehausse, celui qui en possède ou en est privé.
Mettez ces dirigeants à 1500 € le mois et je ne donne pas cher des autres parasites qui vivent sur le peuple et par le peuple.
Le secret des grandes modifications sociales que sont certaines révolutions viennent de là.
Danton et Rolland à deux Louis le mois, vous n’auriez pas eu Robespierre et Saint-Just en 1793-94, ils auraient fait le ménage avant. La suite ? Le Neuf Thermidor a été déclenché par Barras, pourri par l’argent, et dont la tête ne tenait plus qu’à un fil.
Des écus aux francs et des francs aux euros, l’histoire se répète.

17 juillet 2014

Une a-vocation libérale.

En France, Montebourg a jeté un sacré pavé dans la mare, dans un discours pour le redressement de l’économie. Il y a exposé sa volonté de déréglementer le système des tarifs de certaines professions juridiques (officiers publics et ministériels, administrateurs judiciaires et mandataires judiciaires), renvoyant aux corporations de l’Ancien régime fondées uniquement sur les privilèges et charges monnayées. Certaines de ces professions relèvent des services de santé. Le soutien dont elles bénéficient : numerus clausus, prérogatives de certains actes, sont autant de passe-droits et d’anomalies d’une discrimination favorables en leur faveur, par rapport au reste des travailleurs.
En gros, les professions libérales ne sont pas soumises aux règles tant de fois rappelées, justement par les libéraux comme indispensables à l’économie de marché : loi commune, libre concurrence et accès pour tous aux professions désignées par des études et des diplômes non contingentés.
On ne « fabrique » pas un médecin ou un notaire, comme on « fabrique » un ingénieur, un enseignant ou un architecte. C’est-à-dire qu’en réglementant certaines professions, on maintient délibérément un quota de professionnels stable, n’entraînant qu’une libre concurrence très limitée, tandis que l’ingénieur, l’architecte, l’enseignant, etc. en général salariés, sont en constante rivalité avec d’autres professionnels de leur activité formés sans numerus clausus, et soumis comme le reste de la population, à la concurrence et à un barème.
La profession libérale peut partager le temps entre une rémunération fixe (médecins hospitaliers) et médecin indépendant, idem l’avocat. À diplôme équivalant, un professeur ou un ingénieur peut difficilement se partager dans ces deux natures de droit (même s’il y a des exceptions).
La rémunération fixe du médecin conventionné et du spécialiste qui en général ne l’est pas, n’empêche pas l’un et l’autre d’établir un tarif confidentiel entre lui et son client, de la même manière qu’un avocat estime (le plus souvent à la tête du client et de l’importance des sommes à gagner ou à perdre dans un procès, la longueur de la procédure, etc) à quel niveau il réclamera des arrhes.
Il y a ainsi des sommes considérables qui sont échangées entre le professionnel et sa clientèle qui échappent à la taxation, si bien que le ministère des finances procède à la taxation forfaitaire sur des signes extérieurs de richesse, ce qui est par rapport aux autres citoyens un empirisme tout à fait condamnable.
D’autres catégories échappent à la règle générale : les curateurs des tribunaux de commerce et les huissiers de justice chargés de vendre des biens saisis ou des liquidations de curatelles.
Là, on entre parfois, dans un système qui frôle l’escroquerie et la malversation.

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Si en France, Montebourg soulève le problème d’une réglementation pour tous face à la libre concurrence et au commerce des biens et des personnes, en Belgique, on n’est nulle part dans la recherche d’une plus juste adéquation entre les différents régimes professionnels.
Au contraire, les projecteurs sont braqués sur les malheurs des classes moyennes dégringolant, il est vrai, d’une situation supérieure à la classe inférieure (employés-ouvriers), un vrai drame pour certaines catégories de petits commerçants étranglés par les grandes surfaces et les loyers prohibitifs dans les centres villes. Ainsi, hop, passé muscade, on en oublie les professions libérales et leurs cortèges de privilèges en mettant en avant les malheurs d’une catégorie sociale qui meurt.
Et pourquoi les oublie-t-on ? Parce que les privilégiés des professions libérales sont les piliers du régime. Ils sont les chevilles ouvrières d’une société à laquelle ils tiennent et comptent bien la défendre en accord absolu avec le personnel politique, autre pendant et aussi privilégié que le premier. Tout ce joli monde vit pratiquement aux crochets de la collectivité sur un grand pied.
On peut dire que personnel politique et professions libérales constituent une maffia solidaire mettant en coupe réglée une société en lambeaux.
Pour eux, la crise n’existe pas, même s’ils joignent aux cris de détresse de toute une population, leurs larmes de crocodile.
Les professions libérales aujourd’hui, une chance ? Non. Un boulet.

16 juillet 2014

Trois semaines en ballon…

Ce n’est pas du Jules Verne, c’est le temps du parcours du président du MR en campagne personnelle, pour la formation d’un gouvernement. Mieux qu’un tour de terre, c’est un tour de popotes qui n’a pas fini de faire jaser.
On voit très bien jusqu’où l’ambition va conduire Charles Michel en demandant prolongation sur prolongation à la mission que lui a confiée le roi Philippe : la constitution d’un gouvernement dans lequel la région wallonne ne sera présente que par les libéraux !
Le sondage commandé par le fils de… pour le compte de son parti n’avait qu’un but, légitimer sa position par l’opinion, non pas publique, mais de son seul électorat.
Vous pensez, frustré de toute représentation libérale dans les deux gouvernements régionaux, comme le sympathisant libéral va bondir de joie à la perspective de placer au moins sept ministres dans un gouvernement ainsi formé !
C’est qu’ils ont soif des pépètes du contribuable, ces libéraux là !
Si, entre 65% et 70% des sondés estimaient qu'un tel gouvernement serait une bonne solution (La Libre Belgique) elle n’en porterait pas moins le nom de kamikaze ! En français courant, cela s’appelle une opération suicide.
Aussi Charles Michel qui entreprend la formation d’un tel gouvernement, juge-t-il utile de prendre quelques précautions.
L’idéal pour masquer une ambition dévorante, c’est de s’abriter derrière des grands mots : patriotisme, nécessité de lutter contre la crise, les dettes de l’État, urgence des résultats, en mettant en avant le rôle expiatoire de victime que serait Charles Michel si l’affaire venait à capoter. On voit d’ici le scénario : Charles s’est jeté héroïquement dans les flammes pour éteindre l’incendie… hélas ! il en est sorti meurtri. Ses efforts furent vains… etc.
Di Rupo, poussé par la même ambition a connu cela, avec les circonstances atténuantes que son gouvernement était moins déséquilibré que celui que Michel veut mettre sur pied.
Nous assisterons sans doute si l’affaire tournait à la catastrophe, à la propre victimisation de sa personne par l’individu lui-même.

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Un gouvernement tout à droite, à un moment charnière où même le droitier Jean-Claude Juncker qui va succéder à Barroso à la tête de la Commission européenne penche pour une meilleure gestion sociale de la crise, avec un De Wever qui ne peut pas changer de cap sous peine de perdre tout de suite un tiers de sa clientèle électorale et un CD&V qui parle de rigueur et de faire fondre en Flandre le personnel administratif, faut-il que Charles Michel en ait envie pour tenter le coup et demander des rallonges de réflexion au roi.
Bien sûr du côté du PS, le Napoléon montois est frustré de ne pas rempiler avec les mêmes dans un soap-opera moins drastique, pourtant ce qui se prépare contre lui et malgré lui ne pourrait que renforcer la couleur rose bien pâle ces temps-ci de son parti. Belle occasion de jouer les socialistes réconciliés avec le peuple que cette opposition là ! Un seul obstacle au miracle : à la région, Di Rupo qui se prépare à la présidence ne fera pas de cadeau aux Wallons. Il a trop d’amis à pourvoir, trop de complications administratives et trop de hauts salaires à l’assemblée régionale pour pratiquer moins de taxes et de retenues, moins de mesures contre les chômeurs.
Aussi, entre Charles Michel et Di Rupo, cela va être comme un championnat de vitesse à l’envers au vélodrome. Ils vont s’observer et c’est le plus rapide qui va coiffer l’autre qui portera le chapeau des mesures nouvelles qui nous pendent sous le nez à la région et au fédéral. À ce petit jeu, Charles Michel ne fait pas le poids. Di Rupo est un maître de la tromperie et du faux semblant.
Charles Michel a le bon physique du héros malheureux, victime de la mauvaise foi des autres, le visage du persécuté type. La calvitie précoce est une disgrâce qui le sert. On est valorisé quand on se plaint, parce que les gens, dans le fond, ont bon cœur. Enfin dernier argument, derrière lui se profile le père, ce qu’il sera dans vingt ou trente ans, selon qu’il aura fêté ou non ses mandats successifs. Et on l’en plaindra davantage.

15 juillet 2014

Treize ans plus tard.

Nous sommes en 2027. La coalition des partis de droite PR, PS et N-VA sont au pouvoir depuis 2019. Le chômage est à son comble. C’est l’Église catholique qui a repris les dons et l’assistance aux pauvres, les CPAS ayant été fermés sur la décision du ministre PS des affaires sociales.
Le pouvoir économique est dominant. Les décrets bancaires ont force de loi. Bart De Wever, premier ministre, a mis en place la partie de son programme intitulé « autocritique des citoyens repentis ». Ce programme a fait baisser le mauvais esprit de 62 % dans la population. Il permet aux électeurs de se purifier la conscience et de se libérer de pensées subversives.
L’opposition en exil à l’étranger a fait savoir par la presse clandestine que ce nouveau service est très proche des séances d’autocritique avant de passer devant le peloton d’exécution.

