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30 septembre 2007

La Flandre wallonne.


-Comme c’est bizarre !
-Je ne dirai pas « vous avez dit bizarre, comme c’est bizarre » ; mais, vous n’êtes plus venu ici depuis quand ?
-Depuis 2007…
-Après les fameux deux cents jours sans gouvernement ?
-Oui.
-Alors, je comprends.
-Je ne sais quelle langue parlent les passants.
-C’est un idiome évolué. Cela a beaucoup changé après 2007. La langue officielle est devenue générale en même temps elle s’est transformée.
-Et le français ?
-Interdit.
-Pourquoi le parlez-vous ?
-Nous sommes en privés. On voit nettement que vous êtes étranger.
-Donc en public…
-Vous encourez une amende de 500 vlaams.
-Vlaams ?
-C’est le nom de notre nouvelle monnaie quand ils se sont retirés de l’Europe. Il fallait bien une nouvelle monnaie.
-Et les Wallons ?
-Quoi, les Wallons ? Ils sont heureux. Ils ont enfin un maître qui veille sur eux. Vous êtes ici à Arlon, dans le Luxembourg flamand.
-Les VB ont annexé la partie francophone de la Belgique ?
-Voilà bientôt dix ans.
-Comment est-ce possible ?
-En 2007, comme on ne parvenait pas à former un gouvernement, ils se sont accommodés de la majorité simple pour tout. Une majorité simple, c’est quand même une majorité. Une majorité des deux tiers - pourquoi pas des neuf dixièmes ? – ce n’est pas une majorité ordinaire, mais une majorité arbitraire..
-Et alors ?
-Ils ont donc gouverné le pays au nom de leur majorité et démocratiquement déposé des lois.
-La Wallonie a disparu ?
-Pas précisément. Ils ont simplement remplacé la Belgique par la Flandre sur l’ancien territoire belge. Il y a eu vote. C’est maintenant la Flandre wallonne. Comme la gare des Guillemins s’appelle « Gare du docteur Borms. »

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-On y parle quoi en Flandre wallonne ?
-Vous êtes ici à Arlon et dans les magasins, dans la rue, vous entendez parler quoi ?
-La chose indéfinissable dont je parlais tout à l’heure. Je reconnais certains mots...
-C’est du flamand simplifié.
-Voilà qui est renversant.
-On se fait à tout.
-Et vos politiciens que sont-ils devenus ?
-La plupart ont épousé une fille du Nord. Ce qui fait qu’ils sont devenus défenseurs du sol et Flamands première catégorie.
-Et les autres ?
-Ils militent en France pour l’Afrique francophone.
-Je ne vois plus aucune industrie. De quoi vivez-vous ?
-Des chômeurs flamands.
-Comment se fait-il ?
-Ils nous envoient les chômeurs du Nord qu’ils indemnisent mieux que les nôtres, ce qui fait que nous avons un apport intéressant de vlaams, leur monnaie.
-Et les Fourons ?
-C’est le drame. L’afflux de Hollandais dans ces communes fait que les Pays-Bas revendiquent le territoire. Ils veulent l’annexer.
-Et José Happart ?
-Il a pris le maquis. Il vit quelque part du côté de Francorchamps où il reçoit l’aide d’un Anglais féru d’automobiles.
-Je suis heureux de vous avoir rencontré. J’étais à deux doigts d’entrer à l’administration communale pour demander un permis de séjour.
-Qu’alliez-vous faire, malheureux ? Sans parler comme eux ? Retourner au Soudan, la situation y est meilleure.

29 septembre 2007

Adaptez-vous !

Nous vivons des temps étranges et qui ne sont comparables à rien.
La référence à ce qui a été ne vaut pas l’expérience du jour pour analyser le présent, dit-on ?.
J’ai devant moi « Anti-Dühring » d’Engels. Un livre écrit contre un homme qui n’est plus connu de personne – Dühring – dans une situation de l’après-guerre de…1870.
Et voilà Engels qui s’enflamme contre ce socialiste mou d’Eugen Dühring, avec la vision du capitalisme, de la Prusse victorieuse et des classes moyennes qui se désolidarisent du prolétariat après le flirt de 1848…
On a beau écarquiller les yeux, on ne voit pas l’enseignement que l’on pourrait en tirer aujourd’hui.
Et pour cause, la conscience de classe a disparu. Volatilisée la conviction que l’oppression ne s’exerce pas seulement de la droite vers la gauche, mais encore du haut vers le bas. Alors que tous les jours on peut voir les ravages qui conduisent à la compression maximale des classes laborieuses, dans un minimum de coût des décideurs et qui ira jusqu’à l’étranglement des espaces de vie des populations.
Engels aurait permis une plus immédiate compréhension du phénomène.
Puisqu’il est devenu impossible de relier le passé au présent, soit, musardons de par la ville et tâchons de nous en passer.
Rien que l’observation des boutons de sonnette, nous mène au fait.
La Ville, comme toutes les autres villes wallonnes n’a pas si considérablement évolué démographiquement qu’on a l’impression de s’y presser en rangs serrés sur les trottoirs à cause d’une démographie galopante. Mieux, si la fuite des habitants semble y être arrêtée, on ne peut pas dire que la Ville a crû de façon incontrôlable. Or des quartiers de Sainte-Marguerite à Saint-Léonard, de Grivegnée à Vottem, les maisons individuelles de jadis sont devenues des logements multiples, des kots et pas seulement pour les étudiants. Une foule : hommes, femmes et enfants s’y presse aujourd’hui dans des conditions d’inconfort incroyable et dans une misère qui semble ne plus pouvoir s’arrêter.
Voilà une observation que chacun peut faire et dont on peut tirer au moins deux réflexions.
La première, c’est que le système, malgré les points gagnés du produit national brut, c’est-à-dire de la croissance, ne fait plus progresser que la partie des citoyens qui justement n’en a pas besoin.
La deuxième : ces quartiers n’ont pas toujours été des quartiers pauvres, certaines maisons coupées en tranches pour le rendement par fenêtre, avec une corniche courant sur l’ensemble et certains porches transformés en dortoir, témoignent d’un passé plus riche. D’anciennes devantures commerçantes parlent aussi d’une certaine manière d’une époque pas si lointaine où l’économie distributive avait encore des racines dans tous les quartiers. Les marchandises n’existant plus, on y a simplement tendus de grands rideaux afin de soustraire aux passants l’exposition des viandes.

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On peut penser que tous ceux qui ont habité ces anciennes maisons bourgeoises devenues des taudis ne sont pas devenus pauvres. Des commerçants enrichis se sont sauvés vers des rues plus riantes dans des périphéries plus huppées.
Les dégradations des maisons et des rues, ne s’expliquent que par une pauvreté en progrès. Combien de petits artisans, d’employés, d’ouvriers qualifiés sont restés sur place, se sont serrés davantage au prorata des difficultés et des pertes du pouvoir d’achat ?
Où est le progrès pour tous dans la société d’aujourd’hui ?
On demande aux jeunes de se couler dans la vie active, d’être performants, diplômés, d’accepter les transformations, d’abandonner les habitudes, d’aller de l’avant.
Une seule question : pourquoi faire ?
Pour gagner cette merde sans nom qu’on ose appeler le progrès et qui saccage des vies, mutile les villes, que par bassesse et ignominie nos dirigeants s’accordent à trouver morale ?
Comment a-t-on pu s’adapter à chaque fois dans la descente par palier vers un retour prochain aux conditions qui étaient celles du prolétariat à l’aube industrielle, sans réagir ?
On voit bien qu’à défaut d’idéal, nous allons vers une situation dégradée et pour laquelle nos responsables politiques n’ont qu’un mot à la bouche : « adaptation ! ».
Nous en sommes là parce que, nous rappelle-t-on, nous ne nous sommes pas adaptés !
On nous dit que tout est de notre faute.
Cette culpabilisation est acceptée comme faisant partie de l’adaptation.
Soit, adaptons-nous. Sauf qu’il reste une interrogation. Pourquoi ceux qui nous pressent de nous adapter, ne s’adaptent-ils pas eux mêmes ?
Enfin, imputer en guise de conciliation, la faute à la mondialisation et à l’émergence des pays pauvres, n’est-ce pas oublier qu’on a ouvert, bien avant, la boîte de Pandore de l’égoïsme et que nul n’a plus le pouvoir de la refermer sans une révolution ?

28 septembre 2007

Tempérament d’artiste.

-Pourquoi tu me regardes comme ça ?
-Comment je te regarde comme ça ?
-Oui, tu me regardes comme ça !
-C’est impossible ! Je suis sur mon G à Liège !
-Ho !... Je n’ai pas besoin de te voir. Je sais ce que tu vas me reprocher.
-Mais enfin, Béa, est-ce que je t’ai fait un reproche ?
-Non. Mais tu le penses !
-Alors, pourquoi m’en parles-tu, puisque tu sais ce que je pense ?
-Je n’aurais pas dû y aller !
-Mais puisque tu y es allée, c’est trop tard.
-C’est ce que je me dis.
-Qu’avais-tu besoin ? Tu sais comme il est. Tu aurais dû te méfier.
-C’est chaque fois une surprise.
-Tu sais qu’il n’aime pas ta poésie. Voyons Béa, il n’aime que ton…
-Tu aurais pu m’avertir que tu savais qu’il n’aimait que mon…
-Tu en as vendu ?
-Rien, juste trois fois rien.
-Donc tu as vendu ?
-Oui, « L’irrémissible Voyage ».
-A qui l’as-tu vendu ?
-A lui !
-Vous l’aviez écrit en collaboration !
-Justement, il s’était installé à mon stand.
-Tu ne l’as pas dédicacé, au moins?
-Il a bien fallu !
-C’est comme si tu te le dédicaçais, puisque vous l’avez écrit ensemble !
-Je n’ai pas su dire non.
-C’est bien toi. Tu n’as jamais réussi à lui dire non.
-Je ne suis pas d’accord. J’ai bien vu que « L’irrémissible… » ne le tentait pas plus que cela.
-Ton idée aussi de faire de ton stand une grotte éclairée à la chandelle !...
-C’est une idée originale.
-Tu en as vendu grâce à cela ?
-Hier, j’ai quand même liquidé deux « L’arbre à dire ».
-Ça ne te fait que 13 euros 10, plus « L’irrémissible… »
-Non. L’irrémissible, je le lui ai offert.
-Tu finis de me dire que tu l’as vendu !
-Je n’allais quand même pas le lui faire payer.
-Pourquoi pas ?

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-Nous l’avons écrit en collaboration !
-C’est bien ce que je te disais là, tout de suite…
-Et puis j’ai eu peur.
-Peur ?
-Tu sais comme il est. Il en aurait voulu pour son argent.
-Je me doute : la grotte, la clarté des chandelles… Dis-le tout de suite, il l’a fait ?
-Quoi ?
-Tu le sais bien, Béa. Ne fais pas l’innocente.
-Non. Je t’assure.
-Au point où tu en es avec lui…
-Oui, c’est un grand poète. Je l’admire beaucoup.
-Vous avez vécu ensemble.
-Tu sais bien que je l’ai quitté pour toi.
-Parce qu’il aimait les garçons.
-Oui, et alors ,
-Il a changé depuis ?
-Si tu veux tout savoir, au moment où j’allais m’abandonner, eh bien…
-Tu vois que tu y viens…
-Il n’a pas pu !... Donc puisque nous n’avons rien fait, tu n’as rien à me reprocher.
-Eh bien merci ! Ainsi, je ne dois qu’à lui…
-Qu’est-ce que tu veux ? Il a quand même…
-…plus que ça. Pour quelqu’un qui a écrit « De verges et d’aventures ».
-Il parlait de son bateau.
-Enfin tout s’est bien passé alors ?
-Oui.
-Quand reviens-tu de Libramont ?
-Un poète local m’a invitée à voir sa collection de « Signal » qui date de la guerre.
-Un nazi ?
-Non. Il collectionne tout ce qui l’intéresse. Il a lu tout Richepin !... On a plaisanté…
-Quel âge il a ?
-Vingt-neuf, trente par là…
-N’oublie pas que tu en as cinquante-six…
-Fiche-moi la paix. Il connaît un éditeur à Marche.
-A Marche, cela m’étonnerait !...
-Je coupe. Je vois bien que tu es jaloux de mon talent.
-Tu sais bien pauvre folle que le talent n’a rien à voir là-dedans ! Tiens, elle a raccroché.
Un conseil, n’épousez jamais une artiste !...

27 septembre 2007

L’explorateur mort de rire.

C’est une sorte de café philosophico-psycho, le café du rire.
La thérapie est simple. On s’assied en cercle autour d’Hermann Van Rompuy. Maria Savatoulemonde dirige les opérations. Cela va du rire compassé, au rire aux larmes.
Le but est de faire rire l’explorateur.
C’est difficile, tant il est vrai que 100 et des jours sans gouvernement, c’est absurde. Et les Flamands ne comprennent pas l’absurde ; car, on ne peut pas se regarder passer dans la rue depuis sa fenêtre, selon Irena, une participante active.
Comment se fendre la pipe quand Van Rompuy rencontre les présidents du MR et du CDH, Didier Reynders et Joëlle Milquet, sur le fameux BHV ?
Maria Savatoulemonde a sa petite idée.
Elle chante la Brabançonne drapée dans le lion noir sur fond jaune. Toute la salle se gondole et se fixe sur « rire à gorge déployée ». Hermann reste de marbre.
Cet homme n’apprécie pas l’humour.
Quelqu’un à une idée. Il imite Jean-Luc Dehaene en train de déféquer. Son derrière remplit la lunette. Il lit le « Standaard » la porte du WC largement ouverte. « Rire 4 », commande Maria Savatoulemonde. C’est le rire gras. Le groupe fonde beaucoup sur le rire gras, un rire typiquement flamand. C’est une erreur. Le comique de situation n’a jamais touché personne en Flandre quand il n’est que suggéré. Il aurait fallu mettre bien en vue les énormes fesses du chieur et le faire jurer à chaque étron tombant dans le vase. C’est ça l’esprit de Thyl l’espiègle.
Au nom de ses compatriotes Van Rompuy voudrait le dire au groupe, mais il ne trouve pas les mots. Ah ! si seulement il pouvait demander au Vlaams Belang de donner des exemples !
Il y va de la réputation du coach.
Pendant que le groupe se concerte, Hermann poursuit ses consultations, sans plus s’occuper de ceux qui l’entourent et qui ont juré de le faire rire.
Herman Van Rompuy s’est pris trop au sérieux dans sa mission d’explorateur. La plus grande discrétion fige ses traits. Un moment, on croit que c’est gagné suite à un léger rictus. Maria Savatoulemonde pourrait se sentir gagnante, mais elle estime que c’est le rictus du constipé et pas le rictus du pessimiste éléate.
Il semble qu’elle doive davantage payer de sa personne.
Peut-être devrait-elle donner à ses blagues une touche de sexualité ? Se mettre nue ? Faire un pet ? Les Flamands adorent les blagues qui tournent autour des vesses, surtout lorsqu’elles émanent d’un rustaud ardennais. Mais, Maria Savatoulemonde a des principes. Elle veut gagner à la loyale : un mot étranger à la gent négociatrice.
Elle abandonne l’almanach Vermot duquel elle avait extrait une blague que les Flamands apprécient habituellement : « Une prostituée de la Région wallonne est arrivée à Paris. Elle pleure dans un bar. Une prostituée française lui demande ce qu'elle a. Et elle répond: "Je viens de m'apercevoir que vous vous faisiez payer!".

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Le groupe est d’accord de ne pas expliquer la blague que Van Rompuy ne comprend pas. Un mauvais plaisant veut remplacer la prostituée wallonne par une flamande. Maria Savatoulemonde a beau expliquer que si la prostituée flamande parle le français comme Hermann Van Rompuy, elle ne serait pas capable de suivre une conversation dans un bar parisien. On essaie quand même sur le 2bis : rire communicatif. Hermann confond communicatif et communautaire. Il fronce les sourcils. Raté une fois de plus.
O se met en cartel, l’un fait le CD&V/N-VA et l’autre l’Open VLD, pris par le rôle, le groupe s’invective.
La morosité de Van Rompuy contamine les rieurs !
Les rires sonnent faux.
Mais de quoi peuvent bien rire les Flamands ? Du roi ? De la Belgique ? de Di Rupo ? de l’Escaut qui s’ensable ?
En désespoir de cause Maria Savatoulemonde sort un révolver d’un tiroir, le brandit sous le nez de Hermann et lui dit : « Tu vas rire, où je tire ! »
Cette fois Hermann qui a peur de perdre son poste de président de la chambre et son casque d’explorateur avec ses indemnités, esquisse un pâle sourire.
« Plus fort », gueule Savatoulemonde.
Hermann qui fit du théâtre dans sa jeunesse et du scoutisme à Sint-Genesius-Rode, se souvient du soir où il avait mis du crottin de cheval dans l’encensoir, alors que la troupe répétait à l’église paroissiale. Il jouait dans l’histoire du Saint curé d’Ars, le rôle d’un berger demeuré qui rie tout le temps. Pour sauver sa peau, il puise dans son fonds de commerce et rit aux éclats.
Maria Savatoulemonde et le groupe, soulagés, rient aussi ! Ouf, pari gagné !
Il manque à la politique actuelle : une certaine gaieté !

26 septembre 2007

Une Belgique à la birmane ?

