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21 mars 2019

Wallonie te huur.

Hier, j’ai publié dans ma chronique que la surenchère toucherait bientôt les partis flamands. Ils vont jouer à « plus Flamand que moi tu meurs ». Je situais le phénomène après les élections de mai prochain, le CD&V mettant le grand braquet pour refaire son retard sur la N-VA en matière communautaire, toujours très porteuse en Flandre.
Je me trompais !
C’était sans compter sur Liesbeth Homans. L’égérie de la N-VA est montée au balustrade tout de suite avant la cloche du dernier tour. Elle a pris tout le monde de court par un décret.
Sujet facile : le flamand tant chéri et le français tant honni sont sortis de la boîte de pandore pour un remake de la détestation de ce dernier.
Désormais, l’appel à un interprète quand par exemple vous allez chez un fonctionnaire qui comprend très bien le français mais fait semblant de ne pas le connaître, sera dorénavant payant pour les primo-arrivants ou les allophones qui veulent faire appel à un interprète social. Idem pour, par exemple, se rendre chez le médecin ou à une réunion de parents, ils devront désormais le payer eux-mêmes. Voilà la décision de la ministre flamande de l'Intégration civique, qui met de nouvelles règles en place… Sauf, si l’impétrant parle l’anglais, étant entendu que c’est dorénavant la langue officiellement de seconde main en Flandre, compte tenu de son importance dans le biseness du néolibéralisme.
- Les urgences, je vous prie, mon bébé est malade !
- Ik begrijp niet wat je zegt.
- Emergencies, please, my baby is sick!
-At the end of the corridor, on the right.
Surréaliste cette Histoire ? Mais non, Liesbeth l’adore.
An Moerenhout, une qui a du bon sens, reproche à Liesbeth Homans de dégager trop peu de budget pour ces traducteurs sociaux. En laissant sous-entendre que si le français parlé par presque tous les Flamands est traqué et atomisé dans ses derniers îlots de résistance, c’est parce que la hantise de cette langue reste un frein à l’expansionnisme flamingant.
On ne voit pas bien les pâlots personnages libéraux, mâtinés des presque disparus CDH à Namur, siège du gouvernement régional wallon, à l’assaut linguistique de la Flandre en majesté, dans ce royaume lilliputien, pourtant de ce point de vue, un véritable chaudron des enfers. L’urgence est ailleurs. A Mons, des riverains ne veulent pas l’implantation d’une usine à frites (authentique) !
L’autre jour à Remouchamps, Borsus était en larmes en voyant les efforts des classes moyennes pour mettre en Bilingue les affichettes de locations touristiques. Au dixième « Te Huur » il a sorti son mouchoir.
Charles Michel avait fait le nécessaire pour agréer Quick et Flupke – Borsus et Crucke – auprès de Bart De Wever ! Il faut croire qu’ils ont trop de souplesse et pas assez de fermeté !

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Liesbeth enfant de Vondel, couguar chérie, icône des quinquas linguistiques, signe un fulgurant retour du Jedi et son basculement du côté obscur de la Force flamande.
Elle n’a pas attendu la cloche du dernier tour de piste du 26 mai, pour monter à la balustrade et prendre tout le monde de vitesse, au nez et à la barbe de Kriss Peeters chevauchant son vélo hollandais, souriant bêtement comme toujours.
"Het decreet, ik zal het op de letter toepassen" (Alleï, je traduire à toi un dernière fois) "Le décret, je vais l'appliquer à la lettre". Pour sûr, on peut compter sur elle.
Il y a de plus en plus de demandes d'allophones de la 2e ou 3e génération. Elle devrait s’inquiéter. Les enfants d’allophones seraient rétifs à l’apprentissage du flamand !
À moins que Miss Homans ne soit sponsorisée par une marque de traducteur de poche ?
Au royaume de Flandre, l’interprète social ne peut être sollicité que par une organisation ou une institution, jamais par l'allophone lui-même. Liesbeth Homans refilerait-elle la facture aux écoles et au Centre pour le Bien-Être, afin d’alléger les dépenses de l'Agence ?
Réponse : "Le but est qu'ils refacturent à l'allophone. À eux de voir s'ils le font ou pas".
Le problème tient dans la solvabilité des demandeurs. Si bien que tout ce chambard finalement pour rien car les frais incomberont inévitablement à l'enseignement et aux CPAS.
Pas sûr, que cette mesure ne soit décrétée que pour emmerder le CD&V et les francophones. L'économie des bouts de chandelle joue aussi. La leçon pour Liesbeth Homans reste populaire « geen faciliteit ». Traduction : « Je pense simplement que cette mesure diminuera rapidement les demandes ».
La N-VA applaudit. Son programme électoral tend justement à reporter les coûts de fonctionnement sur les non-néerlandophones, afin de stimuler les fransquillons à apprendre le néerlandais ou à vider les lieux. Après le Brexit, le Flexit !

20 mars 2019

Les Flamands attendent leur doudou.

Les deux grands partis qui ont dominé la politique belge ces trente dernières années, à savoir le CD&V pour la Flandre et le PS pour la Wallonie, ne vont pas bien. C’est le moins que l’on puisse dire.
Le PS tente de reprendre la main par des déclarations comme le minimum à 1500 € d’une pension pleine, comme l’ont proposé la FGTB et le PTB.
On oublie trop souvent que pour les petits salaires et les pensions, la différence entre le brut et le net est souvent énorme par rapport aux sommes attribuées.
C’est ainsi que si l’on décompte la cotisation AMI (assurance maladie-invalidité) qui ne remplace pas la cotisation de mutualité et ne donne pas droit au remboursement des soins de santé, la cotisation de solidarité (environ 2 % maximum) et le précompte professionnel, les 1500 € tourneraient aux alentours des 1350 € net par mois, soit 10 % de prélèvement sur la pension. C’est énorme à ce niveau ! C'est comme si le gouvernement reprenait plus d'un mois de revenus sur l'année !
Le précompte professionnel, par exemple, est une aberration pour des pensionnés qui ne travaillent plus. Il devrait être purement supprimé pour des personnes qui ont pour seul revenu la retraite versée par l’État, le cumul avec d’autres revenus étant évidemment taxé en proportion et maintenu.
Ce n’est pas avec ce genre de réforme que le PS pourra se refaire une santé. Il paie évidemment une collaboration avec les partis de droite pratiquement sans discontinuer, depuis qu’il passe une législature sur deux au pouvoir.
Si pour ce parti adhérer au néolibéralisme est compatible avec les électeurs qu’il est censé représenter, tous les plus beaux raisonnements du monde n’y feront rien, il perdra encore des voix dans l’avenir.
Le CD&V navigue dans d’autres perspectives. Il souffre de la déchristianisation de la Flandre et du regroupement de la bourgeoisie flamande partie à l’Open-VLD et partie à la N-VA. Si bien que son aile gauche est gagnée par le socialisme et son aile droite partagée entre l’espérance de la prospérité du libéralisme et son patriotisme fascisant.
Pour sa réplique, il a choisi la concurrence avec la N-VA et le Vlaams Belang en remettant la Flandre au centre des débats.
Si la Wallonie est un boulet pour la Flandre, la Flandre en est un autre pour le reste du pays. Croire encore au néolibéralisme et au nationalisme aujourd’hui, cela confine à la débilité mentale ou au cynisme le plus achevé, au choix. La Flandre est un résumé des deux. En fin de trêve communautaire, si la Wallonie est un pétard mouillé, la Flandre est un tonneau de poudre.

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Le mouvement flamand a fait une croix sur une réforme de l’État en 2019, mais pas question d’aller jusqu’en 2024, sans réforme constitutionnelle. Le CD&V a mis à l’ordre du jour une demande de réforme en concurrence avec les partis nationalistes pour 2024. Cinq ans d’un pugilat général en Flandre pour préparer cette réforme, c’est dire les surenchères !
La bagarre pour une réforme de l’État va commencer dès juin 2019 au Parlement flamand. La commission chargée des questions communautaires tiendra en haleine tout gouvernement issu des prochaines élections. Il ne fallait pas s’attendre à autre chose après la politique de Charles Michel qui a cru ouvrir son parapluie pour se mettre à l’abri des averses communautaires. De cette vision petite bourgeoise du MR, que reste-t-il ?... des années perdues et un grand vide.
On n’a rien vu du tout. Après Marrakech le désir d’en découdre à la N-VA et au Vlaams Belang, oblige le CD&H à entrer dans la danse.
La machine à autonomiser la Flandre mise au hangar pendant cinq ans, il va falloir la sortir. Les constitutionnalistes sont consternés à l’avance, autant imprimer l’esprit des lois sur les rouleaux de papier WC pour l’usage des parlementaires flamands.
Les médias, qui ont depuis longtemps pris parti pour une Belgique à l’immuabilité bourgeoise, se sont mis la tête sous le sable. Il leur semble que les Flamands ont plus à gagner en restant dans la Belgique « classique » que confédérale. Ils ont oublié que la logique et la raison sont perdantes partout où la passion domine.
Le plus d’autonomie flamande et sortie du système fédéral du CD&V ravivent les craintes des Belgicains et réjouissent les nationalistes flamands.
La question majeure va se jouer à Bruxelles au niveau des soins de santé et des allocations familiales, si les nationalistes parviennent à scinder ces deux services, les Bruxellois devront choisir le rôle auquel ils adhèrent. La Flandre spécule sur sa richesse pour proposer mieux que les Francophones. Hé oui ! la reconquête de Bruxelles par la Flandre va commencer par la prise d’intérêt pour l’un ou l’autre rôle.
Qui sera le nouveau Luc Van den Brande se demande Daardaar ?
C’est une question à laquelle il n’y a pas encore de réponse. Mais, les Wallons ne perdent rien pour attendre. Ce n’est pas la politique des pleutres CDH-MR à Namur qui peut nous rassurer.

19 mars 2019

Allez au-delà. Extravaguez !

Après ce dernier samedi d’émeute à Paris, ceux qui n’avaient pas encore compris pour qui roulent les médias auront été déniaisés par les godillots de la première heure, les Jean-Michel Aphatie les Daniel Cohen, Anne-Élisabeth Lemoine, Alain Duhamel, sous la bannière de BHL, rejoints par Caroline Roux, Yves Tréard, Christophe Barbier, Françoise Fressoz… j’arrête, on pourrait remplir la page.
Le pouvoir s’agite, Macron revient du ski dare-dare. Castaner dessaoule. Philippe s’agite la cuisse héronnière, pour en être où ? Nulle part !
À force de prendre les gens pour des cons, l’élite s’affole et ne peut couper court aux débordements de la rue. Pendant ce temps, l’abbé Macron en chaire de vérité, entame sa ixième grand’messe débats.
Il n’y a pas à revenir en arrière. Charles de Gaulle a eu une fichue idée de concentrer tous les pouvoirs sur le président et Lionel Jospin de faire passer cette élection avant les législatives. Cette erreur pourrait même donner à Marine Le Pen le fauteuil suprême, avec autant de députés que la République en Marche.
Du coup on aurait pu croire à une solidarité entre bourgeois européens et l’UE qui tournerait à l'avantage de Macron. C’est mal connaître la bourgeoisie énamourée des gagnants, méprisant les perdants disséminés en Europe.
C’est l’occasion aussi pour elle de se moquer du donneur de leçon français. Macron voyait des dérives partout, sauf dans son pays. Le voilà avec des émeutes à répétition dans les grandes villes et peu d’imagination pour en sortir.
Cette insurrection hebdomadaire fait passer au second plan le rendez-vous du 26 mai. Du coup le Brexit peut être repoussé après, le 29 mars, tout le monde s'en fout.
Et personne, vraiment personne dans les médias, parmi les élites, à l’Élysée, à Matignon, idem parmi les observateurs étrangers, comme le gouvernement belge en expédition des affaires courantes, ne prend la peine d’arrêter les conneries pour écouter quelques minutes les revendications des Gilets Jaunes, d’abord modestes, aujourd’hui à la hauteur d’une conscience de classe qui se lève et propose, ni plus ni moins un changement de régime !
Parce qu’enfin, sous les slogans, les cris, les rassemblements, les symboles bourgeois pillés, incendiés, c’est la critique de la gigantesque bulle spéculative qui est montrée du doigt et qui cache à peine masquée, son internationalité intemporelle derrière le pouvoir en place.
Pendant que les flash-Ball crachent leurs projectiles, les pluies lacrymogènes entrecoupées de l’eau des autopompes arrosent leur quotient de victimes, le néolibéralisme impose sa logique totalitaire sur les esprits, calmement, placidement, aussi peu sensible aux revendications écologistes que sociales, bien au sec, loin des Champs Élysées.

