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31 mai 2012

Bon appétit, Messieurs…

Ce que Louis Michel a dit au sujet des gens de son espèce à propos du travail « extraordinaire » qu’ils abattent, au point qu’ils ne sont pas assez payés, est en train de se vérifier d’une autre manière après « l’effort » de 0,9 % que Di Rupo et son gouvernement ont abandonné à la misère des gens et au poids de la dette.
La preuve, la réforme des pensions des parlementaires est en rade.
Le gouvernement qui, au départ, allait régler ça au pas de charge – ce qui pour le secteur privé et la fonction publique, avaient été arrangés en quinze jours, met un temps fou pour les pensions des messieurs pour lesquels Louis Michel a une admiration infinie, puisqu’il en est !
C’est qu’ils n’ont personne qu’eux-mêmes pour régler les problèmes de leur fric. Ils sont à la fois patrons et employés dans cette foutue entreprise Belgique !
Je sais bien, le régime parlementaire, on connaît la chanson, les électeurs les attendent tous les quatre ans avec le bulletin de vote. Et alors, ces gens sans vergogne n’en ont rien à foutre, puisqu’ils sont à de rares exceptions, tous bien d’accord, avec Louis Michel, sur ce qu’ils valent !
Vu la dureté des temps, ils sont devenus nos poules de luxe ! Qu’ils prennent garde qu’à force de prétendre à beaucoup, ils finissent par ne plus rien avoir.
Di Rupo a frappé fort, il a mis quasiment tous les partis dans le même sac, avec les clés du coffre et le mot d’ordre général « Nos pensions, nos Droits, notre Argent ou la mort ! Chaque période a les Girondins qu’ils méritent. Les nôtres sont bons pour la Conciergerie, avant la Veuve !
En attendant, incapables, à la limite inutiles, ils se la pètent encore en nous prenant pour des imbéciles !
L’électeur furieux ne peut pas les saquer tous ! Du coup, il ne saquera personne.
On reste sans voix devant cette effronterie !
Le double discours me scie ! D’un côté les efforts terribles qui sont à venir, le détricotage de la sécu, des indemnités de maladie, les pensions de vieillesse, les allocations de chômage et de l’autre, les représentants du peuple, tous bien fourrés, gros et gras, comme le chat faisant la chattemite du bon La Fontaine.
Et ces mêmes cafards qui entonneraient encore l’Internationale s’il le fallait, qui parlent de Jaurès la larme à l’œil et si la social-démocratie les autorisait, il y en aurait quelques-uns pour enlever leur chapeau devant la statue de Robespierre, l’Incorruptible, tandis que dans le camp « ami » les Bleus pissent dans leur froc de bonheur dès que Louis Michel, son fils ou Reynders bavassent sur les écrits d’Alexis de Tocqueville, alors que – c’est bête comme tout – ces sans pudeurs, ces imbéciles instruits, ne sont même pas capables de définir la philosophie qu’il a voulu partager avec ses contemporains !
Voilà la meute affolée dès qu’il serait légitime d’un peu ramener leurs pensions à des taux raisonnables et à des annuités plus en rapport avec nos sacrifices !

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Et l’exemple, qu’en font-ils ?
Revoilà les Sept présidents, oui, ils sont sept présidents d’assemblées avec la crainte que les honorables confrères montrent à l’ensemble du pays leur volonté de ne pas toucher à leurs privilèges, la « basse engeance » dusse-t-elle périr d’inanition !
Ces gens n’ont pas encore compris que la société de consommation, c’est fini. On va vers quelque chose que tout le monde redoute et pour affronter l’inconnu, en démocratie, on aurait dû normalement compter sur eux, capitaines courageux, officiers comme à Reichshoffen, sabre au clair, les premiers à la charge !
Eh bien non ! ça ramasse tout le fric que ça peut, ça se croit tout permis… Eux espèrent encore en tirer beaucoup de la société de consommation !
On a envie de reprendre le mot de Napoléon à Talleyrand « Messieurs, vous êtes de la merde dans un bas de soie ».
Ce n’est pas du populisme, c’est à l’évidence une constatation.
Les premiers destructeurs de la démocratie, il ne faut pas chercher plus loin. Ils sont alignés devant nous. Et leurs complices avec eux ! Ceux de la RTBF, de RTL, des journaux, toujours prêts à une interview, l’échine basse, avec un mot aimable, une priorité dans les débats, partout et toujours, tout pour eux !
Il paraît que “Les pressions sont fortes en interne, sans doute dans tous les partis, pour qu’on ne touche pas réellement au système”, c’est dire comme le système parlementaire est tombé bien bas.

30 mai 2012

Les tourlourous.

Les hommes politiques de tous bords, me font penser à ces comiques troupiers chanteurs vêtus en tringlots de ligne, le plus célèbre fut Polin et le dernier, Fernandel à ses débuts.
Les Parlements et les studios de la télé font office de salles de café-concert. Ils s’y font applaudir en exaltant le patriotisme, à la différence que la Patrie, tant chantée, n’est que le système économique. La vertu – celle du travail – fait penser aux dames de petite vertu qui font semblant de la perdre tous les soirs avec leurs clients.
-Vrai, Fernand, c’est mon homme… mais, c’est pas rien, j’aime mon métier. Quand je monte avec un vieux pour des thunes, j’ai l’impression que je fais mon devoir !
Le Belgique dans la classe des bons élèves, l’Allemagne championne du rendement, la Grèce montrée du doigt, qu’est-ce qu’on n’entend pas dans l’hymne à la joie de ces pays où tout le monde fait la gueule !
-Le dollar, ça vaut plus grand-chose, l’amerloque s’en fout. L’Europe, c’est encore du lourd, pourtant son utilisateur est au fond du trou.
Le dernier mauvais élève, c’est l’Espagne, le nouveau cauchemar de Christine Lagarde, après qu’elle eût rivé le clou aux mauvais payeurs grecs.
Juan Carlos à la castagne avec les éléphants et Soraya Saenz de Santamaria, porte-parole du gouvernement espagnol, aux castagnettes pour séduire Lagarde, on compatit.
La bulle immobilière crevée, la peau du ballon se révèle être une peau de banane.
L'économie souterraine y représenterait 21,5% du PIB, soit plus de 4 millions de travailleurs au noir alors que l’Espagne affiche un taux de chômage de 25% de la population active !
Voilà ce qui arrive de faire la part belle à ceux qui se sont enrichis en magouillant au plus haut niveau de l’Etat. La « vertu » de l’arrivisme à tout prix s’apprend dans les écoles, pire qu’en Belgique. Dame, avez-vous le cœur à payer des impôts prélevés sur une paie minable ? Le gros des riches place ses paquets d’euros en Suisse ou aux îles Caïmans. Les mandataires les approuvent, puisqu’ils ne prennent aucune mesure, qu’ils laissent faire, mieux, ils en font autant !
La morale réduite aux acquêts, c’est-à-dire sans contrat bien défini, est le logique aboutissement de l’éloge d’une vertu qui n’en est pas une : le système capitaliste. Il pète au nez de l’Europe. Nous l’avons cherché, non ?... depuis le temps qu’on nous vante ses qualités, au point que nous en sommes toujours convaincus en 2012, malgré les gadins et comme il nous traite !
Retenez bien que c’est l’accroissement de la pression fiscale qui serait à l’origine en Espagne du renforcement du travail au noir. Di Rupo, le tourlourou montois, en serrant les vis et notamment en prélevant sur la couenne du chômeur comme il le fait, va conduire la Belgique sur le chemin de l’Espagne. Dorénavant, le chômeur, pour ne pas crever de faim, va être obligé de travailler en black.
D’autant que les Boys de Sabine Laruelle, du petit plombier râleur jusqu’à la PME qui emploie la tante et les neveux, plus quelques petites mains du voisinage, font du black depuis que la Belgique existe et qu’il va y avoir de la concurrence sur le marché parallèle.
On l’écrit noir sur blanc pour l’Espagne, c’est notre avenir : pour préserver leur compétitivité, les entreprises favorisent les emplois non déclarés.

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On veut croire à Madrid que cette économie officieuse n’est qu’une résultante passagère liée à la dégradation de l’économie. Quand une Banque (1) obtient treize milliards de rabiot pour ne pas tomber dans la fosse commune du capitalisme dégénéré, pourquoi les citoyens se gêneraient-ils de planquer ailleurs que dans les coffres de l’Etat, le pognon qu’ils ont gagné de leurs petits bras ?
C’est toute la logique du « vivre ensemble » qui a fondé la République des Citoyens qui se détricote dans la honte d’une économie marchande qui crève de ses vices, comme en Espagne. Elle agit comme une concurrence déloyale face aux travailleurs réguliers et aux entreprises qui cotisent. C’est ainsi que cette débrouille prive l’Espagne de 30 milliards de recettes supplémentaires, de quoi renflouer dix banques !
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1. La quatrième banque espagnole, Bankia, qui croulait sous des actifs immobiliers risqués, a été partiellement nationalisée. L’Etat a pris le contrôle de 45% de son capital en convertissant des prêts publics en actions.

29 mai 2012

Sois Belfius et tais-toi !

Mascarade pitoyable avalisée par le gouvernement régional wallon qui s’est abstenu, les administrateurs de l’ancienne Dexia Banque Belgique, sauvée du naufrage en octobre 2011 par l’Etat belge et rebaptisée Belfius, ont obtenu la décharge de leurs activités délictueuses pour l’année 2011, lors d’une assemblée générale de la semaine dernière, qui a duré en tout et pour tout, une heure et demie.
Vieille histoire, direz-vous, puisqu’elle date d’environ huit jours… Et alors, une friponnerie doit-elle être du jour pour que l’on s’en souvienne ?
Sainte solidarité des larrons, exactement comme Louis Michel soutenant Elio Di Rupo pour son 0,9 % de retenue sur le salaire des ministres, alors que Hollande en est à 30 % !
Sont sauvés des tribunaux de commerce, Pierre Mariani, Jean-Luc Dehaene, Patrick Develtere, Patrick Janssens, Francine Swiggers et Serge Kubla.
Sainte solidarité des chevaliers de la finance, les suivants, absouts par avance, le nouveau conseil d’administration, présidé par Alfred Bouckaert, a été mis en place.
Pour mémoire, l’administrateur qui se voit accordé la décharge pour l’exercice de son mandat ne peut plus faire l’objet d’une action en responsabilité de la part de la société pour les actes qu’il a commis au cours de son mandat. Voilà donc toute la clique, sous la direction du chef de fanfare Jean-Luc Dehaene, sortie d’affaire et les poches bourrées de l’argent qu’ils n’ont même pas eu la décence de laisser pour les petits porteurs d’action qui ont été détroussés comme au coin d’un bois.
Ces perversions de la démocratie que permet le système libéral sont les médiocres résultats d’une accoutumance générale à la morale « arrangée » du monde des affaires.
Le pervers quelconque est ce qu’il y a de plus fréquent dans le monde de la finance et de la politique. Le système appliqué en Belgique aboutit à des compromissions légitimées par l’usage et le relâchement des mœurs.
Qui sait, dans quelques années, la définition du banquier, dans le Larousse, sera peut-être« voleur qui a réussi ».
Le pervers baptisé « honnête » n’est jamais prêt à payer quoi que ce soit. Tout doit lui être dû pour son travail qu’il surestime (Louis Michel) à la mesure de son ego.
Le pervers moderne transgresse les règlements pour la simple raison qu’il croit « bien faire » en s’appliquant des modifications à la loi qu’il applique aux autres à la lettre, avec d’autant plus de rigueur, qu’il a étendu à son cas toutes les bienveillances possibles.
Pour lui rien n’est sacré, hormis sa personne et éventuellement sa progéniture.
Une fois aux affaires, il mène rondement sa carrière en postulant à tous les postes qui procurent du profit.

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Le hiatus entre le désir qu’il a de s’élever et le prix à payer est si important que ses dernières poches d’honnêteté fondent et qu’il devient un pervers de transgression en transgression sans s’en apercevoir, parce qu’il les confond avec des manœuvres politiques indispensables à son statut. « Vous savez, dira-t-il d’un air chagrin, on ne fait pas de la politique avec des enfants de chœur. » C’est aussi le raisonnement que tiennent les criminels endurcis qui mettent en cause la fatalité et la dureté des temps.
Le perverti médiocre va donc se permettre de jouir et d’abuser des lois, sans risque. Mais son appétit sans limite l’entraîne vers une perversité plus grande. C’est souvent le cas des récidivistes, élus pendant trente ou quarante ans et amoncelant des activités annexes qui leur procurent des rentes et une notoriété pour une présence aléatoire et de loin en loin, à des conseils d’administration ou à des présidences soi-disant caritatives, où le jeton de présence est l’argument majeur de sa surcharge de « travail » !

28 mai 2012

Logolâtrie à la RTBF

Chez Maroy et Gadisseux, cet été se portera léger et entièrement en tons pastels. Le thème de la collection est, par tradition rtbéienne, du babillage de souvenirs d’ambiance. Traditionnellement, l’humour est toujours absent du clin d’œil d’actualité. Ainsi cette année, la collection a été baptisée « Faut-il brûler l’austérité ».
Comme nous nous inquiétions auprès du plus jeune styliste de la Maison, de l’absence de point d’interrogation, Gadisseux (prononcer à l’anglaise « gay-diss-you ») assura que c’était exprès que le couturier Maroy (prononcer Mè-roye) en avait ainsi décidé, depuis que la Maison se voulait optimiste, après la crise qui faillit tout emporter du fleuron de la mode belge.
Bruno Colmant propose « Austérité-Relance ». C’est un équilibre budgétaire entre une cravate vermillon avec une pointe de mauve, une chemise gris-bleu aux motifs quadrillés et un costume gris foncé. Cet ensemble peut être porté par un économiste de droite au budget illimité, car l’ensemble vaut son prix.
Il est aussitôt suivi de FEB, acronyme de Feston Entièrement Brodé, en tissu révolutionnaire noué sans nœud et tenu par de petits fils d’argent, porté par un mannequin vedette La Timmermans, comme on dit La Callas ou La Taylor is not poor. La cravate est bleue rayée, ton pastel, costume deux pièces avec figures en losange, bleu roi. La coupe est sombre puisqu’elle sera en équilibre en 2015, grâce à des réformes structurelles très bien dissimulées le long du corps, ce qui donne à la silhouette plus de minceur.
Modèle unique, Gay-diss-you n’a pas voulu nous dire le prix.

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Le défilé de haute couture se poursuit par « Tel qu’en lui-même », parure portée par Didjé Reynders, présenté comme le clou du spectacle. C’est un tout relance qui a mobilisé les petites mains de la Maison, très habillé, tailleur gris perle, belle allure. Nous avons trouvé Didjé un peu empâté pour une politique équilibrée à dégraisser. Il est vrai que ce n’était que les chômeurs. La cravate n’était pas très bien ajustée. Ce modèle nous a déçus. Le prix nous a paru surfait. La toilette bien financée de l’année dernière avait plus d’allure. Celle-ci fait étrangère à la collection.
« Petite hypocrite » était portée par Laurette Onkelinx, toujours aussi fraîche et naturelle, quoique doyenne de la présentation. En robe-chemisier blanc, la trouvaille était une montre bracelet énorme comme on les porte actuellement, le bracelet rappelant le chemisier. Nous avons remarqué la doublure du col en damiers gris-vert beige, très chic, très discret. Cet ensemble est livré à un prix abordable et est destiné à être commercialisé dans les coopératives et les supérettes.
Portée par Joëlle Milquet, la chouchou des magazines de mode, la suivante était autrement plus habillée. Gay-diss-you l’a présentée avec une certaine fierté. C’est la perle du couturier Mè-roye : « Stratégie globale » tunique brune sur chemisier noir. Les accessoires triple bracelets au bras droit et montre Rolex au poignet gauche, bracelet de montre métal argent et or, donnent à Miss Milquet l’avantage d’un coût de la vie peu commun.
A côté d’elle, Deleuze faisait quelque peu provincial avec la mode col ouvert, pour nous montrer « Economie d’énergie » veston brun, chemise rose, allure décontractée pour après-midi de golf.
L’invitée d’une autre maison portait « Demelenne » robe du même nom que la starlette qui nous la faisait découvrir. L’ensemble donnait l’impression, par son contraste, d’être exactement le contraire de « Stratégie globale », tunique blanche sur robe brune. L’idéal pour covoiturer un caddie avec la femme de chambre, un aprem chez Carrefour.
Après la présentation, Gay-diss-you nous fit applaudir Moureaux, hors festival, bien connu dans le prêt à porter, qui nous vanta l’abaya pour homme. Par temps caniculaire, ce vêtement aère complètement les testicules. Idéal contre les vents chauds venant des marchés de Molenbeek.
La Maison concurrente présentait également ce dimanche, sa collection trash « L’assassinat de la petite Diana » avec la styliste Domino Demoulin. Nous en reparlerons la semaine prochaine.
On peut dire que la mode belge se porte bien et qu’elle a sa place dans le monde.
La soirée se termina au bar Reyers « Chez Jean-Pierre Gaultier » qui entre deux histoires de marin, expliqua à Didjé Reynders comment attirer les investisseurs en Belgique : louer à Dodo-la-saumure un contingent d’hôtesses, nos présentatrices de mode n’ayant plus l’âge indispensable à cette occupation hautement rentable.
Le champagne, dédié aux chômeurs de longue durée, coula à flux tendus, évidemment…
Devant le succès, Mè-roye a promis de faire une séance nocturne pour ceux qui étaient retenus à Gstaad l’après midi à la partie de poker et qui devaient revenir en Falcon vers la fin de la journée.

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27 mai 2012

Onfray contre Mélenchon !

