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30 juin 2018

Entre Ralph Lauren et Mickael Kors…

… son cœur Balenciaga !
Pourquoi sommes-nous ficelés comme Barabas à la Passion vêtus de sacs et qu’il y a pire, d’autres n’ont que la ressource de se couvrir le corps d’une feuille de bananier !
On en apprend de belles parfois en lisant la presse internationale, surtout celle qui nous vient d’Afrique, malgré les difficultés d’imprimer un journal avec un matériel toujours typographique en caractères plomb. Bien sûr, il y a aussi Internet, sauf que la presse papier n’est pas chère et se lit partout. Elle offre encore la chance de s’exprimer à des gens qui, sans elle, n’auraient aucune occasion d’exercer ce métier ailleurs.
Il paraît que certains pays d’Afrique en ont marre de se vêtir des vieilles fringues des Américains que ces derniers déversent dans des boîtes que nous connaissons bien, car nous en avons aussi.
Ces citoyens, les poches bourrées de dollars, croient faire un don à plus pauvres qu’eux. Encore que beaucoup, sans le dire, trouvent chouette de se défaire de ce qu’on ne met plus, de l’utile à l’agréable, en quelque sorte.
Cela me fait penser à l’aphorisme d’Alphonse Allais « Faire la charité, c’est bien. La faire faire par des autres, c’est mieux. On oblige son prochain, sans se gêner soi-même. »
C’est ainsi que le Rwanda, le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda veulent se protéger de ces avalanches vestimentaires pour plusieurs raisons.
La première, c’est qu’elles ne sont pas toutes gratuites et qu’un commerce juteux et souvent illégal draine d’énormes revenus.
La deuxième concerne l’afflux de nippes de seconde main qui nuit au développement de l’industrie de la confection, dans ces pays où l’emploi est rarissime.
Enfin, ces vêtements usagés et au look passé donnent aux populations l’air de vivre cinquante ans en arrière, vêtues de vieilleries, parfois à la trame et trouées quinze jours après leur seconde vie.
Quand vient l’heure du ménage de printemps, les Américains se croient parfois généreux en déposant leurs vieux vêtements dans des boîtes de collecte. Ces pull-overs tachés, ces tee-shirts de colonie de vacances et ces shorts démodés donneront l’air de sortir d’un garage à des paysans qui vivent depuis toujours au grand air ou feront croire à la jeunesse des villes que sur les tee-shirts, à tout le moins, Freddie Mercury n’est pas mort, ce qui les ringardise malgré eux.
C’est bien dans la manie des gens riches d’habiller leurs domestiques avec ce qu’ils ne veulent plus, que la catégorie en-dessous donne aussi ce qu’elle ne met plus, d’une qualité moindre, qui durera moins longtemps sur le dos des pauvres gens.

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Or, s’il y a bien un goût affirmé dans la jeunesse an Afrique, c’est celui de la sape, comme un peu toutes les jeunesses du monde ont des looks particuliers. Et qu’on ne vienne pas me dire qu’il ne s’agit que d’une minorité de frimeurs en Europe. On se souvient encore de la castagne sur le trottoir d’un magasin soldant la marque Fred Perry à Paris entre des éléments d’extrême droite et d’extrême gauche et qui fit un mort.
C’est là qu’interviennent dans les pays donateurs des fripiers intermédiaires qui rachètent pour revendre à prix d’or des costumes Balmain ou Courrèges et des hardes griffées pour dames de chez Prada. Aux États-Unis, la plupart de ces fripes sont revendues à des entreprises privées par l’Armée du Salut, Goodwill et d’autres. Elles sont ensuite expédiées par conteneurs, la plupart du temps vers un pays d’Afrique subsaharienne, où elles alimentent une filière de plusieurs dizaines millions de dollars de chiffres d'affaire chaque année.
Les gouvernements africains en ont assez. Ils entendent développer les industries du textile chez eux. Cette volonté est louable. Mais, ce qui est perçu, en Occident, comme de la générosité, alors que c’est bel et bien un commerce dans certains cas, les empêche de développer leur propre industrie de confection, expliquent-ils.
Des pays africains ont cédé à la pression du lobby américain du vêtement de seconde main, d’autres, dont les quatre cités, tirent la sonnette d’alarme.
Où il y a business on trouve dorénavant Donald Trump, toujours en train de veiller dès qu’il s’agit de marchés, même le plus infime, à rafler la mise. L’an dernier l’administration Trump a ouvert une enquête pour déterminer si ces quatre pays ne violaient pas un accord commercial vieux de dix-huit ans avec les États-Unis !
C’est dire si ce type sans compassion pour l’humain, mettrait sur la paille – ils y sont déjà presque naturellement – tout qui se rebifferait contre l’omniprésence des USA partout où on peut ramasser du fric.
La loi sur la croissance et les opportunités de développement en Afrique (African Growth and Opportunies Act, Agoa) a été signée par Bill Clinton en 2000 puis renouvelée pour dix ans par Barack Obama, en 2015. Elle permet d’importer aux États-Unis certains produits d’une quarantaine de pays africains, sans payer de droits de douane. Les pays participants doivent remplir des conditions en matière de droits humains, de bonne gouvernance, de pluralisme politique et de protection des travailleurs. Ils doivent en outre évoluer vers une économie de marché et supprimer progressivement les tarifs douaniers sur les produits américains. Washington estime qu’en taxant les importations de vêtements d’occasion, le Rwanda s’est mis hors jeu. Le 29 mars, le président Trump a ainsi annoncé la suspension, 60 jours plus tard, des avantages commerciaux dont bénéficient les vêtements importés du Rwanda. “Pourtant, en essayant de fabriquer lui-même ses vêtements, le Rwanda fait ce que nous prétendons attendre des pays pauvres : qu’ils se débrouillent seuls, sans les mentors traditionnels et peut-être sans la charité. On devrait les laisser essayer.”

29 juin 2018

Bouffon du roi ou du peuple ?

Le renouvellement de mai 68 par le mai 18 de Mélenchon à Martinez n’a pas eu lieu. Il y a eu du monde dans les rues. Rufin a fait la fête à Macron. Il n’était pas seul et puis plus rien. On déroule toujours à l’Élysée, les lois passent et les oppositions finissent par se lasser. Qu’il y ait un train sur deux ou un train sur dix, une sorte d’apathie finit par avoir raison de tout le monde, à commencer par les voyageurs.
Fatalitas, Chéri Bibi revient à la mode.
Ce qui se passe en France est à méditer en Belgique. On a évité la grande confrontation avec le système. Sinon, on aurait été dans le même état de nerf sans pour autant perdre le désir d’en découdre.
Cette forme de désintérêt général est-elle le produit d’une satisfaction muette de notre médiocrité paisible « quand on voit ce qui se passe dans certains pays » ? En ce cas ce serait la peur de descendre de l’étage où nous sommes. La propagande du Régime pour l’économie mondialisée aurait-elle fini par payer ?
Il doit y avoir un peu de tout cela.
Mais, c’est surtout que nous avons oublié ce qu’est vraiment le peuple. Ce n’est pas lui qui a fait la Révolution française, mais un quarteron de révoltés unis à des groupes d’intellectuels issus des classes aisées, sinon de la noblesse. Le peuple a suivi parce que confusément il a vu dans cette révolution un changement dont il serait bénéficiaire, ne serait-ce que la reconnaissance de son existence par les élites.
Il n’est pas dit, par les temps qui courent, que nous avons encore en nous de l’indignation quand on nous humilie. Sans quoi nous aurions craché à la face de ceux qui fourguent au peuple une instruction professionnelle qui consiste à la réduction de l’intelligence en gestes et condition de travail.
Avec les moyens dont disposent les pouvoirs dans les États européens, 1789 ne pourrait plus se reproduire. La minorité agissante serait en prison et les intellectuels déclassés punis par leurs pairs seraient sans travail.
Est-ce à dire que nous sommes condamnés à écouter d’une oreille les discours largement payés à la ligne de la classe au pouvoir, et l’autre, l’emplir des clameurs de la coupe du monde du football ?
L’indifférence apparente peut cacher une sourde colère. Elle s’exprime encore par les critiques d’une gauche qui n’est pas morte, mais un vent contraire empêche le feu de l’action de reprendre.

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Et c’est là le piège présent sous les pas de nos élites.
Quand tout semble sous contrôle, le pouvoir a tendance à se croire tout permis, il prend ses aises, veut accroître ses bénéfices et en faire bénéficier ses amis. Il finit par exagérer dans l’exploitation des masses. Il n’est plus guider par la tête, mais par le ventre. Son appétit est inextinguible.
La foule est avant tout bon enfant, jusqu’au point d’avoir voté un jour pour Adolphe Hitler et introduit le loup dans la bergerie démocratiquement.
C’est toujours ainsi que ça finit : par un désastre.
Nous avons subi deux conflits majeurs au cours du siècle dernier. Mais c’étaient des conflits européens, entre européens, même si le carcinome s’est répandu ailleurs. Cependant, sous chaque idéologie se tient toujours le seul motif sur quoi tout bouge, se dispute et se transforme : l’économie.
C’était le sujet principal de toutes les discordes du XX siècle, ce sera aussi celui du XXI.
Il n’y a qu’un seul moteur dans le rapport entre gouvernants et gouvernés, celui qui fait que les détenteurs du pouvoir sont capables ou non d’entretenir les foules dans une sorte de digestion lente et douce après les repas.
Quand il n’y a plus de repas pour quelques-uns, les masses endormies restent toujours somnolentes à l’état de veille ; mais quand la disette gagne trop de monde, c’est là que tout peut arriver.
L’économie mondiale est un sujet de préoccupation des élites. Ils sont parvenus à convaincre ceux qui n’en attendent rien de bon, mais qui ont toujours l’écuelle pleine, que les cafouillages sont le signe que tout va s’améliorer. Ils préparent déjà les bons motifs qui feront de la crise future qui aura lieu de toute façon, parce que le capitalisme c’est ça, une sorte de ratage prévisible, comme des livres qui tombent d’une étagère et qui feront qu’on va se mettre à les ranger bien mieux.
Mais ce faisant, il faut que l’écuelle ne reste pas vide trop longtemps, que les gens puissent se rendormir à digérer leurs côtes de porc de chez Carrefour.
L’échec de mai 18 vient d’un sentiment honorable, ceux qui ont pensé avec ce que l’élite fait subir au peuple que cette fois « ça y est » !
Ils étaient top confiants. Personnellement, je les estime davantage d’avoir crû en des possibles en misant sur l’intelligence du peuple. L’avenir est aux idéalistes et pas aux fatalistes.
Ils n’ont pas été découragés. Leurs pendants en Belgique leur sont reconnaissants, je présume.
Pour le moment, Macron signe à la Trump des lois nouvelles, entouré de Christophe Castaner et de la ministre de la Justice Nicole Belloubet, Pour que la mise en scène soit à son avantage, il a fait asseoir Castaner, sur une chaise basse. La bouffonnerie bat son plein.
À Bruxelles, Charles Michel n’a plus que dix mois pour trouver une solution à sa survie. On lui conseillerait de déjà faire ses paquets, si l’on avait de l’estime pour lui.

28 juin 2018

La tristesse d’Olympia.

Qu’une affaire de famille s’étale dans la grande et la petite presse (la presse tinette), presque toujours le drame est sordide. Il se passe dans des milieux qu’on n’imagine que chez les Karamazov visités par l’assistante de la sécurité sociale. C’est une spécialité des presses locales, une histoire de quartier, lui, un ivrogne chômeur, elle, une Lily-tout-le-monde qui ne sait ni lire ni écrire. Le rédacteur-rapporteur déballe les faits avec délectation. Il perd son portefeuille sur les lieux du cambriolage et elle se fait prendre dans « a hypermarket » en dissimulant une casserole sous son manteau, tout en étant enceinte jusqu’aux dents et ça fait beaucoup ! Bref, des cons, délinquants nés qui seront tellement salés par des juges sidérés d’avoir à juger ça, que si ça n’avait dépendu que d’eux, le couple infernal prenait la perpétuité.
J’exagère à peine. Lisez la Meuse de temps en temps, vous en lirez peut-être des pires.
Du côté du fric, jamais d’histoire. Tous d’honorables citoyens, toujours très bien cotés, quelques fois médaillés, grand-croix du mérite certifiés Léopold II première classe. Rares sont les défaillances. Pour un Armand De Decker sous les projecteurs, tout le reste du Kazakhgate dans l’ombre, même le dernier fléché, Didier Reynders, vous n’y pensez pas, fissa à la présomption d’innocence. Des indignations s’élèvent, Olivier Chastel entre en transe, c’est quasiment la fin du monde. Le premier cercle des calvities opine.
Le petit rédacteur ironique des deux demeurés de tout à l’heure, trempe sa plume dans la sueur de la frousse qui ruisselle de son front. C’est pas le moment de dire du mal de ceux qu’ils considèrent comme ses seconds employeurs.
Pourtant, le fric étant l’objectif absolu, des affaires qui ne devraient pas nous revenir, nous reviennent quand même parce que les riches finissent par vider leurs querelles d’argent au grand jour et que, jusqu’à preuve du contraire, tout le monde peut savoir facilement tout ce qu’ils disent devant les tribunaux.
Alors, quand la presse généraliste regarde ailleurs, il y en a une autre, heureusement, qui abandonne le couplet facile de la femme enceinte qui passe une casserole sous son manteau, parce que, comme dit Macron, les feignants ne valent rien.
C’est pour nous faire savoir qu’il s’en passe de belles aussi dans les beaux quartiers ! Même les milliardaires s’en balancent des saignantes ! On y côtoie des diplômés de l’ENA perdre leur sang-froid et devenir vulgaires !
C’est dans un journal économique « Challenges » que j’ai puisé une information qu’on aurait crue destinée aux brèche-dents !
Une bataille d'héritage à plus de 2 milliards d'euros au sein de la famille Hermès, la holding H51, membre du CAC 40 dis-donc ! Autre chose que les deux thunes que Lætitia se garde comme souvenir du chanteur.
Chez ces gens-là les batailles pour le fric sont toujours très compliquées, dame quand on s’entoure d’une flopée d’avocats, mettez vous à la place de ces professionnels de la casuistique, on fait traîner tant qu’il y a du jus à l’honoraire, et puis les haines aiguisées par les magots dissimulés partout, des îles Caïman aux banques Européennes en passant par le Grand-duché de Luxembourg, les belles âmes connaissent. Le juge champion de la maïeutique, ce n’est pas pour demain.
Donc le Hubert Guerrand-Hermès casse sa pipe il y a deux ans avec, croyait-on, pour seule héritière sa fille Olympia, promue au conseil de surveillance du groupe, selon la clé de répartition entre les différentes familles, car Hermès c’est la famille buse de poêle. À un point tel qu’on avait oublié un fils adultérin d’Hubert, un certain Edmond.
Vous feriez quoi à la place d’Edmond qui voit sa demi-sœur Olympia manger sous son nez du caviar Petrossian « œil du tigre » à la louche ?
L’Edmond s’était bien pointé à Paris histoire d’essuyer une larme sur un faf de 500 €. Olympia avait cru s’en défaire en lui laissant en souvenir une paire de boutons de manchette, et les agendas de son vieux qu’elle s’apprêtait justement à descendre à la voirie.
Erreur fatale !
Ces agendas prouvent qu'Hubert Guerrand-Hermès vivait en France à temps plein (embrouille semblable à l’affaire Hallyday). Sous le terme "chasse" ou "chasse à la bécasse" se dissimulaient d'autres loisirs, plus intimes, qu'une simple passion cynégétique, il notait, le bougre, tous ses placements off-shore, ses combines quasiment pathologiques pour échapper au fisc français, un pactole de 2 milliards d’euros !

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Du coup l’Edmond exige que la succession soit organisée selon le droit français, avec les impôts y afférant. Bruno Lemaire, ministre des finances, se pourlèche les babines et voue à l’Edmond un culte quasiment honorifique d’Etat !
Edmond estime qu'il doit avoir la main sur 2 milliards d'euros, une somme qui monte tous les jours en raison de la hausse extravagante des cours d'Hermès, qui a triplé depuis le décès de son père.
Olympia, prétextant que la succession gelée, ne pouvait payer les frais de la maison de Floride où résidait Edmond, celui-ci et sa mère – l’ancienne maîtresse d’Hubert – en ont été expulsés du jour au lendemain, en toute élégance.
Faites le coup à Charles, le jour où Louis cassera sa pipe, pour voir la réaction du premier ministre, si son vieux vous a hébergé dans un deux pièces de 50 M² en raison d’un vague remord sentimental, pour voir comment l’huissier vous bottera les fesses, si vous n’allez pas assez vite pour fourrer vos affaires dans une valise ?
Peut-être bien que le chômeur-ivrogne, même sans un rond, vous aurait laissé dans son kot gratos tout le temps qu’il sera en tôle, pas ces gens-là.
La Meuse se trompe parfois.
Les grands seigneurs ne sont pas toujours du côté où la gazette veut qu’ils soient.

27 juin 2018

L’Europe roucoule, déroule… coule !