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Le néolibéralisme emploie toute son énergie à instaurer le règne du réalisme globaliste. Paisiblement, se moquant même des gesticulations de Trump, son fantoche préféré, il touche au domaine sensible, par ses gadgets et aussi parfois, ses inventions étonnantes, un processus d’accélération du désir qui fait passer l’innovation de l’inutile à l’utile. Mine de rien, autrement plus intelligent que Macron dans le domaine de la maîtrise des peuples, il maquille sa violence en compréhension de l’environnement, en bonne volonté sociale, en care pour les populations pauvres des antipodes. Pour la bonne raison que celles qu’on ne voit jamais ne peuvent pas contester sa générosité intéressée. Il parvient ainsi à désamorcer son pouvoir subversif, jusqu’à éradiquer toute trace de négativité, tandis que ses petits soldats du libéralisme primaire sont en première ligne et ramassent des pavés sur la tête à sa place.
Le réalisme globaliste maîtrise la dénégation des mots et des images, par un usage de la dérision qui rend tous les discours possibles, sous le signe de la post-vérité : le monde qui peut-être va s’écrouler, sera « comic » jusqu’au bout, tenu en laisse par ses amuseurs.
Les médias en attestent, les pouvoirs des élites sont leur caution intellectuelle. BHL et les philosophes de salon de la déconstruction, leur assurent la postérité.
Pour le libéralisme si facilement démasquable et pourtant toujours aussi couvert, ses élites sont une véritable aubaine casuistique. Macron et les autres revivent pour lui les « Aventures du brave soldat Švejk pendant la Grande Guerre » dans une petite guéguerre avec le peuple.
Ses complices, la République en Marche, se sont emparés de la mission d’accoutumer le public au monde sans réplique que sert aussi Macron et espèrent par là faire accepter n’importe quoi aux Gilets Jaunes.
Que faire, sinon fustiger l’assujettissement du monde à la finance et déplorer qu’il n’y ait pas plus de volontaires parmi l’élite et les médias, sinon ceux qui hantent Facebook, les réseaux sociaux et les téléphones portables, « inventions étonnantes qui fait passer l’innovation de l’inutile à l’utile » ai-je écrit plus haut. Et qui, bien compris, sert actuellement de boomerang quand les flics sont les quilles du bowling et Macron, tenancier des lieux. Le président des riches court le risque de perdre aussi l'estime des puissants, quand ceux-ci voient leurs recettes diminuer sur les Champs Élysées. Quand les bourgeois perdent de l'argent, c'est mauvais signe pour le pouvoir en place.

18 mars 2019

Pauvre Blaise !

Pascal Delwit, libéral de coeur, s’est livré au magazine néerlandophone Bruzz. Dans son style de pleureuse (femme assise au pied de la stèle dans l’Art grec), malgré les larmes qui embuaient ses yeux tristes, il a fait un tour d’horizon politique. Épervier attrapant des mulots, il a déchiqueté quelques bêtes devant nous. Ah ! la culture universitaire de l’ULB quand même…
Ce grand négationniste de la lutte des classes est un porte-étendard des classes moyennes avec Denis Ducarme, les malheureux qu’ils défendent n’en demandaient pas tant !
Comme tous les faux modestes, il dénonce ses erreurs de jugement, qualifiant la campagne du MR à Bruxelles-Ville de "complètement dingue". Il ne blaire pas Alain Courtois, le toujours-bien –mis-sur-lui du centre ville de Bruxelles. Delwit, est une belle âme « …quand on est bien à droite dans toutes ses démarches et idées, il faut surtout ne pas l’afficher. »
Il le reproche à Alain Courtois, qui a mis le curseur à la droite de la droite, comme Charles Michel, sur la sécurité et l’immigration. Ce qui est politique au fédéral est suicidaire au communal ! Il est comme ça Delwit, on a tort de ne pas faire attention à ce qu’il dit. Quand on a saisi sa logique, Delwit est comme le MR, il fait peur. Je plains ses étudiants de gauche !
Il n’a pas senti la victoire de la socialiste Moureaux à Schaerbeek, il l’avoue. Il espérait tant la victoire de Françoise Schepmans, à croire que cet homme « rentré », comme on dit en psychanalyse, a quelques gamètes à disposition en-dehors de la Bourse de Bruxelles.
"Il y a eu un déplacement d'électeurs du MR vers Ecolo. Il existe une porosité entre les électeurs du MR, d'Ecolo et de DEFi. » Il ne comprend pas comment des intellectuels, sortis des écoles avec l’amour du système d’Adam Smith, aient pu loucher pour des hybrides.

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Notre faux modeste réservait ses flèches au PTB. « Ce parti qui ne devrait pas exister. » Il s’étonne de ses performances contre nature. Cette anormalité le travaille. Il verrait bien une partie d’Hedebouw dans un bocal au musée Spitzner, en curiosité anatomique !
Raciste Delwit ? "Le PTB a surtout réalisé de bon scores dans les communes où réside un électorat avec des racines maghrébines. Je crois qu'il a su capter les voix d'une population jeune issue de l'immigration, etc. » Alors raciste ? Non, vous rêvez, seulement attaché à l’identité belge, le caractère foncièrement belge du libéralisme du MR. Vous saisissez la nuance ? Il devrait méditer la réflexion de Romain Rolland « le patriotisme, c’est l’amour de la famille, le nationalisme, c’est la haine des autres ».
« Le PTB reste un parti avec une structure très centralisée. Leur plus grand ennemi est le PS. Leur principal objectif reste de tuer politiquement les socialistes. Il réclame une rupture sans savoir véritablement ce qu'elle contient. Je n'ai peur de rien mais s'il obtient une majorité absolue en Belgique, je déménage. Ce n'est pas une blague ».
Ne serait-ce que pour qu’il déménage, sans y croire, sait-on jamais, une petite neuvaine à Sainte Rita, patronne des causes désespérées, on peut essayer ! Jarosław Aleksander Kaczyński du parti polonais « Droit et Justice » est prêt à l’accueillir au cas où Sofie Merckx deviendrait présidente de la république belge et Hedebouw, premier ministre.
Encore un mot du politologue, sa prédiction à la Nostradamus, concernant Catherine Moureaux à Molenbeek. "Je dois bien avouer que je n'avais pas vu venir sa victoire. Le fait qu'elle soit la fille de son père a forcément joué un rôle. Tout le monde connaît le nom de Moureaux à Molenbeek. (...) Les négociations avec le PTB (1)? C'est l'état-major qui va décider s'il entre en coalition ou non, pas Dirk De Block. Je crois que le parti a un problème. Il n'a pas envie de monter dans une majorité et tous les projecteurs sont braqués sur lui. Je prédis une majorité PS-MR".
Ah ! le cœur a des raisons… Françoise Schepmans, libérale !... Elle serait pour le politologue, adorée des droites, comme la Saïda Jawad de Jean-Luc Mélenchon de l’ultra gauche, si cette comparaison n’avait pas d’autre but que la réflexion de Delwit sur la vision d’une société à deux classes : les gens du dessus et les gens du dessous. Delwit étant, comme Françoise, attaché par droit divin aux gens du dessus.
Les élections communales d’où sont venues ces réflexions sont vieilles de trois mois bien faits. Elles sont intéressantes, elles annulent par avance les réflexions de Pascal – qui décidément n’a pas le talent de Blaise – pour l’après 26 mai 2019.
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1. Échec des négociations.

17 mars 2019

Étonnement d’un nouvel Usbeck.

Les manifestants dispersés à l’aide de gaz lacrymogènes et canons à eau sur les Champs-Élysées... des interpellations... l'acte XVIII des gilets jaunes, probablement le dernier de la série impressionnante des manifestations populaires non-encadrées, ni avalées par les partis politiques, aura anticipativement rendu son verdict sur la grande parlote nationale qui a pris fin hier, organisée par Emmanuel Macron. Les GJ ont tenu à marquer d’un grand défilé, la fin des bavardages inutiles qui n’aboutiront à aucune revendication de la rue.
Les instances internationales, l’ONU, les ONG condamnent les violences de l’État français sur la population. À quoi assiste-t-on ?... au dénigrement de ces instances mondiales par « l’élite » française, au nom de l’idéal bourgeois de la conduite des affaires ! Les grandes écoles sont unanimes pour lutter contre… la démocratie. La loi du plus grand nombre déplaît à tous ces gens en osmose avec Bernard Henry Lévy, selon l’opinion que l’élite conduit mieux les affaires seule, convaincue par l’excellence de ses pairs et l’insuffisance intellectuelle du peuple.
Nous sommes bien dans le cas d’une société duale. Le pouvoir avec ses « élites », sa mainmise sur la culture, les moyens d’information, les clubs patronaux, contre une population qui s’aperçoit qu’on la trompe, qu’on la pille, qu’on la maltraite et que l’on méprise.
Et que fait le pouvoir à côté d’un semblant de dialogue ? Il réprime un mouvement social spontané et authentique, non sans avoir pris la précaution d’augmenter la paie de ses polices !
L’Europe s’attendait à autre chose de la part du pouvoir de Macron. On a cru, jusqu’à fin de l’année dernière, que la France était la fille de la Révolution de 89, alors qu’elle est la rémanente de la troisième République ou pire du Régime des Versaillais de Thiers, plutôt que le peuple qui fit chuter les rois de l’Ancien Régime.

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Ce qui se passe n’est pas de bon augure pour l’Europe. Le résultat des urnes de mai 2019 fait peur. Sous l’effet de l’effondrement du socialisme réformateur, la gauche s’est pratiquement désintégrée en autant de courants hostiles entre eux. Sans autre garde-fou qu’une ambivalence entre ce qu’il faut faire pour sauver la planète et ce qu’il faut de justice sociale pour rendre la foi en l’avenir, les écolos sont mal placés pour mettre tout le monde d’accord.
Les atermoiements et les incertitudes de l’opposition nuisent par le manque de cohérence face à « l’élite » qui se ressert autour de Macron, dans son choix par défaut.
Si bien que le grand ventre mou du centre, se joignant aux désespérés de la gauche en errance, pourrait grossir les rangs de l’extrême droite et alourdir le passif de cette démocratie qui a renoncé aux grands principes d’égalité, pour se jeter dans les bras du libéralisme, sans aucun plan de rechange.
Si l’Europe économico-politique est une oligarchie d’intérêts, c’est principalement à cause du régime de Macron, trop ancré dans ses certitudes néolibérales pour être capable de répondre positivement à la crise des Gilets Jaunes, au moins essayer de la comprendre.
Que va-t-il se passer après mai 2019, pour les 27 de l’Europe ?
Quoique soudée par l’habitude des décisions communes d’intérêt économique, cette Europe là ne pourra plus tenir longtemps dans sa forme élitiste, si Bruxelles, aussi aveugle que Macron du point de vue social, persiste dans l’exclusivité de sa politique de puissance économique. Ce sera probablement l’embrasement final et la fin de l’UE.
À force de masquer les intérêts particuliers d’une caste derrière le faux semblant de l’intérêt général, le pouvoir s’est disqualifié pour entrer dans un dialogue avec les gilets Jaunes.
Les intérêts sont inconciliables.
On oublie trop souvent que derrière les inégalités, le saccage de la nature et le peu de soin de l’environnement, il y a le système économique, la mondialisation, la personnalité qui réussit selon les critères du néolibéralisme, le culte des dividendes et de la propriété.
Dans le conflit actuel, il n’en est jamais question, alors que c’est la difficulté majeure ! L’alpha et l’oméga des problèmes qui restent sans solution.
Il ne manque aux Lettres persanes qu’un nouveau Montesquieu. Un Usbeck faussement étonné que le peuple soit définitivement déclaré inapte à gouverner par des individualités sorties des grandes écoles. Alors que ce sont ces individualités qui mènent les pays à la ruine, au point de revendiquer la bêtise de leurs directives… comme preuve d’intelligence !

16 mars 2019

Visite de Castaner à Bruxelles.

– Monsieur le ministre des Affaires courantes étrangères, Didier Reynders, pouvez-vous nous dire ce que vous faites Vooruitgangstraat, dans un quartier plutôt interlope de Bruxelles ?
– Cher monsieur de Brigode, je suis ministre des Affaires étrangères, européennes et de la Défense, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales.
– Ça n’explique toujours pas…
– C’est quand même fabuleux que vous l’ami de tout le monde, donc des libéraux, vous me posiez cette question et que vous ne la posez pas à Laurette Onkelinx ?
– Mais parce que madame Onkelinx n’est pas Vooruitgangstraat ! …et que vous arpentez le trottoir, enfin derrière vous, on voit nettement monsieur De Crem, ministre de l’intérieur à la vitrine du bar « Chez Sucette ».
– Hé bien oui, nous sommes en pleine activité ministérielle. Monsieur de Crem attend Christophe Castaner, le ministre français de l’extérieur et moi je suis en mission Beliris !
– Qu’est-ce que Beliris a de si pressant à faire dans une rue chaude comme celle-ci ?
– L'objectif de Beliris est de promouvoir le rayonnement de Bruxelles en tant que capitale de la Belgique et de l'Europe.
– Comme rayonnement, ça rayonne ici, je ne dis pas le contraire. Mais, j’insiste, dans une rue aussi spécialisée ?
– Qu’est-ce que vous avez contre les escort-girls ? Vous êtes un évangéliste, Monsieur de Brigode ? Les rues chaudes de Bruxelles font partie du patrimoine culturel de la ville au même titre que Toone, rue du Marché Aux Herbes. Pour tout vous dire, j’y exerce une saine activité : j’inscris sur mon carnet les surfaces murales disponibles pour mes affiches, afin de convaincre nos compatriotes de l’excellence de notre néolibéralisme, en vue du 26 mai !
– Pendant votre travail de ministre vous faites de la propagande pour le MR ? Mais c’est interdit !
– Charles Michel m’a refusé des aides colleurs d’affiches. Tous les membres de mon cabinet sont à la N-VA depuis l’interview de Hersant. Je vais coller seul mes affiches, mon épouse ayant refusé de porter le sceau de colle de peur qu’un justiciable en instance de son procès ne passe voir ces dames.
– Les tâches sont bizarrement réparties au MR !