Les conséquences politiques des élections de juin sont consternantes. Elles nous ont conduits à un jeu de massacre, à un affrontement communautaire dont on ne voit d’autre issue raisonnable que celle de claquer la porte. La question est de savoir qui le fera en premier ?
La perte de la majorité socialiste en Wallonie conséquence des excès de la municipalité socialiste de Charleroi alourdit les difficultés. On ne saura jamais ce qu’aurait pu imaginer le PS acculé à faire partie d’une bipartite avec les Libéraux ou le CDh ?
Quand les wallons sont-ils devenus des lemmings courant dans tous les sens au moindre désir de leur maître flamand ? Alors que nous fûmes, au temps du Mouvement Populaire Wallon et d’André Renard des entrepreneurs hardis pour des changements progressistes !
En ces temps de grande clairvoyance, nous étions sûrs de nous, de notre valeur et de notre capacité à gouverner seuls, le cas échéant, cette Wallonie qui apparaissait l’antithèse de la Flandre passive et complice des patrons.
Dater la chute du mythe, reviendrait hélas, à conter l’irrésistible ascension de ce socialisme borain, collaborationniste, opportuniste et conservateur dans les principes monarchistes, opposé à la détermination liégeoise, avec l’aide de la complicité intra muros de certains ténors du PS liégeois et du syndicat FGTB, faut-il le dire ?
Si ces gens avaient été payés par le patronat pour sauver le système, ils n’auraient su faire mieux !
Déjà le complexe flamand avec cette langue qui n’en est pas tout à fait une, jouait à fond la carte du sol sacré flamand.
Les hommes politiques, savent désormais qu’ils sont mortels. Quand bien même sauveraient-ils encore cette législature par quelques lâchetés supplémentaires, ce qui est fort possible, ils n’ignorent pas que, désormais, ce sont des chefs-d'œuvre en péril.
Loin de moi l’esprit du" tous pourris " du show-business et de la presse people.
Joëlle Milquet, oui, une femme Monsieur Reynders, est sacrément courageuse de refuser de tremper son parti dans de nouvelles ignominies.

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Ce blog ne doit pas uniquement l’intérêt qu’il suscite – me dit-on - sur la critique systématique de l'ordre établi, mais du petit air de liberté qu’il dégage, même si certains jours, il est à côté de la plaque. Au moins, est-ce de toute bonne foi.
Du moment que la plupart des médias lèchent outrageusement les mains du pouvoir unitaire croyant perdre tout en perdant la moitié, il est on ne peut plus sain que des citoyens qui ne sont inféodés à personne, par la magie d’Internet se mêlent de ce qui ne les regarde pas d’habitude.
Si les temps changent et que la méfiance le dispute à la commisération, les Wallons savent que leurs mandataires ne contrôlent plus grand chose dans ce pays, unilatéralement voué à des premiers ministres flamands et à des ministres des affaires étrangères dévoués à la cause publicitaire flamande.
Si à cela s’ajoute la mondialisation de l’économie – ce sont les entreprises qui dégraissent pour mieux faire bander leurs actionnaires, et les conglomérats qui fusionnent pour être plus conquérants dans leur lutte pour les parts de marché - les Wallons – en version libérale - auraient intérêt à se défaire de leur gouvernement régional et à s’en remettre au bon vouloir du plus grand nombre, c’est-à-dire aux Flamands.
Face à l’aveu d’incompétence dans les faits, nos hommes politiques ont-ils besoin de s’exprimer ?
Nous cumulons l’absence d’une formule politique avec l’absence de décisions d’un gouvernement qui n’expédie que les affaires courantes. Une période où le principe de faire cracher le contribuable, surtout celui qui sait le moins se défendre, arrive à une limite qui touche à la situation birmane !
La triste vérité est au bout de cette crise, la maison Belgique se fissure de plus en plus. Les trois mois que nous venons de perdre, ce sont surtout les pensionnés, les petits revenus et les chômeurs qui les auront perdus. Car, tandis que les prix vont à la hausse, ce sont les salaires qui vont à la baisse. Certes, les vôtres seront à peine égratignés, messieurs les décideurs. Quant aux plus fragiles, c’est comme si vous les aviez abandonnés pour sauver votre peau. C’est comme si vous alliez dans leur musette voler la dernière tranche de pain.

25 septembre 2007

Ségolène Royal et le phénomène Jospin.

On croirait le titre du livre de Jospin « l’Impasse » fait pour la crise en Belgique, ou alors, l’histoire de son échec de 2002, vu à travers celui de 2007.
Eh ! bien non. Il semble que ce personnage sorti des méandres d’une politique chère à Guy Mollet ne puisse s’empêcher de poursuivre la démolition d’un parti dans lequel il a échoué en vidant tout son sac de fiel sur la pauvre Ségolène.
Il n’a même pas le fair-play et la solidarité que les vaincus se doivent.
On l’a toujours vu, ce type manque de classe…
On devrait se méfier des gens qui renoncent à quelque chose à la suite de leur échec. Ils passeront le reste de leurs jours à se justifier en diminuant les mérites des autres.
Oui, Monsieur Lionel Jospin, le parti socialiste français est descendu aussi bas à cause de vous, de votre manque de communication, de votre froideur et de l’estime profonde que vous avez de vous-même qui vous empêche d’estimer les autres. N’est-ce pas vous, jour funeste, qui avez fait voter les Français pour la présidence, avant les législatives, poussant ainsi vers la présidentialisation à marche forcée, croyant, pauvre fou, que vous en seriez le premier bénéficiaire !
Vous n’avez même pas la reconnaissance du ventre à l’égard des institutions et d’un parti qui vous ont supporté et nourri trop longtemps. Il faut encore avec la notoriété que vous en avez recueilli que vous vous répandiez dans les gazettes et aujourd’hui en librairie.
J’avais mis sur le compte de votre maladresse l’échec de 2002. A la lecture de votre pamphlet, je me rends compte que votre échec est bien plus profond que cela. Il est pour ainsi dire collé à votre personne, à vos ressentiments, à vos perfidies toujours en réserve.
Vous êtes depuis 2002 une machine à perdre. C’est à qui ne vous aura pas dans son camp. Vous avez soutenu Madame Royal du bout des lèvres disiez-vous, et vous n’êtes apparu qu’une seule fois à ses côtés. Eh bien ! c’était une fois de trop, cela ne lui a pas porté chance.
A votre place, je ne me serais pas vanté d’avoir prévenu François Hollande de la piètre candidate que ferait sa compagne au moment de la campagne contre Sarkozy ; car, vous saviez le malaise qui existait dans le couple et c’était une façon lâche et détournée de dire que vous étiez avec l’homme, contre la femme.
Bien sûr la candidate Royal était fragile et mal préparée devant un Sarko qui venait de loin et dont l’ambition donnait à sa faconde d’avocat une telle ampleur dans les effets de manchette que les Français ont pris ses paroles pour argent comptant, contre la sincérité dépouillée de Ségolène ; mais vous n’avez pas le droit d’écrire que cette femme n’est pas intelligente et qu’elle n’a aucun des atouts qu’il aurait fallu pour battre Sarkozy.

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Le PS n’a plus aujourd’hui qu’à prendre l’ironie de Sarkozy au pied de la lettre quand il déclare souhaiter que Madame Royal se présente face à lui dans cinq ans. On verra alors où en sont les réalisations de l’équipe actuelle et comme les Français apprécieront l’homme qu’on voit partout, qui dirige tout et qui, s’il le pouvait, relèverait sabre au clair les gardes françaises de l’Elysée ; comme ils verront comme la simplicité, la naïveté et même les maladresses de Madame Royal ont au moins le caractère de l’authenticité dans l’honnêteté pour une gouvernance juste et qui ne veut surtout pas privilégier la richesse au détriment de la pauvreté.
Le livre de Jospin est un révélateur de la personnalité plutôt secrète de son auteur. Quand il nous dit, par exemple, qu’il a mûri son projet lors de la campagne de Ségolène et qu’il s’y est attelé dès le lendemain de la défaite, il avait donc de bonnes raisons lors de cette campagne de craindre la défaite par quelques points faibles.
Il a donc failli à sa tâche de militant en n’exprimant pas ses états d’âme au staff de Ségolène. Il ne l’a pas fait, parce qu’il savourait en vieux renard une défaite qu’il voyait certaine. Et puis, il avait hâte d’effacer la sienne, par une autre défaite qui n’était pas de son chef.
Lors de son retour de l’Île de Ré, on l’a vu consulter quelques amis afin d’éventuellement se présenter à la candidature, pour aussitôt déchanter et rager de la popularité de Madame Royal. Il l’avoue lui-même :
« Une nouvelle candidature de ma part n'aurait été concevable que si un consensus s'était opéré. Je devinais que Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn avaient peu de chances de s'imposer face à Ségolène Royal, très déterminée et propulsée d'emblée par les sondages et les médias, mais leur maintien dans la course excluait ma propre présence. »
La contradiction de Jospin n’est jamais aussi grande lorsqu’il dit : « Au bout du compte, le caractère académique des débats organisés entre les trois candidats déclarés n'a pas permis que la vérité de chacun apparaisse, ni que soient pensées les lignes de force d'une campagne victorieuse. » Alors, on ne comprend plus. Il nous dit que n’importe quel candidat parmi ceux qui s’étaient déclarés auraient mieux fait que madame Royal, pour ajouter que la vérité ne pouvait apparaître, ni que soient pensées les lignes de force d’une campagne victorieuse des TROIS candidats ! Il se fout de qui, Lionel ?
Giscard d’Estaing a mis vingt ans à se guérir d’une défaite à la présidence de la République, on se demande si Jospin quand même plus âgé aujourd’hui que ne l’était Valéry (55ans en 1981) ne sera pas enterré avec elle !
Je me demande, en tout état de cause, si les aigreurs de Jospin ne vont pas rendre Ségolène plus populaire encore ? Pour la suite, ce sera intéressant de voir comment les autres éléphants du cirque socialiste vont s’ingénier à poursuivre l’œuvre destructrice de Jospin. Il faudra attendre la démission de Hollande au prochain congrès pour le savoir.

24 septembre 2007

Encore une semaine cruciale de passée !

La castagne est générale dans les partis francophones. Tout le monde est d’accord sur une union nécessaire, mais personne ne l’est sur la manière des autres de voir l’union !
C’est comme ça qu’on est en Wallonie-Bruxelles, terre d’écueil !
Une terre du doute et du « bouge-toi de là que l’électeur m’admire ». C’est ce qu’ont donné à faire voir MM. Maingain et Miller du MR ce dimanche 23 septembre, au point qu’on doute vraiment qu’il existât jamais une identité francophone avec des zèbres de ce calibre.
Aux deux débats désormais couplés de ce midi RTBf/RTL, la seule union constatée est entre les deux stations de télévision, puisqu’elles se donnent le mot pour un même programme, presque chaque dimanche.
A quand une fédération des deux chaînes ?
Même au Front National, les comiques bien connus ne sont pas d’accord ! Mais là c’est en interne. Le problème belge ne les intéresse pas. C’est le combat des chefs, heureusement sans troupes, de Feret et Delacroix. Une sombre affaire de préséance qui fait penser à J.M. Le Pen contre Mégret au temps du « poupoutsch » de ce dernier. La Belgique serait coupée en deux que ces gaillards ne s’en apercevraient pas !
Plus sérieusement, si on peut dire, le spectacle désolant des partis wallons tournent au vaudeville. Chez Vrebos, on a tout de suite été fixé sur le mordant de ces sales « gamins » du MR qui se sont mis à pinailler sur tout et rien, ce qui a exaspéré Anne-Marie Corbisier, la chef de groupe CDH au parlement de la Communauté française.
Pour une fois que Marie Arena a une initiative opportune quoique un peu tardive en créant une Commission composée de représentants des partis démocratiques pour réfléchir à l'avenir des francophones, y adjoignant même les partenaires de la société civile, voilà que les soi-disant défenseurs de la francophonie renâclent et soulèvent des objections comme au bon temps de la dernière campagne électorale.
Les boys de Reynders avaient-ils reçu des consignes ?
Et pendant qu’on se dispute, les feuilles du calendrier tombent avec régularité du « Petit farceur », sans qu’on puisse voir où on va.
Pour une fois que le MR était en selle et allait enfin coller au peloton du fédéral sans les socialistes, voilà que cela coince tellement que son président attend toujours d’en être !
Dans l’affolement, les Belgicains relèvent la tête. Quelques drapeaux belges se voient à certaines fenêtres. Des réunions se font sans grande conviction, il est vrai, pour dénoncer l’idée du séparatisme. Lors des fêtes de la Wallonie, le bourgmestre Demeyer y est allé de son petit couplet unitariste « Il est de mon devoir, ici et aujourd'hui, d'appeler l'ensemble des responsables politiques du pays, en particulier les présidents de partis, à saisir l'ampleur de l'émoi que suscitent, au sein de la population, les propos séparatistes régulièrement proférés.»
Ah ! qu’il agite bien son petit drapelet, le bourgmestre !
Malgré les cocardiers et les couplets patriotiques, c’est la pagaille noire et aucune éclaircie ne se voit à l’horizon.
Les semaines cruciales se succèdent et se ressemblent.
Vous verrez que les fouteurs de merde pour les « bons » Wallons ne seront rien d’autres que ceux qui ont compris parmi les francophones, que c’en est fini de la Belgique fédérale.

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Et tandis que van Rompuy se mange les sangs pour trouver l’ouverture, les citoyens que ça inquiètent ne pensent plus qu’à ça, eux aussi ; car, il faudra bien trouver une issue quelle que soit l’ampleur du défi !
C’est ainsi que je ne peux plus me détacher de la vision de l’impasse dans laquelle nous sommes.
Par ricochet, je souffre ainsi du manque de curiosité pour le reste de l’actualité.
Il va vite falloir ne plus jamais écrire sur la politique belge ou ne plus faire que ça.
Pour les blogueurs belges, la perte des lecteurs d’ailleurs qui ne voient la Belgique que comme une curiosité territoriale entre la France et l’Allemagne se fait déjà sentir.
Le fameux surréalisme que l’on attribue souvent à tort aux fantaisistes et artistes belges pourrait, pour une fois ennuyer l’étranger.
Des moutardiers du roi, aux excités de la terre flamande, on inaugure un nouveau surréalisme : le surréalisme grotesque. C’est une forme d’art que Magritte n’avait pas prévue. Mais l’honneur est sauf avec Louis Scutenaire qui dans « Mes Inscriptions » aurait fait dire à don Diègue « Rodrigue, as-tu des couilles ? » s’il n’avait su que l’écoutaient dix millions de couillons !

23 septembre 2007

Hébétude.

Si en Belgique la crise se prolonge, plongeant les Wallons dans une sorte d’hébétude quant à leur avenir ; en France, même Fillon premier ministre parle de faillite, sans que visiblement le pessimisme des Français pour leur avenir s'en trouve aggravé.
Mieux même, depuis que Sarko les a pris dans ses bras, les Français trouvent que broyer du noir ce n’est pas si grave que cela.

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Notre moral serait donc affecté davantage par l’imaginaire de notre devenir que les Français.
Pourtant, les Français ont été taxés de manque d’ambition et rappelés à l’ordre sur leurs engagements budgétaires par la Commission européenne.
Notre paradoxe veut que nous jouions avec cette peur de l’avenir comme un déprimé joue avec sa déprime, sans vraiment chercher à en sortir.
Marie Arena – que j’ai si souvent éreintée pour que je puisse me permettre d’en dire du bien – a annoncé ce jeudi au Parlement la création d'une "Commission Wallonie-Bruxelles 2009". Cette commission a pour but de définir un projet francophone dans une Belgique de plus en plus incertaine.
Eh bien ! ce projet tant attendu, qui ose enfin imaginer l’avenir, un avenir qui aurait dû être perçu avec enthousiasme par les Wallons unanimes, c’est à peine si la rue en est consciente et en a parlé.
Alors, poursuivons la position du fœtus dans cette Belgique de 1831 qui n’existe plus que dans le livret de la Muette de Portici et attendons-nous au pire.
Prenons notre Prozac en groupe, et si vous n’êtes pas gay, attendez-vous à ce que cela vous fasse mal la première fois que Leterme entrera rue de la Loi comme Premier ministre.
Et en prévision, achetez de la vaseline, car elle vous sera bien nécessaire. Il ne reste plus qu’à lire le même texte qu’il y a trois mois dans la presse, avec quelques superlatifs et quelques points d’exclamation d’ajouts :
« …les tout prochains jours, seront cruciaux pour l'Orange bleue. Ce samedi devait d'ailleurs être une journée clef. D'une part en raison d'une « importante » réunion interne au CD&V sur le thème du virage, à prendre ou pas, vers moins de prétentions institutionnelles. D'autre part, parce qu'une réunion des quatre présidents de parti avec l'explorateur Herman Van Rompuy sur l'institutionnel était prévue. Vendredi après-midi, elle fut annulée. « Van Rompuy a senti qu'il n'y a pas de consensus ; il n'avait donc pas intérêt à réunir les présidents »…
Les Wallons attendent donc un virage des Flamands pour déguster l’Orange bleue !
A moins… à moins que le refus farouche de Joëlle Milquet n’ait finalement conduit les Flamands qui ne se sentent pas tout à fait prêts à nous larguer, à prendre patience jusqu’à la législature prochaine.
Si les négociateurs flamands parviennent à calmer les flamingants et retirent BHV des préalables, les Wallons crieront à la victoire et se rueront à la signature de n’importe quoi. Les Belgicains se verront gratifiés d’un rabiot de quatre ans. Il n’y aura rien de changé en apparence, seuls les spécialistes constateront après quelques temps que les partis francophones auront sorti de leur vocabulaire les mots de BHV et de préalable, de sorte que ce sera plus facile qu’en 2007 de former un gouvernement pour la législature suivante.
Sinon, les « sages » de la Commission Wallonie-Bruxelles 2009 auraient intérêt à siéger non-stop pour nous sortir un projet de Constitution qui tiendrait la route.
Mais paradoxalement, les Wallons sont tellement convaincus que cela va encore passer, qu’ils se préparent à échanger leur hébétude, contre l’hébétude à la française.
Dans l’idéal, il faudrait que la Flandre nous sorte un grand communicateur de la force d’un Sarkozy pour nous endormir complètement.
On ne voit ni Leterme, ni Van Rompuy dans le genre.
Après trois mois de recettes qui n’ont fait que brûler les fonds de marmite, on pourrait peut-être s’intéresser en Haut-lieu à l’inflation et aux bas salaires ?
Il y a gros à parier que dans ce domaine, ils seront tous d’accord pour ne concéder aux pauvres que les moyens de ne pas crever tout de suite.
S’il n’y avait qu’un consensus possible, ce serait celui-là.
Qui dit qu’entre dirigeants des deux bords tous les accords sont difficiles ?