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– Non, prénom et qualité.
– Full Emploi, libelliste.
– Quelles sont vos pensées subversives ?
– Je crois qu’être sans travail et nourri par l’Église, c’est lutter contre le système capitaliste.
– Vous croyez que les chômeurs sont des résistants ?
– Enfin, je l’ai cru jusqu’à ma sortie de prison et l’obligation qui m’a été faite de passer devant votre commission sous peine d’y retourner.
– Qu’est-ce qui vous faisait penser cela ?
– Le chômage avant la cessation de subvention préservait la santé de tous stress : plus de burnout, de dépression, de borderline, parmi les chômeurs. Ils se levaient à l’heure où la bourgeoisie se lève. Lorsqu’il y avait du soleil, ils se promenaient librement dans les parcs publics, lisaient les journaux trouvés sur les bancs ou dans les poubelles, se vêtaient dans les échoppes de troisième main, pouvaient rêver, lire, s’intéressaient à eux et aux autres, bref vivaient l’existence des piliers du régime. Sans l’obligation d’aller à la messe de Rupo V.
– C’était exclusivement pour des raisons de santé que vous aviez ces pensées subversives ?
– Pas seulement. Du temps où le chômeur percevait encore une modeste contribution de l’État pour sa survie, j’avais l’espoir que les sommes que les sans travail arrachaient à l’avarice des puissants étaient autant de défis à la toute puissance de ceux qui, du bon côté du guichet, percevaient jusqu’à deux cents fois plus qu’un chômeur moyen pour seulement se faire voir au sommet des buildings de la finance ou dans les ministères.
– Vu vos antécédents, je vois que vous avez été condamné à deux ans de camp de rééducation et que c’était mérité. J’espère que vous avez abandonné cette fâcheuse tendance d’opposition à notre société qui a admirablement réussi à sortir de la crise.
– Je pensais alors que la pauvreté allait pousser les gens à se révolter et…
– et ?
– …et qu’ils allaient avec les exilés revenus au pays chasser les criminels au pouvoir.
– Et maintenant vous pensez toujours pareil ?
– Non, évidemment.
– Ils avaient tort ?
– Oui, en quelque sorte.
– Pourquoi ?
– Parce qu’ils étaient le nombre et qu’ils auraient pu s’organiser avec les travailleurs, et que ce sont les syndicats qui n’ont pas osé.
– Vous le regrettez ?
– Puisque je vous dis que je ne pense plus de la même manière.
– On peut savoir à quoi vous pensez à présent ?
– J’ai pensé jusqu’à la sortie et jusqu’au moment où le portier de Lantin m’a ouvert les portes, qu’on ne peut pas lutter avec des paroles contre les gens armés d’autopompes et de décrets et qu’il fallait s’équiper pour tenter de faire jeu égal.
– S’équiper comment ?
– Vous avez vu comment par le passé les russophones d’Ukraine sont passés russophiles ? Puis, j’ai vu le ciel bleu et la route devant moi et je me suis dit que sous peine de retourner faire deux ans, voire plus de camp, il fallait changer de mentalité et faire comme tout le monde.
– Voilà vos papiers, vous êtes libre de trouver fissa un boulot. Six tampons par semaine de patrons visités sont un minimum. Foutez le camp, avant que je ne change d'avis.

L’histoire ne dit pas combien de citoyens sont dans le cas de Full Emploi. Il doit y en avoir beaucoup. Prudence ? Lâcheté ? Non. Vous avez déjà lu des histoires sur la Résistance et comment il fallait mentir à la gestapo pour avoir une chance de sortir libre et continuer le combat ! La société est devenue cet outrage permanent contre les gens et comme ceux-ci ont pris l’habitude de mentir pour résister.

14 juillet 2014

Les truands qu’on mérite.

On rigole de la Corée du Nord qui propage par ses médias des nouvelles complètement inventées, comme par exemple les victoires de son équipe de football en passe de gagner la coupe du monde !
Cela n’est possible que par l’isolement des habitants qui ne peuvent pas communiquer avec l’extérieur, laissant à Kim Jong-un la latitude d’inventer ce qui l’arrange.
Cette information fabuleuse n’est-elle pas également sujette à caution et le journaliste pro-occidental ne nous la livre-t-il pas de façon fantaisiste ?
On ne sait pas. Parce qu’en y réfléchissant, pour qu’elle soit vraie, le pouvoir doit quand même s’assurer d’un nombre important de complices, à commencer par les footballeurs et le staff d’entraîneurs. Dans une vidéo visionnée plus d'un million de fois sur Youtube, une présentatrice hurle son bonheur du parcours des Moustiques Rouges. Ils ont battu le Japon (7-0), les Etats-Unis (2-0) et la Chine (4-0). En finale, les Moustiques joueront ce soir contre le Portugal.
Les tempéraments médiocres de nos ardents, n’atteignent pas l’audace impudente de Kim. Mais, doit-on se gargariser, pour autant, de l’honnêteté de l’intelligentsia politique en Belgique ? Sous nos climats, nul n’ignore qu’un mensonge trop gros atteint l’inverse de l’effet qu’on croyait. Non seulement il n’est pas crédible, mais en plus il dénonce celui qui le profère. Par contre, manipuler une vérité jusqu’à en faire une contrevérité plus plausible ou donner du sens partisan à une statistique, cela s’appelle faire de la politique, monnaie courante en Belgique.
Nos Kim Jong-un sont bien plus subtils et plus retords que le modèle original. Heureusement pour nous qu’ils n’ont pas le pouvoir absolu du Coréen, sinon nous le sentirions passer, même si quelques idiots restaient persuadés que nous serons de la finale au Brésil, ce dimanche.
Pour les appareils des partis, le mensonge est une façon de conserver un pouvoir qu’une vérité inappropriée fait immanquablement perdre. Pour s’en convaincre, il suffit d’ouvrir à n’importe quelle année, les collections de journaux et voir au fil du temps, la dilution de la vérité en hérésie.

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Nous avons un récent exemple, celui du président Hollande. La lecture de son programme électoral est édifiante. Cela l’est au point qu’il en est arrivé à toucher aux fondements du parti socialiste français. Malgré les grands airs connus sur le compromis traditionnel des gouvernements belges, Elio Di Rupo a suivi le même chemin. On peut dire pis que pendre de Kim Jong-un et de son régime, on n’en dira jamais assez ; mais, ce qu’on ne peut pas lui reprocher, c’est sa constance et son opiniâtreté à maintenir et à défendre son programme dans son intégrale horreur. Nos élites ne peuvent en dire autant de leur constance.
Et puis, il y a les initiatives dues aux soubresauts d’une démocratie exsangue. Là, la malhonnêteté, la rouerie, le sans-gêne et le mépris pour l’électeur prennent du sens.
C’est Charles Pasqua qui met en ligne, ce que ses pairs n’osent dire. On lui impute la responsabilité d’avoir dit «Quand on est emmerdé par une affaire, il faut susciter une affaire dans l’affaire...».
Quand un initié mange le morceau, nos vierges effarouchées libérales réformistes, chrétiennes ou socialistes se récrient. Pasqua trahit la classe politique !
Dans ce milieu la vérité est insupportable ! Noyer le poisson, boule-puanter, contre-attaquer sur d’anciens dossiers, c’est toute la gamme d’une truanderie prête à tout pour durer.
Toujours du Pasqua : «Les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent – La politique, ça se fait à coups de pied dans les couilles – On est plus fidèle à sa nature qu'à ses intérêts – Je n'ai jamais honte de rien... ».
Les choses ainsi dévoilées ne sont pas si improductives qu’il y paraît, dans leur vérité brute. Le cynisme est la meilleure façon de se dévoiler et peut réussir aux yeux des électeurs dégoûtés des discours fadasses et inintéressants.
Mais derrière un roi nu, il faut un programme et s’y tenir.
Voulez-vous que je vous dise ? En politique, on a les truands qu’on mérite.

13 juillet 2014

La guerre, mon dieu que c’est drone !

C’est reparti pour une tournée de violence en Palestine. Avec l’affaire Abou Bakr al-Baghdadi chef irakien de "l'Etat islamique" qui grignote l’Irak et la Syrie, avec l’Égypte aux mains des militaires, sans compter les Émirats armant en sous-main les djihadistes, sans oublier les religieux de Tel-Aviv qui piaffent d’impatience d’essayer les nouveaux drones américains à Gaza, il fallait bien qu’un jour ou l’autre l’occupant israélien demande à ses maçons qui construisent à tout va des colonies un peu partout rétrécissant les territoires d’en face, de déposer la truelle un moment, surtout que le Hamas a reçu de son côté, sans doute de l’Iran, de nouvelles fusées à moyenne portée.
Comme on voit : des victimes possibles partout, avec toujours un avantage pour les guerriers des deux camps les mieux armés, à savoir Israël qui joue toujours magnifiquement son rôle de victime dans les médias occidentaux.
Et la paix dans ces haines diverses ? Israël en a déjà tellement parlé sans aucune volonté d’aboutir, que plus personne ne croit réellement qu’il est prêt à déposer définitivement la truelle de ses constructions et lâcher la grappe aux Palestiniens qui veulent vivre normalement et en paix dans un pays débarrassé de l’armée d’occupation.
De même, en face, trop de malheurs ont radicalisé les populations. Les extrémistes n’ont pas de mal à recruter dans les camps de déplacés ou parmi ceux dont Israël se permet de faire sauter les maisons.
Le lecteur de la presse francophone pourrait citer les pour et les antis des deux camps, rien qu’en lisant les signatures au bas des articles. Dans son ensemble, la presse belge est en gros pour la version de Netanyahou contre la version de Mahmoud Abbas, par réflexe bourgeois, par amitié élective pour la diaspora et parce que les États-Unis sont la référence absolue.
Pourtant, les Américains ont accumulé les boulettes au Moyen-Orient, depuis les guerres des deux Bush en Irak et la pendaison de Saddam, livrant le pays clé sur porte à Al-Qaida, ravivant les querelles séculaires des Chiites contre les Sunnites, etc. Voilà maintenant qu’on a en plus le "khalifat" à Mossoul d’un aventurier patibulaire et meurtrier.
Cerise sur la roquette, en 2014, Israël, en se ruant sur le Hamas, est responsable des pertes civiles lourdes, et prépare le terrain d’une riposte salée d’en face.