C’est heureux que l’on puisse encore s’exprimer, après que Michel Onfray ait critiqué Mélenchon dans l’admiration qu’il porte à Robespierre et Saint-Just.
Michel Onfray nous avait habitués à plus de nuance dans l’approche des personnages clés de la Révolution. Il est vrai que l’on aurait dû se méfier du nouveau voltigeur des lettres, depuis qu’il s’est fait une réputation de critique en descendant Freud de son piédestal, comme naguère les Irakiens déboulonnèrent la statue de Saddam Hussein.
Il est faux de prétendre que Robespierre et Saint-Just ont été les seuls responsables de la Terreur et que les autres Conventionnels furent instrumentalisés par les deux compères. Quelques autres acteurs influents de la Révolution périrent au Neuf Thermidor avec les deux Conventionnels, réfugiés à la mairie de Paris.
Onfray oublie les Textes des Lois et les Principes, faisant de la Constitution de 1793, aussitôt piétinée par les thermidoriens, la profession de foi la plus démocratique et la plus humaniste de l’époque.
La Première Constitution prévoyait le rejet du vote censitaire pour adopter l’universel, ainsi qu’une démocratie directe remontant des petites communautés vers la représentation nationale, allant même jusqu’à contester les Arrêtés de celle-ci, par l’effet d’un pouvoir nouveau qui fut avorté dans l’œuf.
Les mêmes futurs guillotinés aidèrent à la rédaction de la Déclaration des Droits de l’Homme et jetèrent ainsi, sans le savoir, les fondements de la Sécurité Sociale !
A relire les minutes des Assemblées des « clubs », on est surpris de la perspicacité des sans-culottes, de leur prescience des difficultés qui mineront en 2012 les démocraties occidentales. Les débats portaient alors sur les excès de la fortune et les moyens de bloquer les prix pour mettre un terme à la spéculation, même si ce n’était que pour freiner la hausse du blé.
Comment se fait-il que Michel Onfray, au talent incontesté, ait oublié de mentionner à la décharge de Robespierre et Saint-Just, les projets de l’abolition de l’esclavage, votés en 1794, alors que le processus de la Loi avait été enclenché avant qu’on leur tranchât le cou ?
Et que dire du courage de Saint-Just appelé aux Armées, celles-ci se trouvant en piteux état et au bord de la débandade, réussissant à les équiper, leur rendre l’amour de la patrie et la défense de la République, contre des coalisés bien plus nombreux et mieux armés, qui, s’ils avait été victorieux, eussent mis la France à sac ?
Barras et ses affidés du Directoire, presque tous francs-maçons, ont critiqué le culte de l’Etre suprême, comme l’idée la plus ridicule de Robespierre. Des images du temps, montre l’Incorruptible assis au sommet d’un char, dans la position ridicule d’un pape bénissant ses sujets.
J’ai longtemps hésité sur l’opportunité de cette mise-en-scène. Cette bouffonnerie désignait un tyran, avais-je pensé. .
Robespierre pensait que pour préserver le lien social, la République devait conserver une relation avec le sacré, que pour le peuple se couper de la foi serait une cause fatale de démoralisation. La République se substituait à Dieu dans un rôle tout aussi sacré. C’était une erreur. Le but était louable. Il est resté incompris, jusqu’à aujourd’hui !

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Perdre la foi comme l’entendait les révolutionnaires, c’était perdre ses illusions, oublier une ligne de conduite loyale envers la communauté des hommes.
Les temps d’aujourd’hui ont tenté de substituer à la foi, le commerce et la fortune « récompensant » les croyants du capitalisme, dans une formule morale « adaptée ».
Le méritant, c’est celui qui travaille et qui sera récompensé de son travail par le confort et les agréments. Résultat : les trois quarts de ceux qui travaillent n’arrivent à rien et ce n’est pas parce que l’on « subsidie la paresse », mais parce que ceux qui ont réussi accaparent tout, en devenant des « paresseux utiles ».
On voit le fiasco dans lequel on patauge !
La République a tenté, par cette fête de la Raison et de l’Etre suprême, d’instaurer entre l’homme et l’idée de l’infini un rapport non contraint.
Elle n’y a pas réussi. Son substitut, voulant fondre la liberté individuelle dans la liberté du commerce, n’y a pas réussi non plus.
Il faut réhabiliter ceux qui ont été exécutés par la contre-révolution. Les socialistes en 1920 honoraient encore Robespierre. La nouvelle forme du Ps rallié à la social-démocratie a conquis Michel Onfray et découragé les derniers robespierristes !
Désolé pour le philosophe, mais Mélenchon connaît mieux l’histoire que lui.

26 mai 2012

Les pervers à l’affiche.

La démocratie n’existe pas en-dehors des individus qui la composent. Si Michel ou Di Rupo la salit, c’est toute la Nation qui est malpropre.
Cela explique en grande partie pourquoi les troubles du comportement des « élites » peuvent faire un tort parfois considérable.
Le trouble sexuel dont manifestement DSK a été saisi, en agressant la femme de chambre dans le Sofitel de New-York, alors qu’il occupait un poste éminent et qu’il s’apprêtait de le quitter pour en briguer un autre plus important encore, a fortement dégradé l’image du PS et par delà, celle de l’ensemble de la classe politique. Bien que cela ait été sans effet pour l’élection de François Hollande, la dégradation de l’image de Sarkozy dans l’opinion était encore plus forte.
Les individus sont les marqueurs forts ou faibles de la démocratie.
Les pathologies frappent les hautes personnalités comme les simples électeurs, sans distinction, à la différence qu’un délire schizoïde d’un ministre peut provoquer beaucoup plus de dégâts que celui d’un citoyen lambda.
Les démocraties actuelles sont mises en observation comme tout corps malade en période de crise. Les troubles des dirigeants sont mieux étudiés aujourd’hui qu’ils ne l’étaient en période « heureuse ».
Les troubles paroxysmiques les plus rencontrés tiennent en trois catégories : le délire paranoïaque, le délire schizoïde et le délire histrionique.
Le paranoïaque, n’est rien d’autre qu’une hypertrophie du moi. C’est le délire le plus répandu. La Belgique d’en haut en est largement atteinte.
Le sujet est autoritaire, sûr de lui, susceptible, orgueilleux. (Louis Michel, Didier Reynders, Elio Di Rupo). Il sait toujours tout et il a toujours raison (Melchior Wathelet, Laurette Onkelinx, Chastel, etc.). Il refuse toute critique (tous les ministres). La psychorigidité s’exprime par une obstination, le mépris des autres et une intolérance qui peut aller jusqu’au fanatisme (Philippe Moureaux dans sa défense des pratiquants de la religion principale de sa commune). La méfiance est constante (Marc Eyskens, Jean-Luc Dehaene). La fausseté de son jugement va de pair avec une intelligence normale (Charles Michel). La pensée logique est perturbée par la méfiance, l’orgueil et la subjectivité (Michel Daerden). Froideur, manque du sens de l’humour, hostilité, ambition, rigidité (Wouter Beke, Steven Vanackere, Benoît Cerexhe).
L’inadaptation sociale est un des traits de ce caractère. Voilà pourquoi les personnels du PS paraissent plus éloignés des travailleurs que les autres. On les voit presque toujours mal à l’aise dans des réunions de conciliation. Ils ne comprennent pas ce que signifie une journée de travail à l’usine, etc. Les autres non plus, évidemment, mais eux ne se piquent pas d’être ouverts au monde social. Et même, quand ils le prétendent personne ne les croit.
Rassurez-vous, les paranoïaques pour la plupart ne deviennent jamais délirants. Ils se contentent de tyranniser leur entourage. Cela les déstresse et leur évite une consultation à la clinique.

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La série des schizoïdes associe froideur et pauvreté affective, un évitement des relations sociales et des contacts avec le milieu extérieur à son département (Dominique Simonet, Pieter De Crem), un isolement, un entêtement, une nonchalance (Fadila Laanan).
Le sujet montre un intérêt excessif pour des croyances mystiques et présente un mode de pensée bizarre (Bart De Wever).
Le schizoïde qui veut correspondre à l’idéal hypermoderne n’y parvient pas. Il est l’archétype du « sujet manqué » (Alexandre De Croo, Rudy Demotte).
Enfin, l’histrionisme met carrément la santé démocratique en danger, quand il ne conduit pas à la criminalité (Woerth). D’emblée comme le nom l’indique, on pense à l’histrion, au comédien, au fanfaron, à celui qui vit perpétuellement sur scène et qui répète chez lui les répliques qu’il va servir aux autres acteurs. Woerth s’est fabriqué une tête d’honnête homme. C’est Pierre Larquey dans « Le Corbeau ».
L’hyperémotivité, l’intensité des réactions émotionnelles sont constantes et dramatisées (Sabine Laruelle). Le mode de pensée imaginaire est prépondérant (Marine Le Pen).
La personnalité histrionique cherche à attirer l’attention et à plaire (Nathalie Kosciusko-Morizet). C’est « Sissi Impératrice », vierge effarouchée au cœur généreux. Son vis-à-vis de cheminée du XVIme Ar. serait la porteuse d’un charisme incivil (Valérie Pécresse).
L’histrionisme est la maladie type de la démocratie contemporaine. Elle correspond au stade infantile du « moi ».
L’intime devient l’événement médiatique majeur (Nicolas Sarkozy).
Qu’on se rassure, n’est pas le marquis de Sade qui veut. Tous ces saltimbanques qui nous chapeautent ne sont pas à enfermer, ne sont pas de grands pervers ; mais, tout de même, nous ne devrions plus tarder à leur faire savoir que si nous sommes dans le 36me dessous, c’est à cause d’eux et la façon dont ils comprennent la démocratie.

25 mai 2012

Le 7me continent.

Le Marxisme et le capitalisme se sont plantés tous les deux dans une frénésie commune qui s’appelle le productivisme. Si le premier voulait que ses effets reviennent essentiellement à ceux qui produisent et les autres à ceux qui financent les moyens de production, le résultat est identique. Celui qui ne s’arrache pas le derrière de chez lui de l’aube à la nuit est un mauvais citoyen.
Ce ne serait encore qu’un « demi mal » que l’on pourrait tempérer par la prise en compte de tous les bras afin de répartir le travail, s’il ne s’agissait avant tout de créer de la richesse pour la richesse et c’est là que les deux idéologies se séparent. Le marxisme voulant privilégier ce qui est utile et l’autre s’enivrant de la liberté du commerce de tout ce qui trouve acheteur.
Pour ne pas sombrer dans l’anarchie, quelques règles ont été établies, variables par Etat et qui sont indéterminées dans la mondialisation de l’économie que nous vivons en 2012.
Mais ces règles ne sont là que pour être transgressées. A côté de cela, il reste la jungle des vagues précisions internationales que chacun s’empresse d’oublier quand son intérêt est en jeu.
Ce système a élevé à un art jamais égalé par le passé de faire du fric n’importe comment et d’essayer par toutes sortes de combines, certaines légales, à ne jamais réparer quand on fait tort à des individus ou à la planète, par les déchets de sa propre industrie qu’on disperse au moindre coût.
L’interprétation de la morale qui en résulte renforce l’individualisme forcené dans un « chacun pour soi » qui va jusqu’au crime.
Et justement, il y en a un, particulièrement collectif, et que les enfants du système capitaliste, le meilleur du monde selon les trois quarts de l’humanité, paieront très cher et cela dans moins d’une génération.
Dans le Nord-est du pacifique, entre la Californie et Hawaï, les déchets produits par les activités humaines et déversés dans les océans sont acheminés par les courants marins vers un nouveau "continent" boulimique dont la taille atteint près de 3,5 millions de km² !
Vous avez bien lu. Nos merdes nous préparent un nouveau continent hostile, inhospitalier et qui distille déjà depuis plus de vingt ans, ses poisons dans la mer.

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En 1997, le capitaine Charles Moore a été le premier à découvrir cette zone improbable de l'océan Pacifique où les déchets plastiques flottants s'accumulent. Ainsi, selon des observations effectuées depuis plus de 15 ans par l'Algalita Marine Research Foundation, sous l'effet des courants marins, les déchets provenant des littoraux et des navires, flottent pendant des années avant de se concentrer dans deux larges zones connues sous les noms de "Plaque de déchets du Pacifique est" (Eastern Pacific Garbage Patches) et "Plaque de déchets du Pacifique ouest" (Western Pacific Garbage Patches). Ces deux plaques forment la "Grande plaque de déchets du Pacifique" (Great Pacific Garbage Patch), un monstre dont la taille aurait déjà triplé depuis les années 90 et qui s'étendrait maintenant sur 3,43 millions de km², soit un tiers de la superficie de l'Europe ou encore six fois la superficie de la France ! Il est estimé que ce "continent" de déchets totalise un poids de 3,5 millions de tonnes et jusqu'à 750 000 débris par km² ; Greenpeace évoquait fin 2006 près d'un million de déchets par km² dans son rapport sur les débris plastiques et la pollution des océans.
Les déchets tourbillonneraient sous l'effet du gyre subtropical du Pacifique Nord (North Pacific Gyre) et s'accumulent dans cette zone peu connue : peu de routes commerciales et peu de bateaux de pêches l'empruntent. A l'image d'un puissant siphon marin, le vortex attirerait vers lui tous les résidus de notre société de surconsommation. Toutefois, contrairement au siphon, les déchets ne sont pas "aspirés" mais accumulés et bien visibles.
Ce sont les déchets plastiques qui dominent, bien entendu.
La vente dans les grands centres commerciaux est directement mise en cause dans ce désastre planétaire. En effet, pour diminuer le vol et aussi pour des effets de publicité, le moindre objet est surdimensionné à la vente afin qu’on ne puisse pas le mettre en poche et partir sans payer. Cette surface de support publicitaire qui ne sert à rien, y entrent des encres, des plastiques et les produits chimiques de fixation.
Evidemment, les grandes surfaces ne sont pas seules la cause de ce nouveau continent de déchets. Mais cet exemple est celui quoi nous touche de près et que nous connaissons parfaitement pour en dénoncer l’inutilité, d’autant que le coût de l’emballage, c’est nous qui le payons dans le prix global.
Les plastiques constituent 90 % des déchets flottant sur les océans. C’est une soupe plastique constituée de macro déchets éparses mais surtout de petits éléments invisibles. C'est en filtrant l'eau que l'on découvre une mixture composée de minuscules morceaux de plastique qui se sont fractionnés.
En certains endroits, la quantité de plastique dans l'eau de mer est jusqu'à 10 fois supérieure à celle du plancton, maillon élémentaire de la vie dans les océans. Le temps nécessaire à la dégradation de ces plastiques est estimé entre 500 et 1000 ans. La toxicité des éléments qui les composent à largement le temps de faire du Pacifique, le bouillon des Borgia !
Même si on donnait les moyens à nos libéraux de partir avec une petite pelle et un seau sauver le Pacifique, puisque c’est sous la brillante démonstration du capitalisme que nous avons droit à ces merdes, le nettoyage de cet océan de déchets semble insurmontable. Malgré l’inutilité du geste, si Louis Michel au lieu de clamer bien haut que les ministres ne gagnent pas assez, partait à l'assaut du "continent de déchets" avec l'Algalita Marine Research Foundation, le projet Kaisei ou le CNES, pour sauver la planète, je pourrais enfin lui faire une couronne de laurier et trouver que, pour une fois, il justifierait son salaire.

24 mai 2012

Mais que devient Mélenchon ?

Certes le PS a propulsé Hollande à la capitainerie, mais la France frôle les côtes comme le Concordia, avec les autres pays de l’Europe, embarqués dans une sale affaire de sous à rembourser avec la Grèce, le Portugal et l’Espagne, les trois à la traine, même si la Grèce l’est beaucoup plus que les deux autres.
Tandis qu’à Liège, la jeunesse et la Ville sombrent dans la connerie de la City-Parade, tout heureux de se shooter afin d’oublier la réalité, à Méricourt, avec des baffles moins abrutissants on écoutait Mélenchon se lancer dans un premier meeting pour les législatives contre Marine Le Pen, son adversaire dans la 11me circonscription, sur un fond de crise économique d’une gravité extrême.
Le résultat serré au final de l’élection présidentielle avait vu la victoire du PS, grâce à la discipline républicaine du Front de Gauche, dont Mélenchon avait demandé de voter pour Hollande.
Depuis, silence entre le PS et le Front de Gauche et, semble-t-il, pas de contact postélectoral, entre le vainqueur et celui « qui l’a fait roi ».
Depuis lors, Mélenchon s’est mis en tête de battre Marine Le Pen dans son propre fief. C’est bien. C’est crâne. Mais ce n’est pas gagné d’avance. Le Ps au premier tour ne lui fera pas de cadeau.
Cet homme de caractère veut "opposer la fraternité et le partage" au "visage de la haine", jusqu’à présent, il n’a rencontré que le visage de la haine, attendu que pour la fraternité, le PS se fait attendre.
Le débat sur l’utilité de la social-démocratie dans le combat contre le système en pleine crise économique va se faire de plus en plus nécessaire, si l’on observe l’accord « sur presque tout » entre Hollande et Obama.
Cela se traduit en France par le contraire. C’est-à-dire un raidissement du PS par rapport au Front de Gauche. En effet, c’est Martine Aubry elle-même qui vient de déclarer qu’aucun accord n’avait été trouvé entre son parti et celui de Mélenchon pour les législatives. Le PS préfère perdre quelques sièges de député, plutôt que d’appuyer le FG !
Ainsi la méfiance perdure entre les tenants du système capitaliste tel qu’il est avec ses graves lacunes, ses injustices et ses crises à répétition, et ceux qui souhaitent réfléchir à un autre système, pour une économie mieux dirigée et encadrée par de nouveaux élus, moins marqués par l’échec et les compromissions.

