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31 janvier 2008

Une morte saison.

La Belgique, avec 2.000 cas constatés l'année dernière, partage avec le Danemark et le Luxembourg le record parmi les pays où l’on observe le plus de suicides ! Vient ensuite la France qui n’est pas loin du peloton de tête.
Le suicide fait plus de victimes que les accidents de la route.
On dépense des millions d’euros par an pour la prévention des accidents de la route et presque rien pour la cause de mortalité "accidentelle" la plus importante !
Pourquoi ne le fait-on pas ?
Parce qu’il faudrait mettre en cause parmi les raisons principales, la société elle-même dans sa dérive productiviste et ses structures économiques.
On comprend la discrétion des pouvoirs publics. On ne voit pas bien Reynders glorifier la manière de vivre et de produire en Belgique, terre de démocratie et de liberté, pour avouer ensuite que la morosité vire parfois à la neurasthénie et que la façon d’y travailler, d’y être licencié et d’y chercher vainement du travail, entre pour une bonne part dans la décision de l’acte fatal.
Certes, les causes du dégoût de vivre ne se limitent pas aux conditions d’existence, quoiqu’on ne puisse raisonnablement pas conclure que dans les suicides par amour ou par soudaine déraison n’entre pas pour une part l’existence dégradée que connaissent aujourd’hui les Belges pour la plupart.
A 23 suicides pour 100.000 habitants, le double des Pays-Bas, la Belgique est au-dessus de la moyenne mondiale qui est de 14,5. Ce pays serait-il plus difficile à vivre que d’autres ?
Les familles n’en parlent guère. Souvent on maquille le suicide en accident. Cette société de faux jetons va jusqu’au bout dans le travestissement. Elle a besoin sans doute pour son propre équilibre de ne pas trop se poser de questions. Il est de bon ton de suivre le troupeau glorifiant le formidable niveau de vie, le merveilleux d’être Belge, la prodigieuse invention du suffrage universel, l’exceptionnelle qualité de nos hommes politiques, la superbe invention qu’est l’entreprise moderne et le plaisir d’y travailler parmi les plus excellents collaborateurs que la société de consommation vit jamais !
-La mort ? Vous n’y pensez pas ! Il y a des funérariums discrets pour ça…
Sans quoi, l’écran brisé : la crise, l’inflation, le chômage, le dégoût des villes immondices, le sentiment que la misère monte et touche de plus en plus de gens submergeraient l’entendement du Belge moyen qui risquerait de se retourner contre les donneurs de leçons, ces grands prêtres de l’économie de marché, pour leur dire les quatre vérités de l’honnête homme.
En foi de quoi, l’historien de l’économie, Jacques Marseille, professeur en Sorbonne, au lieu de dire amusé que dans un pays comme la France, il y a encore 10 % de gens d’extrême gauche – ceci glosé avec une ironie qui laisse croire que ces extrémistes lui paraissent complètement cinglés – il faudrait qu’il lâche du bout des lèvres un chiffre bien supérieur et qui lui ferait moins de plaisir.

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Le désespoir d’être dans une sorte de trou social, après la famille qui peut être aussi l’antichambre de l’enfer, le désespoir, dis-je, est probablement la cause de plus de suicides qu’il y paraît.
Comment comprendre autrement le suicide des jeunes, en forte augmentation ?
La courbe au-delà des années 80 est ascendante. Elle correspond à la fin des 30 glorieuses. Les jeunes pour la plupart dans les années de l’immédiate après guerre ressentaient le besoin de s’impliquer dans la vie citoyenne. Ils militaient dans les partis, aiguisaient leur jeune esprit dans la critique et la lecture des journaux, voulaient que la démocratie devienne enfin ce qu’elle aurait dû être depuis longtemps : la forme de vie souhaitée par le plus grand nombre avec comme objectif le mieux être par une égalité des chances.
Après l’explosion de 68, quelques grèves ratées plus loin, la population s’est tournée vers des plaisirs qui ont dissous sa capacité de réflexion, son enthousiasme, sa volonté de faire ensemble autre chose que courir après les corrections sociales d’une mondialisation de l’économie accélérée.
On ne peut pas faire autrement, dit Jacques Marseille. Il faut s’aligner ou périr.
Eh bien ! il a raison. Les gens périssent d’ennui, de dégoût, de déconvenue, du rejet enfin de ce simulacre de démocratie.
Pourquoi la prévention du suicide reste-t-il un machin peu porteur ?
A cause de toutes les considérations précédentes.
Les périodes les moins atteintes par les suicides sont celles de l’histoire où l’individu s’est senti en danger, telles les guerres et les révolutions. Si elles font par ailleurs des victimes, il n’en meurt guère par volonté personnelle. L’instinct de vie y est plus fort que tout.
La mélasse dans laquelle nous pataugeons est faite d’un dégoûtant empirisme, d’une lâcheté inouïe envers nos suborneurs à la tête de l’Europe et de nos richissimes magnats gavés de nos dépouilles..
Au niveau social, le flop est magistral. Pour beaucoup, le suicide est devenu la seule protestation possible.
Quand on aura touché le fond, il faudra bien d’un coup de talon remonter à la surface.
Peut-être en voyant le ciel toujours bleu qui brille pour tout le monde, que les gens se diront libérés de ceux qui les humilient.
Ils se reconnaîtront dans la définition de Sartre « Un homme parmi les hommes et que vaut n’importe qui. » ; alors, qu’ils fichent ce système en l’air, en se disant qu’il ne vaut rien et qu’ils en construisent d’autres, des tas d’autres, jusqu’à ce qu’ils en trouvent un meilleur.
Je gage que le nombre de suicides sera ce jour-là en nette diminution.

30 janvier 2008

Kerviel - Bouton : un duo d’enfer !

-Une brebis galleuse et voilà Daniel Bouton emmerdé !
-Jérôme Kerviel, le trader, responsable de l’emploi de 130.000 personnes, tu imagines
-Quel salaud !
-D’autant que Bouton n’en savait rien. Surpris qu’il a été qu’on puisse piquer 5 milliards à la Société générale, alors que lui n’a jamais su piquer que son salaire.
-C’est quand même pas mal.
-…à côté de 5 milliards !
-Imagine que Kerviel se soit pris pour Zoro. 5 milliards divisés par 130.000, cela fait quand même 38.461 euros par membre du personnel.
-Voilà qui aurait de la gueule et rétablirait l’image sociale de la banque.
-Tu crois que les actionnaires auraient apprécié que leurs spéculations servent au petit personnel ?
-Reste que c’est le seul Kerviel qui est en garde à vue.
-Pour quel motif ? Il paraît qu’il n’aurait rien piqué. C’était juste pour toucher des primes au résultat. C’est bien la première fois qu’on va en tôle parce qu’on a fait preuve de maladresse…
-D’une grande maladresse quand même.
-Et Bouton, passe au travers ? Pourtant, c’est le roi des cons, s’il ne savait pas qu’on dilapide 5 milliards à côté de son bureau ! !
-Christine Lagarde, la tôlière des Finances françaises, a dit qu'il incombait aux administrateurs de la banque de changer ou non de capitaine.
-Elle est belle la France, pourquoi elle s’est occupée de Kerviel et qu’elle attend que ce soit les administrateurs qui s’occupent de Bouton, le responsable en chef ?
-C’est ça les mystères de l’économie. Bouton est un économistes malheureux. Kerviel un employé malhonnête. D’ailleurs le patron a mis sa démission sur la table !
-Reste à savoir laquelle ? Si c’est la table de sa résidence secondaire, sa servante s’en sera servi pour y mettre les épluchures de pommes de terre.
-C’est pas que le chef suprême qui est embarqué dans une drôle de galère. La Société générale dément des rumeurs de délit d'initié, blanchissant Robert Day, un Américain plein aux as qui a liquidé pour 40,5 millions d'actions avant le coup foireux de Kerviel. Tu peux être sûr que l’épilogue s’est fait en deux temps. Le premier on sauve les meubles et objets personnels parce qu’on est devant la révélation du siècle : Kerviel est un pervers. Puis, les biftons à l’abri, on dénonce le trader, en deuxième partie.
-Il y a encore une autre hypothèse. Des malfrats aux plus hauts postes complotent le casse du siècle. Ils poussent le charlot à des achats foireux. L’autre ébloui tripote son ordinateur. Les ordres d’achat atterrissent dans quelques banques en Europe et aux States. Ils se rendorment en attendant que le lampiste déguste et soit découvert et qu’une fois le scandale oublié, ils puissent se remplir les mallettes à l’étranger en bons biftons de la banque de France.

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-C’est quand même du bel argent, non imposable…
-Bouton sait bien qu’il y a de l’oseille dans les coffres. La banque procède au plus mauvais moment à une augmentation de capital de 5,5 milliards d'euros pour restaurer ses fonds propres.
-Ne sont baisés que les petits personnels qui voient passer sous leur nez les primes de rendement. Les actionnaires, les infimes et éternels enculés de la chose bancaire, peuvent se brosser sur la valeur du titre. L’Etat français qui ne peut pas happer au passage sa part de chair fraîche… Quant aux managers, de deux choses l’une, ou ils ont vendu au bon moment, ou il y a 5 milliards qui attendent quelques-uns d’entre eux aux îles Caïmans.
-Les contrôles internes de la banque ont fonctionné. C’est Lagarde qui en témoigne.
-C’est pas rassurant qu’un Trader ait pu les blouser à ce point…
-Tout de suite le groupe UMP à l'Assemblée s'est prononcé contre la création d'une commission d'enquête parlementaire. Les financiers français n’ont pas pour rien sucré le parti et son président.
- Le fait que Jérôme Kerviel ait déclaré à la police que sa direction était au courant de ses pratiques d'engagement à risques sur les marchés financiers, en principe irréguliers, fait pencher pour l’hypothèse que la direction fermait les yeux, d’où la machination qu’on évoquait tout à l’heure.
-Si j’étais Kerviel, j’aimerais autant rester en tôle un moment. On a tué pour moins que 5 milliards. Reynders à beau dire que le capitalisme est formidable et moral, c’est quand même dans le milieu, pour des motifs bien plus futiles, qu’on recrute facile des tueurs.
-…à moins que la Société générale ayant beaucoup perdu sur les marchés des subprimes ne se soit résolue à faire un écran de fumée en faisant tomber Kerviel au plus mauvais moment.
-Aux dernières nouvelles Corleone n’était pas au courant. Les Napolitains, peut-être ?
-On a l’air de quoi, nous, en Région, avec le plan Marshall de 100 briques ?
-…de 3 millions 5 de couillons !

29 janvier 2008

"Le Monde" sur la corde raide.