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On se rappelle Ariel Sharon après les attentats du 11-Septembre qualifiant "Arafat de Ben Laden régional". L'Autorité palestinienne, sortie du traité de paix d'Oslo, fut qualifiée d’entité terroriste. Arafat, assiégé dans son quartier général de Ramallah en 2002, s’y cramponna jusqu'à son transport médical en France, où il mourut en 2004. La campagne menée par Israël contre le Fatah et l'Autorité palestinienne fit un effet de propagande involontaire du Hamas.
Que de fautes et d’erreurs cumulées d’Israël, au point que cela devint à un moment très difficile pour les journalistes sympathisants d’afficher leur sympathie aux fervents du système de Tel-Aviv. Cette annexion perpétuelle, ce grignotage de petits morceaux d’en face et cette volonté à peine voilée de reprendre les quartiers de Jérusalem restant aux Arabes, vus d’Europe font mauvais genre et sont indéfendables par qui s’essaie à l’impartialité.
En réalité, Israël n’a jamais voulu la réunification des partis politiques palestiniens sous la responsabilité de Mahmoud Abbas. Il prétend à nouveau écraser le Hamas à Gaza. Supposons qu’il y parvienne grâce aux drones et aux nouvelles armes US, on peut être sûr de voir des groupes djihadistes plus violents prendre la relève, qu’Abbas ne contrôlera pas.
On parle déjà d’un groupe Ansar Beit Maqdis, djihadiste égyptien qui s’installe dans le Sinaï. Le groupe a prêté allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi et à son Etat islamique.
Bonsoir la paix, avec ces ténors du crime.
On repartirait pour une guerre qui ne serait plus de six jours, sauf emploi de la bombe atomique qu’Israël possède. Elle serait peut-être gagnée, mais à quel prix ?
Par delà ces péripéties, ce serait la fin de la paix israélo-égyptienne décidée à Camp David.
À force de se montrer trop complaisants à l’égard d’Israël, le risque est grand de nous faire embarquer dans une guerre généralisée.
Un grand conflit, certains en rêvent en Europe. C’est ainsi que le capitalisme s’est déjà remis une première fois en selle à la guerre froide, qu’il a gagnée. La situation est telle, que les faiseurs de pluie occidentaux pourraient tâter de la guerre chaude, en cas de besoin, pour gagner aujourd’hui la bataille économique, qu’ils sont en train de perdre.

12 juillet 2014

Faire plus avec moins.

À Courtrai, Kris Peeters (CD&V) a trouvé la formule « Faire plus avec moins sera la devise des cinq prochaines années », le ministre flamand est trop modeste. C’est probablement la devise de la première moitié du siècle.
C’est mathématique, comme on produit plus « faire plus avec moins » doit bien profiter à quelqu’un. Ce n’est pas très malin de sa part, car la première personne à qui l’on pense, c’est lui, Kris Peeters, viennent ensuite les rentiers, ceux à qui l’État doit les milliards à cause de quoi on ne paiera plus les pensions dans vingt ans si on ne trouve pas une formule pour les vieux. « Faire moins avec plus » ne serait pas mal, traduisez par « Vivre moins longtemps malgré l’allongement de l’espérance de vie ». Cela se traduirait par des suicides vers 67 – 68 ans, la pension retardée à 65 ans, il resterait aux Vieux deux ou trois années avant de faire moins avec plus.
Voilà qui devrait réjouir les patrons.
– Mais m’sieur l’contremaît’, on m’demand’ de faire plus et on diminue mon salair’ !
– C’est un ordre de McBordur !
– C’est qui c’lui-là ?
– C’est le CEO écossais qui vient redresser l’entreprise.
– Pourquoi qu’elle a besoin… ?
– Parce que les actionnaires sont plus nombreux et qu’étant plus nombreux, ils ne veulent pas avoir moins, alors il faut que tu fasses plus.

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Pour revenir au loustic flamingant, Kris Peeters a fait valoir que le repli sur soi serait, pour la Flandre, une « grossière erreur. » On pourrait croire qu’il décommande les barbelés de la frontière linguistique. Erreur ! Il s’agit de faire plus d’affaires avec l’étranger en échange de quoi les Flamands auraient moins, forcément puisque tout le bazar produit partirait à l’étranger...
Jadis, quand les tribuns montaient sur une chaise pour haranguer la foule, c’était pour stigmatiser ceux qui se font du lard sur le peuple. Aujourd’hui, Kris Peeters dit qu’on ne fait pas assez de lard pour blinder les riches et, le plus extraordinaire, on l’applaudit.
C’est-à-dire que les Flamands n’ont rien compris et que les Wallons – pourtant réputés plus éveillés – s’apprêtent à applaudir au même discours proféré par l’homologue latin du germain, probablement Di Rupo, quand il se fera nommer Premier au régional.
Voilà qui est fabuleux ! Les séides du système économique, les tenants du libéralisme outrecuidant, les fourriers du mondialisme du « tout pour moi et rien pour les autres » sont arrivés à nous persuader que le problème c’était nous ! Nous ne travaillons pas assez et nous gagnons trop ! Alors qu’à force de regarder les magazines, à loucher sur les belles filles à poil sur des palaces flottants de milliardaires, on aurait dû être persuadés du contraire, que pour gagner beaucoup, il convient de ne rien foutre !
Ils en ont entendu de belles les Courtraisiens de la bouche de Peeters. Il faut croire qu’ils étaient ravis, puisqu’ils en redemandent. Il ne faut pas trop pousser Kriss pour en remettre une couche. Sûr de son petit succès, rigoureux comme d’habitude, il a poursuivi : « L’autorité publique doit supprimer de l’emploi là où c’est possible. Le pouvoir public flamand doit être efficace et ouvert au client. Il peut et doit être plus mince ».
Il licencie le peuple flamand et le peuple flamand est ravi ! Parce que : attention !... le pouvoir public n’est pas le pouvoir tout court. Il aurait dû mettre les points sur les « i ». Le pouvoir public, c’est celui qui est au service des gens : les jardiniers, les éboueurs, les flics, les guichetiers de l’Administration. Lui Kriss Peeters, c’est le pouvoir au-dessus, le pouvoir suprême. C’est une catégorie qui n’a rien à voir avec les futurs licenciés.
Seules ont le droit de grossir les Autorités fédérales, régionales, communales. Tout le monde comprend facilement que pour faire plus avec moins, le bon Flamand, comme le bon Wallon aura besoin d’un élu attaché personnellement à la surveillance de sa minceur. Ça fait du monde politique en plus, tout ça. Les gus chargés des beaux discours et ceux pour mettre à l’index les factieux qui n’applaudissent pas, en voilà du monde des partis à caser.
Le plus drôle, c’est que Kriss Peeters dénonce avec virulence le régime de la Corée du Nord et les méthodes musclées de Kim Jong-un. Il est vrai que Kim Jong-un n’a pas à sa disposition les foules à l’enthousiasme spontané de la Flandre.