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Nous vivons toujours sur cette fausse idée que la liberté individuelle doit passer d’abord par la liberté du commerce.
Cette obstination détone avec les propos du leader du FG "A l'heure où dans toute l'Europe, le nationalisme étroit et borné rejette son poison (...), nous allons par notre nombre, par nos prénoms mélangés faire la démonstration qu'il existe une force plus grande que le visage de la haine : celle de la fraternité et du partage". Le discours de Mélenchon à Méricourt s’adressait principalement aux électeurs du FN, mais il n’en reste pas moins que c’est toute la nomenklatura française qui est interpellée, la fraternité étant étrangement absente des propos de Martine Aubry.
Puisque les meetings en plein air lui ont bien réussi, Mélenchon pense organiser une marche pour « la fraternité et contre l’austérité ».
Nous verrons l’accueil que lui réservera le PS.
"Je veux redonner une voix à l'Assemblée nationale à ces terres qui ont toujours su porter le message ouvrier : ensemble nous sommes, ensemble nous vivrons, ensemble nous nous serrerons les coudes".
Qu’en sera-t-il des élections ? On peut déjà estimer que le combat de Mélenchon contre Marine Le Pen ne manque pas d’allure. Même s’il ne l’emporte pas, il restera crédité de l’avoir tenté !

23 mai 2012

Dans quel état j’erre ?

Les cuistres de pouvoir - qui croient faire l’histoire - ne s’en rendent pas compte, mais c’est l’histoire qui les fait. Nous sommes en plein effort d’une transition entre un monde ancien et un monde nouveau, entre une logique politique défaillante et une nouvelle logique politique, ente un système éminemment élitiste et un autre moins spoliateur des fruits du travail.
Que font-ils, nos émirs de la jactance ? Des comptes de boutiquier faisant payer les ardoises en souffrance aux clients incapables de se défendre. Ils traitent les Grecs de peuple d’escrocs, alors que ce sont leurs confrères grecs qui ont failli.
La logique voudrait que le nouveau pouvoir consiste à œuvrer pour une transition dans tous les domaines. Les problèmes dont nous souffrons doivent être traités par tous les Européens.
Il est hélas douteux que l’on puisse y parvenir dans le monde occidental et, en particulier, en Belgique avec le personnel politique en place.
Nés dans un système, ils y mourront sans doute, envers et contre nous.
La gauche doit renouer avec l'idée de progrès et abandonner l’idéologie en déclin de l’organisation social-démocrate de la société.
Le progrès qui serait conçu comme une loi automatique de l'Histoire, s’est révélée fausse de Condorcet à nos jours.
Le progrès est d’abord un effort moral de la volonté, dans une conscience plus aigüe des autres. Et non pas cette ivresse de gagner grâce à l’effort des autres, une manière de vivre au-dessus de tout le monde.
Cette forme de croissance là n’a rien à voir avec le mythe de la croissance à l’infini, mise en scène par des économistes qui ne voient rien de mieux pour pérenniser l’avantage que le capital a pris sur le travail. Au contraire, elle veut mettre fin aux excès du consumérisme.
Il faut en finir avec un monde bipolaire qui ne voit d’autre alternative à la croissance que la décroissance dépeinte comme un désastre dans tous les manuels d’économie dont nos économistes se nourrissent encore.

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Il faut faire régresser la production des produits futiles, aux effets illusoires, gadgets vantés par la publicité, arrêter la production de produits jetables, volontairement programmés pour une durée déterminée par le rythme de production, supprimer les intermédiaires qui imposent les prix. Bref, casser l’économie du gaspillage source d’une « prospérité » malsaine et pur produit d’une commercialisation imbécile de la vie sociale.
Vu sous cet angle, le progrès n'est plus une utopie, mais une nécessité.
Si l'action politique aujourd’hui ne tend pas à cette réflexion globale, elle devient un élément qui empêche d’aller de l’avant. Tous les partis qui conservent ce mode de pensée sont obsolètes, comme étant des éléments contraires à la morale et au bien-être futur des gens.
Il n'y a pas d'équivalence entre progrès technique et progrès moral, entre progrès économique et progrès humain. Et le progrès humain doit primer sur tous les autres.
Nous devons en premier lieu ne plus nous voiler la face quant aux modes de production d’aujourd’hui, conséquence des « progrès » sur l’ergonomie, le raccourcissement des temps de production et en général tous les actes honteux qui se passent sur des chaînes de montage, dans des grands magasins et dans certaines entreprises qui confinent à la notion de l’esclavage, du temps où en Virginie et ailleurs, on exploitait des gens qui n’avaient pas la même couleur de peau que le propriétaire.
Nous devons nous battre pour un progrès humain, solidaire et mondial.

22 mai 2012

Du bel esprit au mauvais…

A contempler les pépères aux « grandes » carrières pousser leurs rejetons sur leurs traces, on peut croire à la transmission du civisme familial aux jeunes générations avec l’amour de la patrie ; mais aussi, de mauvais esprits peuvent penser que certaines famille ont dans le sang l’art de se faire du blé sur l’immense jobardise publique.
Ces suspects de l’esbroufe ne sont pourtant pas dénués d’un certain esprit de famille. Plutôt que de faire galérer leur progéniture chez Arcelor-Mittal, ils se donnent comme exemples à suivre. Leurs gniards, pas plus délurés que ça, se précipitent sur les traces de « l’honnête homme ». On voit bien d’où ces enfants qui ont grandi viennent et pourquoi ils sont en contradiction avec l’esprit de révolte de la jeune génération par rapport à l’ancienne. Comme disait Jean Racine « Nourri dans le sérail, j’en connais les détours ».
Ainsi, les pépères les conduisent plutôt vers des carrières d’avocat, pas question de faire ingénieur, profession dans laquelle ils seraient mille fois plus utiles, les voilà bien, les fils à papa du patronat et des partis politiques, tous destinés à des successions « intéressantes ».
Il n’y a pas indétermination chez les jeunes de ces milieux, comme pour la plupart, mais détermination.
L’altruisme de façade cède le pas aux avantages de la vie qu’ils partagent « en famille ».
Cette société est ainsi faite d’une véritable mascarade de sentiments avérés opposés aux sentiments exposés.
Le moule ainsi préparé, il n’y a plus qu’à y laisser couler les successeurs pour qu’ils y durcissent.
Evidemment puisqu’ils sont l’Etat, il ne reste plus à cette auguste institution qu’à se réduire à la perception qu’ils en ont.
L’Instruction publique est pénétrée de ces principes au point d’en refléter fidèlement la pertinence perfide.
Comment se fait-il que les études techniques et secondaires à l’issue desquelles on est sans statut devant la vie, soient si peu tournées vers la facilité d’élocution, la connaissance de la langue, de la philosophie, de la littérature, bref, vers l’explication orale de la pensée ?
C’est de façon délibérée que Marie-Dominique Simonet considère dans le programme d’éducation de nos enfants, que ceux qui ne sont pas destinés à faire des études supérieures n’ont pas besoin d’un langage duquel découle une analyse des situations, dans des termes appropriés. De fait, elle les estropie du sens critique, de la faculté de raisonner par leur propre moyen.
La sélection est toute trouvée. Les enfants issus des milieux aisés seront tout naturellement les futurs universitaires, puisqu’ils auront été éduqués d’abord « à domicile », avant le contact de l’enseignant. Les autres serviront aux besoins ordinaires. Ce sera la main-d’œuvre diverse et variée qui fait des passifs ou des révoltés.

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C’est ainsi depuis toujours. On monte en tête d’épingle les exceptions qui confirment la règle, dans le seul but de faire croire que toutes chances égales, chacun est maître de son destin. C’est aussi faux que le sourire de la ministre.
Il n’y a qu’à voir de quelle manière on infériorise l’étude du français par rapport aux sciences dites exactes pour comprendre immédiatement les motivations criminelles de l’enseignement en 2012.
Une formation technique que les circonstances et les besoins transformeront au gré des fluctuations des productions et des marchés sera amplement suffisante pour afficher, sans condition, sur le tableau du FOREM les qualités des gens « mis en location » sur le marché aux esclaves.
Nous n’aurons plus dans ce troupeau façonné par les capos du système, que des passifs incultes dont n’émergeront que quelques autodidactes.
Sous un gouvernement disparate, mais dans lequel on compte quand même quelques socialistes, on prépare sciemment des sous-citoyens.
Qui sont les premiers pour cette basse besogne ? Les chérubins de nos pépères, pardi !
Vous voulez un aperçu de la jactance transmise de génération à génération, un couplet de Melchior Wathelet et le refrain à Charles Michel sont bien suffisants, après cela s’appelle de la saturation.
La boucle est bouclée.

21 mai 2012

Gentrification à la RT(L)BF.

Ah ! nom de dieu !... Qu’est-ce qui m’a pris de me brancher sur les babillards de nos deux chaînes ce dimanche midi ?
« Chasse aux chômeurs ou chasse au chômage » chez les ineffables Maroy et Gadisseux et « L’Europe va se faire voir chez les Grecs » ou quelque chose d’approchant, chez Dominique Demoulin.
J’aurais dû me méfier.
D’entrée en présentation du bidule, Maroy susurre « …pour les chômeurs, l’étau se resserre ».
On ne sait pas s’il le fait exprès, mais cette idée des mâchoires d’un étau qui se resserre sur un être humain, quand bien même serait-il chômeur, c’est-à-dire sous-homme pour la belle Defraigne plus Espagnole que jamais et de plus en plus sottement libérale, fait songer au supplice par écrasement des membres, brodequins, tenailles et vis sans fin du Moyen-âge.
Belles brochettes de salauds sur la RTBF avec en porte-drapeau le bourreau Benoît Cerexhe qui sait tout et à tout compris pour le compte du CDH, en face, un socialiste, Philippe Courard (Courarèdji pour les intimes), dans le rôle du happe-chair qui est contre la souffrance, mais qui exécute les ordres, en malheureux qui ne sait plus où cacher la poire d’angoisse dont il est l’inventeur, et un représentant du patronat, sérieux comme un pape, sec comme une trique et gras du portefeuille, en lord Justice, avec en poche les exécutions capitales des coupables.
Du côté des victimes, un chômeur grassouillet qui se dit intellectuel, donc peu enthousiaste à colporter des caisses, avec 25 ans de chômage à son « inactif », un Ecolo qui en veut à la majorité de ne pas en être et la paire de gendarmes des syndicats rouges et mauves, débordant d’arguments.
Côté du « Va te faire voir chez les Grecs » les mêmes mais avec d’autres têtes et travestis en Européens, dans un concert unanime, dont on retiendra l’agonothète M’ame Delvaux en pleine ataraxie pro-européenne.
Ces gens semblaient vouloir dire « Je suis malhonnête, mais je ne suis pas le(la) seul(e) ».
Voyons, on a compris la brève de comptoir : « Changer les règles en Belgique serait suicidaire, quand les autres pays ne le font pas ». Jean-Luc Dehaene interviewé par Gadisseux en intermède comique, a dit la même chose en baisser de rideau, mais, de façon plus rugueuse, crachant les « r » à la flamande sur le veston, bon pour le pressing, de Gadisseux.
Donc, on ne changera rien, puisque c’est impossible. Les Grecs et les chômeurs vont s’enfoncer un peu plus dans la misère. Ça touchera moins de 500.000 personnes en Belgique et quelques millions chez les joueurs d’aulos.

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Voilà ce que j’en ai conclu, ce midi « Soyons malhonnête, puisque tout le monde l’est !».
D’accord, j’entends bien chers atlodymes (1), puisque nos deux télés sont deux têtes sur un même corps qui s’appelle le système, soyons RTLBF et levons notre verre à la santé du monde qui va disparaître.
Mais alors, pourquoi tant vanter, partout et toujours, le système, sinon pour la raison essentielle qu’il vous nourrit, et que vous ne voulez pas qu’il disparaisse !
Ah ! si vous étiez de l’autre côté de la barrière, avec vos bagages, vos capacités, votre dynamisme et… vos frustrations, comme on vous entendrait !
Eh bien ! là encore, vous vous trompez. Si vous en étiez à partager le sort quasiment devenu général, on ne vous entendrait plus du tout au bas du tableau d’avancement. Maroy et Gadisseux ne vous inviteraient pas.
Cerexhe Benoît, chômeur à 900 € le mois, vous pensez ! En clodo, c’est le seau de pisse de Milquet qu’elle lui enverrait sur la gueule de la fenêtre du premier, s’il s’avisait de venir l’emmerder à l’aube, pour un conseil.
Christine Defraigne, caissière à mi-temps chez Aldi, vous imaginez le tableau ? A part qu’elle se ferait virer pour mauvaise volonté et incompétence et qu’elle irait au guichet du syndicat libéral (oui, madame ça existe !) à réclamer un C4 qu’un méchant gérant lui aurait refusé. Pour elle, en plein burn-out aux castagnettes, c’était l’hôpital psychiatrique ou la prostitution.
De même du côté des Grecs, M’ame Delvaux, députée européenne, réduite au FOREM, on la verrait bien gymnète chez les Argiens modernes, ces employeurs.
Et puis merde, ces gens me font chier…
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1. Atlodyme : monstre caractérisé par deux têtes contiguës reposant sur un corps unique (Saint-Hilaire) Garnier Delamare édit.

20 mai 2012

0,9 % % reste svelte à 60 ans !

Qu’est-ce encore ces problèmes de dos, « obligeant » Di Rupo à voyager en classe « affaire » sur un avion commercial ? Alors que tout le bataclan des ministres et des experts empruntent l’avion gouvernemental, pour atteindre Chicago, au sommet de l’OTAN !
Si son éminence est trop fragile pour s’asseoir comme tout le monde, il existe des compléments de dossier que l’on peut facilement adapter sur n’importe quel siège. Comme c’est l’avion gouvernemental, il était facile de l’équiper.
Diriger, c’est prévoir, non ?
Mais non, il fallait que le plus humble de Belgique se distinguât d’une manière ou d’une autre !
Au départ, c’était grâce à une facture supplémentaire de l’Etat belge que son éminence faisait bande à part. On raconte que ce sont les ragots de Didier Reynders, son ennemi de trente ans, qui ont fait que son éminence se soit fendu d’un communiqué stipulant que le billet d’avion serait payé de sa cassette personnelle. Voilà qui a dû lui tomber dur, lui, le radin absolu !... On peut lui faire confiance, Eloi le Roublard trouvera bien une astuce pour se faire rembourser.
Ça n’inquiète pas les gazettes, l’état de santé de celui qui doit « sauver » la Belgique des méchantes griffes du très aminci Bart De Wever ? Et s’il ne tenait pas la forme, le bougre, qu’il nous ferait le coup de Pompidou ? Onze millions de personnes ne se conduisent pas comme un troupeau de bestiaux !
L’année dernière, c’étaient les acouphènes et la surdité de son éminence. Le voilà à Chicago avec des problèmes de dos ! Il n’y a pas six mois, Elio plongeait dans la piscine de Mons, devant un public admiratif de son corps d’éphèbe !
A quand la prostate ?
Question : un ministre a-t-il droit aux indemnités de la mutuelle ?

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Depuis qu’il a amputé son traitement de 0,9 %, on dirait que ça ne va plus ! Cette perte aurait-elle occasionné un traumatisme qui l’aurait transformé en un écorché vif ?
En réalité, un autre bruit persistant ferait état de l’inimitié entre Elio et Didjé. Il est vrai que Reynders ne s’entend avec personne. C’est un rancunier à l’ambition contrariée – il n’est plus président du MR, ni ministre des finances. Quand deux egos de cette importance se rencontrent, c’est couru d’avance, ils vont à l’affrontement.
L’image répandue dans le public et à l’usage des gogos, d’un Elio Di Rupo, avenant, prévenant, allant au devant des gens, est à moitié fausse. Le premier ministre peut être charmant dans des inaugurations, à la Gay-Pride, à la City-Parade, dans des soirées « jeunes » où il serre des mains, rit volontiers ; mais dans des réunions politiques, il n’est pas à prendre avec des pincettes, jaloux de son autorité, tatillon sur sa prééminence, l’emplacement de son siège, furieux contre ceux qui le coupent quand il parle, bref un sacré personnage. Ses proches doivent en savoir quelque chose !
Le sommet de Chicago étale au grand jour la difficulté de ce gouvernement de parler d’une seule voix. On a cru à tort que libéraux de gauche et libéraux de droite étaient faits pour s’entendre !
Reynders, aux finances, c’était Stieglitz en personne. Aux affaires étrangères, c’est Talleyrand et Metternich. Quand un type au melon peu commun tombe sur un autre, ce n’est pas un champ de melons, c’est un champ de ruines !
Cela devrait réveiller le monde journalistique ! Evidemment, si comme au Soir tout le monde se lève à 11 h 02… personne ne voit pas que ce pays est dirigé par un rhumatisant et un atrabilaire !
Ainsi donc à Chicago, son éminence poursuit un cavalier seul. Il préfère séjourner dans un hôtel situé à 3 km de celui de la délégation belge. Là encore, Monsieur de Mons dépense. Un prix de groupe, quand on sait y faire, est bien meilleur, qu’une pension seule. Tous les tour-operators vous le diront.
Il est vrai que la Belgique n’en a plus pour longtemps. Ce ne sera pas la crise qui va mettre le pays par terre, ça viendra après, au dessert. Les élections prochaines feront la NV-A et le Vlaams Belang majoritaires… alors, la belgitude de ces beaux messieurs de Bois-Doré...
Elio Di Rupo à Chicago, pourrait assurer ses arrières dans la coulisse, pour un éventuel asile politique aux USA.
En tous cas, que nos militaires en Afghanistan ne comptent pas trop sur une visite du premier ministre. Les véhicules blindés ne sont pas équipés de chaise longue !

19 mai 2012

Loulou exagère !