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– À qui le dites-vous ! L’incompétent Chastel tête de liste à l’Europe, l’avocat pro deo Charles Michel, président du parti… ils m’ont refusé la tenue de la Bibliothèque Jean Gol et la buvette, toujours sous l’influence de Richard Miller, Denis Ducarme tête de liste à la Chambre, il restait Bruxelles, le comité local m’a chargé de la propagande… Hélas ! je me suis engueulé avec Vincent De Wolf, Françoise Schepmans, Boris Dilliès, seule Sabrina Baraka est restée de mon côté, ce que je n’ai pas encore osé dire à ma femme !
– Vous ne m’avez toujours pas dit ce que fait Pieter De Crem « Chez Sucette » ?
– C’est une idée de la présidente de l’Open-VLD. Le ministre de l’intérieur doit recevoir cet après-midi son homologue français Christophe Castaner pour une confrontation au point de vue de l’armement défensif de la police de répression des émeutes. Le Français pense qu’éborgner et arracher des mains constituent le meilleur moyen de faire rentrer les gens chez eux, alors que nous avons décidé d’armer nos lances grenades d’ours en peluche à propos de la manifestation des jeunes pour la préservation de la nature et le respect de la planète.
– J’insiste sur ma question : pourquoi le recevoir dans une maison close ?
– La maison n’est pas close, comme vous pouvez le constater. C’est un bar, tout ce qu’il y a de bar, avec des filles et on monte à des prix raisonnables. Gwendolyn Rutten pense que Castaner est un homme sensible au décor, les putes, c’est toute sa jeunesse à cet homme là. Il en est même devenu une quand il est entré au PS, et maintenant que le voilà au REM, il monte en grade et devient sous-maîtresse du claque, presque tôlier, en attendant que Philippe retourne pêcher le barbeau à Dunkerque.
– Comment vont-ils faire ? Vous connaissez De Crem, ce n’est pas un rigolo. Ces dames se plaignent déjà, depuis qu’il est en vitrine, il n’y a plus personne ! Y aura-t-il un accord ?
– Castaner a demandé que cela se traite au poker, relance à 100 € !
– De toute manière, c’est l’argent du contribuable…
– Certes, mais qui est devenu le nôtre, ne l’oubliez pas ! C’est un terrible joueur, voilà trente ans qu’il tape le carton dans tous les bouibouis. Ce qu’il ne sait pas, c’est que Pieter De Crem s’est beaucoup entraîné au ministère de la défense quand il a remplacé André Flahaut. En effet, Flahaut lui, c’était le golf. Il avait eu juste l’idée avant de laisser son fauteuil à Pieter, de connecter son téléphone avec celui de l’US Army, si bien qu’il avait tout le temps à lui. De Crem m’a bel et bien pris 1.200 € juste avant que je reprenne du souffle sur le trottoir.
– Et si Castaner demande une fille, vous n’avez pas peur qu’elle ne soit un agent de Poutine ?
– Vous savez, j’ai eu ce matin Philippe au téléphone qui m’a confié qu’on avait écarté tous les pochetrons des ministères des secrets d’État, en cela l’affaire Benalla aura eu du bon. Depuis, Castaner n’est plus mis au courant de rien. Il se flash-ballise de plus en plus.
– Je vous remercie monsieur Didier Reynders et bon collage… C’était François de Brigode depuis Vooruitgangstraat à Bruxelles, pour la RTBF, spéciale élection.

15 mars 2019

La démocratie privatisée !

– Monsieur Miller, cher Richard, puisque nous nous connaissons, encore que l’on ne vous voie plus souvent prendre votre petite enveloppe dans le bureau du rédacteur en chef. Cette fois, avec votre complice Hervé Hasquin vous avez écrit un livre aux Éditions de la Potinière, « Privatisation For Ever » qui est un cri du cœur au ralliement total au néolibéralisme dont vous aimez la sauvagerie, paraît-il, qui bouscule votre nature introvertie de philosophe libéral.
– Cher Michel De Maegd, avec vous, je suis certain que vous jugerez franchement cet ouvrage sans esprit partisan et avec la sincérité qui ont toujours habité votre conscience journalistique. En effet, nous traitons Hasquin et moi de la question essentielle de la privatisation comme moteur prodigieux du dynamisme du néolibéralisme. Les gouvernements freinés à chaque fois par, je ne dirai pas l’ensemble du parti socialiste, puisqu’il est d’accord avec nous sur ce sujet, mais par quelques-uns qui se mettent en-travers de notre route par le souci d’une position personnelle.
– Dans quel but ?
– Mais tout simplement lorsque nous faisons des accords de privatisation de certaines entreprises d’État, de service notamment, et qu’ils ne sont pas repris dans les conseils d’administration du repreneur qui concède quelque sièges rémunérés aux négociateurs de l’État à ces transferts d’activités, ils nous font les pires misères !
– Aujourd’hui après la poste, les chemins de fer et – je crois savoir – la sécurité sociale, vous vous attaquez au tout gros morceau : l’État. Vous voulez privatiser l’État ?
– Oui, c’est Hasquin qui m’en a donné l’idée. Il veut mettre aux enchères la démocratie, ni plus ni moins.

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– Il est vrai que personne n’y avait pensé avant vous deux. Et je crois savoir que vous avez de solides arguments !
– Oui, il faut tout faire pour rembourser nos dettes. Savez-vous que les adhérents à notre parti, le MR, sont les plus impactés par la dette ? Non seulement ils sauvent l’État en lui prêtant une partie des fonds de sa dette par le truchement des banques prêteuses, mais en plus, ils doivent contribuer plus que les autres citoyens de ce pays, à la rembourser ! Ce que ne font pas les impécunieux, tous plus ou moins chômeurs ou petits travailleurs au mini salaire. Si nos épargnants du MR devenaient propriétaires de l’État, ce qu’ils sont déjà plus ou moins, par nos ministres et mandataires publics, ils pourraient exiger de nouveaux baux commerciaux avec les impécunieux pour enfin faire ce que ces bouseux font sans rechigner quand ils paient leur téléphone, leur facture pour leur accès aux médias et le gaz qu’ils consomment pour cuire la soupe : NOUS PAYER ! Les contentieux seraient réglés au tribunal de commerce qui, on le sait bien, agit vite fait par la saisie et la prison des mauvais payeurs et assurément, Hasquin me le disait encore à Colonster, nous n’aurions plus à avancer l’argent à l’État qui nous rembourse par nos impôts !
– Et la démocratie dans tout cela ?
– La quoi ?
– La démocratie !
– Monsieur De Maegd, cher Michel, quelle étrange question, surtout de la part de quelqu’un qui va avoir la riche vie parlementaire que l’on vous souhaite au sein de la grande famille libérale. Vous avez depuis vingt ans sur RTL soutenu, protégé, de tout votre savoir-faire journalistique, nos meilleurs soutiens à la prospérité et à la liberté des marchés. On m’a même informé que vous revenez des États-Unis où vous avez rencontré le plus célèbre d’entre nos modèles, Donald Trump ! Vous savez bien que la démocratie n’existe plus depuis fort longtemps…
– Comment allez-vous vendre la démocratie, alors qu’elle n’existe plus ?
– Vous vous faites plus naïf que vous n’êtes, sans doute. Elle n’existe plus, mais nos clients ne le savent pas. Ils croient eux tout à fait qu’elle existe. C’est pour cela que nous la mettons en vente. Les besogneux nous la rachèteront, j’en suis sûr en collectant autour d’eux, en raflant les économies des syndiqués et des innombrables ploucs chômeurs, à défaut nous serions obligés de travailler nous-mêmes, ce qui serait un véritable scandale.
– Mais s’ils achètent la démocratie et qu’ils s’aperçoivent qu’elle ne sert à rien, ils vont réclamer. Ils vont dire qu’une fois de plus les libéraux les auront trompés sur la marchandise !
– Nous ferons état de notre bon droit, car nous aurons eu soin de stipuler dans notre contrat de vente qu’il s’agit du rachat de la marque et pas dans ce qu’il y a dedans.
– Et le Parlement, le Sénat, le gouvernement ?
– En vente aussi, tout en vous faisant remarquer que nous serons prioritaires par un droit de préemption, un dispositif d’acheteurs par l’usage que nous en avons toujours fait depuis 1830. C’est dans la loi. Bien sûr nous rétrocéderons une part de l’affaire aux socialistes fortunés. Il y a quelques beaux coups à faire dans l’entourage de Di Rupo, tous assez pourvus à l’issue de belles carrières, en veillant à ce qu’ils restent minoritaires, bien entendu.
– Et le gouvernement, vendu aussi ?
– Ça voilà longtemps que c’est fait, mais les impécunieux, comme la démocratie, ne le savent pas tous. Malgré tout, on pourrait tenter la vente. Vous savez, quand on est passionné, on ne compte pas pour l’achat de la chose qu’on désire.
– Merci, pour vos éclaircissements, monsieur Miller… Ici Michel Maegt qui interviewait Richard Miller sur son dernier livre écrit en collaboration avec Hervé Hasquin « Privatisation For Ever » aux Éditions de la Potinière, avenue de la Toison d’Or à Bruxelles.

14 mars 2019

Monsieur Job à Colonster.

On a dû en entende des craques au château de Colonster. Le cercle de Wallonie recevait ce mercredi, celui qui avait oublié de représenter les Wallons dans son gouvernement, Charles Michel !
Nos élites voient un lien entre croissance et consommation des ménages. C’est dire que la croissance étant nulle, selon cette stupidité érigée en dogme, la consommation est en chute libre. Il est évident que plus le travail est taxé et mal payé, plus les retraites et les indemnités chômage-maladie sont victimes de la mise en pratique des théories de la N-VA selon lesquelles plus on est pauvre, plus on veut travailler à n’importe quel prix. Résultat, moins les gens peuvent dépenser et donc faire marcher le commerce, plus le chômage augmente.
C’est la démonstration du premier de cordée sans corde ! L’autre grimpe tout seul et arrivé au sommet, il s’aperçoit qu’il est seul ! Il n’y a que des premiers de cordée sans corde au Cercle, comme au Club Lorraine. Il y en a même qui cueillent des edelweiss dans les deux.
Cette législature avait pratiquement commencé dans du jamais vu. La Région wallonne, la deuxième en importance était minoritairement représentée. La démocratie avait déjà un coup dans l’aile avant ça, c’est dire dans quel état Charles Michel l’a laissée en décembre 18 !
On est parvenu à coup de règlements nouveaux et de limitation dans les durées et les taux à exclure du chômage autant de personnes qu’il en rentre de nouvelles, si bien que les moyennes restent à peu près les mêmes, tandis qu’il y a de plus en plus de chômeurs non repris ! Comme ils ne sont pas indemnisés, ils n’entrent pas dans la statistique. C’est ce qui s’appelle faire la politique de gribouille.
Quand ce type, au lieu de parler d’emploi, parle de job, il fait penser à un manager façon Macron, qui va traverser la rue pour faire baisser les taux de chômage, alors qu’on sait très bien comment le MR les fait baisser : en augmentant les difficultés d’accès au chômage et en les facilitant pour en sortir.
Avec ce principe, vous traversez la rue et si vous ne trouvez pas le job du jobiste Michel, vous êtes viré du chômage.
C’est à la fois simple et immonde. Simple, les imbéciles instruits du néolibéralisme en pointe ne comprendraient pas eux-mêmes les lois qu’ils mettent en pratique si elles étaient plus compliquées, immonde, parce qu’ils font descendre en-dessous du seuil de pauvreté des Belges malchanceux, et qu’ils aiment ça, ces thons !

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Le Traité de Lisbonne a fait, fin 2015, le choix d’une politique de relance de la consommation par un soutien aux bas salaires, tout en maîtrisant un déficit budgétaire ramené à 1% (hors coût du énième sauvetage d’une banque publique) qui est le contraire de la politique de Charles Michel ! On peut dire que nous ne méritions pas ce loustic « sauveur du pays selon La Meuse », parce qu’on a cru qu’il entuberait la N-VA, alors que c’est lui qui déguste.
Le poids de la baisse de la consommation pèse en 2018 sur la croissance de l’activité.
Et dire que la politique d’austérité voulue par le MR et la N-VA semble être mieux acceptée en Flandre qu’en Wallonie, cela tient à ce que la N-VA amuse le tapis sur l’immigration et la peur des étrangers au détriment du social, qui touche autant le travailleur flamand que ceux des autres Régions.
Comme c’est un moindre mal de ne plus voir Reynders phagocyter les finances, des économistes se sont intéressés à des scénarios de crises possibles de l’économie, au cas où la chute des PIB serait générale en Europe en 2019. C’est tellement effrayant que les gazettes ont renoncé à les publier.
Le commerce est dominé par l’énergétique, et de biens d’équipements industriels lourds ou encore d’infrastructures et moyens de transports. La Belgique qui croit avec Michel à une économie de service, a laissé le champ libre aux investisseurs étrangers qui ont déserté l’industrie lourde. Il ne reste guère de projets pour compenser les départs entre autres de la métallurgie à chaud de Mittal.
La désindustrialisation de la Wallonie est un handicap qui n’est pas compensé par la nouvelle industrie des techniques écologiques, éoliennes, géothermies, marée motrice, etc.
On l’observe en Allemagne un recul de 0,2% au troisième trimestre 2018, qui ramène la projection de croissance de la première économie européenne à 1,6% en 2018, assortie d’une prévision officielle de 1,5% pour 2019. Inutile de dire que la Belgique est loin derrière ces pronostics.
Handicapant la Wallonie, Charles Michel reste pourtant en place malgré sa démission, dans une sorte de no’ mans land jusqu’au 26 mai 2019 et qu’on a des chances de le voir encore après cette date, aux affaires courantes. Vaut-il mieux ne pas être gouverné du tout que de l’être aussi mal ? C’est une question. Ce qui ne veut pas dire que tout le poison des mesures déjà appliquées n’aura pas d’effets. Michel les tiendra à l’œil comme la mère poule, ses petits.
Le discours du jobiste Michel, Richard3.com a le regret de vous dire qu’il n’en a rien entendu. Ce qui précède est ce qu’il aurait dû dire, ce dont il s’est bien gardé.
Il a été ovationné à peu près sur le contraire. Ainsi, vous aurez une petite idée de l’abîme qu’il y a entre cet homme, le Cercle de Wallonie, les commentaires dithyrambiques précurseurs de La Meuse et la population. C’est assez naturel, les journalistes qui quittent le métier pour faire de la politique s’affilient tous au MR !

13 mars 2019

Défroqué mais pas défriqué.