11 juillet 2014

Le tampon du dirlo…

C’est drôle, cette manière quasiment forcée, d’imposer à un gagnant pauvre du Loto, d’en faire profiter des œuvres caritatives !
Le dernier à empocher dans les onze millions d’euros s’est cru obligé de répandre dans les gazettes qu’il entendait bien prodiguer des bribes de sa manne providentielle autour de lui.
Comme si disposer d’une certaine somme par l’effet du hasard obligeait l’heureux homme à distribuer ses gains, en même temps que la bonne nouvelle.
Demande-t-on à un CEO venant de toucher le paquet en parachute doré et en obligations préservées, quelle association de bienfaisance recevrait un chèque important ?
Alphonse Allais a trouvé la formule qui donne la réponse « Faire la charité, c’est bien. La faire faire par les autres, c’est mieux. On oblige ainsi son prochain, sans se gêner soi-même ».
On a oublié que la générosité veut la discrétion, ne serait-ce que par respect pour ceux qui reçoivent. C’est en vertu de cette délicatesse et à l’abri de la supposition d’un don que la plupart des riches se contentent de laisser courir le bruit, tout en ne donnant jamais rien à personne. Ne faire d’heureux que soi-même est le premier et le dernier principe d’une société vouée à l’égoïsme et à la consommation.
En général, les altruistes, par nature prodigues, ne peuvent donner grand-chose, puisque rien ne leur appartient. Ils donnent au fur et à mesure ou bien, ils s’en contrefichent. L’argent coule entre leurs doigts. Ils sont, plus que tout autre, dans la seule posture de recevoir.
Notre système économique pousse à l’avarice. Les belles réussites, celles que l’on cite comme exemplaires, sont celles de gens qui, pour la plupart, retiennent leurs fèces comme leurs sous (1). Harpagon ne donnent pas, il prête.
Par contre, les riches ne sont pas avares de conseils, selon un vieil adage que l’on voyait jadis au-dessus des comptoirs « un renseignement ne coûte rien ». Dès lors, on comprend la ruée dans l’exemplarité, à partir du moment où l’on donne sans sortir de l’argent de sa poche.
Parmi les gazettes de référence de ces choses, La Meuse a une place à part. Voilà si longtemps qu’elle tient la place des riches en conseils gratuits !.
Cette semaine, elle nous livre son indignation à propos de 6 entreprises sur 10 qui se déclarent confrontées aux phénomènes des "chômeurs faux candidats travailleurs". « L’unique motivation de ces pseudo-demandeurs d’emploi n’est pas de bosser – ne nous l’envoie pas dire cette information estimable – mais bien de conserver leurs allocations. Mais ceux-ci sont rarement dénoncés par les employeurs. Le SNI (syndicat neutre des indépendants) plaide donc pour un système central de dénonciation. »
La dénonciation qui fut sous l’occupation allemande de 40-45 une sorte de sport national, devrait, selon le rédacteur de cette nouvelle, reverdir à nouveau 70 ans plus tard.
Et d’enfoncer le clou « Ils (les chômeurs) se présentent à l’entretien d’embauche. Mais leur objectif n’est pas de trouver un emploi. Simplement de décrocher le précieux cachet, la signature qui témoignera de leur démarche pour trouver un job. Et ainsi conserver leur allocation de chômage sans effort. »
Le syndicat neutre des indépendants relayé par le Journal La Meuse souhaiterait une application en ligne de désignation des fraudeurs, pour qu’elle atteigne par l’électronique, la perfection de la lettre anonyme de jadis.
Le voilà tout tracé le chemin du futur altruisme : dénoncer son voisin parce que tous les voisins ont des choses à se reprocher à commencer par la plus importante, ce sont des voisins ! Ils polluent l’espace dans lequel nous respirons, par leur seule présence.

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Outre que pour un chômeur, se lever plus tôt que d’habitude pour faire la file dans un bureau d’embauche afin d’obtenir un tampon sur un papier qu’on lui refuse parfois (faut-il le dire) constitue véritablement un effort pénible, je ne vois pas en quoi le dénoncer comme voisin fainéant ferait soudain rebondir la conjoncture vers une prospérité nouvelle.
Sinon, ça se saurait et les syndicats eux-mêmes dénonceraient ce modeste parasite comme la plaie béante du système capitaliste.
Je peux comprendre que le syndicat neutre des indépendants soit nostalgique de la gestapo, mais n’est-ce pas un peu trop pousser l’altruisme du « renseignement qui ne coûte rien » sous prétexte qu’il peut rapporter beaucoup ?
Qu’en pense l’heureux gagnant du Loto qui va répandre ses liasses de billets au hasard de son flair de nouveau riche ?
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1. Freud, Malaise dans la civilisation.

10 juillet 2014

Tous pour rire ou tous pourris ?

Ce serait une erreur de croire que les dérives politico-financières des partis s’arrêtent à la frontière franco-belge et que ce qui se passe du côté de l’Hexagone ne pourrait en aucune manière se passer en Belgique.
Au PS de la rue Solferino, c’est la manière dont Hollande fait de la politique qui fait tache. Car enfin, voilà quelqu’un qui se fait élire sur un programme de gauche et qui s’empresse au pouvoir de mettre sur pied un programme de droite ! Ce manque de respect pour l’électeur développe une fronde de certains députés à l’intérieur du parti, tandis qu’à l’extérieur, les électeurs regardent ailleurs que du côté du PS. Et c’est bien normal.
En plaidant avec Manuel Valls ce changement de cap nécessaire, Hollande met en lumière une incompétence coupable, à moins que ce ne soit une duperie honteuse, dont il a fait preuve dans toute sa campagne pour la présidence.
À l'UMP, c’est le côté sombre de la politique qui émerge des comptes et de l’audit commandé par les chapeaux à plume. Faire de la politique aujourd’hui, c’est un business prisé en ce temps de crise, parce que très rémunérateur.
On en appelle à la conscience et au patriotisme des Français, comme on doit en appeler à la conscience et au patriotisme des Belges, tout en s’adjugeant des salaires princiers et des pourboires royaux, en trafiquant ses pouvoirs, en monnayant son influence.
Pris la main dans le sac, les caciques de l’UMP se défendent en dézinguant leurs collègues, en refusant d’assumer la gabegie, parfois le vol qualifié, tout en reportant leur responsabilité sur les autres.
C’est particulièrement gratiné depuis mardi à l’ouverture des comptes de l’UMP par un audit. Une dette de presque 80 millions d'euros, des dépenses excessives pour des services fictifs ou légers, des notes de frais de star, pour des directeurs et des épouses des caciques à faire pâlir Paris Hilton, des députés européens se faisant payer par le parti des services déjà rémunérés par l’Union européenne, et sommet de l’inconscience qui dénonce cela de la voix inflexible du juste ? Alain Jupé condamné lors de l’affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris !... évidemment un expert en la matière.
On ne doute pas un instant que la campagne de Sarkozy à la dernière présidentielle ait été pour beaucoup dans cette dérive de politiciens se prenant pour des actionnaires réclamant leurs dividendes, comme on ne doute pas un seul instant que cette dérive est loin d’être isolée et qu’on pourrait à raison critiquer ces mœurs politiciennes dans les pays de l’Union où le personnel politique fixe lui-même ses émoluments et ses privilèges, par exemple en Belgique. L’événement majeur qui transcende cette dérive, est sans conteste la mort des idéaux. La perte des valeurs a donné naissance à une nouvelle race d’élus cherchant le profit, comme un trader se fait du fric dans une banque.

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L’UMP dans le collimateur du public et des journaux est-elle condamnée, comme l’affirme Christian Estrosi, maire de Nice, trouvant le parti "déjà mort" ? Jean-François Copé, concerné par l'affaire Bygmalion, ancien président, est-il le fossoyeur de la droite française sous les trois lettres acronymes ?
Sarkozy est-il capable de ramasser les morceaux de l’UMP pour la reconstituer ou faire du neuf avec ses débris ?
C’est toute la démocratie qui est menacée par la façon qu’ont aujourd’hui les personnels, de quémander des places en abusant l’opinion publique sur les qualités de leur service.
C’est aussi la faute des gens trop souvent lâches et sans esprit critique qui laissent ces personnels fixer les montants des salaires qu’ils s’adjugent, sans qu’ils puissent intervenir, sans que les abus soient sanctionnés par un tribunal du peuple.
En France, comme en Belgique, les partis malades de leurs élites ont transmis la peste à la démocratie. L’ordre bourgeois financier triomphe, laissant prévisible un naufrage social et moral de grande ampleur.
C’est enfin l’accréditation de la thèse « tous pourris » et la menace d’un soulèvement populaire balayant ce monde dépravé.

9 juillet 2014

Racisme au foot !

Lorsque la caméra zoomait sur les spectateurs des stades, les allumés du Mondial-soccer auront pu voir sur leurs écrans de télévision, que la grande partie du public était composée de supporters blancs.
Après les couplets de la FIFA contre le racisme et pour l’égalité des peuples, c’était gratiné de voir la sélection entre ceux qui peuvent se payer une place pour le Mondial, à peu près tous blancs et ceux qui dans les favelas faisaient la fête au football, à peu près tous noirs.
L’économie mondialisée serait-elle à sa manière raciste, le fric étant dévolu presque exclusivement aux Blancs ? C’est du moins un constat que l’on pourrait avoir en scrutant la société brésilienne dans la vitrine que le Mondial livre aux regards du monde entier.
Comme les stades étaient protégés par une zone tampon dans laquelle seuls les titulaires d’un billet d’entrée avaient le droit de circuler, les caméras vous ont promenés dans des abords peuplés comme en Europe, parmi des badauds majoritairement blancs. Les quelques taches foncées marquaient la présence des petits marchands à la sauvette, passant à travers les réseaux de sécurité, venus pour rafraîchir les gens et se faire quelques dollars, quand ce n’étaient pas celles plus massives des policiers, de couleur eux aussi, dans les petits grades tout au moins.
Société mixte le Brésil ? Oui, mais principalement concentrée dans les quartiers pauvres, les campagnes lointaines et les boulots de la rue.
On voit comme le pouvoir de l’argent ségrégue sévèrement les gens et comme les Blancs sont restés dans les anciennes sociétés coloniales les maîtres des industries et du pouvoir politique. Dans le cas des « footballeux », la ségrégation s’est effectuée au niveau du prix des places, de la même manière qui écartent des palaces de Venise ou de Monte-Carlo, les congés payés de chez nous.
Les prix officiels des places variaient entre 25 et 200 $. Les places à 25 $ ne représentent qu’environ 5 % du tout (les angles morts de part et d’autre des goals). Au marché noir, elles vaudront beaucoup plus chers pour la finale. Quand on sait que pour ceux qui ont un travail fixe, le salaire de l’ouvrier brésilien varie entre 300 et 350 $ le mois, on a compris.
La pauvreté en Belgique progressant assez vite, comme le prix des places autour des terrains, inutile de faire des comptes, on vivra bientôt à l’heure du Brésil, plus longtemps que l’espace d’un Mondial, à Sclessin et ailleurs.
Costa Ribeiro, un sociologue brésilien, tente un semblant d’explication qui prête à rire. Il n’y aurait pas de discrimination raciale au Brésil, sauf qu’il y a discrimination. On croirait entendre un raisonnement de Pascal Delwit.
«On ne peut pas parler de discrimination raciale, il faudrait pour cela que les tickets ne soient pas vendus aux noirs, ce qui n'est pas le cas. Ce qu'il se passe, c'est que la plupart des noirs sont pauvres et ne peuvent pas acheter un ticket parce qu'ils sont chers. Mais pourquoi les noirs ne sont-ils pas riches? Parce qu'il y a de la discrimination.»