Quand il est question de la diminution du salaire de ministre, même à l’étranger, Louis Michel voit rouge, solidarité professionnelle oblige. L’admirateur d’Alexis de Tocqueville ne rigole plus lorsqu’il s’agit de pognon. On se respecte entre canailles : cet homme là volerait même au secours d’Elio Di Rupo !
Et puis il songe à ses enfants tous amenés à goûter les délices de la gamelle nourricière des ministères, la plus prestigieuse de Belgique, après celle du roi.
Cela me fait penser à la chanson interprétée par Serge Reggiani « Les loups sont entrés dans Paris », ceux-ci viennent de moins loin, de Jodoigne !
C’est ainsi que ce ponte du libéralisme ne croit pas aux propos d’Ayrault, premier ministre français, concernant la baisse de 30 % du salaire des ministres français.
Autrement dit, Michel ne croit pas aux mathématiques ! Il doute que 30 % de 1000 € ramènent le pactole à 700 €, donc une diminution de 300 €. Avant de cirer les pompes de Jean Gol, il était pourtant bel et bien enseignant, du secondaire, il est vrai, mais tout de même, c’est ce qu’on enseigne à un enfant de 10 ans !
Voyons plutôt la manœuvre, cette contestation n’a évidemment qu’un seul but, celui de jeter le trouble dans l’esprit des lecteurs des journaux belges les plus lus.
C’est sur les ondes de Bel RTL ce matin que l’éminent a lâché qu’il s’agissait d’un coup politique. C’est bien dans le genre d’esbroufe qu’il préfère : noyer une nouvelle désagréable pour son ubuesque personne, dans une contre-vérité, afin de brouiller les pistes.
La suite est édifiante et dit tout du personnage. Pour lui les salaires des ministres ne sont pas trop élevés et de surenchérir « Quand je vois ce que représentent le travail et la responsabilité d'un ministre, cela ne me choque pas du tout ». Merci papa.

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Bien sûr, pour Michel et les autres, la chanson d’Alain Baschung « ma petite entreprise connaît pas la crise », ils se la chantent en se rasant le matin dans leur salle de bain.
Comment se fait-il que des radios périphériques, des journaux et des intervieweurs à la télévision accueillent encore des mirliflores de cette espèce, même si ce sont d’anciens gros gabarits ! Mais ils nous cassent les burnes depuis plus d’un quart de siècle, ce type avec son gros bon sens dicté par la Société Générale ! Alors que ces journalistes qui font de la pub de ces personnages ont, en aparté, une toute autre idée de ce qu’on voit et entend aujourd’hui dans les médias !
Les patrons de presse, les directeurs de chaîne, les planqués de l’audio-visuel, les grands administrateurs sont cul et chemise dans le libéralisme outrecuidant, mais ça n’explique pas tout des basses complaisances qu’on lit tous les jours dans Le Soir, La Dernière Heure et la Libre Belgique.
Pourtant, on aurait dû couper le flux de paroles de Louis de Jodoigne, au moins pour rétablir la vérité : « Cette baisse de 30 % fera l'objet d'un projet de loi, a annoncé la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem. Cette loi, qui ne pourra être adoptée qu'après l'élection de l'Assemblée nationale en juin, « sera rétroactive, c'est-à-dire qu'elle prendra effet dès le 15 mai », date de la prise de fonctions de François Hollande à l'Elysée. »
On ne peut pas être plus clair.
Où est la démagogie pour faire plaisir au peuple là-dedans ? Il s’agit d’une estimation des responsables français d’une situation telle qu’il faut bien définir comme catastrophique.
Le gouvernement français n’est pas le seul à avoir décidé de réduire le train de vie de ses membres. Des décisions de ce genre ont été prises un peu partout en Europe. Dès 2009, les ministres irlandais réduisent leur salaire de 15 %. Leurs homologues espagnols les imitent un an plus tard. Plus radical encore, Mario Monti qui, une fois désigné Président du Conseil italien, a décidé de renoncer à tout salaire. L’argument avancé est chaque fois le même : les hommes politiques doivent montrer l’exemple à des citoyens souvent durement frappés par les mesures d’austérité.
La fameuse diminution des ministres belges les place bons derniers des efforts consentis par les pays européens. Le salaire du Premier ministre et de ses vice-Premiers belges sera en fait inférieur d’à peine 0,9 % par rapport au traitement en vigueur sous l’ère Leterme.
Gros Loulou me fait penser à Dehaene. Physiquement, ils se ressemblent et moralement beaucoup plus encore.
Il a peut-être les adjas pour avoir placé ses thunes dans des banques grecques ?
Ils ont de la chance de baigner dans un système qui les conforte dans leur graisse, au point qu’ils ignorent le poids d’un travail à mille euros le mois, bien plus contraignant que tout ce que ces parasites n’ont jamais imaginé.
Il y a vraiment des pieds au cul qui se perdent !

18 mai 2012

François II, monarque socio-démocrate.

Après une semaine presque entièrement consacrée au sacre de François II, il y a de quoi se demander si l’élection présidentielle va vraiment changer la vie des Français, parce que c’est un socialiste qui l’emporte, et les Européens, parce que la nouvelle direction entend renégocier avec l’Allemagne une politique qui donnerait un peu de croissance.
On sait comme l’électeur est friand de mots et de promesses.
François II a fait ce qu’il a pu pour se démarquer de la politique de Sarkozy, mais sans pour autant déraper dans le sens d’une République qui se serait émancipée des devoirs et obligations de la précédente législature.
Les socialistes ont bien du mal à rompre avec les principes de la social-démocratie, pour la raison bien simple, qu’ils ne le veulent pas vraiment. Cela donne un exercice d’équilibriste avec deux poids aux extrémités du balancier, Mélenchon et Bayrou.
Les mesures spectaculaires de changement, comme la réduction des salaires des ministres et du président de 30 %, le rétablissement de la pension à 60 ans, le recrutement de 60.000 enseignants sur le quinquennat vont vers plus de justice sociale et une reconnaissance du travail fourni par les personnels de l’éducation ; les syndicats sont dubitatifs quant au relèvement du Smig.
Voilà un gouvernement qui paraît être « meilleur » que le précédent. Cependant, il est trop tôt pour juger d'une action qui se situe entièrement au cœur du dispositif capitaliste. En obtenant davantage que sous Sarkozy, Hollande bénéficie d’un préjugé favorable des gens, mais des patrons ?
Quels vont être les rapports du nouveau pouvoir avec les parties sociales lors d’un conflit entre patrons et syndicats, quand il faudra trancher ? François Hollande a laissé la part belle des appuis aux travailleurs en lutte à Jean-Luc Mélanchon, pendant toute la campagne.
La France est impliquée dans différents programmes et conflits extérieurs. Le président a déjà dit qu’il sortirait plus tôt que prévu de la guerre en Afghanistan, avec d’autres contentieux aux USA, c’est bien de s’émanciper des pactes et des traités signés par Chirac et Sarkozy, lorsqu’ils ne conviennent pas aux convictions politiques du moment ; Hollande va-t-il les honorer au nom de la continuité du pouvoir ? les renégocier ? en faire des chiffons de papier ?
Ces interrogations sont aussi valables pour l’Europe. Laurent Fabius avait voté « non » au traité européen et le voilà ministre des affaires étrangères.

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Personne ne conteste à gauche la bonne volonté de J-M Ayrault. On sent bien que beaucoup de tout ce qui a été promis lors de la campagne électorale, devront être négociés avec le patronat, les banques, les puissances étrangères européennes et d’autres continents.
On a dit qu’il n’y aurait pas d’état de grâce et que François II et son gouvernement seront tout de suite en première ligne, à découvert et sujets à la critique.
Si bien qu’il peut paraître prématuré d’affirmer que très vite le possible et l’impossible amèneront le public à déchanter très rapidement, lorsqu’il verra les limites du premier réduit à patienter sous le mur du second. L’essentiel pour le PS serait de conserver l’électeur, chaud et satisfait, jusqu’aux législatives du mois de juin prochain.
Les événements peuvent s’accélérer et rien n’est moins sûr qu’il y parvienne.
Et puis, derrière tout cela, il y a le PS, tel qu’en lui-même. On ne change pas si vite les pratiques, les ambitions, les guerres internes. On peut faire confiance à Martine Aubry qui voulait le poste de premier ministre ou rien. Elle n’aura rien. Où il y a un flou, il y a un loup. Le dicton de sa grand’mère risque de se retourner contre elle.
Pour les Belges qui ont suivi les élections présidentielles françaises avec le vif intérêt que suscite pour beaucoup tout ce qui est français, les 30 % décidés par François II en moins sur la paie de ses ministres et sur la sienne est une nouvelle qui devrait faire l’effet d’un soufflet à la face d’Elio Di Rupo, qui nous a tenu la dragée haute pour les 5 % réduits à 2,5 % de salaire en moins de ses ministres.
Un petit rectificatif, compte-tenu des circonstances, serait le bienvenu. Radin et cupide comme il est, on fait le pari que Roublardo ignorera le geste de Hollande.
Au moins, on est sûr que le pognon le motive encore.

17 mai 2012

Tous morts de rire !

La corporation des humoristes s’apprête à en baver avec la disparition de leur épouvantail favori. Ils attendent avec impatience les premières bourdes de François Hollande. En espérant le grand jour, ils sont presque au chômage !
Pour quelqu’un qui ne voyait pas l’Europe après les Dardanelles, Nicolas Sarkozy était une tête de turc qui faisait tourner l’épicerie du rire. Le mouvement était ascendant, puisque la détestation du président n’a cessé jusqu’au bout de grandir. Un Giscard et un Chirac, à l’apogée de l’impopularité, n’ont jamais été les fournisseurs attitrés de la cour des miracles du rire ! Seul Giscard a fait illusion à deux reprises, avec les diamants de Bokassa et son fameux « Au revoir », lorsqu’il laissa la place à Mitterrand. Mais à jets continus pendant le quinquennat, et même avant, quand il était le ministre du karcher, jamais personne n’avait réussi l’exploit de Sarko ! C’est un tour de force inégalé. Dès le Fouquet’s, ça ne s’est jamais arrêté.
La source profonde du rire avec Sarko vient de loin. Elle vient du soutien de Nicolas à Edouard Balladur. Pour revenir en grâce auprès d’un Chirac furieux, il fit la joie des humoristes. Ce fut le premier triomphe de l’artiste aux Marionnettes de l’info !
Nicolas faisait vendre les gazettes spécialisées de la grosse rigolade, à croire qu’il touchait des commissions sur les retirages.
Voilà tantôt dix ans que Guillon, Lecoq, Gera et compagnie font rôtir leurs frichtis, rien que sur la petite taille du président ! Et faire du pognon sur le dos de Sarko, sans que celui-ci perçoive des royalties… faut le faire !
Comme le remplaçant n’est guère plus grand, ils attendent sans doute que François H. ait racheté le stock de talonnettes de Sarko. Comme ils sont prudents, ils espèrent que le vent de l’opinion tourne un peu, pour ressortir les plaisanteries qui ont déjà servi.
Nicolas Sarkozy leur a laissé le stock du fonds de commerce. C’est comme les actions à terme, il faudra attendre septembre ou octobre pour toucher les dividendes, quand les juges d’instruction de Bordeaux et de Paris mettront en examen l’ancien président sur les affaires du quinquennat : les sous-marins, le financement de la campagne 2007, Kadhafi, etc. L’immunité prendra fin début juillet…

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En attendant, c’est la débrouille. Ils ont essoré à fond le caleçon de Dominique Strauss-Kahn, sa mousmé n’a pas rejoint les ligues féministes. La mâtine a compris, comme Hilary Clinton, que faire chambre à part et ignorer la braguette maritale qui sent le soufre, sont les coupe-faim les plus radicaux de la spéculation journalistique.
Mais que les rois du rire se rassurent. Ils ne sont pas les seuls à s’angoisser sur l’avenir. La presse « sérieuse » de gauche se pose les mêmes questions. Edwy Plenel de Mediapart et les chroniqueurs de Marianne vont être dans l’obligation de revoir leur politique éditoriale.
Même les premières dames de l’Elysée changent. Valérie Trierweiler sera sans doute moins glamour que sa consœur, mais aussi plus professionnelle, puisque journaliste à Match, elle connaît la musique.
Il reste encore un espoir pour Canteloup, Guillon, Nicolas Bedos et les autres : que Carlita se barre du nouveau domicile de son ex-président de mari ! Elle pourrait reprendre sa vie d’artiste, rejoindre Cécilia à New-York, fumer des joints, chanter faux, bref, la copie serait assurée pour quelques numéros. Les guignons de la chair aidant, des scoops seraient envisageables.
Les histoires de cul qui finissent mal sont porteuses… Les ventes ont augmenté avec le Sofitel.
Je parie que ces messieurs dames de la plaisanterie française ne résisteront pas longtemps au calme plat et au vide d’une actualité en savates.
Le stress du pouvoir fabrique des monstres. Vivement que Hollande se prenne les pieds dans le tapis, que sa fausse humilité fasse penser à celle de Di Rupo. Il n’en prend pas le chemin. Il fait diminuer les salaires des ministres de 30 %, c’est autre chose que les 2 % 5 de notre premier ministre !
Les journaux de gauche ont eu leur Sarko, le Figaro attend son heure pour se venger en ciblant Hollande. Les rôles sont inversés, c’est le journal de Dassault qui aura la belle vie.
Les marchés broient du noir. Le comique militant doit retrouver les chemins de la légèreté, pour tromper l’angoisse qui monte.
On n’attend qu’une occasion : le premier clash entre la gauche gestionnaire du capital en piste, et celle de la gauche des syndicats et de Mélenchon qui ronge son frein, pour couvrir de vannes les journaux tristounets.

16 mai 2012

Le temps des escrocs.

Contrairement aux idées reçues, posséder une intelligence exceptionnelle n'est pas une garantie de bonheur et de réussite personnelle, ni d’excellence dans l’exercice du pouvoir, surtout quand on fait partie du gouvernement belge !
Vu la situation de ce pays, c’est inutile de prouver ce qui précède quant à l’exercice du pouvoir. Un bref état des lieux est amplement suffisant. La réussite personnelle, c’est autre chose. On peut très mal faire son travail et s’en foutre complètement. Vu sous cet angle, la réussite personnelle de nos ministres, est d’abord le résultat d’un état d’esprit.
On sait comme les « plus vives intelligences du pays » sont concentrées dans ce quarteron de décideurs qui font la pluie et le beau temps… si l’on met les décisions des banques à part.
Est-ce une mode ? Mais la quasi-totalité des recrutés du savoir gouverner, le sont dans une catégorie particulière. Celles et ceux qui ont fait le droit ont plus de chances que d’autres, à égalité de diplôme, de faire une carrière de ministre ou de député.
Enfin, entendons-nous, les « plus vives intelligences » - mais qui conduisent néanmoins le pays à la ruine - viennent d’un vivier certes. Ils en sortent avec un sésame : le statut !
Voilà belle lurette qu’aucun corps de métier non-universitaire n’est représenté au parlement. Plus des neuf dixièmes des citoyens de ce pays sont donc absents de tout pouvoir de décision. En gros, les professions libérales se sont ruées sur un gagne-pain intéressant avec plus de sens des affaires que de civisme, usant et abusant d’un privilège qui n’est pas – et loin s’en faut – un brevet d’intelligence, vu les résultats.
On peut situer à la fin de la carrière d’André Cools (qui n’était pas universitaire) le relatif mélange des professions libérales et non libérales dans la direction du parti socialiste, sans regarder du côté des autres partis où l’affaire était entendue depuis un siècle. Bien entendu, il s’agit ici de partis d’organisations du pouvoir, les minorités exclues offrent une toute autre échelle des valeurs des hommes qui les composent.
Serait-ce qu’en-dessous d’un certain cursus, le reste de la population soit frappée d’imbécillité ? Je crois plutôt que des barrières ont été volontairement dressées des milieux à statuts qui cloisonnent la démocratie par voie de recrutement, du coup, celle-ci n’en est plus une !
Gare à l’effet grec : une population furieuse de n’être pas comprise.
Chez nous ce serait plutôt l’effet NV-A ! Chose curieuse, la NV-A ne déroge pas aux privilèges accordés aux professions libérales, à la gens avocatière et aux cursus universitaires des habitués. Ce qui fait le succès de ce parti, c’est qu’il est parvenu à contester les autres tout en gardant le statut des personnels de pouvoir ayant le même profil.
En un mot, ce parti est dans les mains de faux apostats du système. Ils nient ce qu’ils sont et ils parviennent à tromper leurs électeurs en promettant un grand chambardement.
Comment nos surdoués, surmontent-ils le « handicap » du décalage avec les gens?