On le sait, les gens ne lisent plus ou si mal que le NET leur suffit amplement. Ils ne s’intéressent plus au sort de leur collectivité. Ils n’ont plus l’esprit critique. A cause de tout cela, la presse écrite – l’ancienne, pas les papiers culs - se trouve en grand péril.
Ce n’est pas nouveau. Les journaux régionaux ont disparu, sauf quelques rescapés, depuis plus de vingt ans, soit rachetés, soit liquéfiés dans les remous financiers et les magouilles bancaires. Pourtant, les pauvres, il n’y avait pas plus serviles vis-à-vis des pouvoirs. Il faut croire que les forclos avaient encore trop d’esprit critique.
La polémique fout le camp. Les folliculaires qui restent ne débusquent plus des lièvres. Les cadavres dans les placards reposent désormais dans la paix éternelle. Les Rouletabille qui persistent sont dans le collimateur du pouvoir.
Subsistent quelques titres de référence, eux-mêmes bientôt piégés par la finance et les richissimes qui se paient un journal, comme d’autres élèvent des chevaux de course.
Il y a de-ci, de-là, parmi les brouillons et les paquets d’invendus, des titres qui gênent encore assez pour que des marioles de droite – ce sont eux qui ont l’oseille – se disent « Tiens, je vais me le farcir. Voilà longtemps que son esprit critique me fait chier. A l’ère du libéralisme avancé et avec les moyens dont nous disposons, ce serait bien que je puisse lui fermer la gueule. » (Oui, oui, c’est ainsi qu’on parle dans les salons !).
S’est-il lancé tout seul ou a-t-on téléguidé le furet ? Alain Minc est entré dans le terrier de garenne du journal Le Monde. L’esprit vif, l’œil en éveil tant il craint les pieds au cul, il s’est installé comme chez lui, avec le culot d’un tabellion de bons de caisse.
Alain Minc avec sa dégaine d’intello hasardeux annonce la couleur ; mais on s’y laisse prendre quand même. Comment expliquer que le charme dont il est dépourvu, parvient néanmoins à faire mouche ?
C’est que ce fantassin de la droite vient s’installer dans les conseil des grenades dans sa besace. Il ne les montre pas, mais on sait que d’un petit geste nerveux il pourrait en dégoupiller une.
Le Monde a une machinerie compliquée qui s’appelle la Société des rédacteurs. C’est ce qui lui a permis jusqu’à présent d’éviter les Lagardère, les Dassault et les Bolloré, magnats sans prétention littéraire mais que démange le démon de l’écriture en faveur de la politique de la France, entendez celle de l’ami Sarkozy.
Le furet a été installé par l’actionnaire externe au Conseil de surveillance. En gros, il a joué du violon et promis la rentabilité financière en diversifiant les publications du Monde par des rachats en province et des publications connexes.
Les journalistes n’ont pas été attentifs aux conditions d’achat. Si bien que les petites affaires font des bénéfices, tandis que Le Monde a un passif qui s’alourdit. Les Rédacteurs sont tout à fait incapables de procéder à une augmentation du capital.
Le furet a posé ses collets. Il a des amis prêts à investir, exit les rédacteurs. Un huissier pourrait faire l’inventaire des biens, un redressement judiciaire imposerait un administrateur nommé par le Tribunal de commerce, bref, Alain Minc est ravi, les lecteurs du Monde sont consternés et les rédacteurs associés se demandent quand ils vont être fichu à la porte.
Voilà en quelques mots, avec des erreurs sans doute dans les détails, mais c’est à peu près la situation actuelle.

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Cette situation conduit à l’opinion que si Lagardère augmentait sa participation dans le groupe Le Monde, celui-ci pourrait perdre son indépendance. Arnaud Lagardère est en effet un ami intime de Nicolas Sarkozy, comme il est écrit plus haut.
C'est en raison de cette tentative de prise de contrôle que le directeur du journal, Eric Fottorino, est revenu sur sa démission et s'est porté candidat à la présidence du groupe. L'indépendance du journal est en train de se jouer.
On s’est aperçu qu’Alain Minc est partout dans les milieux financiers et politiques, quand on ne le voit pas à la FNAC signer son dernier ouvrage du genre « comment se faire du blé sur le dos des imbéciles ». Le furet serait devenu le principal conseiller des grands patrons français. Il est multiformes, chasseur de têtes, évangéliste selon Wall Street, il a des relations, s’occupe même des parachutes dorés pour les amis en détresse.
Si bien que l’on peut parler du système Minc.
Bien entendu, du point de vue technique, le journal à des problèmes : les recettes de l’entreprise ne sont plus en rapport avec le nombre d’ouvriers et d’employés. Le syndicat du Livre est omniprésent et pourrait mettre par terre le journal s’il le voulait. Aussi, doit-on marcher sur du velours. Il est évident que si Lagardère devenait le patron, Alain Minc pourrait liquider la moitié du personnel et se ficherait de la réaction syndicale grâce au solide matelas du groupe qui pourrait tenir le coup, sans doute plus longtemps que le syndicat. Les salaires du secteur administratif sont parmi les plus élevés de la profession, le procédé de fabrication est coûteux et les imprimeries tournent à temps partiel faute de travail. Les rédacteurs étant eux-mêmes sous certaines conditions actionnaires du journal, il est très difficile de voter au sein du groupe une diminution du personnel !
La dette du Monde, aujourd’hui, est de 100 millions d’euros, avec 146 millions d’euros de perte en cinq ans, dont 14,3 millions en 2006.
Lagardère reprendrait le titre et remplacerait le personnel de l’écrit par ses écrivaillons de l’Etat libéral. Cela ne se ferait pas du jour au lendemain, mais la nouvelle équipe serait prête pour la réélection de Sarko.
Si ce journal est repris par la droite, c’est-à-dire les amis de Sarkozy, ce sera une voix critique qui disparaîtra. Ne restera plus que le souvenir d’un grand journal, fondé par un grand Monsieur, Hubert Beuve-Méry, dont les successeurs ont été parmi les meilleurs journalistes d’expression française.
Et moi je perdrai Raphaëlle Bacqué dont j’aime particulièrement l’écriture et le reste.

28 janvier 2008

Une société de délinquants.

Beaucoup de beaux prêcheurs, potentiellement responsables de l’augmentation de la délinquance, sur le plateau de la RTBf, ce dimanche 27 janvier !
Petit débat entre amis du Centre – Centre gauche, centre droit – au sujet des prisons et accessoirement des prisonniers.
Faut-il les maintenir jusqu’au bout de leur peine au pain du roi, les orner d’un bracelet judiciaire ou les libérer, faute de place, au tiers ou au quart de l’accomplissement de leur temps ?
Admirable débat dans lequel l’altruiste modéré Josy Dubié, et madame Borré, psychologue et nautonier des enfers carcéraux, se démarquaient de la dureté des politiques, De Decker en tête, suivi d’une courte tête par MM. Wathelet et Alain Courtois.
Restait à madame Drisket, chargée de l’application des peines place Saint-Lambert de dresser en quelques mots le portrait social type du délinquant.
Horreur et damnation ! Le délinquant type provient essentiellement d’un milieu défavorisé, son parcours scolaire s’arrête avant la fin des études primaires ; sa famille, à peine l’enfant au monde, s’en désintéresse et s’enfonce illico dans les stupres et dans l’alcoolisme.
La voilà bien la société belge d’en haut, implacable au constat, elle voit bien que les remèdes passent par l’acculturation des couches pauvres, cependant, elle est incapable de les appliquer en oubliant volontairement les conditions économiques qui les y aideraient !
Ces gamines et gamins du centre gauche/droit sont à fesser.
Ils razzient les pots de confiture, se gonflent d’importance, se gargarisent des belles réussites à la RTBf et du haut d’une condition sociale supérieure accablent ceux qui n’en peuvent !
Quittons les tapis plain ; les pièces surchauffées et les déjeuners à la carte. Retombons les pieds dans le purin.
La délinquance augmente, bracelet ou pas bracelet, l’ancien tôlard reste « dangereux ». Il ne faut pas chercher la responsabilité principale de ce désastre social ailleurs que chez ceux qui ont conduit le pays là où il est, c’est-à-dire eux, nos admirables, et non pas ceux qui n’ont jamais rien eu à dire et qu’on ne voit d’ailleurs jamais – sinon bien filtrés – sur les plateaux de la RTBF et de RTL.
Le réflexe de ce joli monde, c’est d’abord s’exonérer de tout reproche. La délinquance n’est pas de leur responsabilité. Eux, ils se contentent de se tirer peinards des basse couches populaires. Ils jurent qu’ils ne sont pour rien dans l’accroissement des pauvretés et parallèlement dans celui des richesses.
C’est entendu, nos hardis débatteurs ne sont responsables de rien : les bas salaires, les discriminations, les incitations perverses à la consommation. C’est du domaine économique et encore, celui-ci est bel et bien mondial. Que voulez-vous qu’ils fassent ?
Ils ont eu des parents prévoyants, médecins, banquiers ou maîtres chanteurs, ils ont fait des études vite amorties par le salaire du mérite et ils ont eu le temps de s’occuper de leurs enfants qui ne pourront que reproduire leurs éminentes qualités de citoyens honorables et respectés.
De petits génies, ces futurs dirigeants, nous n’en doutons pas.
Dès lors, les couches populaires n’ont que ce qu’elles méritent.
Il ne faut pas s’attendre à quelque chose d’extraordinaire des petites gens.
Voilà en filigrane les discours qu’ils prononcent à longueur d’année.
A quand la parfaite étiologie de la délinquance ?
Il manque au drame belge, outre la parole à donner à ceux qui ne l’ont jamais, un pouvoir extérieur au pot bouille centre droite/gauche, pour l’arbitrage.

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Tous les « amis » Centre gauche/droite sont d’accords pour exercer en amont de la première condamnation une pression éducative sur les familles, la fameuse recette du mentor qui sait, et que l’immature devrait recevoir comme l’illumination venue d’en haut. .
Un bon départ serait que l’élite se responsabilisent. L’autocritique est difficile, l’ego est considérable. Surtout qu’il disent la morale, sans savoir que c’est son contraire qu’ils ânonnent !
De bons salaires, une éducation permanente, du travail considéré, voilà les trois conditions de la lutte contre la délinquance.
Dénoncer la misère, source de la délinquance, ne suffit pas. C’est s’attaquer à la misère, terreau principal de la délinquance, par des mesures économiques concrètes, qu’il faut faire.
Les moyens ? Dans une société qui assiste au spectacle d’une banque qui perd près de 5 milliards avec le sourire, on pourrait quand même dégager des fonds pour des objectifs plus sérieux que celui de jouer en Bourse.
Comment s’attaquer à la misère quand les dirigeants que nous vîmes le midi sur le plateau de la RTBf en vivent, plus ou moins, de façon indirecte ?
Car la dénoncer, quand on y contribue, c’est un peu court.
Encore que, si vous avez bien suivi le débat, je me demande même si la pauvreté a vraiment été évoquée comme facteur principal de la délinquance ?
Maintenant que j’y pense, j’en doute !