Les pays de l’UE n’en finissent plus de se quereller à propos des réfugiés qui tentent de franchir la Méditerranée, le chemin des Balkans étant abandonné en raison de deux obstacles, celui de la Turquie, devenue la concierge de l’Europe moyennant finance et les Balkans multipliant les barbelés à ses frontières.
Malgré un conseil prévu les 28 et 29 juin, JC Juncker a convié Emmanuel Macron, Angela Merkel, Giuseppe Conte, Pedro Sanchez, Charles Michel et quelques autres à un mini-sommet ce dimanche 24 juin à Bruxelles.
Les huiles ci-dessus sont atterrées ! Les médias ont rendu les gens complètement dingues, nationalistes et xénophobes, alors qu’ils ne les voulaient qu’amoureux de l’économie mondiale ! Les droites ont bien senti qu’il n’est plus question de faire machine arrière. Les farouches adversaires d’un quota de réfugiés sont devenus majoritaires.
Des apprentis sorciers ont fabriqué la machine infernale anti-migratoire, il va devenir impossible de raisonner les foules, de sorte que Juncker a raison d’avoir peur, la question migratoire menace de faire exploser l'Union européenne.
Afin de montrer l’absurdité de la droite libérale belge dans sa position de soutien à Theo Francken, après la seconde guerre mondiale la Belgique a accueilli bien plus d’Italiens et de Polonais, que ce qu’elle n’aura jamais de réfugiés venus d’Afrique nous demander secours.
Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur italien a refusé d'accueillir l'Aquarius et ses 629 personnes à bord. Là-dessus, Macron a pris la mouche, il n’aurait pas dû, d’autant qu’il ne l’a pas accueilli non plus. Salvini a répliqué et voilà Macron en froid avec le nouveau gouvernement italien. La France parle du respect du droit maritime ! Qu’est-ce qu’un droit maritime à côté des milliers d’Africains qui fuient leurs pays, au point de risquer leur vie sur des embarcations de fortune, après avoir traversé la Libye, périlleux parcours au cours duquel beaucoup sont morts ou réduits en esclavage, vendus sur des marchés !
Le droit maritime stipule que les survivants d’un naufrage en mer peuvent être débarqués dans le port le plus proche de leur lieu de naufrage et que dans ce cas, on ne peut leur en refuser l’accès.
À bien considérer ce droit, deux remarques, les gonflables utilisés, dans la plupart des cas de ces pauvres gens, ne sont pas tous en train de couler, donc selon le droit maritime stricto sensu, il n’y a pas naufrage, ce qui est ridicule et rend caduc ce droit ; secondement, le port le plus proche étant le plus souvent un port libyen, il aurait fallu les déposer sur la terre qu’ils étaient en train de fuir !
On sent bien que Macron, pour le coup, aurait mieux fait de se taire.
Le tout jeune gouvernement antisystème et populiste en Italie a créé un véritable tsunami dans toute l'Europe. Le sommet du 28 et 29 juin risque de virer au fiasco.
La décision de l'Italie à propos de l'Aquarius était prévisible. Matteo Salvini privilégie plutôt un "axe" avec l'Allemagne et l'Autriche pour lutter contre l'immigration clandestine.
La décision de Matteo Salvini est aussi un acte hostile contre les ONG. La preuve, n’a-t-il pas refusé d'accueillir deux autres navires après l’Aquarius !
La politique italienne du président du conseil, Giuseppe Conte, vise à fermer les frontières extérieures avec la création de centres d'accueil dans les pays d'origine.
Matteo Salvini, en défendant la ligne dure gagne en popularité. Selon un sondage de La Repubblica, la décision de ne pas autoriser le débarquement de l'Aquarius est approuvée par 58% des électeurs !
Merkel (CDU) est coincée par sa coalition qui la met en état de faiblesse dans son gouvernement. Il lui reste peu de temps avant le sommet pour s’accorder avec Lennart Pfahler (CSU).
C’est l'Espagne qui a sauvé l’honneur de l’Europe en acceptant les 630 migrants de l'Aquarius, à la dérive en Méditerranée. Il s’en est fallu de peu (5 jours) pour que Mariano Rajoy (droite de l’ancien gouvernement) soit encore au pouvoir et empêche le débarquement. Le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez a fait un changement de cap complet de politique. C’est le seul point positif pour le sommet.
Macron sauvé par un socialiste espagnol, lui le président des riches, Hollande doit bien rigoler. La question de l'immigration révèle un paradoxe français. Dans un sondage de février, 65% des sondés estimaient que la France avait le devoir d'accueillir les réfugiés persécutés dans leur pays. Dans le même temps, 63% disaient qu'il y a "aujourd'hui trop d'immigrés en France".

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Avec Theo Francken, personne ne s’embarrasse de sondage en Belgique. Tout le monde connaît sa position et Charles Michel ferait bien de s’en souvenir avant le futur sommet.
Ce que dit la N-VA, c’est la bible pour cet homme-là !
Charles va donc au sommet, mais c’est la grande ombre projetée de Bart De Wever que les premiers de cordée verront à la place de Junior.
Et on passera pour des fascistes, aux yeux des derniers résistants de gauche !

26 juin 2018

Erdogan, dictateur débutant.

Qu’il y ait eu bourrage des urnes ou non, le président turc Recep Tayyip Erdogan a gagné les élections avec 52,8 %. C’est le début d’une dictature, si l’on tient compte des modifications qui vont avoir lieu dans la prochaine législature. Comme près de la moitié des électeurs turcs n’ont pas voté pour lui, il devra faire face à une forte minorité hostile, qu’il devra mater selon sa méthode, c’est-à-dire brutalement.
Quand le Régime a perdu ses illusions d’intégrer l’Europe, Erdogan et les religieux se mirent à repenser une autre manière de pouvoir, attendu que les contraintes pour plus de démocratie liées à l’entrée du pays dans l’Europe n’existaient plus. L’insurrection inspirée de Fethullah Gülen, fut l’occasion d’un premier pas vers le pouvoir absolu avec la mise à l’écart de l’administration de tous les opposants supposés, l’atteinte aux libertés fondamentales par l’emprisonnement des médias trop critiques et la mainmise sur le pouvoir judiciaire, tout de suite après le limogeage ou l’incarcération des chefs de l’armée.
Le rapprochement avec la Russie, alors que ces deux pays se haïssent depuis toujours, n’est que de façade et de circonstance, par ce biais, Erdogan compte trouver un allié pour remplacer l’Europe. Il a oublié qu’il faisait partie de l’OTAN et qu’il y avait chez lui des fusées américaines pointées sur la Russie. Il est question aujourd’hui de faire sortir la Turquie de l’OTAN, seuls les Américains ne le souhaitent pas.
Le refus de poursuivre l’intégration de la Turquie à l’Europe avait été approuvé par une grosse majorité des pays européens, surtout dès qu’il fut avéré qu’Erdogan jouait un double jeu avec Daech au temps où ce dernier contrôlait une partie de la Syrie et une autre de l’Irak, le combattant officiellement, mais faisant du commerce avec les intégristes, allant jusqu’à leur fournir des armes, contre du pétrole.
La répression contre les Kurdes à l’extérieur de la Turquie avec l’invasion illégale d’une zone frontalière syrienne met un point final à toute velléité de rapprochement avec l’Europe.
Le pays tout un temps prospère, ne l’est plus aujourd’hui. Erdogan n’a pas réussi son pari du bond économique promis dans ses discours, jamais réalisé sur le terrain. La livre turque perd tous les jours de sa valeur face à l’euro et au dollar. Les grands projets d’infrastructure se sont bornés à la construction d’un palais gigantesque pour le nouveau dictateur, le reste s’est perdu en pots-de-vin et autres dessous de table, Erdogan étant lui-même impliqué dans la curée.
Soutenu par la paysannerie religieuse, Erdogan va devoir serrer la vis dans les grandes villes et renforcer sa police dans les zones kurdes du pays.
"Les résultats non officiels des élections sont clairs. Selon eux, notre nation m'a confié la responsabilité de président de la République", a déclaré Recep Tayyip Erdogan depuis Istanbul, revendiquant également la majorité parlementaire pour l'alliance dominée par son parti, l'AKP.

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On devrait pouvoir dire à Erdogan « Bon. Et maintenant qu’est-ce qu’on fait des 50.000 fonctionnaires mis à pied ou emprisonnés, de la presse d’opposition sans cesse inquiétée, d’une partie de l’armée tenue pour responsable du putsch avorté ? ».
Erdogan assuré de modifier la Constitution pour la rendre davantage présidentialisée, maître du pays à 100 % avec 50 % des voix, a deux options : partir à la conquête des opposants en dirigeant le pays en « despote éclairé » ou concourir de plus belle à l’asservissement de la Turquie au pouvoir religieux, en devenant le chef suprême des croyants ?
Toutes les prédictions vont vers cette deuxième option. Ce qui dans un délai rapproché va conduire ce pays à l’instabilité et aux troubles, dans des désordres publics qui pourraient conduire à la renaissance de foyers insurrectionnels.
Déjà, des contestataires réclament un second tour. Le parti de Muharrem Ince, le CHP, a contesté les résultats publiés par Anadolu, affirmant que ses propres chiffres montraient que Recep Tayyip Erdogan avait obtenu moins des 50% des voix.
L’Europe a deux raisons de se méfier d’Erdogan. Comme tous les dictateurs il est imprévisible. En plus, il utilise un parler brutal et sans nuance que son manque de culture générale traduit, un peu comme Trump. Il est à sa façon un autre Trump par sa nature conquérante parce que profondément égoïste et une absence d’humanisme. Mais la comparaison s’arrête-la, tant les USA ont des barrières administratives et des Lois que la Turquie n’a pas, pour empêcher la dérive vers une dictature.
Erdogan était déjà un fardeau pour l’Europe. Il va devenir une épine dans le pied des 27 si l’on songe à la diaspora turque, toutes communautés confondues, surtout en Allemagne, en France et en Belgique, farouchement pro Erdogan.

25 juin 2018

Magnifique Josée Kamoun !

Josée Kamoun entre dans l’univers très convoité des grands traducteurs, avec la nouvelle traduction de « 1984 » de George Orwell.
Quelle femme Josée Kamoun ! J’ai lu comme tout le monde ce chef-d’œuvre d’Orwell dans ma jeunesse. La nouvelle version, c’est un coup de fusil. On en a plein la tronche de ce qu’on avait raté la première fois de Big Brother. On entre de plein pied dans l’univers glaçant d’Orwell où la parole remplace la pensée.
Traduire sans trahir, même si le traducteur prend des libertés avec la forme, là est la question. Cela revient à choisir le niveau de langage qui permettra de trouver les mots les plus justes. Comment transposer en français «The air bites shrewdly. Very cold» (Hamlet, scène IV, acte I)? par «Ça caille» ? ou «Ça pince» ? Chez Orwell c’est pareil, qui dit choix dit options diverses, laquelle choisir ?
"Big Brother" est maintenu alors qu’on aurait pu écrire « Grand Frère », "novlangue" devient neoparler... les mots qui hantent le livre d'Orwell sont passés dans le langage courant. Josée Kamoun fait vivre autrement un texte qu’on croyait connaître, alors que l’emploi du présent, au lieu de l’imparfait, est une nouveauté capable de rendre l’histoire plus proche et vivante.
La "doublepensée" qui rend possible l'inversion du sens des mots est restée. Mais "les slogans du Parti" ont été légèrement modifiés et sont désormais plus fidèles à l'original en anglais. "Guerre est paix" ("War is peace" dans la version originale) remplace "la paix c'est la guerre", "Liberté est servitude" ("Freedom is slavery") a été préféré à "la liberté c'est l'esclavage". Quant à "L'amour c'est la haine" qui était jusqu'à présent dans la version française, il est remplacé par "Ignorance est puissance" ("Ignorance is strength" dans la version anglaise).
Pour ceux qui ne l’ont pas lu "Big Brother", celui-ci nous observe « Big Brother is watching you », on y suit la tentative de résistance à ce régime, un fonctionnaire de 39 ans, son échec et sa rééducation par le système plus fort que lui, à l’égal de Julia, la jeune femme qu’il aimait et qu’il reniera. C’est donc une fable politique et un roman d’amour en même temps.
Traduire une deuxième fois ce monument de la littérature mondiale n’allait pas de soi.
Peut-être aussi ai-je relu Orwell avec les yeux d’aujourd’hui, effrayés de reconnaître à certains traits de notre démocratie, le progrès des germes d’une autre société, plus proche d’une dictature que de l’idée que nous nous faisons de la démocratie.
« Publié en français pour la première fois il y a près de septante ans, le chef-d’œuvre de George Orwell, 1984, reparaît chez Gallimard dans une nouvelle traduction dont l'ambition est "de restituer la terreur dans toute son immédiateté », voilà ce qu’en dit la pub faite autour de l’événement. Pour une fois la pub ne ment pas.
Josée Kamoun rend hommage à la première traductrice Amélie Audiberti, grâce à laquelle tous les francophones ont pu lire Orwell.

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Pour l'éditeur cette nouvelle traduction "plus directe et plus dépouillée" tente de restituer "les tonalités nostalgiques et les échappées lyriques d'une œuvre brutale et subtile, équivoque et génialement manipulatrice.
La philosophie qu’on retire de l’œuvre n’a pas changé dans la dernière traduction. Au contraire, elle s’est renforcée de nos effondrements de 2018.
Dans le roman, Big Brother trouve les formules qui détruisent l’humain sans l’alerter, car sa maîtrise de la psychologie lui épargne la douleur. Le projet est que les gens ne se plaignent de rien, en enlevant la conscience réelle des contraintes, donc d’être heureux. On y vient en Belgique avec l’augmentation de la durée du temps de travail en heures supplémentaires ou en deuxième boulot, par la nécessité de ne pas crever de faim. Le défoulement des foules sur le bouc émissaire, le péon Mexicain transfrontière aux USA et du gonflable que des bonnes âmes du continent souhaitent perdu en Méditerranée avec beaucoup de gens à bord. Les ressorts du pouvoir et de la manipulation, c’est toute notre représentation politique qui dès qu’elle a une parcelle d’autorité tente de nous manipuler.
Alors que leur seul but est le même que poursuit Big Brother dans « 1984 » : comment faire en sorte que nous acceptions une réduction volontaire de notre liberté ? À ce propos, Daech a bien involontairement aidé nos élites dans ce sens.
Enfin, les Régimes forts, par la torture, qu’elle soit physique ou morale, font dire tout ce qu’ils veulent à n’importe qui.
En Chine, il existe déjà 900.000 caméras de surveillance dans les lieux publics.
En Belgique, le MR – il n’est pas le seul parti – est pour la généralisation de cet équipement. Heureusement, il reste encore la liberté de croire ce que l’on veut dans son for intérieur.

24 juin 2018

Transformer sa main…

À titre tout à fait personnel, je ne crois pas que Charles Michel et ses séides du MR au gouvernement tentent délibérément de nuire au peuple.
Je crois même qu’ils sont persuadés que leur lubie du ruissellement est la seule politique posible.
C’est leur vision de l’économie qu’ils croient compatible avec la démocratie qui ne l’est pas.
S’il faut ajouter à cela les préjugés de classe et le genre de clientèle qu’ils doivent persuader aux élections, nous avons à peu près tout dit sur le cocktail explosif qui brime le citoyen pauvre et exalte les vertus supposées du citoyen riche.
Un individu qui ne voit pas les désastres vers quoi sa politique nous destine, est mille fois plus dangereux et nuisible qu’un escroc de haut vol qui cherche à tirer son épingle du jeu en se sucrant.
Ce dernier est un brigand déclaré, un franc voleur qu’il appartient à l’électeur de mettre hors d’état de nuire. Et s’il ne le fait pas ou tarde à le faire, il faut en attribuer la lenteur à tous ceux qui trahissent la démocratie de bonne foi. Démasquer des gens qui pensent comme eux et qui votent comme eux, est au-dessus de leur force Cela les entraînerait à revoir trop de choses et notamment ce qu’ils sont !
Donc ne comptez pas sur les gens du MR pour bâtir un monde plus juste.
Leur vision est une des rares qui n’ait jamais évolué au fil des modifications de l’économie.
Nullement effrayés par la concentration des capitaux dans quelques mains, les hommes d’État de droite y voient au contraire une promesse d’avenir !
Charles Michel est persuadé qu’il faut ne pas trop chipoter sur les conditions qui font de la Belgique un petit paradis fiscal hébergeant une faune richissime et à l’abri des lois. À l’instar d’un Macron, il attire les milliardaires par des lois douces et tolérantes. Les libéraux font semblant de ne pas voir que la contrepartie de ce laxisme volontaire doit passer par un véritable racket sur les salaires, les indemnités sociales et autres revenus de substitution, à seule fin d’équilibrer le budget.
Un soir de méchante humeur, j’ai traité les dirigeants libéraux de voyous. Certes, certains le sont, quelques-uns sont même en délicatesse avec nos lois. La plupart sont tout simplement noyés dans leur confort et inaptes à comprendre ce qu’est la vie ouvrière avec des revenus insuffisants, parfois même sans revenus. Ils sont justes coupables d’indifférence à l’égard de personnes en danger.

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Les diatribes sur les chômeurs qui reçoivent trop, les astuces criminelles pour faire glisser les chômeurs de l’ONEM aux CPAS et faire baisser les statistiques, le délire de Bacquelaine sur un système de pension par épargne des travailleurs, comme si, quand on gagne mille euros par mois, on pouvait mettre de côté de quoi assurer ses vieux jours, le dernier délire d’Alda Greoli de plomber les impôts de 36 euros pour assurer l’autonomie du grand âge, montrant par là que ni l’État, ni la Région ne sont capables de gérer le troisième âge autrement que par la magie d’un impôt supplémentaire qui, comme tous les impôts, tombera dans le fonds commun de façon anonyme.
Tout comme Macron, Charles Michel est un dirigeant exclusivement des riches et hors-sol ou pire, l’ennemi des pauvres.
Sa gestion est calamiteuse, toute sa politique économique, fiscale et sociale tourne autour de l’obsession de la dette à réduire et qui, quoi qu’il dise, ne se réduit pas, au contraire, mais fait souffrir les pauvres. Et pour cause : il ne va pas chercher l’argent là où il se trouve, mais où il ne se trouve pas.
Tandis que ces gens de pouvoir bouchent l’avenir pour toute une jeunesse, angoissent les travailleurs sur leur devenir, multiplient les cadeaux à l’embauche qui tournent à faire de l’intérim un statut préférentiel, leurs semblables à l’Europe provoquent une crise politique d’un pays à l’autre.
On transforme sa main en la mettant dans une autre, dit Eluard. C’est ce qu’au MR on ne comprend pas !... et pour cause, leurs mains sont dans la poche des autres.

23 juin 2018

Du bonheur et rien d’autre.

Les films de Laurel & Hardy se résument à des sanctions supplétives que les deux comiques s’infligent. L’un agit en préjudiciant l’autre, qui réplique par une chiquenaude appuyée. C’est l’escalade qui se termine en catastrophe. Les enfants sont pliés en deux et les adultes ont un sourire entendu.
L'Union européenne a lancé sa contre-offensive dans le conflit qui l'oppose à Donald Trump en surtaxant des produits américains : les jeans, le bourbon, les motos, le riz, le maïs, le tabac, etc.
Ce qui est à venir n’est pas advenu, mais va sûrement l’être, cela s’appelle la guerre commerciale. Aucune guerre commerciale ne s’est bien terminée. La plupart ont même dégénéré en guerre tout court.
Le problème n’est pas là. Il est tout simplement dans les principes d’économie qui, au cours de deux siècles et demi d’application ont démontré que l’économie avait de la rigueur (le travail célébré) sans principe (l’injustice de la répartition des profits) ! Comment conclure par la morale, d’une histoire qui n’en a pas ?
C’est toute la question.
Ces nouvelles taxes se veulent la réponse des Européens aux taxes de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium des Etats-Unis. "La décision unilatérale et injustifiée des États-Unis ne nous laisse pas d'autre choix", se justifie la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström.
Ce qui n’était qu’un gag, Donald y adjoint les tensions entre la Chine et les Etats-Unis pour faire bonne mesure. Le spectre d'une guerre commerciale mondiale prend forme.
Nous sommes marqués plus par les chutes que les triomphes. Les chutes sont durables. Les triomphes ne durent pas. Celle de l’Empire romain et celle de Byzance n’ont pas fait que marquer les esprits, leurs conséquences se voient encore de nos jours. Entre ces deux disparitions, les Croisades de l’an mil, les Infidèles et la Terre Sainte ont incidemment conduit Amnesty International à être ce qu’elle est dans le présent, alors que si on avait dit cela à Godefroid de Bouillon, il aurait pris le messager pour un dingue.
Ainsi nos vies se déroulent concomitamment avec l’Histoire que nous habillons ou déshabillons avec nos réalités.
Mine de rien, c’est le moins apte à diriger un grand pays qui va probablement être celui qui marquera le plus l’histoire contemporaine ! Donald Trump est en train de ficher en l’air l’échafaudage laborieux et conventionnel d’une civilisation qui a fait du commerce sa raison d’être, au point de le trouver moral. Une supercherie qui s’appelle l’économie de marché, devenue le seul pilier des démocraties, c’est plus fort que le comique de Laurel &Hardy !
Un commerçant enrichi dit « Je suis un voyou donc je suis le mieux adapté pour réussir et faire réussir les Américains dans un commerce mondial. »
Que va faire miss Malmström en notre nom, si Donald Trump taxe les automobiles étrangères en réplique ping-pong ? Le début d’escalade a touché jeudi les bourses européennes. Elles ont fini dans le rouge. Personnellement, je m’en fous, mais si c’est pour aboutir à une méga crise, pire que celle de 2008, plus personne ne s’en fout !...
Peut-être qu’un jour dans un futur certain, mais dont on ne pourrait aujourd’hui déterminer quand il aura lieu, ce qui nous paraît important, un match de foot, l’adoration d’un Dieu incontournable, l’Union Européenne, la banque, nous paraîtront dépourvus de sens.
Nous avons une bonne partie de l’histoire de l’Humanité derrière nous, pour l’expérience. Les mœurs du Bas-Empire n’ont rien à voir avec celle d’aujourd’hui. Baal exigeait des sacrifices humains, tout au moins les prêtres prétendaient l’interpréter. Cent mille esclaves construisaient une pyramide, aucune dictature ne pourrait rassembler de nos jours autant d’ouvriers sans percevoir de salaire.
Une multitude tisse des histoires qui se transmettent un certain temps, parfois plusieurs générations, puis elles sont remplacées par d’autres histoires, d’une nouvelle multitude, à la fois semblable et différente de la précédente. Des gens ont vécu des changements de civilisation : 4 septembre 476, 29 mai 1453, 14 juillet 1789, sans le savoir. Qu’est-ce que vous pensez du 21 décembre 2028, dans dix ans ?