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Chez nous aussi, les raisonneurs de qualité supérieure sont aussi bouffons que ce Costa Ribeiro.
Le Brésil n’est pas ce que l’on veut nous faire croire : une société où l’intégration des populations est largement réussie et va vers un métissage généralisé.
Le vieil autocrate blanc colonisateur a fait place à l’aristocrate financier. L’ancien colon déguisé en industriel ou en banquier a transformé son racisme primaire en capitalisme formé à la seule liberté qui vaille pour ces modernes négriers : celle d’entreprendre.
C’est une nouvelle forme de racisme qui remet à la mode ce qui épouvante nos rosières de l’information : l’ancienne lutte des classes.
Plus sommairement, la société qu’elle soit brésilienne ou belge se compose de deux niveaux : les gens du dessus et les gens du dessous. Ces deux étages sont étanches et ne communiquent entre eux qu’accidentellement. Voilà pourquoi nous sommes dans une société « raciste », dans le sens où les uns sont voués aux tâches sans joie et mal rémunérées, sans espoir de voir en aucune manière leur état s’améliorer (les gens du dessous) et les autres qui dépeignent leurs actions comme un travail heureux, qu’ils accomplissent plein de courage et le cœur léger, parce qu’il les enrichit dans tous les sens du terme (les gens du dessus).
C’est une société que pourrait détruire la révolte des gens du dessous, mais qui se détruira par les excès des gens du dessus.
A part ça, l’équipe brésilienne est colorée, les joueurs sont riches et adulés, exception à la règle, non ! Vous remarquerez que du coach aux cadres de l’équipe nationale, ils sont tous Blancs !

8 juillet 2014

L’Europa-Concordia II

On change tout de l’Europe, avec le renouvellement complet des instances dirigeantes supérieures… sans rien changer ! La démocratie du nouveau puzzle n’y joue qu’un rôle secondaire, tout à fait de façade. Les gens sont furieux ou résignés à la vue de ce spectacle auquel participent européens déçus et eurosceptiques de toujours, unis dans la même réprobation. On ployait sous les lois des pays. On ploie à présent sous les lois et les règlements de l’Europe et des pays conjugués, sans compter que pour la Belgique les Régions poussent leurs museaux entre les deux.
Social-démocrate de la Haute époque, Martin Schulz a été reconduit à la tête du Parlement européen pour la Basse. Pour les autres culs dans le beurre, c’est une mascarade entre les chefs, compères des exécutifs des États membres.
Jean-Claude Juncker remplace José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne. Un homme de droite remplacé par un homme de droite, cela semblerait logique, sauf que cette nomination procède d’une entente entre Hollande et Merkel. Si on adjoint à ce duo, David Cameron l’Anglais qui s’y opposait, on a tous les ingrédients pour que Juncker devienne président de la Commission sans passer par la case de la démocratie formelle.
Qu’est-ce que ça change, puisqu’il en était ainsi pour Barroso ?
Rien, sinon qu’on en reprend pour cinq ans d’austérité et avec un social qui va être cruellement absent dans ce nouveau clin d’œil aux banques (surtout celles du Luxembourg).
Le Parlement européen est depuis sa création un asile pour retraités des partis. Les personnels usés et fatigués, les bons serviteurs, les porteurs de serviette décatis, y trouvent un havre de paix, bâti comme un hall d’hôtel. Les quelques rares députés qui prennent leur boulot à cœur sont mal vus par les autres. C’est Anne Delvaux (la seule bûcheuse du CDh) qui se fait éjecter par Benoît Lutgen de son siège de députée, pour récompenser Rollin de la CSC, d’avoir été le relais du parti au syndicat chrétien, et qui s’en va pantoufler à Strasbourg, pile poil à sa retraite du syndicat. Lutgen a lancé son produit en tant que « nouvelle dynamique à Strasbourg » !
Les chefs de parti récompensent ou disgracient qui bon leur semble.

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Voilà donc Juncker, vieux routier du paradis fiscal luxembourgeois, parachuté à Strasbourg à la tête des 28 Commissaires européens qui seront plutôt nommés par les gouvernements que par lui, quoiqu’il puisse dire. On se rappelle la nomination de Louis Michel, il y a quelques années, commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire, dans la Commission Barroso, grâce à son propulseur libéral flamand Verhofstadt, alors premier ministre.
En principe, ce sont les commissaires qui présentent des propositions législatives au Parlement et au Conseil, en réalité, ce sont les États par l’intermédiaire desquels ils sont nommés.
Autre départ attendu après Barroso, celui du flamingant président du Conseil européen Herman Van Rompuy. Beau choix en réalité pour l’unification de l’Europe que cet acharné de la frontière linguistique entre Flamand et Francophone. En fonction depuis janvier 2010, son deuxième mandat arrive à expiration en septembre. Issu lui-même d’un marchandage entre Français et Allemands sous le règne de Sarko, il est aussi peu issu du scrutin, qu’en son temps Saddam Hussein l’était en Irak.
Quand on regarde le panier de crabes, on se dit que Marine Le Pen n’a pas difficile de faire son beurre à l’Europe, bien contente de ramasser du blé d’une UE qu’elle veut détruire.
Vaille que vaille le rafiot tiendra la mer, tant que les marins de fond de cale accepteront le beau monde vautré sur les rocking-chairs du pont central. Quand on s’apercevra qu’on est sur le Costa-Concordia II, la passerelle du commandant aura chaud aux fesses.

7 juillet 2014

On aurait dû gagner !

Entendu sur RTL et RTBF.
« …voilà qu’on a perdu. Qu’importe, moralement les héros restent des héros et ce n’est pas un goal de plus ou de moins qui fait l’affaire. On est déçus mais enthousiastes. Ils ont retenu leur souffle trop longtemps. Ils ont eu la balle de l’égalité au bout du pied. On quitte le Brésil la tête haute, sauf quand on regarde les marches pour monter dans l’avion. Ils ont leur place parmi les meilleurs, classés moralement avant l’Argentine. C’est une première expérience réussie. Nos chances sont énormes… pour 2016 en Europe. C’est une totale réussite, un signal pour la Nation belge»… etc. J’arrête, je n’en peux plus.
Afin de ne pas passer aux yeux d’Henry et de quelques autres, pour un insupportable grincheux qui ne sait même pas parler de sport, à l’occasion de la défaite élogieuse 0 – 1 concédée à l’Argentine, je m’en vais donc parler football.
Les Belges ont démenti l’adage selon lequel « un malheur n’arrive jamais seul », en effet, l’avion de l’Armée affrété par nos soins a ramené sains et saufs nos éminents supporters. Ils seront tous lundi matin au rapport !
Du point de vue spectacle, je n’ai éprouvé aucune émotion, ni aucune déception, et pour cause, je n’ai pas regardé leurs évolutions, leurs dribbles et leurs passes, pour la bonne raison que j’avais autre chose à faire qu’ouvrir la télévision ces jours derniers. Je lisais pour la ixième fois quelque chose d’incongru aujourd’hui et qu’on appelle encore un livre, plus pour longtemps sans doute.
Il n’empêche que j’ai sur le football une petite idée quand même.
Pourquoi n’en aurait-il pas aussi là-dessus, disent mes détracteurs préférés, puisqu’il l’ouvre à propos de tout et sur tout le monde !
Cette remarque est très juste, au point que je ne laisse à personne le soin de me l’adresser, et comme, en plus, mon idée est technique, voilà au moins une pensée utile dans tous mes fatras d’incongruités manifestement inutiles.
Puisque le football consiste à marquer des goals pour être déclaré vainqueur, pourquoi en marque-t-on si peu ? Remarque pleine de bon sens de laquelle en découle une autre. Il suffirait que la moitié de l’équipe se poste devant le goal adverse et que l’autre moitié ait pour mission - après celle de garder les buts - de leur envoyer de longs ballons, pour s’attribuer les trois points de toutes les rencontres.
Ainsi, on supprimerait des galopades inutiles et des assauts de milieu de terrain, pire des passes vers l’arrière, voire au gardien de but. Tout le temps perdu en fioritures est hallucinant.
Les entraînements consisteraient à sélectionner les plus doués en longues passes, l’adresse à placer un ballon trente ou quarante mètres plus loin dans les pieds d’un buteur né ferait rapidement monter le score en leur faveur.
Ici, je m’adresse aux fins connaisseurs, ceux qui ont suivi pas à pas l’ascension de nos phénomènes jusqu’au quatrième étage, niveau depuis lequel l’équipe d’Argentine les a renvoyés au rez-de-chaussée, grâce à un malheureux but. N’était-ce pas la philosophie de la fameuse équipe de Hongrie du temps de Puskas ? Tu te places à l’avant, de l’arrière je te passe un ballon qui tombe à tes pieds. Tu shootes et tu marques. Et on n’en parle plus.
Je me demande si cette tactique élémentaire n’est pas trop rudimentaire ? Les fortes personnalités ont besoin de fioritures, de passes savantes, de dribbles d’anthologie. Il faut que l’on dise d’eux : le centre de Pî-houlé à Marc Unbut était génial ! Il est nécessaire pour la cote du joueur qu’on parle de lui dans les gazettes sportives, qu’on évoque ses transferts, qu’on s’extasie devant ce qu’une dizaines de coups de pied par match lui rapporte.
Sans cela, que serait la magie du sport ?