Il s’en passera de belles ce mercredi 13 mars au château de Colonster. Le Cercle de Wallonie étale avec ses couverts, la crème libérale sur ses tartines de foie gras. La plus onctueuse tranche de pain et de vie du moment – après Di Rupo brillantissime socialiste libéral – Charles Michel, avocat de profession (qu’il n’exerça jamais), viendra nous dire que la profession mène à tout à condition de ne jamais y mettre les pieds. Il a suivi l’exemple de son alter ego Didier Reynders, défroqué comme lui, mais pas défriqué. Avec son numéro de claquettes, encore un petit effort et les urnes seront pleines à craquer de bons votes !
Le Club Lorraine n’aura qu’à bien se tenir. Après le coup de son rival du cercle, il n’a plus d’autre alternative que d’inviter Donald Trump pour une conférence sur le NKVD.
Légitimement, on pouvait penser que le Cercle de Wallonie serait une quête de l’intelligence. Il ne manque pas, même en Belgique, de puissants esprits capables de démêler l’écheveau politique particulièrement embrouillé en cette fin de règne libéral. Le larmoyant Pascal Delwit aurait été plus intéressant, c’est dire, mais bon…
Voilà qui aurait été ambitieux, mais peut-être au-dessus des possibilités intellectuelles dans pourtant ce que l’on fait de mieux chez les bourgeois.
Il ne faut donc pas rêver d’un destin meilleur pour la Wallonie. On coupera des coupons dans l’arrière-boutique du prêt-à-porter des banques avec le fils de Don Diègue, Charles Michel.
Il paraît que le conférencier n’a pas trop de travail en ce moment et qu’il peut déserter les hauts lieux que sa haute présence anime, pour s’épancher avec des amis sur les succès qui émaillent son existence. En d’autres mots, il s’acquitte au mieux de l’effort de propagande que le MR exige de ses cadres supérieurs selon leur possibilité avant l’échéance électorale. Michel s’attèle aux conférences et Reynders au collage des affiches dans Bruxelles-Ville.
Le Cid a demandé à Martin Buxant, militant-journaliste à L'Echo, de lire le texte qu’il a préparé pendant ses heures creuses de bureau rue de la Loi, en guise des prolégomènes de son interview.
La Loge LN24 a bien voulu nous en donner les prémices : « Fier des 225.000 jobs créés sous la législature, le premier ministre et nouveau président du MR vient défendre son bilan et exposer ses ambitions pour les 5 prochaines années. ». Buxant ne dira pas que Charles est plus chaud pour défendre son bilan dans les banquets, plutôt que sur les places publiques.

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Le ton est donné. On ne doute pas un instant que Martin Buxant, l’éditorialiste qui fait de l’ombre à M’ame Delvaux au Soir, a peaufiné son speech pour le public du Cercle de Wallonie. Public fragile et saisit par le doute, Martin Buxant n’a pas la sérotonine à la Houellebecq, non, lui, la sienne est sans faille et sans dérive mélancolique. Les membres éminents du cercle s’en trouveront soulagés et pour ainsi dire euphorisés pour les quatre prochaines années.
C’est après ce tableau critique et sans complaisance, que Charles Michel prendra la parole. Le Cid aime les triomphes modestes à condition que toutes les gazettes en parlent.
Ce qui sera fait, puisque la Meuse du mardi parle déjà du triomphe… de mercredi !
Et que disent-ils ces braves gens qui passent leurs nuits blanches pour que nous ayons les nouvelles qui font tant de bien le matin, à la fraîche, devant un café serré ?
« À deux mois des élections régionales, fédérales et européennes, le Cercle de Wallonie vous plonge au cœur de l’actualité politique avec le Premier Ministre belge. Charles Michel s’est efforcé de garder le cap tout au long de ces quatre dernières années qui se sont parfois avérées tumultueuses. Il est vrai que le libéral de Wavre est ambitieux et a la politique dans le sang.
Il est ainsi tombé dans la marmite politique dès sa tendre enfance. Il n’aura pas fallu longtemps avant qu’il ne se fasse un prénom. Charles Michel a brûlé les étapes : conseiller provincial à 19 ans, député fédéral à 24 ans, ministre wallon à 25 ans, ministre fédéral à 32 ans et Premier Ministre à 39 ans ! Et l’opposition lui promettait le pire à la tête d’une coalition qualifiée de ‘kamikaze’ (1). Il n’aura pourtant manqué que quelques mois pour terminer la législature avec le même équipage. La NVA partie, le libéral de Jodoigne a tout fait pour rester à la tête du gouvernement fédéral, fut-il en affaires courantes. Il est fier de son bilan et de ses multiples réformes. »
Quand on vous dit que la Meuse ne fait pas de politique, il faut la croire. C’est entendu.
Alors, au Cercle de Wallonie, le Premier Ministre abordera sa vision pour la Belgique et là, c’est autre chose.
On sait ce qu’il va dire aux bourgeois assemblés venus chercher leur dose de sérotonine.
Nous qui connaissons son programme par ce qu’il nous en a montré ces dernières années, on peut dire aux convives : vous en pensez ce que vous voulez, pour nous c’est de la merde !
Et encore, je pèse mes mots !
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1. Ce ne sont pas les partis d’opposition qui ont qualifié le gouvernement Michel de « kamikaze », mais d’abord la Presse : Le Soir, son satellite, le journal La Meuse et l’Echo, journal de Buxant ! Richard3.com le sait, Martin, dans ton milieu, c’est dur de gagner sa vie. On ne t’excuse pas, mais on te comprend. Tu as une famille et un besoin criant d’argent. Vous en êtes tous là… Sincèrement désolé.

12 mars 2019

Le MR piège à cons !

Encore une preuve de la trahison des clercs : le tri partisan des œuvres philosophiques. On se souvient de la gourmandise avec laquelle Didier Reynders parle à tout propos d’Alexis de Tocqueville, le père fondateur, avec Adam Smith, du capitalisme moderne.
L’escroquerie est double. Il suffit de lire les œuvres de Tocqueville pour connaître ce que les économistes modernes retranchent volontairement des citations : une critique assez bien faite de l’économie du XVIIIme siècle. Quant à Smith, la transposition de son champ d’observation au nôtre n’est pas du tout acceptable par un esprit rigoureux.
L’esprit rigoureux, hélas ! fait défaut chez nos bateleurs de foire électorale. Ils comptent sur la candeur des électeurs qui n’iront pas voir s’ils ont raison ou tort.
Par contre, vous ne les verrez jamais se lancer dans l’analyse de l’œuvre de Schumpeter (+1950). Et pour cause, auteur hétérodoxe de par son positionnement méthodologique, Schumpeter est surtout un visionnaire quant à l’avenir du capitalisme (Capitalisme, socialisme et démocratie. 1942)
Ces cuistres diplômés en droit, pharmacie, médecine, voire en science de l’économie (Denis Ducarme) qui jouent les Pic de la Mirandole au sein du MR, sont avant tout de sacrés menteurs et d’incompétents bavards.
« Le capitalisme, s’il reste stable économiquement, et même s’il gagne encore en stabilité, crée, en rationalisant l’esprit humain, une mentalité et un style de vie incompatibles avec ses propres conditions fondamentales, avec ses motivations profondes et les institutions sociales nécessaires à sa survie. » (Schumpeter).
Loin aujourd’hui d’être stable le brouet capitalistique que nous lègue Charles Michel, en partant sur la pointe des pieds et sans gloire, est on ne peut plus instable et voué par logique à une fracturation prochaine.
Schumpeter pensait déjà à l’époque que même « stable » le capitalisme ne pourrait survivre à ses propres contradictions. Il a même proposé dans les années quarante, une vision pessimiste de son évolution future. Il partage le constat de Marx (là nos chasseurs de populistes vont rugir de bonheur) d’une fin programmée du capitalisme. Dans une chronique déjà ancienne sur le Blog de Richard3.com, j’avais déjà émis quelques remarques sur les causes de l’échec annoncé, que Schumpeter ne pouvait pas encore soupçonner à l’époque, Marx non plus d’ailleurs.

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Les économistes qui prospèrent en se pendant aux basques des gens de pouvoir n’envisagent qu’un marché en concurrence pure et parfait, dans lequel les stratégies des entreprises sont internes, toutes tournées vers l’accroissement des gains productifs, dans un environnement possédant des ressources inépuisables. Schumpeter démontre qu’au contraire les stratégies de contournement de la concurrence font florès partout. Les entrepreneurs n’ont aucun intérêt à mener une guerre économique entre eux ; celle-ci pousserait à la baisse des prix. Or, l’inflation continue est presque essentiellement nourrie de la hausse des prix. Leurs revenus étant une des principales sources de leur motivation, tirez les conclusions vous-mêmes.
Schumpeter cite la concentration en grands conglomérats, ce que Macron et les autres chefs d’État appellent de leurs vœux.
L’esprit du capitalisme est en train de tuer le capitalisme et nul ne s’en plaindra. C’est un système de valeurs spécifique à l’Occident, soit la recherche rationnelle et systématique du profit.
« Entreprise capitaliste et entrepreneur capitaliste sont répandus à travers le monde depuis des temps très anciens, non seulement en vue d'affaires isolées, mais encore pour une activité permanente. Toutefois, c'est en Occident que le capitalisme a trouvé sa plus grande extension et connu des types, des formes, des tendances qui n'ont jamais vu le jour ailleurs ».
Max Weber (1864-1920) est plus ancien que Schumpeter sur le marché des idées, mais tout aussi mal feuilleté par nos élites, pire jamais lu comme titre de gloire de la part d’un fossile comme Louis Michel.
Weber fait pire que Schumpeter, il associe le protestantisme au capitalisme dans un ouvrage qu’on a tout de suite fait semblant d’ignorer « L’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme/ » (1905)
En effet, le capitalisme « moderne » est né dans le berceau du protestantisme : Grande-Bretagne, Etats-Unis d'Amérique et Allemagne, trois pays majoritairement protestants.
Le protestantisme croit en la prédestination de chacun à la grâce ou à la damnation sans qu’il ne puisse rien changer. Le croyant adopte, pour son salut, une conduite de vie d’assiduité au travail, pour que son organisation ascétique et régulière serve de confirmation. Ainsi le calvinisme encourage un comportement économique de valorisation de valeurs éminemment capitalistes, comme l’épargne, l’abstinence et le refus du luxe, la discipline du travail et la conscience traditionnelle.
Quitte à ce qu’en réalité, seules les classes sociales inférieures pratiquent cette ascèse, étant entendu qu’à partir d’un certain standing, tout est luxe et vanité, dans le confort absolu en jouissance du travail des autres, envoyant au diable vauvert ce qu’il convient de laisser aux besogneux : les philosophes !

11 mars 2019

L’Agent « Mèche Orange » kompromat ?

L’enquête du procureur Mueller avance sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016 qui vit la victoire sur le fil d’un gros milliardaire, Donald Trump, comme en aiment dessiner les « comics » américains.
Comment expliquer l’affaire russe, et l’implication du plus inculte des présidents que l’Amérique ait intronisé ! R3.com a retenu deux scénarios, les nos 5 et 7, de la liste dressée par Garrett Graff, journaliste du magazine Wired.
Le scénario #5 : «Le renseignement russe a activement pénétré la campagne de Trump – et Trump le savait ou aurait dû le savoir.»
Le scénario #7 : «Le président des États-Unis est un agent russe.»
Bien entendu nos américanolâtres sont à fond contre ces hypothèses. Tout le système belge est basé sur l’excellence de tout ce qui vient d’Amérique, y compris l’amour dû au président Trump. Oui, l’amour que Charles, Olivier, Louis et Didier ne vouent pas au peuple belge, c’est pour le garder tout en entier à Donald Trump. Dans les esprits bourgeois, tout ce qui est d’essence supérieure mérite les plus grands honneurs. Tout ce qui contrarie cette loi intangible n’est que ragots, fake-news et jalousie des classes inférieures.
Cependant, l’hypothèse 7 est la plus vraisemblable. Espion par devers lui, c’est possible pour Trump. Son projet de construction d’une tour à Moscou, Trump est allé le défendre auprès des plus hautes autorités russes. Il a séjourné dans un grand hôtel moscovite.
Tous les hôtels pour étrangers à Moscou sont truffés de micros ! Les Escort-girls sont des agents secrets.
Un rapport rédigé par un ancien agent du contre-espionnage britannique contient des informations sur une vidéo à caractère sexuel, une sextape, tournée dans un hôtel de Moscou clandestinement en 2013 par les services russes, afin de servir de moyen de chantage. Elle impliquerait des prostituées russes. Le document contient aussi des informations sur des échanges de renseignements supposés entre Donald Trump, certains de ses proches et le Kremlin, qui auraient circulé dans les deux directions et pendant des années.
Trump s’est servi de la campagne présidentielle de 2016 pour faire progresser un projet immobilier à Moscou qui représentait un des plus grands rêves du candidat républicain et qui lui aurait rapporté des centaines de millions de dollars «en droits de licence et autres revenus», selon Robert Mueller.
Dans le document judiciaire présenté par Robert Mueller à la cour fédérale cet extrait :
«Le prévenu [Michael Cohen] a aussi fourni des informations concernant des tentatives effectuées par d’autres ressortissants russes pour contacter la campagne [de Donald Trump]. Par exemple, aux alentours de novembre 2015, Cohen a reçu les coordonnées et parlé à un ressortissant russe qui prétendait être une ‟personne de confiance” au sein de la Fédération russe qui pourrait offrir à la campagne une ‟synergie politique” et une ‟synergie de niveau gouvernemental”. Le prévenu s’est rappelé que cette personne a proposé à plusieurs reprises une rencontre entre Individu 1 [alias Donald Trump] et le président de Russie. La personne a dit qu’une telle rencontre pourrait avoir un effet ‟phénoménal non seulement sur le plan politique mais également sur le plan des affaires”, évoquant le Projet Moscou, car il n’y a pas de meilleure garantie pour la réalisation d’un projet que l’assentiment du [président de Russie].»

