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31 octobre 2010

Ça sent la barbouze !

L’affaire Woerth Bettencourt se complique des étranges vols d’ordinateurs portables dont ont été victimes trois journalistes qui enquêtaient sur cette ténébreuse histoire de gros sous.
Qu’un petit voyou de quartier s’introduise par une fenêtre ou une porte mal fermée dans un local non gardé et vole un ordinateur, quoi de plus banal ! Mais trois ordinateurs dans trois endroits différents dont les propriétaires traitent de la même affaire judiciaire, c’est trop !
Tout le monde pense aux barbouzes au service de l’Etat ou d’officines privées, pour ces dernières, elles recrutent d’anciens policiers, des créatures des RG (Renseignements généraux), des escarpes reconvertis. Ces messieurs ne font pas ce métier sans garantie, couverture et repli éventuel. Le Watergate est encore dans toutes les mémoires.
Si cette histoire a pris très rapidement la dimension d’une affaire d’Etat, c’est notamment parce qu’un ministre par tous ses mensonges y est impliqué et derrière lui le président de la République. Si l’on s’en tient aux témoignages de témoins directement au cœur de l’affaire, le président et l’UMP auraient perçu des fonds des richissimes Bettencourt pour gagner les élections et battre Ségolène Royal.
C’est gravissime et si ces faits étaient avérés, c’est tout l’Etat et la légitimité de son président qui en seraient affectés !
Le frein visible que le procureur Courroye a mis en place à Nanterre afin de ralentir la procédure et les enquêtes, son obstination à ne pas nommer un juge d’instruction, démontrent, s’il en était besoin, la complicité de la garde des sceaux et derrière elle, l’Elysée, pour que cette affaire ne sorte pas des dossiers qui s’accumulent sur le bureau de Courroye (1), au lieu de pourrir la vie publique et mettre à mal le système.
Bien entendu, tout cela sans ordre précis, papiers compromettants, juste par des bruits de couloir, des allusions sur un ton feutré et de vagues récompenses, par exemple un poste bien rémunéré et en vue plus tard… bien plus tard, pour Courroye et la clique des barbouzes. Tout cela informel et très délicat à manipuler, autant le pouvoir renâcle sur l’obstacle Bettencourt, autant il n’hésiterait pas une seconde à traîner l’imprudent journaliste devant les tribunaux si, par hasard, celui-ci avait oublié le conditionnel et les guillemets en qualité de mesures de précautions élémentaires.
Les journalistes ont porté plaintes. Si ça se trouve, ce sont des collègues de la barbouze qui a fait le ménage qui seront chargés de l’enquête !
On voit qu’en France, l’Etat de droit est devenu de la science fiction.

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Pour ceux qui auraient loupé l’info rappelons les derniers épisodes de l’affaire qui embarrassent le pouvoir.
Le premier vol d’un ordinateur portable fut celui dont fut victime le journaliste du Monde Davet, chef du service reportage. Il vient de porter plainte après un cambriolage survenu chez lui jeudi 21 octobre. Gérard Davet a récemment déposé deux plaintes pour violation du secret des sources, dans le cadre de sa couverture de l’affaire Woerth-Bettencourt. Il n’exclut pas que le vol de son ordinateur soit lié à ce travail, par une forme "d’intimidation".
« Depuis deux mois, je vais de surprise en surprise – précise Davet. J’ai appris que le contre-espionnage français avait essayé de connaître mes sources via mon téléphone portable. Ensuite, j’ai appris que l’inspection générale des services avait elle aussi cherché, toujours via mon téléphone portable, à savoir si je fréquentais la juge Isabelle Prévost-Desprez. »
Cette mésaventure est également survenue à Hervé Gattegno, rédacteur en chef au Point. Il s’est fait voler son ordinateur portable dans les locaux du magazine.
Le cable antivol de son ordinateur, situé dans le bureau du journaliste, a été sectionné net, vraisemblablement à l’aide d’une pince coupante. Les cambrioleurs étaient visiblement bien renseignés, car Hervé Gattegno venait tout juste de changer de bureau au journal.
Enfin, deux semaines avant le vol des ordinateurs des journalistes du Monde et du Point en charge de l’affaire Bettencourt, les locaux de Mediapart avaient été cambriolés. Là, deux ordinateurs portables ont disparus. Un disque dur externe contenant des données confidentielles et deux cédéroms regroupant les fameux enregistrements réalisés chez Liliane Bettencourt ont également disparu.
Il ne s’agit plus de coïncidences, mais d’une suite logique de fric-frac organisée pour autre chose que la revente de matériel électronique.
Les cambriolages viennent en surimpression d’un climat alourdi par les grèves, les lois iniques sur les pensions et l'affaire Woerth-Bettencourt.
"Cette accumulation d'événements, entre cambriolages et espionnage téléphonique, pourrait avoir une explication : la volonté de dissuader tout informateur potentiel de parler à la presse dans les affaires sensibles", écrit Mediapart. "Les autorités cherchent constamment à violer le secret des sources des journalistes. Du coup, ces mêmes sources se méfient et délivrent de moins en moins d'informations. C'est une forme d'intimidation insidieuse qui gêne considérablement notre travail", déplorait lundi Gérard Davet.
Le Ps de Martine Aubry a demandé des explications au Gouvernement via ses représentants à l’Assemblée nationale.
Sarkozy au plus bas dans les sondages commence à ressembler étrangement à Richard Nixon !
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1. Devant le scandale grandissant, le supérieur hiérarchique de Courroye l’a mis en demeure de céder les dossiers à un juge d’instruction. En attendant Courroye aura résisté aux pressions de l’opinion jusqu’à ce que la loi sur les pensions soit votée. Il sera intéressant de voir si Sarko reprendra Woerth dans le futur remaniement du gouvernement.

30 octobre 2010

Un homme dangereux…

Jugement fort discutable à Bruxelles de Léopold Storme condamné à 26 ans de réclusion.
Non pas dans le verdict du jury, de toute évidence Storme a bel et bien assassiné ses parents et sa sœur ; mais, dans les faits d’audience. Ce procès récuse les diagnostics d’une demi-douzaine de psychiatres qui concluaient à l’internement du prévenu.
Or, la négation de l’évidence par Storme, malgré l’accumulation de preuves lourdes tendant à démontrer qu’il a bel et bien prémédité ses crimes, et encore les avoir exécutés avec sang-froid et détermination, démontre non pas l’inconscience au moment des faits dans un égarement passager, mais de quelle manière aberrante il considère les enquêteurs, le juge d’instruction et la société en général, prenant en vrac l’ensemble de la société pour bien moins intelligent que lui, en niant avec aplomb ses crimes.
Ce type de comportement éclaire l’individu et l’identifie formellement parmi les aliénés mentaux dangereux à vie. Pour Storme, quoique conscient d’avoir assassiné ses parents, mieux le couteau acheté pour passer à l’acte, ses mains tenant le couteau, même le sang de ses victimes giclant sur ses vêtements, son esprit se refuse dans sa logique à reconnaître ses actes, pour la bonne raison que la position de l’innocent est bien plus confortable pour lui et le restera, ainsi il évite avec l’aveu, la repentance avec toute la difficulté de paraître affligé et plein d’horreur de lui-même. Spectacle qu’un homme de cette espèce aurait du mal à simuler.
Encore aujourd’hui, la psychiatrie n’a pas de critères suffisants pour distinguer les attaques d’hystérie, ainsi que les évaluations psychogènes à partir de l’anamnèse.
Le cas de Storme est de ceux-là. Pourtant, après avoir lu les comptes-rendus du procès, une indication aurait dû éclairer le tribunal au sujet du refoulement lié à l’énigme qui subsiste, puisque Storme, en parfaire logique avec lui-même, a nié son crime jusqu’au bout : « ce sont les fortes pulsions décrites de cruauté qui se sont manifestées très tôt ».
Malgré le courant Michel Onfray, Freud peut encore nous être utile afin de comprendre le cas Storme, lorsqu’il dit « L’homme ne souffre que d’un seul complexe qui se situe toujours dans le domaine père-mère (1) ».
Pour un esprit froid et calculateur à fortes dispositions paranoïaques, il était inéluctable qu’un jour surviendrait la fusion des pulsions de cruauté et du complexe unique.
Avec les remises de peine en cas de bonne conduite, et les trois ans et demi qu’il a effectués en préventive, Storme sortirait de prison dans moins de six ans (2)
C’est-à-dire qu’il aura moins de trente ans. Il sera probablement titulaire d’un master passé en prison et lâché dans la nature, ayant purgé sa peine en homme libre, il sera à nouveau confronté à ses pulsions, à son passif, à son problème de fonds, tandis que professionnellement il intégrera le monde du travail, prendra un logement, aura des relations avec des femmes, etc.
La présidente , dans son speech de clôture, lui a fait comprendre qu’il y aurait, pour lui, s’il se comporte bien, une vie après la prison, et qu’il devait, dès à présent, la préparer.
Peut-être entrera-t-il dans une grande société, aura-t-il un poste à responsabilités et sera-t-il considéré par tout qui il approchera comme ayant été victime d’une monstrueuse erreur judiciaire, ce qu’il ne manquera pas de faire accréditer par un discours qu’il aura eu le temps de bien roder à l’ombre des murs de justice.
Il ne viendra à l’esprit de personne que s’il avait été innocent, il aurait été comme enragé et aurait remué ciel et terre pour exiger de ses avocats qu’ils trouvent un vice de procédure afin d’être rejugé. Ce qu’il ne fera certainement pas.
Eh bien ! c’est cette vie après la prison qui pourrait inquiéter celles et ceux qui croiseront son chemin.
La gravité des événements, la multitude des coups de couteaux, le fait d’avoir dénudé à moitié sa sœur pour faire croire à un viol, tout enfin fait penser que cet homme est dangereux et le restera même après avoir purgé sa peine.
L’opinion est quand même étrange. Tout le monde s’accorderait à dire que Dutroux est inamendable et qu’il serait impensable de le voir recouvrer la liberté, même sa compagne – qui est pourtant libérable – ne le sera pas et tirera le maximum, parce que dans l’opinion il y a une échelle de l’horreur dans le crime et que ces deux là sont au sommet.
Or Dutroux est amoral, dangereux, certes, mais moins que Storme, puisque la criminalité du premier est liée à sa sexualité et que cela se soigne. Si l’on considère Storme sur le même plan que Dutroux, la différence est de taille. Sorme est inamendable et inguérissable. Il n’a ni pulsion sexuelle, ni besoin de l’exprimer. C’est un assassin froid et calculateur, glorieux de son « ça » et niant son « surmoi ».

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La justice ne s’est pas contentée de ridiculiser les psychiatres, elle est tombée dans le panneau de la jeunesse qui pète un plomb, et d’une vie toujours possible après par l’expiation.
C’est une erreur. La sauvegarde de la société exigeait l’internement de Storme et qu’on n’entende plus jamais parler de lui.
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1. Minutes de la Société psychologique de Vienne, T. II, p. 26, in connaissance de l’inconscient, Editions Gallimard, 1978.
2.Condamné à 312 mois de prison. Libérable au tiers de la peine, cela fait 104 mois. Il en a fait 40 de préventive; restent, donc, 64 mois.

29 octobre 2010

La note de Lanotte !...

C’est reparti avec Vande Lanotte pour une tournée des têtes de gondole !
Cette obstination de nos politiques de faire confiance à l’aréopage universitaire indicible peut difficilement se comprendre, alors que voilà trois mois que ça patine dans les neurones mastérisés !
Si on abandonnait les grosses têtes pour celles plus modestes des artisans ? Ainsi, ceux qui souffrent en attendant que ça se débloque auraient leur mot à dire !
Et d’abord, si on demandait aux béotiens que nous sommes, de comparer ce qu’ils suggèrent aux élucubrations de nos têtes de gondole ?
« Per scientiam ad salutem ægroti. » (Le salut du malade passe par la science.) aurait pu dire Bart De Wever, féru de locutions latines et qui doit bien rigoler dans son coin, tant le nouveau Pic de la Mirandole n’est pas encore né !
Des experts et un panel d’universitaires, spécialistes de la loi de financement, on voit ça d’ici, seront en possession des devoirs de chaque sommité concernée, quand Vande Lanotte aura ramassé les copies.
-Qu’est-ce que ça te fait, la moitié du quart de la somme perdue de l’IGPP pour l’enseignement dans le cadre du RGR par rapport au PIB du Brabant Sud ?
-2 millions cinq !
-Tiens, j’avais 1 million neuf !
Evidemment, on n’aura pas le droit de connaître les points distribués, a fortiori au zéro pointé, s’il y en a un, surtout s’il s’agit de la copie d’une pointure !
Johan Vande Lanotte, conciliateur de la couronne comme on est pâtissier de la cour, a ramassé les copies des sept partis ce mercredi d’une proposition chiffrée concrète sur la révision de la loi de financement. Ce sont la Banque Nationale de Belgique (BNB) et le Bureau du Plan qui seront les maîtres d’œuvres, afin que nos surdoués puissent déclarer avec des chances d’être crus, que Bart se trompe allègrement dans ses projections sur le coût de sa réforme.
Ainsi, tout le pays devant des instances aussi indiscutables se mettra définitivement au service de l’ordre irréfutable, de la royauté et des partis traditionnels.
Ouf ! il était temps.
Et si l’impertinent s’obstinait à croire ses propositions chiffrées les plus rationnelles du monde, il faudrait alors repasser devant l’électeur !
Il y a de fortes chances que les actions de grâce des partis menacés dans leur doux éden pour nains de jardin, soient entendues par les hauts lieux de la Belgique unioniste.
« Les débats sur la répartition des moyens financiers, leur mode d’attribution ou de perception, les mécanismes d’autonomie et de solidarité, etc. occupent une place importante dans la discussion sur la future structure de l’État. Pour que le débat puisse avoir lieu en toute sérénité, il est important de calculer aussi précisément et aussi objectivement que possible les effets des différents modèles et propositions. Cela permettra de clarifier le débat et d’éviter que, par la suite, des effets indésirables rendent impossible ou problématique la mise en œuvre d’un accord éventuel », écrit M. Vande Lanotte, déjà installé « caissier principal » dans une banque idéale aux armes de la Belgique.
On voit par là que Vande est plus fort que tous les autres, de sorte que le roi, cette fois, paraît avoir fait le bon choix. On se demande pourquoi notre sire aurait trop tardé !
D’ici à ce qu’on imagine que c’est pour retarder la montée sur le trône de son successeur, il n’y a qu’un pas que je ne ferai pas.
Quant aux simulations bancaires et planifiées, tous les détails seront passés au crible, sauf ceux qui laisseraient supposer que ce merveilleux projet, capitaliste à souhait, va faire quelques chômeurs de plus, réduire à néant les augmentations de salaire et racornir davantage les petits vieux sur leur chaise percée des maisons de retraite du CPAS.
Attention, nos manipulateurs de bonneteau démocratique espèrent par cet ultime projet, de soustraire jusqu’à la dernière piécette de nos vomis de contribuable !

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Si je comprends bien, au vu de tout le micmac, quand un parti à la faveur du roi et monte aux créneaux avec les propositions de son ministre le plus méritant, c’est à pouf et sans vraiment avoir chiffré les élucubrations du futur Premier du Chose, compme il était d'usage avant la note de Vande Lanotte !
Ainsi, lorsque Di Rupo fait des propositions équilibrées, on aurait le droit de se demander quelle catastrophe va nous tomber sur le poil dans les six mois à venir !...
Et ces meilleurs fils du royaume voudraient que l’on soit sérieux ?

28 octobre 2010

Téléphonite.

Vit-on jamais pareil acharnement ?
Tous les soirs, à minuit, quelqu’un saisit son téléphone et fait mon numéro.
C’est bien de penser à moi, sauf que si c’est pour ne me rien dire…
Le premier soir, après un long silence, j’ai pensé « c’est une erreur » de quelqu’un de timide. J’ai raccroché.
L’année dernière une vieille dame voulait à toute force me prendre pour son boucher. Trois fois de suite, elle s’y est prise, des fois que le boucher aurait été facétieux… Enfin, revenue de son erreur, elle aurait voulu me dédommager en me racontant sa vie. C’est moi qui ai raccroché.
Cette fois, ce n’est pas fortuit, c’est tout à fait volontaire et sérieux. Un ou une insomniaque veut de façon systématique que j’en fasse autant, sans assortir son intrusion du moindre commentaire !
Le silence persiste. Je tends l’oreille pour guetter un signal, une respiration, le tic tac d’une horloge, quelque chose enfin qui fait du bruit. Le silence total.
C’est simple, il n’existe pas trente six solutions.
Moyennant quelques démarches auprès de la Régie des Téléphones, on peut obtenir le numéro d’appel et savoir le nom du harceleur. Fort du relevé des appels, il est simple d’aller déposer une plainte. A condition d’être importuné depuis une ligne fixe, c’est l’enfance de l’art.
L’appel d’un portable exige plus d’investigations, si c’est un portable à carte payante, donc sans abonnement, c’est encore plus compliqué.
Je suis allergique à la délation. Je ne me vois pas faire des démarches pour empêcher quelqu’un qui fait l’effort de m’envoyer un coup de fil tous les jours à minuit. Cela ne doit pas être par gentillesse, mais rapporter aux flics me gêne !
Comme je ne m’endors que tard, l’esprit vagabonde.
J’en arrive à l’attendre, ce coup de fil. Il ponctue la fin d’une journée… C’est mon calendrier sonore.
A mon correspondant muet, j’envoie la musique du film que je visionne ou des fragments du CD sur la platine du laser, enfin le son que j’entends moi-même… C’est comme un partage. Sauf que j’ignore ce que l’autre en pense. C’est frustrant.
Qui peut croire que cette assiduité m’atteint vraiment ?
Une sorte d’instinct me dit que le téléphoniste est une femme.
Pourquoi ? A cause de l’assiduité de son silence ! On dirait celui d’une femme qui boude ! Un homme finirait par m’engueuler ou avoir un petit rire sadique.
Dans certains cas de vengeance froide, les hommes sont plus bavards que les femmes.
Qui de mes relations féminines cela pourrait être ? Quelqu’un que j’aurais pu décevoir ou gravement compromettre ?
Toutes, me direz-vous, implacables lecteurs !
Et je repasse dans la tête ce qu’un homme peut avoir raté dans sa vie, des femmes qu’on quitte ou qui vous quittent et puis, brusquement qui vous en veulent pour des motifs qui vous échappent. J’aurais commis une petite goujaterie à l’une d’entre elles ? Une infidélité… va savoir ?
L’occasion d’un retour en arrière… d’un bilan pas trop glorieux…

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A moins que cela ne soit la sourde vengeance d’une femme dédaignée, ou une señora si originale, qu’elle veut m’imposer la vision de ses lèvres closes sur l’appareil ?
Le doute est délicieux ! L’imagination pourvoit à tout.
Et si c’était une fée ? Ou une femme qu’on a aimée et qui est morte sans qu’on l’ait su et qui vous téléphone de l’au-delà, cinq ans plus tard ? Comme un ectoplasme n’a plus de voix, elle se désole de ne pas vous dire que la mort ne nous a pas séparés pour autant… Oui, mais, alors, comment ferait-elle mon numéro de l’au-delà, sans ses petites mimines, en ectoplasme ?
A moins que cela ne soit le veuf qui ait découvert notre correspondance ?
Ou bien une pauvre créature qui se croit moche et qui, malheureusement, l’est et à qui j’ai dit « je t’aime » un jour que j’étais bourré et qui depuis s’accroche à l’idée que son existence est ratée à cause de moi ?
Je ne me souviens plus d’être sorti bourré.
Ce serait aussi bien une lectrice du blog déçue de mes textes abominables, prétentieux, sans intérêt… pourquoi attendre minuit pour une non-communication de sa critique ?
Elle m’aurait balancé plutôt sa façon de penser dans le courrier des lecteurs !
Reste la solution par une petite enquête personnelle. Chaque soir, à minuit, je vais téléphoner à l’une de celles qui auraient de bonnes raisons de m’en vouloir. Si ça sonne « occupé », je saurai à quoi m’en tenir.
Ce sera long ! Pensez-donc, une par soir ! Tant d’entre elles ont été déçues...