22 septembre 2007

Un cœur sensible.

La poétesse Bertil en avait plein sa soupente, des gentils, des coquins, des hexamètres, des rondeaux ; mais, ça ne lui disait plus rien. Question de facilité, elle se donnait au libre. Là, elle prenait son pied à la mesure de l’émotion qui lui venait rien qu’à fixer la feuille vierge.
Ma gorge se dessèche, qu’elle écrivait, tout se passe sous la table. Et elle serrait les jambes en disant cela et en vous regardant de ses yeux verts.
Quand elle sentait l’inspiration bien lui mouiller l’imagination, elle calligraphiait le premier mot, moins bien le deuxième, jusqu’au dernier qui était presque illisible.
Pour se punir, elle écrivait parfois un libre sur son mari. C’était un couple disparate, elle très hôtesse de l’air, malgré sa petite taille, avec ses cheveux blonds décolorés depuis seulement deux ans, une tête intelligente, les yeux de la couleur de tout à l’heure, un corps de nageuse, elle pratiquait le crawl pour la ligne, toujours en piscine ceinte d’un maillot une pièce, car elle avait le nichon petit ce qui se serait vu dans un deux pièces. Lui, déjà ravagé comme quelqu’un qui aurait fait les quatre cents coups, alors qu’il n’avait jamais tiré que sur les cigarettes et n’avait jamais bu aucun alcool à cause d’un ulcère ancien qui était en sommeil comme le Vésuve, mais dont il redoutait le réveil. Avec ça une haleine de chien à faire revenir un mort.
Bobby qui est gay aurait décrit Bertil et Robert à l’inverse. Lui, un chic type qui avait eu le tort de l’épouser, elle, en pleine effervescence littéraire, jeune professeur de lettres, déjà le physique d’une vieille fille, presque naine, sans sein, sans rien que des yeux vairons, avec seulement une formidable paire de jambes musclées comme une athlète, il faut le dire, forte depuis le bassin large et des fesses à botter des pénalités par confusion des genres, un Robert qui avait dû dans sa jeunesse faire craquer les surveillantes à Notre-dame de la Bistrounette, beaucoup plus âgé qu’elle hélas, pour que cela durât plus longtemps qu’un quinquennat et qui pourtant en était à la douzième année !.
Robert l’inspirait encore après les douze ans passés dans les mêmes draps.
Le titre était invariable. C’était : « poème à mon amour ». Elle le lui lisait en le chevauchant, les lunettes sur le nez et la feuille tendue devant elle et qui heureusement faisait office de paravent à l’haleine infernale.
La poésie n’était pas que l’exutoire intellectuel de ses orgasmes imaginaires.
Elle appréciait les gestes flatteurs de la paume douce de Robert dans ses angles morts. Il recoupait adroitement les interstices et comblait son attente. Les doigts furtifs du mâle partant à la découverte avaient sur elle, le même effet que les aspérités généreuses de la turgescence de la jeunesse, depuis que Robert n’était plus l’animal sanguin de ses débuts.
Fleur-Ange Bertil souhaita un accompagnement musical à la lecture de ses tierces, fatrasies et pastourelles. C’était physique. Elle dit un jour à un intime qu’elle touchait ainsi à un faune au moindre son, pour ses après-midi debussysmes de poésie.
Son admirateur le plus assidu lui avait présenté une charmante flûtiste, qui à l’occasion bavait aussi dans un hautbois. Mais l’aigrelet de l’instrument avait le défaut de souligner la fausse note. Ce fut une joueuse de lyre et harpe celtique qui fixa par le pincement de la corde, la poésie dans l’inoubliable.
Elles tournèrent quelques temps dans les centres culturels et dans quelques greniers de la poésie. A la fête des fraises, Fleur-Ange tint sa partie au sommet d’un char à foin, dardant ses yeux verts sur le badaud ébaubi, tandis que Lilianne Belsourd s’appliquait aux pincements des 38 cordes de sa harpe celtique.
Il manquait pourtant à ce duo le poids de la conscience sociale de l’art.
Trop de délicatesses nuisent à la délicatesse et le cœur n'est un muscle supérieur que lorsqu’il s’émeut de la détresse humaine.
Fleur-Ange Bertil n’avait jamais souffert. Même ses accouchements s’étaient faits sous péridurale.

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Puis, un jour, alors qu’elle était assise sur un banc devant la cathédrale, et qu’un admirateur attendait qu’elle quittât le lieu pour baiser la planche qui avait collé quelques minutes à la jupe de son tailleur gris tourterelle, elle eut la révélation de la faiblesse de son art poétique.
Il lui manquait le cri de la douleur, la plainte de l’oiseau tombé du nid !
Qui dira jamais la plainte du garenne pris au collet le soir au fond des bois !
Elle se décida à souffrir volontairement pour atteindre au meilleur.
Depuis ce jour, Fleur-Ange Bertil est bouleversante de sincérité et d’humanité. Elle pense à la choucroute garnie qu’elle rata alors qu’elle avait invité à souper chez elle le grand poète français Othon de Saint-Prix au soir d’une conférence donnée à Liège.
Reçue parmi les plus grands, elle vient de recevoir le prix du Secours catholique pour sa poésie « C’est énervant », qui commence par « Les sans papiers/ les sans logis / les sans argent / les pauvres sont toujours sans / quelque chose ».

21 septembre 2007

Une fin de la Belgique à l'amiable…

Pour une fin de la Belgique par consentement mutuel, un peu comme les Tchèques et les Slovaques, plusieurs solutions sont envisageables.
Le seul préalable réside dans la révision de la foi en la Belgique.
Tant que les Wallons viscéralement attachés à une Belgique qui n’existe plus, ne seront pas arrivés à l’évidence que la cohabitation n’est plus possible avec le nationalisme flamand, il n’est pas pensable d’envisager une solution de séparation à l’amiable.
Cela signifie que le Wallon doit se défaire de ses peurs et surtout de se comporter comme un assisté devant l’employé du CPAS de sa commune, vis-à-vis des responsables flamands.
Cela paraît simple pour certains, mais fort difficile pour une population qui ne comprend pas l’obstination flamande à tout exiger sans rien lui concéder.
Si l’évidence d’une séparation n’est pas entrée dans les esprits, cela est dû essentiellement à la mauvaise volonté d’explication des partis wallons qui appréhendent la fin de la Belgique, pour des raisons personnelles.
La perspective de la perte des mandats politiques fédéraux qui s’en suivrait, et le nouveau mélange des cartes, ravivent « l’esprit fonctionnaire » qu’ont pris les gens de pouvoir, depuis qu’on les paie si bien.
L’incertain d’une fin de carrière fait le reste.
C’est comme si on apprenait à des ouvriers que leur usine dans laquelle ils travaillent depuis 25 ans fermerait bientôt.
Ce handicap important surmonté, le premier obstacle est ce fameux Bruxelles-Halle-Vilvoorde, obstacle sur lequel les négociations butent depuis juin.
Il y a une solution à laquelle personne n’a pensé.
Elle consisterait à élargir Bruxelles de sorte qu’un couloir Bruxellois toucherait au Brabant wallon, sans que les Flamands perdent un seul centimètre de leur territoire, puisque aussi bien ils y sont si farouchement attachés. Comment ? Mais par des compensations territoriales qui rectifieraient la fameuse frontière linguistique, de sorte que les X mètres carrés du territoire flamand perdus seraient compensés par d’autres.
Cela offrirait l’avantage que nous aurions en Wallonie et à Bruxelles à gérer au mieux des entités flamandes dont nous aurions le devoir de les administrer en flamand. Idem des populations francophones en Flandre gérées en français. De sorte que nous aurions un avantage mutuel au respect des minorités. Bien entendu le cordon ombilical qui joindrait Bruxelles au nouvel Etat wallon serait une zone franche avec un statut qui compléterait celui de la capitale, du genre : Ville ouverte et européenne.
Il ne resterait plus qu’à trouver un nouvel endroit où loger le parlement flamand, à Gand ou à Louvain, par exemple, pour être parfaitement chacun chez soi.
Bien entendu, si les Flamands persistaient dans leur volonté de garder Bruxelles en territoire flamand, alors qu’ils ne sont que 13 % dans la capitale, que feraient-ils de cette écrasante majorité de francophones ? L’Europe ne pourrait accepter cela !

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Il n’y a aucune séparation du pot commun qui ne puisse se faire à l’amiable au prorata du nombre d’habitants. On voit immédiatement le profit que tireraient les deux communautés de cette séparation dans l’arrêt des frais des traitements et rémunérations des personnels politiques de l’ancienne entité fédérale qui disparaîtrait.
Les entreprises nationales qui pourraient créer des difficultés comme la poste ou les chemins de fer sont destinées à être privatisées, selon les prévisions européennes. Accélérons le procédé de privatisation, même si en d’autres circonstances nous y sommes hostiles. Un simple coup d’œil d’ensemble suffit à montrer que la reprise des réseaux ne peut se faire que sur l’ensemble de ce qui constituait la Belgique. On pourrait même d’un commun accord vendre par lot sans morcellement possible dans l’avenir. Il conviendrait dès lors de se concerter pour une convention unique.
Les gouvernements régionaux étofferaient leurs ministères des fonctionnaires qui auraient perdu leur place dans le cadre fédéral. Et là, une difficultés du côté flamand, il est notoire qu’il y a beaucoup plus de fonctionnaires flamands que francophones qui travaillent à Bruxelles.
Voilà un schéma possible. Il y en a d’autres.
Il est regrettable que les Socialistes, sous la frileuse baguette de leur chef d’orchestre, n’aient jamais envisagé la séparation en deux Etats de deux peuples si différents qu’on se demande comment ils sont restés ensemble depuis 176 ans ?
Cette critique est aussi valable pour le CDh. Quant au MR, obéissant aux consignes du patronat qui ne veut pas de cette division pour des raisons d’organisations financières, il est évident qu’il luttera jusqu’au bout pour rester accrocher aux basques des Flamands, en acceptant finalement de s’aligner sur les ukases flamingantes. Ce qui en fait le parti le plus néfaste de Wallonie.

20 septembre 2007

Une bombe monétaire.

Obnubilés par nos 100 jours de crise, nous sommes moins sensibles à la crise ou crisette financière qui secoue les marchés et qui met directement en cause les Etats-Unis sur la gestion de sa dette publique et ses frasques immobilières, sans oublier l’hémorragie qui se chiffre en milliards de dollars de l’occupation de l’Irak par l’Armée américaine.
Evidemment, les économistes gagés par les banques nous disent que cette méfiance dans la santé financière américaine ne sera que de courte durée et que « la plus grande démocratie du monde » dont le taux de croissance coince un peu va se ressaisir et repartir à la hausse.
Les économistes indépendants, les chroniqueurs et les journalistes spécialisés sont moins optimistes. Chacun y va de sa recette et chacun désigne son bouc émissaire. Il ne se passe pas un jour qu’un grand journal n’énonce les difficultés qui sont devant nous avec à la clé des remèdes pour que l’économie mondiale reparte du bon pied.
Par exemple, dans le journal Le Monde du 19.09.07, Claire Gatinois désigne son monstre du Loch Ness qui serait parti se baigner dans le lac Érié aux States : « La contagion de la crise de l'immobilier américain, partie des crédits à risque (subprimes) vers l'ensemble de la finance mondiale, a un temps été imputée aux fonds spéculatifs. Aujourd'hui, les experts comme les autorités de régulation dont la Banque centrale européenne (BCE) les attribuent plus volontiers aux excès de la sophistication financière. Le coupable a un nom : titrisation. »
Bien entendu, il ne faut pas minimiser le phénomène de « titrisation » ; ce n’est pas le seul non plus. C’est un ensemble de petites et de moyennes « catastrophes » qui apportant à chaque fois une pierre à la pente qui se forme, va finir par déclencher une avalanche dont tout le monde sera victime.
Pour comprendre ce qui se passe, outre la dette américaine qui gonfle et qui fait que ce pays vit à crédit sur le dos des autres, 30 % des prêts immobiliers américains finissent en Asie sous forme d’obligations des banques américaines. Un américain qui achète une TV ou une voiture, c’est en Chine qu’on détient la créance. Cela crée une interdépendance entre la Chine et le reste du monde, puisqu’on sait bien dans le système financier mondial aujourd’hui que l’Amérique est incontournable.
Comment s’en sort la majorité des Américains avec cette nouvelle donne ?
Très mal si l’on en juge par les salaires planchers, qui sont plus bas aujourd’hui qu’il y a 30 ans !
Tandis que Bush faisait des cadeaux fiscaux aux gens les plus riches – un peu comme fait Sarkozy en France – dans l’espoir que cette redistribution allait produire du dynamisme et un redémarrage de l’économie, le revenu moyen a chuté. Afin de maintenir le niveau de vie ancien, ceux qui le peuvent cumulent les dettes avec les cartes de crédit. Ces avances, énormes pour l’ensemble du pays, pourraient faire chuter le dollar. Les autres s’enfoncent dans les embarras de la pauvreté. C’est ainsi que 50 millions d’Américains – un chiffre qui progresse – sont sans couverture médicale.
Le plus riche pays du monde tombe dans une crise de l’emploi.

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La concurrence avec les produits importés de Chine notamment fait que les grandes sociétés américaines tentent de réduire les coûts par des licenciements et des décentralisations industrielles à l’étranger. La qualité des produits finis s’en ressent, tandis que l’accélération des chaînes de montage et des méthodes béhavioristes augmentent le stress des personnels. Général Motor qui était le symbole d’une Amérique dynamique aux hauts salaires copie dorénavant ses réformes sur l’entreprise mondiale de textiles Woolmark connue pour ses bas salaires et ses productions « à la chinoise ».
Les retraites payées par les entreprises sont menacées. Les Américains, dont le credo au capitalisme triomphant n’a cessé au cours de l’histoire mondiale de l’économie, sont en train de déchanter rapidement.
Le duo forcé Amérique et Chine est devenu une bombe monétaire. Les économistes américains voudraient une réévaluation du yuan. Les Chinois rétorquent non sans raison que s’ils y souscrivaient d’autres pays comme le Viêtnam et la Corée prendraient le relais et que rien ne changerait.
La Chine n’a pas à compenser seule ce déséquilibre.
C’est évidemment un peu court.
Ce qui fait la différence, à savoir les bas salaires, le manque de couverture sociale et l’absolu « dévouement » des Chinois à leur entreprise, un peu à la manière japonaise persisteraient à faire le déséquilibre qui fait tant de mal à la classe ouvrière occidentale.
C’est que, faire faire par les plus pauvres dans les meilleures conditions pour les plus riches, est devenu le premier article de la bible des entrepreneurs. Fabriquer n’est plus rentable pour les décideurs américains. C’est la vente qui l’est.
Alors, pour demain, verrons-nous un crash ou un atterrissage en douceur ?
Pour répondre à cette question les Américains doivent intégrer une autre donnée qui est celle de la dette publique qui devient un gouffre d’une telle ampleur qu’elle ne saurait déjà plus être stoppée par cette génération.
Mais cette dette publique en postposant à plus tard son arrêt, puis son extinction progressive, ne sera pas épongée par toute la génération suivante ; mais seulement, une fois de plus, par les plus pauvres qui n’auront pas eu l’heur d’en recueillir les fruits, ni de bénéficier auparavant des avantages par les intérêts des obligations de l’Etat.
C’est donc véritablement là que réside une charge explosive en puissance ; car, il faudra bien de l’astuce et bien de la persuasion pour faire croire aux pauvres d’Amérique et d’ailleurs que la dette sera supportée et remboursée par tous.
Pour revenir plus modestement à la Belgique, on se souvient de La Loi Unique vaste escroquerie aux plus pauvres pour sauver la Belgique d’un fiasco financier et, il n’y a pas encore si longtemps, la même manœuvre de Jean-Luc Dehaene au prétexte que la monnaie belge pour entrer dans l’Euro devait consentir des sacrifices sous la forme d’augmentation des taxes et de la TVA. Ce qui a essentiellement contribué à la pauvreté des Belges, sans affecter beaucoup les grosses fortunes nourries du tissu industriel et des obligations d’emprunt de l’Etat.

19 septembre 2007

Profession : jean-foutre.

Rapport qualité prix, les Belges se font entuber par les personnels politiques chargés de nous donner fissa un comptoir achalandé rue de la Loi où l’on cause Belgique.
En Belgique, un ministre perçoit un salaire brut de 178.921 euros (7.217.655 FB) par an. Il faut y ajouter: 2.519 euros de pécule de vacances, 4.786 euros de prime de fin d'année, une indemnité annuelle de 3.312 euros pour les frais de représentation, une autre de 12.802 euros pour le logement. Total: 202.340 euros (8.162.375 FB) pour un ministre «ordinaire». Plus pour le Premier ministre et les vices-Premiers.
A ce tarif là, ils peuvent quand même faire un effort et nous dire dans quoi ils nous embarquent ?
A titre de comparaison, le revenu moyen imposable de la population tourne autour de 11.000 euros (440.000 FB), c’est-à-dire moins des 12.802 euros alloués à ces messieurs et dames pour les frais de logement !
Quand on dit revenu moyen, les revenus en-dessous, cela fait quand même deux ou trois millions de Belges. C’est dire, comme on se bouscule pour la fonction et comme c’est « humain » quand on est assis dedans d’y pousser ses rejetons.
Ceci dit, on croirait qu’en ayant cela, nos dessus du panier démocratique l’aurait en veilleuse et se la ferait humble et conciliante.
Pas du tout.
Il fallait voir, il y a quelques temps, José Happart reprendre un journaliste qui ne se couchait pas assez devant la fonction de président du parlement wallon.
Au lieu de nous servir le menu de la Belgique de demain avec la déférence due à une clientèle fidèle, il y a du rififi en cuisine et ils s’envoient les plats de waterzouille à la figure !

