« août 2018 | Accueil

23 septembre 2018

Le fric tueur de poésie.

Puisqu’on n’en parle jamais, parlons de l’art.
Contrairement aux apparences et malgré les rappeurs qui passent leur soirée « à niquer ta mère », l’art n’est une valeur sûre que dans l’achat et la revente de toiles de maîtres reconnus.
C’est de la galère assurée pour tout le monde. Le libéralisme économique fait du mécénat alimentaire, soit pour défalquer ses goûts des impôts, soit pour placer des centaines de milliers d’euros sur une signature. On mettra l’œuvre dans un coffre à côté des liasses de billets de banque.
La libération des mœurs n’est pas si évidente que ça. Écrire des cochonneries quand on ne traîne pas déjà un bon passé d’éditions sérieuses, c’est impossible. On n’a pas fini d’énoncer les différences entre les émotions. Seuls les critiques établis ont le pouvoir d’en fixer les limites. Leur œil de lynx perçoit dans l’invisible, ce qui est émotion et fausse émotion, le bon aloi de l’érotisme de salon contre la blague du beauf entre deux tafs derrière la palissade.
Mais où tout le monde est bien d’accord, c’est d’accuser le coup en poésie, sa ringardise, son côté tordu pour aller chercher la rime ou un balancement ersatz au diable vauvert, ses démonstrations larmoyantes d’une société cucu, les affreux diseurs que sont les interprètes, tous bien convergents vers Prévert et son emblème Yves Montand, le champion de la fausse belle articulation. L’artiste ne sombre plus dans la ringardise, c’est la ringardise en personne. Le déclarant poète s’exclut de la société qu’on dit intellectuelle, parce que la plupart des membres sont pourvus du cache-misère d’une faculté des lettres, diplômés, juste avant de s’être juré de ne plus jamais ouvrir un livre.
Les développeurs artistiques vous le diront, Thierry Ardisson, Cyril Hanouna, Roland Ruquier ont développé un genre qui confère à la poésie ce que Trump doit aux belles-lettres.
On ne lit pas les poètes contemporains, pas seulement parce que leurs œuvres sont introuvables, mais parce qu’on a des raisons de les détester.
De tous les autres artistes, c’est le seul à n’avoir jamais écrit une ode sur le travail, un sonnet sur les mérites du capitalisme, un rondeau pour glorifier Charles Michel.
Son activité sous des dehors alanguis et langoureux consiste à décourager tout le monde de prendre sa besace et son thermos et s’en aller vivre l’exaltation d’une journée de travail à l’atelier ou au bureau.
Le poète est pire que le chômeur pour les anti-glandeurs, il met la paresse en rimes qu’il appelle « riches en plus ! Quand il se décide à prendre un boulot, il part des heures dans les cabinets avec une feuille de papier et un crayon, les chutes d’eau l’inspirent.
Scier une phrase en deux pour que les bouts s’accordent, c’est comme un thread sur Twitter, même un « étude romane » sait le faire. Tout est affaire de temps, le poète, lui, mettra la journée, alors qu’un imbécile instruit ne mettra que dix minutes. Il faut consacrer sa vie à la liberté de ne rien foutre, mais en accordant la rime sans obligations d’aucune sorte.
Pire que le clochard, le poète est l’ennemi absolu de la société MR. Le libéralisme exige au moins dix heures de notre temps par jour pour que l’élite ait du temps libre, mais pour elle s’est permis, tandis que le poète ne le peut pas, il franchit des interdits qui méritent la peine de mort sociale, d’où l’expression « poète maudit ».

1jhcou2ha.jpg

Qu’est-ce qui empêcherait cette société qui regorge de tout au point qu’elle en distribue un peu à ceux qui travaillent, de faire une fleur à la poésie, en fichant la paix aux poètes ? Leur dire, vous qui ne fichez rien, on veut bien vous donner un condé, mais ne restez pas à glander au milieu de nous tous, vous nous fichez le bourdon, fichez le camp derrière des paravents, disparaissez et nous rempliront votre gamelle un jour sur deux, ainsi vous resterez très faméliques, car c’est ainsi que vous produisez le mieux.
Cela serait possible si les poèmes produits étaient compris par Hanouma et récités chez Ruquier par Christine Angot.
L’impossibilité est toute dans la langue produite. Les téléspectateurs ne parlent pas la même langue que les poètes ! Les mots se ressemblent, les points, les virgules tout y est, on peut même expliquer le sens de chacun des termes, mais où ça coince, c’est à l’assemblage, on dirait deux langues différentes !
Le monde du travail, moderne, actif et fonceur né pour la croissance, la connaissance pratique ne sait plus ce qu’est une litote, une disjonction, une métaphore, une hypallage (1), etc. Le poète non plus, mais quand l’inspiration le saisit, il parle de l’obscure clarté qui tombe des étoiles, sans savoir qu’il commet un oxymore.
C’st la première fois que la poésie est à ce point hors sol dans ses rapports avec les gens. La poésie médiévale faisait rire et pleurer les manants illettrés. Elle les touchait profondément, car ils la comprenaient.
Le capitalisme aurait-il tué la poésie aussi ?
---
1. Hypallage : discordance entre un rapport syntaxique marqué dans le segment et la relation sémantique qui paraît la plus acceptable. (Dictionnaire de rhétorique et de poétique, in Encyclopédie d’aujourd’hui).

22 septembre 2018

Le 14 octobre : amuse-gueule du 26 mai !

Ah ! on ne rigole plus, les partis traditionnels sont en piste. Tout le monde a introduit sa liste dûment réfléchie et définitive pour le suffrage du 14 octobre. J’ai choisi la semaine dernière ma candidate, me voilà dispensé de me prendre la tête là-dessus.
Les quartiers généraux partent en campagne. Les réputations, qui ne sont plus à faire, le sont quand même. Willy Demeyer a fait élargir ses pantalons, quand le vent souffle on ne voit plus les autres.
Officiellement, les travaux des Parlements régionaux et du Parlement fédéral continuent. Mais est-ce bien raisonnable ? Nos responsables politiques ont trop à faire dans leurs communes, pour bosser dans ce pourquoi on les paie. Les élus spécialisés dans la traque aux chômeurs devraient réfléchir sur leur sans-gêne d’indemnisés qui n’en secouent plus une, pour justifier le pognon qu’on leur donne.
Les vedettes, ipso facto, s’affairent sur les places publiques. Pour beaucoup, ce sera la seule fois qu’ils se frotteront au peuple. Les terrasses des bistrots, c’est bonard pour choper un rhume. Les fast-foods font grossir. À défaut d’attraper la grosse tête, certains y attraperont la grosse gueule. Parler de la misère et de la faim dans le monde, avec un graillon qui s’agrippe au double menton à une émission télé, c’est un électeur possible qui se barre.
J’ai vu Reynders dans une émission à RTL-Tvi, son dévouement pour les grandes causes le boursoufle ! À la prochaine famine en Inde, c’est sûr, il prendra encore deux kilos !
Des journalistes ont démontré qu’un député obtient près d’un tiers de votes de préférence de plus que les autres candidats, rien qu’avec son blase sur l’affiche, vanterait-il un nettoyant pour WC !
Di Rupo s’est mis en dernière position à Mons. C’est justement là qu’on va voir tout de suite, qui c’est ! Il le claironne partout en plus. S’il s’était mis avant dernier, cela aurait été de la vraie humilité.
Les élections d’octobre ne sont que des amuse-gueules. Ils sont tous déjà braqués sur celles de mai 19.

1lff2jj.jpg

Les rigolos du MR, affaissés sur les prie-Dieu devant la statue de Jean Gol en polyester, voient le pays ingouvernable, si c’est la gauche rosée qui l’emporte en Wallonie. Le CDH de Benoît Lutgen ramassera la pâtée et le MR va se retrouver dans l’opposition à Namur. Borsus n’aura fait que passer. C’est encore trop vous me direz, mais bon…
La réforme des institutions de 1980 sent le camembert moisi. On savait que l’accord mènerait à la brouille finale le jour où les électeurs du sud et du nord seraient incompatibles. On y est bonnes gens ! Charles Michel a fait premier ministre sans majorité régionale. Il n’était déjà plus légitime. On a eu la trouille de finir dans le fossé. Les puissants s’arrangent toujours entre eux quand la loi les contrarie. Charles-Mi ne pourra pas refaire le coup de la minorité wallonne au service de la Flandre éternelle, tout ça pour que Mathilde promène ses nouveaux chapeaux au bras de Philippe.
Elio Di Rupo a appelé l’électeur francophone à choisir clairement entre la « société MR-N-VA » et une société plus humaine, entendez le PS en leader humain. On a raté les larmes de l’exorciste Chastel, président du MR, exhortant la Wallonie à ne pas faire une coalition de gauche PS, Ecolo et Défi (l’ancien FDF) avec le soutien du PTB.
Il suffirait que le CD&V et le sp.a laissent quelques plumes à la N-VA et voilà la fusée qui va faire péter la Belgique avec une majorité N-VA/Open VLD, soutenue par le Vlaams Belang. Un peu de sauce prussienne à la Theo Francken sur la crise des migrants par dessus et le pays est ingouvernable.
Faire en 19 un gouvernement fédéral, même Charles Michel en slip devant De Wever, n’y comptez pas. On est parti pour battre le record de 541 jours précédant le gouvernement Di Rupo !
La N-VA l’a dit : pas de gouvernement avec le PS sans l’ouverture de discussions pour le confédéralisme. Les Flamands veulent leur Brexit en interne. Ils l’auront, malgré les pleurnicheries de la Wallonie libérale.
Charles Michel, en rallonge expédiant les affaires courantes, pourra plastronner peut-être un an de plus. Puis vers 2021, un accord confédéral deviendra la seule solution, avec toutes les conséquences d’un pays qui disparaît au profit des Régions. La combine se magouillera entre les riches et les élus pour limiter la casse industrielle et bancaire. Ce sera la dernière fois que vous entendrez parler du CDH, Benoît Lutgen en fuite dans la forêt de Bastogne, l’inusable Delpérée vous fera un cours magistral sur un confédéralisme royaliste et unitaire, pour vous rassurer.
C’est madame Irma, un vieil habitué des universités qui vous le dit.
Quoique plutôt spécialiste de philosophie et littérature, mais surtout abonné au gaz et à l’électricité, je vous proposerai bien autre chose ? Par exemple de vous parler de la correspondance de Flaubert à Louise Colet, sa maîtresse, un vrai régal littéraire, correspondance trois étoiles que la nièce du maître, la cupide Caroline Commanville a éborgnée de celle de Louise. Mieux torchée que la prose indigeste de nos indéfinissables histrions politiques, c’est d’la thèse de docteur es, ça madame.
Ce sera pour une autre fois !

21 septembre 2018

Je croîs, donc j’en suis !

Il ne faut pas prendre tous les riches pour des veaux. Même ceux qui n’ont eu que la peine de naître pour encaisser des millions ne sont pas toujours des imbéciles. Quant aux autres, ils ont cette forme d’intelligence d’avoir compris qu’on ne peut s’enrichir de son travail, mais de l’accumulation du travail des autres, à l’exception de certains artistes et de quelques footballeurs, quand leurs modestes personnes bénéficient d’un phénomène de mode.
Les riches ont cette faculté de se nourrir de l’alliance du progrès scientifique et de la croissance économique. Les pauvres ont un progrès au rabais dans des grandes surfaces, par l’écoulement naturel de la production de masse.
Au moyen-âge, 100 villageois produisaient 100 tonnes de blé, en 2018 deux paysans sont suffisants. Ce progrès au lieu de profiter équitablement à tous et notamment au 98 villageois dont on n’a plus besoin, n’a, en général, profité qu’à un seul des deux producteurs.
La croissance obsède le monde moderne, comme Dieu obsédait les premiers Croisés. Jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, cette obsession passait inaperçue. Les Princes et les manants ne se posaient pas la question de l’accroissement des biens par le travail. Les puissants usaient de leurs hommes d’armes pour rançonner les faibles. Ceux-ci s’en prémunissaient par la ruse et la dissimulation. Tous n’imaginaient pas vivre autrement. S’accréditait le fatalisme de ne pouvoir disposer d’un meilleur destin pour leur progéniture.
Les fonds étaient rares, parce qu’on ne prêtait vraiment qu’aux riches, et encore, à des taux usuraires, le banquier sachant qu’en cas de non remboursement, il n’avait aucun recours pour être défrayé du puissant.

1led2lh.jpg

Aujourd’hui en pression forte de croissance généralisée, mais aussi de la démographie galopante, on a compris que quelqu’un qui perçoit une plus grosse part de gâteau, le surplus sera retranché de la part d’un autre. Ça l’est au point que certains ont une double part complète et que d’autres par voie de conséquence n’ont rien.
L’erreur du système repose sur la conscience que la croissance économique est essentielle. Cela serait jusqu’à un certain point raisonnablement juste, puisqu’elle devrait courir après la démographie. Qui ne défendrait une croissance altruiste ? La croissance du point de vue libéral n’est pas faite pour cela, mais pour le profit personnel. L’enrichissement personnel n’est pas un idéal, c’est un état d’esprit incompatible à la survie du groupe dans lequel on vit. Pour Macron et Michel, l’enrichissement personnel, c’est la clé de voûte qui tient tout l’édifice.
Les raisons des économistes pour une croissance continue servent essentiellement à alimenter la machine capitaliste. C’est son carburant. Sans croissance c’est la panne. Qui produit plus, consomme plus dit-on. Il suffit de poser la question à la sortie des usines à productivité exponentielle, pour savoir ce qu’il en est des salaires et en quoi la production accrue rend les personnels plus riches. Leurs avantages se réduisent à la conservation de leur travail. La production accélérée est faite sous la menace de leur licenciement, la stagnation étant un motif d’échec et de renvoi.
Le capitalisme de marché en est au point qu’il fait courir les gens actifs sur la tête. La croissance veut que nous relâchions les liens avec nos parents Et il en est ainsi. À ce jour, la grande vieillesse pose un problème irrésolu, attendu que les gens travaillent à la croissance économique. Ils n’ont plus le temps de s’occuper de leurs vieux. Les liens familiaux se sont distendus et la famille est en train d’exploser.
Le capitalisme de marché a franchi la frontière qui séparait le champ de la science et celui de la religion, par le travail du dimanche et cette détestation des productions de s’attarder sur la spiritualité source de déperdition d’énergie. Le capitalisme c’est Proust qui aurait cessé de partir à la recherche du temps perdu, depuis l’invention de l’horloge pointeuse et du behaviorisme.
C’est une course contre la mort et aussi contre la vie. Jamais le capitaliste ne dira « ça suffit, nous avons assez bossé et nous allons profiter de notre travail en nous la coulant douce le reste de l’année. Il n’y a que deux espèces d’individus qui peuvent dire cela : le propriétaire sur qui s’écoule tous les bénéfices. Il est encensé et félicité pour son intention à ne rien faire, et le libertaire-clochard qui n’a que faire du travail et qui est l’être le plus haï de la société, pour son frein à la croissance, compris comme une attitude provocante.
S’accrédite une guerre à qui gîte sur les trottoirs, au nom de la propreté des rues. Les mendiants et des demandeurs d’asile sont déshumanisés. Les directions et les partis de droite organisent une nouvelle chasse aux sorcières qui les arrange, puisqu’elle a pour principal objet de détourner l’attention sur des boucs émissaires.
Le thème de la croissance est comme le bramement du cerf de la démocratie, sauf qu’il n’a pas lieu qu’en automne, mais toute l’année. La croissance peut-elle cependant se poursuivre éternellement ? Poser la question, c’est y répondre quand on est intelligent. Or, cette question capitale n’est jamais posée, parce qu’enfin si la croissance était stoppée un jour, qu’adviendrait-il de cette société qui a toujours refusé d’y réfléchir ?
L’économie moderne a un énorme besoin de poursuivre son expansion, parce qu’on n’a pas encore trouvé autre chose pour nourrir la machine.
Quand les matières premières seront épuisées et l’énergie au bout du rouleau, il ne restera plus que la science pour trouver l’échappatoire. La conquête d’autres planètes sera peut-être une solution, mais pour un très petit nombre de riches exclusivement.
La machine capitaliste aura fait le tour des possibles et nous aura rendu tous idiots. Alors nous disparaîtrons entraînant avec nous les grands mammifères et la bio diversité !

