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30 septembre 2011

Un procureur coincé…

Le procureur de Nanterre Philippe Courroye a été convoqué en vue d'une mise en examen par la juge d'instruction parisienne, Sylvia Zimmermann, en charge de l'enquête sur la violation des sources de trois journalistes du Monde dans l'affaire Bettencourt. On la dit très déterminée.
La magistrate, en charge d'une information judiciaire pour "atteinte au secret des correspondances par personne dépositaire de l'autorité publique", tente de déterminer si Philippe Courroye a illégalement tenté de découvrir qui informait en 2010 deux journalistes du Monde travaillant sur l'affaire Bettencourt.
Un policier explique que la surveillance téléphonique des journalistes avait été menée par son service en 2010 à l'instigation du cabinet de Philippe Courroye qui "demandait très précisément les fadettes des deux journalistes" du quotidien, Raphaëlle Bacqué et Jacques Follorou.
La juge devrait également entendre comme témoin assisté Marie-Christine Daubigney, bras droit de Philippe Courroye au parquet de Nanterre.
C’est toute la question de l’indépendance des magistrats et de la justice en général qui est en cause, en France. Le procureur Courroye ayant été nommé par le garde des sceaux est considéré comme un homme de Sarkozy. On s’est assez esclaffé en parlant de « l’œil de Moscou » du temps du stalinisme, on pourrait faire de même pour « l’oreille de la sarkozye » à propos du procureur Courroye.
Les magistrats du parquet ne bénéficient pas de la garantie d'inamovibilité. Leur indépendance est limitée par le fait qu'ils sont placés sous la direction et le contrôle de leurs chefs hiérarchiques et sous l'autorité du Garde des Sceaux, ministre de la justice.

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Et en Belgique ?
Le pouvoir politique se gargarise de la séparation des pouvoirs et insiste sur la fameuse indépendance des juges.
Qu’en est-il exactement ?
Bien des affaires, dont la fameuse affaire « Cools » et ses annexes, et plus récemment les démêlés de certains juges à la suite des délits d’initiés lors de la crise de 2009, avec une première démission du premier ministre Leterme, entourent d’un certain brouillard l’indépendance des juges. Cela commence d’abord par la manière dont ils sont nommés. En effet, de cette nomination et de ses suites pourraient dépendre, par l’effet d’une certaine pression « amicale », la complaisance de certains juges dans des affaires impliquant des personnages de l’Etat.
La Loi précise qu’il existe un Conseil supérieur de la Justice pour l'ensemble de la Belgique.
Il compte 44 membres, 22 membres par collège francophone et néerlandophone.
Chaque collège compte 11 magistrats et 11 non-magistrats.
Les magistrats sont élus, par scrutin direct et secret, parmi les magistrats de carrière en activité de service, par collège.
C’est ici qu’on dresse l’oreille : les non-magistrats sont nommés par le Sénat à la majorité des deux tiers des voix émises.
C’est là le vif du sujet. Le Conseil supérieur est donc composé pour moitié d’élus par des organisations politiques, forcément majoritaires au Sénat.
Dans les instances de cet étrange conseil « indépendant » tout va par paire. C’est ainsi que Le bureau comprend 2 magistrats (francophone et néerlandophone) et 2 non-magistrats (francophone et néerlandophone) et ainsi de suite.
Les présidents de la commission de nomination et de la commission d'avis et d'enquête assurent, alternativement, pour un délai de deux ans, la présidence de chacun des collèges.
Non seulement le Conseil est compétent pour les nominations, mais encore rédige un rapport annuel basé sur une analyse et une évaluation des informations disponibles concernant le fonctionnement général de l'ordre judiciaire.
Un ministère bis de la justice en quelque sorte.
Nous ne sommes pas sécurisés par ce système contre un magistrat instrumentalisé du type de Philippe Courroye.
Heureusement que nous avons, comme en France des juges intègres, nommés par notre système qu’on pourrait qualifier d’équivoque. Et qu’à des perversions du système permettant à des Philippe Courroye de donner une mauvaise image de la justice, nous avons aussi des émules de la juge française Prévost-Desprez, qui s’est fait une haute idée de son métier.
Mais enfin, les hommes sont ce qu’ils sont… La justice pourrait être comparée à une toile d’araignée, les grosses mouches passent au travers. Il n’y a que les petites qui se font prendre.
On a parfois plus de raison d’en conclure que c’est en grande partie une justice de classe, que de trouver qu’elle est égale pour tous.
Ah ! les relations mondaines bafouant les Droits de l’Homme ! Ce n'est tout de même pas #cestjoëlle ?

29 septembre 2011

Alors, ça vient ?

-Comme qui dirait, le gouvernement est formé.
-Alors qu’est-ce qu’on attend ?
-C’est rapport à Leterme. Il n’entre à l’OCDE qu’en décembre… faudra attendre jusque là !
-On aura Elio aux manettes ?
-Tu trouves pas qu’il fait de plus en plus constipé ? Pour un type qu’est chiant, c’est bizarre, non, d’être constipé ?
-Faut dire qu’il aura sauvé le roi, la Wallonie, Bruxelles… Non. Bruxelles c’est un mauvais exemple. C’est un grand sauveur… Il mérite de faire premier ministre.
-Il était pas pourtant nommé sauveur ?
-Seulement formateur… Pourtant, il aura sauvé la monarchie, les finances, la Constitution. Sauf le socialisme, il aura à peu près tout sauvé !
-Puisque c’est sur le papier ce qu’il a sauvé, qu’est-ce qu’il va faire au gouvernement ?
-Rien. Il se contentera de lire. C’est le chef de cabinet qui fait tourner la boîte. Lui, il lit. De temps en temps, on montre aux gens qu’il lit. C’est assez. Les gens sont contents.
-Tu crois qu’ils vont récupérer Etienne Adolf Schouppe du CD&V ?
-Je savais pas qu’il s’appelait aussi Adolf ! Personne pourrait se passer de Schouppe. Depuis qu’on roule sur la bande de stationnement à Anvers, il veut qu’on roule sur les trottoirs, comme ça, il y aura moins d’accidents sur la route.
-Il paraît qu’Onkelinx peut choisir le ministère qu’elle veut.
-Elle va prendre un gros ministère. On la voit bien aux finances.
-Elle y connaît quelque chose ?
-Non rien. Aux autres non plus. Mais, elle s’est pas encore essayée aux finances. Une avocate, ça s’essaie à tout, puisque ça cause de tout et énormément.
-Même où elle est incompétente ?
-C’est là qu’elle est la plus forte.
-Comme Milquet, alors ?
-Tu peux citer les autres aussi.
-S’ils sont tous au gouvernement, il n’y aura pas d’opposition ?
-Non. A part Maingain qui boude au MR. C’est-à-dire trois fois rien. Pour un qui défend les communes à facilité, il n’est pas facile !
-Alors, ils pourront faire ce qu’ils voudront, s’ils n’ont que Maingain dans l’opposition ?
-Ils vont s’arranger pour le faire passer pour fou !
-Et Reynders ? Il sera repris ?
-On n’en veut plus, même au MR.
-Pourquoi il se met pas avec Maingain ?
-Parce qu’il espère toujours et que c’est un vrai politique qui se fout des gens qui sont sur le territoire flamand, comme Elio et les autres… un vrai politique quoi !...
-C’est dur quand on s’est cru un grand destin, qu’on s’est battu avec Louis Michel pour tenir la mallette de Jean Gol !
-La seule solution pour lui, c’est qu’il devienne libéral !
-Quoi, il ne l’était pas ?
-Si, mais ça ne se savait plus.
-Tu crois que Charles Michel est plus modéré ?
-Ils sont pareils. Sauf que Charles a moins de frais de coiffeur.
-C’est tout ?
-Et puis pour s’arranger avec Gérard Deprez, faut avoir un bon caractère.
-On n’attend plus que le signal du roi à Elio pour la formation.
-Mais, Elio en a pas besoin ! Ils se voient pratiquement deux fois par semaine. Elio peut dire, sans l’autorisation de l’autre, qu’il le forme, le gouvernement. Le roi pourra pas dire le contraire, depuis le temps qu’on n’attend que ça !
-Je parie même qu’Elio a les noms pour tous les postes en tête dans son petit carnet.
-Il a son petit carnet dans sa tête ?
-C’est possible, depuis que les riches se font greffer toutes sortes de truc.
-Le petit Alexandre De Croo ne veut pas des écolos. Il dit qu’ils sont déjà trop à désirer des postes, qu’il y en aura pas pour tout le monde, qu’il faudra peut-être en inventer…
-Faut étoffer l’opposition. Ils auraient l’air de quoi, sans opposition ? C’est quand même l’opposition qui dit le contraire, des fois que les autres auraient tort…
-Ouais. Il s’en trouvera toujours ainsi qui auront vu juste ! Ils peuvent pas tous se tromper en même temps !
-C’est pour ça qu’elle existe, l’opposition.
-Maingain tout seul à avoir raison, Elio ne veut pas de ça !...
-Tu crois qu’Elio nous prend pour des cons ?

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-T’as déjà vu un con qui prenait pas les autres pour des cons ?
-Ça se voit tous les jours. Mais c’est quand même plus fréquent que tous les cons prennent le premier ministre pour un con.
-Ce qui ne l’empêche pas d’en être un !

28 septembre 2011

Négociez avec la France !

L’enthousiasme des partis au premier accord de gouvernement, après un an et demi de surplace, a quelque chose d’indécent. Comment une telle euphorie unanime est-elle possible, quand on sait la rivalité et les croche-pieds, cause de la longueur de la crise ?
Sous le rire qui se veut de bonheur, on perçoit la grimace. Cette euphorie cache une immense trouille…
Les accords, à considérer qu’ils fussent bons, sont ceux de la dernière chance. Ils n’enthousiasment pas parce qu’ils seraient profitables aux deux parties, ils enthousiasment parce qu’ils sont inespérés pour la conservation de l’Etat ; mais, au vu des premiers accords très favorables à la Flandre, cette survie fera place, dans la décennie, à la mort de l’Etat belge.
La mine réjouie est une manœuvre pour faire partager « la joie » des Sept, aux gens. Elle est en soi une duperie. Nous faire croire, que ces accords sont équitables en jouant sur les sentiments, relève d’une escroquerie.
La réalité est inscrite dans la joie même des participants aux négociations. L’ayant échappé belle, ils font croire que l’accord vaut plus que le seul mérite d’exister. Ils auraient dû dire « c’était ça ou la fin de la Belgique ». Le langage était plus vrai. D’autant que, par lâcheté naturelle et surtout parce qu’ils ont flatté sa lâcheté, le peuple wallon se serait résigné à ce constat sévère mais juste « c’était ça, ou la fin de la Belgique ».
En réalité, les Wallons n’étaient pas en mesure de résister à la demande des négociateurs flamands qui pouvaient aller jusqu’à la rupture et la scission du pays, sans qu’ils fussent désavoués par la population flamande, alors que du côté francophone, il n’était pas question de sortir du système d’un Etat et d’un roi.
On ne peut jouer une partie à armes égales, quand les enjeux sont à ce point différent.
Et on le voit bien tout de suite à propos des « facilités » des francophones de la périphérie qui ont fait réagir le FDF au point de sortir du MR en claquant la porte. Au mieux, c’est un statu quo sur une situation déjà fort peu enviable. Par contre les Flamands ont obtenu à peu près tout ce qu’ils voulaient.
L’attitude de la nouvelle Schaarbeekoise, Laurette Onkelinx, est un véritable scandale, puisqu’elle nous dit que les Francophones de la périphérie ont obtenu des garanties… qu’ils avaient déjà. Elle fait donc un trait dans son enthousiasme, sur tout ce que les négociateurs wallons et bruxellois espéraient, par l’effet de la scission de BHL.
Les autres ont fait chorus.
Cette monstruosité, passée comme une lettre à la poste, dit bien le degré d’abêtissement dans lequel les Wallons sont descendus. L’enthousiasme répandu par nos négociateurs parmi le bon peuple en dit long aussi sur notre manque d’intelligence, avec la circonstance atténuante que nous ne sommes pas naturellement idiots, c’est Di Roublardo et ses pareils qui nous ont pollué l’esprit.
Esprit chagrin, celui qui pense de la sorte ?
On verra bien dans très peu de temps, après les élections communales, l’attitude flamande se durcir dans les communes de la ceinture de Bruxelles.
En attendant, nos triomphants amusent le peuple du nouveau logo de la Fédération de la Communauté française. Quand on n’a rien d’autre pour se réjouir, il faut bien ramasser les petites merdes qui distraient les foules pour en faire des étendards.

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C’est curieux quand même ce triomphalisme qui consacre le non-élargissement de Bruxelles et l’ancrage de la francophonie dans l’obscurantisme flamingant, cette foutaise de frontière administrative imaginée pour que l’illusion linguistique persiste.
Je crois aussi, comme le FDF, que ces mauvais accords consacrent définitivement le droit du sol sur le droit des gens et que, dans cette optique, les Flamands n’ont pas fini de nous sucer la moelle des os.
Dès lors, qu’on le veuille ou non, à plus ou moins longue échéance, le rattachement à la France paraît inévitable.
Hélas ! ce qui aurait pu être une négociation équilibrée avec la France, offrant des garanties et des avantages aux Bruxellois et aux Wallons, ne sera dans la précipitation et l’urgence, que la répétition de celle que nous avons vécue avec les Flamands. Nous serons dans la nécessité de nous appuyer sur le Peuple français et dès lors, négocier n’aura plus de sens. Nous serons dans la position de l’enfant prodigue qui rentre chez lui, ayant tout perdu, et bien heureux d’être accueilli !
Alors, un conseil aux enthousiastes : Cessez de rire ! Négociez avec la France !
Arrêtez de délirer avec ce vieux tocard D’Elio Di Rupo. Appuyez-vous sur le nombre et la volonté française de sauver le patrimoine commun : la langue. Ainsi vous rendrez la monnaie de sa pièce à la Flandre qui ne cesse depuis 50 ans d’user nos nerfs, en jouant de sa majorité pour nous faire croire que leurs lois sont démocratiques.

27 septembre 2011

Affaire de valoches…

Ça ne va pas fort à l’UMP ! Après les affaires, à cause des dissensions, la droite abandonne à la gauche la majorité du Sénat. De mémoire d’électeur, ça ne s’était jamais vu !
Y a-t-il un rapport entre la perte de confiance dans les sénateurs UMP et l’actualité ? Très probablement. Sarkozy a de quoi s’inquiéter.
L’affaire ci-dessous, quoique à l’instruction, pourrait bien mettre un terme plus tôt que prévu, aux ambitions de Sarkozy.
La boulette du Pakistan retombe en crottins de pluie sur le pouvoir et la droite.
Deux amis de Nicolas ont été inculpés dans une affaire de corruption suite à la vente de sous-marins français au Pakistan. A des commissions légales se seraient ajoutées des "rétrocommissions" au moyen desquelles une partie des sommes revenait illégalement en France.
Des mallettes d'argent liquide auraient financé en 1994-1995 la campagne présidentielle d'Edouard Balladur. Sarkozy était à l'époque l'un de ses collaborateurs chouchous et le porte-parole de son staff.
Evidemment la droite crie au complot, Sarko s’indigne et les autres commis de la sarkozye dénoncent la calomnie et la manipulation. A sept mois de l'élection présidentielle, évidemment, ça la fout mal !
L’étau se resserre autour du futur papa (début octobre). Mais, comme Chirac, tant que le président est en exercice, il est intouchable. Il a donc intérêt à ce qu’il soit réélu. L’anosognosie, c’est bon pour les ex présidents de plus de 70 ans.
L’ami Bazire, Nicolas comme son patron, vient d’être inculpé. Il était le directeur de campagne d'Edouard Balladur lorsque celui-ci avait défié sans succès Jacques Chirac pour la présidentielle de 1995. La veille, Thierry Gaubert, un autre proche du président, avait été inculpé dans Le dossier.
La preuve, que recherche le juge d’instruction, est l’élément liant les rétrocommissions aux excités placeurs de la bombe qui tua 15 personnes à Karachi en 2002. Elle est peut être dans les valoches d’Edouard.
Comment la justice, d’habitude aux ordres, a-t-elle réagi sans trop se faire prier ? C’est que les ex des nouveaux tôlards ont parlé. C’est même un scandale dans le scandale.
La princesse Hélène de Yougoslavie, ex épouse de Thierry Gaubert, a caviardé dans le bureau du juge d’instruction, au point qu’il a fallu l’arrêter. Second round, la semaine qui s’ouvre.
Aujourd’hui, la fille de la princesse assure que tout n’est que ragot et vilenie. Ah ! le rapport mère/fille ! Laquelle des deux aurait besoin de quelques séances chez le psychanalyste ?

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Après, Hélène de Yougoslavie, c’est une madame Nicola Johnson, ex-femme de Ziad Takieddine, qui a ouvert son petit cœur aux enquêteurs ravis.
La vengeance de la femme délaissée est un grand classique ! (DSK ferait bien de faire gaffe et prester au lit régulièrement avec sa pourvoyeuse de fonds, Anne Sinclair.)
Selon la charmante blasonnée de Yougoslavie, son mari accompagnait en Suisse un intermédiaire dans des contrats d'armement, pour aller chercher des valises de billets "volumineuses". Et, c'est Nicolas Bazire qui les récupérait en France.
Premier faux pas de la sarkozye, l'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a téléphoné le 14 septembre à Thierry Gaubert pour le prévenir que sa femme "balance beaucoup".
Pour le Monde, cette conversation interceptée par la police prouve que Brice Hortefeux a eu accès aux déclarations sur procès-verbal d'Hélène de Yougoslavie alors même qu'elles n'étaient pas encore versées au dossier d'instruction.
La grogne aussitôt dans les syndicats de magistrats démontre en tous cas, que la justice française n’est pas toute à l’aune du procureur Courroye freinant des quatre fers la juge Isabelle Prévost-Desprez dans l’affaire Bettencourt.
L'Elysée aurait-il eu accès, comme dans une république bananière, aux pièces d'une procédure judiciaire en cours ?... s'est demandé « Le Monde » ?
Afin de poursuivre l’instruction, il reste à auditionner l'ancien Premier ministre Edouard Balladur. Comme ses confrères en bidouillages, le cher Edouard démentira comme un beau diable. C’est classique.
Il faut s’attendre à ce que d’autres témoins soulagent leur « conscience ». Un ex-employé de la cellule trésorerie de M. Balladur, Alexandre Galdin, a raconté vendredi à RTL qu'il avait à l'époque porté à la banque une vingtaine de valises remplies d'argent liquide.
Les enquêteurs français sont-ils plus incisifs en France qu’à l’ombre du Manneken-Pis ?
C’est plutôt calme de ce côté de la frontière, pour ce qui concerne les affaires tout au moins.
Il est vrai que nous avons d’autres préoccupations.