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Heureusement qu’avant la brouillerie, Didier Reynders en père des peuples prudent et avisé avait gambergé dans la fiscalité pour offrir à ses collègues et à lui-même 6.671 euros de plus en réforme fiscale.
En attendant que ça pète et qu’on dérouille, les affaires courantes des battus du mois de juin vont bon train depuis trois mois : les ministres disposent toujours d'une voiture avec chauffeur et d'une carte Visa.
Les défilés des BMW et Mercedes à Val duchesse ou au Belvédère, le carrosse n’est pas pour nous, les frais d’essence… oui !
Le député trébuchant sur la flamandisation du pays n’est pas mal aidé dans la tourmente. Il touche brut 69.219 euros (2.792.287 FB) par an. Par mois, cela fait 5.768 euros (232.691 FB). Si ce montant est imposable, ce qui ne l'est pas, c'est une indemnisation supplémentaire qui s'élève à 19.381 euros (781.828 FB). Quand vient l'hiver, la prime de fin d'année arrive avec les marrons chauds : 2.020 euros (81.487 FB). Quand vient l'été, le pécule de vacances: 5.307 euros (214.084 FB) paie les glaçons de l’apéritif.
Tandis que l’explorateur se gratte les rares cheveux qui restent sous le casque colonial, on en oublierait de parler des 36 caïds à suppléments. Ce sont les membres du bureau de la Chambre et du Sénat: le président, les premier, deuxième, troisième vice-présidents, les secrétaires, les chefs de groupes, les questeurs (chargés de l'intendance, du protocole, etc.). Selon la fonction, ce supplément va de 11% à 72% de la rémunération de base, sans compter de nouvelles indemnisations non imposables de frais. Ce qui fait que l’Hermann Van Rompuy, président de la Chambre, gagnerait même un peu plus que le Premier ministre.
C’est dire si ce gars-là a bien le temps d’explorer.
Enfin pour les pensionnés à 600 euros par mois, après 45 ans de turbin, apprenez qu’un parlementaire a droit à la pension à 52 ans et à une carrière complète après 20 ans. Son pécule mensuel est au minimum de 4.326 euros par mois, soit 174.410 F anciens.
Ce doit être pareil en France au moment où ils vont s’acharner sur les « privilèges » des pensionnés de la SNCF et de Gaz de France.
Le joyeux chez lequel j’ai piqué les chiffres conclut son article par cet acte de foi œcuménique : « Imposer aux politiciens les conditions de vie de la majorité de la population, n'est-ce pas le prix de la démocratie ? ».
Moi, je dis que dans de telles conditions inégalitaires, ceux qui ont mis sur pied le système aillent se faire foutre, eux et leur Belgique. Je ne les reconnais pas comme mes dirigeants. C’est tout à fait par hasard que je suis né ici plutôt qu’ailleurs et je ne me sens nullement attaché à la Wallonie ou à la Flandre. Je parle la langue de ma mère et que j’habite à Namur ou à Hasselt, je dénie le droit à quiconque de m’en faire parler une autre.

18 septembre 2007

L’Algérie aujourd’hui.

Alors que la population maghrébine immigrée s’accroît d’année en année, les relations entre les Belges et les populations de la côte africaine de la Méditerranée restent distantes, voire inexistantes.
Les Wallons ne sont pas a priori racistes. Les Tunisiens, les Algériens et les Marocains ont l’avantage de parler français. Est-ce que les exactions des intégristes musulmans, la mauvaise réputation de la Syrie, de l’Iran et les turbulences en Irak perturbent à ce point les relations entre eux et nous ?
Sans doute, cela joue mais pour une part relative si l’on considère le peu d’intérêt de la plupart des Wallons à la politique internationale et aux rapports entre l’Europe et le reste du monde.
C’est même le mauvais côté des choses cette indifférence à regarder vivre les autres, de sorte qu’en fin de compte les ressortissants des pays du Maghreb finissent par amalgame à être assimilés aux exactions des intégristes et à être considérés comme des terroristes potentiels.
Alors, si de temps en temps, nous recevions des informations dignes de foi de l’autre rive de la Méditerranée, peut-être pourrions-nous avoir avec les ressortissants de ces pays vivant chez nous, un meilleur dialogue dans le but de nous comprendre.
Les trois pays du Maghreb concernés vivent sous trois dictatures différentes. Les Tunisiens et les Marocains voient leurs deux régimes s’infléchir depuis l’afflux de touristes vers une sorte de compromis entre la consultation des citoyens et la volonté de se passer de leur avis ; tandis que la dictature algérienne est plus musclée, car toujours aux mains des militaires du FNL et est, de surcroît, en lutte de façon assez feutrée avec le FIS (1), qu’elle essaie de ramener dans le paysage politique commun par une absolution de ses crimes. Mais des trois pays, c’est la population algérienne la moins soumise aux imans et la plus apte à s’ouvrir à la démocratie.
La récente hospitalisation au val de Grâce en France, d’Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, a quand même servi à ce qu’on reparle un peu de ce pays, tout au moins de la succession de cet ancien fonctionnaire devenu président par la grâce des Anciens du FNL.
Devenu otage à son tour d’une armée qui garde sans concéder l’économie et la politique aux civils, le président Bouteflika n’a pas su se débarrasser de la corruption afin d’ouvrir son pays à l’économie de marché de façon crédible, alors que le pays recèlent des gisements de gaz importants.

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C’est tout juste si à l’après terrorisme – quoique celui-ci puisse renaître de ses cendres – la population est moins sujette à la pénurie et aux files d’attente devant les magasins.
Pourtant géographiquement, ce vaste pays a des atouts. Il serait magnifique si les habitants y croyaient encore en le faisant fructifier dans ses cultures et ses habitats de ville.
Mais voilà, l’immigration vers les pays d’Europe est comme un ver qui ronge le fruit. Des histoires courent par centaines de gars qui vendent tout pour rejoindre l’autre côté de la Méditerranée, ruinent leur famille, abandonnent femmes et enfants, pour revenir, plus pauvres que jamais, quand les polices des frontières d’Espagne ou de France les y réexpédient.
D’où un amour-haine des Maghrébins pour l’Europe à qui ils reprochent un passé colonial en assimilant notre occupation du Congo avec les Français (déjà appelés les Franj à la croisade de Pierre l’Ermite, dont l’histoire épouvantable fit le tour des Pays arabes).
Cet amour-haine cache la profonde blessure nationaliste à l’égard d’un pays tout à fait incapable de tirer profit des richesses du sol pour les mettre à disposition du progrès social.
Alors, que l’exploitation des gisements date de l’après colonialisme français, c’est bien commode de se réfugier derrière le traumatisme qui se termina aux accords d’Evian consacrant l’autonomie de l’Algérie, pour ne pas remettre en question l’incapacité à régler les problèmes internes.
Les journaux ne sont pas tous dans la main des militaires. Ils sont peu nombreux.. Mais ils existent. Les temps sont difficiles et la vie de certains journalistes est en danger. Cependant, ils ne cessent d’écrire sur les affaires de corruption, mais c’est inutilement. rien n’y fait. L’inertie de l’Etat algérien qui laisse sa jeunesse rêver de l’Europe en regardant la télévision française grâce à la parabole (70% de la population a moins de 25 ans) sans grand espoir d’avenir, est aussi dénoncée, en pure perte.
Le retard du pays en tout domaine par rapport à ses deux voisins fait craindre pour le futur un antagonisme renforcé.
Où passe l’argent, avec un baril à 80 dollars ?
C’est la question qui est sur toutes les lèvres et qui restera sans réponse pour un bout de temps, tant que le véritable jeu démocratique n’aura pas chassé du pouvoir les anciens du FNL qui touchent depuis la fin de l’occupation française les dividendes de leur patriotisme.
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1. FIS : Le Front islamique du salut était une formation politique algérienne militant pour la création d'un État islamique. Elle a été dissoute en mars 1992 par le tribunal administratif d'Alger

17 septembre 2007

De bide et de motte.

Rudy Demotte, poussé sur l’estrade par el conducator du PS, « fait » sa première commémo des Fêtes de Wallonie en leader du gouvernement de la Région.
On s’attendait à un discours faussement improvisé, mais non récité l’œil sur la copie. On a eu tort. C’est Bignolle premier de classe qui parle aux enfants que nous sommes.
Depuis qu’on n’a plus Eddy Merckx dans les pelotons, c’est fou comme la métaphore cycliste nous est devenue familière. Rudy, lycéen doué, n’a pas coupé de sa rédac’ très rhéto… « Les Wallons doivent viser la tête de la course ». On ne sait pas laquelle, mais ils doivent, toujours être devant les Flamands, enfin on suppose puisque c’est l’autre équipe..
Vous me direz, ça sent la kermesse, c’est de circonstance. Quand le coach parle, on croirait qu’il remonte le moral de ses coureurs pour l’étape suivante : "Cette crise ne nous met pas pour l’instant en difficulté, elle ne met que le fédéral, si elle devait se terminer par un compromis défavorable aux Francophones, ce serait préjudiciable pour l’avenir du pays. »
Voilà Leterme prévenu. S’il poursuit ses vilaines manières, Rudy portera plainte à la fédération cycliste internationale.
Descendu de bécane, Rudy change de métaphore "les Wallons ne doivent compter que sur eux-mêmes" et encore pas trop pourrait dire Mazarino de Mons qui n’en revient toujours pas d’avoir été doublé par Didier de Liège aux dernières élections, et pour cause, monsignore craint la Fédération liégeoise au point de ne pas avoir permis à un seul Liégeois d’arriver à un poste en vue, si on excepte Michel Daerden trop folklorique pour monter vraiment en puissance, si bien que Reynders a fait un score honorable à Liège et mieux encore dans le reste de la Wallonie et à Bruxelles. Il n’y serait jamais arrivé avec un André Cools président du PS.
Puis vient le couplet, il y a autre chose à faire de plus urgent que les propositions flamandes de modifications fédérales, en clair « occupons-nous en priorité des problèmes socio-économiques qui concernent les gens. »
Pas un seul politicien francophone ou flamand ne dit autre chose ! Seulement, dès qu’ils s’assemblent, c’est BHV qui revient en surface. Et pourtant personne ne se pointe, le SAMU de Rudy pas plus que les autres. Notre leader du gouvernement wallon nous commande juste de pédaler en tête et il s’occupera de notre BHV (Bressoux-Herstal-Vottem). D’accord, mais quand ?

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Il fallait aux Fêtes de Wallonie un bon mot qui ferait le tour des rédactions. Après avoir consulté l’aigle de Mons, Rudy se lança dans la litote populaire : « pas question de cacher un certain nombre de choix de société derrière le string institutionnel ».
Du coup nous quittons le vélo pour Palm Beach et le string de Pamela Anderson, qui masquerait derrière ses aimables fesses et le cordonnet bien collé à la raie, si peu de chose qu’on se demande pourquoi les Flamands en sont si friands ?
Et tandis que notre petit Rudyspierre recevait Kris Peeters avec des fleurs et des soupirs de vieille dame aimable, des illuminés du B-Plus recevaient tomates et quolibets du côté d’Anvers, où ils comptaient ranimer la flamme d’une Belgique fédérale.
On pourrait aussi évoquer le discours de José Happart, si on savait vraiment quelle langue le président de notre parlement parle ? Il émet des sons, certes, mais forme-t-il des mots ? A moins, on n’ose y penser, qu’en guise de bonne volonté, l’ex-fouronnais s’exprimait en volapuk ?
A voir la bobine des gens du premier rang, on sentait la tension auditive grandir. Déjà au deuxième rang, nos élites secondes regardaient ailleurs…
A voir ce beau monde s’agiter, on pouvait se demander combien de coups de pédales supplémentaires il nous faudrait pour refaire le retard de ce week-end.

16 septembre 2007

Un sinistre mâle.

-Monsieur Joseph Soiffard, vous êtes parlementaire wallon et à ce titre, qu’est-ce que la fin de la Belgique représenterait pour vous ?
-Un désastre, Monsieur Jean-Claude Médias… un désastre si nous ne prenons pas immédiatement un arrêté régional concernant la pension de survie.
-C’est bien de vous intéresser aux veuves et aux petites pensions.
-Non, Monsieur Médias, nous pensons à la pension de survie des parlementaires du système actuel. Si les Flamands retirent leurs billes, pourrons-nous poursuivre le paiement des salaires et des retraites de nos ministres et parlementaires ? Personnellement je ne le crois pas.
-Que souhaiteriez-vous, Monsieur Soiffard ?
-Que nous garantissions les revenus des catégories sociales menacées comme les ministres et députés sur le régime des pensions actuel.
-Attendez, Monsieur Soiffard, si je comprends votre raisonnement, vous souhaiteriez garantir vos revenus et pensions sur la masse financière globale du régime général des pensions !
-C’est cela Monsieur Médias.
-Mais c’est honteux, vous prendriez l’argent des petites pensions pour garantir les vôtres !
-Nous sommes à un tournant de notre vie communautaire. Demain, il n’y aura peut-être plus de Belgique. Nous aurons besoin de parlementaires wallons forts et préparés au nouveau combat qui se dessine… Que diriez-vous d’un parlementaire amateur ? C’est-à-dire quelqu’un qui s’occuperait de ses concitoyens après journée ? Pour le pensionné parlementaire, c’est pareil. Quand on a gagné 10.000 euros par mois – c’est un minimum – on ne peut pas vivre avec moins de la moitié. Vous voulez tarir l’initiative de ces anonymes qui se dévouent pour la collectivité wallonne ? Nous nous donnons à fond. Il nous faut des compensations. C’est logique.
-Vous comptez faire passer cette loi quand ?
-Monsieur Médias, vous pensez bien que nous ne sommes pas assez naïfs pour en faire une loi avec toute la fâcheuse publicité des mauvais citoyens dont ce pays regorge. Non. Nous rédigerons un règlement intérieur, comme les assurances et certains fournisseurs de gaz et d’électricité font, nous agirons par assignation domiciliaire automatique.
-Voyons, monsieur Soiffard, vous n’allez pas me dire que vous prélèverez la dîme sur les comptes courants de vos administrés sans que ceux-ci puissent intervenir ?
-Mais, ne vous affolez pas, Monsieur Médias. Cela se fait couramment. A-t-on demandé l’avis par référendum aux Liégeois concernant l’extension de la justice dans les horribles bâtiments que les bétonneurs nous construisent place Saint-Lambert ? A-t-on demandé l’avis des gens pour laisser la justice s’étaler dans les salles du palais des Princes-Evêques dont le destin a toujours été muséal et qui à cause d’elle ne le sera jamais ? Nous n’en sortirions plus… Il faut bien trancher sur ces questions.
-Et vous tranchez.
-C’est comme ça. Nous tranchons.
-La gare des Guillemins et ses environs ?
-Nous avons tranché. Nous l’appellerons gare Steve Stevaert, du nom du gouverneur du Limbourg ou Liège-Limburg.
-C’est la politique des tranchées, en quelque sorte ?
-Voilà, Monsieur Médias, nous sommes en campagne. Puis-je à mon tour vous poser une question ?

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-Allez-y donc.
-Combien gagnez-vous par mois ?
-2.300 euros. Pourquoi cette question ?
-Selon notre grille de référence et compte tenu de votre salaire moyen, si la Belgique n’existait plus et qu’entrerait en vigueur nos arrêtés, vous n’auriez qu’un prélèvement automatique de 53 euros 90, avouez que c’est modeste…
-Néanmoins et contre votre attente, monsieur Joseph Soiffard, je souhaite qu’elle continue dans ces conditions.
-C’est votre droit, monsieur Jean-Claude Médias. Pourtant, et ce sera mon dernier exemple, vous avez contribué en tant que citoyen ordinaire à l’achèvement du circuit de Francorchamps à raison de 17 euros 92. Cette opération a été indolore pour vous. Résultat, nous avons le plus beau circuit du monde.
-A ce propos, Monsieur Joseph Soiffard, il y a 3 euros 56 par contribuable qui n’entrent pas dans le décompte des frais de construction du circuit. Où sont-ils passés ?
-Cela fait partie des plus-values que nous accorde la Constitution sous forme de mandats extra-parlementaires.
-Mais, l’Etat vous paie déjà dans sa grande générosité démocratique pour le travail que vous faites !
-Et alors, monsieur Soiffard, que faites-vous de la rétribution du talent ?
-Alors là, chapeau, Monsieur Soiffard, pour avoir du talent, vous avez du talent. Il faut en avoir pour ne pas, dans votre situation, finir au tribunal prévenu d’escroquerie…

15 septembre 2007

Enfin, un commerçant heureux !

-Monsieur Melchior Limbourg vous fabriquez des drapeaux à Verviers depuis combien de temps ?
-C’est la sixième génération. Nous avons fourni nos premiers drapeaux à la grande Armée. Mon arrière grand père Melchior…
-Tous les garçons s’appellent Melchior ? Comme chez les Wathelet ?
-Nous avons été les premiers, Monsieur. Du reste, j’ai fait une pétition l’année dernière pour que tous les enfants qui naissent sur le territoire de Verviers s’appellent Melchior. Ainsi, il n’y aura plus de jaloux.
-C’est Radio Laine qui m’envoie pour vos drapeaux, pas pour vos Melchior. Vous êtes de dernier drapier à Verviers et vous êtes en faillite !!!
-C’était vrai la semaine dernière. Nous avons vendu trois drapeaux belges en 2006 et deux cette année.
-Ce n’est plus vrai cette semaine ?
-On a enfin reconnu la qualité de nos drapeaux en polyester résistant, les coutures sont renforcées et les bords sont doubles. Deux trous avec oeillets métalliques sont prévus pour suspendre le drapeau.
-Je suppose que ce n’est pas pour ça qu’on vous les achète ?
- Non. Depuis quelques jours nous recevons de jeunes gens installés au Nord du pays énormément de commandes. Ils veulent des « Koninkrijk België ».
-Vous savez à quoi ils les destinent ?
-Monsieur Laine, j’étais un commerçant près de mettre la clé sous le paillasson. Un Melchior Limbourg, le dernier en exercice réduit à la fermeture !... Entre parenthèse, ce n’est pas le cas des Melchior de l’autre famille. Eux, ils se sont contentés d’en parler et ils en vivent bien du drapeau, nous, nous l’avons fabriqué, et ma femme fait des ménages. Soudain, voilà des jeunes gens qui passent commandes sur commandes, pourquoi faire ? Je n’en sais rien. Il paraît que le drapeau « Koninkrijk België » revient en force dans les Flandres. Et que j’ai remis trois piqueuses et deux biaiseuses au travail ! Monsieur Melchior Wathelet m’a téléphoné hier, pour me féliciter…
-Pardon, Monsieur Melchior Limbourg, ces jeunes gens, comme vous dites, ont mis à la mode de brûler des drapeaux belges depuis que le week-end dernier à Grand-Bigard des jeunes affiliés de la NV-A, le parti associé au CD&V, ont fait un grand feu avec nos trois couleurs.
-Ils m’ont payé, Monsieur Laine. Ce qui m’étonne, c’est qu’ils ne m’ont pas demandé des hampes, en bois évidemment. Fournis avec la hampe, ils devraient mieux se consumer.
-Mais enfin, monsieur Limbourg, ils ont profané nos couleurs ! C’est une honte ! Où va la Belgique ?
-…dans le temps, on en faisait encore en coton coloré. L’acrylique et le polyester brûlent assez vite et produisent des suies noires et qu’un moindre coup de vent disperse. Tandis que le coton !... monsieur Laine, les tissus de Verviers ne sont plus ce qu’ils étaient…
-Vous comptez les approvisionner encore ?