1lkffdb2hg.jpg

20 septembre 2018

Jupiter & Jupiler

…à Marie, pas même d’Amay en Région liégeoise.

Une aimable Française, en a assez de Macron ! Comme je la comprends. Je ressens ce qu’elle ressent. C’est étrange, ce surdoué des écoles, cet impressionnant jeune homme de la banque Rothschild, me hérisse autant le poil que notre sous doué Charles Michel, non pas bon à rien, mais mauvais en tout !
Si encore ces deux là s’étaient contentés, l’un de sentir les poches de la clientèle de la banque et l’autre de plaider, puisqu’il est avocat. Mais non ! le premier est sorti de son bureau à triple moquette donnant directement sur une terrasse avec palmiers des îles, place de l’Étoile, en racontant qu’il allait faire Président de la République, l’autre s’est enfui d’un tribunal d’Instance qu’il avait à peine fréquenté depuis sa sortie d’école, pour reprendre la boutique de son père et vendre des petits pois libéraux. Son vieux lui avait dit « Fais ton droit. Je sais c’est emmerdant. C’est juste pour le diplôme qui prouve que t’es un petit mariolle. Je me charge de faire de toi un homme politique à dix ou quinze mandats. Enfin le voilà premier ministre de Belgique avec le privilège d’avoir serré la main du type de chez Rothschild, sur le perron de l’Élysée !
Ce sont ces destins mêlés que Marie ne supporte plus, quoiqu’elle ne connaisse pas Charles, le nôtre, sauf que lorsque le sien touche la main du mien, forcément nous nous rejoignons par diallèle au cercle vicieux des deux personnages qui feront un jour dix lignes dans nos livres d’Histoire respectifs, au chapitre les derniers feux de la cinquième République pour l’un, et un livre d’anecdotes de Theo Francken, « Belgïe barst », pour notre grand comique national.
Ils ont tous les deux la cote en baisse. Emmanuel à 15 % et l’autre on ne sait pas. En Belgique, quand on ne sait pas, c’est que les statistiques sont impubliables parce qu’elles font du tort au poulain de l’éditeur de presse.
Macron à Benalla, son sicaire favori, chef d’une police parallèle qui verra le jour quand le président aura régler son compte au Sénat et à la flicaille hostile. Charles Michel a Bart De Wever, son vigoureux garde du corps flamand, qui ne le quitte plus d’une semelle, histoire de montrer à tout le monde, qui des deux fait des petites douceurs à l’autre. Charles n’est pas humilié. C’est de famille, rien ne l’humilie, tant qu’on solde au prix fort ses humiliations. Je pense que s’il pouvait avoir un mandat rétribué supplémentaire à condition que l’autre lui botte le cul en public, qu’il n’hésiterait pas une seconde.

1avcf2hgaf.jpg

En ce moment Marie est au plus mal avec son chef d’État. Dorénavant il va la soulager de son pognon tout de suite, chaque mois, sans attendre la fin de l’année. Ah ! le grand impatient. C’est une manie chez Macron. Il ne supporte pas les gagne-petit, les malades, les vieux, les jeunes, bref, il déteste tout le monde. Il chambarde les chemins de fer, fait fondre le nombre des fonctionnaires, alors qu’on en a besoin dans les écoles et les hôpitaux. Il augmente l’essence, les clopes. Il emmerde même les prostituées en traquant leurs clients. Elles ont du mal à joindre les bouts l’un après l’autre. Quand il pense à quelque chose, paf, il l’augmente ! Mais sa popularité baisse, il a des doutes. Il veut, puis ne veut plus, ratiboiser les héritages. Il s’en explique. C’est la faute des Français. Ils sont incompatibles avec lui, ils ne sont pas riches. Ils ne devaient quand même pas s’attendre à ce qu’un président des riches ruinât sa réputation en aimant les pauvres !
Il veut avant la fin de son quinquennat établir une sorte de record, en concurrence avec les Belges, devenir le premier pays d’Europe, au plus haut dans les taxes et impositions. Impatient d’en palper davantage, il exigera sans doute d’ici la fin du quinquennat, qu’on fouille à corps les passants qui ont les poches pleines ? On vit en France sous un système de péage des autoroutes, pourquoi ne pas étendre le péage aux ponts et aux piétons ? Macron y a sans doute pensé.
Charles Michel l’admire secrètement. Il est beau, lui ne l’est pas. Il parle un bon français, l’autre à l’accent lourd du Belge que les autres francophones connaissent comme les frites. Un chauffeur à Ouagadougou m’a dit un jour qu’il avait cru que Michel parlait en kikongo, comme son beau-frère cultivateur à Kinshasa !
Mais Charles est en praxie avec le pouvoir, c’est déjà un vieux de la vieille, rompu à l’exercice du paraître. Il paraît que sa lourdeur est feinte et que chez lui, il parle sans accent ! Il dit en se moquant, comme Macron est mal parti, qu’il n’aura pas sa carrière.
En privé, il se vante d’être le champion des indemnités perçues de l’État. L’année dernière il avait touché en salaire autant que les indemnités de remplacement de 45 chômeurs ! Il espère faire mieux en 2018, année faste de limitation de la durée des indemnités de chômage. Il pourrait dépasser la cinquantaine de demandeurs d’emploi !
Il est encore un peu gauche (pas à gauche NDLR), il n’ose pas se proposer. Il aimerait avoir la cravate de la légion d’honneur, comme son ennemi intime Reynders. Il attend la prochaine entrevue pour en parler à Macron. Il ne sait pas ce qu’il doit offrir à Brigitte Macron, un pot-de-vin qui n’en aurait pas l’air ? Reynders lui a suggéré une œuvre d’art, oubliée dans un sous-sol du musée des Beaux-arts. C’est interdit, mais qui s’en apercevra ? Les visiteurs sont tellement distraits !

1vcqp2cg.jpg

19 septembre 2018

Tunnel sans bout du…

Dans les pays sujets aux tornades, typhons et autres colères de la Nature, lorsqu’on est prévenu de l’arrivée d’une catastrophe : on protège ses fenêtres, on attache ce qu’on peut et puis on attend, dans l’anxiété que ça tienne.
La démocratie ne prend aucune précaution à l’encontre de l’économie libérale, alors que des soubresauts financiers d’une gravité extrême ont déjà eu lieu et sont encore possibles ?
Il y a collusion entre les partis politiques dans l’économie libérale, pour s’attirer les grâces des grands décideurs mondiaux, en-dehors des règles démocratiques !
Charles Michel n’est pas au gouvernement pour nous garantir un meilleur avenir, il est là pour servir des intérêts économiques qui échappent au contrôle de la démocratie. Il ne le fait pas délibérément, mais il est persuadé qu’il ne peut faire autrement, si bien que la volonté lui manque pour une autre politique.
Sinon, il aurait une autre attitude et chercherait, au moins, à éviter les manœuvres de ceux qui font leur miel, dans la perversité du système.
Ce n’est pas rabâcher que de revenir sur le 15 septembre 2008, lorsque la faillite de Lehman Brothers déclenchait un cataclysme planétaire.
On oublie trop facilement et pour des raisons électorales en Belgique, que cette faillite a provoqué la pire crise du système financier mondial depuis la Grande Dépression, privant des centaines de milliers de personnes de leur emploi et de leur logement.
Quelles leçons nos illustres en ont-ils retirées ? Aucune, l'Union européenne abrite une poignée de pays qui méritent la qualification de paradis fiscaux : l'Irlande, les Pays-Bas, le Luxembourg et dans une moindre mesure, la Belgique.
Les pays de l’UE se sont lancés dans une compétition pour baisser l'impôt sur les sociétés, afin d'attirer les multinationales. Cette course au plus attractif menace tout le monde de conséquences redoutables et pourrait rouvrir une crise majeure.

1bgt2w.jpg

La tendance mondiale est tout aussi explosive. Donald Trump a réduit les taux d'intérêt sur les sociétés de 35 à 21%. Des rachats d'actions et des primes aux chefs d'entreprise sont devenus possibles au détriment de la croissance des salaires. Cette politique, très visible dans la politique de Macron, est identique à Bruxelles. Charles Michel est sans doute le meilleur suiveur en politique économique des deux géants européens que sont la France et l’Allemagne, ce qui ne nous empêchera pas d’entrer les premiers dans les tourbillons de la descente de la rivière. Nos grands voisins seront trop occupés à se sauver eux-mêmes ce jour là, pour venir à notre secours.
Cette concurrence sur la baisse des impôts des sociétés a des effets pervers sur les salaires et la consommation des ménages.
L'impôt des sociétés doit être proportionné aux gains réalisés. Il est le prix à payer pour un équilibre social, qui même très éloigné d’une action solidaire, doit au moins tendre vers ce but. Le système s’en fiche éperdument et avec lui les dirigeants en charge de la démocratie.
La réduction de l’impôt des sociétés ne produit pas d’emplois supplémentaires, mais accroît les bénéfices de l’actionnariat. « C'est une soupape de sécurité essentielle des gouvernements démocratiques dans la lutte contre les multinationales, devenues des États dans l’État.
La course, au nivellement par le bas de l'impôt sur les sociétés, prive les gouvernements non seulement de revenus, mais aussi de l'un des outils politiques les plus puissants pour réduire les inégalités. » (Huffpost).
L’Union européenne est un paradis pour les fraudeurs caractériels, avec JC Juncker le plus habile d’entre eux, quand il était ministre au Luxembourg. Aucune règle ne permet de lutter contre les montages crapuleux qui surfent sur l’impôt, des géants du numérique en tête de gondole. Facebook et Apple planquent leurs bénéfices en Irlande. Le taux d’imposition moyen de Google dans l’Union européenne est de 0,82%. Apple paye 50 euros d’impôts en Europe à chaque million empoché, une imposition effective de 0,005%.
Des pays conscient du phénomène pourraient venir des réponses au niveau mondial. Hélas ! cela ne viendra pas de la Belgique. Le gouvernement actuel est en train de magouiller avec les Pays-Bas, une coordination de contournement du système de taxes européen, par l’accueil que nous faisons au capitalisme français sur la foi de notre législation favorable, pour des investissements communs. La pompe aspirante vers le Nord est Anvers avec à sa tête le champion du capitalisme sauvage, l’ami des Michel, Bart De Wever.
De cette magouille personne ne dit rien. L’opposition socialiste y verrait même l’occasion de sortir le pays de l’impasse au détriment des autres. Voilà où nous en sommes et voilà où nous conduisent ces gens indignes.
Quand la société libérale concède aux multinationales et aux grosses fortunes de détenir 10% du PIB mondial dans des paradis fiscaux, elle alimente le terreau de l'autoritarisme. Les gouvernements abandonnent l’esprit constituant les démocraties et accélèrent le processus financier vers la prochaine crise mondiale.
Il est regrettable que nous n’ayons plus de bons journalistes financiers d’investigation, à la solde sont-ils tous, des financiers malhonnêtes, que sont nous éditeurs de presse.

18 septembre 2018

Ciel ! Richard III n’est pas de gauche !

Une rumeur circule :
…une taupe aurait infiltré le lumpenprolétariat liégeois !

– Alors, coco, il paraît que t’es pas de gauche ! – …qu’est-ce que c’est encore que cette connerie ? – Se prendre pour Richard III tout de même !... – Là, je t’avoue que dénommer son blog Richard III (1), un type contrefait dont les ossements ont été retrouvés en septembre 2012 sous un parking à Leicester et qui est mort percé de neuf blessures à la bataille de Bosworth en 1485, faut être un peu cinglé. – C’est pas de gauche ça… un peu comme disaient les bien pensants en 1900, c’est pas chrétien ! – J’aurais dû appeler ça comment ? – Marx II par exemple, là y aurait pas eu photo, t’aurais scié tout le monde ! – D’abord qu’est ce que c’est pour une manie de distribuer des bons points « t’es de gauche, mon pote, félicitation, mais l’autre l’est pas. Pourquoi ? Sais pas, j’le sens ! ». – Choisir un roi tout de même ! – Justement, parlons-en. Sais-tu pourquoi il y a plus de quinze ans l’idée m’est venue d’appeler une chronique - qu’on la baptise de gauche ou de droite, je m’en fous - Richard III ? On est en Angleterre, fin du moyen-âge, deux classes face à face, celle des nobles et celle des manants, comme il y a deux histoires d’Angleterre, celle qui a voulu accréditer Thomas Morus (2), rapportée par Shakespeare et complaisante à Henri VIII et l’autre, plus ambigüe, moins catégorique, la vraie, qui fait de Richard III un infirme repoussé par tout le monde et qui se voit roi pendant deux ans, amené à régner par les circonstances. – C’était quand même pas un homme de gauche ! – Encore une fois, la droite, la gauche, c’est une invention récente. Mais ce qu’elle a de moderne l’Histoire en cette période, nous découvre presque ce que nous sommes. Il n’y a pratiquement plus que deux classes sociales en Europe. C’est l’Europe du dessus contre l’Europe du dessous, exactement comme du temps de Richard III. – Qu’est-ce qui change dans ton cas de savoir si t’es de gauche ou de droite ? – Tiens, j’aimerais que les gens de droite le soient comme moi. Le MR n’existerait plus depuis longtemps et le trio les Michel et Reynders seraient en taule en attendant de répondre à un procès de mauvaise gestion des fonds publics.