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Depuis trop longtemps, le sens s’établit sur l’illusion d’une organisation démocratique construite par le peuple, mais assujetti à des mains mercenaires.
Nos systèmes ont fabriqué des Trump, comme ils ont fabriqué par le passé des Hitler et plus près de nous des marionnettistes qui s’appellent Macron, Merkel ou Michel, justement parce qu’ils défendent consciemment ou non les incontrôlables.
Si l’on veut bien se souvenir de l’Histoire, d’autres civilisations ont disparu pour moins que cela.
Les masses peuvent tout lorsqu’elles prennent conscience de leur force, ai-je écrit dans une autre chronique. Notre seule chance pour tourner la page, c’est l’holisme, cette ingénieuse idée qu’un rassemblement est plus considérable que la totalité des pièces assemblées. C’est à nous que cela s’adresse. 10 + 10 et ainsi de suite jusqu’à 100 cela ne fait pas 100, somme réputée exacte, en réalité cela fait beaucoup plus.
Et puis, ces gens avides, ces piètres héros du médiocre, ces mirliflores des banques, ces encanaillés de l’usine de papa, à tous ceux là avec Éluard, je dis « Il ne faut pas de tout pour faire un monde. Il faut du bonheur et rien d’autre».

22 juin 2018

Fermeture avant transformation !

Le gouvernement serait comme un marché couvert dont on aurait baissé le rideau de fer pour éviter que les clients entendent les commerçants s’engueuler. C’est la fermeture un an avant la cessation d’activité pour raison électorale !
Pendant que les beaufs et les autres, tous sportifs de comptoir, s’époumonent sur et en-dehors des stades à la poursuite d’une chimère sportive, plus que sur une réflexion de l’état de notre société, le gouvernement aurait pu mettre à profit l’ombre propice pour améliorer son bilan, en vue des élections de mai 2019.
Hélas ! Les produits se vendent mal. Les caques sentent trop le hareng de la mer du Nord !
Vous ratez la pétaudière parce que les journaux ont autre chose à « foot », sans quoi avec nos artistes, on aurait droit à du gratiné.
– Ils ne sont pas frais mes poissons de sous le bow-string ?
Les partis flamands entre eux, puis réunis pour taper sur le MR, ce dernier sur l’opposition socialiste, puis sur les premiers à l’exception de l’Open VLD, on est en plein charivari entre vendeurs de casseroles.
Le torchon brûle vraiment entre le CD&V et la N-VA, Charles Michel en a le veston tout roussi. Mais, il ne faut pas compter sur lui pour faire pompier.
C’est l’hallali. La meute jappe dans le chenil, les maîtres-chiens sont aussi nombreux que les Rintintin. Même le petit Chastel apprend à jouer du piston. Reynders sonne du cor comme personne, la vénerie politique n’a plus aucun secret pour lui. Le plus ardent est Richard Miller, dépassé par le seul Denis Ducarme, champion des classes moyennes quasiment en faillite.
On s’attend à un de ces blocages inouï pour la formation du gouvernement de juin 2019. Il est possible même de voir encore Junior jusqu’en 2020 en expéditeur des affaires courantes, faute d’un accord. Les 541 jours de rabiot d’un Leterme risquent d’être dépassés !
Petit résumé passé inaperçu en francophonie « La semaine dernière, Kris Peeters (CD&V) et Philippe Muyters (N-VA) ont offert un spectacle désolant en se crêpant le chignon sur un plateau de télévision, en direct, à propos de la prépension chez Carrefour. Le premier ministre Charles Michel (MR) a ensuite tourné son ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), en ridicule en balayant de facto la procédure d’attribution du remplacement des F-16 d’un revers de la main. Soudain, il est à nouveau question de la piste française et d’une durée de vie prolongée des avions. » (Daardaar magazine)
Junior a le tracassin chaque fois que quelqu’un mentionne devant lui les initiatives de Theo Francken (N-VA) en matière de politique migratoire. La concertation en ce domaine, comme dans bien d’autres, n’existe pas au sein du gouvernement. Charles Michel, pourtant doué pour rafler la mise au bon moment et s’en attribuer les mérites, est complètement dépassé par l’adresse de Theo Francken à monter ses coups en cachette, si bien que lorsqu’ils éclatent, il est impossible à Michel de s’en prévaloir. On lui laisse défendre les initiatives de Francken qui ont dépassé les bornes de l’odieux.
Eh ! pourtant comme Junior aurait voulu jouer un rôle dans le camp des ralliés au bon sens et montrer aux Polonais, aux Autrichiens et aux Hongrois de l’extrême droite européenne, qu’on peut gérer l’émigration, tout en faisant partie de la droite amoureuse de l’Europe.
Mais Bart l’a mauvaise depuis que Junior hésite sur la commande d’avions de chasse américains. L’Anversois rassemble à peu près tout le gouvernement flamand sur le coup. Aussi, Steven Vandeput a le feu vert pour emmerder Charles jusqu’au bout.
C’est quand même Francken qui a le pompon. Le conflit sur l’immigration ne date pas d’hier. La droite et les journaux sont parvenus à intégrer la population dans la querelle. Sincèrement, au-delà des polémiques et des conneries quotidiennes des imbéciles heureux qui sont nés quelque part entre Bruges et Arlon, l’immigration a toujours été une richesse pour un pays comme le nôtre en panne de nativité et en déficit démographique, si nous n’avions pas eu le dynamisme venu de l’extérieur.
C’est la nativité explosive, notamment dans l’hémisphère Sud qui créera un problème pour l’avenir et non pas, les émigrés chassés par les guerres et la misère qui traversent la méditerranée au péril de leur vie.
Penchons-nous plutôt sur les défis mondiaux. Il faut absolument obtenir un taux de fécondité mondial entre 2,05 et 2,10, y compris dans l’hémisphère Sud. Les experts en démographie de l'ONU sont divisés sur la probabilité d'arriver à une croissance zéro de population avant la fin du XXIe siècle. Tout progrès implique un sursaut de conscience individuelle et collective d’éducation, en particulier l'accès à l'éducation des filles, la planification familiale, et le respect des lois de la nature de notre planète. Inutile de dire que l’éducation des filles commencent par vouloir partout l’absolue égalité en droit et usage du droit entre les sexes. Les vieilles casseroles que traîne l’humanité avec ses religions sexistes, tomberaient d’un coup.

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Voilà le langage que Francken et Junior devraient tenir aux seins des Organismes mondiaux de représentativité des Peuples et non pas entrer dans des paranoïas à la Trump, sur une « invasion » qui n’existe que dans leur état de bête politique qui veut se faire réélire en surfant sur les peurs.
À force de se chamailler, le gouvernement dupe tout le monde. Le budget n’est pas en équilibre, Junior gamberge sur trois milliards et demi à trouver en plus. Bacquelaine a fichu un véritable foutoir dans sa politique des pensions. Trois partis sur quatre au gouvernement ont des avis différents et ne sont pas loin de considérer Bacquelaine comme un jeanfoutre.
Heureusement, il y a la Tunisie. Brave Tunisie, nos diables rouges vont lui régler son compte.
D’ici samedi, jour de l’exploit, Michel pourra pantoufler à la maison et même passer le week-end… si on gagne !

21 juin 2018

Avoir la gauche au Culot !

Philippe Culot, juriste au cabinet du Ministre des Arts, des Lettres et de l’Audiovisuel de l’ineffable Richard Miller, veut sensibiliser en milieu scolaire des dangers de l’extrême gauche !
J’ai dû relire plusieurs fois l’information tant je la trouvais énorme.
Le nom de Richard Miller ayant été cité, cela aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Tout le monde connaît la fougue intarissable de Miller quand il s’agit de promouvoir le beau bleu profond du libéralisme du mouvement réformateur. C’est même à se demander vu l’enthousiasme du bonhomme, comme cela doit être une rude journée avec lui, sous les posters des Michel et de Reynders, à la lecture des graphiques et des statistiques montrant les aléas de la société belge, tous décrétés d’extrême gauche et propagandistes de l’odieux Raoul Hedebouw.
Il a trouvé en Philippe Culot une sorte d’âme sœur.
Après m’être remis de l’émotion de voir ces propagandistes du pire s’en prendre à l’école, je me suis demandé comment ces illustres vont intriguer pour que nos chères têtes blondes écoutent le bon message de droite, stipendiant le mauvais message de gauche !
Serait-il transmis par le personnel enseignant sous la forme d’un cours de droitisation de la conscience, insidieusement dissimulé dans l’Histoire, par exemple la fameuse citation « Liège, tu dois Notger au Christ et le reste à Notger » (Notgerum Christo, Notgero cetera debes) deviendrait « Notger filius dei fili, diaboli Hedebouw », la traduction serait mise de côté afin que l’enfant demande innocemment à la maîtresse d’école « Madame, qui c’est Hedebouw ? », ainsi l’enseignante aurait tout loisir de répondre à cette question, grâce à un petit fichier qu’elle aurait reçu au préalable de Philippe Culot.
On connaît les artistes du porté à droite !... l’avenir les inquiète depuis qu’il est incertain de voguer dans une économie vacillante et que son dieu américain est en passe de devenir un des dirigeants les plus haïs de la planète, vu son peu d’empathie pour le reste de l’humanité. Le dénommé Culot est chargé du suivi des matières relevant de la Communauté française (projets et propositions de décrets, arrêtés du gouvernement,…) et que, par conséquent, il peut fourrer son joli museau dans à peu près tous les dossiers d’éducation.
Ce n’est donc pas qu’un porte-flingue de la direction libérale chargé de pourrir la vie des gens de gauche par des fake-news dans une période préélectorale, c’est quelqu’un qui pourrait avoir une influence sur le caractère discriminatoire à l’étude des artistes et écrivains français, à la manière de Deborsu : les boules vertes pour le bon texte libéral et les rouges pour le honteux populisme de gauche.
La gauche a, malgré tout, une chance.
Culot est avocat, par conséquent c’est un Protée (1) qui n’a pas le temps de s’attarder sur une idée. Il en pond trois ou quatre par semaine, quitte à nourrir d’autres cervelles libérales. Miller ne manque pas de candidats avides d’idées. Il suffit de suivre Culot à la trace et de déchiffrer les papiers qu’il jette en boule dans la corbeille.
« L’éducation de la jeunesse », comme c’est intéressant dit Miller qui déchiffonne le papier recélant la dernière élucubration du Maître du barreau.
Ce Rouletabille à la va-vite plaît au libéralisme de pointe. Créature du mouvement et de la fuite en avant, actif en droit pénal, il a été élu conseiller communal à Seraing et conseiller provincial en octobre 2006. Il se dit lui-même attaché à porter plus particulièrement les dossiers de reconversion économique, de transformation de la Province de Liège vers une grande métropole, ou encore le dossier « mobilité », avec toutes les questions que comporte l’arrivée espérée du tram à Liège, ou l’utilisation de la voie fluviale.
On le voit, il a d’autres ambitions que celle de l’éducation.
C’est à croire qu’il se jette au lit tout habillé pour courir à l’aube satisfaire à ses nombreuses tâches et fonctions, sans perdre du temps à se vêtir au lever.
C’est peut-être pour cela que nos enfants finiront par échapper belle.
Dans un mois le tour de France passera à Liège, d’ici là Philippe Culot pourrait inventer le pédalier intelligent qui choisit lui-même ses vitesses ?

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Comme le nouveau sigisbée (2) de Miller le dit très bien « Toujours animé d’un libéralisme ancré dans les réalités sociales et profitable à chacun, je suis à votre disposition pour toute question ou intervention. »
Les réalités sociales le saluent bien.
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1. Selon Lucien de Samosate, Protée était danseur : habile dans la pantomime, il s'assimilait à tout et prenait toutes sortes de formes ; par la rapidité de ses mouvements, il imitait tout ce qu'il voulait.
2. On sait Miller féru de citation. Le sigisbée, amant de cœur et très souvent amant tout simplement, était couramment un jeune homme servant de compagnon attitré à une femme mariée. Le MR vivant résolument en 2018, les mœurs modernes ayant effacé la barrière du sexe, un sigisbée peut parfaitement servir de compagnon à un homme marié, en tout bien tout honneur, évidemment.

20 juin 2018

Grève perdue et foule irrésistible.

La grève des cheminots en France est un cas d’école.
Nous ferions bien de méditer sur un genre de conflit contre l’État, quand ce dernier reste sourd aux revendications.
Les données sont simples. Le gouvernement en France est majoritaire sans coalition. L’opinion est partagée entre le soutien aux grévistes et la mauvaise humeur quand on attend deux heures un train qui ne vient pas.
L’État peut perdre de l’argent dans une entreprise publique. Il préférerait ne pas en perdre, mais enfin, il ne saurait être question qu’il tombe en faillite. En somme c’est le contribuable qui fait fonctionner la pompe à fric, c’est-à-dire en partie les grévistes, qui versent à travers leurs impôts, une contribution financière à la durée du conflit !
Après des semaines d’affrontement et des concertations qui n’en sont pas vraiment avec les syndicats, Macron dit « c’est comme ça, c’est mon plan » et fait semblant de négocier ce qu’il sait non négociable. De l’autre côté, quand il n’y a que le gréviste qui fait vivre une famille, on se trouve bien coincé entre la défense de son gagne-pain et la nécessité de payer ses courses au supermarché.
On voit bien qu’un gouvernement hors-sol comme celui d’Édouard Philippe ne saurait être touché que par une revendication qui déborde sur les autres activités professionnelles, bref une grève générale, et pas seulement. Une grève d’une pareille ampleur ne peut se faire qu’avec la population. Pour cela encore faut-il que l’opinion publique entre dans le tourbillon et fasse descendre dans la rue une foule convaincue que l’injustice doit cesser.
Dans l’alternative d’une indifférence ponctuée de la mauvaise humeur ambiante, que fait-on ?
La réponse est souvent la conséquence des rapports entre la population et le gouvernement.
Le résultat en France tient en trois lignes dans les journaux.
« Les syndicats réformistes de la SNCF, CFDT et Unsa, ont rejeté mardi la proposition de la CGT de poursuivre la grève en juillet avant même l'intersyndicale qui doit en débattre dans la soirée, actant la fin du mouvement unitaire entamé le 3 avril. »
Faut-il poursuivre une lutte désormais vouée à l’échec et finir comme Che Guevara, dont le corps fut posé sur une table de paysan, entouré de soldats ou rentrer dans l’ombre et attendre des jours meilleurs ?
Parce qu’on en est là dans cette démocratie qui prend une sale tournure de dictature molle, avant qu’elle ne se renforce sous la pression d’un loustic convainquant.
Faut-il rappeler ce qu’est une situation propice, comme il faut agir au quart de tour et que ce n’est pas désarmer d’attendre son heure ?

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Il est bon d’avoir de la mémoire en certains cas.
On ne peut rien faire sans la solidarité d’une population même apolitique. Il faut tout simplement saisir l’occasion.
Le 21 décembre 1989, il y eut un instant propice qui régla la situation en une seule journée.
Ceausescu organisait ce jour là une grande manifestation de soutien à son Régime, au centre de Bucarest. On était en plein bouleversement en Union Soviétique et on ne pouvait plus compter sur elle pour rétablir l’ordre au cas où.
Ceausescu voulait montrer au reste du monde, combien « son » peuple lui était attaché.
Son équipe avait réuni 80.000 « fidèles ».
Le président se présenta au balcon d’un immeuble dominant la place, sous les vivats d’une foule apparemment enthousiaste.
Au début du discours dit d’une voix monotone « Je tiens à remercier les initiateurs et les organisateurs de ce grand événement à Bucarest… » soudain quelqu’un le hua quelque part dans la foule. Il s’arrête, il se tait et regarde autour de lui, effrayé.
Aussitôt un autre spectateur prend le relais, c’est une chaîne qui va crescendo. Les gens sifflent, hurlent leur colère, des centaines, puis des milliers d’autres font monter le brouhaha. Puis le public scande « Ti-mi-soa-ra » une ville quelques jours auparavant dans laquelle la Securitate a tiré dans la foule.
Tout cela télévisé, des images qui feront le tour du monde.
Hello, hello disait Ceausescu. Son épouse hurlait « taisez-vous, taisez-vous » à la foule déchaînée. Le reste se perdit en « Du calme camarades, du calme. »
Les 80.000 sur la place avaient senti qu’ils étaient beaucoup plus forts que le vieil histrion à la ridicule toque de fourrure.
Pourquoi ces événements sont-ils si rares ? On voit des milliers de gens empressés à faire la cour aux puissants, tout semble aller dans le sens des chefs et ceux-ci s’enhardissent. Ils veulent laisser leur nom dans l’histoire sur une réforme, entendre dix ans plus tard parler de la Loi Macron.
La foule applaudit, alors qu’elle pourrait bousculer les barrières, monter à la tribune et chasser les professionnels de la représentation, d’un claquement de doigts ! Car souvent ceux qui applaudissent le font par entraînement.
Dans ces moments où l’Europe est aux abois, que Trump enferme des enfants, que le système économique est détraqué, que la démocratie tourne à la mascarade, que la classe moyenne s’effondre et que l’ouvrier s’appauvrit, on ne sait jamais, après une grève qui finit mal, peut-être en y aura-t-il une autre sur les mêmes revendications et que quelqu’un dans la foule ricanera haut et fort au discours de Macron, bientôt suivi du cri de la multitude. Il faut que vous sachiez que le stock de lacrymogène, dans ce cas, ne pourra suffire.
La foule est irrésistible. Et elle ne le sait que très rarement.