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Sinon, une quasi douzaines de forts garçons qui courent en short sur un pré rectangulaire avec devant eux les mêmes tourlourous habillés d’une autre couleur. Ils crachent par terre à vingt-deux, s’énervent pour un rien, cherchent les crocs-en-jambe, puis tombent en se tenant la cheville.
Il est clair qu’on se dirige vers un football sans but, comme un travail à l’usine sans but. L’important est de faire du jeu au centre pour être vu de tout le monde, jongler avec des ballons juste après être sorti de chez le coiffeur, avec une tête qui vous fait reconnaître entre mille soccers, des tatouages sur les avant-bras comme Beecham et une fiancée qui montre ses gros seins dans les magazines.
On aura perdu de vue que pour gagner un match il faut marquer des buts, mais cela n’aura plus d’importance. Des missions bien plus importantes seront dévolues aux artistes en short et tatouages, celle, par exemple, de sauver la dynastie, de faire prendre des avions militaires à nos importants et d’endormir les chômeurs dans le rêve de compter leurs allocations par cent mille euros.
En un mot de rendre la démocratie au merveilleux spectacle de ses escrocs.
Quant aux buts…

6 juillet 2014

L’écologie en crise.

« La co-présidence actuelle, assumée par Emily Hoyos et Olivier Deleuze, est aujourd'hui remise en cause par un certain nombre de militants. (belga). »
Malheureux écolos ! Leur combat est juste, nécessaire même, leurs militants croient profondément à la nécessité de placer l’écologie au cœur des préoccupations de tous, les dirigeants sont honnêtes et ils font manifestement ce qu’ils peuvent.
Et pourtant, cela ne prend pas. Ils ne parviennent pas à décoller ! D’une élection à l’autre, ils avancent ou ils reculent mais stagnent depuis quinze ans dans les mêmes eaux.
Non pas que la foule soit insensible, mais trop naïfs les dirigeants se font avoir à tous les coups dans leur rapport avec les autres partis politiques, si bien que les « taxes » écologiques, les mesures apportées en modeste contribution à la santé de la planète, tout enfin de ce qui fait les fondements d’un respect de la nature finit dans les sarcasmes et les fureurs d’une population qui en a marre que l’on tire du même portemonnaie le remède à tous les maux de la terre.
Les autres partis rigolent et les écolos sont furieux.
Ils se lancent dans des explications et c’est pire encore.
Et puis, vient le drame intérieur de ce parti.
La démocratie y est évidente, trop même, puisqu’aucun modérateur n’est là pour que les débats finissent par déboucher sur du concret.
Cela fait penser aux réunions trotskystes de l’immédiat après guerre. Chaque militant y avait une perception différente du trotskysme, si bien qu’il fallait débattre à chaque intervention du bien-fondé de la pensée militante. L’intervenant après quelques longues minutes sur cette importante prise de position, en arrivait presque à oublier la question qu’il souhaitait poser.
Chez Écolos, ils ont pris à leur compte les bavardages stériles, les digressions inutiles, créant pourtant dans l’assemblée des leçons d’éthique, comme si la survie du parti en dépendait !
Les chefs sont nuisibles à la démocratie quand ils n’ont que pour objectif d’asseoir leur autorité et satisfaire leur matuvuisme. Substituez à cette course au renom, l’autorité morale ou la compétence reconnue et vous trouverez des gens qui feront office de chefs sans l’être et qui pourront mener à terme des assemblées qui autrement n’en finissent plus.
La défaite du 25 mai n’est pas due à la campagne ratée d’une association bicéphale. Hoyos et Deleuze ne sont pas en cause. C’est la formule qui l’est. L’un à l’air de surveiller l’autre.
Et puis, les temps qui sont aux restrictions dues au capitalisme mondialisé et sauvage ne se prêtent pas à la réflexion écologique.

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Pour les travailleurs, les pensionnés et les chômeurs, l’écologie est perçue comme un luxe qu’ils n’on pas les moyens de s’offrir. Et en fait qui, dans ces couches de la population, peut s’offrir des panneaux solaires ou prendre des parts dans la création d’éolienne ? Jusqu’à présent l’écologie active et industrieuse ne profite qu’aux riches.
Les partis concurrents jouent sur du velours en imputant à l’écologie une supposée augmentation des taxes diverses.
C’est un des paradoxes d’Écolo. Il se recrute dans la classe moyenne, en général plus aisée que la classe ouvrière. Le sentiment bourgeois d’appartenance à une société libérale est en lutte avec la conviction que le système économique va dans le mur. Mais c’est toute la manière de vivre et de voir les choses qui entrent en fin de compte dans cette antinomye. Et cela ne va pas sans interrogations et doutes.
Le militant écolo est avant tout une personne torturée qui se débat entre deux mondes. Son instinct de jouisseur lui commande de rester dans l’univers libéral auquel il appartient, son intelligence critique lui demande d’en sortir et de militer pour une autre société.
Mettez-vous à sa place. Ce n’est pas facile.

5 juillet 2014

Hymne aux Affaires.

Sarko était mauvais. Et on a eu Hollande. Hollande est beaucoup plus mauvais. On risque de revoir Sarko !
Même la mise en examen par deux magistrates à la brigade de l’Office Central de lutte contre la corruption, n’est pas trop catastrophique pour l’image de Sarko. Les Français désabusés savent que ce qu’on reproche à l’ancien président de la République est d’usage courant dans les milieux de pouvoir et que la fameuse indépendance de la justice est une barrière aussi poreuse qu’un filtre à café.
Alors, les grands airs des uns et la dignité drapée dans la toge du droit des autres sont des spectacles qui font vendre les journaux qui en ont bien besoin.
Les « meurtrissures » parsèment les bas-côtés de la route du prévenu. La garde à vue est souvent dénoncée comme abusive par la Cour européenne de Strasbourg. Elle l’est de façon flagrante pour Sarko et les citoyens ordinaires qui en ont été victimes et dont tout le monde se fout.
Seize heures d’audition pour finir dans le bureau des deux juges à deux heures du matin, c’est manifestement une mise-en-scène destinée à fatiguer le prévenu et le faire craquer à l’estocade finale des représentantes de la justice, mais aussi du système.
C’est un archaïsme. Cela ne passe plus.
Autre pépin dans le dossier. La justice peut-elle se prévaloir d’écoutes téléphoniques d’une affaire dont Sarko a eu un non-lieu (affaire Bettencourt) pour monter un dossier de corruption sur une autre ? Est-ce légal d’écouter l’avocat Thierry Herzog téléphonant à son client à propos d’une affaire qui ne portait pas sur celle dont on l’accuse ?
On voit bien que l’affaire de corruption ne se règlera pas dans les six mois, mais va traîner de nombreuses années.
Elle masque un autre dossier autrement plus important et qui concerne l’UMP, son ancien président Copé et la société Bygmalion que l’on dit proche de Copé.
Où sont passés les dix-sept millions de factures bidon de cette entreprise ?
Et si ces sommes ont été englouties dans la campagne de 2012 de Nicolas Sarkozy, ce dernier était-il au courant ?
Il paraît que les enquêtes sont bouclées et qu’il n’y aurait plus qu’à désigner le ou les juges d’instruction.
Voilà qui est plus chaud et pourquoi Sarko va faire diligence pour revenir en puissance au sein de l’UMP. Que les chapeaux à plumes soient réticents, Jupé se voyait candidat en 2017, Fillon n’en parlons pas et Raffarin n’adore rien tant que jouer un rôle et distribuer les bonnes et mauvaises notes, le souci des trois briscards, outre de voir un concurrent surgir pour leur rafler la mise, c’est surtout que la crainte de l’affaire Bygmalion ne rattrape Sarko, alors qu’il aurait reconquis l’UMP pour 2017.
Ce serait comme si l’affaire DSK avait éclaté au moment où il était élu président de la république ou en passe de l’être.
L’UMP implosant en plein vol avec Sarko au poste de pilotage, ce serait l’atomisation finale de la droite.

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Rien de tout cela en Belgique. L’ordre règne. La presse est aphone. La justice atone. Le pouvoir discret. Scrupuleuse honnêteté ? Non, prudence extrême.
Les hommes étant ce qu’ils sont, on pourrait s’étonner de l’actuel calme plat du côté de Bruxelles. C’est qu’en Belgique, on travaille sous le boisseau. Le peuple est déjà suffisamment asticoté comme ça, sans qu’il soit encore besoin de rappeler les étapes de l’argent qui passe de la poche des contribuables, à toutes sortes de fins qui vont des salaires pleins des ministres en affaires courantes, aux voyages de ceux-ci à la coupe du monde de football et encore à d’autres entreprises moins avouables et que nous n’avons pas à connaître.
Nous serions bien trop malheureux le lundi matin en partant bosser.