27 octobre 2010

La trahison des clercs.

Les intellectuels belges ne se pressent pas au portillon de l’innovation créative à un moment de notre histoire où le public aurait besoin de respirer autre chose que l’odeur délétère de nos champs d’épandage communautaires.
Avec un peu d’imagination, rien qu’en feuilletant l’annuaire des rues des villes et communes de Wallonie, on pourrait ressusciter bien des Wallons des tombeaux de nos bibliothèques qui n’étaient pas toujours d’accord avec la pensée officielle et qui pourtant ont d’avantage influencé les gens que les cuistres sortis de nos universités uniquement au service des puissants et de la pensée dominante.
La situation est paradoxale. On n’a jamais eu tant besoin de courants nouveaux capables de porter à notre connaissance des idées originales, en même temps que nous sommes assaillis d’une masse d’informations inutiles !
Que l’on nous parle d’un plan « B » apparemment d’une haute fantaisie, voire inexistant, ou d’un système économique à bout de souffle, dans une Europe que nous ne comprenons plus, ou encore d’une Belgique Louis-Philippe comme une pendule de parquet, nos masters s’enthousiasment alors qu’ils devraient s’épouvanter. Evidemment l’enthousiasme est plus facile, il n’a besoin que de cris.
Et que fait-on pour nous sortir de nos morosités ?
On nous délègue des leaders d’un appareil politique pratiquement désavoués par tout le monde, des politologues d’une rare prudence et d’un conservatisme à refonder le pays comme en 1832, des sociologues et des économistes qui considèrent le système capitaliste comme une fatalité inévitable, c’est-à-dire qui n’ont aucune alternative, rien à nous proposer qui soit comme une bouffée d’air frais ! Ça ne veut pas dire que nous souhaiterions qu’on nous euphorise en nous racontant des craques et en niant la réalité, mais - au moins – seraient les bienvenus des gens de mérite afin d’expliquer à ceux qui l’ignorent que « rien n’est du domaine de la fatalité », et qui insuffleraient le désir de changer les choses.
Au lieu de quoi, on nous délègue Paul Magnette pour nous dire des conneries sur le plan « B », si au moins il avait été drôle, comme l’a été Philippe Geluck, dimanche !

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On s’est bien gardé de demander à Vincent de Coorebyter, spécialiste de Sartre, et auteur d’un bon livre sur l’arrestation de jeunes gens, parce qu’ils avaient le « profil anarchiste » à propos des actes de sabotage de lignes de la SNCF, le 11 novembre 2008, ce qu’il pensait de la merde noire dans laquelle on patauge. On aurait eu au moins une vision intéressante de ce qu’il est possible ou non de faire en cas de clash avec nos apprentis sorciers flamands.
Les mythes, sans refléter la réalité, sont quand même de nature à induire une métamorphose de la réalité. Le mythe que la Flandre sera mieux gouvernée que la Wallonie et Bruxelles aiguise chez beaucoup de Flamands le désir d'autodétermination.
Je n’ai encore jamais entendu un responsable parler intelligemment du plan « B » et c’est bien dommage qu’il n’y ait personne dans nos universités qui en soit capable !
Question économie, c’est pire. Christian Arnsprenger juge que le capitalisme vient d’avoir un « très gros hoquet », ce n’est pas une raison pour que « tout le monde retourne (sic) se convertir tout à coup à l'anticapitalisme. Je pense qu'il y a chez nous tous, moi y compris, vous y compris, de fortes résistances à changer de système. »
De sa résistance, on s’en doute bien, mais de la nôtre, qu’en sait-il ?
Pascal Delwit avec Vincent de Coorebyter, est le politologue belge le plus connu dans la partie francophone.
L’a-t-on jamais entendu dire quelque chose de vraiment « à part » de ce que nos grands leaders francophones nous assènent depuis la crise ?
Quand un pays manque à ce point de voix contradictoires à l’ensemble des têtes de gondole ; il y a de quoi se poser des questions.
Les diplômes ne forment plus la jeunesse à réfléchir et à critiquer, mais à troquer un statut universitaire contre les sous du plus offrant.
C’est ce qui s’appelle dans une société marchande « jouer au plus malin », dans le genre « tu me donnes ta montre et je te donne l’heure ».
Aujourd’hui, il faut faire des études pour devenir un parfait voyou. Sans doute, pour qu’on ne le reconnaisse pas dans la rue et devant les tribunaux.
C’est égal, le milieu a bien changé.
En costume et parfois cravate (la mode est au col ouvert) on ne les reconnaît plus !... Voilà, la modernité… Normal, depuis que les clercs n’ont plus d’éthique, ils ne défendent plus qu’eux-mêmes !

26 octobre 2010

La mort du Kroumir ?

C’est fou comme on en est revenu de l’Europe !
Il y a seulement dix ans, on n’aurait pas osé écrire la moindre critique sans essuyer des insultes : gauchistes !... soixante-huitard !... etc.
D’un Traité à l’autre, rien ne se passe vraiment du côté d’une certaine dynamique sociale qui aurait pu intéresser les foules.
C’est à se demander à quoi l’Europe peut bien servir ? Si ce n’est à une sorte de plateforme industrielle, commerciale et bancaire fort éloignée de ce qu’attendaient d’elle ses citoyens.
Le seul résultat, alors là d’une visibilité qui n’échappe à personne, aura été de consolider l’émergence d’une nouvelle classe moyenne faite des fonctionnaires et des personnels politiques de son administration et de ses assemblées.
La chose tombait bien, au moment où la classe moyenne de jadis faite d’artisans, de commerçants et de petits industriels était en train de s’effondrer. Le hic, c’est que les nouveaux parvenus ne produisent rien et vivent en parasites protégés, prolongeant par des passerelles à statuts, la classe politique des Etats européens adhérents, elle-même déjà surprotégée et sur laquelle la crise de 2008 n’a eu aucune prise.
J’ai lu quelque part que la crise avait démontré que l’Europe des pères fondateurs, c’était fini.
Les discours de Paul-Henri Spaak sur l’Europe sont proprement illisibles en 2010, tant les aspirations altruistes se sont envolées. De Schumann, seul un rond-point existe !.. Encore faudrait-il nous démontrer que cette Europe-là avait le désir d’un embryon de vie sociale ?
Or, s’il y a bien une chose qui a manqué à l’Europe depuis le début, c’est un grand mouvement populaire ! Vingt années de propagande pour l’Europe dans les écoles n’ont pas suffi. La jeunesse, devant ses responsabilités au travail, s’est aperçue tout de suite que l’Europe ne se construisait pas pour elle ! L’Europe n’était pas disposée à faire grimper les salaires, mais au contraire par le jeu des communications, propre à les faire baisser, idem de la sécurité sociale et des pensions.

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La pénible obligation à laquelle les Vingt-Sept se sont astreints quand il s’est agi de sauver la Grèce de la débâcle économique démontre s’il en était besoin que les peuples n’ont jamais eu vraiment leur mot à dire et que par leur attitude les gouvernements ont démontré que ce sont les banques et les réseaux économiques qui se sont approprié les leviers de l’Europe, avec un Barroso et son gouvernement uniquement intéressés par le business.
A titre de comparaison avec les Etats-Unis d’Amérique, par ailleurs si justement critiqués, jamais Washington n’aurait laissé dans un des Etats de l’Union, un million de personnes en passe d’être niées ou assimilées par la moitié d’un Etat, contre leur volonté. Il s’agit bien sûr ici de Bruxelles et de sa région.
Qu’est-ce donc avoir l’esprit européen aujourd’hui, indépendamment des grandes phrases de circonstances ânonnés par nos têtes de gondoles ? Il serait temps d’y penser collectivement, car ce bidule nous coûte horriblement. Nous n’avons plus les moyens d’entretenir des danseuses.
Si cet esprit ne va pas plus loin que l’intérêt des industriels du continent et ne nous fournit aucun des leviers afin d’assurer le progrès de tous, autant dire à la classe émergente des fonctionnaires heureux de chercher du boulot ailleurs.
L’affaire des Roms, citoyens européens, chassés comme de la vermine par les services français des étrangers, relayés par la flicaille de la République, l’Etat français condamné puis amnistié par l’Europe, en dit long sur l’absence de politique quand il s’agit d’user de fermeté à l’égard des membres influents.
Qu’on ne s’attende pas à une ingérence de pacification dans le conflit qui met la Belgique sur le flanc, malgré quelques admonestations prudentes de l’Europe à l’égard de la poussée nationaliste flamande.
Si dans ce conflit qui déchire la Belgique, il y avait une parité de population et de droit entre les parties, l’on pourrait à juste titre critiquer l’Europe d’une certaine ingérence ; mais ici nous avons une majorité qui s’est approprié les leviers de l’Etat qui l’intéresse et qui s’arroge des droits supplémentaires dans des situations locales où elle est minoritaire, au nom justement de cette majorité globale.
En droit européen, cela devrait quand même valoir quelques remarques, avant une action collective européenne sur le terrain.
Hélas ! le président de l’Europe est un ancien flamingant. Outre cela, l’Europe est sans armée fédérale, sans pouvoir de décisions, sans volonté même d’accroître ses pouvoirs sociaux et de justice, qui plus est, la majorité du Parlement européen est de droite et plutôt nationaliste.
Alors, l’Europe, guide pour tous et soutien fédéral pour les plus faibles ?
Comme la mort du Kroumir au troisième acte, c’est à mourir de rire !

25 octobre 2010

Basta, la Belgique !

On en a assez de la Belgique ! La faute aux médias !
A force d’entendre gloser des types pas francs du collier, appeler les zigomars qu’on a déjà entendus la veille et les jours précédents tenir les mêmes propos et nous casser les burnes, on finit par prendre tout le monde en grippe.
Les médias se rendent-ils compte de la lassitude des zauditeurs ?
Quel est le crétin programmateur qui bat le beurre les dimanches à la même heure ! Quand, on ne supporte plus tous les mots qui finissent en « eur ».
Tout débat devient lassant et pour tout dire barbant par sa longueur, ses redites, ses fâcheries, ses gesticulations. C’est le cas, aujourd’hui. On a touché le fond. Je décroche… Je file m’aérer à la Mare aux Joncs…
Le résumé des chapitres précédents est déjà imbuvable.
Quand nous avons été saisis du « drame » le rôti brûlait déjà. Di Rupo, le nœud de travers, presque sans maquillage était venu nous faire part de son ego malheureux : il ne serait pas premier ministre. On était triste pour lui. Il en avait tellement envie ! Mais bon, le peuple ne peut pas prendre aussi, en plus de ses malheurs, les états d’âme de ses représentants !
La suite n’est qu’une reprise de la « Cage aux folles », sans les acteurs du début et quelques modifications de texte, suivant l’atmosphère des salles visitées. On ne rit pas à Gand de la même chose qu’à Liège.

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Poiret et Serrault tenaient parfois une heure de plus en improvisations lorsqu’ils la jouaient.
C’est toujours complet au parterre, mais le talent a fichu le camp. On ne rit plus. Les géniaux saltimbanques ne sont plus là. Les remplaçants ne sont pas des débutants, mais ils sont médiocres, irrémédiablement. Ce sont des cabots !... des nains de jardin..
Jusque là, on pensait que Bart et Elio allaient former une paire d’amis, en imaginant que puisque le PS n’est plus socialiste depuis longtemps, il suffisait que Bart soit un peu moins nationaliste pour que tout s’arrange.
C’était sans compter sans les scrupules de Bart par rapport à ses électeurs qui ne veulent plus mettre un kopeck sur un spectacle qu’ils ont vu mille fois.
Après les hauts dignitaires de ceci, les experts de cela, Jambon (prononcez Yambonn) et Flahaut, un dernier « Fabula acta est » de Bart, voila le conciliateur royal Johan Vande Lanotte dans un nouveau tour de piste, afin que ceux qui ont dit non à un accord, disent oui, au programme légèrement modifié.
La modification « impartiale » d’après les hauts experts politiques, la responsabilité en incombe à la Banque Nationale. Vande Lanotte attend le feu vert de la salle des marchés. La NV-A a le nez dans ses responsabilités. On va lui faire peur ! Quand c’est la Banque nationale qui bat les cartes, De Wever a intérêt à produire une quinte floche s’il veut ramasser le pot.
C’est quand même de l’inédit : la banque conciliatrice en politique !
C’est con tout de même, attendu que si la N-VA ne veut pas disparaître aussi vite qu’elle est venue, elle ne doit jamais être d’accord !... Un moratoire d’une législature, et il n’y a plus de N-VA !
Encore un petit machin en « eur » et on va tomber pile poil à la fin de la présidence de l’Europe assurée par notre équipe intérimaire.
Si la Banque échoue, puisque les cadres supérieurs du royaume ne peuvent pas arranger seuls la suite de notre tutelle bicéphale, reviendrons-nous au jeu des élections, probablement début 2011.
Alors, d’ici la date du futur scrutin, messieurs les organisateurs des programmes de télévision, de grâce, qu’on nous fiche la paix avec les démêlés de nos grands serviteurs de l’Etat, qu’on ne nous parle plus de machins en « eur ».
Tout, mais tout, serait mieux que de voir, encore une fois dimanche prochain, les mêmes tourner autour du pot pour avoir raison devant le « chertéléspectateur ». On en viendrait à désirer des spectacles de Berlusconi, de la pépée transalpine nichonnante, les feuilletons hollywoodiens les plus éculés des années 60, un vieux Hitchcock, rendez nous JR, les scènes d’ivrognerie de Sue-Ellen, Columbo, même Barnaby, le plus mauvais flic d’Angleterre puisqu’il n’élucide jamais un crime sans qu’il n’y ait une hécatombe avant, oui, tout sauf un deuxième dimanche midi avec Van Rompuy…
Personnellement, foutez-moi la paix avec la Belgique, son destin, ses ministres, sa crise endémique. Je regrette d’avoir filé 100 euros à Demotte pour cette connerie à décerveler.
J’en connais qui sont près de la crise de nerf. Ils vont craquer comme le fils Storme, décimer une famille, hurler des insanités, finir dans le caniveau ou peut-être pire, s’inscrire à un parti politique pour y faire un carnage…

24 octobre 2010

Just do it !...

Dans le palmarès des paniers percés, les Etats-Unis sont hors catégorie avec un passif astronomique de 20.000 milliards de dollars. C’est dire si le guide suprême de l’orthodoxie capitaliste se fout bien des recommandations qu’il donne aux autres, quand il s’agit de lui-même et comme les Agences de notation n’ont qu’à bien se tenir, quitte à tomber à bras raccourcis sur la Grèce.
La politique économique des States, c’est un peu à échelle réduite, l’actuelle politique des grands patrons qui prêchent partout l’austérité et qui s’allouent des salaires, des royalties et des stocks options à faire flamber les banques, au point que, dans un passé récent, des PDG ont mis en péril les finances de leurs entreprises par l’excès de leurs prétentions.
Et si les Etats-Unis tiraient un trait sur leurs dettes, sans plus, en se moquant des règles du marché, faisant trembler leur clientèle à cette perspective, de la trouille la plus noire ?
C’est la thèse d'Edouard Tétreau, ex-analyste financier, conseiller en stratégie et communication financières.
Les économistes se permettent tout pour rassurer les gogos, parce qu’ils savent bien que les épargnants et les journaux n’attendent d’eux que de bonnes nouvelles. Ils ne découvrent les crises après qu’elles aient donné toute la mesure de leur nuisance. Ils décrètent les premiers qu’elles sont terminées et qu’on s’en sort très bien, etc. Ils n’alarment l’opinion que lorsque les Autorités leur demandent de faire passer un message d’austérité.
Bref, cinquième roue de la charrette, ils ne servent à rien de concret et de sérieux.
Pour cette fois, l’hypothèse de Trétreau n’entre pas dans le ronron habituel et mérite qu’on s’y attarde.
20.000 milliards de dollars, c’est une estimation venue d’un constat alarmant que Trétreau a pu vérifier à l’intérieur des USA qu’il connaît très bien, et de l’extérieur, en prenant la température des places boursières de la planète.
L’Amérique est entrée dans tous les excès financiers de plein pied avec la même ardeur qu’elle est entrée dans les excès de tous genres et n’est pas prête de s’en sortir de manière classique en remboursant ses dettes. Qu’on le sache, la société américaine n’est pas capable de le faire avec le « palmarès » qui est le sien : 56 000 milliards de dollars de patrimoine, soit environ le PIB du monde entier, 100 millions d'obèses, dont un enfant sur six, 30 % d’Américains croient dur comme fer à ce qui est écrit dans la Bible, 250 millions d’armes individuelles, dans 46 Etats, la notion juridique de non-assistance à personne en danger n'existe pas... On pourrait continuer le palmarès des excès à l’infini, pour ne retenir que le dernier qui découle de tous les autres : les Etats-Unis ne rembourseront pas leur dette, parce qu’il est impossible à quiconque au pouvoir sur le sol américain d’empêcher que les excès de toute nature s’arrêtent, pour rendre à autrui ce qui justement a provoqué ces excès : la capacité d’emprunt, l’art de vivre au-dessus de ses moyens, le pillage des environnements d’Afrique et d’ailleurs, le marché gigantesque des emprunteurs américains qui, s’ils n’empruntaient plus, verraient ailleurs des désastres industriels incomparables à la crise de 2008, crise qui n’était pour les USA que l’excès de l’excès, et enfin, l’entretien de la plus puissante armée du monde afin d’assurer surtout l’hégémonie commerciale, plus que diffuser « la démocratie » à des pays qui n’en veulent pas.
« L'ardoise magique » de Tétreau est là.
Il ne reste plus qu'à faire marcher la planche à billets, ainsi l'Amérique s’acquitterait de toutes ses dettes sans effort. C’est déjà en train avec le glissement du dollar par rapport à l’euro, et aux autres monnaies. Ainsi la facture sera payée par le monde entier. Ce scénario est vraisemblable et il pourrait mener à la faillite de la planète. 2008 à côté ne serait que bagatelle.
Le vieux truc de la planche à billets est dans la logique des USA. N’est-ce pas le fondement même – et le succès – du capitalisme, que de financer son progrès par le travail et l’austérité des autres ?