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Le président Trump jure qu’il n’était pas au courant de la rencontre du 9 juin 2016 à la Trump Tower avec une représentante des intérêts russes. Mais Robert Mueller possède des informations concernant les liens entre son organisation et la Russie qu’il n’a pas encore révélées. Il y a seulement fait allusion dans le document judiciaire qu’il a présenté hier. «Cohen a fourni au bureau du procureur spécial des informations utiles concernant certaines questions discrètes liées à la Russie qui sont cruciales à son enquête et qu’il (Cohen) a obtenues grâce à ses contacts réguliers avec les dirigeants de l’organisation Trump durant la campagne.»
Des proches de l’agent secret « Mèche Orange » : George Papadopoulos, Paul Manafort, Rick Gates, Donald Trump fils, Jared Kushner, Jeff Sessions et Michael Flynn, entre autres, ont eu des contacts avec des Russes ou des agents représentant leur gouvernement.
Toutes ses personnes, sans exception, ont menti sur ces contacts.
Donald Trump a préféré croire aux démentis de Vladimir Poutine concernant l’ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016, plutôt qu’aux conclusions des renseignements américains.
Le gouvernement belge même démissionnaire, par la voix du ministre des affaires étrangères, Didier Reynders, vient de critiquer sévèrement le président Maduro du Venezuela pour sa politique anti libérale. On devait donc s’attendre à ce que notre lymphatique ministre soit au moins circonspect dans la confiance qu’il porte en notre nom et en qualité d’intérimaire à la politique des États-Unis. Sa platitude vis-à-vis des USA, peut-être dirigés par un espion russe, remet en lumière le côté « collabo » de nos ministres pour le phare du néolibéralisme de Washington.

10 mars 2019

À la prochaine !...

Il y a quelques semaines, j’avais recoupé des indices sur les fluctuations boursières, les flux financiers et les rapports discordants entre la productivité des salariés et le peu de rémunérations qu’ils en tiraient.
Je n’avais pas lu « Éviter l’effondrement » paru au Seuil, de Jean-Michel Naulot.
Hypertrophie de la finance, création monétaire excessive et endettement record : la situation ressemble tellement à celle du printemps 2007, qu’on craint un « bis repetita placent ». Cette fois la dégustation de la crise sera plus sévère !
Comment en est-on arrivé là ?
Les responsables politiques de l’Europe et des pays adhérents ne jouent plus leur rôle de gardien de la démocratie. Le système bancaire peut repartir (s’il n’y est déjà) dans de folles spéculations à un moment où l’euro a une croissance faible et un développement inégalitaire, si bien que l’explosion serait double : sociale et financière !
Jean-Michel Naulot a pratiqué le monde de la finance. Ancien banquier, membre du Collège de l’Autorité des marchés financiers, nul n’est plus autorisé que lui à tirer la sonnette d’alarme. Son dernier livre - Éviter l’effondrement - nous alerte sur la possibilité d’une catastrophe financière pire que la précédente, étouffée par la mouture superficielle habituelle des journaux.
L’intermède grotesque de Marrakech est tout ce que l’on relève de la fin misérable de Charles Michel, sans que n’apparaisse les éléments de ce dont se préoccupent les milieux financiers, qui n’ont pas l’air d’intéresser plus que ça nos économistes.
Le propos de Naulot est en décalage avec le discours dominant. On nous dit que la situation économique en zone euro s’améliore. Ce qui est faux pour qui décrypte les graphiques et entend les commentaires, comme le couple Pinçon-Charlot sociologues et économistes.
En tout état de cause, si la crise financière intervient dans les deux ou trois prochaines années, elle sera comme la plupart des guerres du passé : imprévisibles. Dans l’œil de la catastrophe, les économistes de l’euphorie rejoindront les clairvoyants, histoire de rester crédibles pour leur futur contrat de propagande du système, tout au moins ce qu’il en restera !
Comment démarre une crise ? En 2019, de la même manière que le 9 août 2007 !
Le 9 août 2007, avant l’ouverture des marchés, une forte hausse des actions était annoncée. Quelques minutes plus tard, les marchés étaient en très forte baisse… Entre-temps, BNP Paribas avait annoncé la fermeture de trois fonds monétaires, des produits de placement très classiques, en raison d’un problème d’« illiquidité ». Les banquiers centraux, les régulateurs et les banquiers eurent immédiatement l’impression que le sol tremblait sous leurs pieds. La crise avait démarré.

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La comparaison s’arrête là. Le vendredi 21 décembre 2018, la crise s’est cassée le nez de façon inattendue sur le redémarrage de fin d’année qui est propice aux placements des liquidités restantes en fonds de caisse et que les spéculateurs doivent absolument sortir des comptes pour des fin de comptabilité qui coïncide avec l’année qui se termine. Ouf ! on est passé très près, mais est-ce bien fini ? Et si après mai 2019, les élections, l’Europe ?…
L’amorce de la crise de mai 2007, éclatera vraiment septembre 2008 après la chute de Lehman Brothers. Les conséquences furent dramatiques pour l’économie réelle et pour les finances publiques, dans le monde entier, avec la récession, le chômage et l’augmentation spectaculaire des déficits publics.
Onze ans plus tard, on n’en est pas encore remis, à cause de la manœuvre des démocraties d’exonérer les coupables de toute pénalité et de les renflouer par les citoyens qui du coup se virent encore plus pauvres, ce que traduit inconsciemment le mouvement des Gilets Jaunes. Alors que les coupables reprenaient la direction des banques comme s’il ne s’était rien passé, licenciaient les personnels, sous prétexte d’automatisation des guichets et retombaient dans leurs anciennes habitudes ; avec la complicité des pouvoirs publics ! Les dirigeants politiques n’ont pas fait l’essentiel : réduire l’hypertrophie de la finance. Nous le payerons tôt ou tard.
Le tiers à peine de la feuille de route définie au G20 de Londres en 2009 a été accompli. Dans la conduite des réformes, on s’arrête toujours devant la sanction, en l’occurrence la nationalisation.
Chaque semaine, s’échange l’équivalent du PIB mondial sur les marchés de produits dérivés ! Aucune limite à la spéculation des hedge funds dans les paradis fiscaux, le trading représente plus de 50 % des transactions sur les marchés d’actions, le shadow banking (les intermédiaires financiers hors du système bancaire traditionnel) atteint 40 % de la finance mondiale.
Macron pourrait se demander où les premiers de cordée ont placé les remises des impôts sur la fortune qu’il leur avait faites. Ces liquidités sont allées s’investir dans les actifs risqués et la spéculation. La dette privée s’est à nouveau envolée.
Une génération d’irresponsables politiques nous a conduits à une situation véritablement explosive. On peut associer le MR, le CDH et le PS dans ce ratage au niveau de la Belgique. Seule consolation, les autres pays de l’Europe ne sont pas en meilleur état, à l’exception de l’Allemagne.

9 mars 2019

OTAN pour moi !

À propos de l’Europe, hier je vous ai dit ce que je pensais des Traités.
À 27, il faut des règles et, admettons, des traités. Mais que ces Traités ne soient pas transformables, et qu’il faille attendre un nouveau Traité pour rendre caduque le précédent, alors que la politique dans le monde se transforme à une allure record, c’est comme si l’Europe recommençait une guerre de cent ans avec un équipement de départ qui ne changerait pas tout au long du siècle suivant.
Un autre boulet dont on parle moins, c’est la position de la Belgique dans un traité conclu en externe/interne à l’Europe, celui de l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique nord).
Il n’y a pas photo : le MR et le PS sont à fond les manettes pour l’OTAN, pour deux raisons. La première est « commerciale » l’OTAN à ses bureaux en Belgique, d’où des emplois et des rentrées de dollars. La seconde, pour nos brillants obtus, l’Amérique est la terre sainte du capitalisme adoré, or elle est la grande contributrice au pactole dépensé en Belgique.
Quant aux questions majeures : à quoi sert l’OTAN, la paix est-elle encore menacée à l’Est de l’Europe, la souveraineté de l’Europe est-elle subsidiaire à l’hégémonie de l’Amérique, qu’arriverait-il si la Turquie qui n’est pas dans l’Europe mais fait partie de l’OTAN entrait en guerre contre ses voisins ?
Bref toutes ces questions importantes qui ne sont reprises nulle part, sont pourtant fondamentales si l’on veut penser à l’avenir de l’Union Européenne !
On va voter au mois de mai pour envoyer des pantouflards des partis traditionnels siéger au parlement européen, aucun, à commencer par Charles Michel n’a l’once de la moindre idée de donner sa position sur l’OTAN, sauf sa professions de foi de néolibéral, toute sa dévotion tournée vers Washington, comme les musulmans vers la Mecque.
Interrogé sur la question, il aurait évoqué ses triples casquettes : chef du gouvernement aux affaires courantes, président du parti MR et candidat député européen, la semaine avant on lui en faisait le reproche (Pascal Delwit). Comme quoi, quand on est gonflé, ou plutôt quand on prend les électeurs pour des cons !...

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Les faits sont là : l’OTAN ne correspond plus aux critères de guerre froide avec l’URSS (qui n’existe plus) ni à aucun des besoins pour lesquels elle avait été conçue. On a bien essayé après 1981 de lui trouver des tâches de substitution. Il n’y en a pas. On a donc profité pour voir dans les démêlés de Poutine avec ses voisins une menace directe sur l’Europe et, pour faire plaisir aux Américains afin de rendre cette menace plus vraisemblable, on a imaginé un tas de restrictions commerciales, ce qui a finalement plus pénalisé nos agriculteurs qu’atteint la Russie et profiter indirectement aux agriculteurs américains par une combine à la Trump, qui ne vend pas à la Russie, mais à des Républiques satellites, qui deviennent ainsi des pays de transit.
Aujourd’hui, il n’y a plus d’Armée rouge. L’armée russe campe à plus de deux mille kilomètres plus à l’est. Et son plus moderne contingent est stationné en Syrie où elle s’efforce de maintenir à damas, le régime de Bachar el-Assad.
Comme il fallait trouver un autre justificatif au cas où celui-là ne serait même plus un argument pour les gogos, l’OTAN s’est donné pour mission de servir de bras séculier à l’Organisation des Nations unies (ONU). Sauf que l’OTAN entend avoir une opinion sur les missions « humanitaires » et se réserve de droit de les interpréter. Autrement dit, si la mission n’est pas toute à des intérêts commerciaux américains (même pas européens), l’ONU pourra aller se faire voir, comme lors de l’intervention en Libye en 2011. L’OTAN n’est pas au service de l’ONU, elle se sert de l’ONU pour rendre légitime des opérations commerciales des USA.
La grande question d’une défense européenne est en suspens depuis vingt ans en raison de l’engagement de l’Europe à l’OTAN. Si l’Europe court à l’échec et se délégitime, le manque d’une défense militaire en est une des causes.
Charles Michel aura beau dire, si pour protéger son industrie l’Europe doit demander la protection de la plus grande nation industrielle au monde, il va de soi que son rôle essentiel sera d’accompagner le commerce américain dans une mission subalterne. Du reste on pense que la crise américaine de 2008/9 s’est propagée en Europe, justement par l'entière dépendance de celle-ci au système américain.
On en est au point de l’insolence américaine, à la veille des élections européennes, que l’OTAN serait apte à faire la guerre n’importe où sauf pour défendre l’Europe ! Les proaméricains comme les Michel et Di Rupo sont pour l’OTAN, contre une armée européenne, parce qu’une armée européenne ferait doublon avec l’OTAN !
C’est quand même dommage, qu’il n’y ait plus de journalistes en Belgique au service d’une presse indépendante ! Il y aurait tant de questions à poser aux gens de pouvoir…

8 mars 2019

Europemotdepasse.com : inconnu !

Franchement, sincèrement, qui votera aux élections européennes en connaissance de cause ? Pas grand monde. On y va, comme qui dirait, à la couleur identique à celle que l’on suppose être la bonne pour les élections… en Belgique.
À la décharge des électeurs européens, les urnes de l’UE juxtaposent vingt-sept scrutins de politique intérieure, alors que les objectifs sont différents d’un État à l’autre !
En Belgique comme ailleurs, on se prononce pour ou contre l’équipe au pouvoir. C’est ainsi que le fiasco de Charles Michel en politique intérieure devrait correspondre à une diminution des enthousiasmés belges, au parlement de Strasbourg ! Hé bien non ! on se trompe.
Mais la droite classique s’est immortalisée en un brouet atlantiste néolibéral américanolâtre. La reconduction à la manœuvre des 27 oligarchies de droite est assurée, quoi qu’il arrive.
Le « pas toujours beurré » alcoolique, mais toujours beurré du compte en banque, JC Juncker veillera au grain jusqu’à fin mai. Dans ce pataquès d’intérêts concurrents de l’Europe, comment la gauche pourrait se mettre en position pour être entendue ?
Quand en France on mutile les opposants, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’une politique alternative, est pour le moins nécessaire. Comment se traduira-t-elle pour l’Europe, sinon par la stagnation de la gauche à cause de ses divisions ? En Belgique, ça ne vaut guère mieux. En regroupant dans l’urne l’interne et l’externe, on fait une omelette d’un tout qui finit par se brouiller, comme les œufs.
D’autant que l’Europe, qui se méfie des électeurs, a fait comme Donald Trump : des barrières qui s’appellent des traités, contre « nos » Mexicains de gauche et d’extrême droite.
Dénoncer les politiques d’austérité, revenir sur l’anomalie d’une banque centrale européenne sans aucune légitimité politique, revoir l’emprise de la finance sur les fonctionnaires et les députés UE, condamner le dumping social et environnemental, en un mot forcer l’Europe à une politique de justice sociale, devraient faire l’objet de débats. On n’en voit pas l’ombre d’un. Sinon, quand on parle de quelque chose qui pourrait être utile, on le fait de telle sorte que vous, comme moi, on décroche très rapidement et on doit lutter à l’envie de fermer les yeux. À quoi bon, pensent les plus avertis, puisque les Traités seraient à revoir et qu’on ne reverra rien !