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On les voit affirmer leur différence par tout ce qu’ils ne sont pas : le sacrifice de leur vie privée au service de la nation, les affres de la responsabilité, l’amour de la patrie et celle du genre humain ; tandis qu’ils taisent leur intérêt particulier, la saveur du pouvoir, les allées et venues en Belgique et à l’étranger, dans une sorte de tourisme qu’ils appellent travailler, sans rougir au seul énoncé de ce mot, quand on compare ce qu’ils font et l’esclavage d’un travail à la chaîne, enfin l’accroissement de leur patrimoine sur le dos des plus pauvres, facteur des plus honteux et qu’ils nient farouchement. Nos « élites » sont formidablement culottées.
Leur "surdouance", désignant une intelligence hors norme, une curiosité insatiable, un mode de raisonnement arborescent, une hyperactivité, une hypersensibilité, voire une extra lucidité, tout ce dont ils se flattent implicitement, n’ont pas conduit le pays à des réussites extraordinaires ; au contraire, elle s’est soldée par à un marasme comme on n’en avait jamais vu. Excepté leur réussite exceptionnelle, c’est le grand fiasco général. C’est comme si un PDG ayant conduit son entreprise à la faillite, s’en félicitait sur la voie publique, puis s’en retournait vivre de ses rentes, résultats de nos bienfaits, le reste de ses jours, dans un environnement de choix.
Si c’est l’usage dans le privé, ce ne l’est pas toujours dans le public. Il arrive un moment où il faut rendre des comptes.
Ce moment serait-il prochain ?
La Grèce nous donne envie de dire que voilà l’exemple qui pend aux nez des « esprits supérieurs ». Le peuple grec en a assez de leur jactance, de leur grossière inutilité. Alors, le scrutin universel machine bien huilée pour leurs contrats indéterminés, grippe et se bloque. Les voilà autour du président de la République en train de se crêper le chignon, comme les gens « de peu » qu’ils méprisent tant, et de rabâcher à l’infini sur des sacrifices « indispensables » dont ils se dispensent et avec eux les gros poissons de l’économie.
La Grèce est en bout de course. Ces grandes intelligences décidément plus bornées qu’un gardien de chèvres illettré sont en instance d’être remplacés par un Robespierre ou un Hitler !
C’est que ces grandes âmes, ces intelligences supérieures, ces surdoués des plus grandes Alma Mater se foutent des Grecs dans les grandes largeurs.
Qu’ils en paient les conséquences en Grèce, c’est d’actualité. Qu’ils en paieront demain le prix pour les mêmes conséquences en Belgique, c’est une évidence.

15 mai 2012

Baisser de rideau sans rappel !

C’est égal, du départ à l’arrivée de Sarkozy, les Français en ont dégusté des vertes tout au long d’un quinquennat plein de promesses pour n’avoir à l’arrivée que les rebondissements des événements qui ont fait que les gens n’ont rien vu de ce qu’ils attendaient, par contre, ils ont été servi par ce qu’ils n’attendaient pas.
Pour le pouvoir d’achat, tout le monde n’a pas su, comme le président, se faire des amis riches. Fillon, il est vrai, avait prévenu dès le départ : les caisses sont vides. Elles le sont toujours. Mieux, les Français (comme les Belges) ont ouvert de nouvelles caisses dans lesquelles puiser, mais c’étaient des caisses de crédit !
Il avait promis Venise en amoureux, il n’y a que lui qui y est parti en tête de gondole, sur le yacht de Bolloré. Il est vrai que c’était pour se réconcilier avec Cécilia. La première dame de France n’était en réalité pas la dernière. La suivante aura mieux tenu le coup. Son règne aura duré quatre ans. Ce n’est pas d’elle qu’il divorce, enfin pas encore, mais des Français dont il se sépare à leurs torts, puisqu’ils sont condamnés à verser une pension à qui devient retraité de la présidence.
La seule victoire de Sarkozy tient dans le nombre de fumeurs qui a diminué… à cause de la vie chère et du prix des cigarettes, comme quoi tout n’est pas sombre dans le bilan.
C’est rare de voir un président battu pour ce qu’il est, plus que pour ce qu’il a fait !
Il a eu beau dire partout qu’il avait changé, on ne l’a pas cru. Pourtant, en 2012, il a cinq ans de plus qu’en 2007.
Déjà en 2004, Sarko, alors ministre des finances dans le gouvernement Raffarin, arrive à Bercy avec en priorité la réduction des déficits. On voit, la chose ne date pas d’hier. Et qu’y fait-il ? Il donne des instructions pour que toutes les demandes de Cécilia qui s’y installe avec lui soient honorées. Depuis, les frais continuent dont le dernier gros porteur Airbus équipé de toutes les commodités d’un appartement à Neuilly.
En feuilletant la presse depuis De Gaulle, on s’aperçoit que les affaires se suivent et se ressemblent. Un affairiste sous Chirac se confond avec un affairiste sous Sarko. Pourtant leurs intérêts ne sont pas liés, de Foccart, le secrétaire d’Etat pour les affaires africaines du grand Charles, jusqu’à Woerth, ministre du travail de Sarkozy, le seul point commun est le fric qu’on se met de côté pour mille et une raisons, même les plus « nobles », au détriment du peuple français.
Nous n’avons pas à donner de leçons sur la question, en Belgique l’affaire Dexia, si elle n’exhale pas ses pestilences par la tuyauterie du même égout, n’en dégage pas moins la même odeur.

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Bref, au moment des adieux, si tout le monde s’embrasse en haut lieu et feint de s’aimer, tout en bas, au ras des trottoirs, on est bien content que l’équipe de Sarko disparaisse. Hélas ! ce sera de courte durée, juste le temps de rebondir pour les législatives qui sont pour bientôt. D’ici là les électeurs auront peut-être tout oublié de l’UMP sarkozyste. Il est vrai que près de la moitié des votants ont voté Sarko. L’admiration inconditionnelle, ça tient en vie, du retraité de Nice aux « gentils » patrons de Laurence Parisot.
Quant à prédire que la rose pompon dégagera une fragrance plus élégante que le lys des adieux du narcissique, bien malin qui saurait le dire.
De Belgique, l’expérience que l’on a du socialisme ambiant devrait inciter les Français à se méfier de l’équipe qui va prendre les places que les autres abandonnent.
Si c’était Elio Di Rupo à la place de Hollande, je dirais à nos voisins « au feu ! » voilà le même immodeste que Nicolas, surtout dans ses exercices d’humilité et de dévouement pour l’humanité souffrante. Ne le croyez surtout pas ! C’est la dernière cartouche que le système belge met dans son fusil de chasse breveté Holland & Holland !
Quant à Sarko, il paraît qu’il va ouvrir un cabinet d’avocat, un de plus ! Mais avec ses relations, il n’y a pas de doute qu’il va se faire « beaucoup de pognons » comme il l’a confié un jour à des journalistes, le jour où il arrêtera la politique.
On le croit sur parole. Ce sera bien la première et la dernière fois !

14 mai 2012

Physique et éthologie.

Louis Michel à l’art du choc élastique. Tout Jodoigne en est témoin. Aux élections prochaines, il laisse le soin à l’équipe en place de poursuivre la grande mission libérale qui avait été la sienne et qu’il tient cependant garder à l’œil.
Jodoigne, capitale des Michel, fief de famille et terre d’adoption d’Alexis de Tocqueville (1), même si ce dernier n’y a jamais mis les pieds, est le théâtre d’une nouvelle ascension, celle du cadet Mathieu, avocat, évidemment, comme son aîné Charles, président du Chose.
En politique, un choc élastique est un choc entre deux corps qui produit un rebond entièrement régi par l'élasticité des zones d'impact. Cela signifie que les corps reprennent leur forme initiale, sans déformation permanente comme dans un écrasement, afin de permettre à l’un de passer au mobile supérieur et à l’autre de repartir en arrière afin de prendre de la vitesse pour percuter une deuxième fois le corps, le poussant à nouveau dans une sorte de balancier.
Cette mécanique déjà appliquée chez les Wathelet, les Tobback et les De Croo, s’est perfectionnée chez les Michel, par Louis, puisqu’il ne s’agit plus d’un effet de balançoire comme les trapézistes de cirque, mais d’une collision élastique à trois solides, c'est-à-dire sans dissipation de force. Le système composé des corps qui se heurtent conserve l’énergie cinétique, du fait de l'absence de dissipation.
Charles, l’arriviste arrivé, est au centre. A sa gauche et prenant de la vitesse pour le percuter, Louis, celui qui a le plus de poids dans la famille. A sa droite, Mathieu qui prend de la hauteur lorsque la bille 1, percute la bille 2, pour que la bille 3 s’élève.
Je ne vous dis pas le coefficient de restitution quand la bille 3 tombe dans le trou décisif. En physique cela s’appelle le choc dur, par opposition à un choc mou. Qu’est-ce qu’un choc mou ? C’est, par exemple, le choc de Didier Reynders pour Christine Defraigne, quand le premier est parti s’établir à Uccle et que la belle liégeoise, au charme espagnol, s’est demandé si elle monterait par la vitesse de libération ou descendrait par celle de la gravité de la situation.
On le voit bien que si la politique échappe aux lois civiles, elle n’échappe pas aux lois de la physique.

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A moins d’un retrait du plus célèbre des Michel de toute ambition personnelle, ce qui étonnerait tout qui a vu son parcours, nous allons être dotés pour quelques temps encore d’une triplette qui n’a pas fini de nous parasiter, comme ces vers à bois que l’on ne voit pas et qui sont si redoutables aux mobiliers anciens, qu’ils détruisent pour s’en nourrir, un peu comme l’Etat de nos jours, ronge les chômeurs de l’intérieur.
C’est même une question que je pose aux lecteurs éthologues « Comment le ver à bois se reproduit-il, puisqu’il est seul dans sa galerie ? ». Cette question est d’autant plus lancinante que la galerie du ver à bois est juste assez grande pour qu’il puisse s’y faufiler.
Cette question à son importance sur le plan politique. Puisque le premier Michel s’est reproduit et si les reproduits se reproduisent à leur tour, dans quelques générations, il n’y aura plus que des Michel au MR !
Que feront alors les descendants du Tineola bisselliella, connu sous le nom de la mite des vêtements, ce petit papillon migrateur liégeois parti pour Uccle, afin d’essaimer et ronger les burnous de la population de Molenbeek ?
On devrait penser à faire un cours politique dans nos écoles qui engloberait la physique et la zoologie. Peut-être qu’un citoyen avisé sorti d’un pareil enseignement mettrait au point un insecticide capable de remettre la démocratie sur de bons rails ?
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1. N’en déplaisent aux ignares du MR, Tocqueville avait mis le doigt sur les dangers de l’assimilation que l’on serait tenté de faire en démocratie, entre liberté et libéralisme. Et il pensait qu’à terme, cette erreur entraînerait la dissolution progressive de la notion d’intérêt général. Il avait vu que le citoyen, pour mieux s’individualiser, pratiquerait la surenchère de la valorisation identitaire et sécessionniste. Ce qu’Edgar Morin a traduit pas l’individuation n’est pas l’individualisme. Au vu des petits monstres d’égoïsme qui forment le dernier maillon de la société de consommation, ce n’était pas mal raisonné.

13 mai 2012

Les traders ont un nouveau champion !

L’étonnant dans la dérive financière, c’est de voir l’Europe politique se comporter en fonction des soubresauts de la Bourse, comme si celle-ci était un double de Barroso, et les Agences de notation, un premier ministre bis de chaque Etat membre !
L’histoire récente de la Grèce et des pays à sa suite dans sa descente aux enfers, nous montre l’Europe quasiment à l’agonie, déléguer Van Rompuy pour supplier les Grecs d’accepter le nouveau plan de rigueur.
Comme les Etats-Unis sont dans l’attente de ce que décideront les financiers pour les mêmes raisons que nous, ils sont tout heureux que l’actualité braque ses projecteurs sur la seule Europe, ainsi ils pensent échapper au jugement des Agences et à la méfiance des Bourses.
Pourtant ça déménage pas mal aux Etats-Unis et la tuile qui nous est tombée sur la tête en 2008 « made in USA » pourrait avoir une sœur à l'identique. La semaine qui s’ouvre devrait nous faire savoir si 2012 sera de la même cuvée. En attendant, tout le monde est d’accord que les banques deviennent de plus en plus insupportables, sans oser le leur dire.
La banque JP Morgan Chase, la première banque américaine en termes d'actifs, annonçait après la clôture de Wall Street, une perte de courtage de deux milliards de dollars (peut-être trois). Cette perte serait due à un trader français (encore un !), Bruno Iksil, surnommé « la baleine de la City » ou encore "Voldemort", nom du magicien ennemi de Harry Potter. De quoi rendre jaloux Jérôme Kerviel, le trader qui mit presque en faillite la Société Générale, par des achats massifs et inconsidérés de produits toxiques.
A l’ouverture de la bourse de NY, JP Morgan perdait 9,03 % à 37,06 dollars. A 16 h 30, l'action ne s'était toujours pas reprise, cédant encore plus de 8%. Conclusion intermédiaire – ce n’est pas fini - JP Morgan vaut aujourd'hui 14 milliards de dollars de moins qu'hier !
C’est la plus lourde perte de courtage aux Etats-Unis depuis la crise des subprimes de 2008.
Qu’avons-nous à voir dans le micmac me direz-vous ? Mais tout, puisqu’il existe l’effet domino qui a très nettement accéléré les culbutes en 2008.
Sauf que, si à grand peine on éponge toujours les effets casino de la perte de 2008-2009 à grands renforts d’aides des Etats, une deuxième crise de cette ampleur en 2012 n’est plus possible. Les Etats sont exsangues. La récession a fait des ravages. La croissance forte qui pourrait sauver les industries est exclue. On assisterait donc à une cascade de faillites des banques et des millions d’actionnaires, comme des millions de pensionnés rentiers, seraient sur la paille, entraînant des fermetures d’entreprises en masse.
Mieux que Kerviel, Voldemort serait l’Armageddon des temps modernes. C’est lui qui serait sur le point de creuser le tombeau du capitalisme mondialisé, dans lequel disparaîtraient quasi totalement le système économique et l’idée libérale que l’on s’en fait.
Le patron de JP Morgan, Jamie Dimon, a commenté la catastrophe en énonçant des erreurs et un manque de rigueur, concluant par une autocritique rarement entendue "Nous avons été stupides".

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Depuis quelques temps les électeurs pensent que les banquiers ne sont pas stupides tout seuls, quand on sait comment les Etats leur donnent quitus de tout ce qu’ils entreprennent, que le public les suit et, même s’il traîne les pieds, il s’en va quand même déposer des fonds chez des gens déclarés stupides !
« C'est le troisième "frenchie", après Fabrice Tourre et Jérôme Kerviel, à se faire connaître de la finance mondiale pour avoir fait perdre des milliards à son employeur (Huffington Post). »
L’affaire de JP Morgan tombe au plus mal pour les USA. Obama comptait sur un redressement du dernier trimestre pour être réélu facilement, et faire croire que l’incendie de la dette n’est pas éteint, mais est circonscrit et contenu.
L’effet domino se fait déjà sentir et pourtant la perte est toute fraîche. De grosses banques américaines enregistraient de fortes chutes : Bank of America (-2,21% à 7,53 dollars), Goldman Sachs (-3,89% à 102,19 dollars), Morgan Stanley (-4,55% à 14,89 dollars) ou Citigroup (-3,62% à 29,54 dollars).
Une bonne chose pourtant : les stocks de brut sont à leur plus haut niveau depuis 22 ans aux Etats-Unis. Le baril à la baisse devrait faire diminuer le prix des carburants à la pompe, à moins qu’un intermédiaire ne rafle la mise, comme cela s’est déjà vu.
L’inquiétude pour l’Europe reste évidemment la Grèce. C’est clair que le marché américain compte sur les péripéties de l’euro et la quasi faillite de la Grèce et peut-être de l’Espagne, pour faire oublier que le dollar est la monnaie la plus endettée au monde.
Peut-être va-t-on revoter en Grèce, suivant une technique d’une démocratie qui fait voter autant de fois qu’il faut pour obtenir une majorité qui correspond à ce que veulent les Autorités.
Je souhaite à François Hollande bien du plaisir pour son entrée au club de l’Europe ultra capitaliste.

12 mai 2012

Poppée et… Desiderius !

Je me suis toujours défendu d’attaquer les personnes sur leur physique, dont la politique ne me plaît pas ! S’il m’est arrivé de déraper, c’était par inadvertance. Dans la perspective de faire « un bon mot », je confondais sans doute « bon mot » avec « mot facile ». Souvent qui s’en prend au physique d’un adversaire reçoit tôt ou tard la monnaie de sa pièce, par une sorte de boomerang qui met en évidence un manque d’arguments sérieux.
Avec François Hollande qui sera bientôt le président effectif, on voit bien comment ceux qui ont daubé sur la petite taille de Nicolas Sarkozy vont devoir faire des pirouettes et jouer les aveugles, pour ne pas faire le constat que Hollande est à deux centimètres près, de la même taille que son adversaire malheureux !
Toute cette intro pour en arriver au « mot d’esprit » de Didier Reynders, interpellé par le socialiste Philippe Moureaux, sur son voyage en Afghanistan « J’aurais mieux fait d’aller à Molenbeek, c’est plus près mais c’est aussi l’étranger ».
Je n’aime pas la politique de Reynders. C’est un libéral pur sucre qui a fait la belle aisance des siens sur les rentes d’une vie politique nourrie par ceux qu’ils méprisent le plus : les gens du peuple. Mais quand il profère à demi-mots et en montant à la tribune ce que j’ai mis entre guillemets ci-dessus, il est toujours sous le coup des propos à l’emporte-pièce et guère aimables de Moureaux.
Et puis, c’est très drôle, cet esprit de l’escalier.
Et si c’est un mot de « vengeance » par rapport à Philippe Moureaux, il y a lieu d’en atténuer la portée. Mais, il ne faut pas en mésestimer la pertinence sous l’impertinence. Tout qui a mis les pieds un jour à Molenbeek, sans racisme ni parti pris, peut faire la même observation.
Certes, le mot « étranger » dans la réplique de Reynders me choque, comme il a choqué les journalistes. A Molenbeek, il n’est pas de mise. La plupart des gens que l’on croise sur les marchés, sur les trottoirs, dans les « Maisons de Commune » de cette partie du Grand Bruxelles, sont évidemment des Belges à part entière.
Philippe Moureaux a fait beaucoup pour qu’il en soit ainsi. Que la population d’origine maghrébine lui en soit reconnaissante, il va de soi que c’est tout à fait naturel. Qu’il s’y sente bien intégré à son tour pour des raisons familiales, ne lui donne cependant pas le jugement impartial, dès que cette population est mise en cause.
Ce qui interpelle Reynders et qui nous interpelle tous, c’est que les Belges que l’on y rencontre ne sont pas, pour la plupart, intégrés à la Belgique, à l’Europe, à l’Occident. Qu’ils veuillent garder la spécificité de leur racine, c’est on ne peut plus légitime, mais que la plupart d’entre eux persistent à refuser la manière de vivre et les principes de laïcité du pays d’accueil, est inqualifiable et proprement inacceptable.
Ne pas voir cela ou dire que ce sont des propos racistes, est aussi grave que celui qui, au nom de la tolérance, est en passe de vider de son contenu la nature de la laïcité qui fait la cohésion du peuple, au profit des mœurs et d’une religion qui empiètent sur la liberté des croyants, avant d’empiéter sur les libertés de tout le monde.
Je remarque d’autre part, que ceux qui se sont gendarmés le plus sur le trait d’esprit de Reynders sont ceux qui sont en partie ou tout à fait liés à ses Belges non-intégrables ou difficilement intégrables.