26 septembre 2011

De Wever avait raison !

Nos élites discourant nous auraient-elles menti ?
Des socialistes montés aux créneaux jusqu’aux accords triomphants étaient unanimes : la Wallonie n’est pas à la traîne et n’a pas besoin du transfert d’une partie de la prospérité flamande !
Au contraire, mesdames et messieurs, disent nos champions, la Flandre vieillit plus vite que nous, les patrons investissent davantage en Wallonie, nos industries de pointe se réveillent, etc., jusqu’à Bètchette racontant l’odyssée de son papa flamand bien heureux d’entrer à Cockerill pour gagner son pain chez les Wallons, comme des milliers d’autres Flamands. Ce discours a deux sens, le premier consiste à dire « nous vous avons aidés, à présent c’est votre tour », ou, deuxième sens, « vous reviendrez demain demander du travail chez nous ».
Bart De Wever a tiré une partie de sa gloire en promenant un camion bourré de faux billets de banque, qu’il accompagnait au porte-voix, d’éructations indignées. Cet argent fictif représentait la donation flamande annuelle à la Wallonie. Du bel argent flamand gagné à la sueur des rudes marins de la côte et des géniaux inventeurs de la technologie de pointe flamande, bref, cela tirait l’œil des mécontents du Nord vers des extrémités redoutables pour la pérennité du saint siège d’Albert II.
Qui a raison et qui a tort ?
Les « artistes » du renouveau, les sauciers du plan Marshall et les Wallons « de toujours » s’en étaient pris à la mauvaise foi flamande, avec à leur tête la Théroigne de Méricourt de Seraing (avant BELIRIS et Schaerbeek) « enthousiaste et passionnée », Rudy Demotte, sur ses talonnettes de président du gouvernement wallon et grand conférencier du club huppé « Lorraine » et la vedette du Roublardo show, le grand Elio lui-même, avec le MR, le CDH et Ecolo, la main sur le cœur et tous compères, clamaient la mauvaise foi de Bart l’éventreur de vérité. C’était avant l’entente cordiale et la pacification générale.
Et voilà que les accords signés disent exactement ce que Bart-le-menteur disait dans ses discours !
Ils l’ont tous répétés à la RTBF ce dimanche : « La Wallonie a dix ans de bon pour rattraper son retard, redonner de la vigueur au plan Marshall, souffler un peu grâce aux dons des pêcheurs d’Ostende et aux fabricants des petites manufactures laborieuses de Flandre.
Devant la candeur d’une duplicité démontrée de nos artistes, les bras m’en tombent !
Ainsi, c’est vrai, nous sommes les « entretenues » de la Flandre !
Nous avons marchandé la passe en gagneuses d’abattage. Nous avons troqué les communes francophones à facilité contre dix ans de facilité à la Wallonie !
Alors, aux noms de ceux, qui se rendent compte du mauvais scénario, je propose d’envoyer un mot d’excuse à Bart De Wever !

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Et c’est là que l’on voit que nous avons besoin autant que les Flamands de réclamer notre indépendance. Parce que si nos mandataires nous ont menti, nous ne tenons guère à ce qu’ils nous conduisent dans dix ans à penser comme les Flamands, c’est-à-dire leur ressembler !
Ainsi, nous ferions l’apologie du système capitaliste à travers les pires réformes : une dérégulation complète, une activité générale fondée sur l’initiative privée, une entraide minimale des populations les plus faibles, pour qu’elles soient poussées par la nécessité de travailler à n’importe quoi, un système politique renforcé à droite par l’évolution mentale de l’électeur.
C’est ça que nous serions devenus dans dix ans !
Non merci.
Quant au slogan « pas d’impôts nouveaux », on peut se douter que pour éteindre la dette progressivement, il va falloir augmenter la TVA sur certains produits, et en même temps favoriser une inflation de plus de 5 %, quand le rattrapage des salaires est de 2 %. Mine de rien, ce n’est pas la même chose que les impôts, mais c’est aussi efficace et ça y ressemble.
De cela, il ressort que le Wallon sortira plus pauvre, qu’il n’est entré dans la crise.
Les Francophones de la périphérie pourront rejoindre les Fouronnais, laissés pour compte « dans l’intérêt supérieur de la nation » !
Du coup le parti de Maingain devient le seul parti d’opposition en Wallonie. Une nouvelle curiosité d’une démocratie sans courant et sans un véritable contrepoids du pouvoir.
La « révolution copernicienne » ne serait-elle pas, avant tout, la victoire des princes « éclairés » comme le sont en général, les despotes ?

25 septembre 2011

Faut rigoler…

Sixième réforme de l’Etat et sans doute la dernière.
Les Sept nains étaient tous gais, les franco-nains étaient hilares !
Ce n’est pas malin. La déléguée aux droits d’Elio, Laurette Onkelinx, avait l’air d’avoir mis une boîte à Wouter Beke. Renseignements pris, c’était pour nous impressionner. Sa joie faisait plaisir à voir. Charles Michel était plus sobre, comme tracassé avec le caillou Maingain dans la chaussure. Javaux avait les yeux brillants de quelqu’un qui vient de voir le Christ. Enfin Milquet n’a peut-être jamais si bien exprimé l’orgasme comme dans un film X.
Après leur prestation aux infos de RTL, le régisseur a dû essuyer les fonds de siège, ils étaient trempés !
Après le palais du rire, entrons dans le labyrinthe.
Réfléchissons : comment va-t-on mettre sur pied ce qui est idéalisé sur le papier ? A moins de revoir l’Administration de fond en comble, c’est toute une bureaucratie nouvelle de contrôle, opérationnelle sur le champ, à imaginer dans un délai très court.
Linkebeek, Wezembeek-Oppem, Crainhem, Rhode-Saint- Genèse, Wemmel, Drogenbos : ces six communes à facilités linguistiques, majoritairement francophones, restent ancrées en Flandre. Le gouvernement flamand continuera d'y jouer les shérifs, et d’y appliquer ses « wanted » sous la forme des circulaires « Peeters », « Martens », « Vandenbrande. »
Qui peut assurer que les Régions joueront franc jeu par rapport à un Fédéral honni par la moitié des Flamands ? Et si au pays des Lavettes, les Wallons venaient à se prendre au jeu aussi ? Et n’oublions pas qu’il faudra rassurer les francophones de la périphérie, s’ils ne veulent pas que le parti de Charles Michel soit mangé à Bruxelles par le FDF de Maingain.
Comment ose-t-on se satisfaire d’un accord comme si tout était fait, alors qu’il reste à trouver des fonds pour financer l’ensemble et surtout ne pas oublier une dette dont on nous assure qu’elle sera « équilibrée » en 2015. Par ailleurs, Eloi Di Roublardo, dans l’euphorie, a oublié le côté social de son entreprise de dominos. A moins qu’il n’ait mis les syndicalistes dans sa poche, ce qui est bien possible pour ce qui concerne les permanents socialistes de la FGTB, à qui va-t-il faire croire que les couches travailleuses du système libéral ne seront pas touchées par l’accumulation de deux crises, la sienne et celle de l’économie capitaliste ?
L’étape historique « rapidement franchie », l’euphorie retombées, ils ont l’air de quoi ceux qui négocient depuis le 13 juin 2010 ? Le comble, ce sont toujours les mêmes, sauf Bart qui a été largué !
Il y a quelque chose qui m’échappe dans les commentaires enthousiastes de la presse, surtout « Le Soir ».

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Depuis un an et demi que ça traînaille, franchement, si le bidule prend forme, il n’y a pas de quoi s’en vanter, tant de « longues nuits fructueuses » pour des étapes « historiques » pour en arriver à une pièce montée en quinze jours, vous ne trouvez pas louche que personne n’est coupable et que les responsabilités soient diluées dans la bonne humeur générale ?
Dès le premier article on est fixé : L’accord donne à la Flandre l’autonomie fiscale qu’elle réclamait. Dorénavant, un tiers des impôts sera perçu par les Régions. Quand aux balises obtenues par les francophones, c’est comme si on faisait semblant que les différences de traitement entre les citoyens selon les régions n’existent pas et qu’à l’avenir, on veillera à cette inexistence. A commencer par la redevance télé en Wallonie et gratuite en Flandre, ce sera un festival du double-jeu qu’on n’arrêtera pas, sinon par des procédures qui n’existent pas et des « amendes » dont il conviendrait de trouver les lois, leur application et les taux ?
Si Eloi Di Roublardo trouve que la concurrence fiscale « ne pourra dépasser mille euros par an et par contribuable » (c’est pour lui peu de chose), cela signifie que les 40 % de pauvres qui vivent en Wallonie, avec un salaire dérisoire ou d’allocations sociales, pourraient être pénalisés d’un dixième de leurs revenus par an, par rapport à leurs semblables en Flandre.
Le petit salaud du Soir qui s’est permis le commentaire « pas de quoi déplacer les foules » mériterait d’être fessé en public.
On connaît les Namurois du gouvernement Rudy Demotte, dès qu’ils peuvent choisir entre deux taux, ils adoptent le plus élevé. Cela s’est toujours passé ainsi. On ne voit pas pourquoi cela changerait.
Y en a marre qu’en Wallonie, on fasse à tout propos des comparaisons avec la Flandre.
« …la Région wallonne a dix années devant elle pour poursuivre (et accélérer) son redressement économique » par rapport à quoi? Il faudrait qu’on explique aux gens, en quoi ils sont plus mauvais que les Flamands. Ne serait-ce pas plutôt du côté des gros gourmands du système régional de « chez nous » qu’il faudrait aller voir ? Puisqu’il faut comparer, comparons. La région flamande a besoin de combien de millions pour faire tourner la boîte ? Réponse, d’une somme à peu près équivalente à celle dont a besoin Rudy Demotte, sauf qu’ils ont deux millions d'habitants de plus. Logiquement, il faudrait diminuer d’1/3 les dépenses de fonctionnement de la Région wallonne avec tout le bataclan des mandats rémunérés.
« Solide défi pour les partis francophones » écrit le triste sire du Soir, et d’ajouter bon prince qu’Elio a évité un appauvrissement immédiat de la Région wallonne !
Triomphe des thèses flamandes et pauvreté des défenses « ces verrous » brandis par les Wallons, en petits vieux barricadés dès la tombée de la nuit dans leur appartement, terrorisés par la peur du loup.
On se demande si Elio n'a pas négocié la "prospérité" wallonne financée par la Flandre, contre les communes francophones soumises à la loi des Flamands ?
Sortie de crise ? La bonne blague ! Laquelle ? L’institutionnelle ou l’économique ?
Sacré Elio !... si son ambition ne faisait que son malheur, ce serait tant pis pour lui, mais en négligeant de procéder à l’inventaire de la Belgique, une fin de bail négociée (plusieurs années supplémentaires de palabres), il fait entrer la Wallonie dans une impasse.
Reste que ce samedi, on a bien rigolé.

24 septembre 2011

La philo filoche…

Les profs de philo enseignent une matière qu’ils n’appréhendent pas entièrement. Et pour cause, il faudrait plus qu’une vie humaine pour lire une partie des ouvrages connus de Diogène Laërce à nos jours. Nécessairement, ils parlent à leurs étudiants de certains philosophes qu’ils n’ont pas lus, d’après des confrères et des auteurs peut-être dans le même cas !
Cela est vrai aussi, dans la plupart des concepts, même à caractère scientifique.
Pendant longtemps on a cru que les femmes, parce qu’elles ont un cerveau plus petit, étaient moins intelligentes que les hommes !
Plus l’humanité avance dans le temps, plus les connaissances s’étendent, moins on en sait individuellement. Ce qui était vrai il y a un demi-siècle est devenu une contre-vérité aujourd’hui. Les cons d’hier sont les génies d’aujourd’hui, eux-mêmes les cons de demain, si vous voyez le genre…
Pour s’en convaincre, il suffit d’ouvrir un livre de médecine du début du siècle précédent.
Ce qu’on y enseigne est tellement ridicule que cela en devient comique. Parfois on a la chance de voir l’auteur en photographie, médecin lui-même, à la barbe fleurie et l’air noble, juste avant la préface, protégé par un papier de soie. Le cliché ne vaut pas la peinture de Charcot expliquant l’hystérie d’une femme largement décolletée à des messieurs en redingote.
Ça nous apprendra à trop révérer les esbroufeurs qui nous empoisonnent de leur savoir dès qu’ils montent à une tribune. Pour que les bouffonneries passent la rampe, elles doivent être débitées avec sérieux et autorité devant un public recueilli !
C’est exactement le public des grandes conférences de l’université de Liège. Que ce soit Kahn ou Onfray, Comte-Sponville ou le modeste Maystadt, c’est l’extase. On joue à bureau fermé. A Liège, on vous dit tout de suite à la réservation que « la salle Europe étant complète, les réservations sont à présent ouvertes dans le premier Duplex. » On paie pour voir les idoles à la télévision dans la salle à côté !...
L’admiration éperdue a toujours fait le plus grand tort au peuple. Elle empêche la critique lucide.
C’est dire le sel roboratif qui découle des discours d’un de nos « brillants » constitutionnalistes appris sur les bancs de son Alma Mater, pendant qu’un autre, « grande conférence », est en train de moudre fin pour faire plaisir à Wouter Beke !
Je me suis toujours demandé où les universitaires qui sont entrés en politique allaient chercher la suffisance et l’aplomb avec lesquels ils nous parlent de nous, comme s’ils nous connaissaient mieux que nous-mêmes ?
C’est flagrant avec la ministre de l’enseignement Dominique Simonet et avec la ministre de la culture Fadila Laanan.
Mais qu’est-ce qui nous a valu le malheur d’avoir deux cruches pareilles à la barre de notre intelligentsia ?
Dans un autre domaine, les cuistreries de Marc Uyttendaele sont bel et bien diffusées dans la grande presse comme le sommet du raisonnement.

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C’est là que l’on se dit que les anonymes devraient faire quelque chose.
N’est-ce pas étrange que les penseurs de notre Belgica officinallis passent pour être, avec la sauge, le plus bel ornement de nos bibliothèques ? Alors qu’un SDF saturé de bière au pied de la rue Saint-Gilles en connaît davantage sur beaucoup plus d’autres domaines qu’eux : par exemple survivre en milieu hostile ou l’effort musculaire prodigieux que déploient les morpions pour rester attachés à leur site ?
Si nos élites ne savent pas tout de la philosophie, comment peuvent-ils l’enseigner ?
Les deux dames patronnesses de notre culture ne voient-elles pas que la connaissance du français, le maniement de la langue, l’usage des mots et leur spécificité, une bonne orthographe, etc. devraient passer avant toutes les autres connaissances, comme la clé pour faire de l’étudiant un être pensant, un précédent à toutes les fariboles pseudo-scientifiques, vadémécums spécieux et spéculation mathématiques ?
On casse la tête des étudiants pour faire « premier » dans le domaine des maths, alors qu’ils ne seront jamais aussi forts qu’une règle à calculs !
L’industrie de la société de consommation est passée par là. Dame, elle a besoin d’un bon maçon et pas d’un maçon pensant. Elle demande un ingénieur et pas un critique des mœurs.
Une page et demie par chronique, c’est court.
Ce qui précède était juste une intro à propos de la philosophie de Jacques Lacan ! Fumiste de génie, mystificateur de première force, mais aussi champion de la parole, auprès duquel l’avocat politicien le plus brillant de nos tergiversations communautaires peut aller se rhabiller !
A la réflexion, parler de son « hystérie évidente » lui comparer la lucide Annie Le Brun, je montais en grade dans la connerie ! Je justifiais par mon exemple la méfiance affichée dès les premières lignes vis-à-vis de ceux qui écrivent à propos de tout, sans avoir tout lu.
Sauvé par le gong, en quelque sorte…

23 septembre 2011

On se voile la face…

Minute ! Qui nous a raconté que tout allait bien se passer, que la zone euro était solide, que notre économie marchait du tonnerre, au point que Milquet est formelle : le chômage diminue, enfin, pas encore significativement… Lagarde nous voit avec 2,5 % de croissance…
Eloi euphorise, la tête ailleurs, tout à l’entente cordiale, version Bruxelles ma Région, mes amours, Flandre et Wallonie, comme qui dirait dans la position du missionnaire, la Wallonie en-dessous, naturellement.
Leterme fait ses cartons. Commis à l’OCDE ! Ce n’est pas brillant, mais quand on n’a rien d’autre… Seul couac, il ne le dit pas ouvertement, Leterme fiche le camp parce qu’il n’y croit plus.
Pour les autres, nous les citoyens, les perspectives d’emploi sont énormes. L’avenir est prometteur, à cause du vieillissement de la population, 500.000 emplois dans une quinzaine d’années. Le peuple en reste baba. Si ça tarde trop, on développera un slogan « Mort aux vieux ! ». Après tout qu’attendent-ils pour claboter, ces vicieux ?
Notre ministre des finances par intérim, notre Didjé national, Monsieur Reynders est ravi. Tout se déroule selon ses plans. Comme il ne les dévoile pas, il peut en changer selon les circonstances. Il sait que les personnels des gazettes le prennent pour un génie. Les merdes sont pour Charles avec le FDF.
Elio enroule les accords. Et ça ne mange pas de pain de promettre 500.000 emplois pour quand le ministre d’Etat sera à la retraite. Il pourra écrire n’importe quoi en 2026 sur ce qui s’est réellement passé en 2011. Il aura 76 ans, l’âge de Berlusconi ou presque…
Tout ça un jeudi noir, un de ces jeudis qui fait croire à la fin prochaine du capitalisme !
Nos innocents coltinent d’imposants paquets de fardes devant les caméras en faisant des petits signes de la main. Ils sont loin du jeudi noir…
Espoir ! Espoir !...

