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31 octobre 2018

Désir : pas simple du tout.

C’est en lisant chez Folio le livre de Philip Roth (1) « Professeur de désir » que, par réminiscence, Richard3.com a retrouvé dans l’œuvre de Spinoza, la philosophie du désir. L’homme n’est pas « causa sui », parce qu’il ignore « volontairement » ce qui cause son désir.
Ça a l’air compliqué de prime abord, mais cela ne l’est pas.
Imaginons l’attirance du pied – pour rester correct – de la personne qu’on aime. Du pied à la chaussure, il n’y a qu’un pas si je puis dire, n’y a-t-il pas dans cette attirance un fétichisme que nous ne voulons pas voir, tant ce penchant heurte une définition sans ambiguïté de l’amour, de l’image que nous nous en faisons et de la nature « saine » que nous nous supposons ?
Croyez-vous que ce désir parmi d’autres soit moderne ? C’est-à-dire qu’il ait été « inventé » depuis que nos compagnes montrent leurs pieds sur les plages et possèdent, pour certaines, des dizaines de paires de chaussure ?
Bien sûr que non. Dans la scansion du ver grec, on peut relever certains fantasmes qui ne datent pas d’hier.
Encore une fois, je parle du pied pour ne pas heurter certains lecteurs. « L'origine du monde »
de Gustave Courbet (1866) que Lacan cacha dans son bureau est de nature à concentrer plus de désirs qu’hypodêma et cothurne. Il faudrait plus d’une chronique pour en écrire.
L'éthique du désir chez Spinoza ne ramène pas sa fraise à l’espagnole. En apparence seules les mœurs sont rigides. Le sexe enlève son chapeau devant la volonté divine. Le philosophe amstellodamois (1632-1677), va essaimer, deux siècles et demi plus tard, à la suite d’une lente maturation des philosophes, et ouvrir le champ à la psychanalyse plus propice à Jung, qu’à Freud (2).
Spinoza adoucit nos mœurs, en rejetant toute transcendance divine. Identifiant Dieu à la Nature, il déculpabilise les consciences inquiètes qui au cours des âges des plus lointains à nos jours, doutaient de l’invincibilité de la foi.
En bon cartésien, il a réfléchi sur le désir à une époque où il était limité au désir d’enrichissement, seul compatible de l’« agapè » (l’amour désintéressé chez les Grecs) avec l’amour absolu de Dieu. Il relâche enfin l’esprit de tous les philosophes qui lui succéderont y compris les plus « rigides », les grands penseurs de la foi, Maritain, Aron ou Foucault.
Ce qui détermine structurellement le sujet est inconnu par le désir. C’est dire que la saisie de soi d’un sujet aborde nécessairement ce que Lacan appelle "s’égaler à la structure".
En réalité, on ne réfléchit pas sur le désir lui-même, par contre tout ce qui peut permettre son assouvissement rencontre des imaginations illimitées.
Tombé récemment dans le club des « amis/amies » de Facebook, je me demande quelle est la notion de désir qui entraîne à se voir traiter et à traiter d’amis et d’amies, des personnes que vous ne verrez jamais et qui ne sont là, le plus souvent, que par désœuvrement (3) ?

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Alors que ce pourrait être un bon conducteur de désirs pour des rapprochements collectifs et sociaux, très éloignés des prédateurs, exsudant leurs particularités, en offrant des services à concurrence de la réciprocité.
La causalité psychique et l’intemporalité de l’inconscient réactivent un modèle de causalité. Pour éclaircir la nature de cette causalité psychique, on se réfère à l’interprétation de Bergson et Whitehead, sur la notion de causa sui. Dans les deux cas, Spinoza est la référence.
La joie selon Spinoza, n’est peut-être pas si éloignée de la familiarité de l’analysant avec ce qui le détermine, et qui transforme ses jouissances.
J’ai écrit, il n’y a un mois, un texte de situation où l’on voyait une bipolaire et un atrabilaire dialoguer dans une voiture sur nos routes, un dimanche.
S’il y avait bien du désir dans chacun des protagonistes, il n’entrait pas dans le cadre d’un huis-clos à connotation sexuelle qu’est l’intérieur d’une voiture, entre un homme et une femme. Les deux désirs ne se complétaient pas mais s’affrontaient. Une sorte de voyeurisme en était issue, à la fois plus élémentaire mais plus vive que les deux autres. Leur haine réciproque était devenue l’ordre suprême de leur désir.
Il n’est donc pas pertinent de parler de "joie" pour marquer la fin du parcours du désir.
Il n'y a rien de plus incertain que la réalité humaine, dit Jacques Lacan.
Il y a le désir de haine et le désir d’amour. Ils se confondent souvent. Ils sont inséparables.
L’essentiel n’est-il pas qu’on ait des désirs ? Les plus incongrus pour certains, comme aimer un pied que l’on chausse et déchausse dans ses chaussures vernies noires à talons de six centimètres, incompréhensible pour la plupart des gens, traversent à l’instant votre esprit si vous avez eu le courage d’aller jusqu’au bout de cette chronique.
Peut-être cela influencera-t-il votre réflexion sur le désir, focalisée en ce moment sur l’avènement aux responsabilités de l’un ou l’une des candidat(e)s.
C’est aussi le but de cette chronique.
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1. Revenant à hier sur la photo de la militante PTB Mathilda El Bakri, que j’avais captée sur mon téléviseur, je me suis rendu compte de l’importance des femmes de tous les partis, dans le combat pour la survie de la planète.
2. Pour des raisons de cultures différentes uniquement.
3. Seuls les politiques y ont une démarche claire et compréhensible.

30 octobre 2018

Ah ! la démocratie cache-misère.

Est-on vraiment certain de ce qu’on discute quand des gens parlent de démocratie ? Le plus convaincu de tous, le plus glorieux, le plus sûr de son fait, Richard Miller du MR, pour tout dire, se dit démocrate convaincu. C’est à tel point que l’exemple qu’il donne ferait détester « sa » démocratie par n’importe quel philosophe, anciens et modernes confondus. Sinon, ce serait celle de l’agora d’une Athènes en 350 avant JC et 2368 avant JC Juncker, quand seuls les notables discutaient le coup, excluant les femmes et les esclaves, les jeunes et les vieux, les gauches et les droites, réservant au centre leurs plus beaux rassis d’esthètes.
Alors, quand cet énergumène de la jactance entend Catherine Moureaux dire qu’elle a été échaudée par le PTB lors des tractations pour faire une alliance communale, il boit du petit lait, comme tous les autres du reste.
Cependant, de quoi parle-t-on, sinon d’organiser une vie sociale publique en disposant des partitions de chacun, d’en confronter les données et les possibilités pour, si possible arriver à un but commun, la gestion d’une commune, d’une région et de l’État pour finir.
Il y a quelque chose que les milieux officiels, la presse, Pascal Delwit et quelques lombrics de la culture libérale ne peuvent pas comprendre. Quand on expose un programme de gauche à des centristes, c’est-à-dire l’ensemble des partis traditionnels, il y a des divergences profondes et visibles. Madame Moureaux n’était pas sans le savoir et si elle a invité la section de Schaerbeek du PTB à une discussion préalable à la formation du Collège, elle savait quand même les grandes lignes du programme de ce parti.
Elle aurait pu faire l’économie de sa frustration en évitant de convoquer cette gauche là puisqu’elle savait à l’avance qu’elle ne pouvait en accepter les principes.
Dans ce pays, la démocratie consiste en un exercice sur un parcours tenu pour indépassable qui a trait à l’économie, aux usages et aux règles de bonne conduite libérale. Autrement dit, qui se mêle à tous les conseils communaux en formation doit montrer sa compatibilité avec ce genre de démocratie, qui n’en est pas une en réalité, puisqu’elle n’intègre pas l’ensemble du corps électoral et qu’elle en exclut au contraire ce qui ne lui plaît pas, taxant la gauche récalcitrante de populiste.

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Seulement comme il ne faut pas que l’opinion imagine que cette démocratie ait ses têtes et qu’elle n’ira pas plus loin, elle fait comme madame Moureaux, elle ouvre généreusement ses bras à tout le monde, sachant bien avant cela avec qui elle va finir par passer la nuit.
Les groupes dominants produisent des idéologies légitimatrices qu’ils imposent. Elles servent à masquer la situation réelle et agissent sur les gens comme une contrainte. C’est toujours celui qu’on sait bien au départ qu’on ne prendra pas, qui est invité à mettre le plus d’eau dans son vin. C’est classique !
Le seul « moment » de démocratie dans ce charivari à propos du PTB et qu’on veut faire passer pour un repaire de refuzniks, c’est quand un parti majoritaire chargé de former une majorité communale appelle tous les partis pour une discussion sereine des possibles gestions. Il serait malvenu de ne s’y pas présenter avec les meilleures intentions du monde. Mais quand il s’avère que le niveau communal est à peu de choses près le même sac de nœuds vendu par le MR et distribué avec des nuances à peine perceptibles aux partis dits traditionnels, comment peut-on concilier ce que pense l’électeur qui a fait confiance à cette gauche, avec le pot-bouille à la sauce libérale ?
Cela relève du tour de force et, compte-tenu de l’espèce de conformisme dans lequel se noie le Belgique, elle-même aspirée par l’Europe, comment sortir de ce piège ?
Pour Richard Miller, c’est simple, il exclut tout qui souhaiterait ne serait-ce qu’esquisser une réflexion sur le mode de fonctionnement de l’économie libérale. À ses yeux d’américanolâtre, c’est soit un facho, soit un coco, c’est-à-dire une engeance qui n’entre pas dans le cadre de « sa » démocratie. Encore que les fachos, maintenant ont leurs petites entrées chez Trump.
Qu’on s’étonne après cela que les gauches, les populistes, en ont ras la casquette des ukases des gendarmes de la société « consommante et rotante » au rythme du deal américain, et des F35 futurs. Ils n’ont plus confiance dans madame Moureaux, faussement indignée et encore moins, dans le père Magloire de l’avènement libéral à tout va. On peut comprendre !

29 octobre 2018

Des causes et les causettes.

Vue de Belgique, l’offensive du pouvoir en France contre les Insoumis et leur président Jean-Luc Mélenchon paraît fort probable.
L’action des magistrats commettant des forces de police considérables aux perquisitions au domicile de Mélenchon, au siège du parti et chez différents membres ou anciens membres du mouvement, ne pouvait qu’être diligentée par la garde-des-sceaux, l’ombre de son patron Macron derrière elle, depuis l’Élysée.
Deux déductions logiques étayent cette conviction.
La première se trouve dans la loi, l’exécutif nommant les hauts magistrats. L’obligation pour ceux-ci de faire remonter à la garde-des-sceaux toute information de poursuite et de suite judiciaire qu’elle souhaite. La seconde, il était impensable de mettre en place une procédure pareille avec des forces de police considérables, sans que le pouvoir n’en fût informé au préalable. Ce pourrait même lui qui l’aurait supervisée ?
À cet égard, l'avocat Régis de Castelnau semble avoir la même interprétation : «Répétons une fois de plus que l’opération du 16 octobre avec ses 15 perquisitions n’a pas pu être organisée sans que non seulement le pouvoir exécutif soit au courant, mais ait pris lui-même la décision».
Les médias ont saisi l’opportunité d’attaquer frontalement « Les Insoumis », sans se soucier de la procédure télécommandée, de la brutalité du procédé (toutes les voies de fait unilatéralement à la charge des perquisitionnés), de l’intrusion dans la vie privée avec la saisie de pièces et photos, de mémoires d’ordinateur, etc, sans rapport avec les faits reprochés ; mais aussi de la présence d’une femme au domicile de Mélenchon à sept heures du matin, le nom de cette dernière aussitôt divulgué et répandu dans la presse.
De la justice, il est notoire en France (et pas qu’en France) qu’en démocratie la sacro-sainte séparation des pouvoirs devienne aléatoire dès qu’une affaire touche le pouvoir en place. De même l’indépendance de la presse n’existe plus si l’on considère que tous les journaux sont aux mains des puissances d’argent, directement reliées aux décideurs politiques.
Et en effet, une fois de plus, l’influence dans l’opinion d’une presse aux petits soins avec le pouvoir, après les vidéos des perquisitions et leurs commentaires, a permis à deux sondages d’indiquer une baisse sensible de «satisfaction» ou de «popularité» pour Mélenchon, non pas du noyau dur des Insoumis, toujours soudé autour de leur chef, mais de l’opinion fluctuante (électorat flottant) et peu fixée du gros des électeurs qui votent à gauche.

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Cela a pour effet de rendre incertaine l’élection au siège de député devenu vacant, suite au départ de Manuel Valls, raté dans sa confrontation avec Valls par Farida Amrani de La France Insoumise, à une centaine de voix près.
Si le siège est à nouveau raté, la manière de présenter et d’épiloguer sur les perquisitions de la presse, sera la cause directe de l’échec.
Jusqu’à présent, la stratégie de Mélenchon consolide les rangs des militants en les impliquant dans la bataille qu'il conduit.
Il sera très difficile à la France Insoumise de reprendre l’électorat perdu. En ce sens, le pouvoir et les médias auront marqué des points.
Les autres leaders de gauche espèrent profiter électoralement des difficultés politico judiciaires des Insoumis, en convoitant les électeurs flottants. La vie politique est un combat impitoyable, certains à gauche ne seraient pas mécontents de se refaire du lard sur la dépouille des Insoumis.
Hamon est déjà en éclaireur pour dénoncer le «populisme» de Mélenchon.
Emmanuel Maurel et sa camarade sénatrice Marie-Noëlle Lienemann venus du PS, ont choisi la France Insoumise. Ont-ils fait un bon choix devant l’offensive du pouvoir ?
La situation est préoccupante sur le plan des libertés. Mélenchon estime qu'on vient de passer de la criminalisation de l'action syndicale et écologique, à celle de l'action politique d’opposition. Le parti « En Marche » de Macron, majoritaire, pourrait, se dégonfler comme le PS. Est-ce que ce danger a une incidence sur le sort que la justice fait à Mélenchon ?
On observe, que les détenteurs du pouvoir en France, sont prêts à tout pour le conserver.

28 octobre 2018

Des nuls, des malins et des mariolles !

Pour comprendre la société actuelle, il est inutile d’ouvrir un vademecum de la démocratie. Il faut seulement prêter attention aux maîtres de nos destins : ceux qui détiennent le pouvoir de l’argent ! Ils sont actifs dans et en-dehors de l’organisation de l’État et pèsent d’un grand poids sur nos vies ; de sorte que la plupart des cours d’éducation civique, d’économie politique et d’organisation sociale ne servent à rien, sinon à combler du vide, faire croire que nous sommes sur du solide, que leur démocratie est basée sur la raison !
Ces maîtres, non concertés et discrets par l’influence qu’ils exercent et l’insignifiance qu’ils nous attribuent, ont une stratégie efficace. Ils utilisent la dialectique éristique ou l’art d’avoir toujours raison dans la manipulation de nos consciences, usant à leurs fins la dialectique de Marx sur les conditions matérielles d’existence. Le trait de génie c’est d’avoir manipulé le sens de la lutte des classes, en clivant la société d’une autre manière, les diplômés et les non-diplômés.
Ils ont très bien compris qu’il faut céder un peu pour conserver beaucoup. Il sera fait un distinguo entre ceux qui ont un papier officialisant leurs capacités sans avoir besoin d’être démontrées et les autres qui n’ont rien d’autre qu’une intelligence qu’ils ne peuvent pas démontrer.
Si les valeurs officialisées avaient fait le maçon rare et le chef d’école pléthorique, ils eussent investi le maçon dans le pandémonium des valeurs et jeté à rien le chef d’école. Alternative loin d’être impossible dans les temps futurs, quand il y aura plus d’ingénieurs que d’artisans.
Voilà du coup un certain nombre de citoyens investis d’une mainmise sur tous les autres, avec des privilèges qu’ils n’ont pas besoin de défendre : salaire de début supérieur jusqu’aux mirobolantes dotations à 50 fois voire davantage le salaire de base ! La similitude des rémunérations des systèmes économique et politique étant à peu près équivalente, les hauts employés de l’État se voient également bien pourvus.
Ainsi nanti d’une « armée » fondée sur d’apparentes bonnes raisons, une classe supérieure s’est constituée. Les grandes réussites politiques, au même titre que leurs homologues des banques, y voisinent, s’accouplent parfois, dans une démocratie taillée à leur mesure.
Sans entrer dans une critique des inégalités de départ pour une réussite scolaire en Belgique, c’est aux États-Unis, qu’on voit, avec le plus de netteté, la compétition universitaire dictée par la société de marché et les jeux de concurrence. Les professions intellectuelles (pas toutes) au sommet en témoignent. En deux ou trois générations, elles ont su capter en leur faveur les ressources de l’éducation, de la culture, des revenus, jusqu’aux bons emplacements d’habitats de la santé et de la stabilité familiale.

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Le mythe américain de la méritocratie scolaire qui permet aux couches supérieures de justifier leur position, par leur brillance intellectuelle et leurs efforts assidus, a gagné l’Europe.
Comme il n’y aura pas assez de places dans le futur pour tous les diplômés, les quotas appliqués en médecine et conseillés dans d’autres disciplines sont de nature à éveiller les soupçons sur la manière dont on règlera les statuts des citoyens à l’avenir.
Les résultats d’une étude sur la question sont imparables : c’est en facilitant l’accès de leur progéniture aux diplômes les plus élevés que les riches ont assuré leur maintien dans le haut de l’échelle sociale. Les frais des études dès le collège, sont déjà une redoutable et souvent une imparable machine de sélection sociale.
Le rêve américain où chacun ou chacune a ses chances n’existe pas, ni aux States, ni en Europe !
Lorsque Charles Michel se lance dans des discours sur la bonne orientation de l’éducation, c’est comme si on entendait un membre de la Silicone Valley : radicalement pro business, peu favorable aux syndicats, et un système scolaire meilleur, s’il était géré comme une entreprise.
La vision MR de la société est celle d’une méritocratie génératrice d’inégalités.
Aux USA, 20% de la population se sentent pleinement de bon droit sur leur Olympe, 10 à 15 % en Belgique. Ils sont de plus en plus souvent les seuls à le penser ! Ce concept est une bombe à retardement.
La dialectique éristique n’est pas comprise dans la population. Lorsqu’elle le sera, le futur réel sautera aux yeux du plus grand nombre. Il y aura des morts… À moins que la dialectique selon Marx bien rewritée par les prophètes de la Silicone Valley trouve des subterfuges pour nous faire prendre de nouvelles vessies pour des lanternes.