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En tête de gondole ou plutôt derrière son moucharabieh, Laurette Onkelinx, évidemment.
Si la pom-pom girl d’Elio est écœurée, par les propos repris ci-dessus, je le suis aussi par les siens. Il y a différentes manières de rabaisser le débat politique, la sienne a trait justement à ses convictions proclamées poing levé et qui, sitôt le meeting achevé, sans même attendre que la rose écarlate ait fini sa vie de fleur coupée dans la décharge publique, gère ses dossiers en femme d’affaire essentiellement libérale et contredise par sa conduite officielle toute sa carrière de passionaria socialiste.
Qu’est-ce Laurette Onkelinx sinon une gestionnaire socialiste qui au lieu de mettre de l’eau dans son vin, met du vin dans son eau, ce qui n’est pas la même chose.
S’est-elle au moins demandé une seule fois, pourquoi dans un gouvernement de coalition, c’est toujours la gauche qui finit par faire la politique de la droite et non l’inverse ?
Que ne dit-elle autant de mal de sa collègue flamande du SP qui met en marche les mesures contre les chômeurs, qu’elle n’en dit de Reynders !
Voilà pourquoi elle m’écœure et c’est, tout de même, pour des raisons plus fortes que son écœurement pour quelqu’un dont je le répète, je n’ai nulle estime.
Néron fit exécuter un de ses invités parce que ce dernier n’avait pu s’empêcher de faire un bon mot à propos du « talent » de l’empereur, dans une de ses nombreuses œuvrettes.
Reynders a de la chance de ne pas être né il y a deux mille ans et que Laurette Onkelinx ne soit pas Poppée.

11 mai 2012

Début des grandes manœuvres.

Les grandes manœuvres, pour nous entuber à la grecque, commencent. A la différence des malfrats d’Athènes qui aux noms des erreurs qu’ils ont commises, en punissent les gens, nos détenteurs de la bonne parole vont nous baiser à la Di Rupo, progressivement et avec le sourire. Ils aspirent ainsi au même résultat, sans que les caves se rebiffent.
Elio avec son physique de danseur mondain devrait donner du rythme à sa danse des canards. La technique du boa constrictor par étouffement et enserrement progressif est au point. Elle a fait ses preuves tout au long de la carrière du plus célèbre d’entre les socialistes.
Jusqu’à présent, c’est bon signe pour la coalition. Il n’y a que les syndicats qui grognent un peu. Le public, préoccupé des vacances, est à cent lieues d’imaginer être dirigé par des pervers. Les réservations battent leur plein. Tout paraît calme. Les grandes manœuvres peuvent commencer.
Le signe qu’il va se passer quelque chose : on ne voit Di Rupo nulle part, sinon à l’étranger ou à l’inauguration d’un centre culturel. Le gouvernement a réussi à ne plus faire parler de lui.
Pourquoi irait-on inquiéter le public ?
Il sera bien temps de le faire quand ce sera utile. Et justement, l’occasion se présente !
Une politique tribale ou communautarisée, a été mise au point. Au lieu d’être clivée par classes sociales (ce qu’elle est réellement) la société post-consommation a réussi à nous faire croire aux clans : les classes moyennes contre les employés, les employés contre les ouvriers, les diplômés contre les non-diplômés, etc… voici les « productifs » contre les « non productifs », c’est-à-dire les chômeurs.
Bientôt, ce sera le tour de Bruxelles. Il faudra faire croire que les bilingues qui s’intègrent sont de meilleurs Belges que les autres qui votent FDF. Tout est prévu et tout est organisé pour plaire à la tribu qui s’est formée autour de la flamandisation à la manière de Bart De Wever, pour donner aux Flamands l’illusion qu’Elio les a fait maîtres chez eux, et ainsi dégraisser les troupes de la NV-A pour les prochaines élections.
Revenons au cliquet qui avance d’un cran et rétrécit la course de la roue du chômage.
Le but est de sabrer les dépenses sociales dans les catégories (1) victimes de la crise capitaliste. L’argument est l’idée perverse qu’en affamant les chômeurs ceux-ci seront obligés de sortir de leur trou, pour manger et donc obligés de travailler à n’importe quoi.
Les délicieuses créatures qui ont imaginé cela ne sont pas socialistes. La pom-pom girl d’Elio, Laurette Onkelinx a dit devant les micros tout le mal qu’elle pensait d’assécher le chômage en affamant les chômeurs… ce que les socialistes se feront malgré tout un devoir d’appliquer, par solidarité gouvernementale avec la droite.
Triste victoire de l’opulence sur la pauvreté, les allocations de chômage diminueront, par phases, en moyenne de 25 % à partir de novembre
C’est Monica De Coninck, ministre de l'Emploi et socialiste flamande qui se chargera d’appliquer cette honteuse machination de la coalition.
Les journaux s’appliquent à la diffusion de ce début des hostilités entre les pauvres et les riches.
« Ces mesures ne touchent en fait qu'un peu moins de la moitié des chômeurs, soit environ 130.000 des 300.000 personnes qui perçoivent une allocation. »
Ces stratèges de la basse besogne tablent ainsi sur 170.000 chômeurs hors du couperet et qui se désolidariseront des 130.000 autres !
Suit ensuite la liste des diminutions et retranchements divers. On n’est pas chez Dexia et les largesses libérales pour les banquiers. Ici tout se fait par centimes : les chefs de ménage verront une diminution de 12%, les isolés une baisse de 17,5%. Les cohabitants seront les plus touchés : leurs allocations diminueront de 41,5%, à 484 euros par mois. La diminution se fera par phases.
Quatre cent quatre-vingt quatre euros par mois, vous avez bien lu !
C’est à peu près les frais de voiture avec amortissement, d’un belge plus que moyen!

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Comment ceux qui se font dans les 20.000 € nets en magouillant dans les cercles de la politique et du gouvernement ne sont-ils pas gênés – surtout pour ce qu’ils font et qu’ils appellent un travail – d’oser proposer une allocation pareille ?
D’autant plus scandaleux que l’inflation et la cherté de la vie mettent toujours la Belgique dans le hit parade des pays qui à défaut de produire de la richesse, produisent de la pauvreté !
Par exemple, les niveaux des prix de l'électricité et du gaz sont parmi les plus élevés d’Europe.
C’est étonnant que nos pitbulls de la règle d’or sur le déficit n’aient pas encore songé à s’attaquer aux pensions, pourquoi ne pas mettre en compétition les pensionnés et les allocataires de pensions d’invalidité ?
Je parie que Di Rupo y a pensé !

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10 mai 2012

Dexia : association de malfaiteurs ?

Que les truands, qu’on appelle banquiers, truandent les clientèles « classe moyenne » pour leur piquer un max de pognons, c’est naturel, voilà des siècles que ça dure.
Avec quoi ça roule sur l’or dans les derniers étages, aux apparts de fonction de la haute volaille, mais avec les pépettes de nos gueules.
Depuis 2008, ils font mieux.
Ils arnaquent à tour de bras, ils s’en foutent puisque comme les traders ils sont payés au chiffre. Quand ils ne savent plus rattraper le cochonnet, c’est l’Etat qui se charge de tout, des factures, des statistiques, des dettes, etc… D’habitude, c’est le MR qui rattrape le coup : crise profonde, sauver les emplois, bref Reynders était imbattable dans le discours sauveur, quand il était aux Finances.
Ce qu’il se passe en ce moment, si ça vous arrivait, à vous, à moi, vous seriez obligés de raser les murs sous un faux nom. Vous assisteriez avec une fausse barbe à la mise à sac de votre appartement depuis le trottoir d’en face, votre bel étage retourné au peigne fin pour trouver des indices, des complices, des numéros de banque en Suisse.
Même Sabine Laruelle, si sensible aux charmes des petites entreprises, ne pourrait rien pour la vôtre.
Pardon, mais il n’est pas question de gens ordinaires, du tout ! Le gouvernement avait délégué l’homme « qui fait des miracles » Jean-Luc Dehaene, c’est dire la garantie !
On l’a appris aujourd’hui « Les administrateurs de Dexia SA sont déchargés de leurs responsabilités pour 2011 avec 82,25% des voix. Pierre Mariani et Jean-Luc Dehaene ont annoncé qu'ils partiront avant fin juin. », pas honteux pour un sou, glorieux même !.
Nos illustres se tâtent pour se faire un dernier plaisir. Mariani écrit un chiffre, le passe à Dehaene, celui-ci ajoute un zéro, pousse du doigt le papier devant l’autre, et ainsi de suite.
Le meilleur pour la suite ! On fiche à la porte une caissière qui ramasse un bon de réduction qu’une cliente ne veut pas et ces deux là foutent la merde à hauteur de dizaines de milliards, et on les félicite ! Mariani aurait droit à une prime de départ !
Le grand public a toujours été impressionné par le mordant de l’ancien démineur, mais quand c’est nous qui sautons sur la mine que le bouffon magnifique a posée, plus personne ne rigole, sauf la majorité des compères de chez Dexia…
La suite est croquignolesque. De la RTBF : « Les actionnaires du groupe Dexia SA étaient invités, comme chaque année, à approuver la gestion de leurs administrateurs. Pierre Mariani (CEO) et Jean-Luc Dehaene (président du CA) devaient rendre des comptes. Or le groupe annonce une perte au 1er trimestre de 431 millions d'euros. Ces deux dirigeants ont annoncé aux actionnaires qu'ils quitteraient le holding "au plus tard le 30 juin 2012".
Ils ont encore un mois et demi pour rafler ce qui reste dans le fond des coffres, ce sera suffisant !
Courageusement, dans les décomptes du vote, les régions se sont abstenues ! « Si la décharge a bien été votée à 82,25%, c'est avec un gros bémol: il faut préciser que plus de 546 millions des voix sont en fait des abstentions, soit plus que les voix "pour" mais les abstentions ne sont pas comptabilisées. »
Le ministre wallon de l'Economie, Jean-Claude Marcourt, aurait-il partie liée à la canaille ?
On pourrait se le demander.
Il avait laissé entendre que le représentant de la Région wallonne à l'assemblée générale s'abstiendrait, lorsque serait abordée la question de la décharge des administrateurs.
C’est en effet à la décharge qu’il faudrait renvoyer ce beau monde, mais à la décharge publique.

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Au lieu de cela, les administrateurs une fois déchargés seront inattaquables en justice !
Dehaene s’est dit "Rattrapé par des facteurs externes", dommage que ce ne soit pas par la justice !
Le portefeuille de 71,4 milliards d'euros est fait d'actifs financiers aux Etats-Unis, de filiales en Espagne, Italie, Allemagne, Grèce et Portugal, autant dire que si on en récupère dix dans dix ans, ce sera une merveille.
Le comble, c’est que le duo d’enfer Dehaene –Mariani s’est vanté de son travail, veillant des nuits entières, accomplissant une tâche qui… etc. etc…
Evidemment, les petits porteurs, tous cocus bien profonds, l’ont trouvé mauvaise.
Cerise sur le gâteau, depuis 2008, les grands responsables de ce Titanic bancaire ont continué de recevoir des bonus, compensés par des licenciements dans le personnel.
Pour le SETCa, c’est un désastre. Je suis bien de cet avis.
Reste à passer la douloureuse d’une banque qui s’est fait la spécialité de cumuler les produits toxiques, aux électeurs belges.
Tant qu’à faire à socialiser quelque chose, on va commencer par les pertes !
Qu’est-ce qu’on vous disait qu’avec Di Rupo, l’avenir serait au socialisme ou ne serait pas !

9 mai 2012

Le meilleur à Élysée, le pire au Pirée ?

Gérald Bronner, professeur de sociologie à l'université de Strasbourg, serait-il en passe de compléter, ce que le regretté Pierre Bourdieu n’a pu conclure avant sa mort en 2002 ?
Des dernières parutions de Bronner ressort la prévision d’un succès socialiste en France, par l’effet promotionnel de la visibilité, valeur fondamentale dans la société décrite par Bourdieu.
Dans un système où la célébrité est auto-suffisante pour être célèbre et reconnu, le cas de Paris Hilton est exemplaire dans ce sens où n’étant rien par elle-même et n’ayant aucun des talents que la presse people lui prête, elle est cependant admirée et copiée par un public. On pourrait imaginer un jour, qu’un personnage de ce type arrive aux plus hautes fonctions de l’Etat, par l’effet d’une volonté majoritaire.
Si je cite cet exemple, ce n’est évidemment pas dans le but de comparer François Hollande à Paris Hilton, mais de montrer que nous sommes entrés dans une période de troubles profondément marquée par des courants d’opinion fabriqués.
Sans en mesurer l’importance tout de suite, le PS en procédant à des primaires à l’issue desquelles François Hollande s’est imposé, a fait plus pour l’image de Hollande et donc son élection, que les meetings qui ont suivi ce succès populaire. L’UMP en est tellement consciente qu’elle procédera de la même manière en 2017, laissant le PS sans le pouvoir de récidiver, si Hollande se représente à l’issue de son premier mandat. Dès lors, les présidents de l’avenir sont-ils condamnés à ne prester qu’un mandat ?
Il existe aujourd’hui des particuliers ayant les moyens financiers suffisant pour se faire valoir parmi le public, dans le but de pérenniser leur raison d’être, sans aucun des mérites attachés à des actions altruistes.
C’est déjà ce que dénonçait La Bruyère dans ses « Caractères de l’homme et du mérite personnel » lorsqu’il écrit (je cite de mémoire) « …se faire valoir par des choses qui ne dépendent point des autres, mais de soi seul, ou renoncer à se faire valoir ». Déjà, à cette époque, il devait y avoir beaucoup de candidats à la célébrité qui tout en n’ayant rien fait pour, réclamaient, ne fut-ce que par leurs quartiers de noblesse, le droit à se faire valoir et sans l’intention d’y renoncer.
Cet effacement de la critique personnelle pour une critique orientée par d’autres a son revers inattendu. Cette banalisation à l’excellence par la célébrité fait que « trop de gens se sentent éligibles sans que le nombre d’élus augmente ».

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A force de se donner l’aspect de millions de gens, Hollande rassure principalement. Mais, il suscite une pensée annexe parmi les gens qu’ils rassurent, « pourquoi pas moi ? » se disent-ils en se comparant à lui.
Cette dernière réflexion engendre des frustrations qui, selon Brenner dans son livre « La pensée extrême, Denoël édit. 2009 », montre comment les hommes ordinaires deviennent des fanatiques.
L’image de Sarkozy a fait l’effet inverse. C’est sa propre image qui lui a fait perdre les 3 % qui lui ont manqué pour accomplir un deuxième mandat. Les médias favorables à sa réélection et malgré des sources financières considérables, n’ont pu accréditer l’image pacifiée que le public attendait.
Une conséquence directe de ce phénomène de banalisation est dans le résultat des élections en Grèce. A défaut d’une spéculation européenne d’un dirigeant charismatique « supérieur » aux droits des gens, l’électeur s’est tourné vers les extrêmes, donnant à un parti néo-nazi le droit d’assister à des débats démocratiques au parlement, mais aussi à l’extrême gauche le moyen de rendre familiers les visages de quelques-uns des leurs.
Est-ce que le capitalisme pour éviter le pire est capable d’effacer la dette grecque, tout au moins à la redescendre à un taux acceptable ou bien le capital ne voulant rien perdre, risquera-t-il de tout perdre, entraînant l’Europe dans le désastre, en réclamant son dû ?
S’il existe aujourd’hui des pouvoirs ayant les moyens financiers adéquats à se faire valoir parmi le public, sans aucun des mérites attachés à des actions altruistes, ai-je écrit, ce pouvoir manque singulièrement d’images, ce qui va conduire au pire.
Sans des Paris Hilton, ce pouvoir est fichu.

8 mai 2012

Hollande : de Tulle et d’étoffe !

La détestation du règne de Nicolas Sarkozy ne doit pas nous dispenser d’un questionnement sur le PS français qui voit un des siens accéder à la présidence de la république, d’autant que le PS belge, avec un Di Rupo, proche de Martine Aubry, prend ses aises à Lille et donc pourrait être influencé par ce nouveau quinquennat.
Les agrégés de science politique ont encore en mémoire les ambivalences de la présidence de François Mitterrand. Alors, qu’il est, dit-on le modèle de François Hollande, n’oublions pas que Mitterrand est responsable de la conversion de la gauche française au néolibéralisme. Les résultats : nous les payons aujourd’hui chèrement !
On se rappelle ses volte-face, le candidat dénonçant le capitalisme financier, et le président le développant ! Hollande ne sera-t-il pas pris à son propre jeu à propos du Smig à 1700 € ?
Si je comprends Hollande, il est pour une gauche antitotalitaire, comment va-t-il se placer entre antitotalitarisme et égalitarisme ?
Pour sûr, Mélenchon va l’attendre au pied du mur, d’autant que ces deux là ont un contentieux qu’ils n’ont pas apuré.
A la façon du socialisme belge, si le socialisme français se vidait, peu à peu, de tout programme de conquête, rien que pour assumer les erreurs d’une économie que le PS a soutenu ?
Que faire pour sortir de la crise européenne, dont Sarkozy n’a été qu’un des pions, comme Angela Merkel et Elio Di Rupo, ce dernier empêtré, il est vrai, dans une crise identitaire flamande ?
François Hollande n’a pas été aussi stupide que Lionel Jospin qui déclarait « mon programme n’est pas de gauche », mais le sien à y regarder de près, l’est-il plus ?
Quelle est sa conception de la gauche ?
Certes, il s’est longuement expliqué pendant la longue campagne qu’il a menée. Restera-t-il le même une fois installé à l’Elysée, non pas qu’il soit une girouette, mais comme ancien pragmatique de l’ENA, obligé de convenir que les circonstances sont plus fortes que son programme ?