19 juin 2018

Foot, poésie, loyer et vacuité.

C’est fait on est reparti pour une émotion collective, les drapeaux aux fenêtres, les caissières des supermarchés déguisées en diablesses, peu de monde dans les rues, une atmosphère recueillie dans les cafés, tout le monde se réserve pour ce soir.
L’artiste qui se produira sur scène ce soir prouvera une fois de plus que l’art ce n’est pas évident et qu’un spectacle sans public, pour quelqu’un le micro à la main, c’est comme s’il passait un permis de conduire pour la troisième fois.
Des voisins qui passaient pour sérieux (même à la fête nationale ils ne sortaient pas le drapeau) les voilà qui pendouillent les trois couleurs à leur fenêtre. J’ai même vu un drapeau brésilien. Sur le bouton de sonnette de la porte juste en-dessous, un nom : l’habitant s’appelle Franz Schumaker ! Il est vrai que le Brésil est un pays de contrastes.
Inutile de poser la question aux gens pour savoir où ils seront ce soir.
L’adoration de nos loustics à la cuisse élastique est à son comble. On les voit déjà sur le podium tombant dans les bras de Poutine et du roi Philippe réunis pour la circonstance, en paix des braves sportifs.
S’ils se font dégommer trop tôt, on reprendra une vie normale, sinon, on est parti pour de l’intérêt suprême et pas question de penser à autre chose.
Ça devrait donner des idées à des ambitieux en politique. Ils feraient un coup d’État, on ne s’apercevrait qu’à la mi-juillet, qu’on a changé de régime !
Voilà qui donne dans l’immédiat une indication sur l’intérêt de la chose publique. Les efforts perdus d’avance pour satisfaire au minimum syndical, à la démocratie, etc. Et la création artistique ? Les pires moments sont là. L’artiste qui doit honorer son contrat, ce soir dans un théâtre de cinquante places (il y en a à Liège) va passer de durs moments. Par contre, les trois spectateurs qui auront fait le déplacement pourront choisir de s’installer sur deux chaises là où ils veulent.
Autant jouer à bureau fermé, on pourrait même couper les ampoules et mettre la salle dans le noir complet par économie. Rester entre-soi sur scène à se demander une heure après le début de séance, si on ne va pas arrêter pour voir le dernier quart d’heure du onze national, fierté du monde, même la comédienne qui fait Antigone n’en a plus rien à foutre d’Anouilh !.
J’avais un sujet intéressant – de mon point de vue – pour le blog de ce soir.

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Déjà samedi, à la caserne Funk, à une réunion politique à laquelle tout le monde était convié, j’avais envie de parler d’un truc qui m’échappe. J’aime bien finalement Sophie Lecron du PTB, femme active animatrice socio-culturelle, enseignante, courageuse et engagée, fallait-il l’être pour être en tribune dans une salle noire comme un tombeau, devant quelques personnes éparses et diversement intéressées, à nous parler du logement à Liège.
Ma question portait justement sur ce qu’on appelle communément les charges locatives, sorte de loyer-bis pour l’entretien de l’immeuble, le remplacement des ampoules, le payement du staff de gérance et la constitution d’une cagnotte en principe servant à l’amélioration du bâtiment.
Le Conseil de gérance uniquement constitué des propriétaires gère les sommes versées par les locataires.
Pour les propriétaires logés dans leur propre appartement, c’est logique, ils font partie de droit du dit Conseil, mais pas les locataires. Circulez, y a rien à voir…
Les locataires versent de l’argent dans un fonds sans avoir le droit d'en connaître l’usage ! Fonds qui, je le rappelle, est en plus du loyer. Ainsi, ignorent-ils si les sommes réclamées sont correctes (ce dont les gérances profitent en se sucrant largement).
Dans certains buildings, les propriétaires sont minoritaires, voire inexistants. On pourrait imaginer qu’un seul propriétaire du building – le reste étant loué – pourrait faire le Conseil à lui tout seul et gérer à sa guise, les charges locatives ! Pourquoi pas une robinetterie en or massif dans sa salle de bain ?
Sophie, si tu n’es pas au foot et si tu me lis…
Pour le reste, j’avais pensé prendre quelques jours de congé en attendant que le foot passe ou mettre en ligne quelques poèmes que je commets depuis belle lurette et qui, d’habitude, n’intéresse personne à part moi.
La peur de joindre le ridicule à l’énervement d’un supporter à se taper mes longues bafouilles m’en ont dissuadé.
Vous l’avez échappé belle !

18 juin 2018

À propos de rien…

En réalité, le parler « vrai » de Macron à propos du pognon dingue distribué en vain pour sortir les pauvres de la pauvreté et répandu de façon aléatoire, sans discernement, voire inutilement, se retrouve dans la politique belge de Charles Michel sur le même raisonnement « les aides sociales doivent être mieux distribuées, les allocations de chômage doivent aller aux vrais chômeurs, ainsi que les autres redistributions de l’argent des Belges en pensions et indemnités de maladie ».
En gros, c’est le crédo de notre gouvernement, identique à celui d’à côté. Ils ne se connaissent pas bien, mais ils s’apprécient puisqu’ils ont la même politique à propos de rien… C’est fou comme ils sont méticuleux sur ce qu’ils maîtrisent parfaitement, surtout que c’est avec notre argent. L’argent des riches, c’est-à-dire les autres, là ils ne maîtrisent plus. On dirait que depuis que ce n’est plus le nôtre, que c’est devenu celui des riches, il leur échappe complètement. Michel y est donc d’une grande prudence. En vertu du ruissellement, Junior attend qu’il pleuve, pour mouiller tout le monde.
Cette façon libérale de voir les problèmes de société s’appuie sur la peur de déclassement des classes moyennes, surtout cristallisée dans la catégorie des petits commerçants en difficulté ou en instance de faire faillite. Fragilisée par un système qui les broie, cette classe moyenne ne comprend rien à ce qui lui arrive et tombe dans le panneau de l’extrémisme de droite, contre tout ce qui coûte de l’argent à l’État : l’immigration, le chômage, les allocations maladies, etc.
Au lieu de s’en prendre au basculement de l’économie vers une mondialisation dont ils ont tout à redouter et d’accuser ce gouvernement de travailler à leur malheur, ils pensent que la responsabilité en incombe à ceux qui en ont été les victimes bien avant eux !
Cette démarche renvoie à un rejet de "l'autre", accusé de tous les maux dont ils sont les vaches à lait. Par la propagande des libéraux et de la presse qui les identifient comme les piliers de notre économie, les classes moyennes de par leur proximité avec la population sont parvenues à infuser cette peur dans la clientèle, ce qui fait bien l’affaire de Charles Michel. Cette peur trouve ses racines dans notre crise identitaire, doublement redoutable, avec la peur des étranger et une sensibilité différente des Flamands. La croyance que c’est le chômeur qui fait la crise et non la crise qui fait le chômeur est tellement dans les esprits que le MR n’exclut pas de devenir le premier parti de Wallonie !
Cette manière de voir, à l’avantage pour la droite de se faire oublier, en qualité d’actionnaire principal responsable de l’état d’un pays dégradé par son économie sauvage. Elle a l'avantage d’envoyer la balle dans le camp adverse.
Avec l’approche purement gestionnaire de la N-VA de la dépense sociale, on ne parle plus que de ce qu’elle "nous" coûte. On laisse pour secondaire, ce qu’elle nous a évité de conflits de la misère, dont on regrette qu’ils n’aient pas lieu afin de pouvoir justifier les restrictions à coups de grenades lacrymogène, à seule fin de stigmatiser les violences, propices à l’amalgame avec l’arme absolue qui est la dénonciation des immigrés dans les syndicats.
Tous les discours de Charles Michel se font du point de vue du riche contribuable qui se sent dépouillé des « fruits de son travail » !

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Tout naturellement, de par l’abaissement de la pensée humaniste, le débat se focalise sur les méritants et ceux qui ne méritent pas des aides. On a compris que pour Charles Michel, rendre l'aide plus efficace consiste à en réduire financièrement l’accès à bon nombre. On fera les titres des journaux et on poursuivra avec toute la rigueur de la loi, le malheureux qui aura perçu « indûment » des sommes souvent dérisoires, mais qu’on mettra à récupérer avec l’acharnement que l’on n’a pas pour faire rendre gorge à Armand De Decker ou Serge Kubla.
Ceux qui s’insurgent dans l’opposition seront traités d’irresponsables qui jetteraient l’argent du contribuable par les fenêtres, s’ils étaient aux affaires.
Quant à l’accueil des immigrants, la N-VA aide dans les deux langues à bétonner une opinion hostile à l’ouverture aux détresses surtout venant de l’autre côté de la Méditerranée. Charles Michel lui emboîte le pas et se fait le propagandiste de De Wever avec la conviction que les voix qu’il fait gagner à De Wever et Francken sont flamandes, donc n’ont aucune incidence sur son électorat, plus nuancé.
Il est facile de faire passer les émigrants d'Afrique et du Moyen-Orient comme une nuée de sauterelles s'abattant sur un Eldorado, en les comparant à l’exode de millions d’Européens qui constituèrent les États-Unis au XIXme siècle, massacrant les Indiens. Nous serions pour la droite les nouveaux Indiens, encombrant leur nouveau monde.
Les conséquences de ce coup de com' s'avéreraient payantes pour Charles Michel, si la population ne résistait pas à cette définition avérée fausse et irresponsable.
Je n’ai cessé de l’écrire depuis des années, il faut absolument élaborer un plan général en contreproposition au système économique qui nous accable de ses monstrueuses inégalités et différences.
Ce plan n’existe pas. Il n’y a que des discours sur des solutions partielles.
Or, un plan global pourrait voir le jour avec un coordinateur jouissant dans les partis de gauche d’une réputation de clairvoyance et d’intégrité. Il coordonnerait le fruit de la pensée de quelques économistes de renom, effrayés de ce qu’ils voient et stupéfaits que les économistes officiels ne voient pas la même chose qu’eux !

17 juin 2018

Pognon, grisbi, oseille, Macron.

Je ne suis pas contre le langage des Hommes (terme d’argot qui signifie « voyou ») en politique.
Que Macron ait mis-en-scène au cours d’une soirée de travail "On met un pognon dingue et les pauvres restent pauvres" pour une grande diffusion par son service de presse, ne me gêne pas du tout.
Voilà qui rappelle « Les Tontons flingueurs » de 1963, réalisé par Georges Lautner, scénario Albert Simonin, dialogues de Michel Audiard, rien que des pointures.
Le milieu de la politique est-il si différent du milieu tout court, des petits malfrats à l’admiration des grands et les grands, partagés entre cavale et mitard ?
Car dans cette profession, le parcours est souvent presque le même pour tout le monde. On commence par se croire nanti d’une mission, puis on se retrouve nanti tout court, sans l’avoir vraiment cherché.
Ensuite on y prend goût. On ne lâche plus rien. On garde tout. On est tombé du côté des riches. On ne carbure plus à moins de cent briques. On a l’instinct de s’en mettre plein les fouilles. On passe des milieux du clandé, aux marmites qui font de l’oseille au bois de Boulogne, au dernier congrès du parti LR ou encore d’un tour de table des députés de la République en marche. Qu’est-ce qui change ?
Vous avez remarqué, le mac en politique, son truc c’est rassembler le plus d’opinions diverses possible, alors comme à la comptée, Julot ou Michel Junior, l’opinion c’est ne pas en avoir, de dire des choses dont on est sûr qu’elles vont faire le plein de satisfaits, quitte après de la ramener sur tout.
C’est un métier violent. Il y des morts. Presque toujours maquillés en suicide, alors que tout le monde sait, police et justice compris, de quoi il retourne, que c’est à coups de flingue dans le dos, de noyade dans dix centimètres d’eau et d’accidents mortels « non accidentels ».
La politique, c’est un métier artisanal qui s’apprend sur le tas.
Comme pour le grand banditisme, on finit par se retrouver hors sol, déconnecté de la réalité. On tombe généralement comme Jacques Mesrine, cerné par les « amis » de la bande, qu’on croyait « des hommes » et qui n’étaient que des flics, travaillant souvent pour leur propre compte en vue de se faire une belle petite carrière. Des exemples belges, il en pleut. Les plus connus sont les personnages des deux bandes rivales cohabitant du MR, Charles Michel et Didier Reynders, les jeunes contre les vieux. Le public adore les voir se bouffer entre eux et par-dessus tout, quand ils jouent les grandes amitiés. Il y eut aussi, dans son temps Di Rupo contre le gang des carolos, avec la montée en force du lieutenant Magnette.
Que ces personnages adoptent enfin le langage du milieu pour s’exprimer, on dirait qu’il est presque temps. On sait comment ils s’expriment en coulisse. La délicatesse n’est pas leur fort. Pour une fois que l’un d’entre eux met volontairement « pognon de dingue » dans la prise de son, ne nous en plaignons pas.
C’est une provocation calculée.

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Le grand spécialiste du genre en Belgique, c’est Bart De Wever.
Quand le type nous dit « une horreur », elle n’est pas reconnue comme telle par tout le monde. Son porte-flingue Théophile Francken en lance une par semaine. Le constat est simple, plus la société penche à droite, moins il y a de monde à penser qu’il dit une horreur.
Charles Michel s’y est mis pas plus tard qu’avant-hier, à propos de l’ «Aquarius », quand il a dit que nous n’avions pas de port en Méditerranée et que ça se saurait. Alors qu’il s’agissait du sort de six cents vingt quatre personnes, dont la plupart ont vu la mort de près.
Pour en revenir au caïd français de l’Élysée, Patrick Apel-Muller de L’Humanité y voit « comme un résumé de programme : déchirer le filet social qui a permis à 9 millions de Français de faire face à la crise et au chômage ; en faire des coupables de leur situation qu’il s’agirait de + responsabiliser + ; introduire le virus d’une généralisation de la précarité en imposant aux chômeurs et aux allocataires du RMA des mini-jobs de quelques heures ». "On peut donc cumuler les fonctions de DRH pour le Medef et de sergent recruteur pour Marine Le Pen", conclut l’éditorialiste du journal communiste. »
D’accord, Macron provoque par la diffusion d’un langage inusité dans un endroit où l’on déjeune dans de la porcelaine de Sèvres.
J’aime que l’on jette les masques et qu’on laisse à Talleyrand et à ses successeurs, tous planqués à l’Académie française, l’art de dire des horreurs mais avec des mots et des tournures de phrase tellement sophistiquées que les ploucs qui en sont victimes ne s’en aperçoivent pas.
Que Macron ne soit pas le beau jeune homme diplômé de l’ENA et d’autres lieux, ayant l’art de dire les choses avec grâce, ne change rien, mais dit tout.

16 juin 2018

De la Vuvuzela à la Diabolica.

Les temps étaient déjà fort difficiles pour l’information non-frivole, mais depuis la coupe du monde de football, nous sommes entrés dans une phase aigüe de la non-information puisque le people s’est allié au sport et ce jusqu’après le Tour de France, fin juillet !
Il faudra attendre la mi-septembre pour retrouver un semblant de dignité informative, le mois d’août étant le mois par excellence de vacances pour la variétoche. Heureuse période de l’année au cours duquel la bêtise est à son âge d’or.
La pauvre Anne-Sophie Lapix en sait quelque chose qui s’était aventurée dans le Journal de France 2 à faire une petite plaisanterie sur le foot, il ne fait pas bon en ce début d’été de parler politique, de l’avenir, des turbulences de l’Europe et des tentatives à nous vendre le système économique comme un merveilleux facteur de progrès. L’UNESCO annonce une baisse mondiale du QI, la connerie est de plus en plus majoritaire en nos démocraties. Charles Michel a un bel avenir devant lui !
Le mois de juin, c’est le mois des mercatos, des enchères, des transferts, du chamboulement du vedettariat entre les chaînes télé, des nostalgies et des revenez-y. C’est l’occasion aussi de nous fourguer du replay, de la daube passée trois fois. On sort des réserves, les Bourvil et les de Funès dont les chaînes ont consommé dix copies de la Grande Vadrouille, dans les trente dernières années.
Ce n’est pas nouveau, les années précédentes, la vie réelle, ses critiques, ses commentaires étaient déjà malmenés, mais il y avait des résistances, on sentait qu’une forte minorité ne portait aucun intérêt au foot et à ses vedettes, il semble qu’en 2018, elle n’a même plus le droit de s’exprimer.
Bien avant le foot, Roland Garros et quelques exploits musculaires de remises en forme après l’hiver, on a déclenché la saison de l’hystérie médiatique à la mort de Johnny Hallyday. On n’avait jamais vu un président de la République assisté à l’enterrement d’un chanteur. C’est une grande première.
Ce fut le départ de la course à la connerie, course à étapes dont le sommet est le foot mondial à Moscou.
Sans vouloir en remettre une couche, l’effervescente dévotion populaire à la mort de l’artiste dépasse tout ce qu’on avait vu jusque là pour un défunt qui n’a jamais écrit, ni la musique, ni les paroles, de ses tubes. Doué de son seul filet de voix et d’une présence certaine, il a battu tous les records artistiques.
La notoriété montée sur platine, si je puis dire, a effacé le personnage mauvais citoyen, cavaleur de première, jean-foutre au mégot éternel, jamais à court d’astuces pour ne pas payer d’impôts et laissant même après sa mort, une situation embrouillée de succession qui prolonge devant les tribunaux le bruit fait autour de sa disparition.
Qu’est-ce que le président Macron a voulu dire en assistant à l’enterrement ? Non pas qu’il respectait l’artiste, mais qu’il respectait l’opinion publique souveraine et dont un homme aussi sérieux puisse-t-il être, comme lui, ne peut plus se passer pour jouer un rôle dans la Nation.
Le public en veut, le badaud se rue. N’allez pas croire que tout ce joli monde est la crème de la crétinerie, la marque de l’andouille de Bayonne. Que nenni. Cet engouement englobe tous les genres, toutes les intelligences de l’exceptionnelle à la stupide, si bien que sous l’accoutrement bizarre, le trompettiste en Diabolica (remplaçante de la Vuvuzela) se cache peut-être un premier prix de conservatoire ou un haut fonctionnaire, sorti de Leuven avec mention.

