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15 décembre 2017

Ça bouillonne sous l’alopécie de Crucke !

La Région Wallonne fourmille de dossiers en peau de zébie. Cette nouvelle brochette variée (MR + CDH) ne le cède en rien à la précédente (PS, CDH, Écolo). La seule constante est l’assiduité du CDH a toutes les conneries, qu’elles soient de droite ou de gauche.
En général, plus l’échéance est éloignée, plus l’affirmation est péremptoire.
Ainsi, le ministre wallon de l’Energie, Jean-Luc Crucke, est catégorique, la fin du nucléaire est pour 2025, dans sept ans !
Sans doute espère-t-il qu’on aura trouvé pour 2025 deux recettes qui sont toujours des énigmes dans les laboratoires et sur lesquels on se penche depuis un siècle sans vraiment encore avoir trouvé le moindre début de résultat.
La première consiste à garder dans des batteries une électricité produite off-shore ou interne par des éoliennes, la géothermie, la marée motrice, etc, de sorte que l’électricité ne soit plus gaspillée comme elle l’est aujourd’hui par un induit continu dans le fil électrique, mais envoyée à la demande, et conservée en attendant comme l’eau d’un robinet.
Sinon, il est impensable que la nouveauté écologique dans la production d’électricité remplace les centrales, nucléaire, charbon, mazout qui fonctionnent actuellement.
La seconde tient dans une autre invention, qu’on n’a pas évidemment encore, qui consiste à rendre inoffensives des matières radioactives, tout élément ayant été soumis aux effets de l’uranium est dangereux pendant des dizaines d’années.
Marie Curie est morte, il y a quatre-vingt trois ans, de ne l’avoir pas su.
Nos hâbleurs, pères et grands-pères de nous grandes gueules d’aujourd’hui, ont poussé au nucléaire, il y a de cela un demi siècle, en étant persuadé que les contemporains de Crucke trouveraient la solution de décontamination de la matière.
On en est toujours à enfouir toute chose radioactive dans des bidons ou des sarcophages de béton, à les descendre dans les entrailles de la terre… ou de les abandonner au milieu des océans, ce qui se pratique encore couramment, sans l’oser pouvoir dire.
Les maraîchers de Huy ne sont pas près de planter des pommes de terre à Tihange, quand on aura détruit le mastodonte à métastases du bord de Meuse.
Enfin, le coût de l’assainissement est incalculable, aussi vaut-il mieux parler de zone interdite pour au moins trois cents ans !

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Mais Crucke est un libéral. C’est-à-dire qu’il ne doute de rien, puisque son chef le lui a dit.
On voit bien que les docteurs Fol-amour d’il y a un demi-siècle ont fait des enfants, purs produits de cette même et désolante économie qui fout le monde par terre.
Qu’est-ce que vous voulez que nous fassions ?
La connerie tient depuis si longtemps le haut du pavé que même les gens ne s’en rendent plus compte, puisqu’ils adhèrent par le principe élémentaire, mais démocratique, de l’élection, à ces phénomènes de foire qui n’en resteront pas là.
« Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs », a souligné le ministre MR. « Ce que j’entends de la N-VA, c’est une demande de chiffrage. (…) On ne peut chiffrer que ce qui existe. Si on est d’accord sur la trajectoire, évidemment que l’on peut la chiffrer ».
Comme on dit en catalogne « Commencer la maison par le toit », puisqu’on ne peut chiffrer ce qu’on ne sait pas encore faire… ou alors, on tape dedans à coup de milliards, ainsi on effraie tout le monde et on n’en parle plus.
La N-VA cale sur la confirmation de la sortie du nucléaire en 2025.
Je n’en connais pas les raisons. Mais si elles sont techniques, je crois qu’ils ont raison et que le Premier ministre Charles Michel en réaffirmant le respect de cette échéance, fixée dans une loi et rappelée dans l’accord de gouvernement, est un sot ou un de ces affreux politicards malhonnêtes, dont la Belgique fournit une collection superbe dans les trois Régions et les six gouvernements.

14 décembre 2017

L’illumination se soigne !

Après l’enterrement extravagant, il reste l’incontournable miracle de la fée électricité qui va, comme chaque fin d’année, tracasser ceux qui décorent, façon « nain de jardin » mais en plus kitsch.
Les mythes sont tenaces.
C’est à cause de ça qu’on ne peut pas nous confondre avec notre frère le chimpanzé. Faites l’expérience, essayez de prendre la banane qu’il a en mains, en lui promettant que s’il vous la donne, il en aura des centaines drôlement meilleures au ciel. Vous n’y arriverez pas.
Tandis que nous, tout de suite à sa place…
Donc ce mythe là, on y tient, mieux même que celui de Saint-Nicolas, trop européen du Nord et pas assez américanisé, pour les surfeurs du câble.
D’habitude, la débauche de câbles et d’ampoules est souvent le tribut des villages fleuris : les fleurs l’été, le kilowatt l’hiver, une sorte de course au soleil inter saison.
Il faut passer par Fitilieu pour le croire. Même moi, qui n’ai jamais mis les pieds à Fitilieu et qui n’ai aucune envie d’y passer, je crois ce qu’en raconte Christine Laemmel (Slate magazine) « Jean-Claude Guerguy est une célébrité à Fitilieu –commune de 1.800 âmes– et un habitué des journaux locaux. Dans son jardin de 2.000 m², il crée chaque année un véritable Disneyland de Noël, mêlant crèche géante, guirlandes lumineuses, girafe grandeur nature ou encore pirates et indiens. Oui, il y a de tout dans son décor, mais ça marche : 20.000 visiteurs déambulent dans la ferme en un mois. »
L’auteure, après son champion, a bien un Denis, mais celui-là à moins d’espace si bien que les voisins s’inquiètent, même qu’à un certain Noël, on a dû fermer la rue ! Avec 35.000 LED au compteur, il fonce aussi dans les décibels avec « Papa Noël, Reine des Neiges » et l’incontournable « Danse des canards ». Il cumule !
Il reste quinze jours au journal La Meuse pour trouver notre Jean-Claude, entre Coronmeuse et Barchon.
Modestes, on se contenterait d’un Denis.
Pour ma part, j’ai renoncé aux bois de renne et au bonnet rouge sommé d’un pompon, j’ai même renoncé à brailler avec tout le monde autour d’une choucroute. J’ai assez de souvenirs comme ça.
– Ouais, dirons ceux qui me connaissent, surtout ne l’invite pas. Il va plomber la soirée.
Il faut dire que j’ai fait le nécessaire pour entretenir cette légende. C’est la première fois qu’un apriori m’arrange bien.
– C’est cher, mais j’aime décorer mon sapin et faire de mes fenêtres des vitrines qui me rappellent le grand Bazar de la Place Saint-Lambert, ai-je entendu à Carrefour. C’est même à cause de ça, qu’on ne part plus en vacances, dit-elle, un soupçon de regret dans la voix.

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On peut très bien ne rien faire à Noël et ne pas partir en vacances, parce qu’on n’en a pas envie et ressembler à tous ces gens qui voudraient à la fois fêter Noël et partir en vacances et qui ne le peuvent pas, ce qui est bien triste et en même temps « normal », dans une société aussi mal fichue que la nôtre où il faut toujours que quelqu’un souffre, pour compenser un autre qui prend son pied.
Spécialiste de la douche froide au mauvais moment, Richard III se devait de relever qu’aux États-Unis, des chercheurs ont calculé que les lumières de Noël consomment plus que l’Éthiopie en un an.
Les ampoules « basse consommation », LED, ont fait croire que cela devenait possible de faire son Jean-Claude, du coup, on rajoute quelques câbles et quelques dizaines d’ampoules. On aborde des thèmes à grand spectacle. Un autre emmerdeur que moi a pris le relais dans la débine : «Contrairement à ce qu’on pense, on a plus de pollution lumineuse avec les LED. Moins le kw/h est cher, plus les gens pompent.»
L’économie d’énergie ? Le père Noël, c’est l’anti Hulot ! Les Communes en profitent pour éclairer le moindre recoin, si bien que les amoureux qui n’ont pas de chez eux, sont bien embarrassés au moment des fêtes.
Pour que la société libérale borsufiée passe l’année tranquille, il faut qu’elle ait un mythe à partager avec les besogneux. À part quelques soubresauts, comme l’enterrement de Johnny, au cours desquels la religion reprend des couleurs, le mythe commun est la société capitaliste. Tous les autres systèmes proposés piétinent. Guy Gilbert, en blouson de cuir tournicotant autour du catafalque avait l’air d’un LGTB comme le Tout Paris devant lui.
La société du fric, c’est comme la croissance du PIB, il ne faut pas qu’elle s’arrête. Noël est l’occasion d’en remettre une couche.
Sinon tout part de traviole en des parties de bande mou. De la fiction, certes. L’essentiel est de faire croire que la merde est inodore, que c’est un produit porteur et de grande consommation. Comme il n’y a pas de plaisir sans TVA, on est bonnards !