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La social-démocratie s'est asséchée, le marxisme a été trahi par Staline, le libertarisme est marginal, l’écologie cherche un second souffle. Comment relier ces courants affaiblis pour en faire un courant fort, alors que Hollande doit impérativement se concilier le Centre pour remporter une majorité aux élections le mois prochain ?
J’entends bien qu’il a plus de convictions socialistes qu’Elio Di Rupo, puisqu’il pense faire en sorte que la démocratie cesse de se laisser ridiculiser par les marchés, que la politique reprenne le contrôle de la finance et gagne le match contre la mondialisation.
Avant lui, le mitterrandisme avait porté un grand élan d'espérance.
La gauche française a mis vingt-cinq ans à s’en remettre !
Hollande n’est pas rassurant quand il évite de parler du passif de cette gauche-là. Dans ses discours de la campagne électorale, il n’a que des louanges pour la gauche des années 80. Elle aurait permis de « moderniser le pays, de l'adapter ( ?), d'opérer des mutations qui ont vaincu l'inflation et rétabli la croissance. Grâce à elle, la France a tenu son rang. Mais il est vrai que la gauche a ensuite été happée par une construction européenne conçue davantage comme un grand marché que comme un grand projet. Et il est vrai aussi que cette Europe-là a fini par représenter le libéralisme aux yeux des citoyens. La gauche a payé cette erreur, elle a corrigé le tir. »
« La gauche doit porter de grands espoirs, mais elle ne peut pas se réduire à de grands moments. Sa vocation n'est pas d'intervenir tous les vingt ans pour faire des réformes. Je veux au contraire inscrire la gauche dans la durée. Je ne suis pas candidat pour écarter la droite, introduire quelques innovations politiques et sociales, et ensuite laisser la place. Je veux initier une transformation de la société à long terme qui puisse convaincre au-delà même de la gauche. »
Ces larges extraits entendus lors de la campagne qui s’achève et répétés à différents meetings, je souhaite sincèrement qu’ils n’aient pas été dits à la légère, pour quelques votes supplémentaires.
Une petite dernière de la bouche de Sarkozy, juste avant qu’on n’en parle plus. Le président sortant a dit à ses supporters, dans ses adieux : « Mes chers compatriotes, je ne saurai jamais vous rendre tout ce que vous m’avez donné ». On en est persuadé, après tout ce qu’il leur a pris !

7 mai 2012

Quand le 14 juillet tombe un 6 mai !

Après l’annonce du succès de la gauche :
-T’étais à la Concorde. Qu’est-ce que tu fous à la Bastille ?
-Les autres démontaient. NKM faisait la gueule…
-T’étais pas sarkozyste ?
-Si.
-T’as changé de camp ?
-Je suis porté par l’enthousiasme. La ferveur des autres me fait pleurer.

Bien avant 18 heures, quand tout le monde s’en doutait sans l’oser pouvoir dire :
-Tu crois que c’est lui ?
-C’est lui quoi ?
-Qui va gagner ?
-Qu’est-ce qu’ils s’en foutent !
-Qui ?
-Les lecteurs du chose…
-Pourquoi ?
-Quand le bidule sera en ligne, ça fera six heures qu’ils seront au courant. Alors, si tu t’amènes avec des émerveillements sous la plume, tu parles d’un réchauffé. C’est comme si Dodo la Saumure faisait croire à DSK que les filles qui montent sont vierges !
-C’est tout le drame des gazettes qui tombent pile poil tel jour, telle heure… Marianne, par exemple qui clôture et publie fin de semaine pour la semaine suivante, avec les élections qui se passent toujours le dimanche.
-C’est fou comme les nouvelles se défraîchissent vite ! Voilà un mois que Flamby est en tête des sondages, il n’y avait pas de raison qu’il décroche en dernière minute. C’est déjà une nouvelle moins nouvelle, que l’autre est lessivé…
-Il faudrait presque annoncer l’info avant qu’elle ait lieu.
-Celui qui aurait connu la mort de lady Di, le jour avant, je t’assure que ça aurait fait du bruit.
-On aurait pu l’accuser de meurtre ou de non assistance à personne en danger.
-Reste que c’est du tout cuit, pour cette fois. On connaît les résultats, selon les agences, cela va de 51,5 à 52 pour Flamby !
-Sauf qu’il n’y a rien d’officiel.
-Non, mais on le devine.
-Pendant ce temps, on vote aussi ailleurs.
-Oui. Là ce n’est pas après 20 heures qu’on s’en fout. C’est non-stop !
-Tu ne parles pas des gens qui votent sous l’Acropole, tout de même ? La facture, c’est pour eux, les pauvres, et ils s’en ficheraient ?
-Ils s’en fichent parce qu’ils ont vu que le système est contre eux !... et comme l’Europe est pour le système d’accord avec les partis…
-Le berceau de la démocratie, quand même !... Tomber aussi bas…
-Parce que tu crois que ça ne nous pend pas sous le nez ? que ce soit l’un ou l’autre qui décroche le titre de président, il respectera le programme de remboursement et tous les efforts qui vont avec.
-Sauf que les efforts seront autrement répartis.
-Ça reste à voir…
-Sénèque méprisait la « Gloria », ce succès momentané par la foule. Il préférait la « claritas », gloire posthume, après bien du temps passé…
-Sénèque dans ta chronique ? Tu vas encore énerver l’extrême gauche ! Tu sais comme ils sont : le passé ne les intéresse pas. Sénèque, tu parles…Aux actes, camarades !
-Aux actes ! Quels actes ?…
-Tu n’oserais tout de même pas nier la belle victoire, en faisant le difficile ?
-J’aurais plutôt l’intention de citer Cicéron… pour faire chier le monde. Et puis marre, j’étais pour Mélenchon, quand il disait son fait à Flamby. Maintenant qu’il est rentré dans les rangs sans y être, et que tout le ramdam ce sera pour faire des députés, c’est dit, je biche pour Nathalie Arthaud.
-Elle, au moins, n’est que pour elle-même… Et alors ?
-Non, monsieur, elle est pour les luttes ! Pour les législatives Flamby va se tourner vers le Centre et Bayrou et que, comme toujours, la gauche révolutionnaire sera baisée.
-Avant Arthaud, tu parlais de Cicéron ! De Sénèque à Cicéron, tu vas avoir de ces rappels vengeurs ! C’est pas pour exciter, mais tu pousses…
-« Sitôt que nous voyons le jour et que nous entrons dans nos familles, nous nous trouvons dans un milieu entièrement faussé où la perversion des jugements est complète, si bien que nous avons sucé l’erreur avec le lait de nos nourrices ».
-T’as une de ces façons de sucer la victoire de la gauche !...
-Quelle gauche ? Celui qui investit dans le doute, a le moins souvent tort !
-Un qui n’saura jamais rien de la belle victoire, c’est Charden !
-Il était pour qui « Made in Normandie » ?
-Pour lui.
-Encore un à qui ça n’a pas réussi…

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Après 23 heures :
-T’as vu Roublardo à côté d’Aubry, sur le toit du PS à Solferino ?
-Il n’a que cela à Foutre notre premier du chose ! Qu’il chiale pas de son retard dans les dossiers…
-Elle insistait pour qu’il se fasse voir sur le rebord du toit. Un faux pas et la Belgique n’existait plus !
-Ça tient à peu de choses, un pays…

6 mai 2012

Distance et proximité.

On ne peut voir Bart De Wever au départ d’une course à pied et François Hollande à la confrontation de mercredi avec Nicolas Sarkozy, sans les créditer d’une belle performance physique, celle de présenter au public des silhouettes fortement amincies. Les journaux parlent de cinquante kilos de tissus graisseux disparus chez le président de la NV-A.
L’image du « bon gros » correspond à une époque antérieure au cours de laquelle l’aspect de la personne avait moins d’importance que pour le public d’aujourd’hui.
Ce n’est pas parce que nos deux curistes font preuve de volonté, qu’ils ont changé du tout au tout. Ils doivent rêver au cours de leurs repas hyper-protéinés sans glucides, aux gueuletons qui firent leur rondeur. On ne peut pas passer de l’obésité à la minceur, sans une modification des comportements, bien au-delà des seules modifications alimentaires et qui touchent au caractère, en transformant l’état d’esprit de la satiété, à la nostalgie du-dit !
Di Rupo a conservé un corps d’adolescent. C’est probablement par un souci de plaire très jeune et qu’il n’a jamais abandonné. Il gardera sa mince silhouette sans faillir. Tandis que les deux autres seront au régime à vie, s’ils ne veulent pas prendre vingt kilos tout de suite après un mois de relâchement.
Ces trois personnages illustrent bien l’importance de l’image, dans la visibilité qu’ils donnent à des électeurs qui sont - bien avant de l’être - un public. Dans une proximité inconnue il y a seulement un quart de siècle, ce public bénéficie des techniques qui abolissent les distances et favorisent l’illusion la plus parfaite du contact.
Les candidats, l’un veut être "un président normal", l’autre un « un bourgmestre comme les autres » ne sauraient l’être, puisqu’ils forcent leur nature à paraître, sous une forme empruntée aux magazines de mode !
Par souci d’efficacité, ils sont des imitateurs. Leur modèle est « une norme » que la mode impose à la majorité.
Mincir est aussi un acte politique qui traduit une volonté de pouvoir.
La crise que nous vivons est avant tout une crise de civilisation. Les valeurs et croyances vacillent. Il va de soi que le socle ancien pouvait accepter des rondeurs, comme celle de Pompidou, mais qu’en 2012, être regardé en une soirée par plus de « voyeurs » que ne l’eût jamais Pompidou au cours de toute sa vie politique, change la donne au niveau de l’apparence.
C’est ainsi que l’on confond aisément "changer de destin", comme le souhaite le candidat Hollande, avec « changer l’être ». Il faudra, par conséquent, que le postulant soit la vivante image du changement.

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Philosophiquement, c’est un concept tout à fait ridicule et pas si anodin qu’il y paraît. Si le lien entre un élu et le public tend à se raccourcir, cette proximité ne rend pas pour autant l’action du personnage politique plus lisible. Au contraire, nous entrons dans une ère de confiance sur la bonne mine. Tout le monde sait comme les escrocs ont le génie de se rendre sympathique.
La confusion entre un homme public et une vedette de cinéma ou de télévision est le produit d’une constante évolution de l’homme public vers la reconnaissance de la star.
En-dehors des milieux artistiques, l’homme politique est le seul qui participe à l’évolution de l’importance du paraître. Un écrivain aussi corpulent que Balzac a encore toutes les chances de se faire éditer. Le coup de pouce dont il a besoin n’a rien à voir avec son physique, mais avec ses relations. Albert Einstein, tel que certaines photographies nous le montrent, aurait tout aussi bien été reconnu comme un physicien hors pair, s’il avait vécu de nos jours.
Encore que « le domaine artistique » comporte sa part d’ombre. Les musiciens d’une fosse d’orchestre ne sont pas reconnus individuellement, mais dès qu’ils entrent dans le champ des projecteurs en qualité de chanteur ou de soliste, c’est-à-dire lorsqu’ils ont des admirateurs qui les regardent en qualité d’individus, ils soignent leur aspect défini comme un look.
C’est tout le paradoxe de la démocratie : pour réussir à se faire élire, il faut sortir de l’anonymat en se pliant aux normes du vedettariat, tout en conservant une originalité, c’est-à-dire en se singularisant !
D’emblée, on voit bien que la démocratie, quoiqu’on dise pour faire valoir le côté emblématique d’une société de liberté, est un exercice impossible, dans le sens d’une égalité réelle de tous les citoyens.

5 mai 2012

Di Rupo, chasseur d’affût.

On a beau lire et relire les journaux, passer des heures d’information à la radio, rien ! jamais rien ! sur un point quelconque du programme de Di Rupo, comme si la machination pour sortir de la crise et payer la dette n’existait pas.
Il a coalisé les six partis qui constituent le gouvernement, pour quoi faire... l’artiste ?
C’est à croire que ce programme n’est qu’un phantasme rêvé ou qu’il a été abandonné !
Qu’on ne vienne pas dire que la proximité des élections communales paralyse le premier de nos mandataires. L’homme tisse patiemment sa toile et s’apprête à nous tomber dessus par surprise. Le temps des vacances approche, c’est une période propice.
Une politique aussi en demi-teinte serait troublante, s’il s’agissait d’un autre que lui. Mais, quand on connaît la manière dont Di Rupo a dirigé le PS, on se dit qu’il se passe des choses au gouvernement dont nous n’avons pas connaissance, les journaux non plus d’ailleurs. A défaut, l’actualité française est suffisamment étoffée pour faire écran.
L’habitude de minimiser, au pire, et de cacher, au mieux, est récente. Elle date des 541 jours de pourparlers « secrets ». Et si c’est le fantôme montois qui a fini par hanter les commodités de Laeken, c’est un peu grâce à la méthode Elio.
Le fameux accord de gouvernement dont on a parlé au début de la coalition, puis qu’on a oublié dans les salles de rédaction, n’était-il pas accompagné d’accords secrets ?
On ne sait rien, on ne voit rien, et hop ! passer muscade, c’est un prestidigitateur qui fait tout disparaître sous les tables de pourparler, plutôt qu’autour.
Si cette méthode a propulsé l’ambitieux qui joue au surmodeste au fauteuil de premier ministre, elle a surtout plombé les rapports des citoyens avec le pouvoir. Une démocratie qui érige l’opacité en principe, c’est quoi au juste ?
Ne rien savoir d’une législature, puis procéder à de nouvelles élections pour en débuter une nouvelle, avec à peu près les mêmes, c’est curieux comme démocratie.
Cela devient une procédure, une manière de disqualifier la population, celle-ci étant incapable de penser et de réfléchir, conclut-on en Haut-lieu !
La manière dont Di Rupo va nous régler notre compte, comme celui de la périphérie bruxelloise, reste une inconnue, Maingain n’a tout de même pas claqué la porte du MR pour rien. Dire que la situation est antidémocratique, voilà un faible mot.
On sait bien que des mesures ont été proposées pour réduire le déficit public, qu’elles sont en attente, sinon déjà en cours ; mais, que nous vivions sans rien connaître de leur déroulement, avant d’employer des mots plus forts, c’est se ficher du monde.
Au moins du temps de Leterme, quand on n’entendait rien du côté des affaires, c’est qu’il ne se passait rien. Assez curieusement, on a vécu plus de choses à son intérim, qu’à l’exercice de son mandat !
Il paraît que la justice va inventer l’emprisonnement virtuel. On se demande si Di Rupo n’a pas inventé la virtualité au 16, rue de la Loi, bien avant ! On localise Elio à Paris, à Berlin, il sert des mains, il sourit, il témoigne de l’amitié qui unit les peuples. Parfois, on retrouve sa trace à Bruxelles, mais c’est chez Barroso à l’Europe, en conversation avec Van Rompuy. Mais, savoir ce qu’il y fait, ce qui s’y dit hors des phrases convenues, c’est comme la politique intérieure : il faudra attendre le prochain traité pour qu’on puisse un peu comprendre quelle a été la participation de la Belgique et de son mentor.

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Le pays ne se dirige pas comme le parti socialiste !
Di Rupo en action à la Chambre, c’est pour rappeler la morale, domaine où il est imbattable, à l’occasion des tribulations de Mariani, un ponte de Dexia qui part avec le magot, alors que la banque est dans le rouge foncé. C’est « moralement injustifiable » tonnera-t-il. Puis, draper de sa toge, le chef surmonté des lauriers de la philosophie rejoindra son siège de gouvernement pour réanimer son Smartphone.
Des compères se chargeront d’animer le reste de la semaine, comme le ministre des Entreprises publiques, Paul Magnette (PS), et le ministre des Pensions, Vincent Van Quickenborne (Open Vld), qui se bloquent mutuellement des nominations, comme deux coqs de basse-cour convoitant la même poulette.
Et on voudrait que les affaires belges fassent des manchettes ! Pour dire quoi ?

4 mai 2012

L’Eglise chez elle, l’Etat chez lui.