1gu2dr.jpg

– Ramène-nous à Richard III. – Ce mec a foutu la merde en son temps parmi les gens du dessus. C’était pas Cromwell, mais en deux ans il a réussi à baiser tous les York au profit des Tudor. Pour un peu, il baisait aussi les Tudor, car les manants se marraient fort en voyant les gras seigneurs se pourfendre pour des terres et des châteaux, comme aujourd’hui on voit Trump se battre au nom de l’Amérique, mais pour sauver son pognon contre l’intelligentsia new-yorkaise qui a une autre façon de se faire du blé, en plus cool. – En quoi c’est de gauche ? – Mais en rien. Sauf qu’on fait partie d’une classe sociale, quelque soit l’image que l’on en ait. Même si j’avais des idées de droite, je n’en serais pas moins de gauche par le fait que mes intérêts sont de classe. – Alors, ceux du peuple qui portent aux nues les libéraux et tout leur cirque sont des cons – En quelque sorte, puisqu’ils prêchent pour des intérêts qui ne sont pas les leurs. – C’est comme si tu disais qu’un chômeur militerait en faveur de l’augmentation des traitements des ministres, alors qu’on s’apprête à diminuer ses indemnités ? – C’est un peu ça. Remarque que les partis de pouvoir, le PS compris luttent farouchement pour effacer des faits, la persistance des classes sociales, ainsi ils éliminent le problème des luttes d’intérêt entre elles. – De sorte que la droite qui devrait tout au plus avoir 10 % des électeurs est majoritaire en ce moment. – Voilà, t’as tout compris. – Note que t’es suspect ! Des camarades ne te trouvent pas clair. – On en revient au tout début, qu’est-ce qu’être de gauche ? Selon le point de vue de Di Rupo, je ne suis pas de gauche, c’est clair. Je suis un mec aux idées inintéressantes parce qu’excessives. Ils ont seuls le pouvoir d’être excessifs en taxant, par exemple, exagérément les pauvres, mais celui qui le leur fait remarquer, pour eux, il est excessif. Eh bien ! soit, je suis excessif… et alors ? – Tu prends à la légère des choses sérieuses, tu t’es moqué de Marx, tu ne crois pas trop à la démocratie, à la possibilité de réformer le système de l’intérieur, tu te situes en-dehors, c’est-à-dire nulle part.
– Faudrait savoir, est-ce qu’on débat encore dans ce pays à l’intérieur des partis ? Est-ce que la gauche ne montre pas l’exemple, si l’on excepte le PS qui n’est plus de gauche, d’une confrontation des points de vue ? Il n’y a qu’une certitude pour nous autres de la classe d’en-dessous, c’est que ce système est mauvais et qu’il faut trouver les moyens de le flanquer par terre. Le reste n’est que littérature. – Et quid des gens qui trouvent que tu n’es pas des leurs ? – C’est leur droit de penser de la sorte. Tant qu’ils me laissent expliquer les choses à ma manière, je ne peux pas m’empêcher de croire que je suis solidaire d’eux, même si eux ne veulent pas se sentir solidaires de moi. – T’es celui qui croit détenir la vérité contre tout le monde, alors, une sorte de génie méconnu ? – Je m’en fous que l’on puisse me juger ainsi. J’écris ce que je pense. Je pourrais même le dire aussi, si j’avais une tribune. Mais qui voudrait m’y voir ? – C’est ça l’excès… – Merde, je suis comme Flaubert, je ne connais qu’une façon de protester, c’est l’émeute. – Nous y voilà, ne t’étonne pas qu’on ne puisse pas te piffer chez certains militants orthodoxes. – D’accord, quant à dire que je ne suis pas de gauche… – Aha ! ça te reste sur le cigare… – Seulement que celui qui a dit cela me concernant, lui ne l’est certainement pas.
---
1. Histoire d’Angleterre, des origines à nos jours, Philippe Chassaigne, éd. Champs Flammarion.
2. Thomas Morus (More) « La pitoyable vie du roi Edouard V & les cruautés horribles du Roi Richard III, éd. « À l’enseigne du pot cassé » Paris.

17 septembre 2018

– Une nouvelle crise ? – Tu es folle !

J’avais anticipé sur les discrètes allusions des médias en commémo des dix années après le 15 septembre 2008, jour fatal pour Lehmann Brothers la banque en faillite. Je me doutais bien que nos grandes voix allaient rester discrètes. Reynders n’en a pas pété une ! Pourtant, lui, il a mordu dans l’argent public, avec l’ivresse d’un type qui contrevient à toutes les règles depuis Adam Smith et son Alexis de Tocqueville chéri, mais pour une grande cause !
Il faut croire que la main invisible n’était pas ce jour là destinée à sa tête à claques.
On n’a pas vu grand-chose. Les journaux caniveaux n’en ont pas soufflé mot. Les estafettes de Rossel ont tapissé leurs bureaux de bonnes intentions et les économistes officiels se sont montrés aussi stupides qu’il y a dix ans. Le tout est de savoir si la plus grande récession après 1929 a servi de leçon au monde capitaliste ?
Le système économique est éculé comme mes bottes. On sait que ça va mal finir. Mais, c’est comme le glyphosate ou les récipients en plastic, on voit que ça va nous tuer, mais on ne peut rien y faire, les derniers instants du pognon vite fait bien fait, c’est sacré. Même les fauchés savourent !...
– Le monde de la finance a-t-il vraiment changé ? – Non, madame, rassurez-vous. C’est toujours comme avant. – Vous croyez ? – Oui, j’en suis sûr ! – Vous me paraissez bien certain ! – Mais que ferions-nous sans lui ? – Oui, vous avez raison. – Comme je vous le dis ! – Je peux rentrer chez moi et me manustuprer ? – À votre aise. – La faim dans le monde ? – Non, ce n’est pas pour tout de suite, vous dis-je….enfin, pas pour vous encore.
Les cinq Charlots, les plus grands acteurs mondiaux de la banque d'investissement qui ont poussé Reynders à nous dévaliser, drainent toujours un tiers de l'activité du secteur. Forcément, on les a pouponnés, bichonnés, comme des jeunes pandas ! Le club des cinq est la, à l'exception d'UBS, remplacé par Bank of America Merrill Lynch. Les trois agences de notation, Moody's, Standard & Poor's et Fitch, toutes bigleuses au point de voir un dollar en double, ont tellement toujours mal à distinguer un trou du cul d’un goulot d’une bouteille de Cola, pourtant ils trustent toujours 96,4 % du marché. The Economist note que les rémunérations des patrons de J.P. Morgan, Goldman Sachs et Bank of America ont atteint de 23 à 30 millions de dollars en 2017.
– Charles, vous avez dit la Crise ? – Je sors la Bentley ou vous préférez la Rolls ? – Ne serait-ce pas plus prudent de rester discret en ce moment ? – Sortez à bicyclette, c’est la journée sans voiture à Bruxelles ! – Oh ah ! quelle horreur ! J’espère que vous avez une dispense ? – Comme d’habitude. – Alors nous prendrons la Berlingo de la femme de ménage.
Mais tout n’est pas voyous et compagnie. Le caractère de l’homme est d’être insondable. Certaines banques ont fait des efforts en matière de fonds propres.
Mais comme en finance l’honnêteté n’est jamais récompensée, leur rentabilité a beaucoup baissé. Au total, le système financier global a été nettoyé. Les 243 milliards de dollars d’amendes ou de transactions qui lui ont été imposées sur plus de 200 opérations jugées illégales montrent que les Banques centrales ont encore quelques gendarmes probes.
Restent deux grattes profondes dans la carrosserie qu’on désespère de « ravoir ».

1kjcp2pp.jpg

L’endettement mondial s’est multiplié par deux en dix ans. C’est la vieille histoire de la fin des accords de Bretton Woods dont les conséquences font travailler les planches à billets du dollar jour et nuit. Gonflées à bloc, les liquidités des banques centrales, que les pays remboursent laborieusement et non sans déchirements, que valent-elles au juste ? On a du mal à croire que la production des imprimeries d’État, c’est le fruit de la sueur, du sang et des larmes. Les travailleurs en doutent.
Le Vatican lui-même sort le nez des burettes, le pape François s’inquiète. Peut-être sera-t-il encore au rez-de-chaussée de la basilique, plutôt qu’étendu raide au sous-sol, le jour où patatras ! le monde de patraque passera à barjo !
Il ne plie pas l’affaire comme ça ; mais il n’est tout de même pas nécessaire de sortir d’un stage de commerce de François Lenglet pour comprendre le pape « On perçoit la nécessité d’entreprendre une réflexion éthique sur certains aspects de l’intermédiation financière – écrivait la Congrégation pour la doctrine de la foi, dans un petit ouvrage (Oeconomicae et pecuniariae quaestiones) qui a fait grand bruit. Son fonctionnement, lorsqu’il est déconnecté des justes fondements anthropologiques et moraux, non seulement produit des abus et des injustices évidents, mais se révèle capable de créer des crises systémiques de portée mondiale».
– Encore une gorgée, sa Sainteté ? – Non, j’ai déjà trop bu ! – Mais du Petrus 1968, tout de même ? – 68 ! surtout ne le dites pas à Cohn-Bendit.

16 septembre 2018

Dokter Haat et Mister Theo-Jekyll.

Sur le marchepied de la société Rossel, les journalistes de Sud-Presse sont dans l’embarras. Jeter en pâture à l’opinion publique, un lampiste ou une crapule reconnue dans le genre Dutroux, c’est porteur. Cela le serait aussi pour l’un ou l’autre trublion de l’engeance majoritaire, mais ce serait effleurer des intouchables soit du MR qui doit montrer à l’opinion que la N-VA est devenu un parti fréquentable, soit certains membres du gouvernement issus de l’école de démocratie qu’est devenue la N-VA. Theo Francken est au top du remplissage des horreurs sur son compte avec les migrants, donc, il faut bien mettre les poussières en surnombre sous le tapis.
Et justement, il en vient un paquet. À un mois des élections communales, c’est clivant pour une reconduction de la fraternité MR-N-VA en prévision de celle de l’année prochaine pour la conduite des affaires de l’État et de l’Europe. De leur point de vue, cette législature future ne pourra que reconduire celle qui se termine. C’est désolant, mais ils n’ont pas tort, comment faire autrement dans ce pot-bouille au fond duquel macère la Belgique ? Les Michel comptent sur notre apathie et notre lassitude, nous sommes les bœufs qui regardons passer leur train !
Voilà la dernière affaire qu’on ne vous racontera pas en Wallonie : il y a deux ans un virologue de la KU Leuven, M. Van Ranst atteignait le niveau médiatique à partir duquel les gazettes s’intéressent à nos viandes, donc à la sienne ! Cela fut possible lors de l’épidémie de grippe. Décrété « autorité » en la matière, depuis, il donne ses conseils dans les salons, et passe une après-midi sur deux à la radio ou à la télévision flamande, surtout qu’il n’a pas la gueule de travers, et est plutôt beau gosse..
C’est ainsi que ça marche.
Le voilà désormais faiseur d’opinion.
Que s’est-il passé ? Serait-ce que l’homologue flamand de Rossel avait mal jaugé l’artiste en virologie, voilà-t-il pas que la notoriété lui monte à la tête et qu'il se met dans l’esprit de placer les hommes de la N-VA sous son microscope, afin de comprendre pourquoi ces virus nouveaux à défaut de propager la grippe, propagent un racisme et un fascisme dont Charles Michel a annoncé en début de son copinage avec Bart De Wever qu’ils avaient été éradiqués de la N-VA.
C’était trop pour Theo Francken ! Il le fit savoir à l’aide de tweets ravageurs façon Donald Trump, ce que l’autre, aussi remonté, renvoya à Théo d’autres tweets tout aussi ravageurs.
Des noms d’oiseau, on est passé à des attaques ad-hominem, Theo Francken traitant Marc Van Ranst de « Dokter Haat » (Docteur Haine). Le virologue réclame des excuses formelles : « Il met mon intégrité en doute, je ne peux pas l’accepter. » Et la N-VA de réagir : « Nous ferons nos excuses quand il aura fait les siennes ».

1hgdtheo2th.jpg

Deux ardents défenseurs de Francken ont déjà été écartés de la N-VA pour des tweets racistes envoyés à Van Ranst, que celui-ci s’est empressé de publier.
Le virologue est remonté, il force les portes des médias qu’on avait eu l’imprudence d’entrouvrir, quand il était encore bien et de bon rapport.
« Vous pouvez me croire, je n’en retire aucun plaisir, aucune gloire. Mais comptez sur moi pour continuer à attirer l’attention, à dénoncer et à exprimer mes critiques. » dit-il en moeder taal, et c’est tant mieux pour les chastes oreilles de Charles Michel qui, sinon, aurait été obligé de réagir pour sauver son turbulent ministre.
Il paraît que la situation est à présent hors contrôle. En langage normal, cela veut dire qu’on ne peut plus les arrêter de s’invectiver en public et que l’on craint qu’ils n’en viennent aux mains ! Pour un ministre de l’immigration qui en principe doit garder ses muscles pour taper sur les malheureux qui osent réclamer l’asile en Belgique, ce serait mal venu de cogner un Flamand de la Flamanderie, notable établi dans le number-one de la crème officielle
Aurions-un Benalla qui s’ignore en Theo Francken ?
La dernière gueulante de theo accuse son ennemi préféré de traiter un étudiant (Nick Peeters, candidat N-VA à Lubbeek) de fasciste et de raciste ». Et d’ajouter, avec ce sourire qui ressemble à celui de Jack Nicholson en Jocker : « C’est quoi la prochaine étape ? Manipuler les résultats d’examen ? »
« C’est inacceptable », réagit Marc Van Ranst. Etc.
« Il y a quelques années – écrit le très bon magazine en ligne Daardaar – le recours à un tel langage par un secrétaire d’État aurait provoqué une crise gouvernementale. »
« C’est de l’intimidation à l’état pur – dit le professeur. Je trouve inadmissible de le voir accuser ainsi un professeur de fraude et faire des allusions à un médecin nazi comme Mengele parce que l’opinion du simple citoyen que je suis le dérange. J’exige des excuses de sa part et que son parti le rappelle à l’ordre ou l’oblige à retirer son tweet. »
Theo Francken reçoit l’aide du porte-parole de son parti, Joachim Pohlman, et c’est reparti pour une nouvelle bordée d’injures. En renfort, la députée Annick De Ridder, Louis Ide et J. Pohlman, secrétaire du parti, prennent la défense de Theo « Des excuses viendront mais seulement lorsque M. Van Ranst se sera lui-même excusé pour la centaine de tweets haineux envoyés à l’adresse des élus, des candidats et des électeurs de la N-VA. »
On en est là. L’ambiance est assurée. Charles Michel est aux abonnés absents. Le petit Chastel rôde à Charleroi pour galvaniser ses troupes et Didier Reynders s’en fout !
Comme quoi dans cette étrange démocratie l’opinion contradictoire d’un seul vaut parfois beaucoup plus que des milliers d’autres.
C’est ce qui s’appelle une opposition par délégation.

15 septembre 2018

Oufti ! to po Lîdge.