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Maintenant qu’ils se sont ressaisis en haut lieu, tout à leur plan de sauvetage de la Belgique multiforme, ils oublient de nous parler de la situation financière mondiale. Si ça se trouve, l’année et demie de palabres n’aura servi à rien. Où la mondialisation de l’économie nous mènera-t-elle, parallèlement aux retrouvailles avec Wouter Beke ?
Pas du tout disent nos illustres. L’avenir est serein. Le moral reste bon. L’économie est saine, la Belgique au triple A… alors qu’on sent en dehors des frontières linguistiques, qu’il va nécessairement se passer quelque chose avec la dette grecque, le déficit abyssal des USA, les inquiétudes sur les marchés.
Le monde dans lequel on vit n’en a rien à battre de BHV !
Pourtant, même refrain à gauche comme à droite, c’est à croire…
Et on s’étonne qu’en les prenant pour des imbéciles, les gens aillent voir ailleurs, en France, par exemple, en Allemagne où ça ne va pas mieux non plus…
Et nous, on pèterait le feu parce qu’on a décidé qu’à la semaine flamande, on bradait tout, heureux de proposer des accords à qui en veut !...
Là-dessus, pas un mot du capitalisme, de la mise en boîte formidable de non pas d’un, mais des centaines de Madoff tapis derrière les comptoirs des banques, prêts à bondir sur l’argent qui passe.
L’autisme volontaire de ces Belges à l’ancienne qui croient faire la pluie et le beau temps ne pourra tout de même pas durer jusqu’au bout… déjà que nous sommes les tigres de papier de l’Europe. De là à rêver une reprise en main de la Chine ou de l’Inde pour faire de nous une nouvelle république bananière... C’est qu’ils veulent bien nous refiler du fric, ces généreux du bout du monde.
Bah ! au lieu de chercher ses ordres à Wall Street, Elio Di Roublardo irait tout aussi bien les chercher à Pékin !
N’a-t-il pas fait la preuve de son extraordinaire souplesse ?
Le statut du Tibet, ce n’est pas si mal, pour qui connaît Bart De Wever.

22 septembre 2011

Quand les déséquilibrés s’équilibrent !

Du Bel Armand (De Decker) : le FDF est un parti jusqu’au-boutiste.
Et le MR est un parti déculottiste ?
Il n’est pas le seul à haïr la résistance du FDF, mon Uccle Armand, les autres sont du même avis, pas pour « une haute idée du devoir, l’avenir de la Belgique, le sauvetage sacré de la dynastie, etc. », vous pensez, ils s’en fichent. Où ils iraient si l’affaire tournait mal ? Vous voyez d’ici Laurette faire secrétaire dans le cabinet Uyttendaele, pour autant que le cher maître en ait encore un ?
Maingain aurait raison contre tout le monde ? C’est politiquement impossible !
Si BHV est un bide, il est crucial qu’ils soient TOUS embarqués sur la même galère. Ainsi, ils se répartiraient la faute. Collective, elle serait plus légère. Il vaut mieux être un imbécile noyé dans la masse des imbéciles, qu’être imbécile tout seul.
Ces gens qui se haïssent et sont toujours prêts à se faire un croc-en-jambe, descendent tous aux abris quand l’ouragan s’annonce. Qu’il en manque un, forcément, ça fait prétentieux. De quoi il se mêle l’effronté ? C’est l’homme à abattre, pour éviter la honte.
A l’intérieur des partis, c’est pire. Les seconds couteaux, quand ça foire, critiquent à mort ceux dont ils embrassaient le cul le jour avant. Pour peu qu’il sache y faire avec l’opinion, c’est l’heure de la vengeance de l’employé de couloir.
Pour qu’une carrière politique aille jusqu’au bout, la perte de confiance des masses est à proscrire. Le public silencieux, le petit personnel reste à la botte.
Ils nous joueraient le God Save the King, si Maingain se mettait à la cornemuse et le Bel Armand en tambour-major.
Ils ont tout oublié des positions « courageuses », quand les grands responsables ne pouvaient trouver une solution que dans une large compensation à la fin de BHV, anosognosie légitime, pour rester en règle avec soi-même.
Le moment est à la vaseline. Les hémorroïdes, c’est pas très résistant au gros calibre. En fait de large couloir à Soigne, ils ont été servis. Les brutaux d’en face vont au « fion » des choses. Tous les participants « vranzais » ont leur pot « crème hydratante » à portée, pour leur large couloir. Surtout qu’on ne les traite pas d’enculés, c’est pour le roi, madame ! Le procédé de Gersuny, injection sous-cutanée de vaseline, c’est pour prémunir de l’accord suivant.
Au slogan « La liberté ou la mort », nos élites ont préféré « Protection de nos roubignolles parlementaires ».

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Comme Dominique Strauss-Kahn, ces messieurs-dames ont choisi leurs mots :
Laurette Onkelinx : c'est un accord équilibré… un grand soulagement…
Jean-Michel Javaux : le chemin du dialogue… un équilibre autour d'un dossier…
Joëlle Milquet : On a franchi une première étape… une solution aux attentes des francophones…
Charles Michel : un accord qui respecte tout le monde… respecter le droit des francophones…
Je passe sur les appréciations flamandes employant en gros les mêmes mots. Même Bart De Wever est content. C’est dire.
Eh bien ! amis lecteurs, nous avons là un beau cas de figure de ce qu’est le jeu de la politique et de l’emploi des mots d’usage au Moniteur.
Finalement Armand De Decker, vice-président MR du Sénat, lorsqu’il dit « le FDF est un parti jusqu'au-boutiste » rend inconsciemment hommage à un parti, le seul, qui ait été logique avec ses électeurs.
Ce qui ne veut pas dire que le FDF soit un parti miraculeusement sorti du lot. On le sait, en politique la morale n’existe pas. L’essentiel n’est pas de rechercher la vérité, mais de faire croire aux électeurs que leur parti détient la vérité… Oui, le FDF est un parti comme les autres, mais qui s’est trouvé dans la nécessité de suivre la pensée majoritaire de ses électeurs, sous peine d’être rayé de la carte. Il dit la morale par nécessité.
Ah ! vous auriez pu voir la chose au PS, si les Wallons avaient eu la désagréable impression d’être abandonné par Elio Di Rupo.
Vous auriez vu alors toute la classe politique se lever contre les accords d’Eloi Di Roublardo. Même au PS, pourtant déjà bien Lepéniste sous des grands airs, avec en tête la passionaria retrouvée des hauteurs de Seraing, Laurette Onkelinx, elle-même.
Mais comme les Wallons ont le sommeil profond, aiment la quiétude et le chant des oiseaux, les rumeurs lointaines, le bruit sourd du canon sans voir l’éclair, rien ne saurait les affecter. Tant qu’ils ont leurs nouveautés IT, sa Galaxy Tab 7.7, leurs Tablet S de Sony, ils n’en ont rien à foutre, ni des Fransözisches, ni des pieds plats du plat pays, les Wallons !
Reste plus qu’à voir leurs gueules, le jour où la gamelle sera vide… l’année prochaine avec un Di Roublardo approuvé par De Wever. Couplet des partis qui auront tenu le coup jusque là : « pour la banque, le sauvetage de l’épargne, la dette qui menace la génération qui vient, etc. ».
Voilà un siècle qu’on nous la fait. Pourtant, ça prend toujours… C’est con tout de même !

21 septembre 2011

Ciel, DSK !... encore lui !

Tout le monde parle de la prestation de DSK réglée au millimètre avec la complicité de Claire Chasal, la vieille routarde de l’info de TF1 et par ailleurs, amie de longue date d’Anne Sinclair.
C’est pathétique ! En même temps cela soulève la curiosité des foules. Les sondages nous disent clairement que Dominique Strauss-Kahn est grillé dans l’opinion. Il s’agit de se repaître de la vue d’un puissant personnage tombé de son piédestal et qui n’est plus que ce que la fortune de sa femme lui permet d’être. C’est-à-dire qu’il fait encore beaucoup d’envieux.
Au-delà des mots convenus, probablement répétés en coulisse, nous n’avons rien appris de ce qui s’était réellement passé. Et pour cause, à quelques mots près, c’était la traduction du grand oral au cours duquel Bill Clinton confessa publiquement « son comportement inapproprié » avec Monica Lewinsky. Il y aurait même beaucoup à dire sur la similitude de l’attitude des épouses Hillary et Anne, dans le cas du mari cavaleur et de la femme au foyer qui ne claque pas la porte, fait face courageusement, quitte à ce qu’en privé, ces messieurs de la galanterie à deux balles se fassent engueuler ferme.
La version française est même davantage plus soft, puisque tout le monde s’est aperçu que Claire Chasal n’a pas le punch d’un intervieweur américain.
Il restera donc patent qu’un homme de 63 ans fasse l’amour à une femme de chambre en sept minutes, alors qu’il ne l’avait jamais vue auparavant, sans préambule, sans caresses qui sont la moindre des choses, grâce à son extraordinaire aura et sa séduction naturelle.
Si je suis bien la version strauss-kahnienne, Nafissatou, le voyant nu, a rapidement enlevé son slip (à moins qu’en prévision elle l’ait déjà enlevé) et sur sept minutes, sans une parole, a éteint (très momentanément) la braise permanente qui couvait dans cet homme !
Puis, elle est partie encore dégoulinante de l’hommage français se rafistoler dans une autre chambre.
Il n’y a absolument personne à croire une chose pareille, sauf les avocats de DSK et le procureur, ce qui, en bonne politique est amplement suffisant.
Mais qu’ensuite superman vienne simplement dire qu’il a péché envers sa femme et pas un seul mot pour la pauvre femme de chambre, c’est proprement scandaleux.
- « Once more… once more » aurait dit la malheureuse pâmée.
-Des clous, aurait répondu, DSK en se reboutonnant. J’ai un avion à prendre !...
Puis, il l’aurait plantée là, sans pourboire, sans le petit billet négocié par avance !
La complicité de Chasal saute aux yeux. Au moins, elle aurait pu s’étonner de la rapidité de la séduction et du passage à l’acte.
On pourrait même se demander si elle aussi… derrière les décors… bon, passons.

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Mais, il avait été décidé de ne pas poser la question qui tue.
Ce qu’il y a de plus détestable chez les violeurs, c’est l’impossibilité de s’avouer coupable, au contraire, chargeant la victime de leur méfait
L’interview laisse ouverte une réhabilitation pour plus tard. Dans l’immédiat la facette « économiste mondialement reconnu », pouvait y aider. Quoi de mieux que de sortir le dernier dossier que DSK eût à traiter au FMI : la dette de la Grèce !
Claire Chasal se devait de lui laisser le mot de la fin.
Aussitôt l’on vit réapparaître la bête de scène, avide de bravos, se jouer de nos petites cervelles, le verbe haut, la voix transformée, donnant une version autrement plus détaillée du drame grec que du sien propre.
On oubliait qu’il n’avait jamais servi nulle part, surtout pas la cause des femmes ou alors a-contrario, sous forme de contre-exemple
Conclusion : DSK a encore une grande faculté de nuisance. Il peut dans les mois qui viennent plomber les élections internes du PS.
Franchement, il y a des destins tragiques moins médiatiques. Il eût été de meilleur goût que cet homme n’eût rien dit et se soit fait oublier dans quelque retraite lointaine. Anne Sinclair en a les moyens.
Que la bonne Anne prenne Diallo Nafissatou à son service, par la suite afin de rebondir pour une prochaine carrière, voilà qui serait un sacré bonus !
On voit DSK sublime chez Claire Chasal « …la pauvre, elle va peut-être être expulsée des Etats-Unis pour avoir menti aux services de l’immigration. Alors ma femme et moi, nous avons eu pitié… ».
Et pour le coup qu’elle fut aussi enceinte et victime des amours new-yorkaises devenues ancillaires serait inespéré pour la suite. La photo de DSK poussant une voiturette d’enfant dans le parc du Luxembourg, avec Anne Sinclair pendue à son bras, vaudrait une fortune à Paris Match et une réélection à Sarcelles.
Et c’est même un paradoxe que cet homme qui a fait tant de tort à la cause féminine ait finalement tant besoin de l’une d’elles, pour assurer ses vieux jours qui commencent aujourd’hui.

20 septembre 2011

La meute et l’émeute.

Les émeutes urbaines, c’est comme le milieu favorable à la schizophrénie, elles prennent naissance, la plupart du temps, dans le tissu social dégradé. Ce qui fait dire aux auteurs de la langue de bois et de la « pensée unique » que les jeunes n’ont qu’à travailler. Ainsi, ils renvoient ces mêmes jeunes au paradoxe d’une misère galopante, une main-d’œuvre en surnombre dans un environnement de luxe.
Tant que les « braves gens » voient l’émeutier en voyou, il n’y a pas de problème. L’Etat nettoiera ça au karcher quand les poules auront des dents. Plus grave serait que l’opinion se retournât contre son maître et décide que les voyous ne sont pas ceux que la police désigne.
Caroline Fourest, dans son livre « Le choc des préjugés » s’élève contre l’idée reçue que « 80 % des émeutiers étaient des délinquants ».
Délinquants ou révoltés, écrit-elle, « c’est une question clé pour savoir si nous avons affaire à un mouvement de protestation en vue de construire ou un défouloir uniquement destructeur. »
On n’en est pas là, qu’Eloi Di Roublardo se rassure, comme les responsables de la France à Marseille et de la Grande Bretagne à Londres, le phénomène que la société de consommation n’a pas su résorber, n’a pas dégénéré en révolution.
Reste que pour beaucoup, la prospérité est un mythe.
Et les publicités qui vantent les vertus de la qualité, du luxe et de l’élégance de tout ce qui est « hors de prix », au lieu d’émerveiller les masses, les plongent dans la fureur.
Les magazines people dont le métier consiste à montrer dans les médias la vie des riches comme si dans le futur ce serait celle de tout le monde, sont devenus des « pousse-au-crime », sans le vouloir, puisqu’ils se rattrapent aussitôt en qualifiant les émeutiers de Birmingham, de racaille venues des bas-fonds pour casser du riche comme du pauvre.
Avec les débris de verre qui jonchent les trottoirs, se balaie aussi le « rêve » américain. Cette formidable supercherie a tenu les générations précédentes jusque fin des années 90. Plus personne n’ose aujourd’hui y faire référence devant le tableau d’une Amérique sur les genoux et d’un Obama qui essaie de rassembler les débris d’une société ultralibérale en miettes.
Le système inventé par le monde anglo-saxon ne fonctionne plus. Mieux, il se retourne contre ceux qui l’ont « vendu » à la planète entière, puisque demain, ce sera la Chine qui aura colonisé Londres et Washington, comme jadis les Blancs, colonisèrent les Noirs et les Jaunes.
Entretemps, l’inégalité aura fragilisé les masses, les Chinois n’auront même pas besoin de nous botter le cul, comme les colons l’ont botté jadis aux Congolais et ailleurs, puisque nos contremaîtres sur place, se seront chargés d’augmenter les cadences et de réduire les salaires, sous l’œil attentif des gouvernements, bien avant l’arrivée d’un vice-roi asiatique.
Ceux qui voient un rapport entre les violences urbaines et les populations émigrées sont les mêmes qui, par ailleurs, se focalisent sur le racisme ordinaire pour en stigmatiser les méfaits du show-biz aux partis politiques.
Depuis l’ère industrielle, on aura absorbé des populations extérieures à nos frontières plus que ne le pensent les autochtones. Si bien qu’un bon quart des Belges a au moins un arrière grand-parent qui n’est pas né en Belgique, sans qu’il n’y ait jamais eu de confrontation entre les Belges de souche et les autres, puisqu’il y avait du travail et que l’industrie avait besoin de main-d’œuvre. Si les étrangers sont cités dans les émeutes et dans les faits-divers, c’est parce qu’ils sont les plus vulnérables et les premiers touchés par la pauvreté.
Le tissu social se détricote peu à peu en calquant l’organisation sociale sur l’efficacité apparente du monde économique.
Croire que la démocratie peut vivre en harmonie avec le système économique libéral, c’est de bonne guerre au MR ; mais, c’est une erreur complète pour la gauche que d’y adhérer dans ce qu’il est convenu d’appeler la social-démocratie.
Le multiculturalisme britannique a engendré de nouvelles formes de racisme et, essaimant en Europe, s’est révélé aussi néfaste en France dans les Cités.
La Belgique ne sera pas épargnée par les déferlements futurs dans les villes d’une population qui se radicalise surtout chez les jeunes.
Pour le moment BHV, ça occupe. Quand Roublardo, enfin installé premier ministre, tranchera dans le lard pour faire rentrer des sous, qui financera tout : fédéral, régions et les trois AAA ? Mais, nous, cher lecteur, nous…
Aux clowns des Flamands de choc se mesureront les « voyous » francophones. Mais, ce ne sera pas pour des facilités. Le Nord croit à la relance, à la croissance, au triomphe de l’économie libérale. Le Sud ne croit plus à rien.

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Nos villes sont relativement petites comparées à Londres, Manchester, Paris ou Marseille.
On dirait que dans le Nord du pays, la haine de la langue française et de ceux qui la parlent est de nature à satisfaire et à limiter les revendications sociales des populations des faubourgs. Si nos universitaires n’étaient pas si vains et si sots, il serait même intéressant de faire des recherches sur les facteurs qui font un décalage entre l’orientation de la population en Wallonie, en gros à gauche, et celle de la Flandre plus conservatrice.
Par contre, il n’est pas exclu de voir des émeutes à Charleroi, à Mons et à Liège.
Issu des partis qui gouvernent l’Etat, qu’il soit libéral ou socialiste, le futur premier ministre n’aura pas de mots assez durs pour désigner les émeutiers, tandis qu’il s’exonérera de toute responsabilité, comme de bien entendu.
Ah ! pour être une belle réussite, ce sera une belle réussite…

19 septembre 2011

Marc Uyttendaele débride les consciences.