4 juillet 2014

La cupidité : reine des vertus !

On peut jouer à se demander combien de temps Bill Gates mettrait pour compter un à un ses 53 milliards de dollars, s’ils étaient en billets d’un dollar ? 1.680 ans répondraient les adeptes du livre des records.
Blague à part, on se pose plus sérieusement la question : à quoi riment des fortunes aussi pharamineuses.
D’abord sont-elles utiles à l’Homme ?
Une telle concentration du pouvoir économique chez quelques individus n’est pas sans créer d’importants dommages pour tous les autres. La médiocrité de la qualité de vie de millions de personnes est un des méfaits de cette concentration. La démocratie ou pour être plus modeste, les tentatives de fonder une société plus démocratique sont directement mises en cause par cet amoncellement de richesses de quelques individus.
Cette permissivité d’accroître indéfiniment la fortune est chevillée aux corps des partisans du libéralisme. C’est le thème de la concurrence libre et non faussée qui amène à ce type de monstruosité.
Cette ânerie philosophiquement controversée a son siège à Jodoigne, chez les Michel, pour la Wallonie et à Uccle, chez Reynders pour Bruxelles.
Nos sociétés sont placées aujourd’hui sous le signe de la cupidité en principe fondamental, unique moteur du libéralisme. Nous en sommes là !
Les individus vivent dans la crainte permanente de rater le prochain deal, celui qui fait vendre, celui qui fait que le demandeur d’emploi se vend comme une marchandise et c’en est une en réalité. S’offrir pour travailler s’apprend par l’entremise d’enseignants qui sont payés pour ça. Il y a un langage, une procédure, un faire-valoir. Les putes le font d’instinct depuis longtemps les malheureuses, c’est pour elles, une question de survie. Elles font bouillir la marmite d’abord pour leur julot. Nous, c’est pour la société anonyme. Vous redoutez de n’être pas à la hauteur, d'être pris en flagrant délit de sieste, de rester à la traîne, de devenir rapidement obsolètes, de ne plus plaire au maître… sur le trottoir, c’est pareil. C’est le nombre de clients qui fait la bonne gagneuse, on appelle ça chez Mittal et compagnie, la productivité.
Encore quelques étapes dans le libéralisme à la Michel et consort, et nous construirons des pyramides avec pour viatique une botte d’oignons par jour et des pieds au cul pour rouler des pierres jusqu’au sommet, nouveaux Sisyphe, tandis que nos chers entrepreneurs se feront ventilés par Messieurs de la politique qui y mettront le zèle qui les caractérise, quand il s’agit de frayer avec des gens à gros pognons.
C’est l’aboutissement d’un long processus de délitement. La triplette Michel – Bart De Wever – Di Rupo, voit le triomphe du consumérisme, dans le monde miniature de la Belgique.

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L'homme, est un objet de consommation, avec une date de péremption au-delà de laquelle il devient jetable. La fille de joie (pas gaie tous les jours) doit satisfaire l'instantanéité du désir aussi. La vieille gagneuse est moins chanceuse que le préretraité. Personne ne lui rembourse ses frais de jarretelles.
L’espèce revendique : je travaille, je consomme, je jouis.
Comme les putes de cinquante ans, l’homme de cet âge peut encore bosser, mais au rabais et en fermant sa gueule, pareil à l’ancienne du claque !...
On en est au stade : je travaille moins, donc je consomme à peine et je jouis très peu.
Tout ça au nom d’un futur que Messieurs de la politique nous prient de croire meilleur, alors que rien de ce qu’on voit du futur de cette modernité libérale ne l’est.
Devant la liberté absolue des marchés, les êtres humains perdent leur repère, toute attache, toute solidarité. L’incertitude mute en peur généralisée. L’humiliation est le supplément mondialiste de l’exploitation.
Le triomphe du chacun pour soi est devant nous. Nos députés sont nos putes de luxe à vingt billets la passe mensuelle. Ils nous regardent sans nous comprendre. La cupidité a fini par avoir raison de la morale. Nous trimbalons aujourd’hui nos merdes libérales qui imposent leur égoïsme, du rose au bleu.
Leur réussite est inversement proportionnelle à notre déchéance. Plus nous descendons, plus ils montent et plus l’écart entre eux et nous grandit.
Voulez-vous que je vous dise : j’en suis arrivé à confondre Bart De Wever et son parti raciste, avec le PS du pontife de Mons. C’est même à se demander si les socialistes ne sont pas encore plus salauds que la N-VA, ces derniers, au moins, n’ont pas encore trahi ceux qu’ils représentent.

3 juillet 2014

L’amende Kerviel dépassée !

Pour avoir utilisé le dollar dans ses transactions avec les « ennemis des Etats-Unis » sous embargo, comme l'Iran ou Cuba, BNP Paribas a accepté lundi 30 juin de payer une amende de près de 6,5 milliards d'euros au Trésor américain.
Dans sa sécheresse, la nouvelle de la punition par les États-Unis de la banque BNP Paribas n’est rien d’autre qu’un épisode dans la guerre des marchés financiers dont certains mettraient en doute la puissance du dollar américain, toujours première monnaie.
Dans ce fait-divers éclate, une fois de plus, l’hypocrisie des USA dans ce combat des chefs.
À titre personnel et à seule fin qu’il n’y ait pas d’équivoque, je suis loin de prendre la défense d’une banque européenne contre l’hégémonie d’une monnaie, quand j’écris cela. Le seul constat qui vaille est celui que l’on porte sur le libéralisme, frauduleuse appellation d’une démocratie complètement absorbée dans le lisier marchand. Ceci n’est qu’une des illustrations d’un détestable arrangement de la cupidité, seul moteur du libéralisme en guise de morale.
D’abord l’idée d’ennemis des États-Unis relève d’une utopie sans cesse remise en question. C’est ainsi que l’Iran en bonne place sur la liste noire est en passe de devenir un allié contre les salafistes du Nord de l’Irak. Voilà longtemps que Cuba ne constitue plus « un danger » de la puissante société américaine. Enfin, la Chine a commercé à une plus grande échelle avec les nations mises à l’index, que ne l’a fait BNP Paribas, sans l’ombre d’une plainte des USA. Pourquoi ? Parce que la Chine est le plus gros détenteur des dettes des États-Unis et que, si elle le voulait, elle pourrait mettre ce pays en état de faillite.
Et pourquoi les États-Unis peuvent-ils se permettre de taxer une banque européenne ? Parce que le système de compensation du dollar ne peut se faire que chez eux et que, par conséquent, où que vous soyez dans le monde toute transaction en dollar passe par Wall Street. La pression sur BNP Paribas portait évidemment sur la licence des filiales de la banque aux USA.
C’est aussi bête que ça. C’est avec ces grosses ficelles que le dollar inonde les marchés, alors qu’il ne représente plus qu’une infime partie de sa valeur or, la parité ayant été abolie dans les accords de Breton-Wood.
C’est aussi la preuve que l’euro n’est pas défendu par nos argentiers qui ont pourtant des armes pour au moins mettre à égalité les deux monnaies. Ne serait-ce qu’en procédant comme les USA et ne faire une banque de compensation que sur un des territoires des pays qui utilisent la monnaie, à Bruxelles, par exemple.

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Pourquoi ne le font-ils pas ?
Pour la raison bien simple que même ceux qui prônent une Europe extra forte sont les domestiques de l’économie mondiale dont le siège est aux États-Unis. Ils ne pensent européen qu’à travers la volonté américaine de se constituer un allié sûr par des attaches financières au dollar, en priorité.
Autrement dit, ceux qui dénoncent le nationalisme comme une plaie béante au cœur de l’Europe en montrant du doigt des partis antieuropéens, sont eux-mêmes des antieuropéens, pires peut-être que ceux de l’extrême droite, puisqu’ils sont tous au service d’une puissance étrangère. À la limite, on pourrait les dénommer « traîtres », espions d’une deuxième colonne libérale dont les chefs du renseignement sont à Washington et le cœur financier à New-York.
C’est ainsi qu’actuellement notre informateur Charles Michel… pourrait-être plus atlantiste qu’Européen, tirez-en les conclusions qui s’imposent.
Ne pleurons pas sur BNP Paribas. La banque ne demande qu’à payer son tribut au monstre et à reformer un petit capital matelas pour ses gros actionnaires. Encore moins sur le sort de quelques hauts dirigeants de la banque « licenciés » les poches bourrées justement de dollars, puisqu’ils sont pour la plupart basés dans les succursales américaines de la banque. Plaignons plutôt le petit employé des guichets, puisque la banque a déjà annoncé qu’elle allait procéder à des réorganisations de service à la clientèle.
Quant aux malheureux folliculaires qui se sont extasiés sur l’amende record, plaignons leurs lecteurs qui n’auront même pas eu un début d’explication sur cette nouvelle entourloupe du dollar.

2 juillet 2014

Les TGV en FF ou en BE.