13 décembre 2017

On blanchit même le dimanche !

La controverse sur l’attribut des cartons rouges aux États paradis fiscaux est toujours d’actualité. L’Union Européenne en a épinglé 17, tous évidemment hors de la zone d’influence, préservant ainsi le cher Luxembourg de JC Juncker de tout reproche, comme de la Hollande encore plus mariolle.
Par contre l’ONG Oxfam en a trouvé 35, soit plus du double des bigleux bruxellois.
Alors, si chacun fait sa petite liste noire dans son coin et qu’elles ne correspondent pas entre elles, il doit bien y avoir un os quelque part ?
Là-dessus le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, prétend qu’il n’y a pas concurrence, c’est une question de critères.
Cela, on l’avait compris.
C’est tout de même mieux que l’OCDE dit Moscovici, pince sans rire, puisque l'Organisation de coopération et de développement économiques s’est limitée à Trinidad et Tobago et d’ajouter "L'OCDE a joué un rôle d'éclaireur essentiel… mais l'UE va un cran plus loin.
Si je comprends Moscovici, l’UE a un coup d’avance sur l’OCDE et un coup de retard sur OXFAM !
On attend toujours des explications à propos de la liste de l’UE, c’est tout de même elle qui nous intéresse le plus, attendu qu’elle n’existe que par nos impôts.
Déjà, certains États montrés du doigt par l’UE contestent d’être sur la lite « honteuse ». La Corée du Sud a fustigé une décision qui va "à l'encontre de standards internationaux" et qui pourrait "porter atteinte à la souveraineté fiscale". Le Panama a pris l'an dernier des dispositions pour échapper à la liste de l'OCDE, et le voilà sur celle de l’UE ! Il a dénoncé une "inscription arbitraire et discriminatoire", vexé que ses mesures n’aient servi à rien.
L’UE serait donc plus « vertueuse » que l’OCDE, mais moins qu’OXFAM.
L’optimisation fiscale a formé des spécialistes des contournements fiscaux en toute légalité. En Belgique, ceux qui ont du pognon à planquer savent qui consulter. Sous la houlette des libéraux, nous avons la réputation d’abriter les meilleurs truqueurs d’Europe. Si ça se trouve, le conseiller suprême du Grand Duché de Luxembourg est une huile, aussi dans les expertises de l’Europe à Bruxelles.
Il faut bien que ces braves gens d’experts exercent leurs compétences et pour eux, optimiser au niveau des États est la meilleure des promotions, celle qui fait passer le cabinet d’affaire local, à un lobbying international.

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Anne-Laure Delatte, directrice adjointe du Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii) signale à toutes fins utiles, la limite de l'initiative européenne : les membres de l'UE ne figurent pas sur les listes ! « Or, une grande partie de l'évasion fiscale se fait à l'intérieur de l'UE par des conduits comme les Pays-Bas ou l'Irlande. Ces pays ne sont pas des paradis fiscaux, mais ils permettent d'y accéder", assure-t-elle.
Nos voisins font donc office de tunnel, comme un quelconque boyau de sortie de la Bande de Gaza, on suit un couloir secret et payant, avec ses valises bourrées de billets, et on se retrouve au bon air à Trinidad, sous le charme d’un comité d’accueil.
Bien entendu tout cela est archi connu de Charles Michel et de son ministre des finances, mais bon, ils ne développent leur instinct rapporteur que pour les méchants grévistes… « qui font tant de tort à l’économie du pays » ajouterait Pierre-Yves Jeholet, le MR qui monte !
N’est-ce pas les Etats-Unis qui donnent l’exemple, puisqu’ils n'ont pas signé les accords d'échange automatique d'information et dont certains Etats apparaissent dans les montages d'optimisation fiscale ? Là aussi on est clair, Trump passe son temps a montré ses décrets qu’il signe de sa haute signature d’immature content de soi, sauf que ceux qu’il devrait signer sont absolument interdits à la Maison blanche.
Manon Aubry, porte-parole d'Oxfam, réclame que les grands paradis fiscaux figurent sur la liste, à côté des petits. C’est vrai à la fin, là aussi, y aurait-il sous la pression des libéraux en verve à l’Europe, une étrange complicité des gros truqueurs contre les petits ?
Pour mémoire, l’Irlande, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas et encore la Suisse avec les juridictions britanniques de Gibraltar et des Bahamas font bel et bien commerce de blanchiment, comme tout un chacun le sait, sauf le premier ministre et le trio de pointe : Borsus, Jeholet et le journal La Meuse, dans ce qui concerne ce petit joyau de rigueur et de chasse aux chômeurs qu’est la Belgique.
Que nos chefs se rassurent, Moscovici ne voit rien de répréhensible dans ces pays. « Aucun n’est un paradis fiscal » dit-il péremptoire.
Alors, hein, de quoi on parle ?

12 décembre 2017

Vivre de son art !

C’est une hypothèse vraisemblable : le nombre très élevé d’artistes en tous genres dans une société qui voit d’un mauvais œil l’excentricité et la flânerie a deux effets visibles. Celui d’une abondance dans tous les arts musique, peinture, écriture d’une large partie de la population et la nécessité pour l’industrie d’exister en exploitant les arts, de faire croire que les artistes « révélés » sont d’exception et, pour tout dire, qu’il n’y en aurait qu’un d’exceptionnel par siècle ! À seule fin d’éliminer – sans même le vérifier – l’ensemble des refusés sous prétexte qu’aucun rapin ne vaut pas le petit noyau de peintres qui vend ; que nul ténor léger à la chevelure oxygénée n’égalera le goût du costume et le sens de la scène d’un Johnny Hallyday ; qu’aucun écrivain du dimanche ne pourra égaler ceux qui le font en semaine et de s’enthousiasmer de la prose d’un d’Ormesson, dont je ne peux lire dix lignes sans bâiller !
On en est là.
C’est inutile de présenter quoi que ce soit à quiconque aurait le pouvoir de montrer à d’autres ce que vous ne pouvez faire par vous-même. Vous ne serez ni lu, ni entendu, ni regardé.
Seuls échappent à ce critère, les gens suffisamment riches pour être d’abord connus pour ça ou pour être le fils de, ce qui vous dispense de passer par les critères de la sélection.
Est-ce pour autant que le plus pur des inconnus ne soit pas un jour « podiumnisé », reconnu, adulé, vénéré ?
C’est même là une astuce suprême pour vous faire croire que le futur Mozart sorti du ruisseau est bien le seul de toute la banlieue, parce qu’il le mérite.
Alors qu’il y a plus de génies disparus ou ignorés que ceux devant lesquels la foule se prosterne, que les plus grands critiques d’art se pétrifient saisis par le syndrome de Stendhal et que les plus fins mélomanes en pleurent d’émotion.
Comme la société aime les concours, on attribue des prix de Rome, on se passionne pour le Goncourt, on somme les producteurs de spectacle de produire le girafon du jour.
On avait déjà fait le coup d’un roman de Marguerite Duras, poussé au sommet de l’Olympe par les critiques dithyrambiques, des farceurs l’avaient recopié à la machine à écrire et envoyé chez l’éditeur de la dame et chez d’autres aussi, refusé partout !
Pour une fois, j’étais d’accord. Vous avez déjà lu du Duras ? Une vraie merde !...
Il faut dire à la décharge des « grandes » maisons d’édition qu’elles sont absolument submergées et que les « décideurs » n’arrivent même plus à feuilleter les manuscrits. Vous pouvez tenter l’aventure, vous ne recevrez pas de réponse. Si vous voulez reprendre votre bafouille, vous devez vous taper le transport retour à vos frais.