Cette chronique n’est destinée qu’aux Liégeois.
Me voilà tombé dans la soupe électorale en lisant quelques bribes et morceaux des partis dans l’ambition de diriger la ville.
Vrai paysan du Danube, je me disais quand bien même le PS au pouvoir actuellement va faire savoir qu’il est encore un parti de gauche et qu’il va chercher des alliances avec écolo et le PTB.
On ne peut pas s’allier aujourd’hui en 2018 avec des gens toujours aveuglés par l’orthodoxie économique au point que dernièrement, l’un d’entre eux, faisait encore la leçon à JC Juncker sur la rigueur d’un parcours pas assez libéral à son gré, alors que toutes les coalitions le trouvent trop à droite !
Eh bien ! je me trompais. Pour sauver son emploi, si je puis dire, Willy Demeyer a choisi une possibilité de cohabitation dans la gestion de Liège avec madame Defraigne, dont on sait la capacité non négociable d’affirmer ses règles en matière d’économie libérale.
Franchement, faut-il que les électeurs socialistes comptent pour peu de choses dans des calculs de majorité qui mélangent à ce point les genres ?
Ou alors, confirmant la poursuite de la dérive amorcée par Spitaels et aggravée par Di Rupo, le PS poursuit son cheminement dans une voie libérale où il essaie d’entraîner des électeurs déboussolés.
Dans trente jours à peine on aura délayé les couleurs dans les urnes. Donc on ne sait rien encore des possibles combinaisons pour des teintes composées.
Et si les socialistes liégeois font déjà du pied à Christine Defraigne, c’est que dans leur esprit même si une majorité PS-Écolo-PTB était possible, ils choisiraient le MR et le CDH, par détestation pour la gauche, ou plutôt par détestation pour un parti plus à gauche qu’eux, pour tout autant qu’on considère toujours le PS comme de gauche.
Cette détestation, quasiment quérulence expresse pour plus à gauche qu’eux, ne date pas d’hier, lorsque les communistes étaient encore capables d’aligner quelques échevins à la ville, le PS préférait encore les combines avec Destenay, qu’avec les ouvriers du PC.
La seule explication possible tient dans la volonté de ne rien changer. Le PS à Liège veut durer et pour rester présent, il a choisi de ne rien faire qui soit de nature à déranger l’ordre des choses qui tient à la promotion du commerce et des bonnes affaires, animation du centre quand ça va bien, camouflage des vitrines vides, comme au passage Lemonnier, par la publicité ou par l’extension momentanée en vitrine seulement des collections du commerçant voisin, quand ça va mal. Pour le reste, que la population se débrouille la misère étant repoussée au bout de la rue Féronstrée ou de la rue des Récollets à la rue Porte-aux-Oies, en Outremeuse, comme du côté de Droixhe, du fond de la rue Du Moulin à la rue Defrance.
Le discours n’est pas chrétien, mais il inclut Dieu implicitement « Que chacun se débrouille et Dieu reconnaîtra les siens », en l’occurrence, c’est l’image même du système économique dont on vantera jusqu’au bout, c’est-à-dire sa disparition, les « bienfaits » et les « espérances qu’il nous donne ».

1gert2i.jpg

Cette vision dispense le PTB de réfléchir à ce qu’aurait pu être une collaboration avec un PS encroûté dans le bourgeoisisme. Sauf extraordinaire sursaut de la population, il se serait retrouvé en coalition minoritaire avec un PS toujours aussi dominateur.
C’est une alliance qui ne sera possible qu’en inversant les rôles, peut-être dans une prochaine législature. Et encore, le danger de dilution dans un rose pastel sera toujours aussi grand, tant que les gens ne seront pas majoritairement convaincus qu’écologiquement et économiquement le système libéral a fait son temps et qu’il ne répond plus aux exigences actuelles des populations et du climat.
Les valets de la société Rossel à Liège ne s’y sont pas trompés qui dans la Meuse tournent autour de deux possibilités : Willy Demeyer, s’il rempile comme bourgmestre, aura-t-il Christine Defraigne comme Première échevine ? Remplacera-t-il le CDH en place depuis des années, à savoir Firket ?
Quelle perspective exaltante que le remplacement d’un CDH par une MR !
C’est vrai que Firket est particulièrement antipathique et que Christine Defraigne l’est moins pour certains dont je suis, parce que c’est une femme ; mais quand même, quelle différence d’aller de Charybde en Sylla ou de Sylla en Charybde ?
Depuis la trahison de Lutgen, il doit y avoir venu d’en haut une consigne que se partagent tous les bourgmestres PS, faire payer la trahison au CDH quand c’est possible.
Et dire que Lutgen avait espéré faire un coup pour sortir le CDH de sa descente aux enfers, venant de l’ancien parti chrétien c’est un comble d’y courir !
Qu’importe, les électeurs liégeois doivent se dire que le PS n’attend même plus le résultat des urnes pour s’assurer d’une seule chose importante : que l’emploi principal reste à Demeyer !
Sauf pour lui et quelques élus PS directement intéressés, le reste de la population ne doit pas trouver cette perspective enthousiasmante.

14 septembre 2018

La logique de classe.

Pure coïncidence, la chronique d’hier faisait état d’une lutte des classes qui refuse de dire son nom : le conflit entre la richesse et la pauvreté. On n’a jamais vu un ministre pauvre, ni un notaire non plus. Il doit bien y avoir autre chose qu’une vision latitudinaire de la société, à savoir des classes sociales en conflit d’intérêt permanent !
Ce soir encore, dans une émission politique, Roland Cayrol, politologue bien connu et Françoise Fressoz, du journal Le Monde, étaient implicitement complices dans une analyse de la société dont leur semblait absente la notion de classe sociale !
C’est effarant d’entendre un pareil discours à l’heure de l’augmentation des inégalités. Quand on parle d’un fossé qui se creuse, peut-on croire que ceux qui vivent de part et d’autre de ce fossé cohabitent dans une seule classe sociale ? C’est se moquer que de le penser.
Justement le président des riches, Emmanuel Macron, me fait écho aujourd’hui. Il lance à grand renfort de trompette son plan anti pauvreté au Musée de l’Homme à Paris, comme si ce plan pouvait être compatible avec les immenses privilèges dont bénéficient les « gens du dessus » !
Le Secours populaire français conclut dans son douzième baromètre annuel que "La pauvreté ronge notre société." Ce constat se base sur une étude de l’Ipsos : un cinquième des Français éprouvent des difficultés à se nourrir quotidiennement.
En 2017, 16 % de la population en Belgique était considérée comme pauvre. Les chiffres de cette année d’après les estimations puisque l’année n’est pas écoulée, font état d’une forte augmentation, allant vers les 20 %, ce qui correspond à la population globale européenne en état de pauvreté et rejoint la France dans ce triste record.
Une nouvelle catégorie, tout à fait particulière, les rejoint : ce sont les travailleurs au salaire tellement bas qu’il ne peut plus subvenir aux besoins élémentaires.
Le niveau d’alerte est dépassé. Il correspond tout à fait aux craintes des économistes underground qui estiment que le modèle économique libéral ne correspond plus à la volonté d’arriver à un progrès général et même, ne satisfait plus aux besoins élémentaires des populations.
Pour l'Insee, "un individu (ou un ménage) est considéré comme pauvre lorsqu'il vit avec un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, calculé depuis 60% du niveau de vie médian de la population, ce seuil s'élevait à 1026 euros en France en 2016 et doit être sensiblement le même en Belgique. Compte-tenu de l’inflation, on estime qu’en 2018, on est pauvre en-dessous de 1050 € le mois de revenu.
Le sociologue français Serge Paugam a défini trois formes élémentaires de pauvreté. « La "pauvreté intégrée" qui touche les ménages dans un environnement où les personnes dans le besoin sont nombreuses, comme dans certains territoires français d'outre-mer où le chômage atteint parfois 23% de la population active. La "pauvreté marginale" qui, quant à elle, regroupe les personnes dans le besoin au sein d'une société riche. Souvent considérés comme "inadaptés" au travail, ils sont mis au banc de la société. Et enfin, la "pauvreté disqualifiante" qui sévit dans les pays riches mais marqués par un fort taux de chômage. C'est dans ce groupe hétéroclite que le sociologue classe par exemple les travailleurs pauvres. » (HuffPost)

1baba2z.jpg

Le revenu n’est pas le seul baromètre de la pauvreté. La misère sociale inclut l’impossibilité d’accéder aux droits élémentaires, se loger, travailler, se nourrir, s’éduquer et s’instruire dans des conditions décentes. Depuis l’amorce d’une nouvelle législation ostracisant le chômeur par Di Rupo et complétée par Charles Michel, la prise en main des pensions par le triste personnage qu’est Bacquelaine, on peut déclarer aujourd’hui qu’en Belgique les droits fondamentaux ne sont plus garantis pour près d’un cinquième de la population !
La présidente d'ATD Quart Monde en France, Claire Hédon fait pertinemment remarquer "Si on ne prend pas en charge le problème de façon globale, on est inefficace". Et comment pourrait-on le faire si, comme en Belgique, nos mauvais génies sont en train de détricoter tout l’État, pour ne laisser que quelques pièces détachées de l’ensemble parti en lambeau, afin d’être vandalisé par les particuliers dans ce dépeçage ?
On ne résoudra pas le problème en faisant confiance à l’élite actuelle. Tant que les universités formeront des intellectuels dans la conviction que ce système économique est le seul qui vaille, on n’obtiendra jamais un autre résultat que celui du mépris pour d’autres formes d’intelligence à une autre forme d’organisation sociale.
Croire que le culte du PIB, la quintessence de la vertu dans le Quat40, le sacro-saint devoir de rembourser la dette de l’état, l’absolue nécessité de la croissance, les mesures contre une nouvelle titrisation susceptible de rouvrir la crise de 2008, la conviction de l’efficacité de la théorie dite du ruissellement payeront tôt ou tard et que le capitalisme en a encore au moins pour cent années à fonctionner de la sorte, ce n’est même plus une théorie comme une autre, c’est l’intention criminelle de sacrifier un quart, et peut-être demain la moitié de la population au bien-être relatif du reste.
Et cela est proprement inadmissible.

13 septembre 2018

Pauvreté et fin d’un suspens.

Et si on parlait de la pauvreté en Belgique ?
Cela n’arrange pas ceux qui, voilà près de trente ans, ont considéré que les classes sociales n’existaient plus. Lorsqu’on parle de pauvreté, force est de mettre le nez dans les statistiques pour s’informer. Les zones dévastées par la misère apparaissent bien sur les cartes. Une classe sociale défavorisée de laquelle on ne peut pas sortir, y vit. Les quelques exceptions de réussite claironnées dans les médias et commentées avec des étranglements joyeux dans la voix des libéraux, confirment la règle.
La gentry du MR nie l’existence des classes sociales. Vendre leurs combines en pleine lutte des classes, c’est difficile. Mais que le « chantier » de Di Rupo ait la même conclusion, c’est bien le pourrissement par le haut dont souffre ce parti. Ils ont inventé un néologisme : « l’écosocialisme » ! Sorte de politique hybride comme les voitures, dans l’espoir de gauler de-ci, de-là, un électeur égaré qui hésiterait entre le MR et eux, hésitation qui dit tout !
Ils se sont même surpassés en mettant en délibéré l’Art. 1 des statuts traitant de « la lutte des clases ». Dans le fond, ce n’est pas plus mal. Au moins, on saura qu’en Wallonie, il n’y a plus qu’un parti à gauche. Les autres sont épiciers politiques, de père en fils/filles.
Supprimer la lutte des classes des statuts, en ce moment de lutte des classes intense, face à ce gouvernement qui en représente une qui n’est pas la nôtre, ça dit vers quelle collaboration honteuse sont entraînés Magnette, Onkelinx, Demeyer, Mathot et tutti quanti.
Au cours de ces 30 dernières années, la pauvreté a augmenté en Belgique. Ce qui prouve que si la richesse augmente dans ce pays, il faut bien qu’il y ait quelque part une classe dominante qui rafle la mise.
Du galimatias philosophique du sociologue Daniel Zamora Vargas, on peut déduire que le caritatif humanitaire – il cite entre autres, Viva for Life de la RTBF – aide en réalité les Autorités à raboter les indemnisations maladie-chômage, pensions de retraite, etc.
On se demandait pourquoi les Michel ont la larme à l’œil facile, dès qu’on ouvre un compte à « l’enfance malheureuse » ou « la veuve démunie », ces petits salauds espèrent bien qu’il en sera autant décompté des finances publiques ! Ils ont l’âme « chaisière ».
Zamora Vargas l’écrit de façon plus délicate «…les millions d’euros récoltés par l’émission contre la pauvreté touchant la petite enfance sont infiniment inférieurs aux importantes réductions des dépenses sociales dans certains secteurs : l’assurance-chômage, de l’index, de la santé ou des pensions, le gouvernement ne peut ignorer qu’il contribuera directement à une augmentation de la pauvreté. Les risques de dépendre d’allocations sociales sont désormais répartis de manière très inégale. Et cette inégalité favorise un déplacement de la conflictualité sociale.»
Voilà où les Michel et Di Rupo veulent en venir avec leurs gros sabots. Ils veulent convertir l’assistance aux chômeurs, en dispositif de surveillance et de mise à l’emploi des inactifs, par la contrainte, sinon, on jeûne ! Cette évolution implique un recul de la classe sociale défavorisée, recul auquel aura participé le parti socialiste.
Sous Charles Michel, l’État s’est affaibli. Les pleins pouvoirs vont à des privés qui n’ont nullement l’intention d’aider les plus démunis, mais au contraire d’affamer les gens qui ne travaillent pas, sont malades ou trop vieux.

* * *

J’ai envie de satisfaire un petit caprice, de faire quelque chose qu’on n’a jamais fait.
Je ne suis d’aucun parti. Si j’en avais un, attendu mon indépendance, je crois bien que j’y serais plutôt mal vu, car électron libre et encombrant, on pourrait craindre de brusques changements de quart de ma part. On sait bien que pour défendre ses idées, il faut avoir des voix et comment concilier tous les avis, même si sur le fond, le candidat s’adresse à la population de gauche ? Il faut bien mettre de l’eau dans son vin rouge ! Si je ne fonctionne pas ainsi, c’est que je n’ai pas l’intention de m’inscrire dans cette optique, tout en respectant les citoyens qui s’y lancent. En fait, je n’ai pas ce courage là !
Je vais donc à la fin de cette chronique dire pour qui je vais voter en octobre !
En Belgique, une chose pareille ne se fait pas, sauf si on est un militant qui met à sa fenêtre la tête de son candidat, comme avant les catholiques plaçaient à la leur, des objets du culte lors du passage de la procession. On appelait cela « garnir ».
Eh bien ! c’est le moment de garnir.
Dire pour qui on va voter, c’est aussi « top secret » que dire ce qu’on gagne de l’heure dans un atelier, à un collègue de travail, dans l’optique du chacun pour soi capitaliste. C’est même cette politique du secret qu’aiment les patrons qui divisent ainsi leurs personnels.
Vous remarquerez que si je dis pour qui je vais voter, je ne fais pas de prosélytisme et je ne demande à personne de m’imiter.
Je vote pour une femme. Ce n’est pas un scoop. Voilà plus de trente ans que je le fais par souci de rétablir l’égalité en tant que féministe. Je vote pour une enseignante (je pense qu’elle l’a été), parce que c’est un métier difficile, ingrat et mal payé, alors qu’enseigner c’est le plus beau métier du monde. Elle est conseillère communale et comme je suis Liégeois, mon vote sera bien réel. Ma candidate ne me connaît d’aucune manière et je ne suis pas le complaisant qui fait des trucs pour faire avancer le schmilblick.
Surtout qu’elle ne me remercie pas. Peut-être même ne lira-t-elle jamais cette chronique. C’est moi au contraire qui la remercie pour ce qu’elle fait, ce qu’elle est, ce qu’elle dit.
Fin du suspens :
Ma candidate est Sophie Lecron !