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Là-dessus une explication : l’homme moderne a besoin de s’exalter, de croire à quelque chose, de conquérir ou à défaut de voir ses couleurs portées par des autres et triompher.
Comme en plus il est prudent, volontiers craintif en politique ou au boulot, quoi de plus roboratif qu’une bonne après-midi à gueuler à la victoire en stipendiant le vaincu ? Quoi de plus revigorant de se réincarner dans quelqu’un d’autre, un champion qui ose, un artiste du coup de pied qui se fait des millions sur son jeu de jambes, alors que lui bosse des quatre membres pour des clous !
Ce ne sont pas leurs pairs qui donneront tort aux gens du bas de l’échelle, au contraire, avoir l’esprit sportif est un puissant dérivatif qui calme les esprits et rassure les patrons.
S’il doit raser les murs pour se rendre à une réunion du syndicat ou du PTB, par contre, il peut hardiment demander une demi-journée de congé pour aller supporter son équipe. Si ça se trouve, c’est la même que celle de son employeur et ils s’échangeront des écharpes. Le sport fait mieux que les réunir, il les rapproche, les réconcilie, une estime réciproque naît !
Reste que les blogs du genre Richard III, c’est comme une émission documentaire sur la pêche aux harengs ou un Bernard Pivot sur Joyce Mansour, l’égérie du surréalisme.
Le numéroteur est en baisse, déjà il ne fonctionne qu’un lecteur sur deux. Je me demande si je ne vais pas m’abonner à football magazine tout au moins jusqu’au mois de septembre.
Il paraît que c’est le dernier mondial pour Messi !
Si quelqu’un peut me dire où acheter son poster ?

15 juin 2018

L’Europe trumpienne.

Le traité de non prolifération de l’arme atomique signé avec l’Iran et dont Trump s’est retiré est de loin bien meilleur et offre plus de garantie que le traité en trois points qu’il vient de signer avec Kim Jong-Un.
Disons le tout net, Trump a été influencé par son gendre et Netanyahou dans son choix de rompre avec l’Iran, les élections de mi-mandat qui approchent, son ego et la nécessité de frapper les imaginations par du sensationnel ont fait le reste.
Cette politique à la découpe, dans l’incohérence et l’exhibition du moi, font de Trump un personnage dangereux. Son comportement peut avoir de graves conséquences et menacer des centaines de milliers de gens dans leur vie.

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Toujours est-il que bouffon, sénile ou manipulateur, devant l’homme avec ses trucs d’industriels retors les grandes industries françaises et allemandes implantées en Iran fichent le camp de ce pays, dans la crainte des représailles américaines.
Autrement dit, l’Europe n’a pas de politique en-dehors de celle des Etats-Unis.
Nous menons l’Europe à des lendemains dérisoires. Le jour où l’Amérique nous laissera complètement tomber, nous en serons réduits à vendre notre chemise.
Dans ces conditions, les pays qui voudraient imiter les Anglais et sortir de la pétaudière, sont autant cuits que ceux qui resteraient, puisque c’est toute la zone, coincée entre l’appétit de Poutine et le désintérêt de Trump. Nous sommes perdants parce que justement nous n’avons pas de politique commerciale, nous fonctionnons avec les règles et les arbitraires des Etats-Unis.
Cette non-politique nous la devons à l’organisation de l’Europe, à sa pléthore de fonctionnaires inopérants et sa Commission trop dépendante des États pour avoir une politique d’ensemble.
L’Europe va décider de son avenir fin du mois dans une réunion sur l’immigration. À cause de la N-VA et du goût de Charles Michel pour le pouvoir, nous sommes classés avec la Hongrie, l’Autriche et la Pologne dans les pays hostiles à l’immigration.
Si tout se passe bien, et que l’Europe ne devient pas une forteresse dont rêve l’extrême droite, la réunion de l’OTAN, ensuite, tombe à pic pour nous faire savoir que nous n’en avons pas terminé de jouer avec notre destin.
La Commission de Jean-Claude Juncker parviendra l’an prochain au terme de son mandat. Le croirait-on, elle était aux affaires depuis 2014 ! L’actuel président ne se représentera pas, sans doute va-t-il faire comme Barroso, négocier son carnet d’adresses, contre un poste dans la haute administration d’une banque.
Pour le successeur, la règle du « Spitzenkandidat » ne serait pas appliquée de façon « automatique ». Cela signifie que le chef de la Commission ne sera pas nécessairement issu de la formation politique qui remportera le plus de sièges aux élections européennes. Bien que le Parlement de Strasbourg ait promis de rejeter d’office tout autre candidat, cette menace de blocage ne pourra être effective que si elle est reconduite par la législature suivante.
Même avant les élections, on sait déjà que cela va enfoncer l’Europe un peu plus dans les magouilles et à défaut de se mesurer à Trump, ce seront Merkel et Macron qui feront la loi.
Comment faire fonctionner le bidule, si toute décision politique doit être légitimée par le Parlement européen et les gouvernements nationaux.
On voit comme fonctionne le conseil de sécurité de l’ONU avec le veto. Nous, c’est pareil en quelque sorte. Trump le sait bien. Il joue en Europe sur du velours.
La Cour de justice a eu du fil à retordre avec la Hongrie et la Pologne, violant les traités. Ces gouvernements ont défié l’autorité du droit européen, devant tout le monde, sans se gêner.
Varsovie s’était pendant des mois obstinée à refuser, dans l’affaire de la forêt de Białowieża, l’exécution d’une ordonnance des juges de Luxembourg – un événement sans précédent dans l’histoire de l’UE –, mais elle fait aussi depuis décembre 2017 l’objet d’une procédure inédite pour « risque clair de violation grave de l’État de droit ».
L’Italie suit le même chemin avec le refus de recevoir l’Aquarius dans un port italien.
Plus de soixante ans après sa création, le traité de Rome doit être révisé pour tenir compte du poids croissant, au sein de l’UE, de partis et de gouvernements qui contestent les logiques mêmes de l’intégration européenne. La Commission n’a pas renforcé son lien avec les citoyens. Les partis qui y participent sont en perte de vitesse. La politisation a écorné son image d’indépendance et sa légitimité technicienne.
Trump aura eu quand même un mérite, celui de nous révéler notre incapacité d’exister sans les États-Unis.

14 juin 2018

Encore le revenu universel.

Et voilà le débat sur le revenu universel reparti !
Il fallait s’y attendre. Cela démange la droite et produit de l’urticaire à une certaine gauche. Chose curieuse, ces mêmes effets produisent bonheur et contentement dans les mêmes milieux !
Cette controverse n’est donc pas une affaire droite/gauche, mais bien une philosophie contre une autre.
C’est pourquoi ce débat est intéressant.
Un article du magazine 7/7 m’a donné l’envie de remettre ça…
Je me suis souvent répandu sur la question dans plusieurs blogs. Je suis pour le revenu universel pour un tas de raisons que personne dans les détracteurs ne réfute. Et pour cause, dès qu’on part sur le terrain philosophique, on ne voit plus personne ! Pourquoi ? Mais parce que le système économique étant profondément immoral, comment voulez-vous qu’ils réfutent des arguments moraux !
Ils préfèrent tous aborder le sujet par l’économie libérale et trumpienne, pour nous assurer que les pauvres n’y gagneraient rien.
À mon sens, je me répète, le revenu universel bien compris changerait complètement la donne faisant une autre société que celle dans laquelle nous pataugeons aujourd’hui.
Les rapports entre les subordonnés et les supérieurs changeraient du tout au tout, puisque les premiers auraient de toute manière un viatique en cas de rupture.
Est-ce que vous vous rendez à cette évidence ? Quel bouleversement cela ferait dans des domaines aussi hiérarchisé que l’entreprise, alors qu’on y vit toujours comme au moyen-âge ?
Quoiqu’on dise, les pauvres d’entre les pauvres auraient de quoi ne pas crever de faim, ce qui pour ceux qui sont à la porte des œuvres distribuant des repas gratuits une fois par jour, savent ce dont je parle.
Enfin, point important, cela permettrait de revoir l’imposition des particuliers de faire en sorte que ceux qui ont de bons revenus et à priori n’ont qu’un intérêt thésaurisant de ce pécule généralisé, se verrait taxer en conséquence à la fin de l’année.
En gros, de cette manière, le revenu universel ne serait en réalité distribué qu’aux faibles revenus et surtout à ceux qui n’en ont pas du tout.
Ce modeste pécule rendrait nos sociétés moins serves, permettrait aux artistes qui vivent d’art et d’eau fraîche une plus grande latitude de création, enfin ce pécule pourrait évoluer en fonction des services rendus à la population et à l’art. Elle mettrait aux supplices les employeurs pour trouver de la main-d’œuvre qui ne se louerait pas pour faire n’importe quoi, ferait tomber à rien le problème du chômage et raccourcirait l’écart entre les riches et les pauvres par le pied-de-nez moral de ces derniers !
Je ne comprends pas que le PTB soit réticent à cette demande !
Ceux qui y réfléchissent dans ce parti n’ont, me semble-t-il, pas pris tous les éléments en considération. Ils n’ont vu l’universalité du revenu que par le petit bout de la lorgnette du monde libéral. Ils me déçoivent un peu.

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Les chercheurs de l'université d'Anvers sont tombés dans le panneau de la droite eux aussi, le parti de Junior qui voit une aubaine dans le revenu universel en imaginant que ce revenu ne viendrait pas en supplément de tous les autres, y compris les pensions, les allocations de maladie et de chômage. Il les supprimerait !
Ils englobent même les allocations familiales dans le paquet des suppressions dont ils rêvent. Ils salivent à la seule idée des fonctionnaires qu’ils pourraient déboulonner dans les services du chômage, pension et invalidité.
Mais non, ce n’est pas ainsi qu’il faut voir les choses, chères âmes inquiètes. Il ne serait touché à rien, cette allocation universelle viendrait en supplément, puisque ceux qui ont largement de quoi vivre sans elle rendrait à l’État ce qu’ils en avaient pu percevoir sous forme d’imposition fin d’année.
Là, vous commencez à comprendre chères êtres trop sensibles. Ce capital à répartir entre les citoyens les plus pauvres rendrait les riches beaucoup moins riches, parce que cet argent, il faudrait bien le trouver quelque part.
Il n’y a même pas plus révolutionnaire que cette formule !
Qu’est-ce que je lis au contraire de la part de nos flèches anversoises ?
Le système est évalué à 94 milliards d'euros. On le financerait par la suppression d'avantages sociaux et une augmentation de l'impôt des personnes physiques, selon eux.
Tatata ! Un staff efficace pour récupérer les milliards de la fraude fiscale et une imposition sur les fortunes et les gros revenus seraient suffisants.
Alors, hein, les amis des libéraux, sincèrement, vous n’allez pas quand même essayer de convaincre toute la gauche de faire passer ce système pour exécrable ?
Vos évaluations sont fausses, vos calculs sont bidons et vous êtes de mauvaise foi.
Il est impensable de le mettre en pratique dans l’économie actuelle. Là, je suis d’accord.
Le proposer pourrait peut-être faire réfléchir les électeurs à de profondes modifications de celle-ci, voire à imaginer autre chose ?

13 juin 2018

L’Amérique décotée et décodée.

À ce point de non-retour d’un délire permanent du président Donald Trump, nos américanolâtres et, au-delà, tous ceux qui ont une vision économique et libérale de la liberté de ce pays, se trompent lourdement sur ce vaste territoire qui fut d’abord la terre d’exil des Européens, quand nous étions comme aujourd’hui en Libye, au Sahel et un peu partout dans le Nord-Afrique, des populations traquées par la misère et sous la botte des régimes autoritaires.
Si Trump n’a jamais été aussi « dangereux » aux yeux des Européens, c’est surtout parce que l'Amérique n'a jamais été aussi inquiétante.
Sortons des films de Woody Allen qui nous fascinent par ce côté européen d’un New-York sublimé. Abandonnons les grands centres, les grandes plages, les grandes visions de notre futur qui se vit dans la Silicon Valley ou à Cap Canaveral. L’Amérique ce n’est pas cela, ce que nous admirons, c’est sa vitrine. Nous ne connaissons pas l’intérieur. Nous nous en faisons une représentation d’après ses expositions d’étalage, c’est tout.
Ce faisant, nous laissons de côté l'Amérique divorcée du réel, des églises évangélistes et de la ségrégation, l'Amérique revancharde et parano de l’ouvrier blanc fasciste à force d’amour des armes à feu et des caractères forts. Cette Amérique là a toujours existé, dans quelle proportion et dans quelle mesure ? Si j’en crois les élections, en élisant Donald Trump, ne vient-elle pas de prouver qu’elle est majoritaire ?
Parler d’accident de l’Histoire, d’erreur temporaire qui sera redressée dès les élections de mi-mandat, c’est conserver une vision rêvée de ce pays, c’est faire comme Junior et pas que les Michel, l’ensemble du monde libéral belge, une erreur de jugement qui les arrange bien.
Pas que dans ses bas-fonds, affleurant en surface malgré le voile d’une Amérique pudibonde, honnête dans ses calculs bancaires, l’Amérique se révèle aussi un pays d'une effroyable brutalité, de massacres comme celui des Indiens et plus récemment des écoliers dans les écoles, des écoliers victimes d’autres écoliers possédés par l’instinct de mort et la facilité de s’armer à bon compte.
En 2018, les drapeaux confédérés flottent encore au-dessus des réunions musclées du Ku Klux Klan, tandis que le premier amendement permet une fâcheuse liberté, celle de descendre d’une balle de 45, tout qui vous paraît menaçant.
De ce point de vue, la guerre civile, qui prit fin officiellement en 1865, n'est pas terminée.
Cette violence se traduit par un nombre record de citoyens américains dans les prisons. Des démocraties, ce pays est le champion dans le domaine carcéral. Dans ce sens, attendu que 65 % des détenus sont noirs et couleurs confondues, à peu près sans profession dans les mêmes proportions, c’est une façon pratique de faire baisser les taux du chômage et comme les peines sont longues et applicables jusqu’au bout, de garder une partie de la délinquance sous clés, les apprentis du crime suffisant largement à alimenter les futurs contingents.
Autre triste record, de toutes les démocraties, l’Amérique est le pays qui soigne le moins de concitoyens pauvres, et pour cause, la médecine y est plus chère que nulle part ailleurs, quoique aussi une des meilleures au monde, pour ceux qui ont les moyens d’honorer les factures.

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Une partie non négligeable de l’électorat de Trump rêve de faire des USA une théocratie chrétienne isolationniste qui supprimerait les impôts, une autre tendance, le libertarisme va bon train dans l’esprit des milliardaires, au nom d’une épuration justifiée par des évangélistes, des ultras préconisent la suppression violente de tous les musulmans. Ces partis religieux se cachent de moins en moins, puisqu’ils ont élu leur président !
Le courant d’idées selon lequel les États-Unis ont toujours raison n'est pas né avec Trump...
Les balades-cartes postales sur la Pacific Highway californienne, des soirées dans les hôtels chics de Brooklyn, n’ont jamais été que le lyrisme à quatre sous d’Emmanuel Praet dans le Soir-Illustré, notre Alex Jones et ses Infowars, dont nous saluons le final dans la Police des communes bruxelloise, comme une consécration à l’américaine.
Combien faudra-t-il de gifles à nos américanolâtres pour enfin sortir de leur mysticisme et nous faire enfin des réflexions sur l’Europe, seule, face à son destin et ses responsabilités, une Europe baladée par l’OTAN dans une fausse sécurité, démunie et aujourd’hui bousculée par l’extrême droite renaissante un peu partout ?
Et dire que le personnel politique que nous élisons régulièrement, se dit européen !

12 juin 2018

Fric-frac au G7.

La bête est couchée sur le flanc. Le G7 vient de frapper. C’est un des T-Rex de l’économie libérale qui crève sous nos yeux ! Le multilatéralisme est mort.
Quoique Macron en dise, il n’avait rien inventé du tout. Le multilatéralisme a débuté la série des autres multilatéralismes à « la paix de Wesphalie (1648) », renaissant en 1814 au Congrès de Vienne, etc. On connaît la suite et les incroyables chichis qu’on a pu faire autour de cette recette, dont la crème vient de brûler.
Voilà encore un de ces mots-thème tombant comme une incantation au milieu des livres d’économie dont le seul mérite est d’avoir décimé des bataillons d’apprentis économistes qui ont fait autre chose, après avoir constaté qu’ils y allaient laisser leur santé.
Comment expliquer le bidule ? C’est un fourre-tout d’intensification des relations commerciales et de l'interdépendance entre les États favorisant la coopération.
Exemple en petit, si la crèmerie du coin s’arrange avec une charcuterie et une boulangerie pour acheter des choses en commun et se refiler la clientèle sur les trois types d’activité, elle fait du multilatéralisme.
Vu de haut, le multilatéralisme économique a été complété par un multilatéralisme politique. Jusqu’à Trump, le multilatéralisme traitait de la coopération internationale, l’archétype en est l’ONU.
Macron veut le renforcer, Donald Trump veut le saper. Comme les USA fédèrent tout ce beau monde de l’Atlantique, on a compris. Inutile d’aller taper une balle dans le golf de Trump au cas où il y serait.
Curieusement, le général De Gaulle en qualifiant l’ONU de « machin » montrait le même dédain que le milliardaire new-yorkais pour le multilatéralisme.
La Chine est ravie. Elle a toujours reproché aux pays riches de se tapir derrière ce terme pour préserver leur influence.
L'OMC est un foutoir grandiose où vont se perdre les grandes compagnies comme du temps des plaideurs de Jean Racine. Le Conseil de sécurité, organe exécutif de l'ONU, est inopérant à cause du système de veto. Les accords de Paris sur le réchauffement de 2015, malgré ce que l’on raconte pour relever le moral, souffrent d’anémie.
Si le multilatéralisme s'en va, c'est la "règle du plus fort" qui s'appliquera, disent les économistes classiques, comme si ce n’était pas déjà le cas !
Le président américain entend travailler « à la tête du client ». À quoi bon s’encombrer de tiers dans le business ?
C’est un point de vue. Il n’est pas dénué d’un certain bon sens, quand on est le plus fort et qu’on n’a besoin de personne, à quoi bon dépenser son bénéfice pour les autres ? Minute ! Etre le plus fort, est tout à fait relatif, comme l’écrit Mélanchon. « Si les États-Unis en sont là c’est que la crise sous-jacente de son économie réelle anémiée et de son économie financière fragilisée vont plus mal qu’on ne le croyait ».
Le capitalisme a-t-il jamais été autre chose qu’une guerre de pouvoir et d’influence entre les riches, les pauvres étant toujours les victimes d’un camp ou d’un autre ?