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De Tapie à Bernard Leclerc, de Bolloré à Dassault, c’est exactement la même recette.
La preuve, les personnes citées, comme l’Amérique ont plus que survécu à la crise de 2008, ils ont prospéré, comme l’Amérique repartie de plus belle, comme si ce n’était pas elle la première responsable de la crise !
"Sa vitalité démographique et démocratique, sa capacité à innover et à se renouveler était intacte." (après 2008) écrit Edouard Tétreau.
Cette souplesse élastique est à citer à l’ordre des Nations imbéciles qui considèrent toujours que le libre échange mondialisé est la meilleure des choses pour tous, alors qu’il ne l’est que pour les USA.
La "devise" des Etats-Unis tient en huit lettres : just do it !... que les autres se le tiennent pour dit et aillent se faire foutre.
Avec les veaux qui nous poussent à l’austérité et au respect des règles, rationnons donc nos enfants et serrons-nous la ceinture.
Après tout, il n’y a que cent millions d’obèses aux States, il reste encore de la place pour le business.

23 octobre 2010

…à poil, nom de dieu !

Le « Belge-système », labellisé par l’eurodollar, se goinfre au milieu des affligés du royaume, avec la complicité de la classe moyenne montante représentée en gros par le personnel politique.
Voilà en une seule phrase le complément à la photographie du moment, loin de ressembler au cliché trafiqué par Max Factor, où l’on voit les gens maquillés de toutes les couleurs, se faire la gueule !
Le « Belge-système » est un animal à sang-froid dont la colonne vertébrale est constituée des vertèbres de la société anonyme associée au grand capital, entre lesquels les cartilages d’une droite discrète délèguent aux MR Boys le soin d’assurer la liaison avec « les gens de peu ».
Cela fait partie du climat général, que le bruit et les fureurs des imbéciles heureux qui sont nés quelque part tentent d’étouffer, avec la complicité des journaux, sous les fascines des tranchées de la frontière linguistique, référencée déjà depuis César.
On se doute bien que les milieux financiers et industriels ne s’intéressent à la situation de nos bouderies et autres querelles d’ego, que dans la mesure où elles seraient un frein à l’expansion de l’industrie de la consommation et du divertissement.
N’importe quel friturier pourrait dire la même chose sur les heurs et malheurs du commerce. Tout laborieux, travaillé par le socialisme ambiant et le libéralisme adéquat, approuve le modeste artisan.
Aussi, Bart est-il selon « Financial Times » l’opérateur moderne adapté, puisque son action vise à réduire le contrôle de l’Etat et des services publics afin de développer une idéologie de la réussite basée sur la seule initiative privée.
C’était d’ailleurs les seuls points sur lesquels le préformateur et lui étaient tombés d’accord.
Qui incarne donc en Europe cet idéal vers lequel nos spécialistes veulent tendre ?
Sarkozy ? S’il comprend la « détresse » des riches, il ne l’est pas lui-même, enfin pas encore, il faut savoir ce que coûte d’efforts le poids de plusieurs milliards, pour comprendre. Liliane Bettencourt redouble de malheurs depuis qu’un intrigant lui pousse des placets dans son soutien-gorge ! Qui banderait encore sinon, pour la seule réplique vivante de Toutankhamon ?
La reine de Hollande ? Les noblesses nobiliaires seraient un exemple, si venant de très loin, les héritages n’avaient été le résultat d’une succession de nombreux crimes, rapines et outrages aux pauvres, que la seule montre des quartiers de noblesse rend impropre à la consommation des masses.
Alors ? Qui venant du ruisseau se serait surpassé en férocité sur les autres pour snober tout le monde ? Frère ? Il n’est pas chef d’Etat…
Il n’en reste qu’un, vivant exemple de la réussite, parti de peu et possédant beaucoup, sans avoir vraiment travaillé dans le sens noble du terme : c’est Sylvio Berlusconi.
Berlusconi incarne la droite classique jusqu'à la caricature.

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En Belgique, on aime l’outrance, la magnificence, la goujaterie et la grossièreté que donne le pouvoir de l’argent. Le « cavaliere » devrait avoir sa statue en face de la Bourse. On le verrait chevauchant une putain, en même temps que de son, sexe (énorme pour la circonstance) sortirait un jet dix fois supérieur à celui de Manneken-Pis.
Bruxelles augmenterait par vingt l’afflux des Japonais ! Des cars d’Italiens feraient le pèlerinage.
Berlusconi est en passe de réaliser un rêve : devenir propriétaire de l’Italie entière. Il commande aux nerfs pour que s’agitent les mains sur son passage, il aime l’italienne grasse du cul, à fine taille et gros nibards, incarnant le rêve des tifosis de la Juve et de l’AC Milan. Il plaisante partout sans que son racisme primaire effleure son sentiment qu’il ne l’est pas.
Il est parfait. La réussite l’adore. Les beaufs l’adulent. Il est la tête de gondole de notre génération débraguettée et ardente. En un mot, il nie la crise !... Il nie tout, jusqu’à prétendre qu’il ne pique jamais le pognon des autres.
C’est l’homme up to date, l’homme qui représente pour nous un idéal.
Son mot d’ordre qui est celui de nos partis traditionnels unanimes, malgré la tempête, c’est « consommer ». Clé de voûte du système. Là, il rejoint le beau monde. Di Rupo l’admirerait s’il ne devait pas à tout bout de champ se déclarer socialiste !
André Antoine (CDH) le disait encore récemment aux chômeurs qu’il rayait du droit aux indemnités « Si la situation est ce qu’elle est, c’est parce que vous n’avez pas joué le jeu, vous n’avez pas consommé ! ».
Le premier devoir citoyen est là. Le bonheur réside dans la consommation, le shopping et l'argent facile. Au slogan « enrichissez-vous » de la poire faite monarque (Louis-Philippe), la banque répond « endettez-vous », tout en sachant que le Belge est celui qui d’Europe a le bas de laine le plus performant.
Berlusconi sait tout cela. Il est aussi, par ses télés et les turpitudes clownesques des girls à poil de ses shows, l’artisan du deuxième commandement du bonheur qui est de s’amuser.
Le travail, devenu secondaire, dévalorisé, ne satisfait plus l’homme. Il n’y a que les barbus de l’inspection des écoles qui tentent encore de faire croire aux populations scolaires que le travail ennoblit l’homme, alors qu’une pince à sucre améliorée construit toute seule une berline Renault.
L'important, c'est le temps libre, les week-ends, les ponts, les vacances, les sorties, les chaînes câblées, les présentatrices dénudées, les jeux vidéo, les émissions people, les écrans partout. Les chômeurs riches et qui n’ont pas l’intention de travailler, voilà l’idéal de Berlusconi.
On se demande pourquoi Paul Magnette n’a pas pensé nous amarrer à l’Italie, au lieu de nous flanquer en plan « B » en association honteuse avec les autorités de Cologne !
Et si on se faisait coopter par Berlusconi et qu’on remplaçait « l’Union fait la Force » par « Toutes les femmes à poil, nom de dieu ! » ?... en attendant les Chinois !

22 octobre 2010

Magnette, un con de plus au PS !

Je m’étais bien juré d’oublier pendant quelques rubriques la politique belge et son sigisbée pathétique, Di Rupo.
L’Europe qui vire à droite au point que cela en devienne inquiétant, Sarko et les grèves, enfin il y avait bien d’autres sujets, par exemple, plus intimes et au petit bonheur pour éveiller ma curiosité ; mais, non, c’est plus fort que lui, le ténorino montois ne parvient pas à quitter la scène. Même si « Fabula acta est » a conclu la représentation, il est toujours là, fantôme favori du Richard de Shakespeare, à la veille de la déculottée de Bosworth, comme si celle qu’il vient de prendre toute récente, ne lui suffisait pas !.
Alors, tant pis « Consuetudinis vis magna est » - La force de l'habitude est grande - (1), je serai donc coupable d’encore évoquer le grand sacrificateur. Cependant, à ma décharge, ce sera de manière indirecte.
Alors débarrassons-nous en tout de suite.
Avec la manie d’Elio de s’entourer de belles gueules, nous avons hérité celle de Paul Magnette, pur produit borain, grand effaceur des conneries de son prince, en les enfumant des siennes.
Aussi, on ne peut pas oublier son Pygmalion (2) dans la dernière en date.
De l’Hercule qui nettoya les écuries carolorégiennes, cette intervention mémorable : « Le rattachisme est une idée "lunaire" qui ne fait que "trois" adeptes en Wallonie, mais s'il devait en être question, la Wallonie a plus d'affinité avec l'Allemagne qu'avec la France en termes de culture politique », ce morceau d’anthologie rapportée par la Libre !
Les bras m’en tombent !
Il sort d’où ce type pour dire une connerie pareille ?
Ou alors, j’ai peine à comprendre : l’unité wallonne n’est que de façade.
Liège est à des années lumières de Charleroi, qui pense différemment. La principauté qui a été sous la coupe de princes allemands pendant sept siècles, les Liégeois, au moins, en gardent l’expérience dans leurs gênes.
Liège vit depuis 1789 à l’heure française, comme si nous n’avions jamais quitté ses trois couleurs, malgré l’idée de Metternich d’inventer la Belgique, état tampon et artificiel.
Quand bien même !... nous souffrons d’une absence complète d’affinités politiques avec nos voisins flamands qui sont la copie à peine modifiée de leurs cousins germains et voilà que nous serions en symbiose élective avec ces derniers, sans que nous ne nous en soyons aperçus ! Heureusement que Paul était à proximité d’un micro pour établir sa vérité aux yeux du monde, ainsi, à l’instar du « Canard Enchaîné », notre hardi consommateur de médias a pu dépasser largement « le mur du çon » pour un large public !
Mais alors, comment le maestro montois, son mentor, a-t-il pu se brouiller avec son cousin Bart ?
Affaire de personne, plutôt qu’affaire de famille ? Le condottiere est donc un bien piètre négociateur !
Il conviendrait que Paul Magnette cesse de parler aux noms des Wallons, en disant du n’importe quoi. Ce n’est pas parce que ceux-ci se cramponnent à un parti par le souvenir de la belle réputation qu’il a eue, qu’il faut mépriser le goût que je sens majoritaire dans la Région que j’habite pour une entente avec la France, plutôt qu’avec la Rhénanie, notre voisin de l’Est.
D’abord, qu’est-ce qu’il connaît le Popol-à-Elio des rapports frontaliers entre riverains qui parlent deux langues différentes, même si l’allemand est une autre langue, plus structurée et de bien plus vaste culture, incomparable au flamand ?

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Qu’est-ce qui m’a fichu un animal pareil osant parler aux noms de tous les miens, de ce que les Liégeois ont toujours été ? Ce type gesticule en borain, pense en anglais et se débrouille en flamand, c’est bien d’être trilingue, mais ça ne rend pas plus intelligent, ni plus socialiste. Ça ne donne surtout pas le droit de parler aux noms des autres.
D’accord, ce n’est pas demain que les Rattachistes seront majoritaires. Moi-même, je ne le suis pas. Je ne me vois pas intégrer l’hexagone avec armes et bagages, sans condition. Par contre, je ne suis pas le seul perméable à l’idée d’une entente large et sans frontière avec des gens partageant la même culture que la mienne.
Si c’est la nostalgie d’une Allemagne conquérante qui le travaille, je dois dire que le souvenir du feldwebel n’est pas ce que l’on conserve de plus attendrissant en Wallonie mosane.
Dans ce cas, évidemment, on ne pourrait pas demander aux déçus de l’alliance avec Bart, mais partisans d’un grand Axe avec le Nord et l’extrême droite, d’entrer en pourparler avec le gouvernement français pour un ralliement négocié.
Probablement que ce lourdaud de Magnette après s’être fait taper sur les doigts en prétendant qu’il y avait 90 % de vues communes entre Di Rupo et De Wever, s’est cru « fin diplomate » en rattrapage, écartant le rattachisme en tant que solution invraisemblable pour le plan B.
Qu’il n’entre pas dans les vues du socialiste borain de se frotter à la gauche française, c’est son droit ; mais qu’il dispose de mon opinion afin de parler en mon nom, alors qu’on a l’espoir que le PS de Martine Aubry abandonne bientôt la social-démocratie à cause de la merde dans laquelle la crise a plongé les petites gens en Europe, pas d’accord !
Je ne sais pas quelle langue parle le ménage Magnette avec les enfants et le cousin Elio, et je m’en fous, à condition qu’il ne fourre pas son nez à Liège où l’on ne parle que le français.
Wie geht es Ihnen heute, Herr Magnette ?
Mal, sans doute ?
---
1. Pour rire un peu on pourrait dire « Consuetudinis vis Magnette est ».
2. Le premier utilisateur de la poupée gonflable, selon Ovide.

21 octobre 2010

Les comploteurs.

Les gens de pouvoir, depuis les élections de juin, cherchent une manière de gouverner le pays qui ne les laisserait pas démunis devant l’opinion publique, en cas de malheur.
Deux constatations s’imposent.
La première est celle du complot.
Un complot est un ensemble de décisions pour atteindre un but, comme toute entreprise démocratique en quelque sorte, sauf qu’il est secret, c’est-à-dire limité à la connaissance de quelques personnes de confiance.
En laissant ignorer à l’opinion publique l’état de ses travaux, le préformateur a ourdi un complot. Peut-être est-ce parce qu’il pensait qu’à l’écart de l’opinion, il aurait plus de chance de se rapprocher des thèses de la N-VA ; mais l’essentiel est là : le public et la presse n’en ont rien su.
Un silence de quelques jours n’est pas dans le domaine du complot, puisque l’opinion est avertie qu’elle sera mise à l’écart momentanément pour assurer un résultat rapide. Mais un silence de plus de deux mois, c’est autre chose.
Cela peut signifier tout ou rien : des concessions « honteuses », au refus d’offres « généreuses » de la partie adverse.
La deuxième constatation est un grave déficit de démocratie. Sous prétexte d’efficacité, on laisse le public dans l’ignorance. On peut penser que c’est parce que le comploteur le considère définitivement immature.
Le risque pris par le préformateur est considérable. En cas d’échec, il ne pouvait pas se retourner vers son opinion et la prendre à témoin de la mauvaise foi de l’autre. En cas de réussite, il y aurait toujours le soupçon d’avoir adopté un profil bas afin d’obtenir un accord à n’importe quel prix.
Nous sommes bien dans un monde à part, complètement déconnecté des électeurs. L’autorité, une fois en place, ignore complètement ceux grâce auxquels elle détient le pouvoir.
Celle-ci vit à l’aise dans un monde inconnu du public. Là se jouent les vrais drames, et se prennent les seules décisions qui comptent.

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Balzac dans « L’envers de l’Histoire contemporaine » saisit très bien toutes les conséquences de ce camp retranché du pouvoir. Ce roman en est le cadre, avec cette question de Godefroid : « Serais-je des vôtres ? ».
Eh non ! la multitude ne sera jamais des leurs. Si bien qu’on ne lui donnera des informations que pour former une opinion conforme à l’opinion des comploteurs.
Aussi étonnant que cela paraisse, Bart De Wever, pourtant encore jeunet dans le cercle du pouvoir, a évité le piège dans lequel Di Rupo est tombé. C’est sciemment qu’il a donné copie des 58 pages de son rapport de clarificateur à la presse et par conséquent au public, avant même d’avoir été chez le roi avec sa copie.
Ce qui ne veut pas dire que nous n’avons pas affaire à un autre comploteur ; mais son complot est plus subtil, puisqu’il est sur la place publique, dans le manifeste de son parti et qui n’est rien moins que la fin de la Belgique.
Mais, direz-vous, à partir du moment où les objectifs sont bien définis et sus de tous, il ne s’agit plus d’un complot, mais d’un programme.
La nature du complot n’est pas dans la désignation de l’objectif à atteindre, mais dans la façon d’organiser la stratégie pour y arriver.
Dans la présentation de son texte à la presse, De Wever a exprimé le désir de faire régner l’ordre et la prospérité, or l’ordre et la prospérité n’ont jamais été les meilleurs moyens pour renverser un Etat. Le complot de Bart De Wever est là. Il feint de tendre vers un objectif, à seule fin d’entraîner les partis et par-delà l’opinion vers un autre.
En réalité, il veut rendre la vie de quatre millions d’individus plus difficile, au profit des six millions de Flamands. Ainsi, la minorité l’aiderait sans le vouloir, en s’opposant à son entreprise. Il pourrait, de la même manière, convaincre la majorité que si on n’arrive pas à l’objectif de prospérité, c’est entièrement la faute de la minorité.
Il faut donc prendre De Wever de court et ne pas lui laisser l’initiative.
En jouant le jeu démocratique que Di Rupo a négligé, Bart De Wever a fait l’unité des partis flamands sur son programme. Ces derniers s’apercevront vite vers quoi De Wever les pousse, mais il sera trop tard.
Au reçu de la note du clarificateur, il aurait fallu montrer les conséquences de ce programme. Et surtout ne pas répondre tout de suite à cette note par une fin de non-recevoir qui a surpris l’opinion flamande par sa rapidité.
Quand De Wever a prononcé son « Fabula acta est », comment savait-il que la pièce était jouée, puisque les Francophones ne la rejetèrent que quelques heures plus tard ?
Di Rupo essaie maladroitement de rattraper sa faute par des déclarations incendiaires. On dirait un auteur qui se voit refuser la publication de son œuvre, par un éditeur.
Méfions-nous des vaniteux dont on blesse la vanité.

20 octobre 2010

Le complexe de Sganarelle.

L’élément oublié dans le conflit qui s’est installé entre les Communautés, c’est l’attraction du facteur économique sur l’individu. Ainsi d’une querelle au départ réservée aux partis et à leurs militants, la querelle des sous et des responsabilités est devenue l’affaire de tous.
On n’a pas assez tenu compte de la fracture entre le Flamand à la fois nationaliste et individualiste et le Wallon sceptique sur son progrès futur, vu l’état du système économique.
Plus que BHV, le Flamand est sensible à ce que lui disent la N-VA et d’autres encore à longueur d’année, à savoir qu’il travaille pour entretenir le Wallon.
Dans le contexte du chacun pour soi, à partir du moment où la majorité flamande accepte cela pour vrai, il est difficile de faire tenir debout une association dans laquelle un des deux partenaires se croit « roulé » par l’autre.
Les Flamands sont plus disciplinés et croient plus que nous à un système économique sur lequel ils misent pour une sortie de crise plus rapide que la nôtre. Pour cela, ils doivent concentrer leur force et leurs moyens sur leur économie, sur leur capacité, sur leur foi en l’avenir de la Flandre et ne s’en laisser distraire par personne.
Les Wallons ne sont pas si sûrs que cela de l’avenir du système et, a fortiori, que le redressement passe par des sacrifices.
Il n’y a jamais eu de divorce entre ces deux mentalités, parce qu’elles n’ont jamais formé un couple. On parle de séparation. Quelle séparation ? Des intérêts certainement, mais des affinités : il n’y en a jamais eu aucune.
Bart De Wever représente ce qu’il y a de plus en pointe dans l’archétype du citoyen flamand. Ce qu’il affirme, ses objectifs, son approche sociale, ses lieux communs sur le capitalisme, tout enfin ressemble quasiment à ce que pensait mon arrière grand’mère quand elle donna naissance à son troisième enfant en 1908. C’était une personne de qualité, une Flamande ayant vécu sa scolarité en internat dans un collège allemand, qui avait les idées de son époque.