27 octobre 2018

Alliance et mésalliance.

Il se passe des choses étranges dans ce pays qui n’ont rien à voir avec Halloween. Malgré une visible orientation de l’électorat vers le PTB, les partis comme le PS et Écolo semblent plutôt préférer une alliance avec le MR ou le CDH dans la plupart des communes où le PTB aurait dû être choisi par les formateurs, puisqu’il l’avait été au préalable par l’électeur !
S’il y a bien quelque chose de haïssable, c’est tenir des discours en faveur du peuple, puis s’encanailler avec la droite dont on combat les idées, un peu par raison complaisante à la Pascale Delwit, ce funambule de l’ULB, politologue à ce qu’il paraît ?
Cette volonté d’écarter le PTB n’est pas partout. On a vu Catherine Moureaux (PS) tenter une coalition PS-Écolo-PTB, pour qu’aussitôt sur de faux prétextes, Écolo se retire, finalement Madame Moureaux abandonnera le projet. Elle était de bonne foi. À Grâce-Hollogne le PS a touché le fond en s’alliant à la droite à seule fin d’éliminer en son sein un courant contraire minoritaire, abandonnant une municipalité de gauche homogène… pour raison interne !
À Charleroi, il parait que Magnette a été « sommé » par ses électeurs de poursuivre le plan libéral de la gestion de la ville. Sofie Merckx ne peut pas dans ces conditions entrer dans une majorité dite de gauche, pour faire une politique de droite. Les deux partis se rejettent l’échec. Personnellement, je trouve Sofie Merckx logique. Magnette fera du MR sans le MR !
Comment, quand on est de gauche peut-on mépriser à ce point l’électeur en poursuivant un programme libéral ? On a beau dire, c’est de la cuisine intérieure des partis, mais n’est-ce pas finalement cet élément qui fait fuir l’électeur ?
On avait vu pourtant une belle dynamique s’amorcer un mardi avant les élections au Mont-des-Arts à Bruxelles à l’initiative des syndicats, du PTB et du PS contre le gouvernement Michel, au départ du cortège descendant sur Bruxelles centre.
Les électeurs s’en sont souvenus. Le MR a perdu des plumes. Le CDH se liquéfie et la gauche se renforce. Tout s’oublierait pour retomber dans les pots-bouilles du temps passé ?
Est-ce que les élus majoritairement de gauche avec des alliances possibles PS-écolo-PTB ont conscience que, même à l’échelon communal, les partisans du MR et le CDH sont pour la réforme des pensions de Bacquelaine et les restrictions sociales en matière de chômage ?
Que la politique communale n’ait rien à voir avec ce fait, me paraît nier l’évidence.
Est-ce que les bourgmestres socialistes qui n’ont pas encore conçu leur majorité communale ont bien conscience que les crédits temps en matière de pension seront reportés à l'âge de 60 ans au lieu de 55 ans précédemment, une mesure profondément misogyne, puisque les femmes seront majoritairement les victimes de ce report ! La droite, qu’ils auront accueillie dans leur majorité, est responsable, même à l’échelon communal, de ce nouveau coup porté aux femmes seules ! Les régimes de chômage, le complément d'entreprise (RCC) à 62 ans avec 41 ans de carrière est également à l’actif de cette droite-là !

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Si les socialistes sont d’accord avec la FGTB qui propose un plan global pour les 55-60-65, avec possibilité de crédits-temps à 55 ans, de RCC à 60 ans et pension légale à 65 ans maximum, au lieu de travailler jusqu'à 67 ans, que font-ils avec ces partis de droite ?
Le gouvernement Michel est un assemblage disparate flamandisé pour « sauver » la Belgique, alors qu’on va droit vers le confédéralisme ! De ce point de vue on saura en mai prochain si son gouvernement a échoué sur tous les plans. Malheureusement, c’est Bart De Wever qui l’a dit, si la N-VA est entrée aux affaires, c’était pour exercer une pression sur le social afin de se plier aux injonctions du marché et de la concurrence. Entendez par là réduire le social au niveau des populations les plus pauvres et concurrentes malgré elles des pays occidentaux, ce qui les condamne définitivement à leur misère, en même temps, elles amorcent la nôtre.
Mine de rien, c’était aussi le programme du MR et Charles Michel n’a pas eu grand peine à s’accorder avec ses amis de la N-VA sur ce plan là, d’autant que les autres formations de Flandre, entrées au gouvernement fédéral, n’étaient pas contre non plus.

26 octobre 2018

Les F-35 A ou le scandale Michel !

Pourquoi cette mascarade du remplacement de nos avions de combat a-t-elle duré si longtemps ? Les Flamands avaient décidé de longue date que ce serait l’avion américain qui l’emporterait sur les autres, contre l’avion européen et surtout l’avion français, meilleur, polyvalent, avec des installations et une maintenance en Europe.
Malgré les pleurnicheries plus que des commentaires de Charles Michel, la Belgique s’est donc attelée aux armes américaines pour au moins cinquante ans !
C’est presque d’une trahison qu’il s’agit, car comment imaginer l’indépendance de la Belgique vis-à-vis des intérêts américains, quand le plus clair de nos investissements iront grossir les avoirs des lobbies des armes aux USA ?
Comment prendre des dispositions pour une armée européenne qui ferait au moins que l’Europe géante au point de vue industriel, naine matériellement à la défense, quand un des pays fondateurs s’arme chez une puissance économique concurrente ?
Si les Flamands ne s’en gênent pas et triomphent à grands bruits, les Wallons par contre, pourraient quand même dire deux mots à Borsus qui ronronne à la tête d’un gouvernement wallon fantôme sur les grands sujets. Il n’a jamais défendu les intérêts wallons dans cette affaire !
On peut faire une croix sur l’avenir de l’armement européen et la Wallonie sur une retombée intéressante pour l’emploi. Ces minables 600 millions que le fils de Louis nous montre comme une belle économie et comme un drapeau d’une armée au pas de charge, il est certain qu’ils seront aspirés dans le trou sans fond du budget, disparaissant dans la machine aux cadeaux des nantis et qu’on n’en entendra jamais plus parler d’eux.
Assez curieusement Michel en annonçant la chose aux citoyens de ce pays, a signé son arrêt de mort politique. Il vient de mettre un point final à l’étrange collaboration d’un gouvernement flamand-flamand avec quelques MR asexués.
On pourra revenir longtemps sur cette bouffonnerie du choix et cette capitulation sur un avion européen, mais quoiqu’on fasse, le larmoyant Pascal Delwit n’y pourra rien changer, les politologues de l’avenir parleront sans doute de cette affaire comme celle de la double trahison de ce premier ministre falot dont les jours sont désormais comptés.
C’est dorénavant en Arizona que nos pilotes feront leur écolage, c’est bizarre quand même que ces 600 millions d’euros de bénef ne seront même pas grevé de ce va-et-vient pendant au moins vingt ans Belgique-Arizona et Arizona-Belgique de plusieurs centaines de militaires par an ?

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Ce qui est terrible pour Charles Michel, c’est que cette décision s’est prise à la sauvette, sans aucune transparence, ni débat, dans l’entre-soi d’une mafia flamande dans laquelle le premier ministre est le zombie parfait.
Sur sa lancée américaine, pour faire bon prix, le conseil ministériel restreint a également approuvé l’achat de deux systèmes de drones Male (Medium Altitude, Long Endurance) de type Reaper.
On chuchote déjà que les Américains ont fait une fleur sur le coût des avions à la Belgique en supputant que nous bloquerons le développement d’un futur avion de chasse européen.
On ne serait pas surpris dans les temps futurs qu’à la suite de l’un ou l’autre remaniement, on s’aperçoive que les plus chauds américanolâtres flamands ont reçu des enveloppes parfumées en dollars.
L’avenir de la Belgique est déjà compromis par ce joli coup de Trump pour faire figure dans le Scaf (1). Le gouvernement espère toujours y avoir une place, même s’il a décidé d’acheter des chasseurs américains. Décidément, Michel est bouché à l’émeri !
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1. Le système de combat aérien futur (SCAF).

25 octobre 2018

Halloween !

Faut-il tout dévoiler, comme ma conscience l’intime ? Oui, j’avoue mon incompétence sur les sujets que je traite. Mon inculture politique me fait confondre un bon libéral (Charles Michel) avec un mauvais (Didier Reynders). Ma haine est vive de ceux qui réussissent en dépouillant les pauvres. Je ne leur en veux pas d’avoir étouffé mon fric, mais je suis frustré de ne pas prendre le leur. Mon goût pour les « communisss », c’est ainsi que Lutgen et Deborsu appellent désormais le PTB, n’est rien d’autre qu’une foucade « populisss ». Je n’ai rien à cirer d’aucun parti, attendu que je cachetonne tous les mois au Vlaams Belang. Ma mission : noyauter le PTB (ils ne veulent plus que je noyaute le PS, les rosés se noyautent tout seuls).

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Mon enthousiasme pour Sophie Lecron et Sofie Merckx, pour leur courage et leur exemplarité, c’est du bidon. Je les mate parce que ce sont des femmes sexy et rien d’autre. Ma trahison de l’Opus Dei pour les Loges a permis de faire chuter le CDH. J’ai trafiqué le vin de messe, Alda Greoli se voit sous l’effet en Jeanne la papesse. Elle raconte à Benoît qu’elle s’est sentie prise par une tribade de Lasne, les urnes s’étaient transformées en burnes plantées d’un toys que Stormy Daniels animait pour un show télé de Donald Trump.
Dois-je encore descendre plus bas dans mon abjection scélérate ? Dois-je l’avouer devant tout le monde ? Oui, j’ai voté un soir de grande solitude pour le PS ! Oui, je suis un salaud ! C’était dans les années quatre-vingts et, pire, j’ai récidivé deux fois, busquintant Guy Spitaels par Busquin, alors qu’ils étaient aussi fripons l’un que l’autre, mouillés dans les affaires annexes à l’assassinat d’André Cools. Oui, l’ordure qui fit l’appoint d’une voix, c’était moi !
Enfin, c’est moi qui pour 1.000 dollars a exécuté Jamal Khashoggi, au consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul sur l’ordre de MBS, Mohammed ben Salmane. Si nous sommes arrivés si nombreux au consulat, nous étions quinze, c’est que, nous voulions faire disparaître le corps en le mangeant ! Quatre kilos de barbaque par personne en deux repas ! Hélas ! on avait oublié les Alka-Seltzer à Riyad ! Les contrats d’armements avec l’Arabie sont tellement importants que le prince nous a assurés que Trump, Macron et Michel ne parleront plus de l’incident dès fin de semaine. Christine Lagarde du FMI a présenté des excuses au Prince. Elle ne vient pas à la conférence d’Arabie 2030 ! Une brochure sur la morale en politique paraît ces jours-ci à l’UNESCO de NY !
J’ai repris mes cartes de membre d’honneur au MR et au CDH, jumelées c’est moins cher. Je tire à la kalachnikov au club privé Benalla tous les matins sur des cibles « communisss ».
La justice, indulgente, a fait un paquet du tout et m’a condamné à cent heures d’intérêt général chez Richard Miller. Ce travail pénible a occasionné la mort de plusieurs chômeuses remises au travail, avant moi. Pascale Peraita, la dernière est dans un sanatorium en Suisse, victime des gaz nidoreux s’échappant des tuyauteries à chaque usage du propriétaire.

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J’en viens au motif de cette confession : parler de la propreté et de son héros, Ignace Philippe Semmelweis (1818 – 1865) obstétricien hongrois qui œuvra pour l'hygiène. Il démontra l'utilité du lavage des mains après la dissection d'un cadavre pour effectuer un accouchement. À quinze au consulat d’Arabie à Istanbul devant un évier minuscule à nous laver les mains, on a compris pourquoi. Dans les démocraties d’Arabie Saoudite et de la Belgique, les sanitaires, c’est la priorité absolue. Semmelweis ne m’a pas été révélé à un cours de médecine à l’ULg, mais « Dans de beaux draps » l’œuvre la plus immonde de Louis-Ferdinand Céline que j’ai dévorée avec délices. J’ai de l’admiration pour LFC depuis sa collaboration avec les nazis de Vichy. Dès que je sus que sa thèse de doctorat à la Sorbonne traitait de l’hygiéniste Semmelweis, c’était un devoir d’écrire une confession d’hygiène mentale ! Comme a dit Louis Michel « il vaut mieux être propre à l’intérieur qu’à l’extérieur. » Après l’horrible confession, il convenait d’aborder le côté pratique, la partie la plus infamante et choquante. Je suis en scatologie aussi dégueulasse qu’en dénis moraux. Tout le monde a connu l’envie pressante et la recherche de toilettes en urgence. Les discours des deux Michel me font chier ! Certains WC dans les bas-fonds, les troquets infâmes et les pissotières publiques, ont les sièges couverts de gouttelettes, souvenirs de l’utilisateur précédent. Dès lors, que faire? Se comporter comme si de rien n’était et procéder comme à l’accoutumée, ou bien tenter de faire son affaire accroupi, en équilibre précaire? « Notre monde est, à bien des égards, une planète de microbes. Comme tous ses habitants, nous portons en nous et sur nous nos propres forêts tropicales microscopiques, que nous échangeons en permanence non seulement avec notre environnement, mais aussi les uns avec les autres. Les microbes sont en effet abondants dans tout le corps humain, y compris sur la peau, dans la bouche, dans les yeux, dans les organes urinaires et génitaux ainsi que dans le système gastro-intestinal. La plupart des gens transportent jusqu’à un kilogramme de micro-organismes… Ces bactéries, champignons, levures, virus et parfois parasites vivent majoritairement dans l’intestin. » (Slate magazine) Refusant d’encore contaminer les autres, j’ai choisi la constipation ! Il ne me sera plus nécessaire de grimper sur le siège des toilettes pour m’y accroupir, uriner par des poussées vers le bas contribue au prolapsus des organes pelviens. La petite goutte d'urine qui reste dans le caleçon, la poignée de porte sale qu’on ouvre avec les dents, quand on a les deux mains prises à remonter le pantalon : c’est fini !...
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– Monsieur, réveillez-vous ? – Hein quoi ! – Vous vous êtes endormi sur ce banc. – Sur quel banc ? – Voyons, sur lequel vous êtes. ! – Moi, qu’est-ce que je fais là ? – Voulez-vous que je vous conduise aux urgences ? – Non, je rêvais ! – Vous êtes sûr ? – Oui, je rêvais que je volais à moi-même mes propres ailes ! – Vous rêviez que vous voliez de vos propres ailes ? – Non, je rêvais que je les volais ! – Je ne comprends pas ! – Ce n’est pas grave. Personne ne me comprend. – C’est halloween ! – Oui, c’est cette foutue connerie qu’on ne voulait plus en Europe qu’on a fourgué aux Amerloques, qui nous la revendent beaucoup plus cher, normal quoi ! – Je vois que vous allez mieux. Je vous laisse.

24 octobre 2018

Retour à Liège ?

Un qui se demande s’il a bien fait de quitter Liège pour s’en mettre dans les fouilles à Bruxelles, c’est l’affairiste des affaires étrangères, Didier Reynders.
Tout n’est pas perdu pour lui, la défaite du MR dans la capitale est tout autant l’œuvre des Michel et de leur bouchon de radiateur Chastel, que de lui !
Comment, n’ont-ils pas compris qu’aux communales l’électeur pense fédéral et que de ce point de vue, le gouvernement de Charles Michel attelé à la N-VA n’a pas vraiment fait une politique francophile !
On vote moins libéral quand on est employé ou ouvrier, pire pensionné et chômeur. L’esprit « classe-moyenne » chez les pauvres, ça ne fonctionne plus. Ce n’est pas une question d’usure, c’est une question de bon sens.
En attendant le toboggan de mai prochain, la croissance des uns fait l’austérité des autres.
Molenbeek met Françoise Schepmans aux oubliettes ; le toujours bien propre sur lui Alain Courtois – 6 % disparaît de Bruxelles-Ville ; la star, Dominique Dufourny d’Ixelles remake Sunset Boulevard ; on ne verra plus Philippe Pivin à l’ombre de la basilique de Koelkelberg ; Ganshoren, n’en parlons pas ; seule Reuter fait toujours son effet Blücher à Waterloo !
Chastel réclame une analyse ! On pense qu’il s’est trompé de mot, il a voulu dire une psychanalyse.
Comme Richard.3 l’a écrit hier de Benoît Lutgen, tous disent que c’est la faute à Vif-Ardent, brave écolo bien venu dans les mots d’excuse au proviseur populaire et pas du tout la faute au désastre ambulant de ce gouvernement, sans vrais représentants francophones.
Tous les vieux du MR interrogés sont unanimes « il aurait fallu mettre des jeunes aux premières places », quitte à passer devant pour l’obtention des échevinats, après le vote.
Les « grands fauves » du MR avaient déjà en poche, tout ce qu’il fallait pour répondre aux médias. À défaut de victoire, le MR se replie en bon ordre sur des positions établies à l’avance comme disait jadis la Wehrmacht, quand Adolphe ramassait la pâtée au front de l’Est.
Chastel va expliquer le climat aux météorologues du parti pour être prêt en mai prochain et reprendre aux Écolos ce que le thermomètre avait pris.
La déconfiture aux prunes est moins sévère en Wallonie pour les Bleus à cause de la comprenette plus difficile dans les campagnes, explique Michel. Son raisonnement montre quelques mépris pour la paysannerie. Il oublie que si c’est plus lent, il reste encore six bons mois pour que la pièce tombe dans le jukebox sur une java de gauche.
Ce n’est pas Borsus en tandem avec le CDH à Namur qui dira le contraire. Il cherche une excuse pour rester dans la combine, en cause les traites à payer de sa nouvelle gentilhommière de Marche.
Est-ce le poids des ans, le désintérêt après fortune faite, Didier Reynders paraît le plus marqué de tous. On ne le reconnaît plus, empâté, des bajoues, un air las, l’air de la capitale sans doute.