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Ils n’avaient pas fière allure, les rescapés du G7, après le fiasco. On croyait Trump d’accord, sans avoir lu ses tweets, les imprudents ! Le milliardaire new-yorkais, accessoirement président des USA, serait plutôt en amour avec Kim Jong-Un, donc l’esprit ailleurs.
Tandis que c’était le fiasco complet au Canada, les chefs d'Etats chinois, russe et iranien sur fond de tensions commerciales et diplomatiques avec les Etats-Unis, s’étaient réunis très amicalement pour un après-midi de thé vert, majong et causettes amicales.
Macron s’est fendu d’un communiqué vengeur. Et alors ? Son grand ami déçoit tout le monde, normal, c’est lui le contremaître.
Est-ce qu’une belle commande d’avions de chasse américains pourrait le dérider, pensent sérieusement Junior et De Wever ?
Finalement, même sans l’accord du bon gros, les sept l’appliqueront quand même. « Nous nous y tenons, et quiconque le quitterait le dos tourné montre son incohérence et son inconsistance", s’est indigné Macron, même pas calmé par la présence de Brigitte.
Ainsi donc, l’Europe est orpheline !
Que va-t-on faire sans les cinq porte-avions, les bombes, les marines et les musiques de John Philip Sousa ?
Donald Trump a détruit la confiance entre les Etats-Unis et l'Europe en retirant son soutien à l'accord final du sommet du G7 au Canada. La ministre allemande des Affaires étrangères Heiko Maas. A réagi : "Vous pouvez détruire très rapidement une quantité incroyable de confiance dans un tweet. Cela rend d'autant plus important pour l'Europe de rester unie et de défendre ses intérêts de façon encore plus offensive".
La diplomatie par tweet, c’est tout nouveau. Le blondinet survient. Il a l’air d’accord avec tout le monde. Ça lui permet de passer un week-end tranquille. Il s’en va sous les applaudissements et dans l’avion, il tweet « Vous savez les gars, je me suis trompé tout à l’heure. J’ai fait semblant de signer, comparez ma signature de la Malbaie avec celle du bureau ovale, une signature qui prend une demi-page et qu’à côté celle de Macron à l’air d’une chiure de moustique de la dengue et celle de Merkel de la chikungunya, vous verrez bien que ce n’était qu’une imitation.
D’après Donald, le coupable, c’est Trudeau. Il a dit en public que les taxes du roi du monde étaient « insultantes ». Il faut faire gaffe avec Trump, il prend tout pour lui. Trudeau va serrer la vis. Il veut taxer d’autres produits en représailles.
Il manque à Trump un partenaire de tweet, depuis qu’il est l’ami de Kim Jong Un. Il a traité Justin Trudeau de personne "malhonnête et faible"... alors qu'il avait dit la veille que la relation bilatérale n'avait jamais été aussi bonne dans l'histoire des deux pays.
Le comble, tout le monde était déjà parti de la Malbaie quand Donald a lâché sa bombe. Si bien que des journaux en Europe avaient trouvé les gros titres de victoire !
Voilà ce qui arrive quand un chef d’État invité est caractériel ! L’affaire part de rien et les élites sont ridiculisées. L’intéressé responsable de ce gâchis s’en va vers d’autres sommets.
Trump aurait reçu un coup de pouce de la Russie pour battre Hillary.
Donald Trump serait un ancien agent dormant du KGB. Poutine a décidé de le réveiller. Ça va saigner !

11 juin 2018

Un devoir de désobéissance.

Un lecteur me demande quelle serait ma politique migratoire, si tant qu’il était dans mon pouvoir de concrétiser un plan d’action, pour autant que j’en aie un.
C’est aux partis politiques de le proposer en considérant l’opinion de leurs électeurs. Pour ma part, n’étant ni dirigeant, ni membre d’un parti quelconque, je ne peux que donner un avis personnel, en me gardant de commencer par des « y a qu’à ».
D’abord un constat que tout le monde peut faire. Il y a une forte tendance de l’opinions à des solutions antidémocratiques, dans la dénégation la plus complète de la reconnaissance des émigrés du simple droit qu’ont les êtres humains d’ici ou d’ailleurs.
Cette fâcheuse tendance à sortir des fondamentaux de l’Europe des libertés et des droits de l’Homme est fortement encouragée par la presse nationale et régionale aux mains des puissances d’argent.
C’est aussi le résultat d’un enseignement professionnel essentiellement fondé sur les emplois du futur à pourvoir. Cela fait de bons petits chômeurs et éventuellement de bons petits ouvriers bien dociles, mais cela ne fournit pas matière à l’esprit critique, ni aux connaissances encyclopédiques.
C’est l’honneur d’une vraie gauche sans fil à la patte d’une allégeance aux puissances d’argent et les opinions qui en découlent, de dénoncer cette attitude de la presse et de ne laisser passer aucun « fake-news » au sujet de la défense des droits de l’Homme, sans dire « sa » vérité.
Il faudrait donc penser à un certain relais de l’opinion de gauche qui fait défaut en Belgique. Ce n’est pas facile au vu des difficultés d’une télévision nouvelle en France proche de Jean-Luc Mélenchon. Mais, dire qu’il n’y a rien à tenter sans moyens financiers, c’est partir d’un sentiment de défaite. Il y a des gisements considérables de bonne volonté et d’envie de communiquer chez les particuliers pour penser le contraire.
Comme la gauche n’est pas au pouvoir et ne peut donc pas agir de manière officielle dans ce pays et dans beaucoup d’autres de l’UE, son devoir est de préparer un plan alternatif en cas d’un retournement de l’opinion.

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Pour ne pas perpétuer les horreurs et les maltraitances sur les émigrés qui tentent le coup et débarquent en Europe pour y mieux vivre, il conviendrait de faire pression sur les Instances européennes pour qu’elles développent des moyens d’expliquer aux populations candidates à l’exil, que l’Europe n’est pas un continent de cocagne et encore moins pour ceux qui veulent y venir. Parallèlement, il devrait être fait des efforts pour rendre les conditions de vie moins pénibles dans des contrées inhospitalières ou en guerre permanente d’où proviennent la plupart des émigrés.
La gauche devrait soutenir les ONG sur les terrains d’action et créer du prosélytisme avec les moyens dont elle dispose.
Les gauches des 17 pays de l’Union pourraient être plus actives au sein du parlement européen, afin que les pays riverains de la Méditerranée, l’Italie et la Grèce ne portent pas seuls le fardeau d’accueil, comme la protection des côtes et la lutte contre les passeurs.
L’opposition de gauche devrait dénoncer le honteux traité de l’UE avec Erdogan. L’Europe avec les milliards que la Turquie empoche, investirait en interne et trouverait une solution moins hypocrite que l’enfermement actuel en Turquie.
Cet égoïsme typiquement capitaliste doit être dénoncé et illustré par des exemples.
N’étant pas au pouvoir, la gauche doit cesser ses rodomontades et ses allusions à ce qu’elle ferait, étant entendu qu’après un simple examen de quelques suggestions, il est visible que si elle était au pouvoir, elle se rendrait rapidement à l’évidence que c’et tout bonnement impossible d’application.
Et c’est même ses divagations qui lui font perdre des électeurs.
Dans l’immédiat, il n’y a pas d’autres alternatives que de voler au secours de l’infortune et d’aider les ONG.
Cela veut dire une politique d’accueil plus respectueuse et selon les possibilités des personnes bénévoles d’y jouer un rôle important.
Le choix entre obéissance civique et respect des droits de l’Homme est clairement établi. L’exemple vient de simples particuliers riverains à la frontière avec l’Italie et qui ont tranché en faveur d’une main tendue à tous ceux qui sont en danger, comme c’est souvent le cas, en hiver en montagne.
Il vaut mieux faire le pari d’un futur au cours duquel les droites auront fait la démonstration de leur incapacité de gérer des problèmes humains, et de penser autrement qu’à l’application d’une barbarie par la force qui rappelle de mauvais souvenirs.
La gauche doit réfléchir à cet après, quand les masses reviendront à plus d’humanité.
Au cas où elles ne le pourraient plus, comme ce fut le cas dans les régimes fascistes, ce qui est bien possible au vu de la tournure des événements, il ne resterait plus que l’exemple du passé, faire de la Résistance un devoir de désobéissance !

10 juin 2018

La droite a tort, la gauche aussi !

Ne jouons pas les enfants de chœur. La croyance selon laquelle les bonnes décisions sont toujours celles de la majorité, c’est terminé. Voilà trop longtemps qu’on nous promène avec le verdict des urnes. Théophile Francken le sait bien, puisqu’il tient un discours très peu humaniste et fort éloigné de la morale, tant il est évident que c’est celui d’une majorité de citoyens.
C’est regrettable, mais c’est un fait.
La N-VA, dont Théophile Francken est un des plus beaux fleurons, a toujours évolué de deux manières : en répandant son idéologie quand elle la sent en osmose avec un paquet d’électeurs majoritaire, et à la modifier en fonction d’un autre paquet qui viendrait à être plus important que l’ancien.
Cet opportunisme politique fait donc de Théophile Francken un grand défenseur de la chasse aux « illégitimes », dans une migration où 99 % des demandeurs d’asile le sont, doublé d’un ardent promoteur de la reconduite hors des limites du territoire. Cette politique, c’est de l’or en barre pour la droite, une sorte de fonds de commerce à rendre dingue tout candidat intelligent.
S’il y a saturation d’images dans un domaine particulier, c’est bien celles de ces familles entassées sur des gonflables, juste plus gros que ceux de nos enfants en vacances à la mer. À croire que les journalistes sont payés pour sillonner la Méditerranée, avec mission de prendre des clichés au moment où les gens sont en train de se noyer.
Seules encore quelques photos d’enfants morts et revenus sur les plages au gré de la marée ou de cette petite innocente de deux ans tuées par balle par un de nos « Inspecteur Harry », trouent encore les cervelles de nos abrutis et réveillent en eux une cuillerée d’humanité.
À côté de cela, la dame au grand cœur égorgée par un réfugié qu’elle hébergeait, l’adolescente de seize ans violée et tuée par un Irakien qui est rentré à toute vitesse dans son pays, ce qui a fait dire aux supporters de Théophile « quand ils veulent rentrer chez eux vite fait, ce sont les champions du monde de la débrouille », tout cela c’est du pain bénit pour Francken qui surveille avec une indicible satisfaction son paquet de voix grossir pour les prochaines élections, à chaque nouvelle édition de la presse locale et même nationale.
L’Europe est en train de tomber dans l’escarcelle des droites, rien que par les effets de l’immigration décrite plus massive qu’elle n’est et dont le « fake » adroitement exploité, déteint sur l’esprit des gens.
La gauche se défend mal dans cette lutte d’opinions. Elle perd sa juste cause qui est celle d’ouvrir les bras à toutes les détresses, sous prétexte qu’elle les ouvre trop grand.

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C’est ainsi qu’avec l’avance des droites, la gauche ne peut même pas défendre son offre raisonnable d’accueillir qui frappe à la porte de l’Europe, mais sans laisser la charge aux pays frontaliers de l’UE.
L’Europe se serait grandie en recensant les possibilités d’accueil du Nord au Sud, de manière à étaler cet effort humaniste dans un partage équitable.
Elle ne le peut pas à cause des réticences des partis de droite soutenus par l’opinion publique. Un peu à rebours de la démocratie – enfin de l’esprit de celle-ci – ces partis de droite tendent à devenir majoritaires sur ce seul concept, tandis que la gauche campe sur ses positions sans trouver la parade.
Des gens comme Théophile Francken le savent. Ils en profitent politiquement. La gauche s’en est rendu compte et pourtant elle persiste et signe dans une opposition où elle a tout à perdre, parce qu’elle en appelle à la solidarité humaine, alors que tout le monde s’en fout dans un système économique individualisé à l’extrême.
Theo Francken en est même arrivé à la conclusion que cet entêtement à ne pas reconnaître la désagrégation de la citoyenneté européenne par l’afflux excessif d’émigrés conduira à l’implosion de l’Union européenne. Il n’est pas le seul en Flandre, Karel De Gucht et Herman Van Rompuy, l’ont faite aussi.
La politique d’asile de Theo Francken est fort semblable à celle du gouvernement Di Rupo. Seule la forme diffère, pour des raisons électorales.
Plutôt que se placer en héros justicier contre la droite et la mollasse idéologie du PS, si la gauche moins décadente et moins réformiste, donc plus radicale et qui se veut plus efficace pour le bonheur des peuples se mettait à gamberger, afin de chercher à rétablir la vérité sur l’émigration et la manière de gérer humainement les flux migratoires, ce serait déjà plus malin que de brandir l’étendard humaniste à tout bout de champ, sans jamais donner à voir autre chose que des solutions qui n’ont aucune chance d’être majoritaires dans le contexte actuel.
Cette politique fait ricaner en face. L’époque des grands principes, ce n’est pas pour tout de suite. Pour proposer autre chose, il faut partir de ce qui est et démontrer que l’on peut faire mieux, en sachant que la gauche part avec l’handicap de la mauvaise foi des médias et une majorité de beaufs.

9 juin 2018

Une politique de marchié mou.

Pour une fois qu’il se passe quelque chose au G7 ex G8, on ne va pas bouder son plaisir.
Jusqu’à présent, tout se passait en sourires et congratulations, malgré des protestations dans la rue. Nous avions la réunion des chefs d’état les plus puissants au monde qui montraient leur indéfectible attachement à la formule économique magique mondialisée et ouverte dans la catharsis du libre échange et ce malgré la montée des inégalités et de l’insuffisance alimentaire d’une bonne partie de l’Humanité.
C’était au point que les économistes sérieux n’en tenaient plus compte, l’événement n’étant plus qu’une mondanité de plus étalant le snobisme international dans les magazines spécialisés.
Et voilà qu’un loustic, président du plus important pays de la gagne, le roi du dollar, déchirant tous les traités, s’adjuge le droit de dire aux yeux du monde, que les alliances sont des supercheries, que le libre échange et les sornettes qui vont autour, n’ont jamais été que des attrapes gogos, de la poudre aux yeux pour des libéraux en manque.
Dans un sens, il a raison, le président Trump, beaucoup de gens n’ont jamais cru à l’économie apprise dans les Hautes écoles. Il vient de faire la démonstration que les sceptiques avaient raison eux aussi et que leur critique était justifiée.
Qu’est-ce que le G7 nous donne d’emblée comme image avant même qu’il ait débuté ?
Qu’en économie libérale, la morale et le droit qui en découle n’ont jamais existé, que c’est le plus gaulé qui ramasse la mise, que les tiroirs-caisses sont faits pour être fracturés, que c’est le plus fort qui casse la gueule des autres.
Là-dessus les belles images d’Epinal vont tenter de faire oublier « l’ignoble individu » pour que nous ne perdions rien de la beauté qui reste de cette économie libérale si parfaite qu’on n’a rien trouvé de mieux jusqu’aujourd’hui !
Le président Macron, avec le beau Justin Trudeau et Angela Merkel, vont nous régaler d’un chorus sur le multilatéralisme, ses avantages et ses splendeurs, tandis que l’affreux gangster américain sera confiné derrière le paravent, puni par son unilatérale obsession du pognon « qu’on n’a plus qu’à se baisser pour ramasser ».
Pourtant, il a raison, ce gangster sans manière, puisqu’il fait le même métier que les autres, sinon que ces derniers font des chichis, des embarras, rédigent des traités de morale sur l’économie, tout cela pour masquer leur faiblesse en hommes et matériels de guerre sur le terrain, quand il s’agit de détrousser les peuples incapables de se défendre, avec des tanks, des avions et des bombes à gogo.
Je ne dis pas que je soutiens Trump. C’est un voyou, c’est entendu, mais au même titre que les autres, ni plus ni moins, avec ceci qui plaide en sa faveur, au moins lui, on sait à qui on a affaire, les autres non, ils abusent de notre crédulité.
Que le milliardaire garde pour lui seul tout le paquet de chewing-gum au point qu’il met en jeu l’existence même du G7 et alors ?

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On nous dit que cela va être un match à six contre un, nul besoin d’être au bord du ring brandissant des pancartes hostiles du G7 pour savoir que Trump va les plaquer au sol tout de suite et qu’il le sait et que les autres n’ont qu’à bien se tenir, s’ils ne veulent pas recevoir la pâtée de leur vie.
L'escalade tarifaire décrétée par Donald Trump vécue comme la négation même de la raison d'être du G7 n’est pas en soi qu’une mauvaise nouvelle, même pour les américanolâtres comme Junior en Belgique. En effet, ils pourront toujours prétendre que la récession qui pointe son nez au détour du progrès « qui n’est pas si important que prévu » est la faute aux Républicains américains. Si le peuple a fait des efforts pour rien, que la dette augmente et que l’Europe est en caleçon, c’est à cause de Trump !
Les survivants du génocide trumpien vont faire mine « d’isoler » les USA dans le conflit sur les taxes, cela fera sans doute partie du communiqué final, mais en attendant ce grand jour, on constate que les taxes douanières commencent à produire des effets et que l’embargo sur l’Iran tant dénoncé par la France et l’Allemagne, voit les entreprises allemandes et françaises se désengager des accords commerciaux avec l’Iran, en douce et vite fait.
"Trump va utiliser toutes les ficelles pour fissurer les six autres, pour qu'ils craquent, et fassent ce que veut Trump, à savoir des négociations bilatérales, dit Laurence Nardon, de l'Institut français des relations internationales. Jusqu'à présent les six ont tenu bon, mais Trump n'en a pas terminé".
On sent avant le début du G7 la panique dans la cage à lapins. On se demande si le premier garenne attrapé par le Furet de Washington ne sera pas l’Italie, pays célèbre pour ses volte-face depuis son Duce et ses sales manières.
"Le marché des six autres pays du G7 est plus grand que le marché américain", a souligné Macron à l’issue de sa réunion avec Trudeau, histoire de se rassurer d’abord.
Giuseppe Conte, à la tête d'un gouvernement populiste liant le M5S et La Ligue (extrême droite), va faire ses premiers pas sur la scène internationale. Quant à Theresa May, son Brexit sur les bras, qui dit que Trump ne lui proposera pas une romance en lui filant une langue de velours entre deux toasts ?
Pour une fois, le G7 n’aura pas le goût de marron glacé au champagne. Il ne sera pas plus proche du peuple pour autant. Mais si les gazettes font bien leur boulot, peut-être que la critique de ce sommet rendra les lecteurs moins cons.

8 juin 2018

Bruxelles ville francophone ?