Il va bien à Marc Uyttendaele de soutenir qu’Olivier Maingain serait atteint de trouble de la personnalité antisociale, avec logorrhée et insulte, dans « l’incapacité de brider ses mots et ses émotions », alors que lui-même ne cesse de plaider l’anosognosie politicienne de Di Rupo.
Ainsi Maître Uyttendaele s’expose à la « claque des mots comme une gifle » puisqu’il répond à la violence supposée de Maingain, par la sienne.
Dès lors, il ne s’agirait plus que de l’effet de manchette d’un avocat, afin d’obtenir un succès de rhétorique à la défense de la politique du patron de sa femme.
Maître Uyttendaele est si personnellement impliqué dans l’aventure socialiste par des liens commerciaux et familiaux, qu’il aurait dû être plus circonspect dans la défense du PS à peine dissimulée sous l’apologie de l’accord sur BHV.
Quand on est le porte-flingue d’un parti et d’un homme et qu’on dégaine à l’occasion assez facilement, on a tendance à considérer que ceux d’en face sont aussi des flingueurs et que c’est à celui qui tirera le premier.
Cet accord, au mépris d’une année et quatre mois d’un discours farouchement opposé à une capitulation sans contrepartie de la scission de BHV, n’est donc que la suite logique de la gesticulation des partis francophones.
L’expression téméraire de Maingain dans sa comparaison du gouvernement flamand à l’occupant nazi a bien des fois été employée, sinon suggérée, par d’autres parlementaires dont certains socialistes, poussés dans le dos par une population francophone qui vit sur le terrain et qui pourrait bien considérer les incursions flamingantes comme les effets d’une occupation hostile.
Tout en trouvant le discours sur l’économie libérale d’Olivier Maingain insupportable, conformiste et conservateur, on ne peut lui dénier sur un autre plan, une dimension honorable et pathétique qui rappelle le combat perdu des Fouronnais.
Si on suit bien le constitutionnaliste Uyttendaele (je plains ses élèves) « un homme d’État, soucieux de sortir le pays de l’ornière profonde dans laquelle il s’enlisait inexorablement » devrait céder à l’arbitraire quand celui-ci va jusqu’à menacer la pérennité de l’Etat ?
Il n’y aurait donc jamais une limite à ne pas franchir ?
Alors, pourquoi tant de discours depuis seize mois faisant état d’une ferme détermination de s’en tenir à ce qui avait été convenu considéré comme un minimum, si c’est pour capituler devant « le danger » qu’un Armand De Decker ne peut évoquer qu’en tremblant ?

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Les signataires francophones sont tous des carriéristes qui n’ont que leur plan de carrière en tête. Ils font d’abord de la politique pour le fric qu’ils en tirent. Ils devraient savoir que les électeurs ont plus de mémoire qu’ils ne croient. Les électeurs se souviennent de tout. Les carriéristes pourraient déchanter si dans les prochains mois ça tournait mal quand même et qu’ils se seraient déboutonnés pour rien..
Marc Uyttendaele n’y pourra rien, et son couplet sur les politiques « responsables » et ceux qui ne le sont pas, le condamnera un jour, lui aussi, à confesser qu’il était bien dans le camp des signataires et fier de l’être.
J’ai devant les yeux son libelle à l’adresse de Maingain. Il tente de justifier l’injustifiable. Et c’est lamentable. Il n’a aucun argument à présenter, sinon faire l’apologie de l’opportunité politique « à ne pas rater ».
Les politiques ont déjà laissé filer un pouvoir qu’ils tenaient du peuple pour le laisser entre les mains indignes des financiers internationaux. Après l’économie, laisseront-ils filer les rapports entre les Communautés, dans les nouvelles circonscriptions, entre les mains des juges ?
C’est accorder facilement un blanc-seing à une justice fort décriée, alors que les affaires mal jugées, sentant bon le favoritisme et l’iniquité défraient souvent la chronique des journaux !
A-t-on bien mesuré que les présidences alternées entre Flamands et Francophones de cette nouvelle juridiction seront au-dessus des règles de toute démocratie politique ? Il est permis d’avoir des doutes sur la sérénité et l’indépendance de ce tribunal d’un genre particulier dans les attendus qu’il rédigera.
Est-ce là tout ce que les francophones ont obtenu en compensation qui réjouit tant Marc Uyttendaele et lui permet d’accuser Olivier Maingain d’outrance verbale !
Si j’étais à la place de Marc Uyttendaele, je m’inquiéterais de l’avenir de mes clients, des élus politiques que je défends et de moi-même, après la signature de ce malheureux premier accord qui augure mal des suivants.
J’y regarderais à deux fois avant d’ironiser sur la sémantique du président du FDF.

18 septembre 2011

Roublardo et les Sept nains.

« Miroir, gentil miroir, dis-moi qu’elle est la plus belle du royaume ? ».
Chaque année, à la fête nationale flamande, la reine Bart questionnait son miroir et celui-ci renvoyait fidèlement le visage de la curieuse, certes, de plus en plus rond et épanoui à mesure que le temps passait et repassait les plats, car sa majesté était gloutonne ; mais moins épaisse encore que la plupart des Anversoises.
En ce jour funeste 2011, après le questionnement annuel de la reine, le miroir renvoya l’image de la princesse Eloïse Di Roublardo, dont la reine était la marâtre.
- Quoi… quoi, dit la reine en fureur, ce pruneau de soixante ans ! Ce succédané de Berlusconi ! Elle serait la plus belle !...
Aussitôt, elle chargea Wouter son palefrenier favori, de la venger d’Eloïse.
- Mon Beke, tu seras le bras armé de ma Flandre.
Aussitôt elle lui colla un sac du GB sous le bras, afin de lui rapporter le cœur de sa rivale.
Wouter est un brave homme. Il n’eut pas le courage de perpétrer son crime. Il souffrait d’être le jouet des caprices de la reine Bart. Son secret désir était de se mettre à son compte.
Il raconta tout à la princesse Eloïse et lui permit de fuir à la condition que celle-ci ne reparût plus à la cour. Elle était condamnée à errer sans fin dans la forêt de Soignes…
Et il montra à la reine une carbonade bien nerveuse et sanguinolente que l’on sert si souvent à la Côte et que la reine Bart prit pour le cœur d’Eloïse.
Un jour d’orage, Eloïse s’abrita dans une étrange maison. Minuscule, elle était pourtant dotée d’une énorme table ronde, sur laquelle des couverts étaient posés si petits qu’on aurait dit des cure-dents. Elle s’affala sur les sept lits et fit le rêve qu’ont toutes les jeunes filles, se placer dans une riche famille régnante.
Le soir, les Sept nains revinrent de la recherche d’emplois pour handicapés. Atchoum ressemblait à Charles Michel, Timide à Jean-Mi, Prof à Alexandre, Grincheux à Laurette, etc.
Après de longs pourparlers, Eloïse tint leur ménage, tandis qu’ils s’en allaient chaque jour à l’interview des placeurs prêchant les douceurs de la démocratie. Quoique frères et sœurs, ils étaient divisés du point de vue politique et linguistique. Ils n’avaient qu’une chose commune, ils étaient tous nains.
Dame, quand on vit dans un petit pays, pour avoir plus d’espace, il vaut mieux être nain.
Dans la capitale, les choses s’étaient précipitées.
Wouter avait assuré la reine Bart, le jour du Gordel, qu’elle était à nouveau la plus belle. Méfiante, elle n’attendit pas la fête nationale suivante pour consulter son miroir.
« Miroir, gentil miroir, qu’est-ce que tu en penses ? » Ce fut le hideux visage du diable Maingain qui apparut. « Qu’est-ce que tu crois ? Wouter t’as raconté des craques. Il fricote avec Eloïse dans ton dos ! ».
La reine résolut de se venger. Aussitôt, elle prit son petit panier de gaufres empoisonnées et se transformant en Caroline Gennez, la rosière de Flandre occidentale, courut à la forêt de Soignes perpétrer son forfait.
La princesse Eloïse ne se méfia pas de la vendeuse de gaufres, tant elle paraissait plausible en gargotière, tablier bleu et jan moulant, mangea la gaufre et tomba raide au pied de la reine Bart.
On fit des funérailles grandioses à la princesse et on crut le royaume perdu…
Mais le roi qui aimait tendrement sa fille, obtint de Merlin qu’elle se réveillât le jour où un chevalier déclarerait sa flamme.
Les Sept nains mirent la princesse sur un lit de rose au milieu d’une table ronde et attendirent avec le roi qu’un prince charmant vînt à passer par là.
Quand Caroline Gennez apprit que la reine Bart s’était servie de son visage pour tromper la princesse Eloïse, elle appela son voisin pour aviser. Coïncidence, celui-ci n’était autre que Wouter Beke !
Le brave homme confessa sa faute et promit de réparer.
Restait à trouver un Prince.

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Comme il n’en passait pas, après un an et trois mois de réflexion, on déguisa Wouter en prince. On le hissa sur un cheval blanc. Il était gauche et emprunté, peu noble et piètre cavalier, mais une dame de cour l’aida à se tenir en selle, lui apprit le métier de prince, remplaça ses lunettes par des verres de contact. La malignité publique soutint même que Wouter étant puceau, la dame de cour poussa l’abnégation jusqu’à lui montrer toutes les subtilités du baiser avec la langue, et le coït-surprise à la new-yorkaise. Il fallait bien sauver le royaume ! Il serait toujours temps de lui dénouer l’aiguillette en une autre occasion.
La suite, tout le monde la connaît.
Le royaume fut sauvé.
La reine Bart, inconsolable, prit le diable Maingain à son service en qualité de bouffon-souffre-douleur.
On prétend que poussés par le vice et les conseils d’André Antoine, ils eurent quelques enfants illégitimes!
Quant à la princesse Eloïse, on raconte qu’elle était assez noble pour deux et elle épousa Wouter en grande pompe à Sainte Gudule. Entre des exorcismes de démons flamingants, l’évêque Léonard s’habilla de ses plus beaux rideaux pour entendre leur « ja ».
La messe eut lieu en flamand, quoique Eloïse ne connût point le langage un peu frustre qui était celui de son fiancé.
Ils eurent deux enfants Simplicie et Flamint.
Quand ils furent adultes, ceux-ci se disputèrent le royaume et tout fut à recommencer.
Mais, c’est une autre histoire que vous racontera un autre jour Charles Perrault-Michel, Alexandre-le-petit et Bètchette Onglelisse.

17 septembre 2011

Fric et froc.

Ceux qui prétendent que les gens ne s’intéressent plus à la politique sont en train de se tromper.
France 2 vient de récolter le plus fort taux d’écoute de la soirée de jeudi avec 20 % de téléspectateurs (± 5 M.), loin devant TF 1 (Masterchef, une téléréalité) ; son programme : la première confrontation des six candidats aux primaires socialistes d’octobre.
Ceux qui sont restés jusqu’au bout de l’émission ont quelques mérites. Les propos étaient parfois arides, parfois convenus, les sujets abordés difficiles. Ils se sont fait une opinion sur les candidats, au cas où une majorité de Français confierait les rênes de l’Etat à une des personnalités concurrentes.
Satisfaction donc, à l’étude des chiffres d’écoute. Le citoyen, qui d’habitude est traité comme quantité négligeable en-dehors des périodes électorales par les gens en place, pourrait très bien voter pour l’opposition, afin de marquer son désaccord, plutôt que bouder les urnes (En France, le vote n’est pas obligatoire).
Ce qui déplaît à l’électeur, c’est le « couru d’avance », la gestion du pays d’après les normes de l’économie mondiale, le sentiment de l’inutilité de son avis, la conviction qu’il n’y a plus ni gauche, ni droite, depuis qu’ils ont tous enlevé leur froc devant le fric.
Les gens souhaitent avoir leur mot à dire. Il leur faut des éléments pour qu’ils puissent faire des choix. Il ne s’agit plus de promettre la lune, ni d’interpeller les gens sur de la fiction, juste pour se faire réélire, puis la chose faite, calquer la politique généralement uniforme des démocraties sous tutelle capitaliste, en prétextant que c’est la seule politique possible.
Elire le premier personnage de l’Etat pour cinq ans ne se limite pas à régler l’affaire en deux tours de vote, puis de se faire exclure du débat.
La Belgique politique devrait bien s’inspirer de ce qui précède afin d’associer davantage l’électeur aux décisions importantes.
Nous venons de vivre un ratage complet : un an et trois mois de pétaudières et de discussions, afin de laisser des décideurs - souvent couper de toute sensibilité populaire - se départager entre eux.
Ils viennent d’aboutir à un premier résultat avec BHV, dont les pourparlers et les marchandages ne nous ont pas été communiqués et sur lesquels nous ne savons rien. Il en faudra d’autres pour former un gouvernement. Si le procédé est le même, voilà bien un étrange mépris des citoyens !

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Que savent-ils de ce que pensent les gens, puisque les négociations sont secrètes, que les enjeux ne sont pas abordés franchement, que les débats sont faussés, que nous n’en avons que des caricatures à la télé, et que ce sont toujours les mêmes qui – on ne sait de quel droit – ont des avis sur tout, au nom le plus souvent de leur bureau de parti qui oublie de prendre l’avis des adhérents !
Le spectacle des signataires accostés par les journalistes sur le trottoir de leur lieu de réunion ne peut en aucune manière être considéré comme une information préludant à un débat démocratique.
C’est indiscutable, la presse et les représentants des partis politiques ont présenté l’accord BHV comme une merveille de bénignité pour les francophones et de satisfaction émue pour les Flamands ; dès lors, le chien galeux ne pouvait être que celui qui dirait le contraire, à savoir Olivier Maingain, l’empêcheur de se congratuler en rond.
Qu’en savons-nous vraiment ?
Pourquoi le formateur n’est-il pas venu devant le public pour expliquer et défendre son projet ?
Il y a quelque chose de louche dans ces accords loin des yeux du public. Comment ferait-on confiance à des politiciens qui réclament des compensations importantes, le crient pendant un an et finissent par signer un document qui ne mentionne nulle part les exigences qu’ils nous ont habitués d’entendre, et sur lesquelles ils nous ont juré qu’ils ne transigeraient pas !
La seule chance pour qu’il y ait encore dans quelques années un Etat belgo-flamand, c’est de cesser les coups-fourrés entre initiés et de faire comprendre à Eloois Di Roublardo et aux autres, ce qu’est la démocratie, en faisant participer les citoyens aux actes importants.
Pour ceux qui se rappellent l’affaire des Fourons, il y a de quoi méditer.

16 septembre 2011

Eloi contre Eloois ?

C’est inouï ! A lire les commentaires de presse sur la réussite d’Eloois Di Roublardo, on se croirait à la première d’Hernani de Victor Hugo. La salle est enthousiaste à l’exception d’irréductibles adversaires du Maître. Sauf que personne n’a vu la pièce, c’est-à-dire ne l’a pas détaillée à la loupe ! (1) La claque est-elle payée par des bailleurs de fonds tapis dans l’ombre ? Les peuples wallon et bruxellois applaudissent-ils spontanément ou bien la presse grossit-elle l’événement, parce qu’il entre dans l’intérêt des patrons de presse et des bailleurs de fonds qu’il en soit ainsi ?
Le chœur des gens qui font « ouf » doit être impressionnant.
Un an et trois mois pour un seul accord, alors qu’il reste le financement, les mesures d’économie et la formation d’un gouvernement, ce n’est pas demain que Leterme prendra ses quartiers à l’OCDE.
A défaut de savoir de quoi il retourne, on se perd en menus détails : la dramatisation d’Eloi, le retour hâtif du monarque, la mine très élaborée de Di Roublardo dans la scène de « la crise à son paroxysme » ; mais, on se fiche du monde !...
Comme on ignore ce qu’Eloi a concédé à Eloois, il faut quand même rappelé que voilà une crise sur une chose qui ne posait aucun problème pour les Francophones, puisqu’ils ne demandaient rien. Elle était donc essentiellement flamande. Donc, cet accord concède des modifications favorables aux Flamands puisqu’on sort de l’ancien statuquo. Le jeu des tuyauteries est défavorable aux Francophones. Maingain et le FDF ont sans doute des raisons de faire le foin qu’ils font au MR.
Cela veut dire que les compensations ne sont que des chimères, que les bourgmestres non nommés l’ont dans l’os, que l’agrandissement de Bruxelles aux communes à facilités ne se fera pas et encore moins le fameux couloir reliant la capitale au Brabant wallon. Maingain deviendrait cet insurgé sympathique et soutenu par les gens, comme le fut José Happart. Sauf que Happart avait quelque chose à négocier : son ralliement au PS, tandis que Maingain n’a rien de tel.
Aujourd’hui, c’est Charles Michel qui reprend le rôle du socialiste liégeois Gruselin bradeur des Fourons, dans le fil de l’histoire et Maingain tient le rôle du cocu. Il le fait très bien, du reste, indigné et tout…

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Donc, les Belgicains vont avoir fort à faire pour nous vendre le triomphe d’Eloois !
Rudy Demotte peut bien organiser une séance spéciale pour remettre le grand cordon du mérite wallon à Eloi Di Rupo, et Albert se fendre d’une distinction équivalente…
Le seul intérêt de ce premier accord, sera de surveiller du coin de l’œil ces « messieurs-dames » des gazettes afin de savoir s’ils font leur métier de journaliste ?
Qu’on sache enfin, laquelle des deux communautés va perdre ou gagner un deuxième Fourons.
Quant à s’émerveiller de la prestation, d’Eloois, voilà longtemps que je ne me fais plus aucune illusion sur ce type. Sa tare essentielle, c’est qu’il n’est pas socialiste. Il poursuit des objectifs conservateurs : laisser-aller au gré des humeurs économiques, pas de modification ou presque dans le système politique, maintien d’un Etat avec souverain, parlement et tout le tremblement sans se demander si ce système d’apparence démocratique, l’est réellement, etc. C’est un stalinien inversé !
C’est aussi un homme du passé qui a une vision du socialisme périmée, qui croit encore pouvoir s’accorder avec un capitalisme d’il y a cinquante ans.
Un homme enfin, qui ne voit pas la marche de l’histoire et qui est en train de passer à côté du véritable rôle qu’il aurait dû jouer : entraîner les gens de Wallonie à plus de fierté et de courage, même si cela devait entraîner des sacrifices que, de toute manière, la société capitaliste nous imposera à sa façon.
Il échappe à Eloois qu’une société puisse être critiquée en profondeur, surtout venant d’un socialiste. Sa poudre aux moineaux n’est qu’une cartouche de l’ultralibéralisme qu’il tire pour frimer.
Mais le temps n’est pas à la critique. Il est à la louange et au bonheur ressenti comme un soulagement par une grande partie de la population. On devra encore avaler bien d’autres couleuvres, avant de voir le « héros » finir la législature sur les marches du trône, comme les gens de San Valentino avaient prédit.
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1. En gros, la scission de BHV voulue par les Flamands est accomplie. Les six communes de la périphérie conservent des liens avec Bruxelles : électoraux et judiciaires. Les bourgmestres de ces six communes pourront déposer, le cas échéant, un recours à une instance indépendante.