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Puis nous avons les ronds des friqués du système, les nerfs de la guerre : l’euro interdit toute politique progressiste !
Le traitement honteux infligé à la Grèce prouve que l’entreprise de « transformer l’euro » est impossible. Bizarre, quand le grand concurrent dollar est autrement plus souple et fait toute la différence de la prospérité américaine à la nôtre.
Les traités soustraient la politique économique à la délibération parlementaire. C’est un acte d’une telle signification, qu’on se demande comment il se trouve encore des européens qui pensent que l’Europe est une institution « démocratique » !
Ce despotisme sous influence, est au profit de la seule Allemagne !
L’Allemagne est « le nouveau problème de l’Europe » écrit François Bonnet. Le problème… C’est celui de la monnaie unique coulé dans le béton des traités depuis 1991. L’Allemagne, a imposé ses obsessions monétaires à tous les autres pays.
Mais le vrai dilemme n’est pas en Allemagne, à laquelle on ne saurait reprocher de vouloir vivre avec la monnaie selon l’idée qu’elle s’en fait. La France et la Belgique se sont approprié la manie allemande hors de tout contexte propre, alors que rien dans leur histoire ne les vouait à épouser une telle particularité, au contraire leur intérêt les vouait plutôt à ne pas l’épouser, sur un mode proprement idéologique, jusqu’à finir par y voir une forme désirable de rationalité économique.
C’est l’ardeur prosélyte de l’austérité, vrai docteur Purgon, ce Charles Michel, ce qui ne l’empêche pas de faire bombance, tandis que les autres trompent leur faim en le regardant manger.
A ce stade, on y verra un indice du degré de dinguerie des dirigeants libéraux. On ne peut même parler de la « rationalité » du capital. Les friqués ne sont pas fous au point de désirer la strangulation définitive des populations ! Les forces capitalistes américaines, même les plus branques de la récente histoire des USA avec Donald en tête de gondole assistent, interloquées, à l’autodestruction européenne !
On reconnaît la servitude volontaire, dirait Bourdieu, à ceci que les dominés épousent fondamentalement la croyance des dominants, même si c’est la croyance constitutive d’un ordre qui les voue à la domination, parfois à l’écrasement.
Les premiers arrivent au bord de la falaise, les autres qui sont derrière ne le savent pas et continuent leur poussée. C’est ça l’Europe, le stade du Heysel le 29 mai 1985 !
La chorale, dirigée par le Kapellmeister Bernard Guetta, pousse, bien calée à l’arrière, les pauvres à l’avant dans le précipice, dans une cacophonie de cuivres et de tambours qui ressemble à celle de Nuremberg de 1936 !

7 mars 2019

Un métier d’autrefois !

…journaliste en Belgique.
Il ne faut pas rigoler, comme elle va, la presse papier en Belgique n’a plus aucun avenir. Ce n’est pas dû au « progrès » des supports sociaux de la Toile, mais à la manière carrément suicidaire de présenter des informations dans les formes traditionnelles de ce qu’on appelle généralement la grande presse.
Le coup de Nethys saccageant la rédaction de l’Avenir est la manifestation du mal et ce sont les journalistes eux-mêmes qui fournissent la matière à réflexion. En effet, avant de partir en grève et de ne pas sortir le journal mardi et mercredi, ils avaient déjà publié L’Avenir avec 25 % de blanc, les trois journalistes licenciés faisant le quart du personnel de rédaction. Une simple opération de 3me primaire nous indique donc que la rédaction du journal se composait de 12 journalistes et qu’ils vont se retrouver à 9 !
On a compris. Neuf journalistes ne peuvent ni suivre l’information locale, encore moins régionale et absolument pas du pays, douze journalistes non plus d’ailleurs.
Voilà qui rappelle l’effondrement du syndicat du Livre avec les nouvelles technologies de fabrication de l’imprimé et qui augure celle de la presse écrite.
Cela signifie quoi ? Le pays n’est pas couvert. Il est impossible d’envoyer quiconque à l’étranger sur un grand événement. Même un correspondant dans une ou deux capitales d’Europe payé à la pige leur est interdit, sur les autres continents, il ne faut pas y penser.
Alors, ces malheureux survivent dans les petits potins et faits divers locaux comme leur consœur La Meuse et pour le reste, ils font comme tout le monde, ils consultent Facebook et les grands journaux sur la Toile.
C’est-à-dire qu’ils deviennent redondants par rapport aux sources et aux internautes !
Ils n’ont même pas la possibilité de faire comme Richard3.com, une chronique journalière de plus ou moins 8.000 signes, Times New Roman corps 12, en puisant de l’information sur le Net, puis en l’interprétant politiquement et philosophiquement.
Pour plusieurs raisons, la plus évidente c’est que Nethys qui est derrière eux, ne les paie pas pour avoir une opinion, exprimer leurs états d’âme et montrer qu’ils ont des lettres. Il les paie, c’est valable pour l’ensemble de la grande presse belge, afin de produire une opinion centriste la plus évidente, pour ne froisser personne, dans un vocabulaire restreint et qui dit restreint dit sans nuance et restrictif. Ils peuvent se lâcher sur les aléas des mouvements sociaux, syndicats et Gilets jaunes, partis et manifestations à la gauche du PS, petites délinquances locales, manifestations sportives et faits divers limités à l’aire de lecture du journal, n’incluant aucune personnalité marquante de quelque bord que ce soit, sauf ordre exprès de la direction. Il est exclu qu’ils s’attardent sur les violences policières, aujourd’hui dénoncée par le secrétaire général de l’ONU pour la France, suite à la répression des Gilets Jaunes.
Bien entendu, cette pratique industrielle de faire du journalisme a tous les ingrédients réunis pour des faillites en cascade. Les hebdomadaires seront les derniers à écrire des éditoriaux et à prendre position avec la circonspection d’usage, mais en usant quand même de plus d’audace et de plus de culture.

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Les journaux d’intérêt général sont devenus des journaux officiellement neutres, mais roulant pour des combines politico-commerciale dont le moins que l’on puisse dire qu’elles ne s’encombrent pas de remplir la fonction éthique des journalistes professionnels.
C’est dommage, parce qu’il y a probablement de belles plumes qui ne sont pas employées et que ce métier est en pleine déconfiture parce que justement ceux qui noircissent les colonnes de journaux aujourd’hui, même si il y a encore parmi eux de bon journalistes, sont devenus des employés au service d’une cause : celle du pognon !
Les patrons se sont aperçus que les journaux en perdant les lecteurs des classes inférieures ne servent plus à grand-chose, puisqu’au départ l’intérêt était de soutenir les partis du centre, en gros des trois familles : libérale, chrétienne et socialiste social-démocrate.
Ce schéma étant en complète refonte, pas plus que Nethys et les autres propriétaires des gazettes poursuivront encore longtemps le financement d’un outil qui perd tous les jours de son efficacité propagandiste. Les journaux, hier encore, servaient à jouer de la grosse caisse les soirs d’élection pour saluer la bonne tenue des partis favorables à l’Europe, au principe de travailler plus pour gagner plus, de blâmes aux « chômeurs délinquants » (ceux qui ne fichent rien sur le dos des autres qui bossent pour eux), et à dénoncer des populismes de gauche et de droite, tout en brouillant les pistes sur le leur !
Quant à la liste noire que les grévistes de l’Avenir dénoncent, ils peuvent se la procurer à l’AJP, c’est toute la profession qui est dans la ligne de mire.

6 mars 2019

Les gérants de l’ingérence.

Au théâtre, une comédie voyait des nains partout. La démocratie en lever de rideau fait dans la bouffonnerie, elle voit de l’ingérence partout, en cause les réseaux sociaux. Tandis qu’on cherche l’ingérence de Poutine dans l’élection de Trump, celui-ci ne perd pas de temps pour s’ingérer au Venezuela et dispenser Maduro de s’ingérer dans la politique qu’on destine à Juan Guaidó de retour, Nicolás Maduro pris de court ne sait plus où s’ingérer, son compte est bon.
L’Américain non trumpisé pense sincèrement qu’une ingérence russe s’exerce désormais dans la vie politique de la plupart des États occidentaux. L’Américain trumpisé pense que s’il y a ingérence, ce n’est pas elle qui a fait triompher son leader et que c’est une fake-new. Par contre, il ne serait pas surpris que l’Europe soit truffée d’espions russes recyclés du régime stalinien, reconvertis en poutiniens durs à cuire.
Voilà une belle occasion d’occulter ses défaillances en arguant la présence d’agents extérieurs qui agissent comme des parasites infestant les corps constitués, comme si la nuée de moustiques électroniques venue de l’Est rencontrait la nuée de l’ouest dans un combat aérien qui préfigure une nouvelle guerre froide, voulue par les Américains en Europe. Cette version que l’Amérique fait faire ses guerres par les autres trouve évidemment du crédit dans l’ostracisme de Trump vis-à-vis de l’Iran, en ayant trouvé le moyen d’interdire aux autres de commercer avec ce pays, au nom du dieu dollar.
Et ça marche !
Pendant ce temps, l’Arabie Saoudite s’emploie à tester le matériel américain au Yémen. Riyad s’ingère, bien que l’intervention de la coalition emmenée par le royaume saoudien contre les rebelles houthistes au Yémen soit sans issue.
Plus près de nous, nos voisins entendent Jupiter confier aux journalistes que le mouvement des « gilets jaunes » s’expliquerait en partie par une tentative de déstabilisation pilotée par une « puissance étrangère ».
Macron fait son petit Trump, forcément, s’il y a bien en Europe avec Charles Michel pour la Belgique, quelqu’un qui confie à qui le souhaite, que le néolibéralisme est la panacée qui va nous guérir de tout, c’est Macron. Il va sans dire qu’il faudra d’abord s’occuper des ingérences qui polluent la politique.
Chacun a compris : la Russie est responsable de tout !
On se doutait bien aussi qu’un peuple aussi fidèle et dévoué à la démocratie vue de nos élites, qu’il ne pouvait qu’y avoir un agent venu du froid perturber l’harmonie de l’Europe.
L’émergence d’un important mouvement indépendantiste en Catalogne ? La Russie. Le vote des Britanniques en faveur de la sortie de l’Union européenne en 2016 ? La Russie. La défaite de la candidate Hillary Clinton lors de l’élection présidentielle américaine de 2016 ? La Russie. L’Écosse qui après le Brexit demandera son indépendance ? La Russie. Didier Reynders colleur d’affiche en mai prochain à Bruxelles ? La Russie, puisque l’emploi convoité de Commissaire à l’UE n’a pas été compris par le NKVD à la suite d’une mauvaise traduction sur Facebook. Poutine a lu « Commissaire du Peuple » ! Or, pour le NKVD, enfer et damnation, si c’est pour refaire l’URSS, ils ne sont pas preneurs !

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Aux États-Unis, l’idée qu’un pays étranger tente d’influer sur le cours des événements politiques suscite l’émoi dans les rédactions et les cercles de pouvoir. Pourtant, on n’est pas loin de voir dans l’extrême indulgence de Washington de la politique israélienne, une action des lobbyistes d’Israël dont leur chef serait le gendre de Donald !
Par le passé, Washington ne s’est pourtant pas toujours montré aussi respectueux de la souveraineté des États que le suggère le président à la mèche orangée. « La CIA [Central Intelligence Agency] a manipulé des élections dans l’Italie des années 1940 et au Chili placé Pinochet à la présidence. L’Allemagne des années 1950 s’est faite à l’ingérence américaine. Au-delà des manigances électorales, elle a aussi secrètement renversé des dirigeants élus en Iran ou au Guatemala dans les années 1950 », concède M. Thomas Melia, un ancien fonctionnaire du département d’État. Mais c’était le temps de la guerre froide, s’empresse-t-il d’ajouter. Depuis la chute du mur de Berlin, les ingérences russes et américaines ne seraient pas « moralement équivalentes ». Il y a, du côté de Washington, « des programmes visant à renforcer les processus démocratiques à l’étranger (sans viser un résultat électoral spécifique) ». La Russie, en revanche, « manipule les élections d’un autre pays dans le but de semer le chaos, de saper la confiance du public dans le système politique et d’affecter la stabilité sociale ». (Le Monde Diplomatique)
Le monde occidental et l’Europe, un beau foutoir ! Jupiter, avec son tout dernier beau discours souffle sur les braises.
Une solution, ne plus tolérer que le peuple s’ingère dans les élections et en imitation de la grande démocratie algérienne, placer définitivement les mêmes aux postes clés, même après leur mort, comme on peut le voir chez Bouteflika qui vit encore, certes, mais en ordre dispersé dans les différents étages d’une clinique en Suisse et dont le cerveau, rapporté à la hâte dans un bocal par un frère de l’impétrant, a confirmé qu’il posait sa candidature pour un cinquième mandat, le reste du corps revenant à Alger, par un autre long courrier.

5 mars 2019

Et la gauche (1) dans tout cela ?