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-Radio laine m’en acheté un en 1978. Si vous croyez que je peux me nourrir avec vous !
-Ce sont des jeunes membres du parti de Bart de Wever. Ils veulent la fin de la Belgique !
- Une majorité de Flamands veulent maintenir la Belgique unie. Ces jeunes gens, s’ils n’avaient pas pensé brûler le drapeau n’auraient jamais eu l’occasion de saisir à bras le corps notre drapeau national, fait à Verviers, chez Melchior Limbourg !...
-Sur les photos publiées, on voit l’explorateur royal Herman Van Rompuy, en qualité de membre du CD&V, animer un atelier au cours de ce même rassemblement de Grand-Bigard !
-C’est un comble, vous me reprochez de vendre des drapeaux destinés à être brûlés sous les yeux de l’explorateur du roi ! Dites donc, monsieur Laine, c’est ainsi que vous promouvez le textile verviétois ?
-Brûlé pendant la fête nationale !
-Pour celui-là, certes, mais les autres, je les ai vendus après…
-Où allons-nous ?
-Vous, je ne sais pas, mais moi, je vais brûler un cierge à Saint-Martin, patron des drapiers, des couturiers, des tailleurs, des gantiers et des tisserands.

14 septembre 2007

Deux crises pour le prix d’une…

Une fois de plus le système économique est en crise. Les partis de gauche devraient en profiter pour dénoncer l’imposture et la foncière malhonnêteté du capitalisme, les augmentations des prix qui mordent sur les petits salaires, la course à l’abîme du rendement et du moins cher produit, les monstruosités que sont les prélèvements obligatoires des Etats dits démocratiques, moins pour redistribuer les fruits du travail aux plus démunis que pour gaver les sangsues qui nous vident de notre sang sous prétexte qu’ils nous dirigent, bref l’égoïsme en guise de morale..
Eh bien ! non. Rien de tout cela. Dans le fond, tous les partis de gauche au pouvoir sont des partis qui appliquent à la lettre la doctrine de Rocard, à savoir sachons nous intégrer quelle que soit la situation. Cela porte un nom : c’est de l’empirisme, un dégoûtant empirisme.
Donc, badaboum, crise financière de l'immobilier spéculatif américain aux Bourses mondiales, hausse du baril de brut, hausse catastrophique des denrées alimentaires, blés, légumes, de la viande, des loyers, tous les ingrédients pour charger un peu plus le dos des pauvres, sous prétexte qu’ils ont bon dos…
Les économistes, une fois de plus, nous ont pris pour des imbéciles en affirmant que le marché des crédits immobiliers américains n'auraient d'autres conséquences que dans ce secteur et dans ce seul pays.
Enfin, le 10 septembre, le journal « Les Echos » reconnaît la faille sous nos pas : depuis plusieurs semaines les Bourses du monde entier dévissent : -12 % de la mi-juillet à la mi-août, et ça continue. Les banques centrales, appelées à la rescousse de la finance mondiale, ont déjà mis à sa disposition des centaines de milliards de dollars et d'euros.
Premier constat, le capitalisme n’est pas cette chose sans état d’âme qui régule par le marché de l’offre et de la demande les aspérités de l’économie. Quand vous ne pouvez pas payer les traites de votre voiture, un huissier vient saisir votre véhicule et sur sa lancée les meubles et les bibelots qui sont vendables. Quand une grande banque est en faillite virtuelle, c’est l’Etat qui accourt la renflouer avec notre argent, sans rien lui demander.
C’est ce qui s’appelle compenser un déséquilibre momentané pour éviter l’effet domino.
Allez raconter à votre banque que vous êtes en déséquilibre financier momentané, pour voir si on va vous croire ? Sinon, le bois de rallonge se fera à du 17 ou 18 %, ce qui avant la mondialisation s’appelait de l’usure.
Ainsi, les banques centrales ont ainsi englouti des centaines de milliards pour sauver des spéculateurs du monde entier, parmi lesquels de très grandes banques et multinationales.
Des escrocs au service d’autres escrocs, en quelque sorte.
Il est vrai que durant cet été le système spéculait fonctionna à tout va sur la brique, sur le fuel, sur l’acier… et sur notre connerie de pauvres trimards de l’horloge pointeuse.
Alors la « bulle » immobilière outre-Atlantique faisait les beaux jours de la voyoucratie d’argent qui galopait au train des Etats-Unis. Ils se payaient sur la bête resplendissante avec en la dépeçant dans les premiers couteaux : la perspective de rapides profits, les prix immobiliers flambant, tous au plus chauds comme la bite d’un marin saoul au cul de la première pute croisée sur un wharf.

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Tels les morpions collés aux poils du pubis, les ménages américains s'endettèrent sur le conseil des banquiers. Il est ainsi, le ménage américain, une grande candeur et une foi sans limite dans le capitalisme mondial. Forcément, puisque jusqu’à hier, le marché américain était dominant. Les banques n'ignoraient pas que certains emprunteurs ne pourraient pas les rembourser s'ils perdaient leur emploi ou si les taux de crédit s'envolaient. Mais, tant que les prix de l'immobilier grimpaient, les emprunteurs pouvaient revendre leurs maisons, la banque y trouvant son profit, comme d'ailleurs une foule d'intermédiaires. La banque, c’est comme un bar, il y a toujours un maquereau qui traîne… Celui-ci fit semblant de jouer le jeu et mit de côté des gains sûrs pour racheter à bas prix aux pigeons à sec de liquidités.
Le bout de gras n’est pas éternel. Une récession, un chômage accru, des prix de l’immobilier qui redescendent et voilà le rêve spéculatif qui crève entraînant la multitude de gogos à la ruine.
Chez l’Amerloque naïf, au second trimestre de cette année, 600 000 emprunteurs « subprime » n'arrivaient plus à rembourser leur crédit. Une banque d'investissement dut fermer deux de ses fonds saturés de « produits » financiers. Puis ce fut le tour d'une grosse société de courtage immobilier, qui se plaça sous la protection de la loi américaine sur les faillites. La bulle spéculative se dégonflant plus vite qu'elle n'avait pris forme, la BNP Paribas, comme bien d'autres, annonçait, le 9 août, qu'elle fermait trois de ses fonds « dynamiques »... une semaine après que son président eut prétendu qu'il n'avait pas de problème !
Après la pause de l’été, au cours de laquelle les voyous qui nous dirigent tentaient d’éteindre le feu qui couvait, le voilà reparti de plus belle, au point que nous n’imaginons pas avec notre crisette et nos complexés flamands.
La menace d'une récession se confirme donc, et Di Rupo devrait se magner le cul pour changer de discours. Le FMI, ce 10 septembre, annonçait « un impact négatif modeste sur la croissance », poursuivant par cette appréciation qui veut tout dire : « Cela ne veut pas dire que ce sera indolore. »
Nul ne sait jusqu'où peut aller la crise. On est beaux avec notre plan Marshall qui foire déjà sans l’ajout de la récession, un gouvernement qui mûrit dans le fromager de Van Rompuy et les nécessaires augmentations des pensions et des petits revenus qui tardent.
Bien entendu les experts économiques n’ont rien vu venir, en cause leur connerie congénitale mais aussi, à leur décharge, le système capitaliste, lui–même qui échappe à tout contrôle.
Déjà le « miracle » américain de l’emploi s’est arrêté, mais encore la machine repart en arrière produisant 4000 largués rien que dans la période du 1 au 10 septembre.
Voilà ce qu’en dit Pierre LAFFITTE, expert en la matière : « L'irresponsabilité, la dangerosité pour l'humanité des tenants du système capitaliste, on en a une nouvelle illustration avec ce qui n'est déjà plus l'éclatement de la bulle spéculative immobilière aux États-Unis et qui pourrait déboucher sur une récession mondiale aux conséquences aussi dramatiques qu'imprévisibles. »
Et pendant ce temps, le PS, à Mons, a vécu la plus grande parade techno de wallonie.
Il y a des jours…

13 septembre 2007

La France terre d’asiles ?

Selon une idée originale de Jean-François Kahn, Sarkozy serait fou !
C’est bien possible après tout. La France a toujours eu le chic d’élire des présidents déjantés et à la limite déséquilibrés, le pompon ayant été attribué à Paul Deschanel.
Voici le fait-divers dont il fut la victime et l’auteur.
Le président devait se rendre en train à Montbrison, le 23 mai 1920. Vers 23 h 15, s'étant penché par la fenêtre de son compartiment, Paul Deschanel chute accidentellement hors du wagon. Le convoi circulait à relativement faible allure dans une zone de travaux à Mignerette, près de Montargis.
Hagard et vêtu d’un pyjama, Paul Deschanel rencontre André Radeau, un cheminot qui surveille la zone de travaux, et auquel il se présente comme président de la République. L'image des hommes publics à l'époque est peu diffusée, le cheminot se montre sceptique – il croit avoir affaire à un ivrogne – mais conduit l’homme en pyjama à la maison du garde-barrière toute proche. Vu son état, le voyageur est colloqué dans une chambre. Le garde-barrière, Gustave Dariot, impressionné par l’insistance de l’inconnu, prévient la gendarmerie de Corbeilles. Pour l’anecdote, la femme du garde-barrière aurait dit à des journalistes : « J'avais bien vu que c'était un monsieur : il avait les pieds propres ! »
Un autre loustic élevé au fauteuil suprême, Félix Faure, serait mort de la même manière que Philippe d’Orléans, régent de France qui fut pris d’un malaise mortel en ahanant sur le corps charmant de madame de Parabère. Le président, plus démocratiquement, le fut sur celui d’une roturière, Marguerite Steinheil, épouse du peintre Adolphe Steinheil, au palais de l’Elysée le 16 février 1899.
C’est dire que la fonction n’est ni plus ni moins humaine qu’une autre.
L’infaillibilité du suffrage universel pourrait parfois être une bourde collective des plus délicates quand on considère certains choix qui s’avérèrent désastreux.
On n’en est pas encore là avec Sarkozy, sauf que l’entrée en fanfare à l’Elysée cache mal les rapports difficiles que le président entretient avec son épouse Cécilia. Ce qui pourrait nous donner dans l’avenir de grands soirs de dispute publique.
C’est plutôt sur la manière de présider, et voir le cas Sarkozy de façon plus sérieuse, qu’il faut se demander ce que J.-F. Kahn entend par « Sarkozy est fou. » ?
L’ouverture politique dans le vivier des gauches par un homme de droite n’est pas neuf. Mitterrand s’y était essayé du temps de Rocard, comme de Gaulle avant lui.
Après les UDF Christian Blanc et André Santini, qui avaient ouvertement laissé tomber Bayrou, voici les socialistes avec le sénateur-maire de Mulhouse Jean-Marie Bockel, la vedette Bernard Kouchner, et encore quelques autres : Eric Besson, Jean-Pierre Jouyet et Martin Hirsch. Il faut ranger parmi les inédits, le coach Bernard Laporte de l’équipe de France de rugby, Rama Yade et Fadela Amara de « Ni pute, ni soumise ».
Cela ne signifie pas que Sarko est fou, mais que la cohérence recherchée n’est pas celle qui arrange un premier ministre, plutôt un président animé d’un ardent et constant souci de publicité.
Et c’est peut-être ce côté particulier de la personnalité de Sarkozy qui fait dire à Kahn que le président est fou.
D’autant que les effets d’annonce des grandes réformes promises sont contredites par les mesures effectivement en train de se mettre en place et qui n’apparaissent pas avoir l’ampleur des chantiers promis.

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La folie dispendieuse de Nicolas Sarkozy pourrait être un facteur de la paranoïa. Cette folie dispendieuse rejoindra-t-elle un jour la mégalomanie de l’enfant prodigue, cette forme de la schizophrénie que les psychiatres classent parmi les démences non hallucinatoires et non dépressives ? Peut-être y a-t-il des signes : le yacht de son ami milliardaire, les vacances aux Etats-Unis ? Folie des grandeurs ou originalité et sens de la liberté ? On le verra bientôt. Mais déjà, pour un homme qui soigne son image, voilà bien une première contradiction. A moins qu’il ne cherche une popularité a contrario de celles de ses prédécesseurs ou qu’il ait estimé que les vacances de Chirac dans un hôtel pour les magnats du pétrole n’avaient pas tellement nui au personnage ? Même si l’opinion, entre la politique gesticulatoire de Sarkozy et la politique réflexive qui aurait été celle de Ségolène Royal, tranchait en faveur de cette dernière, il est bien trop tard aujourd’hui de revenir en arrière. Et si Sarko donnait des signes de dérèglement avant les élections, il serait logique que le public l’acceptât après. N’a-t-on pas applaudi aux extravagantes propositions du candidat comme les réalisations futures du président ? Le point de rupture se situera en 2008, à l’heure du premier bilan, puisque le président s’est désigné comme le seul responsable. La faiblesse du diagnostic de la médecine, qui observe principalement chez le paranoïaque, la vanité, la susceptibilité, la méfiance et un égoïsme proche de l'autisme, pousserait le public à l’erreur ; car, le paranoïaque peut développer parallèlement une perception fine et talentueuse de la politique et convenir parfaitement à toute situation. Sarkozy croit à " La France se donne à celui qui la désire le plus. » C'est une grande vérité de la politique : la volonté y a un sens : la soif du pouvoir ; de sorte que le vrai sens du pouvoir n'est autre que le désir de le conquérir. Et en cela, Sarkozy par son parcours, est un champion. Les champions sont-ils fous ? Il faudrait poser la question à J.-F. Kahn.
12 septembre 2007

Qu’on ne se méprenne pas…

Gastounet va mal interpréter, je le sens, la matière d’aujourd’hui.
Est-ce qu’on est là pour se taire quand on sait que ça ne va pas plaire à tout le monde, ou bien profitant du moment de tout dire, on se lâche tout d’une traite jusqu’au bout ?
Je n’ai jamais pu me taire et je n’ai jamais agi par calcul.
Cependant, seule précaution, les gens qui pourraient se croire soutenus dans leurs actions par ce que je vais écrire, se tromperaient lourdement.
Je défends le droit à l’expression, même aux partisans de l’extrême droite. C’est tout.
Quel mouche a piqué Freddy Thielemans, bourgmestre de Bruxelles, d’interdire une manifestation contre "l'islamisation de l'Europe » ?
Selon les gazettes, il y avait plus de policiers et de journalistes que de manifestants, c’est-à-dire quelques deux ou trois cents personnes, alors que l’extrême droite espérait 20.000 crânes rasés !
L’interdiction de Thielemans était du pain béni pour les parlementaires européens de droite, les Vlaams Belang et les « Front National », venus expressément pour qu’on les photographie menottés et emmenés par la police pour interrogatoire.
Freddy le gaffeur organisa même une conférence de presse pour justifier son interdiction et féliciter le personnel de la Ville pour son sang-froid.
Rien que du beau linge, Rond-point Schumann, avide d’interpellations médiatiques : le président du Vlaams Belang, Frank Vanhecke, Filip Dewinter, l'Italien de la Ligue du Nord Mario Borghezio et le Français du Front National Carl Lang, faisaient partie du lot de 154 personnes en arrestation administrative.
L’arrestation administrative, c’est chouette pour la pub d’un député d’extrême droite. On l’embarque de façon spectaculaire pour le faire sortir par la petite porte de l’amigo après dix minutes de mascarade.
Si Thielemans n’était pas tombé dans le panneau, on n’aurait pas parlé des buts poursuivis des manifestants, dont le plaidoyer est maintenant dans tous les journaux : "Les gouvernements ne veulent rien faire contre l'islamisation de l'Europe, phénomène mortel pour notre civilisation. Leur seule initiative, c'est de réprimer ceux qui s'y opposent", dixit Michel Hubault, membre du bureau politique du Front national présent à la manifestation.
Nous voilà au courant. Merci, monsieur Thielemans.
C’est tout à fait dans la ligne des enfoirés qui se disent pour les libertés et qui commencent par les interdire.
Résultat, ce que dit Anders Gravers, un type que je ne sais pas blairé de l'association "Stop the Islamisation of Europe" : "Je suis choqué, je croyais que nous étions dans un pays démocratique", m’oblige à m’aligner sur ce qu’il dit à cause de ce que je crois être le droit absolu de chacun à l’expression.
Le comble, cette manifestation dont Thielemans se vante qu’elle n’a pas eu lieu, a été interprétée comme bien réelle par le secrétaire général du Conseil de l'Europe Terry Davis qui a dénoncé la manifestation de mardi, comme "honteuse démonstration de sectarisme et d'intolérance".
On reste frappé des mots employés « sectarisme et intolérance » comme si empêcher des citoyens, même si on ne partage pas leur opinion, de manifester dans la rue, n’était pas une autre forme de sectarisme et d’intolérance !
On le voit bien dans ce pays, la crainte majeure des dirigeants est que le racisme et l’extrême droite ne fassent boule de neige et ne s’emparent des quartiers pauvres.
Ce n’est pas à coup d’ukases qu’on va régler le problème du racisme ; mais, à coup de réformes sociales et d’élévation progressive des niveaux de vie les plus bas.
Ils ont opté pour des slogans, des affiches ridicules et des interdictions, plutôt qu’appeler à la réflexion et au débat.
Qui n’est pas - dans ceux qui réfléchissent - contre le racisme ?
Pendant ce temps, la foule chamboulée par l’avalanche des multicultures et des incultures, des misères importées et des misères autochtones, vit mal des cohabitations ethniques, dans un environnement qui se dégrade.
Cela va si mal dans les quartiers de Liège et d’ailleurs, qu’on se demande si les véritables racistes ne sont pas au pouvoir ? Et si la pire des ségrégations ne s’est pas faite déjà entre le bourgeois et le chômeur ?