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Il sait bien comme ce gouvernement fait du tort au parti et comme Michel aurait le coup fatal dans ses tiroirs, à propos du F35 américain que De Wever veut absolument, au détriment d’un accord pour l’avion français. Cela marquerait le renvoi dans l’opposition du MR pour dix ans.
Or, dix ans, c’est ce qu’il pouvait encore tirer d’indemnités de l’État belge. Il faut donc pour cela s’assurer d’un emploi.
Il a coupé court à une interview sur RTL pour ne pas répondre à une question sur les élections à Bruxelles et même en Wallonie où le MR a perdu Dinant et Ciney, et n’a plus de majorité absolue dans bon nombre de communes du Brabant wallon.
La Suédoise, à seulement 7 mois des élections fédérales, redeviendrait la Kamikaze des débuts. Le sujet est sensible pour le MR, et plus encore pour le ministre des Affaires Étrangères.
"Vous estimez que vous avez une part de responsabilité dans le mauvais score du MR à Bruxelles ? » lui a balancé en pleine poire la préposée à l’info, dont la carrière doit certainement être menacée depuis. Le grand indemnisé d’État a préféré quitter les lieux, tout comme Giscard battu en fin de mandat, répondant à la journaliste (pour combien de temps encore ?) "Vous ne m'entendrez pas aujourd'hui non plus, merci".
Ah ! si on pouvait ne plus jamais l’entendre !... voilà qui me réconcilierait en partie avec la presse belge ! La fameuse aura de Didier Reynders n’a pas valu un artefact d’urne. Didier Reynders est has been, entend-on dire chez Chastel et qui dit Chastel dit les Karamazov-Michel ! « Le Vieux (Reynders) ne s’investit pas assez à Bruxelles ! »
Il ne faut pas trop compter sur lui en mai prochain pour « tirer » la liste de la Région.
A Uccle, on se débrouille sans lui. Et les Michel se débrouillent pareil ailleurs !

23 octobre 2018

Le CDH, un micro parti ?

Il y a chez Benoît Lutgen une manière délibérée à ne jamais reconnaître ses erreurs, qu’on retrouve chez pratiquement tous les hommes politiques. Mais alors que chez eux, les subtiles manœuvres de rétro pédalage sont mises en pratique, chez Lutgen le caractère têtu de l’Ardennais les aggrave.
Le voilà à nouveau au cœur de la défaite du CDH aux élections communales à faire savoir que la faute incombe aux électeurs qui ont négligé son parti en partagent leurs voix entre le MR, Vert Ardent et le PS.
En réalité le CDH ne s’est pas remis de son changement d’alliance en cours de législature offrant la direction de la Région Wallonne aux libéraux. L’électeur n’aime pas les volte-face, sans vraiment sentir un changement de politique. Et comment pourrait-elle changer cette politique, tant les partis traditionnels n’ont jamais envisagé autre chose que survivre avec le système économique, sans en rien modifier, quitte à être enterrés avec lui.
Le CDH est doucement en train de disparaître tout simplement. La renaissance des Écolos qui bénéficient du coup de chaleur de l’été qu’on associe à l’effet de serre, s’inscrivent au centre-gauche. Le CDH est de trop. Il doit disparaître. C’est ce qu’il fait.
Le tort de Benoît Lutgen : d’avoir imaginé que Madame Greoli issue des mutualités chrétiennes et Josly Piette étaient des personnes suffisamment connues à l’extérieur de la sphère du CDH pour récolter des voix. C’est d’autant plus mal vu, qu’il a dû évincer des personnes de qualités de son parti pour asseoir ces deux là à la table des chefs, alors que ces personnages de guichets étaient en réalité bien moins connus que la seule madame Delvaux qui jeta son tablier il y a déjà deux années, dès le début des chaises musicales internes, quand Lutgen lui préféra Claude Rolin, ce qui se révéla peu efficace.
On passe sur les péripéties bastognardes des frères ennemis et la divine surprise de Benoît battant son frère à la conquête de la ville. La défaite aurait été le comble qu’un président de parti avec tout l’appareil derrière lui, soit défait par une liste communale de circonstance !
Le président du CDH n’a pas encore compris qu’à l’avenir son parti aura de moins en moins un rôle à jouer.
À défaut d’une politique en interne, il met en garde le PS qui, en s’associant éventuellement au PTB dans certaines communes, pourrait constituer des majorités locales « inquiétantes » !
On croit rêver !
Celui qui est à la base de la formule libérale à la Région wallonne, s’en prend au parti qu’il a fait sortir de la Région. Il se permet de désapprouver une coalition PS-PTB dans certaines communes !
Fallait-il que La Libre Belgique et La Dernière Heure n’aient rien d’autre à se mettre sous la plume pour interviewer Benoît Lutgen là-dessus !

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Si Benoît Lutgen entend retrouver une certaine audience du CDH, en considérant avec les chaisières de son parti que le PTB « est dans un projet antidémocratique à terme. Il fait peser un risque sur les libertés fondamentales, il envoie économiquement tout le monde dans le mur, il est dans le simplisme et le populisme absolus", il est à côté de la plaque en imitant le MR qui tient ce discours depuis qu’il ne peut plus l’avoir sur la N-VA !
Ceux qui ont un peu de jugeotes sont persuadés qu’à laisser faire la politique de Lutgen et de ses amis, on aboutira à la catastrophe en Belgique et en Europe bien plus sûrement que toutes les autres solutions proposées, même les plus farfelues.
Car le monde va mal, l’économie est une catastrophe pour une immense majorité d’êtres humains, elle fait des ravages irrémédiables sur cette planète. C’est cela que le bourgmestre de Bastogne appelle à défendre au nom des valeurs !
Dans le fond, Lutgen nous explique pourquoi il déteste la politique de Sofie Merckx et Germain Mugemangango du PTB de Charleroi, c’est parce que Magnette a tellement été dégoûté de la politique du CDH, qu’il les préfèrerait cent fois à lui ! Ce qui n’empêchera pas le bourgmestre sortant de faire tout pour ne pas diriger la commune ni avec le PTB, ni avec le CDH !
Lutgen, c’est don Juan qui humilie la fille du Commandeur puis croit qu’il va pouvoir défier le père « entre hommes » en allant lui serrer la main !
Alors, gonfleur de baudruches de foire, Lutgen n’en a plus qu’une dernière en réserve « l'extrême gauche au pouvoir dans les communes va amener le confédéralisme", et d’ajouter finement "mais amener la misère, ça, oui".
Juste un petit détail que Lutgen semble ignorer, les travailleurs ne reçoivent pas 100.000 euros de cadeau quand ils perdent leur emploi comme les élus et être chômeur, même indemnisé, ce n’est pas drôle du tout, si bien que la misère est déjà là bien présente, partout, et qu’elle n’a pas besoin des conseils de Lutgen pour faire déjà des ravages et des malnutris chez des enfants ! Oui monsieur ! en pleine « prospérité » belge.
Alors, les treize sièges aux prochaines élections, Benoît fait les rêves qu’il veut. Si Défi et Écolo lui taillent des croupières, il pourra toujours dire qu’ils ouvrent la porte aux communistes !

22 octobre 2018

Amalgame, et alors ?

Les médias se ruent sur le côté « obscur » de Mélenchon, histoire de faire pencher l’opinion du côté du pouvoir, un Mélenchon contre l’Ordre établi, les institutions, etc. On a même entendu un journaliste le comparer à Mao, puis sans doute comme cette comparaison n’était pas assez forte, à Adolphe Hitler.
Qu’est-ce qui fait croire que les médias, les politiciens et la justice seraient au top de la démocratie et que l’opposition dans l’erreur, Mélenchon serait un pitre gonflé d’orgueil ? L’establishment politique défendrait seule la démocratie !
D’après eux, après Mélenchon, il y aurait les populistes et dans le caniveau, d’ignobles individus dépourvus de raisonnement, la lie de Facebook, les charognards du web, des types genre Richard3.com.
Il ne vient même pas à l’esprit journalistique un léger soupçon sur la partialité du judiciaire, dans une affaire minuscule, alors qu’on sait la porosité entre la justice et le pouvoir !
Je ne pense pas que le lynchage médiatique d’un leader de l’opposition soit du très bon journalisme. Ne conviendrait-il pas de se poser des questions sur la comparaison des moyens déployés par rapport à d’autres affaires, sur la célérité d’une justice habituellement lente, alors que tant d’autres affaires plus anciennes de même nature, soient remises aux calendes, notamment le dépassement des comptes de campagne d’Emmanuel Macron ?
Tout se passe comme s’il y avait un consensus indéfini mais réel, entre le pouvoir et les médias. Cette presque unanimité est inquiétante. Elle signifie qu’il n’existe plus en France une autre opinion qu’officielle !
Il faut faire attention au retour de manivelle d’une opinion de plus en plus désenchantée et qu’on croit pouvoir façonner au gré des patrons de presse fortunés alliés potentiels de tous les pouvoirs, pourvu qu’ils fissent toujours bon ménage avec le business.
Par ailleurs, l’accommodement de la démocratie à la seule sauce des intérêts du business vient de remonter à la surface d’une autre façon, internationale cette fois, après l’assassinant de Jamal Khashoggi au consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul.

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Le commerce mondial attendait une explication du prince héritier Mohammed ben Salmane pour tourner la page. C’est fait, le journaliste est mort à l’intérieur du consulat à la suite d’une rixe qui aurait dégénéré, dit Riyad. Que personne ne sache où est passé le corps de Khashoggi et quels étaient les membres du commando de tueurs ayant été dépêché de Riyad du matin pour repartir le soir, n’intéressent pas les démocrates.
Les chefs des pays dits démocratiques s’en fichent, à commencer par le plus célèbres d’entre eux, Donald Trump, qui a justement un contrat de plusieurs centaines de milliards avec l’Arabie Saoudite.
Qu’est-ce cela signifie ? Cela signifie que les intérêts financiers sont les seuls qui comptent dans les démocraties occidentales. Que l’Arabie saoudite soit un régime criminel, tout le monde le sait, qu’est-ce que cela signifie à côté des milliards de galons d’huile lourde qui gisent encore sous les dunes de ce charmant pays, et comme il est doux de s’en approprier en échange de quoi on arme à fond des assassins qui vont répandre le crime et la fureur au Yémen, jusqu’au génocide et régler des comptes en Turquie !
Que ce soit ces mêmes représentants de nos démocraties qui jouent les gazelles effarouchées par la voix de leurs porte-parole dans les médias à propos du pauvre Mélenchon et de son parti Les Insoumis, ressort de la même logique.
Fermer le bec à un opposant qui ose concurrencer en popularité le chef du gouvernement lui-même et marquer l’opinion par un tralala judiciaire qui dans l’esprit populaire signifie « à gros déploiement, gros délinquant », sont les mêmes qui regardent ailleurs pendant que se commettent les crimes d’un commando commandité par MBS.
De tout cela émerge une chose.
La presse ne s’insurge pas quand la démocratie est menacée, elle ne s’insurge que lorsque pouvoir et économie le sont !
Autrement dit, le prince MBS est un voyou aux yeux des citoyens européens, certes, mais ce n’est pas grave ; par contre, ce qui l’est, c’est le chef d’un parti qui pourrait prendre le pouvoir un jour, un parti dont on n’est pas certain, qu’il poursuivrait l’accord tacite entre démocratie et capitalisme.
En Belgique, le combat est le même. Vous n’êtes pas sans avoir remarqué que Deborsu et ses boys appellent dorénavant dans « C’est pas tous les jours dimanche » le PTB « le parti communiste », histoire de faire savoir qu’on pourrait revenir au bon vieux temps de Staline, si l’opinion votait en sa faveur !
Certains interviewés de Deborsu à Charleroi, dans un micro trottoir, le craignent.
C’est dire aux prochaines élections comme ce parti devra faire attention aux peaux de banane !

21 octobre 2018

Mélenchon perquisitionné…

…vu de Belgique.
La perquisition à 7 h du matin au domicile du député et président de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon appelle quelques réflexions.
Un tel déploiement de police frappant en même temps jusqu’à des anciens membres du cabinet de Mélenchon partout en banlieue parisienne est étonnant quand il s’agit de l’objet recherché, à savoir un document ou toute autre preuve de dépassement des sommes autorisées lors de la campagne présidentielle de l’intéressé, comme une surfacturation de services.
Toute cette armada de policiers chapeautée par un procureur de la république, une république qui, par ailleurs est toujours d’Ancien Régime, puisque c’est le pouvoir qui a la haute main sur la juridiction en nommant les hauts magistrats du siège.
La publicité qui en a été faite dans la presse, les propos malveillants des journalistes tous plus ou moins dans la sphère du pouvoir y compris des journaux comme Le Monde et Marianne, rachetés ou en passe de l’être par des financiers qui, s’ils achètent à perte, ont bien une autre idée en tête.
L’indépendance de la justice et de la presse sont ici mises à mal, d’autant que ce que l’on a saisi chez Mélenchon serait de nature à exposer sa vie privée et on sait comme sont les magazines spécialisés friands de ces genres de divulgations.
Car les disques durs des ordinateurs, des courriers intimes, des photos de vacances et des notes sur des agendas sont actuellement dans les mains des enquêteurs.
Cet envahissement de la police est aussi dommageable à l’égard de tiers, en-dehors de l’enquête. C’est ainsi que la presse s’est empressée de divulguer qu’à 7 heures du matin, à peine sortie du lit, on a vu la communicante Sophia Chikirou ouvrir la porte aux policiers ! On peut extrapoler les rapports intimes de la dame avec Mélenchon, ce qui est proprement inadmissible et est une atteinte à la vie privée.
Étonnons-nous, après cela que le perquisitionné ait vu rouge ! Son comportement « agressif » est affiché partout, comme s’il n’était pas logique qu’un homme dans son cas se rebiffe ?
Cette perquisition ayant disposé de moyens énormes (plus de cent policiers !), est à mettre en parallèle avec celle faite le mois dernier chez Benalla, le garde-du-corps de Macron. Perquisition quasiment téléphonée et avant laquelle, Benalla a pu déménager des armes et un coffret contenant des documents avant l’opération menée par deux policiers !
On ne peut pas parler de complot, mais les faits sont troublants. Et a priori, il s’agit quand même d’un excès de zèle à l’encontre d’un opposant au régime.

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La procureure générale de la cour d'appel de Paris Catherine Champrenault, magistrate qui supervise les enquêtes préliminaires sur la France insoumise est nommée sur approbation du président de la république et elle a l’obligation de faire remonter jusqu’à la Garde-des-Sceaux toutes les informations que celle-ci juge utiles. De tout cela il ressort que la fameuse indépendance du pouvoir judiciaire dont on nous rebat les oreilles – en Belgique aussi – n’est pas ce qu’on a fait de mieux en matière d’indépendance.
Le parti du président de la république est au plus mal. La cote du président est on ne peut plus basse. L’année prochaine des élections importantes vont avoir lieues. Le rapprochement est inévitable. Déstabiliser une opposition qui monte en flèche avec l’appui des journaux tous aux mains des milliardaires, Macron a du y penser ! C’est probablement sinon réfléchi et souhaité, au moins laissé à l’appréciation d’une justice quasiment dans les mains de la garde-des-sceaux.
L’origine de toute cette suspicion judiciaire vient d’une boutade d’une proche de Marine Le Pen, qui s’interrogeait de « l’acharnement » de la police sur les emplois fictifs au parlement européen d’employés du Front National, « alors qu’on savait des choses pas nettes sur la France Insoumise ».
L’inimitié de la presse bien connues en France à l’égard de la France Insoumise, les choix des statistiques selon certaines méthodes de politologues de la veine du politologue Pascal Delwit, une partie du public pourrait très bien se désolidariser de la France Insoumise, comme l’inverse soit possible aussi et que l’indignation de ces manières d’intimidation de la Justice donne au contraire une plus grande audience encore à cette gauche-là !
Jean-Luc Mélenchon dans ses interviews ne s’en laisse pas compter. Macron a commis quelques dépassements lors de sa campagne, une enquête est en cours. Elle s’avère déjà moins spectaculaire que celle qui a bouleversé l’appartement de Mélenchon.
Cela contribue à créer une atmosphère délétère en France, comme s’il en était encore besoin.

20 octobre 2018

Le Politologue (1)… respectueux.

Pascal Delwit a écrit en 2016 « Les gauches radicales en Europe. XIXe-XXIe siècles » (UBlire 12 €). Un mot sur ce bouquin est nécessaire pour comprendre l’analyse dans les journaux, que vient de faire Pascal Delwit des élections communales de 2018.
Tout le monde le sait, l’Histoire avec un grand « H » n’existe pas. Les historiens racontent des histoires d’abord à eux-mêmes, puis en font part à leurs lecteurs. Les enseignants font pire, ils obligent leurs étudiants à considérer d’abord leur point de vue et rares sont les élèves qui s’y soustraient à seule fin de réussir leurs examens.
L’histoire est avant tout comme les Contes de Perrault, chacun y met sa part de faits fantasmés, selon sa culture et ses idées sur la construction de la démocratie. L’erreur est presque toujours de confondre la période historique avec celle vécue.
Le clivage commence à partir de Robespierre et se repose à chaque nouveau leader de l’extrême gauche, dont la tête dépasse celles des présidents centristes, parfois seulement de quelques centimètres.
L’objectivité est celle de chacun, sauf qu’elle est différente selon les auteurs. Pascal Delwit n’échappe pas à cette diversité qui fait de lui le champion d’une conception de l’histoire qui concorde avec ce qu’il convient de penser à l’ULB et dans les milieux bourgeois, sans pour autant contester la légitimité de sa version et la sincérité dont il fait preuve.
Reconnaissant Syriza en Grèce, Podemos en Espagne, Die Linke en Allemagne, les Insoumis en France, le PTB en Belgique, Pascal Delwit est convaincu que la gauche européenne soit politiquement diversifiée. Cependant il considère certains partis et syndicats « insurrectionnels ». Ce qui le fait considérer le socialisme modéré comme la gauche démocratique. Au-delà, il y voit la gauche extrême ou insurrectionnelle. Voilà une vision bien conservatrice et réductrice ! Et on se demande où Pascal Delwit va bien pouvoir poser la ligne rouge en France, quand le PS sera un minuscule et insignifiant parti centriste, ce qui est possible dès 2019 ?
Le mot « révolutionnaire » chez lui me fait bondir. Il en dit plus sur le milieu que Pascal Delwit défend, que sur l’action politique et syndicale naissante à la loi Le Chapelier (1791), où toute organisation ouvrière était hors la loi et donc révolutionnaire.