1gert2q.jpg

12 septembre 2018

2me partie : La commémo honteuse.

À la décharge de Reynders, tous les gouvernements, en septembre 2008, après quelques jours de panique, rachetèrent les obligations douteuses, empêchant des faillites, avec l’argent des contribuables, sans contrepartie. Ce qui démontre bien que les règles commerciales ne s’appliquent pas partout et tout le temps de la même manière.
Henry Paulson, secrétaire américain au Trésor, le 18 septembre 2008 annonce la mobilisation de 700 milliards de dollars pour racheter les créances douteuses de Lehman, trois jours après la chute des actions en Bourse.
L’argent du contribuable est jeté dans la bataille, en dépit de toutes les règles commerciales en matière de gestion et sans l’avis des contribuables et de leurs représentants politiques.
Le prétexte évoqué, en Belgique et ailleurs, était le sauvetage de l’emploi de dizaines de milliers de personnes. Dix années plus tard, la révolution des applications de l’électronique dans le système bancaire mettait à la rue les gens qu’il fallait sauver à tout prix en 2008.
Ce fut pour le public une mauvaise opération commerciale, puisque l’État avec les sommes déboursées aurait pu s’approprier les banques, quitte à les vendre ensuite aux plus offrants ! Les taux de prêts à l’epoque ont défié toute concurrence, si même il y en eut. Sitôt remises sur pied, les banques ont prêté l’argent qui avait permis de les sauver… à ceux qui les leur avaient avancés et à des taux très supérieurs !...
En 2008, il est vrai, la mesure apaise les marchés. Il n’en reste pas moins une grande interrogation, ce sauvetage mondial a été initié par les USA et tout le monde a suivi. La rapidité de la réaction américaine est suspecte, avant de rejoindre l'administration Bush, Paulson avait été cadre supérieur plus de trente ans chez… Goldman Sachs !
Dix ans après, les liens entre les quasi faillis et les régulateurs financiers ne se sont pas distendus, au contraire. Un autre ex- Goldman Sachs, Mario Draghi, est à la tête de la Banque centrale européenne, et un ex-BNP Paribas, François Villeroy de Galhau, gouverne la Banque de France, Jose-Manuel Barroso, ex-président de la Commission européenne, a rejoint Goldman Sachs (toujours !) et Xavier Musca, secrétaire général de l'Elysée sous Sarkozy, travaille aujourd’hui au Crédit agricole.
À l’époque, pourquoi la gauche a-t-elle laissé passer ce vol organisé ? Était-ce déjà qu’on ne pouvait lutter contre la puissance du dollar, et que les rodomontades de Reynders n’étaient que les aboiements du chien qui remercie son maître, sans qu’on y trouvât à redire ?
La crise de 2008 a laissé des séquelles et déclenché une mécanique infernale dont on devrait mesurer l’incidence sur la dette publique, puisque les recettes ont baissé avec elle. Résultat, les déficits ont filé et les pays, comme la Belgique, ont aggravé leur dette !

1llwp2yy.jpg

L’Europe pâtit aussi par la légèreté de ses responsables. Nous vivons sur un volcan financier. Athènes a toujours un endettement de 188 % du PIB. L'Italie inquiète par un passif qui s’alourdit d’année en année, si on ne fait rien, son problème sera celui de la Grèce ! Les nouveaux dirigeants italiens ne disent-ils pas qu’ils vont laisser filer la dette, parce que l’Italie a besoin d’investir dans ses infrastructures, à la suite de l’effondrement d’un pont à Gênes ?
Les créances douteuses qui ont fragilisé les banques sont dues en partie aux agences de notation qui trompent les investisseurs. S&P et Moody's ont soutenu les fonds de titrisation, par des cotes avantageuses ! Les américains S&P, Moody's et Fitch détiennent toujours plus 90 % de part de marché en Europe. Ils jettent de l’huile sur le feu et jouent avec les cotations des États et font remonter les taux de remboursement de la dette.
Les banques belges s’embarquent dans le même type de raisonnement qu’en 2008, ouvrant des crédits aux entreprises sur les recommandations de Charles Michel, afin de créer une atmosphère euphorique pour les élections d’octobre.
Les banques sont-elles devenues plus raisonnables dix ans plus tard ? En 2017, BNP Paribas, Société générale et Natixis comptaient un total de cent banquiers millionnaires en France. On n’a pas les chiffres des hauts salaires pour la Belgique, mais cela ne doit pas être triste. Cela démontre l'agilité des financiers pour exploiter les failles des règles européennes encadrant les bonus. L'ABE cite l'exemple d'un gestionnaire d'actifs qui a gagné 33 millions d'euros au total pour trois millions d'euros de salaire fixe.
Pourquoi la gauche n’exploite-t-elle pas davantage le dérapage économique constant de l’économie libérale ?
Cette chronique n’est pas de pure fantaisie écrite par un farfelu. Elle s’appuie sur des journaux financiers et des économistes underground. La seule difficulté est de faire comprendre les enjeux aux populations rebutées par la complexité du sujet.

11 septembre 2018

Commémo au MR 2008-2018 !

Un anniversaire qu’on ne fêtera pas le 15 septembre, avenue de la Toison d’Or : celui de la déclaration de faillite de Lehman Brothers, 10 ans déjà (2008), amorçant la crise des subprimes.
L’insight de baby Chastel est trop récent, Richard Miller était déjà gaga en 2008 et le duo de pointe Michel-Reynders a, comme Clémenceau, les yeux fixés sur la ligne des Vosges d’un avenir fusionnel avec l’Allemagne, le rêve de De Wever.
2008 ! Petit rappel hémorroïdal douloureux : dans la consternation générale, la chute de la banque Lehman Brothers entraîne toutes les Bourses mondiales. Une panique se crée, plongeant nos libéraux dans la sidération (ils ont repris de la gueule depuis). Dès cette époque, les épargnants et les investisseurs ont des doutes sur le futur du système. L’écologie ?… les hautes classes sociales s’en fichent éperdument. Ils trouveront bien un coin de paradis avec leurs valises de dollars, tandis que nous serons à demeure victimes des tempêtes.
Dix ans après le coup de bambou, les économistes de bonne fréquentation ne croient toujours pas au départ de la crise depuis une petite centaine de foyers américains incapables de régler leurs crédits hypothécaires ! Les experts de la finance sont sidérés quand la Bourse baisse et enthousiastes quand elle prend un demi point ! C’est tout. Ils n’expliquent rien, parce qu’ils ne comprennent rien.
Pourtant on connaît la cause du grand chambardement. Elle est toujours là à tarauder les esprits. Des politiques la cachent dans leurs grands discours, sous les tapis de réception du Club Lorraine. C’est une bactérie inhérente au système capitaliste. Elle a pour saints patrons Ponzi et Bernard Madoff : l’inventivité des financiers ! Elle tient nonciature en Belgique avec l’élite libérale et ses deux évêques Kubla Serge et Armand De Decker.
En 2008, ce fut la titrisation des créances et les dérivés de crédits « pas chers et faciles à obtenir » disséminés comme des semences depuis les années 2000 et qui allaient germer en 2008, dans toutes les banques de la planète. Les dérivés du crédit étaient passés de 800 milliards de dollars en 2000 à 70 000 milliards juin 2007.
D’autant que la bactérie de 2008 a muté en ETF (1) en 2018.
Ces produits cotés provoquent quelques inquiétudes. On jongle depuis dix ans avec des tonnes de papier monnaie. Ils ne produisent rien, par contre ils peuvent tout acheter. C’est affolant, non ? Ça fait gamberger !
Depuis dix ans, contrairement à ce que nous braillent les MR en matière financière, les banques sont bien plus dangereuses que les chômeurs pour miner l’économie d’un pays.
Pour sauver ces banquiers à l’époque, on ne le dira jamais assez, Didier Reynders, ministre des finances et menteur pathologique, a fait perdre de l’argent aux petites gens pour renflouer des crapules. Nous étions les propriétaires virtuels de BNP Paribas, RBS, ABN Amro, etc. Le Trésor public pouvait les racheter pour une bouchée de pain. L’argent public a été détourné par Didier Reynders de leur destination ordinaire, en dépit de toutes les règles en matière commerciale et discours sur la liberté d’entreprendre et la propriété. Alors que nous devrions être installés dans nos meubles, nous sommes toujours à leurs guichets, accueillis avec le sourire du caïman devant nos viandes.
Je suis encore à me demander pourquoi la gauche n’a rien dit à l’époque ? Il est vrai, c’était le PS, bien piètre défenseur des intérêts des gens.

1kfq2mya.jpg

Si la crise de 1929 avait été résolue comme celle de 2008, le ministre de l’époque aurait été en prison pour détournement de fonds public. Cinq ans plus tard, en 2013, Sarkozy élevait Didier Reynders au titre de commandeur de l'ordre de la Légion d'honneur, pour service rendu à la banque !
On avait changé d’époque ! Encore aujourd’hui le Parti Socialiste ne s’en est pas encore aperçu et poursuit son obsession d’une social-démocratie libérale !
Les organismes de contrôle de l’Europe réclament que les banques renforcent la liquidité des bilans avec l’obligation d’un « coussin » de sécurité pour les garanties en matière de crédits. Aucune banque n’a réagi, pourtant toutes sont vulnérables et à la merci d’un nouveau mauvais génie de la finance !
L'Union européenne a bien déclaré que les créanciers et actionnaires seront désormais sollicités en priorité, en cas de faillite. J-C Juncker serait plutôt de l’avis de Trump, qui a entamé la suppression des règles anti-spéculations, échafaudées de bric et de broc depuis 2008. Alors, hein… au MR, avec le palmarès de ses cadors, on applaudit.
L’excellent journal financier Challenges signale que le plus grand danger est peut-être dans le Far West du shadow banking, en Chine. « selon l'agence Moody's, le montant des crédits accordés hors des circuits bancaires, et donc sans surveillance, s'élevait à 62 900 milliards de yuans (7 900 milliards d'euros) fin juin. »
C’est sûr, avant la dégringolade finale du désastre écologique, nous aurons encore à digérer l’une ou l’autre connerie majeure du monde libéral.
(à suivre)
---
1. ETF (Exchange-Traded Fund ou fonds négociés en bourse), paniers de valeurs qui se négocient en Bourse comme des titres individuels

10 septembre 2018

La pesanteur et la grâce (1).

Mon comportement n’a rien de particulier, il est semblable aux citoyens ordinaires qui s’intéressent à la politique. Je m’étais bien juré de ne plus perdre mon temps devant la télé à « C’est pas tous les jours dimanche » de l’ineffable et content de lui Deborsu.
Cette émission est en réalité le porte-serviette du pouvoir de classe. Les chroniqueurs sont médiocres, suffisants et surtout convaincus de leur ouverture à toutes les opinions, même s’ils accordent moins la parole à celles qui contrarient le concept libéral.
L’État social est une partie où les malins amusent le plus grand nombre, pour faire en catimini leurs petites affaires. Les journalistes du plateau de ce dimanche s’enorgueillissent d’exercer un métier, qu’ils dénaturent au point d’y perdre le côté professionnel honorable.
Sachant cela, dans un réflexe matinal (toujours se méfier des brumes du matin) après le petit-déjeuner, je pousse machinalement sur le bouton et le processus s’enclenche.
Je tombe sur le débat Paul Magnette et Charleroi.
On n’a pas besoin de réfléchir longtemps. Un débat, étant par définition contradictoire, on met en présence des personnes ayant des avis opposé, sauf que le rapport de force s’établit à chaque fois de la manière dont le public devrait prendre conscience, il n’y a jamais qu’un seul véritable opposant, tous les autres sont des comparses ou compères, des affidés du consensus de l’économie de marcher, bien drivée par les lobbys de pouvoir.
Ce dimanche, c’était la courageuse Sofie Merckx du PTB qui était opposée à l’ensemble des debaters.

1abaq2a.jpg

Si l’on considère la répartition en deux parties des « presque-d’accord-sur-tout » et l’opposante, on en arrive à un tel écart du temps de parole, qu’on peut sérieusement se poser la question « est-ce que la gauche ne devrait pas boycotter les émissions de Deborsu ? ».
Avant, on avait eu droit à une mise au point de Paul Magnette sur son salaire de bourgmestre de Charleroi que Sofie Merckx avait proposé, la semaine dernière, de diviser par deux.
Personne – mais vraiment personne – n’a relevé une erreur volontaire de l’intéressé et encore moins Deborsu qui n’est pas là pour ça, sur la question du salaire « net » de Paul Magnette.
Celui-ci, en déclarant qu’il gagne net 4.000 € par mois, a trompé les téléspectateurs (les 99 % ne gagne pas ces 4.000 €). Il les a trompés sur la notion du salaire « net » et du salaire « brut ».
Le salaire « net », c’est le salaire brut défalqué des taxes et des cotisations de la sécurité sociale, et rien d’autre. Les rétrocessions au parti n’ont rien à voir dans le décompte. C’est comme si un salarié au salaire de 1.500 € net décomptait son loyer de 500 € pour s’en aller dire que son salaire net est de 1.000 € !
Parce que si Magnette est logique avec lui-même, il devrait considérer que les bas salaires en Belgique sont encore bien plus bas qu’on le dit, puisqu’il y a dans le bas salaire, l’obligation de se loger, de se soigner, etc. Pourquoi ne pas rendre certains frais obligatoires, déductibles de l’impôt quand on gagne tellement si peu que Magnette n’en a même pas l’idée ?
C’est une honte d’avoir laisser passer cela dans le show Deborsu.
Reste que l’homme s’était déjà répandu sur sa « misérable » condition, alors qu’on avait devant lui une femme médecin qui, elle, avait volontairement fait le choix de vivre avec un bas salaire, afin de pouvoir faire l’expérience sur sa personne de ce que cela signifie dans la vie de tous les jours de vivre avec si peu d’argent.
En surfant sur son salaire net supposé, Paul Magnette porte atteinte à la réelle valeur du sacrifice volontaire, par esprit de justice, de Madame Sofie Merckx, en tous les cas, il en banalise la portée. Je trouve cela indécent, médiocre et indigne de la part de Paul Magnette.
Ces gens de RTL dégradent la profession de journaliste. Ils n’informent pas les téléspectateurs de la situation réelle de la Belgique et du Monde. Ils font de la communication de la classe dirigeante à la classe inférieure (2).
-----
1. « La Pesanteur et la Grâce » Ouvrage philosophiquee de Simone Weil, ne pas confondre avec Simone Veil, entrée au Panthéon, L’auteure de la Pesanteur et la Grâce a suivi un parcours étonnant, qui la mènera d'un statut de jeune fille de la bourgeoisie aux confins de la plus atroce misère matérielle. Animée d'une soif d'absolu qui la fait vivre – comme d'autres vivent de pain –, elle rend compte, dans ses écrits, de l’aventure exceptionnelle d’une intellectuelle devenue ouvrière d’usine par amour de l’Humanité et de la Justice sociale. Par certains aspects, la vie de Sofie Merckx, quitte à ce que sa modestie dût en souffrir, est un peu celle de Simone Weil.
2. Le même jour, mais le soir, « C dimanche" sur France 5. Autrement mieux présenté par de vrais journalistes. J’y ai relevé que l’écrivain François Bégaudeau publie « En Guerre », qui raconte une histoire d’amour impossible sur fond de fracture sociale. Dès lundi, je me procurerai le livre, faites-en autant, je pense que vous ne le regretterez pas.