15 septembre 2011

Départ imminent et arrivée incertaine.

Leterme jette l’éponge et s’apprête à quitter l’attelage au milieu du gué. C’est le deuxième CD&V, Herman Van Rompuy fut le premier à arrondir son compte en banque à l’Europe, pour ne revenir que pour le Gordel, afin de montrer aux Flamands que, Europe ou pas, son cœur est à jamais à eux.
A ce niveau, on ne va pas s’inscrire à une agence pour l’emploi. On s’informe, on fait agir ses relations, on s’impose et on décroche le jackpot.
Dans le cas Leterme, rejoindre l’OCDE pour un poste de secrétaire-général adjoint, on ne peut pas dire que ce soit une réussite à entonner « le chant du départ ».
Question pognon, il y a de quoi faire bouillir la marmite, mais question prestige, il n’y a pas de quoi se relever la nuit.
Alors pourquoi cette descente dans l’obscur d’une administration qui met rarement en avant les secrétaires-adjoints, Angel Gurria, secrétaire-général tout court, tenant absolument à leur anonymat pour des raisons d’ego ? La preuve, on ne connaît qu’Angel !...
On a tressé des couronnes de laurier à Leterme lorsqu’il s’est révélé utile en bouche-trou ; que je sache, avant, le premier ministre collectionnait les gaffes et par ses démissions successives, ridiculisait la fonction à travers sa personne. Voilà un homme qui n’aura été « bon » que dans la mesure où privé d’initiative, il n’avait plus qu’à gérer les affaires courantes.
Peut-être bien finalement que Leterme est un bon commis, un modeste, plus fonctionnaire que décideur. Ainsi, pourra-t-il couler des jours heureux à l’ombre d’Angel Gurria.
Il revient aux Etats membres d’entériner la demande du postulant. Ce qui ne saurait faire un pli, l’OCDE étant une planque de pistonnés.
Reste à savoir ce que le nouveau secrétaire-adjoint aura comme mission. L’Organisation de coopération et de développement économiques est un bidule international d’études économiques, dont les pays membres – des pays développés pour la plupart – ont en commun un système de gouvernement démocratique et une économie de marché. Elle joue essentiellement un rôle d’assemblée consultative. L’OCDE compte 34 pays membres, regroupe plusieurs centaines d’experts dans ses centres de recherche à Paris (le siège est au Château de la Muette) et publie fréquemment des études économiques – analyses, prévisions et recommandations de politique économique – et des statistiques, principalement concernant ses pays membres.

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On voit le genre, noyé au milieu de centaines d’experts, dans un cadre agréable, le château de la Muette, aux environs de Paris, il pourra tout à son aise poursuivre ses relations par SMS et même les étendre à la planète entière (j’ignore si les secrétaires-adjoints voyagent beaucoup et si les billets d’avion sont réglés par les Etats membres) sans faire la Une du Soir.
Aux noms de tous les Belges qui sont à la recherche d’un emploi, le FOREM, l’ONEM et même André Antoine, notre DSK national, saluent la performance d’un Belge moyen, premier ministre intérimaire, qui après avoir perdu son emploi de premier ministre, a fait preuve de ténacité et retrouvé, sans l’assistance d’un conseiller et sans constitution d’un dossier après interview du FOREM, un poste d’expert de haut niveau.
Comme dirait André Antoine « Leterme a quand même un âge qui n’aide pas à retrouver facilement un emploi.».
Pendant qu’il termine son préavis qui dure depuis 457 jours, son remplaçant, le supposé Roublardo, sue sang et eau pour rassembler ses dossiers et former son gouvernement.
C’est ce qu’on appelle au FOREM, dans le dossier Leterme, une démarche positive.
Le remplaçant, Eloi Di Roublardo a envie de l’emploi. Sa présentation est sobre. Il est propre sur lui, affiche une attitude modeste. Son handicap, il n’est pas bilingue. Son flamand est laborieux. Ses futurs employeurs voient ses efforts. On ne peut pas dire qu’il mégote ses heures pour obtenir son job. Cela est globalement positif.
Bien entendu, certains nationalistes seraient sensibles à ce qu’il changeât son patronyme « Elio » ou « Eloi », en… « Eloois ». Dans une première période, Wouter Beke n’en demande pas tant.
Roublardo a suivi des cours de présentation et d’éloquence afin de séduire ses employeurs, sauf qu’une partie de ses futurs administrés n’est pas pleinement satisfaite des travaux qui entourent BHV. Eloois doit revoir ses architectes. Le staff pourrait perdre un emploi, celui d’Olivier Maingain.
Le président du conseil d’administration est revenu dare-dare de Nice en piteux état. Son hériter Philippe est à son chevet. Ses jours ne sont pas encore en danger. La reine craint une anosognosie. Une manière de se purger l’esprit du casse-tête belge. Béatrice Delvaux, consultée, pense qu’il s’en remettra, enfin c’est ce qu’elle dit en colloque singulier à ses lecteurs depuis 458 jours.
De toute manière, Didier Reynders se dit prêt, en réserve de la monarchie. Si Eloois dégage, ce serait lui ou le néant.
Aux dernières nouvelles, beaucoup préféreraient le néant.

14 septembre 2011

Trois personnages en quête d’auteurs.

Belgique : On ne va pas pleurer sur la démission à un an de la retraite de Ghislain Londers, le premier président près la Cour de cassation.
Mais quels chichis en Haut-lieu pour le départ dudit ! La collectivité ne l’a-t-elle pas bien payé pour les services qu’il lui a rendu, avec les honneurs et tout le tralala, bien mieux qu’une employée des postes qu’on remercie en la flanquant à la porte par suppression d’emploi ou qu’un petit prof qui se fait assaisonner par des parents imbéciles pour « venger » leur loubard de fils, parce qu’il n’est qu’un petit con malhonnête ?
Mais qu’a-t-il fait de plus que les autres, ce type, si ce n’est paraître, avoir des avis qui compte et parfois, envoyer un innocent se morfondre en tôle parce que police et justice ont foiré ?
Le traitement et les garanties d’indépendance et tout le bazar cérémonial qui entourent cette personnalité, c’est du lourd qui le met à l’abri du besoin à « tarif plein », sans craindre préavis, demi-solde et comptabilité laborieuse. Démission ou pas, les grands destins assurés par l’Etat ne perdent jamais un fifrelin.
En prime, le pauvre sourire attristé de Stefaan De Clerck, comme qui dirait en croquemort annonçant à la nation la perte irréparable… Tandis que l’autre, d’ici décembre, pourra ranger à l’aise sa garde-robe, les vêtements et les parures pourpres de sa profession et se replonger dans ses chères études, sans se soucier de la hausse des produits de première nécessité.
Autant cet Etat belge dont on assiste au délitement et peut-être à la disparition, est aux petits soins pour ses « élites », autant le même Etat se conduit en malfrat pour ceux qui, par leur travail au ras des pâquerettes, ont permis justement que les premiers vivent dans le cocon des rajahs, collectionneurs des Koh-I-Noor, depuis 1830.
On n’aura plus droit aux mercuriales de rentrée de l’éminent juriste, dont le petit peuple se foutait par avance. D’autres écrivent bien mieux et pensent plus juste pour pas un copeck.
Le profond désarroi d’acteur du ministre Stefaan De Clerck (CD&V) devrait le conduire à Sunset Boulevard imprimer sa pointure 47 dans le ciment !

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Passons en France. C’est donc avec un certain détachement que j’abandonne momentanément la chronique des démissions et des tribulations des hauts personnages du royaume, pour une exploration du terroir parisiano-français à propos de l’avocat Robert Bourgi, et accessoirement, s’il reste quelques lignes, faire un portrait du mystérieux Djouhri, héros crépusculaire des hautes œuvres des personnalités de la République.
D’abord l’avocat Bourgi. Que voilà des remords tardifs de la part d’un homme de l’ombre d’avoir si longtemps convoyé des fonds depuis les Républiques africaines jusqu’aux cabinets ministériels, sans oublier le maire de Paris de l’époque, Jacques Chirac, le premier malade atteint d’anosognosie dispensé d’assister à un procès.
Ah ! l’argent noir de la « Françafrique » en aura-t-il fait des heureux ! C’est pourtant le même Mobutu que « le nôtre » qui avec Omar Bongo et les autres remplissaient de dollars des sacs de sport que Bourgi convoyait vers des cabinets ministériels.
Pour chez nous, rien ! Pas le moindre dollar !
Ou nos enquêteurs sont nases ou c’est un trait d’ingratitude peu ordinaire de Mobutu qui n’a pas arrosé ses « partenaires » belges, comme il arrosait ses amis français, avec l’argent public du Zaïre !
Chirac aurait bénéficié de 20 millions de dollars. Villepin recevait des tams-tams traditionnels bourrés de bank-notes.
Après l’avocat voyageur, voici un autre « grand » serviteur de l’Etat français : Ahmed Djourbi, montré du doigt par un journaliste talentueux, Pierre Péan. Celui-ci dans son livre « L’argent noir », refait l’itinéraire d’un loubard de banlieue, Ahmed Djourhi, dont l’ascension sociale s’accompagne d’un changement de prénom, après Ahmed, Méda, pour finir par Alexandre, qui fait plus « classe ». Fiché au grand banditisme, sans y avoir un casier, Monsieur Alexandre a aujourd’hui ses entrées à l’Elysée, habite officiellement en Suisse, pour ne pas payer d’impôt et collectionne les relations parmi les politiques et les industriels de premier plan.
Eric Conan, dans un article de Marianne (751) en présentation du livre de Péan, s’inquiète de l’émergence d’une oligarchie dont les membres s’attribuent un pouvoir que les peuples ne leur ont pas accordé.
Si nous pouvons mettre deux noms sur cette oligarchie, combien de banquiers anonymes, de courtiers de l’ombre, de trafiquants douteux derrière les emplois de façade, passent à travers tout ! Tels des termites ils creusent des galeries qu’ils ne quittent que lorsqu’elles s’effondrent.
Quoi, plus aucun grand voyou, comme en France ? Aucune affaire comparable à celles de la SMAP et des hélicoptères, du temps où on assassinait André Cools ?
Mais où sont nos grands voyous ?

13 septembre 2011

Vous avez aimé 2008 !...

…vous adorerez 2011…
Les Bourses européennes en baisse dès l’ouverture de ce lundi. Les valeurs bancaires dans le rouge. Seule nouveauté qu’on n’avait pas en 2008 : la Grèce inquiète et le G7 ne rassure pas.
Voilà au moins un mois que la finance fait le yoyo, « Mais, il y a moins de 3 ans, c’était autre chose », disent nos brillants causeurs !
Sauf, que c’est la deuxième fois que l’économie casino fait dans son froc et il faudra une autre dialectique pour que les Lagarde, les Baroin, les Rösler, les Lami, les Reynders nous convainquent d’ouvrir nos portefeuilles pour sauver les banques une deuxième fois. Et puis aussi, différence !... les caisses sont vides, les classes moyennes se sont effondrées. Il n’y a plus que Rudy Demotte pour dresser un portrait idyllique de la situation en Wallonie, et ne pas voir la pauvreté qui gagne, les métiers qui fichent le camp, le fichu avenir qui se prépare, avec ou sans la Flandre.
Toto qui nous revient flambart de chez le roi qui lui demande de boucler rondement BHV, c’est pour aborder la question qui fâche autrement, histoire de nous secouer pour faire tomber les dernières monnaies de nos poches.
Récapitulation de la journée du lundi : le BEL-20 a chuté de 3,57 % dès l’ouverture. Paris de 4,06 %, Londres de 2,39 %, Francfort de 2,75 %, Madrid de 3,08 % et Milan de 3,23 %. Pour ne pas être en reste, Bruxelles plongeait de plus de 2,5 %.Tokyo clôturait à moins de 2,31 %. L’euro a perdu des plumes face au dollar. Etc.
Le ministre allemand des Finances Philipp Rösler n’a pas exclu une faillite de la Grèce !
Les valeurs bancaires, minées par la dette souveraine de la Grèce, font craindre une insolvabilité prochaine des banques. BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale perdaient autour de 10 %. À Francfort, Deutsche Bank perdait 7,73 %, Commerzbank 6,82 % et à Madrid, l’action de Santander, première banque en zone euro par la capitalisation, perdait 4,85 %. Enfin, à Bruxelles, KBC dévissait de plus de 6 %.
La City, Wall Street, on pourrait égrener la litanie longtemps. Pour dire quoi, exactement ?
Que nos dirigeants sont des cons et des menteurs, ou, variante, des salauds et des menteurs. De toute manière, ils ne nous ont jamais dit la vérité. La connaissent-ils eux-mêmes ?
Et puis le retour du loustic de la dernière chance, gonflé à bloc par le colloque singulier, pour faire complet. Celui-là, si Albert tient le coup, il finira au moins baron…

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Julliard a raison lorsqu’il écrit que « ce sont les banquiers beaucoup plus que l’extrême gauche, qui sont en train d’inventer une nouvelle lutte des classes.
Cet excellent journaliste ne nous dit pas combien nous sommes désarmés devant cette guerre économique qui accable surtout les faibles, quand on sait que tous les dirigeants, de la droite à la gauche qui partagent le pouvoir, s’entendent comme larrons en foire pour déterminer une politique qui s’aplatit devant l’économie
On le perçoit bien aujourd’hui la politique réformiste qui a joué le rôle majeur dans ce que les socialistes ont appelé la social-démocratie, c’est fini. Les socialistes ne parviennent plus eux-mêmes à faire croire aux électeurs que nous serons demain bien mieux qu’aujourd’hui et qu’ainsi de suite, le progrès d’une meilleure vie pour tous ne s’arrêtera jamais.
Nous passons d’une société de classes qui a eu ses heures de gloire et d’espérance, à une société à deux composantes qui n’ont plus rien de commun et seront destinées à partager de moins en moins les heurs et malheurs de l’existence.
La solidarité a fichu le camp. L’université nous apprend à pisser chacun de son côté. Le cœur sur la main dans les corons n’intéresse plus personne. On est devenu trop intelligent… on est foutu !
L’économiste Schumpeter (1883-1950) dans son livre qui fait encore référence aujourd’hui « Capitalisme, Socialisme et Démocratie » a exprimé tous ses espoirs pour une société libérale qu’il souhaitait profondément voir se développer partout dans le monde. Il a pour cela réfléchi la moitié de sa vie, assimilé des philosophies, des thèses d’économistes mondialement connues et appréciées.
Sa conclusion est celle d’un honnête homme. Le capitalisme peut-il survivre ? Le socialisme peut-il fonctionner ?
En répondant à ces questions fondamentales, Schumpeter nous avoue entre les lignes que, l’économie libérale a plus de chance de courir à sa perte, qu’à produire de l’abondance et de la justice pour tous.
Ecrit avant 1950, ce livre décrit la société capitaliste telle qu’elle était, il y a plus d’un demi-siècle.
Mais, il est prémonitoire, puisqu’il prévoyait l’effondrement de la morale collective causé par l’illusion d’un progrès fondé sur l’égoïsme de chacun.

12 septembre 2011

Armand tire ses 4 épingles du jeu.

Martine Dubuisson, journaliste, à l’école du MR ce 10 septembre, a retrouvé, sur les bancs de l’université d’été de ce parti, tous les éléments d’une guerre des boutons, qu’elle décrit épique dans « Le Soir » de ce week-end.
Si le PS manque d’utopie sociale, le MR, par contre, abonde dans l’utopie d’une Belgique réconciliée pour la bonne cause de la rente bourgeoise, menacée par l’éclatement d’un pneu du carrosse royal.
Le clash aura été la phrase d’Armand De Decker prononcée à la tribune de cette étrange Faculté des Sciences libérale « Entre le pays et le FDF, je choisis le pays ».
Je veux bien que le bel Armand l’ait dite après l’interview de Maingain à la Libre, mais quand même, c’est révélateur d’un état d’esprit « Belgique à tout prix ». Si après ça, les Flamands n’ont pas compris qu’ils pouvaient en demander plus…
De Decker a-t-il réfléchi à la portée de sa foi patriotique ?
Que cache cet homme élégant de 63 ans, qui ne les fait pas, bourgmestre d’Uccle et qui s’apprête à recevoir un nouvel administré, Didier Reynders, investissant dans la pierre uccloise, en espérant de ce déménagement, ce que Laurette Onkelinx n’a pas eu en migrant à Schaerbeek. Décidément, Liège commence à sentir le gaz !