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Il aurait dû s’informer de l’histoire tout à fait remarquable d’un des plus vieux syndicats implanté à Liège (1846), le syndicat du Livre. Son programme fondateur mentionnait « la recherche de la liberté et de la dignité dans le travail, du salaire vital et de meilleures conditions d’existence ». Au moment où les libéraux et les catholiques détenaient à eux seuls le pouvoir, avouons que le syndicat dirigé par le poète liégeois Denis Sotiau était conscient de défendre le droit d’exister et si pour Pascal Delwit, ce droit là est révolutionnaire, on comprend la suite de son raisonnement sur la période actuelle.
Pour le reste, Pascal Delwit, obnubilé par Lénine et la Révolution en Russie, fait de 1917 la date charnière de la division politique de la gauche, alors que la rupture de la gauche se fit au Congrès de Tours, 18e congrès national de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO). du 25 au 30 décembre 1920. La gauche pour laquelle Monsieur Delwit a des yeux de Chimène et qui aboutit à la débâcle du PS en France était à l’époque très minoritaire.
Ainsi se dessine le parti pris de Delwit en 2018, vis-à-vis de ce que l’on peut considérer comme la seule gauche aujourd’hui le PTB en Belgique et avec la France Insoumise en France, la ligue trotskiste et Lutte Ouvrière. De la confusion avec la gauche des partis centristes de ce qui reste du PS en France et du PS en meilleur état en Belgique, provient cette expression de parti révolutionnaire d’extrême gauche qu’emploie Monsieur Delwit et à mon sens impropre.
Le progrès du PTB pose problème au politologue, le parti "devra arrêter de promettre la lune" et confronter, enfin, son idéologie à la réalité.
En parlant de l’origine maoïste, prochinois et défenseur ardent du marxisme-léniniste, jusqu'à son 8e congrès, en 2008, du PTB, Delwit oublie que tous les partis s’adaptent plus ou moins à la période traversée. Est-ce que du PSC au CDH, le parti chrétien n’a pas lui aussi essayé de s’adapter à l’air du temps ? La difficulté c’est de traverser les turbulences sans perdre ses convictions. On sait comme les « valeurs chrétiennes » ont disparu au CDH.
Au vu de la dérive du tandem économico-démocrate de la Belgique et de l’Europe, devant l’absence de tout réel débat sur l’avenir du commerce libéral et sa nocivité aux fins de croissance, il est absolument indispensable que des partis jugés « révolutionnaires » par notre chaperon traditionnaliste bourgeois tiennent bon et ne dérivent pas dans des acoquinements avec ce que la démocratie offre ce qu’elle a de plus haïssable à ses électeurs.
L’argumentaire de Delwit tient en deux lignes « Quand une formation politique gagne, elle doit essayer de mettre en œuvre au moins une partie de son programme. Dans le cas contraire, elle envoie le message que voter pour elle ne sert à rien. » Ça reste à prouver. Si l’on admet qu’une partie des militants du PS étaient sincères dans des alliances contre nature avec les libéraux, on doit aussi estimer que cette alliance là n’a jamais profité qu’à la droite. Une gauche servant de caution à la continuité d’un système fait plus de tort aux citoyens que si elle était restée dans l’opposition pour dénoncer une économie source d’inégalités monstrueuses et d’atteintes à l’environnement.
Afin de faire la montre sur le trottoir des officines libérales Delwit concède que le PTB est plus un parti radical qu’extrémiste. On sent que les milieux universitaires seraient ravis de mettre le PTB non pas devant « ses responsabilités » mais devant celles des partis libéraux qui ne savent plus que faire pour maintenir « leur » démocratie à flots.
Dans l’esprit du prof de l’ULB, une bonne division en interne du PTB ferait bien son affaire. Rien de tel que de montrer du doigt une direction centrale du parti qui donne le « la » et toutes les sections locales qui sont obligées de faire avec, afin de susciter des vocations séparatistes. Richard3.com n’étant affilié nulle part, c’est donc tout à fait librement que je trouve que cette direction centrale répond au besoin essentiel de maintient d’une politique unique, même si chacun dans diverses sections à toute faculté de dire ce qu’il pense.
C’est toute la difficulté d’un parti populaire de garder cette communication directe avec le peuple et, en même temps, rester ferme dans ses principes. À cet impératif, il n’y a qu’un seul choix à faire, celui de l’unité. Voilà qui dépasse Delwit à un tel point qu’il est inutile d’en disputer avec lui.
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1. « Le P…. respectueux » est l’asymptote de « La P… respectueuse » de J-P Sartre.
* Si la photo est un montage, l'affiche est bien réelle. Elle a été photographiée par Richard III, il y a quelques années, à la devanture d'un théâtre de Gand.

19 octobre 2018

Un stouffers.

Comme Madame Criblet de Dèthes née Ronget de Soussy, Didier Reynders est un snob.
Il cache son snobisme autant qu’il le peut. Mais quoi qu’il fasse, il reparaît à certains détails, ne serait-ce qu’à la particularité attachée à ses cols de chemises, tous du même dessin.
À la Belle époque, notre ministre des ambassades et des salons eût étudié le chinois, de dépit qu’on ne remarquât pas son anglais impeccable.
Différent du snobisme britannique, qui pousse le snob de sa Gracieuse Majesté à fréquenter « au-dessus de sa condition », le snob belge fréquente au contraire des gens « en-dessous » là où sa vanité peut s’étaler par le mépris qu’il affiche à l’égard de ceux qui l’admirent, mine de rien, par l’élégance d’une manchette, d’un pli au fil à plomb d’un pantalon. Il va au peuple, vers ceux qui « ne le valent pas », pour satisfaire à sa vanité.
Voir comment Reynders mange des frites en sachet avec ses « amis » colleurs de ses affiches dans la rue, la façon dont il humecte la frite dans 50 cents de mayonnaise, sur des photos de presse des années 80, quand il débutait, montrent qu’il était déjà un snob accompli.
Dans ce milieu libéral de la politique, il ne peut montrer de la simplicité qu’en l’affectant. Et c’est là que Reynders snobe son monde, quand il ne porte pas de cravate pour fendre la foule et qu’on le distingue malgré tout, il abandonne ses chemises « classiques » pour arborer un col pointu à la Bernard-Henry Lévy, tout différent de celui de ses réceptions. Cette chemise « peuple » lui fait une remontée jusque sous le menton du plus bel effet. Cette coquetterie masque opportunément les plis relâchés du cou dus à l’âge qui vient.
En Bruxellois, Reynders est un stouffer !
Le stouffer est un dandy glorieux et maniéré. Pour sûr, il l’est assurément. Pour que cela ne fasse pas l’affaire des journaux, il fait diversion par sa faconde en brocardant ses adversaires, par la méchanceté légendaire d’un bel esprit qu’on lui concède.
Le snob belge est d’abord reconnu à sa sape, non pas voyante à l’africaine, mais pour sa coupe des grandes maisons italiennes, compatible avec les éclairages des caméras de télévision.
Notre grand homme est sensible aux honneurs et aux décorations. Il a le culte des macarons sur les boutonnières des revers. Les barrettes, les rubans et les rosettes donnent de l’aura jusque dans le passé, lui apportant la patine de la notoriété ancienne supposée.
La France est une grosse pourvoyeuse d’honneur à la Belgique. Elle l’approvisionne en décorations étrangères du plus bel effet. Notre pays est lui-même prodige d’épingles, d’ordre de Léopold, à la médaille du travail. Le large ruban barrant la poitrine est réservé au sang royal.
Pour contrebalancer la prestigieuse Légion d’Honneur, nous avons des ordres civils et militaires de bronze, d’argent et d’or. Ceux de Reynders sont en or 18 C. évidemment.

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Pur produit politique, Didier n’a jamais rien fait d’autre. D’où sa méconnaissance profonde des métiers et des difficultés de la vie de ses concitoyens. En cela il est pareil à Charles Michel, mais leur snobisme est très différent. Michel ne s’est pas fait tout seul, c’est un héritier, au contraire de l’autre qui doit compenser par plus de hauteur de vue.
Quoique le roi ait distingué Reynders à plusieurs reprises, il n’a jamais été ennobli !
C’est une dernière frustration. L’attente se prolonge. Cela doit faire l’objet souvent de conversation intime, tout en remuant les cendres de l’âtre de sa maison de campagne, en soufflant son léger dépit sur les braises.
Malgré tout, quoique détaché des difficultés de l’existence de la majeure partie des Belges qui lui ont permis d’être sans interruption un homme politique indemnisé, on peut lui reconnaître des efforts vestimentaires pour une représentation digne du peuple.
C’est une qualité que personne ne lui dispute.

18 octobre 2018

À qui perd gagne !

Le tout est plus que la somme des parties dit Aristote.
Oh ! combien il a raison en politique et comme, une fois de plus, les gauches vont se trouver impuissantes à changer le pays dans la mesure où il y aura toujours quelqu’un qui va chipoter sur la manière, comme le Maître de philosophie du Bourgeois gentilhomme "Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour", ou "D’amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux" etc. Ce qui laisse largement le temps aux petits marquis du MR et aux laquais du PS de faire avancer le carrosse de Bart De Wever.
Vous me direz, les Communales, ce n’est quand même pas la pêche aux gros. Certes, mais elle se prépare et les Communales en sont l’amorce.
La réflexion de bon sens d’Aristote a été codifiée par le Holisme, concept selon lequel un tout est plus que la somme de ses parties, de la même manière que l’aurait dit Aristote, sauf qu’il faut bien que l’université invente des mots et serve à quelque chose.
Le rapide calcul de chaque commune de mettre en place une majorité est proprement édifiant. Il y en aura pour tout le monde. Le PS, le CDH,le MR, Défi, les Intérêts communaux, les Écolos et le PTB, cela nous fait 117.649 possibilités !
Le dysfonctionnement de l’appareil démocratique ne tient pas dans un nombre quasi incroyablement élevé de possibilités, mais de la quasi certitude d’une politique quasiment identique à la précédente et quelle que soit l’une des 117.649 possibilités qui sortira du chapeau.
Cette uniformité des politiques revient à n’en percevoir qu’une seule toujours la même, déprimante pour les masses et trop profitables à quelques-uns pour être honnête tout le temps.
Qu’on l’appelle ras le bol ou plus rien à foutre, c’est une des bases du populisme qui est une bonne chose quand il n’est pas récupéré, dans presque tous les cas, par des marioles d’extrême droite, comme au Brésil en ce moment.
Franchement, un populisme en Belgique avec les têtes de nœud qui imitent Viktor Orban, on voit bien que c’est impossible. Chez nous les führers sont limités intellectuellement. Avec le duo d’enfer De Wever et Michel, s’ils s’aigrissent à l’occasion d’une défaite ou se gonflent de prétention en cas de victoire, ces deux là sont dangereux ! Quand ils prennent des mines humbles et studieuses, ils peuvent berner des gens. Les berner longtemps, c’est plus difficile, sauf à faire basculer le Régime dans le « petit je ne sais quoi » qui fait qu’on tarde d’ouvrir la porte quand on y sonne.
Tout le monde le sait, on vote pour quelqu’un qu’on a vu sur une affiche et qu’on croit connaître ainsi. Et c’est encore un défaut de la démocratie qui en compte pas mal. Ce n’est pas anodin de se placer, de se montrer, d’avoir sinon le dernier mot, tout au moins un mot qui compte et qu’on remarque. Même dans les petits partis, au jeu à se faire valoir on peut y perdre vite sa sincérité et ressembler rapidement à tout le monde, c’est-à-dire aux têtes de liste du PS et du MR.

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Exister dans ces conditions serait une entreprise totalement impraticable si on cessait d’accorder de l’importance à ce qui n’en a pas. Être sans ambition serait l’idéal. Comment vous connaîtra-t-on si vous n’apparaissez nulle part ? Il serait évidemment meilleur de placer au pouvoir des gens sans ambition. Tous vous diront qu’ils s’y astreignent, mais s’y astreindre participe encore à l’ambition.
C’est un paradoxe, mais je ne vois pas bien l’avenir d’une démocratie d’élus par le choix du plus grand nombre, alors que c’est le seul envisageable des systèmes qu’on puisse définir comme étant une démocratie !
Jacques Maritain concluait le paradoxe en soulignant la tragédie des démocraties, en soutenant qu’elles n’ont pas encore réussi à réaliser la démocratie !
Ma grand’mère qui connaissait mieux que personne l’âme humaine, surtout du fait qu’elle n’avait pas été gâtée par de fortes études, prétendait que les meilleurs, quels que soient les votes, étaient toujours dans l’opposition.
Tout compte fait, elle n’avait pas tort.
Si on passait à la réalisation de ce que réclame l’opposition et que n’a garde de mettre en pratique la majorité, on ferait une meilleure politique. Tellement meilleure que bientôt les rôles seraient inversés et que tout serait à recommencer !

17 octobre 2018

Apparition / Disparition.

Requiem pour un ancien élu, Michel Firket (cdH), vient d’apprendre ce que les électeurs ont pensé de lui pendant ses années d’échevinat à Liège. À vrai dire pas que du bien… Idem, son homologue du conseil communal, Michel Peeters du MR, après 18 ans de jetons de présence, ne jetonnera plus. C’est dur de connaître l’intime pensée des citoyens du derrière le rideau IKEA de l’isoloir !
A Awans, Bernard Wesphael saura que 68 personnes pensent à lui de façon favorable. C’était insuffisant pour un suffisant. Au diable, pourra-t-il se consoler si de ces 68, deux ou trois resteront de ses amis pour une table de bridge. Il se pourrait qu’il y fasse le mort avec succès.
Rassurons-les. La faculté des perdants de rebondir en politique est étonnante. La championne du trampoline à Liège est la ministre régionale Greoli. La dame perd la moitié des dévots lutgéniens, mais gracieuse, elle ne regrette rien et nous non plus. Ces jeunes hardis en première ligne étaient déjà grillés sur la ligne de départ.
Bizarres ces carrières qui ne commencent jamais et qui pourtant perdurent, boostées malgré l’opinion, M’ame Greoli est de celle-là. Comme quoi on peut faire ministre sans être élu ! Il suffit d’arriver à point pour l’appoint.
Elle nous susurre câline « si c’était à refaire… je recommencerais» ! Elle oublie que si c’était à refaire Benoît Lutgen ne recommencerait pas. C’est benoît lui-même, qui avait imaginé camoufler la haridelle et les chevaux de retours dans les derniers box de la liste, les yearlings en tête sur l’hippodrome. Hélas ! le coup de canif dans le contrat de Paul Magnette à la Région wallonne était encore dans les esprits. Pourtant comme Greoli avait été populaire aux mutualités chrétiennes, et Josly Piette aux syndicats chrétiens, Benoît pouvait espérer…
Par contre un indestructible gonflé à mort, c’est le sieur Bouchez à Mons ! La gueule en coin, Bouchez, l’homme de Michel et Chastel, pur produit libéral, sorti premier d’une école de vente d’aspirateurs, s’est présenté comme le futur bourgmestre de Mons à défaut de l’être aujourd’hui… en 2024. Il s’est mis cinq ans pour se redessiner une carrière, se fabriquer un destin, tueur de Doudou.
C’est dire la confiance ! Est-ce que l’amour de soi finit par provoquer l’amour des autres à soi ? Vaste question philosophique que celui qui a réponse à tout, redoutable anti Borsus à cause de sa facilité à couper tout le monde. Il y a du Bouchez en Borsus… et du Borsus en Bouchez. C’est évident. Ce sont deux présentateurs qu’on ne présente plus, vu qu’ils se présentent bien eux-mêmes.

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Il faut dire que le Bouchez à la barbe drue et le cheveu encore vif – Charles Michel devrait se méfier. Le gaillard a l’envergure d’un marchand de batterie de cuisine à la sauvette sur le parking d’un grand magasin. C’est un des grands espoirs du libéralisme en marketing, carnet d’adresses dans la poche gauche et bulletins d’adhésion dans la droite. Bouchez pourrait vendre son effigie à un marchand de saucisses ou pour une boisson roborative. Il est né pro !... À côté de lui, Elio Di Rupo fait figure de vieille poupée chinoise. Il est vrai que le remplaçant d’Élio à la commune est plus jeune, que sa démarche n’est pas froufroutante et que son style colle à merveille pour une ordalie future avec l’autre preux chevalier.
On ne peut pas finir un tout petit tour de piste chez les dévissés alpins des cordées politiques, sans parler de Christine Defraigne qui perd un siège, mais pas le sien et qui trouve que cette perte légère est quasiment un triomphe liégeois, si elle considère le malheur qui accable la Greoli. Si Willy Demeyer qui fait semblant de proposer une association avec le PTB échoue, la Carmensita des faubourgs pourrait voir son libéralisme militant récompensé. Pour elle, ce ne serait que justice, après toutes les années de galère que Didier Reynders lui fit subir à Liège, lorsqu’il avait l’ambition de devenir bourgmestre et n’y arrivant pas, il passait ses nerfs sur la malheureuse !
Ce n’est pas que la dame soit une grande oratrice, mais de son métier d’avocat, elle a gardé sa ténacité à tenir le crachoir et a appris de Richard Miller et Bouchez l’art de couper la parole, si bien qu’on a l’impression qu’elle est la seule à avoir un raisonnement.
Toute cette fantasmagorie de positionnement va faire la première page de La Meuse, c’est toujours ça. Puis un jour, Willy Demeyer va présenter sa nouvelle équipe comme la meilleure au monde, glorifier le pacte de législature avec son loyal partenaire, ce qui fait que le CDH pourra regarder ailleurs pendant ce temps-là.
Les verts ardents piaffent déjà.
Et c’est là le côté délicat, comment monter dans la patache en oubliant de faire aussi une politique locale contre le réchauffement climatique, parce que, mine de rien, les socialistes n’en ont rien à foutre du climat, surtout le micro climat de Liège !
Le PTB est dans le cas, mais lui, ce serait plutôt la croissance et l’ordre économique mondial… qui le travaillent. Comme quoi Christine garde toutes ses chances !

16 octobre 2018

L’isoloir à froid.