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C’est pareil pour la peinture. Si vous ne douillez pas sec un gros paquet, vous n’exposerez jamais dans une galerie de renom. Ne vous tracassez pas, même si votre étalage de couleurs ne vaut pas tripette, si vous avez du fric, vous pourrez exposer tout ce que vous voulez, même des papiers WC souillez de votre propre merde, tout est dans l’assemblage. Seulement vous ne vendrez pas un clou, mais vous aurez la réputation d’avoir été exposé.
Quant à la chansonnette, c’est la foule, avec ou sans guitare, en talonnettes ou en string, on sélectionne grave dans les concours et pourtant ceux qui triomphent, souvent n’arrivent pas à la cheville de ceux qu’on élimine.
C’est la foire d’empoigne, les critères sont bidons, les critiques des incompétents, ce qui sort de la coulisse ce n’est que le trop plein du tube.
Nous ne sommes pas dans une société qui apprécie les arts et les artistes.
Sur le 7/7 de ce jour, une aventure proche de celle qu’on fit à propos de Duras.
« …Serge Volle et un autre écrivain "très connu"… estimant dans une lettre que Claude Simon, prix Nobel de Littérature de l'année 1985, ne pourrait plus être publié aujourd'hui, Serge Volle a envoyé à dix-neuf maisons d'éditions - petites et grandes - 50 pages du roman "Le Palace", écrit par Simon au début des années '60.
» …douze d'entre elles ont refusé le texte, lui reprochant des "phrases sans fin", des personnages mal "dessinés". Sept éditeurs n'ont même pas répondu. »
» Sur France Inter, il explique "sonder la qualité de ceux qui président aux comités de lecture dans les petites et grandes maisons d'édition."
Pour le reste, je ne suis pas d’accord, rien n’est bien neuf. L’artiste est un crève-la-faim de toutes les époques, un saltimbanque méprisé ou un petit employé qui ronge son frein et dont on moque sa passion des lettres. Si la littérature a évolué, la difficulté de se faire entendre, voir ou lire dans tous les arts s’est accrue considérablement en fonction d’une société productiviste dont la course à l’argent a asphyxié toutes les formes d’art. La plus éclatante preuve tient dans l’achat d’une œuvre supposée de Léonard De Vinci pour 450 millions de dollars, sur le temps qu’un peintre brûle l’œuvre de toute une vie qui ne trouve pas preneur.
"Proust disait 'avant d'écrire soyez célèbres ».
C’est la conclusion de 7/7. Je suis bien d’accord. Et c’est valable pour l’art en général.

11 décembre 2017

Trumpette de la renommée.

On ne sait quelle mouche a piqué Trump dans son amour pour le judaïsme au point de franchir le pas en désignant Jérusalem comme lieu futur de l’ambassade américaine.
Outre sa fille Ivanka, convertie au judaïsme, pour l’amour de son mari, Jared Kushner et gendre du président, des personnalités proches de Trump: David Friedman, Jason Greenblatt, Steven Mnuchin, Stephen Miller, Gary Cohn, Boris Epshteyn David Shulkin, Reed Cordish, sont de confession juive.
Quant à prétendre que ce sont eux qui ont fait tomber le président sous le charme de Benjamin Netanyahu, je n’y crois pas tellement.
Ce type est bien trop concentré sur lui-même pour décliner un penchant pour quelqu’un.
Donald Trump a libéré en quelques mois la parole de toute une catégorie de gens gravitant autour des mouvances extrémistes américaines. La communauté juive lui reproche d'avoir encouragé par ses discours l'émergence d'un climat de recrudescence d'actes antisémites.
Un discours prononcé le 23 avril, puis un voyage en Israël, rassurant la communauté juive a montré ce dont Trump était capable, comme avancer une chose et dire son contraire le lendemain.
En s’affichant devant le mur des lamentations Trump s'est impliqué dans le conflit israélo-palestinien, alors que jusque là les présidents s’étaient bien gardés de s’y faire voir.
On oublie que Trump avait soutenu cette reconnaissance dans le respect des décisions prises avant son élection. Peu au courant du droit international, il ne se préoccupe que de ce qu’il a promis aux électeurs.
Est-ce le fait de pratiquer cette politique qui renforce son image d’homme fort chez ses supporters et d’immature dangereux chez ses adversaires, qui modifie son image à l’extérieur des USA ?
Elle y est tellement mauvaise, qu’on se demande s’il est possible qu’une autre initiative puisse la détériorer davantage, sinon une guerre nucléaire avec Kim Jong-Un.
Il souhaite la paix et dit qu'il œuvrera pour cela sans relâche, alors qu'il s'est disqualifié du rôle de modérateur devant l’entièreté du monde arabe et suscité la réprobation d’une grande partie des pays d’Europe.

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Voilà une bien mauvaise méthode que celle de déclarer vouloir la paix en même temps de créditer Israël d’une attitude positive des USA et de mépris pour le monde arabe.
C’est à la cote au plus bas du président que l’on voit l’électeur américain désapprouvé les procédés politiques sans nuance de celui-ci, même si son électorat applaudit.
Si cette méthode de ne rien faire comme ses prédécesseurs pouvait le conduire enfin à faire bouger les lignes dans ses rapports avec le reste de la planète sur des questions d’environnement !
Mais, autant Trump n’est pas un président qui réfléchit, autant il croit en sa bonne étoile et son impulsivité qui le conduisent toujours, croit-il, du bon côté.
Le XXme siècle n’a apporté aucune amélioration à l’éthique du capitalisme. La révolution industrielle enrichit les banquiers et condamne les travailleurs à la misère.
Ce n’est pas de ce côté-là que Trump va porter les regards. Il ne lui reste plus qu’à s’attaquer à la mince couverture sociale qu’Obama avait tentée de jeter sur les épaules des plus fragiles.
La prochaine offensive de Trump est plutôt là. Il reste sur l’échec de la couverture sociale pour les plus pauvres des citoyens, au sénat ; alors qu’il est en passe de gagner sur la construction d’un mur à la frontière mexicaine et qu’il a renoncé aux accords de Paris sur l’écologie.
À moins d’être rattrapé par l’affaire russe, il n’a pas fini de faire souffrir tout le monde à la Maison Blanche et à l’étranger.

10 décembre 2017

Quel con, ce type !...

Si quatorze personnes ont été intoxiquées à Anvers avec le CO2, davantage l’ont été avec le discours et les interviews de notre nouveau pourfendeur de moulins gauchistes, Pierre-Yves Jeholet (MR), ministre wallon de l’Emploi et de l’Économie.
Il faut signaler aussi que, ces temps derniers, le journal La Meuse jette ce qu’il lui reste de journalistes dans la bataille pour ajouter à la gloire de l’homme. On ne dira jamais assez le pouvoir sournois de ceux qui font semblant de rester en-dehors de la mêlée, pour mieux placer les croques-en-jambe à la gauche exécrée.
Ces carnassiers mutés en herbivores, pour mieux dévorer l’agneau, adoreraient que la borsufication de la région wallonne parachève sa métamorphose en régnant sans l’appoint misérable, mais nécessaire, des apostats du socialisme que sont les gens du CDH.
Bouffer le PS fortement remis en cause avec son congrès qui n’est qu’une monstrueuse exposition des choses devenues impossibles, voilà le programme du journal La Meuse, pardon du MR.
Aussi, faut-il s’attendre à une offensive non-stop sur tout ce qui bouge à gauche, syndicat, PTB, Écolo et PS changés en affreux gauchistes, nouveaux moujiks ivres de vodka, rêvant de violer la paroissienne fidèle à la Belgique libérale.
À la dernière interview, Pierre-Yves, plus remonté que jamais contre les grévistes du TEC, ajuste son tir contre la FGTB. La Meuse, aux anges, préambule la chose en multipliant les éloges du nouveau ténor à la voix « détonante et sans langue de bois ». Pour des gens qui mettent toute leur ardeur à fourrer leur nez dans les pires fentes de nos élites souillées de la merde de cinquante années de libéralisme, on peut croire qu’on a affaire à des connaisseurs.
Donc, le ministre wallon de l’Emploi et de l’Économie fustige le comportement de la FGTB, comme il ne l’a jamais fustigé. Mais il est bon prince, malgré tout le ressentiment qu’il a à l’encontre des chauffeurs du TEC, il les met en garde de la tentation de porter le PTB au pouvoir, des fois qu’il viendrait l’idée à la fiente, de s’allier à l’étron, faisant malgré tout un front majoritaire opposé à l’apostolat enthousiaste de Jeholet.