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Ah ! ces batteurs d’estrade qui déménagent non par souci de convenance, mais pour un plan de carrière ambitieux.
Le Beau Brummell belge, lui, est installé depuis longtemps dans cette commune bien cossue, bien libérale. Il n’est pas près d’en déguerpir pour le quartier Saint Léonard de Liège. Ce n’est pas un homme de couloir, c’est un homme à coulisse, comme le piston.
En mandats divers, il en aura mis de côté pour payer ses cravates, le bel Armand !
Dans le panel des Armand relevant de l’histoire, à qui ressemble cet avocat (oui, encore un) dont la spécialité est de ne pas avoir trop traîné dans les prétoires ?
A Armand Charnay, ce délicieux petit maître de l'école française du XIXe : un rapin qui peignait jadis les demoiselles à poil sous leur ombrelle et les marquises en jarretelles ?
Non !
Armand apparaît guindé à la télévision, dont il reste pourtant un des plus beaux accessoires. On le sent meurtri par la gouaille des autres et irrité par la dialectique impeccable d’un Maingain, à laquelle il ne sait répondre que par la foi qu’il voue à la Belgique. On le sent prêt à s’écrier, tel Arnaud Amaury, légat pontifical et abbé de Cîteaux « tuez les tous, dieu reconnaîtra les siens » pour les malheureux francophones de la périphérie.
Il a, en effet, un côté vieux style, une intransigeance qui fait penser à celle de Créon pour le malheur d’Antigone, faisant de lui une sorte de chantre de l’establishment, les quartiers de noblesse et le fric placé à 18 %.
De Decker est le plus proche d’Armand Jean du Plessis, cardinal-duc de Richelieu. Il doit exceller dans les rencontres et conciliabules avec Albert II. Ce n’est pas lui qui réajusterait sa cravate en dernière minute. Il doit sortir tout habillé de son lit sur les hauteurs d’Uccle, mangeant l’œuf mollet qu’un majordome à gants blancs lui tend sur un plateau vermeil, s’engouffrant dans une grosse voiture pour le palais.
Et pourtant, cet esthète pourrait avoir aussi un peu de cet Armand Duval « inventé » par Dumas pour les plaisirs, hélas éphémères, de sa dame aux Camélias, non pas que notre Armand fût le consanguin de notre double A national (André Antoine), et que sa maîtresse fût de chair et d’os, mais on devine à son regard amoureux quand il parle de la Belgique et de son roi, une dévotion qui touche à la passion, passion ridicule diront les uns, funeste répondront les autres, horrifiés à la pensée que l’on pût s’amouracher d’une morte.
Evidemment si Martine Dubuisson en a vu plus que je n’en vois sur la personne d’Armand, elle ne pouvait pas en faire un article à ma manière qui eût déplu à Béatrice Delvaux, toujours influente à la rédaction.
Bornons-nous au « gros clash » d’Armand De Decker « Entre le pays et le FDF, je choisis le pays. » et la chienlit qui s’est emparée des événements avec un Charles Michel complètement dépassé pour avoir oublié parmi toutes les qualités que lui a léguées son père, celle de méchanceté opiniâtre qui lui aurait permis encore de tirer des ficelles en coulisse, afin que les propos de tribune fussent aussi lisses que la peau des fesses de lady Gaga.
Heureusement, la troupe libérale retour à Bruxelles, aucun cadavre MR ne flottait sur l’Eau d’Heure. Le FDF Oliver Maingain ressortait libre et en bonne santé de la confrontation.
Le FDF n’a pas la partie belle et montre toute l’ambivalence entre son corps électoral, les caciques du bel Armand et les porteurs d’eau des Michel, dont Gérard Deprez est le plus zélé.
Ah ! si Uccle était immédiatement menacée par l’avant-garde de Bart De Wever, il y aurait des ententes plus faciles à faire !
Ce dimanche, le président Olivier Maingain, pour la rentrée politique du FDF, sera à Ottignies (sur les terres brabançonnes de Charles Michel). Il devrait répliquer au bel Armand.

11 septembre 2011

Bart De Wever, conducător !

Il n’y a pas que Guy Spitaels pour s’inquiéter de l’avenir des négociations menées par Elio Di Rupo en vue de la formation d’un gouvernement.
Tout le personnel politique le sait, on s’avance à pas comptés vers la liquidation du partenariat avec la Flandre.
Ce qui fait craindre le pire pour la Wallonie, c’est que nous n’y sommes pas préparés. Non seulement le pouvoir de Namur ne donne pas des signes qu’il a compris la situation ; mais, au contraire, Rudy Demotte et les autres affichent une inconditionnalité pour un Etat « Expo 58 » qui ressemble furieusement à la Belgique Joyeuse de nos pères.
Nous assistons à un jeu dans lequel nos responsables s’y sont tellement mal pris, qu’ils ne pourront que perdre au coup suivant, même s’ils réussissent à nous faire croire à un accord possible dans un gouvernement qui sera selon toute vraisemblance le dernier.
Pourquoi les partenaires Flamands montrent-ils une âpreté sans précédent sur les discussions qui entourent la scission de Bruxelles – Hal – Vilvorde ? Mais pour la raison évidente que lorsqu’il y aura scission, l’adjonction des territoires par arbitrage d’une autorité européenne se basera sur l’existence juridique des frontières antérieure à la volonté de séparation des parties.
Le plus bel exemple que l’on puisse donner pour comprendre l’enjeu est la situation actuelle des Fourons, territoires jadis wallons, archi flamandisés depuis avec l’aide des résidents néerlandais. Peut-on croire qu’une autorité internationale puisse trancher autrement d’un litige éventuel, qu’en faveur de la Flandre ?
En vertu de ce qui précède, vous voyez l’importance de l’actuel marchandage autour de BHV. Ce sera en fonction de ce qu’aura concédé Di Rupo que les Flamands estimeront venu le temps de se séparer des Wallons en empochant l’environnement de Bruxelles, étouffant ainsi la ville, dans le secret espoir de l’englober dans les frontières du futur Etat flamand.
Nous devons à notre situation pitoyable de minorité, le désir des responsables francophones d’aboutir à un accord prolongeant la Belgique fédérée. Les Flamands poursuivant un objectif opposé, il va de soi qu’ils sont dans une situation bien meilleure, puisqu’ils sont indifférents au sort final d’un pays qui ne les intéresse que pour en détacher le plus de territoires « flamandisés » qu’ils peuvent, pour la formation d’un Etat flamand.
Le baromètre trimestriel de La Libre et RTL-TVI sur les intentions de vote est clair à cet égard. La NV-A, après des mois de crise politique, sortirait renforcée si on devait voter, avec 33 %. Son président, Bart De Wever est plébiscité par 57 % des Flamands.
Avec le Vlaams Belang et la « Lijst Dedecker » avec ou sans élection, comment voulez-vous que Di Rupo ne négocie pas avec la peur au ventre de perdre son roi et sa Belgique, sans se soucier de savoir si, pour les Francophones, à défaut d’un leader séparatiste du type De Wever, ils ont le même sentiment que lui ?
Dans un autre temps, pour un même conflit, les partenaires devenus rivaux se seraient depuis longtemps retirés sur un constat d’échec, afin de se préparer à une guerre de conquête du territoire de l’autre.
Heureusement, on n’en est plus là. Il y a l’Europe. Nos gesticulations attirent l’attention sur nous, par un effet de curiosité. Le record de durée d’un gouvernement non élu a fait l’objet de moquerie. Nos constitutionnalistes sont ridicules. Seuls quelques historiens et juristes européens s’étonnent de l’archaïsme des revendications flamandes niant le droit des gens.

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C’est peut-être une chance pour les Francophones. Parce qu’en liberté du choix des personnes, il n’est pas certain que les frontières par le droit du sol, soient supérieures devant la Cour européenne au droit des gens. D’autant que la frontière linguistique est artificielle et ne peut en aucun cas être considérée comme une frontière naturelle.
En attendant la suite, sans doute tumultueuse et malheureuse des consultations de Di Rupo, Bart De Wever se conduit déjà en conducător de la Communauté flamande, il rend visite au Premier ministre David Cameron et annonce d’autres contacts internationaux dans les prochaines semaines.
Quand donc un parti francophone mettra-t-il fin à la mascarade, en se retirant de la table des négociations ? L’opinion n’est pas encore mûre semble nous dire l’espèce de résignation avec laquelle certains présidents de parti lorgnent vers les caméras de la télé, à chaque fois qu’ils s’en vont négocier.
Peut-être y a-t-il une amorce de mise en condition par l’effet d’annonce qu’il s’agit de négociations de la dernière chance et qu’après c’est le chaos ? C’était peut-être une erreur de propager cette idée de chaos. Et si, encore une fois, les négociations échouaient ?
N’est-ce pas là le rôle des partis d’habituer les gens à vivre la réalité du monde telle qu’elle est, afin de combattre avec lucidité les injustices d’où qu’elles viennent ?

10 septembre 2011

Enfin, nous avons notre DSK !

On n’est jamais si performant en Belgique que dans le copier/coller. Dans l’imitation et la copie conforme, nous sommes les Chinois de l’Europe !
Mais attention, on copie mais pas n’importe qui. Les deux Communautés pour une fois se sont réconciliées, solidaires, bien fusionnelles : nous ne copions que les Français !
Bart De Wever dirait cela mieux que moi en latin « Ejusdem farinae » (De la même farine).
Que moud-on en France ces temps derniers, de la même farine ?
Mais des histoires sur des hommes de pouvoir qui ne peuvent s’empêcher de courir après les jupons qui passent.
L’un des plus célèbres d’entre eux aurait servi d’exemple en Belgique !
Notre célébrissime ne s’est pas déboutonné dans le Sofitel de New-York, sa proie n’était pas noire et personne ne l’a vu sortir du parlement de Namur menotté dans le dos. Mais Comme DSK, il nie comme un beau diable et menace de porter plainte devant les allégations d’harcèlement de la victime.
C’est « La Dernière Heure » qui lâche le morceau suite à la diffusion du magazine de la RTBF « Questions à la Une » sur une question justement : « Le harcèlement sexuel est-il présent dans les milieux politiques belges ? ».
D’une façon générale et sans même avoir entendu les témoignages, les psys et tout ce qui tourne autour de la sexualité de l’homme, répondent « oui ».
La position dominante d’un politique, d’un patron, voire d’un ecclésiastique ouvre le champ à des fantasmes de puissance, enclenche sa libido, augmente l’imprégnation tumescente… Le machisme se nourrissant de narcissisme fait le reste. Voilà le gaillard encore vert, disposé et prêt pour l’amour.
Oui mais, quand l’autre ne veut pas ?
Ah si toutes les belles passantes, les subordonnées de bureau étaient consentantes et faciles ! Mais ce n’est pas le cas, loin s’en faut, quoique on se soit beaucoup moqué des promotions canapés, de ces employées qui rêvent d’accrocher le patron à leur palmarès.
Certains entreprenants à qui rien ne devrait résister tombent sur un bec. Alors, ils deviennent lourds, agressent et commettent des actes qui pourraient les conduire devant la justice.
Tant pis, ils sont lancés. Il leur semble que l’échec serait humiliant et qu’une femme qui offre de la résistance, c’est du ragout. Quand le coq triomphant est perché dessus, la domination n’en est que plus éclatante.

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Le hic, lorsqu’elle résiste au point que l’important doit rentrer son bout de gras avec ses pensées libidineuses, c’est le moment d’affolement. Comme souvent il n’y a pas de témoin et qu’on risque une belle carrière sur une bête histoire de fesse dirait Jack Lang, on s’établit dans le mensonge salvateur. On s’y accroche comme à une bouée. Tout le monde a droit à une vérité officielle. Les gens pas dupes, pensent que c’est un mensonge… mais bon, parole contre parole, neuf fois sur dix c’est la victime qui n’est pas crue et l’important qui s’en tire.
Le chef se sent humilié, déçu. Il lui semble que son autorité ne sera plus jamais la même, et que non seulement sa victime en aura conscience, mais encore l’entourage. Comme il persiste dans son mensonge, il doit passer aussi pour une victime afin de rester crédible. Il le prend de haut, comme il se doit. Son honneur est attaqué. Comme c’est « une victime » pas comme l’autre et qui a du pouvoir… il s’en sert ! Patron d’une PME ou ministre du Budget, des Finances, de l’Emploi, de la Formation, des Sports et en charge de la politique aéroportuaire, j’en passe et des meilleures, c’est pareil.
Les meilleurs dans le rôle sont ceux qui s’indignent, le prennent de haut : « Pour qui me prenez-vous, je serais bien son père ! », ce qui est bien vrai pour une fois…
C’est le cas ces temps-ci, selon la Dernière Heure, de notre DSK national. Le sémillant ex dirlot du FMI se serait réincarné en André Antoine du CDH, selon le témoignage d’une charmante qui lui fit de la résistance au point de perdre son emploi : Yasmina Millich.
Toujours d’après ces « infâmes distributeurs de ragots » la direction du CDH aurait été au courant et Joëlle Milquet aurait tenu le rôle – toujours en copier/coller avec la France – de François Hollande, approché par la maman de la victime outragée dans l’affaire Banon peu après les faits, et qui aujourd’hui, ne s’en souvient plus.
Un possible président de la république en perte grave de mémoire, déjà, avant d’entrer aux affaires, les Français n’ont pas de chance.
Dans « Questions à la Une », la jeune femme explique… mais je laisse la priorité au journal «… que lorsqu’elle était attachée de presse d’un ministre wallon, en 2004, ce dernier l’aurait agressée sexuellement. Elle précise encore que son refus lui a coûté sa place. Le ministre visé n’est autre que le CDH André Antoine. Ce dernier se dit profondément abasourdi et écœuré par de tels propos qu’il qualifie de sans fondement. Il se réserve le droit d’intenter une action en diffamation et calomnie. »
Un ministre de l’emploi, qui en supprime un de cette façon, c’est moche, non ?
D’autant qu’il va devoir user de son « autorité morale » pour nous convaincre que les chômeurs gagnent trop en ces temps de rigueurs et de restrictions.
Vraiment, il aura encore plus difficile de nous émouvoir après ça.
Ses mentors du CDH et lui-même, sans doute, pensent « pourvu qu’il gagne son procès ! », s’il en fait un. Il ne manquerait plus qu’un ministre en exercice vînt à le perdre. Sinon, on pourrait se demander à quoi sert encore la justice ?

9 septembre 2011

Au fou !

Au fou !
« La santé mentale et la psychose ont pour critère le degré d’entente ou de compréhension existant entre deux personnes dont l’une est tenue d’un commun accord pour saine d’esprit » (Ronald D. Laing in « Le moi divisé »).
Le psy ne dit pas ce qu’il résulterait d’un commun accord dans lequel les deux personnes s’estimeraient complètement dingues ou totalement saines d’esprit (ce qui reviendrait au même). Cette variante de l’hypothèse de Laing est propre à la Belgique.
L’actualité donne tous les jours en spectacle un personnel politique qui ne s’est guère renouvelé depuis les dernières élections. Il feint d’être inspiré par des événements sur lesquels il n’a pas prise.
C’est le privilège de quatre à cinq personnes en Belgique.
Ce club restreint nous persuade de prendre des parapluies, même quand il fait soleil.
Pour les autres, les pseudos importants, cela suppose des intelligences, des convictions et d’une certaine manière, la croyance en une supériorité personnelle, c’est-à-dire une ambition, un don, pour représenter de façon intemporelle et fictive, les citoyens.
Ces gens se croient un destin… ils incarnent la belgitude, la flamanditude, la wallonnitude, bref, la connerie ; mais qui finit par tarauder les esprits les plus fins.
L’acte de représentation est seul pris en compte, l’esprit de la représentativité effective étant impossible, un homme ne pouvant synthétiser la volonté de vingt-cinq mille autres !
On a publié pas mal de livres sur « ces malades qui nous gouvernent », en mettant en évidence certains cas bien connus du public (la maladie de Pompidou, le cancer caché de Mitterrand, le priapisme de DSK, etc.). Mais, parce qu’ils sont extrêmes, il est hasardeux d’en faire une généralité.
Pas mal de psychotiques « guéris » sont des patients qui dissimulent leur état pour des raisons compréhensibles. En un mot, ils jouent aux sains d’esprit !
Tous les dirigeants ne sont pas fous et tous les fous ne se rencontrent pas chez les dirigeants.
Les hommes de pouvoir sont avant tout des aventuriers qui croient en leur destin, à la satisfaction de leur ego et qui pensent résumer une pensée collective.
Sauf dans les cas de schizophrénie caractérisée ou d’addiction par trop visible, passion délirante ou névropathie entraînant à des « affaires » de sexe ou d’intérêt, on éprouve une certaine difficulté à démêler les symptômes et les signes de psychose à travers les discours de ces gens de pouvoir.
D’abord, ils en vivent et nous sommes des employeurs idéaux, à savoir sans vraiment l’être. Ils s’entourent donc de précautions élémentaires dans les rapports qu’ils ont avec nous, selon leur région, leur commune et leur fonction. Bart De Wever, par exemple, cherche moins à plaire en Wallonie qu’en Flandre ; alors qu’à l’inverse, dans la sécurité où il est par rapport à son électorat, Di Rupo veut plaire plus aux Flamands qu’aux Wallons, pour satisfaire à ses ambitions d’être premier ministre dans un pays où les Flamands sont majoritaires.

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A la difficulté de saisir les aptitudes de bonne ou de mauvaise gouvernance, s’ajoute une déficience partagée par l’ensemble du public sur sa capacité de jugement.
Les citoyens s’estiment peu qualifiés pour démêler les hallucinations et les idées délirantes, des justes visions du monde et de la Belgique.
En comparant les expériences de ceux qui ont eu à traiter les psychotiques, dans des écrits scientifiques, voire romancés, comme le font les grands écrivains, bien qu’ils n’aient pas été médecins pour la plupart, on peut voir le même individu donnant des signes d’une maladie, ou des signes d’une vive intelligence, selon la fantaisie de l’auteur.
Voir des signes de maladie dans une contraction des muscles ou trouver une connivence sympathique dans un sourire, quelle est la réalité et où est l’objectivité dans les deux analyses différentes du même phénomène ?
Notre conception de l’autre dépend de notre disposition antérieure à cet autre, par exemple comment juger un ministre libéral, quand on est soi-même du MR ?
L’art de saisir les aspects d’un individu pris dans « son être dans le monde », voudrait que nous reliions ses actions à sa façon de ressentir la situation dans laquelle il se trouve avec nous.
De ce point de vue, une action d’un personnage de gauche ou de droite créant un préjudice social ou moral à la foule anonyme qui travaille beaucoup pour gagner peu, mériterait une plus sévère critique s’il est de gauche, que s’il est de droite.
C’est à partir de ce point de vue, que l’on peut déterminer un cas d’idiotie collective de la gauche de pouvoir dans le contexte actuel.
Comme a dit Eric Van Rompuy « Le CD&V n’ira jamais sans la N-VA », il faut croire qu’en Flandre ils ont des WC biplace. Vande Lanotte fait encore mieux, puisque « La Belgique va vers quatre entités différentes ». Des toilettes, on passe à la feuillée collective…
Depuis que le CD&V a changé d’avis, Eric Van Rompuy malgré son jugement erroné est toujours en place. Rien ne semble indiquer qu’il cessera d’avoir une influence sur le CD&V.
Voilà pourquoi une poignée de malades rendent dingues une population qui n’en a rien à foutre et qui pourtant semble gagnée par les cinglés qui la gouvernent !