Les progressions du PTB et d’Écolo (en vert prairie ou en vert ardent, on s’en fout !) partout en Régions francophones sont des signes réconfortants d’une volonté naissante de changer radicalement l’orientation libérale commerçante de la démocratie.
Richard3.com avait même prévenu qu’il voterait Sophie Lecron à Liège. Elle a été élue haut la main sur une liste qui progresse et j’en suis ravi.
Lentement, mais sûrement, les gens prennent conscience de deux éléments incontournables de la politique de demain que les partis au pouvoir font semblant d’ignorer.
1. Le système économique génère une injustice massive qui porte préjudice à une très large majorité de citoyens ;
2. Ce système économique est incompatible avec le contrôle du climat. Des modifications climatiques prochaines vont provoquer des millions de morts et des sans-abri de par le monde.
Si bien que le PTB et les Écolos, sont les deux seules formations porteuses d’avenir, puisque tous les autres partis ont l’intention de poursuivre la destruction de l’environnement suivant les besoins d’un ordre mondial de croissance, comme nous en assure le premier ministre MR, Charles Michel et sa clique de productivistes aveugles.
Voilà qui fait porter sur ces partis une formidable responsabilité !
J’ai rapporté les propos entendus dans les files d’attente de ce dimanche électoral, même si j’ai imaginé en partie les dialogues. La population dans son ensemble n’est pas encore bien informée. Elle ne s’est pas approprié la connaissance des dégâts que cette économie de marché occasionne à la nature.
Dépassé le traité de la COP 21, tandis que l’Amérique de Trump s’en retire, et que les pays signataires dépassent les normes établies, pourtant souples.
L’économie libérale ne peut pas respecter ce traité sans perturber gravement sa philosophie, si l’on peut appeler philosophie, l’appropriation des richesses produites au mépris de l’environnent, par quelques bénéficiaires.
Il n’y a pas d’autre alternative que celle de repenser l’économie libérale dans son ensemble. Les électeurs sont pour la plupart très éloignés d’en être convaincus. Il faudra passer par des dérèglements accélérés, des températures anormales, des tornades, des ouragans en série et des inondations qui feront, hélas, des milliers de morts, pour que l’on se pose la question de la survie sur cette planète. Le système libéral sera très vite balayé, si les gens s’aperçoivent que les pouvoirs démocratiques savaient et qu’ils étaient complices.
Ne serait-il pas plus raisonnable d’ouvrir les débats aujourd’hui, pour s’épargner les souffrances et les morts certaines ? Si on ne fait qu’entendre des discours de Charles Michel sur la croissance et Juncker chouchouter ses paradis fiscaux, nous serons tous perdants !

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Il faut à la fois être pédagogue sans se montrer pédant et fin politique dans les pourparlers qui vont suivre, afin de savoir s’il est utile que le PTB et Écolo entrent dans des majorités « pour y faire quoi, sans y perdre son âme et finalement la confiance de l’électeur » ?
Cette société n’offre aucune perspective de modification dans le sens voulu par la gauche. Il y a des urgences parmi la population qu’on ne peut pas négliger, une pauvreté qui augmente, des logements à créer, des horreurs du monde libéral à dénoncer et à combattre, avec en toile de fond, l’apocalypse !
Je comprends qu’il est tentant de rester en-dehors de la pétaudière Belgique et de ricaner devant les gesticulations du pouvoir libéral. Peut-être faut-il se retrousser les manches et y aller en premier secours à la population qui souffre ? Jadis, les communistes et les socialistes ont connu d’autres difficultés. Les premiers se sont perdus par la faute de l’exemple qu’ils s’étaient donnés d’un État socialiste sombrant dans le stalinisme ; les seconds, les socialistes, n’étaient pas suffisamment tenus au mât par des cordes solides, comme Ulysse. Ils n’ont pas résisté aux chants des sirènes capitalistes, n’hésitant pas d’en faire leur dolce vita en trompant leurs électeurs.
À croire que ceux-ci n’en sont pas encore revenus, puisqu’ils continuent à leur faire confiance.
Des compilateurs habituels de Richard3.com se sont abstenus de publier sa chronique d’hier « L’isoloir à chaud » comme étant un élément de contre-propagande. Je les comprends, mais je n’ai pas pour objectif de faire de ce blog une officine pour des éloges complaisants de quelque parti que ce soit.
Les faits sont plus respectables qu’un lord maire.
C’est à partir des faits exposés qu’on peut tirer des conclusions, une morale… ou des plans sur la comète.

15 octobre 2018

L’isoloir à chaud.

La connerie c’est de râler que rien ne change et d’avoir voté aux Communales ce dimanche pour ceux qui sont au pouvoir ou dans l’opposition, avec l’option de revenir aux affaires.
Le record de la connerie n’est cependant pas belge. C’est le Pakistan à qui revient la palme. Une mère de famille pakistanaise, Asia Bibi, est condamnée à mort pour avoir bu l’eau d’un puits réservé aux musulmans, alors qu’elle est chrétienne. Voilà neuf ans qu’elle est en prison en attendant d’être pendue ! Charmantes gens, charmant pays !...
Autres variations sur le thème de la connerie, les gens qui ont voté pour le pouvoir en place, mais qui se sont renseignés sur le changement climatique selon les prévisions du GIEC, s’ils sont pour la limitation à 2° de la hausse de la température, auront sans doute compris qu’avec le système économique mondial et les gouvernements au service du fonctionnement de la dite économie, que nous allons vers les 4 à 5 degrés. Ils ont donc voté MR, PS ou CDH, avec un raisonnement comparable à la connerie des premiers, sans atteindre le sommet à la connerie que détient le Pakistan.
Pour le reste, la connerie journalistique était à l’opération élection de Deborsu, sur RTL de 11 h à 13 h.
Un régal !
Comment peut-on tenir l’antenne deux heures quand on n’a rien à dire ?
Les pros de la connerie ont tiré les listes, émietté des voix, Raviart a maximisé Prévôt à Namur, Giltay a dramatisé le combat des Frères Lutgen à Bastogne, Praet a approuvé la reproductions des majorités. Ils ont battu les cartes derrière Deborsu intarissable, en premier de cordée à tirer sur la corde de rappel du « petit devoir » matinal du citoyen.
Ils n’ont même pas souri, ces thons, au petit devoir matinal ! On ne les imagine même plus, sur le pot, le pantalon en tire-bouchon sur les chaussettes, le journal « Les Sports » dépliés sur les résultats du foot.

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Les gens ont déplié d’autres feuilles, à la lecture desquelles ils se croient en démocratie, dans l’illusion de blackbouler des impétrants avides, dans un des pays les plus stables d’Europe électoralement parlant ! C’est-à-dire un pays où il ne se passe rien que de très prévisibles, les contents et les mécontents votant d‘une seule voix pour les mêmes.
Qu’est-ce que ça fait une demi-minute au sommet du pouvoir à décider de tout, pour finalement ne décider de rien ?
Une seule chose devrait quand même mettre la puce à l’oreille de ces intellectuels du show que sont Pascal Delwit et Dave Sinardet, 20 % de Liégeois n’ont pas voté la fois précédente. On est curieux de connaître les chiffres de 2018.
Comment interpréter ce ras la casquette ?
On attend les fines analyses.
Comment voulez-vous que des élus débarrassent le plancher sur lequel ils dansent dessus depuis trente ans, en trente seconde ?
La preuve, Deborsu a pris des nouvelles de Joëlle Milquet ! Consternation, personne n’avait la réponse. C’est bien ainsi que disparaissent les monstres sacrés qui partent sans qu’on sache pourquoi : dans la consternation ! On s’étonne qu’on puisse disparaître alors qu’on pouvait rester, dire et faire n’importe quoi ? Quand on est connu, on est toujours réélu !
Les MR regrettent la disparition de Kubla, déplorent celle de De Decker. Même en prison ils passaient les doigts dans le nez. Oui, pourquoi, alors qu’ils ne sont qu’inculpés, ont-ils démissionné ? Reuter sa remplaçante, n’en revient toujours pas !
L’électeur belge aime les délinquants. Voler l’État, il y a du ragout. On vote pour des aigrefins de haute lignée, par admiration et par l’envie d’être à leur place. Délinquant à ce niveau politique, on est plus qu’intelligent : on est « malin » !
Dans la file d’attente du bureau de vote, des gens disent quelques mots. Personne ne parle de ce qu’on fait là bien entendu. Réserve de mise ou parce qu’on s’en fout ? – J’ai changé de voiture cette année. Oui, j’ai vendu ma diesel. – Si j’avais su, je serais venu à une autre heure. – On a dit qu’il allait pleuvoir ! – Tu as revu Chose, il est changé, tu ne trouves pas ?
Bref, les abonnés des grands partis ne sont pas près de lâcher la rampe !
On n’a rien trouvé de mieux que faire des élections, un semblant de pouvoir qui vient du peuple.
– Duchnoll s’en va. – C’est qui ? – On ne sait pas. – Dans le fond, il ne servait à rien. – Il est remplacé par Duchnoll. – De la même famille ? – Un homonyme ! – Ah ! bon ! – Les bons ne s’en vont jamais !
On croit enfin, que c’est quelqu’un d’un parti. On apprend par la suite que Duchnol, c’est le garagiste des deux bonshommes.
Il n’y a que dans les dictatures qu’on ne vote pas. Ou alors si on vote, quel que soit le nombre de votants le président est réélu à 99,9 % des voix. Le dixième restant s’est abstenu ou a voté contre. Il est recherché activement par la police pour trouble à l’ordre public.
Alors, tout compte fait, il vaut mieux une démocratie avec des rideaux IKEA et des guirlandes au plafond de la salle des fêtes d’une école réquisitionnée pour la circonstance !... croire à quelque chose qui ne finit pas dans l’interdit, que de s’interdire d’adhérer à un truc qui peut conduire l’innocence en prison.
On n’est pas tout à fait con, quand même !
Vous avez dit que la démocratie, c’est la loi du plus grand nombre ?
– Eh bien ! c’est du propre.

14 octobre 2018

On est cuit !

Nos matamores de la croissance absolue par n’importe quel moyen ont évidemment passé sous silence le dernier Nobel de l’économie à deux chercheurs américains. Et pour cause, ceux-ci ont mis au point « des méthodes qui répondent à des défis parmi les plus fondamentaux et pressants de notre temps : conjuguer croissance durable à long terme de l'économie mondiale et bien-être de la population de la planète. » (Académie royale des sciences)
Cette annonce du Nobel pas trop fêtée par nos gazetiers coïncide avec la publication d'un rapport alarmiste des experts onusiens du climat (Giec) qui appelle à des transformations « sans précédent » pour limiter le réchauffement climatique.
Avec notre ancien ministre des finances Reynders qui repeint ses volets et le roi de la combine MR-N-VA Michel II… ça peut attendre.
Le premier de ces deux chercheurs qu’il faut oublier au plus vite s’appelle Paul Romer, ancien économiste en chef de la Banque mondiale, connu pour avoir théorisé « la croissance endogène », à savoir comment l'innovation et le progrès technique participent de manière importante à la croissance, modèle adapté à l'innovation verte et à l'idée d'une croissance durable.
Avec ce crétin de Chastel qui n’a pas encore compris qu’endogène est le contraire d’exogène, on saura que ce n’est pas encore demain que le bureau du MR passera la soirée dessus.
Ces ondulés du chapiteau pensent que la protection de l'environnement est coûteuse au point de rebuter nos « élites » en plein trouble épistémologique. Aussi, les corbeilles à papier de l’Avenue de la Toison regorgent des magazines de Sudoku entrepris et jamais achevés. Ce qui est la façon préférée de ces messieurs d’ignorer le problème.
Le deuxième héros de l’exécration libérale est William Nordhaus, 77 ans, professeur à l'Université de Yale, spécialisé dans la recherche des conséquences économiques du réchauffement climatique. Un type qui n’a aucune chance de faire une carrière à la Maison Blanche sous l’actuel locataire.
Il a, dans les années 90, modélisé le lien entre l'activité économique et le climat en conjuguant les théories et l'expérience tirées de la physique, de la chimie et de l'économie, ce qui a motivé le jury Nobel. Si Richard3.com compte bien, voilà 28 ans que Nordhaus crie casse-cou , sans nul écho parmi les pogonophores les plus sérieux de la « libérale attitude ».

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Ces travaux feraient aujourd'hui autorité, si les ardents du progrès sortaient de leur torpeur.
Paul Ronner ne sait pas qu’il s’adresse à la pire engeance mondiale quand il dit « Nous pouvons vraiment réaliser des progrès substantiels pour protéger l'environnement sans pour autant renoncer à assurer une croissance durable », parce que c’est le genre de croissance qui traitant d’écologie ne produit pas ou presque pas de profit. La preuve, Trump par son lancement du pétrole de schiste s’est aventuré dans l’irréversible destruction des sols d’une grande partie de son pays et une augmentation durable du CO2 pour la terre entière.
Destruction des sous-sols, pollution de la nappe phréatique et consommation du pétrole raffiné en carburant pour l’automobile, c’est-à-dire poursuite de la politique économique néfaste par la production accrue de CO2.
On est parti vers les + 3° en 2050 !
Toute cette génération aura passé l’arme à gauche ou en passe de le faire. Ce sont les suivants qui vont devoir régler la facture.
Si on est toujours dans les mêmes principes de croissance et d’économie, on pourra planter des bananiers en Europe. Quant à l’Afrique et l’Amérique équatoriale, on ne pourra plus rien planter du tout.
On se doute que les populations concernées reflueront sur ce qui reste des terres acceptables pour la vie. Bonsoir les conflits !... La guerre pour l’eau potable et les terres non inondables, c’est de moins en moins une fiction.

13 octobre 2018

Bacq à Chaud… fontaine !

Par Brahmã, Chaudfontaine la commune la plus américaine de Belgique, va se mettre à l’heure indoue, grâce à son mayor-doctor. Ce sera dorénavant toute la sagesse des Indes qui s’offre dans l’eau pétillante et roborative si bien remise en valeur par le deuxième de la Trimūrti : la divine américaine rebaptisé par le mayor-doctor Khôl Kajal, prononcer Coca-Cola.
Brahmā, dieu créateur-démiurge de l'hindouisme, avec Shiva la guerre et Vishnou la paix, avait besoin d’un Kôl-Kajal pour subventionner son entreprise terrestre. Le mayor-doctor Bacquelaine s’est entremis en bon manager et dorénavant Chaudfontaine aura son exposition Taj-Mahal, avec entrée en euros convertibles immédiatement en dollars.
En effet, la commune trouve plus pratique de vivre directement avec la monnaie de référence en Belgique, plutôt que perdre du temps avec une monnaie étrangère.
L’ancienne exposition avait ce vieil air indo-européen, le mayor-doctor perdait des royalties, au point qu’il avait dû s’exiler dans le ministère des retraités, lui toujours sémillant, pour boucler ses fins de mois. L’exposition sera directement en osmose avec l’Inde revue dans l’imaginaire pré-colombien de Donald Trump.
Un glossaire préviendra à l’entrée que l’eau pétillante Kôl-Kajal s’appelle en langage Trump-Tower, the sparkling water. Et que sortie des cuves elle aura the temperature of 32 degrees.
Sous l’effigie géante du mayor-doctor vous aurez les toilettes à un dollar le pipi pour que The Community puisse rentrer dans ses faux frais.
Brahmâ (diminutif affectif de Bacquelaine) n'est pas mentionné dans les Veda, mais seulement à partir des Brāhmaṇa, sorte de consortium bancaire afin que les fidèles puissent y déposer des fonds. Le Mahābhārata, le Rāmāyaṇa et les Purāṇa, l’État, la Province et les Communes, sont personnifiés par la dernière réincarnation de Brahmâ, en ministre des pensions, mais avant tout très attachés par son carma à Chaudfontaine.
Brahmā intervient seulement de façon occasionnelle dans les affaires des dieux, et encore plus rarement dans celles des mortels, sauf si des intérêts supérieurs l’exigent. Et c’est le cas dans cette exhilaration (revivification) de ce musée permanent du Water Kôl-Kajal.
Brahmâ ministre des pensions est un espoir pour tous les vieux, sa vie dure 36 000 de ses jours, chacun d'eux valant environ 8,64 milliards d'années des mortels. Voilà pourquoi Charles Michel le tient en piètre estime. Encourager le grand âge est une mauvaise politique pour le maître des pensions.
L’année prochaine, il sera sans doute prié de mourir vite fait à Bruxelles et d’aller se réincarner ailleurs.
Outre l’espace consultation à la sortie et entièrement gratuite à tout visiteur ayant ouvert un compte avec un dépôt d’au moins dix mille euros à la banque US Wells Fargo qui affiche le plus gros bénéfice du secteur et double JPMorgan, dit le prospectus, le visiteur entrera dans le monde merveilleux de l’Espace 6 / Le voyage de l'eau.
Le simulateur, très prisé par les visiteurs, vous emmènera dans un voyage en 4D pour vivre en accéléré l’intégralité du périple d’une goutte d’eau depuis les nuages jusqu’à la bouteille de Coca-Cola.

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Un petit film résumera la vie bien remplie du mayor-doctor. Vous le verrez d’abord enfant négociant la vente de son cerceau à un plus jeune que lui qui ne se méfie pas, puis adulte marchandant son entrée au MR au temps où Destenay avait imaginé de faire payer un pas de porte aux commerçants qui voulaient s’adjoindre des revenus sous la forme d’indemnités parlementaires. Il sera nommé FAR(1) FELU (Fédération des Étudiants Libéraux de Liège) en 1937 (à moins que cela ne soit beaucoup plus tard). Ayant obtenu le grade de Piston par Michel Pistor, Bacq entreprit le jeu de fléchettes de la mésothérapie où paraît-il il fait une rose sur deux les yeux bandés.
Enfin, on le voit sillonnant sa commune pour stétoscoper à domicile, avec la courbe montante du prix de ses consultations. Le film se termine dans une série d’activités annexes, peu regardée compte-tenu de la longueur de cette séquence, avec le sommet de la consultation dite à la chaîne dans ses passages éclairs dans les maisons de retraite de la commune.
Revenu à l’air vivifiant après cette tournée dans et sous l’eau et les hospices de Kôl-Kajal et de Brahmā, le visiteur pourra se restaurer chez « Daniel » une friterie sympa et moyennant une adhésion au MR, il aura droit à sa mayonnaise gratuite, et ce jusqu’au 14 octobre inclus.
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1. FAR – First Administrator Republican.

12 octobre 2018

Le MR en grand danger !