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Malgré tout le baratin de la bourgeoisie sur pied de guerre, il y a toujours une majorité de gauche en Wallonie, même débarrassée d’un CDH qui ne sait plus de quel côté il est, depuis que son chef, Benoît Lutgen, joue la carte du MR, un peu comme le fit Gérard Deprez qui voulait il y a vingt cinq ans, passer avec armes et bagages au MR, ce qu’il fit, mais lui et quelques palotins de sa parentèle seulement.
Revenons au triomphe Jeholet, la bonne surprise borsufiée de l’été.
La Meuse : «Directement entré dans son volumineux portefeuille de ministre de l’Emploi et de l’Économie, Pierre-Yves Jeholet (MR) a, depuis, multiplié les contacts…etc. »
On avait une orchidée rare et on ne le savait pas !
Encore ces fichus jaloux, les Michel et Reynders qui gardaient ce prodige au placard !
À bien y réfléchir, la direction du MR avait sans de bonnes raisons de nous cacher ce pignouf !
Les propos de Jeholet sont d’un homme d’une ignorance absolue de l’économie mondiale. Tels qu’ils sont, nos MR ne sont pas là pour rétablir la vérité économique, mais pour rassurer les gens et, si possible, les rendre heureux en leur racontant des craques.
On croit le journaleux à côté de ses pompes lorsqu’il écrit « Pierre-Yves Jeholet multiplie les contacts de terrain avec les entreprises. Il en tire un constat alarmant sur ce vers quoi la situation actuelle pourrait conduire, qu’il livre en exclusivité à Sudpresse. »
Erreur, c’est le suspens du journal La Meuse. Le constat alarmant tient dans les « Trois nouveaux jours de grève dans les Tec. »
C’est le bus qui pourrait faire tout foirer !
Pour le reste Jeholet est certain, la crise de 2008 est surmontée. Les commandes sont là. Tout est au beau…
Mais comme il n’a pas encore assez souligné que si ça foire, ce sera la méchante gauche qui noyaute les entreprises et fait de l’ouvrier respectueux et libéral, une bête brute assoiffée du sang des riches, « …beaucoup me disent que le climat social devient un handicap, en Wallonie. Ils peuvent investir, mais les actionnaires deviennent frileux. »
La droite libérale devrait faire savoir à Jeholet et à La Meuse que le discours, simpliste à trop en rajouter des couches, finit par faire le contraire de ce que pourquoi on l’utilise.

9 décembre 2017

Sport de riches pour pauvres !

Est-ce qu’on peut arrêter quelques secondes de déconner pour réfléchir un peu ?
Voilà des mois qu’on veut construire un stade de foot de prestige pour accueillir quatre ou cinq matches pour l’Euro 2020 à Bruxelles.
On croirait nager dans des rivières tapissées de billets de banque.
Les sommes avancées pour cette nouvelle lubie, réparties sur les habitants de ce pays vivant en-dessous du seuil de pauvreté, suffiraient à faire revenir sur le champ, le chômeur des Caraïbes en Jet privé, rien qu’à la lecture du Daily News de la Barbade, avançant des chiffres à rendre malade le paradis fiscal, où selon La Meuse, nos chômeurs soignent leur dépression nerveuse.
Au lieu d’éviter de péter plus haut que son cul et de rafistoler le vieux Stade roi Baudouin, nos hardis entrepreneurs ont sorti un de ces plans, qu’à côté la nouvelle gare des Guillemins de Calatrava à l’air d’une baraque à frites.
On combinait déjà des formules pour remplir des valises de fric de l’URBSFA, de l’UEFA, du privé de la Région et de quelques sponsors, qu’on trouve facilement sur les carnets d’adresse des cadors du MR, des bruits couraient sur les enveloppes de commissions à épater Alain Mathot !
Un chaud parmi les chauds, Didier Reynders était prêt au sacrifice un week-end sur deux pour tenir la buvette, afin qu’on appelle la chose « Grand stade Reynders ».
Le sort du stade Baudouin était fixé : on avait trouvé le ferrailleur pour dégager la place et faire des barres d’apparts vendues sur plan qui s’enlevaient déjà comme des petits pains.
Sauf… sauf… que le seul endroit encore disponible pour cette apothéose grandiose footballistique, se trouve à Grimbergen. C’est-à-dire en Flandre. Il y eut comme un coup de froid au comité organisateur, quand on apprit que les Flamands étaient réticents.
Vous pensez, une partie du sol sacré de la Flandre vendue à des bruxellois majoritairement francophones, un raz de marée fransquillon était possible.
Pour doucher les enthousiasmes, la Commune de Grimbergen, avec l’appui de la Région flamande, eut une idée de génie, en découvrant que le parking du Heysel qui allait être sacrifié à la folie bruxelloise, recoupait un chemin communal visible du temps où l’aire bétonnée n’était qu’une prairie à vaches. Soit bien avant l’Expo de 58 ! Les Flamands tinrent six mois là-dessus. Le temps que la polémique s’enfle aussi du côté des promoteurs et des organisations de défense des chemins champêtres.

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Si bien qu’on en revint à penser la modernisation du vieux Baudouin.
Trop tard. Il paraît qu’il faut plus de temps pour démolir la chose et la reconstruire en plus hardi, genre arches et parapluie géant, que foncer des pieux et booster tout de suite la production des tribunes, tout ça avant 2020, pour le coup de sifflet de l’arbitre.
C’est alors que mercredi, le jour avant la décision de l’UEFA du foot à Bruxelles, Reynders sentant l’oignon, trente ans de cohabitation avec Louis Michel (maintenant que le vieux à le fils en renfort c’est Clémenceau en 14) s’est mis à râler que le stade était de la foutaise, qu’on n’avait jamais vu une Région construire ses annexes sur le terrain d’une autre (alors que les Flamands ont bien leur parlement à Bruxelles) et de revenir sur le confort du vieux Baudouin, si confortable et économiquement plus acceptable.
À croire qu’il connaissait la décision de l'UEFA prise jeudi après-midi lors de la réunion du comité exécutif de l'instance européenne à Nyon, en Suisse.
Notez qu’elle était prévisible.
Le couperet est tombé, les instances européennes du football ont décidé de porter leur choix sur des solutions existantes, à savoir le stade londondien de Wembley. Tout cela assez logique, puisqu’il n’y a de stade que sur plan et que le Baudouin, même avec ses sublimes ferrailles, n’est pas aux normes, ni à vocation mondiale !
Le match d'ouverture se déroulera à Rome. Le stade londonien de Wembley a récupéré les quatre rencontres prévues à Bruxelles.
Voilà les promoteurs et les bailleurs de fonds emmerdés. Les promesses faites à la société de travaux publics dont personne ne sait la teneur, l’ URBSFA avec ses valises de billets de banque sur les bras, Didier Reynders en pleine palinodie, le beau monde a laissé le dernier mot au groupe de construction Ghelamco. Celui-ci a réaffirmé, jeudi, que le stade national verra le jour. Le promoteur ne souhaite pas que le dossier du stade atterrisse à la poubelle.
Comme on le comprend. Surtout s’il a déjà posté les enveloppes.

8 décembre 2017

Jérusalem paravent du Russiagate ?

Je l’ai écrit hier, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président Trump allait déclencher quelque chose dont on n’a pas encore bien pris la mesure.
Pour le coup, je suis tombé dans le mille !
Une partie de la presse américaine est déchaînée aujourd’hui. On relie cette décision aux rancœurs accumulées depuis l’élection de ce personnage, au nouveau Watergate qui pourrait dépasser l’ancien, par l’implication des russes dans l’élection du président, en faveur des Républicains.
Le Watergate est resté un traumatisme, comme une sorte de naufrage de la foi patriotique dans le système politique américain.
Pourtant, toute comparaison est impossible entre le Watergate et le Russiagate. En effet, qu’est-ce qu’un cambriolage par des pieds-nickelés au service de Richard Nixon dans les bureaux des démocrates, à côté de l’affaire russe, cent fois plus grave impliquant une puissance étrangère, et non la moindre, dans la politique intérieure des États-Unis !
C’est tellement différent ! Nixon risquait la destitution, Trump risque bien pire. Si on le destitue, ce qui serait impossible actuellement puisqu’il n’y a pas de preuve qu’il se soit impliqué personnellement dans ce genre de relation, il pourrait passer devant un tribunal pour intelligence avec une puissance étrangère et risquer la prison à vie.
La dernière tentative « d’empêcher » un président fut celle des Républicains contre Clinton s’appuyant sur son parjure dans l’affaire de la jeune stagiaire Monica Lewinsky.
Les Républicains échouèrent lamentablement à obtenir la destitution de Clinton, en plus, ils perdirent des sièges aux élections de mi-mandat organisées cette année-là, tandis que la popularité de Clinton grimpait de quinze points en un an !...
L’affaire Clinton nous démontre que ce qui semble partir en catastrophe politique peut se transformer en un show médiatique auquel on peut survivre.
Les Républicains ont compris qu’ils ne devaient pas se joindre aux Démocrates pour mettre Trump en accusation, quels que soient les résultats de l'enquête.
C’est un constat sur l’immoralité de l’opinion qu’ils font, alors que Clinton avait menti devant le Congrès, on ne lui en a pas tenu rigueur. Se faire tailler une pipe par une stagiaire, dans le bureau ovale sous le portait d’Abraham Lincoln, est donc illégal, mais toléré !
Bien entendu, avoir des rapports avec une puissance étrangère n’est pas une faute à ranger dans la même catégorie. Par rapport à Nixon, Trump, a un soutien global comparable (37%) de l’électorat. Son action est approuvée par 81% des Républicains et seulement... 7% des Démocrates.