9 septembre 2018

La gauche : la seule alternative.

C’est une victoire à la Pyrrhus quand des médias diffusent des « frivolités » à forte audience : la plupart des gens n'ont plus rien à faire des informations sur la politique et la société en général. Ainsi, si le public n’est guère sensible à son propre sort, le sauvetage de l’économie libérale par les partis de droite dans nos démocraties ne le touche pas non plus.
Or, s’il y a bien quelque chose qui exige un large consensus, c’est bien le système avec les hyper riches et les hyper pauvres, en cohabitation délicate.
L’égoïsme, moteur jusqu’ici efficace du libéralisme économique, va-t-il « caler » sur les ruines de la Terre ? La bulle, dans laquelle chacun se réfugie, est devenue nuisible à un écosystème en perdition qui a besoin d’actions collectives pour rester vivable.
Parce que si l’avenir est à chacun sa débrouille, croire qu’on est tout à fait capable de distinguer les informations authentiques des fausses nouvelles, et de mener à bien le combat pour la survie sur cette planète tout seul dans son coin, même Charles Michel, pourtant grand spécialiste en triomphalisme du libre échange, ne pourra pas faire avaler cette couleuvre.
Nous autres, les clients obligés des « Beaux messieurs de Bois doré », quand même un peu utilisateurs majoritaires de la démocratie, quoique sérieusement écartés de l’appareil de décision, notre résistance au caquetage libéral est capital. Nous devons obtenir l’intention des médias et les canaux d'accès à l'information – blogs, moteurs de recherche, algorithmes – de se placer du côté du peuple et d'abandonner le politiquement correct qui masque les vérités qui dérangent.
La gauche à l’avantage de la raison. Elle doit le pousser dans des débats d’idée que la droite à défaut de bâillonner, voudrait éteindre.
Cette démocratie européenne avec tous ses défauts, proprement confisquée par une droite libérale, qui demain, sera peut-être, associée au nationalisme comme dans certains pays de l’Est (le MR en Belgique n’a pas hésité à franchir le pas), cette démocratie, dis-je, ne peut plus s’en sortir en-dehors d’un virage à gauche ! Cette Europe s’est construite pour l’essentiel par le travail des Hommes et leur passion pour les idées dès les premiers combats du socialisme, bien avant qu’elle ne devienne réalité. C’est par le socialisme qu’elle survivra.
Les atteintes des factions de droite et de divers lobbys à la liberté d'expression et au pluralisme démocratique, les dévoilent plus qu’elles ne les servent.
Une première victoire pour la gauche et donc un début de défaite pour la droite a été le changement de vocabulaire de la droite, en ce suivie par le social-démocrate parti socialiste. Les terminologies « œil de Moscou, influence léniniste, utopiste et anarchiste » ne sont plus de mise. Cela signifie qu’ils ont été contraints d’adapter leur défense, dépassée par les conséquences économiques, migratoires ou fiscales de leurs choix et à prendre au sérieux les perspectives d’une démocratie nécessairement plus à gauche et écologiste. Cela n’aurait pas été compris qu’ils en restent aux expressions de la guerre froide des années soixante et traite de staliniens, des électeurs qui ne peuvent plus supporter leurs mauvaises raisons.

1jderfde2jad.ajpg.jpg

Mais gardon-nous bien d’avoir un sentiment d’euphorie, les partis de la pensée unique n’ont pas désarmé. Ils refusent toujours de perdre « loyalement » les élections ! C’est-à-dire qu’ils auront explicitement et implicitement les journaux, tous de leur bord, avec eux !
En ce sens, Theo Francken est un de leurs éléments qui compte.
Que n’a-t-on dit des migrants, sur le risque d'infiltration des flux de réfugiés par des terroristes. On n’a vu que des ressortissants belges « en crise identitaire » et plus rarement, des « combattants », de l’EI infiltrés en très petits nombres en-dehors des mouvements migratoires.
L’avenir donne raison à la gauche, les défenseurs de la pensée uniques au pouvoir commencent à paniquer en pressentant une défaite inéluctable dans le futur. Peut-être pas dans les élections immédiates, mais leur combat est perdu d’avance. La Terre n’a que faire de leurs combines. Les éléments ne trichent pas. Ils commandent aux hommes. Les réseaux sociaux, espaces nouveaux de liberté et jusqu'ici incontrôlés par le système, a donné une petite bouffée de liberté aux citoyens ! Ce blog serait sanctionné, voire suspendu dans certains pays et son créateur en prison. Que resterait-il d'un internet sous surveillance?
Avec la grande question d’un débat vieux de deux siècles sur la propriété et l’économie capitaliste, se pose à la suite deux questions annulant la précédente « produire comment, pour satisfaire quels besoins » enfin la seconde « quelle démographie en 2050 ? ». C’est toute la définition de la propriété privée, par rapport à la propriété collective, qui est ouverte. Dans tous les cas, la gauche apparaît comme la seule alternative.

8 septembre 2018

Charles-Quint bis !

Le secrétaire d’État à l’asile et aux migrations, Theo Francken ne savait pas que l'organisation d'extrême-droite Schild & Vrienden était une organisation raciste !
– Non !... – C’est comm’ j’te l’dit ! – C’est Charles qui doit être content. – Pourquoi ? – Parce que, si le gus avait été au courant, Charles aurait été obligé de sortir un carton jaune. – Et alors ? – …alors, c’est Bart qu’aurait pas été content !...
Pour un ministre dont l’emploi est de se renseigner sur tout ce qui entoure la migration, le respect de l’être humain, les facteurs endogènes de la société belge qui favorise ou défavorise l’accueil des étrangers, voilà bien une lacune terrible dont les conséquences peuvent être dramatiques ! Theo imaginait que Schild & Vrienden était une société folklorique !
Le reportage de la VRT sur l'organisation d'extrême-droite Schild & Vrienden a fait l'effet d'une bombe dans le paysage politique belge, écrit La Libre Belgique.
On savait le ministre sensible au « courage » de Bob Maes, « héros » survivant de la collaboration avec les nazis, pour saluer les exploits du passé une coupe de champagne à la main. Le secrétaire d’État avait quand même eu le temps de se renseigner sur le parcours du « grand Flamand » ! Et il ne l’aurait pas fait pour Schild & Vrienden ?
Là, Charles Michel, devrait sanctionner Theo Francken, non pas pour son goût du Nationalsozialismus, mais pour son incompétence !
Pour se rattraper Theo Francken a exprimé son indignation, estimant qu'il ne retrouvait ni sa Flandre, ni ses valeurs dans ce qu'il avait vu. La réaction tardive n'a pas calmé la polémique. Sur les réseaux sociaux circulent des photos où des jeunes de Schild & Vrienden prennent la pose aux côtés du secrétaire d'Etat. Tout le monde a compris que l’indignation de Theo est venue, lorsqu’il a vu que sa participation à ce genre de manifestation tournait au vinaigre.
C’est tout bénéfice pour lui. Il attrape ainsi les voix des nostalgiques de l’Europe des locuteurs germanisants, et moyennant la récusation des amabilités du bout des lèvres qu’il a dites aux « gamins » de l’extrême droite, il rafle ce qu’il peut des Flamands pointus, sociaux chrétiens et xénophobes. Par une triste coïncidence, écrit toujours La Libre, le monde francophone s'émeut jeudi de la vidéo de l'animatrice Cécile Djunga qui dénonce le torrent de propos racistes qui s'abat sur elle depuis un an.
Quand le pouvoir s’aperçoit qu’il est allé trop loin, tout de suite quelqu’un de l’opposition économiquement compatible monte sur ses ergots et réclame un plan contre l’extrême-droite, ici, c’est le Ps qui s’est dévoué, avec le désir de renouer bientôt avec le MR.
Charles Michel adore tout ce tintamarre. Cela lui permet de passer inaperçu. C’est quand même lui qui a voulu, sur les conseils de son vieux, oublier ses discours enflammés du temps des élections passées contre le parti quasiment fasciste de Bart De Wever. Ce fut ensuite le lobbying du MR avec les complaisants de la presse Rossel pour influencer l’opinion que Bart De Wever n’était pas l’enragé que Charles avait dépeint six mois plus tôt, mais un bon et loyal serviteur libéral de la politique de marcher.

kj2f1h.jpg

Et c’est un pitre pareil que la démocratie en carton-pâte a choisi pour l’alliance « de la dernière chance » entre les nationalistes flamands devenus fréquentables et la droite bourgeoise wallonne. Et vous savez la tactique ? C’était d’enfermer De Wever dans le piège d’une politique économique « pour quatre ans », dans l’espoir que le chemin des banques retrouvé, De Wever et sa clique de faux-jetons oublieraient leur nationalisme dans la nouvelle opulence.
Hélas ! seuls les ministres et parlementaires N-VA auront bien vécu. Leurs électeurs attendent toujours le boom économique qui aurait mis en veilleuse l’application de leur programme de confédération.
Tout a foiré, l’économie est non seulement pas brillante du tout, mais fait beaucoup plus grave, commencent à ressurgir les termes « économie » accouplé avec «capitaliste » dans l’opinion. Le problème pour Michel, c’est de vendre à l’électeur la conviction que l’économie libérale reste encore la meilleure, malgré la destruction des milieux naturels et les catastrophes climatiques qu’elle induit.
Alors, ce que les Michel n’avaient pas prévu, est en train de se mettre en place en prélude aux élections en Flandre. Bart est quasiment obligé de reprendre ses airs guerriers de la Flandre assaillie par des affamés exotiques, avec en plus le boulet wallon au pied.
L’indépendance de « La Flandre d’Albert et d’Isabelle » avec Bruxelles capitales s’apprêtant à sortir l’Ommegang pour la joyeuse entrée de Charles Quint De Wever, voilà le crédo de la N-VA dont l’intrépide menin de service est Theo Francken.

7 septembre 2018

T’as lu l’journal ?

Les jeux ne sont pas encore faits à la Maison Blanche, pourtant, rien ne va plus !
L’aliéné dans le bureau ovale n’a pas encore été ceinturé et emmené en camisole de force, dans un endroit approprié à son cas.
Nietzsche a perdu pied en caressant l’encolure d’un cheval, et Trump, sans savoir quelle encolure il caressait (certainement pas celle d’un cheval) en est tout saisi lui aussi. Ils auront conservé jusqu'au bout, des éclairs de raison l'un et l'autre !
Quand mi-janvier Donal Trump crée les "Fake news awards" pour stigmatiser les journalistes qu'il juge coupables de diffuser des fausses nouvelles, il ne fait qu’ajouter une pierre à l'édifice anti-médias. Il m’arrive de repenser à mes anciennes chroniques, certaines pourraient être les « Fake news awards » d’un adversaire acharné de la presse.
L’information est capitale dans un monde où tout se transporte de plus en plus rapidement par d’autres moyens que l’écrit, cependant celui-ci reste un outil majeur d’information.
Néanmoins, le constat est amer d’une presse contrôlée par des individus dont le rôle consiste à « mal » informer le lecteur, en ne lui laissant sous les lunettes qu’un seul point de vue libéral ou en ne l’informant pas du tout, c’est-à-dire en le divertissant de conneries de potaches d’animateurs télé. Je n’en citerai aucun, par respect pour leur famille.
À l’opposé de Donald Trump, j’aime les médias qu’il déteste et je n’aime pas ceux qu’il met aux nues.
Je place le New-York Times qu’il déteste, parmi les meilleurs aux USA. Mais nous sommes en Amérique, une presse d’une liberté de ton bien différente de nos éteignoirs nationaux.
Au siècle dernier, les lecteurs connaissaient par leurs noms les journalistes de leurs rubriques préférées. Aujourd’hui, c’est le parfait anonymat, à part certain(e)s éditorialistes dont les patrons sont sûrs qu’ils ne vont pas pondre un éditorial à la gloire de Sophie Lecron, sur son travail d’opposition à Liège.
On ne va pas revenir sur la disparition de la presse d’opinion, la gauche y était minoritaire, mais on y élargissait la palette des possibles, par la parole contradictoire. Aujourd’hui les survivants s’intitulent presse d’information générale. Je me permets d’en douter.
La presse aussi bancale soit-elle en Belgique est nécessaire. La servir et en vivre est un exercice périlleux, mais exaltant. Malgré le filtrage des autorités propriétaires, la presse fait parfois son boulot avec des journalistes courageux. Vivre de sa plume est un exploit de tous les jours. J’en sais quelque chose, moi qui ai écrit des milliers de pages sans en avoir jamais retiré un centime. Aucun patron de presse ne voudrait me voir approcher à plus de cent mètres du marbre, enfin le marbre d’aujourd’hui… des écrans de mise en page. Selon leur point de vue, ils ont raison.

1inribrazil2cr.jpg

De ce côté-là de pouvoir, Donald Trump est cohérent en se défendant des accusations de trahison et de mauvaise gestion des grands journaux américains. Que peut-il faire d’autre ? Quand il attaque les moteurs de recherche supposés relayer en priorité les commentaires négatifs à son égard avec de "Fake algo", il étend sa stratégie de stigmatisation à une nouvelle catégorie d'"ennemis du peuple". Le Président des Etats-Unis citant Staline n'est pas complètement anodin et pose des questions en rapport avec la liberté de l'information, le droit à la critique, le rapport à la vérité. « Dans cette logique, le faux serait l'apanage du contestataire, lui-même représentant une élite déconnectée de la réalité, le vrai serait le propre de l'homme d'action, de terrain, incarnant le peuple. » (Washington Post).
N’est-ce pas une technique qui date d’Emile de Girardin et qu’emploient abondamment RTLTvi, la RTBF, Le Soir, La Dernière Heure et de façon plus mesurée, La Libre Belgique ?
Les admirateurs belges de Trump de la bande archi libérale gravitant autour du MR ont été épargnés par l’opinion jusqu’à présent. La dernière étude internationale réalisée par Ipsos montre un scepticisme et une défiance croissants qui n'épargnent personne, avec des moyennes mondiales impressionnantes, le vent serait-il en train de tourner ?
Une campagne à la Trump se prépare dans le monde économique libéral. Elle aura pour objectif de nous faire croire que le système capitaliste n’est pas responsable de la fonte des glaces des pôles, de la montée des eaux, de la pollution de l’air. Tout est parfaitement contrôlé par leurs valets qui ont en main les rouages de la démocratie.
Alors que l’économie de marcher l’entraînant par le fond, la démocratie libérale est en train de mourir.