En période d’élections communales, le bilan de santé négatif du libéralisme inquiète à l’approche du changement climatique. Nous avons demandé au docteur Sturch-Moll (Sanford Institue et R3.com), son diagnostic sur le MR, en vue d’établir une phylogenèse entre Alexis de Tocqueville et ses arrières descendants spirituels, pour l’élaboration par Richard Miler, d’un tome pour les nuls, dédié à l’économie moderne.
La Schizophrénie nombriliste est un « fractionnement de l’esprit », a dit Sturch-Moll, avec perte de contact de la réalité qui s’observe parmi les membres du MR (réf. R3.com). La pathologie a été observée sur l’ensemble du bureau du parti ou d’un point de vue psychanalytique règne un conflit permanent entre le Moi et la réalité.
C’est une pathologie psychiatrique généralement chronique, qui survient dès le premier mandat électif, difficile à extraire du Moi pour un transfert au Surmoi, quasiment incurable,
Il a été observé chez Didier Reynders une forte augmentation du contentement de soi pouvant aller jusqu’à la crise nerveuse, entre le moment où il décore Nicolas Sarkozy, président français, et celui où ce même président lui remet la Légion d’Honneur, à titre de réciprocité.
Les troubles cognitifs sont souvent les premiers symptômes qui apparaissent chez les mandatés à double personnalité. Dans un premier temps, Charles Michel remercie ceux qui l’ont mandaté, puis il les punit d’avoir été humiliés en sollicitant leurs votes ! Les symptômes annonciateurs débutent dès la première prise de décision. Ce sont ces troubles qui entraînent les difficultés de socialisation chez une personne atteinte.
Le schizophrène prend du temps à répondre aux questions, d’où le syndrome de la langue de bois chez Gérard Miller. Il n’est plus capable de suivre ce qu’on lui dit, dans la concentration constante d’étudier sa réponse qui est en général le contraire d’une option raisonnable.
Quand on place le sujet devant un miroir, il se prend à étudier l’image qu’il a devant lui et perd alors tout contact avec ses interlocuteurs (Olivier Chastel).

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Le schizophrène oublie de faire des tâches de la vie quotidienne, au point que parfois, il ne sait plus qu’il est ministre et pourquoi il est là, exemple Bacquelaine, aggravé d’une sénilité précoce ! C’est alors qu’insidieusement des facteurs secondaires prennent des formes diverses, allant jusqu’à une surprotection de sa famille. Le sujet voit des enveloppes imaginaires, en sollicite dans des endroits où il n’apparaît jamais. Il a de la difficulté à dissocier son métier de médecin généraliste, de son mandat. Sa mémoire autobiographique est affectée. Il oublie des épisodes de son histoire personnelle, ses notes de frais et ses émoluments anciens. Sa mémoire fonctionne difficilement. Il est incapable d’effectuer plusieurs tâches en même temps en oubliant ce qu’il en est dans chacune d’elles.
Les fonctions exécutives de Denis Ducarme sont essentielles en sa qualité de chef de groupe libéral à la Chambre. Tout comportement dirigé, autonome et adapté, comme préparer une réunion, fait surgir chez le malade une fureur rentrée, comme chez Michel il voit des communistes partout.
Le chef de cabinet de Charles Michel écrit ses discours. Si bien que lorsqu’il trébuche sur les mots, ce n’est pas qu’il les cherche, mais il a des difficultés de comprendre ce qu’il lit, dans une sorte d’aphasie. Le schizophrène du type Bourgeois, candidat à l’hôtel de ville de Bruxelles, a de la difficulté à conceptualiser les gestes nécessaires à la réalisation d’une tâche, à anticiper les conséquences, lorsqu’il disjoncte ses gestes deviennent familiers et ses mains par effets nerveux furètent en quête de rotondités basses. Il manque de flexibilité, de discernement, de vérification, d’autocritique, qualités absentes dont il ne voit pas qu’elles sont avant tout une conséquence de son état préoccupant.
Les hallucinations sont des perturbations des perceptions le plus souvent auditives fréquentes au MR (le schizophrène entend une voix qui fait des commentaires ou profère des insultes, des menaces). Parfois en téléphonant à des patrons de presse, l’hallucination cesse par les assurances de ses interlocuteurs qu’ils vont y remédier.
Le schizophrène s’imagine que la personne qui le regarde dans l’autobus ou qui le croise dans la rue va voter pour lui, alors que le schizophrène est parfaitement inconnu. Il est convaincu d’avoir le pouvoir d’influencer les évènements dans le monde et qu’il contrôle tout, alors qu’il ne contrôle rien. Il fait du populisme sans le savoir en actualisant les textes de Jean Gol.
On l’a bien vu au dernier conseil des ministres, le schizophrène peut dire des phrases sans suite ou incompréhensibles et inventer des mots. Il fait fermer les stores de son ministère par crainte d’être espionné, il collectionne les photos où on le voit recevoir des chefs d’État qui sont tous ses amis et à qui il aimerait déclarer la guerre, il met des bouteilles dans sa corbeille à papier et s’enferme dans son cabinet pour lire « On a marché sur la lune » d’Hergé.
Chez Louis Michel, père du premier ministre, les symptômes déficitaires héréditaires s’observent par un manque ou une absence de comportements spontanés, rédhibitoire à l’éloignement des affaires. Il perd plaisir à ses activités de golfeur. Il se déguise en pow-wow pour faire des prophéties dans les radios Il délaisse ses amis, s’isole, menace de s’inscrire à Defi, devient irritable, si on tente de l’approcher. Il se coupe de la réalité.
Enfin saisi d’alogie, il ne trouve plus ses mots, donne des réponses brèves et évasives et ne réussit plus à communiquer ses idées ou ses émotions.
Bref, le parti est en danger. Que l’économie parte à vau-l’eau et le voilà emporté par la première vaguelette !

11 octobre 2018

Le fatum au féminin.

De ces femmes magnifiques qui militent à gauche sans distinction de parti, Richard3.com en a dressé quelques portraits. C’est pur hasard si Sofie Merckx, Sophie Lecron et Mathilde El Bakri sont les voisines de Georges Sand, Nathalie Arthaud, Clémentine Autain, Simone de Beauvoir, Nadia Murad, Simone Weil ou Olympe de Gouges, etc. Le lecteur se doute qu’ayant choisi des têtes de liste d’aujourd’hui et quelques femmes illustres du passé, c’est par un souci de représentation de toutes les autres que Richard3.com a situé au centre du pêle-mêle une jeune militante inconnue.
Pour leur rendre hommage, j’exhume de mes très anciennes lectures, la figure emblématique de La Maheude, femme de Toussaint Maheu, tiré d’un roman de l’œuvre d’Émile Zola, parmi les plus célèbres, Germinal !
Le personnage le plus vrai et le plus fort parmi les grands portraits de Zola, la Maheude est l’archétype de la femme, ouvrière d’usine ou de charbonnage, mère courage, femme derrière son homme dans les combats ouvriers (aujourd’hui Richard3.com dit : à côté de son homme).
Elle résume dans son combat pour sa famille et pour elle-même la progressive et irrésistible attitude du prolétariat en révolte contre le diktat des trois autorités liguées contre lui : le gouvernement, l’église, les industriels. Si la Maheude a évolué avec les siens, le combat reste toujours le même contre ces trois piliers de la démocratie confisquée, encore qu’ils ont été rejoint par un troisième larron, l’économie mondialisée.
Dans Germinal, nous ne voyons d’abord que la ménagère dans son combat pour le pain quotidien, l’amour des siens et sa force dans l’adversité pour faire survivre sa nombreuse famille.
Mais c’est aussi une ouvrière dans son sens plein, car cette femme de mineur était descendue elle-même à la mine dès son enfance, jusqu’à l’âge de vingt ans.
Personnellement, je m’enorgueillis d’avoir eu un aïeul mineur de fond, descendu avec les adultes et ce à l’âge de 10 ans, pour piocher dans les veines trop fines pour un homme fait. Ce départ épouvantable dans la vie ne l’a pas détruit, mais a déterminé son combat anarchiste, dont je porte encore l’esprit, d’une certaine façon, trois générations après !
Hé oui ! les grands-parents de ces beaux messieurs du club Lorraine, ces habitués des honneurs et des beaux discours, sont avant tout, eux aussi, des fils de… et pas de n’importe lesquels, puisqu’ils sont les héritiers des fortunes érigées sur des mineurs souvent femmes et enfants compris, enfouis sous la terre pour leur remplir les poches, et parfois, sous les éboulis pour toujours d’un coup de grisou.

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La Maheude, mère de sept enfants, comme il était fréquent à l’époque, prisonnière au départ de ses préjugés et de son bon sens, se rendra bientôt aux évidences du discours socialiste d’Étienne Lantier, militant syndicaliste.
Dans l’esprit de La Maheude commence alors à naître une espérance de vie meilleure, pour elle, son mari et ses enfants, dont elle en a vus mourant de faim, s’en allant mendier sur les routes.
De la souffrance naît l’indignation. De l’indignation monte une force qui la pousse à vouloir la grève, aidant Maheu à délivrer ses camarades prisonniers de la troupe que les patrons ont lancée contre les grévistes.
Elle devient une combattante acharnée, soutenant le moral des hommes et même, lorsqu’elle voit son mari tomber sous les balles de la troupe massée sur la paire du charbonnage, elle s’insurge contre ceux qui parlent de se rendre.

10 octobre 2018

L’holisme contre la propriété.

La dernière lettre au Général X (le général De Gaulle), écrite par Saint-Exupéry, fut retrouvée sur sa table de travail, après que son avion fut abattu au large de Marseille, au retour d’une mission de reconnaissance, le 31 juillet 1944.
On y lit :
« L’homme robot, l’homme termite, l’homme oscillant du travail à la chaîne : système Bedeau, à la belote. L’homme châtré de tout son pouvoir créateur et qui ne sait même plus, du fond de son village, créer une danse ni une chanson. L’homme que l’on alimente en culture de confection, en culture standard comme on alimente les bœufs en foin. C’est cela l’homme d’aujourd’hui ».
Déjà en 1944… vous vous rendez compte de la prophétie !
Près de septante-cinq années plus tard, la résistance ouvrière s’est organisée, malgré tout !
L’homme a résisté et résiste encore à l’enfermement psychologique dans lequel le monde libéral l’a jeté !
Certes des pans entiers de son autonomie ont été sacrifiés au nom d’une prospérité économique dont il ne perçoit guère les bénéfices, mais il résiste encore, se bat, trébuche, se redresse, malgré les abandons, les lâchetés des partis baptisés trompeusement de gauche et les promesses jamais tenues de la voie libérale dans laquelle se sont engouffrés des socialistes, malgré les clairons libéraux du MR, tous gens de sacs et de cordes, dont on n’apprend plus à se méfier dans les écoles.
Prenons un peu de hauteur, ça changera de cette pestilence.
On a cru qu’au nom des attentats à la dignité des travailleurs, le fascisme était en voie de disparition. On voit qu’il n’en est rien et que le peuple indécis est en train de redonner le pouvoir aux gens qu’il a combattu dans les années quarante !
Les gauches d’Europe font le dos rond. La droite prise de vertige se donne aux néofascistes, du MR à la N-VA sans sourciller face à un Theo Francken qui donne le « la », pour la Belgique, de Viktor Orban, Jaroslaw Kaczynski à Guiseppe Conte, l’Italien, pour l’Europe. Ce n’est que le début d’une notoriété bâtie sur une répulsion des flux migratoires. Quand ces messieurs seront les bottes sur le bureau, une badine à la main, ils pourront rêver aux beaux uniformes noirs avec brassard. Les nostalgiques des dictatures disparues sont seulement à pied d’œuvre au pied de l’échelle, l’œil gourmand sur le Brésil où la pire crapule fasciste est en passe de diriger cet immense pays, avec un Lula en prison pour trois fois rien, prétexte jusqu’après le triomphe de l’extrême droite !
Le dégout qui submerge aujourd’hui les gens de la vraie gauche, on le pressentait déjà en 1944, malgré la victoire contre les adolphins. La veille avant que son avion ne s’écrase, Saint-Exupéry écrivait à un ami « Si je suis descendu, je ne regretterai absolument rien. La termitière future m’épouvante. Je hais leur vertu de robots. Moi, j’étais fait pour être jardinier. »

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Avoir vu si loin et si juste frappe encore l’imagination ! Le pressentiment que l’économie capitaliste n’allait pas en rester là, qu’elle avait encore à assumer la destruction de la planète était omniprésent chez lui. Combien il avait raison !
Quand on y réfléchit, la belle histoire du Petit Prince, celle que l’on raconte aux enfants, pourrait n’être que la sombre parabole du dernier habitant de la terre se prenant à dessiner un mouton, paisible animal décimé par le glyphosate suintant des derniers brins d’herbe !
Comment voulez-vous que je vous parle des gens de pouvoir qui sont au commande des lieux où le hasard me fit naître ?

9 octobre 2018

Les mots pour le dire.

Des dérangés du bocal, Charles Michel, Didier Reynders et Richard Miller portent l’enregistrement des expressions chausse-pied du libéralisme, dans leurs bajoues. Ces énergumènes, que d’autres malades mentaux prennent au sérieux, poursuivent une carrière sublimée par les torche-culs médiatiques. Nul ne verra la fin du cirque et Richard3.com non plus. Ils peuvent gloser et se payer du bon temps sur nos couennes. Après eux, d’autres agités du bocal prononceront un beau discours de leur parcours. La salle sera en larmes. Sur l’estrade, sous les cartons aux effigies des grandes figures de leur passé, dissimulant leurs parties honteuses, il y aura comme une forte érection de contentement symbolique.
Voyageur en Magonie, j’ai collectionné à des fins psychiatriques, les mots que ce trio de pointe nous assène régulièrement.

L’égalité des chances : Je vois la moue goulue de Reynders quand il était aux finances. L’égalité des chances est en réalité « la raison du plus fort ». Les faibles mourront, ce sera de leur faute. Si Reynders n’est pas mort, concluez par vous-mêmes.

Conservatisme : Richard Miller est acquis à la cause libérale par conviction philosophique. Il emploie souvent ce terme, qu’il considère comme un respect outré d’institutions absurdes, périmées, inefficaces et injustes, comme la sécurité sociale d’un autre âge, le code du travail qui empêche l’initiative entrepreneuriale, etc. Le conservatisme est une pesanteur dans la culture, le corporatisme syndical et les lois obsolètes. Miller n’est pas conservateur, il tire du passé des leçons pour l’avenir. Si l’avenir ressemble au passé, ce n’est pas de sa faute.

Le courage : dans la mouvance des Michel, c’est une vertu cardinale pour s’attaquer à la pauvreté, polluée par les pauvres, assistés chroniques, profiteurs et faussement pauvres.

L’Égalitarisme, le trio est viscéralement contre. Les premiers de cordée qui tirent la Nation vers le haut se verraient rétrogradés empêchant d’atteindre le sommet ! Reynders utilise ce mot en se plaçant non du côté de celui qui veut s’élever, mais de celui qui craint qu’on l’abaisse. Il oublie que cet abaissement permettrait aux gens d’avoir un toit et une bonne éducation, pour ne s’effrayer que des joueur de golf qui pourraient être privé de leur parcours favori. « C’est bien beau d’être heureux, encore faut-il que les autres ne le soient pas » est la devise secrète de ce jouisseur envieux et faussement compassionnel.

L’Évolution remplace avantageusement le progrès, dans la bouche de Charles Michel. Le MR est pour des réformes. Personne n’a demandé lesquelles. C’est dommage ! Ces réformes ne concernent pas l’économie de marché, mais les acquis sociaux. Même avec très peu de biens, certains électeurs pauvres sont conservateurs. La "société sans classes" des Michel et autre Élio a fait long feu, mais le trio s’y accroche. Pour démontrer aux « petits » électeurs du MR qu’ils se fourvoient, la gauche espère gagner le pouvoir et changer les institutions, mais pour cela il faut d’abord le conquérir et donc s’y conformer ! On ne sort pas de ce dilemme.

Flexibilité : Mot magique par excellence. Comme sa propriété l’indique il se contorsionne à la demande et se plie aisément à toutes les adaptations, à toutes les conditions de travail ou de salaire. Ce tripode du parti conservateur du libéralisme économique en est amoureux. C’est l’exact opposé de l’inflexible trop têtu « pour faire de l’économie intelligente ».

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Idéologique : Un mot horrible. Assurer à chacun un logement décent, des soins de qualité, une éducation correcte est idéologique, a dit un jour Reynders « dans le contexte actuel », comme si un contexte n’était pas toujours actuel, vous n’y pensez pas ! Laisser les pauvres dans des taudis, refuser l’accès aux soins, dispenser une éducation « pratique » au rabais, produire de la télévision débile, pour ces fossiles de la politique, c’est réaliste !

Inéluctable : L’économie de marché est inéluctable, les restrictions et les sacrifices le sont aussi. Il ne sert à rien que le peuple – qui n’y comprend que dalle – s’y oppose. Richard Miller le pense aussi !

Marchés : Sublime et indépassable marché autant cité que le nom de Dieu, mais avec plus de dévotion ! Perdre leur confiance, Charles Michel en tremble ! Le trio associe au mot celui d’investisseurs, leur église c’est la Bourse, leurs prêtres, les détenteurs des fortunes qui y font « piscine » deux jours par semaine. On y entre en ôtant sa casquette pour tremper deux doigts dans la cuvette emplie d’or. On se signe « Au nom du Pèze et du Fric et du Saint-Grisbi ».

Mondialisation : Richard Miller explique pourquoi la richesse maximale doit être concentrée dans un minimum de mains. Dussent (Miller aime parler ainsi) les gens en souffrir, puisque c’est pour la bonne cause. Comme c’est un philosophe abonné au Lalande, il y associe le mot « Pragmatique » pour faire bon poids. Pour lui, pragmatique signifie qu’il ne faut pas se mettre martel en tête quand on a la planque. Exemple, une usine devrait dépolluer pour être propre. Les propriétaires risquent de la transférer vers des sites très pollués, mais où tout le monde s’en fout ! On est donc pragmatique, on ne lui impose rien. Le cancer décime-t-il les travailleurs ? D’autres attendent les places.

Privatisation : Les trois sont très demandeurs de ce mot. C’est la base de leur fortune. Ils la négocient avec gourmandise. La privatisation est un tour de passe-passe magique de biens publics à une propriété privée. Le privé est plus attentionné que personne aux biens publics ! Allez comprendre ? Des gens riches qui refusent l’impôt et qui se dévouent pour le bien public ! C’est à n’y rien comprendre.

Réformes : on glisse sur ces réformes qui permettant aux riches de s’enrichir encore plus au détriment des pauvres avec un autre mot « Responsabiliser » qui revient à la même chose, soit pour traiter du chômage ou de la sécurité sociale.