La crise ouverte par les Gilets Jaunes n’est pas que française. On le voit bien que l’Europe tout entière est dans le mouvement et qu’une mutation en profondeur est en train de s’accomplir.
Les pouvoirs en place qui d’habitude touchaient une rente de situation sont dans le collimateur. Ils paient l’abus qu’ils ont fait de l’usage de la démocratie comme d’une sorte de canapé dans lequel ne s’y vautrent que les initiés.
On serait en droit légitimement de penser que les partis de l’en-dehors du système à savoir celui de l’extrême droite et de la gauche même pas extrême, si l’on considère que les PS se sont exclus de la gauche et ne sont plus que des partis du centre, devraient être les bénéficiaires quasiment à part égale de ce désamour du système des partis de pouvoir. Or, la parité des gains en voix est loin d’être équilibrée.
Les progressions entre l’extrême droite et la gauche ne sont pas comparables. C’est vrai également que la difficulté de comparaison tient dans le manque d’homogénéité de l’opinion européenne et que les pays du Sud sont très différents des anciens pays du bloc communiste ralliés à l’Europe, de ce point de vue.
Il n’empêche que l’extrême droite à bien profité de ce dégoût des masses des partis de pouvoir, incomparablement plus que la gauche, même si certains partis de gauche issus des débris des partis communistes après la fin de l’URSS ont une influence politique certaine au Portugal, en Espagne et même en Suède, comme il en sera de même après les élections de mai pour le PTB en Belgique.
La déception suscitée par les sociaux-démocrates, n’a vraiment profité qu’au REM de Macron, presque uniquement à l’issue d’un dernier sursaut, malgré les désaccords du corps électoral, contre la montée du Rassemblement national. Ce qui augure bien des aléas prochains d’une formation artificiellement créée face aux effectifs en croissance constante du parti de madame Le Pen.
Encore une exception, c’est en Allemagne. Die Grünen (les Verts) pourraient supplanter le SPD et devenir un parti d’opposition à la montée de l’extrême droite.

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Les esprits ne sont pas encore mûrs, semble-t-il, pour un sursaut face au néolibéralisme, dans un rassemblement à gauche. Sans doute faudra-t-il attendre que l’intérêt pour une droite raciste et anti-migratoire tourne au désastre ? Autrement dit, l’électeur garderait l’atout dans sa manche d’une gauche radicale pour après les élections, offrant ainsi une occasion à l’extrême droite de prendre le pouvoir ou donnant une dernière chance au centre-droit libéral ? À deux gros mois des élections de mai, la plupart des partis de la gauche radicale sont partout dans l’opposition et il y a de fortes chances qu’ils y restent.
Pourquoi le vaste mouvement populaires Gilets jaunes en France ne bénéficie-t-il pas plus que cela aux Insoumis de Jean-Luc Mélanchon, sans compter les partis de Besancenot et de Nathalie Arthaud, quand même plus typés ou à l’inverse le parti socialiste rénové de Benoît Hamon ?
Le paradoxe est peut-être que la gauche défend un programme très similaire à celui de la social-démocratie keynésienne des années 1950, soit un secteur public fort, une réglementation stricte du marché, des impôts élevés sur les grandes fortunes et une large couverture sociale. Alors, que les propagandistes du néolibéralisme n’ont pas encore baissé les bras devant l’extrême urgence d’abandonner l’économie actuelle au vu des résultats terribles pour la nature et le genre humain qu’elle engendrera dans la décennie prochaine et que le grand public, sous cette influence, n’adhère pas encore à une économie capable de se discipliner pour éviter le pire. Ne balance-t-elle pas elle-même entre ce que le néolibéralisme lui promet encore et la situation désastreuse dans laquelle ce même système l’a mise, en pensant toujours pouvoir en revenir à ce qui était promis avant ?
Encore faut-il ajouter que Keynes n’avait pas les mêmes données en 1950, qu’en 2019.
Des économistes estiment encore que les changements importants dans les procédés de fabrication productivistes et les clivages entre les classes sociales, rendent un avis négatif définitif pour la mise en place de politiques ouvriéristes.
Néanmoins, quand le monde des humains se trouvera dans l’absolue nécessité d’abandonner l’économie libérale sous peine de périr, c’est tout naturellement qu’il faudra imaginer une politique ouvriériste mieux adaptée à la situation nouvelle, parce que justement elle offrira une plus grande justice sociale en échange d’une production plus équilibrée en fonction des réels besoins des gens et non pas fondée sur la croissance continue, comme moteur de l’économie ne servant qu’à augmenter les plus-values.
La gauche radicale est aujourd’hui enfermée dans un dilemme. S’allier au PS centriste, c’est probablement s’embarquer dans des réformes social démocrates stériles et vaines, mais habiter à demeure l’opposition fait un boulevard à l’extrême droite, si l’on ajoute à cela la politique à suivre de l’Europe entre la changer (les euro-critiques) ou considérer qu’elle est irréformable et inutilisable (les eurosceptiques), on voit que le casse-tête est redoutable.
Les gauches radicales déconcertées et dépourvues de réponses effectives auraient besoin d’un gros soutien populaire en mai prochain. C’est ce que Richard3.com espère.
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1. Ne considérant plus le PS comme un parti de gauche, mais de centre-gauche, l’auteur de ces lignes quand il évoque la gauche sans la qualifier d’extrême, les partis socialistes, dont le PS en Belgique, n’en font plus partie.

4 mars 2019

La télé ou l’esprit de l’escalier.

L’année dernière, j’avais pris l’habitude de commenter l’émission politique de RTL du dimanche « C’est pas tous les jours dimanche ». Un peu pour savoir jusqu’où les tombeurs de l’émission concurrente de la RTBF pourraient aller, portés par l’indulgence du public, après leur victoire par forfait de la télévision publique.
Cette pratique me faisait presque l’obligation de réserver pour cela la chronique du lundi.
Comme cela ne menait qu’à une critique des « grandes voix », minuscules cabochards, et du présentateur Deborsu, redoutable bavard, responsable au millimètre des allées et venues du plateau, j’ai cessé de perdre mon dimanche midi à ce spectacle sans intérêt.
Après réflexion, je trouve que les émissions politiques ne servent pas à éclairer le téléspectateur, à peine à le divertir, puisqu’en principe les chroniqueurs ne sont pas là pour ça.
Alors, pourquoi y sont-ils ? Pourquoi RTL s’obstine-t-elle à perdre de l’argent sur ce créneau ?
C’est ce sur quoi j’essaie de répondre.
La télévision n’est pas un instrument de communication. Les images commentées qui font l’essentiel de l’actualité doivent être singulières, pour susciter l’intérêt de la chose vue. Et encore les images d’un cyclone par rapport à un autre, comme un incendie même si il est gigantesque, ressemble au précédent.
Plus singulières sont les informations directement liées à la politique du monde. Les centres d’intérêts éloignés sont traités avec plus de désinvolture. On y cherche le côté clownesque de Trump ou le discours inquiétant de Maduro, sans oublier pour ce dernier d’évoquer l’appui des militaires.
Quelqu’un qui n’a que la possibilité de s’informer sur ce support ne peut qu’épouser les thèses libérales, puisqu’il n’aurait pas la possibilité de faire la connaissance contradictoire des événements.
Les personnalités au pinacle des débats d’idées ou des soirées de philosophie, quand elles sont politiques, redoutent ces invitations à risque. Un mot qu’il ne faut pas dire, une idée à deux significations possibles et voilà la Toile qui s’enflamme.
Les deux chaînes nationales ne proposent qu’à des oiseaux aguerris ce genre d’exercice dont on sait l’extrême modération et le conformisme, un peu aussi pour elles-mêmes car les protestations vont aussi bien à la chaîne qui produit qu’au politique qui « dérape ».
La télévision cache en montrant, c’est-à-dire qu’elle sélectionne ce qui est montrable et ce qui à des titres divers ne l’est pas.
C’est un instrument de censure. Il permet de s’adresser au plus grand nombre, donc pour dire des choses qui méritent d’être dites au plus grand nombre. Il y a très peu de choses que l’on puisse dire au plus grand nombre sans fâcher quelques-uns, à part le service météo.
Faire la critique de la télévision à la télévision, voilà un jeu de rôle qui vous fait instantanément passer pour narcissique. Retourner le pouvoir symbolique de la télévision contre lui-même, en payant de sa personne, aucun producteur n’accepterait le rôle de produire cela. Un politique qui aurait cette idée serait tout de suite soupçonné de tirer des profits symboliques de cette dénonciation.

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Le présentateur doit avoir à l’esprit en permanence ce que pense celui qui le paie. Deborsu est tous les dimanches confronté à cette censure invisible. S’il convient bien, c’est qu’avec lui la direction sait qu’il n’y aura pas d’impair. Cette confiance le rassure. Il est le maître des règles à géométrie variable selon l’importance des personnages qu’il y a sur le plateau. « C’est quoi la question ?... Que voulez-vous dire précisément... Expliquez-vous…Répondez à ma question… Vous n’avez toujours pas répondu... Je vous donnerai la parole, etc. métronome Deborsu fait le tempo, contrôle les temps de paroles, il ne peut en aucune manière étendre un sujet qui devient intéressant par des idées qui sont émises. Ces interventions sont de véritables sommations, des ciseaux qui coupent dans le flux oratoire comme dans un tissu. Pour se faire valoir, quand il connaît la citation ou le sens que l’autre veut donner à une réplique il devient le porte-parole des auditeurs pour l’interrompre, mais c’est en réalité pour qu'on l'admire. Il adore se mettre à la place de l’usager quand c’est une grève qui paralyse la circulation. Il ne rate pas une occasion de railler le service public. On le dépeint libéral à toute épreuve, alors que nous n’en savons rien, puisqu’il joue un rôle et qu’il pense, officiellement, comme son employeur.
Il est tour à tour respectueux ou dédaigneux, attentionné et parfois coupant la parole de façon grossière.
Mais surtout, il a l’art d’anticiper les idées qui gagneraient à n’être pas dites, les mots à ne pas prononcer de la part de ses invités, au nom des attentes du public qu’il interprète, en supposant que les auditeurs ne comprendraient pas, révélateur de son inconscient politique.
Les injonctions s’adressent aux syndicalistes ou au Gilets jaunes trop revendicatifs « Que proposeriez-vous, hein, alors ? Le ton est péremptoire et n’attend pas la réponse avant de rebondir du côté des politiques où son ton s’adoucit immédiatement. Le comportement global diffère, selon à qui il s’adresse. Quand on fait le compte, par exemple lorsque Sofie Merckx du PTB avait été invitée, son temps de paroles était le plus réduit, alors qu’elle était la seule à défendre un point de vue contre tous les autres.
Les participants de l’extérieur ne sont pas à arme égale face aux professionnels de la parole, manipulateurs hors pair des gens et du langage.
Tout compte fait, ce n’est pas que le présentateur Deborsu qui entre dans le moule de l’homme de télévision, mais l’ensemble de la profession.

3 mars 2019

Barbara, il pleut ailleurs qu’à Brest.

Il serait temps que nos élites nous disent quand même dans quoi elles nous embarquent ! Il ne suffit pas de vanter un système, encore faut-il qu’elles aient des arguments.
Charles, Elio, Didier, Louis, Zakia, Jean-Marc, après que « mourir vos beaux yeux, belle Marquise, d’amour me font… », expliquez-nous pourquoi ?
Connaissez-vous John Dewey, chers illustres, mort en 1952 et pourtant philosophe très actuel. Déjà dans l’entre-deux guerres, il nous a fait une description au caca fumant de nos destinées confrontées au système « universel ». Et il n’avait pas tort, le bougre ! Le néo-libéralisme en allant s’accélérant relance la lutte des classes, pronostiquée au point mort par des esprits fumeux gambergeant sur la social-démocratie.
Nos élites devraient le lire, plutôt que faire semblant de l’avoir lu !
Certaines œuvres deviennent des « classiques » en sciences humaines. Dewey éclaire les questions d’actualité dans un raisonnement clair par une logique sans appel.
Il est en librairie. Je vous recommande la librairie Pax, place Cockerill à Liège. Les vendeuses sont charmantes et au moins elles savent ce qu’elles vendent. Moins sûr que vous le sachiez vous.
J’avais le choix entre reformuler en simplifiant ce que Dewey pense de cette nouvelle méthode de faire les poches en démocratie ou proposer la lecture de Barbara Stiegler publiée Chez Gallimard. J’ai choisi l’intéressante étude sur le néo-libéralisme de la philosophe. Elle s’appuie sur les remarques de Dewey principalement orientées en éducation et enseignement, en confrontant les idées de Dewey à celle de Lippmann. Ah ! Lippmann, ces messieurs de pouvoir l’adoreraient s’ils étaient moins incultes et obsédés par le pouvoir. En voilà un que Louis Michel dévorerait d’un trait, s’il savait lire !
Je vois d’ici Élio prendre un air supérieur pour faire croire que lui aussi connaît Dewey par cœur, et qu’il vient d’exposer la pensée de Barbara Stiegler au Bureau du parti.
Elio est de l’avis de Charles Michel, il n’y a pas péno. Le néo-libéralisme est le meilleur parcours possible, basta de ces philosophes qui donnent la migraine après deux pages.