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Et qu’enfin la gauche, représentée à tous les niveaux de pouvoir par essentiellement le parti socialiste, n’est pas la première source raciste de ce pays, bien plus « active » que le Vlaams Belang, par la mauvaise volonté qu’elle met à ne pas dénoncer la différence d’accès à la culture et au bien-être qui existe entre les citoyens privilégiés et ceux qui ne le sont pas
Ce racisme souterrain, sournois, comment le dénoncer, comment le combattre, sinon en appelant le parti et le syndicat dits de gauche à se ressaisir.
Le peuvent-ils encore ? On se le demande...

10 septembre 2007

Douleur sur tabloïd.

S’il faut se garder d’aborder les faits divers sans une bonne couverture d’informations si possible originales – personnellement, je pense que les blogs ne sont pas faits pour ça – certains faits- divers sont particulièrement éclairant des mœurs en général et de la presse people en particulier.
Il ne sera pas question ici de la responsabilité ou de la non responsabilité de la famille McCann dans la disparition de la petite Maddie. Parce qu’il me paraît tout à fait indécent de trancher la question du haut d’un « mal savoir » de lecteur et de rejoindre un des deux camps qui se font face, l’un croyant à l’innocence de la famille, l’autre à sa culpabilité.
On peut tout simplement déplorer que cette petite fille soit disparue et faire des vœux pour qu’on la retrouve et à défaut, l’auteur de sa disparition.
Par contre, une affaire qui prend une tournure internationale et relève plus de la presse people que de la bonne presse d’information, c’est intéressant à commenter.
Pourquoi le drame d’une famille à la recherche de son enfant, a-t-il pris soudain de telles proportions ?
Que je sache, quand Child Focus, le Centre Européen pour Enfants Disparus et Sexuellement Exploités, lance un avis de recherche : qui déplore la pauvreté des moyens mis en œuvre ?
Personne ! On regarde à peine l’affichette à la vitre du bus ou à la vitrine d’un magasin.
En réalité, cela n’intéresse pas, ou peu, parce qu’une disparition a pour cadre, neuf fois sur dix, un milieu modeste. Ce n’est pas de nature à émouvoir le public des tabloïds.
Mais les MacCann font partie d’une classe sociale aisée. Ils sont médecins. Cette profession suscite encore l’admiration béate des lecteurs de tabloïds qui ont échoué en 3me technique. Ces parents ont les moyens de prolonger indéfiniment leur séjour et d’ameuter l’opinion publique. Dès lors, les gazettes sentent l’événement négociable en kiosque. Et c’est parti…
D’autant qu’ils sont jeunes et que Kate et Gerry McCann sont photogéniques.
A vrai dire, la mère, peut-être dans la démarche louable de remuer ciel et terre pour retrouver Maddie, s’expose, parle aux photographes, exhibe le nounours de sa fille.
Du coup la planète entière s’enflamme. Des célébrités proposent leur concours.
La presse britannique, celle qui comptait les tampax de Camilla dans la poubelle de Charles du temps où Lady D s’accouplait avec Dodi Al-Fayed, suit l’affaire comme un loup, la meute.
Les enquêteurs portugais piétinent. Mais, ils sont félicités pour leur professionnalisme. Des reporters sont à demeure à Portimao, dans le sud du Portugal, le lieu du drame !.
Les Portugais acclament Kate dans ses nombreux bains de foule. Parfois, la caméra, qui suit ses moindres faits et gestes, s’attardent sur le visage d’une grand’mère en larmes, parmi la foule des anonymes.
Un Anglais qui réside à proximité de l’hôtel est suspecté. On retourne sa maison. On fouille son passé et, horreur ! il a été condamné jadis pour faits de mœurs.
Finalement, il est relâché. Ce n’est pas lui. Il ne lui reste plus qu’à déménager et changer de nom.
Rebondissement spectaculaire : « La police portugaise soupçonne la mère d’avoir accidentellement tué sa fille. »
Du coup l’opinion se partage en deux camps. Qu'elle soit coupable ou innocente, pour les deux camps, la conviction est faite. Autant elles l’avaient acclamée, les grand’mères conspuent la jolie Kate.

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Que vont faire les tabloïds anglais ? En effet, le rebondissement les inquiète.
Un coup d’œil par la fenêtre d’une maison de Rothley, petit village britannique, lieu de résidence des McCann, suffit aux journaux people pour les convaincre de l’innocence du couple et comme ils ne publient qu’en anglais…
Quoique les éléments de l’enquête de la police portugaise proviennent des laboratoires anglais, voilà les flics de Portimao taxés d’idiots !
A Rothley, c’est clair, Kate est innocente et les grand’mères portugaises sont des hystériques.
Estimant le vent en train de changer, les Mc Cann qui avaient juré de ne pas quitter le Portugal tant qu’on n’aurait pas retrouvé Maddie, s’engouffrent dans un avion pour l’Angleterre.
La magie de la dévotion à la mère malheureuse, les McCann la retrouveront à Rothley. Protégés par un bobby devant leur confortable résidence qui ne laisse approcher que les habitants du village, les Mc Cann voient s’entasser les gerbes que des voisin déposent à leur porte. Tandis que la meute des photographes campe sur le trottoir d’en face.
Les McCann sont embarrassés. Ont-ils bien fait d’en appeler à la terre entière de leur malheur ?
Les grandes douleurs sont muettes. C’est toujours risqué d’attirer l’attention des médias sous prétexte que l’opinion publique peut aider.
Dans cette affaire qui fera école, il n’est pas interdit de penser qu’un peu de recueillement et de modestie valent parfois le bruit et la fureur. Hélas ! les milieux de la jet set, les classes supérieures, les manieurs d’argent en général, aiment qu’on parle d’eux. Ils leur semblent gagner en notoriété en faisant plaisir au peuple d’être si glamour.
C’est exactement ce que pensait Saddam Hussein.

Tout baigne...

-On était à Utopia, ce dimanche midi sur la Une.
-Le meilleur des mondes est impossible.
-Les « pour » la Belgique ont tort.
-Les « contre » aussi.
-Ils avaient oublié d’inviter Gendebien.
-C’est comme si les Rattachistes n’existaient pas.
-C’est un peu fort…
-Est-ce que c’est la solution ?
-Non. Mais elle méritait d’être au rang des autres utopies.
-C’est comme le communisme. Il n’aurait jamais dû y avoir un pays pour le mettre en pratique.
-Oui. La théorie était formidable à elle seule. Elle n’avais pas besoin de réalisation.
-Le rêve se serait poursuivi indéfiniment. Marx aurait été le philosophe de référence…
-La Flandre n’a pas besoin de passer à l’acte et vouloir un Etat indépendant. Tant qu’ils ne mettront pas leurs idées en pratique, ils auront l’adhésion des Flamands.
-Leur concept part d’une idée fausse. Celle qui consiste à dire que le flamand est une langue.
-Ah bon ! Qu’est-ce que c’est ?
-Un dialecte, comme le wallon. Est-ce qu’on a fait des histoires quand les gens se sont mis à parler le français en Wallonie ?
-Que doivent-ils faire ?
-Se mettre au néerlandais comme nous nous sommes mis au français.
-C’est ce qu’ils font.
-Oui, mais avec un mauvais cœur. Ils changent les règles, l’orthographe. Les Néerlandais ne s’y reconnaissent plus. S’est-on insurgé contre l’Académie française ?
-En les écoutant dimanche, aucun ne parlait correctement le français. Ils peuvent bien se vanter d’être bilingue et nous pas.
-On se demande quelle est la langue qu’il parle ?
-On ne sait pas. Et ils voudraient qu’on fasse comme eux : parler une langue dont on ne sait pas si on la parle ?
-Que parle-t-on alors ?
-Tout le monde l’ignore. Eux les premiers. C’est pour ça qu’elle mérite d’entrer dans le patrimoine de l’humanité, à titre de sauvegarde des mystères de Babylone.
-Un Flamand cohérent devrait vouloir à l’avenir la disparition des frontières linguistique, ainsi on ne saurait plus s’il faut parler français ou flamand, dans tel ou tel endroit. De sorte qu’on se comprendrait partout pareil.
-On ne pourrait plus faire le décompte des subsides qu’un Flamand actif verse à un Wallon chômeur.

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-Moi, qui suis de gauche, je ne suis pas d’accord avec les patrons quand ils déclarent ne pas vouloirs la scission de la Belgique.
-Pourquoi ?
-Parce que c’est louche. Et quand ils disent « oui », moi je dis « non ».
-Comme ça ?
-C’est comme se jeter dans les bras de Sarkozy !
-Tu n’es pas pour la France ?
-Si, monsieur, mais pas pour Sarkozy.
-Alors, que préconises-tu ?
-Rien.
-Tu es pour le statu quo ?
-Van Rompuy me plaît bien.
-C’est un type de droite aussi.
-Et alors ! Voilà trois mois qu’on est sans gouvernement. Ce n’est pas pire qu’avant. Avec lui, on sent qu’il aime le pouvoir et comme il ne sera pas premier ministre, il fait durer son plaisir d’explorateur.
-Ce n’est pas mieux non plus.
-Ce n’est ni l’un, ni l’autre… une sorte de no man’s land. On n’embête plus les gens avec de nouvelles lois, pour une fois les revenus baissent sans que les taxes n’augmentent. C’est un progrès, non ? Avant les revenus baissaient et on devait payer des taxes en plus…
-Et la Belgique dans tout cela.
-José Happart l’a dit : le Circuit de Francorchamps est le plus beau du monde, Justine Hennin est la meilleure tenniswoman à l’ATP, le succès de Bierset est proportionnel au nombre de survols illégaux de Bruxelles par des avions qui transitent par Zaventem. Donc, l’agenda est plein.
-Il est comme ça, Happart. Il part dans un raisonnement, se perd en cours de route et nous avec lui et on est tout content quand il s’arrête !...
-Quel est le rapport avec l’avenir de la Belgique ?
-Aucun. Ce sont des petits morceaux d’un puzzle. Chacun a sa boîte de jeu. De Decker, toujours bien propre sur lui, est pour que continue sa petite vive pépère à d’Uccle. Une cinquantaine d’associations flamandes ont rassemblé leurs forces dans le Centre de Concertation des Associations Flamandes (OVV) pour une 'Flandre, état d'Europe', comme José Happart pour une Wallonie, région d’Europe, mais dans une autre association. Si on demandait l’avis du roi, il serait pour rester au château du Belvédère encore un bon bout de temps. Gendebien se voit déjà à l’Elysée reçu par Sarko. Etc.
-Tout baigne. Chacun reste dans sa petite bulle à se faire son petit cinéma.
-Sauf que s’ils sont les héros de leur grand film, qui est le héros du mien ?
-Tu voudrais bien que ce soit toi ?
-Oui, mais ils s’en foutent.

9 septembre 2007

Oussama rempile !

Il commençait à nous manquer. Le voilà rajeuni, moins milliardaire saoudien que jamais. Qui ? Mais Oussama Ben Laden !
Sa barbe poivre et sel de prophète prométhéen de haute montagne est redevenue d’un noir de geais, à croire que Di Rupo lui a filé le nom de son coiffeur montois.
Foi de milliardaire, où ce cher Oussama planque-t-il son pognon ? Des bruits jadis circulèrent, des noms de grandes banques américaine furent même avancés. Depuis le 11 septembre 2001, c’est le mystère. On suppose que les prête-noms ne manquent pas.
-Allô les Iles Caïman, ? J’ouvre un compte de dix millions de dollars.
-Pour le compte de qui ?
-On ne sait pas. Je suis mandaté par un type qui a une barbe assez soignée.
-D’accord. Si vous voulez signer ici…
L’année dernière, des paras français en mission en Afghanistan, pouvait intercepter Oussama dans un hôpital. Ils n’avaient pas la mission de l’interpeller. Ils ont demandé aux Américains ce qu’ils devaient faire. Ils attendent toujours la réponse.
Serait-il mort ? Mais alors qui a-t-on identifié comme étant Oussama ? Son jumeau, comme les Happart qui sont deux avec un seul cerveau ou les frères Kaczynski qui dédoublent en Pologne le père Ubu ?
Enfin, le Ben Laden que l’on a vu est en examen de voix au FBI. La place de Pavarotti est vacante.
Le public a vu un barbu triste qui semblait lire un texte d’une voix monocorde. Bush est persuadé que c’est lui, son jumeau musulman !
Il n’a pas été chargé officiellement de le reconnaître, mais il en est sûr. Aussi certain qu’il y avait une bombe atomique en préparation en Irak, qui justifiait amplement une intervention. Et si on ne l’a pas trouvée, c’est Oussama qui l’aurait emportée dans les confins afghans aux fins d’être étudiée et reproduite à plusieurs exemplaires.
Bush a besoin d’un scénario catastrophe pour terminer son mandat. Quand le président USA dépeint la virulence du terrorisme d’Al Qaeda, il est absolument nécessaire pour qu’il soit crédible, qu’Oussama ne relâche pas ses sphincters. Or, s’il disparaît ou s’il est capturé, c’est toute la campagne d’Irak qui ne se justifie plus. La vision de Washington est claire : c’est Oussama qui a repris le témoin des mains de Saddam Hussein.
Il est la coqueluche du bureau ovale. C’est lui le nouveau faire-valoir du président US.
Oussama sait que c’est un métier difficile et que le jour où il ne servira plus les intérêts de Bush, le FBI lui règlera tout de suite son affaire. La responsabilité est grande.
Alors, plus intégriste qu’Oussama tu meurs…
On ne sait pas si le président français, Nicolas Sarkozy a délégué Cécilia auprès d’Oussama pour qu’il parle au moins une fois de lui sur la cassette, toujours est-il qu’il en a parlé. C’était l’essentiel pour le Français.
Le chef spirituel des kamikazes intégristes est apparu en djellaba et chemise comme mon épicier du coin de la rue qui depuis l’enlève pour dormir afin qu’il n’y ait point de confusion avec l’autre dans le lit conjugal.

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Pour le reste, l’homme le plus recherché de la planète est assis à une table IKEA, avec derrière lui le décor brun d’une cantine de Mittal-Arcelor qu’on trouve facilement dans le bassin liégeois.
Peut-être notre homme est-il tout simplement en Belgique où vivre sans papier ne doit pas constituer un problème pour lui ?
En treillis militaire, il ne faisait pas dix pas à Bruxelles. En djellaba, comme tout le monde, il passe inaperçu.
Sur le fond de la cassette - il faut bien qu’il y ait un fond si on veut le toucher - aucune menace subliminale ne semble avoir été introduite dans les images.
Losque Oussama déclare envoyer un message personnel au président Bush, il dit bien trois fois qu’il regrettait d’avoir visé l’Empire State Building, le staff d’agents secrets de Bush s’est récrié à ce nom, tant il parait évident qu’Oussama confond le gratte-ciel avec les Twin Towers.
Comme le chef d’Al Qaeda proposait une fois de plus aux Américains de se convertir à l’Islam, cette délicate attention a été droit au cœur du Président qui du côté de la religion est déjà servi, et donc a dû refuser la mort dans l’âme.
Al Qaeda prépare des actions terroristes "de grande envergure" visant les Etats-Unis, n'a pas hésité à déclarer vendredi le chef de la CIA, Michael Hayden, pensant ainsi muscler Dobeliou contre le mauvais sort s’il ne se passait rien d’ici la fin du mandat.
On croise les doigts pour lui.

7 septembre 2007

On blogue et on débloque.