Au trio de coquins, Bacquelaine s’y associe pour le mot « Retraite ». C’est un attribut accordé à des gens qui ne travaillent pas, scandaleux aux yeux des néolibéraux, puisque payés à ne rien faire. Ce scandale doit cesser. La retraite est donc associée à problème, aveuglement, des expressions comme situation explosive, bombe à retardement, aller droit dans le mur, etc. L’objectif est de reculer l’âge de la retraite sans faire braire les ânes dans le pré. Le pré est ici une image décrivant des halls d’usine pleins de futurs pensionnés.

Transparence : Le plus beau mot des néolibéraux pour rendre opaques les agissements en vue d’enrichissement. À défaut de dissimuler les gains au sommet d’une entreprise où l’ouvrier gagne peu, toute la difficulté consiste à ne pas cumuler avec les biens et les comptes bancaires de sorte que les impôts restent abordables par pièces détachées. Le législateur l’a très bien compris qui dissocie le salaire de la fortune. On peut donc être transparent aux yeux de tous, pour tout autant que les autres restent myopes.

8 octobre 2018

Propos aciculaires.

Ces débats sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire, à une semaine des urnes, commencent à me gonfler.
Les économistes ont raison sur un point : le capital est toujours le produit du travail accumulé, sinon c’est un capital fictif à ranger dans un immense hangar qui servirait à stocker des dollars en papier monnaie qui n’ont jamais fait travailler personne, mais qui ont permis à tout le monde de spéculer. Quant à l’autre capital produisant de l’activité, comme on ne peut pas tout faire, les uns travaillent et les autres accumulent.
Comme cet Alain Courtois, MR et adjoint du bourgmestre de Bruxelles, tiré à quatre épingles chez Deborsu d’RTL, en voilà un qui ne se gêne pas d’accumuler.
Est-ce bien raisonnable que ces personnages politiques de pouvoir, percevant des deniers de l’État de quoi assurer leur subsistance sur un autre pied et avec infiniment plus d’aisance que les chômeurs, diminuent la paie de ceux-ci, sur le temps qu’ils augmentent la leur ?
Les électeurs ont-ils déjà réfléchi à cela ?
Tout ce que Richard3.com a écrit serait-il inutile, repris parfois, déformé souvent par d’autres pour des raisons partisanes, surtout si c’est la vérité, enfin ma vérité… Alors que le monde devient chaque jour plus bête, plus dur, inhumain même !
La semaine dernière j’ai décidé de voter aux Communales pour Sophie Lecron. Pourquoi ? Parce qu’il y a dans cette femme une fragilité qui m’émeut. On sent qu’elle n’est pas faite pour l’arrogance et le débat public. Une femme qui montre sa peur d’être sur une estrade, qui a dans le regard une intention de dire « eh ! bien puisque c’est comme ça, vous pourrez faire sans moi », une femme qui n’a que des ambitions altruistes et le désir d’être au service des autres, mais pas de n’importe lesquels, au service des plus faibles, des plus fragiles comme l’est sa personnalité, et vous pouvez aller vous faire foutre si vous ne me croyez pas, j’aime ça. Quant à la suite de son combat, je ne suis pas là pour en juger, sinon que Deleuze le philosophe Rive Gauche estimait que ce n’était pas à la gauche d’entrer dans un système où elle ne maîtrise pas grand-chose. Je l’ai écrit avant-hier je crois, comment vouloir que les choses changent en commençant par adhérer au système en y entrant ? Le PS s’y est complètement dissout.
Ah ! je sais bien ce qu’on va penser, que je suis un sous-marin secrètement chargé d’envahir Liège par la Meuse, pour le compte d’un parti qui m’entretient.
Je vois bien que ça emmerde les partisans acharnés des causes qu’elles soient perdues ou gagnées de la droite à la gauche, de voir un électeur dire de façon désintéressée et sans qu’on lui demande, non seulement qu’il va voter, mais encore dire pour qui. Même si les élections dans une démocratie Potemkine en décors et trompe-l’œil ne troublent en rien le cours des choses d’une théocratie au dieu dollar !
La franchise ne doit-elle pas s’exercer sur tous les sujets ? Que parfois je sois allé aussi loin dans l’exercice de celle-ci m’étonne, sans avoir reçu un tombereau d’insultes.
Je me demande si je ne suis pas un des derniers à Liège de m’informer sur les partis, les enjeux, les politiques communales, en-dehors des directions de ces dits-partis, et que je fais muezzin du désert. Curieux muezzin quand même, sans religion et quasiment sans patrie, à considérer de près ce territoire ridicule entre deux grandes puissances et occupé par deux ethnies étrangères l’une à l’autre.
De ce fatras quasiment seul dépositaire, j’en conclus que presque tous les protagonistes, dans cette péripétie électorale des plus banales, défendent des intérêts bourgeois.

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Le psychiatre est formel là-dessus, l’individualisme bourgeois est presque toujours l’acquis d’individus présentant un caractère anal égoïste, qui exposent comme une vertu leur incapacité à travailler avec les autres dans un collectif qu’ils ne dirigent pas évidemment.
Et que ceux qui ne sont pas Tartufe voilant le sein de Dorine pour mieux cocufier Orgon, disent le contraire.
Comme l’a si bien écrit Lacan « L’amour, c’est donner ce qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas », c’est bien pourquoi, on a le droit de suspecter tous les amoureux de la dernière heure de la population pauvre, quand celle-ci en perçoit le discours mensonger.
Je ne joue pas à l’affichiste électoral, mais je ne pense pas que ma candidate soit dans ce cas.
Voulait-elle réussir, elle aurait été bête et grassement vulgaire comme le personnage que joue Christine Defraigne, elle aurait atteint des cimes, présidente du sénat sans doute.

7 octobre 2018

Le raté de Brett Kavanaugh

Ce qui se passe aux USA est extrêmement grave pour l’avenir de la démocratie.
Le New Yorker titre « Unheard » traduction difficile qui pourrait correspondre à « sans voix » ou mieux appropriée « non entendue », d’un article paru juste après l’audition par la commission judiciaire du Sénat, le 27 septembre, de Christine Blasey Ford, qui accuse le juge Brett Kavanaugh de l’avoir agressée sexuellement en 1982.
Cela conforte mes craintes au sujet d’un suffrage universel qui n’est consulté que pour le placement et le déplacement dans une sorte de jeu de chaises musicales d’une nomenklatura politique invariable, seulement renouvelée dans les mêmes familles au pouvoir par la retraite des vieux et le lancement des jeunes.
Nous avons un beau cas d’école en Belgique avec la famille Michel.
Qu’elle ait beau parler pour les femmes qui n’ont pas de voix, mais l’impudence du pouvoir ne compte plus ses propos désinvoltes et cet espèce de mépris qu’ont ces hauts personnages de l’État pour les femmes, quand un sénateur, interpellé par l’une d’entre elles, répond « essayez de grandir » !
Ainsi donc, malgré les mouvements féministes, les machos convaincus d’attentats divers allant jusqu’au viol et dont la plupart ne seront pas poursuivis, auront finalement été rejoints par l’ancien monde qui fonda une démocratie, qui sombra d’abord dans l’argent et qui coule par le fond en niant la moitié du genre humain !
Oui, Kavanaugh ira siéger à la Cour suprême qui du coup ne sera plus du tout respectée. Oui, Trump sera gagnant pour un tiers des américains et méprisé davantage par les deux autres tiers.

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On se disait que jusqu’à présent, la lutte des classes termine les débats en donnant raison au violeur quand la plaignante est serveuse de bar ou chômeuse. Ce qui montre bien dans quelle société on est. Mais, quand une professeure de psychologie entendue par les sénateurs et plus largement par les Américains, malgré son témoignage jugé “convaincant”, moquée par le président Trump lui-même, est tenue pour quantité négligeable, lors même que son « honorabilité » n’est plus à démontrer, c’est l’autre visage d’une Amérique qui nous rappelle aussi le nôtre par les multiples attitudes de nos polices goguenardes, de nos juges tous ou presque en pantalons plutôt qu’en jupes, qui dit à l’autre moitié du genre humain « grandissez » vous n’êtes pas encore à atteindre notre maturité.
Et ce qui est terrible, cette maturité à atteindre n’est ni plus ni moins que la supériorité du mâle, si bien illustrée dans la religion musulmane, qu’il est inutile de rappeler qu’il n’y a guère, elle était aussi dans la religion chrétienne. Encore qu’elle n’ait pas disparue complètement chez cette dernière. Et cette maturité dite par le sénateur à une femme en colère, il le savait bien, le misérable, comme tous les autres misérables de sa sorte, que les femmes ne l’atteindront jamais.
Il paraît que la nomination de Kavanaugh à la Cour suprême pourrait bien être confirmée rapidement par la chambre haute du Congrès, dès demain.
Cette chronique de Richard3.com est écrite avant le verdict et bien malin qui pourrait dire à l’heure où j’écris ce que feront les Sénateurs, sauf qu’il est probable que Kavanaught sera nommé.
Qu’importe, on imagine le dilemme de Kavanaught qui nie tout en sachant que Madame Blasey Ford a dit la vérité. Il a tranché, il a décidé de ne pas assumer ce péché de jeunesse, de jouer le reste de sa vie un personnage, dont il connaît le mensonge.
Il devra vivre avec !
Il se fût grandi en parlant de son acte comme étant celui d’un jeune de 18 ans et qu’il le regrette profondément. À cette époque, il n’était pas encore dans la peau d’un futur magistrat, il ne connaissait pas sa femme et ignorait tout, de la suite de sa vie.
On aurait compris. Il n’aurait pas eu la place qu’il convoite, peut-être même que sa famille l’aurait méprisé et sa femme lâché, mais c'est à ce moment là qu’il se serait révélé un « honnête homme ».
Ce qu’il ne sera jamais !

6 octobre 2018

La controverse des Invalides.

Après l’hommage national de la France au chanteur Charles Aznavour et le précédent de Johnny Hallyday aux Invalide à Paris, en marge de leur popularité, de leur talent et du rôle qu’ils ont joué dans l’imaginaire non seulement des Français, mais encore des francophones et même au-delà, une question, pas si anodine que cela, brouille les pistes du « spectacle » des hommages : celle de la consécration de deux gros fraudeurs invétérés des contributions.
Il y a ainsi comme un ange qui passe en entendant le président Macron célébrer le caractère festif des deux professionnels de la chanson dans des cérémonies d’hommage où la célébrité et le people jouent autant pour la fascination des foules, qu’une autre notoriété acquise à travers une carrière bien remplie par des millions d’album vendus, celle de l’argent.
Ce n’est pas anodin qu’outre le couplet du « grand français », il s’est quand même trouvé des agents du fisc et des journalistes qui conviennent que des sociétés au Luxembourg, des avoirs en Suisse d’Aznavour, comme des velléités de Johnny d’habiter aux USA, puis de prétendre un retour à la Belgique, non par amour pour le père qui était Belge, mais pour la facilité légendaire de la Belgique à fermer les yeux sur les possédants de gros avoirs, que tout cela enfin rejoint ce goût du riche pour la fraude et cette faculté d’oubli du pouvoir libéral pour le fraudeur fortuné.
Car il faut reconnaître qu’un petit fraudeur ordinaire n’aura droit qu’à l’huissier et à la saisie éventuelle des biens, avec mise à la rue séance tenante, condamnation parfois judiciaire et misère noire.
Les artistes qui ont réussi et qui vivent largement de leur art sont peu nombreux. Les autres parfois de grand talent, on dit même, certains supérieurs à ceux que la réussite financière a consacrés, vivent et meurent dans la misère complète, poursuivis, tracassés, harcelés par les happe-chair du fisc. Mais ceux qui sont honorés et qui reçoivent les honneurs de la République, pourquoi échappent-ils si facilement aux rigueurs de la loi ?
Dans la quête continuelle du pouvoir à trouver des ressources afin de combler les déficits, dans l’inventivité des ministres à pondre des lois afin de vider les poches même des plus pauvres, il devrait pourtant exister une sorte de désir de rendre justice au peuple qui veut voir taxer les plus riches aussi.
Pourquoi le pouvoir ne le fait-il pas ?
Parce qu’un artiste qui a fait fortune entre par la grande porte dans ces privilégiés qui font la République et avec ce double avantage qu’il est à la fois un exemple pour la classe sociale qu’il rejoint et une publicité vivante pour celle-ci par sa popularité auprès des plus humbles.
De fait, toutes les manœuvres illégales pour conserver le plus possible des gains, l’artiste donne au contraire une dimension que le chef d’État reconnaît et admire secrètement.
Quand on y réfléchit bien, et ici le talent de l’artiste n’est pas en cause, ce Régime par ailleurs impitoyable pour les petites gens, ose ostensiblement afficher qu’un riche n’est pas un citoyen ordinaire, mais qu’il est bien au-dessus des lois, au point de lui conférer la Légion d’honneur quasi automatiquement à partir d’un certain chiffre d’albums vendus.

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Et qui le dit ?
Les plus hautes autorités, celles qui le jour suivant, prendront des mesures pour raboter un peu plus les pensions des retraités, limeront au maximum la contribution collective à la survie du chômeur, ne prendront pas en compte les surmenages des infirmières des urgences et trouveront que les allocations pour les handicapés sont beaucoup trop élevées, comme ils ne cessent de dire « qu’on ne sait pas comment dans dix ou vingt ans on paiera les pensions ».
Ce double langage est troublant et il se fait à l’occasion d’un événement dont on respecte l’objet principal, un mort. C‘est-à-dire quelqu’un dont on ne peut dire que du bien et pour lequel il serait malséant de placer des scories dans les déferlements d’hommages.
Le pouvoir compte bien là-dessus pour s’éviter des remarques comme la mienne.
Nous vivons décidément une époque bien curieuse : celle de l’âge d’or d’une société de l’argent qui se montre et qu’on applaudit, quand elle consacre un artiste et achète son œuvre, laissant à celui qu’elle adoube le soin de faire aussi des placements juteux.
Une époque fameuse où un président de la République fait l’éloge d’une fortune en même temps que d’un talent.
Et je me demande si ce grand talent qui s’en va avait été celui d’un homme pauvre, comment aurait été la semaine après son décès ? Une veuve accablée de dettes, un entrepreneur des pompes funèbres avec ses factures, des tracasseries administratives et des chicaneries entre les héritiers, pour un fauteuil et l’alliance enlevée à la dernière minute de l’annulaire du défunt.
Enfin et surtout pas, l’hommage de la Nation dans la grande cour des Invalides.

5 octobre 2018

L’illibéralisme… Lili, tu m' suis ?

Notre démocratie a la particularité de ne pas être démocratique ! Toutes les formations issues des élections aboutissent à faire la même politique. Or s’il y a bien une chose qui définit la démocratie, c’est bien la confrontation de deux camps opposés. Où est donc la voix discordante ? La nuance d’Elio ? Tu charries !
Devant cette évidence, il faut bien trouver un artefact qui tienne lieu d’opposition, ne serait-ce que pour empêcher des partis comme « Les insoumis » en France et le PTB en Belgique d’accéder au pouvoir et d’entreprendre une vraie politique d’opposition à celle qui précède.
Le pouvoir, dans l’incapacité de puiser une opposition « convenable » dans le convenu, a sorti l’«illibéralisme » de la naphtaline, un cas de figure imaginé par Pierre Rosanvallon et Étienne Balibar. C’est une gestion qui amplifie l’autorité de la vision libérale.
L’Europe qui se « droitise » a tendance à l’illibéralisme. L’exemple récent du nouveau gouvernement italien fait référence à la politique de Viktor Orbán, premier ministre hongrois depuis 2010 et du gouvernement polonais de ces dernières années.
Dédouané pour les besoins de la cause bourgeoise en Belgique par Charles Michel, la N-VA fut longtemps illibérale, avant de devenir le grand parti démocrate flamand célébré par Didier Reynders à Bruxelles, pour faire nombre et gouverner.
Cette vision permet aux pouvoirs libéraux classiques de poursuivre sur une ligne de crête la quête des suffrages de la population laborieuse en disant à ces électeurs, « Voyez, nous sommes des démocrates, puisque nous avons sous contrôle des ultras libéraux qui le sont moins », tout en conservant des relations par affinités profondes avec les illibéraux.
Les radicaux de la droite mettent brutalement à nu les ressorts les plus profonds du libéralisme, c’est pourquoi il faut les cacher à tout prix. Cependant, certaines de ces « hontes secrètes » se révèlent payantes dans l’opinion, c’est l’attitude de Theo Francken qui heurte beaucoup de gens mais en contente tout autant, franchement hostiles à l’égard d’une humanité poussée à la transhumance par la guerre et la famine.
La Belgique par sa division linguistique est propice à l’éclosion de l’illibéralisme. L’érosion de la liberté par des compétitions ethniques qui débouchent sur des compétitions commerciales, limitent les libertés constitutionnelles et privent les citoyens des libertés fondamentales.

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Ce n’est pas parce qu’on ne peut plus s’exprimer en français dans les administrations communales et dans les milieux pointus et officiels de Flandre que c’est grave, mais parce qu’on pouvait s’y exprimer avant les lois linguistiques sans susciter des réflexions d’un personnel compréhensif et bienveillant. Et là réside un progrès de l’illibéralisme en Belgique.
Le modèle illibéral, visible en Belgique, poursuit sa métastase en Europe avec la coalition gouvernementale italienne Ligue-5 Etoiles et la brutalité verbale de Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur.
Macron qui revendique un pouvoir personnel gère à sa manière un dialogue social qui n’en est vraiment plus un, au vu de la logique autoritaire pour imposer les réformes, celle du code du travail notamment. Le MR tend à cette perversion du libéralisme en discréditant toute alternative au libéralisme économique en l’amalgamant au libéralisme politique. Faire croire que tout projet politique innovant du point de vue économique est suspect d’autoritarisme antidémocratique, mettant ainsi le PTB dans l’en-dehors des possibles, alors qu’à l’inverse l’illibéralisme serait amendable, sous-entendant le « succès » de la conversion de la N-VA, c’est manquer une fois encore l’occasion de relancer la discussion sur l’économie de marché.
Tout cela est clair et les contrevérités n’échappent pas à la clairvoyance des gens dans l’aventure d’une économie classique, qui pourtant visiblement court au désastre.
Personne n’y fera rien, la réussite des uns étant construite sur l’infortune des autres, libérale ou illibérale, cette société ne verra pas l’âge d’or de l’économie.
Depuis l’aube de la révolution industrielle du XIXme siècle, elle s’est construite sur le concept de la lutte des classes et se poursuit par l’inégalité des citoyens sur la rémunération du travail et sur le niveau d’économie qui résulte d’une vie de travail.
Pour rendre l’électeur passif, on a conçu un suffrage universel dont le choix est restreint aux nuances infinitésimales entre la gauche et la droite sur les qualités du marché. Reste la marginalité d’une autre gauche. C’est dans cette marginalité là qu’il faut chercher un motif d’espérance.