8 septembre 2011

Problème technique



Suite à un problème technique, Richard III est dans l'impossibilité de vous proposer sa chronique quotidienne. Tout devrait logiquement rentrer dans l'ordre dès demain. En attendant, fidèles lectrices et lecteurs, le Duc de Gloucester vous passe le bonjour.
7 septembre 2011

Feu de camp au PS.

Le marathon des Huit pour sortir le pays de la situation actuelle, est, dit-on, d’une urgence extrême. Des drones, ces avions sans pilote et sans responsable, lancent des tracts. Le dernier faisait dire à Barroso que l’Europe allait se fâcher de l’absence d’un gouvernement de plein exercice en Belgique. Aussitôt démentie, cette information n’a été lancée que pour mettre la pression sur l’opinion, afin qu’elle accepte n’importe quel accord, pour autant qu’en sorte un gouvernement.
Ça coinçait ce soir mardi. On stoppe, reprise demain. Comme le spectacle s’éternise depuis 15 mois, les gens s’en fichent. Le prochain tract d’un drone pourrait être une remontrance deVan Rompuy, aussitôt démentie…
Question des rigolos attablés, il faut craindre que par zèle pour sauver la Belgique, les socialistes wallons perdent toute mesure, au point de renier le socialisme lui-même.
Ils espèrent focaliser l’opinion sur le communautaire pour une paix « flamande », tandis qu’on passerait discrètement sur le volet social, la population perdrait ses acquis sociaux sans moufter, augmentation de la TVA, tour de vis pour les chômeurs, les malades, les pensionnés.
Wouter Beke entend suivre la politique de régression sociale de Bart De Wever. Il veut récupérer une partie des électeurs du CD&V passés à la NV-A.
La vieille recette du sacrifice des populations pauvres passerait inaperçue; tandis qu’apparaîtraient les heurts entre Maingain et ceux qui veulent la flamandisation de la périphérie bruxelloise, en sachant que le MR finira par capituler avec ou sans Maingain.
Si Di Rupo réussit son coup, nous assisterons à la perte de la notion même du socialisme en Belgique !
Nos spécimens de pouvoir, éduqués dans nos universités pour ne pas dénoncer l’imposture, diront à propos des accords : « C’était ça ou le chaos ! ».
Aucune conscience à vif, sauf peut-être, celle obligée, d’Anne Demelenne, dans une position inconfortable et ambigüe, celle de cotiser au PS et d’être à la tête de la FGTB.
Les autres pions d’Elio Di Rupo, en extase amoureuse de leur leader, ne piperont mot !
Qu’en est-il ailleurs ? Les socialistes belges sont-ils les seuls à lâcher le guidon au mauvais moment ?
Devant ce vide de ce qui fut un grand parti de gauche contestataire et qui est devenu le principal pilier de la monarchie et du capitalisme financier, existe-t-il encore en Europe un parti socialiste qui ne soit pas indigne ?
Par exemple celui du PS français de Martine Aubry ?
Le PS y est tenu à l’oeil sur sa gauche par des militants sincères : Mélenchon, Nathalie Artaud de Lutte Ouvrière, Besancenot, sans oublier les Verts avec Eva Joly, très en pointe. Arnaud Montebourg sauve l’honneur du PS, par un discours différent des autres candidats à l’élection interne. Son interrogation sur la mondialisation vaut la peine qu’on s’y intéresse.

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Pour Montebourg : « le quotidien de la mondialisation c'est la désindustrialisation, la précarité, l'appauvrissement et le déclassement, l'explosion des inégalités, la destruction des services publics, la montée de la dette, les délocalisations... Pour lutter contre ces fléaux, une seule solution : la dé-mondialisation, véritable remise à l'endroit d'un système devenu fou. La dé-mondialisation nous concerne. Car c'est la protection des travailleurs du Nord et du Sud, la préférence pour les salaires et la protection sociale plutôt que les dividendes boursiers.
C'est la conversion écologique du système productif et la révolution industrielle verte, le retour des usines en Europe et la reprise en main de notre destinée… ».
Voilà ce qu’on put lire les lecteurs de « Votez pour la dé-mondialisation » (La République plus forte que la mondialisation), d’Arnaud Montebourg, avec une préface d’Emmanuel Todd.
Ce n’est pas demain que le PS belge sous la houlette du commerçant de Mons trouvera un Arnaud Montebourg pour donner à lire un petit fascicule d’espoir aux militants.
Ce qui ne veut pas dire que la dé-mondialisation soit la recette idéale. Certaines voix de gauche s’élèvent bien qu’elles se soient mélangées à celles peu recommandables d’économistes de droite qui flirtent avec les thèses du Front National, pour dénoncer un nouvel apartheid laissant de côté les pauvres de la planète.
Dans son blog, l’économiste belge Paul Jorion a écrit sur la divergence désormais avérée des grandes puissances économiques dans leur quête désespérée d'une illusoire reprise. Il y craint une affirmation d’une politique du chacun pour soi, qui ne ferait qu’accentuer la crise.
Qu’importe. C’est un vrai débat de gauche que nos boutiquiers par vocation, et socialistes par intérêt, n’auront pas, au niveau de leur état-major central, ni à la table des Huit, même si certaines fédérations socialistes y seraient plutôt favorables.
Ce soir les scouts de la « Royale Unité » sont inquiets. Le camp se prolonge, mais ils ne sont plus certains que le jamboree aura bien lieu en octobre avec leur nouveau Baden Powell.

6 septembre 2011

Confusion expectative et machine à vapeur.

Les Huit sont aussi emmerdant qu’une meute de journalistes aux trousses de DSK et de madame. Nous sommes à la phase « au finish » des huit babillards pour la formation d’un gouvernement plus d’un an et trois mois après les élections. Et le « Florentin » reporte la séance décisive à mardi 9 heures ! Voilà la meute plus clairsemée que celle affectée à DSK, qui a, comme l’autre, aussi peu de matière écrite et « mastiquante » à boucher les trous d’un journal.
Rien à se mettre sous le stylo. Sinon faire ce que les curieux ont fait pour DSK ce dimanche, regarder en boucle « l’homme qui aimait les femmes » entrant dans le jardin aux buis taillés de son bel appartement de la place des Vosges, suivi d’Anne Sinclair en pleine décontraction et l’air amoureux !

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En Belgique, sans vedette de gros calibre (oui DSK est bien pourvu) et à défaut d’une déclaration d’Eloi Di Roublardo, nous nous sommes farcis les émissions phares à prétention politique du dimanche matin de nos deux chaînes représentatives de notre surréalisme hébété.
Le mimétisme était parfait : même horaire de RTL à RTBF, thème identique (l’enseignement) et invités interchangeables.
Le hochepot côté Reyers était agrémenté de nos deux fines herbes, Maroy et Gadisseux, tandis que l’autre télé arborait une moumoute et Vrebos en-dessous, sinon, tout pareil : même questions et même répliques, de la transmission de pensée exemplaire, un travail à l’identique étonnant. Je ne sais pas si les dames avaient eu l’occasion de se changer entre les coups du direct au différé. Si vous avez observé des modifications vestimentaires, vous seriez gentils de me le faire savoir. Je n’ai vu personnellement aucune valise de vêtements qui traînait dans un coin.
On le devine, pour cet accord parfait, le papier à musique n’avait aucune portée. L’accent liégeois prononcé de Marie-Dominique Simonet donnait à ces deux télés ce petit côté un peu suranné d’une visite au musée de la vie wallonne, quand vous vous branchez à un des magnétophones mis à la disposition du public.
Question de vide, le beau monde représentatif du juste milieu belge fut parfait. Aucune discordance, pas de bruit de fond, rien, la prévisibilité pouvait vaincre toute espèce d’insomnie. C’est à se demander pourquoi les deux chaînes ne repassent pas les émissions à une heure tardive de la nuit, afin d’aider les insomniaques à sombrer dans un sommeil réparateur.
Seule différence, le décor. Celui de RTL est une sorte de bois empilé dans un dépôt dans lequel sèchent les planches en établissant un vide entre elles. Avant, quand on s’emmerdait ferme aux propos trop étudiés pour être honnêtes, que faisait-on ? On regardait sous la table, les souliers des orateurs et les jambes des « orateuses ». A ma grande confusion, lorgner par en-dessous conférait un certain voyeurisme au spectateur. Fini l’émoi d’une découverte inattendue, une jupe trop courte, des jambes croisées. Derrière les piles de bois, on n’en a pas pour sa redevance ; à claire-voie, chez Brico-RTL, on ne voit rien !
Par contre ce nouveau décor remet le témoin du jour à sa place. En effet, si les brillants invités qui entourent Vrebos sont assis, ceux qui viennent les interpeller sont debout, comme à la barre d’un tribunal.
Ce n’est pas génial, à moins que cela ne soit voulu. Ne pas avoir l’habitude des spots et être debout devant des gens en quart de cercle qui vous observent, pour dire en deux minutes ce que vous avez mûri dans votre tête pendant quinze jours, n’importe qui perdrait contenance, sauf maître Magnée, peut-être ?
Elio Di Rupo est un être merveilleux et compatissant à l’égard des mirliflores de l’information. Ainsi moi, qui m’empêtrais dans les décors de nos deux chaînes, je peux les abandonner à l’aise pour commenter un événement « considérable » en comparaison avec ce qui précède et que je me rappelle à l’instant.
Je cite « La réunion entre les huit partis engagés dans la négociation autour du formateur débutera mardi à 9h et non lundi à 12h comme c’était prévu. En cause : les difficultés d’agenda d’un négociateur.
Lequel de ces messieurs a eu un week-end prolongé jusqu’au lundi et avec qui ?
Si pour le coup le Soir mettait un journaliste sur l’affaire ?
Laissons donc la pression monter dans ces vieilles machines Papin qui ont la prétention de nous gouverner. Elles finiront bien un jour par exploser, à la grande joie des enfants que nous sommes restés.

5 septembre 2011

Tentation de la faillite

Sans le héros du Novotel, Christine Lagarde, au nom du FMI (Fonds Monétaire International), nous avertit aussi solennellement que son prédécesseur : l’assainissement en Europe va faire mal. La dame pense que la fin de la crise bancaire doit passer par la « stabilisation » des dépenses sociales.
C’est avec le même raisonnement que DSK a tué la Grèce. M’ame Lagarde veut faire mieux que son prédécesseur. Elle veut tuer l’Europe.
Tout ça va finir très mal. Une nouvelle crise trois ans à peine après celle de 2008, mais les émeutes de Londres ne seraient qu’un avant goût avant l’embrasement général.
C’est comme si on demandait à un chômeur complet d’offrir une Rolex à Séguéla pour qu’il l’embauche.
Que fait un Etat incapable de payer ses dettes ? S’il ne parvient pas à saigner davantage les sous-payés qui bossent encore… il ne les paie plus. Contrairement à un particulier dans la même situation et qu’on va saisir, l’Etat n’est pas contraint de liquider son patrimoine, ni d’expulser du palais présidentiel un président en slip et chaussettes, par contre, il peut ne plus payer ses employés, fermer ses guichets et ne plus solder les pensions. C’est ballot, alors qu’il existe des paquets de milliards détenus dans quelques coffres-forts et que l’Europe peut faire office de prêteur à un taux raisonnable.
Plutôt que d’arriver à des scénarios catastrophiques, l’Etat pourrait augmenter les impôts sur les catégories sociales qui ont échappé jusque là au même taux d’imposition des catégories les plus taxées : les travailleurs et les classes moyennes.
- Oui, mais alors, dirait la patronne du FMI, on n’est plus dans le système capitaliste.
Et alors ? Ça n’empêcherait personne de dormir…
Détricoter un système économique, dont les membres actifs sont les créanciers de l’Etat, Philippe Le Bel a fait cela avant nous avec les Templiers. C’était en 1307. Marx, c’est plus de cinq siècles plus tard.
On connaît les arguments du client de la suite 2806, bien d’accord avec C. Lagarde : « A-t-on jamais vu un prêteur se faire taxer du montant de la somme que l’Etat lui a empruntée ?
L’opération équivaudrait à supprimer le droit des classes aisées de faire des petits de leur surplus de revenus non consommable. Comment l’Etat financerait-il ses futurs emprunts en agissant de la sorte ? »

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Evidemment si on préfère demander à la Suisse de verser un petit quelque chose aux Etats dont la Confédération gère les biens des ressortissants et qu’en contrepartie les Helvètes conserveront le secret bancaire des déposants étrangers, et si les socialistes prêtent la main à cette mascarade, oui, bien sûr, la solution de Philippe Le Bel paraît impossible.
C’est ainsi que le relèvement des impôts des classes aisées passera toujours après toutes les autres solutions. Le gouvernement socialiste de la Grèce a repoussé avec la dernière énergie cette perspective révoltante, comme celle de mettre à contribution l’église orthodoxe, richissime. Et pour cause, elle ne paie pas d’impôt.
Madame Lagarde sur les traces de l’ami Dominique félicite les socialistes grecs qui se conduisent en bons petits soldats libéraux. L’Allemagne, la France, l’Italie, la Belgique, tout le monde approuve. Le programme de Di Rupo – quoique la Belgique n’en soit pas encore au niveau financier de la Grèce – est parfaitement identique à cette règle d’or.
En attendant que ça se dégage, les mesures qui allaient sauver la Grèce, la coule davantage.
Ainsi donc, les Etats européens, respectueux de la règle d’or, taillent allègrement dans les dépenses publiques, réduisent les salaires par des augmentations de la TVA, diminuent le nombre des fonctionnaires et réduisent les commandes publiques.
Et on voudrait que les Grecs, les Espagnols, les Italiens, demain les Français et les Belges ne se révoltent pas ? Je trouve même scandaleux que tous les syndicats d’Europe n’appellent pas à la grève générale dans les prochains mois !
L’hypothèse d’un défaut de paiement des dettes publiques des Etats harcelés par les agences de notation ne constitue plus un scénario impossible.
Dans le collimateur de ceux qui soupèsent les possibilités de remboursement, l’Etat sur lequel on spécule va voir l’intérêt de sa dette exploser. Il suffirait que l’Europe s’organise en Institution bancaire pour que les remboursements rééchelonnés de la dette grecque fonde directement de quelques milliards.
On pourrait imaginer, sans quitter pour autant le système capitaliste mondialisé, chéri par nos économistes des grandes écoles, d’obliger les banques exerçant sur le territoire européen de refinancer les pays en difficultés, sur la base d’un taux d’intérêt plafonné.
Mais les happe-chairs de la banque et des finances sont bien d’accord avec les rentiers : ils préféreraient une nouvelle crise et crever sur leur tas d’or, plutôt qu’illustrer une fable de La Fontaine selon laquelle la fourmi finance la cigale, même si en réalité, c’est la cigale qui tient les deux rôles dans le système capitaliste, les happe-chairs n’étant que des insectes parasites oubliés par La Fontaine.
Encore mieux : en supprimant sa dette d’un trait de plume, un Etat au bord de la faillite retrouve tout de suite sa capacité financière, si l’économie est à la hauteur de son déficit courant. Pour les prêteurs, c’est boire la tasse, la pilule serait amère ; mais quel soulagement pour toute la population !
Des exemples ? Les Soviets n’ont jamais remboursé les emprunts russes de Nicolas II de 1906. Malgré les simagrées autour du boycott, jusqu’à la guerre froide, cela n’a pas empêché l’Amérique et l’Europe de faire du commerce avec l’URSS, du début jusqu’à la fin du système.

4 septembre 2011

Wouter Beke… le dernier scout ?

Bart Maddens, professeur à la KUL, est formel, ça ne marchera pas entre Wouter et Elio.
Wouter, comme Bart, est un produit de la KUL, la pépinière intégriste flamande.
Le divorce entre le Nord et le Sud ne date pas d’hier. Ce n’est pas pour rien que Jules César s’est arrêté devant les marécages de la bande côtière.
Les gens rudes de là-bas ne connaissent rien à l’âme florentine. Ils sont aussi tordus, mais c’est de l’autre côté…
Explication.
Un dernier carré royaliste s’est formé autour d’Eloi Di Roublardo visant à la défense du royaume. En Wallonie et à Bruxelles, les chemins de ronde sont plus fournis de gens en arme, qu’en Flandre !
C’est embêtant, mais 44 % des électeurs flamands (N-VA, Vlaams Belang et Lijst Dedecker) se trouvent hors programme ; tandis qu’Elio regroupe presque la totalité des électeurs sachant à peu près compter jusqu’à dix en français.
D’après les statistiques, il se vend plus de lodens verts et de bérets basques, en francophonie qu’en Flandre. La famille chrétienne se serait-elle déjà repliée en Ardenne ? Ceci, expliquerait-il cela ? Il y a dans la province de Luxembourg, à côté du village de Losange, berceau familial de Mathilde, un bois au nom prédestiné « le bois du vicaire », on pourrait très bien y aménager dans le futur, la capitale en repli stratégique.
Les nationalistes flamands, très vite contrariés, souvent emportés pour un rien, ne forcent pas la sympathie. D’accord, on ne fait pas de la politique qu’avec des gens aimables et intelligents. Sinon, les majorités seraient introuvables. Le jeune Wouter, sorti de la KUL comme Maddens, a l’air d’avoir avalé son parapluie. On l’imagine en maillot collant au Gordel sur un vélo interminable, la casquette de la KUL pleine de médailles, la penne touchant le guidon. C’est le « pointu » type. Alors que De Wever pourrait très bien jouer dans une série américaine un policier bon-enfant de New-York, nourrit dans les Fast-food.
La prochaine bataille du trône pourrait se perdre dans les sables d’Obgrimbie, quand la minorité flamande flirtera avec les 48 % d’indépendantistes.
C’est dire qu’il est urgent pour la courte majorité du roi de se rétablir au plus vite dans la zone des 60 % d’électeurs en Flandre.
Chose curieuse, le fédéralisme a inventé le château de carte actuel, en faveur de la royale unité. Les partisans de la scission ne sont pas comptabilisés en Wallonie, pourtant ils existent dans les quatre partis francophones négociateurs. Ils sont noyés et neutralisés parmi les fanatiques de la maison du roi. Si l’on excepte l’ultra minorité de Gendebien, aucun parti ne les représente. Où sont passés les séparatistes wallons ? Le MPW, les syndicalistes, les socialistes « de gauche », les trouillards les auraient-ils avalés ?
Si bien qu’on pourrait légitimement se poser la question du nombre réel de sécessionnistes en Belgique qui pourrait friser les 50 %. Malgré les sondages et l’amour exposé à satiété dans votre magazine favori, de l’unité patriote de la Belgique.
Bart De Wever cassait les pieds des scouts du roi. C’était devenu nécessaire de mettre hors course la N-VA qui va ainsi rejoindre dans le coin le Vlaams Belang et la Lijst Dedecker. Il a fallu un an aux chefs de patrouille pour s’en apercevoir. Ce n’est que tout récemment que le CD&V a changé de foulard et de paroisse, mais si le jeu s’est éclairci, il reste aussi compliqué.
Di Roublardo a oublié d’entrer une inconnue dans son iPod : la réaction wallonne et bruxelloise sur les concessions qu’il va devoir faire en plus pour que Wouter Beke délaisse sa casquette de la KUL au prochain Gordel.
Le Jamboree pour octobre est à ce prix !