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Les nouveautés de Bart De Wever ont plus de cent ans d’âge !
La suite coule de source…
De l’affaire royale, aux grandes grèves de 60-61, l’impulsion venait des bassins wallons et traversait mal la frontière des langues. Si bien que, de mémoire de syndicaliste, les mouvements s’arrêtaient finalement faute de relai au Nord du pays.
Les ponctions les plus saignantes de Gaston Eyskens à De Haan l’ont été à la mesure du sens de sacrifice des Flamands pour la « bonne » cause, de la Loi unique à l’entrée dans l’euro. Grâce à la majorité flamande, la Wallonie est « rentrée dans le rang » à chaque fois. Comme il n’était nul besoin de sonnette d’alarme pour ce genre de conflit, les Wallons ont toujours été « vers la droite » par l’effet de la majorité flamande. La Wallonie n’a jamais eu l’occasion de développer une politique calquée sur « l’esprit » wallon.
Si réformes il y a, l’absence de convergence sera de plus en plus flagrante.
Le réflexe du peuple flamand, derrière les voltigeurs de la N-VA, n’est pas tant la revendication territoriale que le sentiment très vif qu’on prend dans leur portemonnaie pour donner à des pauvres qui ne pensent pas comme eux, donc qui ne sont pas dignes d’intérêt.
Quelques-uns du côté wallon ont essayé de se conformer à la pensée flamande, si bien définie par Bart De Wever concernant la sécurité sociale, les pensions et les indemnités de remplacement (chômage).
S’y sont illustrés deux CDH : Joëlle Milquet et surtout André Antoine.
Rappelons que ce dernier s’est vanté que son « activation des chômeurs » a touché 20.582 personnes et que 8.933 d’entre elles ont été exclues du bénéfice des allocations de chômage. André Antoine s’en est réjoui en ajoutant « qu’ainsi nous donnons la preuve aux Flamands que notre Administration n’est pas laxiste ».
Peine perdue que cette vantardise d’un homme qui n’a pas vu au-delà de sa mise en scène, le mépris des Wallons envers quelqu’un qui coûte vingt fois plus à la collectivité qu’un seul chômeur et qui croit qu’il le mérite.
Les Flamands sont des gens placides. Il leur faut du temps pour s’engager pour une cause. La seule qui vaille en ces temps de vaches maigres, ce sont les sous qu’ils rapportent à la maison, Les comptes d’apothicaire dès qu’on parle de l’Etat fédéral et de Bruxelles, pourtant leur capitale, les désespèrent.
L’argent dépensé qui n’a pas un destin flamand ne passe pas. Rien n’y fera. On l’a bien vu avec nos arguments à la con, cherchant la réciprocité en arguant que la Wallonie les a aidés quand ils étaient pauvres, grâce aux bassins sidérurgistes de la Meuse et de la Sambre. C’est même stupide ce discours, parce qu’il les conforte dans l’idée que nous leur coûtons de l’argent en 2010.
La Belgique c’est Dom Juan qui meurt au moment de la célèbre réplique que Molière met dans la bouche de Sganarelle : « Mes gages, mes gages ! ». Sganarelle est peiné, non de la mort de son maître mais de la perte de son argent.
Les Flamands visent leurs influences partout dans le monde en ayant soin de nier leur partenaire dans les instances internationales, quitte à nous jouer le bon tour que tout commerçant connaît, pour nous carotter quelques biens en douce, nous souffler un marché et nous escroquer d’une clientèle. Mieux, ils verraient Bruxelles dans la plus grande pauvreté, s’il s’avérait que le plan de De Wever vienne à exécution, avec le regard paisible du passant regardant les pêcheurs d’Ostende décharger leurs caques de poissons frais.
Les Flamands ont besoin d’une cure de solitude. Ils la demandent, parce qu’ils ne savent pas ce qui les attend dans un monde en mutation où ils croient avoir la meilleure place.
Nous avons perdu plus que nous ne l’imaginons avec eux comme partenaire. Rester plus longtemps en cette compagnie, ce serait perdre davantage.
Quel que soit l’actif qui nous restera, quitte à se faire plumer devant notaire, c’est tout de suite qu’il faut leur signifier que c’est fini.

19 octobre 2010

Le bal des couilles molles.

Qui n’écrira pas une ligne aujourd’hui sur la note De Wever passera pour un autiste, un original invétéré ou un couillon !
Je ne l’ai pas lue. Je n’en saurais rien, si les artistes qui ont conduit les négociations du côté wallon n’avaient poussé les hauts cris. C’est donc en voyant les présidents des partis esquisser une moue horrifiée, que j’en ai conclu que le texte était imbuvable.
Ce qu’ils se sont empressés de confirmer du haut de leur tribune.
C’est comme ça qu’on fonctionne en démocratie occidentale. On ne vous tient au courant de rien pendant trois mois. On devine à la sortie de la rue de la Loi à leur pauvre gueule ou à leur suffisance hilare qu’on est dans la bonne voie ou dans la merde !
Puis on vous balance une brique que vous seriez sensés avoir lue avant le roi !
Il paraît qu’on est à peu près dans le manifeste électoral de la N-VA, qu’il était inutile d’attendre quatre mois pour ça, qu’on avait qu’à le lire avant. Ainsi les quarante-cinq pages d’Auguste l’anversois, ponctuées d’un « Fabula acta est », auraient été vaines, sauf qu’on aurait perdu la saveur de cette locution latine que rapporte Suétone à la mort d’Octave.
Voilà pourquoi Di Rupo est en rogne. Pendant les cent jours comme Bonaparte, il a taillé des crayons, dressé des plans, glosé avec l’ami Bart, pris des poses mystérieuses, joué les serviteurs humbles du monarque vieillissant. Ils ont été d’accord un jour, mécontents le lendemain, pour en arriver à faire chou blanc !
Combien coûte à l’Etat cette pantalonnade ?
Les Flamands rigolent. Ils sont six millions, en plus ils trustent les hauts grades à l’armée, ils ont un premier ministre et un ministre des affaires étrangères flamands, très minoritaires à Bruxelles, ils y ont des pouvoirs exorbitants et fait de cet îlot francophone une capitale flamande, c’est-à-dire que nous ne sommes plus représentés à l’étranger et très mal au niveau fédéral, écrasés partout, humiliés et sans le sou et voilà que nous osons refuser leurs dernières foucades, que nous n’accueillons pas les conditions ultimes de sa Rondeur 1er pour faire encore un bout de route avec lui, comme si brusquement nous ne nous contenterions plus des bas côtés !
Parole, nous nous rebiffons au point de renvoyer la copie, comme si nous étions en position d’examinateur dans le pouvoir de refuser le diplôme de la sagesse, de la bonne gestion et du capitalisme le plus performant d’Europe à la Flandre éternelle ! Bart est en passe dans son premier principat « de trouver une Flandre de briques, et de faire en sorte qu’il laissera une Flandre de marbre. »
Si nous en sommes là, la cause en est notre belgitude crasse de Gaulois mal affranchi, notre royalisme maladif, inspiré, faut-il le dire, par les politiciens les moins intuitifs, les moins inventifs et les moins anticipateurs au monde !
Nous avons les hommes de pouvoir qu’on mérite. Peut-être bien ne valons-nous guère mieux que ce ramassis d’incapables, toujours à guetter une opinion favorable du Flamand de la rue, de la côte ou d’Anvers.

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Ce n’est pas De Wever qui nous fiche notre billet de citoyen de seconde zone à la figure, mais Di Rupo, qui en prenant des vessies pour des lanternes illumine toutes les porcheries de Wallonie, Joëlle Milquet, confondante de génuflexion pour une Belgique qu’elle croit toujours vierge, alors qu’on n’en veut plus à vingt euros la passe dans les bordels du Pier et enfin, le père noble Jean-Mi Javaux qui ne sait pas que Dieu est une foutaise et qu’il ne faut compter que sur soi-même.
Nos baronnets et si distingués ennoblis de la gauche mollissant et de l’écologie dispendieuse plongent les gens dans une émotion collective qui n’aura le mérite que de faire prospérer la vente des cierges à Saint Antoine.
Grave de conséquence, ils veulent raccrocher les wagons de nos trains à essieux fatigués aux TGV flamands, histoire d’y croire encore, pas gênés du tout de revenir sur les moments où ils ont eu le mérite de plaire à sa Rondeur, des fois qu’on trouverait un accord de compromis.
Compromis ? Ne se sont-ils pas assez compromis ? Faut-il qu’ils se mettent plus bas qu’un canal de Bruges à Gand et nous avec eux ?
Allons, Messieurs les chiffes molles, un sursaut, je vous prie, appelez à siéger les Etats généraux de Wallonie, ameutez l’Europe et prenez langue avec la France.
Il vous reste peu de temps et peu de marges de manœuvre pour que vous vous montriez sous un meilleur jour.
Un peu de dignité, je vous prie !

18 octobre 2010

Débats léonardesques.

Bal des faux culs sur nos chaînes babillardes.
Léonard, le ci-devant archevêques des Gens biens, n’est pas à l’aise dans la communication de masse. Il n’est pas « plastique ». Il dit ce qu’il pense et il ne pense pas « juste » par rapport à une moyenne du penser juste qui le ferait passer inaperçu, ce qui serait préférable pour tout le monde.
Des méchantes langues disent qu’en réalité Mgneur Léonard se conformerait au discours du pape et que, par conséquent, on ignore si ce qu’il affirme est réellement ce qu’il pense !
Belle manière jésuitique de le dédouaner !...
Si demain le pape est Chinois, Mgneur Léonard mangera du riz avec des baguettes, ordre du Christ !
Aussi n’est-il pas venu aux célèbres lucarnes se faire incendier par les tenants de la morale généralement admise sous nos climats et clairement établie par des statistiques ayant pour cadre « Monsieur Tout-le-Monde ».
Le Grand Rabbin, l’Iman et le Curé de service ont réussi à dire la même chose que Léonard, tout en se faisant passer pour des gens qui pensent comme la majorité.
C’est ça, le grand art de la communication. Brouiller tellement les pistes, que le pauvre gars qui a chopé le SIDA s’est demandé ce qu’il fichait au milieu de la racaille universitaire !
A l’archevêché, quelqu’un aura soufflé à Nonard qu’en restant peinard à la sacristie, dans quinze jours tout le monde aura oublié. Déjà qu’à partir de lundi la mode sera de loucher sur la copie que Bart De Wever remettra au roi !
Ce dimanche, on aura rarement entendu un tel flux de paroles desquelles il ne ressortit rien qui fût écoutable, surtout pas de savoir si, oui ou non, le porte-parole d’Allah condamne ou ne condamne pas l’homosexualité et si être malade du SIDA est une fatalité ou une faute !
Un qui n’a pas loupé la leçon de maintien au juste penser de la moyenne nationale, c’est notre Rudy Robespierre-Demotte, laïc au fil à plomb bien tendu, et trouvant délicieux de se caler en tête de l’opinion, surtout habile comme pas un à vanter la capote en homme tout caoutchouc, et à défendre les malades du SIDA comme un beau diable. Sauf qu’il est toujours facile d’être conforme à l’opinion générale et qu’il n’y a aucun courage à suivre la meute.
J’ai toujours considéré que lorsqu’on était dans l’ensemble d’accord avec l’opinion, il était préférable de ne rien dire, tant le discours entendu est attendu et aussitôt n’intéresse plus.
J’aurais trouvé plus crâne, plus franc de collier que le substitut de Mgneur Léonard et ses collègues des trois religions monothéistes disent ce qu’ils pensent, quitte à entendre des discours opposés à l’opinion qui va de soi.
Les débats eussent gagné en intérêt.
Peut-être même aurait-ce été utile, à la condition que les protagonistes respectassent les raisonnements d’autrui. C’est ça la contradiction récurrente.
Quand va-t-on cesser ces débats ridicules ?
Puisque les trois compères des religions monothéistes étaient réunis sur le plateau, il aurait été plus intéressant de leur demander quelques explications fondamentales.
Puisqu’ils considèrent les âmes égales devant dieu, pourquoi ont-ils contribué à créer des inégalités sociales entre les Hommes ?
Ils se sont accommodés des politiques racistes, esclavagistes, fondées sur la domination de quelques privilégiés du baron médiéval aux princes de l’église, du Grand Turc au président Ahmadinejad, d’Abraham à Netanyahu, de Torquemada à Benoît XVI. Le christianisme a eu l’inquisition, l’islamisme pratique la torture et le judaïsme prospère en Palestine grâce à une politique ségrégationniste et anti palestinienne.
Pour ces gens-là, l’amour du prochain s’arrête aux leurs. Les autres sont des infidèles, des renégats, des chiens… à tout le moins, des gens dans l’erreur.
Alors, Léonard contre ou pour le préservatif, contre ou pour l’avortement, contre ou pour l’accueil de tous les déshérités, qu’ils aient ou non le SIDA, mais on s’en fout de l’opinion de ce type ! Vous ne pouvez pas savoir…

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17 octobre 2010

Voyage avec Salvia divinorum.

Karin Gérard est cette charmante magistrate dont on voit parfois la silhouette aux émissions de nos deux chaînes télé, en sa qualité de membre du syndicat de la magistrature, rivalisant ainsi en images médiatiques, avec l’élégant Cédric Visart De Bocarme, Procureur général près la Cour d'Appel de Liège, lors d’apparitions sur des questions d’actualité.
La voilà particulièrement embarrassée par un procès qu’elle préside dans lequel comparaît Léopold Storme, accusé d’avoir assassiné ses parents et sa sœur, le 16 juin 2007, à Bruxelles.
Que l’accusé soit l’auteur de cet affreux carnage, comme bien des indices le laisseraient supposer, ou victime d’un massacre par des assassins anonymes, l’épargnant on ne sait pourquoi, l’affaire qui semblait entendue, prend le cours singulier d’une bataille d’experts.
Certains estiment qu’au moment des faits, Léopold se trouvait dans un état grave de déséquilibre mental, victime d’un trouble de type psychotique. Pour ces experts, l’internement s’impose "si les faits sont établis", précise Karin Gérard. Confabulation ou non, le Dr Guillaume a un constat radicalement opposé. Le jeune Léopold présenterait, certes, quelques "traits limités" sans doute liés à sa période post-adolescente ; quant à le faire passer pour avoir un trouble profond de personnalité débouchant sur une psychopathologie aiguë, il y aurait de la marge !
On voit le dilemme. Léopold est fou, on l’interne et il n’y a plus de procès, ou, s’il ne l’est pas, il y a de fortes chances qu’il écope de 30 ans pour parricide. Ce serait assez simple, si un autre expert mandaté par la partie civile, le Dr Goffioul, n’avait évoqué une possible consommation de Salvia par l’intéressé.
Conclusion du spécialiste : au moment des faits, Léopold aurait été dans « un état de conscience gravement modifié, induit par des substances toxiques ; un état qui n’a pas persisté. »
Cette troisième version d’une absence de responsabilité au moment des faits causée par une inconscience momentanée relaxe purement et simplement Léopold du meurtre de ses parents.

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M’armant d’un dictionnaire de toxicologie et d’un précis de botanique, j’en conclus que la chose est tout à fait possible.
La Salvia est une herbe de la famille de la sauge, qui altère la conscience. Elle est encore utilisée par les chamans et certains curieux pour la recherche d’une vision ou dans un rituel curatif. C’est une plante qui a une tradition sacrée pour la méditation profonde. Elle est prise soit en silence ou avec de la musique douce et plaisante.
J’appellerai le phénomène décrit par cette librairie « le complexe de Gargamelle ».
Chiquant la salvia, Léopold aurait massacré sa famille sans s’en rendre compte, parce qu’il avait un antécédent psychiatrique « léger » !
Sans effet de dépendance, cette herbe n’est – en principe – pas interdite !
Me Jean-Philippe Mayence, avocat de Storme, a aussitôt vu l’intérêt d’exploiter le filon : “Si je comprends bien, Léopold Storme a eu des pertes de connaissance au moment du drame mais il ne doit pas être interné. C’est trop important. Je souhaite que les experts désignés par les parties civiles déposent un rapport complémentaire ! Il faut un internement pour les uns, pas d’internement pour les autres. Et maintenant un état de conscience gravement modifié.”
S’il n’y a pas d’addiction dans la consommation de la Salvia, s’il est question aussi de réactions non violentes, Léopold, borderline et bizarroïde, aurait sombré dans la démence meurtrière par une mastication de salvia qui était la goutte qui fait déborder le vase par effet cumulatif !
Il faudra bien que Karin Gérard fasse le tri dans la bataille d’experts sur le contenu du pot-bouille ingéré par Léopold, ainsi que sur l’état de ses neurones.
Quelle que soit la suite des événements, l’internera-t-on à vie, en sachant qu’en liberté, vu son état borderline, s’il repiquait à la douceur planante de Salvia divinorum, il serait capable de faire un nouveau massacre dans les Marolles, alors que sans consommation, il serait inoffensif !
Devant une plante aussi inattendue capable de disculper le criminel le plus endurci, s’ils vous arrivaient de prendre goût à la divination par les plantes ou pour tout autre usage, sachez que vous ne seriez pas les seuls sur la chose, puisque des aphidiens, limaces, chenilles, thrips, araignées et autres petits insectes en raffolent et pourraient être du voyage aussi. Enfin, dernier conseil pratique que vous fumiez, chiquiez la divine, ne vous avisez jamais de la distiller ou de vous l’injecter, vous seriez en danger de mort.
Dernière chose : on aurait perdu dans les méandres où Karin et les experts nous entraînent, la version « bandits masqués » du fils prodige. Faut-il y voir un mirage de plus dont ce procès est prodigue ?

16 octobre 2010

Un chanteur engagé.

Les inconditionnels de Bertrand Cantat vont encore me tomber dessus, mais « poète et artiste maudit » tant qu’on veut, je ne peux pas oublier que ce type à tuer une femme à coups de poing.
On ne devrait pas s’acharner contre un homme qui a purgé sa peine, certes, d’autant que les cabales seraient le fait d’un courant de droite qui ne supporte pas ce nouveau « Che » de la chanson française.
Ce qui me gêne, outre l’image obsédante de la brutalité d’un homme envers un être plus faible, même si la victime avait bec et ongles, c’est tout le battage de ses fans lors de ses prestations à Bègles et Mérignac, des salles « en délire » devant un chanteur qui – dit-on – n’a rien perdu de son punch (sic), alors que si l’on s’en souvient, Monsieur Cantat fut libéré aux deux tiers de sa peine pour bonne conduite, à la condition d’une certaine discrétion.
Bien sûr, il n’est pas responsable des articles de la presse spécialisée célébrant son grand retour, ni des débordements de ses fans qui n’ont rien oublié du chanteur engagé. Mais quand on entend ce qui fait son succès, que c’est le côté « artiste maudit », on se demande si le public n’est pas en train d’aimer quelqu’un par voyeurisme, histoire d’en mettre plein la vue à cet esprit bourgeois – que je déteste aussi – mais dans lequel il englobe tous ceux qui ne sont pas les inconditionnels de l’artiste « ressuscité ».
Je ne me serais pas permis d’en rajouter, préférant la vision « pauvre Lelian » d’un nouveau Verlaine, à celle du rocker aux textes quand même limités dans l’expression, si je n’avais lu sur la Toile jusqu’où pouvait aller le délire ridicule et parfois malsain, d’une coterie qui – s’il faut lui reconnaître de la persévérance dans l’admiration – n’en est pas moins obscène dans son adulation sans limite.
Je comprends qu’on aime le chanteur. Assimiler les vocalises à l’homme est autre chose, même si celui-ci est, quelque part, aussi tragiquement la victime de sa victime.
Pour un peu qu’on pousse l’opinion fanatisée, elle aurait tôt fait de refaire le procès afin d’en inverser les rôles, sans pouvoir évidemment rendre la parole à qui n’est plus. Et cela aussi n’a rien à voir avec le talent et l’art du chant.
Que Cantat ait ou non du talent, qu’il parle au nom d’une jeunesse endolorie par le chômage et la pauvreté, qu’il recueille des fonds pour les mineurs chiliens et les enfants de Gaza, les causes aussi désintéressées soient-elles ne sauraient faire qu’on aime ou qu’on n’aime pas ce qu’il fait.
Le fan ne se pose pas la question.
Faut-il à droite adorer Sarkozy, quoi qu’il fasse et avec lui tous les « ténors » de son apanage et à gauche être aux petits soins pour tous ceux qui en vue se réclament du changement, de Mélenchon à Martine Aubry ?