4 octobre 2018

TINA

Les citoyens ne le savent pas assez, ce pays est administré par de hauts fonctionnaires. Certains gagnent plus que des ministres. Issus de trois ou quatre universités, ils partagent, l’œil rivé sur les USA, l’« idéal » commun d’une démocratie à l’économie orthodoxe.
Tandis que les ministres découvrent combien ils sont beaux et intelligents, l’administration poursuit son travail, le même depuis toujours, sous quelque couleur que ce soit.
La discrimination à l’embauche au plus haut échelon de l’État, sur la foi d’un diplôme, réduit l’Administration à un camaïeu allant du bleu au rose, donnant aux législatures une conformité bienséante et conservatrice. Afin de se pérenniser, le système s’est doté du noir profond de la N-VA donnant au camaïeu propre à Charles Michel, une couleur bleue nuit au MR.
Autrement dit, cette démocratie est en réalité une chambre d’enregistrement de la droite, excluant l’électeur de gauche de toute décision importante.
Le philosophe Paul Ricœur l’avait dénoncé dans la préface d’un livre "Le danger, aujourd'hui, est que la direction des affaires soit accaparée par des oligarchies de compétents, associées aux puissances d'argent", La Presse, le Pouvoir et l'Argent (Seuil, réédition 2018).
Même posée au niveau des élections communales, les « oligarchies de compétents », associées aux puissances d'argent, ne sont pas sans conséquence.
Le diplôme ad’hoc ne l’est pas pour certaines catégories de citoyens : les avocats et les pistonnés. Le zèle pour la continuité d’un État libéral ne s’en trouve pas gêné, la compétition n’est qu’entre les personnes, puisque les idées à ce niveau se ressemblent toutes.
Le diplôme ne fait rien à l’affaire. Il sert tout au plus à écarter la demande trop nombreuse à l’offre plutôt restrictive. La certitude d’entreprendre « entre nous » reste intacte.
C’est d’ailleurs le système partout pour les apprentissages de haute volée, alors que l’électricien et le plombier-zingueur « bas de gamme » n’ont qu’à se débattre dans le foisonnement des candidatures.
La démocratie se prive ainsi d’une multitude de compétences hors circuit, d’intelligences non assimilables aux formations proposées et condamnées aux petits boulots et au chômage.
Alors qu’en principe tous les citoyens capables de raisonnement devraient accéder aux hautes fonctions, la sélection commence dès l’affiliation à un parti, sur une mise en conformité par d’autres fonctionnaires attachés à la présidence.
Un véritable double hold-up sur le pouvoir se perpètre auquel l’électeur assiste impuissant. Les élus et la haute administration envahissant les cabinets se conjuguent finalement dès la présentation du nouveau gouvernement pour une stabilité politique essentiellement conservatrice.
Au niveau des communes le trip est plus diffus mais néanmoins identique, les quelques initiatives sortant du cadre seront finalement étouffées par les bourgmestres et échevins ou par des échelons supérieurs remontant parfois jusqu’au premier ministre.

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Quelques petites communes emportées par des majorités hors contrôle, menacées de marginalité, ne résistent pas aux fourches caudines des Provinces, elles rentrent tôt ou tard dans le rang sous la risée des gazettes.
Les privatisations viennent directement d’un courant majoritaire tout parti confondu, qui s’autoproclame de « bon sens ». Le libéralisme y fait son beurre, suivant la formule de Benjamin Constant « Servons la bonne cause », qui se plaça aussitôt au service de Napoléon.
Voilà pourquoi en Belgique, mais aussi dans d’autres démocraties, on passe aisément d’administrateur des réseaux de l’État dans des entreprises privées et vice versa. Les fonctionnaires ayant goûté au pouvoir savent que le monde de l’argent à d’autres charmes.
Les privatisations sont dictées par des ambitions personnelles secrètes et des pots-de-vin déguisés. C’est sous le prétexte cent fois démentis de l’efficacité, que des pans entiers des entreprises publiques disparaissent. Outre la performance qui reste à démontrer, l’intérêt secret du pouvoir du-dessus est toujours la disparition des fonctionnaires d’en-dessous, aussitôt mis au pas ou licenciés dans le privé.
La réalité commanderait de réfléchir au rôle destructeur de la politique de marché, de l’abandonner, non pas dans l’immédiat, mais après réflexion et progressivement.
Les forces vives réelles ne sont pas chez les batteurs d’estrade de la Belgique officielle, mais parmi les gens conscients du problème face au refus d’y réfléchir du monde libéral. Ils nous disent, comme s’ils parlaient à des enfants : c’est impossible "There is no alternative" (TINA), ou si l'on préfère "il n'y a qu'une seule politique économique possible", une politique soi-disant réaliste, ni de gauche, ni de droite, mais qui est en fait très exactement celle des cercles dominants de la finance.

3 octobre 2018

Bacquelaine déplafonneur.

Cela apparaît plus qu’une habitude chez les libéraux réformateurs, chaque modification des lois touchant le social devient beaucoup plus qu’une manie, mais une sale habitude de transformer ce qui fonctionnait déjà avec de fortes inégalités, en une nouvelle mouture encore plus injuste et plus inégalitaire !
La règle ne devrait-elle pas être le contraire dans une démocratie ?
On devine que ce qui motive le gouvernement tient en deux points. Le premier : faire des économies (chômage et pension), le second brader au privé tout ce qu’on peut.
La philosophie étant l’appauvrissement de l’État et l’enrichissement des classes sociales supérieures sur le dos des collectivités pauvres.
Cela n’a pas échappé au ministre des pensions. On sait l’aversion de R3.com pour ceux qui nous cornaquent et particulièrement ceux qui s’attaquent aux plus faibles de cette société. Hier c’était Kris Peeters pour les chômeurs. Aujourd’hui, c’est le hardi malfaisant de Chaudfontaine qui s’attaque aux pensions. L’homme a réfléchi à ce qui pourrait être une mesure libérale profitable aux gens de son espèce !
Le Gouvernement s'apprête à réformer le régime de retraite des travailleurs salariés, avec cet objectif.
Le bébé Bacquelaine poussera un peu plus vers des sommets en faisant disparaître le plafond de 1672 euros pour les gros cotisants, en multipliant les embrouilles pour les petits salariés qui vont avoir bien du mal à percevoir la pension « plancher ». Les inégalités, Bacquelaine s’en fout, avec toutes ses embrouilles et ses nombreuses casquettes, ce type s’est arrangé pour que ses réformes profitent aux riches et pénalisent les pauvres.
Le plafond n'a pas contribué à augmenter le risque de pauvreté et d'exclusion sociale de cette catégorie de population. Relever ce plafond ne contribuerait donc que très faiblement à réduire le risque de pauvreté des retraités.
En d'autres termes, la levée du plafond du revenu à 1.672 euros constitue une aberration à l'heure où des coupes drastiques sont effectuées dans les régimes de sécurité sociale. Deux critiques majeures peuvent être formulées. Une première critique a trait aux inégalités entre retraités. Favoriser l'augmentation des retraites du premier pilier pour les salariés ayant des revenus élevés durant leur carrière revient à amplifier les inégalités qui existaient déjà, avant l'âge de la retraite.

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N’aurait-il pas été plus digne d’une démocratie de relever le minimum de retraite, quitte même à baisser à 1500 euros le plafond des pensions des hauts revenus ?
Faites le tour des pensionnés et essayez de trouver un pensionné isolé du privé qui perçoit 1500 € de pension ?
Les salariés ayant des revenus conséquents durant leurs parcours professionnels sont des individus qui, en plus de bénéficier d'une retraite d'entreprise, ont aussi eu l'occasion de cotiser auprès de fonds de pension durant leur carrière professionnelle, les personnes aux revenus moins élevés n'en avaient pas les moyens. De plus, les différences de revenus au cours de la carrière ont produit une accumulation du patrimoine, mobilier ou immobilier. En d'autres termes, la levée du plafond revient à augmenter des revenus qui étaient déjà largement plus élevés que la seule pension de retraite.
En même temps, à la levée du plafond à 1.672 euros, le Gouvernement réduira l'importance, dans le calcul de la pension de retraite, des périodes qualifiées d'assimilées, notamment les périodes de chômage. En d'autres mots, les travailleurs avec des revenus moins élevés, qui sont plus susceptibles que les autres de connaître des périodes de chômage vont voir le montant de leur pension diminuer pour... financer en partie l'augmentation des pensions les plus élevées !
Cette réforme signifie l'augmentation des inégalités qui va conduire les uns à ne pas pouvoir affronter les coûts inhérents aux soins de santé, aux maisons de retraites, à l'aide aux petits enfants ou aux enfants ou encore à la participation à la vie sociale, et les autres, ayant un capital et des revenus plus conséquents, à bénéficier des meilleurs soins de santé, des meilleures maisons de retraite et à transférer ce patrimoine à leurs enfants et à leurs petits-enfants. Et je vous passe les statistiques sur l’espérance de vie entre un haut cadre ayant chauffé ses roubignoles à l’air conditionné des bureaux de direction et le pauvre type qui aura bossé toute sa vie dans un hangar sujet aux courants d’air !
Ce vers quoi l'on tend, dans ce cas de figure, c'est une société duale, augmentant les inégalités entre citoyens.
Dans un sens, Bacquelaine a tort de pousser le bouchon, à force de jouer avec sa chance de réduire le court-bouillon de la poule au pot aux pauvres gens, il prend le risque qu’on le précipite un jour dans la marmite ! Je sais, il prend les travailleurs pour des cons, mais il ne sait pas suivant la formule d’Audiard que les cons, ça osent tout !

2 octobre 2018

L’indolore en politique !

La part importante du mercantilisme dans les démocraties déplace les intérêts des électeurs vers des spéculations qui n’ont plus qu’un lointain rapport avec la solidarité, le social et l’égalité.
Ces critères s’étant distendus, l’habitant d’un taudis qui vote pour un entrepreneur immobilier, un francophone à Bruxelles qui donne son suffrage à la N-VA, ne sont plus des exceptions.
Dans la capitale et aussi en Région, le CDH est un parti vidé de sa substance, comme son président. Des intentions de vote du dernier carré fidèle à Benoît Lutgen, un récent sondage en donnait un certain nombre prêt à se jeter dans les bras de Theo Francken et de Jan Jambon !
Mine de rien, ces deux là se font les chantres de la croissance économique et les gardiens du territoire. Et ça marche !
La N-VA n’est plus perçue par les électeurs francophones comme l’ennemi public numéro un. Les nationalistes flamands en terre francophone, c’est possible et c’est drôle, non ?
La politique étant devenue un métier comme un autre, des francophones bruxellois ont senti qu’il y avait de l’avenir à se présenter sur une liste N-VA.
Charles Michel a préconisé lui-même cette conversion, en convainquant les MR que la N-VA était un parti compatible avec la démocratie. Il aurait pu se repaître à Bruxelles de la dépouille du CDH, c’est l’allié flamand qui va faire la bonne affaire.
Il n’est pas dit que la N-VA se présentant à Liège et Charleroi ne ferait pas quelques milliers de voix, tant le mélange des genres réussit plutôt à l’extrême droite nationaliste.
Alors que le PS voyait dans ses statuts la proclamation de Quaregnon comme une tare, le parti de Bart De Wever revendique, la création d’une République flamande indépendante dans les siens !
Un politologue à l‘ULB, pense que tout relève de la simple logique. La N-VA devient populaire en Wallonie, parce que les partis wallons ne le sont plus. Il jouirait d’une sorte d’occupation du vide, ici comme à Bruxelles, par le dévissage du CDH, mais aussi de la mauvaise gestion de la Région wallonne et de sa politique « indolore » selon le terme employé par le ministre des finances, Crucke.

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La N-VA exprime des idées qu’on entend à peine dans les partis francophones sur l’immigration. En Wallonie, le système économique en fait office. On met constamment en concurrence des travailleurs autochtones en salaires et performances avec l’étranger, le chômage massif fait le reste. Kris Peeters en serrant la vis à l’ONEM, c’est le poison des Borgia en prime.
En rapprochant son parti de la N-VA, Charles Michel n’imaginait pas combien ses électeurs partageraient les positions sectaires à l’encontre des chômeurs et des demandeurs d’asile.
En Wallonie, le PTB et les écolos sont restés clairs sur cette question de solidarité, repoussant le nationalisme flamingant, l’hypocrisie de Francken, les libéraux francophones et l’ambigüité du PS, sur l’immigration. Mais par contagion de proximité, il est devenu indispensable de combattre par la pédagogie, le scepticisme des questions migratoires au sein de la classe ouvrière, traversée par ces courants.
L’immobilisme et les scandales des partis traditionnels font le reste. Les gens en ont mare des têtes d’affiche, ils veulent du changement.
La N-VA en Wallonie, ce n’est pas pour tout de suite à cause du rôle linguistique électoral, créé pour ne pas mélanger les genres, sauf à Bruxelles.
La politique Borsus-Crucke de l’indolore, finance et politique générale confondues, fait des dégâts. Sous des dehors inoffensifs et sous prétexte de neutralité, elle conduit beaucoup de gens à épouser des raisonnements et des conduites qui sont contraires à leur intérêt de classe. La gauche se doit de récupérer ce que l’envahissante politique de droite siphonne des partis défendant réellement les travailleurs. Cela implique beaucoup de souplesse à la question de l’immigration et du devoir d’accueil. Ce n’est pas à R.3.com d’en définir la stratégie, en fournissant des idées pour des récupérations supplémentaires.

1 octobre 2018

Le complexe de Téhéran.

Depuis qu’il est assuré de l’appui inconditionnel des Américains, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a la diasyrme agressive, accusant l'Iran de disposer d'un complexe secret où seraient entreposées 300 tonnes de «matériaux nucléaires». Alors que son pays a bien davantage, mais encore un stock de fusées pour exporter ses bombes. (R3.com)
Cette affaire de la bombe israélienne est tellement connue qu’on n’en parle plus et que tout le monde feint d’oublier qu’elle existe pour s’indigner uniquement contre l’Iran, à tel point que si les alliés des USA avaient mordu dans la combine Trump-Netanyahou, l’Europe partait fleur au fusil derrière son grand allié casser de l’Iranien, d’abord en Syrie et ensuite à la maison mère.
Pourtant en lobbyiste, Benjamin n'avait pas lésiné le 27 septembre dernier dans son discours à l'Assemblée générale des Nations unies à New York, après que notre glorieux s’y soit lui-même épanché sur le multilatéralisme qu’il souhaite voir fleurir partout dans le monde… sauf en Belgique.
Homme sandwiche, on a vu Netanyahou brandir des panneaux explicatifs, quasiment pris dans la caverne d’Ali Baba, montrant l'Iran stockant ses armes nucléaires dans des complexes secrets pour tout le monde, sauf pour Israël.
À croire que dans la cave à côté, c’est Benjamin qui range ses gâteries citoyennes.
Homme de théâtre, le ministre israélien plus que jamais picrochole pour les besoins du rôle a pris son air indigné pour nous dire « …ceci n'a encore jamais été révélé en public auparavant ». Il manquait un roulement de tambour, mais le ton y était. Alors qu’il avait répété la même scène à Tel-Aviv dès avril de cette année. Et de montrer à l’honorable assistance, la photographie d'un «bâtiment d'apparence innocente», avec le nom de la rue à Téhéran de l’entrepôt contenant pas moins de 300 tonnes de «matériaux nucléaires». C’est tout juste si on n’a pas vu des Pasdarans sentinelles compter devant la caméra, des rials offerts par des agents du Mossad pour prendre la pose.
À titre préventif et sans le dire à personne aux Nations Unies, Tel-Aviv avait commandé un raid de l’armée «Depuis ce bombardement, ils s'échinent à faire place nette dans cet entrepôt atomique : rien que le mois passé, ils ont évacué 15 kilogrammes de matériaux radioactifs» a gloussé Netanyahou en tribune. 15 kilos en un mois, on ne peut pas dire que les Iraniens aient de l’organisation. Ce n’est pas Michel en plein multilatéralisme qui laisserait traîner le déménagement de la marchandise.

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Pire, l'Iran disposerait d'un autre complexe secret à Téhéran.
Les Iraniens seraient eux-mêmes victimes de la radioactivité de ces fûts fatals.
Benjamin Netanyahou plus itératif que jamais, part régulièrement à l'offensive sur le sujet du nucléaire iranien, dans l’intention de couler l'accord de 2015, dont Washington s'est désengagé.
Alors que Donald Trump a livré un discours particulièrement hostile à l'égard de l'Iran le premier jour de cette Assemblée générale, de nombreux pays ont exprimé leurs divergences avec les Etats-Unis sur ce sujet. Prudent, notre perle libérale s’est contentée de faire part de sa métriopathie et de son multilatéralisme convaincu, en choisissant longuement la porte de sortie de l’hémicycle, finissant par adopter celle de son ministre des affaires étrangères.
En 2012, Benjamin avait déjà agité un panneau sur lequel une bombe était dessinée devant l'Assemblée générale des Nations unies. Mieux que le colonel Colin Powell pour l’Irak, «C'est une bombe et voici la mèche», s’était-il sérieusement écrié en faisant mine de l’allumer.
En attendant, le peuple palestinien vit sans droit et sous un occupant plutôt musclé.
Cette pitrerie au lieu de faire sourire aurait dû donner à l’ONU ce qu’il lui manque depuis longtemps, le sens du devoir envers les peuples de la Terre qu’il serait facile de soulager en supprimant quelques grossiers tyrans et quelques règles singulières.
Charles est revenu avec son multilatéralisme de New-York et quelques cadeaux pour les enfants. Empreint de cette néoténie que donnent un crâne glabre et un menton barbu, il avait la satisfaction d’avoir fait un beau voyage, dans une ville fantastique et déclamé un beau discours.
À nouveau dans ce pays minuscule, il a pu mesurer combien nous ne le méritions pas.