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Tout le monde n’est pas prêt à coucher avec Benito Mussolini comme Marie-José, même si Wouter Beke a une grosse zézette.
C’est dire comme l’affaire est quasiment impossible à conclure. Si Roublardo met une boîte à un partenaire, il risque de replonger les scouts royaux dans l’effervescence. Il n’a donc que la solution de mettre une boîte à tout le monde, comme il le fait si bien au PS.
Tandis que chacun râlera en recevant son paquet, Roublardo aura tout le temps de chouraver les montres et tout ce qui brille, afin de gagner son badge sur l'économie et les "nécessaires" restrictions.
Le 21 juillet – selon Bart Maddens de la KUL – « les francophones ont de nouveau gagné une bataille importante. Personne n'en doute. Reste à savoir si, à terme, ce triomphe ne se révélera pas une victoire à la Pyrrhus. »
En attendant, c’est nous qui l’avons dans le KUL.

3 septembre 2011

DSK : le boulet !

Après les adieux réussis au FMI, que va faire Dominique Strauss-Kahn ?
S’il n’a plus aucun rôle à jouer, son pouvoir de nuisance reste grand au PS. Il y a les déclarations de Martine Aubry après le pacte de Marrakech « s’il se présente, je m’efface » et sa tardive défense des femmes, bien après le viol de Diallo Nafissatou. Tout cela la poursuit et est certainement pour quelque chose dans l’avance prise par son concurrent François Hollande. Les sarcasmes de la droite se confortent d’une large majorité de Français qui ne veulent par revoir DSK en politique. Les fantassins du dernier carré strauss-kahnien ont sillonné les allées de l’Université d’été du PS, badge à l’effigie de DSK à la boutonnière. Ils ont troublé les consciences. Ce qui fait dire aux journalistes que DSK est une véritable grenade dégoupillée.
Sa « hâte » de revenir en France indique une volonté de reparaître au-devant de la scène pour quelques probables tours de piste sous les projecteurs.
L’homme désinvolte, la main à la poche, a l’air d’un grizzli se balançant vers sa proie d’une jambe sur l’autre dans un dandinement qui ressemble déjà à un coït, tandis que sa bonne femme derrière semble dire « Hein ! voilà mon homme qui bande encore ».
Lui se croit complètement blanchi en étant tenu pour quitte de ses « écarts » à l’hôtel Sofitel, depuis que le Tribunal de Manhattan a abandonné les poursuites.
« Simple coup de bitte, chérie… »
On peut même se demander s’il n’est pas prisonnier de l’histoire qu’il a bien pu raconter à Anne Sinclair pour que celle-ci le suive comme un caniche, histoire selon laquelle il aurait été victime d’un complot ?
Le génie fait des envieux. Elle a fini par le croire !
Le complot éventé, reste un innocent à l’état pur qui ne doit avoir nulle crainte de se présenter au suffrage de ses compatriotes… sauf que dans son for intérieur DSK sait que cette version n’est pas la bonne.
L’affaire DSK reste à l’avant-plan parce qu’elle est symptomatique de l’état de décomposition du PS. De Martine Aubry à François Hollande, en passant par les Jack Lang et Fabius, tout le monde savait ce dont DSK était capable, voire coupable, et personne n’a rien dit. Au contraire, une sorte de consensus s’était fait autour de sa personne. Son destin était tout tracé, il devait être le candidat unique du parti, celui qui allait triompher haut la main du scrutin interne, avant de remplacer à la présidence du pays, un Sarko défait par tant de brillantes compétences. Même Hollande a cané quand Anne Mansouret, la mère de Tristane Banon, lui a demandé de se souvenir de ses propos relatant la scène du « singe en rut ». Lui qui se vante d’avoir une mémoire d’éléphant, il ne se rappelle de rien !
DSK, l’homme indispensable à la France n’est plus. Reste un boulet !
Martine a pleuré. Pouvait-elle faire moins ? C’était au tout début de l’assaut, dans la stupeur de la nouvelle fraîche. Tous les autres ont protesté de l’indignité de l’image d’un DSK menotté dans le dos. Comme Jack Lang, certains prirent sa défense sans connaître le dossier. D’autres, il est vrai en dehors du PS, s’empressèrent de le déclarer coupable. Ceux qui soutenaient DSK commencent à ne plus se souvenir. Le parti est devenu amnésique.
Tout cela n’ira pas sans laisser des traces dans l’opinion. C’est tout le PS qui se trouve éclaboussé du laxisme de ses responsables soupçonnés d’une légèreté de mœurs qui est une sorte de mépris pour les femmes, surtout celles qui doivent travailler pour vivre et être en contact professionnel avec les dingues du fric et de la braguette.

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Venant de n’importe quel parti, c’est fâcheux ; mais de la part du PS, c’est pire. N’a-t-il pas intégré une morale et une justice qu’il dénie aux autres, celle de l’égalité entre les citoyens et du respect mutuel ?
Comment faire oublier DSK ? Voilà la question clé des candidats, qui avaient imprudemment étalé dans les gazettes, leur amitié indéfectible, dans l’espérance d’une place de ministre après le triomphe de DSK.
« Mais, en faisant comme s’il n’avait jamais existé. » répond une petite voix leur faisant office de routeur, à défaut de celle de la conscience. Sauf que les médias et tout ce qui tourne autour ne se feront pas faute de leur rappeler le passé.
Comment a-t-on pu propulser ce type aux responsabilités qui ont été les siennes, alors que son « vice » était connu de ses collaborateurs, femmes des milieux de travail ou d'amis ?
Et cette question à laquelle le peuple a répondu « mais parce qu’ils lui ressemblent », n’est pas prête d’être évacuée dans le subconscient collectif.
Si le candidat du PS est au second tour de la présidence du pays, il faudra qu’il trouve une réplique adaptée au piège que lui tendra le candidat de la droite sur la question. Surtout, si le candidat du PS s’appelle Aubry ou Hollande.
Quant à la paire que forme désormais DSK avec Sinclair, à force de fidélité cette dernière va devoir aussi partager l’opprobre. C’est peut-être injuste, mais c’est ainsi.
Dans son « introduction à la vie de l’esprit » (Alcan édit.), le philosophe Louis Lavelle, délaissé aujourd’hui pour des auteurs plus mondains, écrit quelque chose qui devrait en appeler à la conscience de DSK « La conscience n’est pas seulement l’unité de tous les faits qui naissent en elle à un moment donné, elle peut être l’unité de tous les états qui se sont succédé en elle. Elle est toute dans le présent ; mais à chaque instant elle ramasse sa vie entière, elle devient capable de la revivre. »

2 septembre 2011

Revoilà l’affaire Bettencourt…

Le pouvoir élyséen a cru clore le bec de la juge Prévost-Desprez en la déchargeant de l’affaire Bettencourt, pour une juridiction lointaine, celle de Bordeaux. Était-ce suffisant pour faire oublier aux Français le rôle de Nicolas Sarkozy, candidat, et d’Eric Woerth, trésorier de l’UMP, dans le transport d’« enveloppes » de Neuilly, lieu du domicile de Liliane, à la caisse du parti ?
Gérard Davet et Fabrice Lhomme viennent de sortir un livre « Sarko m’a tuer » (1) dans lequel la juge relate des confidences de témoins dans l'affaire Bettencourt sur d'éventuels versements d'argent liquide à Nicolas Sarkozy. Elle n'a pas enquêté plus avant sur ces faits pour deux raisons : la première, les témoins ne voulaient pas s'exprimer sur procès-verbal par peur de représailles ; la seconde, la magistrate n'était pas saisie d'un éventuel financement d’un parti politique, puisqu'elle n'enquêtait que sur un abus de faiblesse (plainte de Françoise Bettencourt-Meyers - la fille de Liliane, contre Jean-Marie Banier).
La sainte frousse de se retrouver « cadavre flottant » comme chien noyé en Seine, a fait réagir un des témoins, l’infirmière de Liliane Bettencourt, Henriette Youpatchou, qui « dément » avoir assisté à des remises d’argent à Nicolas Sarkozy, comme l’affirme Mme Prévost-Desprez .
On se rappelle une justice « aux ordres » du magistrat Courroye, procureur de la République au tribunal de grande instance de Nanterre, qui a empêché Mme Prévost-Desprez de poursuivre l’instruction de l’affaire.
Madame Prévost-Desprez a manifestement été écœurée par les manœuvres du pouvoir via le procureur de Nanterre pour l'empêcher d'enquêter. C'est ce qui explique qu'elle ait aujourd'hui envie de vider son sac.

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Les confidences de Henriette Youpatchou ont été recueillies hors procès-verbal, elles ne pouvaient pas être utilisées judiciairement. Par ailleurs, la juge entretient des relations tellement exécrables avec le Parquet, que toute communication entre les deux parties était impossible.
Les personnes que les auteurs ont interrogées décrivent un système visant à affaiblir ou attaquer des personnes coupables de menacer le président de la République.
La justice n'est pas indépendante en France, on peut le regretter. Suite à l’Affaire Cools, en Belgique, on peut se poser la même question, tout en rappelant le courage et l’exemplarité de la juge d’instruction liégeoise, Véronique Ancia.
On s'aperçoit, à quel point la volonté de Sarkozy de supprimer les juges d'instruction laisserait la place à plus d’abus de pouvoir encore. Même si les juges d’instruction ne sont pas tous exempts de reproches, ils présentent au moins l'avantage d'être indépendants.
La juge n'est pas membre du parquet, elle dépend du siège. Il est compliqué de s'en prendre à une magistrate opiniâtre, courageuse et qui n'a commis, par ailleurs, aucune faute.
Après que la gauche ait perdu son candidat favori dans une affaire de mœurs, verra-t-on le président Sarkozy, tomber dans une affaire de fonds illégalement perçus pour alimenter la caisse d’une campagne électorale ?
Les auteurs nous embarquent dans d’autres affaires récentes dans lesquelles le pouvoir s’est impliqué de façon parfois tragique pour les éventuels témoins, avec parfois en ombres chinoises la barbouzerie française dont personne ne sait qui donne des ordres, ni ce qu’elle fait au juste ?
L’activité occulte des services secrets français, dans certaines affaires entre nationaux, est tout à fait illégale. La façon dont certains témoins deviennent soudain amnésiques en dit long sur la méfiance du pouvoir du citoyen ordinaire en France.
Et dire qu’il se croit en démocratie, ou plutôt que les mariolles qui sont au pouvoir tentent de le lui faire croire par l’intermédiaire de médias complaisants !
Le mensonge « nécessaire », le mensonge d’Etat, le mensonge politique sont des pratiques courantes des hommes de pouvoir ! On persuade les autres de sa sincérité, alors qu’on sait bien qu’on ment ! Comment peut-on appliquer une morale aux autres qu’on sait bien ne pas pouvoir appliquer à soi-même, sans risquer de perdre l’emploi élevé qu’on occupe ?
Idem le citoyen fait semblant de croire le mensonge officiel, alors que les témoignages entre les lignes, qui sont au plus près de la vérité, disent le contraire !
Que vaut encore la parole d’un homme politique ?
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1. « Tuer » à l’infinitif en référence à un meurtre non élucidé. La victime ou son meurtrier avait écrit avec du sang « Omar m’a tuer ». Le jardinier avait été condamné, puis gracié pour ce meurtre, qu’il a toujours nié.

1 septembre 2011

La grosse compète…

Suivre Belgique-Géorgie en live ou poser des questions à la sœur de Kevin et Jonathan Borlée, c’est à peu près le choix que les mordus de l’actu ont devant eux ce mercredi 31 août 2011.
Je n’ai rien contre la famille Borlée. Des gens de belle apparence et probablement fort aimables. Est-ce suffisant pour faire la Une des journaux ? N’y a-t-il pas des événements plus importants ?
Eloi Di Roublardo, d’un colloque singulier l’autre, a perdu l’intérêt du public. On commence à se foutre du pataquès wallon-flamand dans les grandes largeurs. A tel point que si, par hasard, dans quelques mois, Roublardo sortait du dernier colloque qui l’institue premier ministre, un bon conseil : ne pas faire une première avec ça, si vous ne voulez pas la chute des ventes. Que les Flamands prennent tout, périphérie, Bruxelles, annexent Arlon, les Eaux de Spa, déménagent le Palais des Princes-Evêques en Campine, on s’attend à tout.
Depuis qu’on sait Di Roublardo sensible à la peur de se faire couper les couilles comme les vétérans italiens d’Abyssinie, il voit Wouter Beke en Négus Haile Selassie Ier.
Reste donc le côté « info sportive » de notre promoteur du jeunisme piscicole montois.
Le sport en pointe, la médiatisation des sportifs, les exploits d’aventures hors normes, le brol du sport illustre le côté « réussite sociale » qui va de paire avec l’apologie de la consommation. Ça tombe bien, les Belges adorent.
A défaut de sauter 5 m à la perche, il se mange par concours du côté de Namur, plus d’1 kilo et demi de boudins par sportif. Au jet de vomi, Rudi Nihoul est devenu le Roi du boudin. On attend le champion des œufs cuits durs, pour les fêtes de Wallonie.
Nous nous sommes convertis au culte de la performance. Pas toutes les performances, par exemple éradiquer la pauvreté, faire payer les banquiers afin de réparer leurs conneries (pour le coup ce serait une sacrée performance), éviter de taper dans la TVA quand on a à trouver un milliard d’impôt pour lequel on ne sait plus où se tourner, non, mille fois non ! On rejoint la peur di-roublardeuse de se les faire couper par Beke-Haile.
- Wouter, tu veux Mons aussi ? D’accord. On va te découper ça…
Mais descendre en-dessous du chrono minimum du 400 m, sauter deux millimètres plus haut qu’une gazelle de la savane, marquer un beau goal (il y a même un prix du beau goal), ça oui, on adore. Surtout quand on sait qu’on est bien payé dans l’exploit. Dix euros le coup de raquette, voyez ce que ça fait en trois sets ! C’est du fric pas pour nous, mais on admire…
Les ministres se sont livrées au charme rude de la concurrence. L’air guilleret de Laurette, l’ornement kitsch au poignet de Joëlle, c’est le mental et l’équipement de la sportive politique.
Le sport est devenu le vecteur d’un épanouissement de masse en ce sens que chacun incarne le champion et qu’au sortir du stade, il l’est au même titre que l’idole.
Le sportif avec l’étiquette « haut niveau », c’est Claudia Schiffer qui pisse dans un violon devant Karl Lagerfeld étranglé dans son col de chemise : prodigieux !...
Pour comprendre la promo sociale, il faut mesurer l’enthousiasme des gamins au sortir des vestiaires du Standard. Ils se ruent sur tout ce qui sort, afin de s’assurer les autographes des illettrés millionnaires du jeu de jambes, devenus soudain les Victor Hugo de la signature.
En moins exalté, c’est le même engouement chez les patrons qui s’organisent en fédérations, sorte de clubs où les cotisants s’auto-admirent. Pour s’amuser, ils se paient de temps en temps un extra qui au lieu de faire la plonge vient dire qu’il est le président du gouvernement wallon, ou le self made man président d’une organisation politique dont la mission est d’organiser un cocon autour des industriels, qui s’appellera gouvernement Di Rupo.
Pas de compétitivité dans l’entreprise, alors pas d’efficacité de protection sociale, comme pas de liberté publique sans liberté du marché.
Le chef d’entreprise est un sportif de haut niveau, n’importe quel subalterne qui veut de l’avancement doit le savoir. Le patron est un personnage d’avant-garde d’une attitude plus générale de masse. Sa priorité dans l’équipement qu’il sponsorise dans la commune où il a son usine, est le parcours santé. Sa vocation est d’aménager. Il doit bien ça à ceux qu’il empoisonne par ses fumées.
L’opposition entre la démocratie et l’entreprise à disparu. Di Roublardo se voit en coach de l’instrument de domination sur les classes populaires. Il n’a pas la popularité de Steven Defour, mais son « challenge » est de faire un gouvernement à la mesure d’une version athlétique de la performance, un gouvernement « mémorial » en concurrence avec le « Van Damme ».
Le sport est sorti du sport. C’est un état d’esprit, une formule miracle qui sert admirablement à consolider l’échafaudage du système économique.
Ne nous enjoint-on pas depuis l’école de nous réaliser par un état d’esprit, un mode de formation, sans tenir compte du lien social, pour une société de compétition généralisée ?
Moi, par exemple, si chicaneur sur tout, absolument contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre, n’ai-je pas contribué à être l’exemple du blogueur compétitif et finalement d’avoir hissé la contreperformance au rang de performance ?

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