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Je déteste ce qui me contraint d’entrer dans un camp et d’en épouser avec tous ses symboles, les hommes qui s’en réclament, par une sorte d’obligation d’appartenance.
C’est du domaine de ma liberté de choix de pouvoir dire qu’à gauche je n’apprécie guère Dominique Strauss-Kahn et qu’à droite – là je cherche un nom et je n’en trouve pas – je considère la politique de X assez crâne et courageuse.
Je méprise les opinions unilatérales et définitives. Je trouve dégradant de comprendre les choses de cette façon.
La moralité de tout ceci n’est pas de savoir si Bertrand Cantat avait ou non le droit de remonter sur scène – personnellement, je pense que c’est son droit - il n’est question que de savoir si ce nouveau départ doit être l’occasion de la part de son public de repartir dans l’éloge excessif et la détestation de ceux qui se seraient « mal conduits » envers lui.

15 octobre 2010

Le plan « B » de Di Rupo.

Conciliabule entre les partis francophones ce jeudi, tandis que Sa Rondeur, Bart 1er, termine les dix jours de Bruxelles, avec l’apothéose de la montée à la balustrade chez le roi, lundi.
Plus on jase dans les milieux informés, moins on en sait parmi les spectateurs en bordure du surplace. Sinon, que Sa Rondeur consulte à guichet fermé en spécifiant bien aux consultés que tout doit rester secret.
On peut considérer ce silence obstiné de deux manières. La première supposerait que les secrets sont tellement lourds et terribles que « ceux qui savent » veulent épargner à ceux qui ne savent pas le fardeau de les porter ; la seconde serait que derrière le paravent il n’y a rien, que depuis longtemps les états-majors n’ont rien à dire d’intéressant et qu’il serait fâcheux pour l’avenir de ceux qui font commerce de leur personne en politique qu’on les sût oisifs et dispos, et qu’enfin, la brouillerie entre chefs des Communautés n’est qu’une manière de tromper l’ennui d’être né Belge.
Reste que tout bien pesé, d’une manière ou d’une autre, la diplomatie à l’usage interne exclusif de nos hauts dignitaires est un déni à la démocratie. Cela laisse un goût amer de savoir qu’on a des secrets pour l’homme de la rue, que dis-je l’homme de la rue, ne faut-il pas y inclure aussi au moins un parti, en l’occurrence le libéral ?
Depuis quatre mois, c’est ainsi que vont les choses en Belgique. Le black-out ressemble à celui du temps de guerre. Ce qui filtre des réunions n’échappe à la surveillance organisée que parce que des fuites volontaires sont voulues, à seule fin que nous soyons gonflés à bloc pour la phase suivante, celle des retrouvailles dans la fraternité des armes avec « l’ennemi », le flamand héréditaire, subitement devenu fréquentable, ou, à toutes fins utiles, on nous instille à l’intérieur de nos petites cervelles le plan « B », celui que, sans le savoir, nous plaçons parfois à côté de nos plaques minéralogiques de voiture, sauf que ce plan « B » serait un découpage de fortune et de sol dans une entité actuellement homogène.
Bien entendu, ce plan « B » annoncé par Di Rupo, appuyé par l’égérie du PS Soubirou-Onkelinx, bientôt orchestré par tous les partenaires de rang supérieur des partis francophones, personne n’en a précisé le sens et appelé le peuple à une consultation. Acte unilatéral de plus, il consisterait selon le duce de Mons à s’approprier le label Belgique, tandis que les Flamands promulgueraient la République flamande devant l’Europe indignée.
Evidemment ce plan B n’est qu’une grosse ficelle destinée à faire comprendre aux Flamands que nous rêvons debout et que nous n’avons pas fini de nous accrocher à leurs basques.
C’est un plan « B » pour rire et qui prend les Wallons pour des imbéciles.
Faut-il que l’orgueil plombe à ce point l’intelligence de Di Rupo pour qu’il espère le faire passer tel quel pour un consensus éventuel des Wallons et comme une merveilleuse parade au repli sur soi de madame la Flandre?

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Mais, chers démocrates du dimanche, le plan B de la siroperie du PS, cela n’incombe pas à vous de le mettre en pot.
Non seulement, il est d’un ridicule achevé, mais encore il oublie toutes les autres manières de se garantir d’un éventuel coup de sabot de la mule du pape de Sa Rondeur.
Ne serait-ce que ce manque d’égard pour la démocratie, il faudrait bien, malgré les « retrouvailles » entre partis francophones de ce jeudi, que vous vous avisiez qu’il faut avant tout consulter le peuple sur un avenir aussi original qu’un plan « B » et qu’il faut convenir que d’autres perspectives que celle peu sérieuse de Di Rupo existent et qu’on les connaît.
Car, et on voit par là la duplicité de l’aigle de Mons, le plus crédible de tous les plans « B » serait une association avec la France sur un statut à déterminer, du genre « Région de France autonome ».
Pourquoi le duce n’en a-t-il jamais parlé ?
Poser la question, c’est plonger dans l’âme du personnage, profondément égocentrique et retorse, c’est oublier que ce libéral à coloration rosée est avant tout un homme du roi, avant d’être un homme du peuple, quelqu’un qui a cherché et trouvé sa voie dans une Belgique à l’ancienne qui lui a donné l’emploi qui le gratifie et la haute considération des siens.
A la Révolution française, on a vu des hommes partis de rien et devenir tout, même si certains on finit par rejoindre Louis XVI sur l’échafaud, mais c’était la Révolution. Comment voulez-vous qu’un homme parti de rien et devenu tout dans une monarchie fasse la révolution pour redevenir rien dans une République ?
Alors son plan « B »…

14 octobre 2010

Les abrégés d’agrégés !

Nos « élites » n’en peuvent plus ! Elles ne supportent plus de vivre de façon étriquée dans les deux langues nationales.
Il faut qu’elles en sortent, qu’elles innovent, puisque nos malheurs viennent des incompatibilités de langage entre Belges ! C’est simple, parlons anglais !
L’anglais, la langue du biseness par excellence, a tous leurs suffrages. Les écorcheurs de la langue flamande et les écorcheurs de la langue française, même combat : tous à l’anglais !
Les petits génies de notre nomenklatura, tant révérés par les cons, veulent que les universités, dont ils sont issus, conduisent au rapprochement entre Wallons et Flamands grâce à une langue « supranationale », pour longtemps encore supérieure au chinois.
Du côté flamand, c’est Pascal Smet qui met la puce à l’oreille de nos têtes bien pleines, ce que refusera Peeters, ministre président, dans un sursaut nationaliste.
D’autres anglophiles emboîtent le pas, Dedecker (LDD) n’est pas le dernier, les députés flamands Lode Vereeck et Boudewijn Bouckaert, trouvent l’idée de Smet excellente.
On ouvre une gazette flamande et on lit par exemple ce qui suit : “ ce n’est plus la Belgique, mais le monde qui est désormais le cadre de référence en ce qui concerne les opportunités d’emploi des jeunes ”. L’importance accordée au français ne constitue dès lors qu’un “ reliquat du cadre belge dépassé ”.
En Wallonie, nos illustres, par détestation d’une partie de la population d’apprendre le flamand, pensent que l’anglais est déjà la deuxième langue parlée. Des futurologues précisent :
"L'anglais sera devenu la première langue du pays, le néerlandais la deuxième et le français passera 3ème".
Nathalie Maleux reprend son Bordas French English, au cas où il y aurait un JT made in England.
On y aurait perdu jusqu’à son latin, si ce n’était la confusion. Ce n’est pas le français que l’on parle en Wallonie, à RTL et à la RTBF, jusqu’à l’université de Liège, et surtout que l’on écrit, mais une sorte de sabir fait de borborygmes et d’acronymes entretenu par l’usage des courriels, des textos et des « post ».
L’exemple vient des hautes autorités. Les mémoires des étudiants regorgent de fautes d’orthographe, de belgicismes (ce qui serait moins grave) et d’expressions anglaises souvent inappropriées mais qui font « class », sans oublier les abrégés d’agrégés.
Des « contributions » du corps professoral dont on sent l’influence de l’anglais dans une phrase sur deux, n’ont plus rien à voir, ni avec le français classique, ni même avec le français moderne. C’est une sorte de condensé coupé d’expressions anglaises, que ces élites disent intraduisibles (1).
Le mal est général et s’il commence par ceux dont c’était la mission de bien écrire et de bien dire, il se poursuit par la lecture des journaux qui, depuis qu’ils ont supprimé les correcteurs d’imprimerie et qu’ils ont laissé la main libre des journalistes courir sur le clavier d’ordinateur, on assiste à une sorte de débandade de l’orthographe.

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Je sais qu’en écrivant cela, des rédacteurs piqués au vif vont s’amuser à décortiquer ce texte pour en extraire les amphigourismes, l’atticisme, les mauvaises correspondances de temps et les fautes d’orthographe. Sauf, que je m’applique et que j’essaie de m’améliorer et qu’il est fort possible qu’ils dénonceront ce qui est correct, en oubliant ce qui ne l’est pas, prouvant ainsi par l’absurde, la véracité de mes affirmations.
En France, c’est le même constat. Les universités pataugent dans une langue qu’elles ne maîtrisent plus. Au point que les étudiants les moins doués, à la suite d’une petite dictée d’entrée de jeu, devront réviser leur Grevisse avant de prétendre pontifier aux amphis.
La langue n’est pas réservée à un quelconque mandarinat. Elle doit être parlée et écrite par tous. Elle devrait surtout être à nouveau soutenue par un corps professoral dont le premier devoir serait de se remettre à la lecture des grands textes et à faire partager cet amour de la lecture aux élèves. L’époque ne s’y prête guère. Elle est ouverte à la vulgarité, au fric, au consumérisme. C’est dommage.
A Liège, l’échevinat de l’instruction publique est particulièrement rétif à la réappropriation de la langue par les élèves. Il semble que les mathématiques et l’apprentissage de l’anglais soient leur priorité. Evidemment si l’Haut lieu est lui-même inculte…
Quand quelqu’un ne sait pas mettre des mots sur ce qu’il veut exprimer, il le dit en général avec ses poings et c’est toute la société qui monte d’un cran dans la violence gratuite et imbécile.
A force d’apports étrangers, d’apocopes et d’aphérèses sur l’ordi, vous verrez qu’il ne restera plus grand-chose bientôt, de la seule vraie richesse que nos parents nous ont léguée : la langue française.
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1. Ils veulent nous prouver ainsi qu’ils possèdent parfaitement la langue de Shakespeare et qu’il leur est impossible de proposer l’expression juste aux unilingues du vulgaire, alors qu’ils ont perdu l’essentiel du vocabulaire de leur langue maternelle.

13 octobre 2010

Casino bancaire !

Les prix Nobel de l’économie donnent l’envie de parler des marchés financiers.
Les activités financières pompent les meilleurs esprits de nos écoles spécialisées des sciences économiques. Dans un sens pratique, ce n’est pas bête de la part des têtes d’œuf qui espèrent le feedback (1) aussi positif que possible en monnayant leurs études, là où elles rapporteront le plus.
Pour l’industrie et le progrès humain, ce sont des intelligences perdues.
Le plus clair des activités qui paient consiste dans l’interprétation de tableaux que produit une batterie d’ordinateurs. Ce capteur universel a été programmé pour prendre les mêmes décisions que l’utilisateur de la souris. L’alignement des chiffres des marchés est froid et sans « état d’âme » puisque l’ordinateur ne pense pas. Pourtant, les beaux esprits qui passent leur vie devant les écrans, lui attribuent du sens, comme s’il était un partenaire humain.
Dès 1994, année de la crise obligataire (2), l’informatique s’empare, pourrait-on dire, des mécanismes de la finance et devient l’outil principal, sinon unique, des opérateurs financiers.
Aujourd’hui, l’ordinateur dispose des moyens mnémotechniques pour conférer aux chiffres une objectivité qui fait croire à leur permanence dans un cadre financier.
C’est l’histoire du comptable qui alignait des chiffres dont il vérifiait et revérifiait sans cesse le bien fondé à chaque opération et qui découvre la machine à calculer, lourde et imposante à ses débuts, avant la calculette minuscule qui fait tout, mieux que personne !
Cette naïveté de croire en la mécanique est aussi vieille que la machine à calculer de Blaise Pascal, l’ordinateur vient renforcer ce mythe, car il est vendu comme la machine qui ne se trompe jamais.
De sorte qu’aujourd’hui si l’ordinateur ne se trompe pas, il peut très bien établir des chiffres exacts sur de fausses données, ce qui produit quand même un résultat totalement faux !
Les modèles, que les théories financières établissent, le sont certainement aussi, puisqu’ils n’intègrent pas les modifications de comportement des acteurs en cours de calcul, sur l’effet produit par les variations des prix des matières premières. Autrement dit, l’ordinateur n’intègre pas les sentiments et ne dispose d’aucun élément capable d’en analyser les variations. C’est là que l’homme intervient avec ses désirs, ses peurs, ses croyances et ses ambitions, sauf qu’il n’est pas un comédien sur la scène d’un théâtre, tout au plus un acteur médiocre d’une farce de laquelle ceux qui font la véritable richesse d’un pays sont exclus.

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Les salles de marché sont des antres de fous. Chacun surveille son voisin, les chefs supervisent les sous-chefs, si bien qu’un type seul ne peut pas s’engager comme Kerviel pour près de cinquante milliards, sans des complicités au sommet, comme le médiocre procès de Paris ne l’a pas démontré.
Les pertes de certains acteurs comme celles de la banque de Tokyo en 1997 - un classique du genre - sont révélatrices d’une maîtrise perdue entre le prix « évalué au marché » et le prix « évalué au modèle ». C’est toute l’ambiguïté de la valeur non-absolue de la statistique.
Alors, à variations aléatoires, à quoi peut bien rimer la valeur des marchés ?
Si ce n’est à drainer de l’argent, sans un autre objectif apparent que celui de la banque en face, dans le seul but de retirer du cash d’une virgule qui se déplace ou un chiffre succède à un autre, dans une sorte de poker menteur pour un pot qui appartiendra au plus chanceux.
Ajoutez à cela la chronolâtrie épistémologique de tous ces cinglés et vous saurez pourquoi la banque conduit à l’adoration de l’éphémère.
C’est la première fois dans l’histoire du capitalisme que la spéculation ne touche ni des produits finis, ni des matières premières ; mais vise surtout des produits boursiers, des promesses d’achat ou même d’achats « loués » avec de l’argent qu’on ne possède pas en fonds propre, des hypothèques qui ne valent pas un clou, etc. C’est-à-dire qu’on a réussi à établir une véritable industrie sur du vent !
Une pratique plus ancienne, mais qui a décuplé ses activités consiste à jouer sur les changes, c’est-à-dire spéculer sur le taux des monnaies, rendue possible grâce, encore une fois, à l’ordinateur qui donne en instantané les cours des différentes places boursières. Il s’agit ici de sommes considérables pouvant atteindre quelques milliards qui se déplacent en cherchant la plus-value, tout en pesant elles-mêmes par leur masse sur les taux.
Les déclarations des politiques après la crise de 2008 sont restées sans effet sur les jeux financiers, de sorte qu’une crise sans commune mesure avec celle de 2008 pourrait survenir sans qu’on ne puisse en arrêter le cours.
Tout le monde le sait. Tout le monde se tait.
C’est ça le capitalisme aujourd’hui.
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1. Effet de rétroaction pour signifier qu’« un objet est contrôlé par la marge d’erreur qui le sépare à un moment donné de l’objectif qu’il cherche à atteindre ».
2. Les marchés obligataires, qui avaient trop anticipé la poursuite de la baisse des taux courts, effectuent une correction brutale de plus de 200 points de base pendant presque toute l'année.

12 octobre 2010

Le Nobel de la banque de Suède !

Par un hasard du calendrier, on a appris le décès de Maurice Allais, prix Nobel d'économie en 1988 pour ses contributions à la théorie des marchés et de l'utilisation des ressources, presque simultanément que la proclamation du 42e prix Nobel d'économie décerné aux Américains Peter Diamond et Dale Mortensen, ainsi qu'au Britannico-chypriote Christopher Pissarides, pour leurs travaux sur la manière dont le chômage, l'emploi et les salaires peuvent être affectés par la politique économique.
Ce n’est pas la meilleure idée que les membres du jury de 2010 aient eue. Il y a fort à parier que le jury de 1988 n’était pas le même.
En effet, Maurice Allais, choqué par la crise de 29 et les conséquences sociales désastreuses qu'elle avait provoquées, aussi parce que personne n'en comprenait l'origine, décidait de tenter d'en démonter les mécanismes et éviter qu'une telle crise puisse se reproduire dans le monde.
Hélas ! il n’en fut rien. Pourtant, il avait senti l’emballement des marchés et prévu les soubresauts de l’économie de la crise de 2008, ainsi que ses conséquences sur l’emploi. A la lumière de ses travaux, il avait alerté le monde de l’économie dès 2006 sur les anomalies, les hypothèques hasardeuses, les titrisations et les spéculations. Les économistes qui sont aujourd’hui les augures du grand capital lui avaient ri au nez. C’était lui qui avait raison et son Nobel n’était pas usurpé. Mais où étaient donc Diamond et Mortensen en décembre 2008 ?
Sait-on au moins à qui on a affaire en les nobellisant ?
Leurs travaux sont quasiment des copiés-collés de ce que pense le MEDEF pour la France et la FEB pour la Belgique !
Diamond a écrit quelques pages qui valent leur pesant d’activisme dans la pure ligne de l’orthodoxie capitaliste "Pourquoi y a-t-il autant de gens sans travail alors qu'au même moment il y a de nombreuses offres d'emplois? ». C’est du Laurence Parisot à l’état pur. La suite est tout aussi délectable.
« Comment la politique économique influence-t-elle le chômage? » Réponse de ce brillant sujet « plus les allocations de chômage sont importantes, plus le taux de chômage est élevé et la durée de recherche est longue ». C’est ce que pense sans y ôter une virgule notre clarificateur national Bart De Wever.
On se demande si le prix Nobel de la paix est de la même eau que celui des trois compères ? Si c’est le cas, on a raison de mettre en doute le jugement des semi gâteux de Stockholm. Il est vrai que Henry Kissinger le reçut en 1973 !
La compréhension, de l’événement pourrait succéder à l’indignation lors de l’attribution du Nobel de l’économie, quand on sait que c’est le prix de la Banque de Suède en mémoire d'Alfred Nobel. En effet, le Nobel d'économie, le seul non prévu dans le testament de l’inventeur de la dynamite, est le dernier prix à être décerné pour la saison 2010.