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Ce qui me gêne, c’est que la discussion sur l’économie n’est possible qu’en « Pensée Unique », sortir d’elle, c’est faire du populisme. Donc, le pouvoir a toujours raison et l’électeur qui ne pense pas comme lui a toujours tort. C’est frustrant, cette démocratie !...
Pourquoi dans la déclaration gouvernementale des premiers ministres, il n’y a jamais aucune explication sur l’économie qui sera appliquée ? La démocratie est touchée par l’ère des grands penseurs, Reynders en est garant. Si Dewey critique le néo-libéralisme, c’est que c’est un con.
Évidemment, vu comme ça… Si au moins on savait ce que nos illustres pensent !
On peut très bien n’avoir jamais fait de la philosophie et concevoir que nous sommes dans un moment clé de notre économie et de notre démocratie et que le néo-libéralisme est un foutoir.
Barbara Stiegler au confluent de Dewey et Lipmann opposés par les principes, conclut que la démocratie fabrique l’acceptation des masses et que cette acceptation est en train de se fracasser contre l’évidence que le néolibéralisme vit ses derniers beaux jours.
L’humain qu’il est en train de façonner en compétiteur sportif, n’aura jamais les grands champs d’action que l’expansion de l’industrialisation continue exige. Ce qui viendra à bout du néolibéralisme est tout simplement la Nature et son agent annonciateur l’écologie !
Hélas ! les grands délégués de la démocratie ne le comprendront que le nez sur la catastrophe.
Nos gouvernements imperturbables ne peuvent qu’ouvrir la voie des désastres, incapables d’imaginer autre chose et ne voyant pas ce que le peuple voit.
Comment expliquer cette colonisation progressive du champ économique, social et politique par le néolibéralisme, comme si rien ne pouvait arrêter son expansion ?
Il faut remonter aux années 1930 aux sources d’une pensée politique pour être documenté sur le retard de l’espèce humaine par rapport à son environnement et sur son avenir. C’est le néolibéralisme ! Hé oui, déjà…
Pourquoi « néo » par opposition à l’ancien qui comptait sur la libre régulation du marché pour stabiliser l’ordre des choses. Le nouveau en appelle aux écoles et aux protections de l’État afin d’adapter l’espèce humaine et la faire « consommant » le marché artificiellement conçu.
Les tendances à diminuer les aides aux précaires n’est que la logique d’un monde réservé aux forts et aux compétitifs. L’austérité, la rigueur, tout ce qui désigne la politique de l’Europe n’est que ça, un prétexte à la formation des adaptés et le rejet des inadaptés.
Théoricien américain du nouveau libéralisme Walter Lippmann abonde dans le sens des cervelles d’oisillons du pouvoir, les masses rivées à la stabilité de l’état social, la stase (1) face aux flux. Toujours selon lui, il n’y a qu’un gouvernement d’expert capable de tracer la voie de l’évolution des sociétés enfermées dans le conservatisme des statuts. Lippmann se heurte à John Dewey, figure du pragmatisme américain, qui, sur le même constat, appelle à mobiliser l’intelligence collective des publics, à multiplier les initiatives démocratiques, à inventer par le bas l’avenir collectif.
C’est en quelque sorte Les Gilets Jaunes inventant une politique différente de celle de Macron qui les affronte au flash-ball.
Les économies néolibérales détruites par elles-mêmes et leurs contradictions, c’est pour bientôt.
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1. La théorie du saltationnisme, opposée au gradualisme, pose que les macromutations qui font évoluer une espèce sont séparées par des périodes de stase.

2 mars 2019

Bourges de toujours…

On voit décidément Macron partout. Mais, convainc-t-il ?
En pleine session du « grand débat », se dévoile peu à peu, non pas Macron, le chef, mais une classe entière ; en filigrane se profile la bourgeoisie, résumée par Castaner.
Ceux qui se dressent devant les Gilets Jaunes, avec l’appui de la presse et l’exhibition du bon droit et du bon sens, ne sont pas là pour la République ni pour bâtir un monde nouveau, mais pour préserver leur monde ancien. C’est le comportement de Charles Michel en Belgique.
Leurs patenôtres pourraient apparaître comme un appel à l’apaisement, en réalité, c’est le coup de semonce du navire amiral contre un nouveau Potemkine, préavisant de ne pas toucher à la souveraineté d’un pouvoir délégué par les urnes et protégée par le Flash-Ball.
Une identité sourd des commentaires et des réflexions autour de la crise des Gilets Jaunes par les professionnels de l’information, celle du mépris d’une classe supérieure par les salaires, ce qui est sûr ; mais par les qualités de l’intelligence, ce l’est beaucoup moins.
Avoir la clé de leur psychologie aide à percer le mépris qui touche aux ressorts de la haine de certains éditorialistes. Dès qu’il est question de mettre en cause l’économie de marché néolibérale actuelle, le journaliste et l’homme politique sont tout de suite sur le qui-vive. Toucher la conception ultralibérale de l’économie, équivaut à une tentative de meurtre !
Le gouvernement qui gère sa propre faillite en Belgique est aussi à cran que le français en pleine activité. C’est un pur phénomène de classe.
Quelques belles âmes voient dans les Gilets Jaunes des sortes d’antéchrist. On peut citer pour le plaisir : Bernard-Henri Lévy, Alain Duhamel, Nathalie Saint-Cricq (sa spécialité le Mélenchon-basching), Patrick Cohen, Bruno Jeudy, etc.
Les anti-gilets implémentent la phase finale de rejet dans une complète dérive de ce que devrait être le métier de journaliste. Ils sont les porte-paroles de la bourgeoisie. Et en ce sens, ils se rendent utiles, malgré eux, pour que nous la débusquions.
De leur entre-soi intellectuel s’est distendu le lien social entre les classes dirigeantes et les classes dirigées par devers elles.
Les gardiens de l’ordre bourgeois ont montré leur peur de perdre leurs privilèges et ont réagi violemment dans un réflexe solidaire entre politiques, patrons et médias.
Certains ont stigmatisé l’ignorance par la haine vouée à ceux « ayant fait de longues années d’études » ! Comme si seule la classe bourgeoise était lettrée et capable d’assimilation des sciences et techniques ! Et que voit-on ? Leurs contradicteurs, venus de nulle part, n’ayant pas appris les mêmes codes, s’exprimer autrement pour dire les choses avec plus de justesse qu’Alain Finkielkraut !
Bien entendu, n’en convenant pas, les médias se réservent de publier les grossièretés, les racismes et les expressions de la colère, mettant un doigt sur un fait pour en escamoter cent autres.
En réalité des bourgeois belges du MR, aux godillots du macronisme de la France en Marche ne vivent pas la première révolte des gens « n’ayant pas déjà grand-chose, à qui on dispute encore ce qui reste. »

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Un même état de désobéissance des masses pauvres s’opère au moment de la Commune de Paris. Elle saisit les ancêtres des ferrailleurs actuels du conformisme bourgeois. Le poète Leconte de Lisle s’emporte contre « cette ligue de tous les déclassés, de tous les incapables, de tous les envieux, de tous les assassins, de tous les voleurs ». Pour Gustave Flaubert (1), « le premier remède serait d’en finir avec le suffrage universel, la honte de l’esprit humain ». Rasséréné par le châtiment (des milliers de morts et de déportations), Émile Zola en tirera les leçons pour le peuple de Paris : « Le bain de sang qu’il vient de prendre était peut-être d’une horrible nécessité pour calmer certaines de ses fièvres. »
Jules Guesde en 1900 vendait déjà la mèche « On s’est divisé en bourgeoisie progressiste et en bourgeoisie républicaine, en bourgeoisie cléricale et en bourgeoisie libre-penseuse, de façon à ce qu’une fraction vaincue pût toujours être remplacée au pouvoir par une autre fraction de la même classe également ennemie. C’est le navire à cloisons étanches qui peut faire eau d’un côté et qui n’en demeure pas moins insubmersible. » Évidemment, notre homme parlait de cloisons étanches avant le naufrage du Titanic.
« “Gilets jaunes” : la bêtise va-t-elle gagner ? », interroge Sébastien Le Fol dans Le Point (10 janvier). « Les vrais “gilets jaunes”, confirme l’éditorialiste Bruno Jeudy, se battent sans réfléchir, sans penser » (BFM TV, 8 décembre). « Les bas instincts s’imposent au mépris de la civilité la plus élémentaire », s’alarme à son tour Vincent Trémolet de Villers (Le Figaro). « mouvement de beaufs poujadistes et factieux » (Jean Quatremer), conduit par une « minorité haineuse » (Denis Olivennes), est volontiers assimilé à un « déferlement de rage et de haine » (éditorial du Monde) où des « hordes de minus, de pillards » « rongés par leurs ressentiments comme par des puces » (Franz-Olivier Giesbert) donnent libre cours à leurs « pulsions malsaines » (Hervé Gattegno). « Combien de morts ces nouveaux beaufs auront-ils sur la conscience ? », s’alarme Jacques Julliard.
J’arrête ici le catalogue de la bêtise que j’ai piqué dans « Le Monde diplomatique ».
Les « gilets jaunes » illustrent le fiasco d’un projet né dans la décennie 80 des évangélistes du social-libéralisme : une république qui en aurait fini avec les convulsions idéologiques en expulsant les classes populaires du débat public pour le triomphe de la bourgeoisie cultivée.
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1. Gustave Flaubert, écrivain lucide et pourtant… complètement bourgeois par réflexe de classe et ne s’en défendant pas lors de la Commune (1871) jusqu’à la fin de sa vie (1880) au point d’abandonner à la misère son ancienne maîtresse, Louise Collet, pauvre insurgée se cachant dans les caves de ses amis, après le retour triomphant des Versaillais.

1 mars 2019

Mirliton et charleston.

La désertification des campagnes résulte de la concentration des populations en habitats urbains. La main-d’œuvre s’est déplacée dans les agglomérations depuis que la campagne a mécanisé le travail des champs et que le système politico-économique productiviste supprime à tour de bras postes, hôpitaux et conséquemment commerces de proximité, non « rentâââbles » comme on dit à la FEB.
Dans les villes et leurs faubourgs, le mécontentement sur la mauvaise qualité des logements et la rapacité des marchands de sommeil méritent qu’on en débatte d’ici les élections du 26 mai.
Ce n’est certainement pas la doxologie des bourgeois du MR, ni même du PS. Le reste de la gauche, dans ce climat, a donc largement l’espace pour se faire entendre.
Pour rappel, c’est, en partie, sur la base des revendications urbaines et d’une alternative de gestion communale que la majorité italienne actuelle a obtenu la majorité. Au Japon, les municipalités sont occupées par des gestionnaires sensibles aux problèmes de l’urbanisme et de l’environnement.
En Belgique, il fut un temps, hélas révolu, où l’engouement pour le PS tenait au développement des barres de banlieue. Jusqu’à l’embourgeoisement complet du parti, la politique de construction urbaine et suburbaine était l’un des indices qui séparait le vote à gauche plutôt qu’à droite, d’une grande partie de la population non politisée.
Le temps des grandes constructions à caractère démocratique étant révolu, il reste quand même la gestion d’un gros patrimoine immobilier des Coopératives et des Sociétés de logement qui joue un rôle dans le choix politique des candidats locataires.
Dans la population, l’idée d’un habitat urbain au loyer abordable jusque dans les centres-villes n’est pas morte. C’est même l’un des phénomènes résurgents à la crise actuelle des Gilets Jaunes et du malaise profond ressenti. Parmi les protestations et les demandes sociales, celle de se loger dans de bonnes conditions à des prix abordables est omni présente.
La concentration urbaine a un atout non négligeable pour se faire entendre des partis : le poids qu’elle pèse dans une élection est directement lié à la densité de population.
L’interdépendance croissante des unités de production et de gestion obligent à un fonctionnement sans à-coups dans un complexe économique important, aussi bien dans la production que dans la consommation. Paris et bientôt Bruxelles voient les travailleurs de ces deux capitales habitant en banlieue astreints à des navettes épuisantes et néfastes en pollution.
Les équipements collectifs, le logement, l’école, les dispensaires de santé, les crèches et garderies, les équipements culturels, les transports, sont des points stratégiques de la structure urbaine et des exigences de production. Imagine-t-on ce que serait l’activité commerciale et industrielle, sans un réseau de transports amenant les travailleurs à proximité des lieux de travail, presque tous à la même heure ?

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Ne croyez plus les propagandistes du néolibéralisme, ce dernier avatar des bourgeois, pour nous faire patienter en guettant un rebond du système. Il n’aura pas lieu et les gens du MR le savent ou alors ils sont plus incultes que je ne pensais. Pour mettre à l’abri des désastres qui s’annoncent, l’État n’aura plus demain qu’un seul recours, celui de la consommation collective, sous peine de disparaître, dans une grande mise à plat de l’urbanisme social.
Les moyens collectifs de consommation joueront bientôt un rôle fondamental dans l’organisation de la consommation individuelle marchande. La relance d’un certain type de consommation, dépend des politiques de logement et des transports ainsi que du traitement de la propriété foncière. Charles Michel n’ignore pas qu’une des difficultés du capitalisme est de trouver des débouchés sans cesse croissants, capables de placer les capitaux de façon rentable.
Pour que le capital privé se valorise, il doit s’ouvrir à une consommation à partir d’équipements collectifs de groupes solvables.
C’est ici que les socialistes font un mauvais calcul. Ils espèrent que leur embourgeoisement les laisse seuls à pouvoir in fine convertir le capital néolibéral à la social-démocratie, dans une mixité entre le social et le capital.
C’est l’erreur. Le capitalisme ne peut pas s’amender, aussi certain que le monde court à sa perte par la même aporie.
On découvre aujourd’hui la contradiction majeure du développement capitaliste : les besoins essentiels des gens ne peuvent pas être produits par cette logique, puisqu’il n’en découlera qu’un profit médiocre, voire inexistant.
C’est pour résoudre cette contradiction que l’Etat devra intervenir bientôt de façon décisive dans la production, la distribution et la gestion des moyens collectifs de consommation et même dans l’organisation spatiale de ces services.
Il n’en prend pas le chemin. Les forces dites complémentaires de pouvoir, partis, économie néolibérale et État rejettent la seule alternative qui pourrait sauver leur système en le modifiant. Au contraire, ils s’enfoncent dans la vente des biens publics et des organisations sociales à des particuliers. Il ne reste plus beaucoup de temps à ces messieurs de la Belgique passéiste et conservatrice pour renoncer à la vente des biens et services publics.
Sinon, ils sont condamnés à périr.
Reste la classe ouvrière qui a le plus conscience de la situation et qui soutient de mieux en mieux les organisations politiques alternatives de la bourgeoisie. Or la classe ouvrière ne peut pas, à elle seule, poser l’alternative du socialisme en Europe occidentale. Celle-ci n’est possible que par la constitution d’un grand rassemblement.
On peut rêver, non ?