La Communauté française de Belgique a lancé une drôle d’idée : organiser un sommet international de la francophonie à Bruxelles !
Pourquoi pas, après tout ! La Belgique est membre de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qui réunit des pays dont le français est la langue de la population et à défaut, celle d’une importante minorité.
Le MR, au pouvoir avec la N-VA, a soutenu la demande.
Bien entendu comme la Communauté française est fauchée comme les blés et que la Belgique est membre de l’OIF, il va de soi que ce serait au Fédéral de sortir les biftons qui manquent.
Par le passé, on se souvient des premiers ministres flamands se payer des discours dans des pays d’accueil de cette Organisation francophone, au grand scandale du Sud du pays.
Ce fut même l’occasion pour les congressistes de se demander quelle était la langue que parlait l’orateur belge ? Le français assurément, mais sans le difficile accent québécois, une nouvelle langue inaudible, à moins de trois cents kilomètres de Paris !
Mais la Belgique était présente. C’était l’essentiel.
La N-VA n’a encore rien balancé d’aimable sur cette proposition d’accueil et l’empressement de Charles Michel d’approuver une telle demande.
Bart De Wever qui se lève tous les matins avec une pensée pour Poutine parce qu’il soutient les russophones du Donbass d’Ukraine, en s’imaginant le Poutine bruxellois pour sauver des horreurs du métissage linguistique la minorité flamande, n’a pas affiché sa couleur à cette proposition de réunir l’OIF à Bruxelles.
Sans doute, a-t-il connaissance de l’inimitié profonde entre Junior et Reynders et l’impact que pourrait avoir la publicité de ce genre de réunion sur le désir de Reynders d’imprimer son empreinte dans les Communales de la Capitale, en affichant d’entrée de jeu une alliance avec la N-VA. Or, une telle probabilité de l’OIF, dans les préparatifs d’une venue en grande pompe à Bruxelles, même si ce n’est pas pour demain, risque, presque à coup sûr, de réduire le vote de la communauté flamande à une peau de chagrin ; mais aussi d’irriter Bart De Wever contre Junior, qui n’aurait plus que l’alternative de se réfugier derrière le petit Chastel, après tout président du bidule.
Tout cela date de la semaine dernière et tout comme le rock’n’roll politique italien, les gazettes ont fermé leur grand clapet sur la question.
Évidemment, la gentry belgo-flamande marche sur des œufs en ce moment.
Cependant, qui lit la presse flamande n’est pas sans savoir qu’on se pose la question dans les rédactions.
On vient même de repêcher un ancien Nessie dans le lac de Kraenepoel en Flandre Orientale :
la Communauté française aurait été rebaptisée Fédération Wallonie-Bruxelles, au mépris total de la Constitution !
Jusqu’à présent ce contre-feu n’est pas de nature à remobiliser la nation flamande, mais attention, la N-VA n’a pas émis son dernier fake-news.

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L’OIF compte 54 membres de plein droit, dont des pays aussi peu probables que l’Albanie, la Moldavie ou la Roumanie, ainsi qu’une trentaine de membres associés et observateurs. L’Arabie saoudite a introduit une demande d’assister aux assemblées de l’Organisation (Daardaar magazine).
Le comble, c’est qu’on n’est plus sûr que les francophones soient majoritaires à Bruxelles !
Comme le recensement linguistique est interdit en Belgique sous peine de mort politique, on n’est pas prêt d’admettre que Bruxelles est devenue une Babylone linguistique représentant 180 nationalités et dont plus de 60 pour cent des ménages ne parlent aucune des deux langues nationales.
Il est vrai qu’avec le Brexit l’UE va faire le ménage et on se demande si l’anglais va poursuivre sa carrière prépondérante dans les travées des Commissions et parlements divers européens. Le français y aurait une belle carte à jouer. Sauf qu’il est plus facile à un scandinave d’apprendre l’anglais que le français. Il y a même des fonctionnaires qui ne sont pas Anglais qui ne parlent que cette langue, la leur étant très minoritaire.
Ce qui est rafraîchissant à défaut des graves problèmes que l’on évite d’instinct, c’est de voir surgir les problèmes de ce type dans la tête de nos élites pensantes.
C’est peut-être une forme de sagesse de nos grands hommes d’État de ne vouloir traiter que des problèmes insignifiants, rejoignant ainsi la pensée délicate et ourlée de ce délicieux Oscar Wilde « Dans la vie, le premier devoir est d’être aussi artificiel que possible. Personne n’a encore découvert quel était le second ».

7 juin 2018

Popolocrazia ?

Tout observateur sérieux est sidéré de la manière dont la presse belge a quasiment passé sous silence ce qui vient de se passer en Italie, un événement considérable qui pourrait tout changer en Europe et qui nous concerne directement.
La Ligue et le Mouvement 5 Étoiles sont arrivés à un accord de gouvernement ! La Ligue, l’extrême droite maîtresse du Nord et le M5E, la gauche radicale, majoritaire au Sud !
L’eau et le feu, les antinomies, bâtissent ensemble une politique de gouvernement.
Président du Conseil : le professeur Giuseppe Conte.
Encore ce soir, en écrivant ces lignes, j’ai du mal à y croire.
C’est comme si la N-VA formait un gouvernement en Belgique avec le PTB !
Mais est-ce vraiment un programme de gouvernement que de juxtaposer les promesses faites aux électeurs si différents des deux partis ?
En vrac, ils vont mettre en musique une flat tax, le droit à la légitime défense ( ?), de nombreuses dépenses sociales (création du revenu de citoyenneté et une majoration sensible des retraites), un durcissement de la politique d’immigration, des mesures écologiques, et enfin, la volonté de taper dans la fourmilière européenne en matière économique et financière, le plus raisonnable et le plus justifié étant la demande de la levée des sanctions à la Russie et le plus déraisonnable étant un essai de démocratie directe, sans aucune préparation de ce si important chapitre tabou partout en Europe, avec son pendant qui est la question des référendums populaires.
Deux mesures nécessaires pour redonner vie au projet européen de démocratie, mais qui risque de transformer l’Italie en un Venezuela européen, tant la réussite d’une si formidable entreprise n’est possible que dans une Europe l’exigeant d’une seule voix.
Le seul consensus du programme de ces deux formations tient à la nécessité d’exiger la pleine souveraineté nationale.
On voit d’ici Merkel, Macron et Juncker se précipiter dans les abris pour s’équiper en armement lourd.
Déjà ce rapprochement hors nature sent la magouille, pour lancer une sorte de bipartisme, afin de se partager les électeurs : « toi au Nord, moi au Sud ».
Ce programme s’il était appliqué, mais encore convient-il de se demander s’il est applicable, aboutirait à une vraie rupture pour l’économie, le social, la fiscalité, la justice, l’immigration, les institutions et l’Europe, tout un chambardement !
Gare dans un an quand les électeurs et les deux partis feront le point.
Depuis toujours, je pense que la rupture avec l’économie libérale et l’Europe petite bourgeoise est nécessaire, mais est-ce vraiment ce qu'il se passe en Italie ? Où est la majorité de gauche homogène capable de réaliser vraiment les promesses électorales ?
La première certitude, c’est hélas le déficit public et la dette, qui vont grimper. Les Italiens sont déjà à 132% de la dette par rapport au PIB.
Ce qui est bien, voilà enfin un grand pays qui en exposant ses problèmes, atteste que l’Europe en a aussi de plus importants encore.

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Les gros chats de gouttière de la rente du pouvoir comme Charles Michel attendent une réaction des locomotives de l’Europe, le mot d’ordre donné aux journaux est l’attentisme dans l’incertitude du vainqueur du bras de fer entre Macron et Merkel, qui n’ont pas le même point de vue sur l’attitude à adopter devant le nouveau gouvernement italien.
Giuseppe Conte, le président du conseil, est sans expérience. Il se voit encadré de deux vice-présidents. Enfin, l’expérience… ça ne veut rien dire. En Belgique, nous avons des tas de ministres à expériences diverses et de longue date, on voit où ça nous mène.
Ce qui complique tout, le M5S et la Ligue se disent prêt à claquer la porte de l’Europe, sauf qu’ils ne veulent pas perdre l’euro !...
Une majorité des Italiens reste attachée à la monnaie unique et peut-être même à l’Europe. N’est-ce pas Rome qui voilà deux mille ans unifiait le pourtour méditerranéen et même au-delà ?
Il n’y a pas trop à barguigner, pour se défaire de l’euro, il faut d’abord liquider le système bancaire. Pour cela l’Italie seule risque de sombrer à la grecque. Les autres pays en seront maris, mais en même temps intéressés à dépecer la bête comme ils le firent pour la Grèce.
Va-t-on vers un gouvernement de théâtre ? On sait les Italiens amoureux d’opéras et de bel canto. En vertu de l’article 74 de la Constitution, le président Sergio Mattarella peut refuser une loi et la renvoyer pour examen devant les Chambres et au Sénat, la Ligue et le M5S ne disposent que d’une courte majorité.
On voit la dramaturgie se dessiner et Giuseppe Conte jouer le grand air de Paillasse.
Et si le pays s’engageait dans une nouvelle expérience politique, sans que l’Europe s’en aperçoive ? L'Italie a inventé le fascisme au début des années 1920, bien avant Adolphe !
L’Italie constitue un laboratoire où l’Europe pourrait puiser de nouvelles formules de rassemblement des peuples.
Les paris sont ouverts.

6 juin 2018

Un père en colère.

L’incarcération n’a pas toujours été possible dans nos régions. Garder entre quatre murs une personne contre sa volonté a été, par le passé, d’une grande difficulté par manque de moyens et l’absence de bâtiments adaptés.
Sous l’Ancien Régime et sans remonter au Moyen-âge, il n’y avait que trois peines, la première et de loin la plus définitive était évidemment la peine de mort, la deuxième était le bannissement, on envoyait ailleurs ce dont on voulait se débarrasser, enfin, le bagne, pratique et efficace quand l’avion était encore à inventer et qui demandait trois semaines au moins d’un voyage périlleux, pour que le condamné revînt sur le théâtre de ses forfaits. Il restait encore à épingler le travail forcé sur les galères du roi, pour les grandes puissances maritimes.
Au temps des lettres de cachet et du fait du prince, seuls les personnes de condition pouvaient être incarcérées longtemps et à leur propre frais.
Quand le béton vint au secours des juges, il fut construit de nouvelles prisons. La démocratisation du code pénal en une infinité de petites peines et en une multiplication de délinquants rendirent bientôt les prisons en nombre insuffisant.
On n’avait pas prévu l’américanisation de la société et l’explosion de la délinquance due surtout aux convoitises des biens « hors de prix » et des paradis artificiels issus de tous les dérivés de stupéfiants. Voilà qu’à ces deux facteurs d’explosion des détenus, le fanatisme religieux poussant à la criminalité gratuite s’ajoute aux précédents.
Cette société se trouve donc accablée par l’évolution de la criminalité conjointe au code pénal assoupli en peines passées chez soi, avec bracelets électroniques et congés de peine en vue d’une réinsertion.
Avec le manque de locaux d’enfermement et la grande vétusté de ceux qui existent, on aura fait le tour d’une situation catastrophique de l’état des lieux et de la justice en général.
Les responsabilités de cette situation lamentable existent dans presque tous les ministères de tous les gouvernements qui se sont succédé depuis la Libération.
Certes Charles Michel, Jean Jambon, Koen Geens et Théophile Francken, aux premières loges, sont les responsables en chef actuels, mais il ne faut pas oublier le fond de l’affaire qui est l’augmentation de la délinquance à cause d’une société de consommation basée sur une économie équivoque, immorale et prédatrice.
Restons pragmatiques et voyons ce que l’on peut faire aujourd’hui d’utile.
Augmenter le budget des prisons et en construire d’autres en suffisamment grand nombre pour raser les anciennes ou les affecter à d’autres tâches.
Ne plus faire de ces lieux maudits un melting-pot où se mélange tous les crimes et délits comme tous les types de criminels. Les incarcérés avant leur procès sont présumés innocents, ils devraient en principe ne pas côtoyer la fine fleur du milieu. Les détenus pour une multitude de raisons mais soupçonnés de fanatisme religieux ne devraient en aucune manière partager leur cellule avec quiconque, afin d’empêcher le prêche et le prosélytisme, surtout influençant les esprits faibles.

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Cela veut dire que l’ignominie dans laquelle on force des détenus à vivre par trois ou quatre dans des cellules de 16m² ne devraient plus exister dans un délai le plus court possible.
Et qu’enfin, il soit formé dans nos écoles une nouvelle génération de psychologues spécialisés dans le sauvetage intellectuel et moral des délinquants incarcérés.
En quoi nos « élites » actuelles se rendent-elles coupables ?
De ne rien ignorer de ce qui précède et d’être presque d’accord sur tout, historique et réalité quotidienne confondues, et de ne rien faire d’autres que d’esquiver le coup à chaque nouveau malheur.
Et pourquoi agissent-ils ainsi ?
Mais parce qu’ils entendent bien que l’opinion ne les prenne pas électoralement en grippe. Ils ne se montrent jamais aussi actifs qu’après coup, au point que leur zèle finit par devenir suspect pour tout le monde.
Et qu’enfin, ils ont été élus sur l’apologie du système économique à la base de tout et y compris dans l’univers carcéral. La société de consommation, les bouleversements dans les règles du travail modifiant les manières de vivre, l’accablant oubli de la morale et de l’esprit critique dans les écoles, c’est le libéralisme à l’état pur ou dilué dans la social-démocratie. Ils en sont les garants et les propagandistes.
Comment peut-on croire que nos ministres issus d’un milieu à peu près identifiable de la gauche à la droite, continuateur du système économique dans lequel nous sommes pourraient le bouleverser pour modifier une route qui va nous mener à la catastrophe ?
Ils ne le peuvent pas. Ils sont eux-mêmes la catastrophe.
C’est à peu près ce qu’aurait voulu dire le pauvre papa du malheureux Cyril Vangriecken et qu’il a traduit avec les mots désespérés d’un homme accablé, aux actuels responsables de la mort de son fils que l’on voit dans les gazettes avec des mines de circonstance, comme s’ils ressentaient vraiment la douleur de perdre un enfant dans pareilles conjonctures.

5 juin 2018

Les sanctions, un crime d’État !

Connaissant les médias, leurs propriétaires et leurs « grandes voix », personne n’est surpris des réactions horrifiées « du monde libre » à la réélection de Nicolas Maduro au Venezuela avec 68% des voix, ses adversaires Henri Falcón (21,2%) et Javier Bertucci (10%), criant au bourrage des urnes et réclamant un nouveau scrutin.
Pas qu’en Europe et en Amérique du Nord, la contestation libérale s’arrogeant aussi le titre de « vraie démocratie » fait partie d’un ensemble hostile d’Amérique du Sud de pays regroupés à Lima, soit 14 pays qui ne reconnaissent pas la validité de l’élection, annonçant «coordonner des actions pour que les organismes financiers internationaux et régionaux n’octroient plus de prêts au gouvernement du Venezuela».
La politique des blocs comme au bon vieux temps de la guerre froide n’a jamais vraiment cessé, Cuba en atteste d’un découpage du monde qui date de la conférence de Yalta et du triumvirat Rossevelt, Staline, Churchill, c’est à peine si Gorbatchev et la liquidation du communisme auront eu à changer quelque chose.
Le Venezuela faisant partie du bloc occidental, toute tentative de gérer la politique autrement que par les règles fondées sur l’économie libérale est sanctionnée quasi automatiquement par les grandes puissances alliées des États-Unis.
Cela signifie en clair que si un pays de l’UE à la suite du désastre d’une économie locale basculait dans une majorité absolue d’un parti politique dont le programme est de socialiser la démocratie par des nationalisations autoritaires, il se verrait tout de suite confronté à l’hostilité de l’ensemble des pays de l’UE.
C’est possible que l’Italie devienne le pendant du Venezuela en Europe.
Cela pose évidemment le problème de l’omnipotence du pouvoir économique dans la gestion démocratique des pays.
Une dictature économique oligarchique oblige tous les pays concernés à partager l’échec de plus en plus évident du modèle de financement, dans sa gestion actuelle du monde « libre ». Ce n'est pas nouveau.
Tant que l’économie libérale inventait les règles en même temps que le progrès, les frottements entre les classes sociales étaient supportables. Aujourd’hui que l’on est près d’un fiasco économique encore plus grave que la crise de 2008/2009, si ce modèle ne se réforme pas de lui-même rapidement, peut-être que d’autres Venezuela et d’autres Italie feraient en sorte qu’il serait impossible aux autres pays de poursuivre une politique de sanctions et de cordon sanitaire.

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Le 28 mai, l'Union européenne a déclaré que l'élection au Venezuela n’était «ni libre, ni juste, ni transparente», et annoncé de nouvelles mesures «restrictives, ciblées et réversibles, conçues de manière à ne pas nuire à la population vénézuélienne». C’était avant le gouvernement baroque italien. On saura très vite si ce dernier applique le programme du Mouvement 5 étoiles : un revenu universel modulé et l’expulsion de 500.000 sans papier, programme de La Ligue du Nord, puisqu’il n’y a pas de compromis entre les programmes de la coalition mais une superposition de ceux-ci.
Le Venezuela n’a pas une économie comparable à l’Italie qui est le troisième plus grand pays industrialisé et fondateur de l’UE. Le Venezuela est enfermé dans son économie de rente pétrolière (96% de ses revenus). Le président Maduro l’a en partie redistribué aux plus pauvres pendant les années de prospérité. Sensible au cours du brut, le Venezuela est aujourd'hui plombé par une dette de l’ordre de 150 milliards de dollars et ne dispose plus que de 9,7 milliards de réserves. En manque de dollars, les entreprises ne peuvent plus importer ni produits finis, ni pièces détachées. L’appareil de production est à l’arrêt, les pénuries de nourriture, de produits de base, de médicaments, de matériel médical, mais aussi d'eau courante et d'électricité deviennent critiques. Le nombre de cas de paludisme explose, la diphtérie a réapparu, les hôpitaux manquent de tout. La ministre de la Santé Antonieta Caporales a été destituée l’an dernier pour avoir divulgué un rapport faisant état d’une hausse de 30% de la mortalité infantile entre 2015 et 2016.
C’est donc un étranglement supplémentaire que les pays occidentaux pratiquent sciemment par leurs sanctions, mettant en danger la santé des habitants, quoiqu’ils disent.
Un économiste impartial verrait dans cette économie malade avant tout un manque de diversification antérieure à Maduro, ce dernier ne faisant que gérer la crise. De ce point de vue, les candidats libéraux n’auraient qu’un seul avantage, celui de la levée des sanctions et une aide internationale. Autrement dit, ce n’est pas le socialisme de Maduro qui a conduit le pays là où il est, mais la mono activité et l’avidité des décideurs de l’économie libérale.
Ces sanctions des pays occidentaux dont la Belgique produisent évidemment un argument du camp adverse. S’il a été mis au ban de la communauté occidentale, le Venezuela chaviste n’est pas aussi isolé qu’on le dit. Il peut encore compter sur le soutien de la Russie et de la Chine, qui sont aussi ses deux principaux créanciers.
En novembre dernier, Poutine a évité à Caracas le défaut total en renégociant une partie de sa dette (trois milliards de dollars d’achats militaires). Il a aussi franchement félicité Maduro pour sa victoire.
La Chine est un allié plus actif encore. Elle aurait prêté soixante milliards de dollars depuis 2014. Elle a pris acte de la réélection tout en appelant au dialogue et a décidé de stopper ses prêts, mais sans intention de lâcher Caracas.
Est-ce que la politique de sanction sans cesse brandie comme une menace est intelligente ? L’économie libérale pourrait quand même y réfléchir un peu.
C’est aussi un des multiples défauts de l’économie, depuis Trump, elle n’a plus de pilote dans l’avion ! Quant à l’évolution du capitalisme vers autre chose, tous les bons économistes en conviennent, seulement personne ne sait ce que cela pourrait être !