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Les travaux de Mortensen sont de la même nature que ceux de son collègue Diamond.
Comme lui, intellectuel révéré, sorti des meilleures écoles, Mortensen se concentre sur l'économie du travail et la macroéconomie. Les universités belges doivent leur tresser des couronnes et boire leurs paroles !
« He is especially known for his pioneering work on the search and matching theory of frictional unemployment », disent nos adulateurs professionnels. (Il est surtout connu pour son travail de pionnier sur la recherche et la théorie du couplage de chômage frictionnel). Il a étendu les idées de ce travail pour étudier le chiffre d'affaires du travail et de la réaffectation, la recherche et le développement, ainsi que les relations personnelles. (Le chômage frictionnel, ou chômage de transition, désigne le chômage lié à la « courte » période d'inactivité qui sépare deux emplois.)
Il est souvent vu comme un chômage incompressible, dû à des imperfections du marché du travail (problème de transmission d'informations entre employeurs et chercheurs d'emploi, etc.). Et ça, Mortensen ne le supporte pas. Tous ces jours perdus pour la productivité générale, lui sont intolérables. Lourdé le matin, un mec « bien » devrait commencer l’après-midi dans une autre boîte, c’est un américain pur et dur qui vous le dit !
Les phénomènes tels que la rigidité des salaires et les « tarifs » que les syndicats imposent pour certains métiers peuvent conduire au chômage, etc.
On voit parfois certains beaux salauds tenir le haut du pavé, poussés par les manipulateurs friqués. Le péché mignon des foules, c’est de croire qu’une récompense est toujours donnée au mérite.
Cela arrive parfois. L’inverse est tout aussi fréquent.
Le moyen de le savoir en économie est assez simple. Regardez la part qui revient au travail et celle qui revient au profit. Lisez ce qu’ils écrivent sur la chose. Tirez-en les conclusions. Et que Diamond et Mortensen aillent se faire foutre.

11 octobre 2010

Un long métrage belge.

La Hongrie craint une nouvelle vague de boue, nous aussi. Sauf qu’en Belgique elle ne serait pas rouge, mais bleue ! Enfin, c’est le clarificateur-raffineur qui le laisse entendre, malgré le cri d’Albert.
-Ecoute, fieu, t’as assez avec les Sept Nains pour que ta N-VA tourne le remake de Blanche-Neige ! Je te donne dix jours pour réécrire le script ! !
-Oui, sire. Mais je peux quand même consulter des producteurs pour le montage financier ?
-Tu montes avec qui tu veux, tu t’arranges avec la tôlière, du moment que la blonde est pas mineure !
Du coup voilà le roi piégé et la N-VA de lancer un communiqué donnant au clarificateur le feu vert pour qu’il passe au bleu !
Les nains Timide, Dormeur et Prof du côté francophone, Joyeux du côté néerlandophone ne l’entendent pas de l’oreillette de RTL.
RTL – Vous devez avoir des tas d’amis sur Face book ?
Prof – J’ai essayé. Toujours déçu. Le dernier m’a pris pour une fille, rapport à ma voix, la seule chose qu’il m’ait dite « Tu veux voir ma bite ? », j’ai coupé tout de suite !
Timide – Nous les écologistes nous sommes loyaux, féaux et royaux, mais pas corniauds. Je vais prier une dizaine à la collégiale d’Amay pour que les dix jours se terminent dans la joie et la bonne humeur.
Dormeur – Ma fille, en sortant de l’école, m’a dit « maman, dans le chassé-croisé, il y a le chassé, la maîtresse de ballet dit que c’est ce que tu fais le mieux. »
Prof – Je renouerai avec Bart si le roi me le demande. Mais je ne veux à aucun prix croiser Didier, le nain grincheux, en sortant d’une réunion avec la N-VA. C’est quand même moi le dauphin !

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En attendant, un tailleur confectionne l’habit de prince, pour la scène « Bart et la princesse » quand le clarificateur se penche sur le cercueil de cristal et embrasse la Belgique sur la bouche.
La Belgique – Tu pues de la gueule, smeerlap. Tu pourrais pas les brosser au Colgate ?
Bart – Si un de nous deux porte un appareil dentaire mal entretenu, ce n’est pas moi !
Prof – C’est pas bientôt fini, le ménage ? On t’a pas dit de mettre la langue pour embrasser la Belgique ! Est-ce que tu me vois baver dessus, quand je l’embrasse ?
Bart – Toi, c’est la Fanny que t’embrasses, parce que t’es nul, et que t’aimes ça !
Joyeux – Vous savez ce qu’il vous dit, mon frère Hermann président du chose à l’Europe ?
Bart – Non, Eric. Et on s’en fout.
Le roi – Voyons, messieurs, de la dignité ! Notre devoir est de produire et de réaliser le film. Bart, produit… c’est lui qui donne l’argent de la Flandre. Nous sommes bien d’accord ? Et Prof réalise…
Bart - …avec l’argent de la Flandre, pas question !
Prof – Tu vois comme il est, sire, il passe la moitié de son temps à contredire l’autre moitié.
Le roi – Vous m’emmerdez tous les deux. Vous gâchez la fin de ma vie. D’une bonne affaire, vous en faites une mauvaise. Si ça continue, j’achète l’île d’Arros à la Bettencourt, et j’établis ma cour sous les cocotiers.
Bart – Ça, c’est la bonne idée. Tu t’embarques et on te revoit plus !... Et c’est moi le roi !
Prof – T’as vu la tronche de ta femme en nouvelle reine !
Le roi – Voyons, Messieurs, c’était une boutade.
Bart – Une quoi ?
Prof au roi – Te tracasse pas, c’est un Flamand…
Dormeur – Stop. Bac à sable ! On rentre en classe faire des pointes, in fine.
Timide – Je vous salue Marie… C’est curieux, voilà dix fois que je la salue et elle ne m’a pas toujours répondu ! Pourtant, ma question était simple « Quand serais-je premier ministre ? »
Joyeux – Mon frère…
Dormeur – Ta gueule !
Le roi – Qu’est-ce qu’on va leur dire ?
Bart – A qui ?
Le roi – A l’opinion publique !
Prof – On va trouver quelque chose.
Timide – J’ai une inspiration.
Bart – Le voilà encore touché par la grâce…
Dormeur – Laisse le dire.
Bart – Si je veux.
Timide – Si on faisait le gouvernement comme ça, pouf sans accord ? Au moins, on aurait une chance de tenir un an ou deux… On ferait des neuvaines…
Prof – A Mons, j’aurais le temps de fignoler ma déclaration de premier ministre.
Le roi – N’oubliez pas qu’on tourne dans dix jours, six mois de tournage au moins… et un budget imprévisible…
Prof – Si c’est Grincheux au Finance, il sera tout de suite dépassé !...
Bart – On ne m’a pas dit que c’était un long métrage.
Prof – Qu’est-ce que tu croyais ?
Bart – Faire un documentaire sur la fin de la Belgique et pas un remake de la Belle au Bois dormant.
Dormeur – Messieurs, la séance est levée. Je vais chercher ma fille à l’école.
Bart – Elle est en immersion au moins ?
Le roi – Allez-y, faites-moi chier. Attention, je peux le faire aussi, j’ai qu’à appeler Maingain au doublage…
Timide – Après le film, j’entre au séminaire.
Prof – Mais, t’es marié !
Timide – Non, pas celui-là, au séminaire que les Michel organisent à Jodoigne, sur la méthode Reynders pour sortir de l’impasse.
Joyeux – Au gordel mon frère m’a dit « Qu’est-ce que tu fais avec ces cons ? ». Je lui ai répondu que je n’en connaissais pas d’autres. Et vous savez ce qu’il m’a répondu ?
Tous ensembles – Non !
Joyeux – Eh bien, vous ne le saurez pas non plus…
Tous ensembles – Ah ! le con…

10 octobre 2010

Comme un vent de liberté !

Faut-il encore le rappeler aux yeux de l’opinion ?... si le sentiment d’être Liégeois, c’est-à-dire d’appartenir à un peuple qui fut jadis indépendant, s’est beaucoup estompé dans la conscience des gens du pays de Liège, c’est en grande partie dû au mouvement socialiste local qui a beaucoup fait pour ressembler au modèle hennuyer, et adhérer à la social-démocratie et au patriotisme d’une Belgique royaliste et libérale.
L’idée d'indépendance complète de la Wallonie prend corps en 1942, en pleine occupation allemande. Le RDSW, Rassemblement démocratique et socialiste wallon est essentiellement liégeois. Son but est de créer un parti unique, auquel participent le libéral Fernand Schreurs et le socialiste Fernand Dehousse qui travaillent sur le statut futur de la Wallonie. Le projet d'indépendance sera écrit en novembre 1943, sous la forme d'un projet de Constitution pour une république wallonne, dans le but de fonder un État wallon indépendant, susceptible de s’associer avec un État flamand et un État bruxellois, mais intégré dans le système défensif de la France.
C’était être beaucoup trop en avance sur son temps, sans compter le retour à la démocratie des « déçus de Stalingrad », le camp conformiste qui, comme un banc d’ablettes, sentant tourner le vent, allait virer de bord et défendre la Belgique, son unité et sa dynastie, après avoir secrètement désiré un IIIme Reich, rempart du communisme et fédérateur de l’Europe.
Le projet du RDSW sera présenté au Congrès national wallon de 1945 mais n’aura que 154 voix sur 1 048 votants.
A dater de 1945, il y eut bien quelques irrédentistes qui s’obstinèrent parmi les libéraux et les socialistes, mais la capitulation de la section liégeoise du parti socialiste devant les hennuyers et les carolorégiens dans le début des années 50 allait à la fois marquer le déclin de l’influence des Liégeois au sein du parti et mettre en position dominante les leaders borains avec le ralliement aux thèses libérales de l’économie.
Le renardisme (1) et la courte vie du Mouvement Populaire Wallon, n’étaient que les derniers sursauts d’une poignée d’indépendantistes qui allaient se briser sur l’hypocrisie et la veulerie des nouveaux dirigeants sociaux-démocrates. Le ralliement au PS, moyennant des mandats de député, de José Happart et des irrédentistes fouronnais, vit s’envoler les dernières illusions.
Les dirigeants du PS liégeois finirent le travail sous la forme d’un ultimatum aux socialistes ralliés au MPW. Avec le retour au bercail de Jacques Yerna et la démission de Marcel Slangen, les courants d’origines consuméristes et purs produits du satisfecit des Trente Glorieuses, firent la pluie et le beau temps et le font encore, bien que l’essence même du capitalisme se soit profondément modifiée de 1975 à 2010.

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Avec son chef de file Gendebien, il existe toujours un courant rattachiste qui rassemble les militants wallons mécontents du résultat des réformes institutionnelles en faveur de l'autonomie de la Wallonie, dans le cadre de la Région wallonne ; mais, ce mouvement n’est pas liégeois. C’est à croire que le PS liégeois après tant d’anathèmes, de coups bas et de sanctions a réussi à tuer en son sein les derniers indépendantistes, en tous les cas, les plus hardis et porteurs d’idées émancipatrices. Ce faisant, il s’est lui-même condamné à végéter sous des directions sans envergure et sans grand destin wallon, laissant la main aux fioritures politiciennes d’un Di Rupo et aux effets de théâtre d’un Moureaux.
C’est ainsi qu’aujourd’hui l’idée d'indépendance n'est supportée que par une minorité de la Région wallonne. Un sondage du 24 août 2007, indique que 12% des Wallons sont partisans de l'indépendance de la Wallonie, tandis que 82,6% y sont opposés. Peut-être que les indépendantistes seraient plus nombreux après les déconvenues de la mauvaise politique de Di Rupo et le sans-gêne de Bart De Wever, si on avait un référendum fin d’année ; mais, il resterait sans doute une majorité de Wallons pour un accord fédéral à tout prix avec les Flamands.
Les travailleurs des bassins industriels tentent d'utiliser leurs compétences pour redresser économiquement la région ; mais la faiblesse économique, qu’accablent les ambitions personnelles des élus, accompagne une désertification due à la mondialisation et à l’absence d’une politique adaptée de l’Europe.
Le clairon liégeois ne sonne plus la charge.
Ce serait assez piquant que ce soit la Flandre nous poussant hors de l’Etat fédéral, qui nous redonnerait des couleurs.
Claquer la porte de la Région wallonne et s’associer à la France, au nom de l’ancien département de l’Ourthe dont Liège fut la ville préfectorale, serait une solution originale.
Nos gaspards se sentent trop bien dans leurs égouts. Ils ne sont pas près d’en sortir.
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1. André Renard, syndicaliste liégeois.

9 octobre 2010

Bart et les Sept nains.

Les nains de jardin que Bart vient de « licencier » ont le chic de démoraliser les Wallons qui écoutent leurs doléances. Sauf Laurette Onkelinx qui paraît avoir plus de fierté que les autres et qui se rebiffe, les sortis de mission ont l’art de dissoudre les courages et d’attenter au tonus mental, qui donne la foi dans les valeurs et la confiance en l'avenir.
« Ce n’est pas un professionnel, c’est un amateur. On se demande si c’est lui le chef ? ». Voilà comme Bart est perçu, depuis qu’Elio a échoué et que Laurette, maternelle, le rassure…
Tout ça, le jour où je reçois de la rue Bovesse à Namur, l’ordre de payer cent euros pour avoir usé très parcimonieusement de la télévision, alors que les Flamands en sont dispensés, et juste comme Joëlle Milquet finit d’expliquer qu’il ne faut à aucun prix différencier l’impôt entre les Régions, pour ne pas créer des distorsions !
On dirait que nos nains de jardin utilisent la méthode d’intox de la N-VA, en injectant le doute en nos âmes meurtries. Même les actus nous culpabilisent sur l’impression de solitude que les plans du gazon de Laeken accentuent à l’infini. Nous louchons sur les silhouettes minuscules d’André Flahaut et Danny Pieters, au perron pour le colloque singulier, à mi-corps derrière la grosse voiture !
La destruction des valeurs, la culpabilisation afin de perdre conscience en la justice d'une cause, l'impression de solitude face à la multitude dont la réprobation est unanime, nos nains de jardin nous accablent de leur accablement.
Ils nous instillent un sentiment de ridicule, d'illogisme et de dérisoire, qui retombent sur nos Institutions.
Comment garderions-nous le moral, façon 1830, afin de courir derrière madame Houard nos petits drapelets à la main, au sauvetage dynastique !
Ce n’est pas que le combat s’éternise, on contraire, on pense généralement qu’il n’a même pas commencé, surtout depuis que Reynders et Michel nous disent que Di Rupo avait choisi la mauvaise méthode.
Il y avait deux méthodes et voilà que le nain de jardin du peuple prend la mauvaise !
Si c’est stupide et que ça marche, ce n’est pas stupide, dit-on au PS. Oui, mais ça ne marche pas, ça reste stupide, même au PS !
Malchance ? Non ! Manque de méthode disent Reynders et Michel. Manque de pot, répond le citoyen.
Il paraît que le ministre des finances à une méthode bien meilleure ; sauf que personne ne lui demande de déplier sa table, d’étaler ses produits et de convaincre les badauds dans les deux langues de la valeur de son encaustique, chamoisette à la main !
-C’est, mesdames et messieurs, avec « Bleu d’azur » que les pompes de Bart seront les mieux cirées !
Mauvaise méthode ou non, nous ne le saurons jamais et c’est tant pis pour l’Aigle de Mons qui, à force de se taire sur tout, ne pouvait rien prouver a posteriori, sauf à convaincre les inconditionnels du PS qui eux, n’ont pas besoin de savoir pour croire.
On a juste la certitude d'être en face d’un adversaire dur et sûr de sa victoire future, et qui gagnera pour la simple raison qu’il se fiche de ce que la majorité en Wallonie révère le plus : la Belgique.

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Bart est prêt à nous montrer son cul, même devant ces dames de la francophonie. Il paraît qu’il est rond et charnu, un vrai cul flamand et que ça fait plaisir à toute la Flandre, au point qu’on ne se rappelle plus d’avoir tant ri aux kermesses du bord de mer.
Di Rupo ne pourrait pas en dire autant. Il est vrai que le sien a toujours été pour lui un abîme de perplexité !
Qu’on me pardonne cette vulgarité, les circonstances m’y obligent. Au reste ce qui paraît vulgaire pour l’âme wallonne, est, au contraire, fin et spirituel à l’âme flamande… c’est comme ça !...
La fin aussi de ce fameux bloc des francophones que Di Rupo a largement contribué de fissurer par une dissociation qui consiste à pousser à la discorde pour casser l’unité.
Il a manqué au nain de jardin montois ce que Mucchielli appelle dans la structure d'un groupe 7 éléments psychologiques essentiels. Ça tombe bien les partis étaient sept aussi.
Désigné à l’unanimité par les nains francophones comme le bouc émissaire idéal, Bart De Wever représente l'élément ambivalent attraction/rejet : rejet a priori de par son action personnelle « à côté » du groupe, mais aussi attraction parce qu'il est indispensable à la survie du groupe et son départ serait vécu comme une catastrophe.
Aussi, va-t-il revenir. Le roi le presse. Tandis qu’il n’est pas sûr que le premier ministre pressenti dont même les Flamands rêvaient, revienne. Avec Elio, le groupe ne ferait que cristalliser ses tensions sur les échecs passés, et le problème resterait entier.
L’équipe est une variété originale qui ajoute à la cohésion socio-affective et aux relations interpersonnelles, afin de tendre à la convergence des efforts pour l’exécution d’une tâche qui sera l’œuvre commune.
Avec le plus haut placé du PS, on serait loin du compte.
Albert, qui a l’ambition de passer l’affaire à son fils, n’est pas stupide. On saura bientôt s’il a réussi à éliminer le « loco » de Mons, sans le vexer.

8 octobre 2010

Sarko et le proxo…

A côté du burlesque de l’affaire Banier-Bettencourt par rapport au gravissime délit Woerth-Bettencourt derrière lequel se profilent les dotations illégales de l’héritière de l’Oréal au fonds de soutien à Sarkozy lors de sa campagne présidentielle, émerge la personnalité de Jean-Marie Banier, « homme de plaisir » de la milliardaire.
L’admiration sotte que le populaire voue au crooner qui a réussi, au yacht de Bolloré, à la Rolex de Séguéla et à la vie mondaine de l’aristocratie de la finance, s’arrête à ceux qui ont réussi tout en n’étant rien, même pas héritier, grâce à leur seul entregent et esprit d’adaptation, afin de passer de l’état de pauvreté, à l’état d’opulence.
Ceux-là, vraiment, sont les détestés extrêmes des banlieues tristes.
Bref le peuple a horreur du mac des beaux quartiers, du voyou en smoking, du détrousseur de vieilles dames complaisantes, assez sympathique pour ne jamais travailler, qu’à des expositions d’art ou a des rêves de collectionneur, quittant l’état de domestique sans l’avoir vraiment été.
C’est ainsi qu’il faut prendre Jean-Marie Banier, homme de compagnie de Liliane Bettencourt, haï de tous et condamné à l’avance par l’opinion publique.
Pourtant cet homme a du mérite.
Qui a déjà essayé d’attendrir un riche sait de quoi je parle. Lui, ce sont des dizaines de millions d’euros qui sont passés du compte en Suisse de Madame Oréal dans ses poches, rien que par le verbe et par « le charme » de sa présence.
Il paraît que Liliane adorait ses exigences d’enfant gâté, ses lubies, comme son projet de musée, au point que ce photographe manqué lui aurait soutiré tant de toiles, qu’il pouvait en ouvrir un !
L’exploit n’est pas mince pour qui connaît les personnes, elle 87 ans, ayant renoncé à la chirurgie esthétique, lui, homosexuel, la soixantaine, sans qu’il y ait eu entre eux le moindre coup de rein qui transcende les rapports et facilite la compréhension. Il est même exceptionnel, que Liliane avec ou non « toute sa tête » et l’artiste avec son seul Leica, aient formé un couple aussi dissemblable et apparemment réussi, jusqu’à ce que la fille gâche tout.
Et voilà que l’opinion qui trouve la fortune de Liliane Bettencourt scandaleuse met sur le même pied, un président de la République et un gigolo sur le retour.
Car, l’un et l’autre, quoique le premier le conteste, ont été à la gamelle d’André – le mari défunt de la surannée – puis, de la rombière devenue veuve.