Au vu des quelques blogs intéressants qui parsèment la Toile, aussi bien belges qu’étrangers, malgré de grands déchets, outre les états d’âme, les professions de foi, et les premières écritures des adolescents prépubères, une constante se dégage des lectures : le besoin du contact, plus que le besoin de communiquer.
Bien entendu, s’excluent d’eux-mêmes, les blogs quasiment « agréés » des journaux, des partis et des expressions « citoyennes » des polygraphes du système. On n’y trouve que le pâle reflet de ce qu’il faut écrire de bienséant en ces périodes de patriotisme frileux, afin de mieux dissimuler ce qu’il faut cacher.
C’est parfois émouvant de lire ce que les gens sans importance écrivent tant ils ont de la pertinence, sous l’outrance et l’information incomplète (c’est souvent mon cas pour l’outrance et l’information).
Dans ces blogs, c’est le bon sens tout court qui nous frappe, même si les naïvetés des « y a qu’à » semblent le raccourci fatal qui finit par interdire tout crédit.
Mais ces blogs illustrent le parfait désarroi d’une population laissée pour compte, qui a des arguments et qui ne sait où les exposer et les faire valoir.
N’est-ce pas frustrant pour les blogueurs d’écouter les orateurs officiels qui prétendent parler en leurs noms en trahissant leur pensée au nom de la leur ?
Aussi paradoxal que cela paraisse, nous sommes dans une société bloquée sur ses certitudes et qui n’a que faire de ce que pensent les gens.
Les journaux vivent à coups de sensationnels ou d’informations politiques filtrées, aseptisées et allant toutes dans le même sens en Belgique. Elles se résument à pas grand chose, mais qui fait l’essentiel de la société.
1. La Belgique est un Etat fédéral dont le chef est le roi.
2. Le système capitaliste a enjambé tous ces concurrents. Il est le seul gagnant. Qu’il soit le meilleur ou le moins mauvais, on s’en fout. C’est le seul pour très longtemps. Vivons avec. Il est interdit de rêver !
Les gens ne peuvent se contenter de ce parcours simplifié. Les blogs regorgent d’idées, d’indignations, de propositions. Personne n’en tient compte jamais. Pourtant ils sont lus chez les décideurs de l’Haut-lieu. Mais, c’est pour mieux en extraire les idées dont ils se serviront ou qu’ils dénonceront comme étant pernicieuses.
Les blogs sont les derniers havres de liberté qui existent dans cette fichue supposée démocratie.
C’est la raison pour laquelle ils vont finir par gêner et commencent déjà à être filtrés par les spécialistes des mœurs ce qui pourrait être une bonne chose vue avec modération, il faut s’attendre que demain on fera des misères à ceux qui ne sont pas politiquement corrects.
Quand il n’est pas un pur produit journalistique, le problème du blog c’est la véracité de l’information qu’il traite. C’est d’abord le tout venant, l’information que l’on donne en pâture à la population. Le blog à de rares exceptions n’en a pas d’autre. Il la grossit, la déforme et la traite. Or, comme elle a déjà été grossie, déformée et traitée par les sensibilités journalistiques et politiques différentes, il en arrive à des boursouflures et des contrevérités.
Cependant, le matériau dont le blog se nourrit, n’est rien d’autre que celui que l’on donne à lire aux gens, aussi ne faut-il pas s’étonner, puisqu’on ne leur apprend plus à critiquer et à philosopher dans les écoles, que la tendance à la réaction collective soit si peu démarquée de l’opinion de l’Haut-lieu. En ce sens, le blog sert de contrepoids utile à l’étonnant consensus des foules. Actuellement, en Wallonie on bêle de peur dans la bergerie commune, dominés et subjugués par la crainte de perdre un Etat qui n’en est plus un.
Les politiciens qui se vantent de bien comprendre les gens et d’agir au meilleur du profit du plus grand nombre devraient se méfier de ce qui se passe en Belgique. L’apathie n’est jamais un état permanent. Les réveils sont brutaux.
C’est qu’au grand scandale des légalistes, le suffrage universel ne reflète plus que la majorité d’une ethnie contre une autre.

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Les blogs ont été les premiers à dénoncer cette curieuse loi du suffrage universel qui, si elle était appliquée dans toute sa logique ferait que les Flamands seraient les maîtres de faire ce que bon leur semble d’Ostende à Arlon, malgré les régionalisations et les lois « spéciales » des majorités à deux tiers.
Aucun argument n’est opposable à cela.
Il n’y a que les blogs qui osent en écrire et en conclure : il n’y a plus d’avenir pour ce pays dans son cadre actuel. Il serait raisonnable que les partis wallons s’en inquiètent, ce qu’ils ne font pas.
Et faute de précaution, cela causera notre perte.
Grâce en soit rendue à certains blogueurs qui en ont pris conscience. Prévenant la carence de l’Information et des partis en la matière, ils font œuvre utile en incluant la lucidité de leurs lecteurs dans leurs réflexions.

T’es inscrit au "bon" parti ?

On l’a toujours su, sans l’oser pouvoir dire : l’entreprise du nettoyage des écuries d’Augias de la Région wallonne par le technicien de surface Di Rupo n’a jamais été que de la poudre aux yeux
pour socialistes vite satisfaits.
Son suivant à la barre à l’allure robespierriste, la voix portante et le terme précis d’une langue qui l’honore, mais que plus personne ne parle.
Cependant, tout nous dit que le nouveau technicien de surface ignorera les acariens du système, parce qu’il n’est pas propre au PS, mais à tous les partis regroupés à l’Elysette namuroise.
Les grands discours de la majorité PS-CDH sur l'éthique d’une dépolitisation débouchant sur la transparence notamment en matière de recrutement sont d’une escroquerie rare.
A croire qu’un haut fonctionnaire, comme son patron député ou ministre ne sait rien faire d’autre que « hautfonctionnariser » sa vie durant, que cela le convainc que sa progéniture ressent ce qu’il ressent et il n’aura de cesse de l’immerger dans le douillet confort du « hautfonctionnariat » à vie.
Les fils de… pas qu’aux fauteuils d’orchestre des partis. Il faut que le balourd de base le sache : ils sont partout.
Ces nouveaux acariens paraissent être indestructibles. Les poudres aux yeux d’insecticides de la rhétorique de l’Haut-lieu est inefficace parce qu’elle est étudiée pour ne pas nuire aux nichées de louveteaux qui se nourrissent exclusivement de la dépouille wallonne. Les parents ne mangent pas leurs petits.
Tout poste déclaré vacant à la Région wallonne fait l’objet d’un marchandage entre les partis. Le PS a le droit de présenter X candidats pour X emplois, le CDH, le MR et Ecolo dans une moindre mesure, pareil.
Ce n’est pas une découverte.
Du plus petit employé au grand, tous savent cela. Le mystère n’existe pas, puisqu’il y a des conventions écrites sur la question du partage du miel Royal que nous fabriquons comme les travailleuses de la ruche en nous levant tôt matin pour des besognes allant de l’immonde à la gratifiante.
Dans le fond, seul le chômeur volontaire n’est pas piégé par ce système autocratique. Lui aussi coûte de l’argent à la collectivité et lui, au moins, ne fait tort à personne.
Parce qu’on ne vienne pas dire que toute cette administration namuroise collectée aux influences des partis travaille vraiment, ou alors, il faudra un autre mot pour désigner celui qui est à la gueule du four sous son tablier de cuir, ou l’ingénieur qui passe des nuits blanches à calculer la résilience d’un pont.
Parfois, quand le poste est vraiment sensible et ne peut être occupé que par un spécialiste, enfin quelqu’un qui pourrait éventuellement en prendre plein la gueule de sa responsabilité, alors ces rats du grand collecteur namurois passent la mort dans l’âme au hors quota politique.
Pas à discuter du terme, là aussi c’est écrit noir sur blanc : hors quota politique…

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Interrogé sur les procédés de recrutement par un journaliste du Soir, José Happart (PS), président du bidule wallon, fit cette étonnante réponse : « Il faudra qu'on me prouve qu'un appel à candidatures améliorerait le fonctionnement du Parlement. On ne me l'a pas encore prouvé. »
Si je comprends bien, ce type veut qu’on lui prouve que l’honnêteté est plus efficace que la magouille pour envisager autre chose ! Et cet homme est Président du Parlement wallon, c’est-à-dire qu’en cas de malheur avec nos voisins flamands, il serait appeler à exercer les fonctions par intérim de président d’un Etat souverain, avant que l’on ne se jette dans les bras de la France ou que nous procédions à l’élection du grand homme capable de nous sauver !
Eh bien ! c’est du joli.
Et que personne ne trouve tout cela scandaleux est plus étonnant encore.
Cet honorable cheptel se réfugie derrière la loi spéciale du 8 août 1980 (article 46, alinéa 2). Le bureau « nomme les membres du personnel du Parlement à l'exception du greffier ». Article repris in extenso dans le règlement d'ordre intérieur du Parlement wallon (article 6 alinéas 3). Voilà, c’est fait. Allez hop… y a plus rien à voir.
Il est vrai aussi que l’appel à candidature ne s’ouvre qu’aux diplômés, souvent pour faire un boulot que n’importe qui sans aucun diplôme ferait aussi bien.
Dame, il faut bien caser, de cette manière aussi, tous ceux qui ont passé plus de vingt ans à l’école depuis la gardienne et qu’il faut bien donner une prime à l’effort. Cependant personne n’est assuré que le travail produit de cet hyper diplômé donnera satisfaction, sinon qu’il conviendra à merveille pour perpétuer le système, à la plus grande gloire de nos élites.

6 septembre 2007

Je crée, donc j’en suis…

Quelle est la catégorie d'individus qui contribue le plus au développement de la Société et qui ne s’en trouve presque jamais récompensée ?
Réponse : celle des créateurs.
Oh ! je sais bien, les journaux regorgent d’histoires de réussites toutes plus mirobolantes les unes que les autres.
La réalité, pour une fois, s’appuie sur les statistiques. Moins de cinq créateurs sur cent parviennent à vivre de leurs créations.
Nous en sommes toujours au même point que le grand Jean-Sébastien Bach, compositeur et domestique, dont la deuxième femme mendia à la porte des églises à la mort de ce génie de la musique.
C’est ainsi. Le rapport du créateur avec l’argent est en fonction du rôle immédiat qu’il joue non pas dans son originalité pouvant servir aux générations futures, mais à la rentrée financière que sa création suscite.
Et même dans ce dernier cas, il faudra qu’il se méfie des faux créateurs qui usurpent son éventuelle notoriété. Des gens comme Michel Drucker, Patrick Poivre d’Arvor et combien d’autres, qu’ils soient Français ou Belges, ne sont célèbres que parce qu’ils tirent profits de la célébrité des gens en place et accessoirement des quelques créateurs qui servent de justificatifs à leurs carrières.
Les économistes, qui justifient le caractère agressif de ceux qui s’élèvent dans la richesse, par la nécessité de conduire l’industrie à produire et pas n’importe comment avec n’importe qui, parlent d’une régulation de la création par la sanction financière, justement.
Un créateur qui ne sait pas vendre sa création, ou tout au moins assurer sa subsistance par l’exploitation de sa création, est selon les économistes un mauvais créateur, c’est-à-dire quelqu’un qui crée de l’inutile et de l’inexploitable. Mieux, ses créations, loin d’être un moteur de progrès, sont en réalité des aberrations qui consacrent la médiocrité de l’œuvre crée. C’est tout au plus une activité du dimanche à laquelle ce créateur semble se livrer, un hobby comme sont tous les passe-temps qui « occupent » le chômeur, le pensionné, le rentier. Encore que ce dernier cas est tout à fait particulier ; car, le rentier peut financer son projet, le faire connaître, et a donc beaucoup plus de chance de le faire apprécier, au mieux de le commercialiser. Du salon des inventeurs, à la maison d’édition, en passant par le chant, la peinture ou tout autre expression personnelle, le créateur qui n’a pas besoin de faire bouillir sa marmite en travaillant, a beaucoup plus de chances de percer que celui qui travaille.
Les économistes ont tort de prétendre le contraire.
En 1900, on avait une formule « Le bourgeois est plus intelligent que l’ouvrier. » !

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On connaît les objectifs des économistes : faire croire aux gens que le système économique mondialisé est le meilleur des choix que l’humanité ait jamais fait pour le progrès et notre avenir.
La consécration par et pour l’argent n’est pas toujours fautive et propre à être rejetée. Certains talents habitent des créateurs qui se sont enrichis de belle manière, parce qu’ils étaient au départ en position favorable. Mais, elle constitue dans la longue liste des injustices qui séparent la multitude de « l’élite » une injustice de plus.
Quand on fait le tour des créations qui tiennent le haut du pavé, force est de constater que certaines n’ont dû leur notoriété qu’à la médiocrité parfois hallucinante des masses elles-mêmes, soit disant le meilleur critère de sanction ou de triomphe, s’illustrant au contraire par une grande indigence de culture et un criant défaut de la perception de l’originalité !
Ses choix désastreux, le public ne les assume qu’à demi. La faiblesse des relations du créateur avec l’argent est tellement connue, que les Autorités politiques interviennent parfois pour faire office de correctif, avec le culot et le sans-gêne de ceux qui prétendent au savoir, alors qu’une Institution est tout ce que l’on veut, sauf le puits de science où elle puiserait « le goût parfait ». Ce serait bien, si les Autorités avaient une quelconque compétence à sauver ce qui peut l’être. Hélas ! qu’elles aient des politiques culturelles découlant de créations de tout ordre, les Autorités n’ont jamais eu vocation de sauver qui ou quoi que ce soit. Elles ne le font pas du reste. Elles auraient plutôt tendance à défendre le connu plutôt que le reconnu. Elles ne découvrent rien qui ne soit découvert depuis longtemps. Elles ont le génie d’enfoncer des portes ouvertes. Du moment que s’organise la défense de l’Etat et du bourgeoisisme à travers les sponsorisations inspirées par ces critères, les Autorités sont rassurées.
C’est sans doute pourquoi un si grand nombre de créateurs ne l’est pas.

5 septembre 2007

D’un régime l’autre…

-C’est pas tout d’avoir gagné les élections. Qu’est-ce qu’on fait à présent que les ex-amis fédérés sont devenus des voisins détestés ?
-Il faudra bien nommer des ministres, élire un président ou un roi…
-Evio ne veut pas de la royauté. Il se rappellerait trop son cher Pater IV… Il ne veut pas qu’on l’appelle sire, tu vois Evio Roupillo devenir Evio Premier !
-C’est une question de descendance aussi. Arthur Ladouille qui fait ménage avec lui, ne pourrait avoir d’enfant. Une royauté sans descendance, c’est un roquefort sans roquefortis.
-Donc, Evio Roupillo sera président de la république de Stombonie !
-Encore faut-il qu’il démissionne du Parti Socratique.
-Qui aurait cru une chose pareille possible, il y a seulement deux ans, quand nous allions présenter nos vœux à Pater IV !
-On ne va pas revenir là-dessus. Nous ne sommes pas responsable des deux années de crise ministérielle et de l’impossibilité après trois informateurs, six explorateurs, quatre démineurs et dix formateurs, de faire une majorité. La Merdicie n’avait plus aucune chance.
-Nous n’avons pas cru que les Viandrois oseraient…
-Quand nous avons été mis devant le fait accompli, nos électeurs n’ont pas pardonné à Vivier Tanders d’avoir lâché Bourdelle à la Viandre, pour aboutir finalement à la séparation.
-Curieusement, on lui reproche le dernier projet avant de diviser en trois l’arrondissement de Bourdelle-Quedalle-Ville-Morte… que nous avions fini par adopter à l’unanimité.
-Ne revenons pas en arrière. On ne changera rien. Donc, Evio Roupillo, président, il faudra bien inclure l’opposition, Vivier Tanders doit avoir un poste.
-Tu ne le vois pas premier ministre ?
-Nos militants du Parti Socratique ne le permettraient pas.
-Et puis l’actuel Ministre-Président, Ruffy Melotte ferait une de ces tronches !
-Donc, on laisserait Melotte à la présidence du gouvernement de Stombonie !
-C’est évident.
-Reste que les rescapés de la Merdicie, après les brutalités des séparatistes de la Viandre, il faudra bien qu’on les recase ici.
-Tu parles de Marina d’Yeux-Braisés ?
-Justement. Elle est revenue furieuse d’avoir été l’otage des Viandrois, sauvée de justesse par Paulette Oncle-Binx.
-Elle ne devrait pas. C’est quand même Oncle-Binx qui bénéficiait de la double nationalité et qui a déchiré sa carte de citoyenne de Stombonie, pour se consacrer aux Viandrois dans leur nouvel Etat la Viandre, et qui a pu sauver Yeux-Braisés, soupçonnée d’espionnage !...
-On tourne en rond. Quand on propose un nom, on pense à un autre. On avance le nom deVivier Tanders, en pensant à Ruffy Melotte. Ce faisant, on oublie une chose. Madame Moëlle Friquet a opté pour la Stombonie. Elle s’est enfuie de Bourdelle avec son mari et ses huit enfants, après que les Viandrois aient tiré au canon dans le parc du château de Pater IV. On ne peut pas la laisser sans ministère !
-Evio Roupillo veut la voir aux affaires Dérangères.
-Rapport aux relations diplomatiques qu’il faudrait établir au plus vite avec la Viandre.
-Sur ma liste, il y a 48 personnalités pour 12 places. Il faut se résoudre à élaguer.
-On a quand même éliminé le père et le fils Missel du Mouvement Ramollisseur, ainsi Vivier Tanders ne peut qu’être content.
-Tantoine revendique le ministère des Transports développés et de la Loge territoriale.
-Très importante la Loge. Evio Roupillo souhaite intégrer cette partie du ministère à la présidence de la République de Stombonie.
-Moi, je n’en peux plus. on n’a qu’à demander aux électeurs ce qu’ils pensent…
-Surtout pas. Ils sont traumatisés. Déjà l’annonce des mariages interdits entre Stombonnais et Viandrois, avec la mise à Totem en milieu fermé des conjoints Viandrois, a fait un de ces foins !.... Si en plus on leur demandait d’élire eux-mêmes les dirigeants, où irions-nous ? Tu ne veux pas revivre le scandale de Barduroy ?
-Qu’on fasse n’importe quoi, j’en ai marre et je m’en fous. A moins de faire un gouvernement de cinq cents personnes, on ne s’en sortira pas. Ce que je veux simplement dire, et ça j’y tiens, c’est d’accorder une place dans le gouvernement à Marinette La-trique-Gros-Minet.
-Pourquoi, elle n’est pas Socratique ! Elle est dans le Cédé-Jamais de Moêlle Friquet.
-On est allé à l’Université de Biège ensemble, et il y a des moments qui ne s’oublient pas.

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-On en est tous à revenir sur les moments qui ne s’oublient pas, même avec les Viandrois. Dans les serres de Barken ; du temps de Pater IV, j’avais fait la connaissance d’une petite Viandroise qui avait réussi à me faire aimer la Viandre.
-Qu’est-elle devenue ?
-Je ne sais pas. C’était une suivante de la reine, la femme de Pater IV.
-La reine Podola ! mais elle est en lieu sûr, au château de Carte-Régnon. T’as une chance de la revoir… à moins qu’elle ne soit déjà expulsée en Viandre !..