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On en parle beaucoup moins, mais cette reconnaissance de la capitale d’Israël a été faite par quelqu’un qui n’a vraisemblablement aucune notion d’histoire et est incapable de soutenir des arguments pour ou contre la reconnaissance de deux États, comme on a cru que cela était possible, s’il est fort en affaires, c’est un inculte pour tout le reste.
Israël ne connaît qu'un droit : le sien, si l’on en croit la poursuite des colonies rendant impossible en 2017, les plans qui avaient été faits à l’ONU avant l’an 2000.
En se joignant aux Israéliens, les USA viennent de renier toutes les condamnations de l’ONU et du Droit international, comme il est vrai aussi qu’Israël a toujours bénéficié du veto américain au Conseil de sécurité, évitant ainsi les sanctions.
La reconnaissance de Jérusalem « unie » et « juive » est une nouvelle épreuve de force contre les Palestiniens qui ont le droit international pour eux et Israël, dont le jeu, plus clair que jamais, est de profiter de sa puissance militaire en pouvant compter sur son grand allié américain pour dominer un monde arabe désuni. Israël a toujours trompé l’opinion internationale en faisant semblant de vouloir négocier avec les Palestiniens.
Quoique cachée depuis le début, son intention n’a jamais été de faire la paix avec les Palestiniens en leur concédant un État.
Voilà cinquante ans ou presque, que ces malheureux vivent sous une occupation étrangère. Tandis qu’Israël a de plus en plus difficile de dissimuler sa volonté d’annexer toute la Palestine.
On peut dire que c’est en partie cette mauvaise foi dont le monde arabe nous estime complices, qui nous vaut une part du terrorisme dont nous souffrons.

7 décembre 2017

Les grandes manœuvres US !

Est-ce une politique de rechange à l’affrontement, jusqu’ici en mots et en attitudes, entre Trump et Kim Jong-Un ? On dirait que le président des States a choisi de faire diversion en décidant le déménagement de l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem.
Voilà qui va probablement raviver des tensions entre Palestiniens et Israéliens, faire de cette partie du monde une poudrière, ce qu’elle était déjà, mais en y ajoutant quelques barils de poudre supplémentaires.

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Pour rappel, Israël a proclamé Jérusalem comme sa capitale, mais aucun pays n'a reconnu ce statut. Cela pourrait changer avec la décision des Etats-Unis d'y installer son ambassade.
C’était une promesse de campagne de Trump que l’on croyait bien ne lui voir jamais tenir, tant cette décision est d’une gravité extrême.
Au-delà de sa charge symbolique, ce déménagement met un terme au processus de paix toujours en cours, entre les belligérants, mais va ressouder le monde arabe derrière les Palestiniens.
Cette décision des USA est un provocation qui tombe à un très mauvais moment.
Donald Trump y avait finalement renoncé en juin dernier, en signant une clause dérogatoire permettant de conserver la chancellerie américaine à Tel-Aviv pour six mois supplémentaires. Une loi du 23 octobre 1995 votée par le Congrès impose en effet le déplacement de l'ambassade à Jérusalem, mais laisse au président en exercice la possibilité d'en retarder l'échéance tous les six mois. Ce qu'ont fait jusqu'à aujourd'hui tous les prédécesseurs de Trump.
Jérusalem pour la première fois reconnue par Washington comme capitale officielle d'Israël, alors que la partie Est a été annexée militairement en 1967, suite à la guerre des Six-jours, et que depuis les pourparlers, l’intifada, la bande de Gaza et les révoltes se succèdent, sans oublier les exactions de l’occupation guerrière d’Israël, dans ses protections des colonies et ses répressions violentes. Contre-feu pour « neutraliser » l’info venant de la Corée du Nord ? La vague de réprobation au Proche-Orient et une flambée de violence sont plus que probables.
Aujourd’hui Jérusalem est la capitale officielle... mais n’est reconnue par personne, voilà l’Europe en train de régler le Brexit, qui se trouve avec un autre problème majeur sur les bras. !
Cette initiative de Trump détruit la solution « à deux Etats », a réagi l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), tandis le mouvement islamiste palestinien Hamas affirmait qu'elle ouvrait "les portes de l'enfer" pour les intérêts américains dans la région.
Les Palestiniens revendiquent toujours l'est de la cité antique comme capitale de leur futur Etat. En 1988, dans sa proclamation d'un Etat palestinien, l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) choisit Jérusalem pour capitale. Pour le moment cependant, et en attendant que le processus de paix soit clos, l'Autorité palestinienne est pour le moment basée à Ramallah, en Cisjordanie.
Les Arabes sont remontés. L’Europe est prise de court. En sa qualité de partenaire de l’OTAN, Trump n’a pas daigné l’avertir, ce qui va renforcer l’idée d’une armée européenne et une fin envisageable de l’OTA N.
Mahmoud Abbas, chef de l’Autorité palestinienne est sur le qui-vive depuis dimanche.
Ce mercredi est un jour noir pour lui. La communauté internationale réagira-t-elle en faisant pression sur les USA ? Ce n’est pas certain.
Les journaux ont deux enterrements prioritaires, celui de Jean d’Ormesson pour la littérature et Johnny Halliday, pour la musique.
Mais quand même, dans les jours à venir, dans la perspective d’un rebondissement spectaculaire de cette affaire israélo-palestinienne qui empoisonne le Moyen-Orient depuis 55 ans, ce serait peut-être le moment d’en informer les lecteurs et les mélomanes, tout en sachant combien, pour eux, les deuils récents sont davantage propices aux souvenirs et au recueillement.

6 décembre 2017

L’économie selon Di Rupo : fake-news.

Les économistes sont partagés en trois catégories. Les deux premières sont composées d'économistes officialisés par la pratique des cabinets ministériels et des journaux spécialisés. Leur représentation recouvre l’ensemble de la droite d’une part et de la gauche, d’autre part. La troisième catégorie, enfin, est en-dehors de tout champ d’influence, n’est invitée nulle part et n’est jamais créditée d’avoir eu raison avant les faits, tout en sachant qu’elle prendra des coups dès qu’elle se sera trompée. Ce qui arrive aussi, évidemment.
Le chapitre 1 qui traite de l’économie et qui contribue aux 170 propositions votées lors du Congrès du Parti socialiste le 23 novembre à Liège n’a pas été le résultat d’une pensée collective, comme on aurait pu s’y attendre, mais le « devoir » d’un collectif d’économistes appartenant à la catégorie de la pensée officielle de la gauche dans la vision qu’en a le PS.
Cela se sent dès la préface qui découpe l’évolution du capitalisme en trois catégories qui ont suivi la Seconde guerre mondiale. Selon le PS, le tournant du progrès social se situe aux alentours des années 60. Le néolibéralisme aurait alors enclenché un mouvement de balancier, devenu après dans les années 80, le « tout-au-marché » de Reagan et Thatcher. Toutes initiatives libérales fortement appuyées par les Commissions européennes.
C’est assez simplet comme exposition des faits. Cette vision est suspecte parce qu’elle dédouane les partis politiques de gauche qui ont partagé le pouvoir avec les libéraux un peu partout en Europe et singulièrement en Belgique, durant la période.
C’est d’un tout autre souffle économique dont il s’agit en réalité, avec quand même la part non négligeable de la responsabilité de la gauche.
La période n’est pas correcte. Le mouvement économique ne s’établit pas ainsi. Il part de plus loin, de 1914 plus exactement date depuis laquelle plus rien n’est comparable à l’ère industrielle qui l'a précédée, pour finir en 1989, chute du Mur de Berlin et effondrement du bloc soviétique.