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Ce n’est pas rien que d’avoir palpé des centaines de milliers d’euros dans des enveloppes Kraft selon les dires de la comptable, du majordome et du petit personnel de la richissime, afin de nourrir la propagande de l’UMP, pour asseoir un homme dans un fauteuil présidentiel, c’est bien plus grave que l’histoire d’un mec, comme dirait Coluche, sans grand talent, sans grand mérite, et qui en prend seulement pour son usage, qui ne fait du tort à personne, sinon à ceux qui crèvent de jalousie et aux Harpagons frustrés de la descendance Bettencourt, fort peu de gens intéressants, en somme.
Banier fera toujours beaucoup moins de tort à la République que l’autre.
En plus, tout comme Kerviel, il devra s’attendre au pire quand il passera devant la justice ; tandis que Sarko a grâce au bon procureur Courroye et à son fusible Woerth, échappé à toute poursuite, jusqu’à présent. Et quand bien même, dans cinq ou dix ans, après son règne, s’il passe en justice comme Chirac, ce serait bien le diable qu’il s’en tire plus mal, au pire avec un blâme…
Comme Pétain, le grand exemple, on pardonne tout à ces gens-là !
Voyez, comme chez les riches c’est la fin du monde que de respecter la volonté d’une milliardaire, même si sa fille, une autre milliardaire, n’est pas sur un milliard près non plus.
Liliane Bettencourt entendait que l’île d’Arros aux Seychelles soit léguée à sa mort à François-Marie Banier. Ce dernier est poursuivi par la fille pour abus de faiblesse, le voilà rayé du bénéfice des cocotiers.
On sait comme il est dur de recruter des partenaires quand on est homosexuel de plus de soixante piges, l’île d’Arros aurait eu pour effet d’aisément gommer les vicissitudes dues à l’âge de Jean-Marie. L’artiste pouvait s’illusionner plus longtemps de l’attrait qu’il exerce sur les jeunes adultes.
Le sable fin, le dépaysement, le youkoulélé, les Seychelles, Banier peut se brosser et retourner au Bois lever de la transsexuelle brésilienne, encore que le bougre a gardé de la pépète en réserve et peut quand même prendre rendez-vous au Georges V, avec un top model du slip pour homme, sans passer pour un prêtre pédophile.
Mais, que tout cela est laid, et comme les riches sont sales !...

7 octobre 2010

Au trou les minus !

Evidemment, la sanction du seul Kerviel, l’ex trader de la Société Générale, coupable d’avoir dissimulé des pertes colossales à ses employeurs, est d’une grande bouffonnerie.
Condamné par les pince-sans-rire de la juridiction parisienne à rembourser 4 milliards 9 à ses employeurs, le trader déchu n’en est pas encore revenu. A moins de reprendre la place qu’il occupait à la Générale, on ne voit pas comment il aurait une chance de rembourser !
Avec les 3 ans de prison ferme, cet épilogue de la crise de 2008, témoigne d’une justice à la botte du pouvoir et des banques. C’est le lampiste qui prend. La banque, elle, n’a rien vu et rien à se reprocher !
Le tribunal de Paris, ce n’est pas celui de Nanterre, mais tout de même, on se croirait à l’affaire Woerth- Bettencourt du Procureur Courroye aux ordres du président Sarkozy.
Faut-il voir partout la main de l’Elysée ?
Même pas, quand il y a menace d’être découverts, le pouvoir politique et celui de l’argent, indissolublement liés, trouvent dans les juridictions et les médias suffisamment d’appuis, sans qu’ils aient besoin de lever le petit doigt.
Tout est réglé à l’avance. Les récompenses arrivent à point nommé.
Emplois, promotions, Légion d’Honneur s’attribuent pour service à la Nation, alors qu’ils ne l’ont été que pour le particulier.
Kerviel, pur produit du casino financier, s’il avait réussi son coup, était aujourd’hui un des Hauts responsables de cet établissement bancaire.

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Une autre affaire, celle du procès Pétain, tombée dans le domaine de l’Histoire, vient d’être exhumée d’un demi-siècle d’endormissement dans les archives de l’Etat. La découverte d’un document établissant le statut des Juifs datant d’octobre 40, annoté de la main du maréchal qui l’a considérablement durci, relance la controverse du rapport de Pétain avec les Juifs de France.
Quel est le point commun avec l’affaire Kerviel ?
Kerviel n’est pas un notable. C’est un bon élève qui a cru s’élever dans les milieux d’affaire grâce à son seul mérite et son zèle. Si la banque ferma les yeux sur ses faux et ses falsifications, comme elle ferme les yeux sur les combines, pourvu qu’elles rapportent, elle ne pouvait que jouer les femmes mariées devant un exhibitionniste qui montre son sexe, le jour où un coup de bourse malheureux faisait tourner la chance. Ah ! si Kerviel avait été le fils Dassault ou celui de Bolloré, tout aurait été différent. C’est bien simple, jamais le public et les tribunaux n’auraient eu à prendre connaissance de l’affaire. D’autant que le trader n’a pas volé un sou à la banque !
Et c’est là que cette affaire rejoint celle de Pétain.
Pétain était du bon côté de la barrière, celui de l’Ordre et du pouvoir bourgeois. Héros de la Grande guerre, ganache décorée, adulée, il était intouchable, protégé par sa légende et l’enthousiasme un peu suspect du peuple.
Or, Pétain faisait partie de l’extrême droite antisémite du genre « camelot du roi », de l’entre deux guerres, tout en restant prudemment à l’écart des actions musclées.
Bref, un militaire bien carré dans ses convictions, qui, avec la prudence des hypocrites et des tacticiens, sut diriger sa barque à la débâcle en évinçant Paul Raynaud, président du Conseil, avant de s’adjuger les pleins pouvoirs et courir serrer la main d’Hitler à Montoire.
C’est par solidarité de classe, tout autant que pour son grand âge, que le général De Gaulle commua l’ordre de le fusiller à Vincennes, en une détention à vie à l’île de Ré.
Cependant, le vieux maréchal avait tant fait périr des jeunes gars de vingt ans, qu’on aurait pu y adjoindre sa dépouille par expiation de ses « exploits » militaires.
Et voilà qu’aujourd’hui un document nous prouve que cette vieille fripouille a remanié profondément un texte déjà sévère devenant par là extrêmement antisémite, sur le statut des Juifs en France !
Pétain, pourvoyeur des wagons plombés d’Auschwitz-Birkenau du Konzentrationslager !
Ce type, qu’on peut aujourd’hui qualifier de voyou, fit partir indistinctement femmes, enfants, nourrissons, aussi bien qu’hommes et vieillards pour la mort et le sachant, cela change tout !
On a trop souvent entendu la version de droite « père du peuple donnant sa vie à la France, en attendant De Gaulle », qu’on est ravi qu’une majorité de Français pense le contraire.
Cependant, par respect pour les milieux qu’il représentait, le Tribunal donna au prévenu Pétain tous les signes de déférence.
Voilà deux destins, celui de Kerviel, pauvre type, qui a cru se faire un avenir dans une société pour laquelle il n’était pas de son pouvoir d’y jouer un « grand » rôle et, l’autre, le héros, à qui tout était dû et qui n’était qu’un vulgaire assassin d’enfants !
Le premier, sauf cassation, va tirer trois ans de tôle, le second, assigné à résidence dans une maison avec domestiques, n’a jamais fait un seul jour de prison. Il est mort dans son lit, veillé par son épouse et entouré de l’affection des siens.
Que ce soit sous Pétain ou sous Sarko, l’amour de la République… n’est pas enthousiasmant tous les jours !...
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1. En réalité ce type a fait périr inutilement des centaines de milliers de Français au Chemin des Dames, à Verdun, sur la Marne et ailleurs, sans aucune nécessité tactique. C’est lui aussi qui recommanda de fusiller pour l’exemple. Lire « Ceux de Craon ».

6 octobre 2010

L’haut-niveau et la menstruation !

Il y a une constante chez les féministes, celle d’accabler Freud de tous les péchés du monde. Il n’aurait pas pressenti le destin amélioré de la femme moderne, il a considéré la femme comme une compagne assurant les enfants et le ménage de l’homme, etc.
C’est vrai. Il y a un peu de cela dans l’œuvre du psychanalyste.
Mais le reproche majeur que l’on pourrait faire, c’est qu’il a considéré la femme avec l’œil d’un bourgeois de 1900 (1) et qu’il n’a pas deviné, lui le « sondeur » de l’âme humaine, combien le sort de la femme était injuste à la « Belle époque » et comme les clichés du temps allaient céder, puis disparaître, quitte à ce que la société d’aujourd’hui en crée de nouveaux. A sa décharge, les élucubrations des médecins contemporains ne valaient guère mieux, étaient plus délirantes même, bien moins construites et charpentées que celles de l’équipe viennoise de Freud.
C’est dans le contexte qu’il faut juger l’œuvre.
Les minutes de la Société psychanalytique de Vienne courant de 1906 à 1918 (2) sont de petits chefs- d’œuvre révélateurs de l’emprise de l’idéal bourgeois sur la pensée et le comportement. On y lit à livre ouvert dans les esprits les plus à la pointe et les plus éclairés du temps en matière de psychanalyse et de façon plus générale de la médecine.
La séance du 15 mai 1907 sur le sujet de la femme médecin est un moment d’anthologie de contre-vérités et d’à-peu-près qui dépasse l’entendement pour qui vit en 2010 (si l’on excepte les pays toujours au moyen-âge sous la coupe d’une religion dominante) !
Pour le plaisir, j’en extrairai (voir ci-dessous) quelques paragraphes qui seraient à comparer avec des séances d’une autre portée intellectuelle et, cependant, datant aussi de 1907.
La leçon qu’on en tire s’adapte au temps actuel. Le savant universel n’existe pas. On a tort parfois d’insister pour convaincre, on finit par être « l’imbécile » de quelqu’un.
Nous ne pouvons nous libérer de la pensée dominante de nos contemporains, celle d’une « classe sociale centrale », qui se dit neutre et qui est tout sauf cela. Nous nous imprégnons de ses lieux communs, nous en faisons l’abécédaire de notre pensée. Par elle, nous entrons dans une vue de l’esprit qui nous fait croire à la démocratie par l’approbation du plus grands nombre, alors qu’elle est le résultat d’un monstrueux clonage du troupeau sur des archétypes.
Je crains qu’en multipliant les superlatifs pour se qualifier eux-mêmes, « les hauts-niveaux » qui phosphorent pour nous sur la crise belge, n’ont pas tout simplement dérapé à cause de la grosse tête qu’ils avaient prise. La comparaison à des nains de jardin paraît appropriée.

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Extrait des minutes du 15 mai 1907.
Présents : Prof. Freud, Dr Adler, Dr Graf, Pr Hitschmann, Dr Reitler, Wittels. Secrétaire Dr Rank.
Discussion de l’article de Wittels “Les femmes médecins”. (3)
Federn attire l’attention sur la perversité lascive de nombreux médecins de sexe mâle et l’exploitation sexuelle à laquelle ils soumettent beaucoup de femmes. Il est inadmissible de reprocher précisément aux femmes qu’en faisant des études de médecine, elles donnent libre cours à leur sexualité.
Wittels : Les femmes ne devraient pas être autorisées à palper les organes génitaux des hommes.
Graf est d’avis que les réalisations de la femme n’égaleront jamais celles des hommes.
Reitler aimerait rejeter l’affirmation selon laquelle toutes les femmes qui étudient la médecine sont en réalité à la recherche d’un homme. Car les femmes qui font de la médecine ont pour la plupart renoncé tout à fait aux hommes, parce qu’elles ont conscience de leurs propres défauts physiques.
Hitschmann :…ce jugement esthétique n’a rien à voir avec un reproche, bien qu’il faille admettre que la plupart des étudiantes sont laides et de véritables Amazones à la poitrine plate.
Freud (après une défense de la femme médecin) Il est vrai que la femme ne gagne rien à étudier et que cela n’améliore pas, dans l’ensemble, la condition des femmes. En outre la femme ne peut égaler l’homme dans la sublimation de la sexualité.
Conclusion de l’article des femmes médecins par Rank : Wittels en est venu à avoir peu de considération pour l’étudiante (par rapport à la prostituée) qui mutile toutes ses pulsions sexuelles. Des ces deux femmes (la prostituée et l’étudiante) Wittels est dans l’incapacité d’estimer davantage celle qui n’écoute pas l’appel de la menstruation ( !!!!).
Ce qui précède est un bel exemple d’un groupe de haut-niveau (tous les personnages cités ont été des notoriétés de leur temps, certains ont une place dans le Larousse). Et pourtant, tous ces messieurs touchent à une connerie rare.
Il n’est pas certains qu’en différents domaines, un blogueur inconnu dans cent ans, ait les mêmes réactions… en lisant les travaux de sommités d’aujourd’hui.
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1. Gaëtan Batian de Clérambault, Passion érotique des étoffes chez la femme, in Collection des empêcheurs de penser en rond, Synthélabo, éd. 1995. Revue des archives de l’anthropologie criminelle (1908).
2. Connaissance de l’inconscient, Les premiers psychanalystes, in Ed. Gallimard, 4 volumes, 1976.
3. Selon Wittels , les professions imposées sont la conséquences des conditions sociales qui empêche la femme de s’adonner à sa véritable vocation, qui est d’attirer les hommes !

5 octobre 2010

Un homme providentiel.

Il paraît que tous les anciens leaders de l’Europe communiste se voient peu à peu réhabilités par leurs compatriotes ! C’est le cas, ces temps-ci de Ceausescu qui pourtant ne laissa pas de bons souvenirs à Bucarest. En cause, la diète qui plonge l’Europe, sur la recommandation du FMI et des bureaucrates de Bruxelles, dans une austérité qui, dans un pays déjà pauvre comme la Roumanie, rend les gens amers, si l’on en croit un sondage du mois de septembre.
Des regrets… ce sera peut-être notre cas demain, encore que nous n’avons jamais été un satellite de l’URSS, ni top affamés pour croupir dans la stupeur. Cependant, si l’on prend en considération nos économistes appuyés par nos Hauts citoyens des partis francophones, le plan B qui nous pend dorénavant sous le nez, pourrait nous valoir une chute de notre niveau de vie. Nous serions séparés de nos laborieux Flamands qui passent pour remplir nos gamelles, nous fournissent en prothèses et en soins de santé, à tel point que nous avons perdu, paraît-il, le goût d’en fabriquer !
Sans dent et avec des béquilles, la cour des miracles n’est pas loin…
Voilà ce qui nous panique : trop douillets nous avons peur d’abandonner notre petit confort, même si notre dignité commandait des sacrifices. Au sursaut, nous ne valons pas les Révolutionnaires français de Jemappes, de Valmy qui n’avaient pas comme nous la trouille de « manquer ». Nous n’avons pas leur état d’esprit. En gilet de flanelle par crainte des premiers rhumes, nous présentons à l’avance des excuses à Bart pour le mauvais vouloir dont font preuve nos Hauteurs des partis francophones.
Mais, s’empressent de dire des prédicateurs du pire, les Flamands pourraient perdre quelques points aussi et tomber de haut, à la suite de la raréfaction de notre clientèle au bord de mer et de quelques transits de marchandises qui profitent bien à la Flandre éternelle et au port d’Anvers (à quand une autoroute Liège- Dunkerque ?).
Pour une grande partie de nostalgiques, à défaut de regretter un confrère fransquillon de Ceausescu, les Wallons se racrapoteraient autour de l’idée réconfortante d’une Belgique « heureuse », sinon se rappeler la « joyeuse » de 1958 qui fut pourtant suivie des grandes grèves de 60-61.
Par contre les Flamands après un instant de réflexion pourraient retourner avec forces soupirs, au destin manqué de leurs pères en 40-45, quand ils croyaient dur comme fer à l’Europe aryenne, ce qui, par la suite, s’est trouvé une anticipation d’une grande perspicacité, mais hors de propos à l’époque, malgré un chef charismatique avec lequel toute comparaison avec un homme politique très en vue des bords de l’Escaut serait mal venue.
Parmi ceux qui aujourd’hui racontent et se racontent des histoires sur le devenir de la Belgique, j’ai presque honte d’écrire voilà des semaines, sinon des mois, que j’avais deviné la tournure que prendraient les négociations… et de là à chercher si nous n’avions pas dans nos tiroirs, un Ceausescu, afin d’oublier le terne du présent.
Se réfugier dans un passé heureux à Liège ?... Il n’y en a pas. La Ville a toujours été gérée sans génie, sans grâce, dans la lourdeur d’un consensus bourgeois, depuis Destenay le bétonneur, celui qui détruisit le Vieux Liège et qui voulait faire du centre ville un nœud d’autoroute, jusqu’au Trou de la place Saint-Lambert décidé par Charles Bailly afin d’exproprier les grands magasins du Phare, coopérative socialiste, qui étaient menacés de fermeture, voire de faillite, jusqu’à l’actuel pensionnaire de la Violette, je ne vois pas qui susciterait l’enthousiasme !
Il reste André Renard, président des Métallurgistes qui fit illusion une semaine fin 60 début 61, auquel on crut, au point que s’il avait eu des couilles, on marchait sur Bruxelles, janvier 61 et on gagnait près de cinquante ans sur l’actuel scénario de la scission, Bart, la N-VA, les Flamingants et BHV.

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Mais voilà, l’homme n’avait pas les roubignolles bien placées ! Il dépendait trop, déjà, de la fédération liégeoise du parti socialiste, comme tous les peigne-culs qui ont fait de la ville le merdier de droite qu’on connaît.
Il faut dire aussi que c’étaient les dernières années que la Flandre vivait à nos crochets.
Sans doute, c’est ce qui aura manqué à Ceausescu aussi en dernière minute : une paire de gonades pour faire sonner les cloches des berges du Danube.
C’est curieux, en période de crise, les hommes n’égalent jamais leur destin, enfin, celui que l’on supposerait à tout « conducator » charismatique, né pour conduire les peuples sans l’avoir quémandé. C’est rare évidemment, face aux batteurs d’estrade, gluants de bonnes intentions, incapables aujourd’hui de dire si la Belgique continue ou s’il est temps d’arrêter !
Pour un pays de 180 ans (c’est jeune), je trouve que ses habitants font « vieux », au point de regretter Gengis Khan ou les chars soviétiques qui furent pendant une certaine période à 24 heures de roue de la Grand’place, ce qui nous aurait sans doute aidés à trouver tout de suite une solution à nos petits problèmes.