4 septembre 2007

Héros et bourreaux

On se pose parfois la question : « Que ferait-on si un aventurier prenait le pouvoir en s’appuyant sur l’armée ou sur une minorité agissante, c’est-à-dire n’ayant pas l’appui d’une majorité » ?
Des Anciens ont vécu l’Occupation allemande entre 40 et 45. Ils savent bien comme être sujet à l’arbitraire d’un autre peuple ou d’un chef charismatique pose presque toujours la question.
De quelle manière résisterions-nous à l’oppression ?
Au mépris de toute prudence et malgré une population déjà vaincue et passive, être capable de dire non au risque de sa vie, c’est une attitude qui ne va pas de soi et qui n’est pas donnée à tout le monde.
A tout le moins, si pareille décision n’était pas prise, l’option passive supposerait à l’homme de réflexion la crainte d’être le complice involontaire d’exactions.
Quand on n’est pas le nez sur les circonstances qui amènent à prendre une décision, on ne peut pas connaître la réaction que l’on aurait. Sommes-nous de l’étoffe des héros ou des lâches ?
La réponse ne va pas d’elle-même ; mais nous pourrions très bien, comme la plupart des gens, nous démarquer des collaborateurs en prenant des précautions pour que notre réprobation se sache sans qu’elle nous attire des « ennuis ».
Cette approche prudente ne nous garantit pas contre nous-mêmes.
Que savons-nous de ce que nous ferions puisque tout cela est théorique.
Des expériences par le passé de psychologues du comportement, notamment des expériences tournant autour de la responsabilité déléguée par l’autorité, prouvent que la soumission à l’autorité peut transformer un homme ordinaire en tortionnaire.
Lors de procès de bourreaux au service d’un Régime dictatorial ou de tout autre système « fort », tous ou à peu près tous ont expliqué leur comportement par leur obéissance à l’ordre donné. Couvert par son supérieur, lui-même couvert par un autre fonctionnaire, la chaîne remonte parfois jusqu’au gouvernement. Le bourreau se sent un simple exécutant sans responsabilité. L’initiative individuelle « sadique » est plutôt réduite à quelques psychopathes investis d’une mission. Des geôliers américains dans une prison irakienne, faisant subir à leurs prisonniers des sévices de leur propre initiative se sont pris au jeu de l’institution carcérale qui coïncidait avec leurs instincts pervers. Sans aller jusque là, tout qui est doté par ses fonctions d’une parcelle d’autorité peut en abuser.
Un contexte de crise peut métamorphoser un citoyen jusque là paisible en résistant ou en collaborateur, sans qu’il soit possible d’établir une frontière dans la capacité du fonctionnaire, du militaire ou du simple civil d’être l’un ou l’autre et parfois, les deux à la fois.

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Il faut chercher aux sources de la civilisation, dans le monde grec, les origines de la notion d’héroïsme. Les héros sont associés aux divinités, tant le comportement héroïque passait pour surhumain et donc influencé par les dieux. Ce n’est qu’à l’aurore de la civilisation moderne, qu’autour de la Révolution française apparaît l’héroïsme de l’homme ordinaire, enfant du peuple dont rien ne le distingue des autres et que la noblesse confinait aux rôles de serviteur, c’est-à-dire d’exécutant servile.
Désigné à l’admiration des foules par l’exemple, très vite ce héros populaire a été déclaré suspect. On lui a préféré le héros anonyme, célébré dans les films de guerre américains. Son statut de héros glorifie l’héroïsme de la Nation, comme si cette nation n’était faite que de héros.
C’est à la publication des exactions des Régimes nazis et communistes, de la Chine actuelle, du Cambodge de Pol Pot, des génocides du Kosovo et du Ruanda, qu’a été consommée la fin du héros mythique, et l’avènement de l’inquiétante figure du bourreau.
Les bourreaux des temps modernes sont des fonctionnaires investis d’une mission « spéciale », qui se lèvent à la même heure tous les jours, partent au travail aux heures de pointe et reviennent après leur journée embrasser femmes et enfants. Arès les Mengele, Eichmann ou Beria, ces fonctionnaires anonymes des Régimes totalitaires sont plus que leurs modèles, les responsables profonds de l’horreur planifiée.
Avec l’expérience de l’histoire et les recherches qui ont été effectuées sur des individus « normaux » de leur capacité à traduire les ordres quels qu’ils soient dans la réalité des faits, nous savons que le bien et le mal sont à la portée de tout le monde.
Pour la gouverne des générations futures, il serait plus instructif d’apprendre à désobéir qu’à obéir ; plus civique d’aiguiser l’esprit critique chez l’adolescent, que donner comme fondement éducatif l’art de se vendre à un employeur qu’il soit privé ou d’Etat et à se soumettre aux impératifs de l’obéissance hiérarchique de la société anonyme.

3 septembre 2007

Les Flamands nous emmerdent…

Le Gordel tombe en plein bordel communautaire.
Leterme a très mal débuté les négociations en s’attaquant à des problèmes communautaires en priorité. Il n’entre pas dans le rôle d’une démocratie de définir l’identité de ses citoyens. De ce point de vue, voilà longtemps que les Flamands nous pompent l’air.
Qu’on prenne plaisir à rouler autour de Bruxelles, pour des cyclistes, c’est normal ; mais que des flamingants fassent de la provoc… y en a marre !
C’est d’accord, ils sont chez eux. Bien, qu’ils y restent et qu’ils ne viennent plus nous emmerder avec leur nationalisme d’un autre âge. Qu’est-ce qu’on s’en fout de parler vlaams ou volapuk !
Ils ne veulent plus de la Belgique ? Pour une fois on est d’accord : moi non plus, surtout pas avec les pointus de la Tour de l’Yser, les cathos de Bruges et d’ailleurs, les nationalistes d’Anvers et d’Overijse. Qu’ils aillent se faire foutre.
On ira manger des moules à Dunkerque, il paraît qu’elles sont moins chères qu’à la côte flamande. On les entend pas fort revendiquer les deux ou trois communes françaises où certains habitants parlent encore flamand ? Ce serait l’occasion de se frotter aux CRS. Ils n’y vont pas, parce que ces gens ne croient plus qu’au rapport de force et que le rapport de force n’est en leur faveur qu’en Belgique seulement.
Le caractère flamand de Bruxelles et ses environs ? Là où l’on parle français, quelle blague.
Ton noir sur fond jaune, le cycliste n’est plus qu’un calicot pour arborer un drapeau. Si ça les amuse… reste plus qu’à leur mettre la hampe dans le trou du cul. Les pointus en merguez, enfin une utilité…
Les rois de la pédale vont s’en donner à cœur joie : 140 km de parcours ! Je voudrais savoir combien de grandes gueules ont fait le parcours complet ? A part les points obligés de la presse et de la télévision, peu ont sué jusqu’au bout du périple.
Il est vrai que les organisateurs ont mis au point des parcours cyclistes plus modestes et des randonnées pédestres ; mais, quand on se dit fervent Flamand, on se doit de faire un Gordel complet. Ou alors, on écrase et on coupe à travers…
Le sort des francophones de la périphérie qui s’en soucie ? Les Flamands, les premiers, voudraient les voir décamper de leur campagne breughélienne.
Ah ! si ces gens n’avaient pas droit au statut ordinaire, si, par exemple au lieu d’être Belges francophones ils étaient Turcs ou pire Marocains ! Les Flamands, nationalistes fervents, y réfléchissent. Et ce n’est pas qu’une boutade. Des cartes d’identité différentes, ils y pensent. La notion de nationalité wallonne dans le cadre d’une communauté flamande, voilà qui remettrait ces envahisseurs au statut d’étrangers !

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C’est que la capitale est à 80 % francophone, mais la grande banlieue fait partie de la Flandre, et c’est là que s’écoule le trop plein de Bruxellois et pas n’importe lesquels, ceux qui ont réussi, qui « font » bâtir, suivant une expression typiquement belge. Malgré la présence de nombreux francophones, la périphérie a pour seule langue officielle le néerlandais, avec quelques facilités pour les envahisseurs. Et c’est cela qui gêne, non seulement dans ce fichu pays, mais ailleurs comme à la Communauté européenne qui a soulevé le problème des minorités dans le Brabant flamand, ce qui a provoqué un tollé parmi nos pointus. Ce que ne comprennent pas les mandataires flamands, en quoi ils ont grandement tort et ce faisant agissent comme de mauvais européens.
Bizarrerie de notre temps, cette partie de la province du Brabant flamand garde toutefois un lien avec le monde francophone puisque, pendant les élections, les francophones peuvent voter pour des candidats bruxellois ! Qu’en serait-il si la scission de BHV, revendication incontournable de l’ensemble des négociateurs flamands, introduisait une nouvelle donne ?
Bart De Wever, l’ineffable, duce des radicaux du NVA, exige la fin des facilités linguistique pour ces loustics qui souillent de leur présence le sol sacré.
Et d’enfourcher son vélo pour faire le tour des biens convoités du peuple flamand, par les odieux francophones qui ne veulent pas s’adapter.
Qu’est-ce qu’on peut faire avec des énergumènes qui depuis 50 ans nous emmerdent de leurs revendications nationalistes ? On n’aurait pas dû fixer une frontière linguistique délimitée sans l’accord des gens. On n’aurait pas dû fourguer les Fourons contre Mouscron. On n’aurait pas dû leur donner la parité à Bruxelles là où vivent 80 % de francophones. Et ainsi de suite..
Aujourd’hui, les Flamands ne se sentent plus menacés. Ils sont majoritaires et ce sont eux qui nous menacent. Ils passent à l’attaque, les bougres. Ils veulent notre peau, en tous cas le maximum de ce que par lâcheté et par esprit de conciliation nous sommes près à leur concéder.
Ils ont prévu des scénarios y compris celui du séparatisme. Nous, rien. Cela nous fait tellement peur, que ces gens abandonnent la Belgique, que l’idée même d’un plan de précaution ne nous est pas venue à l’esprit.
La grande misère de la région wallonne, c'est les dirigeants.

2 septembre 2007

Le cul for ever.

L‘autre soir au « Café du Commerce et de l’Industrie » entre deux tablées de joueurs da carte, une discussion destinée en principe à refaire le monde, prétexte à une certaine distance avec « celle qui vous attend pour finir la soirée », une citation me revient : « Quand la merde vaudra de l’or, le cul des pauvres ne leur appartiendra plus ».
Cette saillie de dear Henry Miller, pour excessive qu’elle soit, voit un début de réalisation avec l’enquête les « étapes de la vie » qui permet de suivre un quidam tout au long de son existence, de l'adolescence à la retraite.
C’est ainsi qu’avec les renseignements précieux recueillis la presse people dresse le profil de son nouveau lectorat.
On n’en est pas encore à la merde, mais ce n’est qu’un début. Le people veut cibler sa vente sur la viande la plus rencontrée. L’individu ne l’intéresse pas, le troupeau de gnous, oui.
Qu’est-ce que l’aboiement collectif qui fait la grande démocratie enseigne aux magazines people ?
… que 14,2 % des femmes sont lectrices LDP (Lecture Dernière Période, d’au moins un titre « people » genre vide tinette « Choc » qui publie cette semaine les photos de François Hollande énamouré de celle qui aurait mortifié Ségolène). De ce pourcentage se détacherait deux catégories fortement mordues : les filles « jeunes à la maison » et les « jeunes émancipées » qui pour avoir la commodité de s’envoyer en l’air aux heures où les parents sont fascinés par la télé, mais dont la disposition du salon ne permet pas de rejoindre la chambre avec un petit ami, choisissent l’option chambre de bonne et ainsi baisent à l’aise.
On cible dans ce panel de lectrices les 15-25 ans, voire 35 ans, courtisée par Public ou Closer.
Faut pas croire, mais ce genre fait plancher les plus éminents spécialistes de la culture en pot des jeunes cervelles occidentales. Ainsi Dominique Lévy, qui gagne sa croûte à l'institut Sofres, nous met au parfum : « le people est devenu tendance dans toute la presse magazine, du news au féminin. Les derniers venus, comme Glamour, font quasiment tous leurs couvertures avec une star. On est loin de l'époque mannequin d'Elle. »
On aime la star de plus en plus dévêtue. Fini le temps du voile léger. Reste quand même que certains poils sont toujours « off limits » ; dernière frontière qu’on espère franchir quand les psychologues se seront mis d’accord sur le caractère bénéfique de la contemplation de la nudité complète dans l’éducation du prépubère.

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On pensait le public enclin à ne pas trop en voir pour laisser libre cours à l’imagination. Eh bien non ! Se mettre à poil est quasi une obligation pour la postulante hollywoodienne (archétype et référence de la montreuse de ses charmes)..
Avant les dernières avancées du magazine people, la postulante des castings réservait la vision plus significative de son intime à quelques machinos qui la refilaient à des metteurs en scène friands de nymphettes, puis à l’un ou l’autre magnat de la pellicule, sans compter entre-temps une demi douzaine d’attachés de production, enfin, les quelques dizaines de personnes chargées de la diffusion de son talent cinématographique, aujourd’hui, elle se doit à des millions de fanatiques qui, à défaut de la mettre en pièce dans la montre en chair et en os, lacèrent les pages des magazines pour en soustraire à des fins personnelles l’anatomie bien aimée, d’où l’intérêt de relancer le poster géant détachable en milieu de pages.
Ces stars enfin connues du grand public, jeunes, belles et riches, font tout autant la couverture des hebdomadaires féminins que celle du nouveau magazine people. Des stars que ces titres et leurs jeunes lectrices n'hésitent pas à désacraliser. Dame, quand on veut quelqu’un à poil, c’est que quelque part on revendique un corps à corps, une certaine égalité que souligne le tutoiement obligé dans la lettre d’amour du fan anonyme.
Même si Public est moins hystérique dans le ton que Closer, avec des rubriques « 50 stars au réveil » ou « Ils sont comme nous », ces marchands de papiers culs vulgarisent les chutes de reins des talents nouveaux pour la consommation égalitaire des masses, dans la grande fraternité des viandes.
La téléréalité prend naturellement le relais du papier. Blanche-neige accouche de Loanna parmi les nains voyeurs et pervers. Chaperon rouge a une aventure avec le loup. Cendrillon fait couple avec Restif de la Bretonne. Certains érudits se souviennent encore du fétichisme de Monsieur Nicolas (Sarkozy n’est pas dans le coup) pour les chaussures.
Du coup les lectrices aux mensurations équivalentes de la bombe sexuelle de première page se disent aptes à faire de leurs fesses un article en promotion à la portée de toutes les bourses. « Pourquoi pas moi » rugit la lectrice qui se tortille devant la glace en simulant un orgasme, dans la confusion où perdure le jeune âge entre le X et le feuilleton « les rois maudits » de Josée Dayan
Bref, ça ratisse large, comme si les fêlées de la cafetière qui s’y croient déjà avaient besoin d’un coup de pouce pour en arriver là.
Pendant ce temps, les bons livres dorment sur les rayons des bibliothèques et les bibliothécaires sont reconvertis dans la culture à deux balles de la Simonetta des faubourgs dixit Marie Arena en personne, la vamp à ne pas manquer dans la gazette du « moniteur », le seul vrai journal d’un érotisme torride.

1 septembre 2007

Une succession sans précédent !

Après l’informateur, le formateur, le démineur, place à l’explorateur.
L’explorateur Hermann Van Rompuy, a-t-il l’esprit aventureux ou n’est-il qu’un aventurier ?
Attention : nuance…
Monsieur II n’est pas à un jour près d’enfouir preste la main dans le chapeau clac de Verhofstadt et de crier les numéros : Mesdames, Messieurs, hétéros, gays, lesbiens, lesbiennes, Flamands et Francophones, amis sportifs, amis tout court de Belgique et d’ailleurs, bonsoir, le gagnant au titre de premier ministre est ….
Il a raison. C’est en orfèvre qu’il assiste au défilé des ministres d’Etat intègres. C’est comme dans une chanson de geste, ils confondent les mots, pour mieux magnifier la chose. D’aventureux qu’ils se réclament, il ne sont que des aventuriers.
La nuit tombe voici la lune !
Elle cache et montre à moitié
Sa face hypocrite comme une
Complice feignant la pitié.
L’homme aventureux représente une manière de vivre qui est en soi une éthique, l’aventurier est un professionnel des aventures. Ce dernier ne tend qu’à gagner de l’argent. S’il pouvait être élu en restant au lit en suivant les nouvelles à la radio, il y resterait.
Il tient commerce d’aventures, comme le commerçant turc du coin de la rue vend ses kisirs.
Ainsi les fils de… sont nés d’aventuriers que l’aventure tente.
L’aventurier n’est en marge des scrupules que lorsque cela ne se sait pas. L’aventurier est tout simplement un tricheur qui a réussi.
Les allées du belvédère sont pleines de gens de cette sorte.
Le soldat qui sait bien et veut bien son métier
Sera l’homme qu’il faut au Devoir inflexible :
Le Devoir qu’il combatte ou qu’il tire à la cible,
Qu’il essore la mort ou batte un plat sentier.
L’aventure dans l’aventurisme, est tout simplement un moyen de réussite.
Rien que sordidité et mesquinerie.
Une vie d’entrepreneur n’a rien à voir avec une vie d’explorateur. Dans une persévérance aventurière, le personnage s’installe bourgeoisement ; dans l’aventure innocente et désintéressée l’aventureux joue son rôle comme si c’était la première fois.
Pour le petit peuple, la messe est dite. Il n’a plus rien à voir avec les aventuriers et les idéologues qui conseillent Monsieur II comme on va à la gamelle après une journée d’exercice et qu’on a l’estomac dans les talons.
L’âme antique était rude et vaine
Et ne voyait dans la douleur
Que l’acuité de la peine
Ou l’étonnement du malheur

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Pourquoi les pommes sont-elles cuites ?
Parce que si Monsieur II s’en tire cette fois-ci, dans l’état où sont les choses, son successeur ne pourra qu’échouer. Monsieur P1, est destiné à ne jamais paraître.
Dorénavant, l’Etat ne sera plus ce que Di Rupo a voulu qu’il soit jusqu’au bout.
Mesdames, messieurs, bonsoir.
Demain, quand plus rien ne sera comme avant, que les partis se seront trompés sur tout et ce compris les électeurs, quels que soient l’éclaireur, le livreur et le faiseur, il n’y aura plus place que pour une certaine nostalgie.
Nous rêverons de ce que nous n’avons jamais été : des Belges, comme si nous en avions toujours eu la manière d’être !
Ce qui nous rendra le regret plus amer.
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Les trois pièces en vers sont de Paul Verlaine