La laïcité rouvre un débat déjà ancien et qui fut longtemps un sujet qui hanta longtemps les assemblées des Maisons du peuple.
Depuis, le peuple s’est fait la malle et le parti socialiste s’est internationalisé avec de nombreuses ouvertures aux esprits religieux. La compréhension qu’il n’avait jamais eue avec les bigots et les cafards de bénitier, il est en train de l’avoir avec les adulateurs de Mahomet et le monde de la simagrée du culte musulman.
Les laïcs s’étant fait discrets, il a fallu Caroline Fourest pour remettre le culte de la raison au milieu du village.
Voilà qu’à propos de l’expulsion par un histrion de ladite Caroline en conférence-débat à l’ULB, les journaux ont recouru à une surenchère d’adjectifs flatteurs pour qualifier une laïcité devenue problématique. Pourtant, quelques temps après l’incident, on ne sait pas toujours quelle est la place exacte de la laïcité à côté du déferlement des religions et de l’exaltation de leurs membres.
Nous sommes toujours bien dans un Etat qui s’est séparé du domaine religieux, dans son organisation. Les Eglises se sont vidées et les catholiques, comme les protestants ne constituent plus à proprement parlé un problème dans l’Etat moderne. Non. Ce qui crée problème, c’est une religion importée avec ses adeptes dans le cadre d’un accueil dû à l’immigration.
Là-dessus, les socialistes ne conviennent de rien. Pour eux, la neutralité s’identifie à la pluralité et à l’acceptation de toutes les religions, alors qu’à l’origine, l’idée était synonyme de séparation ; c’est-à-dire d’absence de religions dans l’espace public ! On a même vu, en-dehors du monde socialiste où là d’autres exemples vont dans le même sens, le CDH présenter aux suffrages des citoyens, une personne montrant des signes propres de la religion musulmane, sans que cela paraisse choquer personne.
A la différence de l’Etat anglais, puisque la reine est chef de l’église, où là le pays affiche sa religion et en guise de tolérance accepte toutes les autres religions, l’Etat belge de part ses lois de séparation n’accepterait aucune religion dans son espace public, si les chefs de parti n‘étaient pas eux-mêmes en train de bafouer la Loi sur ce chapitre.
Le fait qu’une nouvelle religion s’implante et prend des proportions comme jadis fut la religion catholique avant les lois de séparation, ne change en rien la chose.
On a oublié que la liberté de conscience est à la base même de l’autre liberté qui est religieuse, elle prime sur cette dernière et ne peut s’effacer devant celle-ci d’aucune manière.
Que l’on prêche le contraire dans les mosquées devrait quand même faire sortir de leur torpeur les socialistes qui, il y a une bonne quarantaine d’années se répandaient dans les rues à la guerre scolaire, en scandant « plus un sou aux curés » !
Depuis, les religions nous coûtent les yeux de la tête !

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Nous voilà au cœur du sujet : la malhonnêteté intellectuelle des partisans de la laïcité plurielle, dont Monsieur Moureaux est le chef de file à Bruxelles et le fait savoir dans son fief de Molenbeek, caractérise le PS de 2012. Cette interprétation de la loi, soi-disant « aménagée » et hors tout contexte idéologique, n’est qu’un leurre chargé de masquer le laxisme peureux d’une partie des personnels dirigeants. Lorsqu’on sait que la laïcité n’est pas placée sur le même plan d’égalité que l’enseignement des religions, puisque l’enseignement de la laïcité n’existe pas, on peut avoir des doutes sur la volonté d’appliquer la loi !
Sans y toucher, c’est toute la problématique de la société de demain dont nous n’osons pas formuler les termes. Voulons-nous le pluralisme communautaire selon les idées de Monsieur Philippe Moureaux ou voulons-nous la pluralité des religions en-dehors d’une laïcité stricte de l’Etat, dans son organisation de la vie sociale et dans celle de sa justice ?
Une peur s’est installée, sourde, rampante. L’ouverture « généreuse » aux religions n’est qu’un paravent derrière lequel se cache la peur de l’Islam, une peur qui avait disparu il y a plus d’un siècle et demi et qui faisait sentir ses effets à tous les niveaux d’un Etat qui se réclamait du pape et de la religion catholique.
Il faut relire ce que Victor Hugo écrivait en 1850 contre la loi Falloux, pour comprendre que le mal, que l’on croyait anéanti, renaît plus fort que jamais.
« Je considère comme une dérision de faire surveiller, au nom de l’Etat, par le clergé, l’enseignement du clergé. En un mot, je veux, je le répète, ce que voulaient nos pères, l’Eglise chez elle et l’Etat chez lui. »
Les religions sont les plus libres dans les Etats où la laïcité est la plus stricte. Les pays dominés par l’Islam s’assortissent souvent de discriminations pour les autres confessions et y compris les athées. Parfois, les religions non dominantes ne disposent pas des mêmes droits que la religion de référence.
Sans rallumer les guerres de religion, il conviendrait d’y songer.
Ce qui serait plus utile pour l’Etat que d’aller jouer les personnages populaires et bienveillants dans des quartiers, serait d’exiger l’égalité exacte entre les hommes et les femmes. Réforme utile qui devrait être une règle intangible et définie comme un droit absolu dans nos sociétés occidentales et rappelée à nos mandataires, comme un impératif.

3 mai 2012

Le débat.

Comme la plupart des Belges qui suivent la politique française et l’élection dimanche du président de la République, j’ai suivi le débat entre François Hollande, challenger, et Nicolas Sarkozy, le président sortant.
Pendant près de trois heures, il y eut un affrontement sérieux entre les deux hommes sur des sujets graves, affrontement qui, entre parenthèse, n’a jamais cours en Belgique, pour cause de tripartite.
Peut-être bien qu’un certain nombre de contre-vérités ont été proférées de part et d’autre de la table, ce qui au vu de la complexité des sujets peut paraître secondaire.
Sur l’ensemble, il s’agit bien de deux projets différents dont aucun des deux protagonistes ne saurait dire s’il sera le bon, puisque la grande inconnue est l’évolution économique d’un capitalisme malade et d’une France se débattant dans l’endettement.
L’impression première que je retire de cette confrontation est l’aisance avec laquelle François Hollande a répliqué à Sarkozy. On a connu ce dernier plus combattif qu’il n’est apparu ce soir, sans doute à cause de la qualité de son adversaire.
Avant que les médias ne décortiquent les débats et n’influencent peut-être mon jugement, l’impression générale que j’en retire, c’est que Hollande a gagné « le match » et qu’il a de fortes chances d’être dimanche soir, le nouveau président de le République française.
Je le dis sans être influencé par les sondages qui le donnaient encore favori une heure avant la confrontation, ni par un amour excessif pour Hollande et le socialisme de collaboration de classe qu’il représente. Je le dis en songeant à tous les électeurs qui se rendront dimanche dans les bureaux de vote, et qui auront pu constater comme moi, que François Hollande a la stature d’un président.

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Si mon pronostic se confirme, cette élection va produire un réel cataclysme politique aux élections législatives qui vont suivre et peut-être faire imploser l’UMP.
On le voit bien avec Sarkozy, Hollande y succombera peut-être aussi dans cinq ans : l’usure du pouvoir, en temps de crise et d’incertitude, marque les hommes. J’ai trouvé le président actuel fatigué, presque résigné à la défaite. C’est un signe qui ne trompe pas.
C’est valable pour les postes les plus importants de l’Etat et particulièrement pour l’exercice d’un mandat de président. Depuis que la réforme l’a doté de grands pouvoirs sur l’exécutif, gravir les échelons du pouvoir, ne va pas sans un éreintement et une exténuation physique. Toujours prouver et se vouloir le meilleur, adopter la solution adéquate au mieux de l’équilibre des intérêts, dans les allers-retours entre l’adrénaline et l’irritabilité d’être mal compris, est une rude épreuve. Nicolas Sarkozy semble au bord d’une schizophrénie maniaco-dépressive.
Concevoir des idées neuves, tout en se confrontant au réel, est devenu un exercice trop difficile pour le président sortant.
Les Français l’ont certainement compris ce soir.

2 mai 2012

Chute des idoles.

Il y a vingt ans, le phénomène Internet entrait dans les mœurs.
Les fans, admirateurs absolus en quête d’une vie à s’approprier, ont amplifié le phénomène de visibilité des stars.
Cherchant à tout prix d’enrayer les pertes, les magazines et les programmes télé ont embrayé sur la chose. Si bien que le divertissement par l’écrit et par l’image montre à peu près la même chose que sur le NET.
Il y a dix ans, on recensait plus de cent mille sites Internet sur Elvis Presley.
La foudroyante ascension d’Internet a eu des effets considérables sur le rapport à la célébrité.
Pour se rendre compte du phénomène, il n’y a qu’à taper le nom d’un acteur peu connu sur le clavier de l’ordi. Immédiatement des images et des renseignements sur la personne arrivent par centaines. Inutile de souligner la multiplication de ce phénomène quand on s’inscrit dans une demande d‘une star mondialement connue.
Voilà qui sonne le glas du monopole des industries culturelles, puisque ce sont des consommateurs, assez souvent, qui renseignent d’autres consommateurs.
Le succès de l’entreprise a donné des idées aux vedettes qui se répandent de manière très intime dans des blogs créés à cette intention. Les politiques, beaucoup moins célèbres que le moindre cabot de Hollywood, s’y sont engouffrés pour des raisons de reconnaissance électorale.
Ces temps derniers la lèche de l’électeur est particulièrement intense du côté du MR qui doit se refaire de la perte du FDF et qui compte sur l’exposition du PS derrière Di Rupo pour compenser cette perte sur le dos des socialistes, et cela loin des gazettes, sur les blogs, d’où les sourires aimables, les tronches retouchées dans l’art de se vendre, le tout sur un fond de décor bleu azur.
Deux milliards de spectateurs connectés ont assisté à la cérémonie du prince William épousant Kate Middletown.
En 1996, Jennifer Ringley installa une caméra dans sa chambre. La Webcam était lancée.
Et c’est l’enchaînement. En 2000, des Girls Cam sont programmés avec forum, webmagazine et une sorte de Who’s Who spécialisé.
Cette dernière invention fait rétrograder étrangement la visibilité des stars vingt années auparavant, n’importe qui peut faire la même chose, rétablissant ainsi une identique reconnaissance entre regardés et regardeurs.
Voyeurs et exhibitionnistes s’éclatent.
Le caractère relationnel identique de Myspace et Facebook fait perdre à l’image diffusée toute capacité distinctive puisqu’elle est permise à chacun. Aujourd’hui, il n’y a pas que les miss qui montrent leur cul, d’abord, pour ensuite attirer l’attention sur leur tronche glamour. Pascal serait saisi d’apprendre que ses Provinciales, en 2012 feraient les folles devant leur caméra d’ordinateur.
Cette nouvelle forme de narcissisme étend au publique la présentation de soi-même. Elle s’ajoute et se dilue dans la représentation des célébrités. L’intimité se partage.
Plus rien n’empêche les fans de se faire dorénavant passer pour leurs idoles. On compte sur Facebook des dizaines de lady Gaga, autant que des Carla Bruni, des François Hollande à la pelle, mais moins encore que des Nicolas Sarkozy.
Pour se défendre du « vulgaire » les stars, voyant le danger de se faire aspirer par les fans, ont rejoint un réseau VIP « asmallworld.net » dans lequel on ne peut entrer sans montrer patte blanche.
Les Portables terminent la boucle. On y peut tout en plus de communiquer par la voix, ce qui était le premier rôle du téléphone. Ainsi sont nés les « snaparazzis » ces gens de la rue qui prennent des photos d’actualité, certains dans l’espoir d’en retirer de l’argent par leur vente dans les journaux (de cent à cent mille euros !).
Un magazine a lancé un concours « traquez les stars sur Internet » !
Ces « progrès » ont multiplié les fans de façon inimaginable.

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Si bien que la célébrité n’est plus ce qu’elle était. Par les moyens actuels n’importe quel péquenaud peut y atteindre. C’est la star qui se déprécie.
Laissons au sociologue le soin d’apprécier le rôle des innovations techniques de ces vingt dernières années dans le cadre d’une étude plus sérieuse qu’une chronique de R III.
Mon propos est de réfléchir sur la place du people et du vedettariat dans l’organisation politique de la société. Car, évidemment les « progrès » sont valables pour tous, y compris pour nos « élites » qui ne s’en privent pas.
Ce que nos idoles ne pourront éviter, nos stars de la politique ne le pourront pas non plus, c’est l’avalanche des images qui tue l’image. Leur multiplication fait apparaître des millions de Narcisse qui rendront invisibles ceux qui en ont fait leur business. Mais aussi l’extrême vulgarité parfois des « élites ». Le peuple s’aperçoit de l’égalité physique entre les riches et les pauvres. Le dominateur n’a plus rien d’exceptionnel.
Bientôt, les magazines devront mettre une sourdine aux moqueries des stars par les lecteurs branchés. Les ricanements se font entendre autour des superlatifs utilisés dans le show-biz.
Les gens célèbres qui s’autocélébrent, eux et leurs progénitures, encourront demain, le ridicule.
Les techniques ont joué un tour à la vision de l’homme dans la société.
Si John Lennon n’avait pas été abattu sur un trottoir de NY par un fou qui voulait devenir célèbre, il est possible que dans les années qui viennent, sa désacralisation aurait suffi à ce qu’aucun cinglé ne veuille encore sa peau.
Le public pourrait reprendre ses droits des mains des professionnels incultes. Il suffit de fouiller les déchets pour trouver le joyau. Les prétextes à la vulgarisation ne seront plus les excuses de la vulgarité. Il suffira de se méfier des pédants, des sots et des envieux.

1 mai 2012

Charles soigne son Premier Mai.

Qu’est-ce que c’est que ce blanc-bec de Charles Michel qui revendique le 1er mai comme une fête libérale ! Touché par la grâce dans les embouteillages autour de Bruxelles, le voilà, lui l’assisté de luxe d’un Etat débonnaire exclusivement pour les gens de sa sorte, le voilà rêvant du travail, de sa noblesse, de son utilité, lui qui n’a jamais rien fichu de ses dix doigts !
Racontant sa vision à Louis, le père, celui-ci effrayé aurait pu répliquer « Toi, au travail, mon fils !... ce devait être un cauchemar. »
On sait que le père Michel, coutumier de provocations dans le but de se rendre visible du corps électoral, avait déjà magouillé une fête du travail à Jodoigne, sous la tente, avec petits fours et vin blanc, genre rallye pour bourgeois en mal de caser leurs filles.
-Nous avons changé de traiteur. Comment trouvez-vous le saumon rose ? Il a été pêché dans le Pacifique, il y a deux jours !...
L’assisté d’Etat, son fils, remet ça, dans l’authenticité libérale, sans rire et sans pudeur !
-Nous avons tous beaucoup travaillé. Il est logique que nous en soyons récompensés…
Tu ne crois pas que tu pousses un peu Charlie ?
On ne sait pas ce qu’il va imaginer cette année ? Lâcher de ballonnets, course de sacs pour les enfants, buffet froid pour les élites travailleuses du parti, concours de scrabble pour octogénaires affiliés ? Tout est bon pour faire parler de lui. La preuve, je me fends d’un petit texte pour célébrer le cynisme de ce parasite glorieux !
De l’autre côté de la réforme du capitalisme triomphant, Charles Magnette réagit comme une mère à qui l’on veut arracher son bébé. C’est une fête de gauche, une fête socialiste. Elle appartient au PS, na !...
Peut-être, il y a bien longtemps de cela, que les socialistes pouvaient, sans avoir à rougir, battre le pavé avec les syndicats, drapeau rouge en tête. Les tiédasses réformistes ont bouffé assez de barbe à papa Marx, pour ne pas trop jouer les « grandes figures ».
Un demi-siècle de social-démocratie, ça suffit ! La dernière vague d’illusion se meurt sur les plages grecques.
Ils seront bien obligés d’en convenir, ce n’est plus la foule des grands premiers mai qui battra de la semelle au centre ville de Liège. Le PS ne rassemble plus que sa clientèle, discrète, apeurée, comme gênée des bafouillages de Demeyer, lassée des envolées à la langue pâteuse de Daerden, qui se croit encore chez Cauet.

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Une fois pour toutes, qu’est-ce que le Premier Mai ? Son histoire…
« Le 1er mai 1886, aux États-Unis, une très forte pression des syndicats sur le patronat et le gouvernement permet à environ 200.000 travailleurs d'obtenir la journée de huit heures.
En souvenir de ce succès, les syndicats européens, quelques années plus tard, instituent une «journée internationale des travailleurs» ou «Fête des travailleurs» destinée à se renouveler tous les 1er mai. Cette journée est aujourd'hui plus volontiers appelée «Fête du Travail», bien que l'expression prête à confusion... » (Extrait de Wikipédia)
Je ne vois pas de quel droit les partis au pouvoir et qui s’apprêtent à nous purger selon les règles de l’apothicaire de Mons, ont encore un quelconque rapport avec la lutte des travailleurs, ni même avec le parti socialiste de 1905.
Un qui se secoue enfin, c’est le président de la FGTB, Rudy de Leeuw. Il plaide pour une augmentation du salaire minimum brut de 10%.
Les temps présents rappellent « Germinal ». Zola n’est plus loin. Jamais, autant que cette année, un premier mai de lutte n’aura été aussi nécessaire.
Les élections sociales débutent la semaine prochaine en Belgique, le grand guignol sous tente de Jodoigne n’est que de la masturbation libérale. Le discours « vengeur » que Charles Michel prononcera le verre de mousseux à la main, ne vaudra jamais celui de Victor Hugo extrait de son livre « Quatre-vingt-treize ».
« A ces hommes pleins de passions, étaient mêlés les hommes pleins de songes. L’utopie était là sous toutes ses formes, sous sa forme belliqueuse qui admettait l’échafaud, et sous sa forme innocente qui abolissait la peine de mort ; spectre du côté des trônes, ange du côté des peuples. En regard des esprits qui combattaient, il y avait les esprits qui couvaient. Les uns avaient dans la tête la guerre, les autres la paix… etc. ».
Sans être aussi insultant pour la classe ouvrière que les Michel, Magnette n’en sera pas moins le messager d’une illusion sociale, que le PS délivre encore en surestiment son emprise sur les populations.
On l’a compris à Charleroi, ville abandonnée, où l’on a le sentiment d’avoir été trahi par le PS. Le secrétaire régional de Charleroi, Daniel Piron, vient de déclarer « les militants "ne peuvent plus entendre que 'sans le PS, ce serait pire'". Il envisage très explicitement la création d'un parti de gauche, plus à gauche que le PS et Ecolo.
Si Piron pouvait nous arranger ça avec Hedebouw, Wesphael et Eyben, ce serait une belle journée.