4 octobre 2010

L’ultimatum.

Les premiers champions de la valeur ajoutée furent Platon et Aristote.
Cette valeur ajoutée était essentiellement morale et supposait que l’homme en s’améliorant ajoutait de la valeur à sa propre personne, et qu’un homme « bien » apportait un plus au bien commun.
Ce concept est de loin supérieur à la notion actuelle qui s’applique à traduire par du fric la valeur ajoutée sur de la marchandise. L’époque moderne se moque résolument de l’homme « bien » du modèle antique. D’aucuns traduisent l’homme « bien » par « plus productif » et le tour est joué. Nos prétentieux et autres hauts niveaux n’ont jamais pensé autrement. On a purement et simplement dénaturé le sens de la démocratie athénienne..
Nos contemporains seraient complètement dans leur tort, s’il n’y avait eu une divergence entre Platon et Aristote sur la notion de « bien public », pour s’y attarder quelque peu.
C’est une autre dialectique qu’ont actuellement nos hauts niveaux à la recherche d’un équilibre entre les thèses dirupiennes et celles de son pendant de cheminée, De Wever.
Ces deux là ne s’accordent pas comme les deux Grecs. Ils ont évacué la signification « humaine » de la valeur ajoutée pour ne s’intéresser qu’à la deuxième, celle du fric qui reviendrait aux Communautés en cas d’accord.
A l’ombre du Parthénon, la querelle avait une autre allure.
Platon penchait pour une dictature éclairée. Plutôt cagot, sa République aurait été remise aux mains des prêtres et des sages. En principe, la double qualité était avantageusement reprise par les premiers. Pour lui, le peuple peu instruit et inexpérimenté doit obéir et faire confiance, défauts, soit dit en passant, restés intacts 2500 ans plus tard.
Nous nous sommes dotés du gouvernement d’Aristote, selon lequel la démocratie serait une discussion permanente entre les citoyens pour atteindre la vérité qui serait le bien commun résultant de leurs échanges. A part que, de nos jours, les citoyens « utiles » sont réduits aux avocats qui se sont chargés de la mission de conduire les autres, en despotes éclairés, passant de la version de Platon à la version d’Aristote, moyennant quelques accommodements du suffrage universel.
Les dernières péripéties burlesques de la transformation de la société belge par MM. Les hauts statuts nous ont proprement sortis de toute la logique de la valeur ajoutée, puisque ni la valeur humaine, niée par le droit du sol, ni la plus-value de la valeur ajoutée, niée par le surplace de l’économie, ne sont à l’ordre du jour dans ce face à face Di Rupo, De Wever qui prend aux dernières nouvelles, la forme d’un ultimatum de la N-VA.
Aristote a fondé la science économique en jetant les bases de son éthique.
Les deux présidents qui tiennent la Belgique en haleine sont en train de créer un nouveau système de cohabitation fondé sur une antinomie complète des parties, souveraines en leur Région, chapeautées par l’autorité centrale, sans moyen et anarchique !
Ni Platon, ni Aristote n’avaient prévu cela.
Comment définir un tel système ? Sinon le comparer à celui de l’Empire romain à son déclin avec deux empereurs, l’un à Ravenne et l’autre à Byzance, en attendant qu’Alaric règle le sort du premier, et le Grand Turc, du second, mille ans plus tard.
Sauf que nous sommes en 2010 et que la donne a beaucoup évolué.
Ces diables de philosophes finissent tout de même par nous rattraper. Ils nous apprennent que s’ils divergent sur la forme de leur république, qu’elle soit celle de l’un ou de l’autre, dans les deux cas le profit dégagé du commerce n’est pas la vraie valeur. L’ordre dans la cité est un facteur qui, avec le temps, donne du prix à l’association des hommes « de bien ». Il devient un instrument d’émancipation et de justice sociale. L’existence de la loi de tous dans la démocratie offre une assise stable d’identification des hommes et des objets qu’ils produisent, formant ainsi une valeur commune.
Je ne sais si vous suivez mon raisonnement, mais la Belgique que nos hauts lascars tentent de nous fabriquer, qu’elle ouvre ou non ses portes demain après une remise à neuf de six mois ou d’un an, est à l’avance condamnée à se replier sur ses Régions avant de disparaître.
De ce point de vue Bart conduit admirablement son affaire, puisque c’est ce qu’il veut à plus ou moins longue échéance, quant à l’autre, j’ai rarement vu quelqu’un préparer un flop avec autant d’ardeur pour 4 millions de personnes !
Comme il reste muet depuis plus d’une semaine, peut-être s’est-il rendu compte de la bourde qu’il allait commettre en voulant le rôle de premier ministre d’un Etat dont l’existence est comptée ?

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3 octobre 2010

Sur un édito de Béatrice Delvaux !

Pauvre Béatrice Delvaux, réduite à des soupirs plaintifs dans ses éditoriaux qui deviennent de sombres boudoirs pour dame dans lesquels on la sent frémissante et en chemise, seule dans la ruelle à se désespérer, déchirant convulsivement ses petits mouchoirs en dentelles de Bruxelles !
J’ai envie de vous prendre dans mes bras pour vous consoler ou, mieux encore, acheter deux « Soir » au lieu d’un !
-Rassurez-vous, Madame la Rédactrice en chef. Comment voulez-vous écrire sérieusement sur la politique, quand elle est conduite en Belgique par des imbéciles de haut niveau qui sont tout, sauf sérieux ?
C’est vrai que le métier de journaliste, dans un temps où personne ne sait rien et que les rares qui savent ne disent rien, est un bien rude métier !
D’autant que jour après jour, il faut quand même que le premier journal belge du soir donne à penser sur la situation particulière à ses électeurs, de ce singulier pays qui n’a plus aucune pensée officielle depuis plus de cent jours !
Nous sommes en plein opéra italien, le ténor et le baryton sont à l’avant-scène, aucun des deux ne veut céder la vedette. Pourtant au troisième acte, du duc de Mantoue ou du bouffon, il faudra choisir. Elio Di Rupo se verrait bien entonner « comme la plume au vent », en héro magnifique, la jambe héronnière dans un haut-de-chausse de soie blanche, mais le ténor ce n’est pas lui. Lui, c’est le bouffon qui cache la douleur de la perte de sa fille Belgica, sous le rire, et qui masque son immense orgueil sous celui de l’humilité.
Chère Béa, la situation n’est ni ubuesque, ni grotesque, elle est tout simplement prérévolutionnaire !
Non pas comme on imagine des jeunes gens magnifiques dépavant les rues, et vous, intrépide amazone prête à tout pour un scoop, un sein hors de la robe en tendant à bout de bras l’étendard de la révolte… ces trois couleurs, dont les nuances bleue et rouge ne se détaillent qu’à mi-voix ; mais, comme une situation inédite qui débouche sur l’inattendu d’un Etat qui se détricote tout seul.
Parce qu’enfin, l’agrégé d’histoire qui est la cause de tous vos embarras, vos soupirs et peut-être demain vos larmes, sait très bien ce qu’il fait et pourquoi il le fait. Car, il a tout à gagner en feignant l’intérêt d’une intrigue avec le PS, tout en s’amusant de l’embarras dans lequel il plonge le conventionnel Di Rupo d’un Etat qui n’existe plus que par ouï-dire et un roi dont le propre est de figurer sur des pièces de monnaie, comme naguère Childéric III, déjà au couvent à se faire tondre les cheveux.

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Vous êtes trop fine interprète de la situation, chère Béa, pour ne pas le savoir, le métier abhorre celles et ceux qui ont raison trop tôt. Les précurseurs effraient. Un état d’âme de votre part, un bel élan de sincérité, enfin vous-même en votre intime aurait le plus mauvais effet sur vos employeurs, votre rédaction, les lecteurs eux-mêmes surpris de s’être crûs dans un no man's land de petites gens, dans un pays rassurant peint par la naïve Houard, alors qu’ils sont dans une Tchécoslovaquie à la veille de se couper en deux, comme dans une reproduction de protozoaire.
Vous avez tiqué comme moi à ce nouveau titre de Haut-Niveau octroyé à un bicamérisme de rencontre, commandant une flopée d’artificiers plus ou moins doués, mais hautement appréciés du Triboulet montois.
A quoi tout cela va-t-il bien servir ?
Mais à de la poudre aux yeux chère étonnée !
Allons, séchez vos larmes. La tristesse ne va bien qu’aux tragédiennes.
Vous êtes faite pour le plaisir, la comédie, pour la vie enfin.
Souriez ! En face de vous, il n’y a plus que des ombres chinoises qui se disputent derrière un drap de lit au festival des dupes.
Comme vous le dites très bien. « Un groupe de haut niveau, qui rapporte à un duo de polissons, qui lui-même est suspendu à deux ténors : il ne faudrait pas que cet empilement façon poupées russes, débouche sur une dernière poupée vide de tout contenu, voire sur un gigantesque pied de nez. »… pour savoir qu’il est d’autres polissons qui possèdent le goût de la poupée bien pleine, au contraire, et dont le haut-niveau se place ailleurs, pour de meilleurs accomplissements et de plus vifs désirs.

2 octobre 2010

V’là les hauts niveaux !

Après Flahaut et Danny Pieters, les relanceurs du célèbre duo en panne, voilà les hauts niveaux, Jean-Claude Marcourt et Jan Jambon, avec ce sextet d’enfer Madame Houard voit sa Belgique confiée à la crème d’experts, un sommet !... Si après ces supers cadres de la politique - la fine fleur du gratin PS N-VA - on fait quand même un bide, il ne reste plus qu’à mettre la Belgique dernière d’office au classement mondial des universités.
On parlera des efforts des avocats, des économistes et d’autres incontournables à titre divers plus tard, quand ils auront échoué aussi, avant de demander aux plombiers et aux menuisiers de se pencher sur la question.
En attendant que les hauts niveaux nous tirent de l’ornière, les autres surdoués, un peu moins titrés, s’arrangent pour nous y plonger.
Que ce soit Van Quick l’intérimaire ou ce qui sortira des palabres N-VA/PS, nos mentors pensent à nous, c’est certain, mais pas pour nous payer des tours de carrousels sur la foire d’octobre. Ils pensent à nous pour les séances de rattrapage d’un capitalisme qui bat de l’aile. Jusqu’à présent, ils nous avaient vendu le monstre comme étant facteur de progrès, et de fait, pendant quelques années on y a presque crû ! Quoiqu’avec déjà beaucoup de largués, on a pu vivre en s’illusionnant que cela irait de mieux en mieux.
2008 pour les moins au courant, début des années quatre-vingts pour les plus avertis, l’opinion a senti que nos ténors (avant qu’ils ne soient adoubés hauts niveaux par Elio de Médicis ) nous racontaient des craques. Aujourd’hui, plus personne ne croit encore au progrès continu d’un système fou qui pousse l’individu à donner le meilleur de lui-même, non plus pour progresser, mais seulement pour garder le droit de produire !
Depuis, les sérénissimes pensent à nous comme les piranhas pensent à leur petit déjeuner.
Ne sachant plus vendre un système qui fait bosser plus pour gagner moins, ils vont tenter de nous avoir au civisme avec les baratins d’usage sur les nécessaires sacrifices. Ne les croyez pas. Eux n’en seront pas.
Ils ont acquis, par mauvaise fréquentation, le goût italien de la parade, des pantalons rouges et des plumets. On ne sait qui, au juste, leur a mis la gloriole du quattrocento plein la tête ! Comme l’avocat à sa robe, l’haut expert devrait avoir le chic du zouave pontifical !
Les plans de rigueur sont aveugles. Nos inspirés du bien-public appliquent la politique comme on suit un cours chez Delpérée, sans savoir si c'est « de la bonne » sur un terrain où ils n’ont jamais mis les pieds !
En déballant leurs salades sur les déficits, ils font semblant d’oublier que la population a déjà été touchée par la crise. Ils passent sous silence l’origine des déficits abyssaux dont l’essentiel est dû au sauvetage des banques.
La population ayant sauvé les banques, il ne serait pas anormal que les banques sauvassent la population.
Il est vrai qu’en ce moment, l’aigle de Mons a d’autres chats à fouetter ! Il mesure avec l’Anversois le tour de taille de Bruxelles pour un bonnet A, B ou C ! Charles Picqué, ministre-président a le nichon sensible, ces temps-ci…
Bonnes gens, vous ne perdez rien pour attendre !
Dans les litanies qui vont user les nerfs dans l’unique but de faire des sous, on aura oublié de faire peser cette politique sur des populations plus riches, qui ont quand même mieux passé 2008 que nous. Il leur reste de belles marges de manœuvre. Contrairement aux ménages auprès desquels Bart et Elio vont tendre leur sébile, les riches n’ont pas vendu leurs dents en or.
Ils pensent aussi raboter les services publics, comme si moins de postes, moins de bus, moins d’enseignants, moins de flics dans les rues, ne touchaient pas d’abord les plus faibles !
Le malheur avec nos ambitieux, c’est qu’ils sont avant tout des capitalistes orthodoxes qui croient dur comme fer à l’obéissance aveugle aux marchés, qu’ils se sont autosuggérés, pour la plupart, comme invincibles.

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Leur compétence s’arrête aux marchés financiers. Lorsque ceux-ci « exigent » d’importantes diminutions de la dépense publique, ils s’exécutent… plutôt, ils nous exécutent ! Comme c’est le cas en Belgique, dès qu’un gouvernement fédéral verra le jour, ils vont mettre toute leur science à introduire la confusion dans l’esprit du public entre une certaine rigueur nécessaire des responsables – ce qu’ils ne font pas (impliquant la réduction de leurs traitements, prébendes, coupons et mandats surnuméraires) – et la dépense sociale et environnementale, mettant ainsi sur le même pied d’égalité les gabegies et folles dépenses avec la contribution au bien-être des plus démunis et la nécessaire solidarité.
Rudy Demotte s’y est déjà engouffré à l’Elysette au point que les Wallons peuvent « apprécier » certaines taxes et redevances qu’ils paient et que les Flamands ne paient pas.
Dans une situation où les profits des banques explosent par dizaines de milliards, il serait quand même édifiant que le public sache qu’une grosse partie de cet argent est le résultat des rentes que les banques tirent des prêts aux Etats. N’est-ce pas là un comble que les fonds d’Etat qui ont servi à les renflouer rapportent, pour ainsi dire deux fois !
Les banques empruntent pratiquement sans intérêt auprès des banques centrales et prêtent aux Etats à des taux plus élevés. Ces profits sont des transferts déguisés du contribuable vers les banques. Les déficits existent bel et bien, mais les raisons ne tiennent pas uniquement au manque de croissance et à la conjoncture. La situation est plus complexe qu’il y paraît entre la réduction des prestations sociales et les bénéfices des banques. Il y a une question de cause à effet que nos dirigeants feraient bien de tirer au clair.
Ils ne le feront pas, de toute évidence. C’est à se demander pourquoi nous élisons toujours des gens aux antipodes de nos intérêts ?
Complexe de Stockholm peut-être ?

1 octobre 2010

Un dangereux malfaiteur !

On ne se souvenait presque plus qu’on avait un gouvernement chargé des affaires courantes.
Voilà le ministre par intérim, Vincent Van Quickenborne, Open VLD, qui nous rappelle qu’il existe encore.
On croyait naïvement que le libéral flamand collait les timbres de sa langue, réduisait le chauffage du ministère et avait fait remplacer les ampoules à incandescence, par les petites nouveautés éclairantes.
Eh bien ! on se trompait.
Il ne suffit pas à Vincent d’être bien payé en regardant tomber la pluie derrière ses doubles vitrages. Voilà qu’il pense – ce que personne ne lui demandait - prendre en main une Belgique mollassonne, afin de lui rendre le goût d’entreprendre !
L’ennui et le désœuvrement nuisent à l’âme libérale. Vincent va donc modifier sa vie de bureau. Dorénavant, il va faire comme s’il avait toujours l’assentiment du peuple, pour lui faire goûter à une bonne et franche rigueur.
Depuis que Le Soir rêve de reprendre « Le Parisien » et faire la nique à Dassault, déjà propriétaire du Figaro, Bruxelles hésite à faire des frais d’interview par souci d’amasser un pécule suffisant. Pierre-Yves de la rédaction l’a bien compris et s’est mis à l’écoute de la VRT, moins chère et sans file d’attente. C’est ainsi que nous apprenons que Van Quick est tout à fait pour une modération salariale. Il n’est pas question de son salaire, non, cela l’honorerait, mais Van machin se moque de cet honneur-là. Ce qu’il veut, c’est entrer dans nos viandes bonnes à dégraisser.
N’est-il pas soucieux d’assainir les comptes de l’Etat ? N’a-t-il pas la mission sacrée de trouver des investisseurs privés, tant pis si c’est l’usager qui trinque. Au reste, l’usager n’a pas encore assez trinqué selon le remuant ministre.
Alors par Thiempont interposé, nous apprenons que Van Quickenborne ne veut pas d’un gel de l’indexation des salaires – le brave homme - mais une modération salariale. La nuance est difficile à comprendre. Sans doute n’a-t-on pas l’essence libérale ?

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Les salaires seront modérés, c’est tout. C’est-à-dire qu’index compris, on gagnera moins que ce que l’on espérait. Exemple : les syndicats s’arrangent avec la direction afin de garder l’emploi (c’est toujours comme ça que toute négociation salariale commence). C’est ainsi que le personnel fera une heure ou deux de plus par semaine gratis, ou acceptera un sacrifice sur son salaire horaire mettons de 50 € par mois ; mais si l’index est dépassé, il aura droit à une augmentation, mettons de 24 € 75, moralité le patronat et le syndicat lui auront fait perdre 25 € 25.
Le principe reste intact. C’est beau, c’est grand, c’est généreux l’Open VLD !
Vincent est rond dans le raisonnement. On sent qu’il dirige d’une main de fer des Conseils d’administration et que celui qui veut le contredire n’est pas encore né.
Les cachottiers Di Rupo et De Wever discutaillent sur le sexe des anges, Vincent n’entend pas les presser, puisque lui n’y est pas ! Il conclut modestement que nous sommes dans les négociations jusqu’à au moins la fin de l’année, et qu’il conviendrait de donner au gouvernement intérimaire plus de pouvoirs de décision.
Il n’est pas venu à l’esprit de ce grand démocrate libéral qu’une telle vue des choses conduirait à permettre à des gens qui ne sont pas mandatés par l’électeur de prendre des décisions importantes.
On voit bien jusqu’où ce genre de raisonnement peut conduire. Cela peut aller même jusqu’au refus des gens en place de rendre leur tablier !
D’après, toujours Vincent Van Quickenborne, on y associerait le parlement, afin de donner des compétences accrues au gouvernement en affaires courantes !
Merveilleux ! Il suffirait de mouiller le parlement dans la combine pour que les ministres des affaires courantes aient une couverture légitime !
Et sur quelle base le parlement donnerait-il son feu vert ?
Ça rappelle trop les pleins pouvoirs d’Adolphe après l’incendie bidonné du Reichstadt.
Et on dit après ça que c’est Bart De Wever le dangereux malfaiteur !