4 juin 2018

Clash sur RTL-Tvi.

Le « C’est pas tous les jours dimanche » a complètement foiré sur RTL ce 3 juin !
D’abord le scandaleux coup de pouce à Didier Reynders pour le lancement de sa campagne électorale. Un quart d’heures presque de politesse et de rond-de-jambe du présentateur Deborsu en petite forme, pourtant très au point dans le genre.
Et qu’a-t-il dit des événements, le futur candidat Reynders à Bruxelles ?
Subodorant la radicalisation des Flamands de la capitale pour le Thyl Ulenspiegel anversois, Reynders s’est radicalisé aussi. Après le drame de Liège, le voilà relancé pour la peine incompressible et la détention à vie pour des individus inamendables. Tout le monde sait que Didier espère refaire à Bruxelles le coup de Charles Michel au gouvernement, se mettre en ménage avec la N-VA.
Il court évidemment le risque de perdre son pari. Si les socialistes ne perdent pas trop de voix à Bruxelles et que la N-VA n’en gagne pas, Didier n’auras pas un temps suffisamment long entre le résultat des élections communales et la mise en place des nouveaux collèges, pour s’affirmer résolument amoureux de Laurette Onkelinx et unir leur destinée dans les années à venir. Donc, c’est difficile quand on est Bruxellois par intérêt électoral, comme Laurette aussi d’ailleurs, de compter sur son propre enracinement et sa popularité pour émarger dans les caisses municipales affectées à nos nouvelles élites, dès le 14 octobre 2018.
On aurait quand même aimé que Deborsu pose la question qui fâche au libéral militant, à savoir que Reynders, comme son compère Junior, est toujours attaché à la théorie du ruissellement de Reagan qui consiste à nous faire croire que plus les riches s’enrichissent, plus les pauvres en profitent. Or, si les milliardaires ont pratiquement doublé leurs profits de ces dernières années, les pauvres se sont appauvris à peu près des mêmes pourcentages. Ce qui contredit totalement ces libéraux qui pourrissent la vie des petites gens, selon Daniel Cohen, économiste de la rue d’Ulm (normale sup), très écouté en France.
Le clash du dimanche, c’est devenu une tradition chez Deborsu, comme une seconde nature. Le bonimenteur de rue aux boules vertes et rouges ne pouvait rater l’occasion de pousser son caddie à Rochefort, ville du tueur salafiste, connu pour ses exploits boulevard d’Avroy.
Il ne s’est pas contenté de recueillir les avis des Rochefortois sur leur dangereux voisin, il a osé frapper à la porte des parents du jeune meurtrier ! Comment qualifier cette indécence ? Comme si cette mère n’avait pas assez de malheur comme cela !
Il s’est pris un râteau à juste titre. Sa direction, au lieu d’écraser le coup et mettre la séquence au panier, a montré Deborsu et son caddie devant la maison, prêt pour cette interview indécente, tandis qu’on floutait les visages des parents indignés.
Mais, l’homme n’en est pas resté là. Juste après l’inénarrable Emmanuelle Praet bien connue pour ses positions progouvernementales, Deborsu a eu au bout du fil le père de Cyril Vangriecken, une des trois victimes de Benjamin Herman. Fâcheuse idée, le père s’est déchaîné contre le ministre de la justice, Koen Geens, coupable de relâcher des délinquants.
Koen Geens venait tout juste d’affirmer qu’il ne démissionnerait pas.
L’interview d’un père qui perd son enfant, c’est casse-gueule pour un journaliste ! Il ne peut en aucune manière désavouer un pareil témoignage, sans passer pour un salaud !
Deborsu à l’art d’interrompre ce qui le gêne. Il a quand même dû s’y prendre à deux fois pour ne pas couper trop sèchement l’autre qui était remonté.

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Indépendamment de l’incongruité de rire d’une situation dans laquelle l’interviewé a perdu son enfant, la gueule de Deborsu consterné aura été un grand moment de théâtre.
J’ai même cru – c’est horrible ce que je vais écrire – mais j’en sentais Deborsu capable, dire au père malheureux comme on peut l’être dans un cas aussi tragique « Votre femme doit s’en vouloir d’avoir calé au volant de sa voiture au moment où il ne fallait pas !». Il aurait pu, comme on sait l’homme avide d’effets, gloser sur les femmes au volant !
Oui, je sais c’est horrible, mais les personnages de cette émission qui devraient nous informer et pas déformer des faits, sont devenus, au fil du temps, un sacré outil de propagande du pouvoir libéral en place.
Le fait que la RTBF ait jeté le gant, le public se délectant de la faconde de Deborsu, rend plus que jamais cette émission cruciale pour le microcosme libéral. Et il est infiniment regrettable qu’aucun contre-feu n’en atténue plus le caractère néfaste.

3 juin 2018

Belgique, plaque tournante.

Les français sont pessimistes, enfin ce sont eux-mêmes qui le disent par des sondages et des prises de parole. Nous, les Belges, nous sommes nuls, mais ce sont les autres qui le prétendent.
Et à certains points de vue, ils n’ont pas tort.
À lire les déclarations de Jean Jambon et Théophile Francken, vues de l’étranger, on pouvait s’y attendre.
Il y a dans les hautes fonctions de l’État, ministres, parlementaires, hauts fonctionnaires, une bonne fournée de cons instruits, tout à fait éduquée, qui nous fait passer pour des nuls par rapport à nos voisins français du même niveau. Une certaine lourdeur dans l’expression du parler français à la flamande (la langue de référence pour Michel Junior) alourdit notre passif et nous désigne par ce que nous ne sommes pas toujours.
Pour l’étranger, il est normal que nous soyons dirigés par une bande d’abrutis, puisque nous sommes évalués à ce top niveau. Les membres de l’UE s’attendent à ce que les seuls mérites de ce pays soient les Institutions européennes, c’est-à-dire un organe directeur dont nous n’avons pas la maîtrise. À ce titre, ils ne sont pas déçus.
Évidemment, se faire traiter de cons, parce que nos dirigeants le sont, n’est pas agréable. Certes, nous les élisons. Quand on s’intéresse à la démocratie, force est de constater que le citoyen n’a guère le choix. L’électeur pourrait passer plus facilement pour un naïf que pour un con, s’il était moins résigné.
Reste qu’aux yeux des autres, l’excuse de la bêtise nous laisse à gérer quelques tares dont nous ne saurions contester le bien fondé.

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Par exemple, plus de 80 % des djihadistes de Belgique partis en Syrie proviennent de Bruxelles et de Flandre. Pourquoi ces deux Régions sont-elles devenues des foyers d'endoctrinement, alors que la Wallonie est relativement épargnée ?
La francophonie serait-elle naturellement plus lucide et critique que la néerlandophonie ?
Serions-nous entraînés dans le gouffre de la réprobation européenne par plus stupides que nous ?
Théophile Francken n’a probablement jamais mis dans son expulseur à air comprimé des demandeurs d’asile s’appelant Pieter Van Ostrayen ?
Pourtant, cet historien et islamologue, met en pièce la conviction intime de Bart De Wever. Il est l’auteur de l’étude sur le nombre de combattants belges en Syrie et Irak. Dans ce rapport, il conclut que les Belges-soldats en Syrie et en Irak seraient 553. La Belgique a une population musulmane de 640.000 individus. Le ratio serait d'un combattant djihadiste pour 1159 habitants. Un record européen, seules l'Albanie et la Bosnie-Herzégovine font mieux.
C’est incontestable, la Belgique produit le plus de combattants islamistes proportionnellement à sa population de toute l’Europe occidentale.
La crème des crèmes des manieurs de la kalachnikov serait flamande !
Est-ce la Flandre qui formaterait les légionnaires pour Daech par son amour de l’ordre, sa discipline, le roulement de ses tambours et le jeu de ses drapeaux, sa foi en un dieu mystique et fort ? Les arabisants installés sur son sol n’y résisteraient pas ! L’allure martiale de Bart De Wever aurait-elle suscité des vocations massacrantes ?
Sommes-nous en danger nous, les voisins paisibles de ce bellicisme exprimé par le nombre de volontaires à défendre l’Allah-gore ?
Glissant d’Odon à Wotan, de Jéhovah à Allah, d’une croisade mystique à une autre, de la waffen-grenadier au djihadiste teigneux et au final returnik agressif, la Flandre serait-elle inspirante de la force primant le droit ?
Théophile Francken serait-il le moniteur inconscient des vocations djihadistes ?
« Allah is groot en Theophilus is zijn profeet !”
Malgré le renforcement de la législation antiterroriste, le démantèlement de filières de recrutement, ce n’est pas pour demain.
Les militaires alliés qui ont réduit Daech à un tout petit territoire, feraient bien de faire semblant de ne pas en venir à bout. En effet, disperser les métastases terroristes en réduisant l’État Islamique à rien, ferait qu’avec notre record de djihadistes sur le dos, les retours empêcheraient le citoyen ordinaire à dormir tranquille.

2 juin 2018

Maelstrom pour Cécilia Malmström.

Comme d’habitude, les gazettes locales taisent l’événement de la semaine qui devrait pourtant drôlement nous inquiéter, dans le sens le moins irrationnel qui soit, puisqu’il s’agit de l’Europe et de notre avenir.
La grande question du jour tient dans la guerre commerciale possible entre l’Europe et les États-Unis. L’administration Trump a confirmé qu’elle imposerait à partir de vendredi des taxes à l’Europe à hauteur de 25 % sur les exportations d’acier et de 10 % sur celles d’aluminium. Les Canadiens et les Mexicains, autres alliés proches des Etats-Unis, et partenaires commerciaux de première importance, seront traités de façon identique.
Cela fait deux mois que la Commission européenne était prévenue. Dans le cafouillage actuel, le Brexit, la Pologne, la Hongrie, la Grèce et voici maintenant l’Italie, le bateau semble manquer d’un barreur. Juncker a beau multiplier les familiarités avec les diverses autorités du gratin européen, pincements d’oreille, caresses dans le cou, accolades bruyantes, il y a quelque chose dans ce type qui sonne faux. On l’a connu magouilleur à la tête du Grand-duché, arrangeur de première, artificieux des paradis hors-taxes, qu’on ne peut imaginer un seul instant qu’il se soit converti à la cause européenne.
Et, c’est cet homme, tel qu’on le connaît, qui doit faire face à l’offensive américaine !
En réalité, les Américains se conduisent de façon inappropriée en taxant l’Europe, alors que c’est la Chine qui est responsable des surplus mondiaux qui mettent en difficulté la sidérurgie occidentale.
Les libéraux avec leur politique à l’Organisation mondiale du commerce [OMC] sont coincés entre l’inconditionnalité de leur crédo pro américain et la volonté américaine de revenir au protectionnisme.
Junior va transpirer beaucoup pour assortir ses discours à l’Europe, tout en ménageant son extase amoureuse de l’Amérique.
Un sursaut de Juncker, le dernier sans doute avant de ramasser la pâtée, en dit long sur la suite que l’Europe va apporter à ce commerce faussé.
« En ciblant ceux qui ne sont pas responsables des surcapacités, les Etats-Unis se rendent dépendants de ceux qui sont responsables du problème ».
Là-dessus, JC Juncker met deux ou trois feuillets de notes dans son attaché-case et s’en va dîner avec Merkel et Macron, les vrais tenanciers du troquet.
Macron aura beau détacher les mots lus sur son pense-bête, « illégale » et « erronée » la décision américaine, est solidement ancrée sur cinq porte-avions, une armée incomparable et détentrice depuis le Pentagone de la défense de l’Europe.
Après ça, tirons l’échelle et surtout ne nous embarrassons pas d’une grammaire économique basée sur la morale, comme on en a si souvent l’habitude en Belgique pour écraser les pauvres et glorifier l’action sociale des riches.
Nos illustres à l’Europe vont refuser de négocier sous la pression, certes, mais qui parle de négocier ? Trump en pleure de rire.
Tandis que les premières factures majorées à l’entrée des premiers bateaux chargés de voitures Mercedes entrent dans le port de New-York, les concessionnaires de la Cinquième avenue se demandent s’ils ne feraient pas mieux de vendre des Ford ?

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« Les graves conséquences pour l’économie mondiale », de Bruno Le Maire, ministre des finances français, sont déjà à pied d’œuvre, si je puis dire.
La commissaire au commerce européenne, Cécilia Malmström, a bien plaidé la cause des Vingt-Huit auprès de Wilbur Ross. Elle n’a rien obtenu. Son maelstrom personnel est resté #MeToo entre deux passes d’arme. Le pistolet sur la tempe, nos troupiers vont donc taxer le beurre de cacahuète, le Bourbons et les jeans, en représailles !
Que Trump se rassure, ce n’est pas pour tout de suite qu’on est méchants, la riposte pourrait prendre quelques semaines, pour des raisons de procédure. Ah ! la procédure, à défaut de sagesse, il n’y a rien de tel. Les semaines passent et ainsi on a le temps de savoir si on va faire une connerie. Tandis que Trump, vif argent…
Et vous savez le plus beau ? Tandis que Trump fonce tête baissée sur le slip de Kim… pas celui de Jong-Un, mais de Kim Kardashian West, reçue à la Maison Blanche, un Immortel député européen de la Commission à cette pensée superbe « Respecter les règles, cela prend du temps » !
C’est une question de dosage. Le journal La Meuse ne parle de rien, à son habitude, les pluies torrentielles sur Liège ont la priorité, mais junior et ses associés à l’Europe veulent calibrer au plus près leur réponse, car l’impact immédiat des taxes pourrait rester circonscrit : les Européens n’ont exporté qu’environ 6,4 milliards d’euros en valeur d’acier et d’aluminium l’an dernier aux Etats-Unis. Surtout, ils veulent éviter la surenchère.
Macron serait-il devenu fou ? Il vient de rappeler que les guerres commerciales « peuvent rapidement dégénérer en guerres tout court ». Vous voyez d’ici le porte-avion Charles de Gaulle face aux cinq porte-avions américains ?

1 juin 2018

Un gang d’État !

À défaut de mettre suffisamment de fonctionnaires à disposition du ministère des finances, pour faire rentrer les ronds des évadés fiscaux, nos libéraux acoquinés à la N-VA ont mis le paquet sur les chômeurs.
Au premier trimestre 2018, l'Office national de l'emploi (Onem) a mobilisé ses fins limiers pour mener 15.000 contrôles auprès de chômeurs avec allocations.
Là, on ne rigole plus, on n’est pas au Bahamas, mais dans les quartiers pauvres de Charleroi… pas à Mouamadiya dans la banlieue sud ouest de Damas, ravagée par la guerre civile, mais rue Chavannes, rue de Turenne, rue du Beffroi dans les quartiers pauvres de Charleroi. C’est là que l’Onem traque l’allocataire fraudeur. Nous ne sommes pas non plus dans un camp de réfugiés aux alentours de Beyrouth, mais faubourg Saint-Léonard, quartier de Vivegnis à Liège qui regorgerait d’affreux truqueurs que l’Onem poursuit.
Entendons-nous bien. Il y a des règles, il y a des fraudes, d’accord. Il faut que la loi soit respectée. Mais toute proportion gardée, n’y aurait-il pas une sélection dans l’urgence à faire régner l’ordre en s’attaquant d’abord, et je dirais en priorité, à ceux qui se servent en gros dans l’art de se faire des patrimoines aux taxes, accises, TVA, déclarations de revenus, droits de succession, évasions fiscales diverses à l’étranger ?
Triste victoire que celle qui consiste à retoucher une indemnisation incorrecte ou un redressement pour fausse déclaration, en soustrayant 250 € à quelqu’un qui en touche 600 !
Pauvre triomphe de renvoyer au CPAS une mère de famille, pire, d’envoyer devant un tribunal un tricheur « aux allocations » pour quelques milliers d’euros illégalement perçus sur plusieurs années et que l’on condamne à rendre tout, tout de suite.
Le bulletin triomphal de l’Onem laisse pantois.
Des 15.000 contrôlés, près d’un quart soit 3.619 personnes violaient les critères des tarifs établis. Une somme perdue qui aurait augmenté substantiellement les indemnités ministérielles et assuré un meilleur confort de vie à nos parlementaires, si elle avait été perçue !
Le souriant ministre de l'Emploi Kris Peeters (CD&V) n’en dormait plus de la nuit.
C’est sur son ordre que dorénavant l’Onem communiquera régulièrement son tableau de chasse, dont les populations travailleuses sont, paraît-il, friandes.

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Le ministre, la Rochefoucauld disant, a mûri sa sentence dans son sommeil "Il est important, pour que le système reste légitime et abordable, que les allocations reviennent à ceux qui y ont droit." Paroles d’une grande sagesse qui finalement ne veulent rien dire, vu que ceux qui y ont droit perçoivent leurs indemnités, au même titre que ceux qui n’y ont pas droit.
Les triomphes sont si peu nombreux sous le régime libéral que dès qu’il y en a un, il faut tout de suite qu’on montre la grande intelligence de l’administration en guerre contre la fraude.
L'Onem a croisé des données pour établir les contrôles appropriés, dans une technique telle que, de toute manière, nous ne la comprendrions pas et qu’il est donc inutile de nous expliquer.
Mais, il y a un os dans la combine.
Parfois, c’est le système qui s’est planté, un bureau qui a foiré, un employé qui s’est gouré mal à propos.
Kris, l’Onem, le CD&V, même la voisine d’en face, tous sont formels « Il ne s'agit pas systématiquement d'une volonté de frauder; il arrive parfois qu'une personne reçoive une indemnité de maladie rétroactive et doive alors rembourser les allocations de chômage. » Et pas que cela, dans le décompte des jours pour bénéficier d’allocations, des erreurs touchant au salaire perdu, des charges familiales mal enregistrée et surtout cette sacro sainte définition du co-habitant ! Comme si la compagne de Charles Michel, par ailleurs casée dans l’administration comme il se doit, ne toucherait pas plein pot son salaire, parce que junior en ramasse bonbon rue de la Loi.
Mais ça, vous me direz, eux travaillent… enfin, à ce qu’il paraît. L’Onem ne fourre pas son nez aussi haut !
Reste encore un dernier contrôle. Celui des jours de chômage partiel du fait de l’entreprise. Là aussi l’Onem furette et découvre des choses pas belles à voir.
Pires que celles dont on accuserait bel Armand De Decker !
Ça on ne sait pas, l’Onem s’est spécialisée dans la traque aux loquedus et pas dans l’assistanat des milliardaires.
Ah ! le chômage temporaire quelle traîtrise de la classe moyenne à l’égard de son devoir vis-à-vis de l’État ! Elle favorise la fraude, mieux elle l’organise au bénéfice des ennemis de classe : les travailleurs !
Charles Michel et Kris Peeters en sont sciés !
Durant le premier trimestre de l'année, une infraction a été constatée pour 31% des 2.497 employés concernés.
Si les honnêtes gens se mêlent aux voyous, comment voulez-vous que l’Onem fasse le bon triage ?