27 janvier 2008

Gaza

Tandis que dans l’attente du 23 mars, on a l’œil braqué sur le nombril du CNV-N.VA, il s’en passe des choses partout dans le monde !
Les plus graves se déroulent cette semaine à Gaza.
Territoire martyr où grouillent 1.300.000 personnes, une des plus fortes densités au monde avec 3.226,3 habitants au km², cette bande de terre est actuellement victime d’un blocus d’Israël par mer et par terre et qui n’a que trop duré. La population vit une situation de plus en plus précaire.
Les âmes sensibles regardent médusées les actu sans comprendre comment il est possible de prendre en otage une population dont 50 % à moins de 20 ans, sous prétexte que des militaires du Hamas tirent de temps en temps des fusées bricolées maison sur Israël ?
Tsahal, l’armée de l’Etat israélien, est équipée de matériels très sophistiqués, notamment grâce à une aide financière et matérielle des États Unis et à des firmes israéliennes à la pointe de la technologie comme Elbit Systems, Rafael, IAI. Tsahal possède un corps blindé, un corps de marine, l'armée de l'air et les fantassins. Elle est incomparablement plus forte que ses opposants du Hamas qui bricolent des armes avec des tuyaux de poêle !
Sa réputation a toujours été d’être impitoyable avec « l’ennemi » palestinien et ses ripostes – alors que les colons juifs grignotent année après année des parcelles considérables des terres palestiniennes et qu’ils sont la première source d’agression de la région – sont disproportionnées des dommages subis. Ces ripostes constituent à chaque fois une véritable provocation qui engendre à son tour une réplique du Hamas. Si bien qu’on ne sait plus qui a commencé dans les conflits locaux.
Cette semaine, avec le blocus des Territoires, les Israéliens ont dépassé les bornes en plongeant les populations concernées dans de nouvelles souffrances injustifiées quand on considère le nombre d’innocents qui sont atteints par ces mesures.
Alors, il fallait bien s’y attendre, un peuple qui a faim ne raisonne plus. Les gens se sont rués sur les 10 km de frontières qui sépare Gaza de l’Egypte. Les frontières ont craqué et les gardes frontaliers égyptiens ont dû se replier. Le peuple de gaza s’est précipité sur l’Egypte comme quelqu’un qui a besoin de manger se précipite dans une boulangerie.
Vendredi 25, l'Egypte commençait à fermer les brèches dans le mur qui la sépare de la bande de Gaza. Des activistes du Hamas en ont détruit deux nouveaux pans à l'aide d'un bulldozer. Les Gazaouis se sont immédiatement engouffrés dans la brèche, à pied, en charrette et en voiture.
C’était à prévoir.

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On ne peut pas impunément jouer avec la vie des gens, en opposant à la nécessité, des barrières artificielles que sont les frontières.
Pour couronner le tout de ces effrayantes journées, Israël poursuit ses piqûres de moustiques par des raids d’aviation la nuit, cherchant à détruire les lieux de réunion du Hamas et tuant ses militants, avec au passage des civils voisins de ces bombardements ciblés.
Des civils meurent ainsi si souvent qu’Israël qui avait pris l’habitude de « s’excuser » quand mourait un innocent, ne le fait plus du tout, ce qui internationalement est mauvais pour son image de marque, hormis le camp américain qui adore tout ce que fait son allié, les autres Etats commentent plutôt sèchement cette nouvelle escalade et cette désinvolture pour les pertes innocentes.
Cette situation qui a débuté le 17 janvier est proprement inqualifiable.
Il faudra bien que tôt ou tard les Gazaouis soient protégés par des moyens mis à disposition de l’ONU si on veut empêcher un début de génocide de la faute d’une guerre qui ne veut pas dire son nom entre belligérants qui ne respectent rien, y compris les règles imposées aux Nations en temps de guerre.
En surprotégeant Israël, les USA ne jouent pas un rôle d’arbitre au Proche-Orient. Il n’est donc pas surprenant que Condoleezza Rice va d’échec en échec dans ses pourparlers avec les belligérants et ce n’est pas avec les mous du Fatah qu’elle pourra pacifier la région et y faire la paix.
On sait l’intention de Bush de finir son dernier mandat par un accord entre les Juifs et les Palestiniens. Bill Clinton avait eu le même espoir quelques années auparavant.
Que feront les démocrates quasiment assurés de placer un des leurs à la présidence américaine en 2009 ?
Il y a de la marge entre les intentions d’un candidat et celles d’un président.
Si c’est Hillary qui l’emporte, il ne faut pas oublier qu’elle est sénateur de l’Etat de New York avec l’apport de l’électorat juif très important dans le Nord des Etats Unis.
En attendant, des gens meurent à Gaza. Les Palestiniens en ont assez d’être les victimes désignées et n’attendent plus rien de la Communauté internationale, à part payer les factures d’eau et d’électricité.
C’est tout profit pour Al Qaida.
Si c’est cela qu’Israël veut, qu’il continue. Si ce pays attend de nous qu’on l’admire de subsister au milieu d’ennemis, qu’il ne compte pas trop sur ceux qui ne sont pas ses inconditionnels et qui voient bien que la politique secrète de ce pays est essentiellement expansionniste. Si on fait l’ablation de l’aphérèse de « expansionniste », reste l’apocope qui veut tout dire.

26 janvier 2008

L’imposture.

Qu’on ne se méprenne pas. Les systèmes que l’on propose en remplacement de celui qui fonctionne dans nos sociétés occidentales ne sont pas des enjeux impératifs. C’est plus dans la détestation de celui que nous subissons que par la conviction qu’ils remplaceront avantageusement dans le futur la société de consommation ; c’est aussi parce qu’ils paraissent faire plus de cas de la justice sociale et donc être plus moraux.
On ne peut mesurer efficacement la valeur d’un système qu’à partir d’une réflexion sur les réalisations de celui-ci. Or, les systèmes de remplacement proposés n’ayant jamais été expérimentés, il est difficile d’en juger fictivement l’efficacité.
Les propositions diverses n’admettent que très rarement de prendre en charge la société telle qu’elle est à partir de quoi s’établirait un autre scénario que capitaliste.
Nous passons un temps précieux à faire des projets qui n’ont aucune chance d’aboutir ; car, ils sont le plus souvent nés d’une révolte personnelle et partant, ignorent tout de la vie complexe des imbrications humaines et du jeu social, si ce n’est qu’en stigmatisant les ressorts les plus grinçants des appareils impuissants d’une démocratie chloroformée.
La société actuelle est compliquée jusqu’à l’incompréhensible. Elle ne peut se transformer ou se rénover sur de simples décisions, même obtenues de manière tout à fait démocratique à la majorité des voix.
C’est un échafaudage de relations interdépendantes qui ne peuvent être assimilées dans leur ensemble par personne, si bien qu’elles échappent à toute décision consciente de quelque individualité que ce soit.
Marx n’a pas établi les lois d’un Etat communiste. Il a seulement préparer les hommes à imaginer ces lois. Si bien que l’échec du communisme dans sa forme des Républiques Socialistes Soviétiques ne peut être de la responsabilité de Marx.
Le système capitaliste n’est pas immuable. Il change confronté aux faits et à l’action des hommes, même si l’égoïsme est le levier central, ce qui en fait sa carapace et sa durée. Mais, il ne change pas en faveur du plus grand nombre, quoiqu’en dise Didier Reynders, ce faux-monnayeur du social.
Cependant, on peut se demander si en appauvrissant aujourd’hui les populations qu’il touche, il ne va pas finir par s’autodétruire et donc nous débarrasser de nos infirmités collectives ? Si bien que nous serions régis par autre chose, en douceur et sans casse. Si nous n’en prévoyons pas les principes, peut-être bien que le remplaçant nous placerait dans une situation d’esclavage pire que celle que nous abandonnerions ?
On voit bien que les résultats du système sont différents des volonté de chacun ; puisque l’idéal d’une vie meilleure n’est même plus un objectif, tout au plus pourrait-on se souvenir qu’il était bel et bien un objectif jusque dans les années 80 et qu’il n’est plus qu’une réflexion historique.
Le comportement relationnel rend chacun dépendant d’autrui.
Ce sont des jeux d’un mécano politique, technique et social découlant de nos activités. Rassemblés, ils forment la société complète.
Mais ces structures imbriquées peuvent aboutir à des situations diamétralement opposées aux suppositions des foules.
C’est que nous vivons dans les pitoyables soubresauts des gouvernements qui se succèdent et qui ne parviennent plus à cacher leur préférence de classe dans les traitements des inégalités.
Cherchant à supprimer les profits abusifs, ils libèrent les prix et les font flamber.
Ils font la guerre à l’argent sale, celui-ci entre dans les entreprises et devient respectable par les mêmes lois qui étaient destinées à le faire disparaître.
Toute action, dans un système qui ne tourne pas bien, finit par avoir des effets pervers.
Ces effets pervers profitent bien à certaines catégories, mais on n’en perçoit pas toujours les mécanismes. Il ne sont attribuables qu’aux forces du mal. Oui, mais lesquelles ?
C’est ainsi que, dit-on, un trader « fou » de la société Générale aurait provoqué une perte de 4,9 milliards d’euros !!!
Cela choque tous ceux qui vivent encore dans l’illusion du contrat social. S’illusionner que les individus cogèrent les pays occidentaux en prenant des décisions rationnelles, devant une telle facilité de jeter des fonds qui sont avant d’être spéculatifs les résultats du travail collectif, c’est se préparer des lendemains pires encore.

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Puisque toute action collective produit des effets qui peuvent aller dans le sens inverse à celui que nous souhaitons, on serait tenté de croire qu’il serait sage d’en rester là et de ne plus présenter des systèmes concurrents qui feraient peut-être encore plus de dégâts que celui qui nous accable.
C’est la tentation du pessimisme et des nouveaux philosophes (déjà bien vieux depuis qu’on les présente à l’état neuf !)
S’il est déraisonnable d’abandonner l’équipage actuel à sa dérive sans réagir, plus néfaste encore serait d’abandonner la recherche d’autre chose.
Le mieux serait de donner la priorité au concret, et non à la pensée libérale d’objectifs tendancieux de classe. Nous ne pourrons dégager les priorités accordées au concret, tant que nous ne saurons pas discerner entre nos idéaux et notre finalité, les faiblesses et les insuffisances qui nous accablent.

25 janvier 2008

Entendez-vous le bruit de l’or.