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La date clé à retenir est 1989, à partir de là, le capitalisme n’a plus d’ennemi et devient mondial. Mais auparavant, la gauche de pouvoir avait elle-même évolué pour adopter deux positions qui allaient se révéler deux erreurs fondamentales, celle de renoncer à la lutte des classes et celle d’entrer dans une ère de coresponsabilité avec les théories participatives du libéralisme, la gauche y ajoutant le socialisme pour ce qui allait devenir le socio-libéralisme.
Reagan et Thatcher n’ont été que des repères dans le processus et n’ont en rien changé le courant général.
C’est donc bien la gauche de participation au pouvoir qui a été négligente et n’a pas été capable d’anticiper, ni de voir tout le tragique qui allait découler de son manque de clairvoyance.
De cette époque date l’aggravation de la situation sociale par l’illusion monétaire, la réplique devenant impossible politiquement, alors que les syndicats avaient été lâchés par le PS et le CDH au tournant du millénaire.
Pour rappel la main-d’œuvre étant payée en salaire nominal, plutôt qu’en salaire réel, il n’est pas dans les habitudes du monde du travail de réduire son travail à chaque hausse des prix ou à chaque régression sociale entraînant des dépenses compensatoires. Comme en plus le monde libéral exigeait plus d’efficacité, le productivisme qui s’en est mêlé, a plutôt desservi la cause des travailleurs, sur le temps que le phénomène inverse se passait du côté des capitaux et des industriels où les salaires des patrons, la fraude fiscale, les déménagements vers les paradis fiscaux des bénéfices ont rapidement débordé les dispositifs démocratiques sous l’œil impuissant et désabusé du PS et du CDH en Belgique et des autres partis du même tonneau dans toute l’UE.
La « Théorie Générale » de Keynes ne dit pas autre chose.
Il est dommageable pour le monde du travail, qu’au PS on ne s’en soit pas encore rendu compte, au point d’asséner des contre-vérités d’entrée de jeu du chapitre sur l’économie.
Il aurait été plus fairplay de dire la vérité aux militants du PS. Le travail du Congrès en aurait été plus vrai, les dirigeants – enfin ceux qui en ont conscience – eussent pu soulager leur conscience.

5 décembre 2017

Une conduite de Grenoble.

Les 170 propositions adoptées par le Parti Socialiste au Congrès de Liège le 26 novembre 2017 est en soi un événement qui mérite quelques remarques, pour qu’on y revienne.
Par quel côté rattaché, ce coup de barre à gauche par les 500 fédérations du parti voté à l’unanimité, avec la politique des dirigeants en poste jusqu’à leur entrée dans l’opposition ? Sinon par une palinodie (retournement de veste) de tout l’appareil, mal informé, inconscient ou carriériste jusqu’à son départ forcé du pouvoir ?
À tout le moins, ce Congrès aurait dû être aussi l’occasion d’une grande purge.
Or, c’est bel et bien Elio Di Rupo, l’homme des premières mesures contre les chômeurs lorsqu’il était premier ministre, qui signe la préface des propositions et qui se pose en homme providentiel et se voit ovationné par les congressistes, l’inspirateur de ce changement de cap !
Dans sa préface, Elio Di Rupo ne veut décourager personne, cependant il laisse entendre que ces propositions sont irréalisables, puisqu’il prévient les socialistes qu’ainsi posées elles supposent « une refonte des institutions européennes », des mesures « couteuses » qu’il ne chiffre pas, des « modifications juridiques importantes » et surtout « une majorité parlementaire pour pouvoir être concrétisées ».

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Cela signifie que si le PS reprend un jour des couleurs, il ne sera jamais plus question pour les « forts des halles » requinqués des 170 machins que le PTB est censé leur envier, mais C’est l’abandon définitif des mesures phares dépeintes avec délectation, par l’ensemble de la salle.
Il est tout à fait indigne et honteux du Bureau du PS de s’être montré à ce Congrès dans une posture que tous savent impossible, de par la nature du système libéral de ce pays et la quadrature de réformer la démocratie qui en découle, sans des événements graves qui autoriseraient le peuple à flanquer des pieds au cul à MM des partis au pouvoir.
Un qui la tout de suite compris, c’est Paul Magnette qui dès le 2 décembre s’envoyait une discussion à Grenoble, à l’une des quatre tables occupées pour cet effet, par des socialistes français épouvantés de la quasi disparition sur moins de quatre ans du PS Solferino, alors qu’à l’avènement d’Hollande, ils étaient majoritaires et semblaient disposer de tous les atouts.
Se faire relayer dans l’opinion par Mediapart en dit long sur le désespoir qui anime aujourd’hui ce parti.
On pourrait croire que Paul Magnette était venu apporter le réconfort d’un parti frère, revigoré par 170 bâtons de dynamite pour lesquels Di Rupo à un briquet allumé jour et nuit.
Pas du tout. Si l’on en croit les journalistes de Mediapart, Magnette aurait joint ses pleurs aux pleurs des autres, devant le mur des lamentations idéologiques.
Tout le monde à en tête le cliché des musiciens du Titanic entonnant avant le glouglou fatal l’hymne du Commonwealth, cela se pourrait que, « l’Internationale » du goguettier Eugène Pottier, soit le dernier avant un autre glouglou, après le Congrès de Liège.
Ce n’est pas drôle et je me mets à la place de tous ces travailleurs qui ont envoyé leurs élus défendre leurs propositions, ayant imaginé comme leur destin pourrait changer si ces 170 mesures étaient appliquées, mettons à 60 %.
Aussi, ce n’est pas de leurs aspirations légitimes de mieux vivre dont je me moque, mais de ceux qu’ils ont chargé de les défendre.
L’avenir est prévisible, c’est un drame, comme celui de Magnette à Grenoble.
Dans les jours qui suivent, je vais m’appliquer à la lecture du Chapitre 1er des 170 mesures qui traitent de l’économie.
Peut-être que ce qui en découlera fera partie d’une chronique future.
Ce n’est pas tout de faire un feu d’artifice à un congrès, puis d’abandonner les caisses de pétards mouillés qui se sont révélées inutilisables.
Les travailleurs du parti socialiste ont droit à plus de respect, que ce que j’en suppose, de la part de leurs dirigeants.

4 décembre 2017

Concours Lépine de la connerie.

Pas que le système cher aux libéraux qui bousille la planète, pas que la caldera de Yellowstone qui va nous péter à la figure un de ces quatre, pour régler définitivement nos petites histoires de famille.
Bien d’autres perspectives auxquelles nous ne pouvons rien, un gros croiseur de l’espace, pas tellement si énorme que ça, un caillou de 1500 mètres pas plus, qui ne devait pas recouper notre orbite, pile poil en abscisse, pour rester entre nous, la moumoute de Trump évaporée au contact, toute l’Amérique dans un trou, aussitôt recouvert, disparue comme si les Indiens l’avaient consommée avant la civilisation blanche !
Et notre manque d’air, nos fumées, nos gaz, transpiration des usines, suint de nos sueurs froides, pets des vaches, billevesées pour nos chansons de Bilitis de nos charmeurs à la Pierre Louÿs, à côté de…
La démographie planétaire qui galope, pourtant les peuples y mettent du leur : massacre, guerre, génocide, folie meurtrière d’une partie trop exaltée des musulmans, à l’inverse la répression des musulmans Rohingyas par d’autres autorités religieuses en Birmanie, au croisement des statistiques, de la sociologie et de l'Histoire, on est fait comme des rats, sur une planche de laboratoire.
On n’a plus de beurre, plus rien que le smegma pour graisser la pompe à reproduire, largement suffisant !
La fécondité, la mortalité, le poids relatif des jeunes et des vieux, le niveau d'éducation, les vagues migratoires, les ajouts du Président de la République populaire de Chine Xi Jinping au petit livre rouge de Mao, n’en jetez plus !
Une seule erreur du système : les Illustres n’ont pas trouvé mieux que baiser, partout, à tort et à travers, naturel bonheur, sans yacht, suite au Georges V et en prime la joaillerie de la place Vendôme, pour pas cher ou pour très, on baise !...
Petite démonstration.
En 2016, on a évalué la population de la France à 65 millions d'habitants et l'on a enregistré 780 000 naissances ; il s'ensuit un taux de natalité de 1,2% (780 000/65 millions), sur le temps qu’on a enregistré 585 000 décès ; il s'ensuit un taux de mortalité de 0,9% (585 000/65 millions).
De la différence, on déduit l'« accroissement naturel » pour la France, en 2016, à 185 000 personnes.
C’est ainsi que les démographes estiment le dynamisme d'une population.

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En comparaison, le Niger affiche depuis plus d'un demi-siècle un taux de natalité très élevé de l'ordre de 5% (cinq naissances pour cent habitants chaque année).
Avec 7 enfants vivants par femme (comme c'est le cas au Niger depuis plus d'un demi-siècle), on arrive à un triplement de la population à chaque génération, avec pour chaque vieillard cinquante petits-enfants en moyenne.
Le Niger avait ainsi 3,8 millions d'habitants en 1966. Cinquante ans plus tard, il en a 19 millions (cinq fois plus). Et en 2050, il aura normalement 68 millions d'habitants, soit à peu près autant que la France ou l'Allemagne.
La natalité très au-dessus de la mortalité en Afrique subsaharienne donne une hausse explosive de la population.
La Chine et l’Inde poursuivent un autre match pour un autre record.
Selon les prévisionnistes, c’est l’Inde qui dans le courant du siècle dépassera la Chine.
Á moins que, piqué au vif, les responsables chinois libèrent les couples sur le nombre d’enfants et pratiquent, puisqu’ils sont devenus riches, une politique de l’enfance.
Les chiffres cités sont les derniers parus. Ces catastrophes sont incertaines. Voilà 130.000 ans que la caldera de Yellowstone est stable, qu’une météorite de plusieurs centaines de tonnes n’est probable que dans 30.000 ans. Par contre, la démographie galopante est tout à fait certaine !
Le capitalisme effréné et le rythme de croissance de la population mondiale, ne changeront rien des objectifs de la Région, c’est Borsus qui l’affirme ! Richard Miller ratifie ce dimanche midi.
Hauts les cœurs, on est sauvés !

3 décembre 2017

On solde en janvier.

L’investissement des capitaux dans les entreprises est tout à fait vital pour ceux qui voient dans la relance de l’économie, l’obligation de la croissance pour faire baisser le chômage.
C’est-à-dire à peu près tous les libéraux d’Europe, à commencer par les « marquants » du MR.
Pour cela, leur raisonnement est d’une simplicité rare (ce dont il faut se méfier devant la complexité des marchés et de leurs motivations) : on baisse d’autorité les taux d’intérêt, si bien qu’il devient plus intéressant d’investir à risque que d’approvisionner son épargne.
Les entrepreneurs qui ont été habitués à ce que la banque centrale abaisse ses taux pour relancer la machine, anticipent une telle baisse. Ils gèlent leurs investissements, parce qu’ils s’attendent à ce que cette politique conduise à une baisse des rémunérations induite par le programme d’austérité qui l’accompagne. Ils vont alors produire à l’identique avec un équipement non renouvelé, donc sans investir, avec une plus-value sur les salaires en baisse.
La réplique des politiques est d’ouvrir le marché aux startups. C’est un échec, malgré des réussites accueillies à bras ouverts dans les gazettes du système, comme étant le futur de l’économie. On passe sous silence l’essoufflement de la Silicon Valley qui n’a pas attendu le prochain réajustement de la faille sous San Francisco pour vaciller, et qui en dit long sur le devenir de cette relance.
Les entreprises marginales, version moteur à eau et hamburger bio à la bruxelloise, sont dévoreuses de capitaux à tellement haut risque que les financements sont retenus sur nos salaires sous forme de taxes. Elles ne sont pas, dans neuf dixièmes des cas, pourvoyeuses d’emplois. Celles pour qui ça marche au point d’être cotées à la Bourse, du style Uber ou Amazon s’arrangent pour exporter leurs bénéfices en payant un minimum de taxes, là où elles font du profit.

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En réalité, le temps d’une économie qui pouvait relancer la course à l’Eldorado des entrepreneurs est terminé. Le dernier Far-West est le gaz de schiste, avec toutes les destructions qu’il y a autour, ce à quoi n’a pas regardé Trump.
Devant l’incertitude de l’avenir, d’autant que certains économistes, dont Jean-Marc Daniel, prédisent qu’une crise financière mondiale « phénoménale » se prépare (France 5, C-à-dire), autant enthousiastes que soient les patrons, ils ne vont pas pour être agréables à Charles Michel, aller jusqu’à investir. Il sera toujours temps de faire croire que la sécurité sociale, le chômage entre autres, est un fardeau trop lourd à porter dans une conjoncture qui tarde à se relancer.
La dette mondiale atteint des sommets inédits. L'ensemble des dettes représentent 324 % du PIB mondial, soit 192.000 milliards d'euros, selon l'Institute of International Finance (IIF).
Que peuvent dire à cela nos politiques à la Région et au Fédéral, le nez sur le guidon, tout préoccupés de leur réélection, gérant une politique à la petite semaine, sans aucune vision et sans pouvoir de modification !
Il ne faut pas compter sur eux pour publier leurs états d’âme et montrer leur inquiétude, tout baigne et on va voir, ce qu’on va voir !...
Vu la conjoncture, que nos économistes officiels relisent donc des extraits des ouvrages de Keynes qui les concerne « Il serait absurde de créer une entreprise nouvelle à un certain coût si l’on peut acquérir à un coût moindre une entreprise existante du même genre ».
Oui, ergoteront les mêmes, voilà pourquoi nous devons développer les startups. Sauf, qu’ici nous parlons vraiment d’emplois et d’entreprises capables d’influencer le PIB, comme Bayer qui vient de s’offrir Monsanto, et pas comme Dupont qui a inventé l’élastique à élasticité variable pour les petites culottes et qui fait travailler son épouse et un cousin à la réussite problématique de sa découverte.
Ce qui plombe actuellement et empêche toute nouvelle réflexion du mouvement libéral tout entier, c’est la peur de se prendre une nouvelle fois un râteau. Pour expliquer le monde d’aujourd’hui, c’est un handicap.
Le Belge moyen est un bon bougre bien crédule, mais il y a des limites que le MR et le système libéral sont en train de franchir.

2 décembre 2017

Du béton et des hommes.

À la litanie des bourgmestres de Liège, massacreurs d’environnement, bétonneurs avérés, béotiens de l’histoire de la Ville, faux modernes que sont pour le côté libéral MM. Buisseret et Destenay et pour le pendant socialiste MM. Bailly et Close, démolisseurs impénitents jusqu’au milieu des années 70, faudra-t-il ajouter l’actuel bourgmestre, Monsieur Willy Demeyer ?
Sur la même semaine l’entrée de l’hôpital de Bavière est la proie des flammes (1) et on démolira à partir de lundi la Maison Rigo qui gênait pour la perspective de la gare des Guillemins. Outre cela, des projets de démolition d’une partie du relais de poste (classé), place Saint-Denis, vont aboutir pour enfin trouver une solution à la place derrière cet édifice, ouvrant sur les Galerie Saint-Lambert.
Il ne reste plus qu’à attendre que l’ancienne poste de la place Cockerill en néo-gothique rende l’âme en devenant une guinguette (2) et que la collégiale Sainte-Croix, fondée et érigée entre 976 et 986 par l'évêque Notger, place Verte, entraîne ses échafaudages dans une descente de la rue Haute-Sauvenière !
Cette ville collectionne les malheurs architecturaux. Peut-être au départ, une des plus belles villes d’Europe du Nord, Liège a perdu tout cachet et son âme sous les pioches des quatre imbéciles cités plus haut dont on affuble toujours collèges et lycées de leurs noms révérés, « en signe de reconnaissance » pour les services qu’ils ont si mal rendus à la ville.
Et ça continue.
L’espace Trianon Boulevard de la Sauvenière va être bétonné bientôt par un édifice à appartements comme Staline en avait construit un paquet dans les années 50 en URSS, sauf que derrière, l’ancien mur de la Ville contient un véritable labyrinthe qui court sous la rue Saint-Laurent, jusqu’à l’église du Mont Saint-Martin et que faute d’entretien de nombreuses salles et couloirs se sont à moitié effondrés !
La pelleteuse va arranger cela vite fait !
Personne n’y pourra rien. C’est la fatalité on vous dit.
Sauf que la politique de la Ville est responsable du gâchis, même si elle n’est pas responsable de la connerie des quatre pharaons démolisseurs/bâtisseurs.

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Voilà vingt ans qu’on laisse aller les vieilles pierres et les coins charmants du Vieux Liège, probablement dans l’intention de raser des ruines et de faire pousser des appartements pour des cadastrés juteux. Personne ne s’est vraiment jamais intéressé à la manière bien simple d’entretenir tout ce patrimoine, rien qu’en le dotant de concierges responsables, en y délégant un staff de bons bricoleurs pour des tournées d’inspection-entretien.
Cette ville souffre aussi du manque d’un plan général d’urbanisation, non destructeur de ce qui vaut d’être conservé. Le Conseil communal achète sur plan, pourrait-on dire, sans se poser la question de savoir si financièrement la chose est faisable. On commence par tout démolir, le trou de la Place Saint-Lambert béant pendant 35 ans en est l’exemple le plus fameux.
Oui, l’incendie de Bavière était prévisible par le squat de ses anciens bureaux. Il n’aurait pas eu lieu si l’endroit avait été habité dès le début par un concierge et sa famille. L’hôtel Rigo qui va être démoli pour le coup d’œil du gigantesque hangar de la gare des Guillemins, ira rejoindre façon puzzle, l’énorme dépôt à ciel ouvert de toutes les maisons classées, numérotées pierre par pierre, entreposées dans des prairies « entrée libre », dans lesquelles se servent des esthètes bâtisseurs de leur salle de séjour.
On est fortiche pour avoir réussi mieux que l’EI, les ruines de notre Palmyre sur Meuse !
Cette ville est devenue à cause de l’appât du gain et un goût contestable pour l’esthétique, une bizarrerie patchwork du très ancien et du trop moderne pour être honnête.
Si on commençait par réfléchir d’abord, avant de raser ce que nos architectes ont mis parfois des siècles à construire, si on se donnait la peine de réfléchir qu’une église vaut plus désormais par la survivance visuelle de ce que nous ont laissé nos maîtres bâtisseurs, le travail des maçons et des sculpteurs, que ceux qui poursuivaient une chimère, on aurait un peu plus de respect à les contempler.
Les partis au pouvoir à Liège auraient tort de prendre cela à la légère. Une Ville doit avoir une âme, Liège l’a perdue dans un court laps de temps, à peine cinquante ans. Si l’on excepte la courte période révolutionnaire (1789-1794) au cours de laquelle des Liégeois qui avaient souffert de l’oppression des Princes Évêques ont cru bon, les malheureux, de mettre à bas la cathédrale Saint-Lambert, début de nos dérives architecturales et crime insultant à la mémoire de tous les compagnons du devoir, manouvriers du moyen-âge qui ont construit l’édifice.
Comme quoi, on peut exprimer sa colère envers un oppresseur en soutane, en commettant une connerie dont les générations suivantes pâtissent encore en 2017 !
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1. Sans vouloir faire des rapprochements, mais cet incendie tombe pile poil pour raser le tout et empiler davantage de locataires à la construction de clapiers supplémentaires. Vous allez lire bientôt sur La Meuse que ce bâtiment ne pourra pas être conservé et qu'il faudra se résoudre à le détruire la mort dans l'âme (sans rire).
2. L’Université de Liège avait voulu acquérir l’édifice pour en faire une bibliothèque. Refusé à cause d’une offre « trop peu élevée » !

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1 décembre 2017

Marche ou grève…

Les gazettes relaient l’info sur les grèves « impopulaires » au même titre que les plus graves nouvelles du monde. À Liège, La Meuse est la championne du genre.
Les chiens aboient pour le compte de qui les nourrit.
Est-ce à dire que toutes les grèves sont saintes et qu’aucune ne soit à rejeter ?
À une époque où l’idéologie fout le camp, faire grève, n’est pas sans mérite. C’est la liberté de se croiser les bras, opposé à l’intérêt particulier de ceux qui s’en croient les victimes.
Une grève de revendications d’un secteur, voire d’une seule entreprise, ne devrait en principe, toucher que l’industrie en question et le patronat qui tourne autour.
Quand elle dépasse ce seul critère, elle ne peut faire qu’office de détonateur à une grève générale. Sinon, elle donne des armes au système économico-politique contre elle, en frustrant une partie de la population.
Comme ce pays, tout assotté des discours officiels, n’envisage pas de grève générale, on entre dans les effets contradictoires et pour le moins surprenant d’une action de grève.
C’est ce qui se passe aujourd’hui, avec un certain humour de Frédéric Giez de la CGSP « Le gros problème pour nos militants qui viennent du Hainaut occidental et de la région Mons-Borinage est de pouvoir rejoindre Namur, vu le manque de transports en commun".
Une grève du TEC touche qui n’a pas de bagnole. Clientèle vulnérable, à l’avance frustrée, ce n’est pas facile ni pour elle, ni pour les grévistes, d’aller voir sous les slogans, les bonnes raisons de laisser les bus au dépôt, si ce n’est pour l’éventualité d’une grève générale, par effet déclencheur.
Pour faire une grève générale, il faut que le monde du travail soit en lutte ouverte avec le système ou qu’il soit choqué par les agissements des autorités (l’affaire royale).
Je ne crois pas que l’appauvrissement d’une population soit le facteur déterminant d’une grève générale. Cette société a des techniques lui permettant d’appauvrir sans secousse, en déterminant même les appauvris à subir leurs pertes comme une épreuve nécessaire. Les voyous que nous avons élus, ne se féliciteraient pas de l’efficacité de leur gestion, comme le fait actuellement la bande de Namur, si ce n’était pas le cas.
On sait comme l’opinion publique majoritaire est habitée par son dégout d’une économie qui tourne carrément à l’avantage des riches, mais aussi par son découragement devant l’inanité de ses démarches, se heurtant à l’inadéquation entre la situation rêvée et la réalité vécue. À cela, il faut ajouter des techniques de jeux vidéo et des manipulations électroniques altérant la vision de la réalité sociale. Elles ont prouvé leur efficacité néfaste chez les jeunes.
Les responsables syndicaux sont eux aussi pris au piège de cette réalité vécue.
« Les temps modernes » de Charlot, quand dans le film un innocent ramasse un chiffon rouge et entraîne derrière lui, sans le savoir, une foule décidée, ces temps là sont clos.
La plupart des entreprises sont des unités de moins de cent personnes. La délégation syndicale n’y existe pas ou bien vit, comme tout le personnel, dans une soumission de principe faite de non-dits. Y déroger, ferait perdre son emploi.
Seule une détermination politique, en-dehors du travail et dans le secret des urnes, peut se révéler payante, abstraction des grèves précisant des revendications justifiées.
Voter pour un parti détesté par la bourgeoisie propriétaire de l’État belge, c’est une manière de protester qui pourrait avoir des effets plus impactant.
L’ambiguïté des statuts « service public » touche les TEC et les Chemins de fer, en ce sens la grève pénalise la clientèle, ce dont profitent les chacals de l’ordre bourgeois, qui peuvent à l’aise souffler sur les braises des frustrations.
Dans l’état actuel de l’opinion, je ne sais pas si des grèves de cet ordre profitent au monde du travail ? C’est, en tous cas, du pain bénit pour une presse depuis longtemps hostile au progrès social.
Qu’on ne se méprenne pas sur cette réflexion générale. Elle n’a pas pour but de déconsidérer le travail des délégués syndicaux, ni des grévistes qui ont le nez sur le guidon.
L’enjeu final est commun aux gens de gauche, travailleurs, intellectuels, tous pour l’action politique et syndicale : c’est bien le remplacement d’un système économique injuste, par une nouvelle démocratie participative et gestionnaire.
Dans la poursuite de cet objectif, il n’y a pas de tabou qui interdirait une réflexion sur l’efficacité des grèves et l’adaptation des luttes, en fonction de l’évolution des mentalités et des rapports de force.

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Justement, des signes économiques inquiétants montrent que l’on n’est pas loin d’une nouvelle crise financière qui pourrait être de l’importance de celle de 2008/9.
On s’en souvient encore comment le citoyen a été trompé par le MR et Reynders et comment nous avons sauvé du désastre le système bancaire, au mépris de toutes les règles commerciales, qui faisaient des citoyens les propriétaires légaux des faillis.
La gauche devrait réfléchir à l’éventualité d’un krach boursier. Sera-ce en 2018, 2019, mais des indices sérieux d’un prochain désastre existent. Soyons vigilants, ne nous laissons pas piéger une seconde fois.
Elsa Triolet n'a-t-elle pas écrit " L'avenir n'est pas une amélioration du présent. C'est autre chose" ?