6 septembre 2018

Ça gaz !

La dernière « frontière » prise d’assaut par des pionniers survoltés, c’est celle de la conquête du gaz de schiste. Ce qui se passe aux USA est la meilleure illustration d’une nuisance nouvelle, ajoutée aux nuisances anciennes, du système économique capitaliste.
D’abord qu’en est-il des promesses électorales de Trump ? La force aveugle et brutale du libéralisme lui a permis d’être – quoiqu’il s’en défende, le champion de la contradiction. À chaque meeting, il se vante d’accomplir ses promesses électorales par des mesures appropriées, comme sa décision de sortir des accords de Paris sur le climat pour aider au maintien des charbonnages et réjouir ses électeurs de Pennsylvanie et des Appalaches.
Or, l’exploitation du gaz de schiste par la diminution des prix à l’énergie a fait tomber la production du charbon de manière spectaculaire acculant quelques premières exploitations minières à la faillite.
La politique favorable au charbon de Trump et la révolution des gaz de schiste aux États-Unis peuvent provoquer une autre catastrophe, celle de l’atome civil, expliquent des scientifiques américains dans un rapport de l'Académie nationale des sciences.
Il concerne la bataille de requins d’un capitalisme ordinaire. Les lobbyings s’activent pour tourner en dérision des rapports alarmants des dégâts à l’environnement, de cette nouvelle exploitation de la Terre.
La contamination des eaux liées aux forages des gaz de schistes incommode des autochtones des alentours des exploitations. Si les grandes compagnies énergétiques se veulent rassurantes, la question des impacts sanitaires a surgi à la une des journaux. Après tout, l’industrie du charbon ne regardait pas à l’environnement non plus, pourquoi s’inquiéter ?
La question des rejets de méthane n’est pas la principale pollution liée aux gaz de schiste. La fracturation hydraulique génère le rejet de près de 750 produits chimiques, 25% des produits qui se dilue dans les nappes phréatiques, sont cancérigènes, 37% sont des perturbateurs endocriniens, 40 à 50% pourraient affecter les systèmes nerveux, immunitaire et cardiovasculaire, et plus de 75% les organes sensoriels et le système respiratoire.
Le profit passe avant la santé de la population. C’est le système qui le veut, il n’est pas propre aux seuls américains. L’État belge a ses voyous, larbins de la même mauvaise cause du business américain, même si nous n’avons pas de schiste exploitable.
Leur crédo est invariable depuis deux siècles : les gens, on s’en fout, la Terre on s’en branle et la démocratie, on la subventionne pour qu’elle ferme sa gueule !
Reynders, Michel et baby Chastel, même combat que Trump !

1gertu.jpg

On sait qu’il faut 15 à 20 millions de litres d’eau pour réaliser un forage. Sachant qu’il existe 500 000 forages aux Etats-Unis, les menaces sur les réserves d’eau sont gravissimes.
Les américains commencent à en mesurer les conséquences. Mais c’est comme le business des armes, on vend des fusils c’est pour qu’ils tirent ! Les forages des gaz de schiste se multiplient sur le même principe.
Sur 180 familles près des forages du gisement de schistes Marcellus en Pennsylvanie, les universitaires de Yale ont pu établir avec certitude que :
– 39% des personnes vivant dans un rayon de moins d’1 kilomètre autour du forage ont souffert de symptômes au niveau des voies aériennes supérieures : sinusites, saignements du nez, irritations de la gorge, etc.
– 13% des riverains directs (moins d’1km) ont également souffert de syndromes cutanés tels que les urticaires, irritations ou sensations de brulures.
Un jury de Dallas a donné raison à une famille vivant à proximité de puits de gaz de schistes, en condamnant la société Aruba Petroleum à une amende de 2 millions de dollars pour des dommages sanitaires de ce type.
On a compris que l’Administration américaine ne procède qu’à des études préliminaires sommaires pour ouvrir un chantier. L’exploitation est prioritaire sur la santé des gens et l’environnement. Voilà qui ne date pas d’hier. Quand on voit ce que John Cockerill a fait à Seraing et aux campagnes des bords de Meuse, on n’a pas à donner des leçons en Wallonie.
Au Colorado, les équipes médicales des cliniques se sont inquiétées d’une brusque augmentation des malformations chez les nouveaux nés depuis l’exploitation des forages. Ainsi le risque de malformations cardiaques a-t-il augmenté de 30% alors que certaines pathologies rares, comme celles liées aux malformations du système nerveux, ont doublé. En cause, les composés organiques volatiles qui contaminent l’air, mais aussi l’eau en s’infiltrant dans les zones phréatiques.
Un mode de contamination, lié à la fracturation hydraulique et à l’impossibilité de décontaminer les quantités astronomiques d’eaux injectées dans les sols pour percer les roches, on estime que 40% des eaux contaminées par la fracture hydraulique s’infiltrent dans les nappes phréatiques sans aucun traitement de dépollution. Le reste est " stocké dans des bassins de décantation à ciel ouvert favorisant l'évaporation de substances volatiles (..) et dommageable pour la santé des populations riveraines ».
Le choix est simple, soit on se lance dans l’exploitation des gaz de schiste, soit on conserve nos ressources en eau, disent les scientifiques. Trump et avant lui Obama ont tranché, le fric d’abord. Merci, on a compris. C’est pareil en Belgique.

5 septembre 2018

Paul, un beauf antique !

Devant l’évolution des consciences, atteindre à l’égalité des sexes crée de gros problèmes d’adaptation aux religions monothéistes.
Les trois religions : juive, musulmane et chrétienne sont dépassées par les progrès de la cause féministe dans les sociétés évoluées. Ce n’est pas pour tout de suite que la pièce tombera dans la tirelire cervicale au même moment et pour tout le monde, il y a même des pays plus attardés que d’autres qui se chamailleront longtemps sur la diverse façon de considérer le mâle, absolu directeur de la famille. En Belgique, on en a vu quelques spécimens, visibles surtout chez les musulmans : lui, gros, grand massif et barbu en chemisette de corps et short large, elle engoncée dans ses voiles suant sang et eau sous le soleil, à porter les paquets, un ou deux mouflets accrochés aux pans de l’abaya.
On se doute bien qu’en terre musulmane, c’est pire.
Il ne faut pourtant pas mettre toutes les avanies sur le dos d’une seule religion. Les deux autres ne sont pas en reste. Et c’est la chrétienne qui a le pompon en l’espèce. Le champion du voile, c’est l’apôtre Paul dans sa première lettre aux Corinthiens. C’est le premier écrit issu des religions monothéistes à avoir lié le voile des femmes à sa relation à Dieu. Ce passage, comparé à d'autres textes de Paul et aux coutumes païennes de son temps, permet de distinguer deux courants : la tradition théologique de Paul et les coutumes du monde. Le voile des femmes étant le signe visible de leur subordination.
Entendons-nous bien, chacun est libre de croire ce qu’il veut, mais quand son choix se porte sur des règles subordonnant l’autre sexe, la justice un jour pourrait dire l’égalité du droit en la matière. De même que l’exposition ostensible de la croix gammée est un délit, pourquoi pas ces tissus exposés aux yeux de tous recouvrant un être humain de la tête au pied par soumission à un maître temporel ?
Le reste galimatias et conneries en formes de sourates, bondieuseries de presbytères de « cheu nous » et diatribes qui font trembler les murs des synagogues, laïc, mon frère, tu as du boulot !
Paul, tout saint qu’il est, n’y va pas avec le dos de la patène.
Ceux qui pratiquent la fornication, l’adultère et d’autres péchés graves “ n’hériteront pas du royaume de Dieu ”. (Galates 5:19-21 ; 1 Corinthiens 6:9-11.) Les serviteurs de Dieu doivent être unis quelle que soit leur nationalité (Romains 2:11 ; Éphésiens 4:1-6). Ils doivent donner d’eux-mêmes avec joie pour venir en aide à leurs coreligionnaires (2 Corinthiens 9:7). “ Priez constamment’’. Avec Paul, les Corinthiens ont eu leur compte !
Un qui s’est cru Corinthien, c’est le curé de Grimbergen qui, dans la célébration de l’eucharistie, a dit des choses qui font scandales en Flandre.
"Femmes, soyez soumises à votre homme" a lancé au micro, le nouveau Lacordaire des pointus dans sa messe dominicale.
…comme l’homme l’est au seigneur. Car l’homme est la tête de la femme, comme le Christ est la tête de l’église" a terminé le saint homme, tout fier de son copier/coller avec les Corinthiens, en ce dimanche 26 aout.
De fait, le texte dont le prêtre se réclame, est noir sur blanc dans la Bible "L’homme a donné sa vie pour sauver la femme. Celle-ci doit dès lors lui être soumise en tout, comme l’église est soumise au Christ". On se demande si Weinstein armé du texte et avec l’aide de l’ancien avocat de Dominique Strauss-Kahn, ne pourrait pas réclamer des dommages et intérêts aux starlettes qu’il a violées à Hollywood ?

1aerti2o.jpg

Les Flamands ont réagi et une vague de messages d’indignation a déferlé sur la Toile. Le lundi, le prieur de Grimbergen, consterné, s’est expliqué : "la lettre a été lue hier dans toutes les églises et dans toutes les langues de par le monde. Ce texte revient tous les trois ans, et il évoque l’amour. Le noyau relate le fait que femme et homme doivent s’apprécier, s’estimer et se respecter", a-t-il commenté, soulignant que la phrase controversée avait, selon lui, été sortie de son contexte.
C’est donc plus grave qu’on ne pensait, ce n’était pas une connerie de clocher, c’était une connerie de l’ampleur des tweets de Donald Trump, de portée internationale !
L’excellente feuille DaarDaar en vient à se poser la question "Et si un imam avait dit ça ?" C’est vrai qu’on pardonne tout à l’église catholique et rien à la mosquée. Quant à la synagogue, elle est protégée par la crainte qu’un mot de travers vaille à l’imprudent, une inculpation pour antisémitisme.
De tout malheur dénoncé peut naître une bonne chose. Le ministre flamand des Médias Sven Gatz (Open VLD) a réitéré sa volonté de supprimer les messes religieuses du service public.
La RTBF n’en est pas à se poser la question. L’heure du seigneur est bénie par l’équipe aux manettes. On branche l’église désignée, puis on s’en va prendre l’air sur la terrasse, le bon temps pris est même payé !
Rentré pour la suite, chacun fait son pronostic sur le nombre de téléspectateurs friands de la chose, le plus bas taux de fréquentation jamais enregistré, même par rapport aux émissions sur le libéralisme et l’économie libérale de Gerlache ! C’est dire…

4 septembre 2018

Fatalitas jette l’éponge.

Il y a des individus, qui au lieu de se féliciter qu’on ne pend plus en Belgique, n’ont de cesse de vouloir à tout prix que l’on parle d’eux, dussent-ils retourner le couteau dans la plaie des victimes collatérales que sont les parents des victimes.
Je veux parler de l’infâme Dutroux et de l’avocat, Bruno Dayez, qu’il a trouvé pour relayer ses infamies. Afin d’étayer un argument d’élargissement possible, Dutroux et son avocat ont envoyé une lettre aux intéressés.
Cette lettre est tombée l’autre semaine dans la boîte aux lettres de ceux-ci, sans que l’on sache si le postier ne s’est pas brûlé les doigts au soufre dont elle est imprégnée.
Bruno Dayez est certainement le premier, après une longue liste de robins découragés, à se prêter à cette mascarade. Le graal serait pour lui d’obtenir la libération de son client. En guise de tribu à payer aux victimes il ose guider la plume de Dutroux pour expliquer qu’ « il a déjà purgé une très grande partie de sa peine, et ce, dans un strict isolement ». C’est bien dommage pour la collectivité et celle-ci n’en demandait pas tant, car si Dutroux n’avait pas été placé en isolement, les détenus auraient fait justice à leur manière et le procès eût été clos, faute de délinquant.
Le but est d’atteindre les parents dans leur sensibilité compassionnelle. Le temps serait l’ami du monstre. Il rabote les angles vifs et estompe les douleurs les plus vives, avec la conviction « que l’on ne peut pas passer sa vie avec l’intention de se foutre à l’eau » !
Sous le sédatif de l’oubli, dans d’autres circonstances on gobe tous les jours des vertes et des pas mûres.
Seulement voilà, certains criminels en ont tellement fait de plus original et de plus pervers que d’autres, qu’il faudrait au moins deux ou trois générations pour qu’ils tombent dans l’oubli.
À l’issue de son procès, après des milliers de pages de dossiers dont certaines sont interdites de parution tellement elles sont atroces et porteraient préjudices aux victimes survivantes, il a été condamné pour enlèvements, prises d’otage, viols et meurtres ! Julie, Mélissa, An et Eefje sont mortes dans la maison de l’horreur de Marc Dutroux. Sabine et Laetitia ont quant à elles eu plus de chance : après avoir été délivrées de l’enfer de la cave de Dutroux, elles ont raconté leur calvaire lors du procès, mais n’ont pas reçu de réponses à leurs questions, de même que les parents des fillettes et des jeunes filles assassinées.
La complice de Dutroux en meurtres, viols et perversions diverses, Michelle Martin, la cinéaste des représentations théâtrales abominables de son époux, s’en est tirée, pourquoi pas lui, extravague Bruno Dayez.
Faut-il le rappeler lors du procès, Dutroux n’a jamais plaidé coupable, ni exprimé aucun regret. Sa conscience lui serait venue il y a seulement quelques nuits, quand son avocat la lui aurait subitement fait découvrir, la clé possible d’une relaxe à laquelle le scélérat aspire.
« Ce n’est pas moi, mais les autres » est l’argument qu’endurèrent les parents des victimes, les jurés et les juges professionnels, jusqu’au jour de son revirement quatorze ans après le procès.
Ces lettres n’auraient jamais dû parvenir aux parents des victimes, pour la bonne raison que Dutroux les a soustraites par leur affranchissement, des dédommagements financiers dont il n’a jamais payé le moindre euro.