(air connu)

Ha ! qu’on s’amuse en nos pays, bien tondus par les « lois » de la concurrence détournés en ententes illicites entre compères, maquillées « exemptions » afin d’éviter l’article 81 du Droit communautaire.
On peut dire que les voyous en col blanc se sont débarrassés de leurs dernières peurs du gendarme. Ils y vont à cœur joie.
Pourquoi se gêneraient-ils, puisqu’on est en pleine révolution droitière ?
L’Amérique tourne de l’œil, l’Europe la suit au pas cadencé, on n’a jamais tant voté pour que le libéralisme foufou nous en mette plein la vue !
Les industriels se font dorloter. Les eunuques rétablissent le droit de cuissage. C’est vent debout pour la croisière du 23 mars.
Sarkozy fait bling-bling et Didier L’Embrouille embraie… La faillite vire au vice et qu’on aura voté pour, nom de dieu !
Rien ne les dérange plus : leurs anciens ratages, leurs petites saloperies entre amis, c’est pas de leur faute. Eux travaillent… enfin, ils font travailler les autres pour le meilleur système qui soit au monde. La Liberté éclairant le monde, grâce à Luminus et passez à la caisse. Vous n’êtes pas d’accord ? Un petit 10 % en plus, c’est bien fait pour nos gueules.
Quelques petits hoquets, deux ou trois paroles en chanson, et hop, le populaire marche !
Les rombiers vont casser des mines de plomb dans l’isoloir aux prochaines élections en remplissant les petits ronds dans la hâte de l’étreinte : de quoi plomber la démocratie pour bien longtemps… le style, c’est de porter à droite…
Nous voilà beaux avec les prix qui grimpent et les salaires qui baissent rongés par la surenchère d’une concurrence organisée pour nous plumer.
Il faut dire que nous avons notre Bush national en la personne d’un Didier L’Embrouille, chef train des nouvelles mesures au MR, expert à la belle école du libéralisme avancé et qui ose traiter les pâlottes propositions de Di Rupo d’obsolètes et leur diffusion d’indécente !
Tout cela parce que le président du PS accusait le ministre des finances d’avoir vidé les caisses de l’Etat, pour faire des cadeaux aux entreprises, ce qui est vrai !
Evidemment, comme le MR donne l’exemple, les banquiers en profitent.
Ils se sont versé des bonus massifs l’année dernière à faire rêver Carla ! A l'issue d'une année où le système financier a connu une véritable crise cardiaque, et où Wall Street a dû être sauvée en urgence par une baisse des taux de la banque centrale, c’est gonflé et obscène.
Pas qu’en Belgique que ça rigole…
L’Amerloque est bonard, le sud de l'île de Manhattan aussi. Au Financial district, les cinq plus grands établissements ont payé à leurs employés 66 milliards de dollars en 2007, soit 9 % de plus qu'en 2006 ! En pleine crise économique, les quasiment faillis trouvent encore le moyen de se sucrer !...

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Laissons parler le spécialiste Hugo Dixon. Piqué du journal « Le Monde » :
« La légitimité des gains dans le système capitaliste vient de l'idée que ceux qui travaillent dur et prennent des risques bien calculés gagnent beaucoup d'argent, et que ceux qui sont fainéants et prennent des risques absurdes en payent le prix. Ce système de la carotte et du bâton est supposé créer une économie efficace. Mais ce dont nous sommes témoins aujourd'hui à New York et à Londres est un système de la carotte et de la carotte. Les banquiers gagnent beaucoup d'argent quand ils font bien et beaucoup d'argent quand ils font mal. »
« Ce système de rémunération des financiers a deux conséquences très graves. Premièrement, il attire de plus en plus de gens talentueux dans la finance. Comment des professions nobles et indispensables comme l'enseignement, la médecine ou, simplement, le management dans les entreprises classiques peuvent-elles lutter ? Accaparer le potentiel de talent par une seule activité n'est pas la base d'une société et d'une économie prospères. »
« Deuxième conséquence dangereuse de cette situation : le système de carotte et de carotte encourage Wall Street à prendre des risques toujours plus importants. Après tout, plus le pari est important, plus la carotte obtenue est importante, si les choses se passent bien. Et si cela se passe mal, vraiment mal, les banques centrales se porteront au secours des établissements et du système. »
« Le marxisme est une philosophie qui a fait faillite. Mais sa critique du capitalisme - les profits sont privatisés et les risques socialisés - a toujours contenu une part de vérité. Les derniers bonus extravagants à Wall Street en sont la démonstration. Si cela provoque des réactions brutales du reste de la société, les financiers ne pourront s'en prendre qu'à eux-mêmes. »
Ce papier est signé, encore une fois, Hugo Dixon. Bravo !
Je l’ai presque intégralement cité, tant on ne peut mieux écrire sur la chose.
Reste à entonner la chanson des cocus. Où les trouver ? C’est bien simple, plus on est mal payé, plus on est cocu. A ce compte, il y en a un paquet et pas qu’en Amérique. En « Régions », c’est pas Namur qui dira le contraire, on ne les compte plus !
Le chœur sera grandiose…

24 janvier 2008

Besson, Kouchner et Cie…

On ne peut pas dire que les socialistes français qui ont choisi de faire du sarkozysme étaient des gens à conviction profonde.
Peut-être n’étaient-ils pas convaincus de la différence entre la politique de François Hollande et celle de la droite libérale ? Alors, ils se sont dit autant participer à un gouvernement qui rassemble un peu tout le monde, que d’être dans un parti qui dit la même chose, mais qui n’en est pas moins dans l’opposition, donc sans moyen d’action.
Ce ne serait pas, parce que le PS vire à gauche, mais parce qu’il n’y a plus guère de différence entre UMP et PS.
La récente visite surprise au PS parisien de Dominique Strauss-Kahn, en préparation des municipales, est à ce titre assez équivoque. Nommé à la tête du FMI grâce à l’appui de Sarkozy, le revoilà qui pointe son nez rue de Solferino ! Evidemment, si c’est par le principe de la confusion des genres qu’il se fait voir chez les « camarades » pourquoi se gênerait-il ? Apparemment, cela n’a ému personne et « cher Dominique » a retrouvé son siège du premier rang, comme s’il ne l’avait jamais quitté.
A vrai dire, Hollande ne l’a pas exclu, comme il a exclu Kouchner, Besson et Cie, un peu en se foutant des statuts, mais avec raison sans doute ; car, il fallait faire vite. Quand la mérule s’attaque à un bâtiment, il faut employer les grands moyens. Du reste les apostats n’ont pas rouspété.
Comme on dit, ce n’est pas parce qu’une pute change de trottoir qu’elle n’est plus pute !
Depuis les nominations « notionnelles » comme dirait Didier L’Embrouille, les choses se sont tassées. Les traîtres absolus sont toujours là, mais c’est devenu moins urgent de les vilipender.
Kouchner a mesuré tout ce qu’il avait à gagner et à perdre en s’incorporant au sarkozysme.
C’est finalement l’aise d’être ministre – sentiment bien humain – qui l’a emporté sur la fidélité aux principes.
Quand Nicolas Sarkozy sollicite Kouchner pour le Quai d'Orsay, ce dernier réfléchit 15 secondes et il pense que le scandale serait moins grand s’il n’était pas le seul à quitter le PS. Sarkozy a frappé à la bonne porte. Kouchner va se faire son meilleur agent propagandiste. Il entreprend Jean-Pierre Jouyet, ancien directeur adjoint du cabinet de Lionel Jospin, le président d'Emmaüs, Martin Hirsch, qui fut son directeur de cabinet au ministère de la Santé.
Ensuite il s’arrange pour qu’on sache de Besson, appâté par Sarko entre les deux tours de la présidentielle, que l’ancien directeur de campagne de Royal est le premier à avoir viré de bord.
Kouchner savait que s’il avait été le seul de la seconde fournée, il aurait rejoint Besson au palmarès des traîtres absolus. A la demi-douzaine, les départs ont été jugés en groupe. Ainsi, les petites vilenies passeront inaperçues. Enfin, le lâchage de tout un groupe fait suspecter la capacité de François Hollande d’être un bon dirigeant.
Ils peuvent passer pour des pionniers, en faisant courir le bruit qu’ils préparent un PS modéré, et collaborer avec l’UMP au progrès des Français !
Les tentations d'Hubert Védrine, de Claude Allègre, de Jacques Attali et de Jack Lang, sont des réalités qui peuvent tourner à la confusion de Hollande. Et si ce dernier, après le Congrès du PS, en faisait autant ?
Dans ce parti en liquéfaction rien n’est à exclure.

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Certains critiquent la rigidité de l’appareil et la mise au rancard d’individus qui en ont gardé une certaine rancune. On connaît ça aussi en Belgique dans un PS mené à la baguette par un régional montois au détriment des autres Régions.
Quand on considère l’esprit dans lequel le PS devrait voir l’avenir, aux antipodes du libéralisme, des égoïsmes et des intérêts à court terme, on se demande comment il est possible que ceux qui l’ont quitté font désormais la politique du contraire.
Ces transfuges ne pensent pas comme nous. L’opposition momentanée, ils acceptent, mais celle qui risque d’être longue, ils ne la supportent pas ! Même si le PS gagne les Municipales, les postes de maires ou de conseillers généraux ne les intéressent pas.
Kouchner et Christine Ockrent connaissent depuis longtemps l’homme de l’Elysée. Dans ces milieux, ils se connaissent tous, se voient, déjeunent ensemble, alors les mots n’ont pas les mêmes significations selon qu’on les prononce dans les salons, ou à la sortie des usines.
Et comme les usines, ils n’y ont jamais mis les pieds…
Rien de plus attendrissant, mais aussi rien de plus trompeur de voir aux actus le « bon » docteur prendre un enfant noir dans les bras. Ce n’est que pour l’espace d’une photo, le fugace d’un reportage. On a même vu le « french doctor » en saharienne décharger un camion de sacs de riz ! Le tout, c’est de savoir combien de sacs on a jeté sur ses frêles épaules.
On devine la volonté de Sarkozy de déstabiliser la gauche avant les municipales.
Devant un bilan social plutôt mal amorcé, une chute de popularité conséquente, ce sera peut-être la seule victoire de ce quinquennat qui fait douter les Français : faire imploser le parti socialiste. La gauche, au contraire, y voit une chance, celle d’avoir débarrassé le socialisme de ses parasites. Le moyen aussi de faire croire à un idéal rafraîchi, aux militants désabusés.

23 janvier 2008

Didier L’Embrouille et le notionnel.

La définition du notionnel de Didier L’Embrouille n’est pas celle du dictionnaire.
Qu’est-ce que le notionnel à la sauce du ministère des Finances ?
C’est la « déduction pour capital à risque » (art. 205bis à 205 novies nouveaux du C.I.R., introduits par une loi du 22 juin 2005), appelés « intérêts notionnels ». Pourquoi « notionnels » ? Parce qu’ il s’agit d’intérêts plus virtuels que réels.
Tout virtuel que cela paraisse, les revenus exonérés des sociétés auront pour effet d’assécher les recettes de l’Etat, au point que cet exercice débute avec un manque de 3 ou 4 milliards d’euros qu’il faudra bien aller gratter dans d’autres poches que celles de messieurs des industries.
Pour les attirer, Didier L’Embrouille est bon à tout, sauf fouiller dans ses propres poches !
Une autre définition serait que le notionnel, c’est pour les riches et que l’émotionnel serait pour les pauvres, lors de l’ouverture du pli recommandé vous réclamant à la fin de l’année un petit supplément « patriotique ».
D’abord chef des chefs de gare, lorsqu’il a fallu le remercier par un petit quelque chose pour avoir tenu la serviette de Jean Gol avec tout le cérémonial adapté à l’action libérale, Didier Reynders ne pouvait devenir ensuite que Ministre des Finances. Ce beau parleur, s’il n’y connaissait rien dans les trains, n’en connaît pas davantage dans les finances.
C’est donc tout naturellement qu’il allait verser dans le fictif et le notionnel.
Evidemment, le notionnel fait un triomphe chez tous les gazetiers qui ont pour mission d’essuyer le cul des banquiers avec leurs invendus. La Bourse en redemande et le journal « Les Echos » n’en peut plus de bonheur.
Désormais dans la gamme des « mille et un moyens de mettre en lieu sûr les bénéfices des entreprises et l’art d’évacuer les déclarations d’impôts » le notionnel occupe une place de choix.
Avant le bébé de Didier L’Embrouille, l’entreprise qui empruntait déduisait de sa base imposable les intérêts supportés.
Si l’emprunt est fait auprès d’une personne physique, l’intérêt s’appelle précompte mobilier. Il est de 15 %. Comparativement, la société qui s’autofinance par des apports en capital ou par des mises en réserve, est moins bien lotie puisqu’elle ne peut rien déduire, pas même les dividendes qu’elle distribue.
D’où l’idée de permettre aux entreprises de déduire un pourcentage déterminé de leurs capitaux propres.
Ainsi les bénefs investis – mais comment le savoir ? – auront les mêmes droits que les capitaux d’emprunt !
Déjà les maffias s’en pourlèchent les babines. C’est sûr avec des déductions sur capitaux propres, la Cosa Nostra et bien d’autres entreprises familiales vont pouvoir se faire déduire en Belgique par l’introduction en douce dans les grandes entreprises dont elles sont en partie actionnaires, de la belle et sonnante monnaie qu’ils sont gagnée à la sueur des prostituées qu’ils occupent et des drogués impénitents qu’ils soignent.
Voilà Didier L’Embrouille devenu bienfaiteur-receleur !

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Le service des fraudes de la police fédérale fait des heures supplémentaires depuis l'entrée en vigueur, le 1er janvier 2006, du système de déductibilité des intérêts notionnels. Les enquêteurs ont dû, en effet, analyser près de deux fois plus d'augmentations de capital. Question : d’où vient ce beau pognon ? Des bas de laine ou du trafic des stupéfiants ? Sans doute des deux, mais dans des proportions plus importantes du côté des émules de feu Pablo Emilio Escobar.
Didier L’Embrouille attirerait-il avec son bidule notionnel, les grands voyous du monde entier ?
Cette mirobolante affaire entre gens du beau monde ne peut quand même pas cacher le trou des 3 ou 4 milliards ? Didier L’Embrouille a sa réponse toute faite : Il faudra développer l'activité et maîtriser un certain nombre de dépenses .
En clair, pour le développement des activités, le moment où se développe une crise grave et mondiale est plutôt mal choisi.
Reste à maîtriser un certain nombre de dépenses. Vous voyez où Reynders veut en venir ? En cela, il est exactement sur la même longueur d’onde que Leterme : pas question de soulager les petites gens de la fiscalité lourde qui écrase les ménages, pas question de faire un geste pour les pensions et les petits revenus, si ce n’est une pichenette…
Aussi, l’intervention dimanche dernier à la tribune du PS d’Elio Di Rupo est parfaitement fondée, et même est-elle mesurée quand on sait l’ampleur du désastre financier des ménages.

22 janvier 2008

La capacité d’adaptation.

On n’est encore nulle part dans la connaissance de la capacité d’adaptation d’une société.
Quelques indications du passé nous démontre qu’elle est grande, comme par exemple, la réelle placidité des foules lors de l’Occupation allemande de nos pays en 40 et 45. Si les faits de résistances avaient été généralisés, il est certain que la Wehrmacht aurait été incapable de maintenir l’ordre dans les pays occupés.
C’est donc avec une certaine sérénité que les organisations politiques en Europe voient venir le temps des vaches maigres et des promesses non tenues.
Car se joignant à la capacité d’adaptation, il y a la faculté d’oubli.
Si les délassements publics insignifiants et enfantins accentuent chez les adultes l’effet de placidité, on ne peut pas dire que la débilité des spectacles proposés dans les télévisions et dans les arts de la communication ludique soit la seule source de la résistance à une attitude de révolte. Les violences imposées par les Etats, en panne de progression et en butte à des contre-performances sociales, légitimeraient, à tout le moins, une réplique des victimes
La capacité d’adaptation est donc grande. Elle tient à l’incapacité des foules à imaginer autre chose que ce qu’on leur impose.
Imaginons que les négociations en Belgique n’aboutissent pas à un accord entre Wallons et Flamands. Cela signifierait que les classes dirigeantes admettraient la possibilité d’abandonner le pouvoir à d’autres qui auraient la capacité d’aboutir.
C’est demander beaucoup à des gens rompus à diriger. L’échec des négociations cumulé avec une régression sociale est donc une probabilité ultime et par conséquent fort improbable.
Il y aura accord.
Savoir lequel est relativement sans importance ; car, bon ou mauvais, le peuple n’est pas en capacité de le refuser.
Un échec serait contradictoire, puisque les dirigeants admettraient eux-mêmes qu’il faut changer le système qu’ils ont créé et dans lequel ils sont impliqués !
En l’occurrence, il n’y aura pas d’échec sur les négociations actuelles. La capacité d’adaptation des foules fera le reste.
Dans une telle situation, les classes dirigeantes pratiqueront une sorte de sur symbolisation qui aura pour fonction de faire croire à l’apparence de la rigueur et de la force, même si ce « jeu de théâtre » ne fera aucune illusion sur son historicité réelle.
On peut habilement retourner pour soi les destins contraires.
Qui ne voit, comme un nez au milieu de la figure, ce que le mouvement libéral réformateur est en train de perpétrer ?... un crime majeur en matière de consensus communautaire, avec ou sans l’assentiment d’Olivier Maingain.
Mais, ce qui sera davantage édifiant, puisque la perspective d’un renoncement libéral aux valeurs défendues est patent, ce sera par la suite, le ralliement des autres formations politiques, pour la même raison qu’annoncée précédemment.

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L’une des reproductions les plus élémentaires de la capacité d’adaptation est la reproduction politique. C’est un ensemble d’activités et de décisions ayant des rapports directs et impératifs sur la société totale, sans que le recours démocratique y soit pour rien, ou si peu. C’est une hiérarchie de systèmes sur le meta-système. Le principe qui en résulte est la domination.
Ici, la faculté d’adaptation de la classe politique se réplique sur le groupe social le plus élevé, donc dirigeant, afin qu’elle s’adapte à son tour sur ce qui est déjà en cours : l’adaptation des foules aux desideratas de la notion vague « d’intérêt supérieur ».
Ce n’est donc pas le suffrage universel qui détermine la politique, mais la politique qui détermine le suffrage universel.
La mémoire sociale, pur produit extérieur à l’homme, s’en trouvera confortée par les dirigeants, les parents, l’école, l’église, le travail, l’appartenance à une organisation politique et syndicale.
Il ne restera plus au citoyen lambda qu’à accepter le sort qu’il lui est conseillé d’avoir, s’il ne veut pas être rejeté, même de manière symbolique, de la Communauté.
A ce petit jeu, la condition sociale des francophones pourrait être adaptable à l’infini par la classe supérieure, elle-même adaptée à la Loi flamande, le tout dans de graves inconvénients, de restrictions et donc de pauvreté des classes inférieures.
Le cas belge est caractéristique de la double adaptation : à celle de la crise économique américano-occidentale qui approche et à celle de la domination d’une société plus nombreuse sur une autre en nombre inférieur.
Dès le 23 mars, les Wallons entreront dans un processus minoritaire dont ils paieront les conséquences bien plus tard, quand leur grande capacité d’adaptation sera épuisée.

21 janvier 2008

La brique dans le ventre de l'Amérique.

Une brique, c’est dur à digérer.
La société américaine vit un problème géométrique. Les populations ont vécu longtemps dans l’effet asymptote convergent, à savoir qu’un jour le pauvre par son travail et son art du commerce rejoindrait la bourgeoisie figurée par Hollywood : la belle maison avec du gazon que l’on tond en lançant par dessus la haie à ses sympathiques voisins des plaisanteries respectueuses de Dieu et un peu moins des femmes.
Dans son non-dit perceptible par quelques rares économistes, le pouvoir pensait que les lignes resteraient rigoureusement parallèles.
Or, ce n’est ni l’un ni l’autre. En réalité, la société américaine vit l’effet asymptote divergent. Les lignes ne se rejoindront jamais, elles se fuient ! D’abord imperceptible, c'est un phénomène qui existe depuis plus d’un quart de siècle et qui s’accélère. Il se traduit par le creusement des inégalités. 1 % des Américains les plus riches accapare aujourd'hui 20 % du revenu national, quand la population ayant les revenus les plus faibles n'en reçoit que 12,6 %.
L’eau régale révélant à la pierre de touche que tout ce qui reluit n’est pas or, c’est la crise immobilière qui enraie la croissance aux Etats-Unis.
Exemple : « …une maison de plain-pied, avec 4 chambres et 2 salles de bains, située à Elk Grove, une commune de 60 000 habitants dans la banlieue sud de Sacramento. Achetée 1 250 000 dollars au début de 2007, est aujourd'hui mise en vente à 799 000 dollars, soit une décote de 36,1 %. Il y a encore quelques mois, personne n'aurait imaginé qu'une telle chute soit possible. Et ce n'est pas fini : le marché ne montre aucun signe de stabilisation ».
Et le journal américain de poursuivre : « Les stocks de logements invendus représentent l'équivalent de ce qui se construit en une année, un niveau si élevé que les prix du mètre carré, au niveau national, pourraient encore baisser de 15 % dans les deux ans qui viennent ».
Que ce ne soit rien qu’une crise du logement, ne serait pas si catastrophique pour les autres secteurs. L’Europe aussi souffre d’une surenchère dont candidats propriétaires et locataires se plaignent, et il faudra bien un jour, que ce qui est surfait redescende, l’effet spéculatif passé..
Mais, aux Etats-Unis, chaque crise grave de l'immobilier est le signe avant-coureur d’une récession générale.
Les économistes qui le savent se partagent en deux courants, les minimalistes qui espèrent qu’avec quelques mesures de relance – ce à quoi Bush procède actuellement – la machine à produire et à vendre va redémarrer, et les autres, plus réservés, estiment que la récession ne fait que commencer. Ils tiennent ce raisonnement par rapport à la consommation des ménages en chute vertigineuse.
Qui a raison. Qui a tort ?
Dans les deux cas, il y a une unanimité : c’est l’état de récession de l’Amérique. Pour une fois, les experts sont d’accord !
Les faillites personnelles, aggravées par la crise des subprimes, ces prêts à risques accordés en masse à des ménages peu solvables, est ce qu’on appelle une crise domino, capable de faire basculer tout le jeu.

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Les prévisions sont terribles : 1 million de familles sont déjà sur le carreau. Elles pourraient être 2 millions d'ici fin 2008, incapables d'honorer leurs échéances. Parmi les ménages ayant souscrit des prêts immobiliers à risques dans la période 2004-2006, 6 sur 10 devront faire face à une hausse d'au moins 25 % de leurs mensualités cette année. C’est toute la middle class qui est touchée, celle que Hollywood a prise comme modèle pour peaufiner ses « movies ». La petite maison dans la prairie, c’est fini, pour longtemps.
Non seulement la classe moyenne, mais aussi la classe inférieure, dont le rêve s’est brisé confronté à la terrible réalité, ne sont pas prêtes à s’en relever.
Le système ne peut plus générer une augmentation du PNB à jets continus. Avec l’épuisement des ressources terrestres exploitables, cette récession a une autre dimension future qui échappe encore à l’entendement des masses : l’incapacité de renouvellement de certaines matières premières devenues trop chères. C’est à terme, la condamnation sans échappatoire du système de production à l’américaine et la fin du rêve américain.
La pompe à crédit s’est enrayée. Les banques sont au bord de la faillite. L’Amérique est groggy, avant qu’elle ne soit out.
Même les nombreuses créations d'emplois qui avaient permis jusque là d'atténuer l'essoufflement, n’existent plus. L'Amérique détruit ses emplois, et le taux de chômage ressemblera bientôt à celui de l’Europe. Cette dégradation du marché du travail avec le reste, achève de plomber le moral des ménages.
Reste que depuis l’an 2000 les profits des banques et des multinationales sont prodigieux. Certaines années il a été de 45 % pour certains !
Le temps des vaches maigres est arrivé. Les profiteurs de ces années de rêve n’entendent pas restituer aux travailleurs ce qu’ils leur ont pris, bien sûr. La récession, ils s’en fichent dans leurs bunkers dorés. Quoi qu’il arrive, ils ne mourront pas de faim.
Que ceux qu’ils ont plumé se débrouillent.
Les pauvres aussi ont adoré le clinquant et la grosse américaine. Alors, pensent les milliardaires : qu’ils crèvent.
C’est la loi du chacun pour soi.

20 janvier 2008

Mère Ubu a la chandelle verte.

Madonna Zinzin : Apportez la caisse à Résonance et le crochet à Militantes et qu’ensuite à mon douaire nous nous rendions en sa salle basse de la Brasserie.
Michel Zinzin : De grâce modère-toi, Madonna !
Madonna Zinzin : J’ai l’honneur de vous annoncer que pour enrichir le royaume je vais faire périr toutes les Militantes et prendre leurs biens. Et toi Zinzin, va coucher !
Michel Zinzin : Avec qui ?
Madonna Zinzin : Par ma petite chandelle verte, que je ne t’attrape plus à courir après la micheline de 8 h 12.
Michel Zinzin : C’était ça ou la terreur de rentrer chez moi, ma douce, en ton auguste compagnie.
Un conseiller palotin : Ma Sire voilà Miche Par-tous-les-saints, parce qu’elle vint au monde le jour de Saint-Austremoine.
Madonna Zinzin : Vent de Toussaint, terreur de marin. Approche ma miche. On me dit que tu as rapporté des mots orduriers que je prononçai à un moment d’égarement ?
Miche Par-tous-les-saints : J’en suis encore frappée, moi qui tint avec vous le crochet à Militantes, qui fut votre élève et votre seconde main.
Madonna Zinzin : Me crois-tu capable d’une pareille discourtoisie, moi qui te sais si inférieure que lorsque je te vois, je me rehausse ?
Miche Par-tous-les-saints : J’ai prié Saint-Remacle et…
Madonna Zinzin : Comment oses-tu ? Prier un saint quand tu fréquentes mon Temple ?
Miche Par-tous-les-saints : J’ai cru comprendre que vous m’aviez insultée.
Madonna Zinzin : Moi ? Quand donc ?
Miche Par-tous-les-saints : Pas plus tard que la semaine dernière, vous me traitiez de pute !
Madonna Zinzin : Ah ! ce n’est que cela… Mais j’étais en-dessous de la vérité…
Michel Zinzin : Voyons, calme-toi ma poule. Ne vois-tu pas qu’elle ne jouit pas…
Madonna Zinzin : Une pute qui ne jouit pas c’est complet ! Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre !
Michel Zinzin : Veux-tu ton Prozac ? As-tu pris au moins ton Renitec pour la tension ? Et ta pilule anxiolytique ?
Madonna Zinzin : Foutre de bougre ! Tu forniques avec cette pouffiasse, parole, pour me démancher devant elle !...
Miche Par-tous-les-saints : Vous vous faites du mal ma Sire et l’empereur de la Roupette sera averti de votre vulgarité…
Un conseiller Palotin : Voulez-vous que je vous en débarrasse ?
Madonna Zinzin : Oui, qu’on l’emporte à la Citadelle… bougresse, je te conchie. Moi, vulgaire, employant des termes outrageants ? Par la queue verte de l’Amaytois cornu, je convie les bourgeois rouges de la noble Cité de lui pisser à la raie, si je mens !
(le conseiller Palotin emporte Miche Par-tous-les-saints qui lève ses jupons et montre son derrière en tapant dessus)
Madonna Zinzin : Voilà bien la vulgarité vraie qui sera rapportée à l’empereur de la Roupette.
Michel Zinzin : Depuis qu’il a repris l’épicerie de ses parents à Mons, il est tout changé.
Madonna Zinzin : Ah oui ! il est redevenu normal ?
Michel Zinzin : Paroles imprudentes ! Tu veux nous faire pendre tous ? Qu’il envoie le bourreau Magnette, tu connais sa cruauté ?...

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Madonna Zinzin : Tiens, qu’est-ce qu’elle veut celle-là ?
(s’avance Frida Duquart)
Madonna Zinzin : was soll ich...
Frida Duquart : Cheu foutrais ein Explikazion…
Madonna Zinzin à Michel : C’est une Schleue !... Bon dieu… auf Reisen, j’en ai connu des Walkyrie… Celle-ci n’est pas mal… Si elle est de mon parti, je l’engage comme majorette… (haut) de quel parti êtes-vous Fraulein ?
Frida Duquart : Che zouis zeule ze souâr, avec mes rêves…
Madonna Zinzin : Mais encore liebling, avec qui ?
Frida Duquart : Mit der ékaulogue Michel Javaough !
Madonna Zinzin : Katastrauphe ! Grausse dézillouzion...
Michel Zinzin : Attention à ce que tu vas dire !
Madonna Zinzin : Je sais, mais je ne peux pas m’en empêcher, quitte à nier farouchement devant les médias…
Frida Duquart : …zé foutrais zavoir…
Madonna Zinzin : Foutre de bougre de madame Fritz, pétasse de punaise nazie, sacre à foutre de la verdasse, après les verts de gris, la Wehrmacht amaytoise… Ah ! je n’en peux plus… Michel, au secours, fait que tu m’emportes, au lit, merdre, oui, faut que tu me fourres… J’en ai marre et dis à de Roupette, l’empereur de mes deux, que je l’emmerdre… et qu’il aille se faire empapouater où il veut avec son Magnette.
(à ses gardes) : Holà, palotins, mes fidèles. Qu’on lève le pont-levis. Qu’on se porte aux créneaux. Et qui abattra le premier infidèle aura droit à ma rondelle d’amour…

RIDEAU


19 janvier 2008

Le match.

Être américanophile, c’est comme être Belge selon madame Houart, il faut croire à la grandeur du destin de la « civilisation » américaine et d’ajouter, si nous ne les avions pas eu dès 1942, aurions-nous été libérés trois ans plus tard ?
Ce n’est pas ainsi que s’écrit l’histoire.
Elle ne s’écrit pas non plus en parfait américanophobe : tous les maux dont nous sommes accablés, le capitalisme, la pollution, la guerre sont des produits américains exportés.
Les deux camps se regardent en chien de faïence et on n’a pas avancé d’un pouce.
Pour y voir clair, si nous abandonnions les jeux stériles qui analysent le passé en faisant l’impasse de ce qui fut et qui n’est plus, afin d’observer ce qui se passe ?
La situation actuelle de la middle class aux States est proprement dramatique. Les banques conduisent le pays à une catastrophe qu’en Europe même nous aurons difficile à éviter.
Bush va baisser les taxes sur les entreprises afin de relancer celles-ci. Ce petit cadeau fiscal ne rendra pas pour autant du punch à la consommation, le mal est trop profond.
La confiance des consommateurs s’amenuise. Ce qui avait fait la prospérité américaine : l’emprunt, se retourne contre le petit propriétaire qui n’arrive plus à se financer en mettant en gage son logement. Enfin, sans grande couverture sociale, les gens sont inquiets pour leurs emplois.
Le système américain est un « bon » système quand la machine bien huilée progresse. Dès qu’elle donne des signes d’essoufflement, l’économie sans garde-fou plonge dans la récession, presque sans transition.
C’est maintenant le cas.
Tant qu’on n’a pas chiffré l’ampleur du trou des créances impayées, il est très difficile de savoir si cette crise sera rapidement surmontée ou si elle va plonger l’Amérique et par-delà l’Europe dans un marasme comparable à celui de 1929 qui fait référence pour tout.
C’est ça aujourd’hui l’Amérique, un système un peu comme le fut la banque de Law sous le Régent en France. Non pas comme un papier monnaie qui n’a plus sa garantie or (il ne l’a plus depuis longtemps), mais de la façon inconsidérée avec laquelle on a poussé le consommateur américain, comme l’européen, à emprunter pour vivre au-dessus de ses moyens, étant entendu que la situation professionnelle irait s’améliorant pour facilement éponger les dettes.
Un autre aspect de la crise qui s’amorce a été l’erreur de privilégier les gros revenus, un peu comme le fait actuellement le président bling-bling Sarkozy, sous prétexte que les gros revenus génèrent de l’emploi et font marcher l’économie. Il aurait fallu faire le contraire par des abattements fiscaux des petits salaires, c’est-à-dire aider les revenus modestes qui dépensent le plus clair de ce qu’ils gagnent, pour avoir une chance de faire repartir l’économie.
On touche ici le plus gros défaut du système américain, sinon du capitaliste mondial. Celui qui peut appliquer une telle mesure fait partie intégrante du camp des riches à l’égoïsme absolu. Cela fait penser à certaine catégorie de singes africains que l’on capture en attachant au sol une calebasse à l’étroit goulot au fond de laquelle on dépose quelques graines. Le primate y plonge le bras, se saisit des graines, mais le poing fermé ne passe pas l’étroit goulot. Plutôt que lâcher sa proie et s’enfuir aisément, il se fait prendre la main dans le sac.

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C’est peut-être ainsi que se terminera un système, qui par ailleurs et par certains côtés, n’a pas manqué d’efficacité : tué par ses propres décideurs !
Actuellement, les banques croulent sous les « spécialistes » premiers de classe en économie. Ces gens n’ont pas fait leur boulot et dans l’euphorie générale avec un chômage à 6 % maximum ont mal informé les organismes centraux bancaires. Les salaires inconsidérés payés au rendement des décideurs ne pouvant être ralentis par des appétits plus modestes, la déraison a fait tache d’huile.
Cette euphorie injustifiée a été le briquet qui a allumé la mèche.
Le pays de la mondialisation de l’économie compte de moins en moins d’adeptes enthousiastes à la globalisation. Le citoyen américain se voit dépouiller - en contrepartie d’avantages de consommation, il est vrai - des moyens de contrôle qu’il avait ne serait-ce qu’en dialoguant avec les décideurs. C’est toute l’ambiguïté d’un système libéral qu’il contrôlait tant bien que mal dans l’ancien concept de démocratie, qu’il ne contrôle plus. Du coup, le voilà inquiet à tous les niveaux : celui de l’emploi, de la pension et surtout des moyens qu’il aura demain de se faire hospitaliser s’il est malade.
Bilan complètement négatif ? Pas tout à fait pour ne pas affoler les américanophiles et satisfaire les américanophobes.
L’Amérique en a vu d’autres et l’économie capitaliste aussi. Pour retrouver de la diversité au sommet de l’édifice mondial, il suffirait de durcir les lois internationales sur les sociétés tentaculaires et briser les associations de malfaiteurs que sont les grands prédateurs milliardaires.
Ce n’est possible que par un ras-le-bol de la base et on est loin du compte.
Plutôt que toucher au tabou de la société anonyme, chacun défend son pré carré et tombe ainsi le nez sur son gazon pour ne plus se relever.
Triste constat, le salaire moyen aux Etats-Unis adapté à l'inflation est presque le même que ce qu’il était en 1970. La mondialisation se solde par un fiasco des masses. Seuls les nantis y ont tiré avantage.
C’est donc un but à zéro en faveur des américanophobes. Mais le match n’est pas fini.

18 janvier 2008

L’Octopus à la foire du Midi.

Jadis on aurait réglé cela à coups de canons. Aujourd’hui, plus pacifiquement, le grand show constitutionnel qui s’est ouvert pour une nouvelle réforme de l’Etat se fait à coups de communiqués. Il n’y aura pas de mort, tant mieux. Il n’y aura que des déçus, tant pis.
Agitons nos drapeaux, madame Houart nous regarde !
Sauf que désormais, les accords sont impossibles !
A moins que d’être les bons bourgeois de Calais, masochistes et les hémorroïdes en fâcheuse posture (ce qui est fort possible) les Bruxello-Wallons peuvent déployer leurs mouchoirs, Tyl l’espiègle va les faire pleurer.
Les Flamands veulent leurs modifications des lois fédérales selon leurs quatre volontés. Un point, c’est tout.. Les Francophones n’ont qu’à dire « oui ». Le non est exclu, sinon… c’est la fin de la Belgique et surtout pas de « oui, mais… ». Des compensations à la scission BHV, comme Di Rupo le suggère, un recensement linguistique à la Région bruxelloise, c’est « nooit ». « Ik reken op je medewerking » dit Leterme avec son sourire glacé.
Si Sarko est bling-bling, Leterme est crazy. Notre nouveau banquet de Platon se fera sans Aristote, rien que de la fine diplomatie flandrienne. Pour négocier quoi ? Rien, puisque c’est à prendre ou à laisser.
Le « groupe des 18 », ou « groupe octopus », a un démarrage d’enfer. On a discuté calendrier. Les uns voulaient le calendrier julien, d’autres souhaitaient le grégorien.
Voilà déjà deux séances de fichues.
Yves Leterme et Didier Reynders ont décidé que beaucoup de réunions seront secrètes. Le Grand Orient veut bien prêter ses salles. Nos Grands maîtres n’ont pas encore convenu du mobilier. Les meubles Mailleux contre Altro Salons de Hasselt, IKEA n’a pas dit son dernier mot en suédois, ce qui ne fâcherait personne.
Le discours d'introduction du président Leterme fut fabuleux. En daarop, tot kijk vrienden…
Je sais, c’est dur. Mais dorénavant ce blog sera bilingue...
Les fermiers du Limbourg espèrent engranger un premier résultat pour le 23 mars…
On l’échappe belle d’emblée, il n'y a pas eu de « note Leterme » sur la table, rien que du champagne et des petits fours, en attendant le grand !

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Présentée mardi dernier, la note de Guy Verhofstadt a fait mal à l’âme naïve du CDNV. Monsieur 800.000 voix nous a dit « Ik heb wat moois over hem vernomen ». On attend de savoir lesquelles ?
En sursis d’être débarqué le 23 mars, c’est pas drôle pour Verhofstadt, le voilà chef pour rire !
Exclu des sages et invité silencieux, malgré sa note (avec madame Houart il est au courant de la situation de la Belgique), c’est difficile à encaisser. Enfin, tant qu’on le paie. Ça lui permettra d’acheter quelques arpents supplémentaires autour de sa maison en Toscane.
L'ambition de Leterme est de travailler thème par thème, dans ce vaste chantier institutionnel où il est le promoteur immobilier, sa volonté, c’est de faire du « Grand Bruxelles », le « Petit Bruxelles ». Tant qu’il ne touche pas au grand Mons, les socialistes s’en foutent.
Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé : MR, PS, CHD, Ecolo, CD&V/N-VA, OpenVLD, SP.A et Groen, tiraient un coche. Bart De Wever en mouche à merde a le rôle principal.
Après six mois de répétition, les pompiers de service sont prêts à éteindre les déclarations incendiaires au nom de la Belgique. Mathilde est enceinte ! Ils ne respectent rien, ces Flamands que la seule Hollande nous envie…
Du côté francophone, les partis sont minés, comme le sol wallon, des nombreuses galeries des charbonnages libéraux. Les porions ont l’ego au charbon. La hercheuse Milquet tente de les faire chanter « au loin, c’étaient les corons », mais les mineurs sur le fond n’ont pas les mêmes perspectives. Quand on se retourne, dirait Pierre Dac, on a l’avenir derrière soi.
Et il semble à tout le monde qu’il s’éloigne de plus en plus.
Les week-end de Di Rupo ne seront plus consacrés à la fête. Les tête-à-tête ne se feront désormais qu’à la table des matières.
Les présidents consacreront leurs dimanches à s’unir.
Au speed-dating francophone, la tournante fait cinq minutes. On a choisi le temps court, car ainsi personne n’a le temps de se déboutonner…
Ailleurs, au national, avec les Sages la question reste pendante. Comment avancer concrètement avec un groupe aussi large ? Il est vrai qu’au moins une participante a déjà quatre enfants.
Bref, complètement déconsidéré par l’opinion publique, le personnel politique haut de gamme n’a plus qu’à aller se rhabiller.
On attend carnaval, pour s’attaquer au Prince. Philippe est prévenu.

17 janvier 2008

Le socialisme, ça roule pour qui ?

On n’a pas tort de critiquer l’impuissance de la gauche à trouver un programme original, s’inscrivant dans une nouvelle dynamique sociale.
Le pouvoir du PS est instrumentalisé par ceux qui l’occupent. Ils usent impunément d’une légitimité qui n’est contrecarrée par aucune obligation de résultat.
Vous me direz qu’ils sont désignés par des congrès et des statuts. On connaît la valeur des Congrès quant au bouleversement et à l’influence qu’ils peuvent avoir.
On sait – et c’est également valable pour les réunions syndicales – la difficulté de rassembler des interlocuteurs ayant des convictions contradictoires, animant des débats, trouvant des ressources humaines en-dehors des dirigeants. Quoiqu’il soit difficile pour les bureaux de les entendre pour la simple raison que celui qui détient le pouvoir entend le façonner à sa propre métaphysique.
Les dirigeants de gauche qui s’appliquent à « corriger » quelques petites choses dans les programmes de droite, auraient du mal à supporter une critique qui remettrait en cause jusqu’au bien fondé de leurs corrections, pourtant fort modestes.
On dirait qu’ils s’effraient avant la droite d’une réflexion un peu vive qui mènerait à une position trop décalée par rapport à la marche forcée vers le néant d’un capitalisme mondialisé.
Ne serait-il pas temps de définir un autre mode de réflexion en partant d’autres références que celles tellement rabâchées de Hume, Smith, Locke et consort qui ont déboulonné Marx dans le panthéon des socialistes ?
Non pas qu’il faille remplacer les Ecossais par le Rhénan, ni la négociation par le poing sur la table, ni même levé ; mais, bon sang, est-ce que l’avenir ne pourrait pas venir d’une autre philosophie ? Sommes-nous devenus incapables de rêver d’un devenir de l’humanité différent de celui que nous inspire le profit et l’égoïsme ?
Le PS s’est résigné à la vision anglo-saxonne de l’économie. J’en ai bien peur !
Est-ce que produire plus et vendre mieux, peuvent être confondus avec un idéal ?
L’extinction des matières premières bon marché et de leur raréfaction progressive, mais néanmoins certaine, ne donnerait-elle pas l’occasion d’une révision de la politique de gauche ?
Les discours des pouvoirs en place ne sont-ils pas obsolètes qui se disputent aujourd’hui entre les valeurs morales des Lumières Ecossaises et le rationalisme radical mais abstrait des Lumières françaises, sur la valeur du travail et la manière de produire, alors que l’essentiel des satisfactions et des bénéfices même de ce que l’on produit va s’en trouver durablement perturbé ?
Le dernier discours de Sarkozy avec la référence d’un Edgar Morin qui n’en peut, n’est pas autre chose qu’une volonté absurde de persévérance sans prévoir que nous allons vers une impasse et que nous ne pourrons que refluer en désordre lorsque nous aurons atteint le mur final.
Si le capitalisme ne peut pas faire autrement que poursuivre une marche vers la crise et l’abyme, le socialisme peut au contraire choisir une autre voie, moins absurde, plus morale en laissant moins de place aux hasards de la fortune confronté aux égoïsmes.

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Le manque de sensibilité d’un socialisme mondain est gravissime.
N’est-ce pas A. Touraine qui a écrit (je cite de mémoire) « S’il y a changement, c’est parce qu’il y a lutte des contraires. ; s’il y a invariance, c’est parce que ces contraires s’organisent en unité provisoirement stable. » ?
MR et PS ne sont même plus « provisoirement » stables. Ils sont figés ou – seconde hypothèse – ce sont de faux contraires !
Certes, les déclarations sont là dénonçant la situation défavorable impartie aux populations les plus pauvres. Mais lorsque ces déclarations ne s’accompagnent pas d’une action, elles ne servent à rien.
Une action, me direz-vous, mais comment être actif ?
Le PS est au gouvernement, que je sache. Quel socialiste s’est opposé à la déclaration de Leterme selon laquelle, le gouvernement ne pourra pas changer le système d’imposition particulièrement injuste et qui touche les bas salaires avant et après le 23 mars ?
On n’a entendu personne.
En plus d’être au gouvernement, l’appui des Socialistes à l’octopus aurait pu être conditionné à une meilleure politique sociale.
Di Rupo est étrangement muet sur la question.
Il nous sert son couplet de la Belgique en danger, alors que se sont certains Belges qui le sont, et particulièrement les Wallons.
Le même aveuglement s’explique, mais de manière dramatique dans les partis socialistes européens.
C’est une crise interne : les dirigeants balancent entre centre gauche et hyper centre. Les gens s’en fichent. Ils ont perdu l’habitude d’entendre un vrai discours de gauche.
La question est simple : « Pour revenir au pouvoir avec de nouveaux objectifs, la gauche doit-elle suivre l’exemple des travaillistes anglais et trouver sa troisième voie entre gauche dirigiste et droite libérale ? », ou pour défier le pouvoir et faire du neuf avec une nouvelle assise, la gauche ne ferait-elle pas mieux de trouver une voie plus militante entre ses concepts actuels et la position de l’ultra-gauche ?

16 janvier 2008

L’Escapade (5me partie)

Souvenirs et récits militaires (suite et fin)

Au moment où La feuillée allait baisser son grand sabre pour faire fusiller Jandron, il eut la vision abominable que toute la sauce de l’infâme jeune homme entrait dans le con de sa fille !
Il s’éveilla en sueur, en murmurant « feu, nom de dieu, feu !... ils ne tirent pas, ces veaux… Je vais tous les faire fusiller !.. »
On s’engueulait à la poterne.
Les sentinelles ne voulaient pas que Debatz et des hommes dans la pénombre pénétrassent dans la cour, sans qu’ils aient décliné le mot de passe.
Le caporal s’en souvenait plus.
Bientôt, d’autres arrivèrent et il y eut un regroupement. Poisseroux en qualité du plus haut grade s’approcha des deux loustics qui armèrent leurs fusils.
-Alors quoi, les gars, toi Rigali et toi Crémasso, vous reconnaissez pas le vieux Poisseroux ?
Les sentinelles qui avaient le désir de se payer la tête de l’adjudant-chef, avaient mis la troupe en joue et, à tour de rôle, s’étouffant de garder le sérieux, gueulaient « halte, le mot ? ».
-Le mot, je vais vous le donner dit Poisseroux. Le mot, c’est… merde, je m’en souviens plus… Comme Debatz et Cornillon, les trois gradés à l’avoir entendu, personne s’en rappelait…
La troupe derrière commençait à la trouver mauvaise…
Poisseroux s’entêta et jura que c’était « caniveaux ». Debatz rigolait comme un dingue et Cornillon gueulait « je le savais qu’on allait l’oublier. Je l’avais écrit sur un bout de papier. Il a plu dessus… ».
-Alors quoi, les gars, c’est nous, vous voyez bien qu’on n’est pas des espions…
-C’est quelque chose qu’a fait Charlemagne. Une victoire… Non, on a joué ça rue Roture, avant guerre, quand j’étais gamin, y avait les Sarrasins… Allais, quoi qu’on passe, on a sommeil… merde. C’est le défilé de chose que Roland y jouait de la trompette…
Les deux sentinelles tenaient bon. Le pitaine était à leur cul. Ils connaissaient la peau de vache. Ils voulaient pas céder. La Feuillée mit fin au tapage. « Roncevaux, bande de cons… Roncevaux… la trompette c’était un oliphant, tas d’incapables ».
Les hommes rentrèrent la tête basse, épuisés.
Ils n’avaient pas vu les deux espions. Il pleuvait trop. C’était pas humain un temps pareil. A vrai dire, ils s’étaient planqués derrière les wagons de marchandise de la gare de triage, convaincu que la sortie de nuit, c’était une de ces imbéciles alertes d’exercice, juste pour faire chier le monde.

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Le jour pâlissait les façades. Une odeur de foin sortait des écuries. Les chevaux étaient rentrés d’eux mêmes, descellés par les bleus qui prenaient la relève. Un rat traversa prudemment la cour entre les flaques. Il ne pleuvait plus. Le clairon sonnerait bientôt. Papa Jules se pointerait tout frais sorti du lit de bobonne, l’air gaillard. Il prendrait le regard sévère de celui qu’a fait le plus d’études dans ce bocal de cornichons de putain de caserne, histoire de remuer la viande des chambrées, de l’inquiéter un max, de faire savoir que le chef, c’était lui, Dieu, rien de moins. Il dirait mi-figue, mi-raisin à La Feuillée debout et lui, assis, « Merde capitaine, j’attends depuis deux minutes ? Qu’est-ce qu’on a au rapport, hein, capitaine ? Il paraît que de votre initiative vous avez fait faire un exercice de nuit ? » ; tandis que le trois étoiles, capitaine La Feuillée, héros des stalags, champion des dix-huit jours de campagne à avoir mis un point d’honneur à n’avoir jamais tiré un seul coup de feu, était sans nouvelle du petit maquereau qui avait enlevé sa garce de fille.
La Feuillée en avait la nausée de rentrer à sa piaule avec ses deux hystériques sur les bras.
Il lui sortait des hoquets d’angoisse. S’il n’avait pas été devant ses hommes, l’exemple du militaire de carrière, il eut dégueulé dans son képi et pleuré comme un enfant.
La gamelle Chetter déboucha sur sa bicyclette au milieu de la troupe qui s’ébrouait avant de s’écrouler sur les paillasses du dortoir. Il vivait avec une pute d’un bar à soldats sur la chaussée de l’ancien fort de L. Copain avec le maréchal des logis Cornillon. Ils avaient le même grade et étaient du même pays de Salm.
Maigre comme un clou, il avait la démarche du voyou dont il imitait jusqu’à la manière de remonter le veston par roulement d’épaules, un peu comme le fait Sarko aujourd’hui. Pendant la campagne de 40, le deuxième jour il était à Bordeaux, champion toute catégorie, même devant les généraux. Un julot bonard sur la Maginot, lui avait refilé sa marmite. Une Algérienne qui se faisait double paie avec des passes deux hommes à la fois
Il dit entre ses dents à son pote alors qu’ils avaient dépassé La Feuillée trônant sur le seuil du corps de garde : « J’ai vu la fille du pitaine, tu sais la grosse qu’on s’était faite tous les deux aux écuries le jour de la fête du régiment, elle était avec ce sale con de Jandron, le fils du contremaître de la fabrique de fer, affalée sur une banquette de la gare. Ils attendaient le premier dur. Je croyais qu’il était pédé, l’enflure, bien non. Il avait la tronche entre les nichons de la pétasse, et il ronflait comme toute une chambrée ».
Cette nouvelle allait faire le tour de la caserne comme une traînée de poudre.
Des Mielleuses serait immanquablement averti par le lieutenant Barbazon qui ne supportait pas l’étoile de plus du capitaine La Feuillée.
La Feuillée n’avait plus qu’à demander sa mutation.
Elle ne lui serait pas accordée. Il faudrait qu’il supplie Des Mielleuses qui n’aimait rien tant que tenir en main ses ganaches par les histoires de cul qui se colportaient dans cet univers sans femme.
Fin.

15 janvier 2008

L’ESCAPADE (4me partie)

Souvenirs et récits militaires (suite 4)

Déferlant vacarme, les bêtes sorties des écuries, hors de leurs habitudes, se rebiffaient pire que les hommes.
Les chevaux ne voulaient pas, les carnes, que la pluie mouillât leur pelage. Leurs fers faisaient des étincelles. Freinant du sabot, ils hennissaient de rage impuissante contre ces cavaliers qui dérangeaient leur sommeil.
Dans la cagna surchauffée, le pitaine La Feuillée déploya sur la table une carte d’état-major qui comme une nappe débordait des deux côtés. Entre les pliures disjointes, on voyait le graillon mal essuyé du repas du soir des hommes de garde.
Il pointa de son stick la caserne et la gare, puis au jugé où devait se trouver sa maison.
Le stick tournoya entre ses trois points.
-C’est dans ce secteur que se situe l’exercice. Le mot de passe est Roncevaux. Retenez bien, bougres d’ânes : Roncevaux. Debatz sera l’agent de liaison, Poisseroux partira côté Nord et Cornillon, côté Sud. Mouvement en tenaille, vous resserrez l’étreinte, objectif les abords immédiat de la gare, sans y entrer, entendu que le chef de gare a déjà porté plainte pour tapage nocturne à cause des bourrins. Vous saccagerez pas comme l’autre fois les parterres du parc et défense d’y faire brouter les chevaux, à cause qu’on débute la saison des muguets… Deux plantons devant la poterne, je reste au corps de garde. Pour me joindre, l’agent de liaison, c’est Debatz. Il donnera le mot Roncevaux aux deux zigues qui sont prévenus. Interdiction de communiquer sans le mot.
-C’est quoi, mon capitaine qu’on cherche ?
-Un couple. Elle dans les 18, 19, lui dans les 20, 25. Rompez !
Les bourrins tapaient du sabot devant la porte. Ils sentaient l’heure du départ. Ça les enthousiasmait pas du tout, comme les hommes, cette promenade nocturne sous la pluie. Debatz dut hisser Poisseroux sur « Tempête » une bête asthmatique de 18 ans qui sous le poids devint concave. Les hommes peinaient à se tenir en selle, déséquilibrés par le poids des ferrailles réglementaires. La pluie redoubla au moment du départ.
Une lumière se vit quelque part aux étages de l’immense bâtiment à la Vauban qui abritait deux cents cavaliers pour cent montures (les chançards avaient des vélos).
Une voix lointaine parvint à la poterne, comme venant d’un navire au fond d’un wharf, « Vos gueules, on s’entend plus ronfler. Où c’est que vous allez, bande de bleus ? La guerre est finie, mes salauds… »
Les chevaux qui avaient quitté les box en freinant des quatre fers, avaient fini par accepter leur mauvais destin. On voyait les traces de coups sur les flancs maigres des animaux. On pouvait dire que la détestation des bêtes et des cavaliers étaient réciproques.

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La Feuillée assista au départ des hommes sous l’auvent du corps de garde. Il s’assura des deux sentinelles à l’abri des guérites, puis rentra se chauffer .
-Allô, Blanche, ici Léon. Ta salope de fille n’est pas rentrée ? Et l’autre ? Ferme la chambre à double tour, des fois qu’elle aurait le feu au cul comme sa sœur… Je te remercie pas du cadeau de tes deux pétasses… de l’éducation que tu leur as donnée… une famille de putes ? Vous allez me faire crever… Si j’ai des emmerdes à la caserne à cause de vous trois, vous allez le sentir passer !...
-Oh ! mon Léon, je t’en supplie…
La Feuillée raccrocha avant que sa femme eut fini de gémir, avec une telle violence que le téléphone se décrocha du mur.
Il s’endormit, les coudes sur la table, la visière de son képi sur les yeux. Il rêva qu’il surprenait Jandron, le suborneur de Pauline, sous ses ordres en sa qualité de deuxième classe du troisième lancier, à se masturber dans les latrines. Le pitaine criait à la garde. Les hommes de piquet s’en saisissaient pour le pousser au gnouf. Le malheureux s’agrippait à sa botte, d’une main tandis que de l’autre il tripotait ses boutons de braguette pour faire disparaître son poireau qui déversait son jus. Il pleurait en demandant pardon. Tandis que La Feuillée, faisait « nan, nan » de la même voix que Daudet imaginait celle de Tartarin, aux soirées de chant de la mère Bézuquet.

(suite et fin demain)

14 janvier 2008

Bas les masques

Ou la misère des Belges… et des Français. (Il paraît que l’on me lit aussi dans l’Hexagone.)