Quand, entre compères de parti, quelques-uns trustent tous les mandats, il faut bien user et abuser des sigles et acronymes. Les plus usuels sont FF (faisant fonction) ou BE (bourgmestre empêché). Il faudrait être un militant TCN (tout con naïf) pour ne pas comprendre.
Il y a trois affidés qui font fort en ce moment. À eux seuls, ils représentent quasiment l’ensemble des fonctions suprêmes régaliennes du PS. Faut-il les nommer ? Élio Di Rupo, Paul Magnette et Madame Laurette Onkelinx. Du coup les sigles et acronymes sont mobilisés autour de leurs activités. Ce qui reste est tellement confidentiel que peu de militants les connaissent. Les TGV (les trois gloires à grande vitesse) les ont zlatanés.
La carrière de Paul Magnette est un CDF (conte de fée). Il doit tout à Élio. Le rôle du MEP (montée en puissance) consiste à soutenir son aîné dont la grosse tête passe difficilement les portes. Bien lui en a pris. Il est passé du plus pur anonymat à la GE (gloire étincelante) en un cours laps de temps. Il a su se débarrasser de l’AASC (l’ancienne aristocratie socialiste carolorégienne) en deux coups de cuillère à pot.
Pendant ce temps, à Liège, l’aréopage s’est créé autour du plus inexistant des bourgmestres, le dernier tsarévitch mort (Michel Dardenne), cette section du PS la plus importante du pays, n’a pas trouvé son nouvel André Cools. La voie était libre pour les deux Rastignac Di Rupo-Magnette, qui ne se sont pas privés d’afficher leur appétit insatiable en prébendes, droits acquis, honneurs et cumuls les plus variés.
Comme il fallait à ces ambitieux un bouclier pour leurs arrières, Onkelinx la polyvalente ministre de tout ce qu’on veut, protège la PM (paire montante) par un stratégique déménagement à Bruxelles.
Quand PM s’est mis à la tête du socialisme dégénéré à Charleroi pour le refonder, on l’a entendu promettre ce que Jupé a promis à sa bonne ville de Bordeaux « Je suis bourgmestre à Charleroi et le resterai jusqu’au terme de mon mandat, sans d’autre fonction. ».
Élio au sommet après le roi, il convenait d’atteler à la fonction de président du parti un quelconque débile incapable de toute ambition ou alors, un homme dans lequel on a une grande confiance, un fils spirituel. Dans le rôle du demeuré, nous eûmes le fils Giet. Il l’était plus que de raison, aussi fut-il remplacé par l’élégant PM, déjà bourgmestre, mais tant pis, l’empereur n’avait pas le choix et Magnette fut sacré président FF du PS. Il paraît que les cumuls EA (en attendant) ne sont pas de vrais barreurs. Giet, par exemple, ne pouvait pas changer de cravate sans demander à son chef bien aimé laquelle il devait choisir. Magnette, c’est différent. On le voit accompagner son maître chez Michel, présider et discourir en son nom. C’est Jacques le fataliste et Monsignore Diderot.
C’est une mission ATP (à temps plein) que la sienne à la tête du PS, voilà les Carolos avertis. Popol pourrait leur filer entre les doigts à Charleroi. Le clan Van Cauwenberghe définitivement dégommé, les nouveaux n’ont plus qu’à attendre le FF du sieur empêché, car il va falloir qu’il y en ait un, puisqu’après le FF au PS, Popol pourrait remplacer Rudy Demotte, éjecté de l’emploi de premier à la Région. En effet Rudy n’est pas assez Hennuyer.

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Et puis, il fait PDC (pendant de cheminée).
Comme dit le PIS (Pigiste intérimaire du Soir) dans la gazette de mardi « l’hypothèse grossit : Paul Magnette transféré à Namur, pour prendre les commandes du gouvernement wallon PS-CDH, en place pour cinq ans, la durée d’une législature. ».
En effet, « une Région, héritant de nouvelles compétences après la sixième réforme de l’Etat, qui doit surmonter de grosses difficultés et qui va au-devant d’immenses défis tout à la fois, à commencer par celui du redressement économique et social », ne pouvait être dans les mains d’un infirme du ciboulot, même s’il a une voix radiophonique.
Autrement dit, le PS nous a collé n’importe quoi jusqu’à présent. Quand ça tourne aux grandes manœuvres subtiles et profondes, Élio n’a plus qu’un homme : Magnette.
Ce n’est pas gentil pour les populations qui ont été administrées par n’importe quoi.
En foi de quoi, « Elio Di Rupo, président en titre, reprendrait les rênes pleinement au Boulevard de l’Empereur, achevant par ailleurs sa mission au « Seize » comme Premier ministre du gouvernement fédéral en AC (affaires courantes). Il s’y est engagé.
Une seule solution pour Liège qui jadis occupait une place déterminante au niveau national et une singularité particulière en qualité d’ancienne principauté autonome : réclamer son indépendance, sortir de la RW (Région wallonne) et chasser les eunuques de la place Sainte-Véronique qui ont contribué à son abaissement, dans tous les domaines.
Surtout, qu’on ne demande ni à Marcourt, ni à Giet de faire prince-évêque !

1 juillet 2014

Barbakr…

Pendant que Michel joue à « coucou me revoilou » avec fausse barbe et sans perruque, que les pigistes qui doivent gagner leur vie en juillet et août s’amusent à nous parler du foot et des footeux, un drame mondial monte en puissance en Irak et en Syrie, un drame qui va avoir des conséquences directes pour nous continentaux européens.
« Les djihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (Eiil), engagés dans les combats en Syrie et en Irak, ont annoncé dimanche 29 juin le rétablissement du califat, le régime politique islamique disparu il y a près d'un siècle, et le changement de nom de l'organisation en « l'Etat islamique ». Cette information du journal Le Monde (au moins ils ont encore quelques bons journalistes) dit tout en très peu de mots.
C’est-à-dire que les frontières artificielles créées au temps « heureux » des colonies par la France et l’Angleterre (toi tu prends ça et moi je garde ça) et qui consistaient à tracer des grandes lignes droites à la règle, coupant des ethnies, voire des villages en deux (nous connaissons le procédé zig-zag grâce à notre frontière linguistique) est en passe de voler en éclat. Et ce n’est pas le porte-avion US, dénommé par ironie involontaire « Bush », qui va arrêter le mouvement.
Sous différents noms et avec parfois des acronymes incompréhensibles pour nous qui avons fait du mépris une sorte de spécialité, l’abcès s’est mûri et se désigne comme l’Eiil (prononcer « e î l »).
Ne croyez surtout pas que notre « civilisation » est impérissable. L’Histoire nous enseigne le contraire. C’est quand même Alaric un barbare germain, qui descendit les Alpes sur son bouclier avec ses braves, pour flanquer la pâtée aux Légions romaines et mettre par terre en une journée trois siècles et demi de haute civilisation.
Le califat – qualifions-le de criminel si ça fait plaisir - devrait s’imposer sur les régions avalées par l’Eiil en Syrie et en Irak, un immense territoire de la grandeur de la France, certes assez désertique, mais peuplé et parfois très peuplé par des gens de confession sunnite, ce qui donne une idée du ciment religieux qui les assemble. Malgré ce qu’on nous fait voir des horreurs perpétrées au nom d’Allah par des djihadistes, il sera bien difficile aux Américains, même avec des alliés inattendus comme les Iraniens, de galvaniser le gouvernement de Bagdad, assez corrompu et à courte vue, pour envoyer des Chiites guerroyer en terre Sunnite et s’y faire massacrer.
Une nouvelle guerre « sainte » en Irak ? Barak Obama n’est pas près d’y recourir. Les drones n’ont jamais occupé un territoire. Ils y sèment la mort, c’est tout. C’est-à-dire qu’ils y font des martyrs et de nouvelles recrues pour l’Eiil.
A terme, ce nouveau califat, si on ne trouve pas un moyen de l’étrangler dans l’œuf va considérablement modifier les rapports de force dans ce Moyen-Orient explosif. Israël, par exemple, qui n’a jamais abandonné le projet de l’annexion totale de la Palestine, qui ne cesse de grignoter du terrain en poursuivant le programme des « colonies », aura tout lieu de se reprocher son incapacité de rester à l’intérieur de ses frontières pour tenter de se faire oublier.
Du coup, avec les précautions extraordinaires que nous prenons en parlant de ce pays aussi artificiellement créé que le nôtre le fut en 1831, nous voilà rebondissant aux premières loges du drame qui se prépare
Le groupe djihadiste, avec lequel nous aurons peut-être un jour l’obligation d’en découdre, bénéficie du soutien d'ex-officiers de Saddam Hussein, de groupes salafistes et de tribus armées jusqu’aux dents par l’Arabie Saoudite. L’Eiil a mis la main sur Mossoul et sur une grande partie de sa province Ninive (nord), ainsi que sur des secteurs des provinces de Diyala (est), Salaheddine, Kirkouk et Al-Anbar (ouest), et se trouve à moins d’une centaine de kilomètres de Bagdad.
Des jeunes d’Europe et donc de Belgique, séduits par ce mouvement, débordent de Syrie et l’accompagnent dans son avance en Irak. Il y a chez l’homme qui désespère, un retour vers la vision d’un État absolument dans les mains de Dieu, qui, quelque part lui fait penser – à tort – que sa vie n’est pas inutile. Qu’il soit monstrueux ou sublime, ce retour que nous avons connu sous le nom de Croisade il y a très longtemps, tourneboule les esprits. Nous risquons de contribuer par notre laxisme à la naissance d’un nouveau Alaric qui pourrait s’appeler Abou Bakr Al-Baghdadi

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La Belgique joue mardi un match de la plus haute importance contre les Américains qui va être commenté et vu par des millions de Belges. Nous avons autre chose à faire que nous enquiquiner avec une affaire mondiale sur les bras. Nous avons un Bart et eux un Bakr. Et alors, qu’est-ce qu’on s’en fout !