1mdpn2a.jpg

Alors, la valse des regrets, maître Dayez, vous vous moquez !
Le détenu actuel n’a pas changé d’un iota, il se croit toujours victime d’une erreur judiciaire. Il turbine pour sa libération conditionnelle. Point barre.
Vous imaginez bien que son cas, connu du monde entier, a fait les grands jours des cours de psychiatrie. Des volumes ont été écrits sur lui. Tous les experts, ce qui est rare en psychiatrie, ont déclaré Dutroux psychopathe dangereux et incapable de guérison mais plutôt de récidive.
C’est un manipulateur, menteur invétéré et capable de tout lorsqu’il se croit intouchable dans son crime.
Qui avec un pareil palmarès aurait le front de s’engager à le dire guéri et libre ?
Bien sûr les juges et les médecins y regarderont à deux fois et pas seulement sur la foi des rapports médicaux, mais aussi sur une autre justice, celle dont ils se méfient le plus, celle du peuple en colère.
Et là, il n’y aurait pas photo. Cela coûterait plus cher de « garder » Dutroux libre que de le laisser en prison. Enfin, je ne sais pas si l’individu a bien saisi sa situation. S’il veut rester bien vivant, c’est sans doute son vœu le plus cher, qu’il reste au chaud à l’isolement et qu’il ne prête plus l’oreille à satisfaire aux ambitions d’un avocat.
Ou alors, s’il n’a vraiment rien compris à rien, c’est pour un placard d’un asile d’aliénés que son avocat devrait batailler, à moins que, comme son client, l’avocat Dayez n’ait été aveuglé par son ambition personnelle.

3 septembre 2018

Theo a l’oreille de l’électeur.

À la N-VA, il fallait une pointure à propos des LGBTQ+, le pape François tirant trop l’attention flamande de son côté. Le chef pensa à Théo Francken au soleil andalou.
Non seulement Théo s’est emparé du sujet avec enthousiasme à son retour, mais il a remis tellement de couches, que voilà Bart De Wever incommodé.
Ce qu’il a posté sur Facebook le dimanche 26 aout bat carrément le Vatican. Francken trouve répugnants les « hommes qui se maquillent, s’épilent, portent des « sacoches » et tombent enceints ».
François était plus mesuré, à la limite, piégé par les journalistes tout sucre, tout miel, pour interroger sa sainteté, afin d’en pouvoir mieux médire.
Tandis que là « des hommes enceints », qui se maquillent et papotent entre eux/elles avec leurs petites sacoches qui pendent sous des aisselles épilées, c’est presque du vécu ! Mais où Théo va-t-il chercher tout ça ?
Darya Safai, la féministe, Zuhal Demir, l’anti-Turc et la star Lisbeth Homans, Vice-Minister-President of the Government of Flanders, traduisez l’amoureuse des beaux hommes de Flandre, défrayaient la chronique de diverses manières mettant le pays sous pression et forçant les regards à se braquer sur la Flandre bientôt libérée des Wallons obèses. Et voilà que Francken les dépasse toutes avec ses histoires de jaquettes flottantes et ses épilations ! C’est vrai qu’avec sa tête d’effarouché perpétuel, Théo prend souvent des poses de vieux travelos.
Charles Michel attend que De Wever manifeste sa mauvaise humeur pour intervenir, peut-être cette fois, un carton jaune à l’homme qui n’aime pas les gays.
De son côté, le président de la N-VA réfléchit. Ces dames et quelques autres ont regretté pendant les vacances que leur participation au gouvernement soit aussi faible. Les promesses socio-économique et budgétaire n’ont pas pu faire carton plein. Charles est trop mou avec les syndicats. Et voilà maintenant que l’autre star, dame le pion à Liesbeth !
Le tweet de Théo est parti tel un scud, d’Andalousie, pays de la démesure des vacanciers flamands qui se remettent à parler français pour se faire comprendre des hôtesses à cocktails.
Est-ce à cause du nombre élevé de défis que De Wever a vu l’incident de trop ?

1cgu2po.jpg

Sa molle réplique sur les « hommes en lingerie » de Francken « qui n’est pas l’opinion du parti » est, somme toutes, à la manière de Charles Michel. À l’identique du premier ministre, il s’est montré magnanime en soulignant que Francken ne doit pas présenter d’excuses pour autant. C’est une gaffe, la N-VA en est coutumière. C’est même comme ça qu’elle ramasse des tas de voix en Flandre. Le flamingant a toujours fait la fine bouche sur l’homosexualité en lingerie, et même en complet veston.
Le faux pas de Francken pourrait passer pour une manœuvre du patron. Parfois des gaffes deviennent des succès quand l’opinion applaudit. Voilà pourquoi il ne faut pas être trop catégorique, une affaire comme celle là peut très bien finir en apothéose.
Derrière Francken, il y a l’opinion favorable du Flamand-musulman, une nouvelle population qui grossit et dont Bart commence à tenir compte. L’homophobie de nombreux musulmans rejoint celle de beaucoup de pointus anversois.
Les membres de la N-VA sont partagés. Francken est trop excessif. Il va trop loin et le parti doit surtout ne pas donner l’impression qu’il rejoint les Viktor Orban et autre Matteo Renzi, enfin pas tout de suite, juste après les élections de mai 2019, quand Charles Michel sera mis en demeure de prendre sa carte à la N-VA ou de jumeler le MR avec la N.VA.
En ne condamnant pas Theo, De Wever protège ses arrières. Francken est très populaire depuis qu’il passe pour se faire de l’Africain dans les parcs de Bruxelles. Donc, on ne touche pas au demi-dieu « Theo ».
Dire qu’il y est allé franc jeu, pour Bart c’est beaucoup dire. C’était pourtant l’occasion rêvée de dégonfler un phénomène politique qui est en passe de passer hors contrôle.
Le chien andalou caracole dans les sondages. Francken se vante d’avoir 170.000 fans sur Facebook, tout en jalousant les 3 millions de fans de son collègue italien Matteo Salvini.
L’addiction de Théo aux réseaux sociaux inquiète la N-VA. Il fait de l’ombre à qui vous savez. Il a bien étudié la façon dont De Wever est devenu populaire. Il s’inspire de sa méthode.
À quand les élections en interne à la N-VA pour la présidence du parti ?

2 septembre 2018

Marx, de Karl à Groucho…

Le 5 mai dernier, Karl Marx (1818-1883) aurait eu deux cents ans. Le 5 mai, c’était un samedi. Je faisais des courses. Se farcir un caddie de bouffes dans des emballages à la gloire de la société de consommation, comme hommage, c’est plutôt malvenu. Ce que j’en dis, c’est pour sacrifier à l’autocritique dans la dialectique marxiste. Et puis aussi, parce qu’il avait bougrement raison.
– Merde – dirait Richard Miller chargé de l’humour au sein du MR – Marx est mort !
C’est ainsi que vont les choses, quand un philosophe d’envergure claque le beignet à ses contemporains, l’opinion bourgeoise n’a plus que haine. Pour un peu, les truands du MR en rangs serrés iraient soulager leurs prostates sur sa tombe, s’ils n’avaient des calculs dans l’uretère, des hésitations d’eunuques, des velléités d’accouplement nécrophage avec le mort.
Ces enfoirés, commerçants mondialistes dans l’âme, en sont encore à tenir Marx pour le responsable de la création des Etats qui se sont réclamés de lui, mais qui ont foiré dans leur essai d’abolir le capitalisme.
Et que n’ont-ils réussi, quand on voit où le capitalisme nous mène jusqu’à vouloir détruire la planète au nom du profit !
À vrai dire, tout dans ces pays totalitaires n’était pas bon à jeter. Aujourd’hui, à Saint-Pétersbourg et je sais de quoi je parle, la plupart des pensionnés ne doivent leur survie que parce qu’ils sont encore bénéficiaires du régime des pensions du temps de Brejnev ! Les nouveaux retraités le sentent passer, le Régime libéral. Ils n’en disent pas que du bien.
Alors, hein, le triomphalisme des élites pour leur système qui n’en est pas moins une belle merde, ce n’est pas le moment. D’autant que si le monde ne se met pas à gamberger au plus vite sur autre chose, nous sommes fichus !
L’apport de Marx aux idées innovantes est indéniable. Son rôle tout le XXe siècle est capital (sans jeu de mots). Le monde actuel serait pire, s’il n’avait pas vécu et écrit et, s’en inquiétant, les capitalistes ne sont vraiment devenus obèses qu’à la chute de l’empire stalinien. Avant, ils avaient les chocottes que nous ne tournions cocos.
On constate aujourd’hui l’importance de Marx, alors que les partis de gauche s’en détournent sans état d’âme, because ratisser large dans la foule abrutie du discours libéral.
Pourtant, parmi les pépères que nous prennent de haut, les rares intellectuels intelligents (oui, c’est un paradoxe) lisent ou relisent Marx depuis la crise économique de 2008.
Warren Buffett (troisième fortune mondiale) déclarait en 2006 au New York Times : « Il est vrai qu’il y a une lutte des classes, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui fait la guerre, et nous gagnons. »

1sasculm2marx.jpg

En France les mouvements trotskistes comme le Nouveau Parti anticapitaliste ou Lutte ouvrière n’ont pas peur de s’en référer. Jean-Luc Mélenchon prononce rarement le nom de Marx, alors qu’il s’en inspire. En Belgique, Raoul Hedebouw le cite de temps à autre, mais il se retient afin d’éviter de froisser ceux qui ont un apriori. Les socialistes de Di Rupo, quand ils en parlent ont l’air de bijoutiers qui viennent de se faire braquer et qu’on interview sur le trottoir en piétinant les débris de verre de leur vitrine par terre.
Mais bon sang, Marx n’est pas un ancien dictateur qui aurait échoué et fait tuer des millions de gens, ce n’est pas Staline, c’est le philosophe d’une société égalitaire et qui n’y parviendra que si les hommes améliorent leurs qualités et luttent contre leurs défauts.
Dans le fond, ce que l’on reproche à Marx, c’est de vouloir une vertu humaniste que les actuels escrocs de l’économie ne peuvent pas concevoir. On peut se demander ce qui se passerait devant le défi écologique si l’économie marxiste était au pouvoir ? Je crois qu’elle aurait maîtrisé le problème. Le marxisme est conçu pour satisfaire tout le monde à condition d’observer une certaine discipline, alors que le système capitaliste, c’est le contraire et qu’actuellement devant le réchauffement climatique, l’économie capitaliste n’arrive pas à réfréner son instinct prédateur, tandis que l’économie inspirée du marxisme l’aurait pu !
Ces beaux messieurs du pouvoir nous la baillent belle avec leur acharnement de la croissance, comme si la croissance n’était pas le meurtre en public de la planète !
Le PS de Di Rupo tient Marx pour responsable des crimes commis en son nom.
Je laisse la conclusion à Slavoj Zizek qui affirme que ce paradoxe est lié à la nature même du communisme « […] le communisme lui-même a rendu très facile de jouer au jeu du coupable à trouver, et, par là, d’accuser le Parti, Staline, Lénine, finalement Marx lui-même des millions de morts, de la terreur et du goulag. Tandis que dans le capitalisme il n’y a personne à qui attribuer la faute : les choses se sont simplement passées à travers des mécanismes anonymes, même si le capitalisme n’a pas été moins destructeur. »

1 septembre 2018

Une confiance en béton !...

Le béton – on le croit encore – a la durée illimitée de la pierre et de la société capitaliste.
L’une est forgée en interne, puis refroidie par le frottement de la terre dans l’espace ; l’autre est forgée en externe, puis chauffée par le désir de pognon.
Eh bien ! chères âmes, vous avez tout faux !
C’est fou comme parfois Donald Trump a presque raison philosophiquement, quoique n’étant pas philosophe (à vrai dire il n’est pas grand-chose, juste un attrape-sous), lorsqu’il soutient que ce qu’on raconte sur sa politique et sur lui-même est faux, attendu que ce qu’il prétend être vrai est également faux !
Entendons-nous bien, parmi tout ce qui est falsifié, édulcoré, transformé, abêti et médiatisé, le plus invraisemblable serait que la société capitaliste dans laquelle nous sommes empêtrés jusqu’au c… allât plus loin que les deux premiers siècles du millénaire.
Elle aura duré environ quatre cents ans, de 1800 à ?, un peu moins que la civilisation romaine et bien moins que celle de l’Égypte.
L’effondrement des civilisations passées nous montre la conséquence d’une réflexion à court terme. Faute de nous concentrer sur la construction de structures capables de résister à l’épreuve du temps, nous nous retrouverons avec des artefacts massifs et à l’abandon qui ne remplissent pas plus leur objectif initial que les statues de l’île de Pâques.
Eh oui ! le béton s’effrite encore plus vite que le système. Sa vie varierait selon les experts entre 50 et 100 ans. Il n’aurait pas flanché, s’il avait été fait uniquement de lave comme la coupole du Panthéon, ce grand monument romain antique qui nous soit parvenu intact.
Mais voila, les sables alcalins, les ferrailles qui devaient le renforcer mais qui rouillent, tout enfin nous convainc qu’il va falloir rebâtir New-York fin du siècle et avec la ville emblématique, tout ce qui en Europe et en Amérique ainsi que dans le reste du monde tient encore debout avec des ferrailles dans le fion.

1bgr2x.jpg

Ce sont les bâtisseurs du pont du Gard qui doivent rigoler dans leur tombe. Le système capitaliste avait déjà tout faux lorsqu’il s’est mis à gamberger sur le béton pour gagner du temps, pour monter plus haut et pour remplir les caisses des bâtisseurs plus rapidement, amener les concussionnaires et les sous-traitants plus vite à l’orgasme !
La mésaventure du pont de Gênes n’est rien à côté de ce qui nous pend sous le nez.
Les Liégeois s’en souviennent encore. Pourquoi croyez-vous être restés près de quatre ans sans pouvoir marcher sur le pont Maghin ? Là, le vice majeur a été vu à temps, on a remplacé les ferrailles rouillées, c’était encore possible. Tous les bétons coulés autour des ferrailles sans gaine, sont dangereux à partir de cinquante ans d’existence.
Bah, dira Charles Michel vautré sur son siège de direction, ventilé et chauffé dans son douillet cabinet de la rue de la Loi construit en belles briques cuites à l’ancienne, voilà qui va faire du travail en plus.
Oh ! que nenni, gentil messire. La plupart des bâtiments en béton devront être rasés sur la planète entière. On ne pourra pas les remplacer par un nouveau béton, tant il est un produit glouton qui avale des quantités de sable énorme, mais surtout pas n’importe lesquels. Celui des littoraux ne vaut rien en principe. Il est fait du calcaire d’animaux morts et le calcaire est poreux et friable à la longue. Or, tous les margoulins qui se sont rués sur les constructions actuelles, la plupart n’ont pas utilisé le sable qui aurait convenu. En plus, les fers à béton ne sont pas d’acier inoxydable, le prix de la construction eût été énorme. Alors ?
Le progrès façon capitaliste est en réalité le plus maléfique des traquenards. On s’y aventure par la facilité d’y être et des services qu’il rend. Ce sont les générations futures qui paieront la facture. Elle est déjà salée sur le plan écologique, la voracité des appétits qui consomme du non-renouvelable croyant que les réserves de la terre sont inépuisables ; voilà maintenant que ses constructions s’avèrent moins solides que les cathédrales et surtout moins que les pyramides.
S’il y a bien une expression qu’on n’entendra plus, c’est bien celle du capitaliste ébloui par lui-même qui dit béatement à la presse en extase « J’ai une confiance en